VII
— ÊTYM. Berry, etrivier , etrivière ; provenç. estreup, estrieu, «(riub;catal. ei(re(>;espagn.ej(n()0. Ce mot vient, d'après Frisch, du flamand striepe, lanière de cuir; mais Diez, prenant en considération l'espagnol estribar, s'appuyer, préfère le haut-allemand stréban , s'appuyer, l'étrier étant, d'après cette étymologie, ce sur quoi l'on s'appuie. L'étymologie île Frisch parait plus naturelle.
t ÉTRIËRE (é-tri-ê-r"), s. f. Terme de manège. Bande de cuir qui tient les étriers suspendus à la selle, quand on ne veut pas les laisser pendre. Ce mot est aujourd'hui plus usité que porte-étriers et trousse-étriers de l'Académie.
— ÉTYM. Élrier.
(• ÉTRIEUX (é-tri-eû) , s. m. pi. Étais transversaux, assujettis d'une maison i l'autre, pour consolider celle qu'on répare.
— 6TYM. C'est une forme ancienne d'étrier. + ËTRIF, s. m. Voy. bsthip.
ÉTRILLE (é-tri-ir, i< mouillées, et non é-tri-ye), f. f. Il 1* Sorte de brosse en fer, employée dans le pansage des grands animaux domestiques et surtout des solipèdes. || Cela ne vaut pas le manche d'une
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étrilla, eela n'a aucune valeur. || >* Fig. Un cabaret où Kon paye trop cher. Être logé k l'étrille, l'être en une hôtellerie où l'on fait payer trop cher. || 8'Tôle demi-forte. || 4" Nom d'une espèce de crabe bon à manger, sur les cêtes entre Caen et le Havre.
— HIST. XIII' s. Or faut roussin, or faut eslrilles. Espèce à porter par la ville. Choies qui (aillent en ménage. || xvi* s. Le malheur fut qu'il s'attaqua à celle |la cornette] des valets, qui portent l'estrille à leur drapeau, d'aub. Hist. m, 64.
— ÉTYM. Wallon, sitreie; cat. estrijol; iul. sireglia , stregghia ; du latin ilript'fù, qui a l'accent sur siri.
ÉTRILLÉ, ÉE (é-tri-llé, liée, M mouillées), por«. passé. Il 1' Pansé avec l'étrille. Un cheval bien étrillé. Il a> Battu, maltraité. Il a été étrillé d'importance. Oui, je dormais sur un petit volume Oui me vaudra d'être encore étrillé, BÉRANO. Cahier. || 3° Qui a payé trop cher. Étrillé dans cet hfltel, il n'y est pas retourné.
ÉTRILLER (é-tri-llé; {{ mouillées, et non é-triyé), V. a. Il !• Nettoyer le poil d'un cheval avec l'étrille. Même, s'il est besoin, étrille le mulet, nS- GNiER, Sat. XVI. Il 2" Fig. et familièrement. Étriller quelqu'un, le battre, le malmener. Il faut l'étriller d'importance. Qui se trouvera pris, je vous pri', qu'on l'étrille, Régnier, Sa(. xiii. Si vousm'ysurprenez, étriilez-y moi bien, corn. Suite du Ment, m, b. Veut-il qu'à l'étriller ma main un peu s'applique? MOL. Amph. 1, 2. Après m'avoir fait si bien étriller, elle me mit à la porte, en disant qu'elle ne voulait point souffrir chez elle de fripon, lesage, Cil Blas. X, 10. Il Par extension. Qui d'estoc et de taille étrillent les auteurs, rëgnier, Sat. x. || Il se dit familièrement aussi d'une bataille. Les Français furent étrillés à Pavie. || 8* Faire payer trop cher. On l'a étrillé dans cet hôtel. || II a été bien étrillé, se dit d'un homme à qui on a fait payer trop cher, ou qui a fait de grosses pertes au jeu ou ailleurs, ou qui a passé par quelque rude maladie.
— HIST. XV' s Montés sur petites haquenées
qui ne sont ni liées ni estrillées, froiss. i, i, 34. Il XVI" s. Il fallut que le prince d'Orange, bien estrillé de coups de canon, se retirast pour ce jour, d'aub. Hist. Il, 70. Bien eslrillée à coups de fouet, PARÉ, XIX, 22. Ils menoient des valetz de chambre delicatz, pour lesestriller et frotter dedans le baing, AMYOT, Alex. 72. En Espagne, la beauté est vuidéo et estrillée [grêle, mince, réduite comme par une étrille], en Italie grosse et massive, charro.n, Sagesse, p. 76, dans LACURNE.
— ETYM. Étrille; wallon, îlri»; provenç. estrilhar; catal. estrijolar; ital. stregghiare, stregliare.
ÊTRIPÉ, ÉE (é-tri-pé, pée), part, passé. Le cheval abattu et étnpé.
ÉTRIPEU (é-tri-pé), ». a. ôter les tripes d'un animal. Çà qu'on l'attrape, qu'on le grippe, Çà qu'on le châtie, qu'on l'étripe, scarron, Virg. iv. Il Populairement et par une exagération plaisante. Aller à étripe-cheval , presser excessivement un cheval. Bon ! c'est Pédrille; es-tu tc.jt seul? — Arrivant de Séville à étripe-cheval, beaumahch. Uariage, v, n . || 2" S'étriper, v. réfl. Se dit d'une corde dont les filaments s'échappent par quelque effort violent.
— HIST. xvi' s. Estriper, cotgrave.
— ETYM. É pour es.... préfixe, et tripes. ÉTRIQUÉ, ÉE (é-tri-ké, kée), od;. || 1° Qui n'a
pas l'ampleur suflisante. Cet habit, ce rideau est bien étriqué. || Terme de vénerie. Se dit d'un animal qui a peu de corps et qui est haut sur ses jambes. Il 2" Fig. Voilà un plan bien étriqué. Cette scène est bien étriquée. Ce que j'ai dit des arts dans le Génie du christianisme est étriqué et souvent faux, chateaub. Italie, 5). || Substantivement. Les longueurs doivent être accourcies; mais l'étriqué et l'étranglé détruit tout, \olt. Lett. d'Argenfal, 4 oct. 4760. Il L'Académie n'a étriquéqae comme adjectif, n'ayant pas le verbe étriquer.
+ 4. ÉrRIQUER (é-tri-ké), v. a. || 1* Rendre étriqué. Le Kain m'a mandé qu'il avait en vain combattu Mlle Clairon quand elle m'étriquait le second acte [de Tancrède], auquel la dernière scène est absolument nécessaire, volt. d'Argenlal, 28 oct. 4760. Il 2' Terme de marine. Ajuster. Etriquer une pièce de bois, en retrancher les parties qui s'opposent & sa superposition exacte sur d'autres pièces.
— ËTYH. L'origine probable est le Hainaut étriqué, rouleau de bois qui sert à raser les mesures de grain : d'où étriquer, mesurer rigoureusement, et, figurément, rendre trop juste, étroit. ^Irtfu« vient du flamand Kryften, racler, allemand sireithen. L'ancienne langue a ettriquer, qui paraît
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un mot différent et signifie tantdt secouer (Si les estrique [les dés], puis li change, Fabl. mu n' ?3<8, f' 236, dans lacuhne), tantôt faire sortir un animai de son gîte; en ce sens il paraît être pour «i-lrtujuf r. t 2. ÉfRIQUER (é-trl-ké), V. a. Terme de pêche. Passer les doigts entre les harengs qui sort aux ainnetltfs, pour les empêcher de se toucher.
