LXXXVIII
— XVI* s. L'un brusle et ard, l'autre est transi; Ou'ai-je que faire d'estre ainsi? habot, i, '^42. Vautil pas mieux doncques que tu la comptes. Que d'endurer mille peines et bontés? Certes si fait, 10. I, 2B4. Doresnavant que tu deviens homme et te fays grand, il te fauldra.... rab. Pant. u, s. Jo meurs, c'est faict de moy, id. tb. iv, 49. Dessoubs le voile nocturne Tout se fait paisible et coi, du bellày, ii:, 79, rectn. Il jappoit comme un petit chien, a quoi la chambrière estoit faite, qui lui ouvrait incontinent la porte, despeh. Contes, lvi. Je ne scay que faire de croire que ce le soit [je ne puis croire que c'est lui], ID. Cymbal. 77. Nous ne faisons que partir déboire, toutefoys.... id. ib. 79. II est pour faire un présent [digne d'être oflert en présent] au roy, ID. ib. 4 41 X ce que m'ayant perdu, ce qu'ils ont à faire bientost, ils y puissent retrouver aucuns traicts do mes conditions et humeurs, mont. Au lect. p. xi. Donner loy au pis faire, id. i, 2B. Faictes place aux aultres, id. i, 86. Nous n'en avons que faire, ID. I, 97. Les sauvages d'Escosse n'ont que faire de la Touraine [ils n'çn voudraient pas], id. i, h«. S'il y a quelque degré d'honneur, mesme au mal faire, ID. 1, 421. Se faire fort de veoir.... id. i, 423. Hommes faicts, ID. I, 481. Se faire le poil et les ongles, ID. tb. Il n'en fault pas faire à deux, in. I, 483. Caton n'en faisoit que rire, id. i, (89. Non comme il se faict [comme l'on faict], id. 1. 4 83. La bonne rhythme ne faict pas le bon poème, id. 1, 4 89. C'est une bonne chose que le bien dire, mais non pas aussi bonne qu'on la faict, id. 1, 4 93. J'estois desja si faict et accoustumé à.... id. i, 220. Soit qu'il feist soleil ou qu'il pleust, id. i, 260. Il ne faict que d'en venir, m. tb. Un esquif qui faict eau, id. h, 222. Costa faire aux seuls Spartiates de.... id. iv, 67. Il faict bien piteux et hazardeux, despendre d'un aultre, id. iv, 97. Qui le croiroit, s'il ne faisoit que l'ouïr dire et non le veoir? la boétie, 48. Ce sont ceux qui, ayant la teste d'eux mesmes bien faite, l'ont encore polie par l'estude et le sçavoir, id. 43. Mais comme on dit, pour fendre le bois, il se fait des coings du bois mesme, id. 66. De ton bien, il s'en feroit d'argent plus de cent fois autant, id. 447 Ou bien si toy mesme enseignes tes receveurs et les fais de ta main, m. 207. Si les hommes virent [tournent] la terre et la font [labourent] à bras, IR. 230. De chanter rien d'autruy meshuy qu'ay je que faire ? Car de chanter pour moy jo n'ai que trop à faire, m. 504. Par l'oisiveté les maladies se font plus fréquentes, et les corps deviennent délicats, lanoue, i2b. On m'asscura que la Ilretaigne, qui est des plus grandes, feroit [fournirait] aisément trois cens bons chevaux, ID. 233. Qu'un gentil-homme aille teindre son espée dans le sang de son ami, avec lequel il n'avoit fait auparavant qu'un lict, qu'une table, et qu'une bourse, 10. 247. Il commençoit à se faire tard, id. 5«2. Il commença à devenir presumptueux, se dévoyant es fa çons de faire de monarchie superbe et odieuse 1 cha.scun, amtot, Rom. 44. Ceulx qui estoient plus faits et plus forts, apportoient du bois : et cculi qui estoient plus petits et plus foibics, des herbes, m. Lyc. 36. C'est bien et dévotement fait, de penser que l'on ne doibt toucher aux trespassez, non plus qu'aux choses sacrées, id. Solon, 39. Quoy ! tu mors comme une femme, Alcibiades ; ce non fais, rcspondit il, mais comme un lion, id. Aie. 3. H prit plaisir et fcit gloire de se vcstir simplement, ID. Pélop. 6. Et si estoit (la barque] desja si pesante et si remplie de l'eau qu'elle faisoit que.... n>. Lucull. 24. Lucullus ne faisoit que de se mettre à sommeiller, ID. tb. 29. Il se meta U voile sans abordoi
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nulle part, sinon où il estoit contrainct à ce faire, pour prendre vivres ou faire eau, amyot, Pomp. (07. Si bien Caton, disoit-il, n'a que faire do Rome, certainement Rome a affaire de Caton, id. Cat. d'Utiq. 44. Caton, onques puis ce jour là, ne feil ny ses clieveux, ny sa barhe, id. ib. 88. Leur disant que la perte n'estoit pas à l'adventure si grande comme Ton la faisoit, id. i&. 77. Sans y avoir esgard, ilz avoient tousjours fait les choses qu'ilz voyoient estre à faire par raison, id. Demnsth. 27. Ctesiphon l'escrimeur voulut faire [lutter] à coups de pied, et regibber à rencontre de sa mule, id. Com. refréner la colère, H. Les Abantes sont les premiers qui se sont ainsi faictz tondre, id. Thésée, 5. Le peuple ne s'en feit que rire [ne fit que s'en rire], id. Pélop. Ba. N'avez-vous fait qu'une maîtresse à Paris? d'aub. Fœn. ii, ui. Il se fait donner des cizeaux, commence à s'en faire les ongles, id. ib. m, B. Ceux-ci, ayant faict aeouo hommes, assiégèrent Ulpian, id. Ilist. I, 24. Je n'ai que faire à ceux à qui nature a donné le ventre pour délices, l'esprit et le courage pour fardeaux, eux aussi n'ont que faire de moi, id. i6. II, 489. Le patient au lieu d'urine fait du sang, PABÈ, VIII, 34. Il entra en matière et monstra que ce décret faisoit pour lui [lui était favorable], slei- DAN, I* 6. Les vents appaiseront leurs haleines terribles, La mer se fera douce, bons. 930.
— ÉTYM. Bourguig. fare; picard, fouère, foaire; wallon, fér; provcnç. far, fair, faire; catal. fer; espagn. hoser; portug. faxer ; itai, fare, du latin facere. On est incertain pour la provenance de la racine fdc. Curtius, Étym. grecques, i, 52, 2)9, la rattache, non sans vraisemblance, au sanscrit dhd, faire, poser, qui a donné le grec tiOyiiii; dh sanscrit se change quelquefois en f dans le latin, par exemple dhûma, fumus; le c serait une lettre euphonique, comme en grec dans l9>)-xa; enfin l'a bref de facio aurait son parallèle dans l'c bref du grec 9é(ji;.
2. FAIRK (fê-r*),».™. ]] !• L'action, la puissance de faire. Dieu donne le vouloir et le faire selon son bon plaisir, fén. Exist. I, 65. Que je te hais, dit-elle, en embrassant le sire ! Contraste assez plaisant du faire avec le dire, lamotte, Fab. v, 20. || 2° Terme d'art. Manière propre de chaque artiste. Les anciens graveurs de la Grèce avaient un faire léger et fin, MACIETE, Des pierres gravées, p. 84, dans m- CHELET. Donnez à Vien la verve de Doyen qui lui manque, donnez à Doyen le faire de Vien qu'il n'a pa.s, et vous aurez deu:î grands artistes, dibebot, Salon de 1767, Œuvres, t. xiv, p. 319, dans pougens. ]| Ton général, caractère d'une œuvre. Ce tableau est d'un beau faire. Le faire en est incomparablement plus libre, plus fougueui, plus hardi, plus chaud et plus beau, diderot, Salon de t7fi7, t. XY, p. 61. Il Diderot l'a écrit sans signe du pluriel : Il y a une infinité de faire différents. Peint. en cire. Œuvres, t. xv, p. 390. Il vaut mieux lui donner ce signe : Des faires différents. || Proverbe. Il y a loin du dire au faire.
— ETYsi. Faire t .
FAIRE LE FAUT (fê-re-le-fô), s. m. Chose inévitable, qu'il faut faire, subir. La maréchale de Rochefort, qui croyait honorer fort sa place de dame d'honneur de Mme la duchesse d'Orléans, la désolait de plaintes et de reproches; et, puisque je voyais la chose devenir un faire le faut.... st-sim. 873, (98.
— REM. L'Académie, qui a faire le faut à faibe, l'écrit sans trait d'union.
— HIST. xv s. X mon jugement, c'est un faire le fault d'en sortir à ce coup; la remise serviroit de ruine, Biblioth. des chartes, 3« série, t. i, p. 5H. Il XVI' s. Et c'est à toi un faire il le faut; autrement.... LA EOÉTIE, )I7.
— ÉTYM. Faire, le, et faut de falloir. FAISABLE (fe-za-bl'), adj. Qui peut être fait.
