‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 225 sur 388 · FT.A · texte numérisé non relu

FT.A

médiaire de flagot ou flagol, flûte (voy. plaoeoler). Le sens ancien est bavarder, dire à l'oreille ; ce sein est aussi un des sens de flageoler ; mais la syllabe fla, qui semble se rattacher à flatter, a été peut-être une des causes qui lui ont (ait prendre le sent actuel.

FLAGORNERIE (fla-gor-ne-rie) , s. f. Flatterie basse et assidue. Ce sont des livres que j'envoie à l'académie de Pétersbourg, et des flagorneries pour la czarine, volt. Ult. d'Argenson, 3 mai <746. Je pourrai bien écrire quelque petite flagornerie à mon docteur, si j'ai quelques moments heureux, m. Lett. Urne die Fontaine, (« avr, (768. Les courtisans exerçant près des rois l'art de la flagornerie, p. L. COUR. Aux dmes dévotes.

— ÉTYM. Flagorner.

FLAGORNEUR, ECSE (fla-gor-neur, neû-z"), *. m. et f. Celui, celle qui flagorne. Tout ce qui s'appelle en France courtisans, serviteurs, flatteurs, adulateurs, complaisants, flagorneurs et autres gens vivant de bassesse et d'intrigues, p. l. col-r. Aux dmes dérotes.

— ETVM. Flagorner. On trouve au xvi» siècle flagornnrd.

t FLAGRANCE (fla-gran-s*), t. f. ÉUt de ce qui est flagrant.

— HIST. xvi* s. Flagrance d'un delict, cotgravr.

— ÉTYM. Flagrant.

FLAGRANT, ANTE (Qa-gran, gran-t'), adj. Qui se <»mmet au moment même. Pris en flagrant délit, affaire criminelle, bac Plaid, ii, 5. La première preuve est le flagrant délit; elle atteste le tait, mais elle n'atteste pas toujours que cette flagrante action soit un crime, volt. Polit, et législ. Prix delajust. et de l'hum. art. xxii, 1. 1| Par extension. Enfin, la panse pleine et toute rebondie. Elle [la belette] a peur d'être prise en ce flagrai^t délit, boursault, Fables d'Iisope, i, 2. || Fig. Je crois toujours, messieurs, qu'il est très-fâclieux d'être pris en flagrant délit de toutes ses paroles [ de n'avoir jamais U permission de les expliquer], villem. Littér. franc. 18' siècle, 2' jiarl. 3* Uç. || Prendre en flagrant délit, expression dont s'est servi Napoléon pour exprimer la situation d'une armée qui, saisie dans un faux mouvement ou dans une fausse position, est exposée à tin échec inévitable.

— HIST. XV' s. D'huyle tu as mestier moult grant, Sans luy ne feras faict flagrant, la pont. (UIï). Il xvi' s. Prendre au fait flagrant, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. flagrans, brûlant, dtt'ûagrare, de même radical que le grec ç^éveiv, brûler, et le latin flamma, flamme, tenant au radical sanscrit bhraj, brûler, briller.

FLAIR (flêr), s. m. Action de flairer. Cette substance se reconnaît au flair. || Particulièrement. L'odorat du chien. |1 Fig. C'est un homme fin, il a du flair. Il y a des antiquaires qui ont du flair.

— HIST. xiii' s. Renart ne fet p:is grant sejor, Ainz saut sor la creste del for : Là se quati, li chien l'outrèrent. Le flair perdirent, sel passèrent, Ren. 8117. Bouche et yex, et oreilles, flair et mains font le pont Par oii li anemis [le démon] en nos cuers se repont [cache], j. nB iieuno. Test. 4773. ||xiv' s. Voit cuisines fumer, de coi le flair senti. Voit ces tables drecier, voit maint grand feu basti, Guetcl. 46406. Il XVI' s. Plus leur est contraire que n'est le flair du figuier aux taureaulz indignez, la ciguS aux oizons, babel. m, 64. N'y ayant animal qui ait le flair si subtil comme le loup, pa.souier, Lettres, t. I, p. 65».

— ÉTYM. Voy. flairer; génev. fldr , senteur, odeur.

FLAIRÉ, ÉE (flê-ré, rée), part, passé. La lièvr«

flairé de loin par le chien. || Fig Qu'elle coure,

aime l'oisiveté, Et soit des damoiseaux flairée en liberté, MOL. Éc. des maris, i, i.

t FLAIREMENT (flê-re-man), s. m. Action de flairer.

— HIST. XVI' s. Le flairement corrompu se remet par le souvent manier et flairer de la mente, o. de serres, 904.

— ETYM. Flairer.

FI.AIRER (flê-ré), r n. || 1' Appliquer avec ii*tention le sens de l'odorat, reconnaître à l'odenr. Mais, 6 douleurl elles flairaient à peine La lîeiir récente, MALKiL. JVarci«e, IV. Enfin j'ai pris vos vieux habiu à l'un et à l'autre , et je les ai fait flairer à Fidèle, bern. db st-p. Paul et Virg. [Le coursier] Lance un regard oblique à son miiitre expirant, Revient, penche sa tête et le flaire en pleurant, lamart. Méd. n, 4 6. || Substantivement. L'apneau na s'y méprend jamais : il distingue au premier aperçu.

FLA

tu simple flairer, son tyran de son défenseur, bsrn. DK ST-PiEHRE, Harm. liv. v. || î° Fig. et familièrement. Pressentir. J'avais flairé cela. X peine dans la cliambre il a fait son entrée, Il flaire votre opinion, DEL1U.E, Corners, ii. || 3» Se flairer, v. réfl. Se flairer l'un l'autre. Les chiens se flairent en se rencontrant. || Fig. Être flairé, être pressenti. C'est une mauvaise aflaire qui se flaire de loin.

— REM. Flairer, c'est percevoir une odeur avec intention; fleurer, c'est exhaler une odeur. Cette distinction, aujourd'hui établie, n'existait pas dans l'ancienne langue, ni même au xvn' siècle et au xviii", témoin Voltaire qui a dit : D'Euphémon fils la réputation Ne flaire pas à beaucoup près si bon. Enfant prod. m, 6.

— HiST. XIII" s. Cist fromaches me put si fort, Et flere si, jà m'aura mort, Ben. 7312. Et [il] flere espices odoreuses. Et gouste choses savoreuses, la Rose, 48585. Je durement sui envieus D'avoir un baisier savoreus De la rose qui soef [doux] flaire, ib. 3399. Il xiv« s. Nesai se plus vous die cliou [ce] à quoi sui pensans ; On dit que mortiers est adès les aus [l'ail] fiairans, Baud. de Seb. u, 386. || xvi' s. L'ouye, la veue, le flairer, l'attouchement et le goust, CALV. InsHt. <ne. Ils y applaudissent d'autant qu'ils y flairent de gain, id. ib. 698. U flaire partout [ c'est-à-dire il s'entremet de toute chose ] , ouDiN, Curios. fr.

— ÉTYM. Berry, fleurer; wallon, flairi, puer; provenç. flairar; catal. flayrar; portug. cheirar; du lat. fragrare, avo . de l'odeur, que les étymologistes tirent de la particule fra, et du radical gra, sanscrit ghrd, avoir de l'odeur.

FLAIRECR (flè-reur), s. 1)1. || 1° Terme familier. Celui qui flaire. || Un flaireur de cuisine, un parasite. Laissons là ces flaireurs de cuisine Regretter les jeux défendus, dancocrt, Déroute du Pharaon, se. 26. Il 2° Fig. Celui qui évente une affaire.

— ÊTYM. Flairer.

t FLAMAND (fla-man), s. m. Terme de charpentier de marine. Écart de 5 à 6 pieds de long, qu'on fait aux quilles des grands bâtiments.

t FLAMANDE (fla-man-d') , adj. f. Porte flamande, porte composée de deux jambages avec un couronnement et une fermeture de grilles de fer ou de bois. || S. f. Ancienne danse qui est venue des Flamands. Air de cette danse. |j Outil de menuisier.

FLAMANT (fla-man), s. m. Oiseau de l'ordre des échassiers, ainsi nommé à cause de son plumage couleur de flamme. Les flamants, que le père du Tertre appelle flambants, sont des oiseaux fort haut montés, labat, Voy. aux Antilles, t. viii, p. 289.

— HIST. XVI" s. Et estoit le pennage rouge cramoisi, comme est celui d'un phœnicoplere, qui en Languedoc est appelé flammant, rab. Pant. iv, H.

— ÉTYM. Dit pour flammant ou flambant (voy.

flamme, FLAMBER).

t FLAMBAGE (flan-ba-j'), s. m. Action de flamber les toiles de coton pour brûler le duvet.

— ÉTVM. Flamber.

FLAMBANT, ANTE (flan-ban, ban-t'), adj.

Il 1° Qui flambe. Les coursiers de Phébus aux flambantes narines, la font. Psyché, i, p. 20. Bientôt ils aperçurent leurs mères et Marie, qui venaient au-devant d'eux avec des tisons flambants, behn. DE ST-p. Paul et Yirg. || Populairement. Un habit tout flambant neuf, un habit tout neuf et ayant à cause de cela une sorte d'éclat, {j Se dit aussi de la personne : Il était tout flambant. || 2° Terme de blason. Qui est onde en forme de flamme.

— HIST. xii" s. Jesbidenob ki fu del lignage Arapha, et out ceint un brant [glaive] nuef et flam-

' bant, flots, p. 193. (1 xvi" s. Quand un guerrier flambant d'armes insignes, nu bellay, v, 6, verso.

t FLAMBART (flan-bar), s. m. \\ 1" Nom donné par les marins normands au feu Saint-Elme. Il 2° Petit navire en usage sur la côte de Normandie. Il 3" Nom qui s'est donné quelquefois aux pirates portant avec eux le fer et la flamme. {] 4° Charbon à demi consumé qui jette encore de la flamme et de la fumée. {| B° Graisse que les charcutiers recueillent à la surface de l'eau dans laquelle ils font cuire les diverses parties du porc. Ne pourra être employé aucunes graisses appellées flambart pour l'ensimage des draps et serges, mais seulement du saindoux de porc du plus blanc, Rcgl. sur les manuf. août <609, art. 63. || 6° Familièrement. Joyeux compagnon, surtout en parlant des masques en temps de carnaval.

— lUST. xvi's. Flambart [le flamant], ODDiN,Z)tc(.

— i;tym. Flamber.

FLAMBE (flan-b'), s. f. \\ 1° Au propre et inusité.

CICT. Vf LA LANGUE FRANÇAISE.

FLA

Flamme. || 2° Nom donné à l'trù germanica, L. et à l'iris des marais, iris pseudo-acorus, dite aussi flamme en quelques provinces. || Petite flambe, nom vulgaire de l'iris pumila, L. |{ 3" Epée à lame ondulée que les peintres ont mise dans les mains de l'archange Michel et sur l'épaule des gardiens du paradis terrestre, et qui ressemble à une flamme qui monte.

— HIST. XII" s. Et feus et flambe i est apareillez, Tlonc. p. H 2. Ne de mon cuer ne puis la flambe esteindre, Couci, xi. || xiv" s. Yreos est flambe qui a la fleur blanche, H. de mondeville, I' 65, verso. Aucuns villages d'entour mirent en feu et en flambe, Chr. de St Denis, t. i, f" 99, dans lacurne. {| xv" s. Bûche vert sans famble qui fume, eust. desch. Poésies mss. f" 428. || xvi" s. Le grant eslandart nommé la flambe. Compte cité dans jal. Il a apprins à les garder [les lois de Dieu] et en la confusion de Babylone et en la flambe de la fournaise ardente, kalv. Instit. dédie.

— ËTYM. Lat. flammula, diminutif de flamma, flamme , d'où flamble, flambe.

FLAMBÉ, ÉE (flan-bé, bée) , part, passé. Il 1° Passé à la flamme. Une volaille flambée. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Qui offre des dessins ondoyants en forme de flammes. || 3" Fig. et familièrement. Ruiné, perdu, en parlant des personnes. C'est un homme flambé. Et comment il était flambé. Si vous n'eussiez à notre patte Soustrait sa débile omoplate, scarron, Virg. v. ||Dont on ne peut rien espérer, en parlant d'une aflaire. C'est une affaire flambée. Je tremble que Pondichéri ne soit flambé ; il y a trois ans que je crie : Pondichéri, Pondichéri, volt. Lett. d'Argental, 26 juill. (760. Et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, beaumarch. Mar. de Fig. v, 3. || 4" S. m. Flambé, espèce de papillon.

