RAB. V
— ÊTYM. Faux, s. f.
t FAUCHÈRE (fû-chê-r"), ». f. Tringle de bois qui, pour les mulets de charge, tient lieu de croupière.
FAUCHET (fô-chè), », m. ||1° Teime rural. Râteau armé de dents de bois, de chaque côté, qui sert à rassembler l'herbe. || Râteau pour remuer de temps en temps la pâte du carton dans la cuve. Il 2° Terme de forestier. Espèce de petite serpe en forme de croissant, qui sert à faire des fagots. Il 3" Nom d'un oiseau, le bec - en - ciseaux ou pinson.
— HIST. XV" s. Un fauquet ou raverlon en façon de serpe enmanché en un long baston, du cange, falcetus. Fauchetz ou boignetz desquels icelles femmes amassoient les avoines, id. ib.
— ÊTYM. Diminutif de faux, s. f. ; ital. falceto.
t FAUCHETTE (fô-chê-f), ». f. Terme d'horticulture. Instrument pour couper les côtés des arbustes qui bordent les plates-bandes.
— ETYM. Diminutif de faux, s. f.
I. FAUCHEUR (fô-cheur), s. m. Ouvrier qui fauche les foins, les avoines. Quelque temps après, il vint des faucheurs qui coupèrent I herbe d'un pré rempli de fieurs qui convenaient à ces demoiselles |les abeilles]; elles allèrent en corps d'armée défendre leur pré, et mirent les faucheurs en fuite, VOLT. Lett. Mme du Défiant, 20 sept. 178». || En Pologne, soldats ou paysans armés qui combattent avec des faux. || Fig. Qu'as-tu fait pour mourir, ô noble créature?... Ah! qui donc frappe ainsi dans la mère nature, Et quel faucheur aveugle, affamé de pâture, Sur les meilleurs de nous ose porter la J main? a. de musset. Poésies nouv. à la Malibran.
— HIST. xiii* s. Il chait jus, quant la teste ot co- ) pée; Fors de son fuere [fourreau] colat la boue espée ; L'erbe fu drue ke dessuz fu versée ; Après Ions tans l'ont faucheor trovée, Girard dt Yiane,v. î67i , * ap. becker.
— ÊTYM. Faucher; picard, faukeu.
3. FAUCHEUR (fô-cheur) ou FAUCHEUX ( fj. cheû), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'un g araignée des champs, dont les jambes sont for ( longues, menues, couvertes de poil.
— ETYM. Ainsi dit parce qu'il semble faucher en marchant.
I FAUCUON (fô-chon), ». m. Instrument pour couper les céréales.
— ÊTYM. Diminutif de faux,a. f.
t FAUCHOT (fô-cho), ». m. Un des noms vulgaires de la buse.
FAUCILLE (fô-si-11', Il mouillées, et non fô-si-y"), s. f. Il !• Instrument qui consiste en une lame d'acier courbée en demi-cercle, denlelée et fixée à une poignée dt, bois, et qui sert à couper les liges des plantes céréales pour la récolte des grains. U mois-
i. — 2Ck
FAU
ton de DOS champs lassera nos faucilles, hilh. n, I. Ces blés sont mûrs, dit-il, allez chez nos amis tes prier que chacun apportant sa faucille.... lA font. Fabl. IV, 22. Les blés.... touffus.... Du joyeux moissonneur attendent la faucille, A. cuén. Idyllet, la Liberté. || Kig. Mettre la faucille dans la moisson d'autrui, empiéter sur les fonctions, le métier d'autrui. Ne portez plus la faucille Au champ qu'un autre a semé, BéRANO. Minitr. || Populairement. On ditd'une chose tortue qu'elle est droite comme une faucille. On dit de quelqu'un qui fait une mauvaise action, qu'il va en paradis droit comme une faucille. Il 1° Nom de plusieurs poissons, tels que le spare, le cyprin, le salmone. || S" Terme d'astronomie. Constellation placée à la droite du Bouvier. Il i° Terme de pèche. Instrument pour tirer les poissons du sable.
— Hl.ST. XIII' 8. Que chil qui 1 soient pour vendre, un denier en doivent par an de cascune faucille, TAiLLiAR, Recueil, p. 79. Il mist sa faucille en autrui blé, Livre de jost. p. 42. || iv s. Mais on atteiit dissimulation Oui leur fera droit comme une faucille, B. DEScii. Poésies ms.i. t" tT.\] xvi* s. Il entreprit le degast du pais, sur tout le bruslement des bleds aux saisons de la faucille, d'aub. Uisl.ii, 3h.
— ÊTYM. Diminutif de /aux, s. f.; piovenç. [aucilha; ca.tai. falsilla; portug. foucinha ; ital. falcinola.
t FAUCILLER (fô-si-llé, U mouillées), V. a. Couper arec la faucille. Les blés sont faucilles.
— HIST. ziu* s. Quant l'en [l'on] les blez faucille,
kUTEB. u, <81.
— ËTYM. Faucille.
+ FAUCILLETTE (fô-si-llè-t', Il mouillées), ». f. Nom vulgaire du grand martinet ou martinet noir.
— ÊTYM. Diminutif de faucille.
FAUCILLON (fd-si-llon, 21 mouillées, et non fd-
si-yon), I. m. \\ 1* Instrument recourbé en forme lie faucille pour couper du menu bois. {| Bois faucillon, bois coupé avec cet instriment. || 2° Terme de serrurerie. Petite lime qui sert à évider les pannetons des clefs.
— HIST. iiii* s. [Qu'il] ait serpe et faucillon, Fabliaux mst. n* 7«4B, t. II, ^ 213, dans lacdrne.
— ÊTYM. Diminutif de faucille.