Commandez-moi des choses faisables. La proposition que vous croyez si faisable, boss. Lett. Corn. 44. Il Cela est faisable, se dit aussi d'une chose qui ne répugne point à la justice. || Au billard, une bille faisable est celle qu'on peut faire. La bille est faisable. Placé ainsi, vous n'êtes pas faisable.
— HIST. 3uv* s. Election n'est pas par especial opinion de choses faisables par nous, oresme, Elh. 65.
— ÉTYM. Faire. On trouve aussi faisible. FAIS.iN (fè-zan; quelques-uns prononcent fe-zan,
mais c'est par une mauvaise tendance à l'assimiler au participe faisant, qui se prononce en effet fezan), s. m. Il 1° Oiseau de la famille des gallinacés, de la grosseur d'une poule. Il suffit de nommer cet oiseau pour se rappeler le lieu de son origine ; le faisan, c'sst-à-dira l'oiseau du Phase, était, dit-
on, confiné dans la Colchide avant l'expédition des Argonautes, bukf. Pis. t. iv, p. 60, dans pougens. Il 2° Faisan d'eau, le turbot, ainsi dit à cause de la bonté de sa chair.
— HIST. XV* s. Le suppliant et Jehan Baudelot dirent qu'ilz iroient veoir dedens le bois, se l'on y trouveront aucuns qui chassaissont aux cocq-Limoges, autrement nommez faisans, delabobde. Émaux, 223. Il xvi's. Faisant bruant [coq de bruyère], vingt deniers, faisant non bruant ou gentil |le vrai faisan], deux sols six deniers, Cotislum gin. t. ii, p. 407. Faites que soyez secret, luy montrant bon visage ; autrement la queue du faisant se gasteroit [la mèche s'éventerait], Nuits de Straparole, t. i, p. 85, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. faisan, fayhan; catal. faysà ; espagn. faysan; portug. faisâo; ital. fagiano; du latin phasianus, de Phasis, le Phase, Heuve de la Colchide, d'où cet oiseau fut apporté en Occident.
FAISANCES (fe-zan-s'), s. f. pi. \\ 1" Tout ce qu'un fermier s'oblige de fournir à son baiUeuren sus du prix du bail. Il 2° Terme rural. Faisance-valoir, action de faire valoir une terre ; terre que l'on fait valoir.
— HIST. XII' s. Que vus puissiez as autres bucns essamples duner; Car à vostre faisance volent tuit [tous] esguarder. Th. k mart. 78. || xiii° s. Pour toutes rentes et pour tous services, pour toutes faisances et pour toutes autres choses, du cangb, fesancia.
— ÉTYM. Faisant, l'aisance dans l'ancienne langue signifie, comme cela doit être, action de faire; d'où le sens très-particulier que ce mot a pris dans le langage rural, de très-bonne heure du reste.
FAISANDE (fè-zand'), adj. Voy. faisane.
FAISANDÉ, ÉE (fè-zan-dé, dée), part, passé. De la viande faisandée.
FAISANDEAU (fè-zan-dô), s. m. Jeune faisan. Un faisandeau bien gras est un morceau exquis et en même temps une nourriture très-saine, buïf. Oiseaux, t. IV, p. »2, dans pougens.
— IIIST. xvi« s. Faisanneau, cotgrave.
— ÉTY.M. Diminutif de /'a ùan, comme si on écrivait faisand.
FAISANDER (fè-zan-dé), V. a. \\ 1° Donner au gibier, en le gardant quelque temps, un certain fumet que le faisan prend en se mortifiant. || Se dit aussi de toute viande qu'il est à propos de garder avant de l'apprêter. || 2° Se faisander, v. réfl. Devenir faisandé. Il Avec ellipse du pronom se. Vous avez trop laissé faisander ce lapin.
— HIST. xiv s. Chapons faisandés de deux ou trois jours, Kénagier, ii, 6. Pour les faisander, il les convient saigner, et incontinent les mettre et faire morir en un seel d'eaue froide, et tantost remettre en un aultre seel d'eau très froide, et cil sera faisandé ce matin mesmes comme de deux jours tué, tb.
— ÉTYM. Faisan, comme si on écrivait faisand, parce que le faisan a besoin d'être gardé avant d'être mangé.
FAISANDERIE (fè-zan-de-rie), s. f. Lieu où l'on élève des faisans. Quelques économistes no donnent que deux femelles à cliaque mâle, et j'avoue que c'est la méthode qui a le mieux réussi dans la conduite d'une petite faisanderie, que j'ai eue quelque temps sous les yeux, buff. Ois. t. iv, p. 76, dans pougens.
— ÉTYM. Faisan, comme si on écrivait faisand. 4. FAISANDIER (fé-zan-dié; l'r ne se lie jamais;
au pluriel, l's se lie : des fè-zan-dié-zhabiles), s. m. Celui qui tient une faisanderie. La quantité do la nourriture, l'étendue et l'exposition de la faisanderie, les soins du faisandier, comme serait celui de retirer chaque poule aussitôt qu'elle est fécondée par le coq, buff. Ois. t. iv, p. 70, dans pougens.
— HIST. XVI' s. Faisannior, cotgrave.
— ÉTYM. Faisan, comme si on écrivait faisand. f 2. FAISANDIER (fè-zan-dié), s. m. Nom donné,
dans les Landes, k des métayers de passage.
— ÉTYM. Bas-lat. facienda, ferme, exploitation; du latin facere, faire; espagn. haciendero.
FAIS.\NE (fè-za-n'), s. f. La femelle du faisan. Il Adj. Poule faisane. Il On dit aussi faisande.
— HIST. xv s. Faisandes deviennent bécasses [les belles femmes deviennent vieilles et laides], coquil-
LART, p. 13, dans LACURNE.
— ÉTYM. Faisan.
i FAISANT, ANTE (fe-zan, zan-t'), adj. Qui fait, qui agit. Je puis dire que mon père fut l'homme le plus obligeant, le mieux faisant et le plus généreux qui ait paru à la cour, st-sim. 6, 84.
FAISCEAU (fè-sô), s. m. Il i° Assemblage de choses longues, liées ensemble. Un faisceau de piques, de flèches. Voyez si vous romprez ces dards liés ensemble.... Tous perdirent leur tenj^Sj le faisceau ré-
sista, LA POMT. Fabl. IV, ( 8. Il Fig. Les immolant tous trois à ses voeux politiques De faire un seul faisceau des tiges monarchiques, lesjerc. Frédégonde et Br. IV, ) . Il En parlant de personnes bien unies. Former un faisceau. |{ i'Auplur. Verges liées avec une hache qui les surmontait ; c'était chez les Romains le symbole de la puissance; les faisceaux étaient portés par les licteurs: les verges servaient à frapper les condamnes, et la hache à leur couper la tfite. Les consuls avaient douze faisceaux ; le dictateur en avait vingt-quatre, le iiroconsul et le préteur n'en avaient que six. Néron devant sa mère a permis le premier Qu'on portât des faisceaux couronnés de laurier, hac. Jîril. i, ). || Prendre les faisceaux, être élevé à la dignité consulaire. || Déposer, rendre les faisceaux, se démettre de l'autorité consulaire ou dictatoriale. Sylla marche en public sans faisceaux et sans haches, cobn. Sertor.v, 2. {j 3°Toute espèce d'assemblage que l'on compare à un faisceau. L'Islande est peut-être la contrée de l'univers où il y en a le plus (de sources chaudes], parce que cette île n'est, pour ainsi dire, qu'un faisceau de volcans, buff. Min. t. m, p. )87, dans pougens. Il Terme de physique. Faisceau aimanté, réunion méthodique d'aimants naturels ou artificiels, accolés de manière que les pôles semblables s ient réunis et puissent se renforcer mutuellement. || Faisceau lumineux, assemblage de rayons de lumière partant du même point, se dirigeant dans l'espace en divergeant, et formant un cône lumineux. Plusieurs pinceaux constituent un faisceau. || Terme d'anatomie. Groupe régulier de fibres. Faisceau fibreux. Faisceau musculaire. Faisceau nerveux. || Terme d'architecture. Colonne en faisceau, colonne formée d'un assemblage de petites colonnes. || 4° Terme militaire. Piquet dans un camp, où sont maintenus les drapeaux et les étendards. || Assemblage de fusils qu'on forme en engageant les baïonnettes les unes dans les autres. Mettre les fusils en faisceaux. Rompre les faisceaux. || Il se dit aussi d'une espèce de piquet autour duquel on range les fusils. Courir au faisceau dans une alerte. || 6° Terme des ardoisières. Ardoises irrégulières par leur forme et leur épaisseur.
— HIST. XIII' s. Quatre vingt milliers de reime [branches] et soixante neuf milliers de faisseaux, DU CANGE, Constantinople, Chartes, p. 26. || xV s. Comme le suppliant eust marchandé de coupper et abattre certaine quantité de bois et en faire des fagos et faschiel, du cange, fascia. || Longueur de faisceaux, c'est trois pieds et demy, Coust. gén. 1. 1, p. 814.
— ÉTYM. Bas-lat. fascellus , diminutif du lai fascis, faix.
f FAISELEUX (fê-ze-leû), s. m. Ouvrier qui enlève, dans les ardoisières, les faisceaux, les décombres.
