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d Alf. T. Il Fig. Qui dans un vain sonnet, placés au rang des dieux Se plaisent à fouler l'Olympe radieux, BOlL. l':pit. IX. Il Fouler aux pieds, marcher dessus en appuyant avec les pieds, presque toujours avec le sens du mépris, de la colère, de la vengeance. Aussitôt ils la jetèrent [Jézabel] par la fenêtre, et la muraille fut teinte de son sang, et elle fut foulée aux pieds des chevaux, SACi, Ilible, Rois, IV, », 33. Il est venu accompagné de ses soldats; ils m'ont foulé aux pieds et ils ont assiégé ma tente de toutes parts, lo. ib. Job, xix, 4 2. Il [l'empereur Olhon IV] se faisait, dit-on, fouler aux pieds de ses garçons de cuisine, et fouetter par des moines, VOLT. Mœurs, t>. On vantait la générosité de son cœur [du duc de Guise]; mais il n'en avait pas donné un grand exemple, quand il foula aux pieds, dans la rue Bétisi, le corps de l'a irai Coligni, jeté à ses yeux par les fenêtres, id. t!i. «73. La bains du nom chrétien est telle au Japon qu'on n'en approche point aujourd'hui sans fouler le Cbriit aux pieds, niDER. Opin. des anc. phil. [Japonais.) Hennis d'orgueil, 6 mon coursier fidèle, Et foule aux pieds les peuples et les rois, bEkano. Chant du Cosaque. || Fig. Fouler aux pieds , traiter avec mépris , dédaigner, braver. Ils foulent aux pieds les privilèges des mendiants, patbu. Plaidoyer 6, dans richblet. Apprends de moi, pécheur, apprends l'obéissance Des sentiments humiliés; Poudre, terre, limon, apprends de ta naissance X te faire fouler aux pieds, corn. Imit. m, (3. Alors foulant aux pieds la discorde et l'envie, lo. Pomp. m , 6. Leurs rejetons seront réduits en poudre, parce qu'ils ont foulé aux pieds la loi du Seigneur des armées, SACI, Bible, Isa'ie, v, 24. Qui foule aux pieds pour vous vos vainqueurs en colère, bac. Andr. m, 8. Et qui [Caligula, Néron], ne conservant que la figure d'homme. Foulèrent à leurs pieds toutes les lois de Rome, id. Bérén. u, ?. J'ai feulé sous les pieds remords, crainte, pudeur, iD. EUh. III, (. Ce bandeau dont il faut que je paraisse ornée... Seule et dans le secret je le foule à mes pieds, id. Esth. i, *. Leur orgueil foule aux pieds l'orgueil du diadème, volt. Brutits, i, 3. Il 4° Terme de chasse. Faire battre ou parcourir un terrain par le limier ou par une meute. Fouler une enceinte. {| 5° Opprimer. Que par force le faible est foulé du puissant, réonier, Éplt. i. La veuve, l'orphelin, tous ceux qu'on foule ou qu'on opprime, MASS. Pet. carême. Hum. Ce colosse effrayant [Rome] dont le monde est foulé, volt. Mort de Ces. III, B. Il Particulièrement. Accabler d'impôts, d'exactions. Et sans fouler le peuple en aucune façon, MOL. Fdch. m, 3. Les gouverneurs qui l'avaient précédé [Néhémias] avaient beaucoup foulé ce pauvre peuple, BOSs. .Sermons, Ambition, Fragment sur J« même sujet. || Fig. et par plaisanterie. C'est un bon prince qui ne foule guère ses sujets, se dit d'un homme doux et pacifique. || 8* Blesser par frottement ou par tiraillement. La selle foule ce cheval. Il ne faut rien pour fouler le pied à un cheval. Il 7° Terme de chasse. Fouler la bête, se dit des chiens quand ils mordent l'animal après l'avoir renvéïsé. Ce chien a beaucoup d'ardeur pour fouler le cerf. Les chiens n'ont nulle ardeur pour fouler le loup, et répugnent si fort à manger de sa chair, (|u'il faut la préparer et l'assaisonner lorsqu'on veut leur en faire curée, bofp. Loup. Ijll se dit aussi des chiens auxquels on abandonne la bête. Laisser fouler le cerf aux chiens. || 8° Distendre une articulation, la contondre. Cette chute m'a foulé le poignet. [j Se fouler, fouler à soi. Il s'est foulé le pi«l en tombant. || Fig. et populairement. Il ne se foule pas la rate, il ne se donne ni mal ni peine. || 9* F. n. Exercer une action de pression. On feutre en foulant. Il Terme d'impression. Il se dit do l'action de la presse sur les feuilles. Cette presse foola également. || 10° Se fouler, t). ré/l. Être pressé, serré par la foule. On s'est beaucoup foulé à la sortie du spectacle. || Fig. et familièrement. Il ne se foule pas, il ne se donne pas beaucoup de peine. Je pense faire ce travail en deux jours sans me fouler. il Éprouver une foulure. Mon genou s'est foulé dans la chute.
— HIST. xu* s. Li cristien rei soient sainte iglise obéir; Lais [un lal'iue] ne deit clerc fulcr, mais chier le deit tenir. Th. le mart. 7». Mais de primes en est Normendie fuite, ib. <63. || xm* s. Renart, la maie flame farde I Tantes foiz nos avez folées Et chacies et iribulces , Et dcscirces nos pelicos, Ren. 40016. Lede estoit et sale et foulée Ce'.e ymage, et megre et chetive. Et aussi vert cum une cive,
la Rose, lOu D.eux avoit planté La vigne et fcllé
le vin, nuTEB. u, ta. Les cbevaiu à nos gens estoient
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frez, et les chevaus aus l'iirs csloient jà foulez [fatigués], JODiv. Il XV' s. Et dedans deux ans ou trois, quand ils [les gens du duc d'Anjou] seraient foulés, lassés et tannés, il [Charles de Duras] les combattroit à son avantage, pboiss. u, n, <36. Vertu et vaillance ou parfaite science, tant soit elle foulée, ne laisse pas pourtant d'avoir d'aucuns la louange qu'elle doibt avoir, Bouciq. m, U. Le rouge chevalier, qui ne se fouloit point, faisoit tant d'armes, que devant ses coups il ne demouroit chevalier en selle, Perceforest, t. m, f° 33. Le tiers [le 3« chasseur] l'ours le print et le foulla soubz luy, comm. iv, 3. Seront tenus fouller sus establie à la main tant seulement, sans fouller au pied.... Ordonn. mars (450. ]| XVI' s. Â recevoir tant de cervelles estrangieres, il est nécessaire que la sienne se foule, se contraigne et rapetisse pour faire place aux aultres, MONT. I, (39. Quelqu'un en mes jours, estant reproché par le roy d'avoir mis les mains sur un presbtre, le nioit fort et ferme : c'estoit qu'il l'avoit battu et foulé aux pieds, lo. i, 323. Les âmes seroient à se fouler à qui prendroit place la première.... in. n, 308. Comme si son but estoit de fouler aux pieds le genre humain, langue, 373. Les Gaulois estimèrent leur honneur foulé en ce que les Romains les alloient assaillir les premiers, amyot, Cam. 70. Bien aises de son malheur, comme s'ilz eussent foulé aux pieds celuy que la fortune avoit abatu,
ID. Timol. 20 De répudier ainsi , à la voilée,
des princesses de bien et d'honneur, foulant leur réputation, cahloix, u, 2. Le matin on vint pour rompre et fouler la porte de sa chambre, pour la tuer, BRANT. Cap. fr. t. iv, p. (0 , dans lactirne.
