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chSteaux forts], Hist. littér. de la France, t. ixiv, p. 709.
— ÉTYM. Écheler.
t ÉCIIELAGE (é-che-la-j") , ». m. Terme de droit coutumier. Droit de poser une échelle sur l'héritapo d'autrui, afin de reconstruire ou de réparer un bâtiment ou un mur. {{ Terme de métallurgie. Partie du fourneau des grosses forges.
— HIST. xvi* s. La tolérance ou souffrance d'aucun qui a souffert autruy avoir veue, aigoust ou eschellage en son héritage, ne donne ne fait acquérir jouissance contre luy, sans tiltre exprès, Coustum. génér. t. i, p. 7».
— ÉTYM. Échelle.
t ÉCHELER (é-che-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : j'échelle, j'échellerai), v. a. Il 1* Escalader en appliquant l'échelle. Il' échelle la muraille. Je ne vois écheler ni rempart ni muraille, Parnasse des muses, dans leroux, Dict. comique.\\2° Terme militaire. Synonyme d'échelonner, jl 3* Terme d'ancienne législation. Exposer un criminel sur une échelle pour lui faire faire amende honorable.
— HIST. xiii* s. Pour la grant cité de Dieu prendre, Et pour les cieulx beaux escheller, du cange, eschallare. || xiv* U perçoit [voit] le chastel qui estoit alumez. C'est assavoir qui est esclariez à tous lez, Pour la double de ce qu'il ne fust eschelez, Guescl. V. 6696. Il IV' s. Ains gagnoient et conqueroient villes et forts chasteaux souvent, les uns sur les autres, par force et par pourchas, par embler et par escheler de nuit ou de jour, froiss. i, i, 324. .... Mariez qui autre femme prentEst eschellez selon le droit des cours; Dame à ami, qui fait un autre amant. Doit estre mise en l'eschielle d'amours, eust. DEscH. Poésies mss. dans lacurne. || xvi* Nos opinions s'entent les unes sur les autres, nous eschel- Ions ainsi de degré en degré, mont, iv, 237. Au haut justicier appartient la cognoissance des cas et crimes punissables de mort, mutilation de membres et autres peines corporelles, comme fustiger, fouetter, piloriser, escheller, marquer, Coustum. génér. t. I, p. 870. Les rats eschelans le colombier plus facilement par les encoigneures de dehors, o. de
— ÉTYM. Échelle; provenç. escalar, escaliar; espagn. escalar; ital. scalare. On trouve aussi rscaler au xvi* siècle : U avoit escallé une maison, ravi une fille et tué quatre ou cinq personnes de qui elle estoit héritière, d'aub. Fœn. iv, 6.
-j- ÉCHELET (é-che-lè), s.m. Genre de passeieaux ténuirostres.
— ÉTYM. Échelle, à cause que 2es oiseaux sont grimpeurs.
ÉCHELETTK (é-che-lè-f) , ». f. || 1* Sorte de petite échelle attachée à côté du bât pour y accrocher des gerbes, des bottes de foin ou des légumes, etc. Il 2" Ridelle qu'on met sur le devant d'une charrette, et qui sert à retenir la charge. || 8* Outil do passementier. || i' Terme de musique. Instrument dit aussi régale, formé de lames de bois dur qu'on touche avec une petite boule d'ivoire attachée à une petite baguette. || B* Terme de marine. Laize de toile à voile, dont la tète ne correspond pas, suivant lo droit fil, à la laize qui est au-dessus. || 6° Grimpereau de muraille, oiseau.
— HIST. XII' s. Et li poitrax fu à or estelé, Tôt environ d'escheletes ovré; Quant li chevax a un petit alez. L'or retentist et a un songeté, Agolant, dans DU cange, Gloss. (r. \\ xvr s. Les rasteliers ou escheletes, ou draches , diversement nommées, esquelles les grains des raisins se tiennent, o. de SERRES, 208. On y acoomoder» au devant une eschelele portant de petits degrés, par lesquels lapoulaille se rendra aisément dans le gelinier, ID. *4y.
— ÉTYM. Diminutif d'échelle.
t ÉCUELEUR (é-che-leur) , ». m. Anciennement, soldat, homme habile à monter à l'escalade.
— HIST. XV' s. Icellui Guilleteau dist au suppliant, que le sire de Pont [qui était en prison] avoit fait venir deux des meilleurs eschalleux de son pays, qui avoient failli deux fois à le mettre hors, du cansb, eschallare.
— ÉTYM. Écheler.
t ÉCHELIER(é-che-lié), ». m. Terme de construction. Longue pièce de bois traversée par des chevilles pour descendre dans une carrière, monter à un engin, etc.
— ÉTYM. Échelle.
1. ÉCHELLE (é-chè-r),s. /■. || 1° Machine composée de deux longues pièces de bois servant de supports à des bâtons disposés de manière à former un escalier. Monter à l'échelle. Tenir l'échelle. On punit
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comme voleurs ceux qui tiennent le pieJ do l'échelle. Tenir l'échelle pendant qu'il monte, PASC. Prov. «. Vous seul, Seigneur, tous seul, une échelle à la main, Vous portâtes la mort jusque sur leurs mui railles, kkc. Bifrén. i , ». || échelle double, échelle .qui sert pour monter à l'assaut et où deux soldats i montent de front, et aussi échelle qui est composée de deux échelles réunies par le sommet à l'aide d'une charnière, et qui peut servir sans être appuyée contre un mur ou un arbre. || Echelle à incendie, échelle de fer portée sur un chariot et se repliant sur elle-même, qu'on emploie dans les incendies. Il Kig. Tenir l'échelle, aider à l'élévation de quelqu'un. Il Après lui il faut tirer l'échelle, c'est-à-dire on ne peut mieux faire que lui : locution qui signifie que l'homme qui a monté a fait la besogne, et qu'on peut tirer l'échelle, étant inutile qu'un autre monte après lui. Lui fit concnvoir tant d'audace, Qu'il en monta sur le Parnasse, Puis tira l'échelle aprèsSoi.HAtTBE ADAM, dans RICIIF.LET. Il f:iut tirer l'échelle après celui-là, HOL. il('d. m. lui, li, t. Il Faire la courte échelle à quoiqu'un, joindre les mains de manière que le camarade puisse y poser un pied, puis porter l'autre sur une épaule et s'élever ainsi jusqu'aux fruits d'un arbre, jusqu'à la fenêtre d'uno maison, etc. Je lui ai fait la courte échelle, et il a atteint cette branche. || Fig. Faire la courte échelle, aider quelqu'un à se pousser. Ce n'est pas là ce que je vous demande; est-il bon camarade? peut-il pousser les autres? les faire valoir? les élever? leur faire la courte échelle? scribe, la Camaraderie, ii, <• || Terme de jurisprudence. Tour de l'échelle, servitude qui donne au propriétaire du bâtiment auquel elle est due le droit de placer une échelle sur l'héritage du voisin pour réparer son mur. On nomme aussi tour de l'échelle un espace d'un mètre qu'un propriétaire possède au delà d'un mur de clôture. Il Fig. Ce qui est, à cause de son usage, comparé à une échelle. Encelade fendra ce pénible fardeau Qui lui servit d'échelle, et, depuis, de tombeau , ROTR. Herc. mour. ni, 3. Sur un bois glorieux Qui fut moins une croix qu'une échelle des cieux, ID. St Gen. ii, 8. || 2° Échelle de corde, sorte d'échelle faite de corde et qui s'attache à l'aide de crochets au point où l'on veut monter. Elle attacha à un balcon une échelle de soie que le comte lui avait donnée, et fit entrer par là ce seigneur dans l'appartement de sa maîtresse, tESAGE, Diable boit. *. Il Échelle de meunier, escalier droit et à jour. Il Terme de marine. Tout degré, tout escalier fixe ou mobile. Échelle de dunette. || 8° Potence. Autrefois l'échelle était l'insigne de la haute justice. Je sais me démêler prudemment de toutes les galanteries qui sentent tant soit peu l'échelle , mol. Avare, n, 4. || 4° Échelle sociale, ensemble des diverses conditions de la société considérées dans leur superposition respective. || Échelle des êtres, théorie philosophique qui suppose que, depuis la matière brute et les derniers des êtres organisés jusqu'aux plus élevés, il y a une série non interrompue d'êtres de plus en plus parfaits. Quand on aura la nomenclature exacte de toutes les espèces que notre globe renferme, alors, et seulement alors, on pourra dire si l'échelle des êlres naturels est réellement interrompue, BONNET, Cons. corps or gan. Œuvres, t. v, p. 377. L'échelle de la nature pourrait n'être pas simple, et jeter de côté et d'autre des branches principales qui pousseraient elles-mêmes des branches subordonnées, m. Contempl. nat. 3* partie, ch. 26. Il Échelle de Jacob, échelle mystérieuse allant de la terre au ciel et vue par Jacoh en songe. Il B' Terme de géographie et de topographie. Ligne divisée en parties égales et placée au bas d'une carte ou d'un plan pour servir de mesure, chacime des divisions répondant à une longueur connue telle que lieue, mille, mètre, kilomètre, etc. Carte, plan sur une grande, sur une petite échelle. Plan à l'échelle d'un dix-millième, d'un cent-millième, c'està-dire que toutes les dislances sont dans la réalité loouofois, toooon fois aussi grandes qu'elles sont figurées sur le plan. || Fig. Travailler sur une grande échelle, faire un ouvrage de grande proportion, faire de grandes affaires. On dit aussi, en un sens opposé : sur une petite échelle. || Terme de perspective. Échelle de front, division des parlies égales sur la lipne horizontale, pareille à la ligne de la terre; échelle fuyante, division des parties inégales et de plus en plus petites sur une ligne de côté, depuis la ligne de terre jusqu'au point de vue. Il 8* Moyen démesure, de calcul. Il faut se faire une échelle pour y rapporter les mesures qu'on prend, j. j. bouss. Ém. v. || Échelle de proportion, tableau indiquant par des divisions linéaires ou par
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des nombres les variations éprouvées par ae» valeurs commerciales. || Kig. Nous avons en morale, pour évaluer les crimes, une autre échelle de proportion, LA HARPE, Cour» de lillér. t. v, p. 23î, Ledentu, («26. Il Terme de fondeur. Échelle campanaire [du latin eampana, cloche], r^gie qu'ont les tonueurs pour proportionner la longueur, la largeur et l'épaisseur d'une cloche à son poids, et pareillement cellea de son battant, pour lui f«re rendre certain son. Il Terme de teinturerie. Un certain nombre de nuances dont les teinturiers varient leurs couleurs. ||7°Termede mathématique. Echelle arithmétique, nom de la progression arithmétique par laquelle se règle la valeur relative des chiffres simples dans un système quelconque de numération. || Échelle logarithmique, ligne droite divisée en parties inégales et qui représente les logarithmes des nombres ou ceux des sinus et des tangentes. || 8" Terme de physique. Échelle d'un baromètre, d'un thermomètre, les différents degrés qui marquent sur ces instruments les mouvements des liquides qu'ils contiennent. Il Échelles des ponts, divisions arbitraires, ou véritables mesures linéaires, indiquées sur les piles des ponts pour faire connaître la hauteur de l'eau au-dessus d'un point qui est le zéro de l'échelle, et qui est établi soit à l'étiago, soit au niveau des points les moins profonds du lit. L'échelle du Pont-ltoyal, à Paris. || 9° Terme de musique. Échelle diatonique, succession des tons de la gamme. Échelle chromatique, série des douze demi-tons que contient une octave dont on a divisé chaque ton entier en deux parties censées égales. Échelle enharmonique, série d'intervalles moindres d'un demi-ton, et communément appelés quarts de ton ou commas, sur la considération desquels est fondé le genre enharmonique. Il suffit d'examiner son échelle [du chant grégorien] pour se convaincre de sa haute origine, chateaub. Génie, m, t, 2. Il 10° Terme de marine. Proprement, lieu où un bâtiment pousse à terre une échelle ou une planche pour y opérer le débarquement de ses passagers ou de ses marchandises, jal. || Échelles du Levant, nom de certaines villes de commerce qui sont sur la Méditerranée, vers le Levant, telles que Smyrne, Alep, le Caire, etc. où plusieurs nations de l'Europe tiennent des consuls et ont des bureaux qui se nomment comptoirs. Ce qui pressera le grand vizir de se résoudre promptemeut, ou de ailisfaire l'ambassadeur ou de laisser embarquer tous les Français des échelles, du quesne, Lettre à Seignelay, 8-24 oct. tesi, dans jal. || Échelles barbaresques, places situées sur les côtes de la Barbarie. Aben Hamet «"embarquaà l'échelle de Tunis, chateaub. Vern.Abenc. tB3. Il II se dit aussi d'autres localités de l'Orient. Toutes ces liaisons avec les différentes échelles de l'Inde font entrer chaque année vingt-cinq à trente millions dans le Bengale, ha ynal, Htst. pliil. m, 3o. Il Faire échelle, relflclier dans un port du Levant. On dit plus souvent faire escale. || 11» Terme de marine. Sorte de bec très-avancé ayant la figure d'un triangle équilatoral qu'on a comparé à l'une des parties d'une échelle double et qui se trouve dans quelques-uns des bâtiments latins de la Méditerranée. Il 12* Sorte de crible pour nettoyer le grain. Il 13° Terme de botanique. Échelle de Jacob, la polémoine bleue {polemonium cseruleum, L.).
