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SENTER1E

t DYSENTÉRIQUE (di-san-té-ri-k'), adj. Voy.

DVSSPNTÉIUQUF..

t DYSESTIIÉSIE (di-z6-st4-zie), ». f. Terme de médecine. Affaiblissement ou abolition de l'action des sens.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et ol<i9ri«i;, sensation. fDYSLALIE (di-sla-lie), t./! Terme de médecine.

Articulation difficile des paroles.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et /oXtiv, parler.

tDYSLOCIIIE (di-slo-chie), s. f. Terme de médecine. Difficulté ou suppression de l'écoulement des lochies.

—ÉTYM. Dys.... préfixe, et lochies.

fDYSLYSINE (di-sli-zi-n'), t. /'.Terme de chimie. Matière résinoide, dirficile à dissoudre dans l'alcool bouillant, et trouvée dans la bile.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et Xûoiç, solution.

t DYS.MÉNIE (di-smé-nie), ». f. Synonyme de dysménorrhée.

tDYSMÉNORRHÉE(di-smé-no-rrée), s.f. Terme de médecine. Écoulement difficile des règles; menstruation difficile.

— ÉTYM. Dys.... préûie, \à(*, mois, menstrues, et ^éeiv, couler.

tliYSMNÉSIE (di-smné-zie) , ». f. Terme de médecine. Afi'aiblissement de la mémoire.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et pivriffi;, mémoire. tDYSODlE (di-zo-die), s.f. Terme de médecine.

Fétidité des matières exhalées ou sécrétées.

— ÉTYM. Auff(o3ia, de Su;, mal, et ôCetv, avoir une odeur.

fDYSOPIE (di-zo-pie), ». f. Terme de médecine. Aflaiblissement de la vue.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et û4'. Yue.

fDYSOSMIE (di-zo-smie) , ». /. Terme de médecine. AfTaiblissemeot du sens de l'odorat.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et èaiir;, odeur.

DYSPEPSIE (di-spïi-psie), ». f. Terme de médecine. Difficulté à digérer; digestion dépravée. Je veux.... que vous tombiez dans la bradypepsie; de la bradypepsie dans la dyspepsie; de la dyspepsie dans l'apepsie, mol. Ual. imag. m, 6.

— ÉTYM. à\><sni<li(x, de Sùç, mal, et itén«iv, digérer, cuire.

t DYSPEPTIQUE (di-spè-pti-k'), ad;. || !• Terme de médecine. Qui a rapport à la dyspepsie. || 2' Qui est affecté de dyspepsie, et, substantivement, un dyspeptique.

— ÉTYM. Dyspepsie.

fDYSPUAGIE (di-sfa-jie), ». f. Terme de médecine. Difficulté d'avaler.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et ç»Ttïv, manger,

f DYSPIIONIE (di-tfo-nie), ». f. Terme de méde cine. Altération de la voix et de la parole.

— ÉTYM. Dys ... préfixe, et çuv»), voix. fDYSPUORIE (di-sfo-rie), ». /. Terme de médecine. Etat de malaise et d'anxiété.

— ÉTYM. Audçopto, de 8ù;, mal, et flpiit, porter.

DYSPNÉE (dis-pnée), t. f. Terme de médeeiie Difficulté de respirer.

— HIST. zvi* s. La dispnœe ou difficulté de respirer, PARÉ, XX bis, 10.

— ÉTYM. Aû«iivot«, deSO;, mal, et itvtïv, respirer.

DYSSENTERIE (di-san-le-rie),«. f. Terme de médecine. Phlegmasiedu gros intestin caractérisée par de fréquentes évacuations de matiùres muqueuses ou puriformes, souvent mêlées de sang, avec tranchées, sentiment d'ardeur dans le trajet du cAlon et ténesmes. L'armée fut décimée par la dysseaterie.

— REM. La véritable orthographe serait dysenterie, pui.sque c'<st la reproduction du mot grec; l'Académie devrait réformer ces deux »».

— HIST. XVI' s. Les félons ou dysenteries, melancholies, etc. paré, v, i9.

— ÉTYM. Au<revTcpta, de où;, mal, et {vicpov, eatrailles.

DYSSENTÊRIQCE (di-san-té-ri-k'), adj. Terne de médecine. Oui appartient à la dyssenterie. Flux dyssentérique.ll Substantivement. Undyssentérique, les dyssentériques de l'armée.

— HIST. XVI' s. Un grand fiui de ventre dysentérique, PARÉ, VI, 1*.

— ÉTYM. AuaevTcpixi;, de SuaevTcpia, dysseaterie.

t DYSSPER.MATISME (di-spèr-ma-ti-sm'), ». m. Terme de médecine. Emission difficile du sperme.

— ÉTYM. Dys.... et sperme.

t DYSSYMÉTRIE (di-ssi-mé-lrie) , ». f. Terme didactique. Défaut de symétrie.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et symétrie.

\ DYSSYMÊTRIQUE (di-ssi-mé-tri-k"), adj. Terme didactique. Oui manque de symétrie.

— ÊTY.M. Dyuymélrie.

fDYSTHANASIE (di-sta-na-zie), s.f. Terme Je

médecine. Mort pénible et douloureuse.

— ÉTYM. Dys.... préfixe, et Oivaio;, mort fDYSTHÉLAZIE (di sté-la-zie), ». f. Terme de

médecine. Inaptitude à allaiter.

— ÉTYM. Dys... préfixe, et fni^iCeiv , allaiter.

t DYSTIIYMIE (di-sti-mie), ». f. Terme de médecine. Abattement de l'éme.

— ÉTYM. Auo6u|jl(», de Si;, mal, et 9u|iô«, 'e moral.

t DYSTOCIE (di-sto-sie), ». f. Terme d'obstétrique. Accouchement laborieux.

— ÊTYH. Dyt.... préSxe, et tôxo;, accouchement.

DYSURIE (di-zu-rie), ». ^. Terme de médecine. Difficulté à uriner.

— HIST. xvi* s. La dysurie, quand on a doulejr en pissant, farë, xxbis, 3i.

— ÉTYM. Auaoupta, de Su;, mal, et ol^ov, urinj

(voy. URINE).

t DYSURIQUE (di-zu-ri-k') , adj. Qui a rappoil i la dvsurie.

t b'YTIQUE (di-ti-k"), adj. Terme d'ornilholoi: e et d'entomologie. Qui plonge, jj À', m. Les dytiqu s, famille d'oiseaux comprenant ceux qui ont l'hai itude de plonger. {| Genre de coléoptères qui a pour type le dytique très-large.

— ÉTYM. AOeiv, plonger.

t DZIGGDETAI (dzi-ghe-tè), ». m. tsf èce de cheval de Tariarie, cheval hémione, dit aussi L*mione.

EAD

EAU

E {Si, t. m. Cinquième lettre de l'alphabet et seconde TOyelle. Il Dans l'écriture et dans l'impression, l'E majuscule se met par abréviation pour Excellence ou Ëminence. Il Dans la logique scolaslique, E était le signe lies propositions générales et négatives. || Dans les ouvrages de navigation et de géographie, E signifie le point de l'est. || Dans le calendrier, E est la cinquième lettre dominicale. || Terme de musique. E ou E-si-mi, pour mi-sol-si-mi, indique la ton de mi. — IlEM. 1. Quand on parle des e, on confond, et c'est à tort, réécrit et l'e prononcé. E écrit: il y en a quatre .sortes : l'e muet comme dans âme; l'e aigu comme dans bnnté; l'e grave comme dans procès; et l'e circonflexe comme dans télé. E prononcé: l'e muet se divise en deux : e muet faiblement articulé, comme dans dme, figuré aussi par en(, comme dans ils aiment, ils furent; et l'e muet sonnant comme la voyelle eu, seulement un peu abrégée, dans le, ce, me, etc.; il y a donc deux prononciations distinctes sous cette écriture unique. L'e aigu se divise en deux: é fermé comme dans bonté; il est souvent figuré par ai comme dans je trompai, parei, comme dans vousroycx; l'aulre moins fermé, comme le premier e dans été , sévère, etc. ; ce second e moins fermé est figuré de façons très-diverses : par é comme dans les exemples précédents, par ai comme dans le premier ai de j'aimai, par « comme dans Noël, secte, parait comme dans tratt, par et comme dans sujet, par ect comme dans respect, par aid comme dans laid, par egs comme d^ins legs, par ef comme dans chef-d'œuvre. L'e ouvert est simple, mais il se figure très-diversement aussi ; par é comme dans fête, par ai comme dans faite, par es comme dans tes, tes, mes, par es comme dans procès, dès, par aix comme dans pcix, faix, par OIS comme dans f aimais, par aie comme dans monnaie, par aient comme dans ils aimaient, par er comme dans (en s, guerre, par ai comme dans faire. Ainsi, dans l'écriture, il y a quatre e; l'e muet, r^ aigu, le grave, l'# circonflexe; mais cette écriture répond très-mal à la prononciation qui, elle, distingue quatre e très-diversement écrits, l'e muet proprement dit, l'e fermé, l'e moins fermé, et l'e tout à fait ouvert. || 2. L'e muet à la fin d'un mot laisse tomber la voix d'une manière très-douce , et que Voltaire a heureusement caractérisée : Vous nous reprochez nos e muets comme un son triste et soUrd qui expire dans notre bouche, mais c'est précisément dans ces e muets que consiste la grande harmonie de notre prose et de nos vers; empire, couronne, diadème, flamme, tendresse, victoire, toutes ces désinences heureuses laissent dans l'oreille un son qui subsiste encore après le mot commencé, comme un clavecin qui résonne quand les doigts ne frappent plus les touches, volt. Lett. Torasii, 24 janv. 1761. Il 3. On élide dans la prononciation l'e muet quand il est suivi d'une voyelle ou d'une /i muette, et on lie la syllabe à laquelle il était attaché avec le son de cette voyelle, de sorte que les deux mots n'en forment plus qu'un dans la prononciation : une na-p' [nappe] ouvrée;un menton à tri-pl' [triple] étage; il est dpr' [âpre] au jeu, etc. || 4. L'e se fait sentir dans le pronom le, surtout lorsqu'il termine une phrase : iprcnez-îe, dites prené-leu. Mais en poésie l'edu pro- ' nom le s'élide entièrement, lorsque la lettre qui suit le est une voyelle : forces-le à vous défendre ou fuyei avec lui; dites : for -se -l'a vous défendre. Il 5. Lorsqu'il y a plusieurs e non accentués de suite dans une phrase, on doit, par une alternative aussi constante que les consonnes qui précèdent ou qui iuivent cet e sans accent le permettent, en élider un pour appuyer sur l'autre, en les prenant deux ft deux comme dans: je ne le reprendrai pas; dues: jeu n' /eu reprendrai pas. Au reste c'est surtout l'oreille que l'on doit consulter dans des cas semblables. Il 6. E suivi de n« final est nul dans la prononciation aux troisièmes personnes de tous les verbes: tils étaient, ils voyaient; prononcez: tl i' été, il i Vo-ié. Autrefois cete complaitdans les vers : cstoient, prononcé en trois syllabes, sans doute ei-(o-yent. Il 7. Lorsque l'e muet est suivi de s comme marque du pluriel, et que le mot qui vient après commence par une voyelle ou une h muette, il y a liaison de cette t avec la voyelle initiale du mot suivant :

do favorables auspices, des arbres abattus, dites: de fa-vo-ra-ble-z auspices; des ar-bre-z abattus. Il en est de même quand cet e muet est écrit par ent, le ( se lie : ils veulent avoir; dites : ils veu-le-t avoir. Il 8 Dans quelques cas, l'e est purement de prononciation après le g; il indique que le g garde la prononciation de; qu'il avait dans les autres temps du verbe : manger, il mangea (man-ja) , mangeons (man-jon), etc. Autrerois, avant l'emploi de la cédille, on se servait également de l'e pour indiquer que le c conservait le son de l's ; il commencea. Il 9. £, marqué d'un tréma (6, 5), indique dans la finale jueque cettefinale se prononce ji2 et non ghe. DansA'oc'i, le tréma est tout à fait inutile; c'est un reste d'une ancienne orthographe où il importait de ne pas prendre noel pour nœl. Il l'est aussi dans poète et poème, que l'on devrait écrire poète, poème. Il 10. E féminin, se dit quelquefois de l'E muet; E masculin, de l'E fermé. || 11. E entre souvent dans la voyelle nasale qui sonna comme in : rien examen, et dans la voyelle nasale qui sonne comme 01 : rendre, talent. Il sonna comme un o ouvert dans femme, prudemment, etc.

— HIST. XIII* s. Après vous conterai de l'E; N'a de long gueresnede lé [large], Petit et courbé le veez [voyez], Senefiance de l'ABC, jubinal, t.ii, p. 277.

— ÊTYM. E latin, répondant à l'e et à l'r) grecs, qui se rapportent l'un et l'autre à l'he et à l'kheth de l'alphabet phénicien.

t P.AQUE (é-a-k"), î. m. Fils de Jupiter et roi de l'île d'Êgine; il fut après sa mort le troisième juge des enfers, avec Minos et Rhadamanthe.

