EX A
t EXAMINATION (è-gza-mi-na-sion), t. f. Action d'examiner.
— HIST. iiii* s. Quant aucuns est condamnés comme bougres, par l'examinalion de sainte Eglise, sainte Eglise le doit abandonner à la laie justice, BEAUM. XI, a. || xvi' s. Une sérieuse et attentifve examination non seulement de ses paroles et actions, mais de ses pensées plus secrettes.... ciiABRON, Sagesse, i, <.
— ÊTVM. Provenç. examinacion; ital. «ïominaitone; du lat. examinationem, de eocaminare, examiner.
EXAMINÉ, ÉE (è-gza-mi-né, née), por(. passe.
Il 1* Les lieux examinés avec soin Mais sur la
foi d'un songe, Dans le feng d'un enfant voulezvous qu'on se plonge T Vous ne savez encor de quel père il est né, Quel il est. — On le craint, tout est examiné, rac. Mh. n, K. ||2°Un élève examiné par le professeur.
EXAMINER (è-gza-mi-né), e. o. Il 1' Considérer avec attention et pour se rendre compte. Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie. Examine en secret sa joie et ses douleurs, corn. Pomp. m, <. Allons examiner pour ce coup généreux Les moyens les plus prompts et les moins dangereux, ID. Héracl. I, 5. Et sans examiner par quel destin jaloux La grandeur du couraye est si mal avec vous, ID. Nicom. ui, 2. Sa rigueur importune examine et publie Où manque le devoir d'autrui, ID. Imil. u , S. Examine leurs yeux, observe leurs discours, bac. Brit. i, *. Je n'examine point si j'y pourrai survivre, in. Bérén. Il, 2. Il Examiner, se dit des différentes commissions pour le théâtre, le colportage, les autorisations de livres, etc. || Absolument. On doute, on examine, et je reviens confus Demander à vos pieds vos ordres absolus, VOLT. Orphel. », 7. || S" Regarder attentivement. Plus j'examine cette personne, plus je crois la reconnaître. On ne la contemplait point, on l'examinait, genlis, Mllede Clermont,p. «67, dans POUGENS. Il 3° Faire subir Un examen. Examiner un élève. || 4° S'examiuer, v. réft. Examiner sa conscience, ses propres actions. Plus je rentre en moi-même et plus je m'examine, Moins j'y puis de mon mal rencontrer l'origine, botb. Bélis. v, 4. Quand un homme s'examine , quelle satisfaction pour lui de trouver qu'il a le cœur juste! montesq. Lett.pers. 83. || Se regarder l'un l'autre. Ils s'examinent quelque temps, et enfin se reconnaissent.
— HIST. XIII' s. Bien le sauras par toi meismes ; Il convient que tu t'essaïmes, la Rose, 2560. Toutes les fois que tesmong sont examiné et on lor a fêle aucune demande, de le pa] quele il ne sont pas bien avisé.... beaum. ix, 43.||xv"s. Moult fut fort et bien examiné, au tranchant des espées, ce noble tournoy, Perceforest, t. iv, 61. || xvi" s. Nostre foy n'est pas moins esprouvée par tribulation, que l'or est examiné en la fournaise, calv. Instit. 6B(. Les chevaliers passoient par devant eulx [les censeurs] pour estre examinez et visitez à la monstre, amïot, Pomp. 32. Il me donna un meschant pourpoint tout deschiré et deschlqueté d'usure et un collet de cuir bien examiné [usé] et un meschant chappeau , paré , m, p. 7 h .
— ÉTYM. Provenç. et espagn. examinar; ital. esaminare; du lat. examinare, de examen, examen.
t EXANIE (è-gza-nie) , s. f. Terme de chirurgie. Procidence de l'intestin rectum.
