PAT
FAT
FAT
t FASTIGIAIRE (fa-sti-ji-J-r'), s. f. Genre d'algues marines.
— El YM. Lat. fasligium, sommet.
FASTIGIÉ (fa-sti-ji-é, ic), ndj. Terme de botanique. Il se dit des rameaux, dos Heurs qui, partant d'un point commun, s'élivent à la même hauteur et forment un plan horizontal. || On dit aussi que des rameaui sont fastigiés lorsque, rapprochés du tronc, ils se dirigent presque verticalement, ex : le popuhis fastigiata, L. (c'est le peuplier pyramidal).
— ÊTYM. Lat. (astigialus, de fasligium, faite. FASTUEUSE»! EiNT (fa-stu-eù-ze-man), adv. D'une
manière fastueuse. Il est entré fastueusement dans la ville.
— ETYM. Fastueuse, et le suffixe ment. FASTUEUX, EUSE (fa-stu-eO, eil-z'), adj. || l°Oui
aime le faste, le luxe, la magnificence. SoufTriras-tu longtemps tous ces rois fastueux? volt. Catilina, II, 3. Colbert soutint l'État malgré le luxe d'un maître fastueux, qui prodiguait tout pour rendre son règne éclatant, id. Louis XIV, îo. || 2- Où il y a du faste, en parlant des choses. Un fastueux équipage. Cent vierges qu'enfanta l'Inile voluptueuse Couvrent (le mots choisis sa table fastueuse, millev. Élégies, Homère, ch. ii. Obscur ou fastueux, qu'importe notre asile? Ahl le premier des biens est un amour tranquille, c. DELiV. l'aria, m, t. || S" Fig. Qui s'étale comme fait le faste. Et qu'enfin Dieu ne demande pas aux personnes de son sexe une sublime raison ni une science fastueuse, mais une dévotion tendre et une foi simple accompagnée d'un humble silence, FLÊciiiEB, Dauphine. Son tour [de l'idylle] simple et naïf n'a rien de fastueux, son.. Art p. ii. 11 vous comble partout d'éloges fastueux, m. ib. i. Vous dont la piété solide. Loin d'étaler aux yeux de fastueux dehors Et d'avoir d'indiscrets transports, Est pour juger autrui toujours lente et timide, des- HOULiÈRES, Ép. chagrine au P. de la Chaise. On ne voit pie.sque plus que de ces zèles fastueux qui n'ont des yeux que pour des misères d'éclat, uass. Carême, Aumône. Je ne me vante point du fastueux effort De voir, sans m'alarmer, les ap]irêts de ma mort; Je regrette la vie, elle dut m'ètre ch're, VOLT. Tancr. ii, 8. || Il se dit aussi des personnes en ce sens. Tous les joui-s on y voit.... L'ignorant s'ériger en savant fastueux, boil. Sal. xi. || 4° Où règne l'orgueil. Des titres fastueux. Lorsqu'il [Sennacliéribj se croyait déjà maître de Jérusalem, le Seigneur d'un souflle seul dissipe toutes ses pensées fastueuses, rolun, Uist. anc. préface. ûEutr. 1. 1, p. xu.
— HIST. XVI* s. Lorsque je viens à approfondir leurs propositions, j'y vois bien de belles et fastueuses paroles, mais peu de solides raisons, UENKi IV, dans le Dict. de dochez.
— Etvm. Lat. fasluosus, de fasius (voy. faste t). FAT (d'après l'Académie, le t se prononce; au
XVII' siècle, Cliifllet, Gramm. p. 217, note aussi que le ( se prononce mémo devant une consonne; pourtant plusieurs aussi ne le prononcent pas, et il n'y a aucune raison pour ne pas prononcer fat, comme rat, plat, etc. ; le ( se lie : un fa-t insupportable ; au pluriel, Vs se lie: des fa-z insupportables; fats rime avec pas, tas, etc.), adj. qui n'est usité qu'au masculin, il 1" Sot, niais. Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner Où de droit absolu j'ai pouvoir d'ordonner? mol. Sgan. i . {| Substantivement. Monsieur, sortons aussi, ne faisons point les fats; Ces deux messieurs pourraient revenir sur leurs pas, haute- ROCUE , le Souper, 23. Me voilà pris comme un fat, et, sans un peu d'effronterie, j'aurai peine à sortir d'intrigue, dancoubt, Été des coquettes, se. 2t. Autrefois sur l'honneur on était délicat; Un mari qui s'en pique à présent est un fat, destouches, Irrésolu, i, 7. || Ce sens, qui est le sens propre, a vieilli, il 2° Oui est à la fois sans jugement et plein de complaisance pour lui-même. Qu'importe d'être fat ou de ne l'être pas? On croit toujours ne le pas être, de cailli, dans richelet. || Il se dit quelquefois des choses. Il y a peut-être je ne sais quoi de fat à vous envoyer sa méilaiUe, volt. Lett. d'Argental, 3 mai I7a». || Substantivement. Hais je ne puis soullrir qu'un fat, dont la mollesse N'a rien pour s'appuyer qu'une vaine noblesse. Se pare insolemment du mérite d'aulrai, BOIL. Sal. V Voyant un fat s'applaudir d'un ouvrage Où la droite raison trébuche à chaque page, ID. ib. IX. Écoutez tout le monde, assidu consultant; Un fat quelquefois ouvre un avis important, id. Art p. IV. Quelle horrible peine à un homme.... qui n'a que beaucoup de mérite pour toute recommandation.... de venir au niveau d'un fat qui est en
cn'illtl LA URiJï. u. Un écarte tout cet attirail qui t'est étranger pour pénétrer jusqu'à toi qui n'es qu'un fat, id. ib. Tout le monde dit d'un fat qu'il est fat, personne n'ose le lui dire à lui-nfême, id. xi. Un fat est celui que les sots croient un homme do mérite, id. xii. Le fat est entre l'impertinent et le sot, il est composé de l'un et do l'autre, id. ib. Si le fat pouvait craindre de mal parler, il sortirait do son caractère, id. ib. Plus il voulut faire le fat, plus il prouvait qu'il n'était qu'un sot, dlclos, Acajou, CF.uires, t. vui, p. 301, dans I'OUgens. |) Molière et lioileau l'ont employé comme simple terme de mépris. Il faut que de ce fat j'arrête les complots, El qu'à l'oreille un peu je lui dise deux mots, mol. Tart. w, t. Je sors de chez un fat qui, pour ra'cmpnisonncr. Je pense, exprès chez lui m'a forcé de diner, boil. Sal. m. jj 3" Il se dit de celui qui a des prétentions auprès des femmes, ou dont la parure est très-recherchée. Silvia:V.ûlontiers un bel homme est fat, je l'ai remarqué. ~ Lisette: Ohl il a tort d'être fat, mais il a raison d'être beau, mariv. Jeux de l'am. et du has. i, l. Va, ma pauvre enfant, les mots de fat et de coquette ont été inventés par l'envie pour dénigrer les hommes aimables et les jolies femmes, saurin. Mœurs du temps, se. t*. Il devient entreprenant sans désirs, et fat |iar mauvaise honte, j. J. EOuss. Ém. IV. Il Substantivement. Il ne serait plus rien s'il cessait d'être un fat, la chaussée, fietour imprévu 1, 2. Quoil le peu qui lui restait, Frétillon a pu le vendre Pour un fat qui la battait, LÊBANG. I-'rétillon.
