‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 221 sur 388 · FILTUE (filtr'), s. m. Breuvage (voy. philthe · texte numérisé non relu

FILTUE (filtr'), s. m. Breuvage (voy. philthe

FILTRÉ, ÉE (fil-tré, trée), part, passé. Un liquide trouble qui, filtré, devient clair. || Par exten- .«ion. Les différentes couleurs et les rellets de la lumière filtrée à travers cette immense quantité d'eau, UAiRAN, Éloges, Ualley.

FILTRER (lil-tré), ». a. \\i' Faire passer par le filtre. Filtrer une liqueur. || 2° Dans l'ancienne physiologie, il se dit des organes qui séparent une humeur de la masse du sang. Cette odeur vient de deux follicules ou vésicules que ces animaux ont auprès de l'anus, et qui filtrent et contiennent une matière onctueuse dont l'odeur est très-désagréable dans le putois, le furet, la belette, le blaireau, bufp. Quadrup. t. ii, p. 260, dans pougens. || 3° V. n. Passer à travers un filtre. Ce sirop filtie lentement. Il Par extension, passer, transsuder comme à travers un filtre. L'eau filtrait de tous côtés. {| 4° Se filtrer, V. réfl. Passer à travers un filtre. L'eau se filtre à travers le charbon. || Passer comme à travers un filtre. Si ces eaux trouvent des terres sablonneuses, elles se filtrent au travers et se perdent, fonten. Couplet. Il n'y a pas d'apparence que l'eau des fleuves et des rivières s'étendent loin en se filtrant à travers les terres, buff. llisl. nat. i" dise. Œuvres, l. I, p. 170. Il Dans l'ancienne physiologie, subir une élaboration. La nourriture se filtre dans les chairs; elle devient chair elle-même, fén. Exist.i, 24. Cette opinion et cette volonté sont l'efi'et immédiat de la manière dont les esprits animaux se filtrent dans le cervelet et de là dans la moelle allongée, volt. Oreilles, Chesterfield, ch. 7.

— HIST. XVI' s. Recipiens, materas, terrines à filtrer, PARÉ, t. III, p. 838.

— ÉTYM. Filtre <.

FILCRE (fi-lu-r'), j. f. Qualité de ce qui est filé. On connaît le drap à la filure, et la serge à la croisure.

— ÊTYM. Filer; provenç. filadura; ital. filalura.

tFIMimiAIUE (fin-bri-ê-r*), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forma de frange. || S. m. Cenre de vers intestinaux.

— F.TYM. Dit. fimbria, frange.

t FIMBUILLE (fin-bri-U', Il mouillées), s. f. Terme do botanique. Appendice filiforme du clinanthe des plantes à fleurs composées j il est ordinairement découpé en lanières.

— ETYM. Diminutif de fimbria, frange.

+ FIMICOLE (fi-mi-ko-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit ou croît dans le fumier.

— ETYM. Lat. fimus, fumier, et colère, habiter. t.Viy (fin), s. f.\\i' Celle des deux extrémités

oii une chose cesse d'exister, en parlant soit de l'esp.ice, soit de la durée. L'espace na ni commencement ni fin. Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont point de fin, la font. Fabl. IX, B. Et vos ravissements ne prendraient point de fin, «OL. Tart. l, 6. Votre malheur par là trouve une heureuse fin, Ta. cohn. 4riane, m, 3. Toutes les

cnoses ae ce monde prennent fin, sÉv. 2nB. Vous n'en trouverez pas sitôt la fin, ID. 4U7. La censure tire à sa fin, uoss. Letl. quiét. 74. Le ciel sembla promettre une fin à ma peine, rac. liêréix. i, ♦. Quoi- (|uo Arsinoé fût plus âgée que Ptolémée, et trop vieille, quand il l'épousa, pour avoir des enfants, il l'aima tendrement et constamment jusqu'à la fin, ROLLiN, Ilist. anc. OCuv. t. vu, p. 154, dans pougens. Avant la fin de la journée, Ils (les oeufsj montaient à plus d'un cent, la font. Fabl. viii, 6. Je suis l'homme qui accoucha d'un œuf; il on avait pondu cent avant la fin de la journée, volt. Lett. Captronier, (■' juin (768. On .sait, on croit du moins que cette priiicnsse aimait la paix, au moins sur la fin do ses jours, d'alemb. Lett.auroide l'russe, I6 déc. 4 780. L'autoritédelaGrande-Bretagne sur l'Amérique doit tôt ou tard avoir une fin, ainsi le veut la nature, la nécessité et le temps, raynal , Ilist. phil. xvui, 44. Il Les fins de lune, les époques mensuelles où la lune n'est plus visible. J'observerai ce régime à toutes les fins des lunes, sêv. 378. || Mettre fin à, faire cesser. Attendant qui des deux mettra fin à ma peine, règnier, Élég. i. Pour mettre fin aux désordres, BOss. Ilist. 1, 0. Le carnage fut horrible et dans le camp et hors du camp et sur les vaisseaux; la nuit seule y mit fin, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. v, p. 208, dans pougens. || Mettre à fin, achever, accomplir. Amadis de Gaule, sous le titre dedamoisel de la mer, mit à fin ses plus belles aventures, voit. Lett. 46. Un homme qui.... sait mettre noblement à fin les aventures les plus difficiles, mol. Pourc. 1, 4. Pourras-tu mettre à fin ce que je me propose? m. l'Ét. 1, 10. Il Faire une fin, se fixer, et, en particulier, se marier. Mlle de Lutzbourg, n'ayant rien vaillant que beaucoup d'esprit et d'adresse, voulut faire une fin comme les cochers, et fit si bien qu'elle l'épousa [des AUeurs], st-sim. 60, 9i. Il faut faire une fin, monsieur: je vais me rendre mari d'une certaine Lisette, REotiARa, Àtlendeî-moi sous l'orme, se. 1 . Mais après cinquante ans on est bien aise enfin De vivre un peu tranquille; il faut faire une fin, collin d'harlev. Optimiste, v, 2. Et pour faire une fin je me fais procureur, legrand, Famille extravag, se. dern. || Familièrement. N'avoir ni fin ni cesse, ne pas cesser, ne pas finir. C'est un travail qui n'a ni fin ni cesse. || Terme de musique. Fin se met ordinairement à la fin d'une reprise dans un morceau, pour indiquer qu'après avoir recommencé les reprises , comme il est indiqué, on doit finir le morceau à ce mot. Souvent, au lieu de fin, on met en italien fine. || 2° Mort. Au jour de sa transfiguration, il [Jésus] s'entretient de la fin tragique qu'il devait faire àJérusalem, BOSS. Serin. I, Quinq. 2. Par cette fin terrible et due à ses forfaits.... rac. A- 'hal. v, 8. Aussitôt que ce roi eut fait une fin digne de ses crimes, FÉN. Tél. viii. Telle fut la fin de Socrate, la première année de laxcv olympiade, et la soixante et dixième de son âge, rollin, tJist. anc. Œuv. t. IV, p. 441, dans pougens. Si vous renvoyez votre conversion à la lin, non-seulement vous ne pourrez plus le chercher [Jésus-Christ], mais quand vous le pourriez.... mass. Car. Impén. fin. Malheureusement pour eux ce monarque imprudent [Sébastien] eut une fin funeste, raynal, Hist. phil. ix, 3. {| Telle vie, telle fin, veut dire que les méchants finissent mal. Il Faire une bonne fin, une belle fin, mourir dans des sentiments de piété et de repentir. M. de Saint-Hilaire a fait ime très-belle fin, maintenon, Letl. d'Aubigné, *0 cet. 4686. ||Fig. Jamais je ne vis,en pareille matière, de vanité qui fit une bonne fin, MAKiv. Paysan parv. i" part. || Tirer à la fin, à sa fin, être près d'expirer. Ses domestiques qui la voyaient tirer à sa fin, J. J. rouss. Conf. u. || Fig. Une mer pleine de monstres, des eaux croupissantes où la nature tirant à la fin venait comme rendre les abois, VAUGELAs, Q. C. 6iB. Il Fin, au sens actif, extermination. Marche, va les détruire [les protestants], cteins-en la semence , Et suis jusqu'à leur fin ton courroux généreux, malh. ii, 4 2. || Terme de chasse. Être sur ses fins, se dit du cerf Us et près de se rendre, et aussi de la bête qui va mourir. Lorsqu'on aperçoit les trappes tombées, on co.irt aux lins de la bête; un loup ou un renard, les reins à moitié cassés, montre aux chasseurs ses dents blanches, cbateaubr. Amer. Citasse. || Fig. Une passion d'hiver est bien usée, et elle tire diantrement sur ses fins quand le mois de mars arrive, dancourt. Refour des officiers, se. B. Il 3" Ce (ju'on se propose pour but, le terme d'une action. Pour obtenir nos fins, n'aspirons point si haut, rotr. St Genest, v, 2. A quelque heureuse fin ([ue tendent ses projets, Jamais il ne fait bien au gré de ses sujets, m. Vencesl. i, 4 . Comment gagner les confidentsd'amours.... Jusquesau chien : tout y fciit

quand on aime; Tout tendaux fins, la font. Mandr. Faites semblant de consentir & ce qu'il veut, volis en viendrez mieux i vos fins, mol. l'Av. i, 7. Ainsi l'on voit que, dans les ténèbres du monde, on les suit [les choses] par un aveuglement brutal, que l'on s'y attache, et qu'on en fait la dernière fin de ses désirs; ce qu'on no peut faire sans sacrilège, car il n'y a que Dieu qui doive être la dernière fin, comme lui seul est le vrai principe, pasc. Uttre à Urne Périer, *" avril I64». Elle [la Providence] se ser^ de nos opinions pour nous mener à ses fins, sÉv. 458. Ce qui est désiré pour l'amour de soimême et à cause do sa propre bonté s'appelle fin, Boss. Connaiss. i, 48. Ce n'est pas la fin qui sert au moyen, mais le moyen qui sert à la fin, bourdal. B* dim. après la Penlec. t. ii, p. 461. La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d'un grand effort que d'une longue persévérance, LA bhuy. XI. Quelle fin on doit se proposer en gouvernant les hommes, fén. Tél. xxiv. Que vous ne jouez ce nouveau personnage que pour aller plus sûrement à vos fins, mass. Car^i/ic, liesp. hum. Cette adresse avait son usage à plus d'une fin, J. J. ROUSS. Em. II. U connaît les fins et les moyens, BUFF. Quadr. t. i, p. 3, dans pougens. Combien d'oeufs dont il ne sort point d'oiseau I la nature est si riche qu'elle ne regarde pointa ces petites pertes ; et ce qui ne sert pas pour une fin, sert pour l'autre, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 434, dans pougens. || La fin justifie les moyens, se dit pour excuser des moyens coupables en considérant la bonté de la fin. Il y a bien quelque chose à dire contre la délicatesse dans ce que vous me racontez là; mais la fin de l'action en sanctifie les moyens, et je vous absous pour toutes celles de même nature, volt. Dial. xxxi. || Faire une chose à bonne fin, à mauvaise fin, la faire à bonne intention, à mauvaise intention. C'est à bonne un [que je le fais], boss. Lett. 253. || A ces fins, afin d'effectuer l'olijet qu'on se propose. || On dit, au singulier : à cette fin. Le peuple dit souvent à celle fin [celle pour icelle), que beaucoup dénaturent en d seule fin. \\ A toute tin, pour servir en tout cas. Je vous envoie à toute fin le procès-verbal, boss. Lett. quiét. 480. Il Un cheval à toute fin, un cheval de selle et d'attelage à la fois. || N'étant à autre fin, se dit, dans les lettres des princes et ailleurs, pour exprimer qu'elles n'ont pas d'autre objet que celui qui y est énoncé. Je pourrais finir ici ma lettre, n'étant à autre fin ; mais je veux vous demander.... sÉv. 27 janvier 4 687. {| A telle fin que de raison (pour une fin telle que la raison indiquera), se dit, dans le style d'aiïaires, pour exprimer qu'on fait une chose sans savoir précisément à quoi elle servira, mais dans la prévision qu'elle pourra être utile. Faisons un état des lieux à telle fin que de raison. || Dans le langage général, à telle fin que de raison, pour servir comme il conviendra, à tout événement. Il me faut, de ce pas, aller faire mes plaintes au père et à la mère, et les rendre témoins, à telle fin que de raison, des sujets de chagrin et de ressentiment que leur fille me donne, mol. G. Dand. i, 3. Sauf à faire les choses à telle fin que de raison, hahilt. Gramm. 40. || 4° Le but auquel un être tend par sa nature. Parlez au diable, employez la magie, Vous ne détournerez nul être de sa fin, LA FONT. Fabl. ix, 7. Il [l'homme] devient à luimême son principe et sa fin, fléch. Serm. i, o». Pour peu qu'on examine la nature de l'homme, ses inclinations, sa fin, il est aisé de reconnaître qu'il n'est pas fait pour lui seul, mais pour la société, «OLLiN, Trait, des Et. Disc. prél. Tout étant faii pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin, VOLT. Candide, 4. Vous avez très-bien remarqué, madame, que la grande fin de l'homme est de réussir en société; de bonne foi, est-ce par les sciences qu'on obtient ce succès? \D.Jeannot et Colin. Il est, dans la nature, des fins ']ue la raison ne saurait méconnaître; mais c'est surtout dans la structure des animaux qu'on découvre le plus de fins particulières et frappantes, bonnet, Contempl. nat. 3* part. ch. a». || Il se dit aussi des choses. Cette nation connut la vraie fin de la politi(iue, BOss. Ilist. m, 3. Y eut-il jamais homme qui disposât mieux toutes choses à leur fin? fléch. Tur. Saint Paul nous dit en termes clairs et précis que Jésus-Christ était la fin de la loi, rollin. Traité des Et. 2* part. ch. 4, art. i. Nous voudrions être la fin de toutes les voies et de tous les desseins de Dieu, MASS. Uyst. Soum. La fin est un ellet qui a son principe, bonnet. Essai analyt, dme, Œuvres, t. ïili, ch. 47, p. 256, dans pougens ||6* Terme de théologie. Les quatre fins de l'homme, la mort, la

