‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 142 sur 388 · IV, ISI · texte numérisé non relu

IV, ISI

— ÉTYM. En «, et coin.

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ENCOLLAGE (an-ko-la-j') , s. m. ||1* Action d'encoller; résultat de cette action. Faire un encollage. Il 2* L'apprêt même qui sert à encoller. || Couche de colle que l'on passe sur les moulures et sur les sculptures avant de peindre, d'apprêter ou de dorer. || Encollage blanc , blanc délayé dans un bain de colle de parchemin. |{ Encollage à base de glycérine , encollage nouvellement découvert et qui paraît dispenser les tisserands de travailler dans des lieux bas et humides, || Préparation pour boucher les pores du bois et le préserver de la piqûre des vers.

— ÉTYM. Encoller.

ENCOLLÉ, ÉE (an-kolé, lée), part, passé. Une étoffe encollée.

ENCOLLER (an-ko-lé), t). a. || 1" Appliquer, étendre sur quelque chose un apprêt de colle ou de gomme. Encoller une toile de tableau. || 2* Terme de doreur. Encoller le bois, y appliquer une ou plusieurs couches de colle, avant que de le dorer. Il 3* Terme de marine. Encoller une ancre, en souder la croisée à la verge.

— HIST. XV* s. Ledit compaignon [peintre] sera tenu achecter et avoir agréable ce que les ministres lui ordonneront par escript pour faire sondit chefd'œuvre, et fera faire son tableau de bon boys bien sec, et sera encolé et blanchy bien et deuement, et puis pourtraict et ébauché decoulleuis à huyie. Ordonnance, déc. <49e.

— ÉTYM. En t , et colle.

t ENCOLLURE (an-kolu-r') , *. f. Terme de serrurerie. Réunion de plusieurs pièces de fer soudées les unes aux autres.

t ENCOLPITE (an-kol-pi-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation du vagin.

— ÉTYM. Grec fictif, êfxoXiio;, de èv, en, et xoXno;, sein, et la finale médicale ite signifiant inflammation.

ENCOLURE (an-ko-lu-r"), s. f. || 1* Nom que l'on donne au cou du cheval et des autres mammifères. Une tête de barbe, avec l'étoile nette, L'encolure d'un cygne, effilée et bien droite, mol. Fdch. ii, 6. ....Deux bons chevaux de pareille encolure, boil. Sat. X. Une belle encolure doit être longue et relevée et cependant proportionnée à la taille du cheval, BUFK. Cheval. || L'encolure du cheval est rouée lorsqu'elle affecte dan» toute la longueur de son bord supérieur une courbe bien prononcée; on la dit encolure de cygne lorsque la courbure se fait remarquer seulement vers la tête. Encolure de cerf ou encolure renversée, celle qui, au bord inférieur, a une convexité qui en relève l'extrémité supérieure de telle sorte que l'animal porte au vent. Un excès de développement dans ce bord supérieur de l'encolure l'entraîne de côté, et constitue l'encolure penchée. Encolure fausse, encolure qui ne s'unit pas d'une manière insensible avec les épaules et le poitrail; dans le cas contraire, elle est dite bien sortie, Dict. général de méd. et de chir.vétér. Il 2" Familièrement. La tournure, la façon d'être d'une personne. C'est un dieu, je le connais X son encolure.... scarron, Gigant. ch. iv, dans leroux, Dict. eom. D'assez belle encolure et de plus mon cousin, TH. CORN. Bertr. de Cigarral, v, i2. Je vois devant notre maison Certain homme dont l'encolure Ne me présage rien de bon, mol. Amph. i, 2. Il Avoir l'encolure de, avoir l'air, l'apparence de.... Avoir l'encolure d'un fripon. EUel elle n'en fera qu'un sot, je vous assure.... Je dis qu'il en a l'encolure, mol. Tart. ii, 2. D'un censeur de plaisirs ai-je fort l'encolure ? iD. VÉtour. I, 2. Saumery avait toute l'encolure d'un maître à écrire, et toujours mis comme s'il l'eût été, st-simon, 7< , tio. Il On dit dans un sens analogue : être d'encolure à. Vous êtes d'encolure à vouloir un peu mieux, corn. le Uenl. i, t. \\ 3* Terme de tailleur. Le dégagement de l'habit autour du cou. || 4° Terme de marine. Hauteur du milieu de chaque varangue, tribord et bâbord, au-dessus de la râblure de la quille. Il Épaisseur que la pièce de construction appelée courbe peut avoir au point de jonction de ses branches.