— ÉTYM. Lat. ex, hors, et anus.
t EXANTHÉMATEUX, EUSE (è-gzan-té-ma-teil, tetl-z') ou EXANTBÉMATIQUE(è-gzan-té-ma-ti-k'), ad/.Quiarapportauxeianthèmes. || Fièvres eianthématlques ou éruptives, fièvres qui sont caractérisées par certaines éruptions, telles que la rougeole, la variole, la scarlatine, etc. Ici exanthématique n'est pas pris dans le sens rigoureux d'exanthème.
EXANTUÈME (è-gzan-tê-m'), s. m. Terme de médecine. Groupe de maladies cutanées dont le caraclère commun est une rougeur plus ou moins vive, disp.i laissant momentanémfint sous la pression du doigt, et existant sans vésicules, papules, ni pustules.
— ÉTYM. *£Ç(xv6Ti|j.a, de iÇ, hors, et Mtli , fleurir, proprement effleurir (voy. anthère).
EXARCUAT (è-gzar-ka), s. m. Province gouvernée par un exarque. Pépin conquit l'exarchat de Ravenneetledonnaau pape. 1| Dignité d'exarque.
— ÉTYM. Exarque.
EXARQUE (è-gzar-k') , s. m. \\ !• Vicaire général de l'empereur en Occident qui faisait sa résidence à Ravenne. L'exarclial fut iustilué sous l'empereur Justin le Jeune, en B07, et le dernier exarque fut Eutychius, qu'Astolphe, roi des Lombards, défit en 7D2. Il 2° Dans l'Église grecque, dignitaire député par le patriarche pour visiter les provincus, et dont le t'.lre répond îi celui de lé^al dans l'Église lal'ue.
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— ÉTYM. 'Eçapxo;, de ii, hors, au loin, (^ ip- Xeiv, commander.
t EXARTHUÈME (ègzar-trô-m'), «.m. OU EX AR- THROSE (è-gzar-trô-z'j, t. f. Terme de chirurgie. Synonyme de luxation.
— ÉTYM. 'ES, hors, et âp9pov, articulation.
t EXARTICULATION (è-gzar-li-ku-la-sion), s. f. Terme de chirurgie. Synonyme de désarticulation, d'amputation dans l'article.
— ETYM. Lat. ex, hors, et articuJatîon.
+ EXARTICULÉ, ÉE (ê-gzar-ti-ku-lè, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui n'offre pas d'articulations visibles.
— ÉTYM. Lat. ex, sans, et article.
EXASPÉRATION (6-gza-spé-ra-sion; en vers, de
sixsyllabes), t. /■. || 1° État d'un esprit exaspéré. 11 est dans une grande exaspération. || Par extension, état d'agitation, d'irritation des esprits. L'exaspération était à son comble. || 2" Terme de médecine. Accroissement de l'Intensité des symptômes d'une maladie.
— HIST. xvi's. Cette nostre exaspération immodérée et illégitime contre ce vice [manie de parler de soi], MONT, m, 338.
— ÉTTM. Lat. exasperationem, de exasperare, exaspérer.
EXASPÉRÉ, ÉE (è-gza-spé-ré, rée), pari, passé. Il !• Irrité à l'excès. Je l'ai trouvé fort exaspéré. Il 2° Rendu plus âpre, en parlant d'une maladie. Le mal exaspéré par un traitement intempestif.
EXASPÉRER (è-gza-spé-ré: pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'exaspère; excepté au futur et au conditionnel : j'exaspérerai) , V. o. Il 1" Irriter à l'excès. Ce nouvel outrage l'a fort exaspéré. || 2° Rendre plus âpre, plus cuisant. Exaspérer une douleur. || 8° S'exaspérer, «. réft. Devenir irrité. 11 s'exaspérait en racontant son aventure. Il Devenir plus âpre, en parlant d'un mal. Le catarrhe s'exaspère par un temps froid.
— HIST. XVI* s. Exaspérer, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. exasperare, de ex, et asper, âpre (voy. ce mot).
