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ielle; provenç. ela,elha, ella; espagn. et ital. etla; du latin illa (voy. il). L'ancienne langue a dit aussi il pour elle; ce qui n'a rien d'extraordinaire, le latin disant illa.

t ELLÉBORACÉ, ÉB (èt-lé-bo-ra-sé , sée), o^;'. Terme de botanique. Oui ressemble à l'ellébore.

— ÉTYM. Ellébore.

ELLÉBORE (èl-lé-bo-r') , ». m. Terme de boUniquo. ||l* Plante, dite dans l'Avranchin herbe enragée, très-usitée dans la médecine des anciens comme cathanique et qui passait pour guérir la folie. Le plus célèbre des ellébores venait des campagnes d'Anticyre, Ile de la mer Egée dans le golfe Maliaque. L'ellébore des anciens est regardé comme appartenant aux veratrum (colcbicacées). Il n'est point d'ellébore assez en Aniicyre.... bEgnier, Sat. XV. Ma commère, il vous faut purger Avec quatre grainsd'ellél)ore, la font. Fabl. vi, 40. Y aurait-il assez d'ellébore pour une si étrange maladie 1 VOLT. Phit. ignorant, 60. || Avoir besoin d'ellébore, avoir l'esprit troublé. Vous le voyez , sans mot vous y seriez encore; Et vous aviez besoin de mon peu d'ellébore, uol. Sgan. 22. Elle a besoin de six grains d'ellébore; Monsieur, son esprit est tourné, m. Àmphit. u, 2. 11 aurait bien besoin de deux grains d'ellébore, recnard, Disir. u, 42. Il S* Genre de plantes renonculacées , dont une espèce d'Europe {htlleborui niger) sert en médecine. Quand on met un exutoire aux animaux, on fait au bas de la panse ou sur la cuisse une incision dans laquelle on introduit un petit morceau de racine d'ellébore.

— HIST. XIV* s. En médecine, c'est legiere chose, savoir ce que il est dit du miel et du vin et de ellébore, oresme, Elh.ioi.

— ÉTYM. "EXleêopoç.

ELLÉBORINE (èl-lé-bo-ri-n'), ». f Plante dont plusieurs espèces ont les feuilles semblables à celles de l'ellébore.

t ELLÉBORISER (èl-lé-bo-ri-zé), v. a. Ancien terme de médecine. Purger avec l'ellébore.

t ELLÉBORISME (èl-lè-bo-ri-sm'), ». m. Chez les anciens, méthode de traitement des maladies par l'ellébore, comprenant non-seiilement la préparation de l'ellébore, mais encore les précautions préliminaires propres à en seconder l'action et à ea prévenir les effets pernicieux.

— ÉTYM. Ellébore.

t ELLIPANTHE (èl-li-pan-f) , adj. Terme debotaque. Qui a des fleurs incomplètes, ne renfermant que desétamines ou des pistils.

— ÊTYM. *EUe'.irii«, défectueux, et àvBoc, fleur.

ELLIPSE (èl-li-ps'), » f. Il 1" Terme de grammaire. Figure par laquelle on retranche quelque mot dans une phrase. Dans ce vers de Racine, Andr. IV. B:Je t'aimais inconstant; qu'eussé-je fait fidèle? l'ellipse est : si tu avais été fidèle. || C'éwil quelquefois pour les Grecs une es;ièce de syncope par laquelle on retranchait une voyelle dans un mot sans détruire la syllabe, comme serait glore pour gloire. || Terme de musique. Suppression d'un accord que réclame l'harmonie régulière. |{ 8* Terme de géométrie. Courbe résultant de la section d'un cène droit par un plan oblique à l'axe; c'est un cercle allongé. Le centre, les deux foyers, les axes d'une ellipse. Ellipse excentrique, celle dont le grand axe est beaucoup plus grand que lo petit; ellipse presque circulaire, celle dont les deux aies se rapprochent de l'égalité. L'orbite de la terre est une ellipse presque circulaire dont le soleil occupe uo foyer. Les comètes décrivent des ellipses très-allongées.