FAUCON (fô kon), t. m. || 1° Oiseau de proie de l'ordre des rapaues. Si tu voyais mettre à la broche Tous les jours autant de faucons Que j'y vois mettre de chapons, Tu ne me ferais pas un semblable reproche, LA FONT. Fabl. VIII, 21 . On connaît l'histoire du faucon de Henri II, qui, s'étant emporté apr(s une canepetière à Fontainebleau, fut pris le lendemain à Ualte, et reconnu à l'anneau qu'il portait, BVPF. Oii. t. I, p. 44, dans pouoens. {| Le faucon pèlerin ou faucon commun, dit vulgairement faucon. On prend tous les ans des faucons pèlerins au mois de septembre, à leur passage dans les lies ou sur les falaises de la mer, buff. Oiseaux, t. ii, p. 26, dans POUGP.NS. || Le faucon ésalon, connu sous le nom vulgaire d'émcrillon, nom réservé pour la femelle par certains auteurs qui appellent rochier le mile. || Terme de fauconnerie. Le faucon niais, celui qui a été pris, tout petit, au nid. Le faucon sor, celui qui n'a point encore perdu son premier plumage. Le faucon antenaire, celui qui est pris au printemps, avant la mue. Le faucon hagard, celui qui n'est plus sor quand on le prend et qui a mué. Le faucon tagerot ou tagarot, celui qui vient du cOté de l'Egypte. Le faucon tataret ou tatarot, celui qui vient de la Tartarie et qu'on appelle de haute maille. || 2° Espèce de petit canon, qui avait trois pouces de diamètre et dont le boulet pesait une livre.
— HIST. XI* s. Plus est isnels [rapide] que nen est uns falcuns, Ch. de Roi. cxvu. || xii' ». Faucons mués pour aler rivoier, Ronc. p. 2. || xni* s. Or soit cascuns [chacun] de nous faucons, et nostre adversaire soient bruhiers [oiseau de proie vivant de vermine], H. DE VALENC. v. Trestot aussi qu'on a be- Eoing, Le faucon a mis sor son poing.... Ren. S59U8. Quant no barons les voient, laissent corre à bandon, Ensement com li faus vole après le coulon, Ch. dl'Ant. II, 816. Il XVI' s. Ils ont prins en plusieurs villes de Friole tout plein de providateurs de Venise, et ont gaigné deux canons et quinze faucons [pièces d'artillerie| , Lelt. de Louit XU en UH, t. m, p. 40, dans LACURNE.
— ÊTYM. Provenc. falc, falco ; espagn. halcon ; it&l. falcone. Dans le provençal, falc est le nominatif du latin falco, et falco le régime de falcônem. La même distinction exi.ste dans le français : lifaus, au nominatif, et lefakon au régime; mais elle y est compromise de très-bonne heure. On rat-
FAU
tache le latin faXco, faucon , au latin fait, faux, à cause des ongles recourbés en faucille, ou. à cause des ailes étendues qui ont la forme d'une faux.
FAUCONNEAU (fô-ko-nô), I. m. \\ 1" Jeune faucon. Il 2" Sorte de canon qui n'avait que deux pouces de diamùtre, et dont le boulet était de treize ou quatorze onces. || 3" Pièce de bois posée en travers sur un engin avec une poulie à chaque bout.
— HIST. zvi* s. Couleuvrines, faucons, fauconneaux, noms pris des animaux les plus ravissans, comme des sacres et faucons, VkKt, a, préf.
— ÊTYM. Diminutif de /oucon.
FAUCONNERIE (fô-ko-ne-rie), t. f.\\l' Art de
dresser et de gouverner les faucons et tous les oiseaux de proie. Ventre saint gris, reprit l'homme à la plume blanche [Henri IV |, piqué de ce dédain pour son opinion en fauconnerie, E. berthkt, litc/wird le fauconnier, % i. || Traité composé sur les faucons et sur la chasse à l'oiseau. || 2" La chasse avec l'oiseau de proie. || 8" Lieu où l'on nourrit les faucons et les oiseaux de proie. || L'équipage de la chasse au faucon, comprenant les fauconniers, les chevaux, les chiens, etc.
— ÊTYM. Faucon.
FAUCONNIER (fô-ko-nié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, \'s se lie : des fô-ko-nié-z intelligents), *. m. Celui qui dresse et gouverne les oiseaux de proie. Il Le grand fauconnier, officier de la maison du roi, qui présidait la fauconnerie royale. || Terme de manège. Monter en fauconnier, monter & cheval du cAté droit et du pied droit, comme les fauconniers, parce qu'ils portent l'oiseau sur le poing gauche.
— HIST. nv* g. Le faulconnier est toujours prest De fuyr après son faulcon, Modut, t° civ. || xv s. Or chietlébôn homme [le mari] en vieillesse, et sera moins prisé que davant ; et sera reboutté lors comme un vieil faulconnier, qui ne vaut plus à nul mestier, Les \f> joyet du mariage, p. )09.
— ÊTYM. Faucon; provenç. falconier; espagn. falconero: portug. falconeiro; ital. falconiere.
FACCONNIÈRE (fô-ko-niê-r'), s. f. Gibecière des fauconniers, où ils portent les menues hardes dont ils ont besoin. || Toute espèce de gitecière séparée en deux, que l'on meta l'arçon de hi selle pour porter de menues hardes.
— HIST. XVI' s. S'accommode entièrement en forme de courrier, prend un chapeau sur sa teste.... à son costé droit pend un cornet, et au gauche a une escarcelle ou faulconniere, Uerlin Coccaie, 1. 1,
p. 14 4, dans LACURNE.
— ÊTYM. Fauconnier.
t FAUCRE ou FAULCRE (fô-kr*), s. m. Pièce de fer ou d'osier, qu'on plaçait sur le cflté droit des cuirasses, au moyen ftge, pour tenir la lance en arrêt.
