GENS
— HIST. XII* S. Quistrent [ils parcoururent] tant valées et plaines, Quistrent faloises et montaignes. Brut, ms. f° <08, dans lacurne. || xiu' s. Là drsrochent li Tur à moult grant encombrior ; Qui chiet [tombe] en la faloiso, ja n'en estent plaidier. Aussi bien li venroit en enfier tresbuchier, Ch. d'Ant. vi, <027. Ijxv's. Mainte falize [l'Angleterre] a sur la mer pos<5e, Haulte et blanche.... eust. deschamps, Bail, de l'Anglet. \\ xvi* s. Un banc estoit de sablon amassé. Voisin du bord où Francus fut chassé, Haut de falaize et de bourbe attrainée, rons. 609. ....Puis voyant le vaisseau Qui le portoit échoué dessus l'eau, Demi-covert de falaize et de bourbe, id.
— ÉTYM. Berry, falaise, le sous-sol graveleux de la Brenne, dans iaubert. Glossaire; wallon, falije, carrière de pierre; du h. allem. fclisa, rocher; allem. mod. Fels. Ce mot a eu dans l'ancien fran-
Içais le sens de lieu sablonneux.
FALAISEK (fa-lê-zé), V. n. Terme de marine, f Briser contre une falaise, en parlant de la mer. Peu usité.
— ÉTYM. Falaise.
FALARIQUE (fa-la-ri-k'), s. f. Terme d'antiquité. Esiièce de lance, entortillée d'étoupes pleines de soufre et d'autres matières intlammablos, qu'on lançait pour mettre le feu aux maisons, aux tours en bois; suivant U grosseur on la lançait avec le bras, avec l'arc, ou avec les balistes.
— ÉTYM. Lat. falarica, de fala, tour de bois. FALBALA (fal-ba-la), s. m. Large bande d'étoffe
plissée que les femmes mettent au bas et autour de leurs jupes, de caillières, leoo (qui dit que lo mot est venu de la cour). Son habit d'une étoile antique Sur des falbalas en portique Offrait d'équivoques couleurs, hamilt. Œuvres, m, (64 (lett. du 1" juillet 1705). Parlons maintenant de nos belles; Elles repassent leurs dentelles, Vont mettre dans votre jardin Leurs cornettes sur des ficelles, Réparent quelques falbalas, id. ib. m, t97 (année 17o7).
Falbala par haut pour celles qui n'ont point do hanches, celles qui en ont trop le portent plus bas, re- G.NARn, Altendet-tnoi sous Forme, se. 6. || Aujourd'hui le falbala, qui paraît dater de la fin du règne de Louis XIV, s'appelle volant || On met aussi des falbalas à des rideaux.
— ÉTYM. Génev. farbala; espagn. falbalA et aussi farbalà; portug. falbala; ital. falbala; Parme, frambalà ; piém. farabalà. D'après Ménage (au mot passe-caille), falbala a été inventé par M. de Langlée, maréclial des camps et armées du roi, qui, à une couturière lui montrant une robe avec cette bande plissée, fit accroire qu'on nommait ainsi à la cour ces sortes de bandes ; la couturière redit ce mot imaginaire, qui fit fortune. D'après Génin, iiiicréat. t. I, p. n , il vient de l'espagnol falda, habit de femme, faldellin, cotillon plissé. D'après d'autres, il vient de l'anglais furbelow, falbala, de fur, fourrure , below, en bas ; ce qui est peut-être la vraie étymologie ; à moins toutefois que furbelow ne soit une altération du mot français, transformé de manière à avoir un sens apparent en anglais. On voit que l'origine de ce mot, né du temps de Louis XIV, est ignorée.
+ FALBALASSER (fal-ba-la-sé) , V. a. Garnir de falbalas. Une robe bien falbalassée.
t FALCALDINE (fal-kal-di-n') , s. f. Terme de médecine. Affection qu'on a regardée comme une variété de la syphihs et qui règne dans le Falcaldo, contrée de la province de Bellune.
+ FALCATULE (fal-ka-tu-1'), s. f. Dent fossile ayant la figure d'une faux.
— ÉTYM. Diminutif tiré du lat. fàkatus, qui est en forme de faux.
FALCIDIE (fal-si-die) ou FALCIDIENNE (fal-sidiè-n'), adj. fém. Terme de droit romain. Quarte falcidie ou falcidienne, portion dont l'héritier testamentaire, chargé de legs excessifs, avait le droit de faire la distraction. || Substantivement, la falcidie.
— ÉTYM. Lat. lex falcidia, de Falcidius, nom du tribun qui fit rendre cette loi.
t FALCIFORME (fal-si-for-m') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une faux. Ligament falciforme du foie.
— ÉTYM. Lat. faix, faux s, et forma, forme.
■f FALCINELLE (fal-si-nè-r),s. /. Genre d'oiseaux de l'ordre des échassiers longirostres.
t FALCIROSTRE (fal-si-ro-str') , adj. Terme de zoologie. Qui a le bec en faux.
— ÉTYM. Lat. faix, faux 2, et rostrum, bec.
+ FALCONELLE (fal-ko-nc-l'), s. f. Genre de passereaux dentirostres.
t FALCOMDE (fal-ko-ni-d'), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble au faucon. || S. m. Les falconidés, la famille des faucons.
— ÉTYM. Lat. falco, faucon.
t FALCORDE (fal-kor-d'), s. f. Nom vulgaire de la mouette blanche et de la mouette noire.
t FALCULAIRE (fal-ku-lê-r'), adj. Qui est en forme de faux.
— HIST. Lat. fakula, diminutif do faix, faux 2, s. f.
t FALE ou FALLE (fa-1'), S. f. Terme vulgaire. Le jabot des oiseaux. Ces pigeons ont la fale pleine, ils sont rassasiés.
t FALERNE (fa-lèr-n'), s. m. Terme d'antiquité romaine. Le vin des environs de Falerne en Campauie, qui avait une grande réputation. La vertu du vieux Caton, Chez les Romains tant prônée. Était souvent, nous dit-on. De falerne enluminée, J. B. Rouss. Odes, II, 2. Le falerne écumait dans de larges cratères Ceints de myrtes fleuris , v. hdgo , Odes, II, b.
t FALISQUE (fa-li-sk'), s. m. Voy. piialisque.
FALLACE (fal-la-s'), i. f. Action de tromper en quelque mauvaise intention. Un homme sans fraude ni fallace, Dict. de l'Acad. Elle lui mit au sein la ruse et la fallace, Régnier, Sat. vu.
— HIST. XV* s. Et mena tellement le pape par ses dons et par ses fallaces qu'ils.... froiss. 1, i, l). Il xvi* s. Adonc voyant que par force ou fallace N'avoient pouvoir de gaigner cette place, j. marot,
p. 20, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. et ital. fallacia; espagn. falacia; du lat. fallacia, de fallax, trompeur, àefaUere, tromper (voy. faillir, falloir).
FALLACIETJSEMENT (fal-la-si-eû-ze-man) , adv. D'une manière fallacieuse. Agir fallacieusement.
— HIST. XVI* .s. Fallacieusement, monet, Dict.
— ÉTYM. Fallacieuse, et le suffixe vient. FALLACIEUX, EUSE (fal-la-si-eû , eû-z'), adj.
Qui trompe et égare pour nuire. Le papier me manquerait, si je voulais dire tout ce que j'ai découvert
depuis qu'il est parti d'ici; vous pouvez bien, sans scrupule, le traiter comme un homme fallacieux, POUSSIN, Lett. 3 nov. 1847. || Il se dit aussi des choses. Serments fallacieux, salutaire contrainte, Que m'imposa la force et qu'accepta la crainte , CORN. Rodog. II, 1 . Une vive image des dangereuses insinuations et des détours fallacieux de l'esprit malin, boss. Hist. 11, 1. L'éloquent Bossuet est le seul qui se soitservi après lui [Corneille] de cette belle épithète, fallacieux.... pourquoi appauvrir sa langue? un mot consacré par Corneille et Bossue! peut-il être abandonné? volt. Comm. Corn. Sodogune.
— SYN. fallacieux, TROMPEUR. Fallacieux enchérit sur l'idée de trompeur. Un langage trompeur nous égare et nous présente les choses autrement qu'elles ne sont; un langage fallacieux nous trompe pour nous nuire de dessein prémédité.
— HIST. xvi* s. Parquoy il donna congé à ces conducteurs barbares, et, laissant leur fallacieux destour du droit chemin , en peu do jours passa la rivière d'I';uphrate3 et arriva en la cité d'Antioche,
AMYOT, Lucullus, 37.
