K. DU BELL
— ËTYM. lYov. et esp. fulminar; ital. fulminare, du lat. fulminare, fulminer (voy. fulminal).
t FULMINIFÈRK (ful-mi-ni-fè-r') , adj. Terme didactique. Qui porte la foudre.
— ÉTYM. Lat. fulmen, foudre, et ferre, porter.
t FULMlNIQnE (ful-mi-ni-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide fulminique , combinaison du cyanogène et de l'oxygène, dont les éléments se séparent si facilement et avec une telle rapidité, que les sels où il entre sont tous fulminants, ce qui lui a fait donner son nom.
— ETYM. l\ilminer.
t FULVEUIN (ful-ve-rin), ». m. Terme de peinture. Couleur qu'on emploie en détrempe, pour glacer les bruns.
— ÉTYM. Lat. fulvus, fauve, brun.
t FOLVIE (fui-vie), s. f. Espèce de couleuvre, t FCLVII'ÈUE (ful-vi-pè-d ), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes fauves.
— P.TYM. Lat. fulvus, fauve, et pes, pedis, pied, t FULVIPENNE (ful-vi-pè-n') , adj. Terme de
loologie. Qui a les ailes ou les élytres roux.
— ÉTYM. Lat. fulvus, fauve, et penne.
t FULVIHOSTKE (ful-vi-ro-str'), adj. Terme de loologie. Qui a le bec ou le rostre de couleur fauve ou rousse.
— ÉTYM. Lat. fulvus, fauve, et rostrum, bec.
t FUMADE (fu-ma-d'), s. f. Terme rural. Amendement de la terre par le parcage des bêle» à cornes.
— ÉTYM. Fumer «.
i. FtlMATiK (Ui-nia-j'l, .i. m. || 1* Fau-sse couleur d'or, qu'on donne à l'argent filé et aux lames d'argent en les exposant à la fumée de certaines compositions. || 2° L'action de fumer certains comestibles pour les mieux conserver. Le fumage do la viande, du poisson. |l 9' Genre de champignons.
— ÉTYM. Fumer 4 .
t 2. FUMAtiK (fu-ma-j'), ». m. Action de mettre du fumier dans une terre.
— ÉTYM. Fumer i.
i FUMAGINE (fu-ma-ji-n"), ». f. ou FCMAGO (fu-ma-go), s. m. Terme technique. Poussière noire qui se remarque sur plusieurs plantes après un été sec, et dans lee terres et les oraugirles.
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— ÉTYM. Mot formé, à cause de la coloration, de fumare (voy. I'Umkr <)> comme s'il existait en latin un substantif famago, fumaginis.
t FUMAISON (fu-mà-zon), ». f. Terme rural. Synonyme de fumage ï.
— ÉTYM. Fumer 2.
FUMANT, ANTE (fu-man, man-f), adj. \\ !• Qui jette de la fumée. U [le Sauveur] n'éteint pas la mèche fumante, mais il la laisse s'évaporer, pour voir si ces malheureux, lassés d'accabler d'injures un homme si humble et si doux, ne reviendront point en leur bon sens, boss. Médit, sur l'Évang. Sermon sur la montagne, 3* jour. Les ruines de Jérusalem, encore toutes fumantes du feu de la colère divine, id. Sermons, Honte et rigutur de Dieu, 2. Lui [à Dieu] présentait encor entre ses mains sanglantes Des victimes de paix les entrailles fumantes, BAC. Athal. II, 2. Oui, seigneur, lorsque au pied des murs fumants de Troie, Le sort.... Fit tomber en mesm^insAndromaqueelsonfils, ID. Andr.i, 2. Lâchant les rênes de ses chevaux fumants de sueur, il était tout penché sur leurs crins flottints, fknel. Tél. V. .Sous ces lambris fumants ces femmes écrasées, volt. Mérope, i, (. Quand à Moloc, leur dieu, des mères gémissantes Offraient de leurs enfants les entrailles fumantes, id. Uenr. v. || Fumant de sang, couvert d'un sang qui coule encore. Et que dans une main de votre sang fumante J'allasse mettre hélas! la main de votre amante, bac. Mithr. iv, 2. Elle approche, elle voit l'herbe rouge et fumante, in. Phèd. V, 6. Annihal, prononçant contre lui-même mille exécrations de ce qu'au sortir de la bataille de Cannes il n'avait pas conduit à Rome ses soldats encore tout fumants du sang des Romains, rollin , Traité des Et. i' part. ch. ) . Candide l'enfonce [son épée] jusqu'à la garde dans le ventre du baron jésuite; mais, en la retirant toute fumante, il se mit à pleurer, volt. Cand. <6. Fumante de son Sang, capiive, désolée, Rome dans cet espoir renaissait consolée, id. Mort de Ces. i, 3. || On dit dans un sens analogue : fumant de carnage. Lorsque les Sarrasins de carnage fumants Revinrent l'arracher à mes bras tout sanglants, volt. Zaïre, ii, 3. Il Terme d'alchimie. Neige fumante, chaux vive. Il 2° Oui ressemble à la fumée. Vagues.... Pourquoi secouez-vous votre écume fumante En légers tourbillons? LAMART. Harm. ii, 3.113° Fig. Animé au point de sembler exhaler feu et fumée. Mais si fumante encor d'un généreux courroux.... corn. Cinna, iv, 6. Et la triste Italie encor toute fumante Des feux que ralluma sa liberté mourante, rac. Mithr. III, < . Voir votre perruque déposée sur le coin de la cheminée et votre tête fumante, dideii. à Galiani. Helvétius , préoccupé de sou ambition de célébrité littéraire, nous arrivait la tête encore fumante de son travail de la matinée, mahmo.ntel, Mém. vi. Il 4° Terme de billard. Bloc fumant, action de bloquer la bille avec tant de roideur que de la commotion il sort de la poussière de la blouse qui semble fumer.
— HlST. XVI" s. Là où Phebus sa course ayant finie Oste la bride à ses fumans chevaux, uu bellat, viii, «3, verso.
— ÉTYM. Fumer i.
t FUMARIACÉES ( fu-ma-ri-a-sée ) , ». f. pi. Terme de botanique. Famille séparée des papavéracées, comprenant celles qui sont à corolles irrégulières, et qui a la fumeterre pour type.
