‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 198 sur 388 · FA · texte numérisé non relu

FA

taille de façon qu'il peut Tivre, e'e«t-à-dire que son travail le fait vivre; il travaille de façon qu'il puisse tivre, c'est-à-dire qu'il fait ses efforts [lour vivre de son travail. || Jl" Lie façon à, Joe. prépositive, avec l'infinitif, de telle façon que.... Conduisez-vous de façon à vous faire airaer.

— SYN. 1* FAÇON, MANIÈRE. Il est très-difflcile d'établir une nuance, là où ils se touclient, entre ces deux mots, qui pourtant viennent d'élymologies tnVsdilTérentes, puisque façon c'est le mode de faire on d'êlre fait, et manifcre, le mode de tenir ou d'être tenu dans la main, à la main. Quand on dit: Je m'y prendrai d'une autre façon, ou je m'y prendrai d'une autre manière, on ne note aucune différence effective. Il a» FAÇONS, MANIÈRES. Manières a Un peu plus (le généralité que façons; il se dit aussi bien des grandes manières que des petites manières; façons ne se dit guère que des petites manières. I.afaye cite deux phrases de Saint-Simon qui indique avec précision la nuance : Barhesieux avait les manières d'un grand seigneur, et les façons les plus polies; et : Harcoiirt mariait merveilleusement l'air, le langage et les manières de la cour et du grand inonde avec les propos, les façons et la liberté militaire. Le manière est celui qui affecte des manières; le façonnier est celui qui affecte des façons. Quant au style, on dit un style maniéré, et non un style façonnier.

— IlIST. xn* s. Oyng, dist il, ton chief, et ta faeeon [face] levé, st bernard, 6B4. Rslevez de joye Tos mains devant la fazon nostre Seigneur, car il Tient, ID. 530. Cors [ilj ot bien fait et clere la fa/.on, Ronc. p. 20. Escuz[ils| ont painz de diverses façons, ib. p. 132. (Tons) Fier et hardi, armé d'une façon [d'une même façonl, ib. p. iBa. || xiV s. Bien [il] recognut llertran, quant il vit sa façon; Adont isnellemenl osia son chapperon, Guescl. <377). (j xv s. Si vous le veyez, vous diriez bien : cel bomme-ci a bien façon et ordonnance d'estre droit homme d'armes, fhoiss, n, m, 7. Et en icelle rencontre, au nombre des morts, y furent trouvez des gens de façon et de bonne maison, jean de troïes, Chron. M6.S. Et me semble que ung sage personnage qui aura povoir de dix mille hommes et façon de les entretenir est plus à craindre que ne seroient dix qui... COMM. I, 16. Alors madame luy dist: Et qu'est cecy, maistre?et que veultdire cesle façon?Jf/i. de Samlré, ch. 3. || xvi* s. Il ne prétend nulle part, en façon que ce soit, que.... calv. Instit. 33. En telle façon que.... [avec le subj.], mont, i, 25. De façon que.... ID. ib. Combien a la mort de façons de surprifkse! ID. I, 73. Voulant leur persuader de laisser leur façon et prendre celle des Grecs [pour les sépultures], id. I, 117. Nous rencontrasmes un gentilhomme de bonne façon, m. il, 44. Loyaux cousts sont entendus, frais de lettres, labourages, semences, façons et réparations nécessaires, lotsel, 460. De deux en deux ans les façons [des habits] changent, et les faut renouveler, et qui ne s'y accommode est mocqué, lanoi'k, t82. C'est grand merveille de quoy ils n'ont pluslost pris nos façons de faire, qui sont meilleures que les leurs, id. 404. Us firent prendre à leurs soldats plusieurs façons ro maines, tant aux armes qu'en la discipline, id. 405. [Celui qui] monstrant sans esloffe beaucoup de façon, cherche sa gloire au mespris de son sujet, d'aub. //is«, II, 487.

— ÊTYM. Bourguign. faiçon; picard, fachon; provenç. faisso; calai. /accid; e.spann./occion; portug. feitio ; \lii\. /aiioHê; du lat. factionem, pouvoir de faire. Façon, venant de faire, a pris sans peine tous les sens qu'il a ou qu'il a eus, même celui de mine, visage; pourtant il est possible que le latin /aeies ait agi pour donner anciennement à façon le sens de /"ace ; mais, en aucun cas, façon ne peut venir de faciès, il vient de factionem.

F.4C0NDE (fa-kon-d'), s. f. \\ 1" Facilité à parler d'abondance. Peu usité en ce sens qui est le sens propre et qui a vieilli. ||2* Loquacité, incontinence de paroles. Derrière chaque siège exerçant sa faconde , Et d'un vague intérêt fatiguant tout le monde, delille. Corner», ii.

— HIST. xiv s. [Je] ne quier venir la biauté d'Absalon. Ne d'Ulixes le sens et la faconde, maciiaut, p. <32. Il XV* s. J'ay peu science, moins faconde. Et encor prudence mineur; Et vous me clamez serviteur Digne pour estre en table ronde, cii. d'orl. Jtondeau de Cadier.

— ETYM. Provenç. et espagn. facundia; ilal. faeondia; du lat. facundia, de facundus, qui a de la faconde, dérivé de fari, parler (voy. fabi.e) : fn et le suffixe cxindus, surfixe à forme de participe, et d'origine fort incertaine.

t FAÇONNAGB (fa-so-na-j')- ». m. Art de façonner un ouvrage quelconque.

FAÇONNÉ, ÉE (fa-so-né, née), part, patsé. Il 1* Qui a reçu une façon. Un ouvra}:e grossièrement façonné. La table où l'on servit le champêtre repas Fut d'ais non façonnés à l'aide du compas, LA FONT. Phil. et liauc Sur une table longue et façonnée exprès. D'un toumii de bassette ordonner les apprêts, boil. Sat. x. Si peu que l'e-pril des femmes s'élcvit au-dessus de la préoccupation des modes, elles auraient bientôt un grand mépris pour les habits d'une fif-'ure trop façonnée, fèn. t. xvii, p. 1)5. Les onvrat;es les plus façonnés du gothique, ID. dans le Dict. de poitkvin. || 2* Fig. Formé à. La plupart des Parisiens , nés sous le règne de Louis, et façonnés au jou;< despotique, regardaient alors un roi comme une divinité et nn usurpateur comme un sacrilège, volt. Louit XIV, <6. Les communes ignorantes , sans l'habitude des affaires , façonnées à un long esclavage, Mirabeau, Collection, t. I, p. 205. Il Formé au monde. I^ marquis est fort façonné, SÈv. 4»&. || 3' Étoffe façonnée, étoffe qui a reçu des ornements, qui est tissée de manière à former des dessins, se dit par opposition à étoffe unie, et surtout des étoffes de soie. || S. m. L'un des deux genres primitifs de la fabrii|ue de Lyon : le façonné et l'uni.

■f FAÇONNEMENT (fa-so-ne-man), i. m. Action de façonner, de donner la façon; résultat de cette action. Le façonnement d'un ouvrage.

— HIST. Façonnement, cotobave.

— RTYM. Façonner.