— ETYM. Peut-être l'ancien français estriqutr, dans le sens qui est à l'étymologie du précédent.
i ÉTRIQUET (é-tri-kè), t. m. Nom d'une espèce de filet.
— ETYM. Allem. Sirick, corde.
t ÉTRISTÊ, ÉE (é-tri-sié, stée), adj. Terme de vénerie. Chien étristé, chien qui a les jarrets bien formés.
t ÉTRIVE (é-tri-v'), ». f. Terme de marine. Position d'une manœuvre à laquelle la rencontre d'un objet queIcon(|ue fait Taire un angle. || Amarrage fait sur deux cordages, à l'endroit où ils se croisent.
t ÉTRIVEK (é-tri-vé) . || !• K. o. Terme de marine. Faire croiser deux cordages; les lier par un troisième. Il 2' Y. n. Se dit d'un cordage qui agit ou appelle en faisant un coude.
— ÉTYM. Ce semble l'ancien verbe estriver, lutter (voy. ESTHIP).
ÉTRIVIÈRK (é-tri-viô-r"), f. f. || 1* Courroie à laquelle est suspendu l'étrier. jj Coup d'étrivière, coup donné avec l'étrivière. cis cheval ne marche qu'à coups d'étrivières. On peut lui donner cent coups d'élrivières, volt. Amabed, i6' lett. d'Amabed. Il Fig. Allonger l'étrivière, susciter une difficulté nouvelle, un nouveau retard. || 1' Au idur. Coups d'élrivières. Recevoir les étrivières. Il me fera donner les étrivières si je ne le salue, pasc. l'ens. dit. 4 37. Les fouets hâlifs sont déployés, Qui de cent diverses manières Donnent à l'air les étrivières, J. b. rouss. Lett. àLafosse. || Fig. J'ai bien reçu ma part des étrivières; Grippe-minaud m'en donna pour trois mois [d'emprisonnement], Bt- RANG. Gohier. \\ 3* Fig. Tout mauvais traitement qui humilie ou déshonore. Il ne s'en est tiré qu'avec les étrivières. Monsieur de l'épée royale, vous aurez, au premier jour, les étrivières de ma façon, oah- COURT, Maison de camp. se. 30. || S'en tirer avec les étrivières, se dit aussi des entreprises où l'on reçoit quelque dommage, des affaires où l'on perd de l'argent.
— HIST. XII' s. Li chevai venoit trestoz sens [seul] ; S'ot de sanc tainte l'estriviere, la Cluirretle, 262. Il XIII' s. Li lormier de Paris pueent taillier et faire taillier leur renés, leur chenetes, leur poltriaus, leur estrlvieres et toutes les choses qui à leur mestler apartienent, Liv. des met. 323. Toutes manières de genz autres que chevaliers ne se deivent combatre à pié, en bliaus ou en cotes rouges et chauces rouges à estrlvieres, sanz soliers..ixf. d* Jér. I, 478. Il XVI' s. Or si quelqu'un estrivoit, assavoir s'il y a eu un Platon, je vous prie, ne l'estimeroit-on pas digne d'estre cha.stié de bonnes estrlvieres? calv. Inst. 42. Ses vers sont faicts à esiriviere. Fort court devant, fort long derrière,
du VERDIER, Bill. p. 237, dans LACl'RNE.
— ÉTYM. Ane. franc, esirif, étrier (voy. ÉTRiBh); provenç. estrubieira ; espagn. cstribadera; portug. estribeira.
ÉTROIT, OITE(é-troi, troi-t'), adj. || 1' Qui a peu ou n'a pasas.sez de largeur. Habit étroit. Rueéiroite. Dans un chemin étroit je trouvai deux guerriers, VOLT. (JUdipe, IV, ( . Il fallut disputer, dans cet étroit passage, ID. ib. || Fig. et familièrement. Avoir la conscience étroite comme la manche d'un cordelier, n'être aucunement scrupuleux. || Terme de manège. Un cheval étroit de boyau, cheval qui a le ventre serré et les côtes plates. || Adverbialement. Mener ou conduire un cheval étroit , lui donner peu de terrain. || 2* Fig. Resserré, restreint. Ses affections se renferment dans un cercle étroit Nous divisons les choses les plus simples en diverses idées, parce que notre esprit est encore trop étroit pour les pouvoir comprendre toutes ensemble , micolb , Ess. de mor. t" traité, ch. s. Si son astre en naissant ne l'a formé poète, Dans son génie étroit il est toujours captif; Pour lui Phébus est sourd, et Pégase est rétif, boil. Art p. i. || Des bornes étroites, d'étroites limites, se dit de ce qui a peu d'extension , de ce qui est fan limité. Les buraesétroitesdu journal ne permettent pas de traiter toute sorte de questions. Il C'est un cerveau étroit, c'est un génie étroit, un esprit étroit, c'est un homme de peu de jugement, de peu de capacité, un homme dont les Idées ont peu d'étendue. Un génie l'trolt qui ne voit les choses que par parties, ut n'embrasse rien d'une vue générale, HONTKSQ. Lett. pers. 4 2». || Use dit,
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dans un sens analogue, dû ce qui est sans portée, sans grandeur , sans générosité. Une politique étroite et oppressive mettait plus d'entraves aux bonnes intentions des Jésuites que l'opposition de rennemi, chateaubr. Génie, iv, iv, 8. Les esprits étrangers à l'activité comme à la méditation ont quelque chose d'étroit, de susceptible et de contraint qui rend les rapports de la société tout à la fois pénibles et fades, m— de stael, Corinne, xiv, I. Il 8* Où manque l'aisance. Sans fortune, sans espérance, et presque sans ressource, il se réduisit à un genre de vie fort étroit, d'alemb. Éloges, du ifarsai'î. Il 4° Très-uni, intime. Fières sœurs, si jamais notre commerce étroit Sur vous et vos serpents me donna quelque droit, corn. Médée , i, 4. Concorde étroite, botr. Bélis. m, 2. Ce sont deux arts [la musique et la danse] qui ont une étroite liaison ensemble, mol. Bourg, gent. i, î. Il me favorisa même quelquefois de sa plus étroite confidence et mo fit voir son âme entière, et que n'y vis-je point I BoiL. Lutr. Pre'f. Il y avait une alliance étroite entre Attila et Genséric, roi des Vandales, montesq. Rom. ch. t». Sans l'étroite amitié dont l'honore Titus, VOLT. Briil. IV, 7. Il Coeur étroit, cœur qui n'a point d'expansion, de charité, de sensibilité. Kaibles esprits, ou plutôt cœurs étroits et entrailles resserrées, que la foi et la charité n'ont pas assez dilatées pour comprendre toute l'étendue de l'amour d'un Dieu, boss. Anne de Goni. Les cœurs étroits ne sentent jamais de vide, parce qu'ils sont toujours pleins de rien, J. J. bouss. Lettre à Mme de B. Correspond, t. II, p. îOi, danspouGENS. || 6° Oui est selon la rigueur de la loi, de l'ordre, par opposition à relâché. Quand on a failli contre une personne fc qui on a de si étroites obligations que je vous en ai, VOIT. Le». <48. Il est libre de quitter la première vie pour en embrasser une plus étroite, pa- TRU, Plaid. «5, dans richelet. De quelque étroit respect qu'un amour soit contraint. N'osant pas demander, pour le moins il se plaint, rotr. Bélis. iv, 2. Cette justice étroite que l'on nous rend, bourd. Carême, i, Jugem. dern. Si l'amour des grandeurs, la soif de commander. Avec son joug étroit [de Dieu] pouvaient s'accommoder, rac. Athal. m, 3. Vous souvient-il, mon fils, quelles étroites lois Doit s'imposer