‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 265 sur 388 · GAD · texte numérisé non relu

GAD

— H18T. XV' ». Et la gariiUon do la serrure à la tenure de la clef, c'est ans-ivoir poslos brisez double», gasches doubles, moraillons, et l'emparement tel qu'il appartient, Ordnnn. août 4 48».

Ktym. Oriffine inconnue. Peut-on mettre ici, a

titre d'attente fort incertaine, de» mots mal déterminés qui ont une forme semblable : le bas-latin gcuicha<\u\ semble signifier action de fendre la terre, et d'où Tient gascaria (voy. jachère), et le berrichon gtlcher, drageonner, gdchon, drageon T

GArilÉ, fiE (gSi-ché, chée), part, jmsié de gâcher. Il !• l'IAire bien gâché. || i' Fig. Besogne gâchée.

GXCHKR (gâ-ché), V. a. || 1" Délayer du mortieV ou du plâtre pour maçonner. Gâcher lâche, faire un mortier de plâtre très-liquide. Gâcher serré, ne donner au plâtre que ce qu'il faut d'eau pour en faire une pâte. || i° Fig. Faire un ouvrage grossièrement, sans goût. Vous gâchez tout ce qu'on vous donne â faire. || Terme familier du commerce. Donner sa marchandise à vil prix. || 3° Terme rural. Herser le blé au printemps pour recouvrir de terre les racines de la plante. || Gâcher lespaillers, recouvrir la partie supérieure des meules de paille avec de la terre délayée.

— HiST. XV s. Nul poissonnier de Paris ne peut ne doit brouiller ou gascher [passer à l'eau] poisson, comme morue salée, maquereaux salés ou aucun haran blancsalé, Ordonn. desrois, t. Il, p. 369. Il XVI* s. Gaschant de la houe pour l'attacher à des

parois, AMYOT, IforaJ. t. ii, p. 48o, dans lacurne. Gascher la muraille de terre grasse, monet, Dict. Gascher du gros [satisfaire aux besoins naturels], ouDiN, Diet.

— ÉTYM. Gdche t; ital. guaxfare, détremper dans l'eau.

t CACHET (ga-chè), t. m. Hirondelle de mer à tête noire.

GACUETTE (gâ-chè-f), t. /■. Il 1° La petite pièce d'une serrure qui se met sous le p^ne. || 2» Morceau de fer qui fait partir la détente d'un fusil. || Pièce de l'intérieur du corps de la platine d'un fusil de munition. || 3° Machine quelconque qui sert à détraquer un piégo. Il 4* Levier coudé qui se meut sur son axe, et qui fait partie du métier à bas.

— HIST. XVI* s. Estoqueaux ou arrests desdites gaschettes par milieu desquelles sont chevilles pour arrester les dites gaschettes, paré, xvu, <ï.

— ÈTYM. Diminutif de gdche 2.

GXCHEUR (gâ-cheur), s. m. || 1* Ouvrier qui gâche le mortier, le plâtre. || Le gâcheur d'un charpentier, celui d'un menuisier, celui qui prend les mesures pour un charpentier, pour un menuisier. il 8" Fig. et populairement. Mauvais ouvrier, homme qui travaille mal ; on le dit aussi d'un mauvais écrivain. || Marchand qui vend à vil prix. || Au féminin, gâcheuse, femme qui gâche , qui travaille mal. Cette couturière n'est qu'une gâcheuse.

— RTYM. Gâcher.

4. GACHEUX, EUSE (gâ-cheû, cheû-z'), adj. Détrempé d'eau, bourbeux. Celte ruelle est gâcheuse.

— ÊTVM. Gâcher.

f 2. GACHEDX (gâ-cheû), f. m. Terme populaire. Maître subalterne dans une pension ; instituteur de très-bas étage.

— ETYM. Prononciation populaire de gdcheur. GACHIS (gâ-chi), s. m. || 1* Espèce de mortier

fait de plâtre, de sable et de chaux. || 2° Par extension, quantité de boue détrempée, tas d'ordure où il y a beaucoup de liquide. || Fig. et familièrement. Affaire embrouillée et désagréable. Quel gâchis ! Nous voilà dans un beau gâchis. D'ailleurs c'est dans sa conduite une inconséquence nouvelle entre toutes celles dont sa besogne est remplie, ce qu'on appelle un vrai gâchis, bachal'MONT, Mém. secrets, t. xxxiii, p. .128. Il 11 se dit aussi d'un écrit, d'un discours où les idées sont sans ordre et confuses. Ce mémoire n'est point intéressant; c'est un gâchis dont on se tirerait bien vite si la curiosité n'était excitée, bacuadmont, Mém. secrets, t. xxzv,

— ETYM. Gdcher.

t GACHOIR (gâ-choir), ». m. Caisse dans laquelle le potier de terre mélange les matériaux de la pâte.

— ÉTYJl. Gdcher.

GADE (ga-d'), ». m. Terme d'histoire naturelle. Genre de poissons dont la morue, le merlan, la barbote ou lotte forment les principales espt'ces. Il Gade-lotte ou barbote, poisson d'eau douce dont le foie est très-bon à manger.

— ETYM. râSoç.

t GABELLE (ga-dè-V), ». f. Un de» noms vul-

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gaires de la groseille rouge dans l'Ouest, gade en haute Normandie.

t GADELLIER (ga-dè-lié), ». m. Un de» noms vulgaires du groseillier rouge.

t GAHHRLIOUE (ga-rlé-li-k'), adj. Voy. CAér.iQiiE.

t GADH.LE (ga-<li-ir, U mouillées), ». f. Un des noms vulgaires du rouge-gorge.

— HIST. XVI* s. l'hilomele en avril ses plaintes y jargonno; L'arondelle l'esté; le ramier en aulomne; Le pinson en tout temps; la gadillo en hyver,

t GAnOLINITK (ga-do-li-ni-f) , ». f. Terme de minéralogie. .Silicate de cérium, ainsi nommé de Gndolin. qui l'a découvert.

GADOCARD (ga-dou-ar; le d ne se lie jamais; 1'» ne se lie pas : des ga-dou-ar actifs; pourtant quelquevuns la lient : des ga-dou-ar-z actifs), ». m. Vidangeur. || Fig. Il faudra se laver les mains après cette bataille; car vous aurez combattu contre des gadouards, volt. iMt. la Harpe, 15 août <776. Je voudrais bien savoir qui sont les ga<louards qui se sont efforcés de vider le privé d'un vaste palais où il» ne sont pas reçus, id. Utt. Damilaville, 4&oct. <764.

— ETYM. Gadoue; bourg, gadoi.

GAPOtTE (ga-doue), ». f. La matière fécale tirée des fosses d'aisances qui sert d'engrais. {| Se dit aussi des boues et des immondices des rues qui sont employées pour engrais. À peine a-t-il mis le pied hors des barrières, qu'il trouve les exhalaison» infectes qui sortent des gadoues et autres immondices, mekciER, Tabl. de Paris, L'air vicié.

— ÉTYM. Origine inconnue. Le wallon a j^odau, jus de fumier. Peut-on rapprocher gadoue de podau, et l'un et l'autre de l'allemand Koth, bas-saxon kath, excréments, boue?

I OADDINE (ga-du-i-n') , ». f. Terme de chimie. Substance retirée de l'huile de foie de différentes espi'ces du genre gadus (morue).

t GAÉLIQUE (ga-é-li-k'), adj. Qui appartient aux Gaêls. La langue gaélique, ou, substantivement, le gaélique, langue parlée au nord de l'Ecosse, dans les hautes terres. Le gaélique est une de» langues du nouveau celtique; il adeux dialectes principaux, l'erse parlé dans la haute Ecosse, et l'irlandais. On dit aussi gadhélique.

t GAFET (ga-fè), ». m. Coquille bivalve du Sénégal, donax Irvnculus, Adanson.

*. GAFFE (ga-r),».f. Longue perche à l'extrémité de laquelle est fixée une pointe de fer garnie latéralement d'un crochet. La gaffe sert à conduire le bateau, à sonder l'eau, etc. Le baron descendit dans la barque.... saisit à défaut de rames une gaffe qu'on y avait laissée par hasard, ch. de bkbnard, le Gentilh. campagnard, i, )8. || Terme do pêche. Croc pour tirer à terre les gros poissons. || Terme d'argot maritime. Avaler sa gaffe, mourir.

— HIST. XV* s. Un baston nommé gaffe, ayant un croq de fer au bout, du canoë, gafare.

— ETYM. Berry, jaffe; prov. gaf, s. m.; espagn. et portug. gafa; angl. gajf; du celtique : gaél. gaf; bas-breton, gwdf, crochu ; ou du germanique : dialecte allcm. gaifen, tailler en crochet. Le celtique et le germanique paraissent concourir.

t 2. GAFFE (ga-f), s. m. Vases de diverses grandeurs dont on se sert dans les salines pour transporter le sel.

GAFFÉ, ÉE (ga-fé, fée), part, passé de gaffer. Un gros poisson gaffé.

t GAFFEAC (ga-fô) , ». m. Petite gaffe.

— Etvm. Diminutif de gaffe t.

GAFFER (ga-fé), v. a. Accrocher quelque chose avec une gaffe.

— ETYM. Gaffe 1 ; prov. et esp. gafar.

GAGE (ga-j'), ». m. || 1° Dépôt qu'on fait de quelque objet entre les mains d'autrui, pour siïreté d'une dette, d'un emprunt. Un gage suffisant. Prêter sur gages. Emprunter sur gage. Brancas me demanda hier de bonne foi si je ne voudrais pas prêter sur gages, et m'assura qu'il n'en parlerait point, SÉV. <o«. Il lui a fait mettre en gage se» perles, id. 400. L'ordonnance du roi Asychis ne permettait [chez les Égyptiens] d'emprunter qu'à condition d'engager le corps [momie] de son père à celui dont on empruntait; c'était une impiété et une infamie tout ensemble de ne pas retirer un gage si précieux, ROSS. Hist. m, 3. Je me mettrais en gage en mon besoin urgent. — Sur cette nippe-lâ vous auriez peu d'argent, begward, Joueur, il, U. Elle est d'accord detnut, du temps, des arrérages; Il ne faut maintenant que lui donner des gages, id. t6. i, «. Sanci, dans cette négociation, dépensa une partie de ses biens; il mit en gage ses pierrerie» et, entre autres, ce fameux diamant, nommé la Sanoi, qui est k pré-

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sent à la couronne, volt. Ilenriade, vm, Variâmes. Vingt fois pour vous [plaisirs] j'ai mis ma montre en gage, béhano. Grenier. || Terme de jurisprudence. Contrat de nantissement d'une chose mobilière, par opposition à antichrcse. || Fig. Demeurer pour les gages ou pour gage, périr dans une circonstance où d'autres s'échappent. || Demeurer pour gages, signifie encore simplement élre arrêté dans quelque querelle, pendant que s'échappent le» autres qui j avaient participé; et aussi être pris d'une façon quelconque. Chacun peut sur un lit Se tenir toujours prêt sans quitter son habit; Qui ne le sera point restera pour les gages, tb. corn.D. Brrtr. de Cigarr. n, 4. || Demeurer pour gage, se dit aussi d'une chose que l'on a perdue. I>a presse fut si grande qu'un pan de mon habit y est demeuré pour gage. Il Laisser pour les gages, pour gage, c'est-à-dire pei^ dre Échappé Non pas franc, car pour gage ily laisia «a queue, la font. Fabl. v, 6. ||Kig. Donner de» ga(;cs à un parti, faire une dénurclie décisive, éclatante, pour être accepté dans un parti. || 2° Par extension, tout meuble ou immeuble qui a»sure le payement d'une dette. Il a affecté sa maison comme gage de »a dette. Les meubles du locataire sont le gage du propriétaire. || 8" Dans les petit* jeux ou jeux de société, objet qu'on dépose quand on s'est trompé, et qu'on ne peut retirer qu'après avoir subi une pénitence. Jouer au gage touché. || 4" Ce que l'on consigne et met en main tierce, pour garantie d'une somme à payer, quand, dans une contestation entre deux ou plusieurs per&nnes, il est convenu que celle qui sera condamnée payera cette somme. Donner des gage». Hendre le» gages. Il 6° Autrefois, gage de bataille, ou gage du combat, engagement de combattre manifesté par l'offre d'un gant pour gage, et contracté quand l'onnemi, en ramassant le gant, avait accepté le gage.Je jette devant toi le gage du combat; L'oses-tu relever? volt. Tancr. m, 8. Le parlement décréta que le cas [duel de Legris et Carrouge] ne requérait pas gage de bataille, ID. Mœurs. 4oo. || 6* Fig. Tout ce qui est assimilé à un gage comme garantie. D'une paix mal conçue on m'a faite le gage, cohn. Rodog. m, 3. Ce» lettres de ma foi vous seront de bons gages, id. Sertor. V, 6. Vous en aviez déjà sa parole pour gage, id. Ilor. v 2. Ces deux grâces me sont un gage de la jirésence de lépoux, BOss. iett. Corn. 4»i. Ainsi la première victoire fut le gage de beaucoup d'autres, ip. Louis de Ilourhon. Elle reçut ce dernier gage de son amour, fléchier, Dauph. Je réponds d'une paix jurée entre mes mains, Néron m'en a donné des gages trop certains, eac. Brit. v, 3. De votre obéissance elle ne veut qu'un gage, id. Àthal. m, 4. Vous avez de ses feux un gage solennel, id. Mithr. n, 4. Je vous le livre [Télémaquei comme le gage le plus précieux qu'on puisse vous donner de la fidélité des promesses d'Idoménée, pên. Tél. n. Épée que Laêrte lui avait donnée comme un gage de sa tendresse, id. tb. xvi. Prions; le jour au jour ne donne point de gage. Et le tlemier rayon, en sortant du nuage. No nous a pas juré de remonter demain, lamart. Harm. n, «. || 7» Gage de l'amour,

enfant Et qu'il en [de cet hymen] eut pour gage

unejeune princesse, bac. Iphig. iv, 4. Ce fiisquede sa (lamme il me laissa pour gage, in. Andr. in, 8. Il 8° S. m. pi. Ce qu'on paye aux domestiques par an pour leurs services, ainsi dit parce que c'est la somme payée par suite de l'engagement. On ne renvoie pas un domestique sans lui payer sos gages. S'il se casse quelque chose, je le rabattrai sur vos

gages, MOL. l Avare, m, < S'il avait quelque»

deniers comptants. Ne me paierait-il pas mes gages de cinq ans ? RgONAHn, Joueur, m, 7. Je sers un maître sans bien ; ce qui suppose un valet sans gages, LESAOF, Crisp. rit). d<»ori nia((re, se. a. || Etre aux gages de quelqu'un, être payé pour faire l'ufBce de domestique. Je ne suis pas à ses gages, g<v. 4*7. Il y en a bien d'autres que lui qui ont été aux gages des gens, et puis qui ont eu des gens à leurs gages, BABiVAtlx, Pays, parti. 2* part. || Cet homme ne vole pas ses gages, se dit d'un domestique qui fait bien son service; et fig. de toute personne qui s'acquitte bien de ce qu'elle a à faire. Hom! si vous le payez pour vous faire haïr. Il ne vous vole pas ses gaires, pavart, Soliman II. i, to. Il Dans un sens plus général, être aux gages de quelqu'un, être payé par lui pour certains offices. Il a, le croirait-on? des comtes à ses gages, X qui, pour le servir selon ses intéréus. Il fournit équipage et carrosse et laquais, haotrrochr. Bourg, de qualité, v, 3. Vous supposiez qu'on ne pouvait être bon français sans être à vos gages, fSn. Pial. des moru mod. Riehel. et Matarin. || On dit dans un sansanap