FAÇONNER (fa-so-né), V. a. || 1* Travailler une chose, lui donner une façon, une forme particulière. Façonner un morceau de bois. L'or qui naît au Pérou, l'or qui naît à la Chine, Ont la même nature et la même origine; L'artisan les façonne et ne peut les former, volt. Loi nat. part. 1. 1| Façonner du bois qui vient d être abattu, l'ébrancher, le scier de manière qu'il puisse être vendu. On a laissé Blondeau abattre et façonner tout le bois, p. L. COUR. I, (42. Il 2° Donner la dernière façon à un ouvrage , y ajouter des ornements. Façonner un vase, une étoffe. |l 3° Terme d'agriculture. Façonner un champ, une vigne, leur donner les labours con venaliles, les façons. Les tempêtes des comices donnèrent alors tani de distractions aux bourgeois, que les terres n'en furent que médiocrement façonnées, LE P. CATROU, dans desfontaines. Vous savez comment je vivais chez nous, toujours travaillant, labourant ou façonnant ma vigne, et chantant la vendange ou le dernier sil.on, p. L. cour. 2* lettre particul. \\ 4' Fig. Former les mœurs, l'esprit. L'usage du monde l'a façonné. On façonne les hommes par l'éducation. [Un oncle] Que, depuis quatre mois, le marquis, son neveu. Malgré tant de leçons a façonné si peu, LANOUE, Coijuette, i, 3. || En mauvaise part. [Elle] Façonnait aux forfaits ce cœur jeune et facile, volt. Ilenr. ii. Il Terme de manège. Façonner un cheval, lui donner une allure régulière et gracieuse. || 5* Accoutumer. Je l'ai façonné à mes manières, Dict. de l'Acad. || 6* V. n. Faire des difficultés, des façons pour exécuter une chose. Jeunes cœurs, croyez-moi, laissez-vous enflammer; Tôt ou tard il faut aimer; Et c'est en vain qu'on façonne; Tout fléchit sous l'amour, il n'exempte personne, benseuadb, Ballut de.i plaisiri. J'ai de l'esprit; et je ne fais point de difliculié de le dire, car à quoi bon façonner là-dessus? la bochefoic. Portrait. Le maréchal du Plessis me parla, sans façonner, de la part de la reine, retz, m, 2i(l. Il Cet emploi a vieilli ; on dit présentement faire des façons. Il 7' Se façonner, v. réfl. Recevoir une certaine façon. Ce bois se façonne facilement. || 8° Se former. De même les esprits débonnaires et doux Se façonnent, prudents, par l'exemple des fous, bégnier, Sat. xn. C'est à la cour où se façonne, A mon avis, chaque personne, scabron, Povsiet, dans le boux, Dict. comique. Pauline se façonnera en écrivant ce que vous pensez, s4v. 543. Que je me suis façonné avec lui en quatre jours de temps I boissY, Français à Londres, se. 6. || 9* S'accoutumer, se confurmer. Au joug depuis longtemps ils se sont façonnés, bac. hril. iv, 4. Le peuple se façonne à ladoc lité, volt. Orpliel. m, 4.

— HIST. xiv s. Il voit, sur le tombiau, imaigesenlevées De partie .senestre, moult très bien facenées, Girart de Ross. v. 4.155. || xvi* s. Il fault que la bienséance extérieure se façonne quand et quand l'ame, mont, i, )»2. 11 luy mesprint d'estre monté sur un cheval façonné k cette e.scholc, id. i, 369. Ils ne peuvent sinon suyvre l'exercice à quoy ils se sont façonnés, lahoub, *»*.

FAC

— ÉTYM. Façon; proveoç. faistonat; »nc. espag. faccionar.

t FAÇONNERIB (fa-so-ne-rie) , t. f. Manière de façonner !••» étoffes; son action ; ses effets.

FAÇONNIEU, IÈUE(fa-»o-nié,niê-r'), adj. \\ !• Qui

fait trop de façons, de cérémonies Il a épousé

une jeune nymphe de quinze ans, fille de M. et de Mme de la Bazin ière, façonnière et coquette en perfection, %tv. d Urne lie Grignan, as oct. («7). Il est bonhomme, le baron, un peu trop façonnier d'abord; cela n'est pas du goût du siècle, dancourt. Maison dfeamp. te. 11. || Il se dit aussi des choses. De tous leurs sentiments jdcs précieuses] celte noble héritière Maintient encore ici leur secte façonnière, BOiL. Sat. X. Dans l'éducation façonnière des riches, }. j. Bouss. Ém. II. Il 2* Substantliement Un façonnier, une façonnière. Et la plus grande façonnière du monde, mol. Critique, 1. Je ne sais pas pourquoi vous m'avez don né ce rôle de façonnière, ID. fmpr. I. Il Celui qui affecte une vertu qu'il n'a pas. Dr tons vos façonniers on n'est point les esclaves. Il est de fauxdt'^vols comme il est de faux braves, mol. Tart. I, A. Il 3* S. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui travaille aux ouvrages façonnés. || Adj. Ouvrier façonnier.

— ETYM. Façon.

+ FAC-Sf.MILAIRE (fa-ksi-mi-lê-r"), adj. Néologisme. Qui tient du fac-similé. Édition fac-similaire, copie fac-similaire, édition, copie, qui reproduisent exactement l'original.

FAC-SI.MILE (faksimi-lé), t. m. Imitation exacte, soit imprimée, soit gravée, d'une écriture, d'un dessin. Le bc-simile d'une signature. ||4upiur. Des (ac-simile.

— ETYM. Lat. fae, fais (voy. faire) , et rimtte, semblable (vov. similitude).

t FAC-SI.MILER (faksi-mi-lé) , »J. a. Néologisme. Heprodiiire au moyen d'un fao-simile. Fac-similer une écriture.

t FACTAGE (fakia-j'),». m. Terme de commerce. L'action du facteur pour transporter la marchandise de la messa^'erie, ou du roulage, ou du chemin de fer, au domicile ou au magasin du consignataire. || Compagnie établie pour le transport des paquets, pour les commissions. Le factage parisien. Il Ce qu'on paye au facteur.

— ETYM. Le radical faet qui est dans facteur

(voy. FACTELR).

FACTEUR (fa-kteur), ». m || 1* Celui qui fait, sens ancien et propre qui n'est plus usité. || 2* Celui qui fabrique des instruments de musique. Facteur de pianos. On a un vieux clavecin ; Emile l'accorde; il est fadeur, j. j. no'ss. ^m. v. || 8' Terme de mathématique. Les facteurs du produit, et. simplement, les facteurs, le multiplicande et le multiplicateur. Il Par extension, ce nom s'appliqun à tout nombre qui est multiplié ou qui multiplie, lest troia fois facteur dans ». || Fig. Chacun des éléments qui concourent à un résultat. Le travail et le capital sont les deux facteurs de la richesse publique. Il 4* Terme de commerce. Celui qui est chargé d'un négoce pour le compie d'un autre. [Le buisson, le canard et la chauve-souris] Ils avaient des comptoirs, des fadeurs, des apents Non moins soigneux qu'intelligents, la font. Fables, xn, 7. Rupelmonde, après avoir travaillé de sa main aux forges de la véritable dame de Rupelmonde , en était devenu facteur, puis maître, ST-sm. <45, (lo. Jacques Cœur avait trois cents facteurs en Ilalie et dans le Levant, volt. Mœurs, 80. Réduit à la pauvreté, un de ses oncles [de Mahomet) le donna pour facteur & une veuve nommée Cadige, qui faisait en Syrie un négoce considérable, in. ib. ». Comme ils [les Hollandais] étaient les facteurs de l'univers, ils vendaient l'esprit des autres nations ainsi que leurs denrée», in. Princ. de Babyl. 7. Je n'aime point qu'un même peuple soit en même temps le dominateur et le fadeur de l'univers , moktf.sq. Esp. XX, 4. Il B* Employé chargé de distribuer les lettres envoyées par la poste. Le facteur n'a pas apporté de lettre. {| Facirice, se dit d'une femme qui fait le même service que le facteur. Notre dirertrice des postes cherche une nouvelle factrice. || 6' Employé dans une entreprise de transport, qi.i charge et décharge, pnrte les objets transportés à leur destination. Un facteur de chemin de fer. Le facteur de la diligence. || V Au féminin, factrice, nom qu'on donne aux femmes qui, i..ns les masasins, sont chargées de servir les acheteurs. C'est une factrice très-capable, jl 8* Celui qui, prè|io.sé par le gouvernement dans les marchés publics, vend le» denrées aux enchères et en gros. Les fadeurs de la halle. || Il se dit aussi au fémluio. Madame une telle, factrice i la haUa.