— ÊTYM. Wallon, foler, marcher sur ; provenç. folar, foUar; espagn. hollar; ital. follare; d'un radical latin fuH, qui se trouve dans fullo, foulon, et dans fulcire , appuyer. C'est par une dérivation facile que de fouler, serrer, presser, on a tiré foule, presse de gens.
FOULERIE (fou-le-rie), s. f. Atelier de foulage. Ij Machine à fouler.
— HlST. xiu' s. Pour ce que plusieurs fraudes et malices estoient fêtes ou mestier de la foulerie, et dont domage avenoit au commun du mestier.... Liv. des met. 4oo.
— ÊTYM. Fouler.
t FOULEUR (fou-leur), s. m. || 1° Celui qui foule le raisin dans la cuve. || 2° Synonyme de foulon. Défenses aux fouleurs desdits ouvrages, de se servir d'autres instruments.... et aux foulonniers de moulins à fouler drap et étoffes, de.... Arrêt du Conseil, 30 mars (700. || 3» Fouleur au tonneau, ouvrier qui foule dans la cuve les peaux de lapin, de lièvre, de chat, de chien.
— ÉTYM. Fouler.
FOL'LOIR (fou-loir), s. m. \\ 1° Instrument avec lequel on foule. || Le lieu où l'on foule. || 2° Instrument pour nettoyer une pièce de canon. || 3" Instrument avec lequel le dentiste enfonce l'amalgame d'or et de platine dans la cavité d'une dent cariée pour la plomber. || 4° Espèce de caisse pour fouler la vendange.
— ÊTYM. Fouler.
t rOULOIRE (fou-loi-r"), s. f. Terme de chapelier. Table sur laquelle on foule les chapeaux. Il Terme de bonnetier. Grand cuvier dans lequel on foule les bas.
— HIST. XVI' s. La plus aisée manière de fouler les raisins, en est par la fouloire mise sur la cuve, dans laquelle un homme à pieds nus et bien lavés espraint les raisins, dont le moust s'escoule dans la cuve par des trous faits au fons de la fouloire, o. de
SERRES, 2t(.
— ÉTYM. Fouler.
FOULON (fou-Ion), s. m. || 1° Artisan, dit aussi foulonnier et moulinier, qui prépare les étoffes de laine en les faisant fouler au moulin. Ses vêtements parurent blancs comme la neige, et d'une blancheur que nul foulon sur la terre ne pourrait jamais égaler, Xouv. Test. SI Marc, ch. ix , trad. de Port- Royal, dans RicHELET. || Moulin à foulon, moulin qui sert à fouler les draps. || Terre à foulon, argile qui sert à dégraisser les draps. Il [Bomare] ne fait pas une mention particulière de la sorte de terre à foulon dont on se sert en Angleterre pour détaclier et même lustrer les draps; il est défendu d'en exporter, et cette terre est en effet d'une qualité supérieure à toutes celles que l'on emploie en France, où je suis persuadé néanmoins qu'on pourrait en trouver de semblable, bufp. Min. t. vu, p. (.4), dans pouGENS. jj Chardon à foulon, voy. chardon. Il 2° Grosse espèce de hanneton. || En Normandie, frelon.
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— HIST. xm' s. Chardon à foulon dont l'en atourne les dras, la charreto doit deux doniors, à asne obole, à col noiant, Liv. des mrt. 290. || xiV s. Que aucuns ne puisse ou doie escurer au foulon aucuns draps à sain [graisse], mais que à la terre et à l'eaue chaude tant seulement, Ord. des rois de Fr. t. III, p. 4(6. Il XV' s. Le comte de Flandre fit décoller mechans gens, tels que foulons et tisserands qui avoient misa mort ses chevaliers, proies. II, n, 63. Il XVI' s. Onques foulon ne caressa charbounier, leboux de linct, t. u, p. i34.
— ÊTYM. Lat. fullo, fullonis, foulon.
t FOCLONMER (fou-lo-nié) , s. m. || 1' Voy. foulon. Il 2° Propriétaire de moulins à foulon. Faisons défenses à tous fabricans et marchands de faire fouler et apprêter, et à tous foulonniers et apprêteurs de recevoir aucunes desdites étoffes, si elles ne sont revêtues desdits plombs ou empreintes , Lett. pat. 4 juin (780, art. 8.
— ÉTYM. Foulon.
FOULQUE (foul-k') , s. f. Genre d'oiseaux échassiers dont chaque espèce est appelée aussi poule d'eau comme celles de plusieurs autres genres, le- GOARANT. Il Nom qui s'applique principalement à la foulque très-noire, dite encore grande foulque, pour la distinguer des autres.
— msT. XIV' s. L'en y met pigons, saussisses, fourques, Ménagier, ii, 5.
—ÉTYM. Provenç. /bico, espagn. fulica; du latin fulica, accent sur /u.
FOULURE (fou-lu-r'),*. f. ||l° Action de fouler des draps. || Term% de corroyeur. Foulure des peaux, action de les fouler aux pieds, soit à sec soit mouillées. Il 2° Au plur. Terme de chasse. Marques légères que le pied du cerf laisse sur l'herbe. || 3° Blessure d'une partie foulée. Il s'est fait une foulure à l'un des pieds, et il ne peut marcher. || Fig. et familièrement, n n'attrapera pas, ou il ne se donnera pas de foulure, il travaille mollement et sans se presser.
— HIST. xm* s. S'il couste à garir de sa folure, cil qui traist le cop est tenus à paier les cousts, BEAUU. Lxix, s. Il xv S. Mauvaise fouUure [contusion] est que de fust, Perceforest, t, n, f° 2. || xvi' s. ....Et sçavoit, sans avoir veu le cerf, quelle teste il avoit. En voyant seulement ses erres et fouleures, RONS. 210. De foulure: Le bœuf estant foulé à la teste, ou au col (comme avient souvent par le joug), faudra appliquer dessus, un couple d'œufs rompus dans un plat, o. de serres, 977.
