‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 234 sur 388 · FI.U · texte numérisé non relu

FI.U

vient do la flûte s'en retourne au tambour, c'estr à-dire le bien mal acquis ou acquis trop facilement se dissipe de mémo (ce qu'on a gagné en jouant de la flûte »e dépensant à faire jouer du tambour). || Il est du bois dont on fait des flûtes (par allusion probalilimcul à la légèreté et au creux des liois cmployiis pour faire des fliltcs), c'est un homme qui dit et fait tout ce qu'on veut.

— HiST. XIV» s. Le .suppliant dist qu'il iroit quérir une flusle ou flajot, du canof, fhtulare. || xv s. Klute double, m. ib. !l xvi's. Il lit tant, qu'il accorda ses flûtes avec cette jeune femme, dei<pbb. Contes, ixii. Une fleule-travcrso, que l'on appelle à grand tort lleusto d'Allemand; car les François s'en aydcnt mieulx.... CAiiLoix, vi, H. Couleuvrines.... fauconneaux, verses, fleutos, orgues, paré, Ut. ix, Préf. Il desdaigna d'apprendre àjouer des flustes.... Quand on souffle dedans une fluste, le visage s'en altère, AMYOT, Aie. 4.

— ÉTYM. Picard, ftahutê; bourguign. fleute; provenç. et espagii. flauta; portug. /lauta, frauta; ital. flaulo (voy. flOter).

2. FLCte (flû-t'), t. f. Nom de certains longs verres à boire.

— ÊTYM. .Scheler remarciue qu'il n'est pas sûr que le verre ait étû ainsi dit par assimilation de forme avec la flùtc, instrument; qu'en allemand Flôte, qui signifie flûte et qui vient des langues romanes, est distinct de Flôte, signifiant verre à boire et rattaché au Scandinave vliota, anc. h. allem. flioian, allem. mod. fliessen, couler. Mais il faut remarquer qu'on dit flûter, siffler un verre de vin, ce qui tend à confondre flAte, verre, et flûte, instrument.

3. flCtB (flû-f), s. f. Navire de charge, à fond plat, largo, gros et lourd, dont la poupe était ronde au xvu'siècle. J'étais sur le point de m'assurer d'une de ces flûtes hollandaises qui sont toujours à la rade de Retz, rrtz, i, 7. Vous verrez si vous êtes en état do bâtir quelques flûtes àgrand ventre de quatre à cinq cents tonneaux, pour être naviguées par peu d'hommes, j^our envoyer dans les Indes Orientales, coLBERT, à de Seuil, i» juil. 1670, dans jal. Il Équiper un vaisseau en flûte, se dit en parlant d'un vaisseau de guerre dont on fait un bâtiment de charge.

— HIST. XVI' s. Il prit vingt grosses navires de charge et d'avantagecinquante et quatre que flustes quegaliotesdecinquante rames, amïot, P. Jim. 13.

— f.TYM. Holland. fluit.

1 . FlOtÉ, ÊE (flû-té, tée), adj. || 1° Qui imite le son doux et agréable de la flûte. Des sons flûtes. || Se dit particulièrement des sons produits sur les instruments à cordes en laissant aller mollement l'archet qui glisse et se rapproche de la touche. || 2" Fig. Voix llùlée, voix douce. Une voix nette, juste et flûtée, J. J. Rouss. Conf. v. || On dit de même gosier flûte. Mais par malheur cette belle voix a quitté ce beau gosier flûte depuis que le vin de Champagne s'en est emparé, chaulieu, À la duchesse du ^aine. Il 8° Un ton flûte, un ton de voix dans lequel il y a une certaine afl'ectation de douceur. Tandis qu'un autre, avec un ton flûte. Disait: mon fils, sachons la vérité, tolt. Enf. prod. v, 2.

— ÊTYM. Flûte.

2. FI.Ol'É, ÉE (flû-té, tée), part, passé de flûter. Bu. Un rerre de vin flûte lestement.

FLÛTEAC (flû-tô), s m. || 1° Flûte grossière; sifflet. Cela ne vaut pas un fliiteau d'un sou. |{ 2" Terme de botanique. Plantain aquatique , alistna plantago, L .

— IIIST. xvi' s. Aussi sont très proprement entés plusieurs arbres en canon, cornuchet, tuiau, flusteau ; ainsi dilte telle sorte d'enter, des instrumens de ces noms, o. de serres, «70.

— ÉTYM. Diminutif de flûte; provenç. flautel, fraustel.

FLCter (flû-té), ». n. Il l» Jouer de la flûte. Il ne se dit que par ironie ou en plaisantant. Il ne fait que flûter toute la journée. || 2° Fig. et populairement. Boire beaucoup. Comme il flûte! || Activement. Alors grand' merveille sera De voir flûter vin de Champagne, aiAUi.. à M. Sonning. \\ 3- Sonder le beurre avec l'instrument dit flûte. Permettons aux commis, capitaines , gardes et autres prépo.sés, de les visiter, sonder et flûter, en sorte néanmoins que le prix des beurres n'en soit diminué, Ordonn. mai I880.

— IIIST. XIII* s. Tex amois sunt tantost seûes. Qu'il les fleotent par les rues, la Rose, 778*. || xv s CiLs jours estoit un mondain paradis; Car maint firent des arbres chalemeaulx [chalumeaux] Et flojolez, dont floustoient tondis [toujours], kust. DESCU. Poésies mss. f" 76, dans lacuhnk. || xvi* ».

Apprendre i fluster, et à jouer des tragédies, amtot, Eumènes, 3. Fleuter pour le bourgeois [boire beaucoup], oudin, Cur. fr.

— ÉTYM. Provenç. flautar; portug. frautar. Comme on voit, la forme ancienne flaûter est de trois syllabes. D'après DIez, c'est une transposition de sons : flaûter pour flatuer, du latin ftatut, souffle.

t FF.Ctet (flû-th), s. m. Synonyme de galoubet.

FLCtKUR, EOSE (flû-teur,toû-z'), s. m. et f. Il 1" Terme de plaisanterie ou de dénigrement. Celui, colle qui joue de la flûte. C'est un mauvais Auteur. Il Le flûteur de Vaucanson, célèbre automate qui jouait de la flûte en soufflant et en faisant aller les doigts. Le flûteur de M. Vaucanson a plus l'air d'un homme qu'un polype n'a l'air d'un animal, VOLT. Sing. 3. Il 2° Nom de plusieurs oiseaux. Il 3° Familièrement. Celui ou celle qui boit beaucoup. Il Proverbe espagnol. En la maison du flûteur tout le monde danse.

— HIST. xiu* s. L'autre fut fleûteres, moût s'en sut bien aidier, Berte, xi. Là veissiés fleûsteors, Menesterez et jouglcors, la Rose, 763. || xvi» s. Danseurs d'Orléans, Auteurs de Poitiers, braves d'Avignon, DESPER. Contes , lvi. Pallas anciennement jetta la fluste, et Apollo escorcha le flusteur, amyot, Aie. i.

— ÉTYM. Flûter. Dans l'ancienne langue, /leûtere est au nominatif; fleûteor au régime.

t FLCtiste (flû-ti-sf), s. m. Néologisme, Musicien qui joue de la flûte (voy. ïlCte t).

— KTYM. Flûle.

t FLCUKE (flu-u-r'), t. m. Synonyme peu usité de fluorure.

FLUVIAL, ALE (flu-vi-al, a-l'), odj. jj 1° Qui appartient aux fleuves, aux rivières. La pêche fluviale. Les bassins fluviaux sont ceux dans lesquels il coule des fleuves. |{ Axe fluvial d'un bassin, la plus longue ligne droite que l'on puisse tracer dans ce bassin. || 2° S. f. plur. Terme de botanique. Les fluviales, nom appliqué par les botanistes aux genres naia.i et potamogeton, plantes aquatiques, monocotylédones. Hors d'usage aujourd'hui.

— HIST. xiii* s. Ypotame est apelez cheval fluviel,

BRUN. LATINI, Trésor, p. 18».

— ÊTYM. Provenç. et espagn. fluvial; ital. fluviale ; du latin fluvialis, de fluvius, fleuve.

FLCVIATILE (flu-vi-a-ti-l') , adj. Qui vit, qui croît dans l'eau des fleuves, des ruisseaux, ou sur leurs bords. Plante fluviatile. Coquilles fluviatiles. Willughhy divise leurs nombreuses espèces en ' canards marins ou qui n'habitent que la mer, et canards fluviatiles ou qui fréquentent les rivières et les eaux douces, buff. Ois. t. xvii, p. 238.

— HIST. XVI* s. Fluviatile, cotorave.

— ElYM. Lat. fluvialilis, de fluvius, fleuve.

t FLCVIO-MARIN, INE (flu-vi-o-ma-rin, ri-n'), adj. Terme de géologie. Terrain fluvio-marin, terrain qui porte la trace du séjour de l'eau douce et de l'eau marine.

t FLUVIOMËTRE (flu-vi-0-mè-tr'), s. m. Terme de physique. Instrument pour mesurer les crues des fleuves.

— ÊTYM. Lat. fluvius, fleuve, et mètre.

t FLUVlOMfiTRIQUE ( flu-vi-o-mé-tri-k'), adj. Terme didactique. Qui a rapport à la mesure de la (juantité d'eau qui est dans un fleuve.

FLUX (flû ; Vx se lie : un flû-z abondant), s. m. Il i° Marée montante, mouvement de la mer vers le rivage à certaines heures. Le flux de la mer. Avec fort peu do peine Un fiiix de pleine mer jusqu'ici les amène, corn. Cid, ii, 7. Le flux arrive toutes les fois que la lune est au-dessus ou au-dessous du méridien, et le reflux succède toutes les fois que la lune est dans son plus grand éloigncment du méridien, boff. Preuv. tMor. terre, Œuvres, t. ii p. 180, dans pouoens. || Fig. De ces flots confondus [foule de gens] le flux impétueux Roule et dérobe Égislho et la reine à mes yeux, \olt. Mérope, v, 6. Qu'importe ce vain flux d'opinions mortelles Se brisant l'une l'autre en vagues éternelles? laiiart. Uarm. i, 5. || Le flux et le reflux, la marée montante et la marée descendante. Comme la mer Méditerranée n'a ni flux ni reflux, il y a plus de sûreté et moins d'inconvénients à établir des marais salants dans son voisinage que dans celui de l'Océan, buff. Jfin. t. lu, p. 397. Il Par extension. Les baleines faisant avec leurs narines un flux et un reflux de l'onde amère, fénel. Tél. iv. || Fig. Si nous avons trop vu ses flux et ses .reflux [de la faveur populaire] Pour Galla, pour Othon et pour Vitellius, CORN. Tite et Bérin. v, 6. Qu'est-ce que votre vie qu'un flux et reflux do haines, de désirs, de chagrins, de jalousies, d'espérances? mass. Cartme,

