ELA
et robuste, qui de soy mesme n'ait aucun mouvement, ains se meuve au bransle et eslancement du capitaine, m. Galba, 4.
— ÊTVM, Élancer.
ËLANCER (é-lan-sé. Le « prend une cédille devant a et o: élançant, élançons). || !• F. a. Lancer avec force. L'espérance et le désir nous élancent vers l'avenir. L'Afrique oii le soleil plus chaud Élance KH flammes d'en haut, gabn. Porcie, m. \\ Peu usité à l'actif. Il 3* Y. n. Causer ries élancemenls. Le doigt m'élance. || 8* S'élancer, v. réfl. Prendre son élan vers. En le voyant, il s'élança dans ses bras. Le monstre, furieux de sa voir entendu.... Du roc s'élance en bas, et s'écrase lui-même, corn. Œdipe, I, ♦. Vendôme, que soutient l'orgueil de sa naissance, Au même instant dans l'onde impatient s'élance, BOiL. ÉpU. IV. Contre moi sur mon banc je le vois qui s'élance, lo. Lutrin, iv. Quand son roi lui dit: pars, il s'élance avec joie, hac. Esth. Prol. Entrer, voler vers nous, s élancer sur Gusman, L'attaquer, lo frapper n'est pour lui qu'un moment, VOLT. Alx. y, 2. 11 court, c'était Egisthe, il s'élance aux autels, u>. àlérope, v, «. Comment avancer, comment s'élancer à travers les vagues de cette mer de feu [l'embrasement de Moscou)? séoub, Wùt. de Napol. VIII, 7. Il l'ig. L'étude de la nature force notre âme à s'élancer vers l'auteur des choses, i. J. RODSS. Prom. m. Je m'élance après toi dans la nuit du tombeau, m. j. ciiénieb, Gracijues, ii, t. Sur celui qui s'élance Hors du rang où le ciel a placé sa naissance, c. belav. Paria, iv, <• || *" Devenir élancé. La taille de cette jeune fille s'élance. || Terme de forestiers. S'élancer se dit des arbres qui prennent une grande élévation sans grossir proportionnellement.
— HIST. Mil" s. Ki s'umelie, moult s'eslance, pu.
MousKES, ms. dans lacurne. || xvi* s Et des
croppes hautaines Les fiers torrents s'eslancent par les plaines, du bellay, iv, n , recio. Et de son cœur la playe trop voisine En eslançant luy pince la poctrine, id. iv, 28, reclo. La crainte, le désir, l'espérance nous eslancent vers l'advenir, mont, i, <3. Le soleil nous eslance si dru ses rayons que.... ID. I, Ï7I. Aprez s'estre asseuré des deux [chemins] et n'y avoir trouvé la trace de ce qu'il cherche, il [lo chien] s'eslance dans le troisième sans marchander, ID. II, (72. Les aultres s'esiudioiit à eslancer etguinder leur esprit; moi, à le baisser et coucher, ID. m, 279. Si je confère avecques un roide jousteur, ses imagmations eslancent les miennes, ID. iv, 36. Non que ce soit pour ce qu'en s'eslanceant plusieurs ensemble, les chevaulx fendent mieulx l'air, amyot, Pélnp. 35. La mandragore assopit les sens, elle rend les hommes lasches, tristes et eslancés [sans élan], mornes et sans aucune force, pabé, xxiu, 44,
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et lancer; picard, elanché, élancé; provenç. eslansar.
■j-ÉLANCEUR (é-lan-seur), s. m. Oiseau d'Afrique.
+ ÉLANE (é-la-n'), s. m. Terme de zoologie. Genre d'oiseaux rapaces, ayant une seule espèce, l'élane mélanoplère.
t ÊLANGUEUR ( é-lan-gheur), *. m. Terme de pèche. Instrument auquel on attache par la tête les morues qu'on vient de prendre.
— ÊTYM. Épom es.... préfixe, et langue, soit qu'on ôte véritablement la langue du poisson, soit que l'instrument la froisse ou passe à si place.
t ÉLAPHÉBOLION (é-la-fé-bo-li-on) , ». m. Mois des Athéniens, qui fut d'abord le 3*, et qui devint plus tard le t*. 11 correspondait à partie de mars et d'avril.
— ÉTYM. "EXoçoç, cerf, et pôUiiv, lancer: proprement mois de la chasse du cerf.
t ÉLAPIUEN, lENNK (é-la-fiin, fiê-n"), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble au cerf.
— ÊTVM. 'ï,latfr,-, cerf.
t ÉLAPUOGRAPIIIE (é-Ia-fo-gra-fie) , *. f. Traité lur les cerfs.
— ÉTYJl. 'E>«9o;, cerf, et Ypipsiv, décrire.
t ÉLAPUORNITHE (é-la-for-ni-f) , t. m. KamiUe d'oiseaux qu'on a comparés au cerf, à cause de la vitesse de leur course.
— ÉTYM 'EXaço;, cerf, et ipviç, oiseau.
t ÉLAPIIRE (é la-fr'), ». m. Terme de zoologie. Genre de coléoptères de la famille des carabiques.
— ÊTYM. 'EX019P0;, agile.
ÉLARGI, lE (é-lar-ji, jie), part, passé de élargir. Il !• Rendu plus large. Une ouverture élargie. Il Terme de botanique. Se dit de tout organe qui, k sa base ou à son sommet, est plus large transversalement que dans le reste de son étendue. ||2° Mis en liberté. Un prisonnier élargi,
ÉLARGIR (é-lar-jir), ». a. ||1' Rendre plus large.
ÉLA
Elargir une rue, un fossé. Je sens leur dent cruelle élargir ma blessure, ddcis, Lear, m, 8. Durant lieux saisons de clémence, Mon église élargit l'étroit sentier des cieux, oilb. le Jubilé. || Rendre plus étendu. Non content de m'avoir rendu la liberté, Tu veux sur leurs États élargir mon empire, racan, Psaume 30. {| Terme de gravure. Élargir les taille», rendre plus larges les espaces qui sont entre les tailles. Il Kig. Rendre plus vaste, plus étendu. Élargir ses idées, la sphère rie ses connaissances. || i' Terme de manège. Élargir un cheval, lui faire embrasser, dans ses exercices, plus do terrain qu'il n'en occupait; lia faire serrer le mur dans la manège. Elargissez votre cheval, se dit à l'élève qui laisse rentrer son cheval dans le manège. || 8* Mettre hors de prison. Élargir un prisonnier. Après quatre ans et demi de piison, il [Pellisson] fut élargi, d'olivbt, Hitt. de l'Acad. t. it, p. 2») , dans pouoens. || *• Accorder comme une largesse. L'esprit de la grâce nous est élargi, boss. i, Pent. ». || Ce sens vieillit; c'est un archaïsme; voy. l'historique. || 6° S'élargir,». rc/J. Devenir, être plus large. Mes souliers s'élargissent. La rivière s'élargit en cet endroit. La chaussée commençait â s'élargir, vauorl. Q. C. liv. tv, dans RicHELET. Il Se mettre au large. Les ennemis n'eurent pas l« moyen des'élargir, id. ib. liv. m, ch. 7, dans RICHELET. Il S'agrandir dans son domaine. La grande route l'empêche de s'élargir. |{ Fig. Gagner de l'étendue, en parlant des idées, de l'esprit. || Se mettre en liberté. Çâ, pour nous élargir, sautons par la fenêtre, rac. Plaid. I, 3. || 6* Ancien ternie de mer. S'élargir, s'éloigner d'un autre vaisseau, ou de la terre, gagner le large.
— lllST, XII' s. Ma parole est eslargio sur mes enemis, kar esleecié [réjoui] sui el [au] salveur, Rois, ». Normandie pren e saisis, Si t'en essauce et cslargis, BENOIT, 11, 43562. Par la grâce de Jhesu Crist, Qui tut le bien qu'as t'eslargit..., id. u, 6665. Il XIII* s. Tant cum il plus alad avant, E plus s'alad asseUrant, Car li punz [le pont] lui ellargisscit, marie, Purgatoire, <307. Quant tu eslargesis mnn cuer.,.. Psautier, f* (46. La rose auques [un peu] s'eslargissoit, la Rose, 3373. ||xiv' s. Soit eslar^'ie la plaie par dehors jouste le dart, tant que le dart qui doit estre trait puisse estre souffisanment pri.< et trait hors, n. de mondevills, f> 37. Quant l'un cil est clos, la pupille de l'autre s'eslargit, id. f° (7. Il XV* s. Et avecques tous biens dont il s'eslargissoit, il [Urbain] ootroioit au roi et â ses oncles un plein dixième par toute Angleterre k prendre el à lever, froiss. h, 207. Le dit Jehan en donnant la caution, quant il fut eslargi [mis hors de prison], Bibl. des Chartes, 4* série, t. 11, p. «9.11x71*$. i ses enfans la pierre pour du pain Ne donne point; mais sa bénigne main Nous eslargit ce qui est nécessaire, marot, i, 297. Je vous descriray une lampe moyennant laquelle estoyt eslargie lumière par tout !o temple, rab. l'ant. v, 4i. Nostre ame s'eslargit d'autant plus qu'elle se remplit, mont, i, (3», Caton demanda si les sénateurs qu'il faisoit retirer s'estoient eslargis du port d'Uiique, id. 1, 34o. Nul moyen de refreschir ou d'eslargir son armée si les maladies s'y mettoient. iD. I, 350. Ilz s'augmentèrent et eslargirent de plusieurs terres qu'ils conquirent sur les Arcariiens, amïot, Lyc. 2. Ilz voulurent eslargir et estendre leur poincle droitte pour envelopper Epaminondas, id. Pélop. 40. Il se levoit un petit vent de terre , qui leur suffiroit pour s'eslargir en haulte mer, id. â/ariuî, «7. Les mesprisez sont retirez de la fange, le< affligez et oppressez sont eslargis de leurs angoisses, calv, Inslit. 20 Que
les plus aisez et plus zelez des particuliers soient exhortez par les ministres et consistoires de s'eslargir à donner quelque notable somme, d'aub. Hist. III, S7(. Le dit ambassadeur sa seroit eslargi [aurait pris la liberté] jusques à dire, m. du bellat, Ifcm. liv. v, f* (61), dans laccrne.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et large; picard, élarguir ; provenç. eslargar, eslargir; ital. tlargare.
ÉLARGISSEMENT ié-l:ir-ji-se-man), ». m. || f Action d'tlargir; résuJtat de cette action. L'élargissement de la voie publique. || 1* Mise en lilierté. 11 a obtenu son élargissement. Joseph avait prié l'échanson de se souvenir de lui et d'obtenir du roi son élargissement, hollin. Traité des Et. liv. v, part. ï*, ch. II, art. (. Il 3° Fig. Mise à l'aise. L'élargissement de sa fortune, de sa position. || En un autre sens, satisfaction d'un coeur qui est mis à l'aise. Les autres [courtisans] pénétrés de douleur ou de gravité et d'attention sur eux-mêmes, pour cacher leur élargissement et leur joie [de la mort de Monseigneur] ,
ST-SIH. 293, a3«.
— HIST. iiv* s. Geste manière d'eslargissement
ÉLA
[d'un ulcère, par incision|, h. de mondeville, f» (OI, verso. ||xv' s. Après le dit eslargissement [mise en lil)erté] et la dite caution ainsi donnée, Bibl. du Chartes, 4* série, t. 11, p. 69. |1 xvi* s. On l'apperçoit par les espanouissemens et eslargissemens du visage , quand I homme est en espérance de quelques voluptez, AMYOT, De la vertu morale, 26.
— ÊTYM. Êlnriiir.
ÉLARGISSURE(é-lar-jl-su-r'),«. ^. Ce qu'on ajouta
& un vêtement, à un meuble pour le rendre plut large. Leur habit [ries teignes] est toujours de la couleur de l'étofTe sur laquelle il a été pris; si donc la teigne dont l'habit est bleu passe sur un drap ronge, les élargissures seront rouges; elle se fera un habit d'arlequin, si elle passe sur des draps ou desétofTe* de plusieurs couleurs , bonnet , Contempl. nat. (2* part. ch. (0.
— ÊTYM. Élargir.
t ÉLASMIE (é-la-smie) , ». f. Terme de zoologie. Chacune des plaques cornées qui, chez les baleines, tiennent lieu de dents. •
— ÊTYM. 'E),«<j|i.«, plaque de métal, fÉLASTE (é-lasl'), ». m. Terme de zoologie.
Sorte d'organe élastique qui garnit l'abdomen de certains insectes et qui les rend propret à sauter.
— ÊTYM. 'E>aoTr|;, qui pousse, meut, d'èXaûve*. t ÉLASTICINE (é-la-sti-si-n'), ». f. Terme d'ana-
tomle. Substance qui est le principe constituant des éléments élastiques.
— ÊTYM. Élastique.
ÉLASTICITÉ (é-la-sti-si-té), ». f. || !• Propriété en vertu de l.iquelle ce-tains corps reprennent, sans se désagréger, leur état primitif, dès que cesse la cause qui en avait changé la forme ou le volume. Des ressorts qui se détendent ou qui prennent de l'élasticité, VOLT. Dial. vu, (. || 8* Fig. Etat d'un esprit, d'une ftme comparée k un ressort. Tous les esprits n'ont pas la même élasticité. La misère avait afl"aibli les ressorts de l'âme de M. André; le bienêtre leur I rendu leur élasticité, volt. l'Il. aua 40 écus. Le bon sens de U. André. Il ne faut jamais, dans aucun art, travailler contre son propre sentiment... l'enthousiasme est éteint; l'esprit mis k la gêne perd toute son élasticité, id. Lett. Chaurelin, 23 févr. (767.
— ÊTYM. Élastique.
ÉLASTIQUE (é-la-sti-k"), adj. || 1" Qui a de l'élasticilâ, c'est-â'dire qui est susceptible à la fois de céder â une pression et de revenir à sa première forme. Les gaz sont très-élastiques. La terre, épanouie aux rayons qui la dorent, Nage plus mollement dans l'élastique éther, lahaht. Harm. 11, 6. || Terme de géométrie. Courbe élastique, celle que forme une tige élastique fixée par un de ses bouts et chargée à l'autre d'un poids. On dit aussi substantivement une élastique. || Bretelles élastiques, bretelles munies de ressorts élastiques. || Gomme élastiqae, nom donné au caoutchouc, qui jouit d'une grands élasticité. La gomme élastique, coulée soit en carrés, soit en boule, sert à elTacer le crayon. Le nom de gomme est impropre, puisque le caoutchouc n'est pas une gomme. || Balle élastique, en termes d'écolier, balle faite avec des filets de caoutchouc enroulés sur un morceau de liège rond, recouverts eux-mêmes d'un fil de laine et d'une peau cousue tout autour. || Terme de botanique. Arille élastique, celui qui, s'étendant jusqu'à un certain point à mesure du développement de la graine, se déchire enfin et se retire sur lui-môme par un mouvement subit. || Filet d'ctamine élastique, celui qui est susceptible de se redresser avec force, au moment do l'épanouissement || Terme d'anatomie. Tissu élastique, tissu qui jouit de l'élasticité. Il Terme de marine. Se dit d'un établissement de l'emplanture des bas mâts qui divise el atténue la pression. {| 8* S. m. Ressort que l'on met aux bretelles. Remettre un élastique. || Se dit aussi ries jarretières et d'une sorte de bracelet pour tenir les manches. Porter des élastiques. || Gomme él.islique. Une balle d'élastique. || 8* S. f. Terme d'anatomie. Espèce d'éléments qui constitue le tissu élastique.
— ÊTYM. 'EX»irtV|;, le même que iXax^; ou i)ornp, qui pousse, qui meut, de iXaûveiv, pousser, chasser.
t ÉLATER (é-la-têr), ». m. Nom modem» du genre taupin (coléoptères).
— ÊTYM. Voy. ÊLATÈBE.
t ÉLATÈRE (é-la-lê-r'), ». m. Terme de botanique. Petit tube élastique qu'on trouve dans les capsule» de quelques hépatiques et qui projette les spores au dehors.
— ÉTYM. "EXat^p, qui meut (voy. tusTiQUE).
