‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 132 sur 388 · EME · texte numérisé non relu

EME

régiment, volt, louù IV, -is. || Par extension, se mettre, se tenir en embuscade, se cacher, se poster, guetter quelqu'un au passage. |{ l'ig. Elle se mettait en embuscade pour surprendre les cœurs, HAMiLT. Gramm. 7. || 2* La troupe même qui est en embuscade. Le sergent Laplace posta son embuscade, HAMILT. Gramm. 3.

— HIST. xvi" s Qu'il devoit estre en quelque

imboscade pour l'attraper au passaige, carloix,

VllI, 36.

— ÉTYM. Ital. imboscata, d'imboscare (voy. embusquer). Avant d'avoir reçu cette forme italienne, on disait embuschement : Quand les autres compagnons qui estoient embusches assez près de là ouïrent le cor, ils saillirent hors de l'embuschement,

FBOISS. I, 1, 131.

EMBUSQUÉ, ÉE (an-bu-ské, skée), part, passé. Placé eu embuscade. On frémit en voyant la timide gazelle descendre au rivage où le tigre est embusqué, p. L. COUR. Lett. u, 3)9.

EMBUSQUER (an-bu-ské), e. a. || f Mettre en embuscade. Il embusqua une troupe déterminée. Quoi I nous conduisons au gibet un malheureux que l'indigence embusque sur un grand chemin.... et l'on fera grâce à un brigand infiniment plus dangereux, RAYNAL, llist. phil. xviii, 4 4. |( 2° S'embusqucr, t). réftéchi. Se mettre en embuscade. Le cerf est doux, tranquille; il ne s'embusque point dans l'épaisseur des forêts pour y commettre un crime, SAiNT-FOix, Ess. Paris, ÛEutires, t. iv, p. 2«<, dans POUOENS. Au delà de ce lac, vos surveillants fidèles Ont cru voir s'embusquer plusieurs de ces rebelles, LEMiEHRE, G. Tell, IV, 7. || Par extension, se cacher pour attendre quelqu'un au passage. Kmbusquonsnous derrière l'angle de la maison.

— HIST. XII' s. Sur une ewe, pur aguait des suensenbuschad, Rois, p. 53. || xiii's. Sous unecloie s'est muciés, Et s'est tapis et embuissiés, Lai de ilélion. Lors s'embuissent en la foriest, lien. t. iv, p. 36B. Il XV* s. Ils envoyèrent les autres compagnons embuscher en une vague abbaye et gaslée, FKOiss. i, I, Cil. Il xvi* s. Trop me des])iaist veoir trahison cachée Et einbuschée aux cuers de si haulx roys. Qui font la loy et puis rompent ses droictz, j. MAROT, p. 242, dans lacurne. Les Panhes, dit il, sont embusches au pied de ces montagnes-là, auyot, Ànt. 60.

— ÉTYM. £n 4 , et le radical bosc (voy. bois); provenç. et espagn. emboscar; portug. embuscar; ital. imboscar. Les formes espagnoles et italiennes ont sans doute déterminé au xvi* siècle l'abandon de l'ancienne forme française embuscher, qui cependant a pu être en picard embusquer, et par là se confondre avec les formes itaUenne et es[iagnoIe.

f EMBUT (an-bu), s. m. Entonnoir. || Viaux.

— HIST. XIV' s. Embut, wj CANGE, embutum. Il XVI' s. On ne faisoit que luy entonner vin en gorge avec un embut, bab. t. a, p. 232, dans

LACURNE

— ÉTYM. Catal. embut; espagn. embudo; ital. imbuto; du latin in, en, et bulis, tonneau (voy. bottk) .

t ÉMENDATEUR (é-mau-da-teur), t. m. Celui qui corrige un texte.

— HIST. XVI' s. Emendateur, cotgrave.

— ÉTYM. Proveno. esmendador; espagn. emendador; ital. emendatore; du latin emendatorem, de emendare, èmender.

t É.MENDATIF, IVE (é-man-da-tif, ti-v'), adj. Qui émende, réforme. Châtiments qui sont de deux sortes : châtiments correctifs et émendatifs s'il est permis d'inventer ce mot, par conséquent temporels ou purement vindicatifs, où la justice divine se satisfait par des supplices, Boss. Nouv. myst. 47.

— ÉTYM. amender.

t ÊMENDATION (è-man-da-sion), s. f. Action de corriger un texte. L'émendation de ce passage altéré.

— HIST. XVI' s. [Ce] qui empeschera que nous ne puissions aussi retirer les jeunes gens du pis au mieuli en usant de semblables emendations [corrections de certains passages des poètes], akyot, Comm. il faut lire les pactes, 64.

— ÉTYM. Provenç. emendacion; espagn. einendaeion; ital. emendaiione ; du latin emenJolioneni, de emendare, èmender.

ÊMEN'DÉ, ÉE (é-man-dé, dée), part, passé. Arrêt émendé.

Ë.UENDER (é-man-dé), «. a. Terme de droit. Réformer. La cour, émendant, ordonne....

— HIST. xiii* s. Li rois commende que nus [nul] n'et [n'ait] tant forfet, s'il vient à amendement, qu'il ne soit receu à esmandant de ce que il a forfet, Liv. de just. 4 2,||xvi' s. Ayant eu au commencement

ÉME

les mesmes defaults de nature, quant au geste et à la prononciation, qu'avait eu Demostbenes, pour les èmender, il esludia soigneusement à imiter Koscius, AHYOT, Cic. t. Ceulx qu'il trouvoit lasches et paresseux , en les tensant et reprenant les emendoit, ID. Numa, 28.

— ÉTVM. Provenç. etmendar, emendar; catal. eîmenor; espagn. emendar; ilal. emendare; du latin emendore, de e, et mendo, faute. Aujourd'hui omender, dans le sens do rendre meilleur, a prévalu, dans l'usage, sur èmender.

ÉMERAUDE (é-me-rô d'), t. ^. || !• Pierre précieuse ordinairement d'un beau vert, qui fait partie des doubles silicates, et dans laquelle la coloration est due à de l'oxyde de chrome. On a cru longtemps que les émeraudes d'un vert gai venaient des grandes Indes, et c'est pour cela qu'on les appelait orientales, RAYNAL, Ilisl. phil. v«, 20. L'insccle vert qui rôde. Luit, vivante émeraude. Sous les brins d'herbe verts, v. HUGO, Orient. ». [j Émeraude du Brésil, variété de tourmaline. Émeraude-morillon, fluorure de chaux, variété verte. || 2° Terme d'alchimie. Émeraude des philosophes, la rosée de mars et celle de septembre. || 3° L'Ile d'émeraude, nom poétique de l'Irlande, dite aussi l'Ile verte, à cause de l'abondance et de la fraîcheur de sa végétation.

