FUN
Bérén. i, S. Vous ne démenter point une race funeste, Oui, vous êtes le sang d'Alrée et deThyeste, ID. Iph. IV, 4. Le naufrage et la mort sont moins funestes que les pliisiis ijui altaqiienl la vertu, fen. Tél. I. Sur un rocher dé'^ert, l'effioi de la nature, Circé, pâle, Inlenlile et la moitdansles yeu«. Pleurait sa funeste aventure, i. b bouss. Cantate, Circé. Des impressions funestes qu'il a faites sur les esprits par de spécieuses calomnies, ynnMOtmi, Uém. X. Il Le coup funeste, le coup qui donne la mort. Cet homme qui, à l'exe.-ni'Ie de sa famille, cultivait les leilies et les armes et doiil l'esprit éguliit la valeur, reçoit le cou|i funeste qu'il avait tanl cherché, VOLT. tiél. lilt. Élog. fun. offic. || Funeste à. Ce jour m'est bien funeste. Combien lien paiatt (d'hommesl dans l'Iiinloire, à qui leur audace a été funestel eoss. Ilemed'Angtet. Je voudrais des chrétiens voir l'neureuse contrée, t,iuiiler ce lieu funeste à mon âme égarée, volt. Zaïre, v, S. Il 2° Triste et douloureiii. Je lis les plus funestes réflexions. Si les devoirs de la nature nous appellent auprès de nos parents quand ils meurent, nous nous retirons d'auprès d'eu» quand ils sont morts, afin lie nous épargner ce funeste «peclacle, lokn. Exam. ddlid. Et quoique mon courage Se fil de ce complot une funeste image, rai;. Andr. v, i. Et qu'est-ce que sa vue a pour vous de funeste? in. Andr. ii, l. Vous veriai-je toujours, renonçinlà la vie, Faire de voire mort les funestes appiéts? lo. Phèdre, i, 3. Quittez, quittez, seigneur, ce funeste langage, m. Andr. ii, 2.
— HIST. XIV* s. Sa famille estoit funeste et douloureuse pour cause de la mort de son frère, bea- CHFUKE, !- 44, rcrjo.
— ÊTVM. Lat. funestus, de même radical que funus, funérailles, et qui signifie proprement souillé par la mort.
FUXESTEMENT (fu-nè-ste-man), odt>. D'une manière funeste. Le péché.... Contraire à Dieu comme à la règle qu'il combat, et outre cela, mais funestement, contraire à l'homme comme au sujet qu'il corrompt, BOSs. Sfrmons, i' dim de l'Aient, I. Il ne faut pas inierrompre un récit si intéressant et si funesiement cinieui, st-sim. 32, (»2 Je remarque que, dans ces temps m ilheureux, le< prirces et les principaux chefs cilliiilir|ues et proiestants sont tous morts funesiement ou d une façon singu- Uère, SAiNi-Foix, Ess. Paris, ÛK«t). t. lu, p. 44, dans pouGENS.
— ETVM. Funeste, et le suffixe ment.
fFUNESTER (fu-nè-slé), e. o. Kendre funeste.
Enfin plusieurs assa.ssinals auxquels la nation n'était point encore accoutumée, funesièrent quelque temps le règne de Charles II, volt. Ilipurs, I8J.
— REM En employant funester. Voltaire dit en note : Ce terme italien exprime mieux que tout autre ce qu'il veut dire.
— ÉTYM. Ital funestare; du lat. funestare, souiller par un meurtre, de funeslus, funeste.
f FUNhUR (fu-neur),*. m Terme de marine. Celui qui fournit, qui place les cordages dits fuuins.
— ETYM. Funer.
■j FU.Mil.N'E (U)ii-ji-n'), »• /■. Voy fongine.
I FUNGINIENS (lon-ji-niin), f. m. pi. Voy. pow-
GINIENS.
t KI'N'GIQUE (fon-ji-k'), adj. Voy. fonoiodb. FU.VliUS (fon-piis"), »- m. Voy pongus t FUNICULAIRE (lu-ni-kulê-r'). || 1 ■ Adj. Terme de mécanique. Qui est composé de cordes. Macliines funiculaires. Appareils funiculaires |i2°5. f Terme de mathématique. Courbe lormèe par une chaîne ou unecordedonl les extrémités iienneni à dein|oiiits fixes, LEGOABANT. Tracer une funiculaire Déteiniiner l'équation de la funiculaire. On dii aussi chaînetle. Il Adjectivement Courbe fiiniiulaire.
— ÉTYM. Lat. funiculus, diminutil' de funis, corde.
t Fl'NICrLE fdi-ni-ku T), s. m. Faisceau vasculaire formé de vaisseaux nourriciers et de< vaisseaux fécondateurs qui, provenant du style, unissent la graine au péricarpe après avoir traversé le placenta,
LEGOABANT.
— ETVM. I.at. fnnicuhis, diminutif de /'«nij, corde. t FUMCUI.fi, fin (lu-ni-ku-lé, lée), adj. Terme
de botanique. Oui est muni d'un luiiiciile.
t FUMFOR.ME (lu-nifor-ni'), adj. Terme didactique Qui a la forme de cordon.
— ETYM. Lat. funi.'^, corde, el forme.
FUNI.V (fii-nin), s. m. Terme de marine. Nom de divers cordages d'un vaisseau. Agréer un vaisseau . de tous ses cordages, cest le meure en fiiiiin. Il Franc funin, longue et grosse corde «ont on se sert en mer pour embarquer le eanon, pour attacher
FUR
Jes ancres contre le vent, et pour d'autres manœuvres difficiles. Il On appelle aussi franc funin tout cordaf^e non goudronne, ou cordage blanc. || Les cordiers appellent franc funin, les gros cordages qui sont composés de cinq torons.
iiisT. XVI' s. Oui a esté sur la mer sait combien les cables et funins sont nécessaires à garentir les vies, DAUn. Foen. m, <».
— RTYM. fani?.
FUR (fur), f. m. Il ne se dit que dans ces locutions : Au fur et à mesure, à fur et mesure, à fur et à mesure, c'est-à-dire à mesure que ou de. On le paje à fur et mesure de 1 ouvrage. Au fur et à mesure que les marchandises arriveront.
— REM. 1. X l'article fur, l'Académie ne donne pas la locution à fur et à mesure; mais elle tadonne à l'articlo mesure. || 2. Des grammairiens, dans ces locuiions, ont voulu supprimer au fur et, à fur et, (lisant que à mesure sufflsait. C'est à la vérité un pléona'îme, mais il est consacré par l'usage, et il conserve ce vieui mot de fur, effacé p;u-lout ailleurs. On remarque que ce pléonasme est assez récent; dans le xvi* sifcle, on ne dit que au fur, sans yjoinde mesure. Mesure aura été joint quand, le sens de /'ur s'étant obscurci, on l'a complété par l'addition d'un mot usuel et compris.
— HlST. XIII' s. Le crieur peut crier le vin au tavernier au feur [priij lou roy, ce est i savoir à huit deniers, l.iv. des met. 25. Nuz marchanz de fein ne pnet ne ne doit vendre fein à deux feurs en une meisme nef, ib 244. El [Tristesse] ne se vosist fvoiilOt] pas retraire. Ne reconforter à nul fuer [prix] Du duel [deuil] qu'ele avoit à son cuer, la Rose, 309. Il XV' s. Il fit ouvrir les greniers des abbayes et des riches hommes et départir le blé parmi un certain prix d'argent et fuer que il y fit mettre, fboiss. Il, n, 148. Et priseront tout le dit mur, au fur de la toise, Ordmin. M86. Car au feur qu'il croissoit, grâce et beauté croissoient et multiplioient en luy, tlmicic. I, 2. Il XVI* s. Lors les dettes se paient au fur de ce que chacun en amende [à proportion de la part de succession |,LOYSEL, 329.
— KTYM. Provenç. for; espagn. fuero; ital. foro; du latin forum, marché, d'où, dans les langues romanes, le sens de taux, de mesure.
Fl'RET {fu-rè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l'j se lie : les fu-rè-z et les lapins; furets rimeavec paix, traits, accès, etc.), s. m. Il 1° Petit anim:J du genre des martres dont on se sert pour la chasse des lapins de garenne. Prendre des lapins au furet. Selon le témoignage de Strab«n, le furet a été apporté d'Afrique en Kspagne, et cela ne paraît pas sans fondement, buff. Furet. ■Malgré l'jutorité des interprètes et des commentateurs, nous doutons que le furet soit Victù des Grecs, iD. ib. || Grand furet, le grison, mammifire (lu genre glouton. |l Petit furet, le tayra, autre espèce de glouton. || Furet des Indes, la mangouste (les Indes. 118" Fig. et familièrement. Personne qui fouille partout. C'est un furet, un vrai furet. Lisimon l'intrigant et Damon le furet. Oui se fourre partout, à l'État très-utile. Officier à la cour, espion à la ville, boissy, Babill. «c. *. || Homme qui a beaucoup d'habileté à découvrir certaines choses. Il aurait eu besoin d'un furet plus exercé que moi à déterrer des beautés, lesabe, Estev. Gonx. ch. 5. Il 3° Amusement qui consiste à se passer l'un a l'autre un objet quelconque, de telle façon qu'il échappe à la personne qui doit le saisir. Jouer au furet. 114° S'e'it dit autrefois de remèdes énergicjues qui font beaucoup évacuer. L'émétique est une espèce de furet. || 5° Terme de pêche. Sorte de filet prohibé.
— HIST. xiir s. Oue nul ne puist tenir fuiron ne reiseus [réseauxl, se il n'est gentishoms ou s'il n'a garenne, Ord. des mis de Fr. t. i, p.33fi. Renart en la haie se liote En la manière de furet, Ren. 16591. Cil mist les furez es tenieres. Et fist les connins [lapins| assaillir Por eus faire es roisiaus saillir, /o/lasf, 2():f«e. Il XIV s. Furron, une beste qui prent conilz es terrier», dd cano», furo. || xvi' s. L'alexipharmaiiiedu virus verollique, qui est le vif argent, que l'on peut comparera un furet faisant sortir le connin hors de son terrier, pab6, xvi, <. Par emplastres, auxquels entre le furet que j'appelle argentvif, iD. xvi, g [L'esprit humain] un furet qui est
à craindre... charron, Sagesse, i, I5.
— ETYM. Ane. espagn. furmi, aujourd'hui huron; portug. furào; ital. furelto ; \it. furo, furonis , furet , dans Isidore. Il y a deux formes, fuiron ou furon, et furet. Ce parait être un diminutif du latin fur, voleur: ce qui appuie cette étymnlogie, c'est que, effeclivemont, furo, furonis, voleur, est dans le bas-latin de différentes lois barbares. Cepen-
FUR
dant il y a le kimry ffured, furet , dont le rapport avec le mot roman n'est pas connu. L'.illemanrt Frett et l'anglais ferret, avec leur finale en et, semblent plutAt des altérations du français furet que des mots indigènes. Villemarqué a proposé pour racine commune du mot roman et du mot kimry le lias-breton fur, habile, adroit. L'ancien français avait aussi la forme huron, mais avec le sens de mineur, qui travaille à une mine; ce semble bien le mot furon pris figurément; mais l'/i est singulière, à moins qu'on ne suppose que huron vienne des contrées du sud-oue<it où l'^se change en h : hemme, femme. t FURETAGE (fu-re-ta-j'), s. m. ||1' Terme de chasse. Chasse au lapin avec le furet. || Fig. Action de fureter. || 2" Fig. Action d ôter les arbres mûrs, viciés, dépérissants, nuisibles à la bonne tenue d'une forêt, iiRALET, Traité des forêts d' arbres résineux, p. 143.
— ÉTVM Fureter.
FURETfi, ÉE (fu-re-té, té«), part, patte de fureter. Des terriers furetés. || Fig. Des papiers furetés par une main indiscrète.
n;RETER (fu-re-té), V. n. je furette, tu furettes, il furelle, ou je furète, lu furètes, il furète; je furetterai ou je furèterai; je furetterais ou je furèterais; l'Académie n'a ri"n sur la conjugaison de ce verbe. Quelques-uns prononcent il /une; c'est une très-mauvaise prononciation. || 1° Chasser au furet. Fureter dans une garenne. || Activement. Fureter un terrier, jjn bois, une garenne. ||2°Fig. Fouiller, chercher jêri.out. Étant là, je furette aux recoins plus cache»; ftÉoNiER, Sat. xi. Oui furettcnt de tous côtés pourvoir s'il n'y a rien à voler, mol. VAtare, i. 3. J'allais errant dedans et dehors de la ville, furetant, visitant tout ce qui me paraissait curieux et nouveau, J. J. rohss. Conf. n. Mes regards indiscrets n'allaient jamais furetant sous son mouchoir, ID. Conf. m. C'est un beau gros, court, jeune vieillard, gris pommelé , rusé, rasé, blasé, qui guette et furète et gronde et geint tout à la fois, BEAtiMABCH. Barbier, i, 4. Sachez donc que cet homme replet est outrageusement jaloux.... il va toujours furetant dans l'appartement de sa femme, CH. l'E BERNARD, la Peine du talion , S 1. 1| Fig. et activement. Que me sert-il d'avoir une avide cohorte D'héritiers qui toujours veille et dort à ma porte. Des gens qui, furetant les clefs du coffrefort. Me détendront mon lit peut-être avant ma mort? RÉGNABD, le Lég. i, 3. {| à» S'empressera savoir des nouvelles de tout, chercher à satisfairesa curiosité surtout. 11 ne fait que fureter partout pour savoir ce qui se pa.sse. || Activement. Fureter des nouvelles, s'empresser à savoir les nouvelles, ce qui se dit.
— HIST. xiv s. Aucuns siens serviteurs lui avoient rapporté qu'ilz l'avoient veu [la dite Jehannettc] furiUer et alcr autour le dit comptouoir, du canoe, furetus. Li traiteur [traîtres] s'en aloient cherchant et fironant [agissant par voie souterraine] àcha.scun pour esmovoir les cuers de ses barons contre lui, ID. ib. Il XVI' s. Il dérobe quelques baisers qu'il furette, tandis qu'elle appreste tout. Moyen de parvenir, p. 277, dans LACURNE. Jamais homme ne s'enquit moins [que moi] et ne foieta moins ez affaires d'aultruy, mont, n, 43.
— ETYM. Furet; Maine, feutrer.
FURETEUR, EUSE (fu-re-teur, teû-z'\ t. m. et
f. Il 1" Celui qui chasse au furet. || 2' Fig. et familièrement, i^elui, celle qui fouille, qui cherche partout. Quel ennuyeux fureteur! || 8° Celui, celle qui s'enquiert de tout, qui cherche à tout savoir soit par curiosité soit par intérêt. Des fureteurs ont voulu se persuader que ce [les révélations du maréchalferrant] ne fut qu'un tissu de friponnerie, st-sim. 88, 1 24. On craint moins les fureteurs de registres que le gros du monde qui se met à rire de Guillot, tandis qu'il prend les Franqnctot [ancien et dernier nom deCoigny] pour bons, ID. «24, m. Pontchartrain était dune curiosité insupportable, grand fureteur et inquisiteur, m. 288, «2». On m'écrit que plusieurs fureteurs en ont [de Tancrède] des copies dans Paris, volt. Lett. d'Argental, 3 août 1 760. Je ne suis pas encore bien sûr que le Militaire philosophe soit de Saint-Hyacinthe ; mais les fureteurs de la littérature le croient, m. i6. t» fév. 1 768. C'est de là [le cabinet de l'empereur] que p triait chaque jour cette multitude de décisions et d'ordres p,-irliculiers qui pouvaient offrir aux fureteurs d'événements politiques bien plus de symptômes que lo; séances mêmes des conseils ministériels, moi.lien, Mém. d'un ministre du trésor public, t. ii, p. 234. Il Fureteur de nouvelles, celui qui va furetant des nouvelles partout.
—ETYM. Fureter.
