VIII
— HIST. XII* s. Gant [quand] par l'avènement del Saint Espir vient el corage de chasoun de nos [nous] savoirs et entendemenz, consolz et force, science et pieteiz, /o6, p. 495. Dune à mei entendement, que je saceles tuens testimonies [tes témoignages] , Liber psalm. p. 183. Il XIII* s. Por ce, vous autre orne, ne TOuUiez mie estre fait si comme chevaus et muls à cui entendemenz n'est mie. Psautier, f° 39. Bien doit estre amés et prisiés Valès [jeune-homme] de noble entendement. Quand il en use sagement, la Rose, 8369. Et por fere plus cler entendement en cest cas, et por monstrer le péril qui est en manecier, noz recorderons un jugement que.... beaum. XXXIX, 13. Toutes les fois que paroles sont dites, lesqueles paroles ont plusors entendemens, on doit penro le meiUor entendement por celi qui le [la] parole dist, ID. XII, 43. Il xiv* s. ChasGun qui est raisonnable et a bon entendement, oresme, Eth. 48. La plus noble chose qui soit en nous et en laquelle nous passons les bestes, c'est en entendement et en raison, id. ib. 9. || xv* s. Et estoit grand pitié à gens d'entendement de veoir les choses en l'esiat qu'elles estoient, juvenal, Charles VI, <417. Et luy avoit Dieu troublé le sens et l'entendement, COMM. IV, 2. Le temps qu'il [Louis Xljreposoit, son entendement travailloit, id. vi, <3. ||xvi* s. Ils sont adextresd'entendement et merveilleusement prompts et diligents, paré, Introd. e.
— ÊTYM. Entendre; provenç. enlendemen ; catal. eiîfcndtincnJ ; espagn. entendimiento ; ila,\. intendimento.
ENTENDEUR (an-tan-deur) , s. m. Celui qui entend et comprend. Je crois que les bons entendeurs pourront profiter à cette lecture, volt. Lett. d'Argental, (7 mars (76B. ||llse ditsurtouten cesdeux locutions : Â bon entendeur salut, c'est-à-dire celui qui comprend ce qu'on dit doit en faire son profit; X bon entendeur peu de paroles, ou demi-mot, c'està-dire une lonpue explication est inutile à un homme intelligent. || X bon entendeur salut, paraît signifier : Celui qui comprend bien se sauve, trouve son salut, son profit.
— HIST. XV* s. Si apprens donc à bien entendre , Pour quoy tu ne puisses reprendre Les livres ne les bons facteurs, Lesquelz sont parfaicts entendeurs, LA FONT. 612. J'ay à faire à un entendeur, Pathelin. Il XVI* s. X hon entendeur il ne faut qu'un mot, H. EST. De la précell. p. 487.
— ÉTYM. Entendre. On trouve aussi entendant. un* s. Et ce souffîse à bon entendant, Hist. litt. de la Fr. t. xxii , 727.
ENTENDRE (an-tan-dr'), j'entends, tu entends, il entend, nous entendons, vous entendez, ils entendent; j'entendais; j'entendis; j'entendrai ; j'entendrais; entends; que j'entende; que j'entendisse; entendant; entendu. ||1* V. n. Étymologiquement, tendre vers, d'où, avoir intention, dessein, avec un verbe à l'infinitif, ou que et le verbe au subjonctif ou quelquefois au conditionnel. J'ai toujours entendu que l'acte serait enregistré. J'entends qu'on m'obéisse et qu'on n'obéisse qu'à moi. J'entends être obéi. En disant cela j'entends parler de lui, non de vous. J'entends qu'avec ma cour toute la ville en deuil Demain rende au dernier Etéocle] les honneurs du cercueil, rotr. Anlig. iv, -1. Non, s'il vous plaît, je n'entends pas que vous fassiez de dépense, et que vous envoyiez rien acheter pour moi, MOL. Pourc. i, <0. Il nous faut ton moulin ; que veux-tu qu'on t'en donne ? — Rien du tout; car j'entends ne le vendre à personne, andrieux, Meunier. Il Avec le mot indéterminé le, il se prend activement. Je renten<ls ainsi, c'est-à-dire je veux que la chose soit ainsi. Faites comme vous l'entendrez. Chacun fait comme il l'entend. Mercure fait comme il l'entend, il ne vous est pas si nécessaire que moi, dancourt, i'^imoiir charlatan, m, tl. Il Comment l'eiitendcz-vous'? c'est-à-dire quelle est votre intention? Comnient lentendmonsieur mon hôte? Dit-elle, et de quel droit me donner comme il fait? LA FONT. Fiancée. || 2* Être occupé à. On n'entendit plus à autre chose qu'à faire toute la dibgence possible. De celte façon ayant à faire en deux lieux, et ne pouvant pas entendre partout, il en demeura une partie sur la place, l'autre jeta ses armes et s'enfuit, malh. Le xxxm* livre de T. Live, ch. 9. Cette femme n'entend qu'à donner des vapeurs, la cual'SSée, Couiern. i, t. || Vieilli
ENT
en ce sens. || 8° Entendre à, consentir, acquiescer. Elle ne veut entendre à nulle proposition, sÉv. 267, Les raisons qu'il a de ne pas entendre à la demande... LA BRur. X. Tandis qu'il vous restait quelque espérance de vie, aviez-vous voulu entendre à appeler le ministre de Jésus-Christ? mass. Car. Impénit. fin. La maréchale de Lorge aimait trop sa fille pour entendre à un mariage qui ne la pouvait rendre heureuse, ST-siM. 28, 70. Je savais bien que mon Hollandais n'entendrait à aucune proposition, volt. Lett. Prusse, 8. Les conditions parurent si dures aux réformés qu'ils ne voulurent point y entendre, an- QUET. Ligue, i, 32). Les uns disent que j'ai bien fait d'entendre à un arrangement, p. l. coub. ii, 3<6. Il 4* V. a. Diriger son oreille vers, d'où recevoir l'impression des sons. Entendre du bruit. J'entends parler dans la chambre à côté. J'entends que vous me dites des nouvelles. On n'enleml pas toujours ce qu'on croit bien entendre, corn. Perthar. m, 2. Il entend arriver un carrosse, sf.v. 244. J'entends déjà partout les charrettes courir, Les maçons travailler, les boutiques s'ouvrir, boil. Sat. iv. Le ciel dans tous leurs pleurs ne m'entend pas nommer, rac. Brit.iv, 3. J'entends que vous m'ofi'rez un nouveau diadème, id. Bérén. ii, 4. || Il se fait tant de bruit qu'on n'entendrait pas Dieu tonner, se dit d'un très-grand bruit. || Entendre dire, apprendre par la parole, par ce qui se dit. J'ai entendu dire cette nouvelle. On entend dire dans la ville qu'il y a eu un incendie. La nouvelle que j'ai entendu dire. Il Entendre parler d'une chose, en être informé par la parole. || Entendre parler, signifie aussi avoir dans l'idée. Quand je dis nature, j'entends parler de.... Il Ne pas vouloir entendre parler d'une chose, la rejeter absolument sans vouloir même y prêter l'oreille. Il n'en voulut jamais entendre parler, boss. Yar. t. Il Faire entendre, faire parvenir à l'ouïe. Dans cet oubli profond et de Dieu et d'elle-même où l'âme s'était plongée, ce grand Dieu sait bien !a trouver; il fait entendre sa voix, quand il lui plaît, au milieu du bruit du monde, boss. la Yallière. Si sans trop vous déplaire, .... J'osais vous faire entendre une timide voix, RAC. Bajas. iv, 5. Une voix me fit entendre ces paroles, fén. Tél. ii. || Se faire entendre, être ouï. Une voix se fait entendre. Au milieu de ce tapage je ne pouvais me faire entendre. Mais le nom de 'Tarquin vient de se faire entendre, volt. Brut. IV, 7. Il Être dit de manière à être compris. Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre, rac. Iphig. iv, 4. || Se faire entendre à, parler à. Mais la gloire, madame. Ne s'était point encor fait entendre à mon cœur, rac. Bérén. IV, B. Il Absolument, entendre, avoir l'ouïe. Parlez plus haut, il n'entend pas. || Entendre dur, entendre clair, avoir l'oreille dure, fine. || Fig. N'entendre que par, être uniquement dirigé par. Crésusne voit, n'entend, n'agit que par vous-même, boursault, Fabl. d'Ésope, v, B. || Fig. Il n'entend pas de celte oreille-là, Une veut pas écouter la proposition qu'on lui fait. Il 6* Prêter l'oreille. Que ceux qui m'entendent me jugent. Il est bon d'entendre les deux parties. Loin de nous entendre. Ils demandent la paix et parlent de se rendre, bac. Mithr. iv, 6. Faut-il le condamner avant que de l'entendre ? ID. Iphig. m, 6. On voit dans Grégoire de Tours qu'ils faisaient des meurtres de sang-froid, et faisaient mourir des accusés qui n'avaient seulement pas été entendus, montesq. Espr. xxxi, 2. || Entendre en confession, ou, simplement, entendre, se dit du prêtre qui entend la confession d'un pénitent. Je veux bien vous entendre dans l'octave du St-Sacrement,BOSs. Lett. Corn. 35. || Entendre la messe, les vêpres, le sermon, assister à la messe, aux vêpres, au sermon. || Aller entendre une pièce, un acteur, un prédicateur, assistera une pièce, au rôle d'un acteur, au sermon d'un prédicateur. {| Terme do pratique. S'entendre condamner, ouïr le prononcé du jugement qui condamne; expression qui se trouve dans les assignations; s'entendre condamner, c'est entendre condamner soi. || X l'entendre, c'est-à-dire si on l'en croit, si on lui. prête l'oreille. X l'entendre, il n'est pas coupable. A vous entendre, il s'agirait de quelque chose de fort grave. || Absolument. Ke pas savoir auquel ou à qui entendre c'est-à-dire ne pas savoir à qui ou à quoi il importe de faire attention. Parmi tant de cris différents on ne sait auquel entendre, vaugelas, Q. C. 636. L'homme ne sait donc à qui entendre; sa volonté est le joue continuel de divers motifs opposés qui se disputen. le droit de le déterminer, holbach. Essai sur les pré}, ch. <3, dans dumarsais, CEuvres, t. vi, p. 3ia. Il On dit dans le même sens ne savoir à quoi entendre. Le tyran ne savait à ijuci entendre, ni quels
ENT
ordres donner, ni où il fallait envoyer du sowurs, B0I.UN,//Ji(. anc. Œuvres, l.vui , p. 3i6,dansP0UGF.NS. Il Populairement. N'entendre ni à hu, nia dia, ou niàdia, nlàliuraut, c'est-à-dire ne rien entendre du tout, être sourd, être bouclié. || 6° Exaucer. Dieu entendit ses vœux. Entendez ma prière. ||7' Apprendre par la renommée. 11 l'écoute sans y avoir aucun intérêt notable, et par simple curiosité d'apprendre ce qu'il pouvait avoir su déjà en la cour d Egypte, oil il était en assez bonne position pour entendre des nouvelles assurées de tout ce qui se passait dans la Syrie, corn. Ex. de Rodog. Avez-vous jamais entendu une victoire plus glorieuse? boss. ii, Fent. <• ||8" Diriger son esprit, d'où par extension, comprendre, saisir le sens. Des mystères sacrés que nous n'entendons pas, cobn. J'olt/. iv, 6. Et par un mouvement que je ne puis entendre, De ma fureur je passe au zèle de mon gendre, id. ib. v, 6. Je commence, madame, enfin à vous entendre, ID. Mcom. m, 7. Dites qu'ils entendent malJansénius, PASC. Proti. <8. Il entend fort finement tout ce qui est bon, sKv. 463. Ils n'entendent pas un mot de français, ID. B60. Si nous entendons du Messie ce grand passage où Isaîe nous représente si vivement l'homme de douleurs frappé pour nos péchés et défiguré comme un lépreux, noss. Hisl. il, <o. Vous n'aurez point pour moi de langages secrets; J'entendrai des regards que vous croirez muels, hac. Vrit. ii, 3. J'ignore de son cœur les sentiments secrets; Mais je m'y soumettrais sans vouloir rien prétendre. Si comme vous, Seigneur, je croyais les entendre, m. Xiihr. I, 3. Vous résistez en vain et j'entends votre fuite, ID. ib. III, 6. Vous m'entendez assez si vous voulez m'entendre, id. Iphig. n, ». Les sots lisent un livre et ne l'entendent point; les esprits médiocres croient l'entendre parfaitement; les grands esprits ne l'entendent quelquefois pas tout entier, LA BRUY. I. J'estime bien plus ceux qui ne comprennent pas ces mystères-là que ceux qui les comprennent; mais malheureusement la nature n'a pas fait tout le monde capable de n'y rien entendre, fonten. Dial. 2. Jfor(s mod. Suivons l'avis de Quintilien, et faisons en sorte non-seulement qu'on nous entende, mais qu'on ne puisse pas même, le voulilt-on, ne pas nous entendre, u'olivet, Rem. sur Racine, § 66. Tu pouvais de ses yeux entendre le langage, VOLT. Zaïre, m, 7. Tacite est le livre des vieillards, les jeunes gens ne sont pas faits pour l'entendre, J. 3. Bouss. Ém. IV. Il Entendre à demi-mot, comprendre ce qui est dit d'une façon mystérieuse, voilée. Il Elliptiquement. Vous avez parlé d'une personne et j'ai entendu une autre, c'est-à-dire j'ai compris qu'il s'agissait d'une autre. C'est, mon père, que je connais que vous avez parlé d'une personne et que j'ai entendu une autre, mol. Mal. im. l, B. || Vous m'entendez bien, c'est-à-dire vous savez ce que je veux dire. Bonhomme, c'est ce coup qu'il faut, vous m'entendez, Qu'il faut fouiller à l'escarcelle, la font. fa6i. IV, 4. Et s'il dit qu'il n'en fera rien, Qu'il aille.... vous m'entendez bien, scAHR0N,Fir3. iv. || Kamilièrement. Entendre l'apologue, comprendre ce dont il s'agit. Il Terme de manège. Entendre bien les jambes, les talons, se dit du cheval qui semble entendre ce que le cavalier lui demande. || Donner à entendre , laisser entendre, faire entendre, insinuer , faire comprendre une chose. Il m'a donné à entendre que vous me blâmiez. Je ne sais pas, seigneur, ce qu'on vous fait entendre, corn. Théodore , iv , 4. Combien était-il important de faire entendre qui vous êtes I pasc. Prot>. <5. Je veux seulement vous en faire horreur [de votre malice] à vous-mêmes, et faire entendre à tout le inonde qu'après cela il n'y a rien dont vous ne soyez capables, m. th. te. Et ne devais-je pas, quoi qu'il me fit entendre. Pénétrer les raisons qui vous faisaient attendre î th. CORN. Ariane, m, 3. Et ce fils si fidèle a dû vous faire entendre Que, des mêmes ardeurs dès longtemps enfiammé. Il aime aussi la reine et même en est aimé, RAC.lfifhr. m, 2. Je vais de ce signal faire entendre la cause, id. Bajax. m, s. Vous, que l'on cherche Aman etqu'on lui fas.se entendre Qu'invité chez la reine il ait soin de s'y rendre, lo. Eslh.ll, 7. Elle voulut faire entendre que.... FÊN. Tel. i. Je veux faire entendre à ces rois que.... ID. ib. XII. || Se faire entendre, être compris. C'est un homme qui ne sait pas se faire entendre. Je ne sais si je me fais entendre. || Absolument. Comprendre. En vain vous feignez de ne pas entendre. J'entends et Dieu entend : Dieu entend qu'il est; j'entends que Dieu est, et j'entends que je suis, BOss. Connaiss. iv, 8. On n'entend jamais mieux que lorsqu'on entend sans secours étrangers, condil. Loi/.l. xxa, p. < 88, dans poucens. || J'entends,
ENT
je comprends bien. Nous entendons, nous comprenons ce que vous voulez dire. Vous entendez, vous voilà bien avertis. || Un dit dans un sens analogue entendez-vous? Je sulsde vous trés-mécontente. Trèsmécontente, entendez-vous? haruontel, Amit de la maison, i, <. || Se dit simplement aussi pour appuyer un ordre, une menace. Sortez, entendezvousT II 9" Entendre, vouloir dire. Qu'entendez-vous par ces paroles ? Entendant du temple de son corps ce que les juifs entendaient de celui de Salomon, BOss. Var. xi , § *44. Quand les anciens disent le philosophe , il: entendent Aristote , DU hah- 8AIS , Tropes, il, 4. || Absolument. Bientôt elle [la duchesse de Longueville] honora M. Dodart de sa confiance, j'entends de celle que l'on a pour un ami : la grande inégalité des conditions ne lui en retrancha que le titre, fonten. Dodart. || 10" Entendre, connaître, être habile dans. Une personne de qui on peut dire en vérité qu'il n'y a jamais eu une dame qui ait si bien entendu la galanterie m si malentendu lesgalants, voit. Lett. 4î. Si j'ai bien entendu tantôt la politique, corn. Cinna, v, t. Ici c'est un métier que je n'entends pas bien,iD.iVi<;om. III, 4. M. de la Heynie qui entend si bien la police, sÉv. 464. 