FOS
avoir une résolution hardie et imprudente (locution figurée pour laquelle il est difficile de trouver le sens physique et propre qui y a donné lieu ; elle semble signifier : quand on arrive au bout du champ où est le fossé, on le rencontre et on y culbute, ou bien bout est pris ici pour l'endroit où le fossé commence). || Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat, c'est-à-dire ce qu'on laisse tomber est pour celui qui le ramasse.
— HIST. XI* s. E Mahomet enz en un fosset [ils] boutent, Ch. de Roi. CLXXxin. || xm« s. Si avint qu'il vit, outre un grant fossé, un fouo [troupe] de paysans armés à la guisedoupays, C/ir. deRains,p. 21». Allons amont, et metons cest fossé que vous veez devant vous, entre nous et eux, joinv. 227. De meîsme la terre fait l'en le fossé, Ifs. de St Cerm. Prov. du vilain, ^ 7B, dans lacuhne. || xvi' s. De la vente de la graine que cueilles ches vous, en achetés d'estrangere, ce qu'il vous en faut; ainsi se fait de la terre le fossé, 0. de serres, 460.
— ÉTYM. Berry, faussé; bourguign. faussai; provenç. fossal; espagn. fossado; ital. fossato ; du lat. fossatxtm, de fossa, fosse.
t FOSSKRAGE (fô-se-ra-j'), s. m. Terme rural. Premier labour qu'on donne à la vigne.
FOSSETTE (fô-sè-f ; quelques-uns prononcent fosè-t', mais moins bien) , s.f.\\i° Petite fosse, petit creux que les enfants font pour jouer aux billes, etc. U courut jouer à la fossette, mol. Méd. m. lui, I, 5. Je revois les endroits où j'ai joué à la fossette et au cerf-volant ; ces souvenirs me font plaisir, p. l. coub. Lelt. u, 96. || Fig. Jouer à la fossette, être guéri (locution tirée du Médecin malgré lui de Molière, où un enfant, étant tombé du haut d'un clocher, se releva et courut jouer à la fossette, après qu'on lui eut fait prendre quelques gouttes d'un certain élniir). Dans trois jours, il jouera à la fossette, sév. 399. || 2° Terme de chasse. Petite fosse pour prendre des oiseaux. || 3° Petit creux, cavité que certaines personnes ont au menton ou à la joue. Dans quelques personnes, il se forme sur chaque joue, à une petite distance des coins de la bouche, un léger enfoncement que l'on appelle la fossette, biiff. Ilist. nat. hom. OEuv. t. IV, p. 298, dans pougens. || Il se dit aussi quelquefois de tout creux fait sur la peau. Ces légères fossettes que l'extrémité de ses doigts marque sur sa chair sont rendues avec une délicatesse infinie, DiDER. Salon de «765, Œuvres, t. xiii, p. 88, dans POUGENS. Il 4° Fossette de l'estomac, expression parfois employée pour désigner le creux de l'estomac.
— HIST. xiu" s. Douce alêne ot et savorée, La face blanche et colorée, La bouche petite et grocete, S'ot ou menton une fossete, la Rose, b38. Et s'il li prent de rire envie, Si bel et si sagement rie, Qu'ele descrieve deus fossetes D'ambedeus pars de ses levrotes, ib. (3657. || xiv* s. Quant l'esprevier a bouté aval sa viande et n'a rien en la fossette de la gorge, Modiis, f" xcvnr.
— ÉTYM. Diminutif de fosse.
FOSSILlî (fo-ssi-1'), adj. || 1° Terme de géologie. Qui est extrait, qui provient du sein de la terre, en parlant de certaines substances, par opposition à d'autres substances de même espèce qui proviennent d'une autre source. Sel fossile. Charbon fossile. Il 2° Qui est trouvé dans le sein de la terre, en parlant des restes de corps organisés. Bois , plantes, animaux fossiles. Personne ne doute de cette identité de nature entre les coquilles fossiles et les coquilles marines, buff. Àddit. et corr. Théor. lerr. ûEm». t. XII, p. 414, dans pougens. Les grands ossements fossiles qu'on déterre dans l'Amérique annoncent qu'elle a possédé autrefois des éléphants, des rhinocéros, et d'autres énormes quadrupèdes dont l'espèce a disparu de cette région, raynal, J]ist. phit. xvii, 3. Mon objet sera d'abord de montrer par quel rapport l'histoire des os fossiles d'animaux terrestres se lie à la théorie de la terre, cuv. Révol. p. <o. U Fig. et par plaisanterie, fossile se dit do ce qui est arriéré, hors de mode. Littérature fossile. Il En ce sens il se dit aussi substantivement. C'est un fossile. || 3° S. m. 'loute substance qui se tire de la terre, telles que minéraux, roches, etc. Il Particulièrement. Cosiuiiles, plantes, et tous restes de corps organisés que l'on trouve enfouis à différentes profondeurs et incrustes ou imbibés de diverses matières solubles, et qui présentent encore leurs formes primitives malgré leur pétrification.
