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LA

ÈLA

ÉLA

t ÉJOCIR (S') (é-jou-ir) , v. rifl. Se livrer à la joie. On en fait maint repas, Dont maint voisin s'éjouitd'êlre, la font. Fabl. iv, n. Ne vous éjouissez fis de vos miracles, pasc. Juifs, is. Chevreuse, un avec lui [Beauvillier] dans tous les temps de leur vie, s'éjouit avec lui de la même joie, st-sim. aû2, 175. Il Ce mot a un peu vieilli; mais il est encore bon.

— HIST. xir s. Mais je ne sai dont esjoir [je] me doie.Couct, xxi. || xin* s. Quant li rois l'ententli, moût ei| fu e.-ijoïs, Berte, ucxv. Après refu porlraite Envie, §ji* ne rit onques en sa vie, N'onques de rien ne s'esjoï, S'ele ne vit ou s'el n ' oï Aucun grant domage retraire, la Rose, 237. ||xv*s. Ces paroles esjouirent fort le duc, comm. ii, ».

— ÉTYM. i^ pour M.... préfixe, et/out'r; provenç. esgaujir, esjauxir.

■ t E-LA (é-la), s. m. Terme de musique. C'était, dans l'ancien solfège, le mi, qu'on chantait quelquefois fur la syllabe la.

t ÉLABORANT, ANTE (é-la-bo-ran , ran-t'), adj. Terme didactique. Qui élabore. Les cellules élaborantes.

t ÉLABORATEtrR,TRICE (é-la-bo-ra-teur, tri-s'), adj. Terme didactique. Qui fait la fonction d'élaborer. Organe élaborateur.

— ÉTYM. Élaborer.

ÉLABORATION (éla-bo-ra-sion) , s. f. Action d'élaborer, de s'élaborer. || Terme de physiologie. Action par laquelle les êtres organisés font subir, soit aux substances venues du dehors, soit aux matériaux puisés dans leur propre sein, une transformation spéciale et adaptée aux actes organiques.

— HIST. xvr s. Elabouralion, cotgrave.

— ÊTYM. Lat. elaborationem , deelaborare, élaborer.

ÉLABORÉ, ÉE (é-la-bo-ré, rée), part, passé. Il !• Qui a subi une élaboration. Le chyle élaboré par les intestins. || i' Fig. Présenter un projet élaboré.

ÉLABORER (é-la-bo-ré), ». o. || !• Faire subir par un labeur, par un travail, par une combinaison, une modification spéciale. Le foie élabore la bile. L'estomac élabore les aliments. || Fig. 11 élabore péniblement ses idées. Élaborer un projet de loi. || 2° S'élaborer, V. réft. Devenir élaboré. La sève s'élabore. Celte liqueur s'y subtilise, s'y élabore, y acquiert la ferme du sang, desc. L'homme. || Fig. Les idées s'élaborent par la réflexion.

— REM. Dans le dictionnaire de l'Académie de (740 on lit : a Êlabouré, participe du verbe élabourer, qui n'est plus en usage. » Ce mot, sous la forme élaborer, a repris faveur.

— HIST. XVI' s. La mouelle est aliment êlabouré à perfection de nature, comme dict Galien, rab. Garg. i, Prol. Le cerveau est le siège de l'ame raisonnable, la source de sentiment et mouvement, et des très nobles esprits animaux faits des esprits vitaux, lesquels, montés du cœur par les artères du cerveau, sont cuits, recuits, elabourés et subtilisés par le moyen d'une multiplicité de petites et subtiles artères, charron, Sagesse, i, 4.

— ÊTYM. Lat. elaborare, de e, et laborare, travailler (voy. labeur).

jÉLABRÉ, ÉE (é-la-bré, brée), adj. Terme de zoologie. Se dit d'un insecte qui n'a point de labre.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et labre.

t ËL^ÉRINE (é-lè-é-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Principe voisin de l'oléine qu'on trouve dans le suint.