— ÉTYM. Lat. fallaciosus, de fallacia, fallace. FALLOIR (fa-loir), il faut; il fallait; il fallut; il
faudra; il faudrait; qu'il faille; qu'il fallût; point do participe présent, voy. pourtant ce qui est dit au n° 14 pour ce participe; fallu, invariable, v. n. impersonnel Il 1° Faire besoin (le sens étymologique de falloir étant manquer). Il lui fallait cent francs. Que vous faut-il encore? J'ai le cheval qu'il vous faut. Il nous faudrait mille personnes Pour éplucher tout ce canton, la font. Fabl. i, 8. Il fallait un Aristote pourun Alexandre, rollin, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 601, dans POUGENS. Pour le petit nombre de ceux dont la tête est ferme, le goût délicat et le sens exquis, et qui comme vous, messieurs, comptent pour peu le ton, les gestes et le vain son des mots, il faut des choses, des pensées, des raisons, bdff. Disc, de récep. à VAcad. Il a fallu vingt mille ans pour la retraitedes eaux, qui d'abord étaient élevées de deux mille toises au-dessus du niveau de nos mers actuelles, ID. 4* époque, CEuv. t. m, p. 230, dans POUGENS. II me faut qui m'estime, il me faut des amis X qui dans mes secrets tout accès soit permis, a. chp.n. ÉUg. xii Dieu cruel, fallait-il nos supplices Pour ta félicité ? lamart. Méd.1,1. Il 2" Il se dit de l'argent à donner pour achat d'une marchandise, pour prix d'un salaire. Combien vous faut-il pour votre marchandise, pour votre peine ?|| 3" Employé avec le pronom personnel se et précédé de la particule en, ce verbe indique une différence en moins. En cet emploi, c'est un verbe neutre réfléchi, comme s'enfuir, et i! se conjugue comme les verbes réfléchis, c'est-à-dire avec le verbe être. Vous dites qu'il s'en faut tant que la somme y soit; il ne peut s'en falloir tant, Dict. de VAcad. La Valteline est toute à nous ; et, s'il s'en faut quelque chose, ce n'est qu'un fort qui n'est pas meilleur que les autres qui se sont rendus, malh. Lett. à Racan, 18 janv. 1625. La maîtresse du monde ! ah ! vous me feriez peur S'il ne s'en fallait pas l'Arménie et mon cœur, corn. Jiieom. m, 2. Vous ne les auriez pas, s'il s'en fallait un double, mol. lléd. m. lui, i, e. Pour moi, j'ai vu des moments où il ne s'en fallait rien que la fortune ne me mît dans la plus agréable situation du monde, sÉv. 430. J'ai été sur le point, ces jours passés , de mourir ; il ne s'en est pas fallu l'épaisseur d'un cheveu, volt. Lett. Richelieu, 20 sept. 1773. Il Le compte n'y est pas, il s'en faut cent sous, la différence en moins est de cent sous. |{ On le dit aussi avec la préposition de. Il ne s'en est fallu que d'un moment, volt. Princ. de Babyl. 7. Il Cette construction, il ne s'en est pas fallu l'épaisseur d'un cheveu, s'explique ainsi : l'J, sujet indéterminé , c'est-à-dire l'épaisseur d'un che veu, ne s'en est pas fallu. On dirait aussi : il ne s'en est pas fallu de l'épaisseur d'un cheveu; mais alors l'explication grammaticale est différente : il s'en faut se dit absolument pour signifier il y a une différence en moins; et de l'épaisseur d'un cheveu devient une locution adverbiale qui modifie il s'en faut. Il II se construit avec que et le subjonctif. II s'en fallait qu'il n'eût achevé, Dict. de l'Acad. Il s'en faut peu de chose que cela n'aille, ib, || 4* Il s'en faut beaucoup, il s'en faut bien, la différence en moins est grande. Il s'en faut beaucoup qu'il ait satisfait l'attente di^ public, ZJt'ct. de l'Acad. Il s'en faut beaucoup que l'un ait autant de mérite que l'autre. Il ne s'en est pas beaucoup fallu qu'il fût tué. Je puis vous assurer qu'il s'en faut bien qu'oa y meure de faim, rac. teW. 18 dBotZcau.Cet homme paraît faire tout ce qu'il veut, mais il s'en faut bien
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qu'il le fasse, fèn. Tél. ni. Tous les hôtes d'Ibrahim n'étaient pas riches; il s'en fallait beaucoup, cha- TEAUBH. Itin. i" part. || On dit aussi : beaucoup s'en faut. L'abbaye.... no vaut pas beaucoup s'en faut Les doux mille francs qu'il me faut, béonieh, Épit. m. || Il s'en faut de beaucoup (voy. ci-dessus l'explication de cette construction), se dit surtout pour exprimer une diflërenco en moins de quantité. S'en faut-il de beaucoup que la somme soit complète? 11 s'en faut de beaucoup que leur nombre soit complet, Dict. de FAcad. Vous voilà bien arriéré, il s'en faut de beaucoup que votre tâche soit aussi avancée qu'elle devrait l'être, ib. Ce prince, comme on l'a dit, n'avait pas regagné tout son royaume par l'épée; il s'en fallait de beaucoup, volt. Ilist. du pari. ch. xxxvm. || Avec ne surabondant. Il s'en faut beaucoup qu'elle ne soit aussi merveilleuse qu'on se rimagine,HAMii,ï. Gram. ». ri s'en fallait beaucoup que tout ne fût fait, fon- TEN. Littre. Il n'a rien mis du sien dans sa réputation que son mérite, et communément il s'en faut beaucoup que ce ne soit assez, id. Méry. Il s'en faut bien qu'ils ne fussent tous agréables à Dieu, ma.'^s. Profess. rclig. Serm. 2. || Dans cette construction le mieux est de ne pas mettre ne. |{ B' Il ne s'en faut guère , la différence n'est pas grande. Il ne s'en est guère fallu que je ne fusse trompé par son air de candeur. Pour les moines, je ne pen.sais pas tout à fait comme eux; mais il ne s'en fallait guère; vous m'avez fait plaisir de me désabuser, sÉv. sajuil. 1672. Il On le dit aussi avec de. Il ne s'en faut de guère que ce vase ne soit plein, Dict. de l'Acad. || 6° 11 s'en faut peu, peu s'en faut, la différence en moins est pelite, locution qui a pris le sens de presque. Peu s'en est fallu que je ne vinsse. Peu s'en faut que vous n'ayez engraissé un étique, balz. liv. vii, lett. 22. Aussi le reçoit-il [le coup] peu s'en faut sans défense, CORN. Ilor. IV, 2. Peu s'en fallut que le soleil Ne rebroussât d'horreur vers le manoir liquide, la font. Fabl. XI, 3. Peu s'en faut que d'amour la pauvrette ne meure, MOL. l'Ét. i, 6. Un discours que rien ne lie et n'embarrasse, marche et coule de soi-même, et il s'en faut peu qu'il n'aille quelquefois plus vite que la pensée même de l'orateur, boil. Traité du subi. ch. 48. Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissait à ses pieds peu s'en faut prosternée! hac. Phèd. 111, t . Peu s'en faut que Mathan ne m'ait nommé son père, ID. Athal.ui,6. Peu s'en fallut qu'il n'interrompît Mentor, fén. Tél. xu. || Il s'en faut de peu, s'emploie quand il s'agit d'une différence enquantité. Ils'enfaut de peu que ce vase ne soit plein, Dict. de l'Acad. Il 7° Être de nécessité, de devoir, d'obligation (parce que avoir ce qui manque devient une nécessité). Il ne faut pas croire tout ce qu'on dit. Il vous faudra faire ce voyage. Eh bien I vous le voulez , il faut vous satisfaire. Il faut affranchir Rome, il faut venger un père, Il faut sur un tyran porter de justes coups, CORN. Cinna, ui, 4. Et pour la voir tomber [l'âme tiède], il ne faut pas même la voir attaquée, MASS. Carême, Tiédeur, 2. Il faut être utile aux hommes pour être grand dans l'opinion des hommes, ID. Petit car. Grand, de J. C. \\ Avec que il veut le subjonctif. Il faut bien que je pleure ; Mon insensible amant ordonne que je meure, cokn. //or. II, 5. Faut-il que je dérobe avec mille détours Un bonheur que vos yeux m'accordaient tous les jours ? RAC. Brit. II, 6. Il En ce sens il est peu usité, non inusité, à l'infinitif. Il va falloir partir. Mais sentir dans son sein que le fer veut ouvrir. Une âme ardente à vivre, et puis falloir mourir! al. duhas, Christine, v, 2. || R, dans le langage familier, peut se supprimer. Allons, mon fils, marchons : fallut se rendre, Fallut partir.... volt. Bastille. || Faut-il? fallait-il? etc. s'emploie pour exprimer un regret. Fallait-il qu'il entreprît ce fatal voyage? Faut-i! m'étre engagé dans cette affaire? Faut-il voir tant de misère? Faut-il que sur le front d'un profane adultère Brille de la vertu le sacré caractère I rac. Phèdre, iv, 2. Faut-il que de tes mains le plus parfait ouvrage X son Dieu qu'il adore offre un coupable hommage ! volt, llenr. x. || Il faut voir, il est nécessaire de voir, il faut examiner. Avant de se prononcer il faut voir. || Familièrement. 11 faut voir, il est curieux , intéressant de voir. Il faut voir ce que cela deviendra. || 11 faut voir se rejette quelquefois à la fin du membre de phrase, en forme d'exclamation. On les battit, il faut vo'r ! Il On dit dans un sens analogue : aussi faut-il voir. Ù a fait l'insolent, aussi faut-il voir comme on l'a traité. || C'est ce qu'il faudra voir, se dit pour répondre à une folle menace. Il dit qu'il m'empêchera de passer, c'est ce qu'il faudra voir. || Uans le xvii* siècle, quand falloir était suivi d'un verbe réfléchi, on mettait le pronom avant falloir, et alors
