BELL. B
— ÉTYM. Autre prononciation de débucher {déftuscher); picard, déboker; génev. déboquer quelqu'un, le déplacer.
t 2. DÉBUSQUER (dé-bu-ské), v. a. Diminuer ou supprimer le buscage d'une jupe.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et buse.
DÉBUT (dé-bu; le t se lie: un dé-bu-t- heureux; au pluriel, Vs se lie : des dé-bu-z heureux), s. m. Il 1° Premier coup à certains jeux, comme au mail, à la boule, au billard, pour savoir qui jouera le premier. Faire un beau début. || Fig. Les voilà seuls, et, pour le faire court, En beau début, la font. Orais. Il Au jeu de boule, être en beau début, se dit d'une houle qui, étant au but ou près du but, peut en être facilement écartée par un adroit coup de boule. Cette boule est en beau début. || 2' Fig. Commencement d'une affaire, d'un ouvrage, d'un discours. Le début fut heureux, mais l'affaire a mal tourné. Que le début [du poème] soit simple et n'ait rien d'affecté , BOIL. Artpoét. m. || Terme de diplomatique. Formule initiale d'une charte , d'un diplôme , d'une bulle , d'un acte ecclésiastique. || 3° Entrée dans une carrière. On réussit rarement dès le début. || 4* Premier omrage d'un auteur. Œdipe est le début tragique de Voltaire. |] B° Premiers essais d'un acteur sur le théâtre. Pour le théâtre ayant quitté l'aiguille, Â mon début Craignant quelque rebut, bérang. B. fille.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et but. Le début, c'est au jeu déboule l'action de tirer de bu(, dulieu ouest le but; de là le sens de commencement, le début étant un commencement pour le joueur de boule.
DÉBUTANT, ANTE (dé-bu-tan, tan-t'), s. m. et/". Celui, celle qui débute sur un théâtre. {| Familièrement. C'est un débutant, un homme sans expérience. Il Se dit aussi, en général, de tous ceux qui entrent dans une carrière, qui font pour la première fois un travail. Un débutant dans la carrière des lettres.
DÉBUTÉ, ÉE (dé-bu-té, tée), part, passé. Boule débutée, chassée du but, d'auprès du but.
DÉBUTER 'dé-bu-té), v. n. Hl" Jouer le premier coup au mail, à la boule, au billard, etc. Mal débuter. Celte fois, c'est à moi à débuter. || 2° Fig. Commencer. Il débuta par des invectives. Ce poème débute par une invocation. La belle galanterie que la leurl quoil débuter par le mariage? mol. Préc. B. Par où lui débuter? MOL. Wp. am. m, 4. |{ 3° Faire ses premiers pas dans une carrière, dans une entreprise, etc. Débuter dans les sciences, dans les lettros. Dans le crime il suffit qu'une fois on débute; Une chute toujours entraîne une autre chute, boil. Sat. X. Il Débuter dans le monde, y paraître pour la première fois. Il a été mal élevé, et il a le malheur de débuter seul et sans guide dans le monde, m'"'de GENLis, Ad. et Théod. t. m, lett. H. || 4''Au passif et impersonnellement. C'est bien, c'est mal débuté, le commencement, le début est heureux, malheureux, se dit au propre et au figuré. Achève, Petit- Jean , c'est fort bien débuté, bac. Plaid, m, 3. Il B' Absolument. Jouer pour la première fois sur un théâtre. Elle aspire à débuter dans le tragique, et elle vaut la peine que vous lui donniez des leçons, MARMONT. Mém. IV. Il Donner son premier ouvrage. Il 6° F. a. Éloigner du but. Débuter une boule.
— ÉTYM. Début.
■j- DEÇA (dé-ka). Préfixe qui, joint au nom des mesures du système métrique, désigne une unité dix fois plus grande que l'unité génératrice : décalitre, decastère, décagramme, décamètre, dix litres, dix stères, dix grammes, dix mJ^ires,
— ÉTYM. Aixa, dix (voy. DIX).
DEC
DKÇX (de-sa), loc. prép. || l'De ce côté-ci, par opposition à delà, qui signifie de ce cAté-là. Deçà et delà la rivière, les habitudes et le langage diffèrent beaucoiip. La Provence est deçà les Alpes. Il Loc. adverb. Etre assis jambe deçà, jambe delà, une jambe d'un côté, une jambe de l'autre, à califourchon. Il 3° Deçà et delà, loc. adv. De côté et d'autre. Peuples qui erraient deçà et delà sur des chariots, boss. llist. ii, 7. Des chiens courants l'aboyante famille Deçà delà parmi le chaume brille, PEBBAULT, Grisetidis.\\3° De deçà, par deçà, loc. prép. De ce côté-ci. De deçà, par deçà la montagne. Il De deçà, par deçà, loc. adv. Rester de deçà. Venez par deçà. Il n'y a point de conquête delà le Khin ni delà le Danube qui vous dût pleinement satisfaire, et toute l'Allemagne ne vaut pas un faubourg de deçà, voit. Lett. 67. Excellents ministres des hautes puissances étrangères , ne vous fiez point trop à vos amis de deçà, p. L. coun. Lett. x. || 4" En deçà de, loc. prép. De ce cÔté-ci de. Il demeure en deçà du pont. Il Fig. Accoutumez votre fille à se réjouir en deçà du péché, et à mettre son plaisir loin des divertissements contagieux, fén. t. xvii, p. <26. || En deçà, loc. adv. Être situé en deçà.
— REM. Au deçà dans le sens de : au delà : S'il ne la dépeint belle et sage Au deçà de la vérité, malh.
III, 3 Qu'on passe deux fois Au deçà du rivage
blême, id. vi, <7. Au deçà ne s'emploie plus en ce sens, et avec raison; car c'est pécher contre le sens propre de çà.
— HlST. XII* s. Quant il vous a deçà les pors [portes, passages] laissez, Bonc. p. 89. || xni* s. 11 n' [y] a si bêle femme deçà ne delà mer, Berte, m. Car s'ele ne fust morte, deçà [elle] fust retournée, ib. civ. Il XIV* s. Et l'une partie de l'ame le trait de sa et l'autre de là, oresme, Eth. 268. Des anemis avés par dechà par delà : Se en aquerés plus, grant folie sera, Baud. de Seb. x, <oio. || xv* s. Lors cuiderent bien les cardinaux cstre tous morts, et s'enfuirent pour sauver leurs vies l'un deçà, l'autre delà, Fnoiss. II, II, 20. Et qu'il y avoit plusieurs gens en Angleterre qui desiroient la guerre par deçà [contre la France], comm. iv, 7. Si ceulx-ci qui vindrent faire l'allyance du roy de Portugal de par deçà, ID. V, 7. Ilxvi's. Les abeilles pillotent deçà delà les fleurs, mont, i, <e2. St Hilaire, estant en Syrie, fut adverti que sa fille, qu'il avoit laissée par deçàavecques sa mère.... id. i,25t. Ceuli ci sont, par manière de dire, au deçà des accidents; les aultres au delà, id. i, 388. Dedans toutes ces provinces, qui sont au deçà de Constantinople, qui toutes ensemble sont aujourd'hui appellées la Romanie, il y a beaucoup plus de chrestiens que de Turcs, lanoue, 436. Nos petites armées de par deçà [de nos pays],
— ÉTYM. De, et çà; bourguig deçai.
tDÉCABRACUlDE (Jé-ka-bra-chi-d'), adj. Terme
de zoologie. Qui porte dix appendices en forme de petits bras (les céphalopodes).
— ÊTYM. Aixa, dix, et ppaxtuv, bras.
tDËCACANTUE (dé-ka-kan-f), adj. Terme de
botanique. Pourvu de dix épines.
— ÉTYM. Aéxa, dix, et ôxav9a, épine.
t DÉCACÈRK (dé-ka-sê-r"), adj. Terme de zoologie. Qui a dix cornes ou tentacules.
— ÊTYM. AÉxa, dix, et xépa;, corne.
t DÉCACUETABLE (dé-ka-che-ta-bl'), adj. Qui peut être décacheté.
— ÉTYM. Décacheter.
t DÉCACIIETAGE (dé-ka che-ta-j') , s. m. Action de décacheter.
— ÉTYM. Décacheter.
BÉCACUETÉ, ÉE (dé-ka-che-té, tée), part, passé. Lettre décachetée.
t DÉCACHÈTEMENT (dé-ka-chè-te-man), t. m. Action de décacheter.
— ÉTYM. Décacheter.
DÉCACHETEU (dé-ka-che-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je décachette; je décachetterai; il faut prendre garde à la prononciation du présent, je décach'te, il décach'te; prononciation très-vicieuse et très-commune), «. o. Rompre un cachet, ouvrir ce qui était cacheté. Décacheter une lettre. Jamais amant n'a fait tant de trouble éclater Au poulet renvoyé sans le décacheter, mol. Éc. des maris, li, U. Les prêtres [païens] n'étaient pas scrupuleux jusqu'au point de n'oser décacheter les billets qu'on leur apportait; il fallait qu'on les laissât sur l'autel, fonten. Oracl. i, 44. || Se décacheter, V. réfl. Perdre le cachet, s'ouvrir. Votre lettre s'est décachetée en route.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cacheter.
t DÉCACUORDE (dé-ka-kor-d'), s m. Terme
DEC
d'antiquité. Instrument de musique à dix cordes, dit aussi harpe de David.
— ÉTYM. Ai/.a, dix, et yjmlxi, corde.
tDÉCADACTYLE (dé-ka-da-kti-l'), adj. Terme de
zoologie. Qui a dix doigts.
