‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 147 sur 388 · MU · texte numérisé non relu

MU

— KTYM. £■»» 4 , et ligne.

tENLIOURER (an-liou-lté), ». a. Ajouter une pièce de bois taillée en cuin dans le bout d'une autre qui a été ouverte pour la recevoir. La seconde pièce enlioube la pceinière.

— ÊTYM. En 4 , et (toute.

tENMSSERONNER fan li-»e-ro-né) , v. a. Tendre

les lisses sur b's lisserons.

— f.TYM. En 4 , et lisseron.

•f ENLIZE.MENT(an-li-z6-man), ». t». Actiond'enlizer ou de s'enlizer.

f ENLIZER (an-li-zé), v. a. Enfoncer dans une lize, dans un sable mouvant. Un cheval enlizé. Il S'enlizer, v. réfl. S'enfoncer dans le» sable» mouvants. La voiture s'enliza.

— ËTYM. En 4 . et Hxe.

ENLU.MINÊ, ÉE (an lu-mi-né, née), part.passé. Colorié. Caries enluminées. || Figure enluminée, figure rendue trè.s-rouge par l'usage des liqueurs alcooliques ou par quelque passion. X votre physionomie brillante et enluminée, il n'est pas mal aisé do deviner que vous êtes M. Lucas, dancourt. Vendanges, se. 8. M. de Brissac avait infiniment d'esprit, avec une figure de plat apothicaire, grossel, basset et fort enluminé, st-sim. 64, 68.

t ENLUMINEMENT(an-lu-mi-ne-man), ». m. Action d'enluminer; état de ce qui est enluminé.

— HIST. XIII' s. Seurnous [que Dieu] la seueface tort [tourne], qui est enluminemenz de tout le monde. Psautier, f 76.

— ÉTYM. Enluminer; provenç. enlumenament. ENLUMINER (an-lu-mi-né) , v.a. || 1° Ajouter avec

le pinceau des couleurs vives sur une e.stampe qui lui donnent de l'éclat par rapport au trait noir; ce qui fait comparer ces couleurs à une lumière. Enluminer une estampe. || Absolument. Nous enluminerons , nous peindrons, nous barbouillerons, j. j. Bouss. Em. u. Ces couleurs, quelquefois enrichies de feuilles d'or attachées par un mordant, prouvent clairement qu'en Égyptel'art dépeindre nefut, pour ainsi dire, que l'art d'enluminer, bakthél. Anachar. ch. 37. Il a* Enluminer une carte de géographie, couvrir les diverses contrées de teintes plates de couleurs différentes, ou au moins tracer avec le pinceau et des couleurs variées et voyantes les limites des pays. || 3° Par extension, colorer. L'ardeur de la fièvre lui avait enluminé le visage. Un rouge vif enluminait son teint, volt. Apol. du luxe. \\ S'enluminer la trogne, enluminer sa trogne, boire avec excès, parce que trop boire rend le nez rouge. Il i' Fig. Enluminer son style, y répandre des ornements qui ont plus d'éclat que de naturel. ||B°S'enluminer, t'. réft. Se mettre du rouge. Si c'est pour les hommes qu'elles se fardent ou qu'elles s'enluminent, LA BBUY. m. Il Devenir rouge. Sa trogne commence à s'enluminer.

— HIST. XI' s. De tel barnage [vaillance] l'a Deus enluminet, Ch. de ttol. xxxix. || xii* s. Toute la sale en fut enlumenée [de sa beauté], Rone. p. 464. E fud uvrez li chapitrais à lilies [lis] ki quatre aines levèrent etutel'ovre enluminèrent, Rois, p. 263. Tu, bels sires, es ma lumière, e mes ténèbres enlumineras, ib. 208. Il xm' s. Et quant ele [la lune] a l'umbre [de l'éclipsé] passée. Si revient toute enluminée Des rais que li soleil li monstre, la Rose, 4808. La prée (la prairie] D'erbe et de flors enluminée, t'b. 40060. Le [la] disisme vertu.... c'est celé qui enlumine toutes les autres.... et ceste vertus si est apelée loiatés, BEAUM. 27. Et la première letro dou comencement estoit enluminée d'or, Ass. de Jér. i, 25. Et ainsi comme l'escrivain qui a fait son livre, qui l'enlumine d'or et d'azur, enlumina le dit roy son royaume de belles abbaîes que il y fist, joinv. 303. Il XIV' s. Lieu cler et enluminé, ii. db mondeulle, f" 84 , verso. Il xv« s. Le verre est le pinceau duquel on t'enlumine [le nez]; Le vin est la couleur Dont on t'a peint ainsi plus rouge qu'une guigne En buvant du meilleur, BASSELiN, VI. Il xvi* s. Uissez à part vos vineuses tavernes. Museaux ardans, de rouge enluminez, marot, n, 232. Ceux qui ont hérité des heures du feu roy, ont monstre à leurs familiers tous ceux qui sont nommés en ce chapitre, et enluminés en cordeliers, d'aub. Conf. i, 7.

— ÉTYM. En 4 , elle latin fumt'nare, éclairer (voy. LUMINEUX); provenç. enlumenar, enlhumenar.

ENLUMINEUR, El'SE (an-lu-mi-neur, neû-r'), ». m. et f. Celui, celle qui enlumine. Enlumineur d'images.

— HIST. xui' ». Ce sont les mestiers frans de la ville de Paris, qui ne doivent point de guet au roy.... paintres, j'magiers, libraires, parcheminlers,

ENN

enlumineurs.... Liv. des mit. 426.||xvi' s. Si j'enlois grand enlumineur de mes actions, à l'adventure rembarreroij je bien ces reproches, mont. I, 498.

— ETYM. Enluminer.

ENLUMINURE (an-lu-mi-nu-r') , ». f. || 1' Action d'enluminer; l'art de l'enlumineur; objet enluminé. L'enluminure de cette estampe n'est pas soignée. Cela n'est pas peint, ce n'est qu'une enluminure. Il Nom des peintures qui ornaient autrefois les manuscrits. Il 2° Par extension, coloration rouge et brillante, surtout celle du visage. Il n'est pas moins connu par la confusion et les ténèbres de son esprit que par l'éclat et l'enluminure de son visage, bau. U Barbon. || 8* Kig. Faux éclat dans le style. Le» enluminures m'ont fait tort, pasc. Pensées et noiet pour Us Prov. iv. I.es beaux diseurs du nouveau style. Qui, par de bizarres détours, Quittant le ton de la nature, Répandent sur tous leurs discours L'académique enluminure, gresset. Chartreuse. Nous admirons tous les jours stupidement, comme le véritable coloris de la grande et sublime morale, l'enluminure d'une petite métaphysique, aussi fausse dans sesprincipes qu'illusoiredansse» conséquences, SAiNT-FOix, Ess. Paris, Œuvres, t. m, p. 384, dans pouGEKS. Celte enluminure du style qu'on . donne pour du coloris, marmontel, Eimi sur le goM, QEuv. I. iv, p. 464, dan» pougens. Son style est le plus parfait modèle du mauvais goût; c'est l'entortillage le plus fatigant, l'enluminure la plu» fade, LA HARPE, Corresp. t. m, p. 323, dans pougens, au mot enlorlillage.

— HIST. xiV s. Et y mist et assist plusieurs cristaux, pièces d'enlumineure de plusieurs devise», perles et autres pièces de pierreries, de laborde, Émaux, p. 34 0.

— ETYM. Enluminer.

t ENNAÉTÉRIDE (è-nna-é-lé-ri-d'), ». f. Terme d'antiquité grecque. Espace de neuf ans. |j Fête que l'on célébrait tous les neuf ans.

— ÉTYM. 'EvvaeTiipl*, de ivvéa, neuf, et Ito«, année.

f ENNASSBR (an-na-sé, an prononcé comme dan» antérieur) , v. a. Terme de pêche. Mettre dans U nasse. || Fig. Tromper.

— HIST. XVI' s. Sans se laisser ennasser en infinis et inexplicables discours que leurs hétéroclites et irrésolues ou plus tost fulles cervelles sont coustumieres inventer, pour assubjectir la foy à la raison naturelle, st-jdl. Meil. hiitor. p. 4»7, dans lj^-

CURNE

— ÊTYM. Eni, et nasse.

f ENNÉA .... préfixe qui veut dire neuf et qui

vient du grec iwtot (voy. neuf, nom de nombre).

t ENNÉACANTHE (è-nné-a-kan-f) , adj. Terme d'histoire naturelle. Oui est muni de neuf épines ou aiguillons.

— ÉTYM. Ennéa et ixav6a, épine.

t ENNÉADACTYLE (è-nné-a-da-kti-l'l.adj.Terme de zoologie. Qui a neuf doigts ou appendices digitiformes.

— ÉTYM. Ennia...., et îàxTuXoç, doigt.

t ENNÉADE (è-nné-a-d') , s. f. Terme didactique. Assemblage de neuf choses ou de neuf personne». ||.^u plur. Les Ennéades, titre de la collection des traités de Plotin.

— ETYM. "Eweàc, neuvaine.

t ENNÉADÉCAÊTÉRIDB (è-nné-a-dé-ka-é-té-rid'), ». f. Terme de chronologie. Cycle de dix-neuf ans établi par Méton à Athènes, pour faire coïncider les mouvements du soleil et de la lune, parce que dix-neuf années solaires valent à très-peu près 236 lunaisons.

— ETYM. "Evvia, neuf, Jéxa, dix, etlToç, année. t ENNÉAGONAL, ALE (*-nné-a-go-nal , na-l'),

adj. Terme de géométrie. Qui a neuf angles. Champ ennéagonal. Figure ennéagonale. || Il se dit aussi d'un solide dont la base est un ennéagone. Pyramide ennéagonale. Prismes ennéagonaux.

— ETYM. Voy. ENNÉAGONE.

ENNÉAGONE (è-nnè-a-go-n') , s. m. Terme digéométrie. Figure qui a neuf côtés. \\Adj. Autrefois on a dit ennéagone pour ennéagonal.

— ÉTYM. Ennra...., et Ywvia, angle.

+ ENNÉAGVNE (è-nné-a-ji-n"), adj. Terme de botanique. Oui a neuf pistils.

— ÊTYM. Ennéa et yuv^, femelle, pistil.

t ENNÊAGYNIE (È-nné-a-ji-nie), ». f. Terme de botanique. Ordre du système de Linné renfermant les plantes à neuf pistils

— ÉTYM. Ennéagyne.

t ENNËAGYNIQUE (è-nné-a-ji-ni-k'), od;. Synonyme d'ennéagyne.

ENN

t ENNf.AIIKXAiîDRE (ènné-a-è-(rsaè-(ir'), adj. Terme de minéralogie. Cristal ennéaliexaèdre, cristal cubique dont chaque angle solide est remplacé par six facettes, ce qui fait en tout neuf fois six faces ou cinquante-quatre faces.

— ÊTYM. Ennda...., e\ hexaèdre.

t ENNÊANDRE (è-nné-an-dr'), adj. Terme de botanique. Qui a neuf élamines.

— RTYM. £nn('a et àvrjp, mâle, étamine.

KNNÉANDRIE (è-nné-an-drie) , s. f. Terme do

botanique. Classe du système de Linné, renfermant les plantes dont la lleur a neuf éiimines.

— ÊTYM. Ennéandre.

t ENNÉANDRIQUE (È-nné-an-dri-k"), adj. Voy.

ENNÉANDRE.

t EN.\ÉANTHËRE (è-nné-an-tê-r"), adj. Terme de botanique. Qui a neuf anthères ou étamines.

— ÊTYM. Ennéa...., et anthère.

t ENNÉANTHÉKIE (è-nné-an-té-rle) , s. f. Synonyme d'ennéandrie.

— ÊTYM. Ennéanthère.

t ENNÉAPÉTALE (è-nné-a-pé-ta-1'), adj. Terme de botanique. Dont la corolle offre neuf pétales.

— ÊTYM. Ennéa...., et pétale.

t ENNÉAPHYLLE (è-nné-a-fi-1') , adj. Terme de holanique. Dont les feuilles sont composées de neuf folioles.

— ÊTYM. Ennéa...., etçûXXov, feuille.

t ENN'ÊAPTÉRYGIEN, lENNE (è-nné-a-pté-rijiln, jiè-n'), adj. Terme d'ichtliyologie. Qui a neuf nageoires.

— ÊTYM. Ennéa etitTepûfiov, nageoire.

t ENNÉASÉPALE (è-nné-a-sé-pa 1'), adj. Terme de botanique. Dont le calice est composé de neuf sépales.

— ÊTYM. Ennéa...., et. sépale.

t ENNÉASPERME (ê-nné-a-spèr-m'), adj. Terme de botanique. Dont le fruit renferme neuf graines.

— ÉTYM. Knneo , et oTOp(ia, graine.

t ENNÉHÉ.MI.MÈRE (è-nné-é-mi-mè-r'), s. m. Terme de métrique ancienne. Mesure de quatre pieds èl demi. Ce mot s'appliquait aux césures qui tombaient sur le milieu du cinquième pied, ou après quatre pieds et demi, comme dans le 667* vers du quatrième livre de l'Enéide : Lamentis, gemituque, et femineo nlulatu. || Adj. Mesure ennéhémimère.

— ÊTYM. 'Evvea, neuf, i^fiiirui;, demi, et jiépoi;, lartie.

