‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 157 sur 388 · LANOUE · texte numérisé non relu

LANOUE

— ETYM. Entre, et soutenir.

t ENTRE-SUIVI, lE (an-tre-sui-vi, vie), adj. Oui ne se suit pas également, qui est entrecoupé, semé de variations. L'aise et l'ennui de la vie Ont leur course entre-suivie, malh. ii, 4. Notre sort en [de nos actions] dépend; sa course entre-suivie Ne va, non plus que nous, jamais d'un même pas, LA PONT. Fahl. VIII, I«. Duuze lustres et plus ont roulé sur ta vie; De soixante soleils la course entresuivie Ne t'a pas vu goûter un instant de repos, ID. Poésies mélérs, i.xix.

ENTRE SUIVRE (S') (an-tre-sui-vr"), v. réfl. Venir à la suite l'un de l'autre. Les jours et les nuits .s'entre-suivent. La mort et l'arrivée s'y pouvaient entre suivre d'aussi près, cohn. Ex. du Cid. Et nous verrons toujours si Dieu le laisse vivre, Un change, un repentir, un pardon s'entre-suivre, m. Plo'e Toy. II, 6. Tels que d'une mer agitée On voit les (lots s'entre-suivanls Se fuir après au gré des vents Et ne tenir jamais une assiette arrêtée, rotr. Antiy. m, *.

— HlST. xiu* s. Et en ceste manière de proeve convient il deus loiax tesmoins, Ii quel s'entresivent sans varier es demandes qui lor sunt fêtes, beauh. xxxix, 5. Il xvi' s. De la conférence on vint au baptesme, et la roine eut pour parrin le vice-roi; et pompes et festins s'entre suivirent jusques au mariage, d'aub. Hist. m, <98.

— ETYM. Entre, et suivre.

t ENTRE- SURPRENDRE ( an-tre-sur-pran-dr" ). Il 1* V. a. Surprendre à demi. || 2* S'entre-surprendre, r, réfl. Se surprendre mutuellement.

— HlST. XVI' s. Dedans mon sein mon pauvre coeur se pâme, Entre-surpris de joyeet de tristesse, BONS. 168. C'estoit au point du jour Quand tout ensemble on veille et tout ensemble on dort D'un œil entre-surpris du frère de la mort, id. 706.

— ETYM. Entre, eiiurprendre.

ENTRETAILLE (an-tre-ta-ll', U mouillées), s. f.

Il 1° Terme de gravure. Taille légère entre d'autres plus fortes. || Chez les graveurs sur bois, taille plus nourrie dans certains endroits que dans le reste de la longueur. || 2' Terme de danse. Pas qui se faisait en jetant un pied à la place de l'autre, et qui est hors d'usage.

— ÊTYM. Voy. ENTHE-TAILLKB.

ENTRE-TAILLË, ËE (an-tre- ta-llé, liée, U mouillées) , part, passé. Cheval entre-taillé.

EYrRE-TAlLLER (S') (an-tre-ta-llé, U mouilli^es, et non an-tre-ta-yé) , v. réfl. S'entre-couper. Ce cheval s'entre-taiUe en marchant.

— HlST. xiv s. Advise que le cheval ne s'entretaille de la jambe de l'autre lez [côté] , Ménagier, n, 3. Il XVI' s. Et là où le cordeau entretaillera [point d'intersection] la ligne tracée, là sera plantée la crocete ou la chevelue, o. de serres, <64. La grande confusion de paroles , parmi laquelle on s'entreUiille [on se coupe], brant. Cap. fr. t. I, p. 248,

dans LACURNE.

— ÊTYM. Entre, et tailler.

ENTRETAILLURE (an-tre-la-llu-r", «mouillées,

et non an-tre-ta-yu-r'), *• /"• Blessure que se fait aux jambes un cheval qui s'entre-tallle.

— HlST. XVI' s. La poictrine et devant large, haute et avancée en dehors, laquelle cause grand entre-pasetdestournel'entre-taiUeure.o. 3ESER«Es,300.

— ETYM. Entre-tailler.

t ENTRE-FALONNER (S') (an-tre-U-lo-né) , v. réfl. Se talonner l'un l'autre. Quand les malheurs commencent, ils s'entre-talonnent, lbsagb, dans le Dict. de POITEVIN.

— ÊTYM. Entre, et talonner.

t ENTRE-TÂTER (S') (an-tre-tâ-té) , o. réfl. Se t&ter réciproquement.

— HIST. XV' s. Se vont entreteister aux espées un assaut si grand, et font tant en peu d'heure, qu'il n'y eut celluy dont sang n'issist [ne sortit] en plusieurs lieux, Pereeforest, t. i, f" ïl.

— ETYM. Entre, et tâter.

ENTRE TEMPS (an-tre-Un), t. m. Intervalle de temps entre deux actions. Tout est à craindre dans cet entre-temps, sbv. »oo. Le P. Tellier se servit de

ENT

cet entre-temps pour faire écrire au roi par tous les évêques, ST-sm. 316, (08. Cet entre-temps [l'entrée du roi dans son cabnet après sa prière] était celui des audiences, quand le roi en accordait, id. 4<7,«. Il 11 s'emploie aussi adverbialement. Entre-temps il arriva.

— HlST. XV' s. Boire et manger largement du souper de ceux qui, entre-temps, au lit se devisoient, à son grand préjudice, louis xi, Nouv. i.

— ETYM. Entre, et temps.

ENTRETr:NE.MENT(an-tre-tè-ne-man), s. m. Ao-

tion de pourvoir à l'entretien de quelqu'un ou de quelque chose. Vous me direz qu'à ce compte-là vous ne devez rien nia la lune ni au soleil, parce que ce qu'ils tournoient au ciel, ils ne le font pas pour l'amour de vous; ils le font pour le bien et pour l'entreténement de l'univers, malii. U Traité des hienf. deSénèque, vi, 20. L'entretènement de ses plaisirs ne coûte rien à personne, balz. le Prince, ch. I7. La respiration n'est pas moins nécessaire à l'entretènement de ce feu, DKSC. rffornme. L'entretènement des soldats, pehhot. Tacite, S4. Dés lors qu'un endroit [de la levée de la Loire] se dément [détériore], On le rétablit tout à l'heure; La moimlre brèche n'y demeure, Sans qu'on y touche incessamment. Et pour cet entretènement. Unique obstacle à tels ravages. Chacun a son département, la FONT. t. VI, p. 388, édit. WALCKENAER. Salomon donnait à Hiram pour l'entretènement de sa maison vingt mille mesures de froment et vingt mesures d'huile très-pure, saci. Bible, Hois, m, v, H. L'amitié de cet oncle ne va pas toute seule, il y faut de l'entretènement, sÉv. 606. || U a vieilli. L'on ne dit plus guère que entretien.

— HlST. XV s. Par quoy il n'y eut point de gouvernement ni entretènement en leurs gens, fenir, 1416. En E.spagne avoit toutes paroles d'amitié et d'entretenemeiit etpresenspar tout, de tous costez, COMM. VI, 8. ||xvi' s. Gens d'apparence, et gens d'entendement. De bonne grâce etd'entretenemrnt, Degrand beauté, d'honnesle accoustrement, laUargueritede la marguer. f 303, dans lacurub.

— ETYM. Entretenir.

t ENTRETENEUR (an-tre-te-neur), ». m. || 1' Celui qui entretient. Boute-feu et entreteneur de s^ ditions. Il Peu usité en ce sens. || 2' En mauvaise part, celui qui pourvoit aux dépenses d'une maltres.se. Un entreteneur de filles.

— HIST. XVI' s. Pour les meschantes pratique* dont estoit le dit Merveilles auteur et entreteneur,

H. du BELLAT, 264.

— ETYM. Entretenir.

ENTRETENIR (an-tre-te-nir), j'entretiens, nous entretenons, vous entretenez, ils entretiennent ; j'entretenais; j'entretins; j'entretiendrai; j'entretiendrais; entretiens, entretenons; que j'entretienne, que nous entretenions; que j'entretinsse; entretenant ; entretenu, v. a. || 1* Au sens propre qui est d'ailleurs peu usité, tenir entre, fixer, assujettir les diverses parties d'un tout. Cette pièce de bois entretient toute la charpente. || Terme de métier. Tenir une chose ferme dans la situation où elle est, pendant que l'on travaille aux autres parties de l'ouvrage. || 2° Tenir en lion état. Enlrelenii un bâtiment, une route. Entretenir une maison en l'absence de ceux qui l'habitent. Les Français n'ont soin de rien et ne respectent aucun monument, ils sont tout feu pour entreprendre, et ne savent rien finir ni entretenir, J. J. rouss. Confess vi. || Tenir sur pied. Entretenir une armée, des forces considérables. Il 3° Maintenir dans le même état, rendre durable. Les vestales entretenaient le feu sacré. Entretenir l'abondance. Les richesses entretiennent l'orgueil. Entretenez d'encens cette sainte fumée, ROTR. Herc. mour. m, l. On ne sut pas longtemps à Rome Cette éloquence entretenir, la pont. Fabl. XI, 7. D'une guerre si longue entretenir le reste, RAC. Àndr. I , a. Mlle Choin fut chassée de U cour, et se retira à Paris, où elle entretint toujours les bontés que Monseigneur [le fils de Louis XIV] avait pour elle, u** dk catlus. Souvenirs, p. 2«», dans FOUGRNS. || S'entretenir la main, continuer k tenir la main agile et adroite par l'exercice. Faire des armes pour s'entretenir U main. || Entretenir une correspondance , écrire et répondre par lettres. Il Entretenir commerce avec quelqu'un, êlr» en relations suivies avec lui. Quiconque entretiendrait avec nos ennemis Un commerce secret fatal à son pays, volt. Taner. i, i. || Nourri-, repaître. Tout contribue à entretenir son illusion. Il Entretenir ses pensées , ses rêveries, méditer, rêver. Et, foulant le parfum de ses plantes fleuries. Aller entretenir ses douces rêveries, boii i'uf. Vi.

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Il 4* Il se dit aussi des personnes chez qui l'on nourrit certains sentiments. Propre à entretenir les pécheurs dans leurs désordres, pasc. Prov. 9. l.a plupart de ceux qui nous entourent, nous entretiennent da»s des préjugés qui leur sont communs et que souvent ils nous ont donnés, con- DILLAC, Art de psns. Il, (. Il Entretenir quelqu'un d'espérances, l'entretenir de belles promesses, le tromper en lui donnant des espérances, des promesses qu'on n'a pas intention d'effectuer. Les Tarentins que Pyrrhus entretenait d'espérance , ïoss. Hiit. 1, 8. H Terme demapé^e. Entreteninin cheval, l'eicitér de manière qu'il conserve une vitesse èg^le dans son allure. || 5" Fournir ce qui est nécessaire à la dépense. Entretenir une nombreuse famille. Entretenir sa maison sur un pied convenable. Entretenir une armée, une garnison. Entretenir un grand train, un nombreux équipage. Ils [les membres du mu.sée, à Alexandrie] avaient une salle où ils mangeaient tous ensemble aux dépens du public qui les entretenait fort bien. holl. Hist. anc. Œuires, t. vil, p. 304, dans pougens. || Entretenir des maîtresses. Certain marquis l'entretenait, la FONT. Chrais. Les libertins entretiennent ici un nombre infini de filles de joie, montesq. Letl.pers. 67. Le reste me sert à entretenir des filles, volt. Cand. 2*. Pour me récompenser de mes soins bienfaisants. Il en entretenait une autre [femme] à mes dépens, LEGBANn, Itoi de Cocagne, ii, 7. |{ Absolument. Aujourd'hui on entrelient; se serait-on jamais imaginé que le Français deviendrait si humble? on prétend qu'il y a à présent 'lans Paris près de trois mille filles entretenues, saint-foix, Ess. Paris, t. III, p. 422, dans POUGENS. || Soudoyer. Quelle honte.... Que même parmi nous Solamir entretienne Des sujets corrompus, vendus à ses bienfaits! volt. Tancr. i, i. || 6° Parler à quelqu'un, conférer sur un sujet. Hier dans sa belle humeur elle entretint Valère, corn. Hor. i, l. Vous voyez, elle veut que je vous entretienne, mol. Mis. m, 7. Non, madame, l'époux dont je vous entretiens, bac. Brit. ii, 3. Entretenir Titus dans un autre lui-même, iD.Bérén. 1, 4. Il courut de ses feux entretenir la reine, id. lfi(/ir. u, 3. C'est d'Enghien qui s'offre à mes yeux, Sur Nerwinde et ^teinkerke entretenant Achille, chaul. Éptlre au chev. de Bouillon. On trouvera assez à se mortifier en entretenant contre son gollt les personnes dont on ne peut se défaire, fén. t.xvai, p. 2)6. Il Fig. [Polyeucle à Pauline] Je ne méprise point vos pleurs ni votre foi; Mais, de quoi que pour vous notre amour m'entretienne. Je ne vous connais plus si vous n'êtes chrétienne, corn. Poly. V, 3. Il 7° S'entretenir, v. Téfl. Être tenu, assujetti réciproquement. Ces deux pièces de bois s'entretiennent. Il Fig. Donc toutes les choses, étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiatement et immédiatement, s'entretiennent par un lien naturel et insensible, pasc. Pensées, 1, art. 6. || Être conservé. La sagesse s'entretient par les bons conseils. Celte femme s'entretient toujours fraîche. Il 8° Se fournir de choses nécessaires. Il gagne de quoi s'entretenir. Les domestiques s'entretiennent de linge et d'habits. 1| S'entretenir du jeu, y gagner de quoi vivre. Il Fig. S'entretenir de chimères, s'en repaître. |19° S'entretenir, se maintenir en état pour ne pas jierdre la souplesse de ses membres, pour ne pas oublier ce qu'on sait. S'entretenir dans les mathématiques, dans la lecture du grec. || 10" Converser. D'un cœur ardent, en tous lieux, Un amant suit une belle; Mais d'un jaloux odieux La vigilance éternelle Fait qu'il ne peut que des yeux S'entretenir avec elle, moi., le Sicil. 9. U lui prit aussi envie de voyager et d'aller par le monde s'entretenir avec ceux que l'on appelait philosophes, la font. Vie d'Ésope. Louis n'aimait véritablement à s'entretenir qu'avec elle, m"" db genlis, Mme de Mainlenon, t. 1, p. 217, dans POUGENS. Il S'entretenir de Dieu, parler de Dieu. || 11" S'entretenir avec Dieu, penser à Dieu, méditer les choses divines. || S'entretenir de ses pensées, avec ses pensées, méditer, réfléchir. Le commencement de l'hiver m'arrêta en un quartier où, ne trouvant aucune conversation qui me divertit , je demeurais tout le jour enfermé seul dans un poêle où j'avais le loisir de m'entretenir de mes pensées, desc Mélh. ii, 1. Et ne pourrai-je au moins dans de si grands malheurs M'entretenir moi seule avecque mes douleurs? bac. Alex, iv, 1.

— REM. « Je l'ai de votre part longtemps entretenu, COBN. Cid. On dit bien : je lui ai parlé de votre part; ou bien : je l'ai entretenu de ce que vous m'avez commandé de lui dire de votre part, mais on ne peut dire : je l'ai entretenu de votre part. Académie, Sentiment sur le Cid. » Celle dé-

cision de l'Académie est trop rigoureuse et ne peut être adoptée.

— HlST. xiii' s. Coment porons entrer dedens? Ces piex [pieux] sont si entrelenans Que n'i porrons melre les piez, Hen. 2700. || xv s. Laquelle femme leprinten son amour desordonnée, et, pour l'entretenir, envendil et engaija de ses bagues et vaisselle de son dit raary, jean de thoyes, Chrnn. 4 482. Et si est quasi impossible que grans personnages ensemble et de semblable estât se puissent longuement entretenir, si non qu'il y ait chef par dessus tous, ooMM. i, (B. Entretenir la paix de l'an précèdent, II), u, <. Si vous lairai Jeannette, qui vous entretiendra, et je m'en irai en ma chambre là derrière penser à Dieu, louis xi, iVouD. xxxix. Ijxvi's. Il n'y trouva nulle occasion de s'entretenir, maisil glosa, MONT. I, 57. Je me suis dez tousjours entretenu des imaginations de la mort, id. i, 77. On l'entretiendra que c'est que logique, physique, id. i, 174. Je lègue à Arethus de nourrir ma mère et l'entretenir en sa vieillesse, id. i, 2)6. Ceulx qui entretiennent les bestes, se doibvent dire plustost les servir qu'en estre servis, id. u, t70. Outre ces maistresses, il entreteint Servilia, id. m, <B8. Qui vouidroit bastir de ces histoires un corps entier et s'entretenant, id. m, <85. Cependant qu'on s'entretenoit là [que le combat se soutenait], quelques soldats escartez rapportèrent que, vers le quartier des lansquenets, on n'y faisoit pas trop bonne mine, langue, 600. Il taschoit cependant à les entretenir en ce soupçon, iD. 624 Qu'il ïouloit que ses edils fussent entretenus [maintenus], d'aub. llist. u, 32 Des personnes qui s'entretinssent par la main , et qui sautassent, qui virassent , tesper. Contes, xl. II estoit en partie cause de ce combat, pour avoir luy mesme interprété en trop maulvaise pari ce mot d'entretenir, sur lequel fut fondée la querelle [de Jarnac et la Châtaigneraie], cabloix, ii, 43. Ceulx qui ont affaire de la lumière d'une lampe, y mettent de l'huile pour l'entretenir, amyot, Pér. 36. Alcibiadessçavoit bien s'entretenir de bonne grâce, et se comporter comme il falloit avec toutes gens. Aie. et Cor. comp. 6. Hz n'avoient qu'une petite maison en la ville, et une petite possession aux champs dont ilz s'entretenoient , id. P. Mm. 8. Les cosles vers la racine sont plus entretenantes, pareillement et plus difficiles il rompre, pabé, 11, 4.

