I. — 'iVi
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ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre, balb, i, 3. Un homme qui se dit un grand foudre de guerre, corr. le Ment, m, 6. Je suis donc un foudre de gucrreT la font. Fabl. II, U. Mais notre marquis, mon Dieu, quel homme I nous croirez-vous uno autio fois? quand vous vouliez tirer des conséquences de toutes ses frayeurs enfantines, nous vous disions que ce serait un foudre de guerre, et c'en est un, et c'est vous qui l'avez fait, sÉv. 64». La fortune à nos yeux fit monter sur son char Sylla, deux Marius, et Pompée et César; Elle a précipité ces foudres do la guerre, volt. Triumv. ii, 2. || Absolument. Et souffre que je baise en ce foudre vivant La gloire de l'empire et l'honneur du Levant, hotr. Bélii. m, 2. Ce foudre [Alexandre] était encore enfermé dans la nue, rac. Alex. I, 2. Il 12° Aumascul. Coquille du genre volute.
— SYN. FOUDRE, TONNERRE. La foudre est le feu électrique que lance la décharge. Le tonnerre est le bruit qui accompagne cette décharge. On entend un coup de tonnerre ; on est frappé d'un coup de foudre. Mais par extension tonnerre peut se prendre pour foudre: le tonnerre est tombé sur la maison.
— HIST. XI* s. Chéent i fuldres et menut et souvent, Ch. de Roi. cix. || xii* s. Ses darz ad trait, e deparlid ad les bons des mais; fuildre mustrad. Rois, p. 207. Il xni* s. Descend! uns orages de devers Ocident, En l'ost aus Sarasinschel hideusement; Moult en furent li nos [les nôtres] en grant elTrécment, Et li Sarrasin plus où li fodres descent, Ch. cCAnt. vu, 664. [Le feu grégeois] faisoit tel bruit qu'il sembloit que ce fust fouldrequi cheust du ciel, joinv. p. 39, dans DU cange. |{ xv* s. Si je n'eusse esté si hastif De mettre le feu en la pouldre, J'eusse deslruitet mis en foudre Tant quanque avoit de damoiselles, Villon, Arch. de Bagnolet. ||xvi's.Il tonnoit, ilcsclairoit en harenguant, et il portoit sur sa langue uno fouldre terrible, amtot, Péric. 4 3, Ptolomaeus, celuy qui fut surnommé la foudre, ID. Pyrrh. 49. Nous le vismes dedans nos fauibourgs, avec son armée, comme un foudre de guerre, qui devança nos pensées et les vostres, Sal. Mén. p. < 61 . Le seul homme ne meurt point s'il ne tombe sur la partie frappée du foudre, ou s'il n'est tourné par force du costé d'oil la foudre vient, paré, ix, Préf. I.e tonnerre ordinairement n'a qu'un coup, qu'une foudre et no frappe qu'un homme à la fois, id. ib. [Us] guerpirent le fort, fuyans comme fouldre, Hist. du chev. Bayard, p. 4 26, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. foldre, folxer ; ital. fôlgore ; du \3.t. fulgur, la foudre, du même radical que fulgere, briller, grec <si'>Âyu>, sanscr. bhraj, briller, brûler.
2. FOUDRE (fou-dr'), s. m. Grand tonneau contenant plusieurs muids de liquide. Un foudre de vin.
— ÊTYM. Allem. Fuder, tonneau.
FOUDROIEMENT (fou-droi-man) , s. m. Action
de foudroyer. Le foudroiement des géants.
— HIST. ivr s. Foudroyement, oudin, Dict.
— fiTVM. Foudroyer.
POUDROYANT, ANTE (fou-dro-ian, ian-f; d'autres disent fou-droi-ian, ian-t'), adj. || 1° Qui foudroie. Minerve : Qu'y a-l-il? dis-le hardiment, il n'y a ici que tes amis. — Ahl mon foudroyant tonnerre, vain épouvantail de chènevicre, d'ablanc. Lucien, Jupiter le tragique. Dans ces antres fameux où Vulcain nuit et jour Forge de Jupiter les foudroyantes armes, J. B. rouss. les Forges de Lemnos. \\ i" Fig. Oui frappe avec la rapidité de la foudre. Êpée foudroyante. || Apoplexie foudroyante, apoplexie qui cause une prompte mort. || 8° Oui exprime une vive indignation, une terrible colère. 11 lui écrivit une lettre foudroyante. Ces foudroyants regards, ces accablants reproches, th. corn. Ariane, iv, 5. || 4" Qui terrifie, qui interdit et confond. Nouvelle foudroyante. 11 lui fit une réponse foudroyante. Devant cet arrêt foudroyant l'abbé Raynal s'est mis à couvert et hors de France, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, » mars 4 782. || B° S. f. Foudroyante, espèce de fusée.
— IlIST. ivi* s. Après avoir eficores essaie quelques navires foudroians, que ceux du port laissèrent passer, enfin le 23* de juillet Us entrèrent en un traité.... d'aub. Hist. il, 482.
FOUDROYÉ, ËE (fou-dro-ié, iée; d'autres disant fou-droi-ié, iée), part, passé. Frappé de la foudre. Le clocher foudroyé durant l'orage. || Par extension , frappé par l'artillerie. Besançon fume encor sur son roc foudroyé, boil. Art p. iv. Les Busses n'eurent pas le temps de se reconnaître au milieu de ce nuage de neige qui leur donnait au visage, foudroyés par les canons qu'ils ne voyaient pas, et n'imaginant point quel petit nombre ils avaient à combattre, volt. hitt. Rutt. i, 4 i. || Fig.
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Détruit comme par la foudre. Après avoir vu mon fils assassiné. Mes plaisirs foudroyés, mon espoir ruiné, corn, lllus. com. v, 5. || Fig. Frapi)é par des sentences, par des reproches. Une usure affreuse sans cesse foudroyée et toujours renaissante, uoh-
TESQ. Esp. XXII, 21.
FOUDROYER (fou-dro-ié; d'autres disent foudroi-ié), je foudroyais, nous foudroyions, vous foudroyiez ; que je foudroie , que nous foudroyions,, que vous foudroyiez ; pour le reste, l'y se change en »■ devant l'e muet), v. a. || 1° Frapper de la foudre. Après que, dans l'ardeur d'une juste vengeance. Son bras [de Jupiter] eut des Titans foudroyé l'insolence, brébkup, Pharsale, i. Il [Orphée] fut foudroyé par Juj>iter, comme la plupart des héros des temps fabuleux, dider. Opin. des anc. phil. {Grecs). Quant à Jupin, je viens d'apprendre Qu'il a foudroyé deux pigeons, bérano. nluels. Il Que le ciel me foudroie, sorte d'affirmation, de serment dans le style élevé. Je vous aime, Emilie, et le ciel me foudroie Si cette passion ne fait toute ma joie, corn. Cinna, m, 4. Mais que plutêt le ciel à tes yeux me foudroie Qu'à dos |)ensers si bas je puisse consentir, m. Poly. m, 6. || 2° IJattre, renverser à coups de canon. Foudroyer une ville, un bastion. || Frapper avec une arme à feu quelconque. Au bord de quelque bois sur un arbre je grimpe, I.t, nouveau Jupiter, du haut de cet olympe, Je foudroie à discrétion Un lapin qui n'y pensait guère, la pont. Fàbl.x, 46. Inutilement on les foudroyait du haut du parapet, sans qu'ils pussent se défendre, RAYNAL, Uist. phil. ivi, 24. || 3° Frapper, renverser comme avec la foudre. Quand mon bras de Milan foudroyait les murailles, corn. Perthar. i, 4. Du creux de leur tombeau sortira cette voix qui foudroie toutes les grandeurs : vous êtes devenu semblable à nous, boss. Duch. d'Orl. On sait que Louis foudroie les villes plutôt qu'il ne les a.sslége, et tout est ouvert à sa puissance, lu. Mar.-Thér. D'une main il foudroyait les Amalécites, pléch. Tur. Bruxelle attend le coup qui la doit foudroyer, BOIL. LulT. IV. C'est lui [Mardochéej qui, devant moi refusant de ployer. Les [les Juifs] a livrés au bras qui les va foudroyer, rac. Eslh. ii, 4. Mahomet vous protège; et son juste courroux, Prêt atout foudroyer, peut s'arrêter par vous, volt. Fanal, iv, 6. Il 4" Fig. Interdire, étonner comme avec la foudre. Ah I sire, répondit Mme de Mainlenon, elle serait foudroyée d'un seul de vos regards, genlis, Mme de Mainlenon, t. ii, p. 247, dans pougens. Il 5° Terrasser, confondre. C'est l'anathème dont il fut foudroyé, patro. Plaidoyer 8, dans bichelet. La Rappinière fut foudroyé de ce discours, à quoi il ne s'attendait pas, scarr. Rom. com. il, 4 6. Celait là que Dieu l'attendait pour foudroyer son orgueil, Boss./fMMi,4. Il Combattreavec véhémence, frapper de réprobation. C'est là [dans ses Essais] qu'il [Montaigne] foudroie l'impiété horrible de ceux qui osent dire que Dieu n'est point, pasc. Entretien avec Sari. L'Église ne foudroie pas toujours les erreurs naissantes, boss. Variât. 4 6. Il y a mille choses que le prédicateur foudroie tous les jours en chaire, mass. Mystères, Yisit. Je pouvais suivre mon ancienne maxime, d'honorer l'auteur titulaire et de foudroyer l'ouvrage, i. :. bouss. Conf. xii. Il 6° F. n. Se dit de la foudre qui éclate. Ô toi [Jupiter] qui grêles, qui tonnes et qui foudroies sur les impies, d'ablanb. Lucien, Timon. || Absolument Tu jettes leur orgueil et leur nom [des méchants] dans la poudre, Et ton doigt les éteint comme il éteint la foudre Quand elle a foudroyé, lamart. Ilarm. iv, 4 2. Il Fig. Éclater en reproches. D'abord de part et d'autre on vous attend sans brait ; Un jour se passe, deux, trois, quatre, cinq, six, huit; Enfin, n'espérant plus, on éclate, on foudroie, corn. Suite du Ment. 1, 4. Il Fig. Avoir l'éclat et la force de la foudre, en parlant d'un orateur, d'un poète. C'est le foudre qui a tiré le monde de sa léthargie : ce n'était pas Luther qui parlait, c'était Dieu qui foudroyait par sa bouche [discours des protestants], boss. Var. I, S 6. Au milieu de leur plus grande violence [Pindare et Sophocle], durant qu'ils tonnent et qu'ils foudroient, pour ainsi dire, souvent leur ardeur vient mal à propos à s'éteindre, et ils tombent malheureusement, boil. Longin, Sublime, xxvii. Il 7" Terme de métier. On dit que la cuve foudroie lorsque la violence des matières mises en fermentation cause des accidents, comme dans la préparation de l'indigo.