— HIST. XII' s. Faire pure esmeraUle en plomL encassuner [enchâsser]. Th. le mart. 4 28.

— ÉTYM. Provenç. esmerauda, maracda, et, au masculin, maragde, maracde, maraude, meraude; ano. catal. esmeragda; espagn. esmeralda; ital. smeroido; du latin sviaragdus, de otiâpocySo;; du sanscrit açmagarbha, mot à mot, cœur de pierre.

tÉMERAUDlNE (é-me-rô-di-n'), ï. f. Nom vulgaire d'un insecte du genre des cétoines (coléoptères).

— ÉTYM. Émeraude.

t ÉMÈRE (é-mê-r'), *. m. Terme de botanique. Arbrisseau d'agrément, le séné bâtard des jardiniers {coronilla emerxis , L.).

t ÉMERGÉ, ÉE (é-mèr-jé, jée), adj. Qui n'est pas plongé dans l'eau, par opposition à immergé.

— ÉTYM. Émerger.

t ÉMERGEANT (è-mèr-jan), adj. m. Ancien terme de jurisprudence usité dans cette locution : dommage émergeant, pour indiquer quelque chose où non-seulement on ne gagne pas, mais où l'on perd (voy. l'historique d'ÉMERCEH).

t ÉMERGEMENT (é-mèr-je-man) , s. m. Terme de géologie. Action d'émerger en parlant des montagnes soulevées.

— ÉTVM. Émerger.

f ÉMERGENCE (é-mèr-jan-s'), s. f.\\l' Terme de physique. Sortie hors d'un milieu. Point d'émergence, point par lequel un rayon lumineux sort d'un milieu qu'il a traversé. Chacun des rayons se brise à son émergence de la boule, volt. Newton, II, 9. Il 2° Fig. Circonstance pressante. Dans une telle émergence.

— ÉTYM. Émergent.

ÉMERGENT, ENTE (é-mèr-jan, jan-f), adj.

Il 1" Terme de géologie. Terrain émergent, terrain qui, à mer basse, se trouve à découvert. || 2' Terme de physique. Rayons émergents, ceux qui sortent d'un milieu après l'avoir traversé. || 3° Terme de chronologie. L'an émergent, l'an par lequel on commence à compter le temps, une période, une ère. Il 4' Terme de minéralogie. Cristal émergent, cristal composé de six prismes rhombo'ides, dont, cinq tendant à produire un prisme unique, le sixième semblesortirde cet assemblage en faisantdes angles rentrants avec les deux prismes adjacents.

f ÉMERGER (é-mèr-jé. Le g prend un e devant a et 0 ; émergeant, émergeons), v. n. Terme de géologie. Etre soulevé par une force centrale au-dessus du niveau de la mer. On voit des Iles émerger du sein de la mer. || Par extension. Le soleil émergeant d'une nuit sombre éclairait le fleuve, chateaub. Nalch. II, 230. Des soleils après des soleils émergent de l'immensité, m. ib. iv, 4 83.

— HIST. XV' s. Ceus ausquels les hauls astres confèrent tems à souhait et qui en biens prospèrent, jaçoit qu'ils soient en vices pmergens [signalés par leurs vices], les Trinmphes de la noble dame, f' 35, dans LACURNE. Comptant toutes les particulières circonstancesqui me regardent, je ne treiive homme des nostres à qui la defl'ense des loix [durant les guerres de religion] couste, et en gaing cessant et en dommage émergeant, disent les clercs, plus qu'à moy, mont, iv, 92.

— ÉTYM. Provenç. émerger; anc. catal. emergir; du latin emergere, de e, hors, et mergere, plonger.

ÉUERI (é-me-ri) , *. m. Composé naturel d'alu-

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mine, de ailice et d'otyde do fer, d'un gri» foncé, employé sous forme de poudre pour polir les pierres, les métaux et le cristal; c'est une variété granulaire du corindon. Pierres d'émeri, le cent pesant payera loo sous, Tarif, 8 sept. <0fl4. Le même minerai [un minerai d'aluminium] .se retrouve dans les r.alabres, au Sénégal, dans l'Archipel grec et dans les environs de Smyrne, où il forme l'émeri, résultat d'une allération métamorphique, obandeao et L\u- OEL, Revue des Sciences, ieet, p. »9. || Flacon bouché à l'émeri , flacon dans lequel les surfaces du bouchon et du goulot sont frottées et polies avec de l'émeri pour que le contact soit plus parfait. || Potée d'émeri, matière qui tombe en boue de la meule des lapidaires. || Nom de petites taches noires et dures qu'on rencontre dans certains marbres.

— HIST. XVI' s. Les morions, les piques des soldars, Et les harnois fourbis de toutes pars, Et l'emery des lames acérées.... Une lumière envoyent dans les cieux, bons. 602.

— ÉTYM. Wallon, lèmeri ; espngn. esmeril; ital. smeriglio; du grec opiûpic, onipi;, émeri. Dans le wallon, l'article s'est confondu avec le mot, comme dans lierre pour l'ierre. Dans l'exemple de Ronsard, l'emery veut dire le poli.

t. ËMERU.LON (é-me-ri-IIon , Il mouillées, et non é-me-ri-yon) , ï. m. Femelle du faucon «salon, dont le mâle est appelé rochier.

— IMST. XII* s. Comme l'aloe qui ne puet Devant l'esmenllon durer, la Charrette, v. 2744. ||xiii' s. Il a non Godefrois, ensi l'apele-on; Aine niieudres chev/iliers ne chauça esperon; Plus désire bataille que or fin ne mangon, Ne déduit de pucele ne vol d'esmerillon, Ch. d'ÂJit. viii, 273. ]| xiv s. Girarz joins en ses armes comme unsameriilon, Girart de Ross. V. 4947. Je qui tien sur mon poign cest noble esmerillon, th. v. 285. Une demoisielle.... Qui plus iert [était] qu'csmerillons cointe , i. de condkt, p. 38. Il XV* s. Si j'esse esté esmerillon. Ou que j'eusse eu aussi bonne aile, Je me feusse gardé de celle Oui me bailla du l'aguiilon, eu. d'orl. Rond. 74.