un roi digne du diadème î id. ib. iv , 2. Cette règle étroite et austère que les disciples de saint Benoît pratiquent si exactement, pléch. Panég. J, p. 40) Les devoirs étroits où son rang l'emprisonne, c. DELAV. Paria, v, 2. || Droit étroit, droit rigoureusement conforme au texte de la loi, par opposition à droit par interprétation. On pouvait ajouter que ces successions de dignité en collatéral étaient de droit étroit, et qu'il ne pouvait dépendre d'une volonté particulière de faire un homme duc ou da l'empêcher de l'être, st-sim. 64, 60. Il Sens étroit, dit par opposition à sens général, étendu. Pour terminer le riétail des qualités acquises de M. Leibnitz, il était théologien, non pas seulement en tant que philosophe ou métaphysicien , mais théologien dans le sens étroit , fonte.n. Leibnitz. Il Prendre quelque chose dans le sens étroit, l'interpréter selon toute la rigueur de la lettre. || En termes de l'Écriture, la voie étroite, le chemin étroit, le chemin du salut, par opposition à la voie large, c'est-à-dire la perdition. Marcher dans la voie étroite de l'Évangile, c'est réformer son cœur et renoncer à ses passions, bourd. 3» dim. après la Pentecôte, Dominic. t. n, p. 383, dans pougkns. |! 6' À l'étroit, loc. adv. Dans un espace trop resserré. Vous savez bien comme on est à l'étroit Dans ce logis... la FONT. Bere. Le scorpion tenait la place de deux signes.... et, en votre considération, se serait mis plus à l'étroit, FONTKN. Dialogues, Auguste, Arétin. Ouesnai, logé bien à l'étroit dans l'entre-sol de Mme de Pompadour, ne s'occupait du matin au soir que d'économie politique et rurale, marmontel, Uém. v. Il Par extension. Les rois de Macédoine furent réduits à l'étroit, Boss. Ilist. ii, 9. || Fig. X la gêne. Voyez dans quel sentier la vertu chemine doublement à l'étroit et par elle-même et par l'effort de ceux qui la persécutent, hoss. Reine d'Anglet. ||Être à l'étroit, vivre à l'étroit, n'avoir pas les commodités de la vie.
— REM. Au xvu* siècle, il était encore loisible de suivre la prononciation normande é(rei( ; cela est aujourd'hui tout à fait interdit. La nation des belettes, Non plus que cellp des chats, Ne veut aucun bien aux rats; Et sans les portes étrètes De leurs habitations.... la font. FaU. iv, 6. Damoiselle belette au corps long et fluet Entra dans un grenier par un trou fort étreit, id. t6. m, 17.
— SYN. ÉTROIT, STRICT. Ces deux mots ne sont
synonymes qu'au sens de rigoureux, sévère, bien qu'étymologiquement les mêmes, puisque étroit est la forme française, et strict la forme latine de sirictus ; l'usage n'y a guère mis que celte nuance : strict peut se dire des personnes, et étroit ne s'en dit jamais, en ce sens : un homme strict, et jamais un homme étroit.
— HIST. xi* s. Es destriers montent, si chevauchent estreiz, Ch. de Roi. lxxvii. Contre son piz [poitrine] estreit [ il j l'ad embracet, tt>. clxi. Il XII* s. Bien se défendent à cet estroit passage, Ilonc. p. 66, Saint Thomas e 11 reis furent mult luiiguement Emmi le champ tut su! à estreit parlement; Un sul n'i apelerent de très tute lur gent, ib. H 4. Il XIII* s. Estroit [ils] lui ont la corde en la bouche nouée, Berte, xvi. Moût lui sera la voie du paradis estroite, t6. cxxxvi. Et s'il n'ont tant de muebles, les despuelles de lor héritages, par desor lor estroite soustenance, y corroient, beaum. xvii, 7.
Il XV* s Le comte d'Armignao, qui estoit jeune
et entreprenant et de grand'volonté, demanda ses armes et s'arma tout au clair et & l'estroit et de toutes pièces, froiss. m, iv, 20. || xvi* s. Selon les vivres qui y estoient si estroits, que plus ne se pouvoient, coMM. viii, 8. Se bâtirent bien estroit, tant que d'un costé et d'autre en eut plusieurs de morts, J. d'auton, Annales de Louis XII, p. (88, dans lacurne. Vous passerez par l'estroict [détroit] de Sibyle, rabf.l. Garg. l, 33. L'estroicte cousture de l'esprit et du corps, mont, i, ioi. Les estruicls baisers de la jeunesse, id. i, 392. Nous embrassons ce bien, d'autant plus estroict que.... id. m, t. Les siens qui ne pouvoient, pour l'estroit du lieu, aller aux coups d'espée, lui faisoient passer de main en main leurs pistoUets, d'aub. Hist. ii, 290. La manière de vivre et la police des Candiots pour lors estoit austère et estroite, amyot, Lyc. 5. Cognoistre les maladies qui requièrent diette estroitte ou large, PARÉ, Inlr. XIV.
— ÉTYM. Génev. etBerry, étret, étrettei wallon, silreu ; provenç. estreg, estreit, eslrech ; espagn. estrecho; portug. estreito; ital. stretto ; du latin strictus, participe passif de stringere (voy. ëtrein-
T>nR).
ÉTROITEMENT (é-troi-te-man) , adv.Ul'X l'étroit, dans un espace resserré. Vous êtes logé bien étroitement. || 2* D'une manière étroite, serrée. Ils se tenaient embrassés étroitement. || Fig. Ils sont étroitement liés. C'est dans cette sainte maison qu'elles venaient s'unir par la foi et par la charité plus étroitement qu'elles n'étaient unies par le sang et par la nature, fléch. ifar. Thér. Dans son voyage d'Italie, il se lia étroitement avec le cardinal Corsini, qui fut depuis Clément XII, d'alemb. Éloges, Montesq. Il 3° Rigoureusement, à la rigueur. Observer étroitement le carême. De sorte qu'il oblige étroitement tous les Français de reconnaître et de confesser qu'ils n'ont plus ces saintes reliques, pasc. Prov. 18. 11 faut étroitement observer le silence, Ou faire d'un secret entière confidence, th. corn. Engag, du has. u, 3. Il Avec une grande surveillance, parce que plus on est dans un lieu étroit, plus la surveillance est facile. La reine, pendant tout ce temps, devait être étroitement gardée, volt. Zadig, (9. Il 4* En vertu d'une obligation étroite, sur toutes choses. Scandale qu'il vous est d'autant plus expressément et plus étroitement ordonné de prévenir, bourdal. Avent. Resp. hum. 379.
— HIST. XII* s. Estroiteraent [il] a Jliesu reclamé, Rone. p. 66. Et piez et poinz estroilement liés, »'/). p. 202. Ijxm' Bêle Yolans le baise estroitement. Romancero, p. 40. Il XIV* s. Et ceulx qui gardent leurs pecunes estroitement, obesme, Eth. <(0. Nous vous mandons, commandons et estroilement enjoignons <\ue.... Bibl. des chartes, 3* série, t. ii, p. 427. Il xvi* s. C'esloient lieux, es quelz on apprenoit à vivre sobrement et estroittement, amyot, Lyc. (8. Ordonnance qu'ilz gardèrent longtemps fort estroittement, ID. ib. Ils gardent leurs femmes si estroittement, que personne ne les voit jamais dehors, iD. Thém. 48. Quand la mal vient à son estât, il faut nourrir estroittement [en petite quantité], paré, Intr. 4 4.