— ÊTYM. Entre, et tenir; provenç. entretenir; espagn. entrelener; ital. intrattenere.

ENTKETEND,UE (an-tre-te-nu, nue), port, passé d'entretenir. |{ !• Assujetti. Charpente entretenue par des pièces de bois. || Terme de blason. Se dit des clefs et d'autre chose de même nature, liées ensemble par leurs anneaux. |{ 2* Tenu en bon état. Des armes bien entretenues. Des jardins d'une vaste étendue et entretenus avec soin et une propreté qui faisait plaisir à l'œil, ROLLiN, Hist. anc. Œuvres, 1. 1, p. 228, dans poucENS. ||Fig. Kt ces biens.... Rendraient d'un peu d'espoir mon âme entretenue, Régnier, Plainte. Il 3° Se dit des personnes que l'on continue à tenir en de mêmes sentiments. Entretenus en leurs espérances. Entretenue en son erreur fatale, rac. liajat. 1, 4. Il Se dit aussi des sentiments que l'on nourrit. Illusion entretenue. Souvenir toujours entretenu. Il V Fourni des choses nécessaires à la vie. Vingt pauvres entretenus à l'hospice. |{ Femme entretenue, femme à qui un amant fournit de quoi s'entretenir. Une Italienne qui était entretenue par le prince Eugène, volt. Louis XIV, 23. On sait qu'Aspasie élevait des filles pour être entretenues, p. l. coub. Lelt. II, 354, Il eût paru étrange qu'une demoiselle noble gagnât sa vie ainsi [à faire de la tapisserie]; on n'eût pas voulu y croire; on l'eût dite entretenue; ce mot entre alors dans la langue, MiCHELET, Louvois et St-CyT, Revue des Deux- Mondes, 4" juin 4864, p. 675. (C'est une erreur; du moins, dès le xvi* siècle, on a dit entretenir une femme.) || 8' Dans la marine, le terme eulretenu s'oppose à l'épithète auxiliaire par laquelle on désigne soit des officiers empruntés pour un temps au commerce, soit des employés non commissionnés et révocables à volonté. Il était enseigne de vaisseau auxiliaire et fut entretenu à la suite d'un combat. Il est chirurgien auxiliaire et va passer au concours pour être entretenu, legoarant. || Non-entretenu, qui est simple auxiliaire, qui n'est pas pourvu d'un brevet ou d'une position stable.

ENTRETIEN (an-tre-tiin) , s. m. |j 1» Action d'entretenir, de maintenir, de conserver. Ne se dit guère en ce sens que dans le langage élevé et poétique, ô vous à ma douleur objet terrible et tendre, Éternel entrelien de haine et de puié, cuhn. Pomp.

y, t. Tombeau, cher entretien d'une douleur amêre, LAMART. llarm. m, 7. || J" Ce qui est nécessaire pour la subsistance et les autres besoins. L'entretien d'une famille entière. Pourvoir à l'entretien d'une garnison Son entrelien sera moins coûteux en province , Lui dis-je , chargez-m'en ; l'entretien fut Irès-mince , colin d'hablev. Vieux célib. I, «. Il Terme d'économie rurale. Nourriture et soins que l'on donne aux animaux. Ration d'entretien, celle que l'on donne aux bêles pour les maintenir ea leur état. Il 3° Particulièrement, dépense pour l'habillement. Il donne tant à son neveu pour son entrelieu. En grandissant, votre entretien deviendra beaucoup plus cher, m"' de genlis. Veillées du cMt. t. i, p. 4 93, dans POUGENS. Il 4° Réparations qu'exigent certaines choses pour être tenues en état. L'entretien du pavé. En état de bon entretien. || Terme de ponts et chaussées. Entretien simple, travail qui a pour objet la simple réparation d'une chaussée pavée. Entrelien courant, se dit de tous les travaux ordinaires qui s'exécutent annuellement dans les attributions des ponts et chaussées, du génie et de l'artillerie. || Dépense faite pour les réparations. Ce bâtiment estde grand entretien. HB" Conversation sur un sujet particulier. Et vous, chers entreliens, qui me' sembliez si doux, Régnier, Plainte. L'entretien des amants veut un entier secret, corn. Cinna, m, 2. Sabine m'en a fait un secret entretien, in. Ment, y, 6. X peine aije voulu lui porter la nouvelle Du moment d'entretien que vous souhaitiez d'elle. Qu'elle m'a répondu tenant son quant à moi.... mol. Dépit am. IV, 2. Madame, mon abord, comme je connais bien. Assez mal à propos trouble votre entretien, iD. D. Gare, m, 3. Je trouvai quelques gens d'un très-rare mérite. Qui, parlant des vrais soins d'une âme qui vit bien. Firent tomber sur vous, madame, l'entretien, id. Mis. m, 6. On souffre aux entretiens ces sortes de combats. Pourvu qu'à la personne on ne s'attaque pas, id. F. sav. iv, 3. La bagatelle, la science. Les chimères, le rien, tout est bon t je soutiens Qu'il faut de tout aux entretiens . LA FONT. Fabl. X, I. Et si j'en crois, seigneur, l'entretien [les bruits] de la cour, bac. Bérén. i, 3. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de .son esprit, l'est de vous parfaitement, la bruy. v. Xénophon nous a conservé un entretien de Socrate avec Euthydème sur la Providence, qui est un des plus beaux endroits qui se trouvent dans les écrits des anciens, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p. 379, dans POUGENS. Ils étaient sur la fin du repas, et, par conséquent, entrain de disputer; mais, aussitôt qu'ils m'aperçurent, ils firent succéder un profond silence à leurs bruyants entretiens, lesage, Cil Blas, XI, 44. Il est certain que les entretiens intéressants et sensés d'une femme de mérite sont plus propres à former un jeune homme que toute la pédantesque philosophie des livres , J. i. bouss. Conf. IV. Kst-ce que Platon, lui dis-je, n'a pas rapporté fidèlement les entretiens de Socrate ? Je ne le crois pas, répondil-il, je pense même que la plupart de ces entretiens n'ont jamais eu iieu,BABTiiÉL. Anach. ch. 68. Son entretien est un échange, delille. Conversation, m. || L'entretien avec la fantaisie, la conversation avec sa propre imagination. Vous aimez l'entretien de votre fantaisie, cobn. Cal. du palais, il,. 2. || Il se dit, dans le langage mystique, des muettes communications avec la Divinité. Quelles grâces. Seigneur, ne dois-je pas te rendre, i toi, ma seule gloire et mon unique bien? Mais qui suis-je pour entreprendre D'élever mon esprit ju.squ'à ton entretien ? corn. 7mtt. m, 3. || 6" Talent de conversation. Le pauvre esprit de femme et le sec entrelien ! mol. Mis. ii, 5. Comme il joignait à la sagesse La mine d'un héros et le doux entretien. Il fit tant que l'enchanteresse Prit un autre poison peu différent du sien, la font. Fabl. xu,4. Spitridate a l'entretien charmant, corn. Agés, i, t. Il 7" Le sujet de la conversation même. Qu'ils soient [mes trophées] dorénavant ton unique entretien, coBN. Hor. IV, 5. Cette vieille amitié faisait votre entretien, id. «en», u, 3. Vous faites aujourd'hui l'entretien de la ville, th. corn. Feint astrol. m, i. Conservez le souvenir d'un héros dont la bonté avait égalé le courage; ainsi puisse-t-il toujours vous être un cher entretien ! boss. Louis de Bourbon. N'avonsnous d'entretien que celui de ses pleurs? rag. Andr. m, 3. Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entrelien des siècles à venir, id. [phig. I, 6. Ce nouveau commerce faisait l'entretien de la ville, hamilt. Gramm. 4i. || 8* Titres de cerUins ouvrages en dialogues. Entretiens spirituels. Les Entreliens d'Ërasma.

— HIST. xvi* s. Si s'estudia il de le contenir et

ENT

garder de rien attenter par bonnes paroles et gracieux entretien, amyot, Eum. o. II désista d'aller «ui banquetz où l'on le convioil , et laissa tout autre tel entrelion d'amis, in. Périe. 42.

— RTYM. Entretenir.

t ENTIIK-TIRER (S') (an-tre-ti-ré) , «. réfl. Se tirer réciproquement.

— Hisr. XVI* s. Les esclairs et tonnerres de l'artillerie de chàsque costé, qui s'entretiroient incessamment, cakloix, V, 8.

— ÏTYM. Entre, et tirer.

t ENTUE-TISSER (an-tre-ti-sé), V. a. Tisser entre, unir par le tissu.

— HIST. XIV* s. lluec [les veines et les artères] s'entretissent ensemble et composent la dure mère,

H. DE MONDEVILLE, 1* U, VersO.

— KrVM. Entre, et tisser.

fENTRETISSO, CE (an-tre-ti-su, sue), adj. Qui

est mêlé, joint, en Torme de tissu, à d'autres choies. Une couronne entretissne de feuillage d'or.

— HIST. xvi* s Etsi avoitencor Enlrelissu les

toiles de fin or, du bellay, iv, <3, verso.

— ÊTVM. Entre, et tissu.

EYrRETOILE (an-tre-loi-l'), t. f. Ornement de dentelle placé entre deux bandes de toile.

— ÊTYM. Entre, et toile.

ENTRETOISE (an-tre-toi-z') , s. f. Pièce de bois , de fer qui se met entre deux autres pour les fortifier ou les unir. L'entretoise est un assemblage en forme de sautoir. |{ Morceau de bois qui surmonte les deux pièces d'une voiture appelées moutons de derrière. || Terme d'artillerie. Pièces qui unissent les deux flasques d'un affût.

— ÊTYM. Sans doute entre et toise.

t ENTRE-TOUCHER (S) (an-tre-touché), e. rifl. Se toucher mutuellement. En architecture, on nomme colonnes accouplées celles qui, étant deux à deux, s'entre-touchent par leurs bases et leurs chapiteaux. Les parcelles de glace, étant fioussées les unes contre les autres par les vents, s'entre-touchent sans s'unir pour cela tout à fait, desc. Métior. a.

— HIST. XVI* 8. Les qualités de tous corps qui s'entretouchent agissent l'une contre l'autre, pabè, t. III, p. 718.

— ÉTYM. Entre, et toucher.

t ENTRE-TROMPER (S') (an-tre-trom-pé),«. réfl. Se tromper l'un l'autre. On ne fait que s'entre-tromper, PASC. Pensées, part, i, art. 6.

— tTYM. Entre, et tromper.

t ENTRE-TROUVER (S') (antre-tTOU-vé) , v. rifl. Se trouver l'un l'autre.

— HIST. xii* s. Vostre fiz sui , e vos [vous] ma mère ; Bien sai que Des [Dieu], H notre père. Nos volst [veut] à bone fin mener. Que nos [nous] a fait entretrover, Grégoire le Grand.

— ÉTYM. Entre, et «routier.

+ ENTRE-TUER (S') (an-tretu-é), V. réfl. Se tuer l'un l'autre. Donne ordre que sous ton génie Se termine cette manie; Et que, las de perpétuer Une si longue malveillance. Nous employions notre vaillance Ailleurs qu'à nous entre-tuer, ualh. m, 2. Un peuple qui repaissait ses yeux homicides du cruel plaisir de voir des hommes s'entre-tuer de sang-froid, holl. Hist. anc. Œuvres, X. v, p. »7, dans pouoENS.

— HIST. xiir s. Si que jadis s'entretuoient, la Rose, UH7. Ilxiv's. Li larron se comhatent.... Se tout s'entretuoient, ne seroit pas pitié, Baud. de Scb. vin, (102. Il XVI* s. On les vojoit se charger, blecer et entretuer les uns les autres, mont, i, «4.

— ÊTYM. Entre, et tuer.

t ENTR ÉVEILLER (S') (an-tré-vè-llé , Il mouillées), v.ré(l. S'éveiller l'un l'autre.

— HIST. XVI* s. S'entreveiller, cotorave. Je le Toy, ce mesemble, au milieu des soudars. Un .somme entre-esveillé prendre dessur la terre, bons. ses.

— ÊTYM. Entre, et iteiller.

t ENTRE- VENDRE (S') (an-tre-van-dO , «. rifi- Se trahir mutuellement.

— ETYM. Entre, et tendre.

t ENTRE-VISITEU (S') (an-tre-vi-zi-té), v. rifl. Se visiter mutuellement.

— HIST. XV* s. Au soir s'enire-visitant, sur le fromage. Les chastaignes ou le jambon, [ils] Buvoient du bon, BASSEL. xxvi. || xvi* t. Cette louable coustume, observée entre les grands princes, de s'entre-visiter parune amiable congratulation, carloix, Tiii, 17. Les peuples s'entrevisitoient en toute cordiale hospitalité, amtot, Huma, 32.

— ÊTYM. Entre, et ïtriter.

t ENTRE-VOIE (an-tre-vat) , f. A Espace com-

ENT

pris entre deux voies d'un chemin de fer. || Au plut.

Des entre-voies.

— ÊTYM. Entre, et voie.

ENTREVOIR (an-tre-voir), v. a. Se conjugue comme voir. || 1" Ne voir qu'imparfaitement, sans bien disiingucr. Entrevoir un objet à travers le

brouillard, dans l'obscurité Grftce au ciel, j'en-

trevoi.... Dieux I quels ruis.seaux de sang coulent autour de moi! RAC. Andr. v, 5. Ils entrevoyaient déjà la lumière du séjour des héros, rtn. Tél. xix. Il Absolument. L'on ne peut pas tout voir; il faut souvent se contenter d'entrevoir, bonnet, Consid. corps org. t. vi, p. «8, dans pougens. || Fig. Nous ne faisons qu'entrevoir la vérité. Entrevoir l'intention de quelqu'un, patru. Plaid. 8, dans bichelet. Je crois de ce désordre entrevoir l'origine, rac. Bérin. ii, 6. J'ai cru dans son désordre entrevoir sa tendresse, m. Bajax. m, i. J'entrevois vos mépris et juge à vos discours Combien j'achèterais vos superbes secours, id. Iphig. iv, e. Dans l'espoir dont j'entrevois les charmes. Ne m'abandonnez pas. Dieu qui voyez mes larmes I tolt. Zaïre, ii, 3. Je fus profondément touchée de la compassion qu'il me laissait entrevoir. M** db oeulis, Ad. et TMod. t. ii, lett. 38, p. 360, dans pougens. || Prévoir. J'entrevois de grands obstacles. || 2* Ne voir qu'un moment. Je n'ai fait que l'entrevoir. Je n'en puis trop juger, je ne l'ai qu'entrevu, coUN d'iiarlev. Chat, en Esp. Il, 2. Il 3* S'entrevoir, v.réfl. Avoir une rapide entrevue. Ils s'entrevirent dans telle maison. Leurs captifs dans ce trouble osèrent s'entrevoir, BAC. Bajax. I. (. Il 4* Se rendre mutuellement visite. [Sans le besoin] Rien ne les inviterait [les hommes] à se connaître et à s'entrevoir, pén. Exist. xi.

— HIST. XI* s. Bien [ils] s'entreveient en mi la plaine terre, Ch. de Bol. xxxix. ||xii* s. Si tost cum s'entrevirent, lues [sans tarder] se sont encontre, E li reis Henri l'a, e il li, salué, Th. le mart. <i4. Il XIII' s. Lajoiedu père et du fil fu moutgrant, car grant pièce avoit qu'il ne s'estoient mie entreveus, viLLEH. Lxxxvii. ||xv* s. Les Compagnons du chastel vinrent voir les Anglois, ainsi que gens d'armes s'entrevoient volontiers et especialement François et Anglois, froiss. ii, ii, 84. Mes bons seigneurs, je pense à mon avis, Que s'entrevoir etviziter souvent. C'est ce qui faict toujours les bons amis, basselin, xl. jj xvi* s. Pour l'obscurité de la chambre, ne lespouvoitconnoistre; parquoi, les entrevoyant bien près l'un de l'autre, se printàcrier.... MARG. JVou». Lxvi. Ils s'entre-estoient vu» aux universités, DESPEH. Contes, xviii Sans s'entrevoir;

car jamais les roys ne se voyent, au moins que bien rarement, de peur que l'entrevue ne leur face tomber en mespris les uns desaultres, carl. vu, 20. Faudra avoir diligemment esgard au patient, et l'entrevoir de temps à autre, paré, xxv, 43. Et fut advis à l'un de ceulx qui marchoient devant qu'il entreveoit tout au bas au pied des rochers le camp des Grecs, amyot, Caton, 27.

— ÊTYM. Entre, et rotr; bourguig. entervir.

t ENTRE- VOULOIR (S') (an-tre-vou-loir), v. réfl. Vouloir quelque chose l'un pour l'autre. Ils s'entreveulent beaucoup de bien. |{ S'entre-vouloir suivi d'un verbe actif. Ils s'entre-veulent surpasser, ils veulent se surpasser l'un l'autre.

