‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 72 sur 504 · I.' ". n ifii. .; i: li ,11 1.. 11 1,1.1 j'</tii iiio · texte numérisé non relu

I.' ". n ifii. .; i: li ,11 1.. 11 1,1.1 j'</tii iiio

<l I je vous ai représenté tant de belles

q^. ,, il ri.rij.!ii'iil ;i(l!n!r.'il,''i' ,tii ninnil*» . .

ID. ib.

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vrier, la «tau». t6. Comliieti d'homi.';.

qui avaientdetrès-bcauigéniessoiii

en ait parlé tiD. 3. Vastes cieui, (i

qui vou» a faits! Terre. l)crceau de!

blepalais! LAMART. l/i'dit.xviij.Ô5[ii.-. i ICI-: ui

phe admirable à mes yeux, rac. f'ith. i, i. /.in-

gonee'*- -' ■- ' ■ ' no estadmir' ' " ■" '

I, 3. Il : .liingulier.

S„,l.. >. lli 1.

m'oppose à JupiterT VACGF.i.. (J. C. ««». Ce que je trouve admirable, c'est qu'un hommeTui s'est passé durant la vie d'une assezsim; , en veuille

avoir une si magnifique pou: n'en a plus

que faire, moi.. Ff«f. de P. m, 7. Ltiu.^e admirable! On .lime la sévérité de la pénitence partout et eo tout, hors en soi-même, bouhd. J'eméet, U i, p. 358. Il 8*Termedo chimie. Sol admirable, sel de Glaulier; sulfate da soud" " ».i-i ■■•.'.. vn ,„„i ,iv.dinaire après son sut

devant, quand le sul. , , ,

nonciation : Cette adrairatile loi.

— HIST. xiir s. Ouar n'a François ^•m^s en la crestienté. Oui ça outre ne soit à r ■ mioche ont s-ssisc fa-ssiégée] , l'ani ^ 'i. d'Anl. v, 51». Vers Paris s'en avale ^ei. l'amirable ché, Ilrrte, 81. || xvi* s. Eli

d'une force «miraWe un roi eslevé de I : lequel il renversa de si gr.ind roideur..

Cii^rr*, m, ». T-' ' ■•' ■ -i-o

l'ancienne pronoi

__p^JVU .1, finir ':i.ll|.r.

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D'une i: iiira-

blemcnt, il s'est admirabiei u hemme

admirablement belle. iJi pUi .rt admira-

blement l'orateur/ Ces deux ad vcibcs joints font admirablement, mol. F. .Sav. m, S.

— m "" Il dans.

fUtion, iirL'u.iii' iju .. 1 11'-- } d'une façon admirable. Pour

pas.

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trouvn .

taire : 1

— F.TVM. Afimirnbif, et mcfU (voy. mert).

ADMnt.Wr. AXTH f^i-'lmi-ran. rsn-t'). adj. Oui admire. La s pond'int. r.T

triV),«.

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Ce*«r(s«mvr son transport ftM.i, I.

— fm. 4<fmf«»fnr. de ndmintri, ailmirtr.

rsiiî*, :■->.:. t'aa. /•*. j) »' ierme <•« KLiiimirtue. Point adrr.iratif, point qui se murqut iinn ! et qui

ADM

rt à indiquer qu'il y a admiration ou exclamation ans la phrase. Particuleadmiralive, particulequ'on emploie pour marquer l'admiration, par exemple : Ah I II 3° Qui exprime l'admiration. Top admiratif, gestes admiratifs. La traduction de Mme Dacier est soutenue de remarques utiles, les unes historiques, les autres adrairatiTes,Wer«ife de/oni'ier)7l7. || Genre admiratif, se dit en parlant des ouvrages de poésie et d'éloquence qui ont plus particulièrement pour objet d'exciter l'admiration. || Admiratif se met toujours après Bon substantif.

— HlST. XVI' s. Le magnanime n'est pas admiratif, ORF.SME, Eth. )24.

—ÉTYM.4diniraa't;t«,deadmiran(voy. admirer).

ADJURATION (a-dmi-ra-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s./'. Il l°Sentimentexcitéparcequi estbeau, merveilleux, sublime. Ravi d'admiration. Exciter des transports d'admiration. Souvenez-vous de l'admiration que la princesse donnait à toute la cour, Boss. Duch. d'Orl. Princesse, le digne objet de l'admiration de deux grands royaumes, U). Tfeine d'-ilnpi. Seize années d'une prospérité accomplie qui coulèrent sans interruption avec l'admiration de toute la terre, id. ib. Us n'étaient pas moins en admiration de leur rétablissement fait contre toute apparence, dans le temps et par celui qui leur avait été marqué, m. Ilist. li, B. L'innocence des généraux faisait l'admiration des peuples, id. Hist. in, 6. Vous serez en admiration de ces conseils de la Providence , iD. Hist. III, 1. Toute la cour fut dans l'admiration de la magnificence de ce présent, ham. Gramm. 7. Un parc qui faisait l'admiration de tout le pays, sÉv. 406. Ils paraissaient pleins d'admiration pour Profésila3,FÉN. Tél. xiv. L'admiration de sa bonté [de Dieu] ,FLÉCH. m, 340. C'est à nous de répondre àl'admiration Que Rome en expirant' conserve à notre nom, VOLT. Mort de César, ii, 4. Qu'à l'univers surpris cette grande action Soit un objet d'horreur ou d'admiration, id. ib. m, 2. Je hais les admirations fondées sur des contes , st-évrem. u , 3. Il 2° L'objet même qu'on admire. On tient à ses vieilles admirations. Il devient l'admiration de la superbe Ninive, mass. Péch.

— mST. XIV* s. Il ne fait pas grans admiracions; car il ne repute chose grande.... obesme, Eth. Vii. Et pour ce que il cuide que l'en face de luy grande admiration et grant loenge, id. ib. 4)7. \\ xv" s. On en feroit un livre [des punitions de Dieu sur les princes] et de grande admiration, cohm. viii, <7. Quand il vit ceste couronne, il fit une grande admiration, feignant que rien n'en sust, l. xi, JVouu. 60. Il XVI* s. U a bien appris à dire toutes les admirations comme Jésus, le plus du monde, oh, oh, il y a de l'excès, c'est pour en mourir, d'aub. Confes. nr, 1.

— ÉTYM.Provenç.admiYocto/espagn.admtracion; ilal. admiras ione ; de admiratio , de admirari, admirer (voy. admirer).

ADMIRÉ, ÉE (ad-mi-ré, rée), part, passé. Chose admirée du peuple. Ce général admiré même par ses ennemis. On le questionna, il fut admiré; on résolut de le faire roi, fén. Tel. vi. Cette Ile [la Crète] admirée de tous les étrangers et fameuse par ses cent villes, id. ib. v. U était tellement admiré de tout le monde que l'on ne faisait aucune différence entre ses paroles et les oracles do Delphes, id. Philos. Pythag.

— REM. Admiré de, admiré par. On est admiré par tout le monde, quand on reçoit de tout le monde des marques d'admiration; on est admiré de tout le monde, quand on inspire à tout le monde des sentiments d'admiration, lafaye.

ADMIRER (a-dmi-ré), V. o. || 1° Considérer avec admiration. Adraste admirait malgré lui ce qu'il venait de voir, et n'osait le louer, fén. Tél. xx. La Grèce, l'Asie et toutes les lies l'ont admiré [Ulysse] malgré ses défauts : mille qualités merveilleuses les font ouUier. Vous serez trop heureux de pouvoir l'admirer aussi et de l'étudier sans cesse comme votre modèle, fén. Tél. xii. Quel excellent maître que celui qui fait des ouvrages, je ne dis pas que les hommes admirent, mais qu'ils craignent 1 la BRUY. 16. La cour.... Distingua le naïf du plat et du bouffon, Et laissa la province admirer le Typhon, BoiL. A. P. I. On admire en secret sa naissance et son sort, RAC. Iph. v, 6. Ce grand roi, plus capable encore d'être louché par le mérite que par le sang , ne se lassait point d'admirer les excellentes qualités de Madame, Boss. Duchesse d'Orl. Admirons ici la piété de la reine, qui a su si bien conserver les précieux restes de tant de persécutions, id. Reine d'Anglet. Si l'on eût pu avancer ces belles années dont nous admirons maintenant le cours glorieux.,, id. ib.

ADM

J'admire avec horreur ce dessein généreux, volt. Orphel. 1,8. J'admire avec terreur De ce désert muet la ténébreusehorreur,Ducis,Jfa<;b. I, 1. 1| 2° Admirer, se dit aussi absolument. Assis sur le bord de la mer, il admirait. Le voyageur s'arrête étonné de l'entendre, U écoute, il admire, et ne saurait comprendre D'où partent ces divins soupirs, lamart. Nouvelles Uédit. V. Le peuple écoute avidement, les yeux élevés et la bouche ouverte, croit que cela lui plaît, et, à mesure qu'il y comprend moins, admire davantage, LA BRUY. I. Il 3° Voir avec étonnement. Tandis qu'AchiUas même, épouvanté d'horreur. De ces quatre enragés admire la fureur, corn. M. de Pomp. u, 2. Vous formez des craintes que j'admire, ID. Sert, u, 2. Admirez cependant quel malheur est le mien, id. Iléracl. V, 6.... admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à leur vengeance, ID. ib. v, 7. Je ne puis assez admirer combien ce dessein d'inquisition a été mal concerté pour avoir été conduit par de si habiles gens, pasc. Prov. \ a. J'admire comme le ciel a pu former deux âmes aussi semblables en tout que les nôtres, mol. Pr. d'Él. IV, 1. Mais admire avec moi le sort dont la poursuite Me fait courir alors au piège que j'évite, BAC. Andr. 1, I. J'admirais les coups du sort, fén. Tél. u. Il 4' Admirer avec de et l'infin. ou que et le subj. Voir avec étonnement. N'admirerons-nous pas plutôt que d'une hauteur si prodigieuse elles [les étoiles] puissent conserver une certaine apparence et qu'on ne les perde pas toutes de vue? la bruy. to. Vous admirerez comme moi que tant d'éclatantes préparations se soientanéanties sur le point de produire un si grand effet, pasc. Prov. 3. Les plus aveugles de vos amis sont contraints d'admirer que vous ayez été si méchants que d'étendre cette calomnie jusqu'aux religieuses de Port-Royal, id. ib. 4 8. On admirera de voir que , malgré tout ce que je viens de dire, vous n'ayez pas cessé de publier qu'ils étaient toujours hérétiques, ID. ib. 4 7. Pourquoi admirez-vous que nous nous soyons trompés, nous qui sommes des hommes? id. ib. f». Vous admirerez que la dévotion qui étourdit tout le monde ait pu être traitée par nos pères avec une telle prudence que.... ID. ib. 4 9. Mais n'admirez- vous point que cette même reine Le donne pour époux à l'objet de sa haine? CORN. Jiod. I, 4. J'admire de le voir au point où le voilà, KOL. Éc. des F. l, 0. Et j'admire devoir cette lettre ajustée Avec le sens des mots et la pierre jetée, ID. ii). m, *. L'homme admire de s'y voir placé [dans l'univers], sans savoir comment il y a été piis, FÉN. Exist. 10. Nous admirerons de nous y reconnaître nous-mêmes [dans la peinture du peuple athénien], nos amis, nos ennemis, ceux avec qui nous vivons, et que cette ressemblance avec des hommes séparés par tant de siècles soit si entière, LA BRUY. Disc, sur Théoph. \\ Corneille a employé le que avec l'indicatif ; Admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à la vengeance, Iléracl. v, 7. N'admirezvous pas que Dieu m'a ôtécet amusement ?sÉv. 4I3. Il 6» Par critique ou par ironie, en parlant de ce qui parait excessif, étrange. Je vous admire de vouloir qu'on suive en tout vos conseils. J'admire avec quelle hardiesse ces personnes entreprennent de parler de Dieu, pasc. édit. Cousin. J'admire ma simplicité et la faiblesse de mon cœur, mol. Fcst. de Pierre, i, 3. J'admirais cet impertinent; et, pendant qu'il parlait tout haut, je disais tout bas.... MONTESQ. Leltr. pers. BO.