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falloir aux temps composés prenait la conjugaison des verbes réfléchis. Il s'est fallu passer à cette bagatelle ; Alors que le temps presse, on n'a pas à choisir, cobr. Jfcnt. i, 6. Cette construction pourrait très-bien s'employer encore. || Un faire le faut, voy. ce mot composé à son rang alphabétique. 118" 11 s'emploie avec ellipse du verbe qui précède. Parler plus qu'il ne faut. Ne dire que ce qu'il faut, et de la manière dont il le faut est, ce me semble, un mérite dont les Français, si vous m'en exceptez, ont plus approché que les écrivains des autres pays, VOLT. ùtt. sur Zaïre. || Il le faut, celaest nécessaire. D'éveiller ces amants, il ne le fallait pas, la font. Joe. Il faut avoir pitié de l'amour que vous m'avez inspiré ; il le faut, stael, Corinne, xvi, 3. || 8* Comme il faut, comme il convient. Pour aimer comme il faut, il faut pour ce qu'on aime Embrasser l'amertume et la dureté même, corn. Imit. m, 5. Hicn ne la contentait, rien n'était comme il faut, la font. Fabl. vii, 2. Quand on prend comme il faut cet accident fatal, ii>. Coupe, le suis de retour dans un moment ; que l'on ait bien soin du logis, et que tout aille comme il faut, uoL.Mar.f. i. || 10* Un homme comme il faut (on prononce ko-mi-fd), homme de bon ton, de bonne compagnie. Les gens comme il faut. C'est ime femme tout à fait comme il faut. C'est un homme très-comme il faut, Dict. de l'Acad. Elle a l'air très-comme il faut, elle n'a rien marchandé,PicAHD,rrots quartiers,!,*. || Dans le langage des tailleurs et des modistes, un vêtement comme il faut, un vêtement de bon ton, bien porté. Il II ne faut pas confondre comme il faut, avec comme il en faut, qui signifie, en parlant de personnes ou de choses , comme la personne ou la chose est nécessaire. Voilà un homme comme il en faut [pour tel ou tel emploi]. Et par plaisanterie : Ce n'est pas une femme comme il faut, c'est une femme comme il en faut. || 11° Si faut-il que, encore faut-il que, loc. conj. signifiant il est nécessaire, malgré tout, q|ue.... Je veux bien le croire innocent, si fautil qu'il s'explique. Encore faut-il que je sache à quoi m'en tenir. || 12" Tant s'en faut que, loc. conj. Bien loin que. Tant s'en faut qu'il consente, qu'au contraire il fera tout pour l'empêcher. Et tant s'en faut que les vents aient emporté ma promesse, ils m'ont donné lieu de la tenir, voit. Lett. 49. || Familièrement. Tant s'en faut qu'au contraire, s'emploie quelquefois par plaisanterie pour dire simplement au contraire. Vous demandez si cette femme est jolie, tant s'en faut qu'au contraire, Dict. de l'Acad. C'est une phrase elliptique : Tant s'en faut qu'elle soit jolie, qu'au contraire elle est laide. || 13» C'est pour son nez, il lui en faut, se dit par ironie pour marquer qu'il ne mérite pas d'avoir ce qu'il demande. Il 14° Molière a employé le participe présent fallant : Mais lui fallant un pic, je sortis hors d'effroi, les Fdch. u, 2; ce qui pourrait très-bien être imité à l'occasion.
— REM. 1. /{ s'en faut exprime dans toute sa conjugaison une absence, une privation dont le sens négatif se porte sur la proposition subordonnée. Alors, quand ce verbe n'est accompagné ni d'une négation, ni de quelque mot qui ait un sens négatif, tel que peu, presque, rien, etc. la proposition subordonnée no prend pas la négative ne : Il s'en faut de beaucoup que la somme y soit ; Il s'en faut bien que tous les hommes soient de ce caractère. Mais, lorsque il s'en faut est accompagné d'une négation ou de quelqu'un des mots qui ont un sens négatif, ou bien encore si la phrase marque interrogation ou doute, la proposition subordonnée prend la négative ne : Il ne s'en faut pas de beaucoup que la somme n'y soit ; Il s'en faut peu que l'un n'ait autant de mérite que l'autre; Peu s'en fallait qu'on ne m'abandonnât ; Il s'en faut peu qu'il ne soit le dernier; Combien s'en faut-il que la somme n'y soit ? S'en faut-il beaucoup que la somme n'y soit? oirault-du vivier. || 2. Que de travaux il a fallu pour l'achever, et non fallusl II a fallu des travaux équivaut à : des travaux ont fallu, c'est-àdire ont fait besoin. Mais comme falloir, en vertu de l'usage, n'est susceptible que de la construction impersonnelle, l'explication est : il (c'est-i-dire les travaux) a fallu, c'est-à-dire a fait besoin. Voilà pourquoi, dans la phrase citée, fallu reste invariable. Il 3. S'en falloir est un de ces verbes neutres construits avec le pronom personnel et ayant même forme que les verbes réfléchis, construction qui était familière à l'ancienne langue. Voyez pour cela le pronom se, soi.
— HiST. XIII' s. Petit s'en faut que mes cucrs (mon cœur] ne se desmont [déconcerte] de corroux, Psautier, t" I7l. Li mien pié sunt meû, ne
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s'en falut guieres, à pechié faire, ib. (• et. Noz
avons parlé de le [la] division dos quemins, parc; que noz regardons qu'il sont, ne s'en faut gaires. tout comimpu par le [la] convoitise de cix [ceux; qui y marcissent [qui y sont limitrophes], beaum. XXV, 3. Il XV* s. Il ne faut pas demander si Saintrè fut du roy et de la roync très grandement loué, Jeh. de Sainlré, ch. 38. X bien peu s'en faillit qu'elle ne se pasma; et fust à l'envera tombée, se elle ne se feust bientost levée , ib. Un coq d'Inde sa gorge à toi semblable porte; Combien de riches gens N'ont pas si riche nez I pour te peindre en la sorte. Il faut beaucoup de temps, basselin, vi. Il XVI* s. Et ne se fauldra plus doresnavant trouver en place ny en compaignye qui ne sera bien expoly
en l'officine de Minerve, rabel. Pant. u, 8 Tant
s'en fault que il les voulsist assaillir, ou leurs e>tudes distraire, ID. ib. m, 32. Dont il appert qu'en ce temps là ceste opinion a esté rejettée : de dire qu'il fausist [fallût] par satisfaction recompenser les fautes passées, calv. Instit. 521. Il me faust adjouster cet aultre exemple, mont, i, «s. Il s'en faulv tant que je sois arrivé à ce degré d'excellence,que.... ID. II, 422. I^ temps qu'il lui falloit à.... lo. I, 13.
— ÉTYM. Falloir est le même que faillir (voy. ce mot), n'en différant que par la conjugaison. .
i. FALOT (fa-lo; le (ne se lie pas; au pluriel, l't se lie : des fa-lo-z allumés), s. m. || 1* Sorte de grande lanterne. Le fils de la Fcuillade se lassa de faire allumer tous les soirs les falots des quatre coins de cette place [des Victoires], st-sim. o», i30. La rue où je logeais était sombre et déserte; Quelques ombres passaient, un falot à la main, a. de mosset, Poésies nouv. Nuit d'octobre. || Fig. Un sot est un falot; la lumière passe à travers, beaumarch. ifére coup. II, 8. Il Terme de blason. Meuble d'armoiries en forme de vase avec un manche. Falot allumé et emmanché, falot dont la flamme et le manche sont d'un autre émail. Il î° Sorte de grand vase qu'on emplit de suif, de poix-résine et autres matières semblables, et dont on se sert pour éclairer les cours d'une grande maison, les abords d'un lieu de fête, etc. On dit plus ordinairement pot à feu. || 3° Terme do marine. Le falot ou fanal est la lanterne dorée sur son chandelier, au plus haut de la poupe; l'amiral a le falot de trois lanternes, le vice-amiral de deux, et les autres navires de guerre d'une, Etienne cleirac, t643, dans jal.
— HIST. xiv* s. Olivier de Clisson venoit moult puissamment X falos, à brandons, o [avec] lui hommes cinq cent, Guesclin, 21749. || xvi* s. Combien qu'ils semblassent fallots ardens pour enflainber toute la terre, ils n'estoyent néanmoins que tisons fumans, calv. Instit. ib6. Phanot, cotgrave.
— ÉTYM. Bourguign. foilô; espagn. farol; ital. falà ; piémontais, faro; vénit. fano ; farot dans Nicot; fanot dans du Cange, au mot /'onon ; du grec çavè;, brillant, ou sâpo;, phare; car il s'est fait une confusion entre ces deux mots (voy. fanal). Il y avait dans l'ancien français faille, provenç. falha, signifiant torche, et venant du lat. fdcula, diminutif de fax, torche.
2. FALOT, OTE (fa-lo, lo-t' ) , adj. Plaisant, drôle, grotesque. Conte falot. Aventure falote. Là, par quelque chanson falote, Nous célébrerons la vertu Qu'on tire de ce bois tortu [la vigne], st- AUAND, dans riciielet. Sans ce trait falot Un homme l'emmenait, qui s'est trouvé fort sot, mol. FÉt. u, 44. Un bon couplet chez ce peuple falot [la Français] De tout mérite est l'infaillible lot, volt. Ép. xixv. Payant tribut X l'attribut De sa gaîté falote [de Momus], BÉRANG. Marotte. || Substantivement. Il fait le falot.