— ÉTYM. Ai'xa, dix, etJâxTuXoc, doigt.
t DÉCADAIRE (dé-ka-dê-r") , adj. Qui se rapporte aux décades du calendrier républicain.
—ÉTYM. Décade.
DÉCADE (dé-ka-d"), ». f. || 1* Dizaine. Les racines grecques ont été divisées par décades, c'est-à-dire par groupes de dix vers. || Les Décades de Tite-Livo, titre de l'histoire de Rome composée par Tite-l.ive, et ainsi nommées, parce qu'elles contenaient chacune dix livres. Je travaillai sur la langue grecque et sur la neuvième décade de Tite-Live, retz, iv, 286. Il 2° Espace de dix jours. Les mois grecs étaient divisés en décades. La décade républicaine, période qui dans l'ancienne république française avait remplacé la semaine. || 3° La Décade philosophique, journal politique et littéraire commencé le 40 floréal an II, et continué jusqu'en (807, ainsi nommé parce qu'il paraissait chaque décade.
— HiST. XIV* s. Vous me commendastes que les trois décades de Titus Livius ge translatasse de latin en françois, bercheure, f°4.
— ÉTYM Aexàç, dixaine.
t DÉCADENASSER (dé-ka-de-na-sé), v. a. Enlever un cadenas. Décadenasser une porte.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et codenos.
DÉCADENCE (dé-ka-dan-s') , *. f. || I' État de ce
qui commence à choir, à tomber. Cette maison tombe en décadence. Que j'aime à voir la décadence De ces vieux palais ruinés. Contre qui les ans mutinés Ont déployé leur insolence, st-amand, Ode sur la solitude. Les plus fermes bâtiments tombent enfin en décadence, desc. Monde, 3. ||Cet emploi, au propre, est maintenant peu usité. || 8* État de ce qui déchoit, au propre. Rimeurs en état si piteux Ne doivent rompre le silence ; Car d'un corps faible et langoureux L'esprit ressent la décadence, chaul. X Courtin et à TfoU. Le soleil, comme nous, marche à sa décadence, lamaht. Uéd. i, 6 || 8* Fig. En parlant des choses abstraites. Toutes les institutions étaient allées en décadence, boss. Ré[ut. Depuis ce malheureux moment, tout alla visiblement en décadence, et les affaires furent sans retour, id. Tlet'ne d'Anglet. Les églises d'Orient sont dans une grande décadence, id. Avert. 3. Les affaires vont en décadence, ID. Hist. H, 4. Après plusieurs raisons de la décadence des esprits qu'apportait ce philosophe introduit ici par Longin, boil. I.ongin, Sublime, Rem. sur le chap. 35. La santé ruinée, des affaires en décadence, MASS. Car. Élus. La décadence de nos forces entraîne celle de notre jugement, volt. Dial. VII, 2. César pour rétablir l'Ëiaten décadence, id. Triumv. n, t. Ce n'était pas un État qui fût dans la décadence, qu'il entreprit de renverser, mais un empire naissant, montesq. Esp. x, 4 3. Et le destin jaloux des suprêmes puissances Dans leurs plus hauts progrès trouve leurs décadences, brébeuf, Pharsale, 1. 1| Décadence .se dit quelquefois absolument de l'abaissement des choses littéraires, intellectuelles, scientifiques. La décadence fut produite par la facilité de faire et par la paresse de bien faire, par la satiété du beau et par le goût du bizarre. N'espérez pas rétablir le bon goût; nous sommes en tout sens dans le temps de la plus horrible décadence, VOLT. Lett. la Harpe, 23 avril 4770. || Absolument. La décadence, l'époque de la littérature latine qui comprend les derniers siècles de l'empire romain. Les poètes de la décadence.
— SYN. 1* DÉCADENCE, DÉCLIN. La décadeuce est l'état de ce qui va tombant; le déclin, l'état de ce qui va baissant. La décadence amène la chute et la ruine; le déclin mène à l'expiration et à la fin : la décadence des empires, le déclin de la vie. Si on dit : l'empire romain était en décadence, cela exprime qu'il se ruinait et tombait peu à peu, on le compare à un bâtiment qui s'écroule; si Tondit: l'empire romain était à son déclin , cela exprime qu'il approchait du terme de son existence ; on le compare à un corps organisé qui finit de vivre. || 2* dé- CADnNCE, RUINE. Ces deux mots diffèrent en ce que le premier prépare le second, qui en est ordinairement l'effet. La décadence de l'empire depuis Théodose annonçait sa ruine totale.
— HIST. XVI* s. Ils ne sont pas tresbuchez du premier coup en extrémité, mais sont allez en décadence par certains degrez, calv. Instit. 841. Trailtant de l'origine des royaumes, pour quelles causes ils diminuent, et qui leur apporte finale décadence et totale ruine, amïot, iforai. Épil. p. to. Voylà
DEC
un pas en arrière; je reculeray d'un auitre.... si coyement qu'il me fauldra estre aveugle, avant que je sente la décadence de ma veue, mont, iv, i»2. le ne leur ai tesmoigné de mon affection [ à des maîtresses] que ce que j'en sentois, et leur en ay représenté nalfvemeiit la décadence, la vigueur et la naissance, les accez et les remises, id. m, 376.
— ÉTYM. Bas-lat. decadentia, qui a donné dans les temps modernes décadtnce, et, à l'origine de la langue, déchéance (voy. ce mot).
DÉCADI (dé-ka-di), i. m. Le dixième et dernier jour de la décade dans le calendrier républicain, jour de repos qui répondait à notre dimanche.
— ÉTYM. Déca (îéxot), dix, et di, du latin diet, jour.
t DÉCADISER (dé-ka-di-zé) , V. a. Fêter le décadi.
— ÉTYM. Décadi.
t DÉCAÈDRE (dé-ka-è-dr'), adj. Terme de géométrie. Qui a dix faces. || Substantivement. Un décaèdre, un solide de dix faces.
— ÉTYM. Aexa, dix, et 8îp«, face, siège (comp. sedere. seoir).
t DÉCAFIDE (dé-ka-fi-d'), adj. Mot hybride, formé du grec Stxa, dix, et du latin findere, fendre (voy. dëcemfidb) .
t DÉCAOONAL, ALE (dé-ka-go-nal, na-1'), adj. Terme de géométrie. Qui a dix angles. Figure décagonale. || Dont la base est un décagone. Pyramide décagonale. Prismes décagonaux.
— ÉTYM. Décagone.
DÉCAGONE (dé-ka-go-n"), ». m. || 1* Terme de géométrie. Figure qui a dix angles et dix côtés. Il Adjectivement. Un bassin décagone. {| 2* Terme de fortification. Place munie de dix bastions.
— ÉTYM. AexâYt'voc, de £éxa, dix, et fûvoç, angle.
DÉCAGRAHHE (dé-ka-gra-m*) , ». m. Poids do dix grammes.
— ÉTYM. Aéxa, dix, et gramme.
t DÉCAGYNE (dé-ka-ji-n'), adj. Terme de botanique. Qui a dix pistils. Fleur décagyne.
— ÉTYM. Aéxa, dix, et^wT), femelle, pistil.
t DÉCAGYNIE (dé-ka-ji-nie), ». f. Terme de botanique. Ordre de la première classe, dans le système de Linné, comprenant les plantes qui ont dix pistils.
— ÉTYM. Déeagyne.
t DÉCAILLER (dé-ka-llé , {1 mouillées, et non dé-ka-yé), v. a. Rendre fluide ce qui est caillé.
— HIST. XVI* s. Faudra en outre lui broier le ventre [à une bête tuée] avec un gros baston rond, que deux hommes tiendront, de chascun costé, pour lui faire amollir la peau, et que le sang se descaille pour sortir, o. vs serres, 979.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cailler.
DÉCAISSÉ, ÉE (dé-kè-sé, sée), part. pas*i. Des
orangers décaissés.
DÉCAISSER (dé-kè-sé) , v. a. Tirer d'une caisse. Il Enlever un arbuste de sa caisse pour le transplanter.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et caisse.
f DÉCALAGE (dé-ka-la-j") , ». m. Action de décaler, t DÉCALER (dé-ka-lé) , v. a. ôter les cales.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cale 2.
DÉCALITRE (dé-ka-li-tr*), ». m. Mesure de dix
litres.
— ÉTYM. Aé/.oL, dix, et litre.
t DÉCALOBÉ, ÉE (dé-ka-lo-bé, bée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est partagé en dix lobes.
— ÉTYM. Asxa, dix, et Xo6o;, lobe.
DÊCALOGCE (dé-ka-lo-gh'), ». m. Les dix commandements que Moïse rapporta du mont Sinal, gravés sur des tables. Les préceptes du Décalogue. Ce commandement [ne pas tuer] a été imposé aux hommes dans tous les temps; l'Evangile a confirmé celui de la loi ; et le Décalogue n'a fait que renouveler celui que les hommes avaient reçu de Dieu , avant la loi , dans la personne de Noé , pasc. Prov. 4 4.
— ÉTYM. AexàXoYo;, de Séxa, dix, et Wyoç, parole.
t DÉCALOTTER (dé-ka-lo-té) , v. a. Terme de métier, ôter le dessus d'une chose. || Se décalotter, V. réfl. Perdre le dessus, la calotte.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et caJo««.
t DÊCVLQDE (dé-kal-k"), ». m. Action de décalquer.
DÉCALQCÉ, ÉE (dé-kal-ké, kée), part, passé Un dessin calqué, puis décalqué.
DÉCALQUER (dé-kal-ké), v. a. Reporter les trait» d'un dessin calqué sur un autre papier, sur une autre toile.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, eteoiçuer.