ENNEMI, lE (È-ne-mi, mie; du temps de Chifflet, 6'ramm. p. (92, la prononciation onnemt était reçue à côté de l'autre), s. m. et {. || 1° Celui, celle qui hait quelqu'un, et cherche toutes les occasions de lui nuire. Un ennemi déclaré. Ennemi mortel, irréconciliable. Lorsque l'on veut choquer un puissant ennemi, trisïan, Mariane, iv, \. Tu fus mon ennemi même avant que de naître, cobn. Cinna, V, r ô soupirs! ô respect! ô qu'il est doux de plaindre Le sort d'un ennemi quand il n'est plus à craindre! m. Pomp.v, 1. Il est doux de périr après ses ennemis, id. Rodog. v, t. L'ennemi qui flatte est le plus dangereux, id. Théodore, iv, <. Si votre ennemi a faim, donnez-lui à manger; s'il a soif, donnez-lui de l'eau à boire, saci, bible, Prov. de Salomon,xxv, 21. Le plus fier ennemi, quelque ardeur qui l'enllamme.... rotrou. Hercule mour. 1, 4. Notre ennemi, c'est notre maître. Je vous le dis en bon français, la font. Fabl. vi, 8. Entre nos ennemis Les plus à craindre sont souvent les plus petits, ID. ib. II, 9. Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami ; Mieux vaudrait un sage ennemi, ID. tb. VIII, 10. Venez voir à vos pieds tomber vos ennemis, hac. Athal. v, ♦. Ne craignez plus; votre ennemie expire, id. Baj. v, ho. Vivre avec ses ennemis comme s'ils devaient un jour être nos amis, et vivre avec nos amis comme s'ils pouvaient devenir nos ennemis, n'est ni selon la nature humaine ni selon les règles de l'amitié, la bruy. iv. Un ennemi nuit plus que cent amis ne servent, lamotte, Eabl. V, 4. Ma manière d'agir, ma critique et mes ris M'attireraient bientôt un monde d'ennemis, regnabd, Démocr. I, 6. Votre père et moi, je l'avoue, nous avons été longtemps ennemis l'un del'autre, fénel. TH. XV. Un ennemi, dit un célèbre auteur, Est un soigneux et docte précepteur. Fâcheux parfois , mais toujours salutaire Et qui nous sert sans gage ni salaire, J. B. Bouss. Épît. II, 4. Lorsqu'on dit d'un homme qu'il a des ennemis, il faut, avant de le juger, bien regarder s'il a mérité d'en avoir, mar- MONTEL, Mém. vu. J'ai des ennemis, mais je ne hais personne, M— DE genlis, Théât. d'éduc. Ennem. génér. i, ». || Un ennemi juré, celui qui a fait comme le serment de haïr quelqu'un. Ils •ont ennemis jurés. || Se faire des ennemis, don-

ENN

ner lieu à beaucoup de gens de nous en vouloir. Il Un ennemi de Dieu, un impie. Hélas! si, pour venger l'opprobre d'Israël, Nos mains ne peuvent pas, comme autrefois Jahel , Dos ennemis de Dieu percer la tête impie. Nous lui pouvons du moins immoler notre vie, bac. Athal. m, 7. || Un ennemi de l'État, un séditieux, un agent de trouble. Il Etre ennemi de soi-même, nuire à ses propres intérêts. Non, Cléone, il n'est point ennemi de luimême, bac. yindr. in, s. Quel caprice vous rend ennemi de vous-même? id. Bérén. i, 3. Elle serait bien ennemie d'elle-même, si elle ne le croyait pas, DANCOURT, la Folle enchère, se. 4. || Familièrement. Ennemi de nature, celui qui s'oppose à ce que la nature demande ou pour soi ou pour les autres. Il Fig. Ainsi donc, philosophe à la raison .soumis, Mes défauts désormais sont mes seuls ennemis, Boit,. Éptt. V. Et ses heureux vaisseaux N'eurent plus d'ennemis que les vents et les eaux, bac. JUithr. i, <.||2° L'ennemi du genre humain, et, absolument, l'ennemi, le démon. S'il arrivait qu'à la mort l'ennemi eût quelque prélentlon sur vous, PASC. Prov, 9. C'est là que se forgent ces traits de feu, selon les termes de l'apôtre, dont l'ennemi sesert pour allumer les passions dans cesâmes vaines qui sont les idoles du monde, et dont le monde lui-même est l'idole, fléch. Mar.-Thér. Il Fig. Il a été bien tenté de l'ennemi, se dit d'un homme qui a fait quelque mauvaise action, || 3° Par extension, ennemi se dit pour signifier ce qui nous est utile ou même nous plaît, en le considérant par le seul côté où il nous nuit ou nous déplaît; ainsi l'amante est l'ennemie de l'amant, parce qu'elle ne cède pas à ses" désirs, etc. Fuyez un ennemi qui blesse par la vue, Et dont le coup mortel vous plilt quand il vous tue, cobn. Poly. i, <. Hippolyte, en partant, fuit une autre ennemie; Je fuis, je l'avouerai, cette jeune Aricie, rac. Phèd. i, <. || S. f. Par antiphrase. Une femme qu'on aime et qui oppose des rigueurs. Une belle ennemie. Vers ma belle ennemie Portons sans bruit nos pas. Et ne réveillons pas Sa rigueur endormie, mol. Am. magnif. 3' interm. se. 4. || 4° Terme de guerre. Les gens, l'armée, la nation contre laquelle on combat. L'ennemi est en forces. Marcher à l'ennemi. Battre, repousser l'ennemi , les ennemis. Après vous avoir ouï condamner la conduite de nos officiers par les événements et vous avoir vu triompher des victoires de nos ennemis, voit. Lett. 74. J quelque heure et de quelque côté que viennent les ennemis, ils le trouvent toujours sur ses gardes, toujours prêt à fondre sur eux et à prendre ses avantages, Boss. Louis de Bourbon. Et qui peut dissiper Tous les flots d'ennemis prêts à l'envelopper ? bac. Iphig. V, 3. Annibal fugitif cherchait au peuple romain un ennemi partout l'univers, montesq. Goût, curiosité. Nos soldats [à Moscou] rencontraient ces vaincus sans animosité, soit qu'ils crussent la guerre finie, soit insouciance ou pitiéet que, hors du combat, le Français se plaise à n'avoir plus d'ennemis, ségur, Hist. de Nap. viii, 8. Il Passer à l'ennemi, déserter et prendre service chez l'ennemi; et fig. quitter un parti et se mettre avec ses adversaires. || 5° Terme d'astrologie. Maison des ennemis, le douzième signe du zodiaque. Il 6° Il se dit des animaux. Le chat est ennemi de la souris. ||7° Par extension , celui, celle qui a de l'aversion, de l'éloignement pour certaines choses. Ennemi des procès. Ennemi de la contrainte. Ennemi du bon sens. Les habitants étaient trop ennemis du travail, fên. Tél. iv. J'étais trop ennemi des affaires et trop inappliqué, id. ib. xni. Matta n'était point ennemi de la galanterie, hamilt. Gramm. 4. Il 8° Il se dit des choses qui sont opposées. Cette herbe est ennemie de la vigne. L'eau et le feu sont ennemis. L'orgueil est l'ennemi des vertus. La raison et l'amour sont ennemis jurés, cobn. la Veuve, II, 3. La médisance est l'ennemi le plus mortel de la charité, boubdaloue, 4t" dim. après la Peut. Dominic. t. m, p. 2i7. || 9" Adj. Hostile. Des peuples ennemis. L'armée ennemie. [Elle] ne redoutera point de puissance ennemie, cobn. Serlor. u, t. [Aucuns] qui ne vous aient été moins ennemis que lui.ROTBOU, Bel. IV, 6. Elle m'a fatigué de ce nom ennemi, bac. Brit. iv, 5. Mais je ne vois partout que des yeux ennemis, id. Iphig. ii, 7. || Qui hait. Et ma bouche et mes yeux du mensonge ennemis, RAC. Baj. II, 5. Il Contraire. Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie ! cobn. Cid, i, 8. Quelque peu qu'on lui dise, on craint de lui trop dire, X peine on se hasarde à jurer qu'on l'admire; Et, pour apprivoiser ce respect ennemi, U faut qu'en dépit d'elle elle s'offre à demi, id. Tite et Bér. i, 3. De peur que cette voix des destins ennemis Ne fût aussi

ENN

funeste à la fille qu'au fils, ID. Œdipe, ii, 3. Les qualités excessives nous sont ennemies et non pas sensibles; nous ne les sentons pas, nous les souffrons, PASCAL, Pensées, part. :, art. 4. Qu'il soit comme le fruit en naissant arraché, Et qu'un souffle ennemi dans sa Heur a séché, bac. Athal. i, 2. .le fuis; ainsi le veut la fortune ennemie, id. Hilhr. 111,1. Il Astre ennemi, se dit, par une métaphore tirée de l'astrologie, d'une influence malfaisante, d'un destin funesle. Sous quel astre ennemi faut-il que je sois née? bac. ilithr. i, 2. Des astres ennemis j'en crains moins le courroux, in. Eslher, ii, 7. Il Terme de peinture. Des couleurs ennemies, couleurs qui ne s'assortissent pas. || En un autre sens, couleurs qui, mêlées ensemble sur la palette ou sur la toile, se détruisent l'une l'autre matériellement et en peu de temps. || Pôles ennemis, les pôles qui se repoussent, en parlant des aimants. || Proverbes. Le mieux est l'ennemi du bien, on gâta souvent ce qu'on cherche trop à améliorer. || Plus de morts, moins d'ennemis. || C'est autant de pris sur l'ennemi, se dit quand on a attrapé quelque chose à celui qui, nous devant, ne nous paye pas, ou quand on a retiré quelque chose d'une niauvaise affaire. Mais bien que la douleur honore, Que servira d'avoir gémi? Puisqu'ici nous rions encore. Autan» de pris sur l'ennemi, bébang. Dernière chans. || Amis au prêter, ennemis au rendre, c'»Pt-à-dire qu'on se brouille quand celui qui a prêté de l'argent le redemande. Il II n'y a point de petit ennemi.

— HIST. X* s. Voldrent la veintre li Dec iniml [les ennemis de Dieu] , Eulalie. \\ xi* s. Li reis Marsile est moult rais enemis, C/i. d« iRoi. x. || xii" s. Car à vos els [yeux] veez les enemis, Bonc. p. 66. Car qui ce toit [ravit] dont [il] ne peut faire don. Il en conquiert [.s'en fait] enemis et mêlée, Couci, vi. S'or i laissons [en la Terre sainte] nos ennemis mortieus [mortels], A tousjours mais ert [sera] nostre vie honteuse, quesnes, Uomanc. p. 95. Il a plus d'anemis que lièvres en essart [en lande], Sax. XXIX. Il xiil* s. Li rois de Hungrie, qui anemisestoit à cens de l'ost, villeh. lvi. Ne soufrez qu'anemy [le diable] ait sus mM poesté, Berte, xi.v. Envie est de tel cruauté Qu'ele ne porte leauté A compaignon ne à compaigne; N'oie n'a parent, tant li tiengne, A cui el ne soit anémie, la Rose, 252. Il XIV* s. Envoler vous y fault et mander par escrips. Pour savoir s'il voldra estre nos anemis, Gttescl. 9898. Et on dit adès : biaux amis. De plus d'amis mains [moins] d'anemis, maciiaut, p. )I6. || xv s. Leur avoit esié grand ennemi, froiss. i, i, t34. Puis PIse et Florence avaient esté trois cens ans ennemies, avant que Florentins la conquissent, COMM. VIII, 3. Annemy ne dort, leroux de lincï, Pror. t. II, p. 239. Il XVI" s. Le Veronois, terre ennemie [des Vénitiens], mont, i, <4. Cettepractique, ennemie de leur style ancien, id. i, 23. Je suis ennemy des actions subtiles et feintes, id. 1, 96. Ennemy juré de.... id. i, (03. De son ennemy reconconcilié il se faut garder, lehoux de lincy, Pror. t. Il, p. 287.

— ÉTYM. Berry, hinnemi, innemi, annemin; provenç. enemic; catal. enemig ; e.spagn. enemigo ; portug. inimign ; itaU nemico; du latin inimicus, de in, négatif, et amicus, ami.

t ENNliXAGE (an-ni-lla-j'. Il mouillées, et an prononcé comme dans antérieur), s. m. Liaison de l'arbre ou axe tournant avec la meule dans ua moulin.

— ÊTYM. Origine inconnue. C'est le même mot que annille.

ENNOBLI, lE(an-no-bli,blie, an prononcé comme dans antérieur), part. pass^. Rendu noble, honorable. Le Parnasse français, ennobli par ta veine, Contre tous ces complots saura se maintenir, non. Zip. VII. L'idée de faiblesse que les hommes attachent à la vertu tombe dès qu'elle est ennoblie de vos noms [des grands] , mass. Petit car. Vices et vertus. Songez en défiant l'Anglais et les tempêtes. Que, si vous prodiguez votre sang généreux. Ce n'est point pour tenter un de ces vols heureux Ennoblis du nom de conquêtes, Gilbert, Ode sur la guerre.

ENNOBLIR ( an-no-blir, an prononcé comme dans antérieur), v. a.\\l° Donner de la noblesse, de la dignité. C'est ce glorieux titre.... Que je viens ennoblir par celui de captif, corn. Pomp. iv, 3, Le cœur voudrait toujours ennoblir ce qu'il aime, DELiLLE, Imagin. 11. Les ambitieux pensent que les intérêts politiques ennoblissent el justifient tout, M"' DE GENLIS, Jeanne de France, part, i, t. i, p. 3», dans POUGENS. || Absolument. Cette rage d'ennoblir , ce jargon , ce ton de cour infectant le théâtre et la littérature sous Louis XIV et depuis,

ENN

gâtèrent d'excelletU espriu, p. t. couh. Hérodote, préface. || «• S'ennoblir, ». ré/l. Gagner de la noblesse , d6 la dignité, de l'honneur. El diins les plus bas rangs les noms les plus abjects Ont voulu s'ennoblir par de si hauts projets, corn. Ct'nno, iv, ♦. Et le Jrflne et le roi se seraient ennoblis X soutenir la main qui les a rétablis, id. l'omp. lll, ».

— KKM. Dans le xvii* siècle, on ne distinguait pas ennoblir d'anoblir : Maison où le ventre ennoblit, MOI.. G. Dand. i, ♦; Le roi l'ayant épousée, il l'a ennoblie par celte alliance, Boss. Serin. Sept; Mais ici j'ai de plus un grade que j'ai pris Avec feu mon mari , doyen de ce bailliage; C'est ainsi que je vins m'eniioblir au village; Bonne noblesse au fond, DUFRESNY, ta Coquetle de village, l, 4; On dislingue ordinairement trois degrés de noblesse : l'ennobli, qui acquiert la noblesse; le noble, qui naît de l'ennobli; l'écuyer ou le gentilhomme, qui est au 3* degré, le père ménesteiIer. Aujourd'hui une distinction s'est établie entre ces deux mois qu'il ne faut plus confondre : ennoblir c'est donner de la noblesse, du lustre; anoblir, c'est donner la noblesse, rendre noble. On comprend d'ailleurs que ennoblir et anoblir sont deux orthographes et deux prononciations différentes du même mot.

— HlST. ivi" s. Nous renonceons aux aultres animaulx les biens naturels, pour nous honorer et ennoblir des biens acquis, mont, ii, <«7. Comment metlrois-je misses en oubly. Oui de vertu divine est ennol)ly?AMVOT, Com. discerner le flatt.de l'ami, 20.

— ÊTVM. En *, et noble.

