DE SKRRES
— ÉTYM. Norm. argancier; Berry, arlantier; provenc. aguilen (voy. églantine).
ÉGLÀNTINE (é-glan-ti-n'), *. f. || 1» La fleur de l'églantier. L'églantine, non la fleur elle-même, mais une reproduction eu métal précieux, est une des fleurs qu'on décerne aux jeux floraux. Il tenait un luth d'une main, De l'autre un bouquet d'églantine, A. DE MUSSET, Poés. nouv. Nuit de décembre. Il 2° Un des noms vulgaires de l'ancolie ou sceau de Notre-Dame.
— HIST. xvt* s. Touchant les roses sauvages appellées canines, de plusieurs espèces s'en truve-i! par les haies et buissons qui ont de la valeur: sur toutes lesquelles, les esglantines emportent le prix, approchans des damasquines, 0. de serbes, bit.
— ÉTYM. Provenç. aiglentina, buisson, églantier; aiglantin, qui appartient au buisson. La forme primitive est l'ancien français aiglent (voy. l'historique d'ÉGLANTiER), d'où dérivent églentine, aiglentina, aiglantin. Le Héricher, Florepopul.de Narrn. p. 49, le tire du latin acanthus, épine; Diez à'aculeus, aiguillon (le radical ocui, avec le suffixe ent qui est latin et roman) ; la présence de i'I donne la prééminence à l'étymologie mise en avant par Diez.
t ÉGLEFIN (è-gle-fin), s. m. Espèce de morue des mers du Nord. On l'appelle aussi èclefin et aigrefin (voy. ce dernier mot).
EGLISE (é-gli-z'), s. f. || 1" L'assemblée des chrétiens; toute communion ou secte chrétienne. L'Église primitive. Les Pères de l'Église. L'Église catholique. Les Églises réformées. L'ÉgUse anglicane. L'Église d'Orient ou l'Eglise grecque. L'Église d'Occident ou l'Église latine. L'Église gallicane, l'Église de France. || 2* Il se dit particulièrement de l'Église calholiquu et romaine. Le pape est le chef visible de
l'Eglise. Dieu, qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église, boss. Reine d'Ariy glet. Quand, pour punir les scandales ou pour réveiller les pe\iples et les pasteurs, il permet à l'esprit de séduction de tromper les âmes hautaines et de répandre partout un chagrin superbe, une indocile curiosité et un esprit de révolte, il détermino dans sa sagesse profonde les limites qu'il veut donner aux malheureux progrès de l'erreur et aux souffrances de son Église, id. tb. L'Église romaine, la mère des Églises, qui, durant neuf siècles entiers, en observant, la pr<!mière , avec une exactitude exemplaire, la discipline ecclésiastique, la maintenait de toute sa force par tout l'univers, n'était pas exempte de mal, id. Var. i, § •. De sorte que l'Église ressemble à un riche bienfaisant dont la tablo est toujours ouverte et toujours servie, encore que les conviés n'y viennent pas, id. ib. in, § 66. Une vraie fille de l'Église, non contente d'en embrasser la sainte doctrine, en aime les observances, où elle fait consister la principale partie des pratiques extérieures de la piété, id. Marie- Thér. L'Église, inspirée de Dieu et instruite par les saints apôtres, a tellement disposé l'année, qu'on y trouve, avec la vie, avec les mystères, avec la prédication et la doctrine de Jésus-Christ, le vrai fruit de toutes ces choses dans les admirables vertus de ses serviteurs et dans l'exemple de ses saints, et enfin un mystérieux abrégé de l'Ancien et du Nouveau Testament et de toute l'histoire ecclésiastique, id. ib. Par la nom de la sainte cité de Dieu la nouvnJle Jérusalem, vous voyez bien, messieurs, qu'il faut entendre le nom de l'Église catholique, cité sainte dont toutes les pierres sont vivantes, dont Jésus-Christ est le fondement, qui descend du ciel avec lui, parce qu'elle y est renfermée comme dans le chef dont tous les membres reçoivent leur vie, id. tb. D'un ciment éternel ton Église est bâtie. Et jamais de l'enfer les noirs frémissements N'en pourront ébranler les fermes fondements, poil. Lutr. vi. || L'Église militante, l'assemblée des fidèles sur la terre. L'Église soufl"rante, les âmes des fidèles qui sont dans le purgatoire. L'Église triomphante, les bienheureux qui sont dans le ciel. || Uetrancher de l'Église, déclarer hérétique, excommunier. Vous me retranchez de l'Église, pasc. Prov. 4 6. |i En face de l'Église, solennellement et selon le rit. Se marier en face de l'Église. || 3° Autorité ecclésiastique. Mais l'Église a le droit de juger ses ministres, lemerc. Frédég. et Bruneh. ii, B. || Cour d'Église, la juridiction de l'archevêque ou de l'évêque. || Conseiller d'Église , conseiller en cour laïque, mais appartenant à l'ordre ecclésiastique. || 4* L'état ecclésiastique. Entrer dans l'Église. On me mit au collège de Pau dans la vue de me faire d'Église, HAMILT. Gramm. 3. Il avait étudié pour être d'Église, 10. tb. to. Son père marchand d'une petite ville eut douze enfants qui vécurent tous, et il ne fut soulagé d'aucun d'eux par l'Église, ponten. Littre. Qu'on destine mon élève à l'Église, j. j. rouss. Ém. I. Il Se faire d'Église, prendre l'état ecclésiastique. Il Les gens d'Eglise, et quelquefois, absolument, l'Église, les ecclésiastiques, le clergé. Un homme d'Église. L'avarice et le luxe entre les gens d'Église, Régnier, Sat. vi. Me voici bien savant sur ce chapitre, et je connais parfaitement qu'il n'y a plus que les gens d'Église qui s'abstiendront de tuer ceux qui leur feront tort en leur honneur ou en leur bien, pasc. Prov. 7. || B° Temple chrétien. Bâtir une église. Aller à l'église. Église cathédrale. Église à bas côtés, celle qui a de chaque côté une galerie voûtée. Église à doubles côtés , celle qui a un double rang de galeries. Église en croix grecque, celle qui a une croisée qui la coupe par le milieu et qui a la même longueur que la nef, par exemple Sainte-Geneviève à Paris. Église en croix latine, celle dont la croisée est moins longue que la nef, par exemple Notre-Dame, Saint-Suipice, à Paris. Église simple, église sans bas côtés, comme, à Paris, la Sainte-Chapelle, la Madeleine. Église souterraine, église construite au-dessous du rez-de-chaussée d'une autre église. Église basse, église qui se trouve au rez-de-chaussée sous une autre église construite au premier étage. Il est constant que les Sociniens ont eu des églises en Pologne, et ils en ont encore en Transylvanie, BOSs. Var. xv, § 79. En entrant dans nos églises nouvellement bâties et qu'on a rendues si claires, sent-on ce frémis.sement religieux, ce même recueillement qu'inspirait l'obscurité des anciennes? saint-foix, Ets. Paris, Œuvres, t. iv, p. 221, dans pougens. |{ Honneurs d'église, honneurs réservés aux patrons et aux fondateurs de l'église. || Il est gueux comme un
ÊGO
rat d'église, il est si pauvra qu'il u'a pas de quoi manger. || Pilier d'église, dévot qui ne bouge pas de l'église. Il Balayer l'église, en sortir le dernier. || Au lieu d'fglise, les protestants français disent temple. Il 6" Diocèse, euro. Il passa de l'Église de Noyon i celle do Paris. || 7* Petite Eglise, classe d'ecclésiastiijues et de catholiques qui se refusèrent à reconnaître lo concordat de <80). || Fig. Petite Église se dit aussi très-souvent d'une coterie peu nombreuse. Ils ont formé entre eux une petite Eglise. La petite Église des doctrinaires. || 8" Prieur de l'Église, l'une des principales charges de l'ordre de Malte || 9° Nom d'une espèce do girouette de fer-blanc, qui se met sur les cheminées pour empêcher la fumée. || Proverbe. Près de l'église et loin de Dieu, se dit d'un homme qui loge près de l'église et qui n'y va gntrc.
