‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 139 sur 388 · E.MP · texte numérisé non relu

E.MP

songe. Rome est sujette d'Albe, et, pour l'en garantir, U n'a pas employé jusqu'au dernier soupir! CORN. Ilor. lii, «. Dieu.... qui, fécond en moyens, emploie toutes choses à se» fins cachées, BOSS. Reine d'Angl. Employer ses mains charitables pour servir les pauvres, fliîch. Il, 26. J'employai» les soupirs et même la menace, rac. Brit. ii, 2. Sans qu'elle employât une seule prière, id. Andr. v, 2. Vous pourriez de Zaïre employer la faveur, volt. Zaïre, ii, (. Tu n'aurais employé qu'une juste défense, id. Mér. u, 2. Ce poids léger du temps que le travail emploie, iamart. Barm. i, 5. || Familièrement. Employer le vert et le sec, faire tous ses efforts, mettre toutes sortes de moyens en œuvre. Locution tirée d'un homme qui, pour se chauffer, brûle non-seulement le bois sec, mais le bois vert. Il Employer une somme, l'appliquer aune dépense. Tous ceux qui emploient de l'argent pour obtenir les ministères ecclésiastiques, pasc. Réfut. de la rép. à la .2' Je(J. Il Employer une phrase, un mot, un tour, en user en parlant ou en écrivant. || Employer une raison, une pièce, la faire valoir, s'en appuyer. || 4° Donner de l'emploi, de 1 occupation. Employer un grand nombre d'ouvrier». On l'a employé dans de grandes négociations.... de tous ceux que le sultan emploie, Orcan le plu» fidèle à servir ses desseins, rac. Baj. m, n. Capitaine qu'Adraste, par jalousie, n'avait jamaii voulu employer, fén. Tél. xxi. jj Employer quelqu'un, se servir de son crédit, de son influence, de ses démarches. Vous l'avez employé pour réussir dans votre candidatuie. Après avoir pour nous employé ce grand homme, corn. if. de Pomp. i, 3. Faites-moi la grâce de m'employer; soyez persuadé que je suis entièrement à vous, mol. Imprompt. 3. Il Par extension. J'ai regret que le sort m'emploie à la ruine De la plus éclatante et superbe machine, rotrou , Bélis. V, 6. Il 8" S'employer, v. réfl. Être employé, mis en œuvre. Ce moyen ne peut s'employer. Ce mot ne s'emploie pas en ce sens. Ô grands vénérateur» de ce saint mystère [l'eucharistie], dont le zèle s'emploie à persécuter ceux qui l'honorent par tant de communions saintes, pasc. Prov. *t. H User de son crédit en faveur de quelqu'un. Sauvez ce malheureux, employez-vous pour lui, CORN. Polyeucte, iv, 5. Et je n'ai point eu lieu de m'employer pour toi, ID. Cinna, m, 4. Vous daignerez VOUS employer pour moi,MOL.Femmei ïob. I, 2. Il ne s'en sauva que quelques-uns [des partisans de Cylon], pour qui lea femmes des citoyens s'employèrent et les firent mettre en liberté, fén. Solon.

— REM. Employer régit d devant les verbes : Employez votre argent à secourir votre frère. Il employa à mettre en vers ces fables les derniers moments de sa vie, la FlNT. Fabl. Préface. Il régit à devant les noms, quand ils sont déterminés : J'ai employé vingt mille franc» à cette acqustion; il a employé tout son argent à des bagatelles; et en quand ils sont indéterminés, c'est-à-dire sans article ou sans autre déterminatif : Il a employé tout son argent en bagatelles.

— HIST. XI' s. Or guart chascuns que granz cops il empleit, Ch. de Roi. lxxvii. Nen i a cel [qui] sa lance n'i empleit, ib. ccxLviii. || xii' s. Malement [j'] ai mon service emploie, Couci, vu. Après celui [ils] eslurent dant Garin le Pohier; Ne sorent la corone alors uieux amploier. Saxons, iv. Jamais tut cil denier n'ierent bien empleié. Quant sunt par felunie conquis e gaaigiié. Th. le mort. (57. jj xm' s. Et se voui veés que la corone soit mius emploie en l'un de vous qu'en moi, je m'i otroi volentiers, Chr. deRains, (48. Et nous ne veimes où Ii roiaume» de Jherusalem fust mius emploies que en vous, ib. 86. Mètre ion temps en mal, ce n'est mie emploier, la Foie et la Sage. || xiv' s. N'y ot prince si grant tant y fust souffisait. Qui pour Englois gever ne s'alast emploiant, Guescl. v. 20(42. ||xv' s. Quand le demeurant qui eschapper purent, furent venus en l'osi devers leurs tompagnons, si contèrent leur» aventura » aux uns et au\ autres, qui peu les en plaignirent, maisdirent que c'estoit bien emp oyé, car sans conseil et sans commandement ils y estoient allés, froiss. i, i, (4(. Mieuls ne poet employer le temps Homs, ce m'est vis, qu'au bien amer [en aimaijt bien], m. Espinelte amoureuse. Je vous prye que vous hastez de faire ce mariage :e plu» tost que vous pourrés, et vous asseure que, de ma part, je m'y emploieray autant q le si c'estoit pour ma propre fille , Lettre de Louis XI , Bibl. des Chartes, 4' série, 1. 1, p. 20. Au surplus il faut vivre en joye; Que servent les biens amassés, Au bcsoing qui ne les emploie? basskun, lu. jjxvi' ». Amour a fait ma langue desployer, Etmamaindextre à t'escrir»

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employer, marot,i, 326. Car peu de gloyre me semble accroistre à ceulx qui seullement y emploictent leurs yeuU, au democinint y cspargncnt leurs forces, BAB. Pant. m, Prol. En toutes choses qu'il nous peult faire plaisir, il s'y employé comme pour lûy mesraes, maro. Lett. )iî. Ce n'est pas raison que tu employés ton loisir en un subject si frivole, MONT. Au lect. p. XII. Emp!oyaritplusieurs exemples et raisons à prouver que.... ID. i, (7. Voyez le revenir de là aprez quinze ou seize ans employez^ ID. F, 146. Eudamidas donne pour faveur à ses amis de les employer à son hesoing, lo. i, 217.

— Etym. Piovenç. empleiar; catal. empUgar; espagn. emplear; porlug. empregar; ital. impiegare; du latin implicare , au propre, plier i ans, impliquer, mettro dans, de in, en, et plicare, plier

(voy. PLOTRR).

t EMPLOYEUR (an-plo-ieur), ». m. Terme d'économie politique. Celui qui demande le travail et qui emplciie les travailleurs.

EMPLUMÉ, ÉK (an-plu-mé, ée), part, passé. Muni de plumes. Zèthès et Calais, ces héros emplumés, CORN. Toit, d'or, iv, 4. Mes excursions, dit-il, commençaient invariablement avec l'aube, et, revenir trempé de rosée, accablé de fatigue, mais chargé d'une prise emplumée [un oiseau], faisait et fera toujours les plus ravissantes délices de ma vie, cap, Auiiubon, p. 36. || Terme d'ornithologie. Oui a les jambes couvertes de plumes. {| Orné de plumes. Haievés, emplumés, braves comme un Saint-George, hëonier, Sat. vi. || Terme de chirurgie. Suture emplumée, ancien nom de la suture enchevillée (voy. suture).

EMPLDMER (an-plu-mé), V. a. Garnir de plumes. Il Emplumer un clavecin, le garnir de petits becs de plume qui pinçaient et faisaient sonner la corde avant l'invention des marteaux employés aujourd'hui dans les pianos. || S'emplumer, v. réft. Se garnir de plumes.

— HIST. xv* s. Entre autres articles leur est permis de faire l'amour, d'estre braves, emplumés, desguisés, descouppés, masqués, musqués, parfumés et en bon ordre, Arresta amorum, p. 409, dans LACURNE. Il XVI* S. Les poètes et les peintres, voulant exprimer l'amour des hommes, représentent un enfant emplumé, yver, p. 630.

— ÊTYM. En t , et plume.

t EMPLURE (an-plu-r'), s. f. Nom des feuilles de vélin et de parchemin entre lesquelles les batteurs d'or empilent les feuilles métalliques, afin d'amortir les coups de marteau.

— ETYM. Ce paraît être un dérivé de emplir, qui faisait;'empieàl indicatif (voy. EUPLIB, à l'historique).

EMPOCUÉ, ÉE (an-po-ché), port, passé. L'argent empoché aussitôt que reçu.

EMPOCHER (an-po-clié), v. a. || Serrer dans sa poche. Quand j'avais empoché mon livre, je ne songeais plus à rien, J. J. rouss. Conf. 1. 1| Mettre en poche avec empressement. Il a empoché nos fonds. Vou& surprîtes d'Antin empochant votre argent de dedans votre chapeau, st-sim. 4 87, 437, || Absolument. On surprenait la princesse d'Harcourt à voler au jeu, elle chantait pouille et empochait, st.-sih. H». 231. Il Fig. Empocher, se dit d'une parole désagréable, surtout quand on n'a rien à répliquer. 11 a empoché de bonnes vérités auxquelles il ne s'attendait guère. Il S'empocher, v. réfl. Être mis en poche. Ce n'est pas une grosse somme, mais cela s'empoche tout de même.

— HIST. xvi' s. Comme des corps mal unis qu'on empoche sans ordre, mont, iv, 80.

— ÉTYM. En 4 , et poche.

EMPOIGNÉ, ÉE (an-po-gné, gnée), part. pané. Le voleur empoigné fortement par un passant. Il Terme de bla.son. Pièces empoignées, pièces longues, telles que les flèches, lorsqu'il y en a plusieurs d'assembkes et de croisées au milieu de l'écu.

t EMPOIONEMKNT (an-po-gnc-man), *. m. Terme populaire. Action d'empoigner, d'arrêter.

— ETYM. Empoigner.

EMPOIGNER ( an-po-gné ; quelques-uns disent an-poi-gné ; mais cette prononciation est beaucoup moins usités. Lamonnoye, Glossaire, au mot pognie, dit queempogner est une ancienne prononciation à laquelle il faut préférer empoigner), v. a. Il !• Prendre et «errer avec le poing. II l'empoigna par le brai. Qui pour une rondache empoigne un escabeau, RtORiEa, Sat. x. Je me tins collé au bouc en empoignant avec les deux mains son épaisse toison, FtN.t. xxi, p. 404. Il empoigne unoiseau comme il empoignerait une pierre, ]. j. bouss. Ém. I. Il Saisir quelqu'un pour le mettra en arrestation ou l'expulser. Ém|>oignez-moi cet homme-là.

[Un gendarme] ne gagne point de batailles, il empoigne les gens, p. L. coub. ii, 2«S. ||Fig. Dans un langage familier et d'artistes, intéresser vivement ou causer une forte émotion. Voilà un drame qui empoigne. C'est comme cela qu'on empoigne son lecteur. || 8* S'empoigner, ii. r('/I. Se saisir avec les poings; et populairement, se colleter; et flg. entamer une vive discussion. || Être saisiavecles poings. Cela s'empoigne facilement.

— HIST. III' s. Là veTst-on tante lance enpogner, Bonc. p. 68. De tant clés [clefs] cum cil pout à dous [deux] mains enpuignier. Th. lemart. 47. || xiii* s. Et la mesenge a empoingnié Plein son poing de mousse et de foille, Ben. 4770. Crois fi [il fit le signe de croix] par desor lui, à Dieu se comanda. Puis a saisi l'eschiele, à deus mains l'empuigiia, Ch. d'Ant. VI, 63«. || xiv s. Mais souventefoiz il avient. Oui trop empoigne pou retient, Liv. du bon Jehan, 728. Tendre son arc et empoigner la sayette de quoy on veult traire, lloilus, f Lviii, verso. Il XV* s. Messire Henri de t'iandre se tenoit tout devant, son glaive empoigné, et lançoit les horions grands et périlleux , froiss. i, i, 88. Dit-on pas, en commun latin. Que les gens vestus de fins draps. Soit d'escarlate ou de .satin, Empoingnent l'honneur à plain brasT Recueil de farces, p. 339. Mais il fautque, sans nulle doutte [crainte], M'empoingnez ces deux malfaiteurs, ib. p. 379. Il XVI* s. Ne plus ne moins que qui Toudroit empoigner l'eau, MONT. H, 378.

— ÉTYM. En 4 , et poijne; Berry, empogner.

-t- EMPOIGNEUR (an-po-gneur), $. m. Celui qui empoigne.

— ÉTYM. Empoigner.