FUR
FUREUR (fu-reur), ». f || 1° Folie frénétique. U fureur est une cause d'interdiction. Il lui prend de temps en temps des accès de Turcur. Le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de fureur, doit être interdit. Code Nap. art. 489. Il Par exagération. Sorte de folie. Au défaut d'un meilleur refuge, iront-ils enfin se plonger dans l'ablme de l'athéisme, et mettront-ils leur repos dans une fureur qui ne trouve presrjue {loint de place dans les esprits? nos.-,. Anne de Gonx. Quelle fureur, dit-il, (|uelle aveugle caprice, Quand le dîner est prêt, vous appelle à l'office! boil. Lutr. i. Comme tout ce qui a rapport à l'histoire des arts est au moins aussi important que des récits de batailles, monuments de notre fureur, je finirai cette année par un fait qui servit à perfectionner la chirurgie, duclos, //)'((. Louis XI, ORuv. t. III, p. 51 , dans poucens. N'y a-t-il pas de la fureur à nourrir des paons dont le prix n'est pas moindre que celui des statues? BUFF. Oit. t. IV, p. 60, dans fougkns. |{ Fureur utérine, voy. nymphomanie. || Fureur amoureuse, le rut. Cette fureur amoureuse ne dure que trois semaines; pendant ce temps-là, ils [les cerfs] ne mangent que très-peu, ne dorment ni ne reposent, iiipp. Quadrup. t. ii, p. 31. ||2' Passion excessive, démesurée pour une personne. Il aime, il liait jusqu'à la fureur. Une ombre chérie avec tant de fureur, corn. Œdipe, I, (.Je l'ai livrée entre les mains de ceux qu'elle avait aimés, entre les mains des Assyriens, dont elle avait été passionnée jus<|u'à la fureur, saci. Bible, Ézéchiel, xxiii, 9. Songez-y bien, il faut désormais que mon cœur, S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur, bac. Andr. i, 4. Ce cœur né pour haïr qui brûle avec fureur, volt. Fanât, v, 4. Parmi les causes qui contribuèrent à la c(jnquète du nouveau monde, on doit compter cette fureur des femmes américaines pour les Espagnols, ratnal, llist. phil. VI, 8. il A la fureur, d'une façon passionnée. Ciel! que je vous haïrais, si je ne vous aimais à la fureur! hamilt. Gramm. 9. Le gouverneur aimait les femmes à la fureur, volt. Cand. (». Il 3° Passion excessive, démesurée pour une chose. Que n'a-t-on pas dit de sa fermeté [de Louis XIVJ, à laquelle nous voyons céder jus'|u'à la fureur des duels? Boss. Mar.-Thér. Les fausses religions, le libertinage d'esprit, la fureur de disputer des choses divines sans fin, sans règle, sans soumission, ID. reine d'Anglet. Les jeux sont devenus ou des trafics, ou des fraudes, ou des fureurs, MASS. Car. ^/. Eh bien! son Dorante, que t'a-t-il fait? car il me semble que ta fureur est que je le haïsse, mariv. PréJ. raincu, se. 8. La fureur de la plupart des Français c'est d'avoir de l'esprit, montesq. Lelt. pers. 66. Malgré la fureur du paganisme dont il était possédé, il ne répandit pas une goutte de .sang chrétien, did R. Opin. des anc. phil. [éclectisme]. On n'y eut pas plutôt ouvert des cafés [à ConstantinopleJ qu'ils furent fréquentés avec fureur, baynal, Hisl. phil. m, 1 2. Il Faire fureur, être fort en vogue. Cette actrice, cette pièce fait fureur. On dit aussi : Tout le monde s'y porte ; c'est une fureur ; et dans un sens analogue : 11 est dans la fureur de ses succès. il 4" Familièrement. Habitude importune, fatigante, nuisible de faire quelque chose. Il a toujours.la fureur de se mêler des affaires des autres. Comme il connai.ssait la fureur dont sa femme se donnait en spectacle pour sa danse et pour sa parure, bahilt. Gramm. 7. Qui n'a pu retenir sa misérable fureur de parler, mariv. Marianne, i' part. Cette fureur de charger une histoire de portraits a commence en France par les romans, volt. Rustie, Prèf. llist. Il 6" Colère extrême. Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur, corn. Cinna, i, 3. Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... dans ta brutale fureur, tu te tournes contre toi-même, et tu ne sais comment assouvir ta rage impuis.sante, BOSS. Marie-Thér. Il tourna sa fureur contre les Juifs, ID. llitt. I, 9. Craignez de négliger Une amante en fureur qui cherche à se venger, rac. Andr. iv, 6. Ma tranquille fureur n'a plus qu'à se venger, m. Baj. iv, 5. L'auriez-vous cru, madame, et qu'un si prompt retour Fit à tant de fureur succéder tant d'amour? id. Bajai. m, 6. Cette chasse acheva de la mettre en fureur, fén. Tél. vu. || D«
fureur, par un mouvement de fureur J'étais si
transporté. Que, donnant de fureur tout le festin au diable.... boil. Sat. m. Gilotin en gémit, et, sortant de fureur.... m. iutr. i. || Se dit aus'si des animaux. La fureur d'un taureau. Un lion en fureur. Semblable à une bête en fureur, fén. Tel viii. Il En termes de l'Ecriture sainte, la colère de Dieu Seigneur, ne me repoussex pas dans votre fùre ur.
FUR
FUR
FUR
Il 6" Emportemeut, violence. L'autre d'un si grand rèle admire la fureur, corn. Hor. m, 2. De protestations, d'offres et de serments, Vous chargez la fureur de vos embrassements, mol. Mis. i, ( . Dans la plus grande fureur des guerres civiles, Boss. Reine d'Avijlet. Témoins de la fureur de mes derniers adieux, bac. Àndr. ii, 2. La fureur des combats que Menior tâchait d'éteindre, fén. Tél. u. Nous n'aurions pas le lemps de nous entretenir, si nous ne prévenions pas la fureur de ses politesses, mariv. Paysan parvenu, 2' part. J'avais toutes les raisons de croire que la fureur de ses désordres céderait aux charmes de Primerose et aux étonnantes vertus démon ami, volt. Jenni, 6. C'est en Angleterre surtout , plus qu'en aucun pays , que s'est signalée la tranquille fureur d'égorger les hommes avec le glaive prétendu de la loi, id. Dict. phil. Supplices, 11. Il 7° Agitation violente de choses inanimées. L'aquilon en fureur. Mais enfin le ciel m'aime, et ses bienfaits nouveaux Ont arraché Maxime à la fureur des eaux, corn. Cinna, v, 2. Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots , bac. Athal. I, I. La mer lasse de se mettre en fureur, FÉN. Tél. VI. La terre tremblante Frémit de terreur ; L'onde turbulente Mugit de fureur, j. b. Rouss. Cantate, Circé. || 8' Transport qui ravit l'âme. Il fut saisi d'une fureur divine. La fureur prophétique. La fureur poétique. Fureur martiale. Une sainte fureur s'empara de lui. Je sens au second vers que la muse me dicte. Que contre sa fureur ma raison se dépite, bégnier, Sat. xv. [Les esprits faciles qui] N'éprouvèrent jamais en maniant la lyre Ni fureurs ni transports, j. b. rouss. Ode au comte du Luc. || 9° Au plur. Il se dit des emportements, des transports en tout genre. Les fureurs de Roland. De poétiques fureurs. Vous voyant exposée aux fureurs d'une femme, corn. Nicom. i, 4. Ce qu'ont de plus affreux les fureurs de la guerre, id. ib. ni, ) . Pour ne point rappeler ici les guerres des Albigeois, les séditioTis des Vicléfites en Angleterre, et les fureurs des Taborites en Bohême, on n'avait que trop vu à quoi avaient abouti toutes les belles protestations des Luthériens en Allemagne, BOss. Var. X, § 25. Venez, à vos fureurs [les fureurs des Kuménides] Oreste s'abandonne, rac. Andr. v, 6. Défendez-moi des fureurs de Pharnace, id. Mithr. i, 2. X de moindres fureurs je n'ai pas dû m'at-
tendre, id. Iphig. iv, 5 De l'amour j'ai toutes
les fureurs, id. Phèdre, i, 3. Il n'eût point eu le nom d'Auguste Sans cet empire heureux et juste Qui Dt oublier ses fureurs, j. b. rouss. Ode à la fortune. Tu peux faire trembler la terre sous tes pas. Des enfers allumés déchaîner la colère ; Mais tes fureurs ne feront pas Ce que tes attraits n'ont pu faire, id. Cantate, Circé. Les princes trouvent toujours des âmes assez viles pour excuser leurs fureurs, DUCLOs, Hiit. de Louis XI, Œuvres, t. u, p. 47.'), dans pouGENS. Conçois-tu bien l'excès de mes fureurs jalouses? volt. Fanât, ii, 4. Ceux qui sont pénétrés de l'amour des sciences, qui n'en font pas un indigne métier et qui ne les font point servir aux misérables fureurs de l'esprit de parti, ID. Mél. litt. Lett. au P. Tournemine. Cavalier [un des chefs des protestants des Cévennes, lors des dragonnades] est mort officier général et gouverneur de l'Ile de Jersey, avec une grande réputation de valeur, n'ayant conservé de ses premières fureurs [la violence de son fanatisme religieux] que le courage, ID. Louis XIV, 36. Pourquoi demandez-vous que ma bouche raconte Des princes de mon sang les fureurs et la honte? id. Henr. i. || Familièrement. Des fureurs, des scènes violentes, des emportements sans raison. Ce prince [le régent] lui opposait en vain des raisons; elle [la duchesse de Berri) y répondait par des fureurs, duclos, Mém. Rég. OfJuï. t. V, p. 396.
— SYN. FOREDH, FURIE. Le radical de ces deux mots est le même ; le suffixe seul est différent. Êtymologiquement, la fureur est l'état d'un homme furieux; la Furie est un personnage mythologique chargé des vengeances des dieux. De là résulte que la fureur, bien que violente, peut être cachée dans le fond de l'âme, tandis que la furie éclate au dehors. Par une conséquence naturelle, furie a pu se dire de l'impétuosité d'une attaque, comme dans cette phrase consacrée : la furie française, qui exprime l'impétuosité des assaillants; tandis que fureur ne serait pas applicable et aurait un autre sens. D'autre part, il y a dans fureur une signification de folie, de transport qui n'est pas dans furie ; ce qui lait qu'on dit fureur prophétique, et non furie prophétique.
— HlST. xu* S. Sire, ne me arguer en ta fuirur, e en la tue ire ne castier [châtier] mei, Liber psaim. p. 4». Lores parlerai à els sa' ire, et en sa furur les conturberat, ib. p. 2. || xmi' s. Ele [Judith] ne douta pas les furors des rois, ainz se offri à mort por sauver le pueple, brun, latini. Trésor, p. 82. || xiV s. La fureur du pueple qui avoit cessé de coustiver [cultiver] les terres, berchkure, f" 40, recto. || xvi' s. 0 la fureur d'une bruslante rage. Qui maintenant transporte mon courage, nu uellaï, iv, 17, recto.
— Etym. Prov. et esp. furor; ital. furore; du lat. furorem.
t FURFURACÊ, ÉE ( fur-fu-ra-sé, sée), ad}. Terme didactique. Qui ressemble à du son. || Terme de médecine. Dartre furfuracée, sorte d'éruption qui couvre la peau de débris semblables à du son. Il Terme de botanique. Se dit des corps qui sont couverts d'une poussière blanchâtre.
— ËTYM. Lat. furfuraceus, de furfur, son.
t FURFURES (fur-fu-r'), s. m. pi. Terme de médecine. Écailles d'épiderme qui se détachent particulièrement à la tête.
— HIST. XIV" s. Furfures sont unes escailles qui viennent ou cuir [de la tête], lanfrano, f° 41 , verso.
— ÉTYM. Lat. furfur, son.
t FURFCROL (fur-fu-rol') ou FURFUROLE (furfu-ro-l'), s. m. Terme de chimie. Huile presque incolore obtenue en faisant agir l'acide sulfurique étendu sur la farine d'avoine, sur ie son.
— ÉTYM. Lat. furfur, son, et oleum, huile. FCRIBOND, ONDE ( fu-ri-bon , bon-d'), adj.
Il 1° Sujet à de grands emportements de colère. S'il y avait eu quelques reproches à faire à Sénèque et à Burrhus, la jalouse, ambitieuse et furibonde Agrippine les aurait-elle épargnés? dider. Claude elNér. I, (20. Il Dont les traits, les gestes, etc. annoncent une grande colère. 11 vint à nous tout furibond. Il Substantivement. Un furibond. C'est une petite furibonde. || 2" Qui annonce la fureur. Des gestes furibonds. Enfonce ton bonnet en méchant garçon, campe-toi sur un pied, mets la main au côté, fais les yeux furibonds, mol. Scapin, i, 7. Il Qui a le caractère de la fureur. Oh I monsieur, évitez sa rage furibonde, regnard. Fol. amour, m, )(>.
— HIST. xiu* s. Li hom furibondes tient à sentence tôt ce que à lui plaist, et ne lui chaut si ce est contre les autres gens, brun, latini. Trésor, p. 307. Il XIV' s. Si Tint une leue [louve] furibunde des montagnes pour boire au fleuve, et trouva les enfants exposés à la rive, beruieure, f° 8, verso. Il XVI* s. La malheureuse ardente et furibonde [Didon] Court par la ville errante et vagabonde,
DU BELLAY, IV, 8, reCtO.
— ETYM. Lat. furibundus, de furere, être furieux, du même radical que furor, fureur.
i FURIRONDER (fu-ri-bon-dé) , v. n. Faire le furibond. L'histoire de R*'* est plaisante ; l'évêque pesta, jura, tempêta, furihonda, et fut contraint de venir à vous, sév. 49 janvier 1674. Fallait-il m'amener celui-ci pour furibonder en ma présence ? ar- NAULT, dans le Dict. de beschebelle.
— ÉTYM. Furibond. Ce mot, fait par Mme de Sévigné et aussi bon que vagabonder, a eu peu d'usage.
