PAN
FAN
FAN
«e passer, se passe. Les débauchés passent en un moment de l'enfance à la vieillesse, et se fanent cnleur fleur, D'ABLANcouRT,tucit'n, dansLF.ROLX, Bict. com. Toute chair se fane comme l'herbe et comme la feuille qui croît sur les arbres verts, saci, Ecclésiastique, XIV, 18. IlOnditde même: la beauté se fane. Il Avec ellipse du pronom. Laisser faner une fleur.
— REM. On a dit fanir au xvii' siècle , comme au XVI'. Le mesme jour qui voit leur bouton demi-clos, Le voit s'épanouir, fanir, tomber à terre, racan. Psaume 35.
— SYN. rANFB, FLÉTBiR. Faner dit moins que flétrir. Une fleur fanée par le chaud du jour reprend sa fraîcheur le soir; une fleur flétrie no redevient pas fraîche; aussi, figurémont, dit-on que la réputation d'un homme est flétrie. Une réputation fanée serait simplement une réputation passée.
— HIST. XV' s. Les faings faner, froiss. ii, ii, io6. Il XVI' s. La beauté de son corps estant pieça fanée, MONT. 1, 2M. Les republiques naissent, fleurissent et fanissent de vieillesse, comme nous, id. lii, 97. Prés sont defensables depuis la mi-mars jusqu'à la Toussaint, ou que [à moins que] le foin soit du tout fanné et enlevé, loïsel, 245. Non frais ne verdoyant, ains comme arbre qui se va fenant et séchant à faulte de prendre nourriture, ahyot, Rom. 32. Il meit sur sa teste un chapeau de fleurs tout fené, et prit en sa main une torche, ID. Pyrrhus, 27. Environ la my-juin les aulx attaignent leur parfaite meurelé, laquelle l'on recognoit au fener de leurs feuilles,
— ÊTYM. Génev. fener, tourner et retourner l'terbe; Berry, fener, se fener; norm. fener; wallon, flani,se faner; provenç. fenar; du latin fœnum, foin (voy. ce mot). Faner veut dire proprement faire du foin, et, par la métonymie de l'effet à la cause, retourner l'herbe fauchée des prés, puisque c'est le moyen de la faire sécher, d'où le sens de flétrir.
FANEUR, EUSE (fa-neur, neû-z"), s. m. et f. Celui, celle qui fane les foins. || S. f. Faneuse, machine composée pour remplacer le râteau et la fourche dans le fanage.
— ÉTYM. Faner; Berry, feneux, feneuse PANFAN (fan-fan), *. m. et f. Terme enfantin.
Un petit enfant. Ce pauvre petit fanfan. Si le fanfan [Ascagne] était pendu, Ce serait, ma foi, grand dommage, scarr. Yirg. vu. Elle venait d'être coupée, mais coupée [ayant les cheveux coupésj en vraie fanfan, sÉv. 44. || Il se dit à une jeune fille en termes d'amitié. Oui, ma pauvre fanfan, pouponne de mon âme, mol. Éc. des mar. ii, U. || Il se dit aussi d'un grand niais. C'est un grand fanfan. || Fanfan la tulipe, personnage de chansons populaires.
— ÉTYM. Prononciation enfantine du mot enfant. FANFARE (fan-fa-r'), s. f. || 1° Terme de musique.
Air dans le mode majeur et d'un mouvement vif et bien rhythmé, exécuté par des cors ou des trompettes. Casimir [prince palatin] fait porter en triomphe au son des fanfares les dépouilles de la France, volt. Moeurs, <73. Je n'ai jamais entendu, sans une certaine joie belliqueuse, la fanfare du clairon, cha- TKAiJB. Uart. VI. Il Par extension, toute musique militaire, et souvent celle qui se rapporte à des actes militaires. Aubruitdes lugubres fanfares, Hélas [enfants!] vos yeux se sont ouverts, bérang. Orage. Il 2° Terme de vénerie. Air qu'on sonne au lancer du cerf. Sonner la fanfare. || 3° Réunion de musiciens se servant d'instruments de cuivre; beaucoup de villes ont de ces sociétés qui se forment à côté des orphéons. La fanfare de Melun se rendra à cette fête. Il 4° Fig. Démonstrations de triomphe et de satisfaction. Le roi méprisa ces superbes fanfares [menaces prononcées publiquement par Charles- Quint devant le pape et les cardinaux], mais répondit aux accusations par une lettre apologétique qu'il adressait au saint-père et aux cardinaux, mé- ZERAY, Abrégé de l'Hist. de Fr. t. iv, p. 588, Amst. 4688. Voilà ton demi-cent d'aiguilles de Paris, Que tu me donnas hier avec tant de fanfare, mol. le Dép. IV, 4.
— HIST. xvi' s. L'inclination à la liberté, et à tant de belles fanfares qu'ils guignent de loin, que le monde leur jette en veue, ne leur fait venir que trop d'envie d'en sortir [du collège], langue, 4 22. Ils y envoyèrent huit ou neuf cens lances, et force harquebusiers à cheval, faisans de grandes fanfares de trompettes, et crians bataille, id. 647. Il leur manda par ung trompette, qu'il n'avoit pas agréables telles fanfares [réception triomphale], carloix, x, 4 3.
— ÉTYM. Ane. espagn. /'an/o, vanterie. Diez pensa que c'est un mot créé par onomatopée. Le fait est
[xju'on ne lui trouve pas de racine.
■ t FANFAKER (fan-fa-ré), V. a. Célébrer par des
fanfares. Puis chanteront en choeur leurs poètes élus. Oui, tourmentant à froid leur nuUité notoire. Viennent, après un air, faiifarer la victoire, babtiiê- LEMY, dans le Vict. de dochez.
— HIST. xvi's. Ne faisant que s'entreregarder, faire fanfarer leurs trompettes, et bruire leurs tambours, SULLY, t. II, p. 214, dans lacurne. Phanpliarrr la victoire. Pèlerin, d'amour, t. ii, p. 590, dans lacurne. Au reguard de fanfarer et faire les petitz popismes [sifflements] sur ung cheval, nul ne le feit mieulx que luy, rab. Garg. i, 23.
FANFARON, ONNE (fan-fa-ron, ro-n'), adj.
Il 1° Oui sonne la fanfare sur lui-même, qui exagère sa bravoure. Il est brave et fanfaron en môme temps. Il En général, qui se vante trop, qui veut passer pour valoir plus qu'il ne vaut en effet. Il parle beaucou|i do son mérite, il est fanfaron. Ces petits messieurs sont fanfarons; ils ont trop peu d'esprit pour s'apercevoir qu'on les raille, et trop bonne opinion d'eux-mêmes pour ne pas croire qu'on les aime, dancourt, Été des coquettes, se. 8. D'accord, mais il a l'air un peu trop fanfaron, destouches, Homm. sing. Jii, 3. Il Particulièrement, qui affecte une bravoure qu'il n'a pas. Mais qui pourrait souffrir un Ane fanfaron? la font. Fabl. ii, 9. || 2° Il se dit des choses. 11 publia cependant des relations fanfaronnes de cette expédition, anquetil. Ligue, t. m, p. 84. Il S' S. m. et f. Celui, celle qui se vante outre mesure de succès réels ou imaginaires. Le fanfaron travaille 'à ce qu'on dise de lui qu'il a bien fait, LA BRUY. II. Je ne sais si je n'en ai point fait en quelques endroits un fanfaron; mais il est certain que c'était un héros, volt. (Èdipe, 5' lettre. Du cerf prêt à forcer l'enceinte. Chasseur, tu fais le fanfaron, bérang. Double chasse. || Celui qui se vante de qualités, d'un mérite qu'il n'a pas. C'est un fanfaron de vertu, de doctrine et d'éloquence, balz. Letl. à Conrart, m avril 4 653. Il ne s'est point passé d'année que queliiu'un de ces faux généreux et de ces francs fanfarons d'amitié ne m'ait manqué de parole, scarr. £<■((. Œuv. t. i, p. 23i,dansponoENs. Ce ne sont point fanfarons de vertu, mol. Tart. i, 6. Le maréchal de ViUars, fanfaron des qualités mêmes qu'il avait, traversant un jour la place dans un carrosse brillant, chargé de pages et de laquais, voulut tirer pour sa vanité quelque profit de son désintéressement, DUCLOS, Mém. Régence, Œuv. t. vi, p. 40, dans pouGENS. || Un fanfaron de vice, celui qui se Tante d'être plus vicieux qu'il ne l'est en effet. Savezvous, dit-il [Louis XIV], ce que c'est que mon neveu [le duc d'Orléans] ? c'est un fanfaron de crimes, DU- CLOs, Rcgnede Louis XIV, CEuvr.t. v,p. 39. || 4° Particulièrement. Celui, celle qui fait parade de courage sans en avoir. Ce n'est qu'un fanfaron. Vous n'êtes qu'une fanfaronne, lui dit don Carlos, scarr. ilom. com. i, 9. 1 1 5° Fanfaron s'est dit pour ce que nous appelonsaujourd'hui un muscadin. Quand un jeune frisé, relevé de moustache.... Ce fanfaron chez elle [une dame] eut de moi connaissance, Régnier, Sat. vm.
— ÉTYM. Fanfare ; espagn. fanfarron ; portug. fanfarrào ; ital. fanfano. 11 y a dans l'espagnol farfante, fanfaron, dans le portugais farfalhar, faire le fanfaron, que les étymologistes tirent de l'arabe farfar, mal dire, être trompeur. Mais il n'est pas sûr que fanfaron etfarfante soient le même mot.
FANFARONNADE (fan-fa-ro-na-d'), s. f. Acte, parole de fanfaron. Vous voyez comme la fanfaronnade de ces deux volontaires [ils avaient été à un assaut contre l'ordre] a été punie [ils furent mis dans un fort]; il vaut mieux être sage, sêv. 29 oct. 4688. Quoi, vous doutez, dit-il, qu'avec mes huit mille braves Suédois, je ne passe sur le corps à quatre-vingt mille Moscovites ? Un moment après, craignant qu'il n'y eiit un peu de fanfaronnade dans les paroles.... volt. Charles XII, 2. 11 y a là une fanfaronnade d'érudition orientale qui pourra vous effrayer, ID. Lett. Mme du Deffant, mars 4 765.
— ÉTYM. Espagn. fanfaronner. La finale ode indique une origine espagnole. Des dictionnaires citent d'Aubigné pour fanfaronnade ; mais , dans le passage indiqué, la nouvelle édition (p. 73, I854, éd. lalanne) porte vanité.
t FANFARONNER, (fan-fa-ro-né), V. n. Faire des fanfaronnades. ViUars n'avait cessé d'écrire au roi sur les fautes d'Hochstedt, de déplorer de s'être trouvé éloigné des armées, en un mot de fanfaronner avec une effronterie qui ne lui avait jamais manqué, ST-SIM. 4 43, 86.
— HIST. XVI' s. Fanfaronner, oudin, Dict.
— ËTYM. Fanfaron ; espagn. fanfarronear.
FANFARONNERIE (fan-fa-ro-ne-rie), s.f. || 1° Caractère du fanfaron. C'est pure fanfaronnerie De vouloir profiter de la poltronnerie De ceux qu'atta-
que notre bras, hol. Àmph. i, 'i. |{ 2* Habitude de faire, de dire des fanfaronnades.
— iriST. XVI' s. La fanfaronnerie de certains avocats du palais à Paris, les quels [pour certaines dispositions du parlement sur le règlement de leurs salaires] s'en allèrent au greffe de la cour y remettre leurs chaperons et protester de cesser leur caquet, SULLY, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Fanfaronner.
t FANFIOLE (fan-fl-o-r), s. f. Synonyme inusiU de fanfreluche. Il [le peintre Boucher] a beau me les montrer nues, je leur vois toujours le rouge, les mouches, les pompons et toutes les fanfioles de la toilette, DiuHH. Salon de 4705, ÛKuu. t. xiii, p. 44, dans POUGENS.
t FANFRE (fan-fr'),i. m. Nomd'un petit poisson, dit aussi pilote du requin (naucrates ductor).
FANFKELUCUE (fan-fre-lu-ch'), s. f. || 1" Chose très-petite, presque sans substance et qui se détruit très-facilement. C'est pour cela qu'il [Rabelais] a employé le mot fanfreluche, qui signifie souvent un papillon qui périt par le feu, venant se brûler soimême à la chandelle, Lett. de M. Lacrose à U. Le Duchat, dans le Rabelais de 48i3, t. i, p. 49. Il 2° Terme de dénigrement. Ornement apparent, de peu de valeur et de peu de goût. Si vous joignez à toutes ces fanfreluches-là des airs évaporés, ce n'est pas pour une dame qu'on vous prendra, genlis , Thédt. d'éduc. la Lingère, i, 5. || Fig. L'idée qu'on peut faire passer une infinité de lignes courbes entre la tangente et le cercle m'a toujours paru une fanfreluche de Rabelais, volt. ie». à d'Alembert, bu.
— HIST. xiii' s. Elle lui dist tant de bellues, De trufes et de fanfelues, ruteb. 295. Que me valent tex [telles] fanfeluesî la Rose, 9328. || xvi' s. Que les Epicuriens me respondent, veu qu'ils imaginent que tout se fait selon que les petites fanfreluches qui volent en l'air semblables à menue poussière, se rencontrent à l'aventure ? calv. Instit. 4 6. Les fanfreluches antidotées, rab. Garg. i, 2.