— mST. xn" s. Par iloec est es chambres Roberz del Broc entrez ; X eschieles i ad les chevaliers muntez. Th. le mart. ti*. || xm* s. Et li Venicien furent en la mer, es nez [nefs] et es vaissiaus, et drecierent les eschieles et les mangoniaux et les pierrieres, villeii. lxxiv. Il font eschiel [s'échelonnent] en la mer, ce est à dire qu'il s'esloingnent de le autre entor de cinq milles, et ensi se partent [s'écartent] le une jouste l'autre vingt nés [nefs], si que cent miles tienentde mer; et tantost qu'il voient aucune nef de niercaant, il font luminaire de feu le une à l'autre, et en cestes manières ne pot aler nule nef pour cete mer qu'il nel'auent [ayent], loy. de harc Pol, ch. 183, p. 424, dans JAL. Cil qui jurent vilainement de Dieu et de nostre dame doivent estre mis en esqueleune horedu jour, bealh. 42. 11 fist mettre un orfèvre en l'eschiele à Cezaire, en braie et en chemise, joinv. 293. || xv s. Si y eut là [au siège de Duras] fait sur les eschelles plusieurs grands appertises d'armes, proiss. ii, ii, n. Un gentilhomme nommé Verdun, par l'adveu et du consentement du duc de Bretagne, prit d'eschelle les places de Conac et deSaint-Maigrin, berrt. Chroniques depuis noi, p. 434, dans LACiiRNE. || xvi* s. S'arresterent au pied des degrez de l'eschelle [escalier] par où l'on monte en la salle du chasteau, jean d'adton. Annales de Louis XII, p. 3t4, dans lacdrnb. Elles furent ap-
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pelées ellmacides, comme qui dirait «schelleres, pour autant qu'elles se courboient à quatre pieds et faisoient eschelles deleur dos aux femmes des princes et des roys, id. Com. dise, le flatt. 7. Ils ont avec eulx douze charrettes d'eschales, de la mesure qu'il les fault, CARLOIX, v, 23. Les ennemis vindrent avec un grand nombre d'eschelleslwnnes, et bien double» et renforcées, Martin du hell. 420. Pilori et eschelles sont signes de hautes justices; et qui peut avoir et faire l'un, il peut scmblablement avoir et faire l'autre, Coustum. (jénér. t. i, p. M.
— ÉTYM. Wallon, hdle; nam. chaule; picard, ékelle; Berry, éehalle ; provenç. et espagn. escala; ital. seala ; du latin scala.
t 2. ÉCHKLLE (é-chè-l'), s. f. Anciennement, échelle tactique, évolution ou disposition de l'ancienne tactique. Ce mot, qui s'appliquait surtout à la cavalerie, répondait à escadron ou à subdivision de colonne.
— ÉTYM. Ce mot est un reste de l'ancien français eschele, signifiant escadron: De François sont les premières escheles, Ch. de Itol. ccxvi; Quant nostre gent les virent, si firent quatre eschieles, villeb. LXiv; Et li emperere Henris voit [va] sermonant d'eschiele en eschiele, henhi de valenc. vi. C'est l'ancien français eschiere; le provençal esqueira tscala; anc. calaL eschala; ital. schiera; du germanique: anc. haut-allem. scara; allem. Schaar; suédois, scara, troupe; de l'anc. haut allem. scarjan, skerjan, disposer, ordonner. Etqui'ere s'est confondu avec eskiele par assimilation fautive.
t ÉCUELLEMENT (é-chè-le-man), i. m. Action d'écheler, d'escalader.
— HIST. xiv* s. Plusieurs bonnes villes, chastiaulx et forteresces estoieiit prises tant par cschelement, comme autrement, du canoë, eschalare.
— ÉTYM. Écheler.
ÉCHELON (é^:he-lon), ». m. || 1* Chacune des petites pièces de bois qui forment les degrés de l'échelle. D'échelon en échelon on arrive au haut de l'échelle. || Terme de marme. Marche, coche ou taquet servant à poser les pieds pour monter. || t' Fig. Ce qui sert de degré d'intervalle en intervalle. Nous pouvons supposer dans l'échelle de notre globe autant d'échelons que nous connaissons d'espèces: les dix-huit à vingt mille espèces de plantes qui composent nos herbiers sont donc dii-huit à vingt milie échelons de l'échelle terrestre, bonnet, Contempi. nat. 2' part. ch. 10. || 8" Fig. Ce qui sert à l'élévation , à l'avancement Je vous supplie de ne pas souffrir que je tombe dès le premier échelon de ma fortune, balz. liv. vu, lett. Bi. Il Le dernier échelon, l'échelon le plus élevé , le point le plus élevé. Tous les hommes étaient montés au dernier échelon de la folie, VOLT. Dial. <o. || En un sens contraire, le dernier échelon, le premier échelon, le point le plus bas. Quand l'homme atteint au plus haut degré de civilisation, il est au dernier échelon de la morale, CHATEAL'B. Génie, I, m, 3. Il Descendre d'un échelon, descendre un échelon, de.scendre de son rang, de son grade, au rang, au grade inférieur. Il 4° Terme d'art militaire. Disposer des troupes par échelons, les disposer sur divers plans, de manière qu'elles puissent se soutenir et se remplacer. || Il se dit aussi de po.stes disposés d'espace en espace. Quelques postes militaires placés dans quatre villes en cendre ne suffisaient pas pour garder une route de quatre-vingt-treize lieues; car on n'avait pu établir que quelques échelons, toujours trop espacés sur une si longue échelle, séolr, Hist. de Napoi. viii, 9.
— HIST. xiu* s. De l'eschiele les eschilons Ainsinc copons, et l'essillons De ses amis, qu'il n'en saura Jà mot, que perdus les aura, la Uose, <I855. Puis a les escaillons moult bien amesurés. De l'un deus pies à l'autre à tant les a esmés [estimés], Ch. d'Ant. VI, 363. Il xvi' s. Les pretendans à la couronne trouvent tous les eschelons jusques au marchepied du throsne, et petits et aùsez, mais.... d'aub. Hist. m, 288. Le premier eschelon pour parvenir à ce grand bien de paix est la trefve, carl. ix, 4».
— ÉTYM. Échelle; picard, écaillon; provenç. escah, scalo.
ÉCHELONNÉ, ÉE (é-che-lo-né,née), part, passé. Des postes, des régiments échelonnés.
ÉCHELONNER (é-che-lo-né),t'. a. Terme d'art militaire. Ranger par échelons. Échelonner des troupes. Il S'échelonner, v. réfl. Se mettre par échelons.
— ÊTYH. Échelon.
t ÉCHENAL (é-che-nal), ». m. Gouttière en bois pour recevoir l'eau des toits. || Rigole servant de conduite au métal fondu pour couler une cloche, un canon. ||0n dit aussi écheneau.
— HIST. XTi" s. Si sur mur mitoyen ou parsonnief
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sont posez eschenels et chanlettes communs 4 recevoir les e.\u% des deux maisons joignantes, Nouv. eoust. génér. t. ii, p. 4)37.
— ÊTYM. Cheneau ; bourgufg. échenet, gouttière.
t ÉCnEXE (é-kÈ-n') ou ÊCnÉXfilDE (é-ké-né-i-d'), t. m. Poisson qui se fixe aux rochers et aux faisseaux par un disque dentelé qu'il porte sur la lête.
— ÊTYM. "Exevril;, de Exstv, retenir, et vaûç, navire.
t ftrrTEXKAU (é-che-nô), s. m. Voy. Scitcnal.