— HIST. XIV* s. 11 convient que les amis viellent [veuillent] bien l'un à l'autre ensemble, et que il sachent que il s'entre-veullent bonnes choses , OBESME, Éth. 232. || xvi* S. Les deux armées, en s'entre-voulant vaincre, ne peurent pas seulement se combattre, langue, 657.

— ÊTYM. Entre, el vouloir.

ENTREVOUS (an-tre-voû) , s. m. Terme d'architecture. L'espace qui est entre chaque solive. || Espace garni de plâtre ou maçonnerie faite entre les poteaux d'une cloison. Doubles fonds ou entrevous disposés sur tout le pourtour de chaque étage [d'un théâtre], horin, Acad. des se. Comptes rendus, t. LVi, p. 366. Il planche qui n'a que 20 à 26 millimètres d'épaisseur, et qui est propre à faire des panneaux. Les dosses, chênes et entrevous de toutes longueurs, seront comptées trois toises pour deux; et les droits seront perçus comme de la planche, à proportion des longueurs, Z)^c{. 22 oct <7I6, Tarif.

— ÊTYM. Il semble, malgré la forme irrégulière de ce mot, qu'il est formé de entre, et voussoir ou voûte.

t ENTREVORtER (an-tre-voù-té) . v. o. Garnir de plâtre l'intervalle laissé entre les solives.

— ÊTYM. Entreroui.

ENTREVU, UE(an-tre-Tu, vue) , part. p(U(^ d'entrevoir. Vu à peine. Le jour à peine entrevu par ses yeux mouraats. || Vu un moment. Entrevue au bal

ENT

par un jeune homme. || Prévu. Toutes les difflcull/-!' entrevues s'aplanirent.

ENTREVUE (an-tre-vue), ». f. Rencontre entre des personnesoù l'on cause, où l'on traite d'affaires. L'entrevue aisément se termine en querelle, cobn. Poly. III, 4. Polynicc, seigneur, demande une entrevue, rac. Théb. m, 6. D'uq père etd'in amant soutenir l'entrevue, volt. Irène, v, t.

— HIST. xvi* s. À l'entreveue qui se dressa du pape Clément et du roy François à Marseille, moht. I, 51.

— ÊTYM. Entrevue.

t ENTR'EXCITER (S") (an-trè-ksi-té) , v. réfl. S'exciter mutuellement. Parde nouveaux efforts les rameurs s'entr'excitent, bbEbeup, Phars. m.

— ÊTYM. entre, et exciter.

t ENTR'EXIIORTER (S') (an-trè-gzor-té), «. réfl. S'exhorter mutuellement. À l'exemple du chef les soldats s'entr'exhortent, urébeuf, Phars. ïv.

— ÊTYM. Entre, et exhorter.

t ENTR'IIIVER (an-tri-vêr) , s. m. Terme d'agriculture. Labour fait pendant l'hiver à la suite d'un dégel.

— ÊTYM. Entre, et hiver.

+ ENTR'HIVERNER (an-tri-vêr-né) , v. a. Terme d'agriculture. Donner un labour aux champs dans l'intervalle des Kelées.

t ENTR'HONORER (S') (an-tro-no-ré) , V. réfl. S'honorer mutuellement.

— HIST. XII* s. Les deux dames s'entrenorerenl, Et de ce que lor plot [plutj parlèrent, wagb. Vierge Marie, p. 47.

— ÊTYM. Entre, et ftonorer.

t ENTRIGUET (an-tri -ghé), s. m. Les gens de l'entriguet, gens d'importance. Et que toute notre faniille Si proprement s'habille Pour être placée au sommet De la salle où l'on met Les gens de l'entriguet, HOL. Bourg, gent. Ballet. \\ Mot vieilli et tombé en désuétude.

— ÊTYM. Mot qui parait se rapporter, comme diminutif, à intrigue, dans le sens d'occupation, affaire.

t ENTE'IMMOLER (S') (an-tri-mmo-lé) , v. réfl. S'immoler réciproquement. Us s'entr'immolent tous au commun adversaire, corn. Tois.d'or, v, ï.

— ÊTYM. Entre, et immoler.

t ENTR'INCOMMODER (S) (an-trin-ko-mo-dé) , V. réfl. S'incommoder réciproquement.

— HIST. xvi* s. Meslans ensemble les arbres de noiau et à pépin, sans crainte que leurs différentes qualités les entre-incommodent, o, deserres, 654.

— ÊTYM. Entre, et incommoder. Au ivi* siècle, il a été employé activement.

t ENTR'INJURIER (S') (an-trin-ju-ri-é), v. réfl. S'injurier mutuellement.

— ÊTYM. Entre, et in;urter.

f ENTR'INSTRUIRE (S') (an-trin-strui-r'), v. réfl. S'instruire l'un l'autre. Il faut donc s'entr'aimer, il faut donc s'entr'instruire ; Il faut donc s'eutre-secourir, CORN. Imit. i, 46.

— HIST. XVI* s. S'entr'instruire, lanode, SOO.

— ÊTYM. Enire, et instruire.

t ENTRIPAILLifi, ÉE (an-tri-p»-llé, liée, // mouilli^es), adj. Qui a de la tripaille, qui a une

grosse bedaine Il faut un roi qui soit grosetgras

comme quatre; un roi, morbleu! qui soitentripaillé comme il faut; un roi d'une vaste circonférence, et qui puisse remplir un trône de la belle manière, MOL. Impromptu, t. Phéhus, de tous les dieux le plus entripaillé, En pèse pour le moins une demidouzaine, B0URSAULT, Phaéton, V, 4.

— ÊTYM. En I , ei tripaille.

t ENTR'OBLIGER (S) (an-tro-bli-jé), V. réfl. S'obliger mutuellement.

— HIST. XVI* s. S'entrobliger, cotoravk.

— ÊTYM. Entre, et obliger.

t ENTROCHITE (an-tro-ki-t'), f. f. Voy. IKTRO- QUE.

t ENTR'OKIL (an-treuU, H mouillées), s. m. Partie du la face qui se trouve entre les deux yeux. Il Au plur. Des entr'œil.

— ÊTYM. Entre, et œil.

t ENTR'OFFENSER (S') (an-tro-fan-sé), t>. réfl. S'offenser mutuellement.

— HIST. XVI* s. Avecques défenses de ne s'entr'offenser, lanoue, 28».

—ÊTYM. Entre, et offenser.

t ENTR OMBRAGER (S') (an-tron-bra-jé). v. réfl. S'ombrager réciproquement.

— HIST. XVI* s. [Un bocage] Dont les cheveux par le fer non tondus S'entr'ombrageoieDt l'un sur l'au* tre espandus, bons, *42.

— tT\U. Entre, et «mbrofftr.

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t ENTR'OPERCULE (an-tropèr-ku 1'), s. m. Terme d'analomie. Partie osseuse de la tête des poissons, placée derrière le maxillaire inférieur.

— ÊTYM. Entre, et opercule.

tKNTROPION (aE-tro-pi-on) , s. m. Terme de chirurgie. Renversement du bord libre des paupières vers le globe de l'oeil.

— ÉTYM. 'Ev, en dedans, et tpémiv, tourner.

t ENTROQUE (an-tro-k') , s. f. Petit corps fossile en forme de rouelle, ayant des stries ou sillons divergents du centre à la circonférence.

— ÉTYM. 'Ev, en, et Tpôxo;, roue.

t ENTR'OUBLIER (S') (an-trou-bli-é), e. réfl. S'oublier mutuellement.

HIST. xiii* s. Mais quant li dévoie conter, Tant

me plaisoit à regarder Sa biauté, tous m'entroublioie; Oui me dettst les iex [yeux] crever, Ne seûsse un seul mot souner [sonner, dire] Dequanques enpensé avoie, Hist. litt. de la Fr. t. xxiii, p. 614. S'en avoie tel guerredon , Que mes maus en entr'oblioiePor lodelit et por la joie, la Rose, <822. La parole David est bien entr'oubliie. Qui dist : rendes vos veus, ne les trépassés mie, ruteb. 23». Il XV* s. Ainsi fut entr'oubliée petit à petit la mort Jacques d'Artevelle, froiss. i, i, 249.

— ETYM. Entre, et oublier. Dans l'historique, entr'oublier a le sens d'oublier à demi, peu à peu.

ENTR'OCÏ, ÏE (an-trou-i, ie), port, jmws^ d'entr'ouïr. Des paroles entr'oiiles et mal rapportées.

ENTR'OCÏR (an-trou-ir), e. a. N'entendre qu'à demi. J'entr'ouïs sa voix.

— HIST. xv* s. La dame, qui avoit l'œil et l'oreille toujours à son ami, l'entrouit d'aventure, louis XI, Nouv. Lxxii. Il XVI* s. La bassesse de ses fenestres donnant moyea aux passans d'entr'ouir et d'entre-voir ce qu'on y dit et fait, o. de serres, 23.

— ÉTYM. Entre, et ot4»r.

t ENTR'OUTRAGER (S') (an-trou-tra-jé), v. réfl. S'outrager l'un l'autre.

— HlST. xvi* s. S'entr'outrager, lanoub, *6«.

— ÉTYM. Entre, et outrager.

ENTR'OUVERT, ERTE (an-trou-vèr, vèr-t'),port.

passé d'entr'ouvrir. || 1* Ouvert par disjonction. Que du fond de l'abîme entr'ouvert sous ses pas.... hac. Àthal. m, 6. Il 2* Ouvert à demi. Ces yeux fermés et éteints, ce visage pâle et défiguré, celle bouche entr'ouverte qui semblait vouloir encore achever des paroles commencées, fén. Tél. ii. Ta gloire est en danger, ta tombe est entr'ouverte, volt. Fanât, iv, ). Il Terme de vétérinaire. Cheval entr'ouvert, cheval qui a fait quelque effort aux membres antérieurs.

ENTR'OUVERTCRE ( an-trou-vèr-tu-r' ) , s. f. Il 1° État de ce qui est entr'ouvert. Glisser une lettre par l'entr'ouverture d'une porte. || 2* Terme de vétérinaire. Effort qu'un cheval se donne aux membres antérieurs.

— HlST. XVI* s. Quand l'os n'est du tout sorti de sa cavité et est appelle contorsion ou elongation et entr'ouverture, paré, xiv, ï.

— ÉTYM. Entr'ouvert.

ENTR'OCVRIR (an-trou-vrir) , v. a. Se conjugue comme ouvrir. |1 1° Ouvrir par disjonction. Des mers pour eux ilentr'ouvrit les eaux, hac. Athal. i, 4. La terre.... nous paîra sa culture; Ce bras, nerveux encore, est propre à l'entr'ouvrir, ducis, Lear, ii, S. Il 2" Ouvrir à demi. Entr'ouvrirla porte. Ce prince en soupirant Avec assez de peine entr'ouvre un œil mourant, corn. Rodog.y, 4. 11 entr'ouvre ses yeux à la lumière, fén. Tél. v. || Fig. Ninias en secret privé de lalumièreDu trône où j'aspirais m'entr'ouvrait la barrière, volt. Sémir. ii, 4. La douleur lentement m'entr'ouvre le tombeau, lamart. téd. I, (8. Il 3» S'entr'ouvrir, t;. réfl. Etre ouvert par disjonction. La terre s'entr'ouvrit. Le nuage descend, il s'arrête, il s'entr'ouvre, corn. Toison d'or, m, «. Le ciel brille d'éclairs, s'entr'ouvre, et parmi nous Jette une sainte horreur qui nous rassure tous, hac. Iphig. V, 6. Il S'ouvrir à demi. La porte s'entr'ouvrit.

- HIST. xii* s. La dame ki fu en atente, Avoit le postic entr'ouvert, toi d'Ignaurès. ||xiii* s. La grant huis de la chambre Blancheflors entrouvrit, Berte, lxxxix. || xv" s. Ha hay! qui puet avoir osté Du monument et descouvert Le couvercle et entrouvert? Résurrection de JV. S. Mystère. \\ xvi* s. Quand les os s'eslochent, s'entr'ouvrent et entre-baaillent, sans toulesfois estre luxés, paré, xiv, 4. Le ciel sembla s'entr'ouvrir, amyot, Fab. 4.

— ÉTYM. Entre, et ouvrir.

\ ENTRCRE (an-tru-r') , i. f. Terme rural. Profondeur plus ou moins grande à laquelle pénètre le »0C de la charrue.

r— ÈTïM. Entrer.

t ENTRTSER (S') (an-lru-ié), v. réfl. Néologisme. S'user l'un l'autre.

— ÉTYM. Entre, et user.

t ENTDRBANNÉ, ÉE (an-tur-ba-né, née), adj. Coiffé d'un turban.

— HIST. XVI' s. Pour cimier une teste de more, de front enturbané d'argent, la colomb. Thédt. d'honn. t. I, p. <oo, dans LACUBNE.

— ÉTYM. En t, et turban.

ENTCRE (an-tu-r'), s. f. \\ i° La fente oii l'on met l'ente ou la greffe. || 2* Petites pièces de bois, qui en traversent une grosse, pour former des échelons des deux côtés, comme dans les échelles des carrières. Il 8° Opération par laquelle un arquebusier remédie à la rupture d'un bois de fusil. || 4* Nœud fait à un fil cassé par le fabricant de bas au métier. Les entures seront au moins de quatre mailles, la couture double, Lett. pat. fév. 4672.

— ÉTYM. Enter.

tENTYPOSE (an-li-pô-z"), ». f. Terme d'anatomie. Nom donné à la cavité glénoïde de l'omoplate, à cause de son peu de profondeur.

— ÉTYM. 'EvTÛ7t<o(xi{, empreinte, de iv, en, et TÛTtoc (voy. type).

t ÉNnCLÊATION(é-nu-klé-a-sion),s. f. || 1° Terme de chirurgie. Mode particulier d'extirpation, qui consiste à faire sortir , à travers une incision préalablement faite, une tumeur, à peu près comme un noyau qu'on chasse en pressant un fruit. Il 2' Fig. dans le langage didactique, se dit pour solution d'une difficulté,

— ÉTYM. Lat. enucleare, ôter le noyau, de e, hors, et nucleus, noyau (voy. noyau).

ÉNUMÊRATEUR (é-nu-mé-ra-teur), t. m. Celui qui fait une énumération. Depuis trente années, on prête l'oreille aux rhéteurs, aux déclamateurs, aux énumérateurs; on court ceux qui peignent en grand ou en miniature [il s'agit de l'éloquence de la chaire], la brut. xv.

— ÉTYM. Énumérer.

ÉNUMÉRATIF, IVE (é-nu-mé-ra-tif, ti-v"), adj. Qui énumère, qui sert à l'énumération.^ Le roi, selon l'usage, débute par une invocation énumérative aux grands dieux du pays d'Assour, Vivien de ST-MARTIN, Fouilles de l'Assyrie, Rev. germ. t. xx, p. 460. Il Terme de grammaire. Se dit des adverbes qui servent à énumérer, comme: premièrement, secondement, etc. ou primo, secundo, etc.

— ÉTYM. Énumérer.

ÉNUMÉRATION (é-nu-mé-ra-sion ; en vers, de six syllabes) , s. f. \\ 1* Action d'énumérer. Une longue énumération. Faire l'énumération. || 2° Figure de rhétorique, qui consiste à passer en revue toutes les manières, toutes les circonstances, toutes les parties. || Partie d'un discours qui précède la péroraison, et dans laquelle l'auteur récapitule toutes les preuves comprises dans l'argumentation. L'énumération ou distribution consiste à parcourir en détail divers états, diverses circonstances et diverses parties ; on doit éviter la minutie dans l'énumération, DUMARS. Mél. gramm. philos, t. v, p. 28» .|| 3* Terme de logique. Enumération incomplète, sorte de sophisme qui consiste à ne pas faire une énumération complète, et à conclure comme si elle l'était.

— HIST. XVI* s. Cet usage de propositions diverses et conjoinctes et de la suffisante énumération des parties, mont, ii, <72.

— ÉTYM. Lat. enumerationem (voy. énumérer). ÉNUMÉRÉ, ÊE (é-nu-mé-ré, rée), part, passé.

Des circonstances exactement énumérées.

ÉNUMÉRER (è-nu-méré. La syllabe mé prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'énumère ; excepté au futur et au conditionnel : j'énumérerai, j'énumérerais), v. a. Compter un à un. On exempte ces terres de toutes les charges qu'exigeaient sur elles les comtes et autres officiers du roi; et comme on énumùre en particulier toutes ces charges , et qu'il n'y est point question de tributs, il est visible qu'on n'en levait pas, hontesq. Esp. XXX, ta. Il Terme de rhétorique. Faire une énumération.

— ÊTYM. Lat. enumerare, de e, et numerus, nombre (voy. ce mot).

t ÉNURÉSIE (é-nu-ré-zie), s. f. Terme de médecine. Écoulement involontaire d'urine, incontinence des urines.

— ÊTYM. 'Ev, en, et oûpTioi^, action d'uriner, de •ipov, urine.

