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GUETTE

I ECHARBOT (é-char-bo), t. m. Un des noms vulgaires de la châtaigne d'eau, ou trape nageante, ou macre.

— ÉTYM. Le même que escarbot (voy. ce mot), p:ir une assimilation de forme.

ËCIIAKDE (é-char-d'J, s. f. \\ 1* Piquant de chardon. Il 2° Par extension, nom donné aux petits corps aigus, ligneux ou métalliques, qui s'introduisent accidentellement dans l'épaisseur de la peau. || 3* Un des noms vulgaires de l'épinoche, poisson.

— HIST. xiu* s Que se garde Du poisson qui a

dure escbarde, aiorrROi de paris, Ms. tsti, f 6o,

ÉCH

dans LACCRNE. [Bois] et pleins de neus el escbardeus [garnis d'échardes] , la Rose, «78. || xiv* ». De fust ardi mainte escharde [il brAla maint morceau de l)ois], o. ouiABT, Ms. f 40, dans lacurne. || xvi* s. .... Par choses aiguës et piquantes, comme d'une aiguille, flèche, espine, escharde, pabe, vin, »8.

— Ktym. Ital. scardo; espagn. escnrdar, ôter les chardons; du latin carduus, chardon, avec l'addition du préfixe ex, es. Le sens propre est piquant de chardon. Il y a dans l'ancien français un verbe eseharder, etcarder, qui veut dire carder, puis mettre en fragments.

t ÉCHARDONWAGE (^har-do-na-j'), ». m. Action d'enlever les chardons. L'échardonnage se fait soit avec la main recouverte d'un gant, soiten coupant la racine avec une lame de fer emmanchée.

ÉCHARDONNÉ, ËE (é-char-do-né, née), part, passé. Un champ échardonné.

ËCHARDO.NNER (é-char-do-né), v. a. Débarrasser par l'échardonnage.

— ETYM. É pour es.... préfixe, et chardon.

t ËCHARDO.NNET (é-char-do-nè), *. m. Espèce de houlette pour couper les charrions

— ÉTYM. Echardonner.

t ËCHARDONNOIR (é-char-do-noir), ». m. Synonyme d'échardonnet.

t ËCHAKNAGE (é-char-na-j'), ». m. Synonyme d'écharnement.

— ÉTYM. Échamer.

ËCHARNË, ÉK (é-char-n6, née), part, passé. Peaux écharnées.

t ËCUARNEMEm (é-char-ne-man), ». m. Terme de mégisserie. Action d'enlever les parties charnues que le boucher a laissées adhérentes à une peau, ainsi que les pattes, les oreilles, les tétines.

— ÉTYM. Échamer.

ËCUARNER (é-char-né), V. O. Terme de corroyeur. Opérer l'écharnement. Un outil d'acier tranchant à deux manches que l'on nomme couteau à écharner et qui est à peu près semblable à la plane d'un charron, Diet. des arts et mrt. Amst. (787, Méyissier.

— ÉTYM. ^ pour e».... préfixe, etcham, ancienne forme de chair.

ÉCHARNOIR (é-char-noir), ». m. Terme de corroyeur. Instrument avec lequel on écharne.

ËCHARNURE (é-char-nu-r'), ». f. Terme de corroyeur. Reste de chair détachée de la peau. L'ordonnance du 20 octobre <702 défend de jeter dans la rivière les écharnures ni autres immondices. Il Façon donnée au cuir qu'on écharne.

— HlST. xv° s. Nul ne jette charongne de bestes, cornes, eschamures, raclures de peaux et autres ordures es rues, Ordon. des maires, p. 36, dans lacurne.

— ÉTYM. Échamer.

ÊCMARPE (é-char-p'), ». f. ||1* Large bande d'étoffe portée eu forme de baudrier ou de ceinture. Sortons et lui laissons cette écharpe à la main, ROTROU, Buis. IV, 2. Il Porter une écharpe aux couleurs de sa dame, ce qui se disait aussi porter l'écharpe de sa dame. || Fig. La nature.... D'une écharpe de monts entourant l'Hclvélie, masson, Ilelv. 1. Il 2* Insigne de certaines dignités. L'écbarpe de maire. || Insigne de guerre ou de parti. Une écharpe blanche. Une écharpe tricolore. Là brillent sous deux croix, vain signe des partis, L'écbarpe de la pourpre et l'écharpe d'Iris, lemebcier, Charles ri, III, 2. Il Changer décharpe, changer de parti. Plusieurs su sont trouvés qui , d'écharpe changeant, Au danger, ainsi qu'elle [la chauvesouris] , ont fait souvent la figue, L» font. Fabl. ii, 6. Notre maire tourne à tout vent, D'écharpe il change, bErano. Vendanges. || 3* Ornement que les femmes portent en sautoir, ou qui , entourant les épaules, a les deux bouts ramenés par devant. Une écharpe de dentelle. Une jeune beauté. Dont le vent fait voler l'écbarpe obéissante, A.cniN. 280. Une écharpe d'azur enveloppait ses formes divines [de Gabriel] , chateaub. Mart. ii, 87. || Terme de tapissier. Nom donné à deux morceaux d'étoffe coupés en biais et accompagnant une pente dans la décoration des deux cdtés d'une alcéve. || 4* Bandage passé au cou pour soutenir un bras malade. Il a le bras en écharpe. || Espèce de bandage destiné à tenir l'avant-bras fléchi sur le bras et appliqué contre la poitrine. || Fig. et par plaisanterie. Avoir l'esprit en écharpe, être distrait, préoccupé. || Kig. Le lit est l'écbarpe de la jambe, te lit est nécessaire à une jambe malade. || B* En écharpe, loc. adv. Obliquement. Coup lie sabre donné en écharpe, de travers. Il Terme d'artillerie. Batterie en écharpe, celle qui bat quelque endroit obliquement ou de côté. Tirer