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logne : tenir à ses gages. Les grands [de Rome], pour s'affermir achetant des suffrages, Tiennent pompeusement leurs maîtres [les gens qui votent] à leurs gages, cobn. Cinna, ii, i. Un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, boil. Sat. i. Il Familièrement. Casser auï gages, retirer à quelqu'un son emploi, ses appointements. Et que pour sa paresse il faut casser aux gages, scarron, dans LE ROUX, Dict. comique. ||I1 se dit aussi d'un supérieur qui retire sa confiance à un inférieur. Il a eu longtemps quelque crédit auprès du ministre; mais il a été cassé aux gages. Enfin, pour l'inconnue, elle est cassée aux gages, th. corn. Galant doubl. m, <. Il X gages, qui reçoit des gages. Ce gouverneur n'est pas un homme à gages, J. J. rouss. Êm. I. Il En mauvaise part. X gages, qui est payé pour faire quelque service peu honorable. Des applaudisseurs à gages. La Cleveland [maîtresse do Charles II], dout il ne se souciait plus, ne laissait pas de le déshonorer par des inconstances réitérées, par des choix indignes, et le ruinait par des amants à gages, HAMiLT. Gratnm. il. || La Fontaine a dit à gage au singulier. Notre souflleur à gage Se gorge de vapeur, s'enfle comme un ballon, Fabl. vi, S. Il 9° Gages se dit quelquefois du salaire d'un capitaine de navire, d'un matelot. || 10° Gages se disait autrefois du payement que le roi ordonnait par an aux officiers de sa maison, aux officiers de justice et de finance.

— SYN. GAGES, APPOINTEMENTS, HONORAIRES. Appointements se dit pour tout ce qui est place, ou qu'on regarde comme tel. Honoraires a lieu pour les maîtres qui enseignent quelque science, et pour ceux à qui on a recours dans l'occasion à l'effet d'obtenir un conseil salutaire, ou quelque autre service que leur doctrine ou leur fonction met à portée de rendre. Gages est d'usage à l'égard des domestiques de particuliers et des gens qui se louent pendant quelque temps au service d'autres personnes, Encycl. vui, 294. Traitement peut être ajouté à ces trois mots examinés par l'Encyclopédie ; il est synonyme d'appointements et diffère par conséquent de gages et d'honoraires. Il y a en outre une différence qui n'est pas notée , c'est que les appointements, le traitement, les gages sont quelque chose de fixe, tandis que les honoraires s'entendent mieux de ce qui est occasionnel : un prêtre assistant à un service, un médecin, un avocat ont des honoraires ; le prêtre qui dessert une église, le médecin qui est attaché à un hôpital ont un traitement.

— HIST. XI* s. Il durra [donnera] wage , e tru- "Brad plege, Lois de Guill. e. Devant iceo que [avant que] [le bétail] seit mis en guage, ib. 25. || xu* s. Donner sou gage, Ronc. p. 4 3. La teste [il] i pert, n'i laissa autre gage, ib. p. 64. Pur ço [cela] s'ala à Turs celé nuit herbergier, E saveir se li reis le voldreit là baisier; Mais il ne porta là ne maille ne denier ; Ses guages li covint rachater ou laissier ; Ne li reis nel baisa, n'il nés fist desguaigier. Th. le mart. 4)7. || xiii* s. Par la beneoile mère Dieu, j'ai biaus enfans de mon seigneur, je les mêlerai en gage et bien trouverai qui me prestera sour aus [eux], Chron. de Rains, 4 58. Mais la qeue remest en gages. Dont moult li poise et moult li grieve, Ren. 4 250. Cil qui apele par gages de bataille ne pot contremander, beaum. lxix. La tierce manière de proeve si est par gage de bataille, id. xxxix, 4. Et cil qui presta sor le gage ne pot avoir son garant de celi qui li bailla en gages, id. xxv, 23. Je dis au roy que Mons. Pierre de Courcenay me devoit quatre cens livres de mes gajes, lesquiex il ne me vouloit paier, joinv. 253. Mestiers fu à l'umain lignaige. Que plus fort de li mist en gaige Souffisant pour li acquiter Vers Diou qui l'ot fait à s'ymaige, J. DE MEDNG, Tt. 278. || xiv' S. Se uu reut à l'autre son gage ou son depost, non pas de volenté, mais par paour, l'en ne doit pas dire que il face juste operacion fors tant solement par accident, oresme, Elh. 4 58. Mais il sont pluseurs gens, en che [cej siècle régnant, Oui ne croient en Dieu, le père royaumant. Se che n'est sus bon gaige qu'avoir voelent devant, Baud. de Seb. v, 86. || xv* s. [Le capitaine apprend à sa garnison que le château est miné] Les compagnons ne furent mie bien assurés de ces paroles; car nul ne meurt volontiers, puisqu'il peut finer sur autres gages [quand il peut sortir d'embarras autrement], fhoiss. i, i, 326. Ainsi amour me mist en son servaige, Mais pour seurté retint mon cueur en gaige, cH. d'obl. 4. [Maison] Où serviteurs ot en grant habondance Qui gaiges ontexcessis sans raison, edst. desch. Âdmin. de l'oslel du prince. En ladicte bataille estoient mors huyt mil hommes du party dudit duc preuaus

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gages de luy, et autres menues gens assez, cohii. V, 3. Je veiz le bonhomme vieil présenter le gage à son filz [le duc de Guehlres et son fils comparaissaient devant le duc de Bourgogne pour un différend qu'ils avaient entre eux], id. iv, 4. Voulezvous faire un gage |pari] à moi? Oui, vraiment, dit-il; quel sera-t-ilT louis xi, Nouv. xxvu. Pensez que le pauvre gentilhomme rendoit bien gage [payait cher] du bon temps qu'il avoit eu en ce jour, id. t6. Lxxii. Lesdits capitaines.... casseront des gages d'un quartier ceulz qu'ilz trouveront avoir excédé et delinqué; et s'ilz y renchéent une autre fois, ilz les casseront du tout et mectront d'autres en leurs lieux, Ordonn. 6 oct. 4486. || xvi' s. Il y a deux sortes de gages vif et mort. Vif gage est qui s'acquitte des issues [dont le revenu vient en déduction de la dette], mort-gage, qui de rien ne s'acquitte [dont le revenu est absorbé en pure perte pour le débiteur], loysel, 483, 484. Telle estoit la coustume que celui qui appelloit jettoit im gant pour gage, et l'appelle le levoit, et s'appeloit gage de bataille, BRANT. Sur les duels, ç. 47, dans la- CURNE. Alors du dit combat, l'armée vénitienne estoit en bataille.... lesquels Vénitiens gardoient les gages [demeuraient simples spectateurs du combat] ; car, s'ils eussent voulu assaillir de leurs costés, les ennemis eussent esté conlraints de séparer leurs forces en divers lieux , nu bellay, Xém. îiv. Il, f" 44 , dans lacuhne. De gage qui mange, nul ne s'en arrange, leroux de LiNCY,Pro». t. ii, p. 434. Gager est s'obliger à payer les rentes et redevances dues pour l'année suivante; si le vassal n'est pas resseant sur le fief, à raison duquel il les doit, il doit donner plege qui y demeure et qui s'oblige de les payer ; de ces deux mots, gcu/e et plege, on a composé celuy de gage-plege, lauhière, Gloss. du droit fr. L'un l'avoit nourri et avoit pour gages de son amitié la nourriture de son enfance, la boEtie, Servitude volontaire.

— ÉTYM. Wallon, «019; prov. gatge, gatghe,ga}e ; espagn. gage; ital. gaggio; du bas-latin vadium, wadium, dans les lois barbares. Il y a deux étymologies aussi probables l'une que l'autre : la première latine, vas, vadis, répondant, garant ; bien que le g ou gu réponde ordinairement au w germanique, l'objection n'est pas absolue, car vagina, entre autres, a donné gaine; la seconde germanique : goth, eadtyanc. haul-allem. tcefW; frison, «ed, gage, caution, promesse. Il est probable que les deux étymologies ont concouru pour former le mot roman.

GAGÉ, ÉE (ga-jé, jée), part, passé de gager. Il 1° Meubles gagés, ceux qui ont été saisis pour la sûreté de quelque dette. |1 2° Mis en gageure. Un déjeuné gagé. || 3° Qui reçoit un salaire. Je suis auprès de lui gagé pour serviteur. Vous me voudriez encor payer pour précepteur, uoL. l'Êt. 1, 9. C'est ainsi que des auteurs gagés pardes libraires écrivent l'histoire, VOLT. Mœurs, 46. Les assassins gagés qu'il menait à. sa suite, lemierre, Barnevelt, i, s. Et moi, quel est mon sortT malheureux I je ne suis Qu'un esclave gagé qui sert la tyrannie, masson, Uelvét. II. Il II semble qu'il soit gagé pour faire cela, il semble qu'il soit payé pour cela.

f GAGÉE (ga-jée),î. f. Terme de botanique. Genre deliliacées,quiapour type la gagée minime.

GAGE-MORT (ga-je-mor) , «. m. Voy. mort-gaob; voy. aussi gage à l'historique, ïvi' siècle.

GAGER (ga-jé. Le g prend un e devant o et o : gageant, nous gageons), v. a. || 1° S'engager à... par une sorte de gage. Vous voudriez qu'elle fût parfaite; avait-elle gagé de l'être au sortir de son couvent? sÉv. 522. Il 2° Convenir avec quelqu'un, sur une contestation, que celui des deux qui aura tort donnera à l'autre une somme ou quelque autre chose. Je gage cent pistoles que c'est toi, mol. l'Impromptu, 3. Quand il y aurait une infinité de hasards, dont un seul serait pour vous, vous auriez encore raison de gager un pour avoir deux, pasc. Pensées, t. i, p. 304,éd.LAHUBE. Il Absolument. Gageons, ditcelleci, que vous n'atteindrez point Sitôt que moi ce but, LA FONT. Fables, VI, 40. Et situ veux, nous gagerons, et verrons qui a raison des deux, mol. l'Impromptu, 3. Il gage que c'est moi; et moi je gage que c'est lui , id. ib. Dans le palais hier Bilain t/oulait gager contre Ménage Qu'il était faux que Saint-Sorlin Contre Arnauld eût fait un ouvrage, BoiL. Épigr. V. Il Gage que, ellipse familière pour : je gage que.... Gage qu'il se dédit. — Et moi gage que non, hol. l'Ét. m, 3. || 11 se dit quelquefois comme simple affirmation. Et moi je gage qu'il ne saurait être approuvé d'aucune personne raisonnable, MOL. f Avare, 1, 6. Comme vous avez les yeux rouges I vous avez pleuré, je gage, genlis, Thédt.

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d'édue. la lingère, 1, î. jj 8" Donner des gages, un salaire, des appointements à quelqu'un. Gager des domestiques. Elle [la royauté] fait subsister l'artisan de ses peines. Enrichit le marchand, gage le magistrat, la pont. Fabl. m, a. Vous les voyez encore, amoureux et volages. Chercher, la bourse en main, de beautés en beautés La mort qui les attend au sein des voluptés; De leurs biens prodigués pour d'inCâmes caprices Enrichir nosPhrynés dont ils gagent les vices, oilb. Le 48" siècle.

— REM. On a contesté que goger de suivi d'un Infinitif dût se dire comme porter, sur cette raison que gager indique une chose dont on est à peu près sûr, et parier une chose dont on est moins sûr; mais la synonymie de ces deux mots est trop voisine pour que l'emploi en soit différent. Quand on a blâmé la phrase de Mme de Sévigné citée plus haut, on n'a pas fait attention que gager y a le sens non de parier, mais de s'engager ; si on y mettait parier à la place de gager, on la rendrait ridicule.

— SYN. GAGER, PARIER. Dans gager est gage; et dans parier est pair, égal. Celui qui gage expose donc gage contre gage; et celui qui parie est but i but contre quelqu'un. Cela fait une différence pour l'image que les deux mots présentent à l'esprit, mais cela n'en fait point pour le sens qui s'est attaché à l'un et à l'autre. La synonymie en est complète.