— HIST. XVI* s. Cy dessous gist et loge en serre Ce très gentil fallot Jan Serre, marot, p. 42), dans LACURNE. Ce vieux cynique [Diogène] estoit un vray falot, GARASSE, Recherche des recherches, p. ix, dans
LÀCURNB.
— ËTYM. Ital. falotico, capricieux. Origine fort incertaine. Il est possible que cetadjectif soit le même que falot 4, l'individu gai, un peu fou, capricieux, ayant été comparé à quelque chose qui vacille comme la lumière d'un falot , d'une lanterne po> tée à la main. L'espagn. faroson, homme effronté, forolo, femme dévergondée, appartient-il i falot, s. falotico f
FALOTEMENT(fa-lo-te-man), adv. D'une manière falote.
— HIST. XVI' s. Et pour mon ennui compenser, Je vous vins ma dame embrasser. Et la baise falotement Un petitet tant seulement, roo. de collerif,
p. 62, dans LACURNB.
— ËTYM. Faiole, et le suilQie ment.
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t FALOTERIE (fa-lo-le-rie), s. f. Acte do falot.
— Hisr. XVI* s. Faloterie, oddin, Dict.
— ÊTYM. Falot 2; ital. faloticheria.
i. FALOURDK (fa-lour-d'), s- f. Fagot de quatre ou cinq bûches liées ensemble. Pour une voie do falourdes de perches est dû auxdits officiers 30 sols «I deniers, Dédar. 22 oct. 1715, Tarif. On en vend beaucoup [de bois flotté] au menu peuple en falourùts composées desix ou sept bûches, i)ic«. des arts et m. March. de bois, anT. || Palourde de harls, grand fagot de douze ou quinze longs morceaux de bois, garni dans l'intérieur de débris de harts, de liens de train de bois.
HlST. xiu* s. Je sai bien connoistre tes bordes
Et tes lobes et tes falordes, Ren. t6656. En autre lieu les covient trere, Où il me fet l'oreille sorde, Qu'il n'a cure de ma falorde, Et je li referai la moe , HUTEB. II, 79. Il XV" s. Seigneurs, de nostre loy destruire Ne cesse Jhesu le trabistes [le traltroj Pour [à l'aide de] fallourdes que il a dictes. Et du dire point ne recroit [ne se lasse], laPass.de JV. 5./. C. 1,'endemain il fit, par les vilains du pays, acharier et apporter grant foison des bûches et de velourdes, FROiss. I, I, 233. Grant foison d'estrain [paille] et de belourdes, la. ii, ii, 85. || xvi* s. Fagots et velourdes, Coustumier génér. t. i, p. 814. FauUourde,
PALSGR. p. (97.
— ÊTYM. On a fait venir ce mot de faix lourd, et Diez approuve cette étymologie, mais elle ne peut se soutenir en présence des anciennes formes. On trouve dans le xiii" siècle falorde (espagn. falordia), tromperie, bourde, mais non avec le sens de fagot. Plus tard c'est velourde ou belourde que l'on trouve, signifiant fagot; enfin plus tard encore, et avec le sens de fagot, falourde. Dans l'état actuel il n'est pas possible d'éclaircir ce problème ni de dire si falourde et velourde sont le même mot, ni s'il y a quelcpie rapport entre falorde, tromperie, e\. falourde, fagot. Fagot lui-même a le sens de bourde.
1 2. FALOURDE (fa-lour-d'], s. f. Hirondelle de mer.
— ÉTYM. Voy. FABLODZE.
f A . FALQCE (fal-k'), s. f. Terme de marine. Se dit de petits panneaux qui se placent dans des coulisses à l'endroit des tolets, pour élever les bords des bateaux et empêcher l'eau de la mer d'y pénétrer. On dit aussi fargue.
— ËTYM. Origine inconnue. Espagn. f aléas; ital. falche.
t 2. FALQUE (fal-k'), s. f. Terme de manège. Action de falquer. Les falques sont proprement trois ou quatre petites courbettes pressées avant l'arrêt.
t FALQUÉ, ÉE (fal-ké, kée), adj. Terme de botanique. Oui est en forme de faux.
— ÉTYM. Lat. falcatus, de faix, faux 2. FALQUER (fal-ké), V. n. Terme de manège. Faire
falquer un cheval, le faire couler sur les hanches en deux ou trois temps.
— ÉTYM. Lat. fictif, falcare, faucher (voy. ce mot), t FALQCET (fal-ke), s. m. Terme de fauconnerie.
Nom d'oiseau de leurres, qui s'appelle aussi hobereau.
— ÉTYM. Diminutif de l'anc. fréinçais falc (voy. faucon).
t FALSIFIABLE (fal-si-fi-a-bl'), adj. Qui peut être falsifié.
— HIST. XVI* s. 11 ne peut fuir que les sens ne soient les souverains maistres de sa connoissance; mais ils sont incertainset falsifiablesà toutes circonstances, MONT. t. II, p. 4 99, dans lacurne.
FALSIFICATEUR (fal-si-fî-ka-teur) , s. m. Celui qui falsifie. Je cite ces vers pour faire voir combien ce métier de petits barbouilleurs, de petits folliculaires, de petits calomniateurs, de petits falsificateurs du coin de la rue est abominable, voLT.Honnét. littér.
— ÉTYM. Falsifier.
FALSIFICATION (tal-si-fi-ka-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Action de falsifier; résultat de cette action. La falsification des monnaies a toujours eu lieu dans tous les États et dans tous les temps, rollin, Hist. anc. CEuv. t. i, p. 638, dans pougens. || Altération volontaire et frauduleuse des substances alimentaires, des vins, des alcools, d'une substance médicamenteuse par son mélange avec des substances inertes ou de qualité inférieure. || Altération des textes. La falsification de cet acte est manifeste. || Altération des faits. Je l'ai placé [le lieu de la scène] dans Séville, bien que don Femand n'en ait jamais été le maiitre, et j'ai été obligé à cette falsification pour former quelque vraisemblance à la descente des Maures, corn. Ex. du Cid.
— HIST. ïvi* 8. n en mit aussi en justice un au-
FAL
tre, le chargeant de falsification de testament, aktot, C. d'Utique, 23. Ennemi jura de toute espèce de falsification, mont, i, 292.
— ÊTYM. Falsifier.
FALSIFIÉ, ÉE (fal-si-fi-é, ée), part, passé. Altéré .^ dessein de tromper. Monnaies falsifiées. Du vin falsifié. Des actes falsifiés. Tous ces exemples pris au hasard chez les peuples d'Achem, de Bantam, de Ceyian, do Bornéo, des îles Moluques, des Philippines, tous copiés d'après des voyageurs trè";-mal instruits, et tous falsifiés, sans en excepter un seul, ne devraient pas assurément entrer dans un livre où l'on promet de nous développer les lois de l'Europe, VOLT. Dict. phil. Lois i^Esprit des).
FALSIFIER (fal-si-fi-é), je falsifiais, nous falsifiions, vous falsifiiez; que je falsifie, que nous falsifiions, que vous falsifiiez , c. a. || 1° Altérer avec dessein de tromper. Falsifier l'écriture, un seing, une date, un sceau, un cachet. J'ai pris soin de ne pas falsifier le sens d'un passage, pasc. Prov. f i. On dit qu'ils [les jésuites] prouvent dans un de ces mémoires que le parlement a falsifié et tronqué les pas.sages de leurs constitutions, d'alemb. Lett. à Voltaire, 3) oct. nei. \\i' Altérer une substance par un mélange. On n'y voit point de vin que l'on ne falsifie, BOURSAULT, Fabl. d'Ésope, n, e. Celle [la civette] qu'on tire de Guinée serait la meilleure de toutes, si les nègres, ainsi que les Indiens et les Levantins, ne la falsifiaient en y mêlant des sucs de végétaux, comme du ladanum, du storax et d'autres drogues balsamiques et odoriférantes, bufp. Quadrup. t. m, p. 359, dans POtJGENS. || 3° Falsifier de la monnaie, en altérer la valeur. || 4° Ne pas rendre, ne pas rapporter les choses telles qu'elles sont. Les anciens qui ont écrit que Thémistocle et d'autres s'étaient empoisonnés avec du sang de taureau, falsifiaient à la fois l'histoire et la nature, volt. Dict. phil. Taureau. Brumoy a déguisé autant qu'il l'a pu ce dialogue, comme il a falsifié presque toutes les pièces qu'il a traduites [des tragiques grecs], id. Dict. phil. Art dramatique. || 5° Donner une fausse apparence. D'ailleurs, ce grand courroux pourrait-il être feint? Aurait-il pu sitôt falsifier son teint. Et si bien ajuster ses yeux et son langage X ce que la fureur marquait sur son visage? corn, la Smv. iv, 9. || 6° Falsifier les clefs, faire de fausses clefs. Romulus permit au mari de répudier sa femme, si elle avait commis un adultère, préparé du poison ou falsifié les clefs, MONTESQ. Esp. xvi, <6. || 7° Terme de manège. Falsifier les allures d'un cheval, les rendre fausses, les faire tourner de bien en mal. |{ 8° Se falsifier, v. réfl. Être falsifié. Tout se viole et tout se falsifie, lamotte, Fabl. II, 7.
