‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 235 sur 388 · Il XVI" s car c'est celuy, par qui foisonnera · texte numérisé non relu

Il XVI" s car c'est celuy, par qui foisonnera

Ton champ, ta vigne, et qui te donnera Plaisante loge entre sacrez ruisseaux, marot, i, 219. En semant les questions et les retaillant, on faict fructifier et foisonner le monde en querelles, mont, i, 234.

— ÉTYM. Foison ; bourg, foisenai.

t FOISSIER (foi-sié), *. m. ou FOISSIÈRE (foisiê-r'), s. f. Terme de pêche. Baril où l'on dépose les foies de morue pour en retirer l'huile.

— ÉTYM. Foie.

FOL, FOLLE (fol, fo-l'), adj. Voy. FOU I.

FOLATRE (fo-lâ-tr'), adj. \\ 1° Qui aime à faire gaiement de petites folies. 11 n'est pas sans esprit; mais, né triste et pesant. Il veut être folâtre, évaporé, plaisant, boil. Épit. ix. Riez, Zélie, soyez badine et folâtre à votre ordinaire , la bruy. xiii. Je suis vieux, aveugle et sourd, et ces petits agréments ne rendent pas un homme excessivement folâtre, volt. Lett. Richelieu, 22 juin 1763. {| Substantivement. Laissons ce folâtre, (|ui ne cesse de crier contre les désordres, sans y apporter aucun remède, d'ablancourt, Lucien, Jupiter le tragique. Il 2° Se dit aussi des choses. Air folâtre. Jeux folâtres. Une joie douce et pleine d'un ferme courage renaissait dans mon coeur ; cette joie était bien différente de cette autre joie molle et folâtre dont mes sens avaient été d'abord empoisonnés, fén. Tél. iv.

— HIST. XIV" s. Icelle Marion, qui est non sensible et ainsi comme toute folastre, du cange , follis. Il XV" s. Au moins sera de moy mémoire Telle qu'il est d'ung bon follastre, villon, Grand testament. 1| xvi" s. Et dort la petits foltijtro Dessus

la gorge d'alebastre De sa dame.... marot, m, ibi. On a grand tort de la peindre [la philosophie] d'un visage renfrongné.... il n'est rien plus gay, plus gaillard, plus enjoué, et à peu que je ne die follastre, mont, i, )7B.

— ÉTYM. Déiivéde/'oJ, avec la désinence approximative (Mire, sens qu'elle a pour folastre (prest|UO fou) dans l'ancienne langue et dans le Berry folâtre , inconséquent, inconsidéré, mais qu'elle a perdu pour la langue actuelle.

t FOLÂTUEMENT (folâ-tre-man), adv. D'une manière folâtre. Voyant une beauté fol&trement accorte, Régnier, Sat. vu.

— HIST. XVI" S. Courant folatrement parmi lo jardin, ïver, p. B2ï.

FOLATRER (fo-lâ-tré) , V. n. Faire le folâtre. Les plaisirs nonchalants folâtrent à l'entour, boil. Lutr. II. Quand j'ai bien folâtré, je me livre au repos, favart, Ninette, i, 4. Il [un enfant] va folâtrer par la chambre et me laisse pérorer, J. i. bouss. Ém. III. Il Fig. Avec un nom de chose pour sujet. Nul souci sur son front n'avait laissé son pli; Tout folâtrait en elle, et ce jeune sourire.... lamart. Harm. iv, lO. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xïi" s. Il [le philosophe) rira, il follastrera, il se desbauohera avecquts son prince,

— ÉTYM. Folâtre.

FOLATUERIE (fo-lâ-tre-rie), s. f. Action, parole folâtre. Il fit mille folâtreries. Les jeux finis, l'tkoussen [courtisane] s'enveloppa dans un voile, me força, avec la folâtrerie des amours, à lui donner la main, chateaub. Natch. vi. Souvent aussi les loups chassent pour leur propre compte ; trois d'entre eux amusent une vache par leurs folâtreries ; tandis que, naïvement attentive.... id. Amer. Chasse.

— HIST. XVI" s. Notre jeimesse gaillarde, lassée des folâtreries du soir eust volontiers demeuré bien haute heure au lit, yver, p. 573.

— ÉTYM. Folâtrerie suppose un adjectif /'oidfrter, dérivé de folâtrer. On a dit folastrie : Ou trouve la félicité par la guayeté et la folastrie, mont. t. i, p. 415, dans LACURNE. Folâtrie est la forme correcte de folâtre ; folâtrerie est un mot mal fait autorisé par l'usage.

t FOLETTE (fo-lè-f), S. f. Sorte de petit bateau couvert qu'on voit sur les rivières.

FOLIACÉ, ÉE (fo-li-a-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui.est de la nature des feuilles. || Terme de zoologie. Qui est en forme de feuille, en parlant de certains organes des insectes. {] Terme de minéralogie. Qui se divise en grandes feuilles ou lames.

— ÉTYM. Lat. foliaceus, de folium, feuille.

f FOLIAIRE (fo-li-ê-r') , adj. Terme de botanique. Qui appartient aux feuilles; qui naît d'elles ou sur elles. Aiguillon foliaire. Glande foliaire.

— ÉTYM. Lat. folium, feuille.

t FOLIATION (fo-li-a-sion), s. f. Terme de botaniciue. Moment où les bourgeons commencent à développer leurs feuilles. || Disposition des feuilles autour de la tige. {| Arrangement des feuilles dans le bourgeon.

— ÉTYM. Lat. folium, feuille.

FOLICHON,' ONNE (fo-li-chon, chû-n'), adj. Terme familier. Qui aime à se livrer à quelque gaie folie. Un esprit folichon. Que deviendra ton humeur folichonne? Que deviendront tant de jolis ébats? FONTBN. Adrien et Marg.

— SYN. FOLICHON, FOLÂTRE. Cos dcux mots out le même radical et ne difltrent que par la finale; mais comme, dans folâtre, la finale âlre a perdu son sens approximatif, il n'y a plus de distinction dans la signification de ces deux mots; il y en a dans l'emploi : folichon est du style familier; folâtre est de tous les styles.

— ÉTYM. Dérivé badin àefol, fou, avec le suffixe chon, qui a le sens de diminutif.

t FOLICUONNER (fo-li-cho-né), v. n. Faire le folichon.

— ÉTYM. Folichon. Folichonner se trouve dans le Dictionnaire comique de Leroux et dans le parler du Berry.

1 . FOLIE (fo-lie), s. f. \\ l'Dérangement de l'esprit. Accès de folie. Un coin de folie. C'est une chose admirable que tous les grands hommes ont toujours quelque petit grain de folie mêlé à leur science, MOL. iléd. malgré lui, i, 6. Sa folie est nouvelle et rare assurément, regnabd, Ménechm. m, H. Qu'est-ce que la folie? c'est d'avoir des pensées incohérentes et la conduite de même, volt, Dtct. phil. Folie. || Aimer à la folie, aimer avec le scni

FOL

d'une paniOD qui n'a pa« tout le sirieux nécessaire ; on ne dirait pas aimer son père i la folie; on ne le dirait pas non plus d'un amant qui ressent une pa»lioo profonde. Je n'en voudrais pas, quoique je l'aime à la folie. HAMiuT. Gramm. 7. Ce bon cardinal (Ouirinl) aime les louanges à la folie; il ressemble en cila à Cicéron, volt. Lett. Mme Denit, «juin 4763. Il La folie de la croix, coqui, dans le christianisme, paraît insensé aux sages de la tciTe cl forme pourtant le sens prolond et mystérieux de la religion. Cette religion si grande en miracles, si grande en «cience, après avoir éLilé tous ses miracles et Icute sa sagesse, elle réprouve tout cela, et dit qu'elle n'a ni sagesse ni signes, mais la croix et la folie, pasc. l'ens. t. I, p. ♦•5, éait LABUiiE. || 2" Dans le langage médical , lésion plus ou moins complète et ordinairement de longue durée des facultés intellectuelles et affectives, sans trouble noUible dans les sensations et les mouvemenls volontaires, et sans désordre grave ou même apparent des fonctions nutritives et génératrices. || Folie circulaire, ou mieux, folie à do'ablo forme, forme de maladie mentale ciractôriséo par la reproduction successive et régulière de l'étal maniaque, de l'élat mélancolique et d'un intervalle lucide, états dont chacun est plus ou moins prolongé. || Folie dépressive , dégoût de la vie, tendance au suicide. || Folie héréditaire, lucide ou morale, dite aussi folie raisonnante, folie instinctive, forme de folie avec tendance au suicide, à l'homicide, aux actes de cruauté, dans laquelle les malades ont non-seulement de longs intei'valles lucides, mais encore se font remarquer par des situations mentales où il est difficile de les prendre en tlagrunt délit de déraisonnement. || Folie pénitentiaire, celle qui se développe dans les pénitenciers, les asiles, les prisons, les bagnes, etc. sous l'influence de la séquestration. || 3" Par exagération, absence de raison, extravagance, manque de jugement. La folie nous suit dans tous les temps de la vie; si quelqu'un paraît sage, c'est seulement parce que ses folies sont proportionnées à son 9ge et à sa fortune, la hochef. Ré/l. mor. w 207. .... C'est folie De compter sur dix ans de vie, la FONT. FabL VI, ( 9. Chacun veut en sagesse ériger sa folie, Et, se laissant régler à son esprit torlu, De ses propres défauts se fait une vertu, boil. Sat. iv. Auriez-vous donc la folie d'exiger de votre amant une fidélité scrupuleuse et parfaite? — Oui, j'ai cette folie, cenlis, Veill. du chdt. t. m, p. 48i, dans POUGENS. Il [Courier] eut son grain d'ambition, son quart d'heure de folie comme un autre; la tête aussi lui tourna; mais cela ne dura guère, il en revint bientdt au mécompte, et corrigé pour toute sa vie, cabbël, CEuvres, t. v, p. i96.||4°Action f(*lle, idée folle. Qui fait une folie, il doit la faire entière, biïgnieh, Sar. xi. Aussi bien Annibal nommait une folie De présumer la [Rome] vaincre ailleurs qu'en Italie, corn, \icom. v, 7. Oui, il nous a voulu faire accroire qu'il était dans la maison et que nous étions dehors; et c'est une folie qu'il n'y a pas moyen de lui 6ler de la tête, mol. G. Dand. iii, )2. }e la vois disposée à faire une folie, qui est de partir sans lui, sÊv. )3. Faire une folie et se marier par amourette, c'est épouser Mélite, qui est jeune, belle, sage, économe, qui plaît, qui vous aime, qui a moins de bien qu'yÈgiuc qu'on vous propose, la bruy. xiv. J'étais trop folle pour faire des folies, J. j. aouss. Hél. i, 7. || Une tendre folie, une passion amoureuse. On s'est imaginé que ma mélancolie Vient moins d'une santé dès longtemps affaiblie, Que du reproche amer qu'en secret je me fais De n'être plus assez jolie Pour faire naître encor quelque tendre folie, desiiou- LiÈREs, Ëp. chagrine au P. la Chaise. || 6° Gaieté vive dans laquelle on fait ou dit des choses propres îi divertir. Une aimable folie. Célianle : Elle est folle il l'excès. — Lisette : On plaît par la folie, itoi.-ssY, Deh, (romp. i, i. Mon pinceau, trempé dans la lie, Sur tous les murs aurait écrit : Entrez, enfants de la folie; Plus on est de fous, plus on rit, a. goufpe, Chanson. Éveillons au ha,sard les échos de ta vie; Càrlons-nous de bonheur, de gloire et de folie, F.t que ce soit un rêve et le premier venu, a. .lE MUSSET, Poésie» nouv. la Nuit de mai. \\ La l'olie , personnage fictif qu'on représente sous la figure d'une femme joyeuse avec une marotte et des grelots. Le résultat de la sujirême cour Fut de condamner la Folio [qui d'un coup avait rendu aveugle l'Amour] À servir de guide à l'Amour, i.a font l'abl xii, U. J'entends au loin l'archet de la Folie; Cl mes amis, prolongez d'heureux jours, bEbano. mon Carnatal. || 6" Joycusetés en paroles ou en actions. Elle me dit mille folies sur les plaisirs que

