Et da quoi vous sert donc d'être auprès d'un
ENT
grand prince, Si ces titres d'iionneur ne vous entêtent pas? DOi;nSA laT, Faft(. d'Ésope, l, 2. Voilà donc, répliqua Sûcrate, cequi vous entête, un point de terre imperceptible [les biensfomls d'Alcibiiide], BOLLiN, Hisl. anc. (ifc'uer. I. iv, p. 373, dans poucens. Retranchez ces petits agréments-là de votre discours; ce soqit des (leurs de rhétorique qui m'entêtent, MARiv. la Fausse stiivanle, ii, o. || Absolument. Les louanges entêtent. Il 8' Prévenir d'une passion pour. Qui vous a entêté de cette personne? Vous ne m'entêterez pas d'une pareille opinion. Pourquoi m'avez-vous entêti'e d'une chose que les gens qui m'estiment ne peuvent pas croire que je soutienne sérieusement? fonten. Mondes, o» joi'r. I*. Lentulus s'était laissé entêter de je nesaisqijelles prédictions qui promettaient, disait-on, l'empire à trois Cornélius , vertot, Hév. rom. xii, p. t6«. L'art d'entêter les hommes, lesaok, Gil Bios, ix, e. Si vous pouvez entêter cette fille jusqu'à l'obliger de vous épouser, vous serez à votre aise le reste de vos jours, id. Est. Gonzalez, ch. 4. L'archevêque Laud avait fait beaucoup de mal à Charles 1" en l'entêtant de la .suprématie épiscopale, ciuTEAiJBH. Stuarts, 207. Il 4° Terme d'épiriglier. Attacher la tête d'une épingle à la hanse, do manière qu'elle paraisse y avoir été soudée. Un ouvrier entête communément 8 à 9 milliers d'épingles en un jour. Il B" S'entêter, v. réfl. Prendre des préventions favorables et tenaces à l'égard de quelqu'un. Ecou- (tez, n'allez pas vous entêter de ce petit vilain-là, LA FONT. Coupe enchant..sc. 12. La dame s'était entêtée depuis peu du comédien Octave, premier acteur de la troupe du prince, lesage, Est. Gonialex, ch. 2«. Il 11 se dit des choses comme des personnes. Il n'est pointa propos d'engager les filles dans des études dont elles pourraient s'entêter, fén. t. xviT, p. *. Ne méprisez personne, ne vous entêtez de rien, maintknon, Letl. à Urne de Cay lus, 47ii5, t. VI , p. 4 , dans pougens. Quand les philosophes s'entêtentune foisd'un préjugé, ils sontplus incurables que le peuple même , parce qu'ils s'entêtent également et du préjugé et des fausses raisons dont ils le soutiennent, FONTEN. Oracl.i, 8. Il 6° Tenir fortement à sa volonté, à ses opinions. Il s'entête dans celte détermination. Ce vice si commun de croire toujours une chose, parce qu'on l'a crue d'abord, ou de n'y acquiescer jamais, parce qu'on l'a une fois combattue; de s'entêter qu'elle est, 'parce qu'on veut qu'elle soit; delà contredire avec obstination, parce qu'on a intérêt qu'elle ne soit pas, i<ouiidal. Carême, Sur la paix chrétienne.
— HIST. XIII' s. Kt avoec un baril de vin [il] Aporta, qui crut sur le Rin; Moût estoit fors et entestans, m. et Jeh. 383S. En lieu de haires, hauhers vestent, Et boivent tant que il s'entesteut, ruteb. <60. Vent et fouldre et tonnoirre qui tout perce et enleste. Feu et gresle, et orage, noif [neige] et glace, et tempesle Les tormentent adès des pies jusqu'à la teste, j. DE MEUNO, Test. 1957. Il XIV" s. Tu fomps àlambics, grosse beste, Et brusle charbon qui t'enteste, Nal. à l'alch. l a. || xvi* s. Bertrand ne s'entesta point de touttes ces louanges, Uém. s. D. G. ch. 29. la tranquillité sombre et stupide se treuve assez pourmoy; mais elle m'endort et enteste : je ne m'en contente pas, uont.iii, 3U9.
— Etvm. En ( , et tête; provenç. entestar.
t ENTEtEUR (an-tê-teur), t. m. Celui qui entête les épingles.
t ENTÊTOIR (an-tô-toir) , t. m. Machine pour entêter les épingles.
t ENTIILASIE (an-tla-zie) , s. f. Terme de chirurgie. Fracture du crâne avec dépression d'une partie osseuse.
— f.TYM. "EvflXaaic, de h, en, et eXôv, enfoncer en brisant.
ENTHOUSIASME (an - tou -zi-a-sm' ), s. m.
|| 1° Fureur divine, état physique désordonné comme celui des sibylles qui rendaient des oracles en poussant des cris, écumant, roulant les yeux. L'enthousiasme de la sibylle. || 3° Par extension, inspiration divine, se manifestant par des discours pleins de grandes images. L'enthousiasme poétique. L'enthousiasme des prophètes. || Mouvement passionné, transport qu'un poète, un artiste éprouve dans le moment de la composition, et qui consiste "1 ce que, préoccupé du seul sujet qui l'intéresse, le monde extérieur disparaît à peu près pour lui. L'enthousiasme qui transporte les poètes. Les impromptus lui étaient assez familiers, et il a beaucoup contribué à établir cette langue à Sceaux, où le génie et la gaieté produisent assez souvent ces petits enthousiasmes soudains, fonten. Malétieu. Les poésies qui sont le fruit de l'enthousiasme ont
un tel caractère de beauté qu'on ne peut les lire sans être échauffé du même feu qui les a produites, ROLLiN, Hist. anc. t. xii, liv. xxv, ch. i, art. t, § 5. Il 8° Tout transport qui, enlevant l'ime à ellemême, excite à des actes extraordinaires. L'enthousiasme guerrier. L'enthousiasme religieux. Rien ne se fait sans un peu d'enthousiasme , volt. Leit. d'Argental, 3i août 47<l. Son noble enthousiasme embrasera les coeurs, de belloy. Siège de Calais , IV, 4. II n'y a point de véritable amour sans enthousiasme, et point d'enthousiasme sans un objet de perfection réel ou chimérique, mais toujours existant dans l'imagination, i. t. Rouss. Emile, v. Il est do la nature de tout enthousiasme de se communiquer et de s'accroître par le nombre des enthousiastes, DiDER. Lett. sur les sourds et muets, OEuv. t. II, p. 373, dans POL'GENS. L'esprit delà secte stoique fut l'enthousiasme de la vertu; le génie de l'ancienne Rome fut l'enthousiasme de la patrie, marmontel, Élém. litt. Œuvr. t.vii,p. 216, dans pougens. C'est ce même enthousiasme prêt i se communiquer à l'auditeur qui met tant de différence entre l'éloquence parlée, si on peut se servir de cette expression, et l'éloquence écrite, d'alemb. Réft. sur l'éloc. orat. Œurres, 1. 1, p. 448, danspou- OENS. Cet enthousiasme froid et stupide qui ne sent rien à force d'admirer tout, espèce de paralysie de l'esprit, qui nous rend indignes et incapables de goûter les beautés réelles, id. Itéfl. sur le goût, OEuv. t. m, p. 422. Dans ce temps, tout se faisait par enthousiasme, les belles actions, les fautes et les crimes, M'°* de genlis, Mlle de la Fayette, p. 28, dans POUGENS. Il En mauvaise part, lubie. Mais voyez quel diable d'enthousiasme il leur prend de me venir chanter aux oreilles comme cela, mol. Prol. de la Princ. d'Él. 2. Ce sens défavorable ne se trouve peut-être que dans cet exemple de Molière. Il 4° Grande joie, vive allégresse. Il fut accueilli avec enthousiasme. Enthousiasme impossible à décrire. L'enthousiasme d'une bonne réception m'aurait enivrée, SÊv. 226. (j 5° Admiration vive et passionnée. Son enthousiasme pour cet auteur l'aveugle. Cette machine [le joueur de flûte] devint bientôt l'objet de la curiosité d'un monde plus avide de nouveauté que sensible aux grands talents, prodiguant au hasard l'enthousiasme ou le dédain, et passant rapidement de l'un à l'autre pour un objet qui n'a pas cessé d'être le même, condorcet, Vaucanson.
— HIST. xvi" s. Il me faudroit non l'ardeur de ma ryme. Mais l'enthousiasme, aiguillon de l'ontus, BONS. 48 Kt qui sera plus tost un coup de fortune, ou une sadlie de quelque extraordinaire enthousiasme, qu'une production vrayement nostre, CIIARH0N, Sagesse, i, t.
— Etym. 'kvOouoiaopiè;, de {vflouç, inspiré par un dieu, de ii, en, et ôsôc, dieu.
ENTHOUSIASMÉ, ÉE ( an-tou-zi-a-smé, smée), parf. passé. Saisi d'enthousiasme. Tout est merveilleux, je vous assure; je suis enthousiasmée de l'air et des paroles, uol. Préc. rid. lO. Elle est toujours enthousiasmée de votre mérite, sÉv. 31. Notre abbé enthousiasmé des succès de l'inoculation dont il s'est donné la peine de faire un cours à Londres , MONTESQ. Correspondance, 61. Elle est aussi enthousiasmée de Cassandre que vous en êtes mécontente, VOLT. Lettre à Mme de Fontaine, 4 janv. <762.
ENTHOUSIASMER (an-tou-zi-a-smé) ,e. o. || f Ravir d'enthousiasme, d'admiration. La lecture de ces vers m'a enthousiasmé. Cette musique a enthousiasmé le public. Il 8° S'enthousiasmer, ». réfl. S'éprendre d'enthousiasme. Cet homme s'enthousiasme pour tout ce qui est nouveau. Il s'enthousiasme sur votre solide mérite, sÉv. 491.
— IIIST. XVI* s. Et pour ce j'ay voulu l'envoyer cet escrit Pour enthousiazer ton phantastique esprit. Vers de Charles IX à Ronsard (p. «se, dans
— ÊTYM. Enthousiatme.
•ENTHOUSIASTE (an-tou-zi-a-sf), t. m. et f.
