ÉMULE
É.MULE (é-mu-l'), s. m. elf. || 1' Celui, celle qui rivalise avec un autre dans les choses louables. Autrefois notre émule, à présent notre appui, volt. Tancr. i, 4. En parlant de M. Bernoulli, je ne tenterai point de l'apprécier, et encore moins de prononcer entre lui et ses illustres émules, condorcet, Daniel Bernoulli. \\ Au fdm. Carthage fut la puissante émule de Rome. Je sais.... Que Londre est de tout temps l'émule de Paris, volt. Uenr. i. Il En mauvaise part. Ah I parmi ces flatteurs, émules d'infamie, Une ICte innocente est bientôt ennemie, H. J. ciién. Tibère, l, 4. || 2''Fig. L'amiante allongeant ses membranes soyeuses. Oui, se changeant en fil, donnent ce tissu fin. Triomphant de la flamme et l'émule du lin, uelille, dans le Diet. de BESCRERELLE. Nous nous disions que c'était là [.Moscou] le terme promis à nos travaux; qu'enfin nous allions nous arrêter, puisque nous ne pouvions plus être surpassés par nous-mêmes, après une expédition noble et digne émule de celle d'Egypte, et rivale heureuse de toutes les grandes et glorieuses guerres de l'antiquité, siouR, llitl. de Nap. viii, 4.
— SYN. ÂHULE, éuoLATEtJR. Ces deux mots ne diffèrent que par la terminaison; et c'est dans la terminaison qu'il faut cherclier la nuance qui les distingue. La finale ateur exprime l'action; et dès lors tandis que émule ne représente que l'étal d'émulation, émulateur en représente l'action.
— ETYM. Lat. «mulus.
ÉMCLGENT , ENTE (é-mul-jan , jan-l') , adj. Terme d'anatomie. Se dit des vaisseaux qui appartiennent aux reins. Artères, veines émulgentes, les artères, les veines du rein.
— HIST. XVI* s. La quatrième [veine] va aux reins, et pour ce est appelée rénale ou emulgenle, parce qu'elle succe et tire le sang de la masse sanguinaire, PARÉ, I, 22.
— ÊTYM. Lat. emulgem, de emulgere, de e, et mulgere, traire.
ÉMCLSIF, IVK (é-mul-sif, si-v'), adj. Dont on peut tirer de l'huile par expression. Lé chènevis est émulsif Semences émulsives.
— ÊTYM. Voy. ÉMULSION.
t ÉMULSINE (é-mul-si-n'), ». f. Terme de chimie. Principe albuminoide qui existe dans les amandes, et qui favorise l'émulsion de l'huile d'amandes.
ÉMCLSION (é-mul-sion), *. f. Terme de pharmacie. Préparation extraite des semences émulsives et qui a ordinairement la couleur blanche et l'opacité du lait. Faire une émulsion avec des amandes.
— HIST. XVI' s. Une émulsion de semence papaveris albi, paré, vm, 44.
— ÉTYM. Lat. emulsum, supin de emulgere (voy.
ÉMULGENT).
ÉM0I5I0NNÉ, ÊE (é-mul-sio-né, née) , part, passé. Tisane émulsioi.née.
ÉMULSIONNER (é-mul-sio-né), V. a. Terme de pharmacie. Mêler une émulsion avec une tisane ou avec une boisson quelconque.
— ÊTYM. Émulsion.
fÉMUTITION (é-mu-ti-sion), t. /".Voy. émeutition. f ÉMYDE (é-nii-d'), t. f. Terme de zoologie. Nom générique des tortues d'eau douce.
— ÊTYM. 'E|iùc, tortue.
t ÉMYDOÏUE (é-mi-do-i-d'), adj. Terme de zoologie. Oui ressemble à une émyde.
— ÉTYM. Émyde, et el8o;, forme.
4. EN (an; suivi d'une voyelle ou d'une h muette se prononce comme le substantif an ; mais, ce qui n'a pas lieu pour le substantif an, Vn s'appuie sur la voyelle qui suit : en avant, dites : an-na-van), prép. qui signifie à l'intérieur de, avec deux sens principaux desquels tous les autres dérivent, l'un exprimant le repos (renfermant les n" 4* à 7'), l'autre le mouvement (renfermant les n'~ 8"à 1 3') , en se prêtant également, suivant le mot qui le précède, au sens de repos et â celui de mouvement. || 1" X l'intérieur de, avec l'idée de repos. Être en France. En la ville de Paris. Renfermés en une place forte. En ces lieux agréables. Nous nous tenons en une chambre bien close. Je serai marié, si l'on veut, en Turquie, cobn. Ment, ui, 6. Ces règles du raisonnement subsistent-elles aussi en quelque part , d'où elles me communiquent leur vérité immuableT BOSs. Connaiss. iv, ». C'est par leur paresse qu'ils laissent croître les rcnces et les épines en la place des vendanges et des moissons, FËR. Exisl. de Dieu, 44. Un cuistre en son taudis compose une satire, volt. Ép. c. || 2" Dans la personne de. Pour faire dire encore aux peuples pleins
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d'eflTroi Que venir, voir et vaincre est mime chose en moi, corn, t'otnp. iv, *. J'aperçois Vinius, qu'on m'amène sa fille: J'en punirai le crime en toute la famille, corn. Oth. v, 4. Jésus-Christ en qui Adam n'avait point péché, boss. Hitt. u, 4. Vous n'êtes frappé que de ce qui brille au dehors, et vous comptez pour peu ce qui fait véritablement l'homme c'est-à-dire ce qui est en lui et par conséquent à lui , ROLLiN, llist. anc. CEuirw, t. u, p. «»2, danspoi- GENS. Si toutes les nationsont péché en Adam, volt. Philos, n, 491. jlllestenmoi, enlui, c'est-â-dire Jipossède, il possède la faculté de, le pouvoir de. Il est en toi de perdre ou de sauver ton frère, CORH. Iléracl. V, E. S'il a fait tout ce qui est en lui pour.... PAsc. Prov. 8. Alexandre et Mahomet éteignirent autant qu'il était en eux le feu sacré des Uuêbres, RAYNAL, Ititl. phil.v, 47. || 8* Par extension, en parlant du temps, en l'espace de. En un an. En deux ans. En si peu de temps. En moins d'un mois. Il Pendant. En hiver. En été. En l'an 300 de l'ère chrétienne. Dans ces temps bienheureux du monde en son enfance, boil. Sat. v. Peut-être il se souvient qu'en un temps plus heureux.... bac. Brit, II, 3. Il 4*11 exprime la situation. En plaine. Je me trouvais en forêt, en plein champ. U était en tête de la bande. || Fig. Avoir quelqu'un entête, l'avoir pour adversaire. || Avoir quelque chose en tête, en être occupé. || 6* Sert k exprimer l'eut, la manière d'être, la disposition, l'occupation. Être en afl'aires, en prière. Un portrait en pied. Êire en guerre, en paix. Des cheveux en désordre. Etre en bonne santé, en appétit. Fenêtre en ogive. Fruits disposés en pyramide. S'habiller en turc. Se coiffer en cheveux. Regarder en pitié. De rage en leur trépas maudire la patrie, corn. 7/or. v, 3. 11 n'y a rien qu'on ne fasse avaler, lorsqu'on l'assaisonne en louanges, vol. l'Av. i, 4. Les autres religions sont plus populaires, car elles sont en extérieur, PASC. Bel. 2. [Le jeune homme] Est vain dans ses discours, volage en ses désirs, boil. Art p. m. Mes révérends pères en Dieu, Et mes confrères en satire, id. Épigr. 36. En ce calme trompeui j'arrivai dans la Grèce, K/iC.Audr.i, 4. Et peut-être, après tout, en l'état où je suis, id. i4ndr. i, 4. Traître, tu prétendais qu'en un lâche silence Phèdre ensevelirait ta brutale insolence, id. Phid. iv, 2. En habit d'amazone, au fond de mes déserts Je te vois arriver plus belle et plus brillante Que la divinité qui naquit sur les mers, volt. Ép. cvi. Vous ne donnez point au génie le temps de se développer, de s'élever insensiblement, et d'aller en son vol toucher la voûte du ciel,oiLB. Prif. Rois, colosses d'orgueil en délices noyés, a. cuén. 258. || 6* En hommes, en femmes, etc. se dit pour spécifier la qualité des personnes dans une assemblée. La réunion était nombreuse, mais, en ouvriers, il n'y avait que des menuisiers. Il n'y avait en femmes que Mme de Limours, Mme de Valée et la comtesse de Germeuil, m"' de genlis. Ad. et Théod. t. I, p. 439, dans POUGENS. Il 7* Comme, de même que, en qualité de Vous parlez en soldat, je dois agir en roi, corn. Cid, ii, 7. Qu'il triomphe en vainqueur et périsse en coupable, ID. Hor. v, 2. Qu'il me faut craindre en maître, ou me chérir en père, ID. Iléracl. 1, 2. Maurice ne l'obtint qu'en gendre de Tibère, ro. Héracl i, 2. Si vous m'aimez en sœur, faites-le-moi paraître, id. ib- v, s. Mais si je lui dois tant en fils de souverain. Permettez qu'une fois je vous parle en Romain, lu. Nicom. i, 2. Je veux parler en fille et je m'explique en reine, ID. Œdipe, III, 2. Autrement qu'en tuteur sa personne me touche, mol. Éc. des mar. il, *. Je la regarde en femme aux termes qu'elle en est, id. JÉe. des f. III, 4. Touchez k monsieur dans la main. Et le considérez désormais, dans votre âme. En homme dont je veux que vous soyez la femme, id. Femmet saranles, ni, 3. Pharnace croit peut-être Commander dans Kymphée et me parler en maître, hac. Milhr. I, 4. Je puis, quand je voudrai, parler en souveraine, id. ^Ifhal. u, 6. Et périssez du moins ' en roi s'il faut périr, id. ii>. iv,*. Gouverner eo monarque et combattre en héros, volt. Sémir. ii, 4. Si vous avez voulu me parler en ami, id. Catil. l, 5. Mes ennemis riant ont dit dans leur colère • Qu'il meure et sa gloire avec luil Mais à mon cœur calmé le Seigneur dit en père : Leur haine sera ton appui, ciLii. Imit. des psaumes. Elle s'était fait peindre en Madeleine, m"*degenlis, MmedeMainte- «on, t. I, p. 49, dans pougens, || En Unt que, selon que, autant que. En tant que besoin sera, jj En tant que, comme. En tant qu'ennemis, il les combattit; en tant que blessés, il veilla â leur salut. Il 8* À l'intérieur de, vers l'intérieur de, avec mou-
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vament. Mettre quelqu'un en prison. Monter en voiture. AU»r en ville. Acheter sourdement l'esclave idolâtrée, Et la faire passer en une autre contrée, MOL. i'^lour. I, 9. Elle paraît simple à nos yeux; Mais elle est fine, elle se cache; Elle va souvent en (les lieux Qu'elle ne veut pas que l'on sache, gomriAUT, Épigr. liv. m, dans richelet. Il court de mer en mer, aborde en lieu sauvage, la font, Fil- /es de Uinée. 11 nous envoie son fils du ciel en la terre, Boss. Soumiss. 3. Le sortdont lesarrêts furent alors suivis Fit tomber en mes mains Andromaque et son fils, RAC. Àndr. i, 2. Allez en Albion, que votre renommée T parle en ma défense, volt. Henr. I. Il 9» En marque la direction. Elles avaient les yeux baissés en terre et le visage couvert d'un voile qui ti'empêchait pas qu'on n'entrevît la rougeur que répandait sur leurs joues une pudeur virginale, holun, Traité des Et. liv. vi, 2' part. ch. 5. || 10» Indique un rapport de succession. D'aujourd'hui en huit. De point en point. Voltiger de fleur en fleur. De pis en pis. Il ll'Marque la division, la distribution, la forme. Un poème en quatre chants. Diviser une pomme en deux. Roulé en cercle. || lï* Fig. S'en aller en fumée. Eclater en pleurs. La chrysalide se change en papillon. Tu ne veux pas, grand roi, dans ta juste indulgence. Que cette liberté dégénère en licence, VOLT. Ép. c. F.n coupables propos si l'on peut s'exhaler. Doit-on faire une loi de ne jamais parler? volt. «6. Il 13° Indique la destination, le motif, le but. Mettre en vente , en gage. Un temple changé en mosquée. En vue de plaire. En haine de. En considération de. Le peuple se soulève ou s'arme en ma défense, volt. Fanal, v, 2. || Et aussi l'état avec mouvement, c'est-à-dire l'état dans lequel on entre. Se mettre en colère. Entrer en admiration. Être ravi en extase. Il 14° En précède fort souvent le participe présent, et désigne alors le temps, l'époque, la manière. On apprend en vieillissant. 11 dit en partant. Le mal va en augmentant. La tragédie, informe et grossière en naissant. N'était qu'un simple chœur.... boil. Art p. lu. De nos cailloux frottés il sort des étincelles, La lumière en peut naître; et nos grands érudits Ne no(is ont éclairés qu'en étant contredits, volt. Ép. c. Il Dans cette construction, pour qu'elle soit régulière et claire, il faut que en et le participe se rapportent au sujet de la phrase. Cependant, quand le sens ne souffre aucune ambiguïté, on peut ne pas l'y faire rapporter. L'appétit vient en mangeant. Mes crimes, en vivant, me la pourraient ôter |la vie céleste], corn. Poly. u, «. Tout en parlant de la sorte. Un limier le fit partir [le cerf], la font. Fabl. VI, 5. Mes suins, en apparence épargnant ses douleurs. De son fils, en mourant, lui cachèrent les pleurs, rac. Brit. iv, 2. jj 15° En sert à former une foule de locutions adverbiales, comme : en avant, en dessus, en bas, en haut, entravers, en outre (voy. ces différents mots). || 16° En... préfixe, représente la préposition latine in, et donne au verbe le sens de aller dans, comme dans enfoncer; ou un sens augmentatif, comme dans enchérir. Il 17° En devient em en composition devant un p ou un b : embellir, empâter,
— REM. Il 1. Les grammairiens disent que en ne peut être employé pour exprimer la matière et que ma tabatière est en écailla, cette étoffe est en soie sont des phrases vicieuses, en place desquelles il faut mettre : ma tabatière est d'écaillé, cette étoiïe est de soie. Le fait est que l'Académie, qui ne parle pas de la difficulté, n'a aucun exemple de en signifiant la matière. Mais il est vrai aussi que l'usage de cette signification est très-fréquent, et qu'on entend dire tous les jours une statue en marbre, une table en chêne, un mur en moellons, un pilier en bois, etc. Et c'est d'après cet usage vulgaire qu'on lit dans Arago , Notice sur le tonnerre, cité par Legoarant : Faisons cette pointe en fer.... Cinq poteaux en bois.... puis les cinq poteaux en bois dont j'ai parlé. X ces phrases récentes on peut ajouter celle-ci, plus ancienne, de Voltaire -.De l'auguste raison les sombres ennemis Se plaignent quelquefois de l'inventeur utile Qui fondit en métal un alphabet mobile, Ép. c. Enfin, remontant encore davantage on en trouvera un exemple de Montaigne (en marbre). Ces différentes autorités portent à croire que en, ainsi employé, ne doit pas être rejeté. || 2. En présente des difficultés pour les articles. Quand la locution où en figure est tout à fait générale, en se construit sans article : en paix, en guerre, en soi, en nous. En se construit aussi avec un nom pris partitivement : en des temps tels que.... ; avec l'article indéfini un, une; en un lieu agréable; avec un mot quelconque qui supplée l'article : en telle année, en cette situation, en quel temps, en quelque sorte, en ma to-
lonté. Mais avec l'article défini le, la, les, il faut distinguer : d'abord il ne s'emploie jamais avec l'article pluriel, on ne dit pas en les circonstances, en les temps ; c'est un simple usage ; car il n'y a rien dans la préposition en qui répugne à l'emploi de les après elle; et dans la locution es lettres, es est pour en les. Avec l'article au singulier on peut s'en servir dans quelques cas exceptionnels : en l'honneur de, en l'absence d'un tel, en l'état où je suis, en laprésence de Dieu, en la chambre du conseil. Oe que Jésus-Christ est venu chercher du ciel en la terre, n'est-ce qu'un rien.... ainsi tout est vain en l'homme, si nous regardons ce qu'il donne au monde, boss. Duch. d'Orléans. || 3. Il est beaucoup de cas où l'on peut employer indifféremment en ou dans; et c'est alors l'oreille et l'harmonie de la phrase qui décident du choix. Voici des exemples : Ce cher parent fut heureux dans sa naissance, dans son mariage, en ses enfants, en ses emplois, patru. [Le jeune homme] Est vain dans ses discours, volage en ses désirs, BOIL. Art p. m. Un danseur de corde ne fait que vouloir, et à l'instant les esprits coulent avec impétuosité tantôt dans certains nerfs, et tantôt en d'autres, FÉN. Exist. de Dieu. \\ i' Dans le siècle de Louis XIV, on a dit communément en avec un nom de ville. Un désir.... De Tauris en Alep a causé ma venue, mairet, Solim. i, 2. U me prit envie d'aller en Babylone consulter quelque mage des disciples de Zoroastre, d'ablancourt, Lucien, la Nécromancie. Avant qu'avec toute autre on me puisse engager. Je serai marié, si l'on veut, en Alger, corn. Ment. V, 6. Il va vous emmener votre fils en Alger, MOL. Scap. u, H. Hélas! mon pauvre maître.... on t'emmène esclave en Alger, m. tb. Irène se transporte en Êpidaure, la bruy. xi. J'écrivis en Argos, KkC.lphig. i, t. Nous montons, leur dit-il, en Jérusalem, boss. Serm.Quinq. t. Ce grand Dieu n'avait de culte qu'en Jérusalem, ID. Hist. ii, 6. Aujourd'hui on met d; mais, en poésie, on pourrait très-bien se servir de la tournure archaïque. Corneille a dit en Belle-Cour pour à la place Belle- Cour [à Lyon] : Je loge en Belle-Cour, environ au milieu. Dans un grand pavillon.... corn. Suite du Ment, m, 3. Godefroy, Lex. de Corneille , remarque qu'à Lyon on dit encore en Belle-Cour pour à la place Belle-Cour. || 5. Dans le même xvii* siècle, on a employé d'une autre façon en pour à moderne. Et leur dit en leur nez qu'ils n'ont rien fait qui vaille, RÉGNIER, Sat. IX. Elle mit en mon cou ses bras plus blancs que neige, id. Élég. *. Mettez-vous en ma place, MOL. le Dép. iv, l. Si j'avais été en votre place.... ID. Impromptu, 3. \] 8. C'est encore en pour rd moderne dans cet exemple-ci : J'ai vécu sans nul pensement. Me laissant aller doucement X la bonne loi naturelle; Et je m'étonne fart pourquoi La mort osa, songer à moi, Qui ne songeai jamais en elle, Régnier, Épitaphe faite par lui-même. .... De penser si souvent en vous, méré, Œuvres posth. t. I, p. 94.
— SYN. Il 1* en, dans. La différence essentielle que l'usage a mis entre ces deux mots, c'est que en ne se construit qu'exceptionnellement aveu l'article défini le, la, les, tandis que dans exige ces articles dans sa construction. Cette condition fait que en donne aux mots une acception indéterminée que dan* ne comporte pas. || 2° Je ferai cet ouvrage en deux jours, se dit par opposition à un temps plus ou moins long qu'on pourrait y employer. Je ferai cet ouvrage dans deux jours, se dit sans opposition, et seulement par rapport à l'espace de temps après lequel on commencera l'ouvrage.