ENNUI (an-nui , an prononcé comme dans antérieur), s. m. Il 1" Tourment del'âme causé par la mort de personnes aimées, par leur absence, par la perte d'espérances, par des malheurs quelconques. Le roi même arrivant partage leur ennui, cobn. Œdipe, II, 3. Si malgré ces raisons votre ennui persévère. Mon cher Lélie, au moins faites qu'il se modère, mol. l'Étour. n, *. Adieu; je sens mon cœur qui se gonfle d'ennui, id. ib. C'est de tous les ennuis l'ennui le plus sensible, th. cobn. Ariane, m , 2. Et ce sera de quoi mieux combler son ennui, id. ib. iv, 3. Ce n'est qu'avec le temps qu'un grand ennui se passe, quinault, Mère coq. II, 6. Un fou rempli d'erreurs, que le trouble

accompagne En vain monte à cheval pour

tromper son ennui; Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, boil. Épft. v. Sa mort avancera la fin de mes ennuis, bac. Andr. 1, i. Pour comble d'ennui, Mon cœur, mon I4che cœur s'intéresse pour lui, ID. ib. V, t. Pour accabler César d'un éternel ennui, id. Brit. v, 8. Rien ne peut-il charmer l'ennui qui vous dévore? id. Bérén. 11, 4. Si d'une mère en pleurs vous plaignez les ennuis, id. Jphig. IV, 4. Ahl que dis-^^? pourquoi rappeler mes ennuis? volt. Zaire, l, \. Mais des ennuis d'Haralet que faut-il que je pense? Qui peut de ses tjanspoils aigrir la violence? ducis, Hamlet, 11, 3. La vie est-elle toute aux ennuis condamnée? L'hiver ne glace point tous les mois de l'année, a. ché- NiER, ÉUg. 27. Il Contrariété. Cette affaire lui a donné beaucoup d'ennui. Être accablé d'ennuis. Il i' Sorte de vide qui se fait sentir à l'âme privée d'action ou d'intérêt aux choses. Donner, causer, avoir, éprouver de l'ennui. Un ennui mortel. Charmer les ennuis de l'absence. Quand on se verrait même assez à l'abri de toutes parts [des misères], l'ennui, de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir du cœur oii il a des racines naturelles, et de remplir l'esprit de son venin, pasc. Pensées, t. i, p. 266, édit. Lahure. Dans l'Orient désert quel devint mon ennui 1 bac. Bérén. i, 4. L'ennui est entré dans le monde par la paresse, la bbuy. xi. Pour la délicatesse et l'affectation d'ennui, il faut la réprimer en montrant que le bon goût consiste à s'accommoder des choses selon qu'elles sont utiles, fén. Ëduc. mies, 40. Le plaisir nous fait oublier que nous existons, l'ennui nous le fait sentir, saint-foix, Ess. Paris, (Buvres, t. iv, p. 248, dans pougens. L'ennui, ce triste tyran de toutes les âmes qui pensent, contre lequel la sagesse peut moins que la folie, BUFF. Nature des anim. Je ne sais si ma tête est jeune, mais mon corps est bien vieux; si je ne m'amusais pas à faire des testaments, je serais bientôt mort d'ennui, volt. Lett. d'Argental, <2 mars (769. Il part, vole, arrive, l'ennui Le reçoit k la grille et se traîne avec lui, delillk, Ilom. des champs, i. Rosine : L'ennui me tue. — Figaro : Je le crois; il n'engraisse que les soU, Beaumarchais, Barb. de Sév. i, 2. C'était un rassemblement de commérages, une collection d'ennuis tout à la fois divers et monotones, m~ de stael, Corinne, XIV, 4. Vive Uomèrel que Dieu nous garde

ENN

Et desFingals et des Oscars, Et du sublime ennui d'un barde Qui chante au milieu des brouillards ! LEBRUN , Stances sur Ossian. Sur un trêne l'ennui se carre, Fier d'être encensé par des sots, bérang. Prince de Navarre. \\ Dégoût de tout. Tomber dans un ennui profond. L'ennui de la vie. || Mélancolie vague. L'ennui de René [le hérosd'un roman de Chateaubriand]. Du romantisme jeune appui. Descends de tes nuages; Tes torrents, tes orages Ceignent ton front d'un pâle ennui, ht^Mia. Troubadours. Lorsque le grand Uyron allait quitter Ravenne Et chercher sur les mers quelque plage lointaine Oij finir en héros son immortel ennui, a. de musset. Poésies nout). Lett. à Lamartine.

— REM. Dans le style relevé . ennui est un mot d'une grande force et qui s'applique à toutes sortes de souffrances de l'âme : les ennuis du trône; des ennuis cuisants. Dans le langage ordinaire, il perd beaucoup de sa force et se borne à désigner ce qui fait paraître le temps long.

— HlST. XII' s. Sumeilla la meio aneme [âme] pur ennui, Liber psalm. p. tM. Amors m'a fait oublier L'ennui qui long tens m'a mort, Couci, iv. Se li ennuis de lagent malparliere Ne me feîst douloir, ib. xxviii. Mais de chevage prendre est moult grant li anois; X tort et à pcchié somes clamé François, Sax. XVIII. Li prelaz d'Kurewie, cil de Londres, ço qui [je pense]. Conseil lui unt duué privéement andui [tous deux], Que, veant si grant gent, ne li fesist anui. Th. le mari. 43. ||xiii" s. D'ennui et de paour sui au cuer moût destroite, Berte , xxix. Ours ne lion n'est, ne beste sauvage Qui, tel foiz est, ne fraigne son vouloir De faire mal et ennui et domage, eustache le peintre, dans Couci. Car endroit moi ai-je fiance. Que songe soit senefiance Des biens à gens et des anuis, la Rose, <7. Et par ce que ce seroit anuis de dire et de spécifier les cas de crieme, il seront dit el capitre des mell'és, ueaum. XI, 31. Il dient, por fere anoi à cex contre qui il ont à pledier, qu'il atendent leur conseil, id. 67. Il xiv" s. Qui ennuy fait ennuy requiert. Et férus doit estre qui fiert, leroux de lincï, Prov. t. 11, p. 390. Nous en dirons aucunes causes et non pas toutes, pour ce qu'il n'eust enuie de ceulx qui ceste histoire liroient, Chr. de St^Denis, t. 11, !' 63, dans LACURNE. || xv s. Quand Mesbire Jean de Hollande fut informé de cette aventure, si cuida bien forcener d'annoi, proiss. ii, 11, 236. (Le roi Uoberl d'Escosse] assembla son conseil, et leur remonstra comment les Anglois, du temps passé, leur avoient fait plusieurs ennuis, id. u, 11, 43. Cinq sous font autant. Quant on est content Et qu'on jette les ennuis Derrière l'huis. Que d'escus les sacs tous pleins, bassel. xxxix. || xvi's. Petit ennuy un grand ennuy appaise; Bref, sans ennui, trop fade .seroit l'aise, mahot, i, 383. Telle ennuy cesseroit, id. i, 382. Qui pourroit raconter l'ennuy que je receu. Quand de sur mon giron tout froid je l'apperceu, RONS. 791. Si je m'endors quand mes ennuis me tiennent, Je suis perdu des songes qui me viennent, AMïOT, Vu vice et de la vertu, s. Ennuy en an le jour prolonge, génin. Récréât, t. 11, p. 238. Ennuy nuit et jour nuit, leroux ob unct, Prov. t. II, p. 296.

— ÉTYM. Berry, enneu; provenç. enueg, enuet, enuey, enueit, enuit, enuoi, enoi, enut, et au féminin, cnucj'o, enueta; calai. enuJj.-espagn. el portug. enojo; ital. noja; anc. ital. no;o. Mot important, mais d'origine douteuse. On le tire ordinairement du latin noxa ou noxia, tort, préjudice; mais la forme des mots se prêle peu à cette étymologie, puisque noxa ou nozt'a auraient donné nose ou noise. Fauriel propose le basque enoch; mais rien ne garantit que enoch ne soit pas venu de l'espagnol dans le basque. Pour ces raisons, Diez, se joignant à Cabrera, propose le latin odium : est mihi in odio, cela m'ennuie; d'où un substantif inodt'um, qui permet la dérivation de toutes les formes romanes, l'italien noja ayant perdu l'i ou l'e par une aphérèse qui n'est pas rare dans cette langue. Ce qui donne beaucoup de force à cette étymologie, c'est que inodio se trouve effectivement dans l'ancien parler vénitien, dont Diez rapporte ces exemples-ci : pJu te sont a inodio, en italien più tisono a noja, en français plu^ te sont à anoi; ato inodio, italien a tua noja, français al tuen anoi. On remarquera à côté de la forme masculine, plus usitée, la forme féminine de ce mot en français, en provençal et en italien.

t ENNUSURK (an-nu-zu-r*, an prononcé comme dans antérieur) , ». m. Terme de plombier. Morceau de plomb qui est sous le bourseau d'un comble.

ENNUYANT, ANTK (an-nui-ian, jan-f, aa pro-

ENN

nonce comme dan» antérieur), adj. Qui ennuie, importune , contrarie dans le moment. Cela est fort ennuyant. Quel temps ennuyant I II n'y a pas d'homme qui ait assez d'esprit pour n'être jamais ennuyant. On ne laissa pas de la trouver fort laid* et fort ennuyante, bamut. Gramm. ♦.

— SYN. ennuyant, ennuyeux. L'homme ennuyant est celui qui ennuie par occasion ; cela est accidentel; l'homme ennuyeux est celui qui ennuie toujours; cela est inhérent. Un homme ennuyant peut n'être aucunement ennuyeux. Mais le fait est que dans l'usage fts deux mots se confondent; seulement, ennuyeux est plus usité qu'ennuyant.

ENNUYÉ, ÉE (an-nui-ié, iée , an prononcé comme dans antérieur), part, passé. || !• Contrarié, fatigué. Ennuyé de supplices. Ayant puni les chefs il pardonne aux complices, corn. Cinna, m, 4. Ennuyé de ce que je suis, je voudrais toujours être ce que je ne suis pas, bourdaloue. Sur Ict récomp. des saints, 4" aient, p. 28. Ennuyés de vivre dans un pays si inculte, et poussés par leur férocité naturelle, ils descendirent jusqu'aux environs de la Vistule, fléciiier, llist. de Théodose,

I, 47. Il 2* Qui éprouve l'ennui, le vide de l'âme. Les oisifs sont toujours ennuyés d'eux-mêmes. J'épargne aux yeuxd'autrui l'objet fastidieux D'homme ennuyé partout et partout ennuyeux , ghesset , Sidnei , 11 , 2. Si l'homme ennuyeux déplaît tant, L'homme ennuyé préteiidrait-d à plaire? delille, Convers. i. L'homme ennuyé n'est jamais qu'ennuyeux, m. ib. Il Substantivement. Un ennuyé. Les ennuyés.

ENNUYER (an-nui-ié, an prononcé comme dan* antérieur), j'ennuie, tu ennuies, il ennuie, nous ennuyons , vous ennuyez , ils ennuient ; j'enniiyais, nous ennuyions, vous ennuyiez; j'ennuyai; j'ennuierai; j'ennuierais; ennuie, ennuyons; que j'ennuie, que nous ennuyions, que vous ennuyiez; quej'ennuyasse; ennuyant ; ennuyé,», n. || l" Impersonnellement, il ennuie à, c'esl-â-dire de l'ennui est éprouvé (l'emploi neutre et impersonnel est le premier, à cause de l'étymologie de ennui, m odio, en haine). U ennuie à qui attend. Est-il possible qu'il vous ennuie si fort en Asie, qui est le théâtre de vos exploits ? vaugel. Q. C. Bi9. Il t'ennuie avec moi , corn. Uélite, m , 8. Lorsque j'étais aux champs, n'a-t-il point fait de pluie? — Non. — Vous ennuyait-il? — Jamais je ne m'ennuie, mol. Éc. desf.

II, 6. Il vous ennuyait d'être maître chez vous, id. G. Dand. 1, 3. Il m'ennuie de ne plus vous avoir, sÉV. 4 9. Il m'ennuyait de leur absence, i». 617. Depuis deux jours que je su s do retour, il m'ennuie déjà de ne point vous voir, j. 1. rouss. Corresp. du Peyrou, t. m, p. 59, dans pougens. Marquez-moi si je puis compter sur votre libraire , il m'ennuierait fort d'en chercher un autre, p. l. couti. Lelt. i, 68. Il 2" Y. a. Causer de l'ennui. Nous pardonnons souvent à ceux qui nous ennuient; mais nous ne pouvons pardonner à ceux que nous ennuyons, la- ROCHEFOUCAULD , Kax. ;îo4. Le sage quelquefois évite le monde de peur d'êlre ennuyé, la bbuv. v. On lit peu ces auteurs faits pour nous ennuyer, Qui toujours sur un ton semblent psalmodier, boil. Art p. I. Il Absolument. Un homme habile sent s'il convient ou s'il ennuie, la bruy. v. X quelque prix que ce puisse être. Sauve-moi l'affront d'ennuyer, lamotte. Odes, t. i, p. 466, dans pougens. Mais malheur à l'auteur qui veut toujours instruira; Le secret d'ennuyer est celui de tout dire, volt. Discours VI. || 8" S'ennuyer, v. réfl. Eprouver de l'ennui. S'ennuyer de tout. Enfin ce galant homme .s'ennuya de les ennuyer : il les délivra de sa fâcheuse visite, SCARR. Hom. com. i, 4 3. Nous nous vantons souvent de ne nous point ennuyer; nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie, la Rochefoucauld, jfox. 4 41. Qu'on leur die Qu'ils se font trop attendre et qu'Attila s'ennuie, corn. Attila, i, t. Et vous qui vous plaisez aux folles passions. Profanes amateurs de spectacles frivoles. Dont l'oreille s'ennuie au son de mes paroles, bac Esther, Prologue. U [Stilicon] s'ennuya de n'être que le tuteur, le beaupère, le favori et le maître même de l'empereur, el entreprit de rocltre l'empire dans. sa maison, fl8cniER, Hist. de Théod. rv, 76. Parce qu'Alexandre s'ennuie, Il va mettre le monde aux fers, lamotte, Fabl.ï, 4*. Il S'ennuyer à, avec l'infinitif. S'ennuyer ft atterdre. || Faire ennuyer, avec suppression du pronom personnel, faire qu'on s'ennuie. Et ceux qui l'ont tiré de l'exercice de sa charge pour le promener à Parie ne prétendent autre chose que de le faire ennuyer, bali. viii, Utt. «7.

— UIST. XI* B. Nm cheval sont et laa et ennuiez.

ENN

Ch. de Roi. clxxvi. || xu* s. Les Frans de France trouverez enuiez De coups ferir.... flonc. p. «9. Baron, dit l'anfes [l'enfant], ne vous doit anuier.... ib. p. «87. Moutannuia Tierri quant se sentit navré, i6. p. (95. Tant [je] ne porroie servir [ma damej Qu'il me peûst ennuyer, Coud, xn. Gilemer, dit li dus, moût nous doit anuier Que tant nous veutcist roispener et travaillier, Sax. xvi. || xiif s. Seignor, or escoutez, pour Dieu [que cela] ne vous ennuit, Berte, xxxvi. Moût forment luy ennuyé de sa fille Bertain, De qui la gent se plaignent de toutes pars à plain, ib. utxiii. Ci se volt taire Faus-semblanl ; Mais amors ne fait pas semblant Qu'il soit ennoiés del'oïr, la Rose, *l*iT. || xV s. Tous maulx suis content de porter. Fors ung seul qui trop fort m'ennuye. C'est qu'il me faut loing demourer De celle que liens pouramye, en. d'orl. Hall. 40. Par la raison que vous avez ouye cy dessus, et aussi que les clioses longues luy ennuyoient, coMH.m,3. Ceste armée d'Angleterre mist bien ung an à estro preste; il ennuya à monseigneur de Bourgogne, m. IV, <. Il XVI* s. Veu que tous ceux qui le plus fort s'appuyent Sur leurs plaisirs, de leurs plaisirs s'ennuycnl, marot, i, 383. Vous pouvés penser combien la longueur de son mal luy ennuyé, maro. Lett. <43. Il luy ennuyoitde veoir les choses en paix et repos, AMYOT, les Gracq. *i.

— ÉTYM. Ennui; Berry, ennier, ennueyer; prov. enoiar, enujar,enuiar, enue;ar,enueior;anc. catal. enojar, ennujar; catal. mod. enujar ; espagn. et portug. enojar ; ital. annoiare.