ÊCIIEMLLAGE (é-che-ni-lla-j', Il mouillées, et non é-che-ni-ya-j'), s. m. Action d'écheniller. La loi du 26 ventôse an iv prescrit au propriétaire et au fermier l'écheniUage sur les arbres, les haies et les buissons.
— ÉTliTI. Écheniller.
ÊCHTÎNIIXÉ, ÉE(é-che-ni-I!é, liée, ZJ mouillées, etnon é-che ni-yé, yée) , part, passé. || 1° Arlires échenillés. || 2° Terme de construction. Grès échentllé, pierre échenillée, grès, pierre piquéeavec le marteau, qui y figure quantité de petites lignes courbes, ou tortueuses, en l'orme de chenilles.
ÉCHENILLER (é-che-ni-llé. Il mouillées, et non é-cbe-ni-yé), v. a. Terme rural. Débarrasser des chenilles. Un maître ordonne qu'on échenille les arbres de son jardin, volt. Babouc.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et chenille; picard, f7feiii7/cr.
1 ÉCIIENILLECR (é-che-ni-IIeur, H mouillées, et non é-cbe-ni-yeur), s. m. \\ 1° Terme rural. Ouvrier qui échenille les arbres. || 2° Terme de zoologie. Genre d'oiseaux qui vivent uniquement de chenilles et qui appartiennent à la zone torride où il y a en toute saison des chenilles ou des larves de chenilles. Il Tout animal qui détruit les chenilles dans les jardins.
— ÊTYM. Écheniller.
ÉCHENILLOIR (é-che-ni-lloir , Il mouillées, et non é-che-ni-yoir), s. m. Instrument dont on se sert pour écheniller.
— ÊTYM. Écheniller.
f ÊCnENO (é-che-no), s. m. Terme de fondeur. Bassin de terre fine et parfaitement liée, en forme de carré long, ayant communication avec le canal du fourneau devant lequel il est placé, et recevant la matière en fusion, Dict. des aris et met. Amst. <767, fondeur eti tronzc. || On trouve aussi écheneau, qui est la véritable orthographe.
— ÊTYM. Voy. ÉCHENAL.
ÉCKEVEAU (é-che-vô), t. m. || 1° Certaine longueur de brins de fil, en coton, en soie, en laine, en chanvre ou lin, moulinés; ces brins sont roulés en forme de cercle et attachés à une partie de ce cercle par le bout qui en réunit tous les tours et qui s'appelle centaine. Les filles du village.... Peignaient leurs longs cheveux qui pendaient en dehors (des balcons] Comme des écheveaux.... lamart. Joc. 1, 34. Il Terme de commerce. Assemblage de dix échevettes. Dans la filature du coton, l'écheveau français métrique doit avoir mille mètres. || 2° Fig. Affaire ou narration d'affaire longue et embrouillée. C'est un écheveau qui ne finirait point, sÉv. 687.
— HIST. xiv* s. Le suppliant print trois eschez de filet, DU CANGE, eschacta. Six ou huit eschiefs de fil blanc, ID. ib. || xv s. Abusé m'a et fait entendre.... Du matin qu'estoit le serain.... D'une tour un moulin à vent. Et d'une baye ung escheveau, vaLON, G. test, double ballade. Deux escheveles de fil, DO CANGE, eschaota. Trois eschevaulx ou escaignes de fil, in. ib.
— ÊTYM. Pic. ékignée, écagnon, écaigne, écane, échel, échit; génev. échevette; wallon, echè; rouchi, échè. équè; bas-lat. eschaota. Les formes de l'ancienne langue ou du patois, telles que escaigne, ékignée, écagnon, écaigne, écane, viennent del'anglaisi/cct'n, écheveau, lequel provient probablement du celtique : gaél. sgein, sgemnc; irl. «gaine, écheveau. Les formes qui ont un t ou une f, eschaota, eschex, eschiefs, ^chef, Mit, ne paraissent pas pouvoir y être rattachées; à ces formes tiennent sans doute échié, quantité de fil sur un dévidoir. D'autre part la langue a aussi echeau, ancien terme qui désignait une sorte de bois pour la tonnellerie (Chacun echeau de grand bois à faire pipes, Arr. du parlem. te sept. (677), et escheveau, poutre (Icelluy trayné après eulx, menacé de pendra à l'escheveau de sa maison ou au premier arbre qu'ilz trou-
.veroient, Ordonn. juillet )498). On a proposé pour écheveau l'étymologie es-cherel, comme qui diroit échevelé; le sens n'est pas bon. Scheler propose scapellus, diminutif du latin scaput, rouleau ; tcapeiitw pourrait dionner en effet eschevel, et le sens
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de poutre ou poutrelle qu'a eu eîc/i«t)eau vient grandement M'appni de l'opinion de Scheler.
ÉCHEVELÉ, ÉE (é-cheu-ve-lé, lée; commedeux e muets se suivent, le premier prend le son de en), adj. Il 1" Oui a la chevelure éparse et flottante. Elle accourt l'œil en feu, la têteéchevelée, boil. I.utr. ii. Ou tel que d'Apollon le ministre terrible. Impatient du dieu dont le soufde invincible Agite tous ses sens, Les yeux étincelants, la tête échevelée. Du temple fait mugir la demeure ébranlée Par ses cris impuissants, J. b. rouss. Ode au comte du Lnc. C'était un jeune homme d'une figure charmante; paie, échevelé, baigné de pleurs, il était à genoux au chevet de mon lit, M"« de genlis, Mlle de la Fayette, p. 35, dans lacurne. Un de ces soirs fameux, chers au peuple romain. Où des temples secrets la Vénus impudique Sortait échevelée, une torche à la main, A. de musset, Voés. nouv. Lelt. à Lamartine. \\ Poète échevelé, s'est dit, sous la Restauration et depuis, pour poète romantique; lamôt par raillerie et tantôt sérieusement, comme dans ce vers : Ô poètes sacrés, échevelés, sublimes I v. HDGO, F. d'aut. 38. Il 2° Par extension, pendant et en désordre. Qu'un jeune homme soit frappé de l'effet d'une cascade.... le bruit, les masses d'ombres, les plantes échevelées, la neiga de l'écume, tout se gravera dans la mémoire de l'élève, cha- TEAUB. Dcs.'Jtn, 273. Le Danube qui, par cinq fleuves. Tombe échevelé dans la mer, v. hugo, Orient. (2.
— HIST. XI* s. Là vint curante cum femme forsenede, Bâtant ses palmes, criant, eschevelede, St Alexis, Lxxxv. || xiii' s. Ele saut sus comme desvée. Toute nue et eschevelée, Ren. 288. ||xv*s. Nymphes adonc, pleurans eschevelées, marot,
— ÉTYil. Écheveler; Berry, égévé. On a dit aussi deschevelé.
t ÉCHEVELER (écheu-ve-lé; comme deux e muets se suivent, le premier prend le son de en. VI se double devant les e muets), f. a. Laisser flotter sa chevelure, mettre en désordre la chevelure. Il S'écheveler, «. rc'jl. Sa crinière s'échevelle.
— HIST. xvi's. Elles ont beau s'écheveler et s'esgratigner, mont, iii, 177,
— ÉTYM. Bas-lat. excapillare (si quia mulierem excapillaverit, Lex salica, p. 1&8), de ex, et capillvs, cheveu.
t ÉCHEVELLEMENT ( é-che-vè-le-man ) , s. m. Action d'écheveler; état de celui qui est échevelé.
— HIST. xvi" s. EscheveOement, oddin.
— ÊTYM. Écheveler.
t ÉCHEVETTE (é-che-vè-f) , s. f. Terme de commerce. Petit écheveau. || Dans la filature du coton, le dixième de l'écheveau.
— ÉTYM. Voy. ÉCHEVEAU.
ÉCUEVIN (é-che-vin), s. m. Anciennement, magistrat municipal. S'il [le roi] ne le veut [avancer des fonds], afin d'y satisfaire. Aux échevins on dira franchement : L'argent surtout est chose nécessaire, LA FONT. Ballade à Fouqnet pour faire obtenir à Château- Thierry une subvention à l'effet de reparer le pont. Il Dans les Pays-Bas, magistrats adjoints aux bourgmestres. || Dans certaines provinces, nom des marguilliers. || Homme de loi nommé par le seigneur pour rendre la justice aux vassaux.
— HIST. XIII* s. Li archevesques Guillaumes, qui devoit palier les frais dou coronement,les demanda et requist à eschevins de Rains, Chr. deltains, I6B. Il XV* s. Et puis establit [le comte de Montfort à Rennes] baillis, prevos, eschevins, sergens et tous autres officiers, froiss. i, i, l&i. \\ xvi* s. Echevin tournant le droit au contraire.... De peu d'estime et de basse mise, leroox de lincy, Prov. t. n, p. •■î75.
— ÉTYM. Espagn. esclavin; ital. scabino, scliiavino; bas-lat. scabinus ; du germanique : ancien saxon, scepeno; anc. haut-allem. sceffeiio, sceffen; allera. Scheffen, Schôffe, de schaffen, régler, ordonner.
ÉCUEVINAGE (é-che-vi-na-j'), s. m. Fonction d'échevin. || Temps de cette fonction. || Corps des échevins.
— HIST. XIII* s. En son eskevinage. Il eut bien le tesmoignage, Par foi , k'il fit la taille à point, Poés. mss. dans lacurne. L'arcevesque Guillaume Blancemain, qui tant valu à son tans qu'il restablit eschevinnage ît Rains et fit moult de biens, Chr. de Uains, p. ». Il XV* s. Et fut l'eschevinaige osté, et ordonné qu'il n'y auroit plus nuls eschevins, juven. des URS. ch. VI, 4 382.
— ÉTYM. Échevin.
tÊCHEVTOAL, ALE (é-che-vi-nal , na-l'), adj. Qui concerne le corps des échevins ou une municipalité.
Écn
— ^IST. XVI* S. X charge d'en tenir registres et bailler lettres eschevinalles, Coust. génér. t. ii,
— ÊTYM. Échevin.
t ÉCIIIDNÉ (6-ki-dné), s. m. Terme de zoologie. Genre d'animaux de la famille des édentés et qui vivent dan» des terriers.
— ÉTYM. 'Ey.iSva, vipère, par une mauvaise assimilation des longs et forts piquants des échidnés avec les crochets de la vipère.
t ÉCHIDXINE (é-ki-dni-n'),».f. Terme de chimie. Substance organii|ue qui est le principe venimeux du venin de la vipère.