FLAMBEAU (flan-bô) , s. rn.\\i° Plusieurs mèches longues d'environ trois pieds, jointes ensemble et plongées un certain nombre de fois dans de la cire chaude et fondue , qu'on laisse après égoutter et refroidir, et qu'on allume quand on en a besoin pour éclairer dans les rues et dans les cours. Les ombres, les flambeaux, les cris elle silence.... RAC. Brit. II, 2. Ne pourrions-nous pas avec un peu de flambeaux mettre le feu dans la ville, si parmi nous il était permis de faire le mal pour le mal ? fén. t. XXII, p. 462. Ses troupes étaient dans le faubourg, le flambeau à la main ; une faible porte de bois et un fossé déjà comblé étaient les seules défenses d'Altona , volt. Charles XII , 7. Cent mille flambeaux enfermés dans des cylindres de cristal de roche éclairaient les dehors et l'intérieur de la salle à manger, m. Princ. de Babyl. 3. Irai-je.... Joindre un sceptre étranger au sceptre de mes pères Et les flambeaux d'hymen aux flambeaux funéraires? id. ilér. II, 7. Il Flambeau de poing, flambeau de cire qu'on porte à la main. On entendit une petite barque ; on demande : » Qui va là? » J'avais ma réponse toute prête , et en même temps je vois sortir par la petite porte M. de Lavardin avec cinq ou six flambeaux de poing devant lui, sév. Lett. 20 sept. (676. Il Aux flambeaux, àla lumière des flambeaux. Ceux qui font des visites aux flambeaux, sév. 47<. Nous revînmes le soir aux flambeaux, id. 62|. Les plaisirs de notre jeunesse, reproduits par notre mémoire, ressemblent à des ruines vues aux flambeaux, CUATEAUBR. Pensées etmax. \\ Fig. Marche au flambeau de l'espérance Jusque dans l'ombre du trépas, LAMART. Méd. I, 8. Il 2° 11 Se dit des chandelles de cire ou de suif qu'on allume pour éclairer l'intérieur des maisons. Allumez les flambeaux. Apportez des flambeaux. L'autel étincelait des flambeaux d'hyménée, volt. Mérope, v, 6. Bien des dates manquaient à ce journal sans suite, Soit qu'il eût déchiré la page à peine écrite. Ou soit que Marthe en eût allumé ses flambeaux, lamart. jocel. Prol. Tandis que le flambeau, par les heures rongé, S'use pour éclairer l'entretien prolongé, id. Harm. m, 6. Il 3° Par métonymie du contenant pour le contenu, chandelier. Flambeau d'or, d'argent, de bronze. Les torches de cire qu'on portait à la main, et qu'on appelait flambeaux . ayant été diminuées de grosseur, entrèrent dans les grands chandeliers qu'on nomma dès lors chandeliers à flambeaux et, pour faire plus court, flambeaux, de laborde, Émaux, p. 318. Il 4° Terme de blason. Flambeau allumé, ilamhcau dont la flamme est d'un émail difl'érent. Il B° Poétiquement. Les flambeaux de la nuit, les célestes fl.imbeaux, les étoiles. || Le pâle flambeau de la nuit, des nuits, la lune. || Le flambeau du monde, le soleil. Et le flambeau du monde achève sa carrière, tristan, Mariane, v, 2. 116° Fig. Use

FLA

prend pour ce qu'on représente avec un flambeau soit pour éclairer soit pour brûler. Le flambeau de l'hymen, le mariage. Allumer le flambeau de l'hymen, se marier. Il faut bien que je pleure; Mon insensible amant ordonne que je meure; Et quand l'hymen pour nous allume son flambeau, H l'éteint de sa main, pour m'ouvrir le tombeau, corn. Hor. Il, 6. [Ils n'ont point] Allumé le flambeau d'un hymen odieux, RAC Bérin.n, 2. Achille.... Recherche votre fille et d'un hymen si beau Veut dans Troie embrasée aflumerle flambeau, m. Iphig. i, i. L'hymen n'est point toujours entouré de flambeaux, id. Phèdre, v, 1. 1| Le flambeau de la guerre, de la discorde. Les voisins dont les pratiques De nos rages domestiques Ont allumé le flambeau, malh. ii, 2. Ils porteraient chez nous le flambeau de la guerre, MAIR. Jfori d'Astrub. 1, t. Cette adoption [de René d'Anjou par Jeanne I'"] fut un double flambeau de discorde entre la France et l'Espagne, volt. Mœurs, 74. Il Le flambeau de l'amour. Si Psyché n'est à moi, je ne suis plus l'Amour; Oui, je romprai mon arc, je briserai m«s flèches, J'éteindrai jusqu'à mon flambeau ; Je laisserai languir la nature au tombeau, MOL. Psyché, V, 6. C'est moi qui ai mis le flambeau fatal dans le sein du chaste Télémaque, fén. Tél. VII. Il Le flambeau de la vie, lavie même. Meurs, mais quitte du moins lavie avec éclat. Éteins-en le flambeau dans le sang de l'ingrat, corn. Cinna, IV, 3 De vos jours prêts à se consumer Le flambeau dure encore et peut se rallumer, bac. Phèdre, I, 3. Et de David éteint rallumé le flambeau [la race], ID. Athal. i, "i. ||7* Les lumières qui éclairent la raison, l'esprit, l'intelligence. Est-ce que le monde n'a plus besoin du flambeau de la doctrine? patru. Plaidoyer*, dans richelet. L'homme, venez au fait, n'a-il pas la raison? N'est-ce pas son flambeau, son pilote fidèle ? boil. Sat. \in. Il est étrange qu'un homme [Newton] ait pu faire de telles découvertes ; mais cet homme s'est servi du flambeau des mathématiques, le seul flambeau qui éclaire, volt. Lett. à M. L. C. 23 déc. I708. Lorsque ta raison, par l'âge confirmée, Pour éclairer ta foi te prêtait son flambeau, id. Zaïre, 1, i. Il Dans le style élevé ou poétique, se dit des personnes éminentes par leurs lumières. Flambeaux de nos conseils, prêtres qui m'entendez, c. delav. Paria, IV, S. Il 8» Terme de mer. Flambeaude la mer, titre d'un ancien livre servant de guide aux marins caboteurs, || Flambeau de signaux, artifice nommé aussi feu ou artifice de conserve. 1 1 9° Terme de botanique. Flambeau du Pérou, cierge épineux, conclus peruvianus, L. \\ 10° Chaudière dans laquelle on fait l'épreuve du sucre pour le raffiner; ainsi dite parce que, sur la fin de l'opération, on fait un feu si violentque la masse du fluide semble étinceler.

— HIST. XIV" s. Flambeaux de une livre la pièce, Ménagier, 11, 4. || xvi" s. Cuides-tu par ta plainte Soulever un tombeau. Et d'une vie esteinte Rallumer le flambeau? du bellat, ii, 47, recto. (Le lion) Allume de ses yeux les deux flambeaux ardents, id. m, 66, recto. Prenez ces chandeliers, vous autres : aUons, monsieur. — Foeneste : Vous me feittes grand despit, que ne dites-vous ces flambeaux? Us sont de bon argent, d'aub. Fan. 11, \». Il ne laissa pas neantmoins de rester et de se placer le soir entre les flambeaux qui attendoient le roy, id. Yie, xcviii. Trois chandelliers à flambaulx, de laborde. Émaux, p. 318. Ung chandellier d'argent, faict en lyon, portant ung flambeau en la gueuUe, id. ib.

— ÉTYM. Flambe ; saintong. chllambâ.

f FLAMBÉE (flan-bée),f. f. Feu clair de boirrée ou de javelle. Faites une flambée pour nous sécher.

— ÊTYM. Flambé.

FLAMBER (flan-bé). |j 1" Y. n. Jeter de U flamme. Le bois sec flambe promptement. || Substantivement. Quand, au flamber du feu, trois vieilles rechignéesVinrentàpas comptés..., HÉGNiER,Sa(. xi. Il Fig. Puis tout flambant de joie en France revenant, RÉGNIER, ÉpU. XVI. Préférons, puisqu'enfin nos cœurs flambent encor, Aux discours larmoyants le choc des coupes d'or, v. hugo, Yoix, 6. || 2° v. a. Passer quelque chose par la flamme. Flamber des hardes. || 3° Terme de cuisine. Passer à la flamme d'un feu clair une volaille ou autre oiseau plum4 pour en ôter les petites plumes qu'on n'a pu arracher avee la main. || U se ditaussi du cochon et du cochon de lait, qu'on passe à la flamme, pour en brûler les poils. Il Faire tomber sur un chapon, sur un cochon de lait, sur des alouettes, quelques gouttes de lard fondu, qu'on allume et qu'on fait flamber. || 4° Flamber un chapeau, en brûler les longs poils. {| Mamber les cuirs, les disposer à recevoir le suif. || Flamber un canon, faire brûler de la poudre dedans, avant

FLA

de lo charger, pour en faire la première épreuve. Il Flamlier un fusil , des pistolets, y brûler une amorce par précaution quand il y â longtemps qu'on s'en est servi. || B° Terme de marine. Flamber un navire, flamber le capitaine d'un navire, hisser le numéro du navire avec le signal du mécontentement, quand l'amiral ou le commandant d'escadre est mécontent de la manœuvre qu'a faite un bâtiment. || 6° Fig. Dépenser follement. Il a flambé sa fortune en peu de temps. || Dévaliser au jeu ou autrement. Je vis l'autre jour, de mes propres yeux, flamber un pauvre célestin ; jugez comme cela parait à moi, qui suis accoutumée à vous [Mme de Grignan, qui était joueuse], stv. 379.

— IIIST. XVI* s. Nicolas Nail flambé avant mourir, d'aub. Uist. I, 78. Et comme le bonhomme crioit au ciel, et regardoit d'yeux flambans son parricide, il en recout quatre coups de poignard dans l'estomach, iD. ib. ii, 4is. Attendu la très dangereuse combustion que pouvoit faire flamber en ieelluy cesto diversité de religions, carloix, vni, \B. Ny voir flamber [briller] au pjiaii du jour les roses, RONSARD, 34. Voyant que toute apparence de peste estoit hors du chasteau de Rosny, où l'on avoit osté les meubles des lieux où il y avoit eu de la peste, et bien éventé et flambé les logements, vous y ramenastes madame vostre femme, sully, Mém.

t. I, p. 266, dans LACUKNE.

— ETVM. Flambe. L'ancienne langue disait ftamer. usité jusqu'au xvi' siècle.

FLAMIlERGE (flan-bèr-j'), s. f. |] 1° Nom donné quelquefois à l'épée du paladin Roland (le nom de Durandal est beaucoup plus commun, surtout dans les textes modernes), et à celle de Renaud deMontauban, l'aîné des quatre fils Aymon, dans les romans de chevalerie. Renaud, s'abandonnant à la fin sur le Circassien et relevant son épée presque sur son dos, la rabat avec une force si terrible que Flamberge partage en deux le bouclier de Sacripant, DU TRESSAN, Roland furieux (traduit de lArioste), ch. ii. |] 2' Par plaisanterie, épée. || Mettre flamberge au vent , tirer son épée ; et fig. faire bravade. Mettons flamberge au vent et bravoure en campagne, mol. l'Él. m, 5. {] Elliptiquement. Moi, l'ennemi mortel des procédés infâmes, Je m'avance d'abord. — Carlin : J'entends, flamberge au vent, th. corn. D. César d'Avalos, ii, ).

— HiST. xvi* s. Vien, Attropos, et me coupe la teste De durandal ou joyeuse ou clarance. Ou de courtain ou flamberge qu'est preste; Ainsi auray do mes maulx allégeance, Départie d'amours, p. 242, dans LACURNE, au mot courtain.

— ÉTYM. D'après Frisch et Diez, flamberge vient de flanc, et l'allemand bergen, couvrir : couvrant le flanc. Il y a dans le Garin une épée dite froberge, dont l'étymologie est incertaine, du moins pour la syllabe fro. L'Arioste dit fusberta, Orl. fur. II, 10. Des étymologistes pensent que flamberge et froberge sont le même mot.

t FLAMBKUGEANT (flan-bèr-jan) , s. m. Terme de zoologie. Hultrier et grand courlis,

t FLAMBEUR (flan-beur), adj. m. Tuyaux flambeurs, tuyaux par lesquels s'échappe la flamme dans les appareils destinés au flambage des tissus de coton.

— ÉTYM. Flamber.

FLAMBOYANT, ANTE (flan-bo-ian, ian-t' ; plusieurs disent flan-boi-ian, ian-t') , adj. \\ 1° Qui flamboie, qui brille comme le feu. Œil flamboyant. Regards flamboyants. Je ne doute pas que saint Léon ne fût accompagné d'un ange armé d'une épco flamboyante qui fit trembler le roi des Huns [Attila], VOLT. Dicl. jihil. Rome {cour de). |] Par extension. Les lettres qui formaient ces mots : Lord Nelvil vient de mourir, ces lettres étaient flamboyantes, STAËL, Corinne, xii, 2. || Terme d'architecture. Gothique flamboyant, gothique qui emploie des ornements contournés en forme de flamme, ondoyants, et qui est le second âge de l'architecture ogivale. || a» S. f. Flamboyante, fusée qui a la forme d'une comète.