— lll.ST. XII* s. La splendur de la tue fuildrantc hanste. Liber psalm. p. 240. || zin* s. Foudroie esclarcissement [coruscationem] , et les départiras; met hors tes sajctes, et si les trobleras, Psautier,
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(* 471. Li dicx cuideroient, espoir, Que j'assaillisse paradis, Cum firent les gcans jadis : S'en pouri-oie
estre foidriez, la Rose, 6149 Qui se vint guer-
roier Mes ancmis et fouidroier. Pour leur très grani orgueil abalre, j. de heunc, Tr. 779. || xv* s. Et en cheminant et allant, ils [les serfs révoltés] abattoient et fuudroy.oient, ainsi que unetempeste, maisons de avocats et de procureurs de la cour du roi et de l'arcbevesque, froiss. n, ii, 408. Tempest du ciel, toute maie aventure De.scende là, tant que tout se foudroie, evst. uf.sch. Poésies mss. f" 208, dans lacurne. Il XVI* s. Dieu nous tient là enserrez, comme s'il devoit foudroyer sur nos testes, calv. Iiuiit. 4ie. Le dixseptiesme jour, après avoir foudroie deux heures, pendant que les armées se mcttoient en bataille, tout donne à l'assaut d'un temps, o'aub. Hist. Il, 203. Ilz marchèrent droità luy d'une grande fureur, comme si d'arrivée ilz eussent deu foudroyer tout, AUTOT, Marcetl. 7.
— ETYM. foudre 4.
t FOUDKOYEUR (fou-dro-ieor), s. m. Celui qui foudroie.
— lllST. xvi* s. Beaux yeux foudroyeurs qui dardent Mille vifs esclairs qui m'ardcnt, c. durano, à la suite de bonnefons, p. »3, dans lacuhme.
— f.TYM. Foudroyer.
FOUÉE (fou-ée) , ». f. || 1* Chasse aux petits oiseaux qui se fait la nuit à la clarté du feu le long des baies. || 2* Feu qu'on allume dans un four pour le chauffer. || 8* Fagot. Pour le f.igot on fouée [prise dans les forêts], vingt sols [d'amende], Ordonn. det eaux et forêts, titre xxxii, 3.
— HIST. XIV* s. Deux basions de courte fouée [fagot], ainsi comme seroient deux bastonsde costerés fcotlercts], DU CANOË, foogium. jj xvi* s. IccUuy preiideur aura chacun an pour sa fouée [provision de bois à brOler] ung journal de bos, prins au Los des fossez, m. ib.
— ÊTYM. Bas-Iat. focata, ce qui tient au foyer, de focus, foyer (voy. feu). En Normandie, un« bonne fouée, une bonne flambée.
4. FOUET (fouè, comme on le voit par ces vers : Un laquais manque-t-il à rendre un verre net. Condamnez-le à l'amende, et, s'il le casse, au fouet, RAC. Plaid. II, 43; quelques-uns prononcent /oi; maiscetle prononcialion est mauvaise etdoit être évitée, d'autant plus qu'elle confond fouet avec foi; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, Vs se lie : les fouè-z ensanglantés ; fouets rime avec traits, succès, paix, etc.J.f . m. |{ 1* Longue cordelette de cuir ou de chanvre fixée au bout d'un manche, dont on se sert pour conduire et exciter les chevaux. Le fouet d'un postillon. Allonger im coup de fouet. Faire claquer son fouet. Les Scythes, faisant réflexion que c'était faire trop d'honneur à leurs esclaves que de les traiter comme des soldats [se battre contre eux], marchèrent contre eux le fouet à la main pour les faire ressouvenir de leur condition, bolun, Uist. anc. OEur. t. m, p. 76, dans pougen.s. || Fig. Faire claquer son fouet, exagérer son importance. Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre, RAC Ploid. I, 4. Il Fig. et familièrement. Donner un coup de fouet, menacer, presser, obliger quelqu'un de faire promptement ce qu'on exige de lui. || Coup de fouet, impulsion, excitation. Cette affaire ne marche pas ; elle a besoin d'un coup de fouet. || Le coup de fouet, ce qui fait valoir une chose. Lisez, ce n'est pas mal, le coup de fouet s'y trouve. || Coup de fouet, insulte. Il [le cardinal de Bouillon] venait d'éprouver un coup de fouet plus personnel, mais qui lui fut peut-être moins sensible, st-sim. 78, 3. Il Terme de pathologie et de vétérinaire. Coup de fouet, voy. coup n* 4. || 2* Instrument de supplice autrefois usité. Les fouets grossis de nœuds et tout hérissés de pointes, dont leurs bras sont armés, bourral. Exhort. sur la flag. de J.-C. t. u, p. 90. La loi veut qu'expirant par degré Vous tombiez sous les fouets sanglant et déchiré, le- GonvS, Épich. et Néron, v, 6. || 3* Fouet d'armes, ara ofi'ensive usitée dans le moyen âge. || 4'" Coups de V rge dont on châtie les enfants. Ou je vais lui doni r le fouet tout devant vous, mol. Mélic. u, 4. Il Caut premièrement que vous ayez le fouet pour avoir menti, id. Mal. im. n, 4 4. || Châtiment usité autrefois dans les collèges de l'université. Il retourna tn classe, on lui donna le fouet quelquefois, et il n'en fut pas plus savant, volt. Vict. phil. Ignace de Loyola. || Fig. Ou il vous prend Macrobe et lui donne le fouet, régnier, Sat. x. Il 6° Coups de verge dont la justice faisait châtier eo France et fait encore châtier en certains pays quelques délinquants ou criminels. Il n'y avait pas seulement assex d'indices pour faire donner le fouet à uo
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erocheteur, betz, ni, 49. || n a eu le fouet sous la custode, se disait d'un criminel à qui la justice avait fait donner le fouet dans la prison. || Fig. Donner le fouet sous la custode, réprimander on secret. {| Kig. 11 se dit de toute punition morale infligée à un vice, à un travers. Le fouet de la satire. Le fouet du ridicule. Il 6° Lanière de cuir qui, attachée au bout d'un manche, sert à frapper un sabot, ce qui le fait tourner. Il 7° Ficelle tordue très-serré et par là même très-solide, que les cochers et les charretiers mettent d'ordinaire au bout de leur fouet. Cela est fort comme du fouet. || Nom de ficelles employées dans la reliure (voy. fouetter, n° 8). || Terme de marine. Bout de cordage qu'on détord pour le tresser. Fouet de mât, mâture haute etgréle. || 8" Le fouetde Paile, le bout de l'aile des oiseaux. Le fouet de l'aile est d'un bleu foncé et rembruni dans le mâle, et d'un brun verdâtre dans la femelle, buff. Ois. t. vu, p. ta, dans podsf.ns. || Chez certains mammifères, les poils longs ou en touffe qui garnissent le bout de la queue. Le fouet de la queue est d'un poil brun approchant du noir, buff. Hermine. Il 9° Coulant qui sort du collet de certaines plantes, et qui sert à les multiplier. {| Fouet de Neptune, nom donné par les marins à plusieurs espèces de fucus et de laminaires. || 10° Terme d'artillerie. Tir de plein fouet, tir horizontal. || Proverbe. La corde et le fouet en sont dehors, c'est-à-dire cela ne mérite ni la corde ni le fouet ; on le dit pour excuser une faute légère.