— ÊTYM. Lat. fulcrum, appui.
t FAUDAGE (Cô-da-j'), t. m. Action de fauder.
t FAUDER (fO-dé), V. a. Plier en double une étoffe de laine dans sa longueur, en sorte que les deux lisières se touchent. || Marquer une étoffe avec de la soie, après qu'elle a été corroyée.
— ÊTYM. Allem. falten, plier.
t FAUDET (fô-dé), *. m. Grille de bois pour recevoir l'étoffe à mesure qu'elle se laine.
— ÊTYM. Fauder.
t FAUDECR (fô-deur), ». m. Ouvrier qui faude les étoffes.
t FAUFIL (fô-fil), ». m. Fil employé pour aider à faire une couture ou pour empCcher une doublure de se déranger, et qui ne doit pas rester.
— ÊTYM. Faux, et fil.
FAUFILÉ, ÉE (fô-fi-lé, lée), port. po»l<. Il 1' Cousu à faufil. Une doublure faufilée. || 2' Fig. Qui a société avec. Ces deux dames sont toujours faufilées ensemble, decaillièbes, i«oo (qui dit que c'est une locution des gens de cour). Avec des voleurs mon neveu faufilé I Ceux qui l'ont dit sont gens à pendre; Et, pour le croire, il faut avoir l'esprit troublé, dancourt, Enf de Paris, v, 7. Il avait vécu à Paris dans le plus grand monde, et très-faufilé surtout chez le marquis d'Autrement, J. t. nouss. Conf. v. Je cessai de voir les académiciens et autres gens de leMres avec lesquels j'étais déjà faufilé, id. ib vu.
FAUFILER (fô-fl-lé), V. a. || 1° Faire une couture à longs points pour mieux faire ensuite la couture définitive. || Absolument. Elle ne sait même pas faufiler. || Fig. Introduire. C'est un espion qu'on a faufilé dans notre société. || 2' V. n. Faire société (par une métaphore qui compare la liai.son à une couture à faufil, c'est-à-dire à ce qui passe entre deux étoffes, mais n'y doit pas re-sterou n'est pas de la même nature). Et si vous l'ignorez, sachez que je faufile Avec ducs, archiducs, princes, seigneurs, marquis, kechard, '« Jouevr, m, •. || S* Se faufiler,
FAU
V. réfl. Se lier d'amitié . d'intérêt avec quelque société. Je me repentais de ne m'être pas plus tèt faufilé avec une famille si charmante, lfsaoc, C.uxm. d'Alfar. vi , 4. || Plus souvent , s'insinuer avec adresse auprès de quelqu'un, dans une uiaisun, dans une société. C'est un homme qui sait se faufiler partout. Il Se glis.ser à travers. Q se laulili dans la foule, ou à travers la foule.
— ÊTYM. Faufil.
t FAUFILURK (fô-fi-lu-r'), t. f. Couture à poinU espacés. || L'action de laufiler. Assujettir par une (aufîlure.
— HIST. XVI' s. Fauflleure, oodir, Dict.
— ÊTYM. Faufiler.
t FAULDE (fôl-d'), ». f Nom, dans le nord, de* fosses où l'on fait le charbon. || Terme de métallurgie. Aire sur laquelle on étabUt les meules de calcination.
-ÊTYM, Provenç. falda, fattda, giron ; espagn. fatda, halda, giron; ital. falda ; de l'anc. h. allem. fait, pli. On a passé du sens de giron, pli, k celui d'aire, de fosse.
FAULX (fô), ». t. Voy. FAUX, ». f.
FAUNE (fô-n'), t m. Il l" Divinité champêtre chez les Homains ; les faunes sont figurés avec des oreilles de chèvre ou du moins des oreilles plus grandes qu'à l'ordinaire ; à l'endroit où finit l'épine du dos on voit une petite queue. || Au fém. .Nymphe qui, dans les compositions des arts du dessin, s'allie aux faunes, et qui en a les traits. Ce buste est celui d'une faune. || 2° Terme de zoologie. Faune des bois, le singe mabrouk. || 8' S. f. L'ensemble des animaux d'un pays, ainsi dit à cause qu4 les faunes tiennent de l'animalité, et fait du fèmi< nin par analogie avec la flore. La faune et la flore de la Nouvelle-Hollande. || Ouvrage contenant la description des animaux d'un pay».
— ÊTYM. Voy. PAUNDS.
t FAUNUS (fô-nus'), ». m. Personnage mytholo. gique chez les Latins représenté tantfit comme un dieu champêtre qui rendait de» oracles, tantAt comme un ancien roi d'Italie.
— ÊTYM. Faunut, que les étymologistes latins rattachent à /'atere (signifiant le boa, le favorable), et que ceux qui confrontent le sanscrit regardent comme équivalent du sanscrit parana , vent (un dieu du vent). Au reste fatere et pavana appartiennent à une racine commune, p6, purifier.
t FAUPERORIEUX (fô-pèr-dri-eù) , ». m Un des noms du busard des marais, oLseau de proie qui prend les perdrix {falco arruginosus, L.) .
— HIST. XVI' s. Le fauperdrieux est quelque peu de moindre corpulence qu'un milan ; toutes fois plus haut enjambé, ayant le bec et les ongles moins crochus que tous les autres oiseaux de rapine, budê, des Oiseaux, C us, dans lacurne.
— ÊTYM. fau, faucon (voy. faucon), etperdrinup, adjectif tiré de perdrix: faucon à perdrix.
+ FAUQUE (fô-k'), ». f Planche à coulisse pour diviser en compartiments les mises du savonnier. Il S. f. plur. Terme de pêche. Planches qu'on ajuste à coulisse autour des bateaux pour empêcher que la lame n'entre dedans.
