EX-A
Swammerdam, les Héaumur nous ont dévoilé Je» degrés, bonnet, Consid. corps organ. CEuv. t. v, p. 'i8< , danspot'GE.ss. || Évolution organique, système physiologique dont les partisans supposent, à tort, que le nouvel être qui résulte de l'acte de la génération préexistait à cet acte; ce système est opposé à l'épigenèse. Tant de faits divers que j'ai rassemblés dans cet ouvrage en faveur de l'évolution, prouvent assez que les corps organisés ne sont point proprement engendrés, mais qu'ils préexistaient originairement en [«lit, bonnet, Consid. corps org. CEuv. t. vi, p. 3(8, dans pouoïns. Il 2' Fig. Développement d'une idée, d'un système, d'une science, d'un art. || L'évolution historique, le développement des sociétés et de leur civilisation suivant un ordre déterminé. || 8* Mouvements du corps dans les exercices. Qu'il apprenne à faire tous les pas qui favorisent les évolutions du corps, à prendre dans toutes les attitudes une position aisée et solide, 1. 3. rouss. Ém. 11. || S'applique aux divers mouvements qu'on fait exécuter dans un manège. Il 4* Terme de guerre. Mouvement de troupes qui changent leur position pour en prendre une nouvelle. Faire exécuter des évolutions i un régiment. Dans cet état de choses, quel espoir de se mesurer avec avantage contre des hommes vieillis dans la discipline , formés aux évolutions, instruits dans la tactique? raynal, llitl. phil. xviii, «7. || Par extension. Ils [les canards sauvages] attendent la nuit et font des évolutions autour du bois, ciiateaub. Génie, I , V, 7. Il 11 se dit aussi d'une escadre. Une évolution navale. Il Terme de marine. Rotation d'un navire autour de son axe vertical. Manœuvre ou mouvement qui nécessite un changement d'allure ou de direction dans le cap. || 5° Terme de musique. Subversion du dessus à la basse et réciproquement, sans qu'il en résulte aucune dissonance dans l'harmonie.
— ÊTYM. Lat. «vo]u(ion«n>, de evolutum, supin de evolvere, de e, et volvere, rouler (voy. volume).
t ÉVOLUTIONNAIRE (è-vo-lu-sio-nê-r'), adj. Terme d'art militaire. Qui concerne les évolutions.
t ÉVONYME (é-vo-ni-m'), ». m. || 1' Nom moderne du genre fusain (rhamnacées) dans lequel on distingue l'évonyme européen, dit vulgairement fusain, bonnet de prêtre. || 2* Terme de chimie. Matière extraite des fruits de l'evonymus europxus, L.
— ÊTYM. Eùûvugj^o;, fusain, de A, bien, et SvopLQi, nom.
ÉVOQUÉ, ÉE (é-vo-ké, kée), part, passé. Un démon évoqué du fond des enfers. || Une affaire évoquée devant ta juridiction compétente.
ÉVOQUER (é-vo-ké), v. a. || !• Faire apparaître les démons ou les âmes des morts par l'effet de certaines conjurations. Samuel dit à Saûl : Pourquoi avez-vous troublé mon repos en me faisant évoquer? SACi, Bible, Rois, i, xxvjii, «6. La femme lui dit : Qui voulez-vous que je vous évoque? Evoquez-moi Samuel, répondit Saal, Boss. Polit, v, 3, t. Il 2° Figurément, Use dit des orateurs qui apostrophent les mânes des héros. Faut-il d'une ombre illustre évoquer la puissance? H. J. chén. Tib. il, s. Il Evoquer un souvenir, le rappeler. Il me semble qu'en prononçant ces paroles on évoque l'histoire et qu'on ranime les morts, stael. Cor. iv, 4. Il 3* Terme de jurisprudence. Attirer i soi la connaissance d'une affaire. Le parlement évoque à soi l'affaire, la pont. Troq. Il craignait que les amis qui leur restaient à la cour n'obtinssent du roi qu'il évoquât à lui seul le jugement de cette affaire, d'alemb. Destr. des jés. ÛEup. t. v, p. me, daa» pougens.
— HIST. XVI* s. LasI tu te lais, et aux miennes demandes Tu ne rens point responses réciproques; l'ant seulement aigres soupirs évoques Du coeur profond, uabot, iv, 48.
— ÊTYH. Lat. evocare, de e, et vocare, appeler, Je t'ox, voii (voy. voix).
t ÉVULSIP, IVE (é-vul-sif, si-v'), adj. Terme didactique. Qui est propre i arracher.
— ÉTY^M. Voy. ÉVILSION.
t ÉVULSION (è-vul-sion), ». f. Terme didactique. Action d'arracher, extraction. Evulsion d'une dent, d'un fragment d'os.