Il 1° Celui qui était ou que l'on croyait possédé de la divinité ou violemment inspiré par elle. || 2" Visionnaire qui se croit inspiré. Enthousiaste ou fourbe, il faut cesser de l'être, volt. Fanai. I, 4. Le philosophe n'est pas enthousiaste , il ne s'érige point en prophète, il ne se dit point inspiré des dieux, ID. Dict. phil. Philosophe, t. Ce senties hommes inspirés qui éclairent le peuple, et les enthousiastes qui l'égarent, d'alemb. Disc, prélit,,. Encycl, Œutres, X. I, p. 20t , dans polgens. D'abord enthousiaste et bientôt imposteur. Un rêve prépara sa future grandeur [de Mahomet], dblillk. Imag. viii. jj 3' Celui , celle qui a une admiration excessive pour quel-
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que chose. Ne flt-on que des épingles, il faut être enthousiaste de son métier pour y exceller, didebot, Obs. sur la seulpt. Œuvres, t. xv, p. 3it, dans pougens. Mais trois fois plus heureux lejeunc homme prudent Qui, de ces novateurs enthousiaste ardent. Abjure la raison, peureux la sacrifie! gilb. Le iV liècle. il Adj. Inspiré, visionnaire. DansPythagore, qui, le premierchez les Grecs, prit le nom de philosophe ou d'ami de la sagesse, nous reconnaîtrons un disciple enthousiaste des prêtres de l'Egypte, de la Chaldée et des Indes, parlant comme eux par symboles et peut-être aussi fourbe qu'eux, d'holuach, Citai préj. ch. 1 1 , dans du mabsais. Œuvres, t.vi, p. 260. Il Prompt à s'enthousiasmer. C'est un peuple enthousiaste et léger. Enthousiaste des nouveautés. Il Qui tient de l'enthousiasme. Des démonstrations enthousiastes,
— ÉTYM. Voy. ENTRODSIASME.
t ENTHVMÉMATIQDE (an-ti-mé-ma-ti-k'), adj. Qui est de la nature de l'enthyméme. Qui s'appuie sur l'enthyméme.
ENTIiy.MÈME (an-ti-mê-m'), t. m. Terme de logique. Raisonnement qui n'est qu'un syllogisme réduit à deux propositions, dont la première est appelée antécédent, et la seconde conséquent. La célèbre groposition de Descartes : Je pense, donc je suis, est un enthymème. On peut même sous-entendre l'une des deux prémisses, lorsqu'elle est évidente; c'est ce qui fait l'enthyméme, syllogisme abrégé qui convient beaucoup mieux à un raisonnement rapide, et que préfère l'orateur lorsqu'il veut être véhément et pressant, marmontel, Élém. litt. Œuv. t. IX, p. 507, dans pougens.
— HIST. IV' s. Emptimeme sans quelque conséquence, eu. d'orl. Bal. (<i.
— ÊTVM. 'EveO|jiT,(ia, réflexion, pensée, de tvO«pteîa6at, avoir dans l'esprit, de <v, en, et Ov|iô;, esprit.
ENTICHÉ, ÉE (an-ti-ché, chée), part, passé. Il 1* Qui commence à se g&tcr, en parlant des fruits. Des fruits entichés, Dict. de l'Acad. Aujourd'hui on ne dit plus guère que taché. || 2° Fig. Qui a quelque lésion morale comparée à la lésion d'un fruit entiché. Mon frère, ce discours sentie libertinage; Vous en êtes un peu dans votre ime entiché, mol. Tart. I, 6. Grâce au ciel, je ne suis point entiché de ce vice-là, lesage, Z>iai)2«6oi(.ch. 3. Exempte dudéfaut qui nous est reproché Et dont monsieur Léandre est si fort entiché, boisst. Babillard, se. 4. Raisonner est de toutes les folies des hommes celle qui nuU le moins au genre humain, et l'on voit même des gens sages entichés parfois de celle folie-là, j. j. ROUss. Lett. de la mont. à. ||3*0ui est opiniâtrement attaché à. Il est entiché de cette opinion.
I ENTICHEMENT (an-ti-che-man), t. m. Néologisme. Action d'enticher; résultat de cette action. Si on avait le temps et l'espace pour s'égayer, il y aurait mille choses curieuses et piquantes à dire à son sujet [St-Simon] ; on rirait de son opinion sur Voltaire, sur tout ce qui était de robe ou de plumo, on rirait de ses entichements nobiliaires, ste-beuvk, dans le Dict. de dociiez.
— ETYM. Enticher.
ENTICHER (an-ti-ché) , v. a. j) 1' Commencer k gâter, à corrompre. En ce sens il n'est usité qu'au participe passé, [j 8' Terme de couture. En posant des patrons sur une étoffe pour la tailler, on entiche quand un des patrons prend un petit coin de l'étoffe de celui qui est posé à côté; c'est empiéter, avec l'idée d'épargner, sur ce qui est destiné à une autre pièce nécessaire au tout. || 8' Fig. Gâter par quelque chose de faux ou de moralement mauvais. Qui vous a entiché de cette opinion? || <• S'enticher, V. réfl. Devenir entiché. Il s'était entiché de ce vice. Il S'éprendre d'une personne. Il s'enticha d'une comédienne et il l'épousa.
— HIST. XIII' s. Elles se souillent en l'orJure De lecherie et de luxure Et des autres vilains pechiés Dont tout li mons [monde] est entichiés, Hist. litt. de la Fr. t. xviii, p. 793. Et qui d'orgoil est entichiés. Il ne puet [peutj son cuer aploier [plier], la Rose, 2|38. || xv s. Item doivent enquérir ceulx de l'ost, quelles condicions a le prince de l'ost, et le prendre.... par la condicion dont ilz le sentent entech^z, chr. de pisan, Charles F, ii, 33.
— ETYM. Diez et Scheler le tirent de l'allem. anstecien, infecter d'une contagion; mais on ne conçoit pas comment ï's aurait disparu. La forme propre est entecher, composé de m t , et de l'ancien français teche, qui est le même que tache; entecher ou enticher est donc identique à entacher. Il ne faut pas confondre entecher, enticher, avec l'ancien verbe enticier, exciter, enticement, instigation.
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ETrrrER, IÈRE (an-tié, tiè-r". Du temps rie ( hifflet, Gramm. p. I8«, <t se prononçait lians entier ccimme dans /«•, hiver), adj.\\i' Qui « toutes ses parties, toute son étendue. L'univers entier. Le giteaii est encore entier. Du corps du grand Rantau tu n'as qu'une des parts; L'autre moitié resta dans les plaines de Mars; Il dispersa partout ses memlires et sa gloire: Kl Mars ne lui laissa rien d'entier que le cœur, tpitaphe de Mntiau, «660. Personne [pendant une baiaille] ne sentit un tremblement de terre qui arriva dans celte contrée, et qui renversa des villes entières, bollin, Hist. anc. OButi. t. I, p. ♦<», dans pocgens. || Terme de botanique. Se dit des feuilles et des pétales dont la circonférence n'est ni incisée ni dentelée. || Terme de féodalité. Homme lige entier, vassal qui n'est attai-hé par le serment de fidélité qu'à un seul seigneur. Il i° Oui n'est pas châtré. Cheval entier. Il 3" Terme d'arithmétique. Unité entière, celle qui n'indique pas de fraction. || Nombre entier, tout nombre qui ne renferme que des unités entières. Il i" Fig. Il se dit des choses abstraites, morales, qui sont dans leur totalité. Une entière confiance. Une entière indépendance. Une soumission entii're. Je l'envisage entier [notre malheur], mais je n'en frémis point, cobn. llor. il, 3. \\h' Qui n'a pas subi de diminution, de déchet, de modification. Un homme d'une réputation peu entière, st-sim. 469, 202. Il abusa de ce secours [les calmants], si c'était en abuser que de l'employer à diminuer ses peines et à conserver plus entières les facultés de son âme, condorcet, Bucqwt. || La question reste entière, c'est-à-dire elle n'est pas résolue du tout, on a répondu à des difficultés accessoires . mais non à la véritable qui faisait le fond même de la question. Qu'est-ce que les comètes ? les anciens pensaient que c'étaientdes vapeurs; mais l'observation a montré que c'étaient des corps bien au delà du cercle de la lune; la question a changé de face , mais elle reste entière. Il Les choses ne sont pi us entières, c'est-à-dire les circonstances ne sont plus les mêmes. |{ Ne laisser rien dentier, toucher à tout, innover en tout, changer tout. Il faut une autorité.... autrement, la présompiion, l'ignorance, l'esprit de contradiction ne laissera rien d'entier parmi les hommes, Boss. Pensées chrit. <*. Défiez-vous de ces dangereui esprits, de ces hardis novateurs, en un mol <les Sociniens, qui bientôt, si on les écoulait, ne laisseraient rien d'entier dans la religion chrétienne, id. Var. Âvert. i, § 48. || 6° Qui maintient entières ses idées, ses volontés. C'est un homme entier. En tous ses sentiments elle est assez entière, tuistan, Mort de Chrispe, il, 3. Plusentier que jamais en son impiété, rotr. St Gen. v, 7. Ce vieux plaideur, quoique inflexible et entier presqu'autanlque son adversaire, n'a pu résistera l'ascendant qui nous a tous subjugués, J. J. Rouss. Hél. v, 6. Il Terme de manège. Cheval entier, celui qui refuse de tourner. li peut être entier à une main ou aux deux mains, suivant qu'il a de la peine à tourner d'un seul côté ou des deux côtés. i| 7° Il se joint à tout; ce qui lui donne plus de force. Le pays tout entier se souleva. La haine sur Titus tombera tout entière, hac. Bérén. m, 2. || Celte affaire, cette fonction exige un homme tout entier, c'est-àdire elle exige toutes les forces et tout le temps d'un homme. Quand pourront les neuf sœurs, loin des cours et des villes, M'occuper tout entier, et m'apprendre des cieux Les divers mouvements incuniius à nos yeuxl la font. Fabl. xi, 4. || Tout entier à, uniquement occupé de. Livré tout entier à mon nouveau goût. De ne vivre jamais pour soi et d'être toujours tout entier aux passions d'un maître, mol. Sicil. 2. Il a voulu témoigner par là qu'il est tout entier à vos charmes, id. Comtesse d'Esc. 2. Je volais tout entière au secours de son lils, hac. Phèd. iv, &. || Se livrer tout entier à, se donner tout entier à, se donner, consacrer tout son temps, se dévouer à. 11 se donne tout entier à l'étude. Se donner tout entier à son pays. || Ou dit dans un même sens se donner en- Mer. X ce reproche l'assemblée, Par l'apolcgue réreillée, Se donne entière à l'orateur, la fonv. Fafci. VIII, 3. Il Mourir tout entier, mourir sans lai.sser de postérité, de souvenir, de renommée. Voudrais-je.... Ne laisser aucun nom et mourir tout entier? rac. Iphig. I, 2. Il En un autre sens, il est mort tout entier, il est mort avec ses facultés entières, avec toutes ses facultés. Il 8° S. m. La totalité, l'ensemble d'une chose. Ce passage est rapporté dans son entier. || En son entier, dans un état d'intégrité, intact, dans ie même état qu'auparavant. Remetire les choses en leur entier. Ce n'était pas uneexplication qui laissât en son entier le fond du mystère, BOSS. Avert. t. Le Parlhénon subsista dans son en-
DTCT. TIT. I,A LANGUE FRANÇAISE
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lier jusqu'en (687, chateaubr. ftir». <9». ||9* Terme d'arithmétique. Un entier, un nombreentier. || 10° Le mot qui fait le sujet d'une charade et qui se divise le plus souvent en deux parties nommées le premier et le dernier. On dit aussi le tout. || 11° Un entier, un cheval entier. || 12° En entier, loc. adv. Entièrement, complètement. Il a récité le morceau en entier. || Terme de droit. Restitution en entier, voy. HESTITUTIOW.
