PARS, XVI
— Ktym. Fourche; Berry, forchu.
t FOURCHCRE (four-chu-r'), s. f. Kndrolt OÙ une chose commence à se fourcher. La fourchure des étaminos de la brunelle, J. }. Rouss. Promen. v. Pour se bien tenir à cheval, il faut s'y tenir assis droit sur l'enfourchure ou la fourchure, Trévoux, Ecuyer français, enfourchure.
— lllST. XI* s. Kt tout le cors très qu'en la furcheQre, Ch. de Itol. en. || xui* s. Adont firent l'ost esmouvoir et vinrent à Tenis, qui à mervelles seoit bel, come 11 seoit en une fourceure de deus rivières, Chr. de Bains, p. t02. || xvi* s. En etestant les mûriers, l'on y laissera de longs chicots, sursaillans de quelque pied la fourcheure des arbres, o. de serres,
— ÉTYM. Fourchu.
1. FOURGON (four-gun), ï. m. || 1* Longue perche garnie de for pour remuer la braise dans le four. Il 2° Tige de fer servant à remuer le charbon de terre dans la grille. || 8* Outil pour pousser les charbons sur les foyers. || 4° Barre de fer crochue avec laquelle les plombiers attisent leur feu. || Proverbe. La pelle se moque du fourgon, se dit de deux personnes, également ridicules, qui se moquent l'une de l'autre, ou d'une personne qui blime dans une »utre ce qu'on pourrait reprendre en elle-même; locution, venant au propre, de ce que, pour arranger le feu, la pelle et le fourgon se valent. L'abbé Têtu dit rudement à notre voisine : Miis, madame, si elle vous avait répondu que la pelle se moque du fourgon, qu'auriez-vous dit î— Monsieur, dit-elle, je ne suis point une pelle, et elle est un fourgon, sév. 24 nov. ie79.
— iiiST. xm* s. Car pou s'efforse à ceuls qu'il tient entre ses esles. Qu'il trébuche en enfer, sans fourgons et sans pelés, j. de mehno, Test. ISM. Il XV* ». Jehannet frappa Raveilles d'un fourgon ou atiseur de four qu'il tenoit, dd cange, aiticinari. Il ivr s. X telle pelé tel fourgon, cotoravk. U est birn plus aysé d'accuser l'un sexe que d'excuser l'autre; c'est ce qu'on dict : le fourgon se moque de la paele, momt. m, 388.
— ÊTYM. Fourche; espagn. hurgon; ital. forcone.
2. FOURGON (four-gon), s. m. Longue voiture couverte dont on se sert dans les équipages militaires et dans les voyages, pour porter les bagages, les provisions. Vous ne sauriez croire, mademoiselle, combien les fourgons sont une chose divertissante, et quel excellent remSde c'est contre une grande passion : tantôt il s'y estropie un cheval, tantôt il se rompt une roue.... voit. Lett. «27. Le régent, averti de la prochaine arrivée du czar en Fran»e, envoya [k Dunkerque] les équipages du roi, chevaux, carrosses, voitures, fourgons, ST-sm. 467, 136. L'empereur avait compté sur une multitude de voitures légères et sur de gros fourgons destinés chacun à porter plusieurs milliersde livres pesant, dans des sables que des chariots du poids de quelques quintaux traversent avec peine, eëqur, Hist. de Nap. m, 2.
— ÊTTM. Prov. furguon; il parait venir de fourche, à cause que, dans le fourgon, les limons sont unis au timon. C'est ainsi qu'une sorte d'araire dont parle 0. de Serres, p. 4t7, était nommé four quat.
FOURGONNER (foui^go-né) , v. n. || 1* Remuer la braise du four avec le fourgon. || 1° Familièrement. Déranger le feu avec les pincettes, ou, si c'est un feu de charbon de terre, avec le fourgon, soit pour l'accommoder, soit sans néce-ssité. Ne fourgonnez pas continuellement dans le fou. || 3° Par extension, fouiller en dérangeant tout. Ne four-
FOU
gonnez point dans ce coflTre. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— lllST. xm* s. Or faut le four k l'enfourner, Et le fourgon pour fourgonner. Choses qui failleni en ménage.
— ÈTYM. Fourgon < ; bourguig. feurguenai; wallon , forguint ; namur. forguiner; génev. fourgouner; Berry, forgonner, fnugnnner, fnugouner. On a dit feurgier dents pour curer les dents (de i.abopdr, Émaux, p. 232); feurgier tient à furyoere : Escuretes et furgoeres, Fabliaux nus. de St-Gormain, dans LACURNK, escurele.
t FOURIÉRISME (fou-rié-ri-sm'), s. m. Système de philosophie et d'organisation sociale qui établit l'arrangement des hommes dans la société suivant leurs attractions passionnelles et un nouveau mode d'association, dit phalanstère.
