PARÉ, XXII, I
— ÉTYM. Enrouer.
t ENRUBANNER (an-ru-ba-né), V. a. Néologisme. Couvrir de rubans. Chapeau enrubanné. || Par plaisanterie. Décorer d'un ou de plusieurs ordres. |1 S'enrubanner, V. ré/!. Se parer de rubans.
— ÉTYM. En* , et rubarv.
t ENRUE (an-rue), s. f. Terme d'agriculture. Sillon fort large, composé de plusieurs raies de terre relevées par la charrue.
— ÉTYM. En i , et rue.
ENSABLÉ, ÉE (an-sa-blé, blée), part, passé. I| 1° Engagé dans le .sable. Un bateau ensablé. Il 2° Couvert de sable. Un champ ensablé par le débordement de la rivière.
ENSABLEMENT (an-sa-ble-man), s. m. Obstruction d'un chenal par le sable que les' eaux ou les vents amènent. Les ensablements gênent la navigation. Il Action de remplir de sable, et le résultai de cette action. L'ensablement de ce navire a été fort prompt.
— ÉTYM. Ensabler.
EN.SABLER (an-sa-blé) , 1). a. || 1* Faire échouer sur le sable. Le batelier nous a ensablés. || 2° Couvrir de sable. La Loire se déborda, inonda et ensabla beaucoup de pays, st-sim. (8a, 202. || Remplir de sable. Ensabler une barque. || 3° Terme de pêche. Tendre sur un fond de sable des filets au pied di'squels on ne met point de lest. || 4° S'ens ibler, v. réfl. Échouer dans le sable. Le bateau s'est ensablé. Trois dans les écueils s'ensablèrent, scarr. Virg. I. Il Être rempli de sable. Ce port s'ensable graduellement.
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— HIST. XVI* (. Les eaux troubles versant au pré Tensablent, quelquefois jusqu'à l'en rendre infertile pour Jamais, o. de serbes, 266.
— ÊTVM.Ïn», et»ab/e. D'Aubigné, Ilist.u, 30î, a dit l'assabler, en parlant d'un navire qui échoue.
t ENSABOTÉ, ÉE (an-sa-bo-té, tée), part, passé. Chaussé de sabots. || S. m. Nom de sectaires vaudois qui portaient de mauvaises chaussures en signe de pauvreté évangélique.On trouve aussi enjobal^, qui fient de savate.
i ENSABOTEMENT (an-sa-bo-te-man), s. m.
Il l' Action d'enrayer une voilure avec le sabot. Il 2* Terme d'art militaire. Action d'ensaboter un boulet.
t ENSABOTEB (ansa-bo-té), v. a.\\l' Chausser quelqu'un avec des sabots. || 2° Enrayer une voilure avec le sabot. {{ 3» Terme d'art milil;iire. Ensaboter un boulet, le mettre dans un sabot de bois, sur la poudre, au sommet de la gargousse: disposition qui a pour but de l'empêcher de tourner dans l'âme quand il part.
— ÊTYM. En < , et sabot.
ENSACUÊ, ÉE (an-sa-ché, chée), part, passd. Mis dans un sac. Blé ensaché.
f ENSACIIEMENT (an-sa-che-man), s. m. Action d'ensacher, do mettre en sac.
ENSACHER (an-sa-ché), V. a. Mettre dans un sac. Ensacher du grain, des noix.
— HIST. xiii* s. El cil [ces moines] .sont do sas ensachié [vêtus de sacs], nUTEB. ii, 62. || xv s. L'un macboit gros, l'autre, comme fourrez; Je n'oy onques tans de joye ne riz Que de veoir leurs morceauli ensachez, eust. nEscii. Poésies, mss. f 219, dans LACUBNE. |{ xvi* s. Environ trois mil sacs de farine, qui esloit desja ensachée pour envoyer au camp des ennemis, H. du bellay, 430. Vous faistes plus de mal que de bien au malade, de luy faire changer de place : vous ensachez le mal en le remuant, MONT. I, 276.
— ÊTYM. Ent, et ioe ; Berry , enchâsser; picard, insaquer.
t ENSACHEUR (an-sa-cheur) , s. m. Ouvrier que l'on emploie pour mettre des denrées en sac.
t ENSADE (in-sa-d'), s. m. Nom que porte au Congo le figuier religieux {ficus religiosa, L).
f ENSAFRANER (an-sa-fra-né) , V. a. Teindre en safran. || Dans le langage raarotique, donner la couleur du safran. Lorsque la rive basanée Fut d'elle [l'aurore] toute ensafranée, scarron, dans le Dict.
de BESCHEBELLE. (ch. Iv).
— HIST. xiu* s. Ainsi sont mais ensafrenées, Corn s'estoient en safren nées, du cange, saffranare. || xvi* s. 0 dieu qui prends le soin des nopces. Hymenée, Laisse pendre à ton dos ta chape «nsafranée, rons. 737. Et diviserés le lieu dessiné en saffranerie en quatre ou cinq portions, pour l'une estre des-ensaffranée, lorsque l'autre s'ensaffranera, faisant ainsi chacun an sans interruption,
o. DE SERRES, 729.
— ÊTYM. En *, et safran.
ENSAISINÉ, ÉE (an-sè-zi-né, née), part, passé. Ensaisiné par son seigneur.
ENSAISINEMENT (an-sè-zi-ne-man) , s. m. Terme de droit féodal. Action d'ensaisiner. || lerme île droit coulumier. Ensaisinement des rentes consiituées, formalité qui donnait au créancier-un privilège pour Sd créance.
— HIST. xvi* s. Le retrait lignager ne dure qu'un an après l'ensaisinement [la prise de possession par l'acquéreur], sans qu'on soit tenu de rien faire signifier [aux parents), loysel, 427.
— ÊTYM. Ensaisiner.
ENSAISINER (an-sè-zi-né), v. a. Terme de droit féodal. Reconnaître par acte un nouveau tenancier, en parlant du seigneur. || Ancien terme de palais. Mettre en posse.ssion de quelque chose.
— HIST. XV* s. Vous ne l'eussiez pas rançonné, pris, n'ensaisiné son héritage, froiss. liv. m, p. 303. Disoit l'en contre iccllui Jehan qu'il s'estoit ensaisiné furtivement d'une coste-hardie [sorte dtvêtement] dont il fut trouvé saisi, du cange, ensaitinare. || xvi* s. Un seigneur, soit censuel ou féodal, n'est tenu ensaisiner ni recevoir en foi le nouvel acquéreur, s'il ne le satisfait aussi des anciens droits et arrérages à lui dus, loysel, 648.