— REM. Eglise ne prend un i minuscule que quand il signifie un temple; partout ailleurs il prend un é majuscule.
— lllST. XI' s. Et il peut venir à sainte yglise. Lois de Guill. i. || xii* s. Tuit furent detranchié dedans la maistre église, Sax. xxiii. De ce dist li angeles à la glise de Pergami, Job, ««<■ Lai [laisse] saint iglise aveir ses decrez e ses leis [lois] ; Ele est espuse Deu, qui est sire des reis; Il s'en corecera, se de rien la descreis , Th. le mart. 29. Ce que Deus a sacré, ne puet nuls dessacrer, Ne nul crislien humme nuls descritlaner; Mais que de saint iglise le puet um bien sevrer [séparer], t'b. 3<. || xiii* s. Quant il virent [à Constantinople] ces haus murs et ces riches tours dont ele esloil close, et ces riches palais et ces riches yglises, dont il avoit tant que nus nel peûst croire.... villku. lxi. Li cors le roi fu embaumés et fu portés à Roem en Normandie, et fu ensevelis en la mère église, Chron. de Itains, p. <7. En Antioche avoit de vieille ancesserie Une église fondée el non sainte Marie, Chans. d'Ant. vu, 41». Il XIV* s. Lors veïssez maint chevalier.... Plourer et faire testamens ....Et faire aux yglises granslès [legs], Liv. du bon Jeh. 814. jj xv s. l'ani ayme-on Dieu, qu'on suyt l'église, vili.on. Bail. Commencèrent trois petits enfants d'egliso (enfants de chœur] , avec un teneur, une très douce chançon , MATH, mcovct, Hist.de Charles VU, p. «69, dans
LACURNE
— ÉTYM. Provenç. gleiia, gUeyia, gîicia; espagn. iglesia; portug. igreja; ital. chiesa; du latin ecdesia, du grec ixxXriuia, église, proprement assemblée, deéx, et x«Xeîv, convoquer.
t ÊgLOGAIUE (é-glo-ghè-r'), t. m. Terme de phiUilogie. Celui qui lait des extraits des auteurs qu'il lit. Aulu-Gelle est un églogaire.
— ÊTVM. Voy. ÉCLOGUE.
ËGLOGUE (é-glo-gh'), ». f. || l' Ouvrage de poésie pastorale, où l'on introduit des bergers qui conversent ensemble. Les églogues de Théocrite, de Virgile. 'Viendrai-je en une églogue, entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux. Et, dans mon cabinet assis auprès des hêtres, Faire dire aux échos des sottises champêtres? boil. Sut. IX. Mais souvent dans ce style un rimeur aux abois Jette là de dépit la llùte et le hautbois, El, follement pompeux dans sa verve indiscrète, Au milieu d'une églogue entonne la trompette, iD. Art p. II. Tantôt Isa'ie a la douceur et la tendresse d'une églogue dans les riantes peintures qu'U fait de la paix ; tantôt il s'élève jusqu'à laisser tout an-dessous de lui, FÉN. t. XXI, p. 93. Il 2° Terme de philologie. Un recueil de pièces choisies.
— SYN. ÉOLOOUF, IDYLLE. Bien que, étymologiquement, églogue signifie pièce choisie, et idylle petit tableau, il n'y a aucune diiïérence fondamentale entre les églogues et les idylles. 'l'outefois, si l'on veut accepter la légère distinction que l'usage semble avoir établie, l'églogue veut plus d'action et de mouvement : les églogues de Virgile. L'iilylle ne peut contenir que des peintures, des sentiments, des comparaisons champêtres : Mme Deshoulières a fait de jolies idylles.
— ÊTYM. 'ExXofai, pièces choisies, petits poèmes, de éxXe'Yctv, choisir, de ix, et Xiftiv, choisir
(voy. LIRE).
t ÉGOGER (é-go-jé), ». a. Terme de tanneur, ôter les «itrémllés d'une peau de veau du côté de la queue et des oreilles.
tÉGOlIlNE ou ËGOÏNE (é-go-i-n'), t. ^. Petite scie à main à dents moyennes, qui sert à couper les branches trop fortes pour la serpe ou la serpette.
ËGOlSER (é-go-i-zé), V. n. Ne parler que de soi, citer sans cesse ses idées ou ses actions, rapporter tout à soi-même.
— ÉTYM. Voy. ÉOOiSME.
CdOÏSME (é-go-i-sm'), ». m. || 1* Vice qui fait
ÉGO
rapporter tout à soi. Un sot égolsme. Les calculs de l'égolsme. L'égolsme des corporations. Et l'égolsme Impur remplaçant l'amitié. Au fond de tous les cœurs a séché la pitié, LA fosse. Marins à iftnt. I, 3. Telle élait l'insouciance qui résultait de cette multiplicité d'événements et de malheurs sur lesquels on était comme blasé, et tel l'égolsme produit par l'excès de fatigue et de souffrance, qu'ils ne laissaient à chacun que la mesure de force et de sentiment indispensable pour son service et sa conservation personnelle, sêgub, Hist, de Napol. viii, e. Il 2* Terme de philosophie. Ensemble de penchants ou d'instincts qui servent à la conservation et à l'entretien de l'individu. || 3° Opinion de certains philosophes qui prétendaient qu'on n'est sûr que de sa propre existence,
— IiEM. Egoïsme, égoïste, égotser ne sont ni dans Richelet ni dans Furetière; et l'Académie ne les a qu'à partir de l'édition de <762. Dans le zvil' siècle on disait amour-propre,
— lïTYM. Le latin ego , je ou moi (voy. je). ÉGOÏSTE (é-go i-st') , ». m. et f. || !• Celui ou celle
qui a le vice d'égoisme. C'est un égoïste. Impassibles égoïstes qui pensez que ces convulsions du désespoir et de la misère passeront comme tant d'autres, mi- BABEAU, Collcctiort, t. Il, p. <8b. Il 2* Adj. Un homme égoïste. Elle est très-égoiste. Des sentiments égoïstes. Il Terme de physiologie. Les penchants égoïstes, ceux qui servent à la conservation de l'individu et à son intérêt personnel.