— ÉTYM. Étroite, et le suffixe ment; wallon, sitreutmain; provenç. estrechamen; espagn. estrechamente; iial. strettamenle.
t ÉTROITESSE (é-troi-tè-s') , s. f. Qualité de ce qui est étroit. L'étroitessed'un logement. || Fig. Nous l'aurions vu porter dans les fonctions publiques toute l'étroitesse du petit esprit monastique, Diderot, Sur l'hist. du parlem.
— ÉTYM. Étroit. On trouve dans l'ancienne langue estrece et etlroisseur.
ËTRON (é-tron) , t. m. Terme très- bas. Matière fécale consistante et moulée. || Étron de Suisse, petit cène que les enfants font avec de la poudre à canon mouillée et mise en pâte, et qu'ils allument par le sommet.
— iilST. xiii* s. Estrons sans ordure, iubinal, Fa trasies, t. ii, 222. ||xivs. Adonques, dit le veneur, tous les estrons que nos chiens font vous feusseni en la gorge I Modus, f cil. || xvi* s. Une tartre bourbonnoise composée.... d'esironcs tout chaulx, RAB. Pant. Il, <6.
— ÉTYM. Wallon, stronf Ital. stronxo , étron, et stronzare, couper; bas-lat. ttrundius. strunlus; flamand, stront, ordure, fumier; de l'allem. strunzen, morceau coupé; du h. allem. strunzan, délacher en coupant: proprement, ce qui est rejeté.
ÉTKOXÇONNÉ, ÉE (étron-so- né, née), part, passé. Arbre étronçonné.
ÉTRONÇONNER' (étron-so-né) , v. a. Terme da jardinage. Couper fort bas la tête à un arbre.
— ÉTYM. É pour «s... préfixe, et (ronfon.
t ÉTROPE (é-tro-p') , *. f. Terme de marine. Nom de la corde qui entoure le moufle d'une poulie.
t ÉTRUFFÉ, ÊE (é-tru-fé, fée), adj. Terme de vénerie. Chien étruffé, chien atteint d'étrufTiire, qui a une cuisse atrophiée.
— ÉTYM. Altération du mot atrophié.
t ÉTRCITURE (é-tru-fu-r"), i. f. Terme de vénerie. Maladie qui survient aux chiens, à la suite de quelque effort, et qui les fait boiter, la cuisse ne prenant plus de nourriture.
-— ÉTYM Étruffé.
t ÉTRUSQUE (é-tru-sk'), t. m. Nom de peuples confédérés qui habitaient le pays dit aujourd'hui Toscane, qui exercèrent une grande influence sur Rome primitive, et qui furent finalement soumis par les Romains. || Adj. La langue étrusque, ou, au masculin, l'étrusque, langue parlée par ces peuples, dont il reste des inscriptions, mais que les érudits ne sont pas encore parvenus & déchiffrer. Il Vases étrusques, poterie rouge, brune et noire, dont on trouve des échantillons nombreux, qui sont remarquables par la forme et les dessins, et qui paraissent dépenijre de l'art antique des Grecs.
ÉTUDE (é-tu-d'), s. f. || 1* Application d'esprit pour apprendre ou approfondir les sciences, les lettres, les beaux-arts. Passer les jours et les nuits à l'étude. L'étude des mathématiques. J'estimais fort l'éloquence, et j'étais amoureux de la poésie; mais je pensais que l'une et l'autre étaient des dons de l'esprit plutôt que des fruits de l'étude, vesc. Méth. i, 9. L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'Une heure de lecture n'ait dissipé, montesq. Pens. div. J'entends dire qu'il convient d'occuper les enfants à des études où il ne faille que des yeux; cela pourrait être s'il y avait quelque élude où il ne fallût que des .yeux: mais je n'en connais point de telle, J. I. rouss. Em. 11. J'ai su, pauvre et content, savourer à longs traits Les muses, les plaisirs, et l'étude et la paix, a. cuén. Élég. xvi. Entre l'étude et moi tu partageais tes jours, m. j. CHÉN. Gracques, i, 4, Dans 1 étude autrefois vous cherchiez un secours, c. delav. Paria, 11, 2.
2" Connaissances acquises. Avoir de l'étude. Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude , boil. Épil. xi. Il N'avoir point d'étude, nulle étude, être sans étude, se dit surtout de ceux qui n'ont point les études littéraires qu'on fait d'ordinaire dans la jeunesse.
Ali plur. Les dilTérents degrés de l'instruction classique. Faire de bonnes études, de mauvaises études. Le cours des éludes. Traité des études. Sitôt que j'eus achevé tout ce cours d'études, au bout duquel on a coutume d'être reçu au rang des doctes , desc. Méth. 1, 6. L'abbé d'Olivet avait dirigé au collège des jésuites les premières éludes de cet écrivain célèbre [Voltaire], d'alemb. Éloges, d'Olivet. \\ Faire ses études, passer par les difl'érents degrés d'instruction qui doivent former l'esprit de la jeunesse. || On dit de même faire des études. U n'a pas fait d'études. || 3* Terme de théâtre. Action d'apprendre par cœur un rôle. Il ne lui est rien arrivé que je ne lui aie prédit à elle-même, en lui disant adieu, quand je sus l'étude qu'elle faisait de ce rôle, corn. Lett. à l'abbé de Pure, «2 mars) 659. || On dit plutôt aujourd'hui étudier un rôle. Il Mettre une pièce à l'étude, en commencer les répétitions. Il La pièce est à l'étude, elle est en cours de répétitions. !| 4° Étude, se dit de tout travail prépariuoire. L'étude d'une question. Les études d'un chemin de fer. Mettre un projet de loi & l'étude. Ce
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plan est encore à l'étude. || 5* Un deirin ou un morceau de peinture, de sculpture, exécuté pour l'étude particulière d'un objet. Une étmle de draperie, de paysage. Le» études de Raphaël. Les études de ces artistes montrent combien ils ont encore besoin d'en faire, didbh. Salon de (767, (Eue. t. xiv, p. 278 , dans pouOENS. Nous y vîmes aussi un grand nombre d'études qu'ils avaient faites d'après plusieurs beaux monuments, et en particulier d'après cette fameuse statue de Polycléte , qu'on nomme le canon ou la règle, bahthéi.. Anach. ch. 7». Il Tête d'étude, tête dessinée pour servir de mo'ièle. || Terme de musique. Composition faite pour exercer au doigté , au jeu d'un instrument. Des études pour le violon. || 6* Soin particulier que l'on apiiorte à quelque chose. Tandis qu'autour lies deux tu perdras ton étude [à deviner lequel des deux est ton fils|. Mon âme jouira de ton inquiétude, CORN. Héracl. iv, 6. Son &me semble en vivre [de soupçons], et je mets mon étude X trouver des raisons à son inquiétude, mol. D. Gare. Il, i. Je mettrais toute mon étude à rendre ce quelqu'un jaloux, ID. Sicil. 