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ELO

rot, i, i»i. Mais il n'est pas heure de l'eslongnier [de la quitter] , haro. Leit. 3. J'ai prié le roy de Navarre, que l'oneslongoastde cette ville ceuliqui estoient au dit evesque, id. ib. <4» 11 n'est nulle pire prison que d'ung corps en liberté eslongnant les lieux où son cœur est aresté, id. ib. et. Estre esloingné de vouloir.... mont, i, 36. Tu as bien largement affaire chez toy, ne t'esloingoe pas, id. IV, 147. Estant esloingné de France, et encoresplus esloingné d'un tel pensement, lo. iv, <48. Estant devenu si amoureux de ceste femme, qu'il ne la pouvoit esloigner de veue, amyot, LucuU. <2.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et loin; Berry, aloigner ; provenç. eiloign ar, eslueingnar.

t ÉLONGATIO.N (é lon-ga-sion), s.f. || !• Terme d'astronomie. Distance angulaire, vue de la terre, entre le soleil et une planète. {| Élongation de deux planètes, la différence qui se trouve entre leur mouvement. Il 2° Terme de chirurgie. Distension des ligaments d'une articulation, avec allongement du membre, sans déboîtement complet.

— HIST. xvi» s. Luxation par élongation ou eslargissement desligamens, paré, xiv, t.

— ÊTYM. Lat. elongar», allonger, de e, et longus, long.

t ÉLONGER (é-lon-jé), v. a. Terme de marine. Se dit pour longer et pour allonger.

— HIST. xiir s. Il seroient folz ceulz qui serviroient Dieu, se nous ne cuidien que il eust pooir de nous eslongier [allonger] nos vies et de nous garder de mal et de mescheance, joinv. 23o. || xv* s. Que vous elongeroie je [allongerais-je] la matière? FROISS. I, I, (7.

— ÉTYM. Lat. elongare (voy. élongation).

t ÉLONGIS (é-lon-ji), s. m. plur. Ancien terme de marine. .\om de deux barres de bois placées de chaque côté des mâts.

ÉLOQUEMMENT (é-lo-ka-man), adv. Avec éloquence. Il a éloquemment parlé. Il a plaidé éloquemment.

— ÊTYM. Éloquent, et le suffixe ment.

ÉLOQUENCE (é-lo-kan-s'), t. ^. || 1» Facilité à

s'exprimer. || 2° Par antonomase. L'art, le talent d'émouvoir et de persuader par le bien dire. Vive source autrefois d'amour et d'éloquence, maib. Sophon. V, 8. Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont pas de fin, la font. Fabl. ix, 6. X ces mots, il se couche; et chacun, étonné. Admire le grand coeur, le bon sens, l'éloquence Ou sauvage ainsi prosterné, m. Fabl. xi, 7. L'éloquence est un art de dire les choses de telle façon, t' que ceux à qui l'on parle puissent les entendre sans peine et avec plaisir; 3° qu'ils s'y sentent intéressés, en sorte que l'amour-propre les porte plus volontiers à y faire réflexion ; elle consiste donc dans une correspondance qu'on tâche d'établir entre l'esprit et le cœur de ceux à qui l'on parle d'un côté, et de l'autre les pensées et les expressions dont on se sert, PASC. Pensées, t. i, p. o7», édit. Lahure. L'éloquence est un don de l'àme, lequel nous rend maîtres du cœur et de l'esprit des autres, la brut. I. Que dis-jel en ce moment Calchas, Nestor, Ulysse, De leur vaine éloquence employant l'artifice, RAC. Iphig. II, 7. L'éloquence est un art sérieux et qui ne joue point un personnage ; jamais un homme de génie, pour faire parade d'éloquence, ne perdit son temps à invectiver Tarquin ou Sylla, ou à s'efforcer d'engager Alexandre à vivre en repos, turgot. Ébauche du 2* dise. Progrès de l'esprit humain, p. 302. Cicéron, qui d'un traître a puni l'insolence. Ne sert la liberté que par son éloquence, VOLT. U. de César, ii , 4. Si nous avons d'autres lois de physique que celles de votre temps [le temps de Cicéron], nous n'avons point d'autre règle d'éloquence; et voilà peut-être de quoi terminer la querelle entre les anciens et les modernes, id. Dial. ti. Mais de la poésie usurpant les pinceaux. Et du nom de vertus sanctifiant sa prose. Par la pompe des mois l'éloquence en impose, Gilbert, XF///» siècle, Ils ont senti que l'éloquence était une puissance dont il fallait se défier comme de toutes les autres, MIRABEAU, Collection, t. I, p. 4. Venez, votre éloquence, augu.ste, charitable. Peut être amollira cette àme impitoyable, leherc. Frédég. et Bruneh. IV, 6. C'est après soixante ans que, par curiosité, par étude, ouvrant un livre [de J. J. Rousseau] dont les pages sont encore animées d'une éloquence qui ne passera pas.... villemain, Littér. Tabl. du xviu* siècle, 2< partie, 2* leçon. || Le ilieu de l'éloquence. Mercure. Il [Jupiter] part avec son fils, le dieu de l'éloquence, la font. Phil. et Bauc. || L'éloquence du cœur, langage éloquent, qui émeut, qui persuade, et qui est suggéré non par l'esprit, mais par

