‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 261 sur 388 · ST-SIU. 34.1, 24S · texte numérisé non relu

ST-SIU. 34.1, 24S

— ETYM. Frétiller.

FRÉTILLANT, ANTE (fré-ti-llan, Uan-f, « mouillées, et non fré-ti-yan), adj. Qui frétille. Je ne sais rien de ce i|ui se passe à Paris, je ne sais pas même qui succédera dans l'Académie au frétillant abbé de ■Voisenon, volt. Lelt. Uorellel, 19 déc. 4770.

— IIIST. ivi* s. Nous sommes tousjours fretillans en appétit desordonné de plus savoir qu'il n'est licite, CALV. liistil. HU6. Comme singes qui sont fretillans à contrefaire toute chose sans propos et sans discrétion, id. ib. 4(84. On s'en est rep«u l'espace de plus de cinq cens ans, jusques à ce que, nostre langage estant devenu plus orné et nos esprits plus fretillans, il a fallu inventer quelque nouveauté pour les csgayer, lanour, 134. Et y sont les liommes si (retii'.ans à cause de la graisse et fertilité du pays, FHCUMESTEvu, Finances, 3« livre, p. 4ia.

t FRÉTILLAIII», AKDE (fré-ti-llar, llar-d', Il mouillées), adj. S'est dit pour frétillant. |La lune] D'une lumière frélillarde Éclaire les plinchers et murs, SCABR. Fi'rj viii. || Terme de manège. On dit que la langue du cheval est frétiUarde lorsqu'elle est toujours en mouvement.

— IIIST. XVI* s. Soit que d'une façon gaillarde, Avec sa patte fretillarde, Il sefrottast le muscquin,

DU BELLAY, VU, 40, VCTtO.

— ÊTYM. Frétiller.

FRÉTILLEMENT (fré-ti-lle-man , Il mouillées, et non fré-ti-ye-man), t. m. Mouvement de ce qui frétille. £,lre dans un frétillement continuel.

— HIST. XIV* 8. Mouvement ou ft^tillement des raz ou des souriz, okesue, Kth. 80.

— ETYM Fréliller.

FRÉTILLER (fré-ti-llé, «mouillées, et non frèli-yé), t). n. Se remuer par des mouvements vifs et courts. Cette carpe frclilie encore. Je suis même trompé, si sous sa jupe bleue [d'unesprit] Jcn'ai point vu deux fois frétiller une queue, hautkhochb. Esprit follet, IV, 4. Je sentis frétiller le bonhomme Richelieu, qui me demanda si cela serait long, 8T-sim. 343, 210. Il Familièrement. Les pieds lui frétillent, se dit d un homme qui a impatience de s'en aller. Il La langue me frétille, j'ai grande envie de parler. Il II se conjugue avec l'auxiliaire aroir.

— ItlST. XIV* s. Icelle femme double que sonmary ne le veuille pas ainsi, li n'en dure ou pose, et Iretille etfremie... Uénagier, i, «. Un cheval qui soit paisible au chevauchier, sans fretillier ne tournoier,

ib. m, 2. Il XV* 8 Une estincello [jej Sent sous la

mamelle Oui m'art [brûle) et fretelle, frois8. Poésies mss. f* 343, dans lacurne. Ouant me souvient des bons jours.... De dueil li corps me frétille, Et;sT. DEScii. Poésies m.ï*. ('lu. Toujours dans le vin vermeil On voit un petit soleil Qui frétille et rayonne,

BASSELiN, X. Il XVI* s Que les estrangers qui ou-

vroyent les yeux, et fretilloyent pour entrer en France, oyâns seulement dire qu'elle [Orléansj seroit assiégée, perdroyent la volonté d'y venir, la- NOUK , 678. L'oiseau enretté, plus il tasche en frétillant se défiler, et plus il s'empietre, yveh, p. 581.

— Etym. Berry,/'er/i7/eT; provenç. (rezilhar. Saumaise a proposé un verbe fritillare, dérivé de fritillus, cornet à dés, à cause des mouvements donnés au cornet. Diez, d'après Frisch, préfère un verbe fictif frictillare, fréquentatif de frictare ou fricare, frotter. Mais du Cânge donne fritillare, piler du poivre dans un mortier, et friiillum, fratillum, mortier à piler du poivre; c'est le mouvement de va-etvient du pilon qui a donné frétiller. Quànl k fratillum, il est dans Isidore sous la forme plus intacte lie fractillum, ce qui conduit à fraclum, supin de frangere, briser, le pilon étant considéré comme instrument qui brise.

t FRÉTILLET (fré-ti-Uè, Il mouillées), *. m. Un des noms vulgaires du pouliot.

t FRÊTILLON (fré-ti-llon. Il mouillées), s. m. elf. Personne qui s'agite sans cesse. Ma frétillon, Celte fille Oui frétille. N'a pourtant qu'un cotillon, bb- RANO. Frétillon.

— HIST. XV* s. Geffine petit frétillon, coûOiLLAiiT,

p. (12, dans LACUHNE.

— ETYM. Frétiller.

FRETIN (fre-tin), s. m. || I" Choses de rebut, de peu de valeur. Il y avait un Newton, je me suis d'abord mis à genoux devant cet ouvrage comme de raison; ensuite je suis venu au fretin, volt. 1,«I(. Berger, sept. (73a.||Sedit aussi des personnes. Pour ce qui est de mes autres parents, ce n'est |ias du fretin non plus; on les appelle monsieur et madame, UARiv. Pays. parv. a* part. Elle [une femme entichée de sa noblesse] dédaignera votre homme [un bourgeois], elle dira que c'est du fretin, id. Préj. vaincu, se. 2. || Terme de jardinage. Branches chiffonnes dont on ne peut espérer ni fruit ni belles branches. || 2* Par extension, le menu poisson. Un carpeau qui n'était encore que fretin Fut pris par un pécheur au bord d'une rivière, la font. Fabl. v, 3. Étant à la table de Denys, et voyant qu'on avait servi un très-petit poisson pour lui et un monstre pour le roi, il (AristippeJ s'avisa d'approcher de son oreille le poisson fretin, rollin , Uut. anc. OEuv. t. V, p. 222, dans pougens. || Les morues du triage s'appellent meilleur fretin ; celles qui suivent, grand fretin ; les troisièmes, fretin de rebut, et la moindre sorte, menu fretin.

— HIST iiv* s. Huit pièces d'argent autrement fretin, 'les quelles pièces de fretin.... du cange, freto. Icelle exposant print une certaine quantité de fretin d'argent qui povoit bien valoir huit solz ou environ, id. ib. Un escu d'or et vingt quatre sols en blans, et un peu de menu fertin d'argent, m. ib. Icelles rohbes ou partie d'iccUcsavecques l'or et argent ouvré qui est dessus, dont il yst pj chacun an de bons et gros fretins, iceulx variés de garde rohbe apj'liquenl à leur profit, lesquels fretins devroient estre rapportez par devers l'argentier ctcontrerolleur, et iceulx pesez et fondus, pour employer à faire autres ouvrages, Ordoiin. 6 fév. 4 3ii4.

— ÉTYM. Bourguign. fretaille, chose menue, depeu de valeur; du bas-latin freto, fretonus, petite monnaie, quart du denier: de l'anglais farthing , anglosax. feording , feorthliixg, de feorlha, quatre, c'est doncio qu.irt (iupciiny;Hem*meen hollundain fi<T-

linj7. Le nom de cette petite monnaie a passé k toute sorte d'obji.ts de petite valeur et même au menu poisson. Frisch, approuvé par Diez, le tire de friclum, supin de fricare. Mais, |iour cela, il faudrait contre<lire tous les exemples rapportés ci -dessus i l'histijrique ; toutefois il y manque uo intermédiaire; car, dans cet historique, fretirt ne figure pas avec le sens de menu poisson.

t FRfc-rrAGE (frè-U-j), s. m. Action de frettar. Le frettage d'une roue, d'une pièce de canon.

4. FRETTK (frè-t'), f. f Uen de fer dont on garnit le moyeu des roues pour empêcher qu'il ne sa fende. || Cercle de fer dont on munit un pieu par la tite, afln qu'il résiste mieux aux coups du mouton. Il Viroles dont on arme certaines pelles de bois pour empêcher qu'elles ne s'écartent. || On garnit aussi de frettes certains grands seaux pour les rendre plus solides. || Terme d'artillerie. Spires d'acier qu'on applique sur les pièces dans la partie postérieure , afin d'en augmenter la résistance transversale. || Terme de marine. Anneau de fer plat destiné i réunir les laisceaui des barres de fer ou d'autres matières.

— ÊTYM. Géiiev. freppe. Diez y voit une contraction pour ferrette, petit morceau de fer.

t î. FRETTE (frè-f), i. f. Terme de blason. Barreaux entrelacés en filets.

— HIST. xiv s. Branches laciées par manière de frète [enlacées de manière, en se croisant diagonalement, i former des losanges], de laborde. Émaux, p. 326. La terre de Boicre doit tous les ans de service deux arcs, deux frètes ferrées, et deux bousons, deux gelines et un chapel de roses, du cance, frecta.

— ÊTYM. Frecta, frète, autre forme de flèche (voy. ce mot).

1. FRETTÉ, ÉK (frè-té , té«) , part, patte de fretler. Pieu fretté.

2. FRETTÉ, ÉE (frè-U , tée), adj. Terme de blason. Se dit de l'écu et des pièces principales, lorsqu'elles sont couvertes de bitons croisés en sautoirs, qui laissent des espaces vides et égaux en forme de losanges.

— ETYM. Frette 2. Il y avait un autre fteli, baslat. fristatut, qui signifiait orné, paré.

FREfTER (frè-té), v. a. Garnir d'une frette. Fretter une roue, un pieu. j| Terme d'artillerie. Fretter un canon, le garnir de frettes, de spires d'acier. On frette les pièces de l'ancienne artillerie que l'on convertit en artillerie rayée, et que, naturellement, la rayure allège d'une partie du métal qui les compose originairement.

— ETYM. Frette ( .

FREUX (freû ; \'x se lie : les freû-z et les corneilles), t. m. Espèce de corbeau, dit aussi groUe. J'ai vu plusieurs fois en été une volée de freux qui logeait et nichait depuis plus d'un siècle, à ce qu'on m'a assuré, dans des trous de rochers exposés au sud-ouest et où on ne pouvait atteindre k leurs nids que très-difficilement et en se suspendant à des cordes, buff. Oit. t. v, p. 8i, dans pougens.

— ÊTYM. Ménage le tire de frugilegut, qui cueille les fruits, mais la forme ne permet pas cette dérivation. Diez le fait venir du germanique : anc. haut ail. hruoch, anglo-sai. hrôc; anc. scand. hrôkr : angl. rooJc, par changement de Vh en f, et, pour la finale, comme queux, de coquut. Il faut aussi rapprocher le bas-breton frdo, frit, corneille.

t FRtZE {frè-z'), t. f. Redoublement d'appétit des vers à soie, après avoir changé de peau.

FRIABILITÉ (fri-a-bi-li-té), t. ^.Qualité de ce qui est friable. La friabilité de certains grés est très-grande.

— ÊTYM. Friable.

FRIABLE (fri-a-bl'), adj. Qui est susceptible de se réduire en menus fragments, ou, sous linlluence d'un choc, même léger, en poudre grossière. Les laves poreuses se réduisent en sable et en poussière; les matières qui ont subi une forte cilcination sans se fondre, deviennent friables et forment une excellente pouzzolane, buff. if in. t. ui, p. i**, dans poL'O'NS. Les ailes des abeilles, comme celles de toutes les mouches, sont d'une substance un peu friable, et qui n'est pas susceptible d'une grande extension, bonnet, (•* ifi'm. abeilles.

— HIST. ivi* s. Lesquelles matières enti«meslées rendent le métal impur, aigre etfnable, palissy, 362.

— ÊTYM. Lat. friabilis, de friari, réduire en morceaux.

FRIAND, ANDB (fri-an, ao-dl, adj. || 1* Qui flatte le palais d'imi manière délicate (étymologiquement, le flattant, comme quelque chose ijui (>"t fritl. Il «e fpjoiii'sait i l'odeurrie la viande, Misa

FUI

FRl

FRI

•n menus morceaux et- qu'il croyait friande, la FONT. Fabl. I, is. Votre ordinaire est donc trop peu friand X votre goût...'? id. 6"ag. Si celui-ci est à table et qu'il prononce d'un mets qu'il est friand, le maître et les convives, qui en mangeaient sans réflexion, le trouvent friand et ne s'en peuvent rassasier, L* BRUY. V, Ce qui m'impatientait, c'est qu'il n'y avait rien d'assez friand pour ces grands serviteurs de Dieu, mariv. Pays. parv. *' part. {| Fig. X son Age, un époux est un morceau friand, hautero- CHE, Bourg, de qualiU,y,3. Friands souris, tout comme en a le traître [l'Amour] , On vous les voit : mais aussi ses défauts, Les avez tous.... la- FARE, À Mme de B. Le nom [d'Auvergne] était friand pour des gens qui minutaient de changer leur nom de la Tour en celui d'Auvergne, st-sim. XXIV, 27. Jadis ton maître a fait mainte folie Pour des minois moins friands que le tien, bérang. Célib. Il %° Oui aime et apprécie la chcre fine et délicate. L'homme, le plus friand des animaux, appelle à lui toutes les productions de la nature, et force tous les climats de satisfaire à ses goilts et à son intempérance, BONNET, Consid. corps org. t. v, p. (63, dans pouGENS. || On dit souvent : Friand comme une nonne. || Avoir le goût friand, avoir le goût délicat et bien apprécier les bons morceaux. || Etre friand de, aimer beaucoup une chose. Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe, Tente encor notre archer friand de tels morceaux, la FONT. Fabl. VIII, 27. Elle était friande de toutes sortes de sucreries, hamilt. Gramm. 9. || Fig. Etre friand de louanges, de nouveautés. Vous pensiez bien trouver quelque jeune coquette Friande de l'intrigue et tendre à la fleurette, mol. Éc. des maris, II, 9. Au bout de quelque temps que messieurs les louvats Se virent loups parfaits et friands de tuerie, la font. Fabl. lu, (3 Qui hait les présents? Tous les humains en sont friands, id. Pelil chien. Les grands sont friands d'horoscope; Ils pensent que leur sort est écrit dans les cieux, lamotte, Fabl. V, 12.

— HrsT. XIII» s. Jà n'ai je mie le pooir De ,tiex [telles] coinlerles venir. Que cil ribauz saffre, friant.... Entor vous remirent et voient, Quant par ces rues vous convoient, la Rose, 8542. || xiv s. Si tu vois que le faucon est bien friant à la char et qu'il mengue [mange] bien voloniiers, Hodits, f* lxxix, verso. Il n'est si bone armeure que de ce Tin friant Et de ces pistez là qui vontsouez flairant, Hugues Capet, t. 22(19. Plu^^ieurs ne la frisent point [ne la font point frire, une certaine préparation], jà soit ce que c'est le plus friant, Sîénagier, ii, 5. || xv s. Il est vrai que je suis friant De vin, quand c'est vin qui mérite , basselin , m. Dedans l'amoureuse cuisine, Où sont les bons frians morceaux, en. d'orl. Rondeau. \\ xvi* s. Des viandes friandes et délicates, calvin, Inslit. 998. Cette retraite fut assez friande [gaillarde], pour ce qu'ils avoient sur les bras la fleur de l'armée qui leur faisoient des charges, d'aub. Hist. i, 28;. C'est un mauvais compagnon à la table, parce qu'il est friand et gourmand, amyot. Du vice et de la vertu, 3. Ceuli qui ne bougent jamais d'alentour des tables plantureuses et friandes, m. Comm. dise, le fiait, de l'ami, l. ....pour en l'air La friande perdrix par eux [l'autour et le tiercelet! faire voler, iNous montons à cheval.... Plaisir des champs, p. 242. Nous rendre moins aigres et friands à la jouissance des biens et des plaisirs, MONT. II, 2(4. De femme volage et friande, En tout temps bonheur nous défende 1 cotgbave.

— ETYM. C'est, comme l'a vu Ménage, le participe présent du verbe frire, avec un changement du t en d, puisque le féminin est friande, comme dans l'ancienne forme féminine ffoionde de galant. Dans le xiii' et le xiv siècle, il y a deux sens : en parlant des choses, ce qui est appétissant; en parlant des personnes, celles qui ont de la vivacité comme ce qui Int.

I FRIANDEMENT (fri-an-de-man), adv. D'une manière friande.

— HlST. XV" s. La cour allèche friandement ceux qui y viennent, en leur usant de fauces promesses, al. chartier, le Curial, p. 400. || xiv s. Lui voyant' avaler friandement le vin de cette isle, il lui fait honte de ce qu'il l'achetoit, d aub. llist. i, 341. Il trouva une table de trois plats friandement fournie, ID. ih. m, 241.

— ÊTYM. Friande, et le suffixe ment.

FRIA-VDISE (fri-an-di-z'), s. f. || 1" Goijt pour la

ehère délicate. Il y a des personnes qui se vantent de leur friandise. || Fig. Leur friandise de louanges [des auteurs], mol. Critique, 7, || Fig. et familièrement. Elle a le nez tourné i la friandise, locution

vieillie qui so disait d'une jeune femme ayant l'air d'aimer le plaisir.|| 2° ^ m p/ur. Choses friandes, particulièrement des sucreries et des pâtisseries. Ne promettez jamais aux enfants, pour récompenses, des ajustements ou des friandises, kénel. FAuc. des filles, ch. 6. On avait envoyé des provisions de la ville, et il y avait de quoi faire un très-bon dîner, surtout en friandises, i. i. rouss. Con^. iv.

— HIST. XVI' s. On a assemblé toutes les friandises et délices qu'on pouvoil, calv. Inslit. 4 00). Les reiïormez, à la friandise d'avoir un (ils de France pour chef, commencèrent leurs remuemens en Poictou, n'AUB. llist. Il, 117, Mais ce qui plus lespousse est la friandise du profit, lanoue, p. 4B9.

— ÉTYM. Friand.

t FRIDOURG (fri-bour), t. m. Variété de poire

d'hiver.

FRICANDEAU (fri-kan-dô), t. m. Terme de cuisine. Morceau de veau lardé qu'on fricassait autrefois dans la poêle. || Aujourd'hui, morceau de veau mince piqué cuit dans son jus, dans du bouillon ou de l'eau, et servi sur de l'oseille ou de la chicorée. Il Par extension. Fricandeau de lapin. jjSedit aussi du poisson.

— ËTVM. Le radical est le même que dans fricasser (voy. ce mot).

FRlCASSP,,ÉE(fri-ka-s,ésée), part. poM^defrica»ser. Des poulets Iricassés. Elle lui disait qu'il était une vraie citrouille fricassée dans de la neige, sBv. 37. Il Fig et familièrement. C'est autant de fricassé, c'est autan I de perdu. Son patrimoine a été bien tôt fricassé.

FRICASSÉE (fri-ka-sée), s. ^. ||1' Viande fricassée. Faire une fricassée. Une frica.ssée de poulet, de lapin. Entra serviette au bras, et fricassée en main, RÉGNIER, Sat. X. Ajoutez à cela la fricassée de six poulets de Rapotin, et vous conviendrez qu'on n'y Ht pas mauvaise chère, scarr. Rom. com. ii, 18. Il Par plaisanterie. Une bonne fricassée de pain sec, un morceau de pain sec. || Homme savant en fricassée, homme qui se connaît en bons morceaux, qui se plait à faire bonne chère. || Il est malheureux en fricassée, se dit d'un homme qui n'attrape pas les bons morceaux; et, au figuré, d'un homme malheureux en ses entreprises. ||. sentir ou flairer de loin la fricassée, se dit de quelqu'un qui vient dîner sans être invité, qui arrive, comme on dit, au bon moment. Il Ce n'est pas ii une grande l'ric;issée, se dit d'une chose qu'on veut mépriser. || î" Fig. et particulièrement. Tas d'objets amalgamés comme une fricassée. La fricassée d'<:nges de Fragonard est une singerie de Boucher, didcr. Salon de (767, (ïiuii. t. XV, p. 24, dans pouGENs, au motsinjen'e. || Populairement. Faire une fricassée, tout casser, tout réduire en morceaux. || 3° Il s'est dit pour petit repas, repas sans façon donné à la campagne ou hors de chez soi. M. de la Trousse nous donna hier une fricassée à Vincennes; Mme de Coulanges, Corbinelli et moi, voilà ce qui composait la compagnie, sÈv. 272. Il 4° Danse ancienne très-irrégulière et souvent fort libre. La seule fricassée telle que Daubervalet la maîtresse du logis (Mlle GuimardJ l'exécutaient au milieu d'un hourra de bravos, ferait en six mois la fortune de six directeurs de l'Opéra, c. BLAZE, llist. de l'Acad. de musique, t. i, § viu, p. 269. Il 5° Ancien terme militaire. Batterie de tambour formée de coups précipités, et dont on se servait pour assembler une troupe.

— HlST. XVI* s. Les fougades, les grenades et les feux artificiels jouèrent tous à la fois; les chefs premiers avancez coururent moins de danger pour estre hors de ces fricassées, d'aub. llist. i, 3i7. Roscieux, aiant accompagné son maistre au conseil, à la contenance des gardes, sentit la fricassée [le danger], m. ib. m, (63. Y avoit un petit ravelin de pierre, qui fut tout pavé de fricassées et feux artificiels couverts de paille, M. du bellav, ((3. Toute ceste fricassée que je barbouille ici n'est qu'un registre des essais de ma vie, mont, iv, 252.

— ÉTYM. Fricassé; bourguigr. fricaissie. Villon a dit fricassure.

FRICASSKR (fri-ka-sé), ». o. || l'Accommoder de la viande, surtout de la viande coupée par morceaux, ou des légumes avec du beurre, ou les faire cuire dans une sauce. Fricasser du veau, des pommes de terre. Fricasser un poulet. |{ Absolument. Cependant on fricassé, on se rue en cuisine, la font. Fabl. IV, 4. || Fricasser chair et poisson, faire grande chère. Elle est partie de chez liayard après y avoir brillé, et dansé, et fricassé chair et poisson, sÊv. 28(. Il Familièrement et ironicjuement. L'on t'en fricassé, c'est-à-dire tu n'en auras pas, ce n'est pas pour ton nez. Moi je te cherche-

nous, MOL. le Dép. IV, 4. Il %' Fig. et familièrement. Dissiper en dépenses extravagantes. Sans fruit aucun [il] vendit et fricassa Tout son avoir.... la font. Faut. Guilleragues avait des amis et vivait à leurs dépens, parce qu'il avait tout fricassé, rt-sim, 39, 2110. D'Aubelerre fut le plus bas valet de M. de Vaudemont, qui lui valut bien de l'argent qu il fricassa en panier percé qu'il était, ip. I72, :i». Mur énierveilleincnt dure toujours que le fils de Samuel nou» ait fait banqueroute six mois après, el qu'il ait trouvé le secret de fricasser huit millions obscurément et sans plaisir, volt. iett. d'Argental, I6 mai (758. Il 3" Fig. et très-familièremenl. Faire périr, perdre. Et s'il eût cru lors son courage, L'animal s'en venait à nous. Et nous étions fncassés tous, scARR. Virg. m. || 4° Populairement. Préparer à manger. || 5° Se fricasser, v. réfl. Être fricassé. Le» poulets .se fricassent ainsi.

— HIST. XV" s. L'espéeestoit toute d'acier Mais

l'hoste lame Hst menger. Fourreau et tout sans friscasser, villon. Repues franches, Bail, des écoutants. Il xvi* s De mil et avoine fricassés en une

poille avec un peu de vin blanc, paré, viii, 4(. Nous voyons souvent une milliasse de pauvres hommes fricassés sous une mine ou cazematte, id. ix, Préf. Ils jettent leur cinabre sur la braise, et les fricassent et parfument comme font les mareschaux quelque cheval morveux, id. xvi, 14.

— Etym. D'après Diez, un radical fric, qui se trouve dans fric-andeau, fric-asser, fric-ot, et qui provient du germanique ; goth, ^n/ti; anc, h, allem. freh, avide; anglo-sax. frec, hardi ; anc. angl. frtk, vif II y a, dans l'ancien français, frique, et, dans le provençal, fric, qui signifient vif; ceux-là se rattachent sans doute au germanique par le sens el par la forme; quant k fricot, fricasser, fricandeau, Diez les y rattache aussi parla signification d'avide, d'où ce qui excite l'avidité, ce qui plaît au goût. Toutefois cette opinion n'a pas rallié tout le monde; et .Mahn croit que le radical fric est dans fricare, mot que donne du Cange avec le sens de frire; il y voit une corruption de friclare, fréquentatif fictif de frigere, frire. Peut-être on peut en concevoir la formation autrement; le bas-latin a frtxa, friture, qui est correct; d'où frica, qui se trouve, ei fricare, qui se suppose. Dans l'opinion de Diez on ne comprend pas la syllabe and dans fricandeau et dans fricanderie, sorte de gâteau (du cange, frifo) ; au lieu que, avec fncare, fricandeau, fricanderit sont des (iérivés de frirons ou fricandus. Ouanl à fricare, frotter, au:|uel on peut songer, outre que le sens n'est pas commode, il avait donné d'autres formes, frnier, fraier.

FRICASSEUK (fri-ka-seur), s. m. Celui qui fait des fricassées. Il ne se dit que d'un mauvais cuisinier. Ce n'est qu'un fricasseur.

— ETYM. Fricasser.

FRICHE (fri-ch'),î. f. \\ 1» Terrain non Cultivé, soit de tout temps, soit par abandon. Jusqu'à ce qu'étant abandonnées à cause de leur stérilité, elles [des terres épuisées] puissent reprendre, sous la forme de friche, les poussières de l'air et des eaux, le limon des rosées et des pluies, et les autres secours de la nature bienfaisante, qui toujours travaille à rétablir ce que l'homme ne cesse de détruire, buff. lUin. t. II, p. (85, dans pougens. Les friches qid se lèvent par grosses mottes et par iiuartiers, m. Quadrup. t, I, p. (88. Il En friche, dans l'état de nonculture. Les campagnes sont en friche et presque désertes, fén. Tél. xii. On tire tout de la terre, on ne lui rend rien; tout est en friche, montesq. Esp. v, (4. Que servent à un grand seigneuries domaines qu'il laisse en friche? vauven. Espr. humain, 28. La famine qui désolait les campagnes fut une ressource pour la guerre ; ceux qui manquaient de pain se firent soldats; beaucoup de terres restèrent en friche, mais on eut une armée, volt, iouis XIV, 2(.||Fig. Abandonnée entièrement au soin que la tendresse maternelle voulait qu'elle eût de sa fille, elle laissait, pour ainsi parler, ses charmes en friche, LE sage, Estev. Gonz. ch, (8. {| i'S. m. Terme rural. Chiendent dont les longues racines envahissent le sol et sont très-difficiles i extirper. Il y a du friche dans ce terrain.

— HIST. XMI' s. Laisser les gaaignages sept ans en frichette, du cange, friscum. Les jachieres, qui n'i refiche Le soc, redenionont en friche, ta Rose, 19774. Et les autres héritages si en demouroicnt aucunes fois en friez, porce qu'on ne trouvoit qui oir» s'en feistporle[,laJ carque [charge] de sorcens, beaum. XXIV, 20. Il XIV s. l'iusieurs terres, prez, paslures, fresches, nu cange, fresceium. \\ xv* s, Oue vignes^

rai»? ma foi 1 l'on t'en fricassé Des fille» comme | que freisches,iD. t6,C'estde mon cueur l'amere soti»-

FRI

tenance, Qui trop mieui fust en friche ou en soufrance, Oue porter fruit'î qui le deussent blecier, VILLON, Ballade. || xvi* s. Terres en friches ou fracti«, non cultivées (le memoired'liomme, JVouu. court. gén. t. Il, p. *»7l. En lieuz incultivez qui sont en cbaulincs, en fruiclies et brueres et buissons, n'y a et n'y enchel point de prinsc de bestcs, tuauhass. Coutl. du Berry, p. '.mi, dans lacurnb.

— RTYïl. IJas-lat. friscum. Du Cange le tire de l'allemand (risch, frais, comme le latin natale, terre de labour, de noruj, nouveau ; mais, objecte Dicz, le mot devrait être fiaiche. Oriium, approuvé par Diez, le fiil venir de fraclilium, champ jU'|ucI on a donné le labour pour la première fois, do fractum, briser; cela a pu donner friei ou (radis; mais comment (riche ou (riscum en ont-ils pu naître? Il est probable que nous avons là deux mots, l'un (riche, (riscum, venant de (risch, comme le veut du Gange, et l'autre (riez, (radis, venant de (ractus, comme Diez le veut. Maury a proposé le gaélique frith, (rilhe, lieu en friche.

+ FBICOT (fri-ko), s. m. Terme populaire. Toute viande en rayoût. Un bon fricot. Donner du fricot. Faire fricot. Probablement il m'entendit, car il se mit à dire : Gros-René, sers le fricot; oui, mon cher, il se servit de ce mot, fb. souué, Huit jours au château, t, î.

— ETVM. Voy. FRICASSER.

t FIlICOTKK (fri ko-té), r. n. ||1* Terme populaire. Faire un ragoût, faire «le la cuisine. Oui est-ce qui Tricote encore, quand j'ai ordonné qu'on dressât le dincr? scrihc et mazères, Vatel ou le l'elit-pts d'un grand homme, se. 1 1 . || Se régaler. Nous avons fricolé hier soir. || Fig. Agioter. {| V. a. Fricoter tout son bien, le dépenser en bombances. || Fjg. Fricoter une affaire, faire une affaire d'agiotage.

— ETVM. Fricot.

+ FltlCOTKUU, ECSE (frl-ko-teur, teû-z'),ï. m. et (. Celui, colle qui aime à fricoter. || Mauvais cuisinier. Tu aurais pu devenir un artiste, tu ne seras i|U'un fricoleur, scribe et mazèrks, Vatel, se. «. || Fig. Celui qui se procure des bénéfices illicites dans les affaires. Il S'est dit, pendant la retraite de Moscou, d'une agrégation de soldats de toute arme qui, «'écartant de l'armée, se cantonnaient pour vivre de pillage, et fricotaient au lieu de se battre. || Se dit encore aussi en Afrique pour maraudeur.

— ÊTVM. fricoter.

FltlCTIO.N (friksion; en vers, de trois syllabes), *. (. Terme de médecine. Frottement sur une partie de la peau à l'aide d'un corps rude ou avec une substance médicamenteuse. || Terme de physique. Synonyme peu usité de frottement.

— iiisr. XVI' s. Friction dure est, quand l'on frotte tout le corps ou une partie seule, fort et aspiement, soit avec la main, ou toile neufve, esponges, faré, /n<rod. 18.

— ETYM. Lai. (rictionem.

FRICTION.NÉ, fiK (fri-ksio-né , née), part, passé de frictionner. La peau bien frictionnée.

FHICnoNNKU (friksio-né; en vers, de quatre syllabes), v. a. Faire des frictions. Frictionner un noyé. Il .Se frictionner, frictionner à soi. Se frictionner le genou. Il Absolument. Frictionnez fort. || Se frictionner, v. réfl. Se faire des frictioçs. Se frictionner avec un Uniment.

— ETYM. friction.

j FniESlE (fri-zie; on met à tort un accent sur l'e, et à tort on prononce fri-é-zie), s. (. Terme de botanique. Genre d'élcocarpacces ayant une seule espi'ice, la friesiepédonculaire,deCanilolle , qui était réléoc.irpepedonculairedeLabil!ardière,LECOABANT.

] FltiriAItU (fri-gar), s. m. Hareng demi-tuil et mariné (du nom d'un épicier de Paris qui en vendit le premier).

■f FKIGIUARIUM (fri-ji-da-ri-om'), S. m. Terme d'antiquité romaine. Mot latin qui signifie la partie des thermes où l'on prenait les bains froids.

— HIST. XVI' s. Frigidaire, uonkt, Dict.

— f.TYM. Lat. (rigidarium, de (rigidus, froid, f FRIFILIS ifri-fi-li), s. m. Voy. froufrou. FUIGIDITR (fri-ji-dité), ». /■. || 1° Qualité de ce

qui est froid et excite la sensation du froid. Il ï° Terme de médecine. Impuissance, état d'inertie des fonctions génitales. || Frigidité de l'estomac, état de débilité de cet organe par suite d'excès vénériens ou autres.

— HIST. .viv s. Car pour grande frigidité Ne sauroit tant la siccilé Hesister contre tel a;,'ent, Nat. à Valchxm. err. k«3 || ivi* s. Frigidité, humidité et «iccité, PARÉ. Introd. 4.

— ÊTYM. Lat. (rigidus, froid; prov. frigiditat ; Itâl. frigidUà.

FRI

FRIGORIFIQtm (fri-go-ri-fi-k'), adj. Terme de physique. Ouicause le froid. || Mélanges frigorifiques, mélanges de diverses substances chimiques qui, par leur fusion, déterminent un abaissement considérable de lempciature.

— KTYJi. Lat. (riyorificxu, de frigut, froid, et (acere, faire.

l'IlILKUX, ECSK (fri-loù, leû-z'), adj. Qui est très-sensible au froid. Je vois qu'il faudra mourir au milieu des noires du mont Jura; cela est bien désagréable pour un homme aussi frileux que moi, VOLT. Letl. llichilieu, o avr. (772. Je me reprochais à moi-même d'être si frileux et si faible, m*i<mon- TEL, Uém. I. Le s;nge le plus civilisé et le plu» frileux n'a pas l'idée.... denirclenir le feu dans nos maisons, hkrn. de st-p. llarm. liv. v, Science des enfants. || Fig. Le carnaval s'en va, les roses vont éclore ; Sur le flanc des coieaux déjà Court le gaïun ; Cependant du plaisir la frileuse saison Sous ses grelots légers rit et voltige encore, a. demusset. Poésies nouv. Ui-carême, || Substantivement. Vous êtes un frileux, une frileuse.

— REM. Plusieurs personnes prononcent /"rtVZfiii, en mouillant les H ; mais cette prononciation, qui est archaïque et provinciale, n'est pas du bon u-age.

— IIIST. XIII* s. Aval la ville |ilj vit un homme Maigre, remis et eschiné, Krieiileus, pale et enfundu, DU CANOË, (rigorosus. Hom Icnz et pesanz, et froideillous et dorniillous, brun, latini. Trésor, p. IU7. Il XV' s. Une nuit il avoit ju avec elle; si s'en retourna en sa chambre tout frileux et dit à un de ses valets de cluimbre : Appareillez-moi ce Ut, Fuoiss. II, III, BO. N'alez aux champs, tenez vous à la ville. Se vous veez (|ue le temps soit frileux, EL'ST. DKSCH. Poésies mss. f" 227, dans lacubne. Tant que je suis de vieiUesce acrapé. Goûteux, frileux.... iD.it. f' 3:12. Il XVI' s. Je devisoiscn cettesaison friUeuse, si la façon d'aller tout nud.... mont. I, 25». Des eflects d'une pa>sion ardente, nous rclumbuns aux efl'ecls d'une passion friUeuse, ID. 11, 328.

— ëTym. Berry, (rcdilleux, (erdilleux, (redolloiix, (riler ou (riller, être frileux ; wallon, (roûleûs, (rusleûs, froâler, avoir froid; namur. (rûUux, (rileus ; génev. (rilieux ; d'après Diez, de (rigidulosus, formé sur le mot classique (rigidulus, diminutif de (rigidu.i, froid.

t FRILLER (fri-Ué, U mouillées), e. n. Terme de teinturier. Se dit du bruissement qu'on entend dans la cuve avant qu'elle soit fermée ou remise à doux.

— ETYM. Ce paraît être un fréquentatif de (rire. I FRILLEUSE (fri-lleû-z', U mouillées), i. (. Un

des noms vulgaires du rouge-gorge.

t FF.lLOsmî (fri-lo-zité), s. (. Qualité de celui qui est frileux (mot qu'on peut rajeunir). 11 est d'une glande frilosité, legoarant.

— iiiST. xiv s. FriUouselé, du cange, frigorositas.

— ETYM Frileux.

FRIMAIRE (fii-mê-r'),i.m. Le troisième mois du caleniUier républicain (du 21 novembre au 20 décembre).

— ETYM. Frim, radical de (rimas, {yoy. frimas). FRIMAS (fri-mà; li se lie : les fri-mâ-z arrivent),

s. m. Nom de trcs-potits plaçons dus à un brouillard épais qui se congi le avant de loinher. Le frimas s'attache aux cheveux, aux crins des chevaux. El dès que l'aquilon, ramenant la froidure. Vient de ses noirs frimas allrister la nature, boil. Sal. viii. J'allai chercher le calme au séjour des frimas, iD. Lutrin, vi. Conduis-nioi, si tu veux, aux plus lointains rivages; Je te suivrai partout : écueils, frimas, orages, Je n'examine rien, rien peut il m'effrayer? gilb. Didon à Énée. Mais la paix de son front n'était point dans son âme; L'ardente ambition le biùlait de sa flamme; Ainsi sous les frimas l'Eliia cache ses feux, delii le. Trois règnes, v. Les montagnes en groupe et les rochers en masse, Revêtus de frimas et hérissés de glace. De mille pics aigus vont déchirer lesairs; L'astre hiillant du jour sourit à leur audacp El de leur front superbe éclaire les déserts; De la pourpre, de l'or, du lis et de la rose, Il donne à ces frimas les reflets écbitants , MAssoN, llelcét. II. Cet ange .... M'appirul jetant la pâture Aux oiseaux un jour île frimas, bÉRANO.tfaud. printemps. Pendant ipie le soldat s'ellorce pour se faire jour au travers de ces tourlillnns de vei.ts et de frimas, les flocons de neige, pnussés par la tempête, s'amoncellent et s'arrêtent dans les cavités, «FOUR, //i,vl. de Nap. ix, n jj Terme de manne Frimas de la mer, sorte (i'éclalioussure produite par des lames qui se brisent contre le bâtiment. || t'ig. Avaleur de frimas, songe-creux.

— SYN. FRIMAS, grès.l. Le frimas diffère du grésil, déSni par l'Académie : Grile fort menue et fort

FRI

dure. On sent tomber le grésil, qui, »'U est poass* par le vent, frappe la figure d'une manifere désagréalile, tandis que le frimas n'a aucun mouvement et revêt seulement les corps de glaçons trè»pelits. Il est produit par l'eau qui, daas une liasse température, se sépare de l'atmosph'^re et se congèle A un moindre degré de froid chaque glaçon du frimas serait une goutte de rosée, leooahant.

— HIST. xv* s. FU qu'on se lient en sa maison Pour le frimas, près du tison, villon, Petit teslam. Il xvi' s. Frimas, ouruN. Frimars, coigrave.