EXAUCÉ, ÉE (è-gzfl-sé, sée), part, passé. Celte princesse demandait des enfants au ciel; elle fut exaucée. Il en mourra peut-être; et d'un père Insensé Le sacrilège voeu peut-être est exaucé, bac. Phèdre, iv, 6.
t EXAUCEMENT (è-gzô-se-man) , t. m. Action d'exaucer ; état de celui qui est exaucé.
EXAUCER (è-gzô-sé. Le c prend une cédille devante ou 0 .• exauçant, exauçons) , t). o. || 1° Écouter favorablement celui qui prie , supplie. Si j'ai gardé l'iniquité au fond de mon cœur, le Seigneur ne m'exaucera pas, SACi, Bible, Psaume ixv, 48. Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit? bac. Iphig. I, 4. Il 2° Il se dit aussi de l'accomplissement de ce qu'on demande. Souviens-toi que, pour prix de mes efforts heureux. Tu promis d'exaucer le premier de mes vœux, rac. Phèdre, iv, 2.
— REM. Exaucer n'est pas synonyme d'octroyer, accorder. U ne se dit que de Dieu, du ciel, des puissances célestes, ou des êtres que la passion actuelle nous leur fait assimiler (rois, princes, maltresses, etc.).
— ÉTYM. Exaucer est le même que exhausser (voy. ce mot) : exaucer quelqu'un, c'est le porter en haut, de manière que sa prière soit entendue des puissances supérieures; et par catachrèse on dit exaucer une prière.
t EXAUDI (ègzô-di), s. m. Premier mot de l'introït de la messe du cinquième dimanche après Pâques. Dimanche de l'Exaudi.
— ÉTYM. Lat. exaudi, écoute, de ex, et audire, ouïr.
t EXCÉCARIE (è-ksé-ka-rie), s. f. Terme de botanique. Genre d'euphorblacées, oi l'on distingue Vexcœcaria agalloche, connue dans l'Inde sous le nom de calambac et appelée par Rumphius arbre aveuglant, legoarant.
— ÉTYM. Lat. exuecare, aveugler, de«*, etcxcus, aveugle.
f EXCARNATION (èks-kar-na-sion) , s. f. Action de dépouiller un organe des parties charnues qui l'entourent.
— ÉTYM. Lat. ex, hors, et coro, carnis, chair.
t EXCARNEK (èks-kar-né), V. a. Ôter le bois des dents de peigne, eu faire l'écartement.
— ÉTYM. Voy. EXCABNATION, le bols qu'on ôte étant comparé à de la chair.
tEXCA'VATEUR (ek-ska-va-teur), s. m. Terme de chemin de fer. Appareil destiné à faciliter les déblais.
— ÉTYM. Excaver.
EXCAVATION (èk-ska-va-sion ; en vers, de cinq syllabes) , s. f. || l" Action d'excaver. Durant la capitulation de Luxembourg, Vauban faisait travulUer à
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I excavation du fossé et à tirer de la pierre pour raccommoder la place, dangeau, i, a, 43 juin 4e8i.
II 2°Creux dans le sol, dû soitàla main de l'homme soit à un accident naturel. Un sol entrecoupé d'excavations.
t EXCA'VER (èk-ska-vé), v. a. Creuser sous terre. Excaver le sol. || Absolument. X mesure qu'elles [les marmottes] excavent, elles jettent derrière elles la terre qu'elles tirent de la mine, bonnet, Contempl. natur. xii, si.
— ÉTYM. Lat. excarare, de ex, et cavut, creux, cave (vny. cave, adjectif).
EXCÉDANT, ANTE (è-ksé-dan, dan-l'), adj.