— HIST. IX* s. D'ist di [de ce jour] in avant. Serment. ||x° s. Qu'elle Deo raneiet [renie], chi maent [demeure] sus en ciel, Eulalie. In figure de colomb [elle] volat à ciel, tb. Postea en ceste causa ore potestis videre, Fragm. de Falenc. p. 469. En tôt, ib. Il xi° s. De quel forfait que home out fait en col tens.... Lois de Guill. t. Set ans touz pleins ad ested en Espaigne, Ch. de Bol. i. Conquis fil] l'aura d'hoi cest jour en deus meis, tb. cxciil. Ceste bataille seit jugée en son nom [de Dieu], ib. ccxxxvii. Il xu* s. E [en] tes oreilles receif [reçois], sire, la meie ureison. Psautier de Corote, dansRAYNOUARD, Gloss. En autre sens le songe [il] trestourna, Bonc. p. 198. An trestot vostre aez [âge], tb. p. 4 4. S'en ira Charles en France, tb. p. 27. En Saragoze [il] fait soner graille et cor, tb. p. 39. En dos lui vestent un haubert doplantin, tb. p. BO. En chief lui lacent un haume poitevin, tb. p. 60. L'uns [le va férir] en l'escu par delez le chantel, tb. p. «7. Onque nul jor [il] n'en joï en sa vie, tb. p. <27. Baron, dist Charles, traïei vous en ça, tb. p. t7«. Bien [je]
sai qu'en vous amer [je] n'ai droit, Couci, m. En amer gist hardemenz et paors [peur], tb. vu. La grant dolor que j'ai s'en chantant non |si ce n'est en chantant], tb. x. Aiiiz [je] sui touz tens en peine et en pourcbas, t'b. xi. Souvent [vous] me faites douloir En ce que trop [je] vous truis [trouve] lente, tb. XII. Toute leur peine [ils] ont mise en moi trahir, tb. XIII. Et la guerre dura tante mainte saison , Li uns rois après l'autre la repreist en son nom, Sax, m. Il xiii* s. En tout cel an ne passèrent dui mois qu'il n'assemblassent à Compiegne pour tenir parlement, viLLEH. VIII. En l'an après que cis preudoms ot commencé à parler de Dieu, ot un tournoi en Champaigne, id. ii. Avnec cels alerent moult de sergens et de chevaliers dont li nom ne sont mis en escrit, id. xxxiii. Et erra tant qu'il vint e [en] le [la] cambre ù li rois gisoit, Aucassin, dans rat- NOHAHD, Glossaire. Comment n'en quel manière le lion [il] assailli, Berte, i. Qui l'ont de lieus%n lieus çà et là conqueilli, tb. i. En larmes et en plors souvent le baiserai, t'b. vu. En Dieu croire et amer [elle] ot si mise sa cure, tb. lui. Et por ce qu'el fu esbahie, Commença à parler en bas, la Bose, 3577. Car por ce sunt en haut levés, Que l'en les puist après veoir De plus haut trebuchier et choir, tb. 0392. Amans n'aura jà ce qu'il quiert. Tous jors li faut, ja en paix n'iert [ne sera], ib. 24 30. Et si te veil [je te veux] bien enseignier Que tu ne pues rien gaaignier En folie, ne en orgueil, tb. t902.Le roy sailli en la mer, dont il fu en yaue jusques aus esseles, joinv. 2IB. Se Diex morut en la croiz, aussi fist-il [St Louis], m. 292. Se le roy ou les legaz vouloient envoler troiz cens chevaliers en Constantinoble, ID. 212. || xv* s. Et quel conseil, difla duchesse, vous faut-il avoir pour bien faire? Ma femme, respondit le duo; car sans elle je n'en ferai rien; autant a-t-elle en mes enfants comme j'en ai, fboiss. u, ii, 222. Et depuis en ça nous avons esté bien informez de la vérité, id. i, i, 53. Messire Thomas de Felleton, qui se tenoit en Bordeaux, id. II, II, 4. Assez tost après ce qu'ils furent venus en Avignon, m. i, i, t4B. Lors entrèrent en ces Flamands qui lurent tous esbahis quand si près ils les virent d'eux, id. i, i, 4 4<. Je le puisse continuer [ce livre] et persévérer en telle manière que tous ceux qui le liront.... id. Prol. Si lui veuilliez prier en pitié, qu'il veuille avoir merci de nous, id. I, I, 320. Aimery de Pavie qui en genoux et en grand cremeur avoit esté, id. i, i, 326. Le roi de France et son conseil prennent grand plaisance en ce que vous séjourniez ci à grands frais, id. i, i, 4 4 9. Ils jettent de cette claire paste sur cette chaude pierre, et en font un petit tourlel, en manière d'une oublie, id. i, i, 34. En l'assemblée des dessusditz, COMM. I, 4. Et mistrent le feu en une maison, ID. IV, 3. U faisoit mener sept ou huyt petis basteaux en intention de faire ung pont, ID. i, «. En peu de jours après fut desconfit en bataille et mort, I, 7. Qui voudroit bien regarder aux rigoureuses et soudaines punitions que Dieu a faites sur les grands princes, depuis trente ans en ça, on y trouveroit plus qu'en deux cens ans aupar.ivant, ID. VIII, 47. Il XVI* s. Il falloit avoir les reins ceints, des pieds en ses souliers et une main en son baston. — Il se reprit incontinent: « Eh bien! dit-il, des souliers en ses pieds, et un baston en sa main, » HARO. iVbUB. XI. Noyer en la mer, mont, i, 4. En son dernier soupir, m. i, B. Consoler sa mort en la mort d'un ennemy, id. tb. En la guerre que Ferdinand feit contre.... id. i, 8. En public, id. i, 44. Ceulx qui entreprennent, vivants et respirants, jouyr de l'ordre et honneur de leur sépulture, et qui se plaisent de venir en marbre leur morte contenance, ID. l, 48. Mettre en pièces, id. i, 27. En Sparte, m. i, 379. Croire en Dieu, id. i, 22. En tant qu'il est en nous, id. i, 78. Il alla jusqu'en Jérusalem pour.... ID. l, 340. De père en fils, id. ii, 298. Porter en son doigt un anneau d'or , id. i, 837. Ils prennent armes en dos [ils endossent] , id. n, 27S. L'histoire a je ne sçay quoy de vénérable, en ce qu'elle fait profession de dire tousjours vérité, ahyot, Préf. IV, 28. Toutes ses statues presque ont l'armet en teste, id. Péricl. 3. EsUms en chemises tous desceints, in. Lucull. 28. Mettre en nonchaloir, ID. tb. 30. Agesilaus fist response, que, quani à la paix, il n'estoit pas en luy de la faire, id. Agésilas, te.Demaratus se prit à plorer de joye, en bon vieillard comme il estoit, m. Alex. «8. Je frémis toute et ne suis plus en moyl bons. «4t. M. d'Estrozze [Strozzi] attitra un courrier pour venir en poste porter les nouvelles de la mort de Brusquet, et prioit le roi de vouloir donner et continuer sa poste à sa femme, en ce que [k condition que] elle
EN
espousast ce courrier qui estoit k lui, bsant. t. i,
p. 448, ôHit. MONTMEBQUS.
— Etym. Picard, in; wallon, in; prorenç. en; espagn. en; portug. em; ital.in; du latin in; grec, iv ; allem. in. Le vieux français a dit quelquefois e pour en.
a. EN (an ; l'n se lie quand en précède le verbe ; et alors en se prononce exactement comme la préposition en : je n'en ai pas, il s'en amuse; le succès en est douteux, dites : j» nan-n ai pas; il san-n amuse; le succis an-n est douteux; quelques personnes prononcent : je na-n ai pas, ils'a-n amuse, le succès a-n est douteux; mais cette prononciation, peut-être plus conforme à d'autres analogies, est aujourd'hui provinciale; en ne se lie pas quand il suit le verbe : donnez-en un ou deux, dites donnezan un ou deux), pron. relatif Ae la s* personne, des deux gçnres et des deux nombres, disent la plupart des grammairiens, pronom relatif ou particule relative, dit l'Académie; d'après Jullien, nom général de choses qu'on qualifie ordinairement de pronom, parce qu'il se met, comme les pronoms, devant les verbes dont il est le complément et, après eux, à l'impératif; mais il n'indique aucunement la <", la 2* ou la 3* personne; il ne remplace pas toujours un nom, mais bien souvent une proposition tout entière; il ne s'accorde pas du tout avec les noms qu'il représente; il est toujours, au cas indirect^ marqué par de, et ne joue jamais le rdle de sujet. Le fait est que en, venant du latin tnde qui signifie de là, est d'abord et étymologiquement un adverbe de lieu, puis exprime par extension toute sorte d'autres rapports. || 1" De ce lieu, de ces lieux. Vous allez à tyon , j'en viens. Dans le sein paternel je me VIS rappelée. On malheur inouï m'en avait exilée, voi.T. Tancr. i, 4. || 2" D'adverbe de lieu, en passe au rôle de pronom (comme où, qui, du rôle d'adverbe de lieu, passe au rôle de pronom relatif dans: le bonheur où j'aspire), et signifie de ce, de ceci, de cela, de cette chose, de ces choses. Cette affaire est délicate, le succès en est douteux. [Elle] Se saisit du [loignard et de sa propre main À nos yeux, comme lui, s'en traverse le sein, cokn. Œdipe, V, 40. Comme l'amour ici ne m'offre aucun plaisir, Je m'en veux faire au moins qui soient d'autre nature, mol. Amph. m, 3. Non, en conscience, vous en [des fagots] payerez cela, lo. Mii. m. lui, i, 6. Qu'avez-vous fait pourêtre gentilhomme? croyez-vous qu'il suffise d'en porter le nom et les armes? m. i*on Juan, IV, s. Vous voudriez bien aussi savoir qui est la personne qui en écrit de la sorte [dans les deux premières provinciales] , pasc. Rép. aux deui ( '" lett. Votre père et lesrois qui les ont devancés. Sitôt qu'ils y montaient [au trône], s'en sont vus renversés, rac. Théb. IV, 5. Cet illustre trépas ne peut-il vous calmer. Puisque même mes fils s'en laissent désarmer? ID. ib. III, S. Nourri dans le sérail, j'en connais les détours, ID. Bajax. iv, 7. La vie est un dépôt confié par le ciel; Oser en disposer, c'est être criminel, GBESS. Edouard Hl, iv, 7. Néron, bourreau de Home, en était l'histrion, deulle, l'Homme des champs , i. Hésiode a écrit sur l'agriculture ; Démocrite, Xénophon, Aristote, Théophraste en ont traité en prose, m. Préf aux Céorgiq. || 3* 11 se dit aussi des per.^onnes: de lui, d'elle, d'eux, d'elles. Sans l'avoir jamais vu, je connais son courage ; Qu'importe après cela quel en soit le visage? CORN. Suite du Ment, iv, a. J'en ai fait un martyr [de Polyeucte] , sa mort me fait chrétien ; J'ai fait tout son bonheur, il veut faire le mien, id. Poly. v, 6. C'est pourquoi, dépêchons, et cherche dans ta tête Les moyens les plus prompts d'en faire ma conquête, MOL. l'Étour. I, a. Le plus parfait objet dont je serais charmé N'aurait pas mon amour, n'en étant point aimé, id. Dép. am. i, 3. Le bon de cette profession [médecin] , c'est qu'il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du inonde, et jamais on n'en voit se plaindre du médecin qui l'a tué, iD. Uéd. m. lui, m, a. J'espère retrouver mes parents; j'en attends des nouvelles avec impatience, ID. l'Av. i, t. Multipliez les créatures, et en augmentez les perfections de plus en plus jusqu'à l'infini, ce ne sera toujours, à les regarder en elle-s-mêmes, qu'un non-être, boss. Concupisc. 4a. La crainte de faire des ingrats ou le déplaisir d'en avoir trouvé, ne l'ont jamaisempêchéa défaire du bien, FLficn. Or.fun. deXme de Kontaut. Quoi, TOUS en [de lui] attendez quelque injure nouvelle? BAC. Andr. ii, 4. Ses grices, sa beauté, sa fière modestie. Tout m'en plaît, crébillon, Catilina, 1, 4. C'est sa tante; pourquoi ne la verrait-il pas? n en doit recueillir un fort gros héritage, destoocb. {« àlédis. II, 7. J'adore Adélaïde, et j'en suis estimé,
EN
piROn, G. Wasa, iv, a. Au roi que nous pleurons, il laissa la couronne; Constance en est la sœur.... SAORIN, Blanche et Guise. I, 4. Nos poètes ont assez reposé leurs amants sur le bord des ruisseaux, j'en ai voulu asseoir sur le rivage de la mer , bERN. de ST-p. Paul et Virginie. || Parlui, par elle, par eux, par elles, en tant que, dans la phrase, le de qui est dans en peut être conçu comme remplacé par la préposition par. Tout est au-dessous d'elle, k moins que de régner ; Et sans doute qu'jEmon s'en verra dédaigner, corn. Œd. I, s. Il** Sort à rappeler d'une manière plus ou moins régulière et précise l'idée énoncée dan» une proposition. Consultez-en, seigneur, la reine votre mère, corn. Nicom. i, a. Allons en résoudre chez moi, id. Sertor. iv, 4. Et si la curiosité me prenait de savoir si ces propositions sont dans Jansénius, son livre n'est pas si rare ni si gros que je ne le puisse lire tout entier pour m'en éclaircir, sans en consulter la Sorbonne, pasc. Prov. 4 . La mort qui frappe tôt s'en fait moins ressentir, soïR. Bélis. V, 6. Mais je ne suis pas homme à gober le morceau, Et laisser le champ libre aux yeux d'un damoiseau; J'en veux rompre le eours, MOL. Éc. des f. III, 4. Ahl ah! tu t'en avises. Traître, de t'approcher da nous, id. Amph. ii, 3. Il connaît et son crime et son ingratitude. Il s'en hait, il en sent la peine la plus rude, th. corn. Ariane, m, a. Le ciel, en le perdant, s'en est vengé sur vous, bac. Théb. v, 3. En t'avouant pour fils en est-il moins coupable? En es-tu moins Brutus? en es-tu moins romain? VOLT. Mort de Ces. lu, a. Romains, j'aime la gloire et n» veux point m'en taire, id. Borne sau-jée, V, a. Je t'en aime encor plus, et je crains davantage, ID. Mér.y,*. Ma douleur s'en accroît, ma honte s'en augmenta, id. Tancr. m, 4. {| 5' Il entre dans un grand nombre de gallicismes, comme ceux-ci par exemple : il en veut à un tel; il s'en donne; je m'en promets; en venir aux mains; il «'en faut. |{ 11 en est de.... c'est-à-dire la chose se comporte comme. Il en sera de cette réclamation comme de celle de l'an passé. Mais de vous, ch«r compère, il en est autrement, mol. Ée. des f. i, 4. Vaugelas condamnait cette locution, et voulait y supprimer en; suivant lui il fallait dire : il est des hommes comme de.... et non il en est des hommes comme de.... On lui objectait que cette suppression faisait amphibologie, et que il est des hommes semblait d'abord signifier : il y a des hommes. Finalement en a triomphé, et à bon droit; ce n'est pas la logique qui demandait ce pléonasme, mais la clarté du discours y a gagné. || C'en est assez, c'esl-à-dire cela suffit. En est-ce assez, ô ciel? corn. Cinna, V , 3. Il C'en est trop, la chose dépasse la mesure. Mais, c'en est trop, Cléone, hac. Andr. ii, 4. Il En être, c'est-à-dire Être d'un complot, d'un secret, d'une cabale , etc. Quoi 1 Néarque en est donc [de la secte des chrétiens], corn. Poly. m, a. || En être à, n'être pas plus avancé que.... N'est-il pas singulier que, dans une ville aussi fameuse queCarthage, on en soit à chercher l'emplacement même de ses ports? chateaubr. Ilin. m, 486. ||En être pour, perdre. J'en suis pour mon argent. Où tout autre aurait trouvé du moins quelque honneur, j'en suis pour mon argent et ma réputation, p. h. courr. I, 64. Il C'en est fait, la chose est terminée, résolue. Mes amis sont tous prêts, c'en est fait, il est mort, corn. Héracl. iv, 8. En est-ce fait, Arcas? RAC. Ifilhr. v, a. || En tenir, être joué, trompé. Hél bien, monsieur. Nous en tenons tous deux, si l'autre est véritable, UOL. Dépit, am. i, 6. |{ En donner d'une, tromper, abuser. Bon, bon, tu voudrais bien ici m'en donner d'une, mol. Dép. am. m, 7. Il On dit aussi, en tenir, dans le sens d'être amoureux. Il En planter, faire porter des cornes à un mari. Je sais les tours rusés et les subtiles trames Dont, pour nous en planter, savent user les femmes, MOL. Éc. des f. I, 4. Il N'en pouvoir mais,
n'être pas cause de Ayant de la manière
Sur ce qui n'en peut mais déchargé sa colère, MOL. Éc. des f. IV, 6. Il N'en pas devoir, avoir autant qu'un autre la chose, la qualité dont il s'agit. U ne vous en doit rien, madame, en dureté de cœur, mol. Princ. d'Él. m, 6. |{ En être jusqu'à, et, en supprimant ;uj(/ue, en être à, être conduit au point de. Pour moi, j'en suis souvent jusqu'à verser des larmes, mol. Psych. i, 4. j| .S'en tenir à, n'aller pas plus loin que. Napoléon ajouta quelques menaces déjà moins violentes, et il s'en tint aux paroles, soit qu'il eût jaté toute sa colère dans un premier mouvement, soit qu'il n'eût voulu qu'en eS'rayar tous las Allemands qui seraient tentés de l'abandonner, sicuR, Hist.de Nap.}X, 1. 1| S'en dire, se faire k soi-même des reproches, des remon-
EN
trances. Mon cœur s'en est plus dit qoe tous ne m'en direz, rac. Brit. m, 1. 1| En croire quelqu'un, ajouter foi à ses dires. Je ne vous en croirai qu'après l'expérience, coRif. Cid, ii, 4. jj X qui en a-t-il? c'est-à-dire contre qui est-il en colère?Je suis pétrifié, dit-il; à qui en a-t-il? M"' de oenlis, Veillies du thàt. t. m, j). 438, dans pouqkns. HS'A'n... sert aussi de préfixe pour indiquer déplacement : emporter, porler-en, portare inde, emmener, mener-en, minore tnde, s'enfuir, fuiren, /'ujere inde, s'en aller, aller-en, aller de là, etc.
— REH. 1. En se met toujours avant le verbe, et, si la verbe est composé, avant le verbe auxiliaire : il en parle, il an a parlé; excepté à l'impératif (a« personne du singulier, 4"* et a» personnes du pluriel), où il se met après, s'y joignant par un trait d'union -. prends-en, parlez-en, parlons-en. || 2. Avec les impératifs de la 4'* conjugaison, à la a* personne du singulier, on intercale pour l'euphonie une s, de cette façon : parles-en. || 3. Si le verte à l'impératif est construit avec une négation, en se met avant le verbe : n'en parle pas ; ne vous en étonnez pas; n'en disons rien; ne nous en effrayons pas. Il 4. En, construit avec des pronoms, se met toujours après ces pronoms : il vous en a parlé; il s'en moque; parlez-nous-en; retirez-les-en; nous vous en empêcherons; nous ne vous en empêcherons pas; il t'en enverra; vous lui en adresserez. || 6. i l'impératif, quand en est joint avec moi, toi, on changa mot, toi, en m', f : va-t'en, donne-m'en, donne-t'en; et, avec la négation : ne m'en veuille pas, ne t'en vante pas. || 6. En joint k y se met toujours après y : il s'y en donna. Il faut donc que, pour les ordures, vous ayez des lumières que les autres n'ont pas; car, pour moi, je n'y en ai point vu [dans l'École des femmes]. — C'est que vous no voulez pas y en avoir vu, assurément, mol. Critique, se. ». J'y ai fait tant de corrections, j'y en ferai tant encore, volt. Lett. d'Argent. 4 8 avr. 4 764. De même k l'impératif : mellez-y en. Lachausséa a eu tort de dire dans l'École des mères, iv, 4 : jo m'en y vais; il faut : je m'y en vais. || 7. En jouo toujours le rôle de complément iiid^ect, puisqu'il contient virtuellement la préposition de ; voyez ce» fleurs; en avez-vous cueilli ? c'est-à-dire : avez-vous cueilli une part de ces fleurs? Eu conséquence, le participe passé qui le suit reste invariable, parce que en auquel il se rapporte n'a par lui-même ni genre ni nombre. Il a lui seul fait plus d'exploits que les autres en ont lu , boil. Disc, à l'Aead. Baléazar est aimé des peuples; en possédant les cœurs, il possède plus de trésors (jue son pire n'en avait amassé par son avarice cruelle, pén. Tél. vui. Idoménée a fait de grandes fautes, mais cherchez dans tous les pays les mieux policés un roi qui n'en ait pas fait d'inexcusables, m', ib. xii. Par son analyse. Descartes fit faire plus de progrès à la géométrie qu'elle n'en avait fait depuis la création du monde, THOMAS, Éloge de Desc. Cependant des grammairiens, prêtant à en un sens qu'il n'a pas, disent que le participe peut s'accorder; c'est une erreur; mai» l'accord est une licence qu'on peut passer à un poète, sans devoir pour cela faire autorité : Des pleurs, ahl ma faiblesse en a trop répandus, volt. Oreste, li, a. Mais, dans ce vers de Riicine : Et de ce peu de jours, si longtemps attendus. Ah! malheureux, combien j'en ai déjà perdus! Bérén. iv, 4, il ne faudrait pas croire que c'est en qui détermine l'accord du participe ; c'est combien qui le détermine. Voy. combien, remarque 4; suivant la règle, on dira : combien de jours j'ai perdus, ou combien j'ai perdu de jours. || 8. Dans le xvii* siècle, on employait volontiers en par pléonasme. Il y a, dans l'instruction , quelque chose qui ne dépend que de la conformation des organes, et de cela les animaux en sont capables comme nous , boss. Connaiss. v, 6. Dans la mihce sacrée, c'est en être déserteur que de cesser de combattre, mass. Prvfess. rel. a. Des restes de sa droiture, il en fait les ébauches de SCS passions, id. Panég. St Thom. Ce pléonnsmt n'est pas sans utilité, et pourrait, dans quelques cas, être imité. || 9. Les substantifs pris d'une façon partitive, sans article défini, en un sens génér.il, ne peuvent guère être représentés consécutivement par les pronoms et en conséquence par en. Cependant cette phrase ne doit pas être condamnée : Pardonnez-moi si vous ne me trouvez que bon citoyen, et soyez sûr qu'il n'y en a point qui attende de vous de si grandes choses, volt. Corresp. ginér. 4 8 die. 4 744. Il 10. Avec faire on peut, dans s'en aUtr, supprimer le pronom personnel t' (voy. aller, s'K.i ALLSR). Il faut que ce soit elle avec une parole Qui trouve le moyen de les faire en aller, moi.. D. Car*.
ËNA
IV, e. Vous ne voulez pas faire en aller cet hommelà, ID. Imprompt. 2. || 11. Molière a dit : en être de même, pour être de même. Il [cela] est trts-naturel , et j'en suis bien de même, mol. Dép. am. i, 3. Cette tournure n'est plus usitée. || 12. Au xvii* siècle, on se servait de en précédé de et pour joindre deux membres de phrase à peu près comme nous les joindrions par dont; la tournure est commode, et mérite d'être regrettée. C'est un autre ennemi qu'il faut combattre, et en porter tout le poids et la violence, FOLARD, TraM de la colonne, r.