— HIST. xvi* S. L'encoleure [isthme] de ceste péninsule, lanode, 433. Vouloient tous que l'on se retirast au Peloponese, et que l'on assemblast toutes les forces de la Grèce au dedans de l'encoleure d'iceluy, amtot, Thémist. 17. L'encoleure des chameaux et des austruches, je la trouve encores plus relevée et droicte que la nostre, mont, ii, 202.

— ÉTYM. Ent, et col.

t ENCOMBRANT, ANTE (an-kon-bran, bran-t"), adj. Qui encombre, qui cause de l'encombrement. Marchandises encombrantes.

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— HIST. XIII* s. Car s'il veut bailler cuves ou huches ou gros merrien ou tex [telles] choses qui sont encomlireuses à manier ; li créanciers no les prendra pas s'il veut, BEAUM. liv, i.

ENCOMBRE (an-kon-br'), t. m. Accident fâcheux qui empêche, qui fait échouer. Quelque sinistre encombre, mol. le Dép. v, 2. Perrette, sur sa têlo, ayant un pot au lait. Bien posé sur un coussinet. Prétendait arriver sans encombre à la ville, la font. Fabl. vu, «0. Cependant, devant qu'il fût nuit. Il arriva nouvel encombre : Un loup parut, ID. «6. IX, 49.

— HIST. xu* s. Trop s'esragent li palsant; E si les nos convient danter [il nous les faut dompter], E ratorner e raseignier Queus [quelle] est lor vie e lormestier; Mais c'est lor mort e lor encombre,

BENOÎT, Chr. de Norm. ii, 26790. || xv* s Pour

ce qu'ils estoient grant nombre D'archiers et de gens à guisernes. Doublant qu'ils ne fissent encombre. Si ne print que les hommes d'armes, Vigiles de Charles YII, t. i, p. 47, dans lacurne. || xvi* s. Inhumer les corps morts, dont y eut si grant nombre. Qu'on ne pouvolt passer à cheval sans encombre, j. MAROT, v, 140. Et s'asseuroient que sa présence les preserveroit de tous dangiers et encombres, CARLOIX, IX, 5.

— ÉTYM. Provenç. encombre ; ital. ingombro ; bas-lat. incombrum, de in, et combri ou cumbri, amas de bois abattu; cumbruî est dit pour cumblus, lequel est une forme barbare du lalin cumului

(voy. COMBLE I ).

ENCOMBRÉ, ÉE (an-kon-bré, brée), pari, patte. Passage encombré. Il y a eu un peu de cohue, el les appartements ont été encombrés, picabd, rroi* quartiers, m, 2. Il eut d'abord à s'avancer sur une route glissante, encombrée de bagages et de fuyards, sÉGUR, Ilist. de Kapol. xi, 7.

ENCOMBREMENT (au-kon-bre-man) , s. m. Action d'encombrer. || Amas de matériaux, de voitures, de personnes qui encombrent un passage. Pour éviter l'encombrement, les voitures entreront par un côté et sortiront par l'autre. Cette multitude immense entassée sur la rive [de la Bérézina] , pêle-mêle avec les chevaux et les chariots, y formait un épouvantable encombrement, ségub, Ilist. de Napol. XI, 9. Ceux qui suivaient, guidés par un stupide instinct, s'ajoutaient à cet encombrement, sans songer à pénétrer dans la ville par ses autres issues, ID. ib. xu, 3.