FLU

Dégoûl. Il 2» Écoulement abondant, effusion. 6 reine, qui, pleine de charmes, As borné le flux de nos larmes I malh. m, 2. || Fig. Se laissant emiwrtcr aux flux de ses discours, Régnier, Soi. xiii. C'est un flux perpétuel de grâces, pascal, dans cousin Il Flux de paroles, bavardage, discours qui ne se terminent pas. Ce grand flux de raisons dont tu viens m'attaquer, corn, la Place Royale, i, < . Il 3* Terme de médecine. Écoulement d'un liquid» quelconque hors de son réservoir habituel. Flux purulent, flux muqueui, écoulement d'humeurs purulentes, d'humeurs muqueuses. || Flux de bile ou flux bilieux, évacuation de bile par le haut ou par le bas. Il Flux catarrhal, synonyme de catarrhe. Il Flux bémorroîdal , le sang que rendent les hémorroïdes. Il Flux hépatique , dévoiement attribué à ce que le foie ne fait pas bien ses fonctions. || Flux honteux, s'est dit, dans l'antiquité, d'écoulements par les parties génitales. Qu'il y ait à jamais dans la maison de Joab des gens qui soufl'rent un flux honteux, SACi, Bible, Rois, il, m, 29. || Flux menstruel, les règles des femmes. || Flux de lait, sécrétion trop abondante de lait chez une nourrice, ou sécrétion de lait chez une femme qui n'est pas nourrice. || Flux de sang, flux dyssentérique, dévoiement dans lequel on rend du sang. || Flux de sueur, sueur excessive. || Flux d'urine, évacuation d'urine trop abondante et trop fréquente, dite plus souvent polyurie. || Flux de ventre, et, quelquefois absolumcnt,flux, diarrhée ou dyssentcrie. || Flux de bouche, ou flux de salive, ou flux salivaire, écoulement excessif de salive. Le mercure produit le flux de bouche. Peu usité. Il Fig. Flux débouche, bavardage, grande loquacité. D'Harcourt, malgré ce flux de bouche, ne laissait pas d'être de bonne compagnie, 8T-SIM. 96, 9. Il Fig. et populairement. 11 a un flux de bourse, se dit d'un prodigue qui se ruine. || Ha bourse a le flux, phrase de plaisanterie pour dire que mon argent se dépense fort vite. || 4* Terme de chimie. Se dit de diverses substances très-fusibles qu'on ajoute à d'autres qui le sont moins; synonyme de fondant. || Flux blanc, tartre calciné avec parties égales de nitre. || Flux noir, tartre calciné avec moitié de son poids de nitre. || S* Sorte dejeu de cartes. Suite de cartes de même couleur. || Etre à flux, sedit, à l'hombrc, du joueur qui n'a que des triomphes et qui ne peut lAcher.

— HIST. iiir s. Une maladie le prist du flux de ventre, dont il accoucha au lit, et senti bien que il devoit par tens trespasser de cest siècle, JOiNV. 3oo. Il XIV* Puisque la plaie est appareillie ou flus de sanc est redouté, H. de mondeville, t° î». Toute dellettacion est génération , c'est à dire, flus et passement de aucune chose sensible en nostre nature, ORESME. Eth. 219. {| XV* S. Qui ludit ad ludum chartarum, du glic, du flus, de la triomphe, menot, f" 204, dans du cange, glissis.\\xvi' s. Le lard fuyra les pois en quaresme ; l'on ne rencontrera point d'as on [au] flus, rab. Prognott. Pant. 2. Ceulx qui auront le flux de/entre iront souvent à la selle percée, in. ib. 3. Flux de bourse [manqua d'argent], id. 16. Il pariasur cesubject là, avec un tel flux d'éloquence, que.... amyot, Alex. »2. Du flux menslrual des femmes, paré, xviu, 68. Pour finir ce notable commentaire, qui m'est escbappé d'un flux de caquet, flux impétueux par fois et nuisible, MONT. III, 387.

— ÊTYM. Provenç. flux; espagn. flwto; ital. /Zuî.TO ; du lat. fluxus, de fluere, fluer, couler.

FLUXION (flu-ksion ; en vers, de trois syllabes), s. f. Il 1* Terme de médecine. Abord d'un liquide vers le point où l'appelle une cau.se excitante. Là où il y a irritation, il y a fluxion. || Afflux de sang ou d'autres liquides en certains tissus qui se tuméfient. J'ai des fluxions sur les yeux qui m'ont été l'usage de la vue, des mois entiers; elles se promènent quelquefois dans les oreilles et alors je vois, mais je suis sourd; elles tombent sur la gorge et je deviens muet. volt. Lett. Mme du Deffant, ijuin. 1784. Il Vulgairement, nom donné à des engorgements phlegmoneux du tissu cellulaire des joues et des gencives. La Mousse a une petite fluxion sur les dents, sev. us. || Fluxion de poitrine, terme vulgaire qui désigne ou une pneumonie ou une pleurésie. || On a dit aussi fluxion sur la (loitrine. Une telle personne est morte d'une fièvre et d'une fluxion sur la poitrine, mol. VAmour méd. u, i.Mme de Marbeuf a eu le courage de se tirei d'une fluxion sur la poitrine et d'une fièvre continue, n'ayant voulu voir aucun médecin ni être .saignée, sBv. »o janv. iii86. ||Termede vétérinaire. Fluiion périodique, sorte d'ophthalmie qui attique le cheval. || 2° Terme de mathématique. Uéthod*

FQET

FOI

FOI

des fluxions, celle où l'on considère les quautilùs linies comme engendrées par un flui continuel, et,

gar exemple, la ligne comme la fluxion du point, L surface comme la fluxion de la ligne, et le solide comme la fluxion de la surface. Ce même manuscrit [de NewtonJ contient et l'invention et le calcul des fluxions qui ont causé une si grande contestation entre H. Leibnitz et lui, ou plutôt entre l'Allemagne et l'Angleterre, fonten. Newton. Ce que M. Newton appelait fluxions, M. Leibnitz l'appepelait différences; elle caractère par lequel M. Leibnitz marquait l'infiniment petit était beaucoup plus commode et d'un plus grand usage que celui de M. Newton, id. Leibnitx. La géométrie et la physique, qui est appuyée sur elle , font voir que , dans les directions des mouvements, il faut toujours passer par une infinité de degrés; et c'est même le fondement du calcul des fluxions inventé par Newton, VOLT. Physique, Expos, du livre des inst. phys. Loi de continuité.

— HiST. ivi* s. Toutes choses sont en fluxion, muance et variation perpétuelle, mont, ii, 378. Fluxion est un soudain desbordement d'humeurs, avec plus grande quantité qu'il n'est besoin à la partie pour sa nourriture, PAHé, v, a. Ne plus ne moins qu'un lieu bas qui reçoit toutes fluxions, AMTOT, De la mauvaise honte, 4.

— ÊTYM. Lat. /ïuitonem, deftuere, fluer, couler. FLUXIONNAIRE (flu-ksio-nê-r') , adj. Terme de

médecine. Qui est sujet aux fluxions. Cheval fluxionnaire. {| Qui a rapport aux fluxions. Mouvement fluxionnaire.

— ÊTYM. Fluxion.

t FO (fo), s. m. Nom de Bouddha en Chine (voy. BonnnHisME).

t FOASSIER (fo-a-sié), t. m. Terme de pêche

(voy. CHARNIER 2).

FOC (fok), s. m. Terme de marine. Voile triangulaire qui se déploie entre le mât de misaine et le beaupré, le long d'un étai ou d'une draille. |{ Grand foc, voile triangulaire qui se hisse à la tête du petit mât de hune. || Foc d'artimon, sorte de voile d'étai qui s'installe entre le grand mât et le mât d'artimon. Il Faux foc, petite voile triangulaire que l'on hisse entre le petit et le grand foc et qui remplace ce dernier en difl'érents cas.

— ETYM. Allem. fock; hoUand. fok; s\iéd.fœcka; danois, facke.

+ FOCAL, ALE (fo-kal, ka-I'), adj. Terme de géométrie et de physique. Qui a rapport au foyer d'un miroir ou d'une lentille. || Distance focale, intervalle compris entre le centre optique d'une lentille et son foyer principal ou l'objet qui s'y trouve placé. Il Distance focale, se dit aussi de l'espace qui sépare les deux foyers d'une ellipse. || Boule focale, boule d'un thermomètre différentiel qu'on place au foyer d'un miroir pour en apprécier la température. || S. f. Terme de mathématique. Sorte de courbe.

— HIST. XV" s. Tenir focale résidence [avoir feu et lieu], Coul. deNorm. envers, f* 30, dans lacubne.

— ÉTYM. Lat. foeus, foyer.

t FOCILE (fo-si-l'), s. m. Ancien terme d'anatomie. Grand focile du bras, le cubitus. Petit focile du bras, le radius. Grand focile de la jambe, le tibia. Petit focile de la jambe, le péroné.

— HIST. XVI' s. L'os de l'esperon ou petit focile de la jambe, paré, iv, 3).

— ÉTYM. Origine inconnue ; bas-lat focile ; provenç. /bct7 ; portug. au plur. fociles ; ital. focile.

t FOCOT (fo-ko), i. m. Baume focot ou faux tacamaque, résine du populus balsamifera, L. t FOÈNE (fouê-n') , s. f. Instrument de pêche

(voy. FODINE 2).

t FOÉNER (foué-né), v. a. Terme de pêche. Harponner des poissons avec la foène.

— ÉTYM. Foène.

FOERRE ou FOABRE (foua-r'), ». m. Terme vieilli. Paille longue de toute sorte de blé. {| Faire à Dieu barbe de foarre, au propre, payer la dîme avec des gerbes qui n'ont que de la paille; au figuré, traiter avec irrévérence les choses de la religion (voy. barbe).

— ÉTYM. Voy. FEORHE.

t FOETAL, ALE (fé-tal, taJ'), adj. Qui a rapport au fœtus. Membranes fœtales, celles qui forment la coque de l'œuf (la caduque, le chorion et l'amnios).

— ÉTYM. Fœtus.

+ FOETIPARE (fé-ti-pa-r'), adj. Terme de zoologie. Qui met au monde def fœtus, et non des petits venus à terme.

— ÉTYM. Fœtus, et le lat. parère, mettreau monde.

FCffiTUS (fé-tus'), s. m. Terme de physiologie. Le produit de la conception encore renfermé dans

l'uléi us. Des hommes de génie peuvent tomber impunément dans quelques erreurs sur la formation d'un fœtus et sur celle des montagnes ; les femmes font toujours des enfants comme elles peuvent, et les montagnes restent à leur place, volt. Pyrrhon. hist. ch. 43. Le fœtus est visible peu de jours aprt-s la conception ; il a donc acquis alors un volume plusieurs millions de fois plus grand que n'était son volume original, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. <28, dans POUGENs. |{ Dans l'espèce humaine, le produit de la conception, nommé d'abord embryon, prend, vers le deuxième mois de la grossesse, le nom de fœtus, et le conserve pendant tout le temps qu'il demeure contenu dans la matrice.

— HIST. XVI* s. Il ne doit encore estre appelle enfant; mais seulement sera appelle geniture, ou embryon, ou pullulant, ou naissant, ou meurissant,

ou fœtus, PARÉ, XVIII, 6.