— SYN. ELLIPSE, ovale. L'ellipse est une courbe parfaitement symétrique. L'ovale, qui présente la forme d'un œuf, a un côté plus large que le c&lé opposé.

— ÉTYM. 'E/iXenJ'K , qui, signifiant manque, s'applique à l'ellipse grammaticale, puisque quelque chose est supprimé, et à l'ellipse géométrique, parce qu'il lui manque quelque chose pour être un cercle parfait; de Iv, etXeiittiv, lais.ser, manquer.

t ELLIPSOGRAPUE (èl-li-psogra-r), t. m. Instrument pour tracer des ellipses.

— ÉTYSl. Ellipse, et Tpàjeiv, tracer.

t ELLIPSOÏDAL, ALE (èl-li-pso-i-tlal, da-l'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un ellipsoïde.

ELLIPSOÏDE (èl-li-pso-i-d'), t.m. ||1* Terme de géométrie. Solide engendré par la révolution d'une moitié d'ellipse autour de l'un de ses axes. Elbpsoïde de révolution. La comparaison des degrés terrestres donne des différences qu'il est diffic}le d'attribuer aux seules erreurs des observations; il parait donc que la terre est sensiblement différente d'uo

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ellipsoïde, laplace, Expos, i, 14. ||2«ild;. Oui « la forme d'une ellipse. Graine ellipsoïde. Cadre ellipsoïde. Il 3» S. f. Ligne courbe dont la forme approche de celle de l'ellipse. Celle surface esl terminée par une ellipsoïde.

— ÉTYM. Ellipse, et Mot, forme.

t ELLIPSOLOGlB(èl-li-pso-lo-jie), *. f. Terme de géométrie. Traité surla manière de iracer des ellipses.

— KTYM. Ellipse, et )6yoc, traité.

tELLll'SOSPERME(èl-li-pso-spèr-m'), adj. Terme

de botanique. Oui a des graines elliptiques.

— ETYM. Ellipse, et oTtépjiii, graine.

f ELLIPSOSTOME (Î!l-li-pso-sto-m'), adj. Terme de zoologie. Oui a la bouche ou l'ouverture elliptique.

— ETYM. Ellipse, et (rcô(ia, bouche.

ELLIPTICITÉ (èl-li-pli-si-té), s. f. || 1- Terme de

grammaire. Oualité d'une phrase, d'une tournure elliptique. || 2° Terme de géométrie. Forme elliptique d'une figure. Ellipticité plus ou moins grande, allongement plus ou moins grand d'une ellipse. La prodigieuse ellipticité des orbites des comètes. La lune, par l'observation de ses mouvements , rend sensible à l'astronomie perfectionnée l'ellipticilé de la terre, dont elle fit connaître la rondeur aux premiers astronomes par ses éclipses, laplace, Expos, iv, 6.

— ETYM. Elliptique.

ELLIPTIQUE <èl-li-pti-k'), adj. || !• Terme de grammaire. Oui présente une ellipse. Tour elliptique. Langue elliptique, langue où l'ellipse esl fréquente. Il 2° Terme de géométrie. Oui est de la nature dereilipse. Forme, figure elliptique. Galilée démontrait le mouvement de la terre et des autres planètes dans leurs orbites elliptiques autour du soleil, VOLT. Philos. II, 230. La loi de la pesanteur rattache le flux et le reflux delà mer aux lois du mouvement elliptique des planètes, laplace, Eipos. iv, t7. || Qui appartient ou qui a rapport à l'ellipse. Segment, arc elliptique. Compas elliptique, instrument propre à décrire des ellipses.

— ÉTYH. 'EMieiirtixèç, de ÎXXtuj/i;, ellipse. ELLIPTIQUEMENT (èl - li - pti - ke - man ) , adv.