— ÉTYM. 'EXaiov, huile, et ipfov , laine.

t ÉL^OUTUE (è-lè-o-li-f),i. m. Terme de minéralogie. Minéral vitreux d'un éclat gras.

— ÊTYM. 'EXciov, huile, et )i(eoç, pierre.

t ÉLKOMÈTUE (é-lèo-mè-tr') , s. m. Espèce d'aréomètre destiné à reconnaître la pureté des huiles grasses par leur densité.

— ÉTYM. 'E>aiov, huile, et mètre, mesure.

t ÊLEOPTÈNE (é-lè-o-plè-u') , s. m. Terme de chimie. Partie des huiles volatiles qui reste liquide au-dessous de la température ordinaire.

— ÊTYM. 'EXaiov, huile, etircirivi;, qui vole.

t E-LA-FA (é-la-fa),ï. m. Terme d'ancienne musique. Dénomination donnée au ton demi bémol à llépoque où l'on solfiait par les muances.

ËLAGAGE (é-la-ga-j') , s. m. Action d'élaguer des arbres. || Branches coupées.

—ÊTYM. Elaguer.

ÉLAGUÉ, ÉE (é-la-ghé, ghée), part, passé. Il 1* Dont on a retranché des branches. Des arbres élagués. Il 2* Fig. Retranché. Des digressions élaguées.

ÉLAGUER (é-la-ghé), v. a. jj 1° Couper les bran-

ches, principalement les branches inférieures d'un arbre, afin de faire grandir la tige «t de se procurer des fagots pour le chauffage. Dubut est ici, qui a élagué des arbres devant celte porte, qui font en vérité une allée superbe, sév. (62. || 2° Fig. Détruire ou écarter ce qui est superllu ou nuisible. L'homme l'étend et la polit fia natur»|, en élague le chardon et la ronca, bdfi'. Morceaux choisis, p. 18. Il Par analogie, retrancher d'un ouvrage d'esprit ce qui est surabondant. P.lague;: ces détails.

— SYN. ÉLAOUER , ÉMONDEB. ÉlagU'sr, c'est retrancher; émonder, c'est, étymologiquement, rendre net, rendre propre. On élague un arbr-< pour le débarrasser de grosses branches qui le sur'^hargent. On émonde un arbre non pas seulement p^ur le débarrasser de grosses branches devenues- inutiles ou nuisibles, mais aussi pour lui ûter ce qui le dépare aussi bien que ce qui lui nuit. L'élagage se pratique surtout dans l'intérieur de l'arbre; l'èmondage, surtout à l'extérieur, à la cime, k l'exirémitô des branches.

— HIST. rvi's. Souvent l'on «n retranche du bois [des espaliers] en les eslargant, o. d» serres, 660. Qu'il tienne nettoies ses oliviers, le~ eslaguans à propos, ID. 706. Esmonder, est ost/>r le mort et rompu; eslaguer, les branches inutiles et nuisantes croissans en mauvais enOroit, eoipes<;hans la grâce de l'arbre; estester, couper généralement toutes les branches pour faire reprendre nouvelle vigueur à l'arbre, iD. 723.

— ÊTYM.Wall.hff«fr;Berry,oJo!/pr; norm. éligutr; de i pour «.... préfixe, et de l'anc. haut allem.iah, incision des arbres; étymologie donnée par Grandgagnage et approuvée par Diez. Dans cette hypothèse très-probable, il faut regarder elarguer d'O. de Serres ou comme un autre mot ou comme une transformation vicieuse, par assimilation avec large, d'élaguer.

ÉLAGCEUR (è-la-gheur), s. m. Celui qui élague.

— ÊTYM. Élaguer; Berry, alayeur.

t ÉLAÏDINE (é-la-i-di-n'), s. f. Terme de chimie. Substance grasse qui se produit quand on traite l'huile d'olive par l'acide azotique et l'acide azoteux.

— ÉTYM. 'EXaiov , huile.

fÉLAÏDIQCE (é-la-i-di-k'), adj. Terme de chimie. Acide èlaïdique, acide qui se forme dans la saponification de l'élaïdine.