FOL

vous avez, stv. «3g, Vous me donnez envie d« vous conter des folies , tant vous entrez bien dans celles que je vous mande, id. 5 fév. t«»o. Je me suis trouvé seul avec ma maltresse; nous avons dit mille folies , mais hélas ! nous n'en avons point fait, richelet. || Idées bizarres ou at>surdcs. Il débite toutes les folies qui lui passent par la léte. || 7' Ecart de conduite. Folies do jeunesse. J'ai bien la mine, mol, de payer plus cher vos folies, MOL. Scapin, l, ). Quelques-uns n'ont pas même le triste avantage da répandre leurs folies plus loin que le quartier où ils habitent; c'est le seul théâtre de leur vanilé , la bruy. vii. Jadis ton maître a fait mainte folie Pour des minois moins friands que le tien , rébano. Célib. Il 8" Caricature, charge plaisante. On a fait une assez plaisante folie de la Hollande : c'est une comtesse âgée d'environ cent ans, elle est bien malade, elle a autour d'elle quatre médecins, ce sont les rois d'Angleterre, d'Iispagnc, de France et de Suède, sEv. «60. Il Ecrit plaisant qui a un caractère de charge, de caricature. Les jeunes gens et les femmes lisent celte folie avec avidiié; les éditions de lous les livres dans ce goût se multiplient, volt. ielt. Damiluville, «6 oct. «767. || Au xvi' siècle, on appelait folies les épigrammes ou les contes é|)igrammatiques. || 9° Goût exclusif, passionné, idée en laquelle on se complaît. Chacun a sa folie. D'où vient la folie que j'ai pour ces soltis-s-là? SEv. 67. J'ai ma folie, hélas I aussi bien que mon père, rac. Plaid. I, 6. Je vous demande pardon, répondis-je; vous m'avez mis sur ma folie [croire que les planètes sont des mondes] ; aussitôt mon imajj'iiiation s'est échappée, fonten. Mondes, i" soir. C'était la folie des Égyptiens de se perdre dans une antiquité dont aucun autre peuple n'approchât, rollin, llist. anc. Œuvres, t. i,p. (62, dans lacubne. Maure, dil Blanca, ma folie [amourj pour loi passe toute mesure ; sois chrétien , et rien ne pourra m'empécher d'être à toi, chateaubr. Dern. Abeneér. Il 10" Accoinlance charnelle. Avec quelqu'un as-tu fait la folie? la fo:«t. Lunettes. \\ Faire folie de son corps, se dit d'une femme qui se livre. Il U se dit aussi des animaux en chaleur. Celte chienne est en folie. || 11° Folies d'Espagne, air qu'on dansait autrefois en Espagne avec des castagnettes du même nom; il est à trois temps, d'un mouvement modéré et d'une mélodie simple. Il danse ces belles chaconnes, les folies d'Espagne, mais surtout les passe-pieds avec sa femme, d'une perfection, d'un agrément qui ne se peut représenter, sfiv. 24 juillet (68». Il Proverbes. Les plus courtes folies sont les meilleures. Il me fit voir les dangers auxquels je m'exposais, me dit que les plus courtes folies sont les meilleures.... J. J. rouss. Con(. IV. D'accord, mais les plus courtes folies.... — Sont les mauvaises; les plus suivies sont les meilleures; on s'épargne le moment do la réflexion, dancourt, Impromptu de Surine , se. t». || Il n'e.st si grande folie que de sage homme, c'est-à-dire quand les gens naturellement sages font des folies, ils les font plus grandes que les autres hommes.

— HIST. xr s. Dous [deux] sunt percener [copropriétaires] de une erité, e est l'un enplaidé senz l'altre, e per sa folie si pert, Lnisde Guill. it. Et disl al roi : Guenes a dit folie, Ch. de Roi. xxxvi. Car vasselage par sens [avec prudence] n'est pas folie, ib. cxwx. Empris [j^ai greignor [plus grande] folio,

Couei, m La folio [damour] Dont je m'ere

[étais] gardez mainte saison , ib. xxiv. Pour une qu'en [j'|ai haïe; [j'jAi dit aux autres [dames] folie. Comme irous [irrité] , olesnes, llomancero, p. 8». Et Gilemers d'Escol dit outrage et folie, Sax. xx. Il xiu* s. Je di que c'est graiit folie D'cssaier ne d'esprouver Ne sa famé ne s'amie, auboins de sezannk. Romancero, p. «26. Vers le lion (il) s'en va, ou soit sens ou folie, Bfrle, ii. Il pourront bien savoir se il ont fait folie, ib. xc. En non Dieu, dist li quens. mius vaut folie laissiée que folie maintenue, Chron. de R. «8». L'en doit faire espenolr [payer] as fos [aux fous] lor folie, iit-re de just. M. Folie n'est pas vasselage [vaillance], lkroux be LiNCY, Prov. t. I, p. î-lb. Si comme les aucunnes qui s'en vont por fere folie de lor cors, bkauh. Lvii, :t. Il XV s. Il [Robert Salle] descendit [de son cheval], dont il fit folie [il eut tort], froiss. h, ii, 114. L'empereur s'en alla sans dire adieu, & la grant honte et follye du dit duc, comm. li, 8. Les chansons se diso ent publicquement à la louange des vainqueurs et à la follye du vaincu, id. v, 2. Il xvi« s. Les plus courtes folies sont toujours les meilleures, varo. Nouv. xxi. Une follie est lost faicte, LERO0X de limct, Prov. t. u, p. 4S3.

FOI

— ÉTYM. Fol (voy. rou) ; provenç. folia, folUa, folhia, fulhia; une. esp. folia; ital. follia. L'a» cienne langue disait aussi folage et folor.

2. KOLIK (fo-lie), /. f. Se dil de certaines maisons de plaisance aux>|uelles on adjoint le nom de celui qui les a fait construire, ou du lieu dans lequel elles sont situées; on y attache d'ordinaire l'Idée qu'elles sont construites d'une manière bizarre ou qu'elles ont coûté beaucoup d'argent. La folie- Beaujon. La folie-Méricourt.

— ÉTYM. On y voit d'ordinaire le mot folie. Mais cela devient douteux quand on trouve dans des textes du moyen ftge : foleia qux eral anle domum, et domum foleyx, et folia Johannis Morelli; le soupçon naît qu'on a là une altération du mot feuillie ou feuilUe.

FOLIE, ÉE (fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Garni de feuilles. || Terme de pharmacie. Qui est réduit ou préparé en lorme de feuilles. || Terre foliée mercurielle, l'acétate de mercure. || Terre foliée de tartre, l'acétate de potasse.

— ÉTYM. Lat. fuliaiui, de folium, feuille. tFOLIIFÈHE (fû-li-i-fè-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte des feuilles.

— ÉTYM. Lat. folium, feuille, et ferre, porter.

t FOLIIFORME (fo-li-i-for-m*), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une feuille.

— ETYM. Lat. folium, feuille, ei forme. fFOLIIPAIlE (fo-li-i-pa-r'), adj. Terme de boU-

nique. Qui produit des feuilles. Bourgeons foliipares.

— ETYM Lat. folium, feuille . et parère, produire. FOLIO (fo-li-o), I. m. Il !• Synonyme de feuillet,

c'est-à-dire une feuille de papier considérée par rapporta ses deux pages; il se dit en parlant de registres, de manuscrits. Il Folio recto, ou, simplement, recto, la première page du feuillet. Folio verso Al, simplement, verso, la seconde page du fouil ~.i. Il i' Terme d'imprimerie. Le chiffre qui numérote chaque page. Vérifier, changer les folios. Il Au plur. Des folios. || 3° In-folio, voy. ce mot i son rang.