11 ne suffit pas d'entendre la guerre, BOSs. Hist. m, 6. Il [Darius] en donna le commandement [de la (lotte] à Scylax, Grec, qui entendait parfaitement la marine, rollin, Hist. anc. (Kuvres, t. m, p. <06, dansPOUGF.NS. Elle entend la cuisine et l'office,!. I. BOuss. Ém.v. Il L'entendre bien, l'entendre mal, le comprendre bien, mal, yêtre habile, malhabile. Ce prompt retour me perd et rompt notre entreprise. — Tu l'entends mal, Attale, il la met dans ma main, corn. Nicom. i, 4. Je pensais faire bien. — Oui, c'était fort l'entendre, mol. l'Étourdi, i, 6. Vous l'entendez bien peu, me dit-il ; les Pères étaient bons pour la morale de leur temps; mais ils sont trop éloignés pour celle du nôtre, pasc. Prov. B. Bon! qui l'entendra mieux ne l'entendra pas mal, th. corn, le Charme de lavoix, u, 2. Ce n'est pas mal l'entendre, que d'être à la fois héros et chrétien, MAiNTENON, Lettres à Mme de Fontanes, 24 mai 4692. Il Entendre finesse à quelque chose, y vouloir comprendre plus que la chose ne signifie. Monsieur n'y entend pas plus de fine.sse que moi, DANCOURT, les Fonds perdus , m, (o. Je ne sais pas la finesse qu'elle y a entendue, et tout cela retombe sur moi pourtant, Marivaux, Pays. part), part. B. Il Ne pas y entendre finesse, n'être pas malin, ne pas vouloir faire une malice. || Ne pas entendre malice à quelque chose, faire ou dire quelque chose sans mauvaise intention. || Entendre raillerie, prendre bien les choses dites en plaisantant, ne pas s'en oITenser. || U n'entend pas raillerie, c'est-à-dire il est susceptible ou bien il est sévère. || Entendre la raillerie, entendre la plaisanterie, avoir la facilité, l'art, le talent de bien railler. 1| Entendre raison, acquiescer à ce qui est juste et raisonnable. || U n'entend pas raison là-dessus, sur ce point il est opiniâtre, infiexible. Il N'entendre ni rime, ni raison, ne pas écouter les objections, refuser par entêtement, par humeur. || 11" S'entendre, v. réft. Êlreentendu, perçu parl'oreille. Sa voix ne s'entend pas. Mille cris aussitôt de tous côtés s'entendent, coRN.7/c'racî. v, 7. Au pied du trône même une voix s'entendit, volt. Henr. vil. Un bruit affreux s'entend, id. ib. viii. || S'entendre, s'entendre l'un l'autre. Le bruit est si grand qu'on ne peut s'entendre. || 12° Être compris. Ce mot peut s'entendre de diverses manières. Il est vrai que, dans un autre de ses dialogues [de Perrault], s'il vient à la preuve, et prétend montrer que le commencement de la première ode de ce grand poète [Pindare] ne s'entend point, c'est ce qu'il prouve admirablement par la traduction qu'il en a faite, BOiL. Longin,Subl. réft. 8. || Cela s'entend, cela s'entend bien, cela se suppose ainsi, cela doit être ainsi. || S'entend, c'est-à-dire bien entendu, cela va sans dire, locution familière qui se dit par parenthèse. Ne connaltrais-tu pas quelque honnête faussaire. Qui servît ses amis, en le payant, s'entend ? BAC. Plaid. I, B. Je me crois libre (jusqu'à un certain point s'entend), volt. Lett. Prusse, 37. Je ne regrette rien de cette Babylone impure que vous habitez ; s'entend, je n'en regrette que vous, p. l. COUR. Lett. I, 323. Il Se comprendre l'un l'autre. Nous nous entendons à demi-mot. Nous ne nous entendons point. Vous vous entendiez à merveilles, SÊV. 363. Ils s'entendaient sans rien dire, fën. Tél. XXII. Il Entendons-nous, comprenons bien ce que chacun de nous dit. || S'entendre, se comprendre soi-même. Tu feras ce que je veux, ou.... suffit, je m'entends bien, dancourt, les Trois cousines, il, 8. Il 13° Se concerter, être d'accord, d'intelligence. Vous
ENT
VOUS êtes entendu avec elle i me nuire, toit. Letl. I. D'où vient que mon cœur même à demi révolté SnmMe vouloir s'entendre avec ta lâcheté? cor». Tois. d'or, u , 2. Je ne veux point m'entendre avec vos ennemis, s£v. 62». Dans la première ruine de Jérusalem les Juifs s'entendaient du moins entre eux : dans la dernière, Jérusalem, assiégée parles Komains, élait déchirée par trois factions ennemies, Boss. Hist. 11, K. Mais si dans son devoir votre cœur affermi Voulait ne point s'entendre avec son ennemi, RAC. Brit. III, t. Il Nous nous entendons bien, nous vivons bien ensemble. |{ Entendons-nous bien, soyon» bien d'intelligence. Entendons-nous bien, et nous réussirons. || S'entendre comme larrons en foire, se dit de gens qui se concertent pour quelque chose de blâmable ou de suspect. Et toutes [les femmes], se liguant pour nous en faire accroire , S'entendent contre nous comme larrons en foire , volt, fa Femme qui a raison, u, <. || 14° Etre habile dans une chose, se connaître à une chose. Il s'entend en musique, en tableaux. Il s'entend à la culture. Ah ! que les hommes s'entendent mal en gloire! fén. Tél. XXII. Il Familièrement. Il s'y entend comme à ramer desclioux, comme à faire un coffre, il ne comprend rien à ce qu'il fait. || Proverbes. Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, il faut entendre les deu< parties. || U n'est pire sourd, ou il n'est point de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, sa dit d'un homme qui feint de ne pas ouïr ou de ne pas comprendre.
— REM. 1. Je l'ai entendu dire à différentes personnes, est une locution à laquelle il faut prendre garde; car elle est amphibologique. Elle peut signifier : j'ai entendu qu'on le disait à différentes personnes, ou que différentes personnes le disaient. Il faut donc, quand on en use, bien considérer si le sens est suffisamment déterminé par le contexte. Il 2. Même observation pour la phrase : Je lui ai entendu dire cela; car elle peut signifier: j'ai entendu qu'il disait cela, ou qu'on lui disait cela. Il 3. S'il y avait deux régimes, l'amphibologie disparaîtrait. Je lui ai entendu dire à un homme d'Etat fort célèbre, VOLT, iouii X/K, Écrivains, Yillars. Cette phrase, peu élégante d'ailleurs, signifie sans ambiguïté : j'ai entendu qu'il disait à un homme.... Il 4. Régnier a mis de avec entendre dans le sens de avoir l'intention. Je n'entends, quant à moi, delà prendre à partie, Sat. ii. || 8. Pour peu qu'on y réfiéchisse, on trouvera que, grammaticalement, s'entendre à quelque chose pour y être habile est de difficile explication. Si on prend la locution telle qu'elle se présente, on a : entendre toi; ce qui, manifestement, ne signifie rien. C'est un archaïsme qui en rend compte; entendre est proprement un verbe neutre; il l'est encore aujourd'hui, il l'était dans l'ancienne langue. Or dans cette ancienne langue les verbes neutres avaient la propriété de se construire avec le pronom personnel. S'entendre, en cet emploi, est donc entendre au neutre construit avec te (ïoy. SE pour cette construction ; voy. aussi apercevoir).
— svn. 1. entendre, concevoir, comprendre. Entendre et comprendre signifient .saisir le sens; ce qui les distingue de concevoir qui signifie embrasser par l'idée : j'entends ou je comprends cette phrase; et non je la conçois. Au contraire , dans le vers de Boileau : Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, entendre ou comprendre ne conviendrait pas. La nuance est autre entre comprendre et entendre. Au fond , l'idée d'entendre est de faire attention à, être habile dans, tandis que celle de comprendre est prendre en soi : j'entends l'allemand, je le .sais, j'y suis habile; je comprends l'allemand dirait moins. D'un autre côté, pour une démonstration, c<>mprendreestle mot propre. || 2. entendre, ouiR.i^esdeuz mots, très-<ii(Iérents dans l'origine, sont complètement synonymes aujourd'hui. Ouïr était le mot propre, peu à peu écarté par entendre qui est le mot figuré. Ouïr c'est percevoir par l'oreille; entendre c'est proprement faire attention ; l'usage seul lui a donné le sens détourné d'ouïr. La seule difi'érence qu'il y ait, c'est que ouïr est devenu verbe défectif et d'un usage restreint. Quand le sens peut être louche, il faut, sans hésiter, employer ouïr. Ainsi ce mot de Pacuvius sur les astrologues : Nagis audiendum quam auscultandum censeo, se traduira par : Il vaut mieux les ouïr que les écouter. Entendre forait un contre-sens. || S. entendre, écouter. Entendre c'est être frappé des sons; écouter c'est prétei l'oreille pour les entendre. Quelquefois on n'entend pas quoiqu'on écoute , et souvent on entend sans écouter.
— HIST. zi* S. Et dist al rei : bien l'avex ente , .