— ETYSl. Ane. fnnç. (rimer, gelei (Kn cel terni ke voi frimer Les arbres et blancboier, Puéstet inst. arani i3ou,l. n, p. 701, dans la. urne) ; picard, (rimer, geler, ri'm^e, gelée blanche; du germanique : anc. scand. /ir<m; angl. rime; buU. rijm, gelée hl.inche : l'aspiration gernianii|ue s'est changée en ( [(rimeri, ou a disparu [rimi'e\.

FRIME (fri-m'), s. (. Terme populaire. Semblant, feinte. Ce n'est que pour la fiime. Puisqu'il a fait la frime de mourir, il faut qu il achève de bonne grâce, le Tombeau de U. A ndré, se. *, dans le Théâtre italien, l. u, p. u, Genève, laoa.

— HIST. XIII' s. Compère, porqoi t'en vas-tu? Et renart h arespondu: N'en faites jà chiere ne frume;' bien vos en dire la costume, /Irn. Biu7. Renart, quis.'iitde toutes frumes, Lui esrae.ha quatre des plumes, ib- uuiH. De bien se doit on esjuuir : Li lion, car c'est droit et coustuue. Et li mauvais en fiint la frume, le Lai d'Arislote. || xv s. Hau! Wattville, pour le frimas [la lrime| Faites venir frère Thomas fanlost (jui me confessera. Patelin. |1 ivr s. Il n'en fit point de frime [il en prit son parti sans grimace), cotghave.

— ETYM. Le latin (rumen avait le sens de gosier, de pomme d'Adam; un glossaire, dans du Cange, y ajoute le sens de monstre, Ttc.a; ; y faut- il voir l'origine de (rume ou (rime, grimace, apparence?

t F1U.M0USSE (fri-mou-s'), *. (. Mot populaire par lequel on désigne la figure, le visage. Elle aune drôle de petite fiimousse. || On a dit frimeuse. Près de ces lieux où nos monan|ues Vont giier, quand il plail aux Parques.... Uù de Lirtcs et de Lilmouses Un se barbouille les frimeuses..., la llenrxade travestie, VIII.

— HIST. xvi« s. Pblymouse, phryllelimouse, coigrave.

— ETYM. Frime.

FRINGALE (frin-ga-n, *. f. Besoin irrésistible de manger qu'il faut satisfaire à l'instant. Avoir une fringale.

— ^ ETYM. Corruption de faim-talle {\oy. ce mot); norm. fraintatle.

FRINGANT, ANTE (frin-gan, gan-t'), adj. Oui & quelque chose de vif et comme de dansant. I-a dame élaitjeune, fringante et belle, la f.'Nt. Hagn. Ici l'on vous attend avec impatience. Plus sain, plu* vigoureux, plus fringant que jamais, chaulieu, Ép. au duc de Neiers. Ces chevaux fringants qui éclaboussent les gens de pied, dancourt, Chev. à la mode, II, 2. 11 aperçut la fringante Marlhon Dont un ruban nouait la blonde tresse, volt. Ce qui plait OUI c/amcî. Il Substantivement. Témoin une jeune fringante En manlclet, robe volante, vaué. Pipe cassée, m. || Faire le fringant, se donner des airs pétulants. Ce jeune homme fait le fringant.

— HIST. xv s. Apprennez nos nio-les fringantes Ktnos paroles élégantes, chouillart,/?* Proitt nouveaux Pour miculx la liingande parfaire, in. p. (74, dans laccrne. Et venez cy exemple prendre; Le plus fringant deviendra cendre ; Il n'y aura nul excepté, Bec. de farces, p. 462.

— ETVM. Frinquer t.

f FRINGILLK (frin-ji-1'), s. f. Nom d'un genre de granivores créé aux dépens du genre giosbec de certains auteurs. On y distingue la fringille célibataire, qui est le pinsrm de l'Académie, lkgoabant.

— ETYM. Lat. (ringilla, pinson, qui vient de frigutire, (riiigiitire, pousser de petits cris.

t. FIIINGI'EU (frin-ghé), V. n. Il 1" Terme populaire. SauiiUer en dan-ant. La noce de Manon U Grippe Mérite bien que la famille Pour lui faire honneur fringue et brille, vadE. Aussitôt que j'avais allcHil la cour verte et les bois, je me mettais à courir, à sauter, à bond r, à fnnguer, chateaubr. Uém t. 1, p. 210. ||ï" Il se dit aussi des chevaux Ce cheval frngue continuellement.

— HIST. XV s. Fringuer, pomper, chanter, sauller, coouillart, p. 131, d.ins lacubne. Il xvi' s. Cest trop fringue pour une jeune fille ; Car on cognoist au piller qui distille De vosUe bec, qu'estes graut escolîiere, ). marot, v, 260.

— ETYM. Bourguign. (ringai; Berry, (rinçutr,

FRl

s'agiter, courir. On trouve aussi le fréquentatif /rt'ngoter, au sens de fredonner. En conséquence Diez y voit le radical friiig du btin /'rinj-udre, gazouiller, fring-iUa, pinson; d'où le sens de fredonner, de danser, de s'agiter. Mais il est plus direct de le tirer du latin frlgéfre, sauter, bondir, avec l'interposition de la nasale n.

t 2. FKINGUEIl (frin-gué), v. a. Terme vieilli. Fringuer un verre, jeter do l'eau sur un verre pour le rincer. Laquais, fnngue bien ce verre ; Fais (jue l'éclair du tonnerre Soit moins llamlioyant que lui; Ce stia le cimeterre Dont j'égorgerai l'ennui, ST-AMANT la Crnaille.

HIST. xvi* s. Ledit Toussaint Patris avoit une

chambrière qui ne servoit que d'aller quérir du vin, fringuer les verres et verser à boire, des accords, Escraiqnes, i, 19.

RTYM. Anr. haut-ail. hrntnjnn, nettoyer.

t KllINSON (frin-son), s. m. Un des noms vulgaires du verdier.

t FRlOLKltlE (fri-0-le-rie), s. f. Gourman,iise, friandise. Aussi peu eussé-je pu vivre sans ces frioleries, à quoi j avais goût, lesagf., dans legoabant.

— ETYM. Ane. franc, frioler, frire: xiv's. Prenez vostre cresson et une poignée de belles et les friolez en huile, ilénagier, ii, 6. l'rioler est un diminutif de frire.

t FRIOLET (fri-o-lè), ». m. Variété de poire.

— ÉTYM. Même radical que dans friolerie.

t FRION (fri-on), s. m. Terme rural. Lame de fer placée au côlé de la charrue.

— ÉTYM. Peul-ctre dérivé de frier, froier , frotter

(voy. FRAYER 2).

t FRIPE (fri-p"),!. ^.Populairement. Tout cequi se mange.

— ËTYM. Voy. FRIPEH.

FRIPÉ, ÉE (fripé, pée), part, passé de friper. Gâté en chiffonnant. Une robe fripée. ||Gâté par usure. Il allait sur le Pont-neuf chercher les livres les plus fripés, dont la couverture était la plus déchirée, qui avaient le plus d'oreilles.... furetièke, Rom. bourg. liv.ii, p. 250. Il Suhstantivemcnt. Celui, celledonlles vêtements sontfripésou endésordre. C'est un fripé.

+ FKIPE- LIPPE (fri-pe-li-p'), s. m. Terme familier. Gourmand ou gourmet.

— ÉTYM. Friper, et lippe.

FRIPER (fripé), V. a. ]\ 1° Chiffonner. Friper sa robe, son habit. || 2° Gâ'.er par usure. Cet enfant fripe ses hardes en peu de temps. || 3° Familièrement. Dissiper en de folles ou vilaines dépenses. Cet homme a fripé tout son bien. i| 4° Populairement. Manger goulûment. 11 aimeà friper. Les dieux du liquide élément, Conviés chez un de leur troupe, Sur le point de friper la soupe. Seront saisis d'élonnement, st-amant, le Passage de Gihrallar, caprice héroï-comique, Œuvres, )60(,in-i2, p. 42i.||Fig Ma muse, à la fin du souper. Fait un ragoiit de tous vos restes Qu'elle baille au temps à friper, id. la Rome ridicule. Caprices, (643, stances 57, p. 31. Il Dérober, friponner. Même j'étais si aveugle, qu'encore que j'en eusse trouvé la plupart [des vers] dans des comédies imprimées, dans la farce de Patelin et dans le roman de la Rose, d'où le pédant les avait fripés, je ne retranchais rien de la gloire que je lui donnais, Francion, liv. IV, p. Mo. 1)1 6" Se friper, v. réft. Devenir chiffonné, usé. Cette étoffe se fripe en moins de rien.

— HlST. XVI' s. Friper sa leçon [n'aller pas en classe], OUDIN, Dict.

— ETYM. Berry, (riper, lécher la sauce d'un plat avec sa langue, foupir, chiffonner; wallon, (riper, manger bien. Diez le lire du Scandinave hripa, procéder avec grande hâte; le changement de h en [ ne fait pas difficulté; mais le sens est-il satisfaisant? D'autre part, (riper, au sens de chifïonner,

.se confond avec (erpe, (elpe, qui veut dire chiffon et aussi frange (Qui m'encombra de ceste frepe El du bordon et de l'escharpe? Tien. H28i), et qui correspond à l'italien et à l'espagnol (elpa, sorte de peluche. Y a-l-il là deux mots: (ripe, chiffon, et (riper, ou n'est-ce qu'un seul mot? Puis (riper, user, et (riper, manger, est-ce un seul mol, ou bien y a-t-il deux mots? L'histoire de /'riper est obscure , d'autant plus qu'on manque d'exemples.

FRIPERIE (fri-pe-rie), s. (. || 1° Vêtements, meubles qui, ayant servi, sont plus ou moins usés. Ce n'est que de la friperie. .Marchand de friperie. Peutêtre d'un an vous ne vendrez celle friperie-14 si à propos, MAHiv. Pays. parv. 3* part. |l Se jeter sur la friperie de quelqu'un, se ruer, se mettre, tomber sur la friperie de quelqu'un, se jeter sur lui pour le battre. Gare ime irruption sur notre friperie 1 mol.

FW

Dép. am. m, i. || Par extension. Je ne sais si vous savez que cet animal-là a encore sur sa friperie un décret de prise de corps du parlement de Paris, qu'il s'attira quand il était porte-Dieu à la sainte chapelle basse, volt. Letl. d Argental, 27 juill. (768. Il Fig. Se moquer de quelqu'un, en dire du mal. Ils se mirent de plus belle sur la friperie de la vieille, LFSAGE, Gusm. d'At(. I, 6. Il Fig. Friperie littéraire, vieilleries, lieux communs, etc. Friperie mythologique, l'usage suranné des personnages mythologiques. Il 2" Métier qui consiste à acheter et à vendre de vieux meubles, de vieux babils. || Commerce de friperie. || 3° Lieu où logent ceux qui vendent de la friperie. Acheter un habit à la friperie. || 4" Espèce de hangar sous lequel on dépose les cannes à sucre avant de les porter au moulin.

— IIIST. xiii' s. Et se c'esloit vies feleprie, si doit le pelichons un denier, tailliar. Recueil, p. 20. Mes tout aussi com draperie Vaut miex que ne fet freperie. Valurent mieux cil qui jà furent De cels qui sont et il si durent, ruteb. 230. || xiv« s. Item ung funleaulx de fresperie {in(ra flesperie) , du GANGE, /■(■rpen'o.I.i estauidela forperie, id. tb.jl xvi's. D'une friperie tant mal cousue, on n'ensauroit rien attendre qui vaille, calv. i(is(i(. 053. Enfin, après avoir un peu loué le pape Pie quart, ils tombonl sur la fripperie de Pie quint, qu'ils appellent fra Scarpon, d'aub. Ilist. 11, 2U4. Ceux qui n'avoiont de bons habillemens en louèrent à la fripperie, affin d'estre estimés de réputation, cONnÉ,A/cinoirei,p. 621.

— ÉTYM. Noim. feuperie. Le radical est l'ancien (ripe, (repe ou (elpe. Diez et Scheler pensent qu'il faut le rattacher au Scandinave hripa, procéder avec précipitation, qui aurait pris le sens de user (voy. friper).

FRIPE-SAUCE (fri-pe-s6-s'), s. m. Terme populaire. Goinfre, goulu. || Mauvais cuisinier. C'est un vrai fripe-sauce.

— ÉTYM. Friper, et sauce.

FRIPIER, 1ÈRE (fri-pié, piê-r'),s.m. et f. || 1° Celui , celle qui fait le commerce de friperie. On trouverait encore à quelque vieux pilier Son dernier habit vert pendu chez le fripier, regnard, Sat. contre les maris. || Àdj. Un marchand fripier. || 2° Fig. et familièrement. Fripier d'écrits, compilateur, plagiaire. Allez, fripier d'écrits, impudent plagiaire, moi.. F. sav. m, f>. Il 3° Nom de plusieurs coquilles habitées par des animaux qui y agglutinent beaucoup de corps étrangers.

— HlST. XIII* s. Les estausdes feupiers, du cange, (erperius. Nus [nul] ne puet estre frepier dedenz la banlieue de Paris, c'est à savoir vendeur ou achaleur de robes viez ou langes.... Liv. des met. (9*. || xv*s. Que nulz frippiers ne porront rien tailler ne faire de neuf, Ordonn. (485.

— ÉTYM. Voy. FRIPERIE.

FRIPON, ONNE (fri-pon, po-n'), x. m. et ^. || l» Celui, celle qui vole adroitement, par des ruses plutôt encore que par des actes manuels. Un maître fripon. Ce domestique est un fripon. Un tour de fripon. Il savait qu'il y avait force courtisanes affamées, fort après après les étrangers, grandes friponnes, et d'autant plus dangereuses qu'elles étaient belles, scaur. Rom. com. 1,8. Martin, ayant repris son sang-froid, jugea que la dame qui se prétendait Cunégonde était une friponne, M. l'abbé périgourdin un fripon qui avait abusé au plus vite de l'innocence de Candide, et l'exempt un fripon dont on pouvait aisément se débarrasser, volt. Cand. 22. || 2° Se dit d'une personne qui ne se fait aucun scrupule de tromper, qui se rend coupable de quelque acte déloyal Et je ne pense pas que Satan en personne Puisse cire si méchant qu'une telle friponne, mol. Éc. des mar. m, 10. Allons, qu'on se rétracte, et qu'à l'instant, fripon,On se jette àsespiedspourdemanderpardon, lu. Tart. m, 7. J'appelle un chat un chat, et KoUet un fripon, BoiL. Sat. i. Dès qu'on est fripon, on l'est pour tout le monde, fEn. Dial. des morts mod. Louis XI, Dalue. Je n'aime ni les demi-vengeances, ni les demi-fripons, volt. Variantes de l'Écossaise. Il 3" Par badinage, se dit d'enfants, de gens jeunes qui sont espiègles, malins. Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié) Prit sa fronde et du couptua plus d'à moitié La volatile malheureuse, la font. Fabl. IX, 9. Allons, venez, petit fripon; cela est plus heureux qu'un honnête homme, dancourt, fc'l^ des coq. se. 7. X ma fille il fait l'amour Et joue avec la friponne, bérano. U. d'école. \\ C'est un fripon, se dit d'un jeune homme léger et étourdi qui se dérange. || 4° Au masculin, celui qui est inconstant en amour, qui y garde mal sa foi. N'ctes-vous pas un fripon? vous êtes si aimable que j'en ai peur, et j'hésite, mariv. Pays. parv. 5' part. Vous êtes

FRl

un adroit fripon, Clitandre, puisque vous m'avez trompée, dancourt, Été des coq. se. 21. Je sais, monsieur le fripon, que vous avez écrit à Mlle de Launay une de ces lettres charmantes où vous joignez les gr.lcps à la raison, et où vous couvres de roses voire bonnet de philosophe, volt. Lett. Formant, nov 1732. Deux fois elle eut équipage. Dentelles et diamants. Et deux fois mit tout en gaga Pour quel(|ues fripons d'amants, bérano. Frélillon. Il Au (éminin. Femme coquelt ', adroite et fine. Une aimable friponne. La friponne lui fait croire tout ca qu'elle veut. Avec tant d'attraits prtcieux, Hélas! qui n'eut été friponne? volt. Ép. xxviu. Les moins friponnes n'auront 'lue trop souvent l'art de l'augmenter [l'embarras d'un amoureux), J. J. rouss. ^;;i. iv. Il 6" S. m. pi. Petites tresses de cheveux ou anneaux que les femmes faisaient descendre sur leur front au-dessus des yeux. |i Petites boites de sapin, remplies de la gelée de coing dite cotignac. H6"Adj. Oui est sans probité par rapport à l'argent. Cet homme-là est bien fripon. || Coquet, éveillé. Un air fripon. Un minois fripon Chastes sont les oreilles, Encor que les yeux soient fripons, la fo.nt. Tabl. Ne vous y fiez pas.... elle a, ma foi, les yeux fripons, BoiL. Héros de romatis.

— SVN. voleur, FILOU, FHipoN.VoL'ur est le terme général ; on est voleur de quelque façon que l'on vole. Le filou est un voleur qui met la main dans les poches, qui subtilise une bourse, des foulards, etc. Le fripon est un voleur (|ui emploie quelque ruse : un domestique qui vole son maître en lui faisant payer les objets plus cher qu'il ne les a achetés est un fripon.

— HlST. xvi« s. Chapons de haute graisse et gelinotes nous ont failly, et n'avons plus qu'un amer souvenir de ces messagers academii|ues qui descendoient aux fameuses hostelleries de la rue de la Harpe, au grand contentement des escholiers attendants et de leurs régents friponniers, Sat. ilén. Harangue de Roie. Tant de fripons, friponniers, juppins, galoches, marmitlons, et autres sortes de gens mal-faisants, «b. p. 70. U y a plusieurs mots que l'autre partie de la ville n'entend pas, si l'exposition ne luy est apportée de là ; car comment peuvent sçavoir les marchands de la rue Saint-Denis que c'est à dire un juppin, un fripon? h. est. Deux dialogues du nouveau long. (r. p. 644, dans francisque MICHEL, A rgot. Bail ez moy . je vous pry , la clef Et de la cave et du celier. Du pain, du lard et de l'argent; Je m'y monslrerai diligent ; J'ay esté frippon d'un collège, la Farce du badin qui se loue, dans Aru. Ihédt. (r. t. I, p. 183. Feste n'est que de vieux chappons, Comme dient tous bons fripons [gourmands], LEROUX nE LINCV, PrOV. t. I, p. (65.

— ÉTYM. Fripon signifie essentiellement gourmand, et de là les sens consécutifs qu'il a; il vient donc de (riper au sens de manger (voy. ce mot)

FRIPONNE, ÉE (fri-po-né, née), port, passé de friponner. Friponne par un intendant malhonnête. Une somme d'argent friponnée au jeu.

FRIPONNEAU (fri-po-nô), s. m. ||1° Un pauvre diable qui est fripon, voleur. Le duo de Noailles et le marquis de CaniUac, en parlant de lui (le cardinal Dubois] au régent, ne l'appelaient jamais que l'abbé friponneau, volt. //is(. pari. ch. lxu. Un pauvre hère qui montre la musique à sa pupille, infatué de son art, friponneau, besoigneux, à genoux devant un écu, beaum. Barb. de Sév. 1, 6. || 2° Jeune gars qui fait des friponneries en amour. Je suis d'avis que le friponneau fasse Tel compliment à des femmes d'honneur! la font. Coe.

— ÉTYM. Diminutif de (ripon.

FRIPONNER (fri-po-né), v. a. Escroquer CD

fripon Oui, tu m'as friponne Mon cœur infripon-

nable, œil émerillonné, scabho.n. Don Japhct, 11, 1, Qu'est-ce à dire? ne craignez-vous pas que je vous friponne votre billet? dancolrt, Bourg, à /o mode, IV, ». Il En parlant de personnes. Voilà un fripon que je friponnerai sur ma parole, regnard, Sérén. (0. 11 fut tant friponne par les juifs qu'il ne lui resta plus rien que sa petite métairie, volt. Cand. 30. Il Absolument. 11 [fencin] avait été poursuivi au parlement de Paris comme simoniaque, et regardé dans le public comme un prêtre incestueux qui friponnait au jeu, volt. Louis XI V, 37. Les fripons qui faisaient sous ce ministre le commerce du blé au préjudice du peuple ne peuvent souffrir un ministre qui ne les laisse pas friponner, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 27 mai 1775.

— HlST. XVI* s. lisse hasientde souper, puis elle dit : là couchons nous, c'est assez friponne sur la viande morte, Moyen de parv. p. 277, dans lacurnb. Si à dormir la grasse matinée, à fripponer et prea-

FRr

dre du bon teirip», la science pouvoit croistre en dormant, Cnnlfi de ciiolièbes, ^ 7, dan« lacohne. Si je presle un peu plus nilentirvemenl l'auroillo aux livres, depuis que je guette si j'en pourray fripponnor (|uoltiue chose de quoy esmailler ou estayer le mien.... mont, m, 77.

— f.TYM. Fripon, 'fyiponner, au xvi* siècle, a généralement le sens de bien manger, ce qui est le sen.s priiiiitif; mal.s dans Montaigne on trouve déjà le sens Mlmimé et moderne.

FRIPONNKIUE (fri-po-ne-rie), i. f. Action de fripon. Faire une friponnerie. S'enrichir par des friponneries. Une horreur pour la friponnerie, sÉv. 211. La fortune m'a fait naître le plus pauvre gentilhomme de France ; mais, en récompense, elle m'a honoré d'un cœur sincère, si exempt de toute sorte de friponnerie qu'il n'en peut même souffrir l'imagination sans horreur. Lettre de Vauban à iouvois, dans Rev. des Deux-Mondes, )•' fév. 1882, p. 632. J'ajoutai que je donnerais volontiers bien do l'argent pour savoir qui avait Inventé et semé celte friponnerie [calomnie], st-sim. 4i, 223. Les princes ont de Ihonneur; ils ne trompent que les souverains, quand il s'agit du salut du peuple ou de ces respcctalilos et héroïques friponneries d'amhition, devant lesquelles l'honneur n'est qu'un conte de vieille, volt. lett. lime Denis, » sept. «76».

— ÉTYM. Friponner,

FRIOUET(fii-kè; le ( ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel, l'î se lie : des fri-kè-z alertes; friquets rime avec traits, paix, succès, etc.), s. m. Nom d'une espèce de moineau. Le friquet, i|Uoi.|ue plus remuant, est cependant moins pétulant, moins familier, moins gourmand que le moineau, buff. Ois. t. VI, p. 2:n, dans pouGENS.

— f.TYM. Friquet, jeune garçon éveillé, dans le dictionnaire de l'Académie de (696; du radical fric, qui est dans l'ancien français /'riijue, prov. fric, vif, alerte, et qui vient du (.'ermanique : golh. frilcs; anglo-saxon, frec, vif, hardi; allem. mod. frcch.

FRIRE (fri-r'), je fris, tu fris, il frit; point de pluriel;je frirai, tu friras, il frira, nous frirons, vous frirez, Us friront; je frirais, tu frirais, il frirait, nous fririons, vous fririez. Ils friraient; à l'impératif, fris ; au participe, frit, frite; on supplée les autres formes au moyen des temps du verbe faire et de l'infinilil frire : nous faisons frire; que je fasse frire, que je fisse frire, etc. ». a. H 1° Mettre du beurre, de l'huile, ou de la graisse dans une poêle, faire bien cliaiiller et faire cuire dedans. Frire des côtelettes, des soles. Poi:ison, mon bel ami, qui faites le prêcheur.... Dus ces"ir on vous fera frire, la pont, i'abl. v, 3. || Familièrement. Il n'y a rien à frire, Il n'y a pas do quoi frire dans celle maison, c'est-à-dire il ne s'y trouve rien à manger. Tout se mita brouter les liois du voisinage; La pitance du cerf en déchut de beaucoup; Il ne trouva plus nen à frire, la font. Fabl. XII, 8. 1' Dans le sens contraire : voilà de quoi frire, c'est-à-dire voilà de quoi manger. Devers le soir soûl il était, Revenait au Ingis de Tjrrhe, Pour y chercher encoreà frire, scarr. i'irfj. vu. {| Fig. N'avoir plus de quoi frire, n'avoir plus de bien, de ressource. || Fig 11 n'y a rien à frire dans celte affaire, elle n'offre aucun profil à faire. ||2' V. n. Se cuire dans la poêle. Une sole qui frit. Le beurre frit dans la poêle. || 8* Se frire, v. réfl. Être frit. Le poisson se frit, vous allez déjeuner. || Proverbe. Ris, Jean, on te frit des œufs, se dit pour se moquer d'un niais qui rit sans sujet.

— REM. On ne voit pas vraiment pourquoi ce verbe est dérecllf et ne se conjugue pas comme rire ; nous fiions, vous rrlez;je friais; que je frie; que je fiisse; frianl.

— iiisT xir s. Moult saurai bien un mcngier conraer [préparer], Frire un poisson, et un oiscl torner, Bat. d'Meschans, v. 3577. {[ xiii's. Ll lechicrres fremist et art. Kl tôt se frit de lecherie. Mais n'en touche une seule mie, Ren. 72»7. F,t saches que du regarder F'cras ton cuer frire et larder, El tout adcs en regardant Aviveras le fou ardant, la Rose, 2368. Et II despendoit volenllers. Et tousjors cri en ribaudie, Tretout frioit de lecherie, ib. 1473». Tos tromhia dus |u'en terre, quant prist son gonfanon, Treslos li sans h frit del chief dusqu'au talon, Ch. d'Ant II, 608. Il xiv s. Quant II advient qu'ils vivent longuement en telle espérance et n'en pevent venir à clilcf, aiiis meurent en celle folle bée où ils frisent et ardent tous en tel convoi leux espoir, Ifi!nagier, l, 3. Alez du percil et fris ez en beurre, ib. 11, 5. L'on n'eust pas frist cinq œufs que l'on vit ... Girart de Ross. v. 484:). || xv« s. Loin de chaull feu je ne ces.se de frire, en. d'orl. Dali. [Simonet Caillou), 4 «6. Ce seroit trop vilaine perte, Et l'oust [ar-

FRI

méej des François seroit frit, Uyst. du siérjc d'Or- Uant, p. 481. Medesins et ciurgiens M'ont eu long-temps en leur lions; Maintenant, quant je n'ai que frire, Que riens n'a en ma tirelire. Par m'ame iU n'ont cure de moi, Mir de Si r;«i«;. Tant est on franc que tout se frit, villou, fli/(. || xvr s. Avoir decpioy frire, mont, i, «s. Ce n'est pas pour vous que l'on frit ces fnuf», tahirfau, Wio/. p. 26,dans lacubsb.

— ETYM. Provenç. frire el fregir; Mtal. fregir ; espagn. freir; portiig. frigir; liai, friggere; du lalin frigfre, frire, qui »o rattache au grec çfiifw, sécher, «ppÙTfttpov, rôtissoire , radiuil sanscril bhrij, cuire, frire, le même que bhrûj, brûler, briller. On volt par rhlstorit|uo comment frire a pu donner à son participe le sens de friand (voy. ce mot).

t FHISAliE (fri-za-j'), t. m. Action de friser le tabac à fumer, les cheveux, etc. || Sorte de treillage construit avec des lattes et autres boit trct-minces.

— ETYM. Friser.

1. FRISE {fri-z'), s. f. \\i' Terme d'architecture. Partie de l'enlahlement qui est entre l'architrave el la corniche. La frise qui est sur l'architrave doit être plus petite que l'architrave d'une quatrième partie, si ce n'est qu'on y veuille tailler quelque chose; car alors, afin que la sculpture ait quelque grâci:, elle devra être plus grande que l'architrave d'une quatrième parlie, peubailt, Yilrure, m, 3. Il Frise lisse, celle qui est unie et sans sculpture. il 2" Par extension, les bas -reliefs et les ornements en général, disposés comme une frise, en quelque endroit qu'ils soient placés, autour d'un va.se, à un chambranle de porte oude cheminée. || 3* Terme de menuiserie. Frises de parquet, bandes qui séparent les feuilles du parquet. || Frise de lambris, panneau de lambris qui a beaucoup plu» de longueur que de largeur. || "Terme de carrosserie. Traverse du haut de la caisse d'une voilure au-dessus de la portière. Il 4° Les serruriers appellent frise un panneiu long, rempli de divers ornements, qui se met i hauteur d'appui aux ouvr.iges de fer, tels que les rampes d'escaliers, les travées de barreaux, etc. Il 5" Tenne de marine. Pièce de bois plate en sculpture, qui règne sous la face de 1 éperon, t 6" F'risede parterre, espèce de plate-bande orncede buis ou de gazon. Il 7° .S", f.pl. liaiiilesde toile placées au cintre d'un théâtre, pour figurer un ciel ou un plafond.

— IIIST. xvi's. Au dessus des testes des chapiteaux des colonnes, il y aura un architrave, frise et corniche, qui régnera autour du dit cabinet, palisst, 6». X chapiteaux d alhastre et frizes de cryslal, DU «ellat, VI, 81, rrcio. Moulleures, lozenges, fiize el cornice, UarcM fait, Bibl. des chartes, *• série, t. m, p. 02.

— ÉTV.M. Espagn. friso; ilal. /'rcj/io. Si /'rise n'est pas plus ancien dans le français que ne senihle l'indiquer l'historique, II s'est formé, au xvr siicle, de l'espagnol friso. Mais il y avait dans la langue le très-ancien verbe fnser, au sens de orner : xii* siècle : La guiche en fist de paile ben friser, Rone. p. 126. Il y a donc lieu de considérer un même radical dans frise, dans friso, dans fregio. Diez pense que fri.\e est la même chose que frnise 4, el, pour échapper à la difllculté que fait l'italien fregio, admet (jue fregio vient Je frise, comme fregwni vient de frison; il pense que la signification fondamentale du radical est bouclé, crépu, et que ce radical est germanique: hypothétique dans frisa, fresa, nom des Frisons, ainsi dits, a.ssure-t-on , parce qu'ils étaient boucles, mais certain dans le frison /■ris/e, l'anglais /'ri:/e, bondé. Dans ce système, on suppose que frise et fraise sonl un même mot; (]ue fraise, chose bouclée, a pris le sens d'ornement, el que rit-ilien vient du français. Ce sont beaucoup d'hypothèses. Au lieu de cela, il vaut mieux s'en tenir à l'ancienne opinion qui voit dans frise le bas-latin fresium, frisium, frigium, phrygium, qui s'est dit pour broderie, frange, et autres ornements, el qui se rattache aux phrygi,T restes, étoffes phrygiennes de l'antiquité. Diez objecte que phrygium n'a pu donner en français /'rw*; mais les formes citées ci-flessus du latin du moyen ftge prouvent que cette transmutation a pu se faire. Perrault, Vitruve. m, 3, note 88, rappelle que la partie qui est entre l'architrave et la corniche est appelée parles Grecs xoophoros, à cause que cette partie est ordinairement ornée de sculptures, et se joint i Philandre, qui croit que /"riic signifie la même chose, à cause du latin phrygio qui signifiait un brodeur.

a. FRISE (fri-z'), *./■. II »■ Sorte d'étoire de laine à poil frise. Frise d'Espagne et de Flandre, frise sèche d'Angleterre, frise blanche appelée de colon, Tarif du I8 orri'J (en7. || 8* Terme île marine. Morceaux de laine épaisse qui garnissent les sabords pour empëc^ier l'eau de pénétrer. ||8* Machine qui

FRI

sert à faire le .-^linage des étoffes. || Machine pour friser la laine.

— HIST. xv g. Hs y vendent drap ou la frise, co- OniLLART, p. 41, dans lacurne. Ijxvi's. El ne s'habilloit plus que de noir, encore estoil-ce d'une frise l>caucoup plus grosse qu'il ne la falloit i porter le deuil de sa femme, marc. A'ouc, z.

— f.TYM. Friser.

3. FRISF. (fri-z'), ». f Sorte de toile venant de la Frise en Hollande. I.es toiles de la province de Frise ont la préférence sur tor.tes les autres; on les nomme toiles de Frise, ou, simplement, frises, O't. de* arts et m. Lingerie.

4. FRISK (fri z*), g. f. Terme de fortiftcationf. Usité seiilcmcnt en cette locution : cheval de frise, pièce de Iwis longue de dix à douze pieils, et taillée à cinq ou six pans armés de pointes de fer, qu'on met en travers peur boucher une brèche, ou pour retrancher un camp.

— ETYM. Frise, pays où ce genre de défense fut d'abord inventé ou employé.

FRIsE, Ce (fri-zé, zée), part, pass^ de friser t. ||1* Bouclé. Chevelure fri«ée. On prétcml (|ue le» moutons dont la laine est trop frisée ne se portent pas aussi bien que les autres, bl rr. Qundrvp. t. i, p. 247, dans pot GFNS. Il Choux frisés, choux crépus et verts qui viennent en hiver. Il I* Garni de boucles. Une tète blonde el frisée. || 3" Drap d'or ou d'argent frisé, drap crêpé et inégal du cAté qu'on nomme l'endroit. Les draps d'or et d'argent, tant frisés que broches, el lames d'or el d'argent tant plaines que façonnées, Ordonn.des march de draps dor, etc. nov. i*87, art. 49. Il 4* Terme de métallurgie. Fer frisé, fer inégal en grosseur; il se dit priiicipaicment du 61 de fer ou d'arcbal. |l 6- Effieuré. 11 a eu la tête frisée par une balle. || 6" .S. m. Ce qui est roulé en dessus el en dessous. I.e frisé d'un chou. || ?• Un jeune frisé, s'est dit pour un jeune élégant, un muscailin. Quand un jeune frisé, relevé de mouskiche, Me vint prendre el me dit.... rég.vier, Sa(. vvi.

t FRISf.E (fri-zée),!. f Terme rural. Maladie des pommes de terre, dont les feuilles se replient sur elles-mêmes.

— ETYM Frisi.

tFRlSELfiE(fri-ze-lée), *. f Nom donné à un»

maladie des pommes déterre qui rend la lige lisse, et la colore en brun tirant sur le vert, Lrco\RANT. I. FRISER (fri-zé), c. a. || 1* Donner la forme de boucle aux cheveux. Friser ses cheveux aux fers, au for, avec des fers, avec le fer. Fer à friser. {| Friser quelqu'un, lui friser les cheveux. Se faire friser par un coilTcur. Un laquais de la maison qui av.ail pris de l'amitié pour moi me frisa; j'avais d'assrz beaux cheveux, mariv. Pays. parc, i" part. |{ Se fUser, friser à soi. Se friser la moustache, jj Fig. Un bel esprit méprise une histoire nue; il veut l'habiller, l'orner de broderie, la friser, rtn. t. ixi, p. 232. || %' Friser le |ioil de certaines étolTcs. Friser de la ratine, du drap. Il 3* Friser une serviette, la plier de façon qu'elle fasse de petites ondes. || 4" Terme d'horlogerie, ôter la petite pointe des dents des roues. Il 5° Terme de danse. Friser la cabriole, agiter les pieds avec vitesse tandis qu'on est en l'air. |l 6" Fig. et familièrement. Raser la surface, eifleurer en passant, ne toucher que superficiellement, comme fait le friseur quand il frise. La balle lui a frisé le bras. II frise le bord des précipices et passe les mauvais ponts avec une assurance admirable, bai-z. liv. vu, lett. 38. Maints coups perdus frisent l'oreille, scarr. yirg. v. Propné me vient enlever les morceaux. Caracolant, frisant lair cl les eaux. Elle me prend mes mouches à ma porte, la fout. Fabl. X, 7. fx)mmele mouvemenl des roues était fort rapide, el qu'il fallait friser le but en tournant, pour peu <|ue l'on manquAl à prendre le tour, le cliariol était mis en pièces el celui qui le conduisait pouvait être dangereusement blessé, rollin, llisl.ane. Œuv. t. V, p. 84 , dans poi gkns. || Friser quelqu'un, passer fort près de lui. || Terme de musique. Passer légèrement l'archet sur la corde d'un instrument, la toucher finemenL || Terme de jeu de paume. Friser la conle, se dit de la balle quand, passant très-peu au-dessus de la corde, il s'en faut de tri-s-peu qu'elle ne soit arrêtée dans le filet ou que le coup ne soit perdu. || Fig. Friser la corde, être bien près de subir quelque perte. L'abbé de Camachcs mourut en la peine (de devenir canllnal, après avoir frisé la corde d'être rappelé et disgracié, STsiM. 364, 184. Nous étions trente et un , M. Oailly a eu quinze voix, et M. de Condorcct seize : Il a frisé la conle, disait .M. d'Alemberl, la harpe, Corre.\7'. t. m, p. 3i2, dans [OOOBNs. || 7'Courir de trtsprès le risque de. Elles [Unies de Uaintenon et des

nu

FRI

FRl

Ursins]jur^rentla parte de ce prince [duc d'Orléans]; il se peut dire (|u'j1 la frisa de hien près, st-sjm. 20u>, 107 II Friser la corde, se dit de quelqu'un qui court le ris(|ue d'clre pemlu. 1| Approcher de. Ces odes-l;'i fnsen! hien le Perrault, J. B. houss. ^p. n, 2. Il Friser rinipiTlinent, se montrer prescjne tel. Au fond les airs que je me donne Frisent l'imper'.inem, le sufrisatit, le fat, DtsioicuES, Glor. u, V. (I Friser la quarantaine, la cinquantaine, avoir bien près de quaraiile, de cinquante ans. ||8° V. n. Être frisé, .^es clieveux frisent naturellement. ||9°Terme d imprimeur. Faire paraître les caractères doublement imprimés sur la feuille; grand défiul dans l'impression. || 10° Une corde, dans un instrument de musi(pie, est dite friser quand la vibration en est tiouhloe par un contact avec un corps étranger ou par quelque chose de semblable, par exemple la détoision du boyau ou des spirales de cuivre qui l'entourent dans les cordes basses du piano, ou quand elle fait des vibrations assez grandes pour sonner sur la touche ou sur la corde voisine. Il 11" Se dit de l'action du sucre raffiné ou candi, lorsqu'il se précipite en cristaux menus. || 12°Terme de relieur. Il se dit de l'or qui devient inégal. Le plus léger des plis est préjudiciable; Au lieu de se brunir, l'or frise et se guilloche, lesnê, la Reliure, p. 62. Il 13" Terme de jeu de paume. Ils la touchent [la paume] en biaisant de leur raquette, ce qu'ils nomment couper ou friser, desc. Diopt. 1. 1| 14" Se friser, r. réft. Etre frisé. Ses cheveux se frisent facilement. Il Se faire une frisure. Se parfume, se frise, et de façons nouvelles Veut avoir par le fard du nom entre les belles, bégnieb, Sat. v. Elle ne Toudra pas condamner par un exemple contraire les veuves qui commencent à se friser, balz. liv. vu, lett. 8. Il 15° Terme de vétérinaire. .Se friser, se dit du cheval qui, en marchant, touche incessamment avec le pied qui est en l'air le pied qui est sur le sol. Il 16" Se friser, passer fort près l'un de l'autre. Ils se sont frisés dans la rue.

