O. DE SERRES
— ÉTYM. Ensemencer.
ENSEMENCER (an-se-man-sé. Le c prend une cédille devant oou o . j'ensemençai, ensemençons), V. a. Opérer l'ensemencement. Ensemencer un champ. 11 fallait labourer les tristes cliamps de Mars, Et des dents d'un serpent ensemencer la terre, corn. Uéd. ii, 2. {{ Ensemencer un étang, une rivière, y mettre du menu poisson, de l'alevin. Il S'ensemencer, v. réfl. Pour les céréales, la terre s'ensemence à l'automne ou au printemps.
— HIST. XVI* s. La province estoit universellement p.irtout ensemencée, amyot, Eum. < l. Un masle et trois ou quatre femelles suffiront pour vous ensemencer de telle volaille, o. de serres, 3C4, 4-h.
— ÉTYM. En 4 , et semence.
t. ENSERRÉ, ÉE (an-sè-ré , rée), part, passé d'enserrer <. Serré dans. Le régiment, enserré dans un étroit espace, ne put se développer.
2. ENSERRÉ, ÉK (an-sè-ré , rée), part, passé d'enserrer 2. Misen serre. Des plantes exotiques enserrées.
f ENSERRE»IENT (an-sê-re-man) , s. m. Action (l'enserrer, d'enfermer.
— HIST. XVI* s. Enserrement, cotgbave.
— ÉTYM. Enserrer t.
t. ENSERRER (an-sè-ré), V. a. Serrer dans, enfermer, contenir. Il faut la [Rome] retenir et tout ce qu'elle enserre Comme un page assuré des frais de cette guerre, du eyer, Scévole, m, 2. Le dédale des cœurs en ses détours n'enserre Rien qui ne soit d'abord éclairé parles dieux, la font. Fabl. iv, <9. U retourne chez lui, dans la cave il enserre L'argent et la joie à la fois, ID. ib. viii, 8. L'avare rarement finit ses jours sans pleurs; 11 a le moins de part au trésor qu'il enserre, Thésaurisant pour les voleurs, Pour ses parents on pour 1,1 terre, id. tft.ix, )o. Les cieux instruisent la terre A révérer leur auteur; Tout ce que leur globe enserre Célèbre un Dieu créateur, j. b. rouss. Odes, I, 2. Mais quand j'achetai, dites-moi, cette terre, Ses vignes et ses prés et tout ce qu'elle enserre, pli. POISSON, Procur. arbit. se. 9.
— HIST. xiii* s. U la [sa fille] fait en la tour enserrer et remaindre. Ainsi la cuide bien chastier et dcstraindre, audefr. le bast. Romancero, p. <5. U entra dedens, et il fu puis bien longuement enserés à moût grant mesaise bien par treize mois ou plus, viLLEii. CLiv. Champ ou vigne qui est enserrée en autres, doit avoir sa voie au plus près dou chemin, sanz le domage à voisin, Liv. de jitst. 142. Se Il vilains pooit savoir Que je fusse ci enserré, Ren. 4 141. Certes ge te ferai lier, Ou enserrer en une tour, la Rose, 3652. |] xvi* s. Prescher liberté aux captifs, ouverture aux enserrez, calv. Inst. 598. Depuis, estant arrivé à Periclès un renfort de plus grand nombre de vaisseaux, ilz furent adonc enserrez de tout poinct, AMYOT, Péricl. 4o. En obscure fosse [je] m'enserre. Comme ceux qui sont trespassez, marot, jv, 337. Si la nature enserre, dans les termes de son progrez ordinaire, les jugements et opinions des hommes; si elles ont leur révolution.... mont, ii, 337.
— ÉTYM. Eni, et serrer ;Berry, ansarrer ; provenç. enserrar , esserrar , eserar , essarrar ,issarrar ; espagn. encerrar; ital. inserrare.
2. ENSERRER (an-sè-ré), v. a. Terme de jardinage. Mettre en serre. Enserrer des orangers.
— ÉTY.M. En I , et serre,
t ENSEUILLEMENT (an-seu-lle-mau , U mouillées) , s. m. Terme d'architecture. Nom donné aune certaine hauteur comprise entre l'appui d'une fenêtre et le plancher. Cette fenêtre a tant d'euseuillement.