FAUSSAIRE (fô-sê-r'), ». m. || 1' Celui qui fait un faux acte, une fausse signature, ou qui altère un acte authentique. On aimera mieux qu'un faussaire [un homme qui aurait fabriqué les prophéties) soit prophète, qu'lsaïe, ou que Jérémie, ou que Daniel [le soit], Boss. Ifist. m, *». Ne connaîtrais tu pas quelque honnête faussaire Qui servit ses amis?.... bac. Plaid. 1, 6. Un calendrier universel et perpétuel qui découvrit la fausseté d'un titre qu'on donnait pour ancien, et fît condamner les faussaires, fonten. Sauveur. H passait pour le plus habile faussaire de son temps; c'était lui qui avait fabriqué, sous le nom de Caliite III, les bulles qui permettaient au comte d'Armagnac d'épouser sa sœur, mcLOS, Ilist. de Louis II, Œuvres, t. ni, p. 276. i; Double faussaire, faussaire renforcé, faussaire sans scrupule. Kndurcis-toi le cœur, sois arabe, corsaire. Injuste, violent, sans foi, double faussaire, BoiL. ScU. viu. Il Adjectivement. Voilà ce qui s'appelle un gros mensonge imprimé; il y a même, dans cette fiction, je ne sais quoi do faussaire qui me fait delà peine, volt. Lett. Colini, 21 oct. 1677. ji 2* Use dit quelquefois pour menteur, trompeur. Ah! mes yeux.... Si vous ne m'abusez, si vr>us n'êtes faussaires, Vous êtes de mon heur lescruels adversaires, coRit. Clit. i,*. Mais pour quelques vertus si pures, si sincères, Combien y trouve-t-on d'impudentes faussaires! boil. So*. x.
— HIST. XIII' s. Il met ion aver»aire en péril d'e»tr« (aus»aires,BEAOii. xxxv, *. || nv». Lacoiilt»-
FAU
tçon des monnnyes que les malicieui faussaires ont faites, au temps passé, en coings semblables aux nostres, Ordonn. des rois de t'r. t. n, p. 429. Jà est Fedris fausairez [qui fausse son serment] aprouvez clerement A l'encoutre Huon, le roy ù Franche apent, Hugues Capel, v. 4755. || xvi* s. Bien au rebours promet l'éternel aux faussaires De leur rendre sept fois et sept fois leurs salaires, d'aï B. Tragiques, ui. Cette gent faussaire, m. ib. iv.
— ÊTYM. Provenç. /aiaari ; espagn. et itai. faltario; du latin falsarius, de falsare (voy. fausser).
FAUSSÉ, ÊE (f4-sé, sée), part, passé. || !• X quoi on a manqué. De quels serments faussés suis-je vers vous coupable? th. corn. l'Inconnu, m, 4. Il (François I"] avait donné sa parole à Charles-Quint de lui remettre la liourgogne; promesse faite par faiblesse, faussée par raison, mais avec honte, volt. Uœurs, 124. Il 2° Rendu faux. La voix faussée. Il Fig. Jugement, esprit faussé. {| 3° Courbé par quelque violence. La cuirasse faussée par la force du coup.
F.\USSEME\T (fô-se-man), adv. Contre la vérité. Et faisant faussement parler les immortels, ROTR. indffone, V, 6. Cher ami, si mon père un jour désabusé Plaint le malheur d'un fils faussement accusé, RAC. Phèdre, v, 8.
— HIST. xiii* s. [La vieille] Qui tel dame trahit faussement [perfidement] en recoite, Berte, cxxxvi. Ij XV' s. [Les Flamands de Gand] respondirent qu'ils fuyoient comme gens trahis faussement et déconfits du comte de Flandre et de ceux de Bruges, FROISS. II, II, 87.
— ETYM. Fausse, et le suffixe ment ; provenç. falsamen ; espagn. et ital. falsamcnte.
FAUSSER (lô-sé), V. a. Il 1° Rendre faux, rendre contraire à la vérité, en parlant des promesses faites,
de la foi donnée Si beaux.... Qu'il faille pour
son bien que tu fausses ta foi, Régnier, Ép. i. Tu fausses ton serment Pour donner à son crime un juste châtiment, maihet. Mort d'Asdrubal, i, 4. Damon.... Ne pouvait se résoudre à fausser la promesse D'être fidèle à sa moitié, la font. Coupe. Non, non, n'ayez pas peur Que je fausse parole, mol. le Dép. IV, 3. Il Fausser le sens de la loi, d'un texte, donner une fausse interprétation à une loi, à un texte. || Familièrement. Fausser compagnie, propiement être faux, infidùle à une compagnie, et, par suite, iiuitter une compagnie sans prendre congé, ne pas se trouver à un rendez-vous. Amis, moins de cérémonie. Ou bien je fausse compagnie, SCARRON, Virg. v. Quand je fausse pour vous compagnie à tout autre, th. corn. Baron d'Albikrac, IV, S. Il On le dit aussi pour signifier : ne pas faire ce qui était promis ou attendu. Lorsque, pau' impuissance ou par mépris, la nuit On fausse compagnie.... RÉGNIER, Sal. XI. Il 2° Rendre faux, détruire la justesse. Fausser la voix. Fausser l'esprit. || 3° Terme de jurisprudence féodale. Fausser la cour ou le jugement, soutenir qu'un jugement n'est pas équitable. On s'exposait beaucoup en faussant un jugement des pairs, montesq. Espr. xxvni, )7. || 4° Courber, tordre un corps solide, de sorte qu'il ne se redresse plus de lui-même. Fausser une clef, une iame. || Fausser une serrure, en gâter les ressorts par quelque efl'ort. || Enfoncer sans traverser. Les coups d'épée faussèrent ses armes en divers endroits, bou- HOLKS, Aubusson, liv. m, dansRiCHELET. || Enfoncer en traversant. La flèche, faussant la cuirasse, lui entra bien avant dans le corps, vaugel. Q. C. ix, 6. Il S" Y. n. Chanter faux. Un aveugle y chante en faussant La faridondaine, bérang. Farid. \\ 6° Se fausser , v. réfl. Être faussé. Des promesses qui se faussent, des serments qui se violent. || Devenir faux. I.a voix de cet acteur commence à se fausser. || Être tordu, enfoncé. La lame se faussa par la violence du coup. Il Terme militaire. Ne plus former une ligne droite, en parlant des rangs. Redresser les rangs qui se sont faussés.