, t EMPOINTAGE (an-poin-ta-j'), t. m. Ai!lion de faire la pointe des épingles, des aiguilles.

— ÉTYM. Empotnlcr.

t EMPOINTER (an-poin-té), v. a. \\ 1* Retenir les plis d'une pièce d'étoffe par quelques points d'aiguille. Les étoffes pourront être dressées à la rame, sans être tirées ni allongées [pour leur donner le dernier apprêt]; lesquels apprèteurs, avant que de les empointer, seront tenus de les représenter au bureau pour être aunées pour la deuxième fois, Mémoire des drapiers et tergers de Chdlons, 1 3 fév. 4697. Il 2* Faire la pointe des épingles, des aiguilles.

— ÉTYJI. En 4 , et pointe.

t KMPOINTEUR (an-poin-teur) , ». »». || 1* Celui qui empointe les pièces d'étoffe. || 2* Celui qui fabrique la pointe des aiguilles. Les tronçons étant coupés, l'empointeur leur fait une pointe à chaque bout; cette opération se fait en très-peu de temps, Dict. des arts et met. Amsterd. 4 787, épinglier.

•f EMPOINTURE (an-poin-tu-r"), ». f. Terme de marine. Angle supérieur d'une voile.

— ÉTYM. En 4 , et potn(«.

EMPOIS (an-pot; l'tse lie : l'an-pol-z-et...), «.m. Espèce de colle épaisse, formée par l'amidon ou la fécule, dont les grains ont été gonflés et crevés par l'eau bouillante.

— HIST. XIII* s. Nus chapelier ne doit mètre empoise en st'S cbapiaus; et se il le fet, il doit cinq sols d'amende, Liv. des met. 248. || xvi* s. Les racines du pied de veau (arum maculalum, L.) empèsent lo linge, à tel usage estant emploiées par les villageoises de plusieurs endroits de la Normandie, avec non guère moins de blanche délicatesse, que les damoiselles font leur subtil empois, o. de serres, 626.

— ÉTYM. En 4 , et poix; ainsi dit à cause de la propriété qu'il a de coller comme la poix. Tandis que empois suit la prononciation picarde, empeser suit la prononciation de l'ouest.

t EMPOISE (an-poi-z'), ». f. Coussinet en boite qui, dans les machines, sert d'appui aux tourillons des axes tournants.

— ETYM. En I , et pot»er, ancienne forme depeier. t EMPOISONNANT, ANTE (an-poi-zo-nan, nan-

t'), adj. Oui empoisonne. Nous la respirerons [la cendre de la Brinvilliers jetée au vent], et, par la communication des petits esprits, il nous prendra quelque humeur empoisonnanta dont nous serons tout étonnés, sÉv. 298.

EMPOISONNÉ, ÉE (an-poi-zo-né , nés), par». pa»J^. Il 1* Infecté avec un poison. Personne n'ignore que l'usage des armes empoisonnées remonie aux siècles les plus reculés; il précéda, dans la plupart des contrées, l'invention du fer, ratnal, Hisl. phil. XII, 6. Il Fig. Le trait empoisonné que ses yeux m'ont lancé, rotb. Vencesl. iv, 2. Combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance I boss. ileine d'Anglel. J'ai dd craindre du roi les dons empoisonnés, rac. Milhr. IT, 1. Arrachez-vous d'un lieu funeste et profané

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Oil la vertu re«piro un air empoisonni, ib. Phèd. V, 4. Et du bonheur public la source empoisonnée, ID. Eslh. m, 4. Les chrétiens, qui ne doivent jamais chercher le plaisir pour le seul plaisir, doivent avoir en horreur ces divertissements empoisonnés [une musique voluptueuse], rtn. Éduc. des filtet, XII. La langue empoisonnée, loin de lui souffler le venin, s'infectait toute seule elle-même, mass. Or. /un. Dauph. || 2* A qui on a administré du poison. J'approchais de quinze ans alors qu'empoisonné«. Pour avoir contredit mon indigne hyménée, corn. Iléracl. III, 4. Non, non, Britannicus est mort empoisonné, bac. Ilrit. v, 6.

EMPOISONNEMENT (an-poi-zo-ne-man), ». m.

Action d'empoisonner. L'empoisonnement est un crime capital. || Au sens actif. L'empoisonnement de Britannicus par Néron. Mes remords ont besoin qu'un prêtre indulgemment Lave en moi le mensonge et l'empoisonnement, lemerc. Frédég. et Br. V, 4. Il Au sens passif. Les empoisonnements de la Brinvilliers, c'est à dire les empoisonnements commis par la Brinvilliers. {| Ensemble des effets produits par un poison introduit dans l'économio.

— HIST. XIII* s. Ele avoit pourveû tout l'empoisonnement, Berte, xcv. Et la manière de l'empoisonnement fut tele, JOIKV. 24 3. Il XIV* s. Quant [Charles le Chauve] l'empire out tenu deux ans paisiblement. Mors fut, venans de Rome, d'ung ampoinsenement Qu'unies juif 11 douna au lieu qu'on dit Nanlue, CirorI de Rast. v. 4 92.

— ETYM. Empoisonner.

EMPOISONNER (an-poi-zo-né), V. a. \\ 1* Infecter de poison. Empoisonner des viandes. Empoisonner un fruit. Certains sauvages empoisonnent leurs flèches. Il Empoisonner un étang, un cours d'eau, y jeter des substances propres à faire mourir le poisson. Il Empoisonner des terres, jeter dans les termes des choses propres à tuer les chiens , afin d'empèchei la chasse. || Fig. Je ne demandais pas à gémir auprèi d'eux, k respirer encore un air qu'ils empoisonnent, VOLT. Triumv. u, 4. Il ne se contenta pas d'aiguiser, il empoisonna ses traits, d'olivet, Hitt. Acad. t. n, p. 34 4, dans pougens. || 2* Faire prendre du poison i dessein de causer la mort. Kmpoisonner un homme. Empoisonner un chien. || U se dit aussi des substances vénéneuses. La noix de galle empoisonne les chiens. || Absolument. Certains champignons empoisonnent. || U se dit de la communication d'une maladie honteuse. Cette malheureuse fille l'a empoisonné. || 8" Par exagération. Faire manger quelque chose de très-mauvais. Je sors do chez un fat qui, pour m'empoisonner, Je pense, exprés chez lui m'a forcé de diner, boil. Sat. m. Il 4* Exhaler une odeur infecte. Cela empoisonne toute la salle. || Absolument. Les exhalaisons de cet étang empoisonnent. || 6* Remplir de choses nuisibles. Votre prairie est empoisonnée de mauvaises herbes. Ce champ est empoisonné de rats et de sauterelles. Il 6* Au moral, remplir de quelque chose comparé à un poison. On nous empoisonne de mauvais romans. Et ce qui plus encor m'empoisonne de rage, hEonieb, Sat. v. Un je ne sais quel trouble empoisonne ma joie, bac. Esth.u, 4. Des plaisirr qui ont empoisonné tome la douceur de sa vie, MASS. Av. Mort du péch. Son rang même, ses bienséances, ses devoirs, tout empoisonne sa passion criminelle, lo. Pet. car. Kalh. Les chagrins qui empoisonnent la vie humaine, id. Prof. rel. 4. Oui je veux dans son cœur Kmpoisonner sa joie, y porter ma douleur, volt. Oretle, i, 2. Une passion funeste pendant cinq ans empoisonna ma vie, m"* de cenlis, Thé&t. dédue. la Mère rivale, u, 7. Il 7* Corrompre l'esprit, le cœur. Cette doctrine a empoisonné beaucoup d'esprits. Photin et ses pareils Vous ont empoisonné de leurs lâches conseils, corn. Pomp. I, 3. Ceux que vous trompez depuis si longtemps, soit en les laissant dans leurs désordres par votre mauvaise conduite, soit en les empoisonnant par vos médisances, pasc. Prov. 46. Pallas de ses conseils empoisonne ma mère, rac. Brit. u, 4. Qu'entends-je T quel conseil ose-t-on me donnerî Ainsi donc jusqu'au bout tu veux m'empoisonner. Malheureuse I voilà comment tu m'as perdue, m. Phèdre, iv, 6. Ses maîtres avaient empoisonné par la flatterie son beau naturel, pSnel. Tél. u. On avait empoisonné mon cœur dès ma plus tendre enfance, ID. ib. XIII. Le luxe empoisonne toute une nation, ID. ib XXII. Il 11 lui a empoisonné lespril, c'est-à-dire il lui a inspiré d'injustej sentiments de défiance, desoupçons.jl 8* Prendre et offrirle mauvais côté des choses, les dénaturer malignement Les médisants empoisonnent tout. Ne m'empoisonnez pas vos bienfaits les plus doux, mol. Mélie. n, 4. Les rappor»

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leurs, nation maligne, qui empoisonne les choses innocentes, f4n. Tél. iiiv. Tandis que vos concurrents, que vos amis prétendus peut-être.... empoisonnent vos discours et vos démarches les plus innocentes, mass. Car. Injust. du monde. L'esprit prévenu contre lui, et plus disposé à empoisonner ses bonnes actions qu'à faire grâce à ses mauvaises, LESAOK, Ester. GontaUt, vu. || 9* S'empoisonner, V. réfl. S'administrer du poison. Il s'est empoisonné, mais des secours donnés à temps l'ont sauvé. Il Fig. Quand les passions sont maîtresses, elles sont vices; et alors elles donnent à l'âme de leur aliment, et l'âme s'en nourrit et s'en empoisonne, PASC. dans cousin. || Devenir comme un poison. C'est ainsi, mes frères, que tout s'empoisonne entre nos mains, et que tout nous éloigne de Dieu, MASS. Car. Injust. du monde.

— HlST. x:* s. Si home enpuissuned altre, seit ocis, Lois de Guilt. 38. || m' s. De ço fu il acusez à Eupator; e cil le fist empoisoner, efumorz, i/ochab. Il, *o. Ainques [jamais] dou buvraige ne bui Ije ne bus du breuvage] Dont Tristan fuenpoissonnez,

CRESTIEN DE TRUIES, daUS HOLLAND, p. 232. || XIIl* S.

D'amour et de sa poison. Sire, estes empoisonnez, GRiEViLER, dans Bibl.des Charles , 4' série , t. v , p. 33. Fuies, enfans, car il enherbe. Et empoisonne et envenime Tout homme qui de li s'aprime [s'approche], la Rose, (6765. Encore sont il dui cas de crieme, li uns si est d'autrui empoisoner, et li secons d'estre omicides deli meismes, si comme de celi qui se tue à escient, beaum. xxx, U. || ivi* s. On leur faict accroire que l'on peult empoisonner une lettre par la pouldre que l'on met sur l'cscriture, carloix, vi, <0. Il y a quelques nations barbares qui empoisonnent leurs armes, amyot. Comment refréner.... 22.

— ÉTYM. £n 4 , et poison; bourguig. empousenoi, infecter; provenç. empoiionar ; portug. empcfonhentar.

EMPOISONNEDR , EtJSK (an-poi-zo-neur, neûz') , s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui empoisonne. L'empoisonneur d'Annibal, démon maître, corh. Nicom. m, 3. Sur les pas des tyrans veui-tu que je m'engage, Et que Rome, effaçant tant de titres d'honneur, Me laisse pour tous noms celui d'empoisonneur? RAC. Brit. IV, 4. Je veux qu'4 chaque instant cette cendre en tous lieux De ses empoisonneurs fatigue au moins les yeux, ducis, Ilamlet, ii, '. || 2* Par plaisanterie, mauvais cuisinier. C'est Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier, boil. Sat. m. U était Suisse de nation, empoisonneur de profession, et voleur par habitude, hamilt. Gramm. m. Il 8' Fig. Celui qui débite, propage des doctrines pernicieuses. De tels poètes sont des empoisonneurs publics, auxquels il faut interdire tout commerce, HOLLiN, Uist. anc. liv. xxv, chap. i, art. 2, § 2. Il 4° Adj. Et moi. reprit Herculeà la peau de lion, (je serai] Son maître à surmonter les vices, X dompter les transports, monstres empoisonneurs, la font. l'abl. XI, 2. Ulysse ycourteldit : L'empoisonneuse coupe A son remède encore et je viens vous l'offrir [à ses compagnons], m. ib. xii, t. Loin du trône nourri, de ce fatal honneur Hélas I vous ignorez le charme empoisonneur, hac. Athal. iv, 3.

— HIST. XVI' s. Il y a des sorciers et enchanteurs, empoisonneurs, venefiques, meschans, pare, xix, 26. Les herbes empoisonneresses, du bellay, i, 38, recto.