ÉLE
tÉLATÉRIK (éhi-té-rie), t. f. Terme de botanique. Fruit qui, s'ouvrant à la malurilé, se partage en autant de coques qu'il a de loges. Tel est le fruit dos euphorhiacées.
— ÊTYM. Élalère.
t ÉLATÉRINE (éla-té-rl-n') , s. f. Terme de chimie. Substance amére (lu concombre sauvage {momordica elalerium, L).
tÉLATÉRITE (é-la-té-ri-f), s. f. Terme de minéralogie. Bitume élastique.
— ÉTYM. 'liXarrip, qui meut, d'èXaûvo), et la finale ite qui indique un fossile.
t ÉLATÉRIUM (é-la-téri-om'), s. m. Nom pharmaceutique du concombre sauvage (momordica elalerium, /,.).
— ÊTYM. "EXaTTipiov , qui expulse, d'ê),aûvEiv, expulser, à cause que, lorsque le fruit est mûr, si l'on essaye d'y porter la main, ou même, simjilement, si l'on ébranle le sol à côté, le fruit se détache brusquement du pédoncule, et en même temps les parois, se distondant élastiquement comme dans la balsamine, lancent, par l'ouverlure résultant de la chute du pédoncule, un mucilage rempli degraines qui saute à plusieurs pieds.
t ÉLATÉllOMÈTRE (é-la-té-ro-mè-tr'), ». m. Terme de physi(|ue. Appareil pour mesurer l'élasticité de l'air raréfié ou condensé.
— ÉTYM. Élatère, el mètre, mesure.
f ÉLATOBRANCUES (é-la-to-bran-ch'), s. m. plur. Classe de mollusques qui renferme des acéphales à branchies lamelleuses.
— ÉTYM 'Eîir/i, rame, et branchies.
fÉLAVÉ, ÉE (é-la-vé, vée), adj. Terme de vénerie. Mollasse ou blafard, en parlant du poil des chiens ou de la bête. Dans les chiens de chasse le poil élavé est une marque de faiblesse.
— HIST. XVI* s. Il faut qu'il [le bon chien] soit d'un poil vif et non elavé ny aussi blanc, à cause que les chiens de ces deux sortes de poils appréhendent les froids, salnove, Ven. t° 58, dans lacuhne. Une grande nuée peut tomber à l'improviste qui elavera les voyes du cerf, id. ib. p. 166.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et lavé. ELBEUF (èl-beuO, s. m. Drap qui se fabrique à
Elbeuf, ville de Normandie. Voilà du bel elbeuf, du bon elbeuf II Se dit aussi, familièrement, d'un habit de drap fin. Attendez que je passe mon elbeuf. •f ELCÊSAÏTE (èl-sé-sa-i-f) , s. m. Nom de sectaires du temps d'Origène, qui admettaient deux Christs, l'un céleste, l'autre terrestre, et qui disaient posséder un livre envoyé du ciel.
— ÉTYM. 'H)£ai, nom du chef de cette secte.
t ELDORADO (èl-do-ra-do) , s. m. Prétendu pays qu'aurait découvert un lieutenant de Pizarre dans l'Amérique du Sud. || Fig. Lieu, pays d'abondance et de délices. Ce pays est un véritable eldorado. Les Espagnols ont eu une connaissance confuse de ce pays, ili l'ont appelé Eldorado, volt. Candide, ta.
— ÊTYM. Espagu. el, le, et dorado, doré (voy. iiOiIer) : le pays d'or.
t KlÉATIQUE (é-lé-a-ti-k'), adj. École éléatique, école de philosophie fondée par Xénophane de Col'jphon, et dont les principaux représentants furent l'arménide et Zenon, tous deux d'Ëlée, et Mélissus do Samos. Elle admettait qu'il y a deux sortes do connaissances : les unes qui nous viennent par les sens et qui ne sont qu'illusion ; les autres que nous devons à la raison seule et qui sont les seules véritables. Il Les philosophes éléatiques, et, substantivement, les éléatiques.
— ETYM. Lat. Eleaticus, d'Elea, Ëlée ou Vélie, ville de Lucanie. ^^
t ÉLÉATISME (é-lé-a-ti-sm'), s. m. Doctrine de l'école éléalii|ue.
ÉLECTEUR (é-lè-kteur), s. m. || 1» Celui qui élit, qui a le droit d'élire. Les conditions requises pour Être électeur. || Grand électeur ou proclamaleur électeur, le chef suprême de l'État, dans le projet de constitution de Sieyès. J| Grand électeur, l'un des grands dignitaires de l'Etat sous le premier empire. Il 1' Nom de princes de l'ancien empire d'Allemagne, qui avaient le droit d'élire l'empereur. L'électeur de Cologne, de Bavière. || On appelait électrice la femme d'un électeur. Madame l'électrice.
— HIST. xiif s. Les chanoines sont encore les esiictors, Hist. occid. des croisades, t. i, p. 205. Il xiv* s. Les électeurs sont les populaires, et les es. leus sont gens notables, oresme, ï'/ièse de meunier.
— ÉTYM. Lat. elector, de eleclum, supin d'cjigere (voy. élire). On trouve aussi eliseur, et, dans le provençal, elegidor.
ÉLECTIF, IVE (é-16-ktif, kti-v'), adj.\\ 1» Qui est nommé par élection. Leurs rois étaient élec-
BICT. DE LA LANSUB FRANÇAISE.
ÉLE
tifs, Boss. Ilist. m, M. Il lise dit aussi des dignités, des fonctions qui se donnent à l'élection. Une magistrature élective. Ils veulent rendre ce royaume électif, sÉv. 610, Aussitôt que la couronne, d'abord élective, fut devenue héréditaire au dixième siècle, et que la noblesse et lesévêques eurent perdu la faculté de troubler l'État, raynal, Hist. phil. vi, a. Il Chambre élective, dans les gouvernements constitutionnels, chambre nommée par l'élection , chambre des députés, des communes, par opposition aux chambres des lords ou des pairs héréditaires, ou des pairsetsénateurs nommés par le souverain. || 2° Qui élit, choisit. Il Terme de chimie. Affinité élective, attraction élective, la force qui fait qu'un corps simple détermine la décomposition d'un composé binaire. Il Terme de physiologie. Sensibilité élective, celle qui établit un rapport spécial entie un organe et telle ou telle substance qui sembla être choisie de préférence par l'organe. || Affinités électives s'est dit aussi au sens moral.
— IllST. XIV' s. Donques vertu est habit elettif, OHESME, E(h. 48. ||xvi' s. Que le franc arbitre est une vertu élective, laquelle, estant moyenne entra intelligence et volonté, encline toutefois plus à volonté, CALV. Insl. 184.
— ÊTYM. Voy. ÉLECTEUR ; provenç. electiu; espagn. electivo; ital. elellivo.
ÉLECTION (é-lè-ksion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1' Choix qui est fait de quelqu'un en assemblée et par voie de sulTrages. L'élection d'un député. Les élections municipales. Je suis sûr que vous ne sauriez faire que de bonnes élections, cosTAR, t. Il, lett. 319, dans RicuELET. Aussi ne fut-ce pas l'élection qui établit Matliias, ce fut le ciel qui se déclara, BOss. Kor. xv, 120. L'opposition qu'on y forma [à l'Académie contre la Fontaine] fut poussée si loin, que, quand on parla de son élection, on jeta sur le bureau un de ses ouvrages où la piété et la pudeur étaient tellement offensées que les plus sages se déclarèrent contre lui, furetièbe, Faclums, t. i, p. 182. X l'égard des élections du prince et des magistrats [dans une république], il y a deux voies pour y procéder, savoir le choix et le sort, 1. J. Bouss. Contr. iv, 3. Si vous me promettiez de tenir votre langue, je vous conterais.... nos élections, comment tout cela s'est passé, p. L. Courier, 2' ;««(. pard'cuiitTe. Il Élection directe, celle qui confère immédiatement les fonctions. Élection indirecte, celle qui désigne d'autres électeurs qui doivent eux-mêmes faire le choix. || Action de choisir. Autoriser l'élection du peuple, vaugel. Q. C. liv. X, ch. 7, dans richelet. || 2" Terme mystique. Choix fait par Dieu lui-même. L'élévation de ces deux grands rois [David et Salomon] et de la famille royale fut l'effet d'une élection particulière ; David célèbre lui-même la merveille de cette élection par ces paroles : Dieu a choisi les princes dans la tribu de Juda, boss. Ilist. 11, 4. || L'élection du peuple juif, le choix que Dieu fit de cette nation pour lui donner sa loi. || Vase ou instrument d'élection, créature dont Dieu fait choix pour l'accomplissement de ses desseins et qu'il prédestine à la gloire éternelle. Je la regarde comme un vase d'élection, SÉV. 460. Il 3* Terme de philosophie. Faculté qui permet de faire un choix entre des déterminations. J'ai une conviction intime que je puis vouloir et ne vouloir pas; qu'il y a en moi une élection, FÉN. Exist. 66. Des machines [les animaux] qui aiment, qui ont une élection pour quelqu'un 1 SÉV. 127. De toute élection mon âme estdépourvue, RÉGNIER, Sot. vu. Il 4° Choix personnel qui résulte de la volonté. Quand je lui vouai mon service, Faillis-je en mon élection? malh. v, 23. Le désir que nous avons que le monde croie que toutes nos élections sont bonnes, apporte de la nécessité à une action qui était volontaire auparavant, balz. 7' dise. sur la cour. Et vient sacrifier à votre élection [que vous ferez d'un de nous] Toute notre espérance et notre ambition, corn. Ilodog.ni, 4. || Peu usité en ce sens. || 6° Terme de droit. Élection de domicile, action d'assigner un lieu où les actes de justice puissent être signifiés. Faire élection de domicile. Il 6° Terme de médecine. Choix que l'on fait d'un temps, d'un lieu, d'un procédé pour administrer un médicament ou pratiquer une opération. Temps d'élection et lieu d'élection sont opposés à temps et lieu de nécessité. || 7» Anciennement. Nom des tribunaux où l'on jugeait en première instance toutce qui avait rapport aux tailles, aux aides et aux gabelles. || Certaine étendue de pays comprenant plusieurs paroisses qui payaient taille et sur lesquelles les élus exerçaient leur juridiction. Ce n'est qu'une charge de campagne, à la vérité, et dans une
ÉLE
élection d'une très-petite ville du côté d'Étampes, bancourt, Fête de village, 11, 4. || 8° Terme de féodalité. Clause d'élection d'ami , clause par laquelle l'acquéreur d'un immeuble se réservait la faculté de le rétrocéder à un ami.
— REM. Élection se prend au sens actif et au sens passif . l'élection du peuple, c'est l'élection faite par le peuple; l'élection d'un député, c'est l'élection qui est faite de ce député.
— HIST. XII* s. L'huime [huitième] [troupe] fut faite par droite élection, flonc. p. 133, Car quant Diex fist de vous élection Et signer de sa vengeance, Bien [vous] deOssiez monstrer vostre puissance, QUESNES, Uomanc. p. 100. Li clerc suut serjant Deu e de s'electiun, Th.lemart. 30. || xiirs. Ensi furent esleus li douze, et fu jors pris pour l'eslection, villeh, cix. Et s'assamblerent li baron dou [du] roiaume, et fisent [firent] roi par élection, Cbr. de Rains, p. 48. [Que Dieu] vos face demostrance de roi à son plaisir et à savolenté, en tel maniera que li pueples voie et conoisse que par s'eslection sera rois et sanz eslection d'autrui, Merlin, f° 7i , recto. Il XIV* s. Le temps de faire incisions est double ; est assavoir le temps d'eslection et le temps de nécessité, II. DE MONDEVIUE, f* 100. Et avec ce elle est commune en toutes choses où il chiet [échoit] élection, oresme, Elh. 39. Bien estoient Anglois en icelle saison Quatre mil voire plus, tout gentd'eleccion, Guescl. 18118-18131. || xv* s. Huit mille armures de fer, et trente mille hommes armés, envoyés par l'élection des bonnes villes à leurs gages, chacune bonne ville pour sa rate [en latin pro rata parte, quote-part], froiss. i, i, 36. || xvi*s. L'homme ne seroit point animal raisonnable s'il n'avoit élection du bien et du mal, calv. Inst. 131. Leur élection à choisir n'est pas tellement libre, que Dieu ne domine pas dessus, id. »6. 328. Patience et continence sont habitudes aptes et idoines à suivre l'élection de la raison, amïot, De la vertu morale. Tu as fait malheureuse élection d'amis aussi bien que d'ennemis, id. Pyrrhus, 44.
— ÉTYM. Provenç. electio; espagn. eîeecton; ital. eleîione; du latin ekctionem (voy. électeur).
t ÊLECTIVITÉ (é-lè-kti-vi-té), ». /. Qualité d'un magistrat électif.
— ÊTYM. Électif.
ÉLECTORAL, ALE (é-Iè-kto-ral , ra-1'), adj. Il 1* Qui est relatif au droit d'élire, aux élections. Cens électoral. Loi électorale. Collèges électoraux, les assemblées d'hommes censitaires qui, sous le régime de la charte de 1814 et de celle de 1830, avaient le droit d'élire les députés. || Réunion électorale, assemblée d'électeurs qu se fait pour discuter les titres des candidats. || Droit électoral, les droits des électeurs. Manuel du droit électoral. || 2° Altesse électorale , titredes électeurs de l'empire d'Allemagne.
— ÊTYM. Électeur.
ÉLECTORAT (é-lè-kto-ra; le t ne se lie pas),», m. Il 1° Dignité des princes électeurs de l'empire. || Territoire soumis à un électeur. || 2° Droit d'élire, do contribuer à l'élection de députés.
— ÉTYM. Électeur.
t ÉLECTRAGOGUE (é-lèk-tra-go-gh') , adj. Qui suscite l'électricité. La chaleur est électragogua dans la tourmaline.
— ÉTYM. 'HXixtpov (voy. électrum), et àYwyi;, qui conduit.
ÉLECTRICE (é-lèk-tri-s') , s. f. Voy. électeur.
t ÉLECTRICIEN (é-lèk-tri-siin), ». m. || 1° Mot fort employé dans le siècle dernier, signifiant tous ceux qui s'occupaient de l'électricité, non-seulement pour les applications, mais pour les expériences. Henley, Lane, Cavallo, Bennet, sont des électriciens du xviii* siècle, qui ont donné leurs noms aux électromètres qu'ils ont inventés. || 2* Aujourd'hui, celui qui s'occupe des applications de l'électricité, et, en particulier, ingénieur chargé d'établir et d'entretenir un télégraphe électrique. Les électriciens anglais se proposent en ce moment un double problème : mettre le télégraphe à la portée de chacun, et relier avec l'Angleterre les points les plus éloignés du monde, w. Gilbert, Presse scientifique, 1861 , t. III, p. 711. Il Àdj. Ingénieur électricien.
— ÉTYM. Voy. ÉLECTBIQUE.
f ÉLECTRICISME (élèk-tri-si-sm'), ». m. Terme de physique. L'ensembledesphénomènesde l'électricité. Peu usité el indigne de l'être ; car ce mot , d'après sa formation, n'a pas le sens qu'on lui attribue.
— ÉTYM. Électrum.
ÉLECTRICITÉ (é-lèk-tri-si-té), s. f. || !• Terme de physique. Propriété qui se manifeste à la surface de certains corps frottés, chaufl'és ou comprimés, et qui consiste en ce que ces corps attirent d'autres
ÊLE
corps, le» repoussent ensuite et produisent des étincelle». En eiaminant les effets d'un coup de tonnerre qui avait frappé un sonneur, M. Duhamel saisit une analogie si forte entre ces effet» et les phénomènes de l'électricité, qu'il ne put s'empêcher de reconiiallre l'idi mité de leur cause, condoucet, Vufiamel. \\ Électricité statique, électricité développée à la surface des corps. Électricité dynamique ou en mouvement, celle qui passe d'un pôle de la pile k l'autre. Électricité vitrée ou positive, électricité résineuse ou négative, noms donnés aux deux électricités contraires, les premiers d'après l'hypothèse de Dufay, qui croyait que le verre et les résines produisaient respectivement ces deux électrici tés; les derniers d'après les hypothèses de Franklin et d'iEpinus, qui croyaient que l'une était surabondante, et que l'autre était en moins. Électricités de même nom, celles qui portent le même nom, c'està-dire le nom do vitrées ou de résineuses; elles se repoussent. Électricités contraires ou de nom contraire, celles qui ne portent pas le même nom; elles s'attirent. Quand un nuage orageux dont l'électricité est, comme on dit, positive, sa porte subitement vers la terre ou vers les corps placés à la surface, dont l'électricité est négative, la foudre s'élance sur la terre, et l'on dit que le tonnerre tombe, bonnet, Contempl.nat. 5« part. ch. <3. || Électricité médicale, se dit quelquefois de l'application de l'électricité au traitement de certaines maladies. || Nom donné au fluide hypothétique auquel on attribue la production des phénomènes électriques. || 8" Fig. Ëtal moral comparé à la tension électrique. Si la philosophie na s'est pas montrée toute-puissante à cet égard [pour exciter la vie publique] en Allemagne, il ne faut pas pour cela la dédaigner; elle soutient, elle éclaire chaque homme en particulier; mais le gouvernement seul peut exciter cette électricité morale qui fait éprouver le même sentiment à tous, STAÈL, Allem.ui, n.