AC

Il 9* Facteur-couvoir, sorte de caléfacteur pour faire couver les œufs.

— HIST. xii's. [Dieu] Reis des anges, faitres del munil, Père des choses qui i sunt, bknoIt, h, *. Il XJV s. Avec aucuns, ses facteurs [agents], qui opprimoient le peuple, oresme, Thèse de meunier. Il XV* s. Marclianilises dont ils sont grands facteurs entre les Sarrasins, froiss. m, iv, 68. Car, quant les yeulx , qui sont facteurs du " cueur , Voyent plaisir & bon marchié en vente. Qui les cendroit [tiendrait] d'achater leur bonheur î en. d'orl. Hondeau. Et vous aussi bouter hors et éloigner de vous les complices, faiteurs et favorisants dudit duc de Bourgogne, monstrel. i, 76. Jacques Cueiiravoit plusieurs clercs et racteurssouslui,qui se mesloientdesdites marchandises par tous les pays et royaumes chrétiens, math, decouci, Wist. de Charles VII, p. 091, dans lacurne. || xvi* s. Oh vous facteurs [poêles] parlans beau comme un ange, D'honneur et loz donnez un million Au roy Loys, J. marot, V, l:i6. Les facteurs de la loi [ceux qui l'observenl] seront justifiez, non pas les auditeurs, calv. InslU. 644. Il désire chercher la vraie félicité et le facteur et source d'icelle, iharg. Nouv. xix.

— ETYM. Provenç. fitclor, fiiitor, créateur, facteur; espafjn. factor; ital. fattore ; du lat./Vnforcm, faiseur, celui qui fait quelque chose ; d'où le sens ancien de créateur et le sens particulier d'homme d'affaires. L'ancien français faitre est le nominatif du latin fàctOT, avec l'accent sur fac; facteur est le régime de factArem, avec l'accent sur (o. 11 y avait aussi dans l'ancienne langue faisere au nominatif, faileor au régime; celui-là vient du latin fictif faclator.

FACTJCE (fa-kti-s'), adj. || l" Qui est fait ou imité par l'art. Plusieurs compositions de pierres factices qui imitent la dureté et le brillant des pierres précieu.ses autant que le permet la diflérencedes moyens employés à les produire, condorcet, Margraaf. Il 2° Fig. Oui n'est pas naturel. Un goût factice. Une sensibilité factice. On remet cet être factice [un enfant] entre les mains d'un précepteur, j. j. rouss. /■'m. I. On parle beaucoup de ma gaieté; je crois, moi, qu'elle est factice, malgré le naturel dont on me loue, genus, Ad. et Théod. 1. 1, lett. a, p. 24, dans POUGENS. Il Besoin factice, besoin qui résulte non de la nature, mais du caprice ou de l'habitude. X leurs besoins ils bornent leurs désirs. Mais sans chercher, au gré de vains caprices, À se créer mille besoins factices, malfil. Narcùse, ch. 1. 1| 3° Terme de grammaire. Mot factice, mot qui n'est pas reçu, mais qui est formé selon l'analogie, et aussi mot formé par imitation d'un son, par exemple glouglou. Il 4* Terme de logique. Idée factice, idée qui dérive d'un travail de l'inlelligence, par opposition à idée innée, qui s'y forme spontanément, et à idée adventice, qui y vient du dehors, par exemple celle d'un centaure, d'un hippogriphe, etc. || 5" Terme de bibliographie. Recueil factice, recueil fait de morceaux qui ne sont associés que par la reliure.

— HlST. xiii* s. Faitisse [bien faite] estoil et avenant. Je ne sais famé plus plaisant, la Rose, t249.

Il XV* s hanches charnues, Elevées, propres,

faictisses, X tenir amnureuses lysses, villon, les Regrets de la belle heaulmiere. Pain blanc, fectis et bis, Ordonn. avril U85. || xvi* s. [Un mai.stre <les monnoies jugea] une image d'or, après plusieurs examens, estre bon or, mais factis et non naturel. Contes d'ÉuIropel, p. «34, dans lacurne.

— ÊTYM. I.at. faclitius, de facere, faire (le radical fact, et le suffixe titius, voy. ice, suffixe). L'ancien français failis , le provençal /'atd's en dérivent, il est vrai, mais ont le sens de beau, bien fait.

t FACTICF.MENT ( fa-kti-se-man ), ad«. Néologisme. D'une manière factice.

— ËTYM. Factice, et le suffixe ment.

fFACTIEliSF-MENT (fa-ksi-eù-ze-man), adv.

D'une manière factieuse.

— HIST. XVI* s. Facdeusement, oudin, Dict.

— ETYM Factieuse, et le suffixe ment.

FACTIE0X, EUSE (fa-ksi-eû, eû-z'). adj. || 1° Qui

excite du trouble dans l'État. Toi-même, Ptolomée, âme basse et parjure. Prince digne d'un peuple et lûche et factieux, Tu te vois rétablir au rang de tes aïeux, BRÈBEUF, Vharsale, v. Il ne f.iut point s'étonner s'ils perdirent le respect de la majesté des lois ni s'ils devinrent factieux, rebelles et opiniâtres; on énerve la religion quand on la change, et on lui ôie un certain poids qui seul est capable de tenir les peuples, Boss. Heine d'Ànglet. Si mon Dictionnaire eût eu l'entrée libre en France, mes ennemis de ce pays-ci, gens factieux et adroits à empoisonner les choses, eussent inféré de là que mon livre ne disait rien en faveur d3s protestants ni contre la Francs,

FAC

BATLE, Lett. à M'", «3 mai («»7. || Substantivement. Celui qui fait partie d'une faction, qui a un esprit de désordre. Joad do temps en temps le montre aux factieux, rac. Athal. m, 3. Eh quoi! tout factieux qui pense avec courage Doit donuer aux mortels un nouvel esclavage, volt. Fanât, ii, 5. Il 2" Qui est en proie aux fictions Penses-tu qu'un vrai zèle, en ces temps factieux. Les pressât d'embrasser les intérêts des cieux? lemierre, Bamevelt, I, &. Il Oui a le caractère de la faction. Je n'ai point consolé ses revers [de J. J. Rousseau], idolâtré sa gloire présente et factieuse, dit-on, villemain , Littér. Tahl. du *»' siècle, 2* partie, 2* leçon.

— HIST. XV* s. Saillirent aux champs pour prendre et mettre à mort les factieux, lefëvre de strêmy, dans le Dict. de cochez.

— ETYM. Lat. factiosus, proprement qui fait beaucoup, entreprenant, et par suite factieux, de facere, fai re.

FACTION (fa-ksion; en vers, de trois syllabes). s. f. Il 1* Action de faire, au sens propre qui ne subsiste plus que dans un terme d'alchimie : faction de l'œuvre divin, accomplissement, perfection, achèvement du grand œuvre. || Terme de droit romain. Faction de testament, capacité de faire un testament ou de recevoir par testament, et, en général, d'intervenir dans un testament. || 2° Il se disait, dans la latinité, pour sociéié de gens qui faisaient la même chose; de là le nom donné aux différentes troupes de concurrents aux jeux du cirque. Les factions du cirque. || 3" Parti remuant et séditieux dans un État, dans un corps (sens qui dérive facilement du sens d'association). Lorsque deux factions divisent un empire, cohn. Sertor. ni, 2. Comme la faction d'Annilial était alors la plus puissa.nte, on n'eut aucun égard aux remontrances d'Hannon, bollin, llist. anc. QCuvres, t. i, p. 443, dans POUGF.NS. Je sais qu'aux factions Syracuse livrée ... VOLT. Tancr. i, t. Les factions gibelines et guelfes divisaient plus que jamais l'Italie; les Gibelins étaient originairement les partisans des empereurs, ID. Mceur.i, 65. Cette faction fut celle des Puritains qui a subsisté longtemps sous le nom de Whigs; et le parti opposé, qui fut celui de l'Eglise anglicane et de l'autorité royale, a pris le nom ae Torys, ID. l'b. (79. Le terme de parti par lui-même n'a rien d'odieux, celui de faction l'est toujours, id. Dict. phil. Faction. || 4° La garde que fait un soldat en un poste (sens qui dérive du sens d'action de guerre , d'expédition, qu'a eu faction). Entrer en faciion. Faire sa faction. Faction d'une heure. Sa faction est de telle à telle heure. Il me dit.... Qu'il avait tant servi, tant fait la faciion, Régnier, Sat. VIII. La mort lui fut nuit et jour toujours présente; car il ne connaissait plus le sommeil.... jamais il ne fut si attentif : Je suis, disait-il, en faction, boss. le Tellier. Ils regardent l'homme vivant sur la terre comme un soldat mis en faction, j. j. rouss. Hél. m, 2(. Il Relever de faction, retirer un soldat du poste où il avait été placé pour faire la garde. || Fig. et familitrement. Attente prolongée. Je n'aime pas à faire faction dans la rue.