— HIST. XVI' s. Ma conscience ne falsifie pas un iota, mont. I, 203. Elle estoit bien advortie comment l'edict de paix se falsifioit [faussait] par tout, d'aub. Ilist. I, 200 De n'ouvrir point leurs portes à gens de guerre, soubs une simple lettre de cachet que l'on falsifie souvent, carloix, viii, 7. Ils vendent leur theriaque falsifié bien et chèrement, paré, XXIII, 30.
— ÉTYM. Lat. falsificare, de falsus, faux (voy. FAra )), et facere, faire.
t FALTRANK ou FALLTRANK (fal-trank), t. m. Iniusion de plantes aromatiques recueill.es dans les Alpes suisses, et dont on use pour les chutes et les eoups. Il Ces plantes elles-mêmes. Thé de faltrank. Faltrank suisse.
— ÉTYM. Allem. fallen, tomber, et Trank, boisson : boisson pour les chutes.
FALUN (fa-Iun), s. m. Débris coquilliers de divers âges formant des dépôts meubles, quelquefois très-considérables, exploités en quelques endroits pour l'amendement des terres, et ditlércnts de la marne, qui est un mélange naturel de calcaire et d'argile. Les faluns de la Touraine. Si ce falun a été produit à la longue dans la mer, elle est donc venue à peu près de quarante lieues dans un pays plat, et elle n'y a point formé de montagnes, volt. Dict. phil. Coquilles.
— ÉTYM. Origine inconnue. Peut-on conjecturer l'allem. fahl, angl. fallow, gris cendré? Le Dictionnaire des arts et métiers de 4 707 dit falum et falumière.
t FALUNAGE (fa-lu-na-j'), i. m. Action de déposer du falun sur les terrains en culture, pour les amender. Le falunage a la même action que le marnage.
FALUNÉ, ÉE (fa-lu-né, née), part, passé. Terre falunée.
FALCNER (fa-lu-né), r. o. Terme d'agriculture. Amender un champ avec du falun.
— ÉTYM. Falun.
FAM
f FALCNEUR (fa-lu-neur), *. m. Ouvrier qui exploite le falun.
FALUNIÈRE (fa.-lu-ni6-0, *• f- Mine de falun; endroit d'où l'on tire du falun. La Tourraine possède des falunières très-étendues, recouvertes de quelques pieds de terre, et exploitées dans le pays depuis un temps immémorial. Si quelques petits fragments de coquilles mêlées à la terre marneuse, étaient réellement des coquilles de mer, il faudrait avouer qu'elles sont dans cette falunière depuis des temps reculés qui épouvantent l'imagination, volt. Dict. phil. Coquilles.
— ÉTYM. Falun.
FAME (fi-m'), s. f. RépuUtion. Mot tombé en désuétude et conservé seulement dans cette locution d'ancienne pratique : Rétabli dans sa bonne fàme et réputation.
— illST. XII* s. Vostre famé non est mie saine; car à mal le pople meine. Rois , p. 8. Et vint la famé à toz ces de Israël que desconfiz furent li Philistien, ib. 42. Il XVI' s. Los et famés glorieuses, :. marot, v, <69. Entre les mains le mettrai d'une femme Qui appelée est renommée ou famé, mabot, i, 36(.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. fama; du lat. fama; grec, çi^iiiq, deçâu, çriiii, dire, en latin /an
(voy. FABLE).
FAMÊ,ÉE(fa-mé,mée), adj. Il ne se dit que joint aux adverbes bien, mal: bien famé, mal famé, qui a une bonne, une mauvaise réputation. Tout est perdu, tant que vos agents ne seront que des protégés ou des hommes mal famés, raynal, Uist. phil.
— HIST. XVI* S. Lors un vieillart, personne très famée, i. mahot, p. t58, dans lacurne. Lesquelzestoyent gens honnorables et bien famez, rab. Pant. m, 32.
— ÉTYM. Fdme. Famé n'a pas d'accent parce que l'a n'y est pas long; et il ne l'est pas, parce que la syllabe qui suit n'est pas muette. Il arrive souvent que cette circonstance abrège la syllabe antécédente; il faut rectifier en ce sens la remarque mise à diffamer.
FAMÉLIQUE (fa-mé-li-k'), adj. || 1° Qui a souvent faim, faute d'avoir de quoi manger. La famélique et honteuse lésine, boil. Sat. x. Tu verras ce prince glouton Rendre facilement croyable Tout ce que nous conte la fable Du famélique Érésichton, chau- LIEH, Au duc de Nevers. Un de ces écrivains faméliques qui prennent hardiment le titre d'historien, volt Tlussie, ii, )0. || 2° En parlant des choses. Visage famélique. || 3* S. m. Brancas, pauvre de luimême et panier percé d'ailleurs, était un famélique qu'on ne pouvait rassasier, st-sim. 428, t99. D'un homme pauvre il fait un mendiant; d'un travailleur, un oisif; d'un malheureux, un scélérat; c'est-àdire qu'il conduit un famélique à l'échafaud par la misère, haynal, Hist. phil. xix, )0.
— HIST. XVI' s. L'attraction de la viande, que nous voyons quelquesfois estre si subite aux gens faméliques, qu'à peine on a le loisir de lamascher, paré, u, 20.
— ÉTYM. Lat. famelicus, de famés, faim. Famélique n'était point usité dans l'ancienne langue; on disait famelleus : Et se feri entre aus [eux] corne lions famelleus, et fist tant d'armes de son cors que c'estoit mervelle, Chr. de Rains, p. 150.
t FAMEUSEMENT (fa-meû-ze-man), adv. D'une manière fameuse. || Dans le langage populaire, extrêmement, excellemment. Cela est fameusement bon. Il est fameusement bête.
— HIST. xvi' s. Fameusement, ouniN, Dict.
— ÉTYM. Fameuse, et le suffixe ment.
FAMEUX, EUSE (fa-meû, meû-z'), adj. || 1° Qui
a une grande réputation, bonne ou mauvaise. La fameuse Macette, à la cour si connue, hégnieh, 5o(. xiii. Le fameux Scipion le fut bien [lieutenant] de son frère, corn. JVicom. ii, 3. Et vous serez fameux chez la postérité, id. Cinna, u, *. C'est ce roi si fameux dans la paix, dans la guerre, boil. Poésies div. xviu. La fameuse Cornélie, fille du grand Scipion et mère des Gracques, est connue de tout le monde; il n'y avait point à Rome de noblesse plus illustre ni de maison plus riche que la sienne, roll. Traité des Études, v, )" part. §3. L'histoire des empereurs romains fait plus souvent mention des pantomimes fameux que des orateurs célèbres, m. dani LAFAYE, Synon. Ce brillant escadron fameux par cent batailles, volt. Fontcnoy. Le renard est fameux par ses ruses, et mérite en partie sa réputation , BUFP. Renard. Les remarques de l'abbé d'Olivet déplurent surtout à un satirique [l'abbé Desfontaines] plus fameux que célèbre, et plus caustique que juste, d'alekb. dans lafate, Synon. à
FAM
celle-ci succéda Messaline, fameuse par ses débauches, et i Messaline Agrippine, non moins fameuse rr son ambition, diuer. Claude, et Nér. i, § <o. n se dit aussi des choses. Il fréquentait au logis de l'intimé, qui, pour laquais et autres semblables gens, tient le cabaret le plus fameux de la ville, PATBU, Plaidoyer <<, dans iucuelet. Ce grand courage Qui m'a fait entreprendre un si fameux ouvrage, C0HN.Ctnno,iT, 5.Nevous exposez plus à ces fameux revers, id. ib. lu, 4. La fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée, hac. Athal. I, ( . Peutrêtre on l'a conté la fameuse disgrico, id. isth.l, I. Il 2° lUe dit aussi dans le langage familier, en mauvaise part pour désigner un excès. Un fameux ivrogne. Samson est représenté comme un fameux paillard, volt. Phil. ii, «o. || Voilà une fameuse bêtise I Un fameux imbécile. |{ 3° Dans le langage populaire, excellent, admirable. C'est fameux! Hé t je me connais bien aussi, et je n'ai pas là une fameuse connaissance, wxmv.Jeux del'am. et du has. m, o.
— SYN. FAMEUX, HENO.MMÉ, cÉi.ÈHRE. Renommé est celui dont le nom est connu; célèbre, celui dont on parle beaucoup et souvent, en bien ; fameux, celui dont la réputation, en bien ou en mal, s'étend au loin. Renommé dit moins que célèbre ou fameux; le renom fait seulement que la personne ou la chose est citée a^ec éloge parmi celles de son esp^,cc. Quant à fameux et célèbre, on remarquera que le genre de célébrité marqué par le premier est plus relatif à, ce que dit la voix commune, et celui qui est marqué par le second plus relatif à ce que disent les livres.
— HIST. xvi* s. Université fameuse, Ane. coût, de Normandie, f* 45, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. famos ; espagn. et ital. famoso; du latin /'amoitts, de fama (voy. fAme). Fameua n'a pas d'accent parce que l'o n'y est pas long (voy. FAMÉ) . Dans certaines provinces on dit fameux.
t FAMILIAL, ALE (fa-mi-li-al, a-l'), odj. Néologisme. Qui est de la famille, qui a rapport à la famille (dans le langage de la science politique). Organisation familiale. Liens familiaux. L'intervention de l'État dans le gouvernement de la commune n'est pas seulement plus légitime et moins inquiétante que son intervention dans la vie familiale ou individuelle.... H. HOULLEAUI, Frogm. économ. p. 474.
