‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 133 sur 388 · DE SKKRES, t9i · texte numérisé non relu

DE SKKRES, t9i

— ETYM. Enl , e\ i.nu (ad*; provenç. emmalautir.

t EMMANCHR (an-man-ch'), ». f. Terme de blason. Triangle pyramidal qui s'avance d'un des bords lie l'ècu vers le milieu de la surface.

— ETYM En 1, et manche, s. m.

EMMA^■C11Ê, ÉE (an-man<hé, chée), part, passé.

Il 1° Garni d'un manche. Une cognée solidement emmanchée. Il 2* En termes de blason, se dit des h.iches, faux, etc. qui ont un manche d'un émail diU'érent. || Il se dit aussi des partitions de i'écu où les pièces s'enclavent l'une dans l'autre en forme de longs triangles pyramidaux. || 3* Par extension. Le héron au long bec emmanché d'un long cou, la pont. Fabl. VII, 4. Il Terme de peinture. Mtmbre bien emmanché, mal emmanché, membre qui se joint bien, mal au corps. || i* Fig. Affaire bien emmanchée, mal emmanchée, affaire bien commencée, mai commencée.

EMMA^■CHI■:MEî(T (an-man-che-man), ». m.

Il 1* Action d'emmancher. L'emmanchement d'un outil, des couteaux. Il 2* Terme de peinture et de sculpture. Manière dont les membres tiennent et se rapportent au tronc.

— ETYM. Emmancher.

4. EMMANCHER (an-man-ché), ». o. || t* Mettre un manche. Emmancher une faux, un balai. Un bûcheron venait de rompre ou d'égarer L.e bois dont il avait emmanché sa cognée, la font. Fabl. xii, <8. Il Fig. et populairement. Entamer une affaire. Il 2* S'emmancher, v. réfl. S'ajuster au manche. Il Kig. S'ajuster aux circonstances, aux conditions. L'affaire s'était mal emmanchée. || Cela ne s'emmanche pas ainsi , cela n'est pas aussi aisé que vous le pensez, ou bien, cela ne s'ajuste pas de la sorte.

— HIST. XIV* s. Il orent aporté maintes scies traiv chant, F.nmanchéesk plomb paritel convenant Qu'on en pourroit coper un grant bois en sciant, Guescl. 10460. Il XVI* s. II se laissoit choir dedans la chaire, et puis debout tiroit de dessous sa robbe une teste de mort emmanchée dans un baston, d'aus. Fan.

— ETYM. En I , et manche, s. m.

f 2. EMMANCHER (an-manché), v. n. Terme de marine. Entrer dans la Hanche. || Entrer dans un bras de mer (|uelconque. || On trouve aussi écrit enmancher.

— ETYM. En 4 , et ia Manche.

EMMANCUEUR (an-man-cheur), s. m. Celui qui

emmanche.

— xiii* s. Quiconques veut estre coutelier à Paris, ce est k savoir feseeurs de manches à coutiaux d'os et de fust et d'y voire, et faisierras de pignes d'yvoire et emmancheeurs de coutiaus, estre le puet franchement, f.t'r. des met. 4».

— ETYM. JSmmnncher t.

EMMANCHURE (an-man-chu-r"), ». f. Ouverture pratii)uée au corps d'un vêtement, et à laquelle s'adaptent les manches. L'emmanchure de cet habit est trop étroite. || Danser en tenant ses doigts dans l'emmanchure de son gilet, manière qu'ont quelques jeunes gens de tenir leurs mains en dansant.

— ÊTYM. Emmanchtr I,

t KMMANDRINER (an-man-dri-né), e. a. Terme de métier. Voy. mandrink».

EMMANNBQUINË , ËE (an-ma-ne-ki-né , nie), part, passé. Plantes emmanncquinées.

EMM

EMMANTÎKQrrPTER (an-ma-ne- ki-né), V. a- Terme de jardinier. Mettre des plantes, avec la terre qui tient à leurs racines, dans un mannequin ou un panier.