Il 1° Qui excède, qui est de surcroît. Les sommes excédantes. Pour mieux voir notre objet, nous venons de le circonscrire; nous en avons retranché toutes les extrémités excédantes, uvtf. Sature dei animaux. \\ S. m. Surcroît; nombre, quantité qui excède. Un excédant de compte. On croirait que les pays ingrats ne devraient se peupler que de l'excédant des pays fertiles et nous voyons que c'est le contraire, J. j. bouss. Orig. des langues, ch. 9. I! Fig. Si j'ai trop de suite et de fermeté, je voudrais vous en pouvoir donner mon excédant, STsiM. 480, 208. Tenté d'employer l'excédant de mon entretien, j. i. rouss. Hél. il, 4 3. Que fera-t-il de cet excédant de forces? m. Ém.in. || 2" Qui excède, qui fatigue, importune à l'excès. Ou j'aurais une prude au ton triste, excédant. Une bégueule enfin qui serait mon pédant, gresset, Méch. ii, 7.
— REM. Autrefois l'Académie écrivait excédent, s. m., ce qui était en harmonie avec précédent et antécédent, qui ont même radical que excédant.
EXCÉDÉ, ÉE (è-ksé-dé, dée) , part, passé. || i' Dépassé. Le revenu excédé par les dépenses. || 2° Accablé au delà de ce qu'on peut supporter. Je suis excédé de fatigue. Pour des âmes excédées de plaisirs et lasses de repos, il faut sans cesse des altitudes nouvelles et des sensations toujours plus exquises, bivarol, Dict. univers, de la long, franc. p. XXV. Il 3" Très-ennuyé. Fatigué delà cour, excédé de la ville, Je ne puis être bien que daas ^e libre asile, GRESSET, Sidn. ii, 2. Il devint triste, inquiet, jaloux; il fit tant, qu'elle en fut excédée et prit le parti de lecongédler, marmontel, Cont. mor. Quatre flacons. Il ranime vingt fois l'auditoire excédé, DEL1LLE, Convers. 1. Il 4" Battu outrageusement. Battu et excédé.
EXCÉDER (è-ksé-dé ; ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette: j'excède; excepté au futur et au conditionnel : j'excéderai) , e. o. Il 1» Outrepasser, aller au delà des justes bornes. Il a excédé son pouvoir, ses pouvoirs. Il excède sa charge , et lui-même y renonce, corn. Afic. m, 3. C'est qu'ils ont excédé toutes bornes, pasc. dans cousin. Les hommes se piquent d'être constants ou indifférents selon la mode, qui excède toujours la nature, vauven. Uax. 40. Il Absolument. Voilà ce qui regarde les vaines et fausses sciences; et pour ce qui est des véritables, on excède beaucoup à s'y livrer trop, ou à contre-temps, ou au préjudice de plus grandes obligations , Boss. Concupisc. s. Dieu a tout fait avec mesure, avec nombre et avec poids; rien n'excède, rien ne manque, id. Polit, vu, vi, 8. Le peu de discernement qui accompagne toujours une dévotion presque naissante, le faisait excéder [le duc de Bourgogne] dans le contre-pied de ses défauts, ST-siM. t. VIII, p. 207, édit. CHÉRUEL. || 2° Dépasser. Vous pourrez employer jusqu'à mille frangs, mais n'excédez pas cette somme. || Surpasser en longueur, en dimension, en valeur. Une dette qui excède cent francs. Cette poutre excède le mur de plus d'un pied. Celles [pièces] de la comédie parlent de personnes communes, et ne consistent qu'en intrigues d'amour, et en fourberies qui se développent si aisément en un jour, qu'assez souvent chez Plante et chez Térence le temps de leur durée excède à peine celui de leur représentation, corn. 2* dise, trag. Pourvu seulement qu'en vendant il n'excède pas le plus haut prix des étoffes de celte sorte, pasc. Prov. 8. Ce prince [Porus] était monté «ur un éléphant bien plus grand que tous les autres, et luimême excédait la stature ordinaire des hommes, ROLLiN, Ilist. anc. OEuv. t. vi, p. 497, dans pou- GENS. Et jamais ma dépense excédant ma recette, c. DELAV. Éc. desvieill. i, 4. || Fig. Formé d'une telle manière Que l'art Ingénieux excédait la matière, béonieb , ^j)it. I. Pour moi, quoique déjà ma passiou fût telle. Que sa force excédât toute force mortelle, MAiRET, Sophon. iv, 4 . Ce sont des actions dont la reconnaissance Du plus riche monarque excède la puissance, botroo, Yencesl. i, 4. || !" Battre outrageusement (sens autrefois très-usité en maUère