— HIST. XIV* s. Faction n'est autre chose que aucune aliance privée si corne est conspiration ou conjuration ou machination, bercheure, f° 3, veno. Faction ou opération de mélodies, oresme. Thèse de MEUNiF.R. Il XVI* s. Limoux, ville du Languedoc, divisée par la Garonne, l'esloit aussi par les deux factions, d'aub. llist. i, 13^. Lui et les siens à son exemple ne faisoient plus aucunes factions [gardes], iD. ib. Il, 385. Le soldat qui esloit en faciion à la porte, ID. ib. 440. En toutes les factions, prises des villes etgenerallement toutes entreprises qui s'offrirent, il fut toujours des premiers, carloix, i, 2. À la guerre, avant aller aux factions, chascuii s'a.ssaye de son costé de gaigner la bonne grâce des dieux, la boetie, 148. Ayant fait résolution d'estre François de faction [en action], comme il l'esloit de naissance, SULLY, Mém. t. iv, p. 83, dans lacurne.

— ÊTYM. Lat. factionem, proprement pouvoir de faire, de facere, faire.

FACTlONNAinE (fa-ksio-nê-r' ; en vers, de cinq syllabes). || 1" Adj. Terme mililaire.Oui esl assujetti à faire faciion. Soldat factionnaire. || Peu usité en cet emploi. || 2* S. m. Soldat en faciion. On plaça des factionnaires à toutes les avenues. Relever un factionnaire. || 3" Autrefois, le premier capitaine factionnaire, ou, simplement, le premier factionnaire d'un régiment, capitaine d'inlanterie qui devait passer à la place du capitaine de grenadiers, quand elle venait à vaquer.

— HIST. XVI" s. Factionnaire, cotghave.

—ETYM. Faciion,

FAC

t FACTORAGK (fa-kto-ra-j') , t. m. Terme de commerce. Droit conventionnel que reçoit le facteur sur la valeur des marchandises dont il procure la vente.

— ETYM. Facteur.

t KACTOUAT (fa-kto-ra), (. m. Charge, fonctions de facteur.

FACTOUERIE (fa-kto-re-rie) ou FACTORIE (fakto-rie), *. f. Siège des bureaux des facteurs d'une compagnie de commerce à l'étranger. Factorie hollanilai.se. Laurent Lange, compagnon du prince Ismaelof ambassadeur du czar, demandait qu'on accordât aux Russes la permission d'avoir dans toutes les provinces une factorerie; on ne les leur permit qu'à Pékin et sur les limites de Kalkas, volt. Dict. phil. Chine. Des compagnies de commerçants placèrent des factoreries au milieu des déserts, cuateaubr. Amer. 27).

— ÊTYM. Fadeur, qui donne régulièrement factorie et non factorerie. Factorerie ne mériterait pas d'avoir l'usage pour lui.

FACTOTUM (fa klo-tom'; on a prononcé autrefois, et on prononce quelquefois encore fa-ktoton), s. m. Terme familier. Celui qui fait toute chose dans une maison, auprès d'une personne. Autant que je puis m'y connaître. Vous êtes factotum de monsieur notre maître, destouches, Glor. i, 3. De valet, barbier, chirurgien, vous l'avez établi trésorier, secrétaire, espèce de factotum, beaumarch. Uère coup. Il, 23. Il Au plur. Des factotums.

— REM. Autrefois on écrivait factoton. Cela peut être cause Que le pater avec le facloton N'auront de toi ni crainte, ni soupçon, la font. Mazet.

— HIST. XVI* s. La Croisette qui esloit là servoit de dominus factotum, montluc, Mém. t. il, p. 43, dans lacurne.

— ETYM. Lat. foc, fais (de facere, faire), et (otum, tout (voy. TOUT).

FACTUM (fa-ktom' ; on a prononcé fa-kton, comme dicton, rogaton), s. m. || 1* Exposé des faits d'un procès. Il exposa tout ce détail dans son factum, avec une candeur si noble, si simple, si éloignée de toute ostentation qu'il toucha tous ceux qu'il ne voulait que convaincre, volt Polit, et lécjial. dern. arrêt en fav. des Calas. || Il n'esl plus usité dans la jurisprudence où l'on dit, en ce sens, mémoire. Il 2* Mémoire qu'une personne publie pour attaquer ou pour se défendre. Racine pièla sa belle plume pourpolir le factum de M. de Luxembourg. et réparer la sécheresse de la matière par un style agréable, ST-siM. <7, 200. Je conseille à Beaumarchais de faire jouer ses factiims, si son Ilarbier ne réussit pas, VOLT. Lett. d'Argental, s mars I77B. Je vous crois trop raisonnable pour vous en prendre à moi seul de la publication de mon factum littéraire, p. L. cour. Avertiss. sur la lettre à M. Renouard. Il Au plur. Des factums.

— REM. Autrefois on prononçait facton. Par arrêt ta muse [Rousseau] est bannie Pour certains couplets de chanson Et pour un mauvais factum Que te dicta la calomnie, volt. Temple dugoât. Variantes.

— ETYM. Bas-lat. factum, exposition du fait, du litige, du latin factum, chose faite.

4 . FACTURE (fa-ktu-r'), s. f\\i° Manière dont une chose esl faite; usité seulement, en ce sens, en parlant de productions littéraires, de musique, de peinture. La facture de ce tableau est bonne. Vaudeville, dont la facture annonce un assez bon faiseur, bachaumont, If^m. secrets, t. XXXV, p. f»4, dans POUGENS. Il a moins d'art et de variété dans la facture du vers, lahahpe. Correspond, t. m, p. 393, dans POUGENS. Il Couplet de facture, couplet composé pour l'effet, et qui se distingue par la richesse et le redoublement des rimes. || Terme de musique. Caractère d'un morceau de musique au point de vue de l'art de la composition. Ce morceau est d'une bonne facture. Morceau de facture, morceau de longue haleine, se distinguant surtout par la complication des procédés employés. || Par plaisanterie. Une fricassée de poulets en haute facture. BRILLAT savarin. Physiologie Uu goût, Variété 23, Bonheur en voyage. || 2° Terme de facteur d'orgues. Qualité, largeur, grosseur des tuyaux d'orgue. Les jeux de la petite facture, les jeux dont les tuyaux sont étroits.

— H18T. XII* s. Li uns ert sire, l'autre sers, Li uns faitre [créateur], l'autre faiture [créature], wace. Vierge Marie, p. 4B. || Xiv* s. Laisser vous fault faire, o Nature, Qui sçavez l'art de tel facture, VAlchim. à nat. 846. || x'vi* s. Comment Dieu nous peut-il venir en pensée, que nous ne pensionsquant et quant, veu que nous sommes sa facture, que.... CALVIN, Instit. i.