— ÉTYM. £n 4 , et îei(t7.
ENSEVELI, lE (an-seu-ve-li, lie), pari, passé d'ensevelir. || 1° Dans le style élevé. Mis dans la sépulture. 11 est mort; savons-nous s'il est enseveli? RAC. Uiihr. I, 3. Un éternel oubli Tient avec ce secret He rcide enseveli , volt. Fanât, v , ( . || 2° Par extension, recouvert par quelque chose qui s'entasse. Ils sont ensevelis sous la masse pesante Des monts qu'ils entassaient pour attaquer les cieux, quinault, Proserp. i, t. Ton père, enseveli dans la foule des morts, Me laisse dans les fers à moi-même inconnue, RAC. Iphig. Il, <. Voudront-ils que leur temple enseveli sous l'iierbe... id. Athal. m, 3. Son vaisseau fut enseveli dans les ondes, fên. Tél. i. Ulysse doit être enseveli dans les ondes, id. ib. vn. Ne sais-tu pas.... Que l'insecte insensible enseveli sous l'herbe, Et l'aigle impérieux qui plane au haut du ciel.... VOLT. Fanât, i, 4. Votre âme inflexible et superbe Voudrait voir nos remparts ensevelissons l'herbe, saubin, Spartacus, v, 4. Ou, si dans leur fureur le sort ne les seconde, Tomber enseveli sous les débris du monde, delille, Parad. perdu, vi. Il 3° Mis en oubli. La Kraiice à l'Espagne s'allie, Leur discorde est ensevelie, malii. vi, 2. Démons, détruisez ce palais; Parlons, et, s'il se peut, que mon amour funeste Demeure enseveli dans ces lieux pour jamais, quinault. Armide, v, se. dern. .... Qu'en un profond oubli Cet horrible secret demeure enseveli, rac. Phèd. u, o. Ces blasphèmes qui auraient dû être ensevelis avec le paganisme, MASS. Car. Injust. Ainsi le mal est en évidence, et le bien reste enseveli, marmontel. Contes moraux, Misanthr. corr. Combien de vérités miles, froidement et négligemment énoncées, y seraient restées ensevelies, si l'éloquence n'était venue les retirer comme du tombeau I id. Êlém. lilt. Cife'uv. t. i, p. 409, dans pol'gens. H 4» Fig. Enfoncé, plongé dans ce qui est comparé à une sépulture. Et de mille pensers mon esprit agité Paraît enseveli dans la stupidité, corn. Héracl. u, 6. Nous no sommes capables de connaître qu'un seul objet et une seule vérité à la fois; le reste demeure enseveli dans notre mémoire comme s'iln'y était point, nicole, Ess. de mor. i" traité, ch. 8. Les hommes, ensevelis dans la chair et dans le sang, avaient pourtant conservé une idée obscure de la puissance divine, Boss. Hist. II, 2. Surtout je redoutais cette mélancolie Où j'ai vu si longtemps votre âme ensevelie, rac. Andr. I, 4. Dans un liche sommeil crois-tu qu'enseveli Achille aura pour elle impunément pâli ?id. Iphig.
IV, 4. Ces siècles qu'il serait si avantageux de connaître sont ensevelis dans une profonde obscurité, CONDILLAC, Éludes hist. part, i. Introduction. Il semble que notre saint prophète ait eu principalement en vue de nous priver de tout ce qui peut troubler notre raison ; il nous a interdit l'usage du vin qui la tient ensevelie, montesq. Lett.pers. 56. || Être enseveli dans le sommeil, dormir profondément. Il Être enseveli dans la débauche, dans la crapule, s'y abandonner sans retenue. |{ Être enseveli dans les livres, lire sans cesse, étudier sans se donner de relâche. || Être enseveli dans le chagrin, avoir beaucoup de chagrin. Enfin, depuis deux jours la superbe Athalie Dans un chagrin profond paraît ensevelie, RAC. Ath. I, 4. Il 5° Enveloppé d'un linceul. Enseveli dans le dernier drap qu'il possédait.