EAU (o; mais au pluriel on prononce les ô. Bèze, xvi* siècle, dit que eau se prononce eo, un e fermé se faisant entendre avec o en un seul son), j./". Ill'Substance liquide, transparente, sans saveur ni odeur, réfractant la lumière et .susceptible de dissoudre un grand nombre de corps. Eau de source, de pluie. Eau courante, dormante. L'eau se trouve dans la nature à trois états, solide, liquide, gazeuse. Une goutte d'eau. Tant de seaux d'eau que j'ai tirés au puits pour ellel mol. Bourg, gcnt. m, 9. Ne crains pas, mon cher enfant, que l'abondance de l'eau affaiblisse ou refroidisse ton estomac, LEa*GK, Gil Illas, u, 3. Apportez-moi un verre d'eau, mol. Coml. d'Escarb. VI. Il L'eau potable (par opposition à eau pure), eau qui se boit et qui, pour être bonne, doit être limpide, inodore et d'une saveur agréable, tenir en dissolution une proportion convenable d'air atmosphérique et d'acide carbonique, dissoudre facilement le savon et être propre à la cuisson des légumes secs. Il Eau marécageuse, eau des marais, des mares, des étangs, qui est toujours chargée de matières végétales et animales en putréfaction. || Eau de mer, eau amère, chargée de sels et principalement de sel de cuisine, et remplissant le vaste bassin des mers. Il Eau distillée, celle qu'on obtient en distillant l'eau de pluie ou de rivière, et qui ne contient plus ni matières solides ni oxygène. Il Eau claire, par opposition à l'eau bourbeuse ou à l'eau mêlée d'une substance utile ou agréable. || Fig. Eau claire, un résultat illusoire. Mais quoi! que feras-tu que de l'eau toute claire? Traversé sans repos par ce démon contraire. Tu vois qu'à chaque instant il te fait déchanter, mol. l'Étour. m, 1. Prèsdu beau sexe un vieux barbon Ne fait que de l'eau claire, DANCOUHT, Eaux de Bourbon , Z>ner(. || Ne sentir que l'eau, être insipide. || Eau rougie, eau mêlée d'une légère quantité de vin rouge. || Eau panée, eau dans laquelle on a fait tremper du pain grillé pour en adoucir la crudité. || Eau ferrée, eau dans laquelle on a éteint un fer rouge ou fait rouiller des clous. L'eau ferrée est fortifiante. || Eau battue, eau qu'on a versée plusieurs fois d'un vase dans un autre. || Eau blanche, boisson alimentaire formée par l'eau et la farine ou le son et qu'on donne aux animaux domestiques. || Eau de savon, eau dans laquelle du savon est dissous. 1| Eau d'empois, eau dans laquelle on a mis de l'empois. || Voie d'eau, ce que contiennent les deux seaux d'un porteur d'eau. Il Familièrement. Un buveur d'eau, celui qui ne boit que de l'eau, ou qui met beaucoup d'eau dans son vin. |{ U ne gagne pas l'eau qu'il boit, il ne vaut pas l'eau qu'il boit, se dit d'un homme |

inutile, fainéant. ||Être au pain cl à l'eau, u'avoiv que du pain à manger et de l'eau à boire. On le mil en prison, au pain et à l'eau. || Tenir eau, se dit d'un vase, d'un cuvier, etc. qui, n'ayant ni trou, ni fissure par où l'eau puisse couler ou suinter, la retient. Par ce moyen, vous verrez s'il tient eau, LA FONT. Cur. Il Gare l'eau là-bas, se dit quand oa veut jeter de l'eau par les fenêtres, surtout dans les villes oii il n'y a pas de conduits pour les eaux ménagères. Par extension, on le dit de tout ce qu'on jette par les fenêtres. || Porter de l'eau à la rivière, ou porter l'eau à la mer, donner à quelqu'un qui est riche, apporter une chose qui abondo déjà. Où vas-tu, insensé que tu es? tu vas porter da l'eau à la rivière, lesage, Estev.^ Gomales, ch. VI. Il C'est une goutte d'eau dans la mer, se dit d'une quantité trts-petite qu'on ajoute à une quantité extrêmement grande. || Terme de manège. Abattre l'eau, essuyer le corps d'un cheval sortant de l'eau ou en sueur. || Bompre l'eau à un cheval, l'interrompre, l'obliger à boire à plusieurs reprises. || Se ressembler comme deux gouttes d'eau, se rassembler parfaitement. J'aurai le plaisir de voirdes créatures qui seront sorties de moi, de petites figures qui me ressembleront comme deux gouttes d'eau, mol. Uar. for. 2. Il Fig. Aller à l'eau chez un autre, empiéter sur ce qui est à lui. N'allez point à l'eau chez un autre, LA FONT. Pdté. Il On dit qu'un domestique est allé à la bonne eau, quand il est trop longtemps à revenir d'un message. || 11 faut qu'il fasse voir de son eau, qu'il montre de son eau, se dit d'un homme qui, n'étant pas connu, doit montrer ce qu'il sait faire. Qu'ils montrent de leur eau, qu'ils entrent en carrière, rKcnieb, Sat. ix. || 11 n'y s que de l'eau à boire, se dit d'une industrie qui n'offre que de médiocres bénéfices. Il fallait qu'il [le P. Campanelle] donnât de son côté de grandes espérances; sans cela il n'y a pas de l'eau à boire dans ce métier-là [d'astrologue], fên. t. xix, p. 4i4. || Croyez cela, et buvez de l'eau, c'est à peu près la même figure, autrement tournée, en parlant d'une chose absurde, c'est-à-dire croyez-le et vous n'y gagnerez rien. Il II se noierait dans un verre d'eau, se dit d'un homme malhabile à qui il arrive malheur dans tout ce qu'il touche. || C'est une tempête dans un verre d'eau, se dit de violentes querelles, de violents tumultes dans un tout petit cercle. On a appelé les commotions de la république de Genève des tempêtes dans un verre d'eau. || Il jouerait les pieds dans l'eau, se dit d'un homme pos.sédé de la passion, du jeu. Il Tenir le bec dans l'eau, voy. bec. Il Vert d'eau, vert semblable au vert de l'eau. On dit dans le même sens couleur d'eau. Une étoffe couleur d'eau. || Il a mis de l'eau dans son vin, se dit d'un homme dont la colère est tombée, dont les prétentions ont baissé. || Epreuve de l'eau, épreuve à laquelle la justice du moyen âge soumettait un accusé. Les épreuves dont l'usage était le plus universellement ado[ité étaient celles de l'eau froide et de l'eau chaude. Les seigneurs ecclésiastiques qui ne possédaient pas un champ clos, rendaient aussi la justice : si le plaideur avait demandé l'épreuve de l'eau froide, on lui liait les membres et on le plongeait nu dans la cuve ; si son corps ne surnageait pas, le jugement de Dieu décidait sa culpabilité; dans le cas contraire, son innocence; l'épreuve de l'eau chaude était plus cruelle : il fallait que le champion qui s'y soumettait n'éprouvât aucune douleur dans les flots de cette eau brûlante, bahginet, 7/tJt. du gouv. féod. u, 2. || 2" Dans l'ancienne philosophie naturelle, l'un des quatre éléments qui constituaient toute chose. Les éléments, le feu, l'air, et la terre, et l'eau, RAC.Plaid. m, 3. || On dit des enfants qu'il les faut garder de feu et d'eau jusqu'à sept ans. || C'est le feu et l'eau, se dit de deux choses contraires, ou de deux personnes qui diffèrent essentiellement de sentiments et d'opinions. Il 3° Terme de chimie. Corjis composé, qui résulte de la combinaison de 88,91 parles-' d'oxygène avec <t,09 d'hydrogène en poids, e', en volume, de t d'oxyttène et de 2 d'hydrogène. || Eau oxygénée, deutoxyde d'hydrogène, peroxyde d'hydrogène. Il Eau de cristallisation, l'eau que les seU retiennent en combinaison lorsqu'ils cristalliseat.

liAU

Il Kau de constitution, celle qui fait partie d'un sel de telle manière qu'on ne peut la lui enlever par la chaleur, etc. sans en changer la cristallisation et les réactions chimiques; Undis que l'eau de cristallisation est chassée sans que ces propriétés changent. Il Eau mt're, résidu d'une dissolution saline qu'on a fait cri.italliser, lorsque celte eau, épaissie, refuse de donner des cristaux. || Kau de carrière, eau qu'on rencontre dans les pores de la plupart des roches, surtout de celles qui appartiennent aux terrains stratifiés. || i' Mer, rivière, étang, lac. Et l'eau grosse et rapide et la nuit assez noire, cohn. Cinna,

IV, 3. Nous rcs.somlilons tous à des eaux courantes, soss. Duch. d'Orl. Nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour, lu. th. C'est lui qui me sauva de ce grand péril que vous savez que je courus dans l'eau, mol. VAv.

V, *. Et la Hamme & la main les suivre sur les eaux, RAC. And. 1, î. Quand on a une expérience fondamentale sur la vitesse de l'eau, par exemple, celle de M. Guglielmini, par laquelle une eau qui est tombée de la hauteur d'un pied de Bologne parcourt en une minute 216 pieds 6 pouces d'un mouvement égal, on a sa vitesse pour toutes les chutes possibles, PONTEN. Guglielmini. \\ X Paris, l'autre côté de l'eau signifie la rive gauche de la Seine. Il demeure de l'autre côté de l'eau, l'asser l'eau, aller sur la rive gauche de la Seine. || Fig. Des gens de delà l'eau, des gens mal instruits des nouvelles et des affaires du temps. |{ Les grandes eaux, afflux d'eau de pluie ou de neige qui grossissent les rivières et les (leuves. Il est arrivé que les glaces et grandes eaux de cette année ont endommagé deux piles et avants-becs, et que nombre de pierres des arcades ont été emportées, Conseil d'Élat, 4 janv. t678. Il Eau plate, celle qui n'a pas de mouvement dans un terrain dont la pente ne lui en donne pas. Il Être comme le poisson dans l'eau, comme le poisson hors de l'eau, être dans une position très-agréable, dans une position pleine d'angoisse. Il Se mettre dans l'eau de peur de se mouiller, se jeter dans le mal qu'on veut éviter. Fin comme Gribouille, qui se met dans l'eau de peur de la pluie, se dit d'un homme a.ssez sot pour s'exposer à de grands dangers à l'elTet d'en éviter un trèspetit. Il Pleine eau, se dit de la rivière où l'on va nager librement, par opposition aux bassins fermés où l'on s'exerce. Faire une pleine eau, sortir du bassin fermé et aller nager en pleine rivière. || Fig. Nager en grande eau, être en pleine fortune. Être en grande eau, être dans l'abondance et dans la sécurité. Puis bientôt en grande eau naviguer à souhait, BOii. Sat. X. Nous verrons désormais Puységur nager en plus grande eau, ST-si«. tSfl, t38. ||Eau douce se dit de l'eau des rivières, des lacs, des étangs et des fontaines, par opposition à l'eau de mer. Poisson d'eau douce. || Familièrement, marin d'eau douce, homme qui n'a navigué que sur les rivières, ou, par extension, homme qui a peu navigué en mer. || Fig. Médecin d'eau douce, médecin qui ne donne que des remèdes faibles et sans efficacité, ou :|ui donne peu do remèdes. || Eau trouble, eau d'une rivière ou d'un étang qui est mélangée de limon et qui convient pour certaines pêches. Pêcher en eau trouble, et fig. faire des affaires peu honorables. || On dirait qu'il ne sait pas troubler l'eau, qu'il ne sait pas l'eau troubler, se dit d'un homme qui paraît simple et qui ne l'est pas. Il Fig. 'tomber dans l'eau, ne pas réussir. Cette affaire est tombée dans l'eau. La requête, que le régent n'avait renvoyée à personne, était tombée dans l'eau, st-sim. 464, 36. || Revenir sur l'eau se dit d'un homme qui, tombant dans l'eau, reparait à la surface. || Fig. Revenir sur l'eau , se dit d'un homme qu'on croyait abtmé et qui rétablit ses affaires. La Bazinière, fameux financier, puis trésorier de l'épargne, fut longtemps en prison, puis revint sur l'eau, st-sim. 130, 67. || Se dit aussi d'un projet qu'on croyait abandonné et qui est remis sur le tapis. La loi de dotation est revenue sur l'eau. Il Terme de vénerie. Battre l'eau, se dit de la bête qui se jette dans la rivière ou un étang pen- Janl qu'on la poursuit. || Fig. Battre l'eau, prendre tjne peine inutile. Tu vois qu'à chaque instant il te fait déchanter, El que c'est battre l'eau de prétendre arrêter.... mol. J'^lourdi, m, i. C'est battre l'eau, monsieur, lui dis-je [à Beauvillier], que répéter toujours la même chose, st-sim. »34, n». Il Se jeter à l'eau, se noyer exprès. || Se jeter dans l'eau, se mettre à l'eau, entrer dans l'eau pour quelque dessein. || Xl'eaul cri pour jeter quelqu'un à l'eau, •t cri de marchand d'eau. || Fi». Coup dans l'eau, coup U'épée dans l'MU, :>« dit d'une injure qui porte

EAU

à faux ou d'une tentative sans résultat. || Les eaux sont basses, se dit d'une rivière dont le niveau a baissé, et fig. l'argent manque. || Nager entre deux eaux, nager en mettant sous l'eau la tête qu'on ne retire que pour respirer, et fig. se ménager entre les différents partis. Le P. de la Rue, jésuite de tous points, passa toujours pour nager à la superficie, entre deux eaux [dans la controverse sur le quiélisme], ST-siM. 46, 21. Pour éviter bien des maux. Veut-on suivre ma recetteT Que l'on nage entre deux eaux, BËiiANO. l'etilt coups. || D'ici là il passera de l'eau sous les ponts, se dit quand on croit qu'une chose ne se fera pas de sitdt ou ne se fera jamais. Il Laisser couler, courir l'eau, ne point se soucier comme vont les affaires. || Faire venir l'eau au moulin, faire venir de l'argent k la maison, donner du débouché à une industrie. || Le fil de l'eau, le courant. Il k fleur d'eau, à la surface de l'eau. || Terme de marine. Faire eau, avoir, en parlant d'un navire, quelque trou par où l'eau de mer s'introduit. Alcibiade ne renversera-t-il pas ma barque qui est vieille et qui fait eau partout? fén. t. xix, p. 2tl.||Voie d'eau, ouverture faite à la carène d'un navire et par laquelle l'eau entre dans le bâtiment. Il Faire de l'eau, faire provision d'eau douce, pour la navigation. Il Ligne d'eau, celle que le niveau de la mer trace sur un bâtiment chargé. || Recevoir un coup à l'eau, être percé à l'eau, recevoir un coup de canon dans quelque partie du bordage qui est cachée par l'eau. || Les eaux d'un navire, son sillage. Il Être sur l'eau d'un autre vaisseau, le suivre et faire la même route. || Être dans les eaux d'un navire, gouverner dans le même sillage, et fig. être dans les eaux de quelqu'un, être de son parti, de son opinion. || Eaux fermées, eaux prises par la glace. Eau maigre, eau peu profonde. Même eau, celle qui ne donne pas de changement au sondage. || Haute eau et basse eau, se dit de ta marée haute et basse. || Eaux mortes, petite marée; eaux vives, grande marée. || 6" Eau jaillissante, eau qui sort de terre par un jet. || Par extension, eaux jaillissantes, ou, absolument, les eaux, les eaux de Versailles ou de tout autre lieu où sont disposés des conduits qui lancent l'eau en jets et la versent en nappes. || Donner les eaux, faire jouer les eaux de Versailles en l'honneur d'un personnage. Il 6* Eaux minérales, eaux qui se sont chargées de substances fixes ou volatiles dans leur filtration à travers certains terrains. || Eaux minérales artificielles, celles que l'art prépare en imitation des eaux minérales fournies par la nature. Il Absolument. Les eaux. Faire une cure d'eaux. Les eaux de Baréges, d'Aix, de Spa. U faut cette préparation avant que de prendre les eaux, eév. 272. Il Le lieu où se prennent les eaux. Il parle d'aller aux eaux, sév. 40. Vous pouvez, madame, aller aux eaux, lioss. Lett. quiét. 38. || 7* Kau de riz, eau d'orge, eau dans laquelle on a fait bouillir du riz, de l'orge. || Kau de veau, eau de poulet, bouillon très-légerde veau, de poulet. On me fait prendre tous les jours du l'eau de poulet, sév. 280. US* Eau bénite, eau consacrée par le prêtre, || Faire l'eau bénite, faire la cérémouie de la bénédiction de l'eau. J'oublie de dire que. pendant cette eau bénite, d'autres gardes du corps gardèrent et garnirent l'hôtel de Conti, ST-SIM. 220, 223. || Eau bénite de cour, expression proverbiale pour exprimer les vaines protestations d'amitié ou de protection. Donneur d'eau bénite, faiseur de promesses eu l'air. || Populairement. Eau bénite de cave, le vin. || Eau grégorienne, eau bénite mêlée de vin et de cendres pour purifier les églises polluées. || Le baptême. Il lave nos forfaits dans une eau salutaire, corn. Polyeucte, l, I. J'allais moi-même Répandre sur son front l'eau sainte du baptême, volt. Zaïre, ii, 3. || Eau lustrale, eau consacrée chez les païens aux lustrations et aux ablutions. || 8" Pluie. H tombe de l'eau. Le ciel est couvert, nous aurons de l'eau. Le ciel se fond tout en eau. Il va venir de l'eau. || 10' Suc des fruits, des légumes. Ces pèches, ces melons ont beaucoup d'eau. Il 11° Larmes. Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau, La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau, corn. Cid, iii, 3. Ce visage charmant tout en eau devant moi, lamart. Joc. m, <<o. ||12*Salive, seuicmentdans cette locution : L'eau eu vient k la bouche. X l'occasion de l'impression que les viandes font sur le cerveau, l'eau vient k la bouche, et on sait que cette eau est propre k ramollir les viandes, k en exprimer le suc, k nous les faire avaler, Boss. Connaiss. ui, 3. || Fig. Se dit de ce qui excite un désir de possession. L'eau m'en vientà la bouche, r£gm. le Bal, 7. || 13* Sueur. L'eau lui coulait du front. Je suis en eau ; prenons

