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PALISSY

— ÉTYM. Il est probable que l'origine de ce mot est dans l'allemand flach, plat.

t 2. FLACHE (fla-ch"), adj. Terme de construction. Bois flache,bois qui, n'étant pas bien équarri, est difficile à toiser.

— ËTYM. Floche 4.

t FLACIIER (fla-ché), v. a. Terme d'eaux et forêts. Faire une entaille aux arbres pour y imprimer la marque du sceau.

— f.TYM. Flache 4.

t FLACHEUX. EUSE (fla-cheû , cheû-z') , adj. Terme de construction. Synonyme de tlache 2.

FLACON (fla-kon), s. m. || 1° Petite bouteille qui se ferme avec un bouchon de verre ou de métal. Il 2° Dans les laboratoires, vase en verre ou en cristal, de forme cylindrique, & fond plat ou bombé et muni d'un ou de plusieurs goulots courts, à bords renversés. || 3° Autrefois, bouteilles à panse évasée et plate, qu'on portait à l'aide de courroies, et qui, par cette raison, étaient enregistrées dans les inventaires avec les barils, de laborde. Émaux, p. 317. Il 4° Par extension, bouteille de vin. Un flacon de vin de Tokai animait la fin du repas, marmontel, ifém. iv. X longs flots puisez l'allégresse Dans ces flacons d'un vin mousseux, bérano. lies cheveux. || 5" Flacon de pèlerin, la courge calebasse.

— SYN. flacon, bouteille. La manière de les boucher, les flacons avec un bouchon de verre ou de métal, les bouteilles avec un bouciion de liège, établit entre eux une distinction. De plus les bouteilles sont ordinairement en verre plus commun que les flacons.

— HIST. xiv* s. Doux flacons d'or à deux esmaui, à deux courroyes de soye ferrées d'or, de laborde. Emaux, p. 34 8. || xv* s. Vins qu'ils avoient mis sur leurs charriots en tonneaux et à grands tlacons et barils, Fitoiss. ii, ii, 69. || xvi* s. Quelle difi'érence est entre bouteille et flacon ?"grande : car bouteille est fermée à bouchon, et flacon à vis, rab. Garg. I, 6. Terre loing de soy n'apporte que flascons et bouteilles, cotgrave.

— ÊïYM. Ane. franc, flasche; espagn. fiasco, frasco; portug. frasco; ital. fiasco, et féminin fiasca, à Florence, fiascone, bouteille en verre blanc dont la panse est garnie de jonc; bas-lat. fiasco, dans Grégoire de Tours (Duo lignea vascula, quae vulgo llascones vocantur). Flusca ou fiasco a été primitivement un vase destiné à renfermer et protéger les vases en verre : Flascae pro vehendis ac recondendis phialis primum factae sunt, postea in usum vini transierunt , isid. xx, vr, 2. Ce mot existe dans les langues germaniques (anc. hautallem. fîased; suéd. flaska; allem. Flasche) et dans les langues celtiques. Mais Diez ne l'y croit point primitif, et il le regarde comme d'origine latine et provenant de vasculum, petit vnse, par interversion ûH, comme dans l'italien fiala, de fabula, pioppo, de pnpidtts ; l'ancien français blouque, de buccula; le provençal /Joronc, àe furunculus ; l'espagnol blago, de baculus; le v s'est changé en f, comme dans parafredus, de paraveredus, palefroi. Ainsi formé, ce serait des langues romanes qu'il aurait passé dans les langues germaniques et celtiques. Cependant l'antiquité du mot, qui est dans Isidore et Grégoire de Tours, rend douteuse la métathèse sur laquelle Diez s'appuie.

f FLAGELLAIRE (da-jèl-lê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un fouet.

— ËTYM. Lat. flageUum, fouet.

FLAGEIXANT (lla-jèl-lan), *. m. || 1* Nom d'unn

espèce d'hérétiques du treizième siècle, sectateuii

FLA

d'un moine nommé Bainier, qui s'assemblaient chai|ue nuit, nus jusqu'à la ceinture, avec un capuchon sur la tête et une croix à la main, pour so donner la discipline; ils se fouettaient ainsi deux fois le jour. Leur hérésie consistait à croire que cette (lagellation leur rendait les sacrements inutiles, et valait mieux que le martyre. Ces flagellants inondirent l'Europe : on en voit encore beaucoup en Italie, en Espagne, et en France même, volt. Dict. phil. Àxistérilés. \\ i" Nom de corporations religieuses, mais composées de laïques, qui subsistent encore dans le midi de la France et qui prennent part à certaines cérémonies. Henri III jouait alors unj autre comédie, il s'était enrôlé dans la confrérie des flagellants, volt, llisl. parlem. ch. 29.

t FLAOKI.LATEUU (na-jcl-la-teur), s. m. Celui qui Hagcllo, qui administre une flagellation.

