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fend en une multitude de bûchettes pour allumer le feu. Il î" Par assimilation à un pelil fagot, singe habillé i|ue montrent les chailatani et les bateleurs. Les tours de fagmin. Un mois durant, le roi tiendrait Cour pléni're, dont l'ouverture Devait être un Tort grand festin, Suivi des tours de fagotin, la FONT. Fabl. VII, 7. Il 3' Par emension, boulTun d'un théâtre de foire, là dans le carnaval vous pouvez espcrur Le liai et la grand'liandu, à savoir duui musettes, Fa parfois fagotin et les marionnettes, mol. Tiirl. Il, 3. Il Familiùrement. C'est un vrai fagotin, se dit d'un mauvais plaisant.
— ETYM. Diminutif de fagot.
t FAGO FINES (fa go-ti-n) , ». f. plur. Petites parties de soie faites |iar des particuliers,
— ÊTYM. Fagot.
FAGOUB (fa-goue), *. f. Nom donné par les bouchers au thymus ou rig de yeau. || Nom vulgaire du pancréas chez le porc.
— ETYM. Origine inconnue.
FAGUKXAS (laglie nA), j. m. Terme familier et vieilli. Odeur reliulanto qui sort d'un corps échauffé; odeur d'hôpital. Gousset, escafignon, faguenas, cambouis. Oui formez ce présent que mes yeux réjouis Sous l'aveu de mnn nez lorgnent comme un fromage, st-amand, Cantal.
— ETYM. Origine inconnue. Odeur de crocheteur 4chauffé, dit la Monnoye, Gtoss. des noels bourguignons, qui, en conséquence, le tire de /"aquin. Le g fait difliculté; il en ferait moins si l'on savait que le mot vint des dialectes du Midi qui se rapprochent de l'espagnol.
t FAGUErTE(fa-ghè-t'), t. f. Terme d'art militaire. Petit fagot.
— ETY.tI. Le même radical fag que dans fagot.
t PAIIAH (fa-liam'), s. m. Terme de boianique. Orchidée parasite {angrœcum fragrans, Du[)etit- Thouars), voisine des vanilles, de llle Maurice, usitée comme digeslive et contre la phthisie.
t FAIULAGE (fi-bla-j') , ». m. \\l° Diminution de valeur ou de quantité. 11 y a ici du faihiage. ce côté de l'élofTe est moins fort. || 1' Ancien terme de monnayeur. Quantité permise de laquelle une monnaie est au-dessous du titra. Kaiblage de poids, d'aloi.
— ETY.M. Faible.
FAIULB (fèbr. Chifllet, Gramm. p. 201, dit qu'on laisse pisser faible; ce qui prouve que de son temps /b»ti/e, c'est-à-dire fouèble, était la prononciation la plus usilée), adj. || 1" Qui est sans force, sans vigueur. Avoirles jambes faillies. Nous naissons faillies. Les faibles mortels. Ce héros dans mes bias est tombé tout sanglant. Faible, et qui s'irritait contre un trépas si lent, bac. Uilhr. y, 4. || Dans un âge faible, dans l'enfance, dans les premiers temps de l'adolusceiice. Et ses femmes en paix guidaient mes faibles ans, volt. Fanât, i, a. || Avoir les yeux faibles, la vue faible, se dit des persor.nes qui supportent liiflicilement le grand jour. Ces chacrelas ^voy. kakehlak) sont l<lancs et blonds, ils ont les yeux faibles et ne peuvent supporter le grand jour; au contraire ils voient bien la nuit, bupf. Iliat. nat. homme, t. v, p. 42, dans pouoens. || Avoir les reins failles, n'avoir pas l'échiné forte; et fig. dans le langage familier, n'avoir pas assez de bien, de crédit, de talent, etc. pour venir à bout de ce que l'on entreprend. || 2" 11 se dit des facultés intellectuelles. Nolie faible raison. Une lêle faible. Avoir l'intelligence faible. Plus l'esprit est faible, plus il imagine de chimères, duclos, Hi.ï(. iouii XI, Œuvres, t. II, p. 46», dans pouGENs. Il Dans le style de l'Ëcriture, l'esprit est prompt et la chair est faille, c'est-à-dire la tentation vient vite , et la chair y luccombe facilement. || Un esprit faible, un esprit qui n'a pas de force ou d'étendue, qui se laisse dominer, ou qui se laisse gouverner par les préjugés, Ses opinions || 3° Oui manque de puissance, de ressources, etc. Un Ëtat failde et pauvre. Un gouvernement faible. L'ennemi trop faible pour tenir tête. Une armée faible en nombre, en infanterie. Mais que ceux qui veulent croire que tout est faible dans les malheureux et dans les vaincus ne pensent pas pour cela nous persuader que la force ait manqué à «on courage ni la vigueur à ses conseils, boss. heine d'Anglet. Il épuisa son royaume d'hommes et de vaisseaux, même d'argent, lui qui possédait les mines du nouveau monde, et lai.ssa une monarchie plus vaste, mais l'Espagne plus faible qu'elle n'avait été sous son père, rathal, Wttf. phil. xix, ». Il 4' Qui est dépourvu de talent, de capacité. Un écrivain faible. Ne vous étonnez pas, chrétiens, si je De fais plus, faible orateur, que de répéter les paroles de la princesse palatine; c'est que j'y ressens la manne cachée et le goût des Ecritures divines...