FIN

jugement, le paradis et l'enfer. Nicole a fait un traité de» 'luatre fins de l'homme. |{ 6° Terme de procédure. Fin et, plus souvent, fins désigne toute espùce de demande , prétention ou exception prc^sentéo au tribunal par les parties. Les conclusions des parties demandent qu'ii plaise au tribunal adjuge." les fins de la requête. Le prévenu demande à être renvoyé dos lins de la plainte. || Fin de non-roeevoir, refus d'admettre une action judiciaire, eu prétendant, par un motif pris en dehors de la demande elle-môme et de son mal fondé, que celui qui veut l'intenter n'est pas recevablo dans sa demande. Il Dans le langage général, fin de non recevoir, refus pour dos raisons extrins'ques. Képondre par des lins de non-rccevoir. Opposer des finsdeiionrecevoir. || Fin de non-procéder, se dit de toute exception dilatoire, déclinaloire, etc. || f^n matière criminelle, lins civiles, les demandes présentées par la partie civile et tendant seulement à une condamnation pécuniaire. || 7° Terme de commerce et do banque. Fin courant, indique la lin du mois qui court, et Tin prochain celle du mois prochain. {{ On dit aussi: fin janvier, fin février, etc. || 8° À la fin , loc. adv. Enfin, après tout. Paissez, chères brebis, jouisse/. de la joie Que le ciel nous envoie ; À la fin sa clémence a pitié de mes pleurs, racan. Chant de bergers. Sa présence à la fin pourrait être importune, BAC. Alhal. II, 7. Je vous répéterai encore ce que j'ai mandé à M. le duc de Choiseul, c'est que la vérité est la fille du temps, et que son père doit la laisser aller à la fin dans le monde, volt. Letl. Taules, 21 mars 4 768. || Familièrement. K la fin des fins, en fin finale, même sens que enfin. Kn fin finale, une certaine enllure La contraignit d'allonger sa ceinture, la font, llermite. À la fin des fins vous nous en direz quelque petit mot, SÉV. *<o. Il 9" Sans fin, sans qu'il y ait de terme, de fin. Vous ne savez que trop que rien n'échaulTe tant la poitrine que d'écrire sans fin et sans cesse comme vous faites, sév. 23 nov. <688. || 10° En fin de compte, finalement. || Proverbe. La fin couronne l'oeuvre, c'est-à-dire, dans les entreprises, dans les afl'aires, on regarde le succès, et, s'il est bon, le reste est oublié. Cela se met aussi sur des ouvrages, sur des monuments, pour dire seulement : l'œuvre est finie. || Oui veut la fin veut les moyens, quand on veut une chose, il faut accepter les moyens ; on est responsable des moyens. || En toute chose il faut considérer la fin, il ne faut pas s'engager dans une affaire sans en prévoir l'issue. En toute cliose il faut considérer la fin, la font, fables, m, 5.

— lllST. XI" s. Or [je] te vei mort, tuleen sui doleruse, Ço peiset mei que ma fins tant demoret, SI Alexis, xcii. La fin du siècle qui nous est en présent, Ch. de Roi. cix. Promis nous est, fin [nous] prendrons à itant, ib. cxiv. Jointes ses mains [il] est alet à sa fin [est mort], ib. CLXXiii. Deus sait assez cornent la fins en ert[sera], 16. ccLx.xxu. {| xii's. [je] ï'erai la fin de mes chansons oïr, Coud, xx. Oue

plus [je] nedoià fin d'amours penser, 16 s;iint

Tiioraas, qui encore ertseanz, E atendeit ilueomort e lin de ses anz. Th. le mart. (45. ||xiii* s. Mais toutes voies fu la chose menée & tel lin que li empereres li otroia, villkh. cxii. Et dient cil qui morir le virent, que ce fu uns des homes du monde qui plus belle fin fist, ID. xxiii. La fin du conseil fu tele qu'il distrent qu'il demorroient avec eus jusques à la feste Saint-Michel, ID. ux. Au commencement de toutes choses pense la lin, brun, latini. Trésor, p. «47. Car cil qui bien ne fait, en la fin le compère [paye], Berle, iv. Que Dieu le gart et s'ame fasse à la fin merci, ib. ux. Mais en la fin le sait Diex si à point merir [payer, rémunérer], ib. lxui. Nozne le volons pas nommer devant le [la] fin du livre, se Dix done que noz le metons à fin, beaum. 43. Onques de corre [il] ne prist fin. Tant qu'il est à la croiz venus, lien. 2302. En la fin de sa bataille venoit le conte de Soissons et monseigneur Pierre de Nouille, JOiNï. 227. Il XIV» s. Celui qui donne et non pas pour bonne fin, il n'est pas libéral, mes doit estre appelle autrement, ORKSME, Elh. 40i. si comme de médecin la fin est santé.... 16. ». Une huche [il] rompi, où un escrin trouva Où les joiaux sa mère, sachiez, estoicnt là.... Bertran mist tout à fin, & ses gens en donna, Guescl. 659. Comme il se fait mauvais meller de larrechin, Ne convoitier aussi le |la) femme à son voisin ; Un en vient, à le [la] fois [par fois], à très mauvaise fin, Baud. de Seb. vu, 744. Il XV* s. Ainsi comme ils ont d'usage à faire leurs saignées en Lombardie quand ils veulent à un homme avancer la fin, fboiss, 11, 11, 228. Messire Barbanoire, qui avoit fait maint meschef sur mer, et mis à fin maint Anglois, id. i, i, 22. Vous m'avez de-

HN

mandé tout premièrement à quel lin II [le comte de Foixjgarde tant d'argent, lu.ii, m, «.Quantamours ot of mon cas. Et vit qu'à bonne fin tendi, 11 remit sa flesche au carcas, alai.s chabt. Excusât, de maître Alain. En luy faisant assavoir que le dit accord.... n'estoit fait à aultre fin que pour l'aler destruire incontinent, J. tE tboïes, Chr. (469. Les buveurs d'eau ne font point bonne fin, iiassel. liv. Si lit tant à toutes fins que il eut congé d'aller de rechef en Prusse, Boucic. 1, «7. On lui emplist, pour faire fin, D'ung très bon vin blanc de Ûaigneux ; Maistre François print les deux brocs, L'un après l'autre les bouta, villon, Itepues franches. Les choses qu'ilz avoient proposées qui estoieut tendans à fin de paix, cohu. v, 4«. Tousjours tasclioit le roy venir à fin de llretaigne, car il lui seinLIoit qu'elle estoit plus aysée à conquérir et de moindre deffence, id. ii, 2. Les rcquestes et fins des seigneurs estoient d'entrer dedans Paris pour.... m. i, 8. Luy firent ung procès.... et en fin de compte luy trenchercnt la teste, id. iv, 2. Et à la fin finale si en fist une [trefve] d'ung an, id. m, 3. || xvi* s. Ilz avoient sacciigé les fins maritimes de Olone, rab. Garg. 1, 6(j. Le long jeûner de tel façon les mine, Qu'à la parfin tombent morts de famine, marot, iv, 28. Celuy qui pour sa fin [but] estabUroit nostre peine et mesaiso, mont, i, 89. Prinse avecques modération, la philosophie est plaisante, mais enfin [avec excès, poussée jusqu'à l'extrémité] elle rend un homme sauvage, iD. I, aii. La rivière croissant tousjours vint à la fin à sortir de rive, amyot, Hom. 4. Ilvouloit bazarder tout chaudement la bataille, et alloit sollicitant à ces fins les chefs des bandes, w. Cam. «3. Titus y envoya aussi de ses gens, solliciter pour luy à deux fins, id. l'iam. 40. Belle fin fait qui meurt en bien aimant, rons. 94 . La fin du monde approche, les besles parlent latin, onniN, Curios. (r.

— ÊTYM. Provenç. fin, /i; espagn. ^n; portug. fim; ital. fine; du lat. fmetn.