— ETYM. Ablatif du lat. folium, feuille d'arbre et, par extension, feuille de papier.

t FOLIOLAIRE (fo-lio-lè-r'), adj. Terme de J»tanique. Qui appartient aux folioles; qui tient de la nature des feuilles. Stipules foliolaires.

— ETYM. Foliole.

FOLIOLE (fo-li-o-l') , s. f. Il l' Terme de botanique. Chacune des petites feuilles qui forment une feuille composée. La feuille du trèfle est composée de trois folioles. Il 2* Les pièces du calice, nommées aussi sépales, et celles de l'involucre.

— ETYM. Lat. foliolum, diminutif de folium, feuille.

t FOLIOLE, ÉE (fo-li-o-lé, lée) , adj. Terme de botanique. Qui se compose de folioles ou en porte. On dit : unifoliolé, biloliolé, multifoliolé, etc. en parlant d'un pétiole ou d'une feuille à une, deux, plusieurs folioles.

— ETYM. Foliole.

t FOLIOT (fo-li-o), ». m. La partie du ressort qui pousse le demi-tour, dans les serrures auxquelles on donne un tour et demi.

t FOLIOTAGE (fo-li-o-ta-j'J, s. m. Action de folioter.

— ÉTYM. Folioter.

t FOLIOTER (fo-li-o-té) , V. a. Mettre les folios aux pages d'un ouvrage qu'on imprime, i des registres, à un manuscrit. Un registre folioté.

— REM. Dans les registres et manuscrits, folioter est différent de paginer : c'est compter les feuilletN et non les pages; mais en termes d'imprimerie, folioter est synonyme de paginer.

— ÉTYM. Folio.

t «. FOLLE (fo-l'), s. f. Terme de pêche. Filet à larges mailles, qui sert à prendre des raies et autres poissons plats. Les folles auront leurs maille-^ de cinq pouces en carré, Urdonn. août I68i. || De mi-folle, sorte de filet, ayant les mailles plus serrées que la folle. {| La folle sert aussi à prendre de-tortues. Le soir j'allai voir mettre la folle, c'est-àdire le filet que l'on tend pour prendre des lorlues. L\H\T, Nouveau voyage aux tlei, «"partie, ch. fi

— ETYM. Est-ce le latlu/"o/liJ, sac? Le fait est que dans un texte cité par du Cange on trouve follis avec le sens de souricicrs.

-j- 2. FOLLE (fo-l') , t. f. Rocher que l'on rencontre en exploitant la houille.

t 3. FOLLE (fo-r), ». f Folle blanche, cépage consacré presque exclusivement à la fabrication des vins qui produisent les célèbres eaui-de-vie de Cognac dans les Charenles et l'eau-de-Tied'Armaguao dans le Gers.

FOL

t FOI.LE-FtMtlXE (io-lc-fomè-l') , ». (. Nom Vulgaire île Yorchis morio, L.

FOLLF.MliNT {fo-le-man), adv. D'une manière folle. Us ont agi follement dans Israël, saci, Bible, Jérémie, xxix, 4 3. Ma fille, vous l'aimez follement [un fils), mais (lonnez-lebien à Dieu, afin qu'il vous le conserve, s«v. <04. Des jugements d'autrui nous tremblons follement, boil. Épit. \n. Et, follement pompeux , dans sa verve indiscrôte, in. Art p. II. Laisse tes ennemis s'endormir follement Sur Isbruitde ta mort.... lafosse, llariut à Mint. ii, 2.

— HIST. xiii* s. Si s'en issiront à deroi, et chascierent les Commains une grantliueet plusmout folementjViLLEH. cxui. S'il perdoit par son folement pledier, beaum. xliii, 40. ||xiv" s. Les choses se font folement, qui se font à l'espérance de fortune, J/cnagier, l, ». {| xvi* s. Tu le loueras hautement et follement, et ferasbruitdes mains en lui applaudissant, AMTOT, De lamauv. honte, s.

— ÊTYM. Folle, et le suffixe ment ; provenç. follamen; anc. catal. follament ; ital. follemente.

f FOLLES (fo-l'), s. f. pi. Pièces d'artillerie dont l'âme n'est pas droite, ainsi dites parce qu'elles sont comme folles et ne tirent pas droit.

FOLLET, ETTE (fo-lfe , lè-t') , adj. || f Terme familier. Oui fait ou dit de petites folies. Si je questionnais le chevalier de Boufflers, je lui demanderais comment il a été assez follet pour aller chez ces malheureux confédérés, qui manquent de tout et surtout de raison, volt. Lett. à Cather. 82. Les grâces en petit corset, Les ris avec leur air follet, DF.SMAiiis, Pois. p. 4 27, daus POUGENS. || Substantivement. Par les yeux d'Annette L'amour m'a blessé ; Klle est trop jeunette ; Mais je suis forcé D'adorer la follette; Devrait-on charmer Avant l'âge d'aimer TJfcrcure, )717, janvier, p. 220. |) 2° Esprit follet ou, substantivement, follet, sorte de lutin familier plus malin que malfaisant. Il est au Mogol des follets Qui font l'office de valets, la font. Fabl. vu, 6. Je ne sais quel esprit follet ou sage l'a fait savoir au pape, sÉv. 26 août (677. Le follet fantastique erre sur les roseaux, v. Htioo, Bail. 2. Il 3° Poil follet, poil rare et léger qui pousse avant la barbe. Malgré nous ce feu violet Lui [à Ascagne] grilla tout le poil follet, scahr. Yirg. ii. || 4" Feu follet, flamme erratique produite par des émanations gazeuses qui, s'élevant soit des endroits marécageux , soit des lieux où des matières animales et végétales se décomposent, s'enflamment spontanément et n'ont que peu de durée. Tous les feux du firmament n'étaient que des feux follets en comparaison de ses charmes, volt. Zadig, 4 3. Tout y retrace mon enfance, Oui tout jusqu'à ces feux follets, BÉRANG. F. follets. Il Fig. Chose fugace qui ne fait que passer. Cette passion n'est qu'un feu follet. Feu follet qui brilles pour nuire. Charme des mortels insensés, Esprit, je viens ici détruire Les autels que l'on t'a dressés, ciiaul. Contre Vesprit.

— HIST. XII* s. [Un banc] Tôt fet d'yvoire, painturé à argent; Li peco! [pieds] sont doré moult richement; X chascun ot un folet en e.stant, Harpent et notent, saillent menuement, les Enfances Guillaume, dans Guill. d'Orange, t. il, p. I8. || xiii' s. Et li follet et les dryades R'ont les cuers de duel [deuil] si malades, Qu'il se tiennent trestuitpor pris. Quant si voient lor bois porpris, la Rose, 48163. ||xvi' s. Les poils folets de l'adolescence, mont, iii, 385.

— ÊTYM. Diminutif do fol ou fou; bourguign. faulau ou folio; Perche, faulot; provenç. et catal. follet ;Hn\. foUello.

1 4. FOLLETPE (fo-lé-t'), s. f. Un des noms vulgaires de l'arroche.

t2. FOLLETTE (fo-lè-f), s. f. Sorte de fichu à la mode vers 1722.

FOLLICULAIRE (fol-li-ku-lé-r*), s. m. Terme de dénigrement qui s'emploie pour journaliste. C'est un mal-vivant, répondit l'abbé, qui gagne sa vie à dire du mal de toutes les pièces et de tous les livres; il hait quiconque réussit, comme les eunuques haïssent les jouissants ; c'est un de ces serpents de la littérature qui se nourrissent de fange et de venin; c'est un folliculaire. — Qu'appelezvous un folliculaire? dit Candide. — C'est, dit l'abbé, un faiseur de feuilles, un Fréron, volt. Candide, 21. Ces messieurs les folliculaires ressemblent assez aux chiffonniers, qui vont ramassant des ordures pour faire du papier, id. Diit. phil. Ana, anecdotes. || Adj. Les aboyeurs folliculaires sont confondus alors, et le public est éclairé, volt. Bonnet, littér. préambule.

— RRM. Folliculaire n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4 83(.

— ÉTYM. Voy. folucule 2.

FOM

4. FOLLICULE (fol-li-ku-l'), *. m || 1» Terme de botanique. Fruit capsulaire, memlinineui et allongé, qui n'a qu'une seule suture, et qui résulte du plissement d'une feuille carpellaire sur elle-même. Le fruit du laurier-rose est un follicule. Il Double follicule, fruit composé de deux follicules. Il Follicules de séné, les gousses qui renferment la semence du séné, et qui sont plus purgatives que le séné lui-même. || 1' Cocon du ver à soie. Il 3- Terme d'anatomie. Nom de glandes caractérisées par leur forme qui est celle d'un petit sac s'ouvrant à la surface de la peau ou d'une membrane muqueuse.

— HIST. xvi* s. Le follicule du fiel, pahé, Introd. «. Prenez l'eau qui se trouve es follicules ou boursettes d'orme, m. xxiv, 44.

— ÉTYM. Lat. follicutus, petit sac, diminutif de follis, poche, qu'on rapproche du grec frûXXii;, sac.

t 2. FOLLICULE (fol-li-ku-l') , s. f. Petite feuille de papier. Je vous remercie d'avoir purgé voire librairie des follicules de ce maraud de maître Aliboron, volt. Lett. Lacombe libraire, juin 4770.

— ÉTYM. Par follicule. Voltaire a voulu évidemment dire une petite feuille; pourtant il n'y a aucun moyen do tirer /'ojh'cuie soit du latin /bitum, soit du français feuille. C'est une faute née sans doute de ce qu'on a pris les follicules du séné pour de petites feuilles, tandis que ce sont de petites gousses. Follicule ne peut être que masculin et signifier petite gousse, petit sac (voy. follicule 4). U y a un barbarisme, soit que follicule ait donné naissance à folliculaire, ou folliculaire à follicule.

t FOLLICULEUX, EUSE (fol-li-ku-leû, leû-z'), adj. Terme de médecine. Entérite folliculeuse , nom donné quelquefois à la fièvre typhoïde, quand on en place le siège dans les follicules de l'intestin grêle.