— ÉTYM. Provenç. esmerillo, esmirle; catal. esmcrenyon; espagn. esmerejon; portug. eimerilhâo; ital. smeriglio, smeriglione,smerlo ;a.llem. Schmerl; angl. merlin; anc. angl. tnarlynn ; de merla, contraction du latin merula, merle, avec unes épenthétique, le nom des animaux passant très-facilement d'une espace à une autre.

a. ËMERILLON (é-me-ri-llon, H mouillées, et non é-me-ri-yon),». m. |1 1° Terme de marine. Croc de poulie ou de palan destiné à fair$ tourner les manœuvres sur elles-mêmes. || 2° Terme de pêche. Petit crochet de ferqui est disposé sur son manche, de manère qu'il y peut tourner facilement. || Sorte de croc tournant sur un bout de chaîne, dont on se sert pour pêcher les requins. [| 3"" Terme de corderie. Morceau de bois creux, armé d'un crochet, qui .sert à câbler la corde et la ficelle. || 4° Ancien terme d'artillerie. Sorte de canon qui avait trente-sept calibres de longueur, mais qui ne tirait que dix onces de fer, ou quinze onces de plomb. || 5° Outil de boulonnier. || Crochet du rouet à filer les cordes à boyaux.

— ETYM. Le même que le précédent, les noms d'animaux passant à toute sorte d'instruments. Le Dict. de l'Académie écrit émérillon; mais c'est une faute typographiijue, car l'Abrégé porte correctement éinerillon.

ÊMERILLONNÉ, ÉIÎ (éme-ri-llo-né, née, M mouillées, et non é-me-ri-yo-né, née), adj. Vif, éveillé comme un émerillon.... Oui, tu m'as friponne Mon cœur infriponnable, œil émerillonné, scarron, /). Japhet, 11, (. Il Substantivement. Vous nous feriez plaisir de nous donner cette petite émeiillonnée, cette petite infante qui est à la portière auprès de sa mère, SÉV. Lett. à M. de Grignan, t. v,p. 208, éd. Régnier.

— lliST. xvi* s. Comble tant hautement élevé qu'il sembloit excéder les cieux, au quel nul œil humain, tant fiist ilesmerillonné, ne sceut jamais atteindre. Roman d'Alector, f 20, dans lacurne,

— ÉTYM. F.merillon I; bourguig. emerillonnai.

t ËMF.KILI.ONNEK (S') (é-me-ri-Uo-né, Il mouillées), V. refl. Prendre une humeur gaie et joviale. Lettres hist. et gai. dans le boux , Dict. com.

— RTYM. Émerillon 4.

t ÉMÉIUTAT (é-mé-ri-to), s. m. ÊUt, prérogatives d'un professeur émérite.

— - ETYM. É-nérite.

ËMf.KITK (é-mé-ri-f), adj. || 1° Qui, ayant exercé un emploi, a pris sa retraite et jouit des honneurs do son titre. Professeur émérite. || U ne se disait guère qu* des profesieurs dani l'ancienne univer-

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»ité; aujourd'hui on dit professeur en retraite. JftMbstantivement. Certain émérite envieux. Plat auteur du capricieux, volt. Poét. mil. 40. || 2* Fig. Qui a longtemps pratiqué ce dont il s'agit, et qui y a vieilli. Un buveur émérilo. Une coquette émérite.

— HIST. XIV* s. I.i chevaliers anciens et esmerit, BKRcnELRE, f" 70, recto.

— ÉTYM. Lat. emeritus, qui a fini son temps de service, en parlant d'un soldat, de «, et meritut, qui a servi (voy. mérite).

ÉMEBSION (é-m';r-sion), s. f. || !• Terme de physique. Soulèvement d'un corps qui vient à la surface d'un fluide, dans lequel il avait été plongé. La Nouvelle-Camini, sortie des flots prés de l'île Sanlorin, le 23 mai 1707, visitée par Dumont-d'Urville en 1820, un peu plus d'un siècle après son émersion, offrait déjà plus de quarante espèces de plantes qui s'étaient emparées du rocher, lecoo, Vie des fleurs, p. 266. || 2° Terme d'astronomie. Sortie d'une planète hors de l'ombre d'un corps qui l'avait éclipsée, ou sortie d'une étoile hors des rayons du soleil qui la dérobaient au regard. L'observation des émersions et immersions des satellites de Jupiter sert à la détermination des longitudes. Si la terre était immobile, l'observateur verrait, en trente fois quarante-deux heures et demie, trente émersions de ce satellite [de Jupiter], volt. ATctcl. u, (. Il Minute ou scrupule d'émersion, l'arc que le centre de la lune décrit depuis le moment où elle commence à sortir de l'ombre de la terre jusqu'à la lin de l'éclipsé.

— ÉTYM. Lat. emersionem, de emenvm, supin de emergere, émerger.

ÉMfiRCS (é-mè-rus'), s. m. Voy. émère.

\ ÊMERVEILLABLE (é-mèr-vè-lla bl'. Il mouillées), adj. Qui émerveille. Et d'un émerveillable échange Tu [soleil] couchas aux rives du Gange, KALH. II, 3. On ne saurait dire combien fait pour nous un qui nous étançonne une maison ruineuse, et la tient suspendue de tous côtés, sans autre appui que celui de son artifice émerveillable; et toutefois peu de chose nous acquitte d'un si grand bien, m. le Traité des bienf. de Sénèque, vi, 15. Rien ne me semble plus émerveillable que de ce que.... o. naudê. Apologie, p. 606.

— HIST. xiii* s. Toutes les euvres Dieu sont trop esmerveillables, i. de meung. Test, ^9il. \\ xvi* s. Tout ce qui a estéonques de plus esmerveillable par l'univers, amyot, Préf. xiv, 42. Au demeurant, si la desfortune de Dionysius semble estrange, la prospérité de Timoleon ne fut pas moins esmerveillable, ID. Timol. 23.

— ÊTYM. Émerveiller.

ÉMERVEILLÉ, ÉE (é-mèr-vè-Ué, liée. Il mouillées, et non é-mèr-vè-yé, yée), part, passé. Qui s'émerveille. Je suis émerveillé de tout ce que je vois. Soudain la terre entend des voix nouvelles. Maint peuple errant s'arrête émerveillé, bérano. Ange exilé.

t ÉMERVEILLEMENT ( é-mèr - vè - lle-man , Il mouillées, et non é-mèr-vè-ye-man), s. m. Action de s'émerveiller. Mon émerveillement dure toujours, que le fils de Samuel nous ait fait banqueroute six mois après nous avoir pris notre argent, et qu'il ait trouvé le secret de fricasser huit millions obscurément et sans plaisir, volt. Lett. d'Argental, I5 mai t768.

— HIST. xii* s. Cant nos esgardons totes ces choses ki croies [créées] sunt, si nos cUevons à l'esmervi- Ihement [admiration] de nostre creator. Job, p. 478. Il xui* s. Voiz comme elles se chaucent bien et faitiscement [avec élégance] ; Voiz du col en amont grant esmerveillement, :. de meuno. Test. i2»o. Il XV* s. De ce fut moult esmerveilés le chevalier: mais son esmerveillement luy doubla en peu d'heure, Perceforest, t. vi, f" 60.

— ÉTYM. Émerveiller.