— ÊTYM. En t , et saisine.
t ENSAL, ALE (in-sal, sa-l'), adj. Ancien synonyme d'ensiforme.
— ÉTYH. Lat. ensis, épée, et la terminaison adjeclive al.
ENSANGLANTÉ, ÉE (an-san-glan-té, tée), pari, passé. Il 1° Souillé de sang. Le chien avait la gueule ensanglantée. Soutenir vos rigueurs par d'autres
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cruautés, Et laver dans le sang vos bras ensanglantés, rac. Brit. IV, 3. Il Qui est en sang. II fit transporter dans sin palais Hustan ensanglanté, qui avait encore un reste de vie, volt. Le blanc et le noir. \\ 2° Terme d'histoire naturelle. Qui e.st marqué de taches rouges; qui a des parties rouges. Il S. m. Poisson du genre gobie. || 8* Terme do blason. Se dit prcs(;uc exclusivement du pélican se déchirant les flancs pour nourrir ses petits.
tENSANGLANTEMENr(an-san-glan-te-man),«.m.
L'action d'ensanglanter; le résultat decelteaction.
ENSANGLANTER (an-san-glanté),t).a. || l'Souil- 1er de sang. I.a ble.ssure qu'il reçut ensanglanta tous ses habits. Vous armez contre 'Troie une puissance vaine. Si, dans un sacrificeaugusteet solennel. Une fille du sang d'Hélène Do Diane en ces lieux n'ensanglante l'autel, BAC. Jphig. I, 2. Le sang des assassins est le vrai sacrifice Qui doit de votre hymen ensanglanter l'autel, volt, ilérope, li, 6. || Hougir de son propre sang. [Priam] E;isanglanlant l'autel qu'il tenait embrassé, rac. Andr. i\\, 8. |j Hougir du sang des autres. Athalio ensanglanta le palais des rois de Juda. || 2* Par extension, il se dit d'objets et d'événements à propos desiuels le sang est versé. Vous me rendez le sceptre.... je vous conjure.... De n'ensanglanter pas ce que vous me rendez; Faites grâce, seigneur, ou souffrez que j'en fasse [aux assassins de Pompée], cobn. J'omp. iv, 3. Seigneur, ensanglanter cette illustre journée.... lo. Attila, v, 4. Jephté ensanglante sa victoire par un sacrifice qui ne peut être excusé que par un ordre secret de Dieu, sur lequel il ne lui a pas plu de nous rien faire connaître, Boss. Ilist. I, 4. Je ne réponds pas que ma main, à vos yeux. N'ensanglante à la fin nos funestes adieux, rac. Dérén. v, 8. Ce n'est pas que son bras disputant la victoire N'en ait aux ennemis ensanglanté la gloire, id. Alex, ni, 2. Ahl n'ensanglantez pas le prix de la victoire, volt. Alî. IV, t. Les cruels ont deux fois ensanglanté la paix, M. J. CHÉN. Charles IX, iv, 4. Il est, Sophie, un monstre à l'œil perfide [la police] Qui de Venise ensanglanta les lois, BÉRANG. Cachet. J| Ce prince a ensanglanté son régne, il s'est montré cruel. || 3° Ensanglanter la terre, faire des guerres sanglantes. Les conquérants ensanglantent la terre. Laissons au temps le soin de réformer la terre; Cullivons-la, mon fils, ne l'ensanglantons plus, masson, Ifelv. VIII. Il II se dit aussi de ce qui fait verser beaucoup de sang. L'exil des Tarquins même ensanglanta nos terres, corn. Cinna, ii, (. Ces guerres ont ensanglanté l'Europe bien longtemps, volt. Voyar/e de la raison. Jamais la philosophie n'ensanglanta l'univers; si les philosophes curent des disputes entre eux, la tranquillité des nations n'en fut pas troublée, d'holbach, Ess. Préj. ch. *o, dans dumar- SAis, t. VI, p. 234. Il 4" Ensanglanter des jeux, les faire dégénérer en rixe sanglante. Trois fois le festin fut sur le point d'être ensanglanté, hamilt. Gramm. 6. Malheur aux mortels sanguinaires Qui par de tragiques forfaits Ensanglantent ses doux mystères, j. b. bouss. Cantate de Bacchus. \\ 5' Ensanglanter la scène, représenter des meurtres sur le théâtre. Le valet d'Antoine : N'ayez pas peur, je vais vous percer la bedaine. — Antoine : Arrête, il ne faut pas ensanglanter la scène, La règle le défend, la font. Ragotin, iv, 9. Il [Eschyle] évita toujours d'ensanglanter la scène, parce que ses tableaux devaient effrayer sans être horribles , babth. Anach. ch. 69. || 6* S'ensanglanter, v. réfl. Se tacher de sang. 11 s'est ensanglanté en tuant un loup.
— HIST. XI* s. Tout en verrez le brant [la lame de l'épée] ensanglentet, Ch. de Roi. Lxxxiii. || xii* s. Pinabaux trébucha sur l'erbe ensanglantée, Ronc. p. 196. Il l'ensanglantent [teignent de sang] del sanc à un lévrier, li Coronemcns Looys, v. i3o&. ||xm' s. 11 l'emmainent en prison tout plaie [blessé] et ensanglanté, iienri de valenc. xivi. Vous m'adoubastes, sire, n'i a mestier celée. Me çainsistes, biaus sire, une moult longue espée; Moult me poise forment ne l'aie encor mostrée El du sanc aus François tainte et ensanglantée, Ch. d'Ant. v, 921. Il XVI' s. Comme quand on a livré à l'occision ses plus proches parens, et ensanglanté ses mains dans le sang de ses propres amis, lanoue, 64. Ce qui faict veoir tant de cruautez inouies aux guerres populaires, c'est que cette can.iille de vulgaire s'aguerrit et se gendarme à s'ensanglanlerjusqu'auxcouileset deschiquetter un corps à ses pieds, mont, m, <09.
— ËTYU. £n (, et sanglant; provenç. ensanglentar, essanglantar; espagn entangrentar ; porlug. eiisanguenlar.
