‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 16 sur 388 · DËBOUILLI (dé-bou-lli, {1 mouillées, et non · texte numérisé non relu

DËBOUILLI (dé-bou-lli, {1 mouillées, et non

dé-bou-yi), s. m. Terme de teinturier. Action de dé-

! bouillir une étoffe. Le délwuilli fait reprendre aux

' étoffes de soie leur première blancheur. Ordonnons

aux gardes-jurés de faire de fréquents débouillis

pour reconnaître la qualité des teintures, Lett. pat.

22 juillet 4790, art. (4, Champagne. WPiT eiten-

1 sion. Les Chinois ont substitué aux laines teintes

I dont l'air, ce terrible débouilli, ne tarde pas à man-

' ger les couleurs, les plumes des oiseaux qui sont

j plus éclatantes, plus durables, dider. Salon de

4 705, OKuiTM, t. XIII, p. 387, dans POUGENS.

— ÉTYM. Débouilli t.

DÉB

BÉBOXllMtR (dé-hou-Uir, Il mouillées, et non dé-bou-yir), je débous, tu débous, il débout, nous débouillons, vous débouillez, ils débouillent; je débouillais; je débouillis; je débouillirai; je débouillirais; débous; que je débouille; que je débouillisse; débouillant, débouilli, ». o.|| Terme de teinturier. Mettre à l'épreuve la bonté d'une teinture, en faisant bouillir quelque écbantiUon dans un mélange de plusieurs drogues. |{ On fait aussi débouillir les étoffes de soie pour les reteindre. Ils font, comme nous, débonillir la chaîne à fond, mais ils ne cuisent la trame qu'à demi, haynal, Hist. phil. v, 28.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et bouillir.

t DÉBOUII.LISSAGE (dé-bou-Ui-sa-j', ((mouillées) , s. m. Terme de teinturier. Action de débouillir.

DÉBOUQUÉ, ÊE (dé-bou-ké, kée), part, passé. L'escadre débouquée, c'est-à-dire sortie d'un débouquement, d'un détroit.

DÊBOUQUEMENT (dé-bou-ke-man) , ». m. || l'Action de débouquer. || 2° Canal, détroit, passage entre des îles.

— ÊTYM. Débouquer.

DÉBOUQUER (dé-bou-ké), V. n. Terme de marine. Sortir des bouches ou des canaux qui séparent les Iles. La saison qui nous contraignait de regagner le Petit Goave pour débouquer avant le 40 septembre à cause du mauvais temps, le comte d'estbées, dans JAL. Quatre vaisseaux marchands ont débouqué avec nous et me donnent moyen d'avoir l'honneur de vous écrire, id. ib,

— REM. Débouquer se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il exprime une action : l'escadre a débouqué aujourd'hui ; et avec l'auxiliaire e"(re, quand il exprime un état : l'escadre est débouquée depuis hier.

— ETYM. Dé.... préfixe, et bouque fOUT bouche; c'est une autre forme de déboucher 2.

t DÉBOURBAGE (dé-bour-ba-j'), s. m. Terme de métallurgie. Action d'ôterlabourhe, lagangue.Undébourbage mécanique ou lavage des minerais dans des cylindres en forme de troncs de cônes horizontaux.

— ÊTYM. Débourber.

DÉBOURBÊ, ÉE (dé-bour-bé, bée), part, passé. Une voiture débourbée.

DÉBOURBER (dé-bour-bé), V. a. || 1° ôter la bourbe. Débourber un étang. || Tirer de la bourbe. Débourber une charrette, une voiture. || Débourber et aussi faire débourber le poisson, le mettre dans l'eau claire pour qu'il perde le goût de bourbe.|| Soutirer le vin après que la fermentation acessé.|| 2°Fig. Tirer d'une position inférieure. Ce fut ainsi que l'ennemi de Pont-Chartrain [Colbert] débourba son fils par une sorte de nécessité, st-sim. 69, <39. |{ 3° Se débourber, v. réfl. Sortir de la bourbe. La voiture se débourba à grand'peine. || Fig. Sortir d'une position •smbarrassante. La grossièreté de la variation [des discours de Villars] sautait aux yeux, mais l'embarra» de clioisir un autre général sautait à la gorge, et l'heureux Villars se débourba, id. 277, 235.

— HlST. xvi's. Ils en ont dans les bottes bien avant , etseraproudifficiledelesdesbourber, Sal.Jfe'n.p. <06.

— ÊTY»I. Dé.... préfixe, et bourbe.

t DÉBOURBONNER (dé-bour-bo-né) , v. a. Terme d'histoire de France. Chasser les Bourbons pour mettre à leur place les Guises.

— HlST. xvi* s. Il n'estoit jà besoin que nos curez nous preschassent qu'il falloit nous desbourber et desbourbonner, Sat. Uén. Harangue d'Aubray.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et Bourbon.

t DÉBOURGEOISÊ, ÉE (dé-bour-joi-zé, zée), port, passé. Qui a perdu les manières bourgeoises. Ce jeune homme est tout à fait débourgeoisé.

t DÉBOCRGEOISER (dé-bour-joi-zé), v. a. Faire perdre à quelqu'un les manières bourgeoises. Il est vrai que je n'ai pas mon pareil pour débourgeoiser un enfant de famille, regnard, Retour imprévu, se. 6. Il Se débourgeoiser, v. réfl. Quitter les manières bourgeoises.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et bourgeois.

DÉBOURRÉ, ÉE (dé-bou-ré, rée), part, passé.

Dont on a ôté la bourre. Un fusil débourré. Une pipe débourrée. |1 Fig. Qui a perdu son ignorance, sa rudesse première. Un paysan débourré.