— ÉTYM. Ital. fanfaluca; bas-lat. famfaluca, famfoluca ( Flor. gloss. : Famfaluca graece, bulla aquatica latine dioitur); altération du grec «(i|«p6Xu{, bulle (voy. pompholyx).
t FANFRELUCHER (faa-fre-lu-ché), ». o. Orner de fanfreluches. '
— HIST. XVI' s. La vanité qu'elles font paroistre en leurs patins pertuisés, fanfreluches et haut montés, JACQ. OLIVIER, Alphabet de Vimperf. des femmes,
p. 378, dans POUGENS.
— ÉTYM. Fanfreluche.
FANGE (fan-j'), s. /■. ||l°Boue, bourbe. Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange, rac. Athal. II, 6. U nous fallut repasser le Rhin sur le pont de Strasbourg à travers des eaux et des fanges inconcevables, ST-SIM. 47, 55. Arrachez-moi des fanges de Lutèce; Sous un beau ciel mes yeux devaient s'ouvrir, bérano. Voy. imag. \] Par extension et poétiquement, pays marécageux. On a vu mille fois des fanges méotides. Sortir des conquérants, boileau, ÉpU. I. Il 2° Fig. Ce qui souille comme fait la fange; bassesse, abjection. Elle a vu parmi la fange Fouler ce qu'elle adorait, malh. ii, 4. Et qu'à moins d'être au rang d'Horace ou de Voiture, On rampe dans la fange avec l'abbé de Pure, bou.. Sat. ix. Les grôindes âmes choisissent hardiment des favoris illustres, et des ministres approuvés; Louis XI n'eut guère pour SOS confidents et pour ses ministres que des hommes nés dans la fange, et dont le cœur était audessous de leur état, voi.t. Mœurs, 94. Vous êtes depuis longtemps enfoncés dans la fange de notre antique barbarie; il est triste d'être ignorants, mais il est afl'reux d'être lâches et corrompus, id. Pol. et législ. Anne Dubourg à ses juges. Il y a eu toujours dans la fange de notre littérature plus d'un de ces misérables qui ont vendu leur plume et cabale contre leurs bienfaiteurs mêmes, m. Dict. phil. Ame. S'élever jusqu'au faite, ou ramper dans la fange, a. chénier, l' Inventimt. || Couvrir de fange, insulter grossièrement, couvrir d'ignominie. Une statue ne console pas, lorsque tant d'ennemis conspirent à la couvrir de fange, volt. Lett. d'Argental, e avril 4 773. Il 3° Dans le langage ascétique, il se dit des voluptés du monde par opposition à la vie dévote. Plongé dans la fange des voluptés terrestres. U m'a tiré d'un abîme de fange et de boue, port-royal, Psaume 39.
— HIST. xiii» s. Si fort le hurte qu'il l'abat En une fange trestot plat, Ren. 42350. Mult avoit en la rue fange, Si fu la voie mult estrange, ruteb. ii, 4 90. Tex [tel] est issuz et nez de fane; Tant par est fiers, bien le puis dire, Qu'il ne daigne chanter ne lire.
FAN
Hist. de SU Hoc. ms. de St-Germ. t- ao, dans la- CUBNE. ||xvi' S. Fange sccho envy [difficilement] t'attache, leroux m. lincy, Ptov. t. i, p. 68.
— KTYM. Norm. fangue; wallon, faniê; provenç. fane, fanh, faing, s. m. ; fanha, faigna, fangua, s. (.; calai, fang; rapagn. et ital. fango. On a donné pour' étymologie le goth. fani, génit. fanjis. Mais il y a un mot latin peu usité famicosus, fangoux, qui aura tris-bien donné fangeux ; et, comme le latin a aussi un substantif fam'x, famicis, signifiant abcfcs, bourbe, on trouvera là le radical de nos mots romans sans recourir à l'allemand. D'ailleurs il est possible, comme cela est arrivé pour d'autres, que le mot latin et le mot allemand se soient rencontrés et confondus.
FANGEUX, KUSE (fan-jeû, jeû-z"),!!*!/. || !• Oui est plein de fangn. J'aime mieux un ruisseau.... Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule plein de gravier sur un terrain fangeux, boil. Art p. i. Sitôt qu'Amazan fut débarqué sur le terrain égal et fangeux de la Batavie, il partit comme un éclair pour la ville aux sept montagnes, volt. Princ. Ilabyl. ». Il Fig. J'ai fait le premier pas et le plus pénible dans le labyrinthe obscur et fangeux de mes confessions, J. J. nouss. Confess. 1. 1| i° Couvert de fange, en parlant-des personnes. De près me voyant Fangeux comme un pourceau.... Régnier, Sal. xi.
— lllST. xvi* s. Puis passans le marets le dernier de tous avec grande difficulté à travers de l'eau boueuse et fangeuse, amyot. César, 20.
— ÊTYM. Fange; provenç. fangos; espagn.ct ital. fangoso.
\ FANGHAME (fan-ga-m'), *. m. Arbrisseau de Madagascar et de Maurice qui contient un suc extrêmement vénéneux.
t FANION (la-ni-on) , s. m. Ancien terme de guerre. Sorte d'étendard de serge, qu'un valet de chaque brigade de cavalerie ou d'infanterie portait à la tête des menus bagages de la brigade, pendan t la marche des équipages de l'armée, et qui servait à leur faire observer leur ordre pour éviter la confusion.
— ËTVM. Voy, FANON.
t FANNIEN (fa-nniin), adj. m. Papyrus fannien, espèce de papier d'Egypte, de dix pouces de large.
— ÉTYM. Lat. Fannius, nom propre de Romain, f FANOIR (fa-noir), s. m. Terme rural. Cône en
bois, à claire-voie, sur lequel on jette l'herbe fauchée, les foins, la luzerne, etc. pour les faire sécher.
— ÊTYM. Faner.
<. FANON (fa-non), i. m. Ijl" Pièce de drap, de toile, de soierie, suspendue au bout d'une lance, d'une pique, etqui, pouvant se déployer, sert de signe de ralliement || Terme de blason. Large bracelet qui pend au bras droit. || 2° Ancien terme de marine. Nom que l'on donnait au fond et au coin inférieur d'une voile qui Hotte au vent comme une bannière, lorsque la voile est carguée, ial. || Z' Manipule que les prêtres portent au bras gauche lorsqu'ils officient. Le fanon doit être de la même étoffe que l'élole. Il Awplur. Les deux pendants de derrière de la mitre d'un évèque, d'un archevêque, d'une bannière, y Autrefois, manche pendante qu'on portait au poignet, surtout en Allemagne. I| 4" Par assimilation, peau pendante que les taureaux, les bœufs ont sous la gorge. || Terme d'ornithologie. La pièce de peau charnue, rouge et nue, qui pend sous la gorge de certains oiseaux, notamment du dindon. |{ 6° Lames cornées qui garnissent transversalement le palais de certains cétacés. Les fanons de la baleine, jj 6° Terme de vétérinaire. Touffe de poils à la partie postérieure du boulet et au pli de la peau du bœuf et du mouton, situé à la partie inférieure du cou. Le fanon cache l'ergot du cheval.
— HlST. xm» s Des armes ù trait defension, Amit, alb, stol et fanon. Si se fit armer; Car hom que est de religion Ne deivet aver altres par troison Pur nul mcsticr. Vie de St Thomas, dans benoît, Chronique, t. m, p. 478. Moult fièrement li aida, La soiceinte baillié li a. Et puis le fanon et l'cstole, Ben. 3381. Et puis le mist on le fanon au bras seniestre, qui senefie astinenche, Chr. de Rains, p. 104. Il XVI* s. Son blanc fanor [du taureau enlevant Europe] est plus que neige blanc, baïf, OEuv. f 252,
dans LACUBNR.
— ÊTYM. Bas-lat. /'ano, bande; de l'anc. h. allem. fano , goth. fana; coipparez le lat. pannus (voy. pan), et le grec jxyjvo;.
2. FANON (fa-non), j. m. Terme de chirurgie. Espèce de cylindre fait avec une poignée de paille eiïtourée d'une bande étroite et fortement serrée que l'on employait dans le pansement des fractures do la cuisse et do la jambe. |j Faux fanon, fanon fait avec une pièce de linge pliée en plusieurs doubles.
FAN
roulée à plat, et repliée à ses extrémités, que l'on plaçait entre le membre fracturé et le fanon.
— HIST. XVI* s. Les torches ou fenons sont faites de bastons de grosseur d'un doigt, lesquels on enveloppe de paille, puis d'un demy linceul, pabé, xii, ».
— ÊTYM. Fenon, ainsi nommé du ^otn ou paille dont on entortille les bâtons (voy. faneb, anciennemont /cner).
FANTAISIE (fan-tè-zie), *. ^. ||1' Ancien synonyme d'imagination. Fantaisie signifiait autrefois l'imagination, et on ne se servait guère de ce mot que pour exprimer cette faculté de l'ime qui reçoit les objets sensibles, volt. Diet. phil. Fantaisie. || En ce sens il a vieilli, et quelques-uns l'écrivent, étymologiquement, phantaisie. || 2* De fantaisie, par l'œuvre de l'imagination, sans réalité. Heureusement on rectifie sur les lieux ce que les géographes ont souvent tracé de fantaisie dans leur cabinet, volt. Vict. phil. Géographie. ||Tête de fantaisie, tête de pure imagination. Un peintre fait un portrait de fantaisie qui n'est d'après aucun modèle, volt. Dict. phil. Fantaisie. Petit portrait do fantaisie. Mis en tête de mon rec«eil, déiiang. Portrait. || Robe, habit de fantaisie, robe, habit qui n'est pas conforme à la mode courante, surtout à l'uniforme réglementaire, et qu'on imagine. Un shako , un sabre de fantaisie. On dit même, dans l'armée, du drap de fantaisie pour désigner du drap plus fin que celui qui est fourni par l'Etat. || Un objet de fantaisie, ou une fantaisie , une chose curieuse, singulière, jj Un nom de fantaisie, un nom qu'on imagine de prendre. Tu portes un nom de fantaisie. || Fig. Se dit de la figure d'une personne que l'on compare à un objet de fantaisie. Elle a une petite figure sans aucune régularité, un minois de fantaisie extrêmement commun, genlis, Ad. et Théod. 1. 1, lett. 63, p. 451, dans POUGENS. || 3* Esprit, pensée, idée. [Ceux] Xqui l'amour lascif règle la fantaisie, régnieh, Sot. xii. Au logis d'une fille où j'ai ma fantaisie, m. ib. xiii. Ce qu'un enfant a dans la fantaisie, la fort. Faucon. Il n'avouera jamais qu'il est médecin, s'il se le met en fantaisie, que vous ne preniez chacun un bâton, mol. le Méd. m. lui, 1, 6. Cette frénésie [faire des vers] De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie, BOiL. Sat. II. Nous sommes tous faits naturellement comme un certain fou athénien.... qui s'était mis dans la fantaisie que tous les vaisseaux.... lui appartenaient, FONTEN. les Mondes,*" soir. || Avoir en fantaisie, avoir dans l'idée. Ces messieurs ont en fantaisie de nous donner les âmes des pieds [les violons pour danser], mol. les Préc. rid. i3. \\ 4° Volonté passagère. Je suis en fantaisie d'admirer l'honnêteté de ces messieurs, sév. 87. la fantaisie m'a pris de me lever, id. 4»7. Sa femme s'était mise à la fantaisie de se parer, id. 367. || Fantaisie veut dire aujourd'hui un désir singulier, un goût passager : il a eu la fantaisie d'aller à la Chine; sa fantaisie du jeu, du bal, lui a passé, volt. Dict. phil. Fantaisie. Croyez-vous le monde bien ancien? ma fantaisie est qu'il est éternel, id. Dial. 24. Il X la fantaisie, selon qu'on en a volonté. Un bœuf est plus puissant que toi; Je le mène à ma fantaisie, la font. Fabl. 11, 9. Je te dis, moi, que je veux que tu vives à ma fantaisie, et que je ne me suis pas mariée avec toi pour souffrir tes fredaines, mol. Méd. m. lui, i, 1 . Disposer de tout selon sa fantaisie, PASC. Proc. e. Rois qu'il fit et défit à sa fantaisie, boss. )list.i,H. \\ 5" Goût particulier. De tous les visages il n'y en avait point à sa fantaisie comme le vôtre, sÉv. 620. Ah ! que vous écrivez à ma fantaisie! id. 32. Il [M. de Grignan] devrait bien renvoyer toutes les fantaisies ruineuses qui servent chez lui par quartier, id. 6 juin 1680. C'est la fantaisie des hommes qui met le prix aux choses frivoles; c'est cette fantaisie qui fait vivre cent ouvriers que j'emploie; c'est elle qui me donne une belle maison, un char commode, des chevaux, volt. Babouc. Avoir des fantaisies, c'est avoir des goûts extraordinaires qui ne sont pas de durée; fantaisie en ce sens est moins que bizarrerie et que caprice, id. Vict. phil. Fantaisie. || 6* Il se dit d'un amour passager. Mais l'amant qui vous charme et pour qui vous brûlez, Ne vous est après tout que ce que vous voulez; Une mauvaise humciir, un peu de jalousie En fait assez souvent passer la fantaisie, corn. Wor. m, 4. Son amour n'était qu'une fantaisie; les fantaisies se passent, uariv. Pays. parv. &■ part. H [Néron] se prend de fantaisie pour une affranchie nommée Acte, dideh. Claude et Sér. 1, 48. Cette dangereuse coquette n'a point fait naître des fantaisies, et n'a jamais inspiré que de grandes passions, OENLis, Ad. et Théod. t. 1, lett. 60, p. 432, dans POUGENS. Il 7* Caprice, boutade. Quelle fantaisie vous
FAN
a prisT Cet homme a des fantaisies ridicules. Un chétif ccntenier des troupes de Mysie Qu'un gros de mutinés élut par fantaisie, corn. Hiracl. i, 2. {j Se passer la fantaisie d'une chose, satisfaire son caprice. LaTemple ayant résolu d'en passer sa fantaisie, hahilt. Gramm. 40. || Fantaisies musquées, bizarreries tout à fait singulières. On dit quelquefois, ca conversation particulière, des fantaisies musquées; mais jamais on n'a entendu par ce mot des bizarreries d'hommes d'un rang supérieur qu'on n'ose condamner, comme le dit le Dictionnaire de Trévoux, VOLT. Diet. phil. Fonl<2i>t>. Il 8" Terme do peinture. Ouvrage où l'on a suivi son caprice et son imagination en s'afi'ranchissant des règles. Des arabesques sont des fantaisies. Le tout me parut si bizarre, que ma première idée fut d'envoyer chercher un peintre pour en faire une fantaisii, «ontbsq. LeU. pert. 4*. Il Terme de musique. Réunion d'airs pris selon le caprice du compositeur, et liés entre eux par des transitions ou ritournelles; c'est ce qu'on nommait autrefois pot-pourri. Fantaisie sur les airs de Guillaume Tell , pour piano et violon, par Osbome et de Bériot. La fantaisie se distingue de la sonate dont tous les morceaux sont assujettis à des règles certaines, par la liberté qu'elle laisse au compositeur dans la façon de traiter son sujet; il n'est pas nécessaire que le thème en soit connu; Mozart a des fantaisies sur des motifs composés tout exprès. Il 9* Se dit des mouvements d'un cheval qui veut agir contre la volonté du cavalier. Ce chevai a des fantaisies. |{ 10* Fil tiré du fleuret, loisqu'U est savonné, cuit et prêt à être teint.