2. FIN, FINE (fin, fi-n'), adj. jj 1" Qui est à l'état de pureté, épuré. Or, argent fin. || Terme de monnaie et d'orfèvrerie. Or fin , l'or parfaitement pur. Il Bijoux demi-fins, bijoux dont l'or est mêlé de moitié d'alliage, jj S. m. C'est du fin, c'est de l'or ou de l'argent. Faire le commerce de fin, acheter et vendre des matières d'or et d'argent. Il On dit aussi : le commerce de demi-fin ; faire le demi-fin. || Grain de fin, bouton de fin, or ou argent obtenu par la coupelle. || Or ou argent qui se trouve dans un alliage. Tirer tout le fin qui est contenu dans un alliage. || 2" Uui est de qualité supérieure. Sucre, vin fin. Épice, liqueur fine. Porcelaine fine. Aiguille" fine. Martre fine. {| Herbes fines, nom donné à certaines plantes qui sentent bon comme le thym, la marjolaine, etc. || Fines herbes, menues herbes qui servent aux assaisonnements, comme le cerfeuil, le persil, la pimprenelle, l'estragon. Il Fine fleur de farine, la farine la mieux débarrassée de tout le son. || Fig. Près de Rouen, pays de sapience. Gens pesant l'air, fine fleur de Nori lards la font, le Remède. \\ Fine fleur de la chevalerie, se dit, dans les romans de chevalerie, de l'élite des chevaliers, et parfois d'un chevalier accompli. || Fig. C'est une fine épice, se dit d'une personne adroite, rusée. || 3' Véritable par opposition à faux, en parlant d'ouvrages de broderie, de pierres précieuses, de dentelles d'or et d'argent. Pierres fines. Une dentelle d'argent fin. Diamant fin. Une parure de perles fines. Il 4" .Se dit explétivement dans certaines locutions pour renforcer le sens du mot auquel il est joint. Le fin fond de la mer. Il vient du fin fond de la Russie. Le sang m'a remué jusqu'au fin bout de mes doigts, uautkhoche, le Deuil, se. «. || Familièrement. En fin fond de forêt, dans l'endroit d'une forêt le plus écarté. Et nous fûmes coucher sur le pays exprès, C'est-à-dire, mon cher, en fin fond de forêts, MOL. les l'dch. 11, 7. || Fig. et familièrement. Le fin mot, le mot dernier, décisif par lequel une personne fait connaître son intention, ses vues. Ne nous faites plus attendre, dites-nous le fin mot. Il Le fin mot signifie aussi le véritable motif, le motif ciché qu'on n'avoue qu'à la dernière extrémité. Il refuse celte pLice, c'est qu'il on voudrait une meilleure; voilà le fin mot, Dict. de l'Acad. Il 5° Il se joint dans le langage familier à quelques adjectifs. Fin seul, tout à fait seul. Etienne vit toute fine seulette Près d'un ruisseau sa défunte Tiennelte (qui n'était plus sa femme], la font. Troqueurs. Je suis ici toute fine seule, sév. 384. || Populairement. Le fin premier, le premier de tous. D'un village ici près je suis le fin premier, boubsault, Fables d'Esope, 11, 6. jj 6' Oui excelle en quel-

FIN

que qualité, en parlant des personnes. Un fin connaisseur que nous avons consulté prétend qu'en général ce qu'on appelle véritablement Japon a une couverture plus blanche et moins bleuâtre que la porcelaine de la Chine, raynal, Jlist. pkil. v, 27. Il Avec un sens ironique. Voilà sérieusement où en viennent les fins réformés : ils prononcent sans restriction que le prince n'a aucun droit sur les cmsciences, Boss. JJéf. des Variations, 4. jj Un fin gourmet, celui qui sait bien apprécier les mets, les vins, les liqueurs. || C'est une fine lame, c'est un habile tireur d'épée ; et fig. c'est une fine lame, c'est une femme adroite et rusée. || Populairement. Une fine gueule, ou un fin bec, un homme qui aime les bons morceaux et qui s'y connaît. || 7- Terme de marine. Fin voilier, fin de voile, vaisseau allant bien à la voile et principalement au plus près du vent. Vous observerez que, vous donnant plusieurs vaisseaux lins de voile et nouvellement carénés, vous devez en tenir toujours à la découverte, afin que, sur le rapport qu'ils vous feront, vous puissiez prendre votre parti, Instruct . à M. de Chdteau-Henault, 4698, dans jal.|| Anciennement, fin de liouUne, mai chant bien à la l>ouline, tenant bien l'allure du plus près. Le comte d'Estrée et Chabert fondaient leur avis de ne pas aller plus avant sur ce qu'il manquait des vivres aux Jeux [nom du vaisseau que montait Villette] et sur ce que ce vaisseau n'était pas assez fin de bouline pour devoir entreprendre de l'engiger dans une si grande étendue de mers, d'où l'on ne se tirait jamais qu'eu pinçant le vent, Mém. mss. du marquis de Villette- Uursay, 4 677, p. 54, dans jal. || 8" Hecherché, en parlant des mets. Un souper fin. 11 fallait que les mets les plus exquis, le gibier le plus fin, les oiseaux les plus rares vinssent trouver le prince en quelque endroit du monde qu'il campât, rollin, Hist. onr. Œuvres , t. 11 , p. 459 , dans pouoens. || Partie fine, partie de plaisir où l'on met quelque mystère. Il 9" Oui a délicatesse et élégance. Des contours fins et grncieux. Des traits fins. Ah! cousin, qu'elle a le nez joli, Le minois égrillard, le cuir fin et poli I BEGNABD, le Bal, 7. Il Terme de peinture et de gravure. Pinceau lin, burin fin, manière de peindre, de graver légère et délicate. On dit de même une touche fine. || Passage fin, dégradation bien ménagée d'un ton à un autre , d'une couleur à une autre. 1110" Oui est de forme svelte, élégante. La tête longue et fine, le museau allongé, Bi ff. Quadrup. t. IX, p. 64, dans poloens. || Avoir la taille fine, avoir la taille mince et bien prise. Je suis assez adroit, j'ai bon air, bonne mine, Les dents belles surtout, et la taille fort fine, mol. Uis. m, '. || On dit dans un sens analogue : avoir la jambe line. || Terme de manège. Cheval fin, cheval qui a la tête sèche, la taille dégagée et les jambes en rapport avec le corps. Se dit aussi du cheval qui répond vivement aux aides du cavalier. Le cheval fin est opposé au cheval grossier, volt. Dict. phil. Finesse. || Terme de marine. Bâtiment fin, bâtiment qui est très-rétréci dans ses fonds.ll Temps fin, temps pur et sans nuage, ^i 11* Qui est délié, menu. La pointe de cet instrument est trop fine. Du fil fin. Du sable fin. Le fin lin et la pourpre sont ses vêtements, fènel. Éduc. des filles, ch. 4 3. Une industrie non moins merveilleuse lance dans vos yeux, sans les blesser, les traits de lumière réfléchis des objets; traits si déliés et si fins, qu'il semble qu'il n'y ait rien entre eux et le néant, volt. Comm. sur llalrbranche. La pâte elle-même est communément plus blanche, plus liée, plus gr.vsse; son grain plus fin, plus serré, raynal, Hist. phil. V, 27. Il Oiseaux à bec fin, ou, simplement, becslins, nom donné, en raison de la forme de leur bec, à dilTérents petits oiseaux. Aristote fait en cet endroit un dénombrement des petits oiseaux à bec fin, qui ne vivent que d'insectes ou qui du moins en vivent principalement, buff. Ois. t. ix,p. 263, dans poroENS. || Se dit des étoffes faites avec des fils très-fins. Un drap fin. Une toile fine. || Substantivement. Terme de blanchisseuse. Travailler en fin, travailler dans le linge fin. On dit ég.alement blanchisseuse de fin. || 12" Plume fine, plume à écrire dont le bec est fin. On dit de même un crayon fin, un pinceau fin. jj Substantivement. Le demi-fin, écriture un peu plus grande que 1 eipé<liée ordinaire. Il Ecrire en ftn, employer la plus fine écriture. Il 13* En parlant des sens, qui a une grande sensibilité, qui perçoit exactement les moindres impressions, Avoir l'odorat très-fin, l'oreille, l'ouïe trèsfine. Il Terme de chasse. Avoir le nez fin, se dit d'un chien qui chasse avec succès dans la poussière et pendant la chaleur; et fig. avoir le nez fin, avoir beaucoup de sagacité. Phclippeaui, qui avait le ncx

FIN

fin, en avertit longtemps [de l'infidéhlé du duc de Savoie], sans qu'on voulût le croire, st-sim. 122, 90. Il Fig. Avoir l'oreille fine, se connaître en musique, remarquor jusqu'aux moindres fautes des exécutants. Il 14° Oui n'est appréciable que par un esprit pénétrant ou un goût délicat. Une expression, une pensée fine. Une fine plaisanterie. Les uns comprennent bien les effets de l'eau ; en quoi il y a peu de principes, mais dont les conséquences sont si fines qu'il n'y a qu'une grande pénétration qui puisse y aller, pasc. Fensées, part, i, art. 10. Un cliancelier offrant un jour sa protection au parlement, le premier président se tournant vers sa compagnie : Messieurs, dit-il, remercions M. le chancelier, il nous donne plus que nous ne lui demandons; c'est là une réponse très-fine, volt. Dict. phil. Finesse. Le sujet de ce petit poëme est si fin que beaucoup do personnes ne l'ont pas entendu, dideh. Salon de 065, Œuvres, t. xm, p. 195, dans pougens. Hormis quelques mots fins i;u'il [M. Neckcr] plaçait çà et là, personnage muet, il laissait à sa femme le soin de soutenir la conversation, mahmontel, Mém. x. L'analogie donne la raison de l'usage ou le corrige; elle est la partie la plus fine de la philosophie même du langage, villem.un, Dict. de l'Acad. Préface, p. XXI. H 15° Il se dit de l'esprit, du goût, du jugement, etc. pour en signifier la subtilité, la sagacité. Avoir le goût, le jugement fin. Les esprits fins sont ceux qui remarquent par la raison jusiiucs aux moindres difTérences des choses; qui prévoient les effets des causes cachées, peu ordinaires et peu visibles; enfin ce sont ceux qui pénètrent davantage les sujets qu'il considèrent, malebr. Recherche, n, 11, ch. vin, ). L'esprit fin est souvent faux, précisément parce qu'il est trop fin ; c'est un corps trop délié pour avoir de la consistance, duclos, Consid. mœurs, chap. <3. Il Regard fin, physionomie fine, qui annonce de l'esprit. Son souris aussi fin qu'il parait gracieux, noissY, Deh. tromp. 1, 4.||16° Rusé, adroit, pénétrant. C'est un fin matois. Car si cette Africaine aussi fine que belle Emploie à se sauver quelque ruse nouvelle.... mair. Sophon. m, t. L'épouse indiscrète et peu fine, la font. Fabl. vm, 6. L'homme à qui nous avons affaire n'est pas des plus fins de ce monde, mol. Am. méd. m, 3. Il faut être bien fin pour remarquer cette différence, pasc. Amour. Quand je suis déguisé, je le donne au plus fin. Si, me voulant connaître, il n'y perd son latin, TH. CORN. l'Inconnu, 1, t . C'est avoir fait un grand pas dans la finesse que de faire penser de soi que l'on n'est que médiocrement fin, la brdy. vm. Il Plus fin que lui n'est pas bête, se dit d'un homme fort adroit, fort rusé. J'entends, plus fin que vous n'est pas bête, monsieur, hautehociie, le Deuil, se. t. Il On dit dans le même sens : Bien fin qui l'attrapera. Il II se dit de certains animaux. Le renard est très-fin. Ils [les merles] passent communément pour être très-fins, parce qu'ayant la vue perçante, ils découvrent les chasseurs de fort loin, et se laissent approcher difficilement, bufp. Ois. t. vi, p. 3, dans POUGENS. Il Fig. C'est un fin renard, une fine bête, une fine mouche, c'est une personne fort rusée. Il Fig. et populairement. C'est un fin merle, un fin matou. Il Substantivement. Ouant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me fait aller en prison : j'ai cru bonnement à la charte ; je le confesse, à ma très-grande honte ; et pourtant de plus fins y ont été pris comme moi, p. l. cour. Réponse aux anonymes. \\ C'est un gros fin, ou il est fin comme une dague de plomb , se dit de quelqu'un dont on découvre aisément ce qu'il croit cacher adroitement. Il joue ici le rôle de ce qu'on appelle un gros fin, et rien n'est ni moins tragique ni plus mal imaginé, volt. Comm. Corn. Rem. Rodogune, (Euv. t. lxvi, p. 277. || Faire le fin, se piquer de ruse, d'adresse, de finesse. Ce lourdaud veut faire le fin. Il Faire le fin d'une chose, ou, simplement, faire le fin, ne vouloir pas découvrir ce qu'on en sait, ce qu'on en pense. N'en fais donc point la fine, et vainement ne cache Ce qu'il faut, malgré loi , que tout le monde sache.... régnier, Dial. Je vous embarrassai, n'en faites point la fine, corn, itent.v, «. Mais je ne t'en fais pas le fin. Nous avions bu de jo ne sais quel vin Qui m'a fait oublier tout ce que j'ai pu faire, mol. Amph. 11, 3. || ïjamilièrement. Jouer au fin, au plus fin, c'est-à-dire à qui sera le fin, le plus fin, user d'adresse pour venir à bout de ce qu'on se propose. Il faut jouer au fin contre un esprit si double, corn. Veuve, i, 3. || 17° Il se dit des choses qui décèlent de l'adresse, de la ruse. Le tour est fin. Je sais des gens de cour quelle est la politique; J'en connais mieux que lui la plus fine uratique, corn. Poly. v, 4. || 18° Adv. Terme de bil-