ENÏ
(lud, Ch. de Roi. xvi. Un en i ad à qui li autre entendent, ib. CCLXXV. Il xii* s. Beau sire Guene, devers moi entendez, Honc. p. 31. Or me refait Amors à lui entendre, Coud, v. Ele voit bien et conoist et entent Qu'il n'en est plus qui aimt [aime] si leaument, ib. v. Quant plus est li bernages à grant joie antandanz, Atant es un paienquiotnotn Margulanz, Sax. V. Sire, dit 11 messages, aiitandez ma raison, ib. XIV. Pour lor bonté [je] le di, ne nul mal n'i antant, ib. xx\. Laienz entra Thomas od mult poi conpaignuns : Poi i mena dessuens, si cum nus l'entenduns[nousrapprenons]. Th. lemart. 38. || xiii's. Kille, se vous vouliez entendre à mariage, Fil de roi [je] vous donroie, riche et de haut parage, audefr. LE BAST. Romancero, p. 17. Bêle Doette, es fenestres séant. Lit en un livre, mais au cuer ne l'entent [mais son cœur n'y est pas], ib. p. 48. Par huitjors se sont entendu Li baron à grant feste faire ; Puis vait cascuns à son repaire Molt lié [très-conlent], quant le congié a pris, Roman de Kahomet, p. 64. Chacun qui s'entent jugera C'on doit miex mauvese pugnirQueliloial lessier languir, Bibl. des Chartes, ♦• série, t. V, p. 476. Et Loeys estoit sages et eiitendans, Chr. de Rains, p. 2. Cui conscience ne reprent, plus tost au mal qu'au bien entent, ib. 236. Einsi te voloie essaier; Quar certes je n'i entejit mie Ne traïson ne félonie, Ren. 1803. Lors estuet [il convient] jones gens entendre À estre gais et amoureus, la Rose, 78. Plait de murtre est moult soulil, etmoultlepeuton soutilmentplaider qui faire le set, mais quel'on seit bien entendu, v4s.ï. de Jdr. i, 4 32. Lou conseil li loa, si comme l'en [l'on] me donna à entenilre, que il s'en venislàDamiete en galles, joinv. 192. Et sachiez que, se il se feussent pris garde de nous, il nous eussent touz mors [tués], mes il entendoient [faisaient attention] au roy et aux autres grosses batailles, m. 227. Et me dist ainsi, que il n'entendoit mie [comprenait pas] comment li roys eut pooir de demeurer, id. 255. || x.v* s. [Œuvre de chirurgie qui doit être désirée] et de ceux qui s'entendent moiennement, et des ydiots qui se mesconnoissent, h. de mondeville, f° 32, verso. Aristote entent tousjours pour fors ceulx qui ont la vertu de fortitude, obesme, Eth. 79. Bienfais n'est point perdus à chelui [celui] qui s'entent, Baud. de Seb. XII, 770. Il XV* s. Quand ces chevaliers de Bretagne virent venir les Anglois, et qu'ils s'ordonnoient pour eux assiéger, si n'en furent mie trop effrayés; mais entendirent premièrement au chastel et puis aux guérites et aux portes, froiss. i, i, (97. Quand vint le matin, derechef ils commencèrent à assaillir fort et appertement en plusieurs lieux, et ensonnierent [inquiétèrent] si ceux de la ville, qu'ils ne savoieiit auquel entendre, id. i, i, 224. On leur donnoit tant à faire que on ne savoit, par dedans, auquel 'ez [côté] entendre, id. ii, u, 2I6. [Les Écossais parlant dos Français] Ils ne nous entendent point, ni nous eux, id. ii, ii, 228. Sur ce, s'advise qui a sens. Soit en jeunesse ou en vieillesse; Et qui ne m'entend, je m'enlens, Monstrant que suis dame et maistresso, ch.d'orl. Dali. 90. Qui entend mal, raporte mal, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 330. Comme vous entendrez cy après, comm. i, t. Or il fault entendre que monseigneur du Magne estoit avec sept ou huyt cens hommes d'armes au devant des ducs, id. i, 3. Que on tyreroit vers Paris pour essayer si on pourroit reduyre la ville à vouloir entendre au bien public du royaulme, id. i, 6. Et y en a assez qui ne parlent que après les autres, sans gueres entendre aux matières, id. ii,2. Il [Louis XI] estoit assez lettré; il aymoit à demander et à entendre de toutes choses, id. ii, 6. i riens ne voulut ledit duc entendre, id. v, t. Ung des plus sages chevaliers et plus entendus que je cogneus jamais, id. Il, 2. Elle se délibéra de soy appareiller pour honnestement faire son messaige; car bien convenoit le faire de bonne sorte, entendu que les pucelles à qui il falloit qu'elle feist les messaiges estoient de grand estât, Perceforest, t. vi, f° 79. || xvr s. J'eiitendz et veulx que tu apprennes les langues parfaictement, rad. Pant. n, 8. Mon amy, je n'enlendz point ce barragouin; pourtant, si voulez qu'on fous entende, parlez aultrelanguaige, id. ib. Il, 9. Vous y amènerez vostre femme, s'il vous plaist, avecques ses voisines, cela s'entend, id. ib. iii,3i. Vous l'avez ouy, l'avez-vous entendu? id. ib. v. Prol. Ny n'entendent les stoïciens que l'ame de leur sage puisse.... MONT, i, 60. Le seigneur de Langey, très entendu en telles choses, id. i, 58. Crœsus lui feit entendre qu'il verifioit lors à ses despens l'avertissement de Solon, ID. I, 65. Il leur semble bien faire les modérez et les entendus quand.... id. i, 20«, £t encoresse moqueat-iLs des autres qui n'en-
ENT
tendent pas le tourdubaston, et les appellent lourdauts, LANOUE, t08. L'art militaire est aussi mieux entendu qu'il n'esloit, in. 402. La plupart de la noblesse, ayant entendu l'exécution de Vassy, se délibéra de venir près Paris, m. 547. Chacun s'incitoit à paix, et à persuader les grands d'y entendre, id. 568. En quelque style qu'il soit mis, pourveu qu'il s'entende, il ne peut faillir à estre bien recou, amyot, Épit. Je ferois moins de doute delà volonté du pape à nous assister en ceste occasion que de celle du roy catholique; car sa Sainteté s'est déjà laissé entendre [a donné à entendre] qu'il falloit choisir un prince du sang catholique pour hériter du royaume, après le décès de M. le cardinal de Bourbon, ville- ROY, Mém. t. II, p. (70, dans lacukne. X bon entens-tu il ne faut qu'un mot, cotgrave. Equivoques par amphibologie, vulgairement appellées des entends-trois, des accords. Bigarrures, ch. 6. On peut faire l'habile, l'empesché et l'entendu, c'està-dire le sot et misérable, charron. Sagesse, i, 4i.
— ÉTYM. Bourguig. entarre; provenç. entendre; catal. entendrer; espagn. entender ; Ha\. intcndere; du latin intendere, diriger vers, appliquer, de in, en, et tendere, tendre (voy. ce mol), et, par extension, dans les langues romanes, ouïr et comprendre.
ENTEND0, UE (an-tan-du, due), part, passé d'entendre. {{ 1° Qui a été perçu par l'oreille. Le tonnerre entendu de loin. Des menaces à peine entendues de celui à qui elles s'adressaient. || 2° Qui a été écouté. L'accusé entendu dans ses moyens de défense. Il Terme de palais. La cause est entendue, c'està-dire les débats sont clos. || 3°Dontlesensa été Saisi. Cette phrase diversement entendue par les traducteurs. Le monstre furieux de se voir entendu Venge aussitôt sur lui tant de sang répandu, cobn. Œdipe, I, 4. Il C'est entendu, c'est-à-dire c'est convenu, arrêté. 'Teresina: N'oublie pas de laisser la petite porte ouverte en t'en allant. — Tenorio: C'est entendu, Pi- CABD, Alcade, ii, t3. || Bien entendu, loc. adv. Assurément, sans doute. Y consentez-vous? bien entendu. Il Bien entendu que, loc. eonj. Toutefois, pourtant. Voilà la règle, bien entendu qu'il y a des exceptions. Causons comme si nous n'avions rien à démêler; bien entendu, ajouta-t-elle, que nous ne nous en aimerons pas davantage et que nous reprendrons nos démêlés au retour, m"' de caylus. Souvenirs, dans pougens. || 4' Qui a l'intelligence d'une chose. Un homme entendu aux affaires.Qu'on ne croie pas qu'il filt peu entendu dans ces affaires, Boss. Tar. 5. Les hommes les plus entendus à la guerre, iD. Ilist. m, 6. Des hommes fins ou entendus, LA BRUY. XI. Fort entendu au métier de la guerre, fléciiier, Hist. de Théod. u, 46. || Substantivement. Faire l'entendu, agir en personne qui s'entend aux choses, et, le plus souvent, en un sens défavorable, faire l'important, le capable. Au reste, il fait l'entendu comme s'il était sorti de la côte de saint Louis, scarr. Bon», com. i, 6. Vous voyez que je fais un peul'ententlue, sév. i i i. Quoique je fasse l'entendue, je ne suis pas si habile, id. 239. Il On dit dans le même sens trancher de l'entendu. ....J'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne, Et, si l'on veut les croire, ont vu chaque campagne, Sur chaque occasion tranchent des entendus, Content quelque défaite.... corn. Ment, m, 3. || B' Bien entendu, disposé avec intelligence, avec art. Une draperie bien entendue. La décoration en est bien entendue, th. corn. l'Inconnu, v, 4. Dieu qui avait fait un ouvrage si bien entendu et si capable de satisfaire tout ce qui entend.... BOSs. Connaiss. iv, 8. Ce fut à frais communs qu'ils donnèrent les repas les mieux entendus et les plus délicats qu'on eût encore vus, hamilt. Craiiim. 4 t. Les jardins étaient bien entendus et ornés de belles statues, voLT.t'o»d. 25. U les vint prendre lui-même, pour les inviter à un repas propre et bien entendu, \u.Zadig, 20. Il Dans le sens contraire, tout était mal entendu, disposé sans goût, sans intelligence. || Bien entendu, mal entendu, se dit aussi des choses morales. Si vous n'eussiez fait que conquérir la Grèce, les Iles voisines et peut-être encore quelque petite partie de l'Asie Mineure, et vous en composer un État, il n'y avait rien de mieux entendu ni de plus raisonnable, fonten. Dial. des morts, Alexandre et Phriné. X l'égard des personnes qu'un zèle sincère, quoique mal entendu, pourra indisposer contre moi, j'en respecterai li, cause sans en craindre et sans en approuver l'effet, d'alemb. Ab. de la erit. Œuv. t. IV, p. 285, dans pougens. Loin d'être une mauvaise mère, elle a une tendresse très-bien entendue pour les enfants, m"" de genus , ./IdèJe et Théod. t. I, lett. 21, p. 4 54, dans pougens.