— ÉTYM. Fouler; picard, folure, blessure.
t FOUPIR (fou-pir), V. a. Délustrer, chiffonner une étoffe en la maniant.
— ÉTYM. Fourpir, dont foupir est une altération, vient de l'ancien français ferpe, fetpe, qui est le mot actuel fripe.
jFOUQUET (fou-kè), s. m. Espèce d'hirondelle de mer. || Ancien nom vulgaire de l'écureuil.
— ÉTYM. Diminutif de Foulque, nom propre ; les noms propres sont plus d'une fois devenus noms d'animaux. Fouquet, le célèbre surintendant sous Louis XIV, portait, par allusion au sens du mot, un écureuil dans ses armes.
(. FOUR (four), s. m. || 1° Ouvrage de maçonijprie rond et voûté, où l'on fait cuire le pain. Chaufier le four. Chaque jour il alloit visiter les fours, goiitor le pain, et s'assurer de la régularité de toutes les distributions, sÉGun, Hist. de Nap. v, (. || Four banal, four auquel les habitants d'une certaine circonscription étaient obligés d'envoyer cuire leur pain sans pouvoir le faire cuire chez eux. || Donner le four trop chaud à du pain, à de la pâtisserie, mettre cuire le pain ou la pâtisserie dans un four trop chauffé. II Four de campagne, four portatif. {| En un autre sens. Four de campagne, ustensile de ménage, espèce de couvercle en tôle, à double rebord, dont l'un, plus creux, emboîte le plat, et dont l'autre reçoit des charbons allumés ; ce couvercle se met sur les casseroles ou plats de cuivre pour les envelopper de chaleur comme dans un four. || Pièce de four, gâteau et autre pièce de pâtisserie cuite au four. Du laitage, quelque pièce de four, J. i. Rouss. Ém. u. Il Petits fours, sorte de petite pâtisserie légère pour desserts, pour soirées, etc. || Familièrement. Il y fait chaud comme dans un four, et, absolument, c'est un véritable four, se dit d'un endroit où il fait une très-grande chaleur. || Il y fait noir comme dans un four, on y voit comme dans un four, se dit d'un lieu très-obscur. || Elle est grande comme un four,
se dit d'une bouche très-fendue En ouvrant
la bouche aussi grande qu'un four, à force de bâiller, scarr. Rom. com. i, a. || 2° L'endroit où est le four. Aller au four. |{ 3° Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le
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plâtre, etc. || Four à poulet, endroit clos où l'on entretient une température constante , suffisante pour faire éclore les œufs. J'ai vu les pyramides et n'en ai point été émerveillé; j'aime mieux les fours à poulets, dont l'invention est, dit-on, aussi ancienne que les pyramides, volt. Déf. de mon oncle, ch. 21. Il 4* Coffre en tôle fermé par une porte, placé au-dessus,du foyer d'un poêle. || 6° Cul de four, espèce de voûte cintrée en élévation dont le plan est ovale ou circulaire. || 6° Fours à cristaux, cavités tapissées de cristal de roche, dans les Alpes. Il 7° Ancien terme de marine. Petit retranchement fait en arrière de la soute aux poudres, et justement dans les façons qui sont formées par les fourcats, jal. || 8° Terme de théâtre. Faire four, se disait des comédiens qui refusaient de jouer et renvoyaient les spectateurs quand la recette ne couvrait pas les frais. {| Aujourd'hui, so dit d'un comédien ou de tout autre qui échoue, d'un livre, d'une entreprise qui ne réussit pas. || On dit dans le même sens : C'est un four ; on ne s'attendait pas à un four aussi complet. || 8" Four s'est dit aussi des loges du cintre d'un théâtre, qui ont en effet la forme d'un four. || Proverbes. Vous viendrez cuire à mon four, c'est-à-dire vous aurez besoin de moi, et je me vengerai. || Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, c'est-à-dire la chose, l'affaire n'est pas pour vous. On dit que cette Voisin mettait dans un four tous les petits enfants dont elle faisoit avorter; et M. de Coulanges, comme vous pouvez penser, ne manque pas de dire, en parlant de la Tingry [dame soupçonnée de so faire avorter] , que c'était pour elle que le four chauffait, sÉv. 31 janv. (G8i>. Il On ne peut pas être à la fois au four et au moulin.
— REM. Four dans le sens de chute complète au théâtre : Rochefort, dans ses Souvenirs d'un vaudevilliste, à l'article théaulon , attribue l'origine de cette expression à ce que cet auteur comique avait voulu faire éclore des poulets dans des fours à la manière des anciens Egyptiens, et que son père, s'étant chargé de surveiller l'opération, n'avait réussi qu'à avoir des œufs durs. C'est depuis cet incident burlesque, ajoute-t-il, que les auteurs disent qu'une pièce fait four quand elle éprouve une chute complète. Cette origine n'est pas exacte, puisque l'expression dans le sens ancien est antérieure à Théaulon. U est possible qu'ei'ie ait été remise à la mode depuis quelques années et avec un sens nouveau, qui peut avoir été déterminé par le four de Théaulon, mais c'est ailleurs qu'il faut en chercher l'explication;: les comédiens, refusant de jouer et renvoyant les spectateurs , c'est là le sens primitif, faisaient four , c'est-à-dire rendaient la salle aussi noire qu'un four.
— HIST. XI' s. Les trois enfanz tout en un fom ardent, Ch. de Roi. ccxxiv. || xm' s. Fours, quant il vient en pris, doit estre prisiés en le [la] manière que nos deismes dessus des edeflces ; car c'est edefices, BEAUMAN. xxvH, 2( . || XIV' S. [Il] Mina moult fièrement le mur anciseour [ancien]. Qu'un trou y fist plus grant que la gueule d'un four, Guescl. 202(5. Le four du cors [clibanus corporis], c'est l'estomac, H. de mondeville, f° 84. || xV s. Et desccndoit si grant chaleur du ciel, que proprement il estoit avis à ceux qui estoient en leurs armures, qu'ils fussent en un four, froiss. m, iv, 20. Au four et au moulin oyt l'en les nouvelles, leroux de lincy, Proo. t. Il, p. (97. J'ai veu qu'il pleuvoit et gresloit et faisoit noir comme en ung four, que le pou vre homme venoit tout à pié, affin qu'il ne fust aperceu, Les (Bj'oj/es du mariage, p. (24. Les fous à estas élever, Les saiges laisser en destour. Les vaillans mettre au cul du four, Faire inimislé et déraison.... eust. descii. Comment le roi aura juste maison. || xvi' s. Cet effort inutile à ce qu'il pensoit, lui donna ce qu'il n'csperoit point, assavoir les fours que les nostres faisoient pour faire sauter la contr'escarpe et le logement qui estoit dessus, d'aub. Hist. I, 246. Four de réverbération.... fours secrets des philosophes, œuf des philosophes, cornue.... PARÉ, t. m, p. 63S. X faire la gueule d'un four sont trois pierres nécessaires, rabel. iv. Prologue. La bonne femme ne sercheroyt jamais sa fille au four, si elle n'y eust esté paravant elle-mesmes, palsgr. p. 708. Pensez que , s'il y a rompture, vous serez [Marguerite de Valois] la première qui en portera la paste au four et qui en aura plus de dommage, Lett. de Louis XII, t. i, p. (95, dans lacl'ene. X pauvres gens la paste gelé au four, lekqux de linct, Prov. t. II, p. (97.