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un peu d'haleine, mol. Êe. des femmes, u, S. L» dos chargé de bois et le corps tout en eau, Boa. /'. dit). 28. Maintenant, afin qu'un prédicateur ait bien fait, il faut qu'en sortant de la chaire il soit tout en eau, ftn. t. zxi, p. t07. Sous ce tombeau gil un pauvre écuyer. Qui tout en eau sortit du jeu de paume, j. b. rouss. Êp m, 22. || Suer sang et eau, se donner une peine infinie. Je suais sang et eau pour voir si du Japon II viendrait k bon port au fait de son chapon, bac. Plaid, m, 3. || 14' Sérosité. Ampoules pleines d'eau. L'eau qui sort quand on lève un vésicatoire. || 15* Urine. Lâcher ou faire de l'eau. || 16* Au pluriel. Eaux, nom vulgaire du liquide amniotique, de celui qui entoure le fœtus dans l'oeuf. || Fausses eaux, écoulement plus ou moins abondant de sérosité, qui a lieu par les parties génitales k certaines époi|ues de la grossesse, sérosité qui s'était accumulée entre l'amnios et le chorion, et qu'il ne faut pas confondre avec les eaux et le liquide amniotique. || 17' Terme de vétérinaire. Eaux aux jambes, maladie cutanée qui a son siège au pied et k la partie inférieure de la jamlie, chez le cheval, et dont le symptôme caractéristique est la suintement d'une humeur h travers les pores de ta peau. || 18* Lustre, brillant des diamants et des perles. Dans le commerce, on entend par eau la transparence du diamant, Dict. des arts et met. Amsterd. 1767, au mot joaillier. Les perles que Cléopatre avait en pendants étaient d'un prix inestimable, soit pour l'eau ou pour la grosseur, citri. Triumvirat, 3* partie, ch. 12, dans ricuelet. Ce diamant fut appelé le Kégeot; il est d'une eau admirable et pèse plus de 60u grains, st-sim. 466, 4 28. La drague, dans quelques ruisseaux [affluents du Mississipi], amène de grandes huîtres à (lerles, mais dont l'eau n'est pas belle, CUATEAUB. Voy. Amir. 4(6. ||Terme de unneur. Donner de l'eau, donner du lustre. Donner trois eaux au veau. || Terme de cha)>elier. Donner de l'eau à un chapeau, lui donner du lustre. || Terme de manufacture. Donner de l'eau à une étoffe, lui faire prendre le lustre en la mouillant légèrement et en la froissant sous la presse ou sous la calandre. Kl pourront ainsi lesdits teinturiers donner l'eau et le lustre à toutes sortes d'étoffes de soie, Règlem. sur les manuf. août ua», Teint, en soie, lame et fil, art. 86. Il 19' Eau-de-vie, le produit de la di.stillation du vin et des liqueurs spiritueuscs. Eau-de-vie de Cognac. Eau-de-vie de grain. || Terme de commerce. Petites eaux, alcool très-peu fort, résultant d'une première distillation et n'ayant pas subi de rectification, dont on se sert pour rameneràun degré inférieur dos eaux-de-vie naturelles qui, par un coup de feu, sortent de l'alambic avec un degré trop élevé. Il 20* Dans l'ancienne chimie on appelait eau tout liquide qui semblait à la vue avoir à peu près U consistance de l'eau, soit que l'eau y entrât pour la plus grande partie, comme dans l'eavi-forle, l'eau seconde, etc. soit qu'elle n'y fût que pour trèspeu, comme dans l'eau-de-vie. |{ 21' E;iu, liqueur artificielle extraite de diverses substances ou préparée avec diverses substances. (| Eau acidulé ou eau gazeuse, eau puie chargée de cinq fois son volume d'acide carbonique. || Eau blanche ou eau végéto-minérale, ou eau de Goulard, mélange d'eau minérale et de sous-acétate de plomi) liquide. || Eau de Botot, eau pour les soins de la bouche, appelée sans doute ainsi du nom de l'inventeur. |1 Kau céleste, liquide bleu obtenu en versant de l'ammoniaque liquide dans de l'eau dislllée tenant en dissolution du sulfate de cuivre. || Eau de Cologne, liqueur composée de diverses huiles volatiles de romarin, de fleur d'oranger, de tavanle, que l'on dissout dans l'alcool et auxquelles on ajoute ensuite de l'eau de mélisse et de 1 alcoolat de romarin. Il Eau d'Egypte ou eau grecque, ou eau mexicaine, ou eau africaine, solutiou d'azotate d'argent employée pour noircir les cheveux. || Eau-forte, acide azotique du commerce. || Une eau forte est aussi une estampe tirée sur une planche préparée à l'eau-forte. Il Eau générale, alcoolat composé avec une foule de plantes aromatiques et des substances balsamiques et résineuses. || Eau de goudron, liquide odorant et acidulé qu'on obtient en faisant macérer le goudron dans l'eau. Il Eau impériale, alcoolat composé avec un grand nombre de plantes aromatiques. || Eau de javelle, chlorite de potasse lii]uide. Il Eau delivande, mélange d essence de lavande, de teinture d'ambre, d'eau de Cologne et d'alcool. || Eau de Luce, liquide laiteux, d'une odeur forte, d'une saveur acre et causli.jue, que l'on emplo'e dans les évanouissements, en aspiration par le nez, ou k l'intérieur (iiuclques gouttes dans un verre d eau sucrée). || Eaii

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phagédénique, solution de chlorhydrate de chaux, tenant en suspension du deuloxyJe de mercure. Il Eau régale, mélange d'acides chlorhydrique et azotique, dont on se sert pour dissoudre l'or et le platine. Il Eau de la reine de Hongrie, nom donné à l'alcoolat de romarin. || Eau rouillée, la même que l'eau ferrée, voyez au numéro «. || Eau seconde, acide nitrique alTaibli; se dit aussi d'une lessive causli- ' que de potasse ou de soude connue encore sous le nom de lessive des savonniers et dont se servent les peintres. || Eau sédative , liqueur composée d'ammoniaque liquide, d'alcool camphré, de sel marin et d'eau commune. || Eau spiritueuse, liqueur obtenue en distillant de l'alcool sur des substances végétales à principes volatils. L'eau spiritueuse se nomme aujourd'hui alroolat. || Eau sulfureuse, dissolution de sulfure de sodium cristallisé, de carbonate de soude cristallisé ei ie chlorure de sodium. Il Eau-de-vie allemande, nom d'un très-fort purgatif. Il Eau vulnéraire, eau aromatique employée par le vulgaire dans les coups et contusions. ||Ï2° Eau d'ange, ancienne eau aromatique, analogue à l'eau de rose ou à celle de fleur d'orange. X la main droite, près de l'autel [il s'agit d'un baptême], il y avait une table sur laquelle étaient lieux carreaux de drap d'or, avec un grand vase d'eau d'ange, malh. ie((. à Peiresc, 23 juin <6t4. Il 23° Eaux et forêts, voy. forêt. || Proverbes. L'eau est entrée dans ses souliers par le collet de son pourpoint, se dit, par une méchante plaisanterie, d'une personne qui s'est noyée. || Si on l'envoyait à la rivière, il n'y trouverait point d'eau, se dit d'un homme malhabile qui ne sait pas trouver les choses les plus communes. || Eau qui dort, caractère sournois et doucereux. 11 n'y a pire eau que l'eau qui dort. Il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort, uoL. Tart. i, t. ||Tant va la cruche à l'eau, voy. cruchb.

— REM. Eaux est un pluriel collecttf , comme airs, cieux. Quand on dit se perdre sous les eaux, périr dans les eaux, les eaux dans ces phrases n'indiquent pas plusieurs eaux, mais une collection ou quantité indivise, juluen. Toutefois eau a aussi un pluriel qui n'est pas collectif : j'ai bu des eaux de Vichy et de Spa, c'est-à-dire de l'eau de Vichy et de l'eau de Spa; les eaux d'Arcueil et de Grenelle, c'est-à-dire l'eau d'Arcueil et l'eau de Grenelle.

— HIST. XI' s. Ë s'il a en arere larecin amendé, ait [qu'il aille] à l'ewe [à l'épreuve de l'eau] , Lois de Guill. 17. Li val profond et les ewes courant, Ch. de liol. cxxxvi. Issent de mer, viennent as ewes douces, ib. clxxxvii. Et li evesque les ewes bone'issent, ih. ccLxviii. || xn* s. L'aiguë du cuer lui est es els [yeux] montée, Ronc. p. 48. Que l'iave seut [a coutume de] percer la pierre bise, Couci, xi. lluec curreit une ewe de mestier en mestier; Là se baignoit li sires pur sa char refreidier, Th. le mari. 94. Il XIII' s. i la cort ont l'auge criée, Et li vallet l'ont apportée; Quant ont lavé, sisontasis, Le beau desconna, dans Arch. des missions scientifiques, t. V, p. (68. Entre deus augues moult bruians Sist la cités, qui moult fu grans, ib. p. 170. S'aucuns est accuseis qu'il ait aucuns ochis et on ne le poet prover par tesmongnages loiaus, il se doit purgier del fait par le jugement del aiguë froide, tailliar, llecueil, p. 49). Et l'autre lui retrempe de frescho eauo en son vin [lui verse de l'eau fraîche en son vin], Berle, lv. Car d'une sorce vient si haute L'ewe, qu'el ne puet faire faute, la Rose, 20690. Trop la tere est couverte de yaue et de nege, beaum. ix, 8. Li evesques du Pui de bien faire lor prie, La porte lor ovri, au nom sainte Marie, De l'aive beneoite lor fait grant départie, Ch. d'Ant. viii, <93. Totes ces ewes qui sont teles naturelment [minérales], si les puet on faire par artefice, si corn de faire boulir soufre en ewe douce et ensi des autres, alebhant, S° 9. En cel vasciel l'arcideclin Fist Dieux servir, d'aigo fait vin, ph. mousses, tns. p. 283, dans lacuRNE. Il XIV* s. De ceste condition a moult de gens m ce monde, qui noent [nagent] entre deux eaux, fodus, !° Lxvii, verso. C'est l'elixir et eau de vie, En qui toute euvre est assouvie, tfat. à Valch. err. • 031. Ilxv" s. Et furent mis ens es navires et ballenieres plus de deux mille chevaux, lesquels avoient pourveance de foin, d'avoine, litière et d'eau douce bien et largement, froiss. ii, m, 32. Se hastoient les Anglois de passer cette Beauce pour le danger des yauves dont ils estoient à grand meschef pour eux et pour leurs chevaux, m. ii, ii, 69. Si estoient [les chevaux] foulés et oppressés, combien qu'ils eussent esté bien gouvernés et approvendés de foins, d'avoine et d'aiguë douce, id. u, m, 33. il estoit le mois de mai que les eaues sont eu leur douceur.

n>. Il, II, 228. si entendit bien le duc que c'estoit ung personnage forgié, et qu'on venoit quérir eaue de loing puits, o. ciiastel. Chr. d. d. de Bourg. 2* partie, ch. 56. Entre deux eaues, comme le poisson noue [nage], en. d'orl. Bail. toi. Me partis bien matin du dict port de Sapience avec mes dictes galées, pour m'en venir mon chemin devers Gennes, en volonté de lever, au port de Ion, eaue dont mes dictes galées estoient mal fournies, Bouciq. hist. Paris, 1020, p. 268, dans lacurne. Eve qui court ne porte point d'ordures, leboux de lincy, Prov. t. 1, p. 6B. Il n'a pas soif qui de eau ne boit, ID, tb. p. 66. Il XVI' s. Il semble qu'ils n'aient fait que battre l'eau en priant et que Dieu ait fait le sourd, calvin, Inst. 733. Il se retourna vers la muraille comme pour faire de l'eau, et là rompit ses lettres, marg. A'oui). XXI. Ayant ces deux amants comploté de faire un permis en l'eau [fuir] et prendre la route d'Angleterre, YVER, p. 617. L'eau leur venoit à la bouche, tant elles desiroyent de taster seulement un petit morceau de friandises, langue, 434. Par le moyen de la grande et longue despense, l'eau est venue à leur moulin, m. 334. La distillation des eaux et essences tirées de toutes sortes d'herbes, racineset fleurs, ib. 479. Ptisane, eau bouillie, eau d'amendes, paré, y, 9. Eau forte, huile de vitriol, ID. V, (3. Eau fort qui aura servi aux orfèvres, dite eau bleue, id. xvi, tB. La nourrice se gardera de boire eau crue, mais la fera bouillir, id. vi, <5. Eau demai-eschal [ferrée], id. vi, i9. Eau de l'orge, id. VI, 22. Eau d'orge, eau cuilte, en laquelle on mettra mie de pain, que nous appelions eau panée, ou bien hippocras d'eau ou eau bouillie puis mesiée avec syrop rosal, violât ou aceteui, ID. viii, <4. Eau de Damas [sorte de parfum], id. ix, 13. Eau forte esteinte [dite eau de séparation). Eau alumineuse, eau des alkemisles. Les ulcères seront touchées de l'eau de sublimé, ou de celle qui aura servi aux orfèvres, id. xvi, ts. Les restaurans, coulis, pressis et eau de chair, id. xxiv, 22. Do la manière de distiller l'eau de vie appelée l'ame ou l'esprit du vin.— Situ veux avoir l'eau de vie excellente, la faut rectifier deux ou trois fois, voire jusqu'à sept, id. XXVI, s. L'eau ardant autrement dit l'eau-de-vie, 0. DE SERRES, 230. Elle ne scra jamais sans avoir des eaux, céleste, impériale, de vie, id. 887. L'eau fort, posée doucement avec du ootton dans la dent creuse, en appaise la douleur, et la fait casser estant corrompue, id. 903. La pommade sera lavée dans eau nafe, ou dans eau de Damas, ou eauroze musquée, ID. 908. Et l'eau clairette façonneras ainsi : mettes tremper en unechopine d'eau de vie de la plus fine, trois onces de canelle triée, etc. id. 936. Le laver quelquefois avec de l'eau d'ange, ou de naffe, ou de roze, ID. 94B. L'eauve une foys eschaufl'ee emprend plu tost gelée, génin, Récréations, t.il,p.243. Vous en feriez aoroire de belles aux gens de là l'eau. Contes de ciiolières, ^ 96, dans lacorne. Nicolas Roland, homme voué avec une passion extraordinaire au fait de la ligue, et sous ce titre avoit esté créé eschevin de Paris, la première année des troubles l'an (588; toute fois, quelque temps après, il commença de mettre de l'eau sur son feu [à mettre de l'eau dans son vin, à en rabattre de son exaltation] , PASQ. Lett. t. Il, p. 309, dans lacurne. Eau quoye jour et nuit Noye, submerge et nuit , leroux DE LINCT, Prov. t. X, p. 65. Eau trouble, gain du pescheur, id. t'b. Dans un mortier, de l'eau ne pile, ID. ib. L'eau fait pleurer, le vin chanter, id. ib. C'est folie puiser l'eau au cribleau, id. ib. t. ii , p. 262.