ENVAHI, IE (an-va-i, ie), part, passé d'envahir. Il 1° Occupé de force. Les pays envahis par l'ennemi. Vois ces murs, vois ce temple envahi par tes maîtres, VOLT. Zaïre, ii, 3. Non, je ne verrai point ma vieillesse réduite X pleurer dans l'exil mes foyers enva-

his, MASSON, Helv. II. Il Par extension. Des sommet immenses envahies retournent aux légitimes et premiers possesseurs, diderot. Essai sur Claude, i, § (8. Il 2* Occupé, en parlant du feu, de l'eau, etc. qui s'avancent. Les terres envahies par l'inondation. Il Fig. La république romaine envahie par le luxe. ENVAHIR (an-va-ir) , v. a. || 1* Occuper par force. Son armée eut bientôt envahi leur territoire. Il a envahi mon héritage. La Macédoine, son an* cien royaume tenu par ses ancêtres depuis tant de siècles, fut envahie de tous côtés comme une succession vacante, boss. Hist. m, i. \\ Absolument. Lorsque César menace d'envahir, le sénat crie à son tour et n'espère plus qu'en Pompée, hontesq. Rom. xt. Il II se dit aussi des animaux. Les sauterelles envahissent des contrées entières. Les rats avaient envahi sa maison. || 2° Il se dit de l'action de s'emparer du commerce et autres choses comparées à un domaine. Leà Hollandais de Curaçao envahissent une grande partie du commerce de la colonie française, raynal, Hist. phil. xiii, 4il. || 3° Occuper, gagner, en parlant du feu, de l'eau, des plantes, etc. L'eau envahissait rapidement le bâtiment. Tout un quartier était envahi par le feu. Ces plates-bandes sont envahies par les mauvaises herbes. || Fig. La politique envahit tout, on ne s'occupe que de politique.

— HIST. XI* s. Tout par seit fel qui nés [soit trèsfélon qui ne les] vait envaïr [attaquer], Ch. de Roi. CLi. Il xu* s. Et par lor grant barnage ert [sera] Sassogne envaïe, Soi. xx. Car trop sembleroit estre orguel et desverie D'envaîr son seignor, se ainçois nel desfie, ib. .xxxii. Joaz le mestier Deu cum prostrés envaî. Encensa cum evesques in domo domini. Th. le mart. 76. || xvi* s. Il fit entreprise avec une grosse armée de invahir le royaume de France,

CARLOIX, l, 4 6.

— ÉTYM. Provenç. envaxir, envair; espagn. tnvadir; ital. invadere; du latin invadere, de in, dans, et vadere, aller (voy. je vais). Sauf l'italien , les autres langues romanes ont formé leur verbe comme si le latin était invadlre.

t ENVAHISSANT, ANTE (an-va-i-san , san-t'), adj. Qui envahit. Des voisins envahissants. Une ambition envahissante. L'armée envahissante.

ENVAHISSEMENT (an-va-i-se-man) , s. m. Action d'envahir. Il a des projets d'envahissement. L'envahissement de la Russie par Napoléon en <8I2. Lui seul, de ses tributs soulageant la Bavière, Â l'envahissement eût mis une barrière, lemerc. Charlem. III, \. Il Par extension. Les envahissements da la mer sur les terres. || Fig. Les envahissements du pouvoir.

— HIST. ira* s. Ceste armeure et ce pourpoint. C'est nostre garentissement Contre tout envaissement [attaque], j. de meung, Tr. (76. ||xiv' s. Les envaïssements des enemis de nostre .Toiaume, do GANGE, tnnastJitJw. Il XV* s. En tant qu'il procède par manière d'envayssement [attaque] de parolles et par la forme de reprendre, a. chartier, p. 4o6, dans HAYNOUARD, Lexiq.

— ÉTYM. BnDohtr ; provenç. envasiment, entotment, emhadiment.

ENVAHISSEUR (an-va-i-seur), *. m. Celui qui envahit. || Adj. L'Europe résistait aux deux États envahisseurs, V. HUGO, le Rhin, conclusion.

— HIST. XVI* s. Si aucun estant envahy [attaqué] tue, mutile ou navra son envahisseur, en son corps deffendant, Coustum. génér. t. i, p. 78).

— ÉTYM. Envahir; provenç. «nvaidor.

tENVALEMENT(an-va-le-manl, s. m. Termede

pêche. Action d'ouvrir un verveux.

t ENVALER (an-va-lé) , v. a. Terme de pèche. Tenir un verveux ouvert avec l'archelet.

t ENVASEMENT (an-va-zeman), s. m. Dépôt da terre ou de vase fait par les eaux sur un terrain qu'elles recouvrent accidentellement ou d'une façon permanente. L'envasement d'un port. L'envasement des lagunes. || Etat d'une chose envasée.'

— ÉTYM. Envaser.

t ENVASER (an-va-zé), v.a Encombrer de vase, enfoncer dans la vase. || S'envaser, v. réfl. Etre encombré de vase. || S'enfoncer dans la vase.

— HIST. xvi* s. Il eut bien de la peine à retirer des vases le comte Octavio, qui s'estoit envasé, ne regardant pas qui le suivoit, d'aub. Hist. m, 204.

— ÊTYM. £71 t, et vase, s. f.

+ ENVEILLOTAGE (an-vè-llo-ta-j', «mouillées), s. m. Terme rural Action d'enveilloter. On dit aussi enveiUotement.

t ENVIILLOTER (an-vè-Uo-té, Il moirillées;, V. a. Terme de faucheur. Rassembler le foin coupi et le mettre en petits tas.

— ÉTYM. En i , el xeiilote

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ENV

t ENVELOPPANT, ANTE («n-ve-lo-pan, pan-t"), adj. Il !• Oui enveloppe. La parlio cnvoloppanle, i. J. Bouss. «'• lett. tur la bot. || 2" S. {. Terme de géométrie. Enveloppante, ligne qui enveloppe.

ENVELOPPE (an-ve-lo-p"), t. f. || 1* Ce qui enveloppe ou sert à envelopper. L'enveloppe d'un paquet, d'une lettre. Sera payé cinq sols de la simple lettre, six sols pour la lettre avec enveloppe, snpt sols pour la double lettre, et quinze sols pour l'once des paquets. Tarif, H avr. t670. Nous ailmironsla sagacité du naturaliste qui a .suie premier découvrir le papillon sous l'enveloppe de chenille, bonnet, Consid. corps org. t. v, p. 88, dans pougens. M. de la Ch.... se chirge de vous faire parvenir ce paquet que j'ai mis sous enveloppe avec mon cachet, p. L. COUR. Lelt. I, <♦*. Il Écrire sous l'enveloppe de quelqu'un, enfermer sous son adre.sse une lettre destinée à un autre. || Se dit de petites feuilles toutes pliées et toutes munies de gomme, pour mettre les lettres qu'on envoie par la poste. Vous n'aurez plus de ces petites enveloppes toutes faites qui vous déplaisent , M'~ DE GENLis, Adèle et Théod. t. i, lett. 4u, p. 66, dans POUGENS. || Terme de botanique. Enveloppes (lorales, le périaiithe , c'est-à-dire le calice et la corolle. Il Terme d'anatomie. Enveloppes du fœtus, le chorion et l'amnios. || 2* Terme de fortification. Ouvripequien entoure et en couvre un autre. Première, seconde enveloppe, première, seconde enceinte. Il 3" Réunion des carreaux formant le corps d'un poêle; cloison en briques de son pourtour extérieur. Il 4° Kig. Ce qui cache, comme fait une enveloppe. Les ordures y sont à visage découvert, elles n'ont pas la moindre enveloppe,. mol. Critiqua, 3. Vous ne verrez la vérité que sous de belles enveloppes, fén. Tél. xu. On peut être charmé du beau. mCme au travers de l'enveloppe d'un corps très-laid, fonten. /'Jalon, Uarg. d'hc. Que la plupart des hommes ont une enveloppe, mais qu'elle tient et serre si peu, qu'il est très-difficile que quelque côté ne vienne à se découvrir, monteso. Àrsac. et Ismén. Il 6* Kig. Enveloppe épaisse, apparence d'un corps épais et de lourdeur que présentent certains hommes. Homme d'esprit et homme sage, qui, sous une épaisse enveloppe, ne laissait pas de réunir une littérature exquise, beaucoup de politesse et d'amabilité, MARMONTEL, Uém. VI. || On dit dans un sens analogue, rude enveloppe. C'est comme vous, mon ami, qui, sons la rude enveloppe d'un marin, cachez une véritable délicatesse et un cœur d'or pour vos amis, picard. Cap. Belronde, l, 7.

— HIST. XV* s. Il lui bailla un escu pour avoir et acheter des chemises et enveloppes, DO cange, t'nvolumen.

— ÊTYM. Voy. ENVELOPPER.

ENVELOPPE, ÉE (an-ve-lo-pé, pée), part, passé d'envelopper. || 1* (jariii de quelque chose qui s'enroule. Ces livres sont enveloppés avec soin. Enveloppé dans son manteau. Enveloppé jusqu'aux yeux. Il Chrysalides enveloppées, celles des lépidoptères, parce qu'en effet elles sont enveloppées d'un léger réseau de soie entre des feuilles. || Fig. Et l'exil d'A-

ristie enveloppé d'ennuis, corn. Serlor. ii, l Sa

valeur trompée Des maux que j'ai prévus se voit enveloppée, RAC. Alex, m, 2. Le roi d'un noir chagrin paraît enveloppé, id. Eslh. ii, t. Cet homme caché dans son désert, enveloppé dans sa vertu et comme anéanti en lui-même, devint un des plus nobles instruments dont Dieu se soit servi dans son Kglise pour faire éclater .sa puissance, pi.éch. Panégyr. St François de Paule. Je vois la fille de .Sion enveloppée de sa honte et de son ignominie , mass. Villars. C'est à la sagesse humaine et corrompue à être incertaine et timide; toujours enveloppée sous de fausses apparences, elle doit toujours craindre qu'un coup d'oeil plus heureux ne la perce enfin et ne la démasque, id. Pet. car. ÉcueiU. Dans ses sombres fureurs Assur enveloppé, volt. Sémir. v, t. Pour moi, qui dans ma carrière publique n'ai jamais craint que d'avoir tort; moi qui, enveloppé de ma conscience et armé de principes, braverais l'univers.... MIRABEAU, Collection, t. I, p. 61. Il 2° 11 fe dit de personnes, de troupes qu'un nombre supérieur entoure. Les séditieux enveloppés par les gendarmes. Il lui importait de former le plis grand front qu'il lui serait possilile, sans trop affaiblir ses phalanges, pour ne pas être enveloppé, rollin, Hist. anc. OÈuvres, t. il, p. 206, dans pouoe.ns. Je veux que, d'ennemis partout enveloppée, Rome rappelle enfin le secours de Pompée, rac. Mithr. m, i. Il U .se dit des choses dans un sens analogue. Enveloppé par un tourbillon de poussière, par les flammes. Il 3" Qui est en butte au même accident qu'un •utre, qui est atteint par le môme danger. Tous

deux enveloppés dans une même accusation. Il croyait qu'il ne pouvait être enveloppé dans sa ruine, fEn. Tél. XIV. Tout Juda, comme vous, plaignant sa destinée [de Joas], Avec ses frères morts le crut enveloppé, RAC. Athal. IV, a. Sans cette précaution, vous pourriez bien vous trouver enveloppé dans sa disgrâce, maintenon, UII. au due de Noailles, * août (71*. Il 4" Caché comme sous une enveloppe. Ils cultivent un désir enveloppé de la mort d'autrui, LA BRUV. VI. Ce n'était point un mérite enveloppé, qai perçit difficilement au travers d'un extérieur triste et sombre, fontkn. Malexieu. || Avoir l'esprit enveloppé dans la matière, être fort grossier, sans esprit. Il Un esprit enveloppé, un homme dont les idées sont confuses et les expressions obscures. |l Discours enveloppé, discours dont l'expression est rendue otiscure par circonspection. Je vous fais tort de douter de votre intelligence sur ce qui est un peu enveloppé, sÉv. 66. On craint assurément d'être enteidu, ou plutôt on ne s'entend pas soi-même, quand on se charge de tant de paroles inutiles, de tant de phrases enveloppées, de tant de passages confusément entassés, Boss Yar. xil, JR, Il sait parler d'une manière enveloppée, la bruy. x. Platon ne nous a exposé .ses opinions que d'une manièn: enveloppée, fén. Platon. Sa manière de s'eipUquer était sublime, et quelquefois fort enveloppée, fonten. Jugem. de Pluton. Elle n'est qu'un amas d'équivoques ou de blasphèmes enveloppés, mass. An. Cire. Il Raisonnement enveloppé, raisonnement obscur, embarrassé.

— REM. Voltaire a dit : Mon fils enveloppé dans un piège funeste, Kérope, iv, t. C'est une métaphore manquée : il a pris piège pour filet.

■|- ENVELOPPIÎR (an-ve-lo-pée), s. f. \\ !• Terme de fortification. Ouvrage qui a pour objet de rétrécir un fossé. Il 2"" Terme de géométrie. Ligne enveloppée par une autre. La summe des enveloppées, dans une figure convexe, est plus petite que celle des enveloppantes.

t ENVELOPPEMENT (an-ve-lo-pe-man) , s. m. Il 1° Action d'envelopper. L'enveloppement est nécessaire pour conserver les marchandises. || *• Par extension, on dit que des germes sont à l'état d'enveloppement lorsqu'ils sont encore dans leurs enveloppes; et fig. que des idées, des principes sont i l'état d'enveloppement, quand ces idées, ces principes n'ont encore reçu aucun développement. Il 3° Dans le langage de Leibnitz, état d'un germe qui n'a pas commencé à se développer. Ces idées n'ont rien de commun avec cet enveloppement dont parle Leibnitz; il est manifeste qu'il l'oppose au développement ou à ce qu'il nomme une augmentation dans le tout organique préformé, bonnet, Palingén. philos, vu, ♦.

ÊTYM. Envelopper; provenç. enroiopament,

evolopament; ital. inviluppantenlo.

ENVELOPPER (an-ve-lo-pé), v. a. || !• Mettre autour d'une chose quelque objet qui la couvre. Envelopper des étoffes, des habits, des marchandise.s. S'envelopper la tête d'un linge, le corps d'un manteau. Il II se dit de la chose qui enveloppe. La toile qui enveloppe ces marchandises. || Par extension. Mais, seule, sur la proue invoquant les étoiles. Le vent impétueux qui souffiait dans ses voiles, L'enveloppe; étonnée et loin des matelots, Elle tombe, elle crie, elle est au sein des flots, a. chEN. Élég. 20. Il Fig. Et vous ne deviez pas envelopper d'un crime Ce que votre victoire ajoute à votre estime, CORN. Nicom. II, 2. Dans un coin du jardin sous un épais nuage Je l'enveloppe encor d'un sommeil assez doux, ID. Tois. d'or, v, 6. Et dans une embrassade on leur a, pour conclure. Fait vite envelopper toute la procédure, mol. Jfi». iv, 1. 1| 2"' Environner, entourer. Envelopper l'ennemi. César, de tant d'objets en même temps frappé. Le laisse entre les mains qui l'ont enveloppé, rac Bril. v, 8. Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés; On nous a fait sortir, id. Athal. u, 2. || 8' Prendre comme dans un filet. Admirables sans doute pour envelopper une dupe, la brut. ix. Je savais bien que vous aviez une manière particulière de raisonner, et d'envelopper si adroitement ceux à qui vous aviez affaire dans des arguments dont ils ne prévoyaient point la conclusion, que vous les ameniez où il TOUS plaisait, fonteh. Dial. m, JforU oiic. et mod. Il 4" Comprendre dans. Envelopper quelqu'un dans une accusation. Créon bannit Médée, et ses ordres précis Dans son l)annissement enveloppaient ses fils, CORN. Médée, m, 2. Et [elle] m'envelopperait dans le juste courroux Qu'elle aurait pour le roi, qu'elle prendrait pour vous, id. Tois. d'or, IV, t. Dans sa ruine même il peut l'enve-

lopper, ID.. Cinna, l, *. Voulant perdr» Poppée, il enveloppa dans sa ruine Valérius, d'ab me. Tacite, Annales, dans bichelet. Je veux dans mon exil n'envelopper que moi, oom. Àrm. n, l. Pour l'envelopper dans sa perte, Boss. Ilitt. ii, t. Une condition qui l'enveloppe dans la condamnation générale. MASS. Car. Samar. || 8* Ol)scurcir, voiler. Tout k coup une noire tempête enveloppa le ciel, rirt. Tél. M. || Par extension. Une nuit obscure enveloppe son esprit. liientôt, quoi qu'il [un faéroi] ait fait, la mort d'une ombre noire Enveloppe avec lui son nom et son histoire, boil Ép. 1. 1| 6* Cacher, déguiser, dissimuler. On a enveloppé cette vérité de fables ridicules. L'allégorie que pouvaient envelopper ces absurdités est entièrement perdue, raynal, Hist. phil. n, 42. Il 7" V. n. Terme de chasse. Quand on est en défaut, on enveloppe avec des chiens au-dessus et au-dessous de l'endroit où le défaut a commencé. || 8* S'envelopper, t. réft. Mettre autour de soi quelque chose qui entoure. S'envelopper dans son manteau. Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe. Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope, boil. Art p. m. X peine la déesse eut achevé ce discours, qu'elle s'éleva dans les airs et s'enveloppa d'un nuage d or et d'azur, où elle disparut, fEn. Tél. xxiv. || Fig. Un naturel bénin, doux, facile, arrêté. Qui, ne ressentant jioint en soi de grands obstacles. S'enveloppe et s'endort dans sa tranquillité, corn. ImH. i, 2ï. S'il faut s'envelopper des ombres du mystère. C'est lorsqu'on craint surtout d'offenser la misère, DUcis, Abufar, i, «. Il S'obscurcir. Une raison qui déjà s'enveloppe, mass. Car. Impén. || Être compris, renfermé. Toul cela s'enveloppe sous le nom de campagne, pasc. dans cot'SiN. || S'exprimer avec obscurité, avec ambages. On leur reproche d'avoir provoqué les combats par une politesse insidieuse, de s'être enveloppés dans des discours indignes de la France, RAÏNAL, Hitt. phil. xviu, 49.

