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de câbles, le plus gros que l'on file dans les roitleries. Kil de haubans, fil moyen. Fil de lusin et fil de merlin, celui qui est le plus fin et qui sert à coudre les voiles. || Fil blanc, fil qui n'est pas passé au goudron. Il Terme de pèche. Fil de pilte, fil qui se fait avec les fibres de l'aloès, de l'yucca. j| 8* Ce qui est fait de petits brins de soie, de coton, de laine, etc. tordus ensemble. Fil de laine, de coton, de soie, etc. Il Fil pers, celui qui est teint avec l'indigo; fil vergé, celui qui est de diverses couleurs. Le fil pers, appelé vulgairement fil à marquer, Bègl. sur les manu/', août 4669, teinture en laine, art. 69. Et pourront les teinturiers en fil vendre du fil de lin, chanvre, coton, fil à marquer, fil à sangle et retors blanc, et autres couleurs, et ruban de fil de toutes couleurs, 16. Teinture en soie, laine et fil, art. sa. || Fil de Turquie, poil de chèvre filé, dit autrement laine de chevron. || Fil de trame. Fil de chaîne. Le fil (le trame est l'étal où le moulinage porte la soie grége, et qui dillère du fil de chaîne ou organsin par la force de l'assemblage, le degré et la naluie de la torsion. || Terme de manufacture de soie. Fil de lacs, fil très-fort à trois brins qui sert à arrêter les cordes que la liseuse a retenues. ||4* Le fil qu'Ariane donna à Thésée pour sortir du labyrinthe. Ma sœur du fil fatal eût armé votre main, hac. Phèdre, 11, b. Un fil n'eût point as.sez rassuré votre amante, m. ib, || Fig. et par allusion. Le fil d'Ariane, ou, simplement, le fil, ce qui dirige. Cette vérité, une fois trouvée, devint pour lui le fil d'Ariane. Je me vois dans un labyrinthe.... je crois que jetions le bout du fil,MONTES0. Esp. xxx, 2. Ils se trouvèrent égarés comme dans un vaste labyrinthe, sans fil et sans issue, volt. Z'/nj^im, (3. Un homme qui saule par la fenêtre, et l'autre après qui avoue.... le fil m'échappe.... il y a là dedans une obscurité , BBALMARCH. Jfor. de Fig. ui, 6. ||5"Le fil considéré dans son emploi pour tisser les étoffes. Mes jours ont été retranchés plus vite que le fil de la toile n'est coupé par le tisserand, saci. Bible, Job, VII, 8. Il Couper de droit fil, ou aller de droit fil, couper de la toile entre deux fils sans biaiser. Il Parextension,de droit fil, en droite ligne. Il m'apprit d'abord à piler avecgrâce desdrogues dans un mortier, et à mettre en place un lavement de droitfil, lesaoe, j^slet). Gonï. 47. Il Fig. Contre ses fins cet homme en premier lieu Va de droit fil , la font. Troq. Il Par analogie avec les fils dont une toile est tissée. En tissant le fil de vos faits plus qu'humains, RÉGNIER, Sat. VI. La religion n'était 00cupée qu'à renouer les fils sociaux que la barbarie rompait sans cesse, chateaub. Génie, iv, VI, 8. Il Fig. Un fil de manqué, quelque chose qui cloche, par comparaison avec un Cl manqué (lans une trame. Je dis qu'il y a un fil de manqué, sÉv. 202. Il 6° Substance flexible et déliée que les chenilles, les araignées tirent de leur corps. La soie est le fil que produisent les chenilles du mûrier. Une araignée suspendue à son fil. Un fil de soie d'araignée, quoique prodigieusement fin, est formé de la réunion de plusieurs milliers de fils qui passent par différentes filières , bonnet , Contempl. nat. xii, *. || Fils de la Vierge, fils de Notre-Dame, filandres qui voltigent dans l'air en automne et qui sont produits par (liverses araignées. Il n'y a pas bien longtemps qu'on sait dans les villes que le fil de la Vierge, qu'on trouve souvent dans la campagne, esl un fil de toile d'araignée, VOLT. Dict. phil. Almanach. || 7° Fil de perles, collier de perles enfilées. M. de S.avoie envoya à Mademoiselle des présents magniflijues, entre autres un fort beau fil de perles, dangeau, 1,2, 4 avril 4684. Cette femme vaine et ambitieuse.... qui traîne sur elle en ses ornements la subsistance d'une infinité de familles; qui porte, dit Tertullien, en un petit fil autour de son cou, (les patrimoines entiers, uoss. Sermon, l'Honneur, 1. Mme de Montespan avait renvoyé au roi, depuis quelque temps, un parfaitement beau fil de perles qu'elle en avait eu, st-sim. 75, 222. Il 8° Fil à plomb, masse pesante suspendue à l'extrémité d'un fil, indiquant la direction de la pesanteur ou de la ligne verticale, et servant à mettre d'aplomb les ouvrages de charpente et de maçonnerie. Il 9° Le fil qui tient à une marionnette et qui sert à la faire mouvoir. Près des femmes que sommes-nous? Des pantins qu'on ballotte; Messieurs, sautez, faites les fous Au gré de leur marotte; Le plus lourd et le plus subtil Font la danse complète; Et Dieu pourtant n'a mis qu'un fil A chaque marionnette, bérang. Marionn. || Fig. Le remuement des cœurs par le fil secret des passions.... tous ces ressorts resteront inexplicables pour vous, CHATEAUB. C^m'e, ni, lu, 4 . || Fig. Tenir les fila,

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faire jouer ou faire aller les (ils. || 10" Métal tiré à la filière. Fil d'argent. Fil d'arciial, voy. arciiAL. Fil de fer. Un fil de cuivre, d'un dixième do pouce de diamètre, peut soutenir un poids d'environ trois cents livres avant de se rompre, bufp. Uin. t. V, p. flï, dans pougens. || Fil de laiton. Ces vers se perdent dans la foule des bons; ce sont des fils de laiton c|ui servent à joindre des diamants, VOLT. Dict. phil. Style. \\Fil d'or. Agrippine, mère île Néron, lorsijue l'empereur Claude, son époux, donna au peuple un combat naval, y parut habillée d'une longue robe, toute de (il d'or, sans aucune autre matière, hollin, Hist. anc. Œuvres, t. x, p. 423, dans POUGENS. Il Ce beurre est jaune comme (il d'or, il est très-jaune. || Fil à moule, fil de laiton dont on fait le coips des épingles. || Fil de pignon, fil d'acier cannelé dont se servent les horlogers. Il Pour les treillages, fil normand ou Cl à pointe, fil de fer non recuit; fil à coudre, fil de fer recuit. Il 11* Le fil de la vie, de nos destinées, de nos jours, etc.; le cours de la vie, par allusion à la fable des Parques qui filent la destinée de chaque homme et tranchent le fil de la vie. Je fis soudain trancher le beau fil de sa vie, tristan, llariane, ii, 4. La colère do ce Dieu qui coupe le fil de ses jours, flRcu. Dauph. Que le ciseau de la Parque tranche le fil de tes jours, fén. Tél. ni. Ils ne coupèrent pas en un clin d'oeil le fil de votre vie, mass. Carême, Impén. Il 12" Il se dit des fibres dont l'assemblage forme le bois. Prendre le fil du bois. Suivre le fil du bois. Ces longues pifces minces pliant beaucoup avant de rompre, les plus petits défauts du bois et surtout le fil tranché contribuent beaucoup plus à. la rupture, BUFP. t. viii, p. 233, dans POUGENS. Il Bois de fil, bois employé de manière que toutes les fibres en sont disposées sur la longueur de l'ouvrage. || Par analogie, le fil de la viande, la direction des fibres qui la composent. Couper une pièce de bœuf dans le fil. Il Le fil d'un cristal, la direction qu'on ont suivie les molécules dans la cristallisation. Le filet le contre-fil se reconnaissent dans le cristal de roche, non-seulement par la plus ou moins grande facilité de l'entamer, mais encore par la double réfraction qui s'exerce constamment dans la sens du fil et qui n'a pas lieu dans le sens du contre-fil, buff. Mm. t. vi, p. <<6, dans POUGENS. Il 13° Terme de maçoniierie. U se dit, dans les pierres et dans le marbre, de petites fentes ou de veines qui divisent la masse en plusieurs parties, et (|ui la rendent mauvaise. Cette table de marbre s'est cassée dans le fil. || Défaut du verre provenant de ce qu'il est mal lié, que le mélange en a été imparfait. || 14" Le tranchant d'un instrument coupant, par comparaison avec la ténuité et la délicatesse d'un fil. Le fil d'un couteau, d'un rasoir. || Donner le fil à un rasoir, à un sabre, en rendre la lame fort tranchante. Les guerriers aiguisaient le fil do leurs épéos, lamart. Ilarold, 25. Il On dit dans un sens analogue : ce rasoir, ce sabre, ce couteau a le fil. || ôter le fil à une lame tranchante, la passer sur la pierre à aiguiser pour en 6tcr la partie faible et pliante du fil. || Passer au fil de l'épée, tuer en passant l'épée au travers du corps, en parlant d'un grand nombre d'hommes tués, à cause que l'epéo est pris ici dans un sens absolu et collectif. La garnison fut passée au fil de l'épée. Lorsque le Seigneur votre Dieu vous les aura livrés, vous les ferez tous passer au fil de l'épée, sans qu'il en demeure un seul, saci, Ilible, Deulér. vn, 2. Quelques troupes ont passé par le [ont été passées au] fil de l'épée, la brut. x. Ils passent au fil de l'épée les habitants des villes qu'ils prennent, mon- TESQ. Esp. xviil, 20. Il Fig. et populairement. Avoir le rd, être fin, rusé. Je connais ce fil-là, je connais celte ruse, cette tromperie. C'est un fil de commissaire, c'est une ruse qui a la prétention d'Être trèsadroite. Il a un fil do commissaire, il est trùsadroitll 16° Courant do l'eau, par comparaison avec la continuité et le développement d'un fil. Le fil de l'eau est la direction do son cours naturel. Suivez le fil de la rivière, la font. Fo6i. m, 16. Ce n'est pas s'opposer à un fleuve ni bâtir une digue en son cours pour rompre le fil de ses eaux, Boss. m, Vêiure, 4. C'est sous le fil de l'eau qu'est sa plus grande force de creuser, et par conséquent c'est là que le fond s'abaisse le plus, et il s'y fait une plus grande concivité , ponten. Gugliclmini. || Fig. Dès qu'on est dans le fil de l'eau , il n'y a qu'à se laisser aller; on fait sans peine une fortune immense, volt. Jeaunot et Colin. || Fig. Aller contre le fil de l'eau, entreprendre une chose à laquelle tout est contraire. || 16 • Jet d'un métal en fusion. || 17° Fi?. Suite, liaison, enchaînement. U faudrait interrompre le fil dos aflaires de l'A-

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sic, vauoel. Q. C. V, t. Or, pour reprendre la harangue Dont nous avons rompu le fll,scABR. Virg. IV. X qui TOUS fiez-vous dans Paris, me dit d'un même fil H. le comte de Cramail ? rktz, i, 32. Avant que de reprendre le fil de notre discours, sRv. 218. U me dit que l'ablié de Grignan tenait le fil de cette afTaire, lu. 302. Je souhaite que vous repreniez bientôt le fil de votre voyage, ID. 32». Je m'en vais reprendre le fil de ma belle santé, id. a»i. Vous allez lui voir reprendre le fil de ses perfections, ID. 3»7. Cela me fait perdre le fil de la conversation, ID. 681. [Il] Sut de leur noir complot développer le fil, bac. Eslh. II, 3. Il est permis de s'écaiter un peu du fil de son récit, hamilt. Gramm. 8. Pleinement instruite de toutes les vues de Pierre le Grand, elle en a pris le fil et le suit, font en. dar Pierre. L'Académie, presque encore naissante, avait formé le noble dessein d'envoyer des observateurs à Alexandrie et à Uranibourg, pour y prendre le fil du travail des grands hommes qui y av.iiont habité, m. Chateltes. Newton reprit ainsi le fil de sa démonstration, volt. Newt. m, 3. Quand j'aurai repris mes sens, je reprendrai le fil de mon histoire, ID. Jcnni, B. C'est par le fil de ces recherches que nous parviendrons à savoir, J. 1. Borss. £m. m. C'est sur le fil des idées qu'il faut juger qu'un être pen.se, Diderot, Pnit. phil. 20. Ces considérations doivent arrêter celui qui ne voudrait que suivre le fil des intrigues politiques, baïnal, Ilist. phil. X, <0. Voici comment s'était noué le fil de ce petit roman, hahuoniel, Siém.ni. Forcé de confier à d'autres qu'à lui-même les fils tortueux d'une procédure compliquée, Mirabeau, Collection, t. il, p. B0«. J'ai conduit tous les fils de cette vaste intrigue, bay.nouard. Étals de Bloit,u,T. 1,'amitié.... Ne sera plus un froid discours Dont l'infortune rompt le fil, béhang. Airui soit-il. Il Être au fil de, être au courant de, connaître, savoir. La princesse des Ursins ignorerait la plupart des choses et ne serait au fil de rien, st-sim. ( 22, 94. Il Le fil de l'analogie, la suite et la liaison des rapports indiqués par l'analogie. || 18" Fil d'araignée, joubarbe des Alpes [sempervivum arachnoideum, L). || 19° Fil, serpent des Indes très-cffilé.

— HiST. XIII* s. Il est consaus [conseil] de tote Grice [Grèce]; Car il savoitde fil en lice [d'un bout à l'autre] Quanque prodomavoit mestierX pais faire et à guerroier, Partonop. T. 247. Par matinet, au fil du jor, ib. ms. f" 431, dans lacurne. Li somiers de file de laine et de file d'estoupes, tailliar, Aeoueil, p. 21. Bêle Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailles desploie, Coust un fil d'or, l'autre de soie. Romancero, p. 63. Li vilains fu en sa meson, Où n'avoil home se lui non ; Sa famé fu son file vendre, lien. 4977. [Ils]Li content de fil en aiguille Tretout quanque lor appartint, la Rose, 15972. De pité et de dol [deuil] est aval adinés. Les larmes li degotentfil à fil sorle nés, C/i. d'Ant.v, 47». j| xiv* s. Quatre moyeux d'oeufs batus avec vin blanc, et versez à fil en vostre eaue, Ménaç/ier, ii, 5. || xv* s. Et se mirent au droit fil de la rivière, sa bannière et ses gens, froiss. n, ii, 32. ||xvi' s. Un petit fil de vinaigre, du bellat, vu, 6, verso. Mettre au fil de l'espée, MONT. I, 5. Sa carrière [discours] se passe d'un fil et d'une suite .sans interruption, id. i, 40. Prendre une chose de droict fil, iD. I, 4 54. Passer au fil de l'épée, id. iv, 20. Je viens de courre d'un fil [trait] l'histoire de Tacitus, id. iv, S8. Comme chef avisé, il alla garni de tîl et d'aiguille (comme on dit), non seulement pour estre préparé pour l'occasion, mais pour former l'occasion et puis s'en prévaloir, LANGUE, 600. Depuiscela le peuple le rabroua et lui rompit le fil de son propos quand il cuida ha-

renguer, amyot, les Gracques, 31 Ayant deux

espées, fut longtemps à en essayer le fil, id. Olhon, 23. Une leur addresse pas des louanges de droit fil, ains vient de loing tournant tout alentour, id. Com. discerner le flatteur de l'ami, 25. Pour rompre et alentirun peu l'impétuosité du fil de l'eau, id. César, 30. Encores que le regnard [lo comte d'Egmon] soit bien cault et rusé, si est-ce que je luy baille le fil [je l'attrape] par mon trompette [un trompette qu'on lui envoyait avec un faux avis].... CAKLOIX, VI, 45. Vos finesses sont cousues de fil blanc : enfin tout le monde les voit, Sal. Ménip. p. 90. De tous les hommes, voyre entre les frères mesmes, il ne s'en trouve pas deux au monde qui, en traits et fil de visage, taille de corps, moeurs et complexions, se ressemblent entièrement, du verd. Diblioth. p. 4ll,dans L'CiRME.

