U. DU BELLAY, B
— ÉTYM. Entre, et cours/d'où l'anglaistnlercourse, qui est revenu en français sous la forme anglaise.
t ENTR'ÉCOUTER (S') (an-tré-kou-té), V. réfl. S'écnuli r réciproquement.
— II.ST. XVI' s. L'une partie et l'autre a failli en
ENT
n'ayant point la patience de s'entr'ecouter, atin de suivre la vérité sans afTection, là où elle seroit trouvée, calv. 20».
— ÉTYM Entre, et écntUer.
t ENTRE COUVRIR (S) (an-tre-kou-vrir),i). f^/l. Se couvrir réciproquement.'
— HIST. XVI' s. Aussi seront les herbes posées en rangées convenablement esloigiiées les unes de» autres, afin d'éviter la confusion que le trop de presse causeroit à l'œuvre, s'entrecouvrans, o. DB
— ÉTYM. .Entre, et coumr.
t ENTRE-CRAINDRE (.S') (an-tre-krin-dr'),t).re'/I. Se craindre réoiprotiuement.
— HIST. XVI' s. Hz s'eiitreoraignoient réciproquement et se deffioient l'un de l'autre, amyot, Pyrrhus, (3.
— Él'YM. Entre, et craindre.
I ENTR'ÊCRIRE(S') (an-tré-kri-r') , «. réfl. Écrire réciproquement quelque chose l'un k Loutre. Us s'entr'écri valent des lettres fort aimables.
— Hlsr. XVI' s. Avec une lettre de sa m.dn, comme les rois j'entrescrivent, non point pour affaires, mais.... CARLOix, ii, f>.
— ÉTYM. Entre, et écrire.
ENTIU; CROISÉ, ÉE (an-tre-kroi-zé, zée), part, passé, (roisé iécl|iroquement. Des fils entre- croisés.
t ENI'RE-CROISEMENT (an-tre-kroi-ze-man), s. m. Etat de choses qui s'entrecroisent. {| Terme d'anatomie. Passage réciproque des fibres en général, des tubes nerveux en particulier, d'un côté du plan médian du corps à l'autre. L'entre-croisement des nerfs optiques.
— HIST. xvi's. Le terroir pendant ne soufi're l'entre-croisement des raies par angles droits, comme à volonté cela se fait en plaimre, o. dk serres, 92.
— ÉTYM. Enire-croiser.
ENTRECROISER (an-tre-kroi-zé), V. a. || 1° Croiser réciproquement. Entre-croiser des fils. || 2° S'entre-croiser, v. réfl. Se croiser l'un l'autre. Des lignes qui s'entre-croisent. Ce qui fait que ces rayons s'entre-croisent, desc. Dioptr. 7.
— HIST. XVI' s. Les fossés s'entre-croisans l'un l'autre, faisans, par ce moien. des grands quarrés au champ, o. de serres, 189.
— ÉTYM. Entre, et croiser.
t ENTRE-CUISSE (an-tre-kui-s'), t. m. L'entredeux des cuisses. || .lu plur. des entre-cuisses.
— HIST. XVI' s. Apriis avoir espluraé la teste et les entre-cuisses des chapons et des poules, on les met en mue, 0. de serres, 362.
— ÉTYM. Entre, et cuisse.
ENTRE-DÉCHIRER (S) (an-tre-dé-chi-ré),tJ. r^/l.
Il 1» Se déchirer l'un l'autre. || 2' Par e.xtension, se battre. Les nymphes jalouses sont prêtes à s'entredéchirer, frn. Tél. vu. La fureur des brig.mds à s'entre-déchirer Laisse aux vertus du moins le temps de respirer, lemerc. Charles VI, II, 6. || 3° Kig. Médire violemment l'un de l'autre.
— HIST. XVI' s. S'entredecliirer, OUWN, Dict.
— ETYM. Entre, et déchirer.
t ENTRE-DÉCLARER (S') (an-tre-dé-kla-ré) , ». réfl. Déclarer réciproquement quelque chose l'un à l'autre. La France et l'empereur venaient de s'entredéclarer la guerre, J. J. rol-ss. Confess. v.
— ÉTYM. Entre, et déclarer.
t ENTRE-DÊCOURAGER (S") (an-tre-dé-kou-rajé), V. réfl Se décourager réciproquement.
— HIST. XVI' s. Les Islois, malades du regret de Miranibeau, prenoientsi aigrement les occasions de s'entre-decourager , qu'au prix qu'on jetoit des hommes à bord, il en sortoit autant pour venir à la Rochelle, d'aub. Hist. ii, 3oo.
— ÉTYM. Entre, et décourager.
I ENTKE-DÉFAIRE (S') (an-tre-dé-fê-r') , «. réfl. Se défaire l'un l'antre.
— ÉTYM. Entre, et défaire.
t ENTRE-DÉFENDRE (S') (an-tre-d4-fan-dr'), v. réfl. Se défendre réciproquement.
— HIST. XVI' s. S'entredefTendre, cotgrave.
— ÉTYM. Entre, et défendre.
t ENTUE-DEMANDER (S') (an-tre-de-man-dé), ». réfl. Se demander réciproquement quelque chose l'un à l'autre. Ils s'entre-demandéient des nouvelles.
— HIST. XVI' s. Quand mes deux cordouanniersse trouvèrent à l'hôtellerie, avec chacun une hotte à la main, ils s'entredemanderent pour qui estoit la botte, DESPEB. Cont. xxv. Et s'entre-demandent, qui vive, qui va là, le mareschal se nomme le premier, CABLOIX, VIII, 37.
— ÉTYM. Entre, et demander.
•]• ENTRE-DÉPOSSÉDER (S') (an-tre-dé-po-s&<ié), B. réfl. Se déposséder réciproquement. Les hommes
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se firent la guerre les uns aux autres pour 8*entre- (iéposséiler (le leurs biens, fén. Épicure.
— f.TYM. Entre, el dtfpoitéder.
t ENTltK-llfillOBKR (S') (an-tre-dé-ro-bé) , i>. ré/l. Se (lérolier quelque chose réciproquement l'u'i à l'autre.
— Rtym. Entre, et dérober.
ENTRE-DÉIRUIRE (S') (an-tre-dé-trui-r'), e.r^/l.
Il !• Se ilétruire l'un l'autre. El que son amitié, se laissant moins séduire. Ne nous ex|>os&t point k nous entre-ilétruire, cobn. Pulchérie, i, &. Les familles sVntredélruisirent, moniesq. Ilom. cil. 20. Il 3° Parextension, être en opposition, en contradiction. Quel est le but (lue vous vous proposez dans vos écrits? est-ce de parler avec sincérité? non, mes pères, puisque vos réponses s'entie-dùtruisent, PASC. Prov. (R. lant de mouvements opposus qui s'entre détruisent, j. j. Rouss. Contrat toc. m, ».
— F.TYM. Entre, cldétruirti.
ENTRE-DKUX (an-tre-.leû ■. Vx se lie : un an-tre-
dert-z et....), I. m. Il 1" l'arlie ou place qui forme séparation entre doux choses, ôler l'entre-deux qui sépare deux chambres, l.'entredeux des épaules. Vous la sentirez chaude dans les entre-deux de vos
doiRts, DEsc. Méiénr. 2 Et pour vos endossiires.
Laissez les entre-deux, servez-vous de memhrures, LESNÉ, la Reliure, p. r>5. || 2° Kijç. Par cette brèche, ils rompent l'entre-deux qui le sépare ilii peuple, BALz. 5* dise, suriaeour. On ne montre pas sa grandeur pour être à une extrémité, mais bien en touchant les deux à la fois, et remplissant tout l'entre-deux, PASC. Pensées, t. i, p. 275, édit. I.ahure. Il y a des amusements de passion ou de vanité qui dissipent et qui mettent quelque entre-deux entre Dieu et nous, FÉN. lAlt.tpir. 132. Les conséquences y [dans un livre de Newton] naissent rapidement des principes, et on est obligé de suppléer de soi-même tout l'entre-deux, FONTEN. Newton. Il fallait former un rang intermédiaire [pour les princes légitimés] qui ne blessât pas les princes du sani; et qui les engageât à les maintenir dans tous les temps, par l'intérêt de se conserver un entre-deux entre eux et les pairs, sT-siM. 20, 235. Mme la duche.sse d'Orléans ne pouvait souffrir que ses enfants ne fussent que princes du sang, et voulait imatsiner un entre-deux, avec un nom d'arrière-petil-fils de France, lu. 227, 40. Il 3" Entre-deux, loc. adv. Exprime un terme ou un degré moyen. Ce mouton est-il dur? — Entre-deux. Fait-il froid?— Entre-deux. On voit des querelles entre le clergé et la noblesse, et les rois entre-deux, MONTESQ. Espr. XXXI, 23. Il 4" Espèce de console qu'on place entre deux fenêtres. || 6° Petite banda de dentelle ou de mousseline ou percale brodée, servant à orner les divers objets de la toilette des femmes désignés sousl» nom de lingerie. || 6' Terme de fabrique. Endroit où les forces n'ont pas tondu le drap d'assez près. || 7* Terme de marine. Entredeux des sabords, espace plein de la muraille intérieure qui est entre les deux sabords. || Entre-deux des lames, espace ride que laissent entre elles les lames élevées par une grosse mer. || Absolument. La distance entre le gr«nd mât et le mât de misaine. 118" Terme de pêche. Entre-deux d'une morue, la partie entre la tète et la queue.
— HIST. xiif s. Engigneus est [il est rusé], mes n'est pas fort, Se Ysengrin li fait effort, De l'entredeus se set covrir, Et bien tapir.... Rtn. (4653. Il XIV s. [La chair] raemplit les concavités et les entredeus des autres membres , h. de mondeville, f» « o. Il XV*». Et si nous sommes & l'ahbaye, la vdie est rostre; car il n'ya pomt d'entre deux entre la ville et l'abbaye, proiss. i, i, 437. || xvi» s. La mer a joinct des terres qui estoyent divisées, comblant de sable les fosses d'entre-deux, mont, i, 23i. Le soleil nous élance si dru ses rayons, que nous n'en pcu- Tons appercevoir l'entre-deux, m. i, 27). M. l'admirai voulut lui-mesmes venir jusques là; la rivière entredeux toutes fois, LANOi'E, 866. Il départit •es gens par petites troupes, et leur enjoignit qu'ils >e jettassent habilement es entredeux, a,myot P. jEm. :t3. Les soudards se mutinèrent, de sorte qu'ils furent entredeux de les tuer sur le champ mais.... m. Sy'la, t». '
— f.TYM. Entre, eXdeitx; picard, interdetu.
t ENTRE- DEVOIR (S) (an-tie-de-voir) , v. rifl. Devoir réciproquement quelque chose l'un à l'autre. L'admirable rencontre â mon âme ravie. De voir que deux amants .s'entre-doivcnt la vie, corn. CW. m 4
— ÉTYM. Entre, et d^fotr. ' ENTRE DfiVORER (S') (an-lre-dé-vo-rê) , v.réfl.
8e dévorer mutuellement. Les loups s'entre-dévorent.
— HlST. ivi'i. S'entre-devorer, lanode, .i4g.
ENT
— ftmc. Entre, et divortr.
t ENTKR-Dll'FAMER (S') (an-tre-di-ffa-m*), v. réfl. Se diffamer l'un l'autre.
— HIST. xvi' s. S'entrediffamer, cotobave.
— ETYM. Entre, et dilfmner.
t ENTRE-DIRE (S') (an-tre-di-r*), r. réfl. Dire réciproqueriienlqueli|ue chose l'un àl'autre. llss'entre-dirent leurs léritiés. L'entretien de Daphnis au troisième acte avec cet amant déd.iigné a une affectation assez dangereuse de ne dire que chacun un vers à la fois ; cela sort tout à fait du vraisemblable, puisque naturellement on nu peut être si mesuré en ce qu'on s'enlre-dit, corn. .Suit). Examin. Les femmes S'untre-disiient en leurs menus uevis.... la pont. Troq. Les rois desenvirons, alarmés, s'entredisent comme autrefois les rois de (Mianaau : Ce peuple va dévorer tous les peuples u'alentuur, mass. Or. fun. Dauphin.
— HIST. xvi* S. Ils s'entredirent chacun une centaines de bonnes et fortes injures d'arrache-pled, nESPEB. Contes, Lxv.
— ETYM. Entre, et dire.
ENTRE-DONNER (S') (an-tre-do-né), V. réfl. Donner réciproquement quelque chose l'un à l'autre. Elles se sont entre-diinnô quelques petits objets. Les objets qu'elles se sont entre-donnés. Deux ou trois cents soldats s'enlre-donnent courage, mairet, JforI d^Atdr. V, 2. Etces yeux les ont vus s'eiitre-donner parole, mol. le Dép. m, to. Tous deux s'étaient entre-donné la foi, la font. Cofl. || Absolument. Se frapper l'un l'autre. Les deux éperviers s'entre-donnaient du bec, vauoel. Q. C. liv. m, dans richelet.
— HIST. XI* s. [Ils] Se vont ferir, granz cops s'entre-dunerent, Ch. de lini. CCLX ||xiii' s. Ainsinc lorcuers [leurs ciEurs]ensemlilo joignent. Bien s'enlrament, bien s'enire-doiguem, ta Rose, 4804. Il xvi' s. Par fervens messages des yeux, ils s'enlredoniierenl signes de leurs mutuelles volontés, des- PER. Contes, XVI II.
— ETYM. Entre, et donner.