— MlST. XI* s. Envolupé d'un paile Alexandrin, Ch. de Itol. XXX. || xii' s. Les meins [moins] honestes menbres [du clergé] deit l'un plus honurer SuluDC l'apostle, e plus d'onur envoluper. Th. le mart. 88. L'anfant a pris la dame au cors vaillant ; Si l'envoslespe an un chier boquerant [une étoffe chère],

flaouide Cambrai, 4. || x'ui* s Tu fais prester i

usure. Pour avoir l'envoiseùre [la parure] En qui l'on envelope orgueil, les Vers du Monde. || xvi* ». La foy, cependant que nous sommes pèlerins au monde, est tousjours enveloppée de beai'coup de nuées d'erreurs: nous ne comprenons pat tout ce qui seroit à souhaiter, calv. Insl. 41». Si quelcun confond ce vocable d'élection en ces passages, il s'enveloppera povrement; s'il le sait distinguer, il n'y a rien plus facile, ID. ib. 780. Enveloppez en leur suaire, mont, i, 6t. Ce reproche semble envelopper [impliquer] la couardise, id. m, 78. Pyrrhus estoit de telle nature, qu'il amassoit et envelopoit continuellement espérances sur espérances, AMYOT, Pyrrhus, 69. Pour engarder que les ennemis ne les peussent envelopper par derrière, id. Sylla, 39.

— ÊTYM. Bourguig. angliopai; provenç. enrelopar, eniolopar,envolupar; ital. inii7uppai«;de in, et d'un radical qui se trouve dans l'ancien français voleper, anc. espagn. volopar, ital. tiluppo

(voy. DÉVELOPPEIl).

t ENVELOPPEUR (an-ve-lo-peur) , f. w. Celui qui enveloppe. || Fig. Celui qui sait voiler, gazer un sujet peu décent.

ENVENIMÉ , ÉE ( an-ve-ni-mé , mée ) , par», pasie d'envenimer. || 1* Infecté de poison. Une flèche envenimée. || Par extension. Ce vent de nos dé.scrts, terrible, envenimé. Moine brûlant que l'amour dans

mes sens allumé, Dccis, Àbtifar, ii, 2. || Fig Si

j'eusse avec moi porté dans ta maison. D'un a4re envenimé l'invincible poison, cobn. Pomp. m, «. D'un œil envenimé Marcelle vous regarde, id. Théod. II, t. Ils ne connaissent pas quel trait envenimé Est caché dans ce cœur trop noble et trop charmé, VOLT. Tarur. iv, 2. || 2* Qui a empiré comme par un venin. Une plaie envenimée. || Fig. Ce mal envenimé résiste à la rai.son, tristak, Mariane, i, 3. Il 8* Qui est plein de venin, de malveillance. Cet écrit si envenimé qu'il a fait contre lÉvangile, BOSS. Nol. l. Les confessions de foi, quelque envenimées qu'elles fussent contre le pape, id. Var. I3. Il 4' Qui a été irrité comme par un venin. Amour, tu perdis Troie ! et c'est de loi que vint Cette querelle envenimée, la font. foSJ. vu, ta. Et que reproche aux Juifs sa haine envenimée* rac. Esth. m, 4,

t ENVENIMKMBNT (an-vcni-me-man ), ». m.

Action d'envenimer; résultat de cette action.

ENV

— IlIST. XIII' S. Icil serpent se reponent [cachent] porceus qui les quierent aus envenimemen/. faire, Psautier, (°es. ||xv' s. Comment Lancelot prit l'enveiiimement en la fontaine, dont a pou qu'il n'en mourut, Lancelot du lac, t. n, ('^*, dansLACUHNE.

— ETYM. Envenimer.

ENVENIMER (anve-ni-mé), V. a. || l" Infecter de Tenin. Cerlains sauvages enveniment leurs flèches. Il Peu usité en ce sens propre. On dit plutôt empoisonner. Il 2° Donner un caractère malin à une plaie. Il a envenimé sa plaie en la grattant. || Par extension. Cette herbe m'a envenimé la bouche. Il 3° Fig. Donner un caractère odieux. Envenimer un fait, un récit. Ils venaient d'envenimer la sainteté de ses paroles, MAss. Carême, Uédisanee. Ne vous est-il jamais arrivé qu'on ait envenimé vos discours les plus innocentsî id. Carême, Pardon. C'est là-dessus que Zozime fonde le récit si propre à envenimer les motifs de la conversion de Constantin, MONTESQ. Esp. xxiv, ( 3. || 4° Inspirer des sentiments d'aigreur, de haine, comparés à un venin. Envenimer l'esprit de quelqu'un. Il l'a envenimé contre moi. Point de colère qui l'emporte [le chrétien ] , point de ressentiment qui l'envenime , point de plaisir qui le tente, bouhd. Pensées, t. i, p. 366. Il En un sens analogue, rendre plus cuisant, plus vif, en parlant de sentiments, de querelles, etc. Envenimer une querelle N'envenime

point le cuisant souvenir, Que le commandement devrait m'appartenir, corn. Scrtor. i, 4. Des deux princes d'ailleurs la haine est trop puissante.... Moi-même je saurai si bien l'envenimer, bac. Théb. Il, 6. Il 5" S'envenimer, v. réfl. Devenir envenimé. La plaie qui s'envenimait dans leur cœur, fi;n. Tél. VII. Il Être tourné par la malveillance en un mauvais sens. Et puis le monde est plein ri'éclios; tout se répèle, tout s'envenime, imbert, Jaloux sans amour, ii , 7.

— lllsT. xii's. Et peires [père] fu de lamenzonge, quant il l'envelimeie semence de sa falseteit gittoit en l'omme, st bern. p. 523. || xiii* s. Car cis qui sor soi la porloit [la pierre], Nesuns [aucuns] venins ne redotoit; Nus nel pooit envenimer, la Itose, 4079. Laquele nate sur quoy il sot [sut] que le soudanc s'asseoit tous les jours, il l'envenima, joiNv. 21.1. Il xiv s. Bestes qui sont envenimées, si comme chien enragié, H. de mondeville, f" 80 bis, verso. Le pechié envenime et art le cuer de l'envieux, Ménagier,!, 3. || xVs. Cil Vautre.... mauvais garçon etenveniméestoit, froiss. il, ii, t07. Ne s'en put mie garderjadis Hercules le fort, quant il vestit la chemise envenimée dont il ne se donnoit de garde, Boucic. i, 23. || xvi* Car quant l'honneur de nous envenimez [souillez]. Vous offensez Dieu, la loy et nature, j. habot, v, 28B. Son cœur est tant envenimé de péché, qu'il ne peut produire que toute perversité, calv. InsU 248. Aucunes flèches sont envenimées, les autres non, paré, ix, 48. Et ce qu'il parloit peu, et qu'il s'en alloit triste, morne et pensif, monstroit plustost un courage envenimé au dedans, que non pas humilié par son bannissement, AMYOT, Marins, 76. Je n'ose envenimer ma langue à. la satyre, BONS. 668.

— ÉTYM. Berry et norm. envelimer; bourguig. eneat'rim^; picard, invrimé; provenç. enverinar, everiiiar, esverenar; ital. inrenelire, courroucer; du lat. t'n, en, et vtnenum (voy. venin).

t ENVENlMEUR(an-ve-ni-meur), s. m. Celui qui envenime. Les envenimeurs de vos pensées et de tontes vos paroles

— HIST. xvi* s. Envenimeur [empoisonneur]. Ane. coût. d'Orl. à la suite de beaumanoir, p. 470, dans

LACUHNK.

ENVERGÉ, ÉE (an-vèr-jé, jée), part, passé.

ENVERGER (an-vèr-jé. Le g prend un e devant a ou o; j'envergeais, nous envergeons), v. a. Garnir de petites branches d'osier. || Croiser les fils d'une partie ourdie. || Garnir les soufflets de baguettes de bois sur lesquelles entend le cuir. || Terme de papeterie. Balancer la forme, afin que la matière s'étende dans le sens des brins de la viirgeure, ou s'inlrodui-se dans leurs intervalles.

— ÊTYM. En t , et verge.

I ENVERGEUR (an-vèr-jeur), t. m. Nom d'anciens préposés au mesurage par verge. Ordonne que lesdits mesureurs.... gardes de nuit, forts en vergeurs, pareurs de cordes.... seront tenus.... de représenter leurs lettres de provision, Arrêt du conseil, 2i mars tG74.

+ ENVERGEURE (an-vùr-ju-r') , ». m. Terme de tisserand. Action d'enverger.

ENVEUGUÊ, ÉE (an-vèr-ghé, ghée), part. passé. Voiles eiiverguées.

ENV

ENVERGUER (an-vèr-ghé), v. a. Terme de marine. Attacher les voiles aux vergues.

— ETYM. £n 4 , et vergue.

ENVERGURE (an-vèr gu-r'), ». f. || !• Terme de marine. L'arrangement des voiles dans leur largeur sur les mAts. || Longueur d'une vergue; et, par extension, largeur d'un bJtiment. Ce vaisseau a beaucoup d'envergure. || Envergure d'une voile, sa largeur dans le haut. || 2° Par analogie, étendue des ailes d'un oiseau, du bout de l'une à l'extrémité de l'autre. Tu donnes.... À l'aigle l'envergure et l'ombre de ses ailes, lamart. Joc. m, 444. Les ailes du condor ont Jusqu'à deux mètres et demi d'envergure, BOUiLLF.T, Dict. des se. Condor.

— ÊTYM. Enverguer; génev. enverjure.

fENVERRER (an-vè-ré), v. a. Mettre dans un

vase neuf une petite quantité deverre en fusion, pour enlever la crasse ou la poussière du vase.

— ÉTYM. En t ,el verre.

i . ENVERS (an-vér; l's ne se lie pas : envers eux se prononce an-vêr eux ; cependant quelques uns lient : an-vôr-z eux), prép.\\l' X l'égard de, pour. Compatissant envers les pauvres. Ingrat envers ses bienfaiteurs. 11 est bon d'être charitable ; Mais envers qui? c'est là le point, la font. Fahl. vi, 4 3. L'humanité envers les peuples est le premier devoir des grands, mass. Pet. carême. Hum. des grands. Il 2° Auprès de. Je perdrai mon crédit envers sa majesté, CORN. Polyeucle, v, 6. Je vois qu'envers mon frère on tâche à me noircir, mol. Tart. m, 7. || Cet emploi d'envers vieillit. || S" Envers et contre tous, loc. adv. qui terminait les formules des anciens serments de foi et hommage, et qui signifiait contre tout le monde. |1 Par extension. Je serai défendu par elle [la cabale] envers et contre tous, mol. Fest. v, 2. Dispose de ma grifl'e et sois en assurance; Envers et contre tous je te protégerai, la font. Fabl. viii, 22. Envers et contre tous, je protège Dorante, piron, Métrom. iv, 4.

— HIST. XI' s. E qui droit jugement refuserad seit forfait envers celi ki dreit ço est à aveir. Lois de Guill. 4). Envers le rei s'est Guenes aprismet [approché], Ch.de Roi. xxxv. ||xii' s. Envers Espaigne [il] asonchevaltoriié,7(nnc. p.69. Droites lor lances [ils] portent envers le ciel, ib. p. 433. Car je ne sui si forz ne si hardiz. Qu'envers amor [je] me peiiise contendre [avoir querelle], Couci, v. PleUst à Dieu qu'amor feist ainsi Envers tous ceus qui en lui ont fiance! quesnes. Romancero, p. 98. Puis lui dites coment Guiteclins de Sassogne envers nous entreprent, Sax. xxi. Félonie n'ad en mei , ne crime envers tei. Rois, p. 96. ||xiil's. [Je] Vous defens qu'envers moi n'aiez pensée amere, Berte, cxiii. || xV s. Trop estoit noble femme envers lui et plus jeune assez, Lancelot du lac, t. i, f 74, dans lacurne. Et avient souvent, por ce qu'il est très jeune envers elle, elle devient jalouse, Les i h joies de mariage, p. 4)8. Lasse I or [je] me voy aujourd'hui si perie Que nul ne fait envers moy .son devoir, E. besch. Complainte de la France. || xvi' s. Tenant conclusions en tout sçavoir, publicquement envers et contre tous, RAB. Pant. II, «.Il est soupçonneux à l'endroict de celuy qui l'ayme, et simple envers celuy qui le trompe, LA boétie, 61. La rigueur dont il usa envers ces misérables luy donnant espérance d'eslre assez bien envers ses ennemis, d'aub. Jtist. i, 95.

— ÉTYM. En 4, etïers, prépos. (voy. ce mot); wallon, ivier' , évier'; picard, à mn'envers, à mon égard; provenç. enves; ilal. inverso. Le sens propre est du cSté de, en allant vers.

2. ENVERS (an-vêr ; l's ne se lie pas) , s. m. || 1* Le côté opposé à l'endroit, le côté qui ne doit pas être exposé à la vue. L'envers de celle étoffe est presque aussi beau que l'endroit. On a dit de la tiaduclion qu'elle était comme l'envers de la tapisserie, cela suppose une industrie bien grossière et bien maladroite, marmontel, Élém. lilt. CEuv. t. x, p. 281 , dans pouGENS. || Étoffe à deux envers, étoffe qui n'a ni envers ni endroit. Serges de Beauvais à poil et à deux envers, Règl. sur les manuf. août 4689, art. 2. Il On dit plus souvent aujourd'hui qu'une étoffe n'a pas d'envers. || Fig. Les plus adroits, lorsqu'ils sont consultés, gardent sur les endroits critiques un silence mystérieux, ou prononcent, comme les oracles, en se ménageant par l'ambiguïté de leurs réponses les deux envers d'une opinion qu'ils laissent flotter jusqu'à l'événement, afin de ne Jamais se compromettre, marmontel, £iCm. litt. Œuvres, t.y, p. 448. || Gens à deux envers, gens doubles et trompeurs. Ses membres, jongleurs adroits et gens à deux envers, mènent le peuple par riiypocrisieel les grands par l'.rréligion, j. j. Rouss. Lett. à U. Oeluc, Corresp. t. vi, p. 44, dans pou-

ENV

GENS. Il 2' L'envers d'une feuille d'arbre, le côté qui regarde le sol. || Faire voir la feuille à l'envers, voy. FEUILLE. Il 3° Fig. Le contraire. Vous serez toujours,... Un envers du bon sens , un jugement à gauche , mol. l'Ét. II, 44. Voilà l'envers tout juste de ce que nous pensons, sÉv. 605 || 4° A l'envers, loc. adv. qui se dit lorsque l'envers se met ou se prend par erreur pour l'endroit. Mettre son manteau, sa chemise à l'envers. Le docteur, l'ayant regardé depuis la tête jusqu'aux pieds, lui dit pour toute raison : Prenez garde, monsieur de la Fontaine, vous avez mis un de vos bas i l'envers; et cela élaitvrai, en effet, d'olivei, //«st. de l'Acad. t. ii, p. 338, dans pougens. Ce qui était dessus, le fripier le met à l'envers, montesq. Lett. pers. 138. Il Relais à l'envers, voy. relais. || 6" Fig. Dans un état de désordre et de ruine. Ses affaires sont à l'envers. En vain contre le roi vous oppose» vos armes; Sa majesté brillante avec de si doux charmes Peut mettre en un moment vos des.seins à l'envers, corn. Inscript, sous des estampes, ii, La déroute du pont de Ce. Pour le peindre ce grand revers Oui trompa notre espoir frivole Et mit nos projets à l'envers, ciiAvi.. Èp. à Dangeau. || Avoir la tète, la rais)n à l'envers, être tout à fait étranger au bon sens, à la raison. Il faudrait que l'esprit supérieur qui nous tromperait nous eût donné une raison à l'envers, rés. Exist. 229. Déjà les cœurs s'envolent à Nevers; Voilà d'abord vingt têtes à l'envers, GRESSET, Verl-Yert, ii.

— HIST. XI' s. L'un gist sur l'autre et envers et adenz [sur le dos et sur les dents), Ch. de Roi.

