I. Vers le lion [il] s'en va, ou soit sens ou folie, ib
II. Ne soiez vers les pauvres ne sure [aigre] ne amere, ib. iv. Sire, fait-ele, c'estroit [ce serait] lait, Lai de l'ombre. Et tant furent ensamble qu'il en ot un filg et une fille, Chr. de Rains, p. ». Et li rois respondi que li legas disoit sa volenté, ne ne sa- Toit pas à quoi ce montoit : car Sarazin estoient moult sage et estoient sour le leur, et bien veoient lor meillour quant temps et lius en estoit, ib. p. 401. Sire, ormais n'est que dou haster la besoigne, ib. p. 54. Evain en son cuer porpensoit Que s'ele encor une en avoit, Plus belle estroit la compaignie, fl«rt. 64. Car c'est celé qui la bonté Me fistsi grant qu'ele m'ouvri Le guichet del vergier flori , la Rose, 4264. Je t'enseignerai bien autre hui; Autre, non pas, mÈs ce meïsmes. Dont chascun puet estre à meïsmes [être à même], Mes qu'il prengne l'entendement D'amorsung poi plus largement, ib. 6462. Trop sunt dolentes et confuses Pucellesqui sunt refusées, li). 6860. Avis m'iere [m'était] qu'il estoit mains [matin], 11 ajàbiencincq ans, au mains [au moins]. En mai estoie, ce sonjoie, El tems amoureus plain de joie, ib. 45. Enciez [avant] qu'il vint, si m'escria : Vassal, pris ies [tu es], noient n'i a Du contredire, ne défendre, «6. <694. 11 fu que [il y eut un temps où] toutes les bonnes viles et li castel de Lombardie furent à l'empereur de Romme, en son domaine, et tenues de li, beadm. xxx, 64. Aucuns dons et pramesses porroient estre convenencié qui ne seroient pas à tenir, ID. vi, 24. Donques quant plusor parchonier ont compaignie en tix [tels] héritages, il doivent estre à ferme ou à loier, id. xxii, 4. Tout soit il ainsi que commune renommée keure [coure] entre une feme qui est en mariage, qu'ele est bien de plusors homes carnelment, id. iviii, 4. S'on esperoit qu'il se fust tués par aucune maladie, par le [la] quele il ne fust pas à soi , si oir [ses héritiers] ne doivent pas perdre ce qui de li vient, ID. LXix, 40. Nous en sons [sommes] bien entré en voie, N'i a si fol que ne le voie. Quant Constantinoble est perdue, BUTEB. 404. Un chevalier qui estoit à monseigneur Erart de Brene , jomv. 244. Sire, il me semble que il iert [sera] bon que vous retenez les formens et les orges et les ris, ID. 246. Et dit l'en que nous estions trestous perdus dès celle journée, se le cors le roy [le roi de sa personne] ne feust [ne se fût trouvé là], id. 227.
— xiv s. Quant nous avons communellement delettacion en aucune chose, c'est signe que nous suymes [sommes] à telles choses enclins, et quant nous avons tristesoe en aucunes choses, c'est signe que nous suymes enclins à l'opposite, oresme, Elh. 66. S'ainsi sons [nous sommes] pris au broi [jiiége], s'iert [ce sera] de grant lachetey, Girart de Ross.
— xv's. Orai-jeun petit d'escusance De ce quelors trop Jones ère [j'étais] Et de trop ignorant manière, VKOiss. Espinette amoureuse. Et tel que fui. encor le sui, ib... Beau fieulz, es-se [est-ce] Belle chose de bien ouvrer?iD.tb. Or, regardez si jedisoie bien voir [vrai], veez là les vingt six mille hommes d'armes; si ils sont trois mille lances, ils sont cent mille, id. 11,11, 24 2. Ainsi estoient menacés les Anglois par les François, etdonnoient grand marché, et montroient par leurs paroles que tout fut à eux, id. ii, m, 40. Lors demanda le roy à son conseil qu'il estoit de faire, id. i, i, 64. Et quant le jour du parlement qui estoit assigné à Mons, fut venu, ils y furent, id. i, i, 404. Et sachez que, si ne fussent les gentils hommes qui dedans Aubenton estoient et qui la gardoient, elle eut esté tost prise et d'assaut, ID. i, I, 403. Sitost que le jour fut.... ID. i, i, 444. Quand messire Aglios des Baux sentit que ceux de laReole se vouloient rendre, il ne voulut oncques estre à leur traité, mais se partit d'eux, id. i, i, 237. Votre capitaine où est-il? ne veut-il point estre de ce traité, ib. Si avoit un frère par son père qui avoit esté [feu son père], id. i, i, 447.11 ne peut estre que en un tel ost que le roi d'Angleterre menoit, qu'il n'y ait des vilains garçons et des malfai-
eurs, ID. 1,1, 272. Et fît depuis si grands prouesses [Watelet de Mauny] qu'on n'en pourroit savoir
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le nombre , si comme vous orrez «vant en l'histoire, s'il est qui vous le die, froiss. i, i, 46. Tu es l'aisné fils du roi , auquel , par la grâce de Dieu , tu es à succéder, et es à eslre notre roi et seigneur, monstr. I, 48. Et les aucuns disoient que le duc de Bavière avoit laschement faict qu'il n'avoit tué le duc de Bourgongne soudainement et s'en estre allé en Allemaigne, et il n'en eust plus esté, juven. des urs. Charles Tl, 4 44 3. Et eussent les choses esté plus triumphantes, se n'eust esté le temps, qui moult fut mal advenant, jean de troyes, Chron. 4482. Ce moût doutoit le roy, qui estoit tourné contre luy, et plus lui en estoit que de tous les aultres à qui il avoit à faire, penin, 44i3. Et de tels yen eut qui bien se doubtoient de ce qui en estoit, mais rien n'en dirent à présent, id. i407. Et sagement savoit jeter son regard et sessemblans, que nul n'apperceust où son cœur estoit, Boucic.i, s. Qui, pour le moins, ay tousjours esté des chambellans [de Louis XI], COMM. Prol. Le quel me print en son service, et fut Tan mil quatre cens soixante quatre, id. i, 4. Et faisoit le cas si énorme que nulle chose qui se peut dire à ce propos pour faire honte et vitupère à un prince, ne fust qu'il ne dist, ib. Mon cousin, vous soyez le très bien venu, id. iv, 4 0. Moult se tenoit bienheureux de ce qu'il pouvoit estre bien d'icelle [être bien avec elle], Perceforest, 1. 1, 4 , f 66.
