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POUGENS

— REM. L'Académie écrit curatelle avec deux II; tandis qu'elle écrit caulèle, clientèle, avec l'accent et une seule l ; il vaudrait mieux écrire uniformément d'une façon ou de l'autre.

— ÉTYM. Voy. CURATEUR.

CURATEUR (ku-ra-teur), s. m. \\ 1° Celui qui est chargé d'assister un incapable, de régir des biens par autorité de justice. Curateur d'un mineur émancipé, d'un contumax, d'une succession vacante. Etablir, nommer un curateur. || Curateur au ventre, celui que le conseil de famille nomme pour veiller aux intérêts de l'enfant dont une femme est grosse lors du décès de son mari. || Curateur au mort, curateur du mort, autrefois celui que le juge nommait d'office pour défendre un homme accusé de s'être donné la mort. || Curateur à la mémoire, celui qui est chargé de poursuivre la réhabilitation d'un condamné. Il Fig. Il faudrait lui donner un curateur, se dit d'un homme qui fait des dépenses excessives. Il 2"' Membre du conseil d'une université en Hollande et dans quelques pays du nord. Le succès de ses leçons [de Boerhave] fut tel que, sur un bruit qui courut qu'il devait passer ailleurs, les curateurs de l'université de Leyde lui augmentèrent considérablement ses appointements, à condition qu'il ne les quitterait point, fonten. Boerhave. || 3° Terme d'histoire romaine. Officier municipal préposé à diverses fonctions de police ou d'administration.

— HIST. XIV" s. Curateurs et gardes des choses communes de l'ostel, oresme. Thèse de meunier. J'ai bien vint et cinq ans, hors sui d'avouerie; Curator ne tutor ne m'ont plus en baillie, Girart de Ross. V. 893. II y a différence entre tuteur et curateur; car, à proprement parler, le tuteur est ordonné à la cure des pupilles, et le curateur à la cure de ceux qui sont furieux et qui gouverner ne se sçauroient, ou de ceux qui sont expatriez, ou de ceux qui sont sousaagez ou langoureux, booteiller. Somme rural, titre xiii, p. 58, dans lacurne. Toutefoiz qu'il plaira à Dœurri, lui venu en aaige, ou à son tuteur ou cureur, du cange, aagiatus. \\ xvi" s. Tuteur et curateur n'est qu'un, loysel, iso. Luy encore vivant, son frère Marcus, comme son curateur, eut l'administration de ses biens, amyot, Lucull. 87. Le mineur deceu peut, pendant sa minorité, estre restitué pour raison de la déception, erreur ou faute faicte par son tuteur ou curateur; et pour ce faire hiy doit estre pourveu de curateur ad causam, Coust. génér. t. ii, p. "83.

— ÉTYM. Provenç. curaire, curador ; espagn. curador; ital. curalore; du latin curoforcm , de curare, soigner (voy. cure). En provençal, curaire est au nominatif, de curator; curador est au régime, de curatorem.

CURATIF, IVE (ku-ra-tif, ti-v'), adj. Qui a rapport à la cure d'une maladie. Moyens curatifs. Indications curatives, celles qui font connaître le traitement à employer. Traitement curatif, celui qui est employé pour obtenir la guérisou, par opposition ,"1 traitement préservatif. || Substantivement, au masculin. Employer les curatifs.

CUR

— HIST. XVI" S. La troisième partie de médecine , nommée thérapeutique , c'est à dire curative des maladies et autres affections qui offensent et blessent la santé, paré, Inirod. 3.

— ÉTYM. Lat. curare, soigner (voy. cure).

CURATION (ku-rasion), s.f. Terme de médecine. Ensemble des moyens employés pour obtenir la guérison d'une maladie.

— HIST. XIV" s. Les auteurs temptent et se efforcent de dire et de mettre en escript non pas tant seulement les curacions, mes, avecques, la manière comme il convient faire les cures, oresme, Elh. 332. Il XV" s. Entre les curations [soins] des besongnes, que nous avons et devons avoir pour le bien et utilité et conservation de nostre domination , le souverain désir que nous avons, c'est de nourrir paix, amour et union entre noz subjectz, monstrel. t. I, ch. 96, p. <6B, dans lacurne. ||xvi" s. En la curation des maladies spirituelles et mauvaises coustumes, LANODE, <97. D'en entreprendre la curation, j'en laisse la charge aux médecins, paré, Au lecteur.