— msT. XVI' s. Sous l'œil palle de la nuict J'ay fait tua course première, Frizant la mer, qui reluit Sous la tremblante lumière, du bellay, il, 37, recto. Je vous promets et voue, à la mode romaine, Immoler trois aigneaux frisez de noire laine, id. m, 69, recio Ains que du premier poil la toison colorée Eust frizé son menton d'une barbe dorée, id. IV, 72, verso. En mille crcspillons les cheveux se friser, id. vi, 27, recto. Adieu le seing de friser les cheveux, m. vu, 66, recto. Ils receurent en moquerie ce qu'ils avoient pris au commencement en admiration, assavoir qu'on leur donnerait en brief un nouveau roi bien frisé, qui les mettroit au siècle d'or, u'aub. Ilist. m, 288. Mesmes les plus frisez de la cour, desarmez, meprisans tout péril, se trouvoient souvent aux tranchées, castelnau, (67. La conqueste de la duché de Luxembourg qui fut rafflée et frisée en un rien, bbant. Cap. fr. t. i, p. 404. Il n'y a personne qui ne sache que, sans sa belle conduite [du connétable de Uontmorenci] au camp d'Avignon, l'empereur frisoit [conquérait] la Provence, id. ib. t. ii, p. 1 22.

— ETVM. Esp. frisar, friser les draps. Il est probable que ce mot vient d'un radical germanique: frison, frisle; angl. frisle, crépu ; si cependant on pens.'iit que le sens de boucler y est détourné et que le sens primitif est orner, voy. frise i.

2. FltlSKR (fri-zé), v. a. Terme de marine. Friser les sabords, les border d'une bande de laine, pour empêcher que l'eau n'y entre, lorsqu'on calfate un vaisseau.

— ETYM. Frise 2.

t t. FRISETTE (fri-zè-f), s. f. Terme de commerce. Étoffe mi-partie laine et coton qui se fabriquait en Hollande.

— ETYM. Diminutif de frise 2.

t 2. FlllSETTE (fri-zè-f), t. f. Mot enfantin. Petite boucle de cheveux frisés.

— ETYM. Friser I.

■\ t. FHISEUK (fri-zeur), s. m. Se dit quelquefois pour coiffeur.

— ETYM. Friser.

t FUlSOia (fri-zoir), s. m. Pince à friser les cheveux.

— ETYM. Fri'îer t.

f I. FUISON (fri-zon), s. m. ||1' Terme familier. Chacune des boucles d'une frisure. || 2° Ondulation en couleur sur le papier que l'on marbre. || 3° i4u plur. Nom donné à la matière grossière qui sert de première enveloppe aux cocons et qu'on enlève quand on ne veut prendre sur le cocon que la belle et bonne soie. Cardeuses de frisons de soie. || Débris de filature et de décocouuage ; ou j met aussi les

cocons percés. || i" Au plur. Rognures de tôle. Il Keliut de chifTon.

— ETVM. Friser t.

t 2. FUI.SON (fri-zon), s. m. Nom d'une ancienne étoffe de laine. Frison d'Angleterre, la pièce de u aunes, Tarif du t» avril 1667.

— ETYM. frise 2.

f 3. FUISON (fri-zon), s. m. Terme de marine. Pot de terre ou de métal pour conserver la boisson.

t 4. FKISO.N, ON.NE (fri-zon, zo-n') s. m. et ^ Habitant de la Frise. || Le frison, idiome des anciens Frisons, parlé encore dans la West-Frise et les îles de l'Ost-Fhse.

— ETYM. D'après Crimm, Gramm. 3* édit. t. i, p. 408, ce nom veut dire bouclé, et a été donné au peuple, parce qu'il avait les cheveux bouclés; mais, dans l'Ilist. de la langue ail. p. 669, il révoque en doute cette étymologie (voy. frise t).

FUl.SOTTÉ, ÉE (fri-zo-té, tée), part, passé

de frisotter Votre poil .... Plus qu'un chardon

irisotté, REGNIER, ilac.

FRISOTTER (fri-zo-té), v. a. Friser souvent et par petites boucles. Elle est toujours à frisotter sa fille. Il Se frisotter, v. réft. Elle perd bien du temps à se frisotter.

— REM. L'Académie n'est pas conséquente dans l'orthographe de ces fréquentatifs, écrivant clignoter, tripoter par un seul l, et baisotter, frisotter, etc. par deux H.

— liiST. XVI' s. D'un paigne d'yvoire blanc Frisotoient leurs tresses blondes, rons. 525.

— ÉTYM. Fréquentatif de friser.

I FUI-SQUE (fri-sk'), adj. Vif et pimpant. Dix jeunes femmes.... Frisques, gaillardes, attrayantes, LA FONT. Cord.

— lilST. XV' s. Et le roi même ne se put tenir de la regarder; et bien lui estoit avis qu'onques n'avoit vu si noble, si frisque, ni si belle de li [qu'elle], FROiSs. I, I, 165. Je vous souhaite, entre vous gens de mer, Qui avez chaut dedenz vostre galce. De ce bon vin frisque, friant et cler, Dont à la cour est ma gueule anousée, eust. desch. Poésies mss. f" (9. Tel est bien paré, frisque et gent. Oui ne sçait ne croix ne pille, coquillabt, p. (74, dans lacurne

— ETYM. Uas-lat. friscus , de l'allem. fritch , frais (voy. frais t).

t FRISQUET, ETTE (fri-skè, skè-t'), adj. Se dit populairement d'un petit froid vif et piquant. Il fait frisquet. L'air, le temps est frisquet.

— ETYM. Diminutif de frisque, qui dérive de l'allemand frisch, frais.

FRISQt'ETTE (fri-skè-f), *. f. Terme d'imprimerie. Pièce de la presse à bras que les imprimeurs abaissent sur la feuille, pour la maintenir sur le tympan, et pour que les marges et les blancs ne soient pas maculés. || Terme de fabricant de cartes à jouer. Châssis taillés selon les figures et les couleurs séparées qu'on veut appliquer sur les cartes au moyen de la brosse.

— ETYM. Peut-être le précédent, frisquet, un peu frais , parce que la frisquette conserve la fraîcheur de la feuille.

FRISSON (fri-son), t. m. || 1' Contraction subite et passagère de la peau et des fibres superficielles des plans musculaires, accompagnée d'un sentiment plus ou moins marqué de froid. Être dans le frisson de la fièvre || Par extension, léger mouvement d'une chose qui tremble. Le sismographe a signalé un frisson continuel du sol avec des secousses de tremblement de terre. Au frisson d'une feuille il est prêt à s'enfuir, andriedx, dans le Dict. de poitevin. || i' Fig. Vif saisissement de terreur, d'horreur. Rien que d'y penser j'en ai le frisson. Et pâle, sans haleine, interdite, épenlue, Un frisson me saisit, je tremble, je me meurs, boil. Longin, VIII. Il 11 se dit aussi des émotions agréables. Sentir un doux frisson. '

— HlST. XII' s. Rolant le volt, si fut en grant frison, Honc. p. 88. Il XIII' s. Si en avoit moult grant friçon, Ren. t389. iune part iras tous sens [seul]. Lors te vendront soupirs et plaintes, Friçons et autres dolors maintes, la Rose, 2286. || xvi' s. Quand je vous louche, ou quand je pense en vous, D'une frisson tout le cœur me frétille, bons. 63. Les uns [accès] viennent avec frissons, les autres avec horreur, autres avec rigueur.... paré, xx, (8.

— ÉTYM. Wallon, fruzion; namur. frûjon,frtjon; du bas-latin friclionem qui a eu ce sens (illas quas vulgo frictiones yocant, gbeo. tubon. De vitis patrum, cap. 6). DuCange regarde, avec raison, frictio en ce sens comme l'équivalent de frigitio, mot fictif tiré de frigere, avoir froid. C'est pour cela que frisson, dans l'ancienne langue, est féminin.

t FRISSONNANT, ANTE (fri-so-nan, nan-t') , adj. Qui frissonne. Et les roulements fourds des tambours résonnants Font errer à longs Huis sur nos places émues Tous les citoyens frissonnants, gilb. Sur la mnri de Louis XV. || Qui éprouve un léger tremblement, en parlant des choses. L'onde, la feuille frissonnante.

FRI.'^SO.N.NEAIKNT (fri-so-ne-man),». m. || 1° Action de fri.ssnnncr. Le premier frissonnement de la fièvre. Il 2° Frémissement causé par l'émotion. Ils [ses yeux] étaient animés et remplis d'attendrissement; mais cet atlendiissement jetait dans tout mon corps un frissonnement d'horreuret de crainte, VOLT. Lett. d'Amabed, 4, Un frissonnement inexprimable s'empara d'Oswald à ce specUicle, stael, Corinne, I, 4. Je ne sais; on ne peut sans des frissonnements De la nature en eux voir les renversements, LEMEBC. Charles F/, il, 7.

— SYN. FRISSON, frissonnement. Ces deux mots sont voisins, ne différant que par un suffixe. La frisson est l'état même de celui qui frissonne ; le frissonnement est l'acte par lequel on frissonne. Aussi frisson désignequelque chose qui se prolonge, tandis que frissonnement ne signifie qu'un acte et par conséquent quelque chose qui peut ne pas se prolonger. On dira : une fièvre intermittente se caractérise par le frisson, la chaleur et la sueur, et non par le frissonnement, la chaleur et la sueur.

— lllST. XVI' s. Entre les signes des fièvres intermittentes, l'horreur, la rigueur ou le frissonnement, avec la froideur ou refroidissement tieiment le premier lieu, PARÉ, XX, 20.

— ETYM. Frissonner.

FRISSONNER (fii-so-né), ». n. || 1° Avoir le frisson. La fièvre va le prendre, il commence à frissonner. || Avoir le frisson parce qu'on est exposé au

froid Il n'en peut presque plus. Transi de froid,

immobile, perclus. Claque des dents, se plaiut, tremble et frissonne, la fcNT. Orais. || 2° Eprouver un léger tremblement, en parlant des choses. Les feuilles frissonnent. 113" Éprouver un frémissement d'émotion. Mon âme cependant de colère frissonne, BÉGN1ER, Sat. XI. Mes esprits éperdus frissonnent de terreur, m. Sonn. rei. t. Mais d'un si grand dessein tout mon cœurqui frissonne.... corn. Sertor. iv, 3. Cette pensée me fait frissonner, sêv. 395. D'où vient que je frissonne? bac. Andr. v, 5. D'une secrète horreur je me sens frissonner, id. Iphig. II, 3. J'aime.... À ce nom fatal, je tremble, je frissonne, id. Phèd. i, 3. \\ Éprouver un frémissement de terreur. Avançons hardiment ; tout le corps me frissonne, corn. l'Illus. com. n, 7. Hélas! sans frissonner quel cœur audacieux Soutiendrait les éclairs qui partaient de vos yeux? bac. Eslh. II, 7. Le récit, quand la nuit est noire, Fait frissonner les assistants, bérang. Ch. et laitière. Il Éprouver un frémissement d'admiration. Ces tirades de Corneille qui font frissonner, sÉv. <26. ||I1 se conjugue avec l'auxiliaire aïoir.

— HlST. XV' S. En mon pays suis en terre lointaine; Lez un brasier friçonne tout ardent, ch. d'orl. Bail. t07. Il XVI' s. Toute frissonnante et d'une main mal assurée, elle appuya la pointe sur sa blanche poitrine, vver, p. 642. Mon poil au chef se frissonne et se dresse, bons. 166. Nul d'entre nous ne se peult vanter, quelque voyage qu'il face à son souhait, qu'encore, au despartir de sa famille et de ses amis, il ne sa sente frissonner le courage, «ont. i, 269.

— ETYM. Frisson ; wallon, frusi ; namur. frujt. FRISURE (fri zu-r'), s. f \\ 1° Façon de friser. Si

peu que l'esprit des femmes s'élevSt au-dessus de la préoccupation des modes, elles auraient bientôt un grand mépris pour leurs Irisures, fèn. t. xvii,p. 86. On voyait cet officier général de soixante ans, assis sur un tronc d'arbre couvert de neige, s'occuper avec une imperturbable gaieté, dès que le jour revenait, des détails de sa toilette ; au milieu de cet ouragan, il faisait parer sa tête d'une frisure élégante et poudrée avec sein , se jouant ainsi de tous les malheurs et de tous les éléments déchaînés qui l'assiégeaient, ségub, Ilist. de Nap. xi, lu. ||Par extension. Ces deux oiseaux ne diffèrent entre eux que par la frisure des plumes, buff. Ois. t. viu, p. 12), dans pouGENS. || Fig. L'amour de la nouveauté avait amené dans le style la frisure, la découpure; nous VDulons dire les jeux de mots, les antithèses, les allusions, le style sautillant, ilém. de Trévoux, dans le Dict. de dociiez, au mot style. Il 2' Chevelure frisée. Le vent a dérangé sa frisure. Je suis savant, je m'en piqtie. Et tout le monde lésait; Je vis de métaphysique, De légumes et de lait; J'ai reçu de la nature Une figure à bonbon : Ajoutez-y

1784 FRI

ma frisure, Et je suis monsieur Neigeon, la hakpe, Corrftp. lett. 89. 1! 8" Façon donnée au poil de certaines étoiïes de laine, draps, nitines, où Ion forme le poil frisé en petits grains. || 4" Fil d'or ou d'argent qu'on emploie dans certaines broderies.

liisT. XVI' s. Il en avoit la parole et le teint,

La belle taille et la fri/.ure blesme De ses cheveux, c'estoit Mercure mesmo, du bellay, iv, 22, reclo. tes marques et signes qui descouvrent les hommes aspres et choleres, vous les verrez imprimez sur les visages ries serviteurs, des frisures et csgralignures, et aux fers qu'ils auront aux pieds, amyot, Comm. refréner la colère, *o.

— ÊTVM. Friser.

FRIT, TF, (fri, fri-t"), part, patte de frire. Du poisson frit. Où la tripaille est frite en cent sortes de mets, réonieb, Sat. x. || Fig. Cet homme est frit, il est perdu sans ressources. || Tout est frit, tout e^t mangé, dissipé.

■j- FRITEAU (fri-tô), *. m. Terme de cuisine. Mani^re d'apprêter certains mots, en les faisant frire entourés de pâte. Poulet en friteau. Frileau de poulet.

— HIST. xiil" s. La sole qui el cheval fu Estoit faite d'un mol menger; De roissoles fu li penneax. Les estrivieres de friteax , Bataille de carême et eharnage.

— f.f YM. Frit.

t FRITEUR (fri-teur), ». m. Chez les traiteurs de Paris, cuisinier qui est chargé spécialement des fritures. || Friteur, friteuse, marchand, marchande qui vend aux ouvriers des choses frites, pommes de terre, saucisses, etc.

— ÊTYM. Frire.

FRITILLAIRE (fri-til-lê-r'), ». f. || l' Genre de plantes liliacées dont la fleur ressemble par sa forme & celle de la tulipe, et dont les bulbes à écailles charnues renferment un principe acre et drastique. Il i' Espèce de papillon.

— F.TYM. I.«it. fritillus, cornet à jouer aux dés; la plante est ainsi dite de la forme du périanthe, qui ressemble à un cornet renversé.

t FRIÏTAGE (fri-ta-j'), ». m. Action (e réduire en fritte.

— ETYM. Frilter.

FRITTE (fri-f), ». f. Il !• Terme de verrerie. Mélange de substances terreuses et de substances salines auquel on a fait éprouver un commencement de fusion pour en former le verre. On sait que les porcelaines de France ne sont faites, ainsi que celles d'Angleterre, qu'avec des frittes, c'est-à-dire avec des pierres infusibles par elles-mêmes auxquelles on tait prendre un commencement de fusion en y joignant une quantité de sel plus ou moins considérable, RAYNAL, Ihst. phil. v, 27. Il Action de cuire ce mélange. || Le temps employé à la cuisson du verre. || 2° Sorte de calcinalion qu'on fait subir à l'acétate de soude pour y détruire une cerUiine quantité de goudron qui résulte de la carbonisation du bois pendant la préparation de ce sel. || 3» Terme de minéralogie. Substances diverses qui sont le produit d'une vitrification imparfaite, naturelle ou artificielle, ou du moins qui en offrent l'apparence. Il 4° Dans certaines usines oq donne le nom de frittes aux scories.

— F.TYM. Frit.

i FRITTER (fri-té), V. a. Exposer les mélanges ritrifiables à la calcination.

— ETYM. Fritte.

t FRITTEUX, ECSE (fri-teû, teû-z'), adj. Qui a de la ressemblance avec les frittes, comme la plupart des matières vomies par les volcan».

— ETYM. Fritte.

■tFniTTIER{rri-tié),». m. Ouvrier qui frittele verre.

FRITURE (fri-tu-r'), s. f. \\ 1° Action, manière de trire. L'huile est bonne pour la friture. Friture au beurre. || 2" La graisse ou le beurre fondu qui sert i frire. Uéformez les règles de votre cuisine; n'ayez ni roux ni friture, i. J. rouss. Ém. i. || 3" Plat de poissons frits. Friture de goujons.

— IMST XIV s. Ils checnt [tombent] tout droit ou fond do la paelle où le deable fait les fritures d'enfer, Uftiagier, l, 3. Pastés de chappons gras, frittures, ib. il, ♦.

— ETYM. Frir^ ; prov. frichura, fregidura ; esp. priturn ; ilal. frillura.

•f FRITl'RIER (fri-tu-rié), ». m. Terme de cuisine. Cuisinier qui fait les fritures. || Marchand de poisson frit.

— ETYM. Friture.

FRIVOLE (fri-vo-r),a(fy. Il l'Léger et de peu d'importonce. Amusement? frivoles. Il [Dieu] entend vos paroles, Et ce n'est pas un dieu commevos dieux fri- Toles,lDseDsibles et sourds... corn. PoIy.iv,3. N'es-

FRI

pîro point de joie, 6 mon cœur, que frivole, N'en espère aucune ici-bas. Qu'en ce grand Dieu de qui le bras Soutient l'humble et le pauvre et partout le console, ID. Imit. Jii, (0. Le sage est ménager du temps et des paroles ; Ayant dune mis i part les entretiens frivoles.... la font. Fabl. viii, 2». Jamais docteur armé d'un argument frivole Ne s'enroua chez eus sur les bancs d'une école, boil. .'!at. viii. Je peiils trop de moments en des discours frivoles, bac. Iphiq. m, 7. Maisje sais rejeter un frivole artifice, id. Phèdre, iv, 4. Je veux, pour vous, prendre un ton moins frivole : Corinne, il fut desanges révoltés; Dieu sur leur front fait tomber sa parole. Et dans l'abime ils sont précipités, bérang. Ange exilé. ||Oui ne mérite point de confiance. Mais pour vous mieux ôter cette frivole crainte, corn. Sertnr. il, 2. Ne m'auriez-vous rempli i|ue d'un espoir frivole? id. Sertor. IV, 3. Mais,fl d'un déjeuner vaine et frivole attente! boil. 7.u(r. IV. Je ne vous ferai point de reproches frivoles, rac. tlajai. v, 4. De ton frivole espoir estu désabusé? id. Athal. v, 5. || %° En parlant des personnes, qui ne se plaît qu'aux choses légères cl sans importance. L'animal [le peuple d'Athènes] aux têtes frivoles. Etant fait à ces traits, ne daignait l'écouter, la font. Fahl. vm, 4. Un esprit frivole et superficiel qui brille par quelques saillies heureuses, MA IRAN, Éloges, card. de Fleury. Pour nous consoler de nos innombrables misères, la nature nous a fiits frivoles, volt. Dict. phil. Frivolité. Il n'y a (|ue la vanité qui rende frivole, stael, Corinne, iv, 3. Jamais cette troupe frivole, Oui passe en riant devant moi. N'aura besoin qu'une parole Lui dise : je pleure avec toi, lamabt. Ilarm. i, 9. {| 3* S. m. Ce qui est frivole. Que sais-je même si les circonstances de leur mort.... n'ont pas dû vous faire sentir encor plus vivement le frivole de tout ce qui passe? MASS. Carême, Mol. de conv. Le grand, le solide de la religion prend la place, dans un bon esprit, de tout le frivole qui l'avait amusé, m. ib. Le goût du frivole , qui nous avait fait d'abord applaudir, dès que l'Age ne l'excuse plus, nous rend à la fin méprisables, id. i6. Sa liaison [de d'Antin] avec la duchesse de Bourgogne passait le jeu et le frivole, ST-siM. 208, 22. Je VOUS vois réduite à la dissipation de la société; et, dans le fond du cœur, vous en sentez tout le frivole, volt. Lett. Mme du Devant, 8 mars i769.

— SYN. FRIVOLE, futilb. Ce sont deux adjectifs dérivés du latin et qui, dans la langue originelle, ont pour sens propre l'un le sens de frêle, l'autre le sens de ce qui se répand et se perd. De là dérive la distinction: ce qui est frivole a peu de valeur sans doute, mais en a une certaine, exprimant quelque chose de léger, et qui peut plaire par cette légèreté même, au lieu que futile n'a aucune valeur.

— HiST. xiii* s. Ta parole ne soit frivole, mais toutefoiz soit ele ou por penser ou por enseignier ou por commander, BRUN, latini. Trésor, p. 348. Li convient maintenant dire celé propre raison porquoi ilcuideavoirdroit en sa question; car, se ilneledeist, sa delTense seroit frivole, m. ib. p. 4«o. Maint mauvais mot, mainte frivole Plus tost de la bouche lui vole, Guersai. || xiv* s. Ceste crainte laquelle par aventure est vaine et fervole, bebciieure, f. 20, recto. Cestes choses pnpousées par ledit tribun furent réputées vaines et frivoles par le peuple, id. ^ 82, verso. Si disent li vulgal [le vulgaire] du bois desoubz le mont, Que Girart le sema; mais ce m'annuie mont [moult]; Car leur opinion si est fausse et frivole, Girart de Ross. v. 34». || xvT s Chose vaine et frivole que l'humaine prudence ! MONT. I, (30. En tes ditz et parolles n'y a sinon mensonges et frivolles, palsgrave, p. 85).

— ETYM. Prov. frerol, freol, freul; anc. cat. frevol; esp. et ital. frirolo; du lat. /'rivo/i(s.Festus définit frivola par fictilia quassa, des vases fêlés, et il ajoute : unde dicta verba frivola qux minus tunt fide svhniia.

f FRIVOLEMENT (fri-vo-le-man), adv. D'une manière frivole.

— ETYM. Frivole, et le sufSxe merU; prov. frevolmen ; esp3gn. frirolamente.

I FRIVOLET, ETTE (fri-vo-lë, IM"), adj. Diminutif de frivole. Rendez-nous donc votre présence, Gnlant prieur de Trigolet, Très-aimable et trcsftivolet, VOLT. Utt. en vers el en proti, 4.

— ETYM. Diminutif de frivole.

t FRIVOLISTE (fri-To-li-sf), ». m. Néologisme. Celui qui se plail aux choses frivoles, fites-vous frivoliste? admirez la main légère de cette maichande de modes, mrrcier, Tabl. de Parit, coup d'rril.

FRIVOLITÉ (fri-vo-li-té), ». ^. || 1- Caractère de celui qui est frivole, de ce qui est frivole. La frivo-

FRO

lité, qui nuit an développement de ses talents el de' <es vertus, le présente en même temps des crimes ndirs el rL-(16chis, nrcws, l'onsid. sur lei mmtrt, ch. 6. C'est la frivolité de la matière qui a fait tort au livre des Chats [de Moncrifl, qui est d'ailleurs plein d'une aimable érudition et écrit avec finesse, Mscours du café, dans desfontainks. La frivolité, sous quelque forme qu'elle se présente, Ole à l'attention sa force, à la pensée son originnlilé, au sentiment sa profondeur, stafl, Corinne, i, s. Il y a souvent beaucoup d'égolsme dans la frivolité, iD. i6. III, 3. Il J" Chose frivole. Ne s'occuper que de frivolités. SI nous n'avons que de ces frivolités à dire, dormons et digérons, dider. Opin. det anc. phil. (Pyrrhon. phil.). Un mépris profond de toutes les frivolités qui occupent et dégradent si fort la plus grande partie de la noblesse française, d'alemb. Utt. au roi de Prusse, 27 sept. (773. || 3* Espèce de petite fleur qu'on fait avec du fil et un petit moule ou une navette sans aiguille ni crochet; ces petites fleurs réunies forment des cols, des manchettes, etc. Un col en frivolités.

— ETYM. Prov. freroltat, frtoltat ; esp. frivoUdad ; du lat. fritolitntem, de frirnlus, frivole.

FROC {frok ; d'après Chilflet, Gramm. p. 2ii«, le.e ne se prononçait pas devant une consonne), t. m. Il !• La partie de l'habit des moines qui couvre la tête et les épaules. {| 2* Par extension, l'habillemenl entier. Mettre son froc. L'on se couvre d'un froc pour tromper le jaloux , bêonier , Sat. tx. Il Fig. La profession monacale. Vous ne serez pas obligée de le mettre dans un froc, sév. 264. Il [l'homme] tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc. Aujourd'hui dans un casque, el demain dans un froc, boil. Sat. vm L'empereur Lothaire ne vécut dans le froc que six jours, volt. Mœurs, 24. Il ne sait pas que la charrue est plus noble que le froc, m. l'Homme aux 4o écut, Raisonnement sur les moines. || Prendre le froc, se faire moine. || Porter le froc, être moine. || Ouitter le froc, sortir d'un monastère avant d'être profès, et aussi renoncer à la ne religieuse. Il n'est moine si saint qui n'en quittât le froc, regnier, Sot. ii. || Familièrement. Jeter le froc aux orties, ou, simplement, jeter le froc, renoncer à la vie religieuse. || Par extension, quitter la profession, l'occupation qu'on avait embrassée. Ce sera un grand bonheur si vous ne jetez pas le froc, maihtenon, Lett. à Mmede Yentaiour, t" avr. )704. |! Renoncer à quelque habitude que ce soit. Point de sauces, point de ragoûts; j'espère bien jeter un peu cet hiver le froc aux orlies dans notre jolie autierge, .sév. 2" sept. <««7. Il 3" Grande robe que les religieux de Saint-Benoît meltenl par-dessus leurs autres habits, pour assister au chœur, et lorsqu'ils paraissent hors de leurs monastères. Il 4" Sorte d'étofl'e grossière de laine. Les frocs forts contiendront 30 aunes de long sui le métier, pour avoir 24 après les apprêts, Lett. pa- Untes, 22 juill. (780, art. 4, Orléans.

— llisr.xii's. Card'ax [eux] meismessontsi chaut Lor haubcrc, que li suens [le sien] ne vaut X chascun gueres plus d'un froc, crf.st!En de troiks. Chev. au lyon, v. «43. || xiii* s. El de noirs fros [elles] erent veslues, Imi du trot. || xv* s. Car pour mon vieil ami trouver [il| Faudroit le froc quitter et vendre,

BASSEL1N, Lin.

— ÊTYM. Bourguig. frd; norm. frot, étoffe grossière en laine; provenç. floc: angl. frock. On le tire du germanique: bas-latin, hrocus, roeus ; anc. h. allem. ftrnch, qui signifie habit et qui est l'allemand Tîofilr, habit. On remar<|uera le provençal floc qui se confond avec floc, flocon; c'a été une raison pour Diez de rejeter l'élymologie précédente et de voir dans /"roc un dérivé du latin /îoccu», flocon de laine. Mais on ne peut écarter le bas-latin hrocut, qui est certainement germanique, elqui a pudonner^oc.comparez FBEUX el FRIME.

t FROCAILLE (fro-kS-U", H mouillées), ». f. Terme de mépris, pour dire une réunion de moines, de gens portant le froc. Tremblez, méchants! la frocaille en tumulte Passait déjà de l'espoir i l'insulte, piRON, le Moine défroqué, conte.

— ETYM. Froc, et la désinence péjorative 0i7f«. FROCARD (frokar; le d ne se lie pas: un fro-

karcfl'ronté; au pluriel, 1'» ne se lie pas: des frokar effrontés; cependant plusieurs la lient : des frokar-z efl'rontés), », m. Terme de mépris et familier. Un moine.

— ETYM. Froc.

I. FROID, OIDK (fitii, frol-d'), adj. HI" Oui n'a pas de chaleur. Climat froid. Les pays froids. Bain froid. Une sueur froide. Vent froid. II a les maint froides. Des froids torrents de décembre Les champ*

FRO

sont partout noyés, boii. Ode sur Namur. J'ai senti ce beau corps tout froid entre mes bras, rac. Théb. Y, 6. Ils s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques Où des rois ses aïeux sont les froides reliques, ID. Phèdre, v, 6. Et froide, gémissante et presque inanimée Aux pifids de son amant elle tombe pâmée, ID. ib. Le pays du monde le plus froid est le Spitzberg; c'est une terre au 78* degré de latitude, BUFF. Uisl. nat. Théor. terr. Œuv. t. ii, p. 93, dans pooGENS. Froid cercueil, nocis, Àbufar, m, 2. Il Fig. Quand nous avons perdu le jour qui nous éclaire. Cette sorte de vie [la gloire] est bien imaginaire. Et le moindre moment d'un bontieur souhaité Vaut mieux qu'une si froide et vaine éternité, corn. Sur. I, 3. L'hiver, dit-elle, a soufflé sur ta tête; Cherche un abri pour tes soirs longs et froids, béhang. .4 dieu chanîOfw. Mon âme avec effroi regarde derrière elle. Et voit son peu de jours passés et déjà froids, Comme, la feuille sèche autour du tronc des bois, LAMART. fforro. IV, <4. Il Fig. et familièrement. Il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid, rien ne lui est ni trop chaud ni trop froid, il n'y a rien de trop chaud ni de trop froid pour lui, c'està-dire c'est un écomifleur à qui tout est bon, c'est un homme qui prend de toutes mains. || Fig. et familièrement. La cuisine de cette maison est bien froide, il n'y a rien de si froid, de plus froid que l'âtre de cette maison, c'est-à-dire on y fait très-maigre chère. || 2" 6ui ne garantit pas du froid. Vêtement froid. Habitation froide. || 8° Refroidi. Ce potage est froid. Il Déjeuner froid, déjeuner où l'on ne sert que des mets froids. || Viandes froides, viandes préparées pour être mangées froides. La langue fourrée, le jambon sont des viandes froides. || 4° Qui atténue, corrige la chaleur animale. Les quatre semences froides, les semences de concombre, de melon, de citrouille et de courge, auxquelles on attribuait la propriété de rafraîchir le corps. || Oui détruit la chaleur animale. Il y a des poisons froids. \\ Humeurs froides, nom vulgaire des scrofules. Il Terme de jurisprudence. Homme froid, homme impuissant, mais qui n'est tel ni par la vieillesse, ni par aucune maladie passagère. || Par extension. Froid, peu porté aux plaisirs de l'amour. || Qui n'a pas beaucoup de chaleur animale. Animaux à sang froid. Il B° Fig. Qui ne s'émeut pas, en raison d'un tempérament flegmatique. C'est un homme froid. Ho ! ho I les grands talents que votre esprit possède ! Dirait-on qu'elle y touche avec sa mine froide? mol. Dép. am. H, *. Celui-là [Turenne] d'un air plus froid, sans avoir jamais rien de lent, boss. Louis de Bour- i bon. Il II est froid comme un landier, il est trèsfroid. Il Chez le cheval, épaules froides, épaules qui 1 semblent collées au corps, et retardent la marche] de l'animal. On les appelle aussi chevillées, mot qui exprime une immobilité plus complète encore. Il 6° Oui ne s'émeut pas, en raison du calme, de la force de l'âme. La froide raison. Etre froid dans lo péril, LA BRUY.x. Vous savez qu'il faut qu'un général ait la tête froide et le cœur chaud, volt. Lett. Morangiès, 30 oct. <772. || Une tête froide, un homme sage et calme qui ne s'échauffe pas facilement ni sans motif. || On dit dans le même sens : un esprit froid. Il Sang-froid, voy. sang. || 1' Qui n'a pas ou qui a peu de chaleur morale. Cœur froid. Il resta froid à ce spectacle. La chute de saint Pierre n'arriva point pour avoir et» froid envers Jésus-Christ, pasc. Prov. 3. Toutes les autres choses nous pressent et nous embarrassent ; il n'y a que pour le salut que nous sommes froids et languissants, boss. Panég. St Bernard, 4. Lésâmes froides et languissantes comme les nôtres ne comprennent pas les discours qui sont pleins d'une ardeur si divine, id. 2' panég. St Fr. de Paule , 2. Ce souvenir peut-il vous laisser froid et insensible? mass. Carême, Prière t. Une nation qui avait laissé mourir Frédégonda dans son lit, devait être bien froide sur les crimes de Brunehault, montesq. Esp. xxxi, 4. Être raisonnable et froid, c'est presque tout un ; cela n'est pas à l'honneur de la raison, volt. Lett. d'Argenson, 26 janv. <740. Les vertus purement morales sont froides par essence, chateaubr. Génie, ii, n, <2. Il Orateur froid, orateur dont l'action n'est point animée, qui ne touche point ses auditeurs, et qui ne paraît pas lui-même touché. || Imagination froide, imagination dépourvue de chaleur, d'activité, d'énergie. || Un auteur froid, un auteur qui n'émeut pas son lecteur. || Un acteur froid, un acteur qui n'émeut pas son public. || Des raisons froides, des raisons qui ne partent pas d'un esprit touché. Voilà les froides raisons pour lesquelles ils méprisent les enseignements que nous leur donnons de la part d; Dieu, Boss. 4" sermon, dim. de la Pas-

\\ ET. DE LA tANGUE FRANÇAISE,

FRO

sion, préambule. Elle méprisait ces froides et dangereuses fictions [les romans], \o. Duch. d'Orl. \\ 8° Qui n'a pas de zèle à servir. Un ami froid. Sa jeunesse eût trouvé d'assez froids protecteurs, corn. Pulch. II, <. Ardents à te promettre, et froids à te servir, BOissY, Deh. tromp. iv, 2. || Fig. Un froid secours, un secours vain. La bourse de César fit plus que sa harangue; Sans ses mille talents. Pompée et ses discours Pour rentrer en Egypte étaient un froid secours, corn. Pomp. l, l . || 9" Qui a réserve, froideur, éloignement. Il est bien froid aujourd'hui avec vous. Faire froide mine à quelqu'un. || Faire le froid, ne témoigner aucun empressement pour.... Quand nous avons quelque différend, ma sœur et moi, si je fais la froide et l'indifférente, elle m* rechercbe; si «lie se tient sur son quant à moi, je vais au-devant, la font. Psyché, ii, p. UO. || En parlant des choses, qui témoigne réserve, froideur, éloignement. Cet homme a l'abord froid. Sa réponse fut froide. Voui cherchez, Ptolémée, avecque trop de ruses De mauvaises couleurs, et de froides excuses, CORN. Pomp. m, 2. Mais à ce froid accueil que je vous vois leur faire, id. Sertor. ii, 2. Ses froids embrassements ont glacé ma tendresse, rac. Phèdre, iv, *. Elle avait l'air assez froid pour lui, HAMIIT. Gramm. *. De nos froids entretiens, qui lui pèsent sans doute. Ses soudaines frayeurs interrompent le cours, volt. Sémiram. il, 6. || Faire froid à quelqu'un, lui faire mauvaise mine, mauvais accueil. Pourquoi me faire froid et vous plaindre de ce qui m'est échappé sur quelques jeunes gens qui peuplent les cours T la brut. xu. || On dit dans le même sens et plus souvent aujourd'hui : battre froid à quelqu'un. Il battit froid aux autres, le sage, Gil Bios, IX, 2. Il Absolument. Battre froid, recevoir quelque communication d'une manière qui montre qu'on n'est pas disposé à l'accueillir. Harcourt, qui se défiait toujours de la sœur de l'impératrice, battit froid, st-sim. 77, 264. || 10° Qui marque une profonde insensibilité. Une froide barbarie. Une haine froide et réfléchie. Je viens vous déclarer que le plus froid mépris De vos caprices vains sera le digne prix, volt. Zaïre, iv, 2. De quel front osestu commander en ces lieux, Où ton froid parricide a fait pâlir les dieux? ddcis, Lear, v, 2. || 11° Terme de littérature. Qui n'a rien d'animé, qui manque d'expression. Cette tragédie est froide. Ce poème est monotone et froid. Encor si, pour rimer, dans sa verve indiscrète. Ma muse au moins souffrait une froide épithète, boil. Sat. ii. Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, id. Art. p. n. || Une froide raillerie, une raillerie qui n'a rien de piquant. Je pris d'abord ce discours instructif pour une froide raillerie; c'était pourtant la vérité pure, volt. Polit, et législ. Diatribe à Vaut, des ÉpMm. || Style froid, style qui ne produit aucun effet sur les âmes. Le style froid vient tantôt de la stérilité, tantôt de l'intempérance des idées, souvent d'une diction trop commune, quelquefois d'une diction trop recherchée, VOLT. Diet. phil. Froid. || 12» Terme de peinture, de sculpture, etc. Qui manque de vie et de chaleur. Ce dessin est correct, mais il est froid. Le tableau de la famille de Darius, peint par Mignard, est très-froid en comparaison du tableau de Lebrun, parce qu'on ne trouve point dans les personnages de Mignard cette même affliction que Lebrun a si vivement exprimée sur le visage et dans les attitudes des princesses persanes, volt. Dict. phil. Froid. On dit qu'un morceau de poésie, d'éloquence, de musique, un tableau même est froid, quand on attend dans ces ouvrages une expression animée qu'on n'y trouve pas, m. ib. || Tons froids, tons qui manquent d'éclat. Des couleurs froides. Un coloris froid et monotone. || 13° Â froid, loc. adv. Sans être échauffé. Forger un fer à froid. Infuser à froid. || Fig. i froid, sans émotion, sans passion , sans emportement. Faire de l'enthousiasme, de la colère à froid, sans verve, ni passion réelle. Rien ne révolte plus que des personnages qui parlent à froid de leurs crimes, volt. lett. d'Argental, <9 janv. <74i.|| Battre à froid, se dit des métaux, et surtout du fer qu'on travaille sur l'enclume sans le chauffer à la forge. || Fig. Lucius par ces additions de pièces battues à froid et hors de propos aura gâté son premier jet, p. L. coir. Préf. de la trad. de la Luciade. || Terme de teinturier. Donner une couleur à froid, teindre à froid, teindre sans feu, ne point faire passer les étoffes par un bain chaud. || Proverbe. Froides mains, chaudes amours, se dit pour marquer que la chaleur du dehors se retire au dedans ouand od est fortament amoureux.