ENSEVELIR (an-seu-ve-lir; comme deux syllabes muettes ne peuvent se suivre immédiatement, on donne à la syllabe se le son de seu; autrefois on prononçait en-sé-ve-lir, du moins Richelet écrit ainsi),
V. a. Il 1° Dans le style élevé. Déposer dans la sépulture. Son corps fut enseveli avec les mômes honneurs et la même pompe que ceux des rois légitimes, ROLLiN, Hist. anc. ÛKuiT. t. v, p. 239, dans POUGENS. J'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable, l'abbé prévost, tianon Lescaut, 2* part. Il Absolument. Qui tôt ensevelit bien souvent assassine. Et tel est cru défunt qui n'en a que la mine, MOL. l'Ét.u, 3. Il a* Par extension, mettre sousquelque chose qui est considéré comme un tas. C'est sous les ruines du trône et du palais de votre vieux tyran qu'il faut l'ensevelir avec tous ses complices, marmontel, Bélisaire, ch. m. Le chameau mieux instruit, courbé sous la tempête, Dans le sable du moins ensevelit sa tête, ducis, Abufar, ii, 7. Et l'Anio paisible, et l'Ëridan fougueux, Qui, roulant à travers des campagnes fécondes, Court daus les vas-
tes mers ensevelir ses ondes, delille, Céorg. iv. Il 3* Paire di-sparaltre. Je ne m'étendrai pas davanlago sur ce poôme; tout irrégulier qu'il est, il faut qu'il ait quelque mérite , puisqu'il a surmonté l'injure des temps et qu'il parait encore sur nos théâtres, bien qu'il y ait plus de vingt-ciiiq années qu'il est au monde, etqu'unesi longue révolution en ait enseveli beaucoup sous la poussière qui semblaient avoir plus de droit que lui de jirétendre à une si heureuse durée , cohn. Ex. de l'illns. comique. Ne pouvant pas me résoudre à ensevelir ma maison dans celle deMazarin, et n'estimant pas assez la grandeur pour l'acheler par la haine publique, RETZ, Hém. t. II, liv. m, p. 458, dans pougens. Il ne tint presque â rien qu'il n'ensevelit tout le parti de M. le prince, id. t6. liv. iv, p. 248. Un homme de cour qui n'a pas un assez beau nom doit l'ensevelir sous un meilleur, labruy. viii. Il veut avec leur sœur ensevelir leur nom, «ac. Plièd. i, 4. Il 4° Cacher comme dans une sépulture. Traltiel tu prétendais qu'en un lâche silence Phèdre ensevelirait ta brutale insolence? bac. Phèdre, iv, 2. Ces trésors dont le ciel voulut vous embellir, Les avez-vous reçus pour les ensevelir? in. Brit. n, 3. La gloire des monuments que l'orgueil ou l'adulation ont élevés, sera ou ensevelie dans l'oubli p;ir le temps ou effacée par les censures et les jugements plus équitables de la postérité, mass. Petit car. Respect des grands pour la rel. Sur quels bords malheureux, dans quels tristes climats Ensevelir l'horreur qui s'attache à mes pas? volt. (JSidipe, iv, 4. [L'Arabe] Laissait dans ses déserts ensevelir sa gloire, ID. Fanât, ii, 6. Le secret qu'en ton seinje dois ensevelir, ID. Orphel. I, 6. Ensevelissons ma vie ainsi que ma douleur dans une étemelle et profonde solitude, M'°° DE GF.NLis, Mlle de Lafayette, p. ion, dans POUGENS . |{ 8° Envelopper le corps d'un mort dans un linceul. C'est une œuvre pieuse que d'ensevelir les morts. || Par extension, envelopper comme d'un suaire. Voiles, crêpes, habits, lugubres ornements. Pompe où m'ensevelit sa première victoire, CORN. Cid, IV, 4. Il 6" S'ensevelir, v. réfl. Laisser tomber sur soi ce qui est comparé à une sépulture, s'ensevelir sous les ruines de la place , la défendre jusqu'à la mort. Je m'ensevelirai sous ma propre ruine, CORN. Sert, v, 7. || Fig. Je suis Héraclius, je suis fils de Maurice; Sous ces noms précieux je cours m'ensevelir, CORN. Héracl. v, 2. || 7° Se cacher. S'ensevelir dans la retraite, dans la solitude, se retirer du monde. Moi, renoncer au inonde avant que de vieillir. Et dans votre désert aller m'ensevelir! MOL. ^/t's. v, 7. ||Par extension, s'absorber, se plonger. S'ensevelir dans les livres, dans la débauche, dans le chagrin. La belle chose de.... s'ensevelir pour toujours dans une passion, mol. D. Juan, i, 2.