— ÉTYM. 'Eyiôva, vipère.
+ ÉCHIF, rVE (é-cbif, chi-v'), adj. Terme de fauconnerie et vénerie. Farouche, gourmand. Chien oiseau échif.
— HIST. xiii* s Ne soiez mie eschiex De lui
monstrer ce que tu vois. Fabliaux mss. n* 7615, t. II , f" 1 66 , dans LACURNE. Il XIV* s. Garde que tu sois garnyd'un oyselet vif, à lui mettre [au faucon] ou [au] pié l'endemain au point du jour; et s'il le prent asprement, si lui oste le chapperon...., et se tu vois qu'il soit trop eschif [farouche], si lui remet le chaperon, Madus, ms. ^ 4 38, dans lacurne.
--ÉTYM. C'est l'ancien adjectif eschiu, eschif, timide, farouche, chiche; provenç. eiqutit; espagn. esquivo; ital. schivo; de l'allemand sclieu, timide, farouche (voy. esquiver).
t ÉCHIFFE (é-chi-f) ou ÉCHIFFRE (é-chi-fr'), s. m. Terme d'architecture. Mur rampant par le haut, qui porte les marches d'un escalier. 11 y a des échiffres de bois.
— HIST. -TV s. Celui qui devoit faire le guet en icelle eschip.. ■ , ua cange, eschifa. Comme de nouvel en la forteresse de la ville de Montsanion soient cheuz et ruinez deux pans des murs, ensemble les eschiffes qui sus estoient, id. ib. || xv* s. Lesquels linceul le suppliant lia par les deux cornets et les attacha à une escbiffe ou petite maisonnette, n.ib.
— ÉTY5Ï. Bas-lat. eschiffa, schiffa, chiffa, maisonnette, guérite, mot qui s'est réduit à signifier une partie de bâtiment et qui semble le même que échoppe.
t ÉCHIGNOLE (é-chi-gno-r), t. f. Espèce de fuseau dont on se sert, en faisant de la ganse, pour mêler ensemble les différents brins de soie ou de fil.
— ÉTYM. On peut croire que ce mot est de même radical que escaigne, eschagrw,, qui signifiait écheveau (voy. ce mot, à l'étymologie).
jÉCniLLON (é-chi-Uon, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Nuage noir dont la queue forme une trombe ou un siphon (Levant).
t ÉCUIMVS (é-ki-mis'), s. m. Genre de mammifères de l'Amérique méridionale, à corps couvert supérieurement d'un mélange de piquants aplatis et de poils, et terminé par une longue queue revêtue d'écaillés et de poils.
— ÉTYM. 'E^îvo;, hérisson, et |jiO;, rat.
i. ÉCHIXE (é-chi-n'), s. f. Épine du dos, longue colonne située entre la tête et le bassin. L'échiné j'allongeais comme un âne rétif, régnieh, Sat. viii. Le long de ton échine Je grimperai premièrement, la font. Fabl. m, 5. L'animal à longue échine [la belette], id. t6.iv, 6. Tandis que Colletet, crotté jusqu'à l'échiné, Vamendier son pain de cuisine en cuisine, boil. Sat. i. || Frotter l'échiné, ajuster l'écbine, donner des coups de bâton sur le dos. Mais si ce monsieur dont j'ons frotté l'échiné.... hauteroche, Nobles de province, i, -14. Ahl vous y retournez! Je vous ajusterai l'écbine, mol. Amph. III, 7. Il Fig. Courber ou plier l'échiné, se soumettre bassement. || Il a l'échiné souple, flexible, il est prêt à toutes les complaisancos pour ses supérieurs. Il Longue échine, maigre échine, personne fort maigre.
— HIST. XI* s. Toute l'eschine [il] lui desevre du dos, Ch. de Roi. xci. Sur les eschines qu'il ont enmi les dos, ib. ccxxxn. || xiii* s. Et lessiez ester lesgelines. Qui trop ont megres les eschines, Ren, 2880. Oliphans [l'éléphant] sor sa haute eschine, la Rose, 18009. Et tante torte eschine et tant ventres enflés. Et tante jambe torse et tant pies bestornés, Ch. d'Ant. vui, 44». ||xv* s. Si très grands coups s'entredonnerent es targes, que à tous deux les eschines convint ployer et les lances voler en pièces, Boucic. I, 16. Il XVI* s. Ung Atlas à la grande eschine, hab, Pant. III, 8. Encor' le logis de l'artillerie gardé par les Suisses flanquoit les deux costés et battoit en eschine le devant de ce corps de garde [pour le protéger], d'aub. Bisi. i, 287. Aians renversé Rassi et son enseigne, ils font tourner l'eschine à Sarrion, id. ib. m, 35. Un garçon de iSaas
Èm
tnn nafçeoit de l'eschine quatre ou cinq lieues quand il Touloit, ID. ib. II, 30S.
— ÉTYM. Bourptuign. ér.haigne; wallon, tikrenn, tkreinn; provenç. esquina, esquena; espagn. etquena; ital. schiena. Sp ne se changeant pas, dans l'ouest des contrées romanes, en sq, il faut rejeter le latin spina qui, d'ailleurs, avec son i long, n'aurait pas été changé en e ou en te. l'ar ces considérations, Diez propose l'ancien haut-allemand skina, aiguille, piquant. Cependant il faut prendre en considération le celtique : comwall. chein, dos, hasbreton kein, qui ont pu facilement devenir eskein ou skein, et déterminer la transformation de ipina.
2. ÉCUINK (é-chi-n'), t. f. Terme d'architecture. Ornement dit aussi ove, semblable à des cn&taignes ouvertes, qui se met au chapiteau de la colonne ionique. || Moulure qui forme un quart de rond ou une autre portion de courbe, et qui est placée audessous du tailloir dans le chapiteau dorique.
— Etym.'Exïvoc, hérisson; parce que la coque hérissée de la châtaigne ressemble à un hérisson.
t. ÉCHINÉ, ÉE(é-chi-né, née), part, passé. Assommé de coups, excédé de fatigue.
t 2. ÉCHINÉ, ÉE (é-kiné, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui est hérissé de poils roides et piquants. L'involucre de la ch&taigna est échiné.
— ÊTYM. 'Extvoç, hériiison.
ÉCHINËE (é-"chi-née), s. f. Quartier du dos d'un cochon.
— HIST. xiii» s. Tout le colpa 11 dus [le duc le coupa d'un coup d'épée] très parmi l'eschinée. L'une moitié del Turc cheï emmi la prée, EtU autre remaint en la sele dorée, Chans. d'Ant. iv, 792. R xiv* s. Venoison aux souppes, oes [oies] salées et eschinées, Uénagier, ii, 4.11 xvr s. Les jambes, les oreilles, les langues, leseschinées, jusqu'aux moindres extrémités et particules, tout s'emploie, o. de
— ÉTYM. Échine < .
+ ÉCH1NÉEN, ENNE (é-ki-n^-in, né-è-n'), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble au hérisson. US. m.plur. Les échinéens, famille de mammifères qui a pour type le genre hérisson.
— ÉTYM. 'Exïvoç, hérisson.
tÉCUlNELLE (é-kinè-l') , ». f. Genre d'algues d'eau douce.
— ÊTYM. 'Exïvoç, hérisson.
ÉCHINER (é-'chi-né), v. a. || 1° Rompre l'échiné. Il l' Tuer dans une mêlée, dans une déroute. Les paysans échinèrent tous les fuyards. || Familièrement. Se faire échiner, se dit d'une troupe de guerre qui, dans un combat, essuie de grandes pertes. Ce régiment s'est fait échiner à l'attaque de la redoute. Il 3° Echiner de coups, assommer quelqu'un. On vous happe notre homme. On vous l'échiné, on vous l'assomme, la font. Fabl. xii, 22. || Absolument. De ces gens qui ne parlent que d'échiner, mol. Seapin, u, 8. || 4» S'échiner, v. réfl. Se rompre l'éciiine. Il Fig. S'excéder de fatigue, se donner beaucoup de peine. Qu'il a de mal! ahl sans doute il s'échine; U est souvent debout toute la nuit; Comme il conduit, disons-nous, sa machine [sa place, sa fonction] ! — C'est sa machine, amis, qui le conduit, pons (de Verdun), Contes et poésies diverses, p. 70.
— REM. Le peuple prononce volontiers échigner. Mes enfants, on ne vous défend pas de poursuivre les ennemis quand ils s'enfuiront, mais je ne veux pas que vous alliez vous faire échigner mal à propos sur la contrescarpe de leurs autres ouvrages [paroles de Vauban], fac. Lett. àBoileau, 46 juin <a92.
— ÉTYM. Échine t.
t ÊCHINIDE (é-ki-ni-d') , s. m. Terme de zoologie. Les échinides, les oursins.
— ÉTYM. 'Eyîvoc, hérisson.
t ÉCHINIPËDE (é-ki-nipè-d'), adj. Terme de zoolot'io. Oui a les pattes hérissées de poils roides ou de piquants.
— ÉTYM. Lat. echiniu, hérisson, et pes, pied. ■fÊCHINITE (é-ki-ni-f), t. m. Oursin de mer
pétrifié ou fossile.
— ETYM. 'Exïvo;, hérisson, et la finale ite qui en géologie indique un fossile.
t ÉCUINOCARPE (é-ki-no kar-p'), adj. Terme de botanique. Qui a le fruit hérissé de pointes roides. || S. m. Grand arbre de l'Ile de Java.
— ÉTYM. 'Exïvoî, hérisson, etxapnè;, fruit. tÊCHINOCOQUB (é-ki-no-ko-k'), t. m. Terme
de zoologie. Genre d'entozoaires cestoldes qu'on rencontre souvent en quantité considérable dans les hydatides.
— ÉTYM. 'Exïvoç, hérisson, et xôxxo;, grain. tËCHINOPERMK (é-ki-no-der-m'}, adj. Terme!
tca
de zoologie. Oui a la peau hérissée de tubercules, de pointes ou d'épines. || Nom d'animaux rayonnes ou radiaires à peau dure ou pourvue de pièces calcaires. Il On dit aussi échinodermaire.
— ÉTYM. 'Exïvo;, hérisson, et îtf|ia, peau.
t ÉCHINOÏlié (é-ki-no-i-d') , adj. Terme de zoologie. Oui ressemble à un oursin.