— ÊTYM. Bourg, fy; provenç. fil; espagn. fci^o; porlug. fio; it;il. /i/o; du latin filum.

t FILAUIJ'; (fi-l.i-l)l'), adj. Qui peut être filé.

— ETYM. Filer; provenç. filable.

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+ FILADIKRE (fi-la-diè-r'), ». f. Sorte de bateaux à fond plat en usa^^e sur diverses rivières.

4. FILAGE (fi-la-j'), t. m. Action, maniire de filer le chanvre, le lin, la laine, la soie, etc. Le filage de la laine est différent de celui de la soie. Il Ouvrage du fileur pour lequel il doit recevoir un salaire.

— HIST. XIII* S. La chemise [il] li ront, qui fu de fort filage, Fabl. mss. n* 734 8, f <•««. dans

LACI'BNK.

— ETYM. Filer.

t ». FILAGE (fl-Ia-j*) ou FILAGO (fl-la-go),». m. Genre de fleurs composées de la tribu des tuWiiflores, formé de petites plantes cotonneuses k leur surface , blanches, communes dans les champs cultivés, au bord des chemins.

— HIST. XIV* s. Une herbe qui est appelée rermclllcuse et en médecine filage, Uodus, f> xav.

— ETYM. Fil.

t FILAGOR (fi-la-gor), s. m. ou FILAGORE (ftla-go-r"), s. f. Ficelle des artificiers avec laquelle ils forment la gorge des cartouches.

FILAGRAMME (fl-la-gra-m') , i. m. Voy. Faigrane.

t PILAIRE (fi-16-r'), ». m. et f. (Les naturaliste» le font tantôt masculin , tantât féminin.) Genre de vers nématoîdcs. Filaire de Médine, voy. dragonneau. Filaire bronchial, filaire du cristallin. Glaire de l'œil, filaire qui se trouve dans ces organes.

— ETYM. Fil.

FILAMENT (fi-la-man), t. m. |1 1° Petit brin long et délié comme celui qu'on tire du chanvre, du lin. Les filaments des plantes. Les parties intégrantes du gypse vues à la loupe paraissent être tantôt des prismes engrenés les uns dans les autres, tantôt de longues lames avec des fibres uniformes ou filaments allongés, bufp. Min. t. ii, p. 5», dans POUGENS. Il 2- Terme d'anatomie. Organe ou débris d'organe mince et allongé formé de fibres ou de tubes.

— HIST. xvi* s. Ils [le cœur, la vessie, etc.] ont les trois espèces de filamens : par les filets droits il se fait attraction, et par les traversiers expulsion, et par les obliques la rétention, pars, i, 8.

— ETYM. Lat. filare, filer.

FILAMENTEUX, EUSK (fl-la-man-teû, tefi-z"),

adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a des filamenUt. Ecorce filamenteuse. Us [des oiseaux] .savent entrelacer avec leur bec cotte matière filamenteuse et en former un tissu épais et serré, presque semblable à du drap, bufp. Ois. t. x, p. 4 44, dans f<Mige.'4S. Il Terme d'anatomie. Tunique filamenteuse, la membrane caduque après son expulsion.

— ETYSl. Filament.

t FILANOERIE (fi-l.in-de-rie), s. f. Nom, dans quelques localités, et en particulier dans les Côtes du Nord, de la veillée ou du lieu oti plusieurs femmes se réunissent pour filer.

— ÉTYM. Voy. PILANDIÈRB.

FILANDIÈRE (fl-lan-diê-r'), ». f. || 1" Femme dont le métier est de filer (U est du style archaïque ou badin). Elle filait et le chanvre et le lin. On la nomma Berthe la filandière, hillev. Charlem. A Pavie, V. || Par extension. Ainsi.... Se plaignait 1.1raignée autrefois tapissière. Et qui, lors étant filandière. Prétendait enlacer tout insecte volant, la FONT. Fabl. X, 7. Il y a des filandières [parmi les oiseaux] qui recueillent la soie sur un chardon, CHATF.AU8. Génie, 1, V, «. !| 2° Adj. Les sœurs filandières, les Parques. Elles filaient si bien que les sœurs filandières Ne faisaient que brouiller au prix de celles-ci, la font. Fabl. v, 6. On me montra les trois sœurs filandières. Qui font le sort des peuples et des rois, volt. Songe creux.

— HIST. XVI* s. Que mauldictes soyez-vous, Filandières de la vie, du bellay, vu, 3», recto. De voir ainsi devenu filandier Ce grand Alcid' des monstres le meurdrier, ROss. 4i7.

— ETYM. Ftler, par l'intermédiaire du participe présent. On disait plus anciennement fHaresse qui était le féminin de fUeur.

FILANDRES (fi-lan-dr), i. f. plur. \\ 1° Longs fils blancs qui voltigent dans l'air en automne. Les filandres sont vulgairement appelés fils de la Vierge. I 2' Longues fibres coriaces qu'on trouve dans les chairs des animaux. || Filets qui .se détachent des boyaux des animaux quand on les dégraisse, et qui servent à les coudre les uns aux autres. || 3° Ixjngs filets qui existent dans certains légumes, et qui les rendent désagréables. || 4° Terme de vétérinaire. Chairs qui, faisant saillie dans une plaie, s'opposent à la réunion et à la cicatrisation. || 5" Tcime

FTL

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(le fauconnerie. Maladie des oiseaux de yfûi«, qui consiste dans un dessèchement de certaines parties de sang, extravasé par quelque rupture et figé en forme d'aiguille. || Nom donné, dan."» les mêmes animaux, à certains vers qui, s'engendrant soit dans leur gosier, soit autour du cœur, du foie et du poumon, les incommodent beaucoup. |{ 6" Terme de marine. Herbes de mer qui, s'attacliant en masse à la car6ne du vaisseau, «n retardent la marche. H 7" Défaut? dans une glace, dont la vitrification n'a pas été homogène.

— HisT.; uv s. Se vostre faulcon a les filandres, TOUS Ifl sçp.urez à ses esmues [fiente], qui seront plains d'une matière en manière de filez de char, Uodus, (" xciii, verso.

— ÉTYM. Filer, par l'intermédiaire du participe présent ; espagn. jilandria ; portng. filandras ; ital. jilandra. On trouve aussi filandre avec le sens de filet.

KILANDKEUX, KUSE (fi-lan-dreû, dreû-7.'), ad;'. Il 1" Rempli de filandres. Viande filandreuse. Légumes filandreux. || 2" Terme de maçon. Se dit du marbre, de la pierre qui a des fils. D'autres sont traversés par un très-grand nombre de fils d'un spath tendre, et les ouvriers les appellent marbres filandreux, BriFP. Min. t. ii, p. i8, dans pougens. Il 3° Fig. Style filandreux, discours filandreux, style, discours dont les phrases longues et entortillées suscitent au lecteur la même peine qu'une viande filandreuse à celui qui la mange. || On dit aussi un écrivain, un orateur, un professeur filandreux.

— ÊTYM. Filandres.

FILANT, ANTE (ft-lan, lan-t'), adj. Qui file, coule doucement. Un liquide filant. || Etoiles filantes, VOV. ÉTOILE.

t FiLardeaU (fl-lar-dô), s. m.\\i' Jeune brochet, trop petit pour être mangé autrement qu'en friture. || 2" Jeune arbre droit et de haute tige.

— IIIST. XIV' s. Unboncheveneau, des barbillons, fiUardeau et autre menu poisson, du cange, filatum.

— ÉTYM. Fil, par l'intermédiaire du mot fictif filard, fait de filer, comme fonïard de vanter, avec le suffixe eau représentant el et diminutif.

t HLARDEUX, EUSE {fi-lar-deii, deû-z'), adj. Terme de maçon. Pierres filardeuses, pierres qui ont des fils, c'est-à-dire qui ne sont pas également pleines. La plupart des marbres de couleur sont filardeux.

-- ÉTYM. Voy. FILABDEAU.

FILASSE (fi-la-s'), s. f. Il 1° Amas de filaments tirés de l'écorce du chanvre ou du lin, et qui, mis sur la quenouille, donne le fil à l'aide du fuseau. Charger une quenouille de lilasse. Boucher une fente avec de la filasse. 1| Des cheveux de filasse, des cheveux qui ont la couleur de la filasse. C'était [la princesse d'HarcourtJ une grande et grosse créature, avec de grosses vilaines lippes et des cheveux de filasse, st-sim. fi^i, "230. || Fig. Ce n'est que de la filasse, se dit d'une viande filandreuse et sans goût. Il 2° Filasse de montagne, l'asbeste.

— HIST. xiii* s. Au deable soit tel filace, Fet li

vallés, comme la vostre! buteb. 298. || xvi* s À

filler la fiUace Esteindras-tu la gloire de ta race? AMYOT, Comment lire les poètes , 52. Après un autre rang de harnois, un autre des instriimens pour la filasse [pour filer] , un autre de ceux qui sont pour moudre le blé, etc. la boStie, <83.

— ETYM Fil, avec la terminaison péjorative asse. FILASSIER, 1ÈRE (fi-la-sié, sifi-r'), s. m. et f.

Il 1° Celui, celle qui façonne la filasse, qui en fait le commerce. || 2° Voy. mabouette, uâle t.

— ÉTYM. Filasse.

FILATEUR (fl-la-teur), s. m. Celui qui dirige une filature.

— ÉTYM. Filer.

tFILATIKR (fi-la-tié), s. m. Terme de commerce. Marchand de fil.

— ÉTYM. Fil.

fFILATRlCE (fi-la-tri-s'),s. /■. ||1» Femme occupée à tirer la soie de dessus le» cocons. || 2° Il s'est dit d'une sorte d'étoffe. Filatrice et auties étoffes tramées de fleuret. Statuts des mardi, de drap d'or, 9 juill. )C87, art. r.4.

— ÊTYM. Filer.

FILATURE (fi-la-tu-r'), s. f. Usine où l'on fabrique du fil pour étoffe. || L'art de filer en grand. La vapeur appliquée à la filature. || Action de filer. Depuis la filature de l'or avec la soie jusqu'à la perfection des plus riches tissus, nous suivîmes rapidement toutes les opérations de l'art, marmontel, Uém. vu.

— ÉTYM. Filer; provenç. fHadura, filage; ital. filolura.

DICT. DE l,K LANOUB FRANÇAISE.

FU.K (fil'), ï. {. Il 1" Suite, rangée de choses ou de personnes disposées une à une sur une même ligne, les unes derrière les autres. Dans une file d'objets disposés sur une ligne comme le sont, par e\euiple, les lanternes sur le chemin de Versailles en allant à Paris, buff. Homme, t. iv, p. 449. dans POUGENS. De mes quarante dents vois la file effroyable, VOLT. Marseillais et Lion. Et la porte se referme incontinent après avoir laissé voir au spectateur deux longues files de prêtres et de prêtresses couronnés de fleurs, id. Lett. d'Argental, 24 févr. 1782. Il fallait bien laisser à la longue file des tratneurs et des malades le temps de joindre, les uns leurs corps, les autres les hôpitaux, ségub, Hist. de Nap. v, ) . Le reste [de l'armée], dans une proportion effrayante, ressemblait à une horde de Tartares, après une heureuse invasion; c'était, sur tiois ou quatre liles d'une longueur infinie, une confusion de calèches, de caissons, de riches voitures et de chariots de toute espèce, id. ib. ix, ) . || Prendre la file des voitures, mettre sa voiture à la queue des autres.jl Fig. J'emploie le peu [d'heures] qui me reste à vous souhaiter une longue file de prospérités, volt. Lett. Catherine, <07. Dieu a voulu que cette file d'idées vous ait passé par la tête, pour vous donner apparemment quelque instruction dont vous ferez votre profit, ID. Le blanc et le noir. 11 y a là une file de tracasseries dans lesquelles je suis bien loin de vous prier d'entrer, et dont je n'ai pas une idée bien nette, id. Lett. Richelieu, (6 déc. <77i. || i la file, l'un après l'autre. Les vertus devraient être sœurs. Ainsi que les vices sont frères ; Des que l'un de ceux-ci s'empare de nos cœurs, Tous viennent à la file.... la font. Fabl. viii, 26. Vingt carrosses bientôt arrivent à la file, uoil. Sat. vi. || 2'' Rangée de soldats qui sont les uns derrière les autres. Il se trouva quatre-vingts files de soldats pesamment armés, chacune de cent hommes ou environ, boli.iN, Ilixt. anc. Œuvres, t. iv, p. 199, dans pougens. Il Demi-file, la moitié d'une file; se disait à l'époque où l'ordre profond était en usage. || Serrer les files, se rapprocher à mesure qu'un homme manque dans les files. Mon Dieu! que vous dites bien sur la mort de M. de la Rochefoucauld et de tous les autres! on serre les files, il n'y paraît plus, sÊv. 431.11 Doubler les files, augmenter la hauteur d'un bataillon, en en diminuant le front. || Chef de file, celui qui est le premier d'une file. || Fig. Je suis votre chef de file.... b. de st-piebbe. Mort de Socrate. \\ Dans les commandements : Par file à droite, par lile à gauche! || Terme de marine. Chef de file, le vaisseau qui est le premier de la ligne de bataille. Il Serre-file, voy. SEnEE-FiLE. Il Feu de file, feu d'une troupe où tous les hommes de file en file tirent l'un après l'autre et sans interruption. Dans le langage technique on dit : feu de deux rangs. Il 3° Se dit, vers les Pyrénées, d'arbres droits et élancés. On y coupe [dans les forêts d'Aran, Espagne] chaque année <800o files proprés à faire des chevrons et des soliveaux, dbalet. Traité des forêts d'arbres résineux, p. 188.