FURIE (fu-rie), s. f. || 1° Terme de polythéisme gréco-romain. Nom des trois divinités infernales qui tourmentaient les méchants. Le fouet des Furies. Tes remords te suivront comme autant de Furies, BAC. Brit. V, 6. Les dieux justes l'ontilivré aux Furies, FÉN. Tél. V. La vieillesse avait ajouté une affreuse difformité à sa laideur naturelle, et elle ressemblait à une Furie, ID. t. xix, p. <B. Ils [les anciens] leur assignèrent [aux enfers] trois conseillers d'État, trois femmes de charge nommées les Furies, trois Parques pour filer, dévider et couper le fil de la vie des hommes, volt. Dict. rhil. Enfer. Le chien à trois têtes, et les trois Parques, et les trois Furies sont des agneaux en comparaison de nos Sylla et de nos Marins, id. Memmius, v. Nous rions du mot diable, nous respectons celui de Furie; voilà ce que c'est que d'avoir le mérite de l'antiquité ; il n'y a pas jusqu'à l'enfer qui n'y gagne, id. Ess. poésie ép. ch. 7. Il Par extension. La volupté.... c'est une Furie qui n'épargne rien, mass. Panéq. St J. Bapt. Depuis ce jour funeste [la bataille de Morat] une horrible Furie Habite dans le sein du prince bourguignon. Et, dans les noirs accès de sa mélancolie, Elle agite son âme et trouble sa raison, masson, llekéliens, vu. || En ces sens il prend une majuscule. Il 2» Fig. Femme très-méchante et très-emportée. C'est une furie d'enfer, ô trahison conçue au sein d'une furie! corn. Cinna, iv, ). Quoi! votre amour se veut charger d'une furie Qui vous détestera.... RAC. Andr. III, 4. Elles [des femmes qui suivaient
l'armée d'Arioviste] lui défendirent de livrer bataille avant la nouvelle lune ; ces furies allaient sacrifier à leurs dieux Procilius et Titius, deux amlmssadeurs envoyés par César à ce perfide Arioviste, volt. Uemmiut, V. Il 3° Emportement de colère, aiii.s: dit à cause de la fureur vengeresse qui animait incessamment les furies. Que sert de s'emporter à ces vaines furies? corn. Méd. v, 6. Oïl fuirais-je de vous après tant de furie? id. Bodog. v, 4. Leur effroyable décharge met les nOtres en furie, uoss. Louis de Bourbon. L'enfer s'émeut au bruit de Neptune en furie, boil. Longin, Sublime, vu. Tel qu'on voit un taureau qu'une guêpe en furie A piqué dans les flancs aux dépens de sa vie, id. iutr. I. Le désolé vieillard, qui hait la raillerie, Lui défend de parler, sort du lit en furie, id. ib. IV. Vient-on avec furie Arracher de vos bra» votre fils Zacbarie? rac. Athal. m, 4. Ah! j'aime avec transport, je hais avec furie, volt. Brutus, ii, i . Il De furie, par un mouvement de furie. S'il [l'ours] n'est que blessé, il vient, de furie, se jeter sur le tireur, buff. More, choisis, p. -^40. || Par exagération, il se dit d'un simple mécontentement. Je suif encore ici ; j'en suis en furie, sév. 52. Klles sont en furie contre ces folles, id. U8. Il me met en furie par le sot livre qu'il vient de lire, id. 239. || 4° Il se dit du mouvement violent et impétueux d'un animal irrité. Le lion en furie. La furie des bêtes sauvages. Il 6" Impétuosité de colère, d'attaque. Il faut laisser passer cette première furie. Na-t-il pas des mutins dissipé la furie? corn. Héracl. v, 7. Il a trop écouté son aveugle fuiie, volt. Tancr. v, 6. Crois-moi, dans leur furie. Les cœurs les plus ardents ont leur mélancolie, ducis, Àbufar, ui. 2. Il [A fuiie française, l'impétuosité de la première attaque des troupes françaises. Ce qui s'appelle deçà les monts la furie française a plus d'une l'ois réussi très-utilement delà les monts, balz. De la cour, 4* dise. Assaillis par un premier élan de cette furie française si célèbre, ils virent tout à coup les soldats de Morand au milieu d'eux et s'enfuirent déconcertés, sÉGUR, Ilist. de Sap. vu, H.||6" Impétuosité d'action, action rapide. M:issiuisse en un jour voit, aime et se marie; A-ton jamais parlé d'une telle furie? mair. Sophon. iv, B. 11 écrit, de cette furie, à tout ce qui est hors de Paris, sév. 226. Il 7° Passion excessive et déraisonnable. Et que sert à Cotin la raison qui lui crie : N'éciis plus, guéris - toi d'une vaine furie ? boil. Sat. viii. Il 8° Grande violence des choses La mer répandra contre eux sa vague irritée, et les fleuves se déborderont avec furie, saci, Bible, Sage.sse, v, 23. Les remèdes chauds mettent le sang en furie, sév. 4«7. La reine ose encore se commettre à la furie de l'océan et à la rigueur de l'hiver, boss. Reine d'Anglet. J'ai su, par une longue et pénible industrie. Des plus mortels venins prévenir la furie, rac. Mithr. IV, 5. Ils les ont arrachés à la mer en furie, VOLT. Oreste, iv, 8. || 9° L'état le plus violent d'une chose, la plus grande intensité. La furie de la mêlée. Dans la furie de son mal. La furie de la fièvre. Il 10° Terme de musique. Nom donné, dans les ballets, à certains morceaux d'un mouvement vif, avec un caractère analogue à l'action des passions violentes. Il 11° Ancienne étoffe de soie des Indes, ainsi nommée des figures hideuses qui y étaient imprimées. || 12" Terme de médecine. Furie infernale, affection observée en Suède, caractérisée par une éruption furonculeuse très-douloureuse.
— HIST. xiV s. Anciennement l'en creoit estre trois déesses d'enfer apelées Furies, berchkure, ^ 23, eerso. ||xv' s. Tout à l'entour de nos rempars Les ennemis sont en furie : Sauvez nos tonneaux, je vous prie ! bassklin, lxii. || xvi" s. Les furies l'ont sonné [mon hymen] Et donné Le signe à ma destinée, du bellay, iv, î(, veno. Icy se teut; mais pleine de furie La grand prestresse impatiente enrage Par la caverne, lo. iv, 42, recto.
— ÉTYM. Ital. furia; du lat. furia; de même radical qufl furor, fureur.
t FURIÈRE (fu-riê-r'), s. f. Ouverture dans un four à briques.
FURIEUSEMENT (fu-ri-eû-ze-man) , odt). 111° Avec furie. Vous ne savez pas comment les Jansénistes les tiennont en échec et les pressent si furieusement que, la moindre parole qui leur échappe contre les principes des pères, on les voit inconiinent accablés par des voluiues entiers, pasc. Prov. y Il 2° Fig. et familièrement. Extrêmement, excessivement. L'état surprenant où il se trouva l'étonna furieusement, scarr. Rom. corn, ii, 18. Une oreillt un peu délicate pâtit furieusement à entendre prononcer CCS mots-là, MOL. Prie. b. Je vous avoue que
FUR
je sui» furieuncment pour les portraits; je ne rois rien (le si gulant que cdi, mol. ib. m. le ruban en esi Itien choisi. — Furieusement bien ; c'est perdrigeon tout pur, m. ib. m. Vous donnez rurleusenienl danK le mar.|iiis, m. Cil rare i, &. Oh ' jesuisfurieuseineiii pour l'iillraclion; j'aime tout ce qui attire DRflvi CHF.S, Fausse Aqn. m, >t. C'est que V(.us êtes f'trieuscincnt difllrile, iiancouit, Bnurg. (tiquai. M, ». Ma pauvre niailemoiselle Liselic, je suis furi'usement iiilnguê, lu. th. m, 3. Je t'aime furieusemeni au nioins, ID. il), m, 6. Je suis furieusemeiil tombé, et il n'y a plus de société pour moi, voi.T. Leil. d'Argincf, 3 sept. t'I». Avoir donné le fouet jadis à un duc et pair, cela vous pou.sse luriBUSpmeiit, P. L. cour. Utt. rf l'Acad. des inscr.
— IIKM On a employé fnhrusnnunl pirlilivement comme beavmui) : Il l.iudrait que ma tanie se dépf'cliâl. car M. le marquis (lesi.uéretsqiii m'aime, a furieusement d'impatience, i.ANCûURT, Cliev. à la mode, 11, *. Voy. pour la discussion de cet emploi,
INFIMM' NT.
— iMsr. XVI" s En le laissant là furieusement
[avec colère], s'en alla où esioilsa uiaislresse, marc. Noiiv. XLiii. Kt puis, mettant l'espée au poing, s'alla mesler furieusement où il feut soudain eiivelopi'éft mis en pièces, mont, il, 32 Kl aujourd'bui couri fiirieuspiiiciil jusque> à dire : il est sage, il est doux luneuseiiieiit, d'alb. Fœn. m, a.
— KTVM. I urieiise, et le sullixe tnenl. ri'HIKl'X, KUSE (fu-ri-eii, eù-z'), arf;'. || 1" Qui
esl en proie à une sorte de folie violente. Le titre de furieux sous lequel il iHolaiid a couru jusquos ici toute la terre, voir. Lcit. 4. H.1lez-vous de le faire enfermer, il devient furieux, je vous en avertis, RK.GNARii, llilO'ir impréiu, se. ih. {{ l'ar exlension Puisque malgré mes pleurs mon amant furieux Se fait tant de plaisir d'expirer à mes jeux.... BAC Bajai. Il, 6. Il .Substantivement. Tenue de jurisprudence. Celui qui est atteinl de fureur. Prononcer l'interdiction d'un furieux. |{ Par eilcnsion.
L'ambition.... L'envoie en furieux au milieu des
hasards, boil. Sal. vm. 1,'ermite retourna cependant à Constanlini'ple, regardé comme un fanali.jue qui s'était fait suivre par des furieux, volt. èl<eurs, 64. |i 2 Oui est en fureur. Autrefois il était furieux contre ses riv.iuv, sEv. 457. Et qu'ont produit mes vers de si pernicieux Pour armer coiilre moi tanl d'auteurs furieux' boil. Sal. ix. Kt là vous me verrez soumis ou furieux.... rac. Andr. m, 7. Sors, traître, n'ailends p.i!i qu'un p6re furieux Te fasse avecopi robre arracher de ces lieux, lu. Phèdre, iv, i. A^tarlé le vit |un |ciirie honime{, l'aima et en devint furieuse; il la méprisa parce qu'il était passionné pour une autre femme, fén. TiH. mi La duchesse ilu .Maine, priiicessedu s;ingpar elle-même, furieuse de voir attaquer le rang de son mari et de «es enanis, dulix)?, l/.'rn Iténence, fjfvuti. t. v, p. 281, dans pnuGSN.s. Il sera funeu.x par excès de faiblesse, VOLT Fanât, m, 6 II dit, et, furieux de colère et d'amour.... de saint-ange, Héiamnrph. d'Ovide, VI II Substantivement. Sers-toi d'une enragée et d'une furieuse, rotm. Hercule monr. il, 2. Ou'on soit blesse par un furieux ou p^ir un aveugle, on ne seni pas moins sa blessure, klèch. iornoij/i. Quelle faiblesse à moi d'en croire un luiieux? bac. Milhr. m. 4. I Se dit aussi des animaux Faibles agneaux livres à lies loups furieux, rac. Eslh. i, i. Pour la laie, elle ne devient furieuse que quand on attaque ses petits, et en général, dans presque tous les animaux sauvages, le uiàle devient plus ou moins féroce lorsqu'il cherche à s'accoupler, et la femelle lorsqu'elle a mis bas, buff. Quadrnp. t. l, p. 3o2, dans pouoENS. || Terme de blason. Se dit d'un taureau élevé sur ses pieds. || Le Furieux, se dit quelquefois de la constellat'on d'Orion. {| 3° Poussé, animé par la fureur. On ne sait point d'où part ce dessein furieux? rac. Phèdre, t, 5. Avez-vous dans le sein la cicatrice heureuse Du fer dont à mes yeux une main furieuse.... volt. Zaïre, ti, ». ||4' Qui dénote la fureur. Cris furieux. Son front cicatrisé rend so(i air furieux, boil. É/j. iv. Je l'observais nier, et je voyais ses yeux Lancer sur le lieu saint des reg.irds furieux, bac. Aihal. i, (. Il 6' Violent, en parlant îles choses, comme si elles étaient p.iiissces par la fureur Vents furieux Des torrents turieui. La teiupêle lurieuse dont sa floue fin Iwitiiic durant du jours, boss It-ine d Atigi't. Dès que le canon des .^-uédois eut fait brèclie aux relrancbemeiits, ils s'avaiiC' reni la tjaïoiiuette au bout du fusil, ay.int au iijs une neige lurieu>e qui doiiiiail au visage des enniMins. volt Charlis .11/. t II S t,iui »f pi rie a l'ail. rpie coinrnc si la tune le trauspuriail. Kuneux diius la guerre, ils |le.t dire-
FUR
tiens] souffrent nos bourreaux, corn. Poly. iv, «. Il [l se dit des chostis de guerre dans le même sens. Charge furieuse. Xéiiuphun écrit que ce fut la plus lurieuse de touics les batailles qui eussent été données de son temps, rullin, llisl. anc. Œuv. t. IV, p. 28», dans pougens. || 7* Il se dit des passions sans frein. Passion lurieuse. Il n'y eut jamais d'ambition plus folle, disons-iuieux, plus furieuse que celle de ce prince, boilin, llist. anc. Œuv. t. VI, p. «m, dans poluens. Un besoin fatigant, un désir furieux De sortir de moi-même et de voir d'autres cieux, nucis, Abufar, ii, 7. || 8" Fig. et familièrement. E-cessif, en parlant soit des personnes, soit des choses. Un furieux mangeur. Pour moi, j'ai un furieux tendre pour les hommes d'épéo, MOL. Préc. la. Je vais vous montrer une furieuse plaie, ID. ib. I! fait une furieuse dépense en esprit, ID ib. Voilà une furieuse impudence que de nous envoyer quérir, ID. G. Dand. m, <2. Sa maison ne désemplit pas cie tout ce qu'il y ax'ait de plus considérable à iladrid, à merure qu'un apprenait l'aventure jdes coups de bâton donnés par Villcna à Albéroni], qui fit un furieux bruit, st-sim. 476, 127. Eh bien ! notre galant aime jus(ju'à sa femme; C'est avoir pour le sexe un furieux penchant, la chausser, Pri'jug. à ta mode, ii, ». Hélas I dis-je à la fin, c'est une furieuse histoire que la mienne, MABiVAUX, Pays. part. 3» part. Ses guerres [de Louis XIV] souvent très-injustes, son faste, son orgueil, son inlolcrance, sa révocation de l'édit de Nantes, son dévouement aux jésuites, tout cela, sire, met contre lui un furieux poids dans la balance, d'alemb. I.ett. au roi de Pr. 3(i nov. t77o. Voilà un furieux pas de clerc, une bévue qui coiite cher, et que la liberté des journaux vous eiit certainement épargnée, P. l. coub. I.ell. x. Il En ce sens, il se met devant son substantif. Cependant on le trouve ijueUjuefois après J'ai une délicatesse furieuse pour tout ce que je porte, mol. Préc. (O.
— SYN. FLBirux, FURIBOND Le furieux est celui qui est actuellement en fureur; le furibond est celui qui est sujet à se metlie souvent en fureur. Le premier indique un état; le second, une habitude. Là est la distinction essentielle. Cepemlanl quelquefois, par abus, furibond se dil pour furieux; par exemple, dans celte phrase : il vint à nous tout furibond Mais alors furibond est du langage familieijel implique même une nuance île raillerie, qui n'est pas dans furieux; d'ailleurs furieux estde tous les styles, aussi bien le style élevé que le style familier.
— HisT. xvi« s. Las, qu'ont servy tant de temples divins Et tant de vœux à ceste furieuse |Didon amoureuse] T du bkllay, iv, s, reclo. Ceulx que pi esse un furieux désir de guanson se laissent aller & tnule sorte de conseils, mont, i, <u6. Quand ils sont hors d'eulx et furieux et insensez, lo. u, 3Î7. Oh le furieux avantage que l'opportunité I ID. m, 34a. J'y estois quand Marthe la démoniaque y fut amenée, il faisoit furieux de la voir [elle faisait fureur], d'aib. F(m. u, 5.
— f.TYM. l'rov furios ; esp. et ital. furioso; du latin furinsus, de furia, furie.
t FrRIN (fu rin), s. m. Terme de marine. Mener un vaisseau en lurin, le conduire hors du port, lorsiju'il y a des endroits dangereux qui demandent les secours de quelque pilote qui connaisse les lieux.
t FUUIOStf (fou-ri-o-so), adj. m. Terme de musique emprunté à l'italien. Oui a un accent particulier, un caractère violent, ou, quelquefois, seulement un mouvement très-accéléré.
— Etym. Ital. furioso, furieux.
■\ FI'U.M1NT (fur-min), j. m. Nom du cépage qui fournit le célèbre vin de Tokai.
FL'ROLLES (fu-ro-l'), s. f. pi. Exhalaisons enflammées qui apparaissent sur la terre et & la surface de la mer.
— HIST. XVI* s. Fuirolle, furolle, cotgravr.
— ETYM. Il semble que c'est le mot feu, avec l'additinn d'une r, sur le modèle de fumerolle.
] FL'RON (fu-ron), s. m. Le petit du furet. Dans quelques parties de la France, on appelle jeu du furoD ce qu'ailleurs on nomme jeu du furet, leooarant.
— f.TYM. Voy. PORET.
Fl'IVO.NC.I.E (fu-ronkn, t. m. Terme de chirurgie. Tumeur iniUmmatoire circonscrite, offrant au centre une saillie; d'uu le nom vulgiirede clou que porte le funmcle. .'^on furcncle a percé.