ENT
— HEM. Entendu toutes les parties, ou lien les parties entendues. Le participe est indéclinabl» dans le premier cas, déclinable dans le second, d'après la règle moderne qui veut qu'ainsi placé, le participe soit indéclinable, par exemple : excepté, inclus, etc.
t ENTÉXÉBRER (an-té-né-bré) . v. a. Envelopper de ténèbres. Les vitraux [de la cathéiirale de Regensburg] l'enténèbrent de cette obscurité propre au recueillement, CHATEAUB. dans le Dict. de dociiez.
— HIST. xin' s. Cil qui ont longuement demor* en chartre ont les oelz [yeux] enlenelirez et oscurs, et ne poent veoir clerement, dd cange, tenebrare.
— Etym. En 4 , et ténèbres.
ENTENTE (an-tan-f), ». f. || l« Manière d'entendre, de comprendre. Mot, phrase à double entente. Chacun sait quelle est mon entente, la font. Vdté. Ces expressions sont susceptibles de plusieurs ententes; destermesàdoubleentente.t'ABBÉ uooteville, dans desfontaines. || 2'> Terme d'art. Intelligence dans la distribution des parties d'une composition, d'un ensemble. Il a l'entente du coloris. C'est lui [ApoUodore] qui trouva enfin le secret de représenter au vif et dans leur plus grande beauté les divers objets de la nature, non-seulement par la correction du dessin , mais principalement par l'entente du coloris et par la distribution des ombres, des lumières et du clair obscur, roli.in, Jlist. anc. Œuvres, t. xi, t" part. p. 4B0, dans pougens. La plus belle entente de lumières, diderot. Salon de 4766, Œuvres, t. xiii, p. 443, dans pougens. Il y a dans le morceau d'Anacréon couleur, entente de lumières, vigueur et transparence; le tout est d'un ton vrai et suave, m. Salon de 4767, t. xvi, p. 25. Il Par extension. Cet auteur a l'entente de la scène. Il 3° Bonne intelligence. Il y a de l'entente dans cette famille. || Entente cordiale, témoignages de bon vouloir qu'échangent entre eux les chefs de deux États; locution qui date de l'adresse de la Chambre des députés, de 4840-4844, et qui, du langage politique, a passé dans le langage ordinaire. Il Proverbe. L'entente est au diseur, c'est-à-dire celui qui parle entend bien ce qu'il veut dire.
— HIST. xii* s. Entre liantes merveilles cum Deus daigna ovrer.... Ori dunez entente : si la m'orrez cunter. Th. lemart. 460. || xiii* s. Amis, la vostre amors me livre tel entente. Qu'en larmes et en plors userai ma jouvente, audefr. le bast. Romancero, p. 4 2. X Bertain aaisier chascune met s'entente, Derte, xlviii. Mais l'amor qui te tient au las, Charnel delis te représente. Si que tu n'as aillors l'entente, la Rose, 4048. Les yex ot [Déduit] vairs, la bouche gerite Et le nez fait par grant entente, ib. 812. Il XIV" s. 11 convient avoir son entente aus diz ou opinions des gens expers, oresme, Eth. 486. Il XV' s. Ils vouloient faire à leur entente, froiss. II, II, 80. Chacun emporte entre la selle et le panneau une grande plate pierre, et trousse derrière lui une besace pleine de farine, en cette entente que.... ID. I, I, 34. Par les veilles, peines, et labeurs et ententes [soins] que tu as prinses, louis xi, tiouv. c. Il xvi* s. Tout ainsi qu'entente. Espoir et attente Nous avons en toi, marot, iv, 274.
— ÊTïM. Entendre; provenç. ententa.
ENTER (an-té), v. a. \\ 1» Terme d'horticulture. Greffer par ente. Enter un poirier, un pommier. Il Fig. Ils entent sur cette politesse un esprit de règle.... LA BRUY. XI. Nous avons enté sur l'olivier franc le germe de l'infidélité, mass. ilyst. Ferv. Recueillir avec affectation les débris de ces familles antiques et éteintes pour les enter sur un nom obscur, ID. Panég. St Franc, de Paule. Le Seigneur fera sécher la racine de votre orgueilleuse postérité, et entera dessus une race qui connaîtra la justice et fera la miséricorde, id. Or. (un. Yilleroy. || 2° Insérer en général. L'amant juge sa dame un chefd'œuvre ici-bas. Encore qu'elle n'ait sur soi rien qui soit d'elle.... Qu'elle ente en son palais ses dents tous les matins, Régnier, Sat. ix. || 3° Terme de fauconnerie. Raccommoder une penne de l'oiseau, froissée ou rompue, .soit par lajonction d'une penne gardée, soit à l'aiguille ou au tuyau, jl 4° Terme de charpentier. Joindre ou assembler deux pièces de bois de la même grosseur et dans la même direction. Il 6° Mettre une ente, allonger plus ou moins quand on a préalablement coupé le bout qui était usé ou trop court. Les bouts de ces bas sont mauvais, il faudra les enter. Tous mes bas sont entés. || 6° S'enter, V. réfl. Être enté. Le prunier s'ente sur sauvageon. Il Fig. Un vice qui s'enta sur un autre vice.
— HIST. xiii* s. J'apel leur cuers [des deux amans] leur volontés; Et leur vouloirs sont si entés Sur un désir qu'entre eusdeusont,Que de deus cuers un voloirfont,
Blanche «(Jehan, (003. || xiV s. Cesle science estoil naturellemeni enleurciieur onlée, noée et plantée, ORESME, Prol. (Les métaux] Des elemens prennent leur estre Par vous en l'élément terrestre, Et sans «emer et sans planter, Sans cultiver ne sans enter, l'AlcIi. à nat. <78. Se vostre oysel a une penne rompue , vous lui remeterez el enterez en cesle manière.... Kodus, f. xciv, verso. \\ xv« s. Une vertu en ton coer ente, Que dame belle, jeune et gente Obéiras et cremiras, fhoiss. Espinette amour. Pins heurte li vens aux clochiers Qu'il ne fait aux petits plaiicliiers, Et par fouldre sont crevantez Plus que les celiers bas entez , eust. descii. Poésies mis. t' 667, dans LACUBNE. Sa argent avez, il n'est cnlù; Mais le despendez tost et visle, Villon, Ballade, leçon aux enfants perdus. || xvi* s. Le baptesme nous certifie que nous sommes entez en la mort et la vie de Jésus Christ, calv. Inst. <052. En sa dextre elle ent [mit] la hache Par qui les rois sont irritez, BONS. 357. L'enter en fente ou au coin, par d'aucuns en poupée, et en petite coronne ou entre l'escorce et le bois, sont en mesme prcdicament, parce qu'en l'une et l'autre sorte se sert-on de greffes, les iiiserans sur les arbres sauvages ou francs, 0. DE SEBBKS, «50. Par l'escusson cl canon, beaucoup plus d'arbres sont entés que par greffe, ID. i6. J'ai enté heureusement en escusson au mois de juin, des arbres dont j'avois tiré les escussons en arbres entés au coin, au précèdent mois de mars, 10. 65'J. Vous conserverés vos greffes sains et entiers jusqu'au poinct qu'il les faille enter, ID. 660. La manière d'enter en pièce rapportée, a quelque correspondance avec celle à l'escusson , aiant ceci de commun , qu'un seul œillet suffit à faire un ente, m. 674.
— ÉTVM. Ente; provenç. empeltar, enpeutar ; cat. empeltar.
I ENTÉRADËNE (an-té-ra-dê-n'),î. f. Terme d'anatomio. Ganglion lymphatique intestinal.
— f.TYM. Entéro et àîinv, glande.
f ENTËRADÉNOGRAPUIE (an-té-ra-dé-no-grafie), s. f. Description des ganglions lymphatiques intestinaux.
— ÊTYM. Entéradène, etypàçciv, décrire.
fENTÉRALGIE (an-té-ral-jie), s. f. Terme de
médecine. Douleur qui a son siège dans les intestiiis.
— f.TYM. Entéro etiX-jo;, douleur.
■ t ENTÉUECTASIE (an-té-rè-kta-zie) , s. f. Terme de médecine. Dilatation des intestins.
— ÉTYM. Entéro et Jxiaoïç, dilatation, de èx,
eltâoi;, tension, teîvsiv, tendre (voy. tendre, r.o.).
t ENTÉUfiPIPLOCÈLE (an-té-ré-pi-plo-sè-l') , s. f. Voy. ENTÉRO-ÊPIPLOCÊLE.
t ENTÉRINAL, ALE (an-té-ri-nal , na-l'), adj. Terme de droit. Qui concerne l'entérinement, qui le permet.
ENTÉRINÉ, ÊE (an-té-ri-né, née), porl. passé. Qui a reçu entérinement. Requête entérinée. Encore que le roi ait donné grice à un homme, si faut-il qu'elle soit entérinée, pasc. Pensées, Pape et Egl. 10.
ENTÉRINEMENT (an-té-ri-ne-man) , s. m. Terme de jurisprudence. Action d'entériner; jugement par lequel on entérine. Demander un entérinement. Il État d'un acte entériné.
— ÉTYM. Entériner. On trouve enterinance dans des Coutumes.