— SYN. file, rang (dans le langage militaire) . Un nombre d'hommes à côté les uns des autres dans une même ligne se nomme un rang; des hommes mis un à un derrière les uns les autres se nomment une file.

— HIST. XV* s. Les gens du roy venoient à file par la forest, comm. i, .1. || xvi' s. Us entrèrent file à file les uns après les autres, et bien tost après les lanskonets les suivirent pour avoir leur bonne part du butin, castklnau, 24i. En la pointe gauche, il ne fut pas ainsi, pource que les files du bataillon ne s'y peureut serrer de près, ny joindre escu contre escu, amyot, Flamin. <3. Les bataillons passèrent presque tous formez, et ce fut pourquoi on les fit oblonts, à la charge de faire front de file.... d'aub. Hist. ii, 392. Pour la file [l'envoi] de nos vivres, et pour la seureté du passaige de France en AUemaigne, cabloix, jv, 21. Tantost elles [mes rêveries] se pressent en foule [dans la composition ] , tantost elles se traisnent à la

file, MONT. II, 99 Les hommes devant souloyent

mener sans peine La file de leurs ans; depuis ils vont passant Leurs jours en mille ennuis, soudain enviedlissant, am. jamin, Porsies, p. 224, dans

LACUBNE.

— ÊTYM. Fil; provenç. espagn. et ital. fila.

I. FILE, ÉE (fi-lé, lée), part, passé. || 1° Mis sous forme de fil. Du chanvre filé. || Terme de luthier. Cordes filées, celles qui sont entourées d'un fil de laiton comme la grosse corde de violon. || 2° Fig. Il se dit du fil que filent les Parques. Vos inutiles jours filés par la mollesse, volt. Heur. vit. Si du

reste de ma jeunesse Je puis jouir en liberté Et consacrer à la mollesse Des jours filés par la santé, desmahis, Poét. p. 56, dans pougens. || Des jours filés d'or et de soie, une vie heureuse, brillante. Ilestjuste, seigneur, que vous goûtiez la joie De rétablir des jours filés d'or et de soie, tbistan, M. de Chrispe, u, o. Il 3° Conduit d'une manière égale et soutenue. Le vol de cet oiseau est filé. Un son flié. Son vol [du martin-pêcheur] est rapide et filé ; il suit ordinairement les contours des ruisseaux en ra.sant la surface de l'eau, bufp. Ois. t. xiii, p. 254. || 4" Fig. Bien conduit, en parlant d'une œuvre de littérature. Je vieLS de relire cette scène de Pandore, je la trouve assez bien filée et les raisons de Mercure très-bonnes, volt. I^tt. d'Argental, 20 sept. 176». 115° Terme do marine. LAché, largué. Câlile filé. || La ligne attachée au loch est filée derrière le navire dont on veut mesurer la vitesse ; on compte les nœuds filés, el l'on dit que le navire file tant de nœuds.

2. FILÉ (fi-Ié), s. m. Il 1° Or, argent tiré à la filière, et appliqué sur un fil de soie ou de chanvre. Du filé d'or. Du filé d'argent. || 2" Il se dit quelquefois de fils destinés à être tissés. La finesse et la qualité du filé destiné aux gazas nous manquait, BACHAUMONT, Mém. secrets, Londres, 178«, t. xxix,

— ÉTYM. Filé I .

t FILEMENT (fi-le-man), s. m. Action de filer

— HIST. xvi' s. Filement, ouDiN, Dict.

— ÉTYM. Filer.

FILER (fi-lé), V. a. || 1° Tordre ensemble des brins de chanvre, de lin, de ^oie, de laine, et en former un fil. Les femmes [de Tyr] ne cessent jamais de filer les laines ou de faire des dessins de broderies ou de ployer les riches étoffes, fénel. Tél. II. La fameuse Lucrèce travaillait à filer de la laine au milieu de ses femmes, rollin, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 374, dans pougens. On peut trouver ridicule que les filles d'Auguste aient filé les habits de leur père, lorsqu'il était maître de la moitié de l'univers.... VOLT. Ess. poés. épiq. ch. 2. Le tranquille colon du rocher de Saba voit cet amas de folies, et file paisiblement son coton, raynal, Hist. phil. xii, 18. Tout en filant votre lin. Écoutez-moi bien, ma fille, bKbano. Mère av. \\ Filer une quenouille, filer la filasse qui est autour de la quenouille. Les vieilles au foyer en filant leurs quenouilles, eégnieh, Épitre 1. Il Allez-vous-en filer votre quenouille, se dit aux femmes qui se veulent mêler de choses qui ne les regardent pas. || Absolument. Filer au fuseau, au rouet. Elle [Mme de Maintenon] filait ou travaillait à la tapisserie en dictant ses lettres, et même seule avec le roi, genus, Mme de Maintenon, t. II, p. <6(l, dans pougens. Ne dit-on pas qu'Hercule a filé pour Omphale? destol'CHes, Hom. sing. IV, 2. Puissé-je vivre assez longtemps pour apprendre que les eunuques du sérail de Constantinople sont allés filer en Sibérie! volt. Lett. Schouvalof, 3 déc. 1768. Il Du temps que Berthe filait, dans le bon vieux temps ; se dit par allusion aux anciens romans carlovingiens de Berthe aux grands pieds et à la déesse germanique Bcrchta avec son fuseau d'or. || Fig. Ce chat file, il fait entendre un certain murmure qui est un signe de contentempntet qui ressemble au bruit d'un rouet. || 2° Par analogie. Filer se dit de la fabrication des cordes. Filer une corde. || Fig. et familièrement. Filer sa corde, faire des choses qui conduisent à la potence. Il II se dit aussi des métaux dont on fait des fils. Ces moulins dont la quantité prodigieuse borde le village [Saardam, en Hollande], et dans lesquels on scie le sapin et le chêne, on tire l'huile, on fabrique le papier, on file les métaux ductiles, volt. Russie, I, 9. Il Filer des cordes, se dit, pour les instruments de musique , des cordes à boyau, recouvertes d'un fil argenté. || 3° Il se dit des vers à soie qui font sortir la soie de leur corps, et de l'araignée qui produit les fils nécessaires à la fabrication de sa toile. Une araignée qui file sa toile. Il Absolument. Ce grand homme [Haller] n'avait pas un génie fait pour l'analyse; et il me le disait lui-même, il ne filait pas comme le ver à soie, bonnet, Lett dit. Œuv. t. xii, p. 32a, dans pougens. Il 4» Terme de cirier. Filer de la bougie, la faire passer par les trous des filières. || 'l'erme de vitrier. Filer , tirer de i etits lingots de plomb à travers le tire-plomb pour les aplatir et y faire, des deux côtés, les rainures qui servent A tenir et enchâsser la vitre. || Terme d'épinglier. Filer la tête des épingles, dévider sur un rouet le laiton, pour le disposer en petits îinreaux doubles dont on fait les têtes d'épingles. || 6* Filer avec jours, I vif destin, se dit eu parlant de l'accomplissement

FIL

de la vie des mortels, par allusion & la fonction mythoioRiiiue d«s Parque». Et quand il fie Styi] est fraiiciii, les lllles du destin Filent aux habitants une nuit sans matin, la ko.nt. Psyché, ii, p. (92. Rt qu'il reste à la Parque eiicor de quoi Qler, boil. Sat. I. Los l'arques me fliaient des jours d'or et de soie, FÉN. Tél. xiv. Jamais la main des dieux IS'aurait filé des jours plus doux, plus glorieux, lamart. Béd. u, 3. Il 6" Conduire d'une manière égaie et soutenue. Il ne put joindre qu'à Hodez M. Cassini, qui, pour ainsi dire, filait sa méridienne en s'éloignarit toujours de l'aris, fonten. ChaieUes. Je n'abiégerai pas cet heureux temps, j'en filerai l'enchantement, j. j. Rouss. Êm. V. Tout ce que je pouvais faire était de filer sans bruit des soupirs fort incommodes dans le silence où nous étions souvent, ID. Conf. II. Il Filer le parfait amour, nourrir longtemps un amour tendre et romanesque. Vous filez le parfait amour Auprès d'une beauté de tout point accomplie, dancouht, la Métempsycose, i, <. || On le dit queljuefois en plaisantant. U file le parfait amour auprès d'une femme qui se moque do lui. Il Terme de musique. Filer un son, le prolonger en commençant piano, en enflant jusqu'au forte, et en diminuant avec les mêmes gradations. i| Familièrement et par plaisanterie. Filer une période, faire une période à plusieurs membres. || Terme de tlièàtre. Filer une iritrigue, une scène, une reconnaissance, la préparer, la conduire avec arî. \'. 7° Terme de marine Filer un cordage, le détendre par dei,rés quand il est roide et le forcer de céder doucement àl'elTort qui le tend et l'entraîne, jal. || Filer du câble, mettre hors du navire une longueur de câble plus grande que celle qui y était déjà. || Filer un câble, une chaîne par le bout, laisser aller la chaîne ou le câble tout entier hors du navire, par l'écubier qui lui sert de passage. || Filera la demande, détendre un peu. !i Filer en douceur, filer peu à peu. || Filer en bande, filer tout d'un coup. || File boulinel commandement pour faire démarrer et faire aller à la bouline. || Filer la ligne de sonde, la laisser descendre librement dans l'eau. || U se dit de la vitesse plus ou moins grande d'un navire. Ce navire file huit ou dix nœuds à l'heure. || Absolument. On dit qu'un bâtiment qui a une marche rapide, file bien. ISous amenâmes la voile, et, laissant quelque temps filer notre felouque.... cuatkaubr. llin. 2' part. Il Par extension. Le Mississipi est sujet à deux inondations; le courant du fleuve file alors cinq milles à l'heure, in. Amer, journal sans date. Il 8" Terme de jeu. Filer ses cartes, les découvrir lentement et peu à peu. || Filer des cartes signifie aussi s'en débarrasser. 11 fallait filer vos basses cartes, vos Ir'fles, etc. || Filer la carte, tirer chaque carte avec assez d'attention pour la reconnaître par l'envers, et se procurer adroitement et par tricherie les bonnes. Un coquin qui file la carte, dancounr. Désolât, des joueuses, se. 13. Le mauvais politique est celui qui ne sait que filer la carte, volt. Dial. xxiv, (2.1! 9° Terme de graveur. Filer les eaux, faire couler l'eau-forte dans les plus petits traits d'un de.ssin ou d'une gravure. || 10° Terme de tonnelier. Descendre une barrique de vin à la cave. Filer du vin. || 11" V. n. Etre lâché, en parlant d'une manœuvre, d'une corde. Prends garde, jeune pilote, que ton câble ne file, j. j. ROuss. Ém. i. Il 12" Aller (le suite, près à près. Pendant que les troupes filaient. Quand ces colonnes venaient à se resserrer, ils demeuraient à la queue, ou filaient sur les flancs de part et d'autre pour éviter l'embarras, rollin, llist. anc. (Euv. t. iv, p. (»i, dans potiGENS. L'armée française filait en Piémont pour entrer dans le Milanais, j. j. rouss. Conf. v. || Faire filer des troupes dans un pays, les y faire passer sans bruit. Albéroni déjà faisait filer [en France] quelques troupes, VOLT. Louis IV, <.||13'' Terme de chasse. Se dit du gibier quand il vole ou court sans faire de crocliets. la bécasse bat des ailes avec bruit en partant ; elle file assez droit dans une futaie, BUKF. Ois. t. XIV, p. 227, dans pougens. Les fauvettes des A pes se tiennent communément à terre, où elles courent vite en filant comme la caille et la perdrix, ID. ib. t. IX, p. 228. Il 14» En parlant de certains météores, se mouvoir dans le ciel avec assez de rapidité pour offrir à l'œil une ligne de feu. Encore une étoile qui file. Oui file, file et disparait, BERANO Et. fil. Il 15° Populairement. S'en aller, se retirer. Allons, filez. U faut filer. || Familièrement. Filer doux, se soumettre sans murmurer, supporter, subir>|uel|ue chose de désagréable Monsieur, n'est-il p:is temps 7 et moi, de filer doux, régniek, Sat. xi. Vous savez, monsieur, qu'Hercule filait adroitement chez Omphaic et

mémo qu'il y filait doux, cosTAh, Entrctimi, p. i>f*, dans RicHELET. Il faut désormais filer doux. Il faut crier miséricorde, scabb. Triolet contre les frondeurs. Tu n'es pas uù tu crois, en vain tu files doux, MOL. Àmpkitr. Ii, 3. Valère : Ahl monsieur maître Jacques, ne vous fâchez, je vous prie. — Maître Jacques, à part : Il file doux, je veux faire le brave, et, s'il est assez sot pour me craindre, le frotter quelque peu, lu. Avare, lu, 6. Elle est dans ses grands airs, il me faut filer doux, lestouciies, Phil. mar. n, 2. Roquelaure, étonné de la sortie [de M. de Vendôme], fila doux, et lui dit qu'il ne croyait pas le fâcher, ST-siu. 27, 53. Monsieur fila doux et tâcha d'obtenir de la complaisance ce qu'il n'osait imposerpar voie d'autorité, id. 62, 37. || Filer doux paraît vouloirdire s'esquiver doucement. || 16" Terme de bâtiments Absolument, filer, tracer et peindre des lignes pour imiter les lits et joints de la pierre de taille, une cimaise, une corniche, etc. U 17* Terme de jeu. Au brelan, ne mettie au jeu que ce qi.'on est obligé d'y mettre. Il e.st prudent de filer quand la chance n'est pas favorable. || Cesser de tenir les caries en abandonnant ce qu'on avait risqué. || X la bouillotte, ne pas tenir, après avoir ouvert la partie, ce qui est proposé. || 18" U se dit des liqueurs qui deviennent visqueuses, et de quelques matières molles, par comparaison avec le lin cju'on (ilo. Cette liciueur file. La glu file aisémvint. || On dit que du vin file, lurs- ({u'ayant tourné à la graisse, il parait couler comme de l'huile. || 19° Se filer, v. réfl. Etre filé. Ce chanvre, ce lin se file bien.