— HIST. XIV* s. [Les bêtes] ont tant seulement fantaisie et memore des choses singulières, oresme, Eth. 1 99. Les choses de mathématiques sont cognues par abstrattion, ymagination et pbantasie, ID. ib. 4 81 . il XV* s. Etainsipetità petit, ou temps de celle croiscence, nature appreste la fantasie et entendement, CHR. DE PISAN, llist. de Ck. Y, I, 9. Il XVI* 8. Le travail des grans journées d'Espagne m'estoit plus portable que le repous de France, où la fantasie me tourmente plus que la peine, harg. Lett. zxxvi. Et continuèrent longuement cette vie, sans qu'il s'aperçut jamais qui elle estoit,dont il entra en grande fantaisie [inquiétude], pensant.... 10. Nouv. iLiii. X ma fantaisie, il n'est rien que la coutume ne face, MONT. I, 416. S'il eust mis, comme moi, par escript ses fantaisies, id. i, 20g. Lorsque quelqu'un prend fantaisie de s'aller battre, il faut que celui qui le seconde.... LANGUE, 248.
— ÉTYM. Grec, çavTaoia, action de se montrer, apparition, de çavTOî, visible, de çaivtiv, montrer, briller (voy. phénomène).
t FANTAISISTE (fan-tè-ïi-sf), t. m. Néologisme. Peintre «le fantaisies. || Ecrivain qui est dans les lettres ce que le fantaisiste est dans la peinture. ||id;. Un peintre, un littérateur fantaisiste.
— ÉTYM. Fantaisie.
t FANTASIA (fan-ta-zi-a), s. f. Courses usitées chez les Arabes dans les fêtes, et qui consistent à s'élancer de toute la vitesse de leurs chevaux, à revenir sur leurs pas, avec de grands cris, en déchargeant leurs armes.
— ÊTYM. Ce parait être le mot italien fantatia, fantaLsie.
t FANTASIASTE (fan-ta-zi-a-sf), t. m. Sectaire chrétien qui soutenait que le Christ n'avait revêtu un corps humain qu'en apparence, et que sa mort n'avait pas été réelle.
— ÊTYM. Grec, 9avTowjBiTr^{, de çavTowIa, imagination (voy. FANTAISIE).
t FANTASIER (lan-ta-zl-é), je fantasiais, nous fantasiions; que je fantasie, que nous fantasiions, V. a. .Mettre dans sa fantaisie, imaginer. On me fait fantasier le cerveau de souci, lëgnier, Sat. vi. Comme il leur plut [au parlement] de se fantasier toutes choses sur mon sujet, j'étais exposé à la défiance des uns, à la frayeur des autres , betz, iv, 4 83.
— HIST. XVI* s. La beauté : nous en fantasions les formes à nostre poste, mont, ii, 200. Il y a danger que nous fantasions des offices nouveaux pour excuser nostre négligence envers les naturels offices, m. 111,374.
— ÊTYM. Fantaisie.
FANTASMAGORIE (fan-ta- sma-go-rie), ». f.
Il 1* Art de faire voir des fantômes, c'est-i-dire de faire paraître des figures lumineuses au sein d'une obscurité profonde; il n'a commencé à être bien connu que vers la fin du xviii* siècle. Cela se fait au moyen d'une lanterne magique mobile qui vient former les images sur une toile que l'on voit par derrière. Comme ces images grandissent à mesure que le foyer s'éloigne de la toile, elles ont l'air
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(le s'avancer sur lo spectateur. |{ 2° l'ar analogie, en littérature, al)»s<l'eirets produits parties moyens où l'on trompe l'esprit, comme la fantasmagorie trompe l'œil.
— ETYM. «tivTaaii», apparition (voj. fantôme), l't àvo(i£u, parler : parler aui fantômes, appeler les l'antôraes.
FANTASMAGORIQUE (fan-ta-sma-go-ri-k') , adj. Oui appaiiient à la fantasmagorie. Apparition fantasmagorique.
t FANTAS.MAGORIQUEMENT (fan-ta-sma-go-rike-man), adv. X la manière d'une fantasmagorie.
— ÉTYM. Fantasmagorique, et le suffixe menl.
t FANTAS.MASCOl'E ( fan-ta-sma-sko-p' ) ou FANTAS.MATOSCOl'E (lan-ta-sma-to-sko-p'), s. m. toiJie d'optique. Machine qui offre l'aspect d'une Dorte qui s'ouvre, et d'où semble sortir un fantôme paraissant s'agrandir et s'approcher des spectateurs. C'est l'instrument qui produit la fantasmagorie.
— ETYM. itàyTaiaoi, fantôme, et oxoTisiv, voir.
t FANTASMATIQUE (fan-ta-sma-ti-k'), adj. Qui tient de la vision, du fantôme. Sous la lueur fantasmatique d'un ciel crépusculaire s'élevait une .'■norme masse noire chargée d'aiguilles et de clochetons, V. HUGO, dans le Dict. de poitevin.
— Ktym. «liàvTMiiot, fantôme (voy. fantôme). FANTASQUE (fan-ta-sk'), adj. || 1° Sujet à des
fantaisies. [Charon) Pousse les uns, frappe les aiitres, Et ne passe que qui lui plaît, Le fantasque animal qu'il est, SCAER. Virg. vi. Vive, étourdie, capricieuse folle par la tête, sage par le cœur, bonne par tempérament, méchante par caprice; voilà en quatre mots le portrait de la reine ; Fantasque était son nom: nom célèbre qu'elle avait reçu de ses ancêtres en ligne féminine et dont elle soutenait dignement l'honneur, l. i. Rouss. Reine Fantasque. L'enîant, sans la communication des pensées d'autrui, ne serait que stupide ou fantasque, selon le degré d'inaction ou d'activité de son sens intérieur matériel, bufp. Nature des anim. \\ Il est fantasque comme une mule, se dit d'une personne très-fantasque. Il Termede manège. Cheval fantasque, cheval qui a descaprices. || 2" Bizarre, extraordinaireenson genre. Habit fantasque. Le gascon approuvant fort ses raisons, ils prirent quelque fantasque sujet de se quereller dans les Tuileries, Fraricion, liv. vn, p. 286. Sur les fantasques airs d'un rêveur de musique, CORN. Excuse à Ariste. Quoi I mes pères, on ne pourra se moquer des passages d'Escobar et des décisions si fantasques et si peu chrétiennes de vos autres auteurs, sans qu'on soit accusé de rire de la religion I PASC. Prov. xi. {| 3° S. m. et f. ...La fantasque inégale, Qui, m'aimant le matin, souvent me hait le soir, boil. Sat. x. Il y a des nuances entre avoir des fantaisies et être fantasque : le fantasque approche beaucoup plus du bizarre, volt. Dict. phil. Fantaisie. \\ Proverbe. Il y a de quoi contenter les fantasques, se dit ([uand ou donne à choisir entre plusieurs choses différentes.
— iilST. xv s. Tu monstres bien, o oueur seulet, que tu es tout fantasque, gerson, dans le Dict. de uocHEz. Il XVI* s. Il m'enfante tant de chimères et monstres fantasques, que.... mont, i, 33. Plusieurs mesprisent ce mesnage, comme fantasque [incertain], pénible, despensier, o. de serres, ^eo Et
tenus pour fantasques et philosophes, charron, Sagesse, I, 45.
— ÉTYM. Le latin fantasticus, avec l'accent sur la, aurait donné, dans l'ancienne langue, fanlasche; c'est probablement ce mot qui est devenu /'antaiîue.
FANTASQUE.MENT (fan-U-ske-man),aiii;. D'une manière fantasque. Il s'habille fantasquemept.
— ËTVM. Fantasque, et le suffixe ment.
FANTASSIN (fan-ta-sin), s. m. Soldat d'infanterie. François Pizarro attaqua cet empire fie Pérou] avec deux cent cinquante fantassins, soixante cavaliers, et une douzaine de petits canons que traînaient souvent les esclaves des pays déjà domptés, volt. Uœurs, 448. On donne cinq sous numéraire au fantassin, comme on les donnait du temps de Henri IV, ID Louis Xir, 30.
— msT. XVI" s. Les princes avoient encor* t7000 fantacins et 2500 chevaux, d'aub. Ilist. i, 273. Bataillon de fantachins, carloix, vi, 15.
— ETYM. Ital. /'onfocano, diminutif de /"anle, fantassin, proprement petit garçon, de infante, par aphérèse (voy. enfant et infanterie).
FANTASTIQUE (fan-ta-sti-k') , aJ;. || 1» Qui n'existe qu'en fantaisie, en imagination. L'imagination grossit les petits objets jusqu'à en rempUr notre 4ine par une estimation fantastique ; et par une insolence téméraire elle amoindrit les grands jusqu'à la mesure, comme en parlant de Dieu, pasg. l'en-
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sées div. 64, édit. faugère. Les Thémistocle, lesMiltiade, les Aristide, les Phocion sont persécutés, tandis que Pcrsée, Bacchus et d'autres personnages fantastiques ont des temples, volt. Mœurs introd. Là, cette nuit, Zopire à ses dieux fantastiques Offre un frivole encens et des vœux chimériques, id. Fonat. m, 6. Les de Saussure, les Deluc, lesWerner, sont partis de là [des observations de Pallas) pour arriver à la véritable connaissance de la structure de la terre, si différente des idées fantastiques dos écrivains précédents, cuviERj^/ogedePai/os. |{ 2°0ui n'a que l'apparence d'un être corporel. Vision fantastique. 11 [Ênée] saisit son fer par la garde: Monsieur ^Eneas, prenez garde. Dit la sibylle; ces vilains Sont corps fantastiques et vains Qui découpés ne peuvent être, scarron, Yirg. vi. L'âme sans Dieu est une âme sans vie, sans mouvement, sans lumière.... sa vie n'est plus qu'une vie imaginaire et fanta.stique; et, sembUble à ces cadavres qu'un esprit étranger anime, elle paraît vivre et agir, mais elle demeure dans la mort, mass. Car. Lai. Fantastiques beautés, ce lugubre sourire M'annonce-t-il votre courroux? v. hugo, Oies, i, 3. || Contes fantastiques, se dit en général des contes de fées, des contes de revenants, et, en particulier, d'un genre de contes mis en vogue par l'allemand Hoffmann, où le surnaturel joue un grand rôle. || Familièrement, on dit : c'est fantastique, à peu près comme : c'est fabuleux. || 3° Qui se laisse aller à sa fantaisie, à ses rêveries. Vieilli en ce sens. Il [Ronsard] avait le cerveau fantastique et rétif, Régnier, Sat. IX. Il 4' S.'m. Ce qui n'existe que dans l'imagination. L'illusion nous frappe autant que l'existence ; Et, par le sentiment suffisamment heureux, De l'amour seulement nous sommes amoureux ; Ainsi le fantastique a droit sur notre hommage. Et nos feux pour objet ne veulent qu'une image, uron, Métromanie, ii, 8. l| Le fantastique, le genre des contes fantastiques.