ECU

ÉCII

ÉCH

en écharpe. L'artillerie russe, supérieure en nombre, manœuvrait au galop; elle prenait en éch.irpe et en flanc nos lignes qu'elle abattait, ségur, llùt. de Map. IX, (O. ||6° Terme {l'architecture. Espèce de ceinture qui paraît serrer les coussinets des volutes aux cliapitoaux des colonnes ioniques. {| Pièce . placée diagonalement dans un biti de menuiserie. Il Pièce du bdti d'un parquet. || 7° Terme de maçonnerie. Cordage qui sert à retenir ou à conduire l'es engins pour lever des fardeaux. || Nom d'une pièce (le fer ou de bois qui soutient la roue d'une poulie cl qui porte le boulon. || Pièce de bois au bout de laquelle est attachée une poulie et qui fait l'office d'une deoii-chèvre. Il Tirant de fer qui, dans une porte d'écluse, empêche les assemblages de céder .sous l'action continue du poids de celte porte. Il 8" Terme de marine. Pièce de bois contournée, parlant du dessus des bossoirs, tribord et bâbord, et se terminant par une courbe derrière la tête de la figure, à l'extrémité de l'étrave. || 9° Exhaussement établi suivant la ligne de plus grande pente d'une route inclinée, pourarrêter les eaux pluviales dt les forcer à s'écouler dans les fossés. || Tranchée en forme de croissant faite dans les terres pour ramasser les eaux dispersées d'une montagne. || 10" Espèce de poisson.

— HIST. XIII" s. Et c'est li pains que doivent mètre Il pèlerin en leur esquerpe, du cangk, escerpa. Or voit Renan fere l'estuet [qu'il faut le faire] , Escrepe et bordon prent, si muet [il s'en va], Si est entrez en son chemin, lien. <3|B2. S'il veut porter espée, porte la chaiate desoz son surcot, et non pas à esquerpe, BEAUM. Lviif, a. Gel abbé de Cheminon si me donna m'escliarpe et mon bourdon, joinv. 209. Et au prendre congié que il fcsoit k eulz, li nieltoient en [dans son] escliarpc grant foison d'or et d'argent, lu. 206. || xiv" s. Quant à ceux qui gardoient le bastion de Vendosme, ils le partagèrent en escharpe de bonne heure, et l'espaule qu'ils y firent estoit assez avantageuse, d'aub. Ilist, n, 309. Jusqu'aux fers d'or sur les escarpes de velours, qui avoient en ce temps la grande vogue, carloix, v, 32. On doit mettre le bras en escharpe, supportant le coude, PARÉ, viu, 42. La soie se monstre plus belle en petites qu'en grandes escharpes ou escheveaux,

0. DE SEKRES, 486. Un maiiteau en escharpe, la cape sur une épaule, mont, i, 102.

— ÉTYM. Espagn. charpa; ital. sciarpa, ciarpa. Le sens propre est poche, sacoche pendue au cou; ce qui justifie l'étymologie germanique donnée par Diez : anc. haut-allem. scherbe, poche; Bas-Rhin, schirpe; Brème, schrap.Le sens de morceau d'étoffe taillé obliquement ne paraît que tardivement. Sche- 1er pense que, en ce dernier sens, ^c/mrpe vient de l'ancien verbe charper ou charpir, tailier, découper. Mais il n'est pas besoin de faire intervenir ce verbe, ce semble; l'echarpe, poche, était suspendue; ce sont ces liens qui ont donné la nom à l'echarpe, qui soutient le bras ou une arme, et dont la forme fut déterminée par l'usage.

fiCHAUPÉ, ÉE {é-charpé, pée), part, passé de écharper i. Taillé en pièces. Le régiment écharpé dans cette rencontre meurtrière.

t ÉCUARPEMENT (é-char-pe-man), s. m. Terme militaire. Marche d'une troupe qui écharpe, c'està-dire qui marche diagonalement.

— ÉTY.M. Écharper 3.

^. ÉCIIAIIPER (éxhar-pé), r. a. || 1" Faire une grande blessure avec un instrument tranchant. On lui a écharpé Je corps à coups de sabre. Echarper quelqu'un. Qui peut dans sa fureur m'écharper ou m'ûccire, hautehoche, l'Amant qui ne flatte pas,

1, t. Il Use dit aussi d'un chirurgien maladroit. Ua, dans celte opération , écharpé son patient. || 2° Tailler en pièces. Les fanatiques du Languedoc et des Cévennes occupaient des troupes qui en écharpaienl quelques pelotons de temps en temps, st-sim. t28, (67. Il Fig. Je ne consentis à laisser, écharper ma réponse, qu'àcondiiioii que vous donneriez parole positive de ne plus répliquer, desfontaines. || 3° Diviser certaines matières en les ballant ou en les cardant. |1 4° S'écharper, v. réjl. Se faire réciproquement de grandes entailles, ou se tailler en pièces. Ces deux régiments se sont écharpés.

— ÉTYM. Picard, écarper. Écharper, en ce sens, re peut venir d'écharpe; c'est une autre conjugaison d'escliarpir ou charpir, ancien verbe signifiant mettre en pièces (voy. charpie).

t 2. ÉCHARPER (é-char-pé), v. a. Terme de maçon et de charpentier. Faire passer autour d'un fardeau un cercle pour le lever en y attachant une écharpe à laquelle lient une poulie.

— ÊTYM. Écharpe.

DICT. DE LA LANGUE IfRAMÇAISt

t 3. ÉCUARPER (é-char-pé), v. n. Terme militaire. Marcher diagonalement ou en écharpe.

— ÊTYM. Écharpe.

tÉCHARPlLLEU ( é-chaï-pi-Ué, «mouillées), II. a. Il 1° Terme du langage familier. Mettre en pièces. Il â° Terme de tapissier. Diviser, avant de l'employer, le crin neuf qui est tressé.

— ËTYM. Forme dérivée de écharper K

t (. ECIIARS, ARSE (é-char, char-s'), adj. Vieux mot qui se dit d'une monnaie qui est au-dessous ilu titre légal. || S. m. Ce cui manque à l'aloi d'une [lièce. Cette monnaie a tf.nt d'échars.