— ÉTYM. En t, et mannequin.

EMMANTELÉ, ÉE ( an-man-te-Ié , lée), adj.

Il 1° Knveloppé, couvert d'un manteau. || i" Par analogie, qui a un plumage, un pelage, en partie coloré et imitant de la sorte un manteau. || Corneille emmantelée, corneille d'un plumage gris cendré sous les ailes, et noir sous le ventre (voy. uan- TEL6). Les ornithologistes disent corneille mantelée [corvui cornix).

t EMMANTELER (an-man-te-lé. La syllabe te prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette: j'emmantMe), v. a. Envelopper d'un manteau. || Ancien terme militaire. Revêtir une place d'une enceinte; c'était l'opposé de démanteler.

— HIST. xm* s. Pour menchonges enmanteler Kt faire les voirs ressambler [les faire sembler vrais], DD CANGE, tmmanffl rc. Il xV s. Un doussellet où sont oies et cynes emmentelez des armes de monseigneur, m. ib. Il XVI' s. il 3'advisa encore d'une grande ruse pour mieux couvrir son desseing, et enmanteler son entreprise, carl. vi, 45. Les bœufs emmentelés de noir craignent plus les mouches, qu'estans d'autre couleur, o. dk serres, 278. A ces tempesles résiste sans moien la chaussée emmantelée de maçonnerie, ID. 424. Le moins qu'on peut tenir eminentellés [abrités, couverts] les artichaux, est le meilleur, par aucunement leur nuire tel embarras, ID. 6(7. Le jour esioit sous l'onde, et la nuict estoilée Avoit d'un habit brun la terre emmantelée, RONS. «72. Junon, qui des vaillans est toujour.s envieuse, Hier d'un voile noir emmanlela les cieux, AM. JAMYN, Poésies, t' 00, dans lacurne.

— ÉTYM. Kn I , et maidel, manteau.

+ EMMARCHEMENT (an-mar-che-man) , s. m.

Terme de charpente, bisposition des marches d'un escalier. |{ Entaille 'aite dans les timons pour recevoir ces marche!". Il Ligne d'emmarchement, ligne tracée sur l'épure, ordinairement au milieu de la longueur des marches.

— ÉTYM. En I , et marche..

f EMMARGOUILLÉ, ÉE (an-mar-gou-llé, liée. Il mouillées, et non an-mar-gou-yé , yée), adj. Sali comme par un margouiUis.... mais l'église est sale; mais les sculptures do François I" sont emmargouillôesde badigeon jaune, v.hugo, le Rhin, l"voL lett. 3.

• - ÉTYM. Eni , et margouiUis.

t EMMARINER (an-ma-ri-né), t). o. Terme de marine. Garnir un vaisseau de l'équipage nécessaire. Il Accoutumer à la mer.

— ÉTYM. ^n 4 , et marin.

t EMMARQUISER (an-mar-ki-zé), «. a. Terme de plaisanterie. Donner le titre de marquis. || S'eminarquiser, v. réjl. Prendre la qualité de marquis. Depuis que dans l'I'tat on s'est emmarquisé. On trouve à chaque pas un marquis supposé, scabr. D. Japhet d'Arm. in, 4. Combien de soi-disant chevaliers ou marquis.... Dont en s'emmarquisantia plus haute noblesse A seulement pour titre une grande richesse, hauteroche, le Deuil, se. 4. Quand tu seras à moi, ne va pas t'aviser De devenir comtesse ou de t'emmarquiser, th. corn, la Comtesse d'orgueil, V, 4.

— ÉTYM. J?n < , et marquis.

+ EMMASSEMENT(an-ma-se-man), ». m. Terme d'art militaire, formation des masses dans les grandes manœuvres.

t EMMASSER (an-ma-sé), V. a. Terme d'art militaire. Réunir en masses, former des masses.