— HIST. XVI' s. Les diverses espèces de sels et autres choses fossiles, palissy, til. Fossiles sont les matières minérales pour lesquelles recouvrer faut creuser la terre, id. 378,
FOU
— ÉTYM. Lat. fossilis, de fossum, supin de fodere, fouir.
t FOSSILirlîRE (fo-ssi-li-fé-r') , adj. Terme de géologie. Qui contient des fossiles. Terrain fossilifère.
— ETYM. Fossile, et le lat. ferre, porter. f FOSSILISATION (fo-ssi-li-za-sion), s. f. Terme
d'histoire naturelle. Conversion en fossile.
— f.TVM. Fossiliser.
t FOSSILISER (SE) (fo-ssi-li-zé), V. réfl. Devenir
fossile, c'est-à-dire passer par des phénomènes qui mettent un corps organisé ou ses parties ou même ses vestiges en état de se conserver avec leur forme ou leur structure dans les couches du globe.
— KTVM. Fossile.
I FOSSILITÉ (fo-ssi-li-té), s. f. Qualité de ce qui
est fossile. Les controverses sur la fossilité de l'homme.
t FOSSOIEMENT (fo-soî-man), s. m. Action do fossoyer.
— HIST. XVI' s. Fossoyement, cotghave.
— ÉTYM. Fossoyer.
t FOSSOIR (fo-soir), s. m. Sorte de houe pour labourer les vignes.
— ÉTYM. Génev. foussoir ; provenç. fossor; de fossum, supin de fodere, fouir.
FOSSOYAGE (fo-so-ia-j'; quelques-uns disent fosoi-ia-j'), I. m. Action de fossoyer; travail du fossoyeur.
— HIST. x\T s. Faire fossoyage, Kouv. coust. gén. t. I, p. 308.
— ÉTYM. Fossoyer.
FOSSOYfi, t.E (fo-so-ié, iée), part, passé de fossoyer. Un champ fossoyé.
FOSSOYER (fo-so-ié; quelques-uns disent fo-soiié), je fossoyais, nous fossoyions, vous fossoyiez ; que je fossoie, que nous fossoyions, que vous fossoyiez ; Vy se change en i devant l'e muet : je fossoie, etc.) , v. a. Clore par des fossés.
— HIST. xiv s. Et si ferai la ville foissoier et fremer, Cuescl. 61 B4. || xv s. Et vinrent en la ville do Ha-spre, qui lors estoit une bonne ville et grosso cl bien fossoyée, mais point n'estoit fermée, froiss, i, i, (00. Et combien qu'il se die plein [plan, uni], si est il mal aisé à chevaucher [le pays de la Lombardie], car il est tout fossoyé, comme est Flandres, COMM. VIII, 6. Il XVI' s. Il feit encore fossoyer et trencher par le dedans les rues en plusieurs endroits, et remplir les dittes fosses et trenchées de paux [pieux] pointus, amyot. Pompée, 88.
— ÉTYM. Fosse; génev. foussoyer; viMoti, fossl. FOSSOYEUR (fo-so-ieur; quelques-uns disent :
fo-soi-ieur), s. m. || 1° Celui qui creuse les fosses dans un cimetière. || 2° S. f. Fig. La fossoyeuse, la mort. X ma porte, la fossoyeuse Frappe; adieu messieurs les humains, bérang. Cinquante ans. || 3° Le fossoyeur, nom vulgaire et spécifique du nécrophore fossoyeur, dit aussi enfouisseur et enterreur, comme les autres espèces du genre nécrophore, legoarant.
— HIST. xm* s. La mors igalist le seignor au serf, et les coronés ans fosseors, brun, latini, Trésor, p. 892. Il XVI' s. Les fossoyeurs et porteurs de Rome, amyot, Caton, <7.
— ÉTYM. Fossoyer.