— H iST.xiV s. Choses fantastiques, ohesme, Thèse de MEUNIER. Estienne Marcou, home lunatic, ou, par aucuns intervalles ou decours, ainsi que fantaslic ou insensible, du CkHGK, fantasticus. Je parle àtoy, sot fantastique, Qui te dis et nomme en pratique Alchimiste et bon philosophe, Nat. à l'alchim. err. ti. || xvi* s. Envers ces fantastiques [rêveurs], ausquels rien ne plaist que nouvellcté, les tesmoignages de l'Escriture ne profitent point beaucoup, calv. Instit. H7. Nul ne doutera que le corps de Jésus Christ ne soit fantastique ou fantosme, s'il a esté de ceste condition, m. t)08. Je resigne cet appétit fantastique [bizarre] à Galba, qui ne s'addonnoit qu'aux chairs dures et vieilles, mont, m, 384. La mule que tu m'as baillée n'est pas bonne ; elle est par trop fantastique [fantasque], despeb. Contes, xxvii.
— ÉTYM. Provenç. fantastic; esp. et ital. fantastico, du latin fantasticus, du grec ifavtaaTixo; (voy. fantaisie).
t FANTASTIQUEMENT (fan-ta-sti-ke-man), adv. D'une manière fantastique.
— HIST. XVI" s. Quelques roys lesquels fantastiquement guarissent d'aucunes maladies, rab. Pant. v,
— ÉTYM. Fantastique, et le suffixe ment.
t FANTASTIQUEK (fan-ta-sti-ké), ». n. Imaginer selon sa fantaisie.
— iiiST. XVI' s. Si philosopher c'est doubter, à plus forte raison niaiser et fantastiquer, comme je foys [fais], doibtestre doubter, mont, h, 23.
— ETYM. Fantastique.
t FANTINE (fan-ti-n'), s. f. Partie du chevalet à dévider la soie do dessus les cocons.
FANTOCCINI (l'an-to-tchi-ni) , s. m. plur. Marionnettes auxquelles on fait exécuter des scènes sur un théâtre. Aller voir les fantoccini.
— ETYM. Ital. fantoccino, marionnette, au plur. fantoccini, diminutif de fante, jeune garçon, serviteur, aphérèse àeinfante (voy. enfant).
t FANTOCHE (fan-to-ch'), s. m. Néologisme. Il se dit, au lieu de fantoccini, non seulement des marionnettes, maisdes personnages de théâtre qui sont fantastiques et n'ont pas de réalité. {| Adj. Bizarre.
— ÉTYM. Ital. fantoccio (voy. fantoccini). FANTÔME (fan-tô-m'), s. m. || 1° Image des morts
qui apparaît surnaturellêment. Ou le fantôme affreux d'une mère sanglante,Ou l'aspect importund'une mère vivante, legouvé, U. de Nér. i, i. l'ai d'un géant vu le fantôme immense Sur nos bivouacs fixer un œil ardent, bérano. Ch. ducosaque. || Par extension, ce qui a l'apparence d'un fantôme. L'ombre croissait, et déjà dans le crépuscule mes regards ne distinguaient plus que les fanlômes blanchâtres des colonnes et des murs, volneï, Ruines, t.\\2° Il se dit 1 poétiquement de personnages fictifs qui occupent
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l'imagination, n revoit près de lui, tofct à coup animés, Ces fantômes si beaux, à nos pleurs tant aimés, Dont la troupe immortelle habite sa mémoire: Julie, amante faible et tombée avec gloire; Clarisse, beauté s,ainte où respire le ciel.... a. liiên. l'iég. xiv. Si je pouvais d'un mot évoquer devant toi Les fantômes <livin3 dont ta plume féconde.... lamart. Réponse aux adieux de }V. Scott. || 3° Il se dit aussi du simulacre surnaturel d'une personne. Un fantôme pareil et de taille et de face, Tandis que vous fuirez, remplira votre place, corh. tiédie, iv, 6. D'un fantômeodieux, soldats, délivrez-moi, K\c. Atlial. y , B. Il 4° Par extension, personne très-maigre. Ce n'est plus qu'un fantôme. || 5 ' Personne qui n'a que l'apjiarence de ce qu'elle devrait être. Faire un roi d'un enfant pour être son tuteur, C'est.... mettre sur le trône un fantôme pour roi, corn. Pertltar. m, 3. Si tout meurt avec nous, les lois sont une servitude insensée; les rois et les souverains, des fantômes que la faiblesse des peuples a élevés, ma;-s. Carême, Avenir. Un nonce fut envoyé à ce congrès pour être un fantôme d'arbitre entre des fantômes de plénipotentiaires, VOLT. Louis XIV , 9. Vois l'homme en Mahomet, conçois par quel degré Tu fais monter au ciel ton fantôme adoré, id. Fanât, i, 4. Lépide est un fantôme aisément écarté, id. Triumv. i, 3. Oubliez un époux.... Fantôme de lui-même, indigne de VOUS voir, lemkrc. Charles VI, i, ». || Pat extension. Un imposteur, un fantôme de pénitent, MASS. Carime, Rechute. C'est-à-dire, vous êtes un fantôme de chrétien , id. Carême. Yérit. culte. Il 6° Vaine apparence que présentent les choses. Estimer le fantôme autant que la personne, mol. Tart. 1, 8. Ce fantôme d honneur que vous prétendez, tout vain qu'il soit, être une excuse légitime pour les meurtres, pasc. Prov. iiv. San» s'effrayer de C8 qu'on dirait, sans craindre, comme autrefois, ca vain fantôme des âmes infirmes dont les grands sont épouvantés plus que tous les autres, la princesse palatine parut à la cour si ditTérente d'elle-même, Boss. Anne de Gonx. Les hérétiques faisaient un fantôme de l'Incarnation, id. Var. n. Combien de fantômes de conversion! bourd. Carême, III, Résurrecl. 317. Au lieu du fantôme de la pénitence, je les aurais réduits à en avoir la pratique solide, id. Dominic. iv, Rechute. Ils courent après un lantômoil'une fausse gloire, fén. Tél. xiv. Je croyais que la probité était un beau l'aniômc, in. ib. XIII. L'amour-propre ne cesse de nous rappeler nos mœurs irrépréhensibles, de nous présenter un fantôme de vertu et de régularité qui nous endort et nous rassure, mass. Confér. Retr. des curés. .Méprisez le monde et la vie; tout cela n'est qu'un fantôme d'un moment, volt. Lett. lime du Deffant, nov. (768. Il 7" Chimères. Tous ces fantômes qui l'abusaient s'évanouiront, mass. Carême, Riche. Ello n'est plus troublée par les fantômes des sens, ID. Carême, Prière. Fier mortel, bannis ces fantômes; Sur toi-même jette un coup d'œil; Que sommesnous, faibles atomes. Pour porter si loin notre orgueil? malfilAtre, Ode, le Soleil immobile. || Idées noires. Vous qui avez tant de raison et de courage, faut-il que vous soyez la dupe de ces vains fantl^mes? SÉV. 333. Il Fig. Combattre des fanlômes, se méprendre et discuter ce qui n'a pas été dit. Comment est-ce que Jésus-Christ se détermine à prier pour les unj plutôt que pour les autres, c'est sur quoi je ne veux pas dire quel est le sentiment de l'auteur [Malebranche] , de peur qu'il ne se plaigne que j'ai formé des fantômes pour les combattre, fén. t. m, p.7. || Familièrement. Se faire des fantômes de rien, s'exagorei une difficulté, un péril. || 8" Terme do chirurgie. Mannequin propre à l'étude de certaines opérations. Ces commissaires interrogèrent onze jeunes paysannes tant sur la théorie que sur la pratique des accouchements; ils les firent manœuvrer sur le fantôme, bachaumont, Uém. secrets, Londres, (786, t. xxxii, p. 27. Il 9° Terme de scolastique. Imagej produites dans le cerveau par l'impression des objets extérieurs. || 10° Terme de physique. Fantôma magnétique, figure qu'on obtient à l'aide d'un courant magnétique lorsqu'un laisse tomber de la limaille de fer sur une feuille de papier tendue', imprégnée d'empois d'amidon préparé à la gélatine. Il 11° Terme de zoologie. Nom de quelques insectes du genre des mantes.
— Hisr. XII" s. Tant leur a dit fantosmes que decheils [déçus] les a, Rou, ms. p. 75, dansLAcURNE. Il xiii" s. Si font [les verres] fantosmes aparens X ceux qui regardent parons, la Rose, 1 838 1. Fantosme nous va rauvoiant[rourvoyant],RUTEB. 324, || iiv's. Or entendez, royne, et tout chil oui sont cha [Çà); '^e tenez à fantasme tout lihe [ce] c'ou vous du-a.
FAQ
Baud. dt Seh. ni, (04.||xvi' s. Accoustumer un cheval à no craimlro les cors mortz, en luy metlanl un plianlosme [mannequin] parrny son foin, RAD. Garg. i, 30. La cour du parlement fit le proccz (le ce duc, et le fit mettre en figure et en représentation en fanlosmo, comme on dit, à quatre quartiers, D'AVn. Ilist. m, !I37. Hz se transfigurèrent en plusieurs fantasmes terribles et espouvantaljles, AMYOT, ATuma, 27. Estant si facile d'imprimer touts pUantosmes en l'esprit humain, c'est injustice de ne le paistre plustost de mensonges proufilablos que de mensonges ou inutiles ou dommageables, uont.
— ÊTYM. Provenç. fantasma, fantauma; esp. et ital. fantasma; du latin phantasma, du grec fâv-
tlfflia (voy. FANTAISIE).
FANTO.V (fan-ton), *. m. Voy. fenton.
I FANU, UE (fa-nu, nue), adj. Terme rural. Oui a beaucoup de fane. Se dit du blé qui pousse trop de feuilles.
— ETYM. Fane.
FANUM (fa-nom'), i. m. Terme d'antiquité romaine. Terrain consacré par des paroles religieu- Ef.s; temple.
— ÊTVM. Lat. funtim, de fart, dire les paroles consacrées (voy. kadle).
FAON (fan) , s. m. |1 1- Le petit de la biche, ou de la chevrette, ou de la daine. Le premier [un chasseur) de son arc avait mis bas un daim; Un faon de biche passe et le voilà soudain Compagnon du défunt, LA FONT. Fab. viu , 27. Rcnc(>ntrais-je un pas difficile, je vous le voyais franchir avec la légèreté d'un faon, j. J. Rouss. llil. l, 23. || Employé absolument, il se dit toujours du faon de la biche. Le faon ne porte ce nom que jusqu'à six mois environ, alors les bosses commencent à paraître, et il prend le nom île h^re jus |u'à ce que ces bosses allongées en dagues lui fassent prendre le nom de daguet, BUFF. Cerf II 2" Par extension, petit de toute autre bote fauve. Le faon du renne. Et, pour étendre sa couronne, Croître comme un faon de lionne, ualh. lu, 3. Mère lionne avait penlu son faon; Un chasseur l'avait pris, la font. Fab. x, t3.
— lllST. xii* s. [Us m'ont laissé] Si com la beste fait au bois son faon, Ronc. p. IG9. || xiii* s. Autre amor naturel i a, Que nature es bestes créa, Par quoi de lor faons chevissent. Et les aleitent et norrissent, la Rose, 6789. || xV s. Les connins, les lièvres, leurs faons, eust. desch. l'oésies mss. f" n2, dans lACURNE. Comme la brebis congnoit par nature entre les autres aigneaulx son faon au braire, Perceforest, t. v, f° 68. Comment il fut porté en un nid d'aigle entre les faons, ib. t. iv, ^ 126. || xvi* s. La tigre à qui on a dérobé les petits fanis, yver, p. 689.
— ÈTYM. On a proposé le latin infans, enfant; et même on peut voir, dans l'historique, un auteur du xvrsiôclo i|ui écrit /iiKt et le tire par conséquent de infans. Mais cela est inadmissible, faon étant dissyllabique dans l'ancienne langue. Diez le rapproche (vu sa signification générale de petit de bête), avec toute vraisemblance, du mot provençal /'eda qui veut dire brebis et vient du latin fœta; il tire donc faon du latin fœtus, produit de conception, allongé en fuelonus. L'anglais fawn dérive du français.
FAONNER (fa-né), v. n. Mettre bas, en parlant des biches et des chevrettes ou femelles de chevreuil. Il Se dit aussi en parlant de toute autre bête fauve II n S9 conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. X U" S. Tuit [les animaux] faonnent à lor usages. Et font honor à lor lignages. Ne ne les lais- Bont decheoir, la Uo.'ie, )9I96. Là ot une orse faonné de novel, Afiolant, v. 656. || xiv* s. Si les bestes q\ii sont vendons à livreràjour, si, avant que livrées «oient, elles faonnoient, les faons seroient à l'acliepteur, boutilueh, Somme rural, p. 420, dans
LACURNE
— ÊTY.M. Faon.
t FAOliRr.iiE (fa-our-chO, s. m. Voy. fabouch.