— ÊTYM. Prov£nç. fétus; du lat. fœtus, de feo, produire, engendrer.

t FOGUE (fo-gh'), s. f. Passage pour la navette dans la chaîne.

— ÉTYM. Peut-être le lat. fuga, fuite.

FOI (foi), ï. f. ||1° Fidélité, exactitude à remplir ses engagements; et, par extension, assurance, serments, protestations de loyauté. Si j'en obtiens l'effet, je t'engage ma foi De ne respirer pas un moment après toi, corn. Cid, m, ♦. Aucun de tes amis ne t'a manqué de foi, id. Cinna, m, «. Ma foi m'engage ailleurs aussi bien que la vôtre, id. Iléracl. 1 , 4. Mais c'est trop que d'en croire un Romain sur sa foi, id. Nicom. ii, 3. Avec beaucoup de foi le traité s'exécute, la font. Fianc. Je veux m'abaudonner à la foi de ma femme, mol. Ée. des mar. i,

3. Cultivez vos amis, soyez homme de foi, boil. Art p. IV. Si la foi dans son cœur retrouvait quelque place, RAC. Andr. il, i . Ta foi dans mon malheur s'est montrée à mes yeux, id. ib. iv, t. Et moi, si mon devoir, si ma foi ne l'arrête.... id. Bajai. i,

4. Je ne reconnais plus la foi de vos discours Qu'au soin que vous prendrez de m'éviter toujours, id. tfithr. II, 6. Quoi! de quelque côté que je tourne la vue, La foi de tous les cœurs est pour moi disparue, ID. ib. III, 4. Ahl sans doute on s'en peut reposer sur ma foi, id. Iphig. m, 6. Manquant à la foi qu'elle avait donnée à mon père, fén. Tél. vu. Cet esclave chrétien Qui, sur sa foi, seigneur, a passé dans la France, volt. Zaïre, i, 3. Est-ce là cette foi si pure et si sacrée Qu'à mon époux, qu'à moi votre bouche a jurée ? id. Mér. i, 3. Charles se délia toujours des promesses du monarque, et se livra à la foi du chevalier, id. Mœurs, 125. On a déjà vu que la maxime s'était introduite, de ne pas garder la foi aux hérétiques, on en concluait qu'il ne fallait pas la garder aux Mahométans, id. ib. 89. Il La foi des traités, des engagements, du serment, des serments , etc. l'assurance que l'on donne de quelque chose par les traités, les engagements, etc. Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos serments, RAC. Brii. V, 1. 1| Fig. Sur la foi des traités, selon la confiance établie entre les honnêtes gens. Il Donner sa foi, faire une promesse solennelle. Non, seigneur, j'en réponds, et vous donne ma foi Que personne jamais n'aura pouvoir sur moi, mol. D. Gare, v, 6. Oui, je vous ai promis et j'ai donné ma foi de n'oublier jamais tout ce que je vous doi, BAC. Bajax. ni, s. || Jurer sa foi, affirmer par serment. Jurez-en votre foi, mol. Jlfar. f. 2. 11 vous aime très-chèrement, il en jure sa foi, sÉv. 38 1. Il Foi de Bohême, la foi que les voleurs se gardent entre eux. || Foi de gentilhomme, foi d'honnête homme , etc. façons de parler dont on use pour attester plus fermement quelque chose. || Foi de, sur ma foi , par ma foi, ma foi, locutions affirmatives de ce qu'on dit ou de ce qu'on avance. Foi de peuple d'honneur ils lui promirent tous De ne bouger non plus qu'un terme, la font. Fabl. n, <9. Quel autre art de penser Aristote et sa suite Enseignent-ils, par votre foi ? id. t&. xi, 9. Il épouse Mademoiselle, ma foi, par ma foi, ma foi jurée, sév. 9. Ma foi! sur l'avenir bien fou qui se fiera! rac. Plaid. I, ) . Les précautions n'y font, ma foi, rien, hamilt. Gramm. 9. Mais de la maison, ma foi. Le plus beau lit fut pour moi, bérang. Sénat. \\ 2" Terme de féodalité. Foi et hommage, serment de fidélité que le vassal prêtait entre les mains du suzerain. Il Homme de foi , le vassal qui doit foi et hommage. Il Terme de blason. Foi se dit de deux mains jointes en signe d'alliance. || Terme de fauconnerie. Laisser aller un oiseau sur sa foi, lui donner plus de filière, pour le réclamer en liberté. Il 8° Foi conjugale, la promesse de fidélité que les

deux époux se font au moment du mariage. De te garder la foi du mariage, la pont. Rich. Je sais qu'ils [ les sultans ] se sont fait une superbe loi De ne point à l'hymen assujettir leur foi, rac. Bajax. 1, 3. {{ Consentement au mariage, dans le langage de la poésie et de la prose élevée. Je le veux de ma main présenter à Chimcno, Et que pour ricompcnse il reçoive sa foi, corn. Cid, iv, 5. Oui, c'est elle en un mot, dont l'adresse subtile La nuit reçut ta foi sous le nom de Lucile, mol. l» Vép. v, 9. Le jour où j'obtins sa foi [de ma femme]. On sénateur vint chez moi, bérang. Sénateur. Il 4° Bonne foi, qualité de celui pour qui la foi est toujours sacrée, et, plus généralement, la sincérité, la franchise. Rien n'est si dangereux que trop do bonne foi, corn. Serlor. iv, 3. No m'allez pas tromper, je vous prie ; il y aurait de la conscience i vous, et vous voyez comme j'y vais à la bonne foi , mol. D. Juan, u, 2. L'ardeur de s'enrichir cha.ssa la bonne foi, BOIL. ÉpUre ix. J'ai tenu ma parole, j'ai été ami et ennemi de bonne foi, fên. Dial.des morts mod. Richelieu , Mazarin. Les princes alliés veulent agir de bonne foi avec nous, id. Tél. ixi. Nous voudrions savoir si nous sommes de bonne foi revenus à Dieu, MASS. Car. Passion. Ëtes-vous de bonne foi dans cette résolution ? id. Car. Confess. L'évêque du Mans, du Crevy, disait : Je n'ai jamais lu le livre de Quesnel, mais j'en ai entendu dire beaucoup de bien ; et si , par notre acce])tation de la bulle, nous avons mis la foi à couvert, nous n'y avons pas mis la bonne foi, duclos, Règne Louis XIV, Œuv. t. v, p. 133, dans poogens. || Laisser quelqu'un sur sa bonne foi , le laisser maître de sa conduite, ne pas le surveiller. On laisse ce jeune homme sur sa bonne foi. ||0n dit dans le même sens : être sur sa bonne foi, sur sa foi. || Autrefois on a dit sous et non sur. Et le mettre en état, dessous sa bonne foi. De régner en ma place ou de périr pour moi, cobn. Héracl. iv, 4. || Cet homme est fait à la bonne foi, ou il vit à la bonne foi, c'est-à-dire il est assez niais pour se fier aux apparences, ou pour croire tous ceux qui lui donnent (les paroles. || Être de bonne foi, être trop confiant. Ne soyez pas, ma sœur, d'une si bonne foi, mol. Femmes sav. i, f. || En jurisprudence, bonne foi, la conviction où l'on est que l'on exerce un droit légitimement, dans les conditions légales. Possesseur de bonne foi, celui qui possède en vertu d'un titre dont il ignore les vices. || En bonne foi , de bonne foi, manière d'en appeler à la franchise, à la justice. En bonne foi, crois-tu, sans t'éblouir les yeux, Avoir de grands sujets de paraître joyeux? MOL. Jfis. ni, \ . De bonne foi, voulez-vous que Dieu oublie les crimes? mass. Car. Pardon. Je demande en bonne foi si cette espèce d'héroïsme est comparable à celui de Caton, de Cassius, VOLT. Olijmpie, remarque de l'acte v. || De bonne foi , en bonne foi, sincèrement. C'est-à-dire que cette grâce suffit, quoiqu'elle ne suffise pas; c'està-dire qu'elle est suffisante de nom et insuffisante en effet; en bonne foi, cette doctrine est subtile, PASc. Prov. 2. De bonne foi , madame^, répliquai-je, je n'en sais rien , fonten. Mondes , 2» soir. Il On dit dans le même sens : de la mc.lleure foi du monde. Il vous assure cela de la meilleure foi du monde. || Mauvaise foi, déloyauté, absence de franchise, de sincérité. La mauvaise foi de ce débiteur. Homme do mauvaise foi. La mauvaise foi d'un récit. Faire provision de quelques dés de mauvaise foi, hamilt. Gramm. 3. || Il se dit de même en jurisprudence. Posse.ssion <le mauvaise foi. C'est à celui qui allègue la mauvaise foi à la prouver. || 6° Valeur du témoignage rendu, véracité. Certainement nous ferions difficulté de croire ces choses sur la foi d'autrui, balz. liv. ii, lett. i. Ordinairement ils [les catholiques] négligent trop les livres de controverse; appuyés sur la foi de l'Église, ils ne sont pas assez soigneux de s'instruire dans les ouvrages où leur foi serait confirmée, et où ils trouveraient les moyens de ramener les errants, boss. Confér. avec Claude, avertissement. Je puis attester ici la foi ptlblique : ceux qui eurent besoin de son secours trouvèrent-ils jamais entre eux et lui des barrières impénétrables? FLÉCH. Lamoignon. Attribuant tout le succès de cette négociation au sophiste Libanius contre la foi de l'histoire et contre le témoignage rips auteurs contemporains, id. Hist. de Théod iii, «6. Il Faire foi, prouver, témoigner. Acte qui fait foi en justice. |llsj Nous content qu'ils sont fils d'Hercule Sans toutefois en faire foi, màlh. vi, «. Je le repousserai d'un air qui fera foi Qu'on ne doit pas manquer de respect à son roi, tristan, Ua-

riafxe, ii, ». Oui, je veux que «Je tout vos yeux vou» fasHcnl foi, mol. Un m, 7. Mon Dieu! laissons U le méiile; J'en ai fort peu sans doute et vous en faite» foi lu. Tart. il, «. Los histoire»