— ÉTYM. 'Exïvoç, hérisson, et eWo;, forme.
t ÉCHINOMVIE (é-ki-no-mi-ie), »./. Genre de diptères.
— ÉTYM. "E/ïvoç, hérisson, et |ii\iî«, mouche.
f ÉCIIINON (é-chi-non), t. m. Terme rural. Botte cylindrique dans laquelle on met le caillé dont on veut faire du fromage.
t ÉCUINOPE (é-ki-no-p'), i. m. Genre de flosculeuses qui renferme des plantes vivaces, indigènes des contrées chaudes de l'Europe.
— ÉTYM. 'Exïvo;, hérisson, etitoiiç, pied.
t ÉCHINOI'ÉES (é-ki-no-pée), t. f. plut. Famille de plantes à lleurs composées, qui a pour type le genre échinope.
t ÉCUINOPIIORE(é-ki-no-fo-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des épines.
— ÉTYM. 'Exïvoç, hérisson, et ipopèç, qui porte, t ÉCl'lINORRHYNQCE (é-ki-no-nn-k') , s. m.
Terme de zoologie. Genre d'entozoaires qui ne se trouvent pas chez l'homme. L'échinorrliynque géant est très-commun chez le cochon et le sanglier; on le rencontre aussi chez le mouton.
— ÉTYM. 'Exïvoç, hérisson, et fOfxoç, bec.
t ÉCHINOSPÈRME (é-ki-nu-spèr-m'), adj. Terme de botanique. Qui a des graines hérissées de poils rudes.
— ÉTYM. "Exïvoç, hérisson, et ffitépfia, graine. fÉCHINOSTOME (é-ki-no-sto-m'), adj. Terme
de zoologie. Qui a la bouche hérissée de dents ou de crochets.
— ÊTYM. 'Exïvoç, hérisson, et 0TÔ(ia, bouche. fÉCHINULÊ, ÉE (é-ki-nu-lé, lée) , adj. Terme
d'histoiru naturelle. Qui est hérissé de petites épines ou de petits tubercules.
— ÉTYM. Lat. echinus, hérisson, et le suffixe diminutif uU.
f ÉCHINDRE (é-ki-nu-r'), adj. Terme de zoologie. Qui a la "queue hérissée d'épines.
— ÉTYM. 'Exïvo;, hérisson, et oùpà, queue.
t ÉCHIOGLOSSE (é-ki-0-glo-s') , s. m. Genre de plantes de la famille des orchidées.
— ÉTYM. "Ex'Ç, vipère, et yXôidua, langue.
tÉCinOÏDE"(é-ki-o-i-d'), s. m. Terme de botanique. Dont la semence a de la ressemblance avec la tête d'une vipère.
— ÊTYM. 'Exiç, vipère, et t'Soç, forme. ÉCHIQ0ETE,'ÉE(é-chi-ke-té, tée), adj.|| l" Terme
de blason. Divisé en carrés semblables à ceux d'un échiquier. L'écu est échiquelé lorsqu'il a au moins vingt-quatre carreaux. On spécifie le n'imbre de lignes ou de traits que portent ces carreaux. Fasce échiquetée d'argent et de gueules de trois traits. Il 2° Terme didactique. Rangé comme les cases d'un échiquier.
— HIST. XV' s. Et aussi mourut un escuyer de Bretagne qui s'armoit de gueules à deux chevrons eschiquetés d'or et d'azur, froiss. ii, h, 41. || xvi's. Haultains esprits extraits de gentillesse. Nobles enfants de Millan la cité. Ornez, vestus en extrême richesse. Drap d'or, velours eschiqueté sans cesse, Pour demonstrer la prodigalité, i. mahot, p. 4 59,
dans LACDRNE.
— ÉTYM. U n'est pas douteux que eschiqueté, dans l'exemple de i. Marot, ne soit le même que déchiqueté (voy. ce mol), es au lieu de de. U n'est guère douteux non plus que eschiqueté, en termes de blason, ne se rapporte à échiquier; mais, comme ladérivation d'eic/iiquter en esc/iiquel^ n'est pas possible, on doit supposer qu'il y a eu confusion par assimilation de eschiqueté avec eschiquier. La forme régulière est eschequé (en eschiquier), qui se trouve en effet.
ÉCHIQUIER (é-chi-kié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'î se lie : des é-chi-kié-z ornés), s. m. Il 1° Table divisée en carrés alternativement blancs et noirs, sur laquelle on joue aux échecs et aux dames. || Fig. Champ de bataille. L'empereur alors dit à Belliard que rien n'était encore assez débrouillé ; que, pour faire donner ses réserves. Il voulait voir plus clair sur son échiquier, s^cijR, Hist. de Nap. vii, 40. || En échiquier, loc. adv. Par carrés alternés. En forme d'échiquier les plats rangés sur table, rëgmer, Sat. x. || On dit que des arbres sont plantés en échiquier, lorsque, représentant plusieurs carrés, ils offrent des lignes droites, de auelque cfité qu'on les regarde, c'est-à-dire lors-
qu'ils sont plantés à tous les angles des earr^^s d'un échiquier tracé fictivement sur le terrain. || Terme de menuiserie. Espèce de compartiment componé de carrés disposés parallèlement aux côtés de l'ouvrage. Il 2* Terme de blason. 8e dit de l'écu diviséen plusieurs carrés, les uns de métal et les autres de couleur. Il En échiquier, voy. tcntqvKTt. \\ »• Ordre particulier de marche des vaisseaux qui naviguent de conserve. Il Terme militaire. Position de troupes ainsi nommée parce qu'elle a quelque ressemblance avec les cases de la table du jeu d'échecs. Former l'échiquier. Disposer en échiquier. || 4* Abaque ou table à compter, dont on se servait pour la perception des impôts. Il Assemblée des hauts justiciers de Normandie, érigée en parlement par Louis XII en 4 49». Et ayant eu l'honneur [Alençon] d'avoir été longtemps l'apanage de l'un des enfants de France, en laquelle pour cette considération soûlait être l'échiquier souverain du pays qui fut supprimé et uni à notre parlement de Rouen par le décès de François duc d' Alençon, en l'an 4 684 seulement, Édit, mai 46ï6. Il B" En Angleterre, juridiction qui règle toutes les alTairesdes finances. La cour de l'échiquier. Le chancelier de l'échiquier. || Billets de l'échiquier, nom des bons du trésor en Angleterre. || Trésor. Cette madone [N.-D. de Lorette] plus riche qu'aucun roi de la terre, car il ne sort jamais un schelling de son échiquier, voLT. Phi'J. v, 374. ||6*Terme dépêche. Grand filet carré soutenu par deux demi-cerceaux et attaché au bout d'une longue perche. || Espèce de patron sur lequel les vitriers prennent leurs mesures. Il 7* Nom vulgaire d'une espèce du genre hespérie, papillon diurne.
— HIST. xu* s. Adoniram fud maislre del escbekier [trésor] e de receivre les treOz [tributs], Rois, p. 238. Il XIII* s. Au chief du paies d'une part S'asist Ysengrin et Renart, Devant eus deus un eschiquier, Ben. 28944. Sur un bon lit [elle] s'est apuiée; La coilte [couette] fu & eschekers De deux pailles ben faiz et chers. Lai del désiré. Hoult [il] lui a prié au premier D'à lui juer à l'eskekjer, FI. et Bl. 2245, La soussele est d'un paile cien[cher], Très bien ovrée à eskekier, ib. 4 479. ii xv's. L'on apele eschiquier [en Normandie] assemblée de hautes justices, auxquiex il appartient à corriger et à amender ou à faire amender tout ce que les baillis et les autres meneurs [moindres] justiciers ont malement jugé, ou cange. scacarium. Un grand échiquier garny d'argent doré, et sont les échecs de jaspre et de cristal, Lett. pat. 44 janv. 4444.
— ÉTYM. Échecs; provenç. escaquier; ital. scaechiere. Quant à la signification de échiquier, pour cour de finance, trésor, elle vient de ce que cette cour tenait ses séances avec une table recouverte d'un tapis divisé en carreaux comme un échiquier. C'est ainsi que bureau, étoffe, a pris le sens de table sur laquelle on écrit, et d'office oii l'on expédie les affaires.
t ÉCHITE (é-ki-t') , *. f. Genre d'apocynées, ayant pour type l'échite biflore, arbuste volubile.
— ÉTYM. 'Exiç, serpent.
t ÉCHITÉES (é-ki-tée), s. f. plur. Tribu de la famille des apocynées ayant pour type le genre échite.