ENTRÉE (an-trée), s. f. \\ 1* Action d'entrer. L'eiytrée des juges au tribunal. Faire son entrée. P.ir un nouveau carnage il y lit son entrée [dansHoraej, corn. Othon, IV, 2. Mon entrée en ces lieux ne te surprendra plus, rac. Bajax. i, (. Il faut attendre, pour faire le compliment d'entrée, que les petits chiens aient aboyé, la bruy. xiii. || En parlant des éclipses, l'entrée de la lune dans l'ombre, etc. || 8* Cérémonie solennelle avec laquelle un personnage considérable entre ou est reçu dans une ville. 11 nous semble que vous ayez fait votre entrée à Aix , sfiv. 23. Ils avaient fait ici une manière d'entrée à mon fils, ID. 57. On lui fit une entrée magnifique dans la ville capitale, pebbault, Contes, 46. Ce prince [Alexandre] fit son entrée dans Itabylone, avec un éclat qui surpassait tout ce que l'univers avait jamais vu, eoss. Hist. lu, 5. [t\>i] Sont prêts à vous conduire à la porte sacrée D'où les nouveaux sultans font leur première entrée, rac. Bajat. n, 3. |{ Entrée se dit aussi d'un vainqueur qui est reçu dans une ville soumise. L'entrée de l'armée dans la capitale ennemie. Il Joyeuse entrée, inauguration des anciens souverains de la Flandre. || 3* Terme de théâtre. Action d'entrer enscène; moment d'y entrer, celacleur a manqué son entrée. L'une. ...Semblait faire l'entrée en quelque tragédie, RÉONIEH, Sol. xj. || 4* Entrée de ballet, ou, simplement, entrée, se disait autrefois des intermèdes d'un ballet. Danser une entrée. Pendant la répétition de ce ballet, le comte de Guicha était très-souvent avec Madame, parce qu'il dansait dans la même entrée. M"* de la FaTette, Hitt. de H. d'Angl. OKuvres, t. m, p. t07, dans potoENS. Il Fig. Faire une entrée de t>allet dans une compagnie, y entrer sans garder les convenances et faire les civilités nécessaires. || Il se disait aussi des actes d'un opéra-ballet, lorsque chaque acte était un sujet détaché. Première entrée. Seconde entrée. || Aujourd'hui, divertissement exécuté par un certain nombre de danseurs . dans un ballet, dans un opéra. Une entrée de paysannes. || Terme de musique. Se dit du moment où chaque partie commence à se faire entendre. L'entrée des cors. || Ritournelle qui, dans un mélodrame, annonça l'entrée en scène d'un personnage. || 6* Droit d entrer sans payer dans un spectacle. Cet auteur a son entrée ou ses entrées à la Comédie-Française. Je m'avisai de présenter ma petite comédie de Narcisse aux Italiens : elle y fit reçue, et j'eus les entrées, qui me firent grand plaisir, J. J. ROUSS. Confess. vu. Ce théâtre dont je me suis fait nommer méilocin honoraire pour avoir mes entrées, PICARD, Noce sans mariage, i, 7. || 8* Droit de siéger. Le gouverneur de Paris avait entrée au parlement. Avoir entrée au conseil d'Btat
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Il f Aeeê* dtDf an lieu. Donna antrie k Placide et souffre que.... cobn. TVod. u, 7. ILimiltoii yavail l^s entrées libres â toutes heures, hahiltun, Gramm. 8. La vicomtesse n'a les entrées ici qua parce que vous supposez qu'elle aime encore mon neveu, M"* DE GENUS, Théd. d'éduc. Tendr. mntem. se. ». Il .\nclen terme de la cour. Privilège attaché à certains rangs et à certaines charges, d'entrer â certaines heures dans la chambre du roi. Cette charge donne toutes les entrées. On lui a donné les ojêiues entrées qu'à la dame d'honneur, sEv. 3ii.i. Elle a prétendu avoir les entrées de dame d'honneur, id. 398. Il Les grandes entrées, se disait des entrées qu avaient les gentilshommes de la chambre. Apres Ir coucher, le roi appela H. de la I rémouille, et lui dit lie donner ordre aux huisfier» de laisser entrer M. le duc du Maine comme les gentilshommes de la chambre : c'est ce qu'on appelle avoir les grandes entrées, dangeau, Journal, l, 45, <• aoiU 4ss4. Titus, prince adoré de tout ce qui avait les grandes entrées et qui montait dans les carrosses, p. L. cou». 1, 3U1. Il Les petites entrées, se disait des entrées que donnaient les autres charges. Louis XIV avait ses petits couchers, ses grandes, ses pi U tes entrées, VOLT. Louis XIV, 9. Il Par mélonvniie. Olui ou celle qui a ses entrées. Le H. leTellier, .Mme de Maintenon, et une douzaine d'entrées, maitres ou valets, y reçurent ou y suivirent le saint sacrement [à la .Dort du loij, st-sim. 4o», 42. Le même [.seigneur qui avait les entrées) lui donnait [au roi] sa robe de chambre, et cependant les secondes entrées ou brevets d'affaires entraient, lo. 417, 5. |1 8" Admission. Depuis son entrée au collège, cet élève a fait beaucoup de progrès. L'entrée au séminaire. L'exai:.en d'entrée à une école. On a d t que l'iaion refusait l'entrée de son école à quiconque n'était pas géomètre, mairan. Éloges, l'abbé de Molières. On peut lui reprocher [au président llosel cependant d'avoir, par amitié pour Despréaux et Racine, retardé l'entrée de Fonleiielle à l'Académie française, d'alehb. J^/o^M, Aoie. || Ce qu'on payait en entrant en charge; bienvenue. |l •• Endroit par où l'on entre, l'on pénètre. L'entrée de la maison. X l'entrée de la ville. L'entrée est de ce côté. L'entrée d'un port, d'une rade. || Terme d'architecture. Entrée de chœur, décoration, façade qui sépare la choeur d'une église du reste da la nef. || Les abords. Il s'arme de toute l'ardeur de son zèle, et défend avec une vigilance incroyable les entrées de son diocèse, FLEcii. Panég. ii, p. 305. Il laissa Jacqueline avec ses enfaniià l'entrée du bois. M"' de genlis, Veill. du chdt. t. ii, p. 457, dans pougens. |; 10* Ouverture de certaines choses. L'entrée de ce chapeau, de cette chaussure, de cette manche est trop éiroiie. Il Ouverture par laquelle une clef entre dans la serrure. Il 11* Fig. Il se dit de tout ce qui est comparé à une action d'entrer, à un acheminement. [Les traits de la mort].. . Ne font voir à leur clarté Que la fin d'un triste esclavage Kl l'entrée à la liberté, corn. Imit. I, 23. Ce serait leur fermer l'entrée de notre religion, PA8C. Proti. ta. Dieu a voulu se servirde l'entremise des sens pour donner entrée k la foi, tu. ib. .... Le Tellier, k qui la divine Providence faisait faire ce léger apprentissage des affaires d'Ëtal; il ne fallait qu'en ouvrir l'entrée à un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique, boss. le Tellier. Les dégoûts, les dépits ne peuvent y avoir aucune entrée [aux Champs £lyséesj, p^H. Tél. XII. Solon donna entrée dans les affaires publiques à tout la peuple, lO. Solou. Ja trouvai une petite tracasserie domestique que je na dédaignerai pas de meure ici, comme l'entrée à des choses plus considérables, st-sim. 5<, (Oi. || L'entrée dans le monde, la naissance. On la compte [la vie de l'homme] depuis la première entrée dans le monde; pour moi, je ne voudrais la compter qua depuis la naissance de la raison, pasc. Amour. Il L'entrée dans le monde, se dit aussi des personnes qui commencent à fréquenter la société. Je n'ai jamais vu une si souhaitable entrée dans la monde, s8v. 488. Il 11* Occasion, opportunité. Cette innovation donnerait entrée à bisaucoup de désonlres. Donner entrée k un abus. Les entrées qu'el'e nous ouvra pour faire des amis, boss, ii, Honn. || 13* Il se dit du premier t< mps, de» premiers moments da quelque chose qui dure. L'entrée du mois. k l'entrée de 1 hiver. L'entrée de son pontificat. Je revins secrètement chez moi k l'entrée de la uuit, LESAGE, Diable bml. cb. 13. | Dès l'entrée de table , dès le commencement du repas. Il 14* Début, commencement. Vojez Diana qui a tant écrit; il a mis à l'entrée da ses livres la lista des auteurs qu'il rapporte, pasc. Prot. %. Que i*i
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les premiers vers l'action préparée, Sans peine du sujet aplanisse l'entrée, boil. Art p. m. Ce que j'ai touché dès l'entrée de ce discours, Boss. Bonté, (. Il On dit dans le même sens, entrée en possession, en jouissance. |{ Kntrée en séance, action de commencer une séance. || D'entrée, loc. adv. Tout d'abord, dès le début. Madame arriva, h qui d'entrée le roi dit qu'il comptait bien qu'elle ne voudrait pas s'opposer à une affaire que Monsieur désirait, stsiM. 2, 4&. M. Kayou, d'entrée et faute d'expérience, pourra faire des fautes, il les corrigera bientôt à force d'es|iritet de réflexioa, m. 232, 97. Et vraiment il serait étrange qu'on se proposât, d'entrée, de rembourser ce qu'on ne doit pas, au risque de ne pouvoir pas alors rembourser ce qu'on doit, mirab. Collect. t. IV, p. 66. N'est-il pas clair que désespérer, d'entrée, de tout rétablissement foniié sur notre seule ressource actuelle, c'est empêcher cette confiance précieuse de se rétablir?iD. 16. t. iv, p. 120. Il D'entrée de jeu, dès le commencement du jeu. Il se mit à jouer, et d'entrée de jeu il perdit presque tout son argent. Il Fig. D'entrée de jeu, d'abord. D'entrée de jeu il fit voir son extravagance. || 15° Se dit de la permission d'entrer dans un pays, en parlant de marchandises, délivres, etc. Je vous dirai confidemment que j'ai une joie très-vive de ce que l'on n'a point permis en France l'entrée de mon Dictionnaire, BAYLE, Lett. à Jf***, )3 mai («97. Il Avoir l'entrée d'un port, avoir accompli les formalités nécessaires pour y être admis. || IS" Terme de douane. Droit qu'on paye pour les marchandises qui entrent dans cerlaines villes ou certains pays. Ces troupes étaient seulement commandées pour faire payer les entrées aux portes de la ville, la nocHEF. Uém. tea. Ce qui entrait dans Rome sous le nom des ambassadeurs ne payait jamais d'entrée, VOLT. Louis XIV, 14. Il 17° 'Terme de cuisine. Mets qui se servent au commencement du repas. On servit les entrées. Cet estomac était amoureux du ragoût. De potages farcis et de fines entrées, LA MOTTE, Fabl. m, t8. Il Fig. On dit qu'il faut aciuellement des entrées recherchées [ouvrages liitéraiie.s] et des nouveautés dont on n'aurait pas mangé autrefois, VOLT. Lett.d'Argental, 7avr. t777. Il 18° Terme d'eaux et forêts. Bois d'entrée, ceux qui commencent à donner quelques signes de dépérissement. Il 19" S. f. pUtr. Terme de commerce. Se dit des valeurs, des marchandises qui entrent. Le livre des entrées.
— HlST. XI* s. Et Guineman jouste à un roi l'entrée [d'entrée, d'abord] , Ch. de Roi. ccxLix. || xii* s. Le premier jour de mai, à l'entrée du mois, Sax. xxxiii. Vint s'en al tabernacle; truvad le vesche Hely à l'entrée, quiasis iert [était], Rois, p. 3. Dunkes de tôle vertutfait à guarnirli entreie del cuer. Job, p. 444. Il XIII' s. Sur les ieus [je] vous commant que vidiez ma contrée. Si que jamais nul jour ne revoiez l'entrée. AunEPRoi le bast. Romane, p. 23. Jà du moustier [il] n'en avéra l'entrie, ib. p. 48. À rentrée de quaresmes, après ce que on prent cendres, viLLEH. VI. Ensi gardèrent les entrées et les issues dou casliel un an et trois mois, Chr.deRains, p. (38. Ele i est jusqu'au ventre entrée, Et la fosse a petite entrée, iie«. 664. Maint sunt qui d'entrer ens se hestent, Oui tuit à l'entrée s'arrestent. Ne n'ont poûir d'aler avant, la Rose, 603u. || xiv s. Lieu qui a droitement regart et larges entrées au cuer [au cœur], H. de mondevu-le, f° 81. || xv s. Moult se tint le parlement sur ce longuement; mais enfin riens n'en fut fait; car le roy Henry vouloit avoir trop grant entrée sur le royaume, fenin, I4I9. Couioie il se trouva grant et roy couronné, d'entrée ne pnsa qu'aux vengeances, comm. i, (0. ||xvi*s. Le mariage est un marché qui n'a que l'entrée libre, iiûNr. I, 209. Ils les exhortoyent de penser à eux et ne s'obstiner pas à donner entrée à ceste misérable giiciie, LANGUE, 558. Il y eut un chantre phocien qui chaula l'entrée du chorus de la tiagredie d'Elecira, laquelle se commence ainsi.... amïot, Lysandre, 29. Pour entrée de table, je te donne ces petites fricassées, dis accords, Bigarr. f° t si , dans lacurne.
— ErVM. Entrer, provenç. intrada; espagn. entrada; ital. enirala.
t ENTRE-FÂCIIER (S") (an-tre-fâ-cbé), D.r^/l. Se fàohur mutuellement.
— HIST. XVI' S. S'entrefascher, cotgrave.
— RTYM. Entre, et fâcher.
t ENTRE-FAIRE (S') (an-tre-fê-r') , v. réft. Se fiire l'un à l'autre. El [les vents] l'un à l'autre ïcharnés S'entre-font sur mer et sur terre En soufflant une rude guerre, scahr. Virg. 1.
— ÉTYM. Entre, et faire.
IttrrKEFAlTES(an-tre-f6-t'), s. f. plur. Usité seu
met. DE LA LAMGUl!: FHANVi^lSB,
ENT
lement dans cette locution adverbiale : Sur ces en- • trefaites, c'est-à-dire dans cette circonstance, en ce moment-là. Sur ces entrefaites il reçut des lettres desesamis. Il Onditaussi :Dans ces entrefaites. Dans ces entrefaites, la plus ancienne des deux femmes de chambre qu'elle avait tomba malade d'une fièvre aiguë qui l'emporta, Marivaux, Marianne, tO' part. Il On dit quelquefois au singulier : Dans ou sur cette enlrefaite, sur l'enlrefaite. L'ennemi vint sur l'enlrefaite, la font. Fabl. vi, 8.
— HIST. XIII' s. Ensinc sevra li pruzdom son fil [sonfils], et avintentreces entrefetes que... Xerlin, f «8. Il XV* S. En ces entrefaictes envoya le duc de Bourgongne.... comm. m, 3. || xvi* s. Vous vous verrez hors la subjection Des infernaux, et de leurs entrefaites, MAROT, I, 255. Sur ces entrefaictes, les Aquiliens, qui en ouirent le vent, s'en recoururent incontinent à la maison, amyot, Pubt. 7.
— ÉTYM. Entrefait, participe passé d'entrefaire, faire dans l'intervalle.
t ENTRE-FA VORISER (S') (an-tre fa-vo-ri-zé) , v. réfl. Se favoriser l'un l'autre.
— HIST. xvi" s. S'entre-favoriser, langue, 318.
— ÉTYM. Entre, et favoriser.
t ENTRE-FESSES (an-tre-fè-s'), t. m. Terme de boucherie. Maniement impairou simple, particulier à la vache, situé entre les fesses et immédiatement en arrière du pis.
t ENTRE FESSON (an-tre-fè-son), s. m. Inflammation érysipélateuse déterminée quelquefois, entre les fesses et la région du périnée, parle frottement continuel de ces parties pendant une longue marche. Il Terme de vétérinaire. Excoriation qu'un cheval gras se fait entre les fesses. \\ Au plur. Des entrefessons.
— HIST. XVI* s. Le perinîeum, que Dalechamps en sa Chirurgie françoise appelle l'enlrefesson,
paré, XIV, 46.
— ÉTYM. Entre, et fesse.
t ENrRE-FESTOlEMENT(an-tre-fè-stoî-man), s. m. L'action de s'entre- festoyer.
— HIST. XV' s. Quand les deux parties s'encontrerent, la noblesse doubla pour les beaux entrefestoyemens, et aussy pour aller à l'espousaille du noble conte, Percefnresi, t. m, f tie.
t ENTRE-FESrOYER (S") (an-tre-fè-sto-ié; plusieurs disent an-tre-fè-stoi-ié), v.lréfl. Se festoyer réciproquement.
— HIST. XVI* s. De sorte que nous vivions en toute seureté, et s'entrefesloyoit-on à tour de rôle et à l'envi, CARLOix, ix, ».
— ÉTYM. Entre, et festoyer.
t ENTRE-FEUILLE (an-tre-feu-U', JI mouillées, et non an-tre-feu-ye) , *. f. Terme rural. Intervalle entre les feuilles d'un cep de vigne. || Terme de botanique. Feuille secondaire qui croit à l'aisselle des feuilles primordiales. {| Au plur. Des entre-feuille.s.
— ÉTYM. Entre, et feuille.
t ENTRE-FIN, INE (an-tre-fin, fl-n'), adj. Terme de commerce. Intermédiaire entre gros et fin.
— ÉTYM. Entre, et fin, adj.
t ENTRE-FLANQCER (S') (an-tre-fian-ké), *. réfl. Se flanquer réciproc]uement, se couvrir par le flanc.
— HIST. XVI* s. En sorte que le péril est grand à la cavallerie d'attaquer par tels endroits qui s'eutreflanquent, langue, 319.
— ÉTYM. Entre, et flanquer.
t ENTRE-FLATTER (S') ( an-tre-fia-té) , V. rifl. Se flatter réciproquement. La vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle; on ne fait que s'entretromper et s'entre-flatter, pasc. Pensées, part, i, art. 6.
— HIST. XVI* s. S'enireflalter, cotgrave.
— ÉTYM. Entre, et flatter.
t ENTHE-FOCETTER (S') (an-tre-foi-té), v. réfl. Se fouetter l'un l'autre, les uns et les antres.
— HIST. XVI* s. S'entrefouetter, cgtguave.
— ÉTYM. Entre, et fouetter.
ENTUE FRAPPER (S') (an-tre-fra-pé) , v. réfl. Se frapper l'un l'autre.
— HIST. XVI" s. S'entrefrapper, cotgrave.
— ETYM. Entre, et frapper.
tENTRE-FROISSER (S') (an-tre-froi-sé) , ». réfl. Se
froisser réciproquement, yue sera-ce quand il y en aura tant de milliers ensemble, qui ne feront (jue s'entre-froisserî vaug. Q. C. ix, 2, dans kichelet.
— HIST. XVI* s. Comme deux cailloux s'entrefroissent en rendant le feu caché dans leurs entrailles, YVEH, p. 588. Parmi les pommes est mise delà paille pour les garder de s'enlre-froisser, o. de serres, 087.
— ÉTYM. Entre, et froisser.
+ ENTRE FROTTER (S') (an-tre-fro-té), v. réfl.Se frotter réciproquement. Anaxagoras disait que le ton-
ENT
nerrevenaitdu choc des nuées, et les éclairs, lorsque les nuées ne faisaient que s'entre- frotter, rttl.Anax.
— HIST. ivi' s. S'enirefrotter, cotgrave.
— ÉTYM. Entre. H frotter.
t ENTRE-GARDER (S') (an-tre-gar-dé), v. réfl. Se garder réciproquement. Par cela seul que tous les citoyens se connaissent mutuellement ets'entregardent.... j. j. bguss. Pologne, 6.
— HIST. XVI* s. Se fortune ne t'eust entregardé [préservé]. Triomphe des neuf preux, p. 206, dans lacurne.
— ÉTYM. Entre, et garder.
ENTREGENT(an-tre-jan),t. m. Adresse àsecos-
diiiredansle monde, à se lier, à obtenir ce qu'on désire. Vous êtes honnête homme et savez l'entregent, RÉGNIER, Sot. XI. Est-ce un crime en amour, est-ce de l'entregent. De faire un peu passer de la fausse monnaie Pour beaucoup de bon argent? ben- SERADE, dans richelet. Le comte de Roucy avait, avec toute sa bêtise, un entregent de cour que l'usage du grand monde lui avait donné, st-sik. 39, t99. Des sous-fermiers, ou d'obligeants, notaires. Qui , dans les pre.ssantes affaires. Ont un merveilleux entregent. Pour faire trouver de l'argent, pancourt, Enf. de Paris, i, 7. Ayant vécu dans deux des plus brillantes maisons de Paris, je n'avais pas laissé, malgré mon peu d'entregent, d'y faire quelques connaissances, J. J. Rouss. Confess. viii. Dans votre position, il faut un certain entregent dont, par malheur, vous êtes tout à fait dépourvu, CH. DE BERNARD, la Cinquantaine , § 4.
— REM. C'est une expression métaphorique empruntée à la fauconnerie (voy. l'historique).