— HIST. IX* s. Si io [je] returner non Tint pois [si je ne l'en puis détourner]. Serment. || x* s. Kll' ent adunet [inde adonat, en abandonne] lo suon élément, ffuiaKc. Et celés elemosynas ent posoiomes [puissions] facere, que lui ent possumus proferre, Fragm. de Yalenc. p. 4«9. {| xi' s. Puisque serment li est jugied, ne l'en [de son bétail] pot pas puis lever per le jugement de Engleterre, Lois de Guill. 2B. Bien en [avec de l'argent] porrat louer ses soudoiers, Ch. de liol. m. Terres et fiés [fiefs] tantcom vous en voldrez, ib. v. Des Frans de France en i a plus de mil, il), xii. Livrez m'en [de cette commission] ore le gant et le baston, ib. xvn. fjej desfi les en, sire, vostre veiant [i vos yeux], ti>. xiiv. En [pour servir son roi] doit on perdre et du cuir et du poil, ib. Lxxvii. Il XII* s. Quant Artus ot sa terre asise.... Genièvre prist, s'in fist rolne, Rom. de Brut, t. II, p. 69. S'en [pour cela] devroie estre occis, Ronc. p. 24. Bien l'avez fait, moût [je] vous en doi amer, ib. p. 33. Garés en vous, gentils fils à baron, tb. p. 40. Des douze pers, li dis en sont ocis, ib. p. 63. S'or [je] ne le venge, moût m'en doit on blasmer, ib. p. 75. Là 'n est la joste de cent mille esgardée, tb. p. t44. Et quant mes cuers s'est mis en li [elle] amer, Je ne m'en puis mie ariere retraire. Coud, n. Onques vers li [elle] [je] n'oi [n'eus] faus cuer ne volage; Si m'en devroit pour tant mieux avenir, tb. xix. Il en reprist une autre [épouse] qui fu assez vaillans, Saa. y. Il XIII* s. Nos avons paie nostre passage; se il nos en Tuellent mener, nous en irons volentiers, villeh. XXXVI. Celle dame mourut, l'ame en puist Diex garder, Berte, m. Alez ent, orde garce, madame veut dormir, ib. lxxxvii. Les autres [elle] end [de couteaux] a fait garnir, Lai d'Fgnaurès. Et je qui onques ne li menti, li respondi que je en ameroie miex avoir fait trente péchés, que estre mesiaus l^lépreux], joinv. (94. || xv* s. Et en furent accusés de cette double trahison messire Pierre de Landuras et messire Bertran du Franc, froiss. ii, n, 2. Et encore détint le dit brigand le dit chastel et le garnit bien, et en guerroya la pays, ID. i, i, 324. Ce que j'en ay faict, sire, ce n'a esté que d'aventure, dont y devez bien penser, Jehan de Saintré, ch. 42. Il XVI* s. Je vousprye, n'en parlez plus, et m'en laissez faire, rabel. Pont, n, ts. Va-t-en à ton roy en son camp, et luy dis nouvelles de ce que tu asveu, ID. tb. ii, 28. Baille icy, villain, baille, et en va quérir d'aultres, id. tb. ii, 30. Cerchoiis donc par conjecture, si nous en pouvons trouver, comment s'est ainsi si avant enracinée ceste opiniastre volonté de servir, la bokt. 25. Par adventure en y a il bien aussi quelques uns de ceste sorte, mais d'eux ne parle-je pas maintenant, ainçois d'autres que j'en voy, qui.... id. 4 26. Phyton respondit qu'ils en [à cause de cela] estoient d'un jour plus heureux que luy, mont, i, 3. Aulcuns enprinrent argument que.... ID. I, 7. Allez vous y en, ru. i, 396. Prens t'en ailleurs, id. i, 22. Althacus ne s'en vouloit point aller, amtot, Lucull. 2». Elle s'arracha d'alentour de la teste son bandeau royal, et, se le nouant à l'entour du col, s'en pendit, m. tb. 32. Cela fut découvert à Tigranes qui l'en feit mourir, JD. ib. BS. 11 lui demanda de combien il en avoit affaire, et l'autre luy respondit qu'il en auroit assez de cent, id. t'b. 79. il escrivit en terre : fuy t'en, Mlthridates, id. Démétr. 5.
— ÊTYM. Berry, in, allons^nous in; provenç. ent et ne; ital.ne; ano. ital. ende, ensuite; du latin inde, de là, d'ici, en.
t ENADELPHIE (è-na-dèl-fie), ». f. Terme de tératologie. Inclusion monstrueuse d'un fœtus dans in autre.
— ÉTYM. 'Ev, en, et à5cXç4c, frère.
ÊNALLAGE (é-nal-la-j'), *. /'.Terme de grammaire. Ellipse particulière qui a lieu quand, après avoir employé un mode, on en prend subitement un autre que n'admet pas la construction ordinaire; comme dans cette phrase : Ainsi dit le renard et flatteurs d'applaudir, LA.F0NT. Fabl. vu, i. D'applaudir est à l'infinitif sans que rien semble l'y appeler.
— ÉTYM. 'EvoXXa-rt, de h, en, etàXXaT:^, chan
ÊNA
gement, de àWôanstv, changer, de iXXoç, autre
(voy. AUTRE).
t ENAMOURE, ÉB (an-na-mou-ré, rée), part. passé. Qui s'est épris d'amour. Tout riait aupiès d'elle; et la terre parée Était énamourée, Régnier, Plainte. || Substantivement. Quelque pauvre énamourée va s'y repaître de doux souvenirs, p. l. COUR. Lelt. Il, 286.
t ENAMOURER (an-na-mou-ré), c. a. Donner de Pamour. || S'énamourer, v. réfl. Devenir amoureux.
— HlST. xm* s. [le visage] qu'elle ot bel et bien fait pour gent énamourer, Roman d'Alexandre, dans DU canoe, amoratus. Oui plus- haut brait et crie, qui plus est emplorez, Plus est, ce semble au monde, du mort enamorez, J. de meuno, Tent.iis. Il XV* s. Le comte de St-Pol et cette dame s'entraimerent loyaument et s'énamourèrent l'un l'autre, FROISS. II, II, 46. Il XVI* s. Besoin luy est d'eslongner la personne X qui son cœur énamouré se donne,
HAROT, 1, 463.
— ÉTYM. En i, et amour; provenç. et espagn. enamorar; ital. innamorare.
t ÉNANCHER (é-nan-ché), v. a. Voy. énaucher.
•j-ÉNANTUÈME (é-nan-thê-m'), s. m. Terme de médecine. Se dit, par opposition à exanthème, d'une éruption qui se fait à la face interne des cavités naturelles, comme celles de la bouche, de l'estomac.
— ÊTYM. "Ev , en, et àv9eïv ,'fleurir, faire éruption, t ÉNANTIOPATHIE (é-nan-ti-o-pa-tie), s. f.
Terme de médecine. Médication par les contraires.
— ÊTYM. "EvavTio!;, contraire, etTcàOoî, maladie.
t ÊNANTIOPATHIOtTE (é-nan-ti-o-pa-ti-k'), adj. Terme de médecine. Qui guérit une maladie en agissant sur l'économie en sens précisément inverse de cette maladie.
— ÊTYM. Énantiopathie.
t ÉNANTIOSE (é-nan-ti-ft-z'), ». f. || 1* Terme de grammaire. Sorte d'antithèse. || 2° Terme de philosophie. Chacune des dix oppositions qui, suivant les pythagoriciens, étaient la source de toutes choses (le bien et le mal, l'impair et le pair, l'un et le multiple, etc.). Il 8* Terme de médecine. Mode de traitement qui consiste à traiter les maladies par les choses qui y sont contraires. Ainsi traiter une brûlure par l'eau glacée, c'est de l'énantiose.
— ÊTYM. 'EvovTtuffti;, opposition, contrariété.
t ENARBRER (an-nar-bré) , ». a. Terme d'horlogerie. Monter et river un» roue ou un pignon sur l'arbre qui doit les porter.
— ÊTYM. En t , et arbre.
t ENARMONIE, S. f. ENARMONIQUE, adj. Voy. enharmonie, enharmonique.
t ÉNARRABLE (é-na-rra-bl'), adj. Néologisme. Oui peut être raconté; se dit quelquefois par opposition à inénarrable.
— ÊTYM. Lat. enarrabilis (voy. énarber).
f ÉNARRATION (é-na-rra-sion) , s. f. Action d'énarrer ; longue narration.
— HiST.xvi* s. Laisse pour ceste heure le propos des pierres, et me fay une petite enarration de ces fontaines, pausst, 42.
— ÊTYM. Voy. énabrer.
tÉNARRER (é-na-rré), ». o. Néologisme. Raconter longuement.
— ÉTYM. Lat. enarrare, de e, et narrare, narrer. ENARRHÉ, ËE (an-na-ré, rée; an prononcé
comme dans antérieur), part, passé. Pour quoi on a donné des arrhes.
t ENARRHEMENT (an-na-re-man ; an prononcé comme dans antérieur), t, m. Action d'enarrher. On dit plutôt arrhement.
ENARRHER (an-na-ré ; an prononcé comme dans antérieur), v. a. Donner des arrhes. On dit plutôt arrher.
— ÉTYM. En t , et arrhes.
tÉNARTHROSE (é-nar-trô-z'), ï. f. Terme d'ana-
tomie. Articulation mobile formée par une éminence osseuse, arrondie, reçue dans une cavité profende. L'articulation de l'humérus avec l'omoplate est une énarthrose.
— ÉTYM. 'Ev, en, et àpepov. articulation.
t ÉNASER (é-na-zé), v. a. Ecraser le nez. || S'énaser, e. réft. Hélas! je me figurais être seul dans cette forêt où je levais une tête si fière; tout à coup je viens m'énaser contre un hangar, chateaubr. dans la Dict. de dochez.
— HIST. xvi* s. Ce fou, non fou tout à fait, rencontrant beaucoup mieux qu'un chien qui s'enasa, en ses plaisantes boutades, les forçoit de rire à gorge déployée, Pèlerin d'Am. t. ii, p. 652, dans LAcuRNE. Au lieu qu'on doibt moucher l'enfant, cela s'appelle l'enaser, mont, n, «o.
ENC
— ÉTYM. £ pour et.... préfixe, et le latin ?t<uu<, nez.
t ÊNAtCHER (é-nô-ché), v. a. Former sur l'enclume la place de la branche d'une épingle, avant de former celle de la tête. {| On trouve aussi énancher.
t Eîî-BAS (an-bà). En en-bas, (oc. adv. aujourd'hui peu usitée, et écrite aussi en embas. Du côté du bas. Qu'est-ce que c'est que ceci ? vous avez mis les fleurs en en-bas [de l'habit] î mol. B. gent. u, 8.
t EN-BELLE (aii-bè-l") , s.f. Terme de marine. Tir en-belle, tir direct.
— ÉTYM. En 1 , et belle : c'est-A-dire au moment oii le canonniera sa belle.
+ ENCABANAGE (an-ka-ba-na-j') , ». m. Action d'encabaner.
t ENCABANEMENT (an-ka-ba-ne-man), ». m.
Ancien terme de marine. Partie supérieure d'un bâtiment; celle qui rentre depuis la ligne du fort jusqu'au plat-bord.
■f ENCABANER (an-ka-ba-né) , v. a. Mettre dos vers à soie sur des claies.
— ÉTYM. En t , et cabane.
ENCABLITRE (an-kà-blu-r') , s. f. Terme de marine. Distance de cent vingt brasses [environ deux cents mètres].
— REM. Pourquoi l'Académie, qui écrit câble avec un accent circonflexe, écrit-elle encablure sans cet accent T
— ÉTYM. En t , et câble.
+ ENCADENASSER (an-ka-de-na-sé), V. a. Enfermer, attacher avec un cadenas.
— ÊTYM. En I , et cadenas.
ENCADRÉ, ÉE (an-ka-dré, drée), part, passé. Garni d'un cadre. Un dessin encadré. || Fig. Entouré. Une belle figure encadrée par la chevelure et la barbe. || Terme de minéralogie. Cristaux encadrés, cristaux dont les facettes présentent une sorte de cadre autour d'une forme simple, déjà existante dans la même espèce. || Terme militaire. Mis dans la cadre d'un régiment, d'un corps. En approchant, ils [de jeunes soldats allemands] rencontrèrent notre découragement et notre longue déroute; en entrant en ligne , loin de se trouver encadrés et appuyés par de vieux soldats, ils se virent seuls aux prises avec tous les fléaux, pour soutenir une cause abandonnée de ceux qui étaient le plus intéressés à la faire triompher, ségur, Hist. de Napol. xii, 41. || 11 se dit, en plaisantant, d'une personne tenue entra deux autres. Je l'ai vu passer encadré entre deux gendarmes.
ENCADREMENT (an-ka-dre-man), s. m. Action d'encadrer; ce qui encadre. L'encadrement d'un tableau. Il Terme d'architecture. Profils ou ornements ajustés pour servir d'entourage à un panneau. || Fig. Ce qui fait comme fait le cadre d'un tableau De chaque côté, des massifs d'arbres servent d'encadrement à ce château.
— ÉTYM. Encadrer.
ENCADRER (an-ka-dré), V. O. jjl* Garnir d'un cadre. Je fais encadrer nos dessins, J. J. Rouss. Eni. n. Il Ironiquement. C'est une tête à encadrer, C'està-dire grotesque, laide. || 2° Par extension, entourer. Des haies d'aubépine encadraient cette prairie. Il 3* Fig. Insérer dans un ouvrage d'esprit. Cet auteur a encadré dans son livre un charmant épisode. Des systèmes humains il [l'homme] élargit la base; Il encadre au hasard dans cette immensité Système, opinion, mensonge, vérité, lamart. Harm. i, 44. Il 4» Terme militaire. Mettre dans le cadra d'un régiment, d'un corps. Encadrer les nouveaux soldats. Il 5* S'encadrer, v. réft. Être placé comme dans un cadre. Ce bosquet s'encadre bien entre les deux coteaux.
— ÉTYM. En 4 , et cadre.
t ENC^ENIE (an-sé-nie), $. f. Voy. encénie.
ENGAGÉ, ÉE (an-ka-jé, jéa), part, passé. Mis en cage. Un chardonneret encagé. Mais dès le premier jour il semble Que le couple encagé ne s'aime plus si fort, lamotte, Eobî. iv, 24. || Fig. Mis en prison. Pour ses méfaits dans la geôle encagé, volt. Po^». mêlées, 84. Que ce petit peuple encagé [les élèves d'un collège] Criait vivat pour un congé, Ri - CHELET, Dict. Don Quichotte se considérant ainsi encagé, D. Quieh. t. i, dans le roux, Oi'ct. comique.
ENGAGER (an-ka-jé. La g prend un e devant a ou o: encageant, encageons), v. a. || 1* Mettre en cage. Encagerdes oiseaux. Le bergervient, le prend [un corbeau], l'encage bien et beau, Le donne à ses enfants pour servir d'amusette, la font. Fabl. Il 46. Il 2° Par extension et familièrement, mettre en prison. On l'a encagé.
— uiST. xiv* i. Leanz sont il awouagiez, tt
ENC
enclos et encïRiez, Comme un cors saint en une fierce [châsse], o. ouiabt, ms. f so, dans lacurnb. Il xv« g. Il n'est pour le présent pucelle qui fust digne de l'achever, fors celle qui les amena jusques au lieu où ils sont encagez, Perceforetl, t. v, f" a.
— ÊTYM. En < , et cage.
t ENCAISSAGE (an-kê-sa-j'), ». m. Terme d'horticulture. Action d'encaisser une plante.
— ÊTYM. Encaisser.
t ENCAISSANT, ANTE (an-kê-san, san-t'), adj. Oui encaisse, qui forme un encaissement. La roche encaissante de ces filons est un granité à grains ordinaires avec un peu d'amphibole, laur, Comptes rendus, Acad. des se. t. un, p. 1098.
t ENCAISSE (an-kê-s'), s. f. Terme de finance. Somme totale des valeurs qui sont dans la caisse ou en portefeuille. La ville a maintenant une forte encaisse que SCS dépenses n'absorberont pas dans l'année, LEGOARANT. || L'encaisse métallique, les valeurs en métaux précieux.
— ÊTYM. En ) , et caisse.
ENCAISSÉ, ÉE (ankê-sé, sée), part, passé. Il 1* Mis dans une caisse. Orangers encaissés. Il Mis en caisse. L'argent encaissé. || i' Dont les bords sont escarpés. Route encaissée. Le Granique est très-encaissé, chateaubr. Ilin.ii, 52. Nous rencontrâmes une rivière étroite et encaissée entre des bords boisés et incultes; c'était le Borysthène qui se présentait à nos yeux avec cette humble apparence, SÉGUR, Hist. de Napol. v:, 4. || Dominé par des hauteurs. Vallon encaissé. Ville encaissée.
ENCAISSEMENT (ankê-se-man) , s. m. || 1* Action de mettre en une caisse. L'encaissement d'une marchandise, d'un oranger. |1 2* Terme de finance et de commerce. Action de recevoir, de mettre en caisse une somme ou la valeur d'un billet, d'une lettre de change. Encaissement d'une traite, la mise en caisse de la valeur. || La mention sauf encaissement, mise sur un billet, une lettre de change, un titre commercial quelconque, a pour effet de garantir l'accepteur contre le non-payement. Il 3° État d'un fleuve, d'un chemin encaissé. TLes Alpes] Qui, dans l'encaissement des roches éboulées, Cachent les lacs profonds etles noires vallées, LAMART. yoc. II, 72. || Encaissement artificiel d'un fleuve, endiguement. || Terme de ponts et chaussées. Enceinte formée par de la charpente. Construire par encaissement || Terme de paveur. Déblai de terre que l'on fait avant d'établir une chaussée, et dans lequel on met un lit de sable pour asseoir le pavé. || Faire un chemin par encaissement, le faire en creusant une tranchée qu'on remplit de cailloux. || Faire un jardin par encaissement, faire des plantations dans des trous qu'on remplit de bonne terre.
— ÉTYM. Encaisser.
ENCAISSER (an-kê-sé), v. a. || !• Mettre dans une caisse. Encaisser des marchandises. || Terme de jardinage. Encaisser des orangers. || Terme de banque et de commerce. Encaisser des fonds, les recevoir et les porter en avoir. Encaisser un effet, un billet, une traite, en toucher la valeur. || 2' Encaisser une rivière, la contenir par des berges artificielles, par des digues continues. || Encaisser une route, en creuser l'emplacement. || 8" S'encaisser, t). réft. S'enfoncer comme dans un encaissement. La vallée s'encaisse entre deux montagnes.
— HIST. ivi* s. Il avoit fait encaisser tous iceux tiltres et enseignements, et les avoit sur muUets envoyez en un sien chasteau, h. du bellay, 424. X quoi convient curieusement aviser devant que loger le bled dans le grenier, et encores plus devant que l'enquaisser, o. de serres, «.'îb.
— ÊTYM. Kn I , et caisse; wallon, ecaser.
t ENCAI.MINÉ, ÉE (an-kal-mi-né, née), ad/. Terme de marine. Navire encalminé, navire qui se trouve sous l'influence d'un temps calme ou sous un abri.
— ÉTYM. Pn < , et calme.
t ENCALYPTB (an-ka-li-pf) , ». f. Terme de botanique. Genre de mousses vivaces à tiges rameuses, qui croissent en gazon sur la terre.
— ÊTYM. "Ev, en, et xaXûirrtiv, cachar.
t ENCAMPANEMENT (an-kan-pa-ne-man), g. m. Terme de marin>!. Synonyme d'évasement, en parlant d'une bouche & feu.
— ÊTYM. £n « , et le latin campana, cloche. ENCAN (an-kan), s. m. ||1* Vente publique à
l'enchire. || Vendre à l'encan. Mettre à l'encan. 1,'eœpire mis à l'encan par l'armée, Boss. Ilist. i, 4 0. La papauté était à l'encan [en 1034], ainsi que presque tous les éïêchés, volt. Mœurs, 3«. ||2* Fig. Ce malheur «st venu dt quelques jeunes veaux Qui
fiNC
mettent à l'encan l'honneur..., Régnier, Sat. iv. La justica à l'encan , l'innocent oppressé , id. tb. VI.
— HIST. XV* g. Tellement que comme à l'inquant se bailloient les dites prelalures, Arrest du parlement, dans MÉNAGE, encan. Mettre à l'encant, du CANGE, tncanfare. Un acheteur de biens vendus à l'encant, uEnage, encan. En encan se vend autant bran que farine, le rouxdelincï, Proe. t. h, p. <2»..,
— ÊTYM. Génev. incan, inquant; provenç. enquant, encant; catal. encan!; anc. espagn. encante; •spagn. mod. eiicanto; ital. t'ncanto; du lutin in quantum, à combien. Les formes inquant, enquant, et le sens prouvent cette origine ; ce qui écarte le verbe tncanlare, crier en une sorte de chant; bien qu'on ne puisse nier qa'incantare ait agi par une fausse assimilation, et ait produit, par exemple, encitantement, pour action de mettre U l'encan: xiii's. Se vendre à l'enchantement, du cange, incantare,
ENCANAILLÉ, ÉE (an-ka-nâ-llé, liée, U mouillées), part, passé. Cet homme, encanaillé, tomba dans le dernier mépris. Tu verras à notre bal de ce soir que nous sommes furieusement encanaillés, CB. DR BERNARD, Un acte de rertu, § m.