DEC
f DÉCAMËRE (dé-ka-mê-r*) , s. m. Terme de zoologis. Genre de coléoptères lamellicornes, ayant dix articles aux antennes.
— ÉTYM. Aexa, dix, et |iÉpo;, partie.
t DÉCAMÉRIDE (dé-ka-mé-ri-d'), s. f. Terme d'acoustique. La 3010" partie de l'octave partagée d'abord en 4S parties, chacune de celles-ci en 7, et chacune de ces 7 en <o.
— ETYM. AÉxa, dix, et |J.épo;, partie.
DÉCAMÉUON (dé-ka-mé-ron), s. m. Ouvrage contenant une suite de récits faits en dix jours. Le Décaméron de Bocoace.
— ÉTYII. Ital. decomeroïie , de SÉxa, dix, et'^ijiépa, jour.
DÊCAJIËTRE (dé-ka-mè-tr'), i. m. Mesure de dix mètres. || Terme d'arpentage. Mesure de )0 mètres de longueur. En arpentage, on nomme spécialement décamètre une chaîne de iO mètres de longueur; cette chaîne est ordinairement formée de 60 chaînons de 20 centimètres de longueur chacun, y compris les deux poignées. Le double décamètre a 20 mètres de longueur; il est assez souvent formé de 40 chaînons de 0'*,60 de longueur chacun.
— f.T YM. Ddca , et mètre.
t DÉCAMÉTRIQUE (dé-ka-mé-tri-k') , adj. Qui a rapport au décamètre.
— ËTYM. Décamètre.
t DfiCAMPË, KE (dé-kan-pé, pée), part, passé. Qui a levé son camp. L'armée décampée pendant la nuit. Il Qui est parti à la hâte. On alla avertir la garde; mais elle trouva en arrivant les tapageurs décampés.
— REM. Ce participe n'est pas donné par le Dictionnaire de l'Académie; mais il est dans l'usage, et conforme à plusieurs autres participes passés de verbes neutres.
DÊCAMPEMENT (dé-kan-pe-man), *. m. Action de décamper, de lever le camp.
— mST. XVI' s. lis tuèrent sur le decampement plus de 400 hommes, d'aob. JHst. i, 278.
— ÈTYM. Décamper.
DÉCAMPER (dé-kan-pé), ». n. || 1° Lever le camp. Le Parthe a décampé, pressé par d'autres guerres Contre l'Arménien qui ravage ses terres, corn. liodog.i,s. Le soir on tint un conseil parmi les Grecs, où il fut résolu qu'on décamperait et qu'on irait chercher un lieu commode pour les eaux, rollin, llist. anc. Œuvres, t. m, p. 202, dans pougens. ViUars eut au moins l'honneur de faire décamiier Marlborough, c'était beaucoup alors; le duc de Marlborough lui écrivit en décampant , volt. i. J/ K, < 9. Il 2° Par extension, se retirer précipitamment. Décampons; il est temps. Il voulait rester, mais on le fit décamper. Décampez au plus vite, il nous vient compagnie, lachaussée, Gouvern. m, s. Je n'y devais rien que le bonsoir à mon hôtesse, et puis je n'avais qu'à décamper avec mon paquet, Marivaux, Paysanparv. t. 1, part. <", p. <08, dans pougens. Cette maison des champs me paraît un bon gîte; Je voudrais bien ne pas en décamper si vite, piron, Métrom. I, < L'heure presse, et tous ont décampé. Comptant se retrouver ici pour le soupe, id. ih. IV, 6.
— REM. Décamper se conjugue avec l'auxiliaire ODotV, quand il exprime l'action : les troupes ont décampé à la hâte; avec l'auxiliaire être, quand il exprime l'état : les troupes sont décampées.
— HiST. XVI* s. Remède n'y aquedesoamper d'ioy, RAB. Pant. V, 7. Les conjurateurs scamperent jour et nuict, qui par la Seine , qui à cheval, qui à pied , pour se saulver, carl. ix, 25.
— t,irn.Dé.... préfixe, ei camp.
■f DÉCAN (dé-kan), s. m. Terme d'astronomie. Nom que l'on adonné à chaque dizaine de degrés ou au tiers de chaque signe du zodiaque.
— Etvm. Latin, decanus, génie qui préside à dix degrés du zodiaque, du radical dec, qui est dans detem, dix.
t DÉCANAILLER (dé-ca-nâ-llé , Il mouillées), V. a. Tirer hors de la canaille. Ma tante et lui ont été troussés [sont morts] en moins de trois semaines, et j'hérite de tout cela; ne suis-je pas bien heureux? — Oh! pour cela oui, vous avez été décanaillé en bien peu de temps, DANCOURT,ieifotiJtn de Javelle, se. 32.
— ETYM. Dé.... préfixe, et canaille.
f DÊCANAL, ALE (dé-ka-nal, na-1'), adj. Qui appartient au doyen, au décanat. Juridiction décanale. Districts décanaux.
— ÉTYM. Voy. DÉCANAT.
DÉCANAT (dé-ka-na; le t ne se lie pas), s. m. Il 1° Dignité de doyen soit dans un corps ecclésiastique, soit dans une faculté de lettres, de droit, de médficine. Dans l'attente du décanat du sacré collège, Boss. Lclt. quiét. 89. 11 fallait être à Rome à la
DEC
mort du doyen pour recueillir le décanat du sacre collège, ST-siM. 45, 18. Il 2° Exercice des fonctions de doyen. Pendant son décanat.
— IlEM. Au XVII' s. doyenné se disait plutôt que décanal pour les compagnies ecclésiastiques, à l'exception néanmoins du collège des cardinaux.
— ETYM. Voy. DOYEN.
t DÉCANDRE (dé-kan-dr") , adj. Terme de botanique. Qui a dix étamines.
— ÉTYM. Aéxa, dix, et àv^p, m&le, étamine.
DÉCANDRIE (dé-kan-drie) , s. f. Terme de botanique. Nom de plusieurs classes du système de Linné qui renferment les plantes dont la fleur a dix étamines.
— ÉTYSI. Décandre.
t DÉCANILLER (dé-ka-ni-llé, Il mouillées), v. n. Terme populaire. S'en aller malgré soi, avec quelque rebuffade. Il a eu beau dire, on l'a fait dècaniller.
— ÉTYM. Décaniller paraît être le même que décheniUer, ôter les chenilles, d'où, figurément, s'en aller comme une chenille que l'on ôte. Le fait est qu'on trouve chanilles pour chenilles dans Journal de Paris, an U45, p. 200, dans lacurne, au mot chanille. Il y a aussi un verbe populaire caner, dans le sens de s'en aller (d'origine d'ailleurs inconnue) , qui a pu, par dérivation, donner décaniller.
f DËCANISEU (dé-ka-ni-zé) , v. n. Ancien terme. Remplir les fonctions de doyen.
— ÉTYM. Lat. decanus, doyen (voy. ce mot).
t DÉCANONISER (dé-ka-no-ni-zé),v. a. Rayer du canon des saints.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et canon.
■j- DÉCANTAGE (dé-kan-ta-j') , s. m. Action de décanter.
DÉCANTATION (dé-kan-ta-sion) , s. f. Opération par laquelle, après avoir laissé déposer une liqueur, on la verse doucement en penchant le vase et séparant ainsi la partie claire, qui est au-dessus, de celle qui s'est précipitée.
— ÉTYM. Décanter.
DÉCANTÉ, ÉE (dé-kan-té, tée), part, passé. Une liqueur décantée.
DÉCANTER (dé-kan-té), v. a. Opérer la décantation. On décantera la partie suspendue, et l'on étendra la partie déposée dans la nouvelle eau, dider. Peinture en cire. Œuvres, t. xv, p. 362, dans LACDRN-E. Il Se décanter, v. réfl. Être décanté. Cette liqueur se décante ordinairement.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et canthus, l'angle d'une cruche; espagn. decantar; ital. decanlare.
f DÉCANTTIÈRE ( dé - kan - tè - r' ) , adj. Terme de botanique. Qui a dix anthères.
— ÉTYil. AÉxa, dix, et anthère.
t DÉCAPAGE (dé-ka-pa-j'), î.TO. Opération consistant dans l'enlèvement, au moyen d'un dissolvant ordinairement de nature acide, des impuretés qui recouvrent une surface métallique , de manière à la rendre nette et brillante.
— ÉTYM. Décaper.
t DÉCAPARTI, lE (dé-ka-par-ti, tie) ou DÉCA- PARTITE (dé-ka-par-ti-t') , adj. Mot hybride, composé, du grec Séxa, dix, et du latin yortt'fus, partagé, divisé. Voy. DÉCEMPARTI.
DÉCAPÉ, ÉE (dé-ka-pé, pée), part, passé de décaper i . Lame de fer décapée.
t DÉCAPELAGE (dé-ka-pe-la-j') ou DÉCAPÈLE- MENT (dé-ka-pè-le-man), i. m. Terme de marine. Action de décapeler.
t DÉCAPELEU (dé-ka-pe-lé. Vl se double quand la syllabe qui suit est muette : je décapelle; je décapellerai) , v. a. Terme de marine, ôter de la tête d'un mât ou du bout d'une vergue tous les cordages qu'on y avait capelés.
— ÉTYM. Capel dit pour chapel ou chapeau.