— HlST. xni* s. Bêle Amelot, seule en chambre filoit; k chanter prent, que d'amours li membroit [souvenait!. Romancero, p. 72. Mère, de quoi me chasliez? Est-ce de coudre ou de taillier? Ou de filer ou de broissier? Ou se c'est de trop sommeilliei-? ib. p. 6*. Ouiconques veut eslre bateres d'or et d'argent à filer à Paris, estre le puet franchement, pour tant que.... Liv. des met. 74. Puis filent (les nues], et quant ont lilé. Si font voler de lor lilé Grans aiguiUies de fil blanches Ausinc cum pour coudre leurs manches, la Kose, 48107. || xiv* s. Mettez de celle boulie dedans l'escuelle, et laissiez filer tout autour de la paelle, Uénagier, u, 5. || xv s. 11 vit que les larmes luy filèrent des yeux, Perceforest, t. i, p. 6». Quand un chevalier requerroit à une dame chose qu'elle ne voulust octroyer, fust par jeu ou de certain, elle respondoit en disant : Sire chevalier, déportez vous de celte requesle qu'on ne vous appreigne à filler [par allusion à une aventure où des chevaliers anglais avaient été obligés de filer], t'b. t. IV, p. 61. Si elles [les fiUeresses] sont trouvées faisantaucunemauvaisetié, comme de changer la laine ou de mouiller le fiUé, ou aultres faucetez.... Ordonn. mars Hbo. || ivi- s Sinon que chacun se filast quelque corde à part [se fit un système particulier de dévotions], calv. Inst. )007. Belaud [un chat] ne filoit au rouet. Grommelant une litanie De longue et fascheuse harmonie, nu belhy, VII, 40, t(T40. U faut filer et couler les cables peu à peu, pour par ceste mesme sorte arrester les navires, lu. «uo. Il ne vouloit point voir les trouppes filler du derrière en une bonne occa.sion, d'auu. llist. I, (65. Ne pouvant se faire vuUoir en propos bien filez et en mignardises de discours, il respooaiv en termes judicieux, in. ib. ui, (98. Us firent en leur salve durer ou filer une scopoterie de harquebuzades plus d'une heure, carloix, m, (0. Vous voulez tousjours filer voslre lieutenance, et continuer cette puissance souveraine qu'avez usurpée, Sat. lidn. p. 10 6. Beranque, filant doux et changeant de style, repondit que.... frouhentkau, i'inattces, 3°Lvre, p. 419.

— ETV.M. Fil; bourguig. /î/îat, {2 mouillées ; provenç. ftlar; espagn. hilar ; portug. /Sar; ilal. filare. D'après Jal, filer, en termes de marine, vient de l'anglais 10 veer, suédois fire, hollandais vieren, dont, au lieu de firer, on a fait, par une assimilation fautive, filer. Mais, comme filer, de la marine, peut s'expliquer par une métaphore prise de l'action de filur à la quenouille, et qu d y a, dans l'étymologie de Jal, la difficulté de changer r en J, on n'est pas autorisé à séparer ce /i/er-là des autres filer.

FILEUIK (fi-le-rie), s. f. \\ 1° Lieu où l'on file le chanvre pour faire les cordes. Il est d.;3 filories de deux espèces, de couvertes et de dccoiivo:tes. Le capitaine Perré, qui le [Pierre I"] suivit de Londres en Russie, dit que, depuis la fonderie de canons jusqu'à la filerie des cordes, il n'y eut aucun métier qu'il n'observât et auquel il ne mil la main, volt. Hussie, I, 9. Il î° Bande de fer plat jiour passer le fil de fer.

— ET^•M. filer.

FIL

FILET (fi-lè; le ( oe se l.e pas dans le parler d« la conversation ; au pluriel, i'i se lie : des fi-li— z :> mailles étroites; filets rime avec trait*, succès, paix, etc.), t. m. || 1° Petit fil, fil délié. || Chez les tireurs d'or, trait d'or ou d'argent battu, qui se tortille avec de la soie. || Soie mise eu plusieurs brins. Il Fig. Il [le précepteur] tenait en ses maini uo glaive luisant pour couper les filets de ses passions naissantes [de l'élève] et les d scoui-s et les exemples qui pourraient les entretenir, flécu. if. de Uontauiicr. || Fig. Ne tenir qu'à un filet, ne dépendre que de la rupture d'un brio de fil, c'est-à-dire de la moindre circonstance ( on dit plulAl aujourd'hui : tenir à un fil). Mon cœur ne tient qu'à un filet, MOL. Préc. zii. Démade écrivait à Auligooc dans l'Asie pour le presser de venir promptement se rendre maître de la Grèce et de U Macédoine, qui ne tenaient plus, disait-il, qu'à un filet et encore à un filet pourri, en se moquant ainsi d'Antipater, hollin, Jlist. anc. Œuvres, t. vu, p. M, dans POUGENS. Mme de Mainlenon ne tenait plus à M. de Beauvillier que par un filet d'ancienne estime, ST-siu. 50, («3. Pontcliartrain tenait encore à un filet parle vain titre de sa charge, id. 425, IM. Il Le filet de la vie, des jours, la durée di la vie. U faudra mourir dans les fers Où les yeux d'une ingrate ont mon ime asservie; Je n'en puis échapper: On ne lesjieut couper Qu'on ne coupe avec eux le filet de ma vie, bacan, Beryeriet, il, 2, ChanU de Tisimandre. Il semble, à vous entendre, que M. Purgon tienne dans ses mains le filet de vos jours, et que, d'autorité su|irème, il vous l'allonge ou vous le raccouicisse comme il lui pUît, mol. Jfal. l'in. ui, 7. Il Cet homme n'a qu'un filet de vie, il est d'une constitution très-débile. || 2° Terme de manège. Bridon léger à mors articulé, remplaçant pour les chevaux de tirage commun, pour les chevaux de course, [lour ceux qu'on mène à la promenade ou à l'abreuvoir, la bride ordinaire. On mène ce cheval avec un simple filet. Un bridon léger, appelé filet, est presque toujours» associé à la bride des chevaux de selle. Il Scier du filet, faire aller et venir l'embouchure du filet, en tirant alip.rnativement l'une et l'autre rêne. || Mettre au filet, tourner la croupe du cheval du côté de la mangeoire, pour Tempôcher de manger, après lui avoir mis un filet dans la bouche. Il Fig. Ou dit qu'un homme nous tient au filet, pour exprimer qu'il nous prive de manger, ou, dans un sens plus général, qu'il nous fait attendre ou qu'il nous amuse par de vaines espérances. Il On dit dans le même sens : être au filet. Si le délicat et ingénieux abbé de la Blctterie me défend de plus vous fournir, je ne vous [ournirai rien, et je vous laisserai au filet, volt. Lelt. Urne de Choiseul, 2 fév. (709. Il 3° Terme d'arts. Il se dit des divers ornements longs et délies. Un filet règne autour de l'encadrement. |i Terme de relieur. Pousser des fileis, faire de petits traits d'or au dos ou sur le plat d'un livre relié. Reliure avec (.lots. Le livre étant à plat sur la table, en tenant de la main gauche une rèjile en bois, on peut pousser hardiment les filets; bien des ouvriers les poussent à vued'œil, aussi ne sont-ils jamais bien, lesne, la Iteliure, p. 21 II. Il Cannelure sur les pièces d'argenterie. Couverts à filets. Il Terme de monnaie. Petit cordon qui règne autour d'une pièce. || Partie saillante sur les pièces d'iioilogerie. Il Terme d'architecture. Filet ou listel, un petit membre carré des moulures et des ornements. || Terme de menuiserie. Moulure plate ou lisse, ronde ou carrée, qui sépare deux autres moulures plus grandes et plus saillantes. || Terme de blason. Petite bordure dont la largeur n'a que le quart de la bordure ordinaire, et dont l'émail est difl'érent de celui de l'écu. Monlbron portait de Montberon brisé d'un filet en barre, st-sim. <•!, 6*. Il 4° Le filet d'une vis, la ligne spirale qui tourne autour d'un petit cylindre de 1er, pour entrer el tenir dans les écrous. || B" Petit trait tracé sur le papier. Mon écriture est mécliante, mais ma plume e.st enragée, elle criaille el ne fait que des filets, stv. 388. Il 6* Terme d'imprimerie. Traits plus ou moins déliés et de formes diverses. Séparer des colonnes par des filets. || Lames de méul servant i l'impression des filets. Les fileis sont d'acier, de cuivre ou de métal à caractère». || 7' Terme de couvreur. Filet, la partie d'une couverture qui louche au mur et qui est couvei te de plâtre. || Terme do chaipentier. Petite poutre que l'on pUcc sous un planciier qui fléchit, il Terme de mavon. Filet di mur, bordure en saillie au haut d'un mur; si le filet de mur se trouve des deux cotés, cela indique que le mur est mitoyen. || 8* Terme de géognosle. Filon qui, n'ayant ni les dimensions ni U suite requises,

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ne peut être exploité. L'or, dans ses mines primitives, est ordinairement en filets, en rameaux, en feuilles, et quelquefois cristallisé en tris -petits grains de forme octawire, bi'FF. ilin. t. iv, p. 2":', dans rouGENS. Comme le cuivre est plus susceptible d'altération que l'argent, ces mines en filiUs et en cheveux sont bien plus rares que celles de l'arpent et ont la même forme, id. tb. t. viii, p. es. Il 9° Terme de botanique. Fibre dans une pbnte. Cette herlie est remplie de filets. || La partie déliée de l'étamine, colle qui supporte l'anthère. Les filets de cette fleur sont velus. || Terme de jardinage. Filets, voy. coulants. || 10" Terme d'anatomie. Se dit des ramifications les plus ténues des nerfs. Filets nerveux. || Dans le langage général, on le dit quelquefois pour fibre. X considérer la composition de toute la masse du cmur, les fils et les filets dont il est tissu et la manière dont ils sont tors, on le reconnaît pour un muscle, boss. Con. n, 2. Il Mince membrane qui rattache le dessous de la langue à la paroi inférieure de la bouche. Tout charme en un enfant dont la langue sans fard, Â peine du filet encor débarrassée. Sait d'un air innocent bé,;,'ayer sa pensée, bûil. Ép. IX. Il y a quelques enfants qui ont le filet do la langue si court, que cotte espèce de bride les empêche de téter, et l'on est obligé de couper le filet, buff. Suppl. à l'hist. nat. Œuvres, t. xi, p. 8i, dans POUGENS. Il Avoir le filet, se dit improprement de ceux dont la langue est embarrassée dans ses mouvements. Il II n'a pas le filet, se dit de quelqu'un qui parle beaucoup. || Filet de la verge, du prépuce, voy. FREm. Il Terme de boucherie. La partie la plus estimée du bœuf, qui est placée entre le rognon et les côtes, vers la partie postérieure de l'échiné et dans l'intérieur du corps ; c'est le muscle psoas. Il Faux filet, partie du bœuf moins estimée que le filet, mais très-estimée encore, qui se trouve sur l'échine dans la longueur du filet, mais au-dessus des os. Il Terme de chasse. Filets de cerf, la chair qu4 se lève en dessus et au dedans des reins ; les petits filets ou filets mignons sont ceux qui se lèvent en dedans, et les grands ceux qui se lèvent en dessus. Les petits filets doivent être au roi, et le cimier au grand veneur , les grands filets aux lieutenants et sous-lieutenants de la vénerie, salnove, Vénerie, p. )64, dans lacurne. Il Par analogie. Un filet rie sole. || Chair qui s'étend le long de l'estomac des volailles. Tâchez de bien enlever les filets. |{ 11° Petite quantité d'un liquide qui coule ; par comparaison avec un filet ou fil délié. On voit par ces exemples qu'un petit filet d'eau tient un grand poids en équilibre, PASC. Équil. des liqueurs, ii. Diogène disait qu'un discours bien poli était un filet de miel, FÉN. Diog. Filet d'eau du désert que boit le sable aride, sainte-beuve, Épit. à Lamartine. \\ Un filet de vinaigre, un peu de vinaigre mêlé avec un assaisonnement. Il Mettre le filet dans 1» suif fondu, y jeter un peu d'eau pour l'épurer. || Fig. Un filet de voix, une voix faible. U y a un petit baron qui n'a qu'un filet de voix, mais qui a fait verser des ruisseaux de larmes [dans Mahomet], volt. Lelt. d'Argcntal, 6 juin <74).Je ne fais entendre mon filet de voix qu'aux Suisses et aux échos du lac de Genève, ID. Lett. au roi de Prusse, 119. \\ 12° Terme de pèche. Petit brochet. || Terme de commerce. Nom donné à la jeune sangsue médicinale. || Le brochet, la sangsue sont dits ainsi à cause de leur ressemblance avec un lil. || 13° Rets pour prendre des poissons ou des oiseaux, ainsi dit parce qu'il est fait de filets ou brins de fil. Qu'était-ce que Simon- Pierre? un pauvre pécheur; qu'avait-il quitté? des filets qui faisaient toute sa richesse et qui lui sei-vaient à gagner sa vie, bourd. Pensées, t. II, p. 425. Pittacus enveloppa Phrinon dans un filet de pêcheur qu'il avait placé sur son bouclier, et le tua, didebot, Opin. des anc. phil. {Grecs). Il Border un filet, attacher avec du fil, d'espace en espace, une corde autour d'un filet pour le rendre plus fort. Il Monter un filet, mettre toutes les cordes nécessaires pour qu'il soit en état de servir. || Filets de Saint-Cloud, filets qui étaient disposés perpendiculairement dans la Seine au pont de Saint-Cloud, et destinés à arrêter ce que la rivière entraîne, et particulièrement le corps des noyés. Cette amante désolée qui vous a cru noyé, qui vous a fait chercher jusqu'aux filets de Saint-Cloud, et qui depuis a su que vous l'aviez trahie, marmontel. Item. m. Il Fig. Prendre d'un seul coup de filet plusieurs voleurs, les prendre à la fois. Il Cet officier de justice a fait un beau coup de filet, c'est-à-dire il a pris une bande de malfaiteurs. || Un bon coup de

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filet, une bonne aubiino, un profit considérable. C'est cela qui serait un beau coup de filet, sEv. 504. Je m'imaginais que ce petit coup de filet ne parviendrait point i sa connaissance, lfsaor, Eslev. f.nni. ch. (8. Il Une ralle. La puissance démocratique de Genève vient de destituer trois syndics d'un coup de filet, cela ne fait nul bruit, volt. Letl. Florian, fl janv. (777. || Fig. Piège, séduction. Kt met en ses filets quelque nouvel amant, mai.h. V, 2.1. l'.Ue le prend ainsi au filet par de longs discours, SAci, Bible, Prov. deSalomon, vii, 2. Il semble que le ciel, l'un après l'autre , les amène dans mes filets, mol. .Scapm, ii, )o. X moins d'être fort exercé dans les Écritures, on avait peine à se tirer des filets qu'ils tendaient, bossuet. Far. xi,§ (44. Tu romps de leurs erreurs les filets captieux, boil. KpU. m. Vous voulez donc que des filets De l'abstraite philosophie Je revole aux brillants palais De l'agréable poésie, volt. Lell. envers et en prose, 63. Sans prétendre assujettir la nombreuse famille des oiseaux à une méthode rigoureuse, ni la renfermer tout entière dans cette espice de filet scientifique, dont, malgré toutes nos précautions, il s'en échapperait toujours quelques-uns, buff. Ois. t. m, p. 9i, dans POUGENS. || 14" Terme de marine. Filet de bastingage, filet fait de bilord et doublé de toilo peinte qu'on fixait verticalement au-dessus du platbord du navire, et dans lequel les matelots rangeaient Inurs sacs et leurs liamacs, pour composer, avec ces éléments dont l'elTet était d'amortir les balles, la mitraille et les boulets, une pavesade molle contre le feu de l'ennemi, jal. || Les voiliers appellent filet le fil de couleur qu'on trouve au bord des laizes des toiles à voiles, et qui sert de guide pour en assembler les coutures. || 15° Dans les magnaneries. Filet semblable à un filet de pêcheur qu'on fixe sur un cadre de bois de la largeur d'une table de vers à soie, servant au même usage que le papier percillé. || 16° Réseau ou maille formée en tournant un fil quelconque autour d'un petit moule, et en l'assujetti'sant par un nœud d'une façon particu''ère; le trou ou maille est plus ou moins petit, suivant la grosseur du moule. Une bourse au filet. Faire du filet. || Sorte de sac. Esope porta le filet au pain. || Ouvrage à mailles dont on enveloppe les cheveux. Cette femme était coifliie d'un filet. Il Poursuivre un filet, faire les mailles toutes de suite jusques à la dernière. || 17° Un filet de voiture, filet suspendu au plafond d'une voiture et destiné à recevoir le chapeau et autres objets des voyageurs. Il 18° Les rets du jeu de paume placés au-dessus des murs.