— HIST. XII" s. Quant li pluisur entendent qu'un quist l'encombrement [qu'on cherchait la perte] De Thomas l'arcevesque, mult en furent dolent. Th. le mart. 4). Estroite est la voie, et cil qui esteir welt est à encombrement à cens [ceux] ki welent aleir avant et ki désirent esploitier, si bern. 687. |]xm*s. Pri-je [je prie] Lucina la déesse D'en fantement, qu'el doint qu'il nesse .Sans mal et sans encombrement. Si qu'il puist vivra longuement, la Rose, 10661. Quant jurs de veue est donés à ceh qui le requiert, et la veue ne pot estre fête en celé jornée, por aucun resnable [raisonnable] encombrement.... BEAUU. IX, 18. Il XVI" s. Sans point mentir un desloyal amant , Sot et mauvais, faict plus d'encombrement i la partie qui par luy est deceue, Que le péché ni la faulte conceue, j. mardi, V, 318. Sur la nouvelle a luy venue du gros encombrement de guerre qui estoit venu sur les bras du roy de tant de pars, M. nu bell. 425.

— ÉTYM. Encombrer; provenç. encombrament ; ital. ingombramento. On disait beaucoup, dans l'ancien français, encombrier et encombrance.

ENCOMBRER (an-kon-bré) , v. a.\\i' Obstruer un passage. Des matériaux, des voitures encombrent la rue. || Fig. Des Anacréons j'ai la liste. Us encombrent ville et faubourgs, eérang. Pauvr. am. Il 2* S'encombrer, v. réfl. Devenir encombré. La route s'encombra rapidement de chariots et de canons.

— HIST. XI* s. E ço [il] lurdist, cum s'enfuit par mer, Ecum il fut en Alsis la citet, E que l'imagine Deus fistpur lui parler, E pur l'onordunt ne s' volt ancumbrer. S'en refuît en Rome la citet. Si Alexis, Lxxvii. Oez, Seignur, quel péché nous encombre, Ch. deRol. il. || xii* s. Tous ses ostaiges [il] a laissez encombrés [dans l'embarras] , Ronc. p. <83. || xiu* s De divers arbres i ot tant, Que moult en seroie encombrés, Ains que les eusse nombres, laRose, 4375. Dangier, Paor, Honte m'encombre. Et Jalousie el Male-Bouche, ib. 4140. Fols est qu'à lor conseil abite, De sa dete pas ne s'aquite, Ainçois s'encombre, ROTEB. 28. L'en cuidoit que l'empereur eust envoie ses messages plus pour nous encombrer que pour nous délivrer, ;oinv. 268. || xiv" s. S'il n'en

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estoit que un [rein] , il convendroit qu'il fust grant, et ainsi il enoomberroit les lieus des autres membres, H. DE MONDEVii-LE, f 29, verso. La plus olere place et la moins encombrée de bois que on porra trouver, Uodut, f cxxm. || xv s. Dieu ne le vouloit mie souffrir [qu'ils se sauvassent]; car leur péché leur encombra, fkoiss. i, i, M. || xvi» s. X haute montée le faix encombre, H. est. /Je la preccll. du long. fr. p. 2ai.

— ÉTYM. Enrom&re ; provenç. encombrar; ilal. tngombrare.

t ENœMIASTE (an-ko-mi-a-sf), *. m. Celui qui compose, qui écrit, ou qui prononce l'éloge de quelqu'un. || Mot très-peu usilé et qui ne peut se (lire d'ailleurs que dans un style didactique.

— HIST. xvi* s. 0 bienheureux confesseur et martyr de Dieu, que je serois volontiers le p.iranymphe et l'encomiaste de tes louanges, Sat. ilén. p. 72.

— ÉTYM. 'EyxM(iiaaTV!i;, de JYXcojiiov , louange, de èv, en, et xwjiti, bour^f, quartier: proprement discours devant les gens d'un quartier.

t ENCOMMENf-ER (an-ko-man-sé), t). a. Entamer, se mettre à. On poursuivit la chose encommencée, LA FONT. Fait. Il Terme qui vieillit.