ÉCHO (é-ko), s. m. || !• Repétition plus ou moins distincte d'un son heurtant contre un corps qui le réfléchit. Écho simple, celui qui ne répète les sons qu'une fois; écho multiple, celui qui les répète plusieurs fois; écho monosyllabique, celui qui ne répète qu'une syllabe; écho polysyllabique, celui qui répète plusieurs syllabes. Encore oit-on [entend-on] l'écho redire leurs chansons, Régnier, Dial. L'écho se plaît à redire les chansons des bergers et à exprimer le son rustique de leurs musettes dans ^e creux de quelque rocher, d'ablancourt, l/ucien, Louange (f une maison. Reine des flots, sur ta barque rapide. Vole en chantant, au bruit des longs échos; Les vents sont doux, l'onde est calme et limpide; Le ciel sourit; vogue, reine des flots, bSrang. le Prisonnier. De tant d'échos résonnant jusqu'à nous. Les plus lointains nous semblent les plus doux, BÉRASO. Couplets à des Mauritiens. Pauvres enfants 1 l'écho murmure encore L'air qui berça votre premier sommeil, ii). le Suicide. || Lieu où l'écho est reproduit. Us faisaient répéter les doux sons de leurs flûtes à tous les érhos d'alentour, fèm. Tél. n. Les cris dont je faisais retentir les échos de ce rivage, m. ib. xv. Fatiguant de mes cris les échos du rivage, Ducis, Oscar, ii, ». Ciel vaste et pur, daigne encor me sourire; Échos des bois, répétez mes adieux, bérang. Adieux. || Adorer l'écho, chercher la solitude, l'écho se trouvant ordinairement entre les rochers. Détache ton amour des faux biens
ÉCH
ËCH
Écn
quo tu perds; Adore ici l'éoUo qu'adorait Pylhagore, Prête avec lui l'oreille aux célestes concerts, tAMAHT. Médit. I, «. Il Adore l'écho dans la tempête, retire-toi dans la solitude lors des troubles politiques. Il Fig. Que tous les échos me redisent colle charmante nouvelle, sév. 34 i. || 2° Répétition. J'écoute peu ces bruits que le peuple répète , Echos tumultueux d'une voix plus secrète, volt. Sémir. Il, 3. Oui ne sait d'ailleurs comment les alarmes se propagent, comment la vérité même dénaturée par les craintes exagérées, par les échos d'une grande ville.... MIRABEAU, Collection, t. i, p. 283. Je dois trembler; car moi, qui suis prophète, Je vois de loin l'oubli fondre sur vous; [Mes vers] De tant li'échos dont la voix vous répète, L'un meurt, puis l'autre, et puis cent, et puis tous, bérang. l'Intctavo. L'hymne éternel du la prière Trouvera partout des échos, lamart. Uarm. i,*.\\ Personne qui répète ce qu'un autre a dit. Ce n'est point ici un écho ou une voix empruntée, patru. Plaidoyer 7, dans BicnELET. Quel favorable écho, pendant que je soupire, Uépète mes frayeurs avec un tel empire? CORN. Tois. d'or, m, e. Mais je ne puis du tout approuver sa chimère, Et me rendre l'écho des choses qu'elle dit, MOL. Femm. sav. l, 3. Voilà comme ils en parlent, et plusieurs échos répondent, sév. <68. Je vous prie de ne pas confier ceci à vos échos, ID. 446. Ménippe est l'oiseau paré de divers plumages qui ne sont pas à lui; il ne parle pas, il ne sent pas, il répète des sentiments et des discours, se sert même si naturellement de l'esprit des autres, qu'il y est le premier trompé et qu'il croit souvent dire son goût ou expliquer sa pensée, lorsqu'il n'est que l'écho de quelqu'un qu'il vient de quitter, la bruy. 11. Nous décidons ainsi , crédules que nous sommes ; Oue d'échos comptés pour des hommes I lamûtie, Fabl. V, )5. Loin de ca médisant infâme, Qui de Yimposture et du blâme Est l'impur et bruyant éclii), GBESSET, Chartreuse. On a vu trop d'auteurs échos des erreurs accréditées de l'antiquité, volt. iiœurs, 4 44. Hobbes n'a été que l'éclio de tous les gens sensés, ID. Dial. xxiv, 3. |1 3° Terme de musique. Répétition adoucie d'un certain nombre de notes. Il Terme de guifciriste. Note en écho, note qui se fait avec la main gauche seule, dont les doigts, en s'appuyant sur la corde, lui communiquent un petit mouvement qui fait entendre un son trèsfaible. Il Terme de littérature. Sorte de vers dont la dernière syllabe se répète et ajoute au sens qu'elle complète; cette dernière syllabe répétée est comptée comme un vers. En voici un exemple : L'on voit des commis Mis Comme des princes. Qui jadis sont venus Nus De leurs provinces. || Terme de peinture. Échos de lumière, rappels de lumière en des plans différents. Il 4» S. f. Dans la mythologie. Nymphe, fille de l'Air, qui ne put se faire aimer de Narcisse , et qui, ayant été changée en rocher, ne conserva <|ue la voix. Echo n'est plus un son qui dans l'air retentisse. C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse, boil. Art p. m.
— HIST. xiii' s. Eqo si respont en la tour Des grands coups que refiert entour, Bat. des 7 arts.
— ÈTYiVl 'H/ù, son, et Echo, nymphe.
t ÉCHOÏQUÊ (é-ko-i-k') , odj. Terme de littérature ancienne. Les Latins ont nommé écboïque un vers terminé par deux mots qui riment ensemble, par exemple : Exercet mentes fraternas gratio rara, SERvius, Centimètre. \\ Au xvi* siècle, on appela vers en écho ou vers échoïque un vers dont les deux derniers mots sont pareils, exemple : Qu'est-ce enfin du plus grand monarque terrien ? rien, pibbac. Qu'estois-je avant qu'entrer en ce passage? sage, du
— ÉTYM. Éclw.
ÉCHOIR (échoir) , v. n. Il n'a que les lempset personnes qui suivent : il échoit ou il éohet , ils échoient , ils échéent; il échoyait; il échut, ils échurent; il écherra ou échoira; il écherrait ou échoirait; qu'il échoie, qu'il échût; échéant; échu, échue. L'Académie dit que il échoit se prononce comme il écliet ; cela ne paraît pas conforme à l'usage; la prononciation échoit est même plus fréquente que la prononciation échet. Il 1° Être dévolu par le sort. Les immeubles que les époux possèdent au jour de la célébration du mariage ou qui leur échoient pendant son cours. Code civil, art. H04.La longue [paille] échet sans faute au défendeur, la font. Juge. Japhet, connusouscenom dans les po6tes,fut aussi adoré sous celui deNeptune, parce que les pays maritimes lui échurent, rollin. Traité des Et. i' part. ch. t. Andromaque à Pyrrhus est échue en partage, chateaubrun, Troyennes, i, e. Il i° Terme de pratique. Si le casy échoit, y échet, ou, simplement, s'il y échet, c'est-à-dire si l'occa-
sion se présente, s'il y a lieu. || Le cas échéant, c'està-dire à l'occasion, en telle circonstance. || Se faire, avoir lieu, à un certain temps préfixe. Le terme échoit à la Saint-Jean. La première année de la rente écherra en (616, patru. Plaidoyer 3, dans RICHELET. Il 3° En termes de palais, il s'est ditautrefois des peines imposées aux délits ou crimes. & cela, il y échoit amende. || i° En parlant des personnes, échoir bien, échoir mal, avoir bonne ou mauvaise chance. Je suis mal échu. Vous ne sauriez que bien échoir. Pour un enfant qui sort du monastère. C'était échoir en dignes compagnons! gress. Vert-Vert, m. Il Cet emploi d'échoir a vieilli. || Echoir se conjugue avec l'auxiliaire être.
— HIST. XII* s. Cui escheoit l'honor [le fief] et l'héritage, Ronc. p. tB9. Mais se pitiez me pooit escheoir, Couci, xviii. || xm" s. Se li héritages est esqueUs à plusors persones d'un meisme degré de lignage, beaum. 47. || xiv* s. Ce est si corne il eschiet, ORESME, Eth. t67.1|xv' s. Or escheï que le sire de Faguoelles estoit monté sur un coursier trop melancolieux et malenfrené, froiss. i, i, 0(. Nous ne pouvons émouvoir guerre au roi de France.... sans escheoir en sentence d'excommunication, in. 1,1, 9B. En ce temps eschurent Pasques si haut, que environ Pasques closes on eut l'entrée du mois de mai, ID. I, 1, (94. Il XVI' s. L'éternel est ma portion, mon sort m'est très bien escheu, calv. Inst. 806. La principale partie est escheute aux evesques et aux prestres des villes, iD. ib. 879. Il n'escheoit [las de recompense à une vertu qui est passée en coustume, mont, u, 66. Des dieux il ne peult venir aucun mal à l'homme, sinon pour son plus grand bien, quand il y escheoit, et pour un medecinal effet, ID. II, (46. Le jour de son retour, par cas d'adventure, escheutau propre jour que.... amyot, Aie. 69. Il n'en peult advenir que peu d'avantage, s'il luy succède bien, et au contraire perte universelle du total, s'il luyeschet mal, id. Pélop. i.
— ÉTYM. Picard, ékerre, échoir, ékeu, échu; wallon, heure; provenç. eschazer; ital. scadere; du latin fictif ex-cadere, de ex et cadere (voy. choir).
t ÉCHOUE (é-cho-m'), s. m. Terme de marine. Cheville de bois ou de fer, qui va en diminuant par les deux bouts, et qui sert à tenir les rames.
— ÉTYM. Espagu. escalmo ; ital. scalmo, scarmo; du latin scalmus.
fÉCHOMÈTRE (é-ko-mè-tr'), s. m. Terme de physique. Règle divisée servant à mesurer les rapports des sons.
— ÉTYM. 'Hy.w, son, et mètre, mesure.
t ÉCUOMÉTRIE (é-ko-mé-trie), s. f. Terme d'architecture. Art de calculer, de combiner la réflexion des sons.
— ÉTYM. Écho, et mètre, mesure.
tÉCHOPPAGE (é-cho-pa-j'), *. m. Action d'échopper.
— ÉTYM. Échopper.
*. ÉCHOPPE (é-cho-p'), s. f. Petite boutique en planches, ordinairement bâtie en appentis. Ces Tartares étaient assis devant leurs portes, les jambes croisées, sur des espèces d'échoppes ou de tables de bois, chateaub. Itinér. 24.
— REM. On a dit chope : Qu'il soit permis aux dits jurais et bourgeois [de Bordeaux] de bâtir et faire construire des chopes, tant au dedans qu'au dehors de la dite ville , le long et attachées aux murs d'icelle, ^Irr^t, 24 mars 1664.
— HIST. XV* s. On tombe, on glisse, on chet, on chope; Quant on a pleuré demy larme. C'est fait, il n'y pert [paraît] à l'eschope, coquillart, p. t34. dans LACURNE. Et le lendemain furent les eschoppes et boutiques ouvertes, cl. de la uarche, dans le dict. de DOCHEZ.
— ÉTYM. Ane. haut-allem. îcAup/'o, boutique; allem. Schoppen; angl. shop.
2. ÉCHOPPE (é-cho-p'), s. f. Pointe d'acier, à l'usage des graveurs, pour graver sur le cuivre, à l'eau-forte. Quand on voulait faire l'essai d'une masse d'argent, on en lirait quelques grains parle moyen d'un petit instrument nommé échoppe; on mettait cette petite quantité d'argent sur des charbons ardents, et on jugeait de son litre par sa couleur plus ou moins blanche; cette méthode s'appelait faire l'essai à la rature ou à l'échoppe, Dict. des arts et met. Amst. ("67, essayeur. [\ Nom que les serruriers donnent aux ciseaux qui servent à leurs gravures grossières.
— HIST. XVI* s. Eschople, oudin.
— ÉTYM. Ane. franc, eschalpre, dans Diez, couteau à racler; espagn. escoplo; portug. escopro; du latin sca/priim. raii;>iOiij Ou trouve escopel.
au sens d'aiguillon à bœufs : xv* s. Icellui Andrieu lui reboula le cop d'un escopel ou baston qu'il avoit apporté en menant sesbœufz, du cange, escoparius. Ce paraît être une altération pour escarpel ou escarpel; espagn. scarpelo; ital. scarpello; du latin scalpellum, diminutif de scalprum.