— HIST. xiii* s. Se aucuns des mestiers devant diz est adjornés devant le mestre qui garde le me»tier.... et se il vient à son jour, et il cognoit, il doit gagier; et se il ne paie dedenz les nuiz, il est à trois deniers d'amende, Liv. des met. no. Ciaus [ceux] ou celles qui font apeler et qui gagent bataille par champion, Ass. de 1er. <5o. 11 ne muet pas de sens [il n'a pas de sens] celui qui plaint Paine et travail qui aquiert avantage ; Pour ce ne puis veoir que cil bien aint [aime bien]. Qui pour jouir d'amours souffrance gage [refuse, évite, locution tirée de l'expression féodale, gager du service, refuser service], Poés. franc, avant 43110, t. iv, p. 4388, dans LACURNE. Il xiv s. Mes plusors qui s'en retomoient [après une trêve]. Et qui bien la trieve savoient Et l'accort que l'en avoit fet. Gagiez [arrêtés, pris] furent sans droit de fait, Hist. de Fr. en vert à la suit» du roman de Fauvel, n° 6840, f° 84, dans lacurns. Et ou casoù vous trouvères aucuns qui s'efforceront de faire le contraire des choses dessus dictes.... si les gagez et contraigniez à payer la dicte amende, Ordonn. des rois, t. m, p. 88. Si vous prie que vous gaigez qu'elle le fera, et je gaigerai que non, Hénagier, 1, 6. On viendra, on nous gagera, Quanque avons nous sera osté, Pathelin, dans haynodard. Il xvi* s. Ainsi chascun se délibère aux armes, Gaigent piétons, francs archiers, hommes d'armes, J. MAROT, y, 72. Ce que voyant le bon Jannot mon père Voulut gaiger à Jaquet son compère. Contre un veau gras, deux aignelets bessons, Que quelque jour je ferois des chansons, marot, i, 248. Qui l'orroit plaindre aucune fois. On gageroit que c'est la voix De quelque dolente personne, m. lu, 4 54. Le jugementd'un homme gagé et achetté est moins libre.... MONT, i, 4 67. Se voyans gagez et obligez par ostages qui leur tenoient de si près, ilz envoyèrent des ambassadeurs versRomulus,AMYOT, Rom. 23. Quand quelque habitant ou autre est blechié à sang, il est tenu, en dedans 24 heures enssuivant, gagier son sang, qui est de déclarer au sieur son baiUy le nom de cestuy ou ceulx le ayant bleschié, Houv. coust. génér. t. i, p. 407. Gager du service [refuser défaire service en parlant d'un vassal qui se plaint d'un tort non redressé], nu cange, vàdiare.

— ÉTYM. Gage; wallon, wagt; bourguign. gaigét norm. gagier; provenç. gatgar, gatjar. En Lorraine, gager a souvent le sens d'arrêter, dresser procèsverbal : N'entrez pas dans ce champ, vous vous feriez gager; on les a vus cueillir du raisin, et on les a gagés. C'est un sens ancien, dont on peut voir de fréquents exemples dans l'historique.

GAGBRIE (ga-je-rie), s. f. Terme de pratique. Saisie-gagerie, simple saisie de meubles sans transport, sans condamnation et même sans permission du juge, ayant seulement pour objet d'assurer le gage du créancier. La saisie-gagerie se fait par le propriétaire sur le locataire.

— HIST. xvi* s. Il est loisible à un seigneur censier en la ville et banlieue de Paris de procéder par voye de simple gagerie sur les biens estans es maisons pour trois années d'arrérages, Coust. génér. 1. 1, p. 39.

— ÉTYM. Gage.

f GAGET (ga-jè), *. m. Un des noms vulgaires du geai.

GAGEUR, ECSE(ga-jeur,jeù-z'), t. m. atf. Celui,

GAG

celle qui gagn, ou qui est danB l'habitude de gager. Vu grand K^geur

— HIST XVI' s. Aprochant de ces gageure, Uitt. macar. t. i, p. 2ii«, dans baynodard.

eTYM. Gager: provenç. gaxiaire, gaxiador.

Gaiiaire est lo nominatif, gaxiador est le régime.

G\C.EVRE (ga-jii-r') , s. f. || 1" Promesse de payer telle ou telle somme, de donner tfil ou telobjet, stipulée par des personnes qui ont fait un pari. On a fait souvent des gageures sur la grossesse des reines, BALZ. liv. TU, lett. 7. Ils veulent soutenir, au dédit de ce que l'on voudra, que c'est une chose impossible (que les bêtes n'aient point de pensée].... ce n'est point la coutume d'en venir aui gageures qup lorsque les preuves nous manquent, uesc. Hi'p. aux S" abject. 6. Juge-nous un peu sur une gageure que nous avons faite, mol. l'Impromptu, a. Si j'avais fait cette gageure, j'aurais perdu mon argent, sÉv. e<. Ces petites cailles ont cela de commun avec celles de nos climats qu'elles se battent à outrance les unes contre les autres, surtout les miles, et que les Chinois font, à cette occasion, des gageures considérables, BUFF. Ois. t. IV, p. 283, dans pougens. Revenons à noire gageure ; vous voudriez, je crois, me la faire oublier, sédaine, Gageure imprévue, se. sa. Il Faire gageure, avancer une chose, en offrant de la soutenir par une gageure. Je fais gageure Qu'il n'est mortel.... la font. /oc. Us avaient fait gageure X qui des deux aurait plus de bonheur [à la pêche] , ID. Cal. || Soutenir la gageure, accepter la gageure qui estproposée ; et fig. persévérer dans une entreprise. Quelle gageure elles se sont engagées à soutenir I sp.v. 37 1. Personne ne voudra souteuirune si mauvai.s'o gageure, ID. 472. || Cela ressemble à une gageure, se dit d'une action étrange et donl on ne conçoit pas le motif. |) 2'' La chose gagée elle-même. Payer une gageure. || Proverbe. Gager sa tète à couper, c'est la gageure d'un fou.

— HIST. xiv* s. Et avec(|ues iceuli fil] a fait plusieurs gaigeures de paier le disner.... Ménagier, i, •. )| IV' s. Tout autour les pins avoit dames et chevaliers armez et desarmez; si dançoient les aucuns, les heaumes lacez, aussi comme se ce fust gageure [gage de bataille], LancelotduLac, t. ii, f° an, daus lACBRNR. Vous avez perdu la gageure, louis xi, Nouv. xxvn. Il XVI' s. Il feit une gageure à rencontre de l'orateur Hortensius, qu'il.... amyot, Lucullus, 2. Rendre les terres labourables, en Testât qu'elles estoient lors de la gageure du rachapt [offre réelle de racheter], Coust. gin. t. ii, p. 54o. Il seroit utile qu'on passast par gageure la décision de nos disputes ; qu'il y eust une marque matérielle de nos pertes, afin que nous en teinssions estât; et que mon valet me peust dire : il vous cousta l'année passée cent escus, a vingt fois, d'avoir esté ignorant et opiniastre, mont, iv, 37.

— ETYM. Gager; wallon, wageur.

GAGISTE (ga-ji-sf), s. m. Celui qui est gagé pour quelque service sans être con^iidéré comme domestique. Gagiste de théâtre. Gagiste de musique. Comme aussi de quelque qualité ou condition que soit le donataire, pensionnaire, gagiste, etc. il ne sera pas difficile d'en savoir le montant [de ce qu'il reçoit] chaque année, vauban, Dime, p. 70.

— ÊTYM. Gage.

tGAGNABLÉ (ga-gna-b!'), adj. Qu'on peut gagner. La partie n'est pas gagnable.

— HIST. ivr s Choses qui estoient plustost gai-

gnables par sages remonstrances et discours de riùson, AMYOT, Flam. s. J'ai veu et advisé l'entrée qui est gaignable pour gensdepied, J. D'kvrov, Annal, de l. XII, 1506 et (607, dans lacurne.

— F.TVM. Coflner; provenç. gaianhable; Hal. guagnabile. Dans l'ancienne lajigue gaaignable a surtout le sens de cultivable.

GAGNAGE (ga-gna-j'), ». m. Pâtis, pâturage où vont paître les troupeaux. Les troupeaux que la faim a chassés des bocages k pas lents et craintifs entrent dans les gagnages, bacan, Berg, A teidor, i, < . |{ Champs ensemencés. Les pigeons s'en vont aux gagnages, nu canoë, gaignagium. Il Terme de chasse. On dit que les bètcs vont au gagnage, quand elles vont chercher leur nourriture à ce.taines heures, dans les terres semées de grains ou chargées d'herbe.

— HIST. xui's. Il a une terre trouvée. Qui de tous biens est estourée ; Car il n'y avoit que gagnaiges, Et prés, rivières et boscai^es. du cange, gagnagium. Et prendoit proies es paysans et tourbloit le pays qu'on n'i semuit ne ahanoit nient, ne faisoit nul gaegnage |récolteJ tant comme la terre de la marche duroit et encore autre, Chr. de /liiin.«,p 73. Il uv* a. Les meilleurs ouvriers sayeurs de bleds et

GAG

autres gsignages durant les moissons ne peuvent prendre n'avoir que deux sols six deniers, Ordonn. des rois, t. n, p. 307. || xvi' s. On met sa terre en gagnage [à profit, on en tire parti, en la faisant cultiver] par laui à rente, cens ou fief, loysel, 606. Il .sçavoit par sur tous laisser courre et lancer, Kien demesler d'un cerf les ruses et la teinte, ....Lesgangnages, la nuict, le lict et le coucher, bons. aiu. Dedans faisoit sa bauge une beste sauvage Qui jamais autre part ne cherchoit son Kaignage. id. 670. Aussi faut il sçavoir qu'il y a différence entre gaignages et taillis; les gaignages se prennent pour champs et jardins là où sont semez les bleds et potages: et si un cerffaisoitsanuitdcilans ceschamps, le veneur doit dire qu'il a fait son viandis dedans les paiKuages, Fouiiioux, Vénerie, f°38, dansLACUBNB. Bon gaignage fait bon potage, cotgrave.

— ÊTYM. Gagner, dans le sens de paître; picard, gagnage, gain ; Berry, gdgnage, gangnage; proT. gatanhalyf'.

GAGNANT, ANTE (ga-gnan, gnan-f). I j 1* S. m. et (. Celui, celle qui gagne au jeu, àlaloterie. C'est lui qui est le gagnant. Madame est une des gagnantes. ||2-idj. Le billet, le numéro gagnant. Carte gagnante.

GAGNÉ, ÉE (ga-gné, gnée),parJ.pasje de gagner, |l !• Obtenu en qualité d'avantage. I.es récompenses gagnées parle mérite. || Bataille gagnée, victoire remportée. {| Procès gagné, procès dans lequel les juges ont prononcé en votre faveur. || Partie gagnée, partie de jeu où l'on a eu l'avantage. || Absolument. Gagné ! exclamation pour annoncer que la partie est gagnée. || Donner gagné , reconnaître qu'une personne a l'avantage sur nous. Je ne sais que faire de vos louanges.... les rejettant,je donne gagné à ceux qui me liliment, balz. liv. IV, lelt. 7. Je vous donne gagné, et je tombe d'accord de tout ce que vous voudrez, p. L. colr. Lett.w, 236. Il Dans le même sens : donner cause gagnée. || 2° Dont on s'est emparé. Le bastion gagné malgré l'opiniâtre résistance des assiégés. || Fig. et familièrement. Avoir ville gagnée, être maître de l'affaire, avoir remporté l'avantage qu'on se promettait. Eux introduits, croyant ville gagnée, la FONT, les Rem. || Croire ville gagnée, crier, se vanter qu'on a remporté l'avantage. || 3° Dont on a obtenu l'affection, la faveur, l'appui. Un si grand ennemi ne peut être gagné, corn. Héracl. m, 2. Ceux qui le voient sont gagnés au peuple romain, Boss. Ilist. I, 8. L'esprit gagné par la vraisemblance du raisonnement, id. Sermons, Parole de Dieu, 4. Eve, à demi gagnée, regarda le fruit, dont la beauté promettait un goût excellent, id. Ilist. u, t. Hermione gagnée Pour jamais de sa vue [ de Pyrrhus] allait être éloignée, bac. Aridr. m, 4.114° Corrompu par des dons ou autrement. Les voilà tous [mes crimes] , madame ; et si vous y joignez D'avoir cru des méchants par quelque autre gagnés, CORN. Nicom. IV, a. Mes esclaves gagnés, que le reste va suivre. Sont les premiers sujets que mon amour vous livre, bac. Bajax. m, 6. Sa' femme de chambre était gagnée, bamilt. Gramm. 4. Il 5° Contracté, en parlant de maladie. Des infirmités gagnées au service de l'État. |{ 6° Atteint par quelque affection morale ou par quelque maladie. L'autre qui fut gagné d'une sale avarice, malh. i, 4. II?" Atteint, en parlant d'un lieu. Le défilé gagné avant la nuit. || 8° Qui est surpris par quelque chose qui s'avance. Gagné par la marée montante. Gagné par la nuit dans un sentier de montagne.

GAGNE-DKNIER (ga-gne-de-nié ; l'r ne se lie jamais), s. m. || 1* Anciennement. Nom d'une sorte de profession qui consistait à faire des commissions pour le service d'autrui à un prix qui, lorsqu'il était question d'affaires pécuniaires, était ordinairement d'un denier par hvre. || Terme d'ancienne administration. Employé subalterne qui avait la charge de mesurer et de tasser le bois dans les membrures en présence des jurés. Kt que nous leur défendons et aux déchargeurs, forts, gagne-deniers et autres de les décharger [les marchandises]. Bail Rouvelin, 26 septembre 1663. || 2° Aujourd'hui, nom de ceux qui gagnent leur vie par un travail corporel, sans savoir un métier en particulier. || Au plur. Des gagne-deniers. D'après Laveaui, il faudrait écrire des gagne-denier; cela est vrai, si l'on considère, au pluriel ainsi qu'au singulier, denier comme un nom collectif; mais on peut, si l'on veut, y attacher l'idée de pluralité.

— HIST. XVI' s. Il est de présent paoure gaigne denier à Lyon, rab. Garg. i, 49.

— ETYM. Gagner, et denier.

GAGNE-PAIN (ga-gne-pin), *. m. Ce qui fait subsister quelqu'un, ce qui sert & gagner sa vie,

GAG

son pain. Et son gagne-pain, sa trompette, scabr, Virg. VI. Un bûcheron perdit son gagne-pain, C'e.4l sa cognée.... la pont. Fabl. v, 4. Que nous avait-il fait pour nous engager i lui ûter son gagne-pain * j. j. ROii^s. Ém. m. Il II se dit aussi des personnes Il est le gagne-pain de sa famille. \\Au plur. Let gagne-pain.

— HIST. XIV* s. Et che firent les gaignepaini ]épéps] Dont il avoit armé ses mains, nu canox, gagnaijium 3. Item un gaignepain [épéej poUf mettre es mains du chevalier, id. \b.

— ETYM. Gagner, et pain.

GAGNE-PETIT (ga-gne-pe-ti), s. m. Rémouleur, celui qui va par les rues pour aiguiser des couteaux, des ciseaux. \\Au plur. Des gagne-petit.

— HIST. XVI* s. Esmouleur de couteaux, ciseaux, ou gagne-petit, Édit, avril 4 697.

— ËTYH. Gagner, et petit (dans le sens de peu). GAGNER (ga-gné) , V. a. || 1* Terme de chasse.