— ÈTYM. Génev. aiguë; picard, t'ou, ieu; wallon , ot'we; Berry , aie {effe, signifiant eau, se trouve dans le nom de plusieurs localités du Berry); bourguig. éa; provenç. aïjuo, oigo.-catal. oyjuoyespagn. et portug. agua; ano. ital. aigua; ital. mod. acqucti du latin aqua; gaeliq. ab, abh, aba, eau; kimry, etcygoth. aht'o; anc. haut-allem. o/io;zend, âfs; sanscr. ap ou dpas. Le mot eau de la langue littéraire actuelle provient d'une forme picarde qui était iaue et se prononçait sans doute iave; du moins en vers elle est toujours de deux syllabes; puis elle s'est contractée en eau monosyllabe, et la forme eve ou eghe est restée dans la catégorie des patois. Il n'y a pas d'autre étymologie à chercher que le latin aqua, qui a donné régulièrement eve ou ewe, comme equa, cavale, avait donné ive ou iwe.

fEAUBÉNlTlER (ô-bé-ni-tié), s. m. Synonyme présentement inusité de bénitier. Les eaubénitiers seront marqués et contre-marqués au corps, collet du pied et goupillon, Règl. arfivr. »o déc. <67».

— ÉTYM. Eau, et bénitier.

t EAUBURON (ô-bu-ron), i. m. Nom vulgaire de plusieurs champignons.

SQiU-DE-'VIE, voy. EAU.

KAC-KORTE, voy. EAU.

ÉBAHI, lE(é-ba-i, ie), pari. possède ébahir. Jeté dans un grand étonnement. Mais toi qui tiens nos sens et nos yeux ébahis, mairet, Soliman, m, 9. Et si de tant d'amour tu peux être ébahie, corn. Poly. m, 2. Prêchez, patrocinez jusqu'à la Pentecôte, Vous serez ébahi, quand vous serez au bout. Que vous ne m'aurez rien persuadé du tout, mol. Éc. des femmes, I, I. Vous serez ébahi que vos juges auront été sollicités contre vous, id. Scapin, ii, 8. Pierrots et paillasses Charment sur les places Le peuple ébahi, pérang. Cocaj.

— SYN. ÉBAHI, ÉBAUBi. L'ébahi est celui k qui l'étonnement fait ouvrir la bouche; l'ébaubi, celui que l'étonnement fait balbutier.

ÉBAHIR (S') (é-ha-ir; Palsgrave, xvi* s. p. (9, dit que l'h est aspirée), v. réfl. Rester la bouche ouverte, s'étonner, être surpris. On s'ébahit à la vue d'un événement imprévu ou d'un spectacle agréable.

— REM. L'ancien français fais.Tit ^tnhir actif; il est fâcheux qu'il ne soit plus que réfléchi.

— HIST. XII' s. Mont fu vassaus [brave] qui n'î fust esbaïs, Ronc. p. 73. Moult [j'J ai esté longuement esbîihis. Qu'on ques n'osai chanson à faire emprendre, Couci, v. Car sa beauiez me fait tant esbahir. Que je ne sai devant li nul langage, ib. xix. E cist temples lur iert [sera] en essample, si que fuit icil ki i passeront, forment se esliairunt, flots, 268. ||xiii' s. Lors s'en est Bel-accueil fols [fui]. Et je remès [restai] tous esbahis, Honteux et mas [abattu]. Rose, 2964. [La maison] tremble toute pfîraée. Tant se sent foihleet esbaée, et pourfendus de crevaces En plus de cinq cens mile places, ib. 6t3«. Il XIV' s. Or est celui qui est fort ou preuz, de tele condicion que U ne s'esbahist pas et est sans paour en la manière que bon homme peut estre, OHESME, Elh. 80. Et parceque tristece esbahit, l'on pert son jugement, id. t6. 98. Aiez bon cuer en vous, pour Dieu le fruit de vie; Car homs qui s'esbahit, il est mors à moitié, Guesel. 48385. Cilz parla hautement si que tuit l'ont ol. Ne fut couars ne nices, ne flst pas l'eboï, Girart. de Ross. v. 4389. jjxv' s. X l'endemain la truie [machine de siège] fut levée au plus près qu'ils purent de Bergerac, qui grandement esbahit ceux de la ville, froiss. ii, u, 7. Et si les esbahyssoit l'yver qui s'approchoit, comm. IV, 6. Il XVI' s. Ils s'esbahissoient comment il laissoit ainsi eschapper le poinct de son occasion, amyot, Pyrrh. 20.

— ÉT^'M. 'Wallon, esbawi; provenç. esbair; ital. sbaire; de es.... préfixe, elle radical bair, étonner, qui est dans le rouchiboht", étonnant, dan s l'espagnol em-bair, faire illusion, et dans l'italien boire, étonner, et que les étymologistes regardent comme dérivé de bah , exclamation naturelle d'étonncment. Comp. pourtant bayer, béer.

ÉBAHISSEMENT (é-ba-i-se-man), s. m. État do celui qui est ébahi. Cet événement a causé un ébahissement général.

— HIST. XVI' s. Esbahissement, amyot, Cam. 40.

— ETYM. Ébahir.

fÉBALAÇON (é-ba-la-son) , ». m. Ancien terme de manège. Espèce de ruade.

■\ ËBARBAGE (é-bar-ba-j'), t. m. Action d'ébarber.

—ETYM. Ébarber.

ÉBARBÉ, ÊE (é-bar-bé, bée), par», passé. Une plume ébarbée.

fÉBARBElHENT (é-bar-be-man), s. m. L'action d'ébarber; le résultat de cette action. || Terme de chirurgie. Action d'enlever avec le bistouri, ou avec les ciseaux, des productions morbides végétantes.

— ETYM. Ébarber.

ËBARBER (é-bar-bé), v. a. \\ i' Rogner les barbes des plumes, et ce que l'on compare à ces barbes dans le papier, dans la taille d'une gravure. Il 2* Couper le chevelu des plantes ou des arbres qu'on met en terre. || Tondre une haie, une charmille. || Couper les racines que les cep.s de vigne poussent à fleur de terre. 113° Terme de paveur. Dégrossir les joints ou le parement du pavé préalablement. 114" Terme de fondeur, ôter les bavures du plomb. Ébarber les tables, en ôter le sable avec de» brosses avant de les mettre sur leur laminoir. Il 5' Terme de typographie. Ébarber une lettre, abattre avec un instrument tranchant un talus qui marque au tirage. Ébarber une feuille, un volume, couper les fausses marges. || 6° Terme de chirurgie. Pratiquer l'ébarbement.

— HIST. XVI' s. Allez dire à Saint-Gelais qu'il se fasse esbarber et couper ses cheveux, puisque voilà d'Aubigné de retour de son voyage, d'aub. Vie, lxxil

— Btym. ipour M... préfixe (voy. es...), et tort».

ÊBA

fîBARBOia (é-btr-boir), t. m. Outil qui seriez étiarber.

— ETYM. Ébarber.

t£BARBlIRE(é-bar-bu-r'),».f.Cequi se détache

d'une chose qu'on ébarbe. Toutes les ébarbures de l'or s'enlèvent avec du coton en rame, Uanuel du relieur, p. 23», édit. bobet, 1827. || Petite élévation qui se forme sur la planche du graveur, à chaque coup de burin.

— ETYM. Ébarber.

tËBARDOIR (é-bar-doir), ». m. Sorte de grattoir à trois cAtés. dont se servent les menuisiers.

■j- ËBAItODIR (é-ba-rou-ir), t>. a. Terme de marine. Dessécher, en parlant de l'action du soleil qui déjoint les bord.npes des navires. Navire ébaroui.

f ÉHAllOUlSSAGE(é-ba-rou-i-saj'), s. m. Terme de marine. Desséchemeutqui disjoiut les douves des futailles, les burdages.

ÉBAT (é-ba; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l't se lie : des é-ba-z animés; ébats rime avec pas, mâts, etc.), *. m. {| !• Mouvements folâtres du corps. L'enfant.... Avecques ses pareils se plaît en ses ébats, bégnier, Sat. v. Les couvents où les pensionnaires ont beaucoup d'ébals, de courses, j. J. bouss. Éin. v. Les enfants qui suivaient ses ébats [du mouton] dans la plaine, a. cuén. Ï08. Il 2° l'a.sse-temps, divertissement, ô bois, fl prés, ô monts, ses tidèles ébats I régnieb, l'iainte. Souvent en ces ardeurs la mort qu'on se propose, Ne semble qu'un ébat, qu'une ardeur, qu'une rose, BOIB. St Cen. IV, 2. Je m'y rends avec vous, l'ébat m'en sera cher, id. Bélit.iv, 2. Pour vosébatsnous nourrirons nos filles, la font. Berc. || Prendre ses ébats, se livrer au divertissement. Deui vieilles disaient tout bas : Belzibuth prend ses ébats, bêbang. Cott. Puisque le tyran est à bas. Laissez-nous prendre nos ébats, id. Hequêle. || S'Ausing. Terme de chasse, l'romena.le qu'on fait faire aux chiens pour leur santé.

— REM. Aujourd'hui ibat ne se dit guire qu'au pluriel. 11 serait bon de faire comme Rotrou et de maintenir l'usage du singulier.

HlST. XV' s. Et se attendoit l'heure de voir cest

esbat [le passage de la rivière qui devait s'effectuer), COMM. I, ». Ceux qui par gloire dient : je ne suis pas clerc, je laisse faire à mon conseil, je me fie en euli, et puis, sans assigner autre raison, s'en vont en leurs esbatz, m. ii, «. Se trouvèrent ensemble en barque, qui estl'esbatde Venise, et où cnacun va selon les gens qu'il a, ID. va, )5. || xvi* s. J'apprins le grec par forme d'esbat et d'exercice, mont. I, 96. Ce maistre menoit tous les jours leurs enfaus à l'esbat hors de la ville, auïot, Cam. il.

— ETYM. Voy. ÉBATTBB.

ÉBATTEMENT (éba-to-man), s. m. || l'Action de s'ébattre, de se récréer. Toi, des maux qu'ils me fout, prends ton ébattement, malh. i, ♦. L'ébatlement pourrait nous en être agréable. Vous plalt-il de l'avoir? eh bien, gageons nous deux, là font. Fabl. VI, 3. Les familles sortent de leurs villages pour prendre part à ces ébattements [des noces], CMATEAUB. Amer. 37. || 2° Ebattement d'une voiture, son balancement entre les brancards.

— SYN. ÉBAT, ÉBATIHMKNT. Ces deui mots ne différent que parce que ébat désigne plus p.articulièroment l'état, et ébattement, l'action de celui qui s'ébat.

— UIST. XIV" s. Kn certains esbatlomeus comme Inities ou courses pour soy eschaulTer et exerciler, ORESUE, Eth. 04. Comme il soit ainsi que en ceste vie et en conversation humaine un repos soit en iiiea ou en esbatement, m. ib. <30. ||xv*s. En telle manière que tous ceux et celles qui le liront [son ouvrage], verront et orront [entendront], y puis- .sent prendre esbatement et plaisance, froiss. }'rol. Et tout ce disoil par farce et esbatlement, car il cstoit et est toujours très gracieux et nouveau et bien plaisant gentilhomme, louis xi, Aouv. lvii. Il xvi* s. Les dames se trouvoient aux esbatemens publiques et assisluient à veoir les jeux^ àmyot, ï'Wi. sa.

— ETYM. Ébattre.

ÉBATTUE (S') (é-ba-tr*), v. réfl. Il se conjugue comme baltj c. || l'Se donner un mouvement folâtre. Elle était ile.scendue avec ses compagnes pour s'ébattre sur le rivage, d'àblancourt, Lucien, t i, dans BiciiiLiiT. La gazelle s'allait ébattre innocemment, LA FONT. Fabl. XII, t5. Mes camarades venaient me chercher pour m'éliallre avec eux, j. i. HOUss. Conftss. 1. Là, qu'il coure, qu'il s'ébatte, ID. Hm. II. Il 2* Se divertir. Tu liras ces vers où jeune je m'ébats, RÈuu.Sal. i.

— IiËH. Ebattre est aujourd'hui un verbe réfléchi, M un ne peut l'employer activement Mais autrefois.

ÉBA

comme on peut le voira l'historique, il s'employait activement ; il y a donc faute contre l'usage et archaïsme, mais non faute contre la langue dans ce vers de Lamartine (non qu'il ait songé à un archaïsme) : Nous regardions le fleuve ébattre son rivage. Chute ifun ange, récit, p. n. Ebattre doit vouloir dire folâtrer contre son rivage.

— HlST. xil]* s. Ils'esbatiluecet solace, 0 [avec] ses gens, car plus bêle place, Ne plus biau lieu por soi joer, Ne porroit-il mie trover, la Rose, v. sis. Si m'en allai sens [seul] esbalant Par le vergier de çà en là, ib. 4310. || xv* s. Devisant et csbattant avec ses gens, louis xi, Nouv- lxx. || xvi' s. Alors, pour temporiser et esbattre l'assemblée magnifique, furent laschez quatre terribles et fiers tauraux, bab. Sciom. Nature s'est esbattue à montrer combien elle estoit bonne ouvrière, en façonnant votre corps si parfait, yveb, p. 687. Veoir un enfant s'esbatire à blesser un chien, mont, i, 407. L'un d'une chose esbat sa vie. L'autre d'une autre à volonté, bons. 37». .... Et pendant que jeunes nous sommes, Esbatre la fleur de nos ans, lu. 6H.