ÉCHOPPÉ, ÉE (é-cho-pé, pée), part, passé.
ÉCHOPPER (é-cho-pé), V. a. Travailler avec l'échoppe.
— HIST. XV* s. Le dit duo [de Bourgogne], de sa personne, se gouverna moult prudenlement.... et fut enferré de deux lances de première venue, dont lui perça la selle.... et lui eschoppa décote son bar-
nois, MONSTR. 1, 257.
— ÉTYM. Échoppe 2. Le sens d'eschopper dan» l'historique va fort bien avec le sens étymologique : instrument de fer qui racle.
tÉCUOPPIER, 1ÈRE (é-cho-pié, piè-r'), s. m. et f. Petit marchand, petite marchande établie dans une échoppe.
— HIST. xiv s. Jacobus dictus l'eschoppier, et Johanna dicta l'eschopiere, du cange, escopariiis. Il XV* s. Une belle et gente demoiselle, femme d'un eschoppier, louis xi, Nouv. iv. || xvi* Tous taverniers, eschopiers et autres vendans denrées, Nouv. coust. génér. t. i, p. 32(.
— ÉTYM. Échoppe t.
ÉCHOUAGE (é-chou-a-j') , s. m. Terme de marine. Situation d'un bâtiment dont la quille porte sur le fond de la mer. On fit à Ambleteuse l'épreuve de sa proposition sur deux galères qu'on échoua, et elles soutinrent l'échouage pendant quinze jours sans aucun inconvénient, fonten. Chaielles. \\ Plage unie sur la côte, où s'arrêtent, en touchant sans danger, les navires de petite dimension. Dans la Méditerranée, les pêcheurs de sardines vicniieiit à l'échouage en rentrant de leur expédition, legoa- RANT. Il Action d'aller, de s'arrêter au lieu où est l'échouage.
— SYN. L'échouage est toujours volontaire et diffère en cela de l'échouement, legoarant.
— ÉTYM. Échouer.
ÊCUOCÉ, ÉE(é-chou-é, ée) , part, passé. \\ i° Qui, touchant le fond, ne peut plus flotter. Navire échoué. Baleine échouée. || Substantivement. Celui qui a échoué, qui a fait naufrage. L'avis de celui-ci fut d'abord trouvé bon Par les trois échoués aux bords de l'Amérique, la font. Fabl. x, (6. || 2° Fig. Qui n'a pas réussi. Je le plains, je le tiens échoué, ce rigide censeur, il s'égare et il est hors de roule; ce n'est pas ainsi que l'on prend vent et que l'on arrive au délicieux port de la fortune, la bruy. xii. Un esprit frivole et léger n'est capable de rien, et tout ce qu'il entreprend on le compte déjà pour échoué, MASS. Car. Inconst.
ÉCHOUEMENT (é-chou-man), s. m. Action d'un navire qui touche un haut fond, un rocher, un écueil, etc. et s'arrête faute d'eau suffisante pour le retenir à flot. Le navire est souvent défoncé par l'échouement, legoarant. || Fig. L'échouement des deux partis.
— HIST. xvi* s. Eschouement, oudin.
— ÉTYM. Échouer.
ÉCHOUER (é-chou-é), e. n. || 1° Arriver à l'échouement, toucher un haut fond (écueil ou sable), de manière à ne pouvoir plus flotter; ce qui est toujours un accident. Le navire échoue sur un écueil. Nous échouâmes en vue du port. Une baleine a échoué sur nos côtes. || Fig. Soit que le laurier nous couronne.... Soit que des simples fleurs que la beauté moissonne, L'amour pare nos hurùbles fronts. Nous allons échouer tous au même rivage, lamart. if(?d. u, (I. Il Par une autre figure. Ne pas réussir, en parlant des personnes. Fédério échoua Contre ce roc [ce cœur insensible] et la nez s'y cassa, la font. Faucon. Pierre vint échouer contrôla voix d'une simple femme, mas. Car. Uort. Si vous échappez d'un péril, vous venez bientôt échouer à un autre, lo. Prof.rel. serm. (. Où l'une [nation] échoue une autre recommence, Dieu nous a dit : Peuples je vous attends, bérang. Quatre âges, \\ll se dit aussi des choses. Nos résolutions viennent échouer contre nos penchants, mass. Av. Conc.Voilà où viendront échouer les vaines réflexions des sages, id. Car. Avenir. La plupart des projets de la cour de Perse échouaient pour l'ordinaire par sa lenteur dans l'exécution, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 464, dans lacurne. Il est des temps où tout l'effort humain Tombe sous la fortune et se débat en vain. Où la prudence échoue, où l'art nuit à soi-même, volt. Marianne, ii, (. Non, n'appréhendez pas que ma fortune échoue A ce honteux écueil des succèsd'Annibal, saurin, SporWc. I,
ÊCL
». Tout l'art de nos Œdipes échouerait devant cette énigme, Dict. de l'Académie. || Faire échouer, empêcher le succès. Il fait toujours tout échouer, sÉv. 312. Il a fait échouer votre fortune, mass. Car. Pard. Il 2" Arriver à l'échouage. Les navires caboteurs échouent dans les havres, les ports, etc. Il 8° V. a. Conduire un navire à l'échouage pour le réparer ou le nettoyer. Le capitaine échoua son navire. Après cette expédition, il échoue ses canots, ses prises, et se rend avec la frégate seule à la Tortue, baynal, llist. phil. x, 40. || Jeter un navire à la cûte pour le soustraire à la prise par l'ennemi et en sauver l'équipage. || Faire faire naufrage. .... II a planté dans la mer des écueils artificiels |>our échouer les (lottes de ses ennemis, balz. Je Prince, ch. \\. Vieilli «n ce dernier sens. |! Fig. Ce qui avait paru à tous les autres comme des écueils contre lesquels il fallait craindre d'échouer le vaisseau, lioss. Corn. Il 4° S'échouer, ». réfl. Se jeter à la côte. Le capitaine aima mieux s'échouer que de se laisser prendre. Malheureusement on ne trouve que quatre ou cinq brasses d'eau, et on est réduit à s'échouer,
RAYNAL, Uisl. phil. VUl, 40.
— REM. On emploie les auxiliaires avoir ou être, suivant qu'on veut exprimer l'action d'échouer ou l'état qui résulte de cette action : le vaisseau a échoué et est échoué ; le dessein a et est échoué.
— msT. xvi* s. Leurs galères (lottoicnt en mer, et les autres estoient appuyées et eschouées fermement contre la terre, amyot, LucuUus, 23. Le reste des vaisseaux ancra pour garder les eschouez, u'aud. Hist.w, 300.
— ÉTYM. Origine inconnue. Diez propose le latin tantes, rocher, écucil.
ÉCIIU, L'E (6-chu, chue), part, passé du verbe échoir. Arrivé par dévolution. Le gros lot lui est échu. Andromaque à Pyrrhus est échue en partage, CHATEAUBHUN, Troycnnes , i, 6. || Dont le terme est arrivé. Terme échu. Fermage échu.
t ÉCHUTE (é-chu-t') , s. f. Terme d'ancien droit. Droit accordé aux seigneurs de succéder dans certaines circonstances à leurs mainmortables; la succession elle-même. Je ne veux ni main morte, ni échute dans ce petit coin de terre que j'habite; je neveux être ni serf ni avoir des serfs, volt. Lett. Perret. 28 déc. 477i.
— ÉTYM. Ancien féminin du participe passé échu. t ÊCIMABLE (é-si-ma-bl'), adj. Arbre écimable,
arbre que l'on peut écimer ou étêter
— ETYM. Écimer.
i ÉCIMAGE (é-si-ma-j') , s. m. Action d'écimer les arbres.
— ÉTYM. Écimer.
£CIMË, ÊE (é-si-mé, mée) , part, passé. Arbre écimé. Il Terme de blason. Chevron écimé, chevron dont la pointe est emportée.
ËCIMER (é-si-mé), V. a. Couper la cime des arbres.
— IIIST. XVI* s. Ils disent que la perfection de santé trop vigoreuse, il nous la faut essimer et rabattre par art, mont, m, 97. J'aimerois egualement qu'on m'ostast la vie, que si on me l'essimoit et retrenchoit, id. iv, )6C.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et cime.
t ECKLONIE (È-klo-nie), s. f. Genre de la tribu des laminariées (phycées).
— ÉTYM. Nom d'un botaniste.
ÉCLABOUSSÉ, ÉE (é-kla-bou-sé, sée), part.
passé. Couvert d'une boue qui rejaillit. Éclaboussé par une voiture qui allait grand train. || Fig. Qui a reçu des éclaboussures ou désagréments. Éclaboussé dans une mauvaise affaire.
ÉCLABOUSSEMENT (é-kla-bou-se-man;, s. m.
Action d'éclabousser.
— ÉTYM. Éclabousser.
ÉCLABOrssEn (é-kla-bou-sé), e. o. Ill' Faire rcjaillirde la boue sur quelqu'un, sur quelque chose. Guenaud sur son cheval en passant m'eclabousse, BOiL. Sut. VI. Il avait un carrosse qu'il quitta parce qu'il fit réflexion qu'il éclaboussait des gens qui valaient mieux que lui, LESAGE, Diable boit. ch. (7. Le char de l'opulence M'éclabousse en passant, DÊRANQ. Focad'on. La guerre.... Vous fit [canons] pour la bataille, et nous vous avons pris, Pour vous éclabousser dos fangesde Paris, v. uuoo, Yoixint. Il Kig. et familièrement. Éclabousser tout le monde, étaler un luxe insolent. Un comédien qui éclabousse insolemment le poète qui le nourrit, oubliant qu'il n'est plus rien quand il n'a plus de rôle à jouer, BT-FOix, Est. Paris, Œuvres, t. m, p. ♦<». || 2' S'éclabousser, V. réfl. Faire rejaillir sur soi de la boue. U s'éclaboussa en sautant le ruisseau.
— lllST. XV* ». Le cheval esclabouta un escuier,
JACO. LB BOUVIER, Chrott. depuis <402,dans lacurne. Flundas fiert Nabur i travers, et lui fait la teste voler si près de Bruyant qu'il fusl esclaboté du sang, Perceforest, t. I, f* 89. Hennericq d'un baston qu'il avoit frappa en la dite eau, tellement que la grigncur partie des supplians furent esclabûloz et iiioulloz [mouillés], du cange, ellulare. Icelluy I.oysul feri d'un baston contre terre pour eschabotcr ung mont d'enfuns qui esluient assez près, II). il). Il XVI* s. Esclabocher, cotorave.