— ÊTYM. Lat. eiulsionem, de evulsum, supin da evellere, de «, et xeliere, tirer.
EX {èks'), particule qui se joint par le trait d'union à certains mots pour exprimer l'état ou la position antérieure d'une personne : un ex-ministre, un ex-dèpulé (voy. es....).
— ÊTYM. Lat. «x.-grec, i{, hors.
EX-ABRUPTO (è-kza-bru-plo), voy. ABkUPTO.
EXA
EXA
EXA
EXACKRBATION (è-kza-sèr-ba-sion), t. [. Terme da médecine. Accroissement passager de l'intensité des accidents d'une maladie.
— SYN. EXACERBATION, PAROXYSME, BEDOOBLEMENT. Étjmologiquement, l'exacerbation indique que le mal devient plus acerbe: le paroxysme, qu'il devient plus aigu; le redoublement, qu'il redouble. Le redoublement ne se dit guère que de la fièvre, dont l'augmentation se manifeste par plus de chaleur et un pouls plus fréquent. L'exacerbation et le paroxysme sont extrêmement voisins ; pourtant exacerbation s'applique davantage à l'état général do la maladie: Sa pneumonie a eu une exacerbation aujourd'hui ; au lieu que paroxysme s'applique davantage à un symptôme particulier: Il avait son asthme, et il y est survenu un paroxysme de suffocation.
— HiST. XVI' s. Quelquefois elle [une maladie] a des exacerbations, c'est à dire que sa violence redouble par certains périodes, paré, xx, 8.
— Rtym. Lat. exacerbationem, de ex, et acerbus, acerbe.
EXACT, ACTE (è-gza, OU, suivant la prononciation la plus commune, è-gzakt, c et t sonnant, pzak-l'. Il y a des divergences pour la prononciation du masculin: plusieurs disent è-gza, ne faisant pas plus sonner cl que dans respect; Richelet note qu'on prononce è-gza; au pluriel, même divergence, les uns disant è gzakt, les autres disant è-gzak , le mieux est de ne faire sentir et ni au singuler. ni au pluriel), adj. || 1" Qui suit rigoureusemei.t la vérité, la convention. Il est fort exact. Historien exact. Soyez exact au rendez-vous. Les rois sont pin; exacts à punir ce qui blesse leur caractère que faciles à pardonner par le mouvement de la nature, ST-ÉVREM. dans le i)tc(. de richelet. Sur le point dont il s'agit j'ai eu quelques entretiens avec des ecclésiastiques instruits et d'une raison exacte et saine. MIRABEAU, Collection, t. iv, p. 340. || 21" Kn parlant des choses, fait avec soin, avec ponctualité. Compte exact. Expression exacte. Exacte recherche. Je veux, pour espion qui soit d'exacte vue, Prendre le savetier du coin de notre rue, mol. te. des f. iv, ♦. J'espère que vous y verrez, mes pères, une réponse exacte, et dans peu de temps, pasc. Prou. xi. il Qui est vrai de tout point. Notion exacle. Le fait est exact. C'est exact. Si les idées des mathématiciens sont exactes, c'est qu'elles sont l'ouvrage de l'algèbre etde l'analyse, coNDiLLAC, Conn. hum. sect. ii,ch. 7. Il Les sciences exactes, les mathématiques et les sciences qui s'appuient sur les mathématiques. 11 |Boileau| ignorait jusqu'aux termes les plus communs de la langue des sciences exactes, d'alemb. Éloges, Despréaux. || 3° Qui est conforme à son modèle Copie, reproduction exacte, jj 4° Sévère, rigoureux. Ici l'exact refus fait montre d'amitié, TRISTAN, M. de Chrùpe, m, 2. En matière d'Etat.... Il n'est scrupule exact qu'il n'y faille garder, corn. Attila, i, 2. Observateurs zélés de l'exacte justice, VOLT Scythes, u, 5. || Il se dit dans un sens analogue du régime. Une diète exacte. Un régime exact et même ses austérités lui valurent une santé assez égale, ponten. des Billeltes.
— ÉTYM. Lat. exactus, soigneux, exact, proprement poussé jusqu'à, achevé, de ex, hors, et actus, part, pnssé de agere, pousser (voy. agir).
EXACTEMENT (è-gza-kte-man), adv. D'une manière exacle. Pour moi , monseigneur, qui vous connais jusque dans l'âme, et qui sais combien exactement vous vous acquittez de tous les devoirs de toutes sortes d'amitiés, voix. Lett. (57. [Il] Tenait exactement ce qu'il avait promis, tristan, Panthée, I, 4. Observe exactement la loi que je t'impose, COBN. Cinna, v, 1.