— ÊTYM. C'est l'ancien adjectif eschars, qui signifie avare; provenç. escars, escas; espagn. escaso; ital. scarso; angl. scarce; d'après Muratori, approuvé par Diez, d'un participe bas-latin excarpius, de excarpere, excerpere, resserré, réduit; d'où les acceptions dans les langues romanes.

f 2. ECIIARS, ARSE (é-char, char-s') , adj. Terme de marine. Les vents échars sont des vents faibles qui changent subitement d'un rhumb à l'autre.

— ÉTYM. Un vent échars (voy. le précédent) est un vent avare, c'est-à-dire très-faible, qui donne peu.

tÉCHARSER(é-char-sé).|| i'V.a. Diminuerle titre d'une pièce de monnaie. || 2° F. n. Terme de marine. Varier, faiblir, en parlant du vent. Le vent écharse.

— ÉTYM. Voy. ÉCHARS i et 2.

t ÉCUARSETÉ (é-char-se-té) , s. f. Terme de monnaie. Défaut d'une pièce qui n'est pas du titre ordonné.

— ÉTYM. Échars. Écharscté voulait dire avarice. ÉCHASSE (é-cha-s'), s. ^. ||1° Bâton garni d'un

étrier auquel on attache le pied pour marcher dans les terres marécageuses ou sablonneuses. Marcher avec des échasses. || Fig. Être monté sur des échasses, avoir de longues jambes. || Se dit aussi de souliers très-hauts. C'était [M. le ducj un petit homme ventru, monté sur des échasses; tant ses souliers étaient hauts, ST-SIM. 93, 234. || Par une seconde figure, monter sur des échasses, s'efl^orcer de se grandir dans l'opinion des autres. Le nain monte sur des échasses; Que de nains couronnés paraissent des géantsi VOLT. Le((. Prusse, <<<• || Monté surdeséchasses, qui se guindé, qui emploie les grandes paroles, les grands sentiments. [Canillac] Toujours sur les échasses pour la morale, l'honneur, la plus rigide probité, le débit des sentences et des maximes, stsim. 393, 79. Il 2° Fig. Des échasses, deschoses qui font

paraître plus grand Ces vers.... Montés sur deux

grands mots comme sur deux échasses, boil. Sat. iv. L'hyperbole aux longues échasses, gresset, les Ombres. Les échasses de l'étiquette Guindent bien haut un cœur bien bas, bérang. l'ertude Lis. || 3" Terme de maçon. Régies de bois entaillées, qui servent à marquer la longueur et la largeur des pierres lorsqu'on les taille. || Perches qui servent à soutenir les boulins pour échafauder. || 4° Terme de zoologie. Genre d'oiseaux à jambes très-longues.

— HlST. xu" s. Fêtes sschace de fresne ou de setl [sureau], Bat. d'Aleschans, v. <620. || xxii" s. S'avoit un pié chaucié. Et l'autre avoit trenchié. Si aloit à eschace [avec une jambe de boisj, l'abliaux mss. 11° 72t8, f° 259, dans laourne. Il XVI" s. 11 le fault juger par luy mesme, non par ses atours.... la base n'est pas de la statue ; mesurez-le sans ses eschas-

ses, MONT. I, 326.

— ÉTYM. Wallon, /lèse; namurois, chac/ie; rouchi, écase, écache; de l'ancien Uamaud schaetse, échasse; holland. schaats, échasse et patin.

t ÉCHASSERl (é-cha-se-ri), s. m. Variété de poire fondante.

ÉCHASSIEIl (é-cha-sié; Vr ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les é-cha-sié-z à longues jambes), s. m. Terme d'histoire naturelle. Ordre d'oiseaux qui .semblent, à cause de leurs jambes longues et dénudées, être montés sur des échasses.

— IllST. XIII" s. Il ne fu ne clop [boiteux] n'eschacier [béqiiiUard], Ainz s'en vet poignant loz les sauz, Ren. 28C82.

— ETYM. Écltasse; provenç. eschassier, monté sur des échasses, estropié.

ÉCUAUBOULÉ, ÉE (é-chô-bou-lé), adj. Qui a des échauboulures.

— lllST. XVI" s. Eschaubouillé, cotgrave.

— ËTYM. il pour es.... préfixe, chaud, et boule, ampoule.

ECHACBOULURE ( é-chô-bou-lu-r' ) , s. f. Nom vulgaire des petites élevures rouges qui viennent quelquefois sur la peau pendant les chaleurs de l'été, et causent une vive démangeaison. || Terme de vétérinaire. Maladie exauthéiuatique particulière au cheval et au bœut

1 — HIST. XVI' S. Eschaubouillure, cotghave.

— ÊTYM. Échauboulé; saintong. chauboullure.

t 4. ÉCIIAUDAGE (é-chtl-da-j'i, s. m. Nom que l'on donne dans quelques provinces à l'action de laver la vaisselle. || Action de passer de l'eau chaude dans les feuillettes neuves pour s'assurer qu'elles ne fuient point.

— ÉTYM. Échauder t.

t 2- ÉCIIAUDAGE (é-chô-da-j'), s. m. Macération, dans un lait do chaux, des substances destinées à la préparation de la colle forte. || Lait de chaux qui sert à blanchir les mursj cette opération ellemême.

— ÉTYM. Échauder 2.

t. ËCIIAUDÉ, ÉE (é-chô-dé, dée), part. pas!.( d'échauder 4. || 1" Lavé à l'eau chaude. Un cochon do laitéchaudé. || 2°Brûléavec de l'eau chaude. ÉchauilB par la chuted'une cafetière bouUlante. || Chatéchaudé craint l'eau froide, c'est-à-dire quand on a éprouvé quelque grande peine, quelque désappointement , on en redoute jusqu'à l'apparence. Quoique chai échaudé ait la réiiutation de craindre l'eau froide.... VOLT. Lett. en vers et en prose, <05. || On dit dans un sens analogue: chien échaudé ne revient pas en cuisine. || 3° Terme de la préparation des harengs péchés. Harengs échaudés , harengs qui ont été poussés à un feu trop vif. || 4° Terme rural. Blé échaudé, blé dont le grain, maigre et flétri, contient peu de farine, ijraines échaudées , graines qui, semées sur une couche très-chaude, ont de la sorte perdu leur germe.