— HIST. XIV* s. Il vous convient continuer à le tenir [le jeune faucon] souvent sur le poing et entre gent tant et si longuement que vous pourrez, Ménagier, 11, 290. En cest endroit d'espreveterie, le convient plus que devant tenir sur le poing et le porter aux plais et entre les gens aux églises et es autres assemblées, ib. p. 296. {| xv* s. Mais lui, qui sait son entregent, se desarmoit [s'excusait, se déchargeait] gracieusement de tout ce dont charger le vouloient, louis xi, Nouv. liiii. ||xvi*s. Lascience de l'entregent [les lois de la civilité], mont, i, 52. Il y a plus de crevecoeurque de consolation à prendre congé de ses amis : j'oublie volontiers ce debvoir de nostre entregent, id.iv, tto. Il a meshuy assez de façon et d'entregent pour se présenter en toute bonne compagnie, ID. iv, 337. Je veulx que la bienséance esterieure, et l'entregent, et la disposition de la personne se façonne quant et quant l'ame, id. i, t82. Il suivoit, par son entregent, les tables des princes el seigneurs de la cour, pour espargner, carloix, ix, 3. Eloquence en .son parler, foy en sa parole, bonne grâce en son entregens, et amiable recueil à qui avoit à faire à luy, amyot, Pomp. 2. Vous sçavez mieux votrecourt; j'ay pensé dire, comme nos docteurs, vostre entregente; mais il me sembleroit dire entre jambes, tant cela est fat. Moyen de parrenir, 47, dans lacurne (L'auteur, comme on voit, blâmait le mot qui pourtant est ancien et remonte au moins au xv* siècle).
— • ÉTYM. Entre, et geni; c'est-à-dire pour les faucons l'habitude de vivre sans s'effrayer des gens, et pour les hommes l'habileté, l'adresse à se conduire entre les gens.
ENTR'ÉGORGER (S') ( an-tré-gor-jé ) , v. réfl. Il 1° S'égorger les uns les autres. Alors, voyant que leur entreprise ne pouvait réussir, ils la terminèrent par une fin tragique et sanglante, s'entr'égorgeant tous les uns les autres, pour se dérober à la honte du supplice, hollin, //ij». artc. Qiuvr.i. viii, p. 64, dans pougens. J'ai vu les citoyens.... S'en- Ir'égorger l'un l'autre au nom de la patrie, c. delaviGNE, Vêpres sicil. v, 2. || 2° Par exagération. Se comhaitre à outrance, se faire tout le mal qu'on peut. D'Antin et Mme laduchesse se défiaientfortdes deux Lorrains, avec l'extérieur le plus intime, en attendant qu'ils s'enlr'égorgeassent pour la possession de Monseigneur, st-sim. 238, t69.
— ÉTYM. Entre, et égorger.
t ENTRE GODRMER (S) (an-tre-gour-mé) , v. réfl. Se gourmer réciproquement.
— HIST. XVI* s. Quand on voyoit pages ou laquais s'entre-gourmer, on disoit qu'ils se confessoient comme les cordeliers de Metz, carloix, vi, 36.
— ÉTYM. Entre, et gourmer.
t ENTR'ÉGRATIGNER (S') (an-tré-gra-ti-gné), v. réfl. S'égratigner l'un l'autre, ou égratigner sur soimême deux parties symétriques l'une par l'autre. Ursule qui de ses ongles s'entr'éKratignnit les mains, CH. de BERNARD, ie Gentilh. campagn. § xv.
— ÉTYM. Entre, et égratigner.
ENT
t ENTHK r.RATTER (S'I (an-tre-gra-lé), V. réfl. Se gratler l'un l'aulre, et fig. se flaller l'un l'autre. Voyez comme elles s'eriire-graitent, hauteboche, Bourg.de iiualilé, ii, t.
— HIST. XVI» 8. S'enlregratler, cotobave.
— ÉTYM. Entre, et graltfr.
t ENTRK-riREFFÊ, ÉE (an-lre-grè-fé, fée), adj. Terme d« botanique. Se dit d'organes qui, d'abord distincts, se sont soudés et confondus, de manière à ne formerqu'une seule masse. Fruits entre-grefTés.
t ENTRE-GREFFER (S') (an-tre-grè-fé) , ». réfl. Être greffes les uns sur les autres. Les arbres s'entre-grelTent.
— KTYH. Entre, et greffir.
t ENTRE-C.RONDER (S') (an-tre-gron-dé) , e. réfl. Se gronder l'un l'autre.
— msT. xvi* s. S'entregronder, cotobave.
— Rtym. Entre, et gronder.
t ENTRE-GUEHROYER (S') ( an-tre-ghè-rro-ié ; plusieurs disent an-tre-ghè-roi-ié), v. rr'/l. Faire la guerre réciproquement l'un contre l'autre. Ils se sont enlre-guerroyé longtemps.
— HlST. XIII* s. Kl se nousnous entreguerrions.... H. DE vAi.ENC. XVIII. || XVI* 8. Veu que leurs niaistres s'entre-guerroient à toute outrance devers la frontière de Valenciennes, cabloix, vi, i.i.
— Rtym. Entre, et guerroyer.
t ENTRE- HAÏR (S') (an-tre-ha-ir), t). r<?/!. Se haïr mutuellement. Elle porte nécessairement les hommes à s'entrehalr, I. 1. Rouss. Orig. not.
— HIST. xiii* s. Li quens Gaulliier de St Pol et li quens Renaus de Boulogne, qui trops'entre-haoient d'armes, s'entreprisent devant le roi , Chr. de Uains, p.' (42. Et ne pourquant il [le mari et la femme] s'enlrelieent tant que il ne veulent demorer ensemble, BFAUM. i.vii, I. Il XV* s. Par avant ilz se entre- Imyoient comme chiens et chas, Chr. du siège dOr- Ua'ns, liibl. des Chartes, 2* série, t. ui, p. 609. Il XVI* s. Ceux qui s'enire-haïssent, se mordent, reprennent et injurient l'un l'autre, tournent tout à vice et reproche, calv. iitstit. 6(».
— ÉTYM. Entre, et haïr.
t ENTRE-HANTER (S') (an-tre-han-té) , e. rifl. Se hanter l'un l'autre.
— HIST. XVI* s. S'entrehanter, lanode, 3b(.
— P.TYM. Entre, et hanter.
t ENTRE HAPPER (S') (an-tre-ha-ppé), V. réft. Se happer l'un l'aulre.
— HIST. XV* s. Ainsi commença la meslée des deux lyons, et dura moult loriguement, si s'entrebapperent aux ongles et auxdens, qu'iln'y eut celluyqui n'eust plus de dix playes, Lancelot du lac, t. m, 1° 2.
— ÊTYM. Entre, et happer.
t ENTRE-HARCELER (S') (an-tre-har-se-lé), e. rdfl. Se harceler mutuellement.
— HIST. XVI* s. S'entreharceler, cotobave.
— ËTYM. Entre, et harceler.
t ENTRE-HARPER (S') (en-tre-har-pé), v. réft. Se aisir, s'empoiRner. Tous deux, aussi brutaux l'un liue l'autre, s'étaient entre-harpés et se battraient I eut-être encore, scabron, ttom. com.u, e.
— lîTYM. Entre, et l'ancien verbe harper, saisir (voy. HARPON).
t ENTRE-UEURTER (S') (an-tre-heur-té), v. ré/l. S» heurter mutuellement. De même qu'il n'apparlientqu'à des aveugles, qui ne voient pas le but où lis vont, de s'entreheurler dans un chemin, konten. Dial. des morts, Ép. à Lucien.
— HIST. XII* a. Li cheval s'entrehortent devant en
mi le pis [poitrail), Roncisv. <94. || xiii*s si dent
[ses dents] Ensemble si s'entrehurtoient, Que por un poi ne s'esmioieiit. Lai du trot. \\ xvi* s. Les armées s'esbranlerent pour s'entreheurter, lanoue, 592.
— RTYM. Entre, et heurter.
t ENTREILMSSÉ , ÉE (an-trè-lli-sé, sée, H mouillées), adj. Hait en forme de treillis; qui ressemble à un treillis.
— ÊTYM. En t , et treillis.
t ENTRE-JOINDRE (S') (an-tre-join-dr'),t).rt/I. Se joindre réciproquem«nt.
— HIST. XVI* s. Kstans les arbres plantés fort près l'un de l'autre, k la loiiKue s'entrejoindront entièrement, O. DK SKBIIES. 744.
— RTYM. Entre, et joindre.
+ ENTRE-JOUER (S') (an-tre-jou-é), v. refl. Se Jouer, se tromper l'un l'aulre.
— HIST. XV* 5. S'entrcjouer, rob. «stienne, Dict.
— RTYM. Entre, el jouer.
t KNTRE-JUREU (S) (an-treju-ré), «. réfl. Se jurer réniprotjucment quelque chose l'un à l'autre.
— RIST. XIII* s. Et seotrejurent et aflieut, Qu'à leurpooir s'entraidenmt, laHose, 46317.
— STYM. Entre, el jurer.
ENT
ENTRELACfi. £E (an-tre-la-sé, sée), part, passé. Joint comme par un lacs. Deux mains entrelacées. Les parties crochues étaient si parfaitement entrelacées, iiv. &02. Nous étions épaule contre épaule, pied contre pie<l , tous lei nerfs tendus et les bras entrelacés comme des serpents, chacun s'efTorçant d'enlever de terre son ennemi, pén. Tél. v. || Fig. Rimes artistement entrelacées, marmontel, Élém. de lilt. vers.
ENTRELACEMENT (antre-la-se-man) , s m. Action d'entrelacer ou de s'entrelacer; état de ce qui est entrelacé. Entrelacement de chiffres, d'aral>esqucs, de branches. À la fin, le Thébain, par l'entrelacement de ses jambes et de ses bras, suspend tous les mouvements de son adversaire qu'il tient sous lui. le serre à la gorge, et le force k lever la main pour marque de sa défaite, babtiiBl. Anach. ch. 3». Il Fig. Lesversirréguliersont lemémeeotrelacement de rimes que les odes, fEn. t. xxi, p. 4 88. il y a dans l'entrelacement des morceaux [de musique] un art exquis, j. j. rouss. Dict. de mus. au mot goût.
— HIST. XVI' 8. Les rouages et entrelassements des corps célestes, mont. ï7».
— RTYM. Enireincer.
ENTRELACER (an-tre-la-sé. Le e prend une cédille devant a ou 0 : nous entrelaçons, entrelaçant), «. a. Il 1* Joindre comme par un lacs. Entrelacer des guirlandes. Ils entrelacent leurs bras en dansant. Il [Archidamus] fit couper des arbres sur la montagne de Cythéron, et les entrelaça de fascines pour soutenir la terrasse de part et d'autre, rollin, Uist. anc. Œuvres, t. m, p. 526. || 2* S'entrelacer, V. réft. Être disposé comme un lacs. Le lierre s'entrelace à cet arbre.
— SYN. entbelacer , enlacer. Enlacer, c'est prendre, envelopper dans un lacs; entrelacer, c'est joindre par un lacs.
— HIST. XIV* s. Un chancre [cancer] moult ancien et entrelacié de vaines et de ners, h. de mondeville, f° «4, verso. \\ xv* s. [Philippe d'Artevelle aux Gantois :] Souvienne vous de nos ennemis, et chacun porto son basion tout droit devant lui; et vous entrelace/, de vos bras, par quoi on ne puisse entrer dedans vous.... PBOiss. II, 11, <»&
— RTYM. Entre, et lacer.
ENTRELACS (an-tre-14),*. m. || 1* Cordons entrelacés pour faire quelques nœuds. || 2* Terme d'architecture. Ornements de fleurons et de li.slels liés ensemble et croisés. |{ Entrelacs d'appui, autres ornements de sculpture à jour, qui tiennent quelquefois lieu de lialustres et de rampes d'escalier. {] 3° Terme de peinture. Ornements de feuillages ou de vignes qui se croisent dans un tableau. || 4* Terme de passementerie. Cordons ou filets propres à attacher des rideaux, des ornements, etc. || 6° Terme de calligraphie. Traits de plume qui se lient et s'entrelacent les uns dans les autres.
— HIST. XVI* s. N'estant possible, comment qu'on manie ces coucous, d'en sortir toute la soie, à cause de certains entrelas qui se rencontre es plotons, o. DE SEBBKS, 490. Les jetons des haies, agencés par entortillemens et entrelas, les rendent de belle représentation, ID. 742.
— RTYM. Entre, et lacs.
i ENTRE-LAISSER (S') (an-tre-lê-sé), v. réft. Se laisser réciproquement quelque chose. Ces deux personnages se sont entre-laissé leurs portraits.
HIST. XVI* s. Hz se enlrelaissoient tousjours au départir l'un d'avec l'autre un aguiUon de désir, amyot, Lyc. 28.
— ÊTYM. Entre, et laisser.
ENTRELARDÉ, ÉE (an-tre-lar-dé, dée), part.
passé. Piqué de lard. Il Viande entrelardée, viande mêlée de gras et de maigre. || Fig. Discours entrelardé de citations. || Style entrelardé, style mêlé de français et d'une autre langue, surtout de latin : Et si liunc librum par aventure Reperiasen ton chemin, Redde mihi la couverture, Quae facta est en parchemin. Il On <lit aussi style bigarré.
t ENTRELARDEMENT (an-tre-lar-de-man), *. m. Terme de cuisine. Action d'entrelarder; état d'une viande entreUnlée.
ENTRELARDER (an-tre-lar-dé), v. a. || 1* Terme de cuisine. Piquer de lard. Entrelarder un filet de boeuf. Il 2° Par extension, mêler certains ingrédients dans un meli». Entrelarder un pâté de clous de girofle. Il 8* Fig. Entrelarder un discours de vers, de citations latines, y insérer des vei?, des passa^jes latins.
— HIST. XIII* s. Leur disners entrelardés fu De ce qui plus plaisant leur fu. Ce fu de baisiers snvoureiis, BletJeltan, 36«o. || xv* s. S'il avoit eu peu de pitié des tripes et de la langue de bœuf, en-
ENT
core en eut-il moins de ce beau boeuf entrelardé, LOUIS zi, JYout/. Lxxxni. Etpuissea.ssirent en ordre i tableentrelardez de ilamoiselles, Perceforest, 1. 1, f* 9 ( .
— ÊTYM. Entre, et larder.
t ENTRE-LARGE (an-tre-lar-j') , adj. Terme de commerce. Oui tient le milieu entre large et étroit.
— RTYM. Entre, et large.
t ENTRELASSDRE (an-tre-la-8U-r'), i. f. Entrelacement, complication de figures.
— HIST. XVI* s. Des danses à plusieurs entrelasseures, coupeures et diverses cadences très difficiles à apprendre, mont, u, (76. Plusieurs ramifications et enirelassures de petites vainei, artères et fitamens nerveux, pabe, i, 32.
— RTYM. Entrelacer.
t ENTRE LIER (S') (an-tre-li-é) , «. réft. Se lier l'un l'autre. .
— HIST. XV* s. L'amour dont leurs coeurs estoient entreliés et enlacés, louis xi, .Voue, xcviii |{xvi* s. On a de la difficulté i faucher le sain-foin, par estre de lui-mesme fort espês et entrelié comme toison de laine, o. desebres, 273.
— RTYM. Entre, ellier.
ENTRE-LIGNE (an-tre-li-gn'), s. m. || 1* L'espace entre deux lignes d'écriture. Écrire dans l'entrelignc. Il En entre-ligne, dans l'espace qui est entre deux lignes. Il est défendu aux notaires d'écrire en entre-ligne. Il Terme de musique. Les espaces ou intervalles qui sont entre les lignes de la portée. On dit plutAt intervalle ou interligne. || 2* Ce qui est écrit entre deux lignes. Un entre-ligne poriaitque.... Il Au plur. Des entre-lignes, parce que, bien qu'il s'agisse non de lignes entre, mais d'eipaeet entre les lignes, on peut dire qu'il s'agit de plusieurs lignes, puisqu'il s'agit de plusieurs <>spac«s. Le*ingulier lui-même serait mieux écrit enire-liynet. Ce mot est comme entre-r.ôte ; le grand usage où il est l'a fait prendre pour un mot unique.
— HIST. XIII* s. Encore pot estre lettre faussée en autre manière, si comme quand il y a entrelignure, bEAUM. zxxv, 42. Il ivi* s. Premier que de passer outre, je vous prierai me permettre de faire icy cette enlreligne pour puis reprendre à mon point le fil de cette généalogie, pasquier, Recherches,
p. 385, dans LACURNE.
— RTYM. Entre, et ligne.
t ENTRE-LIRE (an-tre-li-rO , v. a. Lire imparfaitement, à demi. Je n'ai fait que l'entrelire, Beaumarchais dans le Dict. de beschebelle.
— HIST. XVI* s. Enlrelire [hre ensemble] , COT-
CRAVE.
— ÊTYM. Entre, et lire.
j- ENTRE-I.ORGNER (S') (an-tre-lor-gné), v. réft. Se lorgner l'un l'autre. Vois-tu ces deux qui s'enlre- Inrguent Et d'intention s'entr'éborgnent? scabron. Virg. VI.
— ÊTYM. Entre, et lorgner.
t ENTRE-LOCER (S') (an-tre-lou-é), v. réft. S« louer l'un l'autre.
— HIST. XVI* s. S'entrelouer, cotgrave.
— ÊTYM. Entre, et louer.
ENTRE-LUIRE (an-lre-lui-r') , e. n. Luire à demi. On voyait la lune entre-luire à travers le feuillage.