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t ENSECTIONNEMENT (an-sê-ksio-ne-man), ». m Terme d'art militaire. Evolution qui forme la sectioa d'infanterie.
t ENSEIGNABLE (an-sè-gna-W) , adj. Qui peut être enseigné, en parlant des personnes et des choses. Ce garçon n'est pas enseignable. Cette science n'est pas enseignable.
— HIST. XIV* s. Enseignable, ducanoe, tequacet.
— ÊTYM. Enseigner; provenç. entenhabte, esseignable.
t ENSEIGNANT, ANTE (an-sè-gnan, gnan-t"), adj. Qui enseigne. Notre manie enseignante et pédantesque est toujours d'apprendre aux enfants ca qu'ils apprendraient beaucoup mieux d'eux-mAmes, J. J. Bocss. Ém. II. Il Le corps enseignant, l'université. || Église enseignante, la réunion des premiers pastuurs de l'Eglise à qui Jésus a dit : Allez, enseignez toutes les nations.
ENSEIGNE (an-sè-gn'j, ». f. \\ 1* Marque, indice pour faire reconnaître quelque chose. Donner de bonnes, de fausses enseignes. Les témoins déposaient qu'autour de ces rayons Des animaux ailés, bourdonnants, unpeulongs, De couleur fort tannée, et tels que des abeilles, Avaient longtemps paru; inaii quoi? dans les frelons Ces enseignes étaient pareilles, LA font. Fabl. I, 21. L'empreinte dont toui . ses traits portent la divine enseigne, J. J. Rouss. Hél. 1, 6. Il X bonnes enseignes, à bon titre, aveo sûreté, en toute garantie. Vous êtes comme il faut pour n'être persuadée qu'à bonnes enseignes, s8v. 92. Il n'y a pas trop de sûreté de se mettre sur le Rhône qu'à bonnes enseignes, bac. Lelt. 1 à la Fontaine. Elle ne voulait rien éprouver de l'amour qu'à bonnes enseignes, hamilt. Gramm. lo. N'en voulant favoriser aucun qu'à bonnes enseignes, lesage, Gil Bios, VII, 7. Oui ne s'en laisse imposer qu'à bonnes enseignes, J. i. rodss. Ém. ii. Je me suis emparé de vingt paires de mulets que je ne rendrai qu'à bonnes enseignes, p. L. cour. Lelt. i, 109. Il i telles enseignes que, en preuve que. J'ai payé le reliquaire à ce jeune homme, à telles enseignes qu'il doit avoir actuellement sur lui cent vingt écus d'or que je lui al comptés, lesace, Guzm. d'Alfar. II, to. X telles enseignes que j'ai encore un mouchoir à elle, qu'elle a oublié chez moi, ha- BivAux, Marianne, <'* partie. || 2* Anciennement Enseigne ou faveur, pièce détachée de la parure d'une dame et donnée à un chevalier combattant dans un tournoi. || 3" Ancien terni, de manufacture. Une certaine mesure de drap, qui revenait à trois aunes. Une pièce de quinze enseignes, c'està-dire de quarante-cinq aunes. || 4* Tableau figuratif rais au-dessus d'une maison pour indiquer le commerce ou la profession du propriétaire. L'enseigne fait la chalandise, la font. Fabl. vu, <5. Ne songez pas même à réformer les enseignes d'uno ville , LA RRUY. X. Elle aura bien de la peine à quitter un hôtel pour reprendre son enseignedela Picarde, DANCOURT, Déroute de Pharaon, se. 7. [Le portraitdii roi d'Yvetot] C'est l'enseigne d'un cabaret Fameux dans la province, bébang. Ttetot. || Nous sommes tous deux logés à la même enseigne, c'est-à-dire nous .sommes dans le même embarras, ou malheur, ou perte. || Il a logé à l'enseigne de la lune, il a couché à l'enseigne de la belle étoile, se dit de quelqu'un qui, n'ayant point de logis, ayant été mia hors du sien, a couché dehors. || Fig. On ne passa point dans le monde pour se connaître en vers, si l'on n'a mis l'enseigne de poêle, ni pour être habile en mathématiques, si l'on n'a mis celle de mathématicien; mais les vrais honnêtes gens ne veulent point d'enseigne, pascal. Pensées, part. I, art. IX. Folie de mettre l'enseigne de philosophie, LA BRUY. XII. Le châtiment tomba sur ses oreilles. Oui , tout à coup s'allongeant à merveilles. Par leur longueur et leur mobihté Servent d'enseigne i sa fatuité, i. B. bodss. Altég. i, 6. || C'est une enseigne à bière, se dit d'un portrait, d'un tableau mal peint. H. Durand amis beaucoup de nouvelles nuances à son enseigne à bière, volt. Lelt. Thibouville, «janvier ( 771 . || B" Drapeau, signe de ralliement dans les armées romaines. Les enseignes romaines étaient des aigles. Vous marcherez à Rome à communes enseignes, CORN. Sertor. i, 3. Que ceux qui ont fait serment marchent sous mes enseignes, H0NTESQ. /;^fp. vin, (3. Il Par extension, toute espèce d'étendard. La guerre est pres<]ue aussi ancienne que le gcnro humain, et les enseignes sont aussi anciennes que la guerre, saint-foix. Est. Paris, Œuvres, t. iv, p. 298. II veut qu'au bruit des cors, au son de la cymbale. On déroule à l'instant son enseigne royale, DELILLE. Par. perdu, i. Prend-il la fuiic, est-il tué? tous les corps se dispersent ou se rangent soui
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les enseignes de l'ennemi, raynal, Itisl. phil. v, 34. Il Fig. Marcher, combattre sous les enseignes de quelqu'un, se ranger sous son autorité. Où tes maîtres séduits marchent sous tes enseignes, volt. Fanât. II, 6. Il 6° Terme de marine. Enseigne de poupe, le pavillon qui se met sur la poupe. || Gaule d'enseigne, se dit quelquefois du petit mat qui porte l'enseigne. || 7° Dans l'ancienne infanterie française, la charge de porte-drapeau. Son fils obtint une enseigne. Il La compagnie commandée par celui qui avait la charge d'enseigne. || S. m. Celui qui portait l'enseigne. Un enseigne aux gardos. || Dans la marine, un enseigne de vaisseau, officier dont le grade était le moins élevé (depuis peu d'années on y a substitué le titre de lieutenant de frégate). La singularité du fait et le courage que cet enfant avait témoigné, le firent faire enseigne aprîs le combat, a"' de CAYUjs, Souven. p. 3o, dans pougens. || Proverbe. X bon vin il ne faut pas d'enseigne, et, elliptiquement, h bon vin pas d'enseigne, c'est-à-dire il n'est pas nécessaire de faire beaucoup d'efforts pour mettre en vogue ce qui est bon.