— ÉTYM. Électrique.
I ÉLECTUIQCE (é-lèk-tri-k'), adj. \\ !• Terme de physique. Qui a rapport à l'électricité, qui la développe ou en provient. Machine, batterie électrique. Courant, étincelle électrique. || Force électrique, la cause inconnue des phénomènes de l'électricité. Il Fluide électrique, fluide impondérable que l'on suppose produire les phénomènes de l'électricité. Il Tension électrique, quantité plus ou moins considérable d'électricité accumulée à une surface. || Balance électrique, appareil imaginé par Coulomb pour mesurer l'intensité des attractions et répulsions électriques. Il Etincelle électrique, bluette qui se dégage d'un conducteur quand on lui présente une substance conductrice. || Aigrette électrique, jet de lumière s'élançant d'une pointe placée sur le conducteur d'une machine électrique en mouvement. Il Atmosphère électrique, distance la plus longue à laquelle le? lorps électriques manifestent leur influence. Il Courant électrique, développement continu d'électricité suivant le fil métallique qui joint les deux pôles d'une pile. || Secousse ou commotion électrique, secousse plus ou moins douloureuse donnée par l'électricité. || Frictions électriques, manière d'administrer l'électricité, qui consiste à promener, à une très-petite distance de la surface du corps couverte d'une flanelle, un conducteur électrique terminé par une boule d'un volume médiocre. || Bain électrique, bain d'électricité qui s'administre en isolant le patient et en le mettant en communication avec le conducteur d'une machine. || Animaux électriques, ceux qui développent à volonté des phénomènes électriques, la torpille, par exemple. Il Télégraphe électrique, voy. télégraphe. || Lumière électrique, lumière produite par l'électricité et qu'on emploie en certaines circonstances pour éclairage. Il 8» Fig. Qui excite, comme fait l'électricité. Impression électrique. Eloquence électrique.
— ÉTYM. 'HXtxTpov.suocin ou ambre jaune. Dès le temps de Thaïes (600 ans avant notre ère), on avait reconnu que le succin frotté attirait et repoussait des brins de paille, de légères parcelles; et plus tard on a nommé force électrique toutes les actions analogues à celles de l'ambre jaune.
tÉLECTRISABLE(é-lèk-tri-za-l)l'), adj. Terme de physique. Qui estsusceptible d'acquérir les propriétés électriques. || Fig. Susceptible d'être enthousiasmé.
— ETYM. Èlcctriser.
t ÊLECTRISANT, ANTE (é-lèk-tri-zan, ran-t') , adj. Terme de physique. Qui électrise. || Fig. Qui emporte et entraîne. Paroles électrisantes.
ÉLECTRISATION (é-lèk-tri-za-sion) , s.f. || l'Action d'électriser; état d'un corps éleotrisé. || î° Applicatioc de l'électricité, quelle qu'en soit la source.
ÈLE
par opposition à galvanisation, qui est l'emploi de l'électricité de contact. || Électrisation localisée, méthode d'électrisation qui consiste à limiter la puissance électrique dans chacun des organes, sans piquer ni inciser la peau. || Electrisation .statique, application médicale de l'électricité des machines à frottement.
— ÉTYM. Éleclriser.
ËLECTRISË, ÉE (é-lék-tri-zé, zée), part, passé. Itendu électrique. Un corps électrise. || Fig. Électrise par ces paroles.
ËLECTRISER (é-lék-tri-zé) , e. o. j| !• Mettre en évidence, exciter la piopriété électrique des corps parle frottement, le contact, la chaleur ou la compression. Il Éleclriser quelqu'un, une compagnie, leur donner la commotion électrique au moyen de la bouteille de Leyde. || i' Fig. Faire sur l'esprit une impression vive qui l'exalte. Son exemple les électrisa. Ce beau ciel, ces Romains si enthousiastes, et par-dessus tout Corinne, électrisaient l'imagination d'Oswald, stael. Cor. ii, 4. Combien de fois auprès de la plus belle Dans vos banquets j'ai présidé chez vous! Là de mon cœur jaillissait l'étincelle Dont la galté vous électrisait tous, BÉRANG.lfoncarnauoJ. ||3° S'électriser, v. réft. Devenir électrique. Certains corps s'électrisent par le frottement. || Fig. S'enthousiasmer.
— ÉTYM. Voy. ÉLECTRIQUE.
t ÉLECTUISEUR (é-lèk-tri-zeur), x. m. Terme de physique. Celui qui électrise. || Médecin qui emploie l'électricité comme moyen curatif.
— ÉTYM. Éleclriser.
t ÉLECTRO.... signifie électricité, et vient à'electrum, succin (voy. électrique).
t ÉLECTRO-AIMANT (é-lèk-tro-è-man) , t. m. Terme de physique. Fer doux transformé en aimant au moyen d'un courant électrique. || Cylindre de fer doux, recourbé en for à cheval, autour duquel est enroulé un fil de cuivre conducteur recouvert de soie.
— ÊTYM. Électro.... et aimant.
t ÉLECTRO-CHIMIE (é-lèk-tro-chi-mie), t. f. Ensemble de phénomènes chimiques dus à des influences électriques. Il Systèmedechimie dans lequel la théorie des phénomènes chimiques repose sur l'application connue des lois de l'électricité.
— ÊTYM. Éleetrn.... et ehtmte.
t ÉLECTRO-CHIMIQUE (é-lèk-tro-chi-mi-k"), adj. Qui a rapport à l'électro-chimie.
t ÉLECTRODE (é-lèk-tro-d') , s. f. Terme de physique. Nom donné aux corps sur lesquels s'effectue la décomposition chimique par la pile. L'électrode positive. L'électrode négative.
— ÊTYM. Électro.... et 466;, chemin, voie.
t ÉLECTRO-DYNAMIQUE (é-lèk-tro-di-na-mi-k'), adj. Il 1° Terme de physique. Qui a la propriété de donner lieu à un courant électrique. Qui est produitpar un courant électrique. Phénomènes électrodynamiques. Il 2° S.f. Partie de la physique qui traite de l'action réciproque descourantsélectriqueslesuns surlesautres, et de celle des courants sur lesaimants.
— ÊTYM. Électro.... et dynamique.
t ÉLECTRO-DYNAMISME ( é-lèk-tro-di-na-mism'), I. m. Terme de physique. Ensemble des effets produits par l'électricité en mouvement.
— ÉTYM. Électro.... et dynamisme.
t ÉLECTRO-GALVANIQUE (é-lèk - tro-gal-vani-k') , adj. Terme de physique. Qui a rapport à la pile voltaïque, à ses effets.
— ÉTYM. Électro.... et galvanique.
t ÉLECTRO-GALVANISME (é-lèk -tro - gal-vani-sm'), s. m. Terme de physique. Ensemble des phénomènes électro-galvaniques.
— ÉTYM. Électro.... et galvanisme.
+ ÉLECTROGÈNE (é-lèk-tro-jè-n'), adj. Qui produit l'électricité. Appareil électrogène des poissons, leur appareil électrique.
— ÊTYM. Électro, et gène pris improprement, dans le langage didactique, pour qui engendre, •(tviii voulant dire qui est engendré.
t ÉLECTROGÉ.VÈSE (é-lèk-tro-jé-nè-z') ou ÉLEC- TROGÉNIE (é-lèk-tro-jé-nie) , s. f. Production d'électricité par les tissus vivants.
— ÊTYM. Élcclrogène.
t ÉLECTROGRAPUE (é-lSk-tro-gra-f), ». m. Auteur qui écrit sur l'électricité.
— ÊTYM. Électro..,. et ypiftiv, écrire.
t ÊLECTROLOGIE (é-lèk-tro-lo-jie), s. f. Traité sur le succin. || Traité sur l'électricité; la partie de la physique qui traite de l'électricité.
— ÉTYM. Electro.... etXÔYo;, traité.
t ÉLECTROLYSABLB (élèk-tro-li-za-bl'), adj. Terme de physique. Qui est susceptible d'être électrolysé.
— ÊTYH. Électrolyter.
ELE
t ÉLECTROLVSATION (é-lèk-tro-li-za-ston), s. f. Terme de physique. Action d'électrolyser.
— ÉTYM. Electrolyser.
t ÉLECTROLYSE (é-lèk-lro-li-z'), s. f. Décomposition par les courants électriques.
— ÉTYM. Électro.... et /Oai;, <lissolution.
t ELECTROLYSER (é-lèk-tro-li-zé) , V. a. Terme de physique. Décomposer ou analyser un corps au moyen des courants électriques.
— ÊTYM. Électrolyse.
t ÉLECTROLYTE (é-lèk- tro-li-l") , ». m. Terme de physique. Corps dont les éléments sont mi» à du par le décomposition électro-chimique.
— ÊTYM. Électro.... et Xurè;, dissous.
t ÉLECTROLYTIQUE (é-lèk-tro- li-ti-k'), adj. Terme de physique. Qui a le caractère d'un électrolyte. Il Qui se fait par électrolyse. Décompositioo électrolytique.
— ÉTYM. Électrolyte.
+ ÉLECTROMAGNÉTIQUE (é-lèk -tro- ma-gnéti-k'), adj. Terme de physique. Qui a rapport t l'électro-magnétisme.
— ÉTYM. Électro.... et magnétique.
t ÉLECTRO-MAGNÉTISME (é-lèk-tro-ma-gnéti-sm'), s. m. Terme de physique. Ensemble de» phénomènes qui résultent do l'action mutuelle de corps électrisés et d'aimants.
— ÉTYM. Électro.... et magnétisme.
ÊLECTRO.MÈTRE (é-lèk-tro-mè-tr"), ». m. Terme
de physique. Instruments qui servent soit à mesurer l'intensité électrique développée à la surface d'un corps, soit à faire connaître la nature de l'électricité dont un corps est chargé. L'électricité agit sur li;s corps avec une force susceptible d'être assujettie au calcul; et, pour analyser les phénomènes électriques, il était intéressant de mesurer cette force; il fallait donc chercher un électromètre, condobcet, d'Arci.
— ÉTYM. Électro.... et mèlre, mesure.
t ÉLECTROMÉTRIE ( é-lèk tro-mé-trie) , ». f. Terme de physique. Partie de la physique qui a pour objet la mesure de l'intensité électrique.
— ÊTYM. Éleclromètre.
t ÉLECTROMÉTRIQUE (é-lèk-tro-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à l'électrométrie.
t ÉLECTROMOTEUR, TRICE (é-lék-tro-nio-teui: tri-s'), adj. Terme de physique. Qui produit ou dé^ veloppe de l'électricité. Appareil électromoteur. Il Force électromotrice, force qui , s'eierçant entre les substances hétérogènes aux surfaces de contact, produit la décomposition des électricités naturelles. Il S. m. Appareil propre à développer l'électricité par le simple contact de corps de différente nature.
— ÊTYM. Électro.... et mo(eur.
t ÉLECTRO-NÉGATIP, IVE (é-lèk-tro-né-ga-tir, ti-v'), adj. Terme de physique. Qui se porte au pôle positif de la pile voltaïque, par exemple l'oiygéne et les acides.
— ÊTYM. Électro.... et négatif.
ÉLECTROPHORE (é-làk-tro-fo-r"), ». m. Terme
de physique. Instrument à la surface duquel on développe la propriété électrique afin de la communiquer à d'autres corps. En ce sens général , mais peu usité, les machines électriques sont des électrophores. || Dans un sens restreint qui est seul usité, giteau de résine sur lequel on développe l'électricité par le frottement. Cette électricité en attire une de nom contraire dans un plateau métallique tenu par un manche isolant, que l'on appuie sur l'ëlectrophore.
— ÉTYM. Électro.... et çopo;. qui porte.
t ÉLECTRO-PHYSIOLOGIQCE ( é-lèk-tro-fl-zi-olo-gi-k'), adj. Terme didactique. Qui se rapporte aux actions de l'électricilé sur les corps vivants. Mécanisme de la physionomie humaine ou analysa électro-physiologique de ses différents modes d'expression, oucHEN.NE, Âead. des se. t. lui, p. 42«.
— ÊTYM. Électro.... et physiologique.
t ÉLECTRO-POLAIRB (é-lèk-tropo-lê-r'), adj. Conducteur électro-polaire, conducteur tel qu'un bout (ou surface) est négatif et l'autre positif; ce qui arrive quand l'électricité est induite,
— ÉTYM. Électro.... et polaire.
t ÉLECTRO-POSITIF, IVE (é-lèk-tro-po-zi-tif, ti-v'), adj. Terme de physique. Qui se porte au pôle négatif de la pile voltaïque; telles sont les bases s&lifiables.
— ÊTYM. Électro.... et positif.
t ÉLECTRO-PCNCTURE (é lèk-tro-pon-ktu-r'), ». f Terme de médecine. Combinaison de l'éleclricité et de l'acupuncture, employée dans le traitement de quelques maladies.
— ÉTYM. Électro.... et le latin punclura, piqûre.
ÉLÉ
ÉLÉ
ÉLÉ
t ÊLECTROSCOPE (é-l6k-lro-sko-p'/, »• m. Ternie de physique. Instrument propre à manifester la présence de l'électricité et son espèce.
— ÉTYM. ÉleclTo.... etoxoneïv, examiner.
+ ËLECTROSCOPIE (é-lèk-tro-sko-pie), ». f. Recherche de la présence de l'électricilé.
t ÉLECTRO-STATIQUE (é-lèk-tro-sta-li-k'), adj. Terme de physique. Qui est le résultat de l'électricité non voltaîque; se dit par opposition à électrodynamique.
— ÈTYM. ÉUctTO.... et statique.
t ÉLECTRO THÉRAPEUTIQUE (é-16k-tro-té-rapeu-ti-k'), adj. Qm a rapport à l'électro-thérapio. Il S. f. Synonyme d'électro-thérapie.
t ÉLECTRO-THÉRAPIE (é-lèk-tro-té-ra-pie), s. f. ICmploi de l'électricité comme moyen thérapeutique.
— lîTYM. tlcctro.... et thérapie.
t ÉI.ECTROTYPE (élèk-tro-ti-p"), ». m. Appareil d'électrotypie.
— ETYM. Électro.... et type.
+ ÊLECTROTYPIE (é-lèk-tro-ti-pie) , ». f. Art par lequel on recouvre d'une couche métallique, par voie électro-chimique, les clichés et autres objets destinés à transporter leurs empreintes sur d'autres corps.
— ÊTYM. Électrotype.
t ÉLECTRO-VlTÀL, ALE (é-lêk-tro-vi-tal, ta-1') , adj. Oui, se manifestant dans l'économie animale, par suite des actes vitaux, est de nature électrique. Les phénomènes électro vitaux.
— ÉTYM. Électro.... et vital.
t ÊLECTRO-VITALISME (é-lèk-tro-vi-ta-li-sm'), •. m. Terme de physiologie. Système erroné dans lequel les actes de l'orRanisme sont expliqués par l'électricité comme cau?e, ou du moins par un fluide vital analogue au fluide électrique.
— ÊTYM. Éleetro.... et vitalisme.
■fÊLECTRUM (é-lèk-trom'), s. m. Terme d'antiquité. Alliage d'or et d'argent qui était dans une estime singulière.