— SYN. ENTIER, COMPLET. Une chose est entière lorsqu'elle n'est ni mutilée, ni brisée, ni partagée, et que toutes ses parties sont jointes et assemblées de la façon dont elles doivent l'être : elle est complète lorsqu'il ne manque rien, et qu'elle a tout ce qui lui convient, girard.
— HIST. xii* s. Set ans aconpiis et entiers, Ronc. p. 3(. Ja cil d'Espaigne n'eschaperont entier, ib. p. 83. Bien [je] peQsse ma joie avoir entière U'esgarder, de veoir, Coud, xviii. 11 tenoit un espié dont la hante est entière, Sax. x. Idunc l'en comencierent al mu.stier amener; Mais parmi l'entier mur lur estoveit [il leur fallait] aler, E par les huis fermez, s'il volsissent passer, Th. le mart. UB. Il xiii° s. Et les ronces n'ont pas laissé sa robe entière, Berte, xl. Qui veïst Blanchefleur la dame au cuer [cœur] entier [excellent], ib. cxxix. Dame, voici , il est mes sire; Je sui son home lige entiers, la Rose, dans dd cange, solidus. || iiv* s. Et requeroienl que la chose fust gardée entière jusques à la venue de lui, bercheure, f" 65, verso. Il XV* s. Il convenroit passer par la force de plusieurs seigneurs, qui ne sont pas si entiers ne si loyaus aus chrestiens comme il deussent, du cange, inlegraliter. La vertu et proesse des quatre chevaliers estoit joeuse à regarder; car sans heaulmes et sans escuz esloient en estant, le roy Perceforest, le roy Lyonnel, le roy Gadiffer, et le chevalier doré son frère, qui n'avoient d'entiers que lescueurs, Perceforest, t. IV, r° 84. jjxvi* s. Fidèlement représenter leschosesenleurentier, mont. i,B».J'avois une santé ferme et entière, id. i, i»B. Nous appelons un cheval entier, qui a crin et aureille, iD.i,368. Martius esloil homme ouvert de sa nature et entier, et qui ne fleschissoil jamais, ahtot, Cor. 2i. En tempérance et netteté de mains, pour ne se laisser point corrompre par argent , il se peult accomparer aux plus vertueux, plus nets et plus entiers [intègres] des Grecs, in. Aie. et Cor. comp. 8. Il aima mieulx acquérir la réputation d'homme de bien, vaillant, entieretdroitturier, ID. P. .(fim. 4. Chevauchant une mule entière, d'aub. Foen. m, 23. Le harangueur fut ferme et entier à latollerance des reformez, id. Hist. <08. Je ne suis homme si entier en mes opinions, que je ne reconnaisse facilement ma faute, PARÉ, Au lect. Et si en l'une et en l'autre partie y avoit entier et rout [fraction] ensemble.... est.de LAROCHE, Arismelique, f* (3.
— ETYM. Bourguig. antei; provenç. entier, entieyr, enteir; catal. enter; espagn. et ital. intero; portug. inteiro; du latin integrum (avec l'accent sur te), entier (voy. intègre).
f ENTIERCEMENT(an-tièr-se-inan), î. m. Terme de droit coutumier. Action de saisir une chose mobilière et de la mettre en main tierce.
— HIST. XI' s. De entercement de vif aveir [de bétail vivant], Loisde Guill. 25.
f ENTIERCER (an-tièr-sé), o. o. Terme de droit coutumier. Mettre en main tierce.
— ÉTYia. En \ , et tiers.
ENTIÈREMENT (an-tiê-reman) , adv. D'une manière entière. Se livrer entièrement à l'étude. Il est entièrement oublié. Il est entièrement de mes amis. Le soin qu'elle devait avoir de son honneur cède entièrement au souvenir qu'elle a de son amour, Académie, Sentiments sur le Cid. Les hommes sont aujourd'hui tellement corrompus, que, ne pouvant les faire venir à nous, il faut bien que nous allions à eux, autrement ils nous quitteraient; ils feraient pis, ils s'abandonneraient entièrement, pasc. Provinc. 0.
— SYN. ENTIÈBEMENT, EN BRTiER. Entièrement, d'une façon entière; en entier, sans que rien manque. Entièrement se rapporte à la qualité comprise dans le verbe; en entier se rapporte à l'objet : la somme est entièrement payée; la somme en entier est dans le sac.
— HIST. xu' s. [Amour] Qui tout me done à vous entièrement, Couct,xvi. || xin's. [lis] Ne purent une messe entièrement oïr, Herte, lxiii. Et disent àcel» de laiens que, se il vouloienl rendre Cristople entirement.... li cuens [le comte] et tout li autre prison [prisonniers] seroienl délivré, H. de valeng. xxvii. Il XV* s, C'estoit mon cueur que j'ordonnoye
RNT ^ 4^2 fi
Pour avecques vous demeurer, X 1"" J' ••"* «ot'srcment, ch. d'orl. Bail. I3.
— ÊTYM. Entière, et le suffixe »"''"«; provenç, mft>ra»nen; catal. enfcrameni ; espagn. ^"'framente; ital. interamente.
ENTITÉ (anti-té), ». f. Terme de philosophie scolastique. Ce qui constitue l'existence d'une chose, existence considérée comme distincte et indépendante de la chose même. D'autres soutiennent qu'il fAristote] entend [par forme] une entité substantielle, réellement distincte de la matière, fén. Aristote. 'Voici ce qui arrive ordinairement aux philosophes : ils voient quelque effet nouveau ; ils imaginent aussitôt une entité nouvelle pour le produire, halkbr. Rech. m, 8. Il est bien plus commode de supposer dans les choses une réalité dont on regarde les mots comme les véritables signes; d'entendre par les noms homme, animal, etc. une entité qui détermine et distingue ces choses, que de faire attention à toutes les idées simples qui peuvent leur appartenir, condil. Conn. hum. seot. 6, (Euvr. t. I, p. 227, danspouGENs.
— ÊTYM. Bas-lat. entitas, de ens, l'Stre, participe présent du verbe esse, être.
t ENTOCÉPHALE (an-to-sé-fa-l"), t. m. Terme d'entomologie. Une des pièces de la tête des hexapodes.
— ÊTYM. 'EvTè;, en dedans, et %t<faki\, tête. fENTODlSCAL, ALE (an-to-di-skal, ska-r),arf;.
Terme de botanique. Qui est situé en dedans du disque.
— ÉTYM. "EvToi;, en dedans, et disque.
fENTOGASTRE (an-to-ga-str') , î. m. Terme d'entomologie. Une des pièces de l'abdomen des insectes.
— ÊTYM, "EvTÔ;, en dedans, et fa-ni^p, ventre.
ENTOILAGE (an-toi-la-j'), ». m. \\ 1° Action d'entoiler; le résultatde cette action; la toile dont on s'est servi pour entoiler. |{ 2° Réseau auquel on coud une dentelle.
— ETYM. Entoiler.
ENTOILÉ, ÉE (an-toi-lé, lée), part, passé. Une estampe entoilée.
ENTOILER (an-toi-lé), v. a. || 1° Garnir de toile quelque chose de plus léger et de plus fin pour le soutenir, le garantir d'accident. Entoiler une carte, c'est la coller sur la toile. || 2° Kemettre de la toile à une dentelle.
— HIST. XII* s. Et son mantel à fin or entoillet, Saoul de C. 244.
— ÊTYM. En \, et toile.
t ENTOIR (an-loir), ». m. Synonyme de greffoir, qui est aujourd'hui le seul usité.
— ÉTYM. Enter.
fENTOISAGE (an-toi-za-j'), s. m. Action d'entoiser.
t ENTOISER (an-toi-zé), tJ. a. Disposer des matériaux de manière à faciliter l'opération du toisé; ce qui se dit aujourd'hui emmétrer.
— ÊTYM. En t , et (Oise.
t ENTOMIQCE (an-to-mi-k'), adj. Terme de zoologie. Qui a rapport aux insectes.
— ÉTYM. Voy. ENT0M0....
■f ENTOMO..., mot qui signifie insecte et qui est le grec évto|jiov, de £v, en, et vo[jiti, section: insecte, proprement échancré, divisé en...., et particulièrement, ici, divisé en trois parties, la tête, le corselet et l'abdomen.
t ENTOMOGÈNE (an-to-mo- jê-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui se développe et vit sur le corps des insectes morts.
— ÉTYM. Entomo et T»v^C, né.
t ENTOMOGRAPHE (an-to-mo-gra-P), ». m. Celui qui s'occupe d'entomographie.
t ENTOMOGRAPHIE (an-lo-mo-gra-fie), s. f. Histoire des insectes.
— ÉTYM. Entomo et Ypiiçeiv, décrire.
fENTOMOÏDE (an-to-mo-i-d'), adj. lerme de
zoologie. Qui ressemble à un insecte.
— ETYM. Entomo et elSoi;, forme.
t ENTOMOLITHE (an-lo-ino-lit'), ». f. Insecte fossile. Il Pierre ayant des empreintes d'insectes.
— ÊTYM. Entomo.... et Xî6o;, pierre.
ENTOMOLOGIE (an-to-mo-lo-jie), ». f. Partie de
la zoologie qui traite des insectes.
— REM. Bonnet dit {Contemplât, nat. Œuvres, t. viii, p. 2»<, dans pougens) : « J'ai donné le nom d'insectologie à cette partie de l'histoire naturelle qui a les insectes pour objet; celui d'entomologie, qui est tout grec, convenait mieux sans doute, et on l'a remarqué; mais sa barbarie m'a effrayé. » Aujourd'hui entomologie, qui est seul correct, est ea plein usage.
— ÊTYM. Entomo et Xôyoc, traité.
ENT
KNTOMOLOGIOUR (an-to rno-lo-gi-k'), adj. Qui j appHiUehl. qui a i-,i|iporl à l'entomologie.
K.NTOMOLOOISTK (an-lo mo lo-ji-sl"), t.m. Celui qui s'occii(ie d'. ulouiologie, <ie l'élude des insectes.
t.ENTOMOI'UAGK{an-to-mo-fii-j), adj. Teriii« dezooliiKie. 0"' vil d'insectes.
— ÉTYM. Eulnmo et pliage (voy. ce mol).
f ENTOMOPHILB (an-to-rno-fi-r), *. m. Amateur, tollecleiir d'insectes.