— ÉTYM. Follicule. '■

f FOLLICULITE (fol-li-ku-li-f), ». f. Terme de médecine. Inflammation des follicules.

— ÉTYM. Follicule 4 , et la terminaison ite qui, en médecine, indique inflammation.

t FOLLIER ffo-lié), s. m. Terme de pêche. Bateau qui sert à la pêche aux folles.

— ÉTYM. Folle I .

t FOLLILAISSE (fol-Ii-lè-s') , s. m. Terme de vénerie. La partie de viande qu'on lève le long des épaules du cerf. On trouve aussi folilet et follet.

— HIST. XV" s. Puis lèvera le collier que aucuns appellent follilaisse; c'est une char qui est demeurée entre la hampe et les espaules, et vient tout entour par dessus l'os du long de la hampe sus le jargol. Chasse de Gaston Phibus, ms. p. 4 93, dans

LACURNE

— ÉTYM. Fol Vy laisse (à cause de la délicatesse supérieure de cette chair).

fFOMENTATEUK, TRICE (fo-man-ta-teur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui fomente des troubles, qui excite à la sédition , à la révolte. Lorsqu'il [Napoléon dans la retraite de Moscou] campait, sa conversation roulait sur les ministres vendus, disait-il, aux Anglais, lesquels ministres étaient les fomeritateurs de cette guerre, chateaobr. dans le Dict. de DOCHEZ.

— ÊTYM. Fomenter.

FOMENTATION ( fo-man-ta-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Terme de médecine. Application d'un épilhème chaud et liquide sur une partie du corps, au moyen d'une éponge, d'un morceau de flanelle ou d'un linge trempé dans le liquide. Faire des fomentations. Employer un médicament en fomentation.

— HIST. XVI* s. Fomentation est une evaporation ou estuvement.... la seiche ne diffère point des sachets.... l'humide est faite de mesmo matière que l'embrocation, et diffère seulement de la dite embrocation, quant à la manière do l'appliquer, paré,

IXV, 29.

— ÉTYM. Provenç. fomenlacio; espagn. fomentacion; ital. fomentaxione ; du lat. fomentationem, de fomenlare, fomenter.

FO.MENTÉ, ÉE ( fo-man-té, tée ), part, passé. Il 1° Terme de médecine. Sur quoi on a fait une fomentation. La partie fomentée avec du vin tiède. Il 8° Fig. Des passions fomentées et entretenues dans le cœur, bourd. Pensées, t. I, p. 373. Une vive émulation se mit entre les doux frères, fomentée encore par leur éloignement, qui les réduisait à ne se parler presque que dans des journaux, fonten. Bernoulli. Nous ne nous serions pas laissé consumer par une famine fomentée par nos ennemis,

FUA

vertot, Itév.rom. n, p. <I7. L'amour extrême de sa maison, l'aversion de sa rivale [la France), ses affections les plus clières [de Philippe iV d'Espagne], les plus fomentées, il n'en fallut pas moins pour le jeter dans une incertitude assez grande. ST-.'IM. «I . .'>«.

FO.VENTER (fo-man-té), e. a. jj 1* Terme de médecine. Faire des fomonl.ntions sur une partie malade. On fomente le ventre dans la péritonite. Il i' En mauvaise part, entretenir, en parlant d'une substance dont l'applicition est nuisible. Ce remède fomente le mal au lieu de le guérir Il 3" Fig. Donner de la chaleur comme fait une fomentation, entretenir, exciter. Il faut, pour bien fomenter ce raccommodement, que vous demeuriez dans mon lugis avec votre mari, hauterociie, Coch suppos(', se. 4 8. Ils fomentent la guerre en demandant la paix, RACAN, Psaume xixiv. Mais, avec celte mort, un trésor .supposé.... Fomentent dans mon âme un soupçon légitime, mol. l'Ét. 11, 5. U ne trouve pas de meilleur moyen que de fomenter les factions, Bcss. Uist. u, 7. Les bienfaits de Dieu méconnus ne servent qu'à nous aveugler, qu'à nous endurcir, qu'à fomenter notre impénitence, bour- DAL. Purifie, de la Vierge, myst. t. n, p. 24 8. Il y aura toujours des barbares et des fourbes qui fomenteront l'intolérance ; mais ils ne l'avoueront pas, et c'est avoir gagné beaucoup, volt. Dict. phil. Tolérance. Les passions aveugles que l'âme, ce principe de la connaissance, ne peut ni produire, ni fomenter, buff. Nature des anim. De nouveaux troubles ne seront-ils pas habilement fomentés pour justifier cette même procédure qui....? MiBABEAU, Collection, t. m, p. 47. || 4* Se fomenter, e. réjl. Être fomenté, entretenu. Une dangereuse et libertine critique se fomentait parmi nous; quelques auteurs catholiques s'en laissaient infecter, Boss. dans le Dict. Ue dochez.

— HIST. XIV* s. Et soit fomentée la plaie en vin chaud, H. DE «ONDEViLLE. f" 57, verso. Il XVi* s. Dieu, par sa miséricorde, daignant à l'adventure, fomenter par ces bénéfices temporels les principes d'une telle quelle brute congnoissance que la raisou naturelle nous a donnée de lui, mont. 11, 240.

— ÉTYM. Prov. et espagn. fomentar; ital. fomentare; du lat. fomenlare, defomentum, action de réchauffer , contracté de fovimentum, de fovere, réchauffer.

t PONÇAGE (fon-sa-j") , t. m. Action d'enfoncer. Le fonçage des pieux.

— ÉTYM. Foncer 4.

t FONÇA ILLES (fon-sâ-U', Il mouillées), *. f. plur. Il 1° Planches qui portent la paillasse d'un lit. Il 2° Pièces dont on fait le fond des tonneaux. Il se dit en opposition à longailles.

— ÉTYM. Fond.

t FONCE (ton-s') ou FONCET (fon-sè), ». m. Nom d'un bateau de rivière quelquefois très-grand, puisque Aubin (en I702) constate qu'il y avait des foncets longs de 27 toises [5S-,62], jal. Pour un bateau d'aval, comme foncets, cabotiers, grandes toues et autres portant chefs ou quilles, arrivant dans les ports au-dessus du Pont-Neuf, Déclar. 22oct. 474 5, tarif

— HIST. XV" s. Et apperceurent un fonsset, qui estûit en la rivière; et passoient ceux de la bastille de Brieoultre pardessus ledit fonsset, al.chartier,

Uist. de Charles Vil, p. 4 15. || xvi* s Autres

navires qui naviguent par la mer que chascun congnoist, comme sont fonces, hourques , ant. de conflahs. Faits de la marine, art. Rouen, dans

4. FONCÉ, ÉE (fon-sé, sée), part, passé de foncer 4. || 1° Garni d'un fond. Tonneau foncé. I) 2° Creusé. Puits foncé. || Trou foncé, trou pratiqué dans une pièce de bois, mais sans en percer toute l'épaisseur. |{ 3" Fig. Qui est de la nuance la plus sombre d'une couleur. Bleu, vert foncé. Si le feuille-morte n'était pas trop foncé, dancourt. Vert galant, se. 26. La teinte de la partie supérieure du corps était plus foncée que la teinte de la partie inférieure, Bt FF. Ois. t. vi, p. 36, dans pougens. Il Fig. Ses opinions sont d'un rouge foncé, il appartient au parti des démocrates les plus ardents, les plus radicaux. || Au xvu* siècle on disait enfoncé (voy. ce mot à la remanjuB).

2. FOVCÉ, ÉE (fon-sé, sée), part, passé de foncer 2. Oui a un certain fonds d'argent. Cet hommelà est foncé, il est bien foncé. Peu usité. || Fig. Habile en cert.iines choses. Vous ne l'embarrasseriez pas facilement sur ces matières, car il y est foncé, bien foncé. Peu usité.

f FONCEAU (fon-sô), s. m. || 1" Synonyme da

FON

boswtte, en parlant du mors du cheval. || 2- Rondelle lie bol» sur laquelle se construit le pot à fondre les malièra» sorvanl i faire le verre. || 3° Petit talion.

iiiST. XVI* s. Fonceau du canon [du mors] ,

COTCRAtrl.

— ETVM. Fond.

f FO.NC.f.K (fon-sée), t. f. Terme d'ardoisiire. Les parties qui forment le fond de l'ardoisière i mesure qu'on l'exploite.

■(• FONCKMK.VT (fon-se-man) , *. m. Action de creuser dans la terre. Le foncemcnt d'un puits au travers des .salilcs mouvants et aquifères.

— ÉTYM. Foncer t.

4. FUNCKR (fon-sé. Le e prend une cédille devant o et 0 .-fonçant, fonçons), v. a. || 1" Mettre un fond i un tonneau. || Terme de cuisine. Préparer un morceau de pâte pour faire le fond d'un pJté, d'une tourte, etc. || 2" Terme de fabrique. Foncer la soie, faire baisser la soie apris qu elle a été levée pour y lancer la navette. || Foncer du pied, faire descendre tout l'assemblage des platines à plomb, dans les milliers i bas. {| 3° Kenilre unie autant que possible la pâte du |)aln de sucre. || 4° Foncer un puits, le creuser. || B* Kig. Charger une couleur, la ren'Ire plus sombre par la teinture. || 6' V. n. Fig. et populairement. Se jeter sur quelqu'un. Il a foncé «ur moi. || 7" Se foncer, c. ré/l. Devenir foncé. Cette couleur se fonce au soleil.