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BOSS. Anne de dnnj. J'ai trouvé dans votre style lanl de force et tuntde naturel que j'ai cru n'être que \otre fa ble traducteur, et que je vous ai cru l'auteur de l'original, volt. Utt. Cesarolti, 10 janv. 176«. || Un él^ve faible, élève qui fait peu de progrès. Il est faible en version grecque, en vers latins. || B' 11 se dit, dans un sens analogue, des productions de l'art ou de l'esprit. Un ouvrage faible. Ce que cet artiste a exposé est faible, (lais, si j'ose avoir mon avis, Mahomet, malgré son faible cinquième acte qui sera toujours faible, est un morceau irès-tingulier, volt, Ult. d'Ariiental, 2 fév. I74i. Voilà «ans contredit la plus faible des tragédies de Kacine [Ilérénicejijui sont restées au th'Atre; ce n'est pas môme une iragéilie; mais que de biauiés de détail, et quel charme inexprimable règne presque toujours dans la diction I in. Comm.sur Corn. Hem. sur Bérénice de Hacine, acte y, se. 7. M. Chanlon me mande qu'il h trouvé le mémoire de M. de Keaiimont pour lus Sirven bien faible, iD. Letl. Damilaville, 3ii janv. 1767. || Style faible, style qui n'a pas de force, pas d'énergie. Il 6" Oui nian(]ne de force morale, qui est trop indulgent, sans fermeté Une mûre trop faible. L'n cneur faible. Penses-tu que j'imite une faible Persane? bac. Alex, m, 2. Je suis père, seigneur, et laible comme un autre, m. IpUig. i, 6. Un sexe dangereux dont les faibles esprits D'un peuple encor plus faible attirent les hommages, volt. Tuner. 1, 1. Je le trouve [Claude| plus faible que méchant, DiDHR. Claude et Nér. i, 34. ils ressemblent à ces âmes faibles qui ne peuvent entendre l'histoire d'un malheureux sans lui donner des larmes, et pour qui il n'y a point de tragédies mauvaises, m. Lett. sur les .sourds et muets. Les gens faibles s'engafieni facilement dans l'avenir; les projets éloignés ne les elTrayent pas, oknljs, Jfi(e de Lafayeite, p. 28-2, dans P0UGEN3. || Elle est faible, elle a été faible, se dit d'une femme i|ui s'e.st laissée aller à la séduction. Il II se dit aussi des choses. Sur cela je pleure sans pouvoir m'en empêcher; voilà qui est bien faible; mais pour moi je ne sais point être forte contre une tendresse si juste et si naturelle, SÊV. 32. Il 7" Peu considérable par rapport à la quantité, à la valeur, à l'iniensité. Tu reverras le calme après ce faible orage, corn. Ct'd, ii, 3. De si faibles sujets troublent celte grande âme! ID. Polyeucte, i, 1. Le faible souvenir en trois ans s'en perftit, id. lléracl. IV, 4. Le malheureux Araspe avec sa faible escorte L'avait déjà conduit, m. Nie. v, 7. Quelque léger dégoOt vient-il le travailler. Une faible vapeur le fait-elle bâiller? noir,. Sal. x. Vous redoutez un mal faible dans sa naissance, rac. Brit. Uî, 1. lant d'honneurs.... .Sont-ce de ses bienfaits de faibles récompenses? id. t'b. iv, 2. Ma rivale... Opposait un empire à mes faibles attraits, JD. Baj. l, 4. A peine un faible jour vous éclaire et me guide, ID. Jphig. 1,1. Seigneur, honorez moins une faille conquête, id. t6. i, 2. La fureur de mes feux, l'horreur de mes remords, N'était qu'un faible essai des tourments que j'enduie, lo. Phèd. iv, n. On aime i^i voir le faible ruisseau dont est sorti à la fin ce grand neuve qui a inondé la terre, volt. Poii(. et ligisl. Comm. sur l'Esprit des lois; des Francs, i'&i commandé qu'on porte à votre père Les faibles dons qu'il convient de vous faire; Ils paraîtront bien indignes de vous, id. Droil du seign. m, 6. Il lui promit d'employer à la servir tout son faible crédit, GENLis, lllle de Lafayelte, p. 10, dans pougens. La faible voix de l'enfance qui va s'élever en votre faveur pénétrera jusqu'au trône de l'Éternel, id. ib. p. 23, dans POUGENS. Il On dit dans un sens analogue : c'est une faible excuse. Vos raisons sont bien faibles. Il Du vin faible, du café faible, du vin, du café où la partie aqueuse prédomine. || 8' Qui est audessous du taux, du titre, de l'étalon légal. j| Monnaie faible, monnaie qui n'a pas le puiils. || Poids faible, poids inférieur àce qu'il devrait être. || Un mètre faible, longueur qui n'atteint pas tout à fait un mètre. Le corps entier n'a que treize pouces, depuis le bout du nez jusqu'à l'origine de la queue, et dix pouces faibles de hauteur, bufk. Quadrup. t. ix, p. M2, dans POUGENS. Il 9" Oui n'a pas assez d'épaisseur, de grosseur, de solidité. Cette poutre, cette corde est trop faible. || Il se dit d'un poste, d'une place de guerre mal fortifiée. Ce poste trop faible fut enlevé par l'ennemi. Chaque place a son côté faible. Ce n'est pas pour.... que vous êtes encore ici, c'est comme des espions qui venez regarder les endroits faibles de cette contrée, hass. Carême, Parole. \\ Pig. Le côté fiiblod'une chose, ce qu'elle a de défectueux. Le côté faible d'un système. Il Le côté faible de quelqu'un. Son défaut particulier, sa passion dominante. Vous avez trouvé «on
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côté faible. Prendre quelqu'un par son côté faiblr. Il Côté faible se dit aussi de ce qu'une personne sait le moins. Il a fait de bonnes éludes, mais le grec est son côté faible. || 10* Faible de, avec un substantif, indique le genre de faible.s.se. Un cheval faible de reins. Un homme faible de caractère. Un ouvrage faible de raisonnement. Les ennemij éuient faibl s d'infanterie, d'ablancourt. Amen, liv. i, dans riciielet. || ferme de marine. Faible de côté, «e dit d'un bâtiment qui donne une forte bande sous l'impulsion d'un vent de travers. Faible d'échantillon, se dit d'un bâiiment dont les murailles ont peu d'elTel relativement à la capacité. || Faible df, av'C un infinitif, faible pour, à cause que... Faillie d'avoir déjà combattu l'amitié, Vainci ait-elle à la fois l'amour et la piiiéTcoHN dans ciRAULT-Dt- VIVIER. Il 11* S. m. ll.se dit de toute personne qui manque de force et a besoin de protection. La justice ne regarde ni le foi t ni le faible, patru, l'icidoyert, dans RICIIELET. Donner courage aux faibles, pascal, dans COUSIN. Les plus faibles ne furent pas les derniers à comprendre la nécessité de vivre ensemble, pour se garantir de la violence et de l'oppressiOn, rollin, llist. auc. t. u, p. 491 , dans poickns iJ'cit le faible qui trompe , et le puissant commande, volt. Fanât.