ENTÉRINER (an-té-ri-né), v. a. Ratifier juridiquement un acte pour le rendre valable. L'arrêt qui entérine une requête. Entériner des lettres de rémission, PATBU, Plaid, b, dans richelet. || Absolument. Si le parlement entérine sans le roi, ou s'il refuse d'entériner sur l'ordre du roi, ce n'est plus le parlement du roi, mais un corps révolté, pasc. Pensées sur le pape etl'Égl. I8. || Fig. Ma prière parvint aux temples étoiles. Parut devant sa face [de Dieu], et fut entérinée D'un mot qui fit trembler les citoyens ailés, la font. t. vi, p. 47, éd. WalckcnaCr. Ce saint pontife [Jésus-Christ] par qui toutes les grftces sont entérinées, bos's. Asc. 3.
— REM. Vaugelas avertit contre la mauvaise prononciation intériner; elle avait prévalu dans le XVI* siècle, qui, par affectation de latinité, a changé plus d'une fois les formes vraiment françaises.
— HIST. xm* s. Li procureres doit entériner à le [la] partie ce qu'il li convenancha ou autant vaillant, BEAUM. 86. Et ce que U tesmoing tesmoigneroient, le mestre le devroit faire tenir et entériner, ti't'. des met. (»8. || iiv s. Les choses devant dites tenir et enleripner et loyaumcnt garder en bonne foi. Acte de (302, deusle, Agric. normande au moyen âge, p. (4«. || xvi* g. Tu me feras joye et
• ENT
liesse ouïr, He révélant ma grâce interinée : Lors sentiray croistre et se rejouïr Mes os, ma force, et vertu déclinée, uarot, iv, 39K. Fu la demande desdit advocat et procureur interinée, selon la forme et teneur, u. du uellay, 435.
— ETYM. Ane. franc, enlerm, qui avait donné l'adverbe entérinement., et don t le sens et l'étymologie sont les mêmes que pour entier : forme latine fictive integrinus , de integer, entier. Entériner signifie donc, proprement, rendre entier, complet. Vaugelas le tire de Viniérim accordé par Charles Quint aux protestants; mais, le mot existant dès le zui* siècle, cette étymoloftie n'a aucune valeur.
t ENTÉRIQUE (an-té-ri-k'), adj. Se dit de ce qui appartient à l'intestin ou en dépend.
— KTYM. 'EvTepixJ?, de ivxcpov, intestin.
t ENTÉRISCUIOCÈLE (an-lé-ri-ski-o-sè-l') , t. f. Terme de chirurgie. Hernie intestinale par l'échancrure ischiatiqiie.
— ÉTYM. Entéro et ischiocéle.
t ENTÉRITE (an-té-ri-f), s. f. Terme de médecine. Infiammalion do la membrane muqueuse qui tapisse le canal intestinal.
— ÉTYM. 'EvTEpov, intestin, et la finale médicale ite, qui indique inflammation.
t ENTÉRO.... mot qui vient de Ivtepov, intestin, intérieur (comp. intérieur), et est employé en composition.
t ENTÉROBR ANCHE (an-té-ro-bran-ch') , adj. Terme de zoologie. Dont les branchies sont cachées dans l'intérieur du corps.
— ÊTYM. 'EviEpov, intérieur, et branchie.
t ENTÊROCÈLE (an-té-ro-sè-1') , t. f. Terme de chirurgie. Hernie formée par l'intestin seul.
— HIST. xvi' s. Si c'est l'intestin qui descend dedans le scrotum, la hargne se nomme enterocele ou intestinale, paré.
— ÉTYM. Entéro et %i\>.r\, hernie.
t ENTÉRO-COLITE (an-té-ro-ko-li-f), ». ^. Terme de médecine. Nom donné par quelques auteurs à l'entérite.
— ÉTYM. Entéro et colite.
t ENTÉRO-CYSTOCÈLE (an-lé-ro-si-sto-sè-1'), *. f. Terme de médecine. Hernie contenant la vessie urinaire et une anse intestinale.
— ÉTYM. Entéro et cystoeèle.
t ENTÉRODÈLE (an-lé-ro-dè-l'), adj. Terme de zoologie. Qui a un tube intestinal bien distinct. Il 5. m. Section des infusoires dits polygastriques, où le canal alimentaire est terminé par une bouche ou un anus.
— ÉTYM. Entéro et SriXoi;, visible.
t ENTÉRODOTBIÉNIE (an-té-ro-do-tié-nie) , I. f. Autre nom de la dothiénentèrie (voy. ce mot).
t ENTÉRODYNIE (an-té-ro-di-nie) , s. f. Terme de médecine. Douleur intestinale, colique nerveuse.
— ÉTYM. Entéro et iSOvri, douleur.
t ENTÉRO-ÉPIPLOCÈLE (an-té-ro-é-pi-plosè-1'), j. f. Hernie qui renferme à la fois l'intestin et l'épii loon.
— ÉTYM. £n(rfro eXipiplocèle.
t ENTÉROGRAPHIE(an-té-ro-gra-fie), s. /'.Description analomiqiie des intestins.
— ÉTYM. Entérn.... etfpàçeiv, décrire.
t ENTÉROUÉMIE (an-té-ro-é-mie), s. f. Terme de médecine. Congestion du sang au canal intestinal,
— ÉTYM. Entéro et aljia, sang.
t ENTÉRO-HÉMORRHAGIE (an-té-ro-é-mo-rrajle), s.f.Tetme de midecine. Hémorrbagie dans l'intestin.
— ÊTYM. Entéro et hémorrhagie.
+ ENTÉRO-HYDROCËLE (an-té-io-i-dro-sè-1'), s. f. Terme de chirurgie. Hernie intestinale compliquée d'hydrocèle.
— ETYM. Entéro cl hydroeèle.
t ENTÉRO -UYDROMPHALE (au-té-ro-i-dronfa-i'), t. f. Terme de chirurgie. Hernie ombilicale contenant une portion d'intestin avec un amas de sérosité dans le sac herniaire.
— ÊTYM. Entéro et hydromphaie.
t ENTÉROLITHE (an-té-ro-li-f) , s. m. Terme de médecine. Concrétion ou pierre intestinale.
— ÉTYM. Entéro et XiOoc, pierre.
t ENTÊROLOGIE (an-té-ro-lo-jie), *. f. Traité sur les intestins.
— ÊTYM. Entéro et Xâro«, traité.
t ENTÉRO-MÉROCÈLE (an-té-ro-mé-ro-sè-l') , s. f. Terme do chirurgie. Hernie crurale formée par l'intestin.
— ÊTYM. Entéro el mérocèle.
t ENTÉRO-MÉSENTÉRIQUE (an-tè-ro-mé-zanté-ri-k'j, «./■. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux intestins et au mis«otire. || Terme do médecine
ENT
Fièvre entéro-mésentérique, synonvme de dothiénentèrie ou fièvre typhoïde.
— ÊTYM. Entéro elmésentérique.
+ ENTÉRO-MÉSENTÉRITE (an-té ro-mézan-téri-t') ,s. [.Terme de médecine. Synonyme de carreau.
— ÉTYM. Entéro et mésenlérite.
t EMÉROMPUALE (an-té ron-fal'), i.^. Terme de chirurgie. Hernie ombilicale formée par l'intestin seul.
— ÊTYM. Entéro et Jn^aXi;. nombril.
t ENTÉROMYIASE (un-té-ro-mi-ia-z'), s. f. Terme de médecine. Affection intestinale caractérisée par l'expulsion de larves de mouches développées dans le canal intestinaL
— ÉTYM. Entéro et (luïa, mouche.
+ ENTÉKO-PÉRISTOLE (an-té ro-pé-rl-sto-1'), ». f. Terme de chirurgie. Étranglement des intestins, dans une hernie, ou autrement.
— ÉTYM. Entéro et «epiotoX^, resserrement,
de itipi. autour, etatéXXetv, disposer.
t ENTÉRO-PNEUMATOSE (an-ié-ro-pneu-ma-tôz'), s. ^.Terme de médecine. Dévelopi)ement morbide d'une quantité considérable de gaz dans l'intestin. — ÉTYM. Entéro el pneumatose.
t ENTÉRORRHAPIIIE (an-té-ro-rra-fie), l. f. Terme de chirurgie. Suture des intestin», qui se pra-' tique pour maintenir en contact les lèvres d'une plaie faite à l'intestin.
— ÊTYM. Entéro el foç^, couture.
•j- ENTÊROKRllÉE (an-tè-ro-rrée), ». /.Terme de médecine. Diarrhée.
— ÉTYM. Entéro et feî», lluer.
f ENTÉRO-SARCOCÉLE (an-té-ro-sarko-sè-r) , ». /. Terme de chirurgie. Hernie intestinale compliquée de sarcocêle.
— ÊTYM. Entéro el sarcoeèle.
t ENTEROSCHÉOCÊLE (an-te-ro-ské-o-sù-l'), ». f. Terme de chirurgie. Hernie scrotale formée par l'intestin seul.
— ÊTYM. Entéro el oschéoeèle.
+ ENTÊROSTÉ, ÉE (an-lé- ro-sté, stée), adj. Terme de conchyliologie. Qui a tm ou plusieur» os dans l'intérieur du corps.
— ÉTYM. Entéro el ioxt'ov, os.
t ENTÉRO STÉNOSE (an-té-ro-sté-nô-z'), ». /. Rétrécissement de l'intestin.