— Etym. Exacte, et le suffixe ment.
EXACTEUR (è-gza-kteur), s. m. {\ 1" Celui qui
exige ce qui est dû à lui ou à un autre. Qomme un maître, sévère exacteur de ses droits et déterminé à ne rien perdre de ce qui lui est dû, boubdalouk, Slyst. Purif. de la vierge, t. ii, p. 214. Des bergers qui, couverts à peine de lambeaux déchirés, gardent des moutons infiniment mieux habillés qu'eux, et qui paient à un exacteur la moitié des gages chétifs qu'ils reçoivent de leurs maîtres, volt. Princ. de Babyl. 3. || 2- Celui qui commet une exaction, qui exige plus qu'il n'est dû. Maudit soit celui qui créa la race détestable des grands exacteurs, DiDER. Salon de (767, Qiuvres, t. xiv, p. ico, dans pouGENs.
— HIST. xiv* s. Les droiz de vray roy ne sont pas exactions, ne les bons roys ne sont pas eiacteurs, OBESME, Thèse de meunier. ||zvi' s. Aussi se monstra-il pareillement severe observateur et roide exacteur de la discipline militaire, amyot, P. jEm. e.
— ÉTYM. Lat. exaclorem, celui qui exige, et particulièrement celui qui exige l'impôt, de exactum, supin de exigere (voy. exiger).
EXACTION (è-gza-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il !• Aciion d'exiger une chose due. Les Etats les plus sages et les mieux policés, comme Athènes et Rome, ont toujours été embarrassés à trouver un juste tempérament pour réprimer la dureté dans l'exaction du prêt et la mauvaise foi du débiteur qui refuse ou néglige de payer ses dettes, BOLLiN, Hist. anc. Œuvres, t. i, p. 65, dans LACURNE. Il Usure. Les Juifs, enrichis par leurs exactions, étaient pillés par les princes avec la même tyrannie; chose qui consolait les peuples et ne les soulageait pas, montesq. Esp. xxi, 20. || i° Acte d'un percepteur des deniers publics, et, en général, d'un administrateur quelconque qui exige ce qui n'est pas dû ou plus qu'il n'est dû. Le reste de l'empire soufl"rait beaucoup sous tant d'empereurs et tant de Césars; les officiers se multipliaient avec les princes; les dépenses et les exactions étaient infinies, BOSS.T/isl. I, <0. Il Contribution exigée d'une population comme amende et punition. Théraistocle parcourut les îles qui avaient suivi leur parti [des Perses] pour y faire des exactions et pour en tirer de l'argent , eollin , Uist. anc. Œuvres, X. lit,
p. 249, dans POUGENS.
— HIST. xiii* s. [Nous] affrancissomes la devant dite abeye, et volons que ele soit effranchie et cuite [quitte] de toutes exactions, corovées et tailles, TAiLLiAR, Recueil, p. 263. Il XIV* s. Tirant regarde lesquels de ses gens scevent mieulz trouver exactions, ORESMB, Thèse de meunier. ||xvi' s. Il estoit besoin d'imposer de bien grosses tailles et de faire de griefves et excessives exactions, amvot, Ant. 26.
— ÉTYM. Provenç. exaction ; espagri. exaccion ; ital. esazione; du lat. exactionem (voy. exacteur).
t EXACTIONNKR (è-gza-ksio-né), V. n. Commettre des exactions.
— HIST. XV* s. La pape Boniface avoit mis en difficulté à canoniser le roy saint Loys, alléguant que le dit roy saint Loys avoit griefvement exactionné son peuple, Hist. de la toison d'or, t. I, f" 97, dans LACtJRNE.
— ETYM. Exaction. Ce mot, qui est ancien, est régulièrement fait, comme passionner, de passion, impressionner, de impression.
EXACTITUDE (è-gza-kti-tu-d') , s. ^. || 1° Qualité de la personne qui est exacte. Avec exactitude il suit toutes ses lois, corn. Pulchér. i, 3. L'exactitude qu'on avait à garder les petites choses, boss. Uist. m, 3. L'Espagne sur ce sujet [les jeûnes] a des coutumes que la France ne suit pas; mais la reine se rangea bientôt à l'obéissance.... et l'extrême exactitude de cette princesse marquait la délicatesse de sa conscience, id. Uar.-Thér. Après qu'il avait rempli dans la dernière exactitude. ses fonctions néc?ssaires, il se renfermait dans son cabinet où il étudiait.... FONTEN. Uéry. L'exactitude de l'esprit n'a presque rien de pénible : ce n'est point une servitude comme l'imagination la représente, malebr. Uech. I, <. Dites, n'est-il pas vrai que votre promptitude M'a presque soupçonné de peu d'exactitude? j. a. Bouss. le liait, m, 7. Il me parut qu'on pouvait raisonner en métaphysique et en morale avec autant d'exactitude qu'en géométrie , condill. Conn. hum. Introd. || 2° Précision , justesse dans les choses. Un calcul d'une grande exactitude. L'exactitude d'une mesure. Et quand l'obéissance a de l'exactitude. Elle voit que la gloire est dans la promptitude, cobn. Sertor. iv, 2. J'abandonne l'exactitude Aux gens qui riment par métier; D'autres font des vers par étude; J'en fais pour me désennuyer, gresset, les Ombres.