— xvi* s. D'estre assis je n'ai plus d'envie : Il n'est que d'estre bien couché, marot, u, 247. Et fusse Helaine au gracieux maintien. Qui me vinst dire, amy, fais mon cueur tien , Je respondrois : point ne seray muable , id. ii , 898. Les fons du temple estoit une fontaine. Où decouroit un ruisseau argentin, id. i , 482. Bref, fust de nuict ou fust de jour. Je ne songeois rien que l'amour, du bellay, vu, 23, verso. Prenez le cas quecinqousixhyvers Soi'nt jà passez, et qu'avec longue peine Ils soi'nt venus en accroissance pleine, id. vu, 23, verso. Soyez doux et clément, la doulceur te doit plaire, id. vin, 44 , verso. [Socrate se retiroit avec fierté] regardant tantost les uns , tantost les aultres , amis et ennemis, d'une façon qui encourageoit les uns et signifioit aux aultres qu'il estoit pour vendre bien cher son sang et sa vie à qui essayeroit de la lui oster, MONT, m, 6. N'estoit que.... [si ce n'est que], id. i, 7. Estre d'avis que.... id. i, 44. Le roy qui est à présent [qui règne] , id. i , 4 6 . Ce sont vices toujours conjoincts, id. i, 22. C'esloient les formes vrayement romaines, id. i, 24. Est ce à toy de nous gouverner? id. i, 8». Il est en nous de.... [nous pouvons], id. i, 4 4 5. Il nous faudroit des topographes qui nous feissent des narrations des endroicts où ils ont esté, id. i, 234. Puisque nous en sommes sur le froid, ID, i, 261. Pompeius lefeut veoir, id. i, 304. Satan est l'adversaire qui machine nostre ruine, le péché est les armeures desquelles il use pour nous opprimer et meurtrir, calt. Inst. 728. Qu'est-ce autre chose que...T id. ib. 701 . Si ne feront-ils jamais tant par leur belle rhétorique, qu'une mesme chose soyent deux, ID. ib. 64. Estes vous encore à savoir que les femmes n'ont amour ni regret? mars. Nouv. xxxii. Le pauvre gentilhomme ne savoit où il en estoit [qu'en penser] , id. ib. lui. Madame fust hyer disner aux Loges, dont elle s'est bien trouvée, id. Lett. 68. Je feusse plus toust partie, n'eust esté la grant envie que j'avois de voir Chumbert , id. ib. 462.Lecardinal d'Armaignac aestô à la mort, abandonné des médecins, id. ib. 4 42. Ils demeurèrent long temps muets, comme si fussentesté des images, TVER, p. 636. Le guet nous prit, j'en fus pour mes trois jours au Chastelet, d'aub. Fœn. 11, 4 4. Il n'est pas que vous n'aiez veu un sonnet à sa louange qui a fort couru , id. ib. Il , 4 2. Ce lict m'est un tombeau , puis qu'ils [les martyrs protestants] n'ont point de tombeaux, id. Hist. i, 432. A il jamais esté que les tyrans, pour s'asseurer, n'aient.. .T la boétie, 64. Toujours il a esté que cinq ou six ont eu l'oreille du tyran, id. 62. Il n'est pas qu'eux mesmes ne souffrent quelques fois de luy, id. 66. Et faire que ma cité n'ait point faute d'aucune chose qui soit pour l'embellir et orner, id. 4 99. Il avoit abandonné à piller à ses soudards quelques vases d'or qui avoient anciennement esté à Alexandre le grand, amyot, P. Mm. 38. Un peu avant que je fusse la première fois à Athènes, on dit qu'il y advint une telle chose, ID. Démoslh. 46. Et si Heraclides par envie a esté desloyal et meschant , est ce pourtant à dire que Dion par courroux doive maculer sa vertu T id. Dion, 69. [Voyant tout cela] il se tourna devers ses familiers, et leur dittC'estoit estre roy cecy, àvostre advis, n'estoit pasT [n'est-ce pasT], iD.Alex. 37. La premier* chose qu'on leur donna, furent du sel et des
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lentilles, amyot, Crassus, 38. Les Egyptiens disent qu'il fut aussi en leur pals, id. Lyc. 8. Qu'il ait esté en Afrique et en Espagne et jusques aux Indes, je ne sache personne qui l'ait escrit, id. ib. Si j'estois
à renaistre au ventre de ma mère, bons. 840 Et
par esclats les lances acérées Furent toucher les voûte» etherées, id. 649. Car l'amour et la mort n'est
qu'une mesme chose, id. 304 Pour faire voir
clairement à chascun Que les vertus et les dames n'eiit qu'un, id. 765. La perte des grands rois sont les langues flateuses, id. 663. L'impudence aujourd'hui sont les meilleures armes Dont on se puisse aider.... id. 978. Une autre branche de la dissolution, sont les excez de table, et tenir grand équipage, LANGUE, 46. Ils répliqueront que ce que j'ay allégué sont conseils evangeliques et non préceptes obhgatoires, m. 75. Une des plus singulières chose» qu'on remarque en France, sont les beaux édifices dont les campagnes sont parsemées, id. 466. La seconde cause furent les voyages qui s'entre|irirent pour la conqueste de la terre saincte, id. 228. Plusieurs choses qui se firent alors et qui arrivèrent, fut plus par hazard et inopinément quasi que par conseil, id. 652. Le dit sieur de Vieilleville fut [alla] estrader avesques 200 salades, carloix, ii, 4 3.
— ETYM. Bourguign. être; Berry, jeseus,ie suis; provenç. esser; catal. esser, ïer;espagn. et portug. ser; ital. essere; d'une forme latine barbare essere, pour esse, être, du radical es ou as, qui fait aussi, dans le grec èuii, i^pièv, etc. dans l'allemand tî(, et dans le sanscrit asmi, le verbe abstrait. Le verbe être est formé de trois verbes latins différents : i'esse, qui a donné l'infinitif estre, le présent je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont, le subjonctif je sots, le futur je serot, le conditionnel je serais; 2° fuo, qui a donné le prétérit je fus et le subjonctif je fusse ( voy. fus , pour l'étymologie); 3" stare, qui a donné l'imparfait j'estois, le participe présent estant, et le participe passé esl^ (voy. le verbe ester). D'après Vaugelas, qu'il soit, qu'ils soient se prononçait sait , saient; c'est une prononciation usitée encore en Normandie. L'ancienne langue, à côté de l'imparfait esloi'e, avait un autre imparfait ère ou tere qui représente le latin eram, et, à côté du futur serai, elle avait un autre futur ère ou iere qui représente le latin ero. Dans le latin barbare esse-re, re provient d'une assimilation faite mal à propos avec les verbes en ère; car déjà, dans es-se, se représente ce re.
