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d'amours, jubinal, t. ii, p. loo. || xv* s. Et tousjours se plaignuit-on du gouvernement qui estoit très mauvais, et le voioit on évidemment, mais aucune provision ne s'y mectoit, juven. des urs. Charles ¥1, <406. ||xvi*s. Hannibal s'en alla monter sur une petite butte, non gueres roide, de laquelle il pouvoit descouvrir évidemment tout le camp des Romains, amyot, Fab. 3i.
— ÊTYM. Évident, et le suffixe ment; provenç. eridenmen.
ÉVIDENCE (é-vi-dan-s') , s. f. Caractère de ce qui est évident; notion si parfaite d'une vérité qu'elle n'a pas besoin d'autre preuve. L'évidence d'une proposition. 11 faut bien que l'évidence de Dieu ne soit pas telle dans la nature, pasg. dans cousin. Faisons paraître cette vérité dans son évidence, BOss. Loi de Dieu, 3. Vous ne voyez pas dans une moindre évidence comment.... id. Hist. m, 7. Pour que l'esprit puisse acquiescer à une idée, il faut qu'il connaisse la convenance entre cette idée et son objet par une perception vive et sensible qui n'admette rien de contraire & elle-même; et l'idée de cette perception est le mode de penser que nous nommons évidence, boulainvilliers, Réf. de Spinoza, p. 124. L'évidence appartient proprement aux idées dont l'esprit aperçoit la liaison tout d'un coup, d'alemb. Disc, prélim. encycL t. i, p. 228, dans pouGENS. Aucune preuve n'a la même force, aucune idée la même évidence, aucune image le même charme pour tous les esprits, didehot, Claude et Néron, à M. Naigeon. || Évidence des sens ou sensible, celle qu'on acquiert par les sens. || Évidence de raison , celle qu'on obtient par le raisonnement. Les deux exemples que j'ai apportés dans ce chapitre sont plus que suffisants pour faire concevoir que l'évidence de raison consiste uniquement dans l'identité, coNDiLL. Art de rais, i, i.\\ Evidence de fait, celle qu'on acquiert parle moyen de l'observation. || Évidence de sentiment, ce qui paraît certain par le sentiment seul, et sans qu'on puisse en rendre compte. IJSe rendre à l'évidence, admettre forcément ce qui est incontestable. || Se refuser à l'évidence, s'obstinera contester ce qui est incontestable. || Mettre en évidence, faire connaître clairement, manifestement. Nous sommes encor loin de mettre en évidence Si nous nous conduirons avec plus de prudence, COHN. Ctnno, ii, «. Je ne veux que mettre ici en évidence tous les fondements de cette religion chrétienne qui sont indubitables, pasc. Juif, i. Il Mettre en évidence , faire qu'un objet frappe les yeux, soit remarqué. La lumière mettra en évidence leurs mauvaises œuvres , boss. Haine , 2. Il Se mettre en évidence, se montrer avec l'intention de se faire remarquer. |{ Se mettre en évidence, être manifesté, en parlant de choses. De quel front oserais-je, après sa confidence, Souffrir que mon amour se mît en évidence? corn. Suite du Ment.
IV, 8. Il Être en évidence, être remarqué, attirer l'attention générale. J'éuis placé vis-à-vis d'eux, à deux pas de la table, bien isolé et bien en évidence, MARMONTEL, Mém. V. || Être en évidence, être manifesté, en parlant de choses. Eh bien, ta perfidie est-elle en évidence? cobn. la PI. roy. ii, 2. Nier des trahisons qui sont en évidence, S. l'inlidélité c'est joindre l'impudence, th. corn. l'Am. à la m.
V, 9. Il On dit de même venir en évidence. Toujours le fond du sac ne vient en évidence , hégnier , Sat. ii.