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— HiST. XU* S. Présent [il] leur envola vin froit et bon poisson, Sax. xxii. || xiii* s. Parmi le cors [il] lui fait le froit acier passer, Berte, m. Cil jour [il] fit moût lait temps «tde froide manière, ib. xx. Je l'eusse ocis tôt froit mort, flen. 6405. Ha, Antioche! terre sainte! Com ci a dolereuse plainte. Quant tu n'as mais nul Godefroy ; Li feus de charité est froiz En chascun cuer de crestien, ruteb. 1)7. Il XV* s. Si j'ai du mal, c'est ma folie; Ce ne luy fait ne froit ne chault, alain chart. le Débat du reveille-matin. Sur cel estât se départit le duc de Touraine de la jeune dame, et la laissa en paix; et pour l'heure n'en fit nul semblant ; mais, comme froid et attrempé de manières, se souffrit, et pour ce n'en pensa-t-il pas moins, froiss. ui, iv, 2(. Jean Lyon, sage homme, subtil, hardi, cruel, entreprenant et froid au besoin assez, m. n, h, 62. Le roi et tout son conseil furent aussi froids d'aider à la dame comme ils en avoient esté en grand désir, id. i, i, 10. Le comte de Hainaut avoit si pris à cœur cette guerre, combien que de premier il en fut moult froid, que c'estoit celui par qui se mettoient sus toutes les envayes et les chevauchies, id. i, i, )28. Il xvi° s. Une peur froide avoit saisi mon ame, do BELLAY, II, )0, verso. Boire froid, mont, i, 464. Froid aux offices d'amitié et de parenté, id. i, 4 97. Une mine tantost froide, tantost amoureuse, id. i, 270. Estant en nostre sens froid et reposé, id. ii, 325. Cestuy Catulus estoit bien homme de bien, mais un peu froid au fait des armes, amyot, Sylla, b. Rien ne lui est trop chaud ne trop froid, h. est. Précell. du lang. fr. p. 77.

— ÉT'ïM. Berry, fred; provenç. freg, frey; cataU fred; espagn. et portug. frio; ital. freddo, du latin frigidus, de frigus, le froid. Comparez le grec fïYo;, auquel se rattache aussi rigor, rigidus; comparez encore le grec ffiaaa, se hérisser, l'allemand frieren, avoir froid, ancien haut-allemand fruisan.

2. FROID (froi, le due se lie pas dans la conversation; au pluriel, 1'* se lie : des froi-z excessifs; Vaugelas recommande de prononcer freid ; et Chifflet, Gramm. p. 201, dit que plusieurs prononcent ainsi), s. m. ||1° Manque de chaleur, sensation que fait éprouver toute déperdition de calorique. Sentir du froid. Avoir froid aux mains. J'ai froid, faites du feu. Le froid de l'eau , de la glace, du marbre. Déjà jusqu'à mon cœur le venin parvenu Dans ce cœur expirant jette un froid inconnu, rac. Phèdre, V, 7. Il Mettre un liquide hors le froid, faire qu'il ne soit plus froid sans être chaud. || Prendre froid, avoir un refroidissement Ote-toi de cette fenêtre, tu prendras froid. || Cette locution, reçue dans le langage usuel, a été condamnée par les puristes, qui ont dit qu'il fallait avoir froid. Mais avoir froid et prendre froid ne sont pas synonymes; avoir froid, c'est éprouver la sensation du froid; prendre froid, c'est se refroidir d'une manière nuisible à la santé. Il Souffler le chaud et le Sroid, souffler de manière que le souffle qui sort de la bouche est, à volonté, chaud ou froid; quand on souffle doucement, la main près de la bouche, l'haleine paraît chaude à la main ; quand on souffle fort, la main s'éloignant, l'haleine paraît froide. Ne plaise aux dieux que je couche Avec vous sous même toit! Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et lo froid ! LA font. Fabl. v, 7. || Fig. Souffler le froid et Ib chaud, approuver et blâmer, être tour à tour d'avis contraire. || Familièrement. Cela ne fait ni froid ni chaud, cela ne sert ni ne nuit. || Cela ne lui fait ni chaud ni froid, se dit d'une personne qui reste indifférente sur une affaire. || Je n'ai jamais senti ni froid ni chaud pour vous, ni amour, ni haine. Il Populairement. 11 n'a pas froid aux yeux, c'est un homme brave et résolu (c'est-à-dire il a les yeux ardents, pleins de feu, ce qui dénote le courage, la résolution). || Faire froid, battre froid, voy. froid 4 , n° 9. Il 2° Dans l'ancienne physique, une des qualités élémentaires qui constituaient les choses. Plutôt on verra le froid et le chaud cesser de se faire la guerre, que les philosophes convenir entre eux de la vérité de leurs dogmes, boss. 2° termon , quinquagés. i. \\ 3° Particulièrement. Basse température. Le froid de l'hiver. Un froid cuisant, pénétrant, âpre. S'habituer au froid. La violence du froid

produit l'effet du feu Un pauvre souffreteux Se

plaint là-bas; le froid est rigoureux, la font. Orats. Je vois pou de santés à l'épreuve du froid hors de saison que nous essuyons, «ainienox, 9 juin 46»6. Quand vient l'astre des nuits ou la vent des hivers. Mon esprit comprimé se glace au froid des airs, lemkrc. Charles VI, iv, 4. L» jour s'avançait ; on s'épuisait en efforts inutiles ; la faim, le froi j et les cosaques devenaient pressants, eéuu»,

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Hitt. <U Nap. IX, <l. Il Tant de degré» de froid, se dit du nombre de degré» au-dessous de 0 dans le tliermomètr». Ce fut au travers de vingt-sii degrés de froid que nous atteignîmes, le 4 décembre, Bienitza, g«0DB, Uisl. de Nap. Xi , 42. || Kamilièremen.. Un froid noir, le froid d'un temps sombre. Il II fait froid , la température est froide. || Il se dit aussi en ce sens au pluriel. Les froids de cette année. Les froids du printemps ont fait du mal i la vigne. || 4° Poétiquement. Ce qui est comparé au froid des hivers. Un cœur déjà glacé par le froid des années, eac. Mithr. iv, 6. Malgré le froid des ans dans sa mâle vieillesse, volt. Œdipe, iv, ( . Quel est sur moi le froid qui tombe î C'est le froid du soir de mesjours, bérano. Sciences. Ah ! l'bommo en vain se rejette en arrière Lorsque son pied sont le froid du cercueil, ID. Treize à table. || 6° Refroidissement du corps, par l'effet d'une cause corporelle ou morale. Elle a eu des froids et des faiblesses, siv. 449. Un froid mortel a passé dans mon cwur, VOLT. Enf. prod. iv, 3. Cette femme à ces mots d'un froid mortel saisie.... id. Orphel. u, 7. Dis-moi donc... Que voulais-jeî ahl dans mon trouble extrême. Je veux.... je crains.... j'ai froid, ducis, ^ébufar, IV, 6. Il B" Air sérieux et sévère. Il est d'un froid glacial. X leurs noms, un grand froid, un front triste, un oeil bas. M'ont fait voir aussitôt qu'ils ne lui plaisaient pas, corn. Olhon, i, 3. Il traite mon neveu avec un froid inouï, boss. Lelt. quiét. 463. M. de Chaulnes raisonnait en ambassadeur, avec le froid et l'accablement d'un courage étouffé par la douleur, sr-siu. 36, 4 60. Le comte de Toulouse avec son froid lui répondit [à Beringhem] que M. de Torcy le lui apprendrait [ce qui avait été décidé], ID. 4'.i6, 4 57. Il 7" Indifférence. Quoi I l'amour, l'amitié, tout va d'un froid égal I corn. Attila, v, 3. Et nous-même, comment en parlons-nous? avec le même froid que si nous n'y prenions nul intérêt, BOUBO. Pensées, t. I, p. 35. || 8° Mésintelligence, mécontentement. Ily adu froid entre eux. £h bien I monsieur, la façon dont nous sommes ensemble depuis six semaines, le froid que je vous marque.... C0U.4, Part, de chasse, i, «. || 9° Manque de chaleur et de vie dans les ouvrages d'esprit. Cela jette du froid sur cette scène. Si l'auteur ou l'acteur d'une tragédie ne le sait pas émouvoir [le spectateur] et le transporter de la passion qu'il veut exprimer, où tombe-t-il , si ce n'est dans le froid, dans l'ennuyeux, dans le ridicule? boss. Comédie, 4. Dangereux modèles, propres à faire tomber dans le froid, LA BRUT. I. Des chansons en quatre points Le froid nous désole, bérano. Gaudriole. || Proverbe. Dieu donne le froid selon l'habit, il mesure les épreuves des hommes à leurs forces. Dieu donne le froid selon larobe:de tous les maux queje pouvais avoir, j'ai eu précisément le moins périlleux, s£v. 4 5 mars 4 67».

— IIIST. XI* s. Et endurer et granz chaux et granz freiz, Ch. de Roi. lxzvii. || xiif s. Por ce que j'ai grant froit, en mon mantol [je] m'encio, Berte, XXXII. Li oisel qui se sont teû, Tant cum il ont la froid eu. Et le tens divers et frarin, la Rose, «8. Et il me dit : Par m'ame, sire, je aurai plus chier que nous feussions touz naiez, que ce que une maladie TOUS preit de froit, dont vous eussiez la mort, JoiNV. 283. Et sachiez, froit a à la fie Qui plus estent son pié que son mantel, Bibl. des chartes, 4' série, t. v, p. 347. || xvi* s. Uses donc hardiment de l'adjectif substantivé, comme le liquide des eaux, le vuyde de l'air.... pourveu que telle manière de parler adjouste quelque grâce, et véhémence ; et non pas le chault du feu, le froid de la glace, le dur du fer, et leurs semblables, du bellat, I, 32, verso. Le mari, sachant que c'estoit de vivre, ne se montroit point avoir du froid aux pieds [être jaloux], DEspEH. Contes, xviii.Le corps est plus fort et mieuli composé, qui supporte mieulx les mutations de l'ardeur du chault et de la rigueur du froit, AMYOT, Timol. et P. Jim. comp. 3. Perdre son habit un jour de froid, o4nin, Récréât, t. n, p. 247.

— StTM. Besançon, freid ; Berry, fret, la fret, le froid ; norm. la fred ; environs de Paris, la frei ; provenç. freg,freit; catal. fred; espagn. et portug. trio; ii3.\.freddo; du lat. frigidum (voy. froid 4).

FKOIDEMENT (froi-de-man) , adv. || !• De manière à sentir le froid. Être logé, vêtu froidement. Il 2° Fig. D'une manière froide, sans chaleur, sans émotion. U écoute froidement les injures. Le stoïcien regarde froidement la mort. Elle a voulu sourire, et m'a dit froidement.... corn. Sophon. m, 4. Il conte brièvement, mais froidement ; il ne se fait point écouter, il ne fait point rire, la bruy. vi. Porus répondit froidement qu'il l'irait recevoir sur la fruntièro, mais que ce serait les armes à la main.

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ROLUN, Ilisl. ane. OEuv. t. vi. p. 4»6, dan» pou-

OENS Ces flammes secrètes Que ne sentit jamais

Boileau l'imitateur Dans ses tristes beautés si froidement parfaites, VOLT. Lett. envers et en prose, 85. Mais honte soit au cœur Qui n'offre froidement que des voeux au malheur! h. j. ciiën. (Irctcques, u, 3. Il 8° D'une manière froide, avec réserve, sans encourager. Vous louez les œuvres d'autrui froidement, cohbaut, Ép. liv. I, dans richelet. M. le nonce en a parlé froidement, boss. Lett. quiét. 73. Piper lui demanda s'il n'y avait rien de nouveau : Non, dit le général froidement, et passa outre pour aller donner ses ordres, volt, llist. Charles Sll, 4. La veille de son départ [de Bernin], on lui porta trois mille louis avec un brevet de douze mille livres de pension, il reçut le tout assez froidement, saint- FOix, Ess. Paris, (MCuv. t. m, p. 4»2, dans pougens.

— HIST. XV' s. Quand le comte de Nazarat ot entendu parler les ambassadeurs de l'amorath, si fut tantost conseillé de repondre froidement et no découvrit pas à une fois tout son courage, froiss. ii, III, 28. Polon rechevoit fredoment les coups et metoittousjourssahacheau devant, FENIN, 4 423. ||xvi' s. Crassus le remercia assez froidement de sa bonne voulunté, AMYOT, Crassus, 37. Antigonus, ayant prins en affection un de ses soldats pour sa vertu et vaillance, commanda à ses médecins de le panser d'une maladie longue et intérieure qui l'avoit tourmenté longtemps, et, s'appercevant qu'il alloit beaucoup plus froidement aux affaires, luy demanda qui l'avoit ainsi changé et encouardé, hont. ii, 5.

— ÉTYM. Froide, et le suffixe ment.

FROIDEUR (froi-deur), î. f. || 1' État de ce qui

est froid. La froideur du temps, du marbre. || 2* Fig. Il se dit de ce qui glace comme le froid. La froideur de la vieillesse. On croit ses vers glacés par la froideur du sang, corn. Au roi, sur son retour de Flandre. \\ 8° U se dit du tempérament, particulièrement en ce qui concerne les choses de l'amour. Mme de la Poplinière, avec une tête assez vive, était d'une extrême froideur, harmontel, Uém. iv. Il 4° Fig. Manque de chaleur morale. La /roideur du caractère. Laissons le flegme et la froideur aux pères conscrits, balzac, liv. vi, lett. 3. La froideur que vous avez pour ime cause si importante, fasc. Prov. a. Quelqu'un a dit sur la froideur du roi d'Angleterre, que, quand on l'écoutait, on voyait pourquoi il était ici [chassé par le prince d'Orange], sév. 4 8 févr. 4 689. Ils [les mystiques] séparent l'idée d'aimable et de désirable d'avec celle de la patrie céleste; ce qui emporte toutes les froideurs que nous avons remarquées dans ces Ames sèches et superbes, BOSS. États d'orais. ix, 4. || On dit dans un sens analogue : la froideur de l'imagination. || B° 11 se dit des compositions littéraires. La froideur de cet épisode. La froideur qu'en mon style je porte. Chapelain décoiffé, dans les Œuvres de boileau. Cette froideur est le grand défaut, selon moi, de presque toutes nos pièces de tbéitre, d'aleub. l^lt. a VvUaire, 10 cet. 1761. Il 6° Manières, paroles par le.squelles on témoigne son indifférence. On voit paraître ensemble et croître également Ua flamme et ses froideurs, sa joie et mon tourment, corn, la Suiv. m, 3. Mais du haut de son trône elle aime mieux me rendre Ces froideurs que pour elle on me força de prendre, m. Tite et Beren. U, 1 Plaintes, froideur, menace ni prison Ne l'ont pu ju.squ'ici réduire à la raison, botr. Veruxsl. l, 4. Moi? parbleu, je ne suis de taille ni d'humeur X pouvoir d'une belle essuyer la froideur, mol. Kis. m, 2. J'enrage quand je vois sa piquante froideur, id. Ec. des f. V, 4. Les froideurs que vous aviez pour ce pauvre Corbinelli, sév. 378. Souffrez quelques froideurs sans les faire éclater, rac. Brit. i, 2. Hé quoi I vous me jurez uneétemelleardeur. Et vous me la jurez avec cette froideur I id. Bérén. n, 4. Ajoute, tu le peux, que des froideurs d'Achille On accuse en secret cette jeune Êriphile, m. Iphig. i, 4. Du moins par vos froideurs faites-lui concevoir Qu'il doit porter ailleurs se» vœux et son espoir, id. Brit. ii , -1. Quelque froideur suffit pour vous faire trembler, m. Iphig. Il, 3. As-tuTU sa froideur altière, avilissante? volt. Tancr. iv, 5. Sa voix entrecoupée aflectait des froideurs; Il détournait les yeux, mais il cachait ses pleurs, ID. «6. iv, 6. Il [Mariboroughj arriva même dans le carrosse de ce baron au quartier de Charles XII, et il y eut de» froideurs marquées entre lui et le chancelier Piper, ID. Charles III, 3. || On dit dans un seis analogue : bi froideur d'un accueil, d'une réception, d'une réponse. || 7° Diminution, refroidissement d'afl'ection. Â voir quelle froideur à tant d'amour succède, Rome ne m'aime pas.... CORN. Nicnm. iv, 5. Les froideurs et le» relâche-

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ment» dan» l'amitié ont leurs causes; en amour, il n'y a guère d'autre rai»on de ne s'aimer plus, que de s'être trop aimés, la brut. rv. || Etat de personnes qui ne vivent plus ensemble avec la même amitié qu'auparavant. Il y a de la froideur entre eux. Mandez-moi ce qu'il y a entre la princesse d'ilarcourt et vous; je serai bien aise de savoir ce qui vous a mises en froideur, stv. 4 mai 4672, Je suis affligé de vous voir en froideur avec une dame qui, après tout, est la seule qui puisse vous entendre, et dont la façon de penser mérite votre amitié, volt. Lett. Jf auperfuù, 24 juill. 4 740.

— iilST. XIII* s. Et [en septembre] décline li tens vers la froidor, toutautressi comme en mars vers U chalor, brun, latini. Trésor, p. 43*. Adonc me prist une froidor, Dont je dessous chaut peliçon Oi [ai] puisseutu mainte friçon,fa Rose, nui. |{ xvr s. Pourquoy as-tu mafroideur attisée? vu bellay, ii, 21, tirso. Eux, qui pour le travail du chemin n'estoient lassés, ne pour^ froideur del'eau refroidis.... MAho. Nouv. V. Tant les saisons sont lardifre» en ces (juartiers là, à cause de la froideur de l'air, AMïor, Lucul. 60. L'eau nettoyé la playe, et par sa froideur garde l'inflammation.... pahë, Introd. 24. Lcsaultrcs [vers] furent faits depuis, comme il es*, toit à la poursuite de son mariage, en faveur de sa femme, et sentent desji je ne sçay quelle froideur maritale, mont, i, 222.

— ETYM. Froid; provenç. freidor, ftejor; anc. espagn. fredor; ital. freddore.

FHOIUl, lE (froi-di, die) , part. paw^ de froidir.

FKOIDIR (froi-dir), v. n. Devenir froid, cesser d'être chaud. Ne laissez pas froidir le dîner. IjSe froidir, v. réfl. Le dîner se froidit. || On dit de préférence refroidir, se refroidir.

— mST. xiu* s. Amors li a gilé un dart, Froidit lui fait et eschaufer, Sovent le fait color muer, Fabliaux mss. St Germain, f 62, dans lacurne. Il xvi* s. Et ne se faisoit plus de nouveaux huguenots, les vieux se froidissants, et s'eunuyants delà longueur, Sat. Mén. p. 4 32.

— ETYM. Froid; Berry, frédir, ferdir, frédeiir. FROIDURE (froi-du-r') , s. f. Le froid du temps,

de la saison, du climat. Ainsi que la cb.Ucur, le miel craint la froidure, uelille, Géorg. iv. Une humide froidure Aigrissait tout à coup les tourments que j'endure, M. J. chên. Fén. n, 3. || En poésie, l'hiver. Oh ! qu'après la triste froidure, Nos yeux amis de la verdure Sont enchantés de son retour! j. b. rouss. Odes, II, 44. Soleil père de la nature. Viens répandre en ces lieux tes fécondes chaleurs; Dissipe les frimas, écarte la froidure. Qui briUe nos fruits et nos fleurs, ID. Cantate xv.

— REM. Buiïon a employé froidure dans le sens de froideur: Des charbonniers, qui marchaient nupieds, trouvaient la terre chaude sur ces émiucnces, et d'une froidure insupportable dans ces petits vallons, llist. nat. Introd. Part. eip. OKuv. t. vin, p. 426, dan» pougens.

— SYN. FRoiiiEUR, froidure. Ces deux mots ne diffèrent que par le suffixe. L'usage a mis cette distinction-ci : froideur signifie la qualité de ce qui est froid (et de là vient qu'il se prend très-bien au figuré] : la froideur de l'eau ; froidure signifie le froid en tant qu'il est senti, et particulitrement le froid répandu dans l'atmosphère : la froidure qui rcgne dans les contrées arctiques.

— HIST. xii* s. Entre ces contrarietez Qui sont si grantz cum vos oez [entendez], Cume de fridore o d'arson, benoît, i, 4 85 || lui* s. Et la royne en a grant froidure soufferte, Berle, ixiv. Ou s'il pooient ains [auparavant] savoir Qu'il deûst faire outre mesure En yver estrange froidure.... la Rose, 47»7o. Les vielles gens ont tost froidure. Bien savés que c'est lor nature, ib. 403. Note que naturel froidure [impuissance] pot estre provée (ledanz troisanz, tit>. de just. 2U7. La gloire Dieu t'est apareilliée, où chalor» ne froidure ne te nuira. Psautier, f 267. Il XV* s. Et dura cette pluie et cette froidure jusques à soleil levant, proiss. ii, ii, 47. A cause des grandes gelées et froidures, comh. ii, 4 4. || ivi* s. Son mari sentit une froidure d'estomac, «ahg. jVoue. Livni . Les barbares estoien t bien durs pour souffrir pi endurer les froidures, à cause qu'ilz avoient enlé nez etnourriz en pais froids, amtot, Jfart'ut, 45. Et tumba tant de froidures, que le plu» du temp» ilnegeoit, ID. Lucull. 63.... D'où cstoit provenue cesle froideuro entre Chavignyet les capitainnes.cARLOix, vi, 49.

— ÉTYM. Froid; ppovenç. freidura, frejura; »» pagn. freidura; liai, freddura.

FROIDUREUX, EDSE (froi-du-reù, reù-z'}, adj. Qui amène la froidure.

— REM. L'Académie en faisint ce mot synonymo

FRO

FRO

FRO

de frileu% n'en a pas donné le vrai sens (voy. l'historique) .

— HIST. XVI' s. Si qu'en despit de l'hiver froidureux Un beau printemps s'engendra de sa face, BONS. 60. D'un hiver froidureux un gracieux printemps, DU BELLAY, III, «1, rccto. L'an vingt et sept, février le froidureux.... marot, m, loo.

— ETVM. Froidure.

+ FROISSABLE (froi-sa-W) , adj. Oui peut se gâter par le froissement. || Fig. Facile à froisser, à offenser.

— HIST. XVI' s. La femme est de froissable nature et de foible condition, Ane. coût, de Bret. f f 7 1 ,

dans LACtIBNE.

t FROISSAGE (froi-sa-j*) , ». m. Action de froisser. Il Huile de froissage, huile obtenue par le premier pressurage d'une graine oléagineuse qui, ensuite, estremise sous le pilon et battue de nouveau pour donner l'huile dite de rabat, legoahant.

— 6TVM. Froisser.

FROISSÉ, ÉE (froi-sé, sée) , part, passé ôe froisser. Il 1° Qui a subi une pression et un commencement d'écrasement. Des olives froissées. || 2° Meurtri .11 [Jésus] souffre comme la victime qui doit être détruite et froissée de coups, Boss. 1 " sermon, Compass. de la Sle Vierge, préambule. \\ Par extension. Je vous avoue que je ne puis voir sans joie dans cet auteur [Montaigne] la superbe raison si invinciblement froissée par ses propres armes, pasc. Entretien avec Saci. Il 3' Chiffonné, qui a reçu des plis inéguliers. Avec du linge et des habits froissés, pour avoir passé deux nuits sur mon lit sans m'être déshabillée, MARiv. Marianne, 9' part. || 4° Fig. Offensé. Froissé par des insinuations désobligeantes.

FROISSEMENT (froi-se-man), s. m. || 1* Action de froisser; résultat de cette action. Le froissement d'un membre contre une pierre. Ses vêtements à demi détachés [de Céluta] faisaient entendre le froissement d'une draperie pesante et mouillée, CHATEAUBR. Natch. 2* partie, vers la fin. || Terme de chirurgie. Froissement des artères, leur compression entre des pinces pour arrêter une hémorragie. Il Fig. 11 en résulte [du sublime de la Bible] un ébranlement, un froissement incroyable dans l'âme, CHATEAUBR. Génie, II, VI, 3. Il 2' Fig. Choc, lutte. Le froissement des intérêts, des amours-propres. || Offense, désagrément. Il a éprouvé des froissements.

— HIST. xv s. [Malgré ce] Qu'a en armes chevalier de tourment, Ainçois qu'il puist à grant fais adrecier, Clers de labour, ouvrier de froissement, ....Leur grant travail en la fin po leur vault, EUST. DEscH. Poésies mss, f° 42, dans lacuRNE. Il xvi* s. Semblablement, ulcère vient à raison d'un coup ou froissement, paré, xi, i.

— ÈTYM. Froisser.

FROISSER (froi-sé), V. a. \\l° Frotter fortement, de manière à produire un commencement d'écrasement. Froisser des cailloux les uns contre les autres. Il F'roisser des épis, en faire sortir le grain par la pression. Si vous entrez dans les blés de votre ami, vous en pourrez cueillir des épis et les froisser avec la main; mais vous n'en pourrez couper avec la faucille, SACI, Bible, Deutéron. xxiii, 25. || 2° Chiffonner, faire prendre des plis irréguliers. Froisser du drap, du papier. || 3° Meurtrir par une pression violente, par un choc. X grands coups de gaule Le pèlerin vous lui froisse une épaule, la font. Coc. Pour donner la perfection au sacrifice que devait le divin Jésus à la justice divine, il fallait qu'il fût encore froissé de ce dernier coup ; et c'est ce que le prophète a voulu dire dans ce passage qui s'entend de lui à la lettre : Dominus voluit conterere eumininfirmitate, BOSS. i "sermon. Passion de J. C. 3.X'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé, BOiL. Sat. VI. Il Se froisser un membre, avoir un membre froissé par. Ragotin, suivant la pente naturelle des corps pesants, se trouva sur le cou du cheval et s'y froissa le nez, scabb. Rom. corn, i, 19. Il 4° Fig. Offenser, choquer. Ces mesures froissent beaucoup d'intérêts. Pour froisser mon attente, en ce bord étranger, Régnier, Sot. lu. || B" Se froisser, V. réfl. Être froissé, être presque écrasé, meurtri. Et que tout se froissât d'une étrange tempête, Régnier, Sat. ivi. Il Fig. Se piquer, prendre de l'humeur. Il s'est froissé pour peu de chose.

— HIST. XI' 8. £ qui fruisse la pais le roi, Lois de Guill. 3. Od [avec] vos caables [machines de guerre) avez fruisset ses murs, Ch. deRol. xvi. [Ils] Fruissent images et toutes les idoles, ib. cclxviu. || xii' s. D'une œvre en autre [il] lui a fraite et froissie [sa targej, Ronc. p. <36. Là veïssiés fier ester et pesant ; Tant escu fendre, tante lance froissant. Et desrompu tant haubere jazerant, Raoul de C. <68. Il xui' s. Qui me tient qua je ne vous froisse Les os

cum à poucin en paste, X ce pestel [pilon] ou i eest haste [broche]TteiIoîe,»398. || xiV s. Et firent lever leurs engins. Et froesser grant part des chemins. Le liv. du bon duc Jehan, <006. |] xv* s. Et vous dis que du jet d'amont le chanoine de Robersart reçut maint dur horion, dont il fut durement blessé et froissé, FBOiss. Il, II, (3(. Firent tant les Sarrazins que ils froissèrent une des échelles des grands fais des pierres qu'ils lançoient, Bouciq. i, 23. Ce bahut me semble bien petit pour y mettre vos robes bien à l'aise sans les froisser, Loms xi, Ifouv. xxvn. || xvi' s. Il alla donner de la teste tant qu'il peust contre un des degrez où l'on se seit au théâtre, cuidantse froisser toute la teste pour mourir promptement, amyot, Timol. 45. Les autres [navires] venoient à se froisser et briser contre les rochers, lo. liarcell. 24. ....Le son diabolique des canons et harijuebuses, qui font trembler la terre, froisser l'air d'alentour,

BONS. B87 Maniant doucement les adiricots sans

les froixer, o. de serres, 86).

— ÊTYM. Berry, freusser, faire du bruit à travers les branches ( le gibier est là, l'entendez-vous freusser dans le bois?) , wall. froM; namur. frochi; Hainaut, frossier. On le tire ordinairement du latin fressus, brisé, concassé, de frendere, ou de frictiare, forme fictive dérivée de fricare, frotter ; mais cela ne rend pas compte de u» ou oi qui appartiennent à ce verbe. Les deux ss paraissent indiquer st, comme dans brosse; or on trouve dans le baslatin frussura domus, bris de maison, frusswra, terre mise en culture, frustrare, racler, mettre en pièces, frustura terrx, morceau de terre, dit aussi fraustrum et frostrum. Tout cela indique, ce semble, que fruisser ou froisser provient du latin frustum, morceau, d'où barbarement, frustrare, mettre en morceaux.

f FROISSEUR (froi-seur), od;'. m. jj l' Oui froisse , presse, écrase. Cylindre froisseur, et, substantivement, un froisseur. || 2° S. m. Celui qui froisse, qui blesse.

— HIST. XV' s. Injurieux trespasseurs, violeurs, froisseurs de notre présente sauvegarde, Ordonn. dêi rots, t.iii, p. 631. Baldadoch, prevostdu paradis terrestre, froisseur des heaumes, fendeur des escus, perceur des hauberts, iionstbelet, ii , 45.

— ÊTYM. Froisser.

\ FROISSIS (froi-sî) , s. m. Bruit que produisent des choses qui se froissent.

— HIST. XII' s. Là oïssiez noises et criz. Et de lances grant frosseïz, Bou, v. <3690. || xv s. Hz oyrent lesfueillestrembler ou les arbres bruire; si arresterent souvent en escoutant s'iiz orroient quelque froisseiz , Je Jouvencel, f» 20, dans lacurne. Il XVI' s. Le bris des espées, le froissis despiques et hallebardes, sully , Mém. 1. 1, p. i 30, dans lacobnb.

— ÊTYM. Froisser.

FROISSCRE (froi-su-r'), *. m. Impression produite sur un corps par le froissement La froissure d'une étoffe. Il [le mot de contrition] veut dire brisure et froissure, comme quand une pierre est brisée et comme réduite en poudre, boss. Catéch. de Meaux, Inslruct. pour la pénit. 2.

— HIST. xiii* s. Doit l'en fere droit des choses qui sont en péril.... et de ce que l'en ravist de arson, de trebucheizet defroiseure, de nef prise.... Liv. de just. 97. Il XIV' s. Le quart traitié [de chirurgie] sera des froisseures, h. de mondeville, f 4. || xvi' s. Et pour l'ennuy, la froissure et l'aban, baeot, IV, 7) .

— ÉTYM. Froisser.

\ FRÔLE (frô-l'), s. f. Chèvrefeuille des Alpes, lonicera alpigena, L.

FRÔLÉ, ÉE (frô-lé, lée), part, passé de frôler. L'r se prononce en portant le bout de la langue jusqu'au haut du palais, de sorte qu'étant frôlée par l'air qui sort avec force, elle lui cède et revient toujours au même endroit, mol. Bourg, ii, 4.

FRÔLEMENT (trô-le-man), ». m. Action de frôler, l'effet d'une chose qui frôle. Le frôlement de la langue contre le palais. Je sentis le frôlement de sa robe. Tout l'air que le poumon chasse dans la tra chée au moment de l'expiration est forcé d'enfiler l'ouverture étroite de la glotte, et c'est du frôlement de cet air contre les lèvres de celle-ci que dépend en général la formation de la voix, bonnet, Cor\' templ. nat. CEuv. t. viii, p. 33, note 2, dans pod- GENs. Il [le pic noir] fait entendre aussi par intervalles un craquement ou plutôt un frôlement qu'il fait avec son bec en le secouant et le frottant rapidement contre les parois de son trou, bufp. Ois. t. xm, p. 87, dans poogens. || Terme de médecine. Frôlement péricardiquo ou bruit de frôlement, bruit qui se manifeste dans le cœur lorsque la surface

séreuse péricardique est devenue rugueuse. || Frôlement hydatique, voy. frëuissement.

— ÉTYM. Frôler.

FRÔLER (frô-lé), V. a. Il 1' Toucher légèrement en frottant. La balle lui frôla les cheveux. Vardes joint le carrosse de mon père, le frôle, le coupe.^.. ST-siM. 10, 181. Il 2' Terme rural. Frotter des graines entre ses mains pour les débarrasser des parties de la fleur qui y sont encore adhérentes. On écrit aussi en ce sens frauler.

—ÉTYM. Berry, frôler, battre, étriller, frêler, même sen3;génev. frouler; norm. freuler, battre. D'après Diez, frôler est pour frotler, diminutif de frotter. On pourrait croire aussi qu'il est pour /"rowlpr, de froisser; on songerait encore à une onomatopée dérivée de frou-frou; mais tout historir|ue man<iue.

FROMAGE (fro-ma-j'), ». m. || 1' Substance alimentaire préparée avec la crème ou le caséum du lait, et plus ordinairement avec ces deux matières unies en différentes proportions. || 2' Masse de fromage en pain. Fromage de Chester, de Gruyère. Fromage blanc Fromage mou. Ce fromage est d'une pâte fine. Maître corbeau sur un arbre perché Tenait en son bec un fromage, la font. Fabl. i, 2. Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute ; Cette leçon vaut bien un fromage sans doute, ID. ib. Conduire leurs brebis, les tondre, traire leur lait et faire des fromages, fén. Tél. n. Un dessert sans fromage est une belle à qui il manque un oeil, brillât-savarin, Physiol. du goût, aphor. XIV. Il Familièrement. Entre la poire et le fromage, c'est-à-dire au dessert, lorsque la gaieté excitée parla bonne chère fait parler librement. Entre la poire et le fromage il nous conta son aventure, jj Fig. Laisser aller le chat au fromage, voy. chat. || Faire des fromages, se dit familièrement d'un jeu des petites filles qui, tournant rapidement sur elles-mêmes, se baissent tout à coup, si bien que le jupon se gonfla et présente une forme ronde , comme celle d'un fromage. || Fig. et populairement. Manger du fromage, être mécontent. Le duc de Parme [Cambacérès] déménage; Plus d'hôtel, plus de courtisan; Monseigneur mange du fromage , Hais ce n'est plus du parmesan, Épigr. faite eniHH contre Cambacérès. || 3° Fromage à la crème, celui qui est fait avec du bon lait auquel on ajoute de la crème. Elle était plus blanche que ces fromages à la crème qui commencèrent mon malheur, volt. Zadig, kl. \\ Fromage à la glace, fromage glacé, mets composé de crème, de sucre, etc. et frappé de glace. || 4* Par extension. Fromage de cochon, hachis de charcuterie. Il Fromage d'Italie, foie de veau ou de cochon, haché et pilé avec du lard et de la panne. ||6' Fromage des arbres, espèce de champignon blanc. || Proverbes. Fromage, poire et pain, repas de vilain.

— HIST. XIII' s. Et ensi comme il entra en la salle à Paris, il fu appareilliés qui le fieri d'un froumage enfissielé [dans son moule] enmi le visage, Chr. de Rains, 492. De fromaches vit un millier Qu'en avoil fet asoleillier, Ren. 12t t . Li morsiax qui fu en l'enging, Fu de fromage de gaain |d'automne, gaain signifiant regain, seconde coupe de foin]. Et li laz estoit estenduz Par dessus deus paissons fenduz, ib. (8378. [Ils] Ne menjuent fromages mos [mou], ib. ion. Il XV' s. Le comte de Flandre qui sçut les nouvelles des laits et des frommages qui alloient à Gand.... fboiss. ii, ii, <48. Après U char vient le fromage, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. I97. Il xvi* s. Une râpe à râper du fromage, amyot, Dt'on, 73 Comme le fromage nouvellement figé et coagulé, paré, XVI, 34. Y a aussi des montaignes fertiles en fourmages de vache, o. de serres, 288. Tout fromage est bien sain qui vient de chiche main [c'està-dire il ne faut pas, pour la santé, manger beaucoup de fromage], h. est. Précell. du lang. français, p. 170. Fromage et melon, au poids les prend on, LEROUX DE uncy, Prov. t. II, p. 4 97. Fromage et pain est médecine au sain, id. ib. Qui a fromage pour tous mets peut bien tailler bien espez, id. ib. p. 498.

— ÉTYM. Picard, /'ormage ; bourguign. formaige; provenç. formatge, fromage; ital. formaggio; du baslatin formaticum, dérivé de formare, former : ce à quoi on a donné une forme, le fromage se faisant dans des formes d'osier.

t FROJLAGEON (fro-ma-jon) , s. m. Fromage de lait de brebis fabriqué aux environs de Montpellier. Il Un des noms vulgaires de la mauve, dont les fruits, en capsule déprimée, figurent un fromage.

HIST. XVI' s. Les Baux en Provence, aux lizie-

res du Languedoc, à cause de la délicatesse de ses petits fourmageons, sont beaucoup prisés o. de sebrbs, 284.

— ÉTYM. Diminutif de fromage.

FRO

«.FROMAGER, kRK (fro-ma-jé, je r'), s. m. elf.

Bl* Celui, celle qui fait ou qui vend des fromages. %' S. m. Vaisseau percé de trous dans lequel on dresse le lait caillé pour en faire des fromages frais.

— REM. Dans le Jura , celui qui fait ou vend des fromages, se nomme fromagier et non fromager.

— ETYM. Fromaqe.

a. FRO.MAGER (fro-ma-jé), t. m. Terme de botanique Genre de la famille des sterculiacées ; ce sont des arbres de l'Amérique tropicale, très-grands et portant des fruits trSs-gros.

— ETYM. Fromage, à cause de la grosseur du fruit. FROMAGERIE (fro-ma-je-rie), ». ^. Fabrique de

fromages. Les fromageries delà Suisse. || Fromageries de société, associations ayant pour but la fabrication du fromage. || Commerce de fromages. Il Chambre où l'on fait séclier les fromages; lieu où on les conserve. || Boutique, marché où on les rend.

— HIST. XVI' s. La laicterie et fourmagerie seront tant nettement tenues, qu'aucune mauvaise odeur n'y séjourne, o. de serres, 286.

— ETYM. Fromage.

t FROMAGEUX, ECSE (fro-ma-jeû, jeû-z'), odj. Terme didactique. Qui tient de la nature du fromage. La fermentation, qui sépare la partie séreuse du lait d'avec les parties fromageuses, Dict. des artt et mit. Laitière, 4787.

— HIST. XVI* 8. La substance fromageuse du laict, PARÉ, xvm, ï».