— ÉTYM. Fumaria, nom botanique latin de la fumeterre.
t FCMARINE (fu-ma-ri-n'), ». f. Terme de chimie. Principe de la fumeterre.
— ÉTYM. Fumaria, nom botanique latin de la fumeterre.
t FUMARIQUE (fu-ma-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide fumarique, acide qu'on obtient en chauffant longtemps l'acide malique.
t FUMAROLLE (fu-maro-r) , ». /'.Voy. fumerolle.
•f FUMAT (lu ma) , s. m. Espèce de raie à long bec.
4. FUMfi, f.E (fumé, mée), part, passé de fumer t . Il 1° Exposé à la fumée. Jambon fume. || Verres fumés, verres exposés à la fumée, dont on se sert pour observer les éclipses. || Verre fimié se dit aussi d'un verre de couleur de fumée employé pour ménager la vue. Il 2' Brûle eu fumant. Des cigares à demi fumés. Une pipe fumée. || Fig. et populairement. Perdu. Il est fumé. C'est une affaire fumée.
2. FUMfi, ÈE (fume, mée), part, passé de fumer 2. Qui a reçu du fumier. Un champ bien fumé.
3. FUMÉ (lu-mé),*. m. Terme de gravure en caractères. Empreinte faite sur une carte avec un poinçon noirci à la fumée et qui montre si la lettre est bien gravée.
— BTYM. n<W«.
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FnMftP, (fumée), ». f. || !• Espèce de nuage grisâtre ou noir, qui .s'élève des foyers de combustion, et qui est un mélange de vapeur d'eau, d'acide carbonique, de cliarbon très-divisé, d'huiles empyreumatiques et de parties non brûlées. Dans les plut h(jnorab!e5 occasions, il [l'homme marié] regrette la fumée d'Itliaque, il soupirede l'absence de Pénélope, balz. Des ministres et du ministère. Je cours au temple alors, où la lampe allumée Jette au lieu de lumière une nuire fumée, bothou, Antig. v, 6. La vapeur sort de la fournaise, et la fumée s'élève en haut avant le feu, saci. Bible, Erclésiaslique, xxii, 3u. La maison abîmée F^ntralne aus.si le feu qui se perd en fumée, boil. Sat. vi. Comme le vent dans l'air dissipe la fumée, bac. Athal. v, «. La grande salle, où les Suédois se tenaient [à Bender;, était remplie d'une fumée affreuse, méirâ de tourbillons de feu qui entraient par les portes des appartements voisins, volt. Charles XII, t. Et, sans reprendre haleine, enivrés de la fumée et des feux qu'ils ont traversés, des coups qu'ils donnaient et de leur victfjire, ils s'emportèrent dans la plaine haute et voulurent s'empaier des canons ennemis, sf.GUB, Hitl. de Sap. ix, 2. || Famili' rement. Ennuyeux comme la fumée, très-ennuyeux. || Noir de fumée, voy. noir. || Il se dit de l'haleine des monstres fabuleux qu'on suppose vomir du feu. Os [des dragons vomissant du feu] l'ont enveloppé jJason] d'une épaisse fumée, corn. Tois. d'or, v, 2. Unegueule enflammée [d'un monstre] Qui les couvre [les coursiers] de feu, de sang et de fumée, hac. Phèdre, v, 8. Il 2' Fumée du tabac, celle qui s'exhale d'une pipe, d'un cigare qui brûlent. Il [Jean de Wert] buvait admirablement , et n'excellait pas moins à prendre le tabac en poudre, en cordon et en fumée (à priser, à chiquer et à fumer], batle, Diet. au mot Wert. Il 8" Vapeur qui s'exhale des viandes chaudes. Oui vint à ces festins conduit par la fumée, boil. Sat.
m Une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on,
subsister de fumée, boil. Art p. iv. Les talents éminents et peu considérés dans leur patrie ressemblent assez à ce pauvre indigent qui, n'ayant rien à manger avec son pain, le mangeait à la lumée d'une boutique de rôtisseur, d'alemb. Leil. au roi de Pr. 30 nov. 1770. || Fig. Manger son pain à la fumée du rôt, se repaître d'une vaine fumée, tandis que les autres ont le rftt, le bon de l'affaire. Il 4" La fumée qui sort d'un encensoir ; et fig. louange. Et par l'espoir du gain votre muse animée Vendrait au poids de l'or une once de fumée, BOiL. Sot. IX. Il B" Vapeur qui s'élève de l'haleuie et de la transpiration surtout pendant l'hiver. Un cheval très-échauffé paraît enveloppé de fumée. || Vapeur qu'exhalent les corps humides, quand ils sont plus chauds que l'air ambiant. Il se leva une fumée de la rivière, {i 6° Fig. Ce qui n'a, comme la fumée, ni consistance, ni valeur. Ces riches que du siècle adore l'imprudence Passent comme fumée avec leur abondance, corn. Imil. m, 4 2. Il est vrai que nos noms ne sauraient plus périr ; X quelque prix qu'on mette une telle fumée.... id. Hor. u, 3. La gloire des mortels u'est qu'ombre et que fumée, BACAN, Berger, ui. 3. Prétendent-ils nous avoir bien réjouis, de nous dire qu ils tiennent que notre âme n'est qu'un peu de vent et de fumée? pasc. Pensées, t. i, p. 30i, édtt. lahure. Que de sueurs, que de travaux, disait Alexandre, pour faire parler les Athéniens I il sentait la vanité de cette frivole récompen e, et en même temps il se repaissait de cette fumée, boss. Politique, ix,u, 4 3. Elle voit dissiper sa jeunesse en regrets. Mon amour en fumée, et son bien en procès, rac. Plaid, t, t>. Toute ma vie n'est qu'une fumée qui ne laisse rien de réel et de solide à la main qui la rappelle cl qui la ramasse, MASS. Carême, Temps. Et que nous trouvions Dieu de notre goût , si j'ose parler ainsi, nous qui n'avons jamais goûté que le monde et sa fumée, ID. Carême, Dégoûts. Vous le venez courir après une fumée qui s'évanouit, id. Prof. *■ La misérable fumée de la réputation fait trop d'ennemis et empoisonne trop la vie, volt. Met. litt. Lett. acad. de Berlin. La réputation est une fumée, l'amitié est le seul plaisir solide, in. Utt. Cideville, 2« juillet 4733. Il S'en aller en fumée, se perdre sans effet ni résultat. A ce coup iront en fumée Les vœux que faisaient nos mutins, halii. m, 4. Ainsi donc mes desseins se tournent en fumée, corn. Place roy. iv, 6. Et ce qu'il contribue à notre renommée. Toujours en moins de rien se dissipe en fumée, ID. Wor. v, 3. fous mes efforts neserontque fumée, MOL. D. Gare, m, 2. Un petit mot, comme je l'ai dit, va tout réduire en fumée, uoss. Var. un, $ »2. Te» protestations s'en vont en ftimée, le