FIN

liird. f'rendre.une bille fin, trop fin, la toucher sur le cAté. On dit aussi prendre le fin d'une bille. Il On dit encore adjectivement : Prenez la bille trèsfine. Il 19° S. m. Ce qu'il y a de décisif, de principal. Voilà qui est spirituellement remarqué, et c'est prendre le fin des choses, mol. Critique, se. 7. 11 faut être théologien pour en voir le fin, pasc. Prov. I. Il Ce qu'il y a de plus caché en une afi'aire. Do concert avec la Palatine, je leur fis voir le fin des intentions de Monsieur, retz, m, UO. || Tirer le fin du fin, tirer d'une affaire tout ce qui s'en peut savoir. Il Savoir le fort et le fin d'un art, le connaître

parfaitement Tu sais de leur art et le fort et le

fin, BOiL. Sat. VIII. Faire naître les conspirations, les étouffer, c'est le fort et le fin de la science des hommesd'État, p. L. couR.teK. x. || On dit de même: savoir le lin. Je sais le fin du jeu. Sans avoir saisi le fin du métier, je ne laissai pas d'en prendre la marche courante, assez pour pouvoir l'exercer rondement, J. J. Rouss. Confess. vm. || 20° Le fin de l'autruche, ce qu'il y a de plus délié dans le plumage de l'autruche. Fin à pointes, les plumes les plus noires de l'autruche, les plus propres à faire des panaches. || Fin d'once, fin de rame, fin bédelin, plusieurs sortes de coton que l'on tire du Levant. Il 21° Dans un langage très-vulgaire, la plus fine, les excréments, la matière fécale. Et dit-on que de la plus fine Son brun visage fut lavé. Cabinet sat. dans LEROUX, Dict. comique. \\ Proverbes. Fin contre fin n'est pas bon à l'aire doublure, n'est pas bon pour double, ne vaut rien pour doublure, c'est-àdire il ne faut pas entreprendre de tromper aussi fin que soi. On dit dans le même sens : 11 ne faut pas mettre fin sur fin. || Il est fin à dorer, il a beaucoup de finesse, proprement il vaudrait la peine d'être doré.

HiST. XI* s. Diz muls chargez du plus fin or

d'Arabe, Ch. de Roi. li. ||xii' s. Loyaus amors et fine et droituriere, Co<ui, xviii. S'avec ces biens [beauté et courtoisie] [vous]accueil!ez felonie,Vostre fin cuer [vous] en feriez blasmer, ib. ixi. Nule chançon ne m'agrée S'el ne vient de fine amor, ib. I. Et fins amans destrois et angoisseus Doit joie avoir par jugement d'amors, tb. vu. Tant [j'Jai d'amour mon fin cuer esprouvé Que jà sans lui n'aurai joie certaine, ib. xiv. || xm* s. Et Johannis fist assaillir la cité et la prist par fine force, villeh. CLVii. Mais ele par estoit de si fine nature.... Berte, xLii. Bertain [elles] trouvent ouvrant d'œuvre très fine et vraie, ib. lviii. Car elle ert [était] apensée, et bone et sage et fine, t6. lvi. Et por ce que fins amans soies, Voil-je [veux-je] et commans que tu aies En ung seul leu tout ton cuer mis, la Rose, 22i9. |l XIV" s. La dame estoit si fine belle. Que n'avoit dame ne pucele Ens el pa'is qui l'ateindist [l'atteignît]. Roman de Couci, T. 6)78. C'est celuy,pour scavoir le fin. Que soubs couleur d'allégorie En secrette philosophie Argent vif [on nomme] , Trotté d'alchim. 60. || xv s. Amours, veuillez moi conforter; Regardez mon cueur qui se pasme. Qui est tout fin prest de finer, al. chabtier, Poésies, p. 79) , dans LACURSE. Nous mourons de fine famine, Pathelin. Vous en estes un fin droict maistre [de tromperie], ib. Le roy leut la lettre seul, et puis se retira en une garderobbe tout fin seul, comm. iv, 5. Au long de la rivière et sur le fin bort, m. i, 9. Et si estoit en fin cueur d'yver, m. 11, 3. En dépit de vous, il aabbatu voslre escu qui peiidoit à l'arbre ; et se vous à autre qu'à luy vous enprenez, ce sera, dit-il, fine recreantise, Lancelot du Lac, t. 11, f" 92, dans la- CUHNE. Versez du vin, et leur donnez Du fin meilleur.... Recueil de farces, p. 292. || xvi* s. [11] M'a ja fiit maistresse passée [dans cette danse] De fine force, par mon ame. De me dire : tournez, madame, MABOT, II, ))0. Si en enfer il sçet quelques nouvelles De sa seurté, au fin fons il se fourre, m. m, 8. Si me voulez en donner une bonne [haquenée], Sçavez comment Marot l'acceptera? D'aussi bon cueur comme la sienne [qui ne valait rien] il donne Au fin premier qui la demandera, in. m, 20. Pantagruel, duquel la renommée me avoyt icy attiré du fin fond de l'Angleterre.... rab. Pant. 11, 20. Me avez vous treuvé en la confrairye des faultiers? jamais, jamais, on grand fin jamais, in. ib. m, i ( . S'attendant qu'elle auroit son petit picotin pour le fin moins, des periers ,Contes, xxxiv. Les fines gents remarquent bien plus curieusement et plus de choses, MONT. I, 2:13. Il n'y a si fin d'entre nous qui ne se laisse embabouiner de cette contradiction, iD. i, 370. En Italie, oi il y a plus de beauté à vendre et de la plus fine, lo. m, 5. Ce barbare, qui aimoit les personnes fines et mauvaises, avoit en admiration sa facilité de.... amyot, AU. 47. L'ordinaire de nos

FIN

anciens estoit d'employer le mot de fin pour bon en toutes lesoccurrencesqui sepresentoient, pasquier, Rechrrche.1, p. 76a, dans lacohne. X fin, dit-on, fin et demi, montlic, ifém. t. 1, p. I60, dans iacurne.

— Etym. Bcrry, fin premier, le premier de tous; tout fin seul, tout seul; le fin bord d'un fossé; le fin fait, le sommet; provenç. fin, fi; catal. /l. espagn. portug. et ital. fitio. Il y a dans le h. allem. fin, dans l'allem. fein, fin, dans l'anglais fine, beau; mais, d'après Dicz, ces mots ont passé du roman dans les langues germaniques. Le sens propre de /in est parfait, vrai, pur: fin or, fine amor, fins vérité. Diez pense que fin provient, par apocope, du latin finilus, fini, achevé, parfait. Pour de pareils raccourcissements il cite le provençal clin de clinatus, l'espagnol cuerdo de cordatus, l'italien manso de mansuelus. C'est cette étymologie qui a déterminé la classification des sens : l'or fin, c'est l'or fini, parfait; puis viennent les sens d'excellence, de perfection ; puis celui de svelte ; puis celui de menu, délié ; puis figurément ceux de spirituel et de rusé.

FINAGE (fi-na-j'),î. m. Terme d'ancienne pratique. Étendue d'une juridiction ou d'une paroisse. Cette maison est dans le finage de telle paroisse. Il Aujourd'hui il se dit encore, en quelques provinces, de l'étendue du territoire d'une commune.

— IIIST. XV* s. Au regirt et en tant que touche le terrouer et finaige du royaume de France, il y creut competemment de blez, j. de troyes, Chron. uoo. Ilxvi's. Bestes blanches peuvent estre menées [vainpàlurer] si loin qu'on veut, pourvu qu'elles retournent de jour au giste, en leur finage, loysel,

— ÉTYM. Fini, dans le sens de limite, frontière. FINAL, ALE (fi-nal, na-1'), adj. || 1° Qui finit, qui

est à la fin. État final. Compte final. La syllabe finale d'un mot. La mesure finale d'un air. || Point final, le point qui termine une phrase et qui marque un sens complet. |! Populairement. £n fin finale, finalement, enfin. || 2° Terme de théologie. Oui dure jusqu'à la fin de la vie. Impénitence finale. || Familièrement. Mourir dans l'impénitence finale, garder, contre les avis, une opinion qu'on s'est formée. 11 est vrai que je meurs dans l'impénitence finale sur les testaments ; mais aussi je meurs dans le respect et dans la reconnaissance finale avec laquelle j'ai l'honneur d'être, volt. Lett. Mme d'Aiguillon, t* oct. ( 77 1 . Il 3° Cause finale, le but qu'on se propose. La gloire de Dieu doit être la cause finale de toutes nos actions, Dict. de l'Acad. || Particulièrement, dans le langage de la philosophie, cause finale, la fin, la destination dernière des choses et, par conséquent, l'objet pour lequel elles sont faites. Newton croyait aux causes finales ; j'ose y croire comme lui ; car enfin la lumière sert à nos yeux, et nos yeux semblent faits pour elle, volt. Lett. Dionis, tsjanv. (775. J'avoue qu'une raison tirée des causes finales n'établira ni ne détruira jamais un système en physique, BUFP. Animaux, Syst. de la génération. La nature est bien éloignée de s'assujettir à des causes finales dans la composition des êtres, id. Corhon. Quelques partisans des causes finales ont imaginé que la lune avait été donnée à la terre pour l'éclairer pendant les nuits, laplace, Exp. iv, 5. || La doctrine des causes finales, celle qui prétend assigner l'objet spécial que la divinité s'est proposé dans la création de chaque être. || 4° S. f. La dernière syllabe d'un mot. La finale est longue, brève. Il La dernière partie d'un son. [Les pétrels damiers] faisant entendre leur voix aigre et enrouée, dont la finale a quelque chose du cri du goéland, bufp. Ois. t. xvu, p. 445, dans pougens. Il Terme de musique. La principale corde du mode, sur laquelle un morceau doit finir; on l'appelle aussi tonique. || Terme de plain-chant. Note sur laquelle se termine une antienne, une hymne ou un autre morceau. |{ Terme de danse. La cinquième et dernière figure du quadrille ordinaire. Cotte figure se compose ainsi : 4" Les deux cou|)les vis-à-vis traversent et retraversent en pas de galop (8 mesures) ; 2° ils font en avant quatre et en arrière, même pas (4 mesures) ; 3° en avant quatre et en arrière en changeant de dames (4 mesures) ; 4° chaîne des dames (8 mesures) ; 6» et 6° on recommence les i° et 3" (8 mesures) ; 7° pour finir, grand rond en pas de galop. — La finale se dansait difi'éremment il y a trente ans. On commençait par un chassez-croisez exécuté par les deux couples vis-à-vis; après quoi on dansait la figure de l'été; cela se répétait quatre fois; pour finir on faisait un chassez-huit, jj Final fait au masculin plui'iel finals: sons finals.