— ÉTYM. Empoisonner.

EMPOISSÉ, ÉE (an-poi-sé, sée), part, passé. Un tonneau empoissé.

EMPOISSER (an-poi-sé), v. a. Enduire de poix.

— HIST. XVI' s. La hante [bois de lance] , revestue d'estouppe empoixée et huilée, s'enflammoit de sa course, mont, i, 362.

— ÉTYM. £n < , et poix; provenç. empegar, empe^or; espagn. empejar/ital. impeciare.

EMPOISSONNÉ, ÉE (an-poi-so-né , née), part, passé. Où on a mis du poisson. Un étang empoissonné.

EMPOISSONNEMENT (an-poi-so-ne-man), *. m.

Action d'empoissonner. L'empoissonnement d'un étang.

— ÉTYM. Empoissonner.

EMPOISSONNER (an-poi-so-né), e. .o. Peupler

de poissons. Empoissonner une pièce d'eau, un canal.

— HIST. xv* s. Nous irons dans la ville qui est trop mieux empoissonnée que celle-ci, louis xj, Nouv. xcix.

— ÉTYM. Eni, et poisson.

f EHPORE (an-po-r'), s. m. Terme d'ancienne médecine. Réservoir qu'on supposait destiné à recevoir les esprits animaux filtrés par le cerveau.

— ÊTYM. 'KuTtôpiov, marché.

t EMPORT (an-por), s. m. Terme de droit. Action d'emporter. Le conseil de guerre l'a déclaré k l'unanimité coupable de désertion à l'étranger, avec emport d'effets militaires, /. de* Débats, a octobre 18B2.

EMPORTÉ, ÉE (an-por-té, tée), porf. passé. \\ 1* ôté, enlevé d'un lieu. Les blessés emportés par leur» camarades. Des tableaux de haut prix emportés par le vainqueur. || 2° Retranché. Il a eu le poignet emporté d'un coup de canon, siv. 468. Elle [une fleur] est nuancée, bordée, huilée, à pièces emportécs[à découpures], la bruy. xin. Les rochers que nous gravissons depuis trois jours ont tellement usé et percé nos souliers que les semelles en sont presque entièrement emportées, u* de genlis, Adèle et Théod. t ii, lett. 38, p. siî, dans pougens. Il 3° Pris de vive force. Le bastion emporté par les assaillants. Nos dehors emportés, nos remparts assaillis, MAiH. Sophon. i, 4. Il 4* Retranché du nombre des vivants. Ce vieillard emporté par une pleurésie. Marie-Thérèse, aussitôt emportée que frappée par la maladie, se trouve toute vive et tout entière entre les bras de la mort, sans presque l'avoir envisagée, Boss. marie- Thér. ||B' Fig. Entraîné. Et son cœur emporté par l'erreur qui l'abuse Cherche partout la mort que chacun lui refuse, corn. Mort de Pomp. V, 3. Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi? rac. Phèd. ii, 2. Nos sentiments, nos cœurs l'un vers l'autre emportés, volt. Orphel. iv, 4. Je vois d'un zèle faux nos prêtres emportés, id, Henr. vi, iO». II apprend qu'un régiment vient de s'emparer du village de Borodino et de son pont qu'il aurait dû rompre, mais qu'emporté parce succès, il a franchi ce passage malgré les cris de son général, ségub. Histoire de Napol. vu, 9. || 6° Vif, qui se laisse aller. Cette ardeur d'un héros, ce courage emporté, volt. Uér. iii, (. Amours emportés, ID. Scylh. m, *. || 7" Oui se laisse aller à des emportements de colère. Homme emporté. Caractère emporté. Il n'y avait point d'erreur si prodigieuse où l'ardeur de la dispute n'entraînât l'esprit emporté de Luther, BOSs. Var. il, § 4t. Mais un père à ce point doit-il être emporté 'Z rac. Théb. i, 5. Il Cheval emporté, cheval qu'on ne peut plus maintenir , qui a pris le mors aux dents. || U se dit aussi des choses. On est las de M. Jurieu et de ses discours emportés, boss. Déf. )" dise, § (. Il Substantivement. Celui, celle qui se laisse aller à la colère. Cest un emporté. C'est une folle, une emportée. Dieux I que cet emporté me donne de tourment! corn. Teuve, m, 7. Vous allez vous emporter; retirez-vous, je vous prie, je n'aime pas les emportés, di'Frény, Esprit de contrad. se. 1 8. || Celui qui se laisse aller à ses passions. Combien de maisons à demi éteintes voient tous les jours finir dans les débauches et dans la santé ruinée d'un emporté toute l'espérance de leur postérité et toute la gloire des titres qu'une longue suite de siècles avait amassés sur leur tête! mass. Serm. pour le vendredi de la 2' semaine de carême, i.\\ Celui qui va trop loin, qui exagère les conséquences. Les chefs de nos calvinistes n'en usèrent pas d'une autre sorte; et encore que par honneur ils blâmassent ces emportés, nous ne voyons pas qu'on en fît aucune justice, boss. Variât. 40.

— SYN. emporté, violent; emportement, violence. Emporté et violent diffèrent comme emportement et violence. Or l'emporiement se manifeste toujours au dehors par une explosion; la violence peut être muette, sans geste, sans signe. De plus la violence implique que quelque acte violent a été commis; l'emportement peut s'exhaler en simples paroles ou manifestations extérieures.

EMPORTEMENT (an-por-te-man), t. m. || 1* Mouvement déréglé, violent, qu'excite une passion. Tous mes emportements pour la grandeur suprême, corn. Tite et Bér. iv, 3. N'attendez pas de moi ces doux emportements Tels que j'en vois paraître au rœur de ces amants, rac. Baj. m, 2. Il y a des biens que l'on désire avec emportement, la bruy. XI. Secourons sa valeur qui devient imprudente. Et cet emportement que nous désapprouvons, volt. Tancr. v, 2. C'est dans l'emportement du meurtre et du carnage, id. Olymp. m, t. Sages enfin après l'emportement. Ils jouissaient d.' ce repos charmant Où tombe une âme heureuse et satisfaite, malfil. Narc. ch. ix. Qu'il y ait eu, dans les premiers moments, quelque emportement dans le pillage, cela doit-il étonner d'une armée exaspérée par de si grands besoins, si souffrante, et composée de tant de nations? ségdr, llist. de Napol. viii, 8. ô bonheur de se voir adoré, Qu'avec emportement mon coeur t'a désirél dbi-av. Paria, il, 2.

Il 2* Transport de colère. De trop d'emportement voue faute est «uivie, corn. Cid, u, *. Mais ne voyais-tu pas, d.ins mes emportements. Que mon cœur démentait ma bouche' à tous moments? bac. Andr. V, 3. Je n'ai trouvé que pleurs mêlés d'emportements, id. ib. y, 8. Il [ArtaierceJ en fil mourir un grand nombre dans des emportements de colère, rollin, Uist. anc. Œuvres, t. iv, p. 333, dans pouoEHS. Le roi ne leur répondit que par des emportements et des injures, id. «6. t. ix, p. 20. Les termes d'emportement et de débauche qui peuvent blesser la religion et la pudeur, d'olivet, llist. Acad. t. u, p. 83. dans pouoens. Dirait-on, à l'emportement qui régne dans les écrits de Saumaise, que c'était au fond un homme facile et la louceur même, jusque-là qu'il se laissait dominer par une femme hautaine? id. tb. p. 39i>.

— REM. Bouhours dit : « Nous avons vu naître ce mot sans que nous sachions précisément qui en est l'auteur. Il naquit durant les f;uerres civiles; et on ne le prit d'abord que pour un mouvement et un transport de colère. »

— ETYM. Emporter.

EMPORTE-PIËCE (an-por-te-piè-s'), ». m. |f !• Outil d'acier dont plusieurs artisans se servent pour déco' perd'un seul coup les ilifférentes matières qui servent k leurs ouvrages. || 2° Fig. Homme railleur, et qui dans la discussion inflige de rudes sarcasmes. Il Auplur. Des emporte-pièce. || Adj. Le jeune homme répondait avec une décence de ton, une galanterie d'inflexion parfaites; mais en même temps le mot était si persifleur, la phrase si emporte-pièce, qu'il n'y aurait pas eu moyen d'y tenir , si cette pauvre dame avait su qu'un indiscret était U, lafitte, Mémoires de Fleury, l, 23.

— HIST. xvi' s. Emporte-pièce [cautère] , cotgravb.

— ÉTYM. Emporter, pièce.

EMPORTER (an-por-té), v. a.\\f Enlever d'un lieu pour porter dans un autre. U a emporté tous ses livres. U commanda qu'on fit emporter le corps, VAUGEL. Q. C. VIII, », dans richelet. Qu'on m'emporte d'ici, je me meurs, corn. Rodog. v, 4. Josaheth dans son sein l'emporta tout sanglant, rac. Ath. IV, 3. La terre est emportée avec une rapidité inconcevable autour du soleil, la bruy. xvi. || Fig. Vous ne l'emporterez pas en paradis, se dit par menace et pour signifier qu'on se vengera tôt ou tard. Il Familièrement. Que le diable vous emporte, se dit pour exprimer le dépit, l'impatience contre quelqu'un. Il Que le diable m'emporte si...., je veux

que le diable m'emporte locution familière et

hors du ton de la société, pour appuyer sur une chose, pour la nier ou l'affirmer, suivant qu'on ajoute ne ou qu'on ne l'ajoute pas. Que le diable m'emporte, si je fais cette visite. Aussi, loin de contester ses vertus, je veux que le diable m'emporte.... — Plalt-il, monsieur? PICARD, Les deux Philibert, II, (4. Il On retranche aussi le que. Le diable vous emporte, m'emporte. || 2' Enlever et porter avec soi. Il a emporté tout ce qu'il avait. Emportez ce livre, vous le lirez en route. || Fig. Les Maures en fuyant ont emporté son crime, corn. Cid, iv, 6. La joie en est publique, et les princes tous deux Des Syriens ravis emportent tous les voeux, id. Rodog. Il, t. N'est-il aucune voie Par où je puisse à Rome emporter quelque joie? ID. Sertor. m, 2. Je n'emporterai donc qu'une inutile rage ? rac. .^ndr. III, 1. Pallas n'emporte pas tout l'appui d'Agrippine, id. Brit. m, 3. Toi-même tu l'as vu courir dans les combats Emportant après lui tous les cœurs des soldats, id. Bajai. i, t. Le roi qui m'attendait au sein de ses Etats, Vit emporter ailleurs ses desseins et ses pas, m. Mithr. i, 3. Ma mort n'emporte pas tout le fruit de vos feux, id. Iphig. V, 3. J'emporte de ce château et du philosophe qui l'habitait, un souvenir heureux qui ne s'effacera jamais de ma mémoire et de mon cœur, m* DE GENLIS, Veill. (iu chdt. t. U, p. 435, dans POL'GENS. Il L'alné emporte les deux tiers du bien, les deux tiers du bien sont dévolus à l'aîné. || 3° Il se dit aussi des choses qui entraînent, emmènent avec soi. L'inondation a emporté les ponts. La terre nous emporte dans son mouvement diurne et annuel. Il écrit, et les vents emportent sa pensée. Qui va dans tous les lieux vivre et s'entretenir, lamart. Harm. ii, <o. || Autant en emporte le vent, se dit de paroles, de menaces, de promesses qui ne se réalisent pas. Il en est à mines discrètes Et d'un entretien décevant: Mais fiez-vous à leurs fleurettes; Autant en emporte lèvent, «• dk la vigne, dans richelet. Je disais, et les vents emportaient ma prière, lamart. dans le Dicl. de poitevin. || Terme de chasse. Le vent emporte la voie, se dit quand