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criminolle, qui ne l'est plus guère aujourd'hui; en celle acception, il s'emploie surtout au participe et avec 6o«rf). AtleinU et cor<»aincus d'avoir fait rébellion, empCclié les exercices et fonctions desdits commis, de les avoir battus, excédés, etc. déchiré leurs hal)its. Arrêt du conseil d'Étal, 22 juiU. 1721. Il On dit dans le môme sens : excéder quelqu'un de coups. Il i° Accabler au delà de ce qu'on peut supporter. Cette course m'a excédé. Les nègres ne sont-ils pas assez malheureux d'être réduits à la servitude? faut-il encore les excéder? bupf. Iforc. choisis, p. 43. Il Excéder de plaisir, fatiguer k force de plaisir. || Familièrement. Excéder quelqu'un de bonne chère, l'exciter à quelque excès de table par l'abondance des meis. || 6° Importuner, tourmeiiter. Vous m'excédez par vos railleries. Je ne sais ce que j'ai, tout m'excède aujourd'hui, oresskt, le Méchant, i, *. || 6" S'excéder, v. réfl. Se fatiguer à l'excès. S'excéder à la chasse. S'excéder de travail, de débauches. Un jour il a'eicéila de fatigue pour des pauvres qu'il traitait, prit beaucoup de froid.... FONTEN. Dodart.
— IIIST. xiv s. Proportion arismetique est quant le grant surmonte ou excède le moien autant comme le moien surmonte le petit, orksmb, Elh. 44. Vertu est entre excéder ou défaillir, id. <!>. 48. || xv* s. Un chascun d'eux [des trois ordres) son droit estât maintiengne; Car l'excéder est monstre et droicte enseigne De pis avoir pour le peuple et l'Eglise, E. DESCHAMPS , Souffr. du peuple. || xvi* s. Plusieurs effects des animaulx excédent nostre capacité, mont. II, 358. Peu & peu elle [la noblesse] a tant excédé qu'en fin, sous la vertu de vaillance , elle a asservi et confondu les autres, lanoue, 497. La commune prenoit plaisir à rabbatre et rabaisser ceulx qui lui sembloient trop excéder en grandeur, amyot, Thém. 43.
— ÉTYM. Lat. excedere, excéder, de ex, hors, et cedere, aller (voy. céder).
EXCELLEMMENT (è ksè-la-man), ade.||l' D'une manière excellente, parfaitement. Si quelqu'un pouvait apprendre en un jour à jouer du lulh excellemment, DESC. Méth. VI, it. Par les secrètes et admirables manières dont Dieu opère ce changement, que saint Augustin a si excellemment expliquées, et qui dissipent toutes les contradictions imaginaires que.... PASCAL, Prov. t8. Comme dit excellemment saint Jean Chrysostome, boss. Parole de Dieu, 2. Il 2° Par excellence. Qui n'est pas contre eui est excellemment pour eux, pascal, dans cousin. La pudeur, en colorant vos joues, vous rend excellemment belle, CHATEAUB. Génie, i, 1, 49.
— HIST. xiv s. Celui qui fait son oeuvre excellentement.... ORESME,£lh. ix ((5). Priamus excel-
' lemment aorné de filz et de filles, id. Thèse de meunier. Il XVI* s. Comme ainsi soit que plusieurs choses ayant esté escrites sagement et excellentement de ces anciens pères, calv. Instit. Dédie. L'authorité ie Moyse fut si excellemment maintenue par ceste korrible vengeance.... id. ib. 39.