11, is. Le faible est de.stiné pour servir le plus fort, ID. Orph. IV, 2. Il IJ* Il se dit aussi des personne^ dont l'âme n'est pas forte, se trouble, s'émeut facilement. Vaincs circonstances qu r blessent que l'imagination des faibles, PASCAL, dans cousif Hercide est faible ami, le faible est bientôt traître, VOLT. Kahom. iv, 1. 1| Scandaliser les faibles, tenir des propos, écrire des choses qui, heurtant les opinions reçues, alarment les esprits ou les consciences qui ne sont point préparées là contre. U ne faut pas scandaliser le moindre des faibles, Maintenon, Lett. au card. de Noailles. 2 nov. I7(i5. Je crains d* siandaliser les faibles plutôt que de les éJiflei . volt. Phil. III, 328. Il 13' Ce qu'il y a dr moins (rrl, de moins solide dans une chose. Le faible d'Une poutre. Le faible d'une place de guerre. || Terme d'escrime. Le faible d'une épée, le tiers du tranchant, qiiifti: l'extrémité de la lame. || 14" Fig. Ce ijU'il y a de défectueux en quelque chose. La république avait son faible inévitable. BOss. WitJ. m, 7. Toutes les grandeurs ontleur faible, ID. I, Visit. 1 C'est ici ijiie l'idolâtrie découvrit tout à fait son faible, id. Hist. Il,
12. Il Le fort et le faible, ce sur quoi l'on peut compter et ce sur quoi l'on ne peutjias compter. Connaître le fort et le faible d'une affaire. || 15* Le principal défaut d'une personne, ^a passion dominante. Il aime ses enfants, ce courage inflexible; Son faible est découvert, par eux il est sensible, tORN. Médée, m, *. Nous nous aimons un peu, c'est notre faible à tous; Le prix que nous valons, qui le bait mieux que nous ?id. Excuse à Ariile. Tous les cœurs ont leur faible et c'étiil ià le mien, id. Sophon. v, 5. Ma raison s'est troublée et mon faible a paru, id. Tliéodore. v, 3. Et que votre langage à mon faible s'ajuite , mol. De'p. am. n , 7. Je l'ai prise par son faible, ID. Am. méd. m, 6. C'est de flatter le faible de leur cœur, m. D. Gare, u, I. Il me répondit qu'en intéressant sa conscience je le prenais par son faible; ce n'était pas effectivement par son fort, lesage, Cil Blas, i, 'i. Elle savait que le faible deceprince, jaloux de son autoriié, éiaitda paraître tout faire par lui-même, doclos, loui» X/ F, Œuvres, t. v, p. I82, dans pougens. Ce qui fait le mérite essentiel de quelques hommes ne peut même subsister dans quelques autres comme un faible, VAUVEN. Vax. ccLvii. |j 16° Temlre.sse trop complaisante. Il a un faible pour cet enfant. Puisque me voilà sur l'article du tripot [le théâtre], je vous avouerai que j'ai du faible pour le Droit du .Seigneur, et que l'ouvrante me parait neuf et piquant; j'ai peut-êlr" tort, volt. Lett. d'Argentai, i avril 1763. Il 17° Faible se dit aussi pour désigner ce qui man(|ue à quelqu'un. C'est le faible commun des gens de qualité, Leurs titres bleu sou-' vent font tout leur patrimoine, destouciies, Glor. y, &. Il Infériorité. La Brilfe sentit son faible à l'égard du premier président en tout genre, st-sim. 1 7, 203.11 18" Du fort au faible, loc. adv. En moyenne, toute compensation faite. Quatre chevaux porteront tout cela, du fort au faible. || On dit aussi, simplement, le fort et le faible. On a examiné ce pje pou< vait rendre l'acre l'année commune, de dix une, dans toute la province, le fort et le faible, vauuan, Dlme. p. 47. Il [.e fort portant le faibie. même sens,
— SVN. 1" FAIBLE. DEBILE, fiiile vient du latin /I(6i'li», digne d'être pleuré, misérable, d'oii faible. Débile vient du latin debilis, composé de de-habilis, qui a cessé d'être habile, capable. De la aorte
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au fond, faible exprime l'état de faiblesse, tandis que débile exprime une décadence, une diminution, une perte : La faible enranca, la débile vieillesse. Voilà la nuance fondamentale entre ces deux mots dont la sigjiificaiion est très-Toisine, mais dont l'emploi l'est moins, attendu que faible est de tous les styles, tandis que débile n'est que du style ou loigné ou relevé. || 2» faibles, faiulesses. 11 y a la même différence entre les faibles et les faiblesses qu'entre la cause et l'effet. Un faible est un penchant qui peut être iiidifféient, au lieu qu'une faiblesse estune faute toujours répréhensible {Encycl. vu, 47).
— IllST. XI' s. Il est si fieble qu'il ne puet en avant, Ch. de Uni. CLXili. || xif s. L'égyptien enfant cui li Amalechilelaissoutflalssait) floibe etmaladeen la voie, Job. p. 6io. Muit sovent le blasineient que tel vie meneit : Kar il ert granment fiebles, e trop se destraigneit. Th. Je niart. 93. || xm"s. Ilnemonstra mie vers eus la seue ire ; qu'il sot que fueble estoient, J'sautter, ^ 94 Tex [tel] est febles qui devient fors, Ren. 20016. Kt le feble |il] doitsoustenir, Que li fors ne le puist honir, Fabliaux, barbazan, t. I, p. 67. ||xiv«s. Encore y a ctiose qui m'est po [peu] belle; C'est maletote et subside et gabelle, Flebe monnoie et imposition, machaut, p. sa. || xv s. El [le comte del'oix] prend sur chacun feu par an deux francs, et le fort porte le foible, fkoiss. u, m, 9. Il xvi* s. ïost ou tard , de près ou de loing, le fort du foible a besoins, génin, Récréations, t. 11, p. î&o.
— ÉTY.M. lierry, [euble, feube; wallon flawe; namur. (lauwe; rouchi, flau; anc. wallon /(ot/t'e; provenç. fi-ble, fible, freble: espagn. feble; por tng. febre ; ital. /ieio/e , du latin flebilis, digne d'être pleuré, misérable, de /îere, pleurer; comparez le grec çXém, couler. Du sens de misérable l'idée a passé à celui de faible, comme dans l'allemand icenigi, qui, signifiant digne d'être pleuré, signifie aujourd'hui petit. Parmi les formes les plus anciennes est floibe qui reproduit exactement le latin. Grandgagnage rapproche les formes wallonnes du hollandais flaauw, faible; il est po'^sible qu'elles y tiennent, d'autant plus qu'il y a dans la langue d'oïl floe, qui est trèsvoisin des mots wallons.
FAIBLEMENT (fè-ble-man), adv. D'une manière faible. Nos mallieurs jusqu'ici vous touchent faiblement, COKN. //or. m, 8. Que le cœur d'une femme est mal connu de vous, Et que vous savez peu ce qu'il veut faire entendre, Lorsque si faiblement on le voit se défendre I mol. Tart. iv, 5. Rome s'accroissait, mais faiblement, boss. Ilisl. 1,7. 11 faut prendre sur soi certaines choses décisives où l'on ne peut vous conseiller que faiblement, ID. Polit, x, iv, ♦ . Je m'en plaignis, mais si faiblement que je n'insistai point, MARIVAUX, Marianne, i" part. Après cette paix, la France se rétablit faiblement, volt. Louis JK, 30. Le marquis d'Argens vient d'imprimer à Berlin le discours de l'empereur Julien contre les Galiléens, discours à la vérité un peu faible, mais beaucoup plus faiblement réfuté par saint Cyrille, id. Lelt. de Bordes, 6oct. (704. Je me croirais haï, d'être aimé faiblement, lo. Zaïre, 1, 2. J'ai peur que la raison, l'amitié filiale Combattent faiblement l'illusion faiale, id. Scythes, i, 3. C'est la plus faiblement écrite de mes pièces de théâtre, mais la plus pathétique, marmontkl, Uém. iv.
— HIST. xi* s. [Il] trait l'olifan, fieblement le sonat, Cti. de Roi. cliv. || xiii* s. Si floibement qu'à peine le put la dame oïr, Berte, Lxxxvii. || xiv» s. Et seroit fieblement et petitement affermé ou asseuré de sa félicité, ohesme, Eth. 23.
— ÊTYM. Faible, et le suffixe ment; provenç. feblamen ; espagn. feblemenle.