— IIIST. xvi* s. Iceulx canons furent là assis et foncez par dessus (garnis d'un plancher], en manière que toute l'autre artillerye et les gens de pied y passèrent tous seurement^ jean d'alton, Annotes d* Louis SU, ms. f» 60, dans hcurne. Les beaux pères ne portent point de chausses foncées [ayant un fonill, BAS. Pant. n, (6. Il y a bien peu d endroits en la terre qui ne soient foncez de pierre d'une espèce ou d'autre, palissy, 4î. Tonneaux foncés des deux bouts, o. iiK serrks, 2î2. Non, non, jamais une besle sauvage Ne mil rempart sur le bord des fos-ez ; Par elle aussi onc ne fuient foncez [garnis de fonds , construits] Les grands vaisseaux vis à vis du rivage, pebbin. Poésies, p. 6i, dans LACURNE.

— ÊTVM. Fond.

2. FONCER (fon-sé. Le e prend une cédille devant a et 0 ; fonçant, fonçors), c. f». Terme vieilli. Fournir dos fonds, de l'argent. || Foncer à l'appointement, fournir aux dép nses nécessaires.

— lllST. XV* s. S'il p.aisl, s'il est beau, il suffit. S'il est prodigue de bes biens. Que pour le plaisir et déduit 11 fonce, et qu'il n'espargne rien, co- OOiiLART, les DroUi nouvcaulx. \\ xvi* s. F.t fussiez vous le plus beau fi!z du monde, 11 fault foncer [financer), ou je veux qu'on me tonde, Si vous mettez jamais pied & l'estrleu , i. uarot, v, Ht. Pour ■e rudimer de cette vexation [refus de sépulture] , les amis et héritiers du défunt esloient contraints foncer le poignet des officiaux , archidiacres et autres juïes d'eglise [leur payer une somme], pas- OUIER, Hecherchn, liv. m, p. 254, dans lacubnb. Les trahisons envers leurs adversjiires qui foncent mieux à l'apointeinenl et leur enflent mieux les bourses, n. Esr. Apal. pour llérod. p. *. Pour eslre aimé, il faut foncer pecune, BOO. colleryb, Œuv. p. O», dans LACtJBNE.

— ÊTVM. Fonds.

1 1 . FONCKT (fon-sè) , ». m. Voy. PONCE.

I 2. FONCtrr (fon-sè), s. m. Terme de serrurerie. Plaque de fer qui sert à couvrir les parties de la serrure dans lesquelles la clef tourne.

— ETYM. Sans doute un diminutif de fond.

t FO.NCEUR (fon-seur), s. m. Terme de fabricant de papier peint. Ouvrier qui fait le fond du papier avec la brosse, avant qu'il soit imprimé.

— ETYM. Fond.

FOXr.lKR, 1ERE (fonsié, siê-r'), adj. || 1* Oui est rebètif à un fonds de terre. Propriétaire foncier. Il Terme de droit coutumier. Seigneur foncier, celui qui était seigneur du fonds. || Justice foncière, juridiction ipii appartenait au seigneur, bailleur du fonds. Il 2* Qui est établi sur le fonds d'une terre. Rente fonci."'re. Charges foncières || Impflt foncier, impM établi sur le fonds d'un terrain édifié ou non 11 Crédit foncier, voy. crédit. || S. m. Le foncier, l'impôt foncier. Cette ferme acquitte tant de foncier, jj 3* Avalanches foncières, celles qui. étant form-^cs d'une neige trés-compacte, détruisent tout ce qu'elles rencontrent. || 4* Kig. Qui pénètre jusqu'au fond. Un orgueil foncier qui étoulTe la vertu dis sa semence, et, ne cessant de la persécuter, la corrompt non-seulement quand elle est ui^, mais encore quand elle semble avoir pris son

FON

accroissement et sa perfection, Boss. ConcupUe. 34. Kxaminor jusqu'à quel point Dieu a voulu que nous connussions le secret de son ouvrage, et s'il ne voit pas dans la nature des corps comme dans clic des esprits quebjue chose de plus caché et de plus foncier, pour ainsi dire, que ce qu'il en a découvert i notre faible raison, id. e* arert. 29. || 6* Fig. Habile, qui connaît le fond des choses (sens vieilli). H. de Chevreuse était toujours en garde contre eux [les jésuites], comme plus foncier que M. de Beauvilliers, moins livré aux entreprises de Rome, st-sih. .105, 227. Il 6' S. f. Foncière, lit d'ardoises. ||7* Foncière, terme de point d'Alençon (dentelle réseau),

voy. PONDEUSE.

— lllST. xvi*s. Les titres, quaittez et noms des seigneuries ou cours foncières sont divers; car les unes sont dictes simplement foncières, les autres très foncières; autres ont cours tenables par maires et esclievins; les antres sont composées de sire et hommes ; et chacun demeure aussi pour ce regard en ses droits comme d'ancienneté , Nouv. cousl. ginér. t. ii, p. 346. Le seigneur foncier est celui auquel les cens, saisines et desaisines, ou la rente foncière, ou les loyers sontdeus, d'autant qu'il est seigneur direct du fonds de k terre, LAinuèRB, Gloss. du droit fr.

— ETYM. Fonds.

FONCIÈRKMENT (fon-siè-re-man), adv. \\ 1* X fond. Il sait foncioremenl cette affaire. || 2° Dans le fond. Albergotii était un homme trùs-dangereux et foncièrement mallionnête homme, st-sim. (46, i2».

— ETYM. Foncière, et le suffixe ment.

f FONCINE (fon-si-n'), ». f. Sapin foncine, locution aujourd'hui inusitée , signifiant sapin pour faire les fonds. Pour un chariot chargé de sapin foncine entrant par eau, est Ad.... Déclarât. 2a oct. 47(5, tarif.

t FONÇOIR (fon-soir), ». m. Outil de forges en forme de marteau, dont la panne est ti-anchante.

— ÉTYM. Foncer i.

FONCTION (fon-ksion; en vers, de trois syllabes), t. f. Il 1* Action propre à chaque emploi. Vaquer à ses fonctions. Faire les fonctions de sa charge. Néron dit qu'il conserverait toujours au sénat sa fonction et sa dignité, d'ablancourt. Tacite, 387. Le discernement est la principale fonction du juge, et la qualité nécessaire du jugement, boss. Sermons, Providence, 4. Un roi pacifique qui ignore la guerre , est roi très-imparfait , puisqu'il ne sait point remplir une de ses plus grandes fonctions, qui est do vaincre ses ennemis, ?t». Tél. v. Un roi doit gouverner en choisissant et en conduisant ceux qui gouvernent sous lui; il ne faut pas qu'il fasse le détail ; car c'est faire la fonction de ceux qui ont à travailler sous lui, ID. ttl. xxu. Les hommes qui ont fait les fonctions des dieux sur la terre, m. «6. xix. Los chevaliers déclarés portaient les livrées de leurs maîtresses, leurs armes et quelquefois leurs noms; leur fonction était de ne les point quitter en public et de ne les point approcher en particulier; de leur servir partout d'écuyers, et, dans les carrousels, de chamarrer leurs lances, leurs housses et leurs habits des chifTi'Cs et des couleurs de chaque Dulcinée, HAMILT. Gramm. 4. Pausanias remplissait les fonctions de la royauté, comme tuteur et le plus proche parent de Plistarque, fils de Léonide, encore enfant, rollin. Uni. anc. Œuv. t. lit, p. 298, ilans pouoENS. || Par extension. Les saintes fonctions, l'accomplis-sement des saints devoirs de la religion. Mais un esprit ardent aux saintes fonctions, COBN. /mil. I, 25. Cessons de pensera notre héroïne pour admirer la tendresse et la pieté de son illustre fille; nous l'avons vue deux ans entiers dans toutes les fonctions do la charité : tantôt elle employait ses pieuses mains au soulagement de la malade, tantôt elle les levait au ciel pour demander i Dieu sa santé, flécuieh, Urne de Vontausier. || Fig. Faire fonction de, tenir lieu de. Ce couvercle fait fonction de soupape. Il 2* L'emploi, la charge mcme. Fonction publique. Kntrer en fonction. Je l'ai vu en fonction. || 11 se dit en ce sens souvent au pluriel. Il a repris ses fonctions. Être dans l'exercice de ses fonctions. Il 3- Dans l'économie animale et dans le lang.ige ordinaire, l'action des différents organes. Les fonctions des sens. La fonction de cet organe , de ce muscle. Les connai.ssances qui résulteront un jour de l'application de la chimie i l'étude des corps vivants et de leurs fonctions, nous offriront peutêtre contre nos maux des ressources que nous n'oserions prévoir aujourd'hui, coNDORCET, Margraaf. Il Faire bien ses fonctiont, bien manger, bien

FON

digérer, bien dormir, etc. Et son corps a, tout

sain, libres ses fonctions, RécNiKR, Sat. xiv. || Pai extension. On n'a tous deux [mari et femme] qu'un coeur qui sent mêmes traverses; Hais ce cœur a pourtant ses fonctions diverses, coBX. Poly. i, 3. Ce changement est nécessaire 1 l'esprit pour remplir les fonctions de su nature, boulainvillieks, néfut. de Spinosa , p. J37. On sent aisément que vouloir, juger, etc. ne sont que ditlérentes fonctions de notre entendement, volt. Lett. prince dt Prusse , sur la liberté, Circy, oct. 4 737. ||4* Dans le langage strict de ^la physiologie, mode d'action des appareils, acte spécial que chacun d'eux eié cute. Chaque appareil n'accomplit qu'une seule fonction : l'appareil intestinal ne fait que digérer; l'appareil respiratoire ne remplit pas d'autre fonction que celle do respiration. {| Fonctions de la vie végétative, ou fonctions végétatives, celles qui sont relatives i la nutrition et à la reproduction. Fonctions de la vie animale ou fonctions animales, celles qui sont exclusivement propres aux animaux. Il 6* Terme de mathématique. Une quantité est dite fonction d'une autre quand elle en dépend , que cette dépendance puisse ou non s'exprimer analytiquement. || 6* Terme de mécanique. Fonction des machines, l'accomplissement des conditions qu'ime machine doit remplir pour exécuter tous les mouvements qui lui sont propres. || 7* Terme de chimie. Fonction d'un corps, l'enseaible des propriétés qu'il possède. Il 8" Terme de tj-pographie. Action de tremper le papier, de le remanipr; de garnir ou dégarnir les rouleaux, etc. pour les ouvriers qui travaillent i la presse. Se dit des impositions, corrections, épreuves, etc. potir les ouvriers compositeurs.