DÉBOURRER (dé-bou-ré), v. a.\\ 1° ôter la bourre. Novion fit débourrer le banc des pairs à huit pieds de long près le coin du roi, st-sim. 374, 30. || Débourrer une pipe, ôter le Ubac qu'elle contient. Il Débourrer un fusil, ôter la bourre qui retient la charge. Il 2» Fig. Débourrer un jeune homme, lui donner les manières, les habitudes du monde. Aussi, pour débourrer mon esprit et mon coeur, de eièvre, Séducteur, m, 9. || Terme de manège. Débourrer un cheval, assouplir ses mouvements. 113° Fig. Se débourrer, V. ri'fl. l'erdra des manières incultes et se

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façonner à celles du monde. || Débourrer sa pipe. Attendez que je me débourre.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et bourre.

DÉBOURS (dé-bour ; \'s ne se prononce pM et ne

se lie pas : des dé-bour excessifs) , s. m. Argent avancé pour le compte d'un autre. Je ne suis pas rentré dans mes débours. || On dit plus souvent aujourd'hui déboursés.

— HIST. xvi's. Les fruicts sont acquis au retrayant dujourdel'adjournement,desbours ou garnissement qu'il aura fait desdeniersdu prix principatducontract et loyaus coûts, Coutumier génér. 1. 1, p. 4024.

— ÉTYM. Voy. DÉBOURSER.

DÉBOURSÉ, ÉE (dé-bour-sé, sée), part. poîs^. Argent déboursé. || S. m. plur. Argent dépensé pour frais, pour avances. Ses déboursés ont monté trèshaut. Il Dans les frais des officiers ministériels, on distingue les honoraires et les déboursés.

DÉBOURSEMENT (dé-bour-se-man), ». m. Action de débourser.

— HlST. xvi's. Déboursement, marot, ii, 98.

— ÉTYM. Débourser.

DÉBOURSER (dé-bour-sé), v. a. Tirer de l'argent de sa bourse, de sa caisse pour un payement. Les soixante pistoles qu'il a déboursées pour moi, Boss. Lett. 98. Il Absolument. Car aux laveurs d'une belle il eut part Sans débourser, la font. F. avare.

— HIST. XVI* s. J'aurois honte de desbourser [dépenser] avec vous et ne rembourser pas ce que je dois à cestui-ci, amyot, De la mauvaise honte, t3.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bourse.

DEBOUT (de-bou; le ( se lie : de-bou-t ou couché), adv. Il 1° Il se dit de ce qui est dressé et posé sur un de ses bouts. Mettre une colonne, un tonneau,une tabledebout. Il Piècede bois placée debout, pièce placée de manière à résister suivant le sens des fibres du bois. || Être debout, être encore debout, se dit des choses qui ont échappé à une destruction presque inévitable. Ils vivent cependant et leur temple est debout, hac. Athal. ii, B. Nos cosaques n'auraient pas laissé une chaumière debout, BERM. DE ST-p. Yoy. en Silésie. \\ Fig. Ce vieil empire était encore debout. Ce marchand, en dépit des pertes qu'il a faites, est encore debout. |{ 2" Être droit sur ses pieds, en parlant d'une personne. Se tenir debout. Debout ou assis, on peut donner un mauvais jugement, mol. Critique, 6. Le roi et la reine mangent tristement; Mme de Richelieu est assise, et puis les dames, selon leurs dignités, les unes assises, les autres debout, sÉv. Lett. 22 janv. (674. Debout à ses côtés le jeune Ëliacin Comme moi le servait en long habit de lin, rac. Athal. 11, 2. Alors, la femme se tenant debout devant le seigneur, le prêtre lui découvrira la tête, sacy. Bible, Nombr. v, ts. Entrons; d'être debout à la fin on se lasse, BOURSADLT, Hère. gai. 11, s. Nous avons dîné debout, remettant de manger mieux et plus à notre aise au soupe dans notre nouveau gtte, habivaux. Paysan parv. t. i, 2* part. p. 66, dans pougens. Tout un peuple debout sur le seuil les attend, c. de- LAV. la Popularité, iv, 6. || Debout, loc. interj. Lève-toi, levez-vous. Le sommeil sur ses yeux commence à s'épancher; Debout! dit l'Avarice, il est temps de marcher, boil. Sat. vm. Debout [à une fille qui était à genoux] I Plus votre cœur répugne à l'accepter. Plus ce sera pour vous matière à mériter, mol. Tart. iv, 3. Il était botté jusqu'à la ceinture, et, faisant claquer un maudit fouet qu'il tenait à la main : debout, monsieur le chevalier, s'écria-t-il en ouvrant mes rideaux, hamilt. Gramm. 3. Il Laisser quelqu'un debout, ne pas le faire asseoir. Il me laissa debout tout le temps que je restai avec lui. Il Fig. et familièrement. Il ne peut que tomber debout, se dit d'un homme qui a des ressources pour se soutenir en dépit des disgrâces qui arrivent ou peuvent arriver. On dit dans le môme sens tomber sur ses pieds. || 3" Être debout, se tenir sur les pieds de derrière, en parlant des animaux. La marmotte mange debout comme l'écureuil, buff. Uarmotte. Il Terme de blason. Debout, se dit des animaux qui sont représentés droits et posés sur les pieds de derrière. Il 4° Être debout, être levé, hors de son lit. Tout le monde était debout dès le matin. Les soldats d'Alexandre couchent sur la terre, et jamais le jour ne les trouve que debout, vaugel. Q. C. ni, 2.|| Fig. Il crut qu'un évêque plus qu'un empereur devait mourir debout et dans l'exercice de sa charge, FLÉcu. Panég. 1, p. 312. Nous sommes condamnés l'un et l'autre à mourir debout, maintenon, Lett. Card. de Noailles, 2 nov. t703. L'ange exterminateur est debout avec nous, bac. Athal. v, 4. || Terme de vénerie. Mettre un animal debout, le lancer. Il &° Dormir debout, éprouver un extrême besoin