Paitre. || 2° Tirer un profit. || 8* Acquérir au jeu. Il 4* Il se dit des avantages qu'on remporte. || 6" Mériter. Il 6° Obtenir quelque chose en qualité d'avantage. Il 7" En horticulture, faire naître par semis. Il 8° Acquérir des avantages, des qualités. || 9" En un sens opposé, prendre quelque mal. || lO" Obtenir quelque chose de quelqu'un. || 11* Acquérir, en parlant des cœurs, des esprits, des sentiments. || 11' Se rendre favorable. || 13' En mauvaise part, corrompre. Il 14° S'emparer, se rendre maître. || IB* Se diriger vers un endroit, y parvenir. || 16* Gagner le vent , en termes de marine. || 17° Atteindre, rejoindre, ou même dépasser. || 18° Se propager, s'étendre, faire des progrès, || 19" Y. n. Devenir meilleur. || 20° Avoir un profit, un avantage. {| 21* Avancer en crédit, en considération. || 22° Gagner sur, obtenir que. Il 23 Gagner sur quelqu'un, aller plus vite. || 24° S'étendre, se propager. || 25" V. réfl. Être acquis i titre de profit. Il 26° Etre obtenu, conquis, en parlant du cœur, de l'affection. |l 27" Se vaincre, se surmouler. Il 28" Être contracté en parlant de maladies.

1° Terme de chasse, dans lequel seul le sens étymologique est resté. Paitre , en parlant des animaux de chasse. À la tombée du jour, le lapin sort du bois et vient gagner. || 2" Tirer un profit en général, par une extension du profit particulier que fournissent les pâturages et l'agriculture. J'ai vu dans le palais une robe mal

mise Gagner gros.... la font. Fabl. vu, 46 Or

çà, sire Grégoire, Que gagnez-vous par an? id. ib. VIII, 2. Il f.iut bien que l'homme vive de ce qu'on lui donne, quand il ne peut pas vivre de ce qu'il gagne , baïnal, Ilist. phil. xix , lo. On voit, dans nos campagnes, des gens qui, ne gagnant rien, dépensent gros, étrangers, inconnus, p. L. COUH. Gai. duiillage, n°4. || Absolument. Je suis pauvre, ajouta-t-elie ; et c'est à moi beaucoup perdra que de ne gagner pas. scarron, Rom. com. i, 22. On hasarde de perdre en voulant trop gagner, LA FONT. Fabl. vil, 4. Prenez garde que l'avarice gagne peu, et qu'elle se déshonore beaucoup, ria. Educ. des filles, ch. 4i. Gagnez le plus que vous pourrez, surtout n'ayez pas deux prix, raynal, Hist. phil. XIX, 0. On se rappelait que, dans une pareille position, Pierre I", en sacrifiant dix Russes contre un Suédois, avait cru non-seulement ne faire qu'une perte égale, mais même gagner k ce terrible marché, skgub, Hist. de iVap. ix, S. || Gagner de l'argent, devenir possesseur de sommes d'argent par un travail, par des entreprises, etc. || Assurer par le travail. Gagner sa vie en travaillant à la terre. || Absolument. Gagner sa vie, gagner de quoi vivre en travaillant. Pour gagner sa vie sans avoir besoin de personne, fén. Tél. xiv. Mon métier est de tuer et d'être tué pour gagner ma vie, volt. Baboue. || On dit de même gagner son pain i la sueur de son corps, à la sueur de son front. || S'Acquérir, au jeu, la possession de quelque chose. Gagner cent louis. Gagner à la loterie. Gagner un lot. Il Fig. Gagner son âme, par opposition è la perdre. Le Fils de l'homme viendra pour rt^ndre i chacun selon ses œuvres ; ce qui montre que son intention est qu'on veuille gagner son âme, en sorte que le J salut nous est proposé comme un motif qui nous , presse à ce nécessaire renoncement { du monde J , | BOss. 4* écrit, II, 32. Il Gagner les cartes , faire une ou plusieurs levées de plus que son adversaire. Il Gagner quelqu'un, avoir l'avantage sur lui dans les parties de jeu. J. J. Rousseau , qui me gagnait toujours aux échecs , me refusait un avantage qui rendit la partie égale, diderot, Salon de 4787, QEurres, t. xiv, p. 22». dans poucfns. Il Absolument. On prend plaisir à gagner i toute* sortes de jeux, mémo sans avaries, et l'on n'aime

GAG

pointa perdre, Nicole, Ess. de mor. <•' traité, ch. t. S'il est rare de trouver un homme qui saclie perdre, combien il esl plus rare d'en trouver un qui saclie gagner! didehot, Salon de 4iei, Qiuv. t. XIV, p. 224, dans pougens. ii Jouera qui perd gagne, convenir que le gain de la partie sera pour celui qui la perdra. On disait autrefois : jouer au coquimbert où qui gagne perd, leroux, Dict. comique. || Fig. Jouer à qui perd gagne, se dit lorsqu'un désavantage apparent procure un avantage réel. Il Telle carte gagne, signilie que celui qui a cette carte gagne ce qu'on a mis dessus. Il Aux loteries, tel billet, tel numéro gagne, un lot est échu à tel billet, à tel numéro. || Terme de jeu de paume. Au dernier la balle la gagne, il faut, pour gagner la chasse, mettre la balle au dernier, c'est-à-dire au plus près du fond du jeu. || 4° Il se dit des avantages que l'on remporte. Gagner le prix de la lutte, de la course. || Il se construit quelquefois avec la préposition sur. Il a gagné le prix sur un tel. Il Ou dit dans un sens analogue, gagner une femme, l'obtenir pour le prix de quelque action. Rodrigue t'a gagnée et tu dois être à lui, corn. Cid, v, 8. Et si pour me gagner il faut trahir ton maître, id. Cinna, m, 4. Pour gagner Rodogune il faut venger un père, id. Rodog. m , 4. || Gagner une bataille, battre l'ennemi. Ce sang qui tant de fois vous gagna des batailles.... corn. Cid, n, 9. S'ils renversent des murs, s'ils gagnent des batailles.... ID. Prol. de la Tois. d'or. Ce combat, quoique peu décisif, préservait le grand-duché; il réduisait sur ce point les Russes à se défendre, et donnait à l'empereur le temps de gagner une bataille, SÉGUR, Hist. de Nap. vi, 5. || Gagner un procès , avoir en sa faveur la sentence du juge. Vous avez su que les Calas ont pleinement gagné leur procès; c'est à vous qu'ils en ont l'obligation, d'alemb. Lett. à Voltaire, 26 mars 1765. || On dit de même gagner sa cause. || Absolument. J'ai donc enfin gagné, Didyme, et tu le vois, L'arrêt est prononcé, c'est moi dont on fait choix, cobn. Théod. v, 6. Il Gagner une gageure, un pari, avoir l'avantage dans une gageure, dans un pari. || Gagner la partie . une partie , avoir l'avantage dans une partie de jeu. Il Absolument. C'est lui qui a gagné. || Dans les courses, ce cheval a gagné d'une longueur, de deux longueurs, c'est-à-dire il est arrivé avant celui qui le suivait d'une fois, deux fois la longueur de son corps. || 6" Fig. Mériter. Il gagne bien l'argent qu'on lui donne, il gagne bien son argent. || Ou \eur a bien fait gagner leur avoine , se dit des vlhevaux et fig. des hommes, quand on les a bien fait travailler. || Ironiquement. Il l'a bien gagné, c'est-à-dire il ne lui arrive que ce qu'il mérite, en parlant d'une déconvenue, d'un affront, de quelque perte ou disgrâce. || Gagner le ciel, le paradis , le mériter par ses œuvres. || Gagner le jubilé , les indulgences , mériter les grâces qui y sont attachées, ji Gagner les œuvres de miséricorde, gagner les récom[)enses promises par Dieu aux œuvres de miséricorde. Servir les malades , c'est gagner les œuvres de miséricorde. || 6° Obtenir quelque chose en qualité d'avantage. Et ce grand nom de Cid que tu viens de gagner, corn. Cid, v, 3. [Un fils] Oui fait triompher Rome et lui gagne un empire, id. Ilor.iv, 2. Vous pouvez déjà voircomme elle m'appréhende, Combien en me perdant elle espère gagner, id Nicom. iv, 3. L'avarice perd tout en voulant tout gagner, la font. Fabl. v, <3. Alors l'Espagne perdit [par le mariage de Marie-Thérèse] ce que nous gagnions; maintenant [par la mort] nous perdons tous les uns et les autres, boss. Mar. Thér. Ne sera-t-on fidèle et religieux pour les serments que quand on n'aura rien à gagner en violant sa foi? FÉN. Tél. XX. Il Familièrement. Il n'y a rien à gagner, rien de bon à gagner, se dit d'affaires qui ne promettent rien d'avantageux, de bon. || Gagner du temps, gagner temps, s'arranger de manière que 1b temps soit ménagé, que la chose soit différée, renvoyée à un meilleur moment. Je voulais gagner temps pour ménager ta vie, corn. Poly. V, 2. Il craignait l'événement d'un combat, et voulait à tout hasard gagner du temps, PLÉCHiER, IHsl. de Théodose, i, 60. Commençons par écarter le provincial et gagnons du temps, dancourt , Vend. Surène, e. \\ 7" Terme d'horticulture. Gagner une fleur ou un fruit, obtenir par le semis une variété nouvelle. Gagner un œillet, une fraise. || Terme de manège. Gagner l'épaule d'un cheval, corriger par le secours de l'art quelque défaut dans cette partie. Il 8° Il se dit des avantages, des qualités qu'une personne ou qu'une chose acquiert. Le langage perdit en naïveté ce qu'il gagnait

GAG

en nnesse. Mme de Villette a fait un voyage utile ; elle agagnéde l'embonpoint, elle a vuses fiifants, MAiNTENON, Lelt. à M. de Villette, 23 mai 1683. Il 9° En un sens opposé, prendre quelque mal, tomber en quelque inconvénient. Il n'y a que des coups à gagner. Gagner un rhume, une pleurésie. S'engager dans un procès où il n'y a que de la honte et de l'infamie à gagner, patru. Plaidoyer », dans riche- LET. La Bourdonnaie fut quatre ans à la Bastille; et, quand il fut déclaré innocent, il mourut du scorbut qu'il avait gagné dans ce beau château, volt. Lett. Richelieu, 2t juill. < 764. Les fièvres putrides et intermittentes, inconnues dans les pays dont on vient de parler, ici sont habituelles; on les y gagne si aisément que les voyageurs craindraient d'approcher les lieux qui en sont infectés, raynal, Uist. phil. vu, 26. Il Gagiierdu mal, contracter une maladie honteuse. Il 10° Obtenir quelque chose de quelqu'un. Et soudain sa colère a trahi son amour Avec tant de transport et tant de violence. Que je n'ai pu gagner un moment

d'audience, coRN. Cid, v, 7 Et je ne puis gagner,

dans son perfide cœur. D'autre rang quecelui de son persécuteur, rac. Andr. ii, 6. En cas qu'il ne pût rien gagner auprès de la petite Saint-Germain, hamilt Gramm. i. || Nous ne gagnerons rien avec lui, nous ne viendrons pas ;\ bout de le faire changer de résolution, de conduite, de langage, etc. Caron, je te conjure df) le passer le plus vite que tu pourras; car nous ne gagnerons rien avec lui, fén. Dial. des morts anc. 4 9. || Gagner quelque chose sur l'esprit de quelqu'un, lui persuader une chose. Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, boil. Sat. ix. Elle ne gagna rien sur l'esprit de ces barbares, rollin, Hist. anc. CEuv. t. X, p. 60. Il On dit de même : tâchez de gagner cela sur vous, faites un effort sur vous, obtenez cela de vous. || 11° Acquérir, ep parlant des cœurs, des esprits, des sentiments. Gagner les suffrages. Après avoir pour nous employé ce grand homme, Qui nous gagna soudain toutes les voix de Rome, CORN. Pomp. i, 3. Un regard désarmé de toutes ses rigueurs Et tel qu'il est enfin quand il gagne les cœurs, id. Nicom. i, 2. Il faut envoyer par avance Tes bonnes œuvres devant toi, Qui de ton juge et de ton roi Puissent te gagner la clémence, ID. Imit. I, 23. De toute votre Espagne il a gagné l'estime, id. Sertor. ii, 2. Mais vous ne vous rebutez point, et, pied àpied, vous gagnez mes résolutions, UOL. Bourg, gent. m, 4 8. Son maintien honnête et sa douceur m'ont gagné l'âme, id. l'Avare, i, 5. N'allait-elle pas gagner tous les cœurs, c'est-à-dire la seule chose qu'ont à gagner ceux à qui la naissance et la fortune semblent tout donner? boss. Duch. d'Orl. L'un forçant des villes par sa valeur, l'autre gagnant des cœurs par son adresse, pléch. Mme de Montausier. Dois-je irriter les cœurs, au lieu de les gagner? rac. Bajas. ii, 4. Songeons plutôt, songeons à gagner sa tendresse, id. ilithr, iv, 5. Mais les cœurs opprimés ne sont jamais soumis; J'en ai gagné plus d'un, je n'ai forcé personne, volt. Ali. 1, 4. Mon père, vos discours gagnent ma confiance; D'une entière franchise ils m'imposent la loi, MASS0N, Helvét. ii. || Terme de manège. Gagner la volonté d'un cheval, triompher, par la patience et par la douceur, de la résistance de l'animal. || 12° Se rendre favorable. Mais, charmante Mariane, commençons, je vous prie, par gagner votre mère, MOL. l'Avare, iv, 4. Je vois trop que son cœurs'obstine à dédaigner Tous ces profonds respects qui pensent la gagner, id. Princ. d'Él. i, 4. Ils surent gagner Luther par leurs soumissions ; on avait tout de Bucer par des équivoques ; les zwingliens se laissaient flatter aux expressions générales des frères, BOSS. For. XI, § 4 97. Il sut gagner à l'Eglise le nouvel empereur, in. Uist. i, 4t. La bonté.... devait être le premier attrait que nous aurions en nousmêmes pour gagner les autres hommes, m. Louis de Bourbon Elle avait gagné un maire de Londres, dont le crédit était grand, et plusieurs autres chefs de la faction; presque tous ceux qui lui [)arlaient se rendaient à elle, lu. Reine d'Angtet. Elle va [en Hollande] pour engager les États dans les intérêts du roi, lui gagner des officiers, lui amener des munitions, ID. ib. Que ne fait point un cœur Pour plaire à ce qu'il aime et gagner son vainqueur? RAC. Bérén. ii, 2. On peut bien le vaincre et non pas le gagner, id. Théb. iv, 4. Tous les soldats sont gagnés par ses largesses , fén. Tél. xiii. Bien instruit des moyens par lesquels un vieillard peut être gagné, il n'y eut point de caresses qu'il ne lui fît, point de marques d'estime et d'amitié qu'il ne lui donnât, rollin, Hist anc. Œuv. t. u, p. 680 , dans pougens. Les Romains n'ignoraient pas les mesures que prenait Persée pour gagner les

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peuple* et les voles de la Grèce, id. ib. t. ix, p. 4 4.