— SYN. ÉGOÏSTE, HOMME PERSONNEL. L'égOÏSte
prend pour guide son moi; et l'homme personnel sa personne. Étymologiquement, ces mots sont donc tr'^s-semblables; mais l'usage y a introduit une nuance : égoïste dit pis qu'homme personnel. L'homme personnel rapporte les choses à lui; l'égoïste non-seulement les rapporte à lui , mais encore est capable de sacrifier autrui à son intérêt.
— ETYM. Voy. ÉGOÏSME.
t ÉGOÏSTEMENT (é go-i-ste-man), odu. Néologisme. D'une manière égoïste.
— ÉTYM. Ég&iste, et le suffixe ment.
tËGOÏSTIQOE ( égo-i-sti-k' ) , ad;. Néologisme.
Qui appartient à l'égoïsme.
— ÉTYM. Égoisle.
t ËGOÏSTIQl'EMENT ( é-go-i-sti-ke-man ) , adi>. Néologisme. Voy. égoïstement.
— ÉTYM. Êgoistique.
t ËGOPUONIE (é-go-fo-nie) , ». f. Terme de médecine. Mode de résonnance de la yoix comparée à la voix d'une chèvre, lorsqu'on écoute la poitrine d'un individu qui a, dans l'une des plèvres, un épanchement d'une médiocre abondance.
— ÉTYM. Ail, alric, chèvre, et çwv^, voix.
f ËCOPODE (é-go-po-d') , ». m. Genre de plantes ombellifères.
— ÉTYM. AU, oly*;, chèvre, et noO;, pied. ÉGORGÉ, ÉE (é-gor-jé, jée), part, passé. \\ i' X
qui on a coupé la gorge, qu'on a tué. Le mari par sa femme en son litégorgé, corn. Cinna, i, 3. De princes égorgés la chambre était remplie; Un poignard à la main l'implacable Atlialie.... RAC. Athal. i, 2. Il Terme de pêche. Harengs égorgés, ceux auxquels onaemporté la tête en les habillant. || 2° Fig. Là sur l'aulel sont égorgés tous les désirs propres, tous les retours intéressés sur nous-mêmes, FÉN. t. xviii, p. (39. t ÉGORGEMENT ( é-gor-je-man ) , ». m. Action d'égorger. Et les frères, les sœurs, les mères et les filles [ont] D'affreux égorgements trop noirci nos familles, léuebc. Fréd. et Dr. i, ).
— HIST. xvf s. Esgorgement, cotgrave.
— ÉTYM. Égorger.
•| ËGORGEOIR (égor-joir), s. m. Ancien terme de marine. Cargue provisoire pour serrer les huniers, une voile.
ÉGORGER (é-gor-jé. Le g prend un e devant a ou o; nous égorgeons, j'égorgeai), v. a. \\ 1° Couper la
gorge. Egorger un mouton Pour épreuve elle
égorge un bélier à leurs vues, corn. Uédée, i, 4. Il 2" Tuer avec le fer, en parlant des êtres humains. Ces dieux qui dans Pharsale ont mal servi Pompée, Qui, la foudre à la main, l'ont pu voir égorger, id. Mort de Pomp. v, 4. Il faut que je fasse le tourdu logis, de peur qu'il n'y ait quelqu'un de caché qui me vienne égorger, d'ahlancoubt, Lucien, le Songe ou le Coq. Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger, fasc. Pensées, art. xxiv, 3s, éd. Lahure, 1860. La nation chérie a violé sa foi.... Maintenant elle sert .sous un maître étranger; Mais c'est peu d'être esclave, on la veut égorger, RAC. Ksth. 1,4. On égorge à la fois les enfants, les vieillards, id. ib. i, 6. Pygmalion ne couche jamais deux nuits de suite dans la même chambre, j
de peur d'y être égorgé, Hn. Tel. m. Vers la (in de son règne, il [Aristomène] combattit les Ucédémoniens, prit leur roi Théopompe, et égorgea, en l'honneur de Jupiter d'Ithome, trois cents hommes parmi lesquels le roi était la principale victime, rol- LiN, Hist. anc Œuvres, t. iii, p. 40, dans fouoeks. Il Par extension. Pour avoir un carrosse et que tout y réponde , Combien un médecin égorge-t-il de monde? boursault, Fables d'Ésope, iv, 3. Ce n'est pas qu'aucun de ces millions d'hommes qui se font égorger prétende un fétu sur ces tas de boue, volt. Mieromégas, 7. Des hommes indignes du nom de chrétiens égorgeaient les peuples du nouveau monda, et la cour de Rome fulminait des bulles pour prévenir ces atrocités, chatkaub. Génie, iv, vi, 41. Il 8" Ancien terme de m.irine. Serrer les huniers, une voile au moyen des égorgcoirs. || 4* Faire payer aux gens beaucoup plus qu'ib ne doivent. On égorge les gens dans cette auberge. || Ruiner les aHairesde quelqu'un. Dans son embarras lui demander de l'argent, c'est l'égorger. || Desservir d'une manière cruelle. Bissy égorgeait en secret le cardinal de Noailles auprès de Mme de Maintenon, st-siu. 3io, 6». Il 6* S'égorger, v. réfl. Se couper la gorge à soimême. Il s'est égorgé avec un rasoir. Je vous demande pardon de mes foHes; mais, dans l'état où je suis, il faut s'égayer ou s'égorger, j. ;. Bouss. IMt. à la mar. de Luxembourg , a iaU\.ilea.\\¥iif. Se faire un très-grand tort à soi-même. Fuir Paris, ce serait m'égorgerde ma main, gresskt. Méchant, Il , 7. Il 6* Se tuer l'un l'autre dans un combat. N'en doutons plus, Olympe, ils se vont égorger, rac. Thébatde, i, t. Le -faux honneur.... Avant tout aux mortels prescrit de se venger. L'un l'autre au moindre affront les force à s'égorger, boil. Sat. xi. Presqu'aucun de ces animaux qui s'égorgent mutuellement n'a jamais tu l'animal pour lequel il s'égorge, VOLT. Mieromégas, 7. Si l'état naturel de l'homme étaitla guerre, tousles hommes s'égorgeraient; il y » longtempsquenousneserionsplus, ID. Dial. xxiv, 3.
— SYN. assassiner, égorger. La différence entre ces deux mots est que l'assassin fait son coup à l'improviste et en se cachant, tandis que l'on peut égorger au grand jour, quand, par exemjile, on exécute l'ordre d'un maître tout-puissant et irrité : Cfaristiae a fait égorger Monaldeschi.