s'admirer, v. réfl. Une âme séduite qui s'admire elle-même. L'ignorance toujours est prête à s'admirer, boil. A. P. l. Loué, exalté et porté jusqu'aux cieux par de certaines gens qui se sont promis de s'admirer réciproquement, la bruy. 4.

— IllST. XVI" s. J'admire de les veoir si doulces et molles [les guerres civiles] , mont, i, 4 70.

— ÉTYM. Bourguig. admirai; de admirari, .de ad, à (vcy. X),et mirari, regarder (voy. mirer). Admirer paraît être récent dans la langue. Anciennement on disait se merveiller. Cependant amirable se trouve dans les textes du xiii* siècle.

ADMIS, ISE (a-dmi, mi-z') , part. passé. || 1° Reçu. Députés admis. Ces gens admis à la table du prince. Admis dans une corporation. Citoyen nouvellement admis. Admis au partage. Les conversations légères, les cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées et familières, les petites parties où l'on était admis seulement avec de l'esprit, tout a disparu, la bruy. (3. Il 2° Reçu, en parlant des choses. C'est une coutume admise parmi les hommes. || 3° Reconnu pour vrii. La version la plus généralement admise est que.... C'est un fait admis.

t AD&nSSIBILITÊ (a-dmi-ssi-bi-li-té), î. f. État

ADM

d'une chose ou d'une personne admissible. L'admissibilité de tous les citoyens aux emplois publics.

ADMISSIBLE (a-dmi-ssi-W), od;. Qui peut être admis. Homme admissible dans la corporation. Proposition, excuse admissible.

ADMISSION (a-dmi-sion), t. f. Action par laquelle on est admis. Donner l'admission. L'admission dans l'ordre des patriciens.

— ÉTYM. Admissio , de admittere , admettre (voy. ce mot).

-j- ADMIXTION (a-dmi-kstion ; le t gardant le son qui lui est propre), s. f. Action d'ajouter en mélangeant.

— llIST. rvi* s. Des apostemes d'un seul humeur pur et louable, ne peschant qu'en quantité, sans admixtion d'autre humeur, paré, v, 7.

— ÉTYM. Admixtio, de ad, à (voy. i), et mixtio, mixtion (voy. ce mot).

ADMONESTER (a-dmo-nè-sté), voy. admonéter.

t ADMONESTATION ou ADMONÉTATION ( admo-nè-sta-sion ou a-dmo-nè-ta-'sion), s. f. Action d'admonéter.

— HIST. XIII" s. Uns clers empêtra letres dou loi à l'abé de Saint-Benoit-sus-Loire, qu'il le porveïst, et en celés letres n'^avoit nule amonestation, Liv de Just. 24.

— ÏTYM. Admonéter; provenç. amonestassio ; espagn. omoneslacto/i.

ADMONESTÉ, ÉE ou ADMONÉTÉ, ÊE (a-dmonè-sté , stée ou a-dmo-né-té, tée,), part, passé. 111° Elle fut admonestée, qui est une très-légère peine, SÉV. 422. || 2° S. m. En termes judiciaires, acte par lequel on admonétait. L'admonété n'emportait point d'interdiction.

ADMONÉTER ou ADMONESTES (a-dmo-né-té ou a-dmo-nè-sté. Les deux prononciations sont usitées. Dans le xvi"s. Bèze prononce amonester, et Palsgrave, p. 23, écrit ammonestiret prononce les deux m. La syllabe ne, dans admonéter, prend l'accent grave quandla syllabe qui suit est muette, mais au futur etaucondit. :amonéterai, amonéterais) , v. a. Il 1" Terme de jurisprudence dont on se servait autrefois , lorsqu'un particulier ayant commis une faute qui ne méritait pas une grande punition, le juge le mandait pour lui faire une remontrance. Mme de Dreux sortit hier de prison; elle fut admonestée, SÉV. 422. Il 2° En général, faire une remoivtrance à. De ces mêmes discours ses fils il admoneste, Régnier, Sat. v. On aurait obligation A

qui pourrait Admonéter par nom et par surnom

Ces ennemis jurés de la raison, volt. Étrennes ans sots.

— HIST. xn* s. Entre vous et le rei avez esté medlé; L'apostolies l'en a sovent araisuné; Li prélat du reaume l'en unt amonesté. Th. le ilart. 84. Et celé qui sa mort désire. De l'autre part li amonesté Qu'isnelement li trant [tranche] la teste, la CUarette, 2920. || xiii* s. 11 est convenable coze au segneur qu'il les amonesté qu'il y metent de lors volenlé soufisament, beaum. xlix, B. Et doit cis melTèsestre amonestés par sainte Eglise, id. xi, 4ô. De pecheor miséricorde, Puisque franchise s'i acorde. Et le vous prie et amonesté ; Ne refusés pas sa requeste, la Rose, 3325. || xiv* s. Il n'appartient pas au magnanime fuir ou refuser celui qui le admoneste en raison, oresme, £"(h. 4 20. U ensaignoit les mariniers et amonestoit que il gardassent bien.... m. ib. 4. Il XV* s. Messire Gui de Flandres qui admonestoit et prioit tous les compagnons de bien faire FROiss. I, I, 69. Et [Louis XI] dit au dit herault plusieurs autres raisons pour admonester le roy d'Angleterre de prendre appoinctement avecques lui, coMM. IV, B. Comme amour et vaillance chevaloureuse admonestent souvent le courage des bons à entreprendre choses honorables, Hist. de Bouciq. I, 46. Il XVI* s. Ses amis l'admonestoient qu'il regardast à ce qu'il disoit, amyot. Sol. 65. Estant bien confessé et admonesté, aiant baisé sa femme et ses enfants, d'aub. Fœn. m, 2. Qui est admonesté est à demy armé, palsgr. p. 4I7.

— ÉTYM. Berry, amonéter et amonnéter; provenç. et espagn. amonestar ; portug. admoestar; d'un verbe bas-latin, admonestare, fait d'une forme bas-latin admonestum ou admonistum, de odnionere, avertir, de ad, h, et monere, avertir (voy. monition).

f ADMONITEUR (a-dmo-ni-teur) , ». m. || 1° Celui qui fait des admonitions. Pour les hommes supérieurs , la religion est un admoniteur sévère qui leur apprend à s'humilier, CHATEAUB. Peaste, 287. || 2° Au noviciat des jésuites, admoniteur est un titre d'office; c'est un des plus fervents novices qui est chargé d'avertir les autres de cegti'i's ont il faire. S

AiX)

gtateat dn tD4iM ordra ■ wo adinooiiaur, qui «*i ■M wpkM à* furrailUat. Dammé ptr U congrtgalioa gteérala, pour l'trartir en «ecrst d« »M r*u- IM. Il •• OnciqvM cuiiKréKatiou dfl flUe* ont aussi dw oflleitfw qui portcAt là oom d'admonitricM. — >mi. Voj. AiaiOiaTioii.L'aaoten français disait

ADMOmnON (a-dmo-nt-«Ww), «. f. jj 1* Action d'adlMoélM'. L'admonition a M abolie. || I* AvcrlUlHMBt Après aroir inutilement lenti près de moi Iw admonitions chariuttles, Marcellin employa la* miwirw sértrat, atATSAtmi. Mart. laj.

— HIST. iiW a. Kt s^l n'otwlst à l'ammonisslon, Il doit eatre eaeommaoiéf publiquement, bkaum. SI, «* Il XVI* s. Que oeui qui sont rebelles à son

soient DoiAs et marqués afln que cba- . CALV. i»*. Sachant aue sa femme es- 14)11 rvirouvAe par l'ailmoDition du non arcbidiacre, MAiona. Nouv. •<. Amomtion, o. muhru, p. M. — tm. Prorenç. amoHtcio; ital. ammoniiioiu; de admonitio, de ad, k (voy. k), et moni'do, monltion (voy. ce mot).

f AUNE, KÉB (a-dn«. dnée), aàj. Terme d'histoire naturelle. Oui est immédiatement attacha k une oboa* et parait faire corps avec elle.

— tTYM. Adnatiu, de ad, k, et natui, né.

t ADKOTATIOW (a-dno-ta-sion) , i. f. Terme de ehanecUari*. Réponse du pape à une supplique, quand eelte réponse ne ooiuiste qu'eu une siguature.

— rrYM. Voy. ANNOTATION.

ADOLESCENCE (a-do-lè-iaan-s') , t. f. L'tge qui suooMe k l'enfanco et qui commouce avuc les promiên signa* da U puberté.

— 8YM. ADOUiacnci, JiuNiaai. Dans le Ungage soientiSque adolescence et jetmesse sont synonymes et expriment l'Ige compris entre l'enfance et l'état adulte. Mais dans le langage ordinaire il y a une nuance, et adolescence dteigne de préférence la première partie de la jeunesse.