FAC

— ÉTYM. ProTenç. failura; espagn. /if«h«ra;portug. factura; ital. fatlura; du lai. factura, façon, manière de faire.

t. FACTURE (fa-ktu-r') , ». f. Terme de commerce. Mémoire de l'espèce et du prix des marcliaiidists vendues à quelqu'un. Dresser une facture. Présenter sa fiictiirf. La valeur des marchaniises sera justifiée parlivres ou factures. Ordonnance, août tosi. Il Vendre une marchandise sur le pied de facture, la vendre au prix courant. || Faire suivre les frais d'une facture, charger le voiturier qui transport" les marchandises, de loucher de l'acheteur le montant de tous les frais de cette facture.

— KTYM. Fadeur.

t FACTUIlKll (faktu ré), V. O. || 1* Fabriquer. 11 parait que c^ sel (le sel ammoniac] est formé ou du moins ébauché par la nature, et que les anciens Arabes, qui lui ont donné son nom, savaient le factureret en faisaient un grand usage, bufp. Ki'n. t. m, p. 466, dans poooens. || Peu usité, jj 2" Dans les maisons de commerce, se dit pour faire la faciure de. Il a facturé tant de mètres de drap. || Absolument. Je n'ai pas facturé du tout aujourd'hui. U est habile, expéditif à facturer.

— ÊTYM. Facture i .

t «. FACTURIEU (fa-Ictu-rié) , ». m. Terme de commerce. Celui qui, dans une grande maison de commerce, est spécialement occupé à faire les factures. Il Se dit aussi ilu livre des factures.

— ETYM. Facture 2.

t2. FACTUUIKU (fa-ktu-rié), ». m. Ancien terme qui signifiait fabricant, manufacturier. Fait S. M. défense à tous ouvriers et facturiers de ladite province de Languedoc et autres ilu royaume de faire et façonner pour lesdites échelles que des draps.... Arrêt du conseil, 4B mai («76.

— ETYM. Facture l.

t FACULE (fa-ku-l"), ». f. Terme d'astronomie. Tache lumineuse qu'on aperçoit quelquefois sur le soleil.

— KTYM. Lat. facula , diminutif de fax, torche, t FACULTATAIKE (fa-kul-la-têr'), ». m. Dans la

compagnie on enieml par facullataires tous ceux qui ne sont ni membresniactionnaires;on leur adonné ce nom, parce qu'ils ont la faculté de prendre ou de laisser les eaux, comme la compagnie a la faculté de les leur laisser prendre ou de les leur refuser, CAPPEAU, De la compagnie des Alpines, p. 81), Aix,

— ETYM. Voy. FACULTÉ.

FACULTATIF, IVE (fa-kul-ta-tif, ti-v'), adj. Il 1° Oui accorde une faculti^, un droit, un pouvoir. Bref facultatif, bref par lequel le pape donne un droit , un pouvoir qu'on n'aurait pas sans cela, jj 2° Par extension, qui donne ou laisse la faculié de faire ou de ne pas faire une chose. Cette disposition de la loi n'est que facultative. || Terme de droit. Obligation facultative, celle où le débiteur a la faculté de donner en payement une chose autre que la chose due et qui est dite in facultate solutionis.

— ETYM. Lai. facullalem (voy. faculté). Ce mot est formé, par rapport à faculté, comme qualitatif, k qualité, quantitatif, à quantité. Mais, dans son emploi régulier, la finale atif appartient aux verbes \signilicatif, nominatif, etc.), non aux substantifs.

t FACULTATISTE (fa-kul-la-ti-sf), ». m. Mot forgé par Diderot, et signifiant membre de la faculté de médecine. Le médecin qui n'aurait pas été, je crois, fort émerveillé de la distinction subtile d'un fameux archiatre de nos jours entre l'assassinat positif et l'assassinat négatif, mais qui ne connaissait pas mieux que le facultatiste le péril auquel on s'expose en commençant un forfait et la récompense qu'on s'assure en le consommant, Diderot, Claude et Nér., i, 33.

t FACULTATIVEMENT ( fa-kul-ta-ti-ve-man ) , adv D'une manière facultative.

FACULTÉ (fa kul-té), ». ^.||f Moyen, pouvoir, droit de faire quelque chose. Je n'ai pas la faculté de délibérer. Si tu veux sortir, en as-tu la faculté? Je t'en laisse la faculté. La loi interdit aux mineurs la faculté de disposer de leurs biens. || La faculté d'un légat, ses pouvoirs. || 2" Puissance physique ou morale, fonction du corps ou de l'espriU Avec la faculté de se mouvoir, Boss. w,Vêture, 3. Toutes les facultés de l'Jimese réduisent à sentir et penser; nos plaisirs consistent à aimer et connaître, duclos, Consid.maurs, ch. u. Le caractère qui le distingue des autre» phoques est le capuchon d'une peau épaisse et velue qu'il a sur le front et qu'on appelle cache-museau, parce que l'animal a la faculté d'abattre cette peau sur ses yeux, pour se garantir des

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tourblUoni de sable et de neige que le vent chasse trop impélueiisoment, niFP. Oi(ndntp. t. xi , p. *«a, dans pouDENS. Ils [les animaux] n'ont ni l'esprit ni l'entendement ni la mémoire comme nous l'avons, parce qu'ils n'ont pas la puissance de comparer leurs sensations et que ces trois facultés de notre Ame dépendent de cette puissance, m. Disc.nnt. detanim. Œuv. t V, p. 3(1. La faculté de sentir est liornée comme le g^nt toutes les facultés de notre être, BONNET, Essai anal. âme. Quoiqu'il [Colomb] n'eût que cinquante-neuf ans, ses forces physiques étaient très-aiïaihlies, mais ses facultés morales n'avaient rien perdu de leur énergie, raynal, Htit. phil. vi, 7. De toutes mes facultés la plus puissante c'est la faculté de souffrir, btael, Corinne, iv, 8. )| 8* Par extension, vertu d'une substance, pouvoir. L'aimant a la faculté d'attirer le fer. ||4* Facilité, talent. I.a faculté de bien dire. U n'avait pas les hautes facultés qu'exige un pare'l emploi. || Il est doué de brillantes facultés, il a de grands talents, d'heureuses aptitudes. Il B" Au plur. Les biens, les ressources, les moyens dont on dispose. Chacun a été taxé selon sesfacultés. Outrepasser ses facnliés. || 6* Terme d'économie politique. Facultés industrielles, aptitudes au travail industriel. Facultés productives, aptitudes des hommes et des agents de la nature à concourir à la production. On peut et l'on doit dire non-seuloment les facultés productives de l'homme, mais les facultés productives des capitaux,;, b. say, Épitomé , facultés productives. \\ 7'(^orpsscienlifi(iue ou littéraire chargé d'un enseignement spécial dans une université. Il y avait autrefois quatre facultés, la faculté de théologie, celle de droit, celle de médecine et celle des arts. I.es animaux ont-ils des universitésT Voit-on fleurir chez eux les quatre facultésT Y voit-on des savants en droit et médecine Kndosser l'écarlaie et se fourrer d'hermine? BOIL. Sat. VIII. Comme un recteur suivi des quatre facultés, ID. .Snt. m. Depuis l'invention de l'imiirimerie, la faculté de Paris s'est arrogé le droit de dire son avis en mauvais latin sur les livres qui lui déplaisent, volt. Troit emp. en Sorbonue. La première opération de la faculté de théologie avait été d'extraire de mon livre les propositions condamnables, MARMONTEL. Mém. VII. || Oiipuis la création de l'université impériale, la faculté des arts a été divisée en deux, celle des sciences et celle des lettres, de sorte qu'il y a aujourd'hui cinq facultés, Il Dans l'usage commun, la faculté de médecine se nomme simplement la faculté. Pour tout l'or du monde, il ne voudrait pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux que la faculté permet, MOL. Pourc. 1,7. Il aurait beau faire et lieau ilire, je ne lui oidonnerais pas la moindre petite saignée, le moindre petit lavement, et je lui dirais: Crève, crève, cela t'apprendra une autre fois à te jouer de la faculié, in. i/aJ. im. m, 3. Ce n'est pas la première fois que messieurs de la faculté se sont trompés, sév. Lett. 2t juillet. <C9i. || 8° Dans le langage des classes, il se dit d'un genre d'exercice ou de composition. Le thème latin est sa meilleure faculté. Il a eu des prix en dilTcrentes facultés, en histoire, en vers latins, en mathématiques.