— ÉTYM. Ent, et masse.

tEMMATELOTAGE(an-ma-te-lo-ta-j'), ï. f. Terme

de marine. Désignation de deux matelots destinés à avoir le même hamac.

— ÉTYM. En ( , et matelot.

1 1. EMME (è-m'), s. f. Nom de Vm (voy. m).

t 2. EM.ME {è-m') , s. f. Nom , dans les ouvrages de terrassements, des profils qui sont faits de distance «u distance, soit en déblai ou tranchée, soit en remblai, pour déterminer la forme que l'on veut donner à une digue, & une chaussée, à un rempart,

BESCHERELLE

— ÉTYM. Ce paraît être l'ancien français esme qui signifie l'action d'apprécier, de juger, de viser, devenu en anglais aim, du latin xstimare.

t EMMfiCHER (en-mé-ché), v. o. Mettre une mèche à une pièce d'artifice.

— HIST. xvi* s. Emmecher, cotosats.

— ÉTYM. En t , et mèche.

t EMMÊLEMENT (an-mèle-man) , f. m. Action d'emmêler; résultat de celte action.

EMM

— HIST. xiu's.Non par eumellcmenlde substance, mais par unité de personne, Psautier, t" 4 «6,

— ÉTYM. Emmêler.

f EMMRleR (an-mê-lé), V. a. Brouiller, en parlant du fil, de la soie, des filets de pêche, etc. Il Fig. et familièrement. C'est une affaire bien emmêlée. Il S'emmêler, «. réfl. Être brouillé. Mon fil s'emmêle à chaque instant.

— HIST. XIV* s. Tu feras faire une douzaine de pouches qui seront lacées de si grant mailles que le taisson boute sa teste parmy la maille.... et ddivent estre emmesiées de cordelettes où il y aye au bout une bouclete, Undus, ms. f° 51, dans lacurne.

— ÉTYM. En ^ , ei mêler ; Berry, emmêler un écheveau.

EMMlîNAGlî, ËK (an-mé-na-jé, jée), part, passé. Oui a fait son emménagement. Emménagé depuis peu dans un nouveau logement. || Terme de marine. Ce bâtiment est bien emménagé, il est bien distribué.

EMMÉNAGEMENT ( an-mé-na-je-man ) , *. m. Il 1° Action de porter et de ranger ses meubles dans un nouveau logement. || i' S. m. plur. Terme de marine. Logements , compartiments pratiqués dans l'intérieur d'un navire. Des emménagements commodes.

— ÉTY»l. Emménager.

EMMÉNAGER (an-mé-na-jé. Le g prend un « devant a eto;nous emménageons, j'emménageais). Il i' V. n. Faire transporter, ranger ses meubles dans un logement. Dans l'une de nos cent bastilles. Lorsque ma muse emménagea, bérang. Amitié. Il 2'V. a. Transporter les meubles rie quelqu'un dans un logement. Pendant mon absence, mon frère m'emménagera. || 8* S'emménager , e. réfl. Se pourvoir de meubles. Il s'emménage peu à peu.

— ÉTYJI. En ( , et ménage.

t EMMÉNAGOGUE (è-mmé-na-go-gh'), adj. Terme de médecine. Qui provoque les règles. || Substantivement. L'absinthe est un emméiiagogue.

— ÉTYM. 'FjiijLïivot, menstrue, de iv, en, et|jiif)v, mois (voy. mois), et àYu-yôc, qui amène.

E.MMENÉ, ÉE (an-me-né, née), part, passé. Emmené par les gendarmes.