— HIST. XIV* ». Et n'est que bien et onnesteté de ainsi passer l'aage de rostre adolescence féminine, Mmagier, Ptxilogut. || xv* s. Car jeunesse et adola*oance(C'est son parler, ne moins ne mais) Ne sont qu'abus et ignorance, vuxon, Grand Tat. || xvi' s. Considère! que par nous allaictez Avez esté en vostre adolescence, i. marot, v, 185. L'adolescence, qui commence depuis dix-huit ans jusques à vingt et cinq, e it la tempérée et moyenne entre tous excès, TAal, Introduc. &. Sa beauté se maintint tousjours florissante en son enfance, en son adole.scence , et encore après qu'il fut devenu homme parfait, amïot. Aie. x.

— CTm. Provenç. et espagn. adolescentia ; ital. adof«»c«ma; de odol«tc«ii<ia, de adole$c«M, adolescant.

ADOLE.SCKNT. ENTE (a-do-lè-ssan, ssan-t'), (. m. et f. Il 1* Celui, celle qui est dans l'Âge de l'ailolascence. || S* Se dit surtout des garçons, et alors souvent en plaisantant. Un jeune adolescent. L'essai et l'apprentissage d'un jeune adolescent qui passa de la férule à U pourpre et dont la consignation a (ait un juge, ast de décider souverainement da* via* at des fortunes des hommes, la bbut. u. Il > Adj. Encore adolescent il avait quitté Home, akn. Jfar. à Mint. i, t. Uérovéo est ardent, et la pitié naissante Bientét mène k l'amour une âme adotaaoanta, i.cKiac. fWd. it Brun, i, a.

— HIST. xr» I. OuaUe hardiesse te meut, o jeune adolaacant royal, ne quelle fiance présumes tu de mettra U mayn aux nymphes, j. lemairk , dans PALM. p. lai.ll XVI* ». L'ardeur du courroux que l'oo sent Au premier âge adolescent, Me fit trop uieamant t'escrira, aoNS. 464.

— ÏTTll. Adoù$eent, de odoUterrc, croître, de ait, k (voy. i), et oiaicar*, oUrt, croîtra. Quelquesuns ont rattaché ce radicid à 6>o< , entier (voy. soi.iuK pour ca mot) ; mais l'opinion préférable est celle de Baofay, i, 70, qui le rattache k aUri, nourrir (voy. AUioiMT), de mémo racine qu'un radical grec AXm, Je Ikis croître, d'où éiîatvciv, faire croître; radioal qui appartient aussi aux mots congénères : BoUiique, aid», qui a cra, tgé (voy. alouman); allaa. ail, Igé; celt. aitruim, nourrir, ait, nourritua

t^IKNiiniQat.tB(»4o-mè-sUké, kée), part.

p»m. Gans sdnmo<tl>iu4a.

i^WMV' .4o-m*-«U-ké),r. o. lll'Faira

-*?!r*" iitadoaio*tiqué[Hou(licourt],

ploMga, at lu: »to i souvent donné de l'argent, st-

nm, «a, ••.ta«*8'adoiaa*i«juaf,«. r</».SeIaira

— ■W. XI* a. »'»r U douçour de doulx nourrisaaaaaiS'kpnvotaist ouiata ha*u*auvata,S'ad4MBa»-

ADO

cbe.... a. oiaciiAMi'S dans RATNODiRO. || xvi* s. Par ce moien le cardinal , de qui les mencliancelez avoient a*t4 odleuia* auparavant, se réconcilia avec Sigismond ; s'ataot adomcstiqué , persuada k son cousin d'ouir massa tous la* matins, u'aub. Ilùt. m, tua.

— eTYM. l (voy. ce mot), at domettùiue; provcnç. adometgar, adomajari ItaL addometlicare. L'ancienne forme française est adometehrr; adomuUquer a 6lé refait |Hist£riouremuul sur le Utin.

t AIM>NC (a-<lon-k). odi'. Ln ce moment, alors. Adonc Darius pousse sa dague, et d'aventure n'atteignit que le mage, P. l. coua.ii, t»i.|| Vieux.

— HIST. XII' s. Adonc aurez vostre guerre finie, HoneiMT. p. it. Adonc fionst mes cuers et mes vouloir Kn bons amour.... Coucy, viii. || xiu* s. U esloit adonc quaresmes, villeii. <8. Adont tcnoient Kraiic le<i Tyois [Allemands] pour amis, Uerle, v. || xv s. Ca (ut l'an de grâce nostre seigneur 1328, le jour de Noël [que (ut couronné Edouard IIIJ, et pouvoit avoir adonc environ soize ans, raoï.ss. i, i, 37. Il n'estoit adoncques riens dont il eust si grant crainte que de perdre son auctorité, cohm. vi, 7. Il XVI* 8. Les gcnilarmes ont jeté le sort, qui se tiroit adonc d'un chapeau ou d'un bocal, calv. ho. El si tout est confus, qui adoncques dira Les hymnes de ta gloire et ton nom beniraT bons. 873. Quand le sentiment du feu fui passé jusques k la chair vif vu, adonc commencèrent les bœufs k sedebatre, amvot, Fab. n.

—tTiU. Àet donc ; wallon , adon ; provenç. adonc; anc. catal. adoncht; ilal. àdunque.

Ai>ONIEN ou AllONIC)(JE (a-do-niin ou a-do-nik') , adj. et s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Se dit d'un vers composé d'un dactyle et d'un spondée.

— ËTYU. Âdoniiu, de Adonit (voy. ce mot). ADONIS (a-do-ni-s'),i. m. |i 1* Dans la myUio-

logie, nom d'un jeune homme célèbre par sa beauté et qui fut aimé de Vénus. || 2* Ironiquement, jeune homme qui fait le beau et qui est trfcs-soigneux de sa parure. {| S* Terme de botanique. Plante k fleurs rouges ou citrines, qui approche de la renoncule et qui vient dans les près.

— ÉTYM. Adonit, de 'Aîcovt; ou *Aîu)v,de l'hébreu Adan, seigneur. Adondl en hébreu est le nom de Dieu. Adonis est la forme grecque du nom d'une divinité phénicienne ; la langue des H6breux et cello (les Phéniciens étaient deux dialectes d'une mémo langue.

ADOMSË, ËE (a-do-ni-zé, zée), part, pansé. Paré et adonisé.

ADONISEII (a-do ni-zé) , ». o. || 1* Parer avec une grande recherche. || a*S'adoniser, v. réfl. S'ajuster avec un trop grand soin. Se dit surtout en parlant des hommes.

— HIST. XVI* g. Quand ses cheveux troussés dessus l'oreille. D'une Venus imitent la façon; Quand d'un bonnet sa teste elle adonise, Kt qu'on ne sçait, tant neutre elle déguise Sun chef douteux, s'elle est fiUe ou garçon, bons. 61.

ADONNÉ. ÉE (.i-do-né, née), pari, passi. Qui s'applique à. Adonn6 à l'étude, au vin.Orandakme, aux grands travaux sans repos adonnée, maui. iv,i. Je chante dans ces vers les filles de Minée, Troupeaux arts da Pallas dès l'enfance ado née , la tont. Filles de Minée. L'abondance d'boouiies adonnés k la guerre , rtn. Tél. xui.

ADONNER (S') (a-do-né), v.réft.\\ 1* Se livrer, s'appliquer k quelque chose avec ardeur, habituellement. S'adonner k l'étude, aux plaisirs. S'udonnur k boire. U s'adonnera aux exercices de la religiou sans en négUger aucun, bourb. Pensées, 1. 1, p. »7. Les exercices auxquels ils s'adonnent, fén. Tél. x. La jeunesse ne s'adonne plus aux lettres, m. ib. xiv. Il >' Fréquenter habituellcmeiiL S'adonner k une société, k un lieu. || 3° Ce chien s'est adonné k moi ; m'ayant rencontré par hasard, il s'est attaché k moi. Il 4* Se diriger , en parlant d'un chemin , d'une chasse, etc. Le seigneur de Thoiurs mandait k celui d'Oiron, qu'd chasserait un tel jour dans son voisinage, et qu'il eût k abattre une cerutine quantité de murs de son parc, pour ne point trouver d'obstacles, au cas que la chasse ("adonnit k y entrer, srsiMOM, 7», 111. Est-ce Jamais par Ik que son chemin *'adonneTLACaAusst>,Pn[;u0tf d là inod<,i, a. lis* Adonner, v. n. Terme de marine. Devenir plus favorable, en parlant du vont qui éuit contraire.

— ItEM. Quoique l'Académln n'indique que le verbe réfléchi t'adonnrr, il semblaqu'on pourrait lrè»-bien dire, comme dans te xvi* sikaa, adonner aon cœur, aoo esprit, etc., k une chose.

— ftYN. aa DOMNBa k, a'AOORMia A. Sa mettre k un

ADO

certain genre de UavaiL Se donner k l'étude, c'e«( s'y livrer sans réserve; s'adonner k l'étude, c'^st simplement s'y appli(|uer. 11 y a donc une nuance M entre ces deux expressions ; et U première est plus - ■ forte que l'autre.

— HIST. XV* ». Le jeune Edouard, qui (ut depuis roi d'Aiigloterre, s'adonnoit plus et s'inclinojt de reganl et d'amour sur PhiUppe [fiUe du comte iiinllaume] que sur les autres, raoïss. i, i, <6. Aduuiic k tous les plaisirs, comm. t, t». || xvi* ». Mais Dieu ce bien ne m'a donné Que vostre chemin adonné Se soit icy.... mabot. ii, Ku. Fut l'humain genre asprcmentestonné. Et tout le monde k l'horreur adonné ien proie j, id. tv,13. Sçavoir voulut toutes sciences bonnes, Kt qui est celle k quoy tu ne t'adonnes, ii>. IV, 4 BU. Encore que mon (eu père eust adonné tout son estudo k ce que je prouffictasse.... rabel. l'ont. 11,8. Quant k la congnoissance des faictz de nature , je veulx que tu te y adonnes curieusement , lo. Pant. II, s. A raison de quoy il le fault tousjours addoner [l'entendement] k ce qui est le meilleur, AMroT, Périel. i. Ils s'addonnent aux exercices que plus vous honorez, lo. Cat. i». L'estude de U philosophie k laquelle il s'adonna, id. Pélop. 4, On peut affermer, quand ils s'adonnent k bien , qu'ils sont excellents, lanoub, at. l'our sauver quelques maisons de gentils hommes et Gergeau, si le besoin s'y adonnoit, d'alu. /fut. u, <»<. Afin aussi d'adonner nos cœurs k l'amour d'icelle [justice] et k une haine d'iniquité.... calv. Inst. 273. Qu'on suive hardiment l'esprit, lequel ne demandera rien de mal, moyennant qu'on s'adonne k sa conduite, lo. ib. 470. Il ne laissoit pas de prier au milieu de la multitude , si l'opportunité s'y adonnoit , m. ib. 70». Pour s'adonner dulout k la dévotion, hont. i, 40. J'ay veu nos princes s'y adonner depuis en personne [kl'exercice louable de la comédie], id. i, i«h Son chemin s'adonnaot au travers d'une église, il ne passoit jamais qu'il.... in. i, 403. Si quelque serviteur s'y adonna [s'attache k lui].... id. u, 7*.