HIST. xiii" s. Chascune ars a une finel chose

FIN

qui adrcsce nesoevrea, biiln. latini, Tri'sor, p. 557. Il XIV' s. Richesses ne sont pas le bien final, lequel l'en quicrt pour lui meisme, obesme, Hth. vi (to). Il XV s. Kt répondit (le comte de Flandre] que.... il envoycroit i i'ournay par son conseil hastivoment réponse finale, fboiss. u, ji, 150. Et repeurcnt, pour fin finalle, De ce qui estoit appresté, villon, la Repue de ilontfaucon. || xvi* s. La destruction finale de Carlhage, amyot, Caton, 53.

— ÊTYM. l'rovenç. et espagn. final; liai, finale; du latin finalis, de finis, fin (voy. fin ()•

FINALE (fi-na-l'),*. m. Terme de musique. Morceau d'ensemhie qui termine un acte d'opéra. Ce finale produit un bel eflet. || On dit de m6me finale de symphonie, finale de sonate. || Au plur. Des finales,

— ÊTYM. Ital. finale (voy. final).

FINALEMENT (fi-na-le-man) , adv. Pour en finir,

en dernier résultat. Il est convenu finalement qu'il avait tort.

— HIST. XIV* s. Finalment lui et aucuns autres avoient esté mors [tués], bercheure, f' ob, recto. Il XVI' s. Finalement croi la yie éternelle, mahot, y, 342.

— ÉTYM. Finale, et le suffixe ment; Berry, finablement; provenç. finalment; espagn. et ital. finalmente. Au xii' et au xiii* siècle, on disait finablement, qui s'est conservé jusque dans le xvi'.

t FINALISTE (fi-na-li-sf), s. m. Terme de philosophie. Partisan de la doctrine des causes finales.

— ÊTYM. Final.

t FI.NALITÉ (fi-na-li-tè), s. f. Terme de philosophie. Doctrine d'après laquelle on admet que rien n'est et ne se fait que pour une fin voulue et déterminée.

— ÊTYM. Lat. finnlilatem (qui ne signifie que désinence, terminaison), de finalis, final.

FINANCE (fi-nan-s'), t. f.\\i' Argent comptant. Il faut que la finance joue; Autrement elles font la moue Aux amants qu'elles ont vaincus, mainabd, Éyiigr. dans kichelf.t. Que si ma dernière ordonnance Ne me produit quelque finance. Que ferai-je sans ton secours ? boisrobert, ÉpU. xii, dans riciiELET. Mais de ce grand sénat les saintes ordon- Tiances Eussent peu fait pour nous, seigneur, sans vos finances, corn, l'omp. m, 2. Un pince-maille avait tant amassé Qu'il ne savait où loger sa finance, LA FONT. Fabl. X, B. Quoi I après la figure que nous avons faite.. ..plier bagage, comme des croquants, au premier épuisement de finance 1 iiamilt. Gramm. 2. || 11 est familier en ce sens. || 8° Autrefois, somme d'argent, qui se payait au roi, soit pour la levée d'une charge, soit pour quelque droit im-

Îiosé. Acheter, vendre une charge sur le pied de a finance. Une charge de cent mille livres de finance. Il 3° Au plur. L'état de la fortune, les ressources pécuniaires d'une personne. 11 est mal dans ses finances. || Il est familier en cet emploi. || i° Au plur. Les recettes et les dépenses de l'État. Loi des finances. Le ministre des finances. Pour nous, il est impossible que nous ayons jamais de règles dans nos finances, parce que nous savons toujours que nous ferons quelque chose, et jamais ce que nous ferons, montesu. Esp. xiii, 46. Cette seule réflexion peut faire comprendre que le ministère des finances est aujourd'hui cent fois plus difficile qu'il ne le fut du temps de Colbert, volt. Pol. et législ. Édits de S. U. Louis XVI. Je l'avoue à la honte de ma première école, ce fut ce livre d'Adam Smith, encore si peu connu et déjà décrié par l'administration à laquelle j'avais appartenu, qui me fit mieux apprécier la multitude de points de contact par lesquels les finances publiques atteignent chaque famille; ce qui leur fait trouver des juges dans chaque foyer, mollien, ttém. d'unministre du trésor public, I, ». Il Se dit de l'admmistration qui régit les deniers de l'Etat. Employé aux finances. || Surintendant des finances, contrôleur général des finances, intendant des finances, nom donné, dans l'ancienne monarchie, à des employés supérieurs dans les finances. || On disait de même : le bureau des finances, le conseil royal des finances. || 6' Au plur. L'art d'établir et de régir le trésor public. Il sait bien les finances. || Il se dit aussi en ce sens au singulier. La finance était alors, comme la physique, une science de vaines conjectures, volt. Louis XIV, •JO. Il Esprit de finance, tendance qu'ont les administrations publiques à accroître les impôts. Elle entretient [chez les contribuables] cette déflanco, et, s'il faut le dire, cette friponnerie que l'esprit de finance a fait naître dans toutes nos législations modernes entre l'État et le citoyen, raynal, llist. phil. XIV, 23. Il 6° Il se dit de ceux qui manient les revenus de l'État, ou de ceux qui font do grandes affai-

FIN

ros d'argent, banquiers ou capitalistes. Un homme de finance. Entrer dans la finance. Vous qui dédiez X messieurs les gens de finance De méchants livres bien payés, la font. Fabl. viii, <». Les grandes places de finance valent à la fois le Pactole et le Léthé, duclos, Morceaux hist. <Euv. t. x,p. 241, dans pougbns. De tout temps la finance fut nuisible au commerce, et dévora le sein qui la nourrit, raynal, llist. phil. xii, 30. Il La haute finance, le» banquiers, les grands capitalistes. || Les femmes de finance, les femmes des financiers. Ces femmes de finance avaient des toilettes du meilleur goût.... c'est scandaleux, picard. Trois quartiers, m, ^. Il 7' Matières, affaires de finance, matières, afiairos relative» aux finances. || Style de finance, tcrmesde finance, etc. style, termes employés dans les matière» de finance. || Chiffre do finance, le chiffre romain un peu modifié; on y emploie le caractère romain ou l'italique à la place des capitales, et le b à la place du v. |{ Écriture de finance, écriture en lettres rondes. || Terme do typographie. Caractère de finance, caractère imitant l'écriture ordinaire.

— HIST. XIII' s. Quant on voloit aucun contraindre de venir avant par gardes, il n'i voloit venir, por legiere finance qu'il fesoit au scrjant, beaum. Liv, H . Il xiv s. Se je n'ai de l'argent k ma division [à ma volonté], Querre me faut finance, et il y a raison, Guescl. )2BH. || xv's. Et fousjours gagnoient povres brigands & dérober et piller villes et cha.v teaux, et y conqucroient si grant avoir que c'estoit merveille, et devonoient les uns si riches, par especial ceux qui se faisoicnt maistres et capitaines des autres brigands, que il y en avoit de tels (jui avoient bien les finances de soixante mille escus, froiss. i, I, 324. Messire Thomas Felleton [fait prisonnier] fut mis à finance de son maistre messire Jean de Lignac, à qui il paya trente mille francs, id. ii, ii, 8. Pour avoir mené de Lille à Valenciennes, en deux panniers, sur ung cheval, certains joyaux appartenant à monseigneur [le duc de Bourgogne] pour sur iceuk faire finances [emprunter dessus], laborde. Émaux, p. 317.

— ÊTYM. Berry, fignance; proTenç. finansa; ital. finansa. Finance a eu aussi le sens de fin, de terminaison : Poi après prist par mort finance Jehane....

G. OUIART, t. Il, p. 480, V. <2B04 (24487). C'CSt aUSSi

le sens primordial dans finance, argent. Il vient de l'ancien verbe finer qui signifiait finir, terminer, conclure en général, et, dans un sens restreint, finir une affaire, terminer un différend moyennant argent (voy. financer à l'étymologie) .

FINANCÉ, ÉE (fi-nan-sé, sée) , part, passé. Payé au roi pour l'acquisition d'une charge. Une somme financée.

FINANCER (fi-nan-sé. Le c pucnd une cédille devant o ou 0 : finançant, finançons). || 1° V. n. Terme familier. Fournir, débourser de l'argent, avec l'idée qu'on paye ou trop ou malgré soi. Moi-même, si j'avais le malheur d'être entre les griffes de la justice, je ne pourrais m'en tirer qu'en finançant, LESAGE, Diable bott. chap. 7.11s [les Juifs] ont toujours financé pour obtenir la permission d'avoir des synagogues, volt. Déf. de Bolingbroke, 29. || 2« V. a. Anciennement, fournir au roi de l'argent pour une charge, un droit. Rouillé remit à Desmarets sa place de directeur des finances en lui remboursant 800 000 livres qu'il avait financées pour cette charge,

— ÊTYM. Finance. L'ancienne langue employait finer qui provenait du latin finis et signifiait proprement terminer, d'où le sens de payer une somme d'argent et de fournir. Le participe était finant, d'où finance, comme de croyant, croyance, d'extravagant, extravagance, etc.

4. FINANCIER (fi-nansié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'tse lie : des fi-nan-sié-z enrichis),», m. Il 1' Celui qui fait des opérations de banque, de grandes affaires d'argent. Insensiblement Babouc faisait grâce à l'avidité du financier, qui n'est pas au fond plus avide que les autres hommes, et qui est nécessaire, VOLT. Babouc. Il était aisé que la maltdte romaine tomb&t d'ello-méiue dans la monarchie des Francs; c'était un art très-compliqué et qui n'entrait ni dans les idées ni dans les plans de ces peuples simples ; si les Tartares inondaient aujourd'hui l'Europe, il faudrait bien des affaires pour leur faire entendre ce que c'est qu'un financier parmi nous, monteso. Esp. xxx, 4 3. || Il se dit aussi de ceux qui manient les deniers de l'Etat. || 1* Il s'est dit autrefois de ceux qui avaient la ferme ou la régie des droits du roi. Si le financier manque son coup, les courtisans disent de lui : c'est un bourgeois, un homme de rien, un malotru ; s'il réussit.

FIN

ils lui demandent sa fille, la BBtrr. vi. M. de la Po« pelinière n'était pas le plus riche des financiers, mai» il en était le plus fastueux, narmoktel, lUm. IV. Il 8* Celui qui entend les affaires de finance. L'évêque de Paris Gondi, qui s» croyait un grand financier, parce qu'il avait beaucoup d'argent et qu'il n'en dépensait guiro, volt. Uett. Vaintt, 30 mars 4 77«. || 4" Familièrement. Homme opulent. C'est un financier, un gros financier. Le savetier alors en chantant s'éveillait; Et le financier se plaignait Que les «oins de la Providence N'eussent pas au marché fait vendre le dormir, la font. tabl. viii, ï. Il On dit aussi : Il est riche comme un financier. Il B° Terme de théâtre. Comédien qui joue les rôles de financier, ceux dan» lesquels il faut de la rondeur et du laisser-aller, avec une certaine morgue.

— HIST. XV' 8. Et dame qui est financhiere [qui fournit] De tout les biens de mon pourpris, al. ch\btier. Œuvres, p. 764. Le» grands et généraux financiers i l'entrée de Charles VIII à Florence, en 4 4B4, ANDH4 DE LA VIGNE, Voyage de Naples, p. H 9, dans LACURNE. Il XVI* s. Pour estre advocat ou financier, il n'en faut pas mescognoistre la fourbe qu'il y a en telles vacations; un bonneste homme n'est pas comptable du vice ou sottise de son mestier, uont.

— ÊTYM. Finance.