— llisr XVI» s Les apo^temes sont dites moyennes, comme fuiuntle .. parf., v, i.
— EIVM Ueriï, frnnrlr, frotiqiie.frnngle: wallon, fronkt ; du lai. /'i. m/>cu(iu, pruprcmeat peut lar-
FUS
ron, de fur, larron, ainsi dit par une plaisanterie dont maintenant on ne peut plus voir que vaguement le sens.
t FL'BO.NCUI.F,UX, EUSE (furon-ku-lcû, Icû-z'), adj. Oui est de la nature du luruucle. Une éruption furonculeuse.
— F.i v>i. Furoncle.
FUIITIP, IVK (fur-tif, ti-v'), adj. Oui se fait comme un vol, en cachette, à la dérobée. Entrer d'un pas furtiL Itegard furtif. Œillades furlivei. Toi qu'un amour furlif souilla de tant de crimes, M'oses-tu reprocher mes ardeurs légitimes 1 cohh. Uédée, m, 3. De leur furlive ai-deur ne pouvais-tu m'instrulreî rac. Phèdre, iv, 6. Il m'est très-important que Genève, (jui n'est qu'à une lieue de mon séjour, ne passe point pour un magasin clandestin d'éditirns furtives, volt. LeU. Iiamilaville, a février I7C(. || On dit dans le même sens : tuie main furtive, etc.
— ETYM. Lat. fuTlivut, de furtum, toI, de fiir, voleur; grec, ^lip.
FURTIVEMENT (fur-ti-ve-man), adv. D'une manière furtive, à la dérobée, en c^ichette. La nouvelle d'une révolution en Macédoine lui fit prendre la résolution de sortir furtivement de Thèbes, bol- - LIN, llitl anc. Œuv. t. vi, p. i4, dans pouoeks. Elles voudraient jouir furtivement du plaisir de vous aimer et d'être aimées sans que vous ; prissiez garde, mabiv. Pays. parv. 6' partie. Anicet jette furtivement un poignard i ses pieds, dider. Ciaude et Néron, i, 76. Un coup d'oeil caressant funivement jeté, a ciiEn. Odrt, iv.
— HliiT. XIV* s. Icellui suppliant prist furtivement environ soixante pièces de douelies à faire tonneauh, du ca.ngk , doela. || xv* s. Vous m'avez trompé faulscmeot Et emprunté furtivement Mon drap par vostre beau langaige, Patelin, 448». fl xvi' s. Ung villain petit Tuiq, liossu par le devant, qui furtivement me crocquoit mes lardons, rab. Paul. Il, <4 II [l'anurge] avoil soixante et trois manières d en trouver [de largenlj tousjours à son besoing ; dont la plus honoiable et la plus commune estoit par façon de larrecin furtivement fait, to. th. II, (6.
— ETYM. Furtive, et le suffixe ment.
FUS, je fus, tu fus, etc. prétérit simple du verbe être (vuy. ce mot)
— ETYM. Lat. yut, d'un radical qui , signifiant être, croître, se trouve dans le grec fOw, et dans le sanscrit Wm, être.
t. FUSAliN (fu-zin), ». m. Il 1* Terme de botanique. Arbrisseau des haies {eronymus europarui, I,.). \je fruit du fusain est purgatif. || 2' Cliarbon fourni par le fusain et servant à tracer des esquisses. Absolument. Un fusain, un crayon de fusain. || Un dessin fait au fusain. Voilà un beau fusain.
— HlST. xvr s. Fusain, ootcrave.
— ETYM. Ftiseau, parce que le bois de cet arbre sert à faire des fuseaux ; prov. futanh.
t a. Ft'SAIN (fu-zin), ». m. Terme d'horlogerie. Espèce de petit fuseau pointu, fait de bois tendre et compacte, pour nettoyer des trous.
— EPY.M. fuseau.
t Fl'SANE (fu-za-n') . ». m. Terme de botaniqu* Genre de plantes du Cap et de la Nouvelle-H^ lande, famille des éléagnées.
t FUSANT, A.VTE (fu-zan, zan-t'), adj. Qni fii«« Ce ne sont plus ici des fusées pour le feu volant tt l'air qui ne servaient que comme artifice de joie ; la propriété fusante de la composition est employée à braler l'ennemi, beinadd et fav4. Du feu grégeois, p. 141.
— ETYM. Fuser.
FUSAROLLK (fu-za-ro-l* ) , (. f. Petit membre d'architecture, taillé en forme de collier, à grains un peu longs, sous l'ove des chapiteaux.
— ETYM. Fuseau.
t FTSCIPENNE (fu-ssi-pè-n") , adj. Terme de zoologie. Qui a les ailes brunes.
— ETYM. Lit. fuscus, brun, et penne.
t Fl'SCITE (fu-ssi-t'), ». m. Terme de minéralogie. Minéral de la Nonége qui est opaque, tendre, d'uu noir grisâtre ou vcrdàtre.
— ETYM. Lat. fuscut, de couleur sombre.
t FDSfi, f.K (fu-zé, lée), adj. Terme de chimie. Chaux fusée, chaux qui, sans eau, s'est d'elle même réduite en poudre.
— ETYM. Fuser.
FUSEAU (fu-zA), ». «I». ijl* Petit instrument en Imis tourne qui sert i tordre et i ennmler lo fil. lorsqu'un file à la quenouille. Tel, Hercule en fi lanl rompait tous les lu eaux, BOIL. /.ii(r. v. Ls i>ergcre.... 0« sa tremblante main eut tomber les
FUS
FUS
rus
fuseaux, volt. Henr. u. Que chacune conte une histoire En faisant tourner ses fuseaux, id. Filles de Minée. || Comme des fuseaux, se dit des choses longues et minces. Ses bras grands et menus ainsi que des fuseaux, desmabets, Visionnaires, i, 5. Il Familièrement. Jambes de fuseau, jambes trèsminces. [Le cerf]... ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambes de fuseaux, la font. Fabl. vi, 9. Mes deux fuseaux de jambes sont devenus gros comme des tonneaux, volt. Lett. Richelieu, (» fév. 1773. Il Fig. Faire bruire ses fuseaux, voy. bruire. Il Terme de botanique. Semence en fuseau, semence terminée en pointe par les deux bouts. Il 2° Poétiquement. Le fuseau des Parques, la vie, parce que, selon le polythéisme greco-romain, les Parques filaient la vie des hommes. Noires divinités qui tournez un fuseau, corn. dit. i, ». Achevez de mes jours le pénible fuseau, botr. Hère. mour. IV, ). La Parque . ui tournait ce précieux fuseau.... ID. liilis. Il, 8. Prenez tous les fuseaux qui, pour les plus longs âges. Tournent entre vos mains, j J. nouss. Ode au comte du Lue. Ahl n'éprouvez jamais les douleurs de l'amour; Elles hâtent encor nos fuseaux si rapides, a. chSn. Êtég. XV. Il 3° Fig. Le fuseau, le métier de la femme nui tourne le fuseau. Dans cette même main qu'un usage jaloux Destinait au fuseau sous les lois d'un époux, VOLT. Sémir. m, 6. Je suis d'un sexe faible, au fuseau destiné, ducis, Hacbelh, m, ♦. || 4° Sorte de petit fuseau où le fil est enroulé pour faire du passement, de la dentelle. Dentelle au fuseau. il 5" Terme de chasse, i'iquants dont est couvert le porc-épic et dont il se défend contre les chiens et les chasseurs. || 6° Terme de marine. Fuseau de cabestan, pièce de bois qu'on y met pour lé renfler. Il 7° Terme de géométrie. Portion d'une surface sphérique comprise entre deux demi grands cercles, ainsi nommée , parce que, pointue aux extrémités, large au centre, elle présente l'aspect d'un fuseau garni de son fil || Morceau de carte géographique qu'on applique sur un globe. || 8 Morceau de bois aiguisé dont les flotteurs se servent pour arrêter les trains de bois. || Bâtons de la lanterne d'un moulin. Il Terme de serrurerie. Nom des barreaux figurant une petite colonne dans un balcon, une rampe, etc. Il Nom, chez les horlogers, des chevilles qui servent d'ailes dans les lanternes ou pignons. || Broche de fer avec laquelle les potiers de terre font des trous à leurs ouvr.iges. || 9" Nom d'un genre de coquilles univalves, qui ont en effet la figure d'un fuseau. Il On donne aussi le nom de fuseaux à quelques espèces de champignons du genre agaric. Il 10" Constellation appelée aussi Chevelure de Bérénice. Il Proverbe. Le fuseau doit suivre le hoyau, si l'homme travaille aux champs, la femme ne doit pas chômer au logis.
— HIST. XII' s. Mes Renoars vint corant un vaucel, Tint son tinel, qui mal sembloit fuissel. Bat. d'Alescham, v. 8276. || xiii' s. Quiconques veut estre fliaiesse de soie à grans fuiseaus à Pans, c'est à savoir desvuidier, filer, doubler et recoudre, estre le puet franchement, Liv. des met. 80. Cil qui le tient à louage [le moulin].... doit livrer quavilles [chevilles], fuisiai, aubes et teles cozes menues, BF.AUM. xxxviii, 16. Ilxiv's. Maint assaut y ont fait et maint estour novel; Mais tout ce n'y valu la monte d'un fuisel , Guescl. aias*. Icelluy Jehan print six ou sept d'iceulx virelons [flèches], et en brisa les fusciaux, et emporta les fers, du cange, fusarius. || xv s. Les jambes aussi menuettes Comme fuseaulx.... coquillart, Monol de la botte de foin. \\ xvi' s. De la façon de fourrer les oignons en terre, n'est besoin de traitter : si ce doit estre par raions ouverts, ou à la fiche ou fuzeau.... o. de
— ÈTYM. Bourg, fu; provenç. fus; espagn. huso; ital. fuso; du lat. fu^us. Quant à fuseau, il vient d'un diminutif fusellus, de fusus; dans l'ancienne langue le nominatif est li fusels ou fuseau; au régime le fiisel.
FCSÊE (fu-zée), ». f. Il 1° La masse de fil enroulé sur le fuseau et qui provient de la filasse de la quenouille. Viderune fusée. Sa fusée est bien embrouillée. Dévider une fusée. || Fig. Démêler une fusée, pénétrer un mystère, une intrigue, toute esp'ce d'affaire embrouillée. Je sais bien que la réponse qu'on fait ordinairement, c'est que Dieu ne nous fait point de birn, qu'il est nors de toute sollicitude, qu'il nous néglige, qu'il tourne les yeux ailleurs. qu'il a bien d'autres fusées à démêler, malh. le Traité des hienf. de Sénèque, iv, 4. Je saurai fort bien démêler Malgré vos dcnti cette fusée, scarb Ftry. IT. Eu vérité, il est bien difficile de cumpieu-
dre comment cette fusée pourra se démêler, maintenon, Lett. au duc de Soailles, i sept. I7ii7. Cette découverte (du mécontentement de Mme de Maintenon | dégoûta Chamillart, de telle sorte qu'il fut tenté d'en laisser démêler la fusée [du m.ariage] à son fils, ST-siM. 491, 47. Il Fig. Achever sa fusée, achever de vivre, mourir ||î" Terme d'architecture. Colonne de fusée, celle qui ressemble à un fuseau par quelque défaut de proportion qui la fait paraître trop ventrue || 3 ' Terme de marine. Fusée d'aviron, peloton d'étoupe goudronnée qu'on met au menu bout de l'aviron, pour le retenir dans l'étrier. Il 4" Pièce d'artifice formée d'un cylindre de carton ou de papier rempli de poudre à canon, ainsi dite par assimilation de forme avec un fuseau. Jeter, lancer des fusées. || Petites fusées, celles qu'on lance à la main. || Fusées à baguettes, gramles fusées qui sont attachées i une b.iguette, et qui s'nlivent d'elles-mêmes en l'air, quand on y a mis le feu. Il Fig. Il est assez plaisant d'envoyer, du pied des Alpes à Paris, des fusées volantes qui crèvent sur la tête des sots, viLTteH. Wme du /)c/]f"onl, 6 aoùl I760. Il Terme d'artillone. Fusées.à bombes, à olius et grenades, fusées commiiiiiquant le feu à la poudre que ren''erment ces projectiles. Fusées d'amorce ou étou|illes, petites fusées communiquant le feu aux pièces de campagne. || Fusée à la congrève, voy. CONGRÈVE. Il Fig. Dans un langage giossier. Lancer des fusées, vomir. C'étaient des douleurs et desmaux de cœur don t ju croyais mourir; j'en fus pourtant ciuitte pour quelques fuspes. lesage, Gu%m d'Alf. 1, 5. Il 6" Terme d'horlogerie. Petit cône cannelé dans les creusures duquel se loge la chaîne d'une montre , quand on la monte ; ainsi dit par comparaison de forme avec un fuseau L'art de l'hurlogerie était faible, et consistait à mettre une corde à la fusée d'une montre , volt Hofurs, 176 II Dans un tourne-broche, la fusée est la partie du bois ort l'on met les cordes. || Nom donné à la partie de l'essieu autour de laqupllf tourne la roue. Il Arbre tournanldu pressoir. || 6 Terme de marine. Fusée de cabestan , pièce sur laquelle est construit le cabestan. || 7° Terme de vétérinaire. Exostose olilongu«, située sur l'un des os métacarpiens ou métatarsiens. ||8° Term» de chirurgie. Trajet plus ou moins long et sinueux que parcourt le pus dans certains cas, avant de se porter au dehors: ainsi dit par comparaison au trajet de la fusée d'artifice. || Par extension. On retrouve dans l'intérieur d'un arbre de cent ans les coujisde marteau qu'on lui aura donnés à vingt-cinq, cinquante et soixante et quinze ans, et tous ces endroits sont remplis de pourr ture, et forment souvent des abreuvoirs ou des fusées en bas ou en haut qui gâtent le pied de l'arbre, bufp. Ilisl. nat. Introd. Part. exp. Œuv. t. vin, p. «29, dans pouoens. Il 9° Terme de chasse. Pirtie du ferrier des renardsqui s'étend depuis l'embouchure jusqu'à une des chambres. || Vermiller en fusée, se dit du sanglier qui trace une espèce de sillon en vermillant.
10 Terme de blason. Meuble de l'écu en forme de losange. || 11* Terme de musique. Trait diatonique très-rapide. Ce clianteur brille dans les fusées. Il II se dit quelquefois, par analogie, de traits d'esprit. Dans une société intime, entre égaux, Beethoven était expansif, causeur très-gai, s'échappant en traits incisifs, en fusées de bons mots, pomper Y, Beethoven, Berue de Paris, 2* période, t. x, p 34. 1112° Agaric élevé. Il 13"" Poire de fusée, poire d'hiver qui se mange cuite.
— HIST. XIV' s. Le suppliant refery Icelluy Girardin d'un baston nommé fusée, DU GANGE, ^"îon'uî. Une femme filant fuzée. Trait, d'alch. 903. || xv s. Ung escheveau de layne roge et une fuzée de layne blanche, iBiM. des ch. 6' série, t. i, p. 3B6. Commencement n'est pas fusée ftesogne commencée n'est pas besogne terminée]. Perce forest, t. v, f 84. || xvf s. Laissez tourner les fusées fatales De laSicille et de la Palestine, st-gelais, 14. Et la fusée ardent sifller menu par l'air, du bellay, vi, 32, rfcfo. Comme il falut porter au grand pont levis son troisiesme pétard, la Croix trouva que sa fusée estoit tombée en rompant la barrière, d'aub. Ili.tt. m, 379. Elle est appellée d'aucuns bubon pestiféré, d'autres la bosse, d'autres la peste ou fusée, pvbé, xxiv, 33. Cholere comme asne à qui l'on attache ui.efusée aux fesses, RAB. Pant. V, 16. Estant arrivé d'Espoignei Milan, il y trouva bien des fumées i ilesm»sler, bbant. Bourbon. Ayez vostre canon de fusée- lequel emplirez de la dicte paste Isoufi"^, salpêtre, chaux', et les liez de fil par les dpiix bi'Uts, el puis mettez y vostre vergette pour comluyre les dictes fusées droict, Livre de canonerte, dans bkinaud el favé.