— SYN. ÉVIDENCE , CERTITUDE. La certitude dépend des motifs de crédibilité; l'évidence dépend de la clarté de la chose même. La certitude a d'ailleurs, au sens philosophique, une solidité que l'évidence peut ne pas avoir : il était autrefois évident que le soleil tournait autour de la terre; cette évidence était fausse; les peuples en croyaient avoir la certitude, ils n'en avaient que la persuasion.
— HIST. XIV* s. X greignear [ plus grande ] évidence du propos, H. DE MONDEViLLE, f*^7, verso. Il XVI* s. X faulte d'éloquence ils ne les peuvent mettre en évidence [leurs pensées], mont, i, 188.
— ÉTYM. Provenç. evidencia , evidensa ; espagn. evidencia; ital. evidema; du lat. evidentia, de evidens, évident.
ÉVIDENT, ENTE (é-vi-dan, dan-t'), adj. Qui est connu tout d'abord et sans peine. Vérité évidente. Péril évident. Surprise tout à coup d'un funeste accident. D'un jugement du ciel effet trop évident, BOTROu, Bélis. V, 7. Philémon reconnut ce miracle évident, la font. Phil. et Baucis. \\ Il est évident que, il est clair et incontestable que. Il m'est évident que les sensations de couleur ne sont, pour mon âme, que différentes manières de se sentir: ce ne sont que ses propres modifications, condill. Art de rais, i, 6,
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— REM. Quand une chose est évidente, elle ne saurait être plus évidente; mais l'évidence en peut être saisie plus promptement et plus sensiblement, CONDIL. Long. cale, ii, )l. Cependant Montesquieu a dit : Il nous est plus évident qu'une religion doit adoucir les mœurs des hommes, qu'il ne l'est qu'une religion soit vraie, montesq. Etp. xxiv, 4. En cet emploi, évident reçoit fort bien la marque de la comparaison.
— HIST. XV* s. Rien ne m'est seur, que la chose incertaine, Obscur, fi.rs ce qui est tout évident; Double ne fais, fors en chose certaine, en. d'obl. Bal. 107. Il XVI* s. Et à nostre évident dommage, mont, i, 99.
— ÉTYM. Provenç. évident; eviden; espagn. et \tA\. évidente ; du latin erideiis, dee, etuidere, voir.
ÉVIDER (é-vi-dé), V. a. ||1* Creuser en cannelure. Évider une lame d'épée, un canon de pistolet. Il 2°Êchancrer. Évider le collet d'une robe. || 3° Creuser à l'intérieur, en parlant des flûtes, des clarinettes. Évider une flûte. {| 4° Terme d'architecture. Tailler à jour, sculpter les reliefs d'une façade, etc. Il 5° Terme de jardinage. Evider un arbre, flter du centre d'un arbre les branches qui, n'étant pas frappées de la lumière, s'étiolent. || S" Faire à la lime la petite rainure qu'on aperçoit des deux côtés du trou de l'aiguille. || 1° Mettre la dernière main à un ouvrage de chaudronnerie. || Découper une platine de verrou; refendre et terminer le panneton d'une clef; faire une garniture de serrure sur le tour. Il 8° Évider du linge, ôter l'empois qu'on a mis dans le linge.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et vide.
t ÉVIDEUR (é-vi-deur), ï. m. Ouvrier qui fait la cannelure longitudinale des aiguilles et qui en arrondit la tête.
ÉVIDOIR (é-vi-doir), s. m. Outil dont un facteur d'instruments se sert pour évider les flûtes, les clarinettes, etc. Il Assemblage de pièces de bois avec une échancrure, dans laquelle le charron assujettit les pièces qu'il veut évider ou travailler.
— ÉTYM. Évider.
ÉVIER (é-vié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des é-vié-z engorgés), s, m. Large pierre creusée en bassin, sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un conduit pour l'écoulement des eaux de la cuisine. || Canal de pierre qui sert d'égout dans une pièce ou dans une allée.
— REM. C'est une faute populaire de dire levier au lieu deévier, par coalescence de l'arlicle, comme dans ces autres fautes que l'usage a consacrées lierre, loriot, lendemain.