— REM. Vaugelas, Remarques, dit : « C'est un mot que j'ai vu naître comme un monstre et auquel on s'est accoutumé; on lui a en vain opposé exacteté. » Arnaud avait risqué le mot d'exaoteté dans un livre De la fréquente communion (1643), se réglant en cela sur les terminaisons en usage dans les mots denett«(^, sainteté, honnêteté; mSi'is , se voyant à peu près seul, il se rétracta depuis et revint à eiac/tlwde, STE-BEUVE, Vaugelas, Conslitutionnel,is déi:. isai.
— ÉTYM. Exact.
t EXAGÉRANT, ANTE (ê-gza-jé-ran, ran-t'), adj. Qui exagère. TertuUien, plus exagérant que saint Cyprien, fén. t. ii, p. (07.
EXAGÉRATEUn, TRICE (è-gza-jé-ra-teur, tri-s') , s. m. elf. Il 1* Celui, celle qui exagère. C'est un grand exagérateur. C'est un homme.... ne parlant jamais qu'à propos, point prompt à décider, point du tout exagérateur incommode, mol. Am. magn. Il, 3. Vespasien et Titus firent ce siège mémorable
qui finit par la destruction de la ville [Jérusalem]; Josèphe l'exagéraleur prétend que, dans cette courte guerre, il y eut plus d'un million de Juifs massacrés, volt. Dict. phil. Juifs. || 2° Adj. Je ne suis point exagérateur comme celui qui ne racontait que des prodiges da votre altesse, balz. 6* dise, sur la cour. Toutes les passions sont eiagératrices, et elles ne sont passions que parce qu'elles exagèrent, CHAMPFOBT, ilax. et pens. t. i, p. 357.
— Etvm. Lat. exaggeratorem , de exaggerare, exagérer.
EXAGftBATIP, IVE (à-gza-jé-ra-tif, ti-v"), adj. Oui tient de l'exagération. Ce qui paraît principalement leur avoir inspiré ce langage exagératif, c'est que, prenant pour modèle les livres attrilaiés à saint Deriys l'Aréopagite, ils en ont imité le style extraordinaire, boss. États d'oraison, i, a.
— ÉTYM. Voy. exagRrateur.
EXAGfiBATION (è gza-jé-ra-sion; en vers, de
six syllabes) , s. f. ||1* Action d'exagérer; résultat de cette adtion. Je l'ai vu [le prince de Condé], et ne croyez pas que j'use ici d'exagération, je l'ai vu vivement ému des périls de ses amis; je l'ai vu, simple et naturel, changer de visage au récit de leurs infortunes.... boss. Louis de Bourbon. Hé bienl ne croyez-vous pas que ceux à qui s'adressera une exagération aussi forte l'écouteront avec plaisir t font. Auguste, Arétin. Je parle votre langage : je réponds S vos exagérations par les miennes, Marivaux, Préj. vaincu, se. 4. Les fortes âmes de ceux-ci [les anciens] paraissent aux autres [les modernes] des exagérations de l'histoire, l. j. Rouss. Gouv. de Polog. ch. 2. L'exagération qui, en voulant agrandir les petites choses, les fait paraître plus petites encore, d'alemb. Éloges, Fléchier. L'exagération est naturelle au langage humain; les mots expriment l'inspiration que l'homme reçoit des faits bieii plutôt que les faits mêmes, guizot, histoire de la civil, en France, 8* leçon. || Figure de pensée qui consiste à mettre à la place de la véritable idée de la chose une autre idée du môme genre, mais d'un degré supérieur. I| 2° Terme de beaux-arts. L'exagération des formes. La manière de cet artiste a da l'exagération. L'exagération des gestes.
— HIST. XVI* s. Au premier qui me demande la vérité nue et crue, je quitte soubdain mon effort, et la luy donne sans exaggeration, sans emphase et remplissage, mont, iv, I8i.