Il XIII' s Que nus ne puisse fere cote ne gam-

baison de lele [toile] dont l'envers et l'endroit ne soit de tele noeve, et dedenz de coton et de plois de toiles, liv. des met. 37u. Si ont chanté salmes et vers Moult hautement à deus envers. Les antiennes moult noblement, Ren. 21346. || xiv s. Son Jacque [jaquette] qui estoit de clochettes garnis, [il lui] Fist tantost despoillier, et puis fu reveslis A l'envers, à la fin qu'il ne fust pas choisis [reconnu] , Guescl. 19360. Il XV' s. Et en disant ceste parole, il cheut à l'envers [Charles VllI], comm. viii, (6. |{ xvi' s. Bref on y fait tant de comptes divers. Que vérité souvent est à l'envers, j. mahot, v, 443. Voicy celluy qui par ses heurtz divers, A mis l'orgued de Venise à l'envers, id. v, 4 70. J'ay quelque opfnion de l'envers de cette sentence, mont, iv, 4. Des tableaux où il estoit flatté à l'envers, d'aub. Hist. ii, <96. Andromachus luy tendant l'endroit de la main, et puis tout à coup luy monstrant l'envers, luy dit : AMYOT, Timol. (6.

— ÉTYM. Lat. inrersus, retourné, de tn, et versus, tourné (voy. version).

I ENVERSER (an-vèr-sé), v. a. Façonner une étoffe en l'étirant.

t ENVERSIR (an-vèr-sir), v. a. Carder une étoffe avec des chardons.

4. ENVI (X L') (an-vi), loc. adv. \\i°X qui mieux mieux, en rivalité. Ils servent à l'envi la passion d'un homme, corn. Cinna, m, 4. Un noyau vint frapper Harpagème au visage. Il leur dit de n'y plus retourner davantage; Eux sans daigner l'ouïr, et Jetant à l'envi, Cet agaçant noyau de plusieurs fut suivi, LA FONT, le Florentin, se. 8. Esther a triomphé des filles des Persans; La nature et le ciel à l'envi l'ont ornée, rac. Esth. m, 9. Tout vous livre à l'envi la rebelle Hippolyte, id. Phèdre, ii, 2. lisse haïssent, mais ils aiment l'État; ce sont des amants jaloux qui servent à l'envi la même maltresse, volt. Princ. de Babylone, 8. De là sur l'Hélicon deux partis opposés Régnent, et l'un par l'autre à l'envi déprisés.... GILBERT, Le 4 8' s. || 11 se dit aussi des choses qui semblent rivaliser. Et qu'ensuite à l'envi mille autres hyménées.... corn. Sert, i, 2. Et tandis qu'à l'envi leur amour se déploie.... BAC. /p/it's. il, 4. || Il se dit même d'une seule personne qui rivalise comme avec elle-même. La flotte qu'à l'envi favorisait Neptune, CORN. Pomp. m, 4. Il 2° Loc. prépos. X l'envi de, en rivalisant avec. Toutefois mon cœur X l'envi de Chimène adore ce vainqueur, cobn. Cid, v, 4. Et ses yeux qui brillaient sous son front assuré Éclataient à l'envi de son armet doré, tbistan, M. de Chrispe, i, 3.

— HIST. XII' s. X Marsile en alai ad enviz ou da gré, Ronc. p. 4 09. Ignaures si très biel s'acointe X chascune, quant il i vient. Que de l'autre ne li souvient. Ne nul semblant k'il l'ait envie. Lai d'Ignaurès. Il xni' s. Mais moût envis leur donne [le congéj l'emperere et otroie, audefboi le bast. Romane, p. 26. Une grant pece [il] fu od lui, Moult à envis s'en défiai ti, Lai del désiré. Calendres i ot amassées En ung autre lieu, qui lassées De chanter furent à envis, la Rose, 667. Car tor [une tour] de toutes pan

env

usiie r<issiégé«], Envis eschape A'mire prise, ib. «o»8. Il xiv ». Ce doit il faire enviz et à poine, OhESME, Elh. (ï*. Il lui dit : rendez-vous, ou vous «erer occisi l^rs s« rendi Thomas volentiers ou envis, Cuescl. (84B3. ||xv' «.Trop envis s'y consentit le roy de France, mais toutefois l'accorda il, fboiss. i, t, 64. Il XVI' s. Et si je suis entre les hommes vifs, C'est malgré moy, certes, et bien envis, st-oel»is, «0. Oui estoit la seule cause que Sa Majesté moult en- Tie descendoit à ce party : mais que force luy estoit de ce faire, «. du bellat, 266. Ceux qui courent à l'envy doibvenl.... MONT, i, 2». La saveur se treuve excellente, à l'envi des nostres, en divers fruict» de de ces contrées là, iD. 1,234. 11 y a des pertes triumphaiiles à l'envy des victoires, id. i, 243. Il s'obstina à se mocquer et à rire, à l'envy des maulx qu'on luy faisoit, lo. i, 307. J'engageois mes bardes.... avecques bien moins de contraincte, et moins envy que lors je ne faisois bresche à cette bourse, id. i, 34 6. Il fault retarder l'inclination vers le mal, suyvre envy cette pente, id. iv, 434. Les philosophes mesmes se desfont plu» tard et plus envy de cette humeur [l'amour de U gloire] que de nulle autre, ID. 1, 320. Quand ilz font à l'envy les uns les autres à qui chantera le mieulx, amïot, Péric. l.Orje t'aimeray donc , bien qu'envis de mon cœur. Si c'est quelque amitié que d'aimer par contrainte, BONS. t79.

— ÉTYM. Bourguig. omît , involontairement ; wallon, ei'tV, malgré soi; namur. evis (» inuette) ; provenç. a envis, malgré soi; du latin invitus, qui paraît composé de tn, privatif, etvitus, formation contracte àevicitut, rattaché au sanscrit «Of, vouloir. L'historique montre la série des sens : à l'envi, malgré la volonté de, puis en rivalité de, ce qui est une sorte de lutte contre la volonté de quelqu'un. La dérivation par invicem est impossible, tant à cause de l'accent qui «st surtn, qu'à cause du sens primitif d'enut.

t 2. ENVI (an-vi), ». tn. Terme de jeu. Argent qu'on met au jeu pour enchérir sur son compagnon. On fait des envis au brelan , au hoc.

— HIST. xvi* s. Le roy, le pape et le prince germain Jouent un jeu de prime assez jolie; D'arme est leur vade, et l'envy l'Italie; Elle roy tient le grand point en sa main, st-gelais, 66. Cet usage portoit avec soy une accoustumance à la simplicité et un envy entre elles à qui auroit le corps plus robuste et mieux dispos, ahyot, Lyc. 26.

— ËTYH. Entit I , dans le sens de rivalité; un envi, dit Génin, Récréât, t. i, p. 400, étant une chose que l'on fait d l'envi pour tenir tête et enchérir. L'exemple d'Amyot à l'historique prouve que Génin a raison.

t ENVIABLE (an-vi-a-W) , adj. Digne d'envie; que l'on peut envier; à qui l'on peut porter envie. Bien enviable. Personne enviable.

— HIST. XV* s. Envieuse non enviable, bdst. desc. Poéties m$s. dans lacurme.

— ÊTYM. Envier.

t ENVIDAGE (an-vi-da-j'), *. m. Action d'envider le fil.

t EN VIDER (an-vi-dé), ». o. Tourner le fil autour du fuseau.

— ÉTYM. Voy. dévider.

ENVIE (an-vie), ». f. || l' Chagrin et haine qu'on ressent du bonheur , des succès, des avantages d'autrui. L'envie, le mépris, le discord inconstant, RÉGNIER, Sal. vi. La vertu n'est vertu, l'envie la déguise, id. ib v. L'envie avec sa trahison, Tristan, U. de Clirispe, m, (. La jalousie est en quelque manière juste et raisonnable, puisqu'elle ne tend qu'à conserver un bien qui nous appartient; au lieu que l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres, la Rochefoucauld, lf(u;. 28. 11 y a encore plus de gens sans intérêt que sans envie, ID. ib. 486. Est-il rien que l'envie ou n'attaque ou n'infecte? rotr. Bélis. v, 6. L'envie leur ouvrait les yeux; c'est un démon qui ne laisse rien échapper, et qui tire conséquence de toutes choses aussi bien que la jalousie, la font. Pîi/c/uJ, i, p. 72. Toute jalousie n'est point exempte de quelque sorte d'envie, et souvent même ces deux passions se confondent; l'envie au contraire est quelquefois séparée de la jalousie; l'envie et la haine s'unissent toujours et se fortifient l'une l'autre dans un même sujet; et elles ne sont reconnaissahles entre elles qu'en ce que l'une s'attache à la personne, l'autre à l'état et à la condition, la brut. xi. L'homme qui dit qu'il n'est pas heureux pourrait du moins le détenir parle bonheur de ses proches; l'envie lui ôte cette dernière ressource, ID. ib. Ecouta, je connais l'envie et l'imposture; Et quel coeur généreux

ënV

échappe k leur injureT volt. Taner. ni, s nos

tyrans sont nos vices; Le plus cruel de tous dans ses sombres caprices, I.e plus lâche à la fols et le plus acharné. Qui plonge au fond du cœur un trait empoisonné. Ce bourreau de l'esprit, quel est-il? c'est l'envie, id. Dite, tur l'envie. On pourrait, ce me semble, représenter l'envie, égorgeant d'une main un génie vivant, et de l'autre offrant de l'encens à un génie qui n'est plus, d'alehb. Dial. Christ, et Desearl. || Poétiquement, ô ciel, pourquoi faut-il que ta secrète envie Ferme à de tels héros le chemin de l'Asie? RAC. fph. 1,2. Il Fig. Le serpent, les .serpents de l'envie, se dit quelquefois de l'envie et de ses œuvres malignes et perfidis. Cette ezpres.sion vient de la manière dont les poSies, les peintres et les sculpteurs ont représenté l'Knvie. Làgtt la sombre Envie à l'œil timide et louche, Versant sur les lauriers les poisons de sa bouche, volt. Henr. chant iv. || 8' Désir de jouir d'un avantage pareil à celui d'autrui. Que tu tombes au point de me porter envie, corn. Hor. IV, 6. Qu'aux honneurs de ta mort je dois porter envie Iid. Iléracl. iv, 4. Je porte peu d'envie à sa bonne fortune, id. Œdipe, l, 3. J'ai pitié de moi-même et jette un œil d'envie Sur ceux dont notre guerre a consumé la vie, id. Horace, ii,

3. Et ce pays si beau.... Avec un œil d'envie est toujours regardé, id. Cid , ii, 7. Jamais de tant de soins mon esprit agité Ne porta tant d'envie à sa félicité, hac. Iphig. iv, i. Elle ne veut pas qu'on regarde d'un œil d'envie la prospérité de son frère, mass. Carême, Vérité de la relig. Va, mort ou triomphant, tu feras mon envie, volt. Brut. IV, 6. Il Faire envie, exciter l'envie, le désir. Et mon destin doit faire envie, hol. Amphit. l, i. Loin que leur destinée nous fasse envie, hass. Corréme. Salut. La terre ainsi devint une image des cieux, Et le séjour de l'homme eût fait envie aux dieux, DEULLE, Parad. VII. || 3* L'odieux d'une chose. De Mesmes n'avait rien oublié pour jeter sur moi toute l'envie de la collusion avec les ennemis de l'Ëtat, RETz.ii, 2K<. Il 4' Désir, volonté. En vain, pour satisfaire à nos lâches envies. Nous passons près des rois tout le temps de nos vies X souffrir des mépris, à ployer les genoux, malh. i, 3. L'avis que l'on m'a donné... m'a fait naître l'envie et le loisir de faire cette promenade, voit. Lett. 39. Vous n'avez pu former une si noble envie, corn. Pomp. m, 2. Nous autres asservis à nos lâches envies. Sur des biens passagers nous occupons nos vies, id. Imitation, i, 4<. Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies, la FONT. Fabl. m, 12. Ce que veut la raison, l'amour me le défend Et m'en fite l'envie, bac. Théb. v, t. Elle implore à grands cris le fer et le poison , Vous seul vous lui pouvez arracher cette envie, id. Bér. IV, 7. Quoil vous ne perdrez point cette cruelle envie [de vous donner la mort]? id. Phèd. i, 3. N'eùtil pas sans regret secondé mon envie? id. Baj. m, 7. Il Avoir envie, avoir désir. Je m'aime un peu moimême et n'ai pas grande envie De vous sacrifier le repos de ma vie, corn. Othon, ii, &. Pour moi je lo confesse, Moron, cette faute m'a choquée et j'ai toutes les envies du monde de l'engager pour rabattre un peu son orgueil, mol. Princ. d'Él. lU,». J'aurais toute l'envie du monde de vous croire, id. le Fest. II, 2. Si vous avez envie de répondre i mes causeries, sÉv. 638. Si elle ne le trompait, elle en avait bien envie, HAMiLT. Gramm. 8. 11 avait envie d'aller se jeter à son cou,FÉN. WJ. VII. || Faire envie, se dit des choses qui excitent le désir. DesgAteauxqui lui faisaient grande envie, J. }. rouss. Ëm. il. || Absolument. Des fruits mûrs à faire envie. || Faire envie d'une chose, se dit de quelqu'un qui excite en un autre le désir de cette chose. Vous ne deviez point.... me montrer ma bonne fortune pour m'en faire seulement envie, BAi.z. Lett. II, 6. J force de baiser, vous m'en feriez envie; Trêve.... corn. Kél. v, 6 (('• édit.). || Impersonnellement. Il me prend envie, j'ai volonté, désir. Ahl sire, plût au ciel qu'il vous eût pris envie De me laisser en Perse abamdonner ma viel mairet, Soliman, i, 3. Adieu, si de ma vie Je vous rappelle et qu'il m'en prenne envie, la font. Fabl. vil, 2. U me prendrait envie en mon juste courroux De me battre moi-même, et me donner cent coups, mol. l'Ét. iii, 42. Il Passer son envie, se satisfaire. Pour un mouton pourri, pour quelque chien hargneux Dont j'aurai passé mon envie, la font. Fabl. x, S. Quelquefois j'en passe mon envie, sév. 7». || Faire passer l'envie de quelque chose, en êterle désir. Je vous en veux faire pa-sser l'envie, rac. Plaid, m,

4. Il L'envie m'en est passée, je n'en ai plus le désir. Il E* Envie s'applique aussi aux différents besoins corporels. Envie de manger, de boire. La sécheresse du gosier nous fait envie de boire, desc. JT^d.

ENV

6. Nul met* n'excitait leur envie, la font. Fabl. vil, 4. Nous avions tous envie de pleurer, sEv. 4 2*. Il Envie de vomir, nausée, soulèvement de cœur. Il Absolument. Chez les enfants, avoir envie, désirer de faire ses nécessités. || Knvie de femme grosse, ou, simplement, envie, dépravation de l'appétit qui constitue le pica, et qu'on observe surtout chez les femmes enceintes. || Familièrement et fig. Envia de femme grosse, tout désir vif et subit. || 6' Nom donné à de petites portions de peau qui se détachent autour des ongles, et causent une assez vive douleur quand on les arrache. |{ 7* Nom donné à des taches que les enfants apportent en naissant, et auiquelles on s'imagine trouver de la ressemblance avec certains objets dont la mère a eu envie pendant sa grossesse. Les envies sont comme des nuées : on y voit ce que l'on veut, bonnet, Consid. corps org. CEuvres, t. VI, p. 400, dans pougens. || Proverbe. Il vaut mieux faire envie que pitié.

— SYN. ENVIE, JALOUSIE. Tant que le jaloux est seulement jaloux de ce qu'il possède, il n'a rien da commun avec l'envieux; m.iis quand il jalouse au> trui , alors il y a à distinguer : l'envie est un .sentiment de haine et de chagrin à la vue de ce qui «st le bien d'autrui ; la jalousie est un sentiment de chagrin de voir en autrui et un défir de voir à soi les avantages qu'un autre possùde. le jaloux est voisin du rival, l'envieux est voisin de l'ennemi.

— HIST. xii' s. Et nostre gent qui d'avoir out envie, 7(o«c. p. 447. Lesdouze pairsqui sont mort pat envie, ib. p. 4 64. Hais quant j'aurai de voiuhair envie, Couc. II. Mais jàd'amors ne me prendra envie, OUES- RES, Uomane. p. 86. CuensTibaut [le comte Thibaut] doré d'envie. De félonie fretté, De faire chevalerie N'estes vous mie alosé, bufs de la ferté, Romane. p. 487. [Cil] Qui plus ont esmeO la tançoa et l'anvie, Soi. XX. Mais plusor losangierqui de nous ont anvie, ib. xzxii. Petiz est cil cui li envie ocit, quar il tesmonget que il menre [plus petit] est de celui cui il portet envie. Job, p. B47. || iiii* s. Envie dure toz jorz et sera tant corne li mondes durera, Merlin, ^ 65, verso. Se l'on eslit l'un de ces deux haus homes, li autres en aura si grant envie que il enmenra [emmènera] toute sa gent,viLLEH. cix. Il furent bon ami sans mal et sans envie, Berte, ii. Et li autres [eut nom] rfeudri, faus fu et pleins d'envie, ib. lx. Il XIV' s. C'est envie qui est tristesce du bien d'autrui, OBESME, Elh. 46. Il XV* s. De ses psroles, de ses ruses, de ses faits [Jean Balle, qui excitait les serfs contra leurs seigneurs] furent avisés et informés trop grand foison de menues gens en la cité de Londres, qui avoient envie sur les riches et sur les

nobles, froiss. n, u, 40» Toutes ces guerres

murent par envie que les bonnes villes de Flandre avoient l'une sur l'autre, id. ii, ii, 62. On dit en un commun proverbe que envie en mourut, id. u, ii, le». Tourmentez moi de plus fort en plus fort, Pour en passer tout à cop vostre envie, CH. d'obl. Chanson. [Charge] de toutes bonnes viandes qui font envye de Niire, comm. iv, ». Ijxvi* s. Bien est vray que toute ma vie j'auray envie que je ne puis faire pour luy office pareil au vostre, marg. Lett. ixv. Si vous avés envie que je vive, je vous prie, que je sache de vos nouvelles, id. ib. lxvii. Il lui refroidira l'envie de s'attacher au prince, mont, i, 467. Si vous avez envie qu'il craigne la honte, ne l'y endurcissez pas, id. i, 483. L'ambition, le dépit et l'envie l'agitent comme un aultre, id. i, 327. L'envia

de vomir luy estoit passée, ID. iv, 2 Qu'il falloit

mieux les faire mourir tous deux, cependant que ce fils en pouvoit porter l'envie [prendre l'odieux], d'aub. Ilist. I, 403. En lisant les faicts héroïques des vaillants hommes, il leur prend envie d'en faire de semblables, amyot, Prif. xviii, 44. La fortune dilayant jusques à un autre temps l'exécution de l'envie qu'elle porta à un si noble exploit, ID. P. jBm. 37. [ 1.0 vin] douce liqueur, le plaisir de la vie, Qui au nectar porte bien peu d'envie, du bell. vin, 4 6 , verso.