FLAMBOYER (flan-bo-ier; plusieurs disent flanboi-ié), je flamboyais, nous flamboyions, vous flamboyiez; que je flamboie, que nous flamboyions, que vous flamboyiez ; dans le reste de la conjugaison, l'y se change en t devant un e mue.}, v. n. Briller avec l'éclat du feu, surtout en parlant des armes ou des pierreries. Ce diamant flamboie. Gardien des trônes qu'il relève. Son glaive [de la Franco] est le céleste glaive Qui flamboie aux portes d'Édcn, v.Hi;oo, Odes, ii, 7. || Par extension. Son œil flamboie. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— UIST. XI* S. Clere est la lune, les estoilcs flam-

FLA

bient, Ch. de Roi. cclviii. || xiu* s. [Un ange] Qui ot [avec] sa flambeant ""lée Gardoit de paradis l'antrée, la Passion, m», de St Brieuc, f° 8«. Seigneur, entendes moi, franc chevalier vaillant, Encor sont tôt entier nostre escu flamboiant. Ne ne somes plaie [blessés] derrière ne devant, Ch. d'Antioche, II, 704. Il iiv* s. L'escu avoit au col, la lance bien fourbie. Le bacinet ou chief, qui au soleil flamblie, Guescl. 4 6052. Il XVI* s. Adonc se monstrcrcnt ils flamboyans avec leurs armets et cuiraces de fer bien fouri<y, qui eslincelle et reluit comme feu, AMYOT, Crassus, 45. Je traitte avec vous, courages flamboians, non de l'ambition blanchie et tournoiante à l'entour de la vertu, mais de la vertu mesme, h'aub. Ilist. n, 489. Ce port et ce vénérable mainti«n^[d'Alexand^eJ, soubz un visage si jeune, vermeil et flamboyant, mont, m, )92.

— ÉTYM. Dérivé de flamber ; ftovenç. flameiar , flamegar; catal. flamejar ; espagn. flamear; ital. fiammeggiare.

t FLA M BURE (flan-bu-r'), s. f. Tache ou inégalité d'une étoffe qui n'est pas teinte également.

t FLAMET (fla-mè),f. m. Un des noms du flamant.

t FLAMETTË (fla-mè-t'),*. /'.La mactre poivrée, sorte de coquille bivalve qu'on trouve dans la Méditerranée.

t FLAMEDR (fla-meuf), t. f. Terme de métallurgie. Fnmeron.

t FLAMICIIE (fla-mi-cV), *. f. Nom, dans certaines provinces, d'une pâtisserie composée de fromage, de beurre et d'oeufs.

FLAMINE (fla-mi-n'), t. m. Prêtre chez les Romains. Les flamines étaient au nombre de quinze, trois dits flamines majeurs attachés au culte de Jupiter, de Mars et de Romulus, et douze dits fiamines mineurs attachés chacun à une divinité particulière.

— ETYM. Lat. flamen. Des inscriptions portent filamen, et l'an a dit que les flamines avaient été dits ainsi de filum, Cl, parce qu'ils avaient la tète voilée, ceinte de fils. D'autres y voient fia [g] men, celui qui allume le bûcher, le feu de l'autel.

t FLAMINGANT, ANTE (fla-min-gan , gan-t') , adj. Qui parle flamand; où l'on parle flamand. Flandre flamingante. Pays flamingant.

— ÈTYM. Flamenghe ou flaminghe , ancienne forme féminine de flamand.

t FLAMINIEN, lENNE (fla-mi-niin,niè-nO, adj. Terme d'antiqui!;c romaine. Qui a rapport à un flamine. || De Flaminius. La voie Flaminienne, la voie de Flaminms.

— ÉTYM. Flamine.

1. FLAMME (fla-m'), t. f. || 1° Auréole lumineuse et diversement colorée qui s'élève à la surface des corps qu'on brille, et qui résulte de la combustion des gaz produits par la décomposition de ces corps. La flamme du foyer. Ce feu ne fait point de flamme. Volcan qui jette des flammes. Flamme errante et volage, qui ne prend pas à sa matière, mais qui court légèrement par-dessus, et que le moindre souffle éteint tellement que tout s'en perd en un instant, Boss. Sermons, Prédic. évangél. 3. Embraser nos vaisseaux. Et la flamme à la main les suivre sur les eaux, bac. Andr. i, 2. Sion ne sera plus ; une flamme cruelle Détruira tous ses ornements, id. Athal. m, 8. Non, plutôt que je livre aux flammes, au carnage. Ces murs, ces citoyens qu'a sauvés mon courage, volt. Brut, iv, 3. Prisonnier avec moi dans Césarée en flamme, id. Zaïre, il, 3. La flamme a été très-bien caractérisée par Newton, lorsqu'il l'a définie une fumée brûlante, et cette fumée ou vapeur qui brûle n'a jamais la même qualité, la même intensité de chaleur que le corps combustible duquel elle s'échappe, buff. Ilist. min. Introd. 2* part. Œuvres, t. vi, p. 4So, dans pougens. Pendant que nos soldats luttaient encore avec l'incendie, et que l'armée disputait au feu cette proie [Moscou], Napoléon, dont on n'avait pas osé troubler le sommeil pendant la nuit, s'était éveillé à la double ciarti'ï du jour et des flammes, sSour, Ilist. de A'op. viii, 6. On cherche à s'établir; mais la tempête, toujours active, disperse les premiers apprêts de ' "'ivouaca ; les .sapins , tout chargés do frimas, résistentobstinémentaux flammes.... lorsqu'enfin la flamme l'emportant s'éleva, autour d'elle les officiers et les soldats apprêtèrent leurs tristes repas, id. tb.ix, 4). [ô enfant] .... dans ton enlance un génie Mit une flamme sur ton front, v. higo. Odes, v, 22. Il Flamme du Bengale, sorte d'artifice qui lance une lumière colorée de diverses couleurs, dont elle teint les objets qu'elle éclaire. Il Livrer aux flammes, détruire par l'incendie et aussi faire périr siur le bûcher. On compte environ

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huit cents personnes livrées aux flammes sout Marie; une femme grosse accoucha dans le bûcha* même, VOLT. Mœurs, i3«. || l'orterle fer et la flamme en un pays, y tuer les gens et y brûler les demeures. Ulysse a porté le fer et la flamme au milieu des Troyens, fén. Tél. x. || Fig. Mettre un pays en flamme, y porter la guerre ou la discorde. Mettons encore un coup toute la Grèce en flamme, rac. Andr. iv, 3. Ceux qui diront que les temps de ces crimes sont passés.... que les flammes des guerres de religion sont éteintes, font, ce me semble, trop d'honneur à la nature humaine, volt. Mahomet, Lett. Il II ne voit ni feu ni flamme, se dit d'un homme resserré dans une étroite prison. || Fig. Ce qui dévore l'âme. Vous persévérez à retenir c« bien mal acquis, et je vois toujours dans vos coffres, dit le saint prophète, cette flamme dévorante, ce trésor d'iniquité, ce bien mal acquis qui renversera peut-être votre maison, et sans doute donnera la mort à votre âme, boss. 3* serm. pour le i" dim. de VAvenl, 1. 1|2* Les flammes éternelles, les flammes de l'enfer, les tourments des damnés. Il Les flammes du purgatoire, les souffrances de ceux qui sont dans le purgatoire. || 8* Fig. Passion ^ ardeur. Et bien que mon sang fût glacé. Mes propos n'étaient que de flamme, RecNiER, Ode. Les discours qui tendent i allucnei de telles flammes, Boss. Lett. 4 81. Il Être de flamme pour, être éprii de.... Pour vous elle est de flamme, mol. l'Ét. i, c. Il a vu la nature humaine toute de flamme pour d'autres objets, boss. u, Annonc. <. || Jeter feu et flamme contre quelqu'un, être fort irrité contre quelqu'un et l'exprimer avec une extrême violence. Il 4* En particulier. La passion de l'amour. Et je l'ai surpris, là, qui faisait à madame L'injurieux aveu d'une coupable flamme, mol. Tart. m, ». Une flamme mal éteinte est facile à ranimer,sÉv. 44». L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme, boil. Art p. I. Ma flamme par Hector fut jadis allumée, BAC. Andr. m, 4. Trop crédules esprits [femmes] que sa flamme [de Thésée] a trompés, id. Phèdre, i, 1. Je verrai le témoin de ma flamme adultère, id. ib. m, 3. Le ciel mit dans mon sein une flamme funeste, id. ib. v, 7. || Au plur. Et souvent sans raison les objets de nos flammes Frappent nos yeux ensemble et saisissent nos âmes, CORN. Méd. n, «. Je suis ravi de voir qu'au milieu de vos flammes.... id. Xndrom. iv, e. Othon n'a pas pour elle éteint toutes ses flammes, m. Olhon, n, 4. || B" Terme de marine. Bande d'étofl'e plus ou moins large et longue, aujourd'hui généralement pointue par un bout, autrefois fendue à son extrémité flottante, et terminée par une double langue, qu'on met, pour parer le vaisseau, au grand mât et aux vergues. Sur ce que vous m'écrivez concernant le pavillon de vice-amiral, je dois vous dire que M. le duc de Vivonne, qui va commander dans la Méditerranée les vaisseaux que S. M. a fait armer à Toulon, ne portera qu'une flamme; ainsi le roi veut que vous en fassiez de même, sauf à porter le pavillon de vice-amiral lorsque vous entrerez dans les ports de l'obéissance de S. M., sf.i- GNELAY, au comte dEstrées, 4 6 avr. 4 «79, dans jal. Il 6° Morceau d'or en forme de flamme, émaillé en rouge, qu'on met sur les bagues. {| Ornement en forme de flamme qui termine des vases, des candélabres, etc. Il Terme de blason. Meuble dont la partie inférieure est arrondie, et la partie supérieure terminée en trois pointes ondoyantes. || 7" Éclat , brillant. La flamme de l'émeraude. || 8* Défaut du drap qui n'a pas également trempé dans l'eau du dégraissage.

— H1.ST. xii* s. Vraiemcnt tost font flamme, Job, p. 614. Il XVI* s. Mes envieux en gectent feu et ilamme , Et par despit chacun d'eux me difl'ame, ). HAROT, v, 269. La flamme d'une émotion flebvreuse, «ont. i, »s.

— ÊTYM. Provenç. flama; espagn. flama; portug. flamma; ital. fiamma ; du lat. /lamnrn, quiest pour flagma, de flagrare, et qui tient au grec fX«- YEiv, brûler. 9>.6{, flamme; radical sanscrit bhraj, brûler, briller.

3. FLAMME (fla-m*), t. f. || 1° Sorte de lancette pour saigner les chevaux. || 8* Sorte de ciseau pour diviser les blocs d'ardoise.

— HIST. xiv* s. Lanceola cum qua vena aperitur, gallice flieme, duca.noe, pammeriari.

— ÉTYM. Wallon, flime: provcnç. flecme; csp. fleme; piém. fiama; holland. vlym; angl. flram, anc. haut-ail. flirdimd; du lat. phlebotomus, lancette (voy. phlébotomie).

FLAMMftCUE (fla-mè-ch"), s. f. Petite parcelle enflammée qui s'élève d'un brasier. Déjà de* flam-

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mècties et des débris ardents volaient jusque sur les toits du Kremlin, quand le vent du nord, tournant vers l'ouest, les chassa dans une autre direction, séouR, Ilist. de Napol. vui, 6. L'élite de l'armée et l'empereur étaient perdus, si une seule des flammècheiqui volaient sur nos tCtes s'était posée sur un seul caisson, id. ib,

— HIST. xu* s. Vraiement tost font flamme, mais plus tost refroiilent en flammasche. Job, p. 614. Il XV' s. Le roi de Grenade se doutoit grandement que, au temps à venir, les flameches qui de ce feu pourroient nalstre ne retournassent sur lui et sur son royaume, fhoiss. ii, m, 40. Et ardirent [dix ou douze TillesJ, et en voloient les flameches et les tisons en la ville de Valenciennes, id. i, i, h i .

— ÉTYM. Dérivé de flamme; norm. falmèche, falumèche, étincelle. La forme flamasche, ftamesclie conduirait à un latin fictif, flammasticus, comme domesche, de domeslicus.

t FLAMMKROLE (fla-me-ro-l') , s. f. \\ 1° Exhalaison qui sort des lieux marécageux et qui s'enflamme dans l'atmosphère. || 2' S. f. plur. Un des noms donnés au feu Saint-Elme.

— HIST. XV' s. Sorciers et sorcières, flamerclles ou feux follets, et luttins ou démons ou esprits cessent leurs mauvaises façons vers minuit, Perccfcrest, t. II, f" 13.

— ÊTYM. Dérivé de flamme, par le suffixe rolU , en italien ruola, qui est diminutif.

t 1. FLAMMEÏTE (fla-mè-f), *-. f. Nom vulgaire de la renoncule petite douve, ranunculus flammula, L. et de plusieurs espèces de clématite.

t î. FLAMMETTE (fla-mè-f), s. f. Synonyme de flammes.

— HIST. ïiv* s. Instrument trenchant si comms rasoir ou flammete, H. de mondeville, f" )05.

t 3. FLAMMETTE (fla-mè-f), S. f. Terme de marine. Petite flamme. La flammette du trinquet, du même taff'etas. État des banniéret de la galère Vigilante, dans jal.

t FLAMMIVOME (fla-mmi-vo-m'), adj. Terme didactique. Qui vomit des flammes.

— ÉTYM. Lat. flammivomxts, de flamma, flamme, et vomere, vomir.

i . FLAN (flan), «. m. Terme de pâtisserie. Tarte Hiite avec de la crème fouettée, des oeufs et de la Ikrine.