— HIST. XVI' s. Les couteaux si trenchans qu'on a veu esgorger Depuis les rois hautains eschauffez à la guerre Jusqu'au ver innocent qui se traiue sur terre, d'aub. Tragiques, liv. i. Misères.
— ÉTYM. É pour e».... préfixe, et gorge. Rabelais disait esgorgeler, dans Garg. i, Î7.
t ÉGOUGEL'R, ECSE (é-gor-jeur, jeû-z"), ». m. et ^ Celui, celle qui égorge. |Mu pi«r. Assassina qui massacrent publiquement un grand nombre de victimes par animosité politique ou religieuse. Lu égorgeurs de la Saint-Barthélémy.
— ÉTYM. Égorqer.
ÉGOSILLER (S') (é-go-zi-llé. Il mouillées, et non é-go-zi-yé), t). réfl. || 1* Se faire mal au gosier k force de crier. Use faut bien égosiller avec vous autres, MOL. Comtesse, 6. Pour raccourcir [le chemin] ils disputèrent.... Nos pèlerins s'égosillèrent, la font. Fabl. IX, 4 4. Il Avec le verbe (aire, il peut y avoir ellipse du pronom personnel. Tu m'as fait égosiller, carogne, mol. Mal. imag. i, ». ||2° En pariant des oiseaux, chanter beaucoup, longtemps. Un petit rossignol qui s'égosille pour surmonter un homme qui joue du luth, sÉv. 4 22. M. Pengali poussait des cri», les coqs s'égosillaient, chateaub. Itinér. ii, ».
— HIST. XV' s. Fort et puissant comme ung Herode Pour esgossiller grosses oyes, coquill. Enquête de la simple et de la rusée. || xvi' s. 11 les donnoit au premier gentilhomme qu'il trouvoit, k esgosiUer [tuer] ou prendre prisonniers, mont, i, 32S. U esgosllla femmes et enfants, ID. m, 35.
— ÉTYM. i' pour «....préfixe, et l'ancienne forme gosillier, gosier (voy. gosier, à l'historique): couper le gosier. Aussi le sens propre est-il tuer en coupant la gorge.
t ÉGOTISME (égo-ti-sm') , ». m. Néologisme. Habitude de parler de soi, de mettre sans cesse en avant le pronom moi.
— REM. On a quelquefois confondu l'égolsme et l'égotisme : l'égoïsme est un mot français qui signifie amour excessif de soi; l'égotisme est un mot anglais qui signifie la manie de parler de soi.
— ETYM. Mot emprunté k l'anglais *90<i»m, du latin ego, moi (voy. je). C'est à la langue anglaise à rendre raison du I.
j ÉGOTISTE (é-go-ti-sf), ». m. Celui qui a U manie de l'égotisme.
" £TYU. Voy. icOTiSHB.
ÉGO
t ÊGOCEN (é-gou-an), s. m. Nom vulgaire de deux coquilles univalves.
1 ÊGODGEOIRE (é-gou-jol-r'), t. f. Crevasse par laquelle l'eau d'une mine se perd dans les terres.|| On (lit aussi égoiigeoir, s. m.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et gouge. ÉGOCT (é-gou ; le t ne se lie pas dans le parler
ordinaire; au pluriel, Ys se lie: des é-gou-z utiles), s. m. Il !• Eau qui tombe et s'écoule goutte à goutte. Se tenir sous l'égouldu toit. Les glands qui avaient été trempés dans l'égout du fumier sortirent de terre plus tôt que les autres, buff. Expér. sur les if'grt. 2« mém. IIÊgoutdeplorab, plaque ou canal de plomb qui donne issue aux eaux découlant du toit, et les verse dans la rue ou dans la cour. || Terme de couvreur. Rangée de tuiles ou ardoises qui débordent du toit. Il l'ente de toit. Un toit à deux égouts. Il i' Conduit par où s'écoulent les eaux sales et les immondices d'une ville. Honte à qui peut chanter pendant que les sicaires.... Jettent les dieux proscrits aux rires populaires. Ou traînent aux égouts les bustes des Césars, lamabt. À Némésis. \\ Galerie voûtée dont les pieds droits sont reliés par un radier, et qui sert à écouler les eaux sales d'un lieu habité. Il Rat d'égout, nom moqueur donné par le peuple de Paris aux égoutiers. || 3» Fig. Ce qui, en tant qu'immonde, est comparé à un égout, à un cloaque. Le goût, l'exemple et la faveur du feu roi avaient fait de Paris l'égout des voluptés de toute l'Europe, st-sim. 463, ai. D'impurs ruisseaux, gonflés par nos orages, Font déborder cet égout des Tarquins [la cour] , béranq. Octavie. || 4° Il se dit quelquefois, dans le langage vulgaire, pour exutoire, fontanelle. L'ulcère, qui a servi d'égout pendant le traitement, n'est pas toujours fermé au terme même de la maladie; on le guérit alors avec le précipité rouge et un digestif, raynal, Ilist. phil. XI, 22. Il 5° Égout nasal, nom donné, chez le cheval, à un petit orifice appartenant au conduit lacrymal et placé dans la commissure qui réunit les deux lèvres de chaque naseau. || 6' Table pour faire égoutter le vif-argent des glaces. || Terme de raffinerie. Eau teinte de la couleur du sirop, mais moins chargée de sucre.
— HIST. XVI* s. Un bassin de plomb qui estoit jouxte la fenestre dudit grenier, et servoit à recevoir les eaux des égouts de la pluie, despeb. Contes, xcv. Nul ne peut avoir entrée, issue, glaçoir, évier, egout ou goutiere sur son voisin, s'il n'a titre, lotsel, 293. Nature renvoyé ces excremens vers le mezentere, comme dedans un cloaque ou esgout de tout le corps, paré, v, (9. En curant une fosse où l'esgout du fiens des pourceaux estoit de long temps croupi, ID. xxiv, 3.
— ÉTYSI. Voy. ÉGOUTTER.
+ P.GOUTIER (é-gou-tié), ». m. Homme chargé du curage et de l'entretien des égouts publics.
— ÉTYM. Égout.
t ÉGOUTTAGE (é-gou-ta-j'), s. m. Action de faire égoutter. || Égouttage du sol, opération qui consiste à en enlever une humidité surabondante par le moyen de fossés empierrés.
— ÉTYM. Égoutler.
f.iîOVTTÉ, ÉE (é-gou-té, tée), part, passé. Vaisselle égoultée. Il Fromage égoutté, fromage de lait caillé, dont on a laissé égoutter le petit-lait.
tÉGOUTTEMENT (é-gou-te-raan), s. m. Action d'égoutter, de s'égoulter. || Egouttement du sol,
voy. ÉGOUTTAGE.
— niST. XVI' s. Esgoutement, cotgrave.
— ÉTYM. Égoutter.