FAIBLESSE (fè-blè-s'), s. f. || 1" Manque de force. La faiblesse du corps. Je ne sais ce que j'ai : je suis sans fièvre, je tousse moins, je dors très-bien; mais ma faiblesse est extrême, maintenon, Letl. à Mme Glapion, t. m, p. 200, dans pougïns. Elle [l'âme] ne doit plus se regarder elle-même, ni s'arrêter à la disproportion qu'elle trouve entre sa faiblesse et les difficultés de la voie où Dieu l'appelle, mass. Profess. Tel. Serm. t. Au commencement de la carrière, il nous soutient ;)ar des consolations sensibles; c'est un lait dont il nourrit notre faiblesse, iS). tb. Serm. 2. Vous comprenez bien que l'inleniion de l'Église, en vous permettant l'usiige des mets défendus, est de soulager votre faiblesse, et non d'aider votre sensualité, iD. Carême, Jeûne. Ceux dont la tendre enfance N'avait que la faiblesse et des pleurs pour défense, volt. Orphel. 1, 2. D'un moment de repos ma faiblesse a be-oin, c. delav. Porto, m, 2. Il a° 11 se dit des facultés intellectuelles. Faiblesse de jugement. La faiblesse de sa mémoire. Il 3° Manque de puissance, de ressources. La faiblesse
des petits Etats n'autorise point à méconnaîtra leurs droits, Dict. de J'vlcod. || 4' Défaillance, évanouissement. Je vous vois prêt, monsieur, & tomber en faiblesse, mol. Sgan. ti. Voilà une faiblesse qui prend à M. de Chaulncs avec le frisson, sf.v. 79. Elle affectait d'avoir deux ou trois faiblesses par jour, HAMILT. Gramm. 10. || S' Fig. Manque de talent, de capacilé. Cet orateur a été d'une faiblesse ex irêuie dans la discussion. || U se dit, dans un sens analoi^ue, des productions de l'art et de l'esprit. La faiblesse du style. Molière sentit d'ailleurs la faiblesse de celte petite comédie, et ne la fit point imprimer, volt. Vie de Molière. Il a fallu que longtemps après il soit venu un homme supérieur, pour que les Français qui ne jugent des arts que par comparaison, sentissent combien la plupart îles airs détachés et des symphonies de LuUi ont de faiblesse, id. Comm.sur Corn. Hem. Perlharile, Préf. || La faiblesse d'un raisonnement, d'un argument, leur insuffisance à prouver ce qui est en question. {| 6° Manque de force inonle. Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse; Je fuis l'ambilion, mais je hais la faiblesse, CORN. Tliéod. H, 4. C'est faiblesse d'attendre Le mal qu'on voit venir, sans vouloir s'en défendre, id. Pomp. u, i. C'est faiblesse d'aimer qui ne vous aime pas, id. Suréna, m, 3. Quelle faiblesse à moi d'en croire un furieux I rac. Mithr. m, 3. J'eus la faiblesse d'éluder mon serment, fén. Tél. xv. L'impulsion à laquelle ce prince obéissait, n'altérail point son jugement : vrai caractère de la faiblesse ! DUCLOS, Règne de Louis XIV, Giuv. t. v, p. 96, dans poi'GENS Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse, Mahomet de mes sens accuse la faiblesse! VOLT. Fanal, iv, 3. Ce prince [Louis XIII| n'avaii gnèred'autre faiblesseque celle d'être gouverné dans sa maison, dans sou Élal, dansses afTaires, dans ses moindres occupations; cette faiblesse le rendit malheureux toute sa vie, id. Mœurs, I76. ||0n dit de même faiblesse de caractère, d'âme, d'esprit, de cœur, de courage, de résolution. || 7° Complaisance, inclination qui se laisse aller. Les faiblesses d'une mère pour ses enfants. Ah! que vous savez bien ici contre moi-même. Perfide, vous servir de ma faiblesse extrême ! MOL. Mis. IV, 3. Je ne veux dire aucune douceur à M. deOrignan; je me sens une telle faiblesse pour lui qye je me fais scrupule de tout, SÊV. 6t(. Quelque faiblesse que j'aie pour les modes, m. 77. Me voilà sans défense en proie à vos appas. Ma belle enfant; mon cœur a beaucoup de faiblesse. On coup d'œil m'assassine ou tout au moins me blesse, boursallt. Fables d'Ésope, i, 3. Si vous sentiez pour moi quelque heureuse faiblesse, bac. Alex, u, 5. Ces noms de roi des rois et de chef de la Grèce Chatouillaient de mon coeur l'orgueilleuse faiblesse, id. Iphig. 1, •. || 8° Défautde raison, d'empire sur soi-même, et actes qui en sont la suite. Je vous prie de ne point parler de mes faiblesses, mais vous devez les aimer, et respecter mes larmes, puisqu'elles viennent d'un cœur tout à vous, sév. 33. J'honore votre force et votre philosophie, et je ne ferai confidence de mes faiblesses qu'à ceux qui n'ont pas plus de courage que moi, in. t3 oct. I873. Combattez-vous vos sjos? domptez-vous vos faiblesses? boil. Éplt. XII. Et vos cœurs rougiraient des faiblesses du mien, bac. Alex. 1, ï. Zaïre, il faut pourtant avouer ma faiblesse; D'un mouvement jaloux je ne .'us pas maîtresse, id. Bajat. i, 4. Vous n'avez point du sang dédaigné les faiblesses, lu. Iphig. IV, 4. Je me flattais sans cesse Qu'un silence éternel cacherait ma faiblesse [un amour], m. tb. Il, t. Vil spectacle aux humains des faiblesses d'amour, ID. Bérén. v, 6. Combien d'autres âmes qui, après avoir fini les passions d'éclat, conservent encore toutes les autres, et font entrer toutes leurs faiblesses dans leur vertu ! mass. Profess. rcl. Serm. I. Il [Dieu] ne sait point punir des moments de faiblesse, volt. Ilenr. vu. Les faiblesses qu'on met au grand jour ne plaisent qu'à la malignité, id. Louis XIV, 25. Songe que la colère, l'envie, l'indignation, la pitié sont des faiblesses indignes d'un philosophe, dider. Opin. des ane. phil. {cyniques). De n'oll'rir qu'aux talents , de venus ennoblis, Et qu'à l'amilié douce et qu'aux douces faiblesses D'un encens libre et pur les honnêtes caresses, a. chè- NiER, Élég. XVI. Enfin, pour vous rendre compte de toutes ses faiblesses, elle avait peur en voilure, et elle se trouvait mal en voyant une araignée ou une souris, OENLis, Veill. du clidt. t.i, p. 23, dans pougens. Il 9° Faiblesse se dit en parlant d'une femme qui n'a pas résislé à la séduction. Quelle fulie que celle d'un jeune homme qui croit à la fidélité d'une femme déjà célèbre par ses faiblesses, et à qui l'attrait du plaisir a fait oublier ta pudeur I marmontel,
Mém. m. Il 10* En parlant des choses, manque da solidité ou de force. La faiblesse d'une poutre , d'un» digue, d'une corde. La faiblesse d'une place de guerre, d'un poste. || 11* II se dit de ce qui est peu considérable en son genre. Malgré la faiblesse du nombre ils voulurent combattre. La faiblesse de nos connaissances. La faiblesse de sa voix [d'Isocrate], jointe à une timidité naturelle, l'avail empêché de se produire en publicel de monter, comme les autres, sur la tribune aux harangues, bollin, Hist. anc. OICuv. t. VI, p. 64, dans pouoENB. L'expédition de l'amiral Anson est une preuve de ce que [leut un homme inlelligentet ferme malgré la fiibles.se des piéparatifs et la grandeur des dangers, volt, toiit» XV, 27. || 12* La faiblesse d'un poids, d'une mesure, d'une monnaie, condition d'un poids, d'une mesure, d'une monnaie qui sont un peu au-dessous de la valeur légale.