— HIST. rvi* s. A il le corps propre à ses fonctions, sain etalaigre? moht. i, 335.

— ETYM. Lat. functionem, de fungor, je m'acquitte.

FONCTIONNAIRE (fon-ksio-né-rl , ». m. et f. Celui, celle qui remplit une fonction. Un fonctionnaire public. Les hauts fonctionnaires.

— ETYM. Fonction.

t FONCTIONNANT, ANTE (fon-ksio-nan, nan-t*) , adj. Qui est en train de fonctionner, qui peut fonctionner. Machine fonctionnante.

t FONCTIONNEL, ELLE ( fon-ksio-nèl, nW) , adj. Terme de physiologie. Oui a rapport aux fonctions. Il Balancement fonctionnel, ropport existant entre l'énergie ou l'activité de deux ou plusieurs fonctions. || Maladie fonctionnelle , maladie supposée ne porter que sur les phénomènes dynamiques, et que, dans l'état actuel, on ne peut rattachera l'état anatomique d'un organe lésé. || On dit dans le même sens : trouble fonctionnel.

— ETYM. Fonction.

t FONCTIONNELLEJIENT (fon-ksio-nè-le-man), adv. Il 1" Relativement à une fonction, à des fonctions, pour la même fonction. Ces personnes, ces objets sont liés fonctionnellcmcnt , legoarant. !i 2* Par rapport aux fonctions du corps. Etudier un phénomène vital, anatomiquemcnt dans l'organe , fonctionnellcmcnt dans les effets produits.

— ETYM. Fonctionnelle, et le suffixe ment.

t FONCTIONNE.MENT (fon-ksio-ne-man) . ». m. Néologisme. L'action d'une machine, la manière dont elle fonctionne. La force de l'explosion [un coup de foudre] montre le bon fonctionnement du paratonnerre. || Il se dit aussi d'établissements. L'amortissement, dont le fonctionnement est depuis longtemps suspendu. || Il se dit enfin des organes du corps vivant. Le fonctionnement des glandes coïncide avec une accélération du cours du sang.

— ETYM. Fonctionner.

FONCTIONNER (fon-ksio-né) , t>. n. Fiire sa fonction. 11 se dit surtout du jeu des machines. Cette machine fonctionne bien. I{ Par extension. Son estomac fonctionne m.il. || Il se dit aussi de certains établis-sements. I-'amorlissement a cessé de fonctionner. || Il se conjugue avec l'auxiliaire aroir.

— ÉTYM. Fonction

FOND (fon ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas excepté dans la locution de fon-t en comble; au pluriel 1'» se lie : des fon>z inconnus), », m. Il 1' Ce qu'il y a de plus bas dans une cavitt', dans une chose creuse ou profonde. Le fond d'un va.se. Il roule au fond de l'abime. Le fond des enfers. Et que la vérité, que chacun se propose. Est dans le fond d'un puits.... REGNARD, Démotr. I. 2. Ils racontent comment ils ont trouvé le fond de chaque ravin rempli de casques, de shakos, de coffres enfoncés, d'habillements épars, de voitures et de canons.... •*>

FON

otm, Hitt. de Nap. x, s. || Toucher au fond, toucher le point le plus bas, le plus enfoncé; et fig. toucher au terme. Cette fois on n'eut pas besoin d'aller les chercher au loin [les Russes].... ce fut une joie générale: enfin cette guerre vague, molle, mouvante, oii nos elTorls s'amortissaient, dans laquelle nous nous enfoncions sans mesure, s'arrêtait; on louchait au fond, au terme, et tout allaitctre décidé, ségur, Hist. de Nnp. vu, 6. || Terme d'architecture. Fond de cuve, cr<;ui dont les angles ne sont point carrés, mais arrondis. || Fossé à fond de cuve, celui qui est escarpé des deux côtés. || Fig. et populairement. Déjeuner, diner à fond de cuve, déjeuner, dîner am plemnnt. || KIg. et familièrement. Le fond du sac, ce qu'il y a de caché, de mystérieux dans une affaire. Il II ne faut point qu'on sache le fond de notre bourse, c'est-à-dire il ne faut pas qu'on sache ce que nous avons de bien. || Terme de marine. Fond décale, la partie inférieure de la cale; autrefois fond de cale se di.sait pour la cale même. || Fig. et populairement. Être à fond de cale, être au bout de son argent ou de ses ressources. || 2° Ce qui est , ce qui reste au fond, te fond de cette bouteille est trouble. || 3° Le sol sur lequel repose la mer, une rivière, etc. Un ordre, cher Osmin, L'a fait précipiter dans le fond de l'Euxin, «ac. Bajax. i, (. Un effroyable cri sorti du fond des flots, id. l'hèd. v, 6. Le Pô, depuis l'époque où on l'a enfermé de digues, a tellement élevé son fond que la surface des eaux est maintenant plus haute que les toits des maisons de Ferrare , cuvier , llév. p. «66. Il Fig. C'est une mer sans fond et sans rive , se dit deschosesqui dépassent la portée de l'esprit humain. || C'est une affaire, une question qui n'a ni fond, ni rive, c'est une affaire, une question fort embrouillée. || Couler à fond, voy. couler. || Fig. Couler à fond, ôter le crédit, ruiner. Mme de Maintenon, à qui il [Harlay, archevêiiue de Paris) avait déjà déplu, l'avait coulé à fond, st-sim. .•12, <i 2. Entrant alors dans toutes les vues de Grimm et de la coterie holbachique, elle unit ses efforts aux leurs pour me couler à fond, J. J. houss. Conf. x. || On dit de même : Il s'est coulé à fond. || Traiter, expliquer compléS3ment. C'est une matière qu'il faut couler à fond. Coulons à fond les prélats [achevons de parler des prélats] : M. de Troyes surprit le monde par sa belle et courageuse retraite, stsim. *6, 3). Il Couler à fond une affaire, l'achever complètement. |{ Terme de jeu. Couler les cartes à tond, tenir la main, avoir la main jusqu'à la dernière carte. || Aller à fond, écarter jusqu'à ce qu'il ne reste plus de cartes au talon. || 4* Terme de mer. Superficie de la terre, au-dessous de l'eau, qu'on distingue par l'addition de divers autres mots, suivant la diversité des terres. On dit : fond de pré, lorsque la terre sous l'eau est couverte d'herbe ; fond de vase ou vasard ; fond de sable ; fond de son, lorsque le sable est couleur de son; fond de bonne tenue, fond bon pour l'ancrage; tond de cour ou fond curé , se dit d'un fond de mer où il n'y a ni sable ni vase. {{ Sonder le fond, s'assurer avec la sonde de la nature du fond. Il Donner fond, jelter l'ancre ou mouiller. Nous donnâmes fond par six brasses. || Hauteur d'eau. Il y a peu de fond. Vingt brasses de fond. |[ Haut-fond , fond qui s'élève presque jusqu'à la superficie de l'eau et où les bâtiments risquent de toucher. Nous présumons encore que non-seulement le Groenland a été joint à la Norvège et à l'Ecosse , mais aussi que le Canada pouvait être uni à l'Espagne par les bancs de Terre-.^euve, les Açores et les autres Iles et hauts-fonds qui se trouvent dans cet intervalle de mers, bdff. 6' époq. nat. (Euv. t. xii, p. 276, dans pougens. || Bas-fond, voy. BAS-FOND. Il Les marins distinguent les basfonds des hauts-fonds, en ce qu'on peut naviguer sur les premiers, qui ne sont pas dangereux, tandis qu'on ne peut naviguer sur les seconds qui le sont; mais le langage vulgaire confond souvent, à tort, ces deux termes. Les voyageurs assurent que la navigation est très-difficde sur la mer Noire et sur la mer Caspienne, à cause de leur peu de profondeur et de la quantité d'écueils et de basfonds qui s'y rencontrent , buff. Ilist. nat. 2' dise. Il Petit-fond, la hauteur d'eau qui est sous un biltlment. Êlre mouillé sur un petit-fond, se dit lorsqu'un bAliment touche presque le fond de l'eau. Il Terme de pêche. Pécher par fond, se dit quand les haims ou les filets chargés de plomb reposent sur le fond de la mer. || Il se dit aussi à la pf clie à la ligne, la pêche lie fond. Une bgne de fomi. || 5° Terrain considéré par rapport à sa fermeté, à sa composition , pour fonder, bâtir, etc. Un fond d'argile.