— HIST. xiii' s. De chaus flaons à bone mine, BARB. Fabliaux, iv, 9t. |{ xiV s. Tout li froisse et esmie les costes et les flans; Janmais ne mengnera, à la Pasque, de flans, Baud. de Seb. vii, 698.

— ÉTYM. Wallon, floiou; génev. flon; provenç. flauion ; ital. fiadone ; bas-lat. flato, flatonis; anc. haut-allem. flado; allem. Ftaden; holl. vlaade. Estce le bas-latin qui vient du germanique, ou le germanique qui vient du bas-latin, qui alors proviendrait du latin flare, souffler?

2. FLAN (flan), s. m. Terme de monnayage. Pièce de métal qu'on a taillée et préparée pour en faire une pièce de monnaie, un jeton, une médaille.

— HIST. xiv* s.* Jehan de Gennes, ouvrier de monnoye, a esté prins et emprisonné pour souspeçon d'avoir ouvré flaons de monnoye qui n'estoient pas de bon aloy, du cange., flans.

— ÊTYM . Flan < ; ainsi dit par assimilation du flaon (bas-lat. flato) du monnayage avec le flaon, gâteau.

FLANC (flan ; le c ne se lie pas , excepté dans : de flan-k en flanc ; au pluriel, Vs se lie : des flan-z allongés), s. m. ]\ 1° Chaque côté du corps, depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Se repose la nuit sur l'un et l'autre flanc, Régnier, Sat. v. Le lion hérisse sa crinière.... il bat ses flancs avec sa longue queue, fénel. Tél. ii. Un dieu qui d'aiguillons pressait leurs flancs poudreux [des chevaux], BAC. Phèdre, v, 6. Il a observé que les Tartares de Crimée et de la province de Cuban jusqu'à Astracan, sont de taille médiocre, qu'ils ont les épaules larges, le flanc étroit, les membres nerveux, les yeux noirs et le teint basané, bhff. Ilist. nat. hom. (Eut), t. V, p. <9, dans pougens. Tout me pèse [au malade] et me lasse ; aide-moi, je me meurs ; Tourne-moi sur le flanc, ah I j'expire I 9 douleurs ! A. CHÉN. le Malade. |{ Par extension. La voyez-vous passer, la nuée au flanc noir? v. hugo, Orient, t. Il Familièrement. Être sur le flanc, être alité. Voilà trois semaines qu'il est sur le flanc. || Terme de manège On dit qu'un cheval a du flanc quand ses côtes sont amples et bien tournées. On dit qu'il a les flancs cousus, lorsqu'il y a si peu d'épaisseur de l'un à l'autre flanc qu'ils semblent cousus. || Battre du flanc ou des flancs, se dit d'un cheval essoufflé. Il Fig. Se battre les flancs pour quelque

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chose, s'agiter, se donaer beaucoup de mouv»mont sans succès, métaphore prise du lion qui se bat les flancs de sa queue quand il est irrité. Je me bats les flancs pour trouver la façon d'être la moins malheureuse qu'il me soit possible ; car, pour le mot d'heureux, il ne me parait guère fait que pour les romans, volt. Lett. Urne du Veffant, 3 oct. (764. Il 2" Le sein, les entraille». Mes yeux ont vu son sang Couler à gros bouillons do son généreux flanc, CORN. Cid, ii, o. Je vois que votre honneur demande tout mon sang. Que tout le mien consiste à vous percer le flanc, m. llor. ii, 3. Des victimes vous-même interrogez le flanc, rac. Iphig. 1, 2. Narbas, on va plonger le couteau dans son flanc, VOLT. Mérope, m, B. Barbare, il est trop vrai : viens épuiser mon flanc Du reste infortuné de cet auguste sang, m. Zaïre, v, «0. || Poétiquement. Le sein d'une mère. Elle porte en ses flancs un fruit de cet amour, corn. Sertor. m, 4. Il mêle avec l'orgueil qu'il a pris dans leur sang La fierté des Nérons qu'il puisa dans mon flanc, hac. Brit. l, • . Ce fils qu'une amazone a porté dans son flanc, id. Phèdre,!, 3. || 3» Se dit des objets creux et enfoncés. Et dans les flancs affreux de leurs roches sanglantes Remportent à grands cris ces dépouilles vivantes VOLT. Uenriade, iv. Soit dans les flancs obscurs des rochers d'Inistore, ahnal'lt. Oscar, ii, 4.114" Côté d'une chose. Le flanc d'un vaisseau. En août (773, à Montigny-sur-Braine, bailliage de Châlon, vicomte d'Auxonne, en creusant le puits de la cure, on a trouvé, à trente-trois pieds de profondeur, un arbre couché sur son flanc, dont on n'a pu découvrir l'espèce, BUFF. Addit. théor. terr. Œuv. t. xiii, p. t 9b, dans pougens. Des torrents écumeui se précipitent le long des flancs de cette montagne, behn. de st-p. Paul et Virg. || Terme de géographie. Pente d'une montagne ; la partie comprise entre la cime et le pied. Il Terme d'architecture. Le côté d'un pavillon par lequel il est joint à un autre corps de bâtiment. Il 6* Terme de fortification. Partie du bastion qui est entre la face du bastion et la courtine et qui sert à défendre la courtine, le flanc et la face du bastion opposé. Un flanc bas. Un flanc rasant. || 6° Terme militaire. Le côté d'une troupe, par opposition à son front. Le flanc d'un bataillon. Il avait chargé le maréchal en flanc, sév. S04. Si, après avoir mis en désordre l'aile gauche qui lui était opposée, il eût pris le reste des ennemis en flanc et eût pénétré jusqu'au centre où était Artaxerce, il y a trèsgrande apparence qu'il aurait remporté une victoire complète, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. iv, p. 163, dans POUGENS. Les Russes l'a 7aient-ils prévenu? sa manœuvre était-elle manquée ? n'aurait-il point mis a.ssez de rapidité dans cette marche, oii il s'agissait de dépasser le flanc gauche de Kutusof? ségur, Hist. de fiap. ix, 2. || Par le flanc droit, par le flanc gauche, commandement dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner à droite ou à gauche. On dit dans le même sens : faire par le flanc gauche, par le flanc droit. Il Marche de flanc, marche d'une armée qui se dirige par le côté qu'un de ses flancs occupe. Une lettre de Berthier à Kutusof, datée du premier jour de cette marche de flanc, fat à la fois une dernière tentative de paix et peut-être une ruse de guerre, SÉGUR, Hist. de Nap. ix, 1 . || Une troupe prête le flanc, quand son flanc, qui est son côté faible, est exposé aux attaques de l'ennemi. En délilant si près de l'ennemi, il fallait marcher serré pour ne pas lui prêter un flanc trop allongé, séguh, Ilist. de Nap, IX, 2. Il Fig. Prêter le flanc, donner prise aux attaques de la critique. Malheur à qui prête le flanc au ridicule, j. j. rouss. Ilél. u, <7.

— HIST. xi* s. Grêles es flancs et larges les costez, Ch. de Roi. ccxxvii. || xu' s. Que mauvais homs vous ait au flanc pendue [la bonne épée Durandal] , Ronc. p. <0B. Le cors e le ventrail durement freit [froid] [il] aveit, E de sun mal del flanc achaisenus [maladif] esteit, E pur ço tut adès chaudement se vesteit, Th. le mart. 4 66. || xiii' s. Diex confonde la mère qu'en [qui en] ses flans la porta, Berte, Lxxviii. Il xvi* s. Hz vouloient que leurs gens feissent teste et flanc en tout sens, selon que l'affaire et le besoing s'en presenteroit, amyot, Pélop. 4o. 11 feit marcher les siens contre les Lacedaemoniens, qui avoient les flancs desnuez de gens de cheval, ID. Philop. 16. La navire capitainesse, pendant que les vagues luy donnèrent en flanc, résista aux coups de mer, id. Pyrrh. 31. Hz se rongèrent et se serrèrent ensemble au long d'un flanc de rocher umbragé et obscur, id. Aratus, 25. Des granges des quelles la couverture pend jusques à terre et sert de flancq, mont, i, 237. Là où les flancs des bastions

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Sd peuvent emboucher ou briser, quand les cspaulet sont débiles, la mole, 337. Plus servit aux assiégez un petit logis pour deux arquebusiers à la fois, que la Mutile avoit fait au bas de la contr'escarpe, ayant pris sa ligne de defTeuce à fleur de la ruine ; et ainsi l'expérience et la nécessité lour faisant faire grossièrement dès-lors ce que nos plus subtils ingénieux d'aujourd'hui appellent flaucs-fichcz, d'aub. Ilist. I, 313.

— ÊTYM. Provenç. flâne; espagn. et portug. flanco; ital. fiança. Les étymologistes tirent d'ordinaire ce mot du haut-allemand lancha, flanc, auquel répond une forme rare, hlancha; à quoi Diez objecte que la forme flancha, dont on aurait besoin, n'a pas encore été trouvée; que l'articulation germanique hl ne se rend pas en français par /!, ni en italien par /t (cependant on cite, des Reali di Francia, Fiovo dérivé de Chlodmexu) ; et que les noms germaniques féminins en a gardent d'ordinaire leur genre dans les langues romanes. De là il conclut que l'origine germanique est peu probable, et que l'origine latine l'est davantage. Cette origine est flaccus , mou, faible, avec l'épenthèse de l'n (comme dans ancolie pour ocoJi'e); la partie molle, faible, ayant été appelée le flanc, comme en allemand dt'e Weiche, la partie molle. Mais, hr se rendant par fr (voy. freux, frime), l'étymologie germanique reste plus probable. C'est du roman que les langues germaniques ont tiré leur Flanke.

t FLANCHET (flan-chè),ï. m. Terme de boucherie. Partie du bœuf en dessous de l'animal entre U tranche grasse et la poitrine. || Terme de pèche. Partie de la morue située au-dessous des ailes.

— HIST. xiv s. D'un mouton, le flanchet est ce qui demeure du quartier de devant quand l'espaule en est levée, Ménagier, ii, 4. Icellui Colart, en soy virant et tournant, fuattaintou [au] flanchet de son ventre d'un petit coustelet , du cange, flattchus.

— ÊTYM. Diminutif de flaru:.

FLANCONADE (flan-ko-na-d") , s. f Terme d'escrime. Botte de quarte forcée qu'on porte dans lo flanc de son adversaire.

— ÊTYM. Fiant.

FLANDRIN, INE (flan-drin, dri-n'), adj. || l'Qui est de Flandre. Si l'on voulait la relever [la race des moutons] pour la force et la taille, il faudrait unir le moufflonavec notre brebis flandrine et cesser de propager les races inférieures, buff. Quadrup. t. vu, p.204, dans pougens. C'est apparemment cette même race de vaches à lait qu'on a transportée et multipliée en Poitou, en Aunis et dans les marais de Charente, où on les appelle vaches flandrines, id. ib. 1. 1, p. 222. || 2° S. m. Terme familier. Flandrin, homme grand et fluet. Notre grand flandrin de vicomte.... est un homme qui ne saurait me revenir, mol. Misanth. v, 4. Je ne prendrais pas pour amants de ces grands flandrins qui attendent qu'une femme fasse les avances, legband, le Fleuve d'oubli, se. 3.

— HIST. XVI' s. Un grand flandrin [un homme mal fait], oudin, Curios. fr.

— ÊTYM. Flandrin signifie de Flandre, Flamand, et est un sobriquet péjoratif dorme aux gens grands et fluets à cause de la haute taille qui est ordinaire chez les Flamands.

FLANELLE (fla-nè-l'), s. f. Etoffe mince de laine plucheuse, tissée un peu lâche. || Nom donné, dans les manufactures de glace, auxétofl'es peu serrées, de quelque espèce qu'elles soient, au travers desquelles se filtre le vif argent coulant de dessus les glaces étamées, et qui servent à le purifier.

— ÊTYM. Espagn. franela; portug. farinella; ital. flanella, frenella; bas-lat. flaneha ; angl. /lannel. Diez le tire de l'ancien français flaine, courtepointe; il n'est pas éloigné de croire que flaine est dérivé du latin velamen, v'iamen, ce ((ui voile, couvre. Mais il est plus probable qu'il est le bas latin flamineum, étofl'e de laine, provenant de flamineum, sorte dévoile, lequel est tiré du latin /îamen, flamine.

t FLÂNER (flâ-né), v.n. Se promener sans but, au hasard; user son temps sans profit.

— ÊTYM. Origine inconnue. Pourtant on a proposé l'islandais flanni, libertin. Le normand a flanier, avare.

t FLÂNERIE (fl»-ne-rie), s. f. Action de flâner; promenade sans but, au hsisard, à l'aventure.

— ÊTYM. Flâner.

\ FLÂNEUR, EUSE (flâ-neur, neû-z*) , s. m. et f. Celui, celle qui n.1ne. Bon pour moi, flâneur et désœuvré, c'est ma spécialité, ch. de bernabd, la Chasse aux amants, § 11.

— ÊTYM. Fldner.

i FLÂNIER, 1ÈRE (flâ-nié, niè-r'), s. m. et f.