ENNUYEUSEMENT (an-nui-ieû-ze-man, an prononcé comme dans antérieur), adv. D'une manière ennuyeuse. 11 a pris l'occasion que souhaitait Voiture pour écrire moins ennuyeusement à M. le prince, et s'en est aussi bien servi que Voiture aurait fait, EÉv. 208. Accessible, accueillant, honnête, M. le Tellier savait employer son temps et quelquefois même le perdre, pour compatir à des misérables à qui il ne reste de consolation que de redire ennuyeusement leur misère, fléch. le Tellier. Ils parlent ennuyeusement, la bruy. v. La journée [du mariage du duo de Bourgogne] se passa assez ennuyeusement, st-simon, 6), <07. Il y a aussi, parmi les masques, des hommes qui se promènent le plus ennuyeusement du monde dans le costume le plus ridicule, m'"*destaei., Corinne, ix, (.

— IllST. Jiii' s. Uns petiz biens vaut mieuz, si Diex me voie, Qu'on fait courtoisement. Que cent greignor [plus grands] fait ennieusement, Couci, dans LACURNE. Il XIII' s. Comment estroitement En [de lacorde] fu Berte liée et ennuyeusement, Berte, xcv.

— ÉTYM. Ennuyeuse, et le suffixe ment.

ENNUYEUX, EUSE (an-nui-ieîl, ieù-z', an prononcé comme dans antérieur), adj, \\ i° Qui cause de l'ennui, d'une manière constante. Cet homme est bien ennuyeux. Un ennuyeux personnage. Le plus souvent ici l'on parle sans rien dire; Et les plus ennuyeux savent s'y mieux conduire, volt. Indiscr. *. Qui, pour vivre à Paris avec l'air d'èlre heureux. Au fond n'y sont pas moins ennuyés qu'ennuyeux, gbesset. Méchant, ii, 3. || Familièrement. Ennuyeux comme la pluie, très-ennuyeux. Il Substantivement. C'est un ennuyeux, un grand ennuyeux. Si vous saviez comme je m'amuse en vous ennuyant : c'est comme tous les autres ennuyeux du monde, diderot, Salon de 1765, CEuvr. t. XIII, p. (88, dans pouGENS. || 2° Qui ennuie, en parlant des choses. Brisons là; ce discours dev endrait ennuyeux, corn. Othon , iv , 4. Et que si l'on ne va jusqu'à trancher le cours De son règne ennuyeux et de ses tristes jours, ID. Nicom. n, <. Et ne lui laissant rien qu'une ennuyeuse vie,R0TR. Bélis. I, 2. Un si long entretien vous serait ennuyeux, RAC. Alex. I, 3.

— HIST. XIII' s. Plus anuieuses noveles ne leur peust l'en conter, villeh. cxlvi. Et dedans cel jor leur avint une mésaventure qui moult fu grans et annieuse , id. lvui. Gésir est ennuieuse chose. Quant l'en ne dort ne ne repose, la Rose, 2507. Et il me courouce et fet l'anieuspor parler d'une soie [sienne] besogne, beaum. v,l9. ||xiv's. Et telz gens sont tristes et enieus à eulx meismes et à leurs amis, ORESME,£(h. (29. || xv s. Elle qui auparavant estoit la plus joyeuse, attendant ce que tant avoit désiré, devint triste et ennuyeuse [chagrine], LOUIS XI, A'ouv. Lxxxi. Il xvi* s. 0 qnantes fois depuis votre ennuyeux départ. Solitaire et pensif ayje seul à l'escart Erré par les rochers ! ronsard, 799.

— ÊTYM. Ennui, et la terminaison eux qui signifie réplétion, plénitude; provenç. enojos, enoios, enujos, enuios, enueyos ; catal. enujos; espagn. et portug. enojoso; ital. annoioso.

ENO

t ÉNODE (é-no-d') , a(^;. Terme de botanique. Qui est dépourvu de noeuds.

— ETYM. I.at. enodis, de e, sans, et nodus, noeud. t ENOISELER (an-noi-ze-!é) , v. a. Terme de fauconnerie. Instruire l'oiseau, l'accoutumer au gibier.

— HIST. XIII' s. On a moult tart enoiselé [instruit] Un niais plein de folour. Poésies mss. Vatican, n° 1622, f« (65, dans lacurne. || xvi' s. Cette armée, mal enoizelée de ses premiers coups, trouva du rafraîchissement à Chasteau-Vilain, d'aub. Ilist. III, 62.

— ÉTYM. En I, et oisel, oiseau.

ÉNONCÉ, ÉE (é-non-sé, sée), part, passé. Il l* Rendu en termes nets. Les faits énoncés dans ma lettre. |{ 2° S. m. Ce qu'on énonce. L'énoncé d'un théorème, d'un problème. Simple énoncé des faits. La loi est précise dans son énoncé. Il voulait

qu'on mît après l'énoncé des propo.sitions que

Boss. Leit. quiét. 453. Le pape Eugène sur cet énoncé ordonna la dissolution du concile, volt. Mœurs, 86. Montesquieu, ayant à présenter quelquefois des vérités importantes dont l'énoncé absolu et direct aurait pu blesser sans fruit, a eu la prudence louable de les envelopper, et par cet innocent artifice les a voilées à ceux à qui elles seraient nuisibles, sans qu'elles fussent perdues pour les sages, d'alemh. Éloges, Montesquieu. La question se réduit à déterminer l'orbite que la lune décrit en vertu de l'action que la terre et le soleil exercent sur elle; et cette question, déjà trop réduite dans cet énoncé, renferme encore assez de difficultés, pour qu'on ne soit pas tenté d'en ajouter de nouvelles, ID. Disc, prélim. syst. monde, CEuvr.X. xiv, p. »3, dans POUGENS. || Un simple énoncé, une chose avancée sans développement ou explication. || Un faux énoncé, une chose avancée contre la vérité.

ÉNONCER (é-non-cé. Le c prend une cédille devante ou o.'j'énonçai, énonçons), v. a. || 1° Rendre en termes nets. Savoir énoncer ce que l'on pense. L'acte contient huit articles, où tous ses mensonges sont énoncés, maucroix. Schisme, liv. m, dans RicnELET. Il faut observer qu'il y a bien de la différence entre concevoir un sens total et énoncer ensuite, par la parole, ce que l'on a conçu, on mar- SAis, Œuvres, t. v, p. 4. || Terme de procédure. Énoncer un faux, articuler quelque chose contre la vérité. Il 2° S'énoncer, v. réfl. Être énoncé. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, boil. Art p. I. Il Exposer sa pensée, parler. Il s'énonce avec facilité. Apprenez, sotte, à vous énoncer moins vulgairement, MOL. Préc. rid. 7.

— SYN. ÉNONCER, EXPRIMER. Ënoncer sa pensée, c'est la produire en termes précis et qui la font connaître nettement. Exprimer sa pensée, c'est y donner une forme quelconque.

— ÉTYM. Lat. enunciare, de e, et nuneiare, annoncer (voy. nonce).

ÉNONCIATIF, IVE (é-non-si-a-tif, ti-v'), adj. Qui énonce. Terme énonciatif. Mots énonciatifs, nom donné par Beauzée aux mots qui énoncent une idée précise, par opposition aux mots affectifs, c'est-à-dire aux interjections qui n'expriment qu'une affection de l'âme. Proposition énonciative, celle qui est proprement l'énoncé d'un jugement. Construction énonciative, mot proposé par Dumarsais pour ce qu'on appelle plus souvent construction analytique, celle qui met les idées et les mots dans l'ordre le plus conforme à la raison.

— ÉTYM. Lat. enuntiativus, A'enuntiare, énoncer. ÉNONCIATION (é-non-si-a-sion), j. f. || 1» Action

d'énoncer par la parole ou dans un écrit; les termes mêmes qui énoncent. Énonciation de telle ou telle clause. Une énonciation ambiguë. Une simple énonciation dans les choses anciennes est un titre, PATRU, Plaid. 2, dans richelet. On y voit seulement [dans les statuts de l'Académie française] que les académiciens doivent être assemblés au nombre de vingt pour l'élection et la déposition d'un académicien; cela n'est qu'une simple énonciation qui ne leur donne aucun droit de juridiction, furetière, Factums, t. i, p. 20t. La pensée, tant qu'elle n'est que dans notre esprit, sans aucun égard à l'énonciation, n'a besoin ni de bouche, ni de langue, ni du son des syllabes, du marsais. Œuvres, t. v, p. 6. On n'aurait à placer dans les titres nouveaux que les noms et renonciation de la somme nette des intérêts annuels, montesquiou. Rapport, 27 août (790, p. (8. Il 2» Synonyme de proposition. Une énonciation, affirmative ou négative, parfaite, est un axiome, diderot, Opin. des anc. philos.

I (stoïcisme) . Dès que l'ensemble des mots énonce un sens, il fait une proposition ou une énonciation, du marsais, QEuv. t. IV, p. 322. L'énonciation est une

ÉNO

proposition qui affirme ou nie quelque chose. b*h- THÈL. Anach. ch. 67. || 3° La manière de s'énoncer. Toute sa personne [de Barbezieux], ses manières et son énonciation aisée avaient la force de l'éloquence, ST-SIM. 85, (03.

— HIST. XVI* s. Toute presupposition humaine et toute epunciation a autan t d'aucloritè que l'aultre , si la raison n'en faict la différence, mont, ii, 286.

—ÉTYM. Lat. enuntio(tonem,d'enunttare, énoncer.

t ÉNOPEH (é-no-pé), v. a. Terme de manufacture. Synonyme d'énouer.

t ÉNOPTKOMANCIE (é-no-ptro-man-sie), ». f. Prétendue divination au moyen d'un miroir.

— ÉTYM. 'EvoitTpov, miroir, de èv, en, et {ttuo- (lai, voir, et mnncie.

t ÉNORCHITE (é-nor-ki-f), s. f. Pierre figurée, de forme ronde, et renfermant une autre pierre ronde, à laquelle on trouve de la ressemblance avec les testicules.

— ÊTYM. 'Ev, en, etîpxic, testicule.

ENORGUEILLI (an-nor-gheu-lli , Uie, Il mou.U

lées, an prononcé comme dans antérieur), part passé. Rendu orgueilleux. Enorgueilli de sa fortune. Trop enorgueillis du faste de leurs rois, volt. Orphel. II, 7.

ENORGUEILLIR (an-nor-gheu-!Iir, Il mouillées, et non an-nor-gheu-yir, an prononcé comme dans antérieur; quelques-uns prononcent é-nor-gheullir; mais cette prononciation est contraire au bon usage), V. a. || 1° Rendre orgueilleux. Les succès l'enorgueillissent. Immolez, dis-je, sire, au blende tout l'Ëiat Tout ce qu'enorgueillit un si grand attentat, COBN. Cid, II, 9. Il Fig. Ni ces cristaux dont l'Inde enorgueillit ses bords, lebrun, Élég. i, 5. Il 2° S'enorgueillir, ». réfl. Devenir orgueilleux. La Grèce a produit de mon temps plusieurs grands hommes dont elle peut s'honorer, trois surtout dont elle doit s'enorgueillir, Êpaminondas, Timoléon et Phocion, BARTHÉL. Anach. ch. 82.

— HIST. xiii* s. Li emperere .... s'enorgueilli moût envers les barons et envers ceus qui tant bien li avoient fait et servi, villeh. xcii. Et ce ont li preudomeestabli pour les garçons qui s'enorgueillissent, ains qu'il aient fait la moitié de leur terme ou le quart, Liv. des met. 236. || xv« s. Or se gardent [les Gantois] de eux enorgueillir et leurs capitaines au.«si ; mais non feront, froiss. ii, ii, (58. Il xvi* s. Afin que les honneurs ne nous enorgueillissent, calv. fnst. 652. Afin qu'ils ne s'enorgueillissent point en vaine gloire, id. ib. 558. Tout ainsi que l'ennemy se rend plus aigre à notre fuite, aussi la douleur s'enorgueillit à nous veoir trembler souhs elle, MONT. I, 305.

— ETYM. J?n ( , et orgueil; provenç. enorgolhosir. ÉNORME (é-nor-m'), adj. ||1" Qui sort des règles,

des bornes; qui est choquant ou révoltant par son excès. Une faute énorme. Cette énorme action, faite presque à nos yeux, Outrage la nature, et blesse jusqu'aux dieux, C0HN. Hor. v, 3. Ce crime quoique grand, énorme, inexcusable, id. l'b.v, 3. Deschoses qui selon Dieu sont d'une malice énorme, bourdal. Avent, Scandale, 89. Recourirà leurs dieux pourleur demander.... cequ'ils n'auraient pu demander ouvertement dans les temples.... sans rougir.... celasemble énormeet insensé, id. Carême, i. Prière. Et, dans l'amas confus de chicanes énormes. Ce qui fut blanc au fond rendu noir par les formes, boil. Sat. i. Il était riche; il était vêtu magnifiquement; il faisait bonne chère : que trouvez-vous là de si énorme et de si criant? mass. Car. Riche. Qu'il [le duc de Bourgogne] se souvint qu'il n'était venu à l'armée qu'à condition de lui obéir [à Vendôme]; ces paroles énormes firent frémir d'indignation tout ce qui l'entendit, st-sim. 203, 2(2. Etrange vertu qui se forme Souvent de l'assemblage énorme Des vices les plus détestés, j. b. rouss. Odes, n, e.HÎ" Par extension de la signification morale à la signification physique, extraordinaire par sa grosseur ou par sa grandeur. Un énorme bloc de granit. Un colosse d'une grandeur énorme. Cette fortune énorme. Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe, Tente encor notre archer, friand de tels morceaux, LA FONT. Fabl. VIII, 27. Le savoir-faire et l'habileté ne mènent pas jusqu'aux énormes richesses, LA BRUY. VI. Il Par extension et familièrement. Le bal était superbe, un monde énorme, les plus jolies personnes de Paris, M'"' DE genlis, Adèle et Théod. t. m, lett. 6o,p. 4(7, dans pougens. || Il se dit aussi de la durée. M. Patru, qui était une des lumières de l'Académie, s'en bannit volontairement longtemps avant sa mort, parce qu'il fut scandalisé de la longueur énorme du temps que l'on fut à disputer si la lettre A devait être qualifiée simplement

ÊNO

Toyollo, ou si c'était un substantif masculin, pube- TiÈBB, Faclums, t. i, p. )»«. Il On trouve énorme avec (les décrus de comparaison. Il faut que la justice de Dieu soit énorme comme sa miséricorde; or la justice envers les reprouvés est moins énorme, l'ASC, dans cousin. DÎ'S que l'homme s'est livré aux passions les plus honteuses, et qu'il les a poussées jusqu'aux excès les plus énormes, MASS. Paraphr. P>. xiil, v. 1. || Cet emploi a été condamné; mais l'usage l'autorise; et, vu son étymologle et sa signification, énorme ne peut être assimilé à immense. || Terme de droit. Lésion énorme, lésion qui outrepasse toute mesure.

— REM. Quand énorme signifie excessif en grandeur ou en grosseur, il se met avant ou après son eubslanlif ; mais quand il signifie irrégulier, clioquant, révoltant, il ne se met guère qu'après.