FAQUIN (fa-kin), s. m. || 1" Portefaix (sens propre, qui n'est plus du tout usité). Un tas de faquins qui attendent sur le port ceux qui viennent par eau, SCARH. Ilom. com. l, is. ||a' Mannequin de bois ou do paille, propre à l'exercice île la lance ; ainsi nommé parce qu'on se servait autrefois de quelque gros faquin armé de toutes pièces contre lequel on courait. Monseigneur, au sortir du sermon, alla courre la bague et les têtes, et fit courre aussi le faquin, oangeau, i, <37, 48 mars 4086. Il 8° Fig. Un homme de néant, mélange de ridicule et de bassesse. Je m'assure qu'à Home les honnêtes gens louaient Annibal, et qu'il n'y avait que les faquins qui lui dissent des injures, balz. Ht. v, lett. 3.
FAB
Ouel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse. Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, Et tous fasse do tous un éloge éclatant, Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant? hol. Uis. I, l. Vous n'êtes pour tout potage qu'un faquin de cuisinier, m. l'Avare, m, 8. Ils [les huissiers de la cour] traitent les gavants de faquins à nasaides, m. Fdch. m, 3. Alors le noble altier, pressé de l'indigence, Humblement du faquin rechercha l'alliance, boil. Sat. v. Et j'aime mieux endurer une injure Que d'illustrer un faquin ignoré, j. b. bouss. Epigr. i, 7. Les faquins qui poursuivent la mémoire de liaylo méritent le mépris et le silence, volt. ielt. Thiriot, 27 mai (760. Je crains qu'il ne faille dire bientôt de ce titre-là ce que Jacques Rosibifdit du nom de monsieur: il y a trop de faquins qui le portent, d'alemb. Lett. d Voltaire, 9 avril )76(.
— HIST. XVI' s. À Paris, en la rostisserie du petit chastelet, au devant de l'ouvroir d'un rostisseur, un faquin mangeoit son pain à la fumée du rost.... le rosli.sseur repliquoit que de fumée de son rost n'estoit tenu nourrir les faquins, et renioit, en cas qu'il ne le payast, qu'il lui osteroit ses crochets, RAB.m, 36. liaston porte paix, et le facquin faix,
LEROUX DE LINCY, l'roV. t. II, p. 160.
— ÉTYM. Espagn. faquin; ital. facchino, portefaix. Faquin, récent dans le fiançais, vient de l'italien; et l'italien /'accAino est d'origine inconnue. Diez dit que, si on le trouvait dans l'ancien fiançais, il représenterait l'ancien flamand tantlin, jeune garçon; mais jusqu'à présent on ne l'y a pas trouvé; et le mot reste italien. Quant à l'arabe faciir, pauvre, besoigneux , ni le sens ni la forme n'expliquent suffisamment facchino. Le latin fascis n'aurait pas donné un mot italien avec ce.
FAQUINERIE (faki-ne-rie), s. f Action ou caractère du faquin. Un homme qui se croit des plus braves du monde, veut porter le nom d'une terre au lieu que la terre devrait porter le sien; quelle Taquinerie I Francion, liv. vi, p. 226.
— ËTYM. Faquin. On trouve /"aguinage, dans cot-
GHAVE.
FAQUIR ou FAKIR (fa-kir), s. m. Religieux mahométan qui vit d'aumônes et qui se livre souvent à un exliôme ascétisme. |{ Herbe des faquirs, nom donné dans l'Orient au haschich.
— ÉTYM. Arabe, faqlr, pauvre.
f FAR (far), s. m. Nom d'une espèce de dan qui se fait dans le Finistère, avec de la farine et des œufs.
t FARADISATION (fa-ra-di-za-sion), s. f. Terme de physique. Nom proposé par Duchenne de Boulogne, pour désigner l'application médicale de l'élecli'icilé d'induction.
— ÉTYM. Faraday, célèbre physicien anglais, qui a découvert l'électricité d'induction.
t FARAIS (fa-rc), s. m. Terme de pêche. Espèce do ficelles que les corailleurs emploient pour laire leurs filets. || Kilet propre à la pêche du corail.
f FARAISON (fa-rê-zon), s. f. Première figure que l'on donne parle souffle au verre tiré au bout de la canne.
FARANDOLE (fa-ran-do-l') , t. f. Danse provençale, qui est une espèce de course mesurée, exécuicu par plusieurs personnes qui se tiennent par la mam. Il L'air de la farandole, allégro à six-huit fortement cadencé.
— ÊTYM. Prov. moderne, farandolo; espagn. fardndula, métier de comédien, troupe de coinétiiens ambulants. Origine incertaine. Comme fardndula suppose un primitif /"arando, Diez demande si ce primitif ne représente pas l'allemand fahrende, gens qui voyagent, comédiens ambulants. Honnorat propose pour farandolo çôXaYÎ et 8.2û*o{ , parce que les danseurs sont en quelque sorte attachés l'un à l'autre ; ce n'est pas là une étymologie.
t FARAUD (fa-rô), s. m. Terme populaire. Celui qui porte de beaux habits et en est fier. C'est un faraud Quand des farauds, Surl'oreilleayant leurs
chapeaux.... vadê, Fij>e cassée, iv. Monsieur, faut vous déclarer Que c'est une femme effrontée Qui fit assassiner son homme Par son faraud, Souteaurectteil d'ariettes el chansons, dans fr. Michel, argot, pharos. Va faraud de Moulins qui vient prendre possession d'une femme, cela se reconnaît d'une lieue, picabd, Voyage interrompu, l, 7. || Il se dit aussi au féminin. Une faraude, jj Adj. Un air faraud. Une mine faraude.
— ÊTYM. Berry et norm. faraud, élégant; bourguig. farô, fier, hautain. Origine inccriaine. Jaubert, Oloss., propose pour étymologie /îfraud, fier, orgueilleux, avec une teinte de ridicule; ce serait le diminutif de fier. Fr. Michel le lire de l'espagnol faraute, qui est aussi en catalan, et qui désigne
FAR
l'homme qui est& la tête d'une affaire. L'espagnol a aussi farnton, homme effronté.
t. FARCE (far -s"), t. f. || !• Terme de cuisine. Viandes liachées et épicécs, qu'on introduit dans les volailles ou dans le gibier mis à la bruche, dans les pâtés, etc. || 2* Hachis fait d'herbes cuites. Farce d'épinards. || Par extension. Farce d'oseille, bien que l'oseille ne se hache pas.
— HIST. ïiu* s. Si que la crouste en est faussée, Et la farce s'en est volée, bariiazan, Fabliaux, t. IV, p. 96.
— ÉTYM. Lat. farsus, larci, part passé de farcire, farcir.
2. FARCE (far-s*), f. ^. || 1- Pièce dramatique et souvent simple dialogue où l'on emploie les plaisanteries Ixasardées et les lazzis burlesques. Le récil en farce en fut fait ; On l'appela le [<ot au lait , la FONT. Fabl. VII, <o. C'est dommage que Molière soit mort; il ferait une très- bonne farce de ce qui se passe à l'hôtel de Belliêvre, sÉv. 105. I^s fourberies de Scapin sont une de ces farces que Molière avait préparées en province , volt. Vie d» Uolière. Ce que Regnard était à l'égard de Molière dans la haute comédie, le comédien Dancourt rélait dans la farce, m. Louis XIV, Écritains. Le genre humain, répondit M. H usson, est capable de tout: Néron pleura <|uand il fallut signer l'anéide mort d'un crimin'jl, joua des farces, et assassina sa mère, ID. Pot poum. || Fig. Tirez le rideau, la farce est jouée, se dit, ordinairement par plaisanterie, pour signifier : tout est fini, c'en est fait; c'est le mot attribué à l'empereur Auguste au moment de mourir. || Terme de musique. Petit opéra boulfe en un acte en usage en Italie. Dieu a voulu que j'aie fait des pièces de théâtre pour mes péchés ; mais je n'ai jamais fait de l'arce italienne ; rayez cela de vos anecdotes, volt. Lett.Thiriot, 1768 (sans date). Qu'un nonce du pape ait fait entrer le grand Turc dans sa croisade contre vous, cela est digne de la farce itahenne, m. Lett. d Cath. 24. || 2° Le comique bas et grossier propre aux farces. Cet auteur tombe, donne dans la farce. Le bourgeois aimait la grosse farce, et la payait; les Jodelets do Scarron étaient à la mode, volt. Dict. phil. Bouffon. Il 3* Fig. Action plaisante, ridicule, récit boufl'on. Le premier qui les vit, de rire s'éclata; Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là? la font. Fabl. m, 4. Que diable est-ce que cette belle farce qu'on ma fait jouer? IIAMILT. Cramm. 4. C'est quelquefois une farce do voir les caresses qu'elle jlliie de Coêtlogon] lui fait [à Cavoie] devant le monde, st-siii. 34, 442. Les jansénistes et les molinistcs ont joué une farce en France ; les luthériens et les calvinistes avaient donné des tragédies sanglantes à l'Angleterre, à l'Allemagne, à la Hollande, volt. D(f. mitord Boliiigbroke, axiome. || Populairement. Faire une farce à quelqu'un, lui faire une mauvaise plaisanterie. || Faire des farces, se divertir dune manière bouffonne, jj Faire ses farces, mener une conduite déréglée, en parlant d'un jeune homme. Il a fait ses farces à Paris. || 4' Il se prend comme adjectif dans le langage populaire. Des paroles farces. Un geste farce. Cela est farce.
— SVN. 1" farce, comédie boiffonne. Ces mot» se prennent très-souvent l'un pour l'autre. Toutefois la comédie suppose une action et une peinture de caractère, que la farce n'exige pas : il. de Pourccaugnac est une comédie boufi'onne; les scènes plaisantes que jouent les bateleurs pour attirer le public, ne sont que des farces. || 2- farce, pabauï. Farce est le terme générique ; la parade est la farce que des bateleurs jouent sur des tréteaux pojir attirer le monde et l'engager à entrer dans un théâtre.
— HIST. XVI' s. S'esbatiint tout le long du jour à ouir des musiciens, joueurs de farces et toute telle manière de gens, amyot, Sylla, 64. Les farces des bateleurs nous resjouissent, mais aux joueurs elles servent de corvée, uont. i, 33i. Nos farces sont vrayement ce que les Latins ont appelle mimes ou priapces, la fin el l'efTect desquels esloit un ris dissolu ; et pour ce toute licence et lascivie y estoit admise, comme elle est aujourd'hui en nos farces, S1B1LET, Art poétique, livre ii, p. 4 24, dans lacuune, au mot moralité.
— ÊTYM. Farce 4, parce que c'était, ou, comme la farce de la cuisine, quelque chose de mélangé et d'agréable, c'est4-dire une esp'ce de revue do sujets divers, ou une pièce farcit (voy. »abci). L»pign. port, et ilal. farsa.
t FARCER (far-sé). || l-F.n. Terme populaire. Rire, plaisanter, faire des farces, Dict. de l'Acad. de 474 8. ji 2° K.o. Mettre en farce, railler dans une farce. Molière, que bien connaissez El qui vous a si bien
FAR
farces, Messieurs les coquets et coquettes, ■ Po^sies de Chapelle, dans le Dict. de Tre'roux.
— HlST. XV' S. Que tu es bien taillé de farcer une belle bourde! proiss. livie ii, p. asi, dans l*- CiiBNiî. Vous vous estes bien joué et farce de moi, LOUIS XI, Nouv. XXXVIII. il XVI' s. Comme quelqu'un des assistants, à l'heure qu'on le farçoit et gaudissoit ainsi, lui demandast : ne te courrouces tu point, Socraies, de te voir ainsi blasonner? akiot, Comment il faut nourrir, 31.
— ETYM. Farce i.
FAIîCElin, EUSE (far-seur, seû-z"), *. m. et ^. Il i" Comédien, comédienne qui ne joue que dans les farces. L'ivrogne fournit quelques scènes à un farceur; il n'enire qu'à peine dans le vrai comique, LA BnuY. I. On imagina [à Home] de faire venir d'Êtrurie des farceurs dont les jeux furent regardés comme un mojen propre à détourner la colère des dieux, nicws, Uif m. jeux sréniques, CEuvres,t. 1, p. 335, dans poiGFNS. Ainsi donc celui qui a refu.sé pour moi tant de princesses m'ahandonne pour une farceuse des Gaules, volt. BatnjL 11). || Ce mot se prend presque toujours en mauvaise part. Il 2° Fig. Un homme qui est dans l'Iiabiluile de faire des bouffonneries. J'étais prêt à vous écrire sur le sujet des injures que vous me dites depuis si longtemps dans vos écrits, où vous m'appelez impie, bouffon, ignorant, farceur, imposteur, calomniateur, fourbe, hérétique, calviniste déguisé, pa.sc. Prov. XII. Il 3° Populairement, il se dit d'un jeune homme, d'une jeune fillequi ont mauvaise conduite. Il s'est attaché à une grande farceuse du quartier. Il II se dit aussi de celui qui se moque du monde, qui ne croit pas ce qu'il dit.
— HIST. XV' s. Ils sont si grands farceurs que, s'ils savent que j'ai esté malade, ils ne me feront que farcer, louis xi, Nnuv. ux. || xvi" s. Il ne bougeoit ordinairement d'avec des farceurs, bouffons et basteleurs, autot, Sylla, 3.