— ÉTYM. Excellent, et le suffixe m«nJ. Excellentment est la forme régulière (représentée par excellemment, grâce à l'assimilation des consonnes) , alors que excellent était pour le masculin et le féminin; puis, quand le féminin, suivant la nouvelle règle, devint excellente, on forma excellentement, qui n'a pas duré.
EXCELLENCE (è-ksè-lan-s') , î. ^. || !• Êminent degré de qualité, en un genre. L'excellence d'un remède, d'un fruit. Digne de lagrandeur et de l'excellence de l'homme, MASS. Car. Culte. L'excellence de la musique est dans le chant, et la mélodie en est l'âme, marmontbl, Élém. litlér. ûEur. t. ix, p. 4 n , dans rouGENS. || Familièrement. Avoir une grande idée de sa propre excellence, de l'excellence de son esprit, être infatué de soi, de son mérite. || Dans les collèges, lycées et pensions, prix d'excellence, prix unique décerné à l'élève qui s'est le plus distingué pendant toute la durée de l'année scolaire, dans toutes les branches d'étude réunies. || Dans les lycées do Paris, prix donné à l'élève qui a ohlenu le plus de points dans les compositions durant losdeux premiers trimestres de l'année; prix dit aussi rie semestre. Il Par excellence, loc. adv. Au plus haut degré. Bien fait et beau par excellence, la font. Pet. chien. Si le ciel t'eût, dit-il, donné par excellence Autant de jugement que de barbe au menton, ID. t'abl. m, 5. Sa mire Anionia disait d'un sot par excellence : il est plus bête que mou fils Claude, DIDEROT, Règne de Claude et Nir. 1, § 46. || par excellence, se dit aussi pour marquer l'éminence d'une qualité dans une personne. Aristote a été appelé le philosophe par excellence. [Le roi de Perse] qu'elles [les nations grecquesj appelaient le grand
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roi ou le roi par excellence, boss. Ilist. m, 6. On ne l'appelait [Agrigente] simplement que la grande ville par excellence, fén. Empéd. || On dit dans le même sens, Dieu est l'être par excellence. || Par excellence, se dit. enfin pour désigner qu'un nom commun est pris pour un nom propre et particulier, tant la qualité dont il s'agit appartient à la chose , à la personne dont ou parle. Chapeau se dit, par excellence, du chapeau de cardinal. Il 2* Titre qu'on donne aux ambassadeurs, aux ministres. Ils changeraient entre eux les simples Excellences, S'ils osaient, en des Majestés, la FOST. Fabl. XI, 6. Il II se fait donner, on lui donne de l'Excellence, on l'appelle Votre Excellence. || Une Excellence, une personne qui a droit au titre d'Excellence. J'aicru suivre un ami et non un protecteur, un homme et non une Excellence, p. L. cour. Lett.
I, 4 24. Qu'est ceci? dit d'un ton dur Une Excellence bretonne, BÊRANû.lfewe du SJ-£fp. || En ce sens, on met des majuscules : Votre Excellence, Son Excellence. || On écrit aussi en abrfgé V. E. pour Votre Excellence, S. E. pour Son Excellence. || Par plaisanterie, ce titre se donne à des gens qui n'ont aucune dignité. Ah I te voilà; bonjour, l'ami Frootin; comment se porte Ton Excellence? — Fort au service de la Vôtre, monsieur le chevalier, dancouRT, les Curieux de Compiêgne, se. 4 et 2.