— HIST. XVI" s. Tels barbares, qui sont comme marqués et destines pour estre les llagellateurs des chrestiens, langue, 377.

— ÊTVM. Flageller.

FLAGELLATION (lla-jèl-la-sion; envers, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action d'infliger le supplice du fouet. Cette cruelle flagellation où le Sauveur des hommes se vit condamné, boubdal. Exhort. sur la flag. de J. C. t. ii, p. 72. || Tableau représentant la flagellation de Jésus-Christ. La Flagellation de tel peintre. En ce sens, il prend une majuscule. Il 8" L'action de se flageller. Ce n'est point par des cérémonies, par des flagellations, par desauto-da-fé qu'on honore la divinité, mais par des sueurs, par des défrichements, par des travaux utiles, raynal, Hist. phil. VII, tl.

— ETYM. Lat. flagellationem, de flagellare, flageller.

FLAGELLÉ, ÉE (fla-jèl-lé, lée), part, passé. Frappé avec un fouet. Saint Gervais flagellé. || Fig. Flagellé par une juste satire.

t FLAGELLÉE (fla-jèl-lée), s. f. Variété de laitue que l'on nomme aussi sanguine, et qui fait partie des laitues pommées du printemps,

— ÊTYM. Flagellé, parce que cette laitue est marquée de taches rouges assimilées à la trace de coups do fouet.

FLAGELLER (lla-jèl-lé), v. a. || 1" Infliger le supplice du fouet. Les prédicateurs et leurs prosélytes sont emprisonnés, flagellés, égorgés, raynal, llist. phil. XIX, 2. Il 2° Fig. Se dit des écrits satiriques qui attaquent quelqu'un avec acerbité, à tort ou à droit. Combien de pamphlets vils qui flagellent sans cesse Quiconque vient du ciel, v. hugo, Yoix, 29. Il Exciter comme on fait les chevaux par le fouet. On parle de ranimer l'esprit public, et l'on flagelle trois ou quatre parlements, baciiaumont, tiém. secrets, t. xxxiv, f" 70. || 3" Se flageller, v. ré/l. Se fouetter soi-même dans un esprit de mortification. Il Se fouPtter l'un l'autre; et fig. s'infliger de violentes critiques. Les satires dont ils se flagellèrent.

— SYN. flageller, pustioeb. Quand il s'agit du supplice du fouet, la dillérence étymologique est que flageller suppose l'emploi du fouet, et fustiger celui des verges; dans l'usage ces deux mots sont synonymes, et ils s'emploient l'un comme l'autre, sauf que flageller est plus énergique. Quand 11 s'agit de pénitence, c'est flageller qui est le mot propre.

— iilST. xu* s. Cil qui ad malvais père, malvaise est s'eritez [son héritage] ; Cil qui ad fieble chief, sovent est flaelez, Th. le mart. 128. Ki ki unkes murmuret del flael Deu, ke fait altre chose ke acuseir lajustice de celui ki flaelet? Job, p. 489. || xiii's. Li diable sur els cureient, E flaeloent e bateient, MARIE, Purgatoire, ion. Cuers de famé est li chaudiaus (l'ues [d'œufsj ; Plus est tornans ne soit estues [que n'est éteuf, balle de jeu de paumej ; Et plus haleté et plus flaielo Que ne l'et boillons en paele [en poile], Fabl. mss. n" 7218, f° ^40, dans la-

CURNE

— Etym. l'rovenç. flagellar; ital. flagellare; du lat. flagellare, de flagellum, fouet (voy. fléau).

t FLAGELLIFOBME (fla-jèl-li-for-m'), adj. Terme didactique. -Qui a la forme, la flexibilité d'un fouet.

— f.TVM. Lat. flagellum, fouet, et forme.

FIAGKOLEK (fla-jo-l.;) , u. n. || 1" Jouer du flageolet. Il flageole à merveille. || î" Se dit du cheval, lorsque les articulations du genou et du jarret tremolent et vacillent dans la marche. Ce cheval flageole. Il Par extension, se dit des jambes de l'homme qui lui font défaut. Tout h coup, au milieu des flammes qui me dévoraient, je sens un froid mortel courir dans mes veines ; les jainbss me flageolent, et, prêt à me trouver mal, je m'assieds et pleure comme

FLA

un enfant, J. i. rouss. dans laveaux. || I] se dit aussi de l'homme lui-même. Il flageolait, il pouvait à peine se tenir.