Leur âpre austérité que rien ne peut gagner, volt. Brut, i, 4. Il Se laisser gagner, permettre à sa volonté de céder. Qu'à cet éclat du trône il .se laisse gagner, CORN. Rodog. I, 2. Je me laissais gagner aux soupirs qu'il perdait, mol. le Dép. u, 4. Les uns se laissaient gagner par des jeux, boss. Uist. ii, I2. Il 13° En mauvaise part, corrompre par des dons ou autrement. U avait gagné le geôlier. Gagner quelqu'un à force d'argent. || 14° S'emparer, se rendre maître. L'ennemi gagna la contrescarpe. Gagner du terrain. Gagner le fort de l'épée. || Par extension. La mer doit avec le temps gagner du terrain vers l'occident et en laisservers l'orient, buff. Hist. nat. Preuves théor. terre, CEuv. t. ii, p. 1 97. || Terme d'escrime. Gagner la mesure, se donner un avantage par un coulementd'épée et un mouvement en avant. Il Familièrement. Gagner du chemin, du pays, gagner chemin, gagner pays, avancer, poursuivre sa route. Je dis à monseigneur mon père Tout ce que m'avait dit ma mère, Et qu'il fallait gagner pays, SCARR. Virg. u. Des conseils I ah I le triste équipage pour gagner pays, Marivaux, les Surpr. de l'am. i, 4 4. il Fig. Gagner du pays, faire des progrès, réussir. Ils [les sociniens] gagnent sensiblement du pays parmi vous [protestants] , puisque déjà on leur accorde des élus cachés dans leur société et même la tolérance pour leurs dogmes principaux, boss. 4" avert. 47. |( Dans les courses, gagner la corde ou le cordeau, devancer les autres et s'approcher le plus près de la corde. |{ 15° Se diriger vers un endroit, y parvenir (le terrain, le chemin étant considéré com me quelque chose que l'on gagne). Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les câbles, cobn. Cid, iv, 3. Elle gagne la tourd'un pas précipité, mair. lfor« d'Asdrub. v, 4. Ils allèrent gagner le chemin du désert, SACi, Bible, Jérémie,xxxix, 4. Pour gagner ce» défilésavant que l'ennemi s'en put saisir, on trouva à propos de partir de nuit, rollin, Uist. anc. Œuv. t. IV, p. 4 92. 11 passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin, volt. Cand. 3. Après le dîner nous gagnâmes l'ombre sous de grands arbres, J. j. bouss. Confess. vi. Sans courir absolument la poste vers l'autre monde, j'en gagne tout doucement le chemin, d'alemb. Lett, au roi de Prusse, 24 avril I774. || Gagner le temps, gagner l'heure, parvenir au temps requis, à l'heure voulue. Il Familièrement. Gagner la porte, se diriger vers la porte pour s'enfuir. Le père épouvanté gagne aussitôt la porte, corn, le Uent. u, 5. J'ai gagné doucement la porte sans rien dire, BOIL. Sat. iii.Mais de sa canne enfin il te bourrait. Et tu gagnas, sans mot dire, la porte, pons (de Verdun), les Excuses, conte. || Familièrement. Gagner le large, gagner au pied, gagner la guérite, gagner au haut, le haut, gagner les champs, le

taillis, c'est-à-dire s'enfuir, s'esquiver C'est

son valet qu'il nomme , Celui qui devant nous vient de gagner au pied, scarron, Jodelet eu le maître valet, i, 3. Et puis comme devant les chiens Gagne au pied le timide lièvre, id. Virg. trav. I. Le galant aussitôt Tire ses grcgues, gagne au haut. Mal content de son stratagème ,

LA font. Fabl. Il, 45 Tant pis; J'en serai moins

léger à gagner le taillis , mol. Dép. am. v, 4. Gagnons au pied , si vous m'en voulez croire, TH. CORN. L'am. à la m. m, 8. || 16° Terme de marine. Gagner le vent, le dessus du vent, se mettre, à l'égard d'un autre vaisseau, entre lui et le côté d'où le vent souffle. {| Gagner au vent, s'approcher du point de l'horizon d'où le vent paraît souffler. Il Fig. Gagner le dessus, l'emporter, avoir l'avantage. Ces raisons, qui flattent nos sens, gagneront aisément le dessus, boss. Yol. de Uonterby. Il 17° Atteindre, rejoindre, ou même dépa.sser. U allait vite ; pourtant, forçant le pas, je le gagnai. Gagner l'ennemi. || Gagner quelqu'un de vitesse, arriver avant lui, parce qu'on a cheminé plus vite. Il Fig. Gagner quelqu'un de vitesse, le prévenir. J" voulais avoir ce poste, mais il m'a gagné de vitesse. On dit dans le même sens gagner de la main. || Gagner de vitesse, disent les grammairiens du xvu' siècle, pour signifier prévenir quelqu'un par un redoiiblement de diligence, est une expression peu e.xacte qui n'a pas laissé de s'introduire dans l'usage. |i Gagner le devant, ou les devants, partir avant quelqu'un, le dépasser en allant plus vite. || 18° Se propager, s'étendre, faire des progrès. Le feu gagnait la maison voisine. De la jambe, la gangrène a gagné la cuisse. Vous périssez, les ondes vous gagnent, mass. Avent, Délai. La contagion fit un bien plus grand ravage dans Athènes, on n'en avait jamais vu de semblable ; on dit qu'elle avait commencé eu Ëthio-

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pie, d'où elle descendit en Egypte, et de là gagna la Libye et une grande partie de la Perse, bolljn, UUt. anc. Œuvra, t. ui, p. 606, dans pouoens. Mes maux me gagnent et m'éloignent chaque jour davantage de la société, J. J. bouss. Lett. à Saint- Lambert, 4 sept. <767. La corruption avait gagné toutes les parties de l'administration publique, DIDEROT, Opin.detane. philos, {philos, socraliqui'). Celte folie te gagne, je t'en avertis, prends-y garde, oenlis, Thédt. d'éduc. Fausset délicatesses, 1, (. ]|La faim, le froid me gagne, s'empare de moi peu à peu. Vos tristesses sont si contagieuses qu'elles ont gagné jusqu'à votre valet, on l'entend qui soupire, MARIVAUX, l'Heur, stratag. i, 6. Grâce aux beaux esprits de notre ^9ge, L'ennui nous gagne assez souvent, bérano. Age futur. |{ Absolument. Le désordre s'est établi dans votre maison; il a gagné de toute part, diderot. Père de famille, v, 9. Pourquoi non? la rage de sauter peut gagner, voyez les moutons de Panurge, beaumarch. Mot. de Figaro, IV, «. Il La nuit nous gagne, elle s'approche. Il L'heure, le temps nous gagne, il ne nous reste plus que bien peu de temps. Klle paraissait fort affairée, l'heure commençait à la gagner, hamilt. Gramtn. 7. Le temps me gagne, les espions m'obsèdent, je suis forcé de faire à la b&te et mal un travail qui demanderait le loisir et la tranquillité qui me manque, j. i. rouss. Confess. vu. || Terme de manège. Votre cheval vous gagne, il vous emporte, vous n'en êtes plus le maître. On dit au.ssi qu'un cheval gagne à la main quand, s'animant, il va plus vite que le cavalier ne le veut. || 19" V. n. Gagner, devenir meilleur. Ces bœufs ont bien gagne dans les pacages. Mes blés ont bien gagné depuis que le temps doux est venu Je suis persuadé, sire, que ce voyage serait très-avantageux pour M. Bitaubé, que son poème y gagnerait beaucoup, d'alembert, Lett. au roi de Prusse, 26 avril (774. Il 20° Avoir un profit, un avantage. Il n'y a que Pauline qui gagne à votre mal de tête, SBv. 644. Nous rions du mot de diable, nous respectons celui de furie; voilà ce que c'est que d'avoir le mérite de l'antiquité; il n'y a pas jusqu'à l'enfer qui n'y gagne, VOLT. Ess. pois, épique, 7. || 21" Avancer en crédit, en considération. Donc Bertrand [le singe] gagnerait près de certains esprits, la font. Fabl. XII, 3. U y a des gens qui gagnent à être extraordinaires, LA bruy. XI. Vous aviez gagné chez les paysans, vous perdez parmi les beaux esprits, J. j. BOUss. un. II, 27. Il Paraître meilleur. À tout prendre, je crois que l'ouvrage gagne à la lecture, DALEMB. IMt. à Voltaire, Ubuv. avril 1767. Il 11 gagne à être connu , c'est-à-dire plus ou le connaît, plus on l'estime, plus on l'aime, plus on apprécie son mérite. Mon lils gagne toujours à se faire connaître, destol'CHes, Phil. marié, iv, 3. || Kn un sens contraire. Il ne gagne pas à être connu. Il 22° Gagner sur, obtenir que. J'avais gagné sur lui qu'il aimerait la vie.coBN. Cinna.iv, 6, Il vient de me quitter assez triste et confus; Mais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus, m. Poly. ii, 4. lit qu'il n'est repentir ni suprême puissance Qui gagnât sur mon cœur d'oublier cette offense, mol. D. Garde, v, 6. Elle se contente d'avoir gagné sur eux qu'ils admettent le nom, pasg. Prov. 2. Quand on a pu gagner une fois sur soi de n'y penser plus du lout , ID. ib. 4. Il L'emporter. Pourvu que votre amour gagne sur vus douleurs, corn. Pomp. v, 5. Ce fut un bonheur pour la Hollande que le vent du sud gagna sur celui qui lui était opposé; car la mer était si enllée quek,les eaux étaient de dix-huit pieds plus hautes que les terres les plus élevées de la province, à la réserve des dunes, bufp. Ilist. nat. Preuves théor. terre, t. u, p. 4-27. || 23° Gagner sur quelqu'un, aller plus vite, s'en rapprocher en marchant et pendant qu'il marche. Le chevalier voyait qu'on gagnait sur lui, hamilt. Gramm. 5. || 24° Sétendre, se propager. L'incendie gagnait de tous côtés. Le christianisme gagna rapidement parmi les gentils. Dans l'accord fait avec (Calvin en 4 654, on voit que le calvinisme commençait à gagner; la justice imputative paraît, ooss. Var. z, § oo. Aussi la contagion n'a-t-elle pas gagné, mass. Carême, Doutes. Il 25* Se gagner, ». rt/Z. Être acquis à titre de profit. Une si forte somme ne se gagne pas en un jour. Il 26° tue obtenu, conquis, en parlant du cœur, de l'affection, etc. C'est la volonté qu'il faut gagner, et elle se gagne par la douceur, l'amitié, la persuasion, et surtout par l'attrait du plaisir, bollin. Traité des Et. vu . i, 40. || 27* Se vaincre, se surmonter. Il y a mille choses que le prédicateur foudroie tous les jours en chaire et sur lesquelles je ne saurais m» gagner, mass. Myst. Visitalion de la

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Ste Vierge. || 28* Ctre contracté, en parlant d« U maladie. Cette fièvre se gagne dans les marais. Il Particulièrement. Être contracté par contagion. La coqueluche se gagne. Ne soyez point en peine de lui ni de moi ; son mal ne se gagne point à causer et à lire, sÉv. » oct. 4680. || Fig. À moins, ajouta-t-clle, qu'elle ne veuille partager le mien (lit); qu'en dis-tu, cousine? mon malheur ne se gagne point, j. i. bouss. llél. vu, 4t. Il Proverbes. Du dérober au restituer, on gagne trente pour cent, c'flst-à-dire on ne restitua jamais tout. Il II n'est pas marchand qui toujours gagne, c'est à-dire tous les marchands sont exposés à perdre; et fig. on doit s'attendre à des contrariétés dans les affaires de la vie. || Qui bien gagne et bien dépense n'a que faire de boursi) pour serrer son argent.

— REM. Corneille a dit dans la l" édition du Cid gagner des combats : Le prince à mes côtés gagnerait des combats, Cid, i, 3. Cela fut critiqué par Scudéry et par l'Académie; ce qui décida Corneille à changer le vers. Voltaire (qui lui-même a employé cette locution : Le duc de Ven iôme commandait en Catalogne, où il gagna un combat et où il prit Barcelone,Loui* J/K, 4 7) remarque qu'il n'y a aucune raison pour ne pas dire gagner des combats comme gagner des batailles. Le fait est que, grammaticalement, rien ne s'y oppose; seulement l'un est moins usité que l'autre.