— IIIST. XIV* s. Et ne soiiffi t pas la vie ou la fa culte d'une personne à ce faire, oresme, Eih. 287. Il XV* s. Ils estoient richement vestus et esterez de toutes choses, selon leur faculté, cita, de pisan, Charles V, i. («. ||xvi* s. 11 faut colloquer les enfants non selon les facultez [richesses] de leur père, mais selon les facultez de leurame, mont, i, (78. Ii:t à ceste fin se présentent les facultez [pouvoirs] de tels légats à la cour de parlement, oil elles sont veues, examinées, vérifiées, p. pithou, (t.

— ÉTYM. Proveiiç facuitat; espagn. faculdad; ital. /'acuird; du lat. lacultatem, de facilis, facile (voy. ce mot). Facullas est une forme de facilitas.

FADAISE (fa-dé-z'), ». f. liagatelle fade; mot. pensée, discours qui ne signifie rien ou qui exprime quelque chose de si commun que cela ne vaut pas la peine d'être dit. Moi qui n'aime & débattre en ces fadaises-là, Régnier, Sat. vin. Je prêtai l'oreille pour ouïr les bons discouisque je m'imagmaisqu'ils feraient; de tous côtés je n'entendis rien que des vanteries, des fadaises et des contes faits mal à propos, Francion, liv. vi, p. 225. C'est bien pour dire des fadaises que je dis tout cela, sâv. (63. Ma cousine, me dit-il, je crois que le nom de fadaises est le p ius convenable; la plu[iart des choses qu'on fait, qu'on dit et qu'on imprime méritent assez ce titre, volt. Cailler. Vadé, préface. || Absolument, la fadaise, les propos qui sont pures bagatelles. Songez à me répondre, et laissons la fadaise, mol. Éc. des femm. i, 2.

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— HIST. xvi* s. Tout ce qu'on en peut disputer n'est que fadai.se, si ce nom [Dieu] n'y resonne, calv. Instit. 385, La nature pour lui apprendre sa mortalité et notre fadeze |faiblessel.... hont. ii, 20. Il n'est point de (dus grande fadeze, que de se picquer des fadeiies du monde, lo. iv, 44. La trop grande bonté d'un personnage est estimée fadese,

o. De SERRES, 39.

— fiTVM. Fade; proTenç. fadeta, s. f. et /ode», s. m.

t FADASSE (fa-da-»"), adj. Néologisme trivial. Oui a i|uelque chose do fade au point d'entraîner le dégoût. Il Substantivement. C'est une blonde, une grande fadasse.

— Etym. Fade.

FADE (fa-d') , adj. \\ 1* Oui est sans saveur. X cAté de ce plat paraiss.iient deux salades, L'une de pourpier jaune et l'autre d'herlies fades, boil. Sal. m. Un vin.... Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux, N'avait rien qu'un Koflt plat et qu'un délwire affreux, ID. ib. \\ Se sentir le coeur fade, avoir, éprouver du dégoûL || Fig. Des peines près de qui le plaisir des monarques Est ennuyeux et fade.... la FONT. Fabl. viii, (3. Il 2* Kig. Il se du de ce qui n'est ni piquant, ni vif, ni animé. Mon Dieu I laissons là vos comparaisons fades, mol. ifi», i, (. Cela est bien fade à imaginer, skv. s. Je vous assure que toute cette badinerie n'est encore ni fade ni usée, ID 672. U [l'abM Têtu] a écrit une lettre à M. de Vivonne bien plus jolie que Voiture et Balzac; les louanges n'en sont point fades, ID. (" juillet (670. Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant, BOIL. Art p. 1. T a-t-il rien de plus fade que la louange que vous vous donnez au commencement de la troisième catilinaireT fEn. t. xu, p. 252. Ces adulations fades pour des maîtres et des protecteurs, MASS. Car. Culte. J'aime autant Quinault que vous [l'aimez], et je ne suis pas de ces pédants qui le trouvent fade et qui le condamnent pour avoir parlé d'amour quand il en devait parler, volt. Lettre à Urne du De/faut, 28 nov. (775. Je n'aime pas beaucoup les scènes champêtres, qui sont fades en peinture comme des idylles, quand elles ne font aucune allusion à la Fable ou k l'histoire, stael, Corinne, vm, ♦. || Oui est donné comme piquant tl ne l'est pas. Un compliment fade. Une plaisanterie fade. Un jeu de mots fade. Il 3* En parlant de lair et du visage, qui est, qui offre le caractère de l'insipidité déplaisante. C'était un visage d'homme; rien de fade, rien d'efféminé, iiamilton, Gramm. i(. Son teint délicat sans être fade, J. J. Hotss. Ém. II. Ce gros bec leur donne [aux toucans] une phvsionomie triste et sérieuse que leurs grands yeux fades et sans feu augmentent encore, buff. Ois. t. xiii, p. ("3, dans poroENs. || En parlant des per- .sonnes , insipide et prétentieux. Caressante sans être failo. SËV. 4((. Il y a à la ville, comme ailleurs, de fort sottes gens, des gens fades, oisifs, désoccupés , LA BRUT. VI. Un caractère bien fade est celui de n'en avoir aucun, id. v. Qui \oudrait, au moyen de son air languissant, Passer pour être tendre, et qui n'est rien que fade , laciiaussre, lletnur imprév. l, 8. Près de Rose il n'est point fade, Et n'a rien de freluquet, behano. Sénateur. || Substantivement. C'était un grand fade, blondin, assez bien fait, i. i. Rouss. Confess. vi.

— syn. fade, insipide. Ce qui est insipide n'a aucune espère de saveur; ce qui est fade a une saveur qui, étant plate, déplaît au goût et le soulève. Le fade est donc pire que l'insipide. Cette proposition est vraie au physique, mais il semble qu'au moral c'est le contraire. Ou'on dise qu'une épigramine est fade, cela signifie que le trait n'est |ia.s piquant. Si l'on dit qu'elle est insipide, c'est presque une injure pour l'auteur.

— HlST. xiti* s. Ou s'il avient qu'il soit malades Kt truist [trouve] toutes viandes fades, la llose, 602.T. Li oil andui |les deux yeux] k ce malade, Ki ereni mal, de culur fade, Deveneni sain e clei e pur. Éd. le confess. v. 2782. Bien sait qu'elle a esté malade, Qu'encor en a le cuer tôt fade, Amadas et ïdoine. Il ivi* s. C'est lo sel pour donner poust et saveur k toute doctrine, qui autrement seroit fade, calv. Instit. 385. Il treuve puis après tous les autres propos fades, bas et indignes de son exaulcemcnt, AHYOT, Mural. Ép. p. (2.

— ÉTY.M. Provenç. fad; ital. fado; du latin faluus , insipide (comparez fat). L'u est tomlié comme dans le provençal Vax, de vacuus.

|FAI)EMENT(ra-de-inaD),adc.D'une manière fade.

— IIIST. XVI* s. Fademeiit. cotcravk.

— ETYM. Fadt, et le suffixe menti provenç /itdamen.