— ETYM. Provenç. enveia, eveia, evea ; catal. enveja; espagn. envidia; port, l'nvtja ; ital. invidia; du latin t'nrtdta (voy. envier).

ENVIÉ, ÉE (an-vi-é, ée), port.pa»*^. || !• X qui l'on porte envie. Ceux qui font bien mériteraient seuls d'être enviés, s'il n'y avait encore un meilleur parti à prendre, qui est de faire mieui, la brut. IV. Chacun brille d'un faux ^clat aux yeux de quelque autre, chacun est envié pendant qu'il est lui-même envieux, fonten. Bonheur, dans pougens. Il 1* X quoi l'on porte envie. Des jours toujours à plaindre et toujours enviés, rac. *r»l. Il, 3. Et j'étais dans une de ces positions enviées dont quiconque aime k faire un rble se prévaut toujours avida-

ENV

ment, i. j. rouss. Letl. de la montagne, vni. || Une place, une position bien enviée, désirée de tous.

ENVIEILLI, lE (an-viè-Ui, Ilie, J( mouillées), part passé d'envieillir. Il 1° Devenu vieux dans. Une pauvre femme envieillie dans la misère. || 2° Fig. Oui a contracté parle long temps quelque habitude bonne ou mauvaise. Les pécheurs les plus envieillis , PASC. Prov. «0. Faire environner la table de Jésus- Christ de pécheurs envieillis sortant de leur infamie, m. t'fe. 4«. Il Invétéré, en parlant des choses. Une haine envieillie en un cœur déloyal, tristan, M. de Chrispe, iv, t. Laquelle maladie par laps de temps naturalisée, manifestement envieillie et ayant pris droit de bourseoisie chez lui, mol. Jf. de Pourc. I, 2. La dureté du cœur et l'erreur envieillie [chez les protestants], la font. t. vi, p. B08, édit. Walckenaer. Un cœur que des passions envieillies ont affaibli, mass. àv. Disp. Plus leurs plaies sont envieillies et désespérées, ID. Car. Temples.

ENVIEILLIR (an-viè-llir , Il mouillées, et non »n-vi6-yir). || 1° V. n. Devenir vieux dans. La rigueur de ses lois, après tant de licence, Redonnera le cœur à la faible innocence Que dedans la misère on faisait envieiUir, malh. n, «. || 2° V. a. Faire paraître vieux. Cette coiffure l'envieillit. || 3° S'en- TieiUir, V. réfl. Devenir vieux. Mon âge, avant le temps, par mes maux s'envieillit, Régnier, Élég. i.

— HIST. XIII' s. Je sui juenes et puis envieilli, et onques ne vi juste orne déguerpi de Dieu, Psautier, f° 48. Sire Dieux, tu ies uns meîsmes [un même] qui n'envellis ne ne changes, ib. f° tît.Li tens qui cnvieiUist nos pères. Et qui tous nous envieillira, la Rose, 383. Fines colors, fresches et vives N'i sunt pas au soir enveillies; Ains i pueent [peuvent] estre cueillies Itex [telles] le soir comme le main [le matin], ib. 20)61. Robe qui empire par vers ou par enviesir, beaum. xxxvii, i. \\ xV s. Je trouvay ung peu le roy nostre maistre envieilly, comm. vi, 6. Il XVI' s. Le dernier de ces roys fut chassé de son Kstat, et mourut en exil après y estre envieilli, A.MYOT, iVuma, 36. Depuis un long traict de temps je me suis envieilli, mais assagi, mont, iv, »<.

— ÉTYM. En 4, et vieillir.

t ENVIEILLISSEMENT (an-viè-Ui-se-man , Il mouillées), s. m. L'action d'envieillir; le résultat de cette action.

— HIST. xiv s. Aussi comme la vertu du corps envielUist, aussi envieiUist la vertu de la pensée.... test envieillissement à venir.... oresme. Thèse de MRUNiER. Il xvi's. Douter de la continuelle suffisance de la terre, crainte de son envieillissement, o. de SERRES, U6.

— ËTYM. EnvieiUir.

4 . ENVIER (an-vi-é) , j'enviais, nous enviions, vous enviiez; que j'envie, que nous enviions, que vous enviiez, v. a. \\ 1° Eprouver envers quelqu'un le sentiment de l'envie. Ils envient tous ceux à qui l'on donne, la bruy. vin. Je n'envierai personne, et personne ne m'enviera, volt. Memnon. \\ 2° Éprouver pour quelque chose le sentiment de l'envie. Ce qui rendit sa faveur plus singulière, c'est qu'elle ne fut ni enviée ni traversée et que personne n'en fut victime, volt. Russie, ii, <. || Envier quelque chose à quelqu'un, désirer posséder ce qu'il possède. Si la fortune qui me fait vaincre partout m'accompagne encore auprès de vous, je n'envierai pas à Alexandre toutes ses conquêtes, voit. Lett. 7. Moi qui en toute autre occasion me réjouis de vos avantages plus que des miens propres, et qui ne vous envie pas votre esprit, votre science, ni votre réputation, je vous porte envie d'avoir été huit jours avec M. de Balzac, iD.t'b. 4 25. Jene viens point ici parde jalouses larmes Vous envier un cœur qui se rend à vos charmes, RAC. Andr. m, *. || Il se dit aussi des personnes qu'on désire posséder. Quand un homme a mérité d'être envié à son parti par ceux qui le combaitaicnt, il a touché à la véritable gloire, a. carbel. Œuvres, t. iv, p. 2S9. || 3° Souhaiter", sans être envieux, ce que quelqu'un possède. Envier la haute fortune de a^zdlqu'un. Et ce sont ces plaisirs et ces pleurs que j'envie, rac. Bn'«. ii, 3. Allons, n'envions plus son indigne conquête, ID. Andr. Il, 4. Dans mon triomphe heureux j'envierai peu les siens, volt. Sémir. ii, 4.||I1 se dit aussi pour désirer. Voilà le poste que j'envierais le plus. || 4° Ne pas accorder, refuser. Ah! destins ennemis Qui m'enviez le bien que je m'étais promis, cobn. Rodog. v, i. M'envierez-vous l'honneur de mourir à vos yeux? ID. Nicom. 1, 4. De votre lieutenant m'envieriezvous le nom? ID. Sertor. m, 2. Bonté qui a donné l'être aux plus nobles, et ne l'a pas voulu envier aux moindres, Boss. Nécess. 4. Soit que son cœur jaloux d'une austère fierté Enviât à dos yeux sa naissante

ENV

beauté, hac. Brit. li, 2. Pourquoi m'enviez-vous l'air que vous respirez? m. Bérén. iv, 5. Si ta haine m'envie un supplice si doux, id. Phèd. a, B. || Dans un sens latin. Le ciel nous a envié ce grand homme, c'est-à-dire ce grand homme est mort. || 6' S'envier, i>. réft. Se porter envie l'un à l'autre. Ces deux hommes s'envient et se font le plus de mal qu'ils peuvent.

— REM. Des grammairiens ont prétendu qu'on ne disait pas correctement envier quelqu'un, mais envier quelque chose , et qu'au lieu d'envier quelqu'un, il fallait dire porter envie à quelqu'un. Cette décision est contredite par la Bruyère, Kontenelle, Voltaire , et avant eux par Montaigne, qui, avec envier, ont mis les personnes au régime direct. On ne voit d'ailleurs aucune raison pour laquelle ce régime ne devrait pas être employé.

— HIST. XVI' s. J'envie ceulx qui sçavent s'apprivoiser au moindre de leurs serviteurs, mont, m, 278. Il avoit escript beaucoup d'autres vies, que l'injure du temps nous a enviées, amyot, Pre/. xxv, 63. Je porte envie à ta mort, Caton , puisque tu m'as envié la gloire de t'avoir sauvé la vie, id. Cat. d'Ut. 89. C'estgrand mald'estremiserable. Mais c'est grand bien d'estre envié, rons. 374.

— ÊTYM. Provenç. enveiar; catal. envejar; espagn. envidiar; portug. invejar; ital. invidiare; d'un bas-latin invidiare, formé de inuidio, envie, de invidere, de t'n, en, et videre, voir : fixer les yeux sur, comme fait l'envieux.

t 2. ENVIER (an-vi-é), v. n. Terme de jeu. Jouer pour voir qui aura le point le plus hamt; faire un envi.

— HIST. XIII' s. La leste Godefroy [ils] metent à l'envier, Tangré ne Buiemont n'i vourent oblier, Chanson d'Ant. vu, 72).||xvi' s. Quelques fois il plaistà la fortune envier sur nos miraciss, mont, i,

— ÉTYM. Envii; provenç, envidar, enviar. ENVIEUX, ECSE (an-vi-eû, eû-z'), adj. || l'Qui

éprouve de l'envie, fttre envieux du bien d'autrui. Un esprit envieux. Envieux l'un de l'autre, ils mènent tout par brigue, corn. Cinna, ii, 4. On est jaloux de ce qu'on pos.sède et envieux de ce que possèdent les autres, d'alemb. Synon. Œuv. t. ui, p. 320, dans POUGENS. Vous prétendez être jaloux, et vousn'êtes qu'envieux; celte méprise arrive souvent, GENLis, Thédt. d'éduc. le Bt,l d'enfants, i, 5. Il Substantivement. Les envieux n'ont jamais de repos. Jamais un envieux ne pardonne au mérite, CORN. Suréna, v, 2. Nos envieuses se confirmaient dans leur mécontentement et leur dessein, la font. Psyché, i, p. 74. Les envieux mourront, mais non jamais l'envie, mol. Tart. v, 3. Et son trop de lumière, importunant les yeux. De ses propres amis lui fait des envieux, boil. Ép. vu. Moi-même dont la gloire ici moins répandue Des pâles envieux ne blesse pas la vue, id. ib. |j 2' Qui a le caractère de l'envie. Un regard envieux. Quelle faiblesse à moi d'en croire un furieux Qu'arme contre son frère un dessein envieux! rac. hithr. m, 4. || 3' Désireux. Envieux d'arrêter le carnage et les flammes, lemerc. Charles VI, v, 3. 1| 4° Oui n'accorde pas, qui refuse. Un passant inconnu touché de cette enfance Dont un astre envieux condamnait la naissance, corn. CEdipe, IV, 2. Quel démon envieux M'a refusé l'honneur de mourir à vos yeux? rac. Brit. il, 6. || Régnier a dit en ce sens envieux sur, ce qui n'est pas à imiter. Si le ciel n'eilt été sur mon bien envieux, Élég. iv. C'est un archaïsme, comme on peut voir à l'historique.

— HIST. xii* s. Celle envieuse gent, Couci, p. 4 24. S'envieux l'avoient juré. Ne me nuiroient-il ne:mt, ib. Il XIII' s. Dame, amors ne se daigne prendre ices faus cointes orguiUex, Ces niesdisanz, ces enviex. Qui amors ne sevent avoir. Lai du conseil. Et sachiésque moult m'agréa, Quant Cortoisie m'en pria. Et medistqueje carolasse [dansasse]. Carde caroler, se j'osasse, Estoie envieus et sorpris, la Rose, 803. Il XV s. On dit en un commun proverbe, et voir est, que oncques envie ne mourut; je le ramentois, pourtant que par nature Anglois sont trop envieux sur le bien d'autrui et ont toujours esté, FROiss. II, II, 206. Il n'est chose qui soit plusgriefve à l'envieux mauvais que de veoir devant soy ou de ouir louer le bon et vertueux, Boucic. m, 43. Il XVI' s. Je ne suis pas sur vostre aise envieux, du BELLAY, II, 27, recto. Ses envieux, amyot, Thém. 45. L'envie ne mourra jamais , mais les envieux mourront, Adrien db montll'C, Comédie des proverbes. Icy tomba son corps [d'Icare] degarny de plumage, Laissant tous braves cœurs de sa chute envieux, desfohtes, Amours d'Hippolyti, i.

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— ÉTYM. Berry, envioux, envioute; provenç. enreint, enveios, enviot ; catal. envejos; espagti. envidioso; portug. invejoso; ital. invidioso; du latin invidiosus, de invidia (voy. envie). Dans les manuscrits de textes d'ancien français il n'est pas toujours facile de distinguer cntieiut qui s'écrit enuieus, d'ennuyeux qui s'écrit aussi enuieus, et qui signifie fâcheux, méchant.

t ENVILASSE (an-vi-la-s'), t. f. Terme de botanique. Arbre de Madagascar (sorte de bois d'ébène).

ENVINÉ, ÊE (an-vi-né, née), adj. Qui a pris l'odeur du vin, en parlant d'un vase. Une cruche envinée.

t ENVINER (an-vi-né), t). o. Garnir de vignes. Bacchus envine nos coteaux, Ducis, Œuvret posth.

t. II, p. 65, 4826.

— ÉTYM. Jîn 4 , et «in.

ENVIRON (an-viron). || 1° Prép. Dans le voisinage de. Une petite glande située environ le milieu de la substance, desc. l'Homme. \\ Il se dit aussi du voisinage dans le temps. Environ cemême temps le» consuls furent de retour à Rome, malh. Le xxxiii* liv. de T. Live, ch. 22. Je me souviens d'avoir vu environ le mois de mai.... desc. jlf^lior. 7. C'est-à-dire environ le temps Que tout aime, la font. Vabl. iv, 22. Ce fut environ ce tempsque....BOss. Hisl. i, 40. Anaxagore, l'un des plus illustres philosophes de l'antiquité, naquit à Clazomènes, dansl'lonie, environ la soixante-dixième olympiade, et fut disciple d'Anaximène, rolun, Hist. anc. liv. xxvi, 4" part, ch. 4. Environ la neuvième heure, volt. Phil. v, 224. Environ ce temps, je trouvai à me placer trèsavantageusement, p. l. cour, i, 446. Il 2° Adv. X peu près, un peu plus, un peu moins, fl y a environ vingt ans. Il y a quatre cents francs ou environ. La hauteur de ce monticule est environ de quarante pieds. Il demeura sur le champ de bataille deux mille hommes ou environ. Une armée de dix mille hommes environ, ou d'environ dix mille hommes. La réfraction d'un rayon qui, de l'air, entre dans l'humeur aqueuse, est à peu près comme 4 à 3, dans le cristallin comme 3 à 2 , dans l'humeur vitrée comme 4 0 à 7 ou environ, malebr. Rech. éclaire, sur l'opt.X. IV, p. 433, dans polgens.

— REM. L'Académie ne donne pas environ préposition ; mais ce mot a été employé en ce sens par de trop bons auteurs pour qu'on le rejette.

• — HIST. XI' s. Environ lui plus de vingt mille homes, Ch. de Roi. ii. || xii' s. Vingt chevalier environ le roi vont, Ronc. p. 4 28. Et nouvelles en vinrent au saisne Brunamont, Qui jusiisoit [gouvernait] Sassoigne et la terre environ, Sax. m II voit environ lui ses chevaliers ocire, ib. x. jj xui* s. Et li escu furent pourtendu es chastiaus tout environ les nés fnefs, vaisseaux], villeh. xliv. ||xv' s. Un mois ou environ que le siège fut là devant, oncques ne plut, mais faisoit bel, chaud et sec, froiss. ii, u, 232. Le mareschal Joachin estoit toujours environ de luy, coMM. i, 2. Et y arriva environ sept heures du malin, id. i, 3. || xvi' s. Se esveilloyt doncques Gargantua environ quatre heures du matin, rabel. Garg. i, 23. Il m'envoya, environ mes six ans, au collège de Guienne, mont, i, (96. Sucrâtes parla environ en ce sens aux juges qui.... in. IV, 215. Né le 2i du mois de Thoth, environ le soleil levant, amyot, iiom. 48.

— ÊTM. Eni, et l'ancien français viron, autour, de virer (voy. ce mot); provenç. environ, enviro, eviron. Dans l'historique, environ a le sens de autour, qu'il a perdu dans le langage moderne.

t ENVIRONNANT, ANTE (an-vi-ronan, nan-f) adj. Qui environne, qui est dans les environs. Les lieux environnants. Le terrain environnant. Les collines environnantes.