— ÊTYM. Entéro...., et orevi;, étroit.
f E.NTÉRO-SYPHILIIHE (an-té ro-si-fi-li-die), ». /. Terme de médecine. Affection syphilitique de l'intestin.
— ÊTY^M. Entéro et»yphtUd«.
t ENTÉROTOME (anté-ro-to-m'), ». m. Ciseaux avec lesquels on peut, dans les ouvertures de cadavres, fendre rapidement le canal intestinal dans toute sa longueur. || Instrument imaginé pour la guérison des anus contre nature.
— ÊTYM. Entéro et toix^i, section.
jENTÉROTOMIE (an-té-ro-to-mie), s.f. Terme
d'anatomie. Dissection des intestins. || Terme de chirurgie. Division des parois d'une anse intestinale, à l'effet d'évacuer les matières qui y sont retenues. Il Opération pratiquée sur les deux bouts de l'intestin pour détruire un anus contre nature et rélabhr le cours naturel des matières stercorales.
— ÉTYM. Entérotome.
+ ENTÉROZOAIRE (an-té-ro-zo-ê-r'), l.m. Terme d'histoire naturelle. Nom donné aux helminthes et aux larves qui ne vivent que dans l'intestin de certains animaux.
— ÉTYM. Entéro et Çwopiov , diminutif de
i^ûov, animal.
t EXTERRAGE (an-tè-ra-j'), ». m. Massif de terre dont le fondeur remplit la fosse autour du moule, pour rendre celui-ci plus solide.
— IIIST. IV* s. Icelluy curé voult faire payer pour l'enterraige el sépulture du corps d'une des niepces du suppliant, qui n'avoit que unze ans, autant comme d'un grant corps, du cange , interrare. Il xvi* 8. Ressemblant au gueux, lequel, interrogé s'il vouloit gaigner une pièce d'argent pour estre un des pleureus à un enterrage, respondit ne pouvoir plorer, mais qu'il ne laisseroil pas d'estre bien marri. Contes d'Eutrap. p. 4 73, dans lacurde.
— ÊTYM. Enterrer.
ENTERRÉ, ÉE (an-tè-ré, rée), part, passé. Il 1* Mis dans la terre. Un trésor enterré et oublié. Il a* Inhumé. Les morts enterrés après la bataille. Il 8* Recouvert comme d'un tas de terre. Enterré sous les décombres delà maison. || 4* Fig, Ketirè, caché profondément et comme sous terre. Respecte au moins l'asile où je suis enterré, volt. Olympie, III, 3. Ma fille aux déserts enterrée, ID. Scylliet, 1 , 3, Vos beaux jours enterrés sont petdus tans c«>
ENT
ENT
ENT
tour, iD. ib. m, i. Car quoique loin de tout, enterré lians ces lieux, Je suis toujours sensible aux biens de ua patrie, gresset, Bêchant, m, 9. Cette mtre qui faisait si peu de figure, qui était si enterrée, que les gens Kême de son fils ne savaient pas sa demeure.... mabivaux, Marianne, 2* part. Je ne vois plus ni tamfere, ni.... je suis enterré pour tout le monde, p. l. cour. Lcti.ii, iB.'i. ||Oui est dérobé à la connaissance. Qu'un homme si savant, un fameux médecin comme vous êtes, veuille se déguiser aux yeux du monde, et tenir enterrés les beaux talents qu'il a, mol. Kéd. malgré lui, i, 6. J'ai vu je ne sais combien de livres et de genres d'écrire enterrés avec leurs auteurs, ainsi que chez de certains peuples on enterre avec les morts les choses qui leur ont été les plus précieuses pendant leur vie, fonten. Dial. 2, Morts mod. \\ 6° Oui a, en parlant d'un lieu, une situation basse, une vue bornée. Cette habitation est tout à fait enterrée. ENTERREMKNT (an-tê-re-man),s. m. || !• Mise en terre. L'enterrement des charognes. || Mise dans la sépulture. L'enterrement d'un corps morl. || 2° Cérémonies observées dans les funérailles. Tout Paris, vêtu d'enterrement , ainsi que tout Marly, remplissait les lalons et la chambre du roi, st-sim. 296, 62. Il Le cortège funèbre. Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et*lent vers l'église s'avance, boil. Sar. vi. || Figure, air, mine d'enterrement, figure sombre, triste.
— HIST. xir s. Le corsatant il enterrèrent; Grant e petit trestuit i erent [étaient]; 'luit vont à la procession, Â l'enterrement del baron, Grégoire le Crand, p. 3i. jjxv* s. 0 Bretaingne, pleure ton espérance; Normandie, fai son entièrement; Guyenne aussi, et Auvergne, ort'avence. Et Languedoc, quier lui son monument, E. desciumps, Sur la mort de Cuescl. Il XVI' s. En ce re'iteré enterrement [enfouissement], tousjours se perd quelque œil [d'un plant], de pourriture ou d'autre événement, o. de serres, 5|3.
— F.TYM. Enterrer.
ENTERRER (an-tè-ré), V. a. || 1° Mettre dans la terre. Enterrer son or, ses bijoux. La méfiance et la tyrannie font que tout le monde enterre son argent, M0NTESQ. Esp. xxn, (. || Fig. Enterrer de l'argent, le dépenser en travaux, en remuements de terre. Ce jardin lui coûte gros, il y aenterré plus de dix mille francs. || Terme de marine. Mettre avec le lest du vaisseau. On a enterré ces futailles. || 2° Inhumer, mettre un corps mort en terre. On l'a enterré avec beaucoup de pompe. On l'enterra sans cérémonie. On enterrera vif qui l'enterrera mort [Polynice], botr. Anlig. m, B. Si elle mîurt, ne manquez pas de la faire enterrer du mieux que vous pourrez, mol. Médec. malgré lui, m, 2. Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte; Un curé s'en allait gaiement Enterrer ce mort au plus vite, la font. Fabl. vu, 11. Ils n'avaient pas de quoi se faire enterrer, boss. Jlisl.iu, 6. Criton lui ayant demandé [à Socrate] comment il souhaitait qu'on l'enterrût : comme il vous plaira, dit Socrate, si pourtant vous pouvez me saisir et que je n'échappe pas de vos mains, EOLLiN, Ilist. anc. Œuvres, t. iv, p. 437, dans pouGENS. Il Absolument. Sous la première et la seconde race, on n'enterrait pas même dans l'enceinte des villes, saint-foii, Ess. Paris, Qiuvres, t. iv, p. 27, dans POUGENS. || Par extension, survivre à. il nous enterrera tous. Ce malheureux père a enterré ses enfants. Je ne savais pas que vous eussiez enterré votre médecin, volt. Lett. d'Argenlal, 6 nov. 1767. Il Fig. Que le monde voit peu de ces femmes dont parle saint Paul, qui, vraiment veuves et désolées, s'ensevelissent, pour ainsi dire, dans le tombeau de leur époux et y enterrent tout amour humain avec ces cendres chéries! boss. Anne de Conz. Il Par moquerie, en parlant d'un médecin inhabile , faire mourir ou laisser mourir. Encore un malade qu'il vient d'enterrer. || 3° Recouvrir de choses comparées à un tas de terre. La maison tomba et les débris l'enterrèrent. Être enterré sous les décombres d'un édifice. ||4° Obliger à demeurer dans un lieu triste et ennuyeux. Il veut m'enterrer en province. Mais sur une terreur qui peut élre indiscrète, L'enterrer toute vive au fond d'une retraite, la chaussée, Couvem. ii, to. Ainsi loin du palais où vous fûtes nourrie , Vous allez , belle Irène, enterrer votre vie , volt. Irène, iv *. Il II se dit des choses qu'on met comme en terre et qu'on fait oublier. X qui la peur de perdre enterre le talent, Régnier, Sal. xii. Cette honte qu'aurait le silence enterrée. Court le pays, et vit du vacarme qu'il fait, la pont. Coupe. \\ 6° Faire oublier, effacer la réputation de quelqu'un. Ce poète
avait des rivaux, il les a tous enterréi II y a telle femme qui anéantit ou enterre son m;ri au point qu'il n'en est fait dans le monde aucune mention, LA BRuy. m. C'est ce qui donna lieu à ce mot de Benserade, où le double sens est assez visible : Si quelqu'un de nous, dit-il à Racine, avait pu prétendre d'enterrer M. Corneille, c'était vous, monsieur; cependant vous ne l'avez pas fait, d'olivet, Ilist. Acad. t.ii, p. 308, dans pougens. || 6° Voir la fin de. Si nous t'enterrons, Bel art dramatique, Pour toi nous dirons La messe en musique, bérang. Musique. Il Familièrement. Enterrer le carnaval, se livrer aux dernières folies du carnaval. || Enterrer la synagogue avec honneur, sortir d'un engagement avec honneur et d'une manière irréprochable (voy. SYNAGOGUE). || 7° Tenir caché. Enterrer ses sccrets. Il II faut enterrer cela, il n'en faut plus parler. Il 8° S'enterrer, v. réfl. Être inhumé. Les morls ne s'enterrent pas dans l'enceinte des villes. ||9° Être recouvert de débris qui s'écroulent. Samson s'enterra sous le temple des Philistins. || Fig. S'enterrer sous les ruines d'une place, mourir en défendant une place de guerre. S'enterrer sous les ruines de la patrie, ne pas survivre aux désastres de la patrie. Il 10° Se mettre dans un lieu retiré, dans une retraite profonde. S'enterrer dans une province, vivre hors de Paris , au fond d'une province. L'offre que vous me faites de venir à Bourbon est tout à fait héroïque; mais il n'est pas nécessaire que vous veniez vous enterrer dans le plus vilain lieu du monde, boil. Lett. à Racine, <3 août <687. || S'enterrer tout vif, rompre tout commerce avec le monde. Mon dessein n'est pas de renoncer au monde et de m'enterrer toute vive dans un mari, mol. G. Dandin, II, 4. La dame s'enterrait ainsi toute vivante, LA font. Matr. J'eus en horreur le monde et les maux qu'il enfante; Loin de lui pour jamais je m'enterrai vivante, volt. Olympie, n, 2. Le marquis de Mirepoix s'amouracha de la fille d'un cabaret en Allemagne, et s'enterra si bien avec elle qu'on ne l'a pas vu depuis, st-sim. 69, (27. || 11° Terme de manège. On dit qu'un cheval s'enterre quand, cherchant un point d'appui sur la main du cavalier, il baisse la tête et s'abandonne sur les épaules.