— ETYM. Fromage.

t FROMAGIER (fro-ma-jié), t. m. Voy. fromager. FROMEtrr (fro-man), s. m. |{ 1° La meilleure espèce de blé, dite aussi froment cultivé. Du blé-froment. Terre à froment. Ou bien lorsque Cérès de froment se couronne, Régnier, Sat. xv. [De vastes contrées] fournissent un riz dont la culture est beaucoup plus aisée que celle du froment et qui le fait négliger, volt. Dict. phil. Arbre à pain. \\ ï°Le grain du froment. Un hectolitre de froment. || Farine de froment, farine qui, à raison du gluten qu'elle contient, est la plus propre à faire du pain. Il 8° Le froment-locar, ou froment locular, froment moDjctque de certains auteurs, appelé parfois petit épeautre. L'épeautre proprement dit est le froment épeautre, regardé à tort comme une variété du froment cultivé, LEGOARANT. || Froment amidonnier, celui avec lequel on fabrique la semoule. || Froment de saison, blé d'automne, par opposition au blé de mars. || Froment d'Espagne, d'Inde, de Turquie, le mats. || Faux froment, un des noms vulgaires de l'avoine élevée (graminées), dite aussi fromental. Il 4° Dans le langage mystique, le froment des élus, ce qu'il y a de plus saint dans la doctrine. Une attention scrupuleuse sur tous les devoirs de la religion, où tout lui paraissait grand; une sainte avidité pour le froment des élus, jjass. Or. fun. Madame. Il Le froment des élus, se dit aussi des âmes les plus pures, les plus saintes. Galérius rassemble de toutes les parties du monde, dans les prisons, les chrétiens les plus illustres; froment des élus, récolte divine qui doit enrichir le bon pasteur, cha- TEAUBH. Martyrs, iix. ||6° Terme d'alchimie. Grain de froment des philosophes, le mercure.

— HIST. iiii* s. Tout frommant, tout blé, tout orge, Liv. des met. 3(3. Uns bons se dit à un autre qu'il est deceuz par sa tricherie an ce qu'il se fioit en lui, d'un arpent qu'il acheta qu'il n'avoit pas veu, et li iîst entendant qu'il estoit de fromentes, et il estoit de roiges [seigle], dont la chose vaut moins, Liv. de just. H6.||xiv«s. Mais vont tousjours, sanz contrester, Ouerre meilleur pain que froment, bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 2).||xv's. Je voy d'amour requérir largement Amans, amans qui ne l'ont desservi [mérité], Et à autres voy cueillir le frument Qu'ils n'ont semé, labouré ne nourri, eust. desch. Poésies mss. f* 877. Quant amours a i mon cueur addressé bon et bel, preux, hardy et plain de chevalerie, leal et certain envers moy, nul ne m'en sçauroit faire partir; car fol est qui quiert meilleur pain que du frument, Perceforest,t. vi, ^ 7a. || xvi* s. 11 ordonna que l'on baillast de l'orge au lieu de froment aux bandes qui avoient tourné le dos lespremieres, amtot, Marcell. «3. L'huile de fourment extraite sur une enclume avec une pelle toute rouge, paré, xxii, 4 6. Le nom de froment, venu directement du latin, est un peu plus particulier [que bledj, comprennant neantmoins toutes sortes de grains à faire pain pour la nourriture des hommes, qui sont ceux qu'aujourd'hui nous appelions, fromens, espeaufres, seglcs, orges, millets et avoines. En plusieurs endroits de ce roiaume, parle bled, est entendu le pur froment.

FRO

Le froment rouge est celui duquel presque par tout ce roiaume, l'on se sert le plus, appelle en plusieurs endroits le rousset à cause de la couleur de sa barbe qui est rousse, etc. o. de serres, 40s. Avec le van on netoye le froment, et vice avec supplice et chastiment, leroiix de uncy, Prov. t. i, p. 74.

— ETYM. Berry,^roument; wallon, froumint; provenç. fromen; espagn. frumento; ital. frumento, fnrmento ; du latin frumentum, contraction de frugimerttum, et se rattachant à fruges, fruor.

FROMENTACÈE (fro-man-ta-sée), adj. Plantes fromentacées, plantes qui ont du rapport avec le froment.

t FROMENTAIRE (fro-man-tê-r'), ». (. Voy. FBDhentalite.

+ 4. FROMENTAL (fro-man-tal), t. m. Espèce d'avoine, l'avoine élevée. On dit aussi fromentel, voy. froment.

+ a. FROMENTAL, ALE (fro-man-tal, ta-l'), adj. Terres fromentales, terres propres i être ensemencées avec du froment

— ÊTYM. Proment.

t FROMENTEAD (fro-man-tô), t. m. Excellente

espèce de raisin de Champagne.

1 4. FROMENTÉE (fro-man-tée), ». (. Bouillie de farine de froment.

— HIST. XIV s. Fromentée ou viande crasse, dd CANOË, farracum. || xv s. Or sont-ils morts. Dieu ait leurs âmes; Quant est des corps, ils sont pourris. Ayant esté seigneurs ou dames, Souef et tendrement nourris De cresme, fromentée, ou riz; Leurs os sont déclinés en poudre, villon, Gr. testam.

— ÊTYM. Froment.

t S. FROMENTÉE (fro-man-tée), ». f. \\ i' Nom

d'un petit hanneton. || 2° ^1 dj. f. Terme de vétérinaire. Robe fromentée, robe, chez le bœuf, qui a la couleur de ce petit hanneton. Cette robe est alezan fauve.

— ETYM. Froment.

t FRO.'rtENTEUX, ECSE (fro-man-teû, teû-z'),

adj. Abondant en froment.

— HIST. xvi* s. Voy ces rochers au front audacieux; C'estoient jadis des plaines fromenteuses,

— ÉTYM. Froment; provenç. fromentot; ital. fromentoso.

tFROMENTIER, ÈRE (fro-man-tié, tiè-r'), adj. Terme rural. II se dit d'un sol, d'une terre qui peut produire du froment, à la différence de fromenteux, qui signiTie abondant en froment

— ETYM. Froment.

t FRONCE (fron-s'), s. f. || 1« Terme de couture.

Sorte de pli formé par le fil d'un point devant passé dans une étoffe et tiré pour en diminuer la largeur ou l'ampleur. Le pli se forme avec les doigts et s'arrête ensuite soit avec un bâti, soit avec un ruban ou étoffe; la fronce s'achève en tirant le fil passé dans l'étoffe par un point devant. ||2* Pli défectueux qui se trouve dans le papier et dans les cartes à jouer.

— HIST. xn* s. Ele a long col et blanc et gros ; Et si ne pert [parait] franche ne os. Lai d'Iguanrès. Il xni* s. Et veïssiez apertement Qu'il ne parait dedens son vis Corou2 ne fronce [refrognement], c'est avis; Ainçois cheoit à lerme plaine, Com li ruissiaus do la fontaine, buteb. ii, 34 6. || xiv s.Et pour ce remaignent [restent] en celle cicatrique moult de fronces, h. de mondeville, f* 4 02, verso.

— ETYM. Voy. froncer.

FRONCÉ, ÊE(fron-sé,ée), part, passé de froncer.

Il 1° Ridé par contraction. Les sourcils froncés. || Fig. Qui a les sourcils froncés, qui est de mauvaise hu meur. J'étaispeu persuadé, touché néanmoins des raisons ei, plus encore de l'amitié, mais froncé de nouveau en me revoyant dans Versailles, relégué au fond de la ville , st-sim. 264 , 97. Afin de donner lieu à Monseigneur d'être moins en garde et froncé arec lui, ID. t. VIII, p. 273, éd. CHÉRUEL. La France, qui, déjà froncée de voir tous ses princes légitimes si mêlés avec les bâtards, le serait bien autrement d'un mélange qui remonterait si près du trône, id.ï6, p. a(4. Il 2* Jupe froncée, jupe qui a des fronces à la taille et non des plis. || Corsage froncé, celui qui est froncé sur les épaules, au bas de la taille, au milieu du devant et du dos. || Robe froncée, robe que portent les docteurs et qui a beaucoup de fronces au haut des manches.

FRONCEMENT (fron-se-man), ». «. || 1* Action de froncer; état de ce qui est froncé. Le froncement des sourcils. || 2* Fig. Mauvaise humeur, opposition. Comme je sentis ses froncements mollis [du duc d'Orléans], je me hJtai de me servir de ses ouvertures récentes pour l'attacher à Mme la duchesse d'Orléans, st-sim. 266, I94.

FRO

FRONCER (fron-«é. Le e prend une cédille devint a et 0 ; fronçant, je fronçais), v. a. || !• Rider en contractant, en resserrant. Le rhinocéros ne peut ni froncer, ni contracter sa peau, buff. Rhinocéros. Il Froncer les sourcils, les rapprocher, ce qui est souvent un signe de mécontentement. Ne froncez pas le sourcil pour cela, et ne trouvez pas étrange que je n'évite pas dans mes lettres les choses qui vous peuvent choquer, voiture, Leit. ï3. Quand je blâme, je fronce le sourcil, et cela ne m'amuse pas, dider. Salon de 4 767, Oiuvrej, t. xv, p. 4, dans pouoENS. Il Fig. Froncer le sourcil de quelqu'un, ou, absolument, froncer quelqu'un , le mettre de mauvaise humeur. Elle [la princesse des Ursins] craignit de laisser rien apercevoir au roi qui le fronçât et qui le tint en garde, ST-sm. (♦♦, 40o. Si mes pensers les plus secrets Ne froncèrent jamais votre sourcil sévère, a. chén. ïambes, m. || 2« Coudre i plis serrés. Il faut froncer davantage cette chemise. Il Froncer une jupe, faire des fronces au haut de celte jupe. || S'Sefroncer, v. réfl. Se rider. La peau de ce fruit commence à se froncer. Les sourcils se froncent. || Fig. Prendre de l'humeur. Dont il résulta que Monseigneur se fronça encore plus qu'à l'ordinaire avec M. le duc d'Orléans, st-sim. t. viii, p. 238, éd. cntKVEL.

— HIST. XIII' s. Par le conseil [de] sa mère, l'orde vieille froncie, Berle, lx. Ysengnn en sont la fumée, Qu'il n'avoit mieacostumêe ; Adonc comença à fronchier. Et ses guernons [moustaches] à delechier, Ren. «43. Quant l'ot li empereres, s'en a froncié le nés, Ch. d'Ant. 11,346. Un molt viel homme a encontre : Pel ot fronchie, corbe escine [échine], guide cambrai, p. 27. Il XIV s. Quant aucune soursancure de plaie dite en latin cicatrix est trop contrainte ou trop froncie ou trop laide, h. de noNDEvuxe, f* »». Vous direz à vostre femme qu'elle saille par dessus le baston, et que ce soit fait sans froncier ou guigner ou faire aucun signe, Ménagier, i, 6. Ne te dois pigner ne poncer. Ne tes crins tondre ne froncer. Ne en mirouer esgarder.... ovide, Art d'aimer, ms. de St Germain, f° 96, dans lacdrne. |{ xvi* s. [Un porc-épic] Ses dards fronçoit, tant qu'à veoir son aprest.... J. marot, v, 63. Il avoit le visage froncé comme un parchemin, desper. Contes, lxxxv. Hannibal se fronceant le visage lui respondit, amtot, Fab. 34. 11 froncea sessourcilzet frappa sa cuisse, lo. Pomp. 46. Tantost fronciez les plis do ma chemise, k chasque ply me baisant ou mordant.... rons. 84 8.

— ÉTYM. Provenç. froncir, fronxir, fruiir ; catal. frunsir; espagn. fruncir; poHug. franxir. Origine incertaine. Scheler le tire du latin frons, par l'intermédiaire d'un verbe fictif frontiare, plisser la front, mais on ne trouve ni à fronce ni à froncer pli du front comme sens primitif. Pourrait-on penser à l'allemand Humel, ride?

FRONCIS (fron-si), ». m. Les plis d'un vêtement froncé. Faire un froncis à une manche. Un froncis se compose de fronces.

— HIST. xvi» s. Us firent au corps de leurs colonnes certains canaux, qui denotoyent les plis et froncis des robes, palissy, 6«. Un froncis de sourcil, ou une triste chère de visage, un regard de travers, AMTOT, Com. il faut ot*ïr, 24.

— ETYM. Froncer.

f FROXÇURË Jfron-su-r'), ». f. Action de froncer,

de se froncer. || Etal de ce qui est froncé ; pli, ride.

— HIST. xvi* s. Et la dite chemise n'estoit point fronsée, car la fronsure des chemises n'a esté inventée sinon depuis que.... rab. Garg. i, 8.

— ETYM. Froncer.

t FRONDAISON (fron-dè-zon) , ». f Terme de botanique. L'époque où paraît le feuillage. ||Le feuillage même. Une frondaison abondante.

— ETYM. Lat. frons, frondis, feuillage.

4 . FRONDE (fron-d'i , ». ^. || 1" Arme à jet, consistant en un fond de cuir suspendu par deux cordes ; on met dans la poche de cuir une pierre ou une balle de plomb, à laquelle on communique un mouvement très-rapide en la faisant tourner ; puis on lâche une des cordes, et la balle s'échappe par la tangente avec toute la vitesse acquise; l'art du frondeur consiste â lâcher la corde quand cette vitesse est la plus grande, et que la balle est dans la direction convenable. Si adroits à jeter des pierres avec la fronde, qu'ils auraient pu même frapper un cheveu, sans que la pierre qu'ils auraient jetée se fût tant soit pou détournée de part ou d'autre, saci, Bible, Juges, XX, 48. Ainsi David remporU la victoire sur le Philistin avec une fronde et une pierre, ID. t'b. Rois, i, xvu, 60. La fronde lançait les pierres avec tant de raideur , que ni bouclier , ni ca.<^que n'en pouvaient soutenir l'impétuosité, roluh.

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llitt. anc. Œuv. t. xi, )" part. p. »»♦, dans POUGENS. Il Pierres de fronde, pierres travaillées pour être lancées par la fronde, qu'on trouve dans les habitations lacustres anté-historiques et chez quelques peuples sauvages actuels. Les pierres taillées nommées pierres de fronda ont une forme sphérique ou discoïde présentant une rainure dans leur partie moyenne plus ou m rins profonde, maucel DE SEHRES, Comptes rendus, Acad. des se. t. lui, p. ((24. Il 2° Terme de chirurgie. Bandage à quatre chefs, ainsi appelé parce qu'il a la forme d'une fronde. || 3° Nom du parti qui s'insurgea contre Mazarin et la cour pendant la minorité de Louis XIV ; en ce sens on met une majuscule : la guerre de la Fronde. Il en est [des diables] de lourdauds, de hargneux et de mornes; Il en est d'enjoués, il en est de grondants, De danseurs sur la corde et d'arracheurs de dents; Il en est de village, il en est de grand monde; Il en esta la mode, il en est à la Fronde, th. corn. Feint astrologue, v, 6. Les romans de Scarron n'ont point troublé le monde; Chapelain ne fit point la guerre de la Fronde, volt. ÉpU. too. Tout cela part, dit-on, du collège Mazarin ; il faudra que nous disions comme du temps de la Fronde : point de Mazarin, id. Lett. Damilaville, * juin 4767. Il II s'est dit, au pluriel, des mouvements que la Fronde avait excités. Vous me faites plaisir de me mander tout le détail de vos frondes, pasc. Lett. àPérier, (66(.

— REM. Au xvu" siècle quelques-uns disaient encore fonde, qui jadis avait été seul usité, et qui est la forme correcte : Lygdame cependant, cet homme incomparable X lancer de la fonde un plomb inévitable, BRÉBEUP , Pharsale, m. Chifflet, Gramm. p. 33, se contente de remarquer que fronde est meilleur que fonde.

— HIST. XII* s. prist Sun bastun al puin, e sa fuade; e eslist cincbeles pierres de la rivière, Rois, p. 66. 1! xiirs. Et si avoit vilains qui à nostre gent jettoient des pierres en grans fondes, qui moult merveilleusement lor grevoient, h. de valenc. xxxiv. Il XV* s. Ils prirent le varlet, et lui pendirent les lettres au cou, et le mirent tout en un mont en la fonde d'un engin, et puis le renvoyèrent dedans >>uberoche, fhoiss. i, i, 228. || xvi* s. Les paysans retirez [dans Sancerre assiégée] qui se servoient principallement de fondes, d'où vint que les assiegeans les nommèrent les harquebuses de Sancerre, d'adb. llist. II, *i. Fronde, paré, ix. 2* dise.

— ÉTYM. Berry, fonde; provenç. fonda fronda; catal. fona; espagn. honda; portug. funda ; ital. jionda; du latin funda. On remarquera dans fronde l'épenthèse d'une r qui ne paraît pas remonter plus haut que le xvi* siècle, bien qu'elle soit plus ancienne dans le provençal. Pour l'explication du sens de Fronde, guerre durant la minorité de Louis XIV, voy. fronder à la remarque. Funda est de même radical que ctçevSôvti, fronde, l's disparaissant comme dans fallere, par rapport à ofoXÀw; les étymologistes rattachent açevSûvii au sanscrit tpand, s'agiter.

t 2. FRONDE (fron-d') , s. f. Terme de botanique. Nom qu'on donne généralement aux expansions membraneuses desacotylédones. Les fougères ont des frondes et non des feuilles, en langage technique ; mais beaucoup d'auteurs disent simplement des feuilles.

— ÉTYM. Lat. frons, frondis, feuillage.

FRONDÉ, ÉE (fron-dé, dée), part, passé Ae fronder. Il 1° Lancé avec la fronde. Une pierre frondée avec roideur. || 2° Critiqué. Mauvais gotlt justement frondé par Boileau, volt. Comm. Corn. Rem. Toison d'or, Préf. || Substantivement. Cela prouve que les frondeurs veulent s'appuyer de votre nom et que les frondés le craignent, volt. Lett. d'Àlemb. (3déc. (763

t FRONDÉE (fron-dée), s. f. Espace embrassé par un trait de fronde.

— ÉTYM. Fronde.

FRONDER (fron-dé), v. a. || 1« Lancer avec la

fronde. Chacun d'eux avait une fronde, Non pas pour fronder des arrêts. Mais des pierres, cailloux et grès, SCABR. Virg. v. || Absolument. Bachaumont s'avisa de dire un jour que le parlement faisait comme les écoliers qui frondent dans les fossés de Paris, qui se séparent dès qu'ils voient le lieutenant civil, et qui se rassemblent dès qu'il ne parait plus, betz, II, 385. Sur les bords bienheureux du Tibre Vous trouverez un peuple libre. Et qui fronde en diable et demi, Quand il lui vient quelque ennemi, scarron, Firg-v. Il Par extension. Il lui fronda une assiette à la tête. || Fronder quelque chose ou quelqu'un, le frapper avec une chose lancée. Rincy,

méprisant la soupe de village, entame un pain, le trouve dur et trop rassis, en fronde un abricotier voisin, SCARR. Lett. Œuvres, t. I, p. 2(0, dans pou- OENs. Il 2° Absolument, s'est dit, sous la minorité de Louis XIV, pour prendre part aux intrigues, aux luttes de la Fronde. || Par extension. L'art de fronder et bouleverser les États, est d'ébranler les coutumes établies, en sondant jusque dans leur source, pour marquer leur défaut de justice, pasc. Du vrai bien, 4, éd. faucIïre. ||3* Faire le mécontent, le critique à l'égard de choses ou de personnes. Bien des gens ont frondé cette comédie, mol. Préf. de l'École des femmes. Il ne se soucie pas qu'on fronde ses pièces, pourvu qu'il y vienne du monde, ID. Critique, 7. X mon ordinaire, je frondai cette dépense, SÉV. 317. La grandeur d'âme ne consiste point à fronder ceux qui ont l'autorité en main, MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus. (4 déc. (7(6. Je te redisais les mêmes paroles qu'il m'a dites lorsque j'ai voulu fronder sa conduite, baron, Homm. à bonn. fort, i, (2. De nos vaines témérités Vos vers sont la fidèle histoire ; On peut fronder les vanités Quand on est au sein de la gloire, VOLT. Lett. au roi de Pr. 2t janv. (747. J'aime à fronder les préjugés gothiques, Et les cordons de toutes les couleurs, bérang. Nouv. Diog. \\ Absolument. On a frondé rudement contre M. de Saint- Malo, sÉv. 239. Chacun fronde sur sa dépense, DESToncHES, Diss. m, 6. || C'est un homme qui passe sa vie à fronder, se dit d'un homme qui montre une humeur morose, qui désapprouve, blâme tout.

— REM. Fronder, dans le sens de faire la guerre de la Fronde, et puis de blâmer, vient du mot, rapporté plus haut, de Bachaumont. Quelques jours après , le même Bachaumont , entendant opiner quelques-uns de messieurs du parlement en faveur du ministère, se souvenant de sa comparaison, dit qu'il allait fronder cet avis. Ces mots ayant été reçus avec approbation par ces conseillers, et employés ensuite heureusement en vers par M. de Marigny, on appela frondeurs ceux qui étaient contraires au ministre et au ministère.

— ETYM. Fronde; provenç. fondeiar.

t FRONDERIE (fron-de-rie), s.f\\ 1° Mouvements,

tumulte de la Fronde. || 2° Mécontentement, clameurs. Il y a ici de grandes fronderies, mais cela s'apaise en vingt^quatre heures, sÉv. 81.

— ÉTYM. Fronder.

t FRONDESCENT, ENTE (fron-dè-ssan ,' ssan-t') ,

adj. Terme de botanique. Qui est en forme de feuillage. Expansion irondescente. || Qui se couvre de feuillage.

— ÉTYM. Lat. frondescens, qui se couvre de feuillage, de frons, frondis, feuillage.

FRONDECR (fron-deur), *. m. || 1* Celui qui lance des pierres avec la froade. On mêlait quelquefois parmi ces archers des frondeurs qui lançaient de grosses pierres avec une raideur extrême, rol- LiN, Hist. anc. CEuv. t. ii, p. 405, dans polgens. Il 2° Frondeur, frondeuse, celui, celle qui, sous la minorité de Louis XIV, appartenait au parti de la Fronde. Mlle de Montpensier affecta de faire la frondeuse avec emportement, retz, dans le Dict. de DOCBEZ. Il Adjectivement. Je n'avais auprès de moi que la jeunesse frondeuse, retz, m, 364. 1| 3° Par extension, celui, celle qui parle contre le gouvernement. Le nom de frondeurs qu'on donne aux censeurs du gouvernement , volt. Louis XIV, 4. Quand un peuple n'est pas un frondeur dangereux, il est le plus séducteur des courtisans, DIDEROT, Claude et Nér. i, 82. || 4° Celui, celle qui fronde, qui critique. Vous plaisez aux plus délicats; cela console des frondeurs, maintenon, Lett. au card. de Noaiïles, 7 oct. (697. Timon, qui, du passé profond admirateur. Du présent qu'il ignore est l'étemel frondeur, volt. Èvén. (744. La richesse que des frondeurs Dédaignent et pour cause, bérang El. de la rich. || Adj. Un siècle frondeur. Si le caractère indépendant, mais peu vigoureux de Courier, si son esprit frondeur plutôt qu'arrêté en certains principes, sont assez compris par ce qui précède, on ne s'étonnera point qu'il continuât à servir malgré son peu de goût pour la nouvelle forme de gouvernement établie en France, cabrel, CEuvres, t. v, p. (93. Il Celui qui montre une humeur morose, chagrine, qui désapprouve tout. C'est un frondeur éternel.

— HIST. III* s. E li fundeor e li archier aloient devant l'ost, Machab. i, 9.

— ÉTYM. Fronder; prov. frondeiador.

t FRONDIFËRE (fron-di-fè-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte des feuilles ou des expansions foliacées.

— ÉTYM. Lat. front, frondis, feuillage, et ferre, porter.

fFRONDIPARE (fron-di-pa-r') , ad;'. Terme de botanique. Fleur, fruit frondipare, fleur, fruit d'où sort un rameau qui continue à s'accroître, et que ces organes n'ont pas coutume de porter, legoabant.

— ÉTYM. Lat. frons, feuillage (voy. fronde î), et parère, produire.

FRONT (fron; le t se lie : un fron-t élevé; au pluriel, l'î se lieides fron-z élevés), «. m. || 1* Partie de la face qui s'étend de l'origine des cheveux aux sourcils et d'uie tempe à l'autre. Un front large. Un front élevé. Il a le front bas. Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front , corn. Hor. v, 3. Elle vient, et son front, siège de la candeur, Annonce en rougissant les vertus de son cœur, volt. Fanât, i, ( . Le front est une des grandes parties do la face, et l'une de celles qui contribuent le plus à la beauté de sa forme, bupp. Hist. nat. hom. Son front était pensif, son âme était émue, ducis, Abufar, II, 2. Partout où, le long des chemins. J'ai posé mon front dans mes mains. Kl sangloté comme une femme.... a. de hvsset:. Poésies nouv. Nuit de décembre. Il Fig. Quant aux volontés souveraines De celui qui fait tout et rien qu'avec dessein, Qui les sait que lui seul? comment lire en son sein? Aurait-il imprimé sur le front des étoiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles ? la font. Fabl. u, (3. Quelle Jérusalem nouvelle.... Et porte sur le front une marque immortelle? rac. Athal. m, 7. Sion a son front dans les cieux, id. ib. m, 8. Il Frotter son front, geste que l'on fait quand on cherche quelque idée. J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts; Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, boil. Sat. vu. || Se frapper le front, se dit d'un geste qu'on fait quand on a quelque inspiration ou réminiscence soudaine. Il se frappa le front, en s'écriant : J'y suis. || Donner du front contre, se heurter le devant de la tête contre. Peut-être en ce moment, pour vous épouvanter. Il se soufflettera d'une main mutinée. Se donnera du front contre une cheminée, regnard, le Joueur, u, i. || Dérider le front, ôter du front les rides qui indiquent le sérieux, la préoccupation. J'aime mieux Arioste et ses fables comiques Que ces auteurs toujours froids et mélancoliques Qui dans leur sombre humeur se croiraient faire affront Si les grâces jamais leur déridaient le front, BoiL. Artp. m. || Le front rougit, se dit d'un sentiment de honte qui y fait monter la rougeur. Son front, nouveau tondu, symbole de candeur, Rougit en approchant d'une honnête pudeur, boil. Lutr. I. Combien nos fronts pour elle ont-ils rougi de fois ! rac. Iphig. iv, 4. Je ne suis point de ces femmes hardies Qui, goûtant dans ie crime une tranquille paix, Ont su se faire un front qui ne rougit jamais , in. Phèdre, m , 3. || Fig. N'avoir point de front, n'avoir ni honte, ni pudeur. || On dit, dans un sens analogue, endurcir son front. Elle a endurci son front, elle ne sait plus rougir, Boss. For. 3. Il 2° Le devant de la tête de certains animaux. Le front d'un cheval, d'un bœuf. Son front large [d'un monstre marin] est armé de cornes menaçantes, bac. Phèdre, v, 6. || Chez les crustacés, intervalle qui sépare les yeux quand le bord antérieur de la tête ne se prolonge point en rostre. Il Chez les insectes, partie antérieure et supérieure de la tête, comprise entre la bouche, les antennes, les yeux et l'occiput. || 3° Se dit pour le visage entier. Un front serein. Un front sévère. Il est vrai, s'agissant d'un secret qui nous touche. On croit que le front parle, au défaut de la bouche, HACTEBOCiiE, Ifobles de province, m, (. Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne, la FONT. Phil. et Bauc. Ce front satisfait Dit assez à mes yeux que Porus est défait, rac. Alex, m, (. Je me connais, je sais que, blanchi sous les armes. Ce front triste et sévère a pour vous peu de charmes, VOLT, ilfer. i, 3. Songe à ce bras puissant, vainqueur de tant de rois, X cet aimable front que la gloire couronne, id. Zaïre, i, (. Il verra si mon front soutiendra la couronne, id. Mérope, i, 3. || 4* La tête, surtout dans le style élevé et les vers. Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux, rac. Phèd. IV, 6. Je renvoie Hermione, et je mets sur son front, Au lieu de ma couronne, un éternel affront, ID. Andr. m, 7. Et pourquoi me cacher? et par quelle injustice Faut-il que sur mon front sa honte rejaillisse? id. Iphig. m, 2. || Fig. Humilier, courber, baisser le front, se dit de l'humilialion. de l'a-

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bahsement de la servitudo. Avec plaisir, sans doute, il verrait à ses pieds Des sénateurs tremblanU les fronU humiliés, volt. Brutut, m, î. J'en eus [des amis] rjuand j'étais reine, et k) peu qui m'en reste Sous un joug étranger baisse un front abattu, id. térope, V, 4. || Fig. Relever le front, reprendre du courage, de l'audace, de la fermeté. Ainsi ce peuple e.sclave, oubliant son devoir. Contre stin roi lève un front indocile, volt. Sams. ii, t. Messène après quinze ans de guerres intestines Lève un front moins timide Pt sort dp ws mines, m. Mi'r. i, i . Et lor3(pie l'Italie ens-îcouantses fers Lève un front menaçant.... EAURiN, Spartacus, i, <. Reine du monde, ô France, ô ma patrie, Soulève enfin ton front cicatrisé, bé- BANO. Enf. de la Fr. || Le front levé, c'est-à-dire avec assurance, sans craindre aucun reproche. L'on aime à aller le front levé dans la famille des Pourceaugnac, mol. Pourc. ii, *. Quand je vois dans ce temple, aux vertus élevé, L'infime trahison marcher le front levé, volt. Borne sauv. i, 6. L'impudicité ne marche pas le front levé chez les chrétiens, chateaub. Génie, m, m, a. || 6" La personne ellemême, dans le langage poétique. Le front à qui le cœur ne fait point de reproche Souiïre aisément son juge et n'en crar«l point l'approche, rotr. Bélis. ii, H. Joint qu'au moindre attentat contre un front couronné C'est être criminel que d'être soupçonné, ID. ib. Souvenez-vous qu'il règne, et qu'un front couronné.... rac. Andr. iv, 3. {| 6° L'air, l'attitude , le langage, les manières, surtout en poésie. Et reconnais.sez-vous au front de vos amis Qu'ils soient prêts à tenir ce qu'ils vous- ont promis? corn. Cinna, i, 3. Mais sachez qu'il n'est point de si cruel trépas, Où d'un front assuré je ne porte mes pas, ID. Poly. IV, 5. Il s'avance au trépas Avec le même front qu'il donnait les Etats, id. Pomp. ii, 2. De quel front soutenir ce fâcheux entretien T rac. BHt. II, 2. Je verrai le témoin de ma flamme adultère Observer de quel front j'ose aborder son père,lD. Phèd. III, 3. Ah I Dieui ! lorsqu'à mes vœux l'ingrat inexorable S'armait d'un œil si fier, d'un front si redoutable.... iD. i6. iv,5 Touslesjours.... un homme,

un vil esclave D'un front audacieux me dédaigne et me brave, m. Esth. n, < . Il [Harlai] se présente aux Seize, il demande des fers Du front dont il aurait condamné ces pervers, volt. Henr. iv. || De quel front, avec quelle assurance, avec quelle intrépidité. Ceux qui ont vu de quel front il [Charles I"] a paru dans la salle de Westminster, Boss. Reine d'Angl. Il Les dehors, l'apparence, par opposition aux sentiments du cœur. Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front Que prendre pour sincère un changement si prompt, corn. Rod. iv, 6. || 7° Impudence, effronterie. Il a bien le front de m'accuser d'avarice, VAUGEL. Q. C. 467. A-t-il encorle front devons parler de moi? corn. Tois. d'or, iv, a. Quoi! vou» avez le front de trouver cela beau? hol. Mis. i, a. C'est une chose étonnante que vous ayez le front de parler si haut, pasc. Provinc. fi. Quoi) fous avez le front de rire, et devant nous? begnard, Vistr. i, 4. Allons, mon ami, de la tête et du front ; je suis là, PICARD, Duhautcourt, m, 7. || De quel front, avec quelle impudence. De quel front donnerais-je un exemple aujourd'hui. Que mes lois, dès demain, puniraient en autrui? cobk. Perthar. n, 3. De quel front s'en aller le voir et lui parler ? la font. Faucon. Avec quel front osent-ils parler de la loi? BOSS. Jlist. II, (3. Madame! et de quel front vous unir à mon sort, Quand je ne cherche plus que la guerre et la mort? bac. Mithr. m, t>. Que veut-il? de quel front cet ennemi de Dieu Vient-il infecter l'air qu'on respire en ce lieu? m. Âthal. m, 6. De quel front un Alexandre VI, l'horreur de toute la terre, avait-il osé se dire le vicaire de Dieu? volt. Mœurt, <28. ||Un front d'airain, une extrême impudence. Cet homme a un front d'airain. J'ai vu que l'impudence est la reine du monde Et qu'il faut, quand on veut y faire son chemin. Aller à la fortune avec un front d'airain, la chaussée, Gouvern. i, 3. || On dit dans le même sens ; C'est un frontd'airain. || 8» Fig. et dans le langage élevé et poétique. Le haut, le sommet. Cette montagne élève son front jusque dans les nues. J'avais atteint le front des collines prochaines, d'avriont, Jeanne d'Are, m, 6. Pourquoi balancez-vous vos fronts que l'aube essuie, Forêts, qui tressaillez avant l'heure du bruit? lamart. Harm. I, 3. Il 9° Ëtendue que pr^nte le devant de certaines choses. Le front d't» b&timent. S'il est vrai, comme on l'assure, qu'il y ait dans Paris seul vingtquatre mille maisons i front de rue, vauban, Dtme, p. 76. Il Terme de fortification. Front d'une place, ce qui est compris entre les deux bastions voisins. Une forteresse aui montre de tous câtés un front ro-

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doutable, boss. Louis de Bourbon. || 10" La face d'une troupe rangée en ligne. Le front d'un bataillon est le premier rang composé des chefs de file. Combattre avec les miens au front do la bataille, tbistai», Panthée, iv, 3. Celte phalange était divisée en dix petits cor])s, dont chacun présentait un front de cinquante hommes sur trente-deux de profondeur, bollin, llist. anc. CEuv. t. viii, p. 407, dans pougens. En donnant au corps de bataille moins de front et plus de profondeur, id. ib. 1. 1, p. 312. I.e front des Russes n'était plus en face de notre colonne, mais sur notre gauche, ségijb, llist. de Kap. iv, R. Il Passer sur le front d'une troupe, se porter sur le front d'une troupe rangée en bataille. || Front de bandière , ligne des étendards et des drapeaux à la tête d'un corps campé. || Front de bataille, rang antérieur d'une troupe ou d'une ligne déployée; quand elle n'est pas déployée, on l'appelle tête de colonne. || Marcher en front do bandière, marcher avec tout l'appareil de la guerre. Les Samoièdes, les Lapons, les Kamshatkadiens n'ont jamais marché en front de bandière pour détruire leurs voisins, volt. Dict. phil. Armes, Armées. || Faire front, se dit d'une troupe qui, étant de flanc, se tourne de manière à présenter le front. || Front! terme de commandement militaire, pour dire à une troupe de faire face. || Terme de marine. Ordre de marche dans lequel tous les vaisseaux d'une armée navale sont rangés sur une ligne perpendiculaire au vent. Former une ligne de front. || 11° Terme de perspective. Projection orthographique d'un objetsur le plan parallèle au tableau. || 18" De front, loc. adv. Par devant. Elles s'allaient rencontrer de front l'une l'autre, desc. Monde, 8. La choquer hardiment [la fortune], et, sans craindre la mort, Se présenter de front à son plus rude effort, corn. Médée, i, 6. Quelque effort que nous fassions pour détourner nos visages de peur que la vérité ne nous éclaire de front, boss. 2" sermon, dim. de la Passion , 2. Pendant qu'Adraste l'aurait attaqué de front, fén. Tél. xx. La colonne était attaquée à la fois de front et par les deux flancs, volt. LouisIV, (5. Il [Napoléon] multiplia ses ordres, il outra ses excitations, et il engagea de front une bataille qu'il avait conçue dans un ordre oblique, séodb, Uist. de Nap. vu, 9. || Fig. Sans ménagement, sans prendre des biais. Je sais ce que tu dis, et n'irai pas, de front. Faire un commandement qu'ils prendraient pour affront, ccrn. D. Sanche, u, i. Il est certains esprits qu'il faut prendre de biais, Et que, heurtant de front, vous ne gagnez jamais, regnabd, le Légat, n, t. Toute loi qui attaque de front un vice que les mœurs tolèrent est nécessairement bientôt éludée et oubliée, CONDOBCET, Maurepas. Si l'on n'osa pas les heurter de front [les auteurs du xvii* siècle].... on les attaqua d'une manière indirecte, cuateaubr. Génie, i, 1, 4. Il 13* De front, sur la même ligne. Les voilà qui voguent de front, scabb. Virg. v. Une ville composée d'une rue qui s'appelle la grande, quoique deux carrosses n'y puissent passer de front, maintk- NON, Lett. à Mme deVeilhaut, mai )692. Pareils eo quelque sorte aux anciens qui avaient l'adresse de, mener jusqu'à huitchevaux attelés de front, M. Leibnitz mena de front toutes les science», FoNTEN.tet'hniti. Il Fig. En même temps. Mener deux affaires de front. Le christianisme fait marcher de front les mystères de la divinité et les mystères du cœur hnmain, chateadbr. Génie, ii, ii, i . || 14* Front àfront, loc. adv. Opposé l'un à l'autre , en face l'un de l'autre. Ces deux hommes [Condé et Turenne], tantôt unis.... tantôt opposés front à front, boss. Louis de Bourbon.

— HIST. XI' s. Entre les ieuz mult [il] ot large le front, Ch. de Roi. xcii. Il xii' s. Et vos [votre] douz front qui plus est clairque glace, Couci, xi. || xiii's. Quand vient en mai, que l'on dit as Ions jours, Que Franc de Franco repairent de roi iourt [de la cour du roi], Regnauz repaire devant au premier front. Romancero, p. 48. De Constantinoble , qui tenoit trois liues devers la terre de front, ne pooit li os [l'armée] ataindre que l'une des portes, villeh. lxxiv. Einsi furent les batailles longuement front à front, m. lxxxu. Li dus de Venise ot fait ses nés [navires] et ses vaissiaux ordener tout d'un front, id. lxxvii. Contraire chose sont celés qui tout droit, front à front, sont l'une contre l'autre, si comme est froit contre chaut, brdn. latini. Trésor, p. 536. Cil qui i faut [qui est éhonté] est apelez sans vergoigne et sanz front, m. ib. p. 273. Et li frons de la maison doit cstro contre midi, m. tft.p. 4 76. ||xiv's. Tellement fu li mur par sa force [du chevalier] minez Que deux hommes de front y fussent bien entrez, Guescl. 20218. Il XV* s 11 tient son front

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Par devant culi, comme orgueilleux et fiers, ecst. oesch. f" 23», dans lacubnb. ||xvi* s. Pour entreprendre do marcher front à front avecques ces genti là, MONT, i, 4 56. Les hommcs d'armes qui faisoient front en l'armée deTigranes, m. ii, »4. Le» Romains furent contraints de venir au combat tout de front par paîs uny et plain, amtot, Pyrrhus, 46. Autrement, comme pourroi»-je ny avec quel front me trouver en la compagnie des autre» honeste» dames quand.... m. Agis et Cléom. 49. Le roi de Navarre se révolte et célèbre son changement en une procession générale à fin d'estouffer les hontes secrctles et reproches domestiques par le front d'un acte public, d'aub. llist. i, 4 30. U fit de sa file son front, id. il), i, 449. Les assiégez leur laissèrent gagner le front de la brèche, id. t6. i, 484. S'il y avoit jardin derrière le manoir, et terre qui n'cuït point front avec les dits survivan», leur est tenu bailler quaire pieds de voyes, pour eschange d'autre héritage, Souv. coust. gén. t. I, p. 394. Nul ne peut faire bastir et édifier maison ou autre édifice sur front de rue sans prendre alignement de la justice, ib. t. II, p. 4 028.