4 . DÉCAPER (dé-ca-pé) , ti. o. || 1° Pratiquer l'opération du décapage. || 2° Oter la superficie, la croûte de quelque chose. Le plus souvent, l'exploitation du guano a lieu à ciel ouvert, après avoir décapé le gîte en enlevant la croûte, Âcad. des se. Comptes rendus, t. Li, p. 845. Il Terme de ponts et chaussées. Décaper un accostement , mettre de niveau avec la chaussée d'une route les contre-allées qui se trouvent plus hautes.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cape ou chape : ôter la rouille comparée à une chape qui recouvre.
2. DÉCAPER (dé-ka-pé), t). n. Terme de marine. Dépasser les caps qui s'avancent le plus au large ; prendre la haute mer. Nous avons décapé.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cap.
t DÉCAPÉTALE(dé-ka-pé-ta-l'), adj. Terme de botanique. Qui a dix pétales. Corolle dècapétale.
— ÉTYM. Aéxa, dix, el pétale.
DEC
t DÊCAPEUR (dé-ka-peur) , t. m. Ouvrier qui décape les métaux.
— ÉTYM. Décaper ) .
t DÉCAPIIYLLE (dé-ka-fi-l'), adj. Terme de botanique. Qui a dix feuilles ou dix folioles.
— ÉTYM. Aéxa, dix, et (pûXXov, feuille. DÉCAPITATION (dé-ca-pi-ta-sion; en poésie, de
six syllabes), s. f. Action de décapiter.
— HIST. xv's Bartolomieu,helas,Fuescorchiez;
de St Andrieu lisons Qu'en croix mouru; décapitations Fu à Jacques.... E. desch. Poésies mss. f° i 24 , dans lACURNE.
— ÉTYM. Décapiter.
DÉCAPITÉ, ÉE (dé-ka-pi-té, tée), part, passé. Il 1° A qui on a coupé la tête après condamnation. Le roi Charles 1" condamné et décapité. || 2'' Par extension, dont on a coupé la tête. Tous les limaçons décapités ne produisent pas des opercules; mais le nombre de ceux dont la coquille reste ouverte est pour l'ordinaire fort petit, bonnet, \"mém. licprod. limaçons. || 3° Fig. et néologisme. Privé de ce qui forme la tête, le chef. La république décapitée de ses plus habiles et de ses plus vertueux citoyens.
DÉCAPITER (dé-ca-pi-té) , t). a. ||l°Terme de jurisprudence criminelle. Trancher la tête à un condamné. Courage, ma fille [Clothon, la parque], pends les uns, décapite les autres, pour leur apprendre qu'ils sont hommes, et ne les élève que pour les précipiter de plus haut , d'ablancourt, Lucien, Caron, On bandait les yeux de ceux qu'on décapitait pour crimes de trahison envers le roi et l'État.... ceux qu'on ne décapitait point pour crimes de trahison, étaient les maîtres d'avoir ou de n'avoir pas les yeux bandés, saint-foix, Ess. hist. Paris, Œuvres, t. iv, p. 217, dans POUGENS. Combien de gouverneurs son maître avait fait décapiter, depuis qu'il avait introduit sa domination dans les Indes, raynal, Uisl. phil. II, 6. Il Fig. Dans la guerre que le despotisme fait aux supériorités sociales, il ne recule |)as plus que la démagogie devant les attentats qui décapitent la société même, v. hugo, cité dans le Dicl. de POITEVIN. Il 2° Oter la tête, le bout supérieur de quelque chose. Les rivets [dans les chemins de fer] sont soumis à des efforts de cisaillement qui en décapitent un grand nombre qu'il faut remplacer au fur et à mesure, Presse scientifique, 486), t. m, p. 232.
— HIST. xiv S. Premièrement batuz de verge et puis descapitez, bercheure, f°«9, rec(o. ||xv' s. Et tantost feurent interroguez, et confessèrent le cas, et feurent décapitez, ainsi que raison vouloit, ju- VÉNALDES URSiNS, Cliorles VI, 1404. Et fit décapiter un sien secrétaire, cohm. vu, 2. ||xvi°s. Nostre justice ne peult espérer que celuy que la crainte de mourir et d'estre décapité ou pendu ne gardera de faillir, en soit empesché par l'imagination d'un feu languissant ou des tenailles ou de la roue, monT. III, <20. Pour toute aultre chose [dans une armée turque] tant legiere soit elle, non nécessaire i la nourriture, on les empale ou décapite sans déport, m. IV, 200.
— ÉTYM. D^.... préfixe, et le latin caput, capilis, tête; provenç. descapitar, decapitar; ital. deoapitare.
tDÊCAPODE (dé-ka-po-d*), s. m. Terme de zoologie. Premier ordre des crustacés, caractérisé par cinq paires de pattes (écrevisses, homards, ciabes).
— ÉTYM. Aexa, dix, et Ttoù;, iioSàç, pied.
f DÉCAPOLE (dé-ka-po-l'), s. f. Terme d'antiquité. Contrée où il y a dix villes principales, nom d'une partie de la Judée.
— ÉTY'M. AexâTtoXiî, deSéxa, dix, et icôXiç, ville, t DÉCAPTÉRYGIEN, lENNE (dé-ka-pté-ri-jiin,
jiè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a dix nageoires.
— ÉTYM. Aéxa, dix, et iiTspuS, irvÉpuYOSi "^" geoire.
t DÉCAPTIVER (dé-ka-pti-vé), v. a. Mettre en liberté.
— HIST. XVI' s. Mais toy, seigneur, de qui le bras puissant Decaptiva ton peuple languissant, dubell. OEuvres, f°2i4, dans lacurne.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et captif.
t DÉCAPCCHONNER (dé-ka-pu-cho-né), v. a.
Enlever le capuchon.
— ETYM. Dé.... préfixe, et capuchon.
t DÉCARBON ATÉ,ÉE (dé-kar-bo-na-té, tée), part, passé. Qui a perdu Tacide carbonique de combinaison. Chaux décarbonatée.
t DÉCARBONATER (dé-kar-bo-na-té) , v. a. Terme de chimie. Retirer l'acide carbonique de combinaison. Il Se décarbonater, v. réfl. Devenir décarbonaté.
— ÉTYM. Dé.,., préfixe, et carbonate.
DEC
DEC
t DfiCAFBONISF.n Mé-kRr-bo-ni-7*), e. a. Terme (In chimio, ôter d'une substance le carbone qu'elle contieni.
— ETYM. Dé.... préfixe, et carbone.
t DÉCARBURATION (dé-kar-bii-ra-sion), ». f. Terme de chimie. Destruction de l'état de carburation d'une substance. La décarburation de la fonte de fer .se fait par une opération appelée le mazéago.
— ÉTYM. Décarbiirer.
t DÉCARBURER (dé-kar-bu-ré), v. a. Terme de ch imie. Enlever le carbone mêlé àd'autrps subslancns. Il Séparer le carbone de la fonte par l'affinage. || ôtor à l'acier une partie de son carbone sous une haute température. || Se décarburer, e. réfl. L'acier se décarbure, c'est-à-dire perd une partie de son carbone, quand on l'expose à une haute température.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et carbure.
t DÉCARDINALISER (dé-kar-di-na-li-zé), V. a. nayer de la liste des cardinaux.
— ÉTYM. Dé.... prtfixe, et cardinal.
tBÉCAUlÎMER (SE) (dé-ka-rê-mé), V. réfl. Se
dédommager par un bon repas de l'abstinence du carême, ou, en général, d'une abstinence quelconque.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et carême.
t DÉCARRELAGE (dé-ka-re-la-j'), *. m. Action de décarreler.
DÊCARRELÉ, ÉE (dé-ka-re-lé, lée), pan. patsé. Un corridor décarrelé.
DÉCARRELER (dé-ka-re-lé. VI se double, quand la syllabe qui suit est muette : je décarrelle ; je décarrellerai), V. a. ôter les carreaux qui recouvrent le sol d'une chambre, d'un corridor.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cartel ou carreau.
t DÉCARVER (dé-kar-vé) , V. a. Terme de marine. Croiser les écarts, pour fortifierla jonction de deux pièces de bois.
f DÊCASER (dé-ka-zé), ». a. Déranger un papier, une pièce, de la ca.se où ils étaient. Papiers décasés.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et case.
t DÉCASPERME (dé-ka-spèr-m') , adj. Terme de botanique. Qui renferme dix semences.
— ÉTYM. Aéxa, dix, etomipijia, graine.
t DÊCASTER (dé-ka-sté) , v. a. Néologisme. Faire sortird'une caste, d'une classe sociale. || Se décaster, V. réfl. Sortir de la caste, de la classe où l'on était.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et caste.
t DÉCASTÈRE (dé-ka-stê-r*), s. m. Mesure de la valeur de dix stères.
— ÉTYM. Véca, et stère.
UÉCASTYLE (dé-ka-sti-l'), s. m. Terme d'architecture. Edifice à dix colonnes de face.
— ÉTYM. AexâoTuXoç, de 6Éxa, dix, et (rnjXo;, colonne.
DÉCASYLLABE (dé-ka-sil-la-b'). || !• Adj. Qui a dix syllabes. Thesaurochrysonicocrisides de Plante est un mot décasyllabe. || Vers décasyllabe, celui qui a dix syllabes. |{ 2° S. m. Vers de dix syllabes. Les anciennes gestes sont écrites en décasyllabes.
— ÉTYM. Aér.a, dix, el v.Uabe.
t DÉCASYLLABIQUE (dé-ka-sil-la-bi-k') , adj. Qui est de dix syllabes.
— ÉTYM. Décasyllabe.
DÉCATI, lE 'dé-ka-ti, tie), part, passé. Du drap décati.