7. Ils emploient toute leur étude k chercher, pasc. Prov. ï. Se faire une étude d'une bagatelle, Boss. m, Véture, ». Je son(,'e à me connaître et me cherche en moi-même. C'est là l'unique élude oil je veux m'attacher. boiu Éptt. v. Je mets à les former [de jeunes filles] mon étude et mes soins, bac. Esth. i, 4. .... Ta fiùre ingratitude Se fait de m'oflenser une farouche élude, volt. UortdeCés.u, 6. Ma main donneau papier, sans travail, sanséUule, Des versfils de l'amour et de la solitude, A. CHiîN. Êlég. XVI. Il Préméditation L'indignation qu'on prend avec étude Augmente avec le temps et porte un coup plus rude, corn. Pomp. iv, (.Tranquille en me frappant, barbare avec étude, volt. Irène, iv, 4. || 7* Objet d'étude, de soin. Votre exemple est partout une étude pour moi, corn. Sert. III, 2. J'ai.... de l'inquiétude De voir qu'un sot amour fait toute votre étude, mol. Sgan. 7. Je me suis fait une étude de cet endroit d'une de vos lettres, sÉv. 437, US" En mauvaise part. AITectation, recherche. Éviter l'apprêt et l'étude. Elle plaît sans élude. Que ne puis-je vous représenter cet homme simple et sans étude? plécu. ii, (24. Toute noire vie est une élude de vanité, mass. }ttjst. Ass. Il 9" Étude e.st quelquefois un titre d'ouvr.nge, moins usilé, il est vrai, que essai. Etudes sur la musique ancieine. || 10" Anciennement, chambre, cabinet où l'on étudie, où l'on compose. Et ces heureux hasards des fruits de mon étude, corn. La poésie à la peinture. Ces vers, produits dans mon élude, Récitent tes commandements, bacan, Psaume t>S. Plus d'un héros, épris des fruits de mon étude, Vient quelquefois chez moi goûter la solitude, boil. Ép X. Considérez les avantages d'un homme [un orateur] qui n'apprend pas par cœur.... la chaleur qui l'anime lui fait trouver des expressions et des Apures qu'il n'aurait pu préparer dans son élude, FÉN. Dial. sur l'éloq, ii. || 11° Aujourd'hui, lieu où l'on réunit les éltves pour étudier leurs leçons et faire leurs devoirs. Les études de ce collège ."Ont vastes et bien aérées. || On dit très-souvent a'.LSsi : salle d'étude. || Dans les lycées de Paris, au lieu d'étude, on dit ordinairement quartier. || Le temps de ces exercices. L'élude la plus longue est celle du soir. || Maître d'étude, maître chargé de la surveillance pendant les études, les récréations et les promenades. Le titre officiel est , depuis quelques années, maître-répétiteur. || 12* Pièce où un notaire, un avoué, un huissier fait travailler ses clercs. Il Dépôt des minutes et des papiers que les notaires et les avoués conservent; clientèle du notaire, de l'avoué, etc. Acheter une étude. 11 cède son étude à son premier clerc.
— REM. Élude a été longtemps masculin, d'après le latin qui est neutre. « Etude pour un lieu où l'on étudie est féminin; étude pour travail d'étudier est masculin ; qui fait au contraire n'y entend rien, » MALH. Comment, sur Vesporles , édit. lalannk , t. IV, p. 346. Cela est répété par Chifflet, Gramm. p. (4». Aujourd'hui la terminaison féminine l'a définitivement emporté, et étude est uniquement du fùminin.
— HIST. xii* s. Ainz voliez poverte de vostre gré porter. En oreisun adès e en estudie ester, Th. le mort. 8( . Il xju* s. [Les rois qui ] Fièrement metenl lor astuide X faire entoreus armer gens, la Hose, 5288. Il XT* s. Il ne TOUS est mie mestiers, Dame, dis-je, '|ue le vous die; Car, «ans mettre y vostre estudie. Vous en savés là et avant, froiss. Esp. amour. Collèges, n'attendez demain; Kstudes [universités], V0U.S deussiez aler Devers le roy pour anhorter Le
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concilie, et chercher le voir [le vrai), b. debcr. dans P0U0EH8. En laquelle chose France & grand honneur, le roy et les princes d'icelle, avec la noble université de l'estude de Paris, Boitcic. m, 20. J'ai ma fille à marier, où j'ay grant estude de la bien asseurer, Percefiiretl, t. v, f* (07. || xvi* s. Mais par sus tout il mit son estudie X reparer son pals d'Arcadie, iiabot, iv, 77. Puys se nietloyt k son estude principal par troys heures on d'advantaige, bab. Garg. i, 33. Et des principaux estudes de ma vie, c'est que le bout s'en porte bien, hont. I, «8. Mais on trouva enfin que c'estoit une estude profonde, son esprit s'exercitant, in. ii, (7t. Faire un capitaine d'un personnage qui n'auroit jamais bougé de dessus les livres en une estude, autot, Prif. X, 3«. Presque toute leur estude estoit d'apprendre à obéir, id. Lyc. 33. Si estoit il en ses premiers ans plus enclein à l'estude de la poésie qu'à nul autre, ID. Cicéron, 2.
— ÈTYM. Wallon, «tfiJd, s. f. ; provenç. ettudi; espagn. ejtudto ; portug. estudo; ital. tfttdt'o ; dulat. Mudt'um. Estudie au xu' siècle est purement orthographique; le vers montre que la prononciation était esluide. Plus tard estudie se dit, mais alors il est calqué sur le latin.
ÉTUDIANT (é-tu-di-an) , t. m. Celui qui étudie. Je commence par mettre aux pieds de Votre Majesté la reconnaissance du jeune étudiant qu'elle a bien voulu honorer de ses bontés, d'alehb. Letl. au roi de Pr. 2« oct. (7«4. || Particulièrement, celui nui étudie dans une université, et, en France, dans une faculté. 11 y a peu d'étudiants k ce cours. Étudiant en droit. Il Au féminin, étudiante, dans une espèce d'argot, grisette du quartier lati». Commis et grisettes , étudiants et étudiantes affinent dans ce bal.
— ÉTYM. Êfud^er ; provenç. ettudian; espagn. esludiante ; portug. estudante; ital. studiante.
ÉTUDIÉ, ÊE (é-tu-di-é, ée), part, passé. \\ l' Qui a été l'objet d'études. Un auteur étudié avec soin. Tacite étudié dans les classes. La botanique étudiée avec ardeur. || Appris par cœur. Leçon liien, mal étudiée. Il î" Qui a été médité, composé avec soin. La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées, desc. Mélh. I, 6. Leur discours étudié ne fit qu'augmenter les soupçons qu'on avait déjà de la trahison , flëch. Ilist. de Théod. iv, 38. Tout cela était dit avec la rapidité d'un discours étudié, marivaui, Paysan parv.t' partie. La tragédie ne représente pas les hommes tels que nous les voyons dans la société ; elle peint un naturel d'un ordre différent, un naturel plus étudié, plus mesuré, plus égal, comiiL. Art kécr. iv, 5. Il Fig. Feignant des sentiments longtemps étudiés, VOLT. U. de Ces. ii, 4. Si de votre ennemi la haine étudiée, id. Irène, ii, (. || Fait, travaillé, fini avec soin, l'n dessin, un tableau fort étudié. Il 8" Qui sent l'étude, le travail. N'attendez pas, messieurs, que je ménage vos e.sprits, ou que par des figures étudiées je flatte ou j'irrite votre douleur, FLÉCH. Dauphine. L'arrangement étudié des expressions, mass. Car. Conf. Fontenelle et Lamotte ont écrit en prose avec beaucoup de clarté, d'élégance, de simplicité même, mais Lamotte avec une simplicité plus naturelle, et Fontenelle avec une simplicité plus étudiée, d'alehb. Éloges, Lamotte. Il 4" Alîecté, sans naturel. Des larmes étudiées. Le jeu de cet acteur est étudié. Je n'ai jamais su goûter cette tristesse étudiée, balz. liv. vi, lett. 2, N'attendez pas de cette princesse des discours étudiés et magnifiques, boss. Dueh. d'Orl. Sans pitié, sans douleur, au moins étudiée, bac. Andr. v, (. (Celte expression de Racine fut critiquée dans le temps; à tort; car, bonne en soi, elle était déjà dans l'usage.) Il 11 se dit quelquefois des personnes en ce sens. Il n'est point naturel, il est étudié, Dict. de l'Acad.