— HIST. XVI' s. Fat est un vocable de Langucgoth [Languedoc], et signifie non salle, sans sel , insipide, fade: par métaphore signifie fol, niays, despourveu de sens, esvenlé de cerveau, bas. Pant. v, Prol. Xerxes estoit un fat, qui, enveloppé en toutes les voluptez humaines, alloit proposer prix à qui luy en trouveroit d'aultres ; mais non gueres moins fat est celuy qui retrenche celles que nature luy a trouvées, mo.nt. IV, 20».
— ÉTVM. Provenç. fat, fou, Ignorant; espagn. et ital. fatuo; du latin fatuus, fade, insiiiide, fou, niais (voy. fade).
FATAL, ALE (fa-tal, ta-1'), adj.{\i' Qui porte avec soi une destinée irrévocable. Le tison fatal de Méicagre. Vint enfin le moment du festin fatal de la reine [Esther], dont le favori [Aman] s'était tant enorgueilli, Boss. Polit, x, m, 5. Il [Hippolyte] a pour tout le sexe une haine fatale, bac. Phèd. m, t. Scylla, pour obliger Minos, coupa ce cheveu fatal [de Nisus] et en fit présenta son amant, volt. Dict. phil. Terelas. || En ce sens, aujourd'hui, fatal ne s'emploie que absolument; mais, au xvii' siècle, il comportait la préposition à et un complément. La femme est une mer aux naufrages fatale, m\Lii. vi, 26. Cette parole.... continua l'opinion qu'on avait, que l'Afrique était fatale à la gloire des Scipions, id. les Épit. de Sénèque, xxiv. C'était une chose fatale à la race de Brutus de délivrer la république, vau- GEL. Hem. Celte saison est fatale pour abattre les têtes qui paraissaient le plus au-dessus des autres, BALZ. liv. I, lett. 10. Quand on l'emploie dans celle signification, il faut que la phrase soit tournée fort clairement, comme celle-ci : Le nom des Scipions était fatal à l'Afrique, pour dire, il était comme inévitable aux Africains d'être vaincus par les Scipions, Acad. Observ. sur Vaugelas, p. 458. || Terme d'antiquité romaine. Livre fatal, livre sibyllin, recueil de prédictions. Il 2° Marqué parle destin. L'instant fatal. Et par d'heureux exploits forçant la destinée. Trouveront d'Ilion la fatale journée, rac. Iphig. IV, 8. Tanl de précautions contre mon jour fatal Me rendraient méprisable et me délendraient mal, volt. il. de César, ii , 5. || L'heure fatale, l'heure de la mort. Le roi qui s'en souvint à son heure fatale, corn. Pomp. i, 3. La reine touche presque à son terme fatal, bac. Phèd. i, 2. || La barque fatale, la bar(|ue dans laquelle le polythéisme raconte que les âmes des morts traversaient l'Achéron pour entrer dans lesenfers. || 3° Qui entraîne avec soi quelquesuite importante, en bien ou en mal. Le moment fatal qui doit me rendre à jamais heureux ou malheureux. Qui devait.... De ce fatal accouplement Célébrer l'heureuse journée, malh. iv, 6. Il 4" Qui produif du mal. des malheurs. Mais le voici ce bras à Koaie si fatal, cobn. Nicom. m, 2. Le moindre amusement [retard] vous peut être fatal, MOL. Tart. V, 8. Sans ce métier fatal au repos de ma vie, Mes jours pleins de loisir couleraient sans envie, BOIL. Sal. II. Après m'ôtre longtemps fiatlé que mon rival Trouverait à ses vœux quelque obstacle fatal, BAC. Bércn. i, 2, Et sa race toujours fut fatale à la vôtre, ID. È'ilh. m, t. Leur résistance avait été fa-
tals à une partis des gens d'Alvaro Ponce, lesace, Diable boit. 4 6. Enfin, vaincue, entraînée, no sachant où on la mène, elle se laisse conduire au souper fatal, volt. /nginu, 47. Un frisson la saisit, elle se soutenait à peine : ahl madame, dit-elle à la fatale amie, vous m'avez perdue, vous me donnez la mort, ID. i2>. < 9. Il Le coup fatal, le coup qui donne la mort. || 5° Terme de commerce. Terme fatal, le terme après lequel tout délai expire.