2. ÉCHAUDÉ (é-chô-dé), g. m. Espèce de petit gâteau de pâte échaudée (c'est-à-dire mise dans l'eau bouillante pendant vingt minutes environ), d'œufs, de beurre et de seL

— HIST. XIII" s. Nus talemeliers [boulanger] no puet cuire au jour de la feste aux mors, se ce ne sont eschaudés à donner por Dieu, Liv. desmét. H. Il XIV* s. Eschaudés chauls, pommes de rouvel rosties, et dragées blanches dessus, Mcnagier, ii, 4.

— ÉTYM. Échaudé t ; picard, écaudé.

t ÉCHAUDEMENT (é-chô-de-man) , s. m. Terme rural. État du blé et des graines qui sont échaudés.

— ÉTYM. Échauder I.

t. ÉCHAUDER (é-chô-dé), v. a. || 1" Brûler légèrement et très-vite. || 2° En un sens restreint, causer une brûlure par l'action d'un liquide bouillant. Le maladroit m'a échaudé. |{ Fig. et familièrement. Être échaudé, éprouver une perte, un dommage. J'ai été échaudé dans celte affaire. || 3* Laver avec de l'eau bouillante. Échauder une cruche, un vase de verre. || Dans quelques provinces, laver la vaisselle. Il Oter le poil d'un cochon de lait parle moyen de l'eau chaude. Voilà un cochon de lait qu'il faut échauder. || Jeter de l'eau chaude sur quelque chose. Échauder de la pâte. || Échauder des feuillettes, y passer de l'eau bouillante pour s'assurer qu'elles ne fuient pas. || 4° S'échauder, u. r^/î. Se brûler avec de l'eau bouillante. Elle s'est échaudée en retirant la marmite du feu. || Fig. Éprouver quelque dommage. La plupart de ces princes.... Vont s'échauder en des provinces Pour le profit de quelque roi, LA FONT. Fabl. IX, (7. Il Terme rural. Les plantes s'échaudentlorsque, étant chargées de vapeurs, le soleil fait noircir les bourgeons.

— HIST. XII" s. Par cel conseil pesme [très-mauvais] e osciir Auront esté vers tei parjur, E tes comandemenz despiz ; Or en sunt eschaudez e quiz [cuits]; Apaie t'ire e asuage [adoucis], benoît, ii, 8786. Il XIII" s. Eschauder,rostir,escorchierLe3 poissons de mer et de flueves, lien. 20370. Ce me doit bien espoenter [épouvanter], Qu'eschaudés doit iave douter, ib. 1794. Etcommencierent Sarasinsà gieter grosses pierres etpieusagus, et versoient parles feniestres aiguë bouUanl pour crestiens escauder, Chron.de liains, 205. || xiv* s. Car il estoit jouere [joueur] as dés. Dont souvent en fu escaudés Tout sans aiwe [eau] caude ne fu [feu], j. de condÈ, p. < 31 . Il XV" s. Qu'on meure de faim ne vueil pas. Mais le trop hasté s'eschaulda [prit chaud] ; Il convient aler pas à pas, CH. d'orl. Compl. de l'amant et l'amour. 11 ne sçait quel dueil est d'eschauder, qui Cliques ne sentit le feu, Ferceforest, t. vi, f° 7). Il XVI" s. Je veulx qu'ils donnent une nazarde à Plutarque sur mon nez, et qu'ils s'eschauldent à injurier Seneque en moy, mont, il, 98. Une opinion pour laquelle il n'eustpas voulu s'eschaulderlebout

du doigt, ID. Il, 325 Qui l'empesclie de se re-

souldre, craignant de s'eschauder en son jugement, charron. Sagesse, ii, H.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et choud; wallon. bulle, hauder; provenç. escaudar; ital. scaldare,

ECU

+ a. ËCnAUDEU (é-chô-dé) , V. a. Terme de construction. Donner aiii plafonds plusieurs couches de chaux éteinte et claire avant de les passer au blanc.

— ÊTYM. É pour e».... préfixe, et chou* (voy. CHAUDKR). Chauder et c/iauier sont deux formations peu régulières de chatix; la première se dit des couches de chaux qu'on donne, la seconde de l'action de passer des grains à la chaux.

t ÉCUAUDEUR, EUSE (é-chô-deur, deû-z' ) , I. m. et f. Celui, celle qui échaude.

. — ÈTYM. Écltauder 4 .

f ECU AUDI (é-chô-di), s. m. Voy. «cuAums.

1 f ÉCIIAUUILLON (é-chô-di-Uon, H mouillées),

f. m. Morceau de fer que l'on présente au feu, afin

de le souder quand il est chaud. || Oa trouve aussi

chaudillon.

— ÊTYM. Échauder. — -

t ÊCHAUUIS (é-chô-di) , ». m. Terme de marine. ' Grosse boucle de fer dans laquelle on passe la liure du beaupré.

ÊCHAUUOIK (é-chô-doir), ». m. || l'Lleu où l'on échaude. || Vaisseau qui sert à échauder. || 2" Lieu et vaisseau où les teinturiers échaudent et dégraissent leurs laines. || 3* Lieu pavé, dans les abattoirs, oiS les bouchers préparent les bêtes qu'ils ont tuées.

— HIST. XVI" s. Visiter une fois la semaine pour le moins toutes les bergeries, bouveries, tueries, escorcheries,eschaudouers, estalles et autres lieux où lesdits bouchers ont accoutumé de mettre et retirer leurs bestiaux vifs ou morts, Lett. pat. 4 3 mars 4 668.

— ÊTYM. Échauder t.

t ÉCIIAUDUKE (é-chô-du-r'), ». f. Kffet produit sur la peau par un corps trop chaud, et, spécialement, par l'eau bouillante. 11 a une échaudure à la main.

ÊTYM. Échauder t.