—ETYM. À et donner; provenç. et espagn. odonar , ilal. adonare.

ADOPTANT (a-do-ptan) , s. m. Terme de droit. Celui qui admite.

ADOPTÉ, EE (a-do-pté , ptée) , part, passé. || 1* Octave adopté par César. Vous étiez des enfants dans son coBur adoptés , volt. Jf. de Cet. lU, ». || Substantivement : l'adoptant et l'adopté. || »• Kig. Proposition adoptée k l'unanimité. Règlement adopté bientôt par toutes les nations. || S* Adopté, formule de vote qui indique que la proposition est reçue.

ADOPTER (a-do-pté), e. a. || t* Choisir quoiqu'il . pour fils ou pour fille et lui en donner les droiL, civils, en remplissant certaines formalités légales. Jamais, sans ses avis, Claude, qu'il gouvernait, n'eût adopté mon fils, bac. BtH. iu, t. Toutes les fois, tyran, qu'on se laisse adopter, corn. Héracl. v, 3. Il 1* Par extension, prendre un enfant et le traiter comme sien. Hélas! ce Juif jadis m'adopta pour sa fille, tkc. Esth. m, 4. Mais mon cœur, plus prudent, l'adopta par vengeance, cr£r. ^Ir. l, 3. Je t'adopte pour fils, adopte ma vengeance, dccis, Rom. ni, t. Il 8* En général, se porter vers, s'attacher k. Adopter un parti. Aliinipr un plan, un genre de travaiL Adoptant V o-t auteur.

Le peuple adopta la loi prop<i . -lÀ on n'a-

vait adopté de l'antiquité que des erreurs. L'Amérique k genoux adoptera nos mœura, volt. AU. i, t. N'a-t-il pas adopté Nos climats et nos mœurs et notre libertéT nucis, Abuf. m, 4. U apprend mon dessein, l'adopte, l'autorise, c. delav. F>V '.

— HIST. xvi* s. Apbidnu< adopta le.'^ \ pour ses enfants, comme Pylius avoit .i<iu,'ti: Hercules, AMTOT, Thés. 42.

— ÊTMi. ildop<ar«,do ad, k, et opiare, opter (voy. k et optkb).

t ADOPTIEN, IKNNE (a-do-psien, psiè-o'), « m.et^.Membre d'nnesecta chrétienne qui souteiuit que Jésus était seulement le fils adoptif de Dieu.

ADpPTlF, rVK (a-<lo-plif , pU-v') , adj. \\ 1* Ou» a été adopté. Fils adoptif. || t* Qui a adopté. Père adoptif. Il I* Qui a rapport k l'adoption. La droit de bourgeoisie k vo* peuple* dooné Ne perd rien de son prix sur lui front couronné ; Sous oe titra adoptif, étant ce que votu êtes. Je pense biaD valoir uua do mes si^etles, oorji. Sert, u, >. || Sa mat tovjoyrt après son substantif.

— HIST. XVI* a. Tlialeseut un fllsadoptif, il adopu un sien napveu nommé Cybistus, fils de sa t^ur, AMTOT, Sol. 10. Lorsque son pei« adc^tif fut tué, il estoit en la riUe d'Apollonie, lo. Brvt. 17.

— Km. Aàoplirus (voy. aooptcb) ; provenç. adoplia; eapaga. adepisae ,• ilal. adoKiae.

ADO

ADO

ADO

ADOPTION (a-do-psion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Il 1" Action d'adopter Entrer dans une famille par adoption. Donner son fils en adoption. Père par adoption. Fils de César par adoption, Boss. Hisl.i, » Un sceptre que jadis vos

aïeux ont reçu De ce fameux mortel que la terre a conçu; L'adoption le mit entre les mains d'Ëgée, RAC. Phèd. n, a. Tu n'as de fils qu'Octave, et nulle adoption N'a d'un autre César appuyé ta maison, volt. M. de Ces. i, <. Droit fondé sur la grJce de notre adoption , puisque nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons acquis un pouvoir spécial de devenir enfants de Dieu, bourd. Pensées, t. i, p. Oi. || a° Par extension. La France est sa patrie d'adoption. L'adoption que Rome faisait, en certains cas, des étrangers Rome vous

permet cette haute ailiance. Dont vous aurait exclu le défaut de naissance, Si l'honneur souverain de son adoption Ne vous autorisait à tant d'ambition, CORN. Nie. I, 2. Il 3' Fig. L'adoption, dans une langue, de mots étrangers. La physique est son étude d'adoption. L'adoption qu'un homme fait d'un autre. Ces adoptions de deux âmes l'une par l'autre. L'adoption d'une loi par la Chambre. L'adoption fut mise aux voix et rejetée.

— HIST. XVI* s. Galba pensa qu'il n'estoit plus temps de différer l'adoption qu'il avoit porpensée, AMYOT, Galba, î8.

— ÉTY>f . Provenç. adoptio ; espagn. adopcion ; ital. adofione; de adoptio, de ad, à (voy. k), et option.

ADORABLE (a-do-ra-bl') , od;. || !• Digne d'être adoré. Dieu seul est adorable. Jeune peuple, courez à ce maître adorable, hac. Esth. m, 9. Cet adorable maître nous a dit que son joug est doux et son fardeau léger, bourd. Pensées, 1. 1, p. 400. Tirez le voile qui me cache cet adorable, mais redoutable mystJre de votre providence, m. th. p. 56. || i' En parlant d'une maltresse. Une femme adorable, une adorable amie. Yeux adorables, rotrou, Venc. il, 2. 0 dieux qui, comme vous, la rendez adorable. Rendez-la, comme vous, à mes voeux exorable, CORN. Cinna, ni, 3. || 3° Par exagération, seditde tout ce que l'on estime ou on aime extrêmement. Il est adorable du bon courage qu'il a de vouloir venir, sÉv, <5<. Dans les bouts-rimes, je vous trouve adorable, mol. F. Sav, iii,6. ||Ne peut se mettre avant le substantif que quand le substantif n'est pas monosyllabe, ou, étant monosyllabe, ne commence ni par une voyelle, ni par une h muette.

— ËTYM. Àdorabilis, de adorare, adorer.

ADORATEUR, TRICE (a-do-ra-teur, tri-s'), s. m.

et/'. Il l'Celui, cellequi adore. Les Guèbres sont adorateurs du feu. Si le monde n'attachait les hommes que par lebonheurdeleurcondition présente, commeilne fait point d'heureux, il ne ferait point d'adorateurs, MASS. Dauphin. D'adorateurs zélés à peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer une ombre, RAC.^(h.i, «. || 2° Celui qui a amour et respect pour. N'étant pas en état d'en voir le faible, ils deviennent adorateurs de ce qu'ils ignorent, bourd. Pensées, t. n, p. 200. Et de leur chaîne antique adorateurs heureux, volt. Brut, i, 2. || 3° Celui qui aime, courtise une femme. Et je triompherai, voyant périr mes fils. De ses adorateurs et de mes ennemis, CORN. Rod. IV, 3 je brûle pour,Thésée; Je l'aime, non point tel que l'ont vu les enfers, Volage adorateur de mille objets divers, rac. Phèdr. n, 5. Laissons là, je vous prie, les adorateurs, repritelle, et parlons du soleil, fonten. Mondes. 4" soir. Il 4* Adj. Je n'ai percé qu'à peine Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur, rac. lier. 1,3.

— HIST. xvi* s. L'adorateur se tourne vers l'Orient, et puis se retourne devers le Dieu, amyot, iVumo, 25.

— ÉTYM. Provenç. adoraire, adorador; espagn. adorador; ital. adoratore ; de adorator, de adorare, adorer. En provençal, adoraire est le nominatif, de odordior, avecl'accentsur rd, adorodor le régime, de adoratôrem, avec l'accent sur tô. Dans l'ancien français, le sujet serait aorere, et le régime aoreor ; adoriteur a été refait sur le latin.

ADORATION (a-do-ra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f.\\ 1° Action par laquelle on adore. L'adoration proprement dite n'est due qu'à Dieu seul. L'adoration que tous les peuples lui rendent, boss. Honneur, <. Ils rendaient à J. C. une adoration extérieure, id. Euth. 2. Si avec toutes ces doctrines, toutes ces pratiques et tous ces cultes de Rome, avec l'adoration et avec l'oblation du corps du Sauveur.... ID. Variât. 15. L'adoration qu'ils rendent à l'Eucharistie, pasc. Prov. 46. Les adorations qu'ils rendent à l'idole, m. Prov. 5. Conservez toutes vus

adorations pour l'Arche, plèch. Panég. n, p. 426. Peut-être , brillantes parcelles De l'immense création , Devant son trône imitent-elles L'éternelle adoration , LAMART. HarrH. i, t.\\i° Cérémonie dans laquelle les cardinaux vont rendre honneur au pape mis sur l'autel après son élection. Dans le même sens : Ce pape a été fait par voie d'adoration, tous les cardinaux sont allés le reconnaître pour pape, sans scrutin préalable. || 3* Par extension, amour, attachement extrême. Il a de l'adoration pour cette femme. Je l'admirai longtemps; oui, j'eus pour Scipion Ce sentiment qui tient de l'adoration, M. J. chén. Grae. n, 3. || i' Au plur. Démonstrations de tendresse et de respect. Comme vous êtes accoutumée à ne recevoir jamais que des hommages et des adorations de tout le monde, MOL. Princ. d'£i. ii, 5. Gervaise, devant les amis de M. de La Trappe, quand ils étaient gens à être ménagés, était dans les adorations, saint-simon, 64, 22. || 5» Nom des tableaux et estampes qui représentent les mages aux pieds de Jésus enfant.

— HIST. XVI* s. J'appelle adoration la révérence que lui fait la créature, se submettant à sa grandeur, CALV. Instit. 283.

— ÈTYM. Adoratio, de adorare, adorer.