— IIIST. XI* s. L'enseigne [de] Charle n'i devons ublier, Ch. de Roi. xc. Geifreid d'Anjou qui l'enseigne teneit, ib. ceux. Charles [crie] montjoie l'enseigne renomée, ib. cci.x. || xii* s. En meint estor fu veù ses enseignes, Ronc. p. t. Jamais en nos aages [nous] ne portassions ansaigne, Sax. xxx. Vestu [il] ot un bliaut à anseigne d'orfrois, ib. xxxiii. Il xiii* s. Aies moi bientost à Serre, et distes au casielain do par moi que par nulle ensegne que je li mange [mande] ne por nulle lettre, que il ne renge [rende] le casliel, h. db valenc. xxii. Et s'en voit qu'ele en die vraies ensengnes, on l'en doit plus tost croire que une autre, deaum. xviii, 3. Tu li diras que il te croie, à teles enseignes que tu iras combatre à l'empereur de Perse à tout trois cens homes, sanzplus, de tagent,ooiNV. 264.11 te mande que ce fu il meesmes que tu trovas al bois les bestes gardant, et àicellesansaignesque il tedistqueil venroità toi quant il voldroit, ilerlin, !' i2, verso. || xiv* s. Dites-lui que vers lui [je] vous envoie prier; Âtrès bonnes enseignes vous pourrez avancier, Guescl. «2972. En oultre nous plaist et voulons, que tous lesdit Juys et Juyves demourans en nostre dit royaume portent leur enseigne acouslumée au dessus de la ceinture et en lieu plus apparent, et sera ladicte enseigne du large du seel de nostre Cliastelletde Paris; et qui sera trouvé sens enseigne, il paiera vint solz parisis d'amende, de lauobue. Émaux, p. 202. 11 est permis aux filles de joie de la ville de Thoulouse de porter et vestir telles robes et chapperons comme elles vouldront, et entour l'un de leurs bras une ensaigne ou différence d'un jaretier ou lisière de drap d'aultre couleur que la robe, ID. ib. Pour six sainctures et dix aulnes de rubant blanc, pour faire enseignes es livres, id, ib. || xv" s. Un chascun d'eulx [des trois ordres] son droit estât maintiengne; Car l'excéder est monstre et droiote ensaigne De pis avoir pour le peuple et l'Eglise, E. DEScii. Souffr. du peuple. D'assez d'autres nobles hommes pourroit-on dire, desqueulx, quand jeunes estoient, les enseignes de leurs enfances demontroient enseignes de leurs conditions, Bouciq. i, 2. X Jehan Martin orfèvre, demeurant à Boulongne, pour une enseigne ou ymage d'or falote en la révérence de Nostre Dame de Boulongne, de laborde. Émaux , p. 26 2. Plusieurs coups et entre les autres ung en la gorge dont l'enseigne lui est demeurée toute sa vie, coMM. I, 4. Et pour toutes enseignes n'y est mémoire d'eulx [des Français en Sicile] que pour les sépultures de leurs prédécesseurs, id. vi, 3. Les Suisses, qui rapportèrent tous leurs enseignes, id. vm, 14. Il n'a pas esté seul entaché de ce mal [la jalousie] ; mais toutefois, pour ce qu'il fut outre l'enseigne, je ne me saurois passer sans faire savoir le gracieux tour qu'on lui fit, louis xi, Nouv. xxxvii. Il XVI' s. Ne bourgs, chasteaulx, manoirs, villes, champaignes. Où n'ait planté ses guydons et enseignes, j. MAROT, V, 56. Il y en a aucuns qui, à faulses enseignes, usurpent le nom d'historiens, amïot, Préf. XII, 39. Le trident l'enseigne de Neptune, ID, Thés. 6. Les souldars qui sont soubs une mesme enseigne s'appellent manipuiores, m. Rom. A2. Les faisceaux de verges, enseignes du souverain magistrat, ID. Public. 64. La ville d'Orchomene avoit reçu deux enseignes [compagnies] de gens de pied pour la garder, id. Pélop. 29. Un port' enseigne qui estoità la gardedu bourg Saint Pierre, mont. 1, 61. Il n'en adveint pas si heureusement à l'enseigne du capitaine Julie, id. i, 62. Je m'asseure avoir veu donner pour trois sols la douzaine des figures d enseignes que l'on porloit aux bonnets, lesquelles i
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estoyent si bien labourées et leurs esmaux si bien parfondus sur le cuivre, qu'il n'y avoit nulle peinture si plaisante, paussy, 308. Chacune enseigne coustumiercment des uns et des autres estoit accompagnée de cent ou six vingt hommes, fboumenteau. Finances, 3' liv. p. 406. Le seigneur Horace Baion, chef des enseignes noires [les bandes noires], du bellay, !Uém. liv. m, t' 84, dans
LACUBNE.
— ÊTYM. Provenç. enseigna, enseyna, esscnha; catal. insignia; anc. espngn. ensei'ia; ital. insegna; du latin insignia, pluriel neutre de insignis, insigne, de in, et signum, signe. Dans les anciens textes on trouve parfois enseigne masculin, qui vient alors directement du neutre insigne.
ENSEIGNÉ, ÊE (an-sè-gné, gnée), part, passé. Il 1° Qui reçoit l'enseignement. La jeunesse enseignée dans les collèges. || 2° Qui est donné en enseignement. Les matliématiques enseignées avec succès par ce professeur. || 3" Indiqué. Chemin mal enseigné.