— HIST. xiii* s. Et il ala tout chancelant pour la feblesce de sa maladie, et prist le dey [déj et les tables et les geta en la mer, joinv. 253. Grant péché firent cil qui lui loerent [conseillèrent] i'alée, à la grande flebesce là où son corps esloit, id. 300. Il xiv s. S'il [les ligaments des vertèbres] estuient poi, il ne pourroient le chief soustenir pour leur feblesce, H. DB mondeville, f" <», i!er,ïo. |{ xvT s. Il lui prit une foiblesse , dont elle se pasma incontinent et perdit la parole entièrement, amïot, Brulus, (8.
— ÉTYM. Faii)/e; Uirry, /■utWc(^; provenç. febleia; anc. catal. feblea. L'ancien français avait aussi joiblelé, qui est resté dans certains patois.
t FAIBLET, ETTE (fai-blè, biè-t'), adj. Terme familier et peu usité. Un peu faible. La comparaison est faiblette , N'eu déplaise à si grand poëte, SCAHBON, Yirg. vi.
— lUST XII' s. Tu [Eve] es fieblette et tendre chose. Et es plus fresche que n'est rose, Adam, Mystère.
— ÉTYM. Diminutif de faible.
FAIBLIR (fè-blir), v. n. \\ 1» Perdre de sa force, do son courage, de sa persévérance. Il sentit sou courage faiblir. Il a faibli dans cette circonstance. Il Perdre de son mérite dans les ans ou dans les lettres. Personne ne goûtait mieux que Mme de Sévigné tout ce qu'il y avait d'excellent dans la Fontaine; cependant elle sentait fort bien quand il faiblis.sait, Mém. de Trév. t726, dans desfontaiw;s. Il II se dit aussi des ouvrages mêmes. Ces fautes trop souvent répétées sont cause que cette pièce, admirablement commencée, faiblit de scène eu scène et ne peut plus être représentée, volt. Cumm. sur Corn. Rem. Othon. \\2' En parlant des choses, devenir faible. Ce vin faiblit. Le vent faiblit. La poutre faiblit dans le milieu. || ferme de boulanger. La pâte faiblit, elle ne soutient pas la forme qu on lui a donnée en la mettant en pains. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— KEM. Faiblir, qui n'est pas dans Richelet, n'est dans le dictionnaire de l'Académie, qu'à partir de l'édition de t"40.
—ÉTYM. Faibie, et la terminaison ir;génev./'oi(>ier. L'ancien fiançais,qui n'avait pas/'ai6/)V,avait /i?6/o/er.
t FAIBLISSANT, ANTE (fè-blisan, saii-t'), adj. Qui faiblit, qui devient faible. Sa voiv faiblis.sante.
FAÏEN'CE (fa-ian-s'). ». f. Poterie déterre vernissée ou émaillée. Le mérite de l'Italie est d'avoir vulgarisé dans l'Europe méridionale le goùi des faïences artistiques, quoique la faieiice européenne à émail slannifère, la première connue en Europe, aii été de nouveau inventée en Allemagne, puisijue c'est le seul pays où l'on pui.sse en faire remonter la fabrication au xii* siècle, demmin, Guide de l'amal. dt faien. et porcel. p. «7.
— ÉTY.M. Faema, bourg d'Italie, où cette poterie a été inventée. Dans J. Marot,'t. v, p. 714, Kaenza est nommée Fayence : Kavenne ont prins, cité de grosse estime; Fayence aussi est tombée en leurs trappes.
t FAÏENCE, ÊE (fa-ian-sé, sée), adj. Se ditde toute peinture qui est cou verte de petites fentes ou gerçures.
rAÏENCEBlE(raian-se-rie), s. ^. ||1- Falirique do faïence. Établir unefaïencerie. ||2° Poterie en faïence. Fonds, articles de faïencerie. || 3° L'art de faire la faïence.
FAÏENCIER, Il;RE(ra-ian-sié, siê-r"), t. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fabrique ou qui vend de la faïence. Quand je vois des monarques et des empires se battre et s'acharner les uns sur les autres, au milieu de leurs dettes, de leurs fonds publics, et de leurs revenus engagés, il me semble voir, dit un écrivain philosophe, des gens qui s'escriment arec des bâtons dans la boutique d'un faïencier, raynal, Hist. phil. XIX, n.\\l°Adj. Qui appartient i ila faïence; qui tient de la faïence. L'industrie faïencière. Ouvrier faïencier.
FAI
FAI
FAI
t (. VMl.LK (fâ-U'i H mouillées), ». f. 'terme de géologie. Hupture, solution de continuité d'une couche, d'une stratification ; solution remplie de matériaux étrangers, avec ou sans fente. La dépression des Aiguilles Marbrées et du chenal de la Mer do Olacc n'est qu'une sorte de grande faille interposée au milieu du mont Blanc et dépendante d'un système de ruptures, foubnet, Acad. des se. Comptes rendus, t. LV, p. 86<. Les plis et les replis les plus tortueui [des cours d'eaux des montagnes] se succèdent pariois avec brusquerie, et il n'est gu^re possible de les expliquer uniquement parles failles dont l'intervention aurait facilité ces sortes de tracés, ID. ib. t. LU, p. < 1 17. Il Particulièrement, faille ou fausse faille, solution de continuité dans une couche de houille ou filon, solution qui est remplie par une substance sans valeur.
— EtYJI. La faille est l'endroit où la roche faut, manque, c'est donc le même que Pancien français faille qui signifiait manque, défaut et dont le radical est le même que celui de faillir (voy. ce mot); tant faille est une locution très-commune dans nos vieux textes. Ce mot est pris dans la bouche des mineurs au sens particulier, du reste naturel , de manque;el il n'est pas besoin de recourir à l'allemand Fa{{, chute, qui n'aurait donné ni un nom féminin, ni des II mouillées.
t 2. FAILLE (fâ-ll'; Il mouillées), s. f. ÊtofTe de ■oie nuire à gros grains, fabriquée en Flandre. Il Vêtement de tête des bourgeoises flamandes.
— RTYH. Flamand, falie.