ADORÉ, ÉE (a-do-ré, rée), part. pass^. Les dieux

adorés par les nations. Ce roi adoré de son peuple. Une femme adorée de son mari, et, absolument, une femme adorée. Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes. Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés; Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés, lamart. Médit, xiii. Si tu dois comme nous achever ta carrière. Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux De tes pas adorés je baise la poussière, id. ib. xvii. Monseigneur est adoré; il est libéral, sÉv. 471. M. de Saint-Héran a été adoré à Fontainebleau, id. 367. Du magister fille adorée. Par son bon cœur elle plaisait , bEranger , Jeanne la Rousse.

— REM. Adoré, avec les personnes pour complément, veut ordinairement de .-Dieu veut être adoré des créatures ; mais, quand il s'agit des idoles, des faux dieux, on peut très-bien mettre : Les faux dieux étaient adorés des Romains ou par les Romains. Quand adoré est dans le sens d'aimé, de est à peu près de rigueur : Ce général est adoré de ses soldats; cet enfant est adoré de son père, etc. iie s'emploie plus particulièrement quand il s'agit d'un sentiment, et par quand il s'agit d'un acteexlérieur: Alexandre adoré par les Perses ; ce roi adoré de ses sujets.

ADORER (a-do-ré) , v. a. jj 1» Rendre à la divinité le culte qui lui est dû. Dieu veut être adoré de ses créatures. J'adore la bonté de Dieu, je l'admire, j'y mets maconfiance, bourd. Pensées, t. i, p. 67. Et comme ces rois de l'aurore, Un instinct que mon âme ignore, Me fait adorer un enfant, lamart. Médit. XV. Assis à ce degré suprême. Il faut s'y défendre soi-même, Comme les dieux sur leurs autels; Rappeler en tout leur image. Et faire adorer le nuage Qui les sépare des mortels, iD. «6. Ah I j'aurais dû peut-être.... Et courbant sous sa foi ma raison qui l'ignore [Dieu] , L'adorer dans la langue où l'univers radore,iD. //oroW, 39. Il voulut se faire adorer comme un dieu , boss. Hist. m , 4. De l'ombre de Ninus l'oracle est adoré, volt. Sémir. v, t. Il a° Adorer la croix, se dit par relation à J. C. en parlant d'une des cérémonies du culte catholique. On ditde même : Adorerles reliques. || S'Adorer se dit aussi absolument. De tous les endroits de la terre, les Israélites étaient obligés d'y venir adorer [dans le temple], MASS. Car. Respect des temples. L'immohdhé d'un corps anéanti et la profonde religion d'une âme qui adore, ID. ib. || 4° Se prosterner devant. D'où vient, lui ditAlexandre, que tu ne m'adores pas? montesq. Lysim. \\ 5° Fig. Je ne vais pas au Louvre adorer la fortune, boil. Sat. ii. Détestais-tu la tyrannie? Adorais-tu la liberté? De l'oppression impunie Ton œil

était-il révolté? lamart. Harm. iv, i. Les ims,

sacrifiant leur vie à leur mémoire. Adorent un écho qu'ils appellent la gloire, id. iv, h. 116° En termes de spiritualité , se soumettre avec adoration. Que j'adore en silence l'ordre de votre providence, PASC. Prière. Us adorent les jugements de Dieu, BOss.ffi'st. Il, 4. Ne laissez pas d'adorer la main qui nous l'enlève , flécii. Aig. ||7°En général, dans le même sens. Puisqu'ils font des heureux, adorez leur ouvrage, corn. Pomp. i, 4 permettez Que jusques au tombeau j'adore vos bontés, m. Nie. V, 9. Et le peuple, inégal à l'endroit des tyrans. S'il les déteste morts, les adore vivants, id. Cinna, i, 3. Ils adorent la main qui les tient enchaînés, RAC. Brit. IV, 4. Je sais rendre aux sul-

tans de fidèles services.; Mais je laisse au vuigair adorer leurs caprices, lo. Paj. i, l . J'adore avec dépitcet excès de courage, volt. Orphel. iv, 4.'|| 8° Aimer avec passion. 11 adore Emilie, il est adoré d'elle, corn. Cinna, m, 4. Vous que de tout mon cœur j'ai toujours adorée, ID. Théod. m, S. Rome sait vos hauts faits, et déjà vous adore, id. iVi'c. iv, 4. Cette princesse se fait adorer de toute la cour, SÉV. 44 8. Allez, en lui jurant que votre âme l'adore, À de nouveaux mépris l'encourager encore, RAC. .ilndr. n, 5. Déjà de ma faveur on adore la bruit, ID. Brit. v, 3. Ils ne seraient pas inutiles à l'éducation d'une fillequ'elleadore, j.j. novss.IIél.i, 4. Je te jure, à mon tour, de n'adorer que toi. lamart. Méd. II, 40. Il 9° Proverbial et figuré, adorer le veau d'or, faire la cour à un homme de peu de mérite, à cause de ses richesses.

s'adorer, v. réfl. \\ 1° S'adorer l'un l'autre. Ces deux amants s'adorent. || 2° Être en adoration de soi. Cet homme n'est occupé que de lui ; il s'adore véritablement.

— KEM. C'est par abus qu'on emploie adorer pour aimer beaucoup , quand il s'agit d'objets que l'on ne peut supposer sensibles à notre adoration. Delille dit que Voltaire adorait le café. Un autre adore les huîtres. De telles expressions, dites sérieusement, corrompent la langue.

— SYN, ADORER, VÉNÉRER, HONORER. Rendre des hommages, un culte ou une espèce de culte. Honorer est un terme général qui n'implique que l'hommage qui est rendu; vénérer enchérit, il s'y joint une idée de crainte respectueuse qui n'est pas incluse dans honorer; enfin adorer ajoute à l'honneur, à la crainte respectueuse, l'idée d'un amour profond et sans bornes.

— HIST. XI" s. [Dieu] Le glorius, que deûsse aurer, Ch. de Roi. ».. N'i ad paien, [qui] nel prit [prie] et nel aort, ib. 66. Touz ses idoles que il seult adorer, ib. 485. || xii" s. Et de cil Deu qu'aorent li Persant, Boncisv. p. 28. Mais par Mahom, cui je doie aourer, ib. p. 78. Ainz [je] l'aim et serf, et aor por usage ; Si [je] ne lui os [ os? ] mon penser descouvrir, Coud, 4 9. Dame, dit-il, que très bon jour Vous doint cil que j'aime et aour, AUDEFR. LE BAST. Romanc. p. 9. || xiii* S. Qui plus a à soufrir, plus vous doit aourer, Berte, 43. Partez les sainz que l'en [on] aeure, Et se dame diei me sekeure [secourt].... Ren. «799. Car de cent amis aparens, Soient compaignons ou parens, S'uns lor en pooit demorer. Dieu endevroient aorer, la Rose, 4904. Lors je plorai et rendis grâces à Dieu, et li dis ainsi : Sire, aouré soies tu de ceste soufraiteque tu me faiz, joinv. 264. || xiV s. Le commencement et premier article parle de adourer et du lever, le Menagier, i, 4. Et aourez de tout vostre cuer, ib. i, 2. Il xV s. Et l'adoroient toutes gens comme leur dieu, pour tant qu'il avoit donné le conseil dont.... FROiss. Il, n, 460. Il xvi* s. Ils baiseront la terre où vos piez marcheront, Ils iront après vous, ils vous adoreront. Leurs cueurs seront bruslants aus rais de votre llame, de brach, Oiimpe.

— ÉTYM. Picard, aorer; provenç. adorar, azorar; espagn. adorar; ital. adorare; de adorare, de ad, à (voy. À), et orare, parler, de os, bouche (voy. ORAISON, oral). D'après quelques étymologistes, adorare signifie proprement porter à la bouche , baiser , de là adorer : ttdorare purpuram principis, se présenter au prince, parce qu'en l'abordant, on baisait le bas de sa robe. D'autres, prenant en considération le sens de ororequi est parler, ne voient dans adorare que parler à, s'adre.sser à et, finalement, prier. Cette dernière explication est la plus simple. L'ancien français était aorer, suivant la tendance à supprimer les consonnes et à rapprocher les voyelles. Le picard a gardé cette forme.

ADOS (a-dô), s. m. Terme de jardinage. Terre en pente inclinée vers le midi et favorable aux primeurs. Us sont tout étonnés de lui voir diriger des ados avec plus d'intelligence.... J. i. rouss. Em. v. Les ados qui sont des talus de terre qu'on ménage dans les potagers ou le long des espaliers, buff. Exp. sur les végét. 4* mém.

— ÊTYJl. Berry, adous, s. m. et adouse, s. t. de à et dos.

ADOSSfi, ÊE (a-dô-sé, sée), part. passé. || l'Adossé à un mur ou contre un mur. Corinthe adossée à une montagne. Le théâtre [à Sparte] était adossé à la citadelle, chateaub. itin. «02. || 2» En termes de blason, se dit de deux pièces d'armoiries qui sont placées dos à dos. Il porte de gueules à deux lions adossés. || 3" En termes de dessin et d'antiquités, têtes adossées, deux têtes mises sur une même ligne en sens opposé.

ADO

4 ADOfMMIirT (•-dftM-BUO), (■ <". Il 1* Rut ia M nti Ml liInMl L'adoMMBMt da votra ouiioa à «a iwltt" Il »• ïn ««nn» d'MWtomit, idoM»gMot 4« dan BMmbnmw, cooMiioa d« d«ux nMmbrUM* qvl t'appUqvnt l'un* à l'wtn par daa

APoJlinîk-dA-ié), «. a. Il 1* Mettra la dof contra qii^m eboaa. Il idoiia tei homme* k une murallia. Il 1* PUear usa eiloaa contra une autre qui lui Mrt d'ippui. AdMaaraooeanpàUD neuve. L'arehilacu rcut adoaar la iBaiioa au coteau. || I* S'adoaar, «. rift- U l'edoaaa contra un arbra et *e Jlftnr' ralllamment. La (ènéral roulait l'aduiaer k on marait impraliealile.