— IIIST. XIII* s. Prens, fet la reine [la grenouille], cel filet; Sil [si le] lie fort à ton gairet [jarret!, MARIE, II, 72. Fileit de cavene [chanvre], d'où que li files soit.... tailliar, Recueil, p. 2|. || xiv s. Quant vous aure? tué vostre pourcel, prenez de la char des costeloltes, de l'endroit que l'en appelle le filet, Ménagier, ii, 5. Puis si a le filet [au bœuf] que l'en appelle le nomblet, qui est bien d'un pié de long et non plus, ib. N'a fiUeresse en France pour Clley labourer. Qui ne gaignast ainçois ma finance au filer, Guescl. Var. du vers 1.1644. || xv" s. On dit qu'eschaudez yave [eau] craint; Poissons batu fuit le fille. Et cerf qui a esté empaint, e. DESOH. Poésies mss. f* 221, dans lacurne. Souper bat, mais de tuer, non ; Bancquet leur coupe le filet [les tue, les gourmands], Itec. de farces, p. 393. Qu'est-ce que j'oy? ce suis je qui? — ton cuer, Qui ne tient mais qu'à ung petit filet, Force n'ay plus, substance, ne liqueur, villon. Débat du cueur et du corps, bail. || xvi* s. Tout estant exactement fourny de filet et d'aiguille pour maintenir son estre, mont, i, 268. Ils faisoient eslancer des surgeons et filets d'eau qui rejaillissoient contremont, m. IV, 14. Faut trencher et couper au travers l'attache nerveuse, dite vulgairement le filet, qui retient la langue, paué, xv, 3ii. Le filet de la verge, ID. ib. 34. Dieu sçait si je fus muet ou si j'eus le filet, H. EST. Apol. d'Ilér. p. 236, dans lacurne. Filets doivent estre faits et accompagnés de pierre, pour cognoistre que le mur est mitoyen ou à un seul, Coxislum. gén. t. i, p. 4.

— f.TYM. Diminutif de /îi ; provenç. filet; espagn. filcte ; Mal. filello.

t FILKTAGE (fi-le-ta-j'), s. m. Braconnage à l'aide de filets, de collets.

— F.TVM. Filet.

t FILETF.U (fi-le-té. L'e prend un accent grave quand la syllabe qui suitest muette; je filète), v. a. Il 1° Faire le filet d'une vis. Vis filetée. Fileter un boulon. Il 2° Terme de luthier. Incruster la table et le fond d'un violon, d'une basse, etc. d'un double

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filet très-mince, comme marque des soins apportés .i la fabrication de l'instrument. Cet allô n'est pas commun, on l'a filoté, lkooabant. || 3" Faire passer par les trous calibrés d'une filière les fils métalli- (jues. Il 4° V. n. I>ousser des lignes ou filols.

— Hisr. xiii* s. Dras filetez [brodés) et envoisiés [ornés], Fabliauzmst. n"7ai», f 80, dansLAcuuNS.

— ETY.M. Filet.

FII.EUR, EUSE (fl-leur, leû-z') , f . m. et ^. || l' Celui, celle qui file. Filcur d'or. || Fileuse, ouvrièm qui file le cocon. || 2" Ouvrier qui imite en peinture l'appareil de la pierre, les moulures, etc. || 3° Terme d'argot. Les fileurs, espèce de voleurs qui, suivant les voleurs actifs et assistant à leurs vols, les menacent de les livrer à la p<jlice, les font composer et reçoivent ainsi une part du vol sans y participer. Il Fileur de laine, s'est dit autrefois pour filou. Ce qui l'oblige d'en éloigner les spadassins et fileurs de laine, Pièce comique, dans leboux, Oicl. comique. Il Fileur de cartes, escroc aux jeux de cartes. || 4" Adj, Qui lile. Araignée fileuse. || .S. /. Les fileuses, famille d'arachnides pulmonaires , dont quelquesunes sont très-venimeuses.

— Etvm. FiVcr. Dans les anciens textes, on no trouve que filaresse pour fileuse.

t FILKUX (fi-leû) s. m. Terme de marine. Instrument qui sert à retenir un cordage et à le filer à volonté.

FILIAL, ALE (fi-li-al, a-1'), adj. Propre à l'enfant, relativement au père ou à la mère. Respett

filial. Obéissance filiale. Soins filiaux Il convertit

enfin les ténèbres en jour. Et la crainte servile en filial amour, boil. Épit. xii. J'ai peurquela raison, l'amitié filiale Ck)mbaltent faiblement l'illusion f.itale, volt. Scythes, l, 3. El toi.... Qui de ta piété filiale et sincère N'as jamais altéré le sacré caractère, ID. ib. IV, 8. Il Par extension. Sentiment filial, sentiment qui ressemble aux sentiments d'un fils pour son père.

— Etym. Provenç. et espagn. filial; ital. filiale; du lat. fUialis,(\e ftlius, fils (voy. fils).

FILIALEMENT (fi-li-a-le-man) , adv. D'ime manière filiale.

— ETVM. Filiale, et le suffixe ment.

FILIATION (fi-li-a-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1° Descendance de père en fils en ligne directe. Le bisaïeul paternel de M. Geoffroy avait été aussi premier échevin de Paris, et alors on ne choisissait que des bourgeois d'ancienne famille et d'une réputation bien nelte, espèce de noblesse qui devrait bien valoir celle dont la preuve ne consiste que dans les filiations, fonten. Ceolfroy. Séiiantes, fort en généalogie, comme sont tous les sots qui ont de la mémoire, se mit à celle de Mme de Sénantes par un embrouillement de filiations qui ne finissait point, HAMiLT. Gramm. iv. Celle [la maison) d'Armagnac descendait de Clovis par Charibert, fils de Dagobert, dont la filiation est prouvée dans la nouvelle histoire de Languedoc, duclos, llist. Louis XI, Œuv. t. II, p. <75, dans POUGENS. Depuis «10, où le roi Eudes commença son règne, sa maison [celle des Capétiens) a gouverné sans interruption, filiation unique parmi les rois, volt. Uaurs, 38. || 2° Se dit particulièrement du seul degré de génération des pères et mères aux enfants. La filiation lé^iitime se prouve par l'acte de naissance. || 3° Par extension, union comme par filiation. U y a filiation entre toutes ces associations partielles. || Fig. Il y a dans l'ordre des sciences une espèce de filiation affectueuse , l'abbE iiouteville, dans desfontaines. || Terme monaslii|ue. Dépendance d'un monastère à l'cgard d un autre, parce qu'il en lire son origine. Une abbaye de la filiation <!e Clairvaux. || Il se dit aussi de ladoption d'un corps, d'une compagnie par une autre. Les académies de Soissons et de Marseille étaient unies par filiation à l'Académie française, Dict. de l'Acad. française. || 4° Liaison entre des choses qui nais.sent les unes des autres. La filiation des mots. On voit chez les Grecs une belle filiation d'idées romanesques, volt. Déf. de Dolinghroke,38, Si je voulais, j'opposerais déclarations à déclarations, j'indiquerais la filiation de ces événements.... mirabeau. Collection, t. v, p. 236. Ainsi parla l'orateur des hommesqui avaient recherché lori^jine et la filiation des idées religieuses, vouneï, Huines , 23. || Terme de philosophie de l'histoire. L'enchaînement des événements qui fait que du précédent nait le suivant; doit se forme toute la trame de l'histoire.

— REM. Il ne faut pas confondre filiation avec affiliation : la filiation est la descendance jiar fils, et, figurément, la série, l'enchaînement; l'affiliation, qui serait, au propre , l'adjonction comme fils, est l'association.

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— HI8T XV ». Et, i ce propos, est encorcs essript es ystoires des Grioux, du bon chevalier Themiscodes.... il fu t^nt pervers cii sa jueiiece que son pore la priva de tout droit de filiacioii, chr. ue pis*N, Charles V,i, <».

— f.TYM. Lat. fUialionem, de fiUxu, fils (yoy. fils). On trouve, dans Perceforett, t. ii, f m, filloije au sons de filiation.

f FlLïCIFËRE (fl-li-siJb-r'), adj. Terme de minéralogie. Qui renferme des empreintes de fougère.

— ÊTYM. Lat. Hlix, fougère, et fi-rre, porter. FIMCULE (fi-li-ku-l'), #. f. Terme de botanique.

Nom donné autrefois aux petites espèces de fougères employées dans les pharmacies, et particulièrement à l'asplenium ruta-muraria, L. ou sauvevie, et même au polypodium vulgare, L ou pol ypo Je des boutiques. Maintenant le nom de filiculc ne désigne plus de genre en botanique.

— Ê rVM. Lat. filicula, diminutif de jiUx, fougère

(voy. KfiUOÈBE).

FILIÈRE (fi-liê-r'), s. f. || !• Le sens propre est corde, ficelle, ce qui est fait en forme de fil. {| Terme de marine. Cordage qu'on tend d'un bord à l'autre, et sur lequel on monte une tente en deux partitif. Il 8° Terme do fauconnerie. Ficelle longue d'environ dix toises, qu'on tient attachée au pied de l'oiseau, jusqu'à ce qu'il soit assuré. On la nomme aussi créance. || 8" l'ar extension. Terme de blason. Bordure étroite qui n'a qu'un tiers d'une des sept parties de la lirgeur de l'éou. || i' l'ar comparaison avec un brin , en charpenterie, nom de petites pièces de bois, sur lesquelles portent les chevrons , dans les couvertures des bâtiments. Il 6° S. f. plur. Bois de sapin de France, lorsqu ils sont équarris. || 6* Plaque d'acier percée de plusieurs trous, par lesquels on fait passer les métaux pour les réduire en fils. M. de Uéaumur prouve iiue ce cylindre d'argent de 22 pouces vient par la fibire à en avoir 4 3 863 24U ou * 463620 pieds, HOLLiN, llisl. ane. Œuvres, t. x, p. 624, dans pougens. || Plaque de cuivre percée de trous pour calibrer les bougies. Il Par extension. Les moules et les filières qui reçoivent les semences s'y opposent, volt. Newton, 1, 8. Il Fig. Le droit de choisir son représentant par soi-même didëre si essentiellement du droit de déléguer ce choix à un autre, qu'il importe de supprimer toutes les filières qui permettent ds détourner le choix des premiers mandants, MIRABEAU, Collection, t. Ji, p. 387. Il Fig. Passer par la filière do, être obligé de subir. Ceux qui n'ont pas de grands capitaux ne passeraient plus par la filière de l'astuce mercantile, id. ib. t. v, p. 62. || Passer par la filièie, subir de longues, de rudes épreuves. Il Faire passer quelqu'un par toutes les filières, lui susciter toutes sortes de chicanes, de difficultés. Il Filière de gens, grand nombre de gens par les mains desquels doit passer une affaire. || Terme de boursa Ordre de livraison écrit que le vendeur peut remetlreà son aciieteur, même quand l'échéance du marché à terme n'est pas arrivée, pour lui faire prendre livraison de la marchandise vendue. Celte filière est transmissible par voie d'endos, et l'acheteur, s'il a vendu à son tour, peut la transmettre avec sou endos à son acheteur, et ainsi de suite Jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à un acheteur qui n'ait vendu à personne: celui-ci est alors tenu de prendre livraison. Ceci n'a lieu que pour les marchandises. Il 7° Instrument qui sert à faire le vermicelle. Il 8" Pore par lequel les araignées et les chenilles font sortir la matière qui sert à tisser leurs toiles et leurs coques. Une filière placée près de la bouche de l'insecte moule ce fil précieux, bonnet, Contempl. nat. 42* part. ch. 4. || S" Instrument d'acier percé de trous qui sont intérieurement taillés en spirale, de sorte que le bout de fer, de cuivre, etc. qu'on y fait passer, en ressort avec la forme de vis. || 10° Jauge /lOur le fil de fer. || Outil pour faire les dents d'un poigne. Il 11* Dans les cirrières, crevasseset veines qui interrompent les fils des pierres. || Veine de métal dans une mine.

— HIST. XV' s. Tendoront les rois [rets] et fiUietes Entre haies, buissons et pierres, kkoiss. Poésies mst. p. 305, dans lacurne. || xvi* s. Comme l'oiseau prend son vol, mais soubs la bride de filière.... uoNT. IV, 2U. n fend les rangs et filières des baUiUons, herlin coccaIe, t. u, p. m, dans lacorne.

— ÉTYM. Fil. On trouve dans la Déclar. dit roi, nov. <64o, tarif: Filllers de fer, servons à tirer le fil d'archal, le cent pesant estimé à 4 6 livres.

FILIFORME , (fi-li-for-m'), adj. || l' Terme d'histtnre naturelle. Délié comme un AL i| 2* Terme de

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médecine. Pouls filiforme, pouls tellement faible et vide qu'il ne se sent plus que comme un fil.

— ETYM. Lat. filum, fil, ei forma, forme.

FILIGRANE (fi-li-gra-n"), *. m. || !• Terme d'orfèvrerie. Ouvrage d'or ou d'argent travaillé i jour et dont les figures sont formées de petits filets enlacés les uns dans les autres ou contournés les uns sur les autres; il y a des grains sur les filets. || 2* Lettres, lignes nu figures fixées sur la forme i fabrii|uer le papier et dont la marque parait sur la feuille. Il Cette marque même. Les billets de banque ont des filigranes. {| On dit aussi filagramme, dans les deux sens. Argent et or en ouvrage d'orfèvrerie et filagrainiiie, payera à l'estimation. Tarif, 18 sept. 4 664. Mme de Montespan attelait six souris à un petit CJirTosse de filagramme, maintenon, ictt. à Mme de Caylut, 24 janv. 47(8.