ENCANAILLER (an-ka-n&llé , Il mouillées, et non an-ka-nâ-yé) , v. a. || 1* Mêler, associer avec de la canaille, avec des gens d'un rang bien inférieur. Avec qui nous avez-vous encanaillés î C'est votre rival. — Mon rival ! On m'encanaille de la sorte, DANCOURT, le Retour des officiers, se. ». Je respecte trop vos scrupules aristocratiques, pour vouloir vous encanailler, CH. de Bernard, la Femme de io ans, § vu. |{ 2' S'encanailler, v. réfl. Kaire société avec la canaille. Célimène : Le siècle s'encanaille furieusementi — Elise : Celui-là est joli encore, s'encanaille! Est-ce vous qui l'avez inventé, madame T — Célimène : Hél — Elise : Je m'en suis bien doutée, mol. Crit. de l'Éc. des fem. 7. Je suis dans un étage à paraître plus grande Ou qu'une procureuse, ou bien qu'une marchanda; Rien ne m'est plus fâcheux que de m'encanaiUer, boursault. Fables d'Ésope, iv, 3, Vous vous êtes, ma fille, exposée à cela. En vous encanaillant de cette guenon-là, ID. JfoJ* à la mode, se. (O. De ce que je m'encanaille avec un vilain monstre comme cala, HAMiLT. Gramm. 3.
— REM. Ce mot d'encanailler commence fort à s'introduire ; par exemple on dira : je ne veux point m'encanaiUer de ces gens-là, c'est pour ceux qu'on ne veut pas voir ; bien qu'il ne soit pas fort en usage, il est bien reçu, maro. buffet, Observ. p. 39, 4668. Je ne crains rien tant que de m'encanaiUer, mauvais mot de la cour, dit de cailliêres, 4690,
— ÊTYM. En * , et canaille.
t ENCANTOIS (an-kan-tis') , s. f. Terme de chirurgie. Tumeur formée dans la caroncule lacrymale.
— ÊTYM. 'EYxavOiç, deév,en, et xav64ç, coin de l'œil.
f ENCAPER (an-ka-pé) , v. n. Terme de marine. Donner entre deux caps. Navire encapé.
— ÉTYM. En 4, et cap- ENCAPUCHONNÉ, ÉE (an-ka-pu-cho-né , née),
part, passé. Coiffé d'un capuchon. Un certain religieux grave, pieds nus et encapuchonné.... pasc. Prov. 4B. [Frère Jacques] Ce n'était ni un moine, ni un ermite, mais un homme bizarrement encapuchonné de gris, ST-siMON, 4 4», 209. || Par extension. Je pleure encore un joli Hermès enfant que j'avais vu dans son entier, vêtu et encapuchonné d'une peau de lien, p. L. cour. Lett. i, 36.
ENCAPUCHONNER ( an-ka-pu-cho-né ) , v. a. Il !• Couvrir d'un capuchon. On l'a encapuchonné. Il 2° S'encapuchonner, v. réfl. Se couvrir la tête d'un capuchon. Vous vous êtes plaisamment encapuchonné. Il Fig. Embrasser la vie monastique. Il 8' Terme de manège. Rapprocher fortement, en parlant du cheval, le bas de la tête du côté du poitrail. Si leur tête [des chevaux] est trop rapprochée du corps, ils sont sujets, comme on dit, à s'encapuchonner, Dict. de» ort» et m. Amst. 4 767, «' de chei'oux.
— ÉTYM. En 4 , et capuchon.
ENCAQUÉ, ÉE (an-ka-ké, kée), part, patsé. Harengs encaqués. || Familièrement, lis sont encaqués comme des harengs, ils sont très-serrés. Des royalistes [sous Cromwell] sont exposés au marché comme un troupeau de nègres, et encaqués pour la Nouvelle-Angleterre, chateaub. Stuarts, î47.
— ÊTYM. En 4 , et caque.
f ENCAQUEMENT (an-ka-ke-man), » m. Action, manière d'encaquer.
ENCAQUER (an-ka-ké), r. o. || 1* Mettre en caque. Encaquer des harengs. On n'oubliera jamais
ENC
qu'un grand prince [Charles-Quint] fit élever une statue à G. Buckel, pour avoir trouvé la secret de préparer et d'encaquer les harengs salés, Dict. des arts et m. Amst. <787, chat'rcuilt'er. || Encaquer de la poudre à canon. || 2* Par eitei\sion et familièrement, presser, entasser dans une voiture, dans un vaisseau, dans un appartement, dans une prison, etc. Mais ce grand Henri IV était donc un vilain, un ladre, un pUlard; car on m'a conté qu'il avait encaqué dans la Bastille plus de cinquante millions de notre monnaie d'aujourd'hui , volt. L'homme aux iO écus, Entretien avec un géomitre. il 3" S'encaquer, c. réft. S'entasser, en parlant des personnes. Dix théâtres et établissements public* seront pleins, chaque soir, de masques qui s'y encaqueront par milliers, alph. karr, les Gtûpes, janvier 484».
— HIST. XVI* s. Je commencerai dés aujourd'hui à faire compter et encaquer l'argent nécessaire pour faire faire montre aux cinq regimens français et à toutes les compagnies de Suisses et de lansquenets, suLLT, Hém. t. III, p. 339, dans lacdrne.
— ÊTYM. En 4 , et caque.
t KNCAQUEDR, EUSE (an-ka-keur, keû-z'),». m. et f. Celui, celle qui encaque des harengs.
— ÊTYM. Encaquer.
fENCARDITE (an-kar-di-t'), ». f. Terme de zoologie. Cardite fossile.
— ÊTYM. En 4 , et cardite.
+ ENCARPE (an-kar-p"), ». m. Terme d'architecture ancienne. Guirlande composée de fleurs, de feuillages et de fruits.
— ÉTYM. "Ev, en, et xapitè;, fruit.
t ENCARRAILLADE (an-ka-ra-Ua-d', ;j mouillées), ».^. Terme de métallurgie. Mine bien grillée et propre à servir dans les fours catalans.
t ENCART (an-kar) , ». m. Terme de relieur. Les huit pages qui, dans une feuiUe in-4 3, se placent entra les huit premières et les huit dernières pages de la feuille. L'ajustement des encarts les uns dans les autres, lesnE, la Reliure, p. 43a.||On trouvo aussi enquart, qui est une mauvaise orthographe. Quand un livre est plié, devant que de le battre, .Séparez les feuillets bien nets, soigneusement ; Repliez chaque enquart après séparément, id. *.
— ÉTYM. Voy. ENCARTER.
t ENCARTATION (an-kar-ta-sion) , ». f. Tenne de relieur. Opération par laquelle on fait l'encart.
ENCARTÉ, ÉE (an-kar-té, tée), part, passé. Une page encartée dans le volume.
ENCARTER (an-kar-té), c. a. Terme d'imprimerie. Insérer un carton dans une feuille à l'endroit où U doit être. || Terme de relieur. Mettre dans une feuille in-4 2 tes encarts. Encartez les feuiUets bien juste l'un dans l'autre, leshE, la Reliure, p. 47. Il S'encarter, v. réfl. Être encarté.
— ÊTYM. En 4 , et carte.
t ENCARTONNAGE (an-kar-to-na-j"), ». m. Action d'encartonner.
t ENCARTONNEMENT (an-kar-to-ne-man), ». m. État d'une chose encartonnée,
t 4 . ENCARTONNER (an-kar-to-né), v. a. Insérer des cartons entre les plis du drap qu'on veut catir à chaud. Il On dit aussi encarter.
— ÊTYM. En 4 , et carton.
t 2. ENCARTONNER (an-kar-to-né), v. a. Terme de librairie et d'imprimerie. Mettre un carton dans un livre. || 11 signifie aussi mettre les feuilles imprimées entre des cartons pour les passer à la presse hydraulique, afin de les satiner.
— ÊTYM, En 4 , et carton, dans le sens de carte, de feuiUet.
f EN-CAS (an-kâ) , ». m. Chose préparée pouriervir en cas de besoin. C'est un en-cas. Voy. cas.
— ÉTYM. En t , et cas.
t ENCASSURE (an-kâ-sû-r'), ». f. Terme de charron. Entaille faite au lisoir de derrière et à la sellette de devant pour placer l'essieu d'une roue.
t ENCASTAGE (an-ka-sU-j'), ». m. Action d'ericaster.
ENCASTELÉ, ÉE (an-ka-ste-Ié, lée). part.powi'. Cheval encastelé, celui dont la fourchette du pied n'a pas sa grandeur naturelle, parae qu'il a le talon trop étroit. En 'dansant tout ainsi qu'un barbe encastelé, RÉGNIER, Sat. viii. Il Fig. Homme encastelé, s'est dit d'un homme à esprit étroit et même un peu fou.
ENCASTELER (S') (an-ka-ste-lé. La syllabe te prend un accent grave, quand la syUal» qui suit est muette : U s'encastèle, il s'encastèlera), r. réft. Terme de vétérinaire. Devenir encastelé. Ce cheval commence à s'encasieler.
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•- ÉTVM. Bas-lat. incasieîlare, garnir de murailles, la corne du cheval étant comparée à une muraille, de in, en, et casieîlum (voy. chAteau).
ENCASTELCRE (an-ka-ste-lu-r') , s. f. Terme de vétérinaire. Défectuosité du sahot des chevaux qui consiste dans le resserrement des quartiers et même des talons, et cause une compression douloureuse.
— ÊTYM. Eneasteler.
t ENC.\STER (an-ka-sté), V. a.^Terme de potier. Mauvaise prononciation d'encastrer.
t ENCASTILL.-VGE (an-ka-sti-Ila-j', H mouillées), s. m. Terme de marine. La partie d'un vaisseau qui parait aux yeux depuis la surface de l'eau jusqu'au liaut du bois.
— ÊTVM. EneastilU.
fENCASTILLÉ, ÉE (an-ka-sti-llé , liée, !J mouillées), adj. Terme de marine. Navire encastillé, navire qui est fort élevé par ses hauts, c'est-à-dire par les parties qui sont sur le pont.
— ÊTYM. En t , e\. castil ou eastel, château. ENCASTRÉ, ÉE (an-ka-stré, strée), part. pasi^.
Joint par encastrement. Pierres encastrées.
ENCASTREMENT (an-ka-stre-man), j. m. Action (l'encastrer. || Entaille dans le bois ou dans le fer four y introduire une autre pièce. Chaque tourillon d'une bouche à feu est reçu dans l'encastrement du llasque, i.egoabant.
ENCASTRER (an-ka-stré), v. a. || 1* Joindre deux choses par le moyen d'une entaille. On encastre une pierre dans une autre par entaille, ou un crampon dans deux pierres pour les joindre. {| Terme de potier. Lorsque les pièces [de poterie] sont tournées, on les encastre, c'est-à-dire qu'on les arrange dans des étuis semblables à ceux qui servent à cuire la porcelaine, Dict. des arts et met. Amst. 4767, faïencier. || 2" S'encastrer, v. réft. Se joindre en rentrant l'une dans l'autre, en parlant de deux pièces entaillées.
— HlST. XIII* s. Et si avoit dedans chascune cisterne une cuve de marbre bien encastrée de fors maisieres [cloisons], nu cange, incastraturx. || xvi' s. En quelque endroit que la roche eut esté coupée, icelles se fussent trouvées incastrées au dedans d'icelle roche, paré, 280.
— ÉTYM. Provenç. encastrar et eneastonar; espagn. et ital. incastrare. Le radical est le même que dans ehaton de bague (voy. chaton).
I ENCASTRECR ( an-ka-streur), s. m. Ouvrier qui encastre les poteries.
fENCAUME (an-kô-m'), s. m. Terme de chirurgie. Ulcère profond et rongeant de la cornée.
— ÉTYM. 'EYxa«(m, brûlure, de iv, en, et xaiEiv , brûler.
t ENCAUSSEMENT (an-kft-se-man) , t. m. Nom que les bergers donnent à l'hydropisie des bêtes à laine, dans certaines localités.
ENCAUSTIQUE (an-kô-sti-k') , t. f. || !• Peinture préparée avec de la cire fondue. Les Grecs peignaient à l'encaustique. || Adj. Peinture encaustique. Il 2" Préparation faite avec de l'essence de térébenthine et de la cire pour rendre luisants les meubles en bois et les parquets, |{ Enduit qu'on donne aux plâtres pour leur faire prendre le luisant du marbre, ou aux statues de marbre elles-mêmes pour en adoucir la blancheur éclatante.
— ÉTYM. 'E-pcau<rctxi?| , sous-entendu téxvïi , l'art encaustique, de IfxauiTTOv (voy. encre).
t ENCAUSTIQUER (an-kô-sti-ké), V. a. Étendre de l'encaustique et frotter pour rendre luisants les objets encaustiqués.
— ÉTYM. Encaustique.
ENCAVÉ, ÉE (an-ka-vé, vée), part, passé. Mis dans la cave. Barriques encavées. || Par plaisanterie. Tombé dans la cave. Ils sont, sur ma parole, L'un et l'autre encavés, rac. Plaid, il, it.
ENCAVEMENT (an-ka-ve-man) , », m. Action d'encaver.
— ÉTYM. Encaver. -
ENCAVER (an-ka-vé), v. a. Mettre du vin en cave. IlS'encaver, v. réft. Être encavé. Ces barriques sont fort grosses; elles ne s'encavent pas facilement.
— iiiST. XIV* s. C'est un chemin moult destravé, Pleinde boulions [bourbiers], tout encavé, bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 4». || xv* s. Chevalier, congé avez D'aymer où il vous plaist; Gardez où votre coeur encavez. Chevalier qui congé avez, Perceforesl, t. vi, S° 95.||xvi* s. Aucuns, d'une façon particulière, gouvernent ainsi leurs vins ; dès les avoir entonnés et encavés, persent généralement tous leurs tonneaux, o. deserres, 21».
— ÉTYM. En I , et cave.
DlCT. KK LA LANGUE FRANÇAISE,
ENCAVEUR (an-ka-veur), <. m. Celui qui encavé le vin.
— ÊTYM. Encaver.
ENCEINDRE (an-sin-dr^, j'enceins, nous encei-
gnons; j'enceignais; j'enceignis; j'onceindrai ; j'enceindrais; enceins, qu'il enceigne; que j'enceigne, que nous enceignions; que j'enceignisse; enceignant; enceint, v. a. || 1* Entourer d'une ceinture. IJ 2* Par extension. Enceindre de fossés, de palissades. De grands arbres enceignent cette prairie. Cet autre univers qui enceint tous les orbes planétaires et o^^ l'être existant par soi donne aux hiérarchies célestes les signes les plus augustes de sa présence adorable, bonnet, Palingén. 22* part. ch. *.
— HIST. XV* Marne l'ensaint; les haulz bois profitables Du noble parc puet l'en venir branler, E. DESCHAMPS, Le lois de Vincennes. || xvi* s. Afin que-les poinctes de leur bataille fussent plusaisées à se courber et estendre pour enceindre les Romains par derrière, amyot, Sylla, 39.
— ÉTYM. Lat. incingere, de tn, en, et cingere, ceindre (voy. ceindrs); provenç. encenher, engrosser; ital. incinghiere.
ENCEINT, EINTE (an-sin, sin-t'), part, passé d'enceindre. Une ville enceinte de murailles. Elle [la ville] serait seulement enceinte de l'armée et plutôt investie qu'assiégée dans les formes, Boss. Hist. Il , 9.
4 . ENCEINTE (an-sin-f) , ». ^ Il 1° Circuit de murailles, de fossés. Une double, une triple enceinte. L'enceinte des tranchées pouvait tenir dix mille hommes, vaugel. Q. C.si, 2, dans richelet. Il envoya ses soldats faire l'enieinte du bois, ID. ib., 6. Dans la première enceinte il arrête ses pas, VOLT. Zaïre, l, 3. || Terme de fortifications. Enceinte d'une place, les courtines, les bastions et la fossé qui l'environnent. || Par extension. Quelques chasseurs de la garde impériale venaient de mettre pied à terre, suivant l'usage, pour former une enceinte autour da lui [l'empereur], ségur, nist. de Napol. iv, 8. || 2* Un espace qui est clos. Elles ont jusque dans l'enceinte de l'autel des tribunes et des oratoires, la brut. m. L'amour des nouveautés, le faux zèle, la crainte. De la Mecque. alarmée ont désolé l'enceinte, volt, fanal, i, 4. Il Kig. Je veux lui faire voir là dedans [dans un ciron]un abîme nouveau ; je lui veux peindre nonseulement l'univers visible, mais l'immensité qu'on peut concevoir de la nature, dans l'enceinte de ce raccourci d'atome , pasc. Pensées , Disprop. de l'homme, 1. 1, p. 246, éd. Lahure. Là, parle moyen de ses formules générales, rien ne lui échappe de ce qui est dans l'enceinte de la matière qu'il traite, FONTEN. rarijnon.Ne pensez pasque, semén.igeant, comme tant d'autres, l'estime du publit par lesdehors de la modération et de U sagesse, il vint se démentir dans l'enceinte des devoirs domestiques, MASS. Conty. Ils se renfermèrent dans l'enceinte d'une retraite austère, ID. Carême. Samor. || 3* Salle plus ou moins vaste. L'euceinte du tribunal. Sa parole remplissait l'enceinte. || 4"Termedechasse. Partie de bois dont on peut faire le tour par les chemins qui l'environnent. || Endroit qu'on entoure de pieux, de toiles, de filets ou de chasseurs, pour y prendre ou tuer du gibier, des loups, des sangliers. Il Le cercle marqué par des rameaux brisés pour détourner le cerf et savoir le lieu où il s'est retiré. Du cerf prêt à forcer l'enceinte, Chasseur, tu fais le fanfaron, bérano. Double chasse. \\ Double enceinte. Piège pour prendre les loups. || 6* Terme de pêche. Espèce de parc rapidement formé, au milieu de la mer, par des matelots qui, montés sur des chaloupes, entourent les poissons voyageant par troupes.
— HIST. XVI" s. Après tant de coureurs il me print fantaisie De les devancer tous, et comme bon veneur, Faire bien mon enceinte, et en avoir l'honneur, BONS. 670, 210.
— ÉTYM. Enceint. 0. de Serres a dit au masculin: Dans cest enceint, 352.
2. ENCEINTE (an-sin-f), adj. fém. Femme enceinte, femme qui porte un enfant dans son sein.
— HIST. XII* s. Quant la dame se sent enceinte, Si est forment muée e teinte, Grégoire le Grand,. p. 40.||xm*. Enchainte [je] suis d'Ugon, si qu'en levé mes gris [ma robe de gris], audeph. le bast. Romancero, p. 32. Et il li dist que sa fîUe iert [était] ençainte d'enfant, villeh. clxxvii.
— ÉTYM. Lat. incincta, femme enceinte, proprement qui ne porte pas de ceinture, de tn, privatif, et cingere (voy. ceindre) , d'après Isidore. On trouve enceintée dans les lois de Guill. 36.
t ENCELLULEMENT (an-sè-lu-le-man) , ». m.
Action d'encelluler; état d'une personne encelluléo. On a prétendu prouver avec des chiffres que l'état mental était plutôt protégé que compromis par l'encellulement [des prisonniers], bouedet. Causeries, p. 379.
— ÉTYM. Ene'llukr.
t ENCELLULER (an-sè-lulé), t). a. Mettra, enfermer dans une cellule, en parlant des religieuses, des prisonniers.
— ÊTYM. En 4, et ceHul».
t ENCÉNIE (an-sé-nie) , ». /. Fête que les Juifs célébraient le 25 de leur neuvième mois, en mémoire de la purification du temple par Judas Macchabée, après qu'il eut été pillé par Antiochus Êpiphane.
— ÉTYM. 'Eynatvta, de iv, et xaivè;, nouveau.
ENCENS (an-san; l'tse lie : un an-san-r agréable), ». m. Il 1* Nom vulgaire de la résine appelée, en matière médicale, olilian. L'encens croit dans l'Arabie et dans l'Inde. Les lieux où croît l'encens, oi murmure l'abeille, ddcis, Abtifar, i, 6. || 2* Composition que l'on brûle comme parfum, particulièrement dans les cérémonies religieuses, mélange d'oliban et de gommes-résines communes. Que je vous dois d'encens, grands dieux qui m'exaucez I
CORN. Hor. ni, 2 Mais depuis qu'en ces lieux Sa
voix rend aux mortels les réponses des dieux, Et qu'il envoie au ciel les encens de nos temples, ROTR. Antig. v, 4. Grands dieux.... Je vous promets pourvu qu'il [un sanglier] no m'attrape pas. Quatre livres d'encens.... «cl. Prince d'Él. i, 2. 11 n'a pas daigné brûler de l'encens sur mes autels, pén. Tél. VIII. Puissent jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens ! rac. Esth. I, 2. Qu'il est doux de voir sa penséa. Avant de chercher ses accents. En mètres divins cadencée , Monter soudain comme l'encens I lamart. Harm. l, l.|| Donner de l'encens, brûler de l'encens devant quelqu'un ou devant quelque chose, pour accomplir une cérémonie religieuse. Choisis da leur donner ton sang ou de l'encens [aux dieux du paganisme], corn. Puly.v, 2. || 3° Fig. Hommage, louange, flatterie. Mais vous avez cent fois notre encens refusé, la font. Fabl. x, 4. Les flatteurs, par exemple, cherchent à profiter de l'amour que les hommes ont pour les louanges, en leur donnant tout la vain encens qu'ils souhaitent, mol. l'Am. mid.m, l.Et dont, à toutpro|)os, les molles complaisances Donneraient de l'encens à mes extravagances, ID. Ifi». II, B. Il allait porter son encens avec peine sur les autels de la fortune, Fi.tcu. U. de Uont. L'on jette sani y penser quelques grains de l'encens qu'on doit à Dieu sur le monde, ID. Jfar. Th. Vendre au plus olVrant son encens et ses vers, boil. Sat. i. Qui d'un indigne encens profanent tes autels, ID. Disc, au roi. Je ne puis, en esclave à la suite des grands, X des dieux sans vertus prodiguer mon encens, id. ib. Les femmes adorées Reçoivent cet encens que l'on doit à vos yeux, volt. Zaïre, i, 4. Alamon, c'est U nom de ce prince imbécile. Avalait cet encens, m. Éd. d'un prince. Je viens à vos genoux en soupirs caressants D'un vers adulateur vous prodiguer l'encens, a. chén. Élég. 38. Brûlons-nou» pour une coquette Un encens d'abord accueilli î BiRANO. Vieillesse. [| Un grain d'encens, un peu de flatterie. j| Au plur. Ce que tu vaux est en toi-même; Tu fais ton prix par les vertus; Tous les enoen» d'autrui sont encens superflus, corn. Imit. u, «. Et ces hautes vertus qua da vous il hérite Vous donnant votre part aux encens qu'il mérite, id. Yict. du roi. Aux eacens qu'elle donne à son héros d'esprit, mol. F. sav. I, 4. Pour moi je ne vois rien de plus sot k mon lens Qu'ui» auteur qui partout va gueuser des encens, ID. i*. III, 5. Cet empire que tient la raison sur les sens Ne fait pas renoncer aux douceurs des encens, id. ib. I, 4. Ce soin que vous vouliez bien prendre de faire valoir nos bonnes intentions et nos services, déporter nos vœux et nos encens aux pieds du trône.... FLÉCH. Compl. à M. de Chdteauneuf. \\ 4* Terme de botanique. Nom vulgaire du romarin officinal (famille des labiées), dit encore eucensier. || Proverbe. Selon les gens, l'encens.