— HIST. XIII' s. Qui tel vilonie encommence, la noje, 7036. Il XV* s. Pour continuer les mémoires par moi Philippe de Commines encommencés,

COUM. VII, l'TOl.

— ÉTYM. £n t , et commencer; Berry, encommencer; it.il. incomminciare.

ENCONTRE (X L') (an-kon-tr^, loe. prép. jj !• X rencontre de, en s'opposant à. Je ne vais pas à l'encontre de ce que vous dites. Le personnage est agréable, il fait plaisir à considérer. — Je n'en vas pas à rencontre, Marivaux, Préj. vaincu, se. 2. Il Absolument. Je ne vais pas à rencontre, je ne m'oppose pas. Tout«la nature criant à l'encontre, Boss. JforI, 2. Il 2* A l'opposite, en face. Quand ces beaux oiseaux [les flamants] volent à l'eneontre du soleil, ils ont l'air de flèches empennées avec des plumes couleur de rose, chateaubr. Itin.m, i2(. Il X la rencontre. L'héroïne s'avança courageusement à l'encontre df» douleurs, id. René, 2H. || Terme de marine. Deux navires vont à l'encontre l'un de l'autre, lorsqu'ils font des routes diamétralement opposées et qu'ils se voient, l'un l'autre, par l'avant.

— REM. 1. Je n'irai pas à l'encontre de ce que TOUS dites, façon de parler bourgeoise, dit de cail- LiÈREs, «690. Vaugelas aussi condamne la locution comme ne se disant pas à la cour et ne se trouvant pas dans les bons auteurs. Elle a repris faveur; et Bossuet, malgré l'anathème des puristes, s'en était servi. || S. Dans le xvii* siècle on disait aussi encontre. Ne se pouvant tenir encontre tant de maux, bRonier, Sal. ziv. La Fontaine s'est servi plusieurs fois de cette préposition : Ce n'est coup sûr encontre tous esclandres. On nt t'avise. Elle est tombée en désuétude. || 3. Encontre a été d'abord et est resté longtemps un substantif féminin : C'est bonne encontre que tu fuis, bichelet. Cet emploi pourrait très-bien être repris.

— HIST. XI* s. Jamais n'ert [ne sera] hom qui encontre lui vaille, Ch. de Roi. zxvu. X Durandal je la [mon épée] mettrai encuntre, ib. i.xxii. Encuntre mei [par comparaison avec moi] [il] fait assez à priser, ib. cxvi. || xii* s. s. Et la roîne encontre lui courut, Rnnc. p. t24. El [la porte] ne put estre encontre lui tenue, ib. p. t*T. E mult li seit bon gré que si grant faisemprcnt, Qu'encuntre rei de terre saint iglise derent; Partut li aidera là où raisuns consent. Th. le mart. 58. || xin* s. Encontre [au-devant] va li rois moût très joieuseraent, Berle, ix. Moult ont au matin bone encontre Li œl [les yeux] , quant Dame Diei lor monstre Le saintuaire precieus De quoi il sunt si envieus, la 71048, 2737. Tu dois mètre force et delTense Encontre ce que tes cuers pense, ib. 3082. Et 11 enfant né du premier mariage, en eus deffendant, disolent encontre, qu'à eus appartenoit li héritages, TEAUM. xviii, <8. Se aucun requiert au seignor saisine de fié qui li seit escheue, et le seignor dit aucune chose à rencontre, par quel le requérant ne dée [doive] celle saisine aveir.... Ass. de Jér. i, 236. Il XV* s. Grand murmure mouteplia encontre Hue le Despensier, froiss. i, i, 6. X cette intention que le roi Philippe lui aidast mieux et plus volontiers à garder son droit encontre ledit comte de Uontfort, id. i, i, 4t7. De première venue il y eut dur encontre et fort boutis, id, i, i, 328. Et de bonne encontre le premier qu'il trouva, ce fut le dolent mari, Loms xi. Contes, zxxii. || xvi* I. Il disoyt que ces bonnets porteroyent un jour mal encontre à leur tondus, dab. Garg. I,V. D'ung-