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Synonyme inusité do flâneur, n y a une do mes amies qui sera bien (lAniêre i ces nocea-,i, et je suis bien fâché de n'y être pas, voit. Lelt. 132.

FLANQUANT, ANTE (flan-kan, kan-t'), adj.

Terme de fortification. Angle, bastion flanquant, celui d'où l'on découvre le pied dos fortifications d'une place, de manière à en défondre les approches.

<. FLANQUÉ, ÉE (flan-ké, kée), part, passé de flanquer <. || 1* Courtine flanquée d'un bastion. Il a* Garni par le côté. Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques S'élevaient trois lapins, animaux domestiques, BoiL. Sot. III. Il Terme de blason. Se dit de toutes les figures qui en ont d'autres à leurs côtés.

2. FLANQUE, ÉE (flan-ké, kée) , part, pois^ de flanquer 2. Un coup de fouet flanqué à travers le' visage.

FLANQUEMENT (flan-ke-man) , *. m. || 1" Terme de fortification. Action de flanquer ; résultat de cette action. || %' Action de protéger le flanc d'un corps d'armée, d'un bataillon.

— ÉTYM. Flanquer t.

4. FLANQUER (flan-ké), e. o. || 1* Terme de fortification. Il se dit de la partie d'une fortification qui en voit une autre de flanc. Bastions qui flanquent la courtine. || Construire, élever la partie d'une fortification qui doit en flanquer une autre. Flanquer une muraille avec des tours. La ville était close d'une triple muraille haute de trente coudées, sans les parapets et les tours qui les flanquaient tout à l'entour par égales distances, hollin, liist. onc. (Eut), t. I, p. 645, dans pougens. || ΰ Terme d'architecture. Il se dit des ouvrages ou ornements qui terminent une façade. Des pilastres flanquent les encoignures. || 8° Être placé à côté comme accompagnement. Quatre plats flanquaient cet énorme pâté. Il 4° Terme militaire. Se placer sur le flanc d'un bataillon, d'un corps d'armée pour le protéger. Un régiment de cavalerie flanquait ladivision. || Par extension, frapper dans le flanc d'un ennemi qui entreprend une défense oblique.

— HiST. XVI* s. La teste du bataillon marquée [A] difficilement peut estre chargée, d'autant que le costé du bataillon marqué [3] la flanque, comme aussi la dite teste fait le mesme eflect en faveur dudit flanc... en sorte que le péril est grand à la cavallerie d'attaquer par tels endroits qui s'entreflanquent, lanoue, si 9. Les peuples, efl'royez de l'horreur des batailles. Flanqueront leurs citez de fosse et de murailles, bons. 935. Entre telles beautés c'estoit la dame la mieux flanquée et la plus haute qu'il eut jamais veue, brant. Dames gai. t.i,

p. 366, dans LACURNE.

— ÈTYM. Flanc. On trouve flanqué avec le sens de : quia un flanc.

2. FLANQUER (flan-ké), V. a. Terme populaire. Lancer un coup; jeter brusquement quelque chose à quelqu'un. Flanquer un coup de pied. Flanquer une assiette à la tête de quelqu'un. Ils se sont flanqué des coups de biton. || Il prend aussi pour régime un nom de personne. Je vous flanque à la porto. Il Se flanquer, v. réfl. Se jeter. Se flanquer contre le mur. Se flanquer dans la boue. Il s'est flanqué par terre.

— ÉTYM. Ce parait être le verbe flaquer, avec intercalation d'une nasale. Cependant on cite le Scandinave flengja, frapper ; angl. (o fling, lancer.

+ FLANQUEUR (flan-keur), s. m. Terme militaire. Êclaireur, tirailleur, soldat qui marche sur le flanc d'une troupe pour la flanquer.

— ÉTYM. Flanquer t.

FLAQUE (fla-k'), s. f. Petite mare d'eau croupissante. On ne peut aller de Suède en Norvège que par des défilés assez dangereux ; et, quand on les a passés, on rencontre, de distance en distance, des flaques d'eau que la mer y forme entre des roches, VOLT. Charles Xll, 8.

— HIST. xiv s. Tous poissons qui ne sont de fosse entour forteresse, comme de flasques ou de rivières, sont tenus pour meubles, bodtillier, Somme ruroJ , p. 43o, dans lacurne. Une mare ou flace où ilz puissent boire, Modus, t° xlix. Qui treuve les gros oiseaulx dedans un estang qui ne soit mie grant ou en une belle flacho, th. lxxxv, verso. Il XV s. Certains grans fossez ou flaches, appeliez douvres, du cangk, flachia. Le suppliant se desmarcha et sailly ou se mist eu une petite flcsque ou naulvais pas, id. ib.

— ÉTYM. Bourguign. fliaque; picard, flake;hnslat. flaco, flactra ; du flamand vlacke, lieu bas au bord de la mer où il se forme des mares après la marée.

FLAQUE, ËE (fla-ké, kée), vart. voué. Un verre d'eau flaque à la figure.

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PLAQUÉE (fla-kée), t.,(. Une certaine quantité de liquide lancée avec force.

— ÉTYM. FlaqxU.

1. FLAQUER (fla-ké), v.a. Terme familier. Jeter avec force un liquide. Il [l'homme distrait) oublie (le boire pendant tout le dîner, ou, s'il s'en souvient, et qu'il trouve qu'on lui donne trop de vin, il en flaque plus de la moitié au visage de celui qui est à sa droite, la broy. xi.

— ÊTYM. Wallon, flakt. Ce semble une onomatopée de flac.

t 2. FLAQUER (fla-ké), V. n. Terme de savonnerie. S'affaisser dans la chaudière.

— ETYM. Flasque.

fFLAQUlÈRE (fla-kiè-r') , t. f. Partie du harnais d'un mulet. Flaquicres do mulets, le cent pesant, estimé à 2B livres, Déclar. du roi, nov. I640, Tarif.

— ETYM. Flaquer A : quelque chose qui flaque.

*. FLASQUE (fla-sk'), adj. ||1* Qui est sans fermeté ni résistance. Des chairs flasques. Le ballon se vida d'air et devint flasque. Les épis n'ont pas laissé de prendre leur accroissement ordinaire ; ils se sont garnis de grains ; mais tous ou presque tous ces grains sont demeurés flasques ou entièrement privés de farine, bonnet, Lett. div. (Euv. t. xu, p. 292, dans POUGENS. || 2' Par extension, mou, faible, sans vigueur. Un homme flasque. || Il se dit d'un style lâche et traînant, et des auteurs qui ont ce style. Quel style flasque 1 Ce beau nom de machine ronde Que nos flasques auteurs.... Donnaient à l'aventure à ce plat univers, volt. ^p. xxxix. Ta museen masque Est lourde et flasque, BÉKANG. TrouhaÂ.

— HIST. xiir s. Que Narcissus au cuer ferasche [ farouche ] , Qu'ele ot trové d'amor si flasche , la Rose, 4*70. ||xiv« s. Trop pou leur tenoil de chanter, Grant talant avoint de mangier; Chascun cheval estoit bien flac, Liv. du bon Jehan, 2(3i. Il XVI' s. Elles deviennent flacques et languissantes, appétit perdu.... pahé, xviii, 62. Vous vous abusivez de beaucoup, si vous croyez qu'une damoiselle preferast ces doucets flasques, flouets, mois, et baissants les ailes, à un qu'elle verra estre robuste, fort, adroit. Contes de choliêres, ^ 222. Disoit que les vers de luy, par luy prononcez, estoient sonoreux et graves ; par autres, flacques et efféminés, DU BELLAY, p. 36, dans RAYNOUARD, Gloss. Ce qui [boire son soûl au passage d'une rivière] la [une jument] rendit si flacque et refroidie, qu'il feut bien ayséement aprez aconsuyvi (atteint] par ceulx qui le poursuivoient, mont, i, 367.

— ETYM. Génev. flaque; lorrain, fidehe; provenç. flac; espagn. flaco; portug. fraco ; ital. flacco. Dansle français il y a deux formes : flaque, inusité aujourd'hui, et flasque. Flaque vient du latin flaccus, mou ; flasque vient de flaccidus, transformé en /loxidus, flasquidus.

2. FLASQUE (fla-sk"), i. m. Terme d'artillerie. Nom de deux grosses pièces de charpente, qui forment les deux côtés d'un afTiit de canon.

— REM. Le genre de ce mot, remarque Richelel, a varié; la plupart des auteurs techniques le font masculin; d'autres l'ont fait féminin. L'Académie le fait masculin.

— HIST. XVI* s. Les ennemis meirent le feu aux flanques, et les brusierent, de sorte que les dites pièces furent mises sur le ventre, k. du bellay, 6I0. Martiques estant couché sur le flasque d'un canon pour conteroUer le pointeur.... d'aub. Hist. i, 312.

— ETYM. Origine incertaine. Le wallon a flache; Hainaut, flaque, madrier, qui paraît tenir à l'allemand flach, plat; il est possible, malgré Vs, que flasque en dérive. D'un autre côté Scheler le rattache à flanc, que Diez tire du latin flaccidus; l'exemple de M. Du Bellay qui dit flanque et non flasque, viendrait à l'appui de cette opinion.

t 3. FLASQUE (fla-sk"), s. f. Chacune des planchettes qui servent de panneaux à un soufflet. Il Terme de marine. Se dit des montants qui portent un guideau.

— ETYM. Le même que le précédent

■j- 4. FLASQUE (fla-sk'), s. f. Poire à poudre dont se servent les chasseurs.

— HIST. XVI* s. Un Allemand de la garde s'estoit fort beu ; le feu print en son flasque [poire à poudre] , d'où il lui fit grant desastre aux mains et au visage, PAR6, IX, A" discours. Deux flasques d'argent, gaudronnées, moictié dorées et moitié blanches, DE laborde, Émaux, p. 3i8. i leurs bourdons [des pèlerins] pendait un petit escrit contenant le malheur qui leur avoit causé dévouer leur voyage; ils avoient sur leurs espaules des manteaux courts, et le flasque à la ceinture, Merlin Cocate, t n, p. 256.

— ËTYli. Allom. F2<Mch«, bouteille (voy. flacon).

t FLASQITEHENT (fla-ske-man) , adv. D'une manii^re flasque.

— HIST. XVI* s. Flasquement, oudin, Dict.

t FLASSADE (fla-sa-d'), s. f. Un des noms de la raie bâtis.

t FLATIR (fla-lir), r. a. Battre les flans des monnaies sur le tas, sur l'enclume.

— HIST. XII* s Cil dehors qui plusieur sont.

En la cité flatir les font. Brut, ms. {• 403, dans lacurne. Il XIII* s. L'on me devrait flatir au vis Une vessie de mouton, la Rose, K526. Le vent qui nous avoit flatis sur Chypre.... joinv. 284.

— ETYM. Ane. fr. flot, coup; du germanique : ancien Scandinave, flot; anc. h. allem. flax , plat : proprement, jeter i plat.

t FLATOIR (fla-tûir), s. m. Gros marteau pour battre les flans. || Instrument de graveur et d'ouvrier en métaux.

— ÉTYM. Flatir.

FLATRÉ, ÉE (flâ-tré), part, passé.

FLÂTRER (flâ-tré), ti. a. || 1* Appliquer un fer rouge en forme de clef à un animal qui a et - mordu, afin de le préserver de la rage. || 2* Se flâtrer, V. rifl. En termes do chasse, se dit en parlant d'un loup, d'un lièvre qui s'arrête et se couche sur lo ventre quand il est poursuivi.

— HIST. XV* s. Et pour le dit cas, fut flastré au fronc, le poing couppé et banny du royaulme, j.

DE TROYES, ChrOn. 1477.

— ÉTYM. Ce paraît être le même que flatir. tFLÂTRURE (flâ-tru-r), ouFLATURE (flâ-lu-r'),

ou FLATRISSURE (flâ-tri-su-r'), s. f. Terme do chasse. Lieu oii le lièvre et le loup s'arrêtent sur le ventre, lorsqu'ils sont chassés par les chiens courants.

— ÉTYM. FUUrer.

FLATTÉ, ÉE (fla-té, Ue), part. pa*j^. || 1* Caressé par quelque attouchement. l.e chien flatté par son maJtre. || 2* Charmé. Mon cœur flatté de ces chimères, rac. Tliéb. iv, 3. Feignons, et de son cœur d'un vain espoir flatté. Par un mensonge adroit tirons la vérité, id. Mithr. m, 4. Le prince de Condé, touché des larmes de la reine et flatté d'être le défenseur de la couronne, prépara le blocus de Paris, volt. Hist. pari. ch. 6«. || 8* Loué d'une manière ou excessive ou seulement agréable. Un roi flatté par ses courtisans. || 4* Embelli. Un portrait flatté. Il me remit devant les yeux un portrait qui n'était pas flatté, 3 i. houss. Hél. v, 9. Il Fig. Embelli par le discours. Le portrait de Tarquin n'a pas été flatté, montesq. Bon», i . (| 6° S. m. Terme de musique. Agrément que l'on employait autrefois dans le chant français.