DÉCATIR (dé-ka-tir), v. a. ôter le cati, l'apprêt que le fabricant a donné à une étofl'e de laine. || Séparer les brins d'un écheveau collés ensemble. Il Terme de chapellerie. Démêler le poil d'une peau.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et catir.
DËCATISSAGE (dé-ka-ti-sa-j') , s. m. Action de
décatir; résultat de cette action.
— ÉTYM. Décatir.
DÊCATISSEUR (dé-ka-ti-seur),». m. Celui qui fait le décatissage.
— ÉTYM. Décatir.
t DÉCATOME (dé-ka-to-m') , adj. Terme de zoologie. Qui est partagé en dix parties.
— ÉTYM. AÉxa, dix, et TO|ir), section.
DÉCAVÉ, ÉE (dé-ka-vé, vée), part, patsé. Un
joueur décavé.
DÉCAVER (dé-ka-vé), c. o. Terme de jeu. Gagner toute la cave d'un joueur, tout l'argent qu'il a devant «i. Il m'a décavé en deux coups. || Se décaver, e. réfl. Perdre sa cave.
— ÉTYM. Di.... préfixe, etcatie, terme de jeu. DÉCÉDÉ, ÉE (dé-cé-dé, dée), part, passé. Mort
de mort naturelle. Un homme décédé. || Substantivement. Ces basiliques toutes moussues, remplies des générations des décédés, chateaub. Gén. ui , i, 8. DÉCÉDER (dé-sé-dé. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qMi suit est muette : il 4écàde, excepté au futur et au conditionnel, où sans
raison suffisante on éciit ; décédera, décéderait),», n. Mourir de mort naturelle, en parlantdes personne». Cet homme est décédé. Honore la mémoire des gens de bien qui sont décédés, Tttcn. Lam.
— REM. Il se conjugue avec l'auxiliaire être.
— HIST. xvt' 8. Le seigneur reserve à salut d'aucuns lesquels décèdent petis enfans de ce monde, CALVIN, Iratit. 4078-<080. Il y en a de ceux qui décèdent petits enfans, qui sont héritiers du royaume de Dieu, ID. t'b. <086. Il decedasi pauvre, que l'on ne trouva pas chez lui de quoy le faire inhumer, amtot, Aritt. 66.
— ÉTYM. Latin, decedere, mourir, proprement, s'en aller, de de, et eedere, aller (voy. câder).
t DÉCEINDRE (dé-sin-dr'), v. a. Défaire ce qui est ceint. Déceindre son épée.
— HIST. XII* s. Là le desarment li baron qui l'ont chier ; Ils lui deslacent son vert elme à or mier [pur] ; Puis li desçaignent .son bon branc qu'est d'acier, W. de Cambrai, ea. || xiii* s. S'en i ot de teles [dames] assez , Oui orent estrains les costés De çaintures ; s'en i ot maintes Qui por le chant erent [étaient] desçaintes. Lai du trot. || xv* s. Et avoit la cuyrasse soubz une robe desceinte, comm. m, 41. \\ xvi* s. Adonc Hrennus deceignit son espée, et la mit, ceinture et tout, dans la balance, amyot, Cam. 49.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et ceindre.
DÉCELÉ, ÉE (dé-se-lé, lée), part, passé. Cet homme décelé par son complice. Son dessein imprudemment décelé.
DÉCÈLEMENT (dé-sè-Ie-man) , *. m. Action de déceler.
— HIST. ivi's. La cause de ce decelement [de certains mystères aux païens], c. du perron, dans le Dict. de DOCHEZ.
— ÉTYM. Déceler.
DÉCELER (dé-se-lé. La syllabe ce prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je décèle, je décèlerai), v. a. || 1" Découvrir la personne ou la chose qui était celée, cachée. Us confessent leur crime et n'osent déceler le sien, vauoel. (J C. liv. VI, ch. 9. Mes frères, leur dit-il [le cerf aux bœufs], ne me décelez pas; Je vous enseignerai les pâtis les plus gras, la font. Fabl. iv, 24. Us promirent abolition de tout crime à celui qui aurait décelé un prêtre, Hkuc^oix, Schisme d'Angleterre , liv. ni, dans bichelet. Heureux si je pouvais, avant que m'immoler. Percer le traître cœur qui m'a pu déceler, rac. Mithr. iv, 3 Ciell si quelque infidèle. Écoutant nos discours, nous allait décelerl iD. Esth. II, 9. Je me suis douté de quelque chose et je suis.... ne me décelez pas au moins, brueys, l'Impost. II, 40. Il 2° Faire connaître, être l'indice de. Sa colère me plaît et décèle une amante, A. cbEn. 4 39. Oui, son œil le décèle; C'est lui-même; sans doute il médite un libelle, gilb. Apolog. Jusqu'ici la comète d'Ëncke était le seul astre dont les mouvements bien connus décelassent dans le ciel une infiuence autre que celle de l'attraction newtonienne, FAYE, Complet rendus, Acad. des se. t. lu, p. 370. Il 3° Se déceler, ». réfl. Se faire connaître, se trahir. Il se décela par une parole imprudente. Son éloquence était déjà formée et se décelait par mille traits, MAIRAN, Éloges, Polignac. Il est temps qu'à ses yeux ma flamme se décèle, delav. Vêpres Sicil. I, 2. Il Se dénoncer l'un l'autre. Si l'on partage la vie des partisans en deux portions égales, la première, vive et agissante, est tout occupée à affliger le peuple; et la seconde, voisine de la mort, à se déceler et à se ruiner les uns les autres, la brut. vi. || Terme de vénerie. Un cerf se décèle, quand il quitte le buisson où il s'était retiré pour refaire sa tète.
— RKM. L'Académie, qui écrit celer et déceler, avec un e muet, écrit cependant receler avec un é accentué.
— HIST. xvi' s. Le secret que j'ay juré ne déceler à nul autre, mont, i, 3I7 Alcibiades, les cognoissant très bien par leur nom, les décela à ceulx qui tenoient le party des Syracusains, amtot. Aie. 40. Us avoient grande peur que leurs armes reluisantes aux rayons de la lune, ne les décelassent, id. Aralus, 34.
— ÉTYM. De ... préfixe, et celer; provenç. descelar; catal. decelar.
\ DÊCELEUR (dé-se-leur),*. m. Celui qui décèle.
— HIST. Le prix d'argent promii au deceleur, AUYOT, Aie. 36.
— ÉTYM. Déceler.
DÉCESIBRE (dé-san-br*), i. m. Le douzième et dernier mois de notre année. Quand on est une fois rangé à la campagne, les mois de novembre et de décembre n'y sont point dilûcilub à passer, sEv.
7déc. 4689 Compare prix pour prix Les étrennes
d'un jug* k celles d'un marquis; Attends que nous
soynn» à la fin de !• i;ofnbre, rac. Plaid, i, ♦ Il Poétiquement, les années. Le centième décembre a les plaines ternies, Kt le centième avril les a peintes de fleurs. Depuis que parmi nous leur< brutales manies Ne causent que des pleurs, halp II, 4 2. Il Poétiquement encore, la mauvaise saison Mais qui fait enfler la Sambre, Sous les Gémeaux efl'rayésT Des froids torrents de décembre Le» champs partout sont noyés. Bon.. Ode sur la prise de Namur (Cette grise eut lieu en juin comme l'expriment les Gémeaux. Décembre indique ici le» grandes pluies qui tombèrent alors).
— ÉTYM. Bourguig. dicambe; du latin deeember, ainsi dit de deeem, dix, parce que, dans l'ancienn* année latine, qui, commençant au mois de Mars, n'avait que dix mois, décembre était le dixième et dernier.
t DÉCEMDENTÉ, ÉE (dé-sèm'-dan-té, tée), adj. Terme de botanique. Oui est terminé par dix dents.
— ÉTYM. Lat. decem, dix, et denl.
t DÉCEMFIDE (dé-sèm'-fi-d'), adj. Terme de botanique. Qui e.st découpé en dix parties.
— ÉTYM. Lat. dfcem . dix, etfindere, fendre.
t DÉCEMLOCULAIRE (dé-sèm -lo-ku-lê-r*) , adj. Terme de botanique. Oui est divisé en dix loges.
— ÉTYM. Lat. decem, dix, et loculus, loge.
DÉCEMMENT (dé-sa-man), ad». {| 1° D'une manière décente. Il est vêtu décemment. Il fut décemment enterré. || D'une manière morale. Elle [une actrice] est votre voisine, elle est sage, elle vit décemment avec sa mère et avec sa sœur, marmont. Ilém. IV. Il 2* Convenablement. Décemment, nous ne pouvons pas nous dispen.ser de lui faire visili;.
— HIST. xvi» s. Combien leurs classes seroient plus décemment jonchées de (leurs que de tronçons d'osier sanglants, mont, i, 4 83. Platon me semble avoir aimé cette forme de philosophie par dialogues, à escient, pour loger plus décemment en diverses bouches la diversité et variation de ses propres fantaisies, iD. Il, 340. L'apostre enseigne que toutes choses se doivent faire decentement et par ordre entre nous [régulièrement], calv. Instit. 297.
— ÉTYM. Décente, et le suffixe ment. Decentement est un effort de la langue du xvi* siècle pour conformer la nouvelle syntaxe des adjectifs en ent à l'ancienne syntaxe des adverbes.
t DÉCEMNOVAL (dé-s6m'-no-val), adj". m. Terme de chronologie. Cycle décemnoval, cycle lunaire de dix-neuf ans.
— ÉTYM. Lat. decem, dix, et norem, neuf. tDÉCEMPARTI, lE (dé-sèm'-par-li, tie), adj.
Terme de botanique. Qui est divisé, jusqu'à la base, en dix parties. Calice décemparli.