Il l'Termede géométrie. En forme d'ellipse. || 2"Terme de grammaire. Par ellipse. On dit quelquefois elliptiquement du tout, pour non pas du tout.

— ÉTYM. Elliptique, et le suffixe menl.

ELME (SAINT-) (sin-tèl-m' ). Feu Saint-Elme, météore qui apparaît à la pointe des mâts sous forma d'aigrettes lumineuses, ou qui voltige à la surface des flots. Le feu Saint-Elme était appelé par les anciens Castor et PoUux. On croit que le feu Saint-Elme est dû à l'électricité.

— HIST. XVI' s. Ils ne doivent avoir pour fanal et saint elme que la vérité seule tesmoignée par des autheurs qui couchoient par escrit , en leur langue , ce qu'ils avoient veu de leurs yeulx et non pas ouy dire, pav. Théâtre d'hon. Disc, à la suite de l'Ép. déd. p. i, dans lacurne.

— ÉTYM. Le?. Fournier {hydrographie, liv.'xv, 1643) écrit /eu saint-telme (dans jal); mais c'est certainement une fausse orthographe. On connaît le nom du château Saint-Elme ii Naples;or, dans les textes latins, le château Saint-Elrrie est le château Saint-Erasme. Saint Erasme, évêque et martyr, est mort sous Dioclétien en 303, et a été transféré à Gaële en 842. x Soint Eroime est appelé par corruption saint Ermo ou saint Elmo, et il est communément invoqué dans les tempêtes par ceux qui naviguent sur la Méditerranée, Yiesdessaints, auajuin, BUTLER, traduit par godescard, éd. de Lille, 1834, t. vm, p. «3. • Le feu Saint-Elme est le feu de saint Erasme, protecteur des marins.

t ËLOCHER (é-lo-ché), V. a. \\ i' Vieux mot qui signifie 6ter de sa place, renverser. Ce tonnerre orageux qui menace et qui gronde Ëlochera bientôt la machinedu monde, J. desmarets. Visionnaires, i, 3. Il 2* Terme rural. Ebranler une plante comme si on voulait l'arracher. || 8* Détacher un pot à fondre le verre du siège auquel son fond était collé.

— HIST. xiu* s. Les clous de quoy les planches de la nef estoient attachiez estoient tous eslochez, joiNV. 192. Il xvi" s. Le serrurier marche à la grille qu'il avoit elochée auparavant, l'arrache et entre le premier, d'aub. Hist. ii, 61. Quand les os s'eslochent, s'entr'ouvrent et entre-baaillent, sans toutes fois estre luxés, paré, xiv, 1. Neptune s'en venoit, d'un soufle véhément. De la terre elocher le massif fondement, baIf, CEuvrej, f° 21 , dans LACURNE.

— ÉTYM. Lat. fictif ex-iocare, deei, hors, et lo- Mt, lieu ; déplacer.

ÉLOCUTION (é-lo-ku-slon; en vers, de cinq syllabes), <.^. Il 1* Manièredes'exprimer.Êlocution nette, facile, élégante, triviale. || Manière de prononcer uu

QICT. DE LA LAKOUE FRANÇAISE.

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discours. L'élocution fait une des principales parties de l'éloquence. || 2* Êlocution est quelquefois synonyme de style. Nous ne savons rien des commencements ni des progrès de la langue grecque; les poSmes d'Homère sont le plus ancien ouvrage que nous ayons en celte langue, et l'élocution y est si parfaite, que tous les siècles suivants n'y ont pu rien ajouter, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. xi, 2* part, p. 605. Ouvrez le traité de Cicéron, intitulé Orator, et dans lequel il s'est proposé de former ou plutôt de peindre un orateur parfait; vous verrez non-seulement que la partie de l'élocution est celle à laquelle il s'attache principalement, mais que, de toutes les qualités de l'élocution, l'harmonie qui résulte du choix et de l'arrangement des mots, est celle dont il est le plus occupé, d'alemb. Ifi/J. liit. ÛEu»., t. m, p. 249, dans pouGENS. ||3' Partie de la rhétorique qui traite du choix et de l'arrangement des mots.