frecque» font foi que cette philosophie venait 'Orient, Boss. Ilist. il, s. Dan» le» champs phrygiens les elTet» feront foi Oui la chéril le plus ou d'Ulysse ou de moi, rac. Iphig. i, î. L'élat où il paraissait, son sang, ses plaies taisaient foi pour lui, ROLUN, Hist. ane. Œuv. t. m, p. 7i, dans PODOENS. Oui croirait qu'il lui en coûta |a Henri IV] trente-deux millions numéraires de son temps pour payer 'es prétentions de tant de seigneurs ? les mémoires du duc de Sully en font foi, volt. Uœurs , 174. Il Dans le langage des certificats. En fol (le quoi j'ai signé le présent certilicat, c'està-dire pour attester telle chose j'ai signé. || Fig. Sur la foi de, en se confiant, en croyant à.... Sur la foi de ses pleurs je n'ai rien craint de vous, corn, liodog. V, ♦. Et nous qui jugeons tout sur la foi de no» yeux, iD. Serlor. m, 2. Le plus sage s'endort sur la loi des zéphyrs, la pont. El. aux nymphe» de Vaux. Sur la foi de ses pleurs ses esclaves tremblèrent, !iAC. Bajax. i, l. Et qui ne se serait comme moi déclarée Sur la foi d'une amour si saintement jurée T ID. Andr. ii, I. Un roi dont la grandeur éclipsa ses ancêtres Crut pourtant, sur la foi d'un confesseur normand, Jaiiseniu» à craindre et Ouesnel important, voi.T. Loi no». IV. Il 8° Créance que l'on accorde aux hommes ou aux choses. Je doutais qu'un secret n'étant su que de moi Sous un tyran si craint pût trouver tant de foi, cohn. H&ac. u, 8. Quiconque le peut croire ainsi que vouset moi, S'il a manque de sens, n'a pas manque de foi, id. le lient. m, ï. Venez, divin mortel, sa (de Démocrite] folie est extrême; Hippocrale n'eut pas trop de foi pour ces gens, LA FONT. Fabl. vin, 2e. Beaucoup de gens ont une ferme foi Pour les brevets.... id. Orais. Ouoiqu'à leur nation bien peu de foi soit due, hol. FÉt. Il, 13. Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues, iD. Ée. detf. Il, 6. Mme de Montmorencl avait dans Dordcu une foi dont son fils finit par être la victime, J. J. rolss. Conf. xi. J'ai foi à vos discours où le mensonge n'entre pas, p. L. cour. au rédacteur de la Quotidienne. || Ajouter foi, et, quelquelois, prêter foi , croire, donner créance. À Phorbas ajouteriez -vous foi T corn. Œdipe, iv, a. Ils ajoutaient foi aux fausses prédictions, boss. Ilist. Il , 8. X ces discours trompeurs le monde ajoute foi, boil. Sat. xi. |{ Avoir foi en soi-même, croire en soi, être plein de confiance dans son habileté, son succès, etc. Il se trouble à l'éclat de sa grandeur suprême, II s'impose, il s'adore, il a foi dans lui-même , c. delav. Paria , i , 2. Il En foi, en confiance. Si l'on vous presse d'aller à Paris, marchez en foi, boss. Letl. Corn. «!>. Il 7° Croyance aux dogmes de la religion. Les premiers disciples de la foi. La propagation de la foi. Qui fuit croit lâchement et n'a qu'une foi morte, CORN. Pnly. II, s. U est impossible de plaire à Dieu sans la f*i ; car, pour s'approcher de Dieu, il faut croire premiirement qu'il y a un Dieu, saci, Bible, St Paul, Êp. aux Ilébr. xi, s. Combien aura-t-il plus de soin de vous vêtir, 6 homme de peu de foi 1 lo. Bible, Êv. St Uatth. vi, 3o. Si jamais l'on peut dire que la voie du chrétien est étroite, c'est, messieurs, durant les persécutions; car que peut-on imaginer de plus malheureux que de ne pouvoir conserver la foi, sans s'exposer au supplice, ni sacrifier sans trouble, ni chercher Dieu qu'en tremblant? boss. 'Reine âUnglet. Nous voyons en Louis non un roi, mais un serviteur de Jésus-Christ et un prince qui s'élève au-dessus des hommes plus encore par la foi que par sa couronne, lu. Karie-TMr. Les gages de l'amour divin, en eux-mêmes, sont indépendants de notre foi ; seulement il faut notre foi pour en profiter. ID. Yar. IX, $ 34. Pour être assuré d'avoir celte foi vive qui opère la véritable conversion du coeur, i) faudrait être assuré que le péché ne règne plus en nous, id. ib. i, $ •«. Une foi vive est le fondemeni de la stabilité que nous admirons; car d'où T'eiineiit nos inconstan es, si ce n'est de notre foi chancelante? in. Marie-Thér. La foi est donc un loutien, mais des choses qu'on doit espérer ; c'est une pleine conviction de ce qui ne parait pas. m. H). Maisqiil eût pu refuser l'eucharistie i l'innocence, et Jésus-Christ i une foi si vive et si pure? ID. l'b. Siècle vainement subtil.... où tant d'âmes in sensée» cherchent leur repos dans le naufrage de la foi, et ne font d'eiïort contre elles-mêmes que pour vaincre, au lieu de leurs passions, les remor<ls de leur conscience, id Ann. de Coni. Croyons ^ooc avso aaïut Jeu en l'amour d'un Dieu; û foi

FOI

nous paraîtra douce, en la prenant par un endroit si tendre, id. Antu de Conx. Il faut imposer silence à no» pens' es, à nos discour» et à notre raiion, et entrer avec Holse dans la nuée, c'est-à-dire dans le- saintes ténèbres de la foi, pour connaître Dieuet ses vérités. H). i«'*<Tm. (tuinquai;. l. Ilestessentielà la foi de ne pas voir et de croire ce qu'on ne voit pas, BOLRD. Pcns. t. 1, p. 15». De m'^me que la foi vivifie les œuvres, on peut dire que les œuvres vivifient la foi, ID. t6. p. «7». Le concile de Trente, voulant nous donner une idée exacte de la foi, s'est servi de trois paroles bien remarquables, lorsqu'il nous déclare que la foi est le commencement, le fondement et la racine de notre justification, ID. 3' di'm. après tÊpiph. Dnminic. t. i, p. «3S. La nation chérie a violé sa foi, rac. Etth. i, 4. La foi qui n'agit point est-ce une foi sincère? id. Ath. i, i. Armezvous d'un courage et d'une foi nouvelle ; Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivés Et de payer à Dieu ce que vous lui devez, id. l'b. iv, s. Je dis que la foi est absolument nécessaire à l'homme dans les voies ténébreuse» de cette vie, mass. Car. Vér. de la religion. Les Asiatiques ne peuvent croire que par la foi le voyage de Mahomet dans les sept planètes, les incarnations du dieu Fo, de Vitsnou, de Xaca, de Brama, de .Sommonacodom, volt. Dict. phil. Foi. Le dieu des humbles fois de'^cend du ciel sur nous, LAMABT. Joe. VI, 230. || Fig. Je ne pouvais croire qu'il fût possible qu'elle [Mlle de Rambouillet] eût rencontré à écrire si bien de cette sorte (dans le style des romans de chevalerie], n'ayant jamais lu de cette manière de livres; mais c'est par foi qu'il faut la connaître, et non pas par raison. voit. Letl. 30. Il Planter la foi dans un pays, y introduire la religion chrétienne. || Avoir la foi, être convaincu de la vérité d'une religion, et, en particulier, de la religion chrétienne. Vous vous convertiriez si vous aviez la foi, hass. Arent, Délai. Quand on a de la foi et qu'on est touché de la gloire de Dieu, id. Carême, Uélange. \\ Foi divine, celle qui est fondée sur la révélation ; foi humaine, celle qui est fondée sur le témoignage des hommes. || Foi de saint Thomas, celle qui ne s'ac«orde que quand on a vu et touché, ou reconnu vrai par quelque épreuve, par allusion à Thomas, qui dans l'Évangile ne veut croire à Jésus ressuscité que quand il l'a touché. Voilà de ces cas où il ne faut avoir de foi que celle desaint Thomas, et demander à voir et à toucher, volt. Lett. duch. de llesse-Cassel . 14 mai I764. || La foi, avec l'espérance et la charité, est une des trois vertus théologales. || Le mérite de la foi , le mérite qu'il y a à croire les mystères de la religion, sans y employer la raison ou la science. Comme le mérite de la foi est de nous faire espérer contre l'espérance même.... bourdal. Carême, tur la Providence. On dit que Fra Paolo ne voulut pas jeter les yeux sur le livre d'un de ses amis qui démontrait la vérité des dogmes pour ne pas perdre le mérite de la foi, volt. Lett. Constant de Rebecque, le.... 1773. || La foi du charbonnier, foi ferme , mais sans science. On tire ce proverbe d'un conte : un charbonnier, étant enquis par le diable de ce qu'il croyait, lui répondit toujours : je crois ce que l'Église croit. La foi du centenier, la foi du charbonnier sont passées en proverbe ; je suis soldat et bûcheron , c'est comme charbonnier, r. l. cour. Lett. à lAcad. des imcr. Il Familièrement. N'avoir ni foi ni loi, n'avoir ni religion ni monle. Un coupe-gorge où il n'y a ni foi ni loi, sÂv. 6»7. Qui méprise Cotin n'estime point son roi, Et n'a, selon Cotin, ni dieu, ni foi, ni loi, BOIL. Sat. ix. || 8° L'objet de la foi, les dogmes d'une religion, cette religion même. Ses aumSnes se répandaient de toutes parts jusqu'aux dernières extrémités de ses trois royaumes ; et, s'etendant, par leur abondance, mime sur les ennemis de U foi, elles adoucissaient leur aigreur et les ramenaient à l'Eglise, boss. Reine (TAngtet. Nous croyons, dit l'apêlre, et nous confessons l'amour que Dieu a pour nous ; c'est là toute la foi des chrétiens ; c'est la cause et l'abrégé de tout le symbole, id. Anne de Gonz. Il reste la foi qui est la plus noble de toutes les connaissances, parce qu'elle a l'autorité de la révélation, flScii. ii, Its. Il (Théodose] ordonnait que la foi de Nicée fût généralement reçue et approuvée dans toute l'étendue de son empire, id. Ilist. ffe TMod. a, t. Il est de foi que tous ceux qui ne vivront pas dans la vigilance chrétienne, seront surpris par une ruine prompte et inévitable. FEN. t. zvii,p.2ua. Il lisait beaucoup sur les matières de religion, car sa piété était éclairée, et il «acompagiuut de toutes les lumières rie U raison U

FOI

respectatile obscurité de la fol, fonten. Dodart- Martyr, ainsi que moi, de la foi de mes père», volt. Zaïre, ii, 3. || Profession de foi, exposition des dogmes ou principes que l'on tient pour orthodoxes. Il Profession de foi a passé dans le langage général, où il signifie toute déclaration de principes auxquels on adhère, et, particulièrement, ladeclaratiou qu'un candidat fait de ses opinions, de ses principes. Il a envoyé aux électeurs sa profession de foi. jj Kègle de foi, s'est dit quelquefois, dans le langage ecclésiastique, pour profession de foi. On a dit aussi confession de foi. || Articles de foi, les difiTerenles parties d'un symbole, d'une profession de foi. || Familièrement. Croire une chose comme un article de foi, la croire fermement. || Croire tout comme article de foi, être fort crédule. || Fig. Ce n'est pas article de foi, se dit d'une chose indigne de croyance. Il 9° Armée de la foi, bandes espagnoles qui se formèrent en <820 pour renverser la constitution de isia, et défendre le roi et la foi. M. le maire est le télégraphe de notre commune ; en le voyant on sait tous les événements : lorsqu'il nous salue, c'est que l'armée de la foi a reçu quelque écbec, F. L. COOR. Gazette du village, n* 4. || 10* Ancien terme d'optique. Ligne de foi, la ligne, qui, partant du centre de l'objet, tombe perpendiculairement sur le centre du verre de la lunette avec laquelle on le regarde. || Terme d'horlogerie. La ligne de l'alidade qui passe toujours par le centre de la graduation (voy. lionk n* 46).