FLATTER (fla-té), «. a. || 1" Caresser par quelque attouchement (sens étymologique ot primitif). Flatter un enfant. Flatter un cheval avec la main. Le chien flatte avec la queue. Puis, me flattant répaule, il me fit librement L'honneur que d'approuver mon petit jugement, Régnier, Sat. vui. De la main qui le flatte, il se croit redouté, volt. Alx. I, 1 . Ce qui prouve que c'est le besoin qui le rendait souple et caressant [un chien métis de loup], c'est que dans d'autres circonstances il cherchait souvent à mordre la main qui le flattait, BUFF. Quadrup. t. xii, p. 237, dans pougens. Ton cou nerveux [d'un cheval] de sa main fut flatté ; Moins douce était la timide gazelle, millev. Chants élégiaques, l'Arabe. Cymodocée flattait son vieux père de sa belle main, et, caressant sa baibe argentée.... chateavb. Mart. 1. ||Se flatter, flatter, caresser à soi-même. Thibouville i son tour parla, et en se flattant le menton de la main pour faire admirer sa turquoise, marmontel, Kém. m. || Par extension. Que cette parole m'est douce, et qu'elle flatte mes désirsl mol. Bourg, gtnt. ui, i<. Lui parmi les transports, affable en son orgueil, A l'un tendait la main, flattait l'autre de l'œil, rac. Athal. V, ) . Il Terme de manège. Flatter un cheval fougueux, céder à sa fantaisie, de manière à ralentir peu à peu ses mouvements. || Flatter la corde d'un instrument de musjque, la toucher doucement. Il Terme de jeu. Flatter le dé, jeter doucement les dés dans l'espoir illusoire de n'amener qu'un petit nombre de points. || Fig. Flatter le dé, déguiser, adoucir quelque chose de fâcheux pour quelqu'un. Il no faut pas flatter le dé, c'est-à-dire il faut parler franchement. || Flatter le courant d'une rivière qu'on veut détourner d'un bord qu'elle menace, lui opposer non une digue qui résiste en face, mais une surface qui, ne fai-sant d'abord qu'un angle léger avec son courant, l'ecarte peu à peu du bord. Il Flatter les vagues, opposer des digues à l'impétuosité des eaux en formant un talus sur lequel elles glissent sans briser. || t* Traiter avec trop d«

FLA

V douceur et de ménaftement. On ne guérit point les grands maux en les flattant, Dict. de VAcad. Je ne cherche point à flatter mon mal, J. J. bouss. }lél. i, i. Il Flatter une plaie, n'y appliquer que des remèdes trop doux. Il 3" Adoucir. Mais que je t&che en vain de flatter nos tourments, corn. Rodog. m, B. Tant qu'un espoir de paix a pu flatter ma peine, ID. Hor. I, ( . Mais je n'en conçois rien qui flatte mon ennui, m. ib. m, 2. Ne croyez pas que, pour consoler ou pour flatter votre douleur, je veuille exagérer la vertu de celle que vous pleurez, fléch. Mme de Monlansier. Bérénice d'un mot flatterait mes douleurs, bac. Bérén. m, 2. Mais toujours quelque espoir flattait mes déplaisirs, id. ib. i, *. Il 4' Charmer, délecter, en parlant des sens. La musique flatte l'oreille. Le bon vin flatte le palais. Les biens qui flattent les sens, boss. Ilist. ii, 6. Les plaisirs dont vous flattez les hommes, fP.n. Tél. ix. Tout y flattait son goût, hamilt. Gramm. e. La terre des Gangarides produit tout ce qui peut flatter les désirs de l'homme, volt. Princ. de Babyl. 3. Il 5° Causer une vive satisfaction. Une telle préférence me flatte. Cela doit tien" flatter le cœur d'une mère. || En un sens analogue. Les douceurs de l'amour, celles de la vengeance, N'ont point assez d'appas pour flatter ma raison, cobn. Cinna, II, 3. Les Juifs pleins des biens qui flattaient leur cupidité, PASCAL, Figuratifs, 27, édit. faugèrk. Je me laiss» flatter à cette aimable vérité, sÉv. 4 28. Et Mathan par ce bruit qui flatte sa fureur [d'Athalie], BAC. Athal. ni, 4. Quoi! tu crois, cher Osmin, que ma gloire passée Flatte encor leur valeur et vit

dans leur pensée? id. Baj. I, 4 Non, non, je le

connais, mon désespoir le flatte, m. Andr. m, t. L'amour avidement croit tout ce qui le flatte, id. Mithrid. m, 4. Le joug du devoir n'a rien qui flatte l'orgueil, MASS. Carême, Culte. Il ne faut pas croire que les rois soient bien flattés de toutes les flatteries dont on les accable ; la plupart ne viennent pas jusqu'à eux, volt. Dict. phil. Flatterie. Ces fables flattent la crédulité, mais malheureusement ce ne sont que des faljles, buff. Ois. t. xiu, p. 2a;), dans PODGENS. Les réponses qu'elle y faisait, pleines d'esprit, de grâce et de délicatesse, flattaient son amour-propre [d'un homme] sans jamais flatter son amour, mabmontel, Mém. vin. || 6° Favoriser. Ceux que flatte la fortune. Le vent qui nous flattait nous laisse dans le port, bac. Iphig. i, 1. 1| 7° Donner des louanges vraies ou fausses dans le dessein de plaire, de séduire. Un chef de conjurés flatte la tyrannie ! COBN. Cinna, u, 3. Flattez-les pes rois], payez-les d'agréables mensonges, la font. Fabl. vm, ti. Plus on aime quelqu'un, moins il faut qu'on le flatte; X ne rien pardonner le pur amour éclate, mol. Idisanth. il, 5. Je vous conjure de ne me point flatter du tout et de me dire nettement votre pensée, )D. Mar. forcé, se. 2. Mais tout ce beau discours dont il vient tous flatter N'est rien qu'un piège adroit.... boil. Artp. 1. 1| Absolument. Il ne sut jamais flatter. Il Substantivement. Les muses hautaines et braves Tiennent le flatter odieux. Et, comme parentes des dieux. Ne parlent jamais en esclaves, malh. iv, 6. || 8° Excuser par une complaisance répréhensible. Flatter les défauts de quelqu'un. Je flattais ta manie afin de t'arracher Du honteux précipice oîi tu vas trébucher, cobn. Poly. v, 2. J'étudiai leur cœur, je flattai leurs caprices, rac. Ath. m , 3. Us [les saints] nous ont appris par la vie i)énitente qu'ils ont menée à ne pas flatter notre négligence, FLÉCHiEB, 1. 1, p. 29. J'ai compris que ce père aimait d'un amour raisonnable un de ses enfants qui a de la vertu, et qu'il ne flattait point l'autre dans ses dérèglements , fén. Tél. vi. j] 9" Terme de peinture. Flatter une personne, la représenter plus belle qu'elle n'est. Vous avez un portrait de moi qui me flatte beaucoup, sÉv. 433. L'estampe que nous en avons dans les hommes illustres de Perrault, le [la Fontaine] flatte un peu, olivet, Ilist. Acad. t. ii, p. 332, dans pougens. Il Ce miroir flatte, il fait paraître les traits plus agréables. || Par extension. Ta muse, en le flattant, réfléchit mon génie, lamart. Harm. Pièces diverses, A un poète anglais qui avait traduit une harmonie. Il II se dit d'un pc-trait fait de vive voix ou par écrit. Clitandre : Voilà, ma sœur, madame Dorothée, Dont mon père tantôt nous a dit tant de bien. — Angélique : Nul mérite, je crois, n'est comparable au sien; Mon père ne l'a point flattée, DANCOURT, Enfant de Paris, m, 4 3. |H0° Tromper en déguisant la vérité d'une manière avantageuse pour celui à qui on s'adresse. Vous me flattez dans cette aflaire-là. Pour ne vous point flatter, je n'en veux pas répondre, corn. Nicom. iv, b.

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J'ai su qu'elle avait exigé du médecin et de nos tantes de me flatter surson état, et de ne m'en laisser aucune inquiétude, mabmontel, Mém. ii. || Il se dit, en un sens analogue, des choses qui trompent, qui font illusion. Maurice à quelque espoir se laissant lors flatter, cobn. Hiracl. ii. 6, Et mon cœur qui sans cesse en sa faveur me flatte, m. ib. v, 2. Messieurs de cour, adieu; Suivez jusques au bout une ombre qui voue flatte, la font. Fabl. vu, 42. Vain

espoir qui me flatte î bac Milhr. m, 4 Je vois

ce qui la flatte : Sa beauté la rassure, ID. Andr. ii , B. Il H° Faire espérer. L'esprit de l'homme, étant si faible, si sujet à s'égarer, est en même temps si présomptueux, qu'il n'y a rien dont il ne se puisse croire capable, pourvu qu'il se trouve des gens qui l'en flattent, nicole, Ess. mor. 4" traité, ch. 9. La distribution dont il flattait le peuple, boss. Ilist. i, 9. C'est toi qui me flattant d'une vengeance aisée.... RAC. Athal. v, 6. Ne m'as-tu pas flatté d'une fausse espérance? id. Brit. m, 6. De quoi viens-tu flatter mon esprit désolé? id. Phèdre, m, 4. Néoptolème l'avait flatté que, dès qu'il se montrerait, tous les Macédoniens du parti opposé se rangeraient sous ses drapeaux, bollin, Hist. anc. (Eut), t. vu, p. 8(, dans poL'GENS. On m'a flatté que vous pourriez venir dans nos retraites, volt. Lett. Mlle Clairon, 7 août 4761. Il 12" Se flatter, v. réfl. Être trop prévenu à son avantage. La jeunesse se flatte et croit tout obtenir, la font. Fahl. xii, 6. Il ne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans les aflaires font des fautes capitales, boss. Reine d'Anglet. Un roi qui se flatte sur ses prétentions, fén. Tél. xxiii. Il Tirer vanité. Se flatter de sa naissance, de ses talents. J'ai vu Éphraïm comme une autre Tyr, se flattant de sa force et de sa beauté, sACi, Bible, Osée,

IX, 4 3. Il Tirer contentement Je l'ai trop informé

Qu'il peut bien se flatter du bonheur d'être aimé, MOL. D. Garde, i, i. Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix. Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix, bac. Androm. i, 2. Je ne me flatte point d'une gloire insensée, id. Brit. ii, 3. Ils se flattent tous deux du choix de votre mère, la. Brit. IV, 2. Il 13» Se donner l'un à l'autre des louanges excessives. Si les hommes ne se flattaient point les uns les autres, il n'y aurait point de société, vau- VEN. Max. Il 14" S'entretenir d'une espérance. Il se flatte qu'on aura besoin de lui. Quoi 1 voilà doncenfin dé quoi vous vous flattez I cobn. Don Sanche, i, 4 . Vous vous flattez peut-être, en votre vanité. D'aller comme un Horace à l'immortalité, BOIL SaX.u.. S'est-il flatté de plaire et connalt-il l'amour ? volt. Sémiram. u, 4. Je ne me flattais pas d'y rencontrer un port, ID. Triumv. iv, s. Puis-je encor me flatter de régner dans ton cœur? m. 4 (x. m, 4. Mais ton orgueil ici se serait-il flatté D'effacer Orosmane en générosité? ID. Zaïre, i, 4. || Absolument. Conserver des espérances au sujet d'un malade en danger. Ma mère eut alors un courage au-dessus du mien ; car elle ne se flattait plus, et moi je me flattais encore, MABMONTEL, Mém. II. || Entretenir quelque sentiment qui plaît. Ne vous flattez point tant que de le présumer, corn. Nicom. v, 8. Je n'ose me flatter de cette pensée, sÉv. 427. Toute autre raison n'est qu'un vain prétexte dont nous nous flattons, BOUBD. Avent, Nativ. de J. C. 247. Les papes se flattaient alors de donner l'empire d'Orient et d'Occident, volt. Mœurs, B9. |1 15° Se persuader, aimer à croire. Il se flatte que vous approuverez sa conduite. Je me flatte, j'espère.... Qu'on verra de David l'héritier détestable Abolir tes autels.... bac. Athal. v, 0. J'ose me flatter Que le vengeur du trône a seul droit d'y monter, volt. Mérope, i, 3. Je me flatte que cette lettre arrivera à bon port, id. Lett. d'Argenlal, 4 août 4 776. || Ce malade se flatte, il croitêtre moins malqu'iln'est réellement. || Il se dit aussi de ceux qui espèrent qu'un malade est moins mal qu'il n'est réellement. La veille, ma tante était extraordinairement mal.... Mlle de la Trousse se flattait et croyait que c'était qu'elle avait besoin de nourriture, sév. 4B4.