2. ÊTRE (ê-tr'), s. m. || 1° État, existence, qualité de ce qui est. La nature dure et se maintient perpétuellement dans son être , pasc. dans COUSIN. Le peu que nous avons d'être, id. ib. Si notre être, si notre substance n'est rien, tout ce que nous bâtissons dessus, que peut-il être? Boss. Duch. d'Orl. Avant qu'il [Dieu] eût donné l'être, rien ne l'avait que lui seul, id. Hist. n, t. Qui a un cœur et qui peut aimer l'auteur de son être, MASS. Prière 1. Le corps politique ou le souverain ne tirant son être que de la sainteté du contrat, J. J. Rouss. Contrat, i, 7. || L'être suprême de Dieu, son existence suprême. 0 Dieu! si c'était là le caractère de votre être suprême.... mass. Carême, Avenir. \\ Le non-être, le néant, l'anéantissement Peut-être Que mon cœur combattu par la
peur du non-être, boursault, Ésope à la cour, m, 3. Il 2» Ce qui est. Le péché qui est le véritable néant, parce qu'il est contraire à Dieu, qui est le véritable être, pasc. Lett. à Mme Périer , i" avril 4648. Je sens que je peux n'avoir point été; car le moi consiste dans ma pensée; donc moi qui pense n'aurais point été, si ma mère eût été tuée avant que j'eusse été animé; donc je ne suis pas un être nécessaire; je ne suis pas aussi éternel, ni infini; mais je vois bien qu'il y a dans la nature un être nécessaire, éternel et infini, id. Pens. art. i, 4t. Moi néant, moi ombre de l'être, je vois celui qui est, fên. Exist. 346. Ô Dieu ! ô le plus être de tous les êtres I id. t&. 264. J'aurais prié ce Dieu, seul être que j'adore, VOLT. Alx. V, 4. Une existence évanouie Ne fait pas baisser d'une vie Le flot de l'être toujours plein, LAMART. llarm. iv, 9. Il Être suprême, l'être audessus de tout. Dieu étant par sa nature au-dessus de tout, rien ne peut entrer en comparaison, ni ne doit être mis dans un degré d'égalité avec ce premier être, cet être suprême, bourd. Pense'es, t. i, p. 39. S'il y a au-dessus de nous un être suprême, auteur de cet univers, mass. Car. Prière ii. |{ Absolument, l'Etre suprême. Dieu. Le sang le plus abject, le sang des plus grands rois Ne sont-ils pas égaux devant l'Être suprême? volt. Olympe, 11, a. Il Le grand Être, Dieu. Ne pouvant élever mes faibles conception» jusqu'au grand Être, je rapprochai»
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les rapporU infiniment éloigné» qu'il » œt» entr* M nature et la mienne, i. J. boubs. Èm. iv. || Être de» êtres, Dieu. Etre des êtres, je suis parce que tu ei, c'est m'élever à ma source que de te mMiter «ans cesse, id. ib. || Dans l'filre suprême, l'Etre de» êtres, le grand Être, l'Etre souverain, qui,
' pris absolument, signifient Dieu, on met un R majuscule. Quand être suprême n'est pas pris absolu-
'■ iuent, Ve est minuscule. || Terme de métapliysique.
( M science de l'être, ou ontologie, étude de l'être
!en soi, de l'être absolu, indépendamment de toutes . les propriétés qui le déterminent. || 3* Tout ce qui existe , considéré comme ayant l'existence d'une façon quelconque. Les êtres de la nature. L'ensemlile des êtres vivants. [Il] Est devant tous les temps et devant tous les êtres, rotrou, SI Genest, m, I. Tout en tout est divers; fitez-vous de l'esprit Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre, LA FONT. Fabl. IX, M. En comparant les pro|iriélés à moi connues de cet être que je nomme le corps, avec les propriétés à moi connues île cet être que je nomme TSme, je découvre que les deux êtres ne sont pas de même nature, bonnet, Ess. analyt. ch. 40. Il Dans le langage philosophique. Il ne faut pas multiplier les êtres, il ne faut pas supposer des êtres qui n'existent point. || Etre pensant, l'être qui est (loué de la pensée. Citoyen, l'homme adopte une forme de gouvernement; être pensant, il n'a de patrie que l'univers, Mirabeau, Collection, t. v, p. 303. Il Les êtres intelligents, tout ce qui est doué d'intelligence, et, en particulier, l'homme. Les êtres particuliers intelligents peuvent avoir des lois qu'ils ont faites; mais ils en ont aussi qu'ils n'ont pas faites, MONTESO. Espr. i, t. \\ Etre de raison, ce qui n'existe que dans l'imagination. Il ne me semble pas aussi que vous prouviez rien contre moi en disant que l'idée de Dieu qui est en nous n'est qu'un être de raison ; car cela n'est pas vrai, si par un être de raison l'on entend une chose qui n'est point, mais seulement si toutes les opérations de l'entendement sont prises pour des êtres de raison, c'est-i-dire pour des êtres qui partent de la raison, auquel sens tout ce monde peut aussi être appelé un être de raison divine, c'est-à-dire un être créé par un simple acte de l'entendement divin, UESC. Rép. II, to. Un homme doué, à mesure égale, de Jugement et d'imagination, de véhémence et de finesse, de bel esprit et de sentiment, est un être de raison, diderot, Règne de Claude et Néron, u, $ 8. Il f° Une personne. Un pauvre petit être, un enfant malade, souffrant. Je m'arrête et j'entends Le cri d'un être faible et qui souffrit longtemps, M. J. CHÉN. Fénel. I, t . Pour cet être enchanteur que le destin combla, Ducis, Oscar, u, 4. || Personne, avec une signification de dénigrement. Quel être insupportable I Quel être vil et méprisable I || 6° Vie , naissance. Mais n'as-tu point appris de qui j'ai reçu l'être? COBN. Œdipe, V, 4. Vous ignorez son nom et ceux dont il tient l'être, mol. Psyché, iv, 3. Xcet enfant obscur à qui j'ai donné l'être, volt. 0rphel.u,3. Le présent, l'avenir, et jusqu'à ta naissance. Tout ton être, en un mot, est dans ma dépendance, id. Mérope, v, 2. Mon être se consume en pénibles combats, ducis. Oscar, m, î. Faire un doux emploi de son être, Mes amis, ce n'est pas vieillir, bébanq. Vieill. Que j'ai bien accompli cette loi de mon être [souffrir]! lamart. Méd. i, 2. || 6° Ce qui constitue la nature, le fond d'une chose. Je soutiejis que le temps n'est rien , parce qu'il n'a ni forme ni substance; que tout son être n'est que couler, c'est-àdire que tout son être n'estquede périr, et, partant, que tout son être n'est rien, boss. ïol. de Uonterby. Il Ce qui constitue le caractère d'un être vivant, et, en particulier, la personnalité d'un homme. C'est donc la pensée qui fait l'être de l'homme, et sans quoi on ne peut le concevoir, pasc. Peiis. part, i, art. 4. Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être : nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire , et nous nous efforçons pour cela de paraître; nous travaillons incessamment à embellir et à conserver cet être imaginaire, et nous négligeons le vériuble, id. Pens. 1. 1, p. 2&) , édit. lahure. Les anciens amis sont les seuls qui tiennent au fond de notre être, volt. Lett. Mme du Deffant, 27déc. (758. Ce monde est un grand bal où des fous.... Pensent enfler leur être et hausser leur bassesse, m. Disc. t. Je chéris un époux et je révère un maître; Voilà mes sentiments, et voilà tout mon être, id. Olympe, 1 , 3. Disposez de moi comme d'un homme qui n'est plus rien pour lui-même, et dont tout l'être n'a de rapport qu'à vous, J. j. rouss. Hil. i, tu. Le cheval est une créature qui renonce à son être pour n'eils-
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ter que par la volonti d'un autre, BtTFPoii, Cheval. Il Un nouvel être, nouveaux sentiments, nouvelle» forces, nouvelles ardeurs. J'ai pris un nouvel être. Notre esprit éclairé te doit un nouvel être, volt. Ali. l, î. Il 7* La réalité. Kn tout Zadig préférait l'être au paraître, volt. Zadig,*. || Existence, importance, en parlant des choses. C'était [porter le bougeoir du roi] une distinction qui se comptait, tant le roi avait l'art de donner l'être à des rien»! st-sihor, toî, »J. Il 8°Manière d'être, condition, position dans le monde. Il m'apprit en secret et son nom et son être, mair. Solim. I, s. On pourrait voir chaque chose réduite En son état, s'il arrivait qu'un jour L'autre [1« maître] devint l'intendant à son tour; Car, regagnant ce qu'il entêtant maitre. Ils reprendraient tuas deux leur premier être, la kont. Belph. M. d'O fut mis auprès de M. le comte de Toulouse avec le titre de gouverneur et d'administrateur de sa maison; cela lui donna un être, une grosse subsistance, st-sim. 3», 2u<. Vandemont, sans biens, sans être, sans établissement que ce qu'elle lui donnait, s'était soumis aux ordres de l'Espagne, iD. »«, 17. || Être représentatif, qualité de représentant, d'arai.assadeur. Si les ambassadeurs abusent de leur être représentatif, on le fait cesser, en les renvoyant chez eux, uout. Espr. XXVI, 21. Il 9° S. m. plur. Les êtres, voy. êtres.
— HIST. xii* s. Je dt'Isse et l'estre et l'errement. Se j'osaisse en faire mention, De la grant cour de France au dous renon, hues de lafesté, Romancero , p. t82. Ire et malveis conseil unt le rei deceû. Oui l'unt vers le saint humme issi fort commeii; Li reis aveit sun estre [ sa manière d'être] ainceis bien coneû; Or cuidout [pensait] qu'il fust tels cum il l'outainzvett, Th. le mart. 39. Purespier et aprendre l'estre, e damager le païs, ses messages i ad enveied, Bûij,p.< 51. Il XIII' s. Or me laissiez dont [donc] demander : Venistes vos por truander? Naie[non], ainzjo ving [vins] veoirvostre estre, ii«n. 999. Et il lessent la fin commune, Xquoi tendent et tendre iloivent Les choses qui estre reçoivent, la ilose, 6356. U ll'homme] a son estre avec les pierres. Et vit avec les herbes drues, Et sent avec les besles mues, ti).i9246. Il iiv* g. Telle personne seroit bien loing de la commune nature et de l'estre des hommes, ORESME, Eth. 91. Le père est au filz cause de son estre, ID. ib. 248. Il XV* s. Aucune fois venoit la royne vers luy, ou on lui aportoit ses enfens; là parloil aux femmes et demandoitde l'estre [de l'état] de ses enfeiis, chbist. de pisan, Charles V, i, 16. Demandèrent l'ung à l'autre dont ilz estoient, et quelle adventure le menoit si seul: et il lui compte de son estre une partie, Lancelot du Lac, t. il, f* 34. Bons mariniers experts qui sachant l'estre et la naissance de tous vents, le Jouvencel, f° 88, dans lacubne. Gérard, sachant son estre [ayant l'usage du monde], comme celuy qui à la court avait esté nourry, les salua moult courtoisement , Gérard de Nevers , 1" part. p. 126, dans lacurnb. || xvi" s. Le masie et femelle necerchent .seulement leur estre, mais aussi de s'ayder l'un l'autre , la boétie, 89. Qui ne se savent garder d'ad viser à leurs naturels privilèges et de se souvenir des prédécesseurs et de leur premier estre, ID. Serv. volont. p. 4 3, édit. feuoêbb. Lycurgus n'a point laissé de livres ny de papiers, ains a produit et mis realement en estre une forme de gouvernement que nul avant luy n'avoit jamais inventé, AMYOT, Lyc. «6, Nous adorons nostre roy , comme l'imnge du Dieu de nature, qui maintient toutes choses en leur estre et entier, id. Thém. 49. Il y a encore jusqiies aujourd'huy en estre quelques uns des dons qu'il a consacrez aux dieux, in. Nicias, 4. liien que les champs de ton estre [pays].... Du pays qui me vid naistre , Ne se bornent pas bien loin, BONS. 648. En dignité pareille il nous faudroit donc estre. Si voulions re.ssembler les auteurs de nostre estre, id. Eleg. lo. L'un [au lit de mort] plainct la compagnie de sa femme, l'autrede son fil», comme comnioditez principales de son estre, mont, i, 7». Il est du lignage et estre dont l'héritier procède, Couslum. gêner, t. i, p. 897. Ne se faut point esmerveiller si nous voyons venir en estre quelque chose qui paravant n'ait point esti, pasquikr, Lettres, t. III, p. 510,
— F.TYM. jf'v- I
3. Etre (ê-tr'), «. m. Terme d'administration forestière, qui s'emploie dans la locution : à blanc être, synonyme de à blanc estoc. Voy. estoc.
— HIST. XVI* s. Si je voulois me contenter d'enmener ce que je trouverais de trouppes en estre [sur pied], BASSOMPIEBRE, Mém. t. n, p. I82.
— £TYM. Bstre a quelquefois signifié être debout par une confusion avec le verbe ester qui a proprement c« lens. C'est ce qui est arrivé ici.