— ÉTYM. Fai.Kcau.
FAISEUR, EUSE (fe-zeur, zoû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fait quelque chose. Ce n'est plus le marchand au port.... qui se propose des gains sans danger.... c'est un faiseur de vœux au milieu de la tempête, qui se repent d'être parti du logi.s, BALZ. De la cour, 4' discours. Je n'aime pas les faiseurs de remontrances, mol. le Fest. i, 2 liais quoi ! rien ne remplit Les vastes appétits d'un faiseur de conquêtes, la font. Fabl. viii, 27. Puis, comme on sait, dévots et pauvres gens. Pour honorer l'état du mariage, Sont la plupart de grands faiseurs d'enfants, sE.nixé , Serpent mangeur de Kaimac. Tous les faiseurs de projets sont trompés eux-mêmes les premiers, comme Law le fut dans son système, volt. Dict. pliil. {force physique). Warwick chassa enfin d'Angleterre le roi qu'il avait fait, et alla à la tour de Londres tirer de prison ce même Henri VI qu'il avait détrôné, et le replaça sur le trône ; on le nommait le faiseur de rois, id. Mœurs, Il 6. Il faut savoir que les faiseurs de tragédies, c'est-à-dire les rois et moi, nous sommes siffles quelquefois par un parterre qui n'est pas trop bon juge, id. Lett. Thiriot, 9 oct. 1742. Une douzaine de faiseurs et faiseuses de cabrioles que V. M. fait venir de France dans ses États, id. Lett. roi de Prusse, 49. Ces erreurs sont de peu d'importance, en comparaison de celles où les faiseurs de collections, qui n'ont pour tout mérite que le faste des cabinets,entralnent les naturalistes qui suivent ces mauvais guides, buff. Ois. t. xi, p. 71, dans pougens. Il Faiseur de tours, escamoteur. |] Faiseur d'affaires, homme qui a un cabinet et qui , moyennant un bénéfice, traite pour autrui toute sorte d'affaires d'argent. || Par extension et familièrement. Faiseur d'embarras, celui quiaffecte des airs, des prétentions. Il Faiseur de.... celui qui fait semblant de faire, ou
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qui alTccle une apparence de.... Ne to voilà-t-il pas comme ces faiseur» do sensiblerie qui voient un sentiment partout? PICARD, Petite ville, m, a. || 2° Celui, celle qui fabrique certains objets, l'n faiseur d'instruments. Une faiseuse de corsets. Dieu n'est point un simple faiseur do formes et défigure» dans une matière préexistante, boss. ^(^ml. m, ï. Vous portez les mêmes jarretières que la reine, vous les prenez donc chez la même falsouse,vOLT. Zadig, cti. 7. || Familièrement. Cela est d'un bon faiseur, c'est l'œuvre d'un artisan habile et renommé. J'ai remarqué que leurs rabats ne sont pas de la bonne faiseuse, uol. les Prie. 5. Il 8* 11 se dit en parlant des auteurs. Mais nous autres faiseurs de livres et d'écrits, boil. Éplire vi. Mon ancien ami, mon philosophe, mon faiseur de beaux vers, volt. Lettres en vers et en prose, <&'. Je fus bercé par tes faiseurs De vers , de chansons, de poèmes, bêrang. Veux cousins. || Souvent il se prend on mauvaise part. C'est lui [l'amour] qui sert de matière aux faiseurs de romans et aux poètes, desc. Pass. »o. Le vieux tailleur s'écrie : eh quoil ma fille Ne m'a donné qu'un faiseur de chansons! Mieux jour et nuit vaudrait tenir l'aiguille Que, faible écho, mourir en de vains sons, bérang. Tailleur et fée. Être un faiseurhabile De contes graveleux, lo.ilo^er B.jl C'est un faiseur de phrases, se dit de celui qui fait do belles phrases, de grandes phrases, sans beaucoup d'idées. || C'est un faiseur d'almanachs, c'est un hommequi aime à pronostiquer. || Absolument. Celui qui travaille habituellement pour un autre. Ce théâtre, ce libraire a ses faiseurs attitrés. Ce ministie a un bon faiseur. || i° Absolument et en mauvaise part. C'est un faiseur, c'est un homme qui a envie de faire du nouveau, du bruit, de changer. Les faiseurs sont redoutés dans les administrations. || Un faiseur, un intrigant; celui qui fait des affaires peu honorables. || Proverbe. Les grands diseurs ne sont pas les grands faisf urs, c'est-à-dire ceux qui se vantent le plus sont ordinairement ceux qui font le moins.
— REM. On trouve aussi dans les livres l'orthographe feseur, conforme à la prononciation.
— HlST. XIV* s. Et pour ceceuli qui sont faiseurs de bonnes œuvres sont loés à cause de leur vertu, ORESME, Eth. 28. Et injustice est operative ou faiseresse, et par elle sont faiz les extrêmes, i». tb. (53. Il XV* s. Car pour rimer-... N'est aujourd'hui, bien le puis soustenir, Si grant faiseur ne si noble pouette, E. DESCH. Poésies tnss. f" 236, dans lacurne, au mot put. Il xvi* s. Si j'estoy faiseur de livres, mont, i, si . Voilà pourquoy les faiseurs de lois defîendent les donations entre le mari et la femme, m. i, 215. Il vouloit donner les diseurs pour juges aux faiseurs, d'aub. Hist. I, 466. De grand vanteur, petit faiseur,
COTGBAVE.
— ÊTVM. Fotïanl; picard, f oiseux, (oiseux de fagolt, menteur; bourguign. feieu; wallon, feû. L'ancien français avait faisiere, au nominatif, et faseor, au régime; ces formes répondent à un bas-lal. fac- Idtor, factatArem, et non à faclor, factorem, qui avait donné failre, factor.
f FAISSE (fc-s') , s. f. Cordon de plusieurs brins d'osier placé de distance en distance pour fortifier un ouvrage de vannerie.
— ETYM. Lat. fascia, bande.
t FAISSELLE (fè-sè-l'), s. f. Panier d'osier, corbeille ou paillasson pour le fromage. I| Vase en terre percé de trous dans le fond, pour laisser égoutter le petit-lait qui s'y sépare de la partie caséeuse et coagulée. |1 En Normandie, la table sur laquelle on presse les marcs de pommes, pour les faire égoutter.
— HIST. XIV" s. Faisselle à faire fourmage, du cange, Hscina. Il XVI' s. Par les trous des faisselles ou esclisses, les fourmages s'esgoutteront, o. de serres, 287.
— ETYM. Génev. farcelle; Jura, (achalU ; Berry, fachellc; du latin fiscella, diminutif de fiscus, panier (voy. Fisc).
t FAISSER (fi-sé). II. o. Garnir (le cordons d'osier un ouvrage de vannerie pour le rendre plus fort.
•— ETYM. Lat. fasciare, lier, botteler, de fascis, faisceau (voy. faix).
+ FAISSERIE (fè-ze-rie), *. f. Tout ouvrage de vannerie à claire-voie.
— ETYM. Faisser,
t. FAIT, AITK (f6, fè-t'), part, passé de faire. Il 1* Formé, exécuté. L'homme fait à l'imago de Dieu. Un tertre fait de main d'homme. Ce tailleur vend des habits tout faits. || Familièrement. Ce n'est ni fait ni à faire, se dit d'un travail mal fait, et, particulièrement, d'un travail littéraire, d'une rédaction , etc. Il Fig. Suivez le roi , seigneur, votre ambassade est faite, corn. Nicom. tu, 2. Je pourrais décider, car ce droit m'appartient; Mais rapf ortonsrDOUs-cn. — Soitfait, dit le reptile, la font.