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le vent empêche les chiens de sentir la voie. Un chien emporte la voie lorsqu'il suit ou chasse sans difficulté. Il *• Prendre, ravir. Les voleurs ont tout emporté. Par force ou par amour il croit vous emporter, CORN. Perlhar, v. ). Ces drapeaux glorieux Que de ce liras vainqueur j'emportai sous vos yeux , Ducis, Rnmt'o, I, 3. Il Terme de guerre. Emporter une place, s'en rendre maître de vive force. On eût emporté la ville, si toute l'armée eût donné, d'aiiLANCOURT, Àrrien, liv. i, dans richelet. || Emporter une place, un retranchement à la pointe de l'épée, l'emporter d'assaut; et fig. emporter quelque chose à la pointe de l'épée, l'emporter avec de ({ranils efforts. || 6° Fig. Entraîner moralement. Je Kmlte le plaisir s.ins en être emporté , bégnier, Éptt. 11. Il faut se laisser emporter i la foule, BALZ. liv. IV, lett. 30. Quoi I l'amour qu'en ton cffiur j'ai fait naître aujourd'hui T'emporte-t-il déjà jusqu'à mourir pour lui? CORN. Ctnno, v, !. Les sentiments de douleur qu'il en peut lépitlmement concevoir devraient du moins l'emporter à faire quelques reproches à celle dont il se croit trahi, et lui donner par là l'occislon de le désahuser, id. Examen de Mélile. Le souvenir des siens, l'orgueil de sa naissance L'emporte à tous moments à braver ma puissance, id. Iléracl. l, t. Et vous devez dompter l'ardeur qui vous emporte, m. Nicom. ii, 3. Ce que demande Horace au poêle qu'il instruit, quand il veut qu'il possède tellement ses sujets qu'il en demeure le maître et les asservisse à soi-même, sans se laisser emporter par eux, ID. dit. Préface. C'est un homme qui emporte le cœur, sév. 4 66 Je me suis laissé emporter au plaisir de.... id. 661. Ne vous fiez pas à votre puissance, et qu'elle ne vous emporte pas à des moqueries insolentes , Boss. Polit, m , 3 , <6. [Antiochus] exerce des cruautés inouïes: son orgueil l'emporte aux derniers excès, m. Hist. u, 6. Depuis ce temps, l'esprit de séduction règne tellement parmi eux qu'ils sont prêts encore à chaque moment à s'y laisser emporter, id. ib. il, 9. La fureur m'emportait, et je venais peut-être Menacer à la fois l'ingrate et son amant, bac. Andr. m, t. X quel excès de rage La vengeance d'Hélène emporta mon courage! id. ib. iv, 5. À ce plaisir se l.iissant emporter. Il pourrait bien, moins discret et moins sage, De l'avenir entr'ouvrir le nuage, malfil. Narc. ch. ii. || 11 se dit aussi des animaux. La frayeur les emporte [les chevaux] , hac. Phèd. v, 6. Il 6° Faire aller au delà de ce que l'on voudrait. Monsieur, cette dernière (abomination] m'emporte, et je ne puis m'empêchur de parler, mol. Don Juan, V, 2. Oh! ciel, je me serai trahi moi-même, la chaleur m'aura emporté, id. l'Av. i, 6. || 7° Causer la mort. Autrefois les famines emportaient des générations entières. Cette maladie l'emportera. Cette raison du moins en mon mal me conforte. Que, s'il n'est supportable, il fiudra qu'il m'emporte, rotb. Anlig. m, *. La fatigue et la blessure lui causèrent une fièvre avec un transport au cerveau qui pensa l'emporter, lesage, Diable boit. ch. 9. || 8° Détruire, faire cesser, faire disparaître. Le jus de citron emporte les taches d'encre. Une douleur que le temps emporte. Ce remède emporte la fièvre. Les faveurs du tyran emportent tes promesses; Tes feux et tes serments cèdent à ses caresses, corn. Cinna, m, 4. Le gouvernement ne retire que 6 481 25U livres; l'achat des matières, les frais de fabrication, les bénéfices du fermier emportent le reste, ratnal, llist. pliil. ix, 19. || 9» Couper, retrancher. Le boulet lui emporta un bras. On en donne ici pour trois écus [Je jeunes lions] qui sont les plus jolis du monde; en se jouant, ils emportent un bras ou une main à une personne, VOIT. Lett. 40. Il Par exagération. Le chat lui a emporté la main, lui a fait de très-fortes égralignures. || Fig. Emporter la pièce, railler d'une manière très-mordante. Il avait l'esprit enjoué, un ,ieu railleur; mais il raillait agréablement , sans ■importer la pièce, lesage, Sstev. Gomal. ch. 38. il 10° Obtenir, avec une idée d'effort, de force, du violence. Ouaiid le monstre infâme d'Envie.... Jette les yeux dessus ta vie, Et te voit emporter le prix Des grands cœurs et des beaux esprits, ualb. iv, 6. Ce que je méritais, vous l'avez emporté, corn. Cid, I, 7. Il suit toujours son but jusqu'à ce qu'il l'em porte, ID. Nicom. v, 4. En vérité, monsieur, quelque approbation qu'ait emportée votre nouvelle Jucasto , ID. Lettre à l'abbi de Pure, ti mars 4669. Ces grands rois qu'en tous lieux a suivis la victoire. Lui voyant emporter sur eux le premier rang, id. Andromède , Prologue. J'apprends plus contre vous par mes désavantages Que les plus beaux succès

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qu'ailleurs j'aie emportés Ne m'ont encore appris par mes prospérités, id. Sert, m, i. Vous seule d'un coup d'œil emportâtes la gloire D'en faire évanouir.... id. Othon, II, 2. Oui, le destin de Rome emporte l'avantage, haïr. H. d'Atdrub. m, i. Celui-ci sur son concurrent Voulait emporter l'avantage, LA FONT. Fabl. VIII, 4 9. Et si de t'agréer je n'emporte le prix. J'aurai du moins l'honneur de l'avoir entrepris , in. Fabl. Au dauphin. U n'est pas possible que de telles extravagances où l'impiété et l'absurdité combattent ensemble à qui emportera le dessus.... Boss. Var. xiu, 21. Il faut que la force, la magnanimité, la prudence et cent autres vertus soient le principe de ces victoires qu'on veut emporter sur les hommes, mascahon, Anne d'Autriche, ii. Fidèles qui jouissez dans le ciel d'un royaume que vous n'avez emporté que par la violence, MASS. Car. Élus. D'anciens tribuns du peuple et les principaux plébéiens se flattant d'emporter ces dignités parurent dans la place, vertot, flf'tioî. t. VI, p. 4 44. Ne soyez pas surprise si, bien que votre âme soit la plus sensible, la mienne sait le mieux aimer, et si, vous cédant en tant de choses, j'emporte au moins le prix de l'amour, J. J. houss. Ilél. I, ï. Il Absolument. Obtenir à force d'instances, faire prévaloir une opinion dans un conseil. Le célèbre Vauban emporta que la ville [de Namur] serait attaquée séparément du château, contre le baron de Bresse qui voulait qu'on fît le siège de tous les deux à la fois, st-sim. 4, 25. || Emporter un choix, le décider. Et l'offre pour Othon de lui donner ma voix Soudain en ma faveur emportera son choix, cobn. Othon, il, 4. Que votre seul mérite emporte ce grand choix, Sans que votre présence ait mendié des voix, ID. Pulch. i, 6. || Emporter la balance, déterminer la préférence. Ta beauté sans doute emportait la balance, corn. Cid, m, 4. Enfin votre ri;;ueur emporta la balance, rac. Bérén. i, 4. || Emporter quelque chose de haute lutte, l'obtenir, s'en emparer rapidement et malgré toute opposition. Il L'emporter, être plus pesant. X volume égal, l'or l'emporte de beaucoup sur l'argent. Il Fig. L'emporter, prévaloir. Je ne craignais pas que la cruauté des ennemis l'emportât sur votre clémence, vaigkl. Q. C. yi, to, dans richelet. Enfin vous l'emportez, et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à moi, corn. Cid, I, 3. Vous le direz [le mot de prochain], ou vous serez hérétique, et M. Arnauld aussi, car nous sommes le plus grand nombre; et, s'il est besoin, nous ferons venir tant de cordeliers que nous l'emporterons, PASC. ProtJ. 1. Sur l'intérêt des Grecs vous l'aviez emporté, rac. Iphig. iv, 4. Votre frère l'emporte et Phèdre a le dessus, id. Phèdre, il, 6. D'Esther, d'Aman, qui le doit emporter? id. Esth. 11, 9. Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi, w. Athal. n. 6. Dieu des Juifs, tu l'emportes, id. ib. V, <i. Il L'emporter, se dit aussi des choses. Il est juste que nous soyons affligés et consolés comme chrétiens, et que la consolation de la grâce l'emporte par-dessus les sentiments de la nature, pasc. Lett. à Mme Périer, 47 ocl. 4661. Sa table l'emporie sur celle d'un ministre pour la délicatesse et l'abondance, LESAGE, i)io(iîe boi(. ch. 4 8. Et l'intérêt commun l'emporta dans mon cœur, volt. Tancr.

1, 4. Il 11" Avoir pour conséquence. Ce crime emporte la peine capitale. La ruine de Rennes emporte celle de la province, sév. 227. Un oui affirmatif qui emporte l'acquiescement, boss. 11, .^nnonc.

2. Cette foi n'emporte-t-elle pas nécessairement une adoration? id. For. 6. Le mariage avec Perci emportait la nullité de celui.... id. ib. 7. Notre succession de pasteurs est fondée sur une notoriété universelle qui emporte l'aveu même de nos adversaires, PÊN. t. H, p. 9. Avoir du plaisir ou de la douleur n'emporte point en soi la capacité de rechercher l'un et defuir l'autre, bonnet, ffss. analyt. dme, ch. 49. Le droit de la défense naturelle n'emporte [loint avec lui la nécessité de l'attaque, montesq. Esp. x, s.L'une et l'autre (l'erreur et la vérité] , poussées au dernier degré, emportent conviction, chateaubr. 6Vn. ui, i, 3. Il Terme de procédure. La forme emporte le fond , elle prévaut sur le fond, et un simple défaut de forme peut faire perdre la meilleure cause. Dans le sens contraire, le fond emporte la forme, il prévaut sur la forme, jj (Comporter. Ils sentent bien qu'en disant que ces mots emportent la propre substance du corps et du sang, c'est faire clairement paraître que le dessein de Notre-Seigneur a été d'exprimer le corps et le sang. boss. ¥ar. m, $ 4 Les piliers de ces arches [d'un aqueduc près de Carthage ] emportent seize pieds sur chaque face , chateaubr. Itin.m, 488. || if S'emporter, ». rèfl.

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Btre emporté, 6té. Ces meubles s'emportent aisément. Il 18' Se lancer. Un limier le fait partir, U tâche à se garantir. Dans les forêts il s'emporte, la pont. Fabl. vi, 9. || Ne plus obéir, en parlant d'un cheval, d'un chien de chasse. || Terme de jardinier. On dit qu'un arbre s'emporte quand il pooss» en hauteur sans se garnir du bas, ou qu'une de SM branches se développe plus que les autres. || 14* 8s laisser aller à des mouvements, à des paroles, à des actes violents, passionnés. Il est difficile à un misérable de parler avec modération et de ne se pas emporter, vaugel, Q. C. vi, io, dans richelet. Il s'emportait parfois d'une noble insolence, tristan, M. de Chrispe, i, 3. Mon père, retenez des femmes qui s'emportent, corn. Ilor. 11, 8. Je veux, je ne veux pas, je m'emporte et je n'ose, id. Cinna, 1, 2. Ahl c'en est trop, et vous vous emportez, id.