FON

BAtir sur un fond peu solide. || Terme d'architecture. Tourelle montant de fond , tribune montant de fc<id, tourelle, tribune, reposant sur des fondations , par opposition aux ouvrages d'encorbellement. || Fig. Faire fond sur quehju'un, sur quelque chose, y compter fermement, s'en faire un appui, un auxiliaire. Puis-je faire aucun fond sur la foi qu'on me donne? corn. Sophon. iv, 3. Quel fond prétendez-vous faire sur les paroles de ce bref? PASC. Prov. 17. Les choses sur quoi il est permis de faire fond, la bruv. x. Le peu de fond qu'il y aà faire sur les hommes, mass. /lient, 17. du Pi'ch. Il ne faut point faire de fond sur ces récits populaires, MOSTESQ. Espr..xx\, 1 1. Il 6" La partie la plus reculée, la plus profonde, la plus retirée. Le fond d'une boutique. Il y a beaucoup d'apparence que ce port est le même que celui où est aujourd'hui située la ville de Suez au fond de la mer Rouge, bollin, Ilist. anc. Œuv. t. m, p. i07,dans pouoens. Il [Démocrite] alla chercher jusqu'au fond des Indes les richesses de l'érudition, et ne se soucia guère des trésoi'S qu'il trouvait presque à sa porte dans un pays abondant en mines d'or et d'argent, m. ib. liv. XXI, ('• part. ch. m, art. 2, § 2. Tranquilleau fond du Louvre, et loin du bruit des armes, Mes sens d'un doux repos goûtaient encor les charmes , volt. Ilenr. ii. Ruyter vient à son secours du fond du Zuiderzée, passe le détroit, et joint à vingt vaisseaux espagnols vingt-trois grands vaisseaux de guerre, m. Louis JIV,Vi. J'ai porté mon courroux, ma honte et mes regrets Dans les sables mouvants, dans le fond des forêts, m. Alz. ii, t . Candide, qui était naturellement curieux, se laissa mener chez la dame, au fond du faubourg Saint-Germain, iD. Cand. 22. Je ne saurais revenir de ma sui-prise qu'on fasse si bien des odes françaises au fond de l'Allemagne, in. Lett. au prince de Prusse, déc. I737. || Fig. Du fond de sa misère il crie vers le ciel. || Le fond d'un cloître se dit quelquefois pour un cloître, un couvent. Il alla mourir au fond d'un cloilre. Il Le fond de l'œil, la partie la plus profonde de l'œil. Le plus grand angle que puisse faire un objet dans l'œil est proportionné à la grandeur du fond de l'œil, buff. Hist. nat. homme, t. iv, p. 4C3, dans POUGENS. Le fond de l'œil est comme une toile sur laqueUe se peignent les objets; ce tableau a des parties plus brillantes, plus lumineuses, plus colorées que les autres parties, id. ib. p. 45t. {| Le fin fond, le fond le plus reculé. C'est-à-dire, mon cher, en fin fond de forêts, iioL.Fdch. n, 7. J'irais pour vous au tin fond de la France, volt. Nan. 11 , 5. En fin fond de province il l'a contrainte à fuir, LACHAUSsÉE, Préj. à la mode, 11, 9. || 7° Côté de ceitaines cavités opposé à l'ouverture. Le fond de ce coffre est percé. Les panneaux qui forment le fond d'une armoire. || Boîte à deux fonds, à double fond, qui a un double fond, boîte qui s'ouvre des deux côtés, ou boîte qui, sous un premier fond, en a un autre , de sorte que l'on peut cacher quelque chose entre les deux. || Le fond d'un chapeau, la partie du chapeau opposée à l'ouverture. || L'assemblage de petites douves qui ferme un tonneau. Mettre un fond à un tonneau. || Le fond d'un carrosse , la partie opposée aux glaces du devant. N'est-ce pas pour être vu dans un même fond avec un grand? la brut. xi. || Carrosse à deux fonds, celui où le siéfre qui est sur le devant est égal au siège qui est sur le derrière. Ma compagne et moi nous remplissions le fond du devant ; celui de derrière était occupé par un homme âgé, indisposé, et par sa femme, mariv. ilarianne, 2' part. {[ 8° Terme de marine. Fond d'un navire, la partie de la carène correspondante aux varangues. Il est nécessaire que vous preniez bien garde que cette frégate soit forte de bois par les fonds, et extrêmement légère à la voile, seignelay, à Desclouzeaux, (6 fév. (678, dans ial. || Fond de la hune, espèce de plancher que l'on porte sur le banc de la hune. || Fond d'une voile, partie inférieure comprise depuis le centre jusqu'à la ralingue d'en bas. || 9" Un fond de lit, le châssis qui porte la paillasse. || Table de dessous d'un violon, d'une guitare. Il Fond de bain, le linge dont on revêt par propreté l'intérieur d'une baignoire. || Un fond de pantalon, la partie de derrière. Mettre des fonds à un pantalon, à une culotte, garnir avec des pièces le derrière usé d'un pantalon, d'une culotte. || Morceau de mousseline ou d'autre étoffe destiné à recouvrir dans un bonnet le derrière de la tête. || Le fond d'un artichaut, le réceptacle charnu qui porte les feuilles, vulgairement un cul d'artichaut. Le fond d'un artichaut est formé et creusé en ligne courbe, et le nom de cul ne lui convient en aucune

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manière, tolt. Dtcl. phil. Cul. jj 10° Terme de tisserand. La première ou plus basse tissure sur laquelle on fait un dessin ou un nouvel ouvrage. Velours i fond d'or, jj Fig. Je ne le crois pas rampant [le sujet d'Irène); mais je le crois beaucoup plus approchant du naît que du sublime; c'est un combat éternel de l'amour et de la vertu ; le fond de l'étoile est agréable, miis elle ne peut pas être nuancée, volt. I.elt. d'Aryeiilal, l"janv. 1777.11 L'étoffe même sur laciuclle on fait qucl(|ue broderie. Broder sur un fond de salin, sur un fond vert. || 11" Réseau qui sert d'assiette aux dessins pour les dentelles. || Terme de point dA- Icnçon. Le fond, point liouclé fait avec un fil plus gros que celui des autres points dans la dentelle réseau. || 12° Terme de peinture. Le champ d'un tableau sur lequel les figures se délachcnl. Une figure qui se détache en brun sur un fond clair. Il Terme de gravure. Fond bhmc, se dil des blancs du papier que l'on conserve dans l'impression des estampes, etc. || Terme de peinture en bâtiments. Nom des premières couches, lorsque celles-ci sont recouvertes par d'autres que l'on nomme couches de teinte, jj Par extension. Le fond de son plumage est brun, foncé aux pennes de l'aile, buff. Ois. t. Iiv, p. 173, dans pouge.ns. Nous retrouvons dans ce merle d'Amérique le même fond de couleur qui règne dans le plumage de notre merle ordinaire, id. ib t. VI, p. (01. Il 13° Les plans les plus reculés d'un paysage. Le fond est occupé par des arbres, par une rivière. || La représenlalion du lieu de la scène dans un tableau. Un paysage sert de fond au tableau, fait le fond du tableau. Fond d'archileoture. Des arbres occupent le fond du tableau. Sur le fond, une mêlée de combattants, dideb. Sal. de 1765, Œuvres, t. xiii, p I89, dans poloens. Il 14° Au théâtre, la décoration qui forme le fond de la scène. Toile de fond. Le fond représente une forêt. Il 15" Fond de miroir, le derrière du miroir. Il 16° Fig. Ce qui fait comme un fond, comme un fondement, comme quelque chose de permanent. Et n'est-ce pas sans doute un crime punissable De gâter méchamment ce fond d'âme admirable? mol. Éc. des femmes, m, t. C'est un fond de rage muette: un chien ne parait point enragé, il semble qu'il soit sage, et cependant il est profondément dévoré de cette rage, sÉv. 566. L'âme est indivisible, et on peut bien en diviser l'opération, mais non pas la partager dans son fond, boss. Conn m, a. Kn vertu de la sensation précisément prise, nous ne connaissons rien du tout du fond de l'objet, id. t'b. 8. Mais, pour dire la vérité dans toute son étendue, ce n'est ni l'erreur ni la vanité qui ont inventé ces noms magnifiques (de grandeur et de gloire); au contraire, nous ne les aurions jamais trouvés, si nous n'en avions porté le fond en nous-mêmes. H). Duch. d'Orl. Il est temps de faire voir que tout ce qui est mortel, quoi qu on ajoute par le dehors pour le faire paraître grand, est, par son fond, incapable d'élévation, ir. ib. Le culte des hommes morts faisait presque tout le fond de l'idolâtrie, m. Ilist. 11, 6. L'humilité qui faisait le fond du christianisme, m. ib. <2. Le divin est le fond de ces livres, id. ib. I3. Jamais ils ne conntiiviit le fond de l'art militaire, 11). ib. m, 5. L» l)Dd y est le même [chez les grands] que dans les conditions les plus ravalées ; tout le bas, tout le faible et tout l'indigne s'y trouvent, la BRUT. IX. Vous avez l'apparence de la pieté, mais vous n'en avez pas le fond, mass. Carême, Culte. Les plaisirs ne sauraient plus égayer ce fond de tristesse, id. client. Co«c. On ne voudrait pas flétrir une femme sur le fond de sa conduite, m. Carême, Médis. La bonté n'était pas seulement une de ses vertus, c'était son fond; c'était lui-même, m. Or. (un. Dauphin. Le fond de l'homme reste, il est partout le même; Persan, Scythe, Indien, tout défend ce qu'il aime, volt. Sajihes, iv, ). Arsinoé joue précisément le rôle de la femme du malade imaginaire, et Prusias celui du malade qui croit sa femme ; très-souvent des scènes tragiques ont le même fond que des scènes de comédie, id. Cumm. Corn. Rem. Nicomède. L'abbé de Saint-Réal, qui a écrit cet événement célèbre avec le style de Salluste, y a mêlé quelques embellissements de roman; mais le fond en est très-vrai , id. i/œurs, IS6. Vous m'avez écrit de Moscou une lettre telle qu'on n'en écrit point de Versailles, soit pour le style, soit pour le fond des choses, id. Lett. Schouvalof, 12 fév. 1708. Il est aisé de voir que goddam est le fond de la langue, beaumarch. àlar. de Fig. m, 6. Enfin, sans tous ces motifs d'ardeur, le fond de l'arméf était bon, et toute bonne armée veut la guerre, si-