— HIST. xvt* s. Il sembloit de veoir, assez loin de la ville, entreluire des harnois à la réverbération du sole 1 qui donnoit dessus, u. du bellat, 394.
— RTYM. Entre, et (ut're.
t ENTRE-MAILLADE (an-tre-ma-lla-d'. Il mouillées) , s. f. Terme de pêche. Filet pierre et flotté en usage sur la Méditerranée.
ENTRE-MANGER (S) (an-tre-man-jé), v. réft. Se manger les uns les autres.
— HIST. XVI* s. Les petits potentats sont bien aises que les grands s'entre-mangint, langue, 39s. Ayant receu des assiégez le serment de l'attendre, se deussent-ils entremanger, d'aiib. Uist.u, 3<2.
— RTYM. Entre, et manger.
t ENTREMANGERIE (aii-tre-man-je-rie), t. f. Hostilités par lesquelles des hommes de même profession cherchent à se nuire réciproquement. Je n'aime point les conflits, les cabales et les entreman^eries professorales qui ri''gneni dans toutes not académies, batib, Leit. à Minutoli, s mars «694.
— RTYM. Entre manger.
t EVTR'E.MHARRASSER (S') (an-tran-ba-ra-lé). V. réft. S'emharr^isser mutuellement.
— RTYM. Entre, et embarrasser.
t ENTR'E.MRRASSER (S) (an-tran-bra-sé), t. réft. S'embrasser l'un l'autre. Les épines s'entrelacent el s'entr'embras.seot dans les haliiers, saci , BihU, Sahum, i, lo
— lUST. xvr B. Aucuns i'eotre-saluer, autres
ENT
ENT
ENT
«'entr'emhrasser, lanoue, 688.- Ils s'entrembrassent avec protestation d'oubliertoutes choses, cabi,. Il, <•
— Rtym. Entre, et embrasser.
t F.NTRE-MÉFAIRE (S') (an-lre-mé-f6-r'),c. réfl. Se faire réciproquement du malles uns aux autres.
HIST. XIV* s. S'entremeffaire, Ordonn. des rois
de Fr. 1. 1, p. 67.
— F.TYM. Entre, et mi faire.
ENTREMÊLÉ, ÉE (an-tre-mê-lé, \ée) , part, passé.
Mêlé par-ci par-là. Des chênes entremêlés aux hêtres. X peine eut- il dit ces paroles entremêlées de soupirs, FÉN. Tél. XVII. 11 y a eu un temps où la conversation était soutenue par un discours entremêlé de mots et d'actions, condillac, Conn. hum. part. II, sect. i. Mon travail, entremêlé de lectures intéressantes, me laissait peu de moments d'ennui,
MARMONTEL, Mém. VI
t ENTREMRlEMENT (an-tre-mê-le-man), t. m. Action d'entremêler; résultat de cette action.
— HIST. XVI' s. Cest entremeslement qu'ils font du beau avec le laid, et du bon avec le mauvais, esblouit les yeux des simples, lanoue, 603.
ÉTYM. Entremêler; provenç. entremesclament ;
espagn. entremesclamiento.
ENTREMfÎLER (an-tre-mê-lé), V. a. || l" Mêler par-ci par-li, insérer par-ci par-là. Entremêler des Heurs rouges à des fleurs blanches. || Fig. Entremêler la retraite et la société. Entremêler des plaisanteries dans une discussioM sérieuse. Le P. Dutertre entremêle son récit de sentences de Sénèque, cha- TEAi'BR. Génie, iv, iv, 7. || 2° S'entremêler, «. réfl. Être entremêlé. Des nuances qui s'entremêlent. Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours Qu'il faut chômer; on nous ruine en fêtes, la pont. Fàbl. viii, 2. L'histoire générale et les mémoires particuliers se communiquent et s'entremêlent toutes les fois que l'intérêt public et l'intérêt privé ont des rapports communs, marmontel, Élém. litlér. Œinres, t. vin, p. 341, dans pougess. |{ 8* S'entremettre. X quoi bon s'entremêler ici T
— HIST. XIII' s. Puistraisent [tirèrent] les espées, et s'entremellerent li uns es autres, et i ot grant capleïs [tuerie], Chnm. de Rains, p. 64. Si ot par leus [lieux] entremesiées Foilles de roses grans et lées [larges] , la Rose, 897. || xiv s. Le plus preu de son corps que nulz porroit trover. Et eureux de ce dont se veult entremêler, Guescl. <83f8. || xv s. Se sont si avant entremesiées icelles choses d'un costé et d'autre.... monsthel. ii, 89. |{ xvi" s. Il ne voulut ne luy mesme prendre ceste charge, ny souffrir que personne des siens s'en entremeslast, AMYOT, Publ. 22. Ceste publique resjouissance estoit entremeslée de larmes, id. Akib. 66. Sçais tu pas bien qu'amour a de coustume D'entremesler ses plaisirs d'amertume? marot, i, 3*0. Que m'amuserai-je à vous despeindre la mer toute en sang, entremeslée de corps de toutes façons? d'aub. Hist. li, 8t. Certains imposteurs, qui s'entremeslent de traiter aucunes parties de la chiriirgie, paré, Introd. 27.
— Rtym. Entre, et mêler; provenç. entremesclar ; espagn. entremezclar ; ital. intramischiare.
t ENTRE-MESURER (S') (an-tre-me-zu-ré),i5.W/î. Se mesurer réciproquement. Je vois de tous côtés des partis et des ligues; Chacun s'entre-mesure et forme ses intrigues, corn. Pulch. i, l.
^ ÈTYM. Entre, et mesurer.
ENTREMETS (an-tre-mè ; Vs se lie : des an-trem6-7. au sucre), s. m. || 1° Proprement tout ce qui se fait entre les mets, et, dans le moyen âge, divertissement qui se faisait dans un intervalle du repas. Sur la fin du dîner commença le spectacle ou entremets; on vit paraître un vaisseau avec ses ra.lts, voiles et cordages, saint-foix, Ess. Paris, OEufres, t.iv, p. 130. || 2° Aujourd'hui, en termes ilo cuisine, le second service, celui où paraît le rôti. 113° Particulièrement. Les entremets, ou, au singulier dans le sens de plat d'entremets , les mets servis en même temps que le rôti et que l'on mange après, pâtisseries, œufs, fritures, salades, etc. Il y avait huit entremets. Le maréchal d'Humières fit manger des ragoûts et des entremets, volt. Louis XIV, 8. Il L'instant de ce service. On était à l'entremets.Vers l'entremets, comme il [Monsieur] versait d'un vin de liqueur à Mme de Bouillon, on s'aperçut qu'il balbutiait, st-simon, 93, 222. || 4» 11 s'est dit longtemps au théâtre au sens d'intermède.
— HIST. xnr s. Atant ez-vos un entremès De bones saucisses pevrées, barbazan. Fabliaux, t. iv, p. 87. De tables plaines d'entremez, la Rose, (t76(. Il xiV s. Leschefroies, darioles, et l'enlremès, Uénagitr, 11, 4. L'entremets : lux [brochets] et carpes, ib. I! XV' s. Grand plenté de mets et d'entretuets. FROiss. I, I, SI. L'un et l'aultre présentèrent
La bataille pour entremais. Vigiles de Charles TTT, t.i.p. (23,(lansLAf;uRNE. Il xvi's. Si m'a.semhléquB c'est entremets de ce que nous avons escrit du tyran Dionysius, ne ne seroit point impertinent ny hors de propos d'estre inséré en ces vies, ahyot, Timoi. 22.
— ÊTYM. Entre, et mets.
ENTREMETTEUR, ECSE (an-tre-mè-teur, teû-z'),
*. m. et f. Il 1° Celui, celle qui s'entremet. Il a été l'entremetteur de cette affaire. Voici quelques articles qu'il a dictés lui-même à notre entremetteur, pour vous être montrés, avant que de rien faire, MOL. l'Avare, 11, t. Les péchés dontilssont les entremetteurs, pasc. Proe. 6. Théodote vise également à se faire des patrons et des créatures; il est médiateur, confident, entremetteur; il veut gouverner, LA BRUT. viii. Il est juste que celui qui en est l'interprète ou l'entremetteur [des marques de la charité de J. C] la ressente avec abondance, fléch. Panég. 11, p. 396. Aurait-il fallu tant d'entremetteurs pour vous réconcilier? mass. Carême, Pardon. Il 2° En un sens spécial et défavorable. Celui, celle qui sert des intrigues de galanterie. Je conclus que la marqui.se avait des inclinations bizarres, vu que le bossu faisait le personnage d'entremetteur, lk- SAGE, Gil Blas, IV, 8.
— HIST. xvi* s. Il effacea incontinent tous les autres orateurs et entremetteurs du gouvernement, AMYOT, Aie. t9. Ce prince vouloit que d'Aubignéfut son entremetteur dans cette intrigue [amoureuse], d'apb. Vie, XXXIX. Aulcuns [dieux], moyens entre la divine et l'humaine nature, médiateurs, entremetteurs de nous à Dieu, mont, h, 277.
— ETYM, Entremettre.
ENTREMETTRE (S') (an-tre-mé-tr'), v. réfl. Il se conjugue comme mettre. S'employer dans une afTaire en faveur de tiers. Il s'entremit pour les accorder, pour obtenir leur grâce. Ah! ah! c'est toi, Frosine? que viens-tu faire ici? — Ce que je fais partout ailleurs : m'entreraettre d'affaires, me rendre serviable aux gens, mol. l'Av. u, 3. Car quand l'amour d'un et d'autre côté Veut s'entremettre, et prend part à l'affaire, la font. Rich. Nous nous entremettons les uns pour les autres, boss. Asc. 2. Il voulut même s'entremettre pour le maintenir dans sa dignité, flEch. Théndose, 11, 56.
— HIST. XII' S. Mais li honurez reis de France Loewis Endementieres [pendant ce temps] s'est durement entremis One i' fesist le rei e saint Thomas amis, Th. lemart. 104. Saûl aveit osted de la terre ces [ceux] ki s'eutremeteient d'enchantement et de sorcerie, 7{ots,p.f08. ||xiii* s. D'avoir lorpaiz moult m'entremis, Et vosisse bien estre mis Avec Bel-acueil en prison, laRose, t6i65. Droit ot raison de moi blasmer. Quant onques m'entremis d'amer; Trop griés maus m'en convient sentir, ib. 4162. Ainçois Savoie tout de voir [vrai], Que de l'avoir [le bouton] noient estoit, S'amorsnes'en entremetoit, ib, 2790, Tout soit il ainsi que il n'ait pas en nous toutes les grâces qui doivent estre en homme .qui s'entremet de bailiie, beaum, <7, Aucuns d'eulz s'entremistrent d'apaisier le conte Perron audit conte Tybaut, joinv. 203. ||xv' s. De s'entremectre de mes faiz. Je n'en requier nulles ne nuls, CH. d'ohl. Rond. 43. Il XVI' s. Qui s'entremet [agit comme procureur] doit achever, et qui commence et ne parfait, sa peine pert, loysel, 37c. Numa ne vouloit pas qu'ilz ouyssent rien du service divin, par manière d'acquit, en faisant autre chose, ainz qu'ilz entremeissent [laissassent] toute autre besongne, AMYOT, Numa, 24.
— ÊTYM. Entre, et mettre; provenç. entremetre; espagn. entremêler; itM. intrametlere.
ENTREMIS, ISE (an-tre-mi, mi-z'), par», passé d'entremettre.
ENTREMISE (an-tre-mi-z') , s. f.\\i' Action de celui qui s'entremet. Il a obtenu cette place par l'entremise d'un ami. Ils se maintiennent par le commun besoin qu'on a de leur entremise, balz. 6* dise, «tir la cour. L'infante l'a mandée, et par son entremise J'espère à vos souhaits la voir bientôt soumise, rotr. Vencesl, 1, 1. Et toi, fameux héros, dont la sage entremise De ce schi.sme naissant débarrassa l'Église, BOIL, Lutrin, 1. Qui croirait en effet qu'une telle entreprise Du fils d'Agamemnon méritât l'entremise? rac. Andr. i, 2. || Par extension. Je sais aussi que Dieu se sert 'Ut 1 uutremùse des causes secondes, balz. liv. v;i , lett. 53. En cas qu'il se servit de l'entremise dts démons, pasc. Prov. 8. Dieu a voulu se servir de l'entremise des sens pour.... m. Prov. is. || 2° Terme de mer. Nom de certaines petites pièces de bois, qu'on place entre deux autres, pour les renforcer et les affermir.
— HIST. iiiia [les gemmes] Qui àblanoesmail sont
assises De lius en lius [lieux] par entremise, FI. et Bl. v. 4 20). Il xvi's. C'est par l'entremise de la coustume que chasciin est content, mont. 1, 1 16. Si cette fureur [amoureuse] tomboit en un courage généreux, les entremises [moyens de plaire] estoientgenereuses de mesme, lo. i, 2i<. Incessamment il s'opposoit aux entremise^ et négociations ou des trêves ou de la paix, carloix, i, a.
— ÉTVM. Entremis.
t ENTREMODILLON (an-tre-mo-di-Uon , U mouillées), s. m. Terme d'architecture. Intervalle entre deux modillons. || Au plur. Des entre-modillons,
— ÉTYM. Entre, let mndillon.
t ENTRE-MOQl'ER (S') (an-ire-mo-ké) , 1). réft. S« moquer l'un de l'autre.
— HIST. xvi' s, S'entremocquer, cotorave.
— P.TYM. Entre, et moquer.
t ENTRE-MORDRE (S') (an-tre-mor-dr') , v. réfl. Se mordre l'un l'autre. Tout leur camp était en désordre; On n'y faisait que s'entre-mordre, scarron, Virg. 11.
— HIST. XVI' s. S'entremorare, cotoravb.
— ÉTYM. Entre, et mordre.
t ENTR'EMPPXHER (S') ian-tran-p6-ché),r. réfl. S'empêcher, se gêner mutuellement. Souvent les attributs de la divinité s'entr'empêchent, montesq. Lett. pers. 69.
— HIST. XVI' s. Si nous voyons que l'ame contient le ciel et la terre, sans qu'ils s'y entr'empeschent, PARiî, xviii,)). Ils s'entre-heurtoient et s'entr'empeschoient les uns les autres pour leur grande multitude, AMYOT, Thém. 30. Ce sont deux occupations qui s'entr'empeschent en leur vigueur, mont, n, 46.
— ÉTYM. Entre, et empêcher.
t ENTR'ENCOURAGER (S') (an-tran-kou-ra-jé) , 1). réfl. S'encourager l'un l'autre.
— HIST. XVI' s. S'entrencourager, cotgrave.
— ÉTYM. Entre, et encourager.
t ENTRE-NERF ou ENTHE-NERFS (an-tre-nêr) , s. m. Espace compris entre les nervures du dos d un livre. Un seul entre-nerf exige quelquefois 20 ou 30 coups de fers qui, chacun, tient, pour ainsi dire, autant dp temps à pousser qu'on en mettrait à pousser les fers à dos, laine, la Reliure, p. 204.
— ÉTYM. Entre, et nerf.
t EN-ni'ENLEVER (S') (an-tran-le-vé) ,». r^/ï. Enlever réciproquement quelque chose l'un à l'autre. Pour tâcher de s'entr'enlever les profits de la journée, HAMiLT. Gramm. 4 4.
— ÉTYM. Entre, etenJerer.
ENTRE-NOEUD (antre-neu), s. m. Terme de botanique. Espace compris entre deux nœuds de certaines tiges. Il Portion de la tige comprise entre deux paires ou deux séries de feuilles. || Au plur. Des entre-nœuds (voyez f.ntbe-ligne).
— ÊTYM. Entre, et »iœud.
t ENTRE-NOUER (S') (an-tre-nou-é) , v. réfl. Se nouer réciproquement.
— HIST. XVI' s Leurs tresses secouées X l'abandon du vent erroient entrenouées, bons. 914.
— ÊTYM. Entre, et nouer.
t ENTR'ENTENDRE (S') (an-tran-tan-dr') , v. réfl. Être d'intelligence l'un avec l'autre. Vous vous entr'entendez comme larrons en foire, corn. Suite du Menteur, m, 3.
— HIST. XVI' s. Nous descouvrons bien évidemment qu'entre elles [les bêles] il y a une pleine et entière communication et qu'elles s entr'entendent, MONT, tt, 4 58. 11 y a des conditions qui s'enlrecherchent, et, pour ne s'entr'eutendre, laissent les hommes en extrême nécessité, ID. I, i66.
— ÉTYM. Entre, et entendre.
ENTRE-NUIRE (S') (an-tre-nui-r"),!). réfl. Senuire
réciproquement l'un à l'autre. Elles se sont entrenui. Lorsque ces pensées sont en trop grand nombre, elles s'entre-nuisent et s'étoufVeiit mutuellement, comme il arrive à des arbres qui sont plantés trop près les uns des autres, rollin. Traité des Et. Il, III, 3. C'est un grand spectacle de considérer les hommes méditant en secret de s'enlre-nuire, et forcés néanmoins de s'entr'aider, vauven. Max. cccxii.
— HIST. XVI' s. L'ame contient le passé et le présent, sans qu'ils s'entre-nuisent, paré, xviii, 41.
— ÉTYM. Entre, et nuire.
t ENTR'ENVOYER (S') (an-tran-vo-ié ; plusieurs disent an-tran-voi-ié), v. réfl. S'envoyer réciproquement quelque chose l'un à l'autre.