— REM. Sur ces vers de Corneille : Mais quoique vos encens le traitent d'immortel, Cette grande victime est trop pour ton autel, Ifort de P. i, 4 , Voltaire a prétendu qu'on ne pouvait pas dire encens au pluriel. La raison est qu'on ne compte pas l'encens, qu'on ne dit ni un ni deux encens, à moins qu'on ne veuille désigner des e.spèces différentes. Dans le sens général, ce mot n'a donc point de pluriel. Cependant il est certain aussi qu'au xvii* siècle on ne faisait pas cette distinction, et qu'encens se disait très-bien au pluriel nour louanges, flatteries.
ENC
Aujourd'hui la distinction est établie, et on ne dit plus: brûler, offrir des encens, mais de l'encens. HIST. XII" s. Encontre lei [contre la loi 1 encens [il] volt offrir al altel. Rois, p. 3»l. Plus soef oient [sentent] que encens ne piment, Rone. p. <02. Del saint encens porter et temple s'enhardi ; Deus s'en ert [était] cureciez,deliepre leferi [frappa]. Th. U mart. 74. {| ivi' s. L'encens est un arbre qui croist en Arabie. — On sophistique l'encens avec résine de pin, PARÉ, XXVI, (6. Herbe d'absinthe ou encens puant, FouiLLOux, Faueonn. f" S8, dans iacuhnk.
— ÊTYM. Provenç. encens, ensens, ences, eces, esses; catal. encens; espagn. incienso; portug. et ital. incenso; du lalin incensum, brûlé, de incendere, brûler (voy. incendie).
ENCENSÉ, ÊE (an-san-sé, sée), port, passé. Qui reçoit l'encensement. Kncensé par le prêtre. |{ Fig. Un roi encensé par des flatteurs.
ENCENSEMKNT (an-san-se-man), s. m. Action d'encenser. Ils ne l'invoquèrent plus avec les solennités des encensements et dus victimes que dans le temple, mass. Carême, Temples. Elle fait brûler devant eux la fumée des encensements, id. Prof, tel. 3. L'autel et monseigneur le cardinal de tiourdis furent encensés et non le roi; disant les chapelains de Sa Majesté, qu'on avait autrefois empoisonné des rois par le moyen des encensements, SAINT-POIX, Ess. sur Paris, Œuvres, t. iv, p. <o<, dans pouGENS.
— HIST. xvi's. Ils n'ont point voulu faire parfums et encensements aux idoles, càlv. 227. David prioit que son oraison montast devant le Seigneur comme un encensement, id. Instit. 4 460.
— ÉTYM. Encenser.
ENCENSER (an-san-sé), t>. o. ||1' Kaire brûler l'encens devant quelqu'un, devant quelque chose. Encenser une idole. Encenser les autels. Encenser l'évêque. || Absolument. Il entra pendant qu'on encensait. Il 2* Fig. Honorer d'une sorte de culte, J'bommage. Elle [la politique romaine] encensait quelquefois le Dieu des Juifs avec tous les autres, BOSS. Uist. II, <i. Qui voudra désormais encenser mes autelsT boil. Lutrin, i. Vénus.... vous a-t-elle forcé d'encenser ses autels? bac. Phèd. i, t. On encense, et on adore l'idole qu'on méprise, mass. Carême, Tent. Moi I de ce fanatique encenser les prestiges! VOLT. Fanât, i, <. Allez donc et jamais n'encensez ses erreurs, id. Brutus, II, i. || 8» Donner des louanges excessives. Pour gagner les hommes, il n'est point de meilleure voie que de donner dans leurs maximes et encenser leurs défauts, mol. l'Av. l, t. Jamais il n'avait encensé le pouvoir arbitraire du premier, hamilt. Grainm. 6. On n'encensa jamais la vertu fugitive, volt. jPriumt). i, 3. Sur un trône l'ennui se carre. Fier d'être encensé par des sots, bérang. Prince de Navarre. J'encense une personne auguste ; Pour toi je ne puis plus chanter, ID. Poète de cour. || Familièrement. Encenser à tour de bras, donner des louanges outrées. H 4° Terme de manège. Le cheval encense, quand il fait avec. sa tête un mouvement de bas en haut. Il B° Encenser a été employé comme un verbe neutre; cette tournure n'a pas été reçue. Encenser aux dieux, SAURIN (le prédicateur), Disc, de saint Paul d Félix et Vrusille. Il arrive assez souvent que toutes ces belles promesses [des prédicateurs dans les guerres de religion] sont suivies de la perte d'une bataille; le prédicateur n'en est pas déconcerté ; U trouve cent admirables ressources : si l'on avait vaincu, on se serait trop confié au bras de la chair; on aurait trop encensé à ses rets; une défaite nous apprend que nous n'étions pas assez humbles, bayle, Dict. Déjotarus, noie K. || 6» S'encenser, V. rifl. Se donner les uns aux autres de l'encens, des flatteries.
— HIST. XI* s. Gaillardement touz [ils] les ont encensez, Ch. de Roi. ccix. Ijzu* s. Joaz le mestier Deu cum prestres envat. Encensa cum evesques in domo domini. Th. le mart. 76. Este vus [voici] uns prudum de Juda ki vint de part nostre Seignur en Bétel, e truvad le rei Jéroboam tut en estant, e cel altel aviultre [adultère] encensaal, /(ois, p. ise Il XIII* s. Que toutes les famés vivans Lor cors, lor cuers et lor pensées Ont de celé odor encensées, 2a Rose, 3(1880. Il XV* s. Il bouta sa teste au trou di: retrait oi^ il fut bien encensé. Dieu le sait, de la confiture de leans, louis xi, Kouv. lxxu. || xvi* s Un charbon ardent s'estant coulé da;is la manche d'un enfant lacedemonien, ainsi qu'il encensoit.... kONT. m, tu.
— ETYM. Eneens ; provenç. encessar, ecessar; catal. encensar; espagn. incensar; ital. ittcensare.
ENCENSECR (an-san-seur) , s. m. Ne se dit qu'au
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fig. Celui qui donne de l'eucens, des louanges excessives. Et, faute d'encenseurs pour les défauts qu'ils ont. Ils s'accoutumeraient à k» voir tels qu'ils sont, BouRSAULT, Fobles d'Ésope, m, *.
— ÉTYM. Encenser.
t ENCENSIER (an-san-sié) , s. m. Nom vulgaire du romarin officinal, dit aussi encens.
— ÉTYM. Encens. Cette plante a été ainsi nommée de Vencensier, ancien nom de Yencensuir, ainsi qu'on voit à l'istymologie d'encensoir.
ENCENSOIR (an-sansûir), s. m. || 1* Vase sacré, ou sorte de cassolette suspendue à de longues chatnettes, dans laquelle on brûle de l'encens. Oui porte l'encensoir ne peut porter l'épée, lemiehre, Charlem. ii, (.Elevez-vous [prières] dans le silence X l'heure oii dans l'ombre du soir La lampe des nuits se balance. Quand le prêtre éteint l'encensoir, LAMART. Harm. i, l.||Fig. Prendre l'encensoir, louer excessivement. L'autre jour, suivant à la trace Doux ânes qui, prenant tour à tour l'encensoir. Se louaient tour à tour, comme c'est la manière, la PONT. Fabl. XI, 6. Il Fig. et familièrement. Casser le nés à coups d'encensoir, donner do l'encensoir par le nez, donner en face des louanges outrées. Mais un auteur novice à répandre l'encens Souvent à son héros, dans un bizarre ouvrage, Donne de l'encensoir au travers du visage , boil. Éptt. ix. {| 2* Fig. Le sacerdoce, le pontificat. Il tient le sceptre et l'encensoir. Quand j'osai contre lui disputer l'encensoir, bac. Athal. m, 3. Il Mettre la main à l'encensoir, entreprendre sur le ministère des ecclésiastiques. On ne m'a jamais vu.... D'une indiscrète main profaner l'encensoir, volt. Hinriade, ii. U [Pierre le Grand] ne touchait point à l'encensoir, mais il dirigeait les mains qui le portaient, id. Russie, I, to. Il 3" Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral qu'on nomme aussi l'Autel. Il 4* Synonyme d'encensier, plante.
— HIST. XIII* s. 11 ne laissa en les yglises d'Engleterre ne calices, ne encensuers, Ilist. occid. des Croisades, 1. 1, p. 20a. || xvi* s. Les femmes et quelques ministres faisoient jouer des feux d'artifices, et entr'autres une pièce qu'ils appeloient l'encensoir, c'estoit un mas qui tournoit sur un pivot, et avoit une chaudière au long bout, duquel long bout on versoitlefeudans le milieu du fossé, d'aub. ZfùMi, 47.
— ÊTYM. Encenser. La langue ancienne disait de préférence encensier: xii* s. Desphieles, desencensiers e des altres ustilz. Rois, p. 244.
t ENCÉPHALALGIE (an-sé-fa-lal-jie), s. f. Terme de médecine. Douleur nerveuse de l'encéphale.
— ÉTYM. Encéphale, et S).yo;, douleur.
f ENCEpuALALGIQUE (an-séfa-lal-ji-k'), adj. Qui a le caractère de l'encéphalalgie.
ENCÉPUALE (an-sé-fa-r), s. m. || 1* Terme d'anatomie. L'organe nerveux qui, chez tous les animaux vertébrés, est contenu dans la cavité du crâno. [I 2° Adj. Terme de zoologie. Se dit de vers qui s'engendrent dans la tête. Cet emploi est aujourd'hui inusité.
— ÉTYM. 'EYxéçaXov , de év, en, et iteço),:^, tête. ENCÉPHALIQUE (an-sé-fa-li-k') , adj. Qui appartient à l'encéphale.
— ETYM. Encéphale.
t ENCÉPHALITE (an-sé-fa-ll-f), *. f. Terme de médecine. Inflammation de l'encéphale.
— ÉTYM. Encéphale, et la finale médicale xle, en grec itiç, indiquant inflammation.
t ENCÉPHALOCÊLE (an-sé-fa-Io-sè-1'), ». f. Terme de chirurgie. Hernie du cerveau.
— ÉTYM. Encéphale, et xr|).Yi, tumeur.
t t. ENCÉPHALOÏDB (an-sé-fa-Io-I-d'), adj. Terme d'anatomie. Qui offre des sinuosités comparables à celles d'un cerveau. || Terme d'anatomie pathologique. Substance encéphaloide, une des matières morbifiques qui forment le plh.> souvent les tumeurs dites cancéreuses.
— ÉTYM. Encéphale, et eîSoç, forme.
t a. ENCÉPHALOÏDB (an-sé-fa-lo-ï-d'), s. m. Terme de minéralogie. Espèce de madrépore fossile.
— ÉTYM. Voyez le précédent.
t ENOËPHALOLITUE (an-sé-fa-lo-li-f), ». m. Terme d'anatomie pathologique. Calcul ou concrétion du cerveau.
— ETYM. Encéphale, et X(6o«, pierre.
t ENCÉPUALOLOGIE (an-sé-fa-lo-lo-jie), s. f. Traité sur l'encéphale.
— ÉTYM. Encéphale, et X6ïo«, traité.
t ENCÊPUALOPATHIE (an-s6-fa-lo-pa-tie), s. f. Terme de médecine. Nom donné i des accidents nerveux graves, tels que le délire, le coma, et aussi à différentes formes de maladies nerveuses.
— ËTYU. Encéphale, et ndSo;, maladie.
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t ENCÉPHALOZOAIRE (an-sé-fa-lo-zo-ê-r'), adj. l'c rnie de zoologie. Les an i maux encéphalozoaires , les animaux qui sont pourvus d'un cerveau. || S. m. Les encéphalozoaires.
— ÉTYM. Encéphale, et Cwâfiov, diminutif do Cûov , animal; mot d'ailleurs mal fait, car il sign fle les petits animaux qui se développent dans le cerveau. ENCUAÎ.NÉ, ÉE (an-chê-né, née), part, passé. Il 1* Lié avec des chaînes. Un criminel enchaîné. Il Par extension. Ces vents depuis trois mois enchaînés sur nos têtes, RAC. Iphig. I, i. Il Fig. Quoi I toujours enchaîné de ma gloire passée.... ràc. Bril. IV, 3. Ktque, de mon devoir esclave infortunée, X d'éternels ennuis je me vole enchaînée, id. Mithr. n, s. Le roi jusqu'à ce jour ignore qui je suis; Celui par qui le ciel régie ma destinée. Sur ce secret encor tient ma langue enchaînée, lu. Esth. i, t. U [un officier russe] n'a été rclAché qu'à Kowno, après vingt-six jours, ayant partagé toutes nos douleurs, libre d'y échapper, mais enchaîné par sa parole, seoir, Ilist. de Napol. x, 8. || 2* Il se dit aussi du lien de l'amour et du mariage. 1.1 qu'ensuite i l'envi mille autres hyménées De no» deux nations l'une à l'autre enchaînées Mêlent si bien le sang et l'intérêt commun.... corn. Sert I, 2. Enchaînée àGusman par des noeuds éternels, volt. Ali. m, 4. Il 8* T^nu dans l'oppression. lU adorent la main qui les tient enchaînés, rac. Bril. IV, 4. Il 4* Uni par un enchaînement. Mais l'Étit aujourd'hui suivra ma destinée. Je liens avec mon sort sa fortune enchaînée, rac. Alex, i, 4. Heureux si ses vertus l'une à l'autre enchaînées, id. Brit. I, 2. Mille prospérités l'une à l'autre enchaînées. iD. Bérén.y, 7. Les malheurssont souvent enchaînés l'un à l'autre, id. Esth. m, 1. 1| Uni par un rapport logique, et, simplement, qui se suit bien. Des idées éuoitement eiiChaioées.
ENCHAÎNEMENT (an-chê-ne-man) , s. m. || 1* Action de mettre à la chaîne. L'enchaînement des forçats. Il 2° Fig. Suite ou série de choses de même nature, ou qui ont des rapports entre elles. L'enchaînement des causes, des raisonnements. Un enchaînement de circonstances. Nous appelons opéra un certain enchaînement de danses et de musique qui n'ont pas un rapport bien juste, st-ëvreu. dans richelet. Les parties du monde ont toutes un tel rapport et un tel enchaînement l'une avec l'autre , que je crois impossible l'une sans l'autre et sans le tout, PAsC. Pensées, t. l, p. 262, éclit. Lahure. Ce Dieu qui a fait l'enchaînement de l'univers, boss. Uist. III, a. Par quels secrets ressorts, par quel enchaînement Le ciel a-t-il conduit ce grand événement T BAC. Esth. I, 4. Ces repas qui font l'enchaînement des autres voluptés, uamilt. Gramm. 8. Sa vie parut un enchaînement continuel de crimes, FÉN. Tél. viu. Une succession de pensées qui naissent dans les peuples les unes après les autres, et dont l'enchaînement bien observé pourrait donner lieu à des espèces de prophéties, fonten. Leibnilx Quoi I toute votre vie n'a peut-être été qu'un enchaînement déplorable de passions et de misères, mass Car. Pécheresse. On voit le progrès immense que le.< sciences ont fait, et on a perdu l'enchaînement insensible par lequel ellos tiennent aux premières idées, turoot , Ébauche du 2* dise. Progrés de l'esprit humain, p. 26». L'ordre et l'enchalnemeni des idées les graveront dans ma tête d'une manière ineffaçable, W" de genlis, Adèle et Théod. t. i, lett. 8, p. 36, dans pougens.
ÉTYM. Enchaîner; provenç. encademen.
ENCHAÎNER (an-chê-né), t). O. || 1* AtUche» avec une chaîne. Enchaîner un criminel, un animal féroce. Tandis que l'ennemi par ma fuite trompé.... Et, gravant en airain ses frêles avantages, De mes États conquis enchaînait les images, BAC. Uithr. m, <■ Il Par extension. Le froid enchaîne les eaux, les ruisseaux, c'est-à-dire il en glace la surface qui cesse de couler. L'hiver, qui si longtemps a fait blanchir nos plaines , N enchaîne plus le cours des paisibles ruisseaux, l. B. Rouss. liv. m, ode 6. Mon front est blanchi par le temps; Mon sang refroidi coule à peine. Semblable à celle onde qu'enchaîne Le souffle glacé des autans, lamart. Méd. I, ». Il Fig. Maudit soit le premier dont la verve insensée.... Voulut avec la rime enchaîner la raison I bou.. Sat. n. L'homme en ses passion» toujours errant, sans guide, A besoin qu'on lui mette et le frein et la bride; Son pouvoir malheureux ne sert qu'à le gêner; Et, pour le rendre libre, il le faut enchaîner, id. ib. x. Heureux si cette vie [du roi] était enchaînée de travaux qui roulassent sur lui! d'argenson. Mémoires, t. m, p. m, <8«i. Certain de ma vertu, je conçois l'espérance D'en-
TÎNC
ENC
ENC
chaîner l'avenir, de triompher du dieu, M. J. chén. (Edipe roi, m, 4. || Enchaîner la victoire, être constamment Tictorieux; enchaîner la fortune, avoir des succès constants. Et ne rien hasarder qu'on n'ait de toutes pnrts Autant qu'il est possible enchaîné les hasards, CORN. Allila, i, *. Quand on tiendrait dans son camp la victoire comme enchaînée, FfiN. Tél. XIV. Oiiand Philippe à Bovine enchaînait la victoire, VOLT. Zaïre, ii, 3. Nous avons, par nos soins et par nos artifices, Du sort, autant qu'on peut, enchaîné les caprices, lafosse, Wanlius, ii, 2. Il Enchaîner à son char, devenir le maître de, rendre esclave (voy. cn*B). Une coquette enchaîne de nombreux amants & son char. || î° Subjuguer, dompter, asservir. Lorsque son bras enchaîne et ravage la terre, volt. Fanât, i, 4. Va, si tu crois si beau d'enchaîner l'univers.... masson, Helv. i. || 3° Atlacher par des liens moraux. Mais si vous m'enchaînez à ce que j'ai promis, corn. Sert, iv, 3. Et le seul hyménée Peut rompre le silence où je suis enchaînée, m. Sur. n, .3. Quel ordre a pu du t;ône exclure la jeunesse? Quel astre à nos beaux jours enchaîne la faiblesse? id. Pulch. rv, 2. Sa valeur [de Henri IV] les [les ligueurs] vainquit, sa vertu les enchaîne, volt. Henr. viii. Qu'as-tu fait des saints nœuds qui nous ont enchaînés? lu. Ali- m, 4. 11 [Louis XIV] avait séduit l'innocence, il avait enchaîné une coquette ; il lui restait à conquérir une femme aussi spirituelle que vertueuse, M"" DE GENLis, Mme de kaintenon, t. I, p. 218, dans pouGENS. Quel indigne lien vous enchaîne en ces lieux? Ducis, Lear, i, 6. Mêmes goûts, mêoiés .■îoins, la commune habitude. Tout semble m'enchaîner dans cette solitude, id. Àbufar, i, b. Il 4° Unir par des liens logiques, coordonner. Enchaîner des propositions, des preuves, des faits, des chapitres. |{ S" Suspendre l'activité, le mouvement habituel. La surprise et la peur enchaînent ses pas. Enchaîner les venls. Il [le respect] arrête les vœux, captive les désirs. Abaisse les regards, étouffe les soupirs. Dans le milieu du cœur enchaîne la tendresse, corn. Oth. m, I. Il me semble qu'un dieu descendu parmi nous. Maître de mes transports, enchaîne mon courroux, volt. (Edipe, m, B. Il fallait enchaîner les discordes civiles, m. i. chén. Charl. Il, ni, 4. On te déchire [mon habit], et cet outrage Auprès d'elle [Lise] enchaîne mes pas, BÉRANG. Son hab. || 6° S'enchaîner, v. réfl. Se mettre soi-même à la chaîne. Voilà donc le triomphe où j'étais amenée! Moi-même à votre char je me suis enchaînée, bac. Iphig. u, B. || Être lié l'un à l'autre. Les prospérités s'enchaînent comme les revers. Les vérités s'enchaînent les unes aux autres. L'art de voir est l'art d'apercevoir les rapports, et tout s'enchaîne aux yeux du génie, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. y, p. 260, dans pougens.