— ETYM. Farcer.
FARCI, lE (far-si, sie), part, passé de farcir. Il 1° Rempli d'une farce. Vous m'envoyez toujours des pàtcs farcis de truffes, volt. Letl. en verset en prose, 435. Il 2' Par extension. Dans tout autre temps, ils [les lions-marinsj sont très-gras, et leur estomac est farci des poissons et des crustacés qu'ils mangent en grande quantité, buff. Quadr. t. ii, p. 232, dans POUGENS. Il Kig. Ici dans un quartier farci de bourgeoisie, HAUTiBociiE, Bourg, de qualité, v, 4. Sa lettre est toute farcie de tend i esse, sÉv. 93. Ses critiques sont farcies d'erreurs, Boss. I.ctt. 2G7. Ses cheveux blonds étaient farcis de ce rulian couleur de citron, BAMiLT. Gram. 7. Un médecin farci de secrets merveilleux, id. ib. tu. Des parlements farcis d'enfants de gens d'affaires, de sois du bel air ou d'ignorants pédants, ST-siM. 109, H 6. Le roi, à qui Waller venait, selon l'usage des rois et des poètes, de présenter une pièce farcie de louanges, volt. Dict. phil. Rochester. || Pièces farcies, pièces dans lesquelles on mêlait à la langue vulgaire des mots du latin ou même d'une autre langue. Dante a fait des pièces farcies où se trouvent des mots italiens, provençaux et français.
KARCIN (far-sin), ». m. Terme de vétérinaire. Affection chronique et souvent contagieuse qui attaque les chevaux, les mulets, et qui consiste en une indammation, suivie de ramollissement, des ganglions et vaisseaux lymphatiques. || Farcin de rivière, variété de farcin qui attaque les chevaux de halage, dont le service est très-pénible.
— HlST. XV' s. Point il ne frappoit son roussin, Pource qu'il avoil le farcin. Que d'ung baston court et noailleux, villon, Archer de Bagnolet. || xvi' s. Par ce traitement le cheval sera délivré du farcin, très fascheuse maladie, et contagieuse, o. de serres, 9H2.
— ETYM. Lat. farciminum, de farcire, farcir, parce que le farcin pfmfle et forcft, pour ainsi dire, les membres qu'il affecte.
FAUCINECX, EUSE (far-si-neû, neû-z') , adj. Terme de vétérinaire. Qui a le farcin. Cheval farci- Deux. Il Oui tient du farcin. Bouton farcineui. Affection farcineuse.
— HlST. xrv' s. [Mon chevalj Frecineux est dedans le ventre, hachaut, p. 80.
— ETYM. Farcin.
•[FARCINIÈRE (far-si-nifi-r'), s. f. Espèce de potentillo commune dans les champs {potentilla terna, L., rosacées).
FARCIR (far-sir), v. a. || 1° Terme de cuisina. Remplir de farce. Farcir un poulet. || Par extension. 8e farcir, farcir à soi, se remplir. Se farcir l'estomac de viandes. || 2" Fig. Remplir comme on rem-
FAR
plit d'une farce. Il prit le vert [la couleur vertej et farcit Matta de bleu, hamilt. Gramm. 4. De cédrat, de pistaches dont tu farcis la pauvre fille, id. ib. L'empereur cherchait de tous côtés à acheter destronpes, il en farcissait leTyxol, sr-sisi. 85, loi. Les fadaises dont tant d'historiens ont farci leurs chroniques, volt. Oreilles, 7. Vous aurez le loisir de farcir l'encyclopédie de vérités qu'on n'eût pas osé dire il y a vingt ans, id. Lett. d'Alemb. n. Il Farcir à soi. Pour mettre quelque choix dans le fatras dont je m'étais farci la tête, j. j. rouss. Confess.iii. Il 3° Se farcir, être farci. Les dindons se farcissent avec des Irulfes.
— HlST. XII" s. Dune rova [demanda] que um fesist les povres enz venir; Les tables en fist l'um did refrictur emplir : Jo crei qu'il pensa d'el [d'autre chose) que del ventre farsir. Th. le mart. 47. î| xiirs. Alant a Kenart envaî [entamé] Un benedicamus farsi X orgue, à treble et à deschant, lien. 21374. Si li doit feindre noviaus songes, Tous farcis de plesans mençonges, la Ro■^<e, ooie.Ou s'il est doubles et lobans [trompeur], D'orguel farcis et de ramposnes, ib. 19017. Il XVI' s. On farcissoit ses viandes [d'un roi de Tunis, du temps de Montaigne] de drogues odoriférantes, de telle sumptuosité qu'un paon et deux fai.sands revenaient à cent ducats, mont, i, 393.
— ETYM. Proyenç. farsir, frasir; du latin farcire. t FARCISSURE (far-si-su-r'), s. f. Action de farcir; la farce dont un mets e.st farci.
— HiST. XVI' s. Il y paroist à la farcissure de mes exemples, mont, i, s>.
— ETYM. Farcir.
FARD (far; le d ne se lie jamaùs; au pluriel, Vs ne se lie pas, et on prononce : les far et les autres cosmétiques; cependant quelques-uns la lient: les far-z et....), s. m. || 1° '.'omposition destinée 1 embellir le teint, en remédiant aux défauts qu'il a. C'est pour eux [les étrangers] qu'elle étale et l'or et le brocard , Que chez toi se prodigue et le rouge et le fard, boil. Sat. x. Une courtisane qui tire toutes ses grâces du fard, qui n'a qu'une ijeauté empruntée, et qui sait tout au plus charmer les oreilles par le son d'une voix douce et mélodieuse, bollin, Hisl. anc. t. xi, 2' part. p. 773, dans pougens. L'air la noircit [la céruse] en assez peu de temps, et les vapeurs du charbon ou les mauvaises odeurs des égouts, des latrines, etc. changent presque subitement le beau blanc de perle en gris obscur, en sorte qu'il est souvent arrivé aux femmes qui se servent de ce fard de devenir tout à coup aussi noires qu'elles voulaient paraître blanches, BUFF. Min. t. v, p. 387, dans pougens. || 2° Fig. Déguisement, feinte, dissimulation dans les discours. Leurs paroles n'ont point de fard, malh. vi, 10. Les bons esprits.... Oui savent, avisés, avecque différence. Séparer le vrai bien du fard de l'apparence, RÉGNIER, Sat. v. Toutes les couleurs et le fard de la poésie ne l'ont su peindre [Angélique, de l'Arioste] aussi belle que nous vous voyons, voit. Lett. 4. Je vois trop que vos cœurs n'ont point pour moi de fard, corn. Cinna, ii, I. Je te parle sans fard, et veux être chrétien, id. Pohj. v, 2. De SCS pleurs tant vantés je découvre le fard, id. fiodog. Il, 4. Seigneur, moi qui connais le fond de son courage Et qui n'ai jamais vu de fard en son langage, ID. dit. V, 3. Et n'y doit point chercher ni le fard du langage Ni la subtilité, id. Imit. i, 5. La sévér'té des femmes est un ajustement et un fard qu'ell'îs ajoutent à leur beauté, la nocnEP. Réft. i04. Sans envie, sans fard, sans ostentation, toujours grand dans l'action et dans le repo.s, il parut à Chantilly comme à la tête des troupes, boss. Louis de Bourbon. Tout ne fut plus que fard , qu'erreur, que tromperie, boil. Èpit.ix. \\ Terme de littérature. Faux ornements. Soyez simple avec art, Sublime sans orgueil, agréable sans fard, m. Art p. i.
— HlST. xiii' s. Renaît, qui set assez de fart, Li avoitdit.... Ren. 14938. || xvi* s. Fard est perdu dessus mine de singe, j. marot, p. 20, dans la- CURNE. Et d'eau de fard son visage ne lave, marot, IV, 448. Les regrets de quelque femmelette, qui regrette la perle des bouettes où estoient ses fards, amyot, Timol. 22. Si on y adjouste demie dragme de sublimé, lavé et préparé comme celui des fars, il sera de grande efficace, paré, xvi, 36.
— ETYM. Diez, trouvant que le lat. tincta, teinte, est traduit en vieil haut allemand par gi-farwit, gifarit, de farwjan, teindre, tire de là le mot fard. Scheler cite de Palsgrave: paynting of ones face, forcement ; ce qui supposerait un verbe farcn. C'est une faute de Palsgrave; le verbe est farder, et non farcer (voy. farder).
t FAHDAriR (far-da-j'), s. m. Terme de marine.
FAR
Nom qu'on donne aux objets inutiles, encombrants et pesants qu'on embarque .sur un navire, et à ceux qu'on ajoute sans motifs sérieux à .son gréemont. JAL. ||Lit de fagots sur lequel on établit, dans 11 cale, des choses qu'on ne doit pas arrimer trop pris du fond du navire, parce qu'elles redoutent l'humidité, ID.
— lilST. XIV s. Icellui Monin ei ledit Olivier prindrent une jument pour porter leur fanlaige, no CASGE, fardellus. || xv s. Un des chevauli qui portoit bouges et autres fardages, m. ib.
— ÉTVM. Voy. fardeau; espagn. fardage; por» tug. fardagem; ital. fardaggio, bagage de soldat.
f I. FARDE (far-d'), J. ^. Terme de commerce. Balle de calé moka; elle pèse 185 kilogiarames.
— ETYM. Voy. fardeau.
t 2. FARDE (far-d') ou FARGL'E (far-gh'), t. f. Terme de mer. Nom donné à des bonbiges qu'on élève pondant un combat pour tenir le pont à couvert, et dérober aux ennemis la vue de ce qui s'y pas.se.
FARDÉ, ÉE (far-dé, dée), part, passé. \\i° Enduit de fard. Visage fardé. || Proverbe. Temps pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée. Il 2" Fig. X quoi on a donné un faux lustre. Lui, qui connaît sa dupe et qui veut en jouir, Par cent dehors fardés a l'art de l'éblouir, mol. Tart. i, ». Il 3" Il se dit des ornements faux ou affectés du langage, du style. L'un n'est point trop fardé, mais sa mu.se est trop nue, boil. Art p. I. Ce style contraint et fardé, qui règne dans presque tous les livres qu'on fait depuis cinquante ans, est la marque des esprits faux et porte un caractère de servitude que je déleste, volt. Lelt. Thiriot, tl sept. 1735. Il 4° Dissimulé, trompeur, en parlant de personnes. Vous perdez Amarante, et cet ami fardé Se saisit finement d'un bien si mal gardé, corn, la Suiv. I, 6. Il 5° II se dit de ce qu'on déguise pour ne pas déplaire. Ne vouloir pas entendre ces sortes de vérités, ou ne les vouloir entendre que déguisées, que fardées, qu'affaiblies et diminuées, bourdai. 4' dim. après Pdq. Dominic. t. U, p. 133.
FARDEAU (far-dô), J. m. || 1° Chose plus OU moins pesante destinée à être transportée ou élevée soit par l'homme, soit par les bêles de somme, soit par un véhicule. Les fardeaux les plus extraordinaires que l'on ait élevés en France sont les deux pierres qui forment le fronton de la colonnade du Louvre. Ê,sope prit le panier au pain ; c'était le fardeau lo plus pe.sant; chacun crut qu'il l'avait fait par bêtise; mais, dès la dince, le panier fut entamé, et le Phrygien déchargé d'autant, la font. Vie d'Ésope. Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu, id. I abl. VI, 16. Un homme qu'en soulage d'un fardeau accablant, FÉN. Tél. XII. C'est une chose étonnante de voir de quels fardeaux ils [les soldats romains] étaient chargés dans une marche, rolun, Traité des Et. 3' part. ch. l". || Se dit de l'enfant dans le sein de la mère. || 2° Fig. Il se dit, dans le langage élevé, d'impôts trop lourds. Un roi sage.... Craint le Seigneur son Dieu.... Et d'injustes fardeaux n'accable point ses frères, rac. Ath. iv, 2. || 3' Dans le langage poétique, fardeau de la terre, homme, race inutile au monde. Voudrais-je, de la terre inutile fardeau, Trop avare du sang reçu d'une déesse, Attendre chez "mon père une obscure vieillesse ? rac. Iph. I, 2. Ft ce peuple, autrefois vil fardeau de la terre. Semble apprendre de nous le grand art de la guerre, volt. Ali. m, 6. || 4° Ce qui pèse moralement. Ce [d'indignes favoris] sont des fardeaux et des empêchements des royaumes, qui pèsent à toutes les parties de l'État, balz. De la cour, 2' dise. Me voilà délivrée d'un pe.sant fardeau [dit la femme d'Argan, en apprenant sa mort supposée', «OL. Ual. imag. m, 18. S'étant déchargé du fardeau de son scrupule, pasc. Prov. 8. Mon discours, dont vous vous croyez peut-être les juges, vous jugera au dernier jour; ce sera un nouveau fardeau, comme parlaient les prophèlus; et, si vous n'en sortez plus chrétiens, vous en sortirez plus coupables, BOSS. Anne de Goni. Le crime d'une mère est un pesant fardeau, rac. Phèdre, m, 3. C'est un pesant fardeau qu'avoir un gros mérite, regnard, l» Joueur, II, 8. Chacun ne portera-t-il pas son propre fardeau devant la majesté terrible de celui.... mass. Carême, Resp. hum. Je ne vous ennuie point de mes autres misères; il ne faut pas appesantir son fardeau sur les épaules de l'amitié, mais savoir le porter avec un peu décourage, volt. Lelt. d'Argental, 14 sept. (773. Se délivrer, par la calomnie, du fardeau de la reconnaissance, marmo.ntel, ISém. x. Ce fardeau de malheur qu'en naissant j'ai porté, c. EELAV. Paria, i, l, Dipo.-cr la fardeau des misères
FAB
humaines, Est-c« donc lA mouriri lahart. Kédit. I, 27. Il Poétiquement. Le fardeau des ans. || 5° Ce qui exige beaucoup de soin et en^rago la rc.sponsabililé. Le fariloau était trop pesant pour uno seule tête, VAUOEL. Q. C. livr. X, dans bichelet. Le fardeau n'empire] que sa main est lasse de porter, corn. Cinna, n, l. Mais je sais peu louer; et ma muse iremltlante Fuit d'un si grand fanleau la charge trop pesante, boil. Dite, au roi. Mais à peine le ciel eut rappelé mon père.... Je sentis le fardeau qui m'était imposé; Je connus.... que le choii des dieux, contraire à mes amours. Livrait & l'univers le reste de mes jours, rac. Bérin, u, î. Mon coeur peut-il porter, seul et privé d'appui, Le fanleau des devoirs qu'on m'impose aujourd'hui? volt. Zaïre, m, 4. Il 6° Il se dit de ce que coûtent les guerres en hommes et en argent. Ils soutinrent le fardeau de tant de guerres, Boss. llisl. i, <o. Ce qu'il y eut de plus étrange, c'est qu'étant entré dans Dresde le «8, il y fit la paix le 25 avec l'Autriche et la Saxe, et laissa tout le fardeau au roi de France, volt. Louis XV, 17. Il 7" Terme de mines. Terres, roches qui menacent d'ébouler. || 8" Terme de brasserie. L'eau et la farine que contient une cuve à laire de la bière.