— ETYM. Picard, esbatu, content, réjoui; provenç. esbalre, battre, réjouir; ital. sbailere;ieet... préfixe, et battre; le sens étant agiter eu battant, dissiper, et, de là, divertir.

ÉBAUBI, lË (é-bfl-bi, bie), ad;. Terme très-familier. Interdit, surpris, au point de bégayer. Je suis toute ébaubie et je tombe des nues, mol. Tart. v, 6. Ils seront très-bien ébaubis Quand ils nous verront partis, m. Bourg, gent. Uailet des nations. Je suis émerveillée, Toute ébaubie et toute consolée, volt. Enfant prod. v, 7. Or, diamar;t3, émeraudes, rubis, Tout disparaît à ses yeux ébaubis, m. Bégueule.

— HisT. xin* s. S'il savoit ce meschief, moût [il] seroit esbaubis, Berte, xxx. Et moût en fu de cuer dolente et esbaubie, ib. lxxii. || xiV s. Charles touz ababis.... Girart de Boss. v. 3963. Bertran estoit montez, poures fut ses roncins, Nulz boms ne l'achelast quatre florins petii; 11 en esioit honteux et forment esbaubis, Guescl. v. 326.

— ETYM. Picard, ibeubi; Berry, àbaubis; de es.... préfixe, et lehlinbalbut, bègue: proprement, rendu bègue, éionné.

t^ ÊBAUCUA(;E (é-bâ-cha-j'), *. m. || 1° Action d'ébaucher. || 2° Terme de potier. Action de donner, avec les mains seulement, sans moule ni appui, une forme quelconque à la terre molle.

— ETYM. Ébaucher.

ÉBAUCHE (é-ba-ch'), s. f. || 1* Préparation d'un ouvrage de peinture, de sculpture dans laquelle les partiesprincipalessontseulemenlindiquees.il Terme de graveur. Faire l'ébauche, mettre par masses les ouvrages de gravure au premier trait de burin. Il 2' Mouvement de montre dégrossi et prêt à passer dans les mains de l'ouvrier qui doit le perfectionner. Il 3' Fig. Premiers essais, premier développement d'une chose, esquisse. Tu demeures surpris et changes de couleur à ce discours ; ce n'est là qu'une ébauche du personnage ; et, pour en achever le portrait, il faudrait bien d'autres coups de pinceau, MOL. Don Juan, i, 4. Agréez que ma muse Achève un jour cette ébauche confuse, là font. Fabl.xn, <6. Après cette légère ébauche du mérite de son beau-frère, hamilt. Cramm. 8. Développant déjà, dans les premières ébauches de nos passions, tout ce que nous devons être, mass. Cor. Voc. Des restes de sa droiture, il en fait les ébauches de ses passions, ID. Panég. St Thomas. || 4* Production informe et grossière. De voire éclat et de votre lumière, Je ne suis qu'une ébauche imparfaite et gros- -sière, BOTR. liélis. m, 7. La première hypothèse que l'esprit humain a imaginée pour expliquer les apparences des mouvements planétaires n'a dû être qu'une ébauche imparfaite de cette théorie, laplace. Expos. l, n.

— SYN. ÉBAUCHE, ESQDissB. L'ébauche est le commencement même, encore informe du travail, d'où l'œuvre sortira accomplie. L'esquisse n'en est que le trait, que le plan et n'entre dans l'œuvre que comme préparation.

— ETYM. Voy. ÉBAUCHER.

ÉBAnCHÉ,EE(é-b6-ché, chée), part, passé. Qui est en ébauche. Tirer une Diane ou une Minerve hors d'un bloc de marbre qui n'est point encore ébauché, oesc. Mélh. ii, 6. On s'attendait à une bataille; le terrain s'y prêtait; dos ouvrages étaient ébauchés, mais tout avait été abandonné et l'on n'éprouvait pas la plus légère résistance, sEour, Uist. de Sap. viii, *. Il Fig. Les anciens les ont trouvées [les sciences] ébauchées par ceux qui les ont précédés, pasc. Prif. Vide. Plus malheureux, je meurs, à ma gloire arraché, Et mou plus digue ouvrage

ÉBA

est à peine ébauché, hillev. ÉUg. liv. n, Virgile. Du jour où la nature, au néant arrachée. S'échappa de tes mains comme une œuvre ébauchée.... lauart. Uéitit. i, 7.

|ÉBALCHEME.NT(é-bft-che-m8n), $. m. Action d'ébaucher. Depuis le premier trait de l'ébauchemeut d'un si grand dessein.... balz. Socrate, Disc, prem.

— ÉTYM. Ébaucher.

ËBAt'CIIEK (é-bô-ché), v. a. || f Terme de peinture et de sculpture. Disposer, en commençant un ouvrage, les masses et les parties principales. || Pig. Mais, pour mon frère l'ours, on ne l'a qu'ébauché, LA FONT. Fabl. I, 7. Il Terme de menuiserie. Ebaucher le bois, le dégrossir. || Terme de cordier. Nettoyer le chanvre en le passant dans l'ébaucboir. Il 2* Préparer, commencer.On va bientAt, madame, achever à vos yeux. Ce qu'ébauche par là votre abord en ces lieux, cobn. Tôt*. (for. v, ». Et l'amour, qui m'apprend le faible des amants. Unit vos plus doux vœux à mes ressentiments. Pour me faire ébaucher ma vengeance eu Plautine, Et l'achever bientfit par sa propre ruine, lo. Olhon, iv, 6. Mes secours en Judée achevèrent l'ouvrage. Qu'avait des légions ébauché le suffrage, id. Tit. et Bir. m, 6. Il 3* Donner une idée d'une chose. Pour épargner un plus long détail des recherches géométriques de U. BernouUi, il suffira d'ébaucher ici l'idée de la théorie des courbes qui roulent sur elles-mêmes, FONTEN. Bernoulli. || 4* S'ébaucher, v. réfl. Être ébauché, préparé. Pendant que ce travail s'ébauchait.

— BEH. On lit dans Chateaubriand : Les lèvres d'Akansis ébauchèrent un sourire d'admiration at de gratitude, Satch. m, il*. Cette figure ne paraît pas correcte. Dirait-on ébaucher im clin d'œil, un bâillement?

— HlST. XV" s. Huet, prend cette pierre bise, Sy l'esboche à ton grant martel, Uir. de sainte Cen. Il XVI* s. Celui qui opine le premier doit eshaucher tous les poincis principaux, condE, Mémoires, p. 658. Ma consultation esbaucbeun peu la matière, et la considère legierement par ses premiers visages,

— ETYM. £».... préfixe, et bauche, sorte de mortier à bâtir : tirer de la bauche, préparer, dégrossir. Cependant il y a l'italien sboxio, ébauche, qui vient de boîxo, boita, bloc de pierre; cela va très-bien pour le sens avec ébauche, ébaucher; moins bien pour la forme, quoiqu'on trouve l'orthographe esbocher; mais les autres composés débaucher, em-baucher conviennent bien mieux à bauche ou bauge qu'à l'italien boszo ou boxza. Toutefois il n'est pas impossible qu'il y ait eu confusion de deux radicaux, l'un français, bauche ou bauge; l'autre italien, boiia, boiio.

t ÉBAUCHEUR (é-bô-cheur), s. m. ||1* Celui qui commence les mouvements de montres et de pendules. Il 2* Cylindre pour étirer la loupe.

— ETYM. Ébaucher.

ÉBAUCLIOIR (é-bê-choir), *. m. Outil dont les sculpteurs se servent pour ébaucher et modeler. Je connais votre âme, l'ébaucboir vous tombera des mains et vous pleurerez, dideh. Ult. à foie. Il Grand peigne à dents droites et grosses, pour donner la première façon au chanvre. || Ciseau pour ébaucher des mortaises. || Outil d'acier eu forme de ciseau pour bretteler la sculpture.

— ETYM. Ébaucher.

ÉBAUDI, lE (é-bô-di, die), por». passé. Ml» en allégresse. Il s'en alla tout ébaudi de cette bonne nouvelle. On bat des mains, et l'auteur ébaudi S« remercie et pei.se être applaudi, volt. Ép. »u.

ÉBAUDIK (é-bô-dir), t). a. || l'Terme familier. Mettre en allégresse. Je voulais tant soit peu m'ébaudir les esprits, sCARRON,Jo(i/'/c(, iv, 4. J'ébaudirai Votr» Excellence Par des airs de mon flageolet, volt. Leit. en vers et en prose, t. || 2* S'ébaudir, «. réft. Devenir ébaudi. Allons nous ébaudir et diner tous ensemble, boursault. Ilots à la mode, sc.<6.Pour n'avoir pus l'air d'un parent malheureux, ja m'6baudissais à la noce,CHATEAUB. Itin. u, 8.

— HIST. XI. s. Si s'esbaldissent Franc, Ch. de Roi. cxiv. Il nt* s. Pour nostre roi devons estre esbaudi [pleins de courage], Rone. p. 66. Li eslor [le combat) fu durement esbaudi», ib. p. 72. Ne pourquant il manja assez tout à loisir, E ad fait bel semblant pur les suensjsiens] esbaudir. Th. It martyr, ♦7. Iliiu's. El quant il furent acreu de gent, si s'e.sbaudirenl plus, et chevauchierent plus seurementque devant, villkh, clv. Car chascun qui de ses amor» Oit [entend] parler, moull s'en esbaudit, la Rose, 2687, Il XV* s. Pour esbaudir armes , et chevalerie

ÉBÉ

ÉBL

ÉBL

accroistre, honsth. i, 2. || xvi* s. L'y vresse donne aux personnes d'aaf,'e le courage de s'esbaudir en danse et en la musique, mont, ii, t».

— ETYM. Es.... préfixe, et l'ancien adjectif baud, hald, hardi; provenç. bout; ital. baldo ; de l'anc. allem. bald, hardi; angl. bo/d; wallon, eiiaiii; provenç. esboldir, esliaudir ; anc. ital. sbaldire.

EBAUUISSEMENT (é-bô-di-se-man), s. m. Terme familier. Action de s'ébaudir; état de celui qui s'est éliaudi.

HlST. XV s. Si firent lors par toute la noble ville

d'Orléans grand joie et moult grands esbaudissements, quaiulils se virent et connurent ainsi estre délivrés de leurs faux adversaires, monstb.ii, 69.Le3 legieretés et esbaudissements des jeunes nobles hommes, al. chartieh, Œuvres, p. 434.

— ÊTYM. Ébaxidir; provenç. esbaudiment.

t ÉBE ou EBUE(fe-b'), s. f. Nom, sur les côtes de Normandie, du reflux de la mer. || Proverbe. Ce qui vient de flot s'en retourne d'ébe, se dit d'un bien mal acquis, et est équivalent à : Ce qui vient de la flûte s'en va par le tambour.

HlST. xiv" s. Nous ne voulons mye que la absence de temps lour [leur] soit prejudiciele, pour quoy ilz soient riens en damage; et si le desseisi eit esté en la terre sainte en pèlerinage, adouques soit acoouaté un an et un jour, et un ebbe et un flot pour les delays deîamer, bhitt. Loisd'Àngl. ^ 446,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Angl. ebb, reflux; allem. Ebbe.

t ÉBÉNACÉ, ÉE (é-bé-na-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à l'ébène. || S. f. Les ébénacées, famille de plantes d'arbres ou d'arbustes, la pluiiart des régions tropicales d'Afrique et d'Asie, et dont l'ébène est le type.

— ÉTYM. Ébène, et la finale acé qui indique appartenance.

ÉBÈXE (é-bè-n'), s. f. \\ !• Bois de l'ébénier. L'ébène est remarquable par son beau noir, son grain uni et sa dureté ; elle est formée par le duramen; l'aubier est sans usage. Meubles d'ébène. || Ébène fossile, lignite ou jayet. |{ On se sert du mot ébène pour caractériser un noir très-foncé. Noir d'ébène. Il Kig. Des cheveux d'ébène, des cheveux très-noirs. Sur ton sein leurs flots onduleux Retombent en tresses d'ébène, lamabt. lUédit. i, ». || 2° Ébène jaune, nom vulgaire de la bignonieleucoxy ton, qui, pour certains auteurs, est la bignonie des Antilles et dont le bois est parfois nommé ébène, legoakant. Il Fausse ébène, un des noms vulgaires du cytise laburnum, dit encore fauï ébénier, et qu'il ne faut pas confondre avec le cytise des Alpes, quoique celui-ci ait parfois reçu les mêmes noms vulgaires,

LEGOARANT

— REM. Le genre de ce mot a varié ; on le trouve au masculin dans Voltaire : Je vis Martin Fréron, à la mordre attaché, Consumer de ses dents tout l'ébène ébréché , Dial. de Vég. et du vieillard. Mais, dit Ménage, il est féminin, comme le fout tous les ébénistes. Le féminin a en effet prévalu.

— HlST. xm* s. Gis arbres a à nom bonus, Jà un seul point n'en ardra fus [feu], Flor. et Blanche/l. y. 6(5. Nuls tabletier ne puet mètre avec buis nule autre manière de fust qui ne soit plus chier que buis, c'est à savoir, cadre, beuus, bresil et ciprès, lie. desuiél. (73. {| xvi's. Non toute terre porte tout; indie seule porte le noirebene, hab. Pa'it.iv, t>4.

— ÉTYM. Provenç. eba, s. f. ; catal. espagn. et ital. ebano; du latin ebenus, du grec lët^o^ ; du sémitique : hébreu , hobnim,

ÉBÊN'Ë, ËE (é-bé-né, née), part, passé. Du bois ébéné'.

ËBËNER (é-béné. La syllabe bé prend uu accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'ébène, excepté au futur et au conditionnel : j'ébènerai, j'ébénerais), v. a. Uouner & du bois la couleur de l'ébène.

— ÉTYM. Ébène.

ËBÉMEK (é-bé-nié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des é-bé-nié-z-élt^gauts) , s. m. Arbre des Iudes,qui fournit l'ébène [diospyrus ebenum). || Faux ébénier, arbrisseau d'agrément, nom vulgaire du cytise laburnum. \\ Ébénier de montagne, la bauhinie acuminée (légumineuses). || Ébénier d'Orient, l'acacie Jetbecfc (légumineuses), dite encore acacia du Malabar ou bois noir du Malabar ; c'est la mimose lebbeck de Linné, legoarant, {| Ébénier épineux, un palmier du Brésil, nommé daiu le pays ayri ou bairi, lecoarant.

— ÉTYM. Ébène.

tËBÉ.MN, INË (é-bé-nin, ni-n'), adj. Terme didactique. Qui est d'ébène, couleur d'ébène.

— UiST. xvt* s. I^ col grosset, courte l'oreille, Et,

dessous un nez ebenin. Un petit mufle lyonin [il s'agit d'un chien], du bellay, vu, »9, verso.

— ÉTYM. Ébène.