— HIST. XII* s. En pais [nous] tenons nos terres, ses [si les] faisons gaaignier [cultiver], Sax. xvi. La terre est morte e eissillie, N'est arée ne gaaignée, BENOÎT, C/ir. de Norm. 490i . |{ xiu* s. Là en ot assés de mors et de pris, et li pors de Constantinoble i fu gaaigniés, villeh. lxxii. Geste geut ne puent plus paier, et quanques il nous paient, nous l'avons tout gaaignié, pour la convenance qu'il ne nous tienent mie, lo. xxxvui. Cil gaigna [eut] deus enfans en la serve haïe, Berte, Lx. 'lei (telj cuide gaaigner qui pert. Et autre emborse le gaaing, Hen. V. 20864. Li fevres en a à gaaigner son pain, et si pourroit estre damaces au commun, beauu. liv, 4. Et s'il gaigne le [la] querele, que il r'ait les levées, ID. 4». Se lu veus labourer en terre, Vergile dois lire et enquerre; Chil [celui-là] te sara bien enseignier Ques [quelles] terres tu tfois gaaignier, du cange, gagnagium. Pour la renommée qui estoit grant en Cypre de la bataille qui devoit estie, passèrent de nos gens serjans en Hermenie pour gaaingnier et pour estre en la bataille, jowv. 212. Et li dormirs me gaaigne, alebhant, f" 7. {| xiV s. Voslre souldoier sommes, et vostre argent gaignons, Gi.escl. 563». Les banieres roiaui [ils] vont sur les murs poser ; Ville gaigniel vont criant et hault et cler, ib. ■.;037(. Nous avons ordonné, ordonnons et voulons qu'il soit ainsi publiquement crié que chascun , de quelque estât qu'il soit, puisse prendre, gaingiier et piller sur les ennemis du royaume, Ordonn. des rois, t. 111, p. 4 39. Au garder a plus grant sens Que au gaaigner a dit l'en, Ovide, de l'art <taimer, ms. de St-Germain, f° 95, dans lacubne. || xv* s. Quand cette grosse ville, qui Guerrande estoit appelée, fut ainsi gagnée, roliée et exilliée, ils ne sourent plus avant ou aller pour gagner (piller], froiss. 1,1, ("9 Là eut en celle journée grant enchas et dur et maint homme renversé ; et toutes fois les bien montés le gagnèrent, et se sauvèrent le sire de Fiennes, le sire de Cresaques.... m, 1, l, 3î7. Choses gaingniées, si sont qui ne sont appropriées à nul homme et qui sont trouvées, que nul ne demande ne ne reclame, Gloss. sur les coust. de Ueauv. dans lacurne. Gaigner avant le coup [prendre d'avance], Perceforest, t. i, f° 4 22. Au denain, je doy, sans mentir, Gaaingnier le jeu entièrement, cii. d'ohl. Bail. 4 6. Se vous tirez autant que moi, Bientost, ainsi comme je croi, Gaignerons le rivage, basselin, xxxv. Et que s'il en avoit eu affaire, qu'il [le roi d'Angleterre] le gaigneroit [l'obtiendrait] des siens, comm. i, 4 6. Il XVI* s. Pas n'est marchant celluy qui tousjours gaigne, j. marot, v, 231. Voyans la proye guaigner à tyre d'esle, ilz estoyent bien marryz, rab. Garg. I, Prol. Gaigner un advantage sur l'ennemy, mont. I, 45. Gaigner une battaille contre.... id. i, 10. Gaigner du temps, ID. 1, 23. Il gaigne sa vie à se faire voir, ID. I, 409. C'est un excellent moyen de gaigner le cœur et la volonté d'aultruy, id. 1, 435. L'institution a gaignié cela sur moi, m. i, 4 84. Gaignons sur nous de pouvoir vivre seuls, id. i, 277. Il est besoing de parler ainsin aux juges qu'on veult gaigner, ID. u, 4 06. MInutius, faisant de l'audacieux, idloil gaigiiant la bonne grâce des soudards par.... AMTOT, Fab. 43. Or y avoit il entre les deux camps | une motte non gueres malaisée à gaigner, id. tb

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24. Ce mal là se coula peu à peu, et gaigna secretlement sans estre de longtemps cogneu à Rome, id. Cor. 4 9. Le mari qui survit la femme gsingne la moitié de la dote [a un droit acquis à cette moitié], Coust génér. t. 11, p. 479. Les chefs n'eurent meilleur expédient que bien tosi après gagner au pied, laissant leur honneur en gage, et se doutans bien que leur vie y pendoit, bèze, Vie de Calvin, p. 40». L'on nous monstre icy volontiers les canons gaignec sur nous, et ne pouvons moins que de leur monstrer l'espée de Tballwt [M. de Boissize, ambassadeur en Angleterre, àM.de VilleroyJ, de laborde, Emaux, p. 483. Un monsieur vouloit faire mourir un homme sans information; et, quand le juge lui disoit : Hé monsieur, il n'a pas gaigiié à estre pendu, il lui respondoit: S'il ne l'a pas gaigne à cette fois, il le gaignera bien une autre, bouchet, Séries, 11. p. 60,

(lans LACUKNE Enfin tout gaigne [pénétré) de

noire poison. Après lo sens troublé s'égara la raison, DESPOHTES, (Miuvres, p. 4 67, dans lacurne. Asset gaigne qui malheur perd, cotgrave. Tel change qui ne gaigne pas, lu. Marchand qui ne gaigne perd, lu. Jamais ne gaigne qui plaide à son seigneur ou qui précède à son maisire, id.

— ÊTYM. Wall, wagni ; Berry, jatugn^; proT. gaianhar, gazagnar, guazanhar, gaaniar; ane. cat. guadagnar; cat. mod. guanyar; ilal. guadagnare; du germanique: anc. haut-allein. weidanjan, faire piiitre, teeida, pàturage.Toutes les formes sont trisyllabes ; le sens de paître, qui ne figure pas dans l'historique de gaatgner, figure dans gagnage. La langue d'oil, du sens rural de paître, a pasai au sens rural de labourer; puis le profit fait par la culture a désigné toute sorte de profits, le gagner, ce qui est le seul sens resté aujourd'hui en usage. Bèze, au xvi* siècle, a gaigner; mais il ajoute que ceux qui parlent plus purement disent gagner. L'espagnol dit ganar, de deux syllabes; mais ce gauar est le bas-latin jaiiare, acquérir, dont on ignore l'origine.

fGAGNËl'R {ga-gncur),s. m. jj l'CeluiquI gagne, qui fait un profit. Dans un pays oïl il y a plus de vanité que de cupidité, plus de solliciteurs d'emploi que de gagneurs d'argent.... Dupont white, l'Individu et l'Éiat, p. 4 04. Il Gagneur de batailles, celui qui remporte des victoires. Ce gagneur de tant de batailles, Ce dompteur de tant d'ennemis, Ce vainqueur de tant de murailles, Qui vit tous les peuples soumis, voit. OEuv. t. 11, p. 203, dans pougens. Ce sera une belle chose qu'une fille arrête un gagneur de batailles, betz, m, 222. Voici uns mauvaise plaisanterie que j'écris au roi de Prusse.... cela n'est pas bon à courir; mais peut-être en peut-on amuser le roi preneur de villes et gagneur de batailles (Louis XV victorieux], car encore fautil amuser son héros, volt. Lett. d'Argenson, 2S juin 4 745. Ce fut par les combats de Seneff que le grand Condé termina sa carrière de gagneur de batailles, sismokdi , Ilist. des Français, t. ixv, p. 178, 4841 . Il 2* Celui, celle qui gagne souvent au feu, qui a l'habitude de gagner ou qui ne songe qu'à gagner.

— HIST. XIV* s. Et pour ce sont-il viUains gaingneurs, et gaingnent laidement, oresme. Thèse de HFi'.NiEB. Il XVI* s. Que celui qui perdroit seroit tenu de livrer promptement au gaigneur celui de tous les autres eunuques qu'il demanderoit, amtot, Àrtas. 21. Hardi gaigneur, hardi mangeur [ceux qui travaillent beaucoup mangent beaucoup], cotobave. Mieux vaut bon gardeur que bon gaigneur, id.

— ETYM. Gagner; provcnç. guaianhador; catal. ganyador; portug. ganhador; ilaL guadagnatore. bans les hauts temps, gaagnere, gaagneor signifie cultivateur.

GAGUI (ga-ghi), *. f. Terme populaire. Fille ou femme qui a beaucoup d'embonpoint et qui est fort enjouée.

— £TTM. Origine inconnue. Le Dict. eomtqu« de Leroux écrit gaguie : Une bonne grosse gaguie.

GAI, GAIR (ghé, ghée), adj. \\ 1° Qui a de la gaieté. Un jour, gaie et l'esprit plus content que jaloux, Je suivais en Argos cet infidèle époux, rotr. Hère, niour. 11, 2. C'est, dit Tertullien, à la vériti seule qu'il appartient de railler, parce qu'elle est gaie, purbtièhb, »* factum, t. i, p. SI9. Çans raison il [l'hommel est gai, sans raison il s'afllige, boil. Sat. VIII. Dût ma muse par là choquer tout l'univers. Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers, iD. Sat. vu. J'ai encore une chose à tous dire, mon héros, dans ma confession générale; c'est que je n'ai jamais été gai que par emprunt; quiconque fait des tragédies et écrit des histoires, est natu- I rellement sérieux, quelque Français qu'il soit, volt.

GAI

tett. RicMi'fi, t9 août ("ou. Sans être naturellement gai, il s'animait de la gaieté des autres, mar- MONTEL, tli^tn. VI. Il Gai comme un pinson ou comme pinson , très-gai. {| Familièrement. Être un peu gai, être un peu animé par le vin. Comme ils devenaient un peu plus gais sur la fin du repas, selon la coutume des philosophes qui dînent, volt. Oreilles, 5. Il Cheval gai, cheval qui a de la vivacité. || Terme de blason. Cheval gai, cheval nu et sans harnais. || 8° Qui porte le caractère de la gaieté , en parlant des choses. Humeur gaie. E.sprit gai. Un œil gai. Son yisage était gai, sa bouche était vermeille, thistan, Panthée, n , a. Deux siens voisins se laissèrent leurrer X l'entretien libre et gai de la dame, la FONT, les Retnois. La cour veut toujours unir les plaisirs avec les affaires.... tout est couvert d'un air gai, et vous diriez qu'on ne songe qu'à s'y divertir, Boss. 4nne de Gonx. || Où règne la gaieté. Notre repas fut le plus gai du monde, et j'y fus plus gai que personne, Marivaux, Pays. parv. 2' part. Il 3° Oui inspire de la gaieté. Une chanson, une vue gaie. Le vert est plus gai ; vous avez raison, il n'y » qu'à le laisser comme cela [un ameublement], DANCOUBT, Vert galant, se. 36. 1| Appartement gai, appartement bien exposé, qui a une vue agréable. Il Temps gai, temps serein et frais. || Avoir le vin gai, être de belle humeur quand on a un peu bu. Il Terme de peinture. Couleurs gaies, couleurs vives, légères et brillantes. Vert gai. || La gaie science, le gai savoir, noms que portait autrefois la poésie des troubadours. || 4" Terme de musique. Synonyme d'allegro. Un air d'un mouvement gai. ||5° Propos, conte gai, se dit quelquefois de propos, de contes un peu libres. || 6° Dans un langage technique, qui a trop de jeu, qui n'est pas assez serré. Cette vis est trop gaie. Ma tabatière était trop gaie, elle s'est ouverte dans ma poche. || Terme de marine. Se dit d'un mat ou de tout autre objet, lorsqu'il est trop au large dans son trou ou dans la place qu'il occupe. Il Terme de pêche. Hareng gai, celui dans lequel on ne trouve ni laite, ni œufs. || 7° S. m. Grand gai, petit poisson qu'on nomme aussi pucelotte. Il 8° Gai! interjection qui s'emploie pour exciter à la gaieté et aussi au mouvement, à l'action. Gai, divertissons-nous. Allons, gai! vous a-t-on donné votre congé? regnard, le Joueur, ni, 2. Gai! gai! serrons nos rangs. Espérance De la France ; Gai 1 gai! serrons nos rangs. En avant, Gaulois et Francs I BÉRANO. Gaulois et trarus.

— SYN. GAI, ENJOUÉ , joTEOx. L'homme gai est de belle humeur; c'est l'effet du tempérament ou de quelque heureuse circonstance. L'homme enjoué se joue, il a la plaisanterie agréable, le désir et le talent d'amuser. Joyeux se dit des affections du moment : un homme très-froid et posé peut être joyeux s'il apprend une nouvelle qui lui fait grand plaisir.

— HIST. XII* s. Donc jà n'arez à tel jor le cuer

Icœur] gai, Raoul de C. 197. ||xiii' s. Le premier our de mai. Cil doue tans cointe etjai, Ifs*, de poésies fr. avant )300, t. n, p. 833, dansLACURNE. Fille, dist la royne, soiez joians et gaie, Berle,\in. || xiV s. Du feu a demandé l'anbô de Malepaie, Tout pour bouter le feu en celle ville gaie, Guescl. 20.149. Et soitvert gay [d'un vert gai] , Ménagier, ii, B. || xvi' s. Et ainsi print congé, gai comme Perot, despeb. Contes, xxiv. En une petite chambre haute assez gaye, Sat. Min. p. 222. Si ne feirent les autres que prendre garde seulement, que ceste poultre [jument] avoit le poil et les crins rouges fort luysans, et comme elle estoit vifve et guaye, à ouyr son clair et fier hennissement, AMYOT, Pdlop. 38. Sa maniera d'escrire est guaye et austère, sententieuse et toutefois familière, iD. Caton, )4.... 11 n'y a pas de si beaux bois, ny des forost verdoyantes, guayes prairies ny autres lieux de plaisance.... id. Flam. i. L'oeil malade refuit les couleurs vifves, guayes et brillantes, ID. Phoc. 2.

— ÉTVM.Berry, gai, au féminin gaitte; provenç. gai, guay; anc. espagn. gayo; ital. gajo; de l'anc. haul-allem. gâhi, prompt ; allem. mod. jàhe. Toutefois on peut noter, ne fût-ce que pour mention, le nom propre latin Gaius, qui était un nom de bon augure, et que les langues italiotes offrent sous la forme de Gavius, lequel semble signifier le réjouissant; Gaius aurait donné sans peine gajo; mais les intermédiaires manquent.

GAÏAC (ga-iak), ». m. Arbre d'Amérique, de la famille des rutacées, dont le bois est dur, pesant et résineux {gaiacum officinale, L.) . Le premier étage de ce magasin sert à mettre les boulets et le boisqui sert pour les poulies qu'ils [en Hollande] appellent bois de gaiac, Corresp. de Colbert, m, 2, p. 3(0. U Teinture de galac, le soluté de la gaïacine dans

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l'alconl. Il Bois de gaîac r.\pé, un des quatre bois sudorifiques. || Petit gaiac, voy. glabrier.

— IIIST. XVI* s. La décoction de gaiac est propre pour provoquer la sueur, paré, vi, 22. Si les nations desquelles nous retirons le gayac, la salseperille et le bois d'esquine ont des médecins, combien pensons-nous, par ceste mesme recommandation del'estrangeté, la rareté et la cherté, qu'ils facent feste de nos choulx et de nostre persil? mont, iu, 2tB.

— ETYM. Guaiacan, nom donné à cet arbre par les indigènes de Saint-Domingue, d'après Oviedo, Uelacion, ch. 77, qui dit que la principale vertu de ce bois est de guérir le mal de las buas, c'est-à-dire la syphilis.

+ GAÏACÈNE (ga-ia-sê-n'), s. f. Terme de chimie. Essence légère, obtenue dans la distillation sèche de la résine de gaîac.

— ÉTYM. Gaîac, et la finale ène, qui appartient aux essences.

t GAÏACINE (ga-ia-si-n') , s. f. Terme de chimie. La résine de gatac.

— Btym. Gaiac, et la finale ine, qui appartient aux principes.

tGAÏACIQtTE (ga-ia-si-k'),adj. Terme de chimie. Acide ^ïacique, acide fourni par le gaîac.

t GAiAmXE (ga-ia-ni-f), s. m. Nom d'hérétiques eutychiens qui niaient que le corps du Christ, après l'union personnelle, eût été sujet aux infirmités humaines.