ÊCHAUFFAISON (é-chô-fè-zon) , ». f. Terme du langage vulgaire. Indisposition qui se manifeste par quelque éruption à b peau.

llIST. XV' s. La paroUe de eschauffaison et de

félonie luy faillit, mais non pas la voulentô de pis dire al. chart. l'Esp. ou consol. des trois vertus. Il XVI' s. Quand l'humeur vieille alors des eaux laissée Fut par l'ardeur du cler soleil pressée D'escha'uffaison, mab. iv, 34. Joint à cela les solicitations des jésuites et de Rome, et encor quelques eschaufaisons de l'ambassadeur d'Espagne, d'aub. Hist. 111, 73. si le lait estoit de mauvaise odeur comme d'eschauffaison, c'est signe de chaleur et de sang aduste, paré, xviu, 26.

— KTYM. Échauffer.

ÉCHAUFFANT, ANTE (é-chô-fan, fan-t'), adj. Il f Oui échauffe, qui augmente la chaleur. Des corps échaulTauts. || 2° Oui augmente la chaleur animale. Aliment, remède échauffant. || Dans le langage vulgaire, aliment échauffant, aliment qui resserre le ventre, jj S. m. Aliment, médicament de nature à échauffer, c'est-à-dire à exciter l'action organique des divers systèmes de l'économie, à accélérer la circulation et accroître par conséquent la chaleur animale. Ne prenez pas d'échauffants.

— ÊTYM. Echauffer.

t ÉCHAUFFE (é-chô-r), ». f. Terme de tannerie. Étuve dans laquelle on dispose les peaux à laisser aller les poils dont elles sont couvertes.

— ÊTYM. Échauffer.

ÉCHAUFFÉ, ÉE (é-chô-fé, fée), part, passé. 111° Oui a subi l'action de la chaleur. Le mur échauffé

par les rayons du soleil. ||2°Fig d'une laide femme

ils ont l'àme échauffée, Régnier, Sat. vu. Échauffé du vin et de la débauche, ils montent tout armés au haut du rempart, d'ablancouht, Àrr.liv. i, dans BJCHELET. Il donne aux songes de son esprit échauffé le poids des révélations, mass. Avent. Cire. Je les trouvai échauffés sur une dispute la plus mince qu'on se puisse imaginer, montesq. Lett. pers. 36. Échauffés par l'espoir ou glacés par la crainte, volt. Uérope, l, 4. || Il se dit aussi de la tête, de la poitrine, où une chaleur incommode et même morbide se fait sentir.On a la poitrine échauffée, dancourt, Céphale et Procris, ProJogue. 1| 3' Teint échauffé, teint marqué de taches rouges, de boutons, signes d'échauffement. Ha le teint échauffé, la bbuy. vi. Il Dans le langage vulgaire. Constipé. || 4° Bois échauffé, bois qui commence à se gâter, à se pourrir. Il B' S. m. Nom donné à une cerlaine odeur rance due à la chaleur, à l'entassement. Cette viande sent l'échauffé. Ce blé sent l'échauffé.

■f ÉCHAUFFÉE (é-chfl-fée) , ». f. Première opération des sauniers pour chauffer le fourneau.

— ÊTYM. Échauffé.

ÊCUAUFFEMEN'T (é-chô-fe-man), ». m. || 1' Action d'échauffer. L'échauffement des terres par l'action solaire. || i' Augmentaticn de chaleur dans

Êcn

l'économie animale, caractérisée par un sentiment d'ardeur, par de la soif, par la constipation, par des ébuUitions et des démangeaisons dans tout le corps, par un teint animé. || 3' Dans le langage vulgaire, synonyme de constipation. || Se dit quelquefois pour désigner une blennorrhagielégère.|| Terme de vétérinaire. Ëchauffement de la fourchette, maladie du pied des solipédes. || 4° État de grains, de farines qui ont subi un commencement de fermentation par la chaleur.

— JllST. XVI' s. Comment puis-je sentir eschauffemcnt pareil À ccluy qui est près de sa flamme divine? DU BELLAY, VI, 6, recio. Et là attirer la garnison de Castel-Jaloux par divers escbauffements [provocations], d'aub. Uist. Ii, 286.

— ÊTYM. Échauffer; provenç. escalfament.

ÉCHAUFFEK (é-chô-fé), v. a. || 1' Kendre chaud.