— ÊTVM. I^ntomii.... et çîXoç, ami.
f ENTOMOPIIORE (an-lo-mo-fo-r'), ad), terme didaclèiiue. Qui |>orl«, qui contient des insectes.
f.TYM. Eiitiimo.... et çopo;, qui porte.
j ENTOMOSTOMK (an-to inn-slo-m"), ad;. Terme de concliyliolugie. Dont la bouche ou l'ouverture est échancréi'.
— ÉTYM. Entomo et oréiia, bouche.
1 ENTCMOSTUACÉ, P.E (an to-mo-sira-sé, sée), adj. Terme de conchjliologie. Oui a une coiiuille de plusieurs pi'ces.
— ÉTYM. Eutnmn et JiTpÉov, coquille.
I ENrOMOZOAIHE (an-to mo-/o-êr'), ». m.Terme de zoologie. Nom des animaux formant, d'après Blainville, un emliranchemenl qui répond aux inaectes etaux versde l.inn6, aux anuelésdc Lamarck.
— ETYM. Enlomo et Cwàpiov, diminutif de
Caov, animal.
t KNTONNAGE (an-to-na-j"), t. m. Action de mettre un liquide en tonne.
— msT. XVI' s. Entonnage, cotobavb.
— ÉTYM. Eninnfier.
f ENTONNA I.SON (ari-to-nft-zon), ». m. Action de mettre en tonneau. Il arrive assez souvent , principalement dans le Jura, où les vendanges se font vers le (6 octobre, saison déjà froide et peu favorable à la feruienialion, que le vin est encore doux au moment de l'entonnaison, pasteur, Acad. des te. Comptes rendus, t. Lvni, p. U6.
4. ENTONNÉ, ÉE (an-lo-né, née), pari, passé d'entonner (. Jlis en tonneau. Du cidre enlontié.
.2. ENTONNÉ, EE(an-io-né, née), por(. po».ié d'entonner 2. Mi^ sur le ton. Un couplet gaiement entonné.
t ENTONNEMENT (an-to-ne-man), ». m. Action de mettre en tonne.
— HIST. XVI' s. Ladite cour permet, ausdits questeurs, après le premier entonnement fait, de jauger ou sonder les cuves, flottes et bacquets desdits brasseurs, pour estimer quel nombre il peut rester k entonner. Cour des aides de Rouen , Arrêt 3o mars i 540.
— ÉTYM. Entonner t.
4. ENTONNER (an-to-né), v.a.\\ 1* Verser une liqueur dans un tonneau, || 2' Fig. et absolume:i t. Il entonne bien, il boil bien. La gorge.... A force d'cntouner se trouve un peu gStée , chai L. Seconde réponse d. K. Genesl. || 3° S'enionner, v. réfl. S'engoutlrer avec inipétuo.-,ité dans un lieu étroit. Le veut s'entonne dans la vallée. S'entonnant dans les tuyaux de cheminée, desc. Météor. 7.
— HIST. xiir s. Tant en entonent par la goule, HUTEB. 33. Le vent s'entonne en la voile, joinville, p. 24, dansLACUBNK. Il XVI' s. Une creuse coquille Retorse par le bout etlarye que souvent Ainsi qu un flageolet il entonne de vent : Il n'a si'tost dediins entonné son haleine. Que—- bons. 849. Lors le s riant du tout de la cuve pour l'entonner, 0. deserres, 2it.
— ÉTYM. En I , et tonne.
2. ENTONNER (an-to-né) , V. a. \\ 1" Mettre un air sur le ton. Entonner un air. || 8° Chanter le commencement d'une hymne, d'une antienne. Entonner le Te Deum. || Absolument. Ce chantre entonne bien. || 3* Se mettre à chanter. Entonnez un cantique de louanges, Boss. i, Ass. 3. Le peuple prosterné sous ces voûtes antiques Avait du roi prophète entonné les cantiques, delav. Y(pr. sicil. v, 2. M'endorraais-je un peu sur ma chaise, 11 entonnait la Marseillaise, BÉBANa. Homme rouge. \\ Fig. Et du dieu des raisins entonnant les louanges, boil. Art p. m. Tout chantre ae peyt pas sur le ton d'un Orphée Entonner m grands vers la discorde étouffée, ID. Sat. IX. Il Entonner la trompette, prendre le style héroïque ou lyrique. Au milieu d'une églogue entonner la trompette, boil. SaX. n. Désormais entonnantia trompette éclatante, delille, Enéide, i.
— REM. D'après tnlonalton, comme d'après détonation et détoner, on devrait écrire cnjoiifr avec une seule n; et entnnn«r avec deux n signilierait mettre dans un tonneau.
— HIST. xm* s. L'antienne del magnificaz. Celé dit dant Tybers li chaz, El Ren.irl l'a bien cntoné Et gloriosi mont chanté, Iten. ai3&7. Ce eonnois tel qui pas n'entonne Tant el nioster |au couvent) corn lez la tonne, llisl. de Ste Leoc. m* de St-àerm.
KNT
r* 2», dans ucurke. || xvi* s. Oui aura l'haleine assez forte Et l'estomac pour entonner Ju.squ'au bout la buccine [la trompette] torte Que le Mantuan fit sonner? du bkll. m, 14, verso. Je tiens qu'il fault esire prudent à estimer de soy, el pareillement conscientieux à en tesmoigner, soit bas, soit bault, ii.dIfTeremment; si je me semblois boa et sage, ou prèsde là , je l'entonnerois k pleine teste , hokt. ii , 8 i .
— ETYM. Proveiiç. et espag. entonar; porlug. en- (oar; ital. intonare ; du latin inlonare, de tn, et\ tonare, faire du bruit (voy. tom.neh). i
t ENTONNERIE (an-to-ne-rie), ». f. Lieu où sont | rangés les tonneaux que le brasseur emplit de bière à mesure qu'il achève un brassin.
— ÉTYM. Entonner t.
ENTONNOIR (ao-lo-noir) , t. m. || 1* Instrument k l'aide duquel on ver.se une liqueur dans un tonneau, dans un vase. Un entonnoir de verre, de fer-blanc. Il Entonnoir magique, instrument à l'aide dujuel on fait à volonté couler ou s'arrêter la li({ueur qui est dedans. || lùi entonnoir, loc. adr. En forme d'entonnoir, La chaîne de montagnes dont j'occupe le sommet, et qui forment avec celles que j'ai quittées un amphithéâtre en entonnoir, DinERor, Sa<on { de 1767, CEutre», t. xiv, p. (85, dans pouoehs. , il Fleurs en entonnoir, fleurs évasées par le som- i met et étrnites par la base. || 2° II se dit quelquefois, i en plaisantant, pour gosier. Il a l'enumioir large. Il 3* Terme d'anaiomic Prolongement conique de la base du troisième ventricule du cerveau, regardé à tort par les anciens comme un canal par lequel la sérosiié des ventricules du cerveau tombait dan» les fosses nasales. |{ Petite cavité conique au sommetdu noyau commun qui forme le centre du limaçon, dans l'oreille interne. || Enlonnoirsdes reins, les.,alices. Il 4° Terme de chirurgie. Instrument qui sert à conduire le cautère actuel vers certaines parties malades. Il 6' Terme de botanique. Le pédoncule creux de certains lichens. || Demi-entonnoir, espèce de champignon. || 6° Terme militaire. Ce qui sert à couler la poudre dans la lumière d'une pièce, || Espèce de cratère qui résulte de l'explosion d'une mine. Il 7° Partie du four à chaux. || 8° Terme de conchyliologie. Patelle profonde et conique. ||8' Sorte d'instrument dans lequel on jette quelquefois les dés au lieu de les lancer du cornet sui la table.
— HIST. XVI* s. Toujours avecques moi je porte Un fort bon entonnoir à vin, i. leboux, xii.
— ÉTYM. Entonner 4,
■f ENTOPHVLLIN, INE (an-to-f)l-lin, li-n"), adj. | Terme de botanique. Qui porte des bourgeons en- i foncés dans la substance même de la plante. || S. (. plur. Les eniophvllines, famille d hépatiques. j
— ÉTYM. 'EvTÔ;, en dedans, et çûî.Xov , feuille, t E.NTOPHYTE (an-to-fi-f), ». m. Terme de bo- |
tanique. Végétal qui se développe dans le tissu même i d'une plante vivante.
— ETYM. 'EvTO;, en dedans, etfvriv, plante.
f ENTOPHYTOGENÉSE (an-to-fi-lo-je-nè-z'), ». f. Terme de botanique, l'ruduction des plantes p;irasites internes.
— ÉTYM. Entophyte, et genèse, production.
t ENTOPTIQIIE (an-to-pti-k'), adj. Terme de physiologie, l'héiiomènes entoptiques, phénomènes de vision qui s'observent dans l'intérieur de l'œil, les paupières étant fermées.
— ETYM. 'Evtè;, en dedans, et6irco|i«i, voir.
4, ENTORSE (an-tors'), », /, || 1" Distension violente et subite des ligaments etdes parties mollesqui entourent les articulations et particulièrement celles du pied, Bomston à demi ivre se donna en courant une entorse qui le força de s'asseoir; sa jambe enfla sur-le-champ, et cela calma la querella mieux que tous les soins que M. Dorbe s'était donnés,], j. bouss. Jlél. i, 66. Il 8° Fig. et familièrement. Donner une entorse à quelqu'un, lui enlever une partie de son crédit. Pelletier de Sou.si, conseiller d État, avait reçu une entorse de la probité de son fière, ST-siMON, 69, 136. || Donner une entorse à un texte, le détourner de son vénUiliie sens. Donner une entorse k la vérité, l'altérer. Donner une entorse au bon droit, le méc mnattre.
— HIST. zvrs. Hieulx qu'un luicteur, avec toute sa force. Ne lui sçaurait donner la moindre entorse [croc en jambe j, amyot, Com. refréner la colère, 37, On chastre aussi les taureaux en leur estoidant \zs genitoires avec des tenailles.... les plaies venantes de l'entorce.... o. de seiibks, 290.
— ÉTYM, En ) , et tors, anc. part, de tordre.
t 2. ENTORSE (an-lor-s'), ». [. Hésidu de la cire fondue.
t ENTORTILLAGE (an-tor-ti-lla-j', U mouillées, et non en-lor-ii-ya-j'), ». m. || l'Action d'entoiUlIer;
ENT
résultat de cette action. Je ne puis me reconnaître dans l'entortillage de ces QU. || 2* Fig. Manière d'entremêler, dans un discours, des idées équivof^ues afin de n'être pas compris, ou des idées affectées pour donner au style le caractère de la recherche. Je rentre dans la lice, armé de mes seuls principei et de la fermeté de ma conscience, et je prie tous ceux de mesadveisairesqui ne m'entendront pas d* m'arrêter, afin que je m'exprime p us clairement; car je suis décidé k déjouer tous les reprochas tant répétés d'évasion, de subtilité, d'entortillage, mirabeau, Collection, t. m, p. 368.
— ETVM. Entortiller.