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rent les emporte, boss. Pensées chrét. ». || Il vend de la fumée, c'est un vendeur de fumée, se dit d'un homme qui promet plus qu'il ne peut tenir, se vante d'un crédit qu'il n'a pas. Tous ces beaux suffisants Ne sont que triacleurs et vendeurs de fumée, RÉGNIER, Sat. xiu. Il Se repaître, s'enivrerde fumée, se livrer à des espérances chimériques. || 7° S.f. pi. Effet produit sur le cerveau par l'ingestion dans Ve:,tomac d'une trop grande quantité de liqueurs spiritueuses. Champagne, au sortir d'un long dîner, et dans les douces fumées d'un vin d'Avenai et de Sillery, la brut. vi. Ces faux amis qui entraînent un jeune homme dans la débauche et dont l'amitié se dissipe avec les fumées du vin, lesage. Diable boit. JO. Il Vapeurs qu'on suppose monter de l'estomac ou des entrailles au cerveau. Des fumées noires lui troublent le cerveau. Un corps encore tout plein des fumées de la nuit, mass. Carême, Jeûne. || Fig. Ce qui monte à l'esprit comme les fumées du vin montent au cerveau. Laissez moins de fumée à vos feux militaires, corn. Nicom. ii, 3. La gloire, qu'y a-t-il pour un chrétien de plus pernicieux et de plus mortel ? quelle fumée plus capable de faire tourner les meilleures têtes? boss. Duch. d'Orl. Je ne sais quelles fumées qui s'élèvent des bouillons du sang et de la chaleur de la jeunesse , FLÉCH. Panég. ii, p. 248. Doucement, monsieur, nous abaisserons ses fumées d'amour, regnard, Sérén. se. M. Déjà les fumées de l'ambition me montaient à la tête, J. J. ROtres. Conf. ii. Les auteurs, les décrets, les livres, cette acre fumée de gloire qui fait pleurer, tout cela sont des folies de l'autre monde auxquelles je ne prends plus de part, et que je me vais hâter d'oublier, id. Celt. à Coindet, 2» mars (786. || 8° S. f. pi. Terme de joaillier. Taches qui diminuent beaucoup la valeur d'un diamant, et qui semblent l'enfumer. || 9° Terme de chasse. La liente des bêtes fauves. Les fumées de la bête. Et par les fumées qu'il a vues dans les gagnages, il le juge tout aussi cerf qu'il l'est à coup sûr par le pied, collé. Part, de chaise, i, 2. || On appelle aussi fumée la fiente d'hirondelle. || Proverbes, n n'y a point de fumée sans feu, il n'y a pas d'effet sans cause, il ne court point de bruit sans quelque fondement. || Il n'y a point de feu sans fumée, il n'y a pas de cause sans effet, quelque soin qu'on prenne pour cacher une passion vive, il en paraît toujours quelque chose. Et le feu comme on dit ne va pas sans fumée, begnard, le Bal, se. U. Il La fumée cherche les beaux, se dit pour se moquer de ceux qui se plaignent de la fumée. Ce proverbe se dit aussi en un autre sens, pour signifier que l'envie s'attache toujours au plus grand mérite. || La fumée chasse souvent le maître de la maison, au sens propre les cheminées qui fument font souvent qu'un homme ne reste pas chez lui, et, par une application satirique, l'humeur désagréable d'une femme fait que le mari la fuit souvent.
— HIST. xn* s. Ténèbres l'obscurent et umbres de mort; fumeie lo parprendet [l'entoure], /o6, 45». Fumée levad de ses narines, e li fus [feu] ki de sa bûche vint, devorad e les charbuns alumad e esbrasad, jRois, p. 206. || xiii' s. Là où li feus a demoré longeraent, tozjors i seront les fumées, bbun. la- TiNi, Trésor, p. aeo. S'ureison ert e pure e bone. Devant la face Deu en trône Munte cume fet la fumée De encens, ki à Deu agrée. Éd. le conf. v. 734.Ysengrin en sent la fumée Qu'il n'avoit mieacost\imée,Ren. 94). N'est nus [nul] ki feu si bien estraigne. Que la fumée n'i remaigne [reste], gui de cambrai, Barl. et Jos. p. 68. || xiv* s. ...que il gardassent bien que leur neif fust tousjours hors les fumées de la mer et hors les grans undes, oreshe, Eth. 64. Les fientes des bestes rouges sont appelées fumées, Modus, f. vi , verso. Gardez en yver que vostre mari ait bon feu sans fumée, Mérmgier, i, 7. Trois choses gectent l'homme hors de sa maison, la fumée, la goutiere et la mauvaise femme, le chev. DE LA TOUB, InstT. à ses filles, {' 74, dans lachrne. Il XV* s. Et disoient en Angleterre les chevaliers : ha, sainte Marie I que ces François font maintenant de fumée pour un mont de vilains qu'ils ont rué jus I FHOiss. 11, II, 306. Ce duc de Guérie est jeune; et jeunesse et fumée de teste l'a à présent esmu de défier le roi de France , id. ii, m, lOB. Ilz veoient la fumée [poussière] dessus la bataille si grande , comme si ce fussent deux chaux fours, Perceforest, t. i, f" so. ...lesquels se turent Et point de fumée [querelle] n'esmurent, eust. desch. Poésies mss. f° 409, dans lacurnk. L'empereur de la fumée [le chef d'un ordre burlesque de buveurs] , «b. f" 409. Onques feu ne fut sans fumée, ch. d'orl. Rondeau.... il disoit que les qualitez de viandes di-
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verses troublent l'estomac, et empeschent la mémoire ; vin cler et sain, sans grant fumée, buvoit bien trempé, et non foison, christ, de pisan, Wt's». de Ch. V, I, 16. (I XVI* s. Mais grant faveur passe comme fumée, du bellay, iv, 77. Je n'ai guère vu grand feu, de quoi ne vinst quelque fumée ; mais j'ai bien vu la fumée où il n'y avoit point de feu ; car aussi souvent est soupçonné par les mauvais le mal où il n'est point, comme là où il est, haro. Nouv. VII. Ils avoient chargé une fierté tyrannique nourrie et accrue par les vanitez et fumées des barbares, AMY0T, Eumènes, 26. Luy mesme s'estoit souvent vanté que jamais femme Laconiene n'avoit veu fumée du camp d'aucun ennemy, id. Agés. r>0. Mithridates, à qui les fumées du vin qu'il avoit beu, commençoient jà à monter au cerveau, id. Arlax. 19. X la fumée de ses victoires il emporta deux villes, d'aub. Uisl. Il, (98. Quelques soldats de la trenchée, voians que le parapet ne faisoit pas grand fumée, s'offrirent à aller voir quel il y faisoit, id. ib. m, 225. Va-t-en si loin que jamais on ne sente odeur, vent ny fumée de ton corps. Nuits de Slraparole, t. I, p. 347, dans lacurne. On ne sauroit faire le feu si bas que la fumée n'en sorte, leboux de LiNCY, Prov. t. u, p. 362. Qui hante cuisine vit de fumée, id. ib. p. 394. Quand je tanse avecques mon valet, je tanse du meilleur courage que j'aye.... mais, cette fumée passée, qu'il ayt besoin de moi, je lui bien feray volontiers, mont, i, 270.