— ÉTYM. Lat. electrum, de ^^exTpov, alliage métallique, et succin. C'est de elretrum, au sens de succin, que l'électricité a reçu le nom qu'elle porte.
ÉLECTUAIRE (é-lèktu-ê'r'), s. m. Terme de pharmacie. Médicament fait de poudres composées et aussi de pulpes et d'extraits, avec des sirops à base de sucre ou de miel. L'électuaire porte le nom d'opiat quand il y entre de l'opium.
— HIST. xin* s. Uns lettuaires [elle] tous dunrat [donnera], E tous beivres [boissons] vous baillerat, MARIE, Deux oman(i. Ijxiv* s. S'il reviennent de Montpelier, Leur lectuaire sont moût cher, du GANGE, eleetuarium. \\ xyi' s Choses aromatiques comme electuaires, conserves, opiates, poudres, PARÉ, V, 16. Si je voulais composer un electoire ou médecine de pierreries, palisst, 233.
— ÉTYM. Provenç. electuari, lectuari, lectoari; espagn. electuario; ital. elletuario; du latin electuarium, corrompu de ixXeifijuxTâpiov , de IxXeti'pia
(voy. ECLEGME).
t ÉLEF-D'EAU (é-lèf-dfl) , ». m. Ancien terme de mer qui signifie le flux ou mer montante.
— ÊTYM. Elef ou eslef est une forme d'élever (voy. ce mot à l'historique, xii» siècle), le v final se changeant en f.
ÉLÉGAMMENT (é-lé-ga-man), adv. Avec élégance. Il est élégamment vêtu. Je sais bien que Votre Majesté n'a que faire de toutes nos dédicaces, et que ces prétendus devoirs dont on lui dit élégamment qu'on s'acquitte envers elle, sont des hommages, à dire vrai, dont elle nous dispenserait trèsvolontiers, MOL. Critique à la reine mère. Ah I voilà parler d'amour bien élégamment, repartit Collantine, ce langage me plaît, fubetjère, Roman bourg, liv. n, p. 246.
— HIST. XVI' s. Comme à celuy qui sauroit mieulx en composer une histoire entière et la coucher plus élégamment par escrit, amyot, Lucull. i. L'office de l'orateur est de chacune chose proposée élégamment et copieusement parler, nu bellat, i, 8, recto.
— ÉTYM. ÉUgant, et le suffixe ment.
ÉLÉGANCE (é-lé-gan-s'), ». 1 1|1' Qualité de ce
qui est d'élite, de distinction dans la parure, dans les manières, dans la taille, etc. L'élégance de la toilette, des ameublements. Toutes les formes différentes que les viandes prennent avant de devenir un mets exquis et d'arriver à cette propreté et cette élégance qui charme vos yeux, labbuy. vi. La richesse partout à l'élégance unie, lemerc. /. Shore, 1, 2. ||a° Distinction dans le langage et le style qui, sans affectation ni recherche, résulte de la iuitesse et de l'agrément. Tous parlerai-je de ces
audiences où elle recevait lesambassadeurs, entrant dans les intérêts de chacun, et parlant à chacun sa l.ingue, accompagnant les honneurs qu'elle leur fai.sait d'un air de grandeur et d'intelligence, et joignant toujours à l'élégance du discours les grâces de la modestie? fléciuer, Dauphine. || Au plur. Les élégances, sortes de phrases ou de tournures toutes faites recommandées pour leur caractère de distinction. Notre langue fait consister la plupart de ses élégances dans les suppressions ; il ne faut pas tout mettre et tout exprimer; il faut laisser agir l'esprit, VAUGEL. Nouv.rem. obierv.de M....p.^on, d.nns ponoENS. || Dans le langage des classes, élégances, bonnes expressions; ne se dit guère que pour le latin. Les écoliers se servent des épithè.tes de Textor et des élégances poétiques pour faire leurs vers, FURETiÈBE, lioman bourg, liv. Ii, p. 247. Il 3° Terme de peinture. Agrément dans les formes. Il 4" Terme de mathématique. Se dit de calculs ou de constructions qui sont à la fois simples et ingénieuses. L'élégance du système des poids et mesures des Egyptiens tirant de la coudée une longueur qui, cubée, donnait la mesure de capacité, laquelle ensuite, remplie d'eau, donnait le poids, SAiGBT, Métrologie.
— HIST. xvi" S. La sumptuosité, propreté et élégance du service de sa maison, amyot, Anton. 32. Ceux qui ont donné beaucoup à la grâce et à l'elegance du langage, mont, u, i38.
— ÉTYM. Lat. elegantia, d'elegans, élégant. ÉLÉGANT, ANTE (é-lé-gan , gan-t') , adj. || 1» Qui
a de l'élégance. Costume élégant. Taille élégante. Une élégante tournure. Auteur élégant. Stylo élégant. Imitons de Marot l'élégant badinage, boil. Art poét. I. ô malheureux l'auteur dont la plume élégante Se montre encor du goût sage et fidèle amante! gilbert, XK///"stécfe. Suis ces fameux remparts et ces berceaux antiques. Où, tant qu'un beau soleil éclaire de beaux jours. Mille chars élégants promènent les amours, a.chén. ^pi«. m. || Formes élégantes se dit, dans les beaux-arts, des figures qui ont de la distinction. On ne parlait que de son accueil [Galonné arrivé depuis peu au ministère] et des charmes de son langage; ce fut pour peindre son caractère qu'on emprunta des arts l'expression de formes élégantes, marmontel, Mém. xii. || Terme de mathématique. Qui est à la fois simple et ingénieux. Solution élégante d'un problème. Construction élégante. || 2° Substantivement. Personne élégante dans son costume et dans ses manières. C'est un de nos élégants, une de nos élégantes.
— HIST. XV* s. [Les femmes ont] Mains ravissantes, Kifflantes, Puis tournant le dos, Ainsi qu'en fables élégantes Virgile les harpies volantes Descript au tiers d'iEnnidos, guill. d'alexis. Blason des [attises amours, dans palsghave, p. 788. ||xvi"s. Toutefois il y en a qui jugent par ses commentaires qu'il estoit plus élégant en son parler, et plus éloquent qu'il ne semble à aucuns, amyot, Arat. 3.
— ÉTYM. Lat. elegans ou eligans, que les étymologistes latins tirent de eligere, choisir.
t ÊLÉGIAMBIQUE (é-lé-ji-an-bi-k') , adj. Terme de métrique ancienne. Vers élégiambique , vers composé du second hémistiche de l'élégiaque et d'un ïambique dimètre.
ÉLÉGlAQUE(é-lé-ji-a-k'), adj. || 1° Qui appartient à l'élégie. Le genre élégiaque. Poète élégiaque, poète qui a composé des élégies. || 2° Vers élégiaques, c'étaient, chez les anciens, des vers hexamètres et pentamètres disposés alternativement. || 3° Chez nous c'est toujours dans le sens de mélancolique que ce mot est pris, à moins qu'il ne s'agisse des anciens. Des vers élégiaques. || Par ironie ou par moquerie, mélancolique, qui cherche à se faire plaindre. Annoncez-moi un peu de bonheur, dit-il avec un accent élégiaque,' j'en ai besoin, CH. de BERNARD, uf» Homme sérieux, § xviii. || 4° S. m. Un élégiaque, un poëte élégiaque.
— ÉTYM. Élérjie.
ÉLÉGIE (é-lé-jie), ». f. || 1° Chez les Grecs et les Latins, pièce de vers dont le caractère essentiel fut d'être composée d'hexamètres et de pentamètres. Il 2" Aujourd'hui, petit poème dont le sujet est triste ou tendre. Composer une élégie. La plaintive élégie en longs habits de deuil Sait les cheveux épars gémir sur un cercueil ; Elle plaint des amants la joie et la tristesse. Flatte, menace, irrite, apaise une maltressa; Mais, pour bien expliquer ses caprices heureux. C'est peu d'être poète, il faut être amoureux, boil. Art poét. ii. Mais la tendre élégie et sa grâce touchante M'ont séduit; l'élégie à la voix gémissante. Au ris mêlé de pleurs, aux longs cheveux épars , Belle , levant au ciel ses
humides regards, A. chénier, Élég. 32. || 3° Terme de musique ancienne. Sorte de nome pour les flûtes. Il 4* Terme de botanique. Plante du Cap (elegia).
— HIST. XVI* s. Mais d'avantage, Lazare de Baïf a donné à nostre langue le nom d'epigrammes et d'elegies, aveq ce beau nom composé aigredoux, à fin qu'on n'attribue l'honneur de ces choses à quelqu'autre, du bellat, i, 39, verso. Nous contasmcs nos adventures à Pantagruel, qui en fit quelques élégies par passe temps, bab. Pant. v, n.
— ÊTYM. 'EXiYiia, de EXt^oc, plainte, gémissement.
t ÉLÉGIOGRAPHE (é-lé-ji-o-gra-f), ». m. Auteur d'élégies.
— ÉTYM. Élégie, et Ypâçetv, écrire.
t ÉLÉGIR (é-lé-jir), v. a. Terme de construction. Diminuer l'épaisseur d'une pièce de bois en y poussant des moulures.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et léger.
t ÉLÉGISSEMENT (é-lé-ji-se-man), ». m. Action d'élégir.
— ÉTYM. Élégir.
ÉLÉMENT (é-lé-man; le < se lie : un é-Ié-man-tinaperçu; au pluriel, 1*» se lie : des é-lé-man-z-inaperçus) , s. m. || 1° Terme des doctrines physiques des anciens. Nom donné à la terre, à l'eau, à l'air et au feu, considérés comme constituant l'univers, et appelés les quatre éléments. Ëlie aux éléments parlant en souverain, BAC. Athal. I, <. Venait- il renverser l'ordre des éléments? iD. ib. i, 4. Je ne pense pas.... que les éléments paraissent confondus Pour qu'un mortel ici respire un jour de plus, volt. Mort de Cétar, m, 5. Napoléon s'était éveillé Ma double clarté du jour et des flammes; dans son premier mouvement, il s'irrita et voulut commander à cet élément; mais bientôt il fléchit.... ségub, Bist. de Nap. vni, «.|| Terme poétique. Le liquide élément, la mer. || Au plur. Les éléments, l'ensemble des conditions de saison, de sol, d'atmosphère et de mer. L'armée avait les éléments à combattre. Au milieu de ce terrible orage d'hommes et d'éléments qui s'amasse autour de lui , ségur, Hist. de Wap. viii , 41. Il 2* Terme de chimie. Corps simple, substance indécomposée et regardée provisoirement comme indécomposable. On comptait il y a peu de temps cinquante-six éléments ; mais depuis on en a découvert quelques autres; et la compte n'en est jamais définitivement arrêté. Il II se dit aussi des composés qui forment une combinaison nouvelle. L'acide nitrique et la potasse sont les éléments du salpêtre. [| 3* Par extension , tout ce qui entre dans la composition d'une autre chose et sert à la former. Les mots sont les éléments du discours. La famille est l'élément do la société. Des éléments de prospérité. Dans toutes les affaires de ce monde, le temps est un élément nécessaire. Il Terme de physique. Nom donné aux couples de plaques de zinc et de cuivre, soudées par toute leur surface, dont on se sert pour construire les piles voltaîques dites à auges. || Terme d'anatomie. Éléments organiques, nom donné aux dernières parties auxquelles on puisse, par l'analyse anatomique, c'est-à-dire sans décomposition chimique, ramener les tissus et les humeurs. || Terme de pathologie. Éléments d'une maladie, les divers phénomènes constants ou pathognomoniques qui la composent. || Terme de grammaire. Élément voyelle, élément consonne, celles des lettres qui entrent dans le radical d'un mot. || Terme de géométrie. Éléments d'une ligne, d'une surface, d'un solide, parties infiniment petites dont on peut supposer que la ligne, la surface ou le solide sont formés. || Éléments astronomiques, ceux qui sont relatifs au mouvement de l'astre, à la nature et aux dimensions de sa trajectoire, à la position qu'il doit occuper sur cette ligne lors d'un instant donné, aux perturbations enfin que ce mouvement peut subir par suite des actions et réactions mutuelles des autres corps célestes, du soleil, et des planètes, par exemple. Le jour, que tout nous autorise à regarder comme l'un des éléments les plus constants du système du monde, laplace, Expos. IV, <4. Il 4° Terme de musique. Eléments musicaux, l'ensemble de toutes les notes. || Elément métrique, partie de la mesure qui résulte de la division du temps en deux ou trois notes do même valeur. || 6* Le milieu dans lequel vit un animal. L'élément du poisson, c'est l'eau. || Fig. Être dans son élément, se trouver là où l'on se plaît le mieux. Quant à nous, étant où vous êtes, Nous sommes en notre élément, malh. vi, 9. De ses pareils la guerre est l'unique élément, corn. Don Sanche, I, <. Quand il est au cabaret, il est dans son élément, scarron, dans richelet. Avec la violente inclination que j'ai de passer ma vie avec les Ere-
ELE
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tonf, je serai dans mon élément, niv. m. Chez TOUS l'inquiétude est dans son élément, la chaussée, Mélanide, i, 4. || £tro dans son élément, signifie disserter sur les choses qu'on a étudiées, approfondies; faire ce à quoi l'on est particulièrement propre. Il Etre hors de son élément, se trouver là où l'on n'est pas à son aise. || 6° Au plur. Notion» premières. Les éléments de la grammaire. N'avoir que les premiers éléments d'une science, en être aux éléments. N'avoir pas les premiers éléments d'une science, l'ignorer complètement. Zeuxis, natif d'Héraclée, apprit les premiers éléments de la peinture vers la quatre-vingt-unième olympiade, KOLLIN, llist. anc. t. xi, <" part. p. 45), dans pougens. Il Eléments est le titre de certains ouvrages qui contiennent les premières notions d'un enseignement. Éléments de grammaire latine. Ses Éléments [d'Euclide] contiennent une suite de propositions qui sont la base et le fondement de toutes les autres parties des mathématiques, rollin, llist. anc. t. XIII, liv. xxvii, ch. 4, p. <30, dans pouGENS. 117° Terme d'alchimie. Elément froid, se disait de l'eau et du mercure.
— HIST. X' s. Eir en adunet [abandonne] lo suon élément [doctrine], Eulalie. || xiii* s. Dieux establi mes pie7. seur pierre, seur la fermeté où seinte Eglise est fondée; et esdreça mes elemenz à bone uuevre, Psautier, f° 60. || xv s. Il est tout vrai et sans mentir, Ne sans vérité divertie, Que toute chose elementée Est d'éléments alimentée, l'Alch. à Nat. 733. Le [le pape] baisèrent au pied, en la main et en la bouche, et commença le cardinal de Vimers, et en après les patriarches, archevesques etevesques et abbez, et consequemment les autres gens d'esglise ; et par les quatre elemens [en nommant les quatre éléments] donna la beneisson à tous estans en estât de grâce.... monstr. t. i, f" »+, dans LACURNE.Jlxvi* 8. Le haut ciel s'obscurcit ; cent mille tremblements Confondirent la terre et les trois éléments, d'aub. Tragiques, liv. I, Kisères. J'ay honte de voir nos hommes enyvrés de cette sotte humeur de s'effaroucher des formes contraires aux leurs; il leur semble estre hors de leur élément, quand ils sont hors de leur village, hont.
— ÉTYM. Provenç. élément; espagn. et ital. elemento; du lat. elementum.
ÉLÉMENTAIRE (é-lé-man-tô-r'), adj. || 1" Qui est de la nature de l'élément. Les corps élémentaires. Les molécules élémentaires. Il est permis de douter que les substances qu'on nomme élémentaires soient aussi simples et aussi homogènes qu'elles ont paru l'être, bonnet, Contempl. nat. v, 17. ||Les esprits élémentaires , êtres imaginaires que les cabalistes supposaient présider aux éléments. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Parties élémentaires, celles qu'on retrouve semblables à elles-mêmes dans toutes les parties des animaux et des végétaux. Il Tissus élémentaires, tissus simples auxquels peuvent se réduire tous les tissus qui composent un animal, à savoir le tissu cellulaire, le tissu musculaire elle tissu nerveux. 113° Oui concerne les premiers principes d'un art ou d'une science. Un traité élémentaire. Euclide n'est qu'un auteur élémentaire; Archimède est un géomètre sublime qu'admirent encore aujourd'hui ceux mêmes qui sont les plus habiles dans les nouvelles méthodes, rollin, Hist. anc. t. XIII, liv. xxvii, ch. 1, p. 129, dans pou- OENS. Il Mathématiques élémentaires, les premières parties d'un cours complet de mathématiques (aritlimétique. géométrie, algèbre et trigonométrie). || Cela est élémentaire, se dit de choses qu'on ne doit pas ignorer. || Classes élémentaires, la 8* et la 7*.