ÉGOUTTER (é-gou-té), V. a. \\ i' Faire écouler goutte à goutte l'eau ou l'humidité dont certaines choses sont pénétrées. Faire des saignées pour égoutter les terres basse.s. Dans une plaine de deux lioucs qui pouvait être aisément percée de canaux navigables et dont on n'a pas su même égoutter les eaux, RAYNAL, Ilist. phil. xiii, 7. Il Égoutter de là vaisselle, la placer de manière que Veau de lavage en tombe d'elle-même. On dit de même égoutter des cardes, des asperges. || Égoutter le lait, faire tomber le petit-lait (lu lait caillé. || 2° Terme d'arts et métiers. Égoutter la chandelle, la mettre sécher. || Égoutter une glace, faireécoulerle vif-argent après l'étamage. || Terme de chapelier. Dresser les chapeaux tout chauds. \\Z° S'égoutter, V. réfl. Perdre son eau, son humidité. Le fromage s'égoultera. || Avec ellipse du pronom personnel. Il faut laisser égoutter, faire égoutler ce lait caillé, ce fromage. Mettre à égoutter de la vaisselle qu'on vient de laver. Mettre à égoutter des cardes, des asperges, de la morue.
— HIST. xw s. J'aing fj'aime] mieux fontaine qui soronde [déborde]. Que celé qu'en estei s'es-
ÉGR
goûte [cesse de couler], ruteb. (32. ||xiv» s. Pour vuidier les yaues qui sa esgoutoient en lieus bas, BERCiiEURE, f° 20, recto. Vuidiez l'eaue et après les mettez esgouter, Kénagier, ii, 6. Mettre esgouter en un plat, ih. || ivi* s. Les fossez qui sont en ladite terre d'Oye, pour esgouter les terres, devindrent grosses rivières, M. du bellay, oo8.
— ÉTYM. ^ pour «....préfixe, etjouKe/provenç. et pnrtug. esgotar.
ÉGOUTTOIR (é-gou-toir) , *. m. Planche, treillis sur lequel on met à égoutter quelque chose. || Terme rural. Synonyme d'éclisse. || Morceau de bois long d'environ un mètre, gros comme le bras, avec des rangs de chevilles de part et d'autre, qui sert à faire égoutter la vaisselle. || Table dite aussi égout sur laquelle on fait égoutter les glaces. || Terme de cartonnier. Ais assemblés l'un contre l'autre, sur lesquels on fait égoutter les formes. || Auge de bois disposée sur l'établi du chandelier. || Conduit pqur l'épuisement ou l'écoulement des eaux d'une galerie de mine. || Planche placée debout sur une partie du tour de la cuve dans les fabriques de papier.
— ÉTYM. Égoutler.
ÉGOUTTDRE (é-gou-tu-r') , s. f. Le liquide restant dans une bouteille qu'on vient de vider. Ils ont tout bu, je n'ai eu que les égouttures.
— ÉTYM. Égoutler.
t ËGRAINouÉGRIN(é-grin), j. m. Terme rural. Jeune poirier ou jeune pommier, qui, venu de graine, est ré.servé dans les pépinières pour être grefi'é.
— ÉTYM. É pour es... préfixe, et grain ou graine. ÉGRAINER, voy. égrener.
t ÉGRAPPAGE (é-gra-pa-j') , s. m. Action d'égrapper les raisins, les groseilles, etc.
— ÉTYM. Égrapper.
ÉGRAPPÉ, ÉE (é-gra-pé, pée), part, passé. Des raisins égrappés. || Les mines qui sont mêlées avec des terres et des pierres en petit volume, veulent être lavées et égrappées.
ÉGRAPPER (é-gra-pé), V. a. \\i° Séparer de leur grappe les grains d'un raisin mûr, de la groseille, etc. Égrapper des groseilles. Elle fait égrapper le raisin et trier les grains, l. i. rouss. Hél. v, 7. || 2° Égrapper la mine, c'est en détacher le sable et les petites pierres qui y sont mêlées, et que les ouvriers appellent grappes, Dict. des arts et m. Amst. (767, Forges \\ 8" S'égrapper, v. réfl. Être égrappé. Les groseilles s'égrappent pour faire les confitures.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, ei grappe.
t ÉGRAPPOIR (é-gra-poir), s. m. \\ 1" Instrument pour séparer les grains de raisin dans la fabrication du vin. Il 2° Lavoir où l'on sépara la mine de fer du sable qui s'y trouve mêlé.
— ÉTYM. Égrapper.
ÉGRATIGNÉ, ÉE (é-gra-ti-gné, gnêe), part, passé. Il 1° Qui a reçu des égratignures. L'enfant égratigné par le chat.|12° Terme de gravure. Cette planche, cette gravure n'est qu'égratignée, le cuivre n'a pas été coupé avec hardiesse et netteté. Il Terme de peinture. Manière égratignée, genre de fresque qui consiste dans la préparation d'un fond noir de stuc, sur lequel on applique un enduit blanc, qu'on ôte ensuite avec une pointe de fer, en découvrant par hachures ce noir qui fait les ombres.
ÉGR.4TIGNER (é-gra-ti-giié), «. a. || 1» Déchirer la peau avec les ongles, avec quelque chose de piquant. Les piquants du rosier l'ont tgratigné. || Fig. U y a de certaines pensées qui égratignent la tête, sÉv. 96. Il 2° Faire une légère blessure à l'amourpropre, aux sentiments, etc. Afin que nous n'ayons point peur que votre vertu nous égratigne, balz. liv. VI, lett. 2. J'aime mieux un franc ennemi Qu'un bon ami qui m'égratigne, abnault, dansleilicf. de POITEVIN. Il Légèrement médire. || 3' Terme rural. Labourer peu profondément. || 4° Donner certaine façon à une étoffe de soie avec la pointe d'un fer. Égratigner du satin. || Terme de passementerie. Découper les peaux. || 6°S'égratigner, v. réfl. Se faire à soi-même une égratignure. Ulysse s'égratigna pour tromper ses ennemis, fén. Solon. \\ Se faire l'un à l'autre des égratignures. Ces deux enfants se sont égratignés à qui mieux mieux. || Proverbe. S'il ne peut mordre, il égratigne, c'est-à-dire il fait toutle mal qu'il peut.