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de sommeil. || Conte à dormir debout, récit ennuyeux; promesses en l'air. Je dis que ce sont des contes à dormir debout, mol. G. Dand. i, 6. Les contes à dormir debout, dont vous me régalâtes l'année passée, volt. Préf. de Cath. Vadé.\\6' On dit que du bétail passe debout dans une ville, quand il n'y couche point, n'y est point vendu et n'y doit point les droits d'entrée ; et, par extension, passer debout se dit des marchandises qui , traversant une ville ou un pays, y passent sans payer de droit ou sans être visitées. ||7° Terme de marine. Avoir vent debout, ou de bout, suivant l'orthographe de quelques-uns (ce qui n'est autre que résoudre le mot en ses éléments), avoir vent contraire, c'est-à-dire vent soufflant sur la proue du vaisseau. || Être debout au vent, à la lame, au courant, y présenter l'avant du vaisseau. || Aborder un bâtiment debout au corps, lui mettre l'éperon dans le flanc. || Debout les avirons I signal de lever en Pair les avirons, ce qui est un salut d'honneur, j] 8° Terme de menuiserie. Bois debout, bois coupé, scié, travaillé perpendiculairement au fil. Le bois debout ne peut pas se bien raboter ni polir. || Proverbe. On est plus couché que debout, c'est-è-dire la vie est bien courte en regard de l'éternité.

— HIST. xii' s. Tut de but [à côté] se teneient cil trei [ces trois] partut al rei. Ne il ne voleient faire pur Deu ne ço ne quel , Th. le mart. 69. || xui* s. Li pors [le porc] qui tantcuru [couru] avoit. En l'espié se feri debot, Ren. 225(4. Non pas pour ce, mon escient, X moi [le juge] se tiendra tout debout [pour cela le juge ne sera pas de mon côté], le comte de BRETAGNE, Romancero, p. <63. Aucunes fois avient que li barons [mari] est trouvés mors debout [à côté] se [sa] famé, et le [la] famé debout son baron; et quant il avient, l'en doit penre garde au mort, se il pert [apparaît] l'en li ait che fet; et se il li pert, che est grant présomption contre le vivant se il ne cria, BEAUMANOiR, dans lacurne. Car Haibers vot [voulut] avoir debout [absolument] Partie del roiaume ou tout, PH. MOUSKEs, m», p. 38, dans lacurne. La langue li prent à frémir De lecherie et de corroz; En la fosse sailli deboz, Por ce qu'il en voloit avoir, Ben. 24640. Il xV s. Dieu, prevoiant leurs faultes futures, leur a soulTert de longue main préparer à deux debouts de leur clos deux verges, Bordeaux et Calais, chastel. Chron. du duc Philippe, Proesme. Il xvi* s. Puys furent introduictz les empoisonnez; elle leur sonna une aullre chanson, et gens debout, rab. Pant. v, 20. L'empereur Vespasien estant malade de la maladie dont il mourut.... et dans son lict mesme depeschoit plusieurs affaires de conséquence; et son médecin l'en tansant comme de chose nuisible à sa santé: il faut, disoit-il, qu'un empereur meure debout, mont, m, 89.

— ÉTYM. De et bout, comme le prouvent les anciens exemples: un soliveau est de bout, parce qu'il esttur le bout, et, par assimilation, un homme est de bout. Cependant des étymologistes ont voulu voir, dans debout, terme de marine (vent debout), un composé hybride avec la préposition de et l'anglosaxon bow, danois bug, anglais bow, qui signifient l'avant d'un vaisseau; mais il n'y a aucune raison pour aller chercher si loin une étymologie, et bout suffit bien à ce sens particulier, car l'avant est le bout du vaisseau.

DÉBOUTÉ, ÉE (dé-bou-té, tée), part, passé.' Débouté de sa demande par le tribunal. Débouté de cette défense par la raison de la justice de Dieu, à qui tout le mal déplaît.... boss. Pensées chrét. 7. Vous demandiez 20000 livres, vous en êtes débouté par ma faute, c'est à moi à vous les payer, st-sim. 70, (B3.

t DÉROUTEMENT (dé-bou-te-man) , s. m. Action de débouter.

— HlST. XV* s. Duquel deboutement et bannissement plusieurs Parisiens furent très joyeux, car moult le doutoient, monstrel. i, 248. Parmy tous les pesans coups qu'on luy donnoit et les durs deboutemens qu'on luy faisoit, il fendit la presse à force de bras par les grans coups qu'il donnoit autour de luy, Perceforest, t. i, ^^4^, dans lacurne.

— ÉTYM. Débouter; provenç. debotomen; ital. diboltamento.

DÉBOUTER (dé-bou-té), v. a. Terme de procédure. Déclarer par arrêt une personne déchue d'une demande. Le tribunal l'a débouté de sa demande.