2. FINANCIER, 1ÈRE (fi-nan-sié, siè-r'), adj. Il 1* Qui a rapport aux finances. Système financier. Opérations financières. Désordres financiers. || Division financière, circonscription établie pour la perception des impôts. || uui est propre aux gens de finances. Morgue financière, saurin, dans le Dict. de POITEVIN. Il Écriture financière, écriture en lettres rondes. || Terme d'imprimerie. Lettre financière, sorte de caractère rond. {| Chiffres financiers, petits chiffres romains. || %' S. f. Terme de cuisine. Financière : si vous mêlez des crêtes et rognons de coq avec des quenelles, des champignons, des truffes par tranches, des fonds d'artichauts par petits morceaux, des ris de veau ou des fuies de volailles, le tout cuit à point et préparé comme les ragoûts mêlés, cela s'appelle une financière, la Cuisinière de la campagne et de la ville, p. 4 65. Il On dit de même : Vol-au-vent à la financière, cf>telettes à la financière , fricassée de poulet à la financière, etc. Il Cette locution est probablement née au 48* siècle, à l'époque où les financiers se signalèrent par le luxe de leur table.

— ÊTYM. Finance.

+ FINANCIÈREMENT (fi-nan-siê-re-man) , odr. En matière de finances. || X la manière des financiers.

— ÊTYM. financière, et le suffixe ment. FINASSER (fi-na-sé), c. n. Terme familier. User

de mauvaises finesses. Il a beaucoup finassé avec moi. C'est par trop finasseraussi, MAniv.Pr^ji.«it'ncu, se. 8. Il II se conjugue avec l'auxiliaire ai-oir.

— ÊTYM. Fin 2, avec la finale péjorative asse. FINASSERIE (fi-na-se-rie), s. f. Terme familier.

Petite ou mauvaise finesse.

— ÊTYM. Finasser.

FINASSEUR, EUSE (fi-na-seur, geû-z"), s. m. et f. Celui, celle qui finasse.

— ÊTYM. Finasser.

t FINASSIER, 1ÈRE (fi-na-sié, siè-r"), s. m. et f. Celui, celle qui emploie des finasseries. || i*£(;. tn caractère finassier.

— ÊTYM. Finasser.

t FINATRE (fi-ni-tr'), *. f. Soie de mauvaise qualité.

FINAUD, AUDE (fl-nô, nô-d"), adj. Terme familier et en mauvaise part. Qui a une finesse dont il est bon de se défier. Un paysan finaud. || Substjuitivement. C'est un finaud.

— ÊTYM. Dérivé de fin S.

FINKMKNT (fi-ne-man), adv. || 1* D'une façon fine, avec élégance et délicatesse. Un buste finement modelé. Une broderie finement faite. i| S' D'une façon menue, fine, déliée. Du lin filé finement. Leur bec droit, conique, est un peu crochu à son extrémité et les bords sont finement dentelés, buff. Oit. t. XVI, p. 4 50, dans pougens. Le croupion et le» couvertures supérieures de la queue jaunes, rayées finement de brun, iD. ib. t. viu, p. 62. || Fig. Peu à peu. Il [le temps] nous dérobe si subtilement que nous ne semons pas son larcin ; il nous mène si finement aux extrémités opposées, que nous y arrivons sans y penser, BOSs. 4* sermon, Carême, P(<. ml. 3. Il 3' 11 se dit des sens. Ce rhythme fait pour être finement senti par un organe délicat, et non pour être marqué à grand bruit par un bilon d'orchestre, blff. CHs. t. ix, p. 434, dans POUGENS. Il 4* Avec un esprit délicat et «ubtiL

FIN

Od autre rcfrogné, rêveur mélancolique, Parle si finement que l'on ne l'entend pas, RÊomEii, Sat.

II. On s'y fait [à la cour] une mcaiière d'esprit qui, sans comparaison, juge plus finement des cliosos que tout le savoir enrouiUé des pédants, mol. Critique, 7. 11 faut que je le sonde finement, lesage, Crispin rival de son maître, se. < i . 1 1 5° Avec adresse,

avec ruse. 11 l'a attrapé bien finement Vous

m'apprenez que dans cette visite Vous jouiez finement le rôled'liypocrite, uauterociie, ^ppar. tromp. 1, 2. Le dessein de ceux qui poursuivent ces nouvelles protestations qu'on nous demande, n'est autre que de renverser finement les maximes fondamentales de cet Etat, PAsc. Prov. o. L'amour n'est plus qu'un jeu, qu'un simple amusement, Où l'on est convenu de tromper finement, ions. Deh. Iromp.

— HIST. xu* s. Et si Ije] vous aim, dame, tant finement, Que por autre [je] ne puis estre amoreus, Coud, VII. Dune dist la mère : Or le sai finement [vraiment] que tu es huem Deu e que en ta bûche est la veraie parole nostre Seignur, Rois, p. 3 a.

Il XVI' s Ceulx qui ne font mal aucun qu'ils ne

facent passer devant quelque joly propos du bien commun; car vous sçavez bien le formulaire duquel en quelques endroicts ils pourroient user assez finement, la boétie, Servitude volontaire.

— ÉTYM. Fine, et le suffixe ment; provonç. jinamen; espagn. et ital. finamente.

t FINE-METAL (fay-n'-mé-tal ; c'est la prononciation anglaise conservée), s. m. Fonte refroidie au moyen de l'eau après avoir subi une grande épuration dans la finerie.

— ETYM. Angl. fine, beau (voy. fin 2), et métal. t FINERIE (ti-ne-rie), s. f. Fourneau qui sert à

l'affinage de la fonte à la houille. || Usine d'affinage.

— ÊTYM. Fin 2.

t FINES (li-n'), s. f. Nom donné dans les houillères du Nord à la houille menue.

FINESSE (fi-nè-s'), s. f. || 1° Qualité de ce qui est fin, c'est-à-dire de ce qui a le caractère d'une élégante délicatesse. Il y a beaucoup de finesse dans cotte plaisanterie. Réponse pleine de finesse. Finesse de vues, d'aperçus. Jamais. Lamotte n'aura ce style, disaient-ils; quelle finesse et quelle grlce I on reconnaît la Fontaine à chaciue mot; la fable était de Lamotte, volt. hlél. liuér. à M. de Laharpe. Il 2° Il se dit de ce qui a une forme délicate et élégante. La finesse des contours dans une figure, dans un dessin. La tête a aussi plus de finesse; ce qui lui rend la physionomie agréable, BL'FF. Quadrup. t. xii, p. io», dans pougens. C'était la belle Desfourniels qui, pour la régularité, la délicatesse des traits et leur finesse inimitable, était le désespoir des plus habiles peintres, MARMONIEL, Mém. iii. || Terme de sculpture, de peinture et de gravure. Finesse de ciseau , de pinceau, de burin, manière délicate et gracieuse de sculpter, de peindre, de graver. Elle est sans finesse.... mais tant mieux.... oui, mais j'entends sans finesse de pinceau, dider. Salon de iieb, Œuv. t. m, p. 343, dans pougens. || Finesses de touche, finesses de ton, effets de touche, de ton, remarquables par leur grice et leur délicatesse. || Qualité de ce qui est svelte et élégant. La finesse de la taille. Il 3° Oualitédeco qui est fin, délié, menu. Du linge d'une grande finesse. La finesse des cheveux, d'une dentelle. || 4° Subtilité des sens. 11 a l'ouïe d'une grande finesse. || 5° Qualité qui fait que l'esprit, par la délicatesse, saisit et perçoit les choses fines. La finesse du jugement. La finesse du goût. La gr!\ce et la finesse delà Fontaine. Le mot de finesse ne saurait non plus l'avoir fâché en l'endroit oïl il est; il nesignifie autre chose qu'adresse, que science, que subtilité, Balzac, Lettres, i, 4, dans riciielet. Le sage nous avertit que la vraie finesse est de bien connaître non la voie des autres, mais sa voie propre, NICOLE, Ess. mor. 2' traité, chap. B Pour

dire un mot faut-il tant de finesse ? mol. TarC. i, 6. [L'esprit] C'est une finesse de raison qui s'évapore, et qui est d'autant plus faible et plus sujette à s'évanouir qu'elle est plus délicate et plus épurée, flé- CHiER, Mme de Uontausier. Dans la conduite, finesse exprime toujours, comme dans les arts, quelque chose de délié, VOLT. Dict. phil. Finesse. Par une grande finesse de discernement, on distinguera les pensées stériles des pensées fécondes, buff. Disc, de réception. La finesse semble être la qualité dominante de son esprit ; mais il l'a portée à un si haut degré, il l'a si heureusement employée, et elle l'a si bien servi que cette qualité prend chez lui un caractère de grandeur, et produitce sentiment d'admiration et d'élonnement qui semble réservé aux prodiges qu'en-

FW

fantent la force et la profondeur du génie, condorcet, Daniel Bernoulli. || Absolument, finesse se dit pour finesse d'esprit. Sa physionomie exprime la finesse. La finesse imagine au lieu de voir; à force de supposer elle se trompe, duclos, Consid. mœurs, chap. 13. Il Parole, action qui dénote de la finesse. Gardez-vous bien d'imiter ces personnes qui applaudissent aux enfants lorsqu'ils ont marqué de l'esprit par quelque finesse, fénkl. Édiic. des filles, chap. 9. Il Entendre finesse à quelque cbo.se, y donner un sens fin et quelquefois malin, en tout cas ne pas la prendre dans le sens qui se présente. Nous le verrions pendre que nous y entendrions encore quelque finesse, sÉv. 30 1. Ceux qui n'y entendaient point de finesse.... hamilt. Gramm. 40. On inspire la défiance en employant toujours la finesse; on se trompe presque toujours en entendant finesse à tout, VOLT. Dict. phil. Finesse. Ils sont au comble de l'esprit, lorsqu'ils savent entendre finesse à tout, mon- TESQ. Lelt. pers. 82. || On dit de même : chercher finesse à une chose. 11 ne faut pas chnrcher de finesseàce queje vous dis. || N'y pas savoir de finesse, ne pas vouloir tromper, faire illusion. Il y en a parmi eux [les médecins] qui sont eux-mêmes dans l'erreur populaire, dont ils profilent; et d'autres qui en profitent sans y être; votre monsieur Purgon, par exemple, n'y sait point de finesse; c'est un homme tout médecin, depuis la tête jusqu'aux pieds, mol. Mal. imag. m, 3. Moi, je n'y sais point de finesse; j'avertis qu'elle finira une heure au moins plus tét qu'une autre pièce, régnard. Fol. amour. Prol. Il Faire finesse d'une chose, ou, simplement, faire finesse, cacher, dissimuler ce qu'on ne devrait pas dissimuler. Nous n'avions point dessein de vous faire de finesse, sÉv. a49. Je n'en ai pas fait de finesse à monsieur le chevalier, id. B3). Je ne voudrais pas faire finesse de tout, Boss. Lett. abb. 247. Il 6° Il se dit de la chose même qui est difficile à saisir, à sentir. On m'a prêté un exemplaire des remarques de M. de Vaugelas avec des notes écrites de la main de feu M. Chapelain, à qui aucune finesse de notre langue n'était inconnue, vahgelas. Rem. not. Th. Corn. 1. 1, p. 4o, dans pougens. Presque personne ne savait les finesses de la versification avant Racine], volt. Dict. phil. Art dramat. Il Aristote] veut que l'orateur connaisse les passions des hommes et les mœurs, les humeurs de chaque condition; je ne crois pas qu'il y ait une seule finesse de l'art qui lui échappe, id. ib. Aristote. Les finesses de l'art sont rarement dues aux premiers inventeurs, m. Newton, ii, 9. || 7° Supercherie, ruse. Enfin j'ai vu le monde et j'en sais les finesses, mol. Ëc. des femmes, iv, 6. Je vous ai soupçonnée de finesse ; je suis bien aise de m'ètre trompée, maintenon, Lelt. à ifnie de la Viefville, 23 fév. <705. La finesse est l'occasion prochaine de la fourberie ; de l'une à l'autre le pas est glissant, la brut. viii. Avec les gens qui par finesse écoutent tout et parlent peu, parlez encore moins; ou, si vous parlez beaucoup, dites peu de chose, ID. Elles [les filles] estiment la finesse; et comment ne l'estimeraient-elles pas, puisqu'elles ne connaissent pas de meilleure prudence? fénelon, Êduc. filles, ch. 9. La finesse est un mensonge en action ; et le mensonge part toujours de la crainte ou de l'intérêt, et par conséquent de la bassesse, DUCLOS, Consid. mœurs, ch. 13. 11 [Louis XIJ introduisait trop souvent dans la politique la finesse, qui la supplée rarement et qui l'aviUt toujours, id. llist. de Louis XI, Œuvres, t. ni, p. 357, dans pougens. La finesse n'a jamais réussi à personne dans les grandes choses, volt. Lett. Catherine, it sept. 4770. Il Acte de finesse, de ruse. Bien qu'il parle de paix, ce n'est qu'une finesse Pour trouver un moyen de revoir la princesse, desmauets, Mirame, l, t. On les voit [les animaux] attaquer et se défendre aussi induslrieusement qu'on le puisse imaginer, ruser même; et, ce qui est plus fin encore, prévenir les finesses, comme il se voit tous les jours à la chasse, où les animaux semblent montrer une subtilité exquise, BOSS. Connaiss. v, 4. Ce que j'appelle ici mauvaises finesses, ne sont pas seulement les finesses grossières ou les raffinements trop subtils, mais en général toutes les finesses qui usent de mauvais moyens, id. Politique, v, ii, 9. Jamais ces misérables finesses que les religieuses prennent pour habileté, maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 4 7 oct. 4 707. Il n'est plus question de deviner les finesses des prêtres par des moyens qui pourraient eux-mêmes paraître trop fins ; un temps a été qu'on les a découvertes de toutes parts aux yeux de toute la terre, ce fut quand la religion chrétienne