Du feu grégeois, p. 440. Toul revient à un, quî l'homme se donne sa fin, ou qu'il la soaffre.... en quelque lieu que le filet se rompe, il y est tout; c'est le bout lie la fusée, mont, il, 25.
— RTYM. Voy. FUSEAU.
t FUSP.EN (fu-zé-in), t. m. Soldat d'artillerie chargé de lancer des fusées de guerre.
— ÊTYM. h'<isde.
FCSELÉ, f.E (fu-ze-lé, lée), adj. Qui est en forme de fuseau. || Colonne fuselée, colonne dont le fût est un peu renflé vers le tiers de sa hauteur. {| Terme de blason Chargé de fusées.
— ETYM, Voy. FUSELER.
t FITSKLEH (fu-ze-lé),». o. Terme d'architecture. Donner la forme d'un fuseau. || Façonner le fût d une colonne, d'un candélabre.
— f.TVM. Fuseau, par l'intermédiaire de l'ancienne forme fusel.
t FUSKLIER (fu-ze-lié), s. m. Faiseur de fuseaux.
— Rtym Fusel fuseau.
\ FUSEMENT (fu-ze-man), s. m. Terme dechimie. Action de fuser. Le fusemenl des chlorates, des nitrates.
— f:T\n. Fuser.
FUSER (fu-zé), ». n. 111° Se répandre imperceptiblement. Couleurs qui fusent. || 2" Se répandre en fondant au feu. La cire fuse. || 3° Se dit des sels iiont la fonte est accompagnée d'une légère déflagration. Le salpêtre fuse loisqu'jl est sur les charbons. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI' s. On met la marne sur le champ en petits monceaux despirtis, ainsi que le fumier, pour y estre fuzée comme chaux par le soleil, la pluie, le froid ; dont elle se dissoult et réduit en poudre dans quelques jours, o. de serres, ioo.
— ÊTYM. Dérivé du participe latin fusus, fondu, de fundere, fondre.
t Fl'SKROLLE ( fu-ze-ro-1' ) , s. f. Terme de tisserand Brocbetle de fer qui, passant dans l'époulin, est placée avec lui dans la poche de la navette.
— ÊTYM. Fuseau.
FUSIBILITÉ (fu-zi-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est fusible; disposition à se fondre. La fusibilité lies métaux. Ce n'est pas au fer, du moins au fer seul, qu'on doit attribuer la fusibilité des laves, c'est au salin contenu dans les cendres rejet is par le volcan qu'elles ont dû leur première vifification, buff. Ilin. t. m, p. 146, dans pougens.
— ÊTYM Fu.<tihle.
FUSIBLE (fu-zi-hl'), adj. Oui a la propriété do passer de l'état solide à l'état liquide par l'effet du calorique. Le plomb est très-fusible. Je suis persuadé que tout dans la nature est fusible, puisque toul a été fondu, bufp. Uin. t. i, p. 57, dans pougens. C'est une véritable crisLallisation [du vinaigre concentré el soumis au froid] qui s'opère alors; mais elle est si fusible, qu'une chaleur de bainmarie, très-faible, la rôsoul en lii]ueiir, condorcet, Courtanvaux || Pierre fusible, pierre qui, changeant de nature, devient transparente par le moyen du feu.
— HIST. XIV' s. Toutes les pierres sont frangib'es, Et tous les métaux sont fusibles, Nat à l'alch. err. 1 18. || xvi' s. Au fer ont succédé le bronze et lo cuivre, métaux plus trailables et fusiles, paré, Prc/. IX. Es choses fusibles [tumeurs et engorgements], si la matière qu'on veut fondre n'est bien cuitte....
ID. th. XIX, 10.
— ÊTYM. Prov. et esp. fusible; ital. fusibile; du lat. fusibilis, de fusum, supin de fundere, fondre.
FUSIKORME (fu-zi-for-m') , adj. Terme didactique. Qui est en forme de fuseau, c'est à-dire allongé, renflé au milieu et aminci aux extrémités. Racine fusiforme.
— ÊTYM. Lat. fusus, fuseau, et forme.
FUSIL (fu-zi; Vl ne se prononce jamais; au pluriel, l's se lie : des fu zi-z en acier) . s. m. || 1' Petite pièce d'acier avec laquelle on bat la pierre à feu pour allumer l'amadou. Boirude ....Les arrête, et, tirant un fusil de sa poche, Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant. Il fait jaillir un feu qui pétille en sortant, boil. Lutr. m. Il s'en fut à tâtons chercher le fusil qu'il fit semblant de battre, j. i. rohss. Ém. ii. |{ Boite dans laquelle on met le morceau d'acier, la pierre, l'amadou et les allumettes. || 2» Pièce d'acier qui recouvre le ba sinet d'une arme à feu et contre laquelle fnippe la pierre de la batterie. Arquebuse à fusil. Il 11 sert aussi à désif.'ner toute la platine du fusil. Il 3 Par extension, arme à feu longue de plusieurs pieds et pnrlaiive. Fusil de chasse. Fusil à un coup, A deux coups. .Se promener le fusil sur l'épaule. Il Fusil de munition, fusil de gios calibre
FUS
qui est l'arme ordinaire de l'infanterie, et auquel •'adapte une baïonnette. Les doigts de beaucoup d'autres [soldais] gelc'rent sur le fusil qu'ils tenaient encore, et qui leur était le mouvement nécessaire pour y entretenir un reste de chaleur et de vie, SÈGUR, Hùt. de \ap. IX, M. || Fusil à percussion, fiisil dont le chien, fait en forme de marteau, frappe sur un grain de poudre fulminante qui enflamme la charge. Dans le principe, on le nomma fusil i piston, parce que le marteau frappait sur un piston qui comprimait la matière fulminante et l'enflammait contre la paroi de l'arme, legoarant. Il Fu.sil de rempart, sorte de fusil plus long que le fusil ordinaire et portant beaucoup plus loin. || Fusil à vent, autrefois canne à vent, instrument fait en forme d'un fusil ordinaire , mais où la balle est chas.sée par l'action de l'air fortement comprimé dans un réservoir en fonte ou en cuivre contenu dans la crosse. {| Terme de physique. Fusil électrique, le pistolet de Voila. Il 4° Morceau de fer ou d'acier pour aiguiser des couteaux. Les bouchers portent ordinairement le fusil pendu à la ceinture. Il Pierre à aiguiser les outils de menuisier, fabriquée sur les bords du Rhône.
— liiST. xiii* s. Le fusil à aiguiser l'ostil, he la- BORDE, EmaUx, p. 320. Il XIV" s. Si tu veulx faire bonne esche [amadou] pour alumer du feu au fusil, MéiMqier, ii, R. || xv* s. Quatre grans estendars sur cbascuns desquels avait un grand fusil et la pierre qui y appartient, avec plusieurs flambes et estincelles selon la divise de Monseigneur, de laborde, Émaux, p. 320, Mais ainçois que ils [les Écossais] pussent venir au feu, ils eurent trop de peine; et toutefois de fusils [charbon tendre] et de secs bois ils en firent tant que ils en eurent as^ez en plusieurs lieux, FROiss. II, II, tl. Il XVI" s. Injuste amour fusil (brandon] de toute rage. Que peut un cœur
soumis à ton pouvoir? rons. a Prit un fuzil
et frayant à maints coups Le dos du fer encontre les caillous, m. 642.
— ÊTYM. Ital. fodle, fueUe; du lat. focus, feu, foyer (voy. feu) .
FUSILIER {fu-zi-lié ; Vr ne se lie jamais ; au pluriel, l'ï se lie : des fu-zi-lié-z alignés), s. m. || l"Fantassin armé d'un fusil. Le premier régiment qui eut des baïonnettes fut celui des fusiliers, volt. Louis XIV, 29. Il Dans un bataillon d'infanterie, soldat des compagnies du centre, par opposition aux grenadiers et aux voltigeurs. || 2° Anciennement, nom de soldats qui étaient aux ordres des intendants de province. Chacun déclame contre l'exaction des traitants, la puissance démesurée des intendants, la cruauté des fusiliers, les contraintes rigoureuses contre le pauvre peuple, la rochef. Mém. 24.
— ÉTYM. Fusil.
t FUSILIÈRE (fuzi-liè-r'), adj. f. Pierre fusilière, espèce de caillou, gris ou noir, dont on se sert particuliirement pour les bassins de fontaine.
FUSILLADE (fu-zi-lla-d'. Il mouillées, et non ^l-zi-ya-d') , s. f. Décharge de coups de fusil. Une vive fusillade. La fusillade continuait; son pétillement, redoublé par l'écho des murailles [de Smolensk], paraissait de plus en plus vif, ségiir, Hist. de Nap. vi, 4.
— ÊTYM. Fusiller.
FUSILLÉ, ÉE (fu-zi-Ué, liée. Il mouillées, et non fu-zi-yé), part, pass^ de fusiller. L'espion traduit devant un conseil de guerre et fusillé. L'aspect de ces deux hôpitaux abandonnés, cette multitude de caissons livrés aux llammes, ces Russes fusillés [prisonniers dont on se débarrassait ainsi] , tout la rendit funeste (la première journée d'hiver], ségur, Bistoire de Sapol. ii, 9.
FUSILLER (fu-zi-Ué, Il mouillées, et non fu-zi-yé), v. a. Il 1* Tuer à coups de fusil. J'ai deux ministres à mes trousses, dont l'un veut me faire fusiller comme déserteur, p. l. cour. LeU. ii, <8. || Fig. et familièrement. Accabler de plaisanteries, de lazzi. Il 2" Fusiller un couteau, le pa.sser sur le fusil pour l'afûter et l'amorcer. || 3" Se fusiller, v. réfl. Se combattre à coups de fusil. On se fusillait & bout portant.
— ÉTYM. Fusil.
t FUSILLETTE (fu-zi-lle-f , Il mouillée.s) , t. f. Nom donné par les artificiers à des lusées de s et ) 2 millimètres de diamètre, et à des serpenteaux brochés, c'est-à-dire chargés sur une broche comme les fusées, legoarant.
— ÉTYM. Diminutii de/i«^«.
t FUSIOLE (fu-zi 0-1'), s. f. Genre de champignons de l'ordre des mucédinees.
FUSION (fu-zion; en vers, de trois syllabes), s.f.
FUS
Il i* Passage d'un corps solide i l'état liquide, par l'aide du calorique. Le métal entre en fusion. Lorsque l'on jette la mine d'étain au fourneau de fusion, il faut tâcher de la faire fondre le plui) vite (|u'il est possible pour empêcher la calcioation du métal, BUKF. Min. t. V, p 472, dans podgkns. La Tusion des neiges des Alpes occidentales opérée instantanément au moment des soulèvements de la chaîne principale, fouhnet, Acad. det se. Compta rendus, t. Lv, p. 865. || Feu de fusion, feu de réverbère. Il Terme de chimie. Fusion aqueuse, celle qu'éprouvent les sels hydrates qui fondent dans leur eau do cristallisation (nitre, alun); fusion ignée, celle qui consiste dans la fusioii de la matière même du sel, comme le nitre après la fusion aqueuse. || 2° Fig. Mélange intime, reunion, conciliation. La fusion de deux systèmes, de deux partis.
— ÉTYM. Prov. futio; esp. ftuùm; ital. futione; du lat. fusionem, de fusum, supin de fundere, fondre.
t FUSIONNEMENT (fu-zio-ne-man), t. m. Néologisme. Action de fusionner. Le fusionnement de deux partis. Le fusionnement de deux compagnies de chemins de fer.
t FUSIONNER (fu-zio-né) , V. a. Néologisme. Opérer la fusion entre des compagnies, des partis, des opinions. || V. n. Faire fusion Ces deux compagnies ont fusionné. || Se fusionner, v. rifl. Même sens.
t FUSIONNISTE (fu-zio-ni-sf), adj. Néologisme. Oui tient à un système de fusion Politique fusionniste. Ministère fusionniste. || Substantivement. Les fusionnistes.
— ÊTYM. Fusion.
FUSTE (fu-sf), s. f. Terme de marine vieilli. Long bâtiment qui va à voiles et à rames.
— HIST. XV* s. Tout prirent ce que emporter purent, et au navire [flotte] qui yestoit, c'est à savoir quatre fustes, deux galées, une galiote et deux naves, boutèrent le feu. Boude, u, <«. || xvi" s. U ne tiroit pas beaucoup d'eau comme estant fait à la mode de la mer de Levant en fuste et à trait carré, d'aub. Hist. II, 30(.
— ÊTYM. Bas-lat. fusta, merrain et aussi fuste, de fust ou fût (voy. fût).
t FUSTÉ, ÉE (fu-sté. stée), adj. Terme de blason. Arbre fusté, arbre dont le tronc est de différentes couleurs ; lance fustée, lance dont le bois est d'un autre émail que le fer.
— ÉTYM. Fust, fût (voy. fût).
t FUSTER (fu-sté) , V. n. Terme de chasse. Se dit de l'oiseau qui s'échappe après avoir été pris, ou qui évite le piège qu'on lui a tendu.
FUSTET (fu-stè ; le ( ne se lie pas ; au pluriel, l'ï se lie : les fustets et leur bois; fustets rime avec paix, accès, traits), s. m. Terme de botanique. Espèce de sumac dont le bois, jaunâtre et veiné, sert en médecine et pour la teinture [rhus cotinus, L.) (famille des térébinthacées). || On a dit aussi fustel. Le fustel qui est un petit bois qui vient en Provence, Instr. génér. pour la teint, ismars 467), art. 3)5.
— HIST. xiv s. Fusteil, DU CANGE, fustitus. Il xvi* s. Une charge de fustet, m. ib.
— ÊTYM. Diminutif de fust, fût, bois (voy. pût), proprement petit bois, particularisé à signifier une espèce d'arbrisseau; prov. fustet; esp. et port, /ustete.
FUSTIGATION (fu-sti-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), *. f. Action de fustiger. Entre ces défauts (de certains académiciens], qui sont exempts, à la vérité, de la corde et de la fustigation, mais non pas des coups de couverture.... FUBETiiRE, 3* factum, t. I, p. 32b.
— HIST. ivi" s. Fustigation, oudin, Dict.
— ÉTYM. Fustiger.
FUSTIGÉ, ÉE (fu-sti-jé, jée), part. p<u»^ de fustiger. Battu d'un fouet ou de verges. Un esclave est fustigé dans les places publiques, s'il joue à quelque jeu que ce soit, s'd ose aller à la chasse....
HAYNAL, m.St. phil. XIV, 26.
FUSTIGER (fu-sti-jé. Le g prend un e devant a et 0 : fustigeant, fustigeons), e. o. || !• Battre & coups de fouet. Après quoi, ayant reproché aux prêtres leur stupidité, il [Cambyse] les fit cruellement fustiger, bollin, Hist. anc. (JF.uv. t. u, p. 124, dans pougens. On lui demanda juridiquement ce qu'il aimait le mieux d'être fustigé trentesix fois par tout le régiment, ou de recevoir i la fois douze balles de plomb dans la cervelle, volt. I Cand. 2. La déesse en fureur le dépouille de 8e^ I habits jusQu'i Ui ceinture et commande i son
FUT
porte-fouet de le fustiger, oilb. U Carnaral irt auteurs. || Fig. Apparaissez, plaisirs de mon bel âge, Que d un coup d'aile a fustigés le temps, bA- BAHo. Grenier. || 2* Se fustiger, c. réfl. .Se donnet des coups de fouet.