— HlST. XII* s. Mielz valt fiz à vilain qui est prouz e senez, Que ne fait gentilz huem failliz e débutez. Th. le mart. 63. || xiu* s. Et si porroit estre déboutés par l'autre partie de l'office du juge en celé quorele, BEAUM. 35. Tout chil qui poent estre débouté por vilain cas de crieme de tesmongnage porter, poent et doivent estie débouté d'avocations, id. v, (3. Se

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li pères estoit ehevaliers et il espousoit une serve, si seroient tuit li enfant serf qu'il aroit de 11, et seroient li enfant débouté de gentillece, beaum. xlv, «6. Or veons comment cil contre qui on veut prover, se pot defTendre et débouter le [la] proeve par le [laj quele on veut prover contre li, ID. ixxix, 22. Il disoient que, par nul droit, il n'en dévoient estre débouté qu'il ne partissent [partageassent] comme cousin ID. XIV, 38. Cels qui ont les cuers purs et mont Doivent tuit déguerpir le mont [le monde] Et débouter; Car trop covient à redouter Les ordures à raconter Que cbascuns conie, buteb. n, *.\\ xiv* s. Oui monstre bonne chiere.à moitiet est sauvez; Et li chetls couars est adès déboutez, Baud. de Seb. vin, 436. Il IV* s. Celle noble dame (Isabelle d'Angleterre] qui decbassée et déboutée estoit hors de son pays, FHOiss, I, I, 46. Donc quand iceluy seigneur se vit ainsi débouter de son heritaige par ses mauvais subjects, Bouciq. m, ch. 6. Laquelle fille la royne Ysabele, seur dudit roi Henry, deboutoit de la succession de Castille, disant que la mère l'avoit conceue en adultère, comm. v, 7. ||xvi*s. Craignant que sa fille n'eust des enfans qui le peussent un jour débouter du royaume, il la rendit religieuse à Vesta, AMTOT, Rom. 4. La nouvelle n'estoyt pas vraye, mais M. Valerius l'avoit controuvée pour le cuider deboutter de caste dedication.iD. PubLlt. Porsenna feit assaillir le mont de Janiculum si vivement que les gardes que l'on y avoit mis en furent déboutés, ID. ib. 3». Hz avoient l'authorité de débouter et priver un sénateur du sénat, ID. Calon, 3î.

— ETYM. Dé.... préfixe, et bouter; provenç. dehotar; ital. dibottare. Débouler, c'est proprement bouter de.... jeter hors.

DÉBODTONNÊ, ÉE (dé-bou-to-né, née), part, jiassé. Qui a les boutons de son vêtement défaits. Le roi, tout déboutonné, se leva de son prie-DJeu et descendit chez Monseigneur, si-sm. 84, 495. || Familièrement. Rire, manger à ventre déboutonné, c'est-à-dire avec excès. || Fleuret déboutonné, fleuret dont on a ôté le bouton.

DÉBOUTONNER (dé-bou-to-né), «. o.})!" Faire sortir les boutons hors de la boutonnière. Le petit suisse déboutonna son haut - de - chausses , bàuilt. Gramm. m. Elle s'approche, elle le déboutonne, LAFONT. Court. Il a* Déboutonner un fleuret, en ôter le bouton, de manière qu'il puisse servir d'épée. Se battre avec des fleurets qu'on a déboutonnés. || 3° Se déboutonner, v. réfl. Défaire ses boutons. Le cardinal de Bouillon, en se déboutonnant, en montra un [cordon bleu] qu'il portait par-dessous, st-sim. îoo, 470. Ce beau seigneur, tantfit qu'on a dîné, A mangé comme un diable et s'est déboutonné, scahron, Jodelet, III, s. Il On le dit aussi en parlant des vêtements. Mon habit s'est déboutonné, jj Fig. Dire sans réserve ou réticence ce qu'on pense. Suivit un autre tèle-à-tête où le duc se déboutonna sur tous ceus qui avaient part aux affaires, st-sib. 305, 224.

— HIST. XV* s. Tout déboutonné en une simple cote et sa chemise, affublé d'un mantel, fboiss. II, u, ïo. ||xvi*s. Croyez qu'ils beurent à ventre déboutonné, car en ce temps-là on fermoit les ventres à boutons, rab. dans le Dict. de dochez. Et cela se destachera de suite comme les derniers boutons après le premier desboutonné, d'aub. Hist. m, 494. J'engagerai le duc à mettre toute confiance en la bonté du roy et à se déboutonner, sully, dans le Dicl. de dochez. Comme je ne puis souffrir d'estre desboutonné et destaché, les laboureurs de mon voisinage se sentiraient entravez de l'estre, mont, i, 260.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et bouton.

DËBRAILLË, ËE (dé-bra-llé, liée, ii mouillées, et

non dé-bra-yé), pari. p(ws<. Il l°Dont la mise présente du désordre, du moins dans les vêtements qui couvrent le corps. X son cri, Junon éveillée Vint à lui toute débraillée, SCARRON, Gigantomachie , ch. viii. Leurs perruques d'étoupes, leurs hauts-de-chausses tombants, et leurs estomacs débraillés! mol. l'Àv. 11, 6. Ne verrai -je jamais les femmes détrompées De ces colifichets, de ces fades poupées Qui n'ont pour imposer qu'un grand air débrailléT reomard, le Joueur, I, 3. Je vis Pagon tout débraillé, assis la bouche ouverte, dans l'état d'un homme qui se meurt, st-sim. 87, m. Toujours débraillée et décoiffée, ). J. rouss. Conf. II. Il 2° Fig. Négligé et trop libre , en parlant des personnes et des manières. C'est un jeune homme débraillé. Des manières débraillées. Il Substantivement. U ne faut pas aller jusqu'au débraillé.

DÊBRAILLEB (SE) (dé-brâ-Ué, il mouillées, et '\on dé-br&-yé), V. réft. Ijl" Déranger d'une manière peu convenable les vêtements qui couvrent la poiiriue et le vealra. Use débraillé à chatiuc instant.