— ÊTYM. 'EXaia, olive.

f ÉLAlNE (é-la-i-n'),s. f. Terme de chimie. Voy.

OLÉINE.

— ÉTYM. 'EkaUx, olive.

t ÉLAÏQUE (é-la-i-k'), adj. Voy. OLÉIQUE.

t ÊLAISER (é-lè-zé), v. a. Terme de monnaie. Frapper les flans sur l'enclume avec le flatloir.

t E-LA-Ml (é-la-mi), s. m. Terme de musique. C'était, dans l'ancien solfège, le mi, qu'enchantait tantôt sur la syllabe la, tantôt sur la syllabe mi.

). ÉLAN (é-lan), s. m. || 1° Mouvement pour s'élancer. Il prit son élan. L'élan qu'il avait le fit tomber. Il partit comme un trait, mais les élans qu'il fit Furent vains.... la font. Fabl. vi, to. Il N'avancer que par élans, avancer par des mouvements brusques et saccadés. || 2° Action d'élancer la voix. Â prix de faux clins d'yeux et d'élans alTectés, MOL. Tart.i, 6. Que dis-tu de m'y voir rêveur, capricieux. Tantôt baissant le front, tantôt levant les yeux, De paroles en l'air par élans envolées, Kffrayer les oiseaux perchés dans mes allées? boil. Épit. XI. Aux élans redoublés de sa voix douloureuse Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, m. Lutr. iv. Il pousse îles élans et des soupirs, LA BRUY. XIII. || 3° Fig. Ardeur inspirée par la passion, par l'enthousiasme. Celte continuité [de l'oraison] consistait dans divers actes et dans de continuels élans de leur dévotion , boss. États d'orais. VI, 40. Sénèque.... vous ofl'rira des idées ingénieuses et fines, des élans hardis et lumineux, bider. Ess. sur Claude. Mais on admire, on aime, on soutient les talents, C'est en vain qu'on voudrait repousser leurs élans, gilb. le Poète malheureux. Oui, ce discours sans doute est un élan sublime, M. j. CHÉNIEH, Charles IX, m, l. Ces élans inquiets vers la postérité Ne sont pas de l'orgueil une vaine chimère, legouvé, Épichar. et Nér. ii, 2. || Ce jeune homme a de l'élan, c'est-à-dire il a un coeur disposé à l'enthousiasme. || 4° Ancien terme de marine. Écart que fait un vaisseau tantôt à tribord, tantôt à bâbord. Les élans sont à tribord.

— HIST. xvi* s. Mais en l'homme, que le corps se meuve et seufîre quant et les eslans des passions, on l'apperçoit évidemment par la couleur pasle en frayeur.... amyot, De la vertu morale, 25.

— ÉTYM. Voy élancer; Berry, alan. L'ortho-

graphe eslan ne laisse aucun doute sur l'origine de ce mot.

2. ÉLAN (é-lan), t. m. Espèce de cerf qui se trouve dans le Nord. || Élan du Cap, un des noms vulgaires de l'onltiope oréas, appelée aussi canna. Il Élan d'Afrique , l'antilope bubale. || Elan des Anglo-Américains, le cerf du Canada.

— HIST. XVI' s. Et quand ce ne serait que la misère de l'animal, qui tombe si souvent en epilepsie (dont les AUeraans l'appellent Hellend, qui signifie misère), paré, it'corne, (9. La peau d'une beste que les Poulonois appellent elain, dont l'on fait des ceintures pour en ceindre les femmes estans au travail d'enfant, o. de serbes, 938. Quelques bestes sauvages, comme deux eslams, aussi des peaux de semblables eslams avec certains chiens lévriers, tant de Russie que de ce pays de Dace, Lett. de Christiern II à François I", de (Bi9, dansGEFFROT, Notices et extraits, p. B04.

— ÊTYM. Allem. Bienn;holl. eland; anc. liautallem. elaho; kymri, elain, faon; ci7on, chevreuiU L'étymologie donnée par Paré n'est pas véritable.