— HIST. XI* S. Ours et lions et veltres [chiens] enchaînez, Ch. de Roi. ix. Si l'enchaeinent autresi corne un ours, ib. cxxxv. |{ xm* s. Corborans prist congié, s'ala en sa contrée, Avoec lui enmena no gent encaenée, Ch. d'Ànt. i, 648. Il démènent tel bruit com chiens encaenés, ib. ii, 288. Car leur feu ne se puet estaindre, Ne leur tormenteours refraindre. Qui les tiennent enchaiennez, J. DE meong, Tr. 1458. Il xiv s. Fist li rois venir ses prisons [prisonniers] , Cinq contes tous enchaïnnez, guiart, Royaux lignages, 7027. || xvi* s. Il lui estoit grief de voir tant de chrestiens encadenez et menez esclaves et traitiez misérablement pour jamais, brant. Cap. estr. t. n, p. »B, dans lacurne.
— ËTYM. En i , et chaine; provenc. et espagn. encadenar; portug. encadear; ital. incatenare.
ENCHAÎNCRE (an-chê-nu-r') , s. f. Terme d'arts. • Entrelacement d'anneaux, de fils, de cordons, et autres objets semblables, les uns dans les autres.
— REM. Aujourd'hui enchatnure est un mot purement technique indiquant l'entrelacement de différents objets employés dans les arts, et dès lors tout à fait distinct d'un enchaînement. Autrefois cette distinction n'existait pas. Il y a une enchaînure éternelle des causes avec leurs effets, d'ablancooRT, Tacite, vi, <i , dans richelet.
— HIST. XVI' s. En touts affaires, quand ils sont passez, comment que ce soit, j'y ay peu de regret.... les voylà dans le grand cours de l'univers et dans l'enchaisneure des causes stoïques, mont, m, 27(.
— ÉTYM. Enchaîner.
f ENCHALAGE(an-cha-la-j'), s. m. Action d'empiler le bois pour le service d'une saline.
t ENCHALER (an-cha-lé), v. a. Empiler le bois destiné à une saline.
t ENCHALEUR (an-cha-leur) , s. m. Ouvrier qui enchala.
ENCHANTÉ, ÉE (an-chan-té, tée), par*, passi. Il 1° Fait par enchantement. Les jardins enchantés d'Armide. Mais le mien [art], quoique moindre, a pleine autorité De vous faire sortir d'un séjour enchanté, CORN. rots, d'or, m, 7. |{ 2° Ensorcelé. Votre valeur enfin naguère si vantée Dans de folles amours languit comme enchantée, hotr. Vencesl. I, I. Non que, par les yeux seuls lâchement enchantée, rac. Phèd. ii, 4. \\ 3° Ravi, satisfait. Enchanté de sa nouvelle acquisition. Quelque flatteur espoir qui vous tienne enchantés, malh. v, 8. Mitis des lois des chrétiens mon esprit enchanté Vit chez eux ou du moins crut voir la vérité, volt. Ali. v, 3. De ces grands souvenirs votre cœur enchanté, M. J. ciiÉN. Tib. IV, 2. Il 4" Très-agréable. Lieu enchanté. Adam y serait arrivé [au but] par des chemins enchantés, CHATEAi'BR. Génie, I, 1,4. ôterre, ô mer, Ô nuit, que vous avez de charmes! Miroir éblouissant d'éternelle beauté, Pourquoi mes yeux se voilent-ils de larmes Devant ce spectacle enchanté? LAMABT. narm. i, lo.
t ENCIIANTELAGE (an-clian-te-la-j*), s. m. Action d'enchanteler.
ENCIIANTELÉ, ÉE (an-chan-te-lé, lée), part, passé. Des tonneaux enchantelés. Le commis ayant confronté le vin de la cruche à celui des deux poinçons enchantelés dans le même cellier... Arrêt du conseil d' El at, 22 juiU. I72i.
ENCIIANTELER (an-chan-te-lé. La syllabe te est accompagnée de doux II, quand la syllabe qui suit est muette : il enchantelle, il enchantellera), v. a. Mettre du bois dans le chantier. || Établir une pièce de vin sur deux pièces de bois pour l'élever de terre.
— ÉTYM. En i , et chantier.
ENCHANTEMENT ( an-chan-te-man) , s. m.
Il 1° Action d'enchanter. Les enchantements de Médée. Mademoiselle, il n'y eut jamais de si beaux enchantements que les vôtres ; et tous les magiciens qui se sont servis d'images de cire n'en ont point fait de si étranges effets que vous, voit. Lett. i I . Dans le sein de la mort ses noirs enchantements Vont troubler le repos des ombres, j. B. Rocss. Cantate, Circé. || Effet produit par cette action. Rompre un enchantement. Pour moi je ne crois pas que, sans enchantement. On puisse aller plus loin et plus légèrement, kaieet, Sophon. iv, 5. Qui ne prendrait ceci pour un enchantement? LA FONT. Fabl. il , 1. Il se croit être en un enchantement, ID. Magn. Ils se mirent en chemin, tels à peu près qu'Amadisou don Galaor, après avoir reçu l'accolade et l'ordre de chevalerie, cherchant les aventures et courant après l'amour, la guerre et les enchantements, hamilt. Gramm. 4. || Par exagération. Cet édifice s'est trouvé bâti comme par enchantement. Il 2° Chose merveilleuse, qui surprend. C'était une succession d'enchantements. Il faut avouer que c'est une personne toute pleine d'enchantements, voit. Lett. 49. Il fallait appeler tous les enchantements de l'imagination et tous les intérêts du cœur au secours de cette même religion contre laquelle on lesavait armés, chateaubr. Génie, i, i, 4. Il 3° Ce qui captive le cœur et les sens. Les enchantements de la poésie. Les pavots que le Sommeil répand sur la terre, apaisent tous les noirs soucis par leurs charmes, et tiennent la nature dans un doux enchantement; chacun s'endort sans prévoir lus peines du lendemain, fén. Tél. xa. La première illusion qui nous y [dans le monde] promet des enchantements et une félicité imaginaire, hass. Car. Hesp. hum. Quel est donc l'incroyable enchantement de l'homme de vouloir périr malgré ses remords? id Par.'^. St Benoit. Éhl messieurs, sans cette innocente erreur de l'écrivain, sans cet enchantement que lui donnaient à lui-même ses propres idées, comment voulez-vous qu'il ait le droit d'nqir sur l'esprit des autres? villemad», Liltér. fr. xvni» siècle, 2* part. 1" leçon. L'étude des fleurs est pleine d'enchantements, aimS martiNj dans le Dict. de poitevin. || 4° Satisfaction , joie vive. Cette nouvelle l'a mis dans l'enchantement.
— HIST. XII* s. Le contrester à Deu est cume li peechiez d'enchantement, ki est par diable, liais, p. 56. E creid [et il crut] en sorceries e en enchantemonz, ib. 420. || xiu' s. Dont [ils] sorent bien que fol estoient Quant il criement [craignent] encantement, FI. et Bl. v. 844. Morganz la fee correça [courrouça] la boenne reine Guenievre par ses anchantemenz d'un suen ami qu'ele tint longuement en sa prison, Merlin, f"66, verso. || xv* s. Il [Charles de Sicile Duras] nous a fait la guerre et nous prit au chastel de l'Œuf par enchantement [Discours de Jeanne de Naples au pape Clément], fboiss. n, xi, 60. Il XVI* t. Pourtant elle ne porta ren avec elle en
quoy elle eust tant d'espérance , comme en soj mesme et aux enchantemens de sa beauté et bonne grâce, amyot, Anton, xxx:.
— ÉTYM. Provenç. encantamen ; catal. eneantament; espagn. encantamiento ; du latin incantamentum, A'incantare, enchanter.
ENCHANTER (an-chan-tô) , r. a. || f Produire une opération surnaturelle sur quelqu'un ou quelque chose par des paroles magiques. Armide enchanta la forêt. Merlin enchanta le chevalier. Assoupis le dragon, enchante la princesse, corn. Tois. d'or, v, 4. Quelque divinité ennemie avait enchanté mes yeux; je croyais voir Ithaque, fén. r^l.ix. || 2* Agir sur les hommes par une action comparée à un enchantement. Les faux prophètes les enchantent par les promesses d'un règne imaginaire, Boss. Ilitt. II, 7. Leur subtil conducteur [Cromwell], qui, en combattant, en mêlant mille personnages divers, vit qu'il avait tellement enchanté le monde qu'il était regardé de toute l'armée comme un chef envoyé de Dieu, id. neine d'Anglet. 11 faut d'un peuple fier enchanter les esprits, volt. Fanât, u, 6. Jeune, sensible, ardent, tel qu'il frappa mes yeux, Quand seul il enchantait et la terre et les cieux, ducis, Abufar, ii, 2. || Se lais,ser enchanter, ne pas résister à ce qui charme, captive. || Il se dit des choses en un sens analogue. [Il] va de sa part enchanter ses ennuis, Tristan, U. de Chrispe, ii, 2. Avant qu'elle enchantât ma vie, Devant moi l'amour s'envolait, BÈRANO. Qu'elle est jolie. \\ 3* Causer un très-vif plaisir. Cette musique, cette pièce m'a enchanté. Vos paroles.... vos regards... votre action et votre ajustement ont je ne sais quel air de qualité qui enchante les gens, iiOL. Critique, 3. Là pour nous enchanter tout est mis en usage; Tout prend un corps, une âme, un esprit, un visage, BOiL. Art p. III. Il 4° Rendre charmant. Il [l'amour] enchante ces lieux par un charme invincible, volt. Henr. a. || S* S'enchanter, v, réfl. Etre ravi, enchanté. Il s'enchantait de l'idée qu'il était l'idole du peuple. || Se plaire vivement l'un à l'autre. Dès la première entrevue, ils se sont enchantés tous les deux.
— HIST. aai*s. Ancor est-il ceanz, ce cuit [je pense]. Ou nos somesenchantétuit [tous], le Chevalier au lyon, v. 1)27. Tant les ad enchantez qu'od sei les fist aler, î la nef sunt venu, e entrèrent en mer. Th. le mart. <33. || xiii* s. Si croi que m'avez enchantée, Maie leçon m'avez chantée, la Rose, 13895. Moult i convient grant garde por nos âmes salver; Diables nous est près, qui nous veut encanter , Charu. d'Ant. i, 97. Il XIV* s. Mahommes l'a craée [une femme] pour hommes enchanter; Qui n'aroit en trois jours eût da coi disner, Â veoir ceste dame se porroit consoler, Beaud. de Seb. v, 776. || xv* s. [Les Flamands venaient de faire alliance avec le roi d'Angleterre contre le roi de France, celui-ci leur manda] que, si ils se vouloientreconnoistre et retoumeràlui, etrelenquir ce roi d'Angleterre qui enchantés les avoit, il leur pardonneroit, froiss. i, i, 106.||ivi* s. Tellement enchanté et charmé du poison d'amour, qu'il ne pensoit à autre chose qu'à elle , amtot, Anton. 40.
— ÉTYM. Provenç. encantar, enchanlar; espagn. encanlar; ital. incantare; du latin tncanlare, de in, en, et cantare (voy. chanter) ; opérer par des chants magiques.
+ ENCHANTF.RIE (an-chan-te-rie) , s. f. Effet de pratiques magiques.
— ÉTYM. Enchaîner.
ENCHANTEUR, ERESSE (an-chan-teur, te-rè-s'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui fait des enchantements. L'enchanteur Merlin. Circé l'enchanleresse. Il 2* Par extension, celui, celle qui séduit, qui entraîne les cœurs. Défiez-vous de cet enchanteur. Une aimable enchanteresse. Agréable enchanteur de mes jeunes années, rotr. Hercule mourant, ii, 4. Va, crois-moi, la beauté, suprême enchanteresse.... LEMERC. Charles VI, ii, b. || 8* Adj. Qui enchante, charme, séduit. Un séjour enchanteur. D'un regard enchanteur connaît-il le poison? rac. Brit. H, 2. Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse, id. Athal. IV, 3. Il en eût trop suivi [du pouvoir] l'amorce enchanteresse, volt. Brul. I, 2. J'ai connu des grandeurs la pompe enchanteresse, M. j. chén. Fénelon, i,2. J'ai vu se dissiper l'erreur enchanteresse, m. ib. II, 3. D'un essaim de beautés la danse enchanteresse, c. delav. Paria, i, 1.
— HIST. XI* s. L'encantffùr qui jà fut en enfer, Ch. de Rai. cvi. ||iii* s. L'enchanteor, qui par son grant revel.... Ronc. p. 87. H xm* s. La tigre i vint et la pantere ; Et Cointeriaus li enchanterre. Uns singes qui fu nez d'Espaingne, S'est ajostez àlaconpaio-
ENC
gne, Ren, 902t. Vous eites dui encbanteor, Que m'estes ci venu blasmer, la Rose, <M«a. ||xv' s. Un enchanteur mnistre de nigroniance qui estoit en la marche du Napics, fboiss. u, u, «S7.
— Etym, Provenç. encanlaire, encantador; espagn. et port, incantadnr; ital. incantotore ; du latin incanlalorem, d'ineantare , enchanter. Le provençal encan (air«, et le vieux français e/ic/ian(«re est le nomiuatif de incantàtor, l'accent sur (d; encanladoretenchanteorealle régime, d'incantatôrem, l'accent sur tô; au pluriel, {{ enclutnteor, au nominatif, d'xncantalôres ; le régime est lei enchanteort.
t ENCHAPER (an-cha-pé), v. a. Terme de commerce. Enfermer un baril de vin ou de marchandise dans un second baril.
— ETYM. En ) , et chape.
ENCUAPEUONNÉ, ÉE (an-cha-pe-ro-né, née),
part, passé. Couvert d'un chaperon. Faiicon enchaperonné. || Couvert du chaperon de deuil , se dit de ceux qui, dans un convoi funèbre, portent un chaperon.
t ENCUAPERONNEMENT (an-cha-pe-ro-ne-man) , (. m. Action d'enchaperonner; résultat de cette action.
— HIST. XVI* 8. Encbaperonnement, cotorave.
— ÉTYM. Enchaperonner.
ENCIIAPEUONNER (an-cha-pe-ro-né), v. a.
Terme de chasse. Couvrir la tête d'un chaperon. Enchaperonner l'oiseau.
— HIST. XV* s. Mon cueur plus ne volera, U est cnchaperonné; Nonchaloir l'a ordonné, Qui japieça le m'osta, ch. d'obl. Chanson.
— ÉTYM. En * , et chaperon.
•f-ENClIAPCRE (an-cha-pu-r"), t.f. Terme de costume militaire. Morceau de peau qui, saisissant la chape d'une boucle, la fîie à une courroie.
— ÉTYM. En < , et chape.
+ ENCUARGER (an-char-jé) , v.a. Donner charge, commission, recommandation. Je lui ai enchargé le soin de.... On m'a enchargé de prendre garde que personne ne me vit, uol. G. Dandin,i, 2. Ainsi m'a enchargé ton père et recommandé da t'aviser et admonester pour ton bien , p. l. coub. u , < 68. Il Vieilli.
— HIST. XIII* 8. Li autre trois firent leur message si comme illorfuenchargié, villeh. iv. S'il lui en-
.cherge qu'il fasse simple contremant & quinzaine.... BEAUM. 71. Il XV* s. Il lui enchargea fort en prendre quitance, comm. vi, a. Elle enchargea à sa damoiselle, qu'elle baillast jour à l'endemain, louis xi, iydttii. IX.
— ÊTYîL Eni, et charger; Berry, encharger, enlaryer , recommander ; provenç. et espagn. eneargar; calai, encarregar; ital. incaricare.
i EN'CUARIBOrrÉ, ÉE (an-cha-ri-bo-té, tée), adj. Mot auquel V. Hugo paraît avoir donné le sens d'embarrassé : Monsieur, vous avez l'air tout encharibotté, le Roi «'amuse, i, s. Ce mot est sans usage; il est aussi sans autorité; car il ne s'appuie que sur les Bigarrures de taboubot, qui a non encharibotté, mais eneharbotté.
t EN'CUARNER (an-char-né), v. O. Mettre de» charnières à une boite, à un coffre,
— ÉTYM. Kn (, et charne, radical da charniire. ENCHÂSSÉ, ËE (an-châ-sé, sée), part, passé.
Il 1° Mis dans une châsse. Reliques enchâssées. Il 8* Mis dans un encastrement, dans un chaton. Diamant enchissé. Les dents sont de petits os encbissés avec ordre dans les deux mâchoires, fén. Exist. 39. Il Terme de botanique. Graines enchâssées, graines fixées une à une dans les fossettes d'un placentaire alvéolaire. || Fig. Nous savons tous les mots dont ils se servent, mais jamais nous ne les avons tus si bien enchâssés, sév. 234. La modestie est belle, enchâssée à propos; Mais, hors de son endroit, c'est la vertu des sots, bodrsaolt, Ésope à la cour, iv, ».
ENCHASSER (an-châ-sé), «. o. || !• Insérer, fixer dans une châsse. Enchâssons ces reliques dans nos cœurs, eoss. u, Er. de P. 2. || Fig. et par plaisanterie. Enchâsser, faire enchâsser, conserver comme une relique ce qui ne mérite pas un pareil
soin Est-ce la mode Que baudet aille à l'aise et
meunier s'incommode? Qui de l'âne ou du maître est fait pour se lasser? Je conseille à ces gens de le faire enchâsser, la font. Fabl. m, t. || 2* Mettre dans une monture, encastrer. Enchâsser un diamant. Enchâsser un tableau dans un lambris. || Fig. La nature enchâsse les esprits les plus brillants dans les plus petits corps, de la même sorte que les orfèvres mettent en œuvre les plus belles pierres, lesquels n'y emploient que le moins d'or qu'il se peut, voit.
ENC
Lett. M. Le prédicateur a enchâssé dans son avantpropos, le plus agréablement du monde, l'histoire d'Artémise sur les cendres de son époux, fén. t. xxi, p. B. Il 8* S'enchâsser, v. réfl. Etre enchâssé. Cette pierre s'enchâ.ssera ici très-bien. Ce mot s'enchâssera mal dans la phrase.
— HIST. XIV* s. L'an propre que l'en l'enchâssa [le corps de St Louis], Philippe d'Artois trespassa,
0. ouuRT, t. u, p. 208. Il XVI* Use de mots purement françois , non toute fois trop communs, non point aussi trop inusitez, si tu ne voulois quelquefois usurper et quasi comme enchâsser, ainsi qu'une pierre précieuse et rare, quelques mots insignes en ton poème à l'exemple de Virgile, ou sellât, I, 29, recto.
— ÉTYM. Eni , et châsse; wallon, ecasi.
ENCUASSURE (an-ebâ-su-r'), >. /. Action d'enchâsser; son résultat. L'enchâssure d'un diamant. Il Fig. Ces réneiions sont ingénieuses et ne manquent que par li-ur forme et leur enchâssure. L'enchâssure de ces écrits en augmentera le prix, la- MOTTR, dans desfontainbs.
— ÉTYM. Enchâsser.
t BNCHATONNEMENT (an-cha-to-no-man),». m.
Action d'enchatonner; effet de cette action.
t ENCHATONNER (an-cha-to-né), v. a. Insérer une pierre précieuse dans un chaton. || S'cncbatonner, v.réfl. S'incruster dans le chaton.
— HIST. XIII* s. Enquestoné, Partonnp. to«24. Il XIV* s. Les entrechamps lie grosses pelles [perles] fines et de chastoos enchastonnés en fin or, du CANGE, dusto.
— ÉTYM. En t, et chaton.
tENCHAXRE (an-châ-trO, s. f. Terme de construction. Pièce servant à encastrer. Une pièce de bois invinciblement retenue et inébranlablement contenue par les deux bouts dans des enchâlres d'une matière inflexible et parfaitement dure, buff. Expér. sur les végétaux, l*' mém.
— HIST. xm* s. Qui est apoiez à l'enchastre Del puis, qui ert voltéde piastre, Ren. t. ii, p. <83.
— ÉTYM. La même mot que encastrer.
ENCHAUSSË, ÉE (an-chô-sé, sée), part, passé.
Plantes enchaussées. || Terme de blason. Êcu enchaussé, écu taillé depuis le milieu d'un de ses côtés vers la pointa du côté opposé.
t ENCHAUSSENAGE (an-chô-se-na-j') , s. m. Action d'enchaussener les peaux.
t ENCHAUSSENER (an-chô-se-né. La syllabe se, suivie d'une syllabe muette, prend un accent grave: j'enchaussène), v. a. Plonger les peaux dans un bain de chaux pour que le poil s'en détache facilement.
— ÉTYM. J?n t , et chaux.
t ENCHAUSSENOIR (an-chô-se-noir), ». m. Outil de chanioiseur.
— ÉTYM. Enchaxusener.
ENCUACSSER (an-chô-sé), t». O. || 1* Terme de jardinage. Couvrir de paille ou de fumier soit pour faire blanchir une plante, soit pour la garantir de la gelée. Enchausser de la chicorée, des pieds d'artichauts. Il 2° Terme de charron. Enchausser une roue, y mettra des rayons.
— ÉTYM. En 4 , et chausser. ' ■
f ENCHAUSSCMER, 1). o. Synonyme d'enchaussener (voy. ce mot).