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00», Hitt. de Nap. ut, ». || Populairement. Pour commencer, mangoz un poUge ; c'est ou cela fait UD bon foiiil ilnslomac. || Un fond de vérité, de raiion, •« dit pour exprimer qu'il y a quelque :bOM do Trai, do raisoniiahle dans une chose. Il y a un fond de vérité dans ses plaintes. || Venir au fond des choses, et, simplement, venir au fond, eiaminer complètement , s'cipliquer sans détour. Cependant de quoi s'agit -il? venons au fond, MASS. Carême, Riche. || On dit de même : entrer dans le fond, pénétrer le fond, trouver le fond. Pénétrons le fond de ses artiflces, BOss. Ilist. u, i. Nous trouverons le fond d'un si grand mystère, m. ib. 11,(0. Il 17' Terme de manège. Avoir du fond, te dit d'un cheval qui supporte un long exercice sans se fatiguer. || On dit dans le même sens qu'un nomme a du fond, quand il peut suppoiter le travail, la fatigue, etc. Kn un autre sens on dit qu'il a du fond , quand il possède des connaissances solides. Il 18° Terme de procédure. Ce qui fait la matière du procès. Plaider, conclure, statuer, juger au fond. Le fond et la forme d'un acte. Souvent la forme emporte le fond. || 19 ' Fig. Ce qu'il y a de plus intime, de plus caché dans le cœur. Ktvous reconnaîtrez que dans le fond de l'âme Je prends comme je dois l'intérêt d'une femme, corn. Thiod. i, ♦. Explique, explique mieux le fond de ta pensée, lo. Héracl. i, 3 N'est-ce point oublier ce qu'on vous doit d'honneur Que demander à voir le fond de votre cœur? m. Sertor. Ii, 2. L'apparence t'abuse, il m'aime au fond de l'âme, m. ib. ii, 3. Pour vous montrer le fon<l de toute mon estime, ID. Suréna, 111, s. L'homme ne voit les choses que parle dehors; mais le Seigneur voit le fond du cœur, SAti, Bible, Roù, XVI, 7. Dans le fond de ton cœur je sais que tume hais, rac. Brit. v, t. Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur, li>. Phèdre, iv, ». La joie était au fond de son cœur, fèn. Tél. vu. Il 20" Donner le fond aux peaux, les faire tremper k froid et les fouler dans une composition qui leur donne le lustre. || Donner le fond aux feuillets de baudruche, les humecter avec quelque liqueur aromatique, dans les ateliers où l'on réduit l'or en feuilles. || 21° Cartes du premier fond, se dit des cartes qui formentia première nuance de blancheur et de finesse. || Cartes du second fond, celles qui offrent la plus faible nuance du blanc, tirant sur le gris. Il 22° Terme de tapissier. Tctc ou ganse d'une frange sur laquelle se montent les ornements. Il 23° Faux-fond, plaque circulaire rapportée sur le palitre d'une serrure, et sous laquelle est rivée la broche. || 2i° De fond en comble , loc. adv. De la base au sommet. Détruire un monument de fond en comble. U bâtit de fond en comble celui de Jérusalem, et il en fit une très-forte citadelle, volt. Dkt. phil. Christianisme. Ce fut dans ce temps-là même que la nouvelle ville d'Êpidaure, sur la mer Adriatique, fut renversée de fond en comble, et le cours de la rivière sur laquelle elle était située fut changé et très-diminué, m. Triumv. Note. L'opéra, qui vient d'être brûlé de fond en comble, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 2» juin tisi. || Fig. Entièrement, radicalement. Ruiner une personne, un système de fond en comble. || 26' À fond , loc. adv. Complètement, jusqu'au bout. Examiner les choses à fond, PASC. Prov. 3. Mille chapitres que nous n'avons pas le temps de traiter à fond, sév. H». F.n ne me disant pas les choses assez à fond, «oss. Lett. Corn. n. s'il ne trouve pas jour aies frustrer à fond, la iiruy. xiii. Le chevalier ne savait pas l'histoire à fond, hamilt. Gramm. s. Connaissant à fond ces deux méchants hommes, fén. Tél. xiii. Nous parlerons à fond quand j'aurai bu deux coups, uEsTot'CHEs, Phil. mar. ii. a. Il vaut mieux que les enfants sachent peu de choses , pourvu qu'ils les sachenlà fond et pour toujours, bollin, Trailédes Et liv. I, ch. 3. Il Familièrement. Diner, souper à fond, diner, souper amplement. Je vais souper à fond, puis je viendrai la prendre, et nous épouserons immédiatement après la danse, oancourt, lOpcra leur Harry, se. 2. Si Mme d'Argental n'y retrouve pas la santé, si M. de Choiseul ne soupe pas à fond, si M. le coadjuteuramal i la poitrine, volt, lett. d'ÀrgerUal, 7 août <7&u. || Charger à fond, faire une charge à fond, se dit d'une troupe qui en attaque ui.e autre avec impétuosité et acharnement. Il Fig. et familièrement. C'est une charge à fond contre cet homme, contre ce système. || À fond de train, voy. train. {126° Au fonil, dans le fond, foc. adv. Kn réalité. Dans le fond, il ne l'aimait point. tty. t7B, Au fond le roi n'avait pas été content •le la préférence qu'on avait donnée i la Fontaine sur Despi-éaux : ces deux grands po<}tes

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avaient été mis en concurrence pour la même place, OLivET, Ilist. Acad. t. il, p. 2», dans pougens. Vous n'avez que votre âge , votre air et votre visage contre vous; dans le fond je gagerais que vous avez les meilleures manières du monde, HEGNARO, Sérén. (6, Laicher, qui vous a contredit sur je ne sais quelle sottise d'Hérodote, mais qui, au fond, est un galant homme, tolérant, modéré, modeste, et vrai philosophe dans ses sentiments et dans sa conduite, d'alemb. Lett. à Voltaire, 38 dec. (772.

— IlEH. Fond, comme on voit i l'étymologie, est le même que fonds; \'s de ce dernier est i'» du nominatif de l'ancienne langue, ( qui est resiée par hasard comme dans quelques autres mots. On a voulu utiliser celte diUérencc accidentelle pour établir entre fond et fonds une dilTèrence qui d'ailleurs n'existe pas dans fundus, lequel signifie à la fois fond et fonds. Mais, comme le sens radical rt la prononciation sont les mêmes, il en résulte des rapprochements qui rendent parfois à peu près inextricable la distinction.

— HIST. XI* s. Envers les funz s'en turnerent alquant [quelques-uns], Ch. de Roi. clxxvi. Il XII* s. Cil vont al funz [de la rivière] sans nul arrestcment, Ronc. p. ((«. Lors s'entrclaisscnt courre parmi le font d'un val, ib. p. (93. || xiu* s. L'en se dort le soir là où l'en ne scet se l'en se trouvera ou fons de la mer, joinv. 2(0. Si lui en avint ainsi, que par la mcnoison [diarrhée] qu'il avoit, que il li convint le soir couper le fonz de ses braies [culottes], in. (»'i. Por ce que dons n'a font, doit chascuns garder son aise et son pooir, BRIN, latini. Trésor, p. ♦'8. j| xv* s. On pcignoit les masts des nefs du fond jusques au comble , FBOiss. 11, m, 36. Et puisque vous l'avez juré, tenez vostre parole, car, quoi qu'il me couste, j'en saurai le fond et qui peut avoir révélé mes secrets, 10. m, IV, 2(. Il XVI* s. Faire quelque chose du fin fond de son courage, mont, i, 2(7. 11 s'en alla au fin fond de l'Espaigne, id. m, (69. C'est une question desbattue au fond par les académiques, in. iv, 354, Ils meirent plusieurs de leurs vaisseaux à fond, amyot. Péric. 60. Estant donques Annibal descendu en ce fond de sac, Fabius, qui cognoissoit le pals.... ID. Fob. (5. Le fond de la terre y estoit bon, au moyen de quoy y avoit force arbres, ID. Sytla, 35. Deux cents lanciers vestus à la hongresque de Damas à fcns d'or, d'aub. Ilist. il, ((2, Le roi entreprend un retranchement de six pieds de gueule en ouvrage et en fonds, ID. ib. m, 2(9

— ÊTYM. Provenç. fons; espagn. fonda, fundo ; ital fonda; du lat. fundus, qui signifie à la fois fond et fonds, et que les étymologistes rapprochent du grec it\jO(ii)v , fond, itùvôaj, creux d'un vase ; anc. haut ail. bodam; anc. scandin. botn; sanscrit, budhna.

f FONDAGE (fon-da-j'), ». m. Action de fondre un métal, des minerais; manière dont ils ont été fondus. Tout le monde sait que, quand on commence un fondage, on ne met d'abord qu'une petite quantité de mine, un sixième, un cinquième et tout au plus un quart de la quantité qu'on mettra dans la suite, buff. Uist. min. Ut'uv. t. vui , p. (09, dans poucENS.

— ÉTVM. Fondre.

FONDA.MENTAL, ALE (fon-da-man-tal, ta-l"), ndj. Il 1* Qui seit de fondement, de fondation. Pierre fondamentale. Vous êtes destinée, ma chère fille, à être une pierre fondamentale de Saint-Cyr, «lAiNTF.NON, Lett. à Mme de la Uaisonfort, 6 févr, 1692. Saint Paul assure que Jésus-Christ est la pierre fondamentale de l'édifice, fén. t. m , p. (53. Il 2° Terme d'anatomie. L'os fondamental, le sacrum, ain.si dit parce qu'il sert de base au rachis. Je vous assure que j'ai une raison fondamentale [il avait un furoncle au derrière] de ne bouger d'ici, sur laquelle je n'ose appuyer, et qu'il n'est pas à propos de vous expliquer davantage, voit, Lett. (04, Il L'os fondamental, s'est dit aussi du sphénoïde, parce qu'il occupe la base du crâne, || .'Substance fondamentale, portion de substance homogène ou striée, ou granuleuse, qui, dans un tissu, par exemple les cartilages, les os, est intei'posée aux cavités pleines de liquide ou de cellules. |{ Membrane fondamentale . couche de subsfcincc amorphe qui forme la paroi propre des culs-de-s,ie glandulaires ou des vésicules closes des glamlcs sans conduits excréteur». || 3° Fig. Oui joue dans une chose le rAlc que joue le fondement dans un édifice. Principes fondamentaux. Iji loi fondamentale d'un Ëtat. C'était alors non-seulement un des points fondamentaux, mais encore, parmi les foodamen-

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