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Il *• F. a. Rendre débraillé, déranger la mise. Pourquoi ne pas débrailler ce saint? Pourquoi n'envois-je ni la poitrine ni le cou? dider. Salon de 4766, Œuvres, t. XIII, p. 89, dans pougens.

— HIST. XVI" s. Tout esbraillé et destaché comme s'il venoit de la garderobbe, mont, i, 338.

— ÉTVM. Dé.... préfixe, et braiet : débraillé ou esbraillé, c'est proprement avoir ses braiet mal attachées. Le changement de te en H mouillées peut faire naître quelque doute; mais il était facilité par l'ancien mot braiel, ceinture qu'on mettait audessus des braies.

t DÊBRAISAGE (dé-brê-za-j'), ». m. Voy. DÉ-

BRAISEMRNT.

t DÉBRALSEMENT(dé-bre-ze-maD), (. m. Action de débraiser un four.

t DÉBKAISER (dé-brê-zé), v.a. Enlever la braise d'un four qu'on a chauffé.

— ETYM. Dé.... préfixe, et braise.

t DEBRAYAGE (dé-bré-ia-j), s. m. Action d'enlever un enduit de brai.

— ETYM. W.... préfixe, et brai.

DÉBREDOUILLE. ÉE (dé-bre-dou-llé, Uée, Il

mouillées, et non dé-bre-dou-yé), part, passé. Me voilà débredouillé.

DÉBREDOUILLER (dé-bre-dou-llé. Il mouillées, et non dé-bre-dou-yé), v. a. || 1* Terme de jeu de trictrac, ôter la bredouille à son adversaire. || Kig. et familièrement, changer en bien une chance longtemps contraire. Ces trois jours ont débredouiUé le chevalier; c'est le premier bien qu'il ait reçu, s£v. 454. Il 2°Se débredouiller, V. réft. S'Ater la bredouille.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et bredouille.

DÉBRIDÉ, ÉE (dé-bri-dé, dée), part, passé. Les

chevaux débridés et dessellés.

t DÉBRIDÉE (dé-bri-dée) , s. f. Ce qu'on paye dans une auberge pour son cheval, quand on ne s'y arrête que pour le faire manger.

— ÉTYM. Débridé.

t DÉBRIDEMENT (dé-bri-de-man), ». m. || 1" Action de débrider, d'ôter la bride à un clie\al. Il S* Terme de chirurgie. Opération consistant à enlever les brides ou filaments dont la présence dans une plaie met obstacle à la libre sortie du pus. Il Opération consistant à diviser un tissu membraneux ou aponévrotique qui comprime les plaies, ou à agrandir une solution de continuité pour donner issue à la suppuration.

— ETYM. Débrider.

DÉBRIDER (dé-bri-dé), c. o. || !• ôter la bride à un cheval, à une bête de somme. || Absolument, ôter la bride avec l'idée de halte. Nous débriderons à deux lieues d'ici. || Fig. et familièrement. Sans débrider, sans interruption. 11 a travaillé, il a dormi sept heures sans débrider. || Débrider, faire une chose avec précipitation. Il a bientôt débridé son bréviaire. Je ne joue plus, la bassette ne m'est plus de rien; je songe un peu à l'autre vie; je ne tuais personne ; mais à grand' peine disais-je mon bréviaire, et plus d'une fois j'ai quitté le jeu pour aller débrider vêpres, et puis retourner quêter un sonica. Journal ou Suite du voyage de Siam des pères jésuites, 9 juillet 4686, t. III, p. 90. Il Populairement, manger goulûment. Il eut bientôt débridé ce qui était sur la table. || 3" Terme de carrier. Détacher le câble de la pierre, lorsqu'elle est arrivée au haut de la carrière. Il 4° Terme de chirurgie. Pratiquer l'opération du débridement.

— HlST. XVI* s. Nous voyons les tyrans débridés : sur cela il nous semble que Dieu n'a plus moyeu de nous sauver, calvin, 246. Nous reprouvons seulement les appétits desbridez et desordonnez, id. Instil. 468. Licencedesbridée, id. ib. 927. Ne débridez pas si viste , seigneur Pastorelli, va dire le seigneur Alphonse, je vous vays renvoyer chez vos parents, CHOLIÈRES, Contes, t. u, après dinée 8. Un cheval desbridé, amyot, P. jEin. 29. Leur langue estant orde ou aspre et desbridée à proférer paroles indignes, ID. Comm. refréner la colère, 4».

— ETYM. Dé.... préfixe, et bride.

t DËBRIDEUR (dé-bri-deur) , t. m. Terme de carrier. Ouvrier qui débride. || Fig. et familièrement, celui qui débride l'ouvrage, qui l'expédie rondement.

— ETYM. Débrider.

t DÉBRILLANTEH (dé-bri-llan-té, tt mouillées), V. a. ôter le brillant

— ETYM. Dé.... préfixe, eibrillant.