— HIST. ui' s. l'ar l'apostolie lontde lur maatier lerrA; Purlapoor del rd ont Deu tut adou< (iU ont tourné le do* à Dieu), TK. l* mari. »*. || xm' ». J» coars n'eoUrra (entrera] en paradi» celestre ; Si n'aal nuni il eoar» qui bien n'i T0u»i«t e«lr*; Mais Uot doutant metaize et k guerpir lor estre, Qu'il en adowant Dieu et metent à lenaslre, rutsb. <«o. BiM •*« TergolRn* *dot*ée, Oui boniniez rotlre «aMaaéa, tl*n. t**ot. Coniremont rers le mur ont pSélââdagré*; Kl haut efUgevienent, qu'est el mur adoêié*: X une des feueetres e*-les tou* [les ToilÂ| aooaté*. Ck. itÀHt. yi, «m. Or prions Dieu le glorio«», Oua U mete tel sensen nous, Que nous puistOffllM* adoaaar La* fols delis et oublier, Vnieornt et mpent. || zir* a. Tel rie menèrent longuement, et adoamntnostra Seigneur et ses commandemens; al DOatra Sira les adoaa, si comme tous oirei ci aprAs, Chr. St-Penù, m, "o. Aussi est il des gens da religion qui le monde ont adossa et guerpi, ib. if, t. Il XT» s. Quand il Tit que on l'aToit ainsi adossé! Il ordonna ses b«Mgne* et se despartil de Paris tout melancolieui, mou», m, iv. »<• Si estoit ar- Ksté aux champs, et avoit adossé un noyer, et là ae eombattoil, in. u, n, •<. Non pourtant elle s'apaisa, et adossa la tendeur féminine, et s'adouha daWrileTertu, lodisii, Souv. m.

— tTYM. liai, adodore,' de d et doi.

ADOUBKR (adoubé), «. n. || !• N'est guère usité

qu'au trictrac el aux échecs, quand on dit j'adoube, indiquant qu'on touche un pion pour l'arranger, Don pour le jouer. || 1* Terme de marine. Réparer, raccommoder.

— msT. II* ». Escuz au col et lances adubées, Ch. d* Kol. »♦. Li emperere» touz primerains s'adube, ib. IIS. Adubez-Tous; sempresaurez bataille, ib. iit. Il XII*». Cil adoba le roi Marsillion, Roncisv.

i>. *9. Desor un mont s'est Rolant adobez, ib. p. 3e. Chevaliers] Qu'il ot fait adoher en son maislre donon, .^n*. ». Il xiii* ». Il dist qu'à pentecosle cheralen (il) les fera. Droit au Mans la cité: U les adouber.t, Birtt, tôt. Es voua par la bataille le frère dant Tangré [du seigneur Tancrède] ; On l'apeloit Guillenne, un chevalier membre; En lui ot moult bel homme de novel adobé; Son sens ne puet tenir, puisque on l'ot armé, Ch. (CAnt. m, «3. ||xiv* s. De eaqui lui failli, l'ont tris bien adoubé, Cuesclin, 474*. Il XT* s. Les deux bretons qui n'enlendoient que à malice, pounreirent cette tour de trente compagnons bien armés el adoubés, fdoiss. m, iv, 41. Et si ne sçavoit le duc de Bourgongne adouber [arranfer] avec eux le (ait du connestable, couh. iv, •. Le chemin est tel que la nature l'a fait, et n'y a ■ rien adoubé, in. nii, t. Et lui fut adoubée sa playe. qu'il avoit au col, ID. i, 4.

— f.TYM. Wallon, adobé, qui a reçu un fort coup; bas-lat. adoèors,- prorenç. <kio6ar,- espagn. ado6ar,ital. adéobbon. Du Canga dérive ce mot de odoplart.dana la aena de adouber chevalier; Ménage, de l'italim addepfiart, doubler; Henschal, et apr^ lui Diez, du mot germanique dubban, frapper (voy. |i«udkr), parce qu'en effet, dans le cérémonial, on rrapp.iit le chevalier en l'armant. Cette dernière opinion est confirmée par l'ancien anglais dub, un coup . el (0 dub , adouber cheralier. On comprend comment ad-doi«b«r, e'eat-è-dire toucher k, frapper k, a pu donner lessaotilivcn de adoubrr, adobare. qui a nigni fié orner, réparer. La wallon est le seul qui .lit conservé le se is primitif, dont on ne trouve aucun cteinpir dans le» anciens textes.

AWH'CI, IK (a-dou-si, »ie), port, patsé. L'a- BertoiM du b(«tt«a||a adoucie par du sucre. Voix t^f^». FwM adOMi. 8« aarrir d'un terme adouri. Pwla «doveia. VoyoM «l'on esprit adouci Comment wua *oua prandrai à aoulanir oad,- mol. ■m. t, 4. Da* aciart auaal délicates pour ainsi ■JJVJ î^,'**'*** "ï"» '•• o6\nt. rwm. Ctar r%*rrt\ltm] ....VMM bcr les mains au destin adouci 0«i ■ offra ao dteina Utnx ce au'on me vole ici . "II. if.d II. t. OtOlrtl y a de certain dans la

ADO

mort est un peu adooci par o* qui est InMrtain, LA «auT. 41.

t ADOi'a (a.dou-«i), I. m. Première façon quon donne aux glaces brute* ou au cristal ébauché pour U Uille. , ^

ADOOCIR fa-dou-sir) , e. a. || 1* Rendre doux. Adoucir l'amertume, l'kpretéde» fruiu. Adoucir des frulU par la ciilttiro. Il n'est rien de si amer dont cette onction céleste n'adoucisse l'amertume, bouho. PtmitM, t I, p. «00, Il 1* Par extension , ôtar les qualités qui blessent La pluie adoucit le temps [le rend moins froid). Adoucir sa voix, parler d'un ton moins élevé, moins aigre. Adoucir la prononciaUon d'une langue. S'il m'en resUit un »eul, j'adoucirai»

ma plainte, la tout. fab. ni, • cher amour,

épanche ta douleur; J'adoucirai la peine en écoutant ta plainte. Et mon cœur versera le baume dans ton coeur, LAMART. Souti. Médit, x. Ses aumfine», »'étcndant, par leur abondance, mCmeaur les ennemi» de la foi, adoucissaient leur aigreur et le» ramenaient k l'f^gliae, Boss. Reint d'AngUt. Elle [Cérès] montrait k ces homme* grossiers l'art d'adoucir la terre, KÉM. TH. xvu. Cécrop», apportant de» lois utiles du l'Egypte, qui a été pour la Grèce U source des lettres et des bonnes mœurs, adoucit le» naturel» farouche» de» bourgs do l'Attiquo et les unit par les liens de la société, in. ib. xu. Ne pourrai-je adoucir vos inflexibles mœursT VOLT. Ali. IV, 4. Il 3* Au moral, rendre plus supportable, û tous, admirables personnes, qui, par la douceur de vos chants, avez l'art d'adoucir les plus fftcheuses inquiétudes.... MOL. Princ* d'Él. iv, interm. te. 4. Si l'espoir de régner et de vivre en mon cœur Peut de son infortune adoucir la rigueur.... bac. BMn. m, 4. Vous seule adouciriez le destin desTaincus, volt. Orphel. IV, 6. S'il ne tarit, au moins il adoucit mes larmes, Ducis, Otc. m, î. Ce qui porte avec soi quelque difficulté, il le propose comme difficile et ne cherche point k l'adoucir par de faux tempéraments, BOURD. Pensées, t. i, p. 88. || 4* Calmer, apaiser. Adoucir la colère. On parrint k adoucir son ressentiment. Rien ne pouvait l'adoucir. Le juge que l'avocat doit adoucir. Je l'irritais encore au Ûeu de l'adoucir, VOLT. Orph. i, 3. Comme par sa prudence il a tout adouci.... corn. Kod. v, 4. Ce qui irrite la douleur en un temps, l'adoucit en un autre. kê.n. Tél. XXI. Il ne faut quelquefois qu'une jolie maison dont on hérite, qu'un beau cheval ou un joli chien dont on se trouve lo maître, pour adoucir une grande douleur, la brot. 44. || B* Polir, ôter les aspérités. On adoucit le bois avec la prèle. On adoucit les glaces avec l'émeri. || 6* En peinture et en sculpture, adoucir, rendre moins saillant, moins tranchant; adoucir les contours. || Enun.sens analogue, cette coiiTure adoucit l'airdu visage. Adoucissez ce front elce regard austère, ANCEL0T,Fi«qi(«, 1,4. || 7* Miliger, atténuer, préserver d'une façon pliiscxcusahle, plus acceptable. Adoucir une expression, des reproches. Je puis me vanter, répliqiiai-je, que je vous adoucis bien tout ce système, tonto». Jf omlM , 4 " loir. Eux seuls [les gens de bien] tous épargnent, cachent vos vices, adoucissent vos défauts, excusent vos fautes, hass. Injust. du monde. || 8* S'adoucir, ». réfl. Devenir plus doux, au propre et au figuré. Le raisin s'adoucit en mûrissant. Le froid s'étantadouci.Uuelavoixs'adoucisiie. Les mœurs »e sont adoucies. Le vainqueur ne s'est pas adouci k l'égard des vaincus. Le peuple par leur mort pourrait s'être ailouci, corn. Nie. v, 4. Un vainqueur s'adoucit auprès de sa captive, in. ib. IV, 3. Et déjk son courroux semble s'être adouci, RAC. Andr. l, 4. Quand même ma fierté pourrait s'être adoucie.... m. Phid. i, 4. Ils se persuadent

3ue les devoirs rigoureux que l'Evangile prescrivait 'abord aux premiers Ages de l'Eglise, se sont adoucis avec le reUchement des mœurs, mass. Car. Immutai). Votre cœur malgré vous s'émeut et s'adoucit, VOLT. Ait. I, 4.

— SYN. 1* ADOUaB, MITIOER, MODÉRER, TEMPÉRER.

Tous CCS verbes sont opposé» au trop et en expriment le retranchement. On adoucit par quelque chose de doux; on mitigé par quelque chose de débonnaire; on modère par quelque chose qui apporte de la mesure; on temptre par quelque chose qui apporta du mélange. l>e lA vient ce qu'il y a de commun et ce qu'il y a de différent dans ces quatre verbes. On adoucit l'amertume de la douleur ; on mitiga une pénalité sévère; on modère U passion; on tem))ère la crainte avec l'espérance. || t* adoucir, RADOuaR. Rendra doux, au propre et au figuré. Souvent ces deux verbes ont un même «en» et »'emploient l'un pour l'autre; mais, quand il* sont distincts, radoucir se dit des choses ou des personnes qui, étant douces, ont été changées, et en général

ADO

qu'on rmmèna k la douceur. La pluie adoucit le tempe; mais la pluie a radotici le temps signifie que la temps s'était mi» au froid et qu'il redevient doux. On adoucit l'humeur d'une penonne rude naïurcllement; mais un homme en colère >a radoucit

— HIST. ziii* s. Dit Henoars : Or voi» je [je vai») apronant;Dei ore iré [j'irai] mes cox [coups] plu» adouçant, Hat. d'Aleuham, fc7b7. Quant Pierre* l'a ol. s'el [alors il la] prentk adolch:er,CA. d^Ant. vu, •4 4. Il XV* t. Lorsqu'il est an grant oourroui. Voulez-vous Lui adoucir le couraigeT Faites lui tout seulement Promptement Boire quelque breuTaige, bassel. 3«. Il XVI* s. J'espère, ai le temps s'adoaldst ou qu'elle fa'se une pierre, que ce sera la guerison, marcher. Ultr. 40. Les chant» addoucJtsoiept tescueurs félons des e*coutaos,el les induisoient k aimer le* choses honnestaa, amtot, £yc. 4. 11 Toulnt entre mesler le rireparmy leurs conriveset autre* assemblée*, comme une saulse plaisanta pour adouleir le traTail et la dureté de leur règle de vivre, id. Lyc. 44. Iladesguisoient et addoulcisioipnt de» plus gn>cicui noms qu'ils pouTOieot, les faulle» qu'il (aiioit, ID. Aleib. 38.