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ËTRÉCI, IE(é-tré-si, lie), part. paaé. Rendu plus étroit. Le lit de Is rivière étréci par un barrage.
ÊTItECIR (é-tré-sir), r. o. || 1* Rendre plu» étroit. Eirécir un labit. Qui servent à élargir et à élrécir les entrées, desc. Pass. i, li. U prit le» habits de Kagotin et il en étrécit le pourpoint et les chausses, SCAHR. Rom. eom. u,». || Aujourd'hui on dit plu* souventrélrécir, qui n'est pas aussi exact. || Termede manège. Etrécir un cheval, le ramener graduellement sur un terrain étroit. || 2* Fig. De peur que les peines n'étrécissent le ceur que Dieu veut dilater, BOSS. Lett. ahb. 208. || 3' S'éirécir, 0. réfl. Devenir plus étroit. Cette toile s'étrécira au blanchissage. Le chemin va en s'étrécissant. Sa gorge enfle, et du sang dont le cours s'épaissit. Le passage sa ferme ou du moins s'élrécit, cobn. Attila, v, 6, La glotte s'élargit ou s'étrécit selon les Ions qu'elle doit former, boss. Connaiit. u, 4 3. Tantôt ces bande» [de la planète Saturne] s'étrécissent, tantôt elle» s'élargissent, fonten. Mondes, 6* ïoir. La prunelle s'étrécit ou s'élargit à une lumière plus forte on plus faible, BiJFF. De l'enfance. j| Fig. Devenir plu» intime. Depuis ce temps naquit une amitié entra nous qui s'est toujours étrécie , sT-sm. *l», 154. Il Fig. Devenir étroit , inhabile à comprendre. L'esprit .s'étrécit àmesureque l'àmese corrompt, j. j. rhuss. lUloise, 11, 27. Il Terme de manège. Un cheval s'étrécit lorsque, n'allant point assez au large, U p.rd de son terrain et s'approehe trop du centre de la volte.
— HIST. XIII* s. Et si tu n'as si grant ricbece Qu'avoir les [certaines chose»] puisses, si t'estrcce [resserre la dépen.se], la Rose, 2l«». Quant aucuns se plaint d'< mpeecemens de lor communs, si comme de cemins qu'on a estoupés ou eslreciés... beaum IX, 9. Ijxvi* s. D'autant s'est relasché le nœud de l'affection, que celuy de la contraincle s'est estrecy, MONT. III, 6. Les bords de la boette, qui sont cartilagineux, se sont estressis, et les ligamens relaxé» et allongés, pabE, xxi, 27. Depuis il changea d'opinion et estroissit la bataille de «es gens de pied en forme de brique plus longue que large, amvot, Crassus, 43.
— ÉTYM. Etreit, qui est resté la forme normande d'^(rot(, et qui, sous l'orthographe estreit, était dans l'ancienne langue la forme dialectique de l'aris et de l'Ouest; Berry, étretiir ; génev. itroitir. Dans la plus ancienne forme, ce verbe est de la 1" conjugaison, eilrecer, estrecier.
érRÉCISSEMENT (é-tré-si-se-man) , s. m Action d'étrécir; état de ce qui est étréci. L'étrécissement du lit de la rivière accélère le cour.i de l'eau.
— HIST. XVI" s. Les planche» et quarreaux seront tant longs que voudra, mais seulement larges de quatre à cinq pieds, afin que par tel eslroicissement des co.stés l'on puisse attaindre avec U main jusqu'au milieu, 0. de serres, 632.
— f.TVM. Étrécir.
t ÉTRÉCISSURE (é-tré-si-su-r') , ». f. Termede métier. État de ce qui est étréci.
— CTYM. Élrdcir.
fÉTRElGNOIR (é-trè-gnoir), s. m. Terme de construction. Instrument garni de clefs, avec lequel on serre des pièces assemblées les unes dans lesautres.
— ÊTYM. Élreindre.
ÉTREINDRE (é-trin-dr"), j'étreins, tu étreins, il étreint, nous étreignons, vous étreignez, ils étréignent; j'étreignais; j'étreignis; j'étreindrai ; j'étreindrais; éireins, étreignons; que j'étreigne, que nous élreignions, que vo s étreigniez; que j'étreignisse; étreint; étreignant, v. a. || 1* Serrer fortement par un lien. Étreignez ce fagot. || 2* Serrer, presser. Il l'étreignit si fortement qu'il lui fit perdre la respintion. Et des plis écaillés qu'avec force il déploie, ïaisit, étreint, étouffe et dévore sa proie, BELiLLE. Trois règ. vu. || Fig. Étreindra les nœud» d'une alliance, les resserrer. Mes bienfails l'ont étreint d'une chaîne éternelle, thistan, Panthée, l, 4. Quand les chaînes d'hymen étreignent deux esprits, MAiB. Sophon. IV, 4. Il 8* S'étreindre, r. rr/l. Se serrer l'un l'autre. Ces deux athlètes s'étreignirent de leurs bras nerveux. || Proverbes. Qui trop embra.sse mal étreint, signifie qu'il ne faut pas faire plusieurs entreprises à la fois. || Plu» il gèle, plu» il étreint, c'est-à-dire plus un mal continue, plus on en est accablé. Dans cette locution, étreindre est pris absolument : Plus cela étreint, serre.
— HIST. XII* s. Là courona sa famé Guiteclin» li puissanz; Doucement la baisa et estraint par le» flans, Sax. v. || xiu* s. Doucement [il] l'a [sa fille) baisiée, estrainte et acolée, Berte, cxxvi. Hais por Diu estraignez vostre consel entre vous, et faites si que U honnourde l'empereour i «oit, et que \ûu«
ÉTR
n'i soies pierdant, h. de vai.enc. xvii. Etamorsplus et plus me lie, Et tout adès estraint ses las, 'l'ant cum j*i oi plus de solas, la Rosé. 3387. ||xiv* s. Et ainsi sa félicité n'est en rien altérée no muée, mais elle est pour ce aussi comme estreinte et comprimée, ORF.SME, Elh. 25. Qui trop embrasse pou estraint, Ménagier, i, ». || xv* s. Lors le haisa et lui estraingnit la main, en signe de très grand amour, FBOiss. 1, 1, 47. Le roi anglois entendit par ceux et par autres que la cité estoit durement estreinte, m. 1,1, (32. ijxvi» s. Nous embrassons tout, mais nous n'estreignons que du vent, mont, i, 230. Il feit tant qu'il approcha de sa bouche le bras de celuy qui l'estraignoit, et le mordit.... amyot , Aie. 3. SI le ciel se descouvroit, il geloit et estraignoit si ruidement, que les chevaux ne pouvoient boire de l'eau des rivières, id. LucuU. 63. Pour estraindre en peu de paroles ce qu'il estend bien au long, m. Artax. <3.