— ÊTYM. F'rov. fustigar; esp. et port fustigar du lat. fustigare , de fuslis , bâton , et le suffise igare, qui signifie mener, manier, et qui est l'équivalent de agere. On disait dans l'ancien français fuster, battre avec un bâton : xill* s. Si vint li prostrés de la vile Et de vilains plus de deus mile Qui le bâtirent et fusterent; X bien petit que nel tuèrent, lien. )3)«B.
t FUSTINE (fu-sti-n'), (. f. Terme de chimi«. Principe colorant du fu"-tet.
fFUSTOCou FUSTOK (fu-stok), t. m. Bois jaune de Cuba qui sert à la teinture et aux ouvrages de tour et de marqueterie.
fOt (fil ; le ( ne se lie pas; ao pluriel, V$ te lie des ffl-z arrangés dans la cave), t. m. || !• Boi» de haut filt, bois élevé. || Terme de vénerie. La principale branche du bois d'un cerf, de laquelle sortent les andouillers. Il 2" Le bois sur lequel en monté le canon d'un fusil, d'un pistolet. || Par extension. I.e fut d'un rabot. || S* Terme d'architecture. Le corps de la colonne compris entre la base et le chapiteau. Fût cannelé. Fût uni. I»uis l'œil entrevoyait dans le chaos confus Aqueducs, escaliers, piliers aux larges fûts, v. nt'GO, Orient. ). Il On dit aussi le fût d'un candélabre. || 4° Bois qui forme le manche de la raquette et qui en porte les cordes. Il 6° Terme de marbrier. Outil en fer dans lequel on monte des mèches de différentes grosseurs pour percer des trous || 6' Terme de marine. Assemblage de petiffes lattes qui forment la monture de U girouette. Il 7" Baguette d'un archet de violon. || Planchette sur laquelle s'attachent les cordes. || Fût de couteau, instrument dont le relieur se sert pour rogner les livres, il 8" Tonneau où l'on met le vin. Aciieter de vieux fûts. || Sentir le fût, en pariant du vin, avoir un mauvais goût pris dans le tonneau. Je ne comprends pas par quelle fantaisie je vous demandais cette inutilité; je crois que c'était dans le transport de la reconnaissance de ce bon vin qui sent le fiit, sÉv. 284. || 9" Cylindre creux sur lequel sont montées les pp.aux d'un tamliour. || Buffet d'orgue. || Carcasse d'une malle. || 10" Fût de girofle, petit bouton tendre, qui se trouve au milieu de la tête du clou de girofle.
— HIST. XI* s. Al cors [il] li met et le fer et le fust, Ch. de Roi. cxix. Bien le bâtirent à fuz et à basions, ib. cxxxv. [Us] Tranchent les cuirs et les fuz [des écus] qui sunt doubles, ib. cCLxi. Va, les pend tous à l'arbre de mal fust, ib. ccxc II xii* s. E il fud cume li petiz vermes ki le dur fust jbois] perced [perce]. Rois, p. 2 M . Le fust qued est plantet dejuste les decurs des ewes. Liber psaim. p. ). 'I xiii* s. Lors s'esleeceront [se réjouiront! tuit li fust des selves contre la face de Nostre Seigneur, Psautier, f* ))6. Quant il [le chèvrefeuille' est si laciez e pris E tut entur le fust (arbre) s'est mis, Ensemble poient bien durer, marie, LhèrrefeuilU. Et n'i avoit si haute tour qu'il n'i feissent deus estages ou trois de fust pour plus haussier, villeb. CI. Il XIV* s. Et semblablement font ceuli qui veulent dreciei les fusts ou les bastons qui sont tors et boisteux, ORSSME, Elh. 54 [II] Fisl dresser les vaisseaux de vin en lor estant, Et le fust defonsser; et vont le vin puisant Les famés, les variés, qui no gent vont servant, Guescl. v. 20). 1«. Une boilellet.> d'or en la quelle a du fust de la vraie crois, Bibl. det chartes, 4* série, t. v, p. )«). Le pont de fust de l'isle Nostre Dame , de laborde. Émaux, p. ï2«. Il XV* s. Et adonc ordonnèrent que les trois capitaines seroient atout soixante fusts de lance, moksthel. liv. ». X tels chanteurs resnnndez courte messe ; Du fust qu'ils font, rende, ieur le meiien [rendez-leur bois pour bois, ce que nous diions rendez-leur la monnaie de leur pièce] , e. desch. Vohies mss. ^ 225. Et dist qu'uns naistroit de femme.... Le.|uel Dieu et homme seroit. Mort et passion souffreroit En un fust dont l'en ferait croiz... La nativiU de J. C. hystère. || xvi* s La France n'avoit qui peust. Que toy, remonter de cordes De la lyre le vieil fust, dd bkllaï, ii, 50, recto. Aulnrr fust à fust, cotghave.
— ÉTMi. Génev. un^ fusU, un tonneau; prov. fu.ll, bois, arbre, fusta, poutre; c p. et port, fuste; ital. futto; du lat. fustis . bâton, bois, pour lequel vov. à l'étymologie de fétu.
FUTAIE (fu-lê). ». /■. ||1* Bois, forêt de grands arbres. Il y a 14 une forêt de haute futaie arrosée d'une infinité d« ruisseaux, vaccel. Q. C. n, 4. La
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plus utile de ces ordonnances est celle qui établit dans les bois des ecclésiastiques et gens de mainmorte la réserve du quart pour croître en futaie; elle est ancienne et a été donnée pour la première fois en (573, buff. Hist. nat. Introd. part. exp. OEuv. t. VIII, p. 362, dans pot'OENs. On voyait par moments errer dans la futaie De beaux cerfs qui semblaient ... v. hugo, Voix, (6. || Fig. Je ne suis plus que le dernier arbre d'une vieille futaie tombée, chateaubr. Natch. 2' partie, t" moitié. || i' Un bois de quarante ans se nomme futaie sur taillis ; entre quarante et soixante , demi-futaie ; entre soixante et cent vingt, jeune haute futaie; de cent vingt à deux cent, haute futaie ; au-dessus de deux cents ans, haute futaie sur le retour. || D'autres disent: jeune futaie, depuis 8o ans jusqu'à 120; haute futaie depuis cet âge jusqu'au dépérissement qu'on désigne par le mot de vieille futaie. |1 3° Bois venu par graine. (| 4° Mode d'exploitation d'une forêt, o\\ l'on laisse les arbres arriver à une longue croissance; il est opposé à taillis. || Futaie de brins, les semis qu'on laisse croître en futaie. || Revenu de futaie, jeune futaie qui s'élève en place de cpUe qu'on a abattue. || Futaie sur souche, le bois ou le taillis qui repousse de souches.
— REM. Futaie, dérivé de fût, n'a point reçu d'accent de l'Académie, bien qu'il y en ait un sur affût, affûter, etc. Même remarque pour futaille et futé.
— HIST. XIV' s. Faut querre le chevreul à rongier [ruminer] vers les cleres fustoies, Modus, f" XXIX, verso. Es cleres fustayes et en aultre pays clcr, ib. f" XI. Il xvi« s. Bois est réputé haute-futaie, quand on a demeuré trente ans sans le couper, loy- I SEL, 158. Il est permis à l'usufruitier découper, en son temps, toute sorte des arbres légères comme sapins, aulnes, peupliers.... et bois de basse fustaye ou autres de bois dur, comme chesnes, faus, ormes, Nouv. cmist. gén. t. i, p. \tb\. i
— KTYM. Fût, dans le sens de bois, avec la finale collective aie, qui représente le suffixe latin elnm, par exemple : salicetum, saussaie, etc. L'orthographe ancienne, qui est constamment par unes, écarte l'étymologie de fou, fouteau, hêtre.
FUTAILLE (fu-tâ-U',i2 mouillées, etnon fu-tâ-ye), s. f. Il 1° Tonneau pour le vin, le cidre, etc. Fu- [ taille vide. On ne met jamais de vin nouveau dans ■ de vieilles futailles, volt. Mœurs, Préj. || Double | futaille, futaille renfermée dans une autre. || Futaille montée, celle qui est reliée et qui a ses cer- ' ceaux, ses fonds et ses barres. Futaille en bottes, ; celle dont les douves sont toutes préparées et à la- ' quelle il ne reste plus qu'à mettre les cerceaux. || Se dit aussi de vaisseaux à mettre des boulets et autres munitions. || 2° Terme collectif. Grande quantité de tonneaux. Voilà bien de la futaille.
— REM. Voy. la remarque pour futaie.
— HIST. XIII' s. Quiconques veut estre escuelliers à Paris, c'est à savoir venderes de auges, fourches, pelés, beesches, pesteuz [pilons] et toute autre lustaille, estre le puet franchement, Liv. des met. H 2. Il XV* s. Onques ne vi plus grant ordure Que de mangier en ces plateaux De fustaiUe, où chascuns, com veaux, A sa barbe et sa main brouillie, e. nESCH. Poésies mss. f" 360. S'embesoignant de nos futailles. Dieu a féru ces enraigiés; Et la dernière des batailles Par leur trespas nous a vengiés, bas- SELIN , Appendice, m. || xvi' s. Des barricades, non pas de pippes ny d'aultre fustaiUe, mais de massonnerie, cahloix, vu, ib.
— ÉTYM. Bas-lat. fustalia, adjectif pluriel neutre de fuslalis, dérivé de fustis, bois, proprement les choses en bois, mis au singulier comme plusieurs neutres pluriels, mirdbilia, merveille, iiblia, la Bible, etc.
t rUTAILLER (fu-tâ-llé, ii mouillées), s. m. Ancien synonyme de tonnelier. Autre requête d'intervention des gardes et communauté des maîtres futaillers, tourneurs, cornetiers et boisseliers de la ville de Rouen, Arrêt du conseil, 30 juill. 4 738.
— HIST. xv s.Unleurvoisin fustailler,quimenoit vendre plusieurs fustaiUes, du cange, fustallia.
— ÊTVM. Futaille.
t FCTAILLEIUE (fu-tâ-lle-rie, ii mouillées), s. f. Tout bois propre à faire des futailles. Futailleries de bois venant de Saint-Claude, de toutes sortes, le cent payera 20 sous, Tarif, ta sept. (664.
— HIST. XV' s. Pour vendre plusieurs denrées de fustaillerie, nu cange, fustallia.
— ÊTYM. Futaille.
FCTAIPfE (fu-tê-n'), s. f. Étoffe de fil et de coton. Une camisole de futaine. Futaines à poil : chaîne, vtianrre ou lin; trame, coton, Tableau annexé aux
lettres pat. 30 sept. 4780. || Courir la futaine, se disait pour mener une vie oisive, vagabonde, passer le temps en promenades inutiles.
— HIST. xiii* s. S'ot vestu un rouge fustaingne, M^s que par leus [endroits] ert detrouez, Ben. 76:o. Il xv s. Et si dira [la femme] encor : je vueil Une fustaine, monseigneur, Et me faut un mantel greigneur Que je n'ay, à droit fons de cuve, e. DESCH. Miroir du mariage. || xvi* s. Fustaine ou bombasin et toutes autres choses faites de coton, BOB. EST. Dict.
— ÉTYM. Picard, fustane, futane; prov. fustani; espagn. fustan; portug. fustâo; ital fustagno; de Fouchtdn, nom d'un faubourg du Caire d'où on apportait celle étoffe.
T FUÏAINIEK ;fu-tè-nié), s. m. Terme ancien. Fabricant de futaine. Les peluches composées de poil de chèvre et laine ne pourront être fabriquées que par les veloutiers ou faiseurs de velours, et celles composées de poils de chèvre et de fil, par les seuls futainiers. Arrêt du conseil, t« janv. 4747.
FUTÉ, ÉE (fu-té, tée), adj. || 1* Au sens propre, usité seulement en termes de bla.son : muni d'un fiit. Javeline ou autre arme futée, javeline, arme dont le fer et le bois sont de deux émaux différents. Il 2" Fig. Harassé comme qui a reçu des coups de fût, de bâton (sens hors d'usage aujourd'hui). Ils accusent les grands, le ciel et la fortune, Qui, futés de leurs vers, en sont si rebattus.... Régnier, Sat. XIV. I) 3° Fig. Oui a de l'expé.ience, de la ruse, comme celui qui a été battu e rebattu d'une chose. Le monde de Madrid est plus futé qu'ici, th. corn. D. Bertrand de Cigaral, iv, 2. Votre cœur est, monsieur, toujours insatiable; Ces inspirations viennent souvent du diable ; Je vous en avertis, c'est un futé matois, regnard, Joueur, m, 4 3. Vous êtes une futée commère pour une Compiégnoise, dancourt. Curieux, 6. Les oiseaux s'avancent en dandinant vers le futé quadrupède [le renard], qui affecte autant de bêtise qu'ils en montrent, CHATEAUBR. Amer. Renard.
— REM. Voy. la remarque pour futaie.
— HIST. XIV' s. As oï com Girars contre toi gronce et parle! Tu es li plusfustetz, li plus deshonorés. Se cilz or vilz [sans doute orz vils, ord et vil, sale et vil] Bourgoins [Bourguignon] n'est par toi acorésl Girart de Ros. v. 724.
— ÊTYM. Berry, fûteux, se dit d'un chasseur habile. Futé, en Normandie, se dit d'un corps poli terni par un souffle, par une fumée : les carreaux sont futés, on ne .saurait voira travers; à Dives [Calvadosl, futé, rassasié : je n'ai jamais été futé d'huîtres. Le sens propre de futé est battu, du verbe fuster, qui, très-employé, signifiait battre, placer à l'affût, fouiller, piller. De battu il a passé au sens de rebattu, las, fatigué, ennuyé; enfin, de rebattu, il en est venu à signifier qui a de l'expérience, habile, rusé. On a quelque chose de semblable dans les acceptions de roué.
FUTÉE (fu-tée), s. f. Espèce de mastic composé de sciure de bois et de colle forte, qui sert à remplir les fentes et les trous du bois.
— ÉTYM. Fût.
F-CT-FA. Ancien terme de musique par lequel on désignait le ton de fa. Cet air est en f-ut-fa.
■f fOtiER (fù-tié), s. m. Ouvrier qui assemble les ais des malles, des coffres, etc.
— ÉTYM. Fût.
futile (fu-ti-l') , adj. Qui est ao peu de conséquence, de peu de valeur. Un talent futile. Raisons futiles. Tous ces discours qu'ils [les philosophes] ont fondés surce faux principe sont si futiles.... pasc. Lett. à Mme Perier, 47 oct. 46B(. Ce papillon luimême, à nos yeux si futile. Qui sait si de son vol l'erreur n'est pas utile? Peut-être, en son essor vif et capricieux. Il hâte en se jouant le grand œuvre des cieux [la fécondation des plantes dioiques],
DELILLE, Trois règnes, vi Était-ce donc à des
honneurs futiles, Romains, que se bornaient les vœux de votre ami? arnaud, Germanie, v, 7. || Il se dit aussi des personnes. Un homme futile. Quelques futiles petits -maîtres qui pensent ridiculiser toute vertu par une plaisanterie, volt. Don Pédr. Êplt. dédie. Ces lecteurs futiles qui confondent la plaisanterie avec l'évidence, dider. Claude et Nér. ii, 6.
— ÉTYM. Lat. fulilis, dont le sens propre est : qui laisse échapper, par exemple dans vasa futilia, et qui vient de futire, laisser échapper. Fulire tient probablement à fundere, verser.
futilité (fu-ti-li-té), s. f. \\ 1° Caractère de ce qui est futile. La futilité d'un raisonnement. Il 3° Chose futile. S'attacher à des futilités. De cette
indigne classe où nous rangent les hommes De borner nos talents à des futilités, mol. F. sav. m, ■i. On parle à Paris et on ne pense guère; la journée se passe en futilités, on ne vit point pour soi, on y meurt oublié sans avoir vécu, volt. Lett. Ciderille, 4 févr. )76B.