— HIST. xiv's mais ainsi comme En avez dit
la vérité, Vous ne ferez d'humanité Que l'élémentaire machine. Sans mettre ce qui meut l'usine, PAlch. à Nat. 93. ||xvi* s. Lesquels considerans trèsmal la fragilité et impuissance des hommes, imaginent qu'ils peuvent ici bas vivre comme anges ; combien qu'ils ayent des corps élémentaires, sujets aux altérations qui suivent la matière, langue, mo. Dieu seul est éternel; de l'homme élémentaire [compo.sédes quatre éléments] Ne reste après la mort ny
! veine ny artère ; Qui pis est, il ne sent, il ne raisonne plus. Locatif descharné d'un vieil tombeau
ïeCluS, RONS. 785.
— ÉTYM. Élément; provenç. et espagn. eltmentar; ital. elementare.
■ t ÉLÉMENTÊ, ÉE (é-lé-man-té, tée) , adj. Composé d'éléments. Saint Bonaventure enseigne.... que les corps élémentés sont des composés dans lesquels entrent les quatre éléments, daunou. Dise, sur l'état des lettres en France au xiii* siècle, S xv.
— ni.sT. xv* s. Toute chose elementée.... TAlch. à Nat. 7;i6.
fËLÉHI (é-!é-mi), s. m. Substance résineuse dont on distingue deux espèces : l'élémi oriental et l'élémi bâtard ou occiilental ou d'Amérique.
t ÉLË.MIFËRB (é-lé-mi-fê-r'), adj. Terme de botanique. Qui produit de l'élémi, sorte de résine.
— ÉTYM. Élémi, et le latin ferre, porter.
t ÉLÉMINE (élé-mi-n'), i. f. Terme de chimie. Ré.sine cristallisable de l'élémi du Brésil.
t ÉLENCTIQUE ( é-lan-kti-k' ) , adj. Terme de théologie. Théologie élcnctique , la partie de la théologie qui renferme la controverse.
— f-TYM. 'EXeyxTixoc, de i).£'Yx£iv, réfuter.
t ÉLÉOLÉ(é-lé-o-lé), s. m. Terme de pharmacie. Nom des préparations formées d'huile et de principes médicamenteux.
— ETYM. 'EXaiov, huile.
t ÉLÉOPUAGE (é-lé o-fa-j") , adj. Qui mange des olives, qui se nourrit d'olives.
— ÊTYM. 'EXala, olive, et çaytïv, manger.
" tÉLÉOPTÈNE (é-lé-o-ptê-n'), t. m. Terme de chimie. Principe immédiat liquide et volatil mélangé au stéaroptène.
— ÉTYM. 'EXaiov, huile, et itTuivô;, volatil. ÉLÉPHANT (é-lé-fan), ». m. || 1° Grand et gros
mammifère de l'ordre des pachydermes, qui se distingue par sa trompe et ses longues défenses. On exposait anciennement les personnes coupables aux éléphants qui les écrasaient, vaugelas, Q. C. x, 9, dans RicHELET. Il en aurait dit davantage; Mais le chat, sortantde sa cage. Lui fit voir en moins d'un instant Qu'un rat n'e.st pas un éléphant, la font. Fabl. VIII, 15. L'éléphant est, si nous voulons ne nous pas compter, l'être le plus considérable de ce monde, bupf. Éléphant. Une charge de quatre à cinq milliers n'est pas trop forte pour un grand éléphant, BONNET , Contempl. nat. xii , 46. Le plus vieux dos éléphants, comme le plus expérimenté, est à la tête de la troupe et la conduit; le plus âgé après lui ferme la marche; les jeunes et les faibles sont au centre du bataillon; et les mères qui allaitent encore portent leurs petits qu'elles embrassent de leur trompe, ID. ib. Les anciens connaissaient trèsbien l'éléphant, et l'histoire de ce quadrupède est plus exacte dans Aristote que dans Ëuflbn, cuvier, Révol. 72. Tandis que, triviale, errante et vagabonde, Entre tes quatre pieds toute la ville [Paris] abonde. Comme une fourmilière aux pieds d'un éléphant, V. HUGO, Voix intér. À l'arc de l'Étoile. || Éléphant blanc , éléphant atteint d'une sorte d'albinisme. Il L'éléphant mammouth, ou, simplement, le mammouth, éléphant qu'on ne trouve plus que fossile. Il Éléphant de guerre, éléphant que les anciens employaient dans les batailles. N'avons-nous pas donné.... Nos femmes, nos enfants, nos vaisseaux etnos armes. Nos éléphants, nos biens?.... mair. Mort d^Asdrub.l, 3. En vain leurs éléphants et leurs tranchants ivoires Ont voulu retarder le cours de nos victoires, rotr. Bélis. i, «. || Familièrement. Faire d'une mouche un éléphant, exagérer une faute légère. || 2° Familièrement. Éléphant se dit d'une personne grosse et forte, surtout peu gracieuse. C'est un éléphant, un vrai, un gros éléphant. Il 8° Ordre de l'Éléphant, ordre fondé en 1478 par Chrisliern I , roi de Danemark, ainsi nommé parce que les chevaliers portaient un collier d'où pendait un éléphant d'or émaillé de blanc. Il 4° Terme de commerce. Sorte de papier. || B° Éléphant de mer, éléphant marin, nom vulgaire du morse et d'une espèce de phoque dit phoque i trompe.
— HIST. XI* s. Un faldestoed [fauteuil] i ot d'un olifant [ivoire], Ch. defloi. xlvi. Compainz Rolanz, l'olifant [le cor] carsonez, ib. lxxxii. ||xii°8. Esor chascon olypbant un chastiel de fust [bois], dont se combattoient oU qui desuz la beste estoient, Jfachab. 1, e.jjxiu's. L'oliphant est moult corporu. DU CANGE, pastie<um. Entre les autres joiaus qu'il envola au roi, li envoia un oliphant de cristal moult bien fait, tomr 260. || xv° s. La principale ville Gelbona : et en ceste cité a grand quantité d'or, et y multiplient plus les olifans que en aultre partie du monde, Jeh. de Saintré, ch. 60. || xvi" s. Cest animal se nomme éléphant de mer, et plus gros qu'un éléphant; lequel habite en l'eau et en la terre, ayant deux dents semblables à celles d'un éléphant, par lesquelles, lorsqu'il veut prendre son sommeil, il s'attache et pend aux rochers, pare. Licorne, il. Le sommeil est le chcoir de l'elephant,
LEROUX DE LINCT, l'rOV. t. 1, p. 176.
— ÉTYM. Provenç. éléphant; espagn. et ital. <{efante; du latin elephantus, du grec i)ifa;. L'an-
cienne forme est olifant; ce n'est qu'au «eizièma siècle que la forme latine l'expulse.
t ÉLÉPHANTE (é - lé-fan -f), i. f. Terme de zoologie. Femelle de l'éléphant.
— ÉTYM. Éléphant; provenç. elephanta, elephantesta; ital. elefantessa.
t ÉLÉPIIANTIAQUE (é-lé-fan-ti-a-k'),ad>. Terme lie médecine. Qui est atteint d'éléphantiasis. || Substantivement. Les éléphantiaques.
— ÉTYM. Lat. eUphantiaeus , d'elephantus, éléphant et éléphantiasis.
t ÉI.ÉPUANTIASIS (é-lé-fan-ti-a-zis'), ». f. Il 1° Terme de médecine. Eléphantiasis des Grecs ou éléphantiasis proprement dite, lèpre du moyen âge, maladie grave caractérisée par des tubercules plus ou moins larges à la peau et par des altérations de plusieurs autres organes. Elle paraît contagieuse. il 2° Éléphantiasis des Aralies ou jambe des Barhadea, maladie qui rend les jambes grosses comme celles d'un éléphant, et qui n'est pas contagieuse.
— HIST. xvi's. Eléphantiasis, ainsi appellée, à cause que les malades ont les bras et jambes grosse» et tubéreuses , comme les elephaos, pare, Introd. 21 .
— ÉTYM. 'EXeçavTÎooi*, de i'éça;, éléphant, i cause des grasses jambes dans l'éléphantiasis des Arabes. Provenç. elefancia, elefacia; espagn. elefancia; ital. eùfamia; du latm elephantia, éléphantiasis.
t ÉLÉPUANTIDE (é-lé-fan-ti-d") , ». ^. Le royaume imaginaire des éléphants, mot forgé par la Fontaine. L'éléphant repartit : Quoil vous ne savez pas.... Qu'Éléphantide a guerre avecque Rhinocère, LA PONT. Fabl. XII, 21.
— ÉTYM. Éléphant.
t 1. ÉLÉPHANTIN , INE (é-lé-fan-tin, ti-n"), adj. Il 1° D'éléphant. Quand le jour éloignait la gent éléphantine, la kotte, Fabl.'V, 17. || 2° D'ivoire. Il Chez les Romains, livre éléphantin, livre dont les feuillets étaient d'ivoire et où les transactions du sénat, telles que les édits, les décrets, etc. étaient conservés. || 3° S. f. Terme d'antiquité. Éléphantine, espèce de flûte phénicienne faite d'ivoire.
— ÉTYM. Provenç. elephantin; catal. elephanti; espagn. et ital. elefantino; du latin elephanlinut, d'elephantus, éléphant.
t 2. ÉLÉPHANTIN, INE (élé-fan-tin, ti-n'), adj. Se dit des rois égyptiens qui ont régné & Eléphantine.
t ÉLÉPH ANTIQUE (é-lé-fan-li-k'), adj. Qui a rapport à l'éléphant. j| Qui est affecté d'éléphantiasis. Jambe éléphanlique.
— HIST. xvi' s. Les apostemes qui sont faites en corps cacochymes, hydropiques, elepbantiques et autres de mauvaise habitude, paré, v, ♦.
— ÉTYM. Lat. elephanticus , d'elephantus, éléphant.
t ÉLÉPHANTOGRAPHIE ( é-lé-fanto-gra-fie) , ». f. Traité ou histoire de l'éléphant.
— ÊTYM. Éléphant, et irpâ?«iv, décrire.
t ÉLÉPHANTOÏDE (é-lé-fan-to-i-d'), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble à un éléphant.
— ÉTYM. "EXiçoit , éléphant, et eWoç, forme.
t ÉLÉPHANTOPHAGE (é-lé-fan-tofa-j'), adj.
Terme didactique. Qui se nourrit de chair d'éléphant; qui mange la chair des éléphants.
— ÉTYM. 'E).£9ot5, éléphant, et çafeï», manger. t ÉLÉPH ANTOPODE ( élé-fan-to-po-d') , adj.
Terme de zoologie. Qui a des pied» comparables à ceux de l'éléphant.
— ÉTYM. 'E).£(fa;, éléphant, et itoO;, pied.
t ÉLÉPHANTORMTIlE(é-lé-fan-tor-ni-t'), ».m. Terme de zoologie. Nom donné à une famille d'oiseaux de grande taille et dont le corps est massif.
— ÉTYM. 'E'tifaf, éléphant, et ipvn, oiseau.
t ÉLEU.SINIF.S (é-leuzinie), ». f. pi. Terme d'antiquité grecque. Fêtes en l'honneur de Cérès et de Proserpine.
— • ÉTYM. 'EXtuolvia. fêtes d'Ëleusins.
t ÉLEUTIIÉBANTUÉRÉ, ÉE (é-leu-té-ran-téré , rée) , adj. l'erme de botanique. Qui a les anthères libres et non soudées ensemble.
— ÉTYM. 'EXtOOepoc, libre, et anthère.
t ÉLEDTIIÉRIE (é-leu-té-rie) , ». f Terme d'antiquité grecque. Gouvernement libre d'un État indépendant. Les savants prétendent que l'éleuthérie disait quelque chose de plus que l'autonomie, montësq. Correspondance, 16.
— ÉTYM. 'E>ru8ep(a, liberté.
tÉLEUTnÉROGVNE(é-leu-té-ro-ji-n'),od/. Terme
de botanique. Dont l'ovaire est libre et n'adhère point au calice.
— ÉTYM. TXeOeipoç, libre, et Tfuv^, femelle, ovaire.
tÉI.EUTIlÉROGYXIE [6-leu té ro-ji-nie), 1. f.
ÊLË
Terme de botanique. Classe des plantes dont l'ovaire est libre et non adhérent.
— ÉTYM. Éleuthérngyne.
t fiLEUTUÊROPUYLI.E (é leu-té-ro-fi-l') , ad). Terme de botanique. Qui a des feuilles libres et distinctes.
— f.TYM. "EXeOOspo;, libre, et çûWov, feuille.
t ÉLEUTIlfinOPODE (é-leu-té-ro-po-d") , adj. Terme de zoolopie. Oui a des pieds libres ou distincts, ou les nageoires pectorales séparées.
— ETYM. 'EXtOOspoc, libre, et iroO«, pied.
t ÉLEUTUÉUOl'OME (é-leii-té-ro-po-m') , ad]. Terme de zoologie. Qui a les opercules libres et sans membranes.
— ÉTYM. 'EXeûeepoî, libre, et itûjjia, couvercle, t ÉLECTHÊROSTÊMONE (é-leii-lé-ro-sté-mo-n ),
adj. Terme de botanique. Qui a des étamines libres de toute .idhérence.
— ÊTYM. 'EXeOeepoç , libre, etoTTifjiùv, filament. fÉLEVABLE (é-le-va-bl') , ad;. Oui peut être élevé.
— HIST. XVI' s. Eslevable [qui peut se lever] ,
COTORAVE.
— ÉTYM. Élever.
fÉLEVAGE (é-le-va-j'), s. m. Ensemble des opérations qui ont pour objet la multiplication et l'éducation des animaux domestiques.
— REM. Userait bon que élevage remplaçât complètement élève, s. f., qui se confond avec élève, s. m.
— ÉTYM. Elei-er.
ÉLÉVATE0R (é-lé-va-teur), adj. Terme d'anatomie. Qui a pour fonction d'élever certaines parties. Le muscle élévateur, ou, substantivement, l'élévateur de l'oeil. H Appareil élévateur, et, substantivement, un élévateur, appareil destiné à soulever les navires. Au-dessous du ponton, un immense gril, formé principalement par seize poutres transversales en fer forgé, se manœuvre au moyen d'un appareil élévateur disposé sur les deux quais [des bassins de radoub] , zubcher. Presse scientijique, <863, t. I, p. «13. X Marseille, on va construire, à côté de deux bassins ordinaires de tioet 120 mètres de longueur, un bassin du nouveau système, avec un élévateur du plus grand modèle, et douze bassins latéraux pour les pontons chargés de navires, ID. ib. p. 8U.
— ÉTYM. Lat. eîevator, deelevare, élever.