— SYN. ENSEVELIR, enterrer. Ensevelir, c'est envelopper un corps mort dans le drap appelé linceul. Enterrer, c'est mettre en terre le corps mort. L'historien suisse Ruchat s'est donc exprimé incorrectement dans la phrase suivante : «Calvin mourut la 27 mai (4 564) et fut enseveli tout simplement au cimetière commun de Plainpalais. » U fallait dire, enterré ou inhumé, humeert, Giosj. génev. U faut distinguer : le fait est que ensevelir a eu de tout temps et a encore le sens de donner la sépulture; mais il ne l'a que dans le style élevé; et l'o'n dira fort bien : il fut enseveli à côté de ses aïeux. Mais, hors de ce style, ensevelir signifie couvrir du linceul; et c'est pour cela que l'on ne dit pas bien ensevelir au cimetière, et que Humbert acritiqué justement la phrase de Huchat. Il faut remarquer aussi que toutes les acceptions figurées procèdent de la signification donner la sépulture.
— HIST. xii* s. Pristrentle corps, si l'ensevelirent el sépulcre sun père en Bethléem, e Joabe si cumpaignum errèrent tule la nuit. Bots, p. 428. Puis morut e fud enseveliz en un hort de sun palais, ib. 421. Il XIII* s. E fu ensevelis en la mère église, Chr. de R. p. 47. Moult auroies isnel cheval. Se ne ta puis livrer estai. Tant que je t'auré trangloti Et da mon ventre enseveli, Rcn. 7748. Plusor en cest fleuve s'en entre, Non pas seulement jusqu'au ventre, Ainsi suiit tuit enseveli. Tant se plongent es flos de li, la Rose, 6077. Dariere celi qui tenoit les trois doutiaus, avoit un autre qui tenoit un bouqueran entorleiUé entour son bras, que il eust présenté au roy pour li ensevelir, se il eust refusée la requeste au vieil de la montagne, joinv. 269. Cuer qui la fin de ce damaige [la mort] N'a tousjours devant son visaige Est presqu'enseveli en fiens [fumier], j. de meung, 1Y. 4 333. || xIV S. Pour l'ame la royne dont li corps fu murdris, A l'église où son
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corps estoit ensevelis.... Guescl. 89Z2. ||xvi' s. Le peuple qui reçoit oppression des soldats, ne les excusera pas tant, pour ce qu'ils le défendent, comme il les maudira pour ce qu'ils le dévorent : ensevelissant le souvenir du bien dans le sentiment des maux. LANGUE, ioo. ïimandra alla prendre le corps, qu'elle enveloppa et ensepvelit des meilleurs draps qu'elle eust, amyot. Aie. 80. La vertu et l'honesteté de Démodes est digne de n'estre passée ny cn.sepvelie en silence, m. Démétr. 30. Combien de belles actions particulières s'ensepvelissent dans la foule d'une bataille? mont, m, <5.
— ÉTYM. En \ , et l'anc. français, sevelir, du latin sepelire (voy. sépui.turb).
ENSEVELISSEMENT (an-seu-vo-U-se-man), t. m. Action d'en.sevelir. L'ensevelissement des morts est au nombre des œuvres de miséricorde, Dicl. de l'Acad.
— IllST. XII" s. Si li moslra un vestement A son ensepelissement, wace. Vierge Marie, p. 't.
— ÉTYM. Ensmelir.