— HIST. XIV* s. Deux énormes forfaiz , ber- CHEUflE, f° 64, verso. Des plus énormes et viUains cas, Ordonn. des rois, t. vu, p. !'44. || xvi* s. Ces énormes pourlraicts que les enfants vont semant aux passages et escaliers, mont, ni, 333. Et de là il n'y eut prescheur, comniedianl, nouvellant qui ne se fist ouïr sur l'cnorme [abominable] vie du roi [Henri III], d'aub. Hisl. m, (74. Les apostemes énormes, c'est à dire excessives en grandeur, Bont souventes fois mortelles, pabé, v. 4.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. énorme; du latin ennrmis, dee, hors, elnorma, icgle (voy. normal).

ÉNORMÉMENT (é-nor-mé-man), adv. D'une manière énorme. 11 est énormément grand. Il prétend avoir été lésé énormément.

— HIST. XV* s. Icellui suppliant voyant le dit Estienne énormément battu et gourfolé.... du canoë, affiUare. |{ xvi* s. Et par quatre jours ne cesse de tempester énormément, bab. Pant. v, 6. Lesquels, h l'ouïr crier , pensoient qu'il fut énormément blessé, DESPEH. Contes, xiii.

— ÉTYM. Énorme, et le suffixe ment. C'est par un abus, que l'usage a consacré, que l'on dit énormément, et non énormément (prononciation que du reste on entend quelquefois).

ÉNORMITÉ (é-nor- mi-té), s. f. \\ 1° Qualité de ce qui sort des règles, des bornes, de ce qui ré- Tolte par l'excès. J'en [de mes criuirs] connais mieux que vous toute l'énormilè, cobn. Sertor. v , 4. Il n'y a point de supplice assez grand pour l'énormilè de ce crime; et s'il demeure impuni, les choses les plus sacrées ne sonlplusen sûreté, moi.. l'Av. v, <. Elle représenta l'éiiormité du cas [le coup qui avait privé de la vue l'Amour] ; Son fils sans un bàlon ne pourrait faire un pas, la font. Fabl. xii, i*. Saisis de l'énormilè d'urie apostasie qui allait rendre inutiles tous les travaux de votre pénitence, mass. Car. Rechute. S'il [le minisire saint] trouve dans vos passions la même énormité, s'il vous conseille les mêmes remèdes , ID. Dang. des prosp. Quand le scandale des péchés n'y ajuuler.iil pas un nouveau degré d'ùnormité, id. Pet. car. Vices et vertus. Je l'ai vu, je lui ai reproché l'énormilè de sa conduite, DlDER. Lett. à Grimm. || Absolument. Action atroce , indigne , honteuse. Commettre une énormité. Et lorsque je m'oppose à tant d'énormités. César parle des droits et des formalités, volt. Calil. IV, 4. Il Et aussi paroles absurdes ou révoltantes. 11 dit à chaque instant des énormilés. || F.imiliùrement et ironiquement, il se dit d'une ènuuciation un peu risquée ou trop franche , dans la conversation. Je vais dire une énormité. || 2" Excès de grandeur, de grosseur. L'énormilè de sa taille. L'éiiormité d'une masse. || Fig. L'énormilè des dettes, des engagements. Ses vœux tardifs [pour la paix] n'étant pas exaucés, il envisage l'énormilè de ses forces, il revient sur les souvenirs de Tilsitt et d'Erfurt, il accueille des renseignements inexacts sur le caractère de son rival, sEgur, Uist. de Kapol. ii, B.

— HIST. xiv" s. Pour énormité de grandeur ou quantité de corps démesurée, obesme. Thèse de MEUNIER. Choses grèves et cruelles que la énormité de cestuy fait ne laissa pas réciter, bercheure, f* S7, recto.

— ETYM. Lat. enormitas, d'enormis, énorme.

t ÉNOSTOSE (é-no-slô-z'), s. f. Terme de médecine. Tumeur osseuse développée dans le canal médullaire d'un os. Opposé à exostose.

— ÉTYM. 'Ev, en, eliixéov, os. ÉNOUÉ, ÉE (é-nou-é, ée), part, passé.

ÉNOUKR (é-nou-é), v. a. Terme de manufacture.

Éplucher le drap, en fller avec de petites pincuttes de fer les noeuds de fil, pailles et ordures qui peuvent s'y, rencontrer. Énouer en gras, éplucher le drap avant qu'il soit dégraissé; énouer en maigre, l'é plucher après qu'il est dégraissé. U Terme de vitrier.

ENQ

séparer les nœuds de soudure du vieux plomb avant de le faire fondre.

— KTYM. É pour es.... préfixe, et naud.

t ÉNOUEUR, EUSE (é-nou-eur, eû-z'), *. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui énoueledrap.

t ENQUADRCPÉDER (an-koua-dru-pé-dé), v. a. Terme burli'.sque. Métamorphoser en quadrupède. Tel homme bien fait par nature. Prenait une h.rrible figure, Se sentant enquadrupéder, scarron, Virg. travesti, chap. vu.

— f,TYl«. En l , et quadrupède.

t ENQIIART (an-kar), s. m. Voy. encart.

ENQUÉRANT, ANTE (an-ké-ran , ran-l'), adj. Peu usité. Qui s'enquiert avec trop de curiosité. Vous êtes bien enquérant.

— HIST. xiii* s. Li plus enquérant home en Normandie, Proverbe à la tuile de Poésies mss. t. iv, p. 1652, dans lacur.ne.

ENQUÉRIR (S') (an-ké-rir), je m'enquiers , tu t'enquiers, ils'enquiert, nous nous enquérons, vous vous enquérez, ils s'enquièrent; je m'enquérais; je m'enquis; jem'enquerrai : jem'en(|uerrais;enquie^stoi, qu'il s'enquièro; enquérons-nous; que je m'enquière, que nous nous enquérions, que vous vous enquériez, qu'ils s'enquièrent; que je m'enquisse; enquérant; enquis, v. réft. || 1° Faire des recherches sur. Enquérez-vous de cela. Allons nous enquérir du cours de son destin, tbistan, Hariane,v, (. Orcambe mille fois s'en est enquis sous main, mair. Soliman, i, <. J'aurais besoin d'un homme qui s'enquît soigneusement de ses mœurs et m'en rendit un compte fidèle, lesage, 6'ïi Bio.s, iv, 2. ||Terme de blason. Armes à enquérir, voy. enquebre. || 2° Chercher à connaître, étudier. S'enquérir des principes des choses. Il [Tarquin] s'enquit, par la science qu'il avait dans les augures, si elles voudraient céder leur place à Jupiter, montesq. Rom. xv. Afin de passer aux mystères chrétiens, commençons par nous enquérir delà nature des choses mystérieuses, CHATEAUBR. G^n. I, 1, 4 . || Provcrbe. Trop enquérir n'est pas bon, c'est-à-dire on s'enquiert quelquefois de choses qu'on est fâché d'apprendre.

— SYN. s'enquébir, s'infobmer. S'enquérir, c'est faire une enquête; s'informer, c'est prendre une information. De la sorte enquérir est de mise toutes les fois qu'il s'agit de quelque chose de plus qu'une sio)ple information. Un père qui va marier sa fille s'enquiert des mœurs de son futur gendre; il ne se contente pas de s'en informer.

— HIST. XI* s. Enquis [il] a mont la lei de salveté [de salut, le christianisme], Ch. de Roi. ix. ||xii* s. Dune cumandad li reis Jorams que uns munlast en un curreet encunlrelui alast, e, silustfuslbien, enqueisl et demandas!, floiV, p. 370. ||xiii* s. El li enenvoia ses messages por enquerre se il li aideroit et il feroil son commandement, villeh. cxv. [Que] soit mais de moi à [par] lui nule nouveleenquise, Berie, XXXI. Et [que] cil quatre enquiercent toutes les vérités, et, quant il les aront encuises, si en doinsent à chascun son droit, H. de valenc. xvii. Ce puet l'en bien des clers enquerre Qui Boece de confort [Boece sur la Consolation] lisent. Et les sentences qui là gisent, la Rose, 6052. Ains se doit-on bien garder D'enquerre par jalousie Ce qu'on n'i vodroit trover, auboins de sezanne. Romancero, p. 426. Il XIV* s. Il est bon d'enquérir quelle chose est le souverain bien ou la fin de toutes œuvres humaines, OBESME, Elh HU.||xv*s. Nul homme ne presla jamais tant l'oreille aux gens, ne ne s'enquist de tant de choses comme il [Louis XI] faisoit, comm. X, 4 0. Il xvi* s. Cela est enquérir sur les secrets dont la pleine révélation est difl'erée au dernier jour, CALV. Inst. 704. Cyrus s'eslanl enquis que c'esloit à dire. mont, i, 650. Je m'enquis à luy combien de fois il.... ID. I, <86. Pourtant la fault-il estudier et enquérir [la douleur], id. i, 304. Socrates ramenoit tousjours l'enqueranl à rendre compte des conditions de sa vie présente et passée, tn. ii, 23». J'en suis fort peu enquis [de conseils], mais j'en suis encores moins creu, id. m, 270. Tuenquiers et escoules avant que de condamner, amyot, Rom. ». Les devins enquis .sur la signification de ce présage respondirent, id. Timol. 41.

— ÉTYM. Provenç. enquerer, enquérir, enquerre; espagn. inquirir; ital. inquerire, inchierere, inchiedere; du latin inquirere, de in, en, et quxrere (voy. qiebir).

ENQUERRE (an-kê-r"). || !• F. o. Terme de blason. Armes à enquerre ou à enquérir, armes qui, étant contre les règles ordinaires, font qu'en les voyant on se demande la raison de celte manière extraordinaire. || 2* .S. m. Ancien terme de pratique. Recherche de l'origine. Faire l'onquerro.

ENQ

— ÉTYM. Enquerre est l'ancien infinitif que nous disons enquérir (voy. l'historique d'ERQueBin) ; armes à enquerre, sont des armes dont il faut s'enquérir.

t ENQCKRRÉ, ÉE (an-kê-ré, rée), adj. Terme de blason. Armes enquerrées, celles qui ont quelque singularité dont il faut demander l'explication.

— ÉTYM. Enquerre l .

ENQUÊTE (an-kê-f) , s. f. || !• Terme do procédure. Audition de témoins en justice, pour vérifier l'existence ou la non-existence de faits articulés dans un procès. Enquête verbale. Enquête par écrit. Les parties étant contraires en faits, on ordonna une enquête. Il Enquête contraire ou conir'enquèle, celle qui se fait dans l'Intérêt du défendeur. Enquête directe, celle qui se fait dans l'intérêt du demandeur. Il Enquête par commune renommée, enquête dans laquelle des témoins sont appelés à déposer de c« qu'ils ont vu eux-mêmes ou appris par le bruit public. Il Ancien terme de droit. Convertir les informations en enquête, rendre civil un procès criminel. Il Chambre des enquêtes, ou, simplement, les enquêtes, chambre du parlementoù l'on jugeait parécrit les procès appointés en première instance. || Autres termes de l'ancien droit. Eni|uête d'examen à futur, informalion judiciaire sur des faits pouvant devenir litigieux, lorsqu'on appréhendait que la preuve n'en vint à périr avant que le procès fût entamé. Enquête par tourbes, informalion judiciaire sur des points douteux des coutumes et sur des usages qui n'étaient pas rédigés par écrit. Originairement l'enquête par tourbes s'adressait à tous les notables du pays; plus tard on n'interrogea plus que les praticiens. Abrogeons toutes enquêtes d'examen à futur, et celles par tourbes touchant l'interprétation d'une coutume ou usage; et défendons à tous juges de les ordonner ni d'y avoir égard, à peine de nullité. Ordonnance de <6ti7, titre xiu, art. unique. {| 2* Il se dit aussi, en termes de canonisation ou de béatification, des recherches pour constater les faits. || 3* Etudes, recherches, en matière de haute administration, faites par ordre de l'autorité. Enquête commerciale. Enquête sur les fers, sur les sucres. Il Enquête de commodo et incommoda, littéralement enquête sur l'avantage et le désavantage , celle qui précède la mise en activité de certaines usines ou fabi'iques, rangées parmi les établissements dangereux ou insalubres, jj Enquête parlementaire, enquête ordonnée par une assemblée législative et faite en son nom par une commission, sur certains objets d'intérêt public. J'ai repoussé les emiuêtes. Afin de plaire à la cour, bêrang. Ventru. Il 4° Terme de marine. Enquête de pavillon, action de donner la chasse à un navire qu'on veut reconnaître, pour lui faire hisser son pavillon.

— HtST. xiti* s. X ciaus [ceux] doit demander li baillix s'il voclenl alendre loial enquesie, beauh. 41. Il XV* Que en trois huches ou coffres soient mises les dites enquestes, c'est assavoir, en l'une les en> que.stes à juger, et en l'autre les enquestes jugées, et en la tierce les enquesies de sang [les enquêtes au criminel], dont les dizjugeurs porteront les clés, Ordonn. des rois de Fr. t. i, p. 730.

— ÉTYM. Provenç. enquesta; ital. inchiesta ; du part, passé latin inquisila, pris substantivement, d'tJiquïrcre (voy. enquérir).

ENQUÊTER (S') (an-kê-tè), «. réfl. S'enquérir. Au surplus, mademoiselle, vous pouvez vous enquêter de mon humeur et de mon caractère, je suis sOr qu'on vous en fera de bons rap[iorts, Marivaux, Marianne, 6* part. Il Ne s'enquêter de rien, ne sa mettre en peine de rien. Et tout le peuple phrygien, Qui lors ne s'enquêtait de rien, scarron, Virg. v.

— HIST. XVI' s. Ne nouseuqiiestons point de Dieu que par sa parole, calv. Instit. a». Le Seigneur no s'en(|ueslera-t-il point d'un tel forfait? id. ti». 704. Thaïes qui le premier s'enquesta du telle matière, MONT. II, 247. Enquesté du nombre des soldats, il respoiidit, d'aub. Uist. m, 317.

— ÉTYM. Enquête.

ENQUÊTEUR (an-kè-leur), ». m. || 1* Autrefoiii juge ou officier qui avait pouvoir de faire des enquêtes. Il Adj. Juge enquêteur. On nomme un commissaire enquêteur; on nomme un expert; on ouvra une enquête à la mairie, dupont white. Centralisation, p. 65. Il 2* Celui qui s'enquiert. Fuis ces grands enquêteurs, curieux de nouvelles, me. bapin, p. 405, dans raynouabd, enquistaire.

— HlM, xiu* S. Kl de l'ofiico as auditeurs esl-il parlé au chapitre qui parole des auditeurs et enqueslcurs, béai M. vi, 45. || xv* s. Et peu de temps après vint et arriva à Paris Monsieur de CUaslillou,

KNR

ENB

ENR

grant maislre enquesteur et gênerai rerormateur des eaux elforesls, J. de troyes, Chr. 1409. || xvr s. Il est juge enquesteur et tesmoin tout ensemble, nu

BARTAS, p. 31 s, dans RAYNOUARD.

— ÊTYM. Enquêter; provenç. enquistaire.

+ ENQUEUTER (an-keu-té), v. a. Terme de marine. Passer sans danger sur la queue d'un banc, d'une pointe.