— ÉTYM. Lat. eloculionem, de eloqui (voy. éloquent).

t ÉLODICON (é-lo-di-kon), *. m. Espèce d'orgue expressif, à lames vibrantes.

ÉLOGE (é-lo-j'), s. m. Il !• Discours public fait à l'honneur de quelqu'un, après sa mort. Éloge funèbre. Éloge historique. |{ Discours académique fait dans les mêmes circonstances. L'éloge de Bossuet, de Racine. Les éloges de Fontenelle sont des chefsd'œuvre. Il 2° Par extension, louangedequelqu'un ou de quelque chose. D'éloges on regorge; à la tête on les jette, Et mon valet de chambre est mis dans la gazette, mol. Mis. m, 7. Ils citent nos pères avec éloge, pasc. Prov. 6. Ces esprits frivoles.... A\alent sans dégoût le plus grossier éloge, BOiL. Épit., IX. Tout élope imposteur blesse une âme sincère, ID. ib. 11 vous comble partout d'éloges fastueux, ID. Art p. i Ne vous enivrez point des éloges flatteurs Qu'un amas quelquefois de vains admirateurs Yous donne en ces réduits.... id. ib. Sitôt que l'auteur signe un écrit qu'il proclame. Son nom doit partager et l'éloge et le blâme, Gilbert, Mon apologie. Les éloges indirects sont les seuls qui puissent faire quelque impression, u* de genlis, Àd. et Théod, t. ii, lett. i, p. i , dans pougens. Je sauve l'ennui d'un éloge menteur, lemerc. Clovis, II, 3. Il Faire l'éloge de, louer. Il a fait votre éloge. Un certain h&bleur à la mine affamée. Qui vint à ce festin, conduit parlafumée. Et qui.... A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux, boil. Sat. III. Il Cela fait son éloge, cela témoigne favorablement pour lui. Voilà des choses qui font son éloge, sÉv. 209. Cette folie qui fait son éloge, Boss. Fr. d^Ass. 1. Il ^ l'École de droit, être reçu avec éloge, être reçu avec l'unanimité de boules blanches ou avec la note supérieure.

—HIST. xvi* s. Je croy que ceux-là n'attendent de vous nul éloge pour le sujet que traictez, pasquieh, Lettres, t. i, p. B68, dans lacobne.

— ÉTYM. Lat. elogium, note, observation, inscription tumulaire, du grec iWoyioi, article d'un compte, de Iv, et Xô^Oî, dire, discours.

fÉLOGIER (é-lo-ji-é), V. a. Néologisme. Louer, faire l'éloge.

— ÉTYM. Éloge.

fÉLOGIEUX, EUSE(é-lo-ji-eû, eû-z'), odj. Néologisme. Qui est rempli d'éloges, de louanges. Discours élogieux. Parler en termes élogieux.

— ÉTYM. Éloge.

fÉLOGISTE (é-lo-j i-st'),». m.Auteurd'éloges. Une infinité d'élogistes des dames illustres, bayle, Lett. à laMonnoye, 8 juillet 1897.

t ÉLOHISTE (é-loi-sf) , adj. Terme de critique biblique. Fragments élohistes, nom donné par quelques érudits à des portions du Pentateuque où Dieu est toujours nommé Elohim, et qu'ils croient d'une époque et d'une source distinctes des fragments dits par eux jéhovistes.