— HIST. xiir s. Ne soit nus [nul] si hardis ke il ait euwier qui ait sen esseut [issue] devant devers le pla] rue.... tailliar. Recueil, p. I5.i.
— ÉTYM. Wallon, aivi, puisoir; du latin aquarium, de aqua, anc. franc, ère, aujourd hui eau (voy. ce mot).
t ÉVILASSE (é-vi-la-s'), s. m. Terme de commerce. Sorte d'ébène de Madagascar.
ÉVINCÉ, ÉE (é-vin-sé, sée), part, passé. Évincé par une cabale du poste qu'il occupait.
ÉVINCER (é-vin-sé. Le c prend une cédille devant a ou o; évinçant, nous évinçons), ». a. || 1* Terme de jurisprudence. Déposséder juridiquement quelqu'un. Ce jugement l'évincé du bien qu'il possédait. Il î" Par extension, enlever à quelqu'un par intrigue une place, une affaire, etc. On est parvenu à l'évincer. Il 3* S'évincer, v. réfl. Se chasser l'un l'autre. Ils cherchent mutuellement à s'évincer.
— ÉTYM. Lat. evincere, vaincre, chasser, de e, hors de, et vincere, vaincre.
t ÉVIRATION (é-vi-ra-sion), t. f. Terme didactique. Castration; état d'eunuque. j| Terme de médecine. Perte, avant l'âge, des désirs et des facultés sexuelles chez l'homme.
— ÉTYM. Lat.et)jra<ionem, castration (voy. éviré). tÉVlRÉ(é-vi-ré), adj. m. Terme de blason. Se dit
d'un animal qui ne porte pas la marque de son sexe.
— ÉTYM. Lat. eviralus, châtré, de e, et vir. mâle, t ÉVISCÉRATION (é-vi-ssé-ra-sion), s. f. Terme
de chirurgie. Synonyme d'éventration.
— ÉTYM. Lat. e, hors, et viscera, viscères. ÉVITABLE (é-vi-ta-bl'), adj. Oui peut être évité.
Oui, par là seulement ma perte est évitable, coiiN. Pomp. IV, I . Si ce fut un piège que la fortune lui dressa, l'on peut dire qu'il n'y en eut jamais de plus subtil ni de moins évitable, bouhoubs, Rem. nouv. — HIST. xvi* s. Toute estrangeté et pariicularité en nos mœurs et conditions est évitable [doit être évitée], mont, i, 184. Au mal qui n'est point eviahle. C'est grand folie en avoir peur, leroux de LINCY, Prov. t. II, p. 344.
— ÈTYM. r.at. evilaliilis, (ie évitons, éviter.
ÉVITAGK (é-vi-la-j'), ». m. Tfirnie de marine. Espace suflisaiit pour qu'un navire à l'ancre puisse facilement tourner lorsque le vent ou la marée change. Il Mouvement que fait un navire pour éviter. Faire un évilage. || Largeur que doit avoir une rivière ou un canal pour le libre passage des grands bStimciils.
— RTVM. Éviter.
ËVITÊ, ÉE (é-vi-té, tée), part, passé. Dont on s'est détourné. Un péril évité. Un importun évité. Il Terme de musique. Cadence évitée, cadence harmonique k laquelle on ajoute une dissonance pour moduler ou prolonger la phrase.
ÉTITÉE (é-vi-tée), t. f. Terme de marine. Synonyme d'évitage. Une rivière ou un canal n'a point assez d'évitage ou d'évitée, lorsqu'il n'y a point assez de largeur pour y faire tourner librement un vaisseau.
— ETYM. Evité.
t ÉVITEMENT (é-vi-te-man), s. m. Action d'éviter. || Terme de chemin de fer. Gares d'évitement, portion de voie supplémentaire pratiquée de distance en distance, pour y remiser un train et laisser la voie principale libre et ouverte.
— HIST. XVI' s. Evitement, cûtgrave.
— ÊTYM. Éviter.