— liEM. Fatal n'a point de pluriel. L'oreille repousse aujourd'hui faïaux, qui se disait au xvi* siècle, et la grammaire repousse /a/a/j;. lioureault s'est moqué de celte contradiction : Ces bras te deviendront ou fatals ou fataux, boubsault, Uerc. galant. IV, 7. El Voltaire à sa suite : .S'ils n'insèrent pas dans l'ouvrage les carions néces.saires, je demamlerai net la saisie des exemplaires falaux ou fatals, vult. Lett. d'Argental, 9 avril t783. Cependant des écrivains n'ont pas été découragés par cet arrêt, et ont dit fatals, qui est en efiet la forme la moins désagréable, et que l'Académie inscrit en disant qu'il est peu usité L'ambition, l'amour. Par de fatals excès ont troublé celle cour, nucis, llamlel, m, 2. Leurs États l'un par l'autre avec soin limités Furent des lots fatals trop tùt ensanglantés, leuerc. i'rédég. et Dr. iv, t.
— SYN. fatal, funeste. Étymologiquement, fatal exprime ce qui est réglé par l'irrévocable destin; funeste, ce qui est funéraire, funèbre. Ce n'est donc que secondairement que fatal alesens da funeste, et alors il s'en dislingue parce qu'il porte toujours en soi l'idée de la fatalité.
— HIST. xvi' s. Comme les lieux sont fataux, d'aub. Fœn. m, 7. Les ans climaleriques seroient falaux, pontus de tyabt, Disc, du temps, f° 32, dans LACUKNE. Le jour de la Penlecoste fut deux fois fatal au roy Henri III, eleu roi de Pologne ce jourlà en 1573, et devenu roi de France le mesme jour, PASQUiEB, Lettres, t. i,p. 371.
— Etvm. Lat. fatalis, de fatum, destin, proprement ce qui est dit, prononcé, de fari, dire (vojr. fable).
FATALEMENT (fa-ta-le-man), adv. \\ t' Par une destinée inévitable. Premièrement, il doit voir au temple ou à la promenade, ou dans quelque cérémonie publique, la pereonne dont il devient amoureux ; ou bien être conduit fatalement chez elle par un parent ou un ami, mol. Picc. 5. Scapin : Que voulez-vous? il y a été poussé par sa destinée. — Argante : Ahl ahl voici une raison la plus belle du monde ; on n'a qu'à commettre tous les crimes imaginables, et dire, pour excuse, qu'on y a été poussé pju- sa destinée. — Scapin : Mon Dieu 1 vous prenez mes paroles trop en philosophe; je veux dire qu'il s'est trouvé fatalement engagé dans celte allaire, ID. Scapin, i, 8. Orné fatalement des dépouilles de Troie, Le tyran aveuglé se livre à son destin, le- MEiic. Electre, v, 3. || 2' Par un malheur extraordinaire. Cela est arrivé fatalement.
— HIST. XVI' s. Comme si la destinée avoit fatalement attaché la victoire à ses membres, mont, i, i 6.
— ÉTY.M. Fatale, et le suffixe ment.
FATALISiME (fa-ta-li-sm), *. m. Doctrine qui
attribue tout à la fatalité, et ne laisse rien au libre arbitre. A peine Leibnitz eut-il proposé son système rédigé depuis dans la Théodicée , que mille voix crièrent qu'il introduisait le fatalisme, renversait la créance de la chute de l'homme, qu'il détruisait les fondements de la religion chrétienne, volt. Ode 1 2, note. Si malheureusement le falalisaie était vrai, je ne voudrais pas d'une vérité si cruelle, ID. Lett. Ilelvétius, tl sept. «739.
— ÊTYM. Fatal.
FATALISTE (fa tali-st'), S. m. Il 1" Celui qui croii au fatalisme. Si Dieu est libre, comme les fatalistes même doivent l'avouer, pourquoi Dieu ne pourrat-il pas communiquer à l'homme un peu de cette liberté î volt. LHt. prince de Prusse, 46. |{ 2° Adj. Un esprit fataliste. Système fataliste.
— ETYM. Fatal.
FATALITÉ (fa-ta-li-té), f. f. \\ 1° Enchaînement des choses fatales, de ce qui est réglé par le destin. Mais il [un songe] passe dans Rome avec autorité Pour fidèle miroir de la fatalité, corn. Poly. i, a. Mais comme il est, seigneur, de la fatalité Que l'aigreur soit mêlée à la félicité, id. Pomp. v, D. Il faut encore qu'il [Alexandre] se trouve dans tous nos panégyriques; et il semble par une espèce de fatalité glorieuse à ce conquérant qu'aucun prince ne puisse recevoir de louanges qu'il ne les partage, BOSS. Louis de Bourb. Ces péchés des autres, par une fatalité inévitable, sont devenus vos propres péchés, bouudal. Sur le scandale, t"avenl,f. H4.