ib. in, 3 Je m'emporte, et mes sens interdits

Impriment leur désordre en tout ce que je dis, id. Tite et Bér. 11, 6. Trop chaud ami qu'il est, il s'emporte à tous coups Pour un fourbe insolent qui se moque de nous, id. ta Veuve, v, 1. Faute de me connaître, il s'emporte, il s'égare, id. Nicom. 1, ». [Il] s'emportera sans doute et bravera son père, id. ib. I, 6. Mais, seigneur, je m'emporte, et l'excès d'un tel heur Me fait vous en parler avec trop de chaleur, id. S«rJ. 1, 3. Tel contre vous et moi s'osera révolter. Qui contre un si gran<l corps craindrait de s'emporter, id. Pulchér. m, 3. Le prince a dû recevoir une puissance indépendanie de toute autre puissance qui soit sur la terre ; mais il ne faut pas pour cela qu'il s'oublie, ni qu'il s'emporte, puisque moins il a de compte à rendre aux hommes, plus il a de compte à rendre à Dieu, boss. Polit. IV, II, 4. Rien ne peut m'ébranler; Jugezen, puisqu'ainsi je vous ose parler, Et m'emporte au delà de cette modestie. Dont, jusqu'à ce moment, je n'étais point sortie, bac. Ifilhr. iv, 4. Et d'un trÂne si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée; Je m'emporte, seigneur, id. Baj.u, 3. || S'emporter à, jusqu'à. Permettez que je me laisse emporter au ravissement que me donne cette pensée, corn. Poly. À la rein* régente. Hais tous deux s'emportant à plus d'irrévérence, ID. Poly. m, 2. Les gens de guerre connaissent qu'ils sont maîtres de donner l'empire; ils s'emportent jusqu'à le vendre publiquement au plus offrant, boss. Hitt. m, 7. Il n'y a certes qu'une extrême préoccupation qui puisse s'emporter à un tel reproche, m. Fragm. jur die. mat. de controverse, m. S'étant emporté mal à propos à quelques discours , hahilt. Gramm. ». Télémaque s'emporta jusqu'à menacer Phalante, pën. Tél. xvi. Il S'emporter dans, en. J'ai suivi tes conseils; mais plus je l'ai flattée. Et plus dans l'insolence elle s'est emportée; Si bien qu'enfin outréde tant d'indignités. Je m'allais emporter dans les extrémités, corn. Pomp. II, 4. Hélas! que je m'emporte en regrets superflus! volt. Brut, iv, 2. Je ne m'emporte plus en d'inutiles plaintes, 10. Olympe, v, 3. Il S'emporter de colère, de chaleur, se laisser emporter par la colère , par la chaleur. S'il est bien amoureux, il peut s'emporter de colère et tuer dans un premier mouvement, corn. Deuxième dise. U. de la Rochefoucauld, qui avaitplusdecceur que d'expérience, s'emporta de chaleur; il n'en demeura pas à son ordre, il sortit de son poste et chargea les ennemis, retz, if^m. u. Il Ellipse de se, avec le verbe laisser. Laissant emporter son esprit, qui manque naturellement un peu d'assiette, aux impressions précipitées de la surprise, vauven. Caract. xvui. || Se fâcher violemment, s'abandonner à la colère, il s'emporte pour rien. Il s'est emporté contre ses enfants. Ah! vous êtes dévot, et vous vous emportez! mol. Tart. 11, 2. Mon 'Dieu! tout doux; vous allez d abord aux invectives; est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble sans nous emporter? 10. Mal. im. 1, 6. Doucement, diras-tu, que sert d« s'emporter? boil. Sat. viii. Ah I sans vous emporter. Souffrez que mes efforts tâchent de l'arrêter, rac. Alex. I, 3. Elle, aussi fière que celles qui ont 1* plus d'innocence, et aussi prompte que celles qui en ont le moins, s'emporta sur un soupçon qui lui donnait plus de chagrin que de confusion, hamilt. Gromm. 9. || Dans le style très-familier. S'emporter comme une soupe au lait, se livrer subitement à un mouvement de colère qui ne dure pas longtemps. Cette comparaison est fondée sur ce que, quand le lait bout, il vient un moment où les bouillons s'èb'.vent tout à coup au-dessus de la casserole et se répandent si l'on ne la retire aussitôt. Cette locution offre l'exemple curieux et a.ssez commun chez nous d'une affection morale assimilée t un fait puremenl

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physique. 1| Proverbe. Le plus fort l'emporte, c'està-dire le plus puissant a toujours l'avantage.

— REM. « On emporte une place, dit Voltaire, on remporte un avantage, on a un succès, on n'emporte poiut im succès; c'est un barbarisme. » Il n'y a point de barbarisme ; les meilleurs auteurs au xvi* et au xvif siècle ont parlé ainsi; et il n'y a aucune raison pour ne pas parler comme eux.

— STO. EMPORTER LE PRIX, REMPORTER LE PRIX. La

particule réduplicative re a teUement perdu ici son sens propre, que l'usage seul a établi quelque différence, non dans le sens, mais dans l'emploi. On dit remporter un prix quand il s'agit des distributions de prix, des concours; en ce cas, emporter ne s'emploie pas. Mais, quand il ne s'agit pas de ces distributions, et surtout dans le style élevé, emporter est de mise. Emporter se prend surtout dans le sens superlatif, c'est-à-dire avec l'article le qui donne à prix le sens général : il emporte le prix. Mais, s'il s'agit de prix particuliers, on dira : il remporte un prix , des prix.

— HIST. XI* s. Se truis [si je trouve] Rolant, [il] n'enportera la teste [ne s'en ira avec la tête sur ses épaules], Ch. de Roi. Lxxni. ||xii' s. De Saragoce les clés [clefs] enporterez, Ronc. p. 31. Et je meïsme n'enporlerai la vie [ne reviendrai vivant] , ib. p. 83. Si m'emporta en som [au sommet d'] un pui moût grant, ib. p. 164. Il peut sa crois garder et estoier [ficber], Qu'encor l'a-il tele qu'il l'emporta [à la croisade], bues d'oisi, Romane, p. I04. |{ xiu' s. Tant que la vraie histoire [j'] emportai avec mi, Berle, i. Si comenda que ses cuers fust enfouis à Roem , et ses cors fust emportés àLondres et enfouis en la mère église, Chr. de Rains, 80. Et aucune fois ele [une société commerciale ] se fet en tele manière que li un emporte part au gaaing s'il y est; et se perte tome, il n'emporte point de perte, BEAUM. XXI, 33. Combien que il y ait de mariages et filles de cascun [chaque] mariage, et du deerain mariage fust uns hoirs malles [mâle], si emporteroit il l'ainsneece contre se [sa] sereur, id. xviii, 2t. Comment que uns autres enport les fruis d'un fief duquel je sui hoirs, je sui tenus à obéir, ID. xii, t2. ||xv' s. Et laira-t-on les Angiois convenir et les Portingalois aller et venir parmi le pays de Castille; ils n'emporteront pas le pays, quand ils s'en iront, avecques eux, proiss. ii, m, 6<. Le quSl Charolois rendit responoe, en disant que diable peust emporter ceulxqui faisoient tel, et qu'ils faisoient plus que on ne leur commandoit, JEHAN DE troyes, Chron. U65. S'il en a fait occision. Autant en emporte le vent; Gens pleins de dissolucion. On les doit corriger souvent. Recueil de farces, p. 38l. || xvi' s. Amy Gavan, on t'a fait le rapport Depuis un peu que j'estois trespassé : Je prie à Dieu que le deable m'emport S'il en est rien, ne si j'y ai pensé, marot, m, 60. Les mots de Moyse n'emportent sinon qu'il a imposé nom à l'autel, CALV. Imtit. 78. L'un et l'aultre de ces lieux moyens m'emporteroit aysement, mont, i, <i. 11 se laisse emporter à ce dernier accident, id. i, 6. Ainsin emporte les bestes leur rage à s'attaquer à....n>. I, 35. S'ib emportent la victoire sureulx, id. I, S4<. Si tu ne portes la douleur, elle t'emportera, ID. i, 304. Je n'estime point qu'en suffisance et en ijrace à cheval nulle nation nous emporte, id. i, 368. Capoue feut emportée le lendemain, id. n, 37. Un chien luy emporta le gras de la jambe, id. m, 302. On disait à Socrates que quelqu'un ne s'estoit aulcunement amendé en son voyage : Je crois bien , dict-il; il s'estoit emporté avecques soy, ID. i, 38. Emporter le prix, amyot, TMs. 22. Le sort la [Hélène] donna à'Theseus, qui l'emporta en la ville de Aphidnes, id. ib. 39. Leur risée emportoit tousjours, quand et elle, un doulx admonestement, id, Lyc. 63. Il y eut grande contention et grande contrariété d'opinions, toutefois à la fin la plus doulce l'emporta, ID. Cam. 73. La peste, oultre une multitude innumerable de peuple, emporta encore plusieurs magistrats, id. Cam. 74. Demosthenes, l'ayant souspesée, s'esmerveilla du poids qui estoit grand, et demanda combien de poids elle emportoit; et Harpalusen se rianj lui respondit : Elle t'emportera vingt talents; et sitost que la nuict fut venue, luy envoya lacouppeavec les vingt talents, ID. Démosth. 3«. Ceux à qui un gros boulet aura emporté un membre, pabé, ix, 40. Philippe, pour la grandeur de ses mérites, emporta, par la voix des doctes, le surnom d'Auguste, pasquier, iîech. m, 29.

— ÉTYM. Eni, et porter; bourguig. empotai; provenç. emporter. Emporter, c'est porter de là : lat. inde portare.

t EMPOTAGE (an-po-la-j'), s. m. Action d'em-

poter. Il Terme de cuisine. Bouillon dont on se sert

pour mouiller les potages.

— ÊTYM. Empoter.

EMPOTÉ, ÉE (an-po-tô, tée), part, passé. Des géraniums empotés. Des confitures empotées.

KMPOTER (an-po-té), v. a. Mettre en pot des plantes. || Mettre en pot des confitures, des conserves.

— ÉTYM. En 1 , et pot.

t EMPOCDRER (an-pou-dré), v. a. Couvrir de poudre, de poussière.

— HIST. xni* s. Ou se sa robe trop s'empoudre. Soulevez-la lui de la poudre, la Rose, 7285. || xv s. Et estoient leurs chevaux tout chargés et empoudrés, et aussi eux-mesmes, phoiss. ii, ni, 83.

— ÊTYM. Eni, et poudre.

■fEMPOUlLLÉ, ÉE(an-pou-llé, liée, JJ mouillées),

adj. Garni d'empouilles. 11 est défendu aux lalioiireurs de laisser vaguer leurs chevaux et bestiaux dans les terres empouillées, Àrrit du parlement, uaoût (787.

— ÉTYM. Voy. EHPODILLBS.

t EMPO0ILLES (an-pou-ir, Il mouillées), i. f. plur. Terme de droit coutumier. Les fruits de la terre encore sur pied, par opposition à dépouille, qui signifiait ces mêmes fruits, coupés ou moissonnés. Défenses sont faites à toutes personnes de laisser aller leurs poules ou poulets et autres volailles dans les empouilles, prés, sainfoins, luzernes, qui avoisinent les maisons, Àrrtt du parlement, 4 4 août 4 787.

— ÉTYM. Mot fait avec en i sur le modèle de dépouille, et, comme si dépouille était formé delà liréposition de, et de pouille.

t EMPOCPER (an-pou-pé), v. a. Terme de marine. Prendre un vaisseau en poupe, en parlant du vent.

— HIST. xvi* s. Lors un bon vent vint empoupper la flûtte, DU BELLAT, IV, 38, verso. Je prie à Dieu que vous puissiez empoupper vostre navire d'un vent heureux, pasquier, Lettres, t. m, p. 6S9,dans

LACURNB.

— ÊTYM. En *, eX poupe.

EMPOURPRÉ, ÉE (an-pour-pré , prée), part, passé. Teint de couleur de pourpre. Là s'élevaient trois arbres.... à leurs racines rampaient quelques baies empourprées, chateaubr. Gaul, 264. Et, vers l'occident seul, une porte éclatante Laissait voir la lumière à flots d'or ondoyer; Et la nue empourprée imitait une tente Qui voile sans l'éteindre un immense foyer, lamart. Harm. u, 2. |{ Revêtu de la pourpre. Archevêques , abbés, empourprés cardinaux, VOLT. Stances, 25.

EMPOURPRER (an-pour-pré), t>. a. Colorer de pourpre ou de rouge. Commençons par ce corps d'albâtre dont mon fils a publié les merveilles et qu'il appelle le temple de la blancheur; prenez vos scions, filles de la nuit, et me l'empourprez si bien que cette blancheur ne trouve pas même un asile en son propre temple, lapont. Pii/cft^, ii, p. (73. Bacohus lui-même aux vendanges Vient empourprer le raisin , fën. t. xxi , p. 294 . La flamme des vaisseaux

empourpre la voilure, v. hugo, Crép.i Le sang

empourprait d'un rouge plus ardent Sa crête dentelée [du serpent], id. Orient. 2». || S'empourprer, prendre la couleur de pourpre. L'horizon s'empourprait.

— HIST. XVI* s. J'empourpreroy mes plumes en mon sang, Pour tesmoigner la peine que j'endure,

— ÉTYM. En I , et poM/rpre.

fEMPOUTRERIE (an-pou-tre-rie) , $.f. Réunion

de deux poutres qui soutiennent le plancher du beffroi d'un moulin.

— ÊTYM. En 4 , et poutr».