ENTORTILLÉ. ÉE (an-tor-ti-llé, liée , Il mouillée», et non en-tor-ti-yé, yée), part, passé. \\ 1' Tortillé dans. Entortillé dans un tablier. || ferme de botanique. Synonyme de Tolubile , en parlant de U tige. Il 2' Fig, Oui a le caractère de I entortiUage. Des phrases entortillées. Arguments captieux et entortillés, pour me servir du terme de Cicéron, boI/- Li.N, Uist. anc. t. XII, liv. xxvi, 3* part. ch. <.A travers ce jargon si entortillé, si précieux, si éloigné de la nature, Marivaux a su conserver un mérite dont on doit lui savoir d'autant plu^ de gré qu'on le croir.iit incompatible avec im pareil langa^je, d'à- LEMk. fi.loqes, Marivaux.
ENTORTILLEMENT (an-tor-ti-Ile-man, Il mouillées, el non ea-lur ti-yc-man), », m, i, 1* Atiion de ce qui s'entortille autour d'une chose; état d'une cho<)e entortillée autour d'une autre, || 8* Par eitension. Ce que je demande, c'est qu'on ne me foice pas d'admirer les entortillements des vallées des Alpes, ciiateaubr. Mont-Blanc, 44a. || 8" Fig. Embarras, obscurité du style. Il y a de rentortillemeul dans cette phra.se. Quel entortillement dans tout ce discours I boss. Item. Ces correctifs ne sont que de vrais entortillements capables de tourner les tètes, ID. Relat.
— HIST. XVI' S. Estans deceus de tels entortillemens, nous sommes distraits par beaucoup de dieux divers, calv. Insl. 67. Les boyaux oni esté faits avec plusieurs révolutions ou enlortillcmens, afin que,.,, pabé. i, 4 6. Les jetions des haies, agencées par entortillements et enlrelas, lesrendenlde belle représentation, o. de sebbes, 742.
— ETYM. Enlortiller.
ENTORTILLER (an-tor-li-llé. Il mouillées, el non en-tor-ti-yé) , ». a. |{ 1' Envelopper tout autour en tortillant. Entortillez cela dans un linge. || 8° Fig. Exprimer une chose d'une manière embarras; ée, avec recherche. Entortiller son style. || 3' Familiètement. Circonvenir, séduire. On vous a si bien entortillé que vous avez consenti, || Poi'Ulairement, Ennuyer. Ah! Iais5e/,-moi,vousm'ent'irliIle/..||4" S entortiller, r. réfl. S'attacher à une ch jse en l'entourant plusieurs fois. Le serpent s'entortilla autour de .sa jambe. Si la vigne et iesautres plantes qui sont faites pour s'attacher aux grands arbres, en choisissent si bien les petits creux et s'entortillent si proprement aux endroilsqui sont capablesde les appuyer, BOSS. Connoijs. v, 2. |{ Familièrement, S'envelopper dans un maiite:iu, dan» une couverture, ll 6° Fig. S'entortiller dans des phrases équivoques. || Absolument. Vous vous entortillez.
— HIST. XIII' s. S'il eschape, ce est merveille, La roiz [rets] entor lui s'entorleille, Prisesi el par col el par piez, Ren. 5080. L'une des resnes du ceval à l'escuier enlorieilla eiitor le pié du chevalier, bealm. LXiv, 42. De loiiaiUes [toiles] sont entorieillée.> leur testes [des Bédouins], qui leur vont par desuiis le menton, dont ledes [laides] gens el hydeuses sont à regarder, joinv. 230 |ixv' s. Le petits untiéavoit perdue toute contenance, fors deeDiorledler le pendant de saceinclure entre ses doits, Jeh. de Saintré, ch. 3. Il XVI* s. Il laisse espoir de pardon à ceux qui auront esté entortillez aux filetsdu diable, calv. Insttt. 115. Les concupiscences sont si cachées et entortillées, que facilement elles trompent la veus de l'homme, u>. ib. 26i. Ilz leur enlorliUerenl leurs robbes autour du col, et les eutrainerenl par force, AMTOr, Public. 7,
— ET^M, En 4 , el tortilUr.
t ENTO.STERNAL (an-to-stèr-nal), f. m. Terme d'anatuiilie. Pièce du sternum des tortues.
— ETYM. 'Ev-,à«, en dedans, el »remiini,
i ENTOTHORAX (an-to-UJ-raks'),i, m. Turmed'entomokigie. Lue des pièces du lfaor,u des insectes.
— ETYM, 'Evtoç, en dedans, et Ifiorax, E.NTOUR (an-tour), », m. \\ 1' N'esl guère usité
qu'au pluriel. Lieux circonvoisins. Les euiours des Tuileries. Une vallée environnée de bois qui formaient les enlours de cette belle salle l>Jlie des mains de la nature, cbatkaubr, Kalch. m, n.
ENT
ENT
ENT
Il Fig. Ce qui entoure, ce qui concourt à. Allons, je veux savoir Tous les entours de ce procédé noir. VOLT. Enf. prod. v, 3. Il faut qu'ils aient certains ei:lours et des facilités peu communes pour l'impression de ces feuilles, bachacm. Uem. secrets, t. xxx, '. 64,danspoLGE.NS. JlCirconlucuiioii. i;lle [Mmeii'A- ■gre] épuisa tous les entours et les environs, avec nie patience de ma part inexpriraalile, st-sim. 47B, s. Il 2" Par extension, ceux qui vivent dans la famiarité de quelqu'un, ses voisins, sessTvi leurs, etc. Monseigneur, pour d'autres temps, leur était assuré [aux bâurds] par ses entours, ST-siM. t»0, 60. Avec de tels entours. il fallait toute l'amitié du roi pour soutenir Chamillart, m. ''O, (BU. Nous sommes à vos pieds, madame, avec toute la colonie et tous les entours, volt. Lett. Mme de St-Julien, 3 oct. i775. Même au temps de ma plus gramle faveur auprès de Mme la maréchale, j'avais toujours senti qu'il n'y avait que mon sincère attachement |i0ur M. le nia- ' réchal et pour elle, qui pût me rendre leurs entours supportables, j. j. rouss. Confess. XI. la gaieté.... fait que nous nous plaisons par instiiCt en nousmêmes, dans nos possessions, nos entours, notre esprit, VAL'VENARGUKS, De l'esprit humain, 23. Sa résoluiion fixée, il lui importait qu'elle ne inécontenlât pas ses entours; il pensait qu'en eux la persuasion aurait plus de zèle que l'obéissanee, sÉGiR, Hisl. de Snp. v, 2. || Savoir bien prendre les entnurs, gagner ceux qui entourent la personne dont on a besoin. I, 3° X l'entour, Inc. adv. Voy alentour.
— H^ST. Xf s. xu* s. [Ils] orent porpris entor et environ, Roncisv. p. 47. Une hart lui ont fait entor le col fermer, ib. p. l»7. || xiif s. Cis Foulques commença à parler de nostre Seigneur par France et par les autres pais d'entour, villeh. i. Entour la St Jehan que la rose est florie, Berle, II. Le dit comte de Champaigne donna à la royne de Cypre eniour deux mille livrées de terre, jomv. soi. Il XV s. D'entour lui [il] doit tous menteurs rebouter, EUST. DESCH. Vertiis nécess. au pniice. || xvi* s. Comme aveiUes chassent les frétions d'entuur leurs rouches, bab. Garg. i, 40. Les pigeons qui ont le col doré, l'entour des yeux et les pieds rouges,
— ÊTYM. En t , et tour, s. m. : bourguiK- f "">; provenç. eninrn, entor; ital. intorno. Dans l'ancienne langue, entour était aussi préposilion.
ENTOURAGE (an-tou-ra-i'),s. m. || 1" Seditde tout ce qui entoure, protège un objet. Mettre un enloura;-'e à une tombe, à un arbre, à un parterre. || 2° Ornements qui entourent un bijou. Entourage de perles. Il 3° Fig, Ceux qui vivent d;ins la familiarité de quelqu'un. On ne peut fréquenter cette personne à cause de son entourage.
— ÊTYM. Entourer.
■f ENTOURANT, ANTE (an-tou-ran, ran-t'), adj. Oui sert à entourer, jj Terme de botanique. Feuilies entourantes, celles qui forment , en se réunissant autour lie la tige, une sorte d'entonnoir.
ENTOURÉ, ÉE (an-tou-ré, rée), part, passé Il 1° Oui a autour de soi. Je suis un malade entouré de gens plus malades que moi, volt. Lett. d'Argental, 25 janv. 1773. La Macédoine était presque entourée de montagnes inaccessibles, montesq. Hom. ch. s. Il 2" Fig. Ta promesse suffit, et je la crois plus sûre Oue les auteis des dieux ento.irés du parjure. Volt. Mor( de Ces. l, l.||Un homme bien, mal entouré, un homme quia dans sa familiarité des gens honnêtes, malhonnêtes.
ENTOURER (an-tou-ré) , v. a. \\ 1° Mettre autour, Entiiureruiie ville de murailles. Entourer un cliamp de haies. || Fig. Nos rois ont mis le titre de chrétiens à la tête de tous les titres qui entourent et ennoldissent leurs couronnes, mass. Petit cai'. Grand ur de J.-C. En vain font-ils la guerre la plus cruelle à la science; en vain, dans la vue d'assurer leurempire, entourent-ils les têtes humaines, dès l'enfance, des bandelettes sacrées de l'opiniim, d'boluach, É.ysot préjug. ch. B, dans dumarsais, QCuvres. Oui, de soihs paternels j'entourai votre enfance, lelav. Vêpres sic. 1, 3. Il 2* Il se dit aussi des personnes qui se mettent autour d'une autre. Les gendarmes eniourenl les rebelles. Quand j'entrai dans le salon, tout le monde m'entoura pour me demander des nouvelles de M. d'Airaeri, il"' de genlis, • Ad. et Jliéod.l. m. lett. 67, p 496. j| Il , se dit aussi des personnes que Ton met autour dequeliju'un. La poli e l'a entouré d' spions. || 3° Former la société, " la compagnie habituelle de quelqu'un. Il fait le malheur de ceux qui l'entourent. Veille sur lui, sur son gouverneur, sur tout ce qui l'entoure, M"* db GE i.s, ib. p. "6:! Ili" .-: ont.jurer, i. rrfl. l'.éumr autour da soi, établir dans sa familiarité. S'entou-
rer de savants, d'artistes. || Mettre autour de soi , en pail int do choses. S entourer d'objets d'art, de livres de prix, || Fi^;, S'entourer de précautions, de mystère, se conduie iiveo de grandes précautions, avec beaucoup de mystîire.
— SYN, ENTOURER, ENVIRONNER, Les environs s'élendent plus loin que les entours; donc entre co qui environnée! ce qui est environné, l'éloignement est plus grand qu'entre ce qui entoure et ce qui est entouré. Une ville environnée de riches campaenes, signifie qu'elle a, même au loin, autour d'elle de riches campagnes. Une ville entourée de c teaux, signifie que les coteaux lui font une sorte d'enceinte.