EMMENER (an-me-né. La syllabe me prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'emmène, j'emmènerai), v. a. || 1° Mener quelqu'un avec soi d'un lieu dans un autre. Qu'on l'emmène, soldats, il blesse ici la vue, corn. Otlion, v, 6. Qu'à l'instant hors du temple elle soit emmenée, BAC. Alh. v, 6. L'empereur fit un geste de mépris et d'humeur: on emmena ce misérable [un des incendiaires de Moscou] dans la première cour, où les grenadiers furieux le firent expirer sous leurs baïonnettes, sf.Gun, Hist. de Napol. vm, «. || i° Se dit aussi des bestiaux et des choses. Il a emmené les marchandises. 11 a emmené le bétail.

— HIST. XI' s. Ses meillors homes [il] enmeine ensemble od sei [avec soi], Ch. de Roi. xxxvu. || xir s. En douce France [il] l'enmenra sans faillie, Ronc. p. <48. Armer l'enmenent [pour lui donner ses armes] lagentde soulignage, tîi. p. <82. || xiii' s. Devant le roi son père isnelement [elle] l'enmaine, audefroy le hast. Romancero, p. <4. Ugues s'en est tournés, s'ammoine Beatris, ib. p. 35. Avec ma femme alastes, quant ele en fu menée, Berle, civ. Qant ces nonnains se vont par le pays esbatre. Les unes à Paris, les autres à Montmartre, Tel fois emmainne deux qu'on en ramainne quatre, ru- TEB. 242. Il xv* S. Et emmenèrent grand pillage et grand proie en leurs garnisons, pboiss. i, i, t(3. Il XVI* s. Tout ce que le cours de l'eau emmené aval, AMTOT, Philop. <2. Nabis sortit à la desrobbée par une autre porte , et emmena son armée à la plus grande haste qui luy fust possible, id. ib. 20.

— ÉTYM. En 2, et mener : mener de là. En pouvait autrefois se séparer démener; voy. l'exemple de Berte.

t EMMÉNOtOGIE (è-mmé-no-lo-jie), s. f. Terme de médecine. Traité de la menstruation.

— ÉTYM. Emméno.... (voy. emménagogue ), et Xôvo;, traité.

EMMENOTTÉ, ÉE (an-me-no-té,tée), part, passé. Emmenotté par les gendarmes.

EMMENOTTER (an-me-no-té), e. a. Mettre des menottes, des fers aux mains. On emmenotté les criminels.

— ÉTYM. En t, et menottes.

t E.\IMÉSOSTOME(é-mmé-zo-sto-m'), adj. Terme de 70ologie. Qui a la bouche placée au milieu du corps (oursins).

— ÉTYM. 'Ev, en, (xiooi;, milieu, et oTÔ|ia, 1 bouchu.

EMM

f EMMÉTRAGE (an-mé-tra-j*), ». n». Terme de construction. Opération d'emmétrer.

t EMMÉTRER (an-mé-tré. La syllabe mé prend un accent grave quand la syllabe qui .suit est muette : j'eminétre; excepté au futur et au conditionnel: j'emmétrerai), v. a. Terme de construction. Disposer des matériaux de manière à faciliter le métrage.

— ÉTYM. En I , et mètre.

t EMMEUI.AGE (an-meu-la-j*) , ». m. Terme rural. Action d'emmeuler.

fEMMEULER (an-meu-lé), tJ. a. Terme rural. Mettre les foins en meules.

— HIST. xv s. Hais cil qui veult tout emmuler, Et, d'avoir, fait un trop grant mule, «D8T. desch. Poésies mss. t" 222 , dans lacubnb.

— ÉTYM. En I, et meule, tas de foin.

EMMIELLÉ, ÉE (an-miè-lé , lée), part, passé.

Garni de miel. Une tranche de pain emmiellée. Il Se dit aussi d'un liquide. Une boisson emmiellée. 1| Fig. Des paroles emmiellées, paroles d'une douceur affectée. Une lettre emmiellée.

t EMJIIELLEMENT (an-miè-le-man) , ». m. Action d'emmieller.

— HTST. XVI* 9. Emmiellement, cotoravs.

— ÉTYM. Emmie((er.