DÉBRIS (débri;r»se lie : un dé-bri-z affreux), s. m. Il !• Reste d'une chose brisée. Du débris d'un vieux vase, autre injure des ans, la font. Phil. et Baucis. Tout k coup elle aperçut les débris d'un navire qui venait de faire naufrage, des bancs de rameurs mis eu pl^cuD, d^s rames écartées (à et làsur

le sable, fék. Tél. 1. Aussitôt scus leurs pieds les tables renversées Font voir un long débris de bouteilles cassées, boil. Sat. in. Quel débris parle ici d« votre résIslanceT rac. Iphig. iv, 4. Les pilotes qui se formèrent sous ses yeux, découvrirent en 4t<» Madère, que quelques savants ont voulu regarder comme un faible débris de l'Atlantide, raynal, Hist. phil. I, 4. Sur un débris é;iars d'armes étincelantes, LEBRUN, Ode», I, 6. Quoil ces monuments chéris. Histoire De notre gloire, S'é< rouleraient en débrisT bErano. Gaul. Il 2* Fig. Ce qui reste de ce qui a été détruit. Et cet asile ouvert aux illustres proscrits Réunit du sénat le pr*^cieux débris, corn. Sertor. 1 , 4 . Il règne sur le débris et sur les ruines de sa fortune, ritcu. 11, 48. Le triste débris d'une réputation que vous lui avez arrachée, id. Serm. I, 338. Vous, réduit à vivre tristement du débris de l'héritage de vos pères, id. .S'ernt. 11, 202. Il avait recueilli trois cents écus d'or du débris de son patrimoine, id. Kt'e de Commendon, i, 6. Non, je ne prétends point, cher Arbate, à ce prix. D'un malheureux empire acheter le débris, bac. Mithr. i, 4. [Il] Pondait sur trente f:tats son trône florissant Dont le débris même est un empire puissant, id. tii. m, 4. Une vieillesse endurcie qui, dans le débris d'un corps usé et à demi mort, nourrit des passions encore toutes vivantes, hass. Or. (un. U. de Villars. L'insensibilité s'y élève sur les débris de votre culte, ID.. Car. télanges. Ce prince [Valerius], après avoir mis le feu à ses vaisseaux, retourna par terre en Macédoine, menant avec lui les tristes débris de ses troupes presque entièrement désarmées et dépouillées, ROLUN, Hitl. anc. Œuvres, t. viii. p. 4 09, dans POUGENS. J'ai forcé le débris de leurs armées de s'enfermer dans leurs places, vehtot, Kévol. rom, liv. III, p. 264. J'ai resté plus d'un an en Italie, oA je n'ai vu que les débris de cette ancienne Italie si fameuse autrefois, montesq. Lettr. pers. 4 12. Misérables débris delagrandeurhumaine, volt. Triumv. 1, 4. Déïphobe soudain frappa ses yeux surpris. De la race des rois misérable débris, delille, Enéide, \i. Les Vesiales traînèrent encore quelque temps dans l'indigence et dans la douleur le débris de leur considération, Hist. des yest. dans desfontaines. X cela Davoust répliquait par son horreur naturelle pour toute espèce de désordre : elle l'avait d'abord porté à vouloir régulariser cette fuite; il s'était efforcé d'en couvrir les débris, craignant la honte et le danger de laisser à l'ennemi ces témoins de notre désastre, ségur, Hist. de Nap. ix, 9. || Absolument. S'il eilt fallu périr sous un fameux débris. Je l'eusse appris de vous, ou je vous l'eusse appris, CORN. Sopho». m, 6. Et pour lui la grandeur n'est pas d'assez haut prix, S'il ne s'y voit monter par un fameux débris, brébeuf, Phars. 1. || 3° les restes d'une chose consommée. Les débris d'un repas, d'un pâté. Au moment où sa bouche. Comme un gouffre profond, revomit sur sa couche Parmi des flots de sang la chair des malheureux. Effroyable débris de son festin affreux, deulle, Enéide, m. Il 4° Action de briser, perte, destruction, ruine; en ce sens il ne s'emploie qu'au singulier. Si peu, que la moindre chose De son débris serait cause [serait cause que lui, pot de terre, serait brisé], la font. Fabl. T, 2. Qui de la créature embrasse les appas Trébuchera comme elle et suivra pas à pas D'un si fragile appui le débris infaillible, corn. Imit. il, 7. Et sauve ma maison du débris de Carthage, mairkt, U. d'Asdrub. II, 4 . Ni le commun débris de loute la nature Ne m'étonnerait pas comme cette aventure, botr. Bélis. IV, 8. Hélasl souhaitez-vous le débris de l'empire. Et, s'il sepeutencor, quelque chose de pire? ID. ib. iv, 6. Qui pourrait sans frémir voir le débris du monde, Voir la confusion de la terre et de l'onde? brKbeuf, Pharsale, u. Bientôt de notre fourbe on verra le débris. Si vous continuez des sottises si grandes, mol. retour, iv, 6. Il donne comme dans un écueil dans les erreurs sociniennes, il s'en retire avec peine tout brisé pour ainsi dire, et ne se remet jamais de ce débris, Boss. dans le Dict. de DOCHEZ. Les royaumes sortis du débris de ce premier empire, BOss. Hxst.wi, 4. C'est [l'état monastique] un moyen de faire fortune, de vivre dans une honorable oisiveté, de se sauver du débris de sa famille, fl£ch. i, p. 4)9. On verra les abus par ta main réformés, La licence et l'orgueil en tous lieux réprimés. Du débris des traitants ton épargne grossie, BOIL. É)). I. Je fondais mon bonheur sur le débris des lois, BAC. Bérén. tl, 2. U n'a point dùtournô ses regards d'une fille, Seul reste du débris d'une illustre famille, id. Brit. u, 3. Convenons qu'au milieu de la dépravation et de U décadence des mœurs publiques, le monde a encore sauvé du débiij, des