— ËTYM. Provenç. estrenher, estreigner; catal. estrenger; ital. tlringere, ttregnere; du latin stringère, serrer. Comparez l'anglais «trtn9, corde
ÉTREINT, EINTE (é-trin, trin-t'), port, vaste (l'étreindre. Un cerf étreint et dévoré par un boa.
ÉTllEINTE (é-trin-f), ». {.\\l' Action par laquelle on étreint. L'étreinte d'un nœud. Enfin, lasse du jour, dans un transport fatal, Change en lien mortel son vêtement royal, S'y suspend et finit dans cette étreinte affreuse Par un trépas cruel une vie odieuse, delille. En. xu. || 2° Par extension, action lie presser quelqu'un dans ses bras. Les étreintes de l'amitié. Ses bras savent trouver des étreintes caressantes, J. J. bouss. Emile, iv. Je l'embrassai pourtant avec un serrement de coeur qu'il partageait et qui se fit sentir réciproquement par de muettes étreintes, plus éloquentes que les cris et les pleurs, id. Hél. m, t*. || 3" Lien qui unit avec une grande force morale. Serre d'une étreinte si ferme Le nœud de leurs chastes amours Que.... MALn. II, 3. Serre encore ces nœuds d'une étreinte plus forte, TRISTAN, U. de Chrispe, v, )0. Et nous sommes liés d'une chaîne si sainte Qu'on ne saurait sans crime en défaire l'étreinte, mairet, Sophon. IV, B. Et lors d'un nœud sacré l'inviolable étreinte, CORN. J'ois, d'or, I, 2. ô doux liens, 6 douce étreinte! ô favorable poidsdu joug religieux! Sainte captivité, qu'on te doit (te louanges! id. Imit. m, io. D'une étreinte invincible il [l'homme] embrasse la vie, A. CHÉN. I57. || 4° Sac de crin dans lequel on renferme les graines oléagineuses avant de les soumettre à la presse. || 5° Nom, au xvii* si5ole, d'une sorte de lien ou ruban. Les étreintes des demiccinls et branches d'éperons seront marquées et contre-marquées, Règl. 30 déc. 1679.
— REM. Au commencement de ce siècle, Mercier, dans sa Néologie, se plaint qu'étreinte tombe en désuétude; aujourd'hui ce mot est redevenu d'un usage très-fréquent : Les étreintes de la nature; Une douce étreinte entre deux âmes; L'étreinte de la reconnaissance, etc.
— Hisr. XIII' s. Sire, pour Dieu mercis; ci n'a mestierd'estrainte [de contrainte], audefr.le bast. Romancero , p. 17. || xvi' s. Leurame [des femmes] ne semble assez ferme pour soustenir restreinte d'un nœud si pressé et si durable [celui de l'amitié] ,
— ÉTYM. Élreint.
ÉTRENNE (é-lrè-n') , s. f. || !• Présent à l'occasion du premier jour de l'an. Recevoir des étrennes. Cet enfant a reçu de très-jolies étrennes Si je t'apprends la guise Et le moyen d'être un jour plus content Qu'un petit roi, sans te tourmenter tant. Que me veux-tu donner pour mes étrennes? la font. Jument. Vous m'envoyez donc des étrennes, ma très-chère?
sÉv. Î98 Compare prix pour prix Les étrennes
d'un juge et celles d'un marquis, rac. l'iaid. i, 4. Mon libraire à qui j'ai donné cette petite histoire pour ses étrennes, volt. Uahyl. H. || En ce sens, il s'emploie le plus souvent au pluriel. || Au sing. Un cadeau. Pourrez-vous souffrir que ma veine Ose vous donner une étrenne. Vous qui n'en recevez que de la main des dieux? volt. Épit. 1. 1| 2° Au sing. Première vente que fait un marchand dans sa journée. J'ai toujours entendu dire qu'il ne fallait jamais refuser son étrenne, legrand , les Paniers , se. 2. Il 3° Le premier usage qu'on fait d'une chose. Ce linge est neuf, vous en aurez l'étrenne. || Donner à quelqu'un l'étrenne de sa barbe, se faire embrasser par quelqu'un quand on vient d'être rasé. || Proverbe. i bon jour, bonne étrenne, se dit quand il nous arrive quelque chose d'heureux en un bon jour.
— msT. XII* s. Se truis Roland [si je trouve Roland] , de mort [je] li fas estregne, Ronc. p. 42. Près
ÊTR
[ils] ne m'ont mort; Diex leur doint maie estraine, Couci, XIV. Il XIII' s. [Dieu] Lui a cestui lundi envoie bonne estraine, Berte, h. || xiv s. Messire Thomas Channenne. chevalier trenchant du royd'Engleterre, lequel est venu apporter l'estraine du roy d'Angleterre du jour de l'an, de laiiorde, Émaux, p. 3U7. Sire, distRauduins , si soitcom vous plaira; Qui refuse au matin l'estrine, granttorta; En toute la journée, jabiennevendera, Raud. deSeb. vu, 638. (| xv s. Le lundi , premier jour de la semaine , à bonne estrainne, se départirent ces gens, proiss. ii, ii, (08. Escoutez les dures nouvelles Que j'oui le jour de l'estraine, a. chartier, p. 625. Le dimanche après lesestrenes [le 4" jour de l'an], Ord. des rois de Fr. t. III, p. 683. Vous estes entré en ceste terre, en vostre pute estraine, car vous y mourrez, Pcrcefo- Test, t. IV, f» 16, Il XVI' s. Et recevoir vueillez aussi les gants. Que de bon cueur vous transmets pour l'estraine De l'an présent, marot, ii, 73. Le prince voulut donner les estrennes [ironiquement] au cardinal, d'aub. Hist. m, 440.
— ÉTYM. Wallon, siremtn ; provenç. csireno, estrenha; espagn. eslrena; ital. strenna; du latin strena, étrenii*.
ÉTRENNE, EE (é-trè-né, née), part. poss^. || l'Qui a reçu des étrennes. Cet enfant étrenne par les amis de là maison. || 2° Dont on a fait usage pour la première fois. Mon habit neuf étrenne pour aller dîner chez vous. Il 3° X qui on a acheté pour la première fois dans la journée. Un marchand étrenne.