EMMIELLER (an-mife-lé), V. a. Enduire de miel. Emmieller une tranche de pain. Emmieller une liqueur, y mettre du miel. |1 Emmieller les bord» d'un vase, enduire de miel les bords d'un vase, et fig. faire passer à l'aide de quelque douceur prélimi. naire ce qui est amer ou pénible. || Fig. 6 Muse, je t'invoque : emmielle-moi le bec, Régnier, Sat. x. Feins d'être homme de cour, fixe ton regard louche, Emmielle un peu le fiel qui coule de ta bouche, Et contrefais l'homme de bien, le p. brdmot, la Boite de Pandore, m, 4.

— REM. Régnier a fait emmieller de quatre syllabes : Il semble.... Que la mouche du grec leurs lèvres emmielle, Sat. ix. C'est une mauvaise prononciation , miel étant toujours monosyllabique comme venant du latin mel.

— HIST. XIII* s. Fisicien en ont à faire [du vin de la Rochelle] Por sirop et bruvage faire ; C'est chose emmiellée et non pure, JVoud. recueil de fabliaux, t. I, p. 297. Il XV* s. 0 corone précieuse, dyademe de nostre salut , tant est douls et enmiellé le rassadyement [rassasiement] que tu donnes, chr. dk piSAN, Hist. de Ch. V, lu, 7(.||xvi*s. Il voit combien sont venimeuses les (laiteries dont usent ceux qui veulent emmieller quelcun pour le tromper, CALV. Instit. 3B6. Avec ae telles raisons emmiellées de promesses, desper. Contes, cxxix. Il n'y a riens meilleur contre la roigne qui vient aux testes des petitz enfants que de les emmieller, palsgr. p, 43î.

— ÉTYM. En t , et miel; provenç. enmelar, emtlar; espagn. enmelar ; ital. tmmeiare.

EMMIELLCRK (an-miè-lu-r") , s. f. Terme de vétérinaire. Topique qui a le miel pour excipient, et qu'on applique sur le pied d'un cheval pour adoucir et détendre la corne.

— HIST. XVI' s. Ainsy ce roy oinct et gressé de ceste emmielleure [paroles douces et flatteuses], carl. vil, 18.

— ÉTYM. Emmieller.

f EMMINEUR (an-mi-neur) , ». m. Celui qui mesurait le sel par minots. Maintenir ledit Martinaut en la possession de présenter des mesureurs et emmineurs, <4rr^( du conseil d'État, n avril <««».

— ÉTYM. En * , et mine ou mt'nol.

fEMMITONNER (an-mi-to-né), e. a. Terme populaire. Envelopper dans des mitaines les mains, et par suite tout le corps dans quelque étoffe moelleuse. || Fig. Emmitonner quelqu'un, le circonvenir, l'endormir sur ses intérêts. || S'emmitonner, e. réjl. S'emmitonner dans une bonne douillette.

— HIST. XVI* s. Tel qui se tient emmitonné dans les martes jusqu'aux aureilles, mont, i, »(».

— ÉTYM. En 1 , et mitonner.

EMMITOUFLÉ, ÉE (an-mi-tou-flé, flée), part.

passé. Dès que j'aurai la tête moins emmitouflée, VOLT. lett. d'Argental, 24 sept. t7«2. || Proverbe. Jamais chat emmitouflé ne prit souris, c'est-à-dire pour faire quelque chose de difficile, il faut avoir toute liberté rie mouvement.

EMMITOUFLER (an-mi-tou-flé), ti. a. || f Envelopper quelqu'un de fourrures ou de tissus pour le tenir chaudement. || î* S'emmitoufler, v. réfl. Elle aime à s'emmitoufler.

— HIST. XIII* s. Ne vous laissez pas desconfire; Grefes [poinçons à écrire] avez, pensez d'escrire ; N'aiez pas les bras emmoflés, la Rose, («9»s.