— HIST. xiv s. Un fouet d'yvoire, à trois pommeaux d'or, esmaillcs des armes de laroiTie Jeanne de Bourbon, à quatre chaiennes d'or, de labobde, Émaux, p. 324. 1) XV* s. Pour six grans fouez de nerfs de beuf, garniz de grosses sonnettes, délivrés aux variés et gens de la chambre d'icelle dame [la royne] pour chasser les chiens, m. ib. Une espée d'armes, garnie de fouet blanc, et au pommeau a une Nostre Dame d'un costé et ung souleil de l'autre Dominée l'espée de victoire, ID. ib. p. 482. Et, qui pis est, lui ont tiré les membres, lié et serré à force le front de cordes de fouet nouées, Ordonn. )ioct.<486. Il XVI* s. Crassus lui fait donner le fouet, mont, i, co. La peine du fouet infâme, loysel, 835. L'artillerie que nous avons spécifiée avoit le fouet pendu au collier pour aller trouver le duo de Nevers.... d'acb. llist. III, <6s. Lorsque tel excès se fait [rupture du tendon d'Achille], on oit un bruit en ceste partie, comme d'un coup de fouet, paré, viii, 37.
— ETYM. Bourguign. foi; Hainaut, fouet, faisceau débranches; milanais, foett; catal. fuet, fouet. Huet l'a tiré de fou (voy. fou 3), hêtre , comme qui dirait petite branche de hêtre, et Diez l'approuve. Pourtant il est probable que c'est le masculin de fouée qui signifie aussi faisceau de branches et fagot (voy. fouée). Cette étymologie trouve un appui dans fouet 2.
t 2. FOUET (fouè), s. m. Ouvrier verrier qui arrange les objets dans les fourneaux.
— ÊTYM. Mot tiré, comme /'ouee, du lat./'ocus,foyer. t FOUETTABLE (fouè-ta-bl') , adj. Qui mérite
d'être fouetté.
— HIST. XVI* s. Fouettable, cotgrave.
— ÉTVM. Fouetter.
t FOUETTADE (fouè-ta-d'), s. f Volée de coups de fouet.
— HIST. XVI* s. Fouettade, cotgrave.
— ÉTYM. Fouetter.
t FOUETTAGE (fouè-ta-j'),i. m. Terme de vétérinaire. Procédé de castration au moyen d'une cordelette ou fouet noué autour des bourses au-dessus des testicules.
— ÉTYM. Fouetter.
FOUETTÉ, ÉE (fouè-lé, tée), part, passé de fouetter. Il l°Qui a reçu des coups de fouet. Les chevaux fouettés par le cocher. Considérez ce grand homme [saint Paul] fouetté à Philippes par la main du bourreau, pour y avoir prêché Jésus-Christ, Boss. Panég. saint Paul, 2. 1| 2° Qui reçoit des coups comparés à ceux d'un fouet. La mer fouettée par les vents. Crème fouettée. || Fig. Crème fouettée, ouvrage brillant, mais peu solide. || On dit dans le même sens : Ce n'est que crème fouettée, que de la crème fouettée. Il Ce pays, ce canton a été fouetté du mauvais vent, le vent y a gâté les fruits. || 3° En parlant des fleurs et des fruits, tacheté de petites raies. Pêche fouettée. La raquette chargée de fleurs jaunes fouettées de rouge, bern. de st-pierbe, Paul et Virg.
t FOUETTE-CUL (fouè-te-ku), s. m. Celu qui donnait le fouet dans les collèges. || Au plur. Des fouette-culs.
— HIST. XVI* s. Grossier foite-cul de grammaire latine, des accords, Bti/arr. p. (36, dans lacurne.
— ÉTYM. Fouetter, et cul.
t FOCETTEMENT (fouc-le-man),«. m. Action de fouetter. || Se dit aussi de la pluie, de la neige, etc. qui fouette. Le fouottement de la pluie contre les vitres.
— HIST. XVI* s. [En carême] cafards alors sortent en place, cagots tiennent leurs grands jours, forces sessions, stations, perdonnances, syntereses, confessions, fouettemens, anathematizations, bab. t. y,
p. 4 46, danSLACURNE.
— ÉTYM. Fouetter.
t FOCETTE-MERLE (fouè-te-mèr-l'), t. m. Voy.
fouetteux.
t FOUETTE-QUEUE (fouè-te-keue), s. m. Genre de reptiles sauriens. \\ Au plur. Des fouette-queues.
FOUETTER (fouè-té; quelques-uns disent foi-té; mais cette prononciation n'est pas bonne), v. a. Il 1° Frapper du fouet. Fouetter les chevaux , les chiens. Fouetter un sabot. || Et puis fouette cocher! se dit, en plaisantant, pour exprimer le départ rapide d'une voiture. Nous montâmes en voiture, et puis fouette cocher I || Fig. Il se dit pour signifier qu'on se lance dans quelque entreprise. Fouette, cocher ! dit la sagesse. Et me voilà sur le chemin, bé- RANG. Adieux à des amis. \\ 2° Donner le fouet soit avec un fouet, soit avec des verges. On fouettait autrefois certains cond-imnés. Tu n'étais pas plus emporté quand tu faisais fouetter la mer; en vérité, tu méritais bien d'être fouetté toi-même pour cette extravagance, fén. Dial. des morts anc. Xercès, Léonidas. La patience et la fermeté des jeunes Lacédémoniens éclataient surtout dans une fête qu'on célébrait en l'honneur de Diane surnommée Orthia, où les enfants, sous les yeux de leurs parents, et en présence de toute la ville, se laissaient fouetter jusqu'au sang sur l'autel de cette inhumaine déesse, roli.in, Hist. anc. ÛEue. t. u, p. fis, dans pougbns. Vous seriez cause qu'on me fouetterait jusqu'au sang, destou- CHES, Fausse Agn. m, 4. Je regarde le désaveu fait par cette malheureuse, avantd'être fouettée et marquée, comme une espèce de testament de mort, sovT. Lett. Marin, 27 mars 1773. || Familièrement. Il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, un page, c'est une bagatelle, une faute légère. Il n'y avait pas certainement de quoi fouetter un page, volt. Lett.à la ducfi. d'Enville, 28 nov. (774. Raton n'a rien à craindre pour ses pattes, et il n'y a pas de quoi fouetter un chat dans la petite espièglerie qu'il vinnt de faire, d'alemb. Lett. à Voltaire,* fÉv. 1773. !| Fig. Avoir bien d'autres chiens à fouetter, avoir bien d'autres aflaires en tête. {| Fig. Donner des verges pour se faire fouetter, pour se fouetter, fournir des armes contre soi-même. || 3° Fig. Frapper par la satire. Je veux, de vos pareils ennemi sans retour, Fouetter d'un vers sanglant ces grands hommes d'un jour, GaB. Apolog. \\ 4° Fouetter des œufs, de la crème, les battre avec des verges pour les faire mousser. Il Fig. Fouetter le sang, exciter l'impatience, l'irritation. Pour tirer parti des gens de ce caractère, il ne faut qu'un peu leur fouetter le sang; c'est ce que les femmes entendent si bien, eeaumarch. Mar. de Fig. n, 2. ||' Fouetter le sang, se dit aussi pour faire circuler le sang. Faites une bonne promenade, cela fouette le sang. || 6" Frapper, cingler à la manière d'un fouet. Les hirondelles, rasant î'eau, la fouettaient de leurs ailes. La pluie me fouette le visage. Quand mes cheveux fouettaient mon front, que les torrents.... lamart. Joc. ii, 57. |j 6° Lancer comme avec un fouet. La tourmente leur fouette au visage la neige du ciel et celle qu'elle enlève à la terre; elle semble vouloir avec acharnement s'opposeràleur marche, ségur, IIist.de Nap. ii, it. \\ Terme de marine. Les voiles fouettent les mâts, lorsque, le vent ne les tenant pas assez tendues, elles frappent avec violence contre les mâts par l'elTet du roulis et du tangage. || Terme de guerre. Se dit du canon qui bat sans obstacle un endroit. La hauteur des bords du Rhin, très-supérieure à l'autre côté, aurait donné aux batteries des ennemis la facilité de rompre le pont, sous l'armée à demi passée, de fouetter l'autre rivage, et d'y démonter les batteries que nous y aurions faites, ST-si«. 29, 88. |{ Il s'emploie neutralement. La pluie fouettait contre la fenêtre. Il acheva de se désespérer. Lorsque la neige, en lui donnant aux joues. Vint à flocons, et le vent qui fouettait, la font. Orais. \\ Se dit du canon. Le canon fouettait sur tout le penchant du coteau. Il 7* Fouetter les cocons, l'une des opérations de l'art de tirer la soie. || 8* Terme de relieur. Serrer le volume, couvert avec des ficelles appelées fouet, entre deux ais, afin de bien marquer les nerfs. Il 9* Terme de vétérinaire. Lier fortement le scrotum au-dessus des testicules pour rendre l'animal incapable de reproduction, {j 10° Terme de marine.