+ ENSKVELISSEUU , EUSE (an-seu-ve-li-sour, seù-z), s. m. et f. Celui, celle qui ensevelit.
— HIST. Ensevelisseur, oudin, Dict.
— ETYM. Ensevelir.
f ENSL... mot employé en histoire naturelle, qui signifie épée et qui vient du latin ensis, épéo.
t ENSICAUDE (in-si-kfl-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a la queue plate, amincie sur les bords et pointue.
— KTYH. Enti...., et lelat. eauda, queue.
f ENSIFOLIÉ, ÉE (in-si-fo-li-é , ée), adJ. Terme de botanique. Qui a des feuiHes en forme d'épée.
— ETYM. Ensi...., et le lat. folium, feuille.
t ENSIFORME (in-si-fûr-m), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a la forme d'une épée. || Feuilles ensiformes, feuilles un peu épaisses au milieu, tranchantes aux deux bords et rétrécics de la base au sommet, qui est aigu.
— HIST. XVI' s. X cause de quoy ce cartilage est appelle ensiforme, paré, ii, <•
— ETYM. Ensi...., et forme.
t ENSILAGE (an-si-la-j'), s. m. Mise et garde du blé dans des silos.
— ÊTYM. En i, et silo.
■)■ ENSIMAGE (an-si-ma-j'), s. m. Action d'ensimer; effet de cette action.
t ENSIMER (an-si-mé), v. a. Terme de manufacture. Mettre légèrement à la main du saindoux sur la superficie des étoffes du c6lé de leur endroit, afin de les pouvoir tondre plus facilement, le saindoux aidant à faire couler les forces. L'article 63 du Uèglement général des manufactures du mois d'août )6G0 empêche les tondeurs de draps d'emiiloyer pour l'ensimage des étoffes aucunes graisses appelées flambart, mais seulement du saindoux de porc le plus blanc, savary, Dict.
— mST. xin* s. Se aucuns enseymoit trop se [sa] laine, ou enpourroit [empoudraitj, ou mettoit ordure pour faire plus peser .son drap, du cange, sainum. Il xiv s. Doivent estre les laines ensainnées de sain cler ou de beurre , id. i6. Se li draps qui sera trouvés ors [sale] ou ensaymmés,iD. «6. {| xv s. Pourtant ne le vueille ensimé, Que revivifier ne pusse. Traité d'alch. 298.
— ETYM. La forme véritable est ensainer, garnir de sain (voy. saindoux).
fENSIPENNE (in-si-pè-n*), od;'. Terme de zoologie. Qui a les pennes des ailes en forme de sabre.
— ETYM. Ensi...., et penne, plume.
t ENSIROSTRE (in-si-ro-str'), adj. Terme de zoologie. Dont le bec est en forme de sabre.
— ÉTYM. Ensi...., elle lat. roffrum , bec.
t ENSONAILLE (an-so-na-U', Il mouillées), s. f. Terme de marine. Petite corde qui retient le bout de la crosse du gouvernail d'un bateau foncet.
t ENSORCELANT, ANTE (an-sor-se-lan, lan-t'), adj. Oui charme, qui plaît. Il ne se trouvera point que j'aie employé ni afféterie ni paroles ensorcelantes, LA FONT, l'syché, II, p. 455. De la manière dont TOUS me peignez Marli, c'est un véritable lieu d'enchantement.... mais surtout les discours du maître du chMeau ont quelque chose de fort ensorcelant, et ont un charme qui se fait sentir jusqu'à Bourbon, BOiL. Corresp. de Boileau et de Racine, te.
ENSORCELÉ, ÉE (an-sor-se-lé , léo), pari, passé. Il 1° Trompé, troublé par sortilège. 6 ciel! il fallait bien qu'ensorcelé je fusse, Régnier, Élég. iv. Il est ensorcelé, le charme est tout visible, tbistan, Jforiane, l, 3. Il sortit en déroute, croyant être ensorcelé, sty. 37. Il t° Qui a pris des propriétés magiques. Ne cherchez plus, leur dit-il, d'autre cause; C'est ce poirier, il est ensorcelé, la font. Gageure. Il 11 se dit, par plaisanterie, de quelque chose qui
ENS
semble être dans les liens d'un sortilège. Jugeant que ce serait désormais inutilement que cette porte ensorcelée s'ouvrirait, il regagna l'endroit d'où il était parti pour cette merveilleuse expédition, IIAmilton, Gramm. 9. || 3° Fig. Qui est attiré, attaché comme par un sortilège. Une jeune comédienne dont le roi est ensorcelé, sEv. SIS.