— ÊTYM. Eniour; bourguign, entorné. Entourer est un mot récemment fait d'entour, mot dans lequel l'n étymologique des dérivés de tour, comme tourner par exemple, a disparu. La forme régulière était entourner, quia duré jusque dans le xvi* siècle : Les appareils effroyables, de quoy nous entournons la mort, mont, i, 90.
ENTOURNURE (an-tour-nu-r'), s. f. Partie du corsage où la manche s'adapte et qui a la forme du bras. Il Le haut de la manche lui-même prend aussi ce nom. L'entournure de la manche. Ce cor.sag'' a les entournures trop étroites. || Fig. et familièrement. Cela le gonc dans les entournures, cela le niet mal à l'aise. || l'.'est là l'entournure, le point difficile.
— ETYM. Ancien franc, entourner, de en i , et (oiirner.
t EN -TOUT-CAS (an-tou-kâ), t. ro. Espèce de pa- •laplnie qui est plus petit que la forme ordinaire des parapluies et un peu plus grand qu'une omlirelle, et qui sert à abriter de la pluie ou du soleil, || Auplur. Des en-tcntras.
t ENTOZOAIRE (an-to-zo-ê-r'), t. m. Terme de zoologie. Animal qui vit dans le corps d'autres animaux.
— ÉTYM. 'EvToc, en dedans, et Cwôpiov, diminutif de ^lôov, animal.
t ENTOZOOGENÈSE (an-to-zo-0-je nè-z'), s. f. Terme de zoologie. Production des entozoaires.
— f',TVM.£n(o:oo.... (voy. entozoaire), et genèse. t ENTOZOOGENÉTIQUE (an-to-zo-o-je-né-ti-k'),
adj. Oui a nipport i"i l'entozoogenèse.
t ENTOZOOLOGIE (an to zo-0-lo-jie) , s. f. His-toire des animaux qui vivent dans le corps d'autres animaux.
— ÉTYM. Entoioo.... (voy. entozoaire), et Xô- Yo?, traité.
t ENTR'ABATTRE (S') (an-tra-ba-tr') , v. réfl. S'abattre l'un l'autre.
— HIST. xiii" s. Ambedui [tous deux] s'entr'abatent tout sanglant enl'erbier, Berte, xxxviii.
— ETYM. Entre, et abattre.
t ENTR'ARORDER (S") (an-tra-bor-dé) , v. réft. S'aborder mutuellement.
— HIST. XVI' s. Le roy et le roy d'Angleterre montés chacun sur un cheval d'Espagne s'entre-aborderent, m, nti bellay, 26.
— ETYM. Entre, et aborder.
t ENTR' ACCOLER (S') (an-tra-ko-lé) , ». réfl. S'accoler réciiiroquement.
— HIST. iiii' s. [Ils] S'entr'acoloient et baisoient, la Rose, 847t. |1 xv s. Si s'entr'accolerent et firent grant chère, phoiss. ii, ii, t<7.
— ËTYM, Entre, eX accoler.
ENTR' ACCORDER (S') (an-tra-kor-dé) , v. réfl. S'accorder, se mettre de bonne intelligence ensemble. 11 Par extension. Et, pour lier des mots si mal s'entr'accordants, boil. Épit. xi.
— HIST. XVI' s. Ce n'est seulement de climat à autre, ofi telles différences se voient, ains d'horizon à liorizon, ne s'enlr'accordans pas mesme en toutes choses deux terroirs contigus, o. DE serres, B).
— ÊTYM Entre, el accorder.
t ENTR' ACCROCHER (S') (an-tra-kro-ché),D. réfl. S'accrocher mutuellement.
— HIST. xvi' s. Les deux capitaines, laschanl les brides de leurs chevaux, avec les deux mains s'en- Ir'accroclierent l'un à l'autre, taschans à s'arracher les aimets des te.stes, amyot, Eumenes, xiii. [Les atomes] Heurlés ensemble ont composé le monde, S'entr'accroch::;:s di liens tous divers, hons. 24.
— ËTYM. Entre, i=À accrocher.
ENTR' ACCUSER (S') (an-lra-ku-zé), e. ré/l. S'accuser l'un l'autre. Chose incroyable ! ils meurent presque tous avec courage, ajirès s'ùlre entr'accusés lâchement, diderot. Règne de Claude et Néron, j,
— HIST. xn* s. Si corn tesmougent sainz Paules, ki disl ke les penses [pensées] soi eutracuserunt u defunderiinl, Joi/., p. 4:'(;. ..
— ËTYH. Entre, et accuier.
ENTR'ACTE (an-tra-kl'j , ». m. \\ V Intervalle entre deux actes d'une pièce de théâtre. Des entr'actes courts. Présenter des rafraîcliissements aux dames dans les entr'actes, VOLT. Lett. à UlleClairon, I7<iii. Il 2" Partie d'un spectacle qui s'e\éeute entra deux acte», inter.nède. || Petite symphonie qui est quelquefois placée par le compositeur entre deux actes d'un opéra. || 8° Par extension. U y a des entr'actes Jl nos conversations, sév. 174. Nous avons un instant crié: la Grèce, Athènes!... Puis l'entr'acte est venu; c'est bien, et maintenant.... Nous avons tout rayé pour écrire autre chose, v. hugo, Crép. 8.
— ÊTYM. Entre, et acte.
t ENTR'ADMIRER (S") (an-tra-dmi-ré) , v. réfl. S'admirer mutuellement.
— ÊTYM. Entre, et nrlmirer.
t ENTR'ADMONESTKR (S') (an-tra-dmo-nè-sté), V. réfl. S'admonester réciproquement.
— HIST. XVI' s. Hz se rallièrent en bataille an devant de luy, s'entre-admunestansles uns iesautresde n'abandonner pas leur capitaine, amïot, Cam. 64.
— f'.iYM. Entre, et admonester.
t ENTR' AFFRONTER {S') (an-lra-fron-té),o. réfl. S'affronter l'un l'autre.
— HIST. XVI' s. S'enir'afronter, langue, 3|3.
— ÊTYM. Entre, el alfnmter.
t ENTRAGE (an-tra-j'j, s. m. Terme de droit féodal. Droit '|ue l'on payait au seigneur en prenant possession d'un fief ou d'un bail à cens.
— ÉTYM. Entrer.
ENTR' AIDER (S') (an-trèdé), v.réfl. S'aider mutuellement. Il su' faut entr'aider, c'est la loi de nature, LA FONT. Fabl. VIII, 17.
— HIST. XIII' s, Rt s'entrejurent et affient Qu'à leur pooir s'en! raideront . laRose, IB324.
— ÊTYM. Entre, et ai'der.
t ENTR'AIGUISER (S') (an-trè-gui-zé, ut prononcé comme dans huile) , v. réft. S'aiguiser réciproquement.
— HIST. XVI* s. Une escole où, comme deux couteaux qui s'entr'aiguisent , celte gaillarde jeunesse, par un exercice alternatif, apprend, yveb, p. 698.
— ÉTYM. Entre, et aiguiser.
ENTRAILLES (an-trâ-il', Il mouillées, et non antrâ-ye) . ^. f. || 1* Nom généri<iue donné aux parties enfermées dans le tronc de l'homme ei des animaux, el particulièrement dans le ventre. Ils vidèrent les entrailles et embaumèrent le corps, vaugel, Q. C. X. (0. Il consulte les entrailles des victimes, kén. Tél. IX. Ses entrailles commencèrent à sortir avec un ruisseau de sang : son teint se flétrit comme une fleur que la main d'une nymphe a cueillie dans les prés, ID, ib. XX, Cette science frivole qui consiste à connaître la volonté des dieux, ou par le vol des oiseaux, ou par leur chant, ou par l'inspection des entrailles d'une victime, dideh. Opin. des anc. phil. (Ilomains). Ici des athlètes qui n'étaient pas encore entrés en lice, cherchaient dans les entrailles des victimes la destinée qui les attendait, barthél. Anach. ch. 38. Il Sentir crier ses enlraill'S, avoir faim. Un auteur qui, pressé d'un besoin importun. Le soir entend crier ses entrailles à jeun, GoOte peu d'Hélicon les douces promenades, boii.. Art p. iv. || Fig. Déchirer ses entrailles, en parlmt d'un peuple, être en proie aux discordes civiles. Assez de funestes batailles, Et de carnages inhumains Ont fait en nos propres entrailles Rougir nos déloyales mains, malh. m, 2. Qu'elle-même [Rome] sur soi renverse ses murailles. Et de ses propres mains déchire ses entrailles, cORN. Hor. IV, B, Rome par ses mains déchirait ses entrailles, n Cinna, i, 3, || Fig. Sentir ses entrailles se déchirer, éprouver une vive douleur. C'est lui [Smindyride] qui, voyant un paysan soulever sa bêche avec effort, sentait ses entrailles sa déchirer, et qui ne pouvait dormir si, parmi les feuilles de rose dont son lit était jonché, une seule venait à se plier par hasard, babthél. Anach. ch, 37. Il 2° Sein de la mère. Le fruit de vos entrailles. || 3° Il se dit des lieux les plus profonds de la terre. Les entrailles d'un volcan. U a fouillé les entrailles de la terre, eoss. Connais», vu. Fig. Ce qu'il y a de plus intime dans une Cninposiiiuii lilti'raire. Celte distinction sort des entrailles mêmes du sujet, || 4° Ce qui sort de nous, notre famille, nos enfants. C'est un homme armé contre ses propres entrailles, patru, Plaid. VI, dans hichelet, Madame, éparguez-les, épargnez vos entrailles, corn, Uédée, m, 4. |{ 6° L'intérieur, le fond de l'âme. Ceux qui écrivent par humeur, que le cœur fait parler, à qui il inspire les termes et les figures, et qui tirent, pour ainsi dire, de leurs entrailles tout ce qu'ils expriment sur le papier, LÀBROT. I. Il S* Sensibilité, tendre affection.
ENT
Ijiissoii» nous aller de lionne foi aui ehoses qui nous prennent par le» entrailles, et ne cherchons point ie raisonnement pour nous empêcher d'avoir du plaisir, mol. Crilique, se. 7. Il veut lui donner pour nous des entrailles de mère, Boss. n, JValtti. 2. Il ne pensa plus qu'à ce jeune prince [le dauphin, fils de Louis XIV].... de peur de l'amollir par la tendresse, il emprunta l'autorité du roi; de peur de le rebuter par l'austérité des préceptes, il prit les entrailles du père, FLÉCH. Duc de Montausier. Et vous qui lui devez [au malheureux] des entrailles <le père , rac.