ÉLANCÉ , ÉE (é-lan-sé, sée) , part, passé. || 1° Qui a pris son élan. Un chien élancé après sa proie. Il Terme de blason. Cerf élancé, cerf courant. Il 2* Lancé. La poussière s'élève et le char balancé Vole dessus l'essieu comme un trait élancé, gabn. Hippolyte, V. Ces volcans infernaux jusqu'au ciel élancés, vclt. Triumv. i, l. Son sang [de Charles IX], à gros bouillons de son corps élancé. Vengeait le sang français par ses ordres versé, iD. Ilenriade, m. Leur tribu [des brames].... de son front [de Brama] élancée, c. delav. Paria, i,*.\\ 3° Fig. Et les yeux vers le ciel de fureur élancés, boil. Sat. iv. Jusques au ciel mille cris élancés, bac. Phèd. m, 3. J'aurais dil au poète élancé versla gloire.... v. hugo. Odes, II, I. Il 4° En parlant de la conformation du corps, qui est mince et bien pris. Une taille élancée. Le prince de Léon était un grand garçon élancé, laid et vilain au possible, st-sim. I89, 29. || Par extension. Les cathédrales élancées, qui furent bâties durant le moyen âge. || 5° Dont les dimensions en hauteur et en longueur l'emportent beaucoup sur les dimensions en largeur. || Cheval élancé, cheval dont le corps est efflanqué. || Arbre élancé, arbre dont le tronc s'élève très-haut sans branches. || Branches élancées, branches plus longues que ne sembleraient le comporter les autres dimensions du végétal. C'est un défaut à un arbre que d'y voir des branches élancées, la quintinye , Jardins, t. i, dans BICBELET. Il Terme de zoologie. Se dit d'une coquille spirivalve dont le cône spiral avance beaucoup plus en hauteur qu'en largeur. || Terme de marine. Se dit des couples de l'avant qui sont dévoyés; d'une proue saillante; d'un navire qui a beaucoup d'élancement.

ÉLANCEMENT (é-lan-se-man), s. m. || 1' AcMon de s'élancer. L'impétueuse ardeur de ces transports nouveaux X son sang prisonnier ouvre tous les canaux; Son élancement perce ou rompt toutes les veines, corn. Attila, v, 6. || Espace que fournit le cheval qui s'élance. De longs élancements. || Action de faire un élan. Il y a des moments où le vol des oiseaux a des élancements. || 2° Fig. Ardentes aspirations de l'âme. Les élancements de l'âme vers Dieu. L'amour est circonspect, il est juste, humble et sage. Il ne sait ce que c'est qu'être mol ni volage ; Et des biens passagers les vains amusements N'interrompent jamais ses doux élancements, corn. Imit. III, 5. Il faisait des soupirs, de grands élancements, MOL. Tart. I, 6. Au iv siècle, il y avait dans les ouvrages des chrétiens quelque chose d'une passion nouvelle, d'une insatiable curiosité sur les destinées de l'homme, d'un élancement vers le ciel; c'est ce qui brille dans les ouvrages de Grégoire de Nazianze, d'Augustin, villemain, Litt. fr. xym' siècle, 2' part. 2' leç. || 3° Douleur vive, aiguë, analoguo à celle qu'occasionnerait un coup de lance. Cette piqûre me cause de grands élancements dans le doigt. Il 4° Terme de marine. IncUnaison de rélra\o par rapport à une ligne verticale qui serait élevée à i'extrémilé de la quille où l'étrave vient se fixer, jal.

— HIST. xvi* S. Ceux qui poursuyvent légitimement des choses légitimes, ont un plaisir non plein de grands eslancemens, ains assaisonné de douceur, LANGUE, B20. Si ces ulceres sont corrosives, l'humeur qui en sortira sera noirastre, avec grande douleur et eslancemens, pabé, xi, 20. Cela alToiblil la violence que le courir donne aux premiers coups, et quant et quant oste l'eslancement des combattans les uns contre les autres, amyot, Pomp. 09. Les gens de guerre doivent cslre comme un corps fort

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