— ÉTYM. Provcnçf /'ronr/espagn. frenle ; poiiMff. et ital. fronte.-du latin /'rontftn; sansc. bhruia,- grec, ôçpic; gaélique, <j-6/ira,bas-bret.a-6rant;angl.bro«i.

t. FRONTAL, ALE (fron-tal, ta 1') , adj. ||l*Terme d'anatomie. Qui appartient au front. Les muscle» frontaux. La région frontale. || Os frontal ou coronal, ou, substantivement, le frontal, os situé à la partie antérieure du crâne et supérieure de la lace. Il Sinus frontaux, voy. si.sus. || Suture frontale, voy. suture. Il 2* Terme de zoologie. Il se dit de quelques animaux qui ont le front d'une autre coiileur que le corps, par exemple le faucon frontal.

— ÉTYM. Front.

2. FRONTAL (fron-tal), ». m. jj 1* Topique appliqué sur le front en forme de bandeau. || 3° Sorte de question, de torture qui consiste à étreindre avec une corde à nœuds le front du patient. |{ 3° Il se dit pour fronteau de cheval, voy. ce mot. |{ 4° Terme do luthier. Outil pour faire des orneicents à la partie antérieure des touches. || 6* Terme de métallurgie. Marteau à soulèvement employé pour le cinglage des grosses loupes de fer.

— HlST. XVI* s. Je leur donne le frontal do cordes liées en cordelière ; je les pends par les ai» selles, Sat. Mén. p. 98. Pareillement on peut appliquer des frontaux, pour roborer la faculté animale, et provoquer ledormir, comme cestuy.... pars, ix, 4 3.

— ÉTYM. Front.

FRONTEAC (fron-tô), *. m. || 1* Sorte de bandeau appliqué sur le front. Mettre un fronteau à un enfant. Lui composer un fronteau où il entre da sel; le sel est le symbole de la sagesse, mol. Pourceaug. I, 4 4. Il 11 se dit surtout d'un bandeau que se mettent les Juifs autour du front, et qui porte en inscription le nom de Dieu ou quelque passage do l'Écriture. Quand les Juifs prient Dieu dans leur synagogue, ils se mettent le fronteau. || t' Fronteau ou frontal, partie de la têtière qui passe au-dessus des yeux du cheval. || Morceau de drap noir sur le front d'un cheval harnaché en deuil, jj 8* Terme d'architecture. Petit fronton qu'on met quelquefois au-dessus des petites portes ou des fenêtres. Il 4* Terme de marine. Planche sculptée dont on recouvre extérieurement la face verticale du barrcl ou de la poutre qui termine, en dedans du vaisseau, ou chacun des gaillards, ou la dunette, jj Fronteau de volée, petite saillie arrondie qu'on laisse sur la banquière du pont, immédiatement au-dessus de chaque sabord pour recevoir la volée du canon et l'appuyer à la serre. || 6* Terme d'artillerie. Fronteau de mire, espèce de collier de bois qu'on plaçait autour du collet d'une pièce pour servir à la pointer juste.

— HIST. XIV* s. Un fronteau d'or à blanches Tiolettes, où il y a deux balays, du cange, frontena. Un petit frontel de perles, de laborbe, J^moui, p. 325. Il IV* s. [X une fille il faut] Manteaux, anneaux, peleteries. Menu ver, gris, chapel d'or gay, Fronteaulx, couronne.... edst. ntsc». Poésies mss. ^ 305. Il ivi* s. Martiques estant couché sur le flasque d'un canon pour conteroller le pointeur, sans fronteau, une balle d'arquebue bricolla sur la pièce et lui perça la teste, d'adb. Hist. i, 34».

— ETYM. Front; Berry, frontiau, bourrelet d'enfant; provenç. et espagn. frontal; ital. frontale.

t FRONTKVAL (fron-te-val) , ». m. Variété de tulipe rose et blanche.

FROXTlP.RK (fron-tiè-r'), ». f. || 1* Limites qui séparent un État d'un autre Etat. J« vois sur la frontière une puissante armée, corh. A'»com. m, J

FRO

Le prince, par son campement, avait mis en sûreté non -seulement toute notre frontière et toutes nos places, mais encore tous nos soldats, boss. Louis de Bourbon. Quand son bras forçant notre frontière.... rac. Alex, ii, 4. Là de la Palestine il étend la frontière, lo. Bérén. i, ♦. Seul il [le drapeau tricolore] peut voiler nos malheurs; Déployons-le sur la frontière, bébang. Vieux drap. Le Dnieper coule de l'est à l'ouest jusqu'à Orcha, où il se présente pour pénétrer en Pologne; mais là , des hauteurs lithuaniennes s'opposant à cette invasion le foicent de se détourner brusquement vers le sud et do servir de frontière au.v deux pays, sÉGua, Hist. de JVap. XI, «. Ce vieux Russe, sur les frontières de la vieille Russie, frémi.ssait de honte à l'idée de reculer encore sans combattre, ID. ib. vi, 3. || Reculer les frontières d'un État, l'agrandir par des conquêtes, par des acquisitions. || Fig. Si l'emboîtement [des germes] est la loi de la nature, pouvons-nous dire que nous soyons faits pour contempler à découvert ces divers ordres d'infinis, toujours décroissants, abîmés les uns dans les autres, et qu'un développement plus ou moins lent tend continuellement à rapprocher des frontières du monde visible? bonnet, Paling. xii, 7. || 2° Adj. Oui est sur la frontière. Ville frontière. Il [Charles XII] passa ce grand fleuve après eux à Mohilou, dernière ville de Pologne, qui appartenait tantôt aux Polonais, tantôt aux czars, destinée commune aux places frontières, volt. Charles III, 4.

— HIST. XIV* s. En tel manière qu'en allant Va leur frontière [le front d'une troupe de guerre] dévalant  plus de quatre mil banieres Jusqu'es tentes le roy premières, o. gdiart, t. ii, p. 134, v. 3444. Frontière, la partie devant l'église, du cange, frontispicium. || xv* s. Et gardoit si près et si soigneusement les frontières d'Angleterre que nul ne pouvoit aller.... froiss. i, i, 20o. Lors fit le roi ordonner tous ses vaisseaux et mettre les plus forts devant, et fit frontière à tous costcs de ses archers, id. i, i, 1 20. Et mit le seigneur Beaujeu en Mortaigne pour faire frontière contre les Hainuyers, m. i, i, 123. Ores vint le dit ïhallebot et sa compaignie, et arrivèrent droit à la larriere, cuidans entrer ou champ; mais ils trouvèrent frontière de vaillans gens, bien expers au fait de guerre, qui leur firent bon visaiga et hardi, dont les dits Anglois furent moult esbahis, MONSTHEL. t. iii, p. K7, dans LACURNE. Regardez, voylà l'estandart De cetle maudite sorcière [la pucelle d'Orléans] ; Je congnois qu'elle est ceste part, Et est la première en frontière, Iffyst. du siège d'Orléans, p. 496. Y m'est bien tart que demain soit Pour voir les Anglois en frontière, ib. p. 098. En acquitant aucune debte Aux bons chevaliers de la terre Pour la frontière et pour la guerre, e. DF.SCH. Poésies mss. f" 623. Il xvi* s. Qui est ouvert d'un costé Test partout ; nos pères ne pensèrent pas à bastir des places frontières [à faire des maisons fortifiées de tous les côtés] , mont, iii, 8.

— Etvm. Front; provenç. fronteira, front. L'ancien sens de frontière est front d'une troupe et façade; faire frontière, signifie se mettre en bataille pour combattre, se défendre; et, comme on faisait frontière particulièrement sur les limites des pays, le mot a pris le sens de limites d'État à État.

t FRONTIGNAN (fron-ti-gnan), i. m. Vin muscat récolté près de Frontignan (Hérault). Ma triste voix chantait d'un gosier sec Le vin mousseux, le frontignan, le grec, Buvant de l'eau dans un vieux pot à bière, volt. Pauvre diable.

I FRONTIN (fron-tin), s. m. Valet de l'ancienne comédie, dirigeant son maître dans ses plaisirs et dans ses affaires. Les Frontius ont succédé aux Scapins, et figurent dans les pièces de Regnard, de Lesage, de Gresset, etc.

FRONTISPICE (fron-ti-spi-s'), s. m. || 1» La face principale et la plus haute d'un grand édifice. Le frontispice d'un temple. || 2° Titre d'un livre orné de figures gravées ou imprimées. De votre nom j'orne le frontispice Des derniers vers que ma muse a polis, la font. Bdph. | | Gravure que l'on place en regard du titre d'un livre et dont le sujet est analogue au but et à l'esprit de l'ouvrage. Le sujet d'un frontispice. Il y a de Cochin un frontispice pour l'Encyclopédie, diderot, Salon de )765 Œuvres, t. xiii, p. 362, dans pougens.

— SYN. FRONTISPICE, FAÇADE, FRONTON. Façade

est plus général que frontispice; c'est l'extérieur d'un édifice lorsqu'il se présente au spectateur, tandis que le frontispice est la principale façade d'un grand édifice. Quant au fronton, c'est un ornement placé au haut de la façade.

— lllST. XVI* s. Tu vas renouvelant d'un hardy

FRO

frontispice La auperba grandeur des plus vieux monumens, DO bellat, vi, 4), recto. Frontispice à grans fleurs de lis, Marché fait, Bibl. des ch. 4* série, t. III, p. 63.

— ÊTYM. Bas-Iat. fronlispicium, défini par frontis hominis iiispeclio; de frons, frontis, front, et spieere, regarder. Ce mot, qui a signifié d'abord examen du front, de la face d'un homme, a pris le sens d'examen du front d'un bâtiment, et, finalement, de front du bâlimenl lui-même.

t FRONTO-ETIIMOÏDAL, ALE (fron-to-è-tmo-idal, da-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au frontal et à l'ethmoïde. Trou fronto-ethmoïdal, le trou borgne ou épineux.

— ÉTYM. Front, et ethmoide,

FRONTON (fron-ton), s. m. || !• Ornement d'architecture, de forme triangulaire ordinairement, qui surmonte et couronne la principale entrée d'un édifice. Claude Perrault inventa les machines avec lesquelles on transporta des pierres de cinquante-deux pieds de long, qui forment le fronton de ce majestueux édifice [le Louvre], volt. LouisXIV, XXIX. Il 2° Terme de marine. Pièce de menuiserie placée sur la voûte, à l'arrière d'un navire, qui porte, ou les armes du prince, ou quelque figure répondant au nom du vaisseau. || 3° Terme de plombier. Toit élevé par le milieu.

— ËTYM. Front.

t FRONTO-NASAL, ALB (fron-to-na-zai, za-l'), otij. Terme d'anatomie. Qui appartient au front et au nez. Il Muscle fronto-nasal, muscle qui descend du front aux cartilages du nez.

— ÉTYM. Front, et nasal.

t FRONTO- PARIÉTAL, ALE (fron-to-pa-ri-étal, ta-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au frontal et aux pariétaïu. |) Suture fronto-pariétale,

VOy. SUTURE.

— ÊTYM. Front, et pariétal.

t FRONTO-SCRCILIKR (fron-to-sur-si-lié) , adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au front et au sourcil. Il Muscle fronto-surcilier, faisceau musculeux rejoignant l'orbiculaire des paupières qu'il relève en le tirant du côté du front.

— ÉTYM. Front, et surcilier.

t FROQUÉ, ÉE (fro-ké, kée), part, passé de hoquer. Vêtu d'un froc. C'était au vrai l'habitd'un franciscain. Mais sous lequel ne gisait qu'un requin, Poisson goulu, vorace, anthropophage. Poisson béant, poisson pour tout potage. Mais un poisson froqué ; par quel hasard? piron. Le moine défr\jqué, conte.

t FROQCER (fro-ké) , V. a. Terme familier. Habiller d'un froc, mettre dans un couvent. Les marquis et marquise de Mailly avaient froqué un fils et une fille, et fait prêtre malgré lui un autre

fils, ST-SIM. III, B4

— ÉTYM. Froe.

+ FROTTADE (fro-ta-d'), s. f. Action de battre, de faire éprouver un échec. Il n'y en a pas un [des gens de la cour] qui ne prit avantage sur le ministre des frottades que nous lui donnions, retz, m, 13.

— ÊTYM. Frotter.

FROTTAGE (fro-ta-j'), s. m. Travail du frotteur. Le frottage d'un plancher.

— ÉTYM. Frotter.

t FROTTANT, ANTE (fro-tan, tan-t'), adj. Qui sert à frotter. Substance frottante. || Qui est soumis à un frottement. Les parties rodées et frottantes sont maintenues à une température convenable, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 617.

FROTTÉ, ÉE (fro-té, tée), part, passé de frotter. Il 1° Oui a subi un frottement. Il n'y a aucun corps dur frotté qui ne s'échauffe ; il n'y a aucun corps électrique qui ne doive être frotté avant d'exercer celte électricité, volt. Feu, i, sect. 5. || 2° Frictionné. Ici elle fut frottée avec du baume tranquille, sÉv. 544. Il 3° Enduit. Dont les morceaux sont frottés de moutarde, la font. Pays. || Fig. Qui a pris une légère teinture, une légère connaissance de quelque chose. Frotté de grec et de latin. || 4° Fig. et familièrement. Battu, rossé. Que le galant alors soit frotté d'importance, corn. Illusion, ii, 8. Ces gens sont-ils sortis? — Non, personne ne bouge. — S'ils viennent, ils seront frottés , mol. Sicil. 6. Nous avons été téméraires, aussi faut voir comme nous avons été frottés, sÉv. 2«9. || 6° Terme de peinture. Un fond à peine frotté, fond recouvert d'une couche très-petite de couleur, qui n'empêche pas de le voir. || Substantivement, un frotté.

t FROTTÉE (fro-tée),.i. f.\\l° Rossée que l'on administre à quelqu'un. || 2° Frottée d'ail, croûte de pain frottée d'ail.

— ÉTYM. Frotter.

FROTTEMENT (fro-te-man), s. m. || V Action de

FRO

frotter. L'union de deux rivières en une les fait couler plus vite, parce qu'au lieu du frottement des quatre rives, elles n'ont plus que celui de deux à surmonter, fonten. Guglielmini. La percussion, le frottement et même la seule exposition aux impressions de l'atmosphère, suffisent pour donner au fer cette vertu magnétique, uuff. Min. t. ix, p. 8«, dans POUGENS. || 2" Terme de mécanique. Résistance que les corps éprouvent à se mouvoir les uns sur les autres, et qui est due à ce qu'il y a toujours quelques aspérités de l'un qui s'engagent dans les cavités de l'autre. Diminuer le frottement. La mécanique a ses frottements qui changent ou arrêtent les effets de la théorie; la politique a aussi les siens, montesq. Esp. xvii, 8. Il Frottement de la première espèce ou frottement de glissement, celui d'un corps qui glisse simplement sur un autre. Frotlement de la seconde espèce ou frottement de roulement, celui des corps qui tournent ou roulent les uns sur les autres. || Terme d'horlogerie. Ajuster à frottement, faire un frottement, ajuster des pièces les unes dans les autres avec un certain degré de précision. || 3» Terme de médecine. Bruit de frottement ascendant et descendant, bruit qu'on entend quand la surface de la plèvre costale ou pulmonaire est devenue raboteuse. || 4° Fig. Fréquentation, contact. Le frottement du monde.

— HIST. XVI* s. Il estoit exquis et diligent au soing de sa personne jusques à user de frottements et de tours de promenemens eu nombre certain, Xhyot, Cicéron, <0.

— ÉTYM. Frotter.

FROTTER (fro-té), V. a. \\ 1° Passer une chose sur une autre en appuyant. Frotter avec la main. Frotter un métal avec 13 l'émeri. La Montagne : Accordez-moi du moins, par grâce singulière. De frotter ce chapeau qu'on voit plein de poussière. — Éraste : Frotte donc, puisqu'il faut que j'en passe par là, MOL. Fdch. l, ( . J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts, boil. Sat. vu. || Absolument. Figaro : Je ne sais ce qui m'est entré dans l'oeil. — Bartholo : Ne frottez donc pas, beaumarch. Barb. de Sév. m, 1 2. || Se frotter les yeux, pa.sser sa main sur ses yeux quand on se réveille pour écarter les paupières et rendre la vue plus nette; et fig. être surpris, étonné. ViUeroy arriva à Marly, où tout le monde se frotta les yeux en le voyant et ne se pouvait persuader que ce fût lui, st-sim. 00, 2(.||.Se frotter les mains, frotter ses mains l'une contre l'autre, pour les nettoyer, les réchauffer, etc. et fig. se réjouir. Et vous , monsieur Higaudin, vous frottez-vous toujours les mains quand on se querelle? picard. Maison en loterie, se. U. Mais le plus heureux des maris. En quittant sa couchette. Demain se pavanera, Et les mains se frottera, bébang. Célib. 2. Il Familièrement. Frotter son nez, intervenir là où l'on n'a que faire. Viens, viens frotter ton nez auprès de ma colère, mol. le Dcp. IV, 4. Il 2* Enduire avec de la cire ou quelque autre chose semblable. Frotter des chaises, un parquet avec de la cire. || Particulièrement. Nettoyer le parquet, étendre de la cire avec une brosse. Frotter un appartement. || Absolument. Ce domestique sait frotter. || 3° Faire des onctions. On lui frot e les bras avec du baume, avec de l'huile. || Particulièrement. Faire des frictions. Une femme qui me dorlotera et me viendra frotter quand je serai las, MOL. Jfar. forcé, 2. || 4° Terme de peinture. Appliquer une légère couche de peinture sur celle qui fait le fond du tableau, de manière qu'on puisse la voir à travers. || 6° Ternie de marine. Frotter la toile à voile, y former des plis distincts. || 6° Battre, maltraiter, rosser. Si quelque voisin vous afflige Et pense vous inquiéter. Vous aurez de quoi le frotter, scarr. Virg. IV. Je veux faire le brave, et, s'il est assez sot pour me craindre, le frotter quelque peu, mol. l'Avare, m, 6. Les deux plus grand» fripons.... si vous m'en voulez croire, Frottons-les comme i! faut, pour venger notre gloire, regnard, les Ménechm. 11, 5. Que dites-vous de Luc [Frédéric II], qui, après avoir été frotté par mes Scythes [les Russes], veut entreprendre le siège de Dresde? volt. Lett. d'Argental, 24 oct. <7B9. Il On dit de même : frotter les oreilles à quelqu'un. Jour de Dieul je saurai vous frotter les oreilles, mol. Tart. i, *. || 1° V. n. Se dit d'une chose qui glisse sur une autre sans exercer une pression. Ces deux surfaces frottent l'une contre l'autre. || 8° Se frotter, v. réfl. K.xercer sur soi-même un frottement. Se frotter avec la main. Se frotter contre quelque cho.se. || Exercer réciproquement un frottement. Se frotter l'un l'autre. || Fig. Fréquenter, avoir commerce avec. Il est bon de se frotter aux savants. Quand ou se frotte avec les courtisans,

HiO

wîomEB, Sat. XI. la noblesse, de soi, est bonne; c'est une chose très-considérable, assurément; mais ■ elle est accompagnée de tant de mauvaises circonstonces, qu'il est très-bon de ne s'y point frotter, MOL. C. Dand. l, <• Il Se frotter au pilier, se disait pour signifier : prendre les mauvaises habitudes des gens que l'on hante (comme on salit ses habits en se frotlant contre les piliers des appartements que l'on fréquente). || Fig. S'attaquer à quelqu'un, entreprendre certaines choses. Quelle foule! je n'ai garde de m'y aller frotter, et j'aime mieux entrer des derniers, moi. Impr. i, ». Ce bon prince, après avoir vu ma réponse, dit : j'ai mon compte, je ne m'y frotte plus, j. j. Rouss. Conf. viii. \\ Ne vous y frottez pas, je ne vous conseille pas de vous y frotter, se dit quand on veut dissuader quelqu un de faire une chose dangereuse pour lui. || 9° S'endviire , se frictionner. Les athlètes se frottaient d'huile avant que de lutter. Frottez-vous de pommade, mangez et dormez, volt. Cand. 7. || Fig. Prendre une légère connaissance de. Se frotter de latin. Il 10° Se frotter, se battre l'un contre l'autre. Cependant avec moi viens prendre à la maison Pour nous frotter.... mol. D^p. am. v, 4. || Proverbes. Oui s'y frotte s'y pique, c'est-à-dire celui qui s'attaque à cet homme, qui entreprend cette affaire, en reçoit du dommage. || Un mulet frotte l'autre, (les hommes sans valeur réelle se louent, se vantent réciproquement.

— HIST. xii* s. Ganor rien nule n'asseOre, Frote ses dois, frote ses mains, oautier d'arras, Ille et Galeron. Si tost cum il s'i ert plungez. Lavez et frotez et baigniez.... benoît, u, 4391. || xiii's. Quant s'esveilla,si out la vue, Ki cler veet avant, perdue; Il frote frunt e oilz e bûche, Edouard le confesseur, y. 3910. [Elles] La frotent et eschaufent, de cuer, soigneusement, Berte, xlvii. Une herbe avoit en s'aumosniere, ....Benart en a moult tost frotée Toute sa chiere et nerciée [noircie]. Et tout son cors deiivrement, Ken. 22u»7. Toute voiz trouva l'en par les quatre plungeurs que au fréter que nostre nef avoit fait ou sablon, en avoit bien osté quatre taises du tyson sur quoy la nef estoit fondée, joinv. 283. Oui fort se cuide et sage gart soi en tous costés ; Car si tost com tiex [tel] cuers s'est à pechié frotés. S'en est aucunes fois tous li plus assotés, Et qui le plus envisen puet puis estre ostés, i. de meuno, Test. 4 834. Il XV' s. Chier frère, ne vous en doubtez. Que François nous ne devons craindre ; S'i venent, i seront frotez, Myst. du siège d'Orléans, p. 607. Il XVI* s. Et de ce bouquet s'estant frotté les yeuli, elle recouvra la veue, mort, i, 203. La journée de Sainct Barthélémy, où les compagnons furent pris endormis et frottez à dire dont venez vous, Sat. Uin. Harangue d'Aubray. Le seigneur d'Andelot blessa le gênerai en la main, et enfonça sa bourguignotte à tels coups d'espée, que le gênerai ha confessé plusieurs fois depuis en bonne compagnie qu'il ne fut en sa vie si bien frotté, beauqué. Guerre d'EiCosse, u, b. Il trouvera des gens à qui parler là-bas, et faut qu'il ne s'y frotte sa mitaine, brant. Cap. fr. t. m, p. 373, dans lacurne. Et voulurent les dits Anglois surprendre Onfleur, auquel lieu ils furent bien frottés, condé, Mém. p. 693.

— ÉTVM. Berry, [relier, ferler; provenç. frelar; espagn. frotar, flotar ; ital. frettare. Le berrichon parait faire la transition entre frotter du français et les formes qui ont l'e, et il appuie Diez, qui donne à tous ces mots le même radical, latin frictum, frotter; admettant en même temps que l'espagnol frotar est emprunté au français. Ce qui a peut-être facilité le changement de l'i ou e en o, c est l'ancienne forme froier, frotter, de fricare.

t FROTTERIE (fro-te-rie), *. f. Action de frotter les caractères d'imprimerie sur un grès pour enlever les bavures qui s'y trouvent.

— ÊTYM. FrolUr.

FROTTEUR (fro-teur), t. m. Celui qui frotte les parquets. l'ayer le frotteur.

+ FROTTEUSE, *. f. Ouvrière qui frotte les caractères d'imprimerie sur le grès.

— ÊTYM. Frotter.

t FROTTIS (fro-tl), s. m. Terme de peintre en Mliment. Faire des frottis, étendre partiellement tine couleur transparente pour imiter les nuances de la matière sur une peinture représentant les coupes et appareils de la pierre ou représentant du marbre. || Il se dit aitssi dans la peinture d'art. Nos peintres emploient tous les jours le mot frottis, mot qui, n'ayant été créé que parce qu'il manquait à la langue de l'art, doit être considéré comme un terme technique en peinture, paillot de momtabert, Traité complet de la peinture, t. ix, ch. 673.

FRU

— f.TYM. Frotter.

FROTTOIR (froloir), ». m. || 1* Linge dont on se sert pour frotter la tète ou le corps. || Linge dont les barbiers se servent pour essuyer le rasoir. Il 2' Terme de physique. Chacun des coussins entre lesquels on fait tourner le plateau de verre d'une machine électrique. || 8" Petite plaque sur laquelle on frotte les allumettes dans l'emploi du phosphore amorphe (ces allumettes ne prennent pas feu ailleurs que sur le frottoir) . || 4° Brosse pour frotter le plancher des appartements. || Outil pour frotter le dos des livres. |{ Petit coussin pour donner le lustre aux chapeaux. || Tissu de crin pour frotter les cordes à boyau. || Planche percée pour frotter et polir le chanvre. || Terme do marine. Outil pour aplanir les coutures des voiles. {{ 6° Terme de peinture. Kspèce de glacis.

— RTYM. Frotter.

t FROTTON (fro-ton), t. m. Instrument employé dans la fabrication des cartes à jouer, et qui, chargé de la couleur qu'on se propose d'imprimer, est passé à la main sur une mince plaque de laiton découpée à jour.

— ÉTYM. Frotter.

t FROUEMENT (frou-man) , t. m. Terme de chasse. Action de frouer ; résultat de cette action.

FROUER (frou-él, V. n. Terme d'oiseleur. Faire un certain sifflement, par lequel on imite le cri de la chouette, pour attirer des oiseaux. On froue, avant que de piper, parce que le pipeau, qui donne un son plus aigu, n'est que pour appeler les oiseaiu éloignés.

— ÉTYM. Onomatopée.

t FROU-FROU (frou-frou). || !• Onomatopée dont on se sert pour exprimer le froissement des feuilles, des vêtements, particulièrement des robes de soie, de taffetas. Il Populairement. Faire frou-frou, faire du frou-frou, étalerun grand luxe. ||2° S. m. Nom vulgaire des oiseaux-mouches. \\ Au plur. Des frou-frous.

— REM. Au commencement du xvii' siècle, on a dit frifllis, dans un sens analogue : Vous aimez la foi, et ne voudriez pas qu'une seule pensée vous vint au contraire; et, tout aussitôt qu'une seule vous touche, vous vous en attristez et troublez ; vous êtes trop jalouse de cette pureté de foi; il vous semble que tout se gâte; non, non, ma fille, laissez courir le vent, et ne croyez pas que le frifilis des feuilles soit le cliquetis des armes, st François de SALES, Lett. à Mme de Chantai, 30 août )oo5.

FRUCTIDOR (fru-kti-dor), s. m. Le douzième mois du calendrier républicain. Fructidor s'étendait du 48aoi^tau te septembre. || Le (8 fructidor (4 sept. «797), coup d'État du Directoire, qui frappa de déchéance et d'exil plusieurs membres des assemblées législatives. || Par extension. Faire un is fructidor, épurer violemment, illégalement, le corps représentatif.

— ÊTYM. Lat. fructus, fruit, et la finale dor, adoptée pour les mois d'été.

t FRUCTIDORISË , ÉE (fru-kti-do-ri-zé , zée), part, passé de fructidoriser. Le parti fructidorisé. Il Substantivement. Un fructidorisé.

t FRUCTIDORISER (fru-kti-do-ri-zé), V. a. Frapper par le coup d'Etat du (8 fructidor, et, par extension, épurer par la violence une assemblée législative.

t FRUCTIFÈRE (fru-kti-fê-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte des fruits, ou, comme dans les cryptogames, des corps reproducteurs.

— ÊTYM. Lat. fructus, fruit, et ferre, porter.

t FRUCTIFICATEUR , ICE (fru-kti-fi-ka-teur , tri-s'), adj. Terme didactique. Qui lait fructifier. Les influences fructificatrices.

— ÊTYM. Fructifier.

+ FRUCTIFIANT, ANTE (fru-kti-fl-an, an-f), od;. Qui fructifie. U ne se dit qu'au figuré. Des paroles fructifiantes. Une leçon fructifiante.

FRUCTIFICATION ( fru-kti-fi -ka-sion ) , s. f. Il 1° Terme de botanique. Production de fruits. Les gens de la campagne vont ramasser les fleurs qui naissent sur les palmiers mâles, ils les attachent aux branches des palmiers femelles ou en secouent la poussière sur les grappes de ces derniers, et ils assurent que cette petite manipulation est toujours suivie d'une fructification plus abondante, bonnet, Contempl. riat. VI, 7. Il Ensemble des phénomènes qui accompagnent la formation du fruit jusqu'à sa maturité. Il 2* Disposition des parties dont û réunion forme le fruit. Il Ensemble des fruits que porte un végétal quelconque. || 3* Le temps où la fructification a lieu. Il 4* Dans les cryptogames, ensemble des organes reproducteurs.

— UIST. zvi* s. Avec plus d'avaucemeot pour le

FRU

respect de la fructification, s'edifie la vipne pai sauteies entières, o. he serres, Ui.

— ÊTYM. Lat. fructificationem , de fruclifitare, fructifier.

FHUCTIPIEB (fru-ktl-fi-é), je fructifiais, nou* fructifitons, vous fructifiiez; que je fructifie, que nou» fructifiions, que vous fructifiiez, c. n. || 1" Produire du fruit. Une terre bien fumée fructifie davantage. Il 2' Terme de botanique. Il se dit des végétaux qui sont en fructification. Cette plante ns fructifie qu'à telle époque. Un arbre planté à contre-sens, les racines en haut, les branches en bas, vit, croit, fructifie : de ses racines sortent des branches, et de ses branches sortent des racines, bonnet, Contempl. nat. x, 27. || 3* Fig. Produire un effet, un résultat avantageux. Les bons exemples fructifient. Vos mains sont trop heureuses pour rien planter qui ne fructifie, balz. liv. v, lett. 24. Quant à la substance de la pluie, elle ne tombe pas moins sur les rochers et sur les lieux stériles que sur ceux où elle fructifie; et ainsi, selon cette comparaison, Jésus-Christ ne doit pas être moins substantiellement présent aux endurcis qu'aux fidèles qui reçoivent son sacrement, quoiqu'il ne fructifie qaa dans les derniers, boss. ¥ar. ix, § 63. Les idées que je lui ai données sur ce sujet ont plus fructifia entre ses mains qu'elles n'auraient fait entre les miennes, bupf. Anim. vm. ||4* Produire des bénéfices. Faire fructifier une somme d'argent. Vous verriez tous les ans fructifier vos vers, boil. Sat. ii. Il Faire fructifier la vigne du Seigneur, faire des conversions. || U se conjugue avec l'auxiliaire atoir.

— HIST. XII' s. Bon ente en bon estoc doit bien fructifier, 77». le mart. 4 28. Tute ma salveted e ma volented est en sa poested, e quant que de ço en est fructefied en bien, Rois, p. 21 1 . 0 parole brief et plaine, parole vive et fructifianz et digne qu'ele tôt par tôt soit receue, st bern. 6&8. {| xiii' s. Vivier et sauvoir et fossé, où poisson se poent norrir et fructifier , BEAOM. xxvii , 30. Ceste arbre cumença à nestre, Flurir, fructifier e crestre, Edouard le conf. v. 88 M. Quant li soleiz, fet ele, est hauz, On [au] tans d'estei si est li chauz. Que rienz ne laist fructifier, E terre e herbe fet sechier, marie. Fable 6. il XIV s. [Dieu] Qui vous a donné forche et hardement si fier. Et biauté dont en bien porez fructifier, Hugues Capet, v. 4036. || xv s. Ainsi que faict homme nay pour soy seulement, sans fructifier à la commune utilité, al. chartier, Quadriloge invectif.

— ÊTYM. Prov. fructificar , fructifiar ; espagn. fructificar; ital. fruttificare ; du lat. fructifUare, de fructus, fruit, et facere , faire. L'ancien français avait aussi fruchier, dérivé directement de fruit.

FRUCTUEUSEMENT (fru-ktu-eû-ze-man) , adv.

Avec fruit, avec succès. Travailler fructueusement.

— HIST. xiv s. Fructueusement, monet, DiU.

— ÊTYM. Fructueuse, et le suffixe ment. FRUCTUEUX, EUSE (fru-ktu-eû, eù-z'), adj.

Il 1° Oui produit du fruit. Des tiges fructueuses. La grêle.... qui.... Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, boil. LxUr. v. || 2' Fig. Utile, salutaire. Elles rendent les prières plus languissantes et moins efficaces, les communions moins fiructueuses, Nicole, Essais, t. vi, p. 4 6, dans podgens. Enfin je l'ai trouvée, cette arfliction fructueuse, cette douleur salutaire de la pénitence, boss. 2*tfrmon, jeudi de la Passion, 1. 1| 8' Lucratif. Occupation fructueuse.

— HIST. xv s. Et au regard des autres biens de terre, ne fut pas grant habondance de vin, mais U mer fut fort fructueuse, j. de troyes. Chron. 4 464. Il XVI* s. Elles ne portent aucun fruict, mais, qui pis est, en croissant nuisent aux bonnes et fructueuses plantes, amtot. Mauvaise honte, 4. Plus fructueuse ne plus salutaire estude ne pourroit il faire, m. Moral. Êpit. p. 6. Las! faudra-il qu'un gendarme impiteux Tienne ce champ tant culte et fructueux? marot, iv, 6.

— ÊTYM. Prev. fructuos; esp. fructuoso; itaL fruttuoso; du lat. fYuctuosus, de fructus, fruit.

t KtUCTULB (fru-ktu-l"), t. m. Partie d'un fruit composé.

— ÊTYM. Diminutif du latin fructus, fruit.

t FRUCTUOSITÉ (fru-ktu-«-zi-té), s. f. Qualité de ce (|ui est fructueux.

— HIST. XVI' s. Fructuosité, cotoratb

— ÉTYM. Fructueux.

FRUGAL, ALE, (frugal, ga-H, adj. Qui se contente d'une nourriture simple, d'aliments peu recherchés. Il est très-frugal. Sénèque éuit frugal; riche, il vivait comme s'il eût été pauvre, didek. Claude et Nér. ii , »7. || Il sa dit des choses au même sens. Meuer une vie frugale. U Repas frugal,

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table frugale, repas, table où l'on ne sort que des mets simples et sans apprêt. || Fig. Vous ne savez pas les difficultés de l'état austère que vous embrassez ; il faut avoir un cœur bien frugal pour le soutenir, c'est une espèce de solitaire qu'une fille, UABiVAUX, Serments indisc. i, i.

— REM. Le pluriel frugaux n'est pas usité. Cependant il faut approuver Legoarant qui écrit : «Je ne vois aucune raison pour ne pas dire des repas frugaux, des hommes frugaux. » C'est en effet une lacune regrettable que l'absence de ce pluriel; et frugaux n'a rien qui doive choquer.

— SYN. FRUGAL, SOBRE. L'homme frugal se nourrit de mets simples; l'homme sobre ne mange que ce qui est nécessaire à ses besoins ; on peut être sobre à une table somptueuse. Frugal a rapport à la qualité des mets, sobre à la quantité.

— IlIST. XVI' s. Frugal, oudin, Dict.

— ETYM. Lat. frugalis, de frux, fruit, moisson : qui est propre aux moissons, qui vit des fruits de la terre et, de là, frupal.

FRCGALEMENT (fru-ga-le-man), ad». D'une manière frugale. Pour vivre frugalement comme ses pères ont vécu, fén. Tél. xix.

— ÉTYM. Frtigale, et le suffixe ment.

FRUGALITÉ (fru-ga-li-té), s. f. Qualité de ce qui

est frugal; simplicité de vie, de mœurs. Ô que la frugalité de ce digne pasteur condamnera d'ecclésiastiques qui prétendent se distinguer par ces profusions splendides, ces délicatesse recherchées de leur table, dont la religion rougit pour eux i boss. Petnég. de St Sulpice, 2. Sa table toutefois sans superfluité N'avait rien que d'honnête en sa frugalité, BOiL. Sot. X. Ma frugalité Asservit la nature à mon austérité, volt. Fanât, ii, 4. Connaissant assez son fils pour croire que ce changement ne corromprait pas sa frugalité etla bonté de son caractère, ID. Russie, u, 7.

— HIST. XIV' s. Il ne fut onques cité, en laquelle poureté et frugalité aient esté tant longuement honorées, BERCHEURE, f° 7, veTso. |{ XVI' S. Nous avous des contes merveilleux de la frugalité de nos roys autour de leurs personnes, et en leurs dons; grands roys en crédit, en valeur et en fortune, mont, iv, 7.

— ÉTYM. Lat. fTugalitatem, de frugalis, frugal, t FRUGARDITE (fru-gar-di-f) , s. f. Terme de

minéralogie. Sorte de pierre précieuse.

t FRUGIFÈRE (fru-ji-fê-r'), adj. Terme didactique. Qui porte des fruits.

— ÉTYM. Lat. fruges, fruits, et /'erre, porter.

t FR06ILÉGE (fru-ji-lè-j') , s. m. Le freux est frugilége, c'est-à-dire qu'il vit de grains qu'il va chercher en terre.

— ÉTYM. Lat. fruges, graines, et légère, recueillir. FRUGIVORE (fru-ji-vo-r'). Il 1° Adj. Qui ne se

nourrit que de fruits, de végétaux. L'ours brun est frugivore. || On dit de même : régime frugivore, vie frugivore. || 2° S. m. plur. Les frugivores, animaux qui ne vivent que de fruits et de grains. Cet oiseau [le tétras] gratte la terre comme tous les frugivores, BUFF. Ois. t. iii, p. 287.

— ETYM. Lat. fruges, grains, fruits de la terre, et vorare, manger.