ENSEIGNEMENT (an-sè-gne-man), s. m. |1 1° L'action d'enseigner. La carrifcre de l'enseignement. Ce professeur a la pratique de l'enseignement. || 2° Enseignement public, l'enseignement que donne l'État; il se divise en primaire, secondaire et supérieur. Il Enseignement primaire, celui qui donne les premiers éléments des connaissances, lecture, écriture et arithmétique. || Enseignement secondaire, celui qui embrasse l'étude des langues anciennes, de la rhétorique et les premiers éléments des sciences mathém.itiques et physiques et de la philosophie. Il se donne dans les lycées et les collèges, ainsi que dans les petits séminaires. || Enseignement supérieur, celui qui est destiné à enseigner dans toute leur étendue les lettres, les langues, les sciences et la philosophie. Il se donne dans les facultés, au Collège de France et dans les grands séminaires. I| 3" Se dit des différentes méthodes d'enseignement. |1 Enseignement individuel, celui dans lequel le professeur s'occupe en particulier et successivement de chacun des élèves d'une classe. Il Enseignement mutuel, celui dans lequel on emploie les élèves les plus avancés sous le titre de moniteurs, pour répéter aux autres ce qu'euxmêmes viennent d'apprendre. || Enseignement simultané, celui dans lequel le professeur s'adresse à la masse des élèves de la classe ou d'une subdivision, et leur fait faire à tous en même temps les mêmes exercices. || Enseignement professionnel, celui dans lequel on apprend aux enfants ce qui est nécessaire à la profession qu'ils doivent suivre un jour et principalement aux professions commerciales et industrielles. 114" Enseignement libre, enseignement que donnent les particuliers, par opposition à l'enseignement public ou de l'État. {| Enseignement obligatoire, disposition légale en vertu de laquelle tous les pères sont obligés d'envoyer leurs enfants à l'école. Il B° La carrière de l'enseignement, le corps enseignant. Il est entré dans l'enseignement. Il se destine à l'enseignement. || 6° L'action d'instruire en général. L'enseignement développe la moralité d'un peuple. Il En un sens plus restreint et spécial. L'enseignement universitaire. L'enseignement des jésuites. Il 7" Précepte qui enseigne à faire ou à éviter. L'art de la guerre A moins d'enseignements que tu n'as de vertus, malh.i, 4. Satisfaites les dieux par votre amendement. Et sachez-moi bon gré de cet en.seignement, botr. Antigone, v, 5. Un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli; voilà les enseignements que Dieu donne aux rois; ainsi fait-il voir au monde le néant de ses pompes et de ses grandeurs, Boss. Reine d'Anglet. Les enseignements que Dieu donnait à son peuple, id. Lett. 258. Et pratiquons cet enseignement, pasc. dans COUSIN. Il 8° Au plur. Ancien terme de pratique. Titres et enseignements, les pièces servant à prouver un droit, une possession, une qualité.
— HIST. xm" s. Ge ai affermé par mes enseignemenz les colonnes de Dieu, Psautier, f°88. Carvoi bien que vous escrivès On livre du cuer volentiers Tous mes enseignemens entiers, la Rose, 4 3705. Le pape Grégoire, Qui par lettres lasaluoit Et mult d'escriz li envoioit, Où mult avoit d'enseignement, Por qu'ele vesquist chastement, ruteb. il, )96. Lors appela mons Philippe son filz, et li commanda à garder aussi comme par testament touz les enseignemens que il lui lessa, joinv. 30o. Et ce prince et tout son peuple reçurent leur enseignemens [des prédicateurs] si debonnairement, que il furent touz baptiziés, id. a64. ||xv*s. L'empereur revestu de ses habits et enseignements [insignes] impériaux, Chr. de St Denis, t. ii, f° 33, dans lacurne. Et en
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ce faisant, tiens bien l'enseignement du sage duo d'Athènes qui fut appelé Pericles qui disoit, comme rapporteJustin....BoKciq'. part. iv,ch.6. || xvi's. Pietus se frappa tout soubdain de ce mesme glaive, honteux, à mon advis, d'avoir eu besoin d'un si cher et précieux enseignement [le coup dont sa femme s'était frappée], mont, m, 182.
— ÊTYM. Enseigner; provenç. ensegnamen, ensenhaman, esscgnamen; espagn. ensenamiento ; ital. insegnamento.
ENSEIGNER (.in-sJ-gné), v. a. || 1» Indiquer, faire connaître. Enseigner les détours d'un bois. Enseigner le chemin le plus court à un voyageur égaré. Et vous m'avez au crime enseigné le chemin, cohn. Cinna, v, 2. Qui se lasse d'un roi peut se lasser d'un père ; Mille exemples sanglants nous peuvent l'enseigner, id. Nicom. ii, i. Vous vous mettez fort mal au chemin de régner. — Seigneur, si je m'égare, on peut me l'enseigner, id. ib. m, t. Pour sortir des tourments dont mon âme est la proie, Il est, vous le savez, une plus noble voie : Je me suis vu, madame, enseignerce chemin Etpar plus d'un héros et par plus d'un Romain, rac. Bc'rén. v, 8. Enseignez-moi, Thébains, le palais de vos princes, m. j. CHÉN. Œdipe roi, iv, 2. || 2» Faire savoir, démontrer, en parlant d'un art, d'une science, en donner des leçons. Enseigner le latin, le dessin, l'escrime. Parmi les diverses sciences qu'ils [les pédagogues] se vantent de leur enseigner faux enfants], ils se gardent bien de choisir celles qui leur seraient véritablement utiles, parce que ce seraient des sciences de choses et qu'ils n'y réussiraient pps, j. j. Rouss. Ém. II. Il Absolument. Rien n'étouffe plus la doctrine que de mettre à toutes les choses une robe de docteur; les gens qui veulent toujours enseigner empêchent beaucoup d'apprendre, moxtesq. Déf. Esprit des lois, part. 3. || 3° Faire connaîtie comme par une sorte de leçon. Quelques animaux nous ont enseigné à bâtir des maisons. Que saurait enseigner aux princes Le grand démon qui les instruit. Dont ta sagesse en nos provinces Chaque jour n'épande la fruit? MALH. III, 2. Instruisez-le d'exemple, et vous ressouvenez Qu'il faut faire à ses yeux ce que vous enseignez, corn. Cid, l, 3. L'amour généreux de la vérité fait très-souvent perdre les