FIN

triompha hautement du paganisme, ionien. Oracl. I, 47. C'étaient de petites finesses [d'Auguste] pour se faire donner ce qu'il ne croyait pas avoir assez acquis, MONTESQ. Tiom. iiu. Prenez garde que toutes ces histoires de maîtres supposés sont de vieilles finesses, des moyens de comédie, ueaumarch. Barb de Sév. m, 2. Il Des finesses cousues de fil blanc, des artifices grossiers, métaphore prise des tailleurs mal habiles qui font des coutures grossières et avec du fil blanc. || Il est au bout de ses finesses, c'est-àdire il est au bout de ses mventions pour tromper.

— SYN. 1. FINESSE, SUBTILITÉ. La subtilité de l'esprit est la finesse poussée à l'excès et devenue un défaut. || 2. finesse, pénétration. La pénétration perce les choses difficiles, obscures. La finesse discerne les choses fines et qui échappent facilement à la vue. || 3. finksse, buse. La finesse, en ce sens, n'est que la finesse d'esprit conduite ju.squ'à un mauvais usage. 11 reste donc toujours quelque chose de fin, de délié, qui peut manquer tout à l'ai ta la ru.sc.

— HlST. XV" s. Jouer une finesse [jouer un mauvais tour], DUCANGE, fictitia. Leur administrer ba.stons ou armeures deffensables pour faire leurs finesses [leur mauvais coup],iD. tb. Et à qui que feissa finesse (courtoisie, service] , Il ne m'aymoit que pour le myen, villon. Regrets de la belle lleaulmyère. \\ xvi* s. Combattre de vertu, non de liuesso [adresse], mont, i, 23. Je ne meslois à mes jeux ni tricotterie ni finesse [astuce], id. i, 40». Quelqu'un proposoit contre Cleanthes des finesses dialectiques, ID. i, 4 90. 11 leur feit cognoistre que toutes leurs finesses n'estoient que jeux d'enfans, amyot, Philop. 22. Finesse est une parolle mitoyenne entre la prudence et la tromperie, pasquier, Recherclies,

liV. VIII, p 756, dans LACURNE.

— ÉTYM. Fin 2; provenç. fineia, pureté; catal. jinesa; espagn. fineza; ital. finezza.

FINET, ETTE (fi-nè, nè-t'), adj. Qui a de petites

finesses Pour ce rebelle cœur Cherche une Iris

à la mine finette Et d'apparence un peu coquette, CHAUL. à Mme de Valois.

— F.TYM. Diminutif de fin 2.

FINETTE (fi-nc-f), s. f. Étoffe croisée à l'endroit et tirée à poils à l'envers ; elle est chaude, et seit pour doublure et pour vêtement de dessous.

— ÉTYM. Fin 2.

FINI, lE (fi-ni, nie), part, passé de finir. || 1° Qui est à sa fin. Et l'enverra peut-être avant ce jour fini Ma passion vengée et votre orgueil puni, corn. Méd. II, 3. Et ce soir destiné pour la cérémonie Fera voir pleinement si ma haine est finie, id. Rod. iv, 4. Vous vous disiez à vous-même que, certains engagements rompus, que, certaines bienséances finies, vous mettriez tout de bon ordre à votre conscience, mass. Carême, Samar. Je verrai donc mes maux ou comblés ou finis, volt. Sémir. i. 6. || Tout est fini, les choses sont dans un état tel, qu'il n'y a plus rien à y changer. Ou plutôt cet hymen me servira de loi ; S'il s'achève, il suffit, tout est fini pour moi, rac. Iphig. ii, 4. || Voilà qui est fini, toute hésitation a cessé. Voilà qui est fini, madame, vous me déterminez, mariv Sec. surpr. de l'am. i, 7. Il Familièrement. Un homme fini, un homme qui n'a plus rien à attendre de l'avenir, dont la santé est détruite, dont le crédit est ruiné, dont l'espiit ne produira plus rien. ||2°Terme d'arts. Soigneusement terminé. Ce tableau est bien fini. Des pièces bien finies. || Chez les sculpteurs, marbre fini, celui qui est terminé avec le petit ciseau et la râpe. || H se dit aussi des œuvres littéraires. Cet auteur travaille vite, et ses ouvrages ne sont pas assez finis. Il 3° Terme do manège. Se dit d'un cheval complètement dressé. || Dans le parler vulgaire. Qui atteint le plus haut degré, qui possède une qualité au plus haut degré. C'est un acteur fini ; et plus souvent, en mauvaise part : c'est un voleur fini, un gueux fini. !| 4° Qui a des bornes, qui n'est pas sans fin ou sans bornes. Il est clair que tout corps est fini, nous en voyons et nous en touchons les bornes certaines , boss. Lib. arb. 4. Satisfaire une âme dont les désirs no sont pas finis et qui ne se peut reposer qu'en Dieu, id. Sermons, 3' dim. après Pdq. Provid. préambule. Il est sujet h l'ignorance comme toutes les intelligences finies, montesq. Espr. I, 4. Si le monde est fini, s'il y a du vide, la matière n'existe donc pas nécessairement, volt. Phil. Newt. 1, 4. Une chose finie est une chose qui a des bornes; une chose infinie n'est que celte même chose finie à laquelle nous ôtons ces termes et ces bornes, buff. Ess. arilh. mor. || Terme de mathématique. Grandeur finie , celle qui a des bornes. Progression finie, celle qui n'est composée que d'un certain nombre de termes. Nooi-

FIN

bre fini, celui dont on peut exprimer la valeur. I| S' Terme de grammaire. Sens fini, se dit par opposition à sens suspendu. Il Modes finis , et plutôt modes délinis, modes du verbe qui indiquent pcrtonne, nombre et temps, par opposition à l'infinitif et au participe, qu'on appelle modes indéfinis. L'indicatif est un mode fini. || 6* S. m. Le fini, ce qui a des bornes. Dans la vue de ces infinis, tous les finis sont égaux, pasc. Pens. t. I, p. 2«l, édit. LA- HUBE. Le fini est-il, dans votre esprit, autre chose que l'image do quelque mesure bornée T l'infini esl-il autre chose que l'image de cette même mesure que vous prolongez sans trouver fin? volt. Dict. phil. Imagin. L'idée do l'infini ne peut venir que du fini; c'est ici [dans les espèces vivantes] un infini de succession, un infini géométrique; chaque individu est une unité, plusieurs individus font un nombre fini, et l'espcce est le nombre infini, BtiFF. Ilist. anim. Œuvres, ch. 2, t. )ii, p. 38, dans pouGENS. Entre le fini et l'infini, la distance est toujours infinie, et il n'y a que l'être existant par soi dont la perfection soit absolue, bonnet, Œxiv. mél. t. XVHI, p. (97, dans POUGENS. Il 7° Terme d'arts. La qualité d'un ouvrage terminé avec soin. Ce travail est d'un beau fini. Cela manque de fini.

FINIMENT (fi-ni-man), s. m. Terme de peinture. Qualité dun ouvrage travaillé avec le plus grand soin. Il Ce mot a vieilli, on dit le fini.

— ETVM. Finir. L'ancien français avait finement, action de finir, du verbe finer : Et 11 païens cuide certainement Que il l'ait mort et mis à finement, Raoul de C. 272.

FINIR (fi-nir), V. a. \\ i' Conduire à achèvement, i terme. Finir un ouvrage. Finir un procès. Finir un discours. || 2° Mettre fin à, faire cesser. Rien ne peut m'empècher de finir ma misère, mair. Mort d'Asdrub. v, 2. Je vous rends Aristie et finis cette crainte Dont votre âme tantôt se montrait trop atteinte, CORN. Serlor. v, «. il est tout à fait disgracieux de finir sa vie avec des gens avec qui on ne l'a pas commencée, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, <705. Finissant là sa haine et nos misères, HAC. Àndr. in, o. 11 faut finir des Juifs le honteux esclavage, ID. Alhal. iv, 3. Votre Oreste au berceau va-t-il finir sa vie? ID. Iphig. i, t. Finissez vos passions, commencez à vivre pour l'éternité, mass.