Le soleil échauffe la terre. Les oiseaux échauffent leurs petits sous leurs ailes, jj 2' Causer un excès de chaleur dans l'économie animale. Les liqueurs alcooliques échauffent le corps. || Absolument. Ce n'est pas par la nature des aliments que le maigre échauffe, J. }. Bouss. Ém. i. || Dans le langage vulgaire, se dit pour constiper. Certains aliments échauffent. || Terme de vénerie. Échauffer les faisans, leur donner une nourriture échauffante, afin d'exciter à la ponte les jeunes femelles. || 3" Il se dit aussi de l'action qui cause une sorte de fermentation et d'altération dans les substances organiques. Ils y contractaient une moisissure, uue espèce de mousse qui les échauffait, raynal, Uist. phil. XVI, 47. Il 4° Fig. Échauffer quelqu'un, lui donner une sorte de chaleur morale qui l'excite, l'euffamme, l'irrite. S'il est prompt et bouillant, le roi ne l'est pas moins ; Et comme à l'échauffer j'appliquerai mes soins.... corn. Nicom. m, 2. Laissons cette matière qui t'échauffe un peu trop, MOL. Critique, 1. 1| Il se dit aussi des choses. Pour échauffer notre amour, Boss. Euch. 3. Echauffant par mes pleurs ses soins trop languissants, hac. llaj. IV, t. Échauffer mes transports trop lents, trop retenus, m. PUèd. iv, 4. Figure-loi Pyrrhus, les yeux étincelants. Et de sang tout couvert échauffant le carnage, m. Andr. m, 8. || Absolument. Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l'hiver, vauv. Uax. clix. I.'B' Familièrement. Échauffer les oreilles, impatienter, irriter. Retire-toi, te dis-je, et ne m'échauffe pas les oreilles, mol. Avare, il, S. Qu'elle ne vienne pas m'échauffer les oreilles, ID. Fem. sav. m, ». Il Échauffer le sang, la bile, la tête à quelqu'un, l'irriter. Mes yeux sont trop blessés; et la cour et la ville Ne m'offrent rien qu'objets à m'échauffer la bile, MOL. Mis. I, t. Si vous m'échauffez la tête, je vous ferai rire d'une autre sorte, m. l'Avare, lu. 6. Il ne fallait pas grand'chose pour leur échauffer la tète, iiamilt. Gramm. 4. ]| 6" Terme de vénerie. Échauffer la voie, la suivre avec ardeur. || 7' Terme de manufacture. Échauffer une étoffe, la rider en la foulant trop. Il 8° S'échauffer,-», réfl. Devenir chaud. Les continents s'échauffent pendant l'été. Il avait la fièvre et ne put s'échauffer auprès d'un bon feu. Pulchérie répétait des vers, en se promenant à grands pas pour s'échauffer, u" de gknlis, Veillées du chdl. t. I, p. 534, dans pougens. || 9° Se donner une irritation. Ne courez pas tant, vous vous échaufferez. Il s'est échauffé en travaillant trop. Il On dit de même : Il est trop sédentaire; son sang s'échauffe. || 10° Fig. S'animer, s'exciter. Puisque chacun, dit-il, s'échauffe en ce discord, corn. Jlor. m, 2. Tu me contais alors l'histoire de mon père; Tu sais combien mon âme, attentive à ta voix, S'échauffait au récit de ses nobles exploits, RAC. PUcd. i, 4. Mon homme s'échauffa là -dessus d'un zèle dévot, pasc. Prov. 4. Un homme s'échauffe lui-même par de faux raisonnements, BOSS. Conn. de Dieu, 4. X mesure qu'il s'échauffait contre l'Eglise, ID. Var. i. On dira peutêtre que le sujet ne valait guère la peine qu'on s'échauffât; car de quoi s'agissait-il? de savoir si les ffeurs et les fruits suffisaient pour établir les genres.... fonten. Tournefort. Puis, s'échauffant peu à peu, il se répandit en reproches et en injures contre les Romains en général et personnellement contre Ouintius, rollin, Ilist.anc, Œuvres, t. viii, p. 302, dans pougens. Le peuple s'échauffera pour un acteur comme il aurait fait pour les affaires, UONTESQ. Espr. m, i.\\ 11* Se mettre en colère, s'emporter. C'était se moquer que de s'échauffer ainsi pour rien , iiamilt. Gramm. 4. || S'échauffer en son harnois, parler de quelque chose avec beaucoup de véhémence et d'émotion. || 12' Par extension. La dispute s'échauffe, Le jpti s'échauffe. Les hrigu■'^

s'échauffent, vadgel. Q. C. liv. iv, dans iuchelït. La guerre s'échauffe tous les jours, f-iv, 448. De parole eu parole le différend s'échauffa jusqu'à tel point que la femme demanda son bien et voulut se retirer chez ses parents, la pont. Vie tïÉtope. Si, pour éprouver et châtier ses enf.ints, il [Dieu] permet que ta persécution s'échauffe contre eux, boss Polit. VI, II, 6. Le premier ministre des Indes et le nôtre .soutinrent dignement les droits de leurs maîtres; la querelle s'échauffa, volt, haboue. || 13* Terme de chasse. S'échauffer sur la voie, se dit des chiens qui suivent la voie avec trop d'ardeur. || 14' On dit qur des substances organiques, grains, farines, etc s'échauffent, quand elles ont subi un commencement de fermentation par la chaleur succédant U l'humidité. Ce grain, cette fanne risque de s'échauffer dans ce lieu. || Proverbe. Les cabaretiers, le mauvais train échauffent les maisons, c'est-à-dire ils y logent les premiers, sitôt qu'elles sont bâties et avant qu'elles soient sèches.

— HIST. XII' s. David li rels fut de grant aage, et quant l'um le cuverid, eschaulfer ne poeil, liais, p. 220. Il xiir s. Au sénateur meisme moult souvent il jouoit, Et li uns et li autres forment s'y eschauffoit, Jeudedex, JUBiN. t. il, 232. [La dame] Qui aukes [un peu] est jà eskaufée Del fu [feu] dunt Gugemer se sent, marie, Gwjemer. Tant que mon cors [j'] eusse un petit eschaufé, Uerte, XLV. Car aussi corn quant est li pors [sanglier] Eschauffés des chiens par cffors. Et il à tous estai leur livre. Tant que les pluiseurs à mort livre, lil. et Jeh. v. 4360. Li vif deable, li maufé. L'ont si eu amer [aimer] échaufé, la Rose, G446. Ele tintung brandon tlamant jflam bant] En sa main destre dont la flame A eschauffée mainte dame , ib. 3436. Les chevaus estoient lassez et le jour estoit eschaufé, joinv. 227||xiv's. Certains esbalemens, comme luiltes ou courses, pour soy eschauffer et exerciter, ohesme, Eth. V4. Ainsi grans menaces coroint. Mais les Bretons tout cscoutoint Sans s'eschauffer ne poy ne grant. Livre du bon Jehan, v. 3212. De l'un costé et l'autre pensuient de frapper, Ainsi que la bataille se prist à eschauffer, Guescl. V. 4 9(63. Toute personne qui s'eschauffe en sa parole n'est mie bien attrempée en son sens, Uénagier, i, 8. ||xv' s. Madame sa mère, qui fut toute enseignée de le rapaiser, tant estait escbauffé etairé, feoiss. i, i, 4oo. ||xvi*s. Hanibal avoii faict espandre du feu par tout son ost pour eschauf- ' fer ses soldats, mont.i, 261. M. L'admirai, qui n'estoit pas novice es affaires d'estat, prévoyant que le jeu s'alloit eschauffer, lanoue, 646. Elle pendit sur le feu un grand vaisseau plein do vin, et pendant qu'il eschauffoit.... ïver, p. 667. Toute rigueur s'amollit par prière; Tout gentil coeur s'eschauffe d'amitié, bons. 766. Essayant par des manières insinuantes de l'eschaufer en sa faveur, Mém. sur Duguescl. 46. Benoist monsieur, dit Panurge, vous vous eschauffez dans vostre harnois, à ce que je Toy et cognoy, bab. PaïU. iv, 7.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et chauffer; picard, écaufer; provenç. escalfar.