— ÉTYM. Provenç. curation; espagn. curacxon; ital. curagione; du latin curationem, de curare (voy. cure).

CURATRICE (ku;ra-tri-s'), s. f. Celle qui est chargée d'une curatelle. Elle est curatrice de son mari , de ses enfants.

— ÊTYM. Curateur.

\ CURCULIONIDE (kur-ku-li-0-ni-d'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Les curculionides, la famille des charançons.

— ÉTYM. Lat. curculio, charançon.

CURCUMA (kur-ku-ma), s. m. Terme de botanique. Plante dont la racine est appelée dans le commerce safran des Indes et curcuma, dite terre-mérite, quand elle est réduite en poudre, et donnant une matière colorante jaune que les alcalis changent en rouge de sang et qui devient par là un réactif chimique.

ËTYM. Arabe, courcoum, qui vient du sanscrit kunliuma, safran. On le tiouve écrit aussi cul-

cuma.

fCURCUMINE (kur-ku-mi-n'), t. f. Terme de

chimie. Matière colorante jaune du curcuma.

). CURE (ku-r'), s. f. Il l°Soin, souci. Ce mot ne se dit guère qu'avec le verbe orotr et sans article. Il n'a cure de rien. L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller. Se plaint en son patois; le meunier n'en a cure, LA FONT. FaU.'m, ». Les Biron le sucèrent [Noyer] si parfaitement qu'il est mort sur un fumier, sans que pas un d'eux en ait eu souci ni cure, STsiM. 479, <92. Sa femme languit et meurt; le mari n'en a cure, et c'est là, dit-on, ce qui l'a tuée, p. L. couR.ie». 11,95. Il Proverbes. On a beau prêcher à qui n'a cure de bien faire, se dit de ceux qui n'ont aucun soin de profiter des instructions qu'on leur donne. || A beau parler qui n'a cure de bien faire, les belles paroles de celui qui se conduit mal ne persuadent pas. Il 2° Terme de médecine. Traitement d'une maladie , d'une blessure, qui en produit la guérison. Il a entrepris cette cure. Cure difficile. Il en fit prendre soin, la cure fut complète, corn. Voly. I, 4. Un médecin d'importance qui fait des cures merveilleuses, mol. Am. médecin, m, 4. S'il fait cette cure, il ne sera pas mal à la cour, sév. 422. Votre prieur a fait là une belle cure, id. 44( . Ce qui arriva de cela [une saignée de pied], c'est que ma difficulté de respirer ne diminua point, et que, le lendemain, ayant marché mal à propos, le pied m'enfla de telle sorte que j'en fus trois semaines dans le lit; c'est là toute la cure qu'il [Perrault le médecin] m'a jamais faite, que je prie Dieu de lui pardonner en l'autre monde, boil. Longin, Subi, riflcx. I. Tous deux [ les médecins ] s'étant trouvés différents pour la cure. Leur malade paya le tribut i nature, la font. Fabl. v, <2. Par là, le plus difficile étant fait, il formait en lui-même le plan de la cure et le suivait avec une constance inébranlable.... fonten. Chirac. Cette cure coûta à M. Littre quatre mois de soins les plus assidus et les plus fatigants, id. Éloges, Littre. Chaque médecin [en Egypte] , si l'on en croit Hérodote, se renfermait dans la cure d'une seule espèce de maladie, les uns pour les yeux, d'autres pour les dents, et ainsi du reste, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. i, p. 94, dans POUGENS. || Cure radicale, celle qui consiste à faire disparaître complètement une affection interne ou chirurgicale. Cure palliative , celle qui ne fait qu'enlever quelques-uns des symptômes d'une maladie et qui en laisse subsister le fond. Il Cure d'eaux minérales, cure de bains de mer, saison passée aux eaux, afin d'en faire un emploi mé-

thodique pour un but déterminé. |{ On dit de môme: cure de petit-lait, cure de raisin, usage du petitlait, du raisin pendant un certain temps et en grande (luantité chaque jour. |{ 3" Terme de fauconnerie. Peloton de chanvre, de coton ou de plume qu'on fait avaler à un oiseau de chasse pour dessécher son flegme. Les oiseaux se portent mieux quand ils ont rendu leur cure. Ce faucon tient sa cure. Armer les cures, les préparer pour les faire avaler |1 Seditaussi des excréments des oiseaux de proie. || 4° Revêtement des moules à laiton avec de la bouse de vache.