ÉTUDIER (é-fu-di-é), j'étudiais, nous étudiions, vous étudiiez; que j'étudie, que nous étudiions, que vous étudiiez. || 1" V. n. Appbquer son esprit à l'étude des sciences, des lettres, etc. Étudier endroit, en médecine. Il me semble qu'on pourrait tirer de là que M. d'Avranches [HuetJ est peut-être de tous les hommes qu'il y eut jamais celui qui a le plus étudié, d'olivbt, Ilist. Acad. t. u, p. 4u2, dans POOGENS. U eut de si fréquentes maladies pendant son enfance que ses parents n'osèrent le presser d'étudier, mairan. Éloges, abbé de Molières. On doit étudier autant pour se former l'esprit que pour apprendre, du harsais, OKuvret, t. i, p. as. Il
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faut étudier pour s'instruire. Mais comment (lut-Il étudier? c'est une chose qu'on ignore assez communément, CONDIL. iong. ca/c. i, (2. || Étudier ensemble, être élevés dans le même collège, dans la même maison d'éducation. || Faire étudier, faire faire à un enfant le cours des classes. J'enrage que mon père et ma mère ne m'aient pas fait étudiei dans toutes les sciences quand j'étais jeune, mol. 0. geni. ii, e. L'on trouva moyen de me faire étudier,j.«. Rouss.^m.iv. Il 1* Étudiera, archaïsme resté en usage au commencement du xvii* siècle. Et pu7. quand je n'alléguerais autre chose, sinon que sij'ai étudié aux bonnes lettres pour me rendre capable de la vertu, si je suis homme de bien, je rends à mon père en son bienfait même plus (jne je n'ai reçu de lui, MALH. Le traité des bienf. de Sinèque, ni, 31. J'avais un peu étudié, étant plus jeune, entre les parties delà philo.^ophie, à la logique, et, entre les mathématiques, à l'analyse des géomètres et à l'algèbre, desc. Méth. u, 6. Plus un homme à luimême étudie à mourir. Plus il commence à vivre à l'auteur de son être, corn. Imit. ii, (2. Je m'imaginais que TOUS avez quelque pensée d'étudier à la magie. Mine, Œuvres poith. t. u, p. 300. Vous n'éludiez plus qu'à bien vivre, iD.t't. p. 2«o. ||8'F. o. S'appliquer à apprendre une science, un art, à comprendre un auteur, à bien connaître une chose. Étudier les mathématiques, le grec, le dessin, l'agriculture. Il 4*TScherde fixer dans sa mémoire, d'apprendre par cœur. Étudier un rôle, un morceau de musique. Étudier ses leçons. || B* Méditer, préparer. Étudier un discours, un compliment. || On dit dans le même sens il fait des contes plaisants, mais il les étudie. || Absolument. S'exercer sur un instrument de musique, piano, violon, etc. Cette pianiste étudie six heures par jour. || 6* Terme d'ingénieur. Étudier un projet, en vérifier les moyens d'exécution et la dépense. || Les architectes disent dans le même sens étudier un plan. || 7* Terme de peinture et de sculpture. Étudier une draperie, une pose, s'assurer de leur efl"et avant l'exécution définitive. Il Étudier un modèle, en examiner soigneusement tontes les qualités. || U se dit dans le même sens en littérature. Je suis bien persuadé que de tous les modèles celui que Massillon avait le plut étudié, c'était Racine, mabmontel, Élém.lilt. Œuv. t. V, p. 82, dans pouoens. || 8' Examiner attentivement. Etudier les phénomènes de l'électricité, les phases d'une maladie. || Observer avec soin l'humeur, les habitudes, les inclinations des personnes. Votre homme arrive.... je l'ai étudié une bonne grosse demi-heure, et je le sais déjà par coeur, mol. Poure. I, 4. J'étudiai leur cœur, je flattai leurs caprices, BAC. Athal. m, 2. Étudiez nos mœurs avant de les blâmer, voi.T. Ali. iv, i. Comme ils [les affranchis] ont étudié les faiblesses de leur maître et non pas ses vertus, montesq. Esp. xv, (9. || Étudier un terrain, en examiner les diverses parties pour l'objet qu'on se propose. || Fig. Étudier le terrain , chercher à connaître à fond les choses et les hommes. || Il faut étudier le moment favorable, l'épier afin de le saisir et d'en profiter. || 9° Feindre. Cent fois je me révolte et cent fois je succombe; Tant le calme forcé que j'étudie en vain. Près d'un si rare objet s'évanouit soudain, corn. Puleh. Il, I. Il 10" S'étudier, v. réfi. Être étudié. Le grec s'étudie moins aujourd'hui qu'autrefois. || 11" Faire étude de soi-même. Il se juge en autrui, se tàte, s'étudie, CORN. Pomp. ui, (. Je veux exprimer ma pensée, les paroles convenables me sortent aussitôt delà liouche, sans que je sache aucun des mouvements que doivent faire, pour les former, la langue ou les lèvres, encore moins ceux du cerveau, du poumon et de la trachée-artère; puisque je ne sais pas même naturellement si j'ai de telles parties et que j'ai eu besoin dem'étudier moi-même pourlesa voir, BOSS. Connaits. m, (l. Celui qui se sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres, DIDEROT, Bignede Claude et de Nér. i,§ (26. || 18* S'étudier,s'appliquer, s'exercer, avec d et le verbe à l'infinitif. Sa rigueur s'étudie assez à m'accabler, th. CORN. Essex, IV, 6. Il s'étudiait à reconnatlre les talents ; il les encourageait, les aidait par des attentiom> p.irticulières, fobten. Boerhaave. Plus sa place [de Coltert] rélevait au-dessus d'eux, plus il s'étudiait à leur témoigner qu'avec eux il n'était que leur confrère: il leur donnait des fêtes dans sa belle maison de Sceaux, d'olivet, Uist. Acad. t. ii, p, 208, dans pouGENS. || 11 se dit aussi avec un substantif. Plus une àmeest humiliée, Plus elle s'est étudiée X ce noble ravalement, corn. Imit. m, 43. Un personnage grave ne s'étudie point k une si extravagante rhétorique, batlk, IHct. trit. art. Arodon,
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fam, A. Il Pascal a construit s'étudier avec pour, construction que rien de grammatical n'interdit. L'on s'étudie tous les jours pour trouver les moyens, PASC. dans cousin. || Bossuet a mis s'étudier de. Une idée intérieure à laquelle je m'étudie de me conformer, Boss. Connaiss. v, 6. C'est peu^-être pour éviter deuid, compléments, l'un de s'étudier, l'autre de le conformer, qu'on aurait si on suivait la construction ordinaire : à laquelle je m'étudie à me conformer. D'ailleurs, c'est un archaïsme que la grammaire ne repousse en aucune façon (voyez des exemples dans l'historique.)