— ÉTYM. Fumer t ; bourguig. femeire; provenç. fumada. Fumée est un mot dérivé ; mais l'ancienne langue avait aussi fum, tiré directement du latin fumns.
t FUMELER (fu-me-lé), e. a. Terme rural qui est une corruption de femeler. Arracher le chanvre mâle (dans les Deux-Sèvres).
— ÉTYM. Patois, fumelle, pour femelle .-arracher le chanvre femelle, parce que les paysans, se trompant, appellent chanvre mâle celui qui porte les graines, et femelle le vrai mâle, qui est stérile à leurs yeux.
) . FCMER (fu-mé), V. n. || 1* Jeter de la fumée. Le bois n'est pas sec, il fume beaucoup. Le Vésuve avait fumé depuis (juelques jours quand l'érupiion commença. Ce corps pâle et sanglant auprès duquel fume encore la foudre qui l'a frappé [le boulet qui vient de le tuer], fléch. Turenne. Du salpêtre en fureur l'air s'échauffe et s'allume, Et des coups redoublés tout le rivage fume, boil. Ép. iv. L'O Ijmpe voit en paix fumer le mont Etna; Zoïle contre Homère en vain se déchaîna, piron, Ué- Irom. m, 7. Allez, qu'un encens pur recommence à fumer, volt. Sémir. m, ï. |{ Cette cheminée fume , cette chambre fume , se dit quand la fumée, au lieu de sortir par le tuyau de la cheminée, se rabat et entre dans la chambre. || Impersonnellement. U fume dans cette chambre, il Poétiquement. Faire fumer les autels, y brûler de l'encens, y offrir des sacrifices. Dans Rome les autels fumaient de sacrifices, rac. Brit. iv, 2. Même aux pieds des autels que je faisais fumer. J'offrais tout à ce dieu que je n'osais nommer, id. Phèd. i, ». Tous les temples ouverts fument en votre nom, m. Bérén. IV, 6. Faites fumer un doux encens en l'honneur de ce Dieu, fén. Tél. v. || Fig. Je vois ces autels où fuma l'encens de ses oraisons, fléch. Mme d'Aig. Il i° Par extension , exhaler ime vapeur humide qui devient visible. Le marécage fume au lever du soleil. Ses naseaux fument. Ce cheval a couru, il fume. Le sang des victimes fumait de tous cêtés, FÉN. Tél. IX. Il Fig. Ce sang qui, tout versé, fume encor de courroux De se voir répandu pour d'autres que pour vous, cobn. Cid. u. 9. || Son sang fume encore, il y a peu de tem^ o qu'il a été tué. Le sang de Henri le Grand fumait encore quand le parlement de Paris donna un aijêt qui établissait l'indépendance de la couronne comme une loi fondamentale, volt. Pol. et législ. Traité sur la toi. Abus de l'intol. \\ Ses cendres fument encore, il y a peu de temps qu'il est mort. Les cendres de tant de princes fument encore, mass. Or. fun. Madame. \\ Fumer du sang , se dit du lieu où le sang est versé depuis peu. Sera-ce hors des murs, au milieu de ces places Qu'on voit fumer encor du sang des Curiaces? corn. llor. v, 3. Vous voyez que depuis tant d'années [de guerre] tous les fleuves sont teints, et que toutes les campagnes fument du sang chrétien, boss. Panég. St Bernard, 2. Si de sang et de morts le ciel est affamé. Jamais de plus de sang ses autels n'ont fumé, rac. Iphig. v, 2. Et la Crète fumant du sang du minotaure, id. Phèdre, i, (. Us craignaient de comparaître devant le parlement de Toulouse, dans une ville qui fumait
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encore du sang de Cal*s, volt. lett. Sudre. 6 févr. (769. Il 8° Fig. et populairement. Avoir du dépit, de l'impatience. Je l'ai tait fumer. Il fume, mais il n'ose témoigner son dépit. || On dit souvent en ce sens : fumer sans pipe. || La tête lui fume, il est fort en colère. || 4° V. a. Exposer à la fumée. Fumer des jambons. || Fumer l'argent filé, lui donner le fumage. || Terme de chasse. Fumer les renards, remplir de fumée le terrier des renards pour les en faire sortir et les prendre à la seule issue non bouchée. I| Terme de métallurgie. Fumer un four ou un fourneau, le sécher apr6s qu'il a été reconstruit ou réparé. || 6° Aspirer et rendre en fumée par la bouche. Fumer la pipe, le cigare. Fumer du camphre. L'auteur [Lopez de Gama] avoue que c'est là-dessus [de ce que les indigènes d'Amérique mangeaient des limaçons, des cigales, des sauterelles] qu'on fonda le droit qui rendait les Américains esclaves des Espagnols, outre qu'ils fumaient du tabac et qu'ils ne se faisaient pas la barbe à l'espagnole, montesq. Esp. XV, 3. [[Fumer l'opium, opération qui se fait en introduisant un ou deux grains d'extrait d'opium dans une pipe qui ne ressemble en rien à notre pipe, brûlant de temps en temps cet extrait à une petite lampe qu'on a à côté de soi, et aspirant la fumée. || Fumer sa pipe, se dit d'un symptôme qui se présente quelquefois dans les apoplexies : le malade , dont un côté de la face est paralysé, a ce côté gonflé passivement à chaque expiration; mouvement qui a quelque ressemblance à celui d'un fumeur. || Le Mont-Blanc fume sa pipe, dicton des Savoisiens qui expriment par là la vapeur que le sommet du Mont-Blanc parait presque toujours exhaler, même dans les plus beaux temps. Il Fumer le calumet de la paix , voy. calumet. Il Voltaire a dit fumerie calumet de la guerre, pour déclarer la guerre ; nous ne savons si cela est fondé sur les coutumes des peuplades américaines du Nord. Nous ne fumâmes contre lui ni contre ses enfants le calumet de la guerre, Jenni, 7. || Absolument, fumer, prendre du tabac en fumée. lia fumé toute la nuit. Ilsfumaientcommedes dragons, HAMiLT. Gram. 3. Il 6° Se fumer, v. réfl. Être exposé à la fumée. Mettre un jambon dans la cheminée pour qu'il sa fume. Il 7° Etre fumé. Letahac se fume avec plaisir.