FAÎ
FàlIut-il excuser les égarements do son coeur sur U fatalité de l'âge? mass. Or. fun. Villars. Le dogme de la prédestination absolue et de la fatalité qui semble aiijûurd hui caractériser lo mahométanisme, était l'opinion de toute l'antquité, voi.t. Mœurs, 7. Si quoique chose justifie ccui qui croient une fatalité à laquelle rien ne peut se soustraire, c'est celte suite continuelle de malheurs qui a poursuivi la maison de Stuart pendant plus de trois cents années, ID. Louis XIV, (5. Je me livre à ma destinée, «t je me jette, la tête la première, dans l'abîme de la fatalité qui nous conduit tous,iD. Z.ef(. d'Argental, 28 aoiH 475(1. Cette fatalité n'est autre que vousmême, LK CHAUssiîE , Mélanide, m, 4. Devant Uicu caché dans sa fatalité Notre seule science est notre bumilité, LAMART. Joe. vi, 233. || 2» Dans la philosophie moderne, la nécessité qui résulte de la nature des choses. Avec le monde a commencé une guerre qui doit finir avec le monde, et pas avant : celle de l'homme contre la nature, de l'esprit contre la matière, do laliberté contrôla fatalité, michklbt, Introd. dl hist.universelle,^. 9. || S'Circonstances malheureuses. Que la fatalité des plus pres.sants malheurs No m'aurait pu réduire à suivre dos voleurs, CORN. Œdipe, m, b. Je n'ai imputé la mort du vertueux Calas et la condamnation de la famille entière des Sirven qu'aux cris d'une populace fanatique, à la rage qu'eut le capitoul David de signaler son faux zélé, à la fatalité des circonstances, volt. Polit, et législ. Lelt. à U. Élie de Beaumont. Il est des fatalités qui nous entraînent malgré nous, J. J. Rouss. Ild. I, B7. Je ne sais, mon cher maître, par quelle falalilé je n'ai reçu que depuis deux jours votre lettre du 4 9 octobre, d'aleub. Lett. à Voltaire, 48nov. «774.
— ÉTYM. Lat. falalitatem, de fatalis, fatal. FATIDIQUE (fa-ti-di-k'), adj. Qui révèle ce que
les destins ont ordonné. Le trépied fatidique, le trépied sur lequel était placée la pythie à Delphes. Comme eux je suis prophète, et mon bois fatidique Va faire plus de bruit que le trépied delphique, TH. COHN. Berger exlravag. iv, 7. Les anciens demandèrent-ils jamais à l'augure dans quelle contrée il avait reçu le jour, sur quel chêne reposait l'oiseau fatidique qui leur annonçait une victoire ou une défaite? haynal, Ilist. phil. n, 28. || Il ne s'emploie que dans le style élevé.
— lllST. XVI' s. Telle fut Œnoné etnostre Melusine, Et la vieille Manton, fatidique héroïne, rons. 823.
— ÊTVM. Lat. fatidicus, de fatum, destin { voj. FATAL), et dicere, dire.
FATIGANT, ANTK (fa-ti-gan, gan-t'), adj.
Il 1° Oui fatigue. Travail, exercice fatigant. Quelques années avant sa mort, il avait renoncé à la société, qui n'était plus que fatigante pour lui, CONDORCET, Daniel Bernoulli. || 2" Qui demande une attention pénible. Lecture, étude fatigante. Il 8* Par extension, importun, ennuyeux. Conversation fatigante. Discours fatigants. C'est un homme fatigant. Un besoin fatigant, un désir furieux Do sortir de moi-même et de voir d'autres cieux, ducis, Abufar, u, 7.
— REM. On remarquera que l'orthographe distingue l'adjectif fatigant du participe fatiguant, bien que ce soit le même mot.
FATIGUE (fa-ti-gh'), s. f. || l" Sentiment douloureux avec difficulté d'agir, que cause un travail excessif ou trop prolongé. Être excédé do fatigue. Ma foi, prenons haleine après tant de fatigues, mol. l'Ét. III, 6. Il n'est point d'artisan qui n'ait recours à cet innocent artifice [chanter], et la plus légère ^ chanson lui fait presque oublier toutes ses fatigues, «OLUN, Hist. anc. t. xi, 4" part. p. 2it, dans rou- GENS. Il Homme de fatigue, homme capable da supporter un travail pénible. || Cheval de fatigue, celui qu'on applique aux plus rudes travaux. || Habit de fatigue, celui qu'on porte pour vaquer à ses occupations ordinaire». Il Tomber de fatigue, ne pouvoir se soutenir sur ses jambes à cause d'une excessive fatigue. Des Inniens enchaînés et chargés de vivres, qu'on massacrait à l'instant où ils tombaient de fatigue , suivaient cette troupe barbare , raynal Htst. phil. vu, 4 2. Il La fatigue du cheval, de la voiture, celle eue cause le mouvement du cheval, la secousse de la voiture. || 2* Travail pénible. Fatigues, peines, maux, j'aimais tout pour leur cause, TH. CORN, ^rione, ui, 4. Un coeur qu'ont endurci la fatigue et les ans, bac. Baj. i, 4. On se fait une fatigue des délices de votre banquet [de la communion], MASS. Arcnt, Dispos. On la voit supporter la fatigue obstinée Pour laquelle on sent trop qu'elle n'était point née, volt. Scythes, i, 4. || 3' Terme de marins. Se dit du travail des forçats qui sont hors
FAT
du bagne, employés aux travaux du port Aller i U
fatigue.
— ÈTYM. Voy. FATIOIER.
FATIGWS, ÉE (fa-ti-ghé, ghée), port, paité. Il 1" Uui est en proie à do la fatigue. Vous me semblez tous deux fatigués du voyage; heposez-vous, usez du pou que nous avons, la fo.nt. l'hil. et Baue. Le vicomte de Turenne, avec un petit nombre de troupes fatiguées, n'était pas en état do les arrêter [les Allemands], RAC. Précis Uistorique. Katigués de carnage et de sang enivrés, volt. Alt. iv, 3. || U se dit d'organes auxciucls trop d'exercice cause de la fatigue. Yeux fatigués par la lecture. Je me sens ce soir la poitrine un peu fatiguée, genlis, VeilUet du château, t. i,p. &7«, dans pougens. || 2* Kig. Fatigué par des importunités. Indocile à ton joug, fatigué de ta loi, RAC. Athal. v, a. Kt [les dieux] fatigués d'encens, jaloux d'un libre hommage, Cacliéssous notre imago, Sans tonnerrg et sans pompe errant dans l'univers, oilb. Ode A monsieur. || 8" Terme d'arts. Tableau fatigué, tableau qui, à force d'être nettoyé, a perdu quelque chose de ses demi-teintes. || Manière fatiguée, manière d'un artiste qui obtient avec beaucoup de travail des effets qu'on pourrait obtenir à moindres frais. || Couleur fatiguée, couleur qui, à force d'être retouchée , a perdu sa fraîcheur. Il Voix fatiguée, voix qui a perdu sa fraîcheur pour le chant, et qui ne se produit qu'avec effort.