— ÉTYM. I.at. exaggerationem (voy. exagiîrbb). EXAGÉRÉ, ÉE (é-gza-jé-ré, réo), adj. \[ 1" Qui
porte le caractère de l'exagération. S'il y a des peuples qui aiment les expressions exagérées, ce n'est pas parce qu'elles sont fausses, c'est parce qu'elles les remuent; mais rien n'empêche d'allier l'exactitude avec la force ; le style est donc susceptible d'une beauté réelle, conuillac. Art d'écr. ii, IB. Si l'on considère le nombre des traits qui caractérisent un personnage comique, on peut dire que la comédie est une imitation exagérée, marmontel, Élém. de litt. t. VI, p. <42, dans pougens. || S. m. Ce qui porte le caractère da l'exagération. Quelle différence mettez-vous donc entre le romanesque et l'exagéré 1 DIDEROT, Salon de 1767, Œuvres, t. xv, p. 150, dans pougens. || 2"' Dont les sentiments ne gardent pas la juste mesure, en parlant d^s personnes. Je la trouvai susceplible, exagérée, défiante; voilà les suites amères de l'infortune, genlis, Thédt. d'éduc. Ennem.génér. li, 3. || S. m. Celui qui a des opinions outrées, violentes, surtout en politique. || 3° Terme de beaux-arts. Qui n'est pas soumis aux justes proportions. Il ne faut pas mettre la nature exagérée à côté de la nature vraie sous peine de contradiction, DIDEROT, Pensées sur la peinture, Œuvres, t. xv, p. 187, dans pougkns.
t EXAGÉRÉMENT (è-gza-jé-ré-man) , adv. D'une manière exagérée. Elle [la minorité de la chambre de 4830] ne craint exagérément ni les journaux, ni les sociétés populaires, ni l'ancienne congrégation, ni le midi, ni l'ouest, ni l'Europe, carrel, Œuv. 1. 1, p. 240.
— ÉTYM. Exagéré, et le suffixe ment.
EXAGÉRER (è-gza -jé-ré. La syllabe je' prend l'accent grave quand la syllaba qui suit est muette : j'exagère , sauf au futur et au conditionnel : j'exagérerai, j'exagérerais), v. a. \\ i' Donner aux choses des proportions plus grandes qu'elles n'ont réellement. Ces fortes expressions par lesquelles l'Écriture sainte exagère l'inconstance des choses humaines, devaient être pour cette princesse si précises et si littérales, BOSS. Duch. d'Orl. En exagérant tout, on ne définit rien, la chaussée, Gouvem. i, 3. Va, tempère, Gracchus, ce zèle fanatique, Et n'exagère point la misère publique, M. i. cii£n. Gracq. u, s. || Exa-
EXA
gérer queliu'un, eiagérer son mérlls, ses qunlités. Si j'avais donné mon fils à exagérer à M. de M*", on le trouverait un fort bon oarti, siv. 339. || S'exagérer, exagérer à soi. Pendant que son esprit entretient sa douleur, S'exagère sa peine et grossit «on maltieur, brébeup, Pharsale, m. Tout le malheur des domestiques vient de s'exa(?érerles défauts de leurs maîtres, gknus, Théàt. d'éduc. la March. de mode, se. 9. || Absolument. Il y a, sans exagérer, cinquante endroits.... Boss. Nouv. myst. ♦. Le z61e de l'ulililé publique était en lui une véritable passion, et toutes les passions exagèrent, condohcet, Duhamel. On n'avait point exagéré en nous dis.int que nous trouverions plus d'or et d'argent à Delphes qu'il n'y en a peut-être dans le reste de la Grèce, BARTiiÉL. Anach. ch. 22. || 2° Donner une expression excessive. L'action théâtrale étant privée de l'expression du visage, on s'efforça d'y suppléer par l'expression du geste, et l'immensité des théfttres obligea de l'exagérer, mahmontel, Élén^ littér. Œuvres, t. ix, p. 166, dans pougkns. || Terme de peinture et de sculpture. Exagérer les formes, les proportions des figures. ||3* Faire valoir, faire ressortir. Surtout il est très-nécessaire que vous teniez la main à ce que les règlements et instructions que j'ai envoyés pour les manufactures et les teintures soient soigneusement exécutés, ne pouvant assez vous exagérer les avantages que toutes les provinces du royaume qui s'y conforment exactement reçoivent, colbeut, Corresp. t. ii, lett. 2f6. Il ne manqua pas de bien exagérer combien il était important de ne pas toucher aux rentes de la ville de Paris, lu. t'b t. II, p. 68. Cet arrêt ayant été publié et porté sur le bureau de la Chambre de justice, au lieu qu'elle devait rendre publique et exagérer une si sensible marque de la bonté du roi pour ses peuples, iD-ih. Il Cet emploi vieillit.