— ÉTYM. Lat. decem, dix, et partiliM, divisi
(voy. PARTIR).
I DÉCEMPÈDE ( dé-sèm'-pè-d' ), ad>. Terme de zoologie. Oui a dix pattes.
— ÉTYM. Lat. decem, dix, et pes, pcdis, pied.
t DÉCEMPONCTUÉ, ÉE (dé-sèm-i.oii-klu-é, ée), adj. Terme d'histoire natureUe. Qui est marqué de dix points.
— ÊTYM. Lat. decem, dix, et ponctué.
DÉCEMVIR (dé-sèm'-vir), s. m. Terme d'histoire
romaine. Nom de magistrats chargés, l'an 304 de Rome, de rédiger un code de lois, dit lois des douze tables. Il M<igi.strat chargé d'administrer la justice en l'absence du préteur. || Membre de toute espèce de commission composée de dix personnes nommés légalement.
— ÉTYM. Lat. deeemvir, de decem, dix, et »tr, homme.
DÉCEMVIRAL, ALE (dé-sèm'-vi-ral, ra-l'), adj. Qui appartient aux décemvirs. Les pouvoirs déceuiviraux. Lois décemvirales.
— ÉTYM. Lat. decemviralit, de decem»ir.
DÉCEMVIRAT (dé-sèm'-vi-ra ; le I ne se lie pas),
(. m. Office de décemvir. || Durée du décemvlraL On lui continua le décemvirat.
— HIST. xiv s. Ceux qui avoient requis le décemvirat, BERCHEURB, ^ 64, reclo.
— ÉTYM. Lat. de6em»ira«iAS, de decemm'r. DÉCENCE (dè-san-s'), s. f.\\ 1* Honnêteté qu'on doit
garder dans les actions, les discours, les habits, U contenance , etc. et dont la règle est prise nonseulement des préceptes de la morale, mais encore de l'âge, de la condition, du caractère dont on est, du temps et du lieu où l'on se trouve . des personnes avec lesquelles on vit. La décence, dont on fut redevable principalement aux femmes qui ra.ssemblèrent la société chez elles, rendit le* espriu plu» agréables, et la lecture les rendit à la longue plus solides, VOLT. Louis XIV, 29. || Décence oratoire, accord de la contenance, des gestes et de U voix da
DEC
l'orateur avec la iiatura de son discours, dans le , «enre tempéré. || 2° Honnêteté dans le langage, les manières, en ce qui concerne la pudeur. U a une grande décence dans ses expressions et dans son extérieur. || 3° Façon convenable. II voulait (fuetous les curés eussent un nombre de quarante écus suffisant pour les faire vivre avec décence, votT. ■ l'Homme aux 40 ecus. Impôts payés à Vctranger.
SYN. DÉCENCE, BIENSÉANCE, CONVENANCE. La
décence désigne ce qui est honorable ; la bienséance, ce qui sied bien; la convenance, ce qui convient. Quand on pèche contre la décence, on commet une , •ction qui mérite un blâme moral; quand on pèche contre la bienséance ou la convenance, on commet une action qui mérite un blâme moins grave et qui ne porte pas sur la moralité. La distinction entre la bienséance et la convenance est plus subtile ; pourtant elle est indiquée par l'étymologie. Bienséance dit plus que convenance; s'il est bienséant de faire une chose, cela implique qu'il est convenable de la faire; mais s'il est convenable de faire une chose, cela n'implique pas qu'elle soit bienséante; il y a dans bienséant le mot bien qui n'est pas dans convenable. Les convenances n'exigent pas tout ce qu'exigent les bienséances. Une femme est habillée avec décence quand elle l'est sans immodestie; avec bienséance, lorsqu'elle l'est comme l'exige la circonstance où elle doit figurer; avec convenance, lorsqu'il n'y a rien qui choque dans son habillement.
— HIST. XVI* s. Je me contente de gémir sans brailler, non pourtant que je me mette en peine pour maintenir cette décence extérieure, mont, dans le Dict. de dochez. Utile décence, si elle pouvait interdire à Dieu la descouverte de nos vices, mont. m, 374.
— ÉTYM. Décent.
t DÉCENNAIRE (dé-sè-nnê-r') , ad}. Qui procède par dix. Arithmétique décennaire.
— ÉTYM. Dérivation irrégulière du latin decem, dix, et mauvais mot qu'on ne doit pas employer. C'est décimal qui est seul bon et usité.
DÉCENNAL, ALE (dé-sè-nnal, nna-1'), adj.
Il !• Qui dure dix ans. || Terme dé droit. Prescription décennale, prescription qui se fait par dix ans. Ij i' Qui revient tous les dix ans. Jeu décennal. Prix décennaux. Les empereurs romains instituèrent des fêtes nommées décennales pour célébrer chaque dixième année de leur règne par des jeui, des sacrifices et des libéralités publiques.
— ÉTYM. Lat. decennalis, de decem, dix, et annus, aimée.
DÉCENT, ENTE (dé-san, san-t'), adj. || l" Qui est conforme à la décence. Costume décent. Mise décente. Ce n'est point assez que les mœurs du théâtre ne soient point mauvaises, il faut encore qu'elles soient décentes et instructives, la bruy. i. Soyez décents, parce que vous n'êtes point des animaux et que vous vivez dans les villes et non dans le fond des forêts, dider. Opin. des anc. phil. Épicuréisme. Il 2° Qui est conforme â une réserve pudique. Propos décent. Conduite décente. Des manières décentes. Mais les douces vertus et les grâces décentes N'inspirent aux cœurs purs que des flammes constantes, A. CHÉN. Élég. 30. Il S. m. Le décent, ce qui est décent. La différence du décent et de l'indécent, c'est la différence d'une femme qu'on voit et d'une femme qui se montre, didehot, Salon de 1767, (Muvres, t. XIV, p. <94, dans pougens.
— HIST. XVI' s. La raison humaine plaideroit volontiers contre Dieu, comme si bastir le monde de jour à autre ne fust pas chose décente k sa puissance, CALV. Instit. <03. Si je me plains, ma raison est descente. Tant qu'il suffît, J. marot, p. 245,
— ÉTYM. Lat. decens, de decere, convenir.
tDÉCENTOIR (dé-sau-toir), s. m. OUtil de carreleur pour préparer l'aire destinée à recevoir les carreaux.
+ DÉCENTRALISA BLE (dé-san-tra-li-za-bl') , adj. NéoloKi.sme. Qui peut, qui doit être décentralisé.
t DÉCENTRALISATION (dé-san-tra-li-za-sion), f. f. Néologisme. Action de détruire la centralisation. La décentralisation des pouvoirs, des affaires. ||État de choses opposé à la centralisation.
— ÉTYM. Décentraliser.
t DÉCENTRALISER (dé-san-tra-li-zé) , V. a. Néologisme. Opérer la décentralisation. Décentraliser l'administration. || Se décentraliser, v. ré(l. Cesser d'être centralisé.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et centraliser.
f DÉCENTRATION (dé-san-tra-sion) , s. f. Terme d'arts. Action de décentrer. || Terme d'optique. Action, état par lequel les centres de lentilles ne con-
DEC
courent pas. On produit aisément cet effet [de présenter aux deux yeux les rayons sous une convergence déterminée] par la décentration des oculaires, c'est-à-dire dans le cas d'oculaires concaves, en rapprochant l'un de l'autre les centres de ces oculaires sur la ligne qui les unit, giraud-teulon. Comptes rendus, Acad. des se. t. ui, p. as.
— ÉTYM. Décentrer.
t DÉCENTRER (dé-san-tré) , e. o. || 1° Terme d'arts. Déplacer parallèlement les deux bouts d'un tube, après qu'il a été ramolli vers son milieu. || 2° Terme d'optique. Opérer, produire la décentration. || Se décentrer, v. rifl. Être décentré. Dès que l'objet est rapproché ou le sujet myope, il survient entre l'accommodation et la convergence dissociation d'harmonie.... il faut que les cristallins se décentrent par un effort spontané , GiBAUt>TEULON, Complet rendus, Acad. des se. t. Lii, p. 23.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et centre.
t DÉCEPTEOR (dé-sè-pteur), s. m. Celui qui déçoit.
— HIST. xm* s. Si sachiés que ois [ceux-là] font boneuevre.Qui les deceveors déçoivent, ioflose,738<.
— ÉTYM. Lat. deceptum, supin de dectpere, tromper (voy. décevoir).
f DÉCEPTIF, IVE (dé-sè-ptif, pti-v'), adj. Qui est propre à décevoir. Éloquence déceptive. Moyens déceptifs. Ce présent déceptif [d'une robe empoisonnée] a bu toute leur force [des poisons]. Et, bien mieux que mon bras, vengera mon divorce, COHN. Midie, IV, 2.
— HIST. XV* s. Nostre dit cousin de Bourgogne a pris son chemin par voies deceptives et frauduleuses, M0NSTREL. I, 122. || XVI* S. Avecques leurs paroles deceptives et pleines de vent, les ilateurs enflent une ame ainsi qu'un ballon, langue, 330. Mais pas ne suis assez vindicatif Pour un tel cueur si faux et déceptif, MAROT, I, 360.
— ÉTYM. Provenç. deccptt'u, du latin deceptiDus,
de deci'pere (voy. décevoir).
DÉCEPTION (dé-sè-psion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || l'Action de décevoir, tromperie. U s'indigna de tant de déceptions. || 2' Erreur, fausse attente. Il a éprouvé de grandes déceptions.