FATIGUER (fa-ti-ghé) , je fatiguais , nous fatiguions, vous fatiguiez ; que je fatigue, que nous fatiguions, que vous fatiguiez, t). a. || 1* Causer de la fatigue. Fatiguer un cheval. Fatiguer l'ennemi. Ces ouvrages avaient été achevés sans fatiguer les sujets, Boss. Hist. m, 3. Des bourreaux son courage a fatigué la main, legouvê, Épich. et Ifir. y, 8. Il Fig. On dit qu'une poignée de chrétiens font suer les Ottomans et fatiguent leur empire, MONTKSQ. Lett. pers. 4 9. Agiter l'Europe pour n'être pas oisif, serait le métier d'un intrigant qui fatigue la renommée un jour, parce qu'il n'a pas le crédit de vivre sur une administration bienfaisante, MIRABEAU, Collection, t. v, p. 34 5. Il 2* Causer un certain malaise comparé à la fatigue. Cette écriture fatigue les yeux. Ce long discours lui a fatigué la voix. Ce professeur a fatigué l'attention de ses auditeurs. Cette étude fatigue l'esprit. || Absolument. C'est une étude qui fatigue. || 3* Fatiguer un champ, lui faire produire une même récolte plus souvent qu'il ne faudrait. || Terme d'horticulture. Fatiguer un arbre, lui laisser trop de fruits ou trop de bois. || Terme de boulangerie. Fatiguer les levains, les prendre trop petits à proportion de la pâte dans laquelle on les fait entrer pour la faire lever. |{ 4° Importuner. Ainsi donc mes bontés vous fatiguent peut-être? rac. Birén. il, 4. Elle m'a fatigué de ce nom ennemi, id Brit. iv, 3. Leur prompte servitude a fatigué Tibère, id. ib. iv, 4. Ce sceptre, cet empire.... fatiguent souvent leur triste possesseur, id. Eith. ii, 7. Je n'ose fatiguer M. le duc d'Aiguillon de cette affaire particulière ; il est assez occupé de celles du Nord, volt. Lelt. d^Argental, 28 juin 4773. {| Dans le style élevé, fatiguer le ciel de ses vœux, de ses prières, adresser au ciel des demandes incessantes. [Elle].... fatigue le ciel par des vœux superfius, cobm. Othon, v, 8. Ce fils, je l'obtins en fatiguant le ciel de vœux, MOL. le Fest. iv, 4. Et je m'en vais pleurer leurs faveurs meurtrières Sans plus les fatiguer d'inutiles prières, bac. Phèdre, v, 7. Sans fatiguer le ciel par des vœux inutiles, mass. Carême, Prière 2. || 5* Familièrement. Fatiguer une salade, la retourner longtemps. || Fatiguer la terre, la retourner souvent. J'ai dans mon voisinage des camarades qui fatiguent un terrain ingrat avec quatre bœufs, volt. Uél. littér. à M. Dupont. \\ Racine a dit, en un sens analogue, fatiguer la mer. Et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile, bac. Iphig. I, 4 . Il Terme d'arts. Fatiguer un ouvrage, le retoucher avec un soin trop minutieux. Saint Chrysostome fatigue son style à la manière d'Isocrate, chateaub. Génie, ui, iv, 2. || Fatiguer la couleur, y porter à diverses reprises le pinceau, de sorte que le coloris perd sa 'ralcheur et les tons leur franchise. || 6' Y. n. Se donner, éprouver de la fatigue. Quoique le roi ne filt pas en état de fatiguer, VAL'OELAS, Q. C. 427. Cei-tain fou poursuivait à coups de pierre un sage. Le sage.... lui dit.... reçois cet écu ; Tu fatigues asscx pour gagner davantage, la font. Fahl. xii, 22. Plus les troupes fatiguaient, plus il semblait qu'elles redoublassent de vigueur, rac. Siège de Namur. || ?• Par extension. Ce support fatigue beaucoup, l.'ne poutre qui fatiguait rompit. || Se dit d'un vaisseau qui.
FAT
violemment tourmenté par les lames, a de giundi mouvements de tangage ou de roulis, et, par cette rai^on, éprouve, dans ses liai ons et dans sa niiture, de certains désordres qui peuvent avoir de fâcheuses conséquences pour leur solidité, jal. || On dit que l'argent fatigue, quand il est constamment placé à intérêt. Plus notre argent fatigue, et plus il nous rapporte, regnard. Joueur, n, ti. Il 8° .Se fatiguer, v. réfl. Ressentir de la fatigua. J« me suh fatigué à la chasse. Mes yeux commencent à se fatiguer. Je me fatiguerais à te tracer le cour) Des outr?ges cruels qu'il méfait tous les jours, B0ii Lutr. II. Il On dit aussi se fatiguer de. On se fatigue m/'me du plaisir.
— ETYM. Provenç. et espagn. fatigar; ital. fatieare; du latin fatigare, d'un radical fat, fass ou fess [fessus, \aa, fatitcere,se lasser), et un suffixe iyare, comme fumigare, Ixtigare. Igare parait représenter agere, pousser.