chaires où l'on ne doit enseigner que la vérité, maleb. Ileclierche, IV, 9. Non, quoi que l'ignorance enseigne sur ce point, BOIL. Epit. XII. Méchant, c'est bien à vous d'oser ainsi nommer Un Dieu que votre bouche enseigneà blasphémer, bac. Athal. m, 4. Ilestd'autres vertus que je veux l'enseigner, volt. Als. v, 7. Enseignez la raison, la justice elles mœurs, id. Orphel. V, 6. Le faux zèle Enseigne à tout souffrir comme à tout hasarder, ID. Henr. ch. x. S'ils se servirent du mensonge pour enseigner des vérités, ils étaient indignes de les enseigner ; ils n'étaient pas philosophes, ils étaient tout au plus de très- prudents menteurs, id. l)ict. phil. Philosophe, I. Un sage simple, sans faste, sans imposture [Confucius], qui enseignait aux hommes à vivre heureux, six cents ans avant notre ère vulgaire, dans un temps où tout le septentrion ignorait l'usage des lettres, m. th. Tout le monde veut enseigner à bien faire, et personne ne veut l'apprendre, :. j. rouss. Rép. au roi de Pologne. Les mœurs qu'en ce désert enseigne la nature, ducis, Macbeth, iv, 6. || 4° Apprendre à savoir, instruire, avec un nom de personne pour complément direct. Enseigner la jeunesse. [L'ingrat] ne tiendra compteni de ceux qui l'ont mis au monde, ni de ceux de qui il a mangé le pain, ni de ceuxquil'ont enseigné, malh. le Traité des bien f. de Sénèque, m, 17. Une femme qui peut faire des fautes dans sa langue, si elle n'y a été enseignée, VOIT. Lett. 185. Dans l'Église naissante, on enseignait les catéchumènes, c'est-à-dire ceux qui prétendaientau baptême, avantquede le leur conférer, PASC. Compar. des chr. J'ai déjà dit que ce grand Dieu les enseigne [les rois] et en leur donnant et en leur Ôtant le pouvoir, boss. Reine d'Angleterre. Ils nous ont enseignés par leur ignorance même, id. Serm. Quinq. Allez, dit-il, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant.... id. Hist. ii, 6. li [Jésus-Christ] l'a enseignée [l'Église] avec tant de soin, FLÉCH. III, 407. Il [Jésus-Christ] inspire des prophètes pour nous enseigner, mass. Av. Divinité de J. C. Nous avons enseigné ces braves insulaires, VOLT. Orphel. v, 5. Les anciens Toscans, qui enseignèrent les Romains, savaient quelque chose de plus que les peuples occidentaux, ID. Mœurs, Av. prop. Ce dogme par qui nous sommes enseignés que les prières des mortels hâtent la délivrance des âmes, ciiATEAUBR. Génie, ii, v, 15. || En cet emploi,
ENS
enseigner ne prend ni complément indirect ni verbe «près lui. |IB* S'enseigner, v. réfl. Se faire leçon à goi-mfime. Afin que.... aux dépens d'autrui Sage je tii'enseignas.sc, BÉONiEn, Snt. xii. Vous [prêtre] enseigniez les autres et vous no vous enseigniez pas vous-mCme.MAss. Àv. Jitg. univ. 1| Être enseigné, rlémonlré. Les mathématiques s'enseignent dans cet (■Iwlili.s.snruent.
— svN. ENSKiGNER, msTRrlRE. Enseigner, c'est donner l'enseignement; instruire, c'est donner l'injtructicn. Il y a donc dans enseigner quoique chose qui regarde moins le résultat et davantage les moyens; c'est le contraire dans instruire. X un autre point de vue, instruire se dit plus exclusivement de l'enseignement intellectuel, et enseigner de l'enseignement moral : allez et enseignez toutes les nations; mais on dira à un professeur: instruisez mon fils. Enfin, en plusieurs cas, ces deux mois prennent une signification analogue et se confondent.
— IIIST. XI* s. S'est quil [qui le] demande, ne l'cstuct enseigner [il n'est besoin qu'on le lui montre], Ch. de Haï. viii. || xii* s. En.'ieignez moi un home de bernage [vaillance], /tonc. p. (3. Et de bataille hardis et enseignés, lo. p. «6. Je vous ensegnerai [indiquerai] un juïse [jugement, supplice] pesant, ib. p. t9B. Isnels [prompt] por enseignier, et tardis [tardif] por oîr, stdiîrn. p. B53. Cil qui lui ont ensaigné et apris Xe.slogner cens de ci environ, nui:s DE i,A FERTÈ, Ilnmancero, p. 184. Herupois sont raoult sage, leurgent bien enseignie, Sax. xx. Ut'is, fait 11 sainz 'l'homas, mal estes enseigniez; Vus n'estes mie tels ciim estre soliez Altensquevus servi.... Th. le mnrl. <I8. Les proveires [prêtres] ne deiz enseignier ne mener; Ensuivre les t'estuet [tu dois les suivre], devant deivent aler, ib. 73. ||xiu* s. Amorsproi |je priel'Amour] kem'ensaint [qu'il m'enseigne] ifairevo talent, Poésies msî.avont laoo, t. n, p. 9:)9, dans lacubne. Ainsi caroloientilecquesCeste gens, et autres avecqiies. Qui estoient de lor mcsnies, Franches gens et bien enseignies [bie4i élevées]. Et gens de bel afetoment [maniiire] Estoient tuit communément, la Rose, ta». Oncques tel rcsponse n'issi [ne sortit] D'omrae vilain mal enseignie, ib. 4 941. Parcest livre porra il [le comte] estre enseigniez comment il devera garder et fere garder les couslumesdo sa terre, beaum. (2. Leconnestable en parla au Beduyn, et il dit que il n'en enseigneroit ja gué, se l'en no li doimoit les deniers avant, joinv. 223. Un cordelier vint à li au chasiel de Yeres, et, pour enseigner le roi, dit en son sermon, ID. )99, ilxiv's. Les autres ars et sciences enseignent ung homme estre bon edifieur et bon paintre, ohesme, l'rnl. Il XV* s. [Edouard fait sortir de Calais tous les habitants pour la repeupler de purs Anglais] et ne retint que trois hommes : un prestre et deux autres anciens hommes, bon coustumiers des lois et ordonnances de Calais; et fut pour enseigner les héritages, FBOiss. 1, I, 322. Il XVI* S Car chacun
iour au camp sous leur enseigne Font exercice, et
■un à l'autre enseigne X tenir ordre et manier la picque, MAROT, II, 20. Il leur enseigna la sobriété et les accoustiima à peu parler, amyot, Lyc. et Num. cnmp. 7. Il ordonna qu'ilz fussent élevez, instruits et enseignez soubs mesmes maistres, m. ib, 9. Il enleva l'or et tua sur le champ le pauvre Barbare qui le luy avoit enseigné, de peur qu'il ne le dist à d'autres, m. Arist. (3. 0 gentils oiselets que vous estes heureux l Nature d'elle mesme à l'amour vous enseigne, bons. isi.