— HIST. XII' s. Por coi detort [elle] ses bêles mains, Et fiert [frappe] son piz et esgratine? Chev. au lyon, v. 4488. || xiii" s. Et esgratinoient leur visaiges, Itisl. occid. des croisades, 1. 1, p. 007. Â ses ongles [elle] s'estoit un peu esgratinée, Berte, Lxxxii. Moult sembloit bien qu'el fut dolente [Tristesse] , Qu'ele n'avoit mie esté lente D'esgratigner tote sa chiere [face], la Rose, 316. || xv* s. Et Pothon prit Lyonel d'une main par le bord de son bassinet, et
ÉGR
l'esgratigna de son gantelet au visage, monstreu liv. II, ch. 8. Il XVI' s. Le chat les egratignera tant, que... DESPER. Contes, XLiii. Elle se mit à le frapper, mordre et égratigner, maro. Nouv. iv.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, el gratiner, dérivé de gratter; picard , égrafigner. On trouve la forme primitive esgraler: Lors prist la pucelle à mordre et egrater le chevalier, et à cryer ainsi que se elle fut hors du sens, Perceforest, t. ii, f" l. On trouve le simple gratigner. On trouve aussi une autre forme esgrapgner, grafigner, qui vient d'un radical graf ou grif (voy. graffe) : Les petits chiens de son père [à Gargantua] mangeoient à son escuelle ....il leur mordoit les oreilles, ilz luy graphinoient le nez, rab. Garg. i, 4).
tÉGKATIGNEUR, ECSE (é-gra-ti-gneur, gneû-z'), s. m. elf. Il 1" Celui, celle qui égratigne. j] Adj. Ce chat est égratigneur. || 2° Terme de passementerie. Ouvrier, ouvrière qui se sertde l'égratignoir. X Paris les gaufreurs sont aussi appelés.... maître! découpeurs- égratigneurs, parce qu'outre la gaufrure ils ont le droit de découper, piquer et moucheter les taffetas, les satins et autres étoffes, avec des fers ou in.struments destinés à cet usage, Dict. des arts et met. Amst. 4767, Gaufreur.
— ÉTYM. Égratigner.
tÉGRATIGNOIR (é-gra-ti-gnoir), s. m. Terme de passementerie. Fer à découper.
— ÉTYM. Égratigner.
ÉGRATÏONURE (é-gra-ti-gnu-r'), s. f. \\ l' Légère blessure faite en égratignant. Se faire, recevoir des égratignures. J'aimerais mieux souffrir la peine la plus dure. Qu'il eût reçu pour moi la moindre égratignure, MOL. Tart. III, 6. La contestation s'échauffa; des paroles elles [les duchesses de Rohan et d'Halluyns] en vinrent aux poussades et aux égratignures, ST-SIM. 67, 209. Il Par extension, se dit de toute blessure légère. Ce n'est qu'une égratignure. M. de Creni et M. de B. se sont battus ce matin; le dernier se porte à merveille, et le premier en est quitte pour une égratignure à la main , m"' de genlis, Adèle et Théod. t. i, lett. 68, p. 489, dans pougens. Il Fig. U ne peut souffrir la moindre égratignure, il est par trop douillet, il n'endure rien. || 2° Marque, cicatrice que laisse une égratignure. Il joue avec le chat et a les mains pleines d'égralignures. Il 3° Terme de chasse. Trace légère que laisse le cerf en marchant sur la terre dure.
— HIST. xiV s. Et convient avoir un gant en la main désire, pour double des csgratigiieures [de l'épervier], Uénagier, m, 2. ||xv s. 11 lui fist une esgrifure ou esgratigneure sur le nez, du cange, esgratineura. \\ xvi' s. Un empereur mourut de l'esgratigneure d'un peigne en se testonnant, mont. I, 74.
— ÉTYM. Egrahgner.
ÉGRAVILLONNÉ, ÉE (é-gra-vi-llo-né, née, U mouillées), part, passé. Un arbre égravillonné.
ÉGRAVILLONNER (é-gra-vi-llo-né. Il mouillées, et non é-gra-vi-yo-né), v. a. Terme d'horticulture. Lever un arbre en molle, et dégager les racines de la terre qui y est attachée.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et gravier. tÉGRAVOIR (é-gra-voir), s. m. Outil dont se
sert le paumier-raquetier.
■fÉGHEFlN (é-gre-fin),ï. m.||l'Termed'histoii« naturelle. Voy. aigrefin. || 2° Autrefois, sobriquel donné à de petits officiers, enseignes, sous-lieutenants, pauvres, tapageurs et intrigants.
— - HIST. xvi* s. J'ay nostre marée comptée; Nous n'avons que bars, que esgrephins. Que saulmons, que gros marsouins, Hist. du TItédt. fr. t. i, p. 471, dans LACURNE.
— ÉTYM. Voy. AIGREFIN.
jÉGRENAGE (é-gre-na-j'), t. m. Action d'égrener, de séparer les grains de leurs épis, les graines da leurs péricarpes.
— ÉTYM. Egrener.
I ÉGRÈNE (é grè-n'), s. f. Coin de fer qu'on met aux ouvrages de layeterie pour arrêter l'écart des bords et des côtés.
ÉGRENÉ, ÉE (é-gre-né, née), part, passé. Des grappes égrenées.
ÉGRENER (é-gre-né. La syllabe gre prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'égrènerai), t'. a. || 1° Faire sortir le grain de l'épi, la graine des plantes; détacher les raisins de la grappe. Egrener de l'anis, des raisins. || 2° Enlever légèrement les grains de la surface d'une pièce qu'on met en couleur. || Terme de doreur. Unir la surface d'une pièce passée au jaune, et enlever les grains ou les poils de brosse. || 3° Égrener son chapelet, en faire passer les grains entre ses doigts.
ÉGR
||4' V.n. Se dit d'un rasoir lorsqu'on l'ébrÈche pour voir g'il est bon. Ce rasoir égrène bien. || B' S'égrener, V. réfl. Tomber en grains. Ce blé est trop mûr, il s'égrène.
— IIIST. XII* s. Es deux barons nen ot que corecier [se courroucer], Bien se requièrent li hardi chevalier; De lor espées font esgrener [écailler] l'acier, Kl les vers elmes [baumes] embarer et trenchier, îlaoul de C. 476. ||xv« s. Envie le ronge et osgraine, eust. desch. Poésies mss. dan» lacurne. Il XVI' s. J'ai moi mesme esgrené un espi de froment dans lequel se treuvorent quelques graine» d'ivroie, o. de serres, (04.
— f.TYM. É pour es.... préfixe, etgrotn.
t ËGRENOIK (é-gre-noir), t. m. Terme d'agriculture. Nom de divera instrumontg qui servent h égrener.
— f.TYM. Égrainer.
*. ÉGRILLARD, ARDE (é-gri-llar, llar-d". Il mouillées, et non é-gri-yar), adj. Qui a quelque chose d'un peu trop gaillard. Il a l'air égrillard.
Des chansons égrillardes Ah, cousin I qu'elle a
le nez joli. Le minois égrillard, le cuir fin et polil hegnard, le Bal, «. Elle est sage au moins? car, à Paris, on dit que les filles sont diablement égrillardes, DANCOURT, Fend. Suréne, se. 9. || Substantivement. Oh 1 oh I quels égrillards, mol. le Sicil. ». Quelle est celte égrillarde Qui d'un oeil curieux me tourne et me regarde? regnard, D6mocrite, ii, 7. S'il pouvait, par bonheur, choir en que.'que embuscade, Et que des égrillards avec de bor.s bâtons:... \D. Fol. am. I, 4. C'est un jeune égrillard, beau, bien fait, de bonne mine, un peu élourdi, beaucoup libertin, dancourt, les Fées, i, 9. Ces égrillards iraient d'bumeur bouffonne Pincer au lit le diable etses suppôts, béhang. Préf. Collé, quoi qu'en disent ces dames, Est un fort honnête égrillard, m. Désaug.