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restes d'honneur et de droiturn, mass. Petit car. Gloire. 11 est resté & l'homme, du débris de son innocence, certains penchants de gloire, de plaisirs, de vérité, qui sont comme les espérances de son rétablissement, ID. St Thomas d'Aquin. Nous nous hâtons de profiter du débris les uns des autres, mass. Car. Mort. Au milieu du débris de tout ce qui nous environne, nous nous sauvons encore dans l'avenir, ID. Or. fun. Dauphin. Sa gloire seule [de Dieu] s'élèvera sur le débris de toutes les grandeurs humaines, ID. Prof. rel. ». Cet enfant sauvé du débris, qui lui rappelle [à Louis XIV] la perte encore récente de tant de princes, iD. Or. fun. Louis le Grand. Sur tout ce qui regarde cette passion chérie que nous avons comme sauvée du débris de toutes les autres, ID. Avent, Épiph. Établir sur le débris des idoles la connaissance du Dieu véritable, id. Avent, Le jour de Noël. Il 5° Poétiquement, les restes mortels de l'homme. Là reposent les débris de nos aïeux. Ce potentat jadis si grand, si vénérable, N'est plus qu'un tronc sanglant, qu'un débris déplorable , dk- LiLLE, .Én^tde,:i. Il 6° Anciennement, dommage, ce qui se casse et se brise en une maison où beaucoup de monde aborde. Quand le roi logeait quelque part, il faisait payer tant pour le débris.

— REM. Lamartine a écrit débri pour la rime : Et les peuples, poussant un cri, Comme un avide essaim d'esclaves Dont on a brisé les entraves , Se sauvent avec un débri, Harm. iv, <t. C'est une faute; débris venant de briser ne peut perdre l't.

— HIST. XVI' s. Le but de tant que nous sommes qui voulons avoir part au débris du roiaume, est.... d'aub Hist. III, 44. Le butin fut grand, pource que, sur le débris de l'armée, plusieurs qui voioient plier leurs drapeaux.... id. ib. 45.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bris.

t DÉBROCUAGE(dé-bro-cha-j'), s. m. Action de débrocher.

t DÉBROCIIE. ËE (dé-bro-ché, chée) ,part. passé. Les volailles débrochées.

I DÉBROCHEK (dé-bro-ché), «. a. Retirer de la broche. || ôter les mèches ou les chandelles de dessus les broches, || Enlever la couverture d'un livre broché.

— HIST. XVI' S. [Ils ont] Embroché l'autre [partie] et cuite peu à peu De tous costés à la chaJeur du feu. L'ont desbrochée, en des paniers l'ont mise....

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et broche.

+ DÉBROOILLABLE (dé-brou-lla-bl', H mouillées), adj. Oui peut être débrouillé, éclairci.

— ETYM. Débrouiller.

DÉBROUILLE, ÉK (dé-brou-Ué , liée, Il mouillées, et non dé-brou-yé), part, passé. Qui n'est plus brouillé, emmêlé. Un écheveau débrouillé. || Qui n'est plus confondu, en désordre. Des papiers débrouillés. Il Qui est éclairci. Une affaire débrouillée. Il Qui a acquis des lumières, qui sait discerner. Son esprit est tellement débrouillé qu'elle n'est ignorante sur rien, sÉv. 428.

HÉ8R0D1LLEMENT (dé-brou-lle-man , Il mouillées, et non dé-brou-ye-man) , s. m. Action de démêler une chose embrouillée. J'attends de votre génie le débrouillement de tout ce chaos, volt. Lett. à Cath. <26. Âces causes particulières [de variations dans la langue française] se joindraient les causes générales, qui, chez toutes les nations, ont amené une sensible différence entre la changeante rapidité des épnques de formation et de débrouillement, et la durée de l'époque dernière, où une langue qui semble fixée se développe encore sans s'altérer et acquiert sans rien perdre, viLLEitAiN,/Jic(. de l'Acad. Préface, p. viii.

— ÉTVil. Débrouiller.

DÉBROUILLER (dé-brou-llé. Il mouillées, et non dé-brou-yé), u. a. || 1° Démêler ce qui est embrouillé. Débrouiller du fil, de la soie. HU* Mettre en ordre ce qui était en confusion. Débrouiller des papiers, des pièces. || 3° Fig. Tirer hors de la confusion. DéorouiUons ce mystère et sachons notre sort, mol. Amph. m, 4. Rien ne lui put débrouiller le mystère, LA FONT. Conf. Pour moi, je suis persuadée que le roi, c'est-à-dire Dieu par lui surmontera tous ses ennemis, et débrouillera tous les nuages qui Daraissaient si noirs et si prêts à fondre sur nous, iÉv. 30 mars 4689. il débrouillera tout ce mélange de passion et de raison , il séparera l'une d'avec l'autre, bourdal. Jugem. dem. t" avent, p. 80. Il n'y a donc qu'à débrouiller le revenu de chacun, afin de voir comment il doit être taxé, vaub. Dime, p. 67. Villon sut le premier, dans ces siècles grossiers. Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers, BoiL. Art p. I. Il est instruit de la guerre des