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sault montoyt six pas encontre une muraille, id. ib. I, 23. Il y en a qui insisteront k l'encontre, en soustenant que ceste lecture des histoires ne sçauroit que bien peu servir à l'acquisition de prudence,amyot, Pr/f.ix, 34. Oullre toutes ces raisons, plusieurs signes luy en prou:et(oient bonne encontre, ID. Num. 40. Ils appeloient dureté sa sévérité encontre lesmeschans, id. l'ublic. K. Il y avoit des marets tout encontre [de la ville à assiéger] , id. Nicias, 31 . Le roy répliqua que la parole qu'on tireroit de lui estoit un remède suffisant à l'encontre, d'aub. Vie, cm.

— ÉTYM. J?n t , et contre; picard, à l'inconte; provenç. enconlra, préposition, eneotUre, s. m.; espagn. encontra , préposition, encuentro, s. m.; ital. incnntra, préposition, incoiitro, s. m.

t ENCOOUER (an-ko-ké), V. a. Terme de marine. Faire passer, au long d'une vergue, une boucle de fer, pour l'y attacher.

— ÉTYM. Autre forme de encocher.

t ENCOQCRE (an-ko-ku-r') , s. f. Terme de marine. Enfilemcnt de la vergue dans la boucle.

ENCOR (an-kor), voy. encore.

ENCORBELLEMENT (an-kor-bè-le-man), t. m.

Terme d'architecture. Construction en saillie portant à faux sur quelque console ou corbeau , au delà d'un mur. Balcon, galerie, en encorbellement.

— ÉTYM. En < , et corbeau.

ENCORE (anko-r'), adv. de temps. || 1* Jusqu'au moment dont il s'agit. Elle vit encore. Dans dix ans il existera encore. Cela se faisait encore à oette époque. J'sttends encore. Je ne demande pas que vous cessiez encore Ou de haïr Flavie ou d'aimer Théodore, CORN. Théod. m, 6. Pour le cœur, si je puis vous le -dire entre nous. Je ne m'aperçois pas qu'il solfencore à vous, id. isur. ii, t. Lesdogmatistes sont encore à répondre depuis que le monde dure, PAsc. Grand. 26. Elle se fait un Dieu de ce prince charmant. Et vous douiez encor qu'elle en fasse un amant, bac. Alex. I, t. Mes malheurs font encor toute ma renommée, id. Bajai. ii, t. Ahl douleur non encore éprouvée, id. Phèd. iv, 6. Il ne répond encor qu'au nomd'Ëliacin, m. Alhal. i,