FAILLI, IE(ra'lli,llie, 12 mouillées, et non fa-yi), part. pass^. Il 1° Qui n'a pas réussi. Dans quelques jours cette affaire sera faite ou faillie. || Acception qui vieillit. || 2° Failli de cœur, coeur failli, lAclie, sans coeur. Avantages qui eussent mis la confusion dans l'Elat s'ils eussent été prodigués à un homme moins failli de cœur et de courage, st-sim. 23e, i4 (Acception qui vieillit dans la langue littéraire, mais qui demeure très-vivante dans le parler de plusieurs provinces). || Terme de marine. Failli gars, mauvais novice, homme .sans capacité, à bord d'un bâtiment. || 3» X jour failli, à coup failli, voy. faillir. Il 4* Terme d'hippiatrique. Des tendons faillis, des tendons distendus et qui ne font plus leur office. Il Terme de blason, qui se dit de deux chevrons rompus dans leurs montants. || 6' S. m. Commerçant qui a fait faillite. Réhabiliter un failli. Le bilan d'un failli. \\Adj. Un commerçmt faillr.
FAILLlBILlTÉ(fa-lli-bi-li-té, Zi mouillées, et non fa-yi-l)i-li-té),s. f. Possiliilité do faillir, de se tromper. L'Église de France, sans jamais rompre avec le chef, était encore regardée à Rome comme un membre séparé sur bien des articles, comme sur la supériorité des conciles, sur la faillibilité du premier pontife, sur quelques droits de l'épiscopat, volt. Maurt, (»». On s'est avisé de nos juurs qu'il y a quelque chose de commun entre tous les hommes : le sens moral chez le plus stupide, la faillibilité chez le plus sage, dupont-white, De l'individu et de l'État, p. 64, 2'édit.
— ÉTYM. Faillible.
FAILLIBLE (fa-lli-bl', «mouillées, e( non fa-yibl'), adj. Oui peut se tromper, faillir. Lorsqu'on est aussi faillible que je le suis, il y a bien peu de mérite à avouer publiquement qu'on s'est trompé, BONNET, Leit. div. Œuvres, t. xii,p. es.
— ETYM. Faillir.
FAILLIR (fa-Uir, Il mouilli^es, et non fa-j-ir), je faux, tu faux, il faut, nous faillons, vous faillez, ilsfaillent; je faiUais, nous faiUions; je faillis, nous faillîmes; je faudrai, nous faudrons; je faudrais, nous faudrions; que je faillisse, que nous faillissions; faillant; failli, faillie (les trois personnes du présent au singulier, le futur et le conditionnel vieillissent, et c'est dommage; li'S personnes qui ont besoin du futur ou du conditionnel et qui en ignorent la véritable forme, les composent suivant la règle des verbes en ir, et disent : je faillirai , je faillirais; c'est un barbarisme, mais qui a chance de s'introduire et de devenir correct; déjà quelques grammairiens disent que ce verbe, dans le sens de faire faillite, se conjugue régulièrement sur finir : Quand un négociant faillit, les créanciers, etc.; s'il faillissait, vous seriez ruiné; si la baisse continue. il faillira: c'est un usage tout moderne qui cherche i s'introduire), v. n. || 1* Manquer le but, ne pas toucher ce qu'on vise. Son coup [d'épéej par un bonheur coule au long d'une cfite; L'esclave avait failli, DESMASETS, ifiram«, y, 8. SI je faux [avec ma flèche], dis qu'ils [les Perses] ontraison, et que je ne sais ce que je fais, p. l. codr. u, 4&7. || Jouer k coup faillant, à coup failli, jouer à la place du
premier des joueurs qui manque; se dit au volant, k la paume, etc. || 2* Paire défaut, manquer à. Pas n'y faudrai, lui repartit la dame, la font. Coc. Deux jours après, la commère ne faut De mettre un fil, 10. Gag. M. Jourdain : 11 suffit que, si je lui ai prêté de l'argent, il me le rendra bien. — Mme Jourdain : Oui, attendez-vous à cela. — Assurément, ne me l'a-t-il pas dit? — Mme Jourdain : Oui, oui, il ne manquera pas d'y faillir, mol. Dnnrg. gent. m, 3. || J'irai là sans faillir, j'irai sans faute, sans y mancjuer. || F.n parlant des choses, faire défaut. Supplice qui jamais no faut Aux désirs qui volent trop haut, halh. v, (8. Tour ni détour, ruse ni stratagème Ne vous faudront, la KONT. Cuv. Or la grâce ne peut faillir; Puisqu'il sème, il doit recueillir, bèbang. i/on cur^. || 3" .Se tromper, se mé;>rendre en quelque chose. Ce sculpteur a failli dans les proportions.Tufaux, de l'ré, de nousportraireCe que l'éloquencead'appas; Quel besoin as-tu de le faire T Qui te voit ne la voit-Il pasT MALH. IV, 43. Prince, ne cachez plus ce que le ciel découvre. Vous devez être las de nous faire faillir, corn. D. Sanche, iv, î. Mais je dénie qu'ils faiUent contre les règles, id. Éptlre à la Suite du Menteur. Pas ne faillit dedans sa conjecture, la font. Hal. Il 4* Tomber en faute, avoir tort, pécher. Il n'est pas bienséant à un homme sage d'avoir tant de regret pour une chose où il n'a point failli, VOIT. Lett. 89. Non pas que je ne faille eu celte préférence, CORN. Kidie, u, e. Quand le bras a failli, l'on en punit la tête, lo. Ctd,ii, «.Qu'une âme généreuse a de peine à faillir 1 id. Cinna, m, 3. Ai-je failli de me payer moi-même? la font. Rich. Si ma femme a failli, qu'elle pleurp bien fort; Mais pouri|UOi moi pleurer, puisque je n'ai point lortT mol. Sgan. 4 7. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil, Boss. Reine d'Anglet. Aucuns monstres par moi domptés jusqu'aujourd'hui Ne m'ont acquis le droit de faillir comme lui, rac. Phèd. l, <. Jeune si j'ai failli souvent, que ce jour acquitte ma vie, beao- MAHCli. Jfère coup, v, 8. || 8° Céder, manquer. Cet édifice a failli parle pied. || 6" Etre au bout, au terme. Le jour commençait à faillir. ||X jour faillant, à la chute du jour. ||X jour failli, après la chute du jour. Il Proverbe. Au bout de l'aune faut le drap, c'est-àdire à force d'auner on arrive au bout de la pièce de drap, et fig. toutes choses ont leur fin. || 7" Il se dit des fonctions de la vie qui manquent, qui font défaut. IVe te donna-t-on pas des avis, quand la cause Du marcher et du mouvement Quand les e.sprits, le sentiment. Quand tout faillit en toi, la port. Fabl. viii, t. Il Le cœur me faut, se dit quand on sent quelque faiblesse, quelque épuisement, et qu'on a besoin de manger. || Le cœur faut, se dit au.ssi rie l'efTet d'impressions morales. Le coeur me faut, uol. Éc. des f. II, 2. Quand, debout sur le faîte. Elle vit ce bûcher qui l'allait dévorer. Les bourreaux en suspens, la flamme déjà prête. Sentant son cœur faillir, elle baissa la têle,Etse prit à pleurer, c. delavigne, Jeanne d'Arc. Il 8° Terme de commerce. Faire faillite. Ce banquier, ce négociant a failli. || 9* Être sur le point de. U leur tint un discours qui faillit à les faire tomber de leur haut, balz. e* dise, sur la
cour. Quand la vieille P faillit à mourir l'année
passée, sÉv. {Bussy à Urne de Sévigni ), i a oct. (677, éd. RÉGNIER. Je faillis à mourir de rire, lu- MiLT. Graiiim. .1. Celte proposition faillit à reculer les affaires pour un temps, au lieu de les avancer, VOLT. Charles Itl, 8. Le jeune homme faillit à se trouver mal, i. j. rouss. Éin.iw. || On peut supprimer, et aujourd'hui on supprime communément la préposition à On prétend qu'on faillit tout gâter en <G94 par l'ordre qu'on voulut mettre au blé, maintenon, Lett. à Mme de Brinon, t. u, p. 264, dans poucens. Il On dit aussi faillir de. J'ai failli de tomber. Il Cette locution, qui s'établit dans le xvi* .siècle, s'explique par l'historique, où l'on volt que faillir à signifie proprement ne pas réussir à; do là le passage est facile au sens de être sur le point de se faire. Cela montre en même temps que la forme la plus correcte, presque exclusivement employée dans le XVI' siècle, est faillir à. || Il se conjugue avec l'auxiliaire acoi'r; cependant on dira: la mémoire lui a failli ou lui est faillie; celle race a failli ou est faillie; ce négociant a failli ou est failli; suivant qu'on voudra exprimer l'acte ou l'état.