ÉLÉVATION (é-lé-va-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1" Action de rendre plus haut; résultat de cette action. Elévation d'une muraille. L'aérostat parvint à une très-grande élévation. L'élévation des eaux de la rivière par la fonte des neiges. || Fig. Il est temps de faire voir que tout ce qui est mortel, quoi qu'on ajoute par le dehors pour le faire paraître grand, est, par son fond, incapable d'élévation, Boss. Duch. SOrl. \\ Terme de chirurgie. Élévation dans le traitement des plaies, emploi d'appareils qui ont pour résultat de maintenir la partie lésée, les membres en particulier, plus élevée que le reste du corps. |1 Terme de musique. Se dit du temps sur lequel on lève la main. || 2° L'élévation de l'hostie, ou, simplement, l'élévation, endroit de la messe où le prêtre, ayant consacré, élève l'hostie et la montre au peuple. Ouand un autre prêtre en est [de la messej à l'élévation , PASC. Prov. ». Luther aussi, quoiqu'il eût pensé à ôter l'élévation de l'hostie, la retint, en dépit de Carlostad, comme il le déclare lui-même, boss. Var. II, § (0. Il Elévation, nom d'un motet chanté à l'élévation de l'hostie. || 3° Eminence , terrain élevé. Il monta sur une élévation. || En botanique, indique la hauteur du lieu où croît une plante au-dessus du niveau de la mer. || 4° Terme d'astronomie. Élévation du pôle dans un lieu, la distance qui se trouve de l'horizon au pôle. Trouver l'élévation (lu pôle. On dit aussi l'élévation d'une étoile. Il Élévation do l'équateur, l'arc du méridien compris entre l'horizon du lieu et le point où le méridien est coupé par l'équateur. || Angle d'élévation , angle que fait avec l'horizon le rayon visuel mené à un astre ou à un point quelconque de la sphère céleste. || Terme de mécanique. Angle d'élévation, l'angle qu'une ligne de direction fait avec l'horizon. Il Terme d'artillerie. L'angle qu'un canon fait avec la ligne horizon taie. |1 8" Terme d'architecture. Coupe verticale d'une construction vue de face. Faire les plans et élévations d'un bâtiment. || Terme de perspective. Représentation d'un bâtiment, dont les parties reculées paraissent en raccourci. || Terme de marine. Plan d'élévation, plan vertical passant par l'axe de la quille et contenant la projection des diverses parties du navire. || Hauteur des façons d'un navire. |1 6° Accroissement de certaines choses. Élévation de température , augmentation de cha-
ÉLÉ
leur. Il L'élévation de la voix, ton de voix plus haut que celui qu'on prend habituellement. L'élévation de sa voix témoignait de la passion qui l'agitait. Il Élévation de voix, passage d'un ton à un ton plus haut. Il y a des élévations de voix nécessaires dans la déclamation, Dict. de l'Âcad. || Terme de médecine. Elévation du pouls, de la respiration, accélération du pouls, de la respiration. || Terme de mathémalique. Élévation d'un nombre k la seconde, à la troisième puissance, etc. action de le carrer, tle le culier, etc. H?" Augmentation, hausse. Une élévavation subite du prix des denrées. i| 8» Action 3e s'élever en dignité. U renversa tous les obstacles qui s'opposaient à son élévation. La joie que l'on reçoit de l'élévation de son ami est un peu balancée par la petite peine qu'on a de le voir au-dessus de nous, LA BBUY. IV. Plus son élévation était grande, plus sa chute fut honteuse, roll. Hist. anc. CEurres, t. I, p. 327, dans pouGENS. Il Grandeurs, dignités. Considérez ces grandes puissances que nous regardons de si bas; pendant que nous tremblons sous leur main. Dieu les frappe pour nous avertir; leur élévation en est la cause, boss. Vuch. d'Orl. Le malheur de ceux qui naissent dans l'élévation, fén. TH. XVI. L'élévation est d'ordinaire ou dure ou inattentive, mass. Or. /'un. ifodome. La peine que prend une dame de votre élévation [Mme de Maintenon], de venir me dire que je ne suis pas fille duroi, me persuade que je le suis, volt. LouisXIV, 28. 119° Noblesse morale, grandeur intellectuelle. Il a beaucoup d'élévation dans l'âme. Élévation de sentiments. La première et la plus considérable source du subltoe est une certaine élévation d'esprit qui nous fait penser heureusement les choses, BOiL. Longin, ch. vi. Cette élévation d'esprit et de style doit être l'image et l'effet de la grandeur d'âme, BOLL. Traité des Et. m, 3. Delphine a de l'élévation, mais point d'orgueil, m"»' de genlis, Th. d'éduc. le Portrait, ii, 6. JllO" Mouvement vif et affectueux de l'âme vers Dieu. Dieu n'a pas toujours agréable Tout ce qu'un dévot trouve aimable; Toute élévation n'a pas la sainteté, cokn. Imit. u, 10. Pour les connaître [les faux mystiques], nous vous avertissons en notre Seigneur d'observer ceux qui affectent dans leurs discours des élévations extraordinaires et de fausses sublimités dans leur oraison, boss. Ordonnance sur les états d'oraison.
— SYN. ÉLÉVATION , HAUTEUR. Tant que dans l'élévation on considère l'action d'élever ou de s'élever, élévation est différent de hauteur : l'élévation du ballon au-dessus des nuages, et non la hauteur du ballon; hauteur signifiant la distance qui sépare un objet supérieur d'un objet inférieur. Mais quand, dans élévation, on considère le résultat de cette action, alors hauteur et élévation se rapprochent tout à fait : l'élévation du pôle ou la hauteur du pôle; une élévation de terrain ou une hauteur sont sensiblement synonymes. Mais,figurément,les deux mots se séparent : l'élévation du caractère est une qualité qui élève le caractère au-dessus des choses basses; la hauteur est un défaut qui, dans notre idée ou dans nos manières, nous place au-dessus des autres.
— HIST. XIV» s. L'elevacion du chief [de la tête] , H. DE MONDEVILLE, f" 12. ||xvi* S. TOUS les gouverneurs et lieutenans du roy furent envoyez en leur département avec leurs compagnies de gens d'armes , pour empescher les eslevations [soulèvements], 0'aub. Wis». I, 97. Diastole et systole, qui esta dire, élévation et compression des artères, paré, v, 7,
— ETYM. Provenç. eslevation, esleiatio; espagn. elevacion; ital. elevatione; du latin elevationem, d'elevare , élever.
t ÉLÉVATOIRE (é-!é-va-toi-r') , s. m. Terme de chirurgie. Instrument dont on se sert pour relever les os du crâne lorsqu'ils ont été enfoncés.
— lilST. xvi* s. La figure des clavicules est semblable à un instrument de chirurgie nommé elevatoire, PARÉ, II, 4
t. ÉLÈVE (é-lè-v'), s. m. et f.\\l' Ceïvi, celle qui reçoit ou qui a reçu les leçons, l'enseignement de quelqu'un dans les arts ou dans les sciences. Le maître et les élèves. Un élève du peintre David. || Il se dit particuUèrement, dans certains arts, de celui qui suit la manière d'un maître. Ce peintre a faitde bons élèves. 1 1 2° Celui , celle qui reçoit l'instruction dans un lycée, dans un collège, dans une pension, dans une école spéciale, comme l'École polytechnique, l'École normale, etc. || Il se dit aussi de celui ou de celle qui reçoit de quelqu'un l'éducation intellectuelle et morale. Attendez avec patience le développement du cœur et de l'esprit de vos élèves, M°« DE GENUS, Adèle et TMod. t. m, Lett. 4 6, p. 106, dans pougeks. || Fig. Cet odieux
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chrétien, l'élève de la France, volt. Zaïre, iv, 7. Il 3° Titre que portaient dans l'ancienne Académie des sciences les hommes qui y étaient admis à un degré d'abord inférieur. Nous ne craignons point de comparer à un des plus grands sujets [Mariolle] qu'ait eus l'Académie, un simple élève tel qu'était M. Amontons; le nom d'élève n'emporte parmi nous aucune différence de mérite, il signifie seulement moins d'ancienneté et une espèce de survivance, fonten. Amontons. M. du Hamel, ayant passé dans la classe des anatomi.stes, nomma M. Littre pour son élève, titre qui se donnait alors et qu'on a eu la délicatesse d'abolir, quoique personne ne le dédaignât, ID. Litire. || 4° Élève de Mars, ïoy. mars. || 5° Jeune animal dont l'éducation et le développement ne sont point terminés. Il 6' Terme d'horticulture. Se dit des plantes, des arbres que l'on a semés ou plantés, ou dont on a eu des variétés nouvelles. Faire des élèves.
— SYN. ÉLÈVE, DISCIPLE, ÉCOLIER. L'écolier se prend absolument et signifie celui qui suit une école. Dans l'usage actuel on ne l'applique qu'à ceux qui reçoivent l'éducation secondaire, celle des lycées et collèges ou institutions analogues; dans l'ancienne université on le disait de ceux qui en suivaient les cours. Élève a un sens plus général; il s'applique aux écoles primaires, aux collèges, aux écoles spéciales, aux facultés : les élèves en médecine; les élèves de ce peintre. Enfin, dans disciple, l'idée de recevoir l'enseignement de la bouche d'un maître a disparu; le disciple apprend aussi bien en lisant qu'en écoutant ; il s'attache à des doctrines : Aristote fut disciple de Platon.
— ÉTYM. Voy. ÉLEVER.
fa. ÉLÈVE (é-lè-v'), s.f.\\ 1° Synonyme d'élevage. L'élève d'un troupeau de mérinos. Les encouragements donnés à l'élève des chevaux. |1 2° Croît de plants provenant de semis.
— HIST. xvi' s. Celui à qui les dits bois ou arbres d'eleve appartiennent, Nouv. coutum. génér. 1. 1, p. 666.
— ÉT'YM. Voy. ÉLEVER.
ÉLE'^, ÉE (é-le-vé, vée), port, passé. || 1" Porté en haut. Le ballon élevé en l'air. || Terme de manège. Cheval élevé du devant, cheval dont les jambes antérieures sont trop longues. |{ Terme de zoologie. On dit que la spire d'une coquille spirivalve est élevée quand le cône spiral avance plus en hauteur qu'en largeur. {| 2° Haut. Un lieu élevé. Tour fort élevée de situation et de structure, vaugel. Q. C. liv. m, dans richelet. Précipice élevé d'où tombe mon honneur, corn. Cid, i, 8. || Fig. Ce commandement [d'édifier le prochain] regarde surtout les rois de la terre; ils sont plus élevés, et leurs actions sont plus remarquables; ils ont plus d'autorité, et leurs exemples sont plus efficaces, fléch. Marie- Thér. Plus il est élevé sur les autres monarques. Et plus de sa bonté nous attendons des marques, BOuaSAULT, Fdbl. d'Ésope, ii, B. || Terme de marine. Pôle élevé, celui qui est au-dessus de l'horizon du lieu où l'on se trouve. Latitudes élevées, celles qui, de plus en plus, s'éloignent de l'équateur. || 3' Qui a été porté à une certaine élévation morale. Les esprits élevés à une haute contemplation et exercés durant un long temps à se mettre au-dessus des sens, BOSs. Connaiss. lU, 14. Ce n'est plus cette reine éclairée, intrépide. Élevée au-dessus de son sexe timide, rac. Athal. m, 3. 114" Érigé, dressé. Une statue élevée au général vainqueur. || Par extension. Le culte spirituel élevé sur les ruines de la superstition et de l'hypocrisie, mass. Car. Culte. La barrière éteraelle entre nous élevée, volt. Irène, i, B. Il 5° Qui a surgi. Je ne dénierai point, puisque vous les savez. De justes sentiments dans mon âme élevés, corn. Bodog. v, 4. Détruis donc les soupçons élevés contre toi, lemerc. Agamemn. m, 4. Il 6° Qui a reçu un accroissement notable. Le prix de cette denrée est trop élevé. Une température élevée succédant à un froid vif. || Pouls élevé, respiration élevée, pouls, respiration qui se sont accélérés. || 7° Qui occupe une haute position sociale. Il n'est pas sous le ciel de gens plus malheureux Que ceux dont les enfants sont plus élevés qu'eux, BOURSAULT.iioped lacour, m, 7. 118° Noble, grand, sublime. Un caractère élevé. Des desseins élevés. Et concevez enfin des vœux plus élevés, corn. Nicom. I, 2. Quel esprit avez-vous trouvé plus élevéf mais quel esprit avez-vous trouvé plus docile? BOss. Duch. d'Orl. Non, mais ayez un cœur plus grand, plus élevé, VOLT. Triumv. iv, 4. || Style élevé, style noble et soutenu. Ce mot n'est pas de mise dans le style élevé. Y a-t-il un style plus délicat^ plus élégant, plus nombreux, plus élevé que ce-
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lui de Platon T roll. Traité des Et. ni, s. |I 9' Qui « reçu éducation , instruction. Élevé au collège. Knrant élevé sous les yeux de son père. Des imes, élevées comme vous dans l'innocence et dans le secret d'un saint asile, mass. Prof, relig. Serm. i. Ëlcvé loin des cours et nourri dans les bois, volt. Mérope, IV, 2. Il Klevé à, habitué par l'éducation à. Nos pères élevés k respecter ce nom nous avaient élevés au même respect, mass. Or. fun. Yillars. Il Un enrant bien élevé, mal élevé, enfant qui a reçu une bonne, une mauvaise éducation. 11 ne s'est jamais vu fille mieux élevée, Jeunesse si docile et si bien cultivée, boursaui-T, Fabl. d'Étape, m, i. Il Personne bien, mal élevée, personne dont les manières sont bonnes, sont grossières. Dans ces grandes armées composées d'honnêtes stipendiai res bien élevés, qui décident du destin des Etats, volt. Candide, 4. || Substantivement et familièrement. C'est un mal élevé. || 10° S. m. Terme de danse. Action d'étendre les genoux après les avoir plies.
t ÊLÈVEMKNT (é-lè-ve-man), s. m. || l" Action d'élever. Êlùvement des mains.|| 8" Action démonter aux dignités, aux hautes positions. L'ambition consiste à désirer relèvement pour relèvement et l'honneur pour l'honneur, pasc. Prou. Réponse à la lettre is.
— REM. Ce mot, ancien et bien autorisé, mérite d'être remis en usage; il ne pourrait toujours être remplacé par élévation. Ainsi relèvement des mains vaut bien mieux que l'élévation des mains.
— HIST. XII* s. Merveillus li eslevement de la mer. Liber psalm. {° ue. L'eslevement de mes mains, ib. p. 2)9. ||xvi* s. La guerre estoit leur mère nourrice et leur eslevement, lanoue, 708. La vigne, estant mal choisie, ne peut apporter que desdain, voiant perdre la despense emploiée à son eslevement [élevage], o. pe serres, i52. L'eslevement des veaux , m. 279.
— ÊTYM. Élever; provenç. eslevament, elevamerit ; espagn. elevamiento; ital. elevamento.