2. Il ne connaît encor d'autre père que toi, id. tb. 1 , 2. Les premiers revers Qui frappèrent mes yeux à peine encore ouverts, volt. Zaïre, ii, t. Il Je cours encore, se dit pour exprimer qu'on ne reparut plus, qu'on ne recommença pas, qu'une chose est entièrement laissée de côté, qu'on ne s'en occupe plus. Cela dit, maître loup s'enfuit et court encor, la font. Fabl. i, 6. Je pris la clef du cabinet et puis les lettres d'Etat et cours encore, stsiH. 48, 2<(. Et le petit chien pas plus haut que cela [chien enragé dont on prétendait avoir été mordu]? — Il court encore, scribe et delestre-poirson, le Nouv. Pourc. se. 2t. || S'emploie quelquefois substantivement comme les si, les mais. Et les encore, enfin tout le phœbé, la font. Comment l'esprit. Le moment où l'on dit d'une femme : elle est encore bien jolie I cet encore gâte bien l'éloge, m"* de GENLis, Adèle et Théod. t. i, lett. xi, p. «9, dans pouOENS. Il D'encore en encore, en allant d'un encore à un autre encore, en allant encore plus loin. Il suit sa pointe, et d'encor en encor.... la pont. Comment l'esprit. ||2* De nouveau, Quoil vous le faites encore 'Z J'en veux encore. Soleil si doux au déclin de l'automne, Arbresjaunis, je viens vous voir encor. N'espérant pas que la haine pardonne X mes chansons leur trop rapide essor, bérang. Adieux. \\ 3° De plus. Outre l'amende il fut encore condamné à la prison. Il 4* Il indique aussi augmentation, surcroît. Il est encore plus riche que son frère. Il exigea encore davantage Cela augmentait encore sa tristesse. Penset-il [l'esprit fort] nous avoir réjouis, de nous dire qu'il doute si notre ftme est autre chose qu'un peu de vent et de fumée, et encore de nous le dire d'un ton de voix fier et content? pasc. Pensées, 2* part, art. 2. La philosophie ne peut faire aucun bien que la religion ne fasse encore mieux, et la religion en fait beaucoup que la philosophie ne saurait faire, J. J. Bouss. Ém. IV, note *«. || 6* En un sens restrictif, qui équivaut à : remarquez, remarquons, faites attention; en ce cas, on met ordinairement le pronom sujet après le verbe. Ce mot n'est guère usité que dans telle science, encore ne l'emploiet-on que rarement. Je n'y sais qu'un remède, encore est-il fâcheux, corn. Hodng. iv, 3. Encor n'usa-t-il pas de toute sa puissance, la font. Fabl. VI, 8. Un seul arbre s'offrit, tel encor que l'orage Maltraita le pigeon en dépit du feuillage, id. ib. ix,

3. Encor, dans mon malheur de trop près observée. Je n'osais dans mes pleurs me noyer à loisir, bac. l'hèdre, iv, «. || Si l» sojct est un nom orilinair».

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il ne se met pas après le verbe; seulement on répète le pronom. Que sa prétention fût ou non légitime, Encor ce traitement para!t-il inhumain, botr. Antig. IV, 4. Il 6* Car encore, c'est-à-dire passe pour, on admettrait que.... Les vieillards déploraient ces sévères destins; Les animaux périr I car encor les humains. Tous avaient dû tomber fOus les célestes armes, la pont. Phil. et Baucis. || 7* Du moins. Encore s'il voulait se relâcher sur ce point, on pourrait lui accorder tout le reste. Encore est-Il plus raisonnable que je ne pensais, et je croyaii avoir bien plus de peine à m'en dégager, mol. Mar. forcé, 44. Encor si la saison s'avançait davantage! Attendez les zéphyrs; qui vouspresseTLA roNT.Fabl. IX, 2. Encor si nous pouvions prolonger son erreur I VOLT. Orphel. Ii, 2. || 8* Pas encore, se dit (par abréviation pour : non pas encore) après une question où l'on demande si la chose dont il s'agit est faite ou doit être faite. Faut-il venir T pas encore. Est-il venu? pas encore. || Il se dit aussi pour: non encore; mais cet emploi n'est pas à recommander; il faut dire : non encore. Ce qu'elle peut sur un coeur pas encore accoutumé à la force, hass. Car. Incontt. Il 9* Encore! pris elliptiquement, signifie, suivant l'occasion et le verbe sous entendu, soit recommencez, ajoutez; soit l'improbation et le mécontentement que fait éprouver un fait qui se renouvelle. Quoi! petit polisson, encore! || 10* Hais encore, s'emploie comme corrélatif de non-seulement. Nonseulement il est libéral, mais encore il est prodigue. Il 11* Mais encore s'emploie iuterrogativement avec la signification d'une certaine insistance pour obtenir un détail plus précis. Dites vos raisons. — Je ne veux pas. — Mais encore? || 12* Encore que, loc. conj. gouvernant le subjonctif, quoique, bien que. Encor qu'à mon devoir je coure sans terreur, CORN. llor. II, 3. Encor qu'il soit sans crime, il n'est pas innocent, id. Nicom. ii, 4. On a peur de le voir encor qu'on le désire, la font. Fabl. viii, 4 3. Encor que le pouvoirau désir ne réponde, Nos hôtes agréeront les soins qui leur sont dus, m. PhiX elBauc. Encor que son retour En un grand embarras jette ici mon amour.... mol. Éc. des f. ui, 4. Encore qu'ils soient fort opposés à ceux qui commettant des crimes , pascal, Prov. 8. Encore que notre esprit soit de nature à vivre toujours, il abandonne à la mort tout ce qu'il consacre aux choses mortelles, BOss. Puch. d'Orléans. Les Grecs et les Romains ont célébré sa [de la ville de Thèbes] magnificence et sa grandeur, encore qu'ils n'en eussent vu que les ruines, id. Hist. m, 3. Florienfuttué, et Probus forcé par les soldats à recevoir l'empire, encore qu'il les menaçât de les faire vivre dans l'ordre, m. ib. l, 40. Encore que les Hollandais eussent pris Pondichéry.... volt. Louis J/K, a». || On peut aussi construire encore que avec le conditionnel; cependant c'est une tournure vieillie. Encore que vous me donneriez mille écus, je ne ferai pas cda, chifflet, Grammaire , p. 4 30. || Encore (juese construit avec des noms et des adverbes. Et ce souhait impie encore qu'impuissant, cobn. Ilor.iv, 6. Vous en êtes la cause encor qu'innocemment, lo. Polyeucte, iv, 6.