EMPREINDRE (an-prin-dr'), j'empreins, nous empreignons, vous empreig-nez, ils empreignent; j'empreignais; j'empreignis; j'empreindrai; j'empreindrais; empreins, empreignons; que j'empreigne, que nous empreignions, que j'empreignisse; empreignant; empreint, tJ. a. || 1* Produire en relief ou en creux , par la pression sur une surface , une figure, des traits, etc. U empreignit son sceau dans la cire. || 2* Fig. Nous empreignons de notre être composé toutes les choses simples que nous contemplons, PASC. dans cousin. Dieu avait déjà empreint au dedans de lui [la roi] les caractères de la mort, MASS. Or. (un. Louis XIY. || 3* S'empreindre, V. réjl. Être marqué. Leurs pas s'étaient empreints sur le sable. Image fidèle des libres mouvements de l'esprit humain, cette longue histoire que je vous raconte doit s'élever, s'abaisser, s'empreindre de mille couleurs, ou riantes ou sévères, villeh. Littér. franc. 4 8* siècle, 2* part. 3* leçon.

— SYN. EMPREINDRE, IMPRIMER. CeS deUX mOtS

sont étymologiquement identiques, puisque tous deux reproduisent le vêrbe latin imprimere, l'un

EMP

sous l'ancienne forme française, l'autre sous la forme moderne. La différence que l'usage a misa c'est que imprimer est d'un usage plus (lendu. On dit également empreindre ou imprimer un sceau dans de la cire, empreindre ou imprimer un caractère; mais on dit seulement imprimer une étoffe, imprimer un livre. De plus, au figuré, on se sert presque exclusivement de imprimer.

— HIST. XIII* s. Dès ce que fui hors d'ignorance, Et que connui qu'estoit 1 onnours, Emprient a vo douce semblance. Dame, en moncuer loial amours,

A. DiNAUX, Trouvères artésiens, p. 'Jsa Cuer

qui l'amor Dieu maintient, Quant do ceste [amour] se s'ui emprient.... Fabliavx inss , n*7248, f 425, dans lacuhne. || xiv* s. Très dons peiisers en li empraint, maciuut, p. 26. || xvi* s. Car vostre œil qui fait offense Au cœur où vous est' emprainte, i la langue fait défense De vous à vousfaireplaincte, st-gelais, 4 88. Les règles de la raison que nature a empreintes en nous, mont, i, 64. La beauté de Stratonice trop vivement empreinte en son ame, ID. I, 92. Un bandeau, sur lequel y avoit des couronnes et des victoires empraintes et portraites do broderie, amyot, Timol. 42.

— ÉTYM. Provenç. enpremar; espagn. imprimir; ital. imprimere; du latin imprimere, de in, en, et premere, presser. In-primere, avec l'accent sur prt , donne régulièrement en-preindre. Plus tard d'imprimere on a tiré directement imprimer.

EMPREINT, EINTE (an-prin, prin-t'), port, passé d'empreindre. Marqué par impression. Un pied empreint sur le sable. Un conquérai t, dans sa fortune altière. Se fit un jeu des sceptres et des lois; Et de ses pieds on peut voir la poussière Empreinte rncor sur le bandeau des rois, bérang. le Dieu des Bonnes gens. Il Fig. La même majesté sur son visage empreinte, CORN. Pomp. n, 2. De qui même le front déjà pâle et glacé, Porte empreint le trépas dont il est menacé, ID. Œdipe, 1, 4. Ces sentiments d'erreur qui sont si empreints en nous-mêmes, pAsc. dans cousin. La marque infaillible d'inspiration divine qu'ils [les livres de l'Ancien Testament] portent empreinte dans le grand nombre et la suite des prédictions mémorables dont on les trouve remplis, boss. Uist. ii, 4 3, Et couvrent de Dieu même, empreint sur leur visage. De leurs honteux plaisirs l'affreux libertinage, BOIL. Sot. I. L'auguste majesté sur votre front empreinte, RAC. Esth. n, 7.

EMPREINTE (an-prin-f), S. /■. || I* Figure marquée par impression. Empreinte en creux, en relief. Je me tourmentais l'esprit pour deviner qui pouvait avoir pris des empreintes ou des modèles de mes clefs, lbsaok, Guim. d'Alfar. iv, 3. Dans le cabinet otl travaillait cet infatigable écrivain [Le Nain de Tillemont], on voyait l'empreinte de ses deux pieds marquée sur les carreaux qui étaient sous son bureau, SAINT-POIX, Ess. Paris, Œuires, t. III, p. 369, dans POUGBNS. Il Terme de géologie. Figures d'insectes, de plantes, etc. empreintes sur une roche. || Terme d'anatomie. Nom donné aux inégalités des os auxquelles s'attachent les fibres tendineuses et ligamenteuses. || 2*Kig. La foi de ses aïeux, ton amour et ta crainte Dont il porte dans l'âme une éternelle empreinte, malh. u, t. Ni l'air ni le vent ne portent l'empreinte de Dieu, Boss. Lett. Corn. 25. Elle s'arrête, et d'une douleur feinte, X tous ses traits elle donne l'empreinte, millev. Charlem. à Pavie, ch. I. Maintenant je cherche dans l'écola historique anglaise l'empreinte de Montesquieu et de Voltaire, en cette liberté philosophique, cette raison supérieure dont ils donnèrent l'exemple, VILLEMAIN, 4 8* tiècle, 2* portie, 3* leçon. Partout du doigt de Dieu reconnaissant l'empreinte Je courbe mon orgueil sous sa majesté sainte, c. delav. Vêp. sicil. Scène supprimée. Voyageur fatigué qui reviens sur nos plages Demander à tes champs leurs antiques ombrages, Â ton cœur ses premiers amours; Que de jours ont passé sur ces chères empreintes I LAMART. Harm. m, 4. || 3* Terme de peinture. Première couleur couchée uniformément sur la toile avant d'y dessiner le sujet du tableau. On dit aussi impression.

— HIST. xin* s. Quant autre conseil n'i puet mètre. Si taille emprainte de tel letre Qu'il lor donne formes veroies [vraiesj En coinz de diverses monnoies, la Rose, 46246. Et voit-on cler par ce seel [sceau] que l'empreinte du seel brisée est semblable au «eel entier, joinv. 204. || iiv* s. En tel pays que tu puisses veoir l'emprunte du pied sur l'herbe, Uodus, ms. f° 7, dans lacurne. || xv* s. Emprainte en plomb où est le visage de François de Carare en un costé, de labobde, Emaux, p. MO.

EMP

— ÉTYM. Empreint; provenç. emprenta. Empreiiile h aussi siKiiifié choc : N'il [les cieux] ne reçoivent pas empreintes, la Rose, (»I23. Nous reprenionscleceste empreinte la ville.... cari.oix, ii, ts. On remarquera la forme emprunte, qui a son analORue dans l'italien impronta, empreinte.

EMPKK.SSJÎ, ÉE (an-prè-sé, sée), ad/. || !• Qui metde l'empressement. Ses femmes, à tome heure, autoiird'elle empressées, rac. Alex.xv, «. En voyezvous un seul qui «ans rien entreprendre.... Aille, esclave empressé, lui demander des fers? m. ib. i, (. Inquiftte, empressée. Elle veut qu'à ses yeux j'explique ma pensée, ID. BMn. ni, t. || Empressé à. 'il, dans le seul loisir que Thémis t'a laissé, Tu lae verras souvent à te suivre empressé, noiL. ÉpH. VI. Et de tant de mortels à toute heure empressés X nous faire valoir leurs soins intéressés, KAC. F.slh. II, 3. Il Empressé de. AprÈs que vous l'avez tant de fois rejeté, ne revient-il paa [Jésus- Christ] à la porte de votre cœur, aussi empressé de votre salut, lorsqu'il vous appelle à la onzième heure, qu'il l'était en vous appelant à la première T Mass. Carême, Vrihe s. Leur chef est empressé de voir dans la Scythie Un guerrier qu'il connut aux champs de la Médie, volt. Scythes, l, 5. || Substantivement. Il fait l'empressé. Certaines gens, faisant les empressé», S'introduisent dans les affaires; Ils font partout les nécessaires. Et, partout importuns, devraient être chassés, la font. Fabl. vil , 0. Il i' En parlant des choses, qui a le caractère de l'empressement. Que n'avez-vous pour moi cette ardeur empressée? KjiC.Àlex. i, s. De ce sang précieux versé pour la patrie Nos secours empressés ont suspendu les flots, volt. Tancr. v, «.

— f.TYM. Voy. EMPRESSER.

EMPKESSEMENT (an-prô-se-man) , ». m. jj l'Action de s'empresser. Malgré l'empressement d'un curieux désir. Il faut, pour lui parler, allendreson loisir, CORN. Illus. com. 1, i. Ses douces conversations [de sa sœur Bénédicte] rétablirent dans le cœur de la princesse Anne ce que d'importuns empressements en avaient banni , boss. Anne de Goni Ou ne doisje impulerqu'à votre seul devoir L'heureux empressement qui vous porte à me voir? rac. Andr. a, 2. Quels empressements Vous dérobent sitôt à nosembrassements? ID. Iphig.a, î. Tout succède, madame, à mon empressement, ID. ib. m, ». Qui croirait que l'empressement pour les spectacles.... les repas.... les ballets.... couvrissent.... des passions si vives et des alTaires si sérieuses? la bruy. viii. Un homme qui ne témoignait aucun empressement, fén. Tél. VI. L'on aura assez d'empressement à servir l'État pourvu que.... id. «6. xn. Cet homme s'avançait avec empressement, in. ib. xix. Ces .«oins et ces empressements à cultiver l'estime des hommes, MASS. Car. Tiédeur, 2. Les soins, les intrigues, les empressements pour s'élever, le chagrin vif et profond de se voir devancé, id. Carême, Confession. Ainsi cette vivacité sur votre gloire, ces empressements à être distingué du cAté de l'estime, id. Car. Fautes légères. Des assujettissements et des ennuis mortels dont il faut même s» faire un empressement et un mérite, iD. Prof. rel. Serm. 4. Dans l'empressement d'être utile, elle avait oublié de se chausser, bïrn. de st-p. Paul et Virg. || 2° Actions témoignant qu'on s'empresse. Et je n'ai point pour lui ces doux empressements Oui d'un cœur paternel font les vrais mouvements, CORN. lléracl.y,3. J'aimai votre tendresse et vos empressements, id. Sertor. m, 4. H le faut bien payerde la même monnaie, Répondre comme on peut à ses empressements, MOL. Kis. i, t. L'ingrat est-il touché de mes empressements? rac. Bajat. i, 4. Je ne mérita plus ees doux empressements , id. Phèd. m, 4.

— HEM. 1. On dit également l'empressement de faire quelque chose et l'empressement à faire quelque chose. Il 2. Camus, évêque de Belley, dans une sorte de dissertation placée à la suite de s n roman d'Alcine, sous le titre d'Issu» awt censeurs, cite le mot empressement comme nu tvme contesté ; le roman est de IS26.

— ÊTYM. Empresser,

EMPItES.SKR (S') (an-prà-«é), e. réfl. \\ !• Se hâter. 11 s'empresse de parler. Je m'empressai de l'avertir. || 2" Se presser autour pour témoigner de l'afTection, du respect, de la poUtes.se. Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous caresse, La cour aulour de vous ou s'écarte ou s'empresse, rac. Bril. IV, t. Ou même s'empressant aux autels de Baal, ID. Athal. I, i. Un autre s'empressait auprès de la Midleton, bamilt. Gram. «. Du peuple qui l'aimait une troupe en furie S'empressant près de lui... , VOLT. Alx. V, «. Il 8* Témoigner de U pressa, de

EMP

l'ardeur pour. En vain à mon secours votre amitié s'empresse, rac. TMb. v, ». S'empreaae-t-il as.sez pour jouir d'une vue Qu'avec tant de transports je croyais attendue ? id. tphig. ii , ». Narcisse plus hardi s'empresse pour lui plaire, id. Brit. v, 8. Il S'empresser à. Tout l'univers.... S'empresse k l'effacer de votre souvenir, rac. Brit. n, 3. I-es pontifes du Seigneur et les rois do la terre s'empressent à lui offrir [à St François de Paule] des établissements dignes de lui, mass. Panég. St Franc. Les Anglais surtout, qui firent la guerre dans son diocèse [deFénelon), s'empressèrent à lui témoigner leur respect, volt, ioui» XIY, 8». Plusieurs gens de lettres s'étaient empressés à lui plaire, I. J. R0US8. Conf. m. || S'empresser de. Vos généreuses mains s'empressent d'effacer Les larmes que le ciel me condamne k verser, volt. Uahom. i, 2. .... l'honneur Que les grands de l'État s'empressent de vous rendre, lemerc. Clovit, v, 9.

— REM. S'empresser, signifiant témoigner de la presse, de l'ardeur, veut indifféremment à ou de avec l'infinitif suivant; signifiant se faiter , U veut de.