— f.TYM. Ital. filigrana; du lat. filum, fil, et yrar num, grain; pirce que les Italiens, qui nous ont apporté ce genre d'ouvrages, y enfilaient de petits grains. Filagramme est une altération de filigrane.

t FILIGRANER (fi-li-gra-né), V. a. Travailler en fiUgrane.

t FILIGRANISTE (fl-li-gra-ni-sf), ». m. Ouvrier qui fuit le filigrane.

FILIN (fi-lin), s. m. \\i' Terme de marine. Nom donné A tout cordage qui n'est pis commis en grelin, c'est-à-direqui est commis en haussière. || Filin blanc, filin sans goudron. || Franc fihn, filin propre à faire des appareils de force. || 2" Terme de commerce. Kspèce de sergeque l'on fabriquait autrefois à Pilhiviers.

— ÊTYM Fil.

t FILIOLE (fi-li-o-r), s. f. Petit canal J'irrigation dérivé d'un plus grand (Provence).

— ETYM. Lat. filiola, petite fille, diminutif de «tw', fille.

FILIPENDOLE (fi-li-pm-du-l'). || 1- Adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est attaché, suspendu à des filets. Graine filipendule, graine pendante hors de sa loge par le cordon ombilical. || Araignée filipendule, araignée qui attend sa proie hors de sa toile, suspendue à un fil qui y correspond. |l 2* S. f. Plante de la famille des rosacées {spirxa filipendula, L.).

— ËTYM. Lat. ;î(u»7i, fil, et pendêre, être suspendu. t FILLAGë (fl-lla-j', Il mouillées), s. m. Terme

vieilli. État de fille, de femme non mariée. Ma destinée Ou de fiUage ou d'hyménée, la pont. Fiancée.

— HIST. XVI* s. Ouartiila, qui n'avoit point mémoire de son fillage [virginité], mont, iv, 2B4.

— ETYM. Fille.

t FILLÂTRE (fi-llâ-tr', M mouillées),*, m. Ancien mot qui désignait pour le mari le fils de sa femme, pour la femme le fils de son mari, issus d'un mariage antérieur ; c'était ce que nous nommons aujourd'hui beau-fils. || Il désignait aussi le gendre.

— HIST. XI' s. Guene respont: Ce est cis miens fillastre, Ch. de Sol. lvu. || xiu' s. Aucune fois muevent li contons [querelles] en mariage par le [la] haine que li parrastre et les marrastres ont envers lor fillastres, beaum. lvii, 7.

— ÉTYM. Wallon, fiase, gendre; provenç. filhastre; catal. fillastre; espagn. hijastro; ital. finHastro; du latin filiaster, dérivé de fUitu, fils, avec le suffixe péjoratif aster.

FILLE (fi-ir, U mouillées, et non fi-ye), s. f. Il 1' Personne du sexe féminin, par rappo.-t à son père et à sa mère, ou à l'un des deux seulement. Fille légitime. Fille naturelle. Le devoir d'une fille est dans l'obéissance, cobn. Ilor. i, 4. Jetez sur votre fille un regard paternel, m. Foly. v, 3. Souffrez que votre fille embrasse vos genoux, id. ib. m, 3. Un noble orgueil m'apprend qu'étant fille de roi. Tout autre qu'un monarque est indigne de moi, m.

Cid, I, 4 Je lui veux faire aujourd'hui connaître

Que ma fille est ma fille, et que j'en suis le maître Pour lui prendre un mari qui soit selon mes vœux, MOL. F. sav. II, ». Fille d'Agamemnon, c'est moi qui la première, Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père, rac. Iph. iv, 4. Une fille est au mieux sous l'aile de sa mère, c. delav. Éc. des vieill. ii, 7. Il Fille adoplive, fille que l'on a adoptée, ou fille à laiiuelleon tient lieu des parents qu'elle a perdus. Il Belle-fille, voy. belle pille. || Pelite-fille, voy. petit. Il Fille en Jésus-Christ, se dit d'une religieuse par rapport & la supérieure ou à la fondatrice de l'ordre. Thérèse dont vous vous faites gloire d'être les fiUes en Jésus-Christ, boubdal. Exhort. sur Sle Thér. t. I, p. 320. Il Fille en Jésus-Christ, titre domié par le pape à la reine de France, en parlant d'elle. Il Fig. La foi, fille du ciel ; la superstition, fille de l'ignorance. Son admiration est fille de l'ignorance, sÉv. 688. Il Poétiquement. Les filles de Mémoire, les Muses. Généreux lavorisdus ùlies de Mémoire, Deux

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sentiers différents devant vous vont t'ouvrir : L'un conduit au bonheur, l'autre mène à U gloire; Mortels, il faut choisir, lamaht. Uédit. i, 4 4. || Le» filles d'enfer, les Furies. Filles de l'Achéron, pestes, larves, furies.... corn. Médit, i. 4. Eh bien, filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes T rac ^r.dr. v, 6. Il 2* Dans le style élevé, celle qui est issue, originaire de. La fille des Césars. Les filles de l'Egypte & Suse comi>arurent, uac. Eslh. i, 4 . Cependant mon amour pour notre nation A rempli ce palais de filles de Sion, Jeunes et tendres fleurs [lar le sort agitées. Sous un ciel étranger comme moi transplantées, id. ib. Quoi I fille de Uavid, vous parlez à ce traitre! ID. Athal. m, 6. Des filles deScytbin une troupe empressée, volt. Scythes, m, 4. || Filles de France, les filles du roi et de la reine de France. Un ambitieux croit acquérir des droits en obtenant dos grâces, et le duc de Bourbon fut plus sensible au refus qu'on lui fit, qu'il ne l'avait été i I honneur d'épouser une fille de France, duclos, Itut. l.nnisXl, (Eue. t. Il, p. 224, dans pougkns. |j Fille d'Eve, voy. êve. || Fig. Une fille del'Rglise, une femme catholique. Une vraie fille de l'Église, non contente d'en embrasser la sainte doctrine, en aime les observances, où elle fait consister la principale partie des pratiques extérieures de la piété, Bos». Harie-Thér. || Dans le langage biblique. Filles de Bélial, les femmes idolâtres, et aussi les femmes sans pudeur. Ne croyez pas que votre servante soit comme l'tme des filles de Bélial, saq, Ittble, Hais,

I, I, 46. Il 8° Tout enfant du sexe féminin. Le ciel a comblé mes vœux en me donnant une fille. Après de si belles espérances, la signera met au monde une fille, sev. 6. Les causes qui concourent à la plus nombreuse production des filles sont bien difficiles à deviner, bupf. Probab. de la vie. Œuvre^, t. X, p. 636, dans pougens. Les filles apprennent i sentir plus aisément que les hommes n'appiennent i penser, volt. Ingénu, ch. 47. Quand des filles naissent chez vous Pour le plaisir de ce monde, Dites-moi, messieurs les époux. Pourquoi chacun de vous gronde, béhang. les filles. || On dit souvent petite fille, quand on parle d'une fille née depuis peu. Elle vient d'accoucher d'une petite fille. Il Grande fille, fillequiapassé l'enfance. Rennes est de toutes les villes Celle oii le dieu d'amour est le plus triomphant ; Toutes dès quatorze ans y font les grandes filles, Lt vous seule après seize y vivez en enfant, uoNThEUiL, Remontrance à une jeune demoiselle. || Petite fille, se dit par opposition à grande fille. Parlons un peu de Pauline, cette petite grande fille, toute aimable, toute jolie, SÉv. 624. J'en perdis mon éloui-derie, ma dissipation ordinaire et cet esprit de petite fille que j'avais encore, Marivaux, Marianne, 9' part. || Grande fille, se dit aussi, par euphémisme, d'une jeune fille qui a pour la première fois ses règles. E.st-elle déjà grande fille? || 4' Il se dit par opposition i femme mariée. Elle veut rester fille. Chaque moment d'attente ôte de notre prix. Et fille qui vieillit tombe dans le mépris; C'est un nom glorieux qui se garde avec honte, corn. Menteur, ii, 2. Fille se coiffe volontiers D'amoureux i longue crinière, la font. Fabl. IV, 4. Ascagne, je suis fille i secret, Dieu merci, mol. Dép. am. ii, 4. La garde de deux filles est un peu trop pesante pour un homme de mon âge, id. les Préc. 6. Et, pour vous en punir, vous mourrez vieille fille, th. cobn. D. Berir. de Cigarral, v, 4i. Crois-tu que, d'une fille humble, honnête, charmante , L'hymen n'ait jamais fait de femme extravagante? boil. Sat. x. Il n'a point détounié ses regards d'une fille, Seul reste du débris d'une illustre famille, rac. Brit. i\, 3. Que l'esprit d'une fille est chan^-eant et bizarre I begnard, 2e Joueur, II, 4 4. Ce n'est point par douceur qu'on rend sages les filles; Je veux du haut en bas faire attacher des grilles, Et que de bons barreaux, larges comme la main, Puissent servir d'obstacle i tout efl'ort humain, ID. Fol. am. i, a. Il y a trop longtemps que je suis fille, et il me faut un mari pour m'Ater ce titre ennuyeux, destodcues, le Tambour nocturne, m, 4. Vous connaissez les difl'crents états; ditesmoi, en est-il un plus triste et moins considéré que celui d'une fille âgée 7 dider. Père de famille,

II, 2. Hélas! que j'en ai vu mourir de jeunes lillcsl C'est le destin ; il faut une proie au trépas, v. Ht'GO, Orient. 23. {| Être fille à, être c.i|)aLle de. Olil je ne suis pas fille i t'en faire un mystère, oestouches. Irrésolu, ii, 4. Je suis fille à tomber malade de vapeurs, si vous ne me vendez ce charmant taureau blanc, volt. Taureau blanc, 1. Il La fille, terme très-familier qui se dit en parvint à une fille dont on ne sait pas le nom. l'as-

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8QZ votre chemin , la fiUo , et m'en croyez , la FONT. Fabl. m, *. Il B° Nom qu'on donne à certaines reli({ieuses. Les filles du Calyaire. Savez vous que les filles de Port-Royal sont en liberté? MAiNTENON, Ult. A Urne de Caylits, (s nov. I7)8. Il Filles bleues ou annonciades célestes, religieuses de l'ordre de Saint-Augustin. Nous aurons une belle cour, un beau jardin, un beau quartier, et de bonnes petites filles bleues qui sont fort commodes, 8ÉV. 365. Il Filles-Dieu, sœurs hospitalières. || Filles de la Charité ou sœurs grises, ainsi dites à cause de leur habit de serge grise ; elles ont pour office le service des pauvres et des malades. La premiine confrérie des filles de la Charité fut instituée à Chiitillon en Bresse, en (677, par saint Vincent de Paul. Il S'Fig. 11 se dit des églises, abbayes et prieurés qui sont de la fondation et de la dépendance d'une autre église et abbaye. L'abbaye de Trois-Fontaines est fille de Clairvaux. || Il se dit pareillement des corps adoptés par un autre. L'Académie de Soissons sedisait fille de l'Académie française. || 7" Celle qu'on regarde, qu'on aime ou qu'on traite comme sa fille. Elle est une fille pour moi. || Ma fille, terme d'affection, en s'adressant à une jeune fille ou à une femme. Ma fille, lui dit le bon vieillard, écoutezmoi. Venez, venez, mes filles. Compagnes autrefois de ma captivité. De l'antique Jacob jeune postérité, PAC. Esth. I, <. Il Anciennement. La Fille aînée des rois de France, l'université de Paris. On met en cette locution une majuscule à Fille. || 8° Fille d'honneur, fille de qualité attachée au service d'une princesse. Aprèsjqu'elle eut fait part de quelques pierreries X ses filles d'honneur qu'elle a le plus chéries, tristan, Mariane, v, 2. Toutes filles d'honneur comme il plaisait à Dieu, hamilt. Gramm. 9. À la cour, où le plus habile N'a i>as toujours un grand bonheur, La charge la plus difficile Est celle de fille d'honneur, biciielet, Dict. Le roi [Louis XIVJ, instruit par sa propre expérience et conigé par les années, n'oublia rien de ce qui pouvait mettre les filles d'honneur de Mme la Dauphine sur un bon pied. M"" DE CAYLUS, Souvenirs, p. <42, dans pougens. Ce fut elle [Anne de Bretagne] qui établit les filles d'honneur, dont la jeunesse et les grâces firent l'ornementde la cour, genlis, /canne deFrance, 2* part. t. II, p. 177, dans pougens. {| On nommait aussi les filles d'honneur de la reine, filles de la reine. Qui était plus affreuse encore que les filles do la reine, HAMILT. Gramm. 6. || On dit dans un sens analogue fille de la suite. Je vous charge, Narsès, du soin de sa conduite Avec deux seulement des filles de sa suite, ROTH.Bélis.iii, 6. || Par extension. Fille d'honneur, jeune fille qui assiste et accompagne la mariée pendant la journée des épousailles. Il 9° Fille de boutique, fille employée à la vente dans une boutique. || Fille de chambre, se disait autrefois de la fille ou femme servant à la chambre auprès d'une dame. On dit aujourd'hui femme de chambre. Rosine, la fille de chambre, vient de m'informer de tout, brueys. Grondeur, i, I2. || Fille de service, fille d'auberge, fille employée aux différents services d'une maison, d'une auberge. De fille de guinguette à garçon de cabaret il n'y a que la main, DANcouuT, hnpr. de Sure ne, se. <l. || Absolument. La fille, la servante. Donner quelque chose à la fille, en payant la dépense. || 10° Fille d'opéra, chanteuse DU danseuse à l'opéra. J'aimerais mieux avoir affaire à des filles de chœur d'opéra qu'à des philosophes; elles entendraient mieux raison, volt. Lett. dAryental, <4 juill. <760. On ne songe à eux (les paysans] que quand la peste les dévaste ; mais , pourvu qu'il y ait de jolies filles d'opéra à Paris, tout va bien, m. Lett. Bourgelat, )8 mars 1775. Il 11° Fille de joie, fille publique, ou, simplement, fille, femme prostituée. Aller chez les filles. Fréquenter les filles. Cinq ou six jeunes seigneurs, après avoir parlé chevaux, chiens, chasse ou filles, Marivaux, Pat/sanparTOnu, 6' p.art. Cette ville de Paris qui n'est bonne que pour messieurs du parlement, les filles de joie et l'Opéra-Comique, volt. Lett. Unie de Fontaine, 19 avr. <70u. Taisez-vous, Vous sentez le vin et la fille, bérang. Troisième mari. Il Dans le langage administratif. Filles soumises, femmes publiques qui sont inscrites à la police et soumises à une visite médicale. || Les filles repenties, voy. REPENTI. Il Une fille des rues, une coureuse. Il 12° Fig. Fille se dit de ce qui est produit par. La misère est fille du vice. || Proverbe. C'est la fille au vilain; qui en donnera le plus, l'aua, se dit d'une chose qui est mise à l'enchère.