— HIST. XI* s. Serai ses hom par amor et par fcid, Ch. de Roi. vi. Que l'uns à l'autre la sue feit plevist (engageât), ift. xxx. || xii* s. Par foi (par ma foi], Rone. p. 16. Par ma foi, Guenes, vous avez blasmegrant, ib. p. isi. U boissa (trompa] le roi Charle et sa foi lui menti, tb. p. I»a. Onques Je] ne chantai fainlement; Ha bone foi m'en a gardé, Couci, p. 121. Se vostre home vous veulent par droite foi aidier, Soz. vi. L'arcevesque respunt senz ire e senz desrei; Richarz, tu es mis huem : si me deis porter fei, Th. le mari. 6i. || xiii* s Cil jurèrent seur sains le message à tenir en bonne foi,viLLEa. LV. Je vous pri sur la foy que vous m'avez jurée, Berle, xvi. De foy et de créance entérine et meure, tb. XLII. Dame, foy que je doi au cors saint Nicolas, Berte est la mieudre ouvrière.... ib. lvii. Je lo (conseille] en bonne foy que nous nous en aillons, tb. Lxxvii. Je n'i sui pas tenus, s'on ne me fet foi que li escrit sunt perdu.... beadh. xl, 32. Et qui edefie en héritage qu'il tient par cause de maie foi, cil qui par bone cause le gaaigne, a les edefices sans riens rendre, id. xx, ». Noz avons veu apelei de foi mentie, in. lxi, 63. Nus hom ne puet [peut] venir à béatitude se par foi non, bbdm. la- Tim, Trésor, p 461. (|iiv* s. Nus ne quens [comte] ne bers [baron] ne autres ne puet donner son homme de foi [vassal], se n'esta son frère ou à sa suer, Ordonn. t. i, p. 204. || rv s. Et firent les princes et seigneurs leur foy humblement les genoulx à terre, corn», v, I8. ||xvi' s. L'ancienneté de l'Escriture n'est pas de petite importance, pour nous y faire adjouster foi , calv. Intt. »H. Cela ne blesse en rien nostre foi, m. tb. I03. La foi souvent vaut autant i dire comme saine et pure doctrine quant i la religion, id. tb. 42». La foy est une vision des choses qui ne se voyent point, lo. ib. SJl. Foymorte (sans œuvres], id. tb. «42. Je me fie aysenient à la foy d'aultrui , mont, i, 2«. Observer la foy donnée, id. i, ï7. [Témoins] dignes de foy, ID. I, 102. Ils enregistrent, i la bonne foy, toutes choses sans chois, id. ii, ho. Il n'a rien desguisé, de quoy font foy les libres jugements que.... ID. Il, «11. Possesseur de malle foi ne peut prescrire, LOTSBL, 730. Les viccs qui ont pris pieid ne s'en vont point (comme on dit) à la bonne foy; iî faut les pousser dehors, lanoue, 104. On remarquera quelques événements qui font foy que ce que j'ay mis en avant n'est pas impossible, m. 3i<. Je n'estois pas sur mes armes, je n'avois qu'une petite Ibi de gentilhomme [petit couteau qui attestait la noblesse par le droit de sortir armé],D'AUB. Fcen. ii, 3. Je lui appris à parler de la gorge, à peigner ses cheveux, à dire ; ma foy bay, au lieu de ma foy, ID. Con^. u, t. Fiefs nobles escheuz à gens roturiers par succession directe, se départent par teste jusqu'à ce qu'ils viennent à la tierce foi (c'est-à-dire à la troisième génération] ; et quand ils sont en tierce foy, y prend l'ainé tel avanUige comme font les gens nobles, Cousl. génér. t. n, p. 277.

— ETYM. Berry, foué; pic. et lorrain, fi ; franccomt. fat/; provcnç. espagn. et portug. fe; ital. [ede ; du latin fidrt, de même radical que le giM K(i6-tt«, persuader.

FOI

FOIBLE, FOIBLESSE, FOIBLIU, voy. faible, FAIBLESSE, FAIBLIR.

FOIE (foi), I. m. Il 1" Viscère qui occupe l'hypoeondie droit et une partie de l'épigaslre, et qui, remplissant deux fonctions, est constitué par deux parties : l'une moindre est une glande et sécrfcle la bile ; l'autre plus considérable est l'organe glycogène, c'est-à-dire producteur de la matière sucrée qui, portée directement aux poumons, y sert aux actes respiratoires, et qui, fabriquée en excès, est éliminée par les reins , ce qui constitue le diabète. Les lobes du foie. Il avait un abcès au foie. || Chaleurs de foie, certaines rougeurs qui viennent au visage et qui étaient considérées comme indices lie maladie du foie. || Fig. Mouvements de colère,

emportements C'étaient.... des fièvres du

lemps.... des jeunesses de nos princes et des chaleurs de foie de leurs conseillers , balz. 6' dise, sur la cour. || Fig. Vous avez bon foie, Dieu vous sauve la rate ! Proprement : votre foie est sain, tout ira bien si la rate est saine, et, ironiquement, vous êtes un joli garçon, vous nous la donnez belle. Monsieur s'en va chopiner , cependant Qu'on se tourmente ici le corps et l'âme ; Il faut agir sans cesse en l'attendant.... Voyez un peu, le galanta bon foie ; Je suis d'avis qu'on laisse à tel mari Telle moitié.... LA FONT. Cuti. Il II a le foie blanc, il est bizarre, il ne fait rien comme les autres. || i' Terme de vétérinaire. Foie douve , foie contenant des douves ou fascioles. || Foie pourri, synonyme vulgaire de la cachexie aqueuse. || 3° Terme de cuisine. Il se dit du foie que l'on mange. Foie de veau piqué. Un pâté de foie gras. Souvent une oie engraissée aura le foie plus gros que tous les autres viscères ensemble , et ces foies gras que nos gourmands recherchent, étaient aussi du goiit des Apicius romains, bufp. Ois. t. xvii, p. 67, danspouGENs. Il 4' Ancien terme de chimie. Substance dont la couleur ressemble à celle du foie. || Foie de soufre, mélange de plusieurs sulfures de potassium. Il montra que [dans les salines de Montmorot] des pains de sel marin pétris avec des eaux grasses qui renfermaient des sels marins à base terreuse et des matières susceptibles de putréfaction , et desséchés sans précaution, de manière à permettre !a formation de quelques parties de foie de soufre, justifiaient le dégoût du peuple, condohcet, linntigni. Il Foie d'antimoine, oxysulfure d'antimoine demi-vitreux. || Foie d'arsenic, arsénite de potasse.

— HIST. XI' s. [Il] Tranche le cuer, lefeie et le poumon, Ch. de Roi. xcvi. || xiii* s. Ou il a mal de leste, de piz ou de poitrine , De polmon ou de foie, de costé ou d'eschine, J. de meung, Test. )70, Il XIV* s. Ainsi comme l'on raconte.... d'un autre serviteur qui occist son compaignon et en menga le fée,0RESME, Eth. 20». Les lanches trespasserent, par itel essiant. Qu'entre fie et poumon en vont li fer passant, Baud. de Seb. viu, 662. ||xv" s. Si trouvoient ces chevaliers et escuyers d'Angleterre les vins ardents et forts, qui leur rompoient les testes.... et leur ardoieut les foyes et les poumons FROiss. Il, III, 82. Il XVI' s. Voilà une femme sans cœur, sans fiel et sans foie [bien patiente] hakg. Nouv. xxxviu. Il despesche à l'empereur, luy mande que l'armée laschoit le pied : sur cette chaleur de foye l'empereur marche.... d'aub. Hist. i, ï2. Jamais homme ne mange foye Que le sien n'en ait joie, LERODX pE UNCY, Prov. t. II, p. «97.

— ÉTYM. Wallon, feûte ; namur. fête ; provenç. et catal. /'ctge ; espagn. Mgado; portug. fii/ado; ital. fégado; du latin /îcafum, proprement y«cur/îca(um, foie d'oie engraissée avec des figues (Pinguibus et ficis pastum jecur anseris albi, rorat. Sat. ii,vni, 88), de ficus, figue (voy. figue). Ce mot, qui était chez les Latins un terme de cuisine , est devenu dans toutes les langues romanes le nom du foie et a fait disparaître complètement le mot propre jecur. On remarquera que le mot nouveau a, dans les langues romanes, l'accent sur la première syllabe, tandis que le latin l'a sur la seconde, ficâtum; c'est qu'en effet il vient non pas précisément de ficàtum, mais de (icàtum. Les Gloses de Cassel ont figido, où sans doute le second «est bref; car, ainsi que Diez le remarque, le lombard fidegh est pour ftghed et se rapproche beaucoup de figido; on peut croire que la langue, qui avait une tendance à suhstituer l'i à l'a dans ces participes passifs, par exemple rogi'fus pour rogalus, doluus pour dolatus, vocitrts pour vocatut. provitus pour pri'batus, faisait cet i bref. Ordinairement, dans ces mots où l'accent avait été faussé, les langues lomanes conservaient quelque part la véritable accentuation (voj. kncre) ;

FOI

c'est ce qui est arrivé ici : sarde , figdu , vénitien, figà; valaque, ficit.

t FOI-MENTI, lE (foi-man-ti, tie), adj. Terme de féodalité. Qui a menti à sa foi.

— HIST. XIII' s. Esparjurez, feimentis, traitors, Ass. deJérus. M4.

— ETYM. Foi, et mentir.

t FOl-MENTIE (foi-man-tie) , s. f. Terme de féodalité. Violation de la loi que le vassal avait jurée à son seigneur.

t. FOIN (foin), ». m. Il 1° Herbe des prairies fauchée et séchée au soleil pour la nourriture des bestiaux. Une botte de foin. Vous [Nabuchodonosor] manjrerez du foin comme un bœul, vous serez trempé de la rosée du ciel, SACI, Daniel, iv, 22. Mon Dieu, que, si j'ai du bon foin cette année, je serai heureux! volt. Lett.d^Argental, 17 mars I780. || Uest béte à manger du foin, il est très-bête. || Maladie de foin ou asthme de foin, dit aussi catarrhe d'été, affection saisonnière qui se montre àl'époquedela fenaison et qui est une espèce de catarrhe fébrile commençant par les yeux, se propageant aux fosses nasales et gagnant la gorge et les bronches. || Fig. et familièrement. Mettre du foin dans ses bottes, amasser de l'argent. Mettez du foin dans vos bottes, LESAGE, Gil Bios, VIII, 9. Vous me mandâtes que tout le foin de la cavalerie du roi très-chrétien était soumis à votre juridiction ; je souhaite que vous en mettiez dans vos bottes et que vous veniez à Paris enrichi de nos triomphes, volt. Lett. Berger, 7 oct. (744. Il Avoir du foin dans ses bottes, avoir des ressources, de la fortune. || Fig. C'est chercher une aiguille dans une botte de foin , se dit d'une chose qu'on cherche parmi beaucoup d'autres et qui est très-difficile à trouver. || Il a du foin aux cornes, se dit d'un homme fâcheux et puissant auquel il est dangereux d'avoir affaire. Locution tirée de ce qu'on mettait du foin aux cornes des taureaux méchants, afin qu'on les reconniit et qu'on s'en pût donner de garde. || On a dit ronger son foin, au lieu de ronger son frem. || 2° Herbe des prairies qui n'est pas encore fauchée. Une pièce de foin. En ce sens on se sert surtout du pluriel : faire ses foins; les foins sont beaux cette année. || Fig. Faire ses foins, faire de gros profits. || 3° Foin d'artichaut, amas de barbes qui garnissent le fond d'un artichaut. || Masses des tubes qui garnissent en dessous les bolets, et qu'on enlève pour manger ces champignons. || 4' Foin-grec, traduction de fenugrec employée parfois au lieu de cette dernière expression. Il B" Foin de mer, espèce de zoophyte à corail. || 6° Terme d"» pêche. Duvet blanc ou brun qu'on trouve sous /enveloppe crustacée des écrevisses. Il Proverbe. Année de foin, année de rien, parce que les années pluvieuses, favorables aux prés, ne le sont pas à l'ensemble des récoltes.