— iiiST. xni* s. Lors se sont andul [tous deux] e.svcillié ; Si ont moult bien apareillié, Comme marcheanz, lor fardel ; Et Primauta pris un îiardel, Lt si l'a à son col pendu, Jten. 3691. Cil qui metent fardlaus en l'iaue en Grève pour alcr à Corbuel à la foyre.... si ne doivent noient, Liv. des mit. 2»b. Il xv's. Dont St Christophe et son fardel [J. Christ qu'il porta].... eust. uescu. Poésies mss. f" 303, dans LACURNE. Adonc luy remlit ses lettres toutes telles que elles estoient, liées en un fardeau, Bouciq. u, 26. Il xvi* s. Fardeau de robes ou trosseau [trous.seau des nouvelles mariées] , Nouv. coust. ginér. t. u, p. <237.
— ÊTYM. Bourguig. faded; provenç. fardel; cat. fardell ; espagn. fardo, fardillo ; ital. fardello. Origine incertaine. Du Cange le tire de fopTtx;, fardeau, faix ; mais le changement de voyelles (0 en a) dans toutes les langues romanes fait dH^Hcullé. Génin pense que fardel est dit pour hardel, de hart, lien ; mais, ici aussi, le changement de h en f dans toutes les langues est un obstacle qu'on ne peut laisser de côté. Le simple fardo se trouve dans le portugais, et lesétymologistes portugais le tirent de l'arabe fard, qui signifie vêtement, drap. Dans le fait, il y a aussi dans le portugais farda, habit; dans l'espagnol et le portugais, fardar, et, dans le vieux français, fardes, habillement (De poures fardes se vesli, flou, ms. p. 4 82, dans lacurne). Diez admet, comme la vraie origine, que du sens de vêtement on ait passé à celui de bagage, et de celui de bagage à celui de fardeau; c'est ainsi que, inversement, robe, qui signifiait butin, a passé au seus de vêtement. Cependant toute incertitude n'est pas écartée, vu qu'on ne trouve pas le passage du sens d'habillement à fanleau.
f FAUDEMENT (far-de-man) , t. m. L'action de farder.
— liisT. xvi* s. Fardement de vieilles choses pour les mieux vendre, rob. esiienne, ZJict.
— ÊTYM. l'arder t.
A. FARDER (far-dé), V. a. \\ i° Mettre du fard. On lui a fardé le visage. || Se farder, farder à soi. Se farder le visage. || 2" Donner à une chose du lustre, une apparence qui en cache lesdéfaiits. Farder une étoiïe. Farder sa marchandise. Et moi, sans compliment qui TOUS farde mon cœur, Je vous offre et demande une amitié de sœur, corn, la Vewe, v, 8. À la gymnastique on a fait succéder l'art de farder les corps et de leur donner une beauté factice, fén. t. XXI, p. 33. Les couleurs les plus vives pour farder des vices et des crimes [chez les dieux du paganisme], qui seraient tombés dans le décri sans la parure qu'ils [les poètes) leur prêtaient pour en couvrir la difformité, l'absurdité et l'infamie, rollin. Traité des lit. u, I, ». Non, de tous les amants les regards, les soupirs Nesontpoint des pièges perfides..., Toujours la feinte mensongère Ne farde point do pleurs, vains enfants des désirs. Une insidieuse prière, à. ciiÊN. Ode n. Il Fig. Farder sa marchandise, tromper, faire illusi( n. Vous ne fardez point votre marchandise, TOUS êtes honnête homme, volt. Dict. phil. Kaladie. || 3* Déguiser ce qui peut déplaire et choquer. Je vous estime trop pour vouloir rien farder, coBN. Nicom. I, 2. Je répondrai, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal fanler la vérité, BAC. Brit. 1, s. Il 4* En termes de littérature, parer d'ornements de mauvais goilt. Fanler un discours. Farder son langage. || 11 s'est dit aussi en parlant de
FAn
la peinture. [Amours] Vous avez lardé la peinture, Vous affadissoz l'opéra, bEraho. Pauv. amourt. |{ 6*11 se dit quelquefois simplement pour dépuiser, avec un nom de chose pour sujet. Affreuse image du trépas, Qu'un triste honneur m'avait fardée, Surprenantes horreurs, épouvantable idée. Qui tantôt ne m'ébranliez pas, corn. Àndrom. m, < . || 6' Se farder, v. réft. S'enduire de fard. Cettefemme se farde. || Fig. On a beau se farder aux yeux de l'univers, boil. Sa(. XI. Il Être fardé. Tout se farde à la cour, jusqu'à la vérité, bouhsault, Ésope d la cour, 1, 3.
— HiST. xui* s. Toutes font à Venus hommage, .Sans regarder preu ne dommage, Et se cointoicnt [se parent) et se fanlcnt Pour ceus bouler [tromper] qui les regardent, la Base, »064. || xiv s. Dire ses pechiés sans rien polir ne farder, Uénagier, i, S. il XV* s. En reganlant ces lielles fleurs Que le temps nouveau d'amours prie, Chascune d'elles s'ajollc Et farde de plaisans couleurs, en. dorl. Rondenu. Il xvi* s. Eloquent à inventer des raisons fardées de paroles honestes, auïot, Dion, «7. C'esloient belles paroles et bien fardées pour couvrir la mauvaise intention qu'il avoit en son cueur, ir>. Timol. 4 2. D'ami fanlé, flatteur et papelart. Nous garde Dieu.... LKRouxDE LiNCT, Proc. t. II, p. 283. La sagesse humaine.... faict favorablement et industrieusement d'employer ses artifices à nous peigner et farder les maulx, et en alléger le sentiment, mont, i, 327. Vostre extrême volupté a quelque air de gémissement et de plaincte.... voire quand nous en forgeons l'image en son excellence, nous la fardons d'epithetes et qualitez maladifvcs et douloureuses, langueur, mollesse, foiblesse, défaillance, id. m, 85.
— ETYM. Fard. On trouve, au xii« siècle, un dérivé, fardoillié, barbouiller : Fardoillié furent d'alun et d'arrement [encre], la Prise d'Oienge, v. 460.
2. FARDER (far-dé), v. n. S'afTaisser sous son propre poids en parlant de murs et de constructions. Ce mur farde. || Termede marine. Se dit d'une voile qui pieiid sous le vent une forme arrondie et régulière. Cette voile farde bien. || Terme de navigation fluviale. On dit qu'un bateau farde sur un autre, quand il le serre de trop près.
— lliST. XV' s. Prince qui veut vivre en temps et saison. Pour son hostel fasse sa garnison, De gens d'honneur et prodommes se farde [se cnarge], E. DESCHAMPS, Àclmn. de Vhostel du prince.
— ÊTYM. Môme radical que dans fardeau. X Rouen, le peuple dit farder pour porter des fardeaux : Les déchargeurs des navires portent trèslourd, parce qu'ils sont accoutumés à farder.
t FARDEUR (far-deur), s. m. Celui qui déguise, qui farde quelque marchandise.
— HIST. XVI' s. Fardeur de chevaux [celui qui les maquignonne], cotgravb.
— f.TYM. Farder l.
FARDIKR (far-dié), ». m. Chariot à roues basses pour transporter des blocs de pierre, des statues, etc.
— ÊTYM. Voy. FARDEAU.
t FARK (fa-r'), t. f. Nom d'une pêche solennelle que les pêcheurs faisaient pour leur fcte, vers le mois de mai, et qui fut défendue en 4670, parce iju'elle dépeuplait les riviiTc.4.
FARFADET (far-fa-dè ; le l ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'i se lie: les far-fadè-z et les fées; farfadets rime avec traits, succès, faix, etc.), s. m. || l'Esprit follet, lutin. Ulysse voit, à l'entrée des enfers, des farfadets, des ombres qui viennent lécher du sang et boire du lait dans une fosse, volt. Dial. 29. Comme je n'ai jamais vu de génies, de démons, de péris, de farfadets, soit bienfaisants, soit malfaisants, je n'en puis parler en connaissance de cause, et je m'en rapporte aux gens qui en ont vu, id. Dicl. phil. Génie. || i" Fig. et familièrement. Homme vif en ses mouvements, frivole en ses goûts et en ses discours. C'est un farfadet, un véritable farfadet.
— HlST. XVI' s. Petits démons et farfadets qui ont la charge de faire sentinelle au ciel, l'rintemps d'Yver, ^ «s, dans lacurne. Avec la faveur de son petit esprit farfadet ou astarot, brant. Cap. fr. t. in, p. 383, dans lacurne, au mot farorisat.
— ÉTYM. Origine inconnue. Ménage le tire du bas-latin fadus, sorte de démon; mais d'oi viendrait la syllabe far? Il y a dans l'italien farfalla. papillon, homme volage; pays de Comc, farfdtola, homme volage. Il serait possible que farfadet eût des analogies avec ces mots.
FARFOUILLÉ, ÉE (far-fou-llé, liée, Il mouillées), pari, passé. Ce qui était dans ce tiroir a été farfouillé.
FARFOUILLER (far-fou-llé, U mouillées, et non far-fou-yé). ||1* V. n. Fouiller dans une chose et la
FAR
mettre en désordre. K&rfouiller dans une armoire. Il a- F. a. Déranger, bouleverser. On a larfouillé
mes papiers. || Il est familier.
— f.TVM. Ce mot semble formé de far ou fra (comme dans fracasser) , et fouiller. Cependant comme il est sans historique, on ne sait qU'Ilc en est l'origine. De plus, le wallon farfoulier signifie bredouiller; le napolitain farfogiiare a le m'ime sens; et l'espagnol /or^ui/ar signifie Wgajer et agir i. la belle ; ces mots ont-ils de l'analopie avec notre farfouillir f c'est ce qu'on ne peut dire.
t FAUKOUILLEUH (far-fou-lleur, «mouillées), s. m. Celui qui farfuuille.
t FAItOUE Ifar-gh'), s. f. Voy. rABDE ».
FARIHOLE (fa-ri-bo-r), s. f. Chose vaine et frivole. Là jamais on n'entend de pieuses paroles; Ce sont propos oisifs, chansons et farilioles, mol. Tart. I, 4. Diantre, oi\ veux-tu que mon esprit Taille chercher des fariboles? Quinze ans de mariage épuisent les paroles, id. Ampli, i, 4. 11 est homme.... à donner aisément dans toutes les fariboles qu'on s'avisera de lui dire, id. Bourg, gent. m, 44. Hé I venlri'bleu I madame, quittons la faribole, ID. Comt. d'Esc. 21. Que l'on cesse de s'inquiélor sur le temps qui sera fixé pour l'entrée du roi mineur au conseil; que l'on ne fixe pas plutôt quatorze ans que quinze, à moins que l'on ne décide aussi qu'il ne s'y agitera que des fariboles, MIRABEAU, Collection, t. v, p. 47«.
— HiST. XVI' s. Touchant du purgatoire, de l'intercession des saincts, de la confession secrette, et de toutes telles fariboles, on n'en trouvera point une seule syllabe en l'Escriture, calv. Instil. 943. Que ce n'estoit que favorible de ce qui se dit, que.... BOUCHET, Serées, p. 4 92, dans lacurne. Toutes vos falibourdes astrologiques sont sotte.s, inutiles et incommoiies,Contes decHOLiÈRES, f" 4 »4 , dans lacurne.