— HlST. XI' s. X grant honur puis les ont enterrez, Ch. de Roi. ccix. Long un autel bêlement [ils] l'enterrèrent, ib. cclxxi. || xh' s. Baron, dit Charles, nos amis enterrons, flonc. p. (54. Funt il: que s'a li reis si fort à dementer ? Se il veist ses fiz e sa femme enterrer, E trestute sa terre ardeir e embraser. Ne deUst il tel duel [deuil] ne faire ne mener. Th. le mart. <33. || xiii' s. Et fu entierée [la reine] en l'église Sainte-Crois, Chr. de Rains, p. 88. Si recevez mon palefroi. Et as gens irez demander S'il i a cors à enterrer Ne nul enfant à bautizier, Jîen. 2t(B0. Au temps que les corneilles braient. Oui por la froidure s'esraaient. Qui sor les cors lor vient errant, Ou'eles vont ces noiz enterrant Et s'en garnissent porl'yver, ruteb. ii, 66. || xvi' s. Disant qu'il ne falloit point déterrer Lysandre, ainsplustosl enterrer avec luy sa harengue, amyot, Lysand. 57.
— ÉTYM. En 1 , et terre; bourguig. antarré; provenç. et espagn. enterrar; ital. interrare.
t ENTERREUR (an-tè-reur) , s. m. Celui qui enterre. Voyez ces retraites [monastères] des pèlerins du bien mourir, desenterreursde morts, chateaob. Génie, iv, m, 3. || Il s'emploie le plus souvent dans le style badin. Certain curé, grand enterreur de morts. Au chœur assis, récitait le service; Certain frater, grand disséqneur de corps, Tout vis-à-vis chantait aussi l'office, i. b. rouss. Épigr. 1, ts. Il Terme de zoologie. Un des noms vulgaires des différentes espèces du genre nécrophore [coléoptères], et principalement du nécrophore fossoyeur, dit aussi enfouisseur et fossoyeur.
— HIST. XVI' s. Enterreur, cotgrave.
— ÉTYM. Enterrer; provenç. enteraire; espagn. enterra tore.
f EN-TËTE (antè-f), s. m. Ce qui s'écrit en tête d'une lettre, d'un tableau. Faire imprimer des en-tête.
ENTÊTÉ, ÉE (an-tê-té, tée), part, passé. || 1° A la tête de qui quelque influence s'est portée. Entêté par des fleurs très-odoriférantes, par la vapeur du charbon. Une espèce de petit temple qu'il avait décoré de toiles d'opéra, et qui ce jour-là était orné de tant de guirlandes de roses que nous en étions entêtés, marmontel, Mém. vi. || 2° Dont la tête, le cœur, les sentiments sont prévenus, préocc,upé3 en faveur de quelqu'un. Mais il est devenu comme un homme hébété. Depuis que de Tartuffe on le voit entêté, MOL. Tart. i, 2. Savez-vous bien que je suis plus entêtée de vous que jamais? sÉv. <0B. Testu est entêté de Mme de Coulanges, id. 468. Je
chéris rArio.<ite et j'estime le Tasse, Plein de Machiavel, entêlé de Bocace, J'en parle si souvent qu'on en est étourdi, la font. Poésies mêlées, lxx. Cambyse.... prince entêté de lui-môme, plein de vanité et de hauteur, livré aux excès les plus honteux do la crapule et de la débauche, roll. Ilist. anc. Œuvres, t. 11, p. 472, dans pougens. || Il se dit aussi des choses en faveur desquelles on est prévenu. Je suis toujours un peu entêtée de mes lectures, sÉv. 89. Il a été entêté de vous faire voir sa maison, ID. 414. S'il n'était point entêté des erreurs qu'il cherche dans les Pères, boss. Avert. 6. La fréquentation d'une parente entêtée des vanités et des folies du siècle, fléch. Panég. n, p. 248. C'est la veuve d'un riche et fameux architecte, une femme entêtée de noblesse, lesage, Diable boit. ch. <o. Le peuple prévenu est entêté de ces visions, vertot, Rév. rom. 11, p. 20B. L'on n'en est pas moins entêté de la parure, de la fortune, des amusements, MASS. Car. Vérit. culte. Un homme entêté de l'élévation et de la fortune, m. Car. Évid. de la loi. Henri IV, né dans cette secte qu'il aimait sans être entêté d'aucune, volt. Louis XIV, 3c. Homme plus entêté "d'avoir le chapeau de cardinal que de soutenir une bulle, m. ib. 37. Outre qu'une grande partie des gens de la campagne étaient encore idolâtres et entêtés d'une religion grossière comme eux-mêmes, montesq. Rom. xx. Je vois un jeune homme entêté de chimères à qui tout déplaît, chateaubr. René, 247. || 3° Absolument. Oui tien! à ses volontés, à ses idées, sans en démordre. Un vieillard, un enfant entêté. Il Substantivement. C'est un entêté, une entêtée.
SYN. entêté, têtu. On est entêté quand on
s'est mis quelque chose dans la tête, quand on s'est entêté de quelque chose. On est têtu, quand naturellement, et sans avoir été entêté de quelque chose, on tient à ses volontés, à ses idées. Mais, dans l'usage, entêté se rapproche tellement de têtu, qu'ils se confondent l'un et l'autre.
ENTÊTEMENT (an-tê-te-man) , s. m. || 1° Action de se porter à la tête, d'affecter la tête. L'entêtement par des parfums. || 2° Fig. État d'un esprit, d'un cœur, d'une âme entêtée. J'aime la poésie aveo entêtement, MOL. Fem.sav. 111, 2. Une fausse gloire, un faux esprit de réforme, une fausse religion, un entêtement de parti, et les aveugles passions qui l'accompagnent, boss. Var. Avert. v, §36. C'a été autrefois mon entêtement comme il est le vôtre; mais il y a trois choses à considérer.. . la bruy. v. De là les entêtements en faveur des uns, delà les déchaînements bizarres contre les autres, boubda- LOVE, Homél. sur l'aveugle-né, Domin. t. iv, p. 478. Un temps a été que les Latins étaient modernes, et alors ils se plaignaient de l'entêtement que l'on avait pour les Grecs qui étaient les anciens, fonten Digr. anc. mod. Œuvr. t. iv, p. 4 96, dans pougens. Connaissant l'entêtement qu'il avait pour le nom d'érudition, hamilt. Gramm. 4. Les deux entêtements de cette dernière [dame] étaient la danse et la parure, id. ib. 7. Elle commençait à revenir de l'entêtement qui l'avait séduite en sa faveur, id. ib. n. Tel est aujourd'hui l'entêtement du siècle, de s'y faire des plans de religion, MASS. Myst. Yisit. On ne revient guère de l'entêtement de la naissance , id. Av. Dispos. La folle opiniâtreté que produit l'entêtement, bayle, Lett. à Constant, 4 juill. (697. Je n'ai pas l'entêlement des grandes alliances, Marivaux, l'Epreuve, se.
4. Il lise dit do celui qui est un objet d'entêtement. Si, à votre âge, vous êtes .si vif et si impétueux , quel nom, Théobald , fallait-il vous donner dans votre jeunesse, et lorsque vous étiez la coqueluche et l'entêtement de certaines femmes?LA BRUY. v. Il 3° Attachement excessif d'une personne à ses opinions. Bien n'égale l'entêtement de cette femme. Outre que l'entêtement est partout vicieux, il ne laisse jamais le cœur dans une disposition paisible, parce qu'il est toujours impatient et violent, BOURD. Pensées, 1. 1, p. 380. Rien ne ressemble plus à la vive persuasion que le mauvais eniêtement, LA BRUY. xii. La faiblesse a mille fois plus d'inconvénients que l'entêtement. M"' de genlis. Ad. et Théod. t. I, lett. 26, p. 4 46, dans pougens.
— f.rVM. Entêter.
ENTÊTER (an-tê-té), t). o. || 1° Remplir la tète da vapeurs qui l'incommodent. Les chèvrefeuilles ne m'entêtent point, SÉV. 4 44. || Absolument. Le charbon entête. || 2' Fig. Porter à la tête des fumées d'orgueil, de van'té, etc. Sa grandeur l'entête. La qualité l'entête, et tous ses entretiens Ne sont que de chevaux, d'équipage et de chiens, mol. Mis. 11,