ÉMERVEILLER (è-mèr-ïè-llé. Il mouilk^es, et non é-mèr-vè-yé), v. a. || 1* Étonner par une sorte de merveille. Cela a émerveillé tout le monde. Je fais émerveiller tous les yeux de la terre De voir.... MALH. IV, 7. Il 2* S'émerveiller, v. réfléchi. Il n'y a pas de quoi s'émerveiller. Aussi je m'émerveille au feu que tu recèles, bégniek, A'al. v.

— HIST. XII* s. E chascuns d'els aveit l'un l'altre reguardé, Uuno s'esmervoilla mult li bers, qu'il n'unt parlé, Th. le mart. i:i8. Mult m'esmcrveil pur quoi li reis si le haï, Se pur ço nun qu'il ot son servisa guerpi, ib. 37. Molt m'e-smervel del fort roi Loeys; Molt longuement l'avez ore servi; Ne ton service ne t'a de rien meri, Raoul de Cambr. S». Il xiu* g. Et quant il li baillèrent les lettres lor seigneurs, si s'esmerveilla moult por quel afairs il estoleiit venu en la terre, vaLSH. x. || zvi* i. Et ne

ÉME

se fault pas trop esmerveiller da l'incertitude da m mort, AHTOT, Rom. 43.

— ETYM. É pour ««.... préflxe, et mmtille; bourg emorvaillai.

t ÉMÉTICITÉ (é-mé-ti-sité), I. f. Propriété vomitive.

— ETYM. Émétique.

t ÉMÉTINE (é-mé-ti-n'), t. f. Terme de chimie. Alcali végétal de l'ipécacuanha.

— ETYM. Voy. ÉMÉTIQUE.

É.MÉTIQUE (é-mé-tilt') , i. m. || 1* Terme de pharmacie. Le tartrate de potasse et d'antimoine, qui a la vertu vomitive. 11 n'avait garde de prendre l'émélique qui l'aurait sauvé, sÉv. 367. || 2* Par extension, il se dit des autres vomitifs. La racine de sang appartient à une espèce de planuin ; elle distille une liqueur rouge, violent émétique, chateaiibr. Amer. 60. || 8* Adj. l'oudre émétique. || Vin émétique, celui dans lequel on a fait infuser du verre d'antimoine. Vous voyez depuis un temps que le vin émflique fait bruire ses fuseaux [fait du bruit], MOL. le Fest. de P. m, t. Un empirique d'Abbeville guérit le roi [Louis XIV] avec du vin émétique, VOLT. Louis XIV, 6. Il Fig. C'est le vin émétique, s'est dit pour ressource extrême. Il faut que j'aie une conversation avec Sa Majesté; c'est le vin émétique pour moi, bdsst babutin, Lett. citée dans Gax. méd. de Paris, IS juin (863, p. 377.

— HIST. XVI* s. Les breuvages purgatifs, lesemetiqucs ou vomitoires, pake, xx, 6.

— ÉTYM. 'EjuTixo;, de è|ieïv, vomir (voy. vomir). É.MÉTISÉ, ÉE (é-mé-ti-zé, zée), part, patti.

Eau émétisée.

ÉMÉTISER (é-mé-ti-zé) , v. a. || 1* Mettre de l'émélique dans un breuvage. Éméliser une tisane. Il 2" Déterminer le vomissement au moyen de substances émètiques. Ëmétiser un malade.

— ÉTYM. Voy. ÉMÉTI01.E.

t ÉMÊTO-CATHARTIQCE (é-mé-to-ka-lar-ti-k'), adj. Terme de pharmacie. Oui excite le vomissement et les selles. || Substantivement. Un émétocatharlique.

— ÊTYM. *Eii.£Tè« ( voy. ÉMÉTIQUE ) , et calhartique.

t ÉMÉTOLOGre(é-mé-to-lo-jie), ». f Traité sur le» vomitifs et le vomissement.

— ETYM. "Etiexè;, vomissement, et X6yo(, traité. ÉMETTRE (é-mè-tr'), j'émets, tu émets, il émet,

nous émettons, vous émettez, ils émettent; j'émettais; j'émis; j'émettrai; j'émettrais; émets; qu'il émette; que j'émette, que nous émettions; que j'émisse; émettant ; émis, v. a. || 1" Terme de physique. Lancer hors de soi. Les rayons qu'émet le soleil. Le pollen ou poussière fécondante qu'émet l'étamine. || 2" Terme de finance. Mettre en circulation des valeurs. La banque n'émettra plus de nouveaux billets. Il 8° Fig. Exprimer, produire, publier. Émettre son opinion, son avis, des vœux.

— REM. Emettre n'est ni dans le Dict. de fAcad. avant l'édition du 1836, ni dans Furetière, ni dans Richelet.

— ETYM. S pour es.... préfixe, et mettre; provenç. esmetre.

t ÉMEU ou ÉMEUT (é-meu) , ». m. Terme de fauconnurie. Excréments des oiseaux de proie.

— HIST. XIV* s. Esmeult, Modus, m», f* «», dans lacl'RNE. Il xvi* s. Comme une arondelle eust jeté da son esmeut sur luy, amvot, Plut. Œuvres miléet, t. I, p. 405, dans RAÏ.SOUARD, esmeutif.

— ETYM. Voy. ÉMEUTIR t.

fËMEULAGE (é-meu-la-j'), ». m. Action d'ômeuler la nacre.

■f ÉMEPLER (é-meu-lé), v. a. Passer à la meula les coquilles de nacre.

— ETYM. É pour es.... préfixe, et meu/e à repasser. ÉsrEUTE (é-meu-f) , s. f. Tumulte séditieux.

Exciter, réprimer une émeute. Le marquis de Botta crut que celle émeute du peuple (de Gènes) se ralentirait d'elle-même, et que la crainte reprendrai! bicnldt la place de cette fureur passagère, volx Louis XV, 21. Les agents plus obscurs d'une émeute docile, u. 3. ciiÉM. Tib. m, 4. Du moment que l'émeute aura troublé la ville, m. t6. v, 4. L'émeuta n'était alarmante que comme symptôme; elle fut réprimée, sêguh , Hist. de Napol. xii, 6. Et l'émeule paraît, l'émeute au pied rebelle. Poussant avec la main le peuple devant elle; L'émeute aux mille fronts, aux cris tumultueux, X chaque bond grossit ses rangs impétueux, babbier, ïambes, l'Émeute. Il Kig. Vos vers tant lus, tant relus. Ont fait émeute au Parnasse; Publiez-les donc, de grice. Afin qu'oa n'en parle plus, millkvoie, Épigr.