— ÉTYM. Lat. fuHlitatem, de futilis, futile. FUTUR, URE (fu-tur, tu-r'), adj. || l'Qui sera, la
temps futur. Que direz-vous, races futures, Si quelquefois un vrai discours Vous récite les aventures De nos abominables jours? ma lh. m, 4. Grâces aux immortels, l'effort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage, corn. Nicom. II, 3. Le passé n'a point vu d'éternelles amours. Et les siècles futurs n'en doivent point attendre, sr-évREMOND, dans richelet. Et déjà vous croyoj dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures, boil. Sat. ix. Que de Britannicus la disgrâce future Des amis de son père excita le murmure, rac. Brit. iv, 2. Et ton nom paraîtra dans la race future Aux plus cruels tyrans une cruelle injure, id. ib. v, 6. || Choses futures, tout ce qui peut arriver. L'homme est assurément trop infirme pour pouvoir juger sainement de la suite des choses futures, pasc. Lett. à Mme Périer, 47 oct. 4054. || Ancien terme de chancellerie. Examen à futur, enquête qui se faisait en vertu de lettres de chancellerie. || î° Terme de pratique. Le futur mariage, le mariage dont on dresse le contrat. Il On dit également : les futurs époux, les futurs conjoints, les deux personnes qui contractent ensemble pour se marier ensuite. || On dit de même : le futur époux, la future épouse, son futur époux, sa future épouse, etc. || Substantivement, les futurs, le futur, la future. Mettez-vous donc d'accord, et d'un jugement mûr Voyez à convenir entre vous du futur, mol. F. sav. v, 3. Sa sœur, votre future, et qui, par parenthèse, Vous donnera tout lieu d'enrager à votre aise, destouches, Phil. mar. i, 2. Oui, cousine, oui, maîtresse, I oui, charmante future, et tout ce qui m'est le plus ' cher dans le monde, Marivaux, Pays. port). 2' part. Il On dit aussi dans le langjige ordinaire : son gendre futur; son beau-père futur; sa belle-mère future, etc. Ton beau-père futur vide son coffre- I fort, BOiL. Sat. X. Il Terme de jurisprudence. Épouj ser par paroles de futur, se dit pour fiancer ; à la ■ différence d'épouser par paroles de présent. || 3° S. m. Ce qui sera. Il y en a qui ne prennent rien à cœur, qui se donnent à qui est présent et n'ont du futur aucune inquiétude, boss. Pensées détachées, 4 . Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible qu'on ne peut jamais assigner, fén. Exist. ii, 2, Éterniié. Stn 'dédain [de la duchesse d'Orléans] ferma son espr.t à toute vue d'un futur que l'âge et la santé du roi montraient fort éloigné, st-sim. 270, 442. Je no j viens point traîner dans vos riants asiles Los re- I grets du passé, les songes du futur, lamart. Méd. II, 45. Il 4° Terme de grammaire. Temps du verbe qui exprime une action, un état qui seront. Le présent, le passé et le futur. Futur actif. Futur passif. Le futur du participe, ou, adjectivement, le participe futur. Il Futur simple, futur formé par la seule terminaison. Amabo en latin, ottneroi en fiançais sont des futurs simples. || Futur composé, futur formé avec un verbe auxiliaire, comme je dois partir. En grec moderne, en allemand, en anglais, le futur est composé. || Futur antérieur, ou futur passé, temps qui exprime une action à venir qui doit précéder une autre action également à venir, par exemple : J'aurai fini quand il arrivera. || Futur prochain, celui qui exprime une action future, mais très-voisine : Je vais sortir. || Terme de grammaire latine. Futur périphrastique , temps composé avec le participe futur en rus ou en dus et le verbe sum. Il Paulo-post-futur, voy. ce mot à son rang. Il 5° Terme de logique. Futur contingent, ce qui peut arriver ou n'arriver pas. Il parle de tout ce qu'on aurait pu faire, de tout ce qui pf.u-rait arriver; c'est le recueil des futurs contingents, volt. M cl. hist. Exam. du test. d'Alhéroni.
— SYN. FUTUR, AVENIR. Le futur est ce qui sera; l'avenir est ce qui adviendra. Ces deux sens se confondent dans l'usage presque toujours : les siècles à venir ou les siècles futurs ne présentent pas d'autre nuance que celle qui est dans la notion même d'être ou de venir. Il n'y a que dans la langue du droit où futur ne peut être remplacé par à venir : les futurs conjoints. On dirait cependant l'héritier à venir aussi bien que le futur héritier.
— HIST. XIII' s. Une feme esposa un home par
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futur; elle oit dire que il estoit trop cruel et par devant un hermite fist vœu... Liv. de just. iB.i. N'onc preleril présent n'i fu; ¥A si vous redi que li fu- Turs n'i aura jamf's présence, Tant est d'eslable permanence, la llose, mm. \\ xvi- s. Compete à no.stre cour seule d'accorder commissions d'cnquestesà futur avant procès, Coust. gén. t. ii, p. 47. X Doslre mofle ce n'est jamais fait jla reconnaissance pour les dons] ; le receu ne se met plus en compte; on n'aime la libéralité que future,
— ETVM. Prov. futur; esp. et ital. futuro; du latin futurus, participe du radical qui est dans fui, je fus (voy. fus).
FUTURITIÔN (fu-tu-ri-sion), s. f. Terme didactique. Qualité d'une chose en tant que future. Ce qui n'a aucune possibilité n'a aucune futurition, fén. t. III, p. 33. Un animal qui n'a jamais vu d hiver peut-il en pressentir, au milieu de l'été, la futurition? BONNET, Conlempl. nat. Xll, 38. La futurition des choses, la préonlination des événements, la prescience de Dieu ne touchent point à notre liberté , DIDER. Opin. des anc. phil. {leihnilzianisme) .
— ÊTYM. Futur.
FUYANT, ANTE (fui-ian, ian-t'), adj. \\ i' Qui fuit. Le bruit des cors, celui des voix N'a donné nul rel.lche à la fuyante proie, la font. Fabl. x, t.
FUT
Il Fig. et poétiquement. Adieu, monde fuyant, nature, humanité. Vaine forme de l'être, ombre d'un m'Héorc, Nous te connaissons trop pour nous tromper encore, lamaiit. Ilnrm. iv, H.|| 2" Terme de peinture. Qui parait s'enfoncer sur l'arrière-plan d'un tableau. Il faut savoir placer la perspective linéaire des plans de la terre, et détacher sur les parties fuyantes les nuages, si différents aux différentes heures du jour, chateaubr. Destin. Rien n'est comparable pour la beauté aux lignes de l'horizon romain, aux contours suaves et fuyants qui le terminent, m. Italie, Lett. m U. de Fontanet Il Échelle fuyante, décroissement graduel des objets en r.iison de la perspective. Il Subst.intivement. Le fuyant d'un corps. Les fuyants d un tableau. On aperçoit, à la vérité, quebjue idée de la diminution perspective et du fuyant des objets, raynal. Histoire philos, v, 29. || 3° Front fuyant, front déprimé en avant et incliné en arrifre.
— f.TYM. C'est le participe présent de fuir, resté variable comme adjectif verbal. Autrefois tous les participes présents éty.ient variables, et Voltaire a suivi cette ancienne régie, quand il a écrit : Catherine II poursuit les Turcs fuyants devant ses armées, VOLT. Mœurs, Scythes.
FUVAKI) , ARDE (fui-iar, iar-d'), adj. Qui a coutume de s'enfuir Troupes fuyardes. Ils [les castors] deviennent fuyards, leur génie flétri par la
crainte ne s'épanouit plus, ils s'enfouissent eux et tous leurs talents dans un terrior, Bcrv. Quadrup t m, p. 62, danspoucENS. || Pigeon fuyard, pigeon qui est dans un colombier à pied et qui ne s'arr£te pas dans les volières et basses-cours. || Terme de fauconnerie Oiseau fuyard, oiseau qui ravit sa proie et la détourne. || Sultstantivement. Il voit quelques fuyards sauter dans une larque, corn. l'omp. V, 3. 11 eut d'abord à s'avancer sur une route glissante , encombrée de Iwgages et de fuyards, contre un vent violent souillant en face et au travers d'une nuit obscure et glaciale. sEouB, Hist. de Nap. xi, 7. L'armée était dans un dernier état de d/lresse physique et morale quand les premiers fuyants atteignirent Vilna, m. ili. xu, 3. || Il se disait autrclois d'un homme qui évitait de tirer à la milice. Quand un fuyard était arrêté, il était milicien de plein droit. || Fig. Celui qui échappe à quelijue engagement. Ah! comme vous voudrez, reprit-il là-<lessus; mais je regrette le fuyard; il valait mieux pour vous puisqu'il était riche, MARiv. Pays. parv. *• part.
— HIST. XVI' s Quand à l'emblée il avoit eu
d'elle quelque fuyarde œillade, yver, p. 6t*. Les fuiards, d'aub. liist. I, 295, Sur le delogemcnl fuyard du prince d'Oranges, carloix, i, 7.
— ÊTYM. Fuir, avec la finale ard qui indique l'habitude.
GAB
GAB
GAB
6 (jiM 't. m. La septième lettre de l'alphabet et la cinquième consonne. || Le son propre de cette lettre est guttural devant les voyelles fortes, a, 0, u : galerie, gosier, guttural, et il se conserve à la fin des mots quand on le prononce : Agag, whig, et devant une autre consonne : Bagdad, K gle, aigrir. Cut.-e ce son propre, le g a un son dérivé, chuintant, tel que celui du ; devant les voyelles faibles e. i, y: gîte, gésier, gynécée || Quand il faut, devant l'e, l'i, l'y, que g ait le son qui lui est propre, on le fait suivie d'un u ; guider, guenon. Au contraire, quand on veut, devant a, o, u, lui donner le son chuintant, on le fait suivre d'un c muet . geai, geôle, gageure, prononcés jai, jôle, gajure. Il Gn a un son particulier qui ne peut-être figuré et qui doit être perçu par l'oreille : magnanime, ignorant, etc.; ce son est le même que pour le gn italien et le h espagnol; bien qu'il soit figuré par deux caractères, c'est pourUint une articulation simple et qui pourrait être représentée par un seul caractère. || fin, dans quolcpies mots venus du grec ou du latin, garde la prijnonciation qui appartient à chacune des deux lettres : gnostique, igné. || G final, précédé d'une nasale, est muet: long, rang; mais, suivi d'un mot couiniençint par une voyelle ou une h muette, il devient sonore, et se prononce d'ordinaire comme un k: de rang en rang, un long hiver; non .sans exception pourtant; car g final est muet, même devant une vovelle. dans certains mots: seing, étang. Il G. en chimie, signifie glycinium. || ferme de musique. G-ré-sol , pour sol-si-résol , indique le ton de sol, dans l'ancienne solmisation française Il indique le sol dans la solmisation allemande et anglaise. || G , sur les anciennes monnaies de France, est la marque de la monnaie frappée à Poitiers.
— lllST. xiii* s. Plus que nule letre que j'oie. Signifie G la goie |joie] Qui par feme revient au monde, Senc/ùince de l'ABC, dans jamNAL, t. u, p. 278.
— ETYM. G latin, f, gamma grec, qui vient du g phénicien, nommé gimel, proprement le cou du chame.iu : ainsi dit de sa forme.
I G A BAN (ga-ban), s. m. Ancienne forme du mot caban.
GABAItr (ga-b.vr') , î. /". |1 1° Embarcation à voiles et à rames qui sert à charger et à décharger les b.ltiments, etc. Défenses aux maîtres et patrons de gab.ire3 ou liateaux lesteurs, de travailler au lestage ou délestage d'aucun vaisseau pendant la nuit, Ordonn. août lOHi. |{ Vaisseau pour transporter le
sel. Il Sorte de bfttiment de pécheur. || t' Dans la marine de guerre, bâtiment de charge et de transport. Il 3° Gros bateau qui navigue sur les rivières. Il 4" Terme de pèche. Filet , sorte de grande seine.
— HIST. XIV* s. Mises et dépensas pour assembler plusieurs nefs, gabirres et autres choses nécessaires aus pons et passages sur la rivière de Garonne, iiu c\NGE, gabliarus. || xvi* s. X combles barques et pleines gabarres luy feurent en barbe gens armez, JEAN u'auton, Ann. de Louis Xll, p. 26, dans la- CURNE. Il se met dans la gabarre seul avec une charrette et nuit ou dix hommes qui passoient [la Loire|, d'au». Hùfc. ii, 461.
— Rtym. Espign. gabarra; ital. gabara ; baslat gabbarus; bas-bret. kôbar ou gôbar. Origine inconnue .Scheler le croit de même famille que le latin gahala, jatte.
tGABARER (ga-ba-ré) , t). n. Employé en quelques endroits pour godiller, c'esl-ii-dire faire marcher une barque à l'aide d'un aviron placé à l'arrière.
t GABARET (ga-ba-ré), s. m. Terme de pêche. Petite gabare.
— ETYM. Diminutif de gabare.
t GABVRI (ga-ba-ri), ». m. Voy. gabarit.
fGABARIAGE (ga-l)a-ri-a-j'),i. m. || 1° Action de g.ibjrier; résultat de cette action. 11 travaille au gahiriage. Un gabariage bien fait. || 2" Il se dit de la courbure entière de deux pièces qui composent un couple.
— ETYM. Gabarier.
i.GABARIER (ga-ba-rié; l'r ne se lie jamais; au pluriel. Vs se lie : les ga-ba-rié-z et les gab.ires), s. m. Il 1" Nom donné aux patrons et matelots des petites galiares. J'ai reçu avec votre lettre ilu 28 janvier 188" le jugement (|ue V(.us avez rendu contre des galKiriers qu. ont volé du fer dans l'arsenal, sEi- ONELAV, à Drmuy, s fév. lesu, dans jal. || 2' Porte faix qui charge et décharge les gahares.
— HIST. XV* s. Un autre gabarrier, lequelamarra sa gabarre joignant celle du suppliant, du cange.so- (lorolu*. Il xvr s. Pour le passage de la ville de Bordeaux ... sera tenu chacun gabarrier avoir trois personnages dedans sa gabarre, c'est & savoir un gouverneur et deux tireurs, Coust. gén. t. u,p. 87i.
— ETYM. Gabare.
t 2. GABARIER (ga-ba-ri-é) , e. O. Terme de marine. Façonner une pièce do bois conformiment aux indications du gabarit. Nous n'avons encore gabarié que les couples. Nous allons gabarier l'étambot. Il Absolument. Depuis huit jours nous ne
faisons que gabarier. Cette salle est celle où l'oa gabarie || On a dit aussi gabaritter et gahariser. Appliquez-vous toujours à choisir les plus belles pièces de bois et à les mettre à part, et faites-en chercher partout pour faire travailler ensuite avec un trèsgrand soin à les gabaritter, colbeht, d de Seuil. 7 sept. 1678, dans ial. Elle dit que son traité porte que l'on enverra dans ses bois un commissaire et un charpentier de marine pour les visiter, marquer et faire gabariseret débiteren pièces suivant l'usage de la marine, Corresp. de Colberl, m, 48u.
— ETYM. Gabarit.
f GABARIKITR (ga-ba-ri-eur), *. m. Ouvrier qui taille et surtout qui trace les gabaris. Voilà un excellent gabarieur. U nous laudrait plus de gabarieurs,
LEGOARANT
— ETYM. Gabarier.
GABARIT (ga-ba-ri),*. m. || 1* Terme de marine. Modèle de grandeur naturelle que les chirpentiers font avec des pièces de bois fort minces pour représenter la longueur, la largeur et lecalibre des membres et des parties du vaisseau, et d'après leijuel ils travaillent les pièces de bois qui doivent effectivement entrer dans le bâtiment. Le gab.irit du maître couple, de l'étrave, de l'étambot. Les gabiril-s d'un vaisseau. X voir les gabarits de ce bâtiment, il doit être du port de cent, de deux cents, de cin(i cents tonneaux. || Un vaisseau d'un bon giilarit est celui qui est fait exactement d'après un bon mc<ltle, c'està-dire qui est bien coupé et bien construit. Il Au plur. Faux gabarits, pièces de bois qui soutiennent momenUinément les lisses. || 2* Terme miliuire. Mot qui, passant de la marine à l'armée déterre, désigne la contenance des caissons de vivres, leurs dimensions, leurs formes.