— ÉTYM . Gaianus, chef de cette hérésie, au vi« siècle.

GAIEMENT ou GAÎMEST (ghé-man) , adv.

Il 1° Avec gaieté. Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte; Un curé s'en allait gaiement Enterrer ce mort au plus vite, la font. Fabl. VII, u. Je ne suis pas de l'avis de ceux qui, au sortir d'un spectacle, dans un souper délicieux, dans le sein du luxe et du plaisir, disent gaiement que tout est perdu, volt. Tancr. Épitre.\\2' De bon cœur. Aller gaiement au combat. |{ Familièrement. Aller gaiement, aller bon train. Cela le fit partir plus gaiement qu'il n'était nécessaire à un petit homme, scARRON, Rom. com. i, 19. || Allons-y gaiement , locution populaire pour s'encourager. Il faut se battre? eh bien, allons-y gaiement.

—HIST. XIV* s. Et vint droit à Paris montez moult gaiement, Hugues Capet, v. B53. || xvi* s. Il se meit à marcher devant tout le premier, aussi guayement comme s'il eust esté asseuré d'aller à une victoire toute certaine, amyot, Timol. (6. Tout ce qui avoit couru gayment perdit sa colère au bout des espées des autres, d'aub. WùJ. 11, 380. Le sainement et gayement vivre, mont, tv, <Bl.

— ÉTYM. Gaie, et le suffixe ment; provenç. guayor men ; anc. catal. gayament ; ital. gajamente.

GAIETÉ ou GÀÎrÉ (ghé-té; anciennement il était de trois syllabes, ghé-ye-té, comme on le voit par ces vers : Mais je vous avouerai que cette gaieté Surprend au dépourvu toute ma fermeté, mol. D. Gare. V, 6 ; Mais que de gaieté de cœur On passe aux mouvements d'une fureur extrême, m. Amph. II, 6) , s. f. I! 1° Belle humeur. X mon sens la gaieté vaut presque la sagesse , imbert , Jaloux sans amour, i, 6. Ce pauvre diable ainsi parlant Mettait en gaieté tout l'hospice, bérang. Ange gardien . Quelques pages plus loin, vous retrouverez la vivacité impétueuse de Lovelace , son incorrigible folie, et cette galté non plus du vice, mais du remords qui cherche à s'étourdir , vu lemain, au. fr. xviu* siècle, i" leçon. || Avoir de la gaieté dans le style, écrire d'une manière agréable et enjouée. Il Vivacité de belle humeur franche et communicative. Les hommes mêmes n'ont pas en Perse la gaieté qu'ont les Français, montesq. Lett. pers. 34. Le vrai caractère de la gaieté italienne, ce n'est pas la moquerie, c'est l'imagination, stael, Corinne, vu, 2. Cette gaieté qui ne tenait en rien à la moquerie, mais seulement à la vivacité da l'esprit, à la fraîcheur de l'imagination, id. ib. n, 2. Il Pointe de vin. On commençait à être en gaieté. Il Ce cheval a de la gaieté, il a de la vivacité. || On dit aussi : ce cheval est gai. || B" Paroles, actions gaies , folâtres. Ce sont des jeux de mains et des gaietés incroyables, sÉv. 264. Cent escapades aussi fortes passèrent pour des gaietés et des gentillesses agréables, st-sim. 2B9, 2)9. || Une gaieté, petite pièce de théâtre ou autre, destinée à faire rire. Une petite gaieté qu'il s'était permise au théâtre de Fontainebleau, en y tournant en ridicule, dans un prologue de sa façon, les gentilshommes de la chambre, les lui avait aliénés, mabmontel, Uém. VI. Verre en main, Jean le vigneron Chantait les gaietés de Piron, bérano. JVoumce. || 8° De gaieté de coeur, toc. adv. De propos délibéré et sans sujet.

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Les personnes qui écrivent de gaieté de cœur et seulement pour dire des gentillesses, ne sont pas excusables de ne m'avoir pas fait cet honneur [de ne m'avoir pas écrit), voit. Lett. )9. n m'attaque de gaieté de cœur pour se faire connaître de quelque façon que ce soit, mol. l'Impromptu, 3. C'est une licence que prennent messieurs les poètes de mentir de gaieté de cœur, id. Comtesse d'Esc, i. Troubler de gaieté de cœur la fortune d'une personne, SÉv. 384. Les juges du chevalier de la Barre ont été des monstres s.anguinaires de gaieté de cœur, voi.T. Bot de Prusse, 26S. Celui qui va sa battre de gaieté de cœur, ;. i. rouss. Ilél. 1 , b7. Leur ineptie, comme ledit très-bien Votre Majesté, fera gagner aux Allemands et aux Hollandais l'argent que la Franco perdra de gaieté de cœur, d'a- LEMB. Lett. au roi de Pr. 16 fév. 1783.

— HIST. XVI* s Pour domter la gayeté trop

grande de leurs appétits, calv. Inslit. tu. Boisverd voulut couvrir sa pauvreté [son peu d'hommes] d'une gayeté de cœur, jettant au devant de soi 80 arquebusiers pour faire fumée sur le haut de la levée, d'aub. Hist. I, 266. Puis tournant sur son chemin, il prit Sahurne d'une mesme gaieté, id. ii, <I4. Oui pourra penser que le tiers estât aie en mesme temps au cœur la gaieté des armes, la peur au visage, et la faim entre les dents? id. ib. 2B2. Ils trouvoient fort mauvais que l'on allast ainsi voluntairement de guayeté de cœur commencer la guerre à ces peuples, amyot, Crass. m .

— ÉTYM. Gai; provenç. gayeia; anc. ca.X..gaeta; ital. gaieaa.

i. GAILLARD, ARDE (ga-llar, llar-d', H mouillées, et non ga-yar), adj. || 1° Qui a un caractère de vaillance et de hardiesse. Le coup est gaillard. Et l'on m'a vu pousser dans le monde une affaire D'une assez vigoureuse et gaillarde manière, mol. Mis. m, 4. Il î° Plein d'allégresse et de vivacité. Cette fille est jolie, elle a l'esprit gaillard, corn. SuiteduMent. i, 3. Nos gaillards pèlerins.... Au gué d'une rivière à la fin arrivèrent, la font. Fabl. 11, 10. Dit avec un ton de rieur Le gaillard savetier, ID. ib. n, 8. Las I pour un trépassé vous êtes bien gaillard! mol. l'Ét. 11, &. Tout cela me fit gaillarde, SÉV. 330. L'armée s'en retourna au camp aussi triste qu'elle en était partie gaillarde, st-sim. 23, 8. Approchez son fauteuil, monsieur de la Vallée, et tenez-vous gaillard; soupons: mettez-vous là, petite fille, MARIVAUX, Pays. parv. 3* part. || Il se dit aussi des choses. Une humeur gaillarde. Une mine gaillarde. On parle d'une comédie d'Esther qui sera représentée à Saint-Cyr , le carnaval ne prend pas le train d'être gaillard, sÉv. B04. || 3° Evaporé. Il est un peu gaillard. || Sens qui a vieilli. || 4° Oui est légèrement pris de vin. Il sortit de ce repas un peu gaillard. || 6° Il se dit des discours, des actes un peu libres. Mme de Sévigné chante, elle danse, et a l'esprit fort vif et agréable ; elle est brusque et ne se peut tenir de dire ce qu'elle croit joli, quoique assez souvent ce soient des choses un peu gaillardes, tallemant DES réaux, dans le Dict. de DO- CHEz. Et vous la belle au dessein si gaillard, la FONT. Gag. Bon voici de nouveau quelque conte gaillard. Et ce sera de quoi mettre sur mes tablettes, MOL. Ée. des femmes, 1, «. Quoique cette aventure fût assez gaillarde, hamilt. Gramm. 9. U faut que je vous rapporte un trait de cette bonne duchesse ; vous le trouverez un peu gaillard pour une dévote, lesage, Diable boit.ch. li. Ce sont des poésies gaillardes qu'il a composées dans sa jeunesse, ID. ib. ch. <o. Au lieu de fades épigrammes Qu'il aiguise un propos gaillard, bérang. bésaugiers. Il 6° Sain, dispos. Que fait-il à présent? est-il toujours gaillard ? mol. Éc. des femmes, i, 6. Que le moi que voici, chargé de lassitude, A trouvé l'autre moi frais, gaillard et dispos, i;t n'ayant d'autre inquiétude Que de battre et casser les os, id. Amph. n, ». Le plaisir que vous aurez d'avoir une femme et un enfant gais et gaillards, sÉv. 4. Il reçoit deux coups dans son chapeau et revient gaillard, id. 152. Alors, m'étant réveillé, je me levai frais et gaillard, et m'habillai à la hâte pour rejoindre ma sœur, lesage, Estev. Gonsal. ch. 64. || Terme d'horticuituie. Se dit d'un arbre, d'une plante qui se porte bien. Il 7° Vent gaillard, air gaillard, vent, air qui est un peu froid. Aujourd'hui le temps est gaillard. || 8° S. m. Un gaillard, un homme vigoureux, dispos, décidé. Voyez un peu le gaillard; il n'y aurait qu'à le laisser faire, il ferait les plus belles choses du monde, hauteroche, Crispin méd. 11, 2. Nous autres du barreau, nous sommes des gaillards, regnard, le Bal, e. Comme vous prenez feu d'abord! vous m'avez l'air d'un gaillard, collé, Part, de chaste,

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II, n. Il Au féminin, une gaillarde se dit d'une femme peu «crapuleuse, trop libre. C'est une gaillarde qui fait mille plaisanteries de cette nature pour égayer son veuvage, reonabd, Atlendez-moi $out torme, 7.

— SYN. PROPOS OAIS, PROPOS OAILLARDS. Kn CD

sens restreint, les propos gais, les contes gais sont un peu libres; les propos gaillards, les contes gaillards le sont davantage. Les premiers ont, dans leur licence, quelque chose qui excite la gaieté; les seconds ont, dans leur licence, quelque chose de hardi qui semble braver l'honnêteté.

— HtST. XI' s. Cors [ils] ont gaillarz et fleres contenances, Ch. de Roi. ccxxm. || xii* s. Hempois sont prudhome, orgueilleus et gaillart, Sax. xix. || xm* s. En chapeaus par grant revel Kst la queue Renard mise; Chascun se porte gaillard De la queue de Renard, Queue de Benard. Icil portiers fu moult gaillars, Et si fu il moult bien musars [car il se laissa tromper], FI. et Bl. (929. || xiv" s. Telles dames ont le corps tant gallart [si sain, si bien portant], que, se elles avoient en leur ventre deux ou trois enfans, moult bien les nourriroient. Pratique de Bernard de Gordon, vn, 26. || xv* s Et si y estoit....

la régente sœur au duc Phelipe, laquelle estoit pour le temps tenue pour la plus gaillarde de toutes autres dames, fenin, «424. Elle [l'eau] rend l'homme etique et pale et morfondu; Mais toi [vin], tu rends gaillarde et saine la personne, bassf.un, vm. Une chose avoient-ils bonne, c'estoit une gaillarde compagnie pleine de jeunes gentilshommes, comm. vu, Prologue. || xvi' s. Je voys tenter du guaillard pechié (ie luxure les nobles nonnains, rab. Pant. iv, 45. Cette volupté [de la vertu], pour estre plus gaillarde, nerveuse, robuste, virile, n'en est que plus.... MONT. I, 89. Les soldats firent leurs salves belles et gaillardes en l'honneur des assistants, m. i, <36. D'appeller les mains ennemies, c'est un conseil un peu gaillard [hardi], id. i, (38. Quelques pa.ssage3 trop gaillards [libres], desper. Contes, i. Il leur dit: donnez devant au galop gaillard, d'aub. Hist. u, 492. On dit que gaillard et gaillardise viennent a gallica audacia, et que ceux sont appeliez gaillards qui courageusement entreprennent quelque chose, tant aventureuse soit elle, bouchet, Serées, m, p. 4 98, dans LACDRNE. Pour dire honnestement : il tient du fol, on dit : il a le cerveau gaillard, ou il a le cerveau un peu gaillard, H. est. Apol. d'Hérod, p. 20, dans lacurne. Ouvrier gaillard celé son art.

COTGRAVE

— ÉTYM. Prov. gaillart, galhart, gallart; catal. gallard; esp. gallardo; port, galhardo; ital. gogliardo. On ne peut guère le tirer de gai, parce qu'il faudrait admettre l'interposition d'un suffixe m : gai-ill-art. Diez ne voit aucune difficulté de forme à le rattacher à l'anglo-saxon gagol, geagle, pétulant, audacieux ; mais il incline davantage à y voir un radical celtique : kimry, gall, force; anc. gaél. galneft, courage.

2. GAILLARD (ga-llar, H mouillées, et non gayar; le d ne se lie jamais : un ga-llar élevé; au pluriel, l'î ne se lie pas : des ga-llar élevés; cependant quelques-uns la lient: des ga-llar-z élevés), ». m. Il !• Autrefois, gaillard d'arrière , plancher partiel qui ne recouvre que l'extrémité postérieure du pa it supérieur d'un bitiment à une hauteur de cinq ou six pieds. Gaillard d'avant, plancher partiel qui ne recouvre que l'extrémité antérieure d'un bâtiment, à une hauteur de cinq ou six pieds, jal. Le vicomte Fricambault, lieutenant de l'Adroit, a été tué dans ce vaisseau hollandais en voulant entrer l'épée à la main sous le gaillard où l'équipage était retranché, J. bart. Rapport, 41 juill. <694, dans jal. || 2" Aujourd'hui, gaillard d'arrière, toute la partie du pont située à l'arrière du mAt d'artimon. Gaillard d'avant, tout ce qui est en avant du mSt de misaine, et de plus une portion en arrii\re du même m*t. Le gaillard d'arrière est parfois élevé de quelques décimètres au-dessus du pont, afin de donner une hauteur suffl.sante aux logements placés dans l'entre-pont, legoahant. Il Cabestan du gaillard d'avant, petit cabestan placé entre le mOt de misaine et le grand m.lt.

— HIST. XVI* s. Frère Jean au chasteau gaillard monta galant et bien délibéré avecques les bombardiers, RAB. Pant. IV, 33.