ÉBÉNISTE (é-bé-ni-sf) , I. m. Menuisier qui travaille l'ébène et les autres bois et fait des meubles,

— ÉTYM. Ébène.

ÉBËNISTERIE (é-bô-ni-ste-rie), s. f. L'art de lébéniste, et aussi les ouvrages que fait l'ébéniste.

— REM. Ce mot est mal formé, puisqu'il suppose ébénistii'r; il ilovait être ébénislie.

— ÊTYM. Ébinistie.

t ÉBERGEMEN'r (ébèr-je-maii) , ». m. Opération qui consiste à raviver les talus des berges, lorsqu'on cure les cours d'eau.

— ÉTYM, É pour es.... préfixe, et berge. tÉBERGUER (é-bèr-giié), V. a. Terme de pèche.

Éberguer le poisson, prendre les morues vivantes, ouvrir le ventre et en extraire les entrailles, leur arracher les yeux, couper la queue, puis pratiquer une incision annulaire au-dessous des ouïes en enlevant la peau du dos et les nageoires supérieures. Les morues éberguées sont attachées à des lignes et traînées dans l'eau à la remorque du bateau de pèche. De l'aveu de tous, un procédé si simple ajoute singulièrement à la saveur du poisson, qu'on met en soupe.

— ÉTYM. La ville de Bergen, où cette préparation paraît invariablement appliquée.

j ÉBEKNER (é-bèr-né), v. a. Essuyer les excréments d'un enfant. Les Français sont comme les enfants qui braillent lorsqu'on les éberne, beao- MARcn. , dans le Dict. de poitevin.

— ÉTYM. 'Voy. ÉBRENER.

t ÉBERN'EUR (é-bèr-neur), s. m. Celui qui essuie les excréments d'un enfant au maillot. Laissez-le devenir historiographe, instituteur, correcteur, éberneur des enfants de France et tout ce qu'il voudra, VOLT. Leit. à d'Alemberl, dans laveaux.

— ÉTYM. Dit par métathèse pour ébreneur, d'ébrener; mais ces métalhèses sont des barbarismes.

t ÊBERTACDER (é-bèr-tô-dé) , v. o. Terme de manufacture. Tondre uu drap, une étoffe de laine en première coupe.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et bertauder.

t ÊBÊTIR (é-bê-tir) , v. a. Rendre bête. Quand ils l'eurent ébêti, volt. dansLAVEACi.

— REM. On dit plus souvent et beaucoup mieux abêtir. Ébêlir est fait en dépit de l'analogie.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et béte.

t ÉBEURRER (é-beu-ré) , v. a. ôter le beurre du lait.

— HlST. XIV* s. Un sextier de bon lait non esburré, Ménagier, ii, 4. || xvi's. Tant meilleur, tant plus délicat, et tant plus pesant se treuvera lefourmage, que moins aura esté esbeurré : d'autant qu'avec la beurre s'en va la fleur et la graisse du lait, o. de

— ÉTYM. É poureî.... préfixe, et beurre. fÉBEYLlÈRES (é-bè-liê-r'), s.f.pl. Ouvertures

ménagées pour l'écoulement des eaux.

t ËBIBER (é-bi-bé), t). a. Faire disparaître un liquide par une action opposée à l'imbibition.

— HlST. XVI* s. On peut donner quelques poudres, tablettes ou optâtes, pour ebiber, absorber et consommer les humidités superflues du ventricule,

PAKE, XX bis, 14.

— ÉTYM. Lat. ebibere, de e, hors, etbtbere, boire

(voy. BOIBE).

■]• ÉBIONITE (é-bi-o-ni-f) , s. m. Hérétique qui croyait que le Christ était un homme né naturellement de Joseph et de Marie, et que l'observation de la loi de Moïse était obligatoire.

— ÉTYM. Ébion, hérésiarque vers l'an 70 de l'ère chrétienne. Selon Renan, Vie de Jésus, liv, i, ch. (( . de l'hébreu ébion, pauvre, saint, ami de Dieu.

f ËBISËLEMEK'I (é-bi-zè-le-mau) , s. m. Action d'ébiseler.

\ ÉBISELER (é-bi-ze-lé. La syllabe sel double l'i quand la syllabe qui suit est muette : j'ébiselle), ». a. Donner une forme conique à un trou. Ebiseler uue planche, la couper en dessous en inchnant.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et biseau.

t ÉBISELCRE (é-bi-ze-lu-r') , *. f. Résultat de l'action d'ébiseler.

■f ËBLIS (é-blis') , *. m. Nom do l'ange destructeur des djinns, dont il est parlé dans le Coran, et qui fut précipité lui-même aux enfers, par suite de sa révolte contre Dieu.

— ÉTYM. Arabe, ablis, désespéré, diable. ÉBLOUI, lE (é-blou-i, ie) , part, passé. Dont l'œil

a perdu momentanément la faculté de voir par un trop grand éclat de lumière. Ébloui par tes éclairs. Ou voyait dans la vaste campagne briller au soleil

les casques, les cuirasses et les boucliers des ennemis; les yeux en étaient éblouis, FÏN. Tél. X. || Fig. Souvent tout ébloui d'une vaine étincelle.... corn. Imit. II, 6. Kt du peuple ébloui maîtrisant les sufl'rages, VOLT. Tancr.i, t. || Devenu fier, orgueilleux. Ébloui de sa naissance, de sa fortune.

ËBLOUin (é-blou-ir) , ». o. || 1* Frapper les yeux par un éclat qu'ils ne peuvent soutenir. Le soleil m'tbloiiiss:iit. M"S yeux sont éblouis du jour que je revoi, l'.AC. Pliid. i. 3. 112" Fig. Produire sur les yeux lie l'esprit le même elletqu'une lumière trop vive sur les yeux du cor()S. Mais n'espère non plus in'éulouirde parjures, corn. Ct'nn. iv, 6.11s ont été éblouis do cette somme, sÉv. 384. De quelque côté que je suive les traces de sa glorieuse origine, je ne découvre que des rois, et partout je suis ébloui de l'éclat des plus augustes couronnes, boss. Duch. d'Orl. Tout éclairée qu'elle était, elle n'a point présumé de ses connaissances, et jamais ses lumières ne l'ont éblouie, m. ib. Cette nouveauté éblouit les yeux du peuple, id. Uist. u, 6. Sans se laisser éblouir par le bonheur des événements , ID. ib. III , 6. L'admirable Julie ne se laissa point éblouir à l'éclat des dignités du siècle, flich. Mme de Uont. Ce jour, ce triste jour frappe encor ma mémoire, Où Néron fut lui-même ébloui de sa gloire, HAC. Brit. i, 1. Mes promesses aux uns éblouirent les yeux , in. ib. iv , 2. Inventez des raisons qui puissent l'éblouir, id. Baj. n, 6. Veulent-ils m'éblouir par une feinte vaine? in. Pltèd. V, 4. Tantôt m'éblouissant de tes riches trésors, ID. Athal. V, 6. Il croyait m'éblouir par ses promesses, Fin. Tél. II. Fortune dont la main couronne Les forfaits les plus inouïs. Du faux éclat qui t'eavironue. Serons-nous toujours éblouis? j. u. rouss. Ode à la fortune. \\ Absolument. Le monde n'éblouit jamais tant que quand on le voit de loin sans l'avoir jamais vu de près et sans être prévenu contre sa séduction, réa. Éduc. filles, p. 274, dans pouuens. Promets, donne, conjure, intimide, éblouis, volt. Uérope, I, 4. Il 3" S'éblouir, ». réfl. Se laisser fasciner, étourdir, enorgueillir. Je n'ose m'éblouir d'un peu de nom fameux, corn. Sertur. ii, 2. Je ne m'éblouis point de cette illusion, id. ib. m, 2. Moi, je m'éblouis moins de la splendeur du rang . ID. Agés. I, 4. U se possède assez pour ne pas s'éblouir de son bonheur, hamilt. Gramm. <(. Je l'ai vu s'éblouir, je l'ai vu s'ébranler, volt. Brut, m, 2.

— REM. 1. Bossuet a dit se laisser éblouir par des sons : Ne nous laissons pas éblouir par un son confus de paroles, m. Écrit. Voy. à l'historique un emploi semblable dans les phrases d'Amyot.

Il 2. Éblouir, mot si ancien dansla langue et si usité dans tous les temps, manque, chose singulière, dans la 1" édition du Dictionnaire de l'Académie.

— HlST. xm* s. Nient plus qu'on puet el solel esgarder, Pour chèque trop en esbioïst lirais, matzner, p. 2(. Il sont tôt esbloï aussi comme li ors [l'ours], RUTEB. 233. Il xiv s. Tant fu surprise, au cuer, d'amour qui la maistrie; Laveûe lui trouble, si fu toute esbleuie; Quant descendre cuida, à tene chiet [tombe] flastrie, Baud.deSeb. n, »(o. || xvs. Car quant vostre beauté luira Sur moi, si fort esbloira Mes yeux, que je ne verrai goutte, eu. d'oul. Bal. 50. Je voy faucon quant il gette sa crue. Et lanneret, que pluseurs sont si mos [mous]. Qu'il faillent bien; car le temps les esbloe, e. descu. Poésies mss. f" 229, dansLACURNE, au mot lanneret. |j xvi's. Qui a vu un clair soleil tout à coup estre esbloui et obscurci d'une espaisse nuée, yver, p. 630. Laquelle tempeste donnoit aux barbares par devant, leur battant les visages, et leur esblouissant les yeux, AHVOT, Tim. 38. U lui vint une taie sur les yeux qui lui esblouit la veue, id. ib. 49. Il trouva Antonius preschant les soudars, et eulx tous esblouis et attendris par la douceur de son éloquence, lu. Mar. 8(. Le peuple se prit à crier si fort, qu'un corbeau, volant k l'instant par dessus, s'en esblouit et tomba emmy la presse du peuple, id. Fomp. 39. Un langage élégant et brave esblouit les oreilles de l'escoutaut, qu'il ne puisse sainement juger de ce qu'il signifie, ID. Comment il faut ouir,((.

— ÉTYM. £*.... préfixe, et un radical quiestaussi dans le provençal, etn-blauiir, étonner, d'origine incertaine. On a proposé bleu : faire bleu devant les yeux; il est certain qu'au quatorzième siècle on a dit esbleuir. Mais Diez objecte que bleu, de l'allemand fcïau, n'aurait pas pris un i en provençal pour éviter un hiatus (et, eu effet, blaveuc, blaveia, eto. dérivés de biau, et non pasfc/uuxenc.bJuuîeia, etc.). Il se range donc de l'avis de Grandgagnage, qui iudicjue l'ancien haut-allemand blôdi, interdit, incertain. U faut noter.esbJoer.qui indique plutôt bZtuqua

ÉBO

ÉBO

ÉBO

fallemand U6di. Y aurait-U deux thème» qui se seraient conronitus dans le français eibloir, l'un français, l'autre provençal; l'un esbleuir, esbloer , l'autre em/)J<iu5tr.'

Éni.OlIISSANT, ANTE (é-blou-i-san, san-t'). adj. Dont l'i^clat éblouit. Des éclairs éblouissants. || Par extension. Une toilette éblouissante. Cette éblouissante beauté. La vive rougeur de Mme de Maintenon rendait, dans cet Instant, sa fiRure éblouissanle, genms, Mme de Uainlenon, t. ii, p. 20, d:ins pouoKNS. Klle aimait trop le bal; c'est ce qui l'a tuée , I.e bal éblouissant , le bal délicieux , V. HUGO, Orient. 33. |{ Fig. Le titre éblouissant de général d'arrcée, corn. Fulch. ii, t. De tant de vanités l'éblouissante image, cobn. Imit. ii, 7. Il y a dans quebjues femmes un esprit éblouissant qui impose, LA bbuï. m. Cetargumeiit.très-ébloulssanl, dansle fond n'est qu'un sophisme, volt. Uélaph. 7.

lÎBLOriSSEMENT ( é-blou-i -se -man), t. m. Il 1° Trouble de la vue causé par une éclatante lumitre. C'est une lumifcre et comme un éblouissement qui les gène, mass. àv. Épiph. || Eblouissement solaire, étalde la vue quand, sortantdu grand jour où nous voyions très-bien, nous descendons dans une cave et y sommes d'abord aveuglés. || Troubla de la vue causé par quelque incommodité, telle qu'une congestion cérébrale. Il m'a pris tout à coup des éblouissements, trist. M. de Chrispe, m, 4. 118° Kig. La grande estime que nous avons pour quelques prédicateurs peut venir de notre éblouissement et de notre illusion, balzac, dans richei-et. Quoiqu'il ne soit pas certain que le cœur ait part à tous les éblouissements de l'esprit, nicolle. Essais, t. viii, 2* partie, p. 77, lettre xi, dans pougens. Uescanes ne parle pas de l'eflroi qui provient d'un éblouissement de notre esprit au sujet d'un objet épouvantable, DERN. DE sT.-p. llarm. y.

HIST. XVI" s. Il lui prenoit un esLIouissement

d'yeulx, et un tournoyementde teste, soudain qu'il entendoit le son des trompettes, amyot, Àrat. 36.

— ÉTYM. Éblouir.

t ÉttORGNAGE, «. m. Terme de jardinage. Action d'éborgner.

— ËTYM. Éborgner.

CBOIIGNÉ, fiE (é-bor-gné, gnée),part. passé.Qm a perdu un œil. Un homme éborgné. Qu'une jambe de bois te siérait assez bien, Et qu'après nos guerres finies Tu viendrais avec grâce encore aux Tuileries, Eborgné, clopinant, nous servir d'entretien, chau- LIEU, au chevalier de Bouillon, 4704.

t ÉnO«GNEMENT(é-bor-gneman), i.m. Action d'éborgner; état de celui qui est éborgné.

— HIST xvi' s. Ce nom d'esclaire, en latin chelidonium, est donné à ceste herbe, à cause que d'icello les arondelles guérissent leurs petits de l'esborgnement, selon la commune créance, o. deserres, etb.

— ÊTVM. Éborgner.

ÉBOUGNER (é-bor-gné) , e. o. || !• Rendre borgne. Il fut éborgné d'un coup de fleuret. Qui casse le museau, qui son rival éborgné, régn. Sat. x. Ulysse éborgna Polyphème, d'ablukc. Apophthegme, dans HiCHELET. La petite vérole avait éborgné Phelipeaux, mais la fortune l'avait aveuglé, st-sim. SH, 62, Il Par exagération, éborgner quelqu'un, lui faire grand mal à l'œil. Parbleu 1 d'un coup de poing ilfautque je t'éborgne, hauteroche, Appar. tromp. m, 0. Il i' Par extension. Éborgner une maison, ôter le jour à une maison par quelque b&timent qu'on fait devant. || Terme de jardinage. Supprimer, à la taille des arbres fruitiers, les yeux inutiles qu'on ébourgeonnerait plus tard. Eborgner une brindille, en 6ter l'œil terminal. || Fig. Diminuer, rabaisser. Vous qui.... vos amis épargnez Et de mauvais discours leur vertu n'éborgnez, régn. Sat. vu. || 3° S'éborgner, v. rèfl. Se crever un œil ou, par exagération, se faire grand mal à l'œil. Le malicieux comédien, qui était homme à s'éborgner pour faire perdre un œil à un autre, tira le pauvre marchand par le bras, scahr. /(om. co>n. i, «. || S'éborgner, se

crever un œil l'un à l'autre allons, messieurs,

êles-vous fous? On n'y voit pas; ils vont s'éborgner, par saint George 1 v. huoo, llarion Vclorme, u, 3.