< . FRUIT (frui ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, Vs se lie : des frui-z excellents), s. m. Il 1° Produit des végétaux qui provient de l'évolution de la fleur et qui contient les graines. Fruit pulpeux. Fruit sec, fruit qui n'a point de pulpe. Pendant l'hiver, l'arbre mort et l'arbre vivant paraissent égaux ; ils sont tous deux sains fruits et sans feuilles, boss. 2' sermon, Providence, 1. Il Terme de botanique. Tout ovaire fécondé et accru. Il Fruit multiple (syncarpe de quelques auteurs), le fruit résultant de plusieurs ovaires qui, renfermés dans une même fleur, mais distincts avant la fécondation, sont soudés à leur maturité. Il 8° II se dit particulièrement des productions des arbres fruitiers. Fruit à noyau. Des fruits juteux. Il en est de même de la plupart de nos fruits; leurs noms montrent encore qu'ils nous viennent d'Asie et d'Afrique, fleury, Moeurs des Israélites, tit. vu, 2' part. p. 73, dans podgens. Il fait naître et mûrir les fruits ; II leur dispense avec mesure Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits, rac. Athal. i, 4. Des fruits d'une couleur vermeille descendaient en forme de grappe à la portée de ma main, buff. l'Homme. M. Haies, dans sa Statique des végétaux, rapporte plusieurs expériences qu'il a tentées pour essayer de changer le goût naturel des fruits, et leur communiquer celui de quelques liqueurs spiritueuses et de diverses infusions odoriférantes, bonnet Us. feuilles plant. 5' mém. Je te donne des fruits, une tente, un chameau; Voilà tous mes trésors, c'est

DICT. DK LA LANGUE FfiANÇAISB.

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là notre richesse, nticis, Abuf. i, 3. Les fruits se s^ohent-ils sur nos livres arides ? c. delav. Paria, II, 6. Alors qu'entre la vie et la mort incertaine, Comme un fruit par son poids détaché du rameau, Notre âme est suspendue et tremble à chaque haleine Sur la nuit du tombeau, lamart. Méd. n, 22. Il Fruits d'été, fruits d'automne, fruits d'hiver, les fruits qui se mangent en été, en automne, en hiver, jj Fruits rouges, les fraises, framboises, cerises, groseilles. || Les quatre fruits, nom qu'on donne à des fruits qu'on mélange ordinairement pour les servir. Quatre fruits rouges, les fraises, les cerises, les groseilles et les framboises. Quatre fruits jaunes, l'orange, le citron, la bigarade et le cédrat. || Terme do pharmacie. Les quatre fruits, les dattes privées de noyaux, les jujubes, les figues, et les raisins ou les pruneaux secs ; on en fait une tisane pectorale. Il Fruits légumiers, nom donné aux melons, aubergines, tomates, courges, etc. H Fruits sauvages ou des forêts, les glands, faînes, châtaignes, etc. Il Mettre à fruit, tailler un arbro de manière qu'il rapporte du fruit. Les cultivateurs savent assez que, pour mettre à fruit un arbre trop vigoureux, il ne faut que l'affaiblir, et il est plus d'un moyen de procurer cet affaiblissement, bonnet, Contempl. nat. X, 27. Il Fruit à pain, fruit du jacquier cultivé. Il Fruits d'or, les fruits d'un jaune d'or. Vois sous tant de fruits d'or ces orangers plier, desfontaines. Il Fig. La mort, ennemie des fruits que nous promettait la princesse, les a ravagés dans la fleur, boss. Duch. d'Orl. De pour de s'amollir par la tendresse [auprès du dauphin, fils de Louis XIV], il emprunta l'autorité du roi; de peur de rebuter par l'austérité des préceptes, il prit les entrailles du père; et par ce juste tempérament U avançait en lui les fruits de la raison et corrigeait les défauts de l'âge, fléch. Duc de Mont. || Le fruit défendu, le fruit auquel Dieu avait défendu dans le paradis terrestre qu'Adam et Eve touchassent. Il [saint Grégoire de Nazianze] dit que nous avons goûté en Adam le fruit défendu ; qu'en lui nous avons violé la loi de Dieu, et qu'aussi nous avons été chassés en lui du paradis, boss. Déf. de la trad. et des saints Pères, viii, 32. || Fig. Le fruit défendu, ce qu'on ne peut désirer que témérairement ou indûment, et qu'on désire précisément parce qu'on en est privé. On a du goût pour le fruit défendu. || Fig. C'est du fruit nouveau, c'est une chose nouvelle, inattendue. Voilà du fruit nouveau ; quel démon favorable Vous rend l'accueil si doux et l'humeur si traitable ? begnaro. Fol. am. II, ^. Il Fig. C'est du fruit nouveau de vous voir, se dit familièrement à une personne qu'il y a longtemps qu'on n'a vue. Voici milord Houzey votre frère, c'est du fruit nouveau, boissï, Français à Londres , se. 5. Il Fruits secs, fruits que l'on fait sécher et que l'on conserve. || Fig. Fruit sec, expression servant à désigner des jeunes gens qui n'ont pas satisfait complètement aux examens de sortie d'une école fournissant des sujets pour les services publics. Ce maréchal des logis d'artillerie est un fruit sec de l'école polytechnique; et son cousin sergent d'infanterie était un fruit sec de Saint-Cyr. Ce capitaine au long cours est un fruit sec de l'école navale. Cette appellation vient de l'école polytechnique, où un jeune homme de Tours qui travaillait peu fut interpellé par ses camarades pour savoir quelles étaient ses intentions s'il n'était pas classé. Il répondit : «t Je ferai comme mon père le commerce des fruits secs. » Et en effet, ce fut son lot, legoarant. || 3° Le dessert , tout ce qu'on sert au dernier service de table, après les viandes et les entremets. Servir le fruit. Il mangea à son fruit beaucoup de raisin muscat. Journal de la santé du roi (Louis XIV], p. 289. Il se lève avant le fruit et prend congé de la compagnie, LA BRUT. XI. Vous grondoroz mal à propos un serviteur, si vous voulez qu'il ait dressé un fruit plus promptement qu'il n'est possible, fén. t. xvu, p. 95. Qu'on mette au bas de chaque lettre par apostille que le rôt sera de chez la Guerbois, le vin de Darboulin, le fruit de la rue des Lombards, dancourt, Déroute du Pharaon, se. 2. Il n'importe pas que le czar se soit enivré et qu'il ait coupé quelques têtes au fruit, il importe de connaître un pays qui a vaincu les Suédois et les Turcs, volt. Lett. d'Argental, <9 août 4 7B7. || En cet emploi, il n'a point de pluriel. || Fruit monté, fruit de dessert décoré avec des cristaux, des figures de sucre, etc. 114» Au plur. Les productions de la terre, les récoltes. Les fruits de la terre. De quelque détour que l'on se serve pour convertir l'argent en denrées ou les denrées en argent, il faut toujours que tout revienne aux fruits de la terre et aux auimaux qu'elle nourrit, bolli», Hist. anc. Œuvres, t. l, p. 40<,

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dans pouGENS. On voit partout dans Homère des rois et des princes vivant des fruits de leurs terres et de leurs troupeaux, fleurt. Mœurs des Israélites, titre VI, 2' part. p. &4, dans pougens. || Fruits pendants par les racines, par racines, les blés, et généralement tous les fruits lorsqu'ils sont encore sur pied. Fruits pendants par branches, les fruits non encore détachés de l'arbre. Les fruits naturel.') et industriels, pendants par branches et par racines au moment où l'usufruit est ouvert, appartiennent à l'usufruitier, Code Napol. art. 585. || Fig. Ici [dans l'Ile de Cypre] la terre ne porte pour fruit que du poison, l'air qu'on respire est empeste, fén. Tél. IV. il 6° Terme de jurisprudence. Les produits, les revenus d'une terre, d'un fonds, d'une charge. Avoir l'usage des fruits d'une terre. Les fruits et émoluments d'une charge. || Fruits naturels, les productions spontanées d'un fonds, comme le foin, le bois, le croit des animaux. || Fruits industriels, ceux qu'on obtient par la culture, comme le blé, le vin. || Fruits civils, les loyers et revenus, les intérêts d'un fonds. Il 6° Par assimilation, l'enfant par rapport à sa mère, quand il est encore dans le sein maternel ou qu'il vient de naître (emploi dans lequel il n'a pas de pluriel) . Elle porte en ses flancs un fruit de cet amour, corn. Sertor. m, 4. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni, SACI, Bible, Év. St Luc, i, 42. La veuve lui envoya dire sous main que, s'il voulait lui promettre de l'épouser quand il serait roi, elle ferait périr son fruit, hollin, Ilist. anc. Œuv. t. u, p. 5(2, dans pougens. || Détruire, défaire son fruit, se faire avorter. || L'enfant déjà né, par rapport au père et à la mère; en cet emploi il reçoit le pluriel. Enghien, de son hymen [de CondéJ le seul et digne fruit, BOIL. Ép. IV. [Ces femmes qui] prenant en dégoût les fruits nés de leurs flancs, m. Sat. x. Je vis moi-même alors le fruit de leurs amours, bac. Iphig. V, 6. Rome.... ne reconnaît point les fruits illégitimes Qui naissent d'un hymen contraire à ses maximes, m. Bérén. u, a. N'étes-vous pas ici sur la montagne sainte Où le père des Juife [Abraham] sur son fils innocent Leva sans murmurer un bras obéissant. Et mit sur un bûcher ce fruit de sa vieiUesse? id Athal. iv, 5. Hélas! ce dernier fruit de leur foi conjugale.... volt. Orphel. i, i. C'est alors que ma paupière Vous vit pâlir et mourir, Tendres fruits qu'à la lumière Dieu n'a pas laissés mûrir! lamart. Harm. u, 1. |l Fig. Aller, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine, boil. Ép. x. Il 7° Fig. Avantage, profit. Aussi bien quand je serais aussi éloquent que vous dites, je n'en voudrais pas tirer de plus grand fruit que de gagner en votre âme la place que je connais par là que j'y ai déjà, VOIT. Lett. 37. Voyez quel prompt remède on y peut apporter, Et quel fruit nous aurons de la violenter, COBN. Sert. IV, 3. Votre sévérité, sans produire aucun fruit. Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup de bruit, id. Cinna, iv, 4. Quelque fruit que par là j'espère de cueillir, id. ib. m, 3. Mais quel fruit pensez-vous en pouvoir recueilUr? id. Sertor. iv, 2. Ccir, au nom des dieux, je vous prie Quel fruit de ce labeur pensez-vous recueillir? la font. Fabl. VIII, \ I . Quelque bien de mon père et le fruit de mes peines, mol. i'£«. iv, I. J'ai peur que son voyage en cette ville ne produise peu de fruit, id. le Fest. i, i. Je lui laisse la liberté de jouir, durant quelques jours, du fruit de son bienfait, id. ib. III, 6. Ai-je enfin disposé du fruit de leurs exploits? RAC. Andr. i, 2. Quel fruit te promets-tu de ta coupable audace? in. Mithr. v, i. Voici le temps, seigneur, où vous devez attendre Le fruit de tant de sang qu'ils [les Romains] vous ont vu répandre, id. Bérén. i, 3. Laisse-moi des périls dont j'attends tout le fruit , id. Andr. ni, i . Contre tous les poisons soigneux de me défendre. J'ai perdu tout le fruit que j'en pouvais attendre, id. Mithr. r, 4. Pour tout le fruit enfin d'une illustre victoire.... Je ne lui demandais que l'honneur d'être à vous, iD. Iphig. m, 6. Hélas! du crime affreux dont la honte me suit. Jamais mon triste cœur n'a recueilli le fruit, ID. Phèd. iv, 6. Souvent on tire plus de fruit de ses fautes que de ses belles actions, fén. Tél. XXII. A-t-il gardé pour lui le fruit de ses conquêtes? VOLT. M. de Ces. m, s. Il fut difficile alors de décider lequel avait acquis le plus d'honneur, ou de Condé victorieux, ou de Turenne qui lui avait arraché le fruit de sa victoire, volt. Louis XIY, 5. il On dit, au pluriel, dans un sens analogue, les fruits d'un travail, d'une industrie. On commence à goûter ici les fruits de la paix, boss. Lett. 206. Il Sans fruit, inutilement. Pour ne pas souffrir qu'il me soit reproché Qu'un soldat indigent m'ait sans

mu

fruit approché, botb. IIiHis. i, a. N'allnî: pas sur de» ver» sin» fniit vous cnnsumRr, boil. Art p. I. Souffrst-TOUS nup sans fruit Joatl laisse égorger Vous, «on flls, tout co peuple f bag. Alhal. v, a. Je lui laissai «ans fruit consumer sa tendresse, m. Hrit. IV a. Il Avec fruit, utilement. Il a lu avec fruit les auteurs classiques. || 8° 1,0 ri-sulUt, l'effet de quelque chose, en bien ou l'n mal. Quoi I vous voulez quitter le fniit de tant de peines! cohn. Ct'nno, iv, 3. Sa modération durant quarante années était le fniit d'une sagesse consommée, boss. le Tellier. La conversion du monde était le fruit de sa croix fde JésusJ, ID. Hist. II, H. Écoutons saint Paul, qui nous en marque [de l'orgueil] les fruits par ces paroles : les fruits de la chair, dit-il, et sous ce nom llKJompreud l'orgueil, .sont les inimitiés, las disputes.... lu. Conmpiu. 18. Un des fniits qu'elle produisit fut la servitude où tomba l'Église, id. Var. v, § 8. Et peut-être pour fruit d'un téméraire amour Exposer votre nom au inépris de sa cour, bac. Mithr. m, 4. Et les arrêts du sort Veulent que ce bonheur soit un fruit de ma mort, m. Iphig. v, 2. Les soupçons importunsSont d'un second hymen les fruits les plus communs, id. Phèd. II, B. Le fruit des guerres civiles de Rome a été l'esclavage, et celui des troubles d'Angleterre la liberté, voi.t. Dict. phil. Parlera. d'Angtet. Qu'on cesse de livrer aui flammes, au pillage. Ces archives de lois, ce vaste amas d'écrits, Tous ces fruits du génie, objets de vos mépris, id. Orphel. ii, 5. Il 9' Dans le langage de l'Église, effets avantageux obtenus par la pénitence, par les exhortations, les prédications, etc. Il crut que je pourrais faire fruit en écrivant, PASC. Pro». 8. Pourquoi m'arrêter, messieurs, à vous raconter le fruit qu'il a fait dans la ville de Thessaloniqueî boss. Panég. St Paul, 2. Dieu leur fera sentir du fruit de la conduite épiscopale, id. Lelt.abb. 45. Le renfort qu'il envoya [en Angleterre] produisit de nouveaux fruits, id. Hist. i, n. Le grand fruit que faisait parmi les gentils la prédication de l'Évangile, ID. Hist. u, to. Des ministres plus saints, plus habiles et plus capables de faire du fruit, mass. Confér. Zèle contre les scandales. Il 10° Terme d'architecture. Fruits, les ornements de sculpture qui représentent des fruits naturels. — HIST. iiii* s. Li chien i vienent à grant bruit, Oui du sanglier veulent le fruit, Parlonopeus, ms. de St-Germ. f' <2«,dansiACDRNE. La royne qui pois [puis] porta le noble fruit [le noble enfant], Berle, xxxvi. Et dusques à tant que le [la] terre voz sera assise et que vous en serez en le [la] saizine, puisje fere les fruis miens, comme de mon héritage, BEAUM. IX, 7. Pais, pascienche, carités. Joie, fois et humilités. Bontés, aumosnes, penitenche, Sens, douchours [douceur], pités et scienche, Chou [ce] est li fruis selon la letre Ki l'ame puet en gloire mètre, gdi de cambbai, Barl. et Jot. p. «5. || xv s. Pourquoi je vous prie que laissions telles paroles qui ne peuvent porter fruit, monstbkl. liv. i, ch. 2. On est amé tant qu'on fait fruit [qu'on est utile], EnsT. DESCH. Poésies mst. f° i8. U y a trois fois trop de gens Qui happent le fruit et la fleur, id. l'b. t° 294. Tant garde-on fruict qu'il se pourrist, Villon, Bail. On voit souvent issir de belle fleur fruit crochu, et, affin que vous sachez pour quoy et par quelle raison ma mère, qui si très belle estoit, apporta fruit si bossu.... Perceforest , t. i, f" 74. Pour ce dist le sage : le bon fruit vient de bonne ente, et ainsi du contraire, ib. t. l, f° 32. Qui désire le fruit, à peu d'occasion il jette l'œil, tb. t. VI, f" 88. Il XVI* s. Exiger dismes de bois, foins, herbes et toutes grosses bestes à cornes, moutons, brebis, agneaux, laines, pourceaux, veaux, oisons et autres semblables fruicts, Nouv. cousl. gén. t. u, p. 1K4. C'est merveille du fruict que chascun y faict, MONT. I, <«4. Ils mangeoient, comme nous, le fruict à l'issue de la table, id. i, 372.

— ETYM. Berry, fru, frut; bourguign. fru; provenç, frug, frut; catal. fruyt; espagn. frulo; ital. frutlo; du lat. fructus, fruit, de frut, jouir.

2. FRUIT (frui) , s. m. Terme de maçonnerie. Inclinaison donnée i la face antérieure d'un mur, qui, ,\ mesure qu'il s'élève, et pour en diminuer l'épaisseur, s'éloigne constamment du pl,an vertical mené par sa base. Le fruit de ce mur est d'un centimètre par mètre. C'est pour la plus grande solidité qu'on donne du fruit aux murs. Un mur à plomb n'a point de fruit, parce qu'il n'a pas d'inclinaison. Il On a dit aussi Irit, bichelbt.

— fiTYU. Il est vraisemblable que la forme primitive est frit, qu'une vicieuse assimilation a rapproché de /rut». On trouve des localités dites pi>rr#- (i'ite, qui présentent des encorbellements naturels, •.•■.» laMus s^iilUiUcs f'jrmues par la rocl'.o usée ; c'est

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encore le mot frit dans un sens voisin de celui des maçons. On peut supposer que frit est congénère de frayer, user, et vient comme lui du latin fricare, user.

t FHUITAGE (frul-ta-j'), ». m. Toute sorte de fruits bons à manger, Dict. de VAcad. de ISM. Il ne vit que de fruitage.

— HIST. XII' s. Icclle Jehanne s'entremettoit de vendre harens, fruitages et porées, no canob, /hMtuagium. || xvi* s. Un verger fourni de toute» tories et espèces de fruitage, o. de serbes, 725.

— Rtym. Fruit. Ce mot est en plein usage dans les campagnes de la haute Normandie.

FRlTITfi, t.V. (fruité, tée),a(ij.Ternie de blason. Se dit d'un arbre cli.irgé de fruits d'un émail différent.

— ETYM. Fruit.

FRCITERIK (frui-te-rie),«. f. \\ !• Endroit où l'on conserve le fruit. Faire porter et ranger dans la fruiterie les fruits qui ne mûrissent qu'après être serrés, la quintinye, Jardins, i, m, H.||a° Office oit sont déposés les fruits, etc. jj 3° Le commerce du fruitier ; sa boutique. || 4° Lieu où l'on fait des fromages, ei\ Franche-Comté.

— HIST. XV* s. Valet do la fruiterie, uv canoë, fructuarius.

— ÊTYM. Fruit.

t . FRUITIER, 1ÈRE (frui-tié, tiè-r'), adj. jj !• Qui produit du fruit. Les collines étaient chargées de ceps de vigne et d'arbres fruitiers, fén. t. xix,p. ))4. Il Substantivement (cet emploi est un archaïsme; voy. l'iiistorique). Il dit que tout arbre infertile Lui semblait un arbre inutile; Qu'il ne voulait plus en souffrir. Et qu'il était résolu de remplir Son jardin de fruitiers, pour enrichir sa table, la font. Clfiitvres inédites, publiées par Lacroix, (8«3. p. 25. Il Jardin fruitier, jardin planté d'arbres à fruit. Il 2° Qui est semé de pépins. Terre fruitière.

— HIST. XVI* s. La terre produit verdure, arbres fruitiers, pabê, xxiv, 2. Celle est la façon de toutes sortes de vins fruitiers, estant les pommes et poires guides des autres fruits, 0. de serbes, 25(. ....Les fruictiers qui ont bien touts quelque naturel à part, lequel ils gardent bien si on les laisse venir; mais ils le laissent aussi tost pour porter d'autres fruicts estrengiers et non les leurs, selon qu'on les ente, la BoéiiE, Servit, volant. Une haute montaigne pleine de fruictiers et arbres verdoyants, mont. ly, 43.

— ÊTYM. Fruit; provenç. fruchier, fruitier; catal. fruyter ; espag. fructero, frutero ; portug. fruteiro.

2. FRUITIKR, 1ÈRE (frui-tié, tiè-r'), S. m. et f. Il 1° Celui, celle qui vend du fruit, des légumes. Il 2* S. m. Jardin rempli uniquement d'arbres fruitiers. On dit plutôt verger. || 3° Endroit où l'on garde le fruit. Chezles paysans la huche et le fruitier sont toujours ouverts, j. j. rouss. Ém. 11. || 4° Traité sur les fruits. || 5° S. f. Fruitière, société, association formée pour la confection des fromages, dans le Jura. Il 6° S. m. Fruitier, celui qui fait les fromages, en Franche-Comté.

— HIST. XIV* s. Varlet du fruictier de monseigneur Loys de France, Chr.de St Denis, 1. 11, f° <i»2, dans LACDRNE. || xv* s. Certes la femme d'un fruitier Qui vent son fruit en my la ville Seroit plus aise que telz mille Comme je suy, et est sanz double, E. DESCH. Miroir du mariage. || xvi* s. Le fruitiez autrement appelé verger est celui qui estant planté de toutes sortes d'arbres.... o. de serres, boi. Deux grandz fruitiers d'argent cizellé, vermeil doré, percé k jour, pesant trente-six marcs, db laborob. Émaux, p. 326.

— ÉTYM. Fruit.

t FRCITIF, IVE (fru-i-tif, ti-y'), adj. Terme vieilli. Union fruitive, union qui donne la jouissance. Et, sans s'immoler chaque jour, On ne conserve point l'union fruitive Que donne le parfait amour, corn. /mit. m, 37.

— RTYM. Voy. FRUITION.

t FBOITION (fru-i-sion) , s. f. Terme vieilli. Action de jouir. Voudrais-tu bien m'ôter fruition de ces beautés.... chaol. à Kme D.

— HIST. XV* s. Se on fait marché? fruition, Villon, Baillmient et Malpaye. \\ xvr s. Fruition de l'etemelleet perpétuelle gloire, J. marot. Prologue à la reine Anne. La fruition de la vie ne nous peut estre plaisante si.... mont, m, <.

— ETYM. Provenç. fruicio; espagn. fruirion; ital. fruixione ; du lat. fruitionem, de frui, jouir.

t FEUMENTACÉ, ÉE (fru-man-te-sé, sée), adj. Terme de botanique. Les plantes frumentacées, les graminées qu'on eultive à cause de la farine qu'elles fournissent.

~ r.rvM.Lal. /"rufnnUuw, blé.

FRU

t FRUMEflTAIRE (fru-man-tê-r') , ». f. Ternie da Zfxilogie. Nom donné aux coquilles microsoopiquei qui ressemblent aux grains de froment.

— ETY.M. Ut. frumentum, blé.

t FRI'MENTALITE (fru-man-ta-li tT, :f. Terme de minéralogie. Nom donné à des pierres regardées parquelques savants commedes grains de blé fossile.

— ETYM. Lat. frumentum, blé.

FRUSQUIN (fru-skin), ». m. Terme populaire. Co qu'on a d'argent, l'avoir en général. Puisdansdcui petits sacs mettant tout son frusquin, «énecP., le Serpent mangeur de ka'imac. || On dit au.ssi saint-frusquin. Il a mangé tout son saint-frus(juin.

— ETYM. Géncv. »atn( frisquin, le frisquin. D'après Charles Nisard, frusquin signifie proprement vêtement, et est une altération Ae fûtaine,fxtstaine, fustain [Revue de l'ln.itr. publ. 21 iiov. 48CO). Mais cela n'est appuyé ni par des intermédiaires ni par la forme du mot (l'r n'étant pas dans fustaine). Quant au mot saint placé devant, il n'a rien que de très-ordinaire; les habitudes dévotieuses de nos pères leur avaient fait placer le mot saint devant divers substantifs ou .idjectifs, sans autre intention que d'y fixer l'attention : saint-ldche, patron des . paresseux, sairUe-n'y-louche, etc.

FRCSTF. (fm-st*), adj. || 1" Terme d'antiquaire. Se dit d'une médaille ou d'une pierre antique dont on ne peut plus reconnaître les figures et les caractères; d'une sculpture dont le temps a altéré la forme. Monnaie, colonne fruste. Ce sont des médailles frustes et couvertes de rouille, dont la légende est effacée, volt. Dict. phi(. Trinité. \\ Terme d'histoire naturelle. Coquillages frustes, coquillages dont les stries, les cannelures et les pointes sont usées. Il Fig. Style , poésie fruste , style, poésie qui porte la marque d'une haute antiquité. || S* S. m. Diognète sait d'une médaille le fruste, le felouz [sans doute le flou?] et la fleur de coin, la brut. xiii.

— ETYM. Ital. fruslo, usé; du lat. fruslum, morceau, de même radical que le grec 6paO(r|ui, morceau.

t FRUSTRANÉ, ÉE ( fru-stra-né , née), adj. Terme didactique. Qui a lieu en vain, qui est inutile. Il S. f. pi. Terme de botanique. Nom donné par Linné à un ordre d'une des clas.ses de son système renfermant des synanthérées dont les fleurs du disque sont hermaphrodites et fécondes, et celles de la circonférence neutres ou femelles et stériles.

— ÉTYM. Lat. frustra, en vain, ablatif d'une forme qui contient le radical de frusvs,frausus, fraudare, et le suffixe terus, comme dans intro, extra; par conséqupnt frustra signifie avec fraude, illusion.

t FRUSTRATEDR (fru-stra-teur), ». m. Celui qui frustre.

— HIST. XVI* s. Frustrateur, honkt, Dict.

— ETYM. Frustrer.

t FRCSTR^VTION (fru-stra-sion), ». f. Action de frustrer.

— HIST. XVI* s. Ce n'est pas frustration ne moquerie, quand il dit qu'il rétribue aux œuvres de ce qu'il avoit gratuitement donné avant les œuvres,

CALV. IjlStit. 649.

— ÉTYM. Lat. frustrationem, de frustrari, frustrer. 4. FRUSTRATOIRE (fru-stra-toi-r'), adj. Terme

de jurisprudence. Fait pour frustrer, pour éluder. Acte frustratoire. Appel frustratoire.

— HIST. XV* s. Klle pose totalement Possessions toutes contraires Aux possessions fruslratoires De la simple demanderesse, coquillabt. Plaidoyer de la simple et de la rusée, jj xvi* s. Montrants aux ennemis que, si fortune l'eust voulu, ils eussent eu aussi bien le courage de leur ester la victoire, comme ils avoient eu de la leur rendre frustratoire, mont. Il, 38.

— ÊT^'M. Prov. frustratori; du lat. frustratoriut, de frustrari, fnistrer.

i. FHDSTRATOIRE (Iru-stra-toi-r^ , ». m. Boisson sucrée ou aromatisée, qu'on prend quelquefois après le repas pour la digestion. Un firustratoiro fait de vin, de sucre et de cannelle.

— ETYM. Mot singulier pour lequel on ne trouve aucune indication, et qui doit pourtant représenter, par plaisanterie, le frustratoire du langage du barreau.

t FRt'.STRATOIREMENT ( fru-stra-toi-re-man ) , adt>. D'une manière frustratoire, sans aucun fruit.

— HlST. XVI* s. Les priores sont jetées frustratoirement en l'iir, si l'espérance n'y est conjointe, CALV. Instit. «84.

— ETYM. Frustratoire, et le suffixe ment. FRUSTRÉ, ÉE (fru-stré, slrée), part, passé de fruk-

tr«r. Privé de ce qui est dû, de ce qui est pspépé. hncot ces malheureux, avec toute leur peine, !)••

FRU

FDG

ruG

meurent quelquefois frustrés de leur espoir, corn. Imitât. III, S, Les Juifs frustrés de leur attente, Boss. Hist. n, 10. Et qui sait ce qu'aux Grecs, frustrés de leur victime, Peut permettre un courroux qu'ils croiront léRitime? hac. Jphig. l, s. Et vous préparez à des enfants malheureux ou à des créanciers frustrés les fruits amers de votre injuste charité, MASS. Carême, culte. || Fig. Trompé, déçu. L'espérance puljlique frustrée tout à coup par la mort de cette princesse, boss. Duch. d'Orl.

FRUSTRER (fru-stré), t'. a. || 1° Priver quelqu'un de ce qui lui est dû, de ce qui lui doit revenir, de ce qu'il espère. Vous lui avez accordé le désir de son cœur, et vous ne l'avez point frustré de la demande de ses lùvres, saci, Bible, psaume XX, 3. Comment puis-je faire, s'il vous plaît, pour lui donner mon bien eten frustrermes enfants? mol. Mal. imag. i, 9. ÊsaQ, qui, pour contenter seulement une fois la faim qui le poussait, vendit son droit d'aînesse, et fut par là frustré de la bénédiction de son pSre, BOURDAt. Myst. Ascens. 1. 1, p. 420. Mme la duchesse d'Enville et Mme Geoffrin ne doivent pas être frustrées des éloges dus à leur générosité , volt. Lett. Beaumont, J3avr. (766. Je pourrais mettre en ligne de compte les banqueroutes et la justice qui s'empare des biens des banqueroutiers pour en frustrer les créanciers, id. Candide, 4. |{ Par extension. Cette présence de Jésus-Christ ne pouvait être frustrée de tous les avantages qui l'accompagnaient, BOSS. Var. vi, § 32. || Fig. Tromper. Frustrer l'espoir, ROTB. Bélis. V, 8. Hélas! elle a bien frustré notre attente, pasc. Prov. 3. Ce n'est pas qu'un vent survenant ne puisse frustrer ces conjectures [fournies par le baromètre], id. Fragment, sect. 3. J'espère que je ne serai pas frustré dans mon attente, BOSS. Lett. t26. Dites que toutes ces choses dont tous les théâtres retentissent n'excitent les passions que par accident, pendant que tout crie qu'elles sont faites pour les exciter, et que , si elles manquent leur coup, les règles de l'art sont frustrées, et les auteurs et les acteurs travaillent en vain, id. Comédie, 4. Il 2° Se frustrer, v. réfl. Se priver. Il se frustra lui-même de tout ce que lui avait préparé, avant qu'il fût en place, une avarice ingénieuse et inventive dont il pouvait assez innocemment recueillir le fruit, FONTEN. Fagon.

— HIST. xV s. Les riches hommes et seigneurs fussent occis, et leurs maisons frustrées et pillées, FBOiss. liv. II, p. t40, dans lacurne. Prindrent, ravirent et frustrèrent tous les biens, et puis boutèrent le feu en plusieurs lieux et maisons, mons- TREL. t. II, p. 22, dans LACURNE. || XVI' S. Il ne peut point frustrer l'attente et patience des siens, calv. Inslit. 733. Il est ordinairement frustré de son attente, LANOBE, 10. Pourtant ne doyvent-ils estre frustrez des loyers que les moindres d'eux espèrent, ID. 302. Je travaillai lors en vain, et demeura une bonne intention frustrée, d'aub. Hist. II, 243, Si par fortune on vous en recompense [d'un crime] pour ne frustrer la nécessité publique de cet extrême et désespéré remède, celuy qui le faict ne laisse pas de vous tenir pour un homme mauldit et exsecrable, mont, m, 248. Ils rendirent leurs vies entre les mains l'un de l'aultre et en frustrèrent la cruauté des tyrans, id. i, 2B6. Les assignations [aux états généraux] par plusieurs fois frustrées à cause des escharpes blanches [les huguenots] qui traversoyent les chemins des députez, .Sot. Mén. catholicon, avant-propos.

— ÉTYM. Prov. frustar, frustrar; du lat. frustrari, frustrer (voy. fhustrané, dont le radical est le même).

t FUUSTULE (fru-stu-l"), ». m. Terme de botanique. Corpuscules ou cellules séparables dont la réunion forme certaines plantes inférieures de la classe des algues.

— ÉTYM. Diminutif de fnistum, morceau.

t FRUTESCENT, ENTE (fru-tè-ssan, san-t'), adj. Terme de botanique. Qui a le port ou la nature d'un arbrisseau. || Sous-frutescent, se dit de la tige des sous-arbrisseaux.

— ÉTYM. Lat. frulex, arbrisseau.

t FRUTICULEUX, EUSE (fru-ti-ku-leû , leû-z'), adj. Terme de botanique. Oui est petit et ligneux et forme un sous-arbrisseau.

— ÉTYM. Lat. frutex, arbrisseau.

t FRUTILLE (tru-ti-ll', Il mouillées), *. f. Fruit du frutiiler; U est énorme et porte le nom de fraise monstre.

t FRUTILLER ou FRUTILLIER (fru-ti-llé, Il mouillées), s. m. Fraisier du Chili (rosacées), que quelques-uns regardent comme une simple variété du fraisier commun.

t FRUnOtTEUX, EUSE (fru-ti-keû, keû-z'), adj.

Terme de botanique. Synonyme de frutescent. Plante à tige fruticjueuse.

— ÉTYM. Lat. fruticosus, de frutex, arbrisseau. t FUCACÉ, I5e (fu-ka-sé, sée) , adj. Terme de

botanique. Qui ressemble à un fucus. \\S. f. flur. Les fucacéfcs, famille de plantes qui appartient à l'ordre des phycées, classe des algues.

— ÉTYM. Lat. fucus, plante marine dont on tirait une couleur; grec, çvlxo;.

t FUCUSIA (fu-ksi-a), s. m. Genre de plantes de la famille des œnothérées, dont plusieurs espèces sont cultivées pour l'ornement; on y distingue le fuchsia proprement dit, jolie plante d'ornement, à fleurs rouges ou roses pendant en clochettes.

— ÉTYM. Léonard Fuchs, botaniste bavarois du XVI' siècle.

f FUCHSIPîE (fu-ksi-n'), s. f. terme de chimie. Matière colorante rouge fabriquée avec l'aniline.

— ÉTYM. Le Français Renard, inventeur de cette substance , traduisit son, nom en allemand , où Fuchs veut dire renard, et en dénomma la substance.

t FUCICOIE (fu-si-ko-I'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit parmi les fucus ou les algues.

— ÉTYM. Fucus, et le lat. colère, habiter. fFUCIFORME (fu-si-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un fucus.

^ ÉTYM. Fucus, et forme.

f FUCXTE (fu-si-f), s. m. Nom donné aux végétaux fossiles provenant de la famille des algues.

— ÉTYM. Fucus, et la finale ite qui indique un fossile.

t FUCOÏDE (fu-ko-ï-d') , adj. Terme de botanique. Qui ressemble à un fucus.

— ÉTYM. <I>ùxo5, fucus, et EÎSoç, forme. FOCUS (fu-kus'i , s. m. Terme de botanique.

Genre de plantes, dit aussi varech par quelques auteurs, qui sert de type à la famille des fucacées, et qui renferme le fucus vésiculeux, très-commun sur nos côtes.

— ÉTYM. Lat. fucus, du grec çOxoç, qui signifie non ce genre d'algues, mais un lichen.

f FUERO (fouè-ro), s. m. Chez les Espagnols, loi, statut, coutume, privilège d'un État, d'une province ou d'une ville. || Au plur. Les fueros.

— ÉTYM. Esp. fuero, qui vient du latin forum, place publique, assemblée publique.

FUGACE (fu-ga-s'), adj. || !•> Qui fuit, s'échappe, dure peu. Symptôme, frisson fugace. Perception fugace. Beauté fugace. || Couleur fugace, celle qui se détruit promptement par l'action de l'air ou de la lumière. || Terme de botanique Se dit des organes qui .se flétrissent promptement, par opposition à ceux qui sont persistants. || 2° Qui laisse échapper. Mémoire fugace.

— REM. Fugace n'est pas dans les éditions du Dict. de l'Académie antérieures à 4 836.

— ÉTYM. Lat. fugacem, dérivé de fugere, fuir.

t FUGACITÉ (fu-ga-si-té), s. f. Néologisme. Qualité de ce qui est fugace. La fugacité de certains symptômes dans une maladie. Comme la fugacité des expressions et la mobilité du modèle [vivant] laissent beaucoup moins de latitude [qu'un modèle inanimé] pour comparer et se rendre compte de ce qu'on doit faire, ottin. Presse scientifique, (864, t. I, p. 343.

— ÉTYM. Lat. fugaeitatetn, de fugax, fugace.

f FUGATO (fu-ga-to), s. m. Terme de musique. Morceau ou passage écrit dans le genre de la fugue. Voilà un beau fugato.

— ÉTYM. Ital. fugato, fugué, de fuga, fugue.

FUGITIF, IVE (fu-ji-tif, ti-v'), adj. \\ 1° Qui s'enfuit, qui s'est échappé. Il n'appartient pas aux esclaves fugitifs qu'il faut aller reprendre par force, de s'asseoir au festin avec les enfants et les amis, BOSS. Anne de Gong. Je cours et je ne vois que des troupes craintives D'esclaves effrayés, de femmes fugitives, rac. IJajai. v, 9. || Fig. Ceux qui ont la fortune chez eux ont raison de demeurer tous autour d'elle ; mais ceux de la maison desquels elle est fugitive.... desc. Utt. à Flisaieth, t. ix, p. 372, éd. COUSIN. Hommes errants, hommes vagabonds, déserteurs de votre âme et fugitifs de voui-mêmes, BOSs. Sermons, Yéril. conversion, ( . Quelle voix salutaire ordonne que je vive. Et rappelle en mon sein mou âme fugitive? rac. Esth. ii, 7. Ah I si dans ces instants où l'âme fugitive S'élance et veut briser le sein qui la captive.... lamaht. Méd. i, B. Il Terme d'alchimie. L'esclave fugitif, le mercure. Il 2° Banni, chassé de son pays. Une reine fugitive qui ne trouve aucune retraite dans trois loyaumes, Bosg. Heine d'Anglet. Troupes fugilives. Repassez

les monts et les mers. Rassemblez-vous des bout» de l'univers, rac. Esth. iii, 9. Et toi, mallieureui Jurieu, fugitif de ton village, tu voulus opprimer le fugitif Bayle dans son asife et dans le tien, volt. Petit conim. sur l'éloge du dauphin. C'est le duo des Lorrains, c'est l'illustre René ; Trahi, vaincu parCharle, abandonné des princes. Il errait fugitif, chassé de ses provinces, masson, Helvét. vi. Il Substantivement. Un fugitif, un traître, un meurtrier de rois, corn. Médt'e, ii, «.Si pour briser les fers de son peuple captif Rome n'eût envoyé ce noble fugitif, id. Sertor. ii, 4. On poursuit les fugitifs à la lueur de l'embrasement, volt. Mceurs, (38. Il 3° Il se dit des choses qui passent et s'éloignent rapidement. Une ombre fugitive. L'onde fugitive. Qui de vous ne m'a point sacrifié une partie considérable de ce trésor fugitif [le temps] dont on ne peut réparer la perte? de la visclède, dans dbsfontainks. Mais les fugitives pensées Ne suivent plus tes flots errants. Comme ces feuilles dispersées Que ton onde emporte aux torrents, lamart. Harm. II, 5. Il 4° Peu durable. Des flammes vengeresses vont punir durant l'éternité l'erreur ftigitive d'un songe agréable, hass. Carême, Mauv. riche. À ces biens fugitifs votre amour doit survivre, c. delav. Paria, ii, B. De son pieux espoir son front gardait la trace; Et sur ses iraits frappés, d'une auguste beauté, La douleur fugitive avait empreint sa gr&ce. La mort sa majesté, lamart. Méd. n, a2. Un monde.... Où tout est fugitif, périssable, incertain, Où le jour du bonheur n'a pas de lendemain, id, ib. 1, 18. Aimons donc, aimons donc! de l'heure fugitive. Hâtons-nous, jouissons, id. ib. i, )3. Il 5° Terme de littérature. Pièces fugitives, petits ouvrages d'esprit qui, ayant trop peu d'étendue pour former un volume, sont exposés à disparaître au bout de peu de temps à cause de leur petitesse. Il Poésies fugitives, pièces fugitives, petites pièces de vers sur des sujets légers.