— REM. Comment expliquer au propre mettre du foin dans ses bottes? Est-ce mettre du foiii dans les chaussures appelées bottes? Mais on ne fait cela que pour se préserver du frottement. F^it-ce faire grosses les bottes de foin? Si cela était, il faudrait croire que la locution fut primitivement mettre du foin dans les bottes.

— HlST. xui' s. Le cheval [il] corut attachier X un arbre parmi le frain; Ilec pest de l'erbe et dou fain, Rfn. I926«. || xiV s. Une ane esliroit pluslost fein que or, oresme, Elh. 309. || xv' s. C'est à entendre que ils [les serfs anglois] doivent.... par servage, les faings faner et mettre à l'hostel , froiss. II, II, 108. Et me fist on mon foing ronger Tout à par moi, à ceste enseigne Que je commençay à songer Que faisoys chasteaulx en Espaigne, coquillart, le Monologue de la botte de foin. ||xvi' s. Ce n'est que du foin, les bestes s'y amusent, oudin. Curios. fr.

— ÉTYM. Picard, fein; provenç. fen, fe; espagn. heno-; portug /i?no;ital. fieno ; du lat. fœnum, que l'on ratticheau latin feo, engendrer, sanscr. bhu, être.

2. FOIN (foin), locut. interj. familière dont on se sert pour exprimer la repulsion. Foin du loup et de sa racel la font. Fabl. iv, «8. J'étais en train de rire ; Foin de la messagère et de son compliment 1 w.Eunuq. iv, ». FoinI que n'ai-je avec moi pris mon porte-respect, mol. fÉt. m, 9. Foin de moi ! rac. Plaid, ii, 6. Foin de ces terreurs paniques qui n'ont pas le sens commun I J. j. rouss. Ilél. VI, 2. Foin du plus parfait des mondes, si je n'en suis pas! dider. Neveu de Rameau. Foin des mécontents! Comme balayeuse on me loge. Depuis quarante ans, Dans le château, près de l'horloge, UÊ- RANO. H. rouge.

— HIST. XVI' s. Foin de la beste et de celui qui me l'a vendu, oudin, Curios. fr.

— ÉTïM. Jauhert, Clou, du Berry, le tire de

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fouin, putois en Berry : Il pue comme un louin; oh! le petit fouin, en parlant d'une personne qui sent mauvais; de là fouin! mal écrit /bin. On peut aussi pensera l'exclamation latine ptiu qui exprime le dégoût.

t FOINE (foi-n'), s. f. Nom donné en quelques contrées à une fourche en fer à trois dents, propra à charger le fumier.

— P.TYM. Le même que fouine 2.

t FOINE TTE ifoinè-t') , S. f Nom, dans quelques

localités, d'une fourche de fer à deux dents, pour charger le foin.

— ËTYM. Diminutif de foine.

t FOIRANDE (foi-ran-d*) , ». f Un des noms vulgaires de la mercuriale annuelle, plante.

— f TYM. Foirer ; la mercuriale est purgative. 4. FOIRE (foi-r'), s. f. || 1° Assemblée considérable et publique qui se tient en temps et lieu désignés d'avance, où tous les marchands peuvent étaler et vendre des objets de leur commerce. Les marchés et les foires ne se peuvent établir en France que par la permission du roi, févuet. Traité de l'abus, i, 9, dans richelet. Il y a quatre foires dans Paris : la foire St-Germain, la foire Si-Laurent, la foire du Temple et la foire des jambons au parvis de Notre-Dame, saint-foix, Ess. Paris, OEuv. t. m, p. 410, dans pouGENS. Pythagore disait que la vie était semblable à une foire ; comme dans une foire les gens viennent pours'exercer aux combats, d'autres pour négocier, d'autres simplement pour regarder, ainsi, dans la vie, les uns naissent esclaves de la gloire, les autres de l'ambition, et les autres ne cherchent simplement qu'à connaître la vérité, fén. Pythagore. Comme il n'y avait alors aucune grande ville, et qu'on ne connaissait ni les spectacles, ni les assemblées, ni les plaisirs sédentaires de la société privée , le temps des foires était celui des amusements, raynai , Wist. phil. i. Introd. || Foires franches, foires établies avec certains privilèges, certaines exemptions de droits, telles que celle de Beaucaire , etc. Il [Louis XIJ accorda à celle de St-Germain la foire franche qui subsiste encore aujourd'hui, DUCLOS, Hist. Louis XI, Œuv. t. m, p. 330, dans POUGENS. ||Fig. La foire est franche; qu'il choisisse à sa volonté, legbani). Foire St-Laurent, divertissement. || Champ de foire, le lieu où se tient une foire. || Par extension. La Hollande est une foire continuelle où personne n'est riche que de sa propre industrie, ou de celle de son père, volt. Dict. phil. Économie. || Fig. Ils s'entendent comme larrons en foire (voy. larron). || Allez vite, la foire est sur le pont, se dit en se moquant de ceux qui s'empressent sans que cela soit nécessaire. Et, inversement, la foire n'est pas sur le pont, il n'est pas besoin de tant se presser. || H ne sait pas toutes les foires de Champagne, se dit d'un homme qui, dans une affaire, est loin de savoir tout ce qui s'y passe. Il 11 a bien hanté, il a bien coiu-u les foires, c'est un vieux routier, un homme qui a de l'expérience. Il La foire sera bonne, voici bien des marchands, ou les marchands s'assemblent, se dit quand plusieurs personnes de connaissance arrivent en même temps en même lieu. Voici bien des marchands, la foire sera bonne, th. corn. l'Amour à la mode, v, 8 Il 2" Présent qu'on fait au temps de la foire. Il perd exprès pour me donner ma foire; il fait les choses de bonne grâce, dancourt, foire de St-Germain, se. 21. Il 3" Théâtre de la foire, petit théâtre fondé en 4 595 dans l'enclos de la foire St-Germain à Paris. Le théâtre de la foire vivait surtout de critiques des pièces nouvelles et de satires des faits contemporains ; il se tenait tantôt au marché Saint-Germain, tantôt à la foire Saint-Laurent. Rends-lui [au vaudeville), s'il se peut, le cortège Qu'à la foire il a fait briller, bêrano. Désaugiers. || 4° Terme de commerce. Foire de respect, temps que l'on accorde à son commissionnaire pour payer les marchandises qu'il a vendues à crédit et dont il s'est rendu garant.

— HIST. XII* s. La cort Richart semblout tozjors feireu [ou] marchié, 7iomandcBo«,v. 4449. || xui's. Toz cist siècles est foire, et l'auire est paiement; Hé las! que ferons nos, qui empruntomes tant? Or deussion payer et rendre maintenant; Qui ne s'ac(|uittera moult sera mescheaiit, Fabl. mss. de St-Germain, f" 103, dans lacubne. || xiv s. Vaine gloire est le denier au deable, dont il acheté toutes les belles denrées en la foire de ce monde, Ménagier, i, 3. || xV s. Cappilaine de la foire aux chetifs [misérable, ruiné), eust. desch. Poésies mss. ^»la, dans LAC RNE. L'on ne s'en va pas de foire comme de marché [c'est-à-dire, en foire il faut payer comptant], LEROUX DE LINCT, PrOV. t. Il, p. 338. j) XVl' «.

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Ensuite vint le traité de Loudun» qui fut une foire publique de perfiilies particulières et de lactietés générales d'aub. yie, CMVI. Il a esté le premier à la foire (les nez (c'est-à-dire il a le nez bien long], ou- DiN Curioi. fr. X méchante foire, bonne chère et bien b<jire, leroux de lincy, Proc. t. ii , p. (8o.

ÉTYM. Proveiiç. fifyra, fiera, (cira; cspagn. feria; portug. (cira; iu'l. fiera; du lai. feria, fêle, loloniiité. L'ancienne langue avait le verbe foirer, chônifir.

2. FOIRK (foi-r'), X. f. Mot bas. Flui de ventre. Avoir la foire. \\ Fig. et bassement. Avoir la foire, avoir peur.

— illST. xiii* 8. Renart fait comme pute besle; Quant il li fu dcsus la teste, Drece la queue et aler lesse Tôt contreval une grant lesse De foire clere à cul overt, Tout le vilain en a covert, Ben. 5826. ||xv' s. Et moult souvant par trop boire.... ilsavoient la foire, proiss. ii, m, t.

— ÊTYM. Norm. foure; du lat. foria.

FOIRKR (foi-ré), v. n. Terme tros-bas. || 1° Aller

par baSf (piand on a le cours de ventre. Il a foiré partout. Il Kig. Terme de marine. S'applique à un cordage, à une garniture qui se détordent, crèr vent, glissent ou s'écartent. || 2° Fig. Se conduire lâchement. Il a foiré devant l'ennemi. Il foire dans sa culotte.

— HIST. XVI' s. Le gouverneur fit charger tous les compagnons des poudres du magazin; dont avint qu'eslans au chemin de la grotte, une meclie aiant foiré dans la pochette d'un, soit par ami ou ennemi, le feu se prit partout, et toute cette troupe fut estropiée, d'aib. Hist. m, 28t.

— f.TYM. Foire 2.

FOIRKlIX,EUSE (foi-reii, reû-z'), adj. || 1° Terme bas. Oui a la foire. || Populairemont. Avoir la mine foireuse, avoir le teint pâle comme une personne qui a le cours de ventre. || Fig. Il est bon à vendre vache foireuse, voy. vache. || Substantivement. Un foireux. || Trivialement et fig. Un poltron. || 2* Au jeu de cartes. Coupe foireuse, se dit trivialemeiil quand celui qui coupe les cartes en laisse tomber quelques-unes.