— ETYM. En t , et queue.

t ENQUI\AUDEU (an-ki-nô-dé), ». a. Rendre quinaud, enjôler. Mais s'il n'eut ces mots sur la langue, Il les eut dans le cœur, il me persuada, À tort, à droit me demanda Du doux, du tendre et semblables sornettes. Petits mots, jargons d'amourettes, Confits au miel; bref il m'enquinauda, la FONT. Poésies mêlées, xlvi. Elle avait été si fêtée par tout le pays, elle avait été si honnête et si polie, que je fus enquinaudé, volt. Lett. d'Argental,

2 OCt. (766.

— ÉTYM. Ent, et quinaud. On a dit que, dans le passage cité plus haut de la Fontaine où il s'agit de LuUi qui lui demande un opéra, enquinauder signifiait faire prendre à quelqu'un le style de Quinatilt, le célèbre auteur, et que de là enquinauder avait pris le sens de tromper. Mais il y a, bien avant Ouiuault , l'expression faire quinaud, qui veut dire tromper; cela tranche la question. Toutefois il paraît bien que la Fontaine a joué en même temps sur le nom de Ouinault.

ENQUIS, ISE (an-ki, ki-z'), port, pass^ d'enquérir. Terme de pratique. Auprès de qui on a fait enquête. Ce témoin enquis s'il avait vu. Cette femme enquise de soji flge.

t ENRACINABLE (an-ra-si-na-bl'), adj. Qui peut être enraciné.

— mST. xvi* s. Le provigner s'emploie généralement en toutes plantes enracinables de branche,

O. DE SERRKS, 7(0.

— ÉTYM. Enraciner.

ENRACINÉ, ÉE (an-ra-si-né, née), part, passé. Il 1° Qui a pris racine. Un arbre enraciné sur ce monticule. || Qui a beaucoup de racines, beaucoup de chevelu, en parlant d'une plante. || 2* Fig. Celte haine des rois Pour l'arracher des cœurs est trop enracinée, CORN. Cinna, ii, (. Il faut que l'orgueil soit enraciné bien avant dans vos cœurs I boss. m, Annonc. « . Plus j'ai de raisons de partir de ce monde, plus je m'y trouve enracinée, maintenon, Lett. au duc de Noailles, <8 mars t7l2. C'est parce que je craignais prodigieusement que vous n'exerçassiez sur TOtre humble clientl'habitudeenracinée où vous êtes de vous moquer de lui, volt. Letl. au duc de Itichelieu, îb mai (772. Les préjugés ridicules introduits ou enracinés par les charlatans dans l'esprit du peuple, condorcet, Ualler.

t ENRACINEMENT (an-ra-si-ne-man) , s. m.

Il 1° Action d'enraciner, de s'enraciner. || Fig. L'enracinement des vices. || 2° Terme de construction hydraulique. Espèce de culée.

— msT. XVI" s. Cest enracinement de branche [bouture] espargne la peine d'enter le grenadier,

o. DE SERRES, 696.

— ÊTYM. Enraciner.

ENRACINER (an-ra-si-né), V. a. || 1° Faire prendre racine à. Enraciner un arbre. La joubarbe , la menthe et ces fleurs parasites Que la pluie enracine aux parois décrépites, lamart. jToc.vi, M2. || 2° Fig. Fixer par des attaches morales comparées à des racines. Ces tendres sentiments Que l'amour enracine au cœur des vrais amants, corn. Tois. d'or, m, 3. L'inclination au bien sensible est née avec nous; nous l'avons enracinée jusque dans nos moelles, si je puis parler de la sorte, par nos attachements criminels et nos mauvaises habitudes, boss. 2'serm. pour le jour de Pâques, (. Le tribunal des commissaires est odieux à la nation; c'est un préjugé qu'on a enraciné dans les esprits par les études, fénel. Ilém. sur la voie de procéd. contre les huit prélats, m. Je n'insulterai pas à ces préventions Que le temps enracine au cœur des nations, yolt. Irène, V, 2. Partout où la monarchie est illimitée, il n'y a point et il ne saurait y avoir de bberté; il y a tout au plus des repos momentanés qui produisent une sécurité funeste, enracinent l'obéissance passive et ne garantissent en aucun sens le peuple et les individus, MiRAB. Lett. de cachet, i, 8. || 3° S'enraciner, i'. réfl. Prendre racine. Les plantes marines s'enracinent sur les sables et sur les rochers. || Fig. Se fixer par des attaches morales. On a vu s'enraciner celte coutume bizarre. Fais que par là ma foi d'autant mieux s'illumine; Que par là mon espoir d'autant mieux s'enracine En ta haute bonté, corn. Imit. IV, (4. La tristesse, l'ennui, les regrets, le déses-

poir sont des douleurs peu durables qui ne s'enracinent jamais dans l'âme, et l'expérience dément toujours le sentiment d'amertume qui nous fait regarder nos peines comme éternelles, j. j. rouss. Hél. III, 22. Il Avec suppression du pronom personnel. Laisser enraciner les abus.

— REM. L'Académie donne ce verbe seulement comme réfléchi; mais l'actif est appuyé sur de trèsbonnes autorités.

— HIST. XII' s. Gens si ahers [attachés] et si enracinez ens terriens solas etens corporiiens, qu'il départir ne s'enpuyent [peuvent], st-bern. p. 522. || xm's. Dame, toit li bien sontchangié.Et tuitlimalsontessaucié Et enraciné et repris. Lai du conseil. Pense d'aillors enraciner Les entes où tu vues [veux] fruit prendre, la Rose, ((isa. || xiv* Puis c'orgieux [orgueil] ou [au] cuer s'enracinne, J. decondet, p. (07. Le cep de vigne qui sera planté et de longtemps en- TSiciné , Ménagier , ii, 2. || xvi* s. Il n'y a que les eleus ausquels il face ce bien d'enraciner la foy vive en leur cœur, calvin, Instit. 427. Une haine qu'il avoit enracinée en son cœur et une rancune envieillie à rencontre des Romains, amyot, Flamin. 44.

— ÉTYM. Ert t , et racine; provenç. enra%igar, enraigar.

ENRAGÉ, ÊE (an-ra-jé, jée) , part, passé. || 1° Qui est affecté de la rage. Un chien enragé. || Fig.Un chien enragé, un fort méchant homme. || Populairement. 11 a mangé de la vache enragée, c'est-à-dire il a beaucoup souffert de privations et de fatigues ; locution prise peut-être de ce que, disant : c'est de la vache, pour de la mauvaise viande, on aura dit de la vache enragée, pour de la trés-mauvaise viande. || 2° Fig.

Três-irrité Rustan est enragé de voir Que vous

nous commandez avec tant de pouvoir, mair. Solim. m, 2. Il a été enragé qu'on ne l'ait pas fait chef d'escadre, sÉv. (77. Le chevalier est bien enragé de n'être point brigadier, id. 266. Ils sont enragés à force d'être devenus méchants, id. 326. || Être enragé contre quelqu'un, être três-animé contre lui. Toutes les dames de la cour étaient enragées contre elle, sÉY. 419. Il 3° Qui tient à une chose avec une sorte de rage. II fautêtre bien enragée pouraimer la vie autant qu'on fait, sÉv. (40. ||4° Très-violent, excessif, en parlant des personnes. Savez-vous sous quel joug cet hymen nous a mis? De nos plus enragés et mortels ennemis, rotr. Aniig. ii, 4. Bavard enragé, laissez-nous, BEAUMAncnAis, Idar. de Figaro, i, 3. || 11 se dit aussi des choses. Je suis du tout en proie à ma peine enragée, hégnier, Bial. L'instinct enragé qui meut ses passions Ne mettra plus de borne à vos prétentions, rotr. Venceti. m, 7. Il fait une dépense enragée, sÉv. 589. Il a fait ici un temps enragé depuis trois jours : les arbres pleuvaient dans le parc, et les ardoises dans le jardin, ID. Lclt. 8 janvier (678. Maudit sormeur, qui fait un bruit enragé, la bruy. Théophr. 25. || Une musique enragée ou d'enragé, musique bruyante et discordante ; se dit aussi du tapage. || 5° Substantivement. Un enragé, une enragée, une personne atleinle de la rage. || Fig. Celui, celle qui se livre à des actions violentes ou folles. Tandis qu'Achillas même, épouvanté d'horreur, De ces quatre enragés admire la fureur, cobn. Pomp. ii, 2. Comment! ces enragés Gisent-ils déjà morts l'un par l'autre égorgés? rotr. Anlig. I, 2. Sers-toi d'une enragée et d'une furieuse, id. Herc. mour. ii, 2. Hé bien I ne voilà pas mon enragé de maître ? mol. l'Ét. V, 7. Mon maître est un vrai enragé, d'aller se présenter à un péril qui ne le cherche pas, id. Don Juan, m, 3. L'enragé qu'il était, né roi d'une province Qu'il pouvait gouverner en bon et sage prince. S'en alla follement, et pensant être Dieu, Courir comme un bandit qui n'a ni feu ni lieu , boil. Sn(. viii. Votre monsieur le marquis aime la musique et la danse comme un enragé, dancourt, Opéra de village, se. 2, || Crier comme un enragé, jeter les hauts cris.

ENRAGEANT, ANTE (an-ra-jan, jan-t'), adj. Terme familier. Qui fait enrager. Cela est enrageant.

t ENRAGEMENT (an-ra-je-man) , s. m. L'état de celui qui enrage.

— HIST. XVI' s. Enragement, ohdin, Dict.

— ÉTYM. Enrager.

ENRAGER (an-ra-jé. Le g prend un e devant a ou 0 ; j'enrageai, nous enrageons), v. n. ||1° Être pris de la rage. Ce chien a été mordu ; il est à craindre qu'il n'enrage. ||2° Par extension, soufl'rir une douleur excessive. Il enrage du mal de dents. || Il n'enrage pas de mentir, ou il n'enrage pas pour mentir, c'est un grand menteur, c'est-à-dire que, mentir ne lui causant aucune souffrance, il s'aban-

donne à toute sorte de mensonges. En même temps la renommée , Qui souvent est mal informée Et n'enrage pas pour mentir, scarron , Yirg. m. Pour le portrait do Mezzetin, La Fontaine a fait un sixain Où l'on voit cet acteur traité d'incomparable; Si la Fontaine a cru la chose véritable, Je n'oserais la garantir : Mais je sais bien qu'étant fort porté pour la fable. Il n'enrage pas pourmentir.OACON.^pigramme. il 3° Être tourmenté d'un violent désir. Enrager da soif, de faim. Il enrage de jouer, de parler. TantalB enrage de manger; De mets friands sa table on couvre, scarron. Virg. vi. || 4" Eprouver un violent dépit, une grande impatience. Mille fâcheux cruels, qui ne pensnt pas l'être. De nos faits avec moi, sans beaucoup me connaître. Viennent se réjouir pour me faire enrager, mol. Amph. m, (. On sait assez que le destin Adresse là les gens quand il veut qu'on enrage, la font. Faiil. vi, (8. Les valets enrageaient, l'époux était à bout , ID. ib. vu , 2. Quand vous devriez en enrager, sÉv. 44). Quelle sérénité! savez-vous, quand j'enrage. Que j'enrage encor plus, si l'on n'enrage aussi? piron, Métrom. I, 4. Ces lentes formalités de justice qui tant de fois le firent enrager [le cardinal de Retz], comme luimême le raconte, p. L. cour, i, (73. || Use cdnstruit avec de et le verbe à l'infinitif. J'enrage de me taire et d'entendre mentir, corn. Ment, i, B. J'enrage de trouver cette place usurpée. Et j'enrage de voir ma prudence trompée, mol. Ec. des f. m, B. J'enrage de voir de ces gens qui se traduisent en ridicule malgré leur qualité, id. Critique, a. || Il se construit aussi avec que et le verbe au subjonctif. J'enrage que mon père et ma mère ne m'aient pas fait bien étudier dans toutes les sciences, quand j'étais jeune, uoh. Bourg, gent. ii, 6. || Fig. Il ferait enrager bête et marchand, ou labêteet lemarchand, se dit d'un homme qui tracasse sur tout, qu'on ne saurait satisfaire sur rien. || Prendre patience en enrageant, c'est-à-dire malgré soi.

— REM. Enrager se construit avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'action : le chien a enragé et s'est enfui; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : le chien est enragé depuis hier.

— HIST. XII' s. Tel duel [deuil] en ot [il] , par un petit n'enrage, Ronc. p. 8). En la curt l'arcevesque vindrent li enragié; Tut dreit devant la salesunt descendu à pié. Th. le mart. (38. Là l'unt trait et mené li ministre ênragié: Asolez [absolvez] , funt il, cels qui sunt escumengié [excommuniés], Eceisqui sunt par vus suspendu elacié[liés], ib. (48. (| xiii* s. S'en venoit li lions comme beste enragie, Berte, ii. Or vous dirons dou roi Ricart qui esloii en Cypre, et ot eu lettres d'Acre qui prise estoit, et en fu si courrouciés qu'à poi qu'il n'ernigoit, Chr. de Itains, p. 40. [La jalousie] Qui tous jors d'autrui joie enrage, la Rose, 7442. Sa char soit or livrée as lous, Et les os as chiens enragiés! ib. 9t 69, || xv s. Là estoit le comte [de Flandre] qui les prioit etadmonestoit de bien faire et de prendre la vengeance de ces enragés de Gand, froiss. ii, ii,94. || xvi" s.Ibyousles appelle Andromanes, c'est à dire enrageans [désirant] d'avoir le masle, amyot, Lyc. et Num. comp. «. Hz se jetterent hors de toute raison et de toute humanité pour servir à la passion de leur furieuse hame etenraçé courroux, m. Cicér. 68. Les autres asseuroyent que l'eau de la mer guerissoit les enragez, si on les jette dedans; et de faicton les mené maintenant à la mer, comme le plus asseuré remède, GUILL. BOUCHET, Vil Serée.

— ÉTYM. En (, et rage; bourguign. enra!s^;proyenç. enrabiar , enratjar, enrapjar, enranjar. Il y avait aussi la forme esrager.

t ENRAGERIE (an-ra-je-rie), s. f. Acte d'homme enragé, furieux.

— HIST. XV' s. Lors se leva la déesse de discorde, qui estoit en la tour de mauconseil, et esveilla ire la forcenée, etconvoitise, et enragerie, et vengeance, et prindrent armes de toutes manières. Journal de Paris sous Charles VI et VIL, p. 4o, dans lacorne. Il XVI' s. Il fit toutes les enrageries contre sa femme dont il se peut aviser. Amours d'Henry IV, p. (7, dans LACURNE.

— ÉTYM. Enrager.

f ENRAIEMENT (an-rê-man), s.rt. Action d'enrayer. L'enraiement était difficile. I jnraiement l'ut long.

— ÉTYM. Enrayer i .

1 ENRASER (an-ra-zé), v.a Synonyme d'arraser.

(.ENRAYÉ, ÉE (an-rè-ié ice), part, passé d'enrayer l . Retenu par un obstacle mis dans les rayons de la roue ou par un sabot. Une voiture enrayée. Il Fig. Une afl'aire enrayée,

ENB

a. ENBAYÊ, ÊE (an-rè-ié, iée), part, paui d'enrayer 2. Champ enrayé.