— HIST. xm* s. Moult i avoit bêles gelines : Gonbert de Kresne les paissoit. Qui de pondre les enpressoit, Ben. )0004. || xv* ». Le roy fut si très fort empressé de ses ennemi», qu'il se partit tout abandonné de ses gens, monsthel. t. i, f* 30, dans la- OORNE. Il XVI* s. Ne fait icy à demander s'il fut bien empressant à l'entour de ceux qu'il sçavoit avoir envers ledit seigneur plus grand et favorable accez, pour luy ayder et tenir main à impetrer son congé,

u. DD BELLAY, 405.

— ÊTYM. En \ , e\. pretser.

t EMPRIMERIE (an-pri-me-rie), t. f. Terme de tannerie. Grande cuve pourmettre à rougir les cuirs.

— ÊTYM. Imprimer.

t EMPRISE (an-pri-z'), j. f. Ancien terme militaire. Entreprise chevaleresque. || L'emprise à l'ècu pendant, exercice de l'ancienne chevalerie, qui gardait des pas ou passage» sur les ponts et grands chemins, là où les chevaliers pendaient leurs écus et se tenaient prêts à jouter contre tons ceux de pareille qualité qui viendraient toucher ces écus du bout de leur lance. || On nommait aussi emprises d'armes les jeux militaires des chevaliers.

— HIST. xm*s. Geste emprise fuatirée [arrangée] à passer le jour de quaresme prenant, jomv. 224. Il XV* s. Afin qne honorables emprises et nobles aventures soient notablement registrées, froiss. Prol. Il xvi* s. Hardis feront des omijrises si belles. Que le vieil temps n'en sera le vainqueur, rons. «84.

— ÊTYM. Empris, participe d'emprendre, usité au lieu d'entreprendre ; de «n ) , et prendre ; provenç. empreîo; espagn. empresa; ital. impresa. Emprise avait le même sens qu'aujourd'hui entreprise.

EMPRISONNÉ, ÉE (an-pri-zo-né , née), part, passé. Mis en prison. Emprisonné par arrêt de justice. .... Ce lieu les tient emprisonnés, lemerc. Frédég. et Bruneh. Il, 5. || Fig. Retenu. Emprisonné par le mauvais temps. Un fleuve emprisonné dans son lit par une digue. Quel dégoût vient saisir mon ftme consternée. Seule dans elle-même, hélasl emprisonnée? A. cHÉN. Élég. XII.

EMPRISONNEMENT (an-pri-zo-ne-man) , ». m.

Action d'emprisonner; état de celui qui est emprisonné. Le jour de son emprisonnement Rome

met-elle au nombre de vos droits .... Les emprisonnements, le rapt et le divorce? rac Brit. m, 8. Il Peine en matière correctionnelle, distincte de la réclusion et de la détention, qui .sont des peines en matière criminelle. || Emprisonnement cellulaire, peine par laquelle les condamnés sont retenus en des cellules complètement solitaires.

— HIST. XIV" s. Et les autres transmutacions sunt violentes et manifestes, si corne batterie, emprisonnement, mort et estre tué, obesme, Eth. I45.

Il XVI* s Et de jour, pour plus d'infamie. Firent

mon emprisonnement, marot, n, 243. L'admonestant d'oublier plus tost la cause de son emprisonnement que de se souvenir de la délivrance, AMTOT, Olhon, 4.

— ÊTYM. Emprisonner.

EMPRISONNER (an-pri-zo-né), e. tt. || 1* Mettra en prison. On l'a emprisonné comme suspect. Mais il s'est vu tantôt emprisonner; Cette offense en son cœur sera longtemps nouvelle, rac. Brit. iv, b. Il 2* Par extension, retenir, empêcher de sortir. Et pour m'en détourner [m'éloigner d'un champ de bataille]. Cet amant généreux me fait emprisonner, RAC. Alex, m, t. Dans le fond du sérail ils vont l'emprisonner, dei.av. Paria, i, 2. || Il se dit aussi, dans laUngaga technique, des gaz ou des li-

EMP

quidos qui se trouvent retenus. La trempe emprisonne les gax dan» le» pores moléculaires en s'opposant à la cristallisation, à laquelle la présence de» gaz apporte un nouvel obstacle, cizakcoijrt, Acad. des Se. t. Lvii, p. .1(8. Il 3* S'emprisonner, o. réfl. Se tenir reclu». Il s'emprisonna tout le temps que dura sa mauvaise humeur. || Fig. Être renfermé. Il est bien assuré que l'angoisse qu'il porte Ne s'emprisonne pas sous les clef» d'une porte. Et que de tous cAtés elle suivra ses pas, halr. i, 4.

— HIST. XII* 8. N'a pas l'avoir [la richesse] qui l'enprisone. Mai» cil qui le despent et done , ches- TiEif de TROIE, dans ROLLAND, p. 4. Rnsement some» çà dcdcnz enserré, Comme li hom» qui est enpri- .■-onnez, la Prise d'Orange, v. «8. Les chevals saint Thomas tuz ensemble enmenerent; Ses humes et ses clers , là où il les troverent, Pristrent od lur aveir, e sis [ainsi les] enprisunerent. Th. le mart. (52. Quant Gautier» voit son oncle empri.sonné [fait prisonnier]. Tel duel [deuil] en a, le senquido derver [il pense perdre le sens] , Baout de C. t B». Il XIII* s. Qui bien veut amor descrivre, Amors est et maie et bone; Les emprisonnés délivre. Les délivrés emprisone; L'un fait morir, l'autre vivre, X l'un toit [prend], à l'autre done, llist. littéraire dt la France, t. xxiii, p. 7B3. Li crizdcs amprisonnez viegne à lateue [tienne] sainte pitié. Psautier, 1* 97, Si m'en aim et amerai, Kant si sagement. Par mon hardement. M'emprisonnai [devins captif de ma dame], Bibl. des Charles, t. v, 4* série, p 482. Si tost qu'il est denoncié au bailli par gens creables, il le doit penre et emprisonner de son office, BEAUM. 41. Il XV* s. Vueilliez vos yeulx emprisonner, Et sur moy yilus ne le» jectez; Car quant vous plaist me regarder. Par Dieu, belle, vous ma tuez, en. d'orl. Bail. 2. || xvi» s. Fabrice, en la bataille de Ravenne, combattant vaillamment et enfonçant furieusement un gros de cavalerie françoise, fut fort blessé et emprisonné [fait prisonnier], bhant. Capit. estr. t. i, p. )06, dan» lacdrnb.

— ÊTYM. En t , ei prison; provenç. empretsonar ; ital. impriginnare.

t EMPROSTHOTONOS (in-pro-sto-to-nos'), ». m. Terme de médecine. Contraction tétanique dans laquelle le corps est infléchi en avant.

— ÊTYM. 'En'rtpoffOtv, en devant, et t6vo<, contraction.

EMPRUNT (an-prun; Is ( se lie : un emprun-t à des amis; au pluriel, 1'» se lie :des an-prun-z excessifs) , J. m. Il 1* L'action d'emprunter; la chose empruntée. Je suis arrivé en un pays où l'on ne parle ni d'édits de subside.- . ni d'emprunts sur le peuple, VOIT. tell. 88. L'emprunt que fait le fils de l'avare [dans la pièce de Molière] , sÉv. «05. Ce qu'il» trouvaient le plu» lâche après le mensonge, était de vivre d'emprunt, boss. Hitt. m, 6. || Terme de finance. Il se dit des sommes qu'un gouvernement, une commune, une grande entreprise obtient par les souscriptions volontaires des particuliers, à la condition d'en servir les intérêts. || Kmprunt forcé, somme qu'un gouvernement lève par emprunt, c'est-à-dire avec la promesse de rendre, mais sans laisser aux citoyens la possibilité de refuser de prêter. Il Emprunt forcé se dit aussi, entre particuliers, d'un prêt qu'on ne veut pas ou ne peut pas refuser. Il Caissse d'emprunt, caisse qui fut établie à Paris de ^»^3 à <7i«, et où chaque particulier était admis à faire valoir ses fonds. || 2* Fig. Cet auteur a soin de cacher les emprunts qu'il se permet. Elle me dédaigne, et me préfère un autre Qui n'a pour tout pouvoir qu'un faible emprunt du nôtre, corr. Attila, m, I. Cette nature abondante ne refuse pas d'alleràl'emprunt, boss. m, Annont. 1. 1| D'emprunt, loc. adj. Factice, qui n'est pas propre au sujet.

Erudition d'emprunt. Faprit d'emprunt L'une

paraît gentille, Pour s ivoir se .servir d'une beauté d'emprunt, Mettre un visage blanc sur un visage brun, reonard. Je Bal, 7. ij Par emprunt, Joe. adv. Accidentellement, indirectement. Us n'ont tenu la puissance que par emprunt, boss. Hist. m, 7. J'ai encore une chose à vous dire, dans ma confession générale, c'est que je n'ai jamais été gai que par emprunt, volt. Lett. Bichelieu, <9 août I7B«. Il î* Sorte de jeu de cartes à 3, 4, K ou « personnes, et qui se joue avec des jeux de cartes complets, ou jsiii de B2 cartes. || 4* Terme d'eaux et forets. Arbre d'emprunt, arbre d'une ancienne vente, marqué pour servir de pied-comier à une veWe nouvelle.

— HIST. XIII* s. Celui de qui la chose est, et à qui l'on la requiert à emprest, ne la prestera ja s* il ne viaut [veut] , Ass. de Jér. i, «93. || xv s. Toute» voies il considéra que le couroucer na lui pou»

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voit rien valoir; si en fit le meilleur semblant comme il put, par emprunt, etleurdit...., frobs. i ,

— ÉTYM. Voy. EMPBDNTER ; provenç. emprumpt. EMPRUNTÉ, ÉE(an-prun-té, tée), part, passé.

Il 1° Obtenu par emprunt. De l'argent emprunté. Il 2° Par extension. Un mot emprunté du latin. Il Terme de musique. Accords empruntés, ou accords par emprunt, accords qui ne peuvent ee pratiquer que dans les tons mineurs, et qui empruntent leur perfection d'un son qui n'y parait point. Il 3" Qui n'est pas sien , pris par une sorte d'emprunt. Et sans chercher ailleurs des titres empruntés. Ne vous suffit-il pas de ceux que vous portez? rac. Andr. iv, B. Moi-même, revêtu d'un pouvoir emprunté. J'ai cent fois.... Tenté leur patience, et ne l'ai point lassée, m. Brit. iv, 4. Déguisée sous des habiu empruntés, mass. Carême, Confess. || Ce livre a jiaru sous un nom emprunté, ilaparusous un autre nom que celui de son auteur. Conter une histoire sous des noms empruntés , la conter sous de faux noms. C'est là presque l'unique moyen qui reste à la vérité d'approcher des princes et de leur montrer, sous des noms empruntés, leurs devoirs et leurs défauts, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vii, p. 306, dans LACUBNE. Il 4° Factice, faux. Rien n'est faux ni emprunté chez elle, sêv. 4 67. Chacun chercha pour plaire un visage emprunté, boil. ÉpU. ix. Même elle avait encor cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage.... rac. Athal. m, 6. Il B" Embarrassé, gauche, en parlant des personnes ou de ce qui a rapport aux personnes. Un air emprunté. M— la duchesse de Chartres se trouvait tout empruntée à St-Cloud , comme en pays inconnu ,