— xiv s. Jehan de Bourgeauville dist au suppliant qu'il batroit bien un si failli et foireux chevalier comme il estoit, et le dit exposant respondit qu'il n'estoit ne failli ne foireux, no cange, fallilus.

— ÊTYM. Fotre 2; Berry, foiroux.

I FOIROLLE (foi-ro-l'), s. f. Un des noms vulgaires de la mercuriale annuelle.

— ÊTYM. Foirer.

FOIS(fot;r*se lie:defoi-zàautre),î. ^. || !• Terme par lequel on considère un cas, un fait, une vicissitude dans leur unité ou dans leur réitération. Une fois par an. Combien de fois ne vous l'ai-je pas dit? On l'en a averti quantité de fois. J'ai lu ce livre plus de fois que vous ne pensez. J'ai lu ce livre tant de fois que je le sais presque par coeur. Je vois bien que les anciens cardinaux prennent une grande autorité sur les derniers reçus, puisque, vous ayant écrit beaucoup de fois sans avoir reçu une de vos lettres, vous vous plaignez de ma paresse, voit. Letl. to. Cela est merveilleux, qu'une personne qui n'écrit qu'en quatre ans une fois, le fa.sse de sorte, quand elle l'entreprend, qu'il semble qu'elle y ait toujours étudié, et que, durant tout ce temps, elle n'ait pensé à autre chose, id. i&. 54. Tentons une autre fois la faveur de son eau, roth. Herc. vwur. IV, 2. Il faisait infinies fois des prières séditieuses, Doss. Var. Ui. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'Amurat, après cette victoire, retourna dans sa solitude, qu'il abdiqua une seconde fois la couronne, qu'il fut une seconde fois obligé de la reprendre pour combattre et pour vaincre, volt. Mœurs, 8». On a cherché bien des fois quel était le meilleur.... duclos, Cotisid. sur les mœurs, xiv. Voici la première fois de ma vie où j'ai pu vous écrire sans crainte, i. i. roi'ss. Hél. vi, e. Je l'ai déjà dit, c'était de l'amour cette fois, et l'amour dans toute son énergie et toutes ses fureurs, id. Conf. IX. Je n'entends pas de fois les airs ravissants et mélancoliques d'un rossignol caché sous un feuillage que je ne sois tenté de croire.... B. de ST-p. Étude I. Il Ne se pas faire dire une chose deux fois, se hAter de la faire, soitpardésir, soit par crainte. L'B^pagnol ne se fit pas dire la chose deux fois, SCARR. nom corn, t, 9. Et que, si d'un malheur il ne veut être cause, Il ne se fasse pas deux fois dire une chose, mol. Éc. des marts, ii, il. Il Dans le même sens : Il ne faut pas, il ne faudrait pas le lui dire deux fois, il se bâterait de profiter de la permission, etc. || Une fois, deux fois, se dit dans

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les enchères. A cent francs, ce meuble, une fois, deux fois. || Par extension dans l'usage ordinaire. Une fois, deux fois, trois fois; encore une fois; pour la dernière fois; expressions par lesquelles on insiste, on enjoint. Ah çàl une fois, deux fois, en voulez-vous, n'en voulez-vous pasT La Beauce avait jadis des monts en alrandance.... Et messieurs les Orléanols Dirent au Sort, tous d'une voix, Une fois, deux fois et trois fois. Qu'il eût à leur 8tcr la peine De monter, de descendre et remonter encor, la FORT. Lettre vu. La charité, encore une fois, n'est point une vertu oisive et abstraite, bour- DAL. 12' di'm. après la Pentec. Domin. t. m, p. SI». Il Par exagération. Vingt fois, cent fois, cent et cent fois, mille fois, mille et mille fois, plus do vingt, de cent, de mille fois, c'est-à-dire fort souvent, un très-grand nombre de fois. Hermione elle-même a vu plus de cent fois Cet amant irrité revenir sousses lois, RAC. Audr. i, i. Vingt fois depuis huit jours J'ai voulu devant elle en ouvrir le discours, ID. Bérén. u, S. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Polissez-le sans cesse et le repolissez, boil. Art p. 1. 1|2' Dans le langage poétique ou élevé, ô jour trois fois heureux, hac. Esth. I, I . Heureux, cent fois heureux, ceux que Laubardemont faisait condamner à huis clos par ordre de Son Êminence I ils étaient opprimés, mais non déshonorés, p. L. cour. Réponse aux anonymes, n° l-HS* Il se dit particulièrement de quantités qu'on répète ou qu'on multiplie ou que l'on compare à d'autres. Deux fois trois font six. Quatre pris quatre fois donne seize. Le nombre de fois qu'une quantité est renfermée dans une autre. Ce corps est une fois plus long que l'autre. J'ai fait deux fois plus, deux fois moins, deux fois autant de chemin que vous. Combien la moisissure est-elle contenue de fois dans le cèdre, la mite dans l'éléphant, la puce d'eau dans la baleine, un grain de sable dans le globe de la terre, un globule de lumière dans le soleil? bonnet, Consid. corps org. Ût'uc. t. v, p. 205, dans pougens. || Fig. Avoir deux fois, cent fois raison, être parfaitement assuré de son fait. Ne critiquez Corneille que lorsque vous aurez deux fois raison, d'alemb. L«((. à Voltaire, 27 janv. I7«2. Il 4° Une fois, une fois pour toutes, une bonne fois, c'est-à-dire décidément, définitivement. Je tiens à ce que j'ai une fois résolu. Si une fois je parviens à le découvrir. Et si le diadème une fois est à nous, CORN. Nicom. I, 5. Soupirant une bonne fois pour n'avoir pas à y retourner sitôt, elle commença ainsi son histoire, scahr. Rom. corn, ii, ». Pour y mettre un bon ordre, une bonne fois pour toutes, SÉV. S96. Je vous prie de vous désabuser une fois pour toutes de la pensée où vous êtes, i>0SS:.t««. abb. 7i. Parlez franchement à ces messieurs une fois pour toutes, MAiNTENON, Lett. au card. de Noailles,ii déc. I70i. Cependant voulez-vous qu'avec moins de contrainte L'un et l'autre une fois nous nous parlions sans feinte? rac. Brit. i, 2. Si ma fille une fois met le pied dans l'Aulide, Elle est morte.... id. Iphig. i, ). Pour confondre une bonne fois une erreur si universelle, MASS. Carême, Samar. || Vingt fois, cent fois, mille fois pour une, se dit d'une chose qu'on a été trop souvent obligé de faire ou de dire. Je vous ai dit cela cent fois pour une, et il faut encore que je vous le répète? || 5" Avec por. Vous m'avez par deux fois rendu le diadème, corn. Pomp. IV, 3. Les ombres par trois fois ont obscurci les cieux Depuis que le sommeil n'est entré dans vos yeux, RAC. Phèdre, i, 3. || 6" Avec à. C'est elle, et je me rends, monsieur, à cette fois, corn. Ment, m, 5. Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître, id. Cid, n, 2. Elle retire ses chers enfants, et confesse à cette fois que , parmi les plus mortelles douleurs, on est encore capable de joie, boss. Reine d'Anglet. Elle se montre au monde à cette fois, mais ce fut pour lui déclarer qu'elle avait renoncé à ses vanités, ID. Anne de Gont. Race infidèle, me connaissez-vous à cette fois? suis-je votre roi, suis-je votre juge, suis-je votre Dieu? id. ib. La frayeur les emporte ; et, sourds à cette fois. Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix, rac. Phèdre, V, (. .le ne me souviens plus du tout des vers do Cartouche, et tu me les enverras à la première fois, MIRABEAU, dans bkscherelle, à l'article à. Il Fig. X deux fois, loc. adv. Avec attention, avec réserve , avec lenteur. Y regarder à deux fois, bien réfléchir, ne pas se ha.sarder en unealTaire périlleuse. il N'en pas faire à deux fois, ne pas hésiter. Courtin n'en fit pas à deux fois, il rendit du sien ce qu'il crut avoir imposé de trop à chaque paroisse, st-sim. 42, 237. Il 7° Avec pour. Cela est bon pour une fois. Nous nous vîmes alors pour la première fois. Soleil,

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Je viens te voir pour la dernière fois, bac. PMdrt 1, 1. Il Pour une fois, dans une phrase négative, signifie que la chose est arrivée plus d'une fois. Ce n'est pas pour une fois que des solitaires, que des pénitents, que des justes se sont pervertis.... bourd. Pensées, t. i, p. H 4. Cela |uue pluie d'étoiles filantes] n'a pas été vu pour une fois à la Chine; j'ai trouvé cette observation en deux temps assez éloignés, fqnten. Mondes, <* soir. || 8° Par fois: on écrit aujourd'hui parfois (voy. ce mot.) || V* D'autre* fois, en d'autres moments. Il est gai d'ordinaire, mais, d'autres fois, il est abattu. || IS* Une fois, jadis. U était une fois un roi et une reine qui.... Enfants, il était une fois Une fée appelée Urgande, ht- RANO. Petite fée. || Il signifie aussi dans une certaine occasion, à une certaine époque. J'étais une fois à lire, lorsque.... Une fois que je passais près de lui, il m'appela. || 11° Toutes les fois que ou à toutes les fois que, aussi souvent que. On sentira qu'à toutes les fois que le cœur s'accourcira, il pressera le doigt, DESC. Foetus. Telle a été depuis le comraencementdu seizième siècle la situation de la France, que, toutes les fois qu'elle a été en guerre, il a fallu combattre à la fois vers l'Allemagne, la Flandre, l'Espagne et l'Italie, volt. Louis JIV, «2; Il 12° Une fois que, loe. conj. Dès que, aussitôt que. Une fois que je serai parti. || Par ellipse. Une fois parti, je ne reviendrai plus || On dit dans le même sens : dès qu'une fois, lorsqu'une fois. Dès quune fois j'aurai le livre, je le lirai. Lorsqu'une fois il se met à raconter ses campagnes, il ne finit plus. Il 18° De fois à autre, loc. adv. De temps à autre. Il vient me voir de fois à autre. || 14* A la fois, tout à la fois, loe. adv. En même temps, ensemble. Ce jour nous fut propice et funeste à la fois, corn. Uor. I, 2. Et mon cœur, qui doit tout et ne voit rien permis. Souffre tout à la fois deux tyrans ennem!--, m. Œdipe, iv, 5. 11 mange, il conte, il pis • .ote, il interrompt tout à la fois, la brut. v. Et jd cours vous venger Et punir à la fois le cruel stratagème Qui s'ose de mon nom armer contre vous-même, rac. Iphig. m, s. Nous ne sommes pas comme les anciens Romains, qui étaient à la fois guerriers, jurisconsultes et philosophes, volt. Lett. Damilaville , 23 dov. 1767. Quelque grande que soit la pluie, un petit oiseau n'en reçoit qu'une goutte à la fois, BERN. DE st-piebri, Chaum. indienne. Il IB* Toutes fois et quantes, toutes et quantes fois, locution vieillie qui signifie toutes les fois que.... Il Proverbes.Une fois n'est pas coutume. || Qui donne promptement donne deux fois. || Il n'y a que la première rois qui coûte.