— ËTYM. Provenç. enseignar, ensegnar, esteig»iar; catal, ensenyar; espagn. enseiiar; porlug. fHsinor; ital. ïnscj/nare; d'un bas-latin insignare, de m, en, et signum, signe.
t ENSEIGNEUR (an-s6-gneur), s. m. Celui qui enseigne. Ceux qui se disaient penseurs, enseigneurs, crurent que l'Ame humaine était un souffie d'air, VOLT. Àme, i.
— IIIST. XIII* s. Et tele courtoisie vous fait [Dieu], que il vous a baillé enseigneurs, par quoi vous conoisscz quant vous faites le bien et quant vous faites le mal, joinv. 268. || xv* s. Conseillers des princes futurs et enseigneurs du simple peuple, ciiniST. os PI.SAN, Charles V, ii, 2.
— ÊTïM. Enseigner; provenç. mtegnair», enseignador; espagn. enteùador; ital. integnatore. Dans le provençal, entegnaire est le nominatif, et enseignador le régime.
ENSELLE, ÉK(an-sè-lé, lée), ndj. || 1* Dont le dos et les reins, en parlant du cheval, présentent une concavité marquée semblable k une selle. L^s cbevaux qui vivent très-vieux deviennent souvent cnselléi dans leurs dernières années. || %' Terme de
mer. Navire ensellé, tiavire dont l'avant et l'arrière sont fort relevés et le milieu fort bas.
t ENSELLEK (an-sé-lé) , V. a. Terme de manège. Mettre la selle à un cheval.
— IIIST. XI* s. Quatre chivalz enselezetenfrenez. Lois d' Guill. 23.
— tTYM. En >, et selle; provenç. etuellar, enttlar, essrlnr ; espagn. ensUlar.
ENSEMBLE (an-san-bl') , adv. || 1' L'un avec l'autre, les uns avec les autres. Ils sont sortis ensemble, llhanlons, dansons ensemble. Ensemble vous vivrez dans vos ardeurs fidèleti, (^mme deux vrais enfants, comme deux tourterelles, mol. Tort. II, 2. Quand l'amour et l'ambition se rencontrent ensemble, pasc. Passions de l'amour. Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble ; Je vous expliquerai le nœud qui les rassemble, la font. Fabl. iv, <8. HélasI dit Philémon, si votre main puissante Voulait favoriser jusqu'au bout deux mortels. Ensemble nous mourrions en servant vos autels, m. Phil. et Baucis. Puissent la Mecque ensemble et Médine et l'Asie Punir tant de fureur et tant de perfidie! volt. Fanât, v, 2. Plus il y a d'hommes ensemble, plus ils sont vains, et sentent naître en eux l'envie de se signaler par de petites choses, montesq. Esp. vu, (. Hien ne lie tant les cœurs que de pleurer ensemble, 1. i. Booss. Confess. x. L'habitude de vivre ensemble fit naître les plus doux sentiments qui soient parmi les hommes, l'amour conjugal et l'amour fraternel, ID. Inégal. 2* partie, p. 122, dans roL'OENs. Notre courtisan philosophe, si ces deux mots peuvent aller ensemble, aimait à raconter cette histoire, d'alembert. Éloges, note, liepuis longtemps on soupçonnait que l'Amazone et l'Orénoque communiquaient ensemble par la riviire Noire, où la cour de Lisbonne a plusieurs établissements, RAYNAL, Hist. phil. IX, H. Le silence même prouve que les âmes peuvent être heureuses par la présence l'une de l'autre; car ce silence n'opère ni le dégoût ni l'ennui; on ne dit rien, mais on est ensemble, BABxniîLEMY, Anach. ch. 78. Allez, et, bénissant le Dieu qui vous rassemble, Chantez, priez, pleurez, consolez-vous ensemble, delille, Pilii, IV. Il Être bien ensemble, se dit de gens qui ont de bons rapports entre eux. Nous .sommes trèsbien ensemble, sÉv. 44. || 2° A la fois, en même temps, simultanément. Il fut convenu que les deux adversaires tireraient ensemble. Je ne suis pas ensemble aveugle et téméraire, halh. v, 30. 11 en est de même des discours que des corps qui doivent ordinairement leur principale excellence à l'assemblage et à la juste proportion de leurs membres; de sorte mêmequ'encore qu'un membre séparéde l'autre n'ait rien en soi de remarquable, tous ensemble ne laissent pas de faire un corps parfait , boil. ionffin,Si(b!i7ne, ch. 32. Vous me haïssez plus que tous les Grecs ensemble, RAC. >4ndr. III, «. J'ai votre fille ensemble et ma gloire à défendre, id. Iph. iv, e. Il eût été trop heureux s'il eût pu se livrer entièrement k son goût soit pour la poésie, soit pour la philosophie, soit pour toutes les deux ensemble, fonten. Uanfredi. Sous le vain nom de bienfaiteurs Ces grands semaient ensemble et les dons et l'offense, Gilbert, le Jug. dernier. Ce sentiment confus de tendresse et d'effroi Qui la rapproche ensemble et l'éloigné de moi, DUCis, Oscar, i, B. || Tout ensemble, même sens. Je mourrai tout ensemble heureux et malheureux, Heureux pour vous servir de perdre ainsi la vie. Malheureux de mourir sans vous avoir servie, CORN. Cinna, i, 4. J'ai peu d'heures de loisir et de sanlè tout ensemble, pasc. dans cousin. Quand on a l'un et l'autre esprit [l'esprit géométrique et l'esprit de finesse] tout ensemble, m. Passions de Vamotir. Les fidMes apprennent que le vrai Dieu, le Dieu d'Israël, le Dieu un et indivisible auquel ils sont consacrés par le baptême, est tout ensemble Père, Fils et Saint-Esprit, Boss. hist. il, «. Il instruit les empereurs et tout ensemble fait rendre 1'obéis.sance qui leur est due, m. ih. i, H. On l'approche tout ensemble avec liberté et avec retenue, la brut. n. C'est ainsi qu'un célèbre écrivain qui n'est ni spinosiste ni déiste, s'est vu accu«er dans une gazette sans aveu d'être l'un et l'autre, quoi qu'il soit aussi impossible d'être tous les deux à la fois que d'être tout ensemble idol&tre et juif, d'alembert. Préface, 3* vol. Encyel. Ot'.iirres, t. i, p. 395, dans pouoENS. Il 8* Ensemble, en corps, en masse. Vendre le tout ensemble. Pendant qu'Annibal resta avecson armée ensemble, il battit les Romains, monteso. ttom. IV. Il s'agissait de surprendre l'armée russe, ensemble ou dispersée, de faire un coup de main avec quatre cent mille hommes, sRgur, Hitt. d» Napol. m, a. || Le tout ensemble, le tout