— HlST. XII* s. Sire, encline tes ciels e descent, tocheles monz, eil fumerunt. Liber psalm. p. 222. Ensi corne li feus qui fume. Tant que la flame s'i est mise, Chev. au lyon, v. (778. ||xin* s. Lors s'en torna en un essart Droit devant le chastel Renart. Et vit la cuisine fumer. Où il ot fait feu alumer, Ren. 937. Il XV* s. Si commença & soi fumer [enrager], et couleur changer, louis xi, Nouv. xli. Car au cuer ay telle amertume, Que de douleur tout mon cuer fume, la Resur. de N. S. Mysf. || xvi* s. Et lors que plus jalousie se fume, Lors que Danger plus sa oholere allume. Et que Rapport plus se mect à blasmer, Lors se doit plus vraye amour enflammer marot, i, 349. Quand revoirai-je helas, de mon petit village. Fumer la cheminée, et en quelle saison Revoiray-je le clos de ma pauvre maison? du Bellay, VI, li, verso. Ceiu-cy [fourmis] traînent les grains trop pesans et trop gros. Ceux-là les vont poussant de l'espaule et du doz : Tout le chemin en fume, ID. vm, 47, recto. Je me sens fumer enl'ame, parfois, aulcunes tentations d'ambition, mont, iv, 4 32. Le peuple n'est point de retour dans ses maisons, la pluspart embrasées et encores fumantes, n'AUB. Ilist. Il, 262. Vaohonniere solicité par les compagnons d'aller cercher de quoi faire fumer le pistoUet.... m. ib. 285. Celuy qui veut prendre garde à la cholere du commencement, en voyant qu'elle commence à fumer et à s'allumer.... amvot. Comment refrén. la colère, 7. Par toy d'un paisible labeur Le bœuf fume sous la charrue, bons. 5(4.
— ÊTYM. Bourguig. /Vumot: provenç. etespagn. fumar; ital. fumare; du latin fumare, dont le radical est le même que le grec eûjia, fumée de sacrifice, de eOtiv, offrir de l'encens en sacrifiant, et b\>- |jià«, vapeur, d'où esprit ; sanscrit, dhu, agiter, fumer.
a. FUMER (fu-mé), v. a. Epandre du fumier sur une terre. Fumer un champ. Les terres intérieures [dans l'Amérique] n'ont commencé que depuis peu à être fumées ; le besoin étendra cette pratique indispensable, raynal, Ilist. phil. xi, 25. Il Absolument. Il faut fumer si l'on veut avoir des récoltes. || Fumer en couverture, répandre le fumier uniformément sur le sol; mode de fumer ainsi nommé parce que l'engrais forme sur le terrain une sorte d'enveloppe. || Par extension. Fumer un coin de terre, y être enterré. Aimez votre ancien ami Voltaire, qui vous est tendrement attaché jusqu'à ca qu'il aille fumer sou jardin après l'avoir cultivé.
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VOLT. Lett. Marmontel, 86 janv. «778. || Fig. Fumer ses terres, se dit d'une alliance, par mariage, entre noble et vilain, le noble étant pauvre, et le vilain riche.
— HIST. XIII* s. Li faucons tcnt bas es terés Vers un camp femé par monciaus, l'Escoufle. \\ xvi" s. Aucune» foy» le laboureur par trop fumer n'a le meilleur, génin, Hécréal. t. ii, p. 235.
— ÊTyM. Voy. fumier; provenç. et catal. femar. La forme régulitre et ancienne est femer; fumer est une altération populaire, comme celle qui transforme femelle en fUmelle, semer en sumer, etc.
t FUMERIE (fu-me-rie), ». f. Lieu où sont réunis des fumeurs d'opium. Pour celui qui veut fumer une pipe d'opium, la flamme d'une bougie sufflt pour un moment; mais, pour continuer à fumer plusieurs heures comme l'habitué d'une fumerie chinoise, il faut une flamme bas placée, pour qu'il puisse fumer accoudé ou couché sur le côté, ARMAND, Gax. m^dic. de Paris, tsoi, p. 3bu.
— ÊTYM. Fumer t.
t FUMEROLLE (fu-me-ro-1'), s. f. Terme de géologie. Émission de vapeurs chaudes, de fumées, par les crevasses du sol dans le voisinage de feux souterrains. On dit aussi fumarolle. La bouche la plus éloignée de l'origine de l'éruption [du Vésuve] était précédée de deux grandes fumerolles, Acad. des se. Comptes rendus, t. lui, p. ) 2S4.