— ÉTYM. En », et moufle, gant, devenu mitouflt en se combinant avec mi'tatne.

ËMO

tEMMITRKR (an-mi-tré), ». o. Donner la mitre k unéiCque, le sacrer.

— HlST. xvi* s. Emmitrer, cotohavs.

— irrYM. F.n >, el mitre.

t EMMORP0OSE (è-mmor-fô-z"), i.f. Terme <le roologie. Mode particulier de métamorphose de certains insectes.

— 6TYM. *Ev , en , et \L0f<f6u>, donner une forme. KMMOnTAISÉ, ÊE (an-mor-tè-zé, zée), part.

passé. Des solives emmorlaisées.

EMMORTAISER (an-mor-tè-zé), V. a. Insérer il.ins une mortaise le bout d'une pièce de bois taillùe à cet efTet.

— ÈTYM. En *, et mortaitt.

EMMOTTÉ, P,E (an-mo-té, tée), adj. Terme de jardinier. Dont la racine est entourée d'une motle de terre. Plants emmottés.

— ÊTYM. En ( , et moite.

t EMMOUFLEMENT (an-mou-fle-man), ». m.

Terme de céramique. Action d'emmouder.

f EMMOUFLER (an-mou-flé) , V. a. Terme de céramique. Mettre des poteries dans une moufle.

— ÊTYM. En ), et moufle.

t EMMOCSTACIIÉ, ÊE (an-mou-sta-ché, chée). adj. Oui a, qui porte des moustaches.

— ÊTYM. En i , et moustache.

+ EMMURAILLER (an-mu-ra-Ué, U mouillées), v. a. Enfermer dans une muraille. Puisque l'on avait tant fait que de l'emmurailler [le corps de Vendôme à l'Escurial], il y pourrait demeurer, ST-siu. 331, 84.

HIST. XVI' 8. Qui la voudroit emmurailler

comme Strasbourg, Orléans ou Kerrare, il ne .seroil possible, tant les frais et despens seroient excessifs,

BABEL, t. II, p. (*8, danSLACURNE.

— ÊTYM. En* , et muraille.

f EMMURE, ÉE (an-mu-ré, rée), part, passé. Emmuré dans un cloître. || S. f. Religieuse d'un couvent de l'ordre de Saint-Dominique à Rouen.

t EMMURER (an-mu-ré), v. a. Enfermer entre des murailles. || Entourer de murailles.

— HIST. XIII* s. X ce conseil se tint li rois, si fit que fols; mieux lui venist l'avoir enmurée [une femme], Chron. deRains, p. 7. || xv* s. Le marquis lui promettoit [à la reine de Hongrie] que, si par force il la prenoit, il la feroit emmurer en une tour, FROiss. 11, II, 233. ||xvi»s. Il alla meltre le siège devant la ville de Chalcedoine, laquelle il emmura tout à l'entour, auïot. Aie. 6 1. C'est une longue vallée emmurée de costé et d'autre de grandes et hautes montagnes, id. Flam. 4. 11 semble qu'ils soient emmurés dedans leur harnois, comme dedans une prison de fer, m. Lucull. 63. je crois qu'on trouvera quelque invention de nous emmurer

! d'une .armure défensive] pour nous en garantir des balles], uont. ii, ai.

— ÊTYM. En) , et mur; provenç. enmuror, emurar. t EMMCSCADINER (S') (an-mu-ska-<li-né), v. réfl.

Terme comique et du langage familier. Se parer, se pomponner, se pommader comme un muscadin. 11 y a quarante ans, à peine descendu de patache, je me serais emmuscadiné pour courir dans l'allée des Feuillants lancer mille oeillades assassines, BAVARD et JAIME, le Réveil du lion, i, 4.

— ÊTYM. En t , et muscadin.