— f,TYll. Picard, adoachir; bourguig. adouci; provenç. adoixar, adouliar. adnlcir, adotsrr ; tipagn. adnlcir, et anc. espagn. oduliar; portuKadueir, adoçar; ital. addoleire, addolcare el addokiare; dead, k (voy. A), et dulcit, doux. Lts conjugaisons romanes viennent de deux formes bas-lalin, adduleire et addulcare. L'anci*:n français adoucer est tombé en désuétude; il n'est resté que adoucir.

t AI)OCCISSAGE(a-dou-«i-»»^'), I. m. || t'Sortede poli qu'on donne aux métaux, au moyen de U pous sière de diverses substances. || J* Poussière «errant à adoucir. Il 8* Terme de teinturier. Manière de rendre une couleur moins vive en y mêlant de» substances qui l'éclaircissent.

ADOCCISSANT, ANTE (a-dou-si-sau , san-f).

11 1* Adj. Terme de médecine. Qui adoucit, calme l'inflammation, la douleur, l'irritation. || I* S. m. Les principaux adoucissants sont les liquides émulsifi, le lait, les plantes mucilagineuses.

ADOCCISSEMENT(aKlou-si-se-man),». m. || l'Action d'adoucir, état de ce qui est adouci, au propre et au figuré. L'adoucissement d'une liijueur acide. L'adoucissement du temps, qui devient moins froid. L'adoucissement de l'humeur, de la colère. Donner de l'adoucissement kun mal. Les adoucissements de la douleur. L'espérance, seul adoucissement des peines des hommes, n'est plu» un bien qui me regarde, fên. Tél. ix. Pourvu qu'ils [leseiercices de piété] s'accordent avec l'extrême attention que vous avez k votre santé et k toute votre personne ; car voilk tous les adoucissements el toutes le» fkcililés que vous voulez trouver, BOOBD. Peméet,i. i, p. 348. Ils ne trouvent aucun adoucissement k leur escUvage, boss. Ilitt. ii, 8. Je suis libre en prison, et ma garde est ma foi ; C'est l'adoucissement qui se trouve en ma peine, no rter, Sc^ro/«, ii,3.Il a un mouvement de tête et je ne sais quel adoucissement dansles yeux, dont il n'oublie pas de s'embellir, la BRirr. 4 3. Il I* Atténuation, tempérament. Pourprépa rer des adoucissements k sa doctrine, boss. Somm de la Dncir.Si vous vouiez vous juger vous-mêmes.... vuiis verrez que tous vos discours et toutes vos démarches ne sont que des adoucissemenu de la vérité, MASS. Armi, Epiph. Vous nous reprocherez peut-être un jour d'avoir accommodé la sainte sévérité de votre Evangile aux indulgences et aux adoucissements de nos siècles, mass. Car. ParnU de Pieu. Les complaisances et le» adoucissements de l'usage. 10. Villeroi. Dès que les gens de bien se permettent certains plaisir» innocents, c'est alors que le monda triomphe de» adoucissements de leur piélé , m. Piinég. S. Jean-Bapt. J'ose même espérer Des adoucissemenu k leur arrêt funeste, volt. Scyth. v.4. || •• En termes d'arc'jitecture, procédé par lequel on rttucbe un ornement saillant et anguleux aunudumur; la moulure même cmploj-ée k cet edet. || 4* Terme de peinture. Procédé par lequel les couleurs «ont finement noyées. || 6* L'adoucissement des méuux par les recuits. || 6* Aplanissement des glaces.

ADOrÉ, ÊK (a-dou-é, ée), part. paûi. Terme da chasse. Accouplé, appané. Les perdrix sont adouées.

— HIST. XIV* s. En aoust l'on Ireuve bien de» perdri» qui en ce»t an furent couvées au plus tart et »« adouerent plus tart que les autres, Menagier, m, x.

— ÊTYM. À et dru*.

t ADOCX (a-dou), ». m. Terme d* teinturier. Pastel qui commença k jeter une fleur blaue, aprét avoir été mis dans la cuve.

AD l'ATKES (a-dpa-ln! s . oupluscommui.émen'

ADR

-tpa-tria"), loe. la>. Aller ad patres, mourir, tovoyer ad patres, faire mourir.

— ÊTYM. Ad, à (voy. i), et patres, les pères, les aïeux (voy. père).

ADRAGANT ou ADRAGANTE (a-dra-gan ou adra-gan-t') , adj. Gomme adragant ou gomme adragante, gomme qui sort spontanément, en filets ou en bandelettes tortillées, des tiges et des rameaux de plusieurs arbrisseaux du genre des astragales. On a dit aussi gomme d'adragant.

— HIST. xvi* s. On fait aussi des tablettes de sucre rosat, de tragacantlie.de racines de guymauves, PARÉ, XX bit, u. Gomme adragant dissoute avec un blanc d'œuf, m. xx bis, <7. Mucilage de gomme tragacanthe, o. de serres, 903.

— ËTYM. Voy. THAOACANTHE, dont odrogant est une altération.

AD REM (a-drè-m') , loc. latine. D'une manière catégorique, précise, sans réplique. Ce raisonnement parut si fort, si lumineux, si ad rem.... queTeui-tu? j'entraînai l'assemblée, p. l. cour. Lett. i, 64.

—ÊTYM. Ad, à, et rei, chose (voy. rien).

t ADRESSANT, ANTE (a-dirè-san, san-t'), adj. Oui s'adressa, qui est adressé. Un paquet adressant à un tel. D88 lettres adressantes à M.... || Terme vieux.

— HIST.xv«s. Plusieurs lettres adressantes à Monseigneur de Normandie, coMM. II, 9. Ilxvi's. L'hermite nous bailla une lettre adressante à ung que il nommoyt Albian Camar, rab. Pont, v, 2. Il engrava sur des pierres des paroles addressantes aux Ioniens , AMYOT, Thém. <6.

ADRESSE (a-drè-s') , î. f. || 1° Indication de la personne à qui il faut s'adresser, de la maison, du lieu où il faut aller, envoyer. L'adresse d'une lettre. Une lettre k l'adresse de son père. J'en connais l'écriture , elle est de Bélisaire, Et le défaut d'adresse en marque le secret, rotrou, Bélis. iv, 8. Elles avaient un billet d'adresse ; mais il n'en fut pas besoin; le cocher.... hamilt. Gramm. io. Grégoire thaumaturge écrit une lettre au diable ; la lettre parvient à son adresse, VOLT. PhU. ii, 37). Je ne doute pas que ce grand pays [la Grande-Grèce] ,où tout est grec, ne me fournit aisément de quoi vous intéresser et rendre mes lettres dignes de leur adresse, r. L. COUR. Lettr.i, **9. On n'en trouverait aucun vestige [de Persépolis] , si l'Araxe n'en donnait l'adresse, vaugel. Q. C. 309. Il Fig. etfamilier.Cela va à l'adresse, esta radressed'untel,c'est-à-direce trait malin est dirigé contre lui. Il Bureau d'adresse, établissement où l'on s'adresse pour obtenir des renseignements. || Figu rément, bureau d'adresse se dit d'une maison où l'on débite beaucoup de nouvelles, ou d'une personne qui aime à savoir et à répandre les nouvelles. Allant trouver celle-là, qui est un vrai bureau d'adresses, qui sait toutes les nouvelles, Boss. SU. 3. Il 2° Ecrit ayant pour objet une demande, une adhésion, unefélicitation,etc., présenté par un corps constitué, par une réunion de citoyens. L'adresse de la chambre des pairs en réponse au discours de la couronne. La difficulté est qu'il n'y a point d'adresse aux évêques, boss. i«tlr. Quiét. 446. Richard Cromwell n'emporta [de Whitehall] que deux grandes malles remplies des adresses qu'on lui avait présentées pendant son petit règne, chxteaub. Stuarts, 289. Il 3° Habileté à s'y prendre soit dans les exercices du corps, soit dans les choses de l'intelligence. Son adresse à manier un fusil, un cheval. Un tour d'adresse. Persuadé qu'il fallait user d'adresse. Certes,masœur, le conte estfaitavec adresse, corn. Pomp. I, 3. L'avis de Léonice est sans doute une adresse, iD. Rod.ia, ».... maisj 'aurais tort d'instruire ton adresse , ID. Sert, ii , ) . Toi , va par quelque adresse amuser sa visite, id. Théod. m, 6. Et j'ai trouvé Tadresse.en lui faisant la cour, De relever mon sort sur les ailes d'amour, id. Uéd. i, *. Enfin, j'ai vu le inonde et j'en sais les finesses ; Il faudra que mon homme ait de grandes adresses. Si message ou poulet de sa part peut entrer, mol. Éc. des F. iv, 5. 11 s'est soustrait d'adresse , et pour un bel ouvrage , BOTBOU, Antig. i, 2. Et puisse ton supplice à jamais effrayer Tous ceux qui , comme toi , par de làclies adresses, Des princes malheureux nourrissent les faiblesses, bac. Phèd. iv, 6. Le ciel punit ma faute et confond votre adresse, id. Baj. il, 5. Vous savez sacoutume,et sous quelles tendresses Sa haine wit cacher ses trompeuses adresses, id. llilhr. i,B. Ile éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres, où l'on vit développer toutes ies adresses et tous les secrets d'une politique si différente.... boss. Marie -Tliérèse. Il avait eu l'adresse de sortir de prison, fén. Tél. ii. Les hommes sont fort pénétrants sur les petites adresses qu'on

ADR

emploie pour se louer, vauven. Contre la vanité. Si les revenus dont on jouit ne sont pas assez amples, à quelles injustices a-t-on recours? quelles voies prend-on, tantôt de violence ouverte, tantôt d'adresse et d'industrie pour enlever aux autres le pain qu'ils ont reçu de Dieu? bourd. Pensées, t. il, p. B8. On ne peut plus toucher à ces matières sans avoir M. Newton devant les yeux, sans le répéter ou sans le suivre, et, si on veut le déguiser, quelle adresse pourra empêcher qu'il ne soit reconnu? FONTEN. Newton. Voilà jouer d'adresse et médire avec art, boil. Sat.ix. || t'Adresses de style, certaines tournures fines et délicates dans la manière d'écrire. || En peinture, adresse de pinceau se dit d'une manière de peindre précise et spirituelle. Auplur. Adresses de pinceau, certaines touches qui expriment la forme avec précision et facilité.