— ÊTYM. Gaillard i. La locution complète est château gaillard; un château gaillard signifiait un château fort ; d'où le nom donné au château élevé à l'avant ou à l'arrière du vaisseau.

t. GAILLARDE (ga-llar-d', U mouillées, et non ga-yar-d*), s. f. Caractère d'imprimerie qui est entni le petit-romain etle petit-texte.

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— tTYM. Gaillard t.

2. GAILLARDE (ga-llar^l', {{ mouillées, et non ga-yar-d'), t. f. Nom d'une ancienne danse française. Le pas de danse qu'on nomme pas de gaillarde, est composé d'un a.ssemblé, d'un pas marché et d'un pas tombé. |{ L'air sur lequel on dansait la gaillarde,

— HIST. xvi« s. Et n'estoit le dit comte propre pour une seule danse, mais estoit universel en tout, fiist pour les bransles, pour la gaillarde, pour la pavanne d'Espagne, pour les Canaries, bref pour toutes, BRANT. Cap. fr. t. m, p. 420, dans lacurne. Danser la gaillarde sur le ventre de quelqu'un [le fouler aux pieds] , oiidix, Curiot. fr. Additions.

— KTYM. Gaillard k.

t ». GAILLARDE (ga-llar-d'. Il mouillées), ». f. Genre de plantes composées, originaire d'Amérique, dédié par le botaniste Fougeroux de Bondaroy, à la mémoire de Gaillard de Charentonneau, amateur do botanique.

GAILLARDEMEPrr (ga -llar-de-man, U mouillées, et non ga-yar-de-man), adv. \\V D'une façon gaillarde. Destin fut surpris de la voir si gaillardement vêtue, SCARR. Rom. com. ii, <o. 118° Légèrement, sans façon. Il a fait cela un peu gaillardement. Aristippe commença à danser et dit gaillardement : On en fait bien d'autres dans les fôtes de Bacchus, FÉN. Aristippe. || 3° Avec entrain et courage. Attaquer gaillardement. Je travaille gaillardement à l'Extrôme onction, qui est en vérité un sujet digne d'un Apelle, car il se plaisait fort à représenter des mourants, poussin, Lett. 25 avril 1644. Je le traversai [le cimetière] gaillardement, j. j. BOuss. Ém. u.

— HIST. XI* s. Gaillardement touz [ils] les ont encensez, Ch. de Bol. ccix. || xv* s. Se loyaulté s'y boute Par advis salgement. Dise gaillardement..., CH. d'orl. Bondeati. \\ xvi* s. Pour ceste occasion les doit-on manier [les chevaux] gaillardement, et leur donner tantost de la baguette, et tantost avecques la voix rude les tancer et menacer, langue, < 04.

— ÉTYM. Gaillarde, et le sul'tixe ment. tGAILLARDET (ga-llar-dè. Il mouillées), ». m.

Ancien terme de marine. Pavillon échancré arboré sur le mât de misaine et sur l'artimon.

GAILLARDISE (ga-llar-di-z', Il mouillées, et non ga-yar-di-z'), s. f. || 1° Gaieté un peu vive. Il était d'une gaillardise, qui faisait honte à ses amis éloignés, SÉV. 4B. Il 2" Discours, propos un peu libre, qui n'a pas peur d'effaroucher les oreilles; licence d'imagination à laquelle on s'abandonne en se jouant. Pour réparer des offenses si sensibles, vous croyez faire a.ssez de m'exhorter à vous répondre sans outrages, pour nous repentir après tous deux de nos folies, et de me mander impérieusement que, malgré nos gaillardises passées, je sois encore votre ami, afin que vous soyez encore le mien, corn. Lett. apolog. Elle m'écrit des gaillardises, malgré tous ses maux, sÉv. 82. Qu'on chante et l'on dise Quelque gaillardise Qui nous scandalise En nous égayant, bérang. Cocagne.

— HIST. XVI* s. Quand un escuyer veut prendre peine, il dresse et accommode en un an, voire un gros cheval de charrette, en telle sorte qu'il le fera paroistre avecques quelque gaillardise, langue, <( 2.

— ETYM. Gaillard i ; provenç. galiardia; esp. gallardia; portug. galhârdia; ital. gagliardia.

GAILLET (ga-llè , Il mouillées, et non ga-yè; le ( ne se lie pas; au pluriel, 1'» se lie : des ga-llè-z en fleur; gaillets rime avec traits, paix, succès, etc.), s. m. Nom d'un genre de rubiacées où l'on distingue : le gaillet vrai, dit absolument gaillet (c'est le gaillet jaune de certains auteurs qui appellent gaillet blanc, le gaillet mollugo), et le gaillet accrochant, une des plantes nommées vulgairement grateron, et encore rièble, legoarant.

— ÉTYM. Contraction de caille-lait (voy. ce mot), t CAILLETTE (ga-Uè-f, {{ mouillées), ». f. Voy.

OAUETTE.

t GAILLONELLE (ga-Uo-nè-l', Il mouillées), ». f. Terme de botanique. Genre de conferves, qu'on met aujourd'hui dans les infusoires d'eau douce, dédié au botaniste Gaillon, qui a beaucoup travaillé sur les algues.

GAIMENT (ghé-man), adv. Voy. gaiement.

GAIN (ghin; l'n ne se lie pas: un ghin excessif ;au pluriel, Vs se lie : des ghin-z excessifs), ». m. || 1* Ce que l'on gagne, ce que l'on obtient en fait d'argent ou de valeurs. Mettre en commun le gain et la perte. Il risque de nouveau le gain qu'il avait fait; Mais rien, pour cette fois, ne lui vint à souhait, la FONT. Fabl. vu, 4 4. L'espérance du gain n'est pas ce qui me flatte, mol. VEt. i, «o. Travaillez pour la gloire, et qu'on sordide gain Ne soit jamais l'objet

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d'un illustre écrivain, bgil. Art. p. iv. tm tU amcuf du gain, infectant les esprits. De men.songes grossiers souilla tous les écrit», ID. ib. iv. || 2' Fig. Avantage, succès, réussite dans une entreprise, une affaire. Je tire undoublegain d'un si petit dommage, RÉoNiFR, Éli'g. II. Il [Dieu] nous assure en notre peur. Et nous donne gain de nos pertes, ii>. Hymne. Mourir c'était un gain selon .son estime, parce que c'était passer dans le sein de Dieu et arriver au terme du salut, boord. Peruées, X. i, p. 4«. Comme si sauver son âme ne valait pas mieux que le gain du monde entier, mass. Panég. StBenoU. || 3°Terme de droit. Gains nuptiaux ou mieux gains de survie, avantages qui se font entre époux en faveur du sur» vivant. || Gains et épargnes, acquisitions que font les enfants en dehors des biens paternels et maternels. Il 4° Le gain d'une bataille, l'action de remporter une victoire. Montrez-lui comme il faut s'endurcir â la peine.... Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille, cobn. Cid, i, s. || 6° Gain d'un procès,avantage dans un procès obtenu par sentence des juges. Il Gain de cause, l'avantage que l'on obtient dans un procès, et, par extension , dans un débat quelconque. Vous venez d'entendre ses propres paroles [de Jurieu] , et il donne gain de cause aux tolé-. rants, qui ne sont que des sociniens déguisés, Boss. t" avert. 48. Un jour, Louis XIV jouant au trictrac, il y eut un coup douteux.... Eh sire [dit le comte de Grammont qui donna tort au roi, sans avoir vu le coup], ne voyez-vous pas que, p<iur peu que la chose eût été seulement douteuse, tous ces messieurs vous auraient donné gain de cau.se? volt. S. de Louis XIV, 2«. || 6* Le gain d'une partie, l'avantage obtenu dans une partie de jeu. |{ Se retirer sur son gain, quitter le jeu lorsqu'on a gagné.

— HIST. xu* s. De tout vostre gaaing ne vousdemant-je mie, Sax. vu. Al jour del jugement, quant Dex tiendra ses plais. Or ont li pecheor grant gaain de lor fais [actions], ib. xv. ||x}ii* s. Elliempereres Henris ot rassemblés ses os [armées] qui orent amené leur guains à garison tresques en l'ost [qui avaient ramené leur butin en sûretéjusqu'à l'armée], viLLEH. CLxvi. A meschief l'ai nourry [unchevalj cest yver de mon gain, Bette , Lxxui. Fui laid gaaing comme perte, BBUN. LATINI, Trésor, f. 362. Plusors gaains et plusors pertes avienent souvent par compaignie [association], seloncnostre coustume, beauh. XXI, i. Li autre oir n'emporteront point gaaing du plet, ID. XII, 24. Il XIV* s. Le gaaing doit estre appelle perte, qui sa bonne famé [réputation] ne garde, Ménagier, l, 9. ||xv* s. Nous défendons que nul créancier ne face renouveler lettres de créance et obligations de sa debte, parquoy le gam se convertisse en sort ni en autre manière d'usure ou interest, Ordonn. des rois, t. ii, p. 3H. || xvi* s. Un hardi cueur aymeroit mieux mourir. Quand ennemy il voit en la campaigne. Qu'il n'y allast, soit â perte ou à gaigne, J. marot, v, io8. Elle feil si bien qu'elle gaigna [une partie de jeu], et demanda Mesabates pour son gaaing, amyot, Artax. 2i. Ce qui est donné par forme de gain nuptial (qu'on appelle au pays de Lognes), rn traicté de mariage ne gist point en restitution, Coust. gtn. t. ii, p. 618, D'injuste gain, juste daim [dommage], lkboux db UNCT, Prov. t. II, p. «31. Du gain l'odeur a bonne saveur, m. ib.

— ÉTYM. Voy. gagner ; wallon, wdgn; provenç. gaxanh, guaianh, gaiainh, guaiaing, gaanh, gaaing ; a.BC. catal. gnzagn, guadagn; ital. guadagno. 11 y a dans l'ancien françaisgaoin9,et gaing ou vain, qui signifie herbe de pâturage, et, par extension, automne, qui est en italien guaime, en wallon wayen, en lorrain Cfjffn, en normand tioian, et qui se trouve dans le français re-gain (voy. regain); c'est le sens propre du mot, correspondaîit au sens propre de gagner ou gaagner.

GAtNE (ghê-n'),». f. Il 1° Étui de couteau ou d'un instrument tranchant ou aigu. Des ciseaux dans leur gaine. Cela me prouve que la nature a fait chaque épée pour sa gaine, et qu'elle a mis des Samoièdes au septentrion, comme des nègres au midi, sans que les uns soient venus des autres, «OLT. Lett. d Cath. 4 24. || Par extension. Figurezv«ms [à l'opéra] une gaine d'une quinzaine de pieda et longue à proportion; cette gaine est le thàtre, J. ]. Rouss. Hél. II, 2S. Il Terme de marine. Ourlet l.irge autour des voiles pour les fortifier avant de coudre 1.1 ralingue. Gaine de girouette, bnnde de toile qui attache la girouette au (it. Gaine de flamme, fourreau de toile, où l'on fait passer le bâton de la flamme Gaine de p.ivillon, Koiile de toile cousue dans toute la largeur du pavillon. Il 1* Terme d'architecture. Espèce de suppoits, plu*

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larges du haut que du bas, sur lesquels on place un buste; ainsi dits sans doule parce que la demi-figure paraît en sortir comme d'une gaine; on les nomme termes quand la gaine et le buste sont d'une seule pièce. Placer des bustes sur des gaines. || 3° Terme de botanique. Partie inférieure de certaines feuilles embrassant la tige et remplaçant en quelque sorte le pétiole. Si les bords en sont soudés, la gaine est entière; sinon, elle est dite fendue. {| 4* Terme d'anatomie. Nom donné à certaines parties qui servent d'enveloppe à d'autres; cela se dit surtout des aponévroses qui enveloppent les masses charnues. Il Terme d'entomologie. Dans les insectes suceurs, le tube qui renferme l'appareil dont ces insectes se servent pour sucer. Dans les hyménoptères, le tube où sont renfermées la lèvre et la languette. ||B° Gaine de chauffe, se dit, dans les calorifères, dans les ventilations à chaud, de l'engin qui de la chambre de chauffe conduit l'air dans le local à échauffer. || 6* Terme de pêche. Nom qu'on donne à Genève aux petites truites. || Proverbe. Oui frappera du couteau mourra de la gaîne , proverbe répondant à : qui frappera de l'épée mourra de l'épée.

— REM. L'Académie, qui met un accent circonflexe à gatne et à galnier, n'en met pas aux composés dégainer, engainer, rengainer. C'est une irrégularité qui complique sans fruit l'orthographe.

— HIST. XIV s. Vous avez bien trouvé costel pour vostre gaine, Guesd. <6678. Au grant mur du chastel [il] minoit à grant aleine, Non pas d'un coustelet tel qu'on met en sa gaine, Mais d'un pic acéré qu'on forgea en Touraine, ib. 20337. Pour une gaine entaillée à. ymages d'or, de labobde. Émaux, p. 327. Il XVI* s. Dans une gaine d'or un Cousteau de plomb jdans un beau corps une vilaine âme], cotgrave. Selon la gaine le cousteau, id. C'est le prix de l'espée, que vous cherchez, non de la gaine, mont, i, 325.

— ÉTYM. Wallon, t;aim7» ; Hainaut , waine; du lat. vagina, gaîne. Gaine est un des exemples où le V latin se transforme en g. La forme ancienne a dû être gaaine, représentant vag'ma; mais, si on trouvait gaine plus haut que le xiV siècle, il faudrait penser qu'à l'origine l'accent latin avait été déplacé et qu'on avait dit vagina,

t GAÎNER (ghê-né), t). a. Terme de marine. Travailler à faire une gaîne autour d'une voile.

— ÉTYM. Gaine.

t GAtNERIE (ghê-ne-rie), s. f. Fabrique de gaines; commerce du gaînier ; les ouvrages qu'il vend.

— ÊTYM. Gainier.

t. GAÎNIER (ghê-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des ghé-nié-z assortis), ». m. Ouvrier qui fait des gaines.

— HIST. xiu* s. Gainiers, tabletiers, brodeurs, Alez quérir vostre part De la queue de Renart, Queue de Renart. || xV s. George de Vigne, gaaisnier et ouvrier d'estuis, db laborde. Émaux, p. 328. Il xvi* s. Quatrième rang qui sont les mestiers d'entre les médiocres et petits : graveur sur fer et cuivre, guainier, Édit, avril 4 597.

— ÉTYM. Gatne.

2. GAÎNIER (ghê-nié), s. m. Galnier commun (légumineuses), ainsi dit parce que sa gousse ressemble à une gaine, l'arbre de Judée (voy. arbre de

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