4. ENRAYER (an-rî:-ié), j'enraye, tu enrayes, il enraye ou enraie, nous enrayons, vous enrayez, ils enrayent ou enraient; j'enrayais, nous enrayions, vous enrayiez , ils enrayaient ; j'enrayai ; j'enrayerai , ou cnraierai,ouenraIrai;j'enrayerais, ou enraierais, ouenralrais ; enraye,enrayons ; que j'enraye.que bous enrayions, que vous enrayiez, qu'ils enrayent; que j'enrayasse; enrayant; enrayé, v. a. |11* Meltre les rais d'une roue dans leurs mortaises. || 2* Retenir les roues en barrant les rais avec un blton, une chaîne, une corde, ou en se servant d'un sabot. Il Kig. Retenir. Chamillart était leur instrument aveugle [du parti de MlleChoin], sanspouvoirêtre, jenedis pas arrêté, mais enrayé le moins du monde par les ducs de Chevreuse et de Deauvillier, sisiMON, 204, 222. Il Absolument. On enraye aux descentes rapides. || Kig. S'arrêter sur une mauvaise ])onte. Voilà plus de mauvaises plaisanteries que tu ne m'as tenu de mauvais propos, il est temps d'enrayer, j.j. BOUSS. Uél. I, B2.

— HIST. XII* s. Mieux vaudroit enraier que ne »ous traie à fin, Uoncis. p. )»B.

— ÉTYM. t'n 4 , et roy, radical de rayon (voy. ce mot), dans le sens de rayon de roue.

2. ENRAYER (an-rè-ié), v. a. Se conjugue comme enrayer ( . Terme d'agriculture. Tracer le premier sillon dans un champ qu'on veut labourer. || Plus spécialement. Enrayer les sillons, labourer en faisant verser la tranche du côté intérieur de la planche ou billon, de façon à faire un ados au milieu.

— HlST. XIII* s. Quand li aprentiz est enrôlé à aprendre, et il s'enfuist un mois ou deux, il oublie quant que il a apris. Lit. des met. BO. Orguel desobeist, orguel fiert et desroie; Orguel veut achever quanqu'il pense et enrôle [commence], j. de meu^s. Test. 4 706.

— ÉTYM. En) , et raie.

t ENRAYEUR (an-rè-ieur) , s. m. Ouvrier qui conduit la sonnette à déclic.

— ÉTYM. Enrayer 4 .

t ENRAYOIR (an-rè-ioir), s. m. Machine pour enrayer une voiture.

— HIST.xvi* s. Enrayoir, cotgbave.

— ÉTYM. Enrayer t .

4. ENRAYURE (an-rè-iu-r') , s. f. Ce qui sert à enrayer une roue. L'enrayure cassa. || Fig. Mme de Saint-Simon, tout dévotement, enrayait tant qu'elle l'ouvait ces propos étranges [de la duchesse d'Orléans et de moi sur la mort de UonsoigncurJ , mais l'enrayure cassait, st-sih. 282, 230.

— ËTYM. Enrayer 4.

■j- 2. ENRAYURE (an-rè-iu-r'),*./'. || 1° Terme d'agriculture. Première raie que fait la charrue en labourant. Il 2° Terme de charpentier. Se dit des pièces de bois qui aboutissent à une espèce de centre et s'éloignent en forme de rayons, soit dans les planchers plats, soit dans les combles. Planchers à enrayures, sorte de planchers à solives disposées en rayons.

— RTYM. Enrayer 2.

ENRÉGIMENTÉ, ÉE (an-ré-ji-man-té, tée), pari. passé. Leur» habitants enrégimentés pourraient fournir au besoin des troupes nombreuses, j. j. rouss. Pologne, (2.

ENRÉGIMENTER (an-ré-ji-man-té), v. «. Former en régiment. Enrégimenter des compagnies, des soldats. || Fig. Faire entrer dans un parti, dans une coterie. Il s'est laissé enrégimenter. || S'enrégimenter, V. réfl. Se mettre dans un parti, dans une coterie, et en suivre, comme un soldat, toutes les impulsions.

— KTYM. En I , et régiment.

t ENREGISTRABLE ( an-re-ji-stra-bl'), odj. Qui peut, qui doit être enregistré. Projet de déclaration du roi, enregistrable au parlement, en faveur des comédiens, volt. tf«. d'Argental,U oct. 47C2.

ENREGISTRÉ, ÉE (an-re-ji-slré, stréo, ou, suivantquelques-uns, an-re-ji-tré), pari. puW. Transcrit sur un registre. || Transcrit par une cour souveraine sur les registres. Malgré la réclamation des magistrats, la bulle [Unigenitus] fut enregistrée; tout plia, de gré ou de force, sous le poids de l'autorité royale, d'alemb. Vestr. des Jésuit. Œuvres, t. v, p. «7, dans pouoENS.

ENREGISTKHJWENT (an-re-ji-stre-man, ou, suivant (|uelques-uns, an-re-ji-tre-man), s. m. || 1* Action d'enregistrer L'enregistrement des actes publics. Bureau, droit d'enregistrement. || Taie qui se perçoit sur l'cnrcgisiTement des actes. || Terme d'administration. Directeur, receveur de l'enregistrement. Il Absolument. L'enregistrement, l'adminisiratioD de l'enregistremeat. Ce jeune homme se destine

ENR

à l'enregistrement. || SI* Acte par lequel une cour souveraine faisait transcrire sur ses registres une ordonnance, un édit du roi. Il 8* Ce qu'on écrit sur un contrat ou acte, pour faire foi qu'il a été enregistré.

— f.TVM. linregistrer.

ENREGISTRER (an-re-ji-slré, ou, suivant quelques-uns, an-re-ji-tré), v. a. || 1* Noter quel'jue chose sur un registre. || Familièrement. Prendre note. Je ne suis pas là pour enregistrer toutes ses actions. Il 2° Transcrire ou mentionner un acte sur un registre public. Enregistrer un arrêt, un acte de vente. Il 3° Anciennement. Faire, en parlant d'une cour souveraine , l'enregistrement d'une ordonnance. Le parlement refusa d'enregistrer les nouveaux édits. La manifestation ou installation des pairs dans leurs orfices est ce qui a fixé leur ancienneté avant qu'il y eût érection, enregistrement, tribunal enregistrant, sT-siMON, 300, 437. Il 4* S'enregistrer, «.«71. Être enregistré. Les prophéties s'enregistraient dans les archives du temple, boss. Ilist. i, 0.

— IIIST. XIV* s. Faictes par maistre Jehan le des pensier enregistrer, en son papier de la despense, le jour que vous retendrez la charaberiere, son nom et de son père, Ménagicr, 11, a. || xv* s. Or retournons aux besognes de Porlingal.... afin que au temps à venir on les trouve escriptes et enregistrées, FROiss. Il, ui, 28. Deux clercs pour escrire et enregistrer les noms de ceux qu'ils trouveroient, ID. I, i, 295.

— ÉTYM. En 4 , et registre; provenç. enrtgistrar. f ENREGISTREUR (an-re-ji-slreur) , s. m. Terme

de physique. Appareil qui enregistre à fur et mesure certains phénomènes tels qu'ils se passent. || Âdj. Appareil enregistreur.

— ETYM. Enregistrer.

I ENRËNER (an-rê-né), v. a. Arrêter et nouer les rênes des chevaux de carrosse ou de toute autre voiture.

— ÉTYM. En 4 , et r^nc.

t ENRËNOIRE (an-rênoi-r') , s. f. Terme d» manège. Morceau de bois auquel on attache les rênes.

ENRHUMÉ, ÉE (an-ru-mé), part, passé. Affecté d'un rhume. Il n'est point enrhumé pour dormir sur la terre, Régnier, Sa*, xiv. Voit-on les Grâces enrhumées. Elles, à ce qu'Horace dit. Avec Vénus accoutumées X danser sans bonnet de nuit. Foulant d'un pied nu les prairies, cuaulieu, Ép. à Mme de Lassay, 2 mai 4702. || Par plaisanterie. Et du canon bourgeois la culasse enrhumée Tousse, et jette dans l'air mille francs de fumée, Barthélémy, Satire sur les fêtes offUielles. || Fig. Au pied du trône une harpe se rouille; Bardes du sacre, êtes-vous enrhumés? BÊRANG. Dix mille fr. || Substantivement. Un enrhumé. L'Enrhumé, titre d'une chanson de Bérangor.

ENRUUMER (an-ru-mé), v. a. Causer un rhume. Le moindre changement de temps l'enrhume. Quoi! pas un seul petit couplet! Chansonnier, dis-nous quel est Le mal, qui te consumeT— Amis, il pleut, il pleut, il pleut des lois; L'air est malsain, j'en perds la voix; Amis, c'est là. Oui, c'est cela. C'est cela qui m'enrhume, bêrang. l'Enrhumé. || S'enrhumer, V. réfl. Contracter un rhume. Elle s'est enrhumée en sortant de bal.

— UlST. xui* s. Il dist au leu [loup ]que molt esteit Aurimez, si qu'il ne poeit De li sentir sue [sa] llaireur, marie, Fab. xxxvu. ||xiv* s. Si tost que l'esprevier a le pié mouillé, il devient enrumé et malade, Uénagier , m, 2. || xv* s. Plusieurs gens tant d'église, nobles, que du peuple, furent tellement enreumez et entoussez que merveilles, juv. DES unsKNS, Charles Yl, 4414. Cecy est bon achevai, quant il est morveux, et aussi à homme, quant il est fort enrieumé. Chasse de Gaston PItebus, p. (06, mi. dans lacubne. || xvi* s. Faire enrheumer aux tranchées, d'aub. Conf. I, 3.

— ÉTYM. En I , et rhume.

t ENRIIUNER (an-ru-né), i'. o. Placer la tête d'une épingle à l'extrémité du fil de laiton.

ENRICHI, lE ( an-ri-chi,chie),par«. ptui^ d'enrichir. Il 1° Devenu riche. Enrichi par d'heureuses spéculations. C'est par toi qu'on va voir les muses enrichies, De leur longue disette à jamais affranchies, boil. Épit. I. Charles partit de Saxe, suivi d'une armée de 43000 hommes, autrefois couverte de fer, et alors brillante d'or et d'argent, et enrichie des dépouilles de la Pologne et de la Saxe, volt. Charles XII, 4. Il Substantivement. Les enrichis. Nouveaux enrichis, vous tâchez d'en imposer par vos habits, vos équipages et des airs importants; mais, en voulant cacher qui vous êtes, vous le faites demander, SAINT-Foix, Essai Paris, Œuvru, t. iv, p. 3B0, dans potJGENS. Il 2° Dont le prix a été augmenté par quelque chose de précieux. Une bague

ENR

enrichie de diamanti. || 8* Fig. Le publie, enrichi du tribut de nos veilles. Croit qu'on doit ajouter merveilles sur merveilles, boil. hpti. vi.

ENRICHIR (an-ri-chir), v. a. || 1* Rendre riche. Ce trafic l'a bien enrichi. Je te restituai d'abord ton patrimoine; Je t'enrichis après des dépouilles d'Antoine, corn. Cinna, v, 4. Il abaisse à nos pieds l'orgueil des diadèmes [des rois]; 11 prend d'eux lei tributs dont il nous enrichit, ID. ib. m, 4. Sacha quelle province enrichit les traitants, boil. Sat. viii. Des Romains que la guerre enrichit de nos perles, RAC. Uithr. m, 4. || Absolument. Le travail enrichit Il 2* Par extension, il se dit de tout ce que l'on compare à une richesse. Ainsi 1« ciel vous veut enrichir de ma perte [de ce que je perds], corn. Uéracl. V, 3. Madame.... Mille Ubertésà vos chaînes offertes Semblent vous enrichir chaque jour de nos pertes, MOL. l'Ét. V, 4 3. La peste.... Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, la pont. Fabl. vu, 4. Il Fig. Il se dit aussi des riche.ssos morales. Elle n'a ' travaillé qu'à enrichir son âme, patru. Harangue à la reine cle Suède, dans ricuelet. Le ciel de ses bienfaits t'enrichit sans mesure, volt. Triumv. iv, i. Tout ce qu'il [l'enfant] voit, tout ce qu'il entend

le frappe, et il s'en souvient tout ce qui l'en-

vironne est le livre dans lequel, sans y songer, il enrichit continuellement sa mémoire, eu attendant que son jugement puisse en profiter, ]. ). rouss. £m. 11. Il 3* Garnir de quelque ornement riche ou précieux. Enrichir une montre de pierreries, un livre de figures. Enrichir un portrait de diamants. Il Fig. 11 se dit d'ornements moraux ou intellectuels. Enrichir la science da nouvelles découvertes. Uaenrichi son poSme d'un nouvel épisode. Cet auteur a enrichi son livre de recherches curieuses. || Enrichir une langue, la doter d'expressions nouvelles, de tournures heureuses. Il [Racine] a fort enrichi la langue, non par des expressions nouvelles, qu'il faut toujours hasarder très-sobrement, mais par l'art heureux avec lequel il sait réunir ensemble les expressions connues pour donner à son vers ou plus de force ou plus de grâce, d'alemb. Dial.poés. et philos. CEuvr. t. iv, p. (67, dans pougkns. || l'ar antiphrase et plaisanterie, enrichir la langue, prononcer des jurements, des malédictions, de grof mots. Il faut voir de quels mots elle enrichit la langue, BOIL. Sot. x. Il 4* S'enrichir, v. réfl. Devenir riche. 11 s'est enrichi par le commerce. L'ardeur de s'enrichir chasse la bonne foi, boil. Ép. a. Son désintéressement ne venait pasde sa fortune, il venait de son caractère, car il n'est pas rare qu'un homme riche veuille s'enrichir, fonten. Bourdclm. Souvent il n'y a pas bien loin de l'avarice à la trahison et i la perfidie ; et l'en ne peut guère compter sur la fidélité d'un général qui a la passion de s'enrichir, ROLLIN, Uist.anc. ÛEuires , t. viii , p. 304, dans pougens. Rome étant une ville sans commerce et presque sans arts, le pillage était le seul moyen que les particuliers eussent pour s'enrichir, bonieso. Rom. 1. Il Terme de mineur. Un filon s'enrichit lorsqu'il devient ou plus épais ou plus chargé de parties métalliques. || 6* Par extension, devenir possesseur d'objets considérés comme précieux. Approche, heureux rival, heureux choix d'une ingrate; C'est donc pour s'enrichir d'un si noble butin Qu'elle s'est obstinée à suivre son destin, corn. TMod. iv, «. Ne vous plaignez plus. Si j'ose m'enrichir, seigneur, de vos refus, id. Sert, ut, 3. Tu veux que d'un si cher et si noble trésor [une jeune fille] Ses criminelles mains s'enrichissent encor, volt. Fanal. 1, 4. On s'enrichit du bien qu'on faitàce qu'on aime, LA CHAOSSÉE, Pré}, à la mode, i, 8. || 6* Fig. Recevoir, prendre des richesses intellectuelles ou morales. La mémoire s'enrichit par la lecture des bons livres. Il coilte moins à certains hommes de s'enrichir do mille vertus que de se corriger d'un seul défaut, LA BROr. xi. Platon s'enrichit des dépouilles de Socrate , d'Heraclite et d'Anaxagore , Diderot, Opin. des anc. philos. Eclectisme. La vue s'enrichit aux dépens du toucher, condil. Traité des sens, m, 4. Un âge s'enrichit des pensers d'un autre âge, de- LILLE, les Trois règnes, viii. || Proverbe. Qui s'acquitte s'enrichit, ou qui paie ses dettes s'enrichit.