— ÊTYM. Charles Fourier, auteur de ce système, dit aussi phalanstérien.
t FOURlfiRISTE (fou-rié-ri-sf), adj. Qui appartient au fouriérisme. || S. m. Partisan du fouriérisme, dit aussi système phalanstérien.
FOURMI (four-mi), s. f. \\ 1* Petit insecte hyménoptère qui vit en société sous terre. Allez à la fourmi, paresseuse que vous êtes, considérez sa conduite, et apprenez à devenir sage, saci. Bible, Prov. de Salom. vi, 6. La fourmi n'est pas prêteuse, C'est là son moindre défaut, la pont. Fabl. i, «.Les fourmis passent pour une excellente démocratie ; elle est au-dessus de tous les autres Ktats, puisque tout le monde y est égal et que chaque particulier y travaille pour le bonheur de tous, volt. Dict. phil. Lois. L'on voit dans les pays méridionaux sortir tout à coup du désert des myriades de fourmis, lesquelles, comme un torrent dont la source serait intarissable, arrivent en colonnes pressées, se succèdent, se renouvellent sans cesse, s'emparent de tous les lieux habités, en chassent les animaux et les hommes, boff. Quadrup. t. n, p. »8, dans pouGENS. Chez les fourmis comme chez les abeilles, les guêpes, etc. il y a de trois sortes d'individus, des mâles, des femelles, et des neutres ou des individus privés de sexe, bonnet, Contempl. nat. xi, 22. Les fourmis alimentent leurs petits à la manière des guêpes, en leur dégorgeant la nourriture qu'elles ont elles-mêmes digérée et qui se montre au dehors sous l'aspect d'une liqueur visqueuse; mais, lorsqu'elles demeurent privées d'aliment , leur affection pour les petits se change en cruauté, et elles les dévorent, m. ib. La prévoyance des fourmis a été fort célébrée, l'on répète depuis près de trois mille ans qu'elles amassent des provisions pour l'hiver ; qu'elles savent se construire des magasins où elles renferment les grains qu'elles ont recueillis pendant la belle saison ; ils leur seraient très-inutiles, ces magasins ; elles dorment tout l'hiver comme les marmottes, les loirs, etc. w. ib. Certains organes séparent du sang des fourmis un acide trèspénétrant, et qui a fait l'objet des recherches d'un habile chimiste, id. ib. t. vm, p. H7, dans pou- OFNS. Il Fig. Les artisans et les marchands, que leur obscurité dérobe à la fureur ambitieuse des grands, sont dos fourmis qui se creusent des habitations en silence, tandis que les aigles et les vautours se déchirent, volt. Mœurs, st. || Fig. Se faire plus petit qu'une fourmi, s'abaisser, s'humilier. || Avoir des fourmis dans quelque partie du corps, y sentir des picotements. || 2° Fourmi de visite, nom que les habitants de Paramaribo (Guyane hollandaise) donnent à l'opcodome eéphalote ou à grosse tête (hyménoptères), parce qu'elle va parfois en troupe considérable dans les maisons où elle dévore les rats, les souris et tous les insectes, leooahant. || 8° Œufs de fourmis ou de fourmi, nom donné improprement aux larves et aux nymphes de la fourmi fauve ; on en nourrit soit les perdreaux, soit les jeunes faisans. Il Fig. et familièrement. Avoir des œufs de fourmis sous les pieds, piétiner sans cesser, ne pouvoir rester en place. || 4° S. f. pi. Petits rochers ou Ilots rapprochés qu'on voit le long de certains points de la côte ou sous l'eau. On dit aussi formiques, foi^ migues.
— REM. On trouve dans la Fontaine fourmis au singulier : Le long d'un clair ruisseau buvait une colombe. Quand sur l'eau se penchant une fourmis y tombe, Fabl. u, «2. Cette s s'explique ainsi : dans l'ancienne langue, fourmi, étantdu masculin, ou ayant une désinence masculine, prenait, au nominatif singulier, une s suivant la règle ; c'est de cet archaïsme qui se trouve dans Amyot (voy. l'historique), que la Fontaine a usé pour son vers. Du temps de Chifflet, Gramm. p. 246, fourmi était des deux genres.