— HIST. xiv* s. Mais j'ai estudié au livre de Jason.... Guesclin, 8960. Aucun pourroit dire que ceste science n'est pas si nécessaire, car au temps passé plusieurs roys et princesses ont très bien gouverné qui oncques n'estudierent politicques, oresme, Prol. Il XV* s. Vous devez savoir que grand' murmuration estoit entre les clercs de l'université de ces nouvelles, et cessoientde lire et d'estudier; et n'avoient puissance ni affection de rien faire.... froiss. III, IV, 10. Ainsi le roi d'Angleterre et son conseil estudioient nuit et jour à faire engins et instrumens pour ceux de Calais mieux oppresser et contraindre, ID. I, I, 309. Il xvi* s. Hà, malheureux, vous vous estudiez i vous mocquer de.... mabot, iv, 25). Quiconque s'estudie bien atentifvement , trouve en soy.... MONT. I, 7. Il avoit en sa teste une harangue estudiée, mais.... w. iv, 88. Les aultres s'estudient à eslancer et guinder leur esprit, id. m, 279. Lycurgus ne s'estudia de rendre les siens belliqueux pour faire oultrage aux autres, amïot, Lyc.etNuma comp. 3. Il estudia tousjours aux sciences jusques à ce que Sylla fut demeuré vaincueur, id. Cic. 3. Il se remeit de rechef à estudier en rhétorique, id. ib. 5. Ils'estudioitàdire tousjours quelque chose de nouveau à la louange de luy et de ce qu'il faisoit, ID. ib. 64.
— ÊTYM. Wallon, titûdt; provenç. et espagn. ettudiar; portug. estudar; ital. studiare; du lat. studium, étude.
ÊTUDIOLE (é-tu-di-o-1') , t. f. Petit meuble à plusieurs tiroirs, qui se place sur une commode ou sur une table, pour y serrer des papiers d'étude ou d'autres choses.
— ÉTYM. Diminutif à'étude, au sens de cabinet de travail.
ÉTUI (é-tui), s. m. Il 1" Sorte de boîte disposée de façon que les choses qu'on y veut placer y soient étroitement serrées. Étui de chapeau ou à chapeau. Étui de harpe. De son étui la couronne est tirée; Dans une chartre un dragon la gardait, lA FONT. Fabl. VI, 6. Il Étui de mathématique, boite contenant des instruments de mathématique. || C'est un visage à' étui, se dit d'un visage fort laid qu'il faut cacher comme dans un étui. || 2° Petit meuble de poche cylindrique oil l'on enferme des aiguilles. 113° Fig. Lieu étroit. Et moi, non sans bosse à la tête, Avec quelques secours d'aulrui , Je sors de mon maudit étui, J. J. Rouss. Lett. à Lafotse. || Le corps, considéré comme un étui pour l'àme. Mes maladies augmentent tous les jours; la nature s'est avisée de faire à mon âme un très-mauvais étui, volt. Lett. Albergati, 7 mars t76(». La nature a donné à mon âme un étui très-faible et très-mauvais, qui ne peut guère soutenir, à l'âge de quatre-vingtquatre ans, le voisinage des Alpes et des inondations de neige, id. Lett. à U. Colini, 26 janv. <778. Il En un autre sens, enveloppe trompeuse. Je ne pus me refuser cette malice à cet étui de sage de la Grèce et de citoyen romain , st-sih. 454, <33. Il 4° Abusivement, étui pour gaîne qui est le mot propre pour les choses tranchantes. Déjà trois fois hors de l'étui.... Les lames des poignards ont lui, v. HUGO, Orient, xi. || 5° Terme d'entomologie. Fourreau qui loge le dard des hyménoptères. Il Terme d'anatomie. L'hippocampe, la partie supérieure de la portion sphénoïdale du ventricule latéral du cerveau. || 6° Terme de marine. Enveloppe, en toile peinte, des voiles de rechange. Il 7* Terme de pêche. Baquet couvert, long et étroit, qui sert à renfermer le poisson dans le bateau.
— HIST. XII* s. E puis les portad l'um là où l'um soleitlesarmesenestuiguarder, nois,p.296.|| xm's. Dix gelines pris sans faillie; Les ci ne en ai meugles hui. Et les autres mis en estui, Ben. 10648. Il XIV* s. Un grant estuy de cuir boully pour mettre et porter uns tableaux que a faiz Jehan d'Orléans, peintre et varlet de chambre du roi, de laborde. Émaux, p. 308. || xvi* s. Oisifs dedans leur chambre, ainsi qu'en un estui, du bellat, vi, 3o, verso.
— ÉTYM. Berry,é(io«; provenç. estui, estug; es-
pagn. estuche; porlug. estojo; ilal. astuccio; du moyen h. allem. Stiiche (d'après Diez), sorte de gaîne; allem. mod. siauchen, entonner.
ÉTUVE (é-tu-v'), s. f. Il 1* Lieu oà l'on élève à volonté la température pour provoquer la transpiration. ÊtuvB sèche. Étuve humide ou bain de vapeur. || Étuve naturelle, caverne dans un endroit volcanique. || Par exagération. Cette chambre est une éture, se dit d'une chambre bien close qui est trèschaude en hiver, ou d'une chambre où l'on a trop chaud. La chaleur de leur sang et de leur haleine, jointe à la vapeur de cette légère flamme, suffit pour changer leurs cafés en étuves, raïnal, Hist. phil. xvii, 6. Il a* Lieu dont on élève artificiellement la température pour y faire dessécher différentes substances. Faire sécher des raisins dans une étuve. Il Imagina et fit exécuter une étuve qui, donnant une chaleur graduée et égale dans toute son étendue, réunissait à la certitude entière du succès [la conservation des grains] une économie suffisante dans la dépense, condorcet, Duhamel. Il Tablettes sur lesquelles le confiseur fait sécher les fruits qu'il a préparés. || Endroit pour faire sécher les chapeaux. || Cabinet clos pour connaître l'influence de la température sur les horloges. || Lieu où l'on met étuver le sucre en pains. || Lieu échauffé dans lequel sont des tonneaux à moitié pleins de vin destinés à aigrir pour faire le vinaigre. || 3° Terme de marine. Étuve de corderie , lieu rempli de fourneaux et de chaudières, pour y goudronner les cordages. || Étuve à bordage, cylindre dans lequel des bordages sont soumis à l'action de la vapeur d'eau.
— HIST. XIII* s. Puis revont entr'eus asestuves, Et se baignent ensemble es cuves, la Hose, 40(33. Que nuls ne nule du dit mestier ne soutiengne, en leursmesons ouestuves, bordiaus de jour nedenuit, Liv. des mit. t89. || xvi* s. Les estuves sont seiches ou humides, paré, xxv, 43.
—ÊTYM. Wallon, sitoûf, s. f. ; provenç. estuia, j(u«a; espagn. estufa; ital. stufa; bas-lat. i(u6o dans la loi des Allemands; du germanique : anc. h. allem. stupa; moyen h. allem. stobe; aÛem. Stube; anc. scand. stofa; angl. stove.
ÉTCYÉ, ÊE (é-tu-vé, vée), part, passé. Bassiné avec un liquide tiède. Une contusion étuvée avec un liquide émoUient.
ÉTDVÊE (é-tu-vée) , ». f. || 1° Manière de cuire les aliments dans leur vapeur. Mettre du veau, une carpe à l'étuvée. || Mets ainsi préparé. Une étuvée de pigeons. || 2* Quantité de pains de sucre que peut contenir une étuve.