ÉLEVER (é-le-vé. I.a syllabe le prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'élèverai), V. o. Il 1° Faire monter plus haut, porter plus haut. Élever un mur d'un mètre. Ce tableau est trop bas, il faut l'élever. Élever des eaux par le moyen d'une pompe. X ces paroles, la mère, élevant vers le ciel .ses mains tremblantes, M'"* de genlis, Veill('es du chdl. t. ii, p. 385, dans pougens. Il Le soleil élève les vapeurs, il les attire hors de la terre ou de la mer et les fait monter. || Terme de marine. Élever un bâtiment, se rapprocher de lui; locution qui vient de ce que, sur mer, & mesure qu'in s'approche d'un objet, il s'élève sensiblement sur l'horizon. || Fig. Pour t'élever de terre, homme, il te faut deux ailes, La pureté du cœur et la simplicité, cobn. Imit. ii, 4. Le coup à l'un et l'autre en sera précieux. Puisqu'il t'assure en terre en m'élevant aux cieux, in. JPolyeucte, v, 4. C'est & toi d'élever tes sentiments aux miens, id. Ilor. IV, 7. Pendant que la nature nous tient si bas, que peut la foi tune pour nous élever? Boss. Duch. d'Orl. Pour vous élever au comble de la joie, rac. Théb. I, s. Une chute si belle élève sa vertu, ID. Alex. IV, 2. Il semble que le cielT'élève en ce moment au-dessus d'un mortel, volt. M&ope, iv, 4. Le projet d'élever les établissements danois dans l'Inde à plus de prospérité qu'ils n'en avaient eu, a occupé ensuite les esprits, haynal, llist. phil. V, 4. Il a» Porter quelqu'un à un haut rang. Louis XIV éleva Colbert au ministère. Ses services l'ont élevé au plus haut rang. Conte-moi tes vertus, conte-moi tes hauts faits, Et tout ce qui t'élève au-dessus du vulgaire.... Ma faveur fait ta gloire et ton pouvoir en vient, Elle seule t'élève et seule te soutient, cobn. Cinna, v, < . Telle fut la reine dans tout le cours de sa vie ; Dieu l'avait élevée sur le trône, afin qu'elle honorât sa religion, fléch. Uarie- Thér. Dans l'espoir d'élever Bérénice à l'empire, rac. Birin. ii, t. Nul n'éleva si haut la grandeur ottomane, m. Baj. I, I. Ai -je donc élevé si haut votre fortune Pour mettre une barrière entre mon fils et moi? m. Brit. I, 2. Ils ne pensent point à établir ou à élever leur famille : ils sont populaires, simples, modestes, sans faste.... rollin, Traité des Et. V part. ch. i, art. 2. || 8* Exalter, vanter, précori.ser. On ne l'entend jamais De ce charmant héros élever les hauts faits, th. cobn. Ariane, ii, t. X la flntous ces jeux que l'athéisme élève, boil. Art p. II. Il Elever quelqu'un jusqu'aux nues, le vanter à l'excès. Les combats d'Ulysse et sa sagesse furent élevés jusqu'aux cieux, fên. Tél. 1. 1| 4' Inspirer des sentiments élevés. Si , après avoir oui un endroit [d'un ouvrage] plusieurs fois, nous ne sentons
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point qu'il nous élève l'âme, non.. I^ng. ch. v. Ce qui élève l'esprit devrait toujours aussi élever l'âme, PONTEN. Chazellei. En même temps ma mère s'appliquait à m'élever le courage, STsm. <, 20. Du peuple cette fable éleva le courage, saubin, Spartac. iv, ». Tant de générosité, loin de m'humilier, m'élevait au-dessus de moi-même, M"' de GENLIS, Veillées du ehdt. t. I, p. 346. Des intérêts étrangers et ruineux pour leur patrie élèveront-ils leur âme avilie et corrompue? ratnal, Hist. phil. V, 34. Que la vertu m'élève à cet effort. De remplir 3ie» serments, de détromper Montfort, nr.LAViGNE, Y}p. sicil. I, 4. || Élever ses pen.sées vers Dieu, faire Dieu l'objet de ses pensées. Élever son cœur vers Dieu, faire Dieu le but de ses sentiments. Il Absolument, dans le même sens, élevez vos cœurs. Il B" Élever son style, prendre un ton plus soutenu. || 6* Augmenter. Élever le prix des denrées, le taux de l'intérêt, la valeur d'une monnaie. Il Élever la température, rendre plus chaud. Il Terme de mathématique. Elever un nombre au carré, au cube, à une puissance quelconque, le multiplier par lui-même autant de fois que l'indique l'exposant. || 7° Élever la voix, parler haut. Plus haut que les acteurs élevant ses paroles, mol. Fdch. 1, t. Il Prendre un ton de menace ou de supériorité. Dans la discussion , il éleva la voix. Il Élever la voix en faveur de quelqu'un, prendre hautement sa défense. || Terme de musique. Élever le ton d'un morceau , transposer un morceau afin qu'il soit exécuté sur un ton plus haut que celui oil il avait été composé. ||8° Ériger, bâtir. Élever une pyramide. Une statue fut élevée à ce grand homme. Le tombeau qu'à sa cendre ont élevé mes soins, rac.
Andr. m, « Allez et faites promptement Élever
de sa mort le honteux instrument, id. Esth. ii, i. Cet édifice [Saint-Cyr], superbe par l'étendue des bâtiments, fut élevé en moins d'une année, et en état de recevoir deux cent cinquante demoiselles, trente-six dames pour les gouverner. M"' de CAYLt'S, Souvenirs, p. <96, dans pougens. Ils élevèrent des statues à Brutus et à Cassius près de celles d'Harmodius et d'Aristogiton, anciens libérateurs d'Athènes, BOLLiN, Hist. ane. CEuvres, t. ix, p. 263, dans pougens. Auprès d'André Chénieravant que de descendre. J'élèverai sa tombe où manquera sa cendre, Mais oii vivront du moins et .son doux souvenir Et sa muse et ses vers dictés pour l'avenir, M. Jos. CHÉN. Il Fig. Souvent, au lieu d'attaquer de front des préjugés dangereux, il vaut mieux élever à côté d'eux les vérités dont la fausseté de ces opinions est une conséquence facile à déduire, CON- DORCF.T, d^Alemberl.\]Ê\e\eT autel contre autel, f.iire un schisme, entrer en rivalité avec quelqu'un. Il Terme de géométrie. Élever une perpendiculaire sur une ligne, sur un plan, la tracer à partir de cette ligne ou de ce plan, tandis qu'on abaisse une perpendiculaire quand elle part d'un point extérieur pour aboutir àla licne ou au plan. {| 9° Établir, fonder, par comparaison avec une construction qu'on élève. Élever sa fortune. Élever des systèmes. J'ai vu sur ma ruine élever l'injustice, rac. Brit. m, 7. Sur ces débris du monde élevons l'Arabie, volt. Fon. n, 5. Il 10' Mettre en avant, susciter. Élever une chicane. Élever des doutes. Élever une dispute, une contestation. De là vient l'injustice de la fraude qui élève sa prétendue justice contre la force, PASC. dans cousin. Garde-toi d'élever un coupable soupçon, BAYNOUARD, États de Blois, i, 6. || Terme de pratique. Faire naître, susciter. Élever un incident, une prétention, une fin de non-recevoir. || 11"" Faire entendre. Élever un cri. La foule éleva de grands cris. Il éleva une plainte. Qui de nous vers le ciel n'élève pas des cris Pour les jours d'un époux , ou d'un père , ou d'un fils? volt. Orph. I, i. \\ 12° Allaiter, nourrir, entretenir un enfant. C'est le devoir d'une mère tendre d'élever elle-même son enfant. On m'élevait alors solitaire et cachée, rac. Esth. i, ). Il sentait avec une vive reconnaissance que la compassion l'avait élevé et nourri dès son enfance, rol- UN, Traite des Et. 2° part. ch. i, art. 2. Vous, seigneur I... ce sérail éleva votre enfance? volt. Zaire, II, 3. Il U se dit aussi des animaux et des plantes. Élever des serins. T-lever des pêchers. Il m'est, disait-elle, facile D'élever des poulets autour de ma maison, la fort. Fabl. vu, io. || 13° Instruire, développer, donner de l'éducation. Ce jeune homme fut très-bien élevé. Songe avec quel amour j'élevai ta jeunesse. — U éleva la vôtre avec même tendresse, coRN. Cinna, v, 2. Elles élèvent bien leurs petites filles, sfiv. 427. Combien de jeunes filles fit-elle élever dans des communautés de vierges chrétiennes! FLÉcn. Karie-Thér. Il faut aToir étudié les enfants
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pour les bien élever, et, par conséquent, avoir fait plus d'une éducation. «"♦ de genus, Adèle et Théod. t. u, lett. 47, p. 489, dans pougens. Je n'ai que quinze ans; j'ai été mal élevée; plaignez-moi, et soyez sûre que cette terrible leçon m'a corrigée pour la vie, m. Th. d'éduc. l'Intrigante, n, ». Il Élever i, habituer à.... par l'éducation. Une personne qui aurait pu être vertueuse si elle eût éti élevée à la vertu, SCARBON, /lom. com. i, M. Ils élèveront leurs enfants au travail, fEn. Tél. m. Toute leur attention est d'élever leurs enfant» à la vertu, montesq. Lett. pert. 4 2. || 14° S'élever, v. réft. Aller de bas en haut. S'élever en l'air. Ce terrain s'élève en amphithéâtre. Des lies s'élèvent du sein des flots. Et les Alpes de loin, s'élevant dans la nue, D'un long amphithéâtre enferment les coteaux , volt. Ép. cil. Il Le temps s'élève, il commence à s'éclaircir. Locution qui vient de ce que d'ordinaire, quand il fait beau, les nuages sont hauts. || Kig. Voilà comment les opinions s'élèvent peu k peu jusqu'au comble delà probabilité, pasc. l'rnv. (». ||1B° Se soulever contre. Il est temps de s'élever contre de tels désordres, pasc. Prov. i. Voilà des nouveautés contre lesquelles on ne peut assez s'élever, boss. 3« écrit. Ils s'élèvent contre le siège de saint Pierre, id. Avert. Tout semble s'élever contre mon injustice, bac. PWd. v, 7. Verrons-nous contre toi les méchants s'élever? ro. Athal. ii, 9. Le peuple en sa faveur s'élève et s'attendrit, volt. Tancréde, v, 3. Il IS" Accuser quelqu'un, porter témoignage contre lui. Son péché s'élèvera contre lui. Sa conscience s'élève contre lui, fén. Tél. iviii. Je m'élèverai contre eux au jour de ma colère, ti\as.Arent, Épiphan. Ils s'élèveront contre vous, m. Atent, Jugement. Le sang de votre roi s'élève contre vous, volt. (Midipe, I, 3. Tes mânes irrités s'élèvent contre nous; Non jamais ton bourreau ne sera mon époux, BHIFAUT, Ninus II, IV, <2. || Être porté en témoignage. Des charges considéranles s'élevaient contre l'accusé. Il 17° Naître, surgir. Un grand destin commence, un grand destin s'achève, L'empire est prêt à choir et la France s'élève, cobn. Attila, l, 2. Un tumulte, dit-on, s'élève dans la place, id. Béracl. v, 2. Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue, RAC. Phid. I, 3. Quelle effroyable voix dans mon âme s'élève? volt. Fanât, iv, 4. {| Le vent s'élève, il commence à souffler avec force. Voilà les feuilles sans sève Qui tombent sur le gazon. Voilà le vent qui s'élève Et gémit dans le vallon, lamart. Harm. II, 1. Il Impersonnellement. U s'élève des opinions nouvelles parmi les hommes. 11 s'est élevé de grandes plaintes contre lui. Il s'éleva un vent violent. Il s'était élevé un orage pendant ce temps-là. 11 s'élève un grand bruit et mille cris confus, corn. Héracl. V, 7. U ne s'élevait plus parmi eux aucun prophète, »oss. Hist. 11, B. Il s'élève en la mienne [âme] une secrète joie, nxc.Andr.i, i . Et que vous contractez de nouvelles dettes en même temps qu'il s'élève de nouveaux malheureux sur cette terre, mass. Car. Aumône. Il s'élevait cependant un homme qui .semblait devoir rassurer la fortune de la France, c'était le maréchal de Villars, volt. Louis XIV, (8. Il 18° Devenir plus aigu, en parlant des sons. Le diapason s'est élevé peu à peu dans le cours de ces derniers temps. || Devenir plus fort, en parlant de la voix. Sa voix s'éleva dans la contestation. || S'au^-menter. La température s'élevait très-rapidement Il Aller jusqu'à, en parlant de nombres, de quantité. Cette somme s'élève à tant. Le chifl're de la dépense s'éleva beaucoup au delà de ce qu'on avait voulu. Il 19° Se couvrir de boutons. X la moindre irritation sa peau s'élève partout. On dit dans le même sens, avec ellipse du pronom personnel: Un rien lui fait élever toute la peau. || Î0° Être bâti, dressé. Cette construction s'élève rapidement. Ce village s'est élevé sur l'emplacement d'une villa romaine. || Etre établi, fondé. Par ses soins se sont élevées des écoles où la jeune noblesse des deux sexes est instruite dans les sciences utiles, dans les arts agréables, BAYNAL. Hist. phil. V, 23. || 21° Se porter, être porté dans «n rang élevé. S'élever aux premières charges de l'État. Il est assez naturel aux hommes de vouloir s'élever aux lieux éminents pour étaler de loin, avec pompe, l'icl.it d'une superbe grandeur, BOSS. Panég. St Fr d* Sales, il n'y a au monde que deux manières de s'élever, ou par s* propre industrie , ou par l'imbécillité des autres , la sbut. VI. Il Fig. L'incrédule s'y élève insensiblement sur les débris de votre culte, mass. Car. Mélange. Il 22° S'enorgueillir. Celui qui s'élève sera abaissé. Je le perds, il suffit, ma fierté s'en élève, tbistan, Mariane, l, «.Du même fond d'orgueil dont on s'élève fièrement au^lessus de ses inférieur».
Ton rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi , LA BRUY. VI. Il 23" Devenir moralement grand. L'esprit s'élève par la contemplation de la nature. On s'élève par cette passion et on devient loute grandeur, pasc. dans coisiN. Guillaume Pitt avait la passion des grandes choses, une éloquence sûre d'entraîner les esprits, le caractère entreprenant et ferme : il avait l'ambition d'élever sa patrie et de s'élever avec elle, baynal, Hist. phil. x, 4 6. Il S'élever au-dessus des intérêts humains, des passions, s'y rendre inaccessible. C'est là [dans les hôpitaux] que, s'élevant au-dessus des craintes et des délicatesses de la nature, pour satisfaire à sa charité au péril de sa santé même, on la vit.... PLÉCHIRR, Marie-Thérèse. || 24° Se dit aussi de l'esprit qui devient supérieur à lui-même. S'élever aux idées d'ordre, de justice. || L'esprit de l'homme ne peut s'élever jusque-là, il ne peut comprendre cela. Il 25'' Terme de marine. S'élever en latilude, s'écarler de l'équateur. S'élever en longitude, s'éloigner du premier méridien. S'élève, dans le vent ou au vent, s'approcher de l'origine du vent. S'élever de la côte, s'en écarler, en tenant le plus près du vent. S'élever bien à la lame, céder facilement à son action. Les galères nous aidèrent, le jour du combat, à nous élever au vent, villette. Mémoires, 1704, dans jal. On a essuyé une tourmente aussi rude et aussi grande que celles qu'on a accoutumé de souffrir en hiver, et d'autant plus fâcheuse que le vent ne nous permettait pas de nous élever de la côte autant qu'on avait raison de le désirer, d'es- TRKES, d Seignday, (680, dans jal. Le temps qu'il fut à s'apprêter donna aux ennemis celui de s'élever un peu au vent, parce que nous restâmes toujours en panne, J. bart, llapport, M juillet t604, dans JAL. Il On dit aussi qu'un navire s'élève à vos yeux, quand il se rapproche de vous. || 26° Recevoir la nourriture et l'entretien destinés aux enfants. Cet enfant s'élève bien, il n'éprouve rien qui entrave sa santé, sa croissance. || Se dit aussi des animaux et des plantes. Les dindons s'élèvent difficilement. Les pêchers ne s'élèvent pas sans soins. || Recevoir de l'éducation. La jeune génération s'élève dans les collèges et dans les écoles.
— REM. Vaugelas observe avec raison qu'il faut dire lever les yeux au ciel, et non les élever.
— HIST. XI* s. Oui tort eslevera ou faus jugement fera, Lots de Guill.il. || xii° s. Esleverent li flum [les fleuves], sire, esleverent li flum lurvoix. Liber psalm. p. (36. Je eslef mes mains à tun saint temple, t6. p. 33. Quant il ellevarentluroez [yeux]. Job, 463. Com plus esgarde la pense alleveie sa vertut [plus la pensée voit sa vertu élevée] , ib. 479. Avient ke de ce dont il soi aesment [estiment] eslre plus destruiz, soi ellievent plus riche à la construction del céleste païs, ib. 466. || xni's. Je vile félon essaucié et eslevé ausi comme les cèdres del mont Lyban , Psautier, t° 46. S'a ele [ainsi la reine Blanche a] assez fier cuer, ce m'est avis. Pour faire honte à un bien haut baron. Et élever un traîtor félon, h. de la ferté. Romancero, p. 183. Prie à ton fil Qu'il nous entende, et nous esleve De l'ordure qu'aporla Eve, Quant de la pomme esta la sève. Fabliaux mss. n° 72)8, f° 328, dans lacurne. HxV s. Quand le comte Derby vit l'arclievesque de Canloibie venir devers lui, tout le cœur lui éleva, et se réjouirent ses esprits, froiss. m, iv, 7<. Mais avoir [je] vueil femme bénigne, Humble, simple, pou [peu] emparlée, Bien besongnant, pou eslevée, Juene et chaste de bouche et mains, eust. desch. Poésies ms. dans lacurne. Et avoit le cœur très eslevé pour ceste duché [qu'il venait de conquérir], comm. iv, t. Il xvi* s. 11 ralluma son courage, et s'eslevant en pieds, tout ensanglanté.... mont, u, 33. On m'a ainsi eslevé, id. ii, 73. La somptuosité des monuments eslevez à cette fin, id. ii, (35. De quoi le peuple ayant eslevé des cris de joie, id. ii, I93. Toute la Gaule s'estant eslevée pour luy courre sus, ID. m, t72. On pourroit envoyer après eux mille chevaux, et deux mille harquebusiers, et faire eslever toutes les forces des provinces où ils s'arresteroyent, langue, 692.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. eslevar; ital. ele- Vare; du latin e, et lerare (voy. lever).
t ÉLEVEUR (éle-veur), t. m. Celui qui élève des .'iBstiaux, des chevaux.