HIST. XV* s. Que doresnavant tous cuirez
[cuirs] seront enchaussumez , du canoë, calcinatium.
f ENCHAUX (an-chô), s. m. Chaux détrempée dans l'eau. || Vase rempli de chaux liquide.
— ÉTYM. En 1 , et chaux.
t ENCHÉLYSOME (an-ké-li-so-m') , adj. Terme d'ichthyologie. Qui a le corps long et cylindrique comme l'anguille.
— ÉTYM. 'Efxt^uc, anguille, et aûi\M, corps.
t ENCUENOT (an-che-no), ». m. Synonyme d'écheno (voy. ce mot).
ENCHÈRE (an-chê-r") , t. f.\\l' Offre d'un prix supérieur dans une vente; somme que l'on met pour cette offre. Mettre une enchère. Cela a été adjugé à la seconde enchère. Partout du plus offrant on n'attend que l'enchère, hauterochb, Z)euii,sc. ♦. || Folio enchère, enchère trop haute, et qu'on ne peut pas payer ; ce qui force à une nouvelle enchère dont la différencB et les frais sont à la charge de celui qui a fait U folle enchère. || Fig. Payer la folle enchère, être victime de sa propre imprudence. Vous pourriex porter la folle enchère de tous les autres, et vous n'avez point de père gentilhomme, kol. G. Dand.
1, e. Il 2° L'encan même. Vendre aux enchères, à l'enchère. Entraver la liberté des enchères. || Fig. Mettre une faveur aux enchères, ne l'accorder qu'au plus offrant, tes ministres.... Qui mirent les pre-
ENC
miers â d'indignes enchères L'inpsiimable prix de* vertus de nos pères, volt. Henriade, vu. || Kig. Mettre enchère, disputer comme dans un encan. Doncques, sans mettre enchère aux sottises du monde, Je dirai hbrement, pour finir en deux mots. Que la plupart des gens sont habillés en sots, Bt- GNiER, Sat. IV. Il Être k l'enchère, se dit de l'homme prêt à vendre, sans tenir compte de sa conscience, ses services â celui qui les payera le mieux.
— HIST. XV* s. Puisqu'ainsy est, mettez vous à l'enchiere ; J'offreray tant que je devray partir [avoir part], EU8T. DKSCH. Poésies mss. f* «82, dans la- CURNE. Vos fais vous mectez â l'enchiere, Chascun ce qu'il en peut en a. Et ne vous chault comment tout va; Pour Dieu changez vostre manière, en. d'orl. Bail. 83. Fragm. Car, quant amour se vendoit à prière, Peu de marchans y conquestoit proufit : Désir survient qui met la foie encbiere, iD. Rondeau de Jehan de Lorraine. \\ xvi* §. La nouvelleté couste si cher jusqu'à ceste heure à ce pauvre Estât [la France] (et si je ne sçais si nous en sommes i la dernière encbiere), qifen tout et partout j'en quitte le party, hont. Lettres, m.
— ÉTYM. Bas-lat. i'n«h«rta, enchère, incariare, enchérir, du latin in, en, et caru», cher : proprement, la chose qu'on aime, qu'on a chère, et, par suite, que l'on est disposé à payer.
ENCHÉRI, lE (an-ché-ri, rie), part, patte d'enchérir. || 1* Sur quoi on a mis une enchère. Le domaine enchéri par un des assistants lui fut adjugé. y 2° Devenu plus cher. Le blé enchéri par suite du mauvais temps.
ENCHÉRIR (an-ché-rir). || 1* F. o. Mettre une enchère sur quelque chose. Enchérir une maison. || Fig. Aller au delà. Monsieur, il n'y a pas moyen d'enchérir ce que vous m'avez écrit, balz. Lett. 31, liv. IV. Il Cet emploi a vieilli, on dit maintenant, en ce sens, enchérir sur, en prenant le verbe au sens absolu ou neutre. || 2* V. n. Mettre une enchère, des enchères. U a fait venir des gens pour enchérir. Enchérir sur un autre. Les riches ayant commencé à enchérir sur les pauvres, à porter beaucoup plus haut ces rentes, et à chasser par ce moyen les pauvres de leurs possessions, rollin, Traité des El. '•>' part. ch. 2. Il Fig. Aller au delà, faire plus qu'un autre. Et moi, pour enchérir par-dessus ses efforts. Je verrai mettre en cendre et ma main et mon corps, DU BYER, Seévole, v, ♦. Ta mort pour me déplaire enchérit sur ta vie, Tristan, Uort de Chr. v, *. La renommée qui enchéFit toujours sur la vérité, PERROT, Tacite, 474. Quand l'absurde est outré, l'on lui fait trop d'honneur De vouloir par raison combattre son erreur; Enchérir est plus court, sans s'échauffer la bile, la font. Fabl. ix, *. Enchérissez sur les tendresses Que vous eiites pour lui, iD. Fiancée. Une chose dite entre eux peu clairement en entraînait une autre plus obscure, sur laquelle on enchérissait par de vraies énigmes, toujours suivies de longs applaudissements, la brdt. v. Il Ce mot enchérit sur tel autre, il ajoute à l'idée qu'il exprime. || 8* V. a. Augmenter le prix d'une marchandise. Ce journalier enchérit son travail. Ce marchand enchérit ses produits. || 4* Y. n. Devenir plus cher. La viande enchérit On a vendu mon blé trois jours avant qu'il soit enchéri, sEv. 381. Il H se conjugue avec les auxiliaires otoir ou tire; dans le premier cas, cela indique l'action; dans le second, l'état : le blé a enchéri au marché dernier; le blé est enchéri depuis quelque temps.
HIST. XII* s. Beals [beau] reis, se tu voleies
encerchier les escriz, Plusurs rois trovereies que Deus out ainz esliz ; Quand il les out el mund munteze encheriz [aimés, chéris]. Mal unt encontre Deu lur mestiers acompUz, Th. le mart. 75. Ijxiii's. Nous pierdons nos gaegnapes et nosmarceandises;ct nous enchierist li viande cescun jour, Chron. de Raint, «20. Mes li chelif sermonneor, Et li fol large donneor Si forment les enorgueillissent [les femmes]. Que lor roses lor enchierissent, la Rose, 7668. Et en cel délai blé enquierist si, que il vient en aussi graot quierté [cherté] ou en plus comme il estoit quant il me fu prestes, beauii. xxxvu, &. Miei vaut qu'on sequeure au commun porfit, qu'i le [laj volenté de cix [ceux] qui voelent le tans enquierir [créer la cherté], m. xlix, 2. || xiv* s. Car par les guerres sont les vivres enchery, Guescl. «8H8- I8I3I. Il XV* s. Ahl vous ne .-^çavez Comment le drap est enchery, Trestout le bestail est pery, i'alett'n. Il xvi* s. Vivez son glossateur enchérit d'un aullre exemple de son temps, mont, i, es. J'encherirois volontiers sur Plutarque et dirois.... lo. i, 323. La force de mon appréhension encberissoit prez de moitié la vérité de la chose, lo. ii, M. La vieille lui
ENC
monstra le Ilct, et, l'ayant loué en toutes ses qualités, dist qu'elle ne faisoit de l'encherie, si en demandoit cinq sols, hab. Pmit. v, 15.
— ËTYM. Enchère; Berry, encherdir, enchardir. ENCUÉUISSEMENT (an-ché-ri-se-ffian), s. m.
Augmentation de prix. L'enchérissement des blés.
— HIST. xm* s. Se aucuns a aucun marcliié qui soit h encherissement, et aucuns vienne à lui, si li dit qu'il li enchereira son marchié, Liv. de just. <08. Il XIV* s. Firent mauveses montées et encliieiissomens, du cange, montare. X sis livres parisis U'enclieressement , m. incarioramentum. \\ xvi' s. Ces enclierissements deshontez, que la chaleur première nous suggère en ce jeu, mont. I, 245,
— ÉTYM. Enchérir.
ENCUÊRISSEU'R (an-ché-ri-seur), s. m. Celui qui met une enchère. Vendre au plus offrant et dernier enchérisseur. Le prompt débit est la coupelle et la plus sûre épreuve d'un livre ; j'ai en main des enchérisseurs qui achèteront la copie du Dictionnaire universel [celui de Furetière] dix mille écus, FDHETiÈRE, Rccueil des factums , t. ii, p. 85. || Fol enchérisseur, celui qui a fait une folle enchère.
— HlST. XVI* s. 11 avoit tous les ministres qui s'en entremettoient pour suspects, comme les crieurs, les enchérisseurs, jusques à ses propres amis; et pourtant parloit il luy mesme k part aux achepteurs qui mettoient l'enchère, amïot, Caion d'Ut. 48.
— ETYM. Enchérir.
t ENCUEVALEMENT (an-che-va-le-man), s. m. Terme de construction. Opération par laquelle on étaye une maison pour y faire des reprises en sousœuvre.
— ÉTYM. En i , et chevalement.
fENCHEVAUCIIER (an-che-v6-ché), c. a. Pratiquer une enchevauchure. Poutre enchevauchée.
— ÉTYM. En 1 , et chevaucher.
f ENCHEVACCHURE (an-che-vô-chu-r'), s. f. Terme de métier. Jonction de pièces de bois par feuillure ou recouvrement. || Position des ardoises qui se couvrent en partie les unes les autres.
— ÉTYM. Enchevaucher.
ENCHEVÊTRÉ, ÉE (anche-vê-tré, trée), part, passé. Muni d'un chevêtre. Cheval enchevêtré. Il Fig. Qui est mal en ordre, difficile à débrouiller. Affaires enchevêtrées. La prétention de l'électeur de Brandebourg était plus éloignée, plus enchevêtrée que telle de Mme de Mailly, st-sim. <84, (8i. Il Style enchevêtré, style dont l'obscurité vient de la construction de la phrase.
t ENCHEVÊTREMENT (an-che-vê-tre-man), s.
m. 1° Action d'enchevêtrer; résultat de cette action. Il 2° Fig. État de choses difficiles à débrouiller. || Vice du style enchevêtré.
— HIST. Enchevestrement, cotgbavb.
— ÉTYM. Enchevêtrer.
ENCHEVÊTRER (an-che-vê-tré) , V. a. || 1° Mettre un chevêtre, un licou à un cheval. || Terme de charpentier. Joindre des solives par un chevêtre. || 2° Fig. Embrouiller. Enchevêtrer des phrases, une affaire. Il 3* S'enchevêtrer, v. réfl. Se prendre la jambe dans la longe de son licou, en parlant d'un cheval. Il Fig. S'embrouiller. Il s'enchevêtra dans un raisonnement dont il eut peine à sortir. Chacun peut voir, dans les chapitres 3 et 4 du premier livre de Grotius, comment ce savant et son traducteur Barbeyrac s'enchevêtrent, s'embarrassent dans leurs sophismes, j. J. rouss. Contrat, n, 2. Comment concevoir que les routes d'un royaume de vingt-sept mille lieues carrées puissent ne pas s'enchevêtrer sans un centre commun? Mirabeau, Collection, t. IV, p. 297.
HIST. XII* s. Duno li unt un jument senz sele
fait luer [louer] ; Car ne porent nul autre à celé feiz [fois] trover : Nis de fain [même de foin] l'aveit fait sis maistre enchevestrer, Th. le mart. 60. || xv* s. Si tost que [les Hongres] virent nos gens enchevestrés es pieux, adonc tournèrent les Hongres le dos, Boude. I, ch. 24. Il XVI* s. M. le lieutenant, tenant eu sa main des brides sans nombre, desquelles estoient enchevestrez des veaux aussi sans nombre, Sat. Uén. p. sa. On commencera à lui faire sentir [au jeune cheval] la servitude, en l'enchevestrant d'un licol de laine, o. de serres, 307. De peur qu'il ne se butte avec les autres, s'enchevestre, ou autrement lui mesavienne, id. 308. -
— ÉTYM. £» < , et chevêtre. ENCHEVÊTRURE (an-che-vê-tru-r^ , *. f. || l'Ter-
me de charpentier. Assemblage de solives qui, dans un plancher, environnent et supportent la foyer de la cheminée. || 2° Terme de vétérinaire. Excoriation ou plaie qu'un cheval se fait au pli du paturon, ou même plus haut, avec sa longe.
— ÉTYM. Enchevêtrer.
ENC
t ENCHEVILLÊ, ÉE(an-che-vi-llé, liée, «mouillées), adj. Maintenu au moyen de chevilles. || Terme de chirurgie. Suture encheviUie (voy. suture).
— ÉTYM. En ( , et cheville.
ENCHIFRENÉ, EE (an-chi-fre-né, née), port.
passé. Je suis enrhumée du cerveau, dit-elle, je suis enchifrenée, m'** de genlis, Ihidt. de l'éduc. la Lingère, i, 6.
ENCUIFRËNEMENT (an-chi-frè-ne-man), t. m.
Embarras dans le nez résultant d'un rhume de cerveau.
— HIST. XVI* s. Enchifrenure, oudin, Diel.
— ÉTYM. Enchifrener.
ENCHIFRENER ( an-chi-fre-né. La syllabe fre prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette; enchifrené, enchifrènera), v. a. Causer un enchifrènement. Cet air froid m'a tout enchifrené. Il S'enchifrener, v. réft. Je me suis subitement enchifrené.
— REM. On trouve au xvii* siècle enchifemer : Le rhume lui avait tellement embarrassé le nez, il éiait si fort enchiferné, qu'il ne pouva't prononcer les n, dangeau, Disc, il, des consonnes (32). Mais c'est une faute; car l'Académie de <696 a correctement enchifrené.
— HIST. XIII* s. Nus n'i gardast condicion, Foi, ne veu, ne religion, Se ne fust aucuns forcenés Qui fust d'amors enchifrenés Et loyalment s'amie amast, la Rose. U340.
— ÉTYM. En <, et chanfrein, par l'intermédiaire de chinfreneau; le sens, qui était général, comme on voit à l'historique, s'étant particularisé au rhume assimilé à un chanfrein.
t ENCHIRIDION (an-ki-ri-di-on), s. m. Manuel, petit livre portatif. L'Enchiridion d'Épictète. Usité seulement quand on cite un manuel d'un auteur ancien.
— ÉTYM. 'Etx"p'8iov , manuel, de êv, en, et /Etp, main; ce mot est fait de xeip, comme manuel du latin manus.
t ENCHONDROME (an-kon-dro-m"), s. m. Terme de chirurgie. Tumeur composée de substance cartilagineuse.
tTYM. "Ev, en, et x^vSpoç, cartilage; mot fait
avec xôvSpoc sur le modèle de oâpxwiia , excroissance charnue.
+ ENCHORIAL, ALE (an-ko-ri-al,a-l') ou EN- CUORIQUE (an-ko-ri-k'), adj. Voy. démotique. — ÉTYM. 'Ev, en, etyiDpîov, lieu.
ENCHYMOSE (an-ki-mô-z'), s. f. Terme de médesine. Afflux de sang dans les vaisseaux cutanés, par exemple sous l'influence de la joie, de la colère.
— ÉTYM. 'Ey/ûhioti;, deiv, en, et yy\>-ii;, suc. tENCIREMENT{an-si-re-man), s. m. Action d'en-
cirer; effet de cette action.
fENCIRER (an-si-ré), c.o. Enduire, imbiberde cire.
— ÉTYM. En ( , et cire.
f ENCLANCHEMENT ( an-klan-che-man ), i. m. Voy. enclenchement.
t ENCLASSE, ÊE (an-klâ-sé, ste),part. passé. Il s'en trouve bientôt [de matelots] soixante mille d'enclassés, volt. Louis XIV, 29.
\ ENCLASSEMENT (an-klâ-se-man), *. m. Action d'enclasser.
t ENCLASSER (an-klâ-sé), v. a. Mettre dans des classes. On enrôle, onenclasse les matelots qui doivent servir tantôt sur les vaisseaux marchands, tantôt sur les flottes royales , volt. Louis XIV, 29.
— ÉTYM. En », et classer.
t ENCLAVATION (an-kla-va-sion), ». f. Terme de marine. Fosse disposée dans des bassins d'sau de mer pour retenir des bois de mâture ou de construction qu'on y veut conserver.
— ÉTYM. Enclaver.
ENCLAVE (an-kla-v"), s.f.\\ 1* Terrain entouré par d'autres terrains, j] Pays renfermé dans un autre. Le comiat Venaissin était une des enclaves de la France. Il Terme de jurisprudence. Etat d'un fonds entouré de tous côtés par des fonds appartenant à autrui. Il 2° Portion de terrain ou d'espace qui, s'avançant sur un autre, en diminue l'étendue. || 3* Territoire ressortissant à une juridiction. || 4* Terme de construction. La partie avancée d'un escalier, d'un cabinet, d'une soupente, etc. qui empiète sur un appartement. Cet escalier fait enclave dans l'appartement. Il Terme d'architecture. Engagement d'un corps dans un autre. || 6* Terme de construction hydraulique. Partie d'un bajoyer destinée à loger la porte d'une écluse quand elle est ouverte.
HIST. Xiv* s. Et est assavoir que avecques les
heritagesdessusdits il'y a une encleve qui est tenant aus dites maisons, on CANGE, tncioMîura. || xvi* s. Nou» TOUS mandons que taciez assembler les sujets
ENC
de vostre dit bailliage , enclaves et anciens resson d'iceluy, Coutt. génér. t. i, p. tis.
— ÉTYM. Voy. enclaver.
EiNCLAVE, ÉE (iin-kla-vô, vée), part, passé. Qui a la situation d'une enclave. Deux diocèses enclavés l'un dans l'autre. La Bastille et le couvent des Cilestins paraissaient enclavés dans son enceinte [de l'hôtel du roi Charles V], baintfojc, Ess. Paris, Œuvres, t m , p. 70, dans polgens. Il Terme de blason. Enclavé se dit d'un éou parti, dont les parties entrent cai rément l'une dans l'autre Il Terme de diplomatie. Lettres enclavées, lettres renfermées dans d'autre» lettres plus grandes. || Terme d'obstétrique. Fœtus enclavé, fœtus qui est en enclavement.
— REM. Boileau a pris enclavé au sens propre d'encloué : Mais déjà sur son banc la machine [la lutrin] enclavée, Lutr. m.
ENCLAVEMENT (an-kla-ve-man), t. m. || l'Action d'enclaver; état de ce qui est enclavé. L'enclavement du comtat Venaissin dans le royaume do France. M. de Lorraine [dans la partage de l'Espagne] , d'esclave de la France par l'enclavement de la Lorraine, gagnait de devenir un prince puissant et libre en Italie, st-simon, 77, 252. || 2" Terme d'obstétrique. Accident de l'accouchement oii la tète de l'enfant, engagée dans la cavité pelvienne, s'y trouve serrée au point de ne pouvoir plus être poussée au delà par les efforts de la nature.
— HIST. XV* s. Les enclavemens et appartenances de la duché de Bourgogne, monstbelet, cité par LAURiÊRE, Gloss. du droit fr. au mot enclavements et ressorts.
— ÉTYM. Enclaver.
ENCLAVER (an-kla-vé), v. a. || 1* Enclore une chose dans une autre. Enclaver une terre dans un parc. Il 2' Terme de construction. Enclaver uno pierre, la lier avec d'autres pierres qui sont déjà placées. Enclaver une solive, l'encastrer ou la placer dans l'entaille d'une poutre. || Arrêter une pièce de bois avec une clef ou un boulon. || 3*Termo de marine. Loger une pièce de bois dans une enclavation. || On dit que les glaces enclavent un navire quand elles l'enferment. || 4° S'enclaver, v. réfl. Etre enclavé. Une pièce de terre qui s'enclave dans une autre.
— HIST. xiii* s. Les justices de plusors segneurs sunt entremellées et enclavées les unes dedans les autres, BEAUM. lviii, 13. 1| xv* s. Et estoient ceux de Gand et toutes leurs teneurs expressément nommés et enclavés dedans [dans le traité des Anglais et des Français], froiss. ii, ii, 2I6. N'osoient les barons et les chevaliers de Poitou, qui Anglois se tenoient, chevaucher parmi le pays, fors en grans routes [troupes] pour la doute des François qui estoient enclavés en leur pays, ID. liv. I, p. 4<o, dansLAcuRNE. Il ivi* s. Hélène en fit enclaver un [clou de la croix] au heaume de son fils, calv. 4*7. Les citoyens ont fait enclaver ceste pierre en une grosse chaisne de fer, au milieu de leur temple, paré, Monst. app. * Hz s'esmerveillerent comment la fortune conduit une menée par le moyen d'une autre, et rassemble toutes choses quelque loing qu'elles soient l'une de l'autre, et les enclave et enchaîne ensemble, amyot, Titnol. xxiv.
— ÉTYM. Provenç. enclavar; du latin tn, en, et clavus, clou (voy. ce mot).
f ENCLENCHEiMENT (an-klan-che-man) , *. m. Mise d'un certain mécanisme en état de se débander, de faire son effet quand on voudra.
— ÉTYM. En 4 , et clenche.
ENCLIN, INE (an-klin, kli-n'), adj. Qui a un penchant pour quelque chose. Voilà l'un des péchés où mon âme est encline, récnier, Sat. xii. Et mon âme est encline où le péril est grand , trist. jd. de
Chrispe, il, < Ajouerondit qu'il est enclin, mol.
Tart. II, 2. Plus enclin à blâmer que savant à bien faire, boil. Artp. m. Toujours pour un autre enclin vers la douceur, id. Sat. iv. [Us] Les poussent au penchant où leur cœur est enclin, rac. Phèd. iv, 3. Il avait trop de candeur pour être enclin à la défiance, FÉN. Tél. XX.
— REM. On dit enclin à avec un verbe; et, avec un substantif, enclin à ou enclin vers.