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géants; il débrouille même l'horrible chaos des deux empires, le babylonien et l'assyrien; il connaît à fond les Égyptiens et leurs dynasties, la bruy. v. Tout s'arrange, et l'Être suprême D'un mot débrouille ce chaos, lamottb. Odes, t. i, p. 4 29, dans pougens. Les notions et les principes qu'un dictionnaire ne peut débrouiller à chaque mot, d'oliv. Préface. S'il veut débrouiller l'antiquité de sa noblesse qui remonte aux temps les plus reculés, il enverra chercher un bénédictin, volt. Jeannot et Colin.\\ 4° Ôter ce qui brouille, ce qui rend terne ou trouble. Pour animer ses yeux et débrouiller ses traits, il fallait qu'il parlât, marmont. Mém. liy. vi, t. ii, p. H3, dans pouoENS. || 6° Se débrouiller, v. réfl. Devenir moins confus, plus facile à comprendre. Le sens de cette phrase se débrouille. Les afl'aires se débrouilleront. Un embarras qui a continué et qui ne s'est pu débrouiller, pasc. dans cousm. || Terme de marine. Se débrouiller, se dit du temps qui s'embellit. Le ciel commença à se débrouiller et nous fit voir de plus belles apparences que jamais, voit. Lett. 6(.|| Familièrement. Laissons-le se débrouiller, laissons-le se tirer comme il pourra de l'embarras où il est. Il Se débrouiller, se dit aussi de l'intelligence qui vient à mesure que l'on s'instruit ou que l'on gagne de l'expérience. Cet enfant se débrouille peu à peu. Les hommes regardent les lumières involontaires [de ceux qui leur rendent un service] comme une injure , et le tout de bonne foi , sans connaîtra leur injustice; car ils ne se débrouillent pas jusquelà, MARIVAUX, Uarianne, 5' partie. || Avec suppression du pronom personnel. Je crois que vous vous divertissez à voir débrouiller leur petite raison, sÉv. t2 juin <67B.

— msT. XVI' s. Sa pensée desbrouillée et desbandée [libre, à l'aise], mont, i, 94. [Dieu] Débrouilla ce caos, où d'une horrible guerre Ensemble combattoient le feu, l'onde, la terre, du bellay, m, 64, verso.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et brouiller.

t DÉBROUILLEUR (dé-brou-Ueur , Il mouillées , et non dé-brou-yeur) , s. m. Celui qui débrouille. Grand débrouilleur d'un cas obscur. Et grand devineur du futur, scarron, Virg. trav. v. Le Rump [le croupion , le long parlement d'Angleterre] ne songeait qu'à se perpétuer en attendant les événements, grands débrouilleurs de la politique, chateaub. Stuarts, 260.

— ÊTYM. Débrouiller.

t DÉBRÛLÉ, ÉE (dé-bru-lé, lée), adj. Ancien synonyme de désoxygéné.

IDËBRClER (dé-bru-lé), v. a. Terme de chimie. Ancien synonyme de désoxygéner, quand brûler l'était d'oxygéner.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et brûler.

t DÉBRUTALISER (dè-bru-ta-li-zé), v. a. ôter la grossièreté, l'impolitesse. C'est Mme la marquise de Rambouillet qui a fait débrutaliser, vaugel. Rem. Not. Th. Corneille, t. n, p. 838, dans pougens.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et brutal.

DÉBRDTI, lE (dé-bru-ti, tie), part, passé de dé-

brutir. Un diamant débruti.

DÉBRUTLR (dé-bru-tir), v. a. ôter la partie brute, commencer à la polir. Débrutir une glace.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et brut.

DÉBRCTISSEMENT (dé-bru-ti-se-man), s. m. Action de débrutir; le résultat de cette action.

— ÉTYM. Débrutir.

DÉBUCHER (dé-bu-ché). || 1° V. n. Sortir du bois ou du buisson, en parlant du gros gibier. Le cerf a débuché. Voilà d'abord Le cerf donné aux chiens; j'appuie et sonne fort; Mon cerf débuche et passe une assez longue plaine, Et mes chiens après lui.... MOL. Fdch. II, 7. Il Substantivement, sortie de la bêle de son fort. Sonner le débucher. || Fig. D'Effiat ne voyait que des gens obscurs, fort particulier, obscur à Paris; avec des créatures de même espèce, débuchant parfois en bonne compagnie courtement, car il n'était bien qu'avec ses grisettes et ses complaisants, ST-siM. 398, 86. Il 2' F. o. Faire sortir une bête fauve de son fort.

— REM. 1. L'Académie écrit embûcher et débucher, mots qui, de même radical, devraient s'orthographier de même. || 2. Ce verbe se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il exprime l'action : le cerf a débuché; avec l'auxiliaire ^(re, quand il exprime l'état: le cerf est débuché depuis longtemps.

— HIST. XIII' s. Fors del bois estoit desbuchiez Et s'en fuit vers l'eve corant, Ren. 224)0.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bûche (voy. ce mot), dit pour bois, ou plutôt husche, autre forme de bois {bosc dans bosquet); picard, débuquer, courir, s'enfuir.

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t DÉBUSCABLE (dé-bu-ska-bl'), adj. Qui peut être débusqué.

— ÉTYM. Débusquer.

DÉBUSQUÉ, ÉE (dé-bu-ské, skée), part, passé. L'ennemi débusqué du poste qu'il occupait.

DÉBUSQUEMENT (dé-bu-ske-man) , s. m. Action de débusquer. || Fig. Tout le monde parait content du débusquement [renvoi d'une place] de M.... volt.j Lett. Tabareau, octobre 1768. i

— ÉTYM. Débusquer I. j t. DÉBUSQUER (dé-bu-ské). || 1° 7. a. Chasser,

d'un poste avantageux. || Fig. Déposséder quel-v qu'un d'un emploi , le chasser d'un poste. || 2° F. n. Terme de chasse. Sortir du bois, en parlant du loup.

— HIST. xiii's. Maté fussent et recréant Cil delà, n'en eschapast pié. Quant d'un val se sont desbuchié Plus dédis mile escorpions, Ren. 24480 || xvi* s. Bruyans et bourdonnans comme trompes et tabours pour annoncer qu'il faut débusquer pour aller aux champs, paré. Animaux, e. Le comte Roquendolf, de ce irrité, débusqua avec toute sa trouppe, m. du

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