— IlIST. XVI' s. Exaggerer cette vengeance divine [la mort d'Arius] par la circonstance du lieu [un privé où il mourut], mont, i, 249.
— ÉTYM. Lat. exaggerare , proprement accumuler la terre, et, par suite, exagérer, de ex, et aggerare, faire un monceau de terre, de agger, monceau de terre.
tEXAGÉREUR, EUSE (è-gza-jé-reur, reù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui exagère. Ce propos de table était bon; vous en auriez été contente? n'avez- vous point quelque exagéreuse comme celle-là? sïv. 68.
— ÉTYM. Exagérer.
EXAGONE, O'/y. Voy. HEXAGONE.
t EXALBUMINÉ, ÉE (6-gzal-bu-mi-né, née)',adj. Terme de botanique. Sans périsperme.
— ÉTYM. Lat. ex, sans, et albumine.
t EXALTABLE ( 6-gzaI-ta-bl'), adj. Qui peut s'exalter. Une âme exaltable.
t EXALTANT, ANTE (è-gzal-lan, tan-f), adj. Qui exalte. Des passions exaltantes.
EXALTATION (ègzal-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action d'élever, d'exhausser. La fête de l'exaltation de la sainte croix, fête qui se célèbre le M septembre, en mémoire de ce que Héraclius rapporta à Jérusalem au Calvaire la croix de Jésus-Christ, enlevée quatorze ans auparavant parCosroès, roi de Perse. || 2" L'avènement, l'intronisation d'un pape. Les jours de son exaltation [du pape] furent les jours de votre gloire, patru. Éloge de M. Bellièvre. || 3" Terme d'ancienne chimie. La sublimation ou volatilisation d'un corps quelconque. L'exaltation des sels, des soufres. || i* Terme d'astrologie judiciaire. Une planète est dans son exaltation lorsqu'elle est dans le signe où les astrologues supposent le plus de vertu à ses innuences. Il 6* Action de rendra plus éclatant, plus glorieux. Si nous envisageons cet événement [la mort de Pascal le père] non pas comme l'efTet du hasard..., mais comme une suite indispensable, inévitable, juste, sainte, utile au bien de l'Ëglise et à l'exaltation du nom et de la grandeur de Dieu, pasc. Lett. à PéHer, 47 oct. <65i. Pardonnez à des aveugles qui servent, sans le savoir, à l'exaltation de mon nom, uass. Myst. Pass. || «• État de l'esprit haussé au delà de son état ordinaire. L'exaltation des esprits. Il ma fit d'abord connaître clairement l'avenir en exaltant mon âme; je fis de si prodigieux efforts d'exaltation que j'en tombai malade, volt. l'H. aux 40 e'cui, Nouveaux systèmes. 11 a la tête vive, de la grandeurd'Ame, il est trés-susceptible d'exaltation, OENUS, KUe de la Fayette, p. t(9, dans P0UGEN8. La manière de vivre des Chartreux suppose, dans les hommes qui sont capable» de la mener, ou un esprit extrêmement borné, ou la plus noble et la plus continuelle exaltation des sentiments religieux, m"«dkstael, Corinne, x,i. || Exaltation
EXA
politique, ardeur excessive dan» le» opinions ou les partis politiques. L'exaltation des hommes, des opinions pendant la révolution. || 7* Terme de médecine. Symptôme qui consiste en ce que la malade a des idées plus vives qu'il ne conviendrait. Jl avait de la fièvre, de l'exaltation. || Augmentation démesurée de l'action d'un organe ou d'un système d'organes. L'exaltation des fonctions des reins.
— lllST. xv s. Et semble raonstrer que l'exaltation et haut règne des François est un heur grand et jocundité aux Bourguignons, o. ciiast. Expos, sur vérité mal prise. Il XVI' s. Kn haine de son exaltation on abaissoit son extraction, d'al'B. //{j(. h, 450.
— ÉTYM. Provenç. exallatio ; espsgn. exaltaciort; ital. esaltaxinne; du lat. exaltationem , de exallare, exaller (voy. exalteh).