— KEM. Le substantif /'ot» ne peut jamais être employé avec l'article sans qu'il y ait un adjectif entre ces deux mots. L'adjectif tout est le seul qui ne se mette pas à cette place; on le met devant l'article. Les phrsLses suivantes doivent donc être condamnées : Songez aux fois où il vous a battu; Je suis des fois obligé de me fâcher. U faut : Songez aux nombreuses fois où il vous a battu; Je suis certaines fois obligé de me fâcher. Cependant, comme ici c'est une affaire d'usage et non de grammaire, on pourrait dire , correctement, mais d'une façon moins usitée : Songez aux fois qu'il vous a battu. J'ai marqué les fois qu'il est venu.

— HIST. XI* s. Guenes respont : ne vous à ceste feiz..., Ch. de Roi. \\ xn's. Trois fois (il] le point; cil [le cheval] cort par tel vigor... Ronc. f. 64. N'en soufristplus à iccle foiée, tb. p. us. Par Unies foiz [j'I ai esté assaillir Que je n'ai mais pooir de moi défendre, Couci, v. Set feiedes en jur, loenge [je] dis à tei. Liber psalm. p. 197. De la geste Francor [j'j orrai à la foie, Sax. m. A mon pooir [je] vous ai conseillé mainte fie Et encor vous conseil.... ib. XX. Il XIII* s. De lui [il] ne se voloit nule fois esloigner, Berte, xix. En Hongrie en (pour cela] alerent messagier par deus fois, tb. Lxi. Mainte fois [j'I en ai puis à lui raison tenue [parlé], ib. cxxiv. Chascuns me bâti sa foiée [à son tour], Tant que l'escbine ai peçoiée [mise en pièces], Ren. isssi. Toutes les fois c'Adam feri En la mer, que beste eu issi, Celé beste s'i retenoient, Queleque fust, et aprivoient, la Rose, v. 98. Ours ne lion n'est no beste sauvage Qui, tel foiz est, ne fraipne son vouloir De faire mal et ennui et domage. F,ust. le peint. Li baslart qui sont né en mariage, sont à le [la] fois [par fois] prové en le [la! manière que noz deismesdcssus, età le [la] foisen autre manière, beaum. xviii, 14. Car li Turc ierent [étaient] jà el va! de l'Kscoler, Par dis fies cent mile, tant les peut-on esmer [estimer], Ch. d'An!, vi, I0»2, ||iiv* s. Il avient qu'il aloit une foiz tout seul par un bois, ORESME, Eth. 44. Un malvais bomo fer» plus de mal

roi

FOL

FOL

dts mille fois que une malvaise beste, lo. ib. ws. Acheter à une fois conjoinctement quatre cens livrées lie terre, du canoë, auxilium. Va s'ent Piètres li rois tout seul sans compaignie Par dessus Passefer [son chevalj qui.... Celui jour lui sauva par quatre fois la vi<!, Guescl. 1 6087.11x7° s. Une fois pordoient, le plus gagnoient [ils perdaient quelquefois et le plus souvent gagnaient] , fboiss. ii, ii, 29. Mais allez ailleurs impetrer bénéfice, car de mon héritage vous n'aurez nient, et une fois pour toutes je vous le défends, m. ii, ni, 22. Ce croquart chevauchoit une fois un jeune coursier fort embridé, id. ], i, 32B. Au voir dire et raconter, c'estoit grand'merveille de ce qu'ils faisoient [les pillards en campagne]; ils espioient, telle fois estoit, et bien souvent, une bonne ville ou un bon chastel, une journée ou deux loin ; et puis s'assembloient vingt ou trente brigands.... lo. i, i, 324. Et firent si grand bruit de corner de leurs grands cors, tout à une fois, et de huer après, tout à une voii, que.... ID. I, I, 42. Si maintenant se partent à bon marché de nous, une autre fois retourneront-ils par autre parti en nos mains; si payeront lors une fois pour toutes, id. ii, m , 13. En son dangier [pouvoir] passer ainsi convient. Et tost ou tard chacun sa fois [son tour] y vient, alain chart. Débat des 2 fortunes. Et y eut aucuns qui dirent lors : regardez ce bon enfant Daulphin, qui met sa cornette en forme que les Armaignacs le font, il nous courroucera une fois, juvén. Charles VI, UI3. C'est assez, troupe honorable , De ces gentils chants virois ; Il fault se lever de table, Le reste en une aultre fois, basselin, Vau de Vire, U. X l'appétit le plus des fois [le plus souvent] de ceux qui ne l'ont point desservy [mérité], comm. v, <8. Elle ne laissa pas de leur bailler toujours audience, chacun à sa fois, puisqu'ils la requeroient , Lonis xi, Nouv. xxxiii. Il XVI* s. il y en a trois fois autant, mont, i, t82. Ils sacrifièrent cinquante hommes tout à la fois, ID. i, 229. Ce à quoi les plus hardis penseroient à deux fois, marg. Souv. xvi. La carpe demenoit la queue fois à fois , desper. Contes , xxxvii. J'ay basty une cité qui en gloire et en grandeur d'empire sera une fois la première du monde, amyot, Bom. 4B. Il ne luy fournissoit argent que bien escharsement et bien peu à la fois, id. Péric. 68. Quand ils estoient une fois tumbez en la fange, ilz ne se pouvoient jamais plus relever, m. Timol. 38. Hz se vindrent joindre aux Insubriens, qui estoient plusieurs fois autant, is. Marcell. e.

— ÉTYM. Wallon, fèie; nam. fie; Hainaut, foi, fau; dauph. vei ; provenç. veti, vegada, voguada, fetf ; espagn. et portug. vex ; ital. vece. Le provençal et le vieux français présentent deux formes , l'une foxs, veti, l'autre feiede, foïée, fiée, fie, vegada. La première vient du latin vices, fois, avec changement du V enf, dans le français et même, pour une seule forme, dans le provençal; la seconde en est dérivée, comme si le latin vices avait donné vicaia.

t 2. FOIS (foî), usité seulement dans cette locution qui a vieilli : prendre, saisir quelqu'un à fois de corps, le prendre, le saisir par le milieu du corps. On dit aujourd'hui à bras-le-corps. || On trouve à foi. Carillo me fit prendre à foi de corps par quatre esclaves, et il me fit porter dans la felouque, retz,

— ÉTYM. Ce paraît être une corruption pour /'oua ou faut (voy. faux-du-cokps).

t FOÏSME (fo-i-sm'), s. m. Religion de Fo, en Chine (voy. fo).

FOISON (foi-zon), s. f. Extrême abondance. Il y a foison de fruits sur le marché. Je vois des foisons de religions en plusieurs endroits et dans tous les temps, pasc. Pensées, Peuple juif, l, édit. faugèbe. Il X foison, (oc. adv. En extrême abondance. Il la retrouve [sa femme] en bonne compagnie. Dansant, sautant, menant joyeuse vie, Et des muguets avec elle à foison, la font. Jfur» conf. Or ime certaine année Qu'il en était i foison [des rats] Leur roi nommé Ratapon Mit en campagne une armée, id. Fabl. iv, 6. X peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse; Toutefois avec l'eau que j'y mets à foison. J'espérais adoucir la force du poison, boil. Sat. lii. Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, u>. ib. VI.

— HIST. XII» s. Il n'ot mie leans de chevaliers foison, Sax. vin. Il XIII' s. Mais ele [la reine Blanche] en donne [de .son bien] et départ à fuison, hues de LA FERTÉ, BomoHC. p. t3. Dont se commencirent li Venicien à croisier à moult grantfoison, vii.lkh. XLi. Ne vit-il mes si bon fromache; N'en plaint que

lam&le foison [petite quantité], Ren. 7S78. Contre lor cop n'ait [n'a] nule arme foison, Gérard de Vienne, v. 2813. Quanque lor toil ne m'a fuison [tout ce que je leur prends ne me suffit pas, ne me satisfait] , Car je l'ai tôt contre raison, Partonop. v. 2033. Il XV" s. Là put on voir d'une part et d'autre belles envayes, belles rescousses, beaux faits d'armes et belles prouesses grand foison, froiss.i, i, <77.

— ÉTYM. Bourguign. fouson; provenç. fusion; du lat. fusionem, Uux, efl'usion; de fusum, supin defundere, fondre (voy ce mot). La foison est ce qui se répand en abondance.

f FOISONNANT, ANTE (foi-zo-nan, nan-t'), adj. Qui foisonne. Substances foisonnantes.

t FOISONNEMENT (foi-zo-ne-man), s. m. Action de foisonner; augmentation du volume de certains corps, en passant d'un état à un autre. Le foisonnement de la chaux, passant de l'état de chaux vive à l'état de chaux eu pâte. Quand on creuse un fossé, la terre qu'on en a retirée n'y rentrerait pas toute, parce qu'il y a eu foisonnement dans le déblai, LEGOARANT.

— HIST. XVI" 3. Foisonnement [abondance] , ou- DIN, Dict.

— ÉTYM. Foisoi ner.

FOISONNER (fo; -zo-né), v. n. || 1° Avoir à foison. Cette province foi »nne en blés. Ne iautril que délibérer, La cour (u conseillers foisonne, la font. Fabl. II, 2. Il 2° Êlre à foison. L'accroissement ou le décroissementde ces peuples, le plus ou le moins d'ecclésiastiques, de moines ou religieux qui ne foisonnent que trop dans ce royaume, vauban, Dime, 4 8S. De ces lieux où l'ennui foisonne. J'ose encore écrire à Paris, volt. ÉpUre xxvi. Quant à nos sottises intestines, elles commencent à foisonner un peu moins dans ce moment-ci, d'alemb. Lett. à Voltaire, I8 oct. (760. Mes jeunes rivaux, ma chère. Ont un ciel si gai! Chez eiu la rose foisonne, Chez moi le souci, béhano. Restaur. || 3° Augmenter en volume. Les chaux grasses foisonnent beaucoup. || Se dit de la manière d'apprêter certains mets qui fait qu'ils fournissent davantage à manger, qu'ils font plus de profit. Une carpe à l'étuvée foisonne plus qu'accommodée d'une autre façon. Il 4° Multiplier, produire des petits à foison. Les lapins foisonnent beaucoup. || L'anémone foisonne en graine. || Proverbe. Cherté foisonne, on ménage les choses quand elles sont chères; et aussi, les marchands apportent quantité de marchandises aux lieux où elles se vendent cher.

— HIST. xii" s. Ne poreient pas foisonner [suffire] Les vis [les vivants] pour les mors enterrer, Roman du Brut, mss. {° lU, dans lacbrne. || xiifs. Ne puet parjure fusuner [prospérer], Edouard le conf. V. 43U9. Et Diex li [à Largesse] fesoit foisonner Ses biens, si qu'elle ne savoit Tant donner, cum el plus avoit, la Rose, il 42. Mestre Corras bien li sermone; Temporels chose ne foisonne; Tost est passé du soir au main [matin], ruteb. ii, 197. Il XV" s. La cité de Poitiers est grand et esparse et n'estoit mie adonc foisonnée de gens, froiss. i, i,

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