— HIST. xvi" s. Ils s'entr'envoyerent des ris l'un à l'autre, amyot, Sylla, 72.
— ÉTYM. Entre, et envoyer.
t ENTRE-PARDONNER (S') (an-tre-par-do-né), i!. réfl. Se pardonner réciproquement quelfjue cbo:>ii l'un à l'autre.
ENT
— HIST. XVI* I. Kn s'entre-psrdonnant les courses, bruslements, meurtres et voleries qu'il» avoient eiercé» le» uns contre les autres, carloix, x, ».
— ÉTYM. Entre, et pardonner.
fENTRE-PARLER (S') (an-tre-par-lé) , t). ré/l. Se
parler réciproquement l'un k l'autre. Ils se sont entre-parlé quelque temps.
— HIST. XVI* s. Touts ces convives s'entre-parloient il l'oreille, tveh, «ao.
— RTYM. Entre, et parler.
KNTRKPAS (an-tre-pA), ». m. Terme de manège, Synonyme peu usité d'amble. Ce cheval va l'entrepas.
— HIST. XVI* s. La poitrine [du cheval] devant large, haute, et avancée en dehors, laquelle cause ^raiid entrepas et destourne l'entre-tailleure, o. de SERRES, 300.
— f.TYM. Entre, et pas. Entrepôt signifie, dans 0. de Serres, l'intervalle entre les deux pas, entre les deux jambes.
t ENTKE-PAYER (S') (an-lre-pè- ié) , t). réft. Se payer l'un l'autre. 11 a beau m'accabler do protestations; Je démfile aisément toutes ses fictions; H ne me prête rien que je ne lui renvoie ; Nous nous entre-payonsdelamêmemonnoie, CORN, la Veuve, i, ♦.
— ÊTVM. Entre, et payer.
ENTRE PERCER (S') (an-tre-pèr-sé. Le e prend une cédille devant a ou o; s'entre-perçant), v. réfl. Se percer l'un l'autre. Les deux combattants s'entrepercèrent.
— ETVM. Entre, et percer.
t ENTRK-PERSÉCUTER (S') (an-tre-pèr-sé-ku-té), «. r^fl. Se persécuter l'un l'autre.
— f.TYM. Entre, et persécuter.
f ENTREPIED (an-tre-pié), s. m. Partie d'une meulede moulin qui joint concentriquement la feuillure. Il Au plur. Des entrepieds (voy. entre-ligne).
t ENTRE-PILASTRE (an-tre-pi-la-str'), j. m. Terme d'architecture. Intervalle entre deux pilastres. Pour ce qui touche les ornements des entre-pilastres, il me semble qu'étant cannelés et riches d'eux-mêmes [les pilastres], il se faut bien garder de gâter leur beauté par la confusion des ornements, POUSSIN, Lett. à Chantelou, 2i sep. «842. \\Auplur. Des entre-pilastres (voy. entre-lione).
t ENTRE-PILLER (S") (an-tre-pi-llé, {{ mouillées), V. réfl. Se piller l'un l'autre.
— HIST. XVI* s. Laissant le monde ici S'entre-piller, navrer et tuer sans merci, hons. 93».
— ÊTYM. Entre, et piller.
tENTRE-PLAIDER (S') (an-tre-plê-dé) , v. réfl. Se
faire réciproquement un procès l'un à l'autre. Deux gens de bien, tels que Vire en produit, S'entre-plaidaient sur la fausse cédule, j. B. Rouss. Ép. m, t».
— ETYM Entre, et plaider.
t ENTRE-PLANT (an-tre-plan) , s. m. Terme rural. Ceps plantés dans une vieille vigne pour en regarnir les vides.
— ETYM. Entre, et plant.
tKNTRE-POINTILLÊ, ÉE (an-tre-poin-ti-llé, liée,
{t mouillées, et non an-lre-poin-ti-yé, yée), adj. Terme de gravure. Tailles entre-pointillées, tailles entre lesquelles on met du pointillé.
ENTRE-PONT (an-tre-pon) , s. m. Terme de marine. Étage entre deux ponts dans un vaisseau. L'entre-pont d'un navire de commerce. || L'étage inférieur d'un grand navire. Il L'espace compris entre la batterie baisse et celle qui est immédiatement audessus. Il Faux entre-pont, se ditdu second entre-pont. WAuplur. Des entre-ponts (voy. enthe-uone).
— ETYM. Entre, et pont.
t ENTRE-PORTER (S") (an-tre-por-té) , v.réfl.Se porter l'un à l'autre. Ils soufTrent sans gémir les coups qu'ils s'entre-portent, bbEbeup, Pharsale,n.
— HIST. XVI* s. La fraternelle amitié que nous nous estions entreportée, iio.nt. iv, 3t».
—ETYM. Entre, et porter.
ENTREPOSÉ, ÉE (an-tre-pô-zé, zée) , part. passé. Mis en entrepAt Des sucres entreposés
ENTREPOSER (an-tre-pô-ié), v. a. Mettre des marchandises en entrepôt.
— REM. Il y a desprovincesoùl'ondonneàentreposer le sens de déposer : entreposer sa canne, entreposer son ombrelle. Hais entreposer n'a aucun autre sens que celui de déposer des marcliamlises dans un entrepAt.
— HIST. XV s. Fièvres fimeres [éphémères] et entreposées [inlermitlentes],CHR. de PisAi«,t'/iorte«r,ii,«.
— ETYM. Entre, et poser.
ENTREPOSEUR (an-tre-p«-ieur) , i. m. Celui qui
tient les march.indises en entrepôt. || Agenr préposé i la garde et à la vente d« certaines choses dont le
BNT
gouvernement a le monopole. Un entreposeur des tabacs.
— ETYM. Entreposer.
t ENTREPOSITAIRE (an-tre-pô-zi-té-r') , t. m. et f. Terme (le commerce. Celui, celle qui a, ou qui dépose des marchandises dans un entrepôt.
— ETYM. Entreposer.
ENTREPOT (an-lre-pô;le(nese lie pas; au pluriel, l's se lie : des an-tre-pO-z-utiles) , s. m. || 1* Lieu de dépôt pour les marchandises, en attendant la vente, ou l'expédition, ou l'acquittement des droits de douane. Tenir un entrepôt. Marchandises en entrepôt. Aller à l'entrepôt. || 2* Versement réel ou fictif dans des magasins publics des produits propres à la consommation actuelle. L'entrepôt est réel, quand le versement a lieu dans les magasins du gouvernement; il est fictif, quand le versement se fait dans les magasins du commerçant, sous la condition de représenter, à toute réquisition, aux agents du pouvoir les produits entreposés, ou de payer l'impôt de ceux qu'il ne peut pas représenter. Le but de l'entrepôt est, pour le négociant, de retarder le payement des droits de douane jusqu'à la vente de ses marchandises; il paye ces droits à mesure que ses marchandises sortent de l'entrepôt réel ou fictif, il 8* Certains magasins où l'on vend pour le compte du gouvernement ou d'une compagnie. Entrepôt de tabac, de sel. || Il se dit aussi des magasins publics où sont déposées les marchandises jusqu'à l'acquittement des droits. L'entrepôt des vins, des eaux-de-vie. H 4* Pays, villes d'entrepôt, pays, villes où les marchandises sont déposées jusqu'à ce qu'on les dirige vers le lieu de leur consommation. Selon son dessein [du czar], tout doit aboutir à Pétersbourg, qui par sa situation .serait un entrepôt du monde, fonten. Le ctar Pierre. Carthagéne, magasin et entrepôt des richesses que l'Espagne tire du Mexique, voLT.toutt XIV, 46. Qu'on réfléchisse sur la situation de la France : faite pour être l'entrepôt du Nord et du Midi, pourrait-elle craindre de manquer ou d'acheter cher? condillac, Comm. gouv. i, 29. Depuis longtemps les Anglais désiraient une possession qui pût devenir un entrepôt où les marchandises, les denrées de la Chine et des îles orientales seraient échangées contre les denrées, les marchandises de l'indostan et de l'Europe, BATRAL, Hist.phil. III, 27. || Commissionnaire d'entrepôt, facteur qui, dans les villes d'entrepôt, se charge de recevoir les marchandises qui arrivent pour ses commettants et de les leur faire parvenir. Il 6* Port libre ou place de commerce où des marchandises étrangères qui ne peuvent entrer dans le pays, sont déposées en magasin pour être réexportées.
— HIST. XVI* s. Depuis ce temps là [le temps de Lucullus, qui rapporta le cerisier d'Asie], l'Italie non seulement s'est trouvée fournie de ceriziers, ains, par sonentre-pos, le reste de l'Europe, o. de serres, 882. Le grenier pour l'en tre-pos des olives sera à couvert) en lieu frais, sec....iD. 70«.
— ETYM. Entreposer.
t ENTRE-POURSUIVRE(S') (an-tre-pou>stii-Tr^ V. réfl. Se poursuivre l'un l'autre.
— HIST. xvi* s. C'est chose déplorable de voir ceux qui adorent un même Christ s'entre-poursuivre à feu et à sang comme bestes sauvages, lanoue, 396.
— ETYM. Entre, et poursuiire.
ENTRE-POCSSER (S') (an-tre-pou-sé) , v. réfl.
Il 1* Se pousser quelque chose l'un à l'autre. ïa lingère, le mercier, après qu'ils se sont entrepoussé une boite qui est entre leurs boutiques, corn. Gai. du Pal. IV, 13. Il 2* Se pousser l'un l'autre, k force dé s'entre-pousser. On pensa le roi renverser, scar- RON, Virg. ii.
— HIST. XVI* s. S'entreheurtans les uns les autres et s'entrepoulsans dedans la tranchée, en grand desarroy, amyot, Pyrrhus, 83.
— Étym. Entre, et pousser.
t ENTREPRENABLE (an-tre-pre-na-bl') , adj. Qui peut être entrepris.
— HIST. xiii* 8. Si nous doit estre souvenable. Et à deux mains entreprenable, Pour la grant joie permanable Gaaigner, qui n'est pas en terre, j. de meung Tr. 31.
— ÊTYM. Entreprendre. Cet adjectif est formé comme prenable, imprenable.
ENTREPRENANT, ANTE(an-tre-pre-nan, nan-f), adj. Oui se porte activement à quelque entreprise! Un homme actif et entreprenant. Si de votre parole un manque surprenant U jette entre les bras d'un homme entreprenant, corn. T. et Bérén. ii i les esprits originaux ont un sentiment naturel de leurs forces qui les rend entreprenanu même sans qu'ils
ENT
l'en aperçoivent, fontbn. Reiuni. La vieilles»* et les malheurs domestiques du roi l'avaient rendu plus faible, et madame la duchesse du Maine plu» entreprenante. M-* de catlus, Sourenirs, p. li», dans pouoEHs. Ij trêve de <8ua donna à cette entreprenante et heureuse république [la Hollande] le temps de mûrir ses nouveaux projets, baynal, Uist. phil. IX, 8. Il En mauvaise part, qui se laisse aller à des hardiesse» excessives. Cet homme est bien entreprenant. Le roi entreprenant est odieux àtousle» autres et sans cesse exposé à leurs ligues, rtn. Tél. V. I.e prince était stupide et l'impératrice entreprenante i l'excès, MONTEso. Espr. vi, 6. || Au masculin et pris absolument. Hardi auprès des femmes, en fait d'amour et de galanterie. C'était un jeune homme entreprenant et digne de l'attention d'une jolie femme mal mariée, luagb. Diable boit. ». Il devient entreprenant sans désirs et fat par mauvaise honte, J. J. Bouss. Emile, iv. Cette folie m'a toujours rendu très-peu entreprenant près des femmes, id. Confes. i.
— HIST. XV* s. Hardis et entreprenans, froiss. i, 1, 180. De tout cerchier en ce temps m'efTorçay, Je fus hastis, chaux et entreprenans, E. deschahps, Err. de JajVunfKï. ||ivi* s. Homme reposé, non entreprenant, amtot, Salon, at.
ENTREPRENDRE (an -tre-pran dr") , j'entreprends, tu entreprends, il entreprnnd, nous entreprenons , vous entreprenez , ils entreprennent; j'entreprenais; j'entrepris; j'entreprendrai ; j'entreprendrais; entreprends, qu'il entreprenne, entreprenons, entreprenez, qu'ils entreprennent; que j'entreprenne, que nous entreprenions; que j'entreprisse, entreprenant; entrepris, v. a. || 1* Se mettre à faire une chose. Qu'on serait heureux de pouvoir imiter Hérodote en la lieauté du discours, ou en la gravité des sentences, ou en la délicatesse de la langue ionique, ou enfin en mille autres avantages qui font tomber la plume des mains de tous ceux qui le voudraient entreprendre! d'ablancoort, Lucien, Hérodote ou Aétion. Sur quelle confiance a-t-il tant entrepris ?cOBN.TModore, IV, 8. Et ce sera du moins à force ouverte Qu'un si vaillant guerrier entreprendra ma perte, id. COd. m, t. le bais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir les suites des choses, n'osent rien entreprendre, mol. Scapin, III, I. Un homme [Cromwell] s'est rencontré d'une profondeur d'esprit incroyable; hypocrite raffiné autant qu'habile politique, capable de tout entreprendre et de tout cacher, boss. Reine d^Angleterrt. Il entreprenait let sujets qu'on croyait avoir épuisés, PLÉCR. Lam. Narcisse, encore un coup, je ne puis l'entreprendre [le meurtre de Britannicus] , RAC. Brit. IT, i. J'entrepris le bonheur de mille malheureux; On vit de tous côtés mes bontés se répandre, id. Bérén. u, 2. || Tout entreprendre, se porter aux dernières extrémités. En l'état où je suis je puis tout entreprendre, bac. Bérén. v, 6. Il Entreprendre de, avec l'infinitif. C'est un dessein très-dangereux Que d'entreprendre de te plaire, la FONT. Fab. Il, t. N'entreprenez donc plus de faire
les maîtres, pasc. Prov. i» J'approuve les soins
du monarque guerrier Qui ne pouvait souffrir qu'un artisan grossier Entreprit de tracer d'une main criminelle Un portrait réservé pour le pinceau d'Apelle, BOIL. Disc, au roi. Si les Socrate et les Platon n'avaient pas été les docteurs du monda avant Jésus- Christ, et n'eussent pas entrepris en vain de régler les mœurs et de corriger les hommes par la force seule de la raison, hass. Pet. car. Triomphe de la rel. Il Absolument. Ce n'e.st pas tout d'entreprendre, il faut exécuter. Et si sa liberté (de Rome] te faisait entreprendre, coRi». Cinna, v, i. On entreprend assez, mais aucun n'exécute, id. i&. ii, t. Ne différons donc plus puisqu'il faut entreprendre, TH. CORN. Masim. i, s. Leur crime découvert le pressait d'entreprendre, id. t6. iv, t. Des esprits turbulent» y trouvaient de nouveaux moyens de brouiller et d'entreprendre, BOSs.Hùl. III, 7. La difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre, BKAUMAR. Barbier, i, 8. Mais c'est trop différer; il est temps d'entreprendre, LBMERC. Agam. v, i. (| 8* S'engager à faire certains travaux ou certaines fournitures à un prix et à des conditions déterminés. Il aentreprisla fourniture des vivres. || 3* Entreprendre quelqu'un, s'attaquer à lui, diriger une attaque contre lui. Sur tout autre toujours votre art me persécute; Vous m'entreprenez seul ; seul je vous suis en butte, rotr. Antig. v, 6. Vous ne pûtes plus les accuser d'aucune erreur contre la foi, et vous fûtes réduits à les entreprendre sur des questions de fait, PASC. Prov. n. C'est ce qu'a éprouvé depuis peu le P. Quiroga, capucin allemand, lorsqu'il voulut
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s'y opposer, car TOtre père Discatillas l'entreprit incontinent, et il parla de celle dispute en ces termes.... PASC. Prov. ib. On entreprenait méchamment l'Écriture sur le grand nombre des étoiles, m. Penx. div. 34. Alexandre voulut s'affermir avant que d'entreprendre son rival, boss. Hist. i, 8. Vous conservez la vie et laissez la clarté.... k qui vous entreprend et vous veut détrôner, rotb. Si Genest, ui , 3. Si, revêtu de l'autorité de Dieu, j'entreprenais actuellement certains de mes auditeurs, réputés gens d'honneur et passant pour tels, mais dans le fond hommes corrompus, bourdal. Carême, t. i, p. 256. Le repas fini, le sergent la l'iace posta son embuscade, et le chevalier de Grammont entreprit son homme [l'attaqua au jeu], hamilton, Gramm. 3. || Tâcher de gagner quelqu'un. Atlale à ce dessein entreprend sa maîtresse, cobn. JVicom. i, B. 11 avait mis à mal toutes les femmes qu'il avait entreprises, bussy, llist. amovr. des Gaules, dans godefboy. Lexique de Corneille. Sans perdre temps à m'entreprendre, Si vous avez des douceurs à conter. Ma compagne est toujours en humeur de causer, th. cobn. Circé, V, ï. Vous n'avez point la mine de vous rendre pour une élégie, et je crois que ce serait étrangement commettre les muses que d'entreprendre un cœur comme le vôtre, sans aucun autre appui que celui qu'elles peuvent donner, sknecé, LeU.àil"*. •| Commencer à s'occuper d'une personne pour la former, l'instruire. Je vous prie d'entreprendre la fille de notre paysanne pour la bien instruire, M'°* DE MAiNTENON, Utt. SUT l'éduc. à Mme Drinon, dans GODEFBOY, Lex. de Corneille. \\ 4° Rendre perclus. Un rhumatisme lui entreprend toute la jambe. Il est constant que le cerveau est attaqué dins les maladies où le corps est entrepris, boss. Coimaiss. 11, 6. Dame goutte entreprend et les pieds et les mains, lamotte, Fabl. m, I8. || B" V. n. Entreprendre sur, faire des attaques, des empiétements. Le choix que vous m'offrez n'appartient qu'à la reine ; J'entreprendrais sur elle, à l'accepter de TOUS, CORN. Rodog. m, ♦. Votre haine tremblante est un mauvais appui X quiconque pour vous entreprendrait sur lui, ID. Penh, n, <. Sur son autorité c'est beaucoup entreprendre, id. Thénd. v, 6. Ce serait à vos yeux faire la souveraine. Entreprendre sur vous.... iD. Nicom.wi, ^. Es-tu né pour ma fille? — Hélas! non; car le vent Me fie nuage] chasse à son plaisir de contrée en contrée; Je n'entreprendrai point sur les droits de Borée, la font. Fabl. IX, 7. Mère affligée, l'Église a souvent à se plaindre de ses enfants qui l'oppriment; on ne cesse d'entreprendre sur ses droits sacrés, BOSS. le Tellier. Pour avoir osé entreprendre sur l'office sacerdotal, ID. Hist. 1, 6. Les Romains entrèrent en jalousie contre les Carthaginois trop puissants dans leur voisinage par les conquêtes qu'ils faisaient dans la Sicile , d'où ils venaient d'entreprendre sur eux et sur l'Italie en secourant les Tarentins, in. th. i, 8. Si'S quatre enfants partagèrent le royaume et ne cessèrent d'entreprendre les uns sur les autres, id. tb. I, H. 11 y avait quelques dispositions pour entreprendre contre celte ville, pellisson, ùtt. histor. a août (674. Son règne [de Jacques 11] aurait été aussi heureux, selon les apparences, que celui de son frère, si, à la persuasion de sa femme, et voulant suivre l'exemple et peut-être les conseils de notre roi, il n'avait entrepris contre la religion de son pays et contre les privilèges de son parlement, LA fare, Mém. ch. 9. C'est entreprendre sur la clémence de Dieu, de punir sans nécessité, vauven. Ifax. CLxv. Il Activement (ce qui est peu usité et encore avec certains régimes indéterminés, comme quoi, rien, etc.). Mais quoique sur mes vœux mon frère ose entreprendre , botb. Vencesl. il, «. Ne rien entreprendre sur des péchés qui sont réservés à des tribunaux supérieurs, fléch. Serin, n, 2B8. Il 6° En un sens plus restreint, entreprendre contre quelqu'un, entreprendre contre sa vie, sur sa vie, chercher à le faire périr. Et lorsque contre tous il m'a fait entreprendre, La nature en secret aurait dû m'en défendre, corn. Héracl. iv, 4. Elle lui pardonne son crime, le livrant à la honte d'avoir entrepris sur la vie d'une princesse si généreuse, boss. Reine d'Anglet. Et puisque sur ma vie il vous plaît d'entreprendre, quinault, Ifori deCyrus, iv, 6. On ne peut sur ses jours sans moi rien entreprendre, RAC. Bojaz. m, 8. Dès qu'il entreprend sur la vie des autres, la sienne n'a plus un quart d'heure d'assuré, fén. Dial. dus morts mod. Charles VII et le duc de Bourgogne. Ennemi, sur tes jours j'étais prêt d'entreprendre; Ami, je donnerai» les miens pour te défendre, Ducis, Roméo, iv, 2. Il Entreprendre sur la liberté de quelqu'un , essayer
de lui ôter la liberté. || 7° S'entreprendre, e. réfl. Être entrepris. Cette expédition s'entreprit sous de mauvais auspices, jj S'attaquer réciproquement. Ces deux hommes s'entreprirent avec beaucoup d'aigreur. Il 8" Devenir malade. L'état du malade a empiré, la tête s'entreprend.