EXALTE, ÉE (ôgzal-té, tée), part, passé. Il 1* Élevé très-haut; loué extrêmement. Parle pour consoler mon âme inquiétée. Parle pour la conduire à quelque amendement. Parle afin que ta gloire ainsi plus exallée Croisse éternellement, cobîi. Imit. m, 2. Ces pauvres autrefois si petits, mais alors comblés de gloire et si hautement exaltés , BOURDALOUE, 8« dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. <<9, danspouGKNS. Ils savent qu'un héros par son rang exalté Ne doit qu'à la verlu ce que doit le vulgaire X la nécessité, j. b. rouss. Odes, iv, 6. Il 2° Rendu plus actif. Ou'aurait-ce été si le venin eût été un peu plus exalté? et il le serait devenu .sans doute si l'on n'avait pas été assez heureux pjur trouver un remède aussi puissant que celui qu'on a découvert, montesq. Lett. pcrs.tiJ. || 3" Avoir la tête exaltée, l'imagination exaltée, avoir une tête, une imagination qui s'enflamme facilement et qui s'emporte. Les têtes exaltées qui ne s'expliquent rien, mais que tout frappe, ont des visions, Diderot, Hègne de Claude et fier, i, § no. Les petites âmes portent dans les grandes choses le vice qui est en elles; c'est la raison pour laquelle on donne le nom de têtes exaltées à ceux qui marquent une violente indignation contre des vices communs qu'on partage ou qu'on a quelque intérêt à ménager, ID. ib. II, 24. Il II se dit aussi des personnes. Vous êtes un homme exalté. || En politique, le parti exalté, le parti révolutionnaire le plus ardent. || S. m. et f. C'est un exalté, une exaltée.
EXALTER ft-gzal-té), 1). o. || 1' Élever très-haut, louer, vanter beaucoup. Exalter le mérite d'une action. Ils exaltaient la taille et la valeur des Allemands, d'ablancoubt. César, liv. i, dansRiciiELET. Pour sauver du mépris ma constance abattue. Je ne puis exalter l'ennemiqui me tue, rotr. Herc.mour. III, 3. Ce n'est pas.... Qu'aisément je ne pusse, en quelque ode insipide, Texalter aux dépens et de Mars et d'Alcide, boil. Épit. i. Oui, l'honneur, Valincourt, est chéri dans le monde; Chacun pour l'exalter en paroles abonde, ID. Sat. xi. On l'exalte partout, on l'admire, on l'encense, c. delav. Poria. II, 2. Il 2' Rendre plus actif. Exalter les propriétés d'un médicament. Exalter les fonctions du foie. IJFig. Ce conquérant imposteur exalta, si l'on peut s'exprimer ainsi, par ses dogmes sanguinaires la férocité naturelle de ces peuples, baynal, llist. phil. y, J. Contrarier ouvertement les grands sentiments est un moyen sûr de les rendre opiniâtres et de les exalter, genlis, Mlle de Lafayelte, p. 163, dans POUGENS. || 3° Ancien terme de chimie. Redoubler la vertu d'une substance en la purifiant. Exalter de l'antimoine. || 4° Élever l'esprit au-dessus de son état ordinaire. Le récit de ces grandes actions l'exaltait. || Absolument. Alors, s'exaltant pour exalter : Eh quoil c'est vous, ajoute-t-il, que celle pensée n'enflamme point? siîgur, Hist. de Nap. viii, 9. Il Terme de piété. Exalter son âme, prendre des sentiments d'orgueil. Si je n'ai pas eu d'humbles sentiments et que j'aie exalté mon âme, Boss. Mar. Thér. Il 6' Jeter dans une sorte de transport, de délire. Des méditations prolongées lui ont exalté l'esprit. Il 6* S'exalter, c. réfl. Être élevé, loué. Si U gloire peut s'exaller Par l'effet où j'ose prétendre. Permets qu'en ton saint nom je puisse exécuter Ce que tu me vois entreprendre, corn. /mit. m, )5. Il Prendre de l'exaltation. Il s'exallait en racontant ce haut fait || Se louer, sa vanter réciproquement. Dans la camaraderie on s'exalte les uns les autres.
— HIST. XVI' s. Puis je sens bien ma plume trop ruralle Pour exalter sa maison liberalle, marot, ii, 22. Il est besoin de mon.strer ici brièvement, comment et par quels moyens il [le pape] s'est exalté desja dès longtemps pour entreprendre quelque jurisdiction sur les autres Eglises, calv. Instit. 889.