ÉVITER (évité), «. a. \\ 1" Se détourner de personnes ou d'objets, dont la rencontre est désagréable ou nuisible. Seigneur, depuis six mois je l'évite et je l'aime, bac. Phèdre, iv, 2. Un songe (me devrais-je inquiéter d'un sonnet) Entretient dans mon cœur un ennui qui le ron^e; Je l'évite partout, partout il me poursuit, id. Ath. 11, 6. Evite un malheureux, abandonne un coupable, id. Andr. m, 3. De combien de soupirs interrompant le cours, Ai-je évité vos yeux que je cherchais toujours^ m. Brit. III, 8. Ce qui me désespère, c'est que je n'y vois point de remède; car la comtesse m'évite, MAnivAtrx, l'Heur, stralag. i, S. jj Dans le style élevé, il se dit aussi des choses. Ses yeux qui vainement voulaient vous éviter, rac. Phèd.u, 1. Ne cherche point la mort qui voulait l'éviter, volt. Alx. 11, *. Il 2' Échapper à. Éviter la prison. On r.e peut éviter sa destinée. Éviter uu danger. La vertu la plus ferme évite les hasards; Oui s'expose au péril veut bien trouver sa perte, corn. Poiy. 11, 4. jj Ne pas donner lieu. Eviter une querelle. || Avec de et l'infinitif. Un vers était trop faible, et vous le rendez dur; J'évite d'être long et je deviens obscur, boil. Art p. 1. 11 évite uniquement de donner dans le sens des autres et d'êlre de l'avis de quelqu'un, la BRDT. V. Duclos, ami sûr, homme vrai, mais circonspect, et qui faisait cas de ce livre, évita de m'en parler par écrit, 1. J. rouss. Confess. xi. || Avec que et le subjonctif. J'évitais qu'il ne m'en parlât. Il On pourrait aussi supprimer ne : J'évitais qu'il m'en pariât. || 8" Terme de musique. Éviter une cadence, passer brusquement, dans une note de cadence, à un accord difTérent de celui qu'elle annonçait; ajouter à cet accord final une dissonance pour faire transition. || 4" V. n. Terme de marine. Un vaisseau a évité, lorsqu'il a changé bout pour bout, à la longueur de son câble, sans qu'il ait levé ses ancres. || Éviter à la marée, présenter l'avant au courant de la mer, à la longueur des amarres. || Éviter au vent, présenter l'avant au lieu d'où le vent vient. Il 6* S'éviter, v. réfl. Se détourner l'un de l'autre. Pour Valère et Cléon, quoique je sois bien sûre Qu'ils se connaissent fort, ils s'évitent tous deux, ORKSSET, Méchant, iv, 4. || S'ivlter, faire effort pour perdre souvenir de soi-même. Possédé d'un ennui qu'il ne saurait dompter. Il craint d'être à soi-même et cherche à s'éviter, boil. Évit. v. M'étant imposé la loi de courir le monde et de m'éviter moi-même, voli. Princesse de Bab. 8. ||Être évité. C'est un inconvénient, une dépense, qui peut s'éviter.
— REM. Peut-on dire éviter quelque chose à quelqu'un T On le trouve dans de bons auteurs : Elle venait lui demander.... de lui éviter une place dont je ne voulais point [pour elle], st-sim. t. viii, p. S54, édit. ciiéruel; Son exemple me dirigeait et m'a peutitre évité bien des faux pas, harivaux. Paysan parv. part. 7; Le lapin évite par là à ses petits les inconvénients du bas âge, buffon, Lapin; Je veux vous éviter l'ennui de trouver cet hommu maussade, HARHONTF.L, dans LA VEAUX. Néanmoins il ne paraît pas qu'^ci'fer puisse avoir un régime indirect; nous évitons quelque chose, mais nous ne l'évitons pas i quelqu'un; nous ne pouvons que le lui faire éviter. C'est épargner qu'il faut employer en ce cas. Ce qui rend l'emploi d'éviter impossible, c'est qu'il