— HEM. Entreprendre une carrière, tenter l'exécution de quelque chose: Vous n'entrepreniez point une injuste carrière, bac. Baj. ll, t. Racine le fils remarque que cette locution est peu ordinaire; cela est vrai, et on peut ajouter qu'elle ne paraît pas très-juste.
— HIST. xii* s. Li cens [le comte] Rolant estoit moût entrepris X Roncevaul entre ses anemis, Ronc. p. 103. Liement [gaiement] ont entrepris Ce qui tant m'aura grevé Mi fol œil volonteïs, Couci, xii. Car nessuns homs, puisqu'amors l'a saisi. Ne devroit ja si griel faix entreprendre, ib. xxr/. Bien [ils] feront le message, se chascuns l'entreprant, Sax. XXI. Puis lui dites cornent Guiteclins de Sassogne envers nous entreprant, t6. xxi. Guiteclins de Sassogne a la guerre entreprise, ib. xxm. Altrement en ert [sera] hum envers Deu entrepris [compromis], T'A. le mart. 27. ||xm»s. Vieille, cedistli rois, à honnir t'entreprist Qui cesle traïson t'enseigna et t'aprist, Berte, xci. Or s'en va Blancheflors dolente et entreprise [troublée], ib. c. Si aïint que li quens Gauthiers de St Pol et li quens Renaus de Boulogne, qui trop s'entrehaoient d'armes, s'entreprisent devant le roi, Chr. de B. p. M2. Lors s'entrepristrent par les meins Le père et les frères germains, Ren. 22731. Renart se voit moult entrepris. De totes parz liez et pris, tb. t)U7. Sans demorance et sans arrest X la karole [danse] me sut pris, Si n'en fui pas trop entrepris [embarrassé], la Rose, 800. Tel famé ai prise. Que nus [nul] fors moi n'aime ne prise; Et s'estoit povre et entreprise Quant je la pris, buteb. vi. Nulz n'en pooit faire la pez [paix] , car ils s'estoient entrepris par les cheveux, joinv. 2(4. || xiv' s. Seigneur, dit li Anglois, dam Piètres soit maudis I Car par lui sui ainsi de mon bras entrepris [il avait le bras cassé], Guescl. (0236. ||xv"s. Le doux maintien, le parfait sens, la grand nobles.se, la grâce et la fine beauté que j'ai trouvée en vous m'ont si surpris et entrepris, qu'il convient [il faut] que je sois de vous aimé, proiss. i, i, <68. Une vieille toute desarroyée, le regard bas, la voix entreprise, et la lèvre pesant, Alain chart. l'Espérance ou consol. des trois vertus. Et fut entreprinse une journée et lieu où ledit connestable se devoit trouver pour povoir parler au roy en bonne seurté, comm.iii,(i. |{ xvi's. J'enireprondrois voler jusqu'à la lune, marot, m, 39. Tuas entreprinsdo me tuer, mont.i, (29. Quelle hérésie n'y [dans la philosophie] a trouvé de fondements assez pour entreprendre et se maintenir? id. ii, 352. Or, entreprenant à former la vie de l'homme chrestien, je n'ignore pas que je n'entre en une maiiere ample et diverse, calv. Instit. 634. Il meist en teste à Agesilaus qu'il entrepris! ce voyage de passer en Asie, amtot, Agés. 7. Ceulx qui veulent entreprendre sur mon authorité, et estre plus grands que moy, ID. tb. (0. Ils l'entreprirent six lieues durant sur ce sujet, lui alléguant que.... d'aub. Vie, XLH. Puis le connestable entreprit Mariembourg et l'eut par composition, id. Hist. i, 2(. J'espère les rencontrer [les ennemis], et, si l'occasion s'offre d'entreprendre sur eulx, ne la laisseray passer, HENBi IV, Lettres missives, t. iv, p. (77.
— ÉTYM. Entre, et prendre; bourg, entreprarre ; provenç. entreprendre; espag. inlerprender ; ital. intraprendere. L'ancienne langue disait souvent emprendre.
ENTREPRENEUR, EUSE (an-tre-pre-neur, neùz') , s. m. et /■. Il 1° Celui , celle qui entreprend quelque chose. Le projet échoua, et les entrepreneurs furent obligés d'y renoncer. Cette entreprise fera beaucoup d'honneur à l'entrepreneur, à l'Académie et à la nation, d'alemb. Lett. à Voltaire, 9 juillet (76(. Ce cousin entreprend de changer une femme I... Et quel est donc ce sot entrepreneur? la font, le Florentin, 3. Il 2« Celui, celle qui entreprend d'exécuter certains travaux, de faire certaines fournitures, qui prend une entreprise. Un entrepreneur de bâtiments. Un entrepreneur de vivres. Un entrepreneur pour la confection. Veut-on établir une manufacture? un homme riche ou une compagnie fournit les fonds, un entrepreneur la conduit et des ouvriers travaillent sous sa direction, conwl. Comm. gouv. part, i, ch. (2. Il Celui, celle qui se livre à certaines exploitations. Entrepreneur de diligences. || Terme d'économie politique. Entrepreneur d'industrie , ou, simplement, entrepreneur, celui qui crée un produit pour son
compte. C'est l'agriculteur, le manufacturier, le commerçant, ou, pour les désigner par une dénomination commune à tous les trois, c'est l'entrepreneur d'industrie, celui qui entreprend de créer pour son compte, à son profil et à ses risques, un produit quelconque, ]. B. say, Traité, *s*i , p. 7». || Celui qui dirige pour son compte une exploitation industrielle et qui emploie les ouvriers. Les entrepreneurs exercent toujours un monopole à l'égard des ouvriers, j. b. say, Cours, (840, t. ii, p. 43. Il Adj. Maître entrepreneur. || 3° Absolument. Un entrepreneur, un constructeur de bâtiments.
— HIST. XV* s. Durs aux maulvais et fiers aux ennemys, Ardans d'honneur, et haulx entrepreneurs, AL. CHART. Exil. Alors Saintré, qui jà esloit en point comme commenceur et entrepreneur de l'emprinse, monta à cheval, Jehan de Saintré, ch. 33. Et pour trouver moyen meilleur, Faignant que point on ne se joue, U viendrait un entrepreneur [compère] Qui lui bailleroit sur la joue, villon. Repues franches , Comment ih eurent du rost. Mais les entrepreneurs dessus dilz [les conjurés] se trouvèrent mal suyviz, comm. vi, 6, || xvi* s. Les vases que souloient ordinairement offrir les entrepreneurs qui avoient remporté le prix es jeux dont il/, avoient fait les frais, amyot, Arist. (. Il ne put jamais les déterminer à dresser une embuscade ausdiis entrepreneurs [assaillants], d'aub. Vie, LXiv.
— ETYM. Entreprendre, par le part, entreprenant. t ENTRK-PUESSER (S') (an-lre-prè-sé), ti. rc/Z.
Se presser l'un l'autre. Tant qu'à passer s'entre-pressant chacune, la font. l'Abb. mal.
— HIST. XVI' S. Outre les branches mortes et flestries, l'on leur en estera des vives tout ce qui s'entrepressera et excédera la convenable hauteur de l'arbre, o. de sebbes, 7(4.
— Rtym. Entre, et presser
t ENTRE-PRËTER (S')(an-tre-prê-té), e. réfl. Se prêter réciproquement quelque chose l'un à l'autre. II faut s'entre-prôter des yeux à se conduire; 11 faut s'entre-donner une aide à se guérir, corn. Imit. i, (6. Et le trio de Inuves surannées Qui, tour à tour à me mordre acharnées. Dans leur fureur semblent s'enlre-prêter L'unique dent qui leur a pu rester, j. b. rouss. Éptt. I, 3.
— ÊTYM. Entre, et prêter.
ENTREPRIS, ISE (an-tre-pri, pri-z'), part, passé d'entreprendre. || 1° Qu'on a commencé à faire. La conquête de la Perse entreprise par Alexandre. || 2''Attaqué, pris à partie. Entrepris par un vigoureux adversaire. Il 3° Malade de, perclus. Entreprisd'un torticolis. Us demeuraient comme entrepris de leurs membres, et l'ennemi survenant ne les réveillait qu'en leur faisant de nouvelles blessures, vaugel. Q. C. 275. Outre que la goutte l'avait pris violemment, un rhumatisme le tenait entrepris de tous ses membres, lesage, Gil Blas, i, (O. || Par extension. Il en a de si pressantes [inquiétudes] au sujet d'une colonie moderne et de la famine qui est dans son pays que sa pauvre petite âme en est toute entreprise, VOLT. Lett. Thibouville, (O déc. (770. |{ Kig. et familièrement, se dit d'un homme embarrassé de sa contenance.
ENTREPRISE (an-tre-pri-z'), ». f. ]\ !• Dessein formé qu'on met à exécution. Échouer dans une entreprise. Esprit d'entreprise. Quand les places sont prises, Il n'est plus temps d'avoir recours aux entreprises, Régnier, Élég. i. Jamais contre un tyran entreprise conçue... cobn. Cinna, i, 3. Mon entreprise est sûre et sa perte infaillible, id. Nicom.i, 5. Allons, déesse, allons; et sûrs de l'entreprise. Reportons à Méilée une âme plus soumise, id. Tot's. d'or, IV, 6. Je me plais à tenter des entreprises hasardeuses, MOL. Scap. m, (. Le lion dans sa tête avait une entreprise, la font. Fabl. v, (9. Qui prévoyait de plus loin et qui donnait des moyens plus sûrs pour éviter les inconvénients dont les grandes entreprises sont environnées? boss. le Tellier. L'entreprise madame, est étrange et soudaine, bac. Brit. III, 8. Quelle entreprise ici pourrait être formée? m. Iphig. il, 7. || Se dit dans un sens analogue d'opérations militaires. Rome fit tous les jours de plus grandes entreprises, boss. Hist. m, 6. Les Éloliens avaient fait quelques entreprises contre Philippe, qui leur avaient assez réussi, rollin, llist. anc. Œurres, t. viii, p. 445, dans pouoens. U semble que les grandes entreprises soient, parmi nous, plus difficiles à mener que chez les anciens; on ne peut guère les cacher, montesq. Rom. ch. 2(. Nous tromper dans nos entreprises, C'est à quoi nous sommes sujets; Le matin je fais des projets, El le long du jour des soltises, volt. Quest. sur VEncycl. conf. en soi-même. || Entreprise industrielle.
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opération de l'industrie. || »* Condition» déterminée» pour l'exécution de certains travaiix, pour une fourniture. Les travaux publics se donnent à l'entreprise. Il Etablissement industriel ou commercial. Entrepri-se générale de roulage, de messaKeries. Il Opération de commerce. Ils faisaient en société les entreprises qu'il» ne pouvaient faire seuls, fén. Té.l. XII. Pour sauver les pensions, il fallut enfin qu'on fit une entrepri.^e de libraire, m*rmontel, Uém. VI. Il 8" Empiétement. Une entreprise sur la prérogative royale. Quand ils se seront ainsi rendus maîtres de l'esprit de» peuples, ce sera en vain que les parlements s'opposeront aux entreprises de Rome sur la puissance temporelle de nos rois, PASC. Frov. 19. Malgré la justice qu'il y avait dans ces remontrances , le peuple décerna le triomphe aux consuls; nouvelle entreprise des tribuns sur l'autorité du sénat, vebtot, Rérol. rom. vi, «8. Il Tentative contre, attaque. C'est la premi're entreprise que fit Tibtre sur le bien d'aiiliui, pkrbot, Tacite, 2»8. Baasa, fils d'Ahias, fit une entreprise secrète contre sa personne, saci, Bible, Jtois, m, XV, 27. Il 4" Par extension, tentative faite sur une femme. Vous exposant à des regards, que dis-je à dos regards? peut-être aux entreprises d'un perfide qui vous aura souillée, montf.sq. Utt. pers. 20. Il 6* Terme de fauconnerie. Oisi'au de grande entreprise, celui qui attaque hardim>nt le gibier.
— lUST. XVI* s. Rois sans honneur, sans cœur, sans cnireprise. Dont la vertu sera la paillardise, BON». «52. Il n'est entreprinse que d'homme hardi,
lE BOUX DE LINCV, PTOV. t. II, p. 314.
— ÊTYM. Entrepris. L'ancienne langue disait souvent emprise.
t KNTRK-PRODUIRE (S') (an-tre-pro-aai-r"), e. rijl. Se produire mutuellement. Ces deux rares vertus lui étaient si naturelles [à Auguste], qu'il semble qu'en cette histoire [Cinna] que j'ai mise sur notre théâtre, elles se soienttonr à tour entre-produites dans son Ame, cobn. Épitre à M. de Moiithoron.
— Rtym. Entre, et produire.
■f KNTRE-PROMETTRE (S') (an-tre-pro mè-tr), ». rvfl. Se promettre quelque chose l'un à l'autre.
— HIST. xvt' s. Et s'enlre-promirent la foi de ne s'abandonner jamais, carloix, vill, t6.
— ÊTYM. Entre, et promettre.
•t ENTR'ÊPROnVER (S') (an-tré-prou-vé) , v.rifl. S'éprouver réciproquement.
— HIST. XII* s. Car ainçois nous entr'esprovasmes, Si que hons amis nous trovasmes, la Rose, sus.
— P.TYM. Entre, et éprouver.
ENTRE-ODERELLER (S') (an-tre-ke-rè-lé), V. réfl.
Se quereller l'un l'autre. Ils ne font que s'entreqiiereller.