— UIST. XVI* s. Le cyclope eborgné, D'Achille le bouclier, Circe au chef bien peigné, rons. Épisodes de l'Iliade, 924.

— ÉTYM. iîpour es.... préfixe, et borgtie; picard, ébornifler.

+ ÉBOTTER (é-bo-té), e. o. Couper la tête d'un clou, d'une épingle. || Couper les grosses branches d'un arbre.

— ÉTYM. É pour «.... préfixe , et bot ou bout.

t ÉBOUFFEK (S") (é-bou-fé) , v. réfl. S'ébouffer de nre, pouffer de rire. Ne manquez pas de le dire,

Dit Momes'élmurrant de rire, kasr. Typhon, chant II, dans LEROUX, Dict. eom.

— HIST. xiii* S. X tant s'en va, si le< esbuffe Par sa malice et par sa bufTe, Fabliaux mss. n° 7iu, f* 238, dans LACtiRNK. || xiv*s Lequel frapa tellement le pot sur la table, qu'il fui rompu, dont la servoise [bierre] qui dedans estoit vola et eiboulTa sur le suppliant , nu camge, buffare.

— ETYM. É pour M.... préfixe, et bouffer oapouffer, qui sont un.

t ÉBOUILLANTER (é-bou-llan-té, ii mouillées), V. a. Tremper les cocons dans l'eau trauillante, pour tuer les chrysalides.

— Rtym. É pour es.... préfixe, et bouillant. ÉBOUILLI, lE (é-bou-lli, Ilie, Il mouillées, et non

é-bou-yi) , part, passé. Sauce trop ébouillie.

ÉIIOUILLIR (é-bou-llir, U mouillées, et non é-bouyir) ,1). n. Il se conjugue comme bouillir. Se consumer, diminuer à force de bouillir. Ne laissez point tant ébouiUir le pot. || Il se conjugue avec l'auxiliaire être. Le pot sera bientôt ébouilli, si vous ne diminuez pas le fou.

— IIIST. xiv s. Et dit Homerus que Hetor mons- Iroit la forte et aspre vertu de lui par chascune de ses deux narines, par lesquelles l'en voit le sang esboulir, obesme, Eth. 86. Entre le roy d'Angleterre et le roy de France Philippe se esbouli et esmu descort, Chr. fr. mss. deNangit, sous l'an 4489, dans

LACUHNE.

— ÉTYM. Provenç. esbulir; ital. ebollire; du latin ebullire.de e,ex, et buVire, bouillir (voy. bouillir).

t ÉBOULAGE (é-bou-la-j'), s. m. Défaut d'une étolTe, dit aussi clairière, qui provient d'une trame mal bobinée.

ÉBOULÉ, ËE (é-bou-Ié, lée), part, passé. Qui s'est renversé en roulant. Une muraille éboulée.

ÉBOULEMENT (é-bou-le-man),». m. ||1' Chute de ce qui s'éboule. L'éboulement d'un tertre. L'éboulemcnt d'une muraille. C'était un sentier déjà fort roide par lui-même, et qui, l'étant encore devenu davantage par un nouvel éboulement des terres, montrait un abîme qui avait plus de mille pieds de profondeur, roll. Hist. ane. CEuvres, t. i, p. 396, dans POUGENS. || 2* État d'une chose éboulée; amas de choses éboulées.

— ÉTYM. Ébouler.

ÉBOULER (é-bou-I6). Il 1" F. O. Renverser en faisant rouler. Le blaireau se défend en reculant, éboule de la terre, afin d'arrêter ou d'enterrer les chiens, bufp. Blaireau. || 4" F. n. Se renverser en roulant. Au moment où nous y mettions le pied, le sable a éboulé. Ce monticule est éboulé depuis hier. Il On emploie l'auxiliaire avoir pour marquer l'action ; l'auxiliaire être pour marquer l'état. || 3* S'ébouler, V. réfl. Être renversé et rouler. Le terrain s'était rendu ferme et ne s'éboulait point, vaugel. Q. C. liv. IV, ch. 6, dans riciielet. Ses oreillers s'éboulèrent, pagon, Journ. de la santé du roi , 4707, p. 34 2. Il Fig. Ou la fortune s'éboule, ou elle se refait, RAYN. Hist. phil. IV, 4.

— SYN. s'ébouler, s'écrouler. Étymologiquement, s'ébouler c'est tomber comme une boule; s'écrouler c'est être renversé par des ébranlements (voy. crouler). Dès lors, au propre, ces deux mots seront synonymes quand l'idée de rouler ne fera rien à l'alTaire ; mais quand celle idée ne pourra être écartée, s'ébouler sera le mot propre et non s'écrouler : ainsi un tas de sable s'éboule, il ne s'écroule pas. Au figuré, c'est s'écrouler qui s'emploie de préférence : on dit qu'un empire s'écroule et non qu'il s'éboule. On n'approuvera donc pas ces vers : Ne vous troublez donc pas d'un mot nouveau qui tonne, D'un empire éboulé, d'un siècle qui s'en va, lamart. llarm. iv, 43.

— HIST. XIII* s. Mais les ondes forment s'esboulent. Oui la nefdehurtent et foulent. Roi Guillaume, p. 430, dans DU cANOE, gloss. fr. Toutes amendes qui sont por empiremens de quemins, si comme por esboulerquemins, bbaum. ixv, 40. ||xvi* s. Ils arrachoient les paulx [pieux] et esbouloient la levée de la closture du camp pour lui donner entrée, AMYOT, Anton. 22. Tout alentour de sa sépulture le rivage s'esboula, lo. ib. 94.

— ÊTYM. Es.... préfixe, et boule: rouler, tomber comme une boule ; bourguig. éboH, v. a. : Aif éboli muraille et ter, il éboula muraille et tour.

+ ÊBOULEUX, EUSE (é-bou-leiJ, leù-z'), adj. Sujet à éboulement. Dans les terrains él)ouloux on plante des arbres à longues racines, comme les acacias; on retient ainsi fortement les terres, Frets» tcientifique, Itn, t. ni, p. 230.

— ÉTYM. Ébouler.

ÉBOULIS (é-bou-li), t, m. Amas de matières

éboulées. || Terme de géologie. DépAt moderne formant un talus, un amas.

— ÉTYM. Ébouler.

t ÉBOUQUETER (é-bou-ke-té. Le f a« double quand la syllabe qui suit est muette : j'ébouquctie , j'ébouquetterai), «. a. Terme de jardinage. Couper le bout du bourgeon & feuilles, afin de fortifier le fruit.

— ÉTYM. K poiir«.... préfixe, et bnuquet.

t ÉBOUQUi:UR,EUSE(è-bou-keur,keù-z'),(.M.

et f. Voy, éplNCPTTEUR.

t ÉBOUQUI.NER (é-bou-kl-né), v. a. Terme de chasse. Détruire ou prendre les bouquins (lièvres milles, lapins mâles) qui sont de trop dans les lieux réservésaux chasses. Éix>uquiner un buis, un parc.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et bouquin.

t ÉnOUItGEO.NNAGE(é-bour-jo-na-j'), s. m. Action d'ébourgeonner.

— HIST. XXI» s. Esbourjonnage, cotcravk.

— ÉTYM. Ébnurgenuner.

ÉBOURGEONNÉ, ÉE (é-bour-jo-né, née), part.

pnssi'. Dont on a 6té les bourgeons. Les vignes éuut ébourgeonriées.

t ÉROUHGEON.NEAU (é-bour-jo-n«), $. m. Synonyme (l'élmurgeonneur.

ÉB(JUKGEO.NNE.MENT (é-bour-jo-ne-man). ». m. Terme de jardinage. Opération qui consiste à retrancher une partie des bourgeons, pendant la période de végétation, k l'effet de régler la pousse de l'arbre et de déterminer la position des branches, de faire reporter sur les bourgeons réservés ou sur les fruits la sève en circulation, ou enfin de donner aux fruits, lorsque les arbres en sont chargés, plus d'air et de lumière.

— HIST. XVI» s. Esbourgeonnement, cotoravb.

— ÉTYM. Éhourgeonner.

ÉBOURGEO.fNER (é-bour-jo-né), v. a. Terme de

jardinage. Pratiquer l'ébourgeonnement. || Absolument. On ébourgeonne au printemps.

— HIST. XV» s. i.es vignes sont continuellement fouyes, et les esbourjonne l'en, l'roufjicls champ, et ruraux, vu, 6. ||xvi»s. Esbourgeouiier, c'est k dire oster les rejets superflus, o. de serres, i7u.

— ÉTYM. 1^ pour es.... préfixe, et bourgeon.

t ÉBOURGEONNECR (é-bour-jo-neur) ,s. m. Celui qui coupe les bourgeons, en parlant de certains insectes et oiseaux. || On dit aussi ébourgeonncau.

— HIST. XVI» s. Esbourgeonneur, cotorave.

— ÉTYM. ^ftourj7fonn«r.

jÉBOUBGEOXNOIR (é-bour-jo-noir),i. m. Terme

d'agriculture. Instrument servant à couper les bourgeons et les rameaux que la main ne peut atteindre.

— ÉTYM. Éhourgeonner.

t ÉBOURIFFANT, ANTE (é-bou-ri-fant, fan-t'), adj. Néologisme du langage comique. Qui ébouriffe, qui surprend extrêmement. Succès ébourifl'ant. Kxpre.ssion ébouriffante.

ÉROUniKFfi, KE (é-bou-ri-fé, fée), adj. Terme familier. || 1» Dont la coiffure est en désordre. Cette femme est (oui ébourifl'ée. || On dit de même cheveux ébouriffés. || a» Fig. Agité, troublé. Il est tout ébouriflé. J'ai fait sur cette pièce un commentaire qui est extrêmement profond et merveilleux; M. Joli de Henri pourrait en être tout ébouriffé, volt. Lett. d'Argental, 7 aoilt 4782. Mon pauvre Damilaville est tout ébouriffé delà crainte de.... ID. Lett. d'Argental, 4 janv. 4767.

— REM. L'Académie ne connaît ébouriffé que comme adjectif; elle n'a pas le verbe ébouriffer.

t ÉBOURIFFER (é-bou-ri-fé),». «.Terme familier. Mettre la coiffure en désordre. S'ébouriffer les cheveux. Il Fig. Surprendre extrêmement, rendre tout interdit. Il S'ébouriffer, t>. r^/l. Ébourifi'er ses cheveux; au fig. s'étonner.

— ÉTYM. Ce semble un dérivé irrégulier et plaisant de bourre : mettre les cheveux en désordre comme de la bourre. Scbeler est plus disposé k le rattacher à bourrasque.

t ÉBOURRER (é-bouré), v. a. Terme de corroyeur. Ôter la liourre des peaux.

— HIST. XVI» s. Le grain de l'espeautre esbourré et despouillé de ses pellicules, o. de serres, 407. Voy le tendre bourgeon qui s'enfle et qui découvre, S'esbourant'peu k peu, une gemme qui s'ouvre, REur BBLLEAU, Berger. I. i, p. 4, dans ijkcuBNE. Usancealbanoise est d'escarmoucher, et esbourer la mesiée, et puisse retirerkquartier,aprèsavoirdonnè l'alarme, uerlin cocAii, t. n, p. 239, dansLACURNi. Fremillent en leur camp, comme on voit les fourmis briller [driUer] quand on csbourre leur fourmiliiere, Vray et parf. amour, f* 3i4, dans lacurrk.

— ÉTYM. Es.... piéfixe, et 6ourr«.

ÉBOUSINÉ, ÉE (é-bou-zi-oé, née), pari. yu$t.

Pierres ébousinées.

ÉBR

ÊBR

ÉBR

ÉBOUStlirER (é-bou-zi-né) , v. a. Terme de maçonnerie. Ëbousinerune pierre, la dépouiller, avec la pointe du marteau, des parties tendres qui eu font l'extérieur, et pénétrer jusqu'au vif.

— ÊTYM. E pour es.... préfixe, et bousin. tÉBODTAGE (ébou-ta-j'), s. m. Terme de point

d'Alençon (dentelle réseau). Action d'ébouler les fils restés sur la dentelle.

■fÉBOUTER (é-bou-té), v. a. || 1° Couper le bout de.... Êbouter une pièce lie bois. || 2- Terme de point d'Alençon. Couper, éplucher et enlever les fils adhérents au parchemin et & la dentelle , dans la dentelle réseau.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et bout.

t ÉBOUTEUSE (é-lH)u-teù-z') , s. f. Terme de point d'Alençon (dentelle réseau). Celle qui éboute.

t ÉBOUTURER (é-bou-tu-ré), i). o. Terme d'horticulture. Enlever les boutures.

— ËTYM. É pour es.... préfixe, et boutvre.

+ ÉBRACTÉOI.É, ÉE (ù-bra-kté-o-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est dépourvu de bractéoles.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et bractéole.

t ÉBRAISOIU (é-brê-zoir), s. m. Pelle pour tirer la braise d'un fourneau.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et braise. fÉBRANCHAGE (é-bran-cha-j'), s. m. Synonyme

d'ébranchement.

EBRANCaË, ÉE (é-bran-ché, chée), part, passif. Dont on a coupé les branches. Des ormeaux ébranchés.

ÊBRANCHEMENT (é-bran-che-man) , s. m. Action de couper ou de casser les branches d'un arbre; résultat de cette action. Le cahier des charf,'es oblige les adjudicataires des coupes à ébranclier les sapins avant de les abattre... l'ébranchement est au moins inutile pour les arbres qui doivent tomber sur les endroits trop peuplés, ou sur les clairières, ou sur les chemins de vidange, dralet. Traité des forêts d'arbres résineux, Toulouse, (820, p. 193. || Terme de jardinage. Action de couper les branches d'un arbre pour le faire croître en hauteur, lui donner une forme particulière, en diriger la pousse ou la débarrasser de branches excédantes.

— HIST. XIII' s. Il fu jugié que, si tost comme li «ousemens fu fes [fait] de fausseté, ce fu action personeleet esbrancemens de laquerele, qui devant estoit réelle, beadm. vi, 34. || xvi's. Nouveaux arbres, ou renouvelles paresbranchemens, o. de serr. 666.

— ÉTYM. Ébranclier.