ÉCHAUFFOURÉE (é-chô-fou-rée), ». f. || 1° Entreprise téméraire, mal concertée. || 2' Terme de guerre. Rencontre imprévue, il venait de se passer, non loin de là, une échaulfourée sur laquelle Murât se taisait; notre avant-garde avait été culbutée.... sÉGUB, Wwl. de Napol. iv, 8. || 8° Terme de pratique. Incident de procédure qui tourne mal pour U partie qui l'a fait naître. || 4' Terme de jeu d'échecs. Coup hardi, mais malheureux.

— ÊTYM. Le peupla dit échaffourée. Le fait esi qu'il y a dans la langue du xvi* siècle le verbe chaffourcr ou chauffourer : Tousjours se vaultroit par les fanges, sechauffouroitle visaige, bab. Garg. i,i» ; U ralissoit le papier, chauffouroit le parchemin, ta. l'b.; Leur retraite mesme est pleine de corruption, l'idéa de leur amendement chaffourée, mont, m, 266. Co même verbe se trouve avec le préfixe es : Je suis bien marry qu'il m'ait fallu apporter cet exemple et le mettre icy, d'autant qu'il est d'une personne privée et de basse condition, pour ce que j'ay délibéra de n'escafourer mon papier de si petites personnes, BRANT. Dames gai. t. ii, p. 04, dans lacurne. Échauf- (ourie vient sans doute de ce verbe ; mais chaufourer d'où vient-il? Le verbe fourrer paraît bien y être; quant au préfixe cha ou cfuiu, on peut croira que c'est l'adjectif c/kiud : fourrer dans le chaud, c'est-à-dire dans le feu, de manière pourtant à s'en retirer, à n'y pas périr.

ÊCUAUFFURE (é-chô-fu-r*,, ». f. PeUle rougeur qui vient sur la peau dans une échauffaison. || Actica de s'échauffer, en parlant des substances organiques qui fermentent et s'altèrent.

ÉCH

— msT. XIII' s. Misl l'en son sein, si l'esciiaufa; Li serpenz par l'eschaufeUre Kst revenus à sa nature, Fabliaux mss. dans laclrne.

— ÊTYM. Échauffer.

ÉCnAUGCETTE (é-châ-ghè-f), ». f. Espèce de guérite de bois qui est placée sur un lieu élevé et où l'on met une sentinelle.

— SYN. ÉCHAUGUETTE, ouÉBiTK. L'échauguclte est en bois; la guérite peut être en bois ou en pierre.

— HIST. XII' s. Mil eschargaite les gaitent en veillant, floncp. H4.||xm's. La nuit fist l'eschargaite Godefrois de Bouillon, Ch. d'Àntioche, m, 794. Commandée fut l'eschauguetle X ceulx d'Athènes.... Trois mille hommes de nuit veillèrent, Qui toute l'ost eschauguelerent, Alhis, dans du cange, scaragueyia. Il XVI' s. Or y avoit-il entre leurs deux camps une butte forte d'assiette et couverte de bocages à l'entour, et y avoit des eschoguetles, dont on pouvoit descouvrir de loin vers l'un et l'autre camp, amyot, Uarc. 47. Les anciens nous servent d'eschaugueltes pour voir de loin , paré , ^u lecteur. Les guerres civiles nous mettent chascun en eschauguette en sa propre maison, mont, iv, ioo.

— ÉTYM. Bas-lat. scaraguaita, du germanique: suédois, scara; allem. Scimar, troupe, bande, et guetter (voy. guetter) : troupe qui fait le guet.

ÉCHACLER (é-chalé), V. a. Voy. chauler.

t ÉCHAUME (é-chô-m'), s. m. Terme de marine.

Voy. ÉCIIOME.

t ÉCUACMER (é-chô-mé), V. a. Terme rural. Arracher le chaume, le pied du blé après la moisson. Êchaumer un champ.

— ÊTY'M. É pour es.... préfixe, et chaume.

+ ÉCHAUX (é-chô), j. m. Terme rural. Rigole pour l'écoulement des eaux ou pour l'irrigation.

— ETYM. Ce paraît être une corruption de ichenal, échenaux.

ËCHE (è-ch'), t. f. Terme de pêche. Voy. aiciie.

— mST. XIV* s. Ligne et ameçon avec esche de char, Ménagier, u, 6. Se tu veulx faire bonne esche [amadou] pour alumer du feu au fusil, tb. ii, 6,

— ÉTYM. Lat. esca, aliment, amorce.

t ÉCHÊABLE (éché-a-bl'), adj. Terme de commerce. Qui peut, qui doit échoir. Un effet échéable à telle époque. On dit mieux échéant.

— HiST. XVI' s. Héritages redevables de coustume echeable, comme de chair, pain ou grain assis en la prevosté de Troyes', sont echeables et mainmortables, Nouveau coust. gin&. t. m, p. 272.

— ÉTYM. Échoir.

ÉCBÊANXE (é-ché-an-s'), s. f. \\ 1' Époque du payement d'une créance, d'une rente, d'un billet, d'un fermage, etc. Négociant embarrassé toutes les fois que les échéances arrivent. Le payement se fait rarement aux échéances convenues; et ce manquement de foi a toujours divisé la colonie et les métropoles, RAVNAL, //lit. phil. XIII, 67. || 2° Dans le langage de la procédure. Terme d'un délai. Le mois a trente jours; jusqu'à cette échéance Jeûneronsnous, par votre foi? la font. Fabl. x, I6.

— HIST. XIII' s. S'aucune tele esquence est esqueue à l'omme avant qu'il ait espousé, beaum. xiii, 13. Esqueance, si est quant héritages esquiet de costé par le [la] defaute de ce que cil qui muert n'a nul enfant, id. xiv, 3.

— ÉTYM. Échoir; provenç. escaienza; espagn. escaencia; ital. scadenza.

I ÉCHÉANCIER (é-chéan-sié), s. m. Terme de commerce. Carnet de négociant, pour Inscrire les échéances des effets à recevoir ou à acquitter.