— IIIST. XI* s. Je si li fais pe jugement], od li m'en combatrai, Ch. de Roi. cclxxx. || xii' s. Quarrals [carreau] ne lance n'en puet [peut] maille fausser, Rnnc. p. 60. Ja fu tex [tel] jors que [oùj les dames amoient De leal cuer, sans feindre et sans fausser, QUESN ES, Rom. anc. p .87. Porvous [je] ferai une tel abaïe. Se nus [nul] i vient qui ait s'amor fausie, Ja del moustiern'en avéra l'entrie [l'entrée], ib. p. 48. Mais tous leur sairemenz [ils] fauserentde legier, Sax. iv. Quant il est vostre huem liges, il vus deit fei porter, E tenir en tuz lius vostre honur e guarder; E quant il volttolir vostre curt e fauser, E apele autre curt, de ço l' poez grever. Th. le mart. 44. [Tu] Ne li deiz al busuing ne faillir ne falser.
FAU
Rou, V. 447). Il XIII* s. [Ils] ont l'histoire faussée, onquo mais [je] ne vi si, Berte, i. Vous avez vostre convenance faussée envers moy, H. db valenc.xxv. Et que li exécuteur ne puissent fausser le testament dont il sont exécuteur, il y a bone reson, beaum. XII, 26. Tout ainsi, qui veut fausser tesmoins, il doit lessier passer le premier tesmoing.... id. lxi, 54. Si un home vlaut [veut] la court fausser, et dit que le jugement ou l'esgart ou la conoissance ou le recort que la court a fait est faus et desleaument fait.... Ass. de Jér. i, t^9. || xiv* s. Et est moult plus à accuser que ne sont ceulz qui corrumpent ou falsent la monnoie, oresme, Eth. 264. || xv s. Le quel compaignon avait faulsé ou fait faulser à un jeune clerc certaines lettres royaulx, db cange, falsare. Ce fut chose moult estrange à luy de ainsi faiilser sa foi et soy ainsi abaisser, J. de troyes, Chron. <472. Judas, plus ne te celeray. C'est de Jhesu qui tout fausse Notre loy et la seue [la sienne] essauce, la Passion de N. S. J. C. Prestement recommencèrent leurs armes, et de celle rencontre le seigneur de Ternant donna si grand coup qu'il fauça le bacinet à jour, o. de la marche, llém. liv. I, p. 248, dans lacurne, au mot coup. || xvi* s. II T'alluma son courage, et, faulsant la presse, donna jusques à.... mont, ii, 33. Nostre intelligence se conduisant par la seule voye de la parole, celuy qui la faulse trahit la société, id. m, 78. L'amende qui du commun consentement de nous tous avoit esté prescripte à rencontre de celuy qui fausseroit compagnie, CHOLiÊRES, Contes, après-dinée 4.
— ËTYM. Wall, fâser, faire manquement ; provenç. et portug. falsar; espag. falsear ; itàl. falsare; du lat. falsare, de falsus, faux (.
4 . FAUSSET (fô-sè ; le « ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. || 1* Terme de musique. Voix de tête, c'est-à-dire voix que prend un homme imitant les notes aiguës de la voix de femme ou d'enfant, ou, plus exactement, voix qui se produit quand on fait vibrer les cordes supérieures du larynx, ce qui donne le registre de tête ou fausset, tandis que la vibration des cordes inférieures donne le registre de poitrine. La reine se mit en colère, proférant de son ton de fausset aigre et élevé ces propres mots.... retz, ii, 422. Chacun voulant parler le premier, et les femmes plus que les hommes avec leur voix de fausset, scarron, Boni. com. ii, 7. Au tempsqu'on était réduit aux pièces de Hardy, il jouait en fausset et sous les masques les rôles de nourrice, id. ib. i, 6. Ou sa façon de rire et son ton de fausset Ont-ils de vous toucher su trouver le secret? MOL. Mis. II, t. La comtesse s'égosille, le comte prend son fausset, sÉv. ):i4. L'un traîne en longs fredons une voix glapissante; Et l'autre, l'appuyant de son aigre fausset. Semble un violon faux qui jure sous l'archet, boil. Sat. m. Je n'ai jamais pu m'accoutumer à voir les rôles de César et d'Alexandre fredonnés en fausset par un chapon, volt. Lett. Prince de Prusse, 54, 24 févr. i764. || Familièrement. Avoir une voix de fausset, parler d'un ton de fausset, se dit d'un homme fait dont la voix est grêle. || 2° Celui qui a une voix de fausset. Et Gorillon la basse et Grandin le fausset, boil. Lutrin, v. Il Fig. Loin de ces faussets du Parnasse, Qui, pour avoir glapi parfois Quelque épithalame à la glace Dans un petit monde bourgeois. Ne causent plus qu'en folles rimes , Ne vous parlent que d'Apollon.... gresset, la Chartreuse.
— HIST. xiii*. Et dant Renart chante en fausset, Ren. (3306. N'aurai voisin en sus de moi Qui bien n'entende mon fauset, t6. i 583. || xv* s. Il commença sifleren fausset, froiss. ii, m, 99.