FATBAS (fa-tri; \'s se lie : un fa-trâ-z insipide), s. m. Il 1* Amas confus de choses. Un fatras de papiers, de livres. Le roi Alphonse disait, à propos du fatras des cercles qu'avait imaginés l'astronomie ancienne, que, s'il avait été au conseil de Dieu quand il fit le monde, il lui aurait donné de bons conseils, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 47 aoiit 4 77): Par quel hasard, chevalier, portez-vous donc ce fatras de lettres? genus, Th. d'éduc. le Méchant par air, ui, 4. Il 2* Par extension, amas de choses fastidieuses, paroles ou écrits. Sans tant de contredits et d'interlocutoires, Et de fatras et de grimoires, Travaillons.... LA font. Fabl. i, 21. Et se charger l'esprit d'un ténébreux butin De tous les vieux fatras qui traînent dans les livres, mol. F. sav. iv, 3. Je vois, dans le fatras des écrits qu'il nous donne, Ce qu'étale en tous lieux sa pédante personne, ID. ib. I, 3. Que je plain? ma fille de lire tout ce fratras de bagatelles! sêv. 434. Ne réplique point, je connais ton fatras, Chapel. décoilfi, 3 (dans les ouvres de boileau). Lorsque je considère tous ces énormes fatras que j'ai compo- 1 ses, je suis tenté de me cacher dessous, et je demeure tout honteux, volt. Lett. Panckoucke, 9 juiU. 4698. Il accumule cent fatras dans sa mémoire,!. J. ROiiss. Ém. II. Il Absolument. Le fatras, le style confus et insipide. Son style est clair et vigoureux; il dit beaucoup en peu de mots; c'est le grand ennemi du fatras, voi.t. Lett. Lncombe, }\i'm 1770. Je déleste le fatras et le petit, et tout ce que je vois ailleurs est petit et fatras, id. Lelt. St-Lambert, 4 avr. I7c<i.
— HIST. XV* s. Et estoit cela [des sirènes qui jetaient vin et lait] très-bien fait, et le regarda leroy, et cousterent ces mirelifi lues et fatras beaucoup d'argent, Chron. normarule, virivjlle , ch. t-B. Il xvj* s. Qu'ils prouvent en premier lieu que les apostres ont establi le quaresme et beaucoup de menus fatras et abus, calv. Instit. 97. Vous parlerez de bastine de cheval et de telz fatras, tant comme vous vouldrez, mais je vous dis à certes que Cyrus a esté occis de ceste miene main et non d'autre, AMYOT, Artax. 4 3. Des Lancelots du Lac, des Amadis, des Huons de Bordeaux et tel fatras de livres à quoy l'enfance s'amuse, je n'en cognoissoi» pas seulement le nom, mont, i, 4 96.
— ÊTYM. D'après Ménage, approuvé par Diez, fatras est pour fartas, du latin Relit fartacnts, de fartus, farci. Cette hypothèse, n'étant pas appuyée par des formes dans l'historique, reste douteuse, d'autant qu'on a un exemple de fatrasie écrit fastrasie; cette» complique la question.
t FATKASIE (fa-lra-zic), s. f. Nom donné dar.i le moyen âge àdes piêcesde vers, sans raison, amphigouriques.
— iiisT. ini* ». Une grant trufe, une falounle. Une fastrasie, une bourde, dd cange, fallita.
— ETYM. Fatras.
t FATUASSER (la-tra-sé), «. n. S'occuper & des niaiseries.
— HIST. ivi» s. Fatrasser, ouwn, Dict.
— ETYM. Fatras; géiiev.se fatrasser, s'accoutrer, s'alîubler.
t FATRASSERIK (fa-tra-se-rie), f. f. Recueil de fatras et d'inutilités; ouvrage de celui qui fatrasse; action de fatrasser.
— HIST. XVI* s. De quoy donc, dit-il, servent tant de fatrasseryes de papiers? rab. Panl. u, 40.
t FATRASSEUR (fa-tra-seur), s. m. Synonyme de falrassier.
— msT. ivi* s. Fatrasseur, monet, Dict.
t FATRASSIER (fa-tra-sié), ï. m. Celui qui latrasse.
—HIST. XVI* s. Fatrassier, coronAVE.
FATUAIRK (fa-tu-ê-r'), s. m. Terme d'antiquité. Enthousiaste qui ae croyait Inspiré, et annonçait lei choses futures.
FAU
FAU
FAU
— ÊTYM. Lat. fatuari, être saisi d'un délira prophétique.
•f FATnSîIE (fa-tu-i-sm"), ». m. || 1* Habitude de fatuité. Voilà un établissement nouveau qui ne sera point à la charge du public, mais bien à l'extirpation du fatu'sme, cHAUUEO, Letl. au chev.de Bouillon. \\i" FaHi'isme, fatuité, termes employés quelquefois par les aliénistea pour désigner la démence.
— ÊTYM. Fut.