— ÊTVM. Lat. fumariolum , petite cheminée, de fumare, fumer 4.
FCMEIION (fu-me-ron), s. m. Morceau de charbon mal cuit et qui jette beaucoup de fumée. Otez le fumeron. || Par raillerie et très-familièrement. Mauvais fumeur, et aussi enfant qui veut se mêler de fumer.
— HiST. XVI" s. Fumeron, cotgrave.
— ETYM. Fumer < .
FUMET (fu-m& ; le » ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, \'s se lie : des fu-mfe-z agréables; fumets rime avec paix, attraits, succès, etc.), t. m. Il !• Vapeur, agréable à l'odorat, qui s'exhale de certaines viandes, de certains vins. Les perdrix et les gelinottes ont tout autant de fumet aujourd'hui, VOLT. Lett. en vers et en prose, l4o. La chair ducorbeau des Indesde Bontius a un fumet aromatique très-agréable qu'elle doit aux muscades dont l'oiseau fait sa principale nourriture, buff. Ois. t. v, p. 69, dans pouGE.Ns. || Fig. Chevreuse et Beauvillier étaient réservés ayec les leurs, et, bien que cousins germains de Torcy, un fumet de jansénisme les écartait de lui fort au delà du but, st-sim. 283, (69. Il a° Terme de chasse. Émanation qui se dégage du corps des animaux et des lieux fréquentés par eux, faisant connaître la présence et la qualité de ces animaux. || 3° Terme de cuisine. Sorte de ngoût fait de jus de mouton, de truff'es et de champignons, dont on accompagne la perdrix. Des perdrix relevées d'un fumet surprenant, mol. Bourg, gent. iv, » .
— ÊTYM. Fumer t.
t FUMETEREAU (fu-mè-te-rô) ou FUMETERON (fu-mè-te-ron) , s. m. Terme rural. Tas de fumier qu'on forme dans les champs quand on se propose de les fumer.
— ÊTYM. Fumier.
FUMETERRE (fu-me-tè-r') , t. f. Plante ofBcinale très-am ère (fumano officinalis, t.), dite aussi fiel de terre.
— HIST. XVI* s. Fumeterre , en latin fumaria, parce que son jus fait pleurer les yeux comme la fumée, 0. db serres, 6I3.
— ÊTYM. Lat. fumus terrse, fumée de la terre, parce qu'elle fait pleurer les yeux; provenç. fumterra; ital. fummostemo.
FUMEUR (fu-meur), *. m. Celui qui a l'habitude de fumer du tabac. C'est un grand fumeur. || On le dit aussi d'autres substances. Fumeur d'opium. Fumeur de cigarettes do camphre. || Au fém. Commis et grisettes, fumeurs et fumeuses.
— ÊTYM. Fumer».
+ FUMEUSEMENT (fu-meû-7,e-man), adv. D'une manière fumeuse.
— HIST. XV* s. Fumeuscment menrai [je mènerai] fumeuse vie, eust. desch. Poésies mss. f* 2(3.
FUMEUX, EUSE (fu-meù, meû-z'), odj. || 1° Oui exhale, qui répand de la fumée. Est-ce un ameublemeat de reine que celte lampe fumeuse ? la Tour de Nesle, dans legoarant. || 2" Mg. Oui envoie des fumées, des vapeurs à la tête. Que de descriptions montent en mon cerveau, Ainsi que les vapeurs d'un fumeux vin nouveau t desmarkts, Vitionnairet, i, 3. La main du Seigneur voiu a bit boire la coupe de sa colère ; elle es' remplie
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d'un breuvage qu'il veut faire boire aux pécneurs, mais d'un breuvage fumeux comme d'un vin nouveau qui leur monte à la tête et qui les enivre, Doss. Sermons, Nécessité de tratailler à son salut, ) . Leur sang chaud et bouillant [des jeunes gens] est semblable, en quelque sorte , à ce vin fumeux et plein d'esprits qui les rend toujours ardents, toujours animés dans la poursuite de leurs entreprises, in. 2" sermon, Visitation, t.||Par extension. Le pédant tout fumeux de vin et de doctrine, Régnier, Sat. X.
— HIST. xiu* S. Tant qu'il vit loinz une maisun Fumose e de tro grant façun, marie. Purgatoire, MOI. Il XIV* s. Le pomon trait du cuer les superlluités fumeuses du cuer, et les met hors o [avec] l'alainement, h. d" mon»ev]LLE, ^ 24, verso. [Substances qui] ont une propriété fumeuse qui nuist à la teste, lanfranc, t° > 5, verso. Celui qui deffaut en la matière de magnanimité, il est appelé pusillanime , et celui qui superbabunde est appelle fumeux et presumptueux, ORESME, £(/i. <25. || xv* s. Icelle Guillemctc, qui estoit femme testue et fumeuse.... et quant lui montoiten sa fumée.... ou CANOË, fumus. Il XVI* s. Par trop boire du vin pur et fumeux, paré, vi, 6. Le feu allumé en bois verd se monstre, du commencement, petit, languide et fumeux, in. xx, 26. Ce breuvage a le goust un peu picquant, nullement fumeux , salutaire à l'estomach, mont, i, 237. Je veulx [pour mourir] estre logé en lieu qui me soit bien particulier, sans bruit, non sale, ou fumeux, ou estoufTé, m. t. iv, p. (ïo.