ENSORCELER (an-sor-se-lé. La syllabe ce prend deux l quand la syllabe qui suit est muette : j'ensorcelle, j'ensorcellerai), «. o. Il 1* Troubler, abuser par des sortilèges. Les gens croyaient qu'on pouvait les ensorceler, et l'imagination les ensorcelait effectivement. Il II faut qu'on l'ait ensorcelé, se dit quand on trouve dans le langage ou les manières de quelqu'un un changement inexplicable. Si nous avions bien fait, nous t'aurions étranglé; Il faut assurément qu'on l'ait ensorcelé, regnard, Uénechm. II, 6. Il II faut qu'on m'ait ensorcelé, se dit pour exprimer qu'on ne comprend rien à ce qui se passe. Il faut absolument qu'on m'ait ensorcelé; Si j'en connais pas un, je veux être étranglé, rac. Plaid. II, 6. Il Par extension. Tant l'aveugle appétit ensorcelle les hommes, rëgnier, Sat. vu. || 2° Captiver les bonnes grâces. Vous nous ensorcelez, vous enchantez nos sens, desmarets, Visionnaires ,y , i. Il sut de telle adresse ensorceler Mirame, Qu'en la place du prince il se mit dans son âme,iD. Hiram«, i, 4. Il a le soin de tout le monde; il flatte, il s'insinue, il ensorcelle tous ceux qui ne pouvaient pas le souffrir, fén. t. xix, p. 45». || Avec un nom de personne ou de chose pour complément indirect. Kien n'est pareil aux cajoleries dont elle [la duchesse de Bourgogne] sut bientôt ensorceler Mme de Maintenon, st-simon, 41 , 255. [Ma femme] N'eût point joué, n'eût pas ruiné ma famille. Ni d'un maudit marquis ensorcelé ma fille, volt, la Femme qui a raison, m, 6. || 3° S'ensorceler, v. réfl. Être captivé par. S'ensorceler d'erreurs et de visions.
— HIST. XIII* s. Roïne, fait-il, chou [ce] que doit [que signifie cela] , Que si paroles [tu parles ainsi] contre droit? Chrestien t'ont ensorcerée; Car tu les toute fantosmée. Vies des Saints, ms. de Sorb. cliif. LX, col. 64,dansLACURNE. Il XIV' s. L'en ne peut mieulx ensorceller un homme que de luy faire son plaisir, llénagier, i, 7. || xvi' s. Tous s'ensorcellent d'erreurs et resveries qui les mènent à confusion, CALV. Instit. 815.
— ÉTYM. En* , et le radical de sorcier (voy. ce mot). La forme la plus correcte est la plus ancienne : ensorcerer.
ENSORCELEUR, EUSE (an-sor-se-leur, leû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui ensorcelle. || Adj. Les doux appas ensorceleurs, voit. Poésies, dans ri-
CI1ELET.
— ÉTYM. Ensorceler.
ENSORCELLEMENT (an-sor-sé-le-man), s. m.
Il 1° Action d'ensorceler; résultat de cette action. Il 2° l'ig. Passion ou préjugé inexplicable, aveugle. Son amour pour cette femme est un véritable ensorcellement. Nous sommes forcés de reconnaître que cet attachement dont nous nous faisons une passion, n'est qu'une fascination d'esprit, qu'un ensorcellement de cœur, qu'une source d'égarements dans notre conduite, bolrdalooe. Purification de la Vierge. Et par une espèce d'ensorcellement cette vanité vous charme, celte vanité vous entraîne.... id. Pensées, t. I, p. 24. Je disais au Régent des raisons dont il sentait toute la force, mais son ensorcellement pour l'abbé Dubois était encore plus fort, st-