le cœur. Croyais-tu que son coeur.... Pour la pTsiiader trouvit tant d'éloquenceT rac. Bajax. m, 3. Ah I que la vérité nous donne d'éloquence 1 c. delav. Paria,l,i. || Par extension. iJi physionomie, le geste ont leur éloquence. || On dit qu'une chose a de l'éloquence, quand ra.spect seul parle pour ainsi dire. Les faits ont leur éloquence. Puis il regagna Maloiaroslavetz, où le vice-roi lui montra lea obstacles vaincus la veille; la terre elle-même en disait assez : jamais champ de bataille ne fut d'une plus terrible éloquence, séguh, Hist. de Nap. ii, 4. || 3" Il se dit d'un genre d'élocution. L'éloquence de la chaire, du barreau, de la tribune. ||4' Eloquence est quelquefois pris dans le sens de rhétorique. Quand on parle des règles de l'éloquence, c'est d'une science qu'il s'agit, non d'un talent ou d'une disposition innée. Il 6* Dans quelques circonstances l'éloquence s'oppose à la poésie, et signifie l'ensemble des ouvrages en prose écrits dans une lang-je. Un cours d'élo quence latine.

— SYN. ÉLO0UKNCE, rhétorioue. L'éloquence est proprement l'art ou le talent de parler; la rhétorique est l'ensemble des préceptes ou des exemples qui font apprendre cet art.

— HIST. XII* s. Si esteit de grant éloquence, Ei parleit par grant sapience, wace. Vierge Marie, p. 3. Il XIII* s. Ki [celui à qui] Deus ad doné en science De parler la bone éloquence. Ne s'en deit taisir ni celer, MARIE, Prologue. || xv* s. Il me semble que autres fois vous ay veu ailleurs que cy. Sire, disi Estonne, que pensez-vous que je soye ? Certes, sire, à vostre éloquence [parler], il m'est advis que vous estes Estonne, le conte des déserts d'Escosse, Perce- (orest, t. III, f* 66. Il ivi* s. Je ne douleray dedonner ici à chacun d'eux son éloquence [éloge] , t>ASQUiER , Recherches, p. 634, dans lacurne.

— ÊTYM. Provenc. eloquenda, elo9U«nia;espagn eloqxtencia; ital. eloquenxia; du latin eloquenlia, (Veloquens (voy. éloquent).

ÉLOQUENT, ENTE ^é-lo-kan, kan-t'), adj. \\ 1* Qui a de l'éloquence. Un homme éloquent. Toujours éloquents à décrier le monde, toujours plus vifs à l'aimer, MASS. Or. fun. Dauphin. \\i' Par extension. Un discours, un style éloquent. S'exprimer en termes éloquents. Il 8* Fig. Une colère éloquente. U;. silence éloquent. L'autre, avec des regards élo quenis, pleins d'amour. L'a de ses feux, madame, assurée à son tour. rac. Baj. m, 2. || Proverbe. U n'y a rien de plus éloquent que l'argent comptant.

— HIST. XIV* s. Menenius Agrippa, homme trè? éloquent, bercheure, t" 3» Icy gist le roy Charles le quint sage et éloquent, DO.u felibieh, Hist. de l'abbaye de Saint-Denis , p. 666. || xv* s. Voici un maistre breuvage; Certes, se j'en beuvoy souvent, Je deviendroy fort éloquent, basselin, ix.

— ÉT'YM. Provenç. eloquen ; espagn. et ital. éloquente; du latin eloquentem, à'elociui, parler, de e, et loqui, parler (voy. loquacité).

ÉLU, 0E (é-lu, lue), part, passé d'élire. Il 1* Nommé par suffrages. Un magistrat élu pour lant d'années. || Domicile élu, voy. domicile. Il Substantivement. Le nouvel élu. Les élus du peuple. Il 2* S. m. Terme mystique. Les élus, ceux que la grâce prédestine au bonheur céleste. Mais ces secrets pour vous sont fâcheux à compreiidre. Ce n'est qu'à ses élus que Dieu les fait enlen dre, corn. Poly. v, 2. Si les lois de l'État s'opposent à son salut éternel [d'Henriette d'Angleterre], Dieu ébranlera tout l'ÉWt pour l'affranchir de ces lois; il met les âmes àceprix; il remue le ciel et ii terre pour enfanter ses élus, Boss. Duch. d'Orl. ( e grand Dieu avait ses élus dans la race d'ÉsaQ, m. Hist. II, 3. La miséricorde de Dieu ne voulait que se former un élu, mass. Profess. Tel. Serm. i. C'est moi qui marque leur séjour. Aux réprouvés de ma colère. Comme aux élus de mon amour, v. bdoo. Odes, I, to. (Moïse) Sous les traits d'un enfant délaissé sur les flots. C'est l'élu du Sina, c'est le roi des fléaux, id. ib. iv, 34. || Par extension et dans le langage général. Un élu de cette vie, un homme prédestiné au bonheur sur la terre Qui vit auprès d'Emilie, Ou bien auprès de Richelieu, Est un élude cette vie, volt. Poés. mél. lxixviii. || 8* Nom qu'on donnait, dans les premiers siècles de l'Église, aux catéchumènes bien instruits, qui étaient élus, c'està-dire choisis pour le baptême. || Titre donné dan» le manichéisme aux déposiuires de tous les .secrets de la secte. Il 4* Nom des juges du tribunal de l'élection, parce que, dans l'origine de celle in.stitution, on les choisissait par élection pour imposer le? tailles. Il On désignait la femme de l'élu sous le nom d'élue. Vous irez visiter pour votre bienvenue Madame U baillive et madame l'élue, mol. Tart n, *•

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