— HIST. XVI* Employans quelquesfois plus de temps à s'entre-quereller, qu" travailler à leur besongne, o. de serbes, 42.
— ÊTYM. Entre, et quereller.
t E>TRE-QUrrTER (S') (an-tre-ki-té), V. réfl. Se quitter l'un l'autre. Kaui-il pas après tout chacun s'entre-quitlerTOù tous les hommes vont, aucuns ne vont ensemble, cobn. Imit. ii, ».
— ÉTYM. Entre, et quitter.
ENTRER (an-tré) , V. n. [1 1° Passer du dehors au dedans. Entrons dans le salon. Le voleur [le renard] tourne tant qu'il entre au lieu guetté. Le dépeuple, remplit de meurtres la cité, la font. Fabl. XI, 3. Il Par analogie. Nous entrâmes dans un chemin creux. Il Entrer en prison, être mis en prison. || Kntrerau port, aborder. || Entrer en chaire, à l'autel, y monter en parlant d'un prêtre. || Entrer en scène, paraître sur la scène pour jouer son rôle. || Kig. et familièrement. Il ne faut pas entrer dans le sanctuaire, il ne fiiut pas chercher à pénétrer les secrets des grands. || Absolument. J'entre et je salue. Ne laissez pas entrer. Pour se sauver de la pluie Entre un passant morfondu ; Au brouet on le convie ; Il n'était pas attendu, la font, f'aftj. v, 7. || Terme d'escrime. Kntrcren mesure, approcher de son adversaire en faisant un petit pas en avant. || Terme de m.inége. Entrer dans les coins, pénétrer autant que po.ssible dans les angles du manège. || Fig. Sortant d'un embarras pour entrer dans un autre, mol. l'Ét. lit, i. Il ï" Kig. Il se dit aussi de l'introduction en des conditions comparées k un lieu où l'on entre. D'où vient que cet homme e.st entré dans la robe? mass. Carême, Vocal. La plupart de ceux qui m'écoutent sont déjà entrés dans des engagements qui ne leur permettent plus de choisir, ID. ib. Socrate ne pressait point ses amis d'entrer de bonne heui-e dans les emplois, et il voulait qu'auparavant on eût travaillé à se remplir l'esprit des connaissances nécessaires pour y réussir, rolun, ilisl. anc. Œuvres,
KNT
t. IV, p.S78. Mme de Maintenon, entrant en charge dans ce tpmps-là, n'eut plus rien à démêler avec Mme de Montespan, u" de caïlijs, Souvenirs, p. tt», dans POUGKNS. Il Entrer au service, devenir militaire. Il Entrer dans les pages, aux pages, ou, simplement, entrer page, c'est-à-dire être reçu page. Il Entrer dans une famille, s'yallier. Ktl'on juge aisément au cœur que vous portez OCl vous êtes entrée, etdequi vous sortez, corn. Pomp. m, 4. Je vous fi» sur mes pas entrer dans sa famille, bac. Brit. ii, 2. Il Entrer dans une carrière, l'embrasser. Entrer dans le commerce, dans la marine, dans l'administration. Vaincu par lui, j'entrai dans une autre carrière, bac. Alh. m, 3. Il Entrer en ménage, se marier. Ce n'est pas à mon cœur qu'il faut que je défÈre Pour entrer en de tels liens , mol. Psyché, i, 3. Il On dit, dans le même sens, entrer en mariage. Mais qusnd j'eus bien pensé que j'allais à mon âge, Au sortir de Poitiers, entrer au mariage, cobn. Suite du Ment, i, <.|| Entrer en religion, se faire religieux. || Entrer dans le monde, à la cour, commencer à paraître dans le monde, à la cour. Quand j'entrai dans le monde, je sortais du couvent, et l'on n'en sort qu'avec une seule idée, celle de se livrer entièrement à tout ce qui peut amuser. H** de genlis. Ad. et Théod. t. i, lett. «, p. 23, dans pougens. || Entrer dans la vie, naître. Entrer dan» la vie signifie au»,»! entrer dans le monde. || Entrer dans un colléi.'e, dans un établissement public, y être reçu. Entrer au collège, à l'École polytechnique. Il entre dans un très-bon collège. On sait que, pour entrer à Sairit-Cyr [maison d'éducation pour les jeunes demoiselles, fondée par Mme de Maintenon], il faut faire également preuve de noblesse et de pauvreté, M"* DE CAYLUS, Souvenirs, p. t»7. || Entrer dans un corps, dans une académie, y être nommé, être élu pour en faire partie. Il [Tallard] entra honoraire dans la compagnie en (723, et, l'année suivante, nous l'eûmes è notre tête comme président, FONTRN. Tallnrd. Il se présenta donc pour entrer à l'Académie en <722; il y fut reçu, maiban, Élagrs, Petit. Il Entrer en condition, entrer en place, devenir domestique. Entrer au service de quelqu'un, devenir domestique de quelqu'un. || 8° Entrer exprime le commencement d'une chose. Entrer en convalescence. Nous entrons dans la belle saison. Entrer en correspondance. Tout le monde s'élève contre un homme qui entre en réputation, labbuy. XII. Il Entrer en jeu, se dit, à certains jeux, de celui qui, ayant levé une main, est en état de jouer comme il lui plaît; et fig. avoir son tour, dans quelque affaire ou discussion, pour agir ou pour parler. || Il se dit aussi pour entrer en mouvement, en action, en parlant des choses. Dans une machine à vapeur, les forces qui entrent enjeu, sont la disposition du mécanicien. || Entrer k table, se mettre à table, commencer son repas. Ils ne font que d'entrer â table. || Entrer en connaissance de cause, commencer à prendre connaissance de quelque chose. Entrer en payement, commencer à payer ce qu'on doit. Ces deux locutions ont vieilli. Il Entrer en chaleur, en amour, se dit des femelles d'animaux qui commencent h désirer le mâle. Entrer en rut, se dit, dans le même sens, des bêtes fauves et particulièrement de la biche. || Entrer en comparaison, enparall'le, être mis en comparaison, en parallèle. || Entrer en concurrence, faire une entreprise, poursuivre un but en rivalité d'intérêt avec quelqu'un. || Entrer en composition, écouter des propositions d'accommodement, d'arrangement. || Entrer en danse, prendre place dans une danse; et fig. s'engager dans quelque affaire dont d'abord on n'était que spectateur ; être à son tour obligé d'agir ou de parler. || 4° Fig. Eprouver certains sentiments comparés aune chose dans laquelle on entre. J'entre en des sentiments quinesont pas croyables, cobn. Polyeucte, ui,6. Elle entre en confusion d'avoir préféré.... pasc. Conv. des péch. Je suis entré en défiance de moi et des autres, iD.danscousiv. J'entreen une humeur noire, en un chagrin profond. Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font, mol. Jfii. i, (.Et l'accord que son père a conclu pour ce soir La fait à tous moments entrer en désespoir, iD Tart. iv, 2. N'entrei point tout à fait dedans l'étonnement, m. Vép. am. Il, t. Ils [les Romains] entrèrent en jalousie contre les Carthaginois, Boss. /fut. i, 8. Si entrant aujourd'hui dans des sentiments de componction.... MASS. Carême. Enf.prod. Knlrei en indignation contre vous-même, id. Paraphr. psaume IV. Ah! c'est pour cela même que vous devez entrer dans des inquiétudes plus vives et plus tendres sur les besoins de vos frères, ID. CarévM, Aumône. Des
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mères d'ailleurs chrétienne» et timorées ne s'avisent
pas même d'entrer en scrupule sur cet article, id. Carfme, Élus. || Entrer en colère, en fureur, céder à un transport violent de colère. Quelquefois il [Luther) entrait contre Mélanctbon en une telle colère qu'il ne voulait pas même lire ses lettres, nos». Var. III, §83. Ha foi, j'entre en fureur; Égoisine tout pur qu'une telle manie. Et ce n'est pas pour soi que l'on a du génie, c. delaviowe, la Princ. Aurélie, II, 6. Il S' Comprendre, saisir, en parlant de choses dans lesquelles l'esprit pénètre. Entrer dans la pensée de quelqu'un. Entrer dans le sens d'un auteur. Elle entre dans la vue des grandeurs de son créateur, pasc Conv. des p. Les sainis disent qu'on n'entre dans la vérité que par la chanté, dont ils ont fait une de leurs plus utiles sentences, iv>. Pensées, part. I, art. 3. Si on consid're son ouvrage incontinent après l'avoir fait, on en est encore tout prévenu; si trop longtemps après, on n'y cntr plus, ID. ib. t. 1, p. 264, édit. lahure. C'est que tu n'entres point dans tous les mouvements D'un cœur, hélas rempli de tendres sentiments, mol. Kélicerte, ii. t. Nérine, entres-tu bien, lorsque le ciel m'accable. Dans tout ce qu'a mon sort d'affreux, d'épouvantable? th. corn. Ariane, v. 6. Pour vous faire entrer dans une vérité si honorable à la vertu, MASS. Avent, Honh. Profanes, qui n'entrez jamais dans les secrets de l'Éternel, vos lumières resseinblciil aux ténèbre» de l'abîme, mo<<tE8Q. Lelt. per IH. y Vous n'entrez pas dans ma pensée, vous ne concevez pas ce que j'ai voulu «lire. ||8" Donner adhésion, assentiment. Entrer dans les sentiments, dans les idées de quelqu'un. Ils entrent dans leurs principes pour modérer leur folie, au moins mal qu'il se peut, pasc. dans cousin. Les étrangers qui la conquéraient [l'Egypte] entraient dans ses mœurs, Boss. Ilisl. lit, 3. Ne devons-nous pas tous entrer dans ce qui plaît au roi? maintenon, Lett. à Mme de Caylus, t. VI, p. 82, dans poucens. Il entra dans mes plaisirs, il flatta mes passions, fén. Tél. xiii. Entrons dans l'esprit de nos saints préiléces-seurs, et nous entrerons dans le succès de leurs travaux, MASS. Confér. Zèle v. les vices. Voilà les dispositions où vous -devez entrer, m. Prnsp. temp. Pas un seul n'ose se déclarer protecteur de l'innocence; tout entre lâchement dans la passion du chef, la. Carême, Passion, Pour entrer aujourd'hui dans les intentions du Sauveur, id. Carême, Prod. Si le ministre saint ne parle pas le langage du monde , s'il n'entre pas dans les préjugés attachés au rang et à la naissance.... ID. Carême, Prosp. temp. Qu'il est rare de trouver un artiste qui entre profondément dans l'esprit de son sujet! didebot. Salon de (767, Œurr. t. XIV, p. 74, dans POUGENS. J'y consens, je vous sers et j'entre en vos projets, lemebc. Charles VI, l, 2. Il Entrer avant dans une science, y acquérir des connaissances profondes. || Entrer dans la pensée de quelqu'un , comprendre et approuver les motifs qu'il a de penser de telle ou telle manière. || Cet auteur, cetoraieur, ce peintre entre bien dans les passions , il les exprime, il les représente bien. Il Ce comédien entre bien dans l'esprit de ses rôles, il reproduit fidèlement le personnage qu'il représente. Il Entrer dans la plaisanterie, s'y prêter. Quoique , pour entrer dans le badinage , elle se plaignît d'être trop gênée, il est \rai qu'elle mangea très-peu, MABivAux,il/anonne,2' partie. || 7* Sympathiser à, prendre intérêt. Elle feignit d'entrer dans sa douleur, FÉN. Tél. i. D'abord elle entra dan» sa peine, in. ib. xxii. C'était un ami, entrant dans touslesbesoinsdes autres, mass. Oroï». (un Dauph. J'entre dans votre situation; car je me conforme volontiers aux sentiments des autres, du frksnï. Esprit de contrad. se. 20. U est cruel, d'accord; j'entre dans votre peine, DANCOUBT, Jfm« .^rtiij, v, 3. Il 8* l'rendre part à, s'occuper de. Ennemies de tout soin et de toute peine, elles n'entrent presque en rien, elles ne s'informent de rien, boi;bd. Pensées, t. 1, p. 48». Nous entrons dans ses travaux, mais c'est à lui que la vigne appartient, mass. Carême, Cullt. Ne paraissant entrer en rien, ne s'attribuant rien, m. Myst.Ast. Ils protègent le» gens de bien, ils entrent dans les œuvres de miséricorde, iD. Carême. Prosp. (emp. || Entrer dans un complot, dans une intrigue, dans une guerre, y participer. On prétend que ces frère» Bohémiens, dont les paroles étaient si douces et si respectueuses envers les puissances , à mesure qu'ils s'engageaient dans les sentiments des Luthériens, entrèrent aussi dans leurs intrigues et dan» leurs guerres, boss. Var. XI, S t»2. Il Entrer dan» une affaire, y prendre pan soit pour la conduire, soit pour en tirer profit Il 9* Contribuer à. J'entrerai dans la dépense
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Il 10° S'enffager dans, entamer, exposer. Car, mes pères, iiuisque vous m'oUigez d'eiurer dans ce discours, PASC. Frov. II. F'riiice, n'entrons pas dans ces complimenls, mol. l'rinc. d'Él. v, (. Entre en l'roposetlui fait compliiuent ... lafo.nt. Fabl. 1, B. N'entrons point ditns un éclaircissement fâcheux, BARON, Homme à bonnes fnrt. il, 3. Que j'entrerais volontiers dans les m ilifs de ses actiunsi klech. Tur. Il Entrer en matière, commencer à traiter le sujet dont il s'a^'it. || Entrer dans le détail des choses, examiner les choses en détail. Pour aci]iiérir celte connai.ssance, il faudra que vous entriez dans beaucoup de petits détails très-minutieux, m'°' de genus. Ad. et Théod. t. ii, lett. 37, p. 3o3, dans pougens. Il Alisolument. Entrer dans le détail, dans les détails, exjiliquer minutieusement. || 11» Terme de théolojiie. Entrer en jugement, se dit de Dieu jugeant les hommes. Si vous [Dieu] entriez avec lui [l'homme] dans un jugement rigoureux, Boss. Ilniih\ ). Il 'l'erme de l'Écriture. Kntrer en tentation, être tenté. Priez, afin que vous n'entriez point en tentation, saci, Hible , Évang. St Luc, xxii, 40. J'ai lu maître Louis [Arioste] mdie fois en ma vie, Ya même quelquefois j'entre en tentation Lorsque l'ermite trouve Angélique endormie, la font. Bail, stir les romans. || 12° Entrer dans lame, dans le cœur, s'y insinuer, y faire impression. Je fuis la gloire aisée.... d'entrer dans un cœur de toutes parts ouvert, rac. Phèdre, II, t. || 13° Pénétrer, avec un nom de chose pour sujet. Le vaisseau entra dans le port. La voiture entra dans la cuur. La lumière entre dans le cachot par une petite ouverture. Le coup est entré bien avant dans les chairs. Les racines de cet arbre entrent k une grande profondeur. Ce couteau n'entre pas facilement dans la g lîne. L'esprit entra en moi, me fit ;enir sur mes pieds, me parla, saci, Bible, Ézéchiel, m, 24. Il II se dit des marchandises, des produits qui sont apportés dans une contrée, dans un lieu. || Familièrement. Ce bruit entre dans la tête, dans les oreilles, il étourdit. Il Kig. S'insinuer, naître, en parlant de sentiments. La défiance entre dans les cœurs, dans les esprits. Une injuste vengeance entie-t-elle en ton cœur? volt. Ali. v, 5. Des soupçons n'entraient point dans ces esprits altiers, id. Tancr. ii, l. L'amour innocemment est entré dans son âme, ducis, Abuf. m, 6. L'injustice, la dissimul.nticn, la haine peut-être viennent d'entrer à la fois dans son âme, m'»* de genlis, Ad. et Théod. t. i, lett. 20, p. t49, dans pougens. || Entrer dans l'esprit, se dit des connaissances, des idées que l'esprit saisit. Pourvu qu'ils fassent faire Que ce beau savoir entre en l'esprit du vulgaire, Régnier, Sat. IX. Celle [l'inhumanité] (lue vos préteurs ont sur nous exercée X'etitre qu'à peine en la pensée, la FONT. Fabl. XI, 7. Il On ne peut rien lui faire entrer dans la tête, on ne peut rien lui faire comprendre. Il J'ai essayé de lui faire entrer cela dans la tête, j'ai essayé de le lui persuader. || Cela ne m'est jamais entré dans l'esprit, dans la pensée, dans la tête, dans l'imagination, je ne l'ai jamais cru, ou je n'y ai jamais songé. Et impersonnellement : Il ne m'est j.imais entré en pensée qu'il fût l'auteur de ce livre. Entra-t-il jamais en l'e.sprit de personne que les choses dussent tourner ainsi? || 14° Entrer en caisse, entrer dans la caisse, être reçu, en parlant de l'arfjent. Il avait fait entrer dans les caisses publiques plus de trésors qu'aucun des autres aventuriers , HAYNAL, Ilist. phil. VII, 3. Il 15° Faire partie , être compris. L'éguïsme entre dans une grande partie de nos actions. Cette étude entre dans le domaine de l'astronomie Ne parler que de duts, de cardinaux et de ministres; faire entrer dans les conversations ses aïeux paternels et maternels, et y trouver place pour l'oriflamme et pour les croisades, la bruyère, viii. Ils ne pouvaient pas entrer tous dans un panégyrique, mais ils entraient bien tous dans une satire, fonten. Dial. 1, anc. mod. Les jeux et les combats faisaient partie de la religion, et entraient dans presque toutes les fêtes des anciens, hollin, Hist. anc. (Jfc'uyres. 1. v, p. &i , dans pougens. Plusieurs dispositions du droit romain sont entrées dans nos coutumes, MONTESQ. Esp. xxviii, 45. || Cela n'entre pas dans ses vues, dans ses intentions, cela n'est pas conforme à ses vues, à ses intentions. Et impersonnellement; Il n'entre pas dans ses vues, dans ses intentions que vous partiez sitôt. Il entre rarement dans leur caractère de prévoir l'avenir, ray- NAL, Ilist. phil. XI, 'iz. Il Entrer en compte, en ligne de compte, être compris dans un compte, jl'ierme de procédure. Enin-r en ordre parmi d'autres crèauoiurs, étra mis dans l'ordre des créan-
ciers qui, ayant hypothèque ou privilège, doivent être payés. {| 16° Être pour quelque chose. L'ingrat est-il touché de mes empressements? L'amour même entre-t-il dans ses raisonnements? rac. Ilnj. Il, ). Vous voulez que notre intérêt entre pour beaucoup dans notre fidélité, mass. Carême, Conf. La faveur du maître est entrée pour beaucoup dans le plan de notre nouvelle vie, m. Carême, Disp. Oui sait si l'amour même entre dans ses douleurs? VOLT. Zaïre, m, 7. Lisez le règne de 'l'ibère ou celui de Néron, ces deux terribles et longues tragédies dont Rome est le théâtre, et où Tacite a porté si loin l'art d'émouvoir : l'éloquence artificielle, le soin d'orner et d'agrandir n'y entre pour rien, marmontel, Élém. lilt. Œuvres, t. vui, p.