— ÊTYM. Ital. falsetto. J. J. Rousseau croit, sans l'affirmer, que ce mot vient du latin faux, faucis, la gorge, et il propose, en conséquence, de l'écrire faucet. Mais l'italien falsetto prouve qu'il vient du latin falsus, cette voix étant sans doute ainsi dite parce qu'elle est moins pleine que la voix de poitrine.
2. FAUSSET (fô-sè; le t ne se prononce pas; au pluriel, Vs se lie : des fô-sè-z enfoncés dans la pièce), s. m. Il 1° Petite broche de bois servant à boucher le trou fait avec un foret à un tonneau. || 2° Terme de calligraphie. Bec d'une plume qui se termine en pointe très-effilée.
— HIST. XVI* s. Il ne se print garde qu'en tirant le vin le fausset lui échappa dedans le pot, desper. Contes, XLvn. Comment mettre au tonneau l'espine ou guille, en France appellée focet, o. de serres, 832. Assure-toy que tu n'auras argent désormais que par le petit fausset, noel du fail. Contes d'Eutrnp. ch. 26, f» )4i, dans pougens i six et à sept, tout passe par un fosset [c'est-à-dire le tavemier n'a
FAU
qu'une sorte de vin et le fait payer diversement], ouDiN, Curios. fr.
— ÊTYM. Origine inconnue. On le trouve écrit fosset, focet; mais cela n'éclaircit rien.
t 3. FAUSSET (fô-sè), *. m. Fausset du safran, voy. exostosb.
FAUSSETÉ (fô-se-té), f . (. || 1* Qualité de ce qui est faux. Et je connais peu de vrais biens Dont on puisse jamais attendre Le plaisir que me fit la fausseté des miens, chaulieu, k Mlle Delaunay. Bientôt après on eut des lettres du consul, qui montrèrent la fausseté de ce bruit , rollin , llist. anc. Œuvres, t. vm, p. 4)7, dans pougens. La fausseté d'un acte est un crime plus grand que le simple mensonge; elle désigne une imposture juridique, un larcin fait avec la plume, volt. Dict. phil. Fausseté. C'est ainsi que, pour expliquer la systole et la diastole du cœur, il [Descartes] imagina un mouvement et une confo-mation dans ce viscère, dont tous les anatomistes ont reconnu la fausseté, volt. Newton, u, 9. || 2* Chose fausse. C'est à des faussetés sans besoin recourir, corn. Théodore, II, 5. Je vous écrivis avant-bier, croyant que ce qui était répandu du retour du prince de Conti à Versailles fût une vérité; mais j'ai su que j'ai mandé une fausseté, qui est la chose du monde que je hais le plus, sÊv. i"mai 4686. Toutes les faussetés qu'on nous a débitées sur le gouvernement des Turcs, dont nous sommes si voisins, doivent bien redoubler notre défiance sur l'histoire ancienne, volt. Mœurs, 4 94. Ovide, ahl qu'à mes yeux ton infortune est grande I Non pour n'avoir pu faire aux tyrans irrités Agréer de tes vers les lâches faussetés.... a. chén. Ep. i.\\Z' Duplicité, hypocrisie. Ce matin encore, elle lui renouvelait en ma présence toutes ces protestations; quelle fausseté 1 GENUS, Thédl. d'éduc. l'Intrigante, i, 5. || 4* Terme féodal. Fausseté de jugement, accusation que l'on portait contre le juge, d'avoir menti à sa foi.
— SYN. fausseté, MENSONGE, ERREUR. Fausseté est le contraire de la vérité, ce n'est pas proprement le mensonge, dans lequel il entre toujours du dessein. Il y a beaucoup de faussetés dans les historiens, des erreurs chez les philosophes, des mensonges dans presque tous les écrits polémiques, et encore plus dans les satiriques. La fausseté est presque toujours encore plus qu'erreur. La fausseté tombe sur les faits, l'erreur sur les opinions. C'est une erreur de croire que le soleil tourne autour de la terre; c'est une fausseté d'avancer que Louis XIV dicta le testament de Charles IL volt. Dict. phil. Fausseté.
— HIST. in* s. Vous dites faussetez, Ronc. p (4. Je vous pardoin sans nule fauseté, ib. p. 4 92. Il XIII* s. Ce vodroie morir ainçois Qu'amors m'eOst de fausceté Ne de traïson areté [accusé], laJiosc, 3103. Mais faussetez, qui partout vole. Qui crestiens tient à escole, ruïeb. (06. E despire [mépriser] la vanité Dumund, ki n'estfors faussée, iMouard le Conf. V. 3386. N'est pas fauseté ne mensunge, t6. v. 3398. Cil qui fait aucune fauseté en amistié est deux tens pires que cil qui fause or ou argent, brun, latini, Trésor, p. 3(8. Jehan Bretel, vos faussetés vous fait çou [cela] dire, bien le sai, Bibl. des chartes, 4* série, t. v, p. 468. || xiv* s. Or disons après de ceulx qui monstrent vérité et de ceulx qui dient ou monstrent falsité en conversation humaine, ORESME, Eth. 4 32. Il confessa ladite fausseté de lasure [rature], du cange, /a/iore. || xvi* s. La falcité desquelles opinions.... paré, ix, Préf.
— ÊTYM. Wallon, fdseté; provenç. falsetat, falicdot; espagn. falsedad; portug. falsidade; ital. falsità; du latin falsitatem, de falsus, faux 4. Au xiv* siècle et au xvi* on refit le mot sur le latin, disant falsité qui n'est pas resté.
f FAUSSEUR (fô-seur), t. m. \\ 1* Terme d'ancienne pratique. Celui qui attaquait un jugement en taxant les juges de mauvaise foi. Le fausseur qui avait appelé un des juges, pouvait perdre par le combat son procès, montesq. Èsp. xivui, 33. || 2* Celui qui fausse une promesse, un serment.