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FADEUR (fadeur), s. f. || !• Qualité de ce qui est fade. La fadeur d'un mets, j) î" Fig. 11 se dit de ce qui manque de vivacité, de piquant, d'animation. Je suislasse à mourir de lafaileur des nouvelles, sÉv. 230. Celte manière basse de plaisanter a passé du peui'leil qui elle appartient, jusque dans une grande partie de la jeunesse de la cour, qu'elle a déjà infectée; il est vrai qu'il y entre trop de fadeur et de grossièreté, pour devoir craindre qu'elle s'étende plus loin, LA BRUY. V. Il 11 se dit aussi de la mine, des manii'res, de la conversation. Son visage était de la dernière fadeur, hamilt. Gramm. 7. || 11 se dit enlind'unexcèsde flalleriedans la complaisance ou dans la louange. Vraie, franche, naturelle, la fadeur des éloges lui était à charge, mass. Or. (un. Madame, .le ne veux point mourir sans vous avoir envoyé une ode pour Mme de Pompadour; je veux la chanter fièrement, hardiment, sans fadeur; car je lui ai ohligalion ; elle est belle, elle est bienfaisante, sujet d'ode excellent, volt. Lell. duc de la YalUcre, mai »75». Le grand point dans toutes ces fêles est d'éviter la fadeur de l'épilhalame; je devrais éviter la fadeur des longues et ennuyeuses lettres, ID. LcU. Richelieu, 17 juill. )773. || 3' Discours fade; louange fade; galanterie fade.... Ah I vous allez lâcher quelque fadeur, df.stouches, Phil. mar. ii, 2. On m'a su mauvais gré d'avoir dit des fadeurs à Catherine, VOLT. Lett. en vers et en prose, <6i. Si leurs entretiens dégénèrent en fadeurs, j. j. eouss. Ém. V. Saint-Firmiir. Vous étiez déjà de la famille, trop aimalile orpheline. — Mme Dolban : Allons, point de fadeur, collin d'harlev. Malice pour malice, 1, 2. Ne prenez pas ce que je viens de vous dire pour une fadeur; je vous assure que c'est l'exacle vérité, GENLis, Veill. du chût. t. m, p. 44S, dans pougens.

— SYN. FADAISE, FADEUR. La fadaise est proprement ce qui est fade, la fadeur en est la qualité abstraite; mais quand, par métonymie, nous prenons la qualité pour la chose elle-même, les fadeurs se confondent avec les fadaises, sauf que la fadeur est avant tout une pensée fade, tandis que la fadaise, c'est tout ce qui n'a aucune valeur.

— RTYM. Fade. Fadeur paraît avoir été fait dans le XVII* siècle.

f FAKhXU, CE (fa-fe-lu, lue), adj. Terme famiher et vieilli. Espiègle. Cette petite infante éveillée elfafelue, sÉv. Lett. I9 fév. i690.

— Etym. N'est-ce pas le même que fanfelue, qui signifiait chose légère : Qui me valent tex [telles] fanfelues? la Rose, 9331 (voy. fanfreluche).

t FAGICOLE (fa-ji-ko-l"), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui vit ou croît sur le hêtre.

— ÉTYM. Lat. fagtts, hêtre (voy. fau), et colère, habiter.

t FAGIN'E (fa-gi-n"), s. f. Terme de chimie. Principe trouvé dans les faînes.

— ÊTYM. Lat. fagus, hêtre.

f FAGNE (fa-gn'), s. f. Terme de géologie. Marais dans une petite cavité au sommet d'une montagne.

— ÊTYM. Ce semble une autre forme de fange. FAGOT (fa-go; le I ne se lie pas dans le parler

ordinaire; au pluriel, l's se lie : des fa-go-z enflammés; fagois rime avec repos, travaux, maux, etc.), s. m. Il 1" Assemblage de menues branches; bourrte dans laquelle se trouvent toujours trois ou quatre brins de bois plus gros que les autres. Il fallait tous les fagots de la petite maison pour le dégeler, ha- Mii.T. Gramm. 9. C'e.st après une déclaration aussi solennelle que Jean Chauvin, dit Calvin, fils d'un tonnelier de Noyon, fit brûler dans Genève, à petit feu avec des fagots verts, Michel Servet de Villa- Nueva; cela n'est pas bien, volt. Dict. phil. Trinité. Voilà, mes chers amis, en quelle extrémité se trouve réduit le bonhomme Paul que» nous avons vu faire tant et de si bons fagots dans son bois de larçay, P. L. cour. Aux âmes dévotes. || L'âme d'un fagol, l'intérieur fait du plus menu bois. || Châtrer un fagot, en ôter quelques b;llons. || Prendre l'air d'un fagot, se chauffer légèrement. || Brûler le fagot, aller boire bouteille au cabaret où l'on se fait allumer un fagot pour se chatiffer. || Terme de fortification. Fagots de sape, petites fascines. || Familièrement. C'est un fagot d'épines, se dit d'une personne revêche et bourrue. Je vous ai mandé comme Mme de Vins m'a écrit joliment sur la jalousie qu'elle a de Mme de Villars; jamais vous n'avez vu un si joli fagol d'épines, sÉv. 233. Mme de Vins vient de m'écrire une lettre encore fort jolie et, comme vous dites, bien plus flatteuse qu'elle; elle me dit que, pour ne point souhaiter mon amitié, il n'y a point d'autre invention que de ne m'avoir jamais vue; n'est-ce pas un fagot de plumes au lieu d'un fagot d'épines? id. 240. C'était un grand homme [Pussort]

SICT. DF L* LANGUE FHAMÇAISK.

sec, de dur et difficile accès, un fagot d'épines, ST-siH. 43, 259. Il y a des difficultés à tout; ce monde-ci n'est qu'un fagot d'épines, volt. tfM. d'Argvntal, 21 juill. if.Bi. || Populairement. Être habillé comme un fagot, c'est un fagot habillé, se dit d'une personne habillée fort mal, sans aucun goût. Il Elle est faite comme un fagot, elle est mal faite. Elle se met comme un fagot, elle s'habille mal. Il Être tout en un fagot, se replier pour tenir moins de place. || 2' Cet homme sent le fagot, il a des sentiments d'hérétique, et court risque d'être brûlé avec des fagots, ainsi que cela se faisait. Un païen qui sentait quelque peu le fagot , Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot. Par bénéfice d'inventaire. Alla consulter Apollon, la font. Fabl. IV, )9. 'Tu vis sa muse [de J. lî. Rousseau] indifférente Entre l'autel et le fagot. Manier d'une main savante De David la harpe imposante Et le flageolet de Morot, volt. Temple du goût. Ainsi l'ont dit les malins huguenots.... Mais ces gens-là sentent bien les fagots, id. Mule du pape. || Se dit aussi des choses. Un livre qui sent le fagot, livre qui pourrait faire briller son auteur. Cela sent bien le fagot, SÉV. 621. Il Aujourd'hui sentir le fagot ne se dit guère qu'en plaisantant pour faire entendre à quelqu'un qu'on n'a pas grande confiance dans la régularité de sa vie, dans la sincérité de ses croyances. Vous confier cette jeune fille I oh que non! vous sentez le fagot. || 3° Fig. Il se dit pour contes fagotés, pour récit de choses peu importantes, et aussi pour bourdes. Cette nouvelle est un fagot. Que pourrions-nous conter si nous ne contions des fagots? SÉV. 4B4. Je n'écrirai point aujourd'hui à mon ami; je ne l'en aime pas moins: il me conte toujours des fagots fort jolis, id. <3 déc. (684. Mais enfin vous avez été contente de mes fagots; c'est une fort plaisante chose que de trouver dans mes lettres des nouvelles de la cour, id. 28 juillet (680. Tant que vous ne cesserez de nous conter des fagots, et de vous servir de fagots allumés, au lieu de raisons, vous n'aurez pour partisans que des hypocrites et des imbéciles, volt. Dial. xxvi , 4. || Locution née, dit Domergue (So/u(ionï grommaticaies, p. <42), de ce qu'un marchand de fagots criait sa marchandise en même temps qu'un vendeur de la gazette de Renaudot criait la sienne. Mais il est probable que cette anecdote est fausse, et que fagot est ici un emploi métaphorique pareil à celui qu'a reçu fagoter; ou peut-être, fagot signifiant en anglais passe-volant , conter des fagots vient-il de compter des passe-volants. |{ 4°Seditquelqueloispour paquet, faisceau. J'ai reçu un fagot de lettres des Lavardins, sÉv. 233. Le fameux négociant qui reçut Charles-Quint dans sa maison, et qui alluma un fagot de cannelle avec une obligation de cinquante mille ducats qu'il avait de ce prince, montra plus de grandeur d'àme que l'empereur, volt. Dict. phil. Grand. Il Terme de commerce. Paquet de plumes d'autruche, plumes telles qu'elles arrivent de l'étranger. Il Populairement. Paquet de bardes, de linge, etc. Il 5* Ouvrage de charpenlerie, de menuiserie , dont les pièces démontées sont liées en paquet, en faisceau. || Terme de marine. Barques ou chaloupes en fagot, des barques et des chaloupes démontées, qu'on porte sur un vaisseau pour les monter dans le besoin. Il a bien fait de faire doubler la Belle, puisqu'elle a été estimée assez forte pour aller aux îles d'Amérique ; mais une autre fois il suffira de faire porter en fagot les membres des barques longues qui devront demeurer aux dites îles, afin de les faire border de poirier de l'Amérique, quand elles y seront arrivées. Ordres du roi, 5 avril (680, dans JAL. Il Terme de musique. Ancien synonyme de basson, ainsi dit parce que, se brisant en deux parties, il ressemble à deux morcaux de bois liés ensemble. Fagotto est en italien le nom du basson, et, dans la musique imprimée soit d'orchestre, .soit de chambre, souvent on donne ce titre à la partie du basson. {| Proverbes. Il y a fagots et fagots, c'est-à-dire il y a de la différence entre des personnes de même état , entre des choses de même sorte. Vous en pourrez trouver autre part à moins; il y a fagots et fagots; mais pour ceux que je lais.... MOL. lUéd. m. lui, I, 6. || Il y a bien de ia différence entre une femme et un fagot, se dit quand on parle de deux choses fort dissemblables.