Athal. n, 6 Je sens que, malgré ton offense,
Mes entrailles pour toi se troublent par avance, id. Phèdre, iv, ». 11 fut surpris d"! trouver ses entrailles attendries, fén. Tél. xi. || Absolument. Je priais à quiconque a des entrailles qu'il versera des larmes, I. J. Horss. Ém. I. I-a politique, qui a d«s yeux et point d'entrailles, ratnal, )list. p/ii'f. xiv, 28. Annibal, cruel, sans entrailles, fut en magnanimité fort inférieur à son rival, chatkaub. Itin. m, I34. II Cet acteur a des entrailles, il joue avec chaleur et une grande vérité dans les situations pathétiques. Il 7" Terme de dévotion. Les entrailles de la miséricorde divine. Dieu qui ferme pour toujours ses entrailles à la miséricorde, mass. Pet. carême, Vices. Çue sont devenues les entrailles de vos miséricordes î m. Cnrime, Mélange. \\ Par extension. Kevêteï-vous envers vos frères d'entrailles de miséricorde, boss. Intlr. Un attachement inviolable pour le roi, des entrailles de miséricorde pour les malheureux, une immuable persévérance dans tous ses devoirs, id. Uar.-Thir. Dansées malheurs, les enlr*lles de la charité s'émurent, montp.sq. Esp. xxi, «i.
— SYN. BOTAUX, ENTRAILLES. Ces deux mots signifient exactement la même chose; mais entrailles estdu style noble, et boyau du style le plus trivial, s'il n'est pas purement didactique. De plus, entrailles se prend très-bien dans le sens figuré, et boyau ne s'y prend presque jamais qu'en ridicule : Ce logement n'est qu'un boyau.
— msT. xii* s. Si le prist grant dolor en ses entrailles, Machab. n, 8. || xiif s. Il vesti malelçon [malédiction] ansi corne vestement, et enira ele es «ntrailles de lui. Psautier, f 136. Par sa peldnre qui vorroit [voudrait]. Ses entrailles veoir porroit, la Rote, 40204. Del sane ausSarrazins font corre grant ruisel , Tout li pré sont covert d'entraille et de boiel, Ch. d'Ant. n, s«3.
— ÊTYM. Provenç. intralia; espagn. entranai ; du bas-lat. intrania, dans la loi salii|ue; du latin inleranea. VI a éié substituée à l'n dans le français et dans le provençal, peut être par influence de la finale aille qui est commune en français. Roquefort cite une forme français* entreigne, qui était la vraie dérivation. 1
ENTR'AIMER (S") (an-trè-mé), v. réfl. S'aimer, l'un l'autre. Et si la ressemblance est par où l'on 1 s'entr'aime. J'ai lieu de vous aimer comme un autre moi-même, cobn. Attila, tu, 4. Je n'ai que trop de tendresse à rendre de petits services, quand je vois des gens qui s'entr'aiment en tout bien et ea tout honneur, mol l'Avare, iv, i. Souvenez-vous que tous les hommes doivent s'entr'aimer, FÈN.Tél. xxi. Rien ne serait plus insipide si l'on ne faisait que s'entr'.iimer, fonten. Dial. n, Uorts anc. et mod.
— HlST. xiii* S. Mout doucement [ils] s'entr'aiment, loiaument. sans feintlse, aui)efboi le bast. Romancero, p. (». || xv" s. Savoysiens et Bourguignons de tous temps se entre aymoient, comm. ' H, 6. |l xvr R. Il veult que nous nous entraymions l'ung l'autre comme frères, desper. Cymbal. toa.
— ÊTYM. Entre, et aimer; provenç. entramar.
t ENTRAIN (antrin), ». m. || l- Chaleur, gaieté naturelle et qommunicative. Cette personne n'a pas d'entrain. Cet homme a de l'entrain |{ 2* Ardeur au travail, Étudier avec entrain. Je n'ai point d'entrain , je n'ai aucun entrain aujourd'hui. Il 3* Mouvement rapide et animé rt'une pièce, d'une composition, dans l'enchalnemeat des scènes et des tituatinns. Ce vaudeville, cet opéra a de l'entrain. Vantez de ses écrits le lyrisme et l'entrain, vikn- HET, Épitre A Boileau.
— Epym. En I , et train.
-( ENTRAlNABL ( an-trê-na-bl' ) , adj. Néologisme. Que l'on peut entraîner, qui le laisse entraîner.
ENTRAÎNANT ANTE (an-lrê-nan, nan-f). od). Oui entraîne le coeur, l'esprit. Une éloquence entraînante. Un charme entraînant.
t. ENTRAÎNÉ, ÊE (antrê-né, née), porl. patte d'entraîner ) . || l'Ou'un mouvement violent emporte. Ce nageur entraîné par le courant. Sur un ruisseau rapide, Vers la France «DUalué, U t'assied l'œil hu-
ENT
mide ICt la front incliné, bi^raho. Exilé. || 1* Pii^. Entraîné par ses appas, je l'ai suivie jusqu'en cette ville, MOL. Fettin. i, 2. De soins tumultueux un prince environné Vers de nouveaux objets est sans cesse entraîné, rac. Etih. m, *. L'homme accoutumé à croire divin tout ce qui était puissant , coinme il se .sentait entraîné au vice par une force invincible, crut aisément que cette force était hors de lui et s'en fit bientAt un dieu, boss. //Ml. II, 3. Un roi par les méchants dans le crime entraîné, volt. Henr. in, »o. Une vie tumultueuse, agitée, entraînée, pour ainsi dire, par le mouvement des autres hommes, buff. Cerf. Continuellement assadiis par des idées sensibles et des idées intellectuelles , nous sommes entraînés des unes aux autres, conuil. Art de pens. n, 3. Et toujours entraîné, croyait toujours choisir, delille. Trot» règnes, v.
t 2. ENTRAÎNÉ, ÉE (an-trê-né, née), par», passé d'entraîner l. Cheval entraîné, cheval préparé puur la course.
«. ENTRAÎNEMENT (an-trê-ne-man ) , (. m. Il 1* Action d'entraîner; état de ce qui est entraîné. Il 2° Fig. Cette tragédie a produit beaucoup d'effet et l'entraînement a été général. L'entraînement de l'exemple. L'entraînement des passions Elle avait mêlé toute sa vie le calcul à l'entraînement, stàel, Corinne, xu, s.
— ÊTYM. Entraîner I.
t 2. ENTRAÎNEMENT ( an-trè-ne-man ) , t. m. Terme de course et de gymnastique. Action de préparer un cheval pour la course, un homme pour certains exercices, par un régime convenable. La pratique principale de l'entraînement consiste dans des courses suivies de soins qui ont pour but de débarrasser le cheval de son superflu et de lui apprendre à courir.
— ÊTYM. Entraiiur 2.
<. ENTRAÎNER (an-trê-né), v. a. || !• Traîner avec soi, après soi. Le torrent entraînait des arbres. Vous laisserez-Tous entraîner & l'autel sans vous plaindreT LKSAGE, Diable boit. ch. K. One tout chargé de fers à mes yeux on l'entraîne, volt. Zaire, v, 8. Elle l'entraîne dans la chambre voisine, M" ni genlis, Teilléet du ehdt. t. i, p. I97, dans pougens. Par mon ordre arrêté devant vous on l'entraîne, delaviONE, F^prei ticil. m, 3. || Fig. L'ime est donc toute esclave: une lai souveraine Vars le bien ouïe mal incessamment l'entraîne, corn. OEd.m,*. Peu s'en fallut qu'elle n'entraînât Juda dans sa ruine, BOSS. Hist. 1, «. Kt sans cesse veillera retenir mes pas Que vers vous à toute heure entraînent vos appas, BAC. Bérén. iv, 6. Mais les rois en tombant entraînent leurs flatteurs, ID. Théb. v, 3. Si le destin entraîne celui qui résiste, il ne fait que guider celui qui veut, condil. Aù(. anc. ui, 22. || 2* Agir sur Us sentiments. Cet orateur entraine tous les esprits. Il a entraîné tout le monde dans son sentiment. Le mauvais exemple nous entraîne. Madame sait appuyer le sien [ avis ] par des raisons si convaincantes, qu'elle m'a entraînée de son c6té, mol. Critique, se. e. Comme ils ne gagnaient rien avec leurs doctes ouvrages, et que l'éloquence d'Osiandre entraînait le monde, BOSs. lor. viu, § S6. Et l'on craint, s'il paraît dans ce nouvel orage. Qu'il n'entraîne après lui tout un peuple volage, rac. Phèdre, I, 4. Je me livre en aveugle au transport qui m'entraîne, ID. i4ndr. t, t. L'amour le retient quand la crainte l'entraîne, ID. Alex, i, 3. Dans ces occasions, c'est le public qui entraîne ses maîtres, et les force à se joindre k lui, fomteh. Bnerhaave. Ces paroles douces et flatteuses qui se glissent comme un serpent sons les fleurs, loin de déplaire aux princes, les charment et les entraînent, rolun, Bist.ane. (Il-)uvret. t. ra, p. <7J, dans pougbns. Je cède à la pitié dont je suis déchirée; Je n'y puis résister, elle entraîne mes sens, volt. Fanât, iv,). 11 fallut dérober cetie tendre victime Au fatal ascendant qui l'entraînait au crime, m. Œdipe, iv, *. Elle ne jugeait pas , elle se laissait entraîner, M" DE OEin.is, Veiltétt du chdt. t. ui. p. <25, dans PODGKNS. Vous m'avez entraîné dans ce complot funeste, delav. Vêpres sicil. v, 6. |{ Absolument. Le charme de cette lecture entraîne. La voix publique entraîne; Même en s'en défiant oa lui résiste k peine, volt. Tancr. iv, ». || 8* Etre la cause, avoir pour conséquence. La guerre entraîne avec elle ou après elle bien des maux. Elle a cru que ma perte entraînait sa ruine, rac. firtl. v, * Tantde prudence entraîne trop de soin, lo. .^ndr. i. 3. Mais trop de vers entraînent trop d'ennui, orksset, Fer(- Vert, I. Il Terme de jurisprudence. Avoir |iour effet nécessaire. Tout* peine affliclive et iofamaate an-
ENT
traîne la perte des droits civils. || 4* S'entraîner, «, réfl. S'entraîner l'uu l'autre. Ils se sont entraînés de faute en faute.
— HIST. XII* s. Et Renoarz son tinel entraîne. Bat. d'Àletclians, v. 4707
— ÊTYM En i . et traîner. On trouve dans Caivio Intl. 22 : atrainer.
1 2. ENTRAÎNER (an-trê-né), c.a.Terme de courte et de gymnastique. Préparer par un système d'alimentation et de médicami'nts, un cheval k la course, un boxeur au combat, etc. L'n cheval ne peut courir avec quelque chance de tuccés s'il n'a pat été entraîné.