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pris à la fois et sans avoir égard aux détails. Cetta comédie a des défauts, mais le tout ensemble attache les spectateurs. || 4* Terme de peinture. Cette figure est bien enseml)Ie, elle a de justes proportions. Mettre une figure ensemble, en ensumblo ou d'ensemble. ||S* S. m. L'union des parties dans un tout ; l'effet qui en résulte. Tout cela forme un assez bel ensemble. Ce n'est pas assez que d'avoir bien établi l'ensemble, il s'agit d'y introduire les détads sans détruire la masse, oiderot, Essai sur la peint, ch. i. Il y a dans le di.scours deux choses, la liaison et l'ensemble, conuillac, Cramm. i, 27. Pour juger du génie de Lycurgue, c'est l'ensemble de sa législation qu'il faut considérer, BARTiieL. Anach. ch. Bt. Kn poésie, rien n'est beau que par les rapports des détails avec l'ensemble et de l'ensemble avec nous-mêmes, marhontel, ÉUm. litt. OEurres, t. viil, p. 2î2, dans pougens. !-e charme des détails, les beautés de l'ensemble, delille, Imagin. m. jj 8* Terme de musique. Accord. Exécuter des chœurs avec beaucoup d'ensemble. |1 Morceau d'ensemble, morceau composé de pluseurs parties exécutées par plusieurs instruments ou plusieurs voix. Musique d'ensemble. || Absolument. Le finale se termine par un bel ensemble. || 7* Terme militaire. Cohésion qui est entre les parties d'un corps de troupe. Son combat de la veille et sa marche nocturne avaient achevé son corps d'armée; ses divisions avaient encore quelque ensemble, mais pourse traîner, pour mourir et non pour Combattre, skour, Hist. deliapol, x, i>. || Ces soldats commencent à mettre lie l'ensemble dans leurs mouvements, c'est-i-diie ils manœuvrent, ils manient leurs armes avec accord. Il Terme de marine. Mouvementd'ensembie, manœuvre générale d'une fiotte ou d'une escadre. 1 1 8* Terme de manège. Un cheval a do l'ensemble, lorsque ses proportions sont bonnes et régulières; ses allures, ses mouvements ont de l'ensemble, lorsqu'ils sont réguliers et uniformes. || Mettre son cheval ensemble, l'obliger à rassembler et à bien distribuer ses forces. Mettre bien ensemble, mettre un cheval sur les hanches. Il Effets d'ensemble, l'action combinée de la main et des jambes ayant pour but de ramener à la position d'équilibre, sans produire de mouvement en avant ni en arrière, toutes les parties du cheval. || 9* La totalité. L'ensemble des hommes qui peuplent la terre. L'ensemble des nations européennes. L'ensemble des ordonnances des anciens rois de France.
— HIST. XI* s. Ensemble od lui Itoland et Olivier, Ch. de Rot. viii. Qui quel compert [quel que soit celui qui le payera, qui sera vaincu], venuz en sont ensemble [aux mains], ib. cxxii. || xii* s. Si lui a dit : ensa?.ble n'irons plus, Ronc. p. 90. Ensemble convient remanoir Moi et amor par estouvoir [par devoir], Couci, xviii. Mainte bataille [ilsj en firent et mainte occision. Et si murent ansamble uieslèe et contençon, Sax. m. Tant se sont d'ambes parz de l'acorde pené Li bons reis Loewis e evosque e abè. Qu'ensemble sunt li reis e saint Thomas aie. Si tost cum s'entrevirent. Th. le mart. t" 3. || xiil* s. Jamais certes ne nous verrons, Ne ensanle ne parlerons. Poésies mss. avant tsoo, t. iv, p. 1364, dans lacurne. Et lors commencierent à aporler le gaaing et à mètre ensemble, ville», cvni. Ensi fu li consaus [conseil] acordés, et alerent tout ensemble en une valée où il tenoient leur parlement, lo. tu. Crant temps [Pépin et Berte]furentenseinble; car ainsi plut à Dieu, Berle, m. || xiv* s. Et ne sont pas ces trois choses divisées d'ensemble, oresme, Eth. 19. Il XT* s. D'Arlevelle mit plusieurs fois le conseil des bonnes villes ensemble, pour parler de.... FBOiss. I, I, «o. Kt quand les seigneurs barons s'aprocherent. et qu ils purent des lances et des espées venir ensemble, adonc y eut dure bataille, iD. I, I, <9B. Il XVI* s. Estes vous ceulx qui avez ce grand difi'erent ensemble? rabel. Panf. ii, (O. Kt nous sembloyt à l'ouyr que ce feussent cloches grosses, petites et médiocres, ensemble sonnantes, ID. ib. V, t. Pourquoy se diviseroyent-elles d'ensemble T CALv. Instit. 822. Ils couchent en des licts dix ou douze ensemble avec leurs femmes, mont, i, 121. Grands conseillers aux affaires d'estal, et ensemble très sçavanis, m. i, 140. Ils n'ont rien à diviser et partir ensemble, m. i, SIB. La lecture qui plaist et profite, qui délecte et instruit ensemble, a tout ceqnel'onsçauroit désirer, amtot, Préf. i, 26. Tant de fois s'appointer, tant de foissefaschcr. Tant de fois rompre ensemble, et puis se renouer, BONS. 233. C'estoit au point du jour.... Quand tout ensemble on veille , et tout ensemble on dort D'un œil entre-surpris du frère de la mort, bons. 7o«.
— ETYM. Picard, émane, intiane; bourguif . on-
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