— ÉTYM. Origine inconnue. Scheler croit à un radical fal {falibole pour faribole) qui se trouve aussi dans faliuourde, faligotcrie, etc. Quelquesuns ont pensé au latin fart bullas, dire des bulles. En considérant les trois formes du mot citées dan.» l'historique, faribole, favorible et falibourde, oD peut croire que ce mot est de création individuelle, sans racine réelle, comme faridondaine.
t FARIDO.NDAINE (fa-ri-don-dè-ne), ». f. Mot qui entre dans le refrain de certaines chansons, el qui parait avoir été fabriqué sans racine réelle. Des goguettes à peu de frais On échauffe la veine ; Aux Apollons des cabarets Paye un broc de Surène; Un aveugle y chante en faussant La faridondaine D'un ton menaçant , bEhang. {a Faridondaine ou la conspiration des chansons. || On dit de même la faridondon, quand il faut rimer en on.
t FARlLLON(fa-ri-llon, Il mouillées),». m.Terme de pèche. Réchaud dans lequel les pécheurs allument du feu pendant la nuit, pour attirer certains poissons.
— ÊTYM. Probablement un diminutif de phare.
t FARINACÊ, ÉE (fa-ri-na-sé, sce), adj. ||l'Oni est de la nature de la farine; qui en a l'apparence. Il S' Friable et susceptible d être réduit en poussière par la trituration , l'écrasement; tel est le périsperme du fruit des graminées.
— ÉTVM. Lat. farinaceus, de farina, farine.
f FARISAGE (fa-ri-na-j'), ». m. Ancien terme de coutume. Droit payé au meunier pour le blé moulu.
— ÊTYM. Farine.
FARINE (fa-ri-n*), ». f. || !• Poudre blanche que l'on obtient par la trituration des graines des céréales. Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille, S écria-t-il de loin au général des chats; Je soupçonne dessous encor quelque machine; Rien ne te sert d'être farine ; Car, quand tu serais sac, je n'approcherais pas, LA FONT. Fabl. m, 4 8. L'exemple qui a été donné par la mort d'un meunier qui avait fourni de méchante farine et qui a été pendu depuis dix jours à Rocbefort , em[)êchera que pareil désordre n'arrive à l'avenir. Lettres de coleert, t. III, 11, p. 381. Il Fleur de farine, la plus belle farine de froment. || Farine de première marque, voy. MARQUE. Il Fol.e farine , celle qui est si fine, que, lair l'enlevant, elle s'attache aux murs des moulins. || Reprocher à quelqu'un la farine, lui reprocher qu'il est de famille de meunier, de basse extraction. On ne la verrait point, vantant son origine, X son triste mari reproclicr la farine, BOIL. Sat. X. Il Journée des farines, tenutivo faite par Henri IV pour surprendre Paris (en 459i). || Terme de p^îinlure. Donner dans la farine, peindre avec des couleurs claires et fades. || Couleur blanc de farine. || 8" Par extension, poudre que l'on obtient par la trituration de diverses semences. || Terme de pharmacie. Farines émolliontes, celles de Un, da
FAP
seiglo et d'orgo, mêlées en parties égales. Farines Tusolulives, celles de semences do feniigrcc, do five, d'orobo ot de lupin, mêlées à parties égales en poids. Il Fis;. De mémo farine, se dit, avec un sens de dénigrement, de choses qui sont de même nature, qui ne valent pas mieux l'une que l'autre. Les prétendues découvertes de notre siècle touchant la circulation du sang, et autres opinions de même farine, MOL. Mal. im. ii, «. || Il se dit aussi des personnes. Des gens de même farine (locution qui se trouve dans le Dictionnairedel'Académiedetooiet qui par conséquent n'est pas, comme le prétend Mme de Gonlis, J/i'm. t. V, p. »l, née pendant laRévolution). i| Fig. Farine et piatre, c'est-à-dire faux ornement, fard; parce que c'était avec la farine et lo plâtre que les boulTons, dans les farces, se blanchissaient le visage. Ses bons mots ont besoin de farine et de plâtre, BOiL. iipf'- "t- Il 3° Farine animale, poudre de poissons secs milée avec de l'écorce de pin, qui sort de nourriture à certains peuples. || 4' Farine fossile, un des noms sous lesquels on a désigné le carbonate de chaux pulvérulent , appelé aussi calcaire farineux et (leur do chaux naturelle; il est commun dans les carriùres aux environs de Nanterre, LEGOARANT. {| Farine empoisonnée, arsenic en fleur, attaché aux voûtes des mines. || Proverbe. D'un sac à charbon il ne peut sortir de blanche farine, c'est-à-dire on ne peut attendre d'un sot que des sottises, d'un grossier que des grossièretés, etc. Il Elle a donné sa farine et elle vend le son, c'est-à-dire elle a été légère dans sa jeunesse et fait la prude dans un âge avancé.
— iiiST. xu* s. Kar ço dist nostre sires : la farine ne defaldra, ne l'olie [l'huile], Rois, p. 3H. Il XVI' s. Par ce moyen ils attirent la farine au moulin, et vendent leur saincteté bien chèrement, calv. Instit. 1017. Des escripts de leur farine, mont, i, 221. Un cataplasme fait de farine folle de moulin,
— ÉTYM. Picanl, fraine; provenç. espagn. et ital. farina; du latin farina, farine, de far, blé. Far se rattache probablement au radical sanscrit bhar, porter, nourrir.
i FARINÉ, f.E (fa-ri-né, née), adj. Terme d'alelier. Tableau fariné, tableau blafard dont les chairs semblent saupoudrées de farine.
t FARINELLE (fa-ri-nè-l'), j. f. Genre de champignons.
— Etym. Farine, à cause de l'aspect.
t FARINER (fa-ri-né). || 1° T'.a. Terme decuisine. Saupoudrer de farine. Fariner du poisson pour le faire frire. || 2° F. n. Produire une poussi're semblable à celle de la farine. Une dartre, une peau qui farine. || 3° Se fariner, t. réfl. Se blanchir avec de la farine. Il jouait les rôles de confidents.... et se farinait à la farce, scark. Rom. corn, i, 5.
— ÊTVM. Faririe.
FARlNE:r (fa-ri-nc), s. m. Dé à jouer, marqué sur une seule face.
— KTVM. Sans doute farine, à cause que ce dé était blanc sur toutes ses faces excepté une.
FARINEUX. EUSE (fa-ri-noû, neil-z') , adj. Il 1° Oui est de la nature de la farine. Les vérités nouvelles qu'une analyse plus parfaite des substances farineuses a fait découvrir, condorcet, ilalotiin. Il Qui contient, qui produit beaucoup rie farine. Les blés ont été trés-farineux cette année. || Se dit des substances qui conliennent une grande quantité de fécule amylacée, comme la pomme de terre, le salep, le sagou, les graines des céréales et des légumineuses. H Substantivement. Les farineux. Donner des farineux à un convalescent. Les farineux font plus de sang que la viande, J. j. rouss. Ém. i. Il 2° Oui est blanc de farine. On brosse le pain pour qu'il soit moins farineux. || 3° Couvert d'une espèce de poussière blanche, semblable à de la farine. || .Se dit des animaux dont le corps est couvert d'une poussière farinacée. || Se dit des plantes qui offrent ,une poussière blanchâtre sur leurs rameaux. || Se dit, eu pathologie, de certaines dartres ou éruptions cutanées dans lesquelles l'épiderme s'exfolie en petites parcelles semblables à do la farine. || 4" Terme de peinture. Coloris farineux, coloris d'un ton gris et fade. || Terme de sculpture. Figure farineuse, figure de cire qui n'est pas sortie nette du moule, le plâtre ayant aspiré la cire, ou la cire ayant aspiré le plAtre.
— Etym. Lat. farinosus, de farina, farine. FARINIER (fa-ri-nié; l'r ne se lie jamais; au
pluriel, l's se lie : des fa-ri-nié-z enrichis), s. m. Marchand de farine.
— ETYM. Farint.
t FARINIÈRE (fa-ri-niè-r'), t. f. Ancien nom
FAR
du cofTre où tombe la farine en sortant de la meule. Il Nom, dans quelques provinces, du lieu, du coffre où l'on serre la farine.
— HIST. XV* s. La fariniere où chiet la lariue en moulant, ducange, farinosium.
— Etym. Farinier.
t FARIO (fa-ri-o), s. m. Sorte de poisson qui précède ordinairement le grand banc des harengs; les marins l'appellent roi des harengs ou fario, et ils le rejettent religieusement dans la mer aussitôt qu'ils l'ont pris.
t FARLOCSANE (far-lou-za-n'),ï. ^. Nom donné, par BufTon, à un oiseau de la Louisiane, qui est i'anlhe aquatique (insectivores), de Bechstein, vulgairement spioncelle, lecoahant.
t FARLOUSE (far-lou-z'), s. f. Nom vulgaire de l'anthe des prés (insectivores), connu, en diverses localités, sous les noms de pipit des arbres, pipit dos prés, alouette bretonne, alouette courte, alouette
folle, etc. LEG0ABANT.
t FAR-NIKNTE (far-niin-té), s. m. Mot italien qui est entré dans la langue française, et qui signifie une douce oisiveté. Ne soyez point en peine de mon séjour ici ; je m'y trouve parfaitement bien ; j'y vis à ma mode ; je me promène beaucoup ; je lis, je n'ai rien à faire, et, pour n'être point paresseuse de profession, personne n'est plus toucliée que moi du far-niente des Italiens, sÉv. Letl. à il'" de Gritjnan, <o sept. 1676.
— ETYM. Ital. fare, faire, et niente, rien (voy. néant).
t FARO (fa-ro) , s. m. E.spèce de bière qui se fabri(|ue particulièrement à Bruxelles et dans les environs.
t FAROUCII (fa-rouch) ou FAROUCHE (farou-ch'), s. m. Trèfle incarnat cultivé en grand comme fourrage et qui se consomme en vert.
FAROUCUE (fa-rou-ch') , adj. \\ 1" Qui n'est point apprivoisé. Les bêtes farouches. || Fig. Ils ne songent point à donner des bornes à leurs passions ; au contraire , ils les traitent délicatement.... ils nourrissent ces bêtes farouches, eoss. Sermons, nture, mie de Bouillon, 2. || Terme de manège. Cheval farouche, cheval qui craint la présence de l'homme. || Familièrement. Cet homme n'est pas farouche, se dit <run homme qui se laisse corrompre facilement par l'intérêt. Cette femme n'est pas farouche, se dit d'une femme qui écoute facilement les propos de galanterie. Kn même temps ([ue sa bouche Me disait; je ne veux pas. Ses yeux me disaient tout bas : Je ne suis pas si farouche, u°" de LA sablière, dans BICHELET. Il Fig. Il s'y rencontre même des mots si farouches pour nos vers [ne se prêtant pas à la versification] , que j'ai été contraint d'avoir souvent recours à d'autres qui n'y répondent qu'imparfaitement et ne disant pas tout ce que mon auteur veut dire, corn. Imit. prif. édit. )670. 1! 2" Oui fuit la société. Il était farouche dans sa jeunesse. || 3° Qui a une rudesse sauvage. Nos farouches vertueux ne veulent point de tempérament et de milieu, balz. De la cour, 6' dise, lih I a-t-on jamais vu de plus farouche esprit? mol. Princ. £El.
1, 4. Souvent de tous nos maux la raison est lo pire ; C'est elle qui, farouche au milieu des plaisirs. D'un remords importun vient brider nos désirs, BOiL. Sot. IV. Sans parents, sans amis et sans concitoyens. Oublié sur la terre et loin de tous les miens, Par les vagues jeté sur cette Ile farouche [l'Ant^leterre], Le doux nom de la France est souvent sur ma bouche, a. chén. Fragments. || Substantivement. Ces mœurs austères dont vous parlez sont proprement le caractère d'un sauvage et d'un farouche, pasc. Prov. 9. || Il se dit de même de l'air, du regard, des manières, des sentiments, etc. La vertu n'a garde d'être austère et farouche; elle ne détruit pas la nature, elle en corrfge seulement l'imperfection, balz. De la cour, 2* dise. Les yeux égarés et le regard farouche, corn. Cinna, iv,
2. Il rentre ; chacun fuit son silence farouche, rac. Brit. v, 8. Je le vis, son aspect n'avait rien de farouche, ID. Iphig. u, 1. Chalcas s'est avancé, L'œil farouche, l'air sombre, et le poil hérissé, id. ib. v, 6. Que son farouche orgueil le rendait odieux I id. Phèd. III, 1. Ses yeux creux sont pleins d'un feu âpre et farouche ; ils sont sans cesse errants de tous côtés, FÉN. Tél. III. Son nom était Jacques Clément; il était né dans un village de Bourgogne appelé Sorbonne, et alors âgé de vingt-quatre uns ; sa farouche piété et son esprit noir et mélancolique se laissèrent bientôt entraîner au fanatisme par les importunes clameurs des prêtres, volt. Fss. giicrr. civ. France. || 4° Redoutable dans le combat. Mon armée, en silence, à leurs yeux étendue. N'offrait