— ÉTYM. La plus ancienne forme est esclaiioter, qui parait une transformation irrégulière de l'ancien verbe esclafer, qui veut dire faire éclater, et dont le radical claf ou clif se trouve sans doute dans clifoire (voy. ce mot). Mais, à mesure qu'on s'est éloigné de la forme primitive pour se fixer à éclabousser, l'usage n'y a plus vu qu'un composé tel quel d'éclat et de boue.
ÉCLABOUSSUIIE (é-kla-bou-su-r'), *. f. || l'Boue qui a rejailli sur quelqu'un ou sur quelque chose. Il Un manteau couvert d'éclaboussures. || 5. f. pi. Terme de vénerie. Gouttes d'eau que la bête fait jaillir sur les branches, les herbes et les pierres qui sont des deux côtés du ruisseau qu'elle longe ou traverse. Il 2* Par extension, fragment détaché d'un corps. D'après Bufîon , les comètes sont des éclaboussures du soleil. Il 3° Fig. Désagrément qui arrive par contre-coup. U a fait une sottise, et j'en ai eu les éclaboussures. || Quand deux hommes se battent, on dit que celui qui s'approclie d'eux s'expose à recevoir des éclaboussures, c'est-à-dire quelqu'un des coups qu'ils se destinaient.
— HIST. XV* s. Si c'estoit maladie contagieuse, vous ne seriez pas sûrement si près sans avoir des esclabotures, louis xi, Août), xxvi. Esclabousseure, Perceforest, t. v, f" 40, dans lacubne. La dite moulleure [mouillure] et esclaboteure, du cange, ellutare. ||xvi* s. Si voslre cerf y a passé, il n'aura pas manqué d'y faire sauter de l'eau comme sur des pierres, s'il y en a qui excédent, que vous verrez mouillées par endroits, ce qui est plus ordinaire dans les rivières et torrents.... c'est ce qui se doit appeller eclaboussure, salnove, Vénerie, p. 487, dans LACURNE.
— ETYM. Éclalousser.
t ÉCLADOUÈKE (é-kla-dou-ê-r'). t. f. Terme de chasse. Sorte de filet pour prendre les oiseaux.
ÉCLAIR (é-klêr), s. m. \\ 1* Lumière vive et soudaine qui, s'échappant du sein des nuages, précède ordinairement le bruit du tonnerre et est produite par les masses d'électricité atmosphérique, quand elles se transportent, à travers l'air, d'un nuage à un autre , ou d'une partie à une autre d'un môme nuage. Pareille à ces éclairs qui dans le fort des ombres Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus sombres, corn. Ilor. ni, 4. Ni les éclairs ni le tonnerre N'obéissent point à vos dieux, bac. Esth. l, 5. Les éclairs sont moins prompts, volt, ilérope,
V, 6. Il Fig. Le propre jour du triomphe du défenseur de Lille fut celui même de l'éclair qui précéda la foudre lancée contre celui qui n'avait pas voulu le secourir, st-sim. 224, 8. || Éclairs en nappes, éclairs trèséiendus, diffus et formés par une lumière qui illumine une grande partie du ciel. |1 Éclairs de chaleur, ceux qui paraissent à peu près dans l'horizon et qui ne sont suivis d'aucun bruit, parce que le nuage où ils se montrent est trop éloigné pour que le son se fasse entendre. || Éclairs fulminants, éclairs linéaires formés par un trait de lumière blanche ou purpurine, et parcourant en zigzag une grande étendue du ciel; ilssontles plus dangereux. ||Éclairs sphériques, éclairs en forme de globes de feu et marchant lentement dans l'espace; ilssontrares. ||2°I'ar extension, toute apparition subite et rapide delà lumière. Un éclair de soleil à travers la pluie. Ou d'un plomb qui fuit l'œil et part avec l'éclair. Je vais faire la guerre aux habitants de l'air, boil. hpit.
VI. Dieu propice, ô Bacclius, toidontles Ilots divins Versent le doux oubli de ces maux qu'on adore ; Toi devant qui l'amour s'enfuit et s'évapore, Comme de ce cristal aux mobiles éclairs Tes esprits odorants s'exhalent dans les airs, a. ciién. Èlég. ixn. Un intervalle affreux, un farouche silence Pour un instant succède & ce terrible bruit; Quand un coupable attend le coup de la vengeance. Telle est l'horrible pause entre l'éclair qui luit. Et la foudre qui part, et la mort qui la suit, HA.<iS0N, llelv. vu. Il Les feux que semblent jeter les pierres précieuses et les cristaux, et qui, provenant de la réfraction de la lumière, ne durent qu'un instant. Cette parure lance des éclairs. || Terme de chimie. Lumière élincelante qui paraît à la surface du bniitnn il'nr et d'argent qui reste sur la coupelle. L'upéralton ^ite l'ussai
Ea
à la coupelle] est finie lorsque la surface a été bien nettoyée, qu'il ne se forme plus de crasse , et que l'argent devient tout à coup net et brillant; c'est ce que les ouvriers nomment l'éclair, Dict. detarts et mH. Amst. 4787, minet. Ce qui s'appelle, en termes de l'art, faire l'éclair, ib. essayeur. \\ Terme de mer. Éclair de harengs, éclat du lumière qui paraît sur mer, lorsque les harengs passent en troupe», et qui ressemble assez à la lumière des éclairs. |{ 8* Fig. Tout ce qui présente de l'éclat, delà vivacité. Hélas t sans frissonner, quel cœur audacieux Soutiendrait les éclairs qui partaient de vos ycuxT bac. Eilh. ii, 7. Des éclairs de ses yeux l'œil était ébloui, lo. ib. II, 9. C'est ce corps endurci , ce port audacieux, Ce bras toujours armé, cet éclair de ses yeux, DCCis, Uacb. II, 2. Les éclairs qui sortaient des yeux du vieillard le rendaient semblable à Dieu, cnATEAUB. Alala, 284. Il II se dit au.ssi de ce qui brille dans le style. J'en avais reçu d'elle une [lettre] fort brillante et qui jetait partout des éclairs, uiht, (T.uvrespotlh. t. u, p. 88. || 4* Se dit pour caractériser tout ce qui se montre et disparaît promptemenl. Haii comme un jour d'hiver où le soleil reluit, Ha joie en moins d'un rien comme un éclair s'enfuit, Bfi-
GNiER, Sat. X. H. de I a passé Ici comme un
écUir, sÉv. 443. Pendant cet heureux tcm) s passé comme un éclair. Je me couchais sans feu dans le fort de l'hiver, UOL. Sgan. 2. Mais plus prompt que l'éclair le passé nous échappe, bac. Eith. ii, 3. Godet, évêque de Chartres, se montrait rarement !i la cour, et toujours comme un éclair, sr-sm. 34, 435. Il Un éclair de génie, une inspiration soudaine. Un éclair de passion, transport .-loudain. |{ Comme un éclair, se dit de quelqu'un qui va très-vite. Il baisa la main et partit comme un éclair, iiauilt. Gramm. 6. Bamenez-moi comme un éclair à Conslantinople, et vous serez payé sur-le-champ, volt. Cand. 'J7. Il B° Nom donné sur les câtes de la Manche aux anomies (mollusques). || 6* Sorte de gâteau.
— HIST. XIII* s. Seur la terre aparureut li esclaire de tes tonnoires. Psautier, f° 92. H xvi* s. Jà la nuyt estoit si obscure qu'on ne voyoil combattre que à l'esclair du feu de l'artillerie, qui tiroit si très menu que tonnerre n'eustlàesté ouy, jean d'auton, An7iales de Louis XII, ms. dans lacub.ne. Sans la joye de vous voir en telle santé que tous les vôtres doivent désirer, je n'eusse sceu porter cet esclair d'ung si grant bien si mal receu [la visite de son frère] , maro. Lett. cxxix. Ilz remplirent toute la plaine d'un esclair d'acier et d'une lueur de cuivre, AMYOT, P. Mm. 30. Il se leva une tempeste de tonnerres effroyables et d'esclairs ardents parmy, id. Timol. 38. L'esblouit de sa splendeur et de son esclair, charron, Sc^esse, p. 33i, dans lacurne. Force flambeaux luysans comme l'esclaire. Tant que la nue en faisoit la nuicl claire, U Marguerite des ilargueriles, i° 499, dans lacubne.
— EïYM. Voy. ÉcLAiBEB. Bùurguign. éclar. Le xiii* s. a esclaire, et, dans un texte anglo-normand, esclair, Éd. le coiif. v. 35oo. Dans les anciens temps, espart, éclair, espardre, éclairer (du latin spargere, répandre) était le mot le plus usuel.
ÉCLAIKAGE (é-klè-ra-j'), s. m. Action do distribuer habituellement une lumière artificielle dans une ville, dans un grand établissement. Éclairage à l'huile. Éclairage au gaz. Lus belles expériences d'éclairage électrique que tout Paris admirait ces jours-ci près du palais des Tuileries, faye. Complet rendus, Acad. des se. t. lu, p. 37.'-.. || Gaz d'éclairage, le bicarbure d'hydrogène, ou hydrogène bicarboné. H Action de se procurer une lumière artificielle dans les maisons. Mou éclairage me coûte tant. Il Action de donner une lumière artificielle dans les escaliers, dans les cours d'une maison. Je paye tant pour l'éclairage.
— ÉTYM. Éclairer.
t ÉCLAIRANT, ANTE (é-klè-ran, ran-t'), odj. Qui a la propriété d'éclairer, de produire l'éclairage. Gaz éclairant. Huile donnant une fiamme bien éclairante. Ces différences d'intensité lumineuse et de couleurs [d'un bolide] expliquent la variation dus nuances éclairantes que j'avais remarquées sur le visage de mon fils et sur les corps qui nous entouraient, deslongcbamps, Complet rendut, Acad. de* se. t. LV, p. 695,
— HIST. XVI* s. De nostre terre en faire un astre esclairant et lumineux? «ont. u, 466.
ÉCLAIRCl,lE(é-klèr-si,sie),port.pa«<^d'écl»ircir. Il 1* Bendu clair. Le ciel tout à coup éclairci. || Sulisiantivement. Ily eut un peud'éclairci, le ciel devint ciairpendantquelques moments. || Fig. Écoutez-moi, voyez d'un œil mieux éclairci Les desseins, la conduite et le cœur de Coucy, volt. Adélaïde, l, 4.