— KTYM. Famille.
FAMILIARISÉ, ÉE (fa-mi-li-a-ri-zé, zée) , part, passé. Rendu familier avec , habitué à. Cet oiseau aussi beau que rare, est encore aimable par ses mœurs sociales et par la douceur de son naturel, il est bientôt familiarisé avec les personnes qu'il voit fréquemment, buff. Ois. t. xi, p. 274, dans pou- GKNS. Les hommes n'exigent point de preuves pour adopter une opinion, leur esprit n'a besoin que d'être familiarisé avec elle, comme nos yeux avec les modes, DUCLOs, Consid. mœurs, ch. 2.
FAMILIARISER (fa-mi-li-a-ri-zé), v. a. || 1' Rendre familier, apprivoisé. 11 n'y a rien de si farouche qu'on ne puisse familiariser avec un peu de soin, HAMiLT. Gramm. 4. || 2° Habituer à, rendre familier avec. Familiariser quelqu'un au travail, un cheval avec le bruit des armes à feu. || Absolument. Cet usage, qui est fort ancien, familiarise avec les faux serments, et ne met aucun obstacle à la corruption, BAYNAL, Hist. phil. II, 20. || 3° Se familiariser, familiariser à soi , se rendre propre. Se familiariser la manière d'un artiste, le style d'un auteur. || Se familiariser un auteur, le posséder bien, l'entendre bien. || Se familiariser une langue étrangère, l'entendre, la parler comme sa propre langue. || i' Se familiariser,*, réfl. Se rendre familier avec quelqu'un. Se familiariser avec tout le monde. Je connaissais aussi quelques pédants.... je m'en amusais quelquefois et les congédiais ensuite sans me familiariser avec eux, vauven. Dialogue, Catilina, Sénécion. On prétend que l'abbé Gallois disait: M. Colbert veut quelquefois se familiariser avec moi, mais je le repousse par le respect, volt. Louis XIV, Écrivains, Gallois. Il Absolument. Prendre des manières trop familières. Ne vous familiarisez pas trop; souvenez-vous toujours du personnage de mère, de sœur aînée, derehgicuse, kaintenon, Z.et(. dJfm<de Fontaines, 4 695, t. m, p. 4 38, dans pougens. Il 6° S'accoutumer i. Se familiariser avec le danger. U 88 trouve des hommes qui se familiarisent avec leur propre grandeur et à qui la tête ne tourne point dans les postes les plus élevés, la bruy. xi. X l'égard du tonnerre, c'est une bagatelle.... nous nous familiarisons fort dans notre siècle avec tout ce qui faisait trembler dans les siècles passés, volt. Lctt. Mme du Deffant, 5 juin 4772. U faut, après un grand malheur, se familiariser avec tout (w qui tous en-
FAM
toure, STAËL, Corinne, i, 2. || 6* Acquérir la connaissance facile d'une chose. S'ils trouvent étrange qu'un petit espace ait autant de parties qu'un grand, qu'ils regardent le firmament au travers d'un petit verre, pour se familiariser avec cette connaissance, en voyant chaque partie du ciel en chaque partie du verre, pasc. Espr. géom. i. Se familiariser avec une langue étrangère, boil. Disc, sur l'Ode.
— HIST. XVI* s. Le duc de Guise, familiarisant encor avec l'admirai de Chastillon, luy rapporta que le prince de Condé ne s'estoit pas conduict comme son ami pour le gouvernement de Picardie, b'auh. Jlist. i, 87. Elle la faisoit aider par une fille de chambre nommée Xainte, avec laquelle le roi de Navarre se familiarisoit, id. u, 346.
— ETYM. Familier.
FAMILIARITÉ (fa-mi-li-a-ri-té), ». f. || !• Grande intimité. Il s'est approché des grands, et a été reçu en leur familiarité, balz. 2' hist. Tu as donc familiarité avec le prince ? mol. Princ. d'Él. m, 3. Dieu s'émeut plus sen.siblcment sur les pécheurs convertis, qui sont sa nouvelle conquête; mais il réserve une plus douce familiarité aux justes, qui sont ses anciens et perpétuels amis, boss. Marie-Thér. Polybe, que son étroite familiarité avec les Romains faisait entrer si avant dans le secret des affaires, id. llist. m, 6. Aussi la rougeur lui monterait-elle au visage, s'il était malheureusement surpris dans la moindre familiarité avec quelqu'un qui n'est ni opulent, ni puissant, ni ami d'un ministre, ni son domestique, ni son allié, la bruy. ix. Pour admettre les honnêtes gens dans sa familiarité, fén. Tél. u. Si le duc de Duras m'honorait de sa bonté et de sa familiarité comme vous le prétendez.... volt. Lett. Richelieu, 25 mai 4772. Rassuré bientôtpar la manière libre et douce dont le roi lui parlait, il reprit avec lui sa familiarité ordinaire, et tous deux s'entretinrent en riant du combat de Bender, id. Charles XII, 7. Il Par extension. Cette familiarité, pour ainsi dire, des sacrés mystères ne faisait que la rendre plus respectueuse et plus circonspecte; et l'usage fréquent qu'elle en faisait ne diminuait pas sa ferveur, fléch. Marie-Thér. Les sciences, en faveur desquelles il s'abaissait au rang de simple particulier, doivent l'élever en récompense au rang des Auguste et des Charlemagne, qui leur ont accordé aussi leur familiarité, FONTEN. Czar Pierre. || 2° Manière libre et familière. U en est des rois comme des femmes, pour lesquelles la faimiliarité a toujours quelque fâcheuse conséquence, dider. Claude et Nér. i, § 3*. Il Ton familier. Si la Sophonisbe de Mairet n'avait pas été infectée d'une familiarité comique, souven. poussée jusqu'à la bassesse, elle se serait soutenue au théâtre, volt. Letl. Richelieu, 6 juill. 4 773. C'est par son excellente manière de raisonner qu'il [Bayle] est surtout rccommandable, non par sa manière d'écrire, trop souvent diffuse, lâche, incorrecte, et d'une familiarité qui tombe quelquefois dans la bassesse, id. Louis XIV, Écrivains, Bayle. || Au plur. Choses familières, traits familiers. Ces jeux de l'imagination, ces finesses, ces tours, ces traits saillants, ces gaietés, ces petites sentences coupées, ces familiarités ingénieuses, qu'on prodigue aujourd'hui, ne conviennent qu'aux petits ouvrages de pur agrément, m. Dict. phil. Esprit. L'éloquent Bossuet voulait bien rayer quelques familiarités échappées à son génie vaste, impétueux et facile, lu. Tcmp. du goût. || 8° Au plur. Manières libres et inconvenantes. Prendre, se permettre des familiarités avec quelqu'un. J'étais familier avec la première, sans avoir de familiarités; au contraire j'étais aussi tremblant qu'agité devant la seconde, même au fort des plus grandes familiarités, J. J. rouss. Conf. i. Ils ne passeraient pas tout d'un coup aux dernières familiarités, id. Ém. I. || Avoir des familiarités avec une femme, en obtenir des faveurs. || 4" Nom donné à des associations religieuses qui existaient autrefois en Franche-Comté. || Proverbe. Familiarité engendre mépris.
— HIST. xiii' s. Ne saiez pas familiez à toz, mes aiez quenoissence [connaissance] à toz; quar po avient que de grant familiarité ne vegne péril de juridiction, Liv. de just. 7(. On doit moult regarder s'il avoit entre noz [nous] deussaubIantd'amor....ct s'en voit familiarité, il ne doit pas estreols de le [la] porsuite du larrecin contre mi, beaum. xxxi, i3. Il xiv* s. La familiarité des dames que elle sot pourchacier, behciieure, f* 20, verso. Comme l'on dit que trop grant familiarité engendre mesprisement, aussi fait trop grant humilité, Ménagier, i, ». Pour la familiarité que j'avoie avec luy ou qu'il povoit avoir en moy, ib. i, 3.||xv' s. [Monseigneur le comte de Blois] me bailla ses lettres de familiarité
FAM
adressans au comte de Foiz [lettres attestant que
Froissart était de la familiarité du comte de BloisJ, FROISS. u, m, 4.
— ÊTYM. Provenç. /'amitian'tal; espagn. familiaridad; ital. familiaritd; du lat. familiaritatem, de familiaris, familier.