— HIST. xiu's. Par foi ci ne sai-je respondre, Fors tant que tel déception Vient de la foie vision Des iex qui parées les voient, la Rose, 8960. ||xiv s. Telles gens sont larrons à Dieu, qui quierent leurs vies par telles malices et déceptions, ifodus, f'LXVii. Et ainsi est déception, car ils déçoivent les gens, et font fauli seremens, Ménagier, i, 3. || xv s. Force m'est que si je veux parvenir à mes fins, que par cautelle et déception je la gagne, louis xi, Nouv. xcv. Il XVI' s. Au lieu desquels entrèrent flalerie, Déception, trahison, menterie, marot, iv, <8.
— ÉTYM. Provenç. deceptio; anc. espagn. decepcion; du latin deceptionem, de decipere (voy. décevoir).
t DÉCEPTIVEMENT (dé-sè-pti-ve-man), adv.
D'une manière déceptive, frauduleuse.
— ÉTYM. Déceptive, et le suffixe ment.
f DÉCERCLER (dé-sèr-klé), v. a. Ôter les cercles.
— HIST. XLU's. Et le elavain del helme desrompre et decercler, Ch. d'Antioche, iv, 643. Maint hiaume i avoit desserclé. Et maint chevalier abattu, la Rose, t4 94. Il xvi's. J'approche et la découpe [la bête], et comme je m'arreste A vouloir decercler les tripes de la beste, Je vi trembler un fan le quel me sembla beau, BONS. 746.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cercle.
DÉCERNÉ, ÉE (dé-sér-né, née), part, passé.
Il 1" Décrété par une autorité judiciaire. Un mandat d'amener est décerné contre vous. Il est rave que la pitié des juges ou la corruption des courtisans ne les garantissent des peines décernées par la loi contre eux, BAYNAL, Hist. pliil. v, 22. Les galères sont décernées contre l'artisan et le matelot fugitif, id. ib. xvi, 9. Il 2° Accordé comme récompense ou faveur par une autorité compétente. Prix décerné. Couronne décernée.
t KÉCERNEMENT (dé-sèr-ne-man) , s. m. Néologisme. Action de décerner.
— ÉTYM. Décerner.
DÉCERNER (dé-sèr-né) , v. a. || 1° Prononoer une peine, en parlant de la loi. Les lois ne décernent aucune peine contre ce méfait. Pourquoi leur [aux prêtres fainéants] décernerait-il [le concile de Trente] des censures et des privations et retranchements de leurs revenus? fléch. Serm. il, 276. Le parlement déoernaque, si quelqu'un entreprenait de ledélivrer, Richard II serait digne de mort, volt. Mœurs, 78. Il Enjoindre, par un acte juridique, certaines mesures. Décerner une contrainte. || 2° Accorder cer-
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laines récompenses , certaines distinctions honorifiques, en parlant de l'autorité publique. Et comme un défenseur de l'État et des siens. Il lui fait décerner les honneurs des anciens, botr. Anlig. ni, 6. Ce même peuple [les Athéniens], dans les siècles postérieurs, devenu plus puissant, et corrompu par les flatteries de ses orateurs, décerna trois cents statues à Démétrius de Phalère, rollin, Jlist. anc. (Euvres, t. m, p. <B4, dans poucens. Les organes des lois, les ministres des dieux Vont, libres dans leur choix, décerner la couronne, volt. Sérope, 1, t. Il Par extension, accorder un prix, en pariant de certaines compagnies. Les prix que l'Académie décerne tous les ans à de belles actions. ||11 se dit aussi des prix des collèges. On décerne les prix à la fin de l'année scolaire. || Fig. Décerner la palme à quelqu'un, déclarer sa supériorité sur ses rivaux. Il 3° Se décerner, «. réfl. Être décerné. Les récompenses qui se décernent à ceux qui les méritenL
— REM. Décerner, qui fut d'abord, comme en latin, un terme juridique, passa, par extension, dans le courant du xvi" siècle, au sens de accorder; et dans le xvii" siècle on contestait encore quelquefois la légitimité de cet emploi : <t Ce n'est guère qu'au palais que l'on dit décerner mie prise de corps contre quelqu'un; ceiiendant je crois qu'on peut employer décerner les honneurs divins, dans un style relevé et pompeux, vaugel. Nouv. rem. observ. de II'"', p. (33, dans pougens. r Aujourd'hui la seconde acception de décerner est admise sans conteste.
— HIST. XIV* s. Et par ce il décernera et jugera droiturierement la quelle chose est bien, oresme, Xth. 76. Servius se est assis en la sée royal, et aucuns jugemens a décerné et déterminé, bercheure, f* 2) , recto. De l'assentement de tous, le delet [en latin delectus, lavée] a esté décerné, id. ^ 74. || xvi* s. Il y aura deux volontez contraires en lui, en tant qu'il decerneroit en son conseil estroitles choses qu'il a manifestement défendues par sa loy, calv. Instit. 163. Il ne leur permet point seulement de dire leur opinion, mais d'ordonner et décerner ce qu'il leur semble ; quand ils ont décrété quelque chose, il suit et obtempère, ID. t'b. 887. Le conseil des Amphictions, emeu par ses remonstrances et raisons, décerna la guerre contre les Cyrrheiens, amyot, Soîon, )7. Les consulz décernèrent la cessation de la justice et surseance de tous affaires publiques, id. Sylla, ts. ....quand ilzluy auraient procuré et fait décerner un tel gouvernement, id. Crassus, 26. L'on luy décerna les plus grands honneurs qui jamais eussent auparavant esté décrétiez et ottroyez à personne du monde , ID. Cicéron, 27.
— ÉTYM. Provenç. decemir; du latin decernere, de de, el cernere, résoudre, le même que xpiveiv (voy. crise).
DÉCÈS (dé-sê; l's se lie: un dé-cê-z inattendu), s. m. Mort naturelle d'une personne, surtout en termes de jurisprudence. Les médecins chargés de constater les décès. Pour recoudre à fond mes goussets. J'aurais dû prendre à son décès Les aiguilles de mon grand-père [un tailleur], berang. Refus. || Acte de décès, acte qui constate la mort d'une personne.
— HIST. XI* s. 0 filz, cui erent [à qui seront] mes granz créditez, Mes granz paleis de Rome la citef Puis mun décès en fusses enoret [ honoré ] , St Alexis, Lxxx. ||xii's. Sire, sire, as tu comanded que Adonias règne e siesced [siège] en tun trône cume reis après tun decet? Bois, 223. || xm" s. Si les consentiréàalerà nient, quejà, puis leur décès, ne seront ramembré en terre. Psautier, f°l88. Et Guillaumes qui fu de mon signeur Guillaume de Dampiere, averoit le [la] contet de Flandres apriès le deciès de sa mère, Chr. de Rains, 2i3. Et les biens de celui et de ses heirs en sont tenus après son décès, Ass. de J. 1, 203. Après les décès des pères et des mères, beaum. xxx, 87. Or a la dame ainsinc vescu. Que de sa vie a fet escu Pur s'ame desfeudre et covrir Et por saint paradis ovrir Envers li ajirès son décès, ruteb. il, I83. || xv's. Après le décès de si grans et puissans princes, comm. Prol.
— ÉTYM. Latin, decessus, de decedere, décéder, t DÉCESSER (dé-sê-sé). Barbarisme populaire qui
se dit au lieu de cesser et qui est une grosse faute. DÉCEVABLE (dè-se-va-bl'), adj. Facile à décevoir, sujet à être déçu.
— HIST. XII* s. Decevables chavals à salut [un cheval qui déçoit pour le salut], Liber psalm. p. 40. Il xiv*s. Par les fausses et decevables paroles du dit Pierre, Bibl. des Chartes, 2' série, t. m, p. 424. ||xvi* s. Mais envoyant cet aiiiour decevable. Le temps m'a fait voir l'amour véritable, maro. A'ow».
— ÉTYM. Décevoir.
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t DÉCEVANCE (dft-se-van-s*), t. f. Action de décevoir.
— mST. XII* s. Se in'ocie^ ainsi par decevance,
Coud, XVI. Il xiii» s Aiïermcrentet recognurent
par devant nom que eus, pour le commun profit, et pour oster les fraudes , les decevences et les mespren- «uresdeleurmestier....iie. dfsm^l. "*. Il se traïst ausi à noz, et noz monstra le [la] dechevance que ses compains li avoit fet, beaum. xxi, 29. Bien se gart cil qui a est6 sous-aagiés et il s'aperchoit qu'on li ait fet tort ou decevance el tans qu'il fu sous aage.... ID. XVI, 4. Ce qu'ele estoit si belle famé Fesoità Dieu perdre mainte ame, Ou'ele estoit laz de decevance, nuTEB. II, « H . Il XV' s. Je pensoie l)ien que toutes ces douces paroles que Gisebrest Mahieu nous rapi'Orta l'autre jour, ce n'estoit que decevance, fboiss. ii,
II, 5*. Il XVI* s. Ne faisons pas tant des plaisans; Partout il y a decevance, marot, i, 2H.
— ÉTYM. IHcerant.
rÉCEVANT, ANTE (dè-se-van, van-t'), arfj. 0"i déçoit, qui abuse. Des promesses décevantes. 0"'il ris se flatte point d'un espoir décevant, corn. Perlhar. I, I. Seigneur, nos pussions nous font prendre souvent Pour chose véritable un olijet décevant, mol. D. Oarc. iv, 7. Toute femme qui veut à l'honneur se vouer Doit se défendre de jouer Comme d'une chose funeste : Car le jeu, fort décevant. Pousse une femme souvent A jouer de tout son reste, m. Éc. des f. III, s. [L'imagination] c'est cette partie décevante dans l'homme, pasc. Imag. I. C'est le tableau le plus décevant qu'on puisse voir, SÉV. (O). Ai-je pu résister au charme décevant.... rac. Phèd. ii, 2.