— HIST. XVI* s. Pourquoi la terre ne s'ouvrit-elle pour engloutir ce fausseur de foi? marq. Nouv. lxx.
— ÊTYiM. Fausser.
t FAUSSURE (l'ô-su-r"), *. f. Courbure d'une cloche, à l'endroit où elle commence à s'élargir.
HIST. XV s. i l'environ de l'estage qui estoit
comme ung palais tout rond, avoit fenestres, et entour y avoit ung cercle de fei de merveilleuse grandeur; car il environnoit toutes les fenestres, et pendoit à tout des fillets de fer qui tenoient à la faulsure de la tour, Perceforest, t. m, t" e».
— ÊTYM. Fausser.
FAU
FAUTE (fi5-t'),f. M|l° Action de faillir, manquement contre. Ainsi l'homme qui porte une âme belle et haute, Quand seul en une part il a fait une faute.... MALH. I, ♦. Pour autoriser les grandes fautes" ils ne manquent pas de grands exemples, BALZ. De la cour, T dise. Envers nos citoyens je gais quelle est ma faute, corn. Ci'nna, lu, 3. Cela fil faire une plaisante faute À cet ami.... la font. Berc. Gens trop heureux font toujours quelque faute, id. ib. Que nous nous pardonnons aisément nos fautes quand la fortune nous les pardonne I boss. Heine d'Anglet. Les plus expérimentés dans les atfaires font des fautes capitales, id. ib. X ces mots, mais trop tard, reconnaissant ma faute. Je le suis en tremblant dan» une chambre haute, boil. Sat. m. Vous qui [au confessionnal) semhlez, en retenant une partie de tos fautes, ne dire l'autre que pourapaiser les remords de votre conscience, pléch. Dauphitie. 11 est pénible à un homme fier de pardonner à celui qui le surprend en faute et qui se plaint de lui avec raison, la bruy. iv. On a fait de lourdes fautes; je sais bien ce que je dis, je suis du métier, j'ai vu la guerre, et l'histoire m'en a beaucoup appris, ID. X. Les fautes des sots sont quelquefois si lourdes et si difficiles à prévoir, qu'elles mettent les sages en défaut et ne sont utiles qu'à ceux qui les font, ID. II. On ne vit point assez pour profiter de »ns fautes, id. ib. Quelque délicat qu'on soit en amour, on pardonne plus de fautes que dans l'amitié, id. vr. 11 n'a point de honte de vouloir réparer ses fautes, fén. Tél. xi. Et c'est la seule faute où tomba ce grand homme, volt, ifort de Cit. il, *. Une faute que fit le prince Eug&ne délivra le roi et la France de tant d'inquiétudes; on prétend que SOS lignes étaient trop étendues, id. Louis XIV, 23. 11 me questionnait de l'air d'un homme sûr de me prendre en faute, et puis souriait malignement, t. J. Rouss. Conf. X. Ma faute maintenant se découvre à mes yeux, Duas,0(/ie/io,n,). || Ce n'est pas ma faute,
. c'est-à-dire je n'ai pu y mettre obstacle, prévenir la chose, elle ne m'est pas imputable. Nous n'avons rien conclu, mais ce n'est pas ma faute , corn. Serlor. IV, 3. Cela [la mort du malade] arrive quelquefois, mais ce n'est pas la faute de la médecine. — Il faut donc que ce soit la faute des médecins, puisque ce n'est pau celle de la médecine, hauterociie, Crisp. méd. Il, 4. Il 2* Terme de jurisprudence. Négligence ou incurie sans intention de nuire. || 3" 11 se dit au jeu de paume , quand celui qui sert no touclie pas le premier toit. Deux fautes valent quinze. || Fig. Marquez quinze, c'est une faute, se dit pour faire apercevoir qu'on a commis quelque faute. || 4° Manquement contre un principe, une règle. Faute d'orthographe. Faute de style. Faute d'impression. Faute d'accord. Il n'y a pas une seule faute de langage dan»la grande scène de Cinna et d'Emilie, où Cinna rend compte de son entrevue avec les conjurés; età peine en trouve-t-on une ou deux dans cette autre scène immortelle où Auguste délibère s'il se démettra de l'empire, volt. Dict. phil. Langues. On peut être un très-bon auteur avec quelques fautes, mais non avec beaucoup de fautes, id. Dict. phil. Société roy. de Londres. On voit mieux ses fautes quand elles sont imprimées, id. Lett. Lacombe, 7 août (767. Ce ne sont pas les grandes fautes des Boyer, des Danchet, des Pellegrin, ces fautes ignorées qu'il faut relever, mais les petites fautes des grands écrivains ; car ils sont nos modèles, et il faut craindre de ne leur res.«embler que par leurs mauvais côtés, ID. Lelt. d'Argens, 2* juin (739. || Imperfection dans un ouvrage. Il y a bien des fautes dans cette toile, dans cette broderie. || S° Etat de ce qui a failli , privation , absence. 11 y a faute de vivres. Ils n'ont pas faute de bon sens et d'expérience , BALZ. 6* Disc, sur la cour. Alexandre n'eut point faute de soldats, vauoel. Q. C. (<7. n n'y a point d'animal tant parfait et tant heureusement né qu'il puisse être, qui fasse le semblable [qui parla comme l'homme]; ce qui n'arrive pas de ce qu'ils ont faute d'organe, desc. Uéth. v, ». Je n'ai ni faut« d'yeux ni faute de courage, corn. Rodog. nr.A. Or le laissons, il n'en viendra pas faute (l'on n'en aura pas besoin], la pont. Papef. Camliyso s'en revint à Thèbcs avec faute d'un grand nombre de se» gens, p. l. cour. Trad. d'Ilérod. Il S'il arrivait faulede lui, s'il venait faute de lui, s'il venait à mourir. S'il fflt arrivé faute de ce prince, ii'ablancoort, Tacite, (87. S'il vient faute de vous,