ÉTRENNER (é-trè-né) , V. a. || l" Donner des étrennes à quelqu'un. 11 a étrenne d'une poupée cette petite fille. || Fig. Autrefois l'amour vainqueur Dans mon cœur Aujourd'hui )eût étrennée. Mais il est mort l'autre année De douleur, chaulieh, àilmeD. Étrennes. La nature en vous faisant naître Vous étrennade sesplusdouxattraits, voLT.^p. i. 112" Par extension, faire usage d'une chose pour la première fois. Étrenner une robe. Cela n'a pas encore servi, vous l'étrennerez. Enguerrand de Marigny, qui les fit bâtir [les fourches patibulaires] , les étrenna, SAINT-F0IX, Ess. Paris, Œuvres, t. iv, p. 6) , dans potiGENS. Il 3* Être le premier qui achète à un marchand. Ëtrennez-moi, je n'ai encore rien vendu aujourd'hui. Bénie soit la main qui m'élrenne, formule dont beaucoup de marchands ambulants se servent au premier argent qu'ils reçoivent dans la journée. || 4° K. n. Faire une première vente, en parlant des marchands. Je n'ai pas encore étrenne d'aujourd'hui. Apollon avec sa lyre S'en alla sans étrenner pas, boursault, A'sopeùia cour, i, 6. || Fig. Ne craignez rien, cette canaille ne fera pas fortune; le dogme qu'ils prêchent et la morale qu'ils enseignent sont trop absurdes pour étrenner, d'alemb. Lett. à Voltaire, 2 mars (704.
— HiST. XII' S. Baptelez fu li vasletons [l'enfant] ; Aveirs trop heaus e riches dons Li a sis parreins présentez; De lui fu primes estrenez, benoît, ii,ic709. Il xiii* s. L'aloete cante d'amor. Si estrine l'aube del jor, Partonopeus, v. 2i. Et maintenant ce chapelet. S'il vous plest, [à] Bel acueil portés. Et de par 11 le confortés, Etl'estrenésd'ung biau salu, la Rose, 12047. Il xv* s. Elle luy pria qu'il l'estrenast le jour des estrainos, Arresta amorxtm , p. 204 , dans la- CURNE. Il XVI' s. Mais de communiquer son honneur, et d'estrener aultruy de sa gloire , il ne se veoid gueres, mont, i, 321. X vous qui avez tout, je ne sçaurois donner Présent, tant soii-il grand, qui vous puisse estrener, bons. 608.
— ÉTYM. Étrenne; wallon, strimé; provenç. et espagn. esircnar ; portug. estrear.
ÊTRES (ô-tr') , s. m. plur. Les diverses parties d'une maison ; la distribution différente des pièces dont elle se compose. Je sais les êtres, je vous conduirai. Savoir les êtres do la chapelle, la bruy. XIII. Tu sais parfaitement les êtres de la maison,
J. J. BOUSS. llél. I, B3.
— HIST. XII' Li reis estut [stetit] as estres en cel palais auchur [élevé, mot à mot aWius], Tli. le mort. H7. Seoir en voist [qu'elle aille s'asseoir] en mil cel estre Lès celé ente qui est llourie. Lai d'Ignaur. On le doit nommer quand il tonne; Jît puis ne carra [choira, tombera] cos [coup] en l'eslie, ib. Il XIII' s. En mi la chambre aveit deus liz Bien aturnez et bien garniz; Li neims [le nain] apele Désiré, Si li ad tut l'estre mustré. Lai del Désiré. Atant est cil entré en l'estre. Laide l'Ombre. Renart, qui savoit tous les estres, Regarde par unesfenestres Se elesestoient fermées, Jîcn. 4343. Lors s'en vient droit à la fenestre Come cil qui savoit bien l'estre, du cange, asrrum. Tant fui [je fus] à destre et à senestre, Que j'oi [j'eus] tout l'afere et tout l'estre Du vergier cerchié et veU, la Rose.Hîi.
ÉTR
Qu'el n'entrecloeainsles fenestres. Que si soit umbragiés li estres. Que s'ele a ne vice ne tache Sor sa char, que jà cil nel sache, la Rose, 4**81*. As eslres de la tour estes vous [voilà] Garsion, Ch. d^Ant. m, 870. [Des voleurs entrés dans une maison pauvre] Lors s'assirent, regardent l'estre, Les angles et lesrepostaiiles [les lieux où l'on serre], Fabliaux mis de St-Germ. f 62 , dans lacubne. || xv* s. Et quant revenus fui en l'estre. Par dessous le rosier m'assis, FROiss. Espinette amour. Le suppliant trouva, en ung vieil aistre où il y avoit ung four, du seigle, DU GANGE, astrum. Le astre demurra au puné [l> maison demeurera au puîné], lu. ib. On auroit un* lieue alée. Avant qu'on soit hors de cei estre, s. DESCH. Poésies mss. f» 612, dans lacurnb. ||xvi' s. Que mille corps restent ci pour hostaiges, Dont remplissent nos monuraens et estre, i. marot, v, <6. Regarde donc Paris, ton royal estre, D'œil de pitié; tues son dieu terrestre, m. t'b.209. Estant entré la nuict dedans cette maison grande, dont il ne sçavoit pas les estres, amyoï, Cic. 36.
— ÉTYM. Origine inconnue. L'orthographe est ordinairement estre, rarement aistre. Quant au sens, il varie: ce mot veut dire chambre, emplacement dans un lieu ouvert, jardin ou autre; on entre en l'fsire, on parcourt l'estre d'un verger; une tour a des estres ; Paris est dit l'estre du roi; on dit savoir les estres ou l'estre d'un lieu. Trois conjectures se présentent : ou bien c'est le substantif être employé pour signifier manière d'être, et de là des sens consécutifs qui sont bien forcés; ou bien c'est le latin atrium, appartement, mais l's est constante dans notremot, et atrium avait donné ailre (voy. atrium); ou bien enfin c'est l'ancien haut-allemand astrih, allemand moderne Eslrich, plancher carrelé; mais ce mot allemand paraît venir du roman : bas-lat. astricus, milanais astn'c/i, comasque astroc, siciL astracu, altérés, dit Uiez, de l'italien laslrico, pavé, que Diez croit tiré du bas-latin plastrum, plâtra (voy. ce mot). Dans cette hypothèse, il faudrait admettre que le français eslre ou atstre, si ancien, provient de l'altération d'un mot italien, dans lequel plusieurs dialectes italiques et même le bas-latlii aslricws, qui appartient à une très-ancienne période de la basse latinité, auraient pris VI de lastrico pour l'article ; cela n'est pas probable. Aucune de ces trois hypothèses ne peut donc être reçue. 11 reste un radical astr qui est dans plusieurs langues romanes, et dans le bas-latin astrum, qui signifie foyer, maison, qui se retrouve dans âlr« (voy. ce mot) , et au delà duquel on ne peut jusqu'à présent remonter.