FATUITÉ (fa-tu-i-té), s. f. || 1* Sottise accompagnée d'une bonne opinion de soi-même, qui fait prendre ridiculement l'air, les manières et les prétentions du mérite N'ea voit-on pas sans cesse
Qui jusqu'à quarante ans gardent l'air éventé Et sont les vétérans de lafatuitéî gressiît, Udehant, i, 4. La fatuité dédommage du défaut de cœur, vau- VEN. Max. 547. En général, la fatuité des musiciens est (le croire ne rien devoir à leur poSte ; et Grétry, avec de l'esprit, a eu cettesottise au suprême degré, MABMONTEL, Mém. IX. || Il Se dit aussi du genre de fatuité que donnent quelquefois les succts auprès des femmes. Les hommes qui ont eu d'éclatants succès aujirès des femmes, lorsqu'ils ont su se préserver de la fatuité.... genlis, Mlle de la Fayette, p. <58, dans rouGENS. Il 2" Propos ou actes impertinents. Il a dit une grande fatuité. Un voluptueux de Rome se faisant rapporter du bain dans une chaise demandait : Suis-je assis? c'est à peu près comme celui qui, étant à la chasse, demandait à ses gens s'il avait du plaisir : ce sont des fatuités des grands qu'il est bon de remarquer, Nicole, dans Dict. de Trévoux, Fatuité. Les rieurs sont pour lui; il n'y a sorte de fatuités qu'on ne lui passe, LA BBUT. V. Il 3° Terme d'aliénistes. Folie. || Il a été employé jadis en ce sens, comme on le voit par cet exemple hisiorique : Philippe le Bel répondit à Boniface [VIIIJ : Que Votre très-grande Fatuité sache que nous ne .sommes soumis à personne pour le temporel, volt. Mœurs, 66.
— HIST. XIV* s. Que l'ire des pères fsénateursj se comhatist contre la fatuité [folie] du pueple, ber- CHEiiBE, f° 47, verso. On demanda à icellui Jehan pourquoi il s'estoit ainsi laissé cheoir en la rivière; le quel, plein de fatuité ou de maladie qu'il avoit, respondit que ilz avoient fait grant pechié de l'en tirer hors, du cange, fatuus.
— ÊTYM. Provenç, fatuitat; espagn. fatuidad ; ital. fatuitâ; du latin fatuitatem, de fatuus, sot (voy. FAT et fade).
f FAC (fô), s. m. Un des noms vulgaires du hêtre.
— HIST. xiu* s. Berte fu ens el bois assise sous un fo, Berte, p. 48.
— ÊTYM. Wallon, fawe, faw; génev./eu; provenç. fau; du latin fagus; grec, çyiyoç (voy. footeau).
f FACnERDlvU (fô-bèr-dé),». a. Voy. faubeuteb.
t FAUBEKT (fô-Lôr), s. m. Terme de marine. Balai de fils de carret emmanches à un bâton ou seulement liés en faisceau et maniés au moyen d'une poignée en corde ; il sert à laver et à éponger le pont du navire, jal.
— ÊTYM. Norra. faubert, lavette, chiffon à laver la vaisselle ; du holl. iwabber, faubert.
t FAUBERTER (fô-bèr-té), ». a. Terme de marine. Nettoyer avec le faubert.
t FACBERTEUR (fô-bèr-teur), ». m. Terme de marine. Celui qui fauberte.
FAUBOURG (fô-bour; le g ne se prononce jamais: un fo-bour étendu; Chifllet, Giamm. p. 213, le remarque aussi pour le xvu* siècle; au pluriel, 1'^ ne se lie pas : des fô-bour étendus; cependant quelques-uns la lient: des fô-bour-z étcmlus), s. m. Il 1° Quartier d'une ville situé en dehors de son enceinte. Tout est en feu jusque sur les bonis de la rivière d'Oise ; nous pouvons voir de nos faubourgs la fumée des villages qu'ils [les ennemis] nous brûlent, VOIT. Lett. 74. Il La ville et les faubourgs, tout le monde. J'aurai pour confidents la ville et les faubourgs, destouches, Phil. marié, i, a. j| Assembler la ville et les faubourgs, exciter un grand concours de monde. || Fig. Le dehors. Il [Lassay] n'y fut [à la cour] jamais que des faubourgs, st-sim. 33, i32. Il 2° Dans certaines grandes vdles, quartier qui primitivement était un des faubourgs. X Paris, le faubourg Saint-Antoine, le faubourg Saint-Germain. Il entra [à Paris] par le faubourg Saint-Marceau et crut être dans le plus vilain village de la Weslphalie, VOIT. Candide, 22. Ces faubourgs aujourd'hui si pompeux et si grands, Que la main de la paix tient ouverts en tous temps. D'une immense cité superbes avenues. Où nos palais dorés se perdent dans les nues, Êtaiont de longs hameaux de remparts entourés, Par un fossé profond de Paris séparés, id. Xfenr. VI. Il Autrefois à Paris, quand on disait le
DlCT. DE I.A LANGUE FHANÇAISB.
faubourg, cela voulait dire le faubourg Saint-Germain. Aujourd'hui le faubourg Saint-Germain se nomme quebiuefois le noble faubourg, parce que beaucoup de familles appartenant à la noblesse y ont des hôtels. || Dans Mme de Sévigné, le faubourg est ordinairement le faubourg Saint-Jacques, où se retiraient les gens dans la dévotion , les jansénistes, etc. Il 3° La population des faubourgs de Paris. Soulever les faubourgs.
— HIST. xiii* s. A toz cens qui justice et juridiction ont dedens la ville et dedens les forbourgs de Paris, Liv. des met. 2. Il revint en fourbourc d'Isle [à Laon], Bibl. des chartes, 2* série, t. m, p. 4i5. Il xiv* s. Que les maisons des horsborcs soient abatues, DU CANGE, (orisbarium. || xV s. Les Anglois vinrent loger es faubourgs de Rennes, froiss. u, u, 73. Prenez les champs ou les faulbourgs [choisissez, décidez], CH. d'obl. Chans. »(. || xvi* s. Pendant que nous n'en sommes qu'aux faubourgs [de la vieillesse], mont, ni, 380. Le feu s'avance peu à peu, et a desjà consumé les fauxbourgs de la chrestienté, langue, 383. Les Fidenates coururent et fourragèrent les premiers son pais jusques aux faulxbourgs de Rome, amyot, Rom. 37. Faubourgs sont toutes les maisons hors l'enceinte de la ville, PASOUIEB, Recherches, p. 858, dans lacohne. Il se vint heurter contre la ville, presque aux fauxbourgs de l'hiver [à l'entrée de l'hiverj, m. Lettres, t. l, p. 42. Jardin aux faulbourgs vault cent sols au rebours, COTGBAVE.