— REM. En poésie, on écrit indifféremment encore et encor, suivant le besoin. L'ancienne prose écrivait aussi encoret.

— HIST. XI* s. Et uncore le mande l'on [que on le somme encore] que il vienge à dreit [qu'il vienne devant le juge]. Lois de Cuill. 45. Charles respont : uncor pourra garir, Ch. de Roi. i. || xu* s. Encore aurons d'Espaigne lo reignier [royaume], Ronc. p. 41. Mais [je] ne sai pas encor certainement Quel guerredon ele me voudra rendre, Couci, v. N' [ni] encor, amors, ne vous ai reproché Mon service.... ib. vu. Heûrs, servirs et talens Me pourront encor valoir, tb. xii. Que [car] mon langage ont blasmé li François Et mes chançons, oiant les Champenois Et la contesse eiicoir, dont plus me poise [fâche], quesnes. Romancero, p. 83. Encoir n* soit ma parole françoise. Si la peut-on bien entendra en françois, ID. tb. Ce! jour firent François d'Anseys chevalier, Car ancores servoit au rôle d'escuier. Saxons, iv. Guiteclin, fait-il, sire, moult peux estre joians; Ancor sera cest monz [monde] taux à toi apendanz, ib. Encor ne savoit Karles du domage néant, tb. xn. X mon pooir [)•) vous ai conseillé mainte fie [fois] Et ancor vous conseil, tb. xz. || xiu* s. [Que Dieu] Doint qu'encor leur en soit li guerredons rendus, Bert», XXIV. Encors'en peuventcil qui or sont, percevoir, tb. LXv. Encore lui semble Berte plus belle à esgarder, ib. cxii. || xvi* s. Encores que mon feu père, Grandgousier, eust adonné tout son estude à ce que je prouffictasse, bar. Pant. ii, ^,

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Je t'en donnay quelque goust quand tu estoys encores petit, i». ib. Il n'est point besoing que vous prenez la peine de venir encores. pour les raisons que je vous manderay. marquer. Leit. <63. Si est-ce que encores [pourtant] en y a il qui.... mont. 1, 26.- La peur est encores plus insupportable que la mort, id. i, 64. Il n'est demeuré de luy que ce discours, encores par rencontre, id. i, 20R. Quand vous voyez une riche demeure, encores que vous ne sachez qui en est le maistre.... iD.n, 271. Encor qu'Homère est le premier compté. De s'arrester les autres n'ont eu garde, la boét. 478. Or ceste ci, or ceste là il treuve, Et puis encor une autre toute neuve, m. 479. Ce lieu s'appelle encores à présent Theseia, amyot, Thés. B. Si matin qu'il n'estoit pas encores jour, id. Public. *B. Si survint encores une autre armée , laquelle gasta tout le territoire de Rome, id. ib. 32. Père, dit-il, nous avons assez de pinte de vin pour vous et pour moi, encore [pourvu] que vous n'en buviez point, desper. Contes, LU.