— HIST. XI* s. Granz est li dois [deuil] ki sormei est vertiz; Nen est merveile, n'ai mais Clie ne filz, St Alexis, xciii. Si le père truvet sa file en avulte-

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ne en sa maisoun. Lois de Guill. 37. || xm* s. Sire, je en sai une, fille au roi de Hongrie, Berte, m. Il XV* s. Et voulentiers tient, par saint Pierre, Le chemin fille de sa mère, kust. drsch. l'oésies mss. p. 611, dans LACUBNE. Autant se prise beau varlet que belle fille, leroux de lincy, Prov. t. i, p. 2:12. Fille de vilain se fait toujours prier, id. t6. p. 233. Fille qui trotte et geline [poule] qui vole, de legier sont adirées, m. ib. || xvi* s. Hymeneus, qui faict la fille femme, mabot, ii, 289. Au train de la mère, la fille, LEROUX DE LINCY, ProiK t. I, p. 232. Belle fille et méchante robe trouve toujours qui les accroche, ID. ib. Fille à se parer, jeune homme à jouer et banqueter, et vieillard à boire despendent leur avoir, m. l'b. Fille fenestriere ou trottiore rarement bonne ménagère, m. ib. Fille oisive à mal pen.sive; fille trop en rue tost perdue, id. ib. Fille qui trop se mire peu file, ID. ib. Fille telle comme elle est élevée ; et estoupe comme elle est filée, ID. ib. Qui a des filles est toujours berger, id. ib. Un homme riche n'est jamais vieil pour une fille, id. ib. Ni les estoupes proches aux tisons, ni moins les filles près des barons [hommes], id. 16. t. 11, p. 359. Faire de sa fille deux gendres [tirer double profit d'une même chose], ouDiN, Curios. fr.

— ETYM. Wallon, fèie; provenç. filha, filla; espagn. hija; portug. filha; ital. figlia; du lat. /iiio.

riLf.ETrE (fi-llè-f. Il mouillées, et non fi-yè-t'), s. f. Il 1" Petite fille, jeunefille. C'est un billet doux qu'une fillette aura glissé dans sa main en passant, BEAUMARCH. J/or. de Fig. iv, 9. X courir les fillettes.... Il s'est couvert de dettes, bérang. Pet. h. gris, lia pour guide une fillette, id. Av. de Bagnolet. Rosalie est le nom de la brune fillette Dont l'inconstant hasard m'a fait maître et seigneur, a. de MUSSET, Poésies nouv. Idylle. \\ 2* S'est dit pour alevin. Poisson nourrain, autrement fillette, Déclar. du roi, nov. <040, Tarif. \\ 3- Fillettes du roi, chaînes très-pesantes que Louis XI fit faire pour certains prisonniers. || Proverbe. Bonjour lunettes, adieu fillettes, c'est-à-dire quand on commence à vieillir, il faut renoncer à faire le galant.

— HIST. XIV* s. Or avant, mes fillettes, ce lor disoit Bertrant, La plus poure de vous aura assez vaillant, Guescl. p. 4507. Il XV" s. La dicte Jeanne ordonna que toutes les gens de guerre se confessassent et se missent en estât d'estre en la grâce de Dieu; s'i leur fist ester leurs fillettes et laisser tout le bagaige, Chr. de la Pucelle, chap. 44. Brusselle, adieu, où les bains sont jolys. Les estuves, les fillettes plaisans ; Adieu beauté, leesse et tous deliz, EUST. DESCH. Poésies mss. f° 173. Fillettes de pis [courtisanes], du cangb, filheta. Autrefois [Louis XI] avoit fait faire à des Allemans des fers très pesans et terribles.... et lesappeloit l'on les fillettes du roy, COMM. p. 610, dans lacurne. || xvi* s. C'est trop souffert de peine et marrisson Pour le plaisir d'une jeune fillette, marot, ii, 237.

— ÉTY.M. Diminutif de /Wte; bourguign. fillôtc. FILLEUL, EULE (fi-Ueul, Ueu-l', Il mouillées, et

non fi-yeul. Au xvii* siècle, du moins Chiffiet, Gramm. p. 209, l'assure, \'l finale ne se prononçait pas, quelle que fût la lettre qui suivît : mon fiUeu), s. m. et f. Celui, celle qui a été tenue sur les fonts du baptême, par rapport à sûn parrain et à sa marraine. Cet enfant n'est nommé votre filleul qu'à cause qu'il devient votre fils spirituel en Jésus-Christ, kén. t. XVIII, p. 172.

REM. On a longtemps prononcé /îHoi. « Bien des

gens disent, ne pensant point faire de faute : C'est mon fiUol, c'est ma fillole. 11 faut dire filleul, filleule », MARG. buffet, Observ. p. 129 (en 1 cas). On trouve fillole dans Molière : Il n'a pas aperçu Jeannette ma fillole, Laquelle a tout ouï, parole pour parole, l'Êt. IV, 7. Vaugelas remarque qu'à la cour on dit filleul, et & la ville fillol, et qu'il faut suivre l'usage de la cour. Aujourd'hui ^lleul est seul usité.

— HIST. XIII* s. Quant il se senti agrevé, si manda au roi Phelippe son filleul que il venist à lui, (hr. de Rains, p. 43. Si voirement com vostre fil Est mes fiUeus en droit baptesme.... Ren. ma. De sa fillole li souvint, buteb. 11, 205.

— étym. Wallon, fiou, filleul, fwule, filleule; picard, fillole; bourguign. fillà; Berry, filleux, fillol, fiUiole; génev. filliol, filliole; provenç. filhol; catal. filial; du lat. filiolus, jeune fils, fils chéri (voy. fils) .

f FILLOT ((i-Uo, Il mouillées), s. m. Terme populaire et d'amitié. Fils.

— HIST. XVI* s. Tout beau, fillot, dit Pantagruel, tout beau, bab. Pant. m, < 2.

— ÉTYM. Diminutif de fils.

FILOCHE (fi-lo-ch), s. f. Il 1° Espèce de tissu, de 51et fait de corde, de fil ou de soie. || 2° Nom d'un

nL

gros cAble, qui sert à lever la meule d'un moa'iD.

— ETYM. Dérivé de fil.

t FII.OIR (fi-loir), (. m. Machine à filer.

— ETYM. Filer.

FILON (fl-lon), t. m. Veine métallique ou fossile. Filon riche, pauvre. Dans la montagne de Malimbert, il y a deux gros filons de mines de plomb riche en argent ; ces filons, qui ont aujourd'hu; trois à quatre toises d'épaisseur, d'un très-beau «path piqueté de minéral, traversent deux montagnes, et paraissent sur plus d'une lieue de longueur, bufp. Min. t. v, p. 232, dans pougens. Ton cœur était l'or pur caché dans le filon, Qui n'attend pour briller que l'heure et le rayon, lamart. llarm. m, «. il Fig. L'Angleterre développe tous les genres d'industrie, exploite tous les filons de la prospérité humaine.... MIRABEAU, Collection, t. I, p. .1:1».

— ETYM. Fil, à cause de la dispositiou longitudinale des métaux ou des fossiles dans la terre.

FILOSKLLE (fi-lo-zè-l'), *. f. Soie irréguliore, dite aussi fleuret ou bourre de soie, que l'on voit distribuée comme à l'aventure, autour des longs fils qui forment le corps des cocons. Ceintures et rubans de filoselle et de capiton, le cent pesant estimé cent livres, Déclar. du roi, nov. <640, Tarif. || Fil tiré de la galette, lorsqu'il est savonné, cuit et prêt à être teint.

— HIST. XVI* s. Les coucons seront enfilés, en faisant passer l'esguilie par la première filozelle appellée bourrette, 0. de serbes, 40o. Les coucons qui auront seiTi pour graine, ne pourront par après estre emploies qu'en filozelle, id. 4i)1.

— Êtvm. Bas-lat. folasellum, firoséllum, filoselle, folexellus, coque des vers à soie; provenç. folleil, filoselle; ital. filugello, ver à soie. Il est probable que les autres formes sont des corruptions de l'italien et que l'italien est un dérivé de filo, fil, avec un suffixe de diminution.

t FILOTIEU, 1ÈRE ( fi-lo-tlé, tiê-r' ), s. m. et f. Celui, celle qui fait en petit le commerce du fil.

— ETYM. Fil.

t FILOTIÈIIE (fi-lo-tiê-r'), s. f Terme d'architecture. Bordure d'un panneau de vitrail.

— ÉTYM. Fil.

FILOU (fi-lou), s. m. Il 1° Voleur qui emploie l'adresse. Je me chaufl'ai là, moi troisième, ayant pour compagnie mon laquais et un filou qui s'y arrêta, Francion, liv. vi, p. 257. On ne peut faire un pas que l'on ne trouve un piège; Partout quelque filou m'investit et m'assiège, regnabd, Ménechmes, 11, 2. Il y aura toujours dans une armée des officiers et des goujats, et, dans une grande ville, des magistrats et des filous, volt. Comm. sur Corn. Avertissemetit. Je fus volé, en arrivant, de tout ce que j'avais par des filous, à la foire de Saint-Germain, id. Candide, 2i. || Fig. Je renonce aux vers burlesques, aux romans comiques et aux comédies, pour aller dans un pays où il n'y aura ni faux béats, ni filous de dévotion, ni inquisition, ni hiver qui m'assassine, scAHB. Œuvres, t. i, p. (70, dans pougens. Il Adj. Un Dieu filou [Mercure] n'est pas propre à corriger les hommes sur la mauvaise foi en affaires d'argent, fén. t. xix, p. 2)9. C'est de quelque cousine. Pour vous tirer chez soi, sans doute un trait filou, Les deux arlequins (<C9(), 11, 5, dans Théâtre ital. de Gherardi, t. m, p. 285. || 2* Il se dit aussi de celui qui trompe au jeu. Je ne veux pas jouer avec lui, c'est un filou. || 3* Poisson de la mer des Indes, Yépibuk insidiateur (acanthoptérygiens), qui est le spare trompeur de certains auteurs.

— ÊTYM. Mot d'origine incertaine. M. Fr. Michel, dans son livre de VArgot, a réuni quelques indications: 11 e.\iste, dit-il, un arrêt du parlement de Paris, en date du (6 août <623, dans lequel les voleurs sont qualifiés d'hommes hardis se disant filous. Puis il cite une série d'exemples du xvii* siècle où filou a un autre sens : Belles-oreilles et Poltronesque ayant dit à Joly Barby, qui vient de chanter une chanson : Tu nen sçay pas davantage? Celui-ci répond : Si fay; mais c'est un second guéridon et un autre filou, voy. Le carabinage et matoiserie soldatesque, p. 76. N'ont-ils plus souvenance du filou et de la vache à Collas, etc. ? La dejfense des outrages faites au sieur Guéridon, etc. p. 4. Nous entendrons chanter et bruire tes prouesses sur le filou, le Paranymphe de la vieille. Le filou, ajoute M. Fr. Michel, éuit donc une chanson ou plutôt un air d« musique, comme le guéridon, ainsi appelé du nom de son auteur. » Ce mot paraît étie entré dans la langue durant le xvii* siècle avec un sens et une forme moins arrêtée qu'aujourd'hui. Cette introduction si tardive ne paraît pas permettre de rattacher fduu au bas-latin jillo ou ftlico, vaurien, qui s«

trouve dans d»! trî'S-vieux textes; et, provisoirement du moins, l'étymologie reste ignorée. Voici quelques rapprochements et conjectures; le piémontais a /i/on, Hlou; mais rien ne le ralt.iche au mot français. Ménage dit que filou a signifié un petit bâton i six pans marqué comme un dé à chaque face et servant à un certain jeu, et que, comme il était facile de tricher i ce jeu, on appela filout ou /iioutleri ceux qui escroquaient en queltjue lieu que ce {ùt; mais il ne donne aucun texte à l'appui de son (lire. Diez met en avant l'ancien haut-allemand /■('on, limer, dit que l'anglais /i/c, lime, a été employé pour dire un filou, et que la métipliore a pu se faire; il indique le français affiler, et en lorrain aiffilri, qui veut dire donner le fil et tromper. Enfin il signale l'anglais fellow, compagnon, qui dans le midi de l'Angleterre est un terme injurieux. Mais tout cela n'est que conjecture. Il en est de même pour l'anglais (o filch, filouter, et du latin feliculut, petit chat. C>u.ant au grec (pri>r)TT|; ou çiXrjTr,;, voleur, çTiXÔM, tromper, on ne sait pas comment ils auraient pu entrer dans le français au xvii* siècle sous la forme de filmt. En définitive, il n'est pas impossible que filou soit un terme populaire ou d'argot venu directement de filer.

fFII-OUTAGE (fi-Iou-la-j'), s. m. Habitude de filou; métier de filou. Il [MazirinJ porta le filout ige dans le ministère, ce qui n'est jamais arrivé qu'à lui, RETZ, 11, 97. Le filoutage, le larcin, le vol, étant d'ordinaire le crime des pauvres, et les lois ayant été faites par les riches, ne croyez-vous pas que tous les gouvernements, qui sont entre les mains des riches, doivent. commencer par essayer de détruire la mendicité, au lieu de guetter les occasions de la livrer aux bourreaux? volt. Polit, et k'gisl. Prix de la just. et de l'humanité, n.

— ETYM. Filouter.

FII-OUTÊ, ÊE (fi-lou-té, tée), part, passé. Une montre filoutée à la sortie du spectacle. {| Filouté au jeu par des aigrefins.

FILOUTER (fi-lou-té), V. a. \\ 1° Voler en filou, n m'afiloutémabourse. Il Absolument. S'il [le religieux] quitte son habit pour une cause honteuse, comme pour aller filouter, PASC. Prot). 6. || 2° Tromper au jeu. Il m'a filouté. Des coups de bâton qu'on te donna à Auierre pour avoir filouté mille écus au fils de ce marchand de marée, dancourt, la Désol. des joueuses, se. «3. Il Familièrement. Filouter quelqu'un de tant, le tromper de tant. Il l'a filouté de vingt francs.

— ÉTYM. Filou; bourguig. fillôtai.

FILOUTERIE (fi-lou-te-rie), s.f. Action, tour de

filou. II ne vit que de filouteries. La filouterie que j'y voulais employer m'attira un petit affront, j. t. Bouss. Udoïse, V, 7.