/ mon fil», je ne veux plus rester au monde, mol. Kal. iinng. i, 9. On a vu la passion du roi et de la reine d'Espagne de venir régner en France, s'il arrivait faute de roi, st-sim. iso, soi. || Faire faute, manouer, être en moins, faire défaut. Saa conseils nous
font fauta. Vous nous avez (ait faute Air noble,
mine haute. Et vive fiamrae dans les yeux. Passion ne lui faisait faute, lamotte, t'abl. iv, I8.|| Faire faute à ou de.... manquer à, ne pas faire. L'une de lui sourire au retour ne fit faute, la pont. Hcmois. Les gens du pays des fables Donnent onlinairement Noms et titres agréables Assez libéralement.... Horace n'y faisait faute, id. Cas de consc. || Si n'y faites faute, formule dont on se servait dans les lettres de cachet pour dire: n'y manquez pas, et où si signifie ainsi || Se faire faute de, s'abstenir de. Pourquoi se feraient-ils faute de iiloirrer? i. i. Bouss. Ém. l. || Ne pas se faire faute de quelque chose, user de quelque chose sans ménagement, sans réserve, s'en procurer tant qu'on en veut. Ne vous faites pas faute de mes services. Enflammés d'un beau zèle, ils se sont cotisés et ont formé une somme de cinquante mille écus, qu'ils ont prié M. d'Ercliigny d'accepter, en lui marquant qu'il ne s'en fit faute, baciiauhont, tlém. secrets, t. xxvu, p. (96. Quant aux signatures (à apposer & un procès-verbal mensonger] , vous pensez bien qu'il ne^'en fera faute, P. L. cour. Pierre Clavier à ÛM. les juges. || D'après de Caillières, en (090, ne pas se faire faute de.... est bas et populaire. L'usage n'a pas ratifié cet arrêt des puristes; et la locution est restée dans le bon usage. Il 6° Crevasse qui s'est faite dans un tuyau de conduite en plomb. || 7" Faute de, toc. prép. Par manque. Et le combat cessa faute de combattants, CORN. Cid, IV, 3. Faute de me connaître, il s'emporte, il s'égare, id. Nicom. i, 3. Et faute de servir ce plat [chardons], Rarement un festin demeure, LA FONT. Fabl. vui, (7. Tout cela n'est venu que faute de savoir danser, mol. le Bourg, i, 2. On ne dispute sur cette matière que faute de s'entendre, sÉv. 436. Faute d'être assez appuyé de mes successeurs [ceux de Sixte-Quint], vous [Henri IV] avez été exposé à tant de conjurations qu'enfin on vous a fait périr, fén. Dial. xvi, Uorls mod. Faute de bas, passant le jour au lit. Sans couverture, ainsi que sans habit. Je fredonnais des vers sur la paresse, volt. Pauv. diab. Puisses-tu, de toi-même étemelle victime, Entasser les honneurs sans combler cetabime [la perte d'un fils]. Et pauvre au sein des biens, faute d'un bien si doux.... c. drlav. Paria, v, 5. || 8° X faute de, dans le cas où manquerait.... si on ne pouvait pas Par indigestions empirer le mauvais teint que vous avez à faute de vous exercer, malu. Je Traité des bienf. de Sénèque, nr, (3. J'exige de vous, madame, que vous ne me direz pas un seul mot ni du mérite de mon travail, ni, à faute de mérite, de la façon avec laquelle je vous en parle, balz. liv. vu, lett. ((.À faute d'être aimée on peut se faire craindre, corn. Tois. d'or, m, *. A faute de trouver les lieux propres, BOSs. Hist. m, 6. Il 9" Sans faute, loc. adv. immanquablement. Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute Que chacun au bruit accourant Crut qu'elle accoucherait sans faute D'une cité plus grosse que Paris, la pont. Fabl. v, (0. Je serai sans faute à Paris mercredi, Boss. Lelt. quiét. 458. Il Proverbes. Les fautes sont pour les joueurs, contre les joueurs, c'est-à-dire c'est aux joueurs à porter la peine des fautes qu'ils font dans le jeu. Il Qui fait la faute la boit, celui qui a fait une faute en doit porter la peine. || On dit de même : Puisque la faute est faite, il faut la boire. || Les pécheurs, les chasseurs et les preneurs de taupes feraient de beaux coups sans les fautes.
— REM. Faulede signifie par manque de: C'est faute d'attention qu'il n'a pas relevé celte erreur Mais en parlant d'une erreur commise par quelqu'un, on ne dira pas : C'est une faute d'attention; il faudra dire : C'est une faute d'inattention ou plutôt c'est une faute commise par inattention.
— HIST. xiii* s. Cist message (ces messagers] aus amirans d'Egypte prièrent le roy que il leur donnast une journée, par quoy il poussent venir vers le roy, et il y envoieroient sans faute, joinv. 269.
Il XV* s TTrop mieux lui valoit mourir à honneur
et attendre l'aventure que montrer faule décourage, FROiss. Il, m, 78. Hz avoienl faulte (besoin] de ceuli qu'ilz avoient mesprisez, comm. i, «ï. Et les asseuroit bien le roy qu'il n'y auroit point de laulte qu'il ne baillast la possession dudit pays, id. u, (6. De ceulx-là eust il trouvé ung grand nombre qui pour la mort ne lui eussent faict faulte, id. vi, 7. Se il eut laissé.... sans poinl de laulte il tinst aujourd'huy toute ceste seigneurie sou'dz son arbitrage, id. v, i*. Tel fait la ftiulte que ung autre boit, Leroux DE UNCT, Prov. t. Il, p. «22. || XVI' S. Hais faulte de sçavoir Nous clost la bouche et tout bon concevoir, j. harot, t. V, 208. X faulte d« faire unechose,