— HEM La Fontaine a dit émute : Hars autrefoia

ËMl

mit tout l'air en émute; Certain sujet fit na!tre la dispute, LA FONT. Fabl. Vli, 8. Grande est l'émute ; On court, on s'assemble, on dispute, id. ib. x, *■ Le participe écrit rfmeu, se prononçait ému; le substantif émeute se prononçait émute. Puis l'écriture a pris le dessus; et on a prononcé ce qui était écrit, non ce qui était dans la tradition.

— ÉTYM. L'ancien participe esmeu , aujourd'hui dmu, d'émouvoir.

t ÉMEUTIEH (é-raea-tié) , s. m. Néologisme. Agent d'émeute, de sédition.

— ÉTYM. Émeute.

t i. ÉMEUTIR (é-meu-tir), V. n. Terme de fauconnerie. Fienter, en parlant des oiseaux de vol. Les oiseaux émeutissent loin quand ils se portent bien.

— HIST. XIII* s. Maintes fois [il] a sali son ni. Et sor ses oiseaux esmelti, Fabliaux, ms. de St-Germain, dans laci'Rne. || xvi* s. Se levé, crache, esmeutit et se mouche, marot, p. 379, dans lacuRNE. Journellement vous falloir.... ung clystere; autrement ne pouviez vous esmeutir, rab. iv, 67.

— ÉTYM. Provenç. esmeutir. Origine incertaine. Il est probable pourtant que le mot vient de emolum, supin de emovere (d'où émeute); l'italien dit smovere pour donner la diarrhée. On pourrait songer à emunclum, supin de emungere , qui signifie moucher; mais la signification n'est pas bonne; l'italien a smugnere, mais dans le sens figuré de dessécher.

t 2. ÉMEUTIR (é-meu-tir) , v. a. Dans l'ordre de Malte, c'était solliciter une dignité.

— ËTYH. Émeute, dans le sens de émotion, sollicitation.

t ÉMEUTITION (é-meu-ti-sion), s. f. Action de requérir une dignité dans l'ordre de Malte.

— ÉTYM. Émeutir 2.

+ ÉMIAULE (é-mi-ô-l'), t. f. Grande émiaule, la grande mouette cendrée ou mouette à pieds bleus; petite émiaule, la petite mouette cendrée; noms donnés à ces oiseaux sur la côte de Picardie.

ËMl£, ÉE (é-mi-é, ée), part, passé. Du pain émié.

ËMIER (é-mi-é), j'émiais, nous émiions, vous émiiez, que j'émie, que nous émiions, que vous émiiez, v. a. Froisser un corps entre les doigts de manière à le réduire en petites parties. Ëmier de l'alun. Ëmiant, quant à moi, du pain entre mes

doigts, RÉGNIER, Sat. X.

— HIST. xii* S. [Nef] Qui va là où vens l'empaint [pousse], Si que toute esmie et fraint. Coud, m. Puis entrad li poples de la terre el temple Baal,etdestruistrent les aitels, e les imagenes esmierent vas-

ualement [bravement], liois, p. 388. || xiu* s Si

dent [ses dents] Ensamble si s'entrehurtoient Que por un poi ne s'eSmioient, Lai du trot. Nous eussions hurlé à tout plein de roches qui estoient couvertes, là où nostre nef eust esté toute esmiée, et nous touz péris et noiez, joinv. 283. || xvi* s. Du pain esmié, o. de serres, 262. Comme la terre se rend fertile, plus elle est esmiée et profondement remuée, mont, iv, 235.

— ÉTYM. É pour e*.... préfixe, et mie au sens de parcelle (voy. mie).

ÉMIETTE, ÉE (é-mi-è-té, tée), part, passé. Mis en miettes. Du pain émietté.

t ÊMIETTEMENT (é-mi-è-te-man) , s. m. Action d'émietter.

— HIST. XVI' s. Esmiettement, cotgrave.

— ÉTYM. Émietter.

ÉMIETTER (é-mi-è-té), v. a. \\ 1° Mettre en miettes, diviser un corps friable dont les parties se séparent aisément sous les doigts. L'enfant émiettait un gâteau. Il Fig. Bientôt j'allais quitter ma patrie pour émietter mes jours en divers climats, chateaubr. dans le Dict. de poitevin. Ces chants que ton génie émiette Tombent à la vague inquiète Qui n'a jamais rien entendu, v. hugo, Chants du crc'p. v. j|a° S'émietter, v. réfl. Être réduit en miettes. Il Fig. Ne vous efi'rayez pas, douce mère inquiète. Dont la bonté partout dans la maison s'émietle, v. HUGO, Voix, 25.

— REM. V. Hugo a fait émietter de trois syllabes, comme on voit dans les deux exemples cités de lui.

— SYN. ÉMIER, ÉMIETTER. L'UU eSt COOlpOsé (le

mie, au sens de petite parcelle, et l'autre de miette, diminutif de mte. Ëmietterexprimeraitdonc, proprement, une réduction en parcelles plus petites que Cmier; mais l'usage a confondu ces deux mots si voisins; seulement, aujourd'hui, émietter est plus usité qu'émier.

— ÉTYM. É pour ei.... préfixe, et miette; bourguig. emiaullay; picard, émier, émiocher.

ËMI

ÉMIGRANT. ANTE(é-mi-gran, gran-f). || l'S. m. et f. Celui, celle qui émigré de son pays pour aller s'établir ailleurs. || Dans toute la discussion de t79( à l'Assemblée constituante, on dit toujours émigrant, et jamais émigré. L'assemblée nationale.... considérant qu'une loi sur les émigrants est inconciliable avec les principes de la constitution, mirabeau, séance du 28 fév. <7Vl, dans bûchez, Hist.de l'Assemblée const. t. iv, p. ilR. Si vous faites une loi contre les émigrants, i6. || i''Adj. Troupe émigrante. Il Animaux émigrants, animaux qui émigrent à certaines époques de l'année.

ÉMIGRATION (é-mi-gra-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ !• Action d'émigrer, de quitter son pays. L'émigration des Allemands en Californie. L'émigration causée par la Révolution , par la révocation de l'édit de Nantes. Si M. Dandré a lu l'ouvrage d'un politique qui en vaut bien un autre, J. J. Rousseau, il y a vu, dans le Contrat social, ces mots : Dans les moments de trouble les émigrations doivent être défemlues, mihab. dans bûchez, Ilist. de l'Assemblée const. t. iv, p. 414, séance du 28 fév. 4794. Les lois les plus tyranniques sur les émigrations n'ont jamais eu d'autre effet que de pousser le peuple à émigrer, contre le voeu de la nature, le plus impérieux de tous, qui l'attache à son pays, ID. tb.p. 4IB. Il Absolument. L'ensemble des personnes qui quittèrent la France pendant la Révolution française. || i' Terme de zoologie. Passage annuel et régulier de certains animaux d'une contrée dans une autre. Avec des bateaux faits et cousus, pour ainsi dire, comme des outres, ils [les Esquimaux] suivent les colonies des harengs dans toutes leurs émigrations du pôle, raynal, //tï(. phil. ivii, 6.