Tourner un fonet sur xin cordage tendu de manière à l'empêcher de mollir. || 11° Fig. et familièrement. Fouetter un verre de vin, l'avaler d'un trait. || 12° Se fouetter, v. rifl. Se donner à soi-même des coups de fouet. Le premier fou qui se fouetta publiquement pour apaiser les dieux, ne fut-il pas l'origine des prêtres de la déesse de Syrie, qui se fouettaient en son honneur* volt. Dict. phil. Austérités. \\ Se donner réciproquement des coups de fouet.
— HIST. XVI* s. Sage et divin refrain qui fouette la plus commune erreur des hommes, mont, iv, 45. U n'est pas fouetté qui veut : car qui peut payer en argent, ne paie en son corps, loysel, «38. Fouetter en chien enfermé [fouetter cruellement], des accords, Eser. dijonn. p. 38, dans lacurne. Ainsi, mon ami, fouette moi ce voirre [avale ce verre de vin], RAB. Garg. i, 5.
— ÉTYM. Fouet i.
FOUETFEUR, EUSE (fouè-teur, teû-z' ; et non foi-teur, teû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui fouette. Il Adj. Le frère fouetteur celui qui, dans les anciens collèges ecclésiastiques, donnait le fouet aux écoliers.
— ÉTYM. Fouetter.
i FOUETTEUX (fouè-teû), s. m. Un des noms vulgaires de l'émerillon {faucon esalon) , dit aussi fouette-merle (ou plur. des fouette-merles), ainsi dit parce qu'il fouette, poursuit les merles.
— ÉTYM. Fouetter.
t FOUGADE (fou-ga-d'), s. f. || 1* Ancien synonyme, aujourd'hui inusité, de fougasse. || 2° Terme populaire. Mouvement impétueux et désordonné. 11 travaille par fougades. || On dit aussi foucade.
— HIST. XVI* s. Le père avoit dressé une foucade, de laquelle pensant empoigner son fils, il y fit sauter trente-six des siens, d'aub. Hist. l, 232. Fougade, coup de tête, cotgrave. Quand le grand Thimotée, de sa main fusiUarde, Pinçottoit un assaut sur sa harpe nazarde, 11 mettoit en foucade Alexandre le Grand , auffray, Zoanthropie tragi-com. p. 2o, dans pougens.
— ÉTYM. Fougade a signifié une mine, et, par une métaphore aisée à saisir, un coup de tête; c'est par le radical le même mot que fougasse.
FOUGASSE (fou-ga-s'), i. f. Il 1° Terme de guerre. Espèce de mine qui n'est qu'un petit fourneau en forme de puits, large de deux à trois mètres, et profond de trois à quatre, qu'on charge de barils de poudre ou de sacs à poudre, et qu'on fait jouer par le moyen d'une saucisse. || 2° Fig. Coup de tête, incartade. L'abbé de Maulevrier était un homme pétulant et dangereux, qui ne pardonnait point et capable de toute espèce de fougasse, st-sim. 28), 69.
— ÉTYM. Ces mots fougasse, fougade, foucade, tiennent au laimfocus, foyer, feu. La liaison de forme est fournie par fcrugon (voy. ce mot).
t FOUGE (fou-j'), s. f Terme de vénerie. Ce que le sanglier lève pour sa nourriture en fouillant dans la terre avec son boutoir.
— ÉTYM. Voy. F0UGER.
FOUGER (fou-jé. Le g prend une e devant o et o ; le sanglier fougeait), v. n. Terme de chasse. Creuser et fouiller le sol avec le boutoir, se dit du sanglier et du porc.
— HIST. XVI* s. Si pourceaux sont trouvez fougeans en estangs vuydes, et sont prins à bandon.... Coust. génér. t. i, p. 888.
— ÉTYM. Lat. fodicare, fouiller, dérivé de fodere, fouir.
t FOUGERAIE (fou-je-rê), t. f. Lieu planté de fougères.
— HIST. ivi* 9. Fougeraye, cotohatb.
FOUGÈRE (fou-jè-r") , s.f. || 1* Famille de plantes
qui croit dans les bois et dans les landes. Danser sur la fougère. En coupant de biais la tige de la fougère {pleris aquilina), on y distingue la figure d'une double aigle, telle qu'elle est dans les armes de l'empire d'Allemagne. 1| Fougère commune, fougère ordinaire, ou simplement fougère, la ptéride aquiline, la plus répandue en Europe de toutes les espèces de la famille des fougères. {| Fougère mâle, fougère femelle, deux espèces mises par Linné au genre polypode; aujourd'hui elles appartiennent à des genres nouveaux, Polystichum filia mas, Athyrium filix fœmina, DC. || Huile de fougère, nom impropre donné à une matière grasse fournie pju' le rhizome et les bourgeons de la fougère. Il 2° Poétiquement. Verre à boire, ainsi dit parce que, avant qu'on eût, pour la fabrication du verre, reconnu la supériorité de la soude, on y employait la potasse extraite des cendres de la fougère ou de tout autre végétal. On sent la vapeur légère Déjà de maint vin nouveau, Qui, tout sortant du ber-
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penser au latin ftiga, fuite, i cause qu'on peut considérer particulicrcinent, dans la fuite, la rapidité, et en tirer le sens de fougue; mais il ajoute que le latin fociu, feu, foyer, est plus voisin de l'idée de fougue. On peut ajouter que l'adjectif focoso, fougueux, donne de l'autorité & l'étymologie de focut; mais, focus donnant en italien fuoco, il faudrait avoir fuoga. Resterait à supposer que fougue est un motà forme provençale (voy. fouoon), et est passé en Italie. On voit que l'étymologie de ce mot n'est paa tirée à clair. Garasse a dit fugue pour fougue; co qui est à considérer : Que je suis ennuyé de vos longues redites. Écrivains ambigus, esprits bcrroaphrodites, Oui suivez toute fugue et qui prenez le ton Aujourd'hui de Paris, demain de Charenton, Recherche des recherches, p. 677 dans lacurne. On trouve fougousité , formé de fougueux : M. de Sennelerre se prevalusf beaucoup de ceste picardesque fougousité, CAHLOix, VI, 50. Espaga. /bgosilod.
2. FOUGUE (fou-gh') , «. f Tei-me de marine. Mit de fougue, le m&t d'artimon. || Vergue de fougue, vergue qui ne porte point de voiles et qui ne sert qu'à border et étendre par le bas la voile du perroquet d'artimon. {| Perroquet de fougue, hunier du m&t d'artimon.
— SYN. D'après Jal, on ne trouve fougue qu'en <6SQ, dans le Projet de marine de Dortières; auparavant on disait fftdJ de foule, ainsi nommé parce que le vent foule, presse plus particulièrement le mât du mauvais temps. La corruption a été produite par l'assimilation avec fougue t.
t FOUGUETTE (fou-ghè-f), *. f. Terme d'art militaire. Sorte defusée de petite dimension.
FOUGUEUX, EUSE (fou-ghoû, gheû-z'), adj.
Plein de fougue. Leur appétit fougueux, par l'objet excité. Parcourt tous les recoins d'un monstrueux
pâté, BOIL. lutrin, v Seigneur, j'ai des amis
Oui sous ce joug nouveau sont à regret soumiSiOui, dédaignant l'erreur des peuples imbéciles, Dans ce torrent fougueux restent seuls immobiles, volt. Brutus, 1, 4. Qu'a servi contre lîayle une infâme cabale? Par le fougueux Jurieu Bayle persécuté Sera des bons esprits à jamais respecté, lo. Disc. 2. Et d'un âge fougueux l'imprudence indocile, lo. Disc. 6. Je te persécutai; ma fougueuse jeunesse Offensa ton honneur, accabla ta vieillesse, is. Scythe-i, u, 4. La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite, passagère, elle éclate à grand bruit; Un instant la ' est celle de ce fier et fougueux animal qui partage fait naître, un instant la détruit, in. Irène, u, 'l. | avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des Quand les intervalles de ses fougues permettaient de | combats, bupf. Cheval. Est-ce à vous libre, errant, lui parler, il nous écoutait quelquefois assez docile- | fougueux dans vos désirs, X goûter comme moi ces ment, i. i. bouss. Conf. vi. |{ Fig. Il faudrait avoir funestes plaisirs? Ducts, Abufar, m, 2. || Se dit d'arbres qui poussent beaucoup de bois sans donner beaucoup de fruits.
— ÊTYM. Fougue; espagn. fogoso; ital. focoso. FOUI, lE (fou-i, ie), part, passé de fouir. Un
champ foui avec diligence.
FOUILLE (fou-ll', U mouillées, et non fou-ye), s. f. Ouverture faite en fouillant la terre, pour creuser un canal, des fondations, une mine, pour mettre à découvert de vieux monuments ensevelis, etc. Les fouilles d'Herculanum et do Pompéi
coau, Pétille dan» la fougère Et menace le cerveau, CHAOL. au duc de Severs. || Boileau ne s'est pas reidu compte du sens propre en disant : tenir un verre de vin qui rit dans la fougère , puisqu'on cet emploi fougère est synonyme de verre h boire, et que, si verre de vin est pour verrée, tenir va mal : Elle voit le barbier qui d'une main légère Tient un verre de vin qui rit dans la fougère, Lulr. m.
— RIST. xiii' ». Ne voit l'en comment de fogiere Font cil [les alchimistes] et cendre et voirro nestre, la Rose, 48298. || xv" s. N'y estoient trouvez que beaulx verres et esguieres de verre et feugiere, J. DE TROYB, C.hron. <478. Ung homme povro et misérable.... N'a vaillant que ung lict, une table, Ung banc, ung pot, une salière. Cinq ou six voirres de feuchiere. Une marmite à cuire poys, coquillart, Droits nouveaux. \\ xvi' s. Faire du pain de glands, racine de feugere et dent de chien, paré , xxiv, 4. Fougère vient en terre sablonneuse, toutesfois numide ; il y a masle et femele, o. de serrks, 613.
— ÉTYM. Wall. fècMre, fécht; namur. fèchére; Hainaut, fletière; champ, feuchiere; du lat. filix, fougère, développé à l'aide d'un suffixe en une forme non latine, fllicaria. Il semble que filix peut se rattacher à filum, fil, et a rapport & la sature fibreuse do ces plantes.
t FOUGEROLE (fou-jo-ro-1'), *. /. Petite fougère.
— ÊTYM. Diminutif de fougère.
FOUGON (fou-gon), s. m. Terme de la marine de la Méditerranée. Le foyer ou la cuisine du vaisseau.
— HisT. XVI* s. Vint au fougon, «t là prist un tison de feu, et descend en baa de la chambre de U munition, et mit le feu dans les poudres, si bien qu'en se perdant il perdit et la galère et tout ce qui estoit dedans, bhant. Cap. fr. t. ii, p. 38», dans
LACURNE
— ÊTYM. Prov. fougon; espagn. fogon; ital. focone; bas-lat. foco, foconis; du lat. focus, foyer (voy. feu).
f. FOUGUE (fou-gh'),ï. f. Il 1° Mouvement impétueux, violent, ordinairement avec emportement et colère. Être en fougue. Entrer en fougue. Croyezmoi, modérez vos fougues ordinaires, Ou vous risquez souvent de gâter vos affaires, brueys, fmpotient, v, 8. Le général [Lalli] s'était attiré, par ses fougues indiscrètes et par ses reproches injustes, j une accusation si cruelle [de vol et de sacrilège], VOLT. Polit, et législ. Proc. de Lalli. Sa fougue est
un peu plus de fermeté et savoir résistera la première fougue des critiques qui fait du bruit les premiers jours et qui se tait à la longue, volt. Lett. Damilaville, 26 jauv. 4762. Il 2° 11 se ditaussi des animaux. On le louait d'être vaillant pour avoir mis une fois son cheval en fougue, Balzac, le Prince, ch. 5. Leur fougue impétueuse [des coursiers] enfin se ralentit, RAc. Phèdre, v, 6. || 8° Impétuosité naturelle. Un cheval qui a trop de fougue. Il faut lui laisser passer sa fougue, brueys, Grondeur, i, 6. J'ai dompté
la fougue impétueuse de ma jeunesse, volt. Letl. j Dans un pays comme la France, où l'on peut ëmd'Argental, 2( sept. <772. Je n'ai pu retenir cette ployer les hommes à des travaux vraiment utiles, on
fougue imprudeiile, ID. Mérope, ui, t . Dompter tout d'un coup la fougue de son caractère dès qu'il est cardinal [Sixte-Quint] ; se donner quinze ans pour incapable d'affaires et surtout de régner, afin de déterminer un jour en sa faveur les suffrages de tous ceux qui comptaient régner sous sou nom, ID. Mœurs, (84. |{ Les fougues de la jeunesse, l'emportement avec lequel les jeunes gens se livrent aux plaisirs. Il (° L'emportement propre aux artistes et qui leur fait faire des hardiesses et même des écarts. Aussi je m'émerveille, au feu que tu [le poète Bertaut] recèles, Qu'un esprit si rassis ait des fougues si belles, RÉONIKR, Sat. v. Il avait certaines fougues d'esprit qui n'étaient pas mal plaisantes, balz. liv. vm, lett. 4l.lirél)euf, danssa traduction de la Pharsale, pousse la fougue de Lucain eu notre langue plus loin qu'elle ne va dans la sienne, st-ëvremont, Uéfl. sur les trad. dans RiCBELEr. Quelle fougue indiscrMe Ramène sur les rangs encor ce vieil athlète? iioiL. Épitre X. Je trouvais dans son jeu trop d'éclat, trop de fougue, pas assez de souplesse et de variété, hahmontel, Mém. v. || 6° Terme d'horticulture. Défaut d'un arbre qui pousse beaucoup de bois sans donner de fruits.
— HIST. XVI* s. [Dans un combat] vous engagez Tostre valeur, et vostre fortune à celle de vostre cheval.... son effroy ou sa fougue vous rendent ou téméraire ou lasche, mont, i, sat.
— KTYM. liai. foga. Dicz dit que ce mot fait
ferait un bien réel en défendant ceux de la fouille des mines d'or et d'argent, qui ne peuvent produire qu'une richesse fictive et toujours décroissante, bupp. kin. t. V, p. 25, dans pouoens. Les mines de Mycènes sont très-connues aujourd'hui àcause de fouilles que lord Elgin y a fait faire à son passage en Grèce, chateaubr. Ilinir. 4'* partie. || Fouille couverte, celle qui se pratique horizontalement dans un massif. || Fosse que font les plombiers lorsqu'il n'y a point de regard, pour réparer des conduites qui fuient. || Fig. Je projette une fouille à [la bibliothèque de] l'abbaye de Florence qui nous produira quelque chose, p. l. coubr. Lett. i, 342.
— ÊTYM. Voy. FOUILLER.
FOUILLÉ, ËE (fou-llé, liée , {( mouillées), part. passé de fouiller. || 1° La terre fouillée pour mettre au jour les ruines de Ninivc. || 2° Sur qui on a fait une recherche. La reine, par l'ordre du roi, ftit fouillée jusque dans son sein, au Val-de-Grâce, st-sim. \>, <05. Il 3° Parcouru avec soin, dans toutes les parties. Le bois fouillé par la gendarmerie pour y saisir des malfaiteurs. || i* Il se dit des ouvrages de pierre ou de ciselure où le travail du marteau, du ciseau est très-soigné. Une coupe bien fouillée. || Fig. et par abus. Un style fouillé.
FOUILLB-AC-POT (fou-Ufl-po, U mouillées, et non fou-yô-po), *. m. Petit marmiton. La Varenne, de fouille-au-pot, puis cuisinier, après porle-manteau de Henri IV et Mercure de ses plaisirs, se mêla d'af- {
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faires juv[u'à devenir considérable, si-siu. 313, (8
Il Auplur. Des fouillo-au-pot.
— ETYM. Fouiller, au pot.
t FOUILLE.MENT (fou-lle-man , U mouillées), t. m. Aclion de fouiller, de chercher.
— HIST. rvi* s. FouiUemcnt, oudin, Diet.
— ÊTYM. Fouiller.
t FOUILLE-MERDE(fou-ll8-mèr-d', I{ mouillées), i. m. Nom vulgaire de plusieurs insectes coléoptères, qu'on trouve dans les champs sous les bouses de vaclie. || Au plur. Des fouille-mcrdc.
FOUILLER (fou-llé, «mouillées, et non fou-yé), V. a. Il 1° Creuser la terre. On fouille la terre pour établir les fondements. Fouiller les ruines de Ninivc, de Babylono. En fouillant à fond de cuve les terrasses de ce jardin, il trouva des coquillages fossiles, et il en trouva en si grande quantité, que son imagination exaltée ne vit plus que coquilles dans la nature, j. i. rouss. Conf. vin. Il no s'agissait pas moins que de faire fouiller la terre à deux pieds et demi de profondeur, de la cultiver d'abord comme on cultive un jardin, buff. Hist. nat. introd. OEuv. t. viu, p. 4U0, dans pouoens. || Par extension. Une bombe ardente.... Tombe et fouille i grand bruit le pavé des cités, v. bogo, Odes, m, 4. Ton cheval a l'oeil intrépide.... Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir, m. Orient. 24. Il 2* Chercher en creusant. Aldovrande remarque qu'elle [la bécassine] a le bout de la langue terminé comme les pics par une pointe aiguë, propre apercer les vers qu'elle fouille dans la vase, buff. Ois. t. XIV, p. 257, dans pouoens. Ils dégradent aussi les bords des ruisseaux en y fouillant les oignons des nymphaea dont ils vivent, bern. de st-pierre, Élude V. Il Fouilltr de la pierre, chercher de la pierre, Dict. d'architect. (746. US" Fouiller quelqu'un, chercher dans ses poches pour voir s'il n'y cache point quelque cliose. L'autre jour j'y lisais [dans Plante] d'un vieillard qui, ayant surpris quelqu'un auprès du lieu oii il avait caché son trésor, le fouilla, lui fit montrer la main droite, et puis la gauche, et, n'y Uouvant rien.... voir. IaU. si. On le fouille et l'on trouve enfin le passe-port, haibet, Jfort SAsdrub. m, 3. Allons, rends-le-moi, sans te fouiller, hol. t Avare, i, 3. Ils m'ont arrêté et fouillé pour voir si par hasard je ne serais point chargé de quelque papier qui pût tourner au profit des créanciers, lesage, Turcar. v, (8. ||4* Fouiller les manuscrits, les bibliothèques, y faire des recherches laborieuses. Dans le même temps où Boileau donnait son Art poétique. Racine, Iphigcnie et Athalie, Quinault, Atys et Armide, où Fcnelon écrivait son Télémaque, où Bossuet déclamait ses Oraisons funèbres, où Lebrun peignait, où Girardon sculptait, où du Cange fouillait les ruines des siècles barbares pour en tirer des trésors.... volt. Dict. phii. Sco- Uaste. J'ai voyagé chez beaucoup de peuples; j'ai fouillé leurs biMiothîques , j'ai consulié leurs docteurs, bern. de st-piebre, Chautn. ind. || Fig. Fouiller la nature, faire des recherches pour la connaître. N'est-ce pas l'homme.... Dent la vaste science, embrassant toutes choses, A fouillé la nature, en a percé les causes? boil. Sat. vm. || Fig. Fouiller les cendres des morts, faire une recherche odieuse de la vie d'un homme mort. || 6° Terme de guerre. Fouiller un bois, y faire une reconnaissance. Les vainqueurs de Campèche employèrent deux mois à fouiller tous les environs de la ville à douze ou quinze lieues, enlevant tout ce que les fuyanis avaient cru sauver, raynal, Ifitt. phil. x, 4i. Ce fut au travers de ce bouleversement que Napoléon rentra dans Moscou ; il l'abandonna & ce pillage , espérant que son armée, répandue sur ces ruines, ne les fouillerait pas infructueusrment, séouR, llisl. de tiap. vui, 8. || 6° Terme de sculpture , d'architecture. Tailler et évider les ornements, pour leur donner plus de relief. Fouiller le marbre. Autrefois on fouillait profondément le marbre des cheminéesv le bois des portes, la pierre des corniches. |l Cetts draperie est bien fouillée, les plis en sont grands et bien évidés. || Fig. et par abus. Fouiller son style. Il 7* Terme de maréchalerie. Explorer sur un animal, & l'aide de la main introduite dans le rectum , les divers organes du bassin et des environs. ||8* V.n. Faire des creux dans la terre. La taupe a fouillé là. Vous nous faites fouiller à coups de nerf de bueuf dans les montagnes pour en tirer une espî-ce do terre jaune qui, par elle-même, n'est boune à rien, volt. Voy. de Scarmentado. Plus on fouille dans l'intérieur de la terre, plus on trouve les couches épaisses, buff. Uist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. 1, p. :ifio, dans pouoens. || Par extension. Le premier qui, chez les Scjlhcs, fouilla ilansla coivcUa
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de son ennemi et fit une coupe de son crâne, fut suivi par tout ce qu'il y avait de plus illustre chez les Scvthes, volt. Dict. phil. Hérésie. || 9° Chercher quelque chose en remuant, en déplaçant les objets qui peuvent se cacher. Fouiller dans une armoire. Fouiller jusqu'au fond du coffre. || Fouiller dans les poches, et, absolument, fouiller, faire une recherche dans les poches de quelqu'un. Je vous dis que vous fouilliez bien partout, pour voir si je vous ai volé, MOL-. l'Avare, i, 3. || Fouiller à la poche, dans sa poche, dans sa bourse, mettre la main à sa propre poche, à sa bourse, pour y chercher quelque chose. Il Fouiller à l'escarcelle, fournir de l'argent, faire une dépense. C'est à ce coup.... Qu'il faut fouiller à l'escarcelle, la font. Fabl. iv, 4. || 10° f. n. Faire des recherches. Fouiller dans les monuments de l'antiquité, FLÊCH. Vie de Commendon, i, <7. Ceux qui vont fouiller dans les siècles passés, mass. Carême, Injust. On est bien détrompé quand on fouille un peu dans l'antiquité, volt. Mœurs, 6. Les ministres étrangers qui ont envoyé des mémoires à leurs souverains s'y sont tous trompés; il faut fouiller dans les archives de l'empire, lu. liussie, i, 2. || Fig. Fouiller dans les secrets de la nature, dans l'avenir. Fouiller dans sa mémoire. Le chat dit au renard : fouille en ton sac, ami ; Cherche en ta cervelle matoise, LA FONT. Fabl. IX, <4. Il faut que je vous fasse fouiller un peu plus avant dans mon cœur et que je vous dise quelque chose de ce qui s'y est passé, PELLissoN, Convers. de Louis XIV devant Lille, p. 47. Toutes ses actions qui faisaient l'objet de l'admiration publique y sont examinées à la rigueur; et l'on fouille jusqu'au fond de son cœur pour en découvrir les pensées les plus cachées, rollin, Hist. anc. Préf. Œuv. 1. 1, p. xvi. Si nous voulions fouiller dans les cendres de ces grands noms, dont les ti très et les biens ont passé en des mains étrangères.... nous verrions les excès d'un voluptueux à la tète de cette longue suite de malheurs qui ont affligé ses descendants, mass. Carême, Enf. prod. || 11° Se fouiller, v. réfl. Reciiercher ce qu'on a dans ses poches. Que chacun se fouille. I| Faire l'un sur l'autre une recherche dans les vêtements, dans les poches. Quand ils [Octave, Antoine et Lépide] conférèrent ensemble dans l'île de Reno, ils commencèrent par se fouiller réciproquement, se soupçonnant également l'un et l'autre d'être des assassins, volt. Triumv. Notes.
— MST. XIII* s. Pourcel ne doivent ennuie saison estre soufert en prés, porce qu'il enpirent de fuullier, BEAUM. LU, 5. Il xvi° s. Hz se meirent à fouiller les sépultures des roys de Macédoine qui y sont enterrez, et ravirent ce qu'ilz y trouvèrent d'or ou d'argent, amyot, Pt/rrhus, 59. Contraignant les barbares à rendre le butin, jusques à vouloir visiter et fouiller par tout, m. Agésilas, <7. La nature n'a pas fait que toutes bestes fouillassent les racines, m. de la Tranq. d'dme, 29. On ne voyait autre chose qu9 gens courbez vers la terre qui fouiUoient des pierres et les transposoient d'une place en une autre, id. Anton. 58. 11 le laissoit approcher de luy sans le faire visiter ni fouiller, id. Dion, <8. Qu'il n'est aucun sens que l'esprit humain ne trouve aux escripts qu'il entreprend de fouiller, mont, u, 352.
— ÉTYM. Bourguign. feuille; pmvenç. foiilhar ; d'une forme fodiculare, tirée, par développement, du latin fodicare, fréquentatif de fodere , fouir. Le genevois fougner, le berrichon fouger, l'italien (ognare, faire les égouts, répondent sans doute à fodicare.
t FOCILLET (fou-Uô, U mouillées), s. m. On des noms vulgaires du pouliot.
t FOCILLEUR (fou-Ueur, Il mouillées), s. m. 1 1° Celui qui fouille. Les niveleurs étaient de plu-
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pourceauli, Qui l'ont gasté à tout par leur fouillis, EUST. DESCH. Poësies mss. f 292.
— KTYM. Fouiller.
t FOCILLOT (fou-Uo, Il mouillées), s. m. Pièce qui renvoie l'effet du ressort dans une serrure.
t FOUILLURE (fou-llu-r'. Il mouillées), s. f. Action de fouiller, en parlant des porcs, des sangliers.
— HIST. XVI* s. Garde nos petits ruisseaux De feuillure de pourceaux Nés pour engraisser leur panse, bons. 924.
— ÉTVM. Fouiller.
t. FOUINE (foui-n'), s. f. Il 1° Nom vulgaire de la martre des hêtres, petit mammifi-re carnassier du genre des martres. I2 janvier 1885 : Monseigneur alla chasser la fouine et le renard, DANOEAn, i, <07. La fouine s'approche des habitations, s'établit même dans les vieux bâtiments, dans les greniers à foin, dans des trous de murailles, buff. Quadrup. t. 11, p. 238, dans pouGENS. L'abbé Dubois était un petit homme maigre, effilé, chafoin, à perruque blonde, à mine de fouine, st-sim. 391, <3. IJDans le langage figuré des sauvages de l'Amérique du Nord, un homme qui attaque traîtreusement son ennemi. L'Iroquois n'est pas une fouine, il ne suce pas le sang de l'oiseau qui dort , chateaubr. Natch. 2* part. Il 2° La peau fournie par la fouine. Acheter une belle fouine.
— HIST. XIII* s. Piaus de faine, piaus de chat sauvage, pians de lubernes, piaus de martrines, piaus de genetes, les vi piaus doivent deux deniers de tonlieu, Liv. des met. 326. || xiv* s. Une houppelande à hoQime fourrée de faynes, nu canoë, faina. \\ xvi* s. Si on mesle parmi la semence, en l'espardant, des cendres de bellete et de foine,o. de SERRES, 46. Au poulailler sont les fouines, leroux DE LiNCY, jPro». t. II, p. )70. Les mesmes testes et queues [de loupsj , attachées à l'entrée du colombier, ergardent que les fluynes n'i entrent, H. nn triez, Huses des esprits malins, f° 29.
— ÉTY.M. Berry, fouin, putois, fouine; wallon, fiixcène ; anc. wallon, fawine ; naraur. faièxK ; Hainaut, floène, flouène; provenç. faina; catal. fagina;BSpagn. fuina; portug. foinha; ital. faina. Bochart tire ce mot du latin faginus, qui signifie de hêtre (fagina a donné faine, nom du fruit du hêtre) , disant que cet animal se plaît dans les hêtres ; et en effet, la fouine se nomme martre des hêtres. Au contraire, Diez, suivant Adelung, le tire de l'allemand Fehe, sorte de martre, lequel vient de l'anglo-saxon fdg, fdh, de couleur variée, brillant; gothique, fâih. La forme primitive étant faine, c'est l'étymologie de Bochart qui paraît préférable.
2. FOUINE (foui-n'), s. f. Il 1° Instrument de fer dont on se sert pour soulever et empiler les gerbes. Il 2° Trident ou fourche à plusieurs branches pointues ou barbelées qu'on lance à certains gros poissons dont on veut se faire une proie, jal. La fouine a un manche auquel est attachée une cordelette au moyen de laquelle on la retire à bord. || La fouine sert aussi dans les rivières pour pêcher au feu; c'est une fourche en fer, habituellement à trois dents, emmancliée de bois. |{ On dit aussi en ce sens foène et fouane.
— HIST. XIV* s. Une foene doist estre enhantée en une lance, comme la hante d'un glaive, ilodus, ms. f* 67, dans lacuhne. Colart feri Pierre d'une fuyne ou fourche à charger gerbes, du cange, fuscina. Pillet tenant une fouyne, autrement dit fourche fiere, en sa main, id. ib. || xv* s. Un baston nommé foyne, dont on a accoustumé de tuer poissons en eaue, id. t'b.
— ETYM. Latin, fuscina, trident; l't n'étant pas accentué, on a eu fusne, d'où foene, fouine. Scheler propose le latin fodina, de fodere, creuser, percer;
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sieurs espèces : les fouiUeurs et dérac.neurs s'em- I mais le sens n'est pas bon.
paraient des bruyères, chateaubr. Stuaris, la liépuWiyue et le Protectorat. || 2* Terme d'agriculture. Instrument d'agriculture propre à remuer et à ameublir le sous-sol, sans ramener à la surface la terre qui le compose.
— ÉTYM. Fouiller.
t FOUILLIS (fou-UÎ , Il mouillées) , s. m. Terme familier, toujours pris en mauvaise part. Masse d'objets confus et en désordre. Je ne peux pas m'y reconnaître, c'est un vrai fouillis. Un fouillis de papiers. Il 11 se dit aussi en parlant de fleurs, de plantes, de broussailles. || Fig. Il se dit des compositions littéraires , oii se trouvent beaucoup de choses désordonnées. C'est un vrai fouillis dans le goût des journées espagnoles de Lope de Vega et de Calderon, la harpe, Corresp. t. iv, p. 122, dans pocGENS.
— HIST. XV* s. Et qui pis est, au lac vont les
f 3. FOUINE (foui-n'), s. m. Nom rural de taches qui se forment sur les feuilles de la Vigne. Ces taches ressemblaient beaucoup à celles qu'on voit si fréquemment sur les feuilles de la vigne qui ont souffert l'altération que les cultivateurs nomment fouine ou brûlure, bonnet, Us. feuill. plant. Suppl. 2.
— ÉTYM. Fouine t , par comparaison avec le brillant de la peau de la fouine.
t FODINEtt (foui-né),D. n. Terme populaire. Fuir, s'esquiver.
— ÉTYM. Fouine I, parce qu'on imite la fouine, qu'on s'esquive comme la fouine.
FOUIU (fou-ir), V. a. ||1° Creuser. Fouir la terre. Fouir un puits. On est obligé de battre la terre sur les sépultures et d'y mêler de grosses épines pour les empêcher [les chacals] de ia gratter et fouir, bUFF. Quadrup. t. vi, p. 202, dans pougens. || Ab-
solument. Voyez-vous à nos pieds fouir incessamment Cette maudite laie et creuser une mine? la FONT. Fabl. in, 6. Il a* Par extension, mettre dans la terre qui a été fouie. Allées d'arbrisseaux et de fleurs, tout cela morcelé entre dix paysans ; l'un y va fouir des haricots, l'autre de lavesce, p. L. COOR. Lett. y,
— HIST. xii* s. Des que seit foîde al peccheur fosse, Liber psalm. p. 1S7. Com cil ki foent le trésor, Vob, p. 487. Si (juierent ilalsi com foant le trésor, ib. Il xiu* s à destre si foués ; Là troverés la
lance de quoi Dieu fu navrés, Ch. d'Ànt. vu, bI3. Et ne porra nus [nul] planter ne fouwir se n'est pour l'amendement des pastures et des voies, tail. LIAR, Recueil, p. 23t. Jà ne ferrons en nule terrk Por semenchier ne por aquerre , ghi de cambrai, Barl. et Jos. p. 1O8. Car U homme le font vergalgne [à la terre] Assés sovent pour lor besoigne ; Car il la feuent à grant painne, Et navrent là û elle est sainne, ib. p. 472. || xvi* s. L'estat des façons que vignes doivent estre, c'est à sçavoir deschaussées, taillées, fouyes et binées, Coust. gêner, t. n, p. 696. De ceux-là [les pauvres gens] tire nature touts les jours des effets de constance et de patience, plus purs, plus roides.... celui-là qui fouit mon jardin, il a ce matin enterré son père ou son
fils, MONT. IV, 4 97.
— ÉTYM. Wallon, fox; provenç. /bire ; du latin /bdere. Le provençal a gardé la conjugaison latine ; le français l'a changée enfodïre; mais l'ancienne langue l'a traitée comme les verbes latins en ire, et dit foent, foanis au contraire la langue moderne l'a conjuguée par assimilation comme les verbes en ir qui viennent delà finale iscere. Au reste cette altération commence dès le xiv* siècle qui a dit fouisseur. Curtius rapproche fodio du grec pôôpo;, fossé, du latin fundus, fond, et du sanscrit budhna, le sol.
t FOUISSEMENT (fou-i-se-man) , *. m. Action de fouir, de fouiller.
— HIST. XVI* s. Fouissement, cotoravk.
— ÉTYM. Fouir.
t FOUISSEUR (fou-i-seur), *. m. Nom commun de tous les mammifères qui creusent le sol avec une grande facilité, comme font les taupes. \\Adj. Les animaux fouisseurs.
— HIST. XIV* s. Les diex ne l'avoient pas fait un sage fouisseur ne un sage areeur ne selon aucune particulière sapience, oresue, Eth. 477.
— ÉTYM. Fouir.
FOULAGE (fou-la-j'), *. m. Terme d'arts. Action de fouler; le résultat de cette action. Les chapeaux se feutrent par le foulage. La façon de préparer les draps au foulage. || Il se dit aussi de l'écrasement des raisins pour faire le vin. Le foulage de la vendange.
— HIST. XV* s. Icellui cousin a acoustumé faire taverne et vendre vin de hault prix et de fort foulage [bonne qualité], du canoë, follare. || xvi* s. Oultre peut le dit justicier avoir moulin à draps.... et contraindre ses subjets estagiers, demourans au dedans de trois lieues du dit moulin, à y aller fouUer leurs draps ; et, s'ils sont trouvés allans fouller, ne leur drap foullé à autre moulin, ils seront tenus payer douze deniers tournois, pour chacune aulne, oultre le droit de foullage, Coust. génér. t. u, p. 63.
— ÉTYM. Fouler.
FOULANT, ANTE (fou-lan, lan-t'), adj. Terme de physique. Pompe foulante, voy. pompb.
FOULARD (fou-lar ; le d ne se lie pas : un foular élégant; au pluriel, l's ne se lie pas : des fou-lar élégants; pourtant plusieurs la lient : des fou-lar-z élégants), s. m. Nom d'un taffetas des Indes orientales, imprimé en diverses nuances, pour faire des mouchoirs, des robes et des fichus de cou. || Mouchoir de poche ou de cou. || Terme d'argot. Faire le foulard, se dit d'un voleur, qui, dans la foule, dérobe les mouchoirs.
— KTYM. Tout historique manquant, on ne sait si foulard a une origine indienne, ou s'il vient de fouler.
FOULE (fou-r), ». f. Il 1° Terme d'arts. Action de fouler les draps; préparation qu'on leur donne en les foulant par le moyen d'un moulin , afin de les rendre plus serrés et plus forts. || 2° Terme de chapelier. Opération par laquelle on foule lesfeutres dans une cuve pleine de liquide. Ouvriers à la foule. Cuve à la foule. Il Atelier où l'on foule. Aller à la foule. Que tous les marchands bonnetiers qui ont des foules chez eux payeront par chaque foule cent sous par an, Sentence de 4 737. || 3° Morceau de bois qui sert à tenir les jumelles d'un peigne de tisserand convenablement écartées. || Terme de marine. Longua perche pour pousser la ralingue du vent afin d'ouvrir les voiles le plus pos.'^ible. || Anciennement, mât de foule, se disait de ce qui a été nommé dans
FOU
la Buito mit de fougue (voy. fouode î). ||4* Terme de p«ohe. Espfcc de pêche dans laquelle, foulant du pied le fond de» rivières, ou de la mer, quand la marée est basse, on (lique avec une sorte de fourche le poisson que l'on rencontre enfoui dans le sable ou la vase. || B° l'ig. Ce qui foule les hommes, comme fait le ra(5ticr à fouler, oppression, vexations (vieilli en ee sens). Plusieurs charges que la nécessité a fait créer flans ces, derniers temps à la grande foule des peuples, vaudan, Dîme, p. ai2. lié" Presse qui résulte d'une grande multitude de gens, et, par suite, cette multitude elle-même. Il vint ici chercher du soulagement et recevoir des propres mains de Dieu, qui aime le silence et qui habite la solitude, ce qui ne se trouve point dans les discours de la philosophie ni dans la foule du monde, balz. lett. 4B, liv. i. Une poutre branlante Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente, BOiL. Sat. VI. Ce même Antiochus, se cachant à ma vue, Me laisse à la merci d'une foule inconnue, RAC. Bérin. i, 4. Seule elle me tirade la foule sanglante, VOLT. Olymp. II, î. Beaucoup de ces hommes isolés étaient des maraudeurs qui feignaient une maladie ou une blessure, pour s'écarter ensuite; ce qu'on n'avait pas le temps d'empêcher, et ce qui arrivera toujours dans ces grandes foules qu'on pousse en avant avec tant de précipitation, ségum, Ilist. de Nap. vi, t. Jeté sur cette boule, Laid,cbétif et souffrant. Étouffé dans la foule, Faute d'être assez grand, hêbang. Yocalion. \\1' Le vulgaire, le commun des hommes. La foule ignorante et capricieuse. Il te met dans la foule ainsi qu'un misérable, MOL. Femmes sav. m, 6. Vous avez besoin de plus de précaution que ceux qui naissent dans la foule, MASS. Carême, Prosp. La foule des humains n'existe point pour moi, volt. Tancr. ii, t. Les comtes de Monlézuma sont de simples gentilshommes chrétiens et confondus dans la foule, id. Mœurs, U7 II Se tirer de la foule, se distinguer, s'élever au-dessus du commun. || Fig. Vous avais-je sans choix Confondu jusqu'ici dans la foule des rois? RAC. Bérin. ui, <. ||8° Par extension, grand nombre. La France possède une foule d'hommes célèbres. Une foule de gens vous diront.... || On le trouve quelquefois au pluriel. Que cet homme passât sa vie à faire réponse à des foules d'amis inconnus, j. j. Bonss. Lett. sans date, t. xx, p. 8s, éd. HUSSET-PATHAY. Des foules de désœuvrés, iD.ti». ]| Il se dit aussi des choses. Une foule de raisons. Quelle foule d'États je mettais à vos pieds I rac. Mithr. IV, 4. Dans la foule des révolutions que nous avons vues d'un bout de l'univers à l'autre, il paraît un enchaînement fatal des causes qui entraînent les hommes, comme les vents poussent les sables et les floLs, volt. Mœurs, tse. \\ 9° En foule, toc. adv. En grand nombre, en parlant des personnes. Seigneur, de tous cêtésle peuple vient en foule, corn. Nicom. V, 5. Les peuples se convertissaient en foule, Boss. Ilist. I, 4 0. Maison se jette en foule au-devant de mes pas, rac. ïphig. v, 4. On eût pu se rappeler ces jours brillants de la vie de M. Duverney, où la ville, la cour et les étrangers venaient en foule de toutes parts pour l'entendre, mairan, Éloges de llunauld. f| Il se dit aussi des choses. Les idées se présentent en foule à mon esprit. Mais j'ai des biens en foule et je puis m'en passer, boil. Sat. viii.
— REM.l. Du temps de Corneille on disait aussi d lo foxâe, au lieu de en foule : Les Parthes, à la foule, aux Syriens mêlés, Rodog. v, 2. C'est un archaïsme, voy. l'historique. ll 2. Lorsque foule est suivi d'un autre substantif, le verbe suit le nombre de ce dernier substantif : Une foule de monde y courut; Une foule de personnes y coururent. Mais, même en ce cas, rien n'empêche de faire accorder le verbe avec foule : Une foule de gens se sont opposés à mon passage ou s'est opposée. Les uns courent se jeter dans la rivière do Narva, et une foule de soldats y fut noyée, volt. Ilist. Russ. s, tt.
— HlST. xm' s. Renart, fet-il, moult ses de bole [ruse];Tu t'es getcz de meinte foie, Ken. 14444. Quant entrée estes dans la foule, Où chascun vous hurle et défoule.... la Rose, 9iW. \\ xv« s. X la charge et foule d'icelle cour et d'aucun soupçon d'icelle, CD CANGE, aecaratio. || xvi* s. La foule estoyt à qui premier saultcroyt en la mer aprez leur compaignon, rab. Parti, iv, 7. Ce n'est pas que le sage ne puisse partout vivre content, voire et seul en la foule d'un palais, mont, i, 274. La foule qui les suyvoit, m. u, 3s. llsemblerapeutestrcqueceste foide [exaction] soit petite; mais je pense qu'elle se monte plus de douze cens mille livres par an, LANOUE, 106. Combattre en foule et en desordre, AMTOT, Cam. 70. Et y avoit des sorgeni tenaos des