— HIST. XI* s. lU'amenl tant, ne U faldrunt nient, Ch. de Hol. zxix. Charles, chevauche; tei ne faldrat clarté, ib. CLxxv. || xti' s. Li cuers lui faut, s'a [s'il a] la bouche serrée, itonc. p. U7. Se ma vertu ne faut, vous le comparrez [payerez] cher, ib. p. 186, Sur
toute joie est celé couronnée. Que j'ai d'amor; Di?x! i faudrai-je donc [y échouerai-jeJT Couci, vi. Car s'il [mon cœur] revient à moi, a il failli, ib. ix. S'ele seûst corn s'amors me justise [tourmente], Ja ne faussist piliez ne l'en fusl prise, ib. xvii. Pour Il [madame] [je] m'en rais souspirant en Syrie, Car je nedoi faillir mon creator, ouesnes, Aomaiirrro. p. »3. Quant Dex verra que ses Iwsoins [de Ouesia-sj est grans, Il lui faudra, car 11 lui a failli, iiuEs ii'oisi, ti>. p. <03. MIclz valt filz à vilain, qui est prouz i e senez. Que ne fait gentilz hum failliz e débutez, \ Tk. le mart.t3. || xiii* s. Peiits'en failli que toulel'o» [armée] n'en fiist perdue, villeh. l. Quant il 0P!nt tout porté, si i failli-il trente-quatre mil mars d'argent de la convenance [prix convenu], id. zxxvii. [Qu'j II confonde Tybert le mauvais, le faillit, Derte, LUI. Mais 11 cuers lui failloit , tb. xxxi. Cl faut [finit] Il capitres de l'office as baillis, beaum. 44. On ne doit tenir à héritage nule coze qui muire, car n« qui Diuert faut, et héritages ne pot faillir, id. xxiii, 8. Tandis que II allait le pertuls estouper, le pié li failli, et chei [tomba] en l'yaue, joinv. 287.||iv's. Certes, dame, voyez ci voiie chevalier qui ne vous fauldroit pour mourir, si lout le monde vous failloit, FROiss. I, I, <4. Et se partirent un samedi, après jour faillant, deCambray, id. i, i, («o. Et pouvolt estre environ jour failli, id. i, i, ioo. Le prince votre ains-né fils ne peut faillir qu'il ne soit encore grand sire sans l'héritage de Flandre ^It-s Flamands députés, vers le rui d Angleterre], id. i, i, 24R. Pour paour du traict commencèrent une grande partie d'eulx à reculer et eux traire en sus, comme Usches et faillis que ils furent, Boucic. i, i*. Le roy faisolt parler à tous ceulx qu'il povoit penser qui lui pourroi ent ayder, et ne failloit pas à promettre, cohm. H, ». N'esloit point vray, mais toute mensonge, ou peu s'en failloit, id. m, 2. || xvi" s. Le dyable me faille, si j'eusse failly de coupper les jarrets à messieurs les apostres, RAB. Garg.i, 39. Je vois bien que, s'il avoit besoin d'excuses, ne lui faudriez d'avocat, MARC. ^out!. Lxvi. Les estançons de bols venins à faillir, DONT. I, 26. Icyfault la règle, id. i, 27. Faillant à sa parole, in. i, -30. Ne faillez sur vostre vie à me confesser la vérité, id. i, <27. L'archer qui oullrepas.se le blanc fauit, comme celuy.... id. i, 224. Voyant que ses gens avolent failly d'enfoncer It; battaillon des ennemis [n'avaient pas réussi], id. i, 367. La navire faillit la Sicile et fut poulsée contre la cosle de Tarenle, ID. iii, 3&. Je n'eusse guère» failly de faillir plustost que de bienfaire à leur mode, ID. m, 260. Quand ce vient à combattre, la moitié [des pistûUes, pistolets] fail'cnt [r.ilent], lanoije, 313. Ce messager faillit à estre pendu, d'aub. llist. I, 241. Ce sont coustumierement personnes de cœur failly, desquelles les pensées ne s'estendent point plus avant que les vies, amyot, Frif. vi, 3». Il mourut sans enfanLs, de sorte que sa race faillit en luy, id. Lyc. 67. Ils faillirent [ne réussirent pas] à s'entrerencontrer, id. Pyrrhus, (4. Evalcus se jetta à costé, et luy tira uu coup d'espée, duquel il faillit à lui couper la main, mais... id. ib.io. Il lui en prend comme aux poures orphelins qui sont moins avantagez que leurs frères, d'autant que leur père est failli trop tost, bèze, Ki'e de Calvin, p. 2.
— ËTYM. Namur. failli, amaigri ;provenç. falhir, faillir; calai, falir, fallir; portu;;. falir; ital. fallire; du liiinfallere, changé par les langues romanes en fallire, d'où faillir, falhir, fallire; et, par le français, en outre en fallire, d'où falloir (car c'est le même mot); comp. le grec oçdXXeiv, manquer, et l'allem. failen, tomber; la racine est le sanscrit sphal, vaciller. Le latin fallere a passé aisément du sens de tromper à celui de faillir.