ÉLOIGNE, ÊE (é-loi-gné, gnée), part, passé. Il 1° Placé loin. Un favori éloigné de la cour. Lyon est plus éloigné de Paris que Dijon. Depuis plus de six mois éloigné de mon père, J'ignore le destin d'une tête si chère, bac. Phèd. i, 1. Il Terme d'histoire naturelle. Écailles éloignées, écailles éparses à la surface du corps de l'animal sans se toucher. || Feuilles éloignées, feuilles plus distantes entre elles qu'elles ne le sont dans la plupart des plantes. || 2° Qui est au loin, dans l'espace ou dans le temps. Pays, temps éloigné. Les biens qu'ils font s'étendent jusque dans les siècles les plus éloignés. FÉN. Tél.xxiv . || 3' Il se dit de ce qui est séparé par un intervalle que l'on compare à une distance matérielle. On voit, et dans sa maison et dans sa conduite, avec des mœurs sans reproches, tout également éloigné des extrémités, Boss. le Tdlier. 11

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n'y a point d'avantages trop éloignés à qui s'y pré pars par la patience, la bruy. xu. ||4° Qui s'écarte, qui diffère. Ce récit est éloignéde la vérité. Aussi, comme son but est ililVérentdu mien. Je dois prendre un chemin fort éloigné du sien, corn. Suite du IfenMIt 3. L'esprit de l'Eglise est bien éloigné de ces maximes, PASC. Prov. 14. Il Adverbialement. Bien éloigné que les explications excusent le livre, elles en découvrent.... Boss. Préf. Cet emploi nest plusguère usité; on dit plutôt bien ioi'n que. || S" 11 se ilil des personnes en un sens analogue. Etre bien éloigné de faire une chose, n'en point avoir l'intention ou le pouvoir. Il était bien éloigné de jouir du plaisir de cette victoire, fén. Tél. xvi. Jamais femme ne fut plus éloignée de toute espèce de coquetterie, M* DE GENLIS, Théât. d'edue. la Mère rivale, l, 3. Il Être bien éloigné de compte, n'être pas d'accord avec quelqu'un. || Êlre éloigné de son compte, se tromper dans ses prévisions.

ÉLOIGNEMENT (é-loi-gne-man), s. m. || f Action d'éloigner ou de s'éloigner. L'éloignement des personnes les plus suspectes. Après l'éloignement d'un flatteur de Décie, corn. Poly. v, 2. Et mon éloignement remettra son esprit, m. Nieom. iv, a. Accordez-moi sa grâce ou mon éloignement, rotr Vencesl. m, 7. || Terme de dévotion. Vivre dans un grand éloignement de Dieu, c'est-à-dire vivre dans une grande inattention pour les choses de son salut. Il 2* Absence. La prodigieuse mémoire de ce prince [le frère de Louis XIII] est une des considérations qui m'a autant consolé durant cet éloignement; car je suis assuré que j'y suis encore, puisque j'ai eu l'honneur d'y être autrefois, VOIT. Lett. 39. Quepourrais-je espérer d'une amitié passée. Qu'un long éloignement n'a que trop effacée? rac. TheTi. ii, 3. Je prévois la rigueur d'un long éloignement, m. Iphig. 11, 2. Il 3° Distance d'un lieu à un autre. L'éloignement de nos demeures nous empêche de nous voir souvent. L'immense éloignement [des planètes] , le point et sa vitesse, Celle aussi de nos passions. Permettent-ils à leur faiblesse [des astrologues] De suivre pas à pas toutes nos actions? la font. Fabl. viii, 16. Dans l'éloignement où il voit les hommes, il est effrayé de leur petitesse, la bruy. i. || Dans l'éloignement, en éloignement, c'est-à-dire au loin, dans le lointain. Dans l'éloignement, on voit des bergers. Vers une habitation rustique qui paraissait en éloignement. hamilt. Les quatre facardins, p. 272. Il aperçoit distinctement une lumière dans l'éloignement, M"* DE GENLIS, Veillées du château, t. i, p. B44, dans POUGENS. Il Fig. L'imagination fait voir comme en éloignement les agitations du monde, FLÉCH. Dauph. Ce sont là de ces traits qu'on no peut montrer qu'en éloignement, hass. Or. (un. Villars. Le monde, vu de près, ne se soutient pas longtemps contre lui-même; mais en éloignement il en impose, id. Profess. relig. Serm. 4. {| 4" La distance dans le temps. L'éloignement des temps rend fort obscurs les détails de cet événement. Soit que, jeune, on craigne moins la mort, par l'instinct da son éloignement, ou qu'à cet âge, riche de jours et prodigue de tout, on prodigue sa vie comme les riches leur fortune, sSgur, Hist. de Napol. ix, 2. Il Voir de grands biens en éloignement, avoir à espérer une riche succession. Académie. || 6° Éloignement d'une chose, ou, seulement, éloignement, retardement. Le moindre éloignement À votre impatience est un ct'uel tourment, rac. Alex, m, I. Il 6" Antipathie, répugnance. Il a de l'éloignement pour cette personne, pour cette profession. J quoi bon affecter des éloignements qui ne serveii' à rien? Il avait de l'éloignement de servir dans les couvents, boss. Lett. relig. 98. Il leur inspirait un extrême éloignement de leur impiété, id. Hist. ii, 3. L'éloignement qu'il fait paraître pour la vérité, MASS. Av. Épiph. Il faut avouer que le roi , dans les premiers temps, eut plus d'éloignementque d'inclination pour Mme de Maintenon, M"* de caylus, Souvenirs, p. 78, dans pougens.