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Fabl. X, 2. Il C'est une nouvelle, une histoire, un conte fait à plaisir, la nouvelle, l'histoire est controuvée, le conte n'a rien de vrai. || C'est un grand pas do fait, on a beaucoup avancé ce dont il s'agit. il C'est judicieusement fait à lui, il a agi judicieusement. C'est fort bien fait à vous, moi., le Fett. I, 2. Il Tout est fait, rien autre n'est nécessaire. Dans toutes les assemblées qui s'étaient tenues jusqu'alors dans le parti, dès que Luther y était et qu'il avait parlé, Mélanclithon nous apprend lui-même que les autres n'avaient qu'à se taire, et tout était fait, Boss. Var. IV, $ 33. On croit que tout est fait quand on a rempli ce devoir, mass. Carême, Culte. || Voilà qui est fait, la chose est décidée. Voilà qui est fait, votre frère va nous quitter, sKV. «3. Oh! voilà qui est fait; je renonce à toutes les femmes et à tous les trésors du monde, Marivaux, Surpr. de l'amour, l, a. Voilà qui est fait, je n'aimerai plus d'impératrice de ma vie, voi.t. Lelt. à Catherine, { :)«. || Cela vaut fait, c'est comme si la chose était faite. Il sulfltque le mort soit venu m'en instruire; Cela vaut fait.... HAUTER0CHE, le Deuil, se. 6. Il On dit de même . Tenez cela pour fait. || AussitAt dit, aussitdt fait, se dit pour exprimer que l'action suitaussitât la parole. Il Familièrement. C'est fait pour moi, cela semble fait pour moi, n'est fait que pour moi, cela n'arrive qu'à moi, en parlant de désagréments, de malheurs. Il On dit de même : C'est un fait exprès, c'est comme un fait exprès. Se pourrait-il.... elle aussi.... c'est donc un fait exprès, picard. Trot.': quartiers, ii, < S. Il C'est une affaire faite, exprime que la chose est terminée, et aussi qu'il n'y a plus à revenir làdessus. Il Est-ce fait ? se dit communément pour demander si une chose est achevée. || C'est fait, se dit pour avertir que la chose est achevée. || Est-ce fait? se dit dans les jeux des enfants pour demander si celui qui doit chercher peut commencer; en cas d'affirmation, on répond : fait. || 2* bien fait, mal fait, ayant le corps bien ou mal proportionné. Si pour toucher son cœur j'étais assez bien faite, corn. Âgésil. II, 7. Il est noble chez lui, bien fait de sa personne, mol. Tari, u, 3. Bien fait de corps, la font. Uandr. Cela serait plaisant que votre fille ne fût pas bien faite, sÉv. to. || Fait à peindre, dont le corps est tellement bien fait qu'il mériterait de servir de modèle à un peintre. C'était une grande fille faite à peindre, qui se mettait bien, qui marchait comme une déesse, hamilt. Gramm. ch. ». || On dit dans le même sens : fait à plaisir, fait à ravir, fait au tour ou au moule. || Avoir la taille bien faite, mal faite, avoir une belle taille, une vilaine taille. Avoir la jambe bien faite, mal faite, bien, mal conformée. Il Ironiquement. Cela lui rend la jambe bien faite, se dit de quelque chose dont on tire avantage, mais qui ne peut être d'aucune utilité. || 3" Constitué, disposé. Je ne sais pas comme sont faites vos beautés d'Asie, mais je vous assure que cinq ou six des plus belles personnes de l'Europe sont devenues amoureuses de vous, voir. Lelt. «2i. Dos Parthes le mieux fait d'esprit et de courage, corn. Suréna, i, I. Le sort avait raison, tous gens sont ainsi faits; Notre condition jamais ne nous contente, LA font. Fabl. VI, u. Dire d'un, puis d'un autre, est-ce ainsi que l'on traite Les gens faits comme moi? me prend-on pour un sot? m. «6. iv, ts. On est faite d'un air, je pense, à pouvoir dire Qu'on n'a pas pour un cœur soumis à son empire, mol. Femmes sav. II, 3. Il ajoute qu'il est fait ainsi et qu'il dit ce qu'il pense, la bbuy. v. Voyez, mon cher Télémaque, comme les hommes sont faits! vous voilà tout désolé parce que vous avez vu votre père sans le reconnaître, fén. Tél. xiiv. Les hommes sont faits de façon qu'ils veulent bien commettre le mal, mais ils ne veulent pas qu'on le leur prêche, volt. Dict. phil. Fraude. Les ennuyeux et les pen-ers Composent ce vaste univers; Le monde est fait comme la France, id. Eptt. «2. Messieurs les Parisiens s'imaginent toujours que le reste de la terre est fait comme le faubourg Saint-Germain et le quartier du Palais-Royal, w. Lett. Thibouville, U janv. (776. Mon cher et respectable ami, comment donc sont faits les grands hommes, si celui-là [le roi de Prusse] n'en est pas un? id. Lett. d'Argental, 4 sep. <750. Il faut avouer que, s'il y a eu de la raison dans sa conduite, cette raison n'était pas faite comme celle des autres hommes, id. nu.(îi>, ii, ).|| Ksprit bien fait, mal fait, personne dont la raison est, n'est pas saine et droite. C'est aux rois, c'est aux grands, c'est aux esprits bien faits.... corn. Ilor. v, 3. Les choseslcs plus simples ne se font pas d'elles-mêmes, et elles se font toujours mal par les esprits mal faits, fén. Éduc. des lillts, 13. Je sais que tous les lieux sont égaux pour les esprits bien faits, mais il n'en est pas de
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même quand les esprits bien faits ont des cœurs son sibles, VOLT. Lelt. Chauvelin, a aoât 1703. {{ On dit dans un sens analogue, avoir le cœur bien fait. Consultez-vous, et soyez mes témoins, ô mes lecteurs 1 ou consultez du moins Ces cœurs bien faits, où la vertu sincère Ne fut jamais ime plante étrangère, mai^ FIL. Narcisse, ch. 1. 1| Avoir la tète mal laite, être bizarre, déraisonnable. || 4* Constitué en une certaine dignité. L«s princes à faire ne peuvent se passer de ces gens-là (les bons conseillers], et le» princes laits en ont grand besoin, balz. De la cour, I" dite. || 6* Habitué. Hais votre bras au crime est plus fait que le mien, cokn. Hodog. v, t. Car les femmes y sont faites à coqueter, mol. Ée. des f. I, o. 11 y a soixante ans que j'y suis accoutumé [à la calomnie] , mais je n'y suis pas encore entièrement fait, volt. Utt. à d'Àlembert, lus. Il t' Être fait pour, être propre à, capable de. Cet liomme n'est pas fait pour un pareil emploi. Une duchesse de Berry était faite pour lui céder ses dames [à la duchesse de liourgogne], quand il lui plairait de les vouloir prendre, st-sim. 2s8, i3t. Cette manière d'écrire n'est pas faite pour aller à la postérité, volt. Phil. m, <07. Un homme que la perte trouble.... un homme avare ne sont |ias plus faits pour jouer, que ceux qui ne peuvent atteindre à l'esprit de combinai.son, vaovei» Du jeu. Il 7* Destiné. Oui de l'âne ou du maître est fait pour se tasser, LA FONT. Fab. III, <. Ses maximes [du duc de liourgogne] étalent que les rois sont faits pour les sujets, et non les sujets pour les rois, nucLOS, Higne de Louis XIY, Œurres, t. v, p. 61, dans poloeks. Non, non le consulat n'est point fait pour son tge, VOLT. Brutus, II. 4. De ce bonheur qui semblait fait pour tous. Le beau Narcisse, Écho, sa belle amante, Sont privés seuls par un pouvoir jaloux, malfil. Narcisse, ch. ii. |l N'être fait que pour, être destiné seulement à. Ce que je vous dis là au reste n'est fait que pour vous, mademoiselle; vous le sentez bien, MARiv. Marianne, u* part. || 8* Habillé, arrangé. Suis-je fait en voleur ou bien en assassin? cobk. Suite du Ment, i, <. Je suis dehors, faite comme un loup-garou, sÉv. 23). La véritable reine reprenait un teint frais et vermeil; mais elle était crasseuse, court-vêtue et faite comme un petit torchon qu'on a traîné dans les cendres, fén. t. xix, p. 6. || Comme le voilà fait! se dit de quelqu'un plus mal vêtu, plus mal arrangé que d'ordinaire, et aussi de quelqu'un qui n'a pas aussi bon visage que d'habitude. Dieu, comme êles-vous fait! Régnier, Sat. xi. Comme le voilà fait! Débraillé, mal peigné, l'œil hagard.... regnard. Joueur, i, 7. |{ On dit de même : être fait comme un voleur. |{ Être fait comme il plaît à Dieu, se dit d'une personne dont les vêtements sont en désordre. || 9" Accompli. On n'a jamais pris le deuil des enfants de la reine quand ils n'avaient pas sept ans faits, st-sim. it9, 73. || Homme fait, homme arrivé à la force de l'âge. Il jle peuple] ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus, MONTEso. Esp. IV, 6. En vérité, je suis presque amoureux Non d'une jeune enfant, mais d'une femme faito, cOLi.m d'uarl. Vieux eélib. iv, 2. (| C'est déjà un homme fait, en parlant d'un jeune garçon qui grandit, qui devient sage, capable. Je me crojais déjà un homme fait, fén. Tél. m. ||Terme de manège. Cheval fait, qui n'est plus jeune et qui est dressé. Il U se dit aussi des choses qui ont atteint leur plus haut point. Votre style est devenu comme on peut le souhaiter; il est fait et parfait, sÉv. M&. Quelques gens de lettres dont la réputation soit faite et dont le témoignage ait du poids, genlis, Veill. du chit. t. III, p. lus, dans P0U0ENS. || 10* Oui est à point pour être mangé. De la viande faite. Le fromage est fait. Il 11" Terme de marine. Vent fait, vent qui a déjà soufflé quelque temps dans un certain rumb et qu'on croit devoir durer. || f>n dit de même : temps fait Le flot, le jusant sont faits, iursque le courant en a atteint sa vitesse moyenne. || 12" Phrase faite, phrase consacrée dans sa construction et dans laquelle on ne peut rien changer. Les idiotismrs sont des phrases Imites. Il y a un certain nombre de phrases toutes faites que l'on prend comme dans un magasin et dont l'on se sert pour se féliciter les uns les autres sur les événements, la brut. viii. || Mot fait, mot autorisé par l'usage. Ce mot est fait, n'est pas fait. Il 13" X prix fait, à prix convenu. Les impudicités les plus monstrueuses avaient leur prix fait, volt. Moeurs, til. Il 14" Toutes charges faites, toutes charges payées. LaSilésie. laquelle vaut par an à son vainqueur quatre millions sep', cent mille écus d'Allemagne, toutes charges faites, volt. Lett Thiriot. l oct. 1742. Il 15" C'en est fait, la chose est accomplie. Mais puisque c'en est fait, le mal est sans remodo ,
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COTIN. Ci'il, 11, 4 . C'en est fait : on dira que Phèdre Inip coupable De son époux trahi fuit l'aspect redoutable, BAC. Phèd. m, 3. Il C'en est fait, se dit aussi [our indiquer une résolution rrrévocablement prise. C'en est fait, je m'expatrie. || 16" C'est fait de moi, je suis perdu. C'est fait de votre vie et je vous le promets, CORN. Nicom. V, 7. S'il m'échappait un mot, c'est fait de votre vie, rac. Bajax. ii, i . Mentor m'abandonne, c'est fait de moi, fên. Tél. vu. || On trouve aussi : C'en est fait de. Nous sommes tous perdus, c'en est fait d'Israël, bac. Esth. i, 3. C'en était fait de lui et de son armée, si sa bonne fortune ne lui eût envoyé Varron, bollin, Hist. anc. ÛEhi'. t. i, p. 433, dans pouOENs. || La locution c'en est fait de.... n'est pas grammaticalement explicable; on oublie le rapport exprimé par en, et on l'exprime de nouveau par 'ie; il y a pléonasme vicieux; et, bien que Racine et Rollin s'en soient servis, il ne faut pas les imiter. Il !?• Terme de beaux-arts. Le bien fait, le mal fait, l'exécution bonne ou mauvaise d'un tableau, d'un dessin, particulièrement en ce qui concerne les détails et leur arrangement. || Proverbes. Ce qui est fait est fait, quand une chose est accomplie, il faut en prendre son parti. || Ce qui est fait n'est pas à faire, quand on peut faire une chose, il ne faut pas la différer à un autre temps; et aussi, il ne faut pas revenir sur ce qui est fait. Vous critiquez, vous dites qu'il fallait s'y prendre autrement, mais ce qui est fait n'est pas à faire.