FAILLITE (fa-lli-t'i U mouillées, et non fa-yi-f), s. f. Terme de commerce. Action d'un commerçant qui cesse ses payements; état d'un commerçant qui a cessé ses payements. Ce marchand a fait faillite ( voy. banouebolte et déconfiture , pour la différence do ces mots avec faillite).
— HIST. XVI' s. Déconfiture est iiu.ind le detleur fait rupture et faillite, ou qu'il y a apparence notoire que ses biens, tant meubles qu'immeubles, ne suffiront pas au paiement de ses dettes , loysel, 6S7.
— ETYM. Failli.
t FAILLOISE (fa-lloi-z'. Il mouillées), s. f.TWm» de marine. Le lieu où le soleil se couche.
— £TYM. Faillir: le lieu où le soleil faut, manque.
FAIM (fin; \'m ne se lie jamais : une faim excessive, dites une Ho excessive), s. f. || 1* Be.soin de manger. La faim détruisit tout, la fo.nt. Fabi. m, 6. Et la fièvre bientfit terminant son destin Fil |iar avance en lui ce qu'aurait fait la faim. boil. Sat. l. Lui, qui s'était étudié toute sa vie à supporter les
FAI
plu? extrêmes rigueurs quG In nature Immaine pout soutenir, voulut essayer combien de temps il pourrait supporter la faira sans en être abattu, volt. Charles III, 8. Vous devez avoir une faim rtévoraiite, j'ai grand appétit, commençons par souper, ID. Candide, 8. || Avoir faira, n'avoir pas faim, ressentir, ne pas ressentir le besoin de manger. Il Avoir faim de, appétit de. 11 n'a faim que des morceaux les plus délicats. || Etourdir la grosse faim, voy. ÉTOURDin. Il Familièrement. Crier k la faim, 6ire pressé de manger. || On dit aussi crier la faim, comme crier misère, jj Mourir de faim, uiourir par manque d'aliments. || Par exagération, mourir de faim, et, populairement, crever de faim, avoir extrêmement faim. Donnez-moi à manger, je meurs de faim. Jamais on n'a laissé mourir de faim une pauvre femme [comme on vous a lais-sée mourir], sÉv. 21. Il Familièrement. Mourir de faim, crever de faim, manquer des choses nécessaires à la vie. Ses parents le laissent crever de faim. L'on dit d'un grand qui tient table deux fois le jour, et qui passe savieàfaire digestion, qu'il meurt de faim, pour exprimer qu'il n'est pas riche, ou que ses afl'aires sont fort mauvaises : c'est une figure, on le dirait plus à la lettre de ses créanciers,LA bruy. xii. Si la religion de M. Pope ne lui permet pas d'avoir une place, elle n'empêche pas que sa traduction d'Homère ne lui ait valu deux cent mille francs; j'ai vu longtemps en France l'auteur de Khadami>te près de mourir de faim, volt. Consid. due aux gens de lettres. La faim mit au tombeau MaUilàire ignoré, gile. Dix-huit, siècle. || Mourir de faim auprès de son bien, c'est-à-dire être assez avare pour ne pas toucher à son bien. || Substantivement. Un meurt-de-faim, voy. moubir. || 2° Faim canine, état maladif dans lequel les chiens mangent avec une grande voracité les aliments qu'ils vomissent bientôt. || Faim de loup, un des noms de la boulimie. || Par extension. Faim canine, faim de loup, appétit dévorant. 11 avait une faim canine. Il On dit dans le même sens maie faim. Qu'il soit bref; car enfin, madame laduchesse. Je meurs de maie faim, et l'audience presse, dancourt, Sancho Pança, It, 3. || 3° Famine. Le peuple à qui la faim se faisait déjà craindre, hac. The'b. i, 3. Il dompta les mutins, reste pâle et sanglant Des flammes, de la faim, des fureurs intestines, id. Be'rén. i, 4. Il 4° Fig. Désir très-vif, passionné, en mauvaise part. La faim insatiable des richesses. Avide faim d'honneurs, fatal poison des cœurs, Maudite ambition 1 BOTR. Bélis. Il, 8. La plus avide de toutes les faims, la plus cruelle de toutes les soifs, la faim et la soif de l'or, percent toutes les barrières, HAYNAL, Hist. phil. XVII, lî. Il En bonne part. Ceux qui ont faim de la justice, boss. Nécess. t. Les bienheureux [aux Champs Élysées] ont tout sans rien avoir, car ce goût de lumière pure [lumière des Champs Êlysi'es] apaise la faim de leur cœur, kén. Tél. XIX. || Par plaisanterie. Je n'ai pas grande faim de mort ni de blessure, mol. Dép. am. v, t. || Proverbes. La faim chasse le loup hors du bois, lait sortir le loup hors du bois, c'est-à-dire la faim oblige les plus fainéants à travailler, contraint un homme à faire des choses hors de son caractère. || C'est la faim qui épouse la soif, se dit du mariage de deux personnes qui sont toutes deux dans la misère. || On dit dans le même sens mariage de la faim et de la soif. Mme du Maine fit un mariage de la faim et de la soif, ce fut celui de Mlle de Lusson avec le duc d'Albermale.... il n'avait rien vaillant, st-sim. 78, 9. Il C'est la faim et la soif, se dit de deux époux sans biens.
— SYN. FAIM, APPÉTIT. La faim est proprement le besoin de manger. L'appétit est le désir rie manger. La faim n'a pas besoin d'excitations pour être ressentie ou augmentée, et toute substance nutritive la satisfait. L'appétit est souvent irrité par les ragoûts, et il n'est pas satisfait par toute sorte de mets.
— HIST. iin* s. Ou je morrai de faim ou de froit sans targer, Berle, xxxix. Car je ai si grant fain que ne sai que penser, ib. xliii. Et se aucuns a faim de savoir qui cil fu qui commenclia cest livre.... BEAUM. <3. Il XV' s. X peine pouvoit he roi dormir, pour faim devoir celle qui puis fut sa femme, froiss. 11, II, 229. ||xvi* s. Oui pourra penser que le tiers estât aie en mesme temps au cœur la guieté des armes, la pœur au visage, et la faim entre les dents 'f u'aub. Hist. II, 2B2. 11 n'est rien qui nous jecte tant aux périls qu'une faim inconsidérée de nousen mettre hors, MONTAIGNE, 111, 6. Faim fait disner, Pa.ssetemps souper, leroux db lincy , Prov. t. n , p. 106. Qui a faim mange tout pain, m. ib. p. 381.
— ETYU. Wallon fuaim; picard, fonye (Arras);
FAI
provenç. fnm; espagn. hambre; portug. fome; ital. faine; du latin fnmex.
t FAIM-CAI.LE (fin-ka-1'),». /■. Voy. faim-vali.e.
FAHI-VAI.I.K (fin-val'), s. (. Terme de vétérinaire. Sorte de névrose qui force les chevaux à s'arrêter tout à coup, et ne leur permet de reprendre le travail qu'après que le besoin de niaiigor qui les saisit est satisfait. || On trouve aussi faim-calle, voy.