— HIST. xni* s. Mes en aucun cas eles n'i ont pas bon demeurer, aiiiçois doivent estre escusécs de l'eslongnement, s'eles le font, beaum. lvii, 4. Il xvi* s. L'esloignemenl que de vous [loin de vous] je veux faire. N'est pour vouloir m'exempter et deffaire De vostre amour, encor moins du service, MAROT, I, 3B7. Vostre prochain et triste eslongnemeiit, st-gelais, p. 20, dans lacubne.

— ETYM. Éloigner.

ÉLOIGNER (é-loi-gné; on a prononcé aussi é-logné, et Ménage condamne cette prononciation; au contraire, Chifllet, Gramm. p. 200, recommande de prononcer élogner) ,t'. o. || !• Mettre loin. Eloignant les postes les uns des autres. Eloigner celle table, cett*

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chaise du feu. Eloignez cela de moi. Le tyran, du palais nous a tous éloignés, corn. Ilérarl. nr, «. Voici l'instant qui va nous éloigner, volt. Brut. IV, 3. Dans les moments où le combat s'engage, M'éloigner du danger, c'est trop me faire outrage, ID. Sn/ih. I, «. Il Par extension. Le roi éloigna ce favori. Kloifiner un jeune homme des mauvaises compagnies. Il 2' Il se dit du temps. Chaijue jour nous éloiKne de cette époque. || Retarder, différer. Eloigner un payement. Il 3* Rejeter, éviter, détourner. Éloignez de vous ces pensées. Le travail éloigne le vice. Considérons encore une fois devant Dieu et en éloignant l'esprit do dispute, ce qu'on a prouvé par tint de faits, tirés par exemple de l'Iiistoire de l'arianisme, Hoss. Var. i' insiruct. past. jj < 16. || Éloigner de, avec un verbe i l'inlînitif. Cet organe des dieux [un oracle] put se laisser gagner X ceux que ma naissance éloignait de régner, cobn. (Xd. m, i. Une modestie qui l'éloigné de penser qu'il fasse le moindre plaisir, la bruy. ii. {| 4» ôter l'affection. Rien n'est plus capable d'éloigner les coeurs, les esprits. || 6" S'éloigner, v. réfl. S'en aller, quitter un lieu. Il s'éloi^'nait à pas lents. Éloignez-vous un peu. Pour éviter l'inceste. Je n'ai qu'à m'éloigner de ce climat futieste, corn, lléracl. li, a. La galère s'éloigne avec son espérance, m. Nicom. v, 5. Tu t'éloignes de nous pour consulter un homme Oui n'est que trop connu dans la villo de Rome, mair. lfor( d'Asdrub. Je sens bien que sans vous je ne saurais plus vivre. Que mon cœur de moi-même est prêt à s'éloigner, bac. Bérén. iv, 6. Qu'on s'éloigne un moment, m. Eslh. I, 3. |j Terme de peinture. Cette figure s'éloigne bien, elle fuit bien. || 6° Kig. S'éloigner de son devoir, y manquer. S'éloigner du respect que l'on doit à quelqu'un , uaucroix, Schisme, liv. i, dans ricuelet. || S'éloigner des vues, (les intentions de quelqu'un, ne pas s'y conformer. Il 7" Ne pas s'éloigner de, n'être pas loin de, n'avoir pas de répugnance &. Il ne s'éloigne pas d'accepter les offres que vous lui faites. Il ne paraît pas qu'il s'éloigne fort des propositions. || 8" Être différent. Ces deux doctrines s'éloignent peu l'une de l'autre.