2. FAIT (fè ; le î se lie ; un fè-t accompli ; au pluriel, l's se lie : les fè-z accomplis), s. m. |l 1° Chose faite, acte, action. Chacun répond de son fait. Saisir un fait par un mot, et le caractère et les mœurs d'une nation par un fait, stael, Corinne, xi, 4. Pour fait d'outrage aux enfants d'Henri Quatre , De par le roi payez dix mille francs, bébang. Dix mille francs. \\ Venir au fait, passer à l'acte Notre galant n'étale Un long narré; mais vient d'abord au fait, LA FONT. Magn. || Au fait et au prendre, au moment d'agir, de parler, etc. || Prendre quelqu'un sur le fait, le surprendre dans l'acte même qu'il commet. Il Fig. Ah I disait-il, j'ai pris la nature sur le fait, mais il se trompait sur les apparences, ce qui n'arrive que trop, soit qu'on se serve ou non des microscopes, VOLT. Microm. 6. {] Convenir de ses faits, s'entendre d'avance sur ce qu'on fera. Cette dame et celui-ci convinrent de leurs faits par l'entremise de la duèpne, LESAGE, Guzm. d'Alf. ch. 3. || Cela est du fait d'un tel, c'est un tel qui en est l'auteur. S'il y a de la contradiction, elle est du fait de la nature, et non pas du mien, j. j. eouss. Conf.xn. || 2" Au plur. Belles actions, exploits Elle [mon amitié] est comme tes faits, sans borne et sans mesure, botb. Bélis. H, 6. Ouelqu'autre te dira d'une plus forte voix Les faits de tes aïeux et les vertus des rois, LA FONT. Fabl. Dédicace. Les faits de guerre ne sont pas trop amusants, et je dis hardiment qu'il n'y a rien de si ennuyeux qu'un récit de batailles inutiles, qui n'ont servi qu'à répandre vainement le sang humain, volt. Lett. Mme du Deffant, 22 févr. )769. Il On le joint souvent en ce sens avec une épithète. Traçant l'histoire De tes faits laborieux, MALH. Il, 2. L'éclat de mes hauts faits fut mon seul partisan, cobn. Cid, 1, 3. Si par d'illustres faits on peut les mériter, rac. Théb. v, 3 Poursuis, Néron, avec de tols ministres Par des faits glorieux tu vas te signaler, m. Brit. v, 6. || Faits et gestes d'une personne, se dit, par plaisanterie, de sa conduite. Il 3"Fait de guerre, acte qui a le caractère de guerre entre nations. || Il se dit aussi pour combat : C'est un brillant fait de guerre. |l Voie de fait, acte par lequel on s'empare violemment d'une chose; acte de rigueur. Il traita durement le peuple par voie de fait, boss. Hist. m, 7. || Par extension, coups portés, blessure faite par la violence; en ce sens il se dit surtout au pluriel. || 4° Terme de palais. Prendre le fait de quelqu'un, prendre fait et cause pour quelqu'un, intervenir en cause pour lui. || Dans le langage commun, se déclarer pour quelqu'un, prendre son parti. Vous lui faites trop d'honneur de prendre son fait et cause, sÉv. 614. || 5» Toute chose qui arrive, qui a lieu. Ces faits ne laissent aucun doute sur sa culpabilité. Un fait avéré et public. Dénaturer les faits. Comme mon intention est de vous faire observer dans cette suite des temps celle de la religion et celle des grands empires; après avoir fait aller ensemble, selon le cours des années, les faits qui regardent ces deux choses.... BOss. Hist. Dessein général. Après cela, quelque partie de l'histoire ancienne que vous lisiez, tout vous tournera à profit ; il ne passera aucun fait dont vous n'aperceviez les conséquences, ID. ib. On ferait des volumes immenses de tous les faits célèbres et
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reçus dont il faut douter, volt. Dict. phil. Histoire. Je hais 1ns petits faits, assez d'autres en ont charge leurs énormes compilations, in. /.fK. Hénault, 8 jiinv. <752. Il Faits accomplis, questions jugées par l'cvônement, et qui sont, ou peuvent, ou doivent être tenues pour terminées, des faits sur lesquels il n'y a plus à revenir. Doctrine des faits accomplis, règle en politique, par laquelle on accepte ce qui est fait et accompli. || C'est un étrange fait, c'est une chose étrange. C'est un étrange fait, qu'avec tant de lumières. Vous vous effarouchiez toujours sur ces matières, MOL. Éc. des f. IV, 8. Il 6" L'événement, le cas, l'espèce dont il s'agit dans une contestation, dans une discussion, dans une plaidoirie. Il parla pendant une heure sans dire un mot du fait. Et je sais même sur ce fait [garder un secret] Bon nombre d'hommesqui sont femmes, la font. Fabl. vm, 6. Si vous, maître et fermier, à qui touche le fait. Dormez sans avoir soin que la porte soit close, Voulez-vous que moi, chien.... id. ib. xi, 3. Pourquoi dire qu'il y a plus de chrétiens que de musulmans sur la terre? on sait que le fait est au moins très-douteux, volt. Cons. à Louis Rac. \\ Aller au fait, venir au fait, s'occuper du point de la discussion. Venez au fait, et, elliptiquement, au fait. M. Claude allait au fait et se présentait à la difficulté sans reculer, BOss. Conf. avec Claude, 2. Cette question n'allait pas au fait, hamilt. Gramm. 8. Au fait, est ma devise, volt. Letl. d'Argenson, 28 juill. (739. Il Familièrement. Aller au fait, venir au fait, en venir à l'essentiel, au principal, à l'intéressant. Cette pauvre B*** est devenue passionnée de l'insensible C***; il l'a vue s'enflammer; d'abord il a été au fait, et lui a fait mettre en gage ses perles pour soutenir un peu la bassette, sÉv. 400. || Elliptiquement. Au fait, c'est-à-dire que voulez-vous de moi?||En un autre sens, tout bien considéré. Au fait, que risquéje'? Au fait, pourquoi pensionner Ma muse indépendante et vraie? bêrang. Refus. || Erreur de fait, se dit quand on s'appuie sur un fait qui n'est pas réel. Il C'est un fait à part, c'est un autre fait, c'est autre chose, c'est une autre affaire. Albert : Hé bien I bonjour, te dis-je. — MascariUe : Oui, mais je viens encore Vous saluer au nom du seigneur Polidore. — Albert : Ahl c'est un autre fait; ton maître t'a chargé De me saluer? mol. Dép. amour, m, 2. || Le fait est que.... la vérité est que.... || C'est un fait, cela est de fait, il est de fait que, c'est-à-dire il est constant, reconnu que. Il est de fait que Cicéron parla ainsi. Comment croire que son épouse ne l'ait jamais aimé? c'est un fait pourtant, gehlis, Mlle de la Fayeffe, p.260, danspouGENS. |{ On dit dans le même sens : C'est un point de fait. C'est un point de fait, les hommes dégénèrent,FONTEN. Socrate, Montaigne. Il Mettre, poser en fait, avancer une proposition comme incontestable. Je mets en fait qu'une honnête femme ne la [la comédie de l'École des femmes] saurait voir sans confusion, mol. Critique., 3. Je mets en fait que, si tous les hommes savaient ce qu'ils disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde, pasc. Pensées, t. 1, p. 283, édit. lahube. Je mets en fait qu'il n'y a aucun peuple chez lequel il soit juste, beau, convenable, honnête, de refuser la nourriture à son père et à sa mère quand on peut leur en donner, VOLT. Philos, ignor. quest. 32. || Familièrement. Pour la rareté du fait, à cause de la singularité de la chose. || On dit de même : pour la beauté du
fait Je voudrais, m'en coûtât-il grand'chose.