— ÉTYM. Ce mot paraît venir de é.... préfixe, et .jrille: comme qui dirait celui qui sort des grilles, des bornes. Égrillard 2, qui montre qu'en efl"etil y a eu un tel composé, vient à l'appui de celte étymologie. On trouve dans le bourguignou s'égrailli, se divertir.
t 2. ÉGRILLARD (é-gri-Uar, U mouillées), s. m.
Voy. ÉGRILLOIR.
t ÉGRILLOIR (é-gri-lloir. Il mouillées), t. m. Déversoir. || Grille de pieux, qu'on fiche sur le bord de l'eau pour y contenir le poisson.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et grille.
f ÉGRISAGE (é-gri-za-j'), s. m. Action d'égriser le diamant. j| Opération qui, précédant le polissage du marbre, fait disparaître les trous que le ciseau et la scie ont laissés.
— ÊTYM. Égriser.
ËGRISÉ, ÉE (é-gri-zé, zée), part, passé. Diamant égrisé.
t ËGRISËE (é-grizée), s. f. Poudre de diamant servant à polir les pierres fines. L'égriséo peut seule entamer le diamant. || On dit aussi égrisé au masculin.
— ÊTYM. Égrisé.
ÉGRISER (é-gri-zé), V. a. Terme de lapidaire, ôter d'un diamant les parties les plus brutes avant que de le tailler, ce qui se'faiten le frottant contre un autre diamant brut. Louis de Berquem, natif de Bruges,... il y a environ 300 ans, prit deux diamants, les monta sur du ciment, les égrisa l'un contre l'autre et ramassa soigneusement la poudre qui en provint, Dict. des arts et met. Amst. 4767, Lapidaire. \\ Frotter le bord d'une glace eu? une planche avec du grès fin et sec, ou deux glactG l'une sur l'autre pour en dresser l'épaisseur. || Commencer à polir le marbre.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et l'allem. Grit-i, petits fragments; suédois, grus.
tÊGRISOIR (é-gri-zoir), s. m. Vase où tombe la poudre qui sort du frottement de deux diamants bruts et qui sert ensuite & polir les diamants.
— ÊTYM. Éçiriser.
ÉGUUGÉ, JÊE (é-gru-jé, jée), part, passé. Du sel égrupé,
ÉGRUGF.OIR (é-gru-joir), s. m. Petit vaisseau de bois dans lequel on égruge le sel avec un pilon. Il Terme d'agriculture. Instrument pour peigner le bout du chanvre femelle, pour faire tomber le chènevis. || Machine & écraser le raisin. || Terme d'artificier. Ustensile pour écraser la poudre et en faire du pulvérin.
— ÊTYM. Égruger.
ÉGRITGER (é-gru-jé. Le g prend un e quand il est suivi d'un a ou d'un o), v. a. Réduire en petits grains, écraser. Egruger du sel, du sucre; ce qui
ËH
est dillérenlde le pulvériser. || Terme d'agriculture. Détacher le chènevis du chanvre femelle.
— HIST. xvi' s. C'est le propre de ce que nous appelons ici et vers vous la cherve [le chanvre] d'estre egrugée entre des fers serrez et pointus, d'aub. Fcen. iii, <6.
— ÊTYM. É pouf M.... préfixe, et gruger.
i ÉGRUGEURE (é gru-ju-r'), (. f. Parties menues d'un corps dur séparées parle frottement.
— ËTYM. Égruqer.
ÉGUEULÉ, ÉÉ (é-gheu-lé, lée), part, passé. Il 1° Une cruche égueulée. || 2° Fig. et substantivement, un égueulé, une égueulée, personne qui est giossiire dans ses propos. Je m'avisai que j'avais oublié un grand bal où je devais mener la fille de la duchesse de la Ferté, qui ne me le pardonnerait point si j'y manquais, et qui était une égueulée sans aucun ménagement, st-sim. 48, 2(8.
ÉGIIEULEMENT (é-gheu-le-man), s. m. Altération faite par le boulet à la bouche des canons.
— f.TYM. Égueuler.
ÉGUF.ULER (é-gheu-lé), V. a. || f Casser l'ouverture, l'entrée d'un vase de terre ou de verre, ou l'embouchure d'un canon. Egueuler un bocal. Le boulet a égueulé cette pièce. |{ 2° S'égueuler, v. réfl. Êlne déformé à l'ouverture. Cette pièce de canon s'égueule. || Populairement. S'égueuler de crier, s'enrouer à force de crier. Mais les autres qui jouent les comédies ne s'égueulent point tant, d'ablancourt, Lucien, dansLEBOux, Dict. corn.
— HIST. XIII' s. Là s'assoreille [nettoie ses oreilles] et esgoele [nettoie sa gueule], Fabliaux, t. i, p. u4<.
— ÊTYM. ^pourej.... préfixe, el gueule.
tÉGUILLE (é-ghi-11'), s. f. Voy. équille.
t ÉGYPTIAC (é-ji-psi-ak), adj. m. Terme de pharmacie. Onguent égyptiac, préparation pharmaceutique composée de miel, de vinaigre et de vert-de-gris.
— HIST. xvi' s. Il faut consommer entièrement le kystis avec egyptiao, poudre de mercure et semblables, paré, V, 48.
— ÊTYM. Voy. ÉGYPTIAQISES.
t ÉGYPTIAQUES (é-ji-psi-a-k'), t. /■. pZur. Titre de l'histoire d'Egypte de Manéthon.
— ÊTYM. AlyunTiaxo, les choses de l'Egypte, de olyûuTioc, Egyptien.
ÉGYPTIEN, IENNE(é-ji-psi-in,psi-è-n'),». m. etf. Il 1* Nom du peuple célèbre qui bâtit les pyramides et dont les monuments sont les plus anciens de toute la terre. || àdj. L'architecture égyptienne. Il i° Sorte de vagabonda qu'on appelle aussi bohémiens (voy. ce mot), età qui, entre autres origines, on a attribué l'Egypte. La destinée a voulu que je me trouvasse parmi une bande de ces personnes qu'on appelle Egyptiens, et qui, rôdant de province en province, se mêlent de dire la bonne fortune et quelquefois de beaucoup d'autres choses, mol. Scapin, m, 3. Il S. f. Egyptienne, ancienne étoffe de laine.
— HIST. XVI' S. Belitresses qu'on appelle égyptiennes. Nuits de Straparole, t. ii, p. 247, dans LACUUNE. L'égyptienne dict la bonne fortune à autruy, et la malheureuse ne cognoist la sienne, le-
ROUX DE LINCY, PrOV. t. I, p. 280.