— REM. Malherbe et Corneille ont dit éloigner «ctivement pour s'éloigner de > Le soleil qui dédaigne une telle carrière, Puisqu'il faut qu'il déloge, éloigne sa barrière, malb. i, 4. Ses vaisseaux en bon ordre ont éloigné la ville, cohn. U. de fomp. m, t. C'est un archaïsme et une locution d'ailleurs analogue à celle qu'on a conservée, et qui emploie approcher de la même façon : approcher une ville, pour s'en approcher.

— SYN. éloigner, écarter. Éloigner, c'est mettre au loin; écarter, c'est mettre à l'écart; là est déjà une première nuance. De plus, éloigner signifie seulement que l'on veut mettre loin ce qu'on éloigne, tandis que écarter exprime que l'on désira se débarrasser de ce qu'on écarte.

— msT. XI' s. Près est de Deu e des règnes del ciel; Par nule guise ne s'en volt esluiner, S« Alexis, xxxvi. Ilxii* s. Kt si enemi se esloignierent par paor de lui, Uachab. I, 3. Un seul petit [seulement un peu] des autres s'eslongna, Ronc. p. 168. Par quel forfait et par quel mesprison M'avez, Amours, de vous si esloignié? Coud, vu. Mais la pitié de Deu ne volt [veut] nul esluignier. Th. le mart. 32. Dune l'unt saisi as puinz li fil à l'aversier. S'il comencent forment à traire e à sachier. Mais del piller nel purent oster ne esluignier, ib. fis. || xiii* s. Amis, trop vous font eslongier De moi félon et losengier. Romancero, p. 42. Li empereres Morchufles n'est mie à celui jour esloingié de Constantinople plus.de quatre journées, villeh. cxiii. Lors appela Pieron de Douay et li dist que.... il, por Deu, ne l'eslongast pas, que il tout adiès ne li fust priés en ceste besoigne, par son cors garder, id. vu. Kntreuz que [pendant que] lierte fu de Pépin esloignié, Berle, LX. Quant li rois Pépins fu du manoir eslongiés, ib. cxx. A poi que li cuers ne me part. Quant de la rose me souvient. Que si eslongnier me convient, la Rose, 2978. Un chevalier cuida descendre de la granl nef en la barge de canliers, et la barge esloigna, et cliel en la mer et fu noyé, joinv. 214, Il xv s. Si partit de nuit [messire Jean de Neufville] monté sur Heur de coursier et esloigna les Escots [s'éloigna des Écossais] , car il savoit les adresses et les refuites du pays, froiss.1,1, io<. Je esloigneroye [allongerais] ma matière pour deviser l'assiette de tous les coups d'un chacun, laquelle chose pourroit tourner aux oyans à ennui, Bouciq. I, t4. Kt se commença à eslongner d'elle l'evesque de Lyege, COMM. VI, 3. Il xvi* s. Itesoin luy est d'eslongner la personne k qui son cœur énamouré se donne, ma-

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