— lllST. XIII' s. Car le vin si tue et assomme; Nus [nul] homs n'en prent plus que sa somme. Qu'il n'en ait la teste plus foie ; Moins en a sens, plus en flajole. Plus se débat et plus parole, Guersai. Tous jors ensemble flajolés ; Ne sai que vous entrevolés [entrevouloir]. Que vous poés vous entredire, la Itose, 8671. Il xiv s. [Les oiseaux] S'en vont çà et là flagolant, Amours louant et relouant Kn leur latin, Ixmde dorée. Mais bien [je] croi qu'au derrain croûsse Barat, s'autre conseil n'eusse; Car si bel m'avoitflajolé. Que tout sus m'avoit aflblé, bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 27. || xv" s. Ces deux ont partout l'avantaigo, L'un en janglant, l'autre à œrner Des instruments: lequel prandray-je? Compains, apran à flajoler, eust. deschami'S, Ballade, itélier profitable. Et n'ont acoustumé que de flageoller en l'oreille et parler dos choses de peu de valleur, comm. v, <8. || xvi* s. Quelque oraison que des lèvres flajolles, Au cueur gist tout, j. uarot, v, 2oa. Pasteur, qui conduiras en ce lieu ton troupeau, Flageollant une eclogue en ton tuyau d'aveine, ronsahd, 263.

— Etym. Flageol (voy. flageolet <); provenç. flaujolar, jouer du flageolet. La série des sens est : jouer du fûgeolet, puis babiller, puis flatter. Quant à celui de faiblir, chanceler, qui est moderne (du moins l'historique n'en offre pas d'exemple), ne viendrait-il pas de ce que des jambes grêles et par conséquent peu sûres ont été dites des flageolets?

i . FLAGEOLET (fla-jo-lè ; le « ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: des fla-jolè-z harmonieux ; flageolets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. \\ 1° Sorte de flûte à bec percée de six trous et armée de clefs, qui a des sons trèsaigus. Ma main peu juste, mais légère, Tenait autrefois tour à tour Ou le flageolet de l'amour. Ou la trompette de la guerre, volt, lettres en vers et en prose, *o. Je suis monté sur ce ton-là [pastoral] ; il ne me manque qu'un flageolet et des rubans à mon chapeau, p. l. coub. Lett. ii, 63. ||Fig. et par plaisanterie. Être monté sur des flageolets, avoir les jambes fort menues. || 2° Le jeu de l'orgue le plus aigu de tous, dont le tuyau le plus long n'a que six pouces. || 3* Il se dit, en Italie, du jeu en sons harmoniques sur le violon, péris, Diet. de musique.

— Hl.ST. XII' s. Ces pastoriax oit [il entend] lor fiajox sonner, Qui par matin vont lor bestes garder, Raoul de C. 242. || xV s. C'est un navire sans pompe, C'est un berger sans flageolet, basselim, lvi. Il xvi* s Faisoit sonner chalumeaux, cornemuses Et flageolets , pour esveiller les muses ,

MAHOT, I, «66.

— Etym. Diminutif de l'anc. franc, flajol ; provenç. flautol, flaujol, qui .sont des diminutifs de flauta, flaùle, flûte (voy. flûte).

t 2. FLAGEOLET (fla-jo-lè), s. m. Variété de haricots, dite aussi nain hâtif de Laon, une des plus estimées et peut-être la plus répandue aux environs de Paris.

— KEM. Il serait raisonnable d'abandonner ce barbarisme et de dire fageolet. Aucun des patois n'a cette l barbare.

— ETYM. Génev. fajole, fajule; Lyon, flageole; Cambrai, fageole; Faucigny, fajoule, fajole; du lat. phaseolus, haricot. Flageolet est une corruption de fageolet, qui est un diminutif de /aseoi.

FLAGORNÉ, ÉE (fla-gor-né, née), part, passé. Aimer à être flagorné.

FLAGORNER (fla-gor-né). || !• V. a. Flatter souvent et bassement. Il flagorne ses supérieurs. Es-tu un prince pour qu'on te flagorne? beaumarch. Mar. de Fig. iv, 40. || Absolument. Il va flagorner aux oreilles de son maître. J'appris par ce succès de mon tardif coup d'essai à ne plus me mêler de vouloir flagorner et flatter malgré Minerve, j, i. rolss. Confess. xi. Après quoi ledit Paul sera détenu es prisons de Paris.... aussi longtemps qu'il conviendra pour l'entière satisfaction des<i;ts courtisans, gens de cour, flatteurs, flagorneurs flagornant partout le royaume, p. l. cour. Aux dmes dévotes. || 2* Se flagorner, t). réfl. Se flatter bassement l'un l'autre.

— HIST. xv s. Helas I sire, Chacun n'a pas si fain de rire. Comme vous, ni de flagorner, Patelin. ||xvi' s. C'est tout le même langaige que mondicl maistre a flagorné aiu oreilles du duo de Nevers,

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