EMMUSELÉ, ÉE (an-mu-ze-lé, lée), part, passé. Chien emmuselé. || Terme de blason. Animal emmuselé, celui qui a une museli{:re d'un autre émail que son corps; colui qui est représenté avec le museau lié.

EMMUSELER (an-mu-ze-lé. Il se conjugue comme museler), v. a. \\ 1" Mettre une muselière à un animal. Des gueux qu'il faut emmuseler comme des ours, VOLT. Lett. à Cather. loo. {{ Par extension, couvrir le nez et la bouche. || 3* Fig. Empêcher de parler, de se plaindre. La cabale avait emmuselé les plus convaincus de ses crimes; j'étais peut-être le seul à qui il rest&t assez de courage pour ne pas tenir la vérité captive, st-sih. 3U , 89.

— BIST. XVI* s. Sous ces chapeaux d'oliviers, les lions et les ours de la France enchaînez et enmuselez, s'adb. Hist. m, &38.

— ÊTYM. En t, et musel, museau.

-fEMMUSQOER (an-mu-ské), v. a. Parfumer de

musc.

— HIST. XVI* s. Emmusquer, cotqrave.

— ÊTYM. Eni, et musc.

i. ËHOI (é-moi), s. m. Trouble par crainte ou par inquiétude. Mettre en émoi, en grand émoi. Tout le parti fut en émoi. Compagne de mon mal , assiste mon émoi, béqnier, Plainte. |{ Il se dit quelquefois en bonne part avec une épithète détermlnative. Un doux émoi. Mais triste et seul, quand j'entends rire Tout Paris en joyeux émoi, bErano. Mes jours gras.

ÉMO

— HIST. xii* s.... Car trop m'aura grève Ire et esmai qui m'est au cuer prochaine, Couei, xiv. 11x111* s. Forment lui duelt li cuers, moût fut en grant esmai, Berte, vu. Et estoient en grant esmoi îles paroles que li cardinal lor avoit dit, Chron. de Rains, p. 417. Biaus amis, folie et enfance T'ont mis en poine et en esmai, la Rose, 3(i( i . || xv* s. Lors chevauchèrent les AnKlois sans esmai nul, froiss. i, i, <0A. Si estoit le pays de Hainaut en grand iribulation et en grand esmay, id. i, i, 4i4. || xvr s. Le lendemain qui fut le treizième de mai, Par un jour de dimanche, Harquetz [les Vénitiens, ».\ni\ dits de saint Marc, leur patron] sont en esmay, i. HAROT, v, p. 426. Mais je te prie, Tityre, compte moy. Qui est ce Dieu, qui t'a mis hors d'esmoy? UAROT, IV, 3. Et n'y eut homme en Syracuse si aimant sa personne, ny tant craignant la mort, qui ne monstrast estre pour lors en plus grand esmuy du salut de Dion tout seul, que de tous les autres ensemble, amyot, Dion, &7.

— ÊTYM. Wallon, imax, imawi, imauvé, gêné, interdit; Berry, émeger, décourager; provenç. esmai; ital. smago; mot hybride de es.... préfixe roman, et du germanique : anc. haut-allem. mogan, pouvoir, être fort : proprement, action doter force et pouvoir. Esmoi est la forme picarde; esmai, la forme directe, venue de l'allemand.

f 2. ËMOI (é-moi), s. m. Fort plancher de bois, établi entre quatre jumelles sur le sommier du pressoir à cidre.

ÉMOLLIENT, ENTE (é-mo-li-an, an-t*), adj. Terme de médecine. Oui a la propriété de relâcher, de ramollir les parties enflammées. Catapla^me émollient. || Terme de pharmacie. Espèces émollieiites, les feuilles sèches de mauve, de guimauve, de molène, de séneçon et de pariétaire; farines émollientes, celles de lin, de seigle et d'orge. || Substantivement. Les émollients. La farine de graine de lin en cataplasme est un émollient.

— HIST. xvi* s. Medicamens topiques emolliens,

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