— ETYM. Proy. fumos; esp. et ital. fumoso ;da latin fumosus (voy. fijmer i).-
FUMIER (fu-mié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : fu-mié-z et engrais) , s. m. || 1* La paille qui a servi de litière aux animaux domestiques, s'est mêlée avec leur fiente, s'est imbibée de leur urine et s'est ensuite décomposée par la fermentation, ôter le fumier d'une écurie. Le fumier employé à propos et suivant sa qualité, supplée en partie aux labours; les labours peuvent-ils suppléer au fumier? je ne le crois pas pour les terres légères, raynal, Uist. phil. xiv, 38. || Fumier long, paiileiix, blanc, vert, fumier non décomposé et où la paille est encore dans toute sa longueur. || Fig. Ils [les laquais enrichis] relèvent toutes les grandes maisons par le moyen de leurs filles, qui sont comme une espèce de fumier qui engraisse les terres montagneuses et arides, montesq. Lett. pers. 98. {| i' Il se dit abusivement de diflérents engrais tels que les excréments d'animaux, la gadoue, les matières animales ou végétales en putréfaction, les balayuies des rues ou des cours, les curures des rivières ou des fossés, etc. || On appelle encore fumier les herbes qu'on laisse faner sans les faire manger, ou le foin qu'on ne recueille pas dans la .saison. || Fumier local, synonyme de récoltes enterrées. || 8° Amas de fumier que l'on forme dans un trou, dans une fosse ; tas de fumier qui est dans une cour. Allez jeter cela sur le fumier. || Hardi comme un coq sur son fumier, se dit d'un homme qui se prévaut de l'avantage qu'il a d'être chez lui. || Fig. 11 ne faut pas l'attaquer sur son fumier, il ne faut pas l'attaquer chez lui, là où il est le plus fort. || Être comme Job sur son fumier, être réduit au dernier degré de misère et de souffrance. Quand vous seriez sur le fumier comme Job, si vous avezDieu,vou3 avez tout, mass. Carême, Pâques. Alors semblable à l'ange envoyé du Très-Haut, Qui vint sur son fumier prendre Job en défaut, lamart. Barm. iv, n. || Mourir sur un fumier, mourir dans la misère après avoir perdu tout son bien. || Fig. La pourriture commune des corps morts. Je rêvais cette nuit que, de mal '•onsumé. Tout à côté d'un pauvre on m'avait inhumé. Que, ne pouvant soufl'rir un pareil voisinage. En mort de qualité je lui tins ce langage : Qui te rend si hardi de m'approcher ainsi? Retire-toi, coquin, va pourrir loin d'ici. — Coquin! ce me dit-il, d'une arrogance extrême; Va chercher tes coquins ailleurs; coquin toi-même; Ici tous sont égaux, je ne te dois plus rien; Je suis sur mon fumier comme toi sur le tien , lb pèrk PATRDC. 114° Fig. Misère et abjection. Les uns [les saints] se sont sauvés dans l'obscurité, les autres dans l'élévation.... les uns sur le fumier, les autres sur le trône, mass. Carême, Êvid. de la loi. Destinés à finir un jour leur misère sur la roue ou sur le fumier, J. J. Rouss. Orig. notes. || 6* Fig. Se dit de ce dont on ne fait aucun cas. Qui suit bien ses leçons goûte une paix profonde. Et comme du fumier regarde tout le monde, mol. Tart. i,6. Je sentais tout son fumier [de d'Antin] , mais je n'en pouvais ignorer les perles qui y étaient semées, st-sih. 421, 80, Il Littérairement, ce qui est grossier, inculte.
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Virgile tirait des pertes du fumier d'Bnnius. || Proverbes. L'œil du fermier vaut du fumier. || Épandi ton fumier près, et marie ta fille loin, c'est-à-dira soigne ton avoir et garde-toi des tracas.
— SVN. FUMIER, ENGRAIS. Eugrais est le terme le plus général ; il se dit de tout ce qui engraisse la terre. Le fumier est la litière des animaux d'élable ou d'écurie avec leurs excréments. Engrais peut se prendre pour fumier; mais fumier ne se prend qu'abusivement pour engrais. La gadoue est un engrais et non un fumier.
— HIST. xii* s. Toz jors doit puir [puer] li fumiers, Et félons enuier et nuire, crestien de troies, Chev. au lyon, v. t(5. Et cil reversent le fien.... Renoars vit le femier reverser, Bat. d'Aleschans, V. 4003-7. Seanz el fembrier. Job, p. 460. ||im* s. Qui vodroit un femier covrir De dras de soie ou de floretes, La Rose, 8»i«. || iiv* s. Hors de là [du Gucsclin évanoui) fu portez à force et à exploit. Et mis en un fumier qui chaux et bon estoit. Tant qu'il revint à lui et ses membres tiroit, Guescl. 3624-3704. Et teles personnes ypocrites ressemblent Tort fumier lait et puant que l'on cuevre de drap d'or et de soie, Ménagier, i, 3. || xv* s. llz nous .sont venuz assaillir sur nostre fumier, montrons deffense comme fait le chien, Perceforett, t. iii,' f" 47. Folye fait envahir le chien sur son fumier [la folie fait entreprendre des choses dangereuses], ib. t. V, ^ 60. Il XVI* s. Aucuns laissent macérer et tremper l'espace de huit ou dix jours au baing marie, ou bien au ventre de cheval, c'est à dire au fumier, l'espace d'un mois, pare, xxvi, 16. En son fumier cheval engraisse quand il y repose à son aise, GÉNIN, Récréât, t. ii , p. 238. Dans l'argile, sable vaut fumier, leboux de lincy, Prov. t. i, p. 75. Et plus met on de paille en l'estable et plus y a de fumier, id. ib. Labour d'esté vaut fumier, id. ib.
— ÊTYM. Bourg, femei ; du bas-lat. fimarium, dérivé de fimus, fumier. Pour la corruption de la voyelle radicale de femier, voy. fumer 2. Le provençal a femorier, fermorier, femorie, fomorie. Fimus avait donné régulièrement fien, en provençal fem, femp. Fimus semble avoir le même radical que fumus, fumée, ainsi dit probablement i cause de la fumée qui en sort; du moins suffire, suffimen portent à croire que Vu de fumut a pu se changer en t" (voy. fumer i).
t FUMIFUGE (fu-mi-fu-j'), adj. Term» didactique. Qui chasse la fumée. Appareil fumifuge, appareil que l'on adapte aux cheminées pour préserver les appartements de la fumée.
— ÊTYM. Lat. fumus, fumée, et /'ujore, chasser, t FUMIGATEUR (fu-mi-ga-teur), s. m. Celui qui
adminbtre des fumigations.
— ÉTYM. Fumiger.
FUMIGATION (fu-mi-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme de médecine. Action d'exposer à des fumées, à des vapeurs le corps ou une partie du corps. Fumigations aromatiques, sulfureuses. Il 2" Action de répandre la fumée ou la vapeur d'une substance odorante ou désinfectante pour assainir im lieu. Faire des fumigations de chlore.
— HIST. XIV* s. Les fumigations chassantes les serpens et toutes autres choses venimeuses, b. de mondbville, f' 83. || XV* S. Un petit sac de toille, où il a plusieurs pierres pour faire fumigacions, db la
BOKDB, Émaux, p. 326.