Pour la beauté du fait, avoir perdu ma cause, mol. Mis. 1, <. Il Être sûr de son fait, être sûr de ce qu'on avance ou du succès de ce qu'on entreprend. Si le roi le peut voir [mon projet], je suis sûr de mon fait, mol. Fâcheux, ui, 2. Descartes est si sûr de son fait quand il se trompe grossièrement en physique, que je dois me défier de ce qu'il me dit sur l'âme, VOLT. Phil. ignor. 6. || Être sûr de son fait signifie aussi obtenir une certitude. Il surprend sa femme, et le voilà sûr de son fait. || Entendre bien son fait, être habile dans sa profession. || Être au fait, être instruit d'une chose, habitué à un travail. Ce domestique est au fait du service. D'abord il a été au fait, SÉv. 400. Qui les aurait vues sans être au fait des intrigues de la cour, aurait cru qu'elles étaient les meilleures amies du monde, m'"' de cay- Lus, Souvenirs, p. 4<9, dans pougens. Le garde, ravi de trouver un brave de sa province, qui ne paraissait pas au fait des usages de la cour, tolt. VIngénu, 9. Lorsqu'on est au fait, comme j'y suis, du commerce des fers, on dirait qu'en France on a fait un pacte général de ne se servir que de ce qu'il y a de plus mauvais en ce genre, buff. Min. t. vn, p. 87, Il La Bruyère a dit, au même sens, être dans
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le fait : Leur avcz-vous lu un seul endroit do l'ouvrage; c'est assez, ils sont dans le fait et entendent l'ouvrage, la brut. 1. 1| Mettre au fait, instruire de quelque chose, habituer à, former à. Je voudrais mettre au fait celui qui me suivra. Lui laisser me» projets, OREssET, le Méch. 1, 2. || Se mettre au fait, s'instruire de quelque chose, s'y faire, s'y former Mettez-vous au fait de ma situation. Mon âme s'instruisait de tout ce qui pouvait l'aflliger, elle se mettait nu faitdoses nnlIicurs.MARivABX, Marianne, 3' part. Il 7° Terme de jurisprudence. Il se dit par opposition à droit. La possession de fait; la possession de droit. Moyens de fait; moyens de droit. Dans toutes les affaires on distingue le fait et le droit; le fait consiste dans ce qui est arrivé , et le droit dépend de l'application de la loi au fait dont il est question, lorsque ce fait est certain. Pépin fut proclamé roi et sacré par Boniface, archevêque de Mayence; jamais révolution ne s'opéra avec moins d'effort et de bruit; Pépin possédait le pouvoir; le fait fut converti en droit, omzoT, Hist. de la civil. *»' leçon. || Question de fait, point de fait, .se dit par opposition à question de droit, point de droit. On examine deux questions, l'une de fait, l'autre de droit, pasc. Prov. t. \\ Gouvernement de fait, gouvernement régissant un pays, sans tenir son mandat du droit qui fait les souverains. Il Terme de procédure. Faits et articles, les faits sur lesquels, en matière civile, l'une des parties fait interroger sa partie adverse. On l'a interrogé sur faits et articles. || Faits admissibles et pertinents, ceux qui, appartenant à la cause, peuvent être admis à la preuve. Faits justificatifs, ceux qu'un ' accusé allègue pour sa défense. Faits nouveaux, ceux qui n'ont pas encore été allégués au procès. || 8''Toute chose dont on a reconnu, constaté la réalité. Les sciences reposent sur l'observation des faits. Il voyait les faits d'autant plus sûrement qu'il ne les voyait point au travers d'un système déjà formé, qui eût pu le» changer à ses yeux, fonten. Uery. Les faits sont dans les sciences ce qu'est l'expérience dans la vie civile, buff. Ois. t. 111, p. loo, dans pougens. Ces phénomènes, dont l'explication a toiH jours paru difficile, sont de nouvelles preuves de notre théorie et montrent la liaison avec les grands faits de l'histoire du globe, id. Miner. L ix, p. 103, dans POUGENS. Tout ce qui a l'air de faits a droit d'en imposer; il ne suffit point de s'inscrire en faux contre de telles choses; il faut prouver qu'elles sont fausses, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. VI, p. 600, dans pougens. Lesfaits et les objets nous instruisent beaucoup mieux que les livres, genlis, Veillées du chdt. t. I, p. 4 49, dans pougens. || Dans le langage strictement scientifique. Fait, tout attribut ou propriété d'un corps brut ou organisé, reconnu par l'observation immédiate. || 9" Ce qui concerne quelqu'un, ce qui lui est spécial. Mais puisque tout le monde est aveugle en son fait, régnieb, Sat. XV. Tout son lait, croyez-moi, n'est rien qu'hypocrisie, mol. Tart. I, <. Je crains fort pour mon fait quelque chose approchant, id. Amph. 11, 3. Chez la devineuse on courait Pour se faire annoncer ce que l'on désirait : Son fait consistait en adresse, Quelques termes de l'art, beaucoup de hardiesse, la font. Fabl. VII, 1 6. L'armée étant une fois établie, elle ne doit pas dépendre immédiatement du corps législatif, mais de la puissance exécutrice; et cela par la nature de la chose, son fait consistant plus en action qu'en délibération, montesq. Espr. 11, 8. Il 10° Conduite. La cave et le grenier. Du fait des sœurs maintes choses apprirent, la font. Uaiet.Ea raisonnant sur le fait des nonnains, id. «6. || Il y a un peu de folie, de malice dans son fait, c'est-à-dire sa conduite témoigne de quelque folie, de quelque malice. Il y avait plus d'ambition que de religion dans son fait, boss. Var. <o. || 11° Ce qui est convenable à quelqu'un. Cet emploi serait bien son fait. Critiquer gens m'est fort nouveau. Ce n'est mon fait, LA FONT. Court. J'ai ton fait, mol. l'Ét. v, te. Le mariage n'est guère votre fait, id. Mar. f. 2. Et ce n'est pas mon fait que les choses d'esprit, id. Femm. sav. m, 2. Ce n'est point là, mon frère, le fait de votre fille, et il se présente un parti plus sortable pour elle, in. Mal. imag. iii, 3. On dit qu'il n'y a rien de plus beau, voilà votre fait, sÉv. 83. Une femme si connue du roi [la maréchale de Rochefort] et si fort à toutes mains, était son vrai fait pour mettre auprès de Mme la duchesse de Chartres, ST-siM. 3, 53. J'ai peur qu'il ne soit difficile à remplacer [Thiriot]; il était tout votre fait, volt. Lelt. Uoi de Prusse, i>*. Ce prétendu ami du genre humain, n'est mon fait que quand il dit : Aimer l'agriculture,m. Lett. Cideville, 26 nov. (758. X tes vœul ma raison s'oppose, Un long roman n'est plus mon fait,
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BÉBANO. Romam. || lî" La part qui revient à quelqu'un. Donner à quelqu'un son fait. On a partagé la succession, chacun a eu son fait. || Par extension. Chacun son fait, nul n'a tout en partage, la font. Kul. Il Fig. Donner à quelqu'un son fait, sevcngerde lui, le battre dans une discussion, dans une lutte, dans un combat. || Avoir son fait, recevoir quelque mécompte, quelque revers, quelque châtiment Ton homme a son fait, mol. Éc. desmar. ii, 5. Pourle pauvre frère Girard, Il avait eu son fait à part, la font. Cord. X force de s'exposer il aura son fait, sév. 44. || En un autre sens, avoir son fait, recevoir un mauvais compliment. Chacun a son fait, sans qu'il ait eu l'intention de le lui donner, la hruy. v. || Je lui ai bien dit son fait, je lui ai dit ce que je pensais do lui. Il me donna un soufflet, mais je lui dis bien son fait, mol. Pourc. I, 8. Grâce à mes créneaux , X mes arsenaux. Je puis au préfet Dire un peu son fait, bérang. Carabas. || 13° Le bien, la fortune de quelqu'un. Son fait, dit-on, consiste en des pierres de prix : Un grand coffre en est plein, LA FONT. Fabl. X, (0. Le malheureux n'osant presque répondre, Court au magot, et dit : c'est tout mon fait, ID. Paysan. Bienheureux celui qui a tout son fait bien placé, MOL. l'Av. l, 4. Les beaux habits, monsieur, mangent mon petit fait, xa. corn. l'Amour à la mode, i, 6. Un vagabond, qui mange tout son fait, DANCOURT, Moul. Javelle, se. <7. || 14" Dans le fait, loc. adv. Réellement, effectivement. Malgré les apparences, c'est, dans le fait, un homme dangereux. Il IB" Par le fait, même sens. Il se trouva, par le fait, maître de tout le pays. || 16° De fait, loc. adv. En réalité, véritablement. Un homme qui fût homme et de fait et de mine, Régnier, Sat. xiv. || De fait, en efTet, certainement. De fait, la défiance où madame se treuve Ne peut venir d'ailleurs que d'un manque d'épreuve, uairët, Sophon. m, 2. Il Et de fait, môme sens. El do fait, l'Espagne était policée et commerçante, tandis que la Germanie était encore inculte, blff. Min. t. v, p. 30.1, dans POUGENS. Il 17° En fait de, loc. prép. En ce qui concerne. Maître en fait d'armes. Expert en fait de procès. L'autre était passé maître en fait de tromperies, LA PONT. Fabl. m, b. Il se surpasse en fait de chansons, sév. 4)7. Tout ce qui est nécessaire et honnête en fait de politique, hamilt. Gramm. 6. En fait de procédés, on est bien près du mépris, quand on a droit à l'indulgence, nucLOs, Consid. mœurs, ch. 4. Princes, en fait de religion, obéissant plus aux peuples que les peuples ne leur obéissent, VOLT. Mœurs, tsu. V.n fait de vin, qu'on se montre savant, bérang. Jfort viv. || 18° Populairement. Si fait, loc. adv. Au contraire, quand on veut affirmer ce qu'un autre nie. Je n'y entends rien; si fait pourtant, j'y entends quelque chose, j. j. houss. Hél. IV, 2. Il Si fait, non fait, termes durs et mal polis, de CAiLLiÈRKS, 1690. Si fait Se dit encore; non fait ne se dit plus. Il 19° Tout à fait, loc. adv. Entièrement. Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à fait, CORN. Poly. II, 0. Thcglath-Phalasar, premier roi d'Assyrie ou de Ninive, qui réduisit à l'extrémité le royaume d'Israël, et détruisit tout à fait celui de Syrie, boss. Ilist. i, 7. || Proverbe. La bonne volonté est réputée pour le fait.