FAMILIER, 1ÈRE (fa-mi-lié, liè-r*; au xvii* i. Chifflct, Gramm. p. 4 88, dit qu'on prononçait familier comme enfer, hiver; la proDonciation a tout à fait changé), adj. || 1° Qui vit avec quelqu'un sans façon et comme en famille. C'est un de ses amis les plus familiers. Ne regardez pas la femme d'un autre; ne vous rendez point familier avec sa servante, et ne vous tenez point auprès de son lit, SACi, Bible, EccUsiast. xu, 27. Le chevalier, familier avec tout le monde, hahilt. Gramm. 1. 1| 2' Terme de mythologie romaine. Dieux familiers, dieux lares des maisons de chaque parUculier. || Il se dit, dans un sens analogue, des petits génies, lutins, kobolds germaniques, qu'on croyait habiter la maison, j] Esprit, démon, génie familier, être surnaturel que Ton disait être attaché à une personne pour l'inspirer, la diriger. Non, je sais tout cela d'un esprit familier, CORN. Suite du Ment, iv, s. ô l'heureux temps que celui de ces fables, Des bons démons, des esprits familiers, Des farfadets aux mortels secourablesl volt. Ce qui plait, etc. || Fig. Ce sunt [les hommes de talents éminents] les anges tutélaires des royaumes et le.i esprits familiers des rois, balz. De la cour, t" dise. || 3° Qui se familiarise, qui se comporte avec familiarité. Quelle autre a mieux pratiqué cet art obligeant qui fait qu'on se rabaisse sans se dégrader, et qui accorde si heureusement la liberté avec le respect? douce, familière, agréable autant que ferme et vigoureuse.... noss. Reine d'Anglet. || Qui a trop de familiarité. Voyez-vous? il se rend familier, bac. Plaid, i, s. Cet homme me parait familier, volt. Éeost. ii, 5. II est également importun, bavard et familier, GENLis, Ad. et Théod. t. i, letl. 43, p. 37:;, dans POL'GENS. Il Etre familier comme les Épitres de Cicéron, se dit d'une personne qui se rend trop familière, par allusion aux lettres écrites par Cicéron à ses amis et dites Epitres familières. || 4* Il se dit des choses qui ont un caractère de familiarité. Ils vivent dans un commerce très-familier. 11 a des manières un peu trop familières. Des gens d'un caractère libre et familier. Le commerce plus familier qu'on a à la campagne me la fît mieux connaître, et toujours à son avantage, duclos, Confess. Comte de ***, ClEup. t. viii, p. 4 42, dans polgehs. Malgré le ton familier du nouveau venu, i. J. bouss. Conf. VI. La demande est un peu familière, collin d'bar- LEV. M. de Crac, se. 40. ]| 5* Animal familier, se dit des animaux qui ne s'effarouchent pas, qui viennent près de l'homme, qui ont de la tendance à s'apprivoiser. Les bengalis jont des oiseaux familiers et destructeurs, buff. dans le Dict. de bescuerelle. Parmi les animaux, les uns paraissent être plus ou moins familiers, plus ou moins sauvages, plus ou moins doux, plus ou moins féroces, m. ib. || 6' Qui est du parler de la conversation. Langage familier. Style familier. Dans les discours familiers et dans les discours de science, pasc. Espr. géom. i. Ce n'est pas qu'il faille condamner des vers familiers dans ces pièces de poésie; au contraire, ils y sont nécessaires comme les jointures dans le corps humain, ou plutôt comme des repos dans un voyage, volt. Conseils à un journaliste. || Terme, mot familier, locution, expression familière, terme, mot, locution, expression qui ne peuvent entrer que dans le langage familier. Être familier, avoir un ton familier. Il était familier de l'inquisition; milord Boldmind n'était familier que dans la conversation, volt. Dict. phil. Liberté de penser. Il 7* Qui n'est pas assez respectueux en tant qu'expression. Le terme d'amitié est «n terme trop fa- ■ milier avec des personnes placées bien au-dessus de nous. || 8" Ordinaire, habituel. L'alfégorie est trèsfamilière aux poètes grecs. Vous savez qu'il y a des gens opiniâtres sur les petites choses et à qui le terme non est beaucoup plus familier dans de certaines occasions que le terme oui, volt. Lett. Richelieu, t» juill. 4773. Il 9'' Avec quoi l'on se familiarise. Le premier qui vit un chameau S'enfuit à cet objet nouveau; Le second approcha; le troisième osa faire Un licou pour le dromadaire; L'accoutumance ainsi nous rend tout familier, la font. Fabl. IV, lO. || 10' U se dit de ce que l'on connaît pour l'avoir souvent tu , étudié , pratiqué. Des notions familières à tout le monde. Son vieago m'est familier, la bbdt. vu. Dans une chambre où il est familier [il a ses habitudes], id. xi. Ceux qui
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parcourent ses ouvrages [de Bacon] le trouveront versé dans toute la litlératurc ancienne et moderne, et familier avec les auteurs grecs, latins, hébreux, italiens, français, allemands, arabes, dider. Opin. des anc. phii. (scolastiques). \\ 11° S. m. et f. Familier, familière, celui, celle qui est dans la familiarité d'une personne éminente. Il fit entrer ses familiers et ses médecins, vaugel. Q. C. m, 5. Au sabbat elle est la première, Et du bouc noir la familière, scaub. Virg. VI. Madame de Maintenon se produisit fort peu au camp [de Compifcgne], toujours dans son carrosse avec trois ou quatre familières, st-sim. ho, )3.|lLe3 familiers de la maison, ceux qui sont reçus habituellement et familièrement dans une maison. || 12° Celui, celle qui affecte la familiarité avec lespei-sonncs d'un rang au-dessus du sien. Il fait le familier avec le ministre. Elle fait la familière avec la princesse. Le [un grand) tirer par son habit, lui marcher sur les talons, faire le familier, prendre des libertés, marquent mieux un fat qu'un favori, la bhuy. iv. Les petits courtisans se relâchent sur ces devoirs, font les familiers, et vivent comme gens qui n'ont d'exemple à donner à personne, id. viii. || 13° Officier de l'inquisition. Un familier du saint-office. Les plus adroits s'empres.'ièrent d'être les archers de l'inquisition, sous le nom de ses familiers, aimant mieux être satellites que suppliciés, volt. Mœurs, 440. Il 14° S. m. Ce qui a le caractère du style familier. Mais prenons garde à la bassesse Trop voisine du familier, lamotte, Fahl. ii, )2. On ne distinguait pas assez les bornes qui séparent le familier du simple : le simple est nécessaire, le familier ne peut être souffert, volt. Comm. Corn. Bem. sur //or. Il Manières familières. Il a été d'un familier auquel je ne m'attendais guère. || IB" S. f. Familière, espèce d'araignée.
— HlST. xm* s. Je Miles de Galathas chevaliers et familiaires dou très noble empereor de Constantinoble, DU CANGE, Villeh. append. p. 26. Aucuns de ses familles groussoient de ce que il fesoit de si larges aumosnes, joinv. 298. {| xiv' s. Priver de ses pecunes son familier compaignon est plus dure chose et plus injuste, oresme, Eth. 245. 11 ont fait édifier ung hostel ou maison à leurs dépens pour mettre eulx et leurs biens, familiers et serviteurs à sauveté, du GANGE, familiarius.Wxvi' s. S'il n'est assez familier des livres pour y trouver tant de beaux discours qui y sont, mont, i, 4 74. Ils ont donné le prix à celle des vertus qui leur estoit plus familière, id. ii, 67. Ces langues estoient familières à mon père, id. ii, ) 37 . Je suis du camp d'amour pratique chevalier; Pour avoir trop souffert, le mal m'est familier, bon- SARD, 230. Si la dure mère est devenue noire par remèdes acres, soient appliqués remèdes doux et familiers, PARÉ, VIII, 18. Le fils familier [le fils de famille] , greigneur de vingt ans, peut ester en jugement sans autorité ou licence de père, Coust. gêner, t. II, p. 440.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. familiar; ital. famigliare ; du latin familiaris, de familia, famille.
FAMILIÈREMENT (fa-mi-liê-re-man), adv. D'une manière familière. Je n'oublierai pas même plusieurs petites circonstances qu'un historien omettrait sans doute, mais qu'un ami , ce me semble , peut dire familièrement à son ami, pellisson, llisl. de VAcad. à M. D. I. I. Suétone rapporte ce que les premiers empereurs de Rome avaient fait de plus secret; mais avait-il vécu familièrement avec douze Césars? volt. Russie, Préf. hist. J'ai vu, ces joursci , le roi de Prusse, et je l'ai vu comme on ne voit guère les rois, fort à mon aise, dans ma chambre, au coin de mon feu, où ce même homme qui a gagné deux batailles venait causer familièrement comme Scipion avec Térence, id. Lett. d'Argenson, 10 sept. 4 742.
— HlST. XVI' s. Se l'en se doit avoir et contenir vers luy en rien plus familiairement que se il ne eust onques esté ami, oresme, Eth. 20B.
— f.TYM. Familière, et le suffixe ment ; provenç. familiarment; espagn. familiarmente ; ital. famigliarmente.