ÉTRÉSILLON (é-tré-zi-!Ion, K mouillées, et non é-tré-zi-yon), s. m. || 1" Terme d'architecture. Pièce de bois qu'on place en travers dans les tranchées des fondations. || 2° Sorte d'étançon pour maintenir les terres dans une mine. || 3° Pièce de bois, qui sert d'appui ou d'arc-boutant, pour soutenir des murs qui déversent, et tout ce qui a besoin d'être appuyé de même. || 4° Morceau de bois qu'on fait entrer de force entre les solives d'un plancher pour le consolider.
— ÉTYM. Ê pour es.... préfixe, et trésillon. ÉTRÉSILLONNÉ, ÉE (é-tré-zi-Uo-né, née, H
mouillées, et non é-lré-zi-yo-né, née), part, passé.
ÉTRÉSILLONNER (é-tré-zi-Uo-né, Il mouillées, et non é-tré-zi-yo-né) , v. a. Soutenir, étayer avec des étrésillons.
t ÉTUICAGE (é-tri-ka-j') , ». m. Terme de marine. Action d'étriquer; effet de cette action.
t ÉTRICHER (é-tri-ché), v. a. Frotter les cordes à boyau avec un paquet de cordes de crin imbibé d'eau.
iîTRlER (é-tri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des é-tri-é-z élégants), s. m. || 1° Anneau pendant de chaque côté d'une selle et servant à appuyer les pieds du cavalier. J'ai déjà remarqué que chez les anciens, tant Grecs que Romains, il n'est fait nulle part mention d'étriers-, ce qui est bien étonnant, bollin, Hist. anc. OEuvres, t. iv, p. 505, dans pouGENS. Il Terme de manège. Pied de l'élrier, se dit du pied gauche, parce qu'on le place le premier dans l'ètrier. || En parlant du cheval, le pied de l'ètrier, le pied gauche de devant, dit aussi pied du montoir. jj Courir à franc étrier, courir autant que le cheval peut aller. || Avoir toujours le pied à l'ètrier, être toujours en voyage, et, plus souvent , se tenir prêt à partir. [La Choin était] toujours le pied à l'ètrier pour tous les voyages de Meudon, st-sim. 295, 30. || Avoir le pied à l'ètrier, être sur le point de partir. || Fig. Avoir le pied à l'ètrier, être en bonne voie de réussir. || Mettre le pied à l'ètrier à quelqu'un, l'introduire dans une carrière. Je n'oublie pas que c'est vous qui m'avez mis le pied à l'ètrier, c'est vous qui m'avez fait en-
ETR
trer dan» cett» administration , etc. || 11 ne faut point abandonner set étrier» , c'est-à-dire en toute affaire il faut conserver ses avantages. || Perdre les étriers, vider les étriers, être renversé de cheval. Il Fig. Être déconcerté, perdre de son crédit. Le maréchal de Villeroy, du fond de sa disgrâce, n'avait jamais perdu les étriers chez Mme de Maintenon, ST-si». <23», **'■ Il Être ferme sur ses étriers, être solide sur son cheval; et fig. être inébranlable dans sa manière do voir, défendre ses sentiments. M. de Cambray paya d'esprit, d'autorités mystiques, de fermeté sur ses étriers, st-sim. 34, <38. ||ll signifie aussi être dans une position solide. Je ne le vols pas bien affermi sur ses étriers, d'aleub. Lett. à Voltaire, <8oct. 4760. || Tenir l'étrier à quelqu'un, lui aider à monter à cheval en tenant l'étrier. L'empereur devait baiser les pieds du pape, lui tenir l'étrier, volt. Uœurs, 48. || Fig. Tenir l'étrier à quelqu'un, l'aider dans son entreprise, || Le vin de l'étrier, et, plus souvent, le coup de l'étrisr, le dernier coup qu'on boit quand on est près de monter à cheval, ou à cheval même, et, par extension, au moment de partir, de se quitter. || 2" Bas à étrier, ou, simplement, étrier, bas qui, au lieu de pied, a seulement une espèce de bande qui passe sous le pied en forme d'étrier. Les laines de Ségovie et autres laines étrangères ne pourront être employées qu'en trois fils, excepté seulement pour les menus ouvrages, tels que bonnets , calottes, chaussons, élriers el autres de pareille qualité, Arrêt du Conseil durai, <2juil. <7(7. || 8°Termedechirurgie. Étrier ou huit du cou-de-pied, bandage que l'on fait après la saignée du pied pour comprimer la veine. Il 4° Terme d'anatomie. L'une des petites pièces osseuses de l'intérieur de l'oreille. || 5° Terme de charpenterie. Barre de fer, coudée en deux endroits, qui sertàsoutenir une poutre. || Termedeserrurerie. Barre de fer plat à double équerre et à double talon, servant à soutenir quelque chose. || Terme de marine. Bande de fer, en forme de crampon, qui sert à joindre une pièce de bois avec une autre. || Petites cordes dont les bouts, joints ensemble par des épissures, servent k faire couler les vergues et à d'autres usages. Il 6° Bandes de cuir qui soutiennent les couvreurs sur les toits. On dit aussi jambier.
— HIST. XI* s. L'estreu lui tint ses oncle Guinemer, Ch. de Roi. xxvi. || xif s. Sun estriu li teneit Ij reis al remunter; Et quant li arcevesques le Toleit refuser, Nel lairrai, faiseit il.... Th. le mart. m. Il xm' s. Nonques miudres [meilleur] sarrasin ne mist pied en estrier, Chr. de Raiiis, 30. || xv* s. Le sire de Hangest n'en perdit selle ni estrier , pboiss. II, II, S6. Se doit exerciterà saillir sur chevaux tout armez et sans mettre pié àl'estrief, christ, de pisan, Charles Y, ii, 27. Maintenant elle dit que elle a un estref trop long et l'autre trop court, puis dit que le cheval trote trop dur. Les ajoyesde mariage, p. 80. Il XVI' s. Entré dedans, rendit grâces à Dieu, Tantost s'en part, mect le pied à l'estrieu. Monte à cheval, J.MAROT, V, <8l. L'admirai, conduisant l'avantgarde, poussa devant luile prince Porcian etMouy, lesquels ayans à leur" estrié chacun une trouppe d'arquebusiers.... d'aub. Hist. i, iti. Ayant mis à ses deux estriers deux bataillons, à droit celui des François, à gauche celui des Espagnols, pousse.... ID. tb. (68. Il n'aura jamais pour ceste occasion si tost le pied à l'estrier, que ci n'aye plus tost le cul sur la selle pour ce faire, h. nu bellay, 437. Il l'avoit faict bransler et quasi quicter les estrieux,CARL.