— HIST. XII* s. Al roi Marsille [il] a touz les faix contez, Ronc. p. 69. Seignor, dit l'apostoles [le pape], moult est honteus ces fais [ce fait], Sax. xv. Al jour del jugement , quant Dex tiendra ses plais. Auront li pecheor grant gaaing de lor fais [bonnes actions], ib.
— xm° s. Bien voient qu'il auront de leur fait la déserte [récompense], Berte, xciv. Quiconques vous tiegne pour sage, je vous tieng pour fol, et bien sai que jou meismes serai blasmés pour vostre fait, H. BE VALENC. ni. Et li vaillans bons tant m'amoit. Qu'en tous ses fais me reclamoit, la Rose, 62(io. Il renoncèrent de fet à toutes les cozes temporex dehors lor églises, beadm. lvi, i. Mais bien se gart Il maris qui telo venjance veut pendre (prendre] de se [sa] feme, qu'il ne laisse passer le fet présent, id. XXX, 104. Le [la] quinte cause si est, se cil à qui le [la] dette est demandée, 9 esté sousaagiés, et on li demande du fet de ses devanciers, id. vin, 7. Et sachiésque ce fuun très biau fait d'armes, joinv. 226. Quant il laisse le prologue et vient au fait, et dit la propre chose sur quoi est l'achoisons et la matière de tôt son conte, brun, latini. Trésor, p. BI7. Toutes cho-es qui sont en nos [nous] par nature, sont premièrement en pooir, et puis en fait, id. 16. p. 2ce.
— HV s. Tout le fait, tout le négoce de vertu motal et do politiques, oreshe, Eth. 40. Or dittes vostre fait, j'en ai dit ma partie, Guescl. 864s.
— XV* s. Et passèrent outre à ce mardi au matin
tous ceux de l'avant-garde, et & fait [i mesure] qu'ils 1
venoient, ils se logeoient en la ville, proiss. 11, 11, <8i. Il estoit ordonné que ces gens d'armes dévoient aller de fait [de force] en la maison de Jean de Lyon, ID. Il, II, 64. De fait avisé (à dessein], id. i, I, 4 89. Là eut, je vous dis, de premier fait, de belles joustes et de grandes appertises d'armos, 10. 11, 11, r>. Brièvement, on ne vit oncques tant de bonnes gens, chevaliers et escuyers qui là estoient, estre perdus à si peu de fait; car chacun fuyoit qui mieux mieux, ID. I, I, 23U. Et ne se voulut conjoindre en ces défiances [défis], et dit qu'il feroit son fait à part lui à temps et à point, id. 1, i, 79. Or convint là les Anglois souffrir et endurer grand peine, car leurs ennemis estoient quatre contre un et toutes gens de fait et de mer, id. i, i, 422. Nous leur [aux Gantois] avons octroyé que.... nous les aiderions.... contre tous ceux qui par voie de fait les voudroient grever, id. 11, 11, 244. Et de fait messire Seret de Poix fut rué jus par les gens au duc d'Orliens, PENiN, 1414. Or ai-je esté pris sur le fait, Je ne le puis jamais nier. Patelin. Et espie et enquiert, dont il fait que foui ; car noble cuer de homme ne doit point enquérir du fait des femmes. Les a joyes du mariage, p. 66. Kscripre et mettre par mémoire ce que j'ay sceu et congneu des faicts du roy Louis, comm. Prol. Si le jeune prince s'est allé perdre, ne perdons pas sa maison ni le fait de son père ni le nostre, id. i, 0. Le roy estoit trop puissant et avoit son fait bien acouslré, id. m, 2 Bien montez et bien armez et qui jà longtemps avoient exercé le fait delà guerre, id. iv, t. Et quant le roy nostre maistre eust entendu le fait de la mer aussi bien qu'il entendoit le fait de la terre, jamais le roy Edouard ne fust passé [en France], id. iv, 6.
— XVI* s. Je parle devant ceux qui estoient au fait, ausquels il en souvient, et qui peuvent cestuyci dédire s'il ment, m. du bellay, 225. La force de l'amitié se montre bien plus richement en son faict, qu'en celuy d'Aretheus, mont, i, 217. Si je feusse nay d'une complexion plus desreglée, je crains qu'il feust allé piteusement de mon faict, id. 11, 123. Seroit-il vray que pour estre bon à faict [entièrement], il nous le faille estre par naturelle propriété? ID. u, 4 24. Tout à faict, id. i, 264. C'est le fait d'un bon mesnager, de.... la boétie, 4 42. Les jeunes hommes se trouvèrent estonnez, et restiverent un petit quand ce vint au faict et' au prendre , amyot, Pdop. 66. S'ilestoitbesoing que toute unetrouppede gens de cheval tournait ensemble à demy ou à faict, ID. Philop. 4 4.
— ÉTYM. Provenç. fag,faig, fait; catal. fet; espagn. hecho ; portug. feito ; ital. fatto ; du latin factum, fait, neutre de factus, participe passif de facere.
FAÎTAGE (fê-ta-j'), I. m. \\ 1° Nom de la pièce de boi» qui fait le sommet de la charpente d'un bâtiment, et qui est assemblée dans la tête du poinçon. Il Fattage double ou sous-faite, pièce d'un comble posée de niveau au-dessous du faîte et liée par des croix de Saint-André. || Plomb ou tuiles concaves qui protègent le haut d'un toit. || 2° Terme de féodalité. Droit qui se payait pour le faîte de chaque maison, au moment où on le posait.
— ÊTYM. Fatu.
+ FAITAKD, ARDE (fè-tar, tar-d'), adj. Terme vieilli. Qui tarde à faire quelque chose, paresseux.
— HIST. XIII* s. Assez puet en trouver de ceus Qui fêtard sont et parecheus, du cange, fetica. Il xvi* s. Elles [les abeilles] sont vigilantes en leurs affaires, et ont l'œil sur celles qui sont faitardes et ne font rien, paré, Anim. 7.
— RTYM. Fait, et tard : celui qui fait tard. FAITARDISE (fè-tar-di-z'), s. f. Terme vieilli.
Paresse, fainéantise.
— HIST. nu* s. Car tant li deplaist fetardie, du CANGE, (etica
— RTYM. Faxtard.