I H , dans POUGENS. Dans nos amitiés même il entre du destin, ducis, Abufar, i, 5. (| Il entre bien de l'homme en cela, c'est-à-dire que ce qui détermine en cela ce sont des considérations humaines.
II 17° Être employé dans la composition d'une chose, dans sa confection. Je ne sais quelles sont les drogues qui entrent dans ce remède. De mauvaises pierres sont entrées dans la construction de cet édifice. Oui, c'est un fromage préparé où il entre de l'or, du corail et des perles, et quantité d'autres cho.ses précieuses, mol. Médecin maigre' lui, m, 2. Il 18° Être contenu. Cela n'entrera pas dans votre poche, dans votre sac. Que de choses entrent dans ce livre ! || Impersonnellement. Il entre deux mètres d'étoffe dans ce manteau. || Par hypallage. Ce chapeau ne peut entrer, n'entre pas bien dans la tête, c'est-à-dire la tête ne peut entrer, n'entre pas bien dans le chapeau. || 19° V. a. Faire entrer d'Académie n'a pas entrer dans le sens actif; mais elle a admis sortir, actif, et l'usage admet entrer). Il faudra entrer ce piano par la fenêtre. Entrez ce cheval dans l'écurie. Entrez la voiture dans la remise. || Terme de commerce. Inscrire des objets sur le registre des entrées. Entrez ces traites. || Il se dit aussi des marchandises étrangères qu'on apporte dans un pays. U vaut mieux défendre de les porter [dentelles et bijoux], que de lus entrer, j. j itouss. Polngne, ch. H. || Terme de marine. Le flot ou le flux entra tel bâtiment dans la rade, c'est-à-dire le fit entrer.
— REM.l. Quand on voulait marquer une action, un mouvement, entrer se conjuguait avec avoir. Ai-je, autre Œdipe, entré dans le lit de ma mère? rotruu, Antig. i, 3. Voilà ce que j'en ai appris par votre oncle qui dit avoir entré dans les chambres, LA font. t. VI, p. 370, édit. WALCKENAER. De manière que le soleil n'a pas entré dedans, sEv. 425. Tous les hommes ont entré dans la vie de la même manière, boss. Politique, x, vi, 4. Les prédicateurs ont entré en société avec les auteurs et les poètes, LA BRUT. XV (Des éditions portent sont entrés; mais les plus anciennes portent ont entré). Cette construction n'est plus guère employée. || 2. Régnier a dit entrer sur pour commencer: J'entre sur ma louange, et bouffi d'arrogance.... Sat. ii.
— HIST. xi* s. [Il] entre en sa veie, si s'est acheminez, Ch. de Roi. xxvi. Al cors vous est entrée mortel rage, ib. lvii. || xii* s. Dedans ton cors est entrez li maufez [le diable], /ionc. p. <4. As porz d'Espeigne s'en est entré Rolant, ib. p. 37. Bien [tu] peuz conquerre France; or est anlrez li ans (l'année est venue], Sax. v. Nous enterrons [entrerons] en France en bataille rangie, ib. xxxii. L'arcevesque respunt: faites les enz entrer. Th. le mart. (39. Car grant bunte li faites quant en sa cnrt [du roi] entrez, Com en feu et en flambe, de vostre cruiz [croix] armez, ib. 39. || xiii* s. Or est yvers entrés [comiMencé], et nos ne pooûs [pouvons] mais de ci movoir devant la pasque, villeh. xLix. Entrez en cest sentier, n'en issiez [sortez] pour riens née, Berte, XLVi. Tout droit à l'entrer de la porte, Ren. tSMU. Ne porquant, se li croisiés et le [la] feme veve entrent en plet en cort laie [laïque] , sainte Eglise ne s'en doit nieller, beaum. xi, 9. Il ne loist pas [n'est pas loisible] à franc home entrer en bataille contre bastart, id. Lxm, 2. ||xiv*s Soigneur, ce dist Uertran, j'ai visé maintenant Comment nous enterrons en ce chastel vaillant, Guescl. 881.11 xv° s. En esperonnant leurs chevaux, et en abaissant leurs glaives et en escnant leurs cris, entrèrent les uns es autres [les Français et les Gascons), froiss. h, u, B. Quand ils [les Escots] veulent entrer au royaume d'Angleterre.... ID. i, I, 34. Us se saluèrent [les envoyés chargés de négocier la paix entre les rois de France et d'Angleterre] moult amiablement et feslerent grandement; et après ils entrèrent en leur traitement, w. i, i, 144. Là lut accordée une trêve
à durer un an entièrement; et devoit entrer tantost entre ces seigneurs.... et entre ceux qui.... id. ib. Envoya povoir à aucuns qui estoient à Amyens pour entrer en une trefve, comm. m, 3. Le conte de Varvic entra en difTerent avec son maistre, id. m, 4. Et celuy là et moy entrasmes en paroles d'appointer ces deux osts, sans combattre, m. vin, 9. Il XVI' s. Lors pourront les humains envahir les régions de la lune, entrer le territoire des signes celestes.... RAB. Panl. III, 61. Ouelz signes entroyt le soleil, m. Garg. i, 23. Entrer en haine contre.... MONT, i, 48. À mesure que... . j'entre en desdaing de la vie.lD. i. 8t. Plusieurs caveaux de grande capacité qui entrent l'un dedans l'autre, amyot, Crassus, 7. J'entre parfois en pensée qu'il puisse assez bien convenir à un.... mont, i, )03.
— ÉTYM. Picard, intrer; provenç. inirar, eutrur; espagn. enlrar ; ital. inlrare, entrare; du latin l'ntrare, de t'niro , xntra, en dedans, le même que mter, entre (voy. entre).
t ENTRE-UABOTER (S') (an-tre-ra-bo-té), t). réjl. Se polir réciproquement. [En parlant de M. de Montausier, gouverneur très-rigoureux, et du Dauphin opiniâtre et fier] Laissez-les faire, ils s'entre-raboleront l'un l'autre et se poliront, M"" de sablé, dans laveaoz.
— ÊTYM. Entre, et raboter.
t ENTRE-RAFRAÎCHIU (S') (an-tre-ra-'frê-chir) , V. réfl. Se rafraîchir réciproquement.
— HIST. XVI* s. Afin que l'on tire nuit et jour, il faut que les canoniers alternativement s'entre-rafraichissent, carloix, v, 26.
— ÉTYM. Entre, et rafraîchir.
t ENTRE-RANG (an-tre-ran) , s. m. Espace entra les rangs. || Au plur. Des entre-rangs.
— HIST. xvi* s. Avec le soc, cinq ou six lignes sontfaitesen l'entre-rang des ceps, o. de serres, i74.
— ÉTYM. Entre, et rang.
t ENTRE-RECEVOIR (S') (an-tre-reu-se-voir) , v. réjl. Se recevoir l'un l'autre.
— HIST. XVI* s. Ginglyme se fait' quand les os s'entrereçoivent, c'est à dire quand en un mesme os il y a une cavité qui reçoit la teste de l'autre os, PARÉ, IV, 43.
— ÊTYM.£n(r«, et rerevoir.
t ENTRE-RECONNAÎTRE (S') (an-tre-re-ko-nètr"), V. réfl. Se reconnaître l'un l'autre.
— HIST. XVI* s. La brebis sera enfermée avec sou a-gneau dans quelque petite estable séparée, pour trois jours, durant lesquels apprendront à s'euirerecognoistre et aimer, o. de serres, 348.
— ÉTYM. Entre, et reconnaîire.
t ENTRE-REGARDER (S') (an-tre-re-gar-dé) , r. réfl. Se regarder l'un l'autre. Les vieillards s'entreregardèrent en souriant, fén. Tél. v. || Entie-regarder, V. a. Regarder furtivement, jetar de temps en temps un coup d oed.
— HIST. ivi* s. Les femmes s'entre-regardoient et se cachoient les yeux à doigts entr'ouveris, des- PER. Contes, xxxvli.
— ÉTYM. Entre, et regarder.
t ENTRE-REGRETTKR (S') (an-tre-re-grè-té) , v. réjl. Se regretter mutuellement.
— HIST. XVI* s. S'entreregretter, cotgrave.
— ETYM. Entre, et regretter.
t ENTRE-RENCONTRER (S') (an-tre-ran-kontré), V. réfl. Se rencontrer l'un l'autre. Parties de la vapeur qui s'entre- rencontrent, dbsc. Èléléor. b.
— HIST. xiu" s. Si avint unjour que messire Guillaume des Bares chevauchoit parmi Acre, el li rois Richars aussi, et s'entre-rencontrerent, Chr. de Rains, p. 40. Il xvi* s. 11 mit sa bosse contre celle d'un cardinal, en lui montrant que deux moniagnes s'entre-rencontroient bien, contre le commun dire, DESPER. Contes, xxxii. U apprit les plus communs termes dont oiT use en leur langage, pour parler quand on s'entrerencontre, amyoi. Sert. 2.
— ÉTYM. Entre, et rencontrer.
ENTRE-RÉPONDRE (S') (an-tre-ré-pon-dr'), v. réfl.
Se répondre réciproquement l'un à l'autre. Ces deux cœurs se sont entre-répoiidu. Us s'entre-répoiidaient touràtour, d'ablancoubt, yif)o;)/i(/i. dans ricuelet.
— ÉTYM. Entre, et répondre.
t ENTRE-REVOIR (S') (an-tre-re-voir) , v. réfl. Se revoir l'un l'autre.
— HIST. XVI* s. S'entierevoir, langue, 354.
— ÉTYM. Entre, et reioir.
t ENTRE-RUINER (S') (an-tre-ru-i-né) , v.réfl. Se ruiner réciproquement.
— HIST. XVI* s. C'est irriter horriblement la majesté divine, que les chresliens .s'entre-ruinenl d'une si cruelle façon, carloix, vu, 8.
— ÉTYM. Entre, et ruiner.
f ENTRE-SABOKUS (an-tre-sa-bor) , t. m. Terme
ENT
de marine. Bordage placé entre les sabords d'un bâtiment. Il Au vbir. De» entre-sabords.
— ETYM. Entre, et sabord.
tKrrrilK SAISI!» (S') (an-tre-sè-zir),».r«'/I. Se saitir l'un l'autre.
— IIIST. XVI' s. S'entresaisir, cotorave.
— ÈTYM. Entre, et saisir.
, ENTKE-SALUER (S') (an-tre sa-lu-é), v.réfl. Se saluer l'un l'autre, llss'eritre-saluèrentense baisant, SACI, Bible, Tnbie, ix, is.
— HlST. xvi* s. M. de Nevers mist pied 4 terre, et tous semblablemenl, pour s'entre-salueret caresser, CABLOIX, V, 2*.
— ÊTYM. Entre, et saluer.
t ENTH'ESCRO0Ur:R (S') (an-trè-skro-ké), v. rifl. S'escroquer l'un l'autre. [Des hypocrites] Gardant toujours l'air froid sur leurs visages jaunes, Et ne .s'entr'esiroquantque par dévotion, Poussés d'un saint désir de faire des aumônes. Ils tâchaient, disaient-ils, de gagner dans leurs jeux Pour les pauvres, non pas peureux, saint-oi.as, Contes (ttli), cité dans le Chasseur bibliogra)>he , 2" année, n* 8.
— f.TYM. Entre, et escroquer.
ENTKE-SFXOURIU (S') (an-lrese-kou-rir), v.
réfl. Se secourir mutuellement. Ils se sont entre-secourus. Us s'avançaient quand ils voulaient s'entre- «ecourir, vauoel. Q. C. ix, <, dans biciielet.
— HlST. xvi* s. Lors les corps de gardi: françois, i'entre secourans, les meslerent, en tuèrent sur la place soixante-six, d'aub. Uisl. m, «06.
— ETYM. Entre, e\. secourir.
t E>TRE-SÊDUIRE (S') (an-tre-sé-dui-r') , v. rtil. Se séduire l'un l'autre.
— HIST. XVI' s. Car chascun ores ne respire Que fraude et que meschanceté; Et pour le gain on veut l'entre-seduire, }. le hoiix, 2.
— ETYM. Entre , et séduire.
•{■ ENTRE-SEMER (an-tre-se-mé) , v. a. Semer entre, disperser entre.
— HlST. XVI' s. Democritus, Parmenides.... ont une forme d'escrire doubleuse en substance, et un desseingenquerant plus tost qu'instruisant, encores qu'ils entresement leur style de cadences dogmatistes, MONT. II, 240. U forme un bataillon de toutes ses piques, entre-semé de tous ses mousquets et d'autant d'arquebusiers, d'aub. Uist.iu, tb.
— ÊTYM. Entre, et semer.
t KNTRE-SERRER (S') (an-tre-sè-ré) , t). réfl. Se serrer réciproquement.
— HlST. XVI' s. Toujours les belles naïades, S'entre-serrans par les mains, Jointes avec les sylvains,
— ÊTYM. £n»re, et serrer.
t ENTRE-SEHVIR (S') (an-tre-sèr-vir) , v. réfl. Se servir l'un l'autre. Elles se sont entre-servies.Comme leurs intérêts étaient égaux, et qu'ils pouvaient s'entre-servir pour se venger, m"' de scudért, Cyrus, 9' part, livre i, p. 383.
ENTRE-SOL (an-tre-sol) , s. m. Terme d'architecture. Logement pris sur la hauteur d'un étage; appartement entre le rez-dechaussée et le premier étage. Loger à l'entre-sol. Celui qui.... vient coucher au Louvre dans un entre ■ sol , la bruy. ii. Je fus hier enfermée dans mon entre-sol une heure et demie avec M. de Maulevrier, uaintenon, Lett. au duc de Noailles, t. v, p. 89, dans polgens. || Conférences de l'entresol, conférences ainsi dites parce qu'elles se tenaient chez l'abbé Alary, logé place Vendôme il un entre-sol, et où l'on s'ciccupait de questions moriles et politiques, au commencement du xviii' siècle. || Xu plur. Des entre-sols.
— REM. 1. Dansles quatre premières édilionsdeson Dictionnaire, l'Académie écrivait ce mot sans tiret : entre.sol. || 2. Autrefois ce mot s'écrivait entre-sole et était du féminin : Elle regagna sou entre-sole, BAHiLT. Cramm. <o.
— ETYM. Entre, et sol.
t ENTRE SOUFFRIR (S') (an-tre-sou-irif), c. r^/l. Se souffrir réciproquement.
— HlST. xvi' s. S'entresouffrir, cotorave.
— ÊTYM. Entre, et souffrir.
t ENTRE SOULEVER (S') (an-tre-sou-i6-vé),c. réfl. Se soulever l'un l'autre.
— HlST. xvi' s. L'homme et la femme, a'estants embrassés toujours de trois pas en trois pas, tant que la danse dure, ne font que tourner, virer, t'entre-soulever et bondir, carloix, 'VI, as.
— ÊTYM. Entre, et soulerer.
t ENTRt^-SOHRCILS (an-tre-sour-si), ». m. L'espace qui est entre les deux sourcils.
— ÊTYM. Entre, et sourcil.
t KNTRE-SOUTE.MR (S') (an-tre-sou-le-nir), ». xiCl ^0 <^rM)t(>nir l'un l'autre. Qu'il faut donner au»
ENT
bons pour s'entre-soutenir Le temps de se remettre et de se réunir, corn. Othon, v, 1. Un comlat dure encor que mille autres surviennent; Et eut enchaînement dont ils s'entre-soutiennent. Fait un cercle lie mau> qui ne sauraient finir, id. Imit. m, 20. Ces diflérenles manières d'aller à vous [Dieu], ou plutôt de vous trouver en moi, sont liées et s'entresoutiennent, f£n. Exist. 274.
— IIIST. XVI' s. Et faudrait jetter après eux vingt mille chevaux, par escadrons s'eutre-soustenanz,