— SYN. FUGITIF, FUYARD. Ces doux adjectifs dérivent d'un même radical; mais le suffixe en distingue le sens. Le fugitif est celui qui s'échappe, qui s'enfuit; le fuyard est celui qui est en fuite. Après des massacres dans une ville, les routes sont encombrées de fugitifs; après la défaite d'une armée, les routes sont encombrées de fuyards. Da plus, dans fuyard, grâce au suffixe, il y a un sens péjoratif qui n'est pas dans fugitif.

— HlST. XII' s. Sire, funt-il, à vus se plaint li reis Henris E d'un des plus hauz hommes de trestut sun pa'is, Qui s'en est d'Engleterre nuitantre alez fuitis, Th. le mari. B3. || xiii* s. Sers est fuitis qui par cause de fuie va hors de la meson son seigneur por celer soi à lui. Digeste, 23B. Eneas.... Las et fuitis du biau pais De Troie, dont il fu naïz, la Rose, 4 3383. Li pièges doit ravoir le sien, et li fuictis doit estre justiciés comme atains du fet, beaum. XLiii, 25. Il xiv s. Fugitif de son propre pays, ber- CHEtjRE, f° 27, verso. || xV s. Et le preux et vaillant mareschal.... ras.sembla ses gens, et ne voultmie que longuement suivissent les fugitifs, Boucic. n, 4 7. Je crois que le travail qu'il [Louis XI] eut en sa jeunesse quant il fut fugitif de son père et fuyt soubs le duc Philippe de Burgongne où il fut six ans, luy vallut beaucoup, comm. i, 4 0. || xvi' s. Lorsque Themistocles se retira fuitif de la Grèce en la cour de Perse , amtot , Épit. Hz amassèrent bonne trouppe d'hommes vagabonds, et de serfz fugitifs qu'ilz desbauchoient eulx-mesmes, id. Rom. 7. Ils laissent toute l'authorité à la parole de Dieu, appellans ceus qui se sauvent à autre azyle, fugitifs de la raison, d'aub. Hist. i, 6B. Quand je revis ce que j'aj tant aimé. Peu s'en fallut que mon feu rallumé N'en fist l'amour en mon ame renaistre, Et que mon cœur, autrefois son captif, Ne ressemblast l'esclave fugitif X qui le sort fait rencoBtrer son maistre, bertaut. Stances.

— ÉTYM. Prov. fugitiu, fuidiu, fugdiu; cafal. fugitiu; espagn. fugilivo; ital. fuggitivo; du latin fugitivus , de fugere, fuir. La forme française était fuitif; fugitif a été refait au xiv* siècle sur lo latin ; pourtant fuitif resta usité jusque dans le XVI' siècle ; et même on le trouve dans Scarron : Et ses méchantes eaux sans rives Font des pauvres brebis fuitives Un étrange salmigondis, Virg. ii.

t FUGITIVEMENT (fu-ji-ti-ve-man) , acho. Néologisme. D'une manière fugitive. Il me serait difficile de ne pas me souvenir mx peu de ce qu'il [Hume] ï essayé dans la carrière du scepticisme, et de ne pas entrevoir fugitivement une affinité secrète entre sa propre philosophie et ses formes historiques, viLLïM. Liltér. franc, te' siècle, 2» part, 3' leç.

nne

FUI

FUCDE (fii-gh"), t. f.\\i' Kugue, au »cn» propre, fuite; il n'est usité que dans 1» langage familier. Faire une fugue, s'enfuir. Vous dites que TOUS méditez une fugue dans mes déserts, et vous me proposez de quitter mes déserU pour le fracas ae Paris I volt. Lett. Chabaium , 3 août <776. J J" Terme de musique. Sorte de composition où l'on â réuni toutes les difficultés possibles sous les noms de sujet, contre-sujet, réponse, exposition, épisodes, reprises modulées, stretto et' pédales, ces diverses parties se répondant toujours de sorte que l'oreille les reconnaisse sur quelque degré que ce soit, que le mouvement soit semblable ou contraire. LuUy fut le premier en France qui fit des basses, des milieui et des fugues, volt. I.ouù IIV, <3. La fugue est l'ingrat chef-d'œuvre d'un bon harmoniste, i. i. bouss. Dict. de musique, Fugue. La fugue est la pierre de touche du savoir des musiciens, d'ortioues, Dict. de Plainchant, Fugue. || Fugue libre, fugue dans laquelle on ne traite pas le sujet seul, et où l'on passe de temps en temps à une autre idée, ou fugue dans laquelle on no s'astreint pas rigoureusement aux règles. Il 8° Fugue pris par abus à la fois dans le sens propre et dans le sens musical. Une musique et prompte et vive et tendre Qui m'enlève ; entendstu? — Crispin : Je commence à comprendre; C'est comme qui dirait une fugue. — Agathe : D'accord. — Crispin : Une fugue, en musique, est un morceau bien fort Et qui coûte beaucoup, hegnabd. Fol. amour, n, 7.

— ÊTYM. Ital. fuga, fugue, proprement fuite, puis composition de musique, ainsi dite parce que des phrases semblables, se présentant successivement dans toutes les parties, semblent se fuir et se poursuivre tour à tour.

f FUGUÉ, ÉE (fu-ghé, gbée), adj. Terme de musique. Qui est dans la forme d'une fugue. Chœur fugué. Le contre-point fugué est un contre-point par imitation. Fins.

— ETYM. Ital. fugato, de fuga, fugue.

FUI, lE (fui, fuie) , part, passé de fuir. Dont on s'éloigne. Fui, comme un réprouvé, par ceux qui l'entouraient.

FUIE (fuie), s. f. Petite volière qu'on ferme avec un volet et ou l'on nourrit des pigeons domestiques en petite quantité. Ce n'est point un colombier, c'est une fuie.

— HlST. XVI' s. Ce tourillon avoit plus tost façon d'une fuye que d'une forteresse, carloix, vji, ti. Et comme on voit un pigeon à la fuye Se retirer et un bœuf à la grange, Ainsi je tourne autour de la vendange, st-oelais, m.

— ÉTVM. Lat. fuga, tuite, d'où, dans le français, le sens de retraite, refuge. Au xvi* siècle, fuie avait le sens de colombier.

FUIR (fuir), je fuis, nous fuyons, vous fuyez, Ils fuient; je fuyais, nous fuyions, vous fuyiez; je fuis, nous fuîmes; je fuirai ; je fuirais; fuis, qu'il fuie, fuyons, fuyez; que je fuie, que nous fuyions, que vous fuyiez ; que je fuisse, que nous fuissions; fuyantj fui. |j 1" V. n. Se soustraire hâtivement à un péril , à une menace, à quelque chose ou à quelqu'un. Fuir de son pays. Fuir hors de sa patrie. 11 fuit, lui qui, toujours triomphant et vainqueur, Vit ses prospérités égaler son grand cœur. Il fuit.... CORN. Pomp.i, i. 11 fuit pour mieux combattre, m. Ilor. IV, 2. Prince, il est temps de fuir quand on se défend mal, id. IQidipe, n, 4. Enfin je l'ai fait fuir, et sous ce traitement De beaucoup d'actions il a reçu la peine, mol. Amph. i, 2. Sa fierté l'abandonne', il tremble, il cède, il fuit, boil. lutr. v. Le roi vient ; fuyez, prince, et partez promptement, rac. Phèdre, v, 4. Quiconque ne sait pas dévorer un affront.... Loin de l'aspect des rois, qu'il s'écarte, qu'il fuie, m. Esth. m, 4. Fuyez dans l'instant même, ou l'on va vous arracher la vie, volt. Zadig, 8. Charles le Téméraire périt devant Nancy, trahi par le Napolitain Camp» liasso, et tué, en fuyant après la bataille, par Bausemont, gentilliomme lorrain, lo. Ann.Emp. un. Fuyons ensemble au fond des forets ; il vaut encore mieux se fier aux tigres qu'aux hommes, bern. de st piehbb, Chaum. indienne. Ce repos [dans une villa] et la honte de paraître fuir enflammèrent ion imagination [de Napoléon]; on l'entendit dicter des «rdres... séour, Ilist. de Nap. IX, 42. Il Ouitterson pays, s'éloigner. Ce coup d'État, celte révolution a fait fnir bien des citoyens. Il Terme de chasse. Fuir, aller fuyant, g.ilopcr, courir, en parlant du daim, du cerf, etc. || Terme de marine. Fuir devant le temps, fuir vent arriire, se dit d'un bâtiment qui, pris par un très-gros temps, court arac une très-grande Tilesse en se lais-

FUI

sant aller au vent. Fuir à cordes et k m&ts, courir sans aucune voile dehors. || Fuir, construit avec en, voy. enfdir, à la remarque. || i' S'éloigner de, s'écarter de. Où fuirais-je de vous après tant de furie? CORN. Rodog. v, 4. Fuis plutôt de ses yeux, fuis de sa violence; X ses premiers transports dérobe ta présence, id. Cid, ni, t. Que! m.ilheureux destin vous conduit à présent Dedans cette vallée effroyable et profonde. Où, pour fuir de vous, je fuis de tout le monde? racan. Berger, iv, 3. Je sais qu'il nous faut tous fuir de ces objets Qui laissent dans nos cœurs l'impression du vice, id. Psaume c. Tout fuit, tout se refuse à mes embrassements , bac. Phèdre, m, 5. {| Fig. Il semble pourtant que, si Corneille avait voulu choisir des sujets plus dignes du théâtre tragique, il les aurait peut-être traités convenablement; il aurait pu rappeler son génie qui fuyait de lui, on en peut juger par le début de Pulchérie, volt. Corrtment. sur Corn. Item. Pulchirie, Préf. Il 3' Fig. Éluder, différer, échapper à une conclusion. Jo ne puis terminer avec cet homme ; il fuit toujours. Il 4° En parlant des choses, passer, s'éloigner rapidement. Pareille k ces éclairs qui, dans le fort des ombres. Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus sombres, corn. Ùor. m, ( . Que d'yeux étincelants, sous d'horribles paupières. Mêlent au jour qui fuit d'effroyables lumières I w. fois, d'or, m, 5. Je m'en vais, je suis emporté par une force inévitable; tout fuit, tout diminue, tout disparaît à mes yeux, boss. Duch. d'Orl. Quand pourrai-je au travers d'une noble poussière Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière? rac. Phèdre, i, 3. Au seul son de sa voix la mer fuit, le ciel trembla, id. Fsth. 1, ». Sa patrie semble fuir devant lui, fén. m. 1. Le port semblait fuir derrière nous, m. Tél. II. Il Terme de menuisier. Outil quifuit, outil échappant à la main qui ne le tient pas assez ferme en le poussant. || B° Il se dit du temps qui s'écoule rapidement. L'hiver a fui. Hâtons-nous, le temps fuit et nous traîne avec soi, boil. Épttre m. {| 6° Ne pas échoir. Cette succession ne peut lui fuir. || 7° Fuir de, avec un infinitif, avoir de la répugnance pour, éviter de.... Et fuirai, tant que je pourrai, de parler à lui, d'drfé, Astrée, i, ». Et, bornant tes désirs à ces dons étemels, Fuis d'être connu des mortels, COUN. Imit. I, 8. Si votre âme les suit et fuit d'être coquette, mol. Êeol. des f. m, 2. Prince, je monte au trône; et vous m'abandonnez ! Fuird'en être témoin, est-ce chérir ma gloire? th. corn. Antioeh. I, 3. La véritable vertu ne fuit pas toujours de se faire voir, mais jamais elle ne se montre qu'avec sa simple parure, BOSs. Sermon*, Honneur, 3. Il fuyait d'entendre les vérités dont il eût eu droit de se glorifier, bourdal. 4* dm. après Pâq. Dominic. i. ii, p. 468. Il Fuir à, avec un infinitif, éviter de; locution qui a vieilli. Ne désire donc pas, fuis même à regarder Tout ce que sans péché tu ne peux posséder, CORN. Imit. III, 27. ||8°Se dérober sous les pas. Le terrain qu'ils traversèrent fuyait sous leurs pas, stael, Corinne, xiii, 4. ||9° Terme de peinture. Il se dit des parties du tableau qui paraissent s'enfoncer dans le lointain. Ce fond fuit très-bien. || Par analogie. Le front du nègre fuit en arrière. || Terme de marine, la. côte fuit dans telle aire de vent, son gisement a la direction de cette aire de vent. || 10° 11 se dit d'un vase ou tonneau qui laisse échapper le liquide. Le tonneau fuit. ||11° V. o. Éviter par crainte ou par aversion, se soustraire à. On ne vous oblige pasà fuir le monde en général; mais on vous oblige à fuir un monde particulier qui vous pervertit, BOURDAL. Myst. eonc. de la Vierge, t. ii, p. 46. Leur sombre inimitié ne fuit point mon visage, rac. Brit. IV, 3. En fuyant mon rival, fuirez-vous ma présence ? m. Uithr. i, 2. C'est peu de t'avoir iui, cruel, je t'ai chassé ; Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine, lu. Phèdre, ii, 6. || Terme de manège. On dit d'un cheval, qui craint l'éperon : il fuit les talons. || Faire fuir les jambes, les talons, apprendre au cheval à éviter la jambe que lo cavalier approche de son flanc. || 12° S'éloigner de, en

parlant des personnes J'ai fui la ville aux

muses si contraire Et l'écho fatigué des clameurs du vulgaire, a. chEn. Élég. xiv. || Fig. Fuir le vice , le travail , l'occasion du péché. La paix a fui ce séjour. Je ne te puis blâmer d avoir fui l'infamie, CORN. Cid, m, 4. Il fuit plus que la mort la honte de servir, id. Cinna, m, 4. Il ne fuit non tant tous les jours que d'exercer les merveilleux talents qu'il a eus du ciel pour la médecine, mol. Méd. malg. lui, i, B. Ceux qui ne fuient rien tant que d'être hérétiques, pasc. Prov. 48. Ma muse tremblante Fuit d'un si grand fardeau la charge trop pe.sante, Boa. Disc, au roi. || 11 se dit dans

FUI

un sens analogue des choses qui, métaphoriquement, s'éloignent. Je me vois réduit i chercher dans vos yeux une mort qui me fuit, bac. Andr. Il, a. Aussitôt dans son sein il plonge son épée; Mais la mort fuit encor sa grande Ame trompée, ID. lîithr. v, 4. L'amour fuit la contrainte, id. BMn. II , 4. La santé que j'appelle et qui fuil mes douleurs, Bien sans qui tous les biens n'ont aucunes douceurs, a. ciién. Élég. vi. || 13° Dépasser l'intelligence, la conception. Vous qui devei savoir les choses de la vie, Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé, la pont. Fabl. m, 4. Entre les deux infinis qui l'enferment et qui le fuient, pasc. dans coosiN. || 14° Ne pas se présenter à l'esprit. Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui, boil. Êptt. VI. Il 1S° Se fuir, r. réfl. Fuir loin l'un de l'autre. Autrefois ils se recherchaient, aujourd'hui ils se fuient. || Se distraire d'un remords, d'une peine. Il se tourmente, il s'agite pour fuir la mort J]ui le saisit, ou du moins pour se fuir luimême, MASS. Atent, ilort du péch. Irai-je, errant encore, et me fuyant moi-même....? volt. Œdipe, IV, 3.

— REM. Fuir, qui est présentement monosyllabe, ne l'a pas été d'une manière constante ; Malherbe l'a fait do deux syllabes : Est-il courage si brave Qui pût avecque raison Fuir d'être son esclave ? v, 3. Racan aussi, dans les exemples notés plus haut (n° 2). Elle [l'Académie] m'approuvera sans doute quand je dis que fuir est d'une seule syllabe, quoiqu'on ait décidé autrefois qu'il était de deux, volt. Lett. Duclos, 25 déc 4 761.

— iiiST. x° s. El [il] li enorte [exhorte].... Qued elle fuiet lo nom cbrislien, Eulcdie. || xr s. Ne per lui ne s'en est fui, Lois de Guill. 4. Nostre Franceis n'ont talent de fuir, Ch. de Bol. xcin. || xu* s. Dont li cheval fuient par les paluz, ilonc. p. 8o. Mais li fuirs ne lui vaulsist [valut] néant, ib. p. 95. Par Mahomet I en quel terre fuirons? ib. p. 4 47. Sainz Thomas li ad dit : Satanas , fui d'xi. Th. le mari. 44. S'il nous atendent, si ferron [nous frapperons] , Et s'il s'enfuient, si fuiron [nous les poursuivrons]. Brut, ms. f 95, dans lacdbre. || xin* s. Jà ne plaist à Dieu qu'il me soit jareprové que je foie del champ où j'en ai laissié l'empereour, villeh. cxLni. Et pour plus tost fuir, [elle] se prist à se courcier [retrousser], Berte, xxxvin. Tant a foui la lasse par un estroit sentier.... ib. Et s'en ala combatre à l'empereur de Perse, et le desconfit et chassa de son royaume ; lequel s'en vint fuiant jusques au royaume de Jérusalem, jomv. 264. || xv s. Il monta sur son cheval, et se mit à suyvir ceste bestc autant que son cheval pouvoit fouir à la course, Perceforest, t. VI, f° 46. Qui fuit tondis, trouve bien qui le chace, eost. desch. Poésies mss. t° 235. En somme, il fallut que tous fouyssent des seigneuries du duc de Bourgongne, COMH. i, 2. jjxvi's. N'est il meilleur mourir vertueusement bataillant que vivre fuyani

viilainement? rab. Garg. i, 39 Dont eslimarenl

que Gargantua estoyt fouy avecques sa bande, id. ib. I, 43. J'ay monstre, en la conduite de ma vie et de mes entrcprinses , que j'ay plustost fuy qu'aultrement, d'enjamber par dessus le degré de fortune auquel Dieu logea ma naissance, mont, m, 7. Que fuit elle tant que la société? id. i, 27S. Se desfaisants eux mesmes pour fuyr à la loy, id. i, 299. Estans hais de tout le monde, et fouis comme gens excommuniez et maudicts, amvot, Timol. 44. Si les Gaulois eussent chaudement poursuivy i h trace les fuyans, rien n'eust pu sauver la ville de Rome, ID. c'am. 36. Mon ange, prévoyant en vos yeux mon dommage. Et que deviez changer le repos de mon sort, Vouloit que de vos traits je fuisse l'effort. Afin de ne tomber en l'éternel servage, am. ja- MIN, Poésies, p. 481, dans lacl'bne. Remède contre la peste par art. Fuir tost et loing, retourner

tard, COTGRAVE.

— Btym. Provenç. fugir; espign. kuir ; itai. fitg-

gire; du lat. fugi^e, par changement de conjugaison; grec, çuyeîv (aoriste second).

FUITE (fui-f), s. f.\\i° Action de fuir. La fuite en Egypte. Leur ardeur [des Curiaces] est égale k poursuivre sa fuite [d'Horace resté seul], cobn. Uor. IV, 2. La frayeur lui doit faire prendre la fuite, id. Ex. di Ilor. [Il] Met l'épée à la main, tourne en fuite le reste, id. Théod. iv, 4. Pour la fuite du roi [Jacques II], il parait que le prince [d'Orange] l'a bien voulu ; le roi était fort bien gardé par le devant de sa maison, tandis que toutes les portes de derrière étaient libres et ouvertes, sfiv. 605. Voici une nouvelle persécution qui l'obligea encore de se mettre en fuite, boss. Sermons, Ambition, Autre exordepowr le 4* dtm. de carême. Elle n'avait assez de voile* ni

FUI

FUL

njL

assez de vent pour favoriser sa fuite précipitée, uoss. Iteined'Angl. Il [Cotin, en lisant ses versj metcliez lui voisins, parents, amis en fuite, BOii.. Sat. viii. Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante, ID. Art p. I. La seule fuite. Iris, nous garantit; C'est le parti le plus utile à prendre Contre l'amour, des- IIOULIÈRES dans bichelet. Et la fuite est permise à qui fuit son tyran, bac. Phèdre, v, t. i qui dois-je imputer cette fuite soudaine? m. Iphig. ii, 2. Je méditais ma fuite aux terres étrangères, m. Bajaz.m, •2. Télémaque trouvant les Dauniens en fuite, fén. Tél. XVI. Maispourquoi donc ces pleurs, ces regrets, cette fuite? volt. Zaïre, m, 7. Quelques instants de plus, et les troupes des différentes armes, dans leur fuite vers un même défilé, allaient s'y rencontrer, ség. Ilist. deNap.Jv,T. || Fig. Un grand bruit qui survint ensuite Mit Hector et mon songe en fuite, scabr. Yirg. 11. || Prendre la fuite, se dit d'un banqueroutier qui se dérobe, d'un homme infidèle qui emporte ce qui ne lui appartient pas. Le précepteur que vous avez donné à la vicomtesse et qui était fortement recommandé par vous, a pris la fuite avant-hier, après avoir volé pour vingt mille francs de diamants, OENUS, Théât. d'éduc. Vlntrig. i, 3. |1 i la fuite, en fuyant; locution qui a vieilli. Car il vaut beaucoup mieux se sauver à la fuite, Que d'attendre la mort qu'on peut bien éviter, d'urfé, Astrée, i, ♦. Lysarque : N'as-tu point ici vu deux cavaliers aux coups? — Pymante : Non, monsieur. — Lysarque : Ou l'un d'eux se sauver à la fuite? corn. Clit. 11, 2. Kn un moment tout ce grand amas de forces se dissipe, chacun d'eux se sauva à la fuite, mézer. Jlist. de Fr. av. Clovis, m, 7. || 2° Une Fuite, tableau représentant la fuite de la sainte famille. Qui n'a cent fois admiré les nativités, les vierges et l'enfant, les Fuites dans le désert? chateaub. Génie, m, i, 4. Il On met une F majuscule, en ce sens, à Fuite. Il 3° S. f. plur. Terme de vénerie. Voies du cerf qui fuit, distance d'un élan à un autre. || 4° Fig. Action d'éviter, de s'éloigner de. La fuite des honneurs servirait d'expiation aux excts passés de votre ambition, mass. Carême, Dang. d. prosp. La fuite des grandes places , les grandes places ellesmêmes, tout trouve des censures, id. Carême, Resp. hum. Il La fuite de la cour, l'action de s'éloigner de la cour. ||La fuite de la cour, l'action par laquelle la cour s'éloigne, s'écarte de quelqu'un. La fuite d'une cour que sa chute a bannie, bac. Brit. Il, 3. Il 5° Il se dit des choses qui passent, qui s'éloignent rapidement. La fuite de l'occasion. La fuite des années. Il [le temps] glisse et fuit d'une fuite éternelle , pasc. dans cousin. Cette vie , dont la fuite précipitée nous trompe toujours, Boss. Ilar.-Thér. ô jours de mon printemps, jours couronnés de rose, À votre fuite en vain un long regret s'oppose, a. chén. Élég. xvi. Il 6° Terme de peinture. Ue belles fuites, de beaux lointains. |{ 7" Terme de fauconnerie. Écart d'un oiseau. Il 8° Échappatoire, délai. Ce petit corps de souverains sans titres [les académiciens] a eu assez d'artifice pour éluder toutes les lois et ordonnances faites contre les fuites des plus grands chicaneurs, PURETIÈRE, 3» factum, t. I, p. 327. C'est l'ordinaire de ceux qui ont tort et qui connaissent leur faible, de chercher des fuites, la font. Psyché, 1, p. 90. Vous n'échapperez pas par ces fuites, vous sentirez la force de la vérité, pasc. Prov. <8. Non content tie se tenir éloigné de Dieu, il [le pécheur] fuit les approches de la grâce ; et quelles sont ses fuites, sinon ses délais, ses remises de jour en jour...? uoss. 2* sermon, jeudi de la Passion, t. Vous résistez en vain et j'entends votre fuite , bac. Mithr. III, 5. Il 9° Fente par où un liquide s'échappe. Il y a une fuite à ce tonneau, à ce tuyau. Il Le liquide même ou le gaz qui s'échappe. Il est dangereux de chercher une fuite de gaz [d'éclairage] avec une chandelle à la main. || Proverbe. Il vaut mieux une prompte fuite qu'une mauvaise attente.

— HIST. XII* s. En fuie sont tome, n'ont seing (le remanance, Jlonc. p. 197. || xiii' s. Là seront 0 toute leur suite. Qui ne sot onques riens de fuite, la Kose, <076e. Je dirai avant quantes fuites [échappatoires, excuses] principaus il y a en la haute court en plait, Ass. de Jérus. i, BO. Quant il nous senti venans, il toucha en fuie [prit la fuite], joinv. 269. ||xv' s. Et aussi la bataille et arriere-gardc n'assemblèrent point avec leurs gens, ains se misdrent tous à la fuite, fenin, (4)b. Les choses proposées par nostre dit procureur n'estoient que fuites ou nyances [dénégations], Ordonn. B mars 4 483. Il xvi* s. On dit que l'homme de guerre doit avoir trois choses en luy : assaut de lévrier, fuite de loup,

deffeiise de sanglier, fouilloux, Vénerie, P UT,

dans LACURNE.

— ÊTYM. Fuite vient du participe passé fui ou fuit, et non du latin fuga, qui a donné régulièrement fuie.

t FDLCRUM (ful-krom"), t. m. "Ferme de botanique. Nom collectif servant à désigner les pétioles et les crampons par lesquels les plantes se soutiennent.

— ÊTYM. Lat. fukrum, soutien.

t FDLGORE (ful-go-r') , s. m. Terme d'entomologie. Genre d'insectes de la tribu des fulgoriens hémiptères, qui, pendant la nuit, brillent d'un éclat phosphorique, ayant pour type la fulgore portelanterne.

— ÊTYM. Lat. fulgor, éclat.

t FCLGORELLES (ful-gorè-l"), ». f. plur. Tribu de la famille des cicadaires, ayant pour type le genre fulgore.

t FULGORIENS (ful-go-riin), ». m. pi. Tribu de l'ordre des hémiptères.

— ÊTYM. Voy. FULGORE.

t FULGURAL, ALE (ful-gu-ral, ra-l'), adj. Terme didactique. Qui concerne la foudre. |1 Science fulgunle, préfendue divination par la foudre, usitée chez les Romains.

— ÊTYM. Lat. fulguralis (voy. fulguration).

t FULGURANT, ANTE (ful-gu-ran, ran-t'), adj. Terme didactique. Environné d'éclairs. Trombe fulgurante. Une des particularités de cet orage, c'est qu'on entendit, dans plusieurs endroits, des coups de tonnerre, dont quelques-uns furent accompagnés de décharges fulgurantes, fonvielle, Presse scientifique, (863, t. Il, p. B48. Il Fig. La tête de Mirabeau avait une laideur grandiose, fulgurante, v. iiugo, dans le Dict. de poitevin.

— ÊTYM. Lat. fulgurare (voy. folgubation). FULGURATION (ful-gu-ra-sion), t. f. || 1" Terme

de physique. Lueur électrique qui se montre dans les hautes régions de l'atmosphère, sans être accompagnée, comme l'éclair, par le bruit du tonnerre. Il Fig. Dieu est une unité ou substance simple, origine de toutes les monades créées, qui en sont émanées, pour ainsi dire, par des fulgurations continuelles; nous nous sommes servis de ce mot fulguration, parce que nous n'en connaissons point d'autre qui lui réponde, dider. Opin. des ane. phil. (Leibnitsianisme). ||2° Terme de chimie. Éclair de la coupelle. L'opération [de l'essai à la coupelle] est finie lorsque la surface a été bien nettoyée, qu'il ne se forme plus de crasse, et que l'argent devient tout à coup net et extrêmement brillant ; c'est ce que les ouvriers appellent éclair ou fulguration, Dict. des arts et met. Mines, 4767.

— ÉTYM. Làt. fulgurationem, de fulgurare, qui vient de fulgur, foudre (voy. foodbe <).

f FULGUBISER (ful-gu-ri-zé), V. a. Mot plaisant dit pour foudroyer. A nos vaisseaux pulvérisés Joignez des corps fulgurisés, ecabr. Virg. v.

— ÉTYM. Lat. fulgur, foudre.

t FULGURITE (ful-gu-ri-f) , s. m. Vitrification produite par la foudre qui traverse des couches de sable pour entrer dans le globe terrestre. Les fulgurites sont presque toujours creux, ce cjui les fait appeler aussi tubes de foudre, legoarant. Je serais tenté de croire qu'on parviendrait à reproduire de véritables fulgurites à l'aide de cette puissante machine [une machine électrique de Rhumkorff], si on forçait l'étincelle à franchir une certaine épaisseur de 'matières pulvérulentes un peu plus fusibles et moins compactes que le crown, faïe, Acad. des se. comptes rendus, t. lui, p. 684.

— ÊTYM. Lat. fulgur, foudre.

fFULGUROMÈTRE {ful-gu-ro-mè-tr'),ï. m. Terme

de physique. Appareil mesurant l'intensité de l'électricité dans les temps d'orage.

— ÊTYM. Lat. fulgur, foudre, et [lizpov, mesure. tFULIGlNÉES(fu-li-ji-née), s. f. pi. Tribu de la

famille des lycoperdacées, qui a pour type le genre fuligo.

f FULTGINES (fu-li-ji-n') , s. f. pi. Ancien terme de médecine. Humeurs, vapeurs qui sont comme de la suie. Beaucoup de fuligines épaisses et crasses, MOL. Pourc. l, \i.

— HIST. XVI" s. Par la contraction du cœur et des artères la fuligine est chassée hors, pabé, Introd. s.

— ÉTYM. Lat. fuliginem, suie.

FULIGINEUX, EUSE (fu-li-ji-neû, neû-z') , adj.

Il 1° Qui est de couleur de suie, noirâtre. La partie supérieure [du ver à soie] devient argentée, le reste se couvre de taches fuligineuses et spirales qui s'étendent le long des anneaux,FÉN. t. xix, p. 469. Il Vapeurs fuligineuses, vapeurs qui portent avec elles une sorte de suie. || 8° Terme de médecine. Lèvres, langue fu-

ligineuses, lèvres, langue couvertes d'un enduit noirâtre. Il Ancien terme de médecine. Vapeurs fuligineuses, exhalaisons épaisses qu'on supposait partir du foie, de la rate, et obscurcir le cerveau.

— HIST. xvi* s. Vapeurs fuligineuses de l'humeur melancholique qui monte au cerveau, pabé, Introd.

fl un humeur excrementitieux, lequel ne se peut

voir à l'œil, qui s'appelle fuligineux, à cause qu'il est semblable au noir qui s'engendre de la fumée d'une lampe, id. xxi, 23.

— ÊTYM. Lat. fuliginnsus, de fuligo, suie.

+ FULIGINOSITÉ (fu-li-ji-nô-zi-té), ». f. Suie légère se déposant lors de la combustion de certain! corps organiques. || Terme de médecine. Matière ayant la couleur de la suie, qui recouvre les dents cl la langue dans différents états typhoïdes.

— ÊTYM. Fuligineux.

t FULIGO (fu-li-go), s. m. Terme de botanique. Genre de lycoperdacées. On y distingue le fuligo des jardins, dit bourrée et fleur du tan.

— ÉTYM. Lat. fuligo, suie.

tFULIGOKALl (fu-li-go-ka-li), t. m. Terme de

pharmacie. Préparation de suie et de potasse, employée dans les affections chroniques de la peau.

— ÊTYM. Lat. fuligo, suie, et kali, potasse. fFULMI-COTON (ful-mi-ko-ton), s. m. Coton

qu'une préparation chimique a rendu détonant comme la poudre ; dit aussi coton-poudre et pyrôiyle.

— ÊTYM. Lat. fulmen, foudre, et coton.

fFULMINAIRE (ful-mi-nê-r'), adj. Terme de

physique. Qui a rapport à la foudre. || Pierre fulminaire, tube fulminaire, synonyme de fulgurite.

— ÉTYM. Lat. fulmen, foudre.

t FULMINAL, ALE (ful-mi-nal, na-1'), adj. De la foudre. Les phénomènes fulminaux.

— ÉTYM. Lat. fulmen, foudre. Fulgur (voy. foudbe) est un nom d'agent du verbe fulgere ; fulmen représente un participe passif du même verbe.

FULMINANT, ANTE (ful-mi-nan, nan-t'), adj. Il 1" Qui Ictnce la foudre. Jupiter fulminant. Ce serait ma réponse à ce dieu fulminant, boil. Épit.i. Il Légion fulminante, nom donné sous Marc-Aurèle à une légion, composée de chrétiens, et que l'on prétend avoir attiré la foudre sur les ennemis. Il 2° Qui produit la foudre. Nuage fulminant. Il 3° Terme de chimie. Composés fulminants, composés qui détonent facilement. Poudre fulminante. Il Argent fulminant, ammoniure d'argent. HOr fulminant, ammoniure d'or. On sait que l'explosion de cet or fulminant est beaucoup plus violente que celle de la poudre à canon, et qu'elle pourrait produire des effets encore plus terribles, et même s'exercer d'une manière plus insidieuse, buff. ifi'n. t. IV, p. 248, dans pougens. \\i° Fig. Qui éclate en menaces. Il est toujours fulminant. || Qui révèle un grand emportement. Lancer un regard fulminant. Vous saurez que M. le maréchal de Richelieu m'a écrit une lettre fulminante sur la distribution des rôles.... VOLT. Leit. d'Argental, (9 déc. <764. || Qui foudroie, qui accable. Cette censure ne laisse pas d'être fulminante, boss. Lett. quiét. 456. Une légère différence de forme dans ce qu'il proposait eût prévenu cet inconvénient; l'objection la plus fulminante peut, sans rien perdre de sa force, devenir un simple éclaircissement qu'on demande, fontenelle, Rolle. Il B° Terme de billard. Bloc fulminant, action de bloquer la bille avec roideur.

— HIST. xvi* s. Recevans de bon cœur la fulminente du pape et l'excommunication de tous les hérétiques et de leurs fauteurs, d'aub. Uist. 11, 439.

— ÉTYM. Lat. fulminantem, lançant la foudre (voy. fulminal).

t FULMINATE (ful-mi-na-f), s. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide fulminiqueavec une hase. || Fulminatede mercure, seldont onse sert pour la composition de la poudre fulminante.

— ÊTYM. Voy. FULMINIQUE.

FULMINATION (ful-mi-na-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme de chimie. Détonation de matières fulminantes, produite par une décomposition instantanée. Cet alcali volatil est le seul intermède qui dégage subitement l'air et cause la fulmination, buf?. Min. t. iv, p. 247. || 2° Fig. Terme de droit canonique. L'action de fulminer une sentence. La fulmination d'un monitoire, des bulles. Tous les diocèses de Sicile furent mis en interdit, et les fulminations redoublées, st-sim. 437, 7). La fulmination de la sentence qui déclare l'hérétique excommunié, Trévoux, Mém. 472B, t. i, p. (6.

— HIST. XVI* s. Les excommunications et fulminatifms faites par Marcelin Landriano soi disant nonce du pape, d'aub. Hist. m, 267.

— ÉTYM. Provenç. fulminatio; espagn. fulmina-

FUM

«toi; ital. fulminaiione; du lat. fulminationtm, de fulminare.

t FUI.MINATOIRK (ful-mi-na-toi-r'), adj. Terme de théologie. Oui fulmine. Sentence fulminatoire.

— ETYM. Lat. flct. fulminatorius , tiré de fulminator, qui vient de fulminare, fulminer.

FUI-MINK, EE (ful-mi-né, née), part, passé de fulminer. |{ 1° Terme d'histoire naturelle. Oui offre des raies colorées an zigzag, comme par la foudre- Il 2° Kig. Prononcé par fulminatioii. Vcii'.i par où il se garantit des anathèmes lulminés dans l'Ëvangilc contre les riches, bourdal. 8* dim. après la Penlec. Dominic. t. m, p. 1 23. Informez-vous si on a fulminé, le jeudi de l'absoute, la bulle in cœna domini; quel mot, fulminé! volt. Lett. d'Argental, mars(77o.

FCLSIIN'KR (ful-mi-né), ». ». || l" Lancer la foudre et les éclairs. Quelle sorte de vengeance I quoi, fallait-il fulminer et le prendre d'un ton si haut pour abattre si peu de chose? Boss. la Yallière. Il 2° Terme de cliimie. Faire explosion, détoner. Un très-léger échaufferaent fait fulminer cette substance. L'or fulmine avant d'être chauffé jusiiu'au rouge, dans les vaisseaui clos comme en plein air, BUFF. Min. t. IV, p. 260, dans pouoens. || 8" Kig. S'emporter en violentes menaces, en violents reproches. C'est en vain qu'il fulmine à cette affreuse \ue,coRK.ÀUila, v, 6. Il pesta, fulmina, lui défendit sa vue, TH. COBN. P. Cari. d'Àvalos, u, 6. C'est pourquoi saint Paul exhortait son disciple Timothée à reprocher, à menacer, à fulminer, plutôt qu'à consoler, BOURDAL. ** dim. après Pâques, Dominic. t. Ji, p. < 38. Il fulmine et ne veut rien finir aujourd'hui, DUPHKSNY, Réconc. norm. v, <. ||4° K. a. Terme de droit canon. Publier un acte de condamnatiun avec certaines formalités. L'évèque d'Agrlgente, sans information ni délai aucun, fulmina une excommunication, sT-siM. 4.37, 7(1. Dans ce temps-là même le pape Sixte-Quint fulmine contre le roi de Navarre et le prince de Condù ceite fameuse bulle dans laquelle il les appelle génération bâtarde et détestable de la maison de Bourbon, volt. Mœurs, 173. U s'attendait à me trouver fort effrayé du décret que la Sorbonne allait fulminer contre moi, maumontel, Mém. VIII. Il Par extension. Et si ma bouche encor n'en fulmine l'arrêt, Rends grâces à ma sœur qui prend ton intérêt, corn. Tois. d'or, u, •^.

— Hisr. XVI* s. Fulminer des exécrations, amyot, Aie-. 68. Le pape l'avoit fulminé comme heretiiue,

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