— ÊTYM. Picard, forbou, forbourg; bourguig. faubor; y/aWon, fdborg ; bas-lat. foris burgum; de foris, hors, et burgus, bourg. Cette étymologie est certaine pour toutes les formes où l'r se trouve : forborc, horsborc, forbou, etc. Mais faut-il aussi y rattacher fauxbourg, faubourg, fdborg? Si on considère ces textes, on voit que fauxbourg est relativement récent; et dans le bas-latin même, du Cange ne cite falsus burgus que dans une piice de 1380; sans doute on peut concevoir que des fors-bourgs aient été aussi appelés des faux bourgs, des bourgs faux; cependant, tant qu'on n'aura pas apporté des textes anciens qui donnent faux bourgs, il vaudra mieux croire que faubourg est une altération de [orbturg, prononcé fôbourg (le parler vulgaire ayant quelquefois supprimé l'r), puis finalement pris pour faux bourg.
t FAUBOURIEN, lENNE (fô-bou-riin, riè-n'), adj. Terme populaire. Qui appartient, qui a rapport aux faubourgs ou à ses habitants. Des manières faubouriennes. It S. m. Se dit des habitants des faubourgs de Paris.
— ETYM. Faubourg.
1 FAUCARD (fô-kar), ». m. Terme de ponts et chaussées. Instrument pour couper les herbes qui croissent dans les canaux.
— El YM. Le même que fauchard.
t FAUCARDER (fô-kar-dé), 1). a. Terme de ponts et chaussées. Couper les herbes dans l'eau avec le faucanl.
t FAUCET (fd-sè), ». m. Orthographe que quelques auteurs suivent pour fausset l.
FAUCHAGE (fô-cha-j'), s. m. Action de faucher; travail du faucheur. Le fauchage d'un pré.
— HIST. xV s. Et aveuc ce demourroit et debvoit demeurer l'erbage et faucage au droit des dits complaingnans, du canoe, fakatura.
— K.TYM. Faucher.
FAUCHAISON (fô-chê-zon), ». f. || 1" Temps où l'on fauche. Il est vrai que, pendant la fauchaison, la moisson et les vendanges, ils gagnent pour l'ordinaire d'assez bonnes journées, vauban, Dime, p. 96. Il Divertissement après le fauchage. || 8° Opération qui consiste à couper les récoltes avec la faux.
— HIST. xvi's Pour la grande abondance de
foin exquis que donne la luzerniere en plusieurs et diverses fauchesons, o. de seures , 273.
— ÉTYM. Faucher.
t FAUCUAhl) (fô-char), ». m.Terme d'horticulture. Serpe à deux tranchants, garnie d'un long manche.
— ÊTYM. Dérivé de faux, s. f.
FAUCHE (fô-ch'), ». f. Le produit du fauchage. La fauche a été bonne. || Il se dit aussi du temps où l'on fauche. La fauche est prochaine.
— HIST. xvi* s. Si devant le dit jour Saint Pierre iceux prez sont fauchez, la ditte fauche faite, et les foins charriés.... Coust. génér. t. i, dans lacurne.
— ÊTYM. Voy. faucher.
FAUCHÉ, ÉE (fô-ché, chée), part, passé. Un pré fauché. Il Fig. Tant de générations fauchées par le temps.
FAUCHÉE (fô-chée), ». f. Ce qu'un faucheur peut couper de foin par jour ou sans affiler sa faux.
— HIST. xiv S. Fauchiêe de prey, dh cange. faucheia. || xvi* s. Un prey contenant douze laulcyet, ID. falcata.
— ÊTYM. Fauché.
FAUCHER (fô-ché), V. a.\\i° Couper les foins, la moisson avec la faux. Faucher l'herbe. Il faut que le pré soit fauché demain. Si par la craint» de ce mal [le mal mêlé au bien] on voulait Ôtei le bien, on renverserait tout, et on ferait aussi icîl que celui qui, voulant faucher l'ivraie, emporterait le bon grain avec elle, boss. Lett. abb. 50. || Aksolument. On pourra bientôt faucher. || Faucher le grand pré, ramer aux galères. Je vous tiouverai trop heureux, si l'on ne vous condamne qu'à faucher le grand pré, lesaoe, Gil Bios, ii, 5. || Fig. La mort, le temps fauche tout, elle anéantit tout. L'homme de Waterloo nous dira-t-il sa vie Et ce qu'il a fauché du troupeau des humains? a. de MUSSET, Poésies nouvelles, ^uit de mai. || En un sens figuré. Faucher les abus, les préjugés. || 2" F. n. Terme de manège. On dit d'un cheval qu'il fauche, lorsqu'en avançant une des jambes de devant, il lui fait décrire un demi-cercle. C'est au trot qu'on s'aperçoit si un cheval fauche. |j Se dit aussi de l'homme dont la marche s'exécute en décrivant le même mouvement. Marcher en fauchant. || 3" II se dit de la manière de tisser qui, en avançant beaucoup l'ouvrage, laisse la trame peu serrée et rend l'étoffe inégale, molle et lâche.
— HIST. XII' s. Il (les guerriers] fauchent et abatent Com vilain enessart...S(UC. xix. || xiii* s. Li feins [foin] qui tous est séchiez, puisqu'il est fauchiez, Psautier, f° I20.||xiv«s. Et Bauduins li bers ne s'i est alentis; Einsi c'on fauque blez ou temps qu'il est mnriz, Fiert les pies du cheval, si l'en a dens jus mis, Baud. de Seb. vm, 352. || ivi* s. Faulchez la pré en la saison, l'herbe y reviendra plus drue,