EMPRUNTER (an-prun-té) , V. a.\\l' Obtenir à titre de prêt. Emprunter de l'argent, un cheval, un livre. Il Absolument. Ceux qui empruntent sont bien malheureux, mol. l'Avare, ii, 4. Bientôt, pour subsister, La noblesse sans bien trouva l'art d'emprunter, BOIL. Sat. V. Pour empêcher les emprunts d'où naissent la fainéantise, les fraudes et la chicane, le roi Asychis ne permettait aux Égyptiens d'emprunter çpi'à condition d'engager le corps de leur père à celui dont on empruntait , boss. Uist. m , 3. Il emprunte de tous côtés, pour se cacher à lui-même sa misère, id. la Yallière. \\i° Tirer de, prendre de, recevoir de. La lune emprunte sa lumière du soleil. Les magistrats empruntent leur autorité du pouvoir qui les institue. Aimez donc la raison, et que tous vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix, boil. Art p. l. Virgile a emprunté d'Homère quelques comparaisons, quelques descriptions, volt. Ess. sur la poésie ep. chap. 3. X-es Grecs ont emprunté des Egyptiens l'idée et la forme des temples, barthél. Anach. ch. xn. ]1 [Napoléon] compte sur cette puissance d'illusion que lui donne sa renommée; jusqu'à ce jour, elle a emprunté de lui une force réelle et immanquable; il s'efforce donc par des raisonnements spécieux de soutenir la confiance des siens, et peutêtre aussi le faible espoir qvii lui reste, sÉo. Hist. de Napol. vm, 41. || Absolument. Voilà oïl elle [l'âme] est tombée quand elle a voulu emprunter des sens; mais ce n'est pas encore là la fin de ses maux; car ces sens dont elle emprunte, empruntent eux-mêmes de tous côtés, Boss. la Vallière. Il 3° Avoir recours à, employer. Sans emprunter ta main pour servir ma colère, corn. Ct'nno, m, ♦. J'emprunte du secours et le fais hautement, m. Nie. m, 8. Vos deux filles, seigneur, ont emprunté ma voix, Et leur cœur par ma bouche expliquait leurs misères, mairet, Ifort d'Asdr. in, 4. Ne saurait-il rien voir qu'il n'emprunte vos yeux? bac. Brit. i, 2. L'insolent de la force empruntait le secours, id. Phèd. IV, 4. Et j'irais pour ma cause emprunter d'autres bras! volt. Triumv, iv, 2. 114" Se couvrir d'une fausse apparence. Emprunter le masque de la vertu, le langage de l'humanité. 11 faut d'un suppliant emprunter le visage, rac. Uithr. m, 4. D'Achille qui l'aimait, j'empruntai le langage, ID. Iphig. I, 6. ||6' V. n. Terme d'organiste. Lorsque, le sommier n'étant pas bien fermé, le vent qui doit aller dans un tuyau entre dans un autre, on dit : ce tuyau emprunte. || 6' Terme d'arithmétique. Se dit, dans l'opération de ia soustraction, pour prendre une dizaine au chiffre placé à la gauche du chiffre supérieur trop faible pour que la soustraction se fasse. || 7° S'emprunter, v.rift. Être obtenu par emprunt. Il y a des choses qui ne peuvent s'emprunter.

— aEM. Outnd le régime indirect d'emprunter est un nom de chose, il faut de : la lune emprunte

sa lumière du soleil; quand c'est un nom de personne, on met indiltéremment d ou de : j'ai emprunté mille francs de mon ami ou à mon ami.

— HIST. xu* s. Respondi li prophètes :Va, emprunte de tes veisins vaissels vuidz et mulz. Rois, p. 366. Il XIII* s. Dont empruntèrent li message dui cens mars en la ville, et les baillèrent au duc, villeh. XX. Adonc avint que li rois de Cypre en ala à Acre et vot emprunter deniers à un bourjois, Chron. de Rains, p. 47. Et s'il n'a nul home [pour un jugement par pairs] , il les doit emprunter à son segnor, et 11 sires y est tenus à prester, beaoh. 46. Li pechierres empruntera et ne soldra mie, Psautier, f* 45. Par foi, Hiamont, trop par as mal erré, Quant sans ton père t'es à Carlon mellé ; Car ci François ne sunt mie empruté; Bien nous chalengent la lor grant hérité, Agolant, p. 4 72. Ne semble pas chevalier empruté, ib. p. 463. Au partir que il firent d'Acre, le conte de Poitiers empronta joiaus à ceulz qui râlèrent en France, joinv. 267. Dame, bien soiez venue. Dit li moines, et bien trouvée. Celé ne fut pas empruntée, Ainz tert [essuyé] ses ieux, si lui respond, Fabliaux, 2* éd. p. 246. || xiv* s. Furent maintes dames parées, Pas ne sembloient empruntées, Chastelain de Couci, v. 908. Le dit Jehan emprinta de la Maison-Dieu de Bourges huit liz granz, Bibl. des Chartes, 4' série, t. ii, p. 68. Il XV* s. Quel couleur [du drap] vous semble plus belle ?.... Ti'l que vous le pourrez avoir; Qui emprunte n'y choysist mye. Patelin. Furent empruntez cinquante mille ducats d'un marchand de Milan, coMii. vu, 4. Il ivi* s. Ce sont advântages empruntez, non pas nostres, momt. i, 242.

— ÉTYM. Berry, empréter, empreuter; ■wallon, epronter; ital. improntare. Diezj trouvant le valaque imprumût, emprunt, imprumutâ, emprunter, qui paraît venir du latin promufuum, un prêt, regarde le mot français comme ayant même origine. Mais im-promtifuum, avec l'accent sur mti aurait donné sans doute comme dans le valaque impromut et non emprunt; du moins c'est là une grave difficulté. Scheler essaye de la lever en recourant non au substantif, mais au verbe : verbe fictif impromutuare, d'où impromptuare , impromptare. Ce qui gêne un peu, ajoute-t-il, c'est la voyell.; u pour le latin o. Cette difficulté de l'u pour l'o subsiste dans l'ancienne étymologie im-promptare , qui en aune autre, c'est que impromptare, qui vient par promptus, de promere , produire fournir, devrait signifier prêter et non emprunter. Remarquons toutefois que, à côté d'emprunter, se trouve le Berry empréter et l'ancien français emprest (voy. empbunt, à l'historique) ; ceux-là viennent certainement de en, et prasstare. On notera las formes citées à l'historique, empruter, emprinter, qui, réunies au Berry empreufer, semblent indiquer une incertitude entre ces formes. Il faut donc admettre que imprxstare, qui, naturellement, signifierait prêter, aprislesens d'emprunter. Impromptare, de son côté, a reçu dans l'italien inprontar la double acception, celle de prêter qui est directe, et celle d'emprunter qui est inverse. De cette discussion on peut conjecturer qu'une confusion s'est faite entre impromutuare et impromtare ; que l'u de promutuum s'est fait sentir dans emprunt ; que prompfare se retrouve dans le wallon epronfer et l'italien improntar, etprxstare, dans l'ancien français emprest et le Berry «mpr^ler.

EMPRUNTEUR,' EUSE (an-prun-teur, teû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui emprunte, qui ne fait qu'emprunter. Le prêteur et l'emprunteur. C'est un hardi emprunteur. Que faisiez-vous au temps chaud. Dit-elle à cette emprunteuse î la font. Fabl. I, 4. Il Adj. Personne très-emprunteuse. Depuis que je travaille pour vous, les ressorts de mon esprit emprunteur sont diablement usés, regnabd, Sérénade, se. 4 1. Ici gît un prélat d'emprunteuse mémoire Qui toujours prit et jamais ne rendit; Seigneur, s'il est dans votre gloire , Ce ne peut être qu'à crédit, vers cités dans le Dict. de bescherelle.

— HIST. XIII' s. Et dusques au terme li emprunteres en pot fere son preu et mètre en son porfit,

beaum. xxxvii, i.||xv* s tousdis [toujours] ^t

il d'emprunteurs Plus assez qu'il n'est de presteurs, EUST. DESCH. Poésies mss. f 407, dans laciibne.

— ÉTYM. Emprunter.

+ EMPSYCHOSE (an-psi-.kô-z'), s. f. Terme de métaphysique. Union de l'âme et du corps.

— ÉTYM. "EininJxuffic, de iv, en, et<In<y.^, âme (voy. psychique).

EMPUANTI, lE ( an-pu-an-ti , tie), part, passé d'empuantir. Lieu empuanti par une charogne.

EMPUANTIR (an-pu-ao-tir), «. o. || 1° Infecter de mauvaise odeur. Cet égout empuantit le quar-

tier. Avec ces torches de poix dont ils empuantissent U ville, HAMiiT. Gramm. 7. || a* Fig. C'étaient bien les plus grandes salopes qui aient empuanti le ber> cail du Seigneur, J. t. souss. Conf. u. || S'empuantir, V. réfl. Devenir puant. Les eaux de cette mare s'empuantissent.

— HIST. XV* s. Pour combattre et résister aux entreprises des faux et empuantis hérétiques, monstrelet, 288. Il xvi* s. L'odeur feut aultre que cuidois, J'en feus du tout empuanti, bab. Carg.i,ii.

— ÉTYM. En 4 , et puant ; génev. empuanter. EMPUANTISSEMENT (an-pu-an-ti-se-man), ». m

Etat de ce qui s'empuantit. L'empuantissement dei eaux.

— ÉTYM. Empuantir.

t EMPUSE (an-pu-z'), s. f. || !• Terme de philosophie au xvi* et au xvii" siècles. Nom donné aux fausses idées, aux imaginations qui ne peuvent avoir d'existence. || 2° Terme de zoologie. Genre d'orthoptères de la famille des mautiens.

— ÊTYM. 'Eiinouaa, sorte de spectre envoyé par Hécate, sous mille apparences diverses.

EMPYÈME (an-pi-ê-m'), s. m. Terme de médecine. Au sens propre qui n'est plus usité, collection de pus. Il Par extension, toute collection séreuse, sanguine ou purulente dans la cavité des plèvres. Il Opération par laquelle on pratique une ouverture pour donner écoulement à ce dépôt.

— HIST. XVI' s. Ouvrir un empyeme , paré , Préf. Si le pus vient des poulmons, ou d'une empyeme ou du foye, id. xv, 62.

— ÊTYM. 'E|*7iij»i(ia , de iv, en, et nOov, pus (voy. pus).

t EMPYOCËLE (an-pi-o-sè-l'), ». f. Terme de chirurgie. Abcès du scrotum, de la tunique vaginale.

— ÉTYM. "EiiTTuov, abcès, et xnXrt, tumeur.

t EMPYOMPIIALE (an-pi-on-fa-l'), «. m. Terme de chirurgie. Abcès du nombril.

— ÉTYM. "EjjiTruov, abcès, et Ojjuya^è;, nombril.

f EMPYRÊAL, ALE (an-pi-ré-al, a-l'), adj. Terme didactique. Qui se rapporte à l'empyrée.

— ÉTYM. Empyrée.

EMPYRÉE (an-pi-rée), s. m. || 1' Selon les notions de l'antiquité, la plus élevée des quatre sphères célestes, celle qui contenait les feux éternels, c'està-dire les astres. Il Plus tard, le ciel des fixes, exclusivement au ciel ies planètes. Ce temple où Jupiter, avec tant de splendeur, Est descendu, dit on, du haut de l'empyrée, volt. Minos, m, 4. || Poétiquement. Le ciel. Les brillantes étoiles de l'empyrée. L'œil aime à parcourir la voûte Où son disque [de la lune] trace la route Des astres noyés dans les airs, X compter la foule azurée Des étoiles dans l'empyrée Et des vagues au bord des mers, lamart. Ilarm. i, 40. || 2° Le séjour des bienheureux. || Fig. Etre dans l'empyrée, être dans un lieu de délices. Que regretterais-je en ces lieux ? Pour moi je suis dans l'empyrée, volt. Lett. en vers et en prose, 40. Il Dans un sens ironique. Être toujours dans l'empyrée, être dans les nuages, ne savoir ce que l'on dit, à force de chercher le sublime. C'est dans ce sens que Piron donne ce nom à son métromane : Votre nom, maintenant, c'est donc?... De l'Empyrée. Et j'en oserais bien garantir la durée. — De l'Empyrée, oui-da, n'ayant sur l'horizon. Ni feu ni lieu qui puisse allonger votre nom. Et ne possédant rien sous la voûte céleste, Le nom de l'enveloppe est tout ce qui vous reste, Uétromanie, l, «. Il 3' Adj. Le ciel empyrée.

— HIST. XVI' s. Et comme au ciel empire Te louent les anges. En ce monde j'aspire Qu'on to donne louanges, Les marguer. de la marguer.

f 4 24, dans LACUBNE.

— ÉTYM. Provenç. empirey ; espagn. et ital. empireo ; de iv, en, et itùp, feu.

EMPYREUMATIQUE ( an-pi-reu-ma-ti-k') , adj. Terme de chimie. Qui tient de l'empyreume. Huile empyreumalique. Odeur empyreumalique.

— ÉTYM. Empyreume.

EMPYREUME (an-pi-reu-m') , s. m. Terme de chimie. Goût et odeur particulière et désagréable que contractent les substances animales ou végétales soumises à la distillation.

— HIST. XVI' s. Ces remèdes estent l'empyreume, qui est la chaleur estrange imprimée en ia partie hruslée, et appaisanl la douleur qu'elle excitoit. paré , X , 8. La décoction doit estre faite pour le mieux in balneo marie afin d'éviter un empyreume, c'est à dire impression ignée qui s'acquiert par bouilli simplement devant le feu, id. xvi, 8.

— ÉTYM. 'Eiiitûfsuiia, de iv, en, et irtp, feu (voy. pyrite).

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