—HIST. XII* s. Li Sire fait povre e cm ichist, humilied e suzleved, Liber psalm. p. 235. De noz aveirs, sans nul mentir, [II] Les cuide escreistre e enrichir, BENOÎT, II, 8963. || uii* S. Nus hoirs no doitenriquir du torfet son père, beaum. xxi, 47. || xir* s. La fin à quoy il [un tyran] tent, c'est soy enrichierct son pueple mettre en servitute, oresmb, Eth. 67. Je pri Dieu qu'en enfer soient tous ceux damnés Qui tant ont enrichi evc.sques et abbés, Guescl. 2080(, Qui trop se baste de soy enrichir, il ne sera pas in-

ENR

nocent, Mi'nagter, i, ». Il se voiiloit enricnesir, BKncHP.URE, f» 20, rrcto. Il XVI* s. Priant les dieux qu'ils me donnent la prace d'enrichir [devenir riche] de bon acqnest, la iioétie, 198. Si j'ai par ceste traduction mienne aucunement cnrichy ou iioly vostre langne, honoré vostre règne.... amyot, Jforai. épilr. p. 16. Oui veut enrichir en an, se fait pendre en six mois, leboux dr uncy, Prov. t. u, p. 4o». Kuhlie enrichie de hroilerie, mont, i, 337.

— ÉTYM. En < , et riche, avec la terminaison vernale ir; provene. enrequesh, enriquir, enrriqwi'r, enrci/uir; espiiîfn. cnrc(/i<ff(T ; ital. inriechire.

ENUICni.SSEMF.N'T ( an-richi-se-man ) , s. m. Il !• Action de rendre riche. || î» Action d'augmenter le prix par quelr]ue chose de précieux. L'enrichissement d'un habit, d'un palais. Ne trouverait-on pas ridicule celui qui, voyant un habit de droguct tout cduvcrt de broderie, prétendrait, pour en retirer une étoffe si commune, en détruire tous les enrichissements, parce qu'on ne les pourrait séparer d'une autre manière? FunETièaK, Facfiims, t. i,p. ai o. L'enrichissement des temples, flécu. m, 4;i9. || 3° Kig. il se dit des embellissements moraux, intellectuels, littéraires. Tous les termes sont inférieurs h ses actions [du roi]; et partant reconnaissons l'avantage qu'a notre matière; on donne des enrichissements aux autres, mais il les faut prendre de celle-ci, et tacher seulement de ne pas pi\ter ce qu'il n'est pas possible d'embellir, balz. le Prince, ch. 6. J'ai pris, pour m'expli(pier, un style simple, el me contente d'une expression nue de mes opinions, boTinos ou m:iuvaises, pans y chercher aucun enrichissement d'éloquence, cohn. Prem. dise. \\ L'enrichissement d'une langue, l'acquisition do mots nouveaux, de tournures nouvelles. Ceux qui sont indulgents pour les mots inusités, favorisent et procurent l'enrichissement de la langue, desfontaines.

— mST. XVI* s. Que ceux qui don noyent davantage pour l'ornement et l'enrichissement de l'Eglise estoyent les plus hauts en paradis, langue, 228. Grans (leurs de lis, salmendes [salamandres] et autres enrichissemens, Marché fait, BM. des Chartes, «* série, t. III, p. 63.

— ÉTYM. Enrichir.

f ENRIMEU (an-ri-mé), V. a. Terme d'épinglier. Synonyme d'enrhuner.

t ENROBEIl (cn-ro-bé), V. a. Terme de douane. Revêtir d'un entourage destiné à empêcher la visite des objets ainsi enrobés. Pour jouir de la franchise des droits de douane, certaines substances doivent être contenues dans des fûts enrobés, lecoarant.

— ÉTYM. En I , et robe.

I EN'ROCUEMENT (an-ro-che-man), s. m. Fondation en roche sur un sol submergé ou mobile.

t ENROCIIER (an-ro-ché, ), v. o. Faire un enrochement.

— l'.TVM. Kn I , et roche.

\ ENROIDISSEJIENT (an-r6-di-se-man) , s. m. État de ce qui est devenu roide.

— HIST. xiv's. Difficulté de mouvement démembres et enroiilissement, H. de mondeville, i° 60.

— ÉTYM. £n t , et roide.

ENROlIÎ , LÉE (an-rô-lé , lée) , part, pnsie. Il 1° Oui est engagé au service militaire. Les honiines nouvellement enrôlés. Il Substantivement. Les enrôlés volontaires. || 2" Fig. Qui s'est donné à quelqu'un ou à quelque chose. Il me trouva un peu enrôlée dans la sacrée paresse, sÉv. 287. M. le président Hénault, lequel, enrôlé parmi les auteurs, n'était pas exempt de leurs défauts, J. J. nouss. Coiifess. XI. Il Substantivement. Excepté les enrôlés avec M. du Maine, le reste du monde fut étiaiigement mécontent, ST-SIMON, 464, 40.

ENROLEMENT ( an-rô-le-man) , s. m. Action d'enrôler ou de s'enrôler. Faire des enrôlements. Il L'acte, la feuille constatant l'enrôlement. Signer son enrôlement.

— IIIST. XVI* s. L'enroulement duquel il est ici parlé s'entend do la vocation par laquelle Dieu déclare quels sont ceux qu'il a élus, calv. 291.

— KTYM. Enrôler.

ENRÔLER (an-rô-lé), V. a. \\ 1* Inscrire sur un rôle, et particulièrement sur les rôles de l'armée. Enrôler des soldats. On n'enrôlait que les citoyens qui avaient un patrimoine, montesq. jRom. XVI. Il Fig. Si, lavant mes péchés de l'eau du saint baptême. Tu m'enrôles au rang de tant d'heureux soldats, ROTR. S( CenpsI, iv, 5. Voltaire eut l'art funeste chez un peuple capricieux et aimable, de rendre l'incrédulité à la mode; il enrôla tous les amours-propre» dans cette ligue insensée, en ateaiih. Génie, i, l, 4. || 2" S'enrôler, ». ré/l. Entrer au

service militaire. S'enrôler dans l'infanterie. || Fig. S'enrôler dans un parti. Ils s'enrôlèrent au service do deux beautés que les premiers clievaliers d'honneur cédèrent aussitôt par politesse, iiamilt. Cramm. 4. Il [le curé de Saint-Paul] déclama fortement contre les confréries ,et menaça d'excouiraunicalion ceux qui s'y enrôleraient, saint-foix, Ess. Paris, GBurrcs, t. IV, p. 213, dans pol'gens.

— IIIST. XVI* s. Hz l'entorlillsnt k l'entour do leur baston rond.... alors ilz escrivent sur le parchemin ainsi enrollé [enroulé] ce qu'ilz veulent, amyot, Lysand.^a. l\ le fit enroller selon la coustunie des Domains au nombre des jeunes hommes, m. Anion. 92. Pensons-nous qu'à chasque arquebusade qui nous touche, et à chasque bazard que nous courons, il y ait soubdain un greffier qui l'enroolle? mont, m, 24.

— lîTYM. En 1 , et rôie.

t ENROLEDU (an-rô-leur), s. m. Celui qui enrôle des soldats. Le pape enrôlant des soldats, les femmes poursuivant les enrôleurs Ji coups de [lierre, VOLT. Lett. deLalande, i" octobre (768.

— ÉTYM. Enrôler.

t ENROQUER (an-ro-ké), t'. a. Terme de pSche. Laver des morues dans l'eau de mer après qu'elles ont été tranchées.

ENROUÉ, ÉE (an-rou-é, ée), part, passé. Oui a de l'enrouement. Si la nature lui a donné une voix enrouée, pasc. Imag. l. K chaque instant redoublent les injures, Les aigres sons, les enroués murm\ires, i. b. nouss. Ép. i, 5. Rien n'est plus dangereux que de chanter lorsqu'on est enroué; c'est risquer de perdre sa voix. M"* de genlis, Théâtre d'éduc. Enf. gâté, ii, 2. J'aime après le combat que sa voix [du vrai soldat] enjouée Rie, et, des cris de guerre eneor tout enrouée, Chante les houris et l'amour, v. hugo. Orient. (B. || Parler enroué, parler d'une voix enrouée.

ENROUEMENT (an-rou-man), s. m. Altération particulière de la voix et de la toux, qui les rend sourdes et voilées. Ces Rochefoucauld furent toute la nuit dans leur jardin pendant le feu, et le lendemain l'abbé de Marsillao et ses sœurs étaient dans un enrouement et une tousserie pitoyable,

SÉV. 6<9.

— ÉTYM. Enrouer.

ENROUER (an-rou-é), t). a. \\ 1° Causer l'enrouement. Le brouillard l'a enroué. || 2° S'enrouer, r. réfl. Être affecté d'enrouement. S'enrouer à force de parler. Jamais docteur armé d'un argument frivole Ne s'enroua chez eux sur les bancs d'une école, noiL. Sal. viil. On rapporte que lo poète Livius Androiiicus, qui jouait dans une de ses pièces, s'étant enroué à répéter plusieurs fois des endroits que le peuple avait goiltés, fit trouver bon qu'un esclave récit.'it les vers tandis qu'il ferait lui-même les gestes, ♦ONniL. Conn. hum. ii, i, 4. || Avec suppression du pronom personnel. Non , non, tu n'iras point, ardent bénéficier, Faire enrouer pour toi Corbin ni le Mazier, boil. Épît. ii.

— HIST. xii" s. L'apostolies [le pape] tut suis le voleit maintenir, Ki bien cunut sa cause, mais nel poeit oîr : Car lur criz e lur noise l'orent fait enroïr. Th. le mart. 94. Mais tant cria vers els, il vers lui altresi [aussi], Oue tuz fu enroez de la noise e del cri, tb. 100. Ilxiii* s. Tant ai crié à Dieu merci por le troblement, que touz sui enrouez, Psautier, f" 80. Il XVI* s. Ils ont mal de gorge, la voix enrouée, PARfi, xxii, I.

— ÉTYM. En 1 , et le latin ratiCH.'! (voy. hauque) ; wallon, erauchiner; Berry, enranché, enroxii, enroué; génev. enrouché. On remarqueraque le Berry dit enroui, forme qui se trouve dans un des plus anciens exejnples de l'historique.

ENROUILLÉ, ÊE (an-rou-Ué, liée, Il mouillées), part, passé. Couvert de rouille. || Fig. Le savoir enrouillé des pédants, mol. Critique, 7.

t ENROUILLEMENT (an-rou-Ue-man , Il mouillées), s. m. Action de s'enrouiller; état de ce qui s'enrouille.

— HIST. XVI* s. Enrouillement, cotgrave.

— ÉTYJI. Enrouiller.

ENROUILLER (an-rou-llé, H mouillées, et non an-rou-yé), v. a. || 1° Rendre rouillé, couvrir de rouille. L'humidité enrouille le fer. || 2° Fig. L'oisiveté enrouille l'esprit. || 3° S'enrouiller, v. réft. Devenir rouillé. Le fer s'enrouille; on dit plutôt se rouille. || Ne pas laisser enrouiller ses dents, manger de grand appétit. Ouant à Hortensius, il ne laissa pas enrouiller ses dents; ohl qu'il lui faisait bon voir ronger une cuisse de pouletl Francion, iv, p. )64. Il 4" Fig. S'eniouiller en province, n'être plus au fait, au courant. Il S'enrouiller dans l'oisiveté, perdre son activité, son aptitude.

rnï;

lAH

— IIIST. xiii* S. S'espée ala maintenant querre,

Oui iort [était] enroillie et frète [rompuej, 71er». 17319. Aussi li homs qui wiseus [oisif] est Et riens no fait, en péril est Que assez tost enruilliez No soit par vices et pechiés, ddcanoe, rubiginare. ||xv* s. Essayer vueil se je sauroye Rimer ainsi que je souloye; Au moins j'en feray mon povoir, Combien que je congnois et sçay Que mon langage trouvcray Tut enroillie de no'nohaloir, en. d'orl. Bai. 7t. Il xvi* s. Usant mesme <le formes de parler quasi enrouillées de vieillesse, afin de couvrir tant mieux ses tromperies sous telles masques, calv. Inst. 38, Le fer s'enrouille, paré, ix, to. La terre trop abruvée ne produit autre herbe qu'enrouillée et de maligne nature, 0. DE SER1IES, Î6).

— ÉTYM. En I , et rouille.

t ENROULAGE (an-rou-laj') , s. m. Action d'enrouler, de s'enrouler. L'en roulage du fil.

— ÉTYM. Enroulé.

ENROULE, ÉE (an-rou-lé, lée), part, passé. Roulé autour. Une longe enroulée autour du pied du cheval. Il Chenilles enroulées, chenilles qui vivent dans l'intérieur des feuilles qu'elles roulent en cornet. Il Coquille enroulée, coquille univalve discoïde, comprimée de droite à gauche, dont l'axe est tout à fait transversal et dont on n'aperçoit pas lo sommet. Coquille demi-enroulée, coquille enroulée de telle sorte que les tours de la spire ne se louchent pas; par exemple la coquille dite spirale.

ENROULEMENT (an-rou-le-man), s. m. |1 1° Action d'enrouler ou de s'enrouler; état de ce qui est enroulé, de ce qui est en forme de spirale. L'enroulement d'un cordon autour du corps. || 2° Terme de botanique. Déformation dans laquelle les organes axiles des végétaux sont courbés de haut eu bas et roulés sur eux-mêmes. || 3° Terme d'obstétrique. Disposition du cordon ombilical dans laquelle il est roulé une ou plusieurs fois autour d'un membre, du corps ou du cou du foetus. || 4* Terme d'architecture. Ornement en ligne spirale. La volute est un enroulement. || U se dit aussi d'ornements engagés les uns dans les autres. Les enroulements du genre arabesque. || S° Terme de serrurier. Contour qu'on donne aux fers , et qui approche de la volute. Il 6° Terme de jardinier. Enroulement de parterre, plates-bandes contournées en spirale.

— ÉTYM. Enrouler.

ENROULER (an-rou-lé), v. a. Rouler plusieurs fois une chose autour d'une autre; la replier sur elle-même. Enrouler une pièce d'étoffe. || S'enrouler, V. réfl. Former plusieurs tours. Les vrilles de certaines plantes s'enroulent sur les corps voisins.

— ÉTYM. Fnl , et rouler.

t ENROUURE (an-rou-u-r'), s. f. Ancien synonyme d'enrouement. Grandes enrouures et toux violentes, Journal de la santé du roi [Louis XIV], p. (45.

— HIST. XVI* s. Dont s'ensuit à plusieurs hydropisies, phtbisie, enroueure de voix, courte haleine,

Page 1