— HIST. xu* s. One [je] ne la soi [sus] losengier ne flater, Couci, xiii. || xm* s. Quant li moiens devient granz sires, Lor vient flaters et nait mesdires; Qui plus en seit, plus a sa grâce, ruteb. 24. || xvr s. Un adultère condamnera paillardise en gênerai : cependant il se flattera en sa paillardise, calv. Instit. 201. Ce n'est pas raison que Dieu pardonne les péchez ausquels nous nous flattons, id. ib. 47B. Le dez ne ira point à soubhayct, quoy que on le flatte, RABEL. Progn. Pant. 2. Nous ne prestons volontiers à la dévotion que les choses qui flattent nos passions, MONT, n, 4 44. Un atheïste se flatte à ramener touts aucteurs à l'athéisme.... id. ii, 4B0. Les

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bestes nous flattent, nous menacent et nous requièrent, in. II, 4B7. Ou je me flatte, ouencores y a il en cet estât dequoy se soubtenir, id. m, 498. Je cherche à flatter [adoucir] la mort par ces frivoles circonstances, id. iv, 4 20. Chacun se flatte en son afl'ection, du bellay, p. 490, dans lacurne. Pour ne vous point flatter le dos, c'est trop longtemps temporiser. Contes de Chnlières, (• 233, dans lacuBNE. Qui flate, il grate, cotgrave.

— ÉTYM. Bourguign. flaittai; provenç. afialar; d'après Diez, du germanique : Scandinave, flot, plat, uni; anc. h. allem. flax ; de sorte que flatter serait proprement rendre uni, comme quand on passe la main. Ainsi la série des sens est : caresser avec la main, adoucir, charmer, délecter, aduler. Le germanique flat correspond au grec «).aTÙ<, large, au sanscrit prithu, étendu.

FLATTERIE (fla-te-rie), s. f. Action de flatter, louange fausse ou exagérée donnée dans une vue

intéressée Sa sotte flatterie Eut un mauvais

succès, la font. I abl. vu, 7. Je ne trouve partout que lâche flatterie, mol. Mis. i, 4. Son humeur satirique est sans cesse nourrie Par le coupable encens de votre flatterie, iD. ib. u, B. U dit qu'il s'était trouvé dans une compagnie de grande conséquence, où votre mérite, votre sagesse, votre beauté avaient été élevés jusqu'aux nues, et que même on y avait compris le goût et l'amitié que vous aviez pour moi ; si cette fin est une flatterie, elle m'est si agréable que je la reçois à bras ouverts, SÉV. 4 42. Combien de fois arrêta-t-il une flatterie qui, comme un serpent tortueux, allait se glisser dans son âme [de son élève, le dauphin] ! fléch. Duc de Montausier. La flatterie est un commerce honteux qui n'est utile qu'au flatteur, la bbuï. Théophr. II. Tous ceux qui l'encensaient, le voyant perdu sans retour, changèrent leurs flatteries en des insultes sans pitié, fén. Tél. xiv. Ne voyez-vous pas, lui répondit Mentor, que les prince» gâtés par la flatterie trouvent sec et austère tout ce qui est libre et ingénu? id. ib. La flatterie n'est autre chose qu'un commerce de mensonge fondé d'un côté sur l'intérêt, et de l'autre sur la vanité, bollin, Hist. anc. Œuv. t. u, p. 4 20, dans pougens. Quittez l'art avec nous, quittez la flatterie. Ce poison qu'on prépare à la cour d'Étrurie, volt. Brutus, i, 2.

— HiST. xm' s. Et cil qui tiei (telles] paroles oient, S'en glorefient et les croient, Ausinc com se fust évangile, Et tout est flaterie et guile, la Rose, 4896. Mais de ce trop grant tort avoit. Qu'il disoit plus qu'il ne savoit. Et tous jors par ses flateries Ajoustoit as choses oies, ib.tiTH. ||xiv* s. Sire, je vous le di sans nulle flaterie. Comme au plus souffisant et de roial lignie, Guescl. 4 0674. || xvi* s. Comme ainsi soit que plusieurs fussent pleins d'orgueil et de présomption, desquels il estoit expédient de rabattre la vaine flaterie [confiance], calvin, Instit. 779. La flatterie la pire qui soit est celle qui est couverte, amyot, Com. discem. le fiait, de l'ami, 8.

— ÉTYM. Flatteur; provenç. flataria.

FLATTEUR, EUSE (fla-teu'r, teù-z'), adj. || 1» Caressant par quelque attouchement. Le chien est un animal flatteur. Patte flatteuse et point de dents, lamotte, Fabl. v, 4. || Avoir des manières flatteuses, avoir des manières douces, insinuantes. Il 2° Agréable, séduisant. Et mon amour flatteur déjà me persuade Que je le vois assis au trône de Grenade, corn. Cid, ii, B. On ne peut néanmoins se défaire d'une idée flatteuse dont on s'est laissé agréablement prévenir, boss. Var.v,% 30. De votre changement la flatteuse apparence M'avait rendu tantôt quelque faible espérance, rac. Bérén. v, 7. Par tes conseils flatteurs tu m'a» su ranimer, id Phèdre, m, 4. Quel espoir si flatteur, ou quels heu reux destins De vos jours ténébreux ont fait des jours sereins? volt. Zaïre, i, 4 . D'autres [oiseaux] ont des tours de gosier aussi flatteurs ; mais il n'en est pas un seul que le rossignol n'efface par la réunion complète de ces talents divers, et par la prodigieuse variété de son ramage, buff. Ois. t. vin, p. 4 4 9, dans POUGENS. Virgile n'a-t-il pas, d'un vers doux et flatteur. De Gallus expirant consolé le malheur T A. CHÉN. Èp. 1. Il 8" Il se dit de ce qui est un témoignage d'approbation, de louange, de faveur. Un murmure flatteur s'éleva dans l'assemblée. Il reçut du prince une distinction flatteuse. C'est ce qui pouvait m'arriver de plus flatteur après l'honneur de votre présence, volt. Lett. Prusse, 9. || 4° Qui loue avec exagération. Un poëme insipide et sottement flatteur Déshonore à la fois le héros et l'auteur, BOIL. Sat. IX. Je ne retrouvais point ce trouble, cette ardeur Que m'avait tant promis un

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discours trop flatteur, bac. Bajax. i, 3. H y avait dans l'armée un Dolope nommé Eurymaque, flatteur, insinuant, sachant s'accommoder à tous les godts et i toutes les inclinations des princes , PÉNEL. TH. ivi. Ils {les princes] deviennent si délicats que tout ce qui n'est point flatteur les blesse et les irrite, id. ib. xiv. || Miroir flatteur, miroir où l'on se voit plus beau qu'on n'est. |{ B° S. m. et f. Celui, celle qui chorclio i séduire par des louanges. Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute, Là pont. Fahl. i, a. Qu'aux flatteurs on doit partout se prendre Des vices où l'on voit les humains se répandre, mol. MU. ii, 6. Tout flatteur, quel qu'il soit , est toujours un animal traître et odieux, Boss. Var. b' avert. § 3) . M. Jurieu nous parle ici des flatteurs des princes, et il ne songe pas aux flatteurs des peuples, m. ib. Mais sachez de l'ami discerner le flatteur, boil. Art p. i. Le flatteur ne dit rien et ne fait rien au hasard; mais il rapporte toutes ses paroles et toutes ses actions au dessein qu'il a de plaire à quelqu'un et d'acquérir ses bonnes grâces, LA BRUY. Théoph. u. Détestables flatteurs, présent le plus funeste Que puisse faire aux rois la colère cdesle, bac. Phèdre, iv, 6. Olhon, Sénécion, jeunes voluptueux, Et de tous vos plaisirs flatteurs respectueux, m. Bril. iv, 2. De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse, in. Athal. :v, 3. Le flatteur veut s'avancer et faire fortune ; le prince veut être loué et admiré parce qu'il est son premier flatteur, et qu'il porte dans son cœur un poison plus subtil et mieux préparé que celui qu'on lui présente, bollin, Hist. anc. Œuvres, t. ii, p. m, dans pougens. Il Vous êtes un flatteur, une flatteuse, se dit pour repousser doucement des louanges qui ne déplaisent pas, mais que ia modestie ne permet pas d'accojiter. Il On dit dans le même sens : Taisez-vous, flatteur, flatteuse.

— lilST. XIII' s. Li flateres de pute estrace Fait cui il vuet vuidier la place; S'il vuet, li mieudres est li pires, huted. 22. || xiv* s. Flateut soies premièrement ; Car c'est le droit commencement Par quoi on puet à bien venir, bbutant, dans Ménagier. I y, p. 26. Se il le fait pour cause de aucun prouffit A^erir, c'est un lobeur, c'est un Dateur, oresme, Eth. 60. Il xv« 8. Mais ly ment«ur et ly flateour N'y [à la cour] osent plus faire demour : Je ne dis pas ([uanque je pense, e. deschamps. Double entetidement, ||xvi* s. Par ses blanderesses et flateuses persuasions, il attirera la royne mère, cabloix, viii, 4 6. Rechercher la bonne grâce du menu populaire par caresses et paroles flatteresses, amïot, Aie. et Cor. comp. Pinceau de painctre ou langue do chien est un flatteur pour avoir bien, gknin, Récréât, t. ii, p. 247.

— ÉTYM. Flatter; provenç. flalaire. L'ancien français flatere et le provençal flataire sont le nominatif; ftateor, flatador est le régime.

FLATTEUSEMENT (fla-teû-ze-man), adv. D'une manière flatteuse. À quoi se réduisent ces vastes talents qui nous élèvent si flatteusement sur le reste des hommes 7 mass. Or. fun. Villeroy.

— ÉTYM. Flatteute, et le suffixe ment.

FLATUEUX, Ei;SE (fla-tu-eù, eû-z'), adj. Terme

de médecine. Qui cause des vents. Certains aliments sont flatucux.

— HIST. xvi' s. Si les veines semblent enflées, ce n'est point d'un bon sang, mais plustost d'une substance flatuause, pare, Introd. C. Viandes flatueuses et vaporeuses; comme pois, fèves, id. Introd. 47.

— ÊTYM. Lat. flalut, souffle, vent, de flare, souffler.

t FLATULENCE (fla-tu-lan-s'), s. f. Terme do médecine. Collection de vents, c'est-à-dire de gaz, dans une partie i|uelconque du corps,

— ÊTYM. Flatulent.

i FLATULENT, TE (fla-tu-lan, lan-f), adj. Terme

de médecine. Qui est rempli de flatuosités.

— HIST. xiv s. Quant à la tumeur œdémateuse et flatuleute qui occupoit entièrement tout le bras,

TÀRi, IX, 4 4.

— ËTYM. Voy. FLATUEUX.

FLATUOSITIÎ (fla-tu-ô-zi-té) , s. f. Terme de médecine. Gaz développé dans le canal digestif. Être sujet aux flatuosités.

— ÉTYM. Flalueut.

t FLAVÉOLE (fla-vé-o-l'), I. f. Oiseau du genre

des bruants.

— ETYM. Lat. ftavut, jaune, avec le diminutif ol ou oie.

t FLA VERT (fla-vèr), s. m. Oiseau de la famille des gros-becs, dit bouvreuil du Canada, bien qu'il ne se trouve pas au Canada, mais au Brésil et à la Guyane.

FLE

t FLAVESCENT, ENTE (fla-vt-ssan, »san-t) adj. Terme didactique. Qui tire sur le jaune. ' — tTYU. Lat. (lavetcenM, de flavescere, de flavui jaune.

t FLA VET (fla-vé) , s. m. Nom d'une ancienne espèce de serge. Lingettes ou flavets, qui est une espèce de serge, la pièce de 20 aunes payera 4 livres. Tarif, 48 sept. fsoi.

t FLAVL... Terme qui signifie jaune, du latin flavut, et qui sert de premier membre dans certains composés du langage de l'histoire naturelle : flavicaude, à queue jaune ; flavipède, à pieds jaunes; flavipenne, à ailes jaunes; flavirostre, à bec jaune, etc.

— ETYM. Lat. flavut, que les étymologistcs croient représenter ftag-vus, couleur de feu, fUigrare, brûler (voy. flagrant).