— ÊTYJI. Fumiger.
FUMIGATOIRE (fu-mi-ga-toi-r*), adj. Terme de médecine. Qui sert aux fumigations. Appareil fumigatoire. || Boîte fumigatoire, boite qui contient les objets qui servent aux fumigations pour les noyés ou les asphyxies.
— ÊTYM. Fumiger.
FUMIGÉ, ËE (fu-mi-jé, jée) , part, passé de fumiger. Une salle d'hôpital fumigée avec soin, pour la désinfecter.
FUMIGER (fu-mi-jé. Le g prend un e devant a et o; fumigeons, je fumigeais), v. a. Terme de chimie. Kxposer un corps à la fumée de certaines substances brûlées ou chaufl'ées. || Terme de marine. Faire des fumigations dans un navire. || Terme de médecine. Administrer une fumigation.
— ÊTYM. Lat. fumigare, de fumus, fumée, et le suffixe igare, qui veut dire pousser et représente une forme fréquentative d'agere.
FUMISTE (fu-mi-st'), ». m. Celui dont la profession est de construire les cheminées et de les empêcher de fumer. || Adj. Poêlier fumiste.
— ÊTYM. Fum-ée, et la finale iste qui indique un métier, comme dans artiste.
j FUMISTERIE (fu-mi-ste-rie), f. f. Art du fumiste, travail du fumiste.
— ÉTYM. Fumiste, et une finale erie qui se trouve dans quelques mots, mais avec un autre sens : laiterie, fruiterip.
t FCMIVORE (fu-mi-vo-r"), adj. Qui absorbe la fumée. Ai'pareil, cheminée fumivore. || S. m. Un fumivore, petit appareil concave qui se place audessus d'un quinquct ou d'un bec de gaz.
— ETYJl. Lat. fiimus, fumée, et vorare, consumer, t Kl'MlVOltlTÉ (fu-mi-vo-ri-té), s. f. Disposition
prise dans les appareils de combustion poi r brûler la fumoe, de manière qu'elle ne se répands pas au dehors et ne cause aucune incominodilé. La fumivorité des chaudières i vapeur, des fours, des forges.
t FUMOIR (fu-moir), s. m. \\ 1" Pièce où l'on va fumer sa pipe ou son cigare, dans un cercle ou chez un particulier. || 2- Bâtiment destiné à fumer les viandes et les poissons.
— ETYM. Fumrr I.
t FUMOSITÉ (fu-mô-zi-té), «. f. Qualité de ce qui est fumeux.
— insT. xiv s. La seconde [utilité des artères] est que, par la restrinction et le contraignement d'elles, la fumosité du cuer [cœur] soit oslée, a. de MONDEviLLE, f° », rerîo. Ce boire |une certaine tisane] n'enfle pas et rabat les fumosilez, lanfbanc, f° 16, verso. Il xvi* s. Ce remède servira aussi, en évaporant les vins, à consumer leurs ardâmes fumosités, 0. riE serres, 226.
— F.TYM. himeux; prcvenç. fumosetat, fumositat ; espagn. fumnsidad; ital. (ummosilà.
f FUMURE (fu-mu-r'), s. f. Kngrais d'un champ par le fumier. || Quantité de fumier pour la préparation à une récolle. || Engrais produit par les bêtes à laine renfermées dans un parc.
— HiST. XIV* s. Plantez le cep et fumez de bonne fumeure, Ménagier, ii, s.
— ÊTVM. Fumer î. Jaubert, remarquant que fumure se dit en Berry, pense que de là il a passé dans la langue agricole de toutes les provinces. Cela est contestable; car le mot est ancien.
f FUNAIRË (fu-nê-r"), ». f. Genre de la famille des bryacées (mousses), dont le type est la funaire hygrométrique.
— ETYM. Lat. funit, corde.
FUNAMBULE (fu-nan-bu-l'), s. m. et f. || 1" Danseur, danseuse de corde. Théâtre de funambules. Au lieu lie tuer tous les Caraïbes, il fallait peut-être les séduire par des spectacles, par des funambules, des tours de gibeci're et de la musique, volt. Dict. phil. An dramatique. || l' S. m. Terme de zoologie. Sous-genre d'écureuils.
— UEM. Funambule n'est dans le dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de )74o.
— ETYM. Lat. funambulus, de funis, corde, et ambulare, marclier.
t FUNAMBULIE (fu-nan-bu-lie), ï. f. L'art de danser sur la cnrde.
— ETYM. Funambule.
\ FUNE (fu-n'), s. f. Terme de marine. Synonyme de cordage. Les funes sont dites aussi jets et halins II Au plur. Cordages Qu lignes employées pour haier au rivage le lilet dit seine.
— ÉTVM. Lat. funis, corde.
FUNÈBRE (fu-nè-br'), adj. \\ 1° Qui appartient aux funérailles. Dis-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir De rendre à ce héros ce funùbre devoir, CORN Pomp. v, I. J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très-haute et très-puissante princesse.... boss. Duch. d'Orl. Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance, box. Sal. vi. Il faut que je m'aci|uitte Des funèbres tributs que sa cendre mérite, volt. Œdipe, v, 2. Je ne puis trop conjurer Votre Majesté de faire rendre aux mânes de Voltaire, dans l'églLse catholique de Berlin, les honneurs funèbres que les Velches s'obslinont à lui refuser, d'alemb. Lelt. au roi de Pr. 14 avr. nm. Il Les pompes fun'bres. administration qui se charge Jr pourvoir à tout ce qui regarde les funérailles. Il 2' Fig. Qui inspire des idéos de tristesse et de mort L'homme devient un je ne sais quoi, qui n'a plus de nom dans aucune langue, tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprime ses malheureux restes, EOss. IJucli. d'Orl .Mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, boil. Sat. vi. Et l'enTpr couvrant tout de ses vapeurs funèbres, BAC. EstU. Prol. Il La couche funèbre, le lit où quelqu'un est HKirt. Un de ses bras pendait de la funèbre couche; L'autre, languissamment replié sur son «œur. Semblait chercher encore et presser sur sa tioucbe L'image du Sauveur, lamaht. JVou». If^d.