— KEM. On écrit aussi gabarx, sanst, ce qui s'accorde mieux avec le verbe gabnrier. J'apin-ouvc la pensée que vous avez de faire voir à M. du ■ uesne le galiari du vaisseau de 3o pièces de canon, que vous avez arrêté avec M. Colomb, coluert, d Àrnoul, 10 sept. <I178, dans jal.
— ETYM. Provenç. garhi; ital. garboide l'esp. 90/ibo, modèle, de l'arabe qalib. moule, forme. C'est une autre forme de calibre (voy. ce mot).
t GABAROT (ga-ha-ro). s. m. ou GAIIAROTTE (ga-ba-ro-t'), «. /. Terme de marine. Petite gabare du commerce, non pontée . gréée d'un mât placé au milieu de l'emb-arcation et d'une voile.
— ETVM. Diminutif de gabare.
GABATI.NE (ga-ba-ti-n') , ». f. Terme peu usité. Action d'en fiire accroire en se moquant. La gabatine est franche et la ruse subtile, Doct. am. daiw
GAB
GAB
GAG
lE BODX, Diet. comique. || Donner do la (çabatine à quelqu'un, lui en faire accroire, le tromper par une promesse ambifçu'!. Il est vrai, notre nation Donne •cuvent la pabatine; Mais je donnerai caution De ne point tromper Socratine, scarbon, dansHicHF.LET. Galants fieffés, donneurs de gabatine, J'ai beau prêcher qu'on risque à vous ouïr, nEf uollières, t. i, p. (47. Il Payer la gabatine d'une chose, être dupe, CAMUS, évéque de Belley, dans batle, Letl. à Marais, <4 mars <70).
— Etym. Ital. gabbatina,degabbare, gaber (voy. ce mot).
t GABEOIE (ga-be-jip) , s. f. Mot populaire. Fraude, supercherie. Il y a de la gabegie là-dessous.
— ÊTYM. Il paraît tenir au verbe gaber; comparez gabuzé, moqué ; Ainsi le jouvencel gabuzé, et faillit qu'il pillast patience, U Jouvencel, ms. p. 382, dans LACt'BNE.
GABELAGE (ga-be-la-j"), s. m. ||1' Espace de temps que le sel doit demeurer dans le grenier, avant d'être mis en vente. || 2° Marques que mettent les commis pour reconnaître la qualité du sel.
— ETYM. Gabeler.
t GABELANT (ga-be-lan), s. m. Ancien terme qui désignait ceux qui avaient affaire aux gabelles, qui devaient s'y fournir. Et d'autant que les officiers de la ferme des gabelles de Lyonnais ne font ouverture desdits greniers qu'à certains jours de la semaine, ce qui cause que les gabelants sont contraints de se retirer sans sel et se pourvoir à celui de contrebande, Bail Gautier, 6 mars teeo.
— HIST. XV* S. Et tiendront lesdits officiers, esdits greniers et boutiques où se fera la vente, une barre au travers de la vente pour d'illec prendre ledit sel gabelle, sans que les gabellans puissent presser ladite barre. Seront tenus.... bailler à chacun qui gabellera en leurs greniers, lesdites biUettes.... et ne se partiront d'illec lesdits gabellans, qu'ils n'ayent eu leurs dites billetes, Ordonn. 8 nov. <498.
— ÉTYM. Gabeler.
GABELË, ÊE (ga-be-lé, lée), part, passé de gabeler. Le sel après qu'il est essuyé s'appelle sel gabelé. Lesquels gardes pourront faire toutes visites partout où ils douteront avoir été mis des sels de contrebande et non gabelés, Bail Gautier, 6 mars <6eo. Défendons d'aller aux lieux où la gabelle n'est établie, pour faire saler la chair ou poisson des sels non gabelés, ib.
GABELEU (ga-be-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : je gabelle, je gabellerai), V. n. Porter dans un magasin pour le faire égoutter le sel ramassé dans la poêle à mesure qu'il se forme.
— IIIST. xiv s. Item d'avoir vendu à leur profit le dit sel ainsi défalqué sans gabeler, du cange, gablum.
— ÉTYM. Gabelle.
GABELECR (ga-be-leur), t. m. || 1* Employé de la gabelle. [Il y a] des- provinces qui jouissent d'une liberté à cet égard fie sel] qui fait regarder avec raison les autres comme étant dans la plus arbitraire servitude de tous les fripons de gabeleurs, st-sim. 479, <97. Il a° Homme chargé de faire sécher le sel. '
— HIST. xn* 8. [Que] escerst [tire] li gablere tute la substance de lui, e départent li estrange les labors de lui, Liber psalm. p. 469. || xvi" s. La cruelle avarice des fermiers, gabelleurs et usuriers romains, AMTOT, Lucull. 36 Pour remédier au soulèvement des Rasez, qui commencèrent contre les gabeleurs de Marseille, d'aub. Hist. ii, 437.
— ÉTYM. Gabeler; provenç. gabellador.
GABELLE (ga-bè-l'), s. f. || 1° Anciennement,
l'impôt sur le sel. Un de ses frères qui se mêlait de faire des convois de faux sel, était guetté par les archers des gabelles, scarhon, Rom. com. ii, 4 2. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé. L'autre portant l'argentde lagabelle,LA fout. F abl. I, 4. Cela ne leur sied-il pas mieux que d'entrer dans les gabellesT la brut. xiv. Le royal directeur des aides et gabelles.... Le mot d'aide s'entend, gabelles m'embarrasse; D'où vient ce mot? — d'un juif appelé Gabelus. — U y eut en effet le juif Gabelus qui eut des affaires d'argent avec le bonhomme Tobie; et plusieurs doctes très-sensés tirent de l'hébreu l'étyraologie de gabelle, car on sait que c'est de l'hébreu que vient le français, volt, les Finances. Il Pays de gabelle, les provinces où l'impôt de la gabelle était établi. || Provinces des grandes gabelles, celles où l'impôt sur le sel était le plus fort; provinces de petites gabelles, provinces où la vente du sel était volontaire, c'est-àKlire où les habitants
DICT. DE LA T.ANOtrB PRANÇAi-Jg.
des paroisses n'étaient pas forcés d'acheter le sel aux magasins de la gabelle. Indépendamment des grandes divisions qui sont connues sous le nom de pays de grandes gabelles, de pays de petites gabelles, de pays de saline, de pays rédimés et de pays exempts, on voit encore au milieu de chacune d'elle» des distinctions de prix, neckkr. Compte rendu au rot, janv. 4781, p. 82. || Frauder la gabelle, faire quelque fraude pour échapper aux droits du sel; et fig. échapper par adresse à une obligation qui pèse sur tous les autres. || Gabelle personnelle, obligation imposée à chaque personne de prendre dans les greniers de l'État une quantité de sol déterminée ; par opposition à gabelle réelle ou gabelle volontaire, qui exprimait la quantité réellement nécessaire à la consommation de chacun. || 2° Grenier où se vendait le sel. Il 3° Anciennement, tout impôt sur les denrées et les produits de l'industrie. Gabelle de drap, de vin, etc.
— HIST. xm* s. Imposition de la gabelle des dras de la sénéchaussée de Carcassone, dd cange, gablum. Il xv s. Pour rejouir le peuple parmi le royaume ài France, toutes.... gabelles furent ostées, FHOiss. II, II, 74. Il XVI" s. Il leur annonçoit que Sertorius leur faisoit la grâce de leur remettre les tailles et gabelles qu'elles payoient, amyot, Sertor. 36.
— ËTYM. Provenç. gabela , gabella ; espagn. et portug. gabela; ital. gabella; bas-lat. gablum, gabulum;dvL germanique : anglo-sax. gaful, ga/'oZ, impôt ; allem. mod. Gaffel ; du verbe gifan, goth. giban ; allem. mod. geben, donner. Les étymologistes espagnols le tirent de l'arabe kabala, impôt; à quoi Diez objecte que le k arabe ne se prête pas à un adoucissement en g.
t GABELOU (ga-be-lou), s. m. Mot populaire et de dénigrement pour désigner autrefois les employés de la gabolle, aujourd'hui les employés de la douane et de l'octroi. || Fig. Tous ceux qui ont ou prétendent avoir un droit à prélever sur une industrie étrangère. J'ai dit que tout ce qui dans Paris était spectacle, devait subir l'exercice des rats-de-cave, des gabelous de l'opéra (parce qu'alors toute réunion déplaisir, jusqu'aux marionnettes et aux puces travailleuses, lui payait une redevance), c. blaze, l'Académie de musique, i, xv, p. 602.
— HIST. xvi* s. Tu as menti, meschant bourreau, gabeloux, que tu es, noel di'fail, Cont. d'Eutrap. ch. xxiii.
— ETYM. Prononciation populaire de gabeleur.
t GABER (ga-bé), V. a. Moquer, railler. ||Se gaber, V. réfl. Dire des bourdes, se moquer. || Ancien terme inusité qui a été remis, jusqu'à certain point, en usage par les imitations de vieux langage. Il était encore dans la \" édition du Dictionnaire de l'Académie.
— HIST. XI* s. Devant ses pairs vat U ore gabant, Ch. de Bol. cxxxii. || xiii* s. Par Dieu, vassal, jel di por vous gaber ; Guidiez vous donc qu'à certes le vous die? qoesnes, Bomanc. p. 4 08. Mais tex [tel] gahe à la fois fpar fois] autrui, Que le gabois revient sur lui, Blanche et Jehan-, v. 2S36.
— ÉTYM. Provenç. et portug. gabar; ital. gabbare; du Scandinave gabb, raillerie, qui a peut-être un rapport avec le radical gav du latin gaudere, se réjouir.
t GABET (ga-bé), *. m. Terme de vénerie. Gros ver qui se loge dans la peau du cerf, du daim et du chevreuil.
t GABIAGE (ga-bi-a-j'), s. m. Terme de marine. Service des hunes ; travaux et ouvrages du ressort des gabiers.
— ÉTYM. Voy. GABIER.
t GABIAN (ga-bi-an),s. m. Un des noms vulgaires du goéland.
t GABIE (ga-bie), s. f. Terme de marine usité sur la Méditerranée. Hune.
— ÉTYM. Ital. gabbia, hune, proprement cage (voy. CAGE). On a dit au xvi* siècle gaige qui est cage: La grand flambe de la grand gaige [hune du trinquet] , cité dans jal.
GABIER (ga-bié ; Vr ne se lie jamais ; an pluriel, l't se lie : des ga-bié-z exercés) , s. m. || 1° Matelot qui se tient dans les hunes, pour visiter et entretenir le gréement. Gabiers de port, matelots chargés de faire entrer les bâtiments de l'Etat dans les ports, de les en faire sortir, de disposer les appareils de carénage, de halage, etc. |{ Gabier de beaupré, anciennement matelot dont le poste était dans la gabie du mât de beaupré, et, aujourd'hui que cette gabie n'existe plus, matelot des plus habiles entre ceux qui sont chargés de tout ce qui regarde la manoeuvre des focs et le gréement du beaupré, jal.
Il ï* Petit oiseau du Paraguay qui se tient au haut des arbres.
— ÉTYM. Ital. gabhiere, de gabbia, hune (voy. oabie).
f GABIF.U (ga-bieu), ï. m. Outil de cordier, qu'on appelle aussi toupin.
GABION (ga-bi-on), s. m. || 1° Terme de guerre. Grand panier qu'on remplit de terre dans les sièges pour mettre à couvert les travailleurs et les soldats. L'armée à cet échec s'enflamme davantage. Sous de forts mantelets et d'épais gabions. Elle vient s'attacher au pied des bastions, bbéb. Phars. m. || Gabion farci ou gabion de sape, celui qui est rempli de fascines ou de branchages. || Fig. La bonne Lorraine [Mlle de Lislebonne], sachant bien à qui elle avait affaire, mit ce gabion devant elle [le récit de ce qu'elle avait fait] , de peur de se brouiller avec Chamillart, st-sim. 234, 4 4 6. || 2* Terme rural. Sorte de panier servant à transporter les terres, les fumiers, etc.
— HIST. XVI* S. Vantabrun fut blessé, escrivant (selon la vanité de nos François) le nom de sa maistresse sur un gabion, d'aub. Hist. i, 4 49. Gabions pleins de vent [mal garnis], m. ib. m, 20. Il s'accommoda de quelques maisons percées pour gabions, ID. ib. III, 244.
— ÊTYM. Ital. gabbione, gabion, proprement grand panier, grande cage, de gabbia, cage (voy. cage).
t GABIONNADE (ga-bi-o-na-d') , ». f. ou GA- BIONNAGE (ga-bi-o-na-j'), s. m. Ouvrage de fortification de campagne exécuté en gabions.
— HIST. XVI* s. Premiers font les approches, premiers dressent gabionades et cavaliers, et font les tranchées, brant. Dames galantes, 1. 1, p. 402, dans
LACURNE
— ÉTYM. Gabionner.
GABIONNÊ, ÉE (ga-bi-o-ne, née), port, passé de gabionner. Batterie gabionnée.
GABIONNER (ga-bi-o-né), t). a. Couvrir avec des gabions. || Se gabionner, v. réfl. Se couvrir de gar bions.
— HIST. xvi* s. Ils avoient en partie (par la vertu des femmes qui se gabionnoient de corps morts) repoussé l'ennemi, d'aub. Ilist. I, <60. Les plate-formes estoient revestues et gabionnées, carloix, vu, 46. Ils tuèrent plusieurs pionniersqui gabionnoient, paré, t. m, p. 722.
— ÉTYM. Gabion.
t GABIONNEUR (ga-bi-o-neur) , t. m. Celui qui travaille à faire ou à poser des gabions.
— ÉTYM. Gabionner.
t GABORI) (ga-bor), *. m. Terme de manne. Nom donné aux premières planches d'en bas qui foiit le bordage extérieur du vaisseau, et qui forment pai- dehors un coude en arc concave depuis la quille jusqu'au-dessus des varangues, guillet,
(4678-4683), dans JaL.
— HIST. XVI* s. Le dit navire toucha en terre, et de ce heurt la quille et gaborts s'estonnerent, de sorte que les joints des planches s'oirvrirent, u. do
— ÉTYM. Angl. garboard.
t GABOT (ga-bo) ou GABCT (ga-bu), s. m. Poisson qui reste longtemps en vie hors de l'eau et qu'on pêche pour servir d'amorce.
f GABRIEL (ga-bri-èl), s. m. Un des sept archanges.
— ÉTYM. Mot hébreu qui signifie l'homme do Dieu.
t GABURON (ga-bu-ron), ». m. Terme de marine. Pièce de bois, nommée autrement jumelle, qu'on applique contre un mât, pour le fortifier.
t 4. GACHE (gâ-ch"), s. f.Wi" Outil de maçon qui sert à détremper la chaux ou le plâtre. || 2° Sorte de spatule en bois qui sert aux pâtissiers pour manier leurs farces.
— HIST. XIV* s. Jehan, qui estoit à un port de la rivière de Loire, print un aviron nommé gaiche, DU CANGE, gachum.
— ÉTYM. Ane. h. allem. waskan, laver; allem. mod. waschen ; angl. to wash. Le sens propre est instrument à battre l'eau.
2. GÂCHE (gâ-ch'), s. /■. Il 1° Terme de serrurerie. Pièce de fer qu'on attache au poteau de la porte, ou qu'on scelle au mur, et qui est percée, pour y faire entrer le pêne de la serrure, et tenir la porte fermée. Attacher une gâche. Lever unegSche. Il Gâche d'épaisseur ou à patte, gâche en fer aplati et à quatre coudes nommée aussi gâche de silreté. Il 2° Cercles de fer qui tiennent attachés contre un mur les conduits de plomb ou de fer-blanc par où l'eau tombe des gouttières.