— ÊTYM. Génev. encore ; picard, core, couere, coir, ecouere (Breteuil), ouere ; norm. co ; environs de Paris, core; bourguig. enco ; bressan, oncor ; anc. espag. encara; ital. ancora; du latin hanc horam, jusqu'à cette heure. La forme uncore vient de unquam hora.

t F,^'COnNAIL (an-kor-nall. Il mouillées), s. m. Terme de marine. Trou pratiqué dans l'épaisseur du sommet d'un màt pour servir à mettre un rouet de poulie.

— ÉTYM. En t , et corne.

ENCORNÉ, ÉE (an-kor-né, née), adj. || l" Qui a des cornes. Avec son ami bouc des plus haut encornés, LA FONT. Fabl. m, 5. || 2° Terme de vétérinaire. Javart encorné, celui qui vient sous la corne du cheval, par opposition à javart nerveux, celui qui vient sur le nerf. || Atteinte encornée, blessure que se fait un cheval à la partie interne du boulet et qui pénètre au-dessous de la corne.

t ENCORNER (ankor-né), V. a. || 1° Frapper, percer avec les cornes. Aurions-nous eu le loup, si ma chèvre héroïque N'avait encorné le bandit? fr. de NEUFCHATBAu , dans le Dict. de beschebelle. || 2° Fig. Terme du langage libre. Donner des cornes, faire cocu. Et par le moyen de Dédale [II] Encorna la maison royale, scarbon, Yirg. trav. liv. vi. Et, cornus du bon père [ivres du vin du bon père Baochus], encorner le lapithe, régmeh, Sat. x,

— ÉTYM. En 1, ei corne.

t ENCORNET (an-kor-nè) , s. m. Un des noms vulgaires d'une petite sèche dont la morue fait volontiers sa pâture. Il Encornet gigantesque, sorte de poulpe énorme dont l'existence avait été contestée, mais qui a été vu récemment par des navigateurs, et qui a 15 à (8 pieds (queue et tête) et huit bras de 5 à 6 pieds de long chacun.

— ÉTYM. En (, et cornet.

t ENCORNETER (an-kor-n^-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : encornetle) , V. a. Coiffer d'une cornette, habiller en femme. Il S'encorneter, v. réfl. Messire Bon se couvrit d'une jupe, S'encorneta, la font. Coc.

— ÉTYM. En 1 , et cornette.

t ENCOTILLONNÉ (an-ko-ti-llo-né, Hmouillées) , adj. m. Soumis à la puissance d'une femme. Ah! ah! nous sommes encotillonnés, dit-il, avec un laisser-aller d'élocution qui sentait la caserne, CH. de BERNARD, la Femme de 40 ans, § 11.

— ÉTYM. En t, et cotillon.

t ENCOTONNER (an-ko-toné) , V. a. Garnir de coton, de duvet.

— HlST. XVI' s Et quand le second âge Nous

vient encotonner de barbe le visage, rons. 916.

— ÉTYM. En > , et coton.

t ENCOCBERT (an-kou-ber) , s. m. Espèce de tatou à cuirasse rayée, dit aussi cirquinçon.

t ENCOCLOIR (an-kou-loir), s. m. Pièce de bois entaillée d'une fente où passe l'étoffe à mesure qu'on la tisse.

— ÉTYM. En « , et couler.

ENCOURAGEANT, ANTE (an-kou-ra-jan, jan-t') ,

adj. Qui encourage. Un début encourageant. D'encourageantes paroles. Les nobles vertus que tu pares [ô éloquence]. Peut-être deviendraient plus rares Sans ces tri l)uts encourageants, lamoite, dans

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