Carême, Samarit J'annonce aux nations Que je

finis le meurtre et les proscriptions, volt. Triumv. y, 5. Il Finir le cours de, mettre un terme à. Ils se persuadent qu'ils pourront éteindre leurs passions, linir le cours d'une vie désordonnée, mass. Car. Laxare. || Finir son cours, avec un nom de chose pour sujet, cesser. Je sentis que ma haine allait finir son cours, rac. Andr. i, <.|| Finir un verre, un plat, etc. achever de boire, de manger ce qui restait dedans. Il finissait toujours la coupe dont elle avait bu la moitié, stael, Corinne, xv, 3. Il Dans le langage trivial, finir quelqu'un, achever ce qu'on est en train de lui faire. Un coiffeur dira : Quand j'aurai fini monsieur, ce sera votre tour. Il 3* Avec un nom de chose pour sujet, être la fin, le terme. La période qui finit son discours est admirable. L'instant qui va finir sa vie. iJi paix finit la haine, corn. Rodog. i, o. Une mort qui prévient et finit tant de pleurs, rac. Baj. m, ( . La conversion finit nos vices, n'éteint pas nos passions, MASS. Car. Inj. du monde. || 4° Mettre la dernière main. Finir un ouvrage. || Terme d'arts. Exécuter avec beaucoup de soin, d'une manière minutieuse. Le peintre, dit-on, aurait pu finir davantage oés carnations, fénel. Exist. i, 89. || Absolument. Ce peintre finit trop. Il ne sait pas finir. Il 6° Terme de manège. Finir un cheval, achever son éducation. || 6° V. n. Ne pas continuer de faire ou de dire. Les chicaneurs ne veulent jamais finir. Cet enfant ne finira pas si on ne le châtie, faites-le donc finir. La reine de Suède, ayant écouté une longue harangue, dit qu'il fallait qu'elle donnât quelque chose à l'auteur, à cause qu'il avait fini, Colomesii opuscula, p. <U, dans riciielet. La comtesse : Finissez, monsieur, finissez; ahl l'odieuse contestation. — Hortense : Oui, finissons ; je vous épouserai, monsieur, il n'y a que cela à dire, HAniv. le Legs, se. <7. Ah çà I mademoisolle, finircz-vous? convient-il à une jeune personne deparlerainsi de mariageîoENLis, Thédt. d'édxic. taBonne mère, i, ï. || Il se construit avec de et l'infinitif. Finir de parler, de jouer. Soyez, soyez Alcide en finissant de l'être, rotbou, Ilerc. mourant, iv, <. || En finir, mettre fin à quelque chose, et d'ordinaire à une chose longue et ennuyeuse. Ces deux partissent égalementbons, puisqu'ils en finissent, staf.l, Corinne, m, 2. Finissez-en, nos frères de Belgique; Faites

FIN

un roi, morbleu ! finissez-en, aéRANC. Belges. || En finir avec quelqu'un, prendre un parti décisif, rompre avec lui. || Il n'en finit jamais, se dit d'un homme qui fan toute chose avec lenteur. || Ne pas finir, ne pas cesser de parler sur un sujet. Klles no finissaient point sur ce sujet, g£v. 48S. Nous ne finissons point sur votre chapitre, ID. <2<. Il Ne pas finir à, avec un infinitif, ne pouvoir achever de. Je voudrais vous faire connaître tous les hauts faits de cet homme extraordinaire , mais je ne finirais pas à vous les raconter. || 7* l'rendre fin , arriver à son terme. Le sermon finissait. Son bail finit à t'âques. Mon aïeul , dont partout les hauts faits retentissent, Voudra bien qu'avec moi ses descendants finissent, corn. Pulch. y, 3. Vous souvient-il des fantaisies qui vous prennent quelquefois de trouver qu'il y a des mois qui no finissent point du tout? sÊv. Lelt. 25 mai t78c). Comptons donc comme très-court, chrétiens, ou plutôt comptons commeun pur néant tout ce qui linit, Doss. Lelellier. Il est ainsi, chrétiens : tout ce qui se mesure finit; et tout ce qui est né pour finir n'est pas tout à fait sorti du néant où il est sitôt replongé,ii). Duch. d'Ori. Comment souffrirons-nous... Que le jour recommence et que le jour finisse Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice? rac. Bérén. IV, 6. Je vous embrasse du fond de mon trou, avec une tendresse qui ne finira qu'avec moi, mais qui finira bientôt, volt. Lett. d'Argmtal, U oct. (767. ....Dans le sombre avenir Mon âme avec effroi se plonge; Etjemedistce n'estqu'un songe Que le bonheur qui doit finir, lamart. Méd. ii, (O. ||Ne pas finir, n'avoirpoint de borne, être infini. Une félicité qui ne finit point. || 8" Être terminé, se terminet. Le mur finit en tel endroit. Ce mot finit par une voyelle. Ils croyaient que le monde finissait où finissait leur île, uern. he st-pierre, Faul et Virg. || Familièrement, ne pas finir, avoir une longueur démesurée. Deux mains pâles et décharnées dont les doigts ne finissaient point, Marivaux, Marianne, 6* partie. Les bras de cette Hébé ne finissent point, niuER. Salon de (767, (Eut), t. xv, p. (26, dans POUGENS. Il 9" Finir en, avoir l'extrémité conformée on.... Sa queue est longue de quatorze pouces, elle est couverte de poils noirs, et finit en pointe, buff. Quadrup. t. xii, p. (oo, dans pougkns. || 10" Avoir une certaine issue. Je doute que cela finisse bien. Le règne de Louis XIV finit par des revers. Tout cola finirait par une perfidie I rac. Baj. ii, B. Ii II se dit des personnes en un sens analogue. Ce jeune homme finira mal. Victor : Et de longtemps, je pense, il ne se mariera. — Justine : Vous verrez que lui-même il finira par là, collin l'hablev. CUdt. en Esp. II, ( . Il Finir par, avec un infinitif, arriver à la longue à un terme. Quoique pauvre, il finira par payer. Il a fini par se marier à l'âge de cent onze ans, BUFF. Suppl. à l'IIist. nat. (But), t. xl, p. (3(.

11* Mourir. Corisbé, je vous prie, et vous aussi, Phénice, De me faire un plaisir avant que je finisse, MAIRET, Sophon. V, B. Il aima mieux finir par une action de courage que de lâcheté, d'ablancourt, Tacite, Ilist m, H . Il n'est personne presque qui ne meure avant de l'avoir exécutée [la résolution de changer] ; les plus déréglés même souhaitent de finir saintement, mass. Carême, Imp. fin. Vous avez vu, madame, finir votre ami, que vous aviez déjà perdu; c'est un spectacle bien triste; vous l'avez supporté pendant plus de deux années, volt. Ixtt. Mme du Dejjand, B déc. (770. Ainsi finit, à vingtquatre ans, une princesse également célèbre par l'esprit, la beauté, les grâces, la folio et les vices, DUCL08, Mém. rég. Œuv. t. v, p 399. Finir comme mon frère est un sort a.ssez beau, m. j. chénier, Gracques, lu, 4. Mais il ne faut pas qu'on ignore Qu'en chantant le cygne a fini, bkrang. Ma dern. chans. \\ 18» Se finir, e. réfl. Prendre fin, cesser. Là est le terme du voyage; là se finissent les gémissements; là s'achève le travail de la foi, boss. le Teliier. il S'accomplir. Ce que promirent les prophètes Aujourd'hui se finit en lui, Régnier, Hymne. Il Familièrement. Achever sa toilette. Une dame dit à sa femme de chambre qui Ihabille : Descendez, je me finirai moi-môme.

— HIST. XI* s. Ses barons [il] mande pur son conseil fenir, Ch. de Roi. xi. ||xii' s. Li emperere a sa raison [discours] fenie, Ronc. p. lo. || xm* s. Quant ferme fu la pais et la guerre fenie, audefr. le bast. Romancero, p (2. Et leur traîson pert [paraît] ains qu'il puissent fenir [venir à bout de leur projet], Berle, Lxiii. || xiv s. Et qui avecques ce vouldroit adjoustcr que ces choses durassent pour toute sa vie et que il finisist sa vie en œuvre de vertu, ORrsMR, Elh 26. Il XVI* s. Pourquoy sera puni un meurtrier,

no

qui a tué celui auquel Dieu avoit fini [déterminé] la vie, CALv. Instit. (4'j. Et en pleurs fineut leur vie, laquelle e.stoyt de raison finir en joye, bas. Pant. III, 48. Où que vostre vie finis.se, elle y est toute, mont, i, 88. Les stoïciens, qui donnent aux âmes une vie au delà de celle-cy, mais finie, ii>. ii, 307. Tout terme qui finit n'a pas longue durée, rons. «58.

— ETYM. Picard, finer; Berry, finir; provenç. fenir ; catal. finir; ital. finirt; du latin finire. L'ancien français, pour éviter l't dans deiu syllabes consécutives, disait /'iwtr, verbe d'ailleurs peu usité; celui qui l'était le plus était finer, dérivé directement du substantif finis, fin, et appartenant à la ('• conjugaison.

t FINISSAGE (fi-ni-sa-j'), *. m. Action de terminer une pièce d'ouvrage. || Opération ultérieure qui suit le dégrossissage et l'espatage.

— ETYM. finir.

t FINISSANT, ANTE (ti-ni-san, san-tl, adj. Qui finit, qui touche à sa fin. Que pourrions-nous raconter de notre société finissante, nous autres Welches, dans notre jargon confiné à d'étroites et barbares limites? cuateaubr. dans le l)ict. de

DOCBEZ.

— HIST. xvr s. Elle a racine petite, finante en poincte obtuse; les feuilles a longues, finissantes en poinctesde larice [mélèze], rabel. Pant. m, 49.

t FINISSEMENT (fi-ni-se-man), t. m. Terme vieilli. Ce qui finit, termine. Les frises, les festons, les corniches et les chapiteaux sont d'or, et portent pour fioissement des vases de porcelaine, d'où sortent de gros bouquets de fieurs, corn. Toison d'or, décoration du 3* acte.

— ETYM. Ftnt'r.

t FINISSEUR (fi-ni-seur), i. m. || 1* Ouvrier qui finit les mouvements des montres et des pendules. Il Celui qui finit la pointe des épingles. || 2* Nom qu'on donne, dans les machines à carder, à la dernière carde.

— ETYM. Finir.

t FIMTEDR (fi-ni-teur), adj. Ancien terme d'astronomie. Cercle fiuiteur, l'horizoa

— ETYM. Finir.

t FINITO (fi-ni-io), *. m. L'arrêté ou l'état final d'un compte. Le finito d'un compte.

I Fl.NNE (fi-n"), *. f. Veine de matières étrangères, dont la situation est oblique dans le bloc d'ardoises.

t FINNOIS, OISE (fi-nol, noi-z'), adj. Langue finnoise, ou, substantivement, le finnois, langue parlée en Finlande, et qui, en un sens plus général, comprend le lapon, le hongrois, etc. Les langues finnoises sont dites aussi ouraJiennes.

t FIN-OR (fi-nor), s. m. Nom d'une petite poire arrondie qui a la forme d'une toopie.

+ FINOT, OTE (fi-no, no-t'), adj. Synonyme inusité de finaud.

t FINOTERIB (fi-no-te-rie), s. f. Petite finesse, petite ruse. Azolin avait remarqué, dans ses Mémoires [de ChiglJ, de certaines finoteries qui n'avaient pas de rapport à la candeur dont il faisait profession, RETZ, V, 373.

— ETYM. Finot développé en finotier, et de U /inolerie.

fFIOCCni (IN) (in'-fi-o-kki). Etre in fiocchi, être en costume d'apparat, porter tousses atours. Jugez d'après ce beau portrait, qui est très-fidèle, si je suis en état d'aller à Paris in fiocchi, volt. Lett. d'Argental, 30 déc. (774.

— ETYM. Ital. in fiocchi, en bouppes; fiocchi signifie les houppes qui garnissent le chapeau d'un cardinal, et »ti fiocchi se dit d'un cardinal en grand costume.

FIOLE (fi-o-l'), s. f. Petit flacon de verre. || Petite bouteille à col long et d'un verre très-mince, dans laquelle les pharmaciens envoient leurs médecines, leurs potions, etc. || Fiole des éléments, nom donné à une fiole contenant de l'eau, du mercure, do l'huile, une dissolution de carbonate de potasse, etc. et destinée à faire voir la superposition, par ordre de densité, des liquides hétérogènes et leur disposition en couches horizontales. {| Populairement. Vider une fiole, boire une bouteille de vin. Il On écrivait autrefois phiole.

— HIST. iiu* s. A ma table scrvoit l'en devant mes chevaliers, d'une grant phiole do vin et d'une grant phiole d'yaue; si le temproient si comme il vouloient, joinv. 2«7. ||xiv* s. Me donna (Jodefrois, à le [la] chiere hardie, Dedens une fiole, par grande signourrie, Du sanc nostre Signour une grande partie, Baud. de Seb. vi, (46. Une fiole d'or, i mcctre tau rose, assise sur une terrasse, esmaillée de vert et sur ladite terrasse deiu luups et ou milieu de U-

ns

Page 1