— REM. Emigration n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de 4836. Il n'est ni dans Furetière, ni dans Richelet.

— ÉTYM. Lat. emigrationem, de emigrare, émigrer.

ÉMIGRÉ, ÉE (é-mi-gré, grée), part, passé. Il 1" Qui a émigré. Les prêtres émigrés. || î" Substantivement. Celui ou oeUe qui a quitté son pays. Loi contre les émigrés.

— SYN. ÉMIGRÉ, ÉMIORANT. Êmigrant est le participe présent ; émigré est le participe passé. On donne le nom d'émigrant à tous ceux qui quittent le pays, au moment où ils s'en vont. Plus tard, quand le fait est accompli, on dit les émigrés. Ce mot alors ne s'applique qu'à ceux qui sont partis avec l'intention de revenir; les autres sont devenus des étrangers ou des colons.

ÉMIGRER (é-mi-gré), v. n. || !• Quitter sa patrie pour aller ailleurs, soit résider momemtanément, soit s'établir. Une foule de cultivateurs ont émigré d'Europe en Amérique. Au commencement de la Révolution, une grande partie de la noblesse émigra. Il 2° Changer de contrée, en parlant de certains animaux. Tous les ans, les hirondelles émigrent pour aller chercher un ciel plus doux.

— REM. 1. Émigrer se conjugue avec ai'ot'r et avec être : il a émigré en 4 790; il est émigré depuis 4790; l'un représen>e l'action, l'autre l'état. Il 2. Ëmigrer n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis 4835; il n'est ni dans Furetière, ni dans Richelet. Aussi ceux que la révocation de l'édit de Nantes fit sortir de France portaient non pas le nom d'émigrés, qui n'existait pas, mais celui de réfugiés.

— ÉTYM. Lat. emigrare, de e, hors, et migrare, aller.

t ÊMIGRETTE (é-mi-grè-f), s.f. Jeuditaussi êmigrant , émigré , et qui consiste en un disque creusé dans son pourtour et traversé par un cordon qu'une légère secousse fait enrouler autour de la rainure, de sorte que le disque monte le long de la corde.

— ÉTYM. Émigrer; ainsi dit, parce que ce jeu fut en vogue à l'époque de l'émigration.

ÉMINCÉ, ÉE (é-min-sé, sée), part, poist. Coupé par tranches. Du mouton émincé. |j S. m. Un émincé de gigot.

ÉMINCER (é-min-sé. Le t prend une cédille devant a et 0 : éminçant, éminçons) , v. a. Couper en tranches minces. Emincer de la viande.

— HIST. XVI* s. Après estre bien durs [les œufs] , on les émince entre les mains dedans une paesle,

PARÉ, XXVI, 4t.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et mtnc«. ÉMINEMMENT (é-mi-na-man) , adv. X un degré

éminent, au plus haut point. Il est vrai qu'elles [certaines qualités, l'étendue, la figure, la situation et le mouvement] ne sont point formellement en moi, puisque je ne suis qu'une chose qui pense;

ËMI

mais, parca que ce sont seulement de certains modes de la substance et que je suis moi-même une substance, il semble qu'elles puissent être contenues en moi éminemment, mx. Médit, m, 44. Quand ces qualités [oratoires] ne se trouveront pas éminemment dans un homme, il ne laissera pas de faire de bons discours, pourvu que,.., fénel. Dialogue» sur l'éloquence, ii.

— ÉTYM. Éminent, et le suffixe ment.

ÉMINENCE (é-mi-nan-s'), ». f. \\ !• Élévation de

terrain. Monter, se porter sur une éminence. || Terme d'anatomie. Saillie, en parlantdes os. Une éminence osseuse. || 2' Supériorité, excellence. L'éminence de la science, PAsc. Considér. Celui qui est d'une éminence au-dessus des autres qui le met à couvert de la repartie, ne doit jamais faire une raillerie piquante, la broy. v. Ces temps où l'éminence du caractère [dont on était revêtu] était une raisop de modération, et non pas un prétexte de luxe, MASS. Or. {un. YiUars. || Par éminence, en éminence, Joe. adv. Éminemment. La piété du roi se montre par éminence en ce généreux mépris qu'il fait de la plus terrible des choses terrible», balz. le Prince, ch. x. Vous , Madame , qui excellez en cette partie de l'âme qui fait les peintres, les architectes et les statuaires, et qui la défendez, parvotre exemple, du blâme que l'on lui donne de ne se trouver jamais en éminence avec un parfait jugement , VOIT. Lett. 6. Il 8" Titre d'honneur qu'on donne aux cardinaux, traités auparavant d'illustrissimes, de révérendissimes, et dont on rapporte la création au pape Urbain VIII , par un décret du 8 janvier 4 030, Son Eminence le cardinal. || Titre donné aussi au grand maître de Malte, comme dernier cardinal.

— REM. Éminence, titre de dignité, prend un É majuscule.

— HIST. iiv* s. Il [le nez] a hauteur et eminence par dessus la face, h. de mondeville, f* i8. Cest os ou son extrémité desous vers la jointure du coude a deux eminences, id. f 24. ||xvi« s. Vostre famille n'en a pas beaucoup au dessus d'elle en eminence, mont, it, 4 28. Le principal effet de la grandeur et de l'éminence, c'est de vous jecter en butte à l'importunité, id. iv, 344. Je n'ay jamais souhaité l'éminence de ces haultes fortunes et commanderesses, id. iv, 28.

—ÉTYM. Provenç. et espagn. eminencia ; ital. eminenxa;du latin eminentia, de eminens, éminent.

ÉMINENT, ENTE (é-mi-nan, nan-t'), ad;'. || l-Qui s'élève, qui est plus haut que le reste. Lieu éminent. Nous allons dans le champ prendre nos avantages. Des éminents endroits nous saisir promptement, tristan, Panthée, iv, 3. || i' Fig. Très-grand. Quelles obligations peuvent être plus pressantes que de rendre à une si éminente vertu les honneurs qu'elle mérite T voit. Lett. 4 3. Jamais homme n'a eu tant de vices ensemble et dans un degré plus éminent, scarr. Rom. com. n, 4 6. Elle leur attribue la charité dans le degré éminent, Boss. Nouv. myst. 6. Au service éminent que vous mavez rendu, lemerc. Clovis, v, 6. || 3° Excellent, distingué entre tous. En qui puis-je des trois Pour ce rang éminent faire un plus juste choix? rotr. Ilélis. II, 7. Le sort pourvoit Narsès de ce grade éminent, id. ib. ii, ». Ces hommes éminents en doctrine et en sagesse, pasc. Pror. 6. Mais il faut auparavant que je donne l'idée d'une méthode plus éminente et plus accomplie, id. Pensées, i, 2. Un seigneur éminent en richesse, en puissance, rac. Esth. Il, 5.