— HIST. xiii* s. Nus feniers ne puet ne ne doit conporter ne faire conporter par la vile de Pans fagoz, se il ne sont vendus, Liv. des met. 243. Il XIV' s. Car par eux les fossez furent bientost empbs De fagos, de tonneaux qui furent desemplis,

Guescl. 212(5. Il XVI* s Et se jecte tout vestu

sur un fagot de paille, carloix, v, i&. Les fagots

marchands doivent estre espincez de trois pieds e1 demy de long, et neuf paulmes de cloyere au rond, Nouv. cousium. gén. t. ii, p. (49.

— ÉTYM. Bouigiiig. faigô; provenç. fagot; itaL fagotto, fangoito; angl. /'ojol ; kymri, fagnd; basbreton, fngod; irland. fogoid. Diez, qui remarque que le latin fagus, hêtre, dont quelques-uns ont lire fagot, aurait donné fayot, le tire de fax, torche, faisceau de bois inflammable; In c ayant été changé en g comme dans l'italien sorgo, du latin soruem, souris, et le provençal lugor, du latin lux, lumière ; le wallon a hac, fagot, qu'il rattache aussi à fax.

FAGOTAGE (fa-go-la-j'), s. m. || 1* Acte de celui qui fagote ; action de fagoter. Blondeau est assigné pour le port d'armes; il est comme un fou; je crains que mon fagotage n'en souffre, p. l. cour. Lett. ii, (42. Il %' Bois propre à être mis en fagots. Il n'y a que du fagotage dans ce bois. || 3° Kig. et familièrement. Travail, opération, collection faite à la hâte et sans soin. Il eût fallu faire un fagotage de réconciliation, SÉV. 500. Tout le fagotage de bagatelles que je vous mandais, id. 2I6. Je suis bien heureuse que de tels fagotages vous plaisent, id. I24. Mais n'admirez-vous point le fagotage de mes lettres? je quitte un discours, on croit en être dehors, et tout d'un coup je le reprends, id. (2 janv. {674.

— HIST. XVI* s. Dresser la garenne, sert et à se munitionnerdeconnins, et du fagotage pour le feu. 0. De SERHEs, 35. Ce fagotage de tant de diverses pièces se faict en cette condition, que je n'y mets la main que lorsqu'une trop lasche oysifveté me presse, mont, m, (96.

— ÉTYM. Fagoter.

t FAGOTAILLE (fa-go-tâ-ll', Il mouillées), *. f. Terme d'eaux et forêts. Garniture d'une chaussée d'étang avec des fagots.

— ÉTYM. Fagol.

FAGOTÉ, EE (fa-go-té, tée), part, passé. Il 1* Mis en fagots. Du bois fagoté. || 2* Fig. Fait de pièces diverses et grossièrement comme un fagot. Le Catholicon [sorte de dictionnaire] de Joaniies de Janua fagoté des recueilsde Papiasetde ceux d'Ugotion, Préf. du dict. de Furetière. || 3* Familièrement. Vêtu, arrangé comme un fagot. Eût-elle en vrai magot tout le corps fagoté.... corn, le Ment, i, 4. Vous voilà fagoté d'une plaisante sorte I mol. l'Ét. IV, (. Talma était fagoté on ne peut pas plus mal; des draperies si lourdes et si embarrassantes qu'il ne pouvait faire un pas, p. l. cour. ie(t. ii, (36. [l'héla est mal fagoté, cela est fait sans talent ou sans goilt.

t FAGOTEMENT (fa-go- te-man), *. m. Synonyme de fagotage.

— HIST. ivi* s. Fagottement, onom, Dict. FAGOTER (fa-go-lé), e. a. || 1* Mettre en fagots.

Fagoter du bois coupé. || 2° Fig. et familièrement. Mal disposer, mal arranger. Qui a fagoté cela ainsi? Il Habiller avec mauvais goût. Qui vous a fagoté comme cela? mol. Bourg, gent. v, (. C'est le cérémonial et l'étiquette qui fagoient ces gens-là comme vous les voyez, dideh. Salonde i767, OEu». t.xiv, p. 46, dans pouGENS. || 3° Arranger un conte, un mensonge, et, en un autre sens, tramer. Ils m'ont fagoté cent histoires invraisemblables. Je ne sais ce qu'ils fagotent ensemble. || 4° V. n. Terme de pêche. Faire rouler des fagots le long d'un étang pour forcer le poisson à descendre. || 5° Se fagoier, v. réfl. Être mis en fagots. Ce bois se fagote difficilement. Il Fig. S'habiller avec mauvais goût. On no peut se fagoter plus mal que cette femme. || Être composé , inventé sans grand soin. Ce sont des contes qui se fagotent en un rien de temps.

— Hisr. XIII* s. Nus marchanz de fein ne puet ne ne doit porter fein fagotez ne déliez de grange ne de mesun à nul des porz de Paris, Liv. des met. 245. Il XV* s. On alla aux bois lointains et prochains et commença-t-on à fagoter àgrand'plenlé [les Gantois devant Audenarde], froiss. h, ii, (65. || xvi* s. Sied Il pas bien à deux consuls romains.... d'employer leur loisir à ordonner et fagotter genliement une belle missive, pour.... mont, i, 288. Ce vénérable... emmailloté el fagolé dans une grosse robe fourrée, NOËL DU FAiL, Eutrapel, chap. (", De la justice.

— ÉTYM. Fagot.

FAGOTEL'll (fa-go-teur), ». m. || l" Celui qui fait des fagots. Payer les fagoteurs. {[ 2° Fig. et par dénigrement. Un fagoleur de romans.

— HIST. XIV* s. Le suppliant dist à icelui Thomas qu'il n'estoient mie en sa puissance ne d'un tel fagoteur mengeur de soupes.... du canoë, fagotare. Il XVI* s. Je voudrois estre un pitaut de village.... Ou fat-'oteur qui travaille au bocage, rons. 44.

FAGOTIN (fa-go-lin), s. m. || 1* Petit fagot préparé avec des morceaux de bois blanc qu'on

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