— HIST. XV s. Et crois bien que en eux vous trouverez toute adresse de bon conseil, froiss. i, i, 4 2. Se partit de nuit, monté sur fleur de coursier, et esloigna les Escots; car il savoit les adresses et les refuites du pays, pour ce qu'il en estoit, id. i, i, 464. Et se faisoil fort d'eux mener sans péril, car il savoit toutes les adresses et torses voies, id. i, i, 408. Et quand le jour fut venu, en quoi ils esperoient avoir aucun confort et aucune adresse pour eux et leurs chevaux aiser, pour manger et pour loger, id. i, i, 38. Etdegranthaste,pourplustot estre et venir à l'escarmouche, le dit Philippe prit une adresse parmi les champs et brocha coursier des espérons, id. i, i, 298. Mais leur convenoit retourner à Rhodes, et de là prendre l'adresse du vent, Bouciq. 11,4 8. Il rvi's. Mais si peult on y arriver, qui en sçait l'addresse, par des routes ombrageuses.... MONT. I, 476. Nos conseils fourvoyent, parce qu'ils n'ont pas d'adresse et de but, id. il, 9. Estant donques Hannibal descendu en ce fond de sac, Fabius, qui cognoissoit le pals et sçavoit les adresses des chemins.... amtot, Fab. 4 6. Quand ce vint à combattre à coups d'espée, où il n'est -«as moins besoing d'adresse et d'art que de force, id. Tim. 38. Il sembloit avoi r une naturelle addresse à la lucte , id. Phil. 4. Lesquels [philosophes] ont si bien discouru de tout ce qui apartient à toutes les parties de la vie civile, que, les préceptes divins exceptez, on ne pourroit trouver de meilleure adresse, lanoue, 4 40. Le présent lieu est une adresse générale pour guider ceux qui désirent estre aidez, calv. Inst. Epit. Sachant bien les adresses de la maison , des per. Contes, B6. Ceux qui connoissoient les adresses des chemins furent ceux qui eschapperent , mars. Préf. Estant convié à embrasser leur bon droit par l'adresse [requête] que lui avoit faicte M. Bouchart, carl. m, 4 7. Tu t'en vas droict en Avignon; Vers Paris je prends mon adresse, mas. ii, 4 89. De tes sentes et adresses Veuilles moi estre enseigneur, m. iv, 266.

— ÉTYM. Voy. adresser. Le sens propre de adresse est de mettre à droit, de là les sens divers : indication pour aller trouver quelqu'un; dans l'ancien français, chemin qui mène où l'on veut aller; puis manière d'aller à droit, c'est-à-dire dextérité. Bourguig. aidroisse; picard, odrèche; wallon, adtèse. Dans le Berry, adresse signifie direction, et les adresses, comme au xvi* s. les êtres d'une maison.

ADRESSÉ, ÉE (a-drè-sé, sée), part, passé. Une lettre adressée au ministre. Cet homme adressé à un grand personnage. Coup bien adressé.... une victime à moi seule adressée, ra.c. Andr. iv, 3. Je fixe ses regards à moi seul adressés, volt. Zaïre, i, 4. Ce beau nom que l'amour grava dans votre cœur N'est point dans cette lettre à Tancrède adressée, m. Tancr. ii, 4.

ADRESSER (a-drè-sé), D.o. || !• Envoyer avec une indication. Il leur adressa son ami avec beaucoup de recommandations. Je vous ai adressé à l'homme qui pouvait le mieux vous renseigner. Je ne savais où vous adresser ma lettre. Montrons l'ordre cruel qui vous fut adressé, rac. Baj. i, 2. La voici I mon bonheur me l'adresse, in.Bnt.iii, 2. || Mal adresser, donner une fausse adresse, une fausse indication. Paix, voici votre père; le vilain usurier est avec lui. — Vient-il demander ce que je lui dois? — Il serait mal adressé, regnard, Sérénade, iv. \\i' Par extension, adresser la parole à quelqu'un, lui parler directement. Adresser une question, des vœux. Je ne vous adresse pas ce reproche. Il ne m'a pas trouvée assez bien faite pour m'adresser ses vœux, mol. Princ. d'Élide, y, 2. Mon esprit, il est vrai, trouve une étrange voie Pour adresser mes vœux au comble de leur joie, id. J'^tour. iv, 2. Entre ceux qui t'adressent leurs veilles, boil. Disc, au Roi. Sur un plus digne objet adresse ta pensée, rotrou, St-Gen. m, 6. Ouoi I c'est lui dont les vœux

ADR

vous furent adressés I VOLT. Orp/ieJ. 1,4. || 3* Fig. Adresser, envoyer à l'adresse de quelqu'im, dirt quelque chose qui est à son adresse. Sans doute il m'adressait le discours [il m'avait en vue], mass. Kagd. || 4° Diriger, tourner. Mais votre frère Attale

adresse ici ses pas, corn. Nie. i, 4 mais vous

n'ignorez pas Quel important sujet adresse ici mes pas, ROTROU, St-Gen. u, ». Où suis-je? c'est ici qu'on adresse mes pas, volt. Orphel. iv, 3. U jle ciel] adressait mes coups, il soutenait mes armes, ROTHOU, Bel. l, 4. Ainsi l'homme qui fuit l'aboid des médisants Et chemine en la voie où le Seigneur l'adresse, A pour sa récompense une heureuse vieillesse, racan, 4" Psaume. Il a établi la raison dans la suprême partie de notre âme, pour adresser nos pas à la bonne voie, boss. Serm. Quinq. 2.

s'adresser, V. réfl. || 1" Aller trouver, avoir recours. S'adresser par écrit à quelqu'un. Je m'adresse à vous pour savoir ce que je dois faire. Au factotum tu n'as qu'à t'adresser, la font. Matet. Les Juif» à d'autres dieux osèrent s'adresser, rac.

Esth. lii, 4 Dieu, maître des rois, à qui mon

cœur s'adresse, volt. Orphel. v, e. || 2' Familièrement. Vous vous adressez mal; X qui croyezvous vous adresser ? se dit quand on avertit quelqu'un qu'il se méprend. || 3" Se diriger, aller. Nous sommes aperçus, quelqu'un vers nous s'adresse, rotrou, Antig. m, 7. Mais son chemin, je crois, s'adresse par ici, du RTER,Se^t!. n, 2. Tout le monde courant çà et là pour ses affaires, on ne sait où s'adresse le chemin de chacun, per- ROT d'abl. Tac. 2B0. Où s'adressent tes pas? MOL. Amph. i. Quelle est donc cette pompe où s'adressent tes pas? VOLT. Alt. li. jj 4' S'adresser à quelqu'un, adresser la parole à quelqu'un. U s'adressa ensuite aux assistants. C'est aux malades que je m'adresse. C'est à vous que ce discours s'adresse. Cet orateur s'adressait à la pitié. Quand je dis vous, je m'adresse presque à tous les hommes, mass. Élus. Et, s'adressant aux siens d'une voix oppressée, VOLT. Orphel. v, 4. jj 6° Cette lettre s'adresse à lui ; la suscription fait voir qu'elle lui doit être rendue. || Figurément, cela s'adresse à vous, se dit d'une chose qui concerne indirectement quelqu'un dans un discours, une critique, etc. Cela s'adresse à vous, esprits du dernier ordre, LAP. Fabl.v, 4 6. Il 6° Être dirigé. Toute métaphore s'adresse à nos sens. Mais pourquoi, trompeuse déesse. S'il est vrai que tu n'as point d'yeux, Est-ce plutôt à de hauts lieux Qu'à des toits de bergers que ta rigueur s'adresse ? ROTROU , Antig. in , 4 . Mon frère , au nom des dieux protecteurs de la Grèce, Car vers eux maintenant votre zèle s'adresse, m. ib. ii, 2. C'est à toi que dans cette guerre Les flèches des méchants prétendent s'adresser, rac. Ath. iv, 6. Je vois qu'en m'écoutant vos yeux au ciel s'adressent, id. Eslh. ii, 7. Le seul [cœur] où mes regards prétendaient s'adresser, iD.iindr. m, 4.

ADRESSER, V. n. Toucher droit où l'on vise. Bien adresser n'est pas petite . affaire, la font. Fab. i, 4 7. C'est assez.... qu'une aveugle pensée.... vous ait fait adresser Au plus haut objet de la terre, malh. v, 8.

—REM. Pascal a employé adresser dans le sens de dresser : On les avertirait de l'embûche qu'on leur adresse, Prov. 44. C'est un archaïsme (voy. l'historique).

— HIST. XII* s. Face le sis prelaz en sa charlre lancier; Qu'il ne puisse jamais hors d'iluec rcpeirier; Iluec pourra, s'il volt, ses mesfeiz adrecier [redresser]. Th. le «art. 34.

— XIII* s. Nous otroions le pardon à tous ceux qui confès morront, por cest forfait adrecier, vil- LEH. 98. Dont fist li rois Richars atourner ses nés [nefs], et monta sour mer, et s'adrecha au plus droit et au mius qu'il pot vers Alemaigue, et prist port, Chron. de Reims, p. 46. Belle Doette s'est en estant dressie ; Voit l'escuier , vers lui s'est adrecie. Romancero, p. 47. Vers une rivière m'adresce, Quej'oi près d'ilecques bruire , laRose, 4 04. En tex péris les met jonesce. Qui les cuers àdelitadresce, ib. 4486. Et tel sentier si furent fait pour soi adrecier de grant quemin [chemin] à autre, beaum. xxv, 2. Fai premier ce qu'il afiert à Dieu, et il te adrescera toutes ces autres besoignes, JOINV. 494. Li rois de France, qui sot [sut] que il estoient là, s'adreça tout droit là pour combattre à eulx, iD. 4 04. Et se il ne vouloient adrecier la trêve que il li avoient rompue.... id. 264. Et se il i a aucune chose à amender, si l'amende et adresce [redresse], et les [tes sujets] tien en faveur et en amour, il. n04.

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