— REM. Vaugelas, qui trouve que péril éminent est une locution peu justifiable, admet que l'usage est pour elle (en effet, dans le xvi' siècle, on n'a pas dit autrement), et rejette péril imminent comme inusité, quoique conforme à la raison. Aujourd'hui péril imminent est admis, et péril éminent, bien que l'Académie le donne encore, ne l'est plus guère, courant toujours risque de se confondre par la forme avec imminent. Un péril éminent est un péril élevé, apparent, considérable; et dans aucun cas il ne doit être confondu avec péril imminent.

— HIST. XVI* s. Elle s'oublioit entre les bras de son ami, le laissant en ce grand et éminent danger, DESPER. Contes, cxxxviii.... Pour arrester la cheute éminente de tout l'édifice, Sat. Mén. p. 4 08. Demetrius le Phalerien, personnage renommé pour son éminent sçavoir, amtot, Préf.xvu, 46. Quand il fut au dessus, il s'arresta un peu au lieu plus éminent, et se prit à crier à haulte voix, id. LucuU. b4. Et voyoit-on de loing ceste urne qui estoil éminente sur la poupe de la maistresse galère, id. Vémétr. 76. Lorsqu'on voit quelqu'un en quelque péril éminent, PARÉ, xviii, 2.

ÉMl

EMM

EMM

— ETYM. Lat. <intn«7i«, de emintre, de <, hors, et tntiMre, faire saillie, s'avancer.

ËMINENTISSIME (é-mi-naii-li-ssi-m'), adj. Trèsémineiit. Qualification donnée aux cardinaux et au grand maître de Mallu. Altesse émineiitissime.

— £tym. Lat. eminmiistimus , superlatirde eminem, émlnent. Ce titre appartient aux cardinaux depuis l'an <03u.

P.MIH (émir), t. m. Chez les Arabes, gouverneur d'une province ou d'une tribu considérable. || Titre que portent les priucas descendants d« Mahomet par les femiiics.

— ETYM. Arabe, émir, commandant. Ce titre se trouve dans les vieux textes sous les noms d'amiret, i'amirnnt (voy. amiral).

ËMIS, ISE (é-mi, mi-z'), part, pasié d'émettre. Il 1' Lancé hors. La chaleur émise par le soleil. Il 2* Mis en circulation. Des actions émises par une compagnie de chemin de fer. || 3° Produit, exprimé. Des vreux valablement émis.

ÉMISSAIRE (é-mi-ssô-r'), t. m. |l l'Agent charKé d'une mission secrète. Il [i'ellisson] enchanta tellement son espion qu'il en fit son émissaire; il eut par là un commerce journalier de lettres avec Mlle de Scudéry, d'ouvet, Ilist.Acad. t. ii, p. 2»8, dans POOGENS. Les émis:>aires des sénateurs [de Gènes] se contentaient de dire aux plus accrédités du peuple : Jusques à quand attendrez-vous que les Autrichiens.... volt. Louis IV, 2). Ses émissaires.... excitent la canaille à l'applaudir, vauvbr. Lentulut U factieux. Je connais les lâches émissaires Qui sèment sourdement ces clameurs mensongères, u. ]. CHËNiRR, Gracquei, u, 3. Au sein de votre cour où j'ai des émissaires, lemehc. Frédég. et Bruneh. ui, 6. Il 2° Terme d'hydraulique. Canal, tuyau qui sert à vider un bassin , un lac. L'émissaire du lac Fucin (PUNE, xxxvi, a, 2t, n* >*). || Terme d'anatomie. Conduit, canal qui évacue une humeur quelconque. On dit plutAt èmoiictoire. |{ Emissaires de Santorini, les petites branches veineuses qui, passant à travers les os du crâne, établissent une communication entre les veines intérieures et les veines extérieures de la tête. || 8° Adj. Bouc émissaire, bouc que les Juifs chargeaient des malédictions du peuple et qu'ils chassaient dans le désert pour détourner d'eux le mal qui résultait de leurs offenses. Kt Aaron prendra de l'assemblée des enfants d'IsraSI deux jeunes boucs..,, puis Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l'Eternel et un sort pour le bouc qui doit être Hazazel... le bouc sur lequel le sort sera échu pour être Hazazel, sera présenté vivant devant l'Eternel pour faire propitiation par lui , et on l'enverra au désert pour être Haza/.el, Bible, Lévit. xvi, 6 et suiv. Ils ont un cheval émissaire, le pendant du bouc émissaire des Juifs, RATNAL, Hiit. phil. i, s. || Fig. Personne à qui on impute tous les torts. Vous sentez que je veux faire de Mme d'Argenton le bouc émissaire de l'ancienne loi [la charger de tous les faits reprochés au duc d'Orléans] , st-sijj. 26a, <28. Le chancelier fut la victime du duc de Noailles, et le bouc émissaire qui expia Us péchés de son ami, iD. 480, 2)7.

— ËTYH. Lat. emissariut, au sens d'agent, emittarium, au sens de canal, de emissum , supin de emiltere, lais'^er aller, émettre (voy. ce mot).

+ ÉM1SSIF, IVE(é-mi-ssif, si-ï'), odj. Terme de physique. Qui a la faculté d'émettre de la chaleur ou de la lumi&ra dans tous les sens. Pouvoir émissif.

— ÊTYM. Voy. éuettre; provenç. emissiu.

ÉMISSION (é-mi-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action d'émettre, do lancer au dehors. L'émission des corpuscules odorants. Il Système dans lequel on suppose que la soleil lance des corpuscules lumineux, par opposition au système de l'ondulation qui attribue la lumière à des ondes dans un milieu nommé étber. || 2* Terme de physiologie. Action par latguelle une chose est poussée au dehors. Émission de l'urine. Dans les plantes qui portent sur un pied las fleurs miles et sur un autre les fleurs femelles , telles que le chanvre , la plante mile périt avant la plante femelle, et la mort de celle-li suit presque immédiatement l'émission des poussières fécondantes, bonnet, Contempl. nat. (M.uvret, t. viii , p. 367, note, dans pouoKNS. Il Terme de médecine. Émissions sanguines, saignées locales ou générales. || 3* Action de livrer à la circulation. Emission de papier-monnaie. Émission de fausse monnaie. || Terme de bourse. Opération k émission , opération k terme sur une valeur non encore existants d'une manière légale, mais dont la constitution est probable et dont les bases •ont k peu prés connues. || 4* Action de faire en-

tendre. Émiiiion de la voix. || Terme de droit canou. L'émission des vœux, la prononciation solennelle des Toeui.