ÉLEVURE(é-le-vu-r'), i. f. Petite ampoule qui vient sur la peau. || Dans le langage médical, synonyme d'exanthème.
— HIST. xvi* s. Aucuns ont une ou plusieurs prominences ou esleveures en rondeur sur le crâne, outre le naturel, paré, m, 4.
— ÊlYM. Hiever,
ÉIJ
t-ELFE(èl-Pj, t. m. Nom des génies élémentaires de l'air, dans la mythologie Scandinave; c'est ce que les cahalistes appellent silphes.
— ËTYM. Allem. Elfe.
ËLIDË, ÉE (é-li-dé), part, passé. Détruit par l'élision. Une voyelle élidée.
ÉLIDER (é-li-dé), v. a. Terme de grammaire. Ne pas compter dans un vers une voyelle à la fin d'un mot, devant une autre au commencement du mot suivant, soit que cette voyelle disparaisse entièrement dans la prononciation comme chez nous, Pégase est rétif, soit qu'on l'entende encore, comme en italien glorioso acquisto. || Ëlider se dit aussi quand, dans l'écriture, on supprime une voyelle finale avant un mot qui commence par une autre voyelle. Il S'élider, v. réft. Être élidé. Dans s'il, \'i de si s'élide devant il.
— HIST. xiv* s. Lequel exposant marcha oultre soubz le cop, et ne fut point attaint du fer, mais tant seulement du manche par la teste en eslidant [en glissant], du canoë, elidere. || xvi* s. On est pardonnable de mescroire une merveille, autant au moins qu'on peult en destourner et elider la vérification par voye non merveilleuse, mont, iv, (86.
— ÉTYM. Lat. elidere, écraser, de e, et lœdere, léser (voy. léser). Le sens de glisser, annuler, que élider a dans l'historique paraît provenir du terme de droit, dans le moyen âgo : elidere intenlionem, annuler l'intention.
t ÊLIER (é-li-é) , e. o. Soutirer en parlant des vius.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et lie. ÉLIGIBILITÉ (é-li-gi-bi-li-lé), s.(. Réunion des
conditions nécessaires pour être élu.
— ÊTYM. Éligible.
ÉLIGIBLE (é-li-gi-bl'), adj. Qui réunit les conditions exigées pour être élu. C' est la nouvelle fantaisie de Cadet de mettre un de avec son nom, depuis qu'il est éligible, et maire de sa commune, p. L. COUR. I, 276. Il Substantivement. Les éligibles. Le président, m'appelant, me donna un de ces billets où il fallait écrire deux noms; pour moi, j'y voulais mettre Aristide et Caton; mais on me dit qu'ils n'étaient pas sur la liste des éligibles. F. L. cour. 2* lett. particul.
— HIST. xiv s. La chose que l'on quert et est eslisible pour elle, oresme, Eth. viii ((4). || xvi' s.
Esligillle, COTGRAVE.
— ÉTYM. Lat. eligere (voy. élire).
ÉLIMÉ, ÉE (é-li-mé, mée), part, passé. Trèsusé. Un habit tout élimé. Linge élimé. || Fig. C'est bien la petite passion lapluséliméel crëbillon fils, cité dans les Dictionnaires.
(. ËLIMER (S') (é-li-mé), v. réft. S'user à force d'être portés (par comparaison avec l'action d'une lime), en parlant des vêtements. {| K. a. Fig. User, polir, afl"aiblir. Les véritables passions, plus rares qu'on ne pense parmi les hommes, le deviennent de jour en jour davantage ; l'intérêt les élime, les atténue, les engloutit toutes, j. J. rouss. 2* dial. Il n'a point élimé son génie dans le frottement des querelles littéraires, mercier, Dict.
— HIST. xvi" Ce fait est honoré de la connaissance d'infinies personnes, mais il est elimé de vieillesse et pris au monceau de communs accidents de la fortune, MONT. t. II, p. 644, dans LACURNE.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et limer.
t 2. ÉLIMER (é-li-mé), v. a. Terme de fauconnerie. Purger un oiseau après la mue.
— ÉTYM. ^pour es.... préfixe, et limon, dans le sens de matière bour.ieuse.
t ÉLIMINATEUR, TRICE (é-li-mi-na-teur, tri-s'), adj. Qui élimine.
ÉLIMINATION (é-li-mi-na-sion; en vers, de six syllabes) , s. /■. Il 1° Action d'éliminer, état de ce qui est éliminé. || Élimination, procédé qu'on emploie dans les concours pour écarter les plus faibles des concurrents et concentrer le débat entre les plus forts. j] 2° Terme de médecine. Élimination des poisons, l'expulsion, hors de l'économie , des poisons introduits dans le corps. || 3° Terme d'algèbre. Opération qui consiste, étant donné plusieurs inconnues et autant d'équations,à faire disparaître successivement ces inconnues, en les ramenant toutes à une dernière, laquelle, se déterminant par la dernière équation, conduit à la connaissance de toutes les autres.
— ÊTYM. Éliminer.
ÉLIMINÉ, ÉE (é-li-mi-né, née), part, passé. Il 1° Mis hors. Ehminé du concours en raison de l'insuffisance de ses épreuves. || 2° Terme d'algèbre. L'inconnue étant éliminée.
ÉLIMINER (é-li-mi-né), v. a. \\ 1° Mettre hors. On a éliminé plusieurs noms de la liste. || 2° Terme d'algèbre. Éliminer une inconnue, la faire dispa-
tu
raltre d'une équation algébrique, en y substituaDi une valeur égale en quantités connues ou combinées avec d'autres inconnues. |{ Absolument. Un procédé commode pour éliminer. || 3° S'éliminer, V. réft. Être chassé, en parlant de quantités mathématiques. Ces termes s'élimineront sans peine.
— ÉTYM. Lat. eliminare, de e, hors de, et limen, seuil : chasser au delà du seuil.
fÉLINGUE (é-lin-gh'), *. f. Corde qui a un nœud coulant à chaque bout, et qui sert à entourer les fardeaux pour les mettre dans les vaisseaux et hors des vaisseaux. 1| Gros filin garni d'un croc, à l'aide duquel on peut mettre un canot à la mer ou l'en retirer. || Cordage employé dans les corderies pour le commettage.
— HIST. XIV* 8. Eslingue [fronde], du cangb, fundibula.
—ÉTYM. Angl. sling, élingue et fronde.
t ÉLINGCÉ, ÉE (é-hn-ghé, ghée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui n'a point de langue, de trompe.
— ÉTYM. ^pour es.,., préfixe, et le latin lingiia, langue.
t ÉLINGUER (é-lin-ghé), v. a. Terme de marine. Passer une élingue autour d'un objet qu'on veut hisser ou déplacer.
— HIST. XIV* s. Par quoi ans chailloz esUnder [fronder avec des cailloux], G. guiart, t. ii, p. 377,
— ÉTYM. Élingue.
+ ÉLINGUET (é-lin-ghé), s. m. Terme de marine. Pièce de bois qui tourne horizontalement sur le pont et qui sert à arrêter le cabestan.
ÉLIRE (é-li-r'),j'élis,nous élisons; j'élisais; j'élus; j'élirai ; j'élirais; élis, élisons; que j'élise, que nous éli-sions; que j'élusse; élisant; élu, v. a. \\ l°Nommer à une dignité , à une fonctioC par voie de suffrages. Élire un pape, un représentant. Un chétif centenier des troupes de Mysie, Qu'un gros de mutinés élnt par fantaisie, corn. îléracl. i, 2. Que l'on tire au billet ceux que l'on doit élire, boil. Lutrin, i. Ce n'était pas une chose à faire sans réflexion que de nommer des successeurs à deux hommes aussi savants, aussi célèbres que ceux-là [Clavier et Visconti]; il y fallait regarder, élire entre les doctes, sans faire tort aux autres, les deux plus doctes, p. L. COUR. Lett. à l'Acad. des inscr. Il 2° Choisir. Quelque chemin que l'homme élise, U est à la merci du sort, malh. vi, 24. Le roi doit à son fils élire un gouverneur, cobn. Cid, i, (. Régnez; après l'État j'ai droit de vous élire, roth. Vencesl. v , 9. Comment Dieu qui t'avait élu , t'a-t-il oublié? Boss. Hist. ii, (O. nous t'avons élu pour dire qui a raison de moi ou de ma fille, mol. l'Avare, i, 7. Croire que le mari.... que j'ai su vous élire.... id. Tart. u, 2. Cette âme que vous avez élue pour jouir de votre amour, fi.éch. le lellier. Il 3° Terme de droit. Élire domicile , assigner un lieu où la signification des actes de procédure puisse se faire et où l'on exerce ses droits de citoyen.
— HIST. XI* s. Car m'eslisez un baron de ma marche, Ch. de hol. xx. ||xii*s. Après celui [ils] eslurent dant Garin le Pohier, Sax. iv. Les noz [nôtres] [ils] vont dechassant, nés [ne les] ont cure d'eslire. Mais ainsi comme il sont, les prennent tire à tire, ib. x. Mais je nés [ne les] eslls mie pour le leur nuisement, tb.xxi. Sis églises aveit el regnç senz pastur; Pur co erent asemblé celé genz à cel jur, E li prince e 11 conte e des baruns pluisur. Pur eslire et sortir pastur à celé honur. Th. le mart., (26. jGrant partie del pueple li aveit contredit, E si uut Adonie sun fil à rei esUt, ib. 27. Il XIII* s. Ensi fu esleus 11 quens Baudoins de Flandres à empereour, villeh. cxi. Entre ces boutons en eslui [j'en élus] Ung si très bel, qu'envers celui Nus des autres riens ne prisié [je ne prisai] , la Itose, (663. Et quant il [l'Amour] ot aperceii Que j'avoie ainsinc esleù Ce bouton qui plus me plesoit, ib. (894. Confesse toi souvent et esli confesseur preudomme qui te sache enseigner que tu dois faire, joiNV. 300. Il XIV* s. Nous voulons santé comme fin, et nous eslisons les choses par quoy nous y pouvons venir et la acquérir, oresme, Eth. 64. Loys de Beaumont eslut par son testament sa sépulture, DU GANGE, accomuntcare. Il XV* s. Les compagnons l'élurent à estre capitaine au lieu de son maistre, FROISS. I, I, 325. Eslire un sage party, comm. iv, 7. Il XVI' s. Le roy François feut au propre d'eslire, ou de luy aller au devant en Ytalie, ou de.... mont, i, 355. Messieurs de Bordeaux m'esleurent maire de leur ville, id. iv, (48. Ce a esté bien tard que le vendre et l'achepter sont entrevenus ôs élections de«
ËLI
magistrats, et que les voix et les suffrages des elisans se sont achcptez S prix d'argent, amyot, Cor. t ». Il fault que le laboureur soit homme entendu, et que la semence soil choisie et eleue, ID. Cotnmml il faut nourrir Ut enfants, 4.
ÉTYM. Wallon, élire, trier, choisir; provenç.
elegir, eligir, elcger, estire, «Hr.-ano. cspagn. esleer, esleir ; espagn. mod. elegir; ital. eleggere; du latin eligere, de e, et légère, prendre, cueillir (voy. libe).
t ÉLISANT, ANTE (6-li-zan, zan-t'), adj. Qui élit. Cardinaux élisants, et, substantivement, les élisants, les trois cardinaux que le collège charge d'élire un pape quand le conclave ne peut réussir par le scrutin.
ËLISION (é-li-zion; en vers, de quatre syllabes), ». f. Terme de grammaire. Action d'élider; résultat de cette action. En français l'élision n'a lieu que pour l'e muet final (excepté les deux mots la et si) , et il disparait entièrement à l'oreille : force invineible, prononcez for-sinvincible. \\ L'élision chez nous ne se marque pas ordinairement dans l'écriture, si ce n'est dans quelques monosyllabes comme ce, de, que, me, te, te, le, la, si; alors la voyelle élidée est remplacée par l'apostrophe : l'dme, qu'elle , s'il, etc.
— ÉTYM. Lat. elisionem, du supin elisum, de elidere (voy. élider).
ÉLITE (é-li-f), s. f. Il !• Ce qu'il y a d'élu, de choisi, de distingué. L'élite de la noblesse. Pourquoi sans Hippolyte Des héros de la Grèce assem- L!a-t-il l'élite? BAC. PWd. II, 6. Patrocle et quelques chefs qui marchent à ma suite. De mes Thessaliens vous amènent l'élite, i». Iphig. v, 2. || D'élite, qui est de premier choix. S'il y a un petit nombre d'ames d'élite que Dieu meuve.... boss. Orais. De chevaliers romains une troupe d'élite.... cbéb. Catil. V, 2. Mes soins ont eu recours à des amis d'éhte, H. J. CHÉN. Tib. V, I. Il [Napoléon] alTecte de la mépriser [une rivière], comme tout ce qui lui faisait obstacle, et il ordonne à un escadron des Polonais de sa garde de se jeter dans cette rivière ; ces hommes d'élite s'y précipitèrent sans hésiter, SÉGUB, Ilist. de Napol. iv , 2. || Dans l'armée, compagnies d'élite, les compagnies de grenadiers et de voltigeurs d'un bataillon d'infanterie. || 2° Il se dit aussi des choses. J'ai eu l'élite de ses livres. Alcithoé ma sœur, attachant vos esprits, Des tragiques amours vous a conté l'élite, la font. Filles de Minée. Faute de vin d'élite. Sabler ceux du canton, BÉBANG. Rog. B.
— SYN. ÉLITE, FLEUR. Ces deux mots expriment ce qu'il y a de meilleur entre plusieurs individus ou plusieurs objets de même espèce : l'élite de l'armée; la fleur de l'armée. Mais ils retiennent quelque chose de leur origine : fleur emporte toujours l'idée du brillant, de l'éclat, de la beauté; et élite emporte toujours l'idée d'élection.
— IllST. XIII* s. Un mois [je] vous doins l'ostel [la maison] trestout à vostre eslite [volonté], Berle, Liv. Pechié porte sa peine et bienfait son mérite, De ces deux choses sunt homme et femme à eslite [ont le choix], j. DEUEUNO, Test. 210. || xv's. Si prit [le connétable d'Ecosse] cinq cents lances à l'elile de tous les meilleurs d'Escosse, fboiss. ii, u, <5. Vingt mille hommes d'armes tous d'élite, ID. ii, ui, 58. Il XYi" s. La noble Marguerite, Fleur d'eslite, MABOT, III, 208. La prudence est l'eslite entre le bien et le mal, mont, ii, 226. Puis fit élite d'entre les dames d'une qu'il estimoit mieux mériter son service, YVER, p. 631. Ayant tenu son eslite de gens de pied et de cavalerie preste, d'aub. Ilist. m, «B.
— ÉTYM. Élit, ancien participe passé du verbe élire.
t ÊLIXATION (é-li-ksa-sion) , s. f. Terme de chimie. Action de faire bouillir une substance dans l'eau et qui a pour but d'obtenir deux produits, l'un solide cuit et l'autre liquide. Le pot-au-feu des ménages est une élixation.
— ÊTY.M. Lat. elizare, cuire dans l'eau, de e, et Ux, mot archaïque qui, suivant Nonius, signifiait eau.
CLIXIR (é-li-ksir) , t. m. Terme de pharmacie. Nom générique de préparations qui résultent du mélange de certains sirops avec des alcoolats. L'éllxir de longue vie. Les charlatans qui avertissent le public de se donner de garde de ceux qui contrefont leur élixir, volt. Lett. Marin, 2* nov. 1764. Elle faisait des éliiirs, des teintures, des baumes, j. j. ROUSSBAU, Conf. u. Il P'ig. et par plaisanterie, ce qu'il y a de meilleur, de plus précieux dans quelque chose. Le bel honneur au roi, d'avoir à son service Lo pressis, l'éliiir de toute la malice, boubsault,