— ÉTYM. Échoir.

ÉCHÉANT (éché-an), part, présent du verbe échoir. Un billet échéant dans le courant d'avril. Les termes échéant en juillet. || U s'emploie quelquefois adjectivement. Les billets échéants. Les termes échéants.

ÉCHEC (é-chèk; au pluriel, des é-chèk; l'ine se lie pas: des é-ch6k inattendus; cependant quelquesuns la lient : des é-chèk-z inattendus), s. m. || 1° Terme qu'on emploie au jeu d'échecs chaque fois qu'on at- Uque le roi ou qu'on met la reine en frise. Échec au roi. Échec à la reine. Il se couvrit de l'échec par un pion. On ne peut se couvrir de l'échec du cavalier. Kaire échec. Être en échec. || Echec et mat, se dit quand le roi ne peut plus se couvrir ni se retirer, ce qui décide du gain de la partie. Faire le roi échec et mat. Faire échec et mat, gagner la partie. Mon roi est échec et mat, ou je suis échec et mat, t'est-àdire j'ai perdu la partie. || Fig. Et n'était, quel qu'il fût, morceau dedans le plat Qui des yeux ou des mai us n'eût un échec et mat, bègnier, Sat. x. Nous le trouvâmes [M. de Pomponne] et les dames qui noua reçurent fort gaiement; on causa tout le soir; on joua

aux échecs; ah! quel échec et mat on lui préparait à Saint-Germain [sa destitution;! sSv. 386. La vie de la cour est un jeu sérieux, mélancolique, qui applique; il faut arranger ses pièces.... et après toutes ses rêveries et toutes ses mesures on est échec, et quelquelnis mat, la bbi'Y. viii. Le roi qu'on n'osait ni secourir ni abandonner fut échec et mat, volt. Lelt. Prusse, 67. |{ Échec et mat, sorte de proposition elliptique pour dire qu'on n'a pas réussi, qu'on a échoué dans une entreprise. Échec et mat, se dit le vieillard en se rasseyant tranquillement; parbleu! voilà une maltresse femme, cii. de Bernard, la Femme de 40 ans, § x. || Tenir en échec, mettre dans l'impossibilité d'agir, de prendre une résolution. Si vous voulez qu'il puisse trouver la vérité, chassez cet animal [une mouche bourdonnante], qui tient sa raison en échec et trouble cette puissante intelligence qui gouverne les villes et les royaumes, pasc. Pensi'es, t. i, p. 258, éd. Lahure, 1860. Ne savezvous pas comment les jansénistes les tiennent en échec ?ID. Prnv. l. Vous lui supposez une audace, une présomption qui tient ses lumières en échec, MARIVAUX, dans desfontaines. || Tenir en échec, se dit aussi d'une troupe de guerre qu'on empêche d'agir. De là ils tinrent en échec leur ennemi, qui souffrait également et de la chaleur du climat et du défaut de rafraîchissements, raynal, llist. phil, x, 16. Il 2° Dommage, revers. Sa fortune a éprouvé un échec considérable. Et si de quelque échec notre faute est suivie. Nous disons injures au sort, la font. Fabl. VII, 14. Pourquoi sortirait-il d'une situation brillante, quoique non assurée, pour se jeter dans une situation si critique où le moindre échec pouvait tout perdre, où tout revers serait décisif? ségur, llist. de Napol. ii, 4. || Perte considérable éprouvée par une armée. L'échec d'Inkowo venait de décider Napoléon ; dix mille chevaux russes, dans une rencontre d'avant-garde, avaient culbuté Sébastian! et sa cavalerie, id. ib. vi, <•

— HIST. XIII' s. Au roc [avec le roc, la tour] [il] en piist un grant tropel. Et dist eskec; moult 11 fu bel, FI. et Bl. fl. v. ait 7. [Il] L'assailli por li desconfire, Eschec et mat li ala dire, la Rose, 6676. Il XVI' s. Ainsi, à divers tours de vieille guerre, les endommageoit, et conduisoit tellement ses entreprises que sur ses ennemis avoit tousjours eschec à l'advantage, jean d'auton, Artnales de Louis XU, p. 134, dans LACURNE. L'artillerie fit son esihec [coup] dans les Mutinades, d'aub. Hist. m, 393. Une grande sortie sur le reste fit un merveilleux eschec sur les Turcs, casloix, i, 4(. M. de Vieilleville, qui avoit laissé M. le prince de la Roche-sur-Yon en peine de lui, le voulut bien lever de cet eschec [inquiétude], ID. IV, 4.

— ÉTYM. Voy. ÉCHECS. Il y avait dans l'ancien français escheq, eschieq, eschac, qui signifiait butin et que Diez rattache à l'ancien haut allemand ic/id/t, butin , le c empêchant de rattacher ce mot à éclinir.

ÉCHECS (é-chè; i's se lie: des é-ohè-z en ivoire), s.m.plur. Il l'Jeu qui se joue à deux personnes, sur un damier de 64 cases, avec huit pièces et huit pionsde chaque côté. Le premierjoueur d'échecs du royaume, hamilt. Gramm. (O. || Aux échecs les fous sont les plus prés des rois, signifie qu'à la cour et près des princes les gens peu raisonnables sont souvent en grande faveur. Les fous sont aux échecs les plus proches des rois, Régnier, Sat. xiv. || Fig. Il se passa en Flandre des choses plus intéressantes; ce fut d'abord un beau jeu d'échecs [savantes opérations militaires], et plusieurs marches du prince d'Orange, st-sim. 80, 94. Il 2° L'ensemble des pièces de ce jeu. Des échecs en ivoire.

— HIST. Il* s. As eschecs jouent li plus saige et li viel, Ch. de Roi. viii. ||xii* s. D'eschas, de rivière et de chasse, [je] Voil que du tout [il] aprenge et sace [sache], benoît, v. hb37. || xm' s. Puis aprist il as tables et as eschas jouer, Parise la duchesse, du cange, scacatus. Joweir aux escas et ez tables, ID. ib. Il XV* s. Et trouva le comte de Hainaut son neveu qui jouolt aux eschecs au comte de Namur,

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