— ÊTYM. Provenç. emitsio; espagn. emtnon; liai, emissione; du lat. emitsionem ; de emiuum, supin de emiuere, émettre (voy. éuettbe).

t EMISSOLE (é-mi-sso-l'), i. f. Un squale (Sard. mustola, du lat. muttela, sorte de squ'<lc).

EMJIAUASINAGE (an-ma-ga-zi-ua-j') , ». m. Action d'emmagasiner.

— RTYM. Emmagaiiner.

EM.MAGASINÉ, ËE (an-ma-ga-zi-ni, née), part. passé. Des marchandises emmagasinées. || Par extension. Toute la chaleur emmagas.nije dans la masse liijuide [qui a dépassé te point d'èbullition sans bouillir] a été instantanément employée à produire un volume énorme de vapeur, manoih, Acad. des te. Cnmpti't rendus, t. uv, p. 462.

f EMMAGASINEMENT (an-ma-ga-zi-ne-man), s. m. Il 1* Placement des marchandises dans un magasin. || 2° Terme de photographie. Absorption de la lumière par une substance soumise à l'insolation et conservée ensuite dans l'obscurité, absorption qui se prouve par les propriétés des rayons chimiques que cette substance a acquib('~.

— ÊTYM. Ernmaga.\iner.

EMMAGASI.NKK (ao-ma-ga-zi-né), v. a. Mettre eu magasin. Emma^iasiiier des marchandises. Il S'emmagasiner, v. réfl. Etre mis en magasin. Ces marchandises ne peuvent s'emmagasiner. Il Terme de photographie. La lumière s'emmagasine, elle s'accumule dans une substance qui, scumise k l'insolation, puis retirée, exerce les actions propres aux rayons chimiques.

— ÊTYM. En i, et magasin.

EîIMAIGRI, IB (an-mi-gri, grie), part, passé. Va enfant emmaigri.

EM.MAIGRltt (an-mè-grir). || 1* V. a. Rendre maigre. Il i' V. n. Devenir maigre. || 8° S'emmaigrir, v.ré/l. Devenir maigre. Moi jaloux I Dieu m'en garde, et d'être assez badin Pour m'aller emmaigrir avec un tel chagrin, mol. Dép. am. i, a.

— REM. Au mot AMAIGRIR, l'excmple de Molière est cité; mais amaigrir est une correction des éditions postérieures; euimaigrir est la vraie leçon.

— SYN. MAIGRIR. EMMA10RIB, AMAIGRIR. Au sens neutre de devenir maigre , ces trois mots sont tout à fait synonymes. Cet enfant maigrit, amaigrit ou emmaigrit; il n'y a pas de nuance sensible entre ces expressions. Seulement, aujourd'hui, emmaigrir est moins usité que les autres.

— HIST. xn' s. K dist al bacheler : qu'espelt [que signifie] que tu es si.desbaitez e si emmegriz? i(oi>, p. loa. Il XIII* s. Il doute [craint] du cors enuiaigrir,RDTEB. II, 6t.

— ETYM. En t, et maigrir.

t EMMAIGUISSEMENT (an-mè-gri-s6-man), j. m. L'action d'emmaignr.

— HIST. xvi* s. Emmaigrissement, oddih, Diet.

— ETYM. Emmaicrir.

E.MMAILLOTTÉ, ÉE (an-ma-Uo-té, tée , Ji mouillées, et non an-ma-yo-lé, tée), port, passé. Enveloppé d'un maillot. Enfant emmaillotté. On aimerait mieux mourir avec Jèsus-Christ dans les douleurs que de se voir avec lui emmaillotté dans le berceau, FÉN. t. x»m, p. t«7. Il Fig. Cette déité [la Liberté] Uui laisse en de vieux langes Le monde emmaillotté, BâRANO. Liberté. || Terme d'entomologie. Nymphes emmaillottées , celles dont l'enveloppe laisse voir les diverses parties de l'insecte parfait. On sait assez que la chrysalide n'a ni bras ni jambes, qu'elle est un papillon si bien emmaillotté qu'il ne peut faire aucun usage de ses membres, bonnet, Insectes, Observ. 13.

j KM.'UAILLOTTEMENT (an-ma-Uo-te-man , U mouillées, et non an-ma-yo-te-man) , ». m. Action d'emmaillotter. L'emmaillollement des enfants.

— HIST. xvi* s. Les liaisons et emmaillottementi des enfants, mont, ii, <«3.

— ETYM. Einmaillotler.

EMMAILLOTTER (anma-llo-té, {{ mouillées, et

non an-m.i-yo-té), v. a. || !• Mettre en maillot, envelopper de langes, limniaillotter un enfant. || Par extension. Elle prit le parti de feindre d'être boiteuse; elle emmaillotta son pied droit de mani're à le grossir excessivement. M* te gemlis, Mltr de Clermont, p. 70, dans podgrns. || Fig. Envelopper quelqu'un de toutes parts, se rendre maître de ses volontés. Je comprends maintenant que ce pauvre Edouard sa soit laissé emmaillotter, CR. ds^ernard, la Femnn de *o ans, % x. || 2* S'emmaillotter, v. réfl. S'envelopper. Nos magistrats ont bien connu le mystère [ le respect qu'inspire l'habit ] v leurs

robes rouges, leurs hermines dont ils s'emmaillottent en chats fourrés.... pasc. Pensées, 1. 1, p. 27u, édit. L.ihure.

— REM. L'Académie écrit emmaillotter avec deux (t, et démailloter avec un seult; c'est une anomal. e k faire disparaître.

— HIST. XII* s. Lk le presismes [l'enfant] trestoi emmaillolet, Raoul de C. 3<<.||xv* s. X mon povoir, Ii aideray. Et l'anfant enniailloteray. Certes s'en feray mon devoir Selon la loy à mon povoir, La nal. de N. S. J. C. myti. || xv:* s. Le baptizer, le nourrir, le fortifier, l'emmaillotter, mont, ii, 24o.

— trSH.En I, et maillolj bourguign. ammaitlilai,ainmaill6lai; provenç. enmalholar, entnallotar, enmailloïar. On remarquera qu'une des formes du bourguignon est semblable i celle de Raoul de Cambrai, qui suppose maillol au lieu de maillot.

t EMMALADIR (an-ma-la-dir). || 1* F. o. Rendre malade. || 2' V. n. Devenir malade.

— HIST. XII* s. Ll enfançonet que David out engendré de la feme Urio, emmaladit et fu désespérez, /lot», p. tso. Il xui* s. Del duel [deuil] qu'il ad s'enpesanti , En poi de tens enmaladi , Lai du désiré. || xvi* s. L'ombrage du noyer emmaladissatit et hommes et bestcs s'y retraians dessous.

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