— SYN. 1° CURE, cuRATioN. 11 y a Cette différence entre cure et curation, que le premier de ces mots indique un traitement achevé et le second un traitement proposé ou actuellement employé. Il 2° CURE, GUÉKisoN. Il y a cette différence entre cure et guérison, que le premier se rapporte au médecin, et le second au malade. On fait une cure, on procure une guérison. On dit une belle cure, c'està-dire qui fait honneur à celui qui l'a entreprise; et l'on dit une guérison prompte et parfaite. Enfin, cure exigeant l'intervention d'un traitement, ne se dit guère que des maux qui ont quelque durée, quelque gravité, tandis que guérison sa dit de toute espèce de maux, petits ou grands.

— HIST. XI' s. Ce sait hom bien, n'ai cure de menace, Ch. de Roi. xx. Dist Oliviers : n'ai cure de parler, ib. xc. Oui si sont fier, n'ont cure de leur vie, 16. CLX,xxiv. Il xii* s. Nos bons Franzois n'ont cure de fuir, Ronc. p. 60. J'aim et désir ce qui de moi n'a cure. Coud, p. <25. || xiii» s. Et Tybers et la vieille n'ont cure d'arester [de s'arrêter], Berte, xvn. Com celé qui n'avoit fors de bien faire cure, ib. xui. Et fîst souper ses chevaliers et sa gent de haute cure et donner avoine as chevaux, Chr. de Rains, p. ib. De l'autre amor dirai la cure [guérison] Seiono la devine Escripture, laRose, 44)5. Ton cuer ne porras apaier, Ains iras encor essaier Se tu verras par aventure Ce dont tu ies en si grantcure, ib. 2348. Il xiv* s. La cure des filz appartient au père, ORESME, Eth. 247. Il met sa cure et son entente à si bonnes sciences, id. ib. Prol. Et qui ne les fait, il n'a cure de estrebon,iu. ib. 41. Avoir cure et diligence de savoir particulièrement les comptes des mises et receptes, c'est condicionde homme qui a vicede parviûcence, ID. tb.H3. Il XV s. Monseigneur JeanleBel, qui g;rand cure et toute bonne diligence mit en celte matière, FHOiss. l'rol. Ils en trouvèrent si grand foison [de richesses] , que garçons n'avoient cure de draps fourrés de vair, id. i, i, 2(i6. Si fit adono en ce temps de celui qui puis fut le roi de France, la plus belle cure donton pust ouïr parler, iD. 11, ii, TO.Etprenoit tout le soin et la cure de l'ost [Charles de Bourgogne], COMM. VI, 13. Il XVI" s. Nous ne sommes point si malades les uns que les autres, ni d'une mesme maladie: et pour tant il n'est jà mestier que lacure soit pareille en tous, Calvin, InsUt. 662. 11 faut rejeter loin toutescures [soins] eslranges, par lesquelles l'entendement soit transporté çà et là, ID. t6.675. Il se jectaenla pauvreté, pour se desfaire des indiguitez et cures de la maison, mont, iv, 77. Consumer son ame de cures et d'ennuis, amïot, Comm. il faut nourrir les enfants, 37. Ceulx quilouent les hommes vertueux sans les aimer , ceux-là révèrent bien leur renommée, mais ilz ne portent point d'affection à leur vertu, ny n'ont cure de l'imiter, m. C. d'Utiq. <B. Comme le médecin Menecrates, pour avoir esté heureux en la cure de quelques maladies désespérées, eust esté surnommé Jupiter, id. Agésil. 34. 11 ne s'est fait cure tant grande et difficile fust-elle, où mamain et monconseiln'ayentesté requis, paré. Au lecteur. Je mets après cela la cure générale, puis la particulière, avec les instrumens propres pour la curation de quelque maladie que ce soit, ID. ib. Il est tout presché qui n'a cure de bien faire, cot-

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