— HIST. XI* s. Li empereres en tint son chef [sa tête] enclin [baissé] , Ch. de Roi. x. || xii* s. Nostre emperere se jut [fut gisant] vers terre enclin, Ronc. p. <55. Il xiii* s. Se ele le setlst, moût fust à lui encline, Berte, Lvi. Se tu trueves chaste moillier, Vat'en au temple agenoillier. Et Jupiter enclin aore, la Rose, 8761 . || iiV s. L'appétit qui ad ce est enclin et poursuit la chose, OREeME, Etft. «2. Il sont enclins à faire l'un à l'autre choses aimables, id. ib. 237,
ENG
n TV* 9 Pour aider à garder raison et justice, à
«jiioi tout bon clirestien cievoit entendre et eslre enclin, froiss. n, ii, <03. Plusieurs seigneurs par nature sont enclins à leur profit, ID. Il, ii, 62. Nature est encline grandement en l'homme à cuir nouvelles choses, id. ii, ni, se. r.cs princes sont plus enclins en toutes choses voluntaires que autres hommes, comm. Prol. Affln que le roy fust plus enclin de bailler promptement la possession de.... m. III, 9. Il ayoit intention qu'il feroil faire à cesie ville de Gand quelque grando mutation, coinioissant que de tous temps elle y estoit encline, ID. V, U. Tous les plaisirs en quoy homme est enclin, ID. V, «8. Il XVI* s. Nous sommes tous de nature enclins à hypocrisie, calv. Inst. i. Si mes innocentes mains, Pures de sang et rapines, Ne furent oncques inclines X rompre les droits humains, DU BELLAY, m, 81, verso.
— ÉTYM. Provenç. enclin; anc. espagn. enclino, du latin indinis (voy. inclineu).
t KNCLINOMÈNE (an-kli-no-mè-n') , s. m. Terme de grammaire grecque. Nom donné à tons les mots assez courts pour perdre leur accent en se joignant à un autre mot; tel est chez nous le mot bon dans bon vin, le mot brave dans braie homme, qui sont prononcés comme si l'adjectif et le substantif ne formaient qu'un seul mol. Un autre grammairien ajoute avec raison que tout enclinomtne n'est pas enclitique, mais que tout enclitique est enclinomi^no, ou, en d'autres termiîs, que les enclitiques sont une espèce dans le genre des enclinom&nes, egger, Apollonius Dyscole, VIII, 4, p. 288.
— ÉTYM. 'EyxXiv6(i.ivo{, part, passif de iy*\nu> (voy. enclitique).
i ENCLIQUETAGE (an-kli-ke-ta-j'), s. m. Appareil pour s'opposer à la rétrogradation , dans une mécanique, soit delà puissance, soit de la résistance.
I ENCLIQUETER ( an-kli-ke-té. Le t se double, quand la syllabe qui suit est muette : j'enchquette), V. a. Faire un enoliquetage; arrêter au moyen d'un encliquetage.
— ÉTYM. Fn I , et cliquet.
ENCLITIQCE (an-kll-ti-k') , t. f. Terme de grammaire grecque. Mot qui, perdant son accent, se lie au mot précédent et en fait, pour la prononciation, réellement partie. En latin que est enclitique dans hominumque deumque ; et en français ce est enclitique dans : Est-ce Dieu, sont-ce les hommes Dont les œuvres vont éclater? rac. Esth. ii, 9. {{ Adj. Les mots, les particules enclitiques.
— REM. l.iïncJiltgue est du féminin, on sous-entend lemotpord'cwle; mais, en sous-entendant mot, on l'a fait du masculin, comme M. Egger qui, dans l'exemple cité à ENCLINOMÈNE, 8 dit que tout enclitique est un enclinomène, et non toute. \\ %. En français nous entendons souvent par enclitique non -seulement les véritables enclitiques, mais tous les enclinomènes, c'est-à-dire même ceux qu'on a nommés proclitiques, parce qu'ils perdent leur accent en s'appuyant sur le mot qui les suit. Ainsi Burnouf, dans sa Grammaire grecque, § 405, donne comme des proclitiques les mots écrits en italique dans ce vers de Racine : Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur. Nous disons plus volontiers que ce sont des enclitiques, sans faire la distinction si le mot qui perd l'accent est avant ou après.
— ÉTYM. "EfxXiTixà;, de <Y*^iveiv, incliner, de iv, en, et xXîve'.v, baisser (voy. clinique et incliner),
I ENCLOÎTRER (an-klol-tré), t>. a. Mettre dans un cloître. || S'encloîtrer, v. réfl. Se mettre dans un cloître. Si tous les garçons et toutes les filles s'encloltraient, le monde périrait, volt. l'Homme aux 40 écus. Raisonnement sur les moines.
— ÊTYM. En *, et cloître; provenç. enclostrar.
ENCLORE (an-klo-r'), j'enclos, tu enclos, il enclôt, nous enclosons, vous enclosez, ils enclosent; j'enclorai; j'enclorais; enclos, enclose. L'Académie ne donne ni imparfait, ni parfait, ni impératif, ni subjonctif présent, ni subjonctif imparfait, ni participe présent. Si, de fait, le parfait et l'imparfait du subjonctif sont tellement oubliés qu'on ne peut guère les faire revivre, il n'en est pas de même ie l'imparfait de l'indicatif : j'enclosais ; de l'impératif : enclos, qu'il enclose; du subjonctif présent : que j'enclose; et du participe présent: enclosant. r. o. Il 1* Clore de murs, de haies, etc. Enclore son jardin, son champ. || 2° Enclaver. Il a enclos ce bois dans son parc. Enclore les faubourgs dans la ville. Vastes métropoles, où ce citoyen des déserts [l'Arabe] semble avoir voulu enclore la solitude, cha- TEAUBR. Gin.i, IV, a. || 8* Enfermer. X ceux qu'enelôt la tombe noire, la pont. Fabl. ni, 7. || 4* Fermer V la fois les deux parties de la tête d'une épingU.
ENC
Il 6* S'enclore, v. réfl. Fermer de murs son JaHiD, .son champ. Il s'est enclos pour se garantir des déprédations des passants.
— HIST. XII' s. Dist Viviens :T)ex, quar no» secorez ! Vez nos [nous] enclos et forment enserrez; Regardez nos de vo grant majesté, Li eovenans Vivien, v. 60). Engleterre est enclose e de mer e de vent, Ne crient [craint] Deu ne ses saints pur un poi de turment, Th. le mart. en. Pur ço dist H ces de Juda : edifiumsces citez, sis [si les] encloQms demursede bonesturs,noij,p.30O. || xiii* s. Pourcf! que j'ai grant froit, en mon mantel [je] m'encio, Berle, xxxii. Quant semez fust toz cist essarz [champ], Kt bien enclous de toutes parz, Iten. <988). Ci est le romant de la Rose, Où l'art d'amors est tote enclose, la Rose, Titre. Car quant plus chascun apela, Chascun plus s'enclost et cela, ib. 8458. Kn Antiochesont li caitif d'outre mer, Là les avons enclos, n'en puent [peuvent] escliaper, Ch. d'Ant. vu, Mî. Quant il pleut le soir et fait mal tens de nuit, il s'encloont en leurs pelices, joinv. 230. Sa manière estoit lele, que, quand il estoit parti de ses chevaliers, il s'enclooit en sa chapelle, et estoit longuement en oraisons avant que il alast le soir gésir avec sa femme, ID. 270. Il XIV* 8. Il restoit toujours enclos avecques ses concubines, oresme, Eth, v (9). Je te veil à tout ce respondre, Sans rien enclore ne repondre [cacher], machaut, p. 9B. Il XV* s. Si fut enclos de ses ennemis par trop demeurer en arrière, proiss. i, i, (39. Si laissèrent avaler le grand rastel, et enclolrent le chevalier dehors, id. i, i, 149. Une alée Qui se tournoit sus la rivière. Qui bien l'enclooit par derrière, id. Espinefte amoureuse. Pour Dieu, gardez bien souvenir Enclos dedens vostre pensée. Ne le laissiez dehors yissir. Belle très loyaument amée, CH. d'orl. Bail. 63. Il XVI* s. Ce n'est pas sans cause que nous encloons toutes promesses en Christ, veu que l'apostre enclost toute l'évangile en la cognoissance d'icelui, CALV. Inst. 448. Il commençea de rechef à faire enclorre de trenchées le camp des ennemis, amtot, Sylla, 46. Hz enclouirent le pourpris de la motte avec une haye qu'ils feirent deleurs targes et pavois, id. Crass. 48.
— ÉTYM. Provenç. enciaure; du bas-latin inclaudere qui est dans la loi salique, det'n, en, et claudere clore (voy. clore).
1 . ENCLOS, OSE (an-klô, kl6-z') , part, passi d'enclore. Il 1* Entouré d'une clôture. Jardin enclos de murs. Il 2" Enfermé. En vain me retirant enclos en une étude, Régnier, Sat. m. Comme aux quatre éléments les matières encloses, id. ib. m. En ce vase chétif tout Hercule est enclos. Je puis en une main enfermer ce héros, potr. Hercule mourant, v, 2. Quand on eut du palais de ces filles du ciel [abeilles] Enlevé l'ambroisie en leurs chambres enclose, lafont. FobJ.ix, <2. IITermedeblison. Lion enclos, lion d'Ecosse, enfermé dans un double trescheur.
2. ENCLOS (an-klô; !'« se lie; un an-klô-z agréable), ». m. Il 1° Espace enfermé dans une enceinte de murs, de haies, etc. Un grand enclos estattenantau jardin. Posons que ce crime se soit fait hors de l'enclos du couvent, patbu, Plaid. 6, dans iuchelet. Je n'appelle plus Rome un enclos de murailles Que ses proscriptions comblent de funérailles, corn. Sérier, m, 2. Ses dents [de la chicane] sur des palais exercent leur furie; Elle déjeune d'un enclos, Et dîne d'une métairie, panard, les Tableaux, comédie, dans RicHELET. Les sentiers qui traversaient l'enclos bénit [cimetière] aboutissaient à l'église, CHATEAUBR. Génie, IV, II, 7. Il 2° L'enceinte même. Réparer son enclos. Un enclos de haies. || 8* Demicercle de bois à l'usage des épingliers.
— HIST. XII* s. 11 avieiit bien que aucuns suefre ses voisins à aler par lonc tans à son puis qui est en se [sa] cort ou dedens son enclos, neporquant tex usages.... beaum. xxiv, <6.
— ÉTYM. Enclos t.
t ENCLOTIR (an-klo-tir), v. h. Terme de chasse. Entrer dans .son terrier, en parlant du gibier.
— HIST. XV* s. Qui veut avoir bonne garenne de connilz [lapins], il les doit chascier deux ou trois fois la sepmaine et les faire encloter; car autrement ils vuident le pays. Chasse de Gaston Phebut, nu. p. 4», dans lacurnb.
— ÉTYM. Forme dérivée de enclore.
t ENCLOTCRE (an-klo-tu-r*), ». /. Bord qui règn» autour d'un ouvrage de broderie.
— ÊTYM. Dérivé àe enclore; probablement par la troisième personne il euclôt.
t EN'CLOUAGE (an-klou-a-j'), ». m. Action d'enclouer une pièce de canon.
ENCLOCË, ËE(an-klou-é, ée), part, pasié. Cheval «ncloué. Canons «nclouii.
ENC
ENXLOUKR (an-klou-é), e. a. jj 1* Terme de vétérinaire. Blesser le cheval avec un clou, quand on la ferre. Ou il m'envoie une compagnie qui me retient, ou il encloue mes chevaux, ou il me démet une jambe, BALZ.liv. vii,lett.33. || 8* Enfoncer avec force un clou dans la lumière d'un canon pour empêcher qu'on ne puisse s'en servir. Levenhaupt s'était r». tiré après avoir encloué une partie de son canon, VOLT. Charles III, *. || 8* S'enclouer, e. réfl. Être blessé par un clou qui entre dans le pied, en parlant du cheval. || S'enferrer, se prendre par te» propres arguments.
— HIST. xiu* s. Car de peine [elle] clochoit com
cheval qu'on enclue, Berte, xzxiii Adviserdoit
le maresehal Qui ferre d'autruy le cheval; Car par l'enclouer ou relraire Puet trop le maistre avoir contraire, eust. desc. Poésies mst. f* 443, dans LACURNB. Il XVI* 8. [Jésus] pendit en croix encloué pieds et mains, marot, iv, «48. Les a.ssippez firent une sortie, donnèrent jusques à l'artillerie; mais n'eurent par loisir de l'enclouer, d'aub. Uist. i, t4(.
— ÉTYM. Bas-lat. inclavare, de in, en, etclavu», clou.
ENCLOUCRE (an-klou-u-r*), s. f. || 1* Terme de vétérinaire. Blessure d'un cheval qui s'est encloué. Il Blessure faite aux tùssus vifs du pied du cheval et du bœuf par les clous que le maréchal implante pour fixer le fer. || 2° Fig. Empêchement, nœud d'une difficulté. De l'argent, dites-vous, ah I voilà l'enclouure, kol. l'Élour. n, 5. Eh I je .sais trop oU lui tient l'enclouure, th. corn. Comtesse d'orgueil, II, 4. J'en connais l'enclouure, et je sais bien par où Vous faire devenir un peu moins loup-garou, lO. le Geôlier de toi-même, y, 6. Il [M. le duc] me dit qu'avec un établissement son frère reviendrait; hé bien, repris-je, voilà donc l'enclouure, st-simon,
— HIST. xii* s. Mais s'ele [la paix] fust bien clero e senz nule emposture, [ils] Ne eussent fait as suens desonur ne enjure : Hais conuistre i peut l'um mult tost l'encloeOre, Th. le mart. )25. jj xiu* s. Roi», rappele-moi,se tu oses; Si te conterai de ces choses L'encloeure, Un dit de vérité. Ijivi* s. M. de Vieilleville, saichant ceste encloueure [personne ne voulant proposer la paix], envoya un moyne fort éloquent et hardy devers le roy d'Hespaigne, cabl. vn, *B. X l'encloueure [du cheval], faut premièrement en ester la cause, qui est le cloud, et, au trou d'icelui, mettre de l'huile bouillant, o. de serres, 984. L'enclouure estoit en ce qu'il eust do grandes guerres de tous costez, brant. Charles- Quint.
— ÉTYM. Enclouer.
ENCLUME (an-klu-m'), ». f. || 1* Ma.ssa de fer aciérée sur laquelle on bat le fer et les autres métaux. L'enclume d'une forge. Bt/e et sa magnifique comparaison de l'Ëglise avec une enclume qui n'était faite que pour recevoir des coups et non pas pour en donner, boss. Tar. i' avert. $ 4. On n'entendit plus [dans l'Etna] les coups des terribles marteaux qui, frappant l'enclume, faisaient gémir les profondes cavernes de la terre et les abtmet de la mer, fén. Tél. ii. Mains faites pour souffler la forge ou frapper sur l'enclume, i. J. rocss. Ém. ui. Il Dur comme une enclume, très-dur. En entrant, je me suis donné du nez contre l'âme d'un procureur qui était dure comme une enclume, legraito, Belphégor, n, 3. || Se trouver entre l'enclume et le marteau, être engagé entre deux partis , entre deux intérêt» contraires, de manière k souffrir des deux côtés, .sans pouvoir rendre le mal. Le pape Clément VII écrivait qu'il était entre l'enclume et le marteau [entre Charles-Quint et François premier], VOLT. Jfofur», <3S. Il Remettre un ouvrage sur l'enclume, le refaire, lui donner une nouvelle forme; même sens que remettre sur le métier. Il 2° Terme de couvreur. Outil de fer plat qui a au milieu une espèce de bec plat et pointu pour le piquer sur les chevrons, et sur lequel les couvreurs taillent et coupent leur ardoise avec un marteau tranchant. || Billot rond des paumier»-raquetiers. || Terme de pa.ssementier. Sorte de bigorne crénelée de sillons pour maintenir et façonner le» ferrets. || Ancien terme de teinturier. Espèce de carré d'îicier sur lequel chaque maître devait avoir son nom gravé en creux pour servir de contre-marque aux étoffes. || 8° Terme d'anatomie. Un des osselets de l'oreille moyenne. || Proverbes. Il faut être enclume ou marteau , il faut être opprimé ou oppresseur. Il II vaut mieux être marteau qu'enclume, il vaut mieux battre qu'être battu.
— HIST. xn* s. Or est plu» durs qu'enclume retremc^ Bal. él' Àletchant , r. »o«e. U xni*«. Et
ENC
seur ce perron avoit ani el mileu uns anclume de fer largement demi pi6 haute, Usrlin, nis. t» 7a, reeto. Se li deteres [débiteur] est fevres et li créanciers veut qu'on li baille s'enclume ou ses marliaus.... BEAUM. Liv, <. Il XIV* S. Au serpent a geté un cop merveille grant : Sus le dos le feri [frappa] , mais ne valut noiant. Nient plus comme une englumo ne va le cuir passant, Baud. de Seb. u, 273. || xvi' s. Us ont si fort passé mesure, que la pluspartse sont chargez d'enclumes, au lieu de se couvrir d'armures, LANGUE, 286. Mal contrepoys faiot à l'enclume, qui luy contremet une plume. Ancien proverbe cité dans génin, Jlécréat. t. ii, p. 244.
— ÉTYM. Picard, inglaine ; vfallon, eglome ; namur. églume ; rouchi, engleume; picard, enc/cume; provenç. ciic/idge ; catal. enclusa; espagn. aijunque, lywnqiie,- portug. incude; ital. incudine, incûde, aneûde, ancudine; du latin incudinem, accusatif de ùicus, enclume, do in, en, et cudere, frapper.
ENCLUMEAU (an-klu-mô) ou ENCLUMOT (anklu-mo) , s. m. Petite enclume portative.
— ÉTYM. Diminutif d'enclume.
t ENCLUMETTE (an-klu-mè-t), s. f. Terme rural. Petite enclume portative à l'usage des faucheurs, pour aiguiser leur faux en la battant. || Morceau de fer dont le boisselier se sert pour soutenir les planches qu'il veut clouer.
— ÉTYM. Diminutif d'enclume.
i ENCOCHE (an-ko-ch'), s. f. Établi du sabotier. Il Entaille sur le pêne ou sur la gâchette d'une serrure pour y servir d'arrêt. || Entaille faite par le boulanger sur la taille, pour marquer le pain qu'il fournit à crédit.
— ÊTYM. Voy. ENCOCHER.
ENCOCHE, EE (an-ko-ché, chée), part, passé. Flèolie encochée. || Terme de blason. Se dit d'une flèche posée sur un arc , que l'arc soit bandé ou uoa.
t ENCOCHEMENT (an-ko-che-man), ». m. Action d'encocher.
ENCOCHER (an-ko-ché), v. a. Appliquer la coche d'une flèche sur la corde de l'arc, ij Entailler la gâchette ou le pêne d'une serrure. || Faire une encoche sur la taille d'un boulanger. |{ Planter des chevilles dans les trous pratiqués au fond d'un vaisseau dont les parois doivent être faites d'osier.
— HIST. xiii* s. Atant estes-vos un archier Qui une flece a encochiée, Envers le cerf l'a descochiée. Que il l'avoit bien avisé, Ren. 22366. || xiv* s. Les archiers sont devant, chascun s'esvertua, Chascun tendit son arc et sa flèche encocha, Guescl. v. \ 9070. Il XVI* s. Aussi peu fut utile une plate forme de deux grands vaisseaux saisis ensemble de sablières «ncochées, bridées de bandes de fer, d'abb. Ilist.m, 2).
— ÉTYM. J?» < , et coclu 4 ; provenç. encocar; ital. incoccare.
t ENCOCHURE (an-ko-chu-r') , t. f. Terme de marine. Extrémité de la vergue où l'on amarre le bout des voiles. Vieux.
— ÉTYM. Encocher.
ENCOFFRÉ , ÉE (an-ko-fré, frée) , part, passé. De l'argent encoffré.
ENCOFFRER (an-ko-fré), v. a. || 1° Enfermer dans un coffre. Le duc de Grammont et sa vilaine épousée encofTrèrent leur belle et magniSquè vaisselle, STsiMON, 232, <09. || Fig. Mettre en prison. || 2° Serrer soigneusement par avarice. Cet homme qui pourrait vivre avec abondance aime mieux encotfrer ses revenus. Il 3° S'approprier par friponnerie. EncofTrer l'argent qu'on est chargé de distribuer.
— HIST. XVI* s. Qu'est-ce qu'a fait celuy que l'on encoffré [emprisonne] ? Sat. Mén. p. 203.
— ÉTYM. £» 4 , et coffrer.
t ENCOIFFER (S') (an-koi-fé) , v. réfl. S'enticher, s'infatuer. Si on y songe trop, on s'entête et on s'encoiffe, pasc. dans cousin.
— ÉTYM. En ) , et coiffe.
ENCOIGNURE ou ENCOGNURE (an-ko-gnu-r') , t. f. Il 1° Coin formé par la jonction de deux murailles. Mettez cela dans l'encoignure de la chambre. L'encoignure de la rue. || 2° Petit meuble fait pour être placé dans un coin. || 3* Terme de marine. Ganse qui entoure les cosses que l'on place aux extrémités de l'envergure des voiles.
— HIST. XVI* s. Pour y remédier, faudroit bailler place en ces enoogneures [coins, angles] à sept ou huict des plus braves harquebusiers, lanoue, 325. La vertu assignée aux affaires du monde est une vertu à plusieurs plis, encoigneures et coudes pour s'appliquer et joindre à l'humaine faiblesse, mont.