FAMILLE (fa-mi-ir, H mouillées, et non fa-mi-ye), s. f. Il 1* Chez les Komains, réunion de serviteurs, d'esclaves appartenant à un seul individu ou attachés à un service public; c'est le sens primitif. Il î° Par suite il se dit de toutes les personnes, parents ou non, maîtres ou serviteurs, qui vive"* sous le même (oit. Chef de la famille. Gouvervitiment de la famille. || En Italie, chez les grands, toutes les personnes attachées au service d'une maison. La famille d'un cardinal. || 3° L'ensemble des personnes d'un même sang, comme père, mère, enfant» frères, oncles, neveux, cousins, etc. Entrer
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dans une famille par alliance. Il était le chef de la famille. La famille de sa femme. Un repas, une fêle de famille. J'ai vu trancher les jours de ma famille entière, iiAC.ylndr. m, 8. || Par extension. Instruits par tes vertus, nous sommes ta famille, volt. Âlz. i, 2. Cet accord [sur un même méridien] introduirait dans leur géographie [des peuples de l'Europe] la môme uniformilé que représentent déji leur calendrier et leur arithmétique, uniformité qui, étendue aux nombreux objets de leurs relations mutuelles, formera de ces peuples divers une immense famille, I.A PLACE, Expos. I, 4 4. Il La grande famille humaine, l'ensemble des hommes, l'humanité tout entière. Il Avoir un air de famille, se dit de la ressemblance que l'on trouve entre les différents membres d'une même famille. || Bonne famille, famille honnête et aussi famille occupant quelque rang dans la société. Riche suffisamment et de bonne famille, la font. Contr. Il Fils de famille, enfant de famille, jeune homme qui est d'une bonne famille. Pinucio, jeune homme de famille, la font. Berc. Lisette est une fille de famille, qui peut trouver mieux, monsieur; et je ne vois pas que votre Lépine lui convienne, mariv. Préj. vaincu, se. 4. || Il se dit quelquefois par moquerie. — C'est un jeune homme distingué. — Le colonel : Oui, je sais; ce que nous appelons, nous autres, un fils de famille, un d* ces mauvais sujets que leurs parents jettent dans an régiment pour s'en débarrasser, ch. de Bernard, un Fils de famille, II, 6. Il Conseil de famille, voy. conseil. || 4° Les personnes de même sang vivant sous le même toit, et, plus particulièrement, le père, la mère et les enfants. Laissez à son destin cette ingrate famille, COBN. Poly. IV, 6. Les dieux et l'empereur sont plus que ma famille, id. m, 3. Qu'est-ce, à proprement parler, qu'une famille, sinon une forme de royaume où l'on commande et où l'on obéit? bourdal. 2» dim. après Pdq. Dominic. t. ii, p. lO. Si vous ne voyez plus votre auguste famille. Le Dieu que vous servez vous adopte pour fille, volt. Zaïre, iv, 4. Il Père de famille, mère de famille, celui, celle qui est mariée et qui a des enfants. || Soutien de famille, le fils, le frère qui soutient une famille; il a droit à l'exonération du service militaire. Fléau de famille, mauvais sujet qui désole ses parents. || En famille, chez soi, au milieu des siens. Comme il causait en famille, on le vint avertir, sÉv. 2'J5. || La sainte Famille, Joseph, la Vierge et l'enfant Jésus. || Une sainte Famille, tableau qui représente la sainte Famille , quelquefois avec saint Jean. Une sainte Famille de Raphaël (Famille par une F majuscule). Il 5° Terme de droit. Père de famille, voy. père. Il Fils de famille, le fils qui est sous l'autorité paternelle. Il 6° Lfs enfants par rapport aux parents. Vous vous mariez, vous aurez bientôt de la famille. Sa profession, devenue d'autant plus nécessaire qu'il était déjà chargé de famille, l'occupait beaucoup, FONTEN. Rolle. Je vous revois enfin, chère et triste famille, volt. Zaïre, ii, 3. Les famiUes sont généralement plus nombreuses dans le peuple que dans les autres conditions, bufp. Probab. de la vie. Le ciel bénit toujours les nombreuses familles, col. d'harlev. Chdt. en Esp. y, 40. J'en sais [des chapons] qui sont bons maris. Qui même ont de la famille, bérang. Chapons. Il II se dit de même des animaux. Voyez cette poule accourir avec toute sa petite famiUe. || 7° Race composée de ceux qui sont du même sang par les mâles. Il est de famiUe de robe. Une famille bourgeoise. Elle vit qu'elle allait unir la maison de France i la royale famille des Stuarts, boss. Reine d'Anglet. N'en doutons pas, chrétiens : Dieu a préparé dans .son conseil éternel les premières familles, qui sont la source des nations, et, dans toutes les nations, les qualités dominantes qui devaient en faire la fortune; il a aussi ordonné dans les nations les familles particulières dont elles sont composées, mais principalement celles qui devaient gouverner ces nations et en particulier, dans ces famiUes, tous les hommes par lesquels elles devaient ou s'élever ou se soutenir ou s'abattre, m. Marie-Thér. || Famille régnante, voy. RÉGNANT. || Terme d'histoire. Pacte de famille, traité défensif conclu entre Louis XV et le roi d'Espagne, en 4764. Il 8° Tous les religieux d'un même ordre , d'une même classe , d'un même monastère. Il Tous les philosophes d'une même école. Les philosophes de la famille de Platon et île celle d'Aristote , balz. De la cour, i" dise. \\ 9° Il se dit des choses qui offrent des analogies d'origine ou de ressemblance. Les idées du Tasse ne sont pas d'une aussi belle famille que celles du poète latin [Virgile], chateaub. Génie, h, i, 2. || 10° Terme d'histoire naturelle. Mot introduit en botanique par Magnol, et aujourd'hui généralement adopté non-
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seulement dans la botanique mais aussi aans la zoologie pour désigner des groupes de genres liés par des caractères communs. Les familles naturelles de Jussieu. La famille des labiées. Les singes et les makis forment deux familles distinctes dans l'ordre des quadrumanes. Les panthères, les onces, les léopards, les guépards, les ocelots, les serval», les margais et les chats ne font qu'une même et méchante famille, buff. C)uadrup. t. vu, p. 257, dan» pougens. Les animaux et les végétaux ne composent qu'une même famille et leurs analogies sont en grand nombre, bonnet, Lett. div. Œuv. t. xii, p. 389, dans pougens. U y a une famille entière de fleurs qui appartient à cette forme [crucifères], chateaub. Génie, iv, i, 2. || 11» De la botanique et de la zoologie où le mot de famille s'est d'abord établi, il a passé à la classification des substances chimiques La famille des sels. || 12° Il se dit aussi en géométrie. Réunion do surfaces caractérisées par une propriété commune du plan tangent. || Réunion de courbes ayant un caractère géométrique ou analytique commun. La famille des courbes du second degré. || 13° Terme de grammaire. Famille de mots, ensemble de mots appartenant à un même radical. Père en français, padre en italien, pater en latin, nottrip en grec, appartiennent à une même famille.
— UEM. J'y étais allé eu famille, qui fut aussi satisfaite de cette maison que moi, bussy-rab. Lett. du 21 nov. 4666. Locution vicieuse, parce que famille n'a plus pour ainsi dire son sens propre, jlllien, Gramm. p. 248. U fallait dire : J'y étais allé en famille, et ma famille fut....
— SYN. FAMILLE, MAISON. Famille se dit quand on considère l'ensemble des individus de même sang qui vivent les uns à côté des autres : la famille royale, impériale. Maison se dit quand on considère la famille en sa succession dans le temps et en sa transmission : les maisons souveraines. Un homme est de bonne famille quand il provient d'une famille qui occupe un certain rang dans la société; il est de bonne maison, quand il provient d'une famille héréditairement distinguée. || L'Académie remarque que, quand on parle des grandes et anciennes races de France et des pays étrangers, on se sert moins ordinairement du mot famille que du mot maison, et qu'au contraire, lorsqu'on parle des anciens Grecs ou des anciens Romains, on emploie de préférence le mot famille. La famille des Héraclides. La famiUe des Atrides. La famille des Césars. Cette remarque n'a rien d'absolu; car on voit Bossuet appliquer le mot famille aux grandes races des temps modernes.
— HIST. XIV' s. Ce fut Brutus de qui famille cil estoit, bercheube, f° 56, verso. Retenir aucuns autres hosteus [hôtels, logements] en le [la] ville pour les caretons et famile dou dit prevost et jurés, caf- FiAux, Abattis de maisons, p. 4 8. |i xv s. L'archevesque de Ravenne estoit de la famille et maison des Ursinsde Rome, A. chartieb, //ùt. de Charles Yll, p. 259, dans LACURNE. Environ trente valets que pages, de la famille du duc de Bourgogne, monstbel. t. I, f° 282, dans LACURNE. Tant y demeura, que ce seigneur le retint de sa famille pour ce qu'il chevauclioit moult bien, Perceforest, t. m, f »4. Il XVI' s. Famille d'Archambaut, plus y en a, pis vaut, cotgrave. François George de la famille des frères mineurs, du verdier, Bibl. p. B23, dans la-
CURNE
— ÉTVM. Provenç. familia ; espagn. familia , famiglia ; du h,lin familia, famille, /amuiwi, serviteur, de l'osque fatnel, serviteur, faama, maison, ce qui explique famel. Faama est le sanscrit dhàman, maison, du radical dha , poser; la transition (lu dh sanscrit à Vf latine est normale, ex. dhûma, fumus. Le sens étymologique montre par quels degrés le mot famille est venu à signifier les membres de la maison unis par les liens du sang.
tFAMILLEUX, EUSE (fa-mi-lleii, lleû-z', Il mouillées), adj. Terme de fauconnerie. Se dit d'un faucon qui veut toujours manger.
— ÉTYM. Anc. fraiiç. famelleus, famélique, du lat. famés, faim (voy. famélique, àl'étymologie).
t FAMILLISME (fa-mi-Ui-sm', H mouillées), s. m. L'amour de la famille, dans le langage des fouriéristes.
FAMINE (fa-mi-n'), s. f. || 1° Manque d'aliments, dans une ville, dans une province, etc. II y eut disette, après vint la famine, valgel. Q. C. x, 8. On venait de toutes les provinces en Egypte pour acheter de quoi vivre, pour trouver quelque soulagement dans la rigueur do cette famine, saq , Bible , Gen. XLi, 57. On verra par quels soins ta sage prévoyance Au fort delà famine entretint l'abondance, hoii. Épit, V liicntôt ]fi mhe oAsaf^ apiàs de vains