— ETYM. Provenç. exaltât; lat. exaltart, hausser, de ei, et allut, haub
EXA
EXA.MK.N (è-pzamin. Quelques uns prononcent è-gza-mèn'; mais cette prunonciation est affectée; autrefois c'était la bonne; Cliifflet disait que l'n se prononçait toujours),!, m. || t* Action d'examiner. L'officier auquel le roi renvoya l'examen da notre affaire, fEn. Tél. ii. Toute la vie du chrétien doit être un examen et une censure contitiuelle et secrète de ses actions, de ses désirs, de ses pensées, HASS. Car. Conf. Je ma borne à l'examen de quelques questions qui me paraissent les plus importantes, CONDILLAC, Éludes hitl. part. 1, ch. 8. U y a, dans le septième tome de Paméla, un examen très-judicieux de l'Andromaquede Racine, par lequel on voit que cette pièce ne va pas mieux ft son but prétendu que toutes les autres, t. i. rouss. Lettre à d'Alembert. D'un sévère examen je ne crains pas la suite, m. j. chah. Œdipe roi, m, 2. {| Terme ecclésiastique. Examen de conscience, préparation & la confession. Elle [Anne d'Autriche] redouble ses dévotions toujours assidues; elle apporte de nouveaux soins ft l'examen do sa conscience toujours rigoureux, BOSS. Mar.-Thér. Ceux [livres d'heures] dans lesquels les examens de conscience sont un peu détaillés, genus. Ad. et Théod. t. ii, lett. 7, p. 441 , dans POUGESS. || Faire son examen de conscience, examiner attentivement sa propre conduite. De bonne foi du moins il fait son examen, COLLU d'iublev. Chit. en Esp. ii, 3. || Terme de philosophie. Le libre examen, le droit naturel de n'accepter comme vrai que ce qu'admet la raison ou l'expérience; et, plus particulièrement, indépendance d'opinion qui fait repousser lo joug da l'autorité en matière de foi et examiner les dogmes traditionnels d'après sa | ropre rai.son. Un homme d'examen. Esprit d'examen. || 2' Épreuve orale ou écrite que subit un candidat pour être admis à tel ou tel grade. Subir un examen. Passer son examen, se* examens, jj 3" Par extension, sorte d'interrogatoire qu'on fait subir à quelqu'un sur certains faits. Examen d'un accusé. || Partie de la procé<lure publique, en matière criminelle , qui comprend les interrogatoires et l'exposition des charges.
— HI.ST. XV' s. Il laissa meuble et héritage Et ses parens sans retorner; Jhesucrist le face tourner .Vu jour du derain examen De sa destre partie; amen, le Tombel de la Cluirlrose, ms. d'Avranches. Que celluy qui sera passé maistre sans grâce et par examen, .sera tenu paier, avant qu'il lave son ouvrouer, la somme de « escus d'or, Ordonn. fév. 4485. Il ivi' s. Le nombre de qui on fait l'examen, de- LAROciiE, Arismetique, f* 4t, verso.
— ÉTYM. Lat. examen, proprement l'aiguille do la balance qui dénonce l'équilibre, de là action de peser, d'examiner, pour exagmen, de exigere ou exagère, réduire à (voy. exiger).
t EXAMINABLE (è-gza-mi-na-W), adj. Qui peut, qui doit être examiné.
HIST. xvi* S. Qui est celuy au monde qui aye
droict de commander et donner la loy au monde, s'assujettir les esprits, et donner des principes qui no soyent plus examinables, que l'on ne puisse plusniei ou douter, que Dieu seul? charron. Sagesse, n, i.
— ÊlYM. Examiner.
EXAMINATEUR, TRlCE(è gza-mi-na-teur, tris"), s. m. et f. Il 1' Celui, celle qui examine. On a des examinateurs à proportion qu'on est élevé, st-4vbe- MOND, dans RiciiELET. Ô fâcheux examen d'un mystère fatal Où l'examinateur souffre seul tout le mal, MOL. Éc. des f. II, ». Tous ces sages du paganisme, tous ces examinateurs curieux de la nature et des choses du monde, nicole. Essais, t. ix, p. 208, dans poi'CENS. Ces curieux examinateurs des coutumes reçues, pasc. Pensées, t. i, p. 267, éd. Lahure. Il faudrait voir les originaux et attendre qu'un grand nombre de savants eût fait celte étude à fond [ancienneté de la Chine! , afin que parle grand nombre d'examinateurs la chose pût être pleinement éclaircle, FËN. t. XIX, p. 464. Il 2* Celui, celle quia pour fonction de faire subir les examens aux candidat* pour des gradesou des fonctions. Examinatrice (lour l'instruction primaire. ||^dj. Dames examinatrices, dames chargéesda faire subir l'examen aux personnes qui postulent les places de maltresses de pensions, d'institutrices, de directrices de salles d'asile, etc.
— HIST. XIII* s. Les noms des six jurez examineus sont teil.... Liv. des met. 420. || xiv s. Auditeurs, seelleurs, examinateurs, Ord. des rois de Fr. t. I, p. 487.(1 XVI' s. Il faut estre bien aspre et sévère examinateur et contrerolleur de ce qui aura esté dit quant à l'usage et à la vérité, AHTor, Comm. il faut ouïr, 1 1.
— ÉTYM. Lat. examinatorem, de examinare, examiner.