— ÉTYM. Filouter.

t FILOUril':R, IP.RE (fi-lou-tié, tiê-r'), adj. De filou. Il faisait entrer dans la composition de son mérite quelque bravoure un peu filoutibre, scarr. Rom. com. ii, m.

— ÉTYM. Filouter.

FILS (fl ; r* se lie : le fl-z alnô. Beaucoup de pens ont pris depuis quelque temps l'habitude de liire entendre I'» quand le mot est isolé ou devant une consonne, un fiss" ; c'est une trcs-mauvaise prononciation), ». m. || 1" Un enfant mâle, par rapport à son père ou à sa mère. Un bon fils. Il a trois fîls. Durand père et Durand fils. Et sous le nom d'un fils toute faute est légère, corn. Nicom. ii, 2. Judith veuve, qui était fille de Merari, fils d'Idox, fils de Joseph, fils d'Ozias.... SACl, Bible, Judith, VIII, <. Ai-je donc élevé si haut votre fortune Pour mettre une barrière entre mon fils et moi ? bac. Brit. I, 2. Ce n'est plus votre fils, c'est le maître du monde, id. ib. Hélas! un fils n'a rien qui ne soit à son père, id. Àthal. iv, < . Scipion, le destructeur de Carthage, était propre fils du fameux Paul-Émile qui vainquit Persée, dernier roi de Macédoine, et par conséquent petit-fils de cet autre Paul-Émile qui fut tué à la bataille de Cannes, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. I, p. 685, dans poUGRNS. || On dit, pour désigner une maison de commerce tenue par un père ot son fils conjointement: un tel et fils, négociants. Il Fils au singulier ou au pluriel se construit souvent avec le nom du père sans préposition : le fils ou les fils Guérin. Les quatre fils Aymon , nom de quatre chevaliers, fils du duc Aymon, dans les romans de Charlemagne; c'étaient Renaud l'aîné de tous, Guidon le sauvage. Maugis et Richardet;on les représente souvent tous les quatre sur un seul chevaJ. Ils étaient & cheval comme les fils Aymon , COLLIN d'harlevillb, Jf. df Crac, se. «6. || C'est un archaïsme , alors que l'ancienne langue, ayant un cas pour le régime, mar(iuait le rapport entre deux

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substantifs par ce cas sans préposition. l| Le nis de la maison, le fils du maître de la maison. || Fils do fimille, celui qui vit sous l'autorité de son père ou de sa mère, ou sous l'autorité d'un tuteur. Il n'est pas pruilent de prêter au fils de famille. Mon amant dans l'état oii l'on voit trè-s-souvcnt les fils de famille [sans argent], bol. Scapin, m, s. jj Voy. aussi FAMILLE, pour un autre sens, || Fils de France, enfant mâle du roi de France. || Fils naturel, fils né hors du mariage. François Pizarre , le plus connu de tous, était lils naturel d'un gentilhomme d'Estramaduro, baynal, Ilist. phi!, vu, t. || Autrefois, fils de maître, celui qui, étant fils de maître dans ijuelque art ou métier, avait, quant à la maîtrise, certains droits et privilèges. || Fig. Être fils do maître, avoir les mômes talent» que son père. Il Petit-fils, voy. PETIT. Il Arrière -petit-fils, voy. ce mot à son rang. || Beau-fils, l'enfant mâle d'un premier mariage, par rapport, dans un second mariage, soit au mari, soit à la femme. Il Se dit aussi, abusivement, du gendre. || Il n'est fils de bonne mère qui... il n'est aucun homme honnête qui.... Il n'est fils de bonne mère qui ne voulut s'être conduit ainsi. D'un tel combat le prince est spectateur; Chacun y court; n'est fils de bonne mère Qui, pour le voir, ne quitte toute affaire, la font. Belph. Il n'est fils de bonne mère qui n'abandonne tout pour être présenté, faire sa révérence, avec l'espoir fondé, si elle est agréée, d'emporter pied ou aile, comme on dit, du budget, p. L. COUR. Lett. viii. Il II est fils de son père, il ressemble & son père tant pour le visage que pour les inclinations. || 2" Fils en Jésus-Christ, se dit des fidèles par rapport à leurs pères spirituels. || Particulièrement, fils en Jésus-Christ, terme dont se sert le papo en parlant du souverain de la France. Notre fils en Jésus-Christ, Louis quatorzième, roi de France. Il Le Fils aîné de l'Église, titre des rois de France (Fils prend ici une maju.scule). || Terme de l'Écriture. Le fils de l'homme, Jésus-Christ. Il faut que le fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les sénateurs, par les princes des prêtres, SACi, Uible, Ëv. St Luc, ix, 22. Alors on verra le fils de l'homme venir sur une nuée avec une grande puissance et une grande majesté, BOURDAL. tfijst. Pass. de Jésus-Christ, t. i, p. 229. Il Le fils de Dieu , Jésus-Christ. Il a fallu qu'il [Jésus] ait passé par les souffrances pour entrer en sa gloire, et, quoiqu'il fût fils de Dieu, il a fallu qu'il ait appris l'obéissance, PAsc. Ixlt. à Urne Perier, 17 oct. <6B1. || Fils de Dieu, chez les Hébreux, a aussi signifié homme de bien. Fils de Satan, fils de Reliai, méchant homme. || 3" Celui qu'on regarde ou qu'on aime comme son fils. Vous retrouverez en lui le fils que vous avez perdu. || Mon fils, manière amicale dont les personnes d'un certain âge ou d'un caractère vénérable adressent la parole à un jeune homme ou à un homme qui n'est pas leur fils. Mon fils, lui dit-elle, ne dédaignez pas mes avis. Mon disciple, mon fils, Viens réparer ma honte, Chapelain dicoilfé , se. 3 (dans les Œuvres de boilkad). Il Mon fils, n'est quelquefois qu'un terme d'amitié ou do prière. Mascarille : Je vous baise les mains, je n'ai pas le loisir. —Lélie: Mascarille, mon fils. — Mascarille : Point. — Lélie : Faismoi ce plaisir, mol. l'Ét. n, 7. || Mon fils, dans le langage familier, se dit quelquefois en parlant à soi-même. Figaro : Allons, Figaro, vole & la fortune, mon fils, BEAUMAncn. Barb. de Sév. i, 6. Il V. Hugo {Légende des siècles, Biiar) a employé fils au sens de jeune homme, ou valet, comme on disait au moyen âge : Aucun sommet n'était trop haut pour votre taille. Et vous étiez un fils d'une telle fierté, Que les aigles volaient tous de votre coté. Il i° Poétiquement. Les fils de Mars, les guerriers. Il Les fils de la victoire, les guerriers que la victoire favorise. Honneur au fils de la victoire ! X la beauté rendons honneur I c. dflav. Paria, in, 7. || Les fils d'Apollon , les pointes. Il Les fils de l'harmonie, les musiciens, et même les poètes, jj B" Se dit aussi pour désigner simplement la sexe masculin , un enfant mâle, un garçon. De ce mariage naquirent deux fils et une fille. Il 6" Un beau fils, un jeune homme élégant et recherché dans sa toilette. Il fait le beau fils. LA, là, n'en riez point ; autrefois, en mon temps, D'aussi beaux fils que vous ét.iient assez contents. Et croyaient de leur peine avoir trop de salaire, Quand jn quittais un peu mon dédain ordinaire, corî». Uéli'lr, V. 7. Bien disant et beau fils, la fout. Tabl. Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette, mol. Sgan. «. Et quel est ce beau fils qui cause tant de flamme? uomtfleury, teilari sansf. m, 7. |{ 7' Dans

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le style élevé, celui qui est de tel ou tel pay». Les fils d'Albion, le» Anglais. Mais moi fil» du désert, moi fils de la nature, Uui dois tout à moi-même et rien à I imposture, DUcis, Othello, n, 7. |1 Descendant, issu de telle ou telle race. Et tu pourras connaître Qui de nous deux, perfide, est l'esclave ou le maître.... Et si le fiU des rois punit les assassin», VOLT, tférope, v, 3. Fils des rois et des dieux, mon fils, il faut servir, id. ib. v, 4. || 8" Dans la mythologie, les fils de la terre, les géants qui voulurent escalader le ciel. Il Fig. Un fils de la terre, un homme obscur qui s'est élevé i un haut rang. Quoi donc ! je l'aurai vu citoyen mercenaire. Du travail de ses mains nourrissant sa misir»; Et la guerre civile aura dans ses horreurs Mis ce filt de la terre au faite des grandeurs, VOLT. Agalhocle,i, 4. || S'emploie dans le style biblique avec un nom de qualité twnne ou mauvaise pour dé.signer celui qui possède cette qualité. Fils de rébellion, rebelle. || 9' Fig. Fils de.... se dit de celui qui e.st produit par...., qui doit à.... Et cet lioinme inconnu, ce fils heureux du sort Condamne insolemment ses maîtres à la mort, volt. Catilina, V, 4. Il II est fils de ses œuvres, se dit d'un homme qui ne doit qu'à lui-même la position k laquelle il est arrivé. Mes fils, du sort jaloux bravant le long oui rage. Seront avec le temps les fils de leur courage, H. J. cuén. Œdipe roi, v, ». |{ 10* Fig. Il sa dit de ce qui est produit par. Le luxe est fils de la vanité. Ha main donne au papier, sans travail, sans étude. Des vers, fils de l'amour et de la solitude, A. CHÊN. Élég. XVI.

— lllST. XI* s. Enveions i les fili de no» moillers [femmes], Ch. de Ilol. m. || xii* s. Hais onc [il] n'ot fil ne fille de sa franche moillier, Sax. iv. E ses fiz est morz, llois, p. 23». En ces jor» se leva Mathalhie li fiz de Joan, fil de Simon, Machab. i, 2. E li fil d'els desque en secle serrunt sur le tuen siège. Liber psalm. p. 208. Il XIII* s. Biaus très dous fils, faitelle, comment osas penser....? fier(«, ui. Quant mi fil seront grant, [je] ferai les marier, ib. xcvii. Cil roy» Loeys ot de femme deus fins, Chr. de llairts, p. 2. Tuit li enfant jusqu'au tiers nevoz sont apclez fiz, et li autre sont apelé deçadant, Liv. de just. 296. Et li fix du fil au fil mon fil jle fils du fils du fils de mon fils] m'est el quart degré en avalant, beaum. XIV, 4. Il XIV* s. Filz de lisce [fils de femme publique), nn CAROE, filiut. || xv* s. Si n'estoit pas fils de bonne mère qui ne disoit de grans maulx et vilenies d'icelui duc, momstrel. t. n, p. ^i^, dans lacuhnb. Guillaume dist au suppliant: Tu es un très mauvais filz, qui vaut aultant selon la coustume du pays : tu es un très mauvais filz de putain, du carge, filius. Il XVI* s. Lâiides et laids, visages deifiques. Filles et fils [garçons] en la fieur de jeunesse, ma- KOT, I, 4 5». Non moins regardé, prisé et estimé de tout le monde pour estre honeste et bien appris, que pour estre beau fik, amtot, Uarcell. 2. Estre fils de prestre [répéter ce qu'on dit], oumn, IHcl. i père amasseur fils gaspilleur, cotcrave, Dict. Qui n'a qu'un seul fils le fait fol: qui n'a qu'un porceau le fait gras, lehoux de lincï, Prov. t. ii, p. 387. Il n'y a fils de tonne mère qui ne mette là son denier [à acheter des offices], pasouieb, lettres, 1. 1, p. 642.

— ETYM. Bourguig. fi; picard, fxeu, fiu; provenç. fus; calai, fill; espagn. hijo; portug. filho; ital. /îglio; du latin filiut.X cause de la forme ombrienne felius, des étymologisles ont rattaché filiut k /itJlare, teter, sanscrit dhi, teter. Dans l'ancien français, fils ou fis ou fius, au nominatif singulier; fil, au régime singulier; /i(, au nominatif pluriel; /!/* ou fis, au régime pluriel. La forme actuelle fils est le nominatif singulier de l'ancienne langue.

t FILTERIE ( fil-te-rie), ï. f. Nom que porte i Lille toute fabrique où Ion retord le lit pour le rendre au commerce.

— ÉTYM. Fil.

t FILTIER, P.RE (fil-tié, tiê-r"), s. m. et f. X Lille, celui, celle qui retord le fil pour le vendre au commerce.

t FILTRAGE (fil-tra-j"), î. m. L'action, l'opération de passer ou de faire passer une liqueur à travers un filtre.

— ÉTYM. Filtrer.

FILTRANT, ANTB (fil-tran, tran-f), adj. Oui sert à filtrer. Fontaine filtrante. Pierre filtrante. Papier filtrant.

I FILTRATEUR (fil-tra-teur), t. m. Industrie qui opère en grand la fillraticn des eaux pour lusage des villes et des établissement».

— ÉTYM. Filtrer.

FILTRATIOS (fil-tra-slon; en vers, de quatre syllahcs), s. f. || 1* Terme de chimie et de pharmacie. Opération qui consiste t passer un liquide à

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trriTers (in filtro pour le débarrasser des parties solides qui eu troublent k transpiireuce et qui sont trop légères pour se précipiter. || ï" Passage d'un liquide à travers un corps destiné è, l'écloircir. La liltration des eaux qu'on distribue duns une ville. Il Passage d'un liijuide à travers un corps porouï. L'eau ne se communique ni ne s'étend pas aussi loin qu'on le croit par la seule fUtration, BVry. Ilist. nat. 2* dise. Œtares, 1. 1, p. < 78. || Baux de filtration, eaux qui arrivent par les porosités du sol. Si une glacière n'est pas à l'abri des eaux d8 filtration, la glace y fondra facilement. || 3° Ancien terme de physiologie. Action par laquelle la bile et Lutres humeurs et sucs se séparent du sang. La filtration des humeurs.

— ETYM. Filtrer.

t. FILTRE (til-tr'),i. m.jj 1* ÉtofTe, papier, linge, charbon, et, en général, corps poreux à travers lequel on fait passer un liquide pour le clarilier. || Appareil destiné à la filtration des eaux en grand, et qui est composé, eu comptant de haut en bas, d'éponges, et puis de couches alternatives de gravier et de grès i)ilé. || Filtre-presse, appareil composé de deux cylindres métalliques montés vis-à-vis l'un de l'autre et séparés par un diaphragme perforé ; le cylindre inférieur sert de récipient et porte un robinet; le supérieur est fermé par un couvercle muni d'un tube de plomb de <o à I3 mètres de hauteur et terminé supérieurement par un réservoir; le diaphragme est recouvert d'une couclie de coton, d'éponges, de charbon ou de verre pilé. || 2" Il s'est dit autrefois, en physiolugie, des organes qui séparent quelque humeur de la masse du sang.

— Hisr. xvi* s. La manière de distiler par filtre,

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