— HIST. xii* s. Ta grant proesce e ta science E ta puissance e t'eicellence [il] Prie et requiert, humles vers tei. Que li tienges [que tu lui tiennes] amor e fei, BENOIT, II, 4295. || xin* S. L'eucellence de ta figure, RUTEB. II, 43. S'il plai.soit à la très deboniere excellence le roy, tout cil qui seroient preudome et loyal, porroient estre tainturiers, Liv. des met. 437. Il XIV* s. Vers heroyques sont dittiés des faiz et adventures de gens de très grant excellence, oresme, Elh. 22. Il XV' s. Et vous plaise me vouloir pardonner, Se je n'escris devers vostre excellence, Comme je doy, en telle révérence Qu'il appartient.... CH. d'orl. Départie d'amour en ballade. || xvi" s. J'avois ouï dire que la plupart des Italiens esloient sujets à trois vices par excellence, MAHO.2Vouc.Li. Entre toutes choses animées, l'homme est de la plus grande excellence , LANOUE , 496. D'altez ni d'excellence et autres mots nouveaux de nouvelle fabrique, le langage ni la franchise des François n'en estoit jadis infectée, st-jvl. Mesl. hisl. p. 595, dans lacuhne.
— ÉTYM. Provenç. excellencia ; espagn. excelencia; ital. eccellenici»; du lat. excellentia, de excellens, excellent.
EXCELLENT, ENTE (è-ksè-lan, lan-t'), adj. Il 1° Qui est à un degré éminent, qui l'emporte. 11 fut appelé à cette excellente fonction de ministre du Dieu vivant pour la défense de l'Église et pour le salut des peuples, bourdal. Panég. de S. Ignace,
II. Elle avait deux frères d'une excellente beauté, LA BRUY. m. Il Titre qui se donne dans certaines formules nobiliaires. Très-haut et très excellent prince. || 2* Qui est très-bon en son genre. Excellent vin. Chère excellente. Musique excellente. Un excellent livre. Certes il écrit bien, sa lettre est excellente, corn. Suite du Ment. 11, 4. J'aurais voulu faire voir que les plus excellentes choses sont sujettes à être copiées par de mauvais singes, mol. Préf. des Prie. \\ 8* 11 se dit aussi en ce sens des personnes. Un excellent prince. D'excellents généraux. Telle est l'opinion de beaucoup d'excellents personnages. La nature, fertile en esprits excellents, Sait entre les auteurs partager les talents, boil. Arl p. I. Il On le dit des animaux. Un excellent cheval. Des chiens excellents. || Un excellent homme, ou un homme excellent, un homme doué d'une grande bonté de coeur. || Être excellent sur quelqu'un, sur quelque chose, en bien parler, et, quelquefois ironiquement, s'en moquer. Sur madame des Ursins, le cardinal [d'Estrées] était excellent ; il ne finissait point sur elle et avec une liberté qui ne se refusait rien, st-sim. 370, 456. || Familièrement. Je vous trouve excellent, se dit de quelque acte, de quelque parole qu'on juge déplacée. Je vous trouve excellent de me parler ainsi. Mais, mais, je vous trouve excellent ! Et de vos volontés voilà donc le ministre? favart, SoJimon II, i, 40. ||0n dit dans le même sens. Il est excellent avec ses pro positions. Il II se dit des choses en ce mênip sens ironique. Cela est excellent! Vodà qui est excellent! Il 4" S. m. Ce qui excelle. Se consoler du grand et de l'excellent par le médiocre, la brut. ix.
— REM. X causa du haut degré d'éminence qui est dans excellent, des grammairiens ont dit que ce mot ne comportait pas de degrés de comparaison. Il y a là-dessus à consulter l'usage; car le mot n'exclut pas, de soi, U comparaison. Le comparatif
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est très-peu usité; pourtanlonle lrouve,etilneparatl pas qu'on puis,se condamner absolument ces emplois , bien que rares. Il n'est dans tous les art* secret plueicellent Que de savoir connaître et choisir son ta lent, CORN. Remerc. au roi. Nous prenons plaisird" nous comparer aux autres, et nous sommes bien aises d'avoir sujet de croire que nous sommes plut excellents, boss. dans le Dicl. de bescherelle. Quant au superlatif relatif, il est pleinement en usage : Les termes de cette lettre où M. de Saint- Cyran parle du sacrifice de U messe comme du plus excellent de tous, pasc. Prov. 4«. Emp;oyez-y l'or et tout l'art des plus excellent* ouvriers, la