FLÉAU (flé-ô), t. m. Il !• Terme d'agriculture. Instrument qui sert à battre le blé, et qui se compose de deux bâtons liés l'un au bout de l'autre avec des courroies ; celui qui sert de manche est plus long que l'autre. Battre le blé avec le fléau, au fléau. Il La partie de cet instrument qui fait sortir le grain en tombant sur les épis. Le manche et le flédU. Il Fléau d'armes, arme contondante en forme de Iléau, dont on se servait dans le moyen âge. || 2* Fig. Fouet qui châtie (ce qui est le sens de ftagellum en latin) ; il se dit des personnes ou des choses qui semblent être instruments des punitions divines. On me craint, on me hait, on me nomme en tout lieu La terreur des mortels et le fléau de Dieu, CORN. Attila, m, 4, 0 Dieu, que nous recevons mal les afflictions I..., notre faiblesse gémit sous les fléaux de Dieu, et notre cœur endurci ne se change pas, BOSS, i" serm. quinquag. 2. Pour réunir tout en un mot, Séjan, si fort vanté dans Paterculus, était un fléau de la colère des cieux contre l'empire romain, rollin, Hist. ane. t. xii, liv. ixv, chap. a, art. 2. Il 8° Fig. Toute grande calamité ou souffrance. Vous savez quels fléaux ont éclaté sur nous, VOLT. Œdipe, u, 3. Et quand la religion se joint à la guerre, ce mélange est le plus horribledes fléaux, iD. Mœurs, 4 97. Aujourd'hui, après un moment passé et oublié depuis des années, la plus chaste union peut être suivie du plus cruel et du plus honteux des fléaux [la syphilis] dont le genre humain soit affligé, id. Mœurs, 4 46. || 4* Par analogie, il se dit de ce qui est nuisible, funeste. Il est hors des atteintes de l'injustice, de l'envie, et des autres fléaux de la vie humaine, patru, Lett. 4 à Olinde, dans RICHBLET. L'inquisition et la Société [des jésuites] sont les deux fléaux de la vérité, pasc. dans COUSIN. Son gendre [de Jacques II] le prince de Danemark, et son autre fille, qui est encore une Tullie et que j'appelle la demoiselle de Danemark, sont allés trouver ce fléau de prince d'Orange, sÉv. Lelt. 4 3 déc. 4 688. Les rois qui ne songent qu'à se faire craindre et qu'à abattre leurs sujets, pour les rendre plus soumis, sont les fléaux du genre humain, fën. Tél. u. Il a passé sa jeunesse à être le fléau de toutes les familles, W de catlus, Souvenirs, p. 4 06, dans pougens. Le prince de Condé, qui avait été le soutien de la France, en devint le fléau ; et Turenne, après avoir trahi la cour, en fut le libérateur, volt. Hist. pari. chap. 66. Fléaux du nouveau monde, injustes, vains, avares, Nous seuls en ces climats nous sommes les barbares, m. Alx. 1, 4 . Les sauterelles sont encore une des proies favorites du martin, il en détruit beaucoup, et par là il est devenu un oiseau précieux pour les pays affligés de ce fléau, buff. Ois. t. vi, p. 136, dans POUGENS. Des jardins mutilés en partie par la spéculation des architectes, ce fléau du Paris moderne, CH. DE BERNARD, Un homme sérieux, § xviii. || Fléau de famille, celui qui fait la désolation de toute sa famille. ||5° Par exagération. Personne ennuyeuse, fatigante, insupportable. Un bavard est un fléau dans un salon. || 6" Dans une balance, tige de fer ou levier du premier genre, soutenu en son milieu sur des couteaux, et aux extrémités duquel sont suspendus les plateaux de la balance. || Forte balance dont on se sert dans les magasins d'artillerie et même dans les boulangeries. || 7* Barre de bois ou de fer, qui, tournant par le moyen d'un bouton de fer, tient fermés les deux ventaux d'une porte cochère. Il 8* Bascule chargée d'un contre-poids servant à fermer une écluse. || Poignée en fer avec bouton tourné servant de fermeture à une persienne. Il 9* Terme de métallurgie. Tringle d'un soufflet ayant un mouvement d'oscillation. || lO* Au plur. Espèce de crochets sur lesquels les vitriers portent les panneaux de verre , lorsqu'ils vont en ville. Il 11* Fléau, un des noms de U phléole des prés.

r, "'"■ V'' *• *'"" ['!«] fièrent des haehescom vilain de flael, Sax. u. Geste pestilence et cest flael, flou, f 7, dans baynoiabd, Glots. || xm* s. Et vinrent as portes et coperent lesfleaus, et entrèrent ens cil de l'ost, Chr. de Ilains, p. too. Fourches, fleaui restiaus, fauches, ne doivent riens de tonlieu Liv des met. 323. Il XIV s. Dieu voulut corriger les François par son flaiel [la bataille de Crécj] , Chr. de St Denis, t. ii, p. 210, dans lacurne. || xv s. Par quoy maintes fois depuis en leur droit aveuglement, sont venus comme flayau de Dieu les Angles, 0. CHASTELAiN, Chr. du due Philippe, Proesme. Il xvi* s. Qui peult estre ce roy qui assomme et travaille Les orgueilleux et fiers, lesvivans de rapines, Comme s'ilfust le fléau de justice divineT j.masot, v, 4 44 , [FonUrabie] Le fléau d'Espaigne et la seureté de France, id. v, 234. Fléaux des poissons [nageoires], COTOBAV8. Fléaux de la vigne [ses vrilles), on- DIN, Dict. La curiosité de cognoistre a este donnés aux hommes pour fléau, dict la Sainte parole, mont. m, 33.

- ÉTYM. Génev. flau; picard, flager, flayer, fli, fUyeur; Berry, flau (dans l'ouest cl6) ; bourguign. fia; norm. /îau; provenç. flagel, flachel ; catal. /logell; portug. et ital. flagello; du lat. flagellum, fouet, fléau, diminutif de flagrum, fouet. Dans l'ancien français, li flads ou flaaus est le nominatif, et U flael esl\e régime. Dans J.Marot/7eau est monosyllabe. Les choses à bascule, fléau de balance, etc. ont été peut-êtreainsi ditcsàcausedu va-et-vient qui s'y passe comme dans le fléau véritable. Flagrum tient au radical flag ou flig (dans af-fligere) qui sigiiifls frapper, blesser, appuyer sur, et qui est en grec 6X16 (6Xig<«).

t FLEBILE (flé-bi-lé), adj. m. Terme de musique. Mot italien qui veut dire plaintif, et qui, mis sur les partitions, indique le caractère d'un morceau. Largo flebile (Il faut prononcer en portas! l'accent sur lar et sur fie).

— ÊTYM. Ital. flebile, du latin flebilit, de fkre, pleurer (voy. faible).

4. FLÈCHE (flè-ch-), s. f. Il !• Tige de bois »rmée d'un fer aigu qu'on lance avec un arc ou une arbalète. Les peuples de Crotone sont adroits à tirer des flèches, fénrl. Tél. x. Vous savez que les flèches d'Hercule, qui tua ce perfide centaure [Nessus], avaient été trempées dans le sang de l'hydre de Lerne, et que ce sang empoisonnait ces flèches, en sorte que toutes les blessures qu'elles faisaient étaient incurables, id. ib. xv. La malheureuse Troie tombera, a-t-il dit; mais elle ne peut tomber qu'après qu'elle aura été attaquée par celui qui tient les flèches d'Hercule, 10. ib. Laisse-moi seul mourir parla flèche du Maure, volt. Tancr. iv, «. Vous n'avez pas oublié les curieuses expériences que M. de Réaumur avait tentées avec les flèches empoisonnées des Américains; un ours piqué par une de ces flèches mourut, je crois, en une demi-minute, BONNET, Lett. dit). Œuv. t. XII, p, 37S, dans POUGENS. Il Cet objet a la forme d'un fer de flèche, est taillé en fer de flèche, se dit de ce qui ressemble à un quadrilatère très-aigu, dont deux petits câtés sont rentrants, i la différence du fer de lance où ces deux petits côtés sont saillants. || Fig. C'e.st la flèche du Parthe, c'est un trait piquant lancé au moment où l'on se retire ; par allusion aux Parthes qui tiraient en fuyant. || Fig. Tout bois n'est pas bon à faire flèche, il faut savoir choisir les personnes quand on veut les employer. || Fig. Faire flèche de tout bois, mettre tout en œuvre pour arriver à quelque fin. Il II ne sait plus de quel bois faire flèche, il est sans ressource, sans moyens de subsister, ou il ne sait comment se tirer d'un embarras. Desmarets ne savait plus de quel bois faire flèche ; tout manquait et tout était épuisé, st-sim. 4 96, 4 27. Il 2° Fig. Ce qui est comparé à une flèche. Une mâle vigueur Toujours impénétrable aux flèches de l'erreur, volt, llenr. iv. Mille bacheliers, mille licenciés ont jeté les flèches de l'école contre ce rocher inébranlable, id. Princ. d'action, ch. 4 8. || Les flèches de la colère de Dieu, fléaux qu'il envoie aux hommes pour les punir. || Les flèches de l'Amour, les impressions qu'il produit dans les cœurs. || 3* Signe en forme de flèch* dont on se sert dans les cartes de géographie, dans les plans, etc. pour indiquer le côté du nord, ou la direction d'un courant, et surtout celle des rivières. || 4' Certaines choses représentant une flèche, ou faites en forme de flèche. La flèche d'un lit. Elle avait une flèche d°or dans ses cheveux. || Flèche de savon, morceau de savon taillé en flèche, que les nourrices introduisent dans l'anus des enfants pour provoquer une selle. Il S* Longue pièce de bois cambrée qui dans

FLË

un carrosse joint le train de derrière avec celui de devant. || Portion de la charrue qui porte en arrière les mancherons, vers le milieu les étançons et le coutre, et en avant l'attache de l'avant-train, ou, dans les araires, le régulateur. {| 6° La partie d'un clocher qui surmonte la tour ou la cage et qui est en pointe. Flèche de charpente. Flèche de pierre. La flèche de Strasbourg. Les yeux du voyageur viennent d'abord s'attacher sur cette flèche religieuse, dont l'aspect réveille une foule de sentiments et de souvenirs , chateaub . Génie, m, j, <e. Il On dit quelquefois mais plus rarement aiguille. || Le chapiteau pointu d'une cloche. Il 7° Terme d'eaux et forêts. La tige, le tronc d'un arbre. Tel le mapou, dont le tronc de quatre ou cinq pieds de diamètre, sur une flèche de quarante, servait à former des canots d'une seule pièce, raynal, Ilùtt. phil. X, 3. {{ Celle des branches d'un arbre qui, par sa direction, doit être considérée comme la tige. Les arbres qui ont perdu dans leur jeunesse leur flèche ou montant principal, buff. Èxp, sur les végét. s* métn. {| Pousse de la canne à sucre et de quelques autres plantes dont les tiges sont droites et fermes. Il 8° Terme do chirurgie. Cautérisation en flèche, celle qui consiste à traverser la base des tumeu s de part en part avec des languettes de pâte de chlorure de zinc. || 9° Terme de fortification. Petit ouvrage, dit aussi bonnette, qu'on élève vis-à-vis des angles saillants ou rentrants du chemin couvert et qui est composé de deux côtés. Il 10° Pièce de bois à laquelle s'attache chacune des <i.eui chaînes d'un pont-levis. || Dans la machine dite manège, barres ou leviers horizontaux qui sont insérés dans le treuil, et auxquels les chevaux sont attelés. Il Flèche de grue, l'arbre de la grue. Il 11° Terme de marine. La pointe du mât supérieur d'un navire, pointe qui s'élance au ciel. || Flèche d'éperon, nom donné autrefois, dans les bâtiments latins, galères, galiotes, polacres, etc. à la pièce principale de l'éperon, dont la saillie hors de la proue pouvait justement être comparée à celle du trait près de quitter l'arc, jal. || Flèche-en-cul, petite corne gréée au sommet du mât de perroquet de fougue, ainsi dite parce qu'elle était au-dessus de la poupe, jal. || 12° Flèche de polissoir, morceau de bois, courbé en arc, qui sert à presser le polissoir contre la glace. || 13° Terme de jeu de trictrac. Languettes pointues de couleurs alternantes qui divisent, du côté de chaque joueur, la table du trictrac. || On dit quelquefois mais plus rarement lame. || 14° Terme de géométrie. Flèche d'un arc de cercle, la perpendiculaire menée du milieu de la corde à l'arc. La courbe de cette voûte a deux mètres de flèche. || Hauteur du segment détaché d'une sphère par un plan qui la coupe. || 15° Piquet que les arpenteurs fichent en terre, toutes les fois qu'ils emportent leur chaîne. || 16° Ficelle que le tapissier de haute lice entrelace dans les fils de la chaîne, pour les tenir toujours à égale distance. Il 17° Chacun des petits brins de bois placés entre les plis du papier qui fait le fond d'un éventail. Il 18° Terme d'astronomie. Petite constellation de l'hémisphère boréal. || 19° Flèche de pierre, bélemnite. || 20°Le mollusque nommé aussi calmar. Il Flèche de mer, le dauphin.

— HIST. XIII' s. Car vous 1 avez mis [en mon cœur] et le fer et la flesche, audefrov le bast. Romancero, p. <3. La meillore et la plus isnele De ces floiches et la plus belle, la Rose, 939. ||xv° s. Les arbres qui là estoient haults, que le tronc ou la flesche du moindre avoit bien soixante pieds de long, Perceforest, 1. 1, p. 27. || xvi* s. Plusieurs ne sçauront de quel bois faire flesche, rab. Prognost. Pant. ï. Le petardier appliqua son pétard, mais une meurtrière l'emporta au fossé avec y. flesche,

D'aCB. Hist. III, 408.

— ÊTYM. "Wallon, fliche; provenç. flécha; catal. fjetxa; espagn. flécha; portug. flécha, frecha; ital. freccia; piémontais, fiecia; du flamand flili , flitsch, flèche; moyen haut-allem. flitsch; allem. mod. Flits-pfeil.

2. FLËCHE (flè-ch'), s. /. Anciennement , moitié de cochon avec le lard et le maigre. || Aujourd'hui, bande levée depuis l'épaule jusqu'à la cuisse du porc.

— HIST.xiu's. Bien avoit garni son ostel. Assez y avoit un et el [un et autre], Char salée, bacons (jambons] et fliches; De ce estoit li vilains riches, Ben. <28). Ilxvi* s. Des lards maigres, n'en sont faites que deux parties égales, appellées flesches, fendant le lard parle ventre, o. de serres, 838. En Normandie et Basse Bretaigne, on leur laisse [aux porcs] et jambes et testes, c'est assavoir la moitié

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