ENVIRONNÉ, ËE (an-vi-ro-né , nke), part. passé. Il 1° Oui a autour de soi quelque chose qui ceint. Un jardin environné d'une haie. La maison du seigneur seule un peu plus ornée Se présente au dehors de murs environnée, boil. Ép. vi. H Fig. Environné de gloire et chargé de lauriers, rotr. Bèlis. i, i. Desoins tumultueux un prince environné, hac. Est'», u, 3. L'ayant reçue [la parole de Dieu] non pas comme d'un homme faible, pécheur, environné de misères.... mais comme la parole de Dieu même, elle fructifiera en vous, mass. Car. Fausse conf. Il 2° Qui a autour de soi des personnes. Environné par la foule. J'expire environné d'ennemis que j'immole, rac. Hithr. v, 5. || Qui a parmi ses entours. Dieu fit des promesses à Abraham qui était tout environné d'idolâtres, et il lui fit connaître la mystère du Messie (Ju'il devait envoyer , pasc. Pensées, part, u, art. 4. Comme il n'aimait point les hommes vertueux et qu'il ne lavait point ht»

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discerner, il n'était environné que de gens intéressés, nriificieux, prêU h exécuier ses onires injustes etsanguiniiires, fèn. M m. Environné ds fainéants orgueilleux qui regardent l'ignorance oisive comme l'apanage et presque le titre de leur noblesse, d'a- LEMfl. Éloget. St-Aulaire.

t ENVIRONNEMENT (an-vi-ro-ne-man), *. m.

Action d'environner; résultat de cette action

— HIST. xv:* s. Et ne scauroit on faire une lieue au travers qu'elle n'en monte à plus de six, à cause des environnements [circuits] qu'il faut faire pour en sortir, palissy, Sb&.

— tTVM. Environner.

ENVIRONNE» (an-vi-ro-né), v. a. || !• Mettre autour. Knvironner une ville de fossés, de murailles. Il 2° Être autour. Il enleva ce fameux cercle d'or qui environnait le tombeau du roi Osymamiias, lequel avait aa6 coudées île circuit, et leprésenlait tous les mouvements des différentes constellailons, rollin, llist. anc. Œuvres, t. ii, p. 3aa, dans pouokns. Il Se mettre autour. Mais qui pourra de nous approcbersa pi'rsonne, Si durant le festin sa garde l'environne? corn. Pomp. IV, 4. Le peuple cependant, que ce stiectacle étonne, Vole de toutes parts, se presse, l'environne (JunieJ, bac. Brit. v, 8. Les uns avec respect environnaient la reine, id. Iphig, I, 4. Les nyrapbes qui l'environnent [Calypso], FÉN. Tél. vil. Il Kig. Les dangers l'environnent de toutes parts. Les soucis l'environnent. Peut-être assez d'bonneurs environnaient ma vie Pour ne point souhaiter qu'elle me fût ravie, bac. Iphig. IV, ♦. Déjà la mort m'environne, et je ne songe pas ( supplier 1^ bonté divine de me pardonner d'avoir moi-même borné le cours d'une vie dont elle seule devait disposer, lesage, Diable boit. (6. Songe à ce bras puissant, vainqueur de tant de rois, X cet aimable front que U gloire environne, volt. Zaïre,

I, t. Il 3° S'environner, v. réfl. Réunir autour de soi. Voyez, quand tous les maux s'amassent sur nos têtes, Fiesque s'environner de la pompe des fêtes, ANCELOT, Fiesque, i, 4. || Prendre pour entours. 11 ne s'environne que d'bommes suspects.

— HIST. xiii's. Et au venir que il listvers le roy, environna [il fit le tour de] toute Kspaingne, et le convint passer par les deslroiz de Marroch, joinv. 365. Il XV* s. Et l'avoient les assiegeurs tellement environnée de tous côtés, fkoiss. i, i, 432. Et avoient ja esté environnez [assié;,'ésj trois mois qua>torze jours, comm. viii, 8. || xvi* s. Il lui prit envie de naviger luy mesme, entrant par la bouche de l'Euphrate en l'Océan avec une bonne et grosse flotte de vaisseaux, et s'en aller environner toutes les costes de l'Arabie et de l'Africiue, pour puis après rentrer dedans la mer Méditerranée par le destroit des coulonnes de Hercule, amïot, Alex. lio.

— ÊTVM. Enuiron,- provenç. environar. L'ancienne langue disait aussi avirouner.

ENVIRONS (an-vi-ron), s. m. plur. Les lieux circonvoisins. Paris et ses environs. Aux environs de cette cabane. On prenait garde que le plus grand nombre fût toujours des environs, patbu. Plaid, t , dans BicHELET. Après avoir bili Alexandrie , il quitta l'Egypte et passa en Assyrie, uù il joignit Darius aux environs d'Arbelles, condil. Hist. anc.

II, <o. Il La Fontaine l'a dit au singulier, qui était usuel dans l'ancienne langue: Lequadrupède écume, et son œil étincelle; Il rugit; on se cache, on tremble àl'environ, la font. Fabl. ii, ».

— RF.H. Aux environs de ne se dit que de l'espace, et non du temps; ainsi ces phrases vulgaires sont inusitées dans le style soigné : J'irai te voir aux environs de Noël; Il est aux environsde quatre heures.

— HIST. XV' s. [Les troupes du duc d'Anjou] se logèrent à l'environ, au plus près de la rivière qu'ils purent, fboiss. ii, ii, 3. || xvi's. Ils trouvarent tout le pays à l'environ en paix et silence, rab. Garg. i, se. Ils eurent recours à percer la digue, au dessus de Durch pour noier l'environ de Calho, d'aub. Uist. II, 480.

— ÊTVM. Eneiron.

ENVISAGÉ, ÉE (an-vi-za-jé, jée) , part, passé. Il 1" Regardé au visage. Envisagé par l'agent de police et aussitôt reconnu. || 2* Regardé en esprit. Des périls envisagés avec sang-froid.

•[ ENVISAGEMENT (an-vi-za-je-raan), t. m. Action ';;'eiivisager. L'envisagement du sort qui l'attendait.

— REM. Th. Corneille a employé ce mot dans le gens de figure : Ai-je d'un assassin l'envisagement blême T le Geôlier de soi-même, m, 7.

— Rtym. Envisager.

ENVISAGER (an-vi-za-jé. Le g prend un « devant a ou o : j'envisageais, nous envisageons), v. a. ||t* Regarder une personne au visage. Phorbas,

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envisagez ce prince en ma présence, corn. Œdipe, IV, 3. plus je vous envisage. Et moins je me remets, monsieur, votre visage, bac. Plaid, il, 4. Soit que je vous regarde ou que je l'envisage, Partout du désespoir je rencontre l'image, id. Birén.v, 7. Et je n'ouvris les yeux que pour envisager Les miens que sur le marbre on venait d'égorger, volt. Ilenr. ii. L'aspect d'un Capulet n'a donc rien qui t'irrite! Comme un autre homme enfin tu peux l'envisager, DUcis, Roméo, iv. 6. || Par extension. L'œil n'ose envisager ces antres écumants, delille, Enéide, vi. "63. || 2* Tourner le regard vers. C'est aussi l'artifice De ceux qui, pour couvrir quelque puissant effort. Envisagent un point directement contraire, Kt font vers ce lieu-là courir leur adversaire, LA FONT. Fabl. XII, 10. Il Fig. Tourner le regard vers, se régler sur. C'est lui seul [l'empereur] que la cour envisage, bac. Brit. iv, 4. j| 3" Regarder face à face en esprit. La mort qu'elle envisage avec beaucoup de fermeté, sÉv. 430. Lorsque j'envisageai le moment redoutable Où pressé par les lois d'un austère devoir.... rac. Bérén. v, «. J'envisage dans l'avenir des peines dont je ne puis supporter l'idée,

M" BE OENLIS, Ad. Cl Théod. t. 111, lett. 25, p. 188,

dans pouGENS. Votre devoir est grand, osez l'envissger, Ducis, Macb. v, 2. Je sais, sire, qu'un héros tel que vous envisage ce dernier moment [la mort] avec tranquillité, d'alf.mbkiit, Lett. auroide Pr. 2» janv. 4768. Laissons, mon fils, lai-ssons les vulgaires douleurs Craindre d'envisager l'objet de leurs malheurs, M. I. ciiÉN. Gracques, l, 5. Je n'ose envisager un présage si triste, lemebc. Agam iv, 7. H Envisager de, avec l'infinitif. Puisque j'envisage bien de partir dans l'état où est ma pauvre tante, il faut croire que rien ne peut m'en empêcher, sÉv. 444. Il ne peut envisager de rentrer dans le service, ID. 503. Il 4' Considérer. Le sage quelquefois fait bien d'exécuter Avant que de donner le temps à la sagesse D'envisager le fait et sans la consulter, la FONT. Fabl. X, 41. Ceux qui, d'un oeil cruel envisageant ma vie. Voyaient d'un œil jaloux mon pouvoir souverain, id. Poésies mêlées, Lxxiv. Il faut observer par quel côté il envisage la chose, pasc. Pensées div. 4 40. Seigneur, je cl: relie et j'envisage Des monarques persans la conduite et l'usage, rac. Estli. Il, 5. N'envisageant les systèmes que comme des moyens de rendre l'étude de la botanique moins pénible, condorcet, Haller. \\ Avoir en vue. C'était l'objet le plus ordinaire de la guerre, et le principal fruit qu'on envis;igcail dans la victoire, VEBTOT, Rétol. rom. m, 22a. N'envisager sa fortune qu'à travers son devoir, mass. Or. fun. Villars. Nous envisagions le plaisir de le ruiner; mais lajustice est jalouse de ce plaisir-là, LESAGE, TuTcaret, v, 46. Qu'elle envisage moins ma perte que ma gloire, volt. Triumv. iv, s. || Compter sur. Une grSce précieuse que je n'ose envisager de si loin, sËv. 555. Il Se faire une idée de. Un moment de réflexion lui fit envisager la désagréable aventure que ce serait, HAMiLT.Gromm.6. || Regarder comme. One d'hommes amoureux de la gloiie céleste Envisagent la croix comme un fardeau funeste 1 corn. Imit. 11, 4 4. Il B' S'envisager, v. réfl. Se regarder soi-même. || Fig. Chacun s'envisage toujours par certains côtés favorables, mass. Car. Parole. || Se regarder mutuellement. Us s'envisageaient l'un l'autre avec attention. L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage. Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage, boil. Lutrin, v. || Être considéré. Cet événement peut s'envisager de plusieurs manières.

— ÉTYM. En i , et visage. Ce mol parait avoir été formé dans le xvii' siècle, du moins nos exemples ne remontent pas plus loin.

ENVOI (an-voi), t. m. || 1" Actiond'envoyer, d'expédier des marchanoises. Par le dernier envoi, j'ai reçu.... Il La chose même qu'on a envoyée. J'ai reçu votre envoi. Votre envoi est arrivé franc de port. Il Lettre d'envoi, lettre qui annonce qu'une chose a été envoyée. || 2° Terme de jurisprudence. Envoi en possession, jugement qui autorise à prendre possession de certains biens , les héritiers présomptifs des absents déclarés, les héritiers irrèguliers des défunts, les enfants naturels, les conjoints et l'Etat. Il 3* Se dit de quelques vers mis à la suite d'une pièce de poésie, comme un hommage à la personne à qui elle est adressée. || Dernière strophe de l'ancienne ballade et du chant royal. || 4" Terme de liturgie. Leçon de matines ou fin d'office, dans certaines communautés.

— ETYM. VOV. ENVOTEB.

ENVOILÊ, ÉE(an-voi-lé, lée), part, posté. Une lame envoilée.

EN VOILER (S') (an-voi lé), V. rift. Terme de mé-

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lier. Se courber, gauciiir, en parlant du fer, de l'arier, lorsjju'on les trempe. Les limei s'envoilenl quelquefois à la trempe.

— ÉTYN. En 4, et voile, par comparaison avec la courliure d'une voile que gonfle le vent.

t ENVOILORK (an-voi-u-r*). ». f. Nom donné à la légère courbuie de la lame des ciseaux.

— f.TYM. Envoiler.

ENVOISINÉ, ÉE (an-voi zi-né), adj. Qui a de« voisin-, ^tre bien, mal envoisiné.

t KNVOISINER (an-voi-zi-né), v. a. Entourer d« voisins. On n'oublie pas d'envoisiner convenablement cet homme, 1. 1. rouss. dans le Dict. de beschebelle. Il S'envoisiner, v. réfl. Se donner des voisins. II s'est mal envoisiné.

— HIST. XVI* 8 Le quel [foin] plus abondam»

ment viendra il que moins sera envoisiné d'aucunes plantes, 0. de serbes, 283.

— ETYM. En t, et voisin.

ENVOLÉ, ÉE (an-vo-lé, lée), part, passé. Oui s'est échappé en volant. Il trouva la cage ouverte et las oiseaux envolés. || Par extension. X |>eine enfin les derniers mots, De leur impulsion tirdive Frapi'ant son âme inatieiitive. Du discours envolé lui portent les échos, dei.ille. Couvert. 11. || Kig. Les plaisirs envolés. Il pleure sa jeunesse avant l'âge envolée, v. 111:00. Odes, IV, t.

ENVOLER (S") (an-vo-lé) , v. réfl. || 1* Partir en volant. Les perdrix se sont envolées trop tôt. [L'honneur] S'en va trouver sa sœur [l'Éiiuitél, et dès ce même jour Avec elle s'envole au ci leste séjour, BoiL. Sat. XI. L'aigle des légions que je retiens encore Demande à s'envoler vers les mers du Bosphore, voi.T. Jf. de César, i. 4 Satan, sans répliquer, s'envole à ses conquêtes, df.lille. Paradis perdu, XI. I| Avec ellipse du pronom personnel. Le moindre bruit fera envoler cet oiseau. || Fumdièroment. Il n'y a plus que le nid, les oiseaux se sont envolés, se dit lorsque certaines personnes, s'étant retirées dans un endroit oii l'on espérait les surprendre , ne s'y trouvent plus. On dit aussi plus brièvement : Les oiseaux se sont envolés, ou sont envolés. || Fig. Lorsque pour moi vers Dieu u voix s'est envolée, v. hlgo, F. d'aut 37. ||2* Par extension, il se ditdes choses légèresque le ventemporle. Tous les papiers s'envoK rent par la chambre aussitôt que la fenêtre fut ouverte. || 3* L'âme s'envole, se dit pour exprimer que l'on meurt. La nuit assiégea ses prunelles, Et son âme étendant les ailes Fut toute prête à s'envoler, malh. v, 20. Sa lumière s'éteint et son âme s'envole, cobn. Rodog. v, 4. Ils rappelaient peu à peu son âme prêle à s'envoler, fén. Tél. xvii. Il L'âme s'envole, ss dit aussi d'une personne dont le cœur suit quebju'un. ô Dieux I je sens mon âme après lui s'envoler, Cobn. tlllus. corn. Il, 2. Il 4* Disparaître, s'efl'acer, s'écouler. On fait beaucoup de bruit et puis on se console; Sur les ailes du lemps la tristesse s'envole, la f-ont. Fabl. vi, 24. L'Alcyon fuit devant Êole, Éole le fuit à son tour; Mais, sitôt que l'amour s'envole. Il ne connaît plus de retour, J. B. bouss. Cantate, Circé. L'amitié resie au moins quand le bonheur senvole. ANCELOT, Fiesque, m, 4. Trop de gloire nous a nui. Le plaisir s'envole, bEbano. Guiidr. || Le temps, l'occasion s'eniole, c'est-à-dire pas.se lapi'lemeiil. || Familièrement. Notre déjeuner s'e-t envolé. Les deux chevaux, la mule au marché s'envolèrent [furent vendus], boil. Sal. z.

— msT. xm* s. Atarit bâti ses ailes et s'en vola, Chr. de Bains, 237. Les dous deduiz, les dous besiers. Et les très douces acolees, Qui s'en ierent sitost volées, la Rose. 4 3o7o. || xiv* s. Et ainsi comme il s'envola, Tousli beaux aibrisseaux crula. Si qu'adonc la froide rousée Est seur mon visage avalée, MACiiÀLT, p. ^8. Il XVI* s. Hel.is! tu es trop belle, et tu dois prendre garde Qu'un Dieu si grand trésor ne puisse désirer. Qu'il ne t'envoie au ciel pour la terre empirer , rons. 249. Des dames sans retour s'envole la beauté, m. 282. Puis la mort vient qui nous en-vole, m. 55.s.

— ETYM. En 2, et voler, v. n. On voit que enro- Ur a quelquefois un sens actif, ce ((ui fait comprendre comment toier a pris le sens de dérober, en latin fiirari

ENVOCtÉ, ÉE (an-voû-té, tée), port, posté. Oui a été en butte à l'envoûtement.

t ENVOÛTEMENT (an-voû-te-man), ». m. Opération magique par laquelle on envoûtait une personne.

— HIST. XIV* s. Envoûtement, DD canoë, ttellinnatut. Il XV* s. L'en dit que ce sont cnvoustemeiu ou mulefices, que sa femme ne l'ameruil jamès, Les 4 6 ;oi>» de mariage, p. »4.

— ETYM. Envoûter.

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