— ÊTYM. Sn I , et l'angl. io iratn, dretter, qui est le français traîner.
t ENTRaINEDB (an-trê-neur), t. m. Celui qui entraîne, qui prépare les chevaux pour la course.
— f:TYM. Entrainer »,
ENTRAIT (au-trè), I. m. Terme de charpentier. La pièce principale d'un comble, après la poutre, celle qui soutient le poinçon et empêclie l'écartament des arbalétriers, dans chacun desquels on trouve assemblée une des extrémités de l'entrait, tandis que la poutre sert à soutenir les solives ou les planches. Il Dans un cintre servant à construire une voûte ou arcaile. la pièce posée horizontalement, et sous laquelle sont les poteaux.
— HIST. XV* s. Les jambaigcs, esseliert et antrais seront du parage à yceux chevrons, tant en un sens comme en l'autre, Hém. de lasoc. des antiq. de Norm. t. XXIV de la collection, p. 836.
— ÊTYM. En i , et trait. • ENTRANT. ANTE (an-tran, tran-t'), adj. \\ i' Qui
entre Demandez leurs billets aux personnes entrantes. Il Substantivement. La personne qui entre. Les entrants et les sortants. La liaison des scènes se fait p:ir la vue, quand l'entrant a vu le sortant, ou le sortant l'entrant, ou qu'ils se sont vus 1 un l'autre, battedx, Traita de la poét. dram. cliap. 4. Il 2' Par extension, qui prend son tour dans l'exercice temporaire d'une fonction. Le vérificateur entrant. Il Substantivement. Il sort tous les ans de l'écola de Paris trois élèves qui vont à l'école de Rome, et qui font place à trois nouveaux entrants, DIDEROT, Salon de i7<7, Cfc'ur. t. xv, p. 464, dans pouoERs. || 8* Fig. Qui entre, qui pénètre, qui s'insinue. Un homme dont le caractère a je ne sais quoi d'entrant. Sois entrant, effronté, et sans cesse importune ; En ce temps l'impudence élève la foriune, Régnier, Sat. iii. Je ne suis pas entrant, ma façon est rustique, is. th. Il [le roi] n'aimait pas Mme de Noailles; elle avait trop d'esprit pour lui, et trop entrante, et trop intrigante, ST-SIM. LV, 4 70.
— HIST. xu* s. Moult m'est bêle la douce cornmencence Du nouveau tens à l'entrant de pascor [P&ques], Coud, XVI. || xiii* s. Et par le commun conseil des François et des Grieus fu devisé que li noviaus empereres seroit coronnés & la feste Saint Piere, k l'entrant d'aoust, villeh. lxxxvii. || xv* s. Il est entrant [d'un facile accès|, il a ses Ion, Il accorde i ebascun ses droiz, Et;sT. descr. Poésiet mts. f 20R, dans laccbne. || xvi* s. Je voudrois que le duc d'Albe fust plus entrant qu'il n'est en compagnie, BRANT. Duc d'Albe.
ENTR'APFELSR (S') (an-tr»-pe-lé), e. réfl. S'appeler l'un l'autre. Ne nous entr'appeler que mon &me et ma vie, cohn. Veuve, i, *.
— HIST. ivi* s. Ils s'entre-ap|>eloieut Itel oncle, beau cousin et beau neveu ; coutume qui dure encore enire les grands, carloiz, i, 34. Les ungs ont souillé leurs livres d'injures et conrices, s'entreappellant par animosité huguenots..,, id. ix, 4.
— ÊTYM. Entre. H appeler.
t ENTR APPRENDRE (S') (an-tra-pran-dr^, ». réfl. Se donner Jes leçons réciproques.
— HIST. XVI* s. S'entr'aprendre, Ijinoue, Soo
— ÊTYM. Entre, et apprendre.
i ENTRA PPBOCUER (S) (an-tra-pro-ché), «. réfl. S'approcher l'un de l'autre. Enfin on s'entr'approche, et les rames contraires D'un air impétueux font choquer les galrres . brEbeuf, Phart. m.
— r.TYM. Entre, et approcher.
t ENTR'ARQUEBl'SER (S') (an-trar-ke-bu-zé), ti. réft. S' T lurîi iS(T r-if t'nitr".
— HIST. XVI* s. Et dura ce passe-temps de s'entreharquebuzer, quatre jours, carloix, vu, io,
— ÊTYM. Entre, et arquebuser.
t ENTR'ASSASSINER (S') (an-tra-sa-si-né), v. réfl. ■ S'assassiner l'un l'autre. Colisée où souvent cespeuples inhumains [les Romains] De s'entr'assassiner se donnaient uhlature. scabroi».
— KTYM. Kntre, et assassiner.
ENT
ENT
ENT
t ENTR'ASSIGNER (S') (an-tra-si- gné) , «. re/I. S'enir'assigiier un rendez-vous, s'assigner l'un à l'autre un rendez-vous. || Lancer l'un cnnlre l'autie une assignation. Ils se sont eiilr'assignés.
— HIST. XVI' s. S'enlr'assigner lieu, LANGUE, a66.
— ETVM. Eutre, et Oisigner.
+ ENTR'ASSOWMEH (S) (an-tra-so-mé), v. ré/l. S'assommer luii l'autre. Nous frappons sur eux et sur nous, Nous nous eutr'assommons de coups, scARBON, Yirg. ii.
— KTYM. Knire. el assommer.
i ENTR'ATTAOUER (S') (au-lra-la-ké) , V. ré/l. S'attaquer l'un l'autre.
— HIST. XVI' s. On ne doit point désirer que si puissans moiiariiues s'eutr'attaquent, langue, 3»6.
— ÉTYM. Entre, et attaquer.
fENTRA'VAlLLÉ, ÉE (an-tra-va-Ué, \\ke,ll mouillées), adj. Terme lie-blason. Se dit des oiseaux qui sont représentés les ailes éployées, mais avec un bâlon pa.ssé entre les ailes et les panes.
— ËTYM. En i , et travail, iuslrument de maréchal.
t ENTRAVANT, ANTE (an-tra-van, van-t'), adj. Oui entrave. Le duc du Maine sentit que sa mi're ne lui serait qu'un poids fort entravant , st-sim.
f ENTRAVE, ». f. Voy. entraves.
ENTRAVÉ, ÉE (an-tra-vé, vée), port, passé.
I 1° Arrêté par des entraves. Un cheval entravé. Il 8° Fig. Entravé dans ses travaux |iar la mis" re.
ENTRAVER (an-tra-vé), v. a. || 1° Mettre des entraves. Entraver un cheval. || Terme de fauconnerie. Accommoder les jets de l'oiseau de manifre qu'il ne puisse .sedéchaperoniier. Il 2''Fig. Embarrasser, gêner. Entraver des opérations, la marche des affaires. I' 3° S'entraver, v. réfl. Se prendre dans des entraves. Il Kig. Se faire mutuellemeni obstacle. Us s'entravent en soilicilant le même poste.
— iiiST. XV' S. Poulain entravé, coquillaht, Enqueste entre la simple et lu rttsée. || xvi* s. Tantosl la peur nous cloue les pieds et les entrave, mont. I, ea. Je ne puis souffrir d'aller desboulonné, ils se sentiraient entravez de l'estre [boulonnés], id. i, Ï6U. Il n'est plus temps de regimber quand on s'est laissé entraver, in. ni, 322.
— ÉTYN. Entrave.'^; provenç. entravar.
f ENTRA VERSER (an-tra-ver-sé), v. a. Terme de marine. Mettre un navire en travers relativement à une côle, à un objet quelconque.
HIST. XVI* s. Les gens du pays avoient faict
tranchées et fossez par les chemins et sentiers, abbattu ponts et planches, enlraversé grands arbres en la voye, J. d'auton. Annales de Louis XII, p. a, dans lacuhne.
— ÉTYM. En I , et travers.
ENTR 'AVERTIR (S') (an-tra-ver-tir) , t).ré/î. S'avertir mutuellement.
— HIST. XVI* s. Et est encores en usage entre les filles de là une chanson, par laquelle elles s'entravertissent de ne faire point de grandes enjambées, MONT, t, «2.
— ÊTYM. Entre, et overlt'r.
ENTRAVES (an-tra-v'), s. f. plur. \\ 1* Lien qu'on met aux jambes de certains animaux et particulièrement des chevaux. Mettre des entraves à un chevaL II Liens usités à l'effet d'abattre les animaux et de les fixer |iour les opérations. || Ce mot a aussi un singulier; car on peut mettre une entrave ou deux entraves à un cheval. Acheter une entrave, perdre, laisser tomber une entrave, legoarant. || 2° Kig. Ce qui relient, contient, empêche. Tous les hommes vivants sont ici-bas esclaves; Mais, suivant cequ'ils sont, ils différent d'entraves : Les uns les portent d'or et les autres de fer, bégnier, Sal, m. Nous ne saurions briser nos fers el nos entraves. Du lecteur dédaigneux honorables esclaves, boil. Épit. vi. Philippe appelait cette citadelle les entraves de la Grèce, ROLLiN Hist. anc. Œuv. t. vu, 500, dans pougens.
II les éclairera sur le caractère de notre langue, sur ses entraves et ses ressources, sa richesse et son indigence, la sagesse de ses lois et la singularité de ras bizarreries, d'alemb. Éloges, d'Olivet. La main du fils des braves Du peuple de Morvan a brisé les entraves, nucis. Oscar, ii, t. [Us] De leur chaîne honteuse adorent les entraves, Et du plus vil tyran sont les plus vils esclaves, legouvE, Epich. el Nér. 1, 3. Jeté, farouche encore, àtravers ces entraves, Je frémis sous leur poids, léger pour des esclaves, de- LAV. Paria, l, 2. Quoi! pour livrer vos mains à d'indiiînps entraves, ». Vêpres sicil. iii, 5. Point d'entraves à la pensée Par ordonnance de Bacchus, BÉRANG. Jfarépub. IJEn ce sens, il s'emploie aussi au singulier, i.^ juuuesse u besoin de quelque
enlrave qui la retienne. Dans l'entrave uû mon pied .se sent pris en arrière, v. hugo, les llurgraves, i, 3.
-—ÉTYM. En i , et un radical trav.... ; portug. «ratp, bâton, lien; du latin (ra/je,ï, poutre; la poutre percée de trous ayant servi à entraver les pieds de détenus, comme on le voit parce passage de Grégoire de Tours: trabes illaquae viclorum pedes coarctabat (cité dans Raynouard, Lexique, au mot enlraenr).
f ENTRA VON (an-tra-von), ». m. Petite piùce de cuir dont on entoure le paturon du cheval pour qu'il ne soit pas blessé par l'entrave.
— ETYM. Entrares.
t ENTR'AVOIIER (S') (an-lra-vou-é), v. réfl. S'avouer quelque chose récijiroquement l'un à l'autre. Après s'en être demandé la raison l'un à l'aune, ils s'entr'avouèient leur passion, saci, Bible, Daniel,