— HIST. XII* s. Laissez de cest siècle les vanitez, Iti profiter ne vos purront; kar décevantes et vaines sunt, Rois, 41. Il XIII' s. Renart, fet-il, se Diex vos gart. Sages estes et décevant El de toz max [maux] apercevant , Ren. 678). || xvi* s. L'amour Qui fut pour moi trop doux et décevant, maro. iVouv. xxix.
DÉCEVOIR (dè-se-voir) , je déçois, tu déçois, il déçoit, nous décevons, vous décevez, ils déçoivent; je décevais; je déçus; je décevrai; je décevrais; déçois, qu'il déçoive, décevons, décevez, qu'ils déçoivent; que je déçoive, que tu déçoives, qu'il déçoive, que nous décevions, que vous déceviez, qu'ils déçoivent; que je déçusse; décevant; déçu, v. a. 11 1° Abuser par quelque cho.se d'apparent, de spécieux ou d'engageant. Sire, un peu trop d'ardeur malgré moi l'a déçue, corn. Cid, v, 7. Il n'a point déçu Le généreux espoir que j'en avais conçu, id.
Poly. II, 2 Je ne puis concevoir Qu'un esprit
jusque-là se laisse décevoir, m. Uédée, i, i. Notre raison est toujours déçue par l'inconstance des apparences, pasc. dans COUSIN Que vois-je, justes
dieux I Cette bague en son doigt déçoit-elle mes yeux? botr. Bé.lis. m, 2. Madame, c'est Araspe, ou mon œil me déçoit, tsistan, Panlhée, ii, 2. Mais l'ouvrier vous a déçus; Il avait liberté de feindre; Avec plus de raison nous aurions le dessus. Si mes confrères [les lions] savaient peindre, la font. Fabl.
III, (I). Par quelle trahison le cruel m'a déçue I rac. Iphig.y,*. Cruelle, quand ma foi vous a-l-elle déçueT m. Phèd. i, 3. jj 2° Se décevoir, v. rifl. S'abuser soi-même. Si je ne me déçois, cernai te vient d'aimer, hécnier, Dial. Plusieurs de sorte se déçoivent En l'examen de ce qu'ils sont. Qu'ils se cherchent en ce qu'ils font. Pans même qu'ils s'en aperçoivent, corn. Imit. i, li. Oui, mon esprit s'était déçu, m. Cid, i,e.
— HEM. Dans décevoir et les autres mots de cette famille, la prononciation metplutdtun accent grave qu un aigu.
— HIST. XII* s. N'est pas amours dont on se peut mouvoir, Ne cil amis qui en nule manière La [l'amour] bée à décevoir. Coud, xviii. Ou cil qui prie adès pour décevoir, tb. xx. Dedenz quart jur après vint à Senz saint Thomas; A l'ostel s'en ala : car de l'errer ert las; X ses clers prist conseil, qui nel déçurent pas. Th. le mart. 67. Willames de Paviee Jocelins i fu De Naples, qui al rei se sunt del tut tenu, E l'arcevesque eOssent volentiers deçeû, ib. t04. Mais Deus ne li a pas dune si grant poveir, Que ses péchiez nel pusse cum hummo deceveir, ib. 30. Ire e malveis conseil unt le rei deceû. Qui l'unt vers le saint humme issi fort commeQ, ib. 39. Guardez que Ezechias ne vus deceive, kar il ne vus purrad pas défendre vers mei, Roij, i09. DUn ne sez que pur ço i vint, qu'il te deceust et seust tes privetez c quanquc» tu fais, tb. <71. || xni* s. Comment Berte as grans pies a esté deceûe, i)er(e,cii. Ignaurès, nous as bien déchûtes. Tant com en sommes aperchutes. Lai d'ignaur. Par le trop aller [il] fut déchus , Et engigniés etpercheQs [aperçu], ib. Tretout au- «ino TOUS dis pour voir [vrai], Que li cristal, sans
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décevoir, Tout l'estre du vergier accusent t ceus qui dedens l'iaue musent, la Rose, 1688. Cis mireors m'a deceQ; Se j'eusse avant cogneû Quex sa force ert et sa vertu. Ne m'i fusse j& embalu [précipité], tb. <6I7. Cist portier, c'est chose seûre, Sunt de si piteuse nature Que se vos dons daignent reçoivre. Il ne vous vodront pas deçoivre, ib. 7664. Li tiers est dolor du lessier. Si cum ge t'ai dit ci-devant, .Malement se vont décevant, tb. 6220. Si sachiésque cis font bone uevre, Qui les deccveors déçoivent , tb. 7381. Et il me dit que il me decevoient, joinv. 194. Il XIV* s. En ces icy pourroient estro plusieurs deceus et es autres nul ou pou, oresme, F.lh. tiii. Les malvés,qui sont plusieurs, sont deceus en jugeant quelle chose est bien à faire ou malvaiso et à lessier, m. tb. 71. Il XV* s. Adoncse tint pour déçu messire Hue de Cavrclée, froiss. n, ii, 2 1 2. Et quand on avoit ainsi couru demie lieue ou plus et on venolt au lieu dont ce hutin ou cri naissoit, on se trouvoit déçu; car ce avoient esté cerfs ou biches qui s'tsmouvoient el fuyoient.... m. i, i, 37. Et quand les Anglois entendirent ce, ils eurent conseil, et virent bien qu'ils estoient déçus en leurs cuiders,!». i, i,4*. Plusieurs seigneurs.... sont enclins à leur profil et ne regardent mie loyaumeiit.... fors à avoir la mise, et ce les déçoit, id. h, n, 62. Je periray; c'est ce pour quoi je crie. Quant nulz ne veut fors l'autre décevoir, E. DRSCH. Complainte de la France. Lors se tint à deçeu du mariage de s.i fille, qu'il faisoit appeller madame la daulpbine, comm. v, i». || xvi' s. Brief ce monde est une déception. Qui nous déçoit sous un très-plaisant masque, marot, i, 304. Il s'ensuit qu'ils ont esté deceus en erreur, calv. /nstit. 24. Celui qui considère tels faits légèrement, et les applique sans jugement, se déçoit, langue, R9. Mais ce n'est mie à l'homme grand Irofée, De décevoir un cœurdesjà deceu, rons. 947. Ainsin, estant tontes choses subjectes à passer d'un changement en aullre, la raison, y cherchant une réelle subsistance, se trouve deceue, mont, ii, 376.
— ETYM. Provenç. deccbrc ; anc. espagn. decebir; dulatin dectpere,de de, etcapere, prendre (voy. captif). L'ancien français a deux formes pour ce verbe, deçoivre et décevoir; la première, ainsi que le provençal decebre, est régulièrement tirée du latin decipere, qui a l'accent sur ci; la seconde est irrégulière, supposant un verbe decipëre , ou, comme l'espagnol decebir, deciplre.
t DÉCHAGRINER (dé-cha-gri-né), v. a. ôter le chagrin. Ce berger enjoué, ce doux magicien, Qui connaît tous les morts des vieux temps et du sien. S'en va ju.squ'aux enfers déchagriner les ombres, Églogue de h. henault, ou Furelierana , rapportée dans Trévoux.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et chagrin.
DÉCHAÎNÉ, ÉE (dé-chê-né, née), part, passé.
Il 1° Dont les chaînes sont ôtées. Un chien déchaîné. Le diable est déchaîné, mon cher ami; et, quand on n'est pas aussi fort que l'archange Michel, qui le battit si bien, il faut faire une honnête retraite, volt. Lett. Christine, H mars 4 787. || Kig. et familièrement. Le diable est déchaîné, se dit de quelque chose qui cause trouble, tumulte, confusion. Le diahle est déchaîné en cette ville; de mémoire d'homme on n'a point vu de temps si all'reux, sÉv. I67. Je crois que tous les diables sont déchaînés contre la dot, LESAGE, Crisp. rival de son maitre, se. it. || C'est un diable déchaîné, se dit d'un méchant homme qui se permet tout, d'un enfant mutin qui est rebelle à toute remontrance. Les ennemis sont dans la ville, Quifontlesdiables déchaînés, scarron, Virg.trav.n Il 2' Par extension. Il semble, dit saint Chrysostome, que tout l'enfer en cette triste journée lût déchaîna, boubd. Exhort. sur le couronnement de J. C. t. II, p. t04. Que les morts déchaînés du séjour ténébreux.... volt. Sémiramis, iv, 4. || 3° Fig. Le bruit des vents déchaînés. Un fleuve déchaîné. Des passions déchaînées. Il me parait qu'on est plus déchaîné que jamais contre la chambre de justice, MAiNTENON, Lctt. lime de Caylus, 2( juillet )7i6. Contre son propre sang aujourd'hui déchaînée, [elle] Aspire à l'épuiser dans sa rage efl'rénée, lemerc. liruneh. ni, «.
DÉCHAÎNEMENT (dé-chê-nc-man) , s. m. || 1° Action de déchaîner; l'état de ce qui est déchaîné. Le déchaînement des chiens de garde pendant la nuit. Il Par extension. Le déchaînement des vents, des tempêtes. || 2° Kig. Emportement rompant les chaînes qui le retenaient et s'exhalant d'une façon générale ou individuelle contre quelqu'un ou quelque chose. Le déchaînement de l'envie contre le mérite. Kt ce déchaînement aujourd'hui toe convie X faire une action qui confonde l'envie, mol. F. tav.