— ÉTYM. AlYiiïtTio;, de AtYUTtroç, Egypte; angl. gypsei.
EHI (é), tnferj. |! 1° Exprime la douleur, la surprise, l'admiration. Eh! qui aurait pu écrire cela? Eh! qui n'a pas pleuré quelque perte cruelle? de- L1LLE, En. I. Il Eli redoublé s'emploie quelquefois pour faire entendre ce qu'on ne veut pas dire. Avezvous des auteurs dans cette ville-ci? — Oui, monsieur.— Bons? — F.h, eh.... — J'enlends; couci, couci, BOURSADLT, Fables d'Ésope, v, 4. || 2* Eh bieni loc. inlcrj. et surtout interrog. Elle sert souvent à donner de la force à l'expression. Eh bien, Antiochus, vous dois-je la couronne? corn. Ilodog. iv, 3. Figeac : Eh bien? — Je te croyais du cœur, pons de VERDUN. Il Terme de chasse. Exclamation employée pour égayer le limier. {| 8' Eh donc! exclamation familière aux Gascons, mais reçue partout pour exciter, pour encourager, pour marquer la résolution. — Eh donc! que fais-tu de toutes ces qualités, bélitre? picard, le Cousin de tout le monde, se. 4. Mais de sa canne enfin il te bourrait, Et lu gagnas, sans mol dire, la porte. — Eh donc! mon cher, quand j'agis de la sorte, Je croyais bien que le fat me suivait, pons de verdun, les Excuses.
— REM. Les grammairiens ont essayé de distinguer h^ et eh: mais leurs distinctions sont fort arbitraires. Il n'y a pas de difiérence dans la prononciation; et, quantft l'orthographe, comme elle n'est fondée sur rien du tout, chacun écrit à sa fantaisie eh ou lié.
EJO
f.llAXCUÊ, ÉE (é-anché, chée), adj. Terme de manège. Cheval éhanché, cheval dont une des hanches est, par quelque grand effort, descendue plus bas que celle de l'autre côté.
— HIST. ivi' s. Eshanché, oudin.
— F.TYM. É pour «».... préfixe, el hanche. ÉIIKRDER (é-èr-bé), v. a. Synonyme de sarcler.
ôter les herbes qui poussent l.\ où elles ne doivent pas pousser. Eherber une allée.
— ÊTYM. ^pour«.... préfixe, el herbe.
ÉlIONrÉ, ÉE (é-on-té, tée ; Chiffiet, Gramm.
p. 234, dit qu'on aspirait l'A), adj. Oui est sans honte. Cest un homme éliooté. || Substantivement. On élionté. Une éhontée.
— REM. 1. Voltaire a écrit és-honté: Ce Dieu trèsès-honté ne se dérangea pas, Dimanche. || S. L'Académie, dans son édition de 4 762, écrit éhonté et dit le mot vieilli. Il s'est rajeuni.
— HIST. xiv s. Et celui qui deffaut en ce et qui de rien n'a vergonde, il est appelle invergondeux ou eshonté, oresme, Eth. 60. || xvi' s. Cesle fable de Jupiter et Juno, eshontée au delà de toute souffrance, MONT, m, 334. Si vous arguez publiquement et devant tout le monde un homme, sans l'espargner ne luy rien celer, vous le rendrez à la fin eshonté, AMT0T, Comment dise, le ftatl. de l'ami, 65.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et honte. ÉUOCPÉ, ÉE ( é-ou-pé, pée ) , pari. poii^. Un
arbre éhoupé.
ÉIIOCPER (é-ou-pé), V. a. Terme d'eaux et forêts. Cou|>er la cime et les houppes d'un arbre. || Séparer les têtes du trèfle de leur tige.
— REM. L'Acalémie écrit éhouper avec un seul p; et pourtant elle écrit houppe avec deux p; ce qui complique inutilement l'orthographe. Il faudrait supprimer partout une de ces lettres doubles qu ne se prononcent pas.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et houppe.
t EIDER (è-dêr), (. m. Espèce de canard du norc de l'Europe qui fournit l'édredon.
— ÉTYM. Allem. Eider.
t EIN (in) , s. m. Terme de pêche. Corruption d« haim (voy. ce mot).
t KISSADGIJK (è-sô-gh"), s. f. Terme de pêche. Sorte de filet qui ressemble beaucoup à la seine.
ÉJACCLATEUR (é-ja-ku-la-teur), adj. m. Terme d'anatomie. Qui contribue à l'éjaculation. Muscles éjaculateurs.
— HIST. XVI' s. Signe qu'ils ont dans la vue quelque vertu ejaculatrice [capable d'agir à distance],
— ÉTYJi. Éjaculer.
ÉJACCLATION (é-ja-ku-la-sion), *. f.\\l' Action par laquelle certains animaux lancent une matière liquide. || Par extension. Le pauvre marchand le félicitait le mieux qu'il pouvait de sa copieuse éjaculation d'urine, scarr. Rom. com. ch. e. || Terme de physiologie. Emission du sperme. || 2* Ancien terme de physique. L'émission de la lumière. Ejaculation des corpuscules lumineux. || 3* Terme de la vie dévote. Nom donné à certaines prières courtes et ferventes, qui se prononcent à quelque occasion passagère, comme si elles se jetaient vers le ciel.
— ÉTYJI. Éjaculer.
ÊJACDI.É, ÉE (é-ja-ku-lé, lée), part, passé.
ÉJACULER (é-ja-ku-lé). || 1* V. a. Lancer hors de soi avec force un liquide. || 2' Y. n. Terme de physiologie. Emettre le sperme.
— ÉTYM. Lat. fjocuior», lancer comme un javelot, de e, et jaculum, javelot, de jacfre, jeter ( voy. jet).
t ÉJAMBER (é-jan-bé) , v. a. Enlever la côte longitudinale d'une feuille de tabac.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, el jambe.
f ËJARRAGE (é-ja-ra-j"), f. m. Action d'éjarrer.
— ÊTYM. Êjarrer.
f ËJARRER (é-ja-ré), r. o. Ôter le jarre, préparation qui est particulière à certaines peaux de phoque el aux peaux de castor dont elle augmente beaucoup la valeur.ll Peaux éjarrées, celles dont le revers a été écharné jusqu'à la plante du jarre.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, el jarre.
t ÉJECTION (é-jè-ksion), *. f. Terme didactique. Action d'expulser hors du corps. La respiration facilite l'éjection des excréments en pressant les intestins, Boss. Connaiss. ii, 4 4. || Les matières expulsées. Des éjections abondantes.
— ÉTYM. Lat. rjectionem. de ejectum, supin de ejicere, jeter hors, de e, et jacfre, jeter (voy. jet). '•
t ÉJOINTER (é-join-lé), v. a. Terme de fauconnerie. Ejoinler un oiseau, lui rogner une aile pour qu'il ne puisse plus voler.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et joint, jointure.