— ÉTYM. Étuvé.
ÉTUVEMENT (é tu-ve-man) , s. m. Action d'étuver. L'étuvement d'une plaie.
— HIST. XVI* s. Fomentation est une evaporation ou estuvement, paré, xxv, 29.
— ÉTYM. Étuver.
ÉTUVER (é-tu-vé), o. O. || I* Mettre au four ou à l'étuve. Il Terme de marine. Passer à l'étuve des fils de caret ou des bordages. || 2° Terme de cuisine. Faire une étuvée. || 3° Faire une lotion douce (par allusion à la chaleur de l'étuve). Étuver une plaie. J'étuve de mes pleurs leurs blessures sanglantes, RÉGNIER, Vial. Il 4* S'étuver, v. réfl. Se faire une lotion.
— HIST. XIII* s. Et TOUS baingnerés en l'estuve Où Venus lesdamesestuve, laRose, (2966. ||xiv*s. Se vous voulez saler anguille, estuviez et effondrez, Ménagier, B, 5. || xvi* 3. Et avecques gros raisins chenins, estuvarent les jambes de Forgier mignonnement, rab. Garg. 1, 25. Ils estoient tousjours sales et crasseux, comme ceulx qui ne s'estuvoient ny ne s'oignoient jamais, amyot, Lyc. 34. Nous estuverons les parties honteuses de décoction de mauves, paré, XV, 65.
— ÉTYM. Étuve; wallon , sitouvé; espagn. estufar, estofar, estobar; ital. stufare.
ÊTUVISTE (é-tu-vi-sf), s. m. Celui qui tient des étuves, des bains de vapeur. || On dit aujourd hui baigneur.
— ÊTYM. Étiiver. On trouve au xiu* siècle estuvier et esluveur.
ÉTYMOLOGIE (é-ti-mo-lo-jie), t. f. || 1° Doctrine de la dérivation des mots par rapport à leurs racines, et de leur composition par rapport à leurs simples. Les règles de l'étymologie. || 2° Dérivation d'un mot par rapport à un autre qui est dit la racine. Rechercher, donner l'étymologie d'un mot. Les étymologies servent à faire entendre la force des mots et à les retenir par la liaison qui se trouve entre le mot primitif et les mots dérivés; de plus, elles donnent de la justesse dans le choix de l'ex-
pression, DU MABSAis, Uéth. de la lar,g. lat. Couvres, t. I, p. «.
— HIST. XIV* s. Si que des rossignos puet [peutl très bien estre dis Rossillon li chastiaussans aucuns contredis; Cil noms près s'entr'accordent : rossignoz, rossillons; De telz ethymologes pas ne nous merveiUons, Girart de Ross. v. 631. Lelonc celle montaigne est assise Poutieres ; Par ethymologie puet l'on dire Pautieres, Quar en y ver y a trop grant foison de pautes. De palus et de boues.... ib. V. 647. Il XVI* s. Consire ou grande consoulde... suivant l'étymologie de son nom, ceste herbe a vertu de consolider, 0. de serres, «to.
— ÉTYM. "ETuiioioYÎot, de huiioç, véritable, et XoYo;, diction.
ÊrYMOLOGIQUE (é-ti-mo-lo-ji-k') , adj. Qui concerne les étymologies. Dictionnaire étymologique.
— ÊTYM. Voy. ÉTYMOLOGIE.
t ÉTYMOLOGIQUEMENT (é-ti-mo-lo-ji-ke-man), adv. D'après l'étymologie, selon les règles de l'étymologie. Étymologiquement, étroit et strict sont le même mot, venant tous deux du latin ttrictus, serré.
t ÉTYMOLOGISER (é-ti-mo-lo-ji-zé). || 1* Y. a. Donner l'étymologie. Martin aura mon grand manteau Que mante k eau j'étymologisais, scarron, daus LE roux, Dict. corn. || 2* Y. n. S'occuper d'étymologie.
— HIST. XV* 8. Je puis assez ethimologier Le noble nom de la fleur des François, E. descb. Sur le nom du roi Charles.
— ÊTYM. Étymologie.
ÉTYMOLOGISTE (é-ti-mo-lo-ji-sf), t. m. || 1* Celui qui recherche les étymologies. Là M. Leibnitz parait en divers endroits sous presque toutes ses différentes formes, d'historien, d'antiquaire, d'étymologista, de physicien, de mathématicien, font. Leibniti. Ces métaphores dont les premières langues sont pleines et dont les étymologistes aperçoivent même encore les vestiges dans les plus cultivées, turgot, 2* dise, en Sorbonne. || 2° Le grand Étymologiste, titre d'un dictionnaire d'Hésychius, très-utile pour entendre les poètes grecs.
— ÉTYil. Étymologiser.
EU, EUE (u, ue), part, passé du verbe avoir.
— HIST. iiv* s. Soit eue une bende subtille de la latitude d'un pouce, H. de mondeville, f° 57.
EUBAGE (eu-ba-j'), s. m. Chez les Gaulois, classe qui, nommée entre les druides et les bardes, avait pour principale occupation l'étude de l'astronomie, des choses naturelles et delà divination. Une chapelle des chrétiens s'élève au fond d'une vallée près de l'autel où l'eubage égorge la victime humaine, chateaub. Uarl. 292. || On trouve aussi euhage.
— ÉTYM. Eubages , euhages , dans Amm. Marcellin (XV, 9), qui sont les oOâTtit (qui parait une transcription du latin vates) de Strabon , iv , iv , 4 ; ce mot n'a pas été retrouvé, jusqu'à présent du moins, dans les lan^'ues néo-celtiques.
t EUBIOTIQUE (eu-bi-0-ti-k') , s. f. Terme de philosophie. Ensemble de préceptes relatifs à l'art de bien vivre.
— ÉTYM. Eu, bien, et piéw, vivre.
f EUBLE (eu-bl'), *. f. Un des noms vulgaires de l'hièble.
EUCHARISTIE (eu-ka-ri-stie) , s. f. Le sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ sous les espèces du pain et du vin. Le sacrement, le mystère de l'eucharistie. Adorer l'eucharistie. Exposer, porter l'eucharistie. Ainsi l'eucharistie est parfaitemenl proportionnée à notre état de foi, parce qu'elle enferme véritablement Jésus-Christ, mais voilé, pasc.
Provinc. 46 Quand il [Dieu] a voulu accomplir
la promesse qu'il fit à ses apôtres de demeurer aven les hommes jusqu'à son dernier avènement, il s choisi d'y demeurer dans le plus étrange et le plu? obscur secret de tous , qui sont les espèces de l'sucharislie, m. Extrait des lett. à Mlle de Roannet, p. 489, éd. HA VET. Ce nom nouveau du Seigneur ait celui de l'eucharistie, nom composé de biens et do grâces q ui nous montre , dans cet adorable sacrement , une source de miséricorde , un miracle d'amour, un mémorial et un abrégé de toutes les grâces, et le Verbe même tout changé en grâce et en douceur pour ses fidèles, BOSS. Uarie-Thér. Dès l'origine du christianisme, on a porté l'eucharistie aux absents, on a réservé la communion pour la donner aux malades, id. Yar. 4'* instr. past. §44. La raison humaine ne nous fait point comprendre qu'il y a un Dieu en trois personnes; que le corps de Jésus- Christ soit réellement dans l'eucharistie ; et comment il se peut faire que l'homme soit libre, quoique