FAÎTE (fS-f), s. m. \\ 1° La partie la plus élevée d'un édifice. Quand verrai-je, ô Sion! relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes? RAC. Esth. I, 2. Et du temple déjà l'aube blanchit le faite, id. Athal. 1, 4 || Synonyme de faîtage. Apprends à monter sur un comble, à poser le faîte, J. J. houss. ^n». m. || Sous-faîte, pièce de bois placée au-dessous du faîte, auquel elle est reliée par les entretoisps. || 2° Par extension, la partie la plus haute de quelque chose d'élevé. Le faîte d'une cheminée. L'un des deux compagnons grimpe «u faîte d'im arbre, la font Fabl. v, 2U. Ils [les manakins] ne se perchent point au faîte des arbres, mais sur le« branches, à une moyenne hauteur, buff. Ois.
t. viii, p. 44», dans podoens. || 8* Fig. Le plus haul point. Déchoir du faîte de la gloire, vaio. Q. C. m, 13. Et monté sur le faîte il asiilre à descendre, coh.y. Cinna, 11, 4. Vous qui pouvez la mettre au faite des grandeurs, ID. Pomp. m, 3. La rage alors se trouve & son faîte montée, la fort. Fabl. 11, 9. J'avais prévu ma chute en montant sur le faîte; Je m'y suiii trop complu; mais qui n'a dans la tête Un petit grain d'ambition? in. Fabl. x, 40. Qui les place sur le faite de la prospérité, mass. Carême, Aum. Quel espoir enchanteur M'élève en un moment au faite du bonheur? VOLT. Brutut, III, 6. Il 4° Terme de géographie. Ligne de faite, ligne constituée par les faites des montagnes ou coteaux d'une contrée. La ligne de faîte de la chaîne divise la contrée en deux régions bien distinctes. || 6* Termede commerce. Le cAté opposé à la lisière dans lesdraps, les étoffe». Permet S. M. à tous marchands et autres.... de faire auncr toutes les pièces tant par la lisière que parle dos ou faîte, et d'en payer le prix sur le pied du moindre aunage, Arrit du conseil, t cet 4 «89.
— HIST. xii° s. Dune vunt les terres si gastant, Qu'il n'i laissent fest en estant. Oui fust del fieu [fiefj le duc Reinier, benoît, v. 2039. || xV s. Trois leveure» d'un festre oe maison neufve couverte de tuille, DU CANGE, ^e»(njm. Il XVI* s. Le faiste d'aulcuns bislimens paroist encores, mont. 1, 2»ï. Au fesle et sous les couvertures du logis est la chambre des serviteurs,©. DE sfRRES, •■il). Gibetà fest, en signe de suzeraineté, Cous(. génér. L 11, p. 6B. Tous vendeurs de drap en détail les aulneront par le fest, ib. p. 76.
— ÊTYM. BBrry,/af(; norm. fét; génev. la frète; Bâle, le frite. On le tire du latin fastigium ; mais, ce que nous connaissons jusqu'à présent du mot ne comporte pas cette étymologie, et admet seulement, à cause de l'antiquité du mot, quelque forme telle que fastum, ne tenant à fastigium que par le radical (fastigium a l'accent sur sti).
t FAÎTERIES (fè-te-rie), t.f. pi. Moules de diverses sortes à l'usage des carreleurs.
FAÎTIÈRE (fê-tiè-r'). || 1° Adj. f. Qui est placée au faîte d'un comble. Tuile faîtière. || 2° S. f. Faîtière, tuile à demi-canal qui recouvre le faîte d'un toiL Il 3° Sorte de lucarne pratiquée dans le toit poui éclairer l'espace qui est sous le comble. || i' La faîtière d'une tente, la perche qui, placée au haut de la tente, s'étend d'un bout à l'autre et soutient la toile. Il 8° Terme de zoologie. Nom vulgaire de la coquille appelée bénitier et tuilée (tridacna gigas, IK).
— HIST. XVI* s. Prens une tuile festiere, grande, forte et espaisse, paré, xxi, 22.
— ÊTYM. Falu.
FAIX (fâ; y s se lie: un fê-z accablant), (. m. Il 1* Charge sous laquelle on plie. Sous le faix du fagot aussi bien que des ans, la font. Fabl. i, i«. Tant qu'il ^it sous le faix mourir son camarade, ID. 16. VI, 16. Il Par extension, charge. Ton aiguille à me» doigts est un faix bien léger, rotr. Herc. mour. i, 4. Il Terme d'eaux et forêts. Faix à col, délit de celui qui est saisi chargé du bois qu'il a dérobé. || S* Fig. Si faut-il qu'à la fin.... Je m'allège du faix dont je suis accablé, malh. iv, 4. Succombant sous le faix que j'ai dessus le cœur, Régnier, SaJ. vi. Porter tout seul le faix de ce plaisir commun, ID. tpit. 11. Il ne peut porter tout seul le faix de tant de grandes affaires, PATRU, Plaidoyer t, dans richelet. Soutiendrez-vous im faix sous qui Rome succombe? CORN. Pomp. I, 4. Faire honte à ces roi» que le travail étonne, Et qui sont accablés du faix de leur couronne, BOiL. Disc, au roi. Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber ia maison, iD. Sat. v. Des guerriers illustres courbés sous le faix des lauriers, J. J. Rouss. Écon. i. Il Absolument. Succomlier sous le faix, plier sous le faix, ne pas pouvoir supporter quelque chose qui accable. Je vous vois succomber sous le faix, sév. 347. Ces gens lisent toutes les histoires et ignorent les histoires; ils parcourent tous les livres et ne profitent d'aucun.... il» plientsous le faix, Icurmémoire en est accablée, pend.ant que leur esprit demeure vide, LA BRUY. XIII. il Poétiquement Le faix des ans, des années. Mon corps n'est point courbé sous lelaix des années, BOiL. SaL i. Malgré le faix des ans et du sort qui m'opprime, rac. Uithr. 11, 3. ||3* Terme de construction. Se dit en parlant d'un bâtiment qui s'est affaissé comme il doit faire. Oe bâtiment a pris son faix. || 4* Terme de manne. Faix de pont, pl.inches épaisses et étroites, posées sur les baux d'un pont, dans la longueur d'un vaisseau, depuis l'avant jusqu'à l'arrière. || 6° Bloc cubique d'ardoise destiné à être fendu. || 6* Mesure de houille, employé! à Saint-Ëtienne.
— SYN. cuABOB, FA», FARDBAD. la charge est oa
FAL
FAL
FAL
qu'un homme ou un animal peuveu; porter; elle n'exprime rien de plus. Le fardeau est une charge posante. Le faix, signifiant étymologiquemcnt un faisceau, exprime proprement une multiplicité de choses réunies : le faix des années, des affaires, etc. mais ce sens étymologique a disparu par le frottement do l'usage; et la distinction est que fardeau est de tous les styles, et que faix est plus particulièrement du style élevé.
— llIST. XI* s. Greignor [plus grand] fais [il] porte parjoc [jeu] quand il s'enveise [s'amuse], Ch.de Roi. Lxxvi. Il XII" s. Quant li baron l'entendent, chascuns s'est arrier trais, Tout ainsi corn li asnes qui regarde le fais, Sax. xv. Li clers porte' sun merc en sum le chief adès. Ne li est pas al cors mais est à l'aneme [àmej fais. Th. le mart. 30. E mult li seit bon gré que si grant fais empront, Qu'encontre rei do terre saint iglise défont, ib. 68. Se ele [la pensée] lo faihs des terriens penseirs ki l'apresset, gcttet en sus de soi, /o6, p. 467. ||xiu' s. Et tous fussent mort, se ne fust la chevalerie qui estoit en l'arriére garde, qui soustint le fais des Sarrasins qui moult les arguoient, Chr. de liains, 93. J'en prens sor moi trestout le fès, la Rose, 1 9740. Or ai tant fet que ne puis mes; Si me covicnt tenir en pes; Diex doinst que ce ne soit trop tart; Toz jors ai acrcU mon fès, HUTEB. 38. Mon cheval s'agenoilla pour le fez que il senti, et je en alai outre parmi les oreilles du cheval, joiNV. 22B. Il XIV' s. Quant un homme porte un pesant faez et aucuns autres le soulegent en prenant une partie de tels faez, oresme, Eth. ï89. Il xv* s. [Des engins], qui nuit et jour jetoient pierres de faix au chastel, froiss. i, i, 227. Si tost qu'ils virent leurs ennemis, ils reculèrent tout à un faix si desordonnéement.... lo. i, i, 280. Il mist tant de choses en ymagination et si grandes qu'il demeura soubz le faix, comm. iv, ) . |I xvi* s. Les Turcs, prests à se retirer, s'avisèrent que ce faix d'eau avoit rendu inutile l'arquebuserie et l'artillerie des chrestiens, n'AUB. Hist. Il, 199. X haute montée le faix encombre, COTGRAVE.
— ÉTYM. Provenç. fais; espagn. hax ; portug. feixe; ital fascio ; du latin fascis, faisceau.
FAKIR (fa-kir), s. m. Voy. faquir.
t FALABRÉGCIER (fa-la-bré-ghié), s. m. Un des noms du micocoulier.
FALAISE (fa-lè-z'), s. f. Terres ou rochers escarpés le long de la mer. Les falaises de la mer en Normandie sont composées de couches horizontales de craie si régulièrement coupées à plomb, qu'on les prendrait de loin pour des murs de fortifications, BUFF. Addit. théor. (Muv. t. xii, p. 46ii, dans pou-