ÉBRANCHER (é-bran-ché), v. a. Couper ou casser une partie des branches d'un arbre ou la totalité. Un jour dans son jardin il vit notre écolier Oui , grimpant sans égard sur un arbre fruitier, G&tait jusqu'aux boutons, douce et frêle espérance; Même il ébranchait l'arbre.... la font. Fabl. ix, 5. Ulysse abattit vingt arbres en tout, les ébraiicha avec sa hache, les polit et les dressa, fén. t. xxi, p. 338. Arbres... courbés sous les tempêtes, Mais dont la foudre seule ose ébrancher les tètes, LAMART. /oc. 11,70. Il Terme de jardinage. Pratiquer l'ébranchement. il Fig.Les uns dans leurs greniers, fondant des républiques. Les autres ébranchant les verges monarchiques, VOLT. Pégase. Le despote arrache l'arbre, le sage monarque l'ébranche, id. llœurs, 64. L'Académie, moins hardie que nos grands écrivains, ou, si l'on veut, plus timide en masse que dans chacun de ses membres, n'avait-elle pas trop restreint les richesses de notre langue, trop ébranché le vieux chêne gaulois? villbmai.n, Dict. de VAcad. Préface.

— HIST. xiii's. Cil fies biens] qui sunt tenu en fief poent [peuvent] en tele manière estre estiangié ou esbranquié, qu'il sunt forfait au sigiieur, bf.aum. li, (9. Il xiv s. Esbranchier k la main les fueiUes d'enlour et non le milieu [de la bette], ilénagier, ii, 2. Il XVI* s. Peu de saules se sauvent qu'on esbranche en sève, o. de serres, sic.

— ÉTYM. Es.... préfixe, et branche; picard, ébranfcer/nrovenç. esbrancar.

t EBRANCHOIR (é-bran-choir) , ». m. Terme de jardinage. Serpe qu'on manie au bout d'une perche.

—ÉTYM. Èbrancher.

ÉBRANLÉ, ÉE (é-bran-lé, lée), part, passé. \\ i' X qui ou à quoi un mouvement d'oscillation a été communiqué. Les maisons ébranlées par les secousses du tremblement de terre. Le Taygète et les autres monts furent ébranlés jusque dans leurs fondements; plusieurs de leurs sommets, détachés de leur place, s'écroulèrent, rollin, Litt. anc. Œuvres, t. m, p. 884. Il a* Fig. Un trône ébranlé. Rassurez vos États par sa chute ébranlés, rac. Alex, iv, 2. Et des Césars un jour la puissance ébranlée, volt. Guèbr

I, 4. Il Une santé ébranlée par les peines morales. Il Nerfs ébranlés, état nerveux dû à des souffrances physiques ou à des émotions inorales. || 3° Ému, séduit, touché. Ébranlé dans sa résolution par les raisons qu'on lui donna. Son esprit ébranlé par les objets présents, coim. Uor. i, <. Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées, ID. Cinna, iv, 4. Quand on est loin, la raison n'est pas si ébranlée; mais elle l'est étrangement en la présence de l'objet, PASC. Vise, sur l'amour.

ÉBRANLEIUENT (é-bran-le-man) , s. m. || !• État de ce qui est ébranlé. L'ébranlement des vitres par les commotions du tonnerre. Les sons excitent des ébranlements sensibles au tact, J. J. rouss. Ém. ii. Il Les petits ébranlements, ébranlements de tremblement de terre, où l'aire de la surface mise en mouvement n'excède pas un carré de cent kilomètres de côté. Il 2° Fig. L'ébranlement des fortunes, du crédit, des empires, des Etats. J'avoue que la transformation totale du gouvernement, par rapport aux finances, cause un ébranlement actuel qui blesse un certain nombre de gens, Lett. sur le nouveau syst. de finances, dans desfontaines. || L'ébranlement de sa santé date de la perte de sa fille. L'ébranlement des nerfs. || 3° Émotion. Si près de voir sur soi tomber de tels orages, L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages, corn. Hor. i, <. Craignons ces grands ébranlements de l'âme qui préparent l'ennui et le dégoût, FÉN.£duc. filles, ch. 5.

— HIST. xvi' s. J'ai ditenmonesbranlement : Je suis rejette du regard de tes yeux. — David confessa qu'il a esté sujet à beaucoup d'esbranlemens, calv. Inst. 434. Souventes fois advient une commotion ouesbranlement au cerveau, paré, viii, 4. En ceste bataille, laquelle eut plusieurs esbranlements en l'une et l'autre partie, auyot. Cor. 4.

— ÉTYM. Ébranler.

ÉBRANLER (é-bran-lé), v. a. || 1* Faire branler, mettre en branle, communiquer un mouvement d'oscillation. Ébranler une cloche. Les détonations du canon ébranlaient les airs. Devant qu'il soit deux an.s, Jeveux que l'on me voie avec des airs fendants. Dans un char magnifique, allant à la campagne, Ébranler les pavés sous six chevaux d'Espagne, REGNARD, Ménechmes , iv, 2. Il loge sa mollesse en un riche palais, El, derrière un char d'or promenant trois valets. Sous six chevaux pareils ébranle au loin la rue, gilb. à' VIH' siècle. \\ Faire chanceler. Lo torrent ébranle les rochers. Le canon de l'assiégeant avait él)ranlé la muraille. Il ébranla en peu de temps une partie du mur avec les machines, d'ablancouht, Arr. liv. i, dans hicbelet. Sur ses antiques fondements, Venait-il ébranler la terre? bac. Athal. i, 4. Le sacristain, bouillant de zèle et de courage. Le prend [un Ouinault], se cache, approche, et, droit entre les yeux, Frappe du noble écrit l'athlète audacieux; Mais c'est pour l'ébranler une faible tempête; Le livre sans vigueur mollit contre sa tête, boil. Lutrin, y. || Communiquer un mouvement. Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine, boil. tulrtn, v. Et d'un bras, à ces mots, qui peut tout ébranler, Lui-même se courbant, s'apprête à le rouler [le lutrin], ID. ib. III. Il 2° Terme de manège. Ébranler son cheval au galop, le faire passer du pas, du trot ou dequelque autre allure, àcelledu galop. || 3» Mettre en désordre. Le feu d'une batterie formidable ébranla la première ligne de l'ennemi. L'api>aritiou des gendarmes ébranla la foule ameutée. || 4"" Kig. Faire chanceler. La ligue ébranla le trône des Valois. Le manque d'héritiers ébranlait sa province, CORN. Œdipe, v, 4. Et ma tête abattue ébranlerait la vôtre, id. Serlor.iv, 3. Mais, si tu les soutiens, qui peut les ébranler? rac. Ath. m, 7. Des scandales qui peuvent ébranler leur foi, mass. Car. Rcsp.hum. Et si de vos flatteurs la funeste malice Jamais dans votre cœur ébranlait la justice, volt. Brut, m, 6. Au midi, les séditions, l'ignorance et l'indiscipline, tous les genres de corruption qui dégradent un peuple, ébranlaient depuis un siècle l'empire Ottoman, raynal, llist. phil. v, 23. Il Faire branler, rendre peu ferme, rendre incertain. Il ébranla ma résolution. La frayeur de la mort ébranle le plus ferme, Théophile, Poésies, dans richelet. Jaloux des bons desseinsqu'il tâched'ébranler,cOHN.Poiyeuc(c, i, i. Et reconnaissez-vous que tout ce qu'il m'a dit. Par quelque impression ébranle mon esprit? m. \icom. IV, 4. Raffermis ma vertu, qu'ébranlent tes soupirs, BoiL. Lutrin, ii. Et les dons achevant d'ébranler leur devoir, bac. Hajaz. i, 4. Un amour qu'il peut vouloir troubler, Mais que tout son pouvoir ne pourrait ébranler, id. Phèd. m, ». Les plus affreux périls ne sauraient m'ébranler, lamotte, In(s,iy, 2. Ses

menaces n'ont pu ébranler ma fidélité, lesage, Diabl. boit. ch. 6. || Modifier les convictions, les sentiments. Depuis qu'on commence à être ébranlé par la raison, pasc. dans cousm. Le peuple est ébranlé, ne perdons point de temps, corn. Iléracl, 1, 6. Si vous êtes ébranlés par l'autorité de M. Jurieu, Boss. Avert. 4. Mais le dessein est pris, rien

ne peut m'ébranler, rac. Mithrid. iv, 4 De ce

soupir, que faut-il que j'augure? Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure? Croirai-je qu'une nuitapu vous ébranler? ID. Iphig. i, 3. Les plus grandes merveilles, Sans ébranler ton cœur, frapperont tes oreilles? id. Athal. i, 4. Thémistocle eut ici besoin de toute son adresse et de toute son éloquence pour ébranler le peuple, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 227, dans pougens. Ainsi périt, à l'âge de trente-six ans et demi , Charles XII , roi de Suède, après avoir éprouvé ce que la prospérité a de plus grand et ce que l'adversité a de plus cruel, sans avoir été amolli par l'une ni ébranlé un moment par l'autre, volt. Charles III, 8. || Ébranler la gravité, faire presque rire. Madame la Dauphine ne put tenir plus longtemps les éclats de rire ; la majesté du roi en pensa être ébranlée, s6v. 502. Il Ébranler la santé, les nerfs, rendra la santé moins solide, les nerfs plus susceptibles. || 5* S'ébranler, V. réfl. Recevoir un mouvement d'oscillation, être mis en branle. Les cloches s'ébranlaient. La porte s'ébranla sous les coups répétés. |1 Se mettra en mouvement pour se porter en avant. Deux régiments s'ébranlèrent pour charger l'ennemi. Ella pâlit, s'ébranla pour aller à lui, uamilt. Gramm. 4 0. S'ébranlant tous ensemble, ils couraient de toutes leurs forces contre les barbares, boll. Hist. anc. Œuvres, t. iv, p. 46B. 11 fallut qu'un Italien, le colonel Delfanti, s'élançât le premier; alors les soldats s'ébranlèrent, et la foule suivit, séguk, Hist. de Nap. lï, 4 3. Il Se mettre en mouvement pour se retirer, s'enfuir. L'infanterie ne put soutenir un feu si vif sans s'ébranler. Les Suédois consternés s'ébranlèrent, et, le canon ennemi continuant à les écraser, la première ligne se replia sur la seconde, et la seconde s'enfuit, yohT. Charles XII, t. Il Kig. Il répondit, sans s'ébranler, que la bataille n'était pas encore perdue, puisqu'il n'avait pas encore combattu, Relation des campagnes de Rocroi, dans leroux, Dict. comiq. Et si ce cœur s'ébranle? cohn. Polyeucte, il, 8. Ne t'ébranle donc point dans les tentations. No t'inquiète point de leurs inquiétudes, id. /mt( ii,». Le sang à ces objets facile à s'ébranler, rac. Iplt. IV, 4. Les esprits s'ébranlaient, volt. Fanât ii, 2.

— HIST. XVI* s. Ces paroles esmeurent et esbranlerent la plus part de l'armée de Demetrius, amyot, Pyrr. 22. Les hommes d'armes commencèrent à se mettre au galop; le bataillon de gens de pied s'esbranla aussi après eux, id. Altx. 63. 11 est messeant de s'esbranler pour la menace du coup, mont. l, 49.

— ÉTY.M. Es.... préfixe, et branler.

ÉBRASÊ, ÉE (é-bra-zé, zée), port, passé. Una

porte ébrasée.

ÉBRASEMENT (é-bra-ze-man), s. m. Terme d'architecture. Action d'ébraser. || Quantité dont le côté de l'embrasure s'écarte de la perpendiculaire au mur Ainsi l'ébrasement est trop faible lorsque le côté de l'embrasure ne s'écarte pas assez du plan vertical perpendiculaire à celui de la façade, et l'embrasure n'est pas assez profonde si on laisse trop d'épaisseur au mur d'appui de la fenêtre, legoarant.

— ÉTYM. Ébraser.

ËBRASEK (é-bra-zé), v. a. Terme d'architecture. Elargir à l'intérieur, suivant un plan oblique, la baie d'une porte, d'une fenêtre.

— ÉTYM. Voy. EMBRASURE, dout le radical est le même. Dans l'ancien français , esbraser signifia mettre en feu, en braise; ce qui n'a point place ici.

ËBRÉCUÉ, ÉE (é-bré-cbé, chée), part, passé. Il 1° À quoi on a fait des brèches. Un couteau ébréché. Dieu vous a remis le glaive de sa puissance et celui de sa justice, prenez garde de les lui rendre ébréchés, chateaub. liatch. 11, 24 2. || Par extension. Un pot ébréché. Un chaudron ébréché, la bourse d'une montre, régn. Sut. xi. || 2° Fig. Entamé, diminué. Une fortune ébréchée par des banqueroutes. Uue réputation ébréchée.

t ÉBRÈCUEMENT (é-brè-che-man), *. m. Action d'ébrécher ; résultat de cette action.

— HIST. XVI* s. Esbrechement, cctgraye.

— ÉTYM. Ébrécher.

ÉBRÉCUER (é-bré-ché. La syllabe bré prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette ; j'ébrèche, excepté au futur et au conditionnel, oïl, sans raison, elle garde l'accent aigu : j'ébrécherai, j'ébrécherais), v. a. || 1" Faire une brèche à un

ËBR

instniment tranchant. [Une éclanche de mouton d'une grande dureté] ÊbrAchant I« couteau, témoignait son courage, FÉON.Saf.x. A-t-il lioncébréché le sabre de son père? v. hugo, Orient. 1 . \\ S'ébrécher une dont, en faire sauter un morceau. ||î* Fig. Entamer, diminuer. Ëbrécher sa fortune par le jeu. Cela a ébréchô sa réputation. || 8' S'ùbréclier, V. rt'fl. Le couteau s'ébréchera, si vous coupez un corps si dur.

— HIST. xm" s. Nns [nul] boutoniernedoit vendre ne avoir oevre esl)rechiée, c'est à savoir fendue où elle se doit sauder [souder], Liv. des mit. )S6. Il XVI' s. On scie les dents esbrechées, noires et pourries, PAné, [nlrod. 2.

— ÉTVM. É pour es.... préfixe, et brkhe; picard, éberker; gi^nev. ébercher, éberchure.

ËBRENË, ËE (é-bre-né, née), part, passé. Torché. Un enfant ébrené.

ËBRENER (é-bre-né. La syllabe bre prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'ébrène, j'ébrènerai), v. a. Nettoyer un enfant qui s'est sali dans son maillot.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et bran.

+ ÉBRENEHR, EUSE (ébre-neur, neû-z'), s. m. et /'.Celui, celle qui ébrèiie un eufant. Lavrillière était tout feu roi, conséquemment tout bâtard [dévoué au feu roi et à ses bîltards] , lié avec eux par la Maintenon leur ébreneuse, st-sim. 614, 7B.

— ÉTVM. Ébrener.

+ ÉBRIÉTÉ (é-bri-é-té), s. f. Terme didactique, 'îtat d'une personne ivre. Une légère ébriété.

— lllST. XVI* s. L'ebrieté et jvrognerie, parS,

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