— ÊTYM. Bourguign. for; normand, foui (Ome); provenç. fornj espagn. horno; ital. forno; du latin
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fitrtnu, que les étymologistes rapproolienl de formut, chaud, du grec 6tpii4;, et du sanscrit gharma. t 2. FOUR (four), ». m. Anciennement, nom, à Pari», de lieux servant i enfermer les gens sans aveu qui battaient le payéetqui, une fois enfermés, étaient enrôlés de force : ces fours, de l'invention de M. d'Argenson, étaient en trîs-grand nombre. Je me donne au diable, il me prend envie de faire un four de notre appartement ; autant de gens qu'il j viendra, je vous les enrôle, dancourt, la Galette, iC. 4.
— f.TYM. Four est icf l'analogue do four dans Four-l'Évf.que, Four-aux-Dames. Ces fours étaient des prisons annexées à certains tribunaux ; le nom en vient de forum, tribunal.
4. FOURBE (four-b'), adj. Qui a recours, pour tromper, à des moyens odieux. Et vous m'avez cru fourbe ou de peu do pouvoir, cobn. Poly. v, 6. Il Fig. Imagination , c'est cette partie décevante dans l'homme, cette maîtresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus fourbe qu'elle ne l'est pas toujours, PASC. Peiisées, t. i, p. 254, édit. lahuke. Il S. m. et f. Un maître fourbe. Quoi ! je suis donc un fourbe, un bizarre, un jaloux ! corn, le Ment, n, 3. Mais & fourbe fourbe et demi, scarr. Virg. iv. Il court parmi le monde un livreabominablo, Un livre à mériter la dernière rigueur. Dont le fourbe a le front de me faire l'auteur, mol. Jft'î. v, r La fourbe a de l'esprit, la sotte est toute bonne, m. ib. ii, b. Sors d'ici, fourbe insigne, boil. Sat.xn. Ah! fourbe, fourbe , tu m'as trompée, tu te livres bien heureusement à la vengeance que j'en veux prendre, dancoimT, Été des coquettes, se. 20. Ces oracles menteurs d'un temple méprisable Que les fourbes d'Egypte ont rendu vénérable, volt. Sémiram. n, 4.
— ÊTYM. Bourgulg. /orbe ; de l'itaL/'urSo, fourbe. Diez regarde furbo comme ayant le même radical que fourbir, nettoyer, et par suite dépouiller. C'est d'une façon analogue que polir a donné polisson.
ï. FOURBE (four-b'), s. f. || 1° Caractère du fourbe ; disposition à fourber, habitude de fourber. La fourbe n'est le jeu que des petites âmes. Et c'est là proprement le partage des femmes, corn. Nicom. IV, 2. En matière de fourbe il est maître, il y pipe, ID. Menteur, m, s. Des malheurs qui sont sortis De la botte de Pandore, Celui qu'à meilleur droit tout l'univers abhorre, C'est la fourbe, à mon avis, LA FONT. Fabl. III, t. Du nom de fierté noble on orna l'impudence. Et la fourbe passa pour exquise prudence, boil. Sat. xii. Vous, nourri dans la fourbe et dans la trahison, bac. Àthal.m, 4. || 2° Acte de fourbe. Ce héros voit la fourbe et s'en moque dans l'âme, corn. Pomp. 11, a. Nous triomphons, Attale, et ce grand Nicomède Voit quelle digne issue à ses fourbes succède, ID. Nicom. m, 8. 11 répondit que, si l'attachement avec la dame de Séville était une fourbe, il était aisé de la détruire, scarr. Rom. com. 1, aï. Sa fourbe fut bientôt découverte, boss. Hist. I, 8. Oh! qu'il va me payer sa fourbe alwminablel volt. Zaïre, iv, 5. M. Furia en veut sa part {de la découverte du passage de Longus].... vous, monsieur, vous voyez la fourbe, et, bien loin de la découvrir, vous t.^chez d'en profiter pour vous glisser entre nous deux, p. L. cour. Lettres à M. Rcnouard. Il Supercherie. Si je savais faire des vers, vous pourriez vous douter d'une fourbe, balzac, liv. vn , lett. 33.
— SYN. fourbe, FouRBERiB. La fourbe est le caractère du fourbe ; la fourberie est l'action de fourber; mais quand, par extension, fourbe prend le sens d'acte de fourbe, alors fourbe et fourberie sont exactement synonymes.
— HIST. iv s. Dame, je ne say de leurs forbes, Ne aussi leurs intentions, Kyst. du siège d'Orléans, p. B48. Le moyne qui disoit ses heures avec luy pe duc de Guienne, frère de Louis XI] estoit soupçonné qu'il avoit joué la fourbe à monsieur de Guyenne , et baillé la corme verte, et qu'iceluy moyne fut cause de le mettre hors de la terre des vivans , t'HERMiTE DE 80LIERS, Cabinet du roi Louis XI, à la tuili de Comines, t. iv, p. 21 s, dans lacbrne. Il xvi* s. Pour estre advocat ou financier, il nefault pas mescognoistre la fourbe qu'il y a en telles vacations, mont, iv, 4 B8. Il obtint ce qu'il demanda par ceste fourbe, dont il abusa le peuple, amyot, 4/c. 3i .
— RTYJI. Fourbe *.
FOUUnfi, ÉE (four-bé , bée) , port, passé de fourber. Kourbé par une intrigante.
FOURBEU (four-bé), V. a. Tromper en fourbe. Et cet ingrat que j'aime. Après m'avoir fourbe, me fait fourber moi-môme, corn, le Ment, v, 2. Vous vous êtes accordés, Scapin, vous et mon fils, pour me fourber.... — Ma foi, monsieur, si Scapin vous fourbe, je m'en lave les mains, hol. Scapin, m, C
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Oui, oui, fourber un fourbe est une œuvre louable, nusToucHES, Diss. i, S. || Absolument. C'est bien aimer la fourbe et l'avoir bien en main Que de prendre plaisir à fourber sans dessein, corn, le Ment, m, 3. Je ne veux pas oublier une bagatelle qui marque l'extrême application que les prêtres avaient à fourber, fonten. Ôraelet, 1, )2. Fais qu'à fourber nul fourbe ne me passe. Et qu'en fourbant honneur et losj'amasso, J. B. Ronss. Masque de Lateme.
— f.TYM. Fourbe t.
FOURBERIE (four-be-rie), t. f || !• Action de fourber. Je ne trouve partout que lâche flatterie, Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie, mol. Mis. 1, 4 . Nous plumons une coquette ; la coquette mange un homme d'affaires; l'homme d'affaires en pille d'autres ; cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde, le sage, Turcaret, i, lï. Ne faut-il pas aux peuples quelque chose de plus? n'ont-ils pas besoin, je ne dis pas des fourberies de vos bonzes, mais do quelques illusions respectables? volt. Dial. xxviii,4. Il î° Par extension, penchant à fourber. Vive la fourberie et les fourbes aussi I mol. VÉt. i, 0. La finesse est l'occasion prochaine de la fourberie ; de l'une à l'autre le pas est glissant ; le mensonge seul en fait ladifi^érence ; si on l'ajoute à la finesse, c'est fourberie, la bruy. yni.
— ETYM. Ital. furberia, de furbo, fourbe.
t FOURBKSQUE ( four-bè-sk' ) , s. m. Nom que porte l'argot italien, dont on a fait des vocabulaires dès le XVI" siècle et qui a fourni plusieurs mots à l'argot français.
— ÊTYM. Ital. furbo, fourbe. *
FOURBI, lE (four-bi , bie), part, passé de fourbir. Une casserole bien fourbie et reluisante.
FOURBIR (four-bir), v. a. || 1° Polir par le frottement, en parlant d'ustensiles de fer, de cuivre, et des armes. Fourbir un poêlon avec du grès. || Fig. Le christianisme fourbit les épéesqui couvrirent nos campagnes de cadavres, volt. Phil. Déf. demilord liolingbroke, 43. || 2° Se fourbir, r. réfl. Étia fourbi. Ce cuivre se fourbit aisément. || Se fourbir se dit des soldats de cavalerie, cuirassiers, par exemple, qui nettoient leur armure. Le cuirassier a tant par jour pour se nourrir, se fourbir.
— HIST. XI' s. Ferez [frappez], segnor, des espées furbies,Ch. deiloi. cxLi. ||xii'S. Il a materreàgrant tort envaïe; Se nel defTcn & m'espée forbie. Je ne me prise une poume pourie, Raoul de C. 75. Forbir la purreture de la chaitive pense [pcn.s6ej , Job, p. 440. Il xiii* s. Nettement tient son cuer qui ainsi le forbit, J. nE medbg, Test. 4 364. Eve rose [eau de rosej dont se fourbissent. Dit du mercier, dans RAYNOUARD, Gloss. \\ XV* S. Vous avez tuit bouche à court ; Mais l'on vous fait d'avoir gaiges le sourt [on fait la sourde oreille pour vos gages]; Et si n'avez rien pour fourbir vos dens. Fors bouche à court, sans rien mettre dedans, eust. desch. Poésies mss. {° 218, dansLACURNE. || xvi* s. Hz portoient devant eulx des escus de fer bien fourby et luisant, AMYOT, P. Âim. 30.
— ÊTYM. Wallon, horM, -namur. foftrbi; provenç. forbir ; ital. forbirc ; angl. furbish; de l'anc. h. allom. furban, nettoyer.
t FOURBISSAGE (four-bi-sa-j'), s. m. Action de fourbir ; le résultat de cette action.
— f.TYM. Fourbir.
FOURBISSEUR (four-bi-seur), s. m. Artisan qui fourbit et qui monte les sabres, les épées. || Fig. Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur, se disputer une chose qui n'est ni à l'un ni à l'autre de ceux qui contestent.
— HIST. xv s. Quiconque vouldra estre armurier ou brigandinier, fourbisseur et gamisseur d'espées et de hamois, Ordonn. de Charles VIII, sans date. Il XVI" s. Les armes pendues es boutiques des armeuriers et fourbisseurs, amtot, Pélop. 23. Teste à teste comme deux fourbisseurs, cotorave.
— ETYM. Fourbir. L'ancienne langue disait forbeur.
t FOURBISSIMK (four-bi-ssi-m') , adj. Motditpar plaisanterie. Très-fourbe. Mascarille est un fourbe et fourbe fourbissime, mol. fÉt. u, 5.
— ETYM. Superlatif de fourbe, formé sur le modèle du superlatif latin en issimus.
FOURBISSURE (four-bi-su-r'), t. f. Action de fourbir.
— HIST. XVI" s. Fourbisseure, cotorave.
— ETYM. Fourbir.
FOURBU, UE (four-bu, bue), adj. \\ 1" Terme de vétérinaire. Atteint de fourbure, maladie qui ôte très-promptement aux chevaux l'usage des jambes. Il 2° Fig. Incapable de marcher il cause d'un excès de fatigue. Je suis fourbu.
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' — HIST. xvi" 8. Le bcïlail.... et specialemeni I* bouvlne, qui en devient fourbeue, mangeant ceste herbe e'tant verte [la luzerne], dont soudainement elle se meurt, 0. de serres, 270. Un cheval qui a beu ayant trop chaud, et pour tant a heu for le temps qu'il devoit boire, h. estienne, dans le Dict.
de DOCHEZ.
— ETYM. Berry et normand, fnrbu; du part, passé de l'ancien verbe se fnrbnire, qui, signifiant boire avec cxcJ'S (On dit que tu estois cousliimier de te forboire, pasq. Recherches, p. 90», dans lacdbne), signifiait aussi se morfondre, devenir fourbu ; la fourbure était attribuée à ce que le cheval buv?.ic avec excès ou à contre-temps. Forboire vient du latin foris, hors, et de ftoi're ; boire mal à propos.
FOURBURE (four-bu-r*),». f. Terme de médecine vétérinaire. Inflammation du tissu réticulaire du pied chez le cheval, et, en général, chez les solipèd-s et les ruminants. La fourbure vient aux chevaux par une extraonlinaire chaleur causée par quelque exercice violent.... elle vient aussi au cheval qu'on a fait boire trop tôt après avoir eu chaud, SOLEISEL, Parfait maréchal, dan» richelet.
— ETYM. Fourbu.
t FOCRCAT (four-ka), s. m. Terme de mariné. Varangue dont les deux branches se rapprochent jusqu'à affecter la forme de la fourche et même celle du V. || On trouve aussi, au commencement du xvn" siècle, fourc et fourg.
— ETYM. Lat. furca, fourche. Fourcat représente furcatum sous la forme provençale.
FOURCHE (four-ch*), s. f. \\ 1" Instrument à long manche, muni, au bout, de deux, trois, ou un plu» grand nombre de dents aigués, droites ou courbées, et qui sert à remuer le fumier, les fourrages, et même à faire les gerbes. Fourche de bois. Fourche de fer. || Fourche de jardinier, fourche en fer, à fourchons recourbés en dedans, et servant à rompre les mottes de terre quand on sème les graines. Il Fig. et familièrement. Faire quelque chose à la fourche, le faire négligemment, grossièrement. X peine à ces propos eut-il fermé la bouche. Qu'il entre à l'étourdie un sot fait à la fourche, réonier, Sat. X. Il Passer les chevaux à la fourche, les panser mal, les battre au lieu de les étriller. || Être traité à la fourche, être traité avec dureté ou d'une manière humiliante (ces locutions, .surtout la dernière, vieillissent). || Fig. Prendre une fourche, chasser sans ménagement. S'il osait encore revenir, je prendrais une fourche. || 2° Disposition en forme de fourche, c'est-à-dire disposition d'un objet qui offre deux dents ou divisions. Que d'un bois fait en fourche on décore mon front, hautebociie, App. trompeuses, I, 4 2. Nous plaçâmes horizontalement dans la fourche de ces piquets une longue perche, cbateaobr. Toy. Amer, les Onondagas. \\ Fig. Je me trouvait ainsi [lors du projet de mariage de la duchesse de Berry] dans la fourche fatale de voir dès maintenant, et plus encore dans le règne futur, ce qui m'était le plus contraire, ou ceux à qui j'étais le plus attaché, sur le pinacle ou dans l'abime, st-sim. t. VIII, p. 24B, éd. chéroel. Il Bois fourchu. On passe dans le col de chaque esclave une fourche de bois de huit & neuf pieds de long; une cheville de fer rivée ferme la fourche par derrière, de manière que la tête ne puisse pas pas-ser, ratnal, Hi.vf. phil. xi, 47. Il Terme de marine. Se dit de deux niâls ou mâtereaux réunis vers le sommet pour élever des fardeaux. Il Autrefois fourche d'arquebuse, bâlon garni d'un fer fourchu dont on se servait pour appuyer le mousquet en tirant. || Terme de vénerie. Bâton à deux branches auquel on attache le forhu pour faire la curée. || Fourche à blaireau, fourchette à deux fortes dents de fer pour arrêter les blaireaux. || Faire la fourche, une fourche, se dit d'un chemin, d'une rivière qui se bifurque. || Terme de musique. Fiire la fourche, disposer, sur un instrument à vent, le* doigts, de manière que le doigt du milieu étant levé, l'index et l'annulaire bouchent chacun un trou. Il 8* Fourches patibulaires, gibet à plusieurs piliers élevé dans la campagne. Etienne Pasquior remarque que les fourches patibulaires de Montfaucon ont porté malheur à tous ceux qui s'en sont mêlés, saint-foix, Bss. Paris, OEuc. t. iv, p. «4, dans PODOr.NS. 114° Fourches caudines, défilé long et étroit où l'armée romaine prise par les Samniles ne fut lâchée qu'après avoir passé sous In joug (l'an do Rome 433). Il Fig. et familièrement. P.vî,ser par lu Fourches caudines, subir des conditions humiliantes. Berwick passa, comme ses confrères, sous les Fourches caudines, le jour même de la jonction de son armée pour laquelle il prit l'ordre du duc de I Vendôme, st-sih. 2O8, 46. jj On dit aussi absolu-
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ment dans le même sens. Passer sous la fourche. Il 5° Terme de pêche. Instrument qui sert à prendre le poisson en l'enferrant. || 6° Longue perche armée d'un demi-cercle au bout, dont les marchands se servent pour mettre et ôter les étalages qu'ils pendent sur le devant de leurs boutiques. || 7° Les deux branches de la mandibule inférieure de.s oiseaux. Il 8" Terme de blason. La queue du lion, lorsqu'elle est divisée en deux. || 9° S. (. plur. Petits abcfs qui viennent aux doigts et aux mains des gens de travail.
— HlST. xii' s. Ansi l'on fait as forches contremont sus lever (pendre au gibet], Ronc. p. t»7. ....Ne crient [ne craint] ne mort ne furkes ne turment. Th. If mart. ■>*. K si alcuns les volt baillfer [protéger les malfaiteurs], od furche e ml fer les estut abatre, e vers sei sachier, Rois, p. 2li. || xui' s. Sor un haut mont en un rochier Fet li rois les forches drecier Por Renart pendre le gorpil, Ren. HII96. Une forche tint en ses mains; Si le feri parmi les rains, Par un pou ne l'a abatu, t6. <0389. Et aussi entendons noz de cix [ceux] qui abatent les fourques et qui despendent les pendus, beaum. XXXI, )7. Après rastel n'a mestier fourche [il n'est besoin de fourche], lehoux de lincy, t. i, p. 73. Il xiv* s. Si dient qu'il seroit à fourques boins pendus, Pour le grant larrecin qui de lui est issus, Baud. de Seb. x, 678. || xvi' s. Hz ont pour la marque de leur monnoye le trident, qui est iine fourche à trois fourchons, l'enseigne de Neptune, amtot. Thés. 6. Le prince de Condé, le premier parti, authcur de l'armée redoutable, fut traitté à la fourche [durement], quanddes le commencement on le priva du gouvernement de Picardie, d'abb. Hist. ii, 219.
— ÉTYM. Bourguign. forche; picard, fourque; Cerry, forche; wallon, foge; prov. força; espagn. horca; ital. força; du lat. furca.
FOUUCHÊ,ÊE (four-ché, chée],part.passéde fourcher. || 1° Qui fait la fourche, qui se bifurque. Cheveux fourches. Animaux à pied fourché. Chemin fourché. Il 2° Terme de blason. Croix fourchée, celle dont les branches sont terminées par trois pointes qui font doux angles rentrants. || 3° Terme d'ancienne administration. Pied fourché, bétail quia le pied fendu, et bureau où l'on payait les droits d'entrée sur ce bétail. La même année il y. eut aussi des remontrances du parlement au sujet du domaine aliéné par le roi à l'hôtel de ville de Paris pour le paiement d'un impôt sur le vin et sur le pied fourché, impôt dont l'hôtel de ville avait avancé les deniers, volt. Hist. pari. ch. le.
t FOURCHÉE (four-chée), s. f. Terme de jardinage. La quantité de fumier, de foin, de fourrage qu'on enlève d'un coup avec une fourche.
— ÉTYM. Fourche.
t rO0RCHF.-FIÈRE (four-che-fiê-r"), s. f. Fourche à deux dents longues, aiguës et solides, qui sert à élever les gerbes pour le chargement et le tassement des récolles. Un chien de cour l'arrête [le loupj ; épieux et fourches- fières L'ajustent de toutes manières, LA FONT. Fables, iv, 16.
— HIST. xm" s. Li autre prend sa forche fiere. Dont devoit espandre son fiens ; Et li autre mené ses chiens, Ren. 3468. || iiv* s. Le cuidant ferir parmi le corps d'une fourquefiere qu'il avoit, dd CANGE, furcafira.
— ÉTYM. Est-ce le latin furca ferrea, fourche de fer, ou furca fera, fourche fiere, méchante? la chose est incertaine. Le picard dit /ter et fierer : Si fist fierer le Sronc de bandes de fier tout entour, Chr. de Rains, p. 62 ; et la fourchefière paraît être de dénomination picarde. D'un autre côté férus donne fier. Quant au sens, il est bon avec les deux étymologies.
FOURCHER (four-ché). || 1» V.n. Faire la fourche, se diviser comme fait une fourche. Un arbre qui fourche. || Être bifurqué. Mme et Mlle d'Elbœuf passèrent à Fontainebleau sans voir personne, suivant Jleur proie [M. de Mantoue] jusqu'où le chemin four- Ichait, sT-siM. «38, 2(.||Fig. Cette famille, cette 'race n'a point fourché, elle n'a formé qu'une seule branche. || Fig. La langue fourche, quand elle prononce un mot pour un autre ; c'est-à-dire elle prend la bifurcation, le mot qu'il ne faut pas. Je ne sais auquel la langue a fourché le premier, sév. «Bo. Il i' V. a. Terme d'agriculture. Tirer de terre, avec une fourche, le chiendent que les labours ont arraché. Il 3° Se fourcher, v. réfl. Prendra une disposition fourchue. Ses cheveux se fourchent. || Se bifurquer. Les Romains avaient construit un grand chemin qui conduisait de Vieux à Bayeui, où il se fourchait pour aller à Saint-Lo et à Cherbourg, secraIs, ilém. t. u, p. I*.
DICT. DX hà. LANOUB FRANÇAISB.
— HIST. xiv S. Li lions ot queue fourchiée, Chastelain de Coud, v. (669. Les François estoient bien paignez, Les vis [visages] tendres et déliés, Et si avoient barbes fourchées, Liv. du bon Jeh. 28(8. Il xvi* s. La langue lui fourcha un peu, à cause que ce n'estoit pas son langage naturel, et il meit une s, au lieu d'une n, amyot, Alex. 62. Il luy refUsa sa fille pour luy avoir veu faire l'arbre fourché sur une table, MONT. II, 360. Ce qu'on a dit : tant que la tige a souche, elle ne se fourche ; est-ce pas, tant que la ligne directe dure, la collatérale n'a point de lieu? loysel, 323. Il fallut emplir le marais de fascines et de claies par dessus, et à la portée du canon fourcher les aprochespour gagner les deux portes, d'aub. Hist. ni, 444.
— ÉTYM. Fourche; Berry, la langue m'a fourchi. t FOURCIIERET (four-che-rè), s. m. Terme de
fauconnerie. Autour de moyenne taille.
t 1. FOURCHET (four-cliè), s. m. Terme d'horticulture. Division d'une branche d'arbre en deux.
— ÉTYM. Fourche.
t 2. FGCRCHET (four-chè), ». m. Terme de vétérinaire. Maladie particulière au mouton, consistant dans l'inflammation d'un repli de la peau qui s'enroule entre les doigts et contient des follicules sébacés.
— ÉTYM. Fourche.
t FOURCHETÉ, ÉE (four-che-té, lée), adj. Terme de blason. Se dit d'une croix dont chaque branche est terminée par trois pointes.
+ FOCRCHETÉE (four-che-tée), t. f. Ce qu'on peut prendre, en une seule fois, avec une fourchette.
— ÉTYM. Fourchette.
FOURCHETTE (foiir-chè-f), s. f. || f Ustensile de table à trois ou quatre dents dont on se sert pour prendre les morceaux dans son assiette, pour découper les pièces, etc. Manger avec une fourchette. Le [faux] marquis fut arrêté à Bayonne chez Dudencourt, qui en prit tout à coup la résolution sur ce qu'il lui vit prendre des olives avec une fourchette, ST-siM. 390, 23. jj On appelle souvent grande fourchette la fourchette à découper. Passez-moi la grande fourchette. || Déjeuner à la fourchette, manger de la viande en déjeunant. || Fig. et familièrement. C'est une bonne fourchette, c'est un homme qui dtne bien , qui sait bien dîner. || On dit aussi dans le même sens : lia un joli coup de fourchette, il donne bien le coup de fourchette. {| Jouer de la fourchette, manger activement. || La fourchette du père Adam, se dit par plaisanterie quand on prend avec les doigts ce qui se mange ordinairement avec une fourchette, de la viande, des fritures, de la salade. || 2* Instrument de même forme que la fourchette de table, mais plus long et plus gros, dont on se sert pour prendre les viandes. Tout ce qu'il pouvait enlever avec la fourchette était pour le prêtre, saci, Bible, Rois, I, II, 14. Il Au hasard de la fourchette, se disait de ces établissements où l'on plongeait la fourchette dans le pot pour un sou, avec droit de garder ce qu'on amenait; et fig. dans le langage familier, sans choix, sans discernement. || 3° Sorte de pieu fourchu dont les arquebusiers se servaient pour appuyer leur arme en tirant. || Assemblage de deux petits morceaux de fer au milieu desquels était un fil pour guider l'œil de l'arbalétrier. 114" Instrument de même forme que la fourche d'arquebusier, qui sert à assujettir les cisailles. || 5° Terme d'horticulture. Petit bâton taillé à dents , qu'on enfonce autour des cloches de verre, pour les soulever et donner de l'air aux plantes. || Terme de chasse. Se dit de petites fourches de bois qui servent à la chasse des alouettes. || Terme de pêche. Perche terminée par des fourchons , servant de manche au filet appelé truble. || 6° Long morceau de bois à deux pointes de fer qui est attaché à la flèche d'un carrosse , et que l'on abaisse pour empêcher que le carrosse ne recule quand il est sur une pente. || Fig. Je dis au régent que, pour éviter d'ôter M. du Maine si à contre-temps, je ne voyais de fourchette à la descente que M. do Charolais [de moyen de s'en préserver que de faire des avantages à M. de Charolais], st-sim. 509, 236. Il 7° Instrument de fer qui sert aux serruriers à tourner à chaud certaines pièces. || 8° Instrument de chi rurgie dont on se sert pour relever et soutenir la langue de l'enfant lorsqu'on veut faire la section du filet. Il 9° Le petit os divisé en deux branches qui est entre les deux ailes d'une volaille, jj Populairement. La fourchette de l'estomac, le bréchet. Il 10° Terme d'anatomie. Fourchette du sternum, l'échancrure concave transversalement de l'extrémité supérieure ou claviculaire de cet os. || La com-
missure postérieure des grandes lèvres de la vulve. Il il* Terme de vétérinaire Partie du sabol du cheval située à sa face inférieure dans l'ainrl» formé par la rentrée de l'e»trémjlé de la paroi, désignée sous le nom de barre ou d'arc-boulant Lt foiirch»ite est dite échauffée, quand elle présente un luintement noirâtre et fétide. Elle est dite pourrie, lorsque la corne en devient molle, filandreuse et laissa échapper un produit d'une odeur de pourriture. Il 12" Terme d'architecture. Endroit où le» deux petites noues de la couverture d'une lucarne se joignent i a pente du comble. || 13° Partie qui garnit l'ouverture de la manche d'une chemise d'homme. Il 14° Terme de gantiers. Nom de petits morceaux de peau qu'on met entre les doigts des gants. Il 15° Terme d'horlogerie. Synonyme de pendillon. Il 16* Terme de musique. Partie du mécanisme de la harpe qui élève les cordes d'un demi-ton. Il 17° Terme de jeu de cartes. Avoir la fourchette, garder la fourchette, attendre avec la fourchette, se dit quand on a la dame et l'as, par exemple : il es< de règle alors de ne pas attaquer, car on se ferait prendre successivement l'as (par le valet) et la dame (par le roi), mais d'attendre, afin de jeter l'as sur le.roi et de faire une levée avec la dame. Exemple pris de l'écarté ; il serait autre au piquet.
— HIST. XIV* s. Trois furchestes d'argent pour mangier poires, de laborde, Émaux, p. 322. {j xv«s. Lesquelles femmes prindrent trois menuz barreaux de fer et une pièce nommée forchelte ployée en trois; les quels barreaux et forchettes povoient peser 2)0 livres de fer, do caroe, fourchala. Quatre fourchettes d'argent, à manches de cristal, dedans un estui de cuir, DE laborde, Émaux,p.3i.i. ]|xvi*s. Fourchette [pièce de fourniment] d'aub. Hist a, 349. Le cartilage xiphoide, dit la fourchette, paré, I, 2. Je disnerois sans nappe... et m'ayde peu de cuillier et de fourchette, mont, iv, 2go Premièrement ils ne touchoient jamais la viande avec les mains, mais avec des fourchettes, ils la portoient jusque dans leur bouche, en allongeant le col et le corps sur leur assiette.... ils laprenoient [lasaladej avec les fourchettes, car il est défendu en ce payslà de toucher la viande avec les mains, quelque difficile à prendre qu'elle soit, et ayment mieux que ce petit instrument fourchu touche à leur bouche que leurs doigts, l'Isle des Hermaphrodites [satire de la cour de Henri III], dans de laborde, Émaux, p. 324.
— ÉTYM. Diminutif de fourche ; Berry, forchette. L'ancien français avait, de fourche, un autre diminutif, fourcele, qui se disait surtout du- creux de l'estomac.
FOURCHON (four-chon),». m. || 1° Chaque branche d'une fourche, d'une fourchette. || 2° Fourche d'un arbre, l'endroit d'où sortent les branches.
— HIST. xiv's. Pour avoir rappareillié une foufchette d'or, à prendre la souppe ou [au] vin, c'est assavoir refait l'un des fourcherons, de laborde. Émaux, p. 823. Il IV* s. Une foyne de fer à deux fourgons, dd cange, fuscina. || xvi* s. Ce champ palissé de grand bois de chasteigner couchez entre des fourchons à la mode du pais, d'aub. Hist. i, 288.
— ÉTYM. Fourche.
FOURCHU, UE (four-chu, chue), ad}. || 1* Qui fait la fourche. Le mont Parnasse est fourchu ; tu te mettras sur une des pointes et moi sur l'autre, et nous considérerons ce que nous voudrons tout k loisir, d'ablanc. Lucien, Caron ou le contemplateur. Ils [des faiseurs de romans] nous découvrent la grande époque dans laquelle les marsouins nos aïeux devinrent hommes, et comment leur queue fourchue se changea en cuisses et en jambes ; c'est là le grand service que Telliamed a rendu depuis peu au genre humain, volt. Lelt. Faugères, 3 mai 1776. Il 2" Arbre fourchu, arbre qui se bifurque. Il Faire l'arbre fourchu, se poser la tête en bas et les pieds en haut écartés l'un de l'autre. || Arbre fourchu, nom donné autrefois à certaines poésies où des vers très-petits venaient périodiquement après d'autres plus grands. 1| 3° Menton fourchu, menton qui olî:9 un léger sillon au centre. || 4° Chemin fourchu, chemin qui aboutit à un ou plusieurs chemins. || 5° Pied fourchu, pied fendu des animaux ruminants. Ces animaux [les lamas], si utiles et même si nécessaires dans le pays qu'ils habitent, ne coûtent ni entrelien ni nourriture ; comme ils ont le pied fourchu, il n'est pas nécessaire de les ferrer, buff. Quadrup. t. VI, p. 69, dans poogens. Quelqu'un qui voit seulement la piste d'un pied fourchu, peut en conclure que l'animal qui a laissé cette empreinte ruminait, CUV. Rcvol. p. t08. Il Les pieds fourchus, tout la bétail qui a le oied fendu comme bœufs, moutons,
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etc. ou, dtni un «on» plus giînéral , tous le» animaux qui ruminent. Los Ixnufj, les béliers, les chfcrrea, les gazelles, les bubales, les chevrotain», le lama, la vigogne, la girafe, l'élan, le renne, les cerfs, les daims, les clie^Teuils, etc. sont tous des pieds fourchus et composent en tout un nombre d'en- Tiron quarante esp^ces, buff. Quadrup. t. vu, p. il. Il Pied fourchu, pied attribué par la mythologie aux gvlvains, et, par imitation, au diable. || Kig. Il a le pied fourchu, se dit d'un homme méchant, dangereux, mécréant, i'ai reconnu le pied fourchu, j'ai deviné ses mauvaises intentions.
— liiST. XV* s. Le beau nez ne grand ta petiz. Ces petictesjoiBctes oreilles. Menton fourchu, cler vis traictis. Et ces belles lèvres vermeilles, villon. Regrets de la belle Ilaulmyère. || xvi* s. Quand un esclave avoit failly, ilz luj faisoient porter